Archive mensuelle de juin 2017

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Logements neufs: ça repart

Logements neufs: ça repart

Le secteur de la construction en France devrait atteindre un point haut en 2017 avec la production d’un peu plus de 400.000 logements neufs, contre 376.500 en 2016. C’est ce qu’a annoncé Alain Dinin, le PDG du groupe Nexity, ce jeudi matin sur BFM Business. Le secteur n’avait plus dépassé la barre des 400.000 logements construits ou en cours de de construction depuis fin 2012. « Mais il faut que cela dure dans le temps car en 2035 la France comptera 4 millions de ménages de plus. Il faut donc produire au moins 350.000 logements par an, mais pas de façon égalitaire sur le territoire », a précisé le promoteur immobilier

Sondage législatives : En marche! Avec une large majorité

Sondage législatives : En marche! Avec une large majorité

 

 

Le mouvement d’Emmanuel Macron, La République en marche, remporterait la majorité absolue à l’Assemblée nationale lors des législatives du 11 et 18 juin, avec entre 335 et 355 sièges sur 577, selon un sondage Opinionway pour Orpi, Les Echos et Radio Classique. L’alliance entre Les Républicains et l’UDI resterait la principale formation d’opposition, avec entre 145 et 165 députés. Un nombre en baisse par rapport à leur représentation dans l’Assemblée sortante où les deux partis cumulaient 225 sièges. Le Parti socialiste et ses alliés, majoritaires avec 328 sièges dans l’Assemblée sortante, seraient balayés. Leur nombre de députés élus, compris entre 20 et 35 selon l’enquête, serait historiquement bas, bien inférieur aux 53 socialistes élus en 1993.

« Insoumis » et communistes remporteraient entre 24 et 31 députés, et Le Front national entre sept et 17 sièges. Au premier tour, LREM remporterait 29% des suffrages, en hausse d’un point par rapport à mardi dernier. L’alliance LR-UDI arriverait deuxième, stable, avec 20% et le FN troisième avec 18% (-1 point). La France insoumise perd deux points, avec 13% des intentions de vote. Avec un point en moins, le PS passe sous les 10%, avec 9% des voix.

L’enquête a été réalisée en ligne auprès d’un échantillon représentatif de 1.940 personnes, entre le 30 mai et le 1er juin.

 

Notre-Dame-des-Landes : une médiation pour enterrer le projet

Notre-Dame-des-Landes : une médiation pour enterrer le projet

 

Une médiation mais en réalité le deal entre Macron et Hulot a déjà enterré le projet. Pour la forme, Le chef du gouvernement, Edouard Philippe, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et la ministre chargée des Transports, Elisabeth Borne, ont installé une mission composée de trois personnes : Anne Boquet, préfète et inspectrice générale des finances ; Michel Badre, ancien membre du Conseil général de l’environnement et du développement durable, membre du Conseil économique, social et environnemental ; et Gérard Feldzer, ex-pilote de ligne, président honoraire de l’Aéro-club de France. Les trois médiateurs vont envisager « toutes les solutions allant dans le sens de l’intérêt général, dans un dialogue apaisé avec les acteurs et dans le respect de l’ordre public », peut-on lire dans un communiqué de Matignon. Les conclusions de la mission « permettront d’identifier la mesure la mieux apte à satisfaire les besoins de transport à long terme et de préservation de l’environnement, dans une vision cohérente de l’aménagement durable de la métropole nantaise, au service du plus grand nombre, tout en assurant le respect de l’Etat de droit », souligne-t-on également. Le rapport de la mission sera remis au gouvernement « dans un délai maximal de six mois, soit le 1er décembre 2017 au plus tard. » L’annonce des noms des trois médiateurs a provoqué la « stupéfaction » de Bruno Retailleau, président Les Républicains de la région Pays de la Loire et du syndicat mixte aéroportuaire, qui réunit toutes les collectivités locales qui financent le projet d’aéroport. Le bras droit de François Fillon lors de la dernière campagne présidentielle s’est notamment offusqué de la nomination de Gérard Feldzer, « militant » et « opposant notoire à l’aéroport du Grand Ouest ». « Le minimum que l’on était en droit d’attendre dans cette médiation, c’est que les médiateurs soient neutres et objectifs », a-t-il estimé. « Si le gouvernement ne me donne pas des garanties sérieuses sur la neutralité de cette médiation, (…) je ne me prêterai pas à cette parodie de concertation. » Les profils des médiateurs « ne garantissent ni l’impartialité, ni l’indépendance de leur mission », a réagi de son côté Philippe Grosvalet, président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique et autre partisan du « transfert » de l’actuel aéroport de Nantes.

Ferrand reste au gouvernement … jusqu’aux législatives !

Ferrand reste au gouvernement … jusqu’aux législatives !

 

 

Pour calmer les esprits et gagner du temps (ou en perdre !), le parquet de Brest a ouvert jeudi une enquête préliminaire sur les activités passées du ministre de la Cohésion des territoires, Richard Ferrand. En fait un enquête qui n’apprendra pas grand-chose car il n’y a rien d’illégal dans cette histoire mais moralement elle  est condamnable car Ferrand a permis à sa compagne de s’enrichir à bon compte. Macron et le gouvernement tiendront  jusqu’au 18 juin, ensuite il y aura un nouveau gouvernement …sans Ferrand.  En attendant, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré que l’enquête ne changeait rien aux règles édictées par le gouvernement. « L’ouverture d’une enquête préliminaire ne change strictement rien à la position que j’ai moi-même formulée, que j’ai formulée publiquement : aussi longtemps qu’il n’y a pas de mise en examen il n’y a aucune raison de demander à M. Ferrand de quitter le gouvernement », a-t-il déclaré lors d’un déplacement à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne). L’enquête « aura pour but de recueillir tout élément permettant une analyse complète des faits et de rechercher si ceux-ci sont susceptibles ou non de constituer une infraction pénale en matière d’atteintes aux biens, de manquements au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité », a déclaré le procureur de la République, Eric Mathais, dans un communiqué. Cette décision fait suite à de nouvelles révélations dans la presse, cette semaine, sur les activités passées de Richard Ferrand, notamment lorsqu’il était directeur général des Mutuelles de Bretagne. Le 26 mai, à la suite de premières informations du Canard enchaîné, Eric Mathais avait fait savoir qu’il ne comptait pas ouvrir d’enquête préliminaire, aucun des faits relatés n’étant à ses yeux « susceptible de relever d’une ou plusieurs qualifications pénales ». Jeudi, il fait d’état d’ »éléments complémentaires susceptibles de mettre en cause M. Ferrand ». Le ministre de la Cohésion des territoires est accusé d’avoir permis à la société civile immobilière (SCI) de sa compagne, Sandrine Doucen, d’emporter un marché immobilier en 2011 lors de la location d’un local commercial par les Mutuelles de Bretagne, dont il était alors le directeur général. Or cette SCI n’existait pas encore légalement et n’était pas encore propriétaire des surfaces proposées. Richard Ferrand, député socialiste du Finistère depuis 2012 et premier parlementaire à avoir rallié En Marche! en 2016, a dirigé les Mutuelles de Bretagne de 1998 à 2012.

Affaire Karachi: Sarkozy entendu comme témoin

Affaire Karachi: Sarkozy entendu comme témoin

 

Les magistrats ont acquis la conviction que la campagne d’Edouard Balladur, devancé par Jacques Chirac, l’autre candidat de la droite en 1995, a été financée par des rétrocommissions illégales sur des contrats de sous-marins vendus au Pakistan et de frégates destinées à l’Arabie Saoudite. Une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions, ordonné par Jacques Chirac devenu président de la République, est à l’origine de l’attentat de Karachi qui a coûté la vie à 15 personnes, dont 11 ouvriers français de la Direction des Constructions Navales, en 2002. Les magistrats de la commission d’instruction de la CJR ont entendu Nicolas Sarkozy sous le autre statut de témoin. Nicolas Sarkozy était à l’époque ministre du Budget et un des principaux soutiens de l’ancien Premier ministre dans sa tentative de conquête de la présidence de la République. Edouard Balladur a été mis en examen lundi pour complicité et recel d’abus de biens sociaux par la commission d’instruction de la CJR, mais il conteste cette décision. Les juges d’instruction ont décidé en juin 2014 de renvoyer six protagonistes présumés en correctionnelle. Il s’agit de Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller spécial au cabinet du ministre de la Défense d’Edouard Balladur, François Léotard, entre 1993 et 1995 ; deux proches d’Edouard Balladur, Nicolas Bazire, qui fut son directeur de cabinet, et Thierry Gaubert ; Dominique Castellan, ancien PDG de la Direction des Constructions Navales, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine et un autre intermédiaire en armement.

Un plan pour moraliser la vie politique

Un plan pour moraliser la vie politique

Bayrou, a présenté jeudi un  projet « pour la confiance dans notre vie démocratique », car « il ne s’agit pas de laisser penser qu’on va régler les problèmes de morale individuelle ». Il s’agit d’éviter que les « faiblesses humaines contaminent le corps social » en mettant en place des pratiques et des règles qui « préservent les citoyens des abus », a-t-il expliqué. « Le véritable enjeu est d’adopter une démarche globale de nature à restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique », a ajouté François Bayrou. Un des objectifs est de faire en sorte qu’élus et ministres ne soient plus traités différemment des autres citoyens, par exemple en supprimant la Cour de justice de la République. Il prévoit l’interdiction des recrutements de collaborateurs familiaux par les parlementaires, l’exercice de plus de trois mandats identiques et successifs de député, sénateur ou responsable d’exécutif local, sauf dans les petites communes. Quant à la réserve parlementaire, système de subventions très contesté à la discrétion des députés et sénateurs, elle sera transformée en fonds d’action pour les territoires et les projets d’intérêt général, soumis à des critères précis.il il y a aussi la création d’une « banque de la démocratie » pour assurer un financement équitable des partis et de leurs candidats.

Etats-Unis seul pays avec la Syrie et le Nicaragua à refuser de l’Accord de Paris

Etats-Unis seul pays avec la Syrie et le Nicaragua à refuser de l’Accord de Paris

 

 

L’annonce des Etats-Unis était attendue Par ce retrait, les États-Unis rejoindront la Syrie et le Nicaragua comme les seuls pays du monde à ne pas participer à l’Accord de Paris. Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi son intention de faire sortir les Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, conformément à une de ses promesses de campagne de renégocier ce traité conclu en décembre 2015 dans la capitale française pour lutter contre le changement climatique. La France, l’Allemagne et l’Italie ont déclaré qu’à leurs yeux, l’Accord de Paris n’était pas renégociable tandis que l’ancien président américain Barack Obama évoquait ses regrets. L’Union européenne, tout en regrettant la décision « unilatérale » des Etats-Unis, a dit sa volonté de trouver de « nouvelles alliances » pour lutter contre le changement climatique. Le retrait des Etats-Unis, a-t-il dit, « représente une réaffirmation de la souveraineté américaine ». Mais, a-t-il ajouté, les Etats-Unis vont entamer des négociations, ou bien pour revenir dans l’Accord de Paris, ou bien pour avoir un nouvel accord « sur des termes qui soient équitables pour les Etats-Unis, leurs entreprises, leurs salariés, leur population, leurs contribuables. » Jeudi, Donald Trump est revenu sur son message de « l’Amérique d’abord » utilisé lors de son élection à la présidence des Etats-Unis l’an dernier. « J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas de Paris », a-t-il lancé. « Nous ne voulons plus que d’autres dirigeants et d’autres pays se moquent de nous. Et ils ne le feront pas », a dit le président. « Dans le but de remplir mon devoir solennel de protéger l’Amérique et ses citoyens, les Etats-Unis se retireront de l’Accord de Paris sur le climat. » L’Accord de Paris sur le climat est entré en vigueur le 4 novembre dernier, après sa ratification par au moins 55 pays comptant plus de 55% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Les Etats-Unis et la Chine l’ont ratifié ensemble au tout début septembre 2016.

« L ’énergie le vrai moteur de la croissance » (Gaël Giraud, du CNRS)

 « L ’énergie le vrai moteur de la croissance » (Gaël Giraud, du CNRS)

 

Gaël Giraud, du CNRS) dans le Monde remet en cause ce qui est le vrai moteur de la croissance à savoir l’énergie.

 

 

Quels sont d’après vous les indices d’un lien intime entre consommation d’énergie et croissance de l’économie ?
Depuis deux siècles, depuis les travaux d’Adam Smith et de David Ricardo par exemple, la plupart des économistes expliquent que l’accumulation du capital est le secret de la croissance économique inédite que connaissent les sociétés occidentales, puis une partie du reste du monde. Marx était, lui aussi, convaincu de cette apparente évidence. Or, historiquement, l’accumulation du capital (au sens moderne) n’a pas commencé au 18ème siècle avec le début de la révolution industrielle, mais au moins deux cents ans plus tôt. Inversement, la première “révolution marchande” des 12ème et 13ème siècles, qui permit à l’Europe de sortir de la féodalité rurale, coïncide avec la généralisation des moulins à eau et à vent. Une nouvelle source énergétique, en plus de la photosynthèse (agriculture) et de la force animale, devenait disponible. De même, qui peut nier que la découverte des applications industrielles du charbon, puis du gaz et du pétrole (et, plus récemment, de l’atome) a joué un rôle décisif dans la révolution industrielle, et partant, comme moteur de la croissance ? De 1945 à 1975, les “trente glorieuses” ont été une période de croissance accélérée et aussi de consommation inédite d’hydrocarbures. Depuis lors, la planète n’a jamais retrouvé la vitesse de consommation d’énergies fossiles qui fut la sienne après guerre. C’est une bonne nouvelle pour le climat. Mais cela n’est pas étranger au fait que nous n’avons jamais retrouvé non plus les taux de croissance du PIB des trente glorieuses.

Au cours des dix dernières années en France, la consommation d’énergie et de pétrole en particulier a diminué, tandis que le PIB, lui, a progressé.
Cela ne prouve-t-il pas qu’il n’y a pas de lien entre consommation d’énergie et croissance économique ?
La consommation d’énergie primaire française est passée de 255 millions de tonnes d’équivalent pétrole (MTep) en 2000 à 265 MTep en 2004 [corr.]. Elle a ensuite décliné légèrement jusqu’en 2008, avant de connaître un trou d’air en 2008-2009, suivi d’un second trou d’air en 2011. Elle a touché un plancher (provisoire ?) en 2012 à 245 MTep. Le PIB français a connu des variations analogues, ces variations ont simplement été plus amorties. C’est tout à fait normal dans la mesure où, heureusement, l’énergie n’est pas le seul facteur de production qui “tire” le PIB. Le travail réalisé avec Zeynep Kahraman, membre du Shift Project, montre que l’efficacité énergétique joue également un rôle majeur, là aussi devant le capital. Reste que sur le long terme, une relation extrêmement stable existe entre la consommation d’énergie et la croissance du PIB. On retrouve la même très grande stabilité lorsque l’on élargit la perspective non plus dans le temps, mais dans l’espace. Pour des pays importateurs comme la France, l’externalisation de la consommation d’énergie par le biais des importations conduit à sous-estimer l’influence de l’énergie dans l’évolution de la croissance économique. L’estimation de la relation entre énergie et croissance est beaucoup plus fiable à l’échelle mondiale qu’à l’échelle nationale.

Vos travaux aboutissent à une conclusion qui diverge totalement des analyses classiques : “l’élasticité”, c’est-à-dire la sensibilité du PIB par habitant vis-à-vis de la consommation d’énergie, est d’après vous de l’ordre de 60 %, et non de moins de 10 % (soit le coût de la facture énergétique dans la production), comme l’indique la littérature économique habituelle. [Autrement dit, si la consommation d’énergie augmente de 100 %, la théorie économique conventionnelle prédit que la hausse induite du PIB par habitant se limitera à moins de 10 %. D’après Gaël Giraud, l’observation empirique montre que l’augmentation est en réalité de 60 %, pas moins ! ]
Comment justifiez-vous cet énorme écart ?
La raison profonde de cet écart, c’est évidemment le très bas niveau du prix des hydrocarbures, même aujourd’hui. Beaucoup d’économistes postulent que le marché international de l’énergie est à l’équilibre, et que les prix qui en émergent reflètent les tensions réelles s’exprimant sur ce marché. D’abord quelques remarques sur cette idée d’un équilibre naturel. Le prix de la plupart des énergies fossiles est influencé par celui du pétrole et, tout récemment, du gaz. Or le prix du pétrole, comme celui du gaz de schiste nord-américain, ne résulte pas d’une pure rencontre concurrentielle de l’offre et de la demande. Tous deux sont soumis à diverses manipulations. Il apparaît que le mode de fixation du prix du pétrole spot, livrable à court terme, ressemble davantage à la fixation des taux monétaires du LIBOR qu’aux fictions idéales des manuels d’économie. Nous savons aujourd’hui que ces taux interbancaires du LIBOR ont été sciemment manipulés par diverses banques de la City de Londres, cela durant des années et avec éventuellement la complicité passive de leur régulateur, la banque centrale d’Angleterre. De même, le prix du pétrole est un sujet politiquement très sensible, il n’est pas étonnant qu’il soit soumis à diverses pressions. Par exemple, la chute du prix du pétrole durant la seconde moitié des années quatre-vingt n’est pas étrangère à la stratégie de Washington qui visait à étrangler l’économie de l’URSS [en demandant à l’allié saoudien d’ouvrir ses vannes de brut à fond, NDLR], ce qui a conduit à précipiter la chute de l’empire soviétique. Je ne prétends pas que ce contre-choc pétrolier des années quatre-vingt ait résulté uniquement de cette initiative de l’administration Reagan, mais que l’on mesure, à travers un exemple de ce type d’exemple, la nature en partie géopolitique du prix de l’or noir. A l’étage supérieur des marchés internationaux, celui des marchés financiers, le prix des futures, les contrats de livraison à terme sur le pétrole est, lui aussi, soumis à des mouvements de capitaux qui n’ont pas grand chose à voir avec la réalité économique de l’énergie, mais qui ont tout à voir avec des stratégies spéculatives mises en place par une poignée de grandes banques d’affaires américaines. Enfin, concernant le gaz de schiste nord-américain, il fait très certainement l’objet d’un dumping à la baisse, favorisé par des subventions plus ou moins cachées de l’administration américaine. Il résulte de tout ceci une déconnexion assez forte entre les réalités strictement économiques des hydrocarbures et leurs prix.

Revenons au point clé : le degré d’élasticité du PIB par rapport à l’énergie est selon vous très largement sous-estimé…
Si malgré les remarques liminaires que je viens de faire, vous croyez, comme la plupart des économistes universitaires, que le prix de l’énergie reflète fidèlement l’offre et la demande réelles, et si en plus et surtout, vous postulez que l’industrie des hydrocarbures n’est soumise à aucune contrainte du côté de l’extraction, alors vous concluez tranquillement que l’élasticité du PIB par rapport à l’énergie est proche de la part du coût de l’énergie dans le PIB, ce que l’on appelle son “cost share” en anglais. Soit moins de 10%, en effet. C’est ce raisonnement qui permet à certains de mes collègues économistes, à tort je pense, de prétendre que l’énergie est un sujet marginal et, pour tout dire, un non-sujet. Admettons un instant, pour les besoins de la discussion, que le prix du pétrole soit vraiment un prix de marché concurrentiel. Même dans pareil cas, il est évidemment faux de prétendre que l’extraction physique des hydrocarbures n’est soumise à aucune contrainte géologique, politique, etc. Or, dès que l’on réintroduit ce type de contraintes, on peut aisément montrer que (même sur un marché purement concurrentiel), il y aura une déconnexion complète entre l’élasticité et la part de l’énergie dans le cost share : les calculs font apparaître des “prix fantômes”, lesquels reflètent la puissance des contraintes extérieures et déforment le cost share à la baisse par rapport à l’élasticité. Cette remarque a déjà été faite depuis longtemps par un physicien allemand, Reiner Kümmel, ainsi que par l’Américain Robert Ayres. Pourtant la plupart des économistes continuent de postuler que l’élasticité de l’énergie est égale à son cost share, c’est-à-dire très faible, sans eux-mêmes y être allés regarder de plus près. Je pense que cela est dû, en profondeur, au fait que beaucoup d’économistes préfèrent regarder des prix et des quantités monétaires plutôt que des quantités physiques. Ce qui est paradoxal, puisque beaucoup de leurs modèles fonctionnent en réalité comme des modèles sans monnaie ! (Je sais, ça vous étonne, mais il faudrait un autre entretien pour expliquer ce point…) Mes propres travaux empiriques, menés sur près d’une cinquantaine de pays, et sur plus de quarante ans, montrent qu’en réalité l’élasticité du PIB par rapport à l’énergie primaire est comprise entre 40 %, pour les zones les moins dépendantes du pétrole, comme la France, et 70 % pour les Etats-Unis, avec une moyenne mondiale tournant autour de 60 %.

L’élasticité (la sensibilité) du PIB par rapport au capital vous apparaît par conséquent beaucoup plus faible que ce qui est couramment admis.
Quelles conséquences en tirez-vous sur le niveau des prix de l’énergie d’une part, et d’autre part sur la rémunération du capital ?
L’une des conséquences de la réévaluation à la hausse de l’élasticité du PIB par rapport à l’énergie est, en effet, une réévaluation à la baisse de l’élasticité par rapport au capital. D’après les manuels, cette dernière devrait de nouveau être égale au cost share du capital, traditionnellement évalué entre 30 et 40 % du PIB. Je trouve pour ma part des élasticités moitié plus faibles et ce, même en adoptant des définitions empiriques larges du capital, comme celle de Thomas Piketty. On pourrait être tenté d’en déduire que le capital est sur-rémunéré, et que l’énergie est sous-rémunérée. Ce n’est pas forcément faux mais, de mon point de vue, ce type de conclusion continue de raisonner comme si l’égalité de l’élasticité et du cost share devait être vérifiée dans un monde idéal. Or, et c’est un point fondamental, je ne connais pas de démonstration entièrement convaincante de cette égalité. Même si le prix de l’énergie (ou du capital) était fixé sur un marché mondial parfaitement concurrentiel, ce qui n’est nullement le cas en pratique, et même si l’on croit que les compagnies pétrolières ne sont soumises à nulle contrainte externe à leur business (de sorte qu’aucun “prix fantôme” ne viendrait déformer la relation élasticité/cost share, ce qui est une fiction), même dans un tel monde idéal, cette égalité reste encore suspecte. Cela est lié au fait que la micro-économie traditionnelle souffre de nombreuses erreurs internes, approximations et autres court-circuits intellectuels, qui rendent ses conclusions extrêmement fragiles. Un excellent livre, rédigé par un économiste australien, Steve Keen, fait le point sur ces problèmes d’apparence technique mais qui sont, au fond, décisifs pour le débat politique contemporain. J’assure la traduction de ce livre avec Aurélien Goutsmedt, il paraîtra à l’automne prochain (L’Imposture économique, Steve Keen, Ed. de l’Atelier).

Vous estimez qu’il existe une sorte de “force de rappel” entre la consommation énergie et le rythme de croissance du PIB. Les deux apparaissent “co-intégrés”, c’est-à-dire qu’ils seraient voués perpétuellement à revenir l’un vers l’autre, au bout d’un certain temps. Existe-t-il un lien de cause à effet entre l’énergie disponible et le niveau d’activité économique, ou au contraire du niveau d’activité économique sur la consommation énergie, ou bien encore s’agit-il d’un lien réciproque ?
Cette question a déjà été étudiée abondamment par les économistes spécialisés dans l’énergie. Il n’y a plus de doute, aujourd’hui, sur le caractère co-intégré de l’énergie et du PIB. Mes travaux montrent que la force de rappel entre ces deux grandeurs est telle qu’après un choc exogène (un krach financier, par exemple), ces variables mettent en moyenne un an et demi à retrouver leur relation de long terme. Si vous regardez la séquence 2007-2009, c’est à peu près ce que l’on observe. Vous posez à juste titre la question de la relation de causalité : est-ce la consommation d’énergie qui cause le PIB ou bien l’inverse ? Là-dessus, même les économistes énergéticiens sont beaucoup plus divisés. Mes travaux avec Zeynep Kahraman penchent clairement en faveur d’une relation causale univoque de la consommation d’énergie primaire vers le PIB, et non l’inverse. Jean-Marc Jancoviciavait déjà anticipé ce résultat depuis un moment, en observant par exemple qu’à la suite du krach 2007, la baisse de la consommation d’énergie précède la baisse du PIB dans un nombre important de pays. Comme l’indique le bon sens physique, une relation de causalité ne peut se traduire que par une précédence temporelle de la cause sur l’effet. C’est exactement ce que confirme mon travail. Il y a beaucoup de malentendus sur cette question de la causalité. La causalité est une notion métaphysique : même la mécanique newtonienne ne prétend pas démontrer que la gravité universelle fait tomber les pommes des arbres ! Tout ce qu’elle peut dire, c’est qu’elle dispose d’un modèle au sein duquel une grandeur appelée force gravitationnelle est supposée se manifester par le mouvement des masses, et que ce modèle n’a jamais été mis en défaut – pour des vitesses faibles par rapport à la lumière, évidemment ! Ici, il en va de même : tout ce que nous pouvons dire, c’est que nous observons une relation empirique entre l’énergie et le PIB, qui peut s’interpréter statistiquement comme une relation causale.

A vos yeux, dans quelle mesure la crise de 2008 pourrait-elle être une sorte de choc pétrolier ?
L’argument est facile à concevoir : en 1999, le baril est à 9 dollars. En 2007, il tourne autour de 60 dollars (avant de s’envoler à 140$ du fait de la tempête financière). Nos économies ont donc connu un troisième choc pétrolier au cours des premières années 2000, de même amplitude que ceux des années 1970, quoique davantage étalé dans le temps. Or ce “choc pétrolier” n’a pas eu l’effet récessif majeur de ceux de 1973 et 1979. Pourquoi ? Certains économistes avancent que cela serait dû à la plus grande flexibilité du marché du travail aux Etats-Unis, dans les années 2000, comparée à celle qui prévalait dans les années 1970, ainsi qu’à la politique monétaire très accommodante menée par la Réserve fédérale américaine (ainsi que par la Banque centrale européenne). La première explication ne me convainc nullement : elle repose très largement sur le postulat de l’égalité élasticité/cost share, dont j’ai dit combien elle est suspecte. Elle vise de manière trop évidente à légitimer des programmes de flexibilisation tous azimuts du marché du travail, qui ont pourtant montré leur inefficacité. En revanche, la seconde explication se rapproche de ce que vous suggérez. La politique monétaire de taux directeurs très faibles a rendu possible une expansion significative du crédit, elle-même facilitée par la dérégulation financière. Autrement dit, nos économies se sont endettées pour compenser la hausse du prix du pétrole ! Comme le crédit était très bon marché, cela a permis de rendre le choc pétrolier relativement indolore. Dans le même temps, la politique monétaire, la déréglementation et la myopie du secteur bancaire ont aussi provoqué le gonflement de la bulle des subprimes, dont l’éclatement en 2007 a enclenché la crise. Le remède qui a rendu possible d’amortir le choc pétrolier a donc aussi provoqué la pire crise financière de l’histoire, elle-même largement responsable de la crise actuelle des dettes publiques, de la fragilisation de l’euro, etc. Tout se passe donc comme si nous étions en train de payer, maintenant, le véritable coût de ce troisième choc pétrolier.

L’évolution de la consommation d’énergie est, dites-vous, un non-sujet pour la plupart des économistes. D’autres travaux analogues aux vôtres (ceux de Robert Ayres, notamment) aboutissent également à la conclusion que le rôle de l’énergie dans l’économie est totalement sous-estimé. Où en est la prise en compte de votre type d’approche dans la recherche économique et dans la pensée économique en général ? Obtenez-vous un écho auprès de vos confrères, ou bien prêchez-vous dans le désert ?
La communauté des économistes universitaires n’est nullement homogène. Certains continuent de réciter le catéchisme des manuels, dont nous avons pourtant bien des raisons de penser qu’il contient de nombreuses contre-vérités majeures, lesquelles ne sont pas étrangères à l’incapacité d’une partie de la profession à anticiper une crise monumentale comme celle des subprimes, ou encore à imaginer d’autres solutions à la crise européenne que l’approfondissement des programmes de rigueur budgétaire qui, pourtant, nous condamnent à la déflation. Mais d’autres économistes font un travail remarquable : vous avez cité à juste titre Robert Ayres, il y a aussi des personnes comme Michael Kumhof au FMI [son interview sur ‘Oil Man’], James Hamilton [présentation sur ‘Oil Man’], David Stern, Tim Jackson, Steve Keen, Alain Grandjean, Jean-Charles Hourcade, Christian de Perthuis,… Je suis convaincu qu’au fur et à mesure que la société prendra conscience du rôle vital de l’énergie – ce processus de prise de conscience a déjà commencé –, la première catégorie d’économistes sera contrainte de changer ses dogmes. Le reste appartient à la sociologie du champ académique.

Les contraintes du pic pétrolier et du changement climatique promettent de dessiner un avenir dans lequel la machine économique aura de moins en moins d’énergie à sa disposition pour fonctionner. Ces deux contraintes impliquent-elles selon vous la fin prochaine de l’économie de croissance ?
Oui, très vraisemblablement. Sans transition énergétique (c’est-à-dire, sans réorientation volontariste de nos forces productives et de nos modes de consommation vers une économie moins dépendante des énergies fossiles), nous ne pourrons tout simplement plus retrouver la moindre croissance durable. Même si certains prétendent aller la chercher avec les dents. Les travaux que j’ai conduits avec Antonin Pottier suggèrent que des économies comme les nôtres ne peuvent connaître, au fond, que trois régimes de moyen terme : une croissance significative accompagnée d’une forte inflation (les trente glorieuses), la déflation (Le Japon depuis 20 ans, l’Europe et les Etats-Unis durant l’entre-deux-guerres), ou bien une croissance molle accompagnée de bulles spéculatives à répétition sur les marchés financiers. L’Europe de l’Ouest est à l’évidence dans le troisième régime, vers lequel nous avons bifurqué au cours des années 1980, à la faveur de la dérégulation financière. La question qui nous est posée aujourd’hui est de savoir si nous voulons poursuivre cette expérience, au prix du creusement des inégalités inouï que nous connaissons et de la destruction à terme du secteur industriel européen par la sphère financière. Ou nous pouvons nous laisser glisser paresseusement dans la déflation (le plus dangereux) comme c’est déjà le cas pour une bonne partie du sud de l’Europe. Ou bien encore, nous pouvons tenter de renouer avec la prospérité. Cette dernière ne coïncide pas avec la croissance du PIB. Comme vous le savez, le PIB est, à plein d’égards, un très mauvais indicateur. Il est temps d’en changer. Le rapport Sen-Stiglitz-Fitoussi ou, mieux encore, les travaux de Jean Gadrey et de Florence Jany-Catrice indiquent des pistes très prometteuses permettant d’aller dans ce sens. Autrement dit, faire croître le PIB n’a guère d’importance. D’où l’inanité des débats sur la croissance verte, qui s’interrogent sur le fait de savoir si la transition est compatible avec la croissance du PIB. La bonne question, c’est : comment opérer la transition de manière à assurer du travail pour le plus grand nombre, et un style de vie à la fois démocratique et prospère ?

L’anthropologue américain Joseph Tainter affirme qu’il existe une « spirale énergie-complexité » : « Vous ne pouvez avoir de complexité sans énergie, et si vous avez de l’énergie, vous allez avoir de la complexité », dit-il.
Que vous inspire cette assertion ?
Le parallèle que Tainter propose entre la dépendance de l’empire romain à l’égard de l’énergie pillée chez les sociétés conquises, et notre propre dépendance énergétique me paraît très pertinent. Le colonialisme a constitué – n’en déplaise à certains historiens, tels que Jacques Marseille – une grande opération de captation d’un certain nombre de ressources énergétiques majeures, de la part d’un continent (l’Europe) qui manque cruellement de ressources énergétiques fossiles sur son propre sol. Que notre continent soit plus ou moins condamné au déclin s’il ne réalise pas la transition énergétique, cela également me paraît assez évident. En revanche, je suis moins Tainter sur sa thèse concernant le lien intangible entre la complexité d’une société et son usage de l’énergie. Cette notion de complexité ne risque-t-elle pas de justifier la démission du politique, si elle est comprise comme impliquant que, décidément, les choses sont beaucoup trop complexes pour qu’un gouvernement puisse prétendre décider quoi que ce soit ? Il est vrai, par ailleurs, que la déréglementation financière a provoqué un brouillard d’informations contradictoires (les prix de marchés financiers) qui sèment une énorme confusion sur les tendances économiques lourdes, et paralysent aussi bien les investissements de long terme que la décision politique. En ce sens-là, l’expérience de la déréglementation nous a plongés dans un monde “complexe”, au sens de confus. Mais ce n’est nullement irréversible, et c’est une raison supplémentaire pour ne pas faire dépendre notre prospérité des marchés financiers. Si l’on suit Tainter, nous serions condamnés, dans la mesure où notre société aurait atteint son “pic de complexité”, au-delà duquel les gains de productivité de la complexité deviendraient négligeables ? Je peux me tromper, mais je suis convaincu, pour ma part, que seules deux régions au monde peuvent lancer la transition énergétique en tant que vaste projet économique et politique : l’Europe et le Japon. En effet, il faut, pour cela, d’excellents ingénieurs et une population à la fois riche et très éduquée. Si l’Europe devient leader dans la transition énergétique et, plus globalement, écologique, alors elle pourra, avec son propre retour d’expérience, exporter auprès du reste du monde son savoir-faire. Sinon, elle sera condamnée à devoir faire la guerre, comme l’empire romain, pour capter l’énergie des autres, ce qu’elle n’a plus guère les moyens de faire. La transition est devant nous : elle est le secret de la prospérité future de l’Europe si, du moins, notre continent se donne les moyens de la mettre en oeuvre.

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La directive Travailleurs détachés sera modifiée (Macron)

La directive Travailleurs détachés sera modifiée (Macron)

Macron promet  que la directive européenne sur les travailleurs détachés sera « corrigée » dans les prochaines semaines.  »Je sais que dans la région, comme dans beaucoup de régions de notre pays, la sensibilité est grande sur l’utilisation des travailleurs détachés, et en particulier sur l’utilisation du travail détaché illégal », a déclaré le président de la République, lors de la cérémonie de livraison du navire à l’armateur italo-suisse MSC Croisières. « Le travail détaché, quand il est encadré et conforme au droit européen, participe à un marché unique que nous avons voulu et qui nous rend plus forts. Mais lorsqu’il en vient à contourner la loi, à utiliser des salariés payés la moitié ou le tiers de ce qu’un salarié français touche pour effectuer le même travail, ça n’est pas l’esprit de l’Europe, ça n’est même pas celui du marché unique », a lancé Emmanuel Macron en direction des salariés du chantier naval. Ce chantier emploie 2.600 personnes et fait travailler quelque 5.000 employés d’entreprises sous-traitantes, dont des travailleurs détachés, notamment lors des pics de production. « Dans les prochaines semaines, nous allons activement mener une action européenne qui permettra de corriger cela parce que cela nous vous le devons, compte tenu des choix que vous avez fait », a-t-il déclaré. Une référence à l’accord de « compétitivité » signé en 2014 par certaines organisations syndicales du chantier naval, qui a permis, selon Emmanuel Macron, de « sauver STX France » alors qu’ »on disait l’entreprise perdue ». L’accord devait « être conclu le 15 juin prochain », il « sera décalé pour que nous puissions construire une vraie refondation de cette directive européenne du travail détaché qui permettra à travail égal partout d’avoir un salaire égal, de limiter, de mieux encadrer et de pouvoir mieux contrôler partout sur le terrain la réalité de ce travail détaché », a souligné le Président.

Sondage Législatives 2017 : en Marche largement en tête

Sondage Législatives 2017 : en Marche largement en tête 

Selon Kantar Sofres-One Point, le mouvement d’Emmanuel Macron arriverait largement en tête du premier tour des élections législatives. Ainsi les électeurs français voteraient à 31% pour un candidat de La République En Marche, contre seulement 18% pour un candidat Les Répucains-UDI et 17% pour un candidat Front national. La France insoumise arriverait seulement en quatrième position devant l’alliance Parti socialiste-Parti radical de gauche. Des résultats significatifs qui permettraient ainsi à La République En Marche d’obtenir la majorité absolue avec entre 320 et 350 sièges à l’Assemblée nationale au terme du scrutin du 11 et 18 juin. Derrière, le groupe LR-UDI-DVD obtiendrait entre 140 et 155 sièges. En 2012, le groupe PS-PRG-DVG avait gagné 314 siège à l’Assemblée nationale, devant l’UMP qui avait obtenu 229 sièges.

Transport routier : Confusion sur cabotage et travailleurs détachés

Transport routier : Confusion sur cabotage et travailleurs détachés

C’est la grande confusion entre l’UE  d’un coté l’Allemagne et la France d’un autre l’UE  à propos des chauffeurs routiers étrangers. En cause le fait que le cabotage permet à des transporteurs dits internationaux de concurrencer les transporteurs nationaux sur leurs marchés intérieurs avec les conditions sociales étrangères. Les caboteurs étrangers font une concurrence injuste aux transporteurs nationaux. Cela d’autant plus certains caboteurs étrangers  restent à demeure dans les pays de cabotage attendant à la porte des usines pour récupérer le fret. Bref l’image même du grand désordre social en Europe.  La Commission a donc proposé mercredi que les chauffeurs routiers faisant une livraison internationale soient considérés comme des « travailleurs détachés » à partir de trois jours sur le territoire d’un Etat-membre « au cours d’un mois calendaire donné». Mais elle a aussi autorisé un nombre illimité de « cabotages » dans « un délai de cinq jours à compter de la livraison internationale », alors que les règles actuelles n’en autorisaient que trois dans un délai de sept jours. C’est bien loin de ce que souhaitait Paris et Berlin qui veulent appliquer dès le premier jour de travail sur leur territoire le statut de « travailleur détaché » pour un conducteur venant d’un autre pays, ce qui implique notamment le versement du salaire minimum national. Mais la Commission doit composer dans une situation très conflictuelle face à deux blocs de pays qui s’accusent mutuellement, l’un de « protectionnisme », l’autre de « dumping social ». Paris et Berlin, têtes d’affiche de la lutte contre le « dumping social », font d’ailleurs l’objet d’une procédure d’infraction de la Commission pour leur application jugée trop « systématique » de leur salaire minimum aux chauffeurs routiers venant de l’étranger. Mais d’autres Etats-membres, plus d’une dizaine, emmenés par la Pologne, rejettent l’application de ce statut pour leurs chauffeurs envoyés à l’étranger, estimant qu’il génère des coûts administratifs trop élevés, perçus comme des mesures protectionnistes qui nuisent à leur compétitivité. La Commission a cependant proposé mercredi qu’un chauffeur soit considéré comme un travailleur détaché dès le premier jour lors d’opérations dit de « cabotage », soit le transport à l’intérieur d’un même pays. « Si un chauffeur slovène décharge sa livraison à Milan, puis recharge à Milan pour décharger à Rome, alors il relève des règles salariales italiennes pour le temps de cette opération entre Milan et Rome », a expliqué la commissaire Marianne Thyssen, en charge de l’Emploi. De toute manière le cabotage est incontrôlable et les règles demeurent très théoriques.

 

Climat: UE et Chine contre Trump

Climat: UE et Chine contre Trump

D’après les médias Trump doit annoncer qu’il quitte accord de Paris. L’Union européenne et la Chine vont cependant soutenir l’accord de Paris sur le climat, lors d’un sommet en fin de semaine à Bruxelles, quelle que soit la décision du président américain Donald Trump, a affirmé mercredi un haut responsable européen.   »Nous allons publier une déclaration commune sur le changement climatique, dans laquelle l’UE et la Chine, en tant que principaux émetteurs de Co2, vont affirmer qu’ils mettront en œuvre l’accord », a précisé ce responsable, qui a requis l’anonymat, devant des journalistes à Bruxelles. La décision de Trump de quitter l’accord de Paris va cependant créer de nombreux remous aux Etats unis de la par des écolos bien sûr mais aussi des industriels qui ne veulent pas manquer la révolution écologique.  Le milliardaire et entrepreneur Elon Musk par exemple a menacé mercredi de quitter les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump si celui-ci retirait les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. « Que feriez-vous s’il (Donald Trump) prenait la décision du retrait ? », a demandé un internaute au fondateur du constructeur de véhicules électriques de luxe Tesla sur Twitter. « N’aurai pas d’autre choix que de quitter les conseils dans ce cas », a répondu aussitôt Elon Musk. « J’ai fait tout ce que je peux » en termes de conseils pour convaincre Donald Trump de ne pas se retirer de l’accord, a-t-il également affirmé dans un autre tweet. Selon plusieurs médias américains, Donald Trump pourrait annoncer sous peu le retrait des Etats-Unis de cet accord conclu fin 2015 dans la capitale française sous l’égide de l’ONU. Il vise à limiter la hausse de la température mondiale et ses effets dévastateurs sur l’environnement. « J’annoncerai ma décision sur l’accord de Paris dans les jours à venir.

Réhabilitation de l’orthographe dans les entreprises (Pascal Hostachy)

Réhabilitation de l’orthographe dans les entreprises (Pascal Hostachy)

 

 

Si les collégiens ne maîtrisent que 27% des règles de base de l’orthographe, les étudiants 44% de celles-ci et les salariés, 52%. Bien qu’honorable, ce chiffre est loin de satisfaire les entreprises dont la communication externe souffre de l’orthographe souvent défaillante des salariés. Pascal Hostachy, responsable du Projet Voltaire, premier service en ligne de remise à niveau en orthographe dans les entreprises, évoque pour Le Figaro les moyens mis en œuvre par les RH pour pallier ce problème.

 

 

Comment expliquez-vous l’intérêt des entreprises pour le niveau orthographique de leurs salariés?

Il faut d’abord noter que ce phénomène est très récent. La question de la non-maîtrise de l’orthographe a longtemps constitué un sujet extrêmement tabou dans l’entreprise. Il y a eu une vraie évolution sur cette question, avec des RH de moins en moins dans le déni du problème. Cette vigilance accrue s’explique également par le poids croissant de la communication externe à l’entreprise, via les mails notamment. Aujourd’hui, la forme de votre discours tend à prendre autant d’importance que le fond. L’employé expose l’image de l’entreprise au travers de ses écrits. D’où la nécessite d’une maîtrise parfaite de la langue.

Et c’est là que le Projet Voltaire intervient …

Absolument. Au départ, les entreprises ont réclamé nos services de formation pour quelques collaborateurs ciblés pour leurs lacunes, mais cette formule n’a pas fonctionné. C’est un exercice délicat car la non-maîtrise de l’orthographe peut très vite être jugée stigmatisante. Nous avons donc radicalement inversé notre démarche de management en proposant une plateforme en ligne (le Projet Voltaire, ndrl) accessible à tous les salariés des entreprises clientes. L’idée est désormais d’envisager l’amélioration de l’orthographe et de la grammaire des salariés sous un angle ludique, avec un outil d’entraînement numérique qui favorise le développement d’une culture du «challenge» au sein de l’entreprise. Le directeur des ressources humaines peut s’adresser directement au projet Voltaire pour créer un projet personnalisé en fonction des spécificités de son entreprise.

Quelle sont les entreprises concernées?

Jusqu’à très récemment, seules les grandes entreprises faisaient appel à nos services. Depuis un an environ, on assiste à une véritable explosion de la demande de la part des PME et des TPE. Nous travaillons actuellement avec 700 entreprises, et rien que sur l’année 2016, une centaine de PME/TPE ont choisi notre outil. Et les demandes affluent tous les jours.

 

Vous intervenez également lors de la phase de recrutement …

L’enjeu est gigantesque. 80% des recruteurs seraient sensibles à la bonne maîtrise de l’orthographe. Christelle Martin-Lacroux, chercheuse à l’Université de Toulon, a consacré sa thèse à l’impact négatif des fautes d’orthographe lors du processus de recrutement. Son constat est implacable: la présence de fautes dans votre CV diviserait par trois vos chances d’être recruté. Avec la création du Certificat Voltaire, en 2011, nous avons voulu donner la possibilité aux demandeurs d’emploi de mettre en valeur leurs compétences en orthographe. Aujourd’hui, nous avons dépassé les 100.000 certifiés. Rien qu’en 2016, 35.000 personnes ont souhaité disposer de ce certificat.

Les Français de l’EI sont des ennemis

Les Français de  l’EI sont des ennemis

 

 

Officiellement le gouvernement français prévient que dans la dernière phase actuellement en cours contre Daech en Syrie et en Irak, les français auront le même statut que les autres combattants. Officieusement on va même plus loin puisque la France ne souhaite pas leur retour en France.  Les combattants français qui rejoignent les rangs de l’Etat islamique en Irak et en Syrie doivent assumer le risque d’être tués, a déclaré le porte-parole du gouvernement français Christophe Castaner, mercredi. « Je le dis à tous les combattants qui rejoignent Daech et qui vont à l’étranger pour mener la guerre : mener la guerre, c’est prendre des risques, qu’ils assument leurs risques », a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres. Il était interrogé sur un article du Wall Street Journal selon lequel la France fait appel aux forces irakiennes pour éliminer les djihadistes français présents à Mossoul, que les forces locales, appuyées par la coalition internationale, tentent de reprendre des mains des djihadistes. Les forces spéciales françaises auraient ainsi, selon le quotidien américain qui cite des sources irakiennes et françaises sur place, fourni aux unités irakiennes une liste de 27 noms de combattants français à éliminer. Interrogé sur ces informations, un porte-parole du Quai d’Orsay a assuré mardi que la France « conduisait son action dans le respect du droit international ».

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