Archive pour la Catégorie 'environnement'

Conséquences de l’huile de palme sur l’environnement (Alain Rival)

Conséquences de l’huile de palme  sur l’environnement  (Alain Rival)

 

 

En douce, certains députés de « la république en marche »  ont tenté une manœuvre délictueuse pour réhabiliter l’huile de palme .  Alain Rival, correspondant pour la filière palmier à huile au Cirad. (Organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes) rappelle le lien entre huile de palme et environnement

 

 

Quelles sont les conséquences de la culture du palmier à huile sur l’environnement ?

A. R. : Le palmier à huile est la plante oléagineuse la plus productrice, avec des rendements moyens de l’ordre de 6 tonnes d’huile/hectare/an dans de bonnes conditions écologiques (jusqu’à 12 T/ha dans les meilleurs essais génétiques actuels). La productivité moyenne mondiale d’huile de palme est de 3,8 T/an. Pour que s’exprime le potentiel des meilleures semences, l’utilisation de fertilisants est indispensable. Il y a donc un risque réel de pollution, notamment des nappes phréatiques, lorsque ces intrants sont utilisés en excès et/ou au mauvais moment. Les engrais constituent aujourd’hui 60 % des coûts d’exploitation d’une plantation et sont de plus en plus remplacés par des apports de compost issu du recyclage des effluents, qui permettent d’économiser jusqu’à 15% de la facture globale de fertilisants.

Quelle est à l’heure actuelle la part d’huile de palme utilisée pour faire des agrocarburants ?

A.   R. : Aujourd’hui, environ 5 % de la production mondiale d’huile de palme est utilisée comme agrocarburant, directement utilisé ou transformé en diester. Au Sud, plus de 90 % des utilisations de cette huile sont alimentaires. Il n’y a donc pas de concurrence directe entre les utilisations énergétiques et alimentaires. Toutefois, les possibilités d’utilisation des huiles végétales comme biocarburants ont installé une tension durable sur les cours mondiaux. En Europe (EU27), ils consomment environ 20 % des 5.4 millions de tonnes d’huile de palme importées chaque année. En outre, les cours des huiles végétales dépendent plus directement des cours du pétrole que des aléas climatiques, malgré l’interchangeabilité totale des huiles végétales (James Fry, in Corley) : une tendance qui se confirme depuis ces dernières années.

 

Les coupes de forêt primaire sont-elles directement liées aux plantations de palmiers à huile ?

 

Alain Rival : En Indonésie, ce sont les plantations d’essences forestières à croissance rapide (fast wood) qui sont les premiers moteurs de la déforestation, l’exploitation minière joue également un rôle considérable (Abood et al, 2015). Sur les 21 millions d’hectares de forêt primaire qui ont disparu en Indonésie entre 1990 et 2005, seulement 3 millions correspondent à la création de palmeraies. Lorsqu’elles ne sont pas replantées, les surfaces déforestées sont laissées en friche jusqu’à ce qu’elles deviennent des savanes dégradées qui seront, ou non, reconverties pour des activités agricoles. Au cours des dernières années, la déforestation s’est accélérée et concentrée sur des foyers de biodiversité comme Bornéo, l’Amazonie ou le bassin du Congo, qui demandent aujourd’hui une vigilance accrue des gouvernements, des ONG et des sociétés de plantation.

 

Comment éviter de détruire de précieux réservoirs de biodiversité ?

A. R. : Si une forêt primaire est transformée en palmeraie, la perte de biodiversité s’élève à 85 %, comme pour toute monoculture intensive, sous les tropiques comme ailleurs. Pour éviter les extensions de palmeraies dans les zones limitrophes de forêt primaire, dites à haut stock de carbone ou à haute valeur de conservation, il convient de fournir un revenu équivalent à celui issu de la coupe du bois et de déplacer le projet de création de palmeraie vers une savane dégradée ou une zone agricole à reconvertir. Il existe en outre des initiatives comme la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO) qui visent la certification des plantations durables de palmier à huile. Il s’agit d’une démarche consensuelle liant les principaux acteurs de la filière décidés volontairement à s’entendre sur un socle de principes et critères partagés, régulièrement redéfinis en fonction des demandes des membres de la Table ronde.

Quelles sont les solutions concrètes pour concilier la préservation de la biodiversité et un développement agricole indispensable aux populations du Sud ?

 

A. R. : Tout d’abord, la planification du paysage qui consiste à identifier des forêts à « haute valeur de conservation » ou à stock élevé de carbone et à les entourer de zones tampons. Dans ces zones, des agroforêts, installées à côté des plantations, permettent une activité humaine raisonnée : cultures vivrières, fruitiers, caoutchouc, plantes médicinales ou même écotourisme. Cette pratique permet d’éviter une réduction drastique de la biodiversité consécutive à l’ouverture d’espaces agricoles en limite directe de forêt primaire. La culture du palmier à huile est alors intégrée à une planification du paysage en concertation avec les populations locales (Koh et al, 2009). Par ailleurs, dans les zones dédiées à la monoculture du palmier à huile, il s’agit aujourd’hui de produire plus et mieux sur la base des caractéristiques naturelles exceptionnelles du palmier à huile, tout en limitant les recours aux intrants et aux pratiques non durables. Cette intensification écologique passe par la mise à disposition de tous les planteurs, familiaux ou industriels, de matériel végétal amélioré issu des programmes de sélection, par l’optimisation de l’utilisation des engrais par la valorisation de la biomasse et le recyclage des effluents d’huileries et de plantation (Rival, 2013).

Enfin, dans chaque pays producteur, les petits planteurs constituent une mosaïque hétérogène d’acteurs plus ou moins organisés. Il convient de comprendre puis d’anticiper leurs trajectoires et de les associer aux efforts en cours de certification de la durabilité de la filière. Pour cela, il s’agit de mieux connaître les systèmes de production qu’ils adoptent, leurs relations avec les pouvoirs publics, les plantations industrielles avoisinantes et les usiniers.

« N’attendons rien de Francfort… et de l’Allemagne » Jean Pisani-Ferry

« N’attendons rien de Francfort… et de l’Allemagne » Jean Pisani-Ferry

 

 

Dans une tribune au Monde,  Jean Pisani-Ferry critique fortement l’inefficacité de la BCE dont il estime qu’il ne faut rien attendre. En creux,  il critique tout autant l’Allemagne enfermée dans les dogmes de l’orthodoxie financière qui va tuer l’Europe ; Il  préconise une relance verte pour répondre au risque de récession. Cette piste est, selon lui, la plus prometteuse.

 

Chronique.

 

«  Aurons-nous les moyens de répondre à la prochaine récession ? Si le ralentissement actuel européen se transforme en retournement, d’où pourra venir la réponse ? La menace n’est pas immédiate, mais le risque est désormais assez concret pour que la question se pose.

Entre 2015 et 2017, la croissance de la zone euro a été un peu supérieure à 2 % l’an. En 2019, elle sera sans doute moitié plus basse, et la Commission européenne n’envisage plus de rebond en 2020-2021. Dans le langage codé des prévisionnistes, c’est la marque d’une vraie inquiétude, une manière de dire qu’en dépit des initiatives de la Banque centrale européenne (BCE) et de politiques budgétaires qui ne sont plus guère austères, il n’en faudrait pas beaucoup pour que l’économie européenne bascule dans la récession.

Ce tassement peut largement être attribué à l’épuisement d’un modèle trop centré sur l’exportation. De 2007 à 2017, le solde extérieur de la zone euro est passé de l’équilibre à un excédent de quatre points de produit intérieur brut (PIB). Mais le commerce international est aujourd’hui à l’arrêt. Protectionnisme américain, ralentissement chinois et crise automobile sonnent le glas du tout à l’exportation.

Ce n’est pas de Francfort que viendra le salut. Pour stimuler une économie qui pique du nez, une banque centrale abaisse en moyenne son taux d’intérêt de cinq points sur la durée du cycle économique. Or le taux de la BCE est déjà nettement négatif. Quant à ses achats de titres, ils n’ont plus beaucoup d’effet sur les taux des emprunts publics. Nous touchons au bout des stratégies de soutien monétaire.

Peut-on alors compter sur le relais de la politique budgétaire ? Les Etats-Unis, dont la dette publique dépasse de vingt points celle de la zone euro, ne se privent pas de l’envisager, mais avec les règles européennes en vigueur, ni la France, ni l’Italie, ni l’Espagne, ni la Belgique ne disposent de marges d’action. Or ces pays comptent pour 52 % du PIB de la zone. L’Allemagne (qui pèse 28 %) pourrait agir, mais son propre frein constitutionnel à la dette ne lui laisse que très peu d’espace. Les Etats européens sont collectivement dans une situation de quasi-paralysie budgétaire.

Bien entendu, on peut ruser avec les règles – les Etats ne s’en privent pas. Mais cela ne suffira pas à doter la zone euro d’une capacité de réponse à la mesure des risques. Bien entendu aussi, des clauses de sauvegarde permettent de suspendre l’application des règles en cas de choc d’ampleur. Mais ces dispositions ne joueront qu’après l’enclenchement d’une récession prononcée, et pour une durée limitée. Il y a toutes chances que ce soit trop peu, trop tard. »

L’enfumage de l’ électricité verte

L’enfumage  de  l’ électricité verte

 

La confirmation que l’électricité dite totalement  verte est une escroquerie commerciale puisque toutes les sources d’énergie se retrouvent  dans le même réseau par  Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics.

 

 

« Les contrats 100% électricité verte font partie des offres de la plupart des fournisseurs, des plus grands aux plus petits. C’est un argument de différenciation de produits mis en avant dans les campagnes commerciales des grands groupes énergétiques. Des fournisseurs alternatifs tels que Enercoop et Planète Oui en font leur marque de fabrique. Si vous optez pour ce type de contrat, l’équivalent de votre consommation sera produit à partir de sources d’énergie renouvelables : biomasse, éolien, hydraulique ou solaire. Cela ne veut pas dire que tous les électrons qui alimentent vos appareils proviendront de centrales utilisant ces ressources renouvelables. Le réseau par lequel transite l’électricité ne permet pas de différencier l’électricité verte de la grise. Il restitue l’électricité injectée par les sites de production aux consommateurs selon les lois de la physique. Le contrat n’y changera rien. Il ne peut modifier les lois de Kirchhoff qui régissent la circulation des électrons dans le réseau. L’électricité que vous consommerez sera la même qu’avec un contrat d’offre classique : elle viendra principalement des sites de production les plus proches, donc très probablement de centrales thermiques ou nucléaires.

Néanmoins, votre fournisseur s’engage à produire ou à participer au financement de l’équivalent de votre consommation en électricité verte.

Pour rendre crédible leurs engagements, les fournisseurs ont à leur disposition un instrument réglementaire : la garantie d’origine (GO). La GO est un certificat permettant de s’assurer du caractère renouvelable d’une production d’électricité, une GO par MWh vert produit. Elle est émise par le producteur d’énergie renouvelable et certifiée par son inscription dans un registre en application d’une ordonnance de 2011 transposant deux directives européennes. Le fournisseur peut utiliser les GOs de ses propres sites de production d’énergie renouvelable ou bien les acheter sur le marché par l’intermédiaire de la société Powernext, légalement chargée d’en tenir le registre pour la France. Pour éviter leur accumulation, les GOs ont une durée de vie de 1 an. Il n’existe pas de marché de gros : les transactions se font de gré à gré. Dès qu’elle est utilisée dans une vente au détail, la GO est annulée.

Le système de GO permet de dissocier la consommation de la rémunération de la production d’électricité verte. Même si le client ne reçoit pas l’électricité verte promise, il rémunère 100% de sa production au travers de l’achat ou de l’émission de GOs par son fournisseur. En effet, s’il ne possède pas de capacité de production renouvelable, le fournisseur doit effectuer deux transactions pour remplir ses contrats verts : produire ou acheter de l’électricité sur le marché de gros et acheter des GOs sur la plateforme Powernet. Les deux ne sont pas forcément liés : les GOs peuvent être émis n’importe où en Europe, loin des clients. En effet, Powernext est membre de l’Association of Issuing Bodies de sorte que les titulaires de compte peuvent importer (ou exporter) des GOs depuis (ou vers) d’autres pays européens. Le découplage entre le MWh vert produit et la GO associée permet aux fournisseurs dotés de capacités de production conventionnelles (thermique ou nucléaire) de verdir leur offre sans rien changer de leur mix énergétique. Il leur suffit d’acheter les GO correspondant aux contrats souscrits. Ce découplage peut conduire à une situation paradoxale où l’entreprise verte qui cède une GO à une entreprise grise ne peut pas vendre son MWh comme étant vert alors que le producteur gris qui a acheté la GO en a le droit.

Le découplage entre consommation et rémunération de l’électricité verte a aussi un impact non-trivial sur le mix énergétique du fait de l’intermittence des sources d’énergies éoliennes et solaires.

Prenons l’exemple de deux consommateurs, A et B, qui consomment chacun 24 kWh par jour, plus précisément 1 kW chaque heure de la journée. Leur électricité provient d’une centrale thermique dont ils utilisent 2 kW de capacité de production chaque heure de la journée. Ils habitent une région ensoleillée proche de l’équateur, de sorte qu’une alternative verte se présente : le producteur/fournisseur peut installer des panneaux photovoltaïques permettant de produire à pleine capacité pendant chacune des 12 heures diurnes.

Le consommateur A signe un contrat 100% électricité verte proposé par son fournisseur. Celui-ci doit alors émettre ou acheter des GO pour 24kWh par jour d’énergie solaire (la consommation de A), ce qui nécessite l’installation de 2 kW de capacité de production en panneaux photovoltaïques. Durant les heures de la journée, les 2 kW couvrent les besoins des deux clients, A mais aussi B, donc on peut se passer de la centrale thermique. Celle-ci n’est mise en route que le soir pour alimenter B, mais aussi A la nuit venue. Finalement, sans le savoir, A et B consomment la même électricité ! Elle est verte le jour et grise la nuit. Dans un sens, A finance la consommation verte de B. Le consommateur A contribue donc à la transition énergétique, mais il a fallu pour cela doubler les capacités de production, chaque type de centrale électrique n’étant utilisé que la moitié du temps.

Si A veut produire et consommer sa propre électricité 100% verte, il devra installer 2kW de capacité de production en photovoltaïque couplés à une batterie de 12kWh de capacité (en négligeant les pertes inhérentes au stockage). A devient alors un consommateur (un ‘prosumer’) qui peut se déconnecter du réseau et savourer pleinement son électricité verte. De son côté, B continuera d’utiliser l’électricité issue de la centrale thermique à hauteur de 1 kW toutes les heures. La centrale tournera toute la journée mais en dessous de sa capacité de production.

Si l’on compare les deux options, le bilan environnemental est très différent : dans les deux options vertes, 2 kW d’énergie solaire sont installés et 24kWh d’électricité grise sont produits, avec les mêmes émissions polluantes mais réparties différemment. Dans le cas où A signe un contrat vert la centrale thermique fonctionne à pleine capacité pendant la moitié du temps et, dans le cas où il installe ses propres panneaux solaires, elle fonctionne de façon ininterrompue mais à la moitié de sa capacité.[1] Le bilan carbone est le même mais la qualité de l’air est moindre avec le contrat vert car les émissions de particules fines sont concentrées lors des pics de pollution en soirée. A quoi s’ajoute un surcoût lié à la montée en charge lorsque la centrale thermique s’active en fin de journée.[2] Dans le cas d’autoconsommation, il faut investir dans le stockage de l’énergie, une technologie qui, bien qu’en progrès, reste particulièrement onéreuse.

Si, dans notre exemple, il a suffi que A signe un contrat 100% électricité verte pour que 2kW de panneaux photovoltaïques soient installés, c’est loin d’être le cas en pratique. En France, la source d’énergie renouvelable principale étant hydraulique, il y a de bonnes chances que la rémunération par la garantie d’origine finance une centrale hydraulique existante et souvent largement amortie. C’est un effet d’aubaine pour les centrales existantes, et les nouveaux barrages qui pourraient être financés sont peu nombreux à cause de l’opposition des populations riveraines. De toute façon, l’incitation financière apportée par les GO reste faible. Les montants sont négligeables au regard des tarifs d’achat réglementés de l’énergie renouvelable: de l’ordre de 0,15 à 3,6 € par MWh pour les GOs alors que le tarif d’achat du MWh solaire va de 150 à 180 €![3] Ces quelques euros de plus font peu de différence dans les décision d’investissement.

Depuis la Loi n° 2017-227, les installations bénéficiant de soutien public (obligation d’achat ou compléments de rémunération) voient leurs GOs récupérées par l’Etat et mises en vente par enchères organisées par Powernext.

La GO n’est certainement pas le levier financier de la transition énergétique ; un peu de beurre dans les épinards tout au plus. Les choses pourraient changer si les consommateurs deviennent demandeurs massifs d’électricité verte. En effet, la demande forte de GOs ferait monter leur prix et pousserait à plus d’investissement en technologies renouvelables.

Le système des GOs est un instrument ingénieux pour répondre à la demande des consommateurs qui souhaitent contribuer à la transition énergétique sans pour autant installer des panneaux solaires. En s’appuyant sur le marché, il permet de rémunérer l’offre d’énergie renouvelable où qu’elle soit. Néanmoins, le système aurait à gagner à être plus précis afin de mieux informer les consommateurs sur le produit qu’ils achètent. Peu d’entre eux savent qu’ils peuvent retrouver la trace de la source d’énergie renouvelable à laquelle ils ont contribué en reportant le numéro de la GO acquise par leur fournisseur sur le site Powernext. Certains aimeraient peut-être diriger leur contribution vers certaines installations. Les fournisseurs alternatifs en font une stratégie commerciale. Ainsi Enercoop met en avant son réseau de producteurs locaux et associatifs. Un fournisseur conventionnel pourrait aller plus loin dans la différenciation de produits lors de la signature du contrat en s’engageant à acquérir les GOs selon un cahier des charges plus précis: la source d’énergie, l’origine géographique ou l’âge des équipements. On pourrait alors souscrire à un contrat 100% électricité solaire d’Occitanie. C’est tout à fait possible avec le système des GOs actuel. On pourrait également favoriser le stockage de l’énergie en différenciant la GO selon l’heure de la journée, avec une prime lors des pics de pollutions de fin d’après-midi. De tels contrats étofferaient la gamme des produits offerts par les fournisseurs et seraient plus rémunérateurs pour les producteurs. Mais ils coûteraient plus chers. Il n’est donc pas sûr que la demande suivrait. »

________

[1] A noter que les coûts d’investissement (ou de démantèlement) et de maintenance ne sont pas les mêmes avec les deux options.

 

Climats: l’AIE se réveille ?

Climats:  l’AIE se réveille ?

Un cri d’ alarme de l’AIE. qui constate l’envolée des émissions polluantes influentes sur le climat  et parallèlement des efforts notoirement insuffisants en matière d’ efficacité énergétique. Il faudrait pour tenir les objectifs de l’accord de Paris que la demande énergétique soit plus faible en 2040 qu’ actuellement. Ce qui supposerait une autre efficacité énergétique. L’AIE  propose notamment plusieurs scénarios pour réduire voire supprimer la filière charbon.

Notons cependant que les orientations de l’AIE sont critiquées;

« Censée guider les États dans leurs efforts climatiques, l’ Agence internationale de l’énergie proposent des scénarios qui ne respectent pas l’Accord de Paris selon Oil Change international.

Le scénario « Nouvelles Politiques » de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), utilisé comme principale référence pour son rapport annuel Perspectives énergétiques mondiales, implique d’utiliser un volume d’énergies fossiles incompatible avec l’objectif d’un réchauffement maximum de 2 °C de l’Accord de Paris, révèle une étude d’Oil Change International et de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA).

Si le scénario de base de l’AIE était appliqué, le volume maximum de CO2 que l’humanité peut se permettre d’émettre sans que le réchauffement climatique dépasse 1,5 °C serait émis d’ici 2022. Pour un réchauffement de 2 °C, la date fatidique s’éloigne à peine : 2034, révèle l’étude.

Sans modification de ce scénario, le monde s’expose à un réchauffement entre 2,7 °C et 3,3 °C, préviennent les deux organisations.

Même le « scénario de développement durable » de l’AIE ne permettrait pas de respecter l’Accord de Paris, puisqu’il mènerait à un épuisement des émissions possible d’ici 2023 pour 1,5 °C et d’ici 2040 pour 2 °C.

Initialement rédigé en 2009 pour éviter un changement climatique trop dangereux, ce scénario n’a pas été revu après la signature de l’Accord de Paris, en 2015. Les auteurs de l’étude estiment que les orientations qu’il donne sont trop pauvres et inadaptées aux réalités actuelles. »

L’AIE réfute cette analyse, assurant que « toute suggestion selon laquelle le scénario de développement durable n’est pas compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris est erronée ». L’agence admet pourtant que son scénario de référence est insuffisant au regard des objectifs climatiques.

« Le message clair émanant du scénario Nouvelles Politiques est que les politiques actuelles et prévues, y compris les contributions nationales dans le cadre de l’Accord de Paris, ont pour effet une réduction des émissions qui est ‘loin de suffire pour éviter les conséquences graves du changement climatique’ et une utilisation très rapide du budget carbone mondial », indique l’AIE.

L’agence a ajouté que le respect des objectifs de Paris « inclut des investissements dans les infrastructures et la production de pétrole et de gaz, afin d’assurer le maintien de la stabilité économique et de la sécurité énergétique nécessaire à une transition réussie ».

Si les renouvelables et le nucléaire jouent un rôle de plus en plus important dans tous les scénarios, le gaz « reste important pour la croissance de la production d’électricité », souligne l’AIE, favorable à l’utilisation de la technologie de captage et de stockage du carbone (CSC) pour limiter l’impact climatique de l’utilisation du gaz.

Pour sa part, « le pétrole reste essentiel dans des secteurs où il existe peu d’alternatives, comme la pétrochimie, le transport et l’aviation », insiste-t-elle, alors que les véhicules et infrastructures électriques devraient se généraliser rapidement.

Le rapport d’Oil Change International et de l’IEEFA liste d’ailleurs les nombreuses déclarations de représentants de l’AIE en soutien à l’investissement dans le gaz et le pétrole. Ceux-ci se sont notamment exprimés en faveur de l’exploitation extrêmement polluante des sables bitumineux au Canada, alors même que la communauté internationale est appelée à se détourner des énergies fossiles.

En décembre 2017, la Banque mondiale a annoncé qu’il ne financerait plus l’extraction du pétrole et du gaz après 2019, afin d’encourager les pays à atteindre les objectifs déterminés à Paris. Cette décision reflète les recommandations du groupe de haut niveau sur le développement durable de l’UE, qui appelle les décideurs politiques à éradiquer tout soutien public aux fossiles.

 

Selon Oil Change International(1), Institut environnemental ,entre 78 et 96 % des investissements recommandés dans le nouveau scénario politique de l’AIE sont incompatibles avec les objectifs de l’accord de Paris, soit environ 9,1 à 11,2 trillions d’euros pour la période 2018-2040.

« L’AIE encourage une vision de l’avenir où le monde continuera à dépendre des énergies fossiles », a regretté Greg Muttitt, le directeur de recherche d’Oil Change International.

« En tant que base pour les décisions politiques et d’investissement, elle risque de devenir une prophétie autoréalisatrice », a-t-il averti, affirmant que les 30 membres de l’AIE ont signé l’accord de Paris, et que cela « devrait les aider à atteindre les objectifs climatiques au lieu de les freiner ».

Les détracteurs jugent que l’AIE a déjà surestimé l’importance des combustibles fossiles dans ses Perspectives énergétiques mondiales, qui sort chaque année en novembre. L’organisation internationale basée à Paris aurait également tendance à sous-estimer la croissance des énergies renouvelables tout en faisant des hypothèses optimistes sur le nucléaire.

« Il est probable que ces scénarios soient en grande partie coupables de l’échec de la communauté internationale à se concentrer sur les énergies renouvelables ces dix à vingt dernières années », a déclaré Hans-Josef Fell, le président d’Energy Watch Group, un réseau international de scientifiques et de parlementaires, cité par la chaîne allemande Deutsche Welle. Pour répondre sans doute à ces critiques, l’AIE dans son denier rapport reconnaît que certains de ses scénarios sont insuffisants en regard des objectifs de l’accord sur le climat de Paris. :Un scénario extrapole sur les politiques énergétiques existantes aujourd’hui, l’autre prend en compte les changements induits par les objectifs politiques affichés pour l’avenir – mais qui restent insuffisants.

Seul un troisième scénario montre ce qu’il faudrait faire pour limiter les émissions en accord avec les objectifs de l’accord de Paris, pour contenir le réchauffement bien en dessous des 2 degrés, et plutôt à 1,5°, par rapport aux niveau préindustriels.

Ce dernier – le scénario de développement durable - « nécessite des changements rapides et étendus à travers l’ensemble du système énergétique », prévient l’AIE. Et « il n’y a pas de solution simple ou unique pour transformer les systèmes énergétiques mondiaux », ajoute Fatih Birol.

Il suppose en premier lieu que la demande en énergie soit plus faible en 2040 qu’elle ne l’est aujourd’hui, malgré la croissance de l’économie mondiale, grâce aux efforts d’efficacité énergétique.

 

Or celle-ci ne progresse pas assez vite, a déjà mis en garde l’AIE dans un rapport publié début novembre. Elle n’a, depuis dix ans, jamais progressé aussi lentement qu’en 2018: avec une augmentation de 1,2%, elle est bien en-dessous des 3% nécessaires.

L’atteinte des objectifs climatiques nécessite également que l’utilisation de pétrole et de charbon atteignent immédiatement un pic avant de décliner, tandis que le gaz doit encore un peu progresser avant d’entamer son déclin. Il faudrait un marché pétrolier qui chute à 65 millions de barils par jour en 2040 (contre 97 millions l’an dernier), un niveau qui correspond à celui du début des années 1990.

En revanche, l’électricité doit croître et prendre la première place dans la consommation finale d’énergie, au détriment du pétrole, d’ici 2040. Les nouvelles capacités électriques doivent être tirées presque exclusivement par les renouvelables – éolien et solaire.

« Placer les systèmes électriques sur un chemin soutenable nécessitera plus que la simple addition de renouvelables », met toutefois en garde l’AIE.

 

Elle souligne ainsi cette année la nécessité de s’en prendre aussi aux émissions liées au système existant, ciblant en particulier le charbon, très polluant. Les centrales à charbon sont très nombreuses et relativement récentes en Asie, elles risquent donc de continuer à émettre pendant longtemps compte tenu de leur durée de vie importante.

Le rapport publié mercredi se concentre sur ce problème et identifie plusieurs solutions. La première est de les équiper avec des capacités de captation et de séquestration du carbone – au prix exorbitant d’un milliard d’euros par gigawatt (GW) de capacité sur la base de la technologie actuelle – ou d’équipements leur permettant d’utiliser aussi de la biomasse.

La deuxième consiste à faire des centrales à charbon des moyens de production d’appoint pour assurer la flexibilité du système électrique tout en réduisant leur fonctionnement. La dernière, plus radicale, consiste à les fermer plus tôt que prévu.

 

Dans le scénario durable, la plupart des 2.080 GW de capacités au charbon existantes devraient se plier à une de ces trois solutions, prévient l’AIE.

 

(1) Oil Change International (OCI) est une organisation de recherche, de communication et de plaidoyer axée sur la divulgation des coûts réels des combustibles fossiles et la facilitation de la transition en cours vers des énergies propres. Enracinés dans la solidarité de la communauté et l’analyse des politiques sur la base de principes, nous travaillons au sein de mouvements plus larges pour construire un avenir sans fossile

 

Climats: l’AIE veut des changements significatifs

Climats:  l’AIE veut des changements significatifs

Un cri d’ alarme de l’AIE. qui constate l’envolée des émissions polluantes influentes sur le climat  et parallèlement des efforts notoirement insuffisants en matière d’ efficacité énergétique. Il faudrait pour tenir les objectifs de l’accord de Paris que la demande énergétique soit plus faible en 2040 qu’ actuellement. Ce qui supposerait une autre efficacité énergétique. L’AIE  propose notamment plusieurs scénarios pour réduire voire supprimer la filière charbon.

Notons cependant que les orientations de l’AIE sont critiquées;

Censée guider les États dans leurs efforts climatiques, l’ Agence internationale de l’énergie proposent des scénarios qui ne respectent pas l’Accord de Paris selon Oil Change international.

Le scénario « Nouvelles Politiques » de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), utilisé comme principale référence pour son rapport annuel Perspectives énergétiques mondiales, implique d’utiliser un volume d’énergies fossiles incompatible avec l’objectif d’un réchauffement maximum de 2 °C de l’Accord de Paris, révèle une étude d’Oil Change International et de l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA).

Si le scénario de base de l’AIE était appliqué, le volume maximum de CO2 que l’humanité peut se permettre d’émettre sans que le réchauffement climatique dépasse 1,5 °C serait émis d’ici 2022. Pour un réchauffement de 2 °C, la date fatidique s’éloigne à peine : 2034, révèle l’étude.

Sans modification de ce scénario, le monde s’expose à un réchauffement entre 2,7 °C et 3,3 °C, préviennent les deux organisations.

Même le « scénario de développement durable » de l’AIE ne permettrait pas de respecter l’Accord de Paris, puisqu’il mènerait à un épuisement des émissions possible d’ici 2023 pour 1,5 °C et d’ici 2040 pour 2 °C.

Initialement rédigé en 2009 pour éviter un changement climatique trop dangereux, ce scénario n’a pas été revu après la signature de l’Accord de Paris, en 2015. Les auteurs de l’étude estiment que les orientations qu’il donne sont trop pauvres et inadaptées aux réalités actuelles.

L’AIE réfute cette analyse, assurant que « toute suggestion selon laquelle le scénario de développement durable n’est pas compatible avec les objectifs de l’Accord de Paris est erronée ». L’agence admet pourtant que son scénario de référence est insuffisant au regard des objectifs climatiques.

« Le message clair émanant du scénario Nouvelles Politiques est que les politiques actuelles et prévues, y compris les contributions nationales dans le cadre de l’Accord de Paris, ont pour effet une réduction des émissions qui est ‘loin de suffire pour éviter les conséquences graves du changement climatique’ et une utilisation très rapide du budget carbone mondial », indique l’AIE.

Investissement dans le gaz et le pétrole

L’agence a ajouté que le respect des objectifs de Paris « inclut des investissements dans les infrastructures et la production de pétrole et de gaz, afin d’assurer le maintien de la stabilité économique et de la sécurité énergétique nécessaire à une transition réussie ».

Si les renouvelables et le nucléaire jouent un rôle de plus en plus important dans tous les scénarios, le gaz « reste important pour la croissance de la production d’électricité », souligne l’AIE, favorable à l’utilisation de la technologie de captage et de stockage du carbone (CSC) pour limiter l’impact climatique de l’utilisation du gaz.

Pour sa part, « le pétrole reste essentiel dans des secteurs où il existe peu d’alternatives, comme la pétrochimie, le transport et l’aviation », insiste-t-elle, alors que les véhicules et infrastructures électriques devraient se généraliser rapidement.

Le rapport d’Oil Change International et de l’IEEFA liste d’ailleurs les nombreuses déclarations de représentants de l’AIE en soutien à l’investissement dans le gaz et le pétrole. Ceux-ci se sont notamment exprimés en faveur de l’exploitation extrêmement polluante des sables bitumineux au Canada, alors même que la communauté internationale est appelée à se détourner des énergies fossiles.

En décembre 2017, la Banque mondiale a annoncé qu’il ne financerait plus l’extraction du pétrole et du gaz après 2019, afin d’encourager les pays à atteindre les objectifs déterminés à Paris. Cette décision reflète les recommandations du groupe de haut niveau sur le développement durable de l’UE, qui appelle les décideurs politiques à éradiquer tout soutien public aux fossiles.

 

Selon Oil Change International(1), Institut environnemental ,entre 78 et 96 % des investissements recommandés dans le nouveau scénario politique de l’AIE sont incompatibles avec les objectifs de l’accord de Paris, soit environ 9,1 à 11,2 trillions d’euros pour la période 2018-2040.

« L’AIE encourage une vision de l’avenir où le monde continuera à dépendre des énergies fossiles », a regretté Greg Muttitt, le directeur de recherche d’Oil Change International.

« En tant que base pour les décisions politiques et d’investissement, elle risque de devenir une prophétie autoréalisatrice », a-t-il averti, affirmant que les 30 membres de l’AIE ont signé l’accord de Paris, et que cela « devrait les aider à atteindre les objectifs climatiques au lieu de les freiner ».

Les détracteurs jugent que l’AIE a déjà surestimé l’importance des combustibles fossiles dans ses Perspectives énergétiques mondiales, qui sort chaque année en novembre. L’organisation internationale basée à Paris aurait également tendance à sous-estimer la croissance des énergies renouvelables tout en faisant des hypothèses optimistes sur le nucléaire.

« Il est probable que ces scénarios soient en grande partie coupables de l’échec de la communauté internationale à se concentrer sur les énergies renouvelables ces dix à vingt dernières années », a déclaré Hans-Josef Fell, le président d’Energy Watch Group, un réseau international de scientifiques et de parlementaires, cité par la chaîne allemande Deutsche Welle. Pour répondre sans doute à ces critiques, l’AIE dans son denier rapport reconnaît que certains de ses scénarios sont insuffisants en regard des objectifs de l’accord sur le climat de Paris. :Un scénario extrapole sur les politiques énergétiques existantes aujourd’hui, l’autre prend en compte les changements induits par les objectifs politiques affichés pour l’avenir – mais qui restent insuffisants.

Seul un troisième scénario montre ce qu’il faudrait faire pour limiter les émissions en accord avec les objectifs de l’accord de Paris, pour contenir le réchauffement bien en dessous des 2 degrés, et plutôt à 1,5°, par rapport aux niveau préindustriels.

Ce dernier – le scénario de développement durable - « nécessite des changements rapides et étendus à travers l’ensemble du système énergétique », prévient l’AIE. Et « il n’y a pas de solution simple ou unique pour transformer les systèmes énergétiques mondiaux », ajoute Fatih Birol.

Il suppose en premier lieu que la demande en énergie soit plus faible en 2040 qu’elle ne l’est aujourd’hui, malgré la croissance de l’économie mondiale, grâce aux efforts d’efficacité énergétique.

 

Or celle-ci ne progresse pas assez vite, a déjà mis en garde l’AIE dans un rapport publié début novembre. Elle n’a, depuis dix ans, jamais progressé aussi lentement qu’en 2018: avec une augmentation de 1,2%, elle est bien en-dessous des 3% nécessaires.

L’atteinte des objectifs climatiques nécessite également que l’utilisation de pétrole et de charbon atteignent immédiatement un pic avant de décliner, tandis que le gaz doit encore un peu progresser avant d’entamer son déclin. Il faudrait un marché pétrolier qui chute à 65 millions de barils par jour en 2040 (contre 97 millions l’an dernier), un niveau qui correspond à celui du début des années 1990.

En revanche, l’électricité doit croître et prendre la première place dans la consommation finale d’énergie, au détriment du pétrole, d’ici 2040. Les nouvelles capacités électriques doivent être tirées presque exclusivement par les renouvelables – éolien et solaire.

« Placer les systèmes électriques sur un chemin soutenable nécessitera plus que la simple addition de renouvelables », met toutefois en garde l’AIE.

 

Elle souligne ainsi cette année la nécessité de s’en prendre aussi aux émissions liées au système existant, ciblant en particulier le charbon, très polluant. Les centrales à charbon sont très nombreuses et relativement récentes en Asie, elles risquent donc de continuer à émettre pendant longtemps compte tenu de leur durée de vie importante.

Le rapport publié mercredi se concentre sur ce problème et identifie plusieurs solutions. La première est de les équiper avec des capacités de captation et de séquestration du carbone – au prix exorbitant d’un milliard d’euros par gigawatt (GW) de capacité sur la base de la technologie actuelle – ou d’équipements leur permettant d’utiliser aussi de la biomasse.

La deuxième consiste à faire des centrales à charbon des moyens de production d’appoint pour assurer la flexibilité du système électrique tout en réduisant leur fonctionnement. La dernière, plus radicale, consiste à les fermer plus tôt que prévu.

 

Dans le scénario durable, la plupart des 2.080 GW de capacités au charbon existantes devraient se plier à une de ces trois solutions, prévient l’AIE.

 

(1) Oil Change International (OCI) est une organisation de recherche, de communication et de plaidoyer axée sur la divulgation des coûts réels des combustibles fossiles et la facilitation de la transition en cours vers des énergies propres. Enracinés dans la solidarité de la communauté et l’analyse des politiques sur la base de principes, nous travaillons au sein de mouvements plus larges pour construire un avenir sans fossile

 

Le mensonge de l’ électricité verte

Le mensonge de  l’ électricité verte

 

La confirmation que l’électricité dite totalement  verte est une escroquerie commerciale puisque toutes sources d’énergie se retrouve dans le même réseau par  Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics.

 

 

« Les contrats 100% électricité verte font partie des offres de la plupart des fournisseurs, des plus grands aux plus petits. C’est un argument de différenciation de produits mis en avant dans les campagnes commerciales des grands groupes énergétiques. Des fournisseurs alternatifs tels que Enercoop et Planète Oui en font leur marque de fabrique. Si vous optez pour ce type de contrat, l’équivalent de votre consommation sera produit à partir de sources d’énergie renouvelables : biomasse, éolien, hydraulique ou solaire. Cela ne veut pas dire que tous les électrons qui alimentent vos appareils proviendront de centrales utilisant ces ressources renouvelables. Le réseau par lequel transite l’électricité ne permet pas de différencier l’électricité verte de la grise. Il restitue l’électricité injectée par les sites de production aux consommateurs selon les lois de la physique. Le contrat n’y changera rien. Il ne peut modifier les lois de Kirchhoff qui régissent la circulation des électrons dans le réseau. L’électricité que vous consommerez sera la même qu’avec un contrat d’offre classique : elle viendra principalement des sites de production les plus proches, donc très probablement de centrales thermiques ou nucléaires.

Néanmoins, votre fournisseur s’engage à produire ou à participer au financement de l’équivalent de votre consommation en électricité verte.

Pour rendre crédible leurs engagements, les fournisseurs ont à leur disposition un instrument réglementaire : la garantie d’origine (GO). La GO est un certificat permettant de s’assurer du caractère renouvelable d’une production d’électricité, une GO par MWh vert produit. Elle est émise par le producteur d’énergie renouvelable et certifiée par son inscription dans un registre en application d’une ordonnance de 2011 transposant deux directives européennes. Le fournisseur peut utiliser les GOs de ses propres sites de production d’énergie renouvelable ou bien les acheter sur le marché par l’intermédiaire de la société Powernext, légalement chargée d’en tenir le registre pour la France. Pour éviter leur accumulation, les GOs ont une durée de vie de 1 an. Il n’existe pas de marché de gros : les transactions se font de gré à gré. Dès qu’elle est utilisée dans une vente au détail, la GO est annulée.

Le système de GO permet de dissocier la consommation de la rémunération de la production d’électricité verte. Même si le client ne reçoit pas l’électricité verte promise, il rémunère 100% de sa production au travers de l’achat ou de l’émission de GOs par son fournisseur. En effet, s’il ne possède pas de capacité de production renouvelable, le fournisseur doit effectuer deux transactions pour remplir ses contrats verts : produire ou acheter de l’électricité sur le marché de gros et acheter des GOs sur la plateforme Powernet. Les deux ne sont pas forcément liés : les GOs peuvent être émis n’importe où en Europe, loin des clients. En effet, Powernext est membre de l’Association of Issuing Bodies de sorte que les titulaires de compte peuvent importer (ou exporter) des GOs depuis (ou vers) d’autres pays européens. Le découplage entre le MWh vert produit et la GO associée permet aux fournisseurs dotés de capacités de production conventionnelles (thermique ou nucléaire) de verdir leur offre sans rien changer de leur mix énergétique. Il leur suffit d’acheter les GO correspondant aux contrats souscrits. Ce découplage peut conduire à une situation paradoxale où l’entreprise verte qui cède une GO à une entreprise grise ne peut pas vendre son MWh comme étant vert alors que le producteur gris qui a acheté la GO en a le droit.

Le découplage entre consommation et rémunération de l’électricité verte a aussi un impact non-trivial sur le mix énergétique du fait de l’intermittence des sources d’énergies éoliennes et solaires.

Prenons l’exemple de deux consommateurs, A et B, qui consomment chacun 24 kWh par jour, plus précisément 1 kW chaque heure de la journée. Leur électricité provient d’une centrale thermique dont ils utilisent 2 kW de capacité de production chaque heure de la journée. Ils habitent une région ensoleillée proche de l’équateur, de sorte qu’une alternative verte se présente : le producteur/fournisseur peut installer des panneaux photovoltaïques permettant de produire à pleine capacité pendant chacune des 12 heures diurnes.

Le consommateur A signe un contrat 100% électricité verte proposé par son fournisseur. Celui-ci doit alors émettre ou acheter des GO pour 24kWh par jour d’énergie solaire (la consommation de A), ce qui nécessite l’installation de 2 kW de capacité de production en panneaux photovoltaïques. Durant les heures de la journée, les 2 kW couvrent les besoins des deux clients, A mais aussi B, donc on peut se passer de la centrale thermique. Celle-ci n’est mise en route que le soir pour alimenter B, mais aussi A la nuit venue. Finalement, sans le savoir, A et B consomment la même électricité ! Elle est verte le jour et grise la nuit. Dans un sens, A finance la consommation verte de B. Le consommateur A contribue donc à la transition énergétique, mais il a fallu pour cela doubler les capacités de production, chaque type de centrale électrique n’étant utilisé que la moitié du temps.

Si A veut produire et consommer sa propre électricité 100% verte, il devra installer 2kW de capacité de production en photovoltaïque couplés à une batterie de 12kWh de capacité (en négligeant les pertes inhérentes au stockage). A devient alors un consommateur (un ‘prosumer’) qui peut se déconnecter du réseau et savourer pleinement son électricité verte. De son côté, B continuera d’utiliser l’électricité issue de la centrale thermique à hauteur de 1 kW toutes les heures. La centrale tournera toute la journée mais en dessous de sa capacité de production.

Si l’on compare les deux options, le bilan environnemental est très différent : dans les deux options vertes, 2 kW d’énergie solaire sont installés et 24kWh d’électricité grise sont produits, avec les mêmes émissions polluantes mais réparties différemment. Dans le cas où A signe un contrat vert la centrale thermique fonctionne à pleine capacité pendant la moitié du temps et, dans le cas où il installe ses propres panneaux solaires, elle fonctionne de façon ininterrompue mais à la moitié de sa capacité.[1] Le bilan carbone est le même mais la qualité de l’air est moindre avec le contrat vert car les émissions de particules fines sont concentrées lors des pics de pollution en soirée. A quoi s’ajoute un surcoût lié à la montée en charge lorsque la centrale thermique s’active en fin de journée.[2] Dans le cas d’autoconsommation, il faut investir dans le stockage de l’énergie, une technologie qui, bien qu’en progrès, reste particulièrement onéreuse.

Si, dans notre exemple, il a suffi que A signe un contrat 100% électricité verte pour que 2kW de panneaux photovoltaïques soient installés, c’est loin d’être le cas en pratique. En France, la source d’énergie renouvelable principale étant hydraulique, il y a de bonnes chances que la rémunération par la garantie d’origine finance une centrale hydraulique existante et souvent largement amortie. C’est un effet d’aubaine pour les centrales existantes, et les nouveaux barrages qui pourraient être financés sont peu nombreux à cause de l’opposition des populations riveraines. De toute façon, l’incitation financière apportée par les GO reste faible. Les montants sont négligeables au regard des tarifs d’achat réglementés de l’énergie renouvelable: de l’ordre de 0,15 à 3,6 € par MWh pour les GOs alors que le tarif d’achat du MWh solaire va de 150 à 180 €![3] Ces quelques euros de plus font peu de différence dans les décision d’investissement.

Depuis la Loi n° 2017-227, les installations bénéficiant de soutien public (obligation d’achat ou compléments de rémunération) voient leurs GOs récupérées par l’Etat et mises en vente par enchères organisées par Powernext.

La GO n’est certainement pas le levier financier de la transition énergétique ; un peu de beurre dans les épinards tout au plus. Les choses pourraient changer si les consommateurs deviennent demandeurs massifs d’électricité verte. En effet, la demande forte de GOs ferait monter leur prix et pousserait à plus d’investissement en technologies renouvelables.

Le système des GOs est un instrument ingénieux pour répondre à la demande des consommateurs qui souhaitent contribuer à la transition énergétique sans pour autant installer des panneaux solaires. En s’appuyant sur le marché, il permet de rémunérer l’offre d’énergie renouvelable où qu’elle soit. Néanmoins, le système aurait à gagner à être plus précis afin de mieux informer les consommateurs sur le produit qu’ils achètent. Peu d’entre eux savent qu’ils peuvent retrouver la trace de la source d’énergie renouvelable à laquelle ils ont contribué en reportant le numéro de la GO acquise par leur fournisseur sur le site Powernext. Certains aimeraient peut-être diriger leur contribution vers certaines installations. Les fournisseurs alternatifs en font une stratégie commerciale. Ainsi Enercoop met en avant son réseau de producteurs locaux et associatifs. Un fournisseur conventionnel pourrait aller plus loin dans la différenciation de produits lors de la signature du contrat en s’engageant à acquérir les GOs selon un cahier des charges plus précis: la source d’énergie, l’origine géographique ou l’âge des équipements. On pourrait alors souscrire à un contrat 100% électricité solaire d’Occitanie. C’est tout à fait possible avec le système des GOs actuel. On pourrait également favoriser le stockage de l’énergie en différenciant la GO selon l’heure de la journée, avec une prime lors des pics de pollutions de fin d’après-midi. De tels contrats étofferaient la gamme des produits offerts par les fournisseurs et seraient plus rémunérateurs pour les producteurs. Mais ils coûteraient plus chers. Il n’est donc pas sûr que la demande suivrait. »

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[1] A noter que les coûts d’investissement (ou de démantèlement) et de maintenance ne sont pas les mêmes avec les deux options.

Île-de-France: hausse du transport collectif grâce à l’offre

Île-de-France: hausse du transport collectif grâce à l’offre

 

 

Une hausse de 14 % sur un an de l’usage des transports collectifs en Île-de-France avec une baisse corrélative de l’utilisation de la voiture individuelle. Le résultat conjoint des difficultés de la circulation et de l’amélioration constante des transports collectifs. La preuve sans doute que la fiscalité punitive n’est pas le moyen le plus efficace pour opérer des transferts modaux. Il f aut dire que Paris dispose d’un réseau de transport collectif tout à fait exceptionnel par rapport à la plupart des villes de province et même de villes étrangères. Selon les premiers résultats de la nouvelle Enquête Globale Transport (EGT) portant sur 3.000 ménages, soit 7.000 Franciliens, interrogés entre janvier 2018 et juin 2019, la fréquentation des transports en commun augmente (+14%) par rapport à la précédente enquête de 2010, tout comme la marche à pied (+9%), premier moyen de déplacement des Franciliens, et l’usage du vélo (+30%). La plus forte baisse concerne l’usage des deux-roues motorisés (-25%).

Au total, le nombre de déplacements en Île-de-France a continué de progresser.

« Les 12,1 millions de Franciliens réalisent en jour ouvrable 43 millions de déplacements, soit une hausse de 5% depuis 2010″.

Avec 14,8 millions de déplacement en voiture particulière un jour de semaine,  »l’usage de la voiture a diminué de 5% entre 2010 et 2018 : cela n’était jamais arrivé depuis l’après-guerre », indique Île-de-France Mobilités. « Les personnes âgées se déplacent moins, la part des cadres au sein des actifs franciliens augmente et ces emplois sont en général bien desservis par les transports en commun », explique IDF Mobilités, qui justifie cette baisse de l’usage de la voiture par « le développement des offres de transport alternatives ».

13,2 millions des déplacements en voiture particulière ont lieu en dehors de Paris. Ils se font principalement en grande couronne. Dans Paris, ils ne représentent que 2,5% des déplacements. La marche est « le premier moyen de déplacement des Franciliens », avec 17,2 millions de déplacements sur une journée de semaine (+9%). C’est surtout à Paris que la croissance est la plus importante (+18%). 9,4 millions de déplacements sont réalisés quotidiennement en transports en commun (+14 %). Ils sont surtout importants dans Paris (un quart des déplacements). Une augmentation qui concerne tous les réseaux, en particulier le tram, le bus – surtout en grande couronne – et le train-RER, et est notamment liée aux actifs se rendant au travail et aux élèves.

Le vélo représente 840.000 déplacements quotidiens (+30%), le plus souvent utilisé par des hommes (plus de 60%), des actifs occupés (plus de 60%) et pour se rendre au travail (40%). Avec 420.000 déplacements par jour, l’usage des deux-roues motorisés baisse de 25%, surtout dans Paris et entre Paris et la Petite couronne. La nouvelle EGT, cofinancée par l’Etat, sera réalisée de 2018 à 2022.

« L’effondrement de la vie avec la fin des insectes » ?

« L’effondrement de la vie avec la fin des insectes » ?

 

On connait le rôle des insecte pour la biodiversité, il assurent notamment la pollinisation aussi le recyclage des végétaux et autres déchets entretiennent la vie des sols . Un article du monde souligne l’enjeu de ce massacre.

Selon une étude publiée fin octobre, la biomasse d’arthropodes a chuté de 67 % au cours de la dernière décennie, relève Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

« La probabilité est forte que l’information la plus importante de la semaine écoulée vous ait échappé. On cherche en vain sa trace dans la conversation publique : elle en est complètement absente. Et pour cause, en France, à peu près aucun média, ni audiovisuel, ni imprimé, ni électronique, n’en a rendu compte (à l’exception du Monde). Elle a pourtant été publiée dans l’édition du 31 octobre de la revue Nature, la plus prestigieuse des revues scientifiques, mais l’attention médiatique était alors, semble-t-il, ailleurs.

La revue britannique publiait ce jour-là l’étude la plus ambitieuse et la plus précise conduite à ce jour sur le déclin des insectes (et des arthropodes en général) ; elle montre, au-delà du doute raisonnable, que le crash en cours des populations d’invertébrés terrestres est plus rapide encore que les estimations publiées jusqu’à présent. Ses résultats sont à vous glacer le sang.

Les auteurs – une vingtaine de chercheurs appartenant à une dizaine d’institutions scientifiques d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche – ont analysé l’évolution des captures d’arthropodes sur 300 sites (en prairie ou en forêt) de trois régions allemandes, entre 2008 et 2017.

Le travail qu’ils ont accompli est considérable. Les chercheurs ont analysé un million d’individus capturés au cours de cette décennie, et ont recensé les quelque 2 700 espèces auxquelles ils appartiennent. Ils ont ensuite estimé l’évolution de ces populations grâce à plusieurs indicateurs : le nombre d’individus capturés, leur biomasse et la diversité des espèces représentées. Quelle que soit la métrique considérée, le désastre est à peu près total, les chiffres sidérants.

Au cours de la dernière décennie, sur l’échantillon de 150 prairies analysées par Wolfgang Weisser, Sebastian Seibold (Université technique de Munich, Allemagne) et leurs collègues, la biomasse d’arthropodes a chuté de 67 %. Le nombre d’individus capturés s’est effondré de 78 % et leur diversité a chuté d’un tiers. En moyenne, dans les milieux forestiers, la biomasse de ces bestioles volantes et rampantes a perdu 41 % et la diversité des individus capturés a décliné de 36 %.

« Il y a vingt ans, je n’aurais pas cru qu’un tel effondrement fût possible, dit le professeur Wolfgang Weisser. Je pensais que la plus grande part du déclin des insectes avait eu lieu dans les années 1950-1960, avec la grande période de transformation de l’agriculture européenne. »

 

 

Glyphosate: sa fin n’est pas pour demain

Glyphosate: sa fin n’est pas pour demain

Au  delà des slogans et de l’affichage électoraliste, la question se pose de la fin du glyphosate. Sa suppression a été programmée en 2021 pour l’essentiel et en 2023 totalement. le problème c’est qu’on pourra difficilement gérer une transition aussi brutale ou alors il faudrait tout aussi brutalement changer de nature et de mode de production. Il ya aura donc sans doute des exceptions par rapport aux objectifs temporels fixé. L’OMS considère que le glyphosate est potentiellement dangereux pour la santé, sa suppression à terme est donc inévitable; reste que comme la transition énergétique, cela pourrait demander davantage de temps que prévu.  En outre certaines solution de remplacement paraissent mal adaptées à certaines cultures. Le désherbage mécanique n’est pas toujours le plus pertinent, il représente aussi un coût. Il ya des solution fantaisies et ridicules comme le désherbage au gaz ou à l’eau chaude, comme si ne n’était pas la pire contradiction écologique. Dans les communes sur les espace municipaux on désherbe souvent au gaz, pourquoi pas aussi au pétrole ? Le calendrier prévu de suppression du glyphosate sera difficile à tenir partout en l’état actuel des connaissances, et aura un coût élevé pour les agriculteurs, estime donc un rapport parlementaire demandant à l’Etat de préciser rapidement les cultures qui « bénéficieront d’une dérogation » d’utilisation en 2021. Interrogée dimanche sur ce rapport, la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a affirmé que le gouvernement « reste résolu à sortir du glyphosate. Je confirme que l’objectif est bien de sortir de l’essentiel des usages au 1er janvier 2021, et de tous les usages au 1er janvier 2023″, a-t-elle affirmé dans l’Emission politique de France Inter, France Télévisions et Le Monde.

La mission parlementaire chargée d’évaluer le plan de sortie du glyphosate juge « inconscient d’attendre le 31 décembre 2020″ pour savoir « quelles situations culturales » devront obligatoirement cesser d’utiliser l’herbicide le 1er janvier 2021 et celles qui pourront bénéficier d’un délai. L’essentiel est que la glyphosate ne soit plus utilisé en laissant le temps de s’adapter.

La « mission d’information commune sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate », dirigée par les députés Jean-Luc Fugit (LREM) et Jean-Baptiste Moreau (LREM), demande que l’INRA et les instituts techniques agricoles précisent « au plus tard en juin 2020″ les situations « qui ne pourront supporter un arrêt du glyphosate le 1er janvier 2021 sans menacer la survie de l’exploitation ni son environnement »

« Il est crucial que le gouvernement clarifie son message à l’égard des agriculteurs, en premier lieu à l’égard de ceux qui seront soumis à l’interdiction du glyphosate dès le 1er janvier 2021″, ajoute le rapport en soulignant que la « transition » aura un « coût substantiel ».

Pour Mme Borne, « ce rapport est intéressant car il pointe que ce n’est pas en claquant des doigts qu’on décide comme cela qu’on arrête le glyphosate ». « Je pense qu’on a des premières filières qui pourront le faire sans doute plus rapidement que d’autres. Le président de la République l’avait dit, on souhaite avoir la première viticulture zéro glyphosate et je pense qu’ils sont en train d’agir pour que ce soit le cas », a-t-elle précisé.

Frais de main d’œuvre (12,7 millions d’euros d’heures supplémentaires), consommation de carburant multipliée par trois ou quatre (87 millions d’euros), investissements en matériels nouveaux et croissance des dépenses dans d’autres produits chimiques: la suppression de cet herbicide bon marché alourdira les charges des exploitations entre 50 et 150 euros l’hectare, selon le rapport.

Les coûts de production du blé augmenteraient de 10 euros la tonne. Les techniques alternatives de désherbage (passages supplémentaires de tracteurs et de machines) émettraient aussi 226.000 tonnes de CO2 supplémentaires, selon l’association générale des producteurs de céréales AGPB citée dans le rapport.

Les députés pointent plusieurs cas où la seule alternative au glyphosate est de détruire les mauvaises herbes à la main, ce qu’ils qualifient « d’impasse » tant les investissements en main d’œuvre seraient alors intenables. Le cas le plus « sensible » porte sur les exploitations pratiquant l’agriculture de conservation des sols, sans labour, qui permet d’absorber plus de carbone de l’atmosphère. Mais cette technique nécessite l’usage ponctuel d’un herbicide chaque automne pour nettoyer les parcelles avant le semis.

Le rapport signale aussi les cultures en pente (vignes…) difficiles à cultiver mécaniquement, les cultures des exploitations dites en « zones intermédiaires » sur des sols difficiles à travailler et peu productifs. Selon l’institut technique Arvalis, cité dans le rapport, « l’interdiction du glyphosate déstabiliserait ces exploitations concernées au point de menacer leur survie ».

Troisième impasse: les cultures destinées à des marchés spécifiques qui leur imposent des cahiers des charges très contraignants, comme la production de semences, qui utilise 8 tonnes de glyphosate par an pour 380.000 hectares en France, la production de lin textile, dont la France est le premier producteur mondial, et enfin celle de légumes frais et de conserve cultivés en plein champ (203.560 hectares) qui ne peut se permettre le moindre datura toxique, une plante qui pousse aux abords des champs et peut contaminer les moissons.

Enfin, le rapport propose la création d’une « plateforme nationale d’enregistrement des produits phytopharmaceutiques » pour centraliser aussi bien les achats de pesticides que leur utilisation.

Économie circulaire: encore très insuffisante

Économie circulaire: encore très insuffisante

Selon un rapport de l’Obsoco, à peine plus d’un Français sur 10 la pratique. .

Il y a vraiment des progrès à faire pour lutter contre l’obsolescence programmée et recourir davantage à l’économie circulaire. Selon un rapport de l’Obsoco (Observatoire société et consommation). En cause, le fait que nombre de produit ne sont pas mutualisés, surtout qu’ils ne sont pas réparables ou qu’il n’existe pas de métiers de réparateurs. Les pratiques plus économes en ressources (location, économie de l’usage, réparation…) restent donc confidentielles. Hormis pour l’achat d’occasion, la mode de l’économie collaborative a semble-t-il fait long feu.

 

Alors que les sondés se disent de plus en plus détachés du concept de propriété en général, pour les vêtements, les smartphones, l’électroménager, la hi-fi, le matériel informatique… la donne est différente et les Français rechignent en majorité à partager. Conséquence: la location reste confidentielle, seulement 16% des Français ayant loué un objet sur l’année écoulée, en très grande majorité des voitures.

 

Les consommateurs français restent aussi peu bricoleurs, et peu enclins à réparer un objet en panne. La plus grande proportion à réparer se trouve pour les ordinateurs (49% des Français ont tenté), et les vélos (53%). Pour un meuble, le petit électroménager ou du matériel audio vidéo, moins d’un sur trois a essayé. Principalement car ils craignent un coût prohibitif.

Enfin, les Français se disent encore en majorité mal informés sur la présence de matériaux recyclés ou recyclables dans les produits qu’ils achètent, et un tiers sur la façon de bien trier leurs déchets. «Tout cela malgré les multiples campagnes de communication, explique Séverine Lebre-Badre chez Citeo. On le voit donc dans le tri, la pédagogie, c’est la répétition. En revanche, pour le côté recyclable des produits qu’ils achètent, les consommateurs ne veulent pas devenir des experts, mais demandent des informations faciles et fiables leur permettant de se décider très vite quand ils font leurs courses. Sur ce point le maître mot, c’est la clarté».

Au final, seuls 12% des sondés se révèlent être les meilleurs élèves de l’économie circulaire, adoptant dans leur quotidien la plus grande palette de gestes économes en ressources. Pour les moins rigoureux, des pistes d’incitations existent. «On peut insister sur les bénéfices environnementaux de ces pratiques de l’économie circulaire, surtout pour la location, avance Philippe Moati. Pour ceux qui restent peu sensibles à ces arguments, insistons sur des bénéfices plus consuméristes: rentabilité et côté «bonne affaire» de l’achat d’occasion, carotte financière pour ceux qui se montrent les plus vertueux….». Mais il y a à progresser pour encourager des modes de production et de consommation plus vertueux. A commencer par une régulation moins laxiste concernant l’obsolescence programmée.

 

 

Fongicides agricoles: danger pour la santé

Fongicides agricoles:  danger pour la santé

L’Inserm  confirme ce que l’on sait depuis longtemps, les fongicides sont très dangereux. Les produits fongicides sont des substances qui tuent ou inhibent la croissance de champignons microscopiques responsables des maladies cryptogamiques détruisant les végétaux, semences, semis, cultures vivrières et fruitières, les grains, mais aussi altérant les matériaux non vivants organiques tels que le bois, le cuir et les produits fibreux comme le papier et les tissus. Ils sont aussi utilisés en désinfection des locaux et en médecine humaine et animale pour traiter les maladies mycosiques. Les fongicides comprennent une grande variété de composés chimiques dont la toxicité varie considérablement d’une substance à l’autre. Si les fongicides sont moins toxiques que les insecticides, ils sont néanmoins très souvent à la base d’un certain nombre de troubles cutanés, ORL, ophtalmologiques ou respiratoires et beaucoup sont allergisants. Mais ils peuvent aussi provoquer des troubles digestifs et neurologiques (maux de tête, nausées, altération de la vision …). En outre, parfois, ils peuvent être sources de cancers, de troubles génétiques, voire même d’une altération des fonctions de reproduction.

Ces pesticides contiennent des substances nommées SDHI (pour inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) qui ont pour principe de bloquer une enzyme impliquée dans la respiration cellulaire des champignons. « Nous montrons que huit des onze SDHI actuellement autorisés en France sont toxiques pour les cellules humaines », explique Pierre Rustin, chercheur à l’Inserm et membre du CNRS, qui a participé à cette étude.

En 2018, des chercheurs avaient déjà alerté sur la dangerosité de cette molécule mais en janvier 2019, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), avait conclu qu’il n’y avait pas d’éléments pour justifier une alerte sanitaire. Cette fois, c’est l’Inserm, un organisme de recherche public, dont certains chercheurs sont eux-mêmes membres de l’Anses, qui remet en cause l’autorisation des SDHI.

Selon Pierre Rustin, ces substances augmentent le risque de maladies neurologiques « telles que Parkinson ou Alzheimer », en particulier pour les agriculteurs utilisateurs de ces produits. Le fongicide a également des effets délétères sur les vers de terre et les abeilles.

Le SDHI est autorisé en France et en Europe. Il entre dans la préparation de nombreux fongicides. Il est utilisé dans l’agriculture, dans onze produits autorisés en France pour le blé, le colza mais aussi les fraises, les carottes ou la vigne. Et sur des terrains de football.

 

Record mondial de chaleur en Octobre 2019

Record mondial de chaleur en Octobre 2019

 

Encore un record mondial pour le climat .  Le mois d’octobre de cette année a été 0,63°C au dessus de la température moyenne de la période de référence 1981-2010, battant de très peu (0,01°C) octobre 2015, mais à 1,2°C au dessus de la température préindustrielle.

« C’est le cinquième mois d’affilée qui enregistre un record ou s’approche de très près d’un record », a souligné Copernicus dans un communiqué.

Juin 2019 avait été le mois de juin le plus chaud et juillet avait atteint le record absolu du mois le plus chaud jamais enregistré. Août 2019 s’était classé deuxième mois d’août et septembre 2019 en première position de tous les mois de septembre.

Les températures du mois d’octobre 2019 ont été au-dessus des moyennes de la période de référence de 1981-2010 en Europe, notamment dans l’Est et dans le Sud-Est du continent.

Dans le reste du monde, les températures dans l’hémisphère Nord en octobre 2019 ont été « sensiblement en hausse notamment dans des parties de l’Arctique, du Moyen-Orient, à l’Est des Etats-Unis et du Canada, en Afrique du Nord et en Russie », par rapport à la période de référence de 1981-2010.

Les températures ont, cependant, été « considérablement en-dessous des moyennes dans une grande partie de l’ouest des Etats-Unis et du Canada, mais également dans certaines parties de l’Afrique tropicale et de l’Antarctique ».

Si Copernicus précise que ses chiffres peuvent être différents par rapport à d’autres données, un consensus existe pour attester de la chaleur exceptionnelle de 2016 et des coups de chaud en 2015, 2017, 2018 et 2019. Tous les organismes récoltants des données sur le climat s’accordent aussi sur le fait que l’augmentation moyenne de la température est de 0,18°C par décennie depuis la fin des années 1970.

En août, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) estimait déjà que l’année 2019 se classerait dans le top 5 des prévisions, en ligne avec les impacts du changement climatique prévus par les scientifiques.

Batterie au plomb : danger

Batterie au plomb : danger

 

Un article de Reutres souligne le danger que représente les batteries au plomb, notamment leur toxicité, les risques d’explosion et le problème de recyclage. Notons par parenthèse que les voitures électriques avec batterie au plomb ne sont pas plus écologiques que le diesel si on intègre les émissions polluantes de la construction.

« Le plomb est présent dans presque toutes les voitures et tous les camions, que le véhicule soit équipé d’un moteur à combustion interne, de la technologie hybride ou de l’électricité pure.

Sa fiabilité éprouvée en fait le métal de choix pour les services de secours énergétique dans les hôpitaux, les centraux téléphoniques, les services d’urgence et les bâtiments publics.

C’est l’un des matériaux les plus recyclés du monde moderne, plus que le verre ou le papier, les États-Unis et l’Europe affichant des taux de recyclage proches de 100%.

Pourtant, il est en grande partie absent de toute discussion sur les matériaux de batterie dans les prochaines révolutions des véhicules électriques et du stockage d’énergie.

Bienvenue à diriger.

LA BATTERIE AU PLOMB

La batterie au plomb a été inventée en 1859 par un physicien français, Gaston Plante. Alors que de nombreux scientifiques expérimentaient le stockage électrique au milieu du XIXe siècle, la percée de Plante consistait à créer une batterie pouvant être rechargée.

La batterie plomb-acide a été rapidement adoptée par le secteur automobile naissant, qui expérimentait à l’époque des systèmes de propulsion à combustion interne et à propulsion électrique.

Bien que l’industrie ait opté pour la combustion interne, les batteries au plomb-acide sont devenues la source d’énergie privilégiée pour les fonctions de démarrage, d’éclairage et d’allumage (SLI).

Et ils le sont toujours.

Même la plupart des véhicules électriques purs utilisent des batteries au plomb pour les applications SLI, ainsi que pour des fonctions plus récentes telles que le verrouillage électronique des portes et le divertissement en voiture.

L’innovation technique de la batterie au plomb-acide a été progressive plutôt que révolutionnaire au cours du siècle dernier, mais cela a commencé à changer avec une nouvelle génération de batteries plus puissantes produites pour répondre aux exigences plus sévères de la technologie des moteurs à arrêt progressif.

Le Consortium pour l’innovation dans les batteries (CBI) a été relancé plus tôt cette année pour stimuler la recherche sur les batteries «avancées» au plomb, avec un œil sur le marché en plein essor des systèmes de stockage d’énergie.

Le plomb devrait être un élément essentiel du stockage d’énergie à venir, compte tenu de ses antécédents techniques attestés, de son coût relativement faible et de sa sécurité d’approvisionnement basée sur un taux de recyclage déjà élevé.

Il y a juste un problème.

Le plomb est toxique.

Ce qui n’a pas empêché l’humanité de l’utiliser de toutes sortes de manières inappropriées, des Romains l’ajoutant comme édulcorant au vin aux femmes victoriennes utilisant un maquillage à base de plomb.

Les deux utilisations historiques les plus insidieuses, cependant, ont été les canalisations d’eau potable et l’essence.

La réputation du métal est encore largement ombrée par les deux sociétés en raison de la réticence des producteurs et des autorités à reconnaître que le problème était réel.

Aux États-Unis, du plomb a été ajouté à l’essence dans les années 1920 et, malgré des preuves de plus en plus nombreuses de sa toxicité, notamment pour les travailleurs de l’industrie, il n’a été complètement éliminé qu’en 1996.

La tuyauterie en plomb reste un problème à ce jour.

L’État américain du New Jersey a dévoilé en août un plan de 120 millions de dollars visant à accélérer le remplacement des anciens tuyaux en plomb à Newark, après que des tests eurent révélé que certains des filtres à eau distribués auparavant ne fonctionnaient pas correctement. La ville a même distribué des bouteilles d’eau à certains résidents.

Newark fait suite à un scandale similaire concernant le plomb dans la ville de Flint dans le Michigan en 2015 et une enquête de Reuters en 2016 a révélé que près de 3 000 lieux aux États-Unis avaient des taux d’empoisonnement au plomb bien supérieurs à ceux de Flint.

En d’autres termes, l’intoxication par le plomb reste un problème, même dans les pays développés.

C’est pourquoi il est largement absent des discussions publiques sur la révolution des «technologies vertes».

Même le CBI a changé de nom et s’appelle désormais Advanced Lead Acid Battery Consortium. Aucun prix pour savoir quel mot a été supprimé.

La batterie au plomb fait face à une dure bataille pour conquérir davantage de parts de marché du secteur du stockage d’énergie.

Ceci est en partie hors du contrôle de l’industrie. Par exemple, il ne peut pas forcer les autorités municipales américaines à dépenser de l’argent pour remplacer les anciennes canalisations de plomb.

Ce qu’elle peut faire, c’est essayer de diffuser le message de recyclage au-delà des pays développés dans les pays en développement, où les réglementations en matière de recyclage sont, selon la International Lead Association (ILA), souvent «inadéquates, inexistantes ou appliquées de manière inefficace».

Le mois dernier, l’ILA était l’un des signataires d’un protocole de coopération contraignant visant à «améliorer les performances mondiales en matière de santé, de sécurité et d’environnement dans la chaîne d’approvisionnement des batteries au plomb-acide». Le Battery Council International, l’association européenne EUROBAT et l’Association des récupérateurs de piles sont également impliqués.

Le message est repris en Chine, où le ministère de l’Environnement a publié cette année un plan d’action visant à augmenter le recyclage des batteries au plomb-acide à 40% d’ici 2020 et à 70% d’ici 2025, selon « BEST Battery Briefing ».

Cependant, le ministère a également déclaré de manière critique que les batteries au plomb-acide étaient un «produit clé», la production et le recyclage étant décrits comme des «entreprises de base».

La Chine, pour sa part, semble ne pas être prête à se débarrasser de la batterie au plomb.

Le reste du monde non plus.

Même si les batteries au plomb utilisées dans les véhicules électriques sont plus petites que celles utilisées dans les moteurs à combustion interne, la croissance continue du parc mondial de véhicules classiques signifie que «la demande globale de plomb dans les batteries automobiles continuera de croître», selon à Farid Ahmed, principal analyste de la société de recherche Wood Mackenzie.

De plus, les contraintes imposées à la production de batteries lithium-ion pour répondre à la demande de véhicules électriques au cours des prochaines années ouvrent le marché du stockage d’énergie à «d’autres technologies de batteries», telles que celles utilisant du plomb.

« Cela représente une opportunité pour les batteries au plomb de s’étendre dans un secteur en croissance rapide, qui crée une nouvelle demande de batteries, et non une substitution », a déclaré Ahmed.

Mais ça ne va pas être facile.

Prenons l’exemple de l’Union européenne, qui s’efforce de formuler une politique globale pour mettre en place ses propres chaînes d’approvisionnement en batteries.

Le plomb pourrait être un élément essentiel du futur marché européen du stockage d’énergie. Mais alors qu’une branche de l’UE travaille sur cette politique, une autre branche, l’Agence européenne des produits chimiques, a ajouté cette année la liste des substances dangereuses à quatre autres composés au plomb, dont beaucoup sont utilisés dans les batteries au plomb, peut-être aussi rejoindre la liste.

L’héritage toxique perdure.

Et pendant ce temps, le plomb restera le métal de la batterie dont personne ne veut parler.

La fin du financement des énergies fossiles ?

La fin du financement des énergies fossiles

On peut évidemment se réjouir du projet d’accord européen visant à cesser le financement des énergies fossiles par  la Banque européenne d’investissement (BEI). Le problème c’est que les recommandations risquent d’être seulement incitatives. Notons par exemple que la BNP est l’une des banques qui financent le plus énergies fossiles considérées comme les plus impactantes pour le climat : charbon, sables bitumineux, pétrole et gaz de schiste, forages en région Arctique et eaux profondes, gaz naturel liquéfié.. Des activités en général très rentables et qui peuvent être financées  par d’autres banques étrangères voire par des filiales. Pour l’instant le texte en cours d’élaboration au plan européen n’apparaît pas très contraignant il s’agit  “d’ adopter des politiques d’investissement responsables et à éliminer progressivement le financement des projets liés aux combustibles fossiles, en particulier solides, en tenant compte du développement durable et des besoins énergétiques des pays partenaires”.

Les projets liés aux énergies fossiles financés l’an dernier par la BEI s’élèvent à près de deux milliards d’euros et représentent 13,4 milliards depuis 2013, selon ses propres chiffres.

Le texte devait être examiné mercredi par des diplomates de haut rang. Selon deux fonctionnaires européens, il pourrait être modifié et assoupli, avant son adoption vendredi par les ministres des Finances. Le financement des filières énergétiques sera une semaine plus tard à l’ordre du jour du conseil d’administration de la BEI, où siègent les mêmes ministres.

Les membres de ce conseil ne sont pas parvenus à s’entendre en octobre sur la fin du financement des énergies fossiles.

Les “28” restent divisés quant à la stratégie à adopter face au réchauffement climatique. Certains, comme l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et la Lettonie, souhaitent que la BEI continue à financer certains projets gaziers pour leur permettre d’abandonner le charbon ou le nucléaire, ou encore pour des raisons de sécurité énergétique.

Environnement : Prendre en compte l’impact global du transport

Environnement : Prendre en compte l’impact global du transport

Ce que propose Olivier Appert, Conseiller au centre Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et membre de l’Académie des technologies. Olivier Appert estime à juste titre qu’il convient de prendre en compte l’impact global du transport y compris notamment la construction et pas seulement les polluants émis lors de l’utilisation des véhicules.

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Tribune.

 

« La réduction des émissions de CO₂ devient une nécessité absolue, notamment dans le secteur des transports, qui reste à l’origine de près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Pourtant, la réglementation européenne ne prend que partiellement en compte les émissions de CO₂ des automobiles puisqu’elle ne concerne que les émissions en sortie du pot d’échappement, approche dite « tank to wheel ».

Etonnamment, les émissions liées à la production du véhicule, sa fin de vie, et celles liées à la production de la source d’énergie, qu’il s’agisse des produits pétroliers, de l’électricité ou du gaz, sont exclues de la méthode retenue par Bruxelles.

 

Ainsi, la réglementation considère de la même façon les émissions d’un véhicule électrique en France où le mix électrique basé sur le nucléaire émet très peu de CO₂ et en Allemagne ou en Pologne dont une part majeure de l’électricité est produite par des centrales charbon très émettrices de CO₂. Dès 2021, les constructeurs devront respecter le seuil maximum de 95 grammes de CO₂ par kilomètre sous peine d’amendes de plusieurs centaines de millions d’euros. Un mode de calcul qui favorise de facto les véhicules électriques. 

Avec le développement des carburants alternatifs au pétrole, cette réglementation n’est plus adaptée. Il ne s’agit plus seulement de mesurer les rejets de CO₂ à l’instant T, en sortie du pot d’échappement. Il faut estimer les rejets en intégrant, au-delà de la seule combustion du carburant, la production du véhicule, leur fin de vie, la production du carburant, approche dite « well to wheel ». Il est donc indispensable de retenir la méthode dite en analyse du cycle de vie (ACV) qui s’impose de plus en plus dans les analyses de l’impact environnemental. »

Cette approche est illustrée par une étude rendue publique récemment par IFP Energies nouvelles (Ifpen), organisme public reconnu et indépendant : elle analyse l’empreinte carbone en cycle de vie complet des véhicules bioGNV (gaz naturel pour véhicule) comparativement aux véhicules diesel, essence et électrique. L’étude montre que, même avec une électricité bas carbone comme c’est le cas en France, dans tous les cas examinés, les véhicules bioGNV émettent, en ACV, moins de CO₂ que les véhicules électriques alimentés. Que dire d’un véhicule électrique roulant à Munich ?

Octobre 2019 : le plus chaud au monde

Octobre 2019 : le plus chaud au monde

 

Encore un record mondial pour le climat .  Le mois d’octobre de cette année a été 0,63°C au dessus de la température moyenne de la période de référence 1981-2010, battant de très peu (0,01°C) octobre 2015, mais à 1,2°C au dessus de la température pré-industrielle.

« C’est le cinquième mois d’affilée qui enregistre un record ou s’approche de très près d’un record », a souligné Copernicus dans un communiqué.

Juin 2019 avait été le mois de juin le plus chaud et juillet avait atteint le record absolu du mois le plus chaud jamais enregistré. Août 2019 s’était classé deuxième mois d’août et septembre 2019 en première position de tous les mois de septembre.

Les températures du mois d’octobre 2019 ont été au-dessus des moyennes de la période de référence de 1981-2010 en Europe, notamment dans l’Est et dans le Sud-Est du continent.

Dans le reste du monde, les températures dans l’hémisphère Nord en octobre 2019 ont été « sensiblement en hausse notamment dans des parties de l’Arctique, du Moyen-Orient, à l’Est des Etats-Unis et du Canada, en Afrique du Nord et en Russie », par rapport à la période de référence de 1981-2010.

Les températures ont, cependant, été « considérablement en-dessous des moyennes dans une grande partie de l’ouest des Etats-Unis et du Canada, mais également dans certaines parties de l’Afrique tropicale et de l’Antarctique ».

Si Copernicus précise que ses chiffres peuvent être différents par rapport à d’autres données, un consensus existe pour attester de la chaleur exceptionnelle de 2016 et des coups de chaud en 2015, 2017, 2018 et 2019. Tous les organismes récoltants des données sur le climat s’accordent aussi sur le fait que l’augmentation moyenne de la température est de 0,18°C par décennie depuis la fin des années 1970.

En août, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) estimait déjà que l’année 2019 se classerait dans le top 5 des prévisions, en ligne avec les impacts du changement climatique prévus par les scientifiques.

Politique énergétique : Pour un « vrai » green new deal

Politique énergétique : Pour un « vrai » green new deal

 

 

Il faut des  solutions économiques concrètes et durables analyse Alain Grandjean qui estime par ailleurs qu’on ne pourra compter seulement sur le changement de comportement  pour décarboner les  économies et qu’il conviendra aussi de développer des politiques publiques volontaristes. Alain Grandjean est  le président de la Fondation Nicolas Hulot. Alain Grandjean est  docteur en économie de l’environnement, diplômé de l’Ecole polytechnique et de l’Ensae, co-fondateur et associé de Carbone 4 ( la Tribune)

 

« La question climatique et plus généralement écologique doit et va devenir centrale dans les politiques publiques. Il faut « remettre l’église au centre du village ». C’est tout le sens du rapport du Haut Conseil pour le Climat qui plaide pour une mise en cohérence de ces politiques.

Pour cela, s’impose le lancement en Europe et en France d’un « vrai » green new deal. Il s’agit d’un projet d’ensemble y incluant un programme d’investissement des publics et privés à la hauteur des enjeux.

Tout simplement parce que ce sont nos équipements, nos machines, leurs moteurs etc. qui émettent du CO2. Par ailleurs nous devons anticiper les changements climatiques des 20 prochaines années qui sont déjà largement prévisibles et dont les impacts sociaux et économiques attendus sont importants.

Les taux d’intérêt très bas actuels facilitent le financement de ces investissements ; il faut cependant recréer des marges budgétaires tant pour financer les investissements publics (infrastructures de transport, bâtiments publics) que pour accompagner voire subventionner les investissements privés, qui ne sont pas toujours rentabilisables au vu d’un prix du carbone explicite trop faible aujourd’hui.

Le prix du carbone va devoir être revu à la hausse mais cela nécessitera, dans le contexte actuel, que le produit de la taxe soit largement réalloué aux ménages.

Le sujet est sur la table, comme le montre par exemple un rapport du conseil budgétaire européen. Il est bien acquis que leur design actuel a défavorisé les investissements publics.

Enfin la politique commerciale internationale doit être revue à cette aune. Cette remise en cause s’impose de toutes façons du fait des méthodes employées par l’actuel président américain.

Les projets bas-carbone donnant de l’activité en France et en Europe doivent de conditions équitables dans la compétition économiques et le cadre de l’action publique favorable à cette transition ne doivent pas pouvoir être remis en cause. »

 

Marée noire Brésil : 2000 km de plages touchées

Marée noire Brésil : 2000 km de plages touchées

On pourrait se demander si le Brésil n’est pas maudit sur le plan environnemental. En effet après la déforestation de la forêt amazonienne, le pays connaît une pollution des plages par le pétrole qui concerne 2000 km. Pour cette dernière catastrophe, cette fois le président brésilien n’est sans doute pas en cause sauf cependant qu’il a quand même attendu 41 jours avant de déclencher un plan.

Le 29 juillet, les autorités brésiliennes ont ainsi détecté le déversement de pétrole à plus de 700km à l’est de l’État de Paraïba. Un mois plus tard, le 30 août, le pétrole a commencé à apparaître sur les côtes du Nordeste progressant vers le sud jusque dans l’État de Bahia. 2000 km de côtes paradisiaques ont été souillées, particulièrement dans la région d’Abrolhos, près de Bahia, véritable sanctuaire pour les baleines à bosse et les formations corallines uniques qui monde.

Les autorités ont été critiquées pour leur manque d’implication. Une enquête du journal O Globo a ainsi démontré qu’elles avaient attendu 41 jours pour déclencher le plan national d’urgence prévu pour ces situations. 5000 militaires ont été mobilisés plus de 50 jours après l’apparition des premières galettes sur les plages.

La mystérieuse marée noire qui touche depuis trois mois plus de 200 plages du nord-est du Brésil inquiète fortement Jair Bolsonaro. « Ce qui est arrivé et a été ramassé jusqu’à présent est une petite quantité de ce qui a été déversé. Le pire est à venir », a déclaré le président brésilien, dimanche 3 novembre, dans un entretien à la chaîne de télévision Record.

Il a ajouté que « tous les indices » désignaient le pétrolier grec Bouboulina, que les autorités brésiliennes avaient déjà accusé vendredi d’être le responsable du désastre écologique après l’analyse de données satellitaires. La société grecque gérante du pétrolier, Delta Tankers, a démenti. Il s’agit d’un acte « criminel », a accusé M. Bolsonaro qui a dit s’attendre à « une catastrophe bien plus grande ».

 

La mode du bio à toutes les sauces

 

La mode du  bio à toutes les sauces

 

La percée du bio a été largement prise en compte par la grande distribution dont les parts de marché représentent  à peu près 50 %. Cette grande distribution en profite pour faire des marges substantielles de  20 % au-dessus des commerces spécialisés. Globalement, le budget des ménages consacrés aux produits bio est presque le double de celui des produits classiques. Avec la pomme de terre et la tomate, la pomme est l’un des trois produits bio frais les plus achetés en grande surface. Mais comme le montre l’enquête d’ UFC-Que Choisir, qui porte sur un panier de 24 fruits et légumes, le phénomène s’observe largement sur ces produits. En plus des pommes, les sur-marges les plus fortes sont appliquées sur les produits les plus consommés tels que les pommes de terre (+83%) et les tomates (+109%).  Résultat : sur les 24 fruits et légumes pris en compte, le budget annuel d’un ménage français s’élève à 657 euros en bio contre 379 euros en conventionnels. Et 41% de cet écart est directement imputable aux surmarges. L’association de défense des consommateurs, qui avait déjà épinglé la grande distribution pour ce même motif il y a deux ans, observe que les sur-marges n’ont baissé en moyenne que de 6%.  Comme d’habitude, Leclerc fait très fort avec en première page de sa pub : « on peut manger bio, boire bio, goûter bio, se laver bio, sourire bio, s’hydrater bio, presser bio, assaisonner, picorer bio, mélanger bio etc. »  ne manque plus que respirer, penser, pisser bio.  Bref, c’est la grande vague de la mode bio. Notons que sur la photo de la pub figurent des bananes lisses comme du plastique et qui n’ont dû échapper au traitement de pesticides interdits en Europe mais encore en vigueur dans de nombreuses exploitations bananières industrielles. Subitement tout est devenu bio, même les prix qui ont pris un coup au passage. Certes on ne peut que se réjouir sans doute de la tendance à vouloir manger et utiliser des produits plus naturels. Reste que le vrai bio constitue sauf rares exceptions une fumisterie ;  exemple quand des animaux sont élevés avec du soja au OGM provenant du Brésil ou d’ailleurs. Même chose pour les œufs élevés en plein air mais nourries avec des farines aux pesticides voire aux OGM  venant d’Ukraine par exemple . Une partie non négligeable des engrais et autres pesticides s’évaporent avec l’eau et viennent arroser toutes les plantes sans distinction. Sans parler de la pollution  des nappes profondes. Peut-on considérer qu’un produit est bio quand,  par exemple, il a effectué des milliers et des milliers de kilomètres, subi aussi des transformations sans parler de ses conditions réelles de production. Le vrai bio n’existe sans doute pas car tout est plus ou moins contaminé y compris par les l’emballage et les manipulations. Dans le bio encore plus qu’ailleurs les références constituent une véritable jungle et  sont complètement bidons. L’idéal est encore, quand c’est possible, de consommer des produits locaux dont on connaît les producteurs et ce n’est pas toujours une garantie suffisante. Pour un peu les grandes marques nous vendraient l’amour bio si elle pouvait ! ceci étant d’autres enquêtes ont démontré que certains produits de grande surface étaient davantage bios que ceux parfois vendus dans d’autres commerces. Bref, il serait temps de faire le ménage et de décider notamment d’un référencement compréhensible . 

Taxe carbone : une escroquerie des bobos écolos et pseudo experts

Taxe carbone : une escroquerie des bobos écolos  et pseudo experts

 

Les écolos bobos , des « experts »  resservent régulièrement le plat  de la taxe carbone. Une taxe  qui serait de nature à favoriser  la transition écologique. Une vision fiscaliste de l’environnement. L’ingénierie fiscale française est en effet sans limite, une pathologie qui touche toutes les sensibilités politiques, tous les technocrates, tous les écolos. Pour résumer, il s’agit de soigner le monde carboné par la saignée fiscale. Le remède radical des médecins de Molière qui guérissaient les malades, lesquels  mourraient de la thérapie de choc. Il est évident qu’en tuant l’économie française, on aura aussi fait disparaître le carbone,  à un détail près : on aura reporté les émissions polluantes sur d’autres pays car il faudra bien toujours consommer… (Et accessoirement payer, mais avec quelle richesse ?).  En mal de reconnaissance, les économistes qui ont été presque tous nourris au lait du néo libéralisme ont donné une légitimité pseudo scientifique à la taxe carbone. Il s’agit d’abord d’une récupération indécente d’une question sociétale qui ne peut évidemment être seulement et prioritairement régulée par la fiscalité et les prix. Le signal prix cher aux économistes ultra libéraux constitue une sorte de récupération par les mécanismes de marché de la problématique environnementale. L’argumentation consiste à affirmer qu’il convient de limiter les émissions polluantes en leur donnant un prix afin de favoriser la seule régulation marchande. Si l’économie de marché est encore la meilleure chose (ou la moins pire) pour équilibrer l’offre et la demande des biens classiques,  il en va différemment lorsqu’il s’agit des champs sociétaux environnementaux. Certes, on peut comprendre l’absolue nécessité d’une transition écologique notamment dans le domaine du transport. Encore faudrait-il qu’il existe une alternative pour permettre le changement de comportement. Or une politique des transports ne peut se conduire que sur le long terme pour développer à la fois les transports collectifs, le nouveau concept du véhicule individuel et son utilisation. En l’absence de ces conditions,  la fiscalité dite écologique se réduit à un impôt classique qui au demeurant vient en plus affecter  le pouvoir d’achat, donc la croissance et l’emploi. Notons aussi que ces mesures carburant touche surtout les moins favorisés qui ne peuvent pas disposer d’une liberté d’horaire pour prendre un autre moyen de transport que leur véhicule individuel. Il y a évidemment d’autres moyens de réguler que l’arme de la fiscalité et des prix : la régulation par les normes et le développement système alternatif. Mais dans le contexte actuel des transports,  la fiscalité écologique constitue une fumisterie environnementale qui n’a d’autre objet que de donner une fausse légitimité scientifique à un impôt qui va se perdre dans le trou du budget. Faudrait-il rappeler aux économistes que leur science, certes utile,  n’est pas très exacte, qu’elle est même souvent approximative. Pour preuve, la majorité des grandes ruptures n’ont pas été prévues par la plupart  de ces experts. Par exemple, la prochaine chute de la croissance française assommée par la fiscalité.

 

 

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