Archive pour la Catégorie 'environnement'

Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

Écologie-Performance énergétique ou performance environnementale ?

 

L’ancien ministre de l’écologie , Brice Lalonde, Président de l’association Equilibre des énergies,  revient, dans une tribune au « Monde », sur le vote par l’Assemblée nationale de l’interdiction de louer des « passoires énergétiques », et sur le mode d’évaluation discutable, selon lui, du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui favorise le chauffage au gaz.

 

Tribune. 
Entre l’engagement solennel de réduire les émissions de gaz à effet de serre et sa mise en œuvre s’intercale un espace obscur où les règles anciennes et les influences occultes peuvent aboutir au résultat inverse. C’est le danger qui guette la loi Climat et résilience dans ses articles sur le bâtiment. 

Le gros morceau, c’est la rénovation du parc existant que les parlementaires, à la suite de la convention citoyenne pour le climat, veulent renforcer. Pour montrer sa détermination, l’Assemblée a voté l’interdiction de louer des logements trop énergivores. Ainsi 4,8 millions de logements pourraient sortir du marché de la location si leurs propriétaires ne se hâtent pas d’améliorer leur performance énergétique.

Bien évaluer la performance des bâtiments

Des dispositions aussi sévères doivent être fondées sur une évaluation indiscutable de la performance des bâtiments. C’est le rôle du diagnostic de performance énergétique (DPE), dont l’administration vient de présenter une nouvelle mouture, désormais opposable. Le logement évalué sera rangé selon ses mérites dans une des sept classes étiquetées de A à G. Une rénovation réussie élève le logement dans l’échelle du DPE et accroît sa valeur sur le marché.

 

Chaque classe du DPE est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. C’est l’indicateur COqui mesure la performance climatique puisque le but est de réduire les émissions qui dérèglent le climat. Les classes F et G désignent les « passoires énergétiques » que l’on ne pourra plus louer. En apparence tout est parfait… En apparence seulement. 

« L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux »

Car la contrainte COn’existe pas. Le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’Etat considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux.

C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou.

France : comment piloter réellement l’action climatique ?

France : comment piloter réellement l’action climatique ?

En lien avec la loi Climat et résilience, le député MoDem Erwan Balanant et 45 autres parlementaires réclament, dans une tribune au « Monde », une évaluation systématique de l’impact climatique des politiques publiques.

Tribune.

 

Face à l’urgence climatique, le Parlement a adopté plusieurs lois majeures pour permettre à la France de jouer pleinement son rôle dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, et de protéger nos concitoyens des conséquences du réchauffement climatique. En 2019, la loi Energie climat a déclaré l’urgence climatique et réaffirmé l’objectif de neutralité carbone en 2050. Notre pays s’inscrit dans un mouvement global, qui voit nombre de nations prendre conscience de l’enjeu vital de lutter contre les dérèglements climatiques et de sauvegarder notre diversité biologique.

A partir des accords de la COP21 à Paris, la France a connu des avancées significatives en matière de pilotage des politiques publiques au regard de leur impact environnemental, notamment avec la création, en 2019, du Haut Conseil pour le climat (HCC) et la mise en place, fin 2020, d’un nouvel outil d’analyse de l’impact environnemental du budget, le Budget vert. Il est aujourd’hui vital de poursuivre dans le sens d’une évaluation climatique plus efficace des politiques publiques.

 

La représentation nationale examine le projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, et ainsi prend le relais du formidable travail des 150 citoyens tirés au sort dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Même si cette loi est une avancée pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés par la signature de l’accord de Paris en 2015, nombreuses sont les voix pour alerter sur la nécessité d’aller encore plus loin et sur le non-respect complet des objectifs. 

Nous avons affirmé que l’objectif de neutralité carbone devait être une boussole de nos politiques publiques. Pour tracer plus précisément ce cap, l’Union européenne a récemment décidé de rehausser son objectif pour 2030 à – 55 % par rapport au niveau d’émissions de 1990.

Dans son avis publié le 23 février sur le projet de loi Climat et résilience, le HCC a examiné le texte par rapport à l’objectif de neutralité carbone. Analysant également l’étude d’impact du projet de loi, le HCC a regretté que l’évaluation réalisée ne permette pas de véritablement estimer l’impact des mesures proposées sur la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Déjà esquissé par le HCC dans ses précédents rapports de juin et décembre 2019, le constat d’une inaptitude de la France à piloter efficacement son action climatique apparaît aujourd’hui avéré. De plus, dès juin 2019, le HCC pointait les insuffisances de la France en matière de pilotage vers l’objectif de neutralité carbone.

 

Abeille et agriculture : une conciliation possible

Abeille et agriculture : une conciliation possible

Le plan pollinisateur annoncé par le gouvernement doit avant tout consolider la collaboration entre agriculteurs et apiculteurs, plutôt que de nous focaliser sur l’interdiction de certains produits de traitement que nos voisins européens continueront à utiliser, estiment Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et Eric Lelong président de l’interprofession apicole Interapi, dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

A force de les opposer, on en vient à oublier que les activités agricoles et apicoles sont non seulement complémentaires, mais interdépendantes. Les cultures et les aménagements mellifères (jachères, haies) des champs agricoles permettent à l’apiculteur de garantir à ses abeilles une alimentation variée toute l’année.

On l’ignore trop souvent, mais les périodes de disette des abeilles sont fréquentes entre les floraisons de grandes cultures (colza, tournesol…), notamment en fin de printemps et d’été. Elles se sont d’ailleurs accentuées avec le changement climatique, qui a des conséquences à la fois sur la ressource alimentaire, la santé des colonies et leur synchronisation avec les floraisons. C’est pourquoi les agriculteurs sont source de solutions pour les pollinisateurs.

L’agriculteur est lui dépendant de la bonne pollinisation de ses cultures pour assurer sa production, tant en quantité qu’en qualité, de colza, d’arbres fruitiers, de melon, de semences…

 

En France, c’est 70 % des six mille espèces de plantes recensées, sauvages et cultivées, qui sont pollinisées par les insectes. Sans ces pollinisateurs, c’est notre souveraineté agricole et donc alimentaire qui est remise en cause. Protéger et développer cette diversité d’espèces constitue donc un enjeu fort pour tous. 

Pour qu’elle soit fructueuse, cette complémentarité repose sur une cohabitation en bonne intelligence.

Dans nos territoires, les apiculteurs et les agriculteurs s’y emploient au travers d’une multitude d’initiatives, loin des idées reçues. Ils veillent, ensemble, à favoriser une meilleure coopération, car c’est avant tout une question de volonté, de formation, d’information et d’adaptation : renforcement des échanges entre parties prenantes sur les pratiques et contraintes de chacun, de manière à engager des actions préventives de protection des ruches, adaptation des pratiques agricoles pour favoriser la présence de pollinisateurs.

 

Des solutions constructives et partagées naissent ainsi, par exemple en privilégiant des traitements de protection des plantes adaptés aux spécificités mellifères, en adaptant les calendriers de traitement et les dates de semis, en pratiquant la fauche tardive, afin de renforcer et de diversifier les ressources mellifères entre deux cultures… 

Miser uniquement sur un renforcement du volet réglementaire reviendrait à entraver une dynamique pourtant déjà engagée dans nombre de territoires

Ces démarches concertées ont prouvé leur efficacité. C’est pourquoi nous insistons pour que le futur plan pollinisateurs proposé par le gouvernement consolide ce dialogue et permette aux agriculteurs et aux apiculteurs d’accroître ce travail en bonne intelligence. Miser uniquement sur un renforcement du volet réglementaire reviendrait à entraver une dynamique pourtant déjà engagée dans nombre de territoires.

L’Europe responsable de la déforestation dans le monde

L’Europe responsable de la déforestation dans le monde

 

En dépit des belles déclarations écolos, l’union européenne et la seconde zone mondiale responsable de la déforestation.  en faite la politique européenne consiste surtout à verdir la consommation mais à externaliser notamment dans les pays pauvres les contraintes environnementales. Ce que fait particulièrement la France en apportant encore massivement par exemple de lui de palme et du soja. L’Europe  est la deuxième responsable derrière la Chine, révèle le WWF dans une nouvelle étude publiée ce mercredi. Le pire est évidemment de prétendre fabriquer des carburants bio avec des plantes ou des matières premières importées de pays pauvres.( Notons que c’est également la même chose pour les voitures électriques avec l’importation de métaux rares très polluants).

 

En cause : les matières premières qu’elle importe massivement sur son territoire depuis les pays tropicaux, notamment pour nourrir les animaux d’élevage ou produire des biocarburants. Stimulant une demande forte, qui exerce une « pression croissante » sur les terres, estime l’association.

En remontant les chaînes de responsabilité, l’ONG a ainsi identifié qu’entre 2005 et 2017, l’UE a provoqué 16% de la déforestation liée au commerce mondial, loin devant l’Inde (9%) ou les États-Unis (7%). Au total, c’est l’équivalent de près de 3,5 millions d’hectares d’arbres qu’elle a amenés dans ses étals, alerte l’étude. « Cela représente la taille de la ville de Lyon rasée chaque semaine », souligne à La Tribune Véronique Andrieux, directrice générale du WWF. Ce qui a entraîné l’émission de pas moins de « 1.800 millions de tonnes de CO2, 40% des émissions annuelles globale de l’Union », ajoute-t-elle.

La France fait la part belle dans ce triste record, puisqu’elle arrive sixième du classement. En effet, l’Hexagone importe plus de 3 millions de tonnes par an de soja pour nourrir ses bétails. Avec l’huile de palme et le bœuf, ces matières premières pèsent en tout pour les deux tiers de la « déforestation importée » en Europe, avance l’étude.

En moyenne, c’est le soja qui arrive en première position des produits impliquant la plus grande déforestation tropicale importée par l’UE (31%, contre 24% pour l’huile de palme). Il provient principalement du Brésil, premier producteur mondial de la légumineuse riche en protéine. Victime du succès de celle-ci, le pays d’Amérique du Sud a ainsi étendu sa surface totale de culture de près de 4% en 2021 – soit 68,5 millions d’hectares supplémentaires. Le constat est particulièrement alarmant dans le Cerrado, une grande savane arborée, où les plantations ont accru la déforestation de 13% en 2020, selon une étude publiée le 30 mars par le Chain Reaction Research. Et ce, malgré la pandémie et la diminution des échanges.

En tout, les surfaces dédiées à la culture de cette plante ont plus que quadruplé au cours des 50 dernières années, et représentent aujourd’hui plus d’un million de kilomètres carrés – l’équivalent de la superficie de la France, de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas réunis.

Mais il faut se garder de résumer l’étendue des dépendances de l’agriculture française aux seules importations de soja depuis les pays tropicaux, signale Arthur Grimonpont, co-fondateur des Greniers d’Abondance, une association sur la résilience alimentaire. « Le sujet est parfois instrumentalisé sur le plan politique, car il est censé mettre tout le monde d’accord », estime-t-il. « Ainsi, les responsables le présentent dans le mauvais sens : on a l’impression qu’il est souhaitable de maintenir le niveau d’élevage actuel, simplement en relocalisant la production de nourriture animale en France ». Pour l’ingénieur-chercheur, cela revient à contourner le problème. « Se posent aussi les questions de l’épuisement des ressources, du besoin en eau, et plus généralement du changement climatique », alerte-t-il.

A cet égard, « il sera en effet nécessaire de réduire très clairement la consommation de viande », abonde Véronique Andrieux. Pour ce faire, les éleveurs devront bénéficier de soutiens et d’accompagnement, souligne la directrice générale du WWF. « La législation devra fixer une trajectoire claire en la matière, pour que cette transition se fasse ensemble », conclut-t-elle.

Le fantasme de la ville numérisée !

Un plaidoyer pour la métropolisolation et le fantasme de la numérisation comme projet de civilisation urbaine

par David Lacombled président de la Villa numéris

Alors que des périodes plus ou moins confinées imposent, depuis plus d’an, à rester près de chez soi, les habitants des villes redécouvrent leur environnement. De nombreux parisiens en partagent actuellement des photos en l’assortissant d’un hashtag #saccageaparis sur les réseaux sociaux. Au point d’apparaître comme « un frein au destin national d’Anne Hidalgo ». Dès lors, il serait en effet difficile de promettre « ce que j’ai fait pour la capitale, je le ferai pour la France ».

Nous avons déjà regretté ici être dans un pays, la France, où la propreté est l’affaire de personne. Là où c’est l’affaire de tous chez la plupart de nos voisins. Détourner le regard ne suffit pas à régler les problèmes. La technologie pourrait être d’un grand secours à l’affirmation d’une volonté politique.

Bien-être. L’ambition d’amener la nature en centre urbain a succédé à l’utopie de construire des villes à la campagne. Dans un contexte d’inexorable métropolisation, elle reflète l’aspiration des citoyens à une meilleure qualité de vie, d’une écologie de soi-même et de son environnement.

Comme le relèvent Eric Verdeil et l’atelier de cartographie de Sciences Po dans leur Atlas des mondes urbains, « par leur concentration d’activités et de rejets domestiques et industriels, les villes sont des sites majeurs d’une pollution de l’atmosphère, de l’eau et des sols qui pèsent lourdement sur la santé de leurs habitants ​». C’est dire s’il est urgent d’y prêter attention.

Pour Carlos Moreno, auteur du très remarqué Droit de Cité, de la ville-monde à la ville du quart d’heure, « ​le monde n’évolue pas en douceur, il bascule d’une culture étatique, selon les sources idéologiques du XIXe siècle, vers une culture du XXIe siècle, urbaine, servicielle, numérique et ubiquitaire, sur laquelle il faut construire d’autres repères ​».

Promesse. L’annonce d’un accord entre Veolia et Suez porte la promesse d’un champion tricolore de la transition écologique. Bien que numéro 1 et numéro 2 mondiaux, la part de marché mondiale reste relativement faible tant le marché est morcelé. Alors que le recours à la technologie et à l’exploitation des données s’accroît, l’effet de taille pourrait s’avérer important.

Charge aux acteurs privés et publics d’œuvrer ensemble pour proposer un nouveau contrat de vie urbaine

Aujourd’hui, la collecte et le tri des déchets ménagers, le ramassage des encombrants et le nettoyage de la voirie, le traitement et la distribution de l’eau sont optimisés à la faveur d’une gestion toujours plus automatisée. Charge aux acteurs privés et publics d’œuvrer ensemble pour proposer un nouveau contrat de vie urbaine.

Ainsi, une métropole comme Dijon a créé un poste de commandement unique pour optimiser et mutualiser les équipements urbains, OnDijon, avec pour ambition d’améliorer le quotidien des habitants tout en maîtrisant les coûts. Les entreprises et les collectivités y coopèrent. Les citoyens interagissent. Les informations sont accessibles.

Dans notre monde numérisé, les données ouvertes permettent en outre de se mesurer et de se comparer. C’est bien sur une mine de données disponibles que l’association Villes et villages où il fait bon vivre établit son palmarès annuel de près de 35 000 communes françaises, dont l’édition 2021 vient d’être révélée, croisant des critères objectifs – plus de 180 – provenant principalement de l’INSEE et d’organismes publics officiels.

Pour être toujours plus attractives, les communes doivent faire montre de leur capacité à maîtriser les technologies pour toujours mieux répondre aux exigences de leurs habitants.

David Lacombled est président de la Villa numéris

Environnement–Pollution de l’air : 40.000 morts par an entre 2016 et 2019

Environnement–Pollution de l’air : 40.000 morts par an entre 2016 et 2019

 

Malgré l’amélioration de la qualité de l’air en raison des confinements liés à la crise sanitaire, 40.000 décès par an sont encore attribués à l’exposition aux particules fines. Selon Santé publique France, on ne pas se satisfaire d’un léger mieux dans le bilan des victimes de cette pollution. Sébastien Denys, un responsable de l’agence explique qu’il faut « poursuivre, voire renforcer les efforts visant à réduire ce fardeau ».

Selon les chiffres publiés mercredi 14 avril, le premier confinement du printemps 2020 a permis d’éviter plus de 2.000 décès liés à la pollution de l’air. En 2016, Santé publique France s’était basé sur la période 2007-2008 et avait estimé à 48.000 le nombre de décès prématurés par an liés aux concentrations de particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 microns). Ces matières microscopiques en suspension dans l’air pénètrent dans les ramifications des voies respiratoires et dans le sang.

« Une tendance à la baisse

Selon la nouvelle estimation de Santé publique France il y a « une tendance à la baisse » concernant les décès liés à la pollution. Près de 40.000 décès sont liés à une trop forte exposition aux particules fines entre 2016 et 2019, soit 7% de la mortalité totale sur cette période, contre 9% en 2007-2008. L’exposition à ces particules, peuvent provoquer des cancers, de l’asthme, des allergies ou des maladies cardio-vasculaires, réduisant ainsi de huit mois l’espérance de vie d’un adulte à partir de 30 ans.

Norme euro 7 automobile : trop contraignant pour les constructeurs et le ministre de l’économie

Norme euro 7 automobile : trop contraignant pour les constructeurs et le ministre de l’économie

La norme Euro 7 va au-delà des simples règles de la physique! » Selon Carlos Tavares d’Atlantis.

« Elle rendrait tout simplement impossible la poursuite de la fabrication de voitures thermiques. Il faut donc rétablir un dialogue constructif et respectueux », poursuit Carlos Tavares rejoins sur ce point par le ministre de l’économie.

« Le temps où bon nombre de règles européennes ont été élaborées sans échange avec l’industrie – qui a ainsi payé le prix du problème qu’a posé un seul de nos concurrents – est je l’espère révolu », ajoute-t-il par allusion à Volkswagen et au scandale du dieselgate de 2015.

L’Europe durcit régulièrement les normes d’émission de CO2 et de polluants des véhicules.

La prochaine norme limitant les émissions d’oxydes d’azote et de monoxyde de carbone, Euro 7, doit entrer en vigueur en 2025. En renchérissant encore le coût de la dépollution, elle est susceptible d’accélérer la baisse des motorisations thermiques et profiter par ricochet aux voitures électriques.

L’Association allemande des constructeurs (VDA) a déjà estimé que cette nouvelle norme allait trop loin.

 

L’eau, «problème écologique le plus concret»

L’eau, «problème écologique le plus concret»

 

 À juste titre cette fois sans doute, Mélenchon considère que le problème de l’eau constitue un enjeu stratégique dominant pour la planète.

 

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon, a consacré ce samedi un meeting virtuel au thème de l’eau, qui abondera sa campagne parce qu’il rend «le problème écologique concret». Le leader Insoumis a discouru près d’une heure et demie dans un environnement de réalité virtuelle en trois dimensions où rivières, barrages ou encore centrales nucléaires alternaient pour appuyer sa démonstration.

Il a expliqué pourquoi l’eau constitue un thème clé de son programme : elle est «une incitation à inventer un monde futur, elle rend le problème de l’écologie le plus concret». Elle est exemplaire de la formule qu’il entend désormais employer à propos de l’écologie: «L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature». Il prône en effet une «concordance» entre «le cycle du prélèvement humain et le cycle du renouvellement des ressources par la nature». Or, selon lui, l’eau comme ressource est menacée au niveau mondial et il appartient à la France d’œuvrer à son échelle de «deuxième puissance maritime du monde».

«La France est située à tous les points du cycle de l’eau», a-t-il déclaré. Elle doit militer pour un droit international des grands fonds, la préservation des pôles contre l’exploitation minière, contre les traités de libre-échange favorisant l’agriculture intensive. À l’échelle nationale, le «cycle de l’eau est perturbé», a indiqué Jean-Luc Mélenchon, citant l’assèchement de plusieurs cours d’eau, comme le Doubs, ou encore l’appauvrissement des sols en forêt dû à la monoculture de certains arbres et aux coupes rases, qu’il veut interdire.

Le président du groupe des députés LFI a pointé du doigt le capitalisme et la course au profit, «incompatibles» selon lui avec la sauvegarde de l’eau. Souhaitant l’arrêt des privatisations de barrages, il a proposé «la collectivisation de l’eau», c’est-à-dire sa gestion par les collectivités locales au moyen d’une «planification par bassins versants».

Côté usager, il a préconisé la réparation des réseaux de distribution vétustes, la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et des tarifs différents en fonction de l’usage – remplir sa piscine devrait être plus cher qu’utiliser cette ressource pour se doucher ou boire. Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter en ligne pour la votation citoyenne sur l’eau organisée par LFI et d’autres organisations, afin d’atteindre 300.000 signatures avant la clôture, le 13 avril.

L’enjeu du prix de l’eau

L’enjeu du prix de l’eau

 

Un article du Wall Street Journal met l’accent sur l’enjeu stratégique de l’eau et de son prix

 

Le trading de contrats qui parient sur le prix futur de l’eau en Californie a été lancé sur la Bourse de CME Group l’année dernière. Si, jusqu’à présent, les volumes d’échanges de contrats à terme ont été faibles, les investisseurs et les analystes spécialistes de l’or bleu estiment que ces actifs peuvent devenir un instrument précieux avec la raréfaction de cette ressource sur la planète.

Les contrats à terme sur l’eau peuvent aider les agriculteurs et les investisseurs à sécuriser des prix stables, même s’ils n’incluent pas de fourniture d’eau. Cela signifie qu’ils sont susceptibles de devenir un outil supplémentaire au sein d’un éventail toujours plus large de produits susceptibles d’être conclus par les consommateurs pour gérer les risques de pénurie.

Selon Cora Kammeyer, analyste senior au Pacific Institute, un think tank spécialisé dans cette ressource, la nécessité d’une répartition plus efficace de l’eau entraînera également le besoin de produits de trading sophistiqués à l’avenir, et notamment davantage de mécanismes pour négocier de l’eau bien réelle entre acteurs régionaux et locaux.

Les entreprises se fixent de plus en plus d’objectifs de durabilité pour compenser leur consommation de cette ressource, tout comme elles le font pour les émissions de gaz à effet de serre. Les investisseurs peuvent déjà négocier des contrats à terme sur les prix de la compensation carbone. Selon Mme Kammeyer, la nécessité de fixer des objectifs de durabilité similaires pour l’eau pourrait déboucher sur un marché de contrats de compensation similaires dans le cadre de projets destinés à reconstituer des ressources en eau.

« Si les consommateurs peuvent monétiser leurs économies [d’eau], cela peut les aider à en utiliser moins, dit-elle. Dans cinq à dix ans, nous pourrions voir émerger un marché plus important [pour ces compensations]. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

PL : La suppression de l’ avantage fiscal sur le gazole va favoriser les pavillons étrangers

PL : La suppression de l’ avantage fiscal sur le gazole va favoriser les pavillons étrangers

 

 

Les députés avaient déjà voté la suppression de la vente des poids-lourds à énergies fossiles en 2040. Dès 2030 , ils vont supprimer l’avantage fiscal spécifique sur le gasoil. Résultat comme c’est une mesure franco-française, ce sont surtout les pavillons étrangers notamment de l’Est de l’Europe qui seront les grands bénéficiaires de ces mesures. En effet le marché routier est européen et permet notamment à tous les pavillons étrangers via le cabotage d’intervenir massivement sur le marché français. Le pavillon français est tellement en  position délicate qu’il a pratiquement disparu du champ international. Les députés ont donc  programmé samedi 10 avril la suppression d’un avantage fiscal sur le gazole routier à l’horizon 2030, malgré les mises en garde de la droite sur ses conséquences sur le secteur du transport routier, lors de l’examen du projet de loi « climat ».

L’Assemblée nationale a largement adopté cette mesure par 73 votes pour, six contre et neuf abstentions. La majorité souhaite ainsi donner un coup d’accélérateur au renouvellement des flottes de poids lourds au bénéfice de camions roulant à l’hydrogène, au bio-gaz ou au bio-diesel. Avec un horizon: la fin de la vente des poids lourds à « énergie fossile » en 2040 voté dans l’hémicycle.

Pour la droite, cet objectif pour 2030 relève du voeu pieux et risque d’avoir de sérieuses conséquences tant sociales qu’économiques sur un pavillon français déjà fragilisé par le dumping issu très majoritairement des pays de l’Est.

L’eau, «problème écologique le plus concret»

L’eau, «problème écologique le plus concret»

 

 À juste titre cette fois sans doute, Mélenchon considère que le problème de l’eau constitue un enjeu stratégique dominant pour la planète.

 

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon, a consacré ce samedi un meeting virtuel au thème de l’eau, qui abondera sa campagne parce qu’il rend «le problème écologique concret». Le leader Insoumis a discouru près d’une heure et demie dans un environnement de réalité virtuelle en trois dimensions où rivières, barrages ou encore centrales nucléaires alternaient pour appuyer sa démonstration.

Il a expliqué pourquoi l’eau constitue un thème clé de son programme : elle est «une incitation à inventer un monde futur, elle rend le problème de l’écologie le plus concret». Elle est exemplaire de la formule qu’il entend désormais employer à propos de l’écologie: «L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature». Il prône en effet une «concordance» entre «le cycle du prélèvement humain et le cycle du renouvellement des ressources par la nature». Or, selon lui, l’eau comme ressource est menacée au niveau mondial et il appartient à la France d’œuvrer à son échelle de «deuxième puissance maritime du monde».

«La France est située à tous les points du cycle de l’eau», a-t-il déclaré. Elle doit militer pour un droit international des grands fonds, la préservation des pôles contre l’exploitation minière, contre les traités de libre-échange favorisant l’agriculture intensive. À l’échelle nationale, le «cycle de l’eau est perturbé», a indiqué Jean-Luc Mélenchon, citant l’assèchement de plusieurs cours d’eau, comme le Doubs, ou encore l’appauvrissement des sols en forêt dû à la monoculture de certains arbres et aux coupes rases, qu’il veut interdire.

Le président du groupe des députés LFI a pointé du doigt le capitalisme et la course au profit, «incompatibles» selon lui avec la sauvegarde de l’eau. Souhaitant l’arrêt des privatisations de barrages, il a proposé «la collectivisation de l’eau», c’est-à-dire sa gestion par les collectivités locales au moyen d’une «planification par bassins versants».

Côté usager, il a préconisé la réparation des réseaux de distribution vétustes, la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et des tarifs différents en fonction de l’usage – remplir sa piscine devrait être plus cher qu’utiliser cette ressource pour se doucher ou boire. Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter en ligne pour la votation citoyenne sur l’eau organisée par LFI et d’autres organisations, afin d’atteindre 300.000 signatures avant la clôture, le 13 avril.

Performance énergétique ou performance environnementale ?

Performance énergétique ou performance environnementale ?

 

L’ancien ministre de l’écologie , Brice Lalonde, Président de l’association Equilibre des énergies,  revient, dans une tribune au « Monde », sur le vote par l’Assemblée nationale de l’interdiction de louer des « passoires énergétiques », et sur le mode d’évaluation discutable, selon lui, du diagnostic de performance énergétique (DPE), qui favorise le chauffage au gaz.

 

Tribune. 
Entre l’engagement solennel de réduire les émissions de gaz à effet de serre et sa mise en œuvre s’intercale un espace obscur où les règles anciennes et les influences occultes peuvent aboutir au résultat inverse. C’est le danger qui guette la loi Climat et résilience dans ses articles sur le bâtiment. 

Le gros morceau, c’est la rénovation du parc existant que les parlementaires, à la suite de la convention citoyenne pour le climat, veulent renforcer. Pour montrer sa détermination, l’Assemblée a voté l’interdiction de louer des logements trop énergivores. Ainsi 4,8 millions de logements pourraient sortir du marché de la location si leurs propriétaires ne se hâtent pas d’améliorer leur performance énergétique.

Bien évaluer la performance des bâtiments

Des dispositions aussi sévères doivent être fondées sur une évaluation indiscutable de la performance des bâtiments. C’est le rôle du diagnostic de performance énergétique (DPE), dont l’administration vient de présenter une nouvelle mouture, désormais opposable. Le logement évalué sera rangé selon ses mérites dans une des sept classes étiquetées de A à G. Une rénovation réussie élève le logement dans l’échelle du DPE et accroît sa valeur sur le marché.

 

Chaque classe du DPE est déterminée par deux seuils : l’un pour l’émission de CO2, l’autre pour la consommation d’énergie. C’est l’indicateur COqui mesure la performance climatique puisque le but est de réduire les émissions qui dérèglent le climat. Les classes F et G désignent les « passoires énergétiques » que l’on ne pourra plus louer. En apparence tout est parfait… En apparence seulement.

« L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux »

Car la contrainte COn’existe pas. Le DPE nouveau la « desserre » de 30 % par rapport à l’échelle précédente, qui était déjà bien clémente. Calée sur les émissions des logements chauffés au gaz, elle fait du gaz la référence comme si l’Etat considérait cette énergie fossile comme le compagnon de route préféré du climat. L’indicateur COne joue pas son rôle, c’est de la poudre aux yeux.

C’est donc la performance énergétique qui continuera à déterminer le classement, et non la performance climatique. Or les deux ne se recouvrent pas. L’économie d’énergie est bien entendu un moyen au service de la réduction des émissions quand il s’agit des énergies fossiles responsables du dérèglement climatique. Mais lorsque l’énergie est décarbonée, elle n’affecte pas le climat. Centrer l’action climatique sur l’économie d’énergie au lieu de la réduction des émissions de CO2, c’est taper sur le mauvais clou.

Épisode de gel : la faute au réchauffement climatique

Épisode de gel : la faute au réchauffement climatique

Thierry Castel, chercheur en climatologie, l’épisode de gel brutal pourrait être lié au réchauffement thématique. Interview dans le Figaro.

Un épisode de gel a touché de nombreuses cultures cette semaine en France. Les températures ont chuté, à certains endroits, sous 0 degré à une vitesse jamais observée depuis 1947 pour un mois d’avril. Thierry Castel, chercheur associé dans l’équipe de climatologie du laboratoire Biogéoscience* et enseignant à Agrosup Dijon, s’explique dans le Figaro :

 

Comment expliquer ce froid au mois d’avril, alors que l’on parle à longueur de temps du réchauffement climatique?

Thierry CASTEL. C’est pourtant bien lié. Les différences de températures se réduisent entre la zone polaire et les moyennes latitudes. Cela conduit à moduler les ondulations du «jet» (des vents très rapides situés en Atlantique Nord, qui jouent un rôle important dans la circulation atmosphérique, NDLR). À cause de cela, nous faisons face à des descentes d’air froid et des remontées d’air chaud plus importantes. Par exemple, pendant qu’en février 2017 nous avions en France des températures bien supérieures aux moyennes saisonnières, il a neigé en Libye. Ça va s’accentuer.

 

Peut-on dire que les plantations sont plus touchées qu’avant par ce phénomène de gel?

C’est en réalité la vulnérabilité des plantes au gel qui est accrue, et pas les épisodes de froids qui seraient plus intenses. Je m’explique: normalement à cette période de l’année, les plantations auraient dû pouvoir résister à des températures de -6 ou -7 degrés. Mais à cause du réchauffement climatique que l’on connaît depuis 30 ans, les bourgeons arrivent désormais plus tôt. Une fois qu’ils ont commencé à s’ouvrir, il s’agit d’une phase où les plantes sont extrêmement sensibles au gel. Même s’il ne fait pas très froid, c’est suffisant pour entraîner des dégâts importants. On voit bien ce phénomène dans les vignes, c’est net.

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

 

Total ou Boeing annonce la venue du bio kérosène, un vrai contresens énergétique et environnemental. La réalité, c’est que les avions se proposent de voler avec du biocarburant qui bien souvent est contre productif par rapport à la problématique écologique.

En effet si toute la flotte aérienne mondiale devait utiliser les bio carburants cela ne ferait qu’encourager la production massive et industrielle de carburant qui bouleverse totalement la biodiversité.

Cette annonce de l’utilisation de biocarburants par le transport aérien n’est pas très rassurante. Certes la production de biocarburants à partir de déchets agricoles notamment mérite d’être encouragée mais cette production doit être distinguée de celle qui résulte d’une industrialisation de la filière à partir de plantes spécialement cultivées pour produire des huîles, du pétrole et du carburant ou pour recycler des vieilles huiles  comme l’une des frites par exemple !

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“C’est le défi de notre époque”, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie du développement durable de Boeing, Sean Newsum. L’aviation commerciale représente actuellement environ 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et environ 12% des émissions du secteur des transports, selon les données de l’ATAG (Air Transport Action Group), groupement d’experts du secteur aéronautique.

Boeing n’a concrètement qu’une décennie pour atteindre cet objectif car les avions de ligne qui entreront en service en 2030 devraient continuer à voler jusqu’en 2050.En 2018, l’avionneur américain a inauguré le premier vol d’un appareil utilisant 100% de biocarburants. Il s’agissait d’un cargo 777 utilisé par la société de messagerie FedEx.Jusqu’à présent, les biocarburants peuvent être mélangés à du kérosène jusqu’à un niveau maximal de 50%, a précisé Boeing.Les annonces de Total dans ce domaine sont tout aussi illusoires. Notons que sur le strict plan énergétique pour produire 1 l de carburant il faut aussi entre . 0,3 et 0,6 l de pétrole (il faut un litre  de pétrole pour fabriquer 1 kg d’engrais azotés par exemple)

Agriculture : l’addiction à l’azote de synthèse

Agriculture : l’addiction à l’azote de synthèse

 

 

L’addiction des agriculteurs aux engrais azotés a un coût exorbitant pour le climat et la biodiversité, estime un collectif d’agronomes et d’agriculteurs. Ils appellent, dans une tribune au « Monde », à réduire fortement la consommation de fertilisants chimiques et à retrouver des sources d’approvisionnement biologiques.

 

Tribune.

 

Les engrais chimiques sont une potion magique issue de la guerre. L’invention du chimiste Fritz Haber (1868-1934), qui a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur la synthèse de l’ammoniac, avait deux objectifs : nourrir davantage d’êtres humains et fabriquer des explosifs. Cette découverte a permis d’augmenter rapidement les rendements agricoles au sortir de la seconde guerre mondiale, tout en offrant de nouveaux débouchés aux industries créées en temps de guerre. Depuis 1960, notre consommation mondiale d’engrais azotés de synthèse a été multipliée par neuf – pourtant les plantes n’absorbent que la moitié de l’azote produit. Alors, où va le reste ?

Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique. La fabrication de ces engrais, que nous importons à 60 %, est une bombe climatique : il faut l’équivalent en gaz d’un kilogramme de pétrole pour produire un kilogramme d’azote. Une fois arrivés dans nos champs, ils émettent massivement du protoxyde d’azote, un gaz 265 fois plus puissant que le CO2. L’azote qui n’est pas absorbé par les plantes pollue les cours d’eau et l’eau du robinet, et tue la biodiversité aquatique – le phénomène des algues vertes est désormais bien connu. De l’ammoniac s’évapore également dans l’air et contribue à produire des particules fines, qui génèrent des pics de pollution jusque dans les villes lors des épandages au printemps. L’adoption massive des engrais chimiques a provoqué une chute de la teneur en matière organique des sols et une augmentation des traitements pesticides car trop d’azote rend les plantes vulnérables aux pathogènes.

 

Pour certaines filières agricoles, il est économiquement difficile, aujourd’hui, de réduire les consommations d’engrais chimiques. Pourtant, l’achat de ces intrants peut représenter plus de 15 % des coûts de production d’une ferme française. Des coûts dont la volatilité génère de l’insécurité, puisqu’ils sont indexés sur le prix des énergies fossiles…

Les alternatives aux engrais azotés de synthèse existent mais elles supposent de nouvelles politiques publiques structurantes qui nous aident à réintégrer de l’azote organique dans les systèmes de culture. Les politiques menées jusqu’ici ont toutes échoué : la réglementation nitrates n’est pas respectée, tout comme la stratégie nationale bas carbone. La TVA réduite sur les engrais bio n’a pas infléchi la demande en engrais de synthèse et la portion des financements du plan de relance qui va dans la bonne direction est bien trop faible.

Au nom de l’environnement : « Crimes contre la nature » de Karl Jacoby

Au nom de l’environnement : « Crimes contre la nature » de Karl Jacoby

L’historien américain retrace les violences qui ont accompagné la création des parcs nationaux aux Etats-Unis, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Souvenir du parc national de Yellowstone, 1927. BETTMANN/BETTMANN ARCHIVE

« Crimes contre la nature. Voleurs, squatteurs et braconniers : l’histoire cachée de la conservation de la nature aux Etats-Unis » (Crimes against Nature. Squatters, Poachers, Thieves, and the Hidden History of American Conservation), de Karl Jacoby, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Frédéric Cotton, Anacharsis, « Essais », 442 p., 23 €.

Wilderness serait, selon certains, un terme intraduisible en français. « Monde sauvage », « Grande Nature », proposent les autres… Autant d’approximations lexicales pour qualifier un préjugé commun. L’Européen peine en effet à concevoir l’espace américain en tant que territoire humanisé de longue date. Exemple type : le Grand Canyon, star des parcs nationaux, jalousement réglementé au nom du devoir sacré de préservation d’espaces « vierges », et dont les occupants premiers furent chassés, voire criminalisés.

Crimes contre la nature est un livre fondateur du courant désormais bien établi de la « borderlands history », l’histoire des marges, des frontières. Publiée en 2001 par le jeune et déjà brillant historien Karl Jacoby (né en 1965), traduite aujourd’hui en français, cette enquête repose sur de nombreuses archives – rapports de terrain, décisions de justice, presse locale… – concernant des territoires que les autorités jugèrent, la guerre de Sécession terminée (1865) et le pouvoir fédéral renforcé, « menacés » par une surexploitation anarchique. Au banc des accusés voisinaient Amérindiens, petits Blancs, fermiers, trappeurs vivant en grande partie de chasse, de cueillette, de pêche, et usant des forêts selon des codes coutumiers.

L’ouvrage ne se déclare pas d’emblée partisan. Il le devient au fil de la lecture des documents d’époque, longtemps occultés, qui rendent manifestes les dommages collatéraux et les angles morts du mouvement « préservationniste », dont les principales figures, toujours célébrées, demeurent John Muir (1838-1914), le président Theodore Roosevelt (1858-1919) et autres membres fondateurs du Sierra Club ou du Boone and Crockett Club.

Défendre les équilibres naturels en expulsant, au mépris de leurs droits acquis et de leurs pratiques d’autosubsistance, des occupants de longue date jugés irresponsables, procède d’une vision surplombante, aujourd’hui remise en question. Les critiques qu’adressent à l’ONG environnementaliste WWF ou à l’Unesco les défenseurs des droits autochtones se sont multipliées récemment. Les Amériques sont loin d’avoir le monopole de ce problème, ainsi que le démontre l’africaniste Guillaume Blanc dans son essai L’Invention du colonialisme vert (Flammarion, 2020).

Loi Climat : la concertation en entreprise contestée !

Loi Climat : la concertation en entreprise contestée !

 

Etienne Forcioli-Conti et Olivier Mériaux, spécialistes des relations sociales en entreprise, expliquent, dans une tribune au « Monde », que les mesures contenues dans la loi Climat pour lutter contre le dérèglement climatique sont minées par le formalisme et vont aboutir à l’inverse du but recherché.( en fait une contestation de la concertation en entreprise ! NDLR)

 

Tribune. En prévoyant que l’employeur informe et consulte le comité social et économique (CSE) sur les conséquences environnementales de l’activité économique de l’entreprise et ses modes d’organisation, l’article 16 du projet de loi Climat semble ouvrir un nouvel espace pour le dialogue social, mis au service de la lutte contre le dérèglement climatique.

Les pouvoirs publics misent en tout cas sur ces mesures pour enclencher un mouvement progressif d’intégration des paramètres environnementaux dans l’agenda social des entreprises.

Pourtant, la déception domine, sur ce sujet comme sur d’autres, chez la plupart des militants de la cause environnementale et des organisations syndicales.

Un monde fantasmé

Notre vision d’observateurs et d’accompagnateurs des relations sociales nous amène aussi à un certain scepticisme, mais pour des raisons assez différentes : le problème n’est pas que ces mesures soient trop timides, c’est qu’elles prêtent au dialogue social à la française des facultés qui n’existent malheureusement que de manière localisée et exceptionnelle.

Même si nous sommes convaincus de l’impérieuse nécessité du dialogue social comme moyen de trouver les voies d’une performance durable, nous nous interrogeons : est-il raisonnable d’une nouvelle fois « charger la barque » du dialogue social sans envisager de changer radicalement un système de gouvernance de l’entreprise qui, globalement, n’a pas démontré sa capacité à prendre des décisions à la hauteur des enjeux sociétaux ?

Car que constate-t-on dans la pratique du dialogue social d’entreprise, dès lors que l’on quitte le monde fantasmé par le code du travail et les législateurs de tous bords ?

D’abord que les « bons acteurs », les vrais décideurs, ne sont pas sur la scène officielle des instances représentatives du personnel, qu’il s’agisse des actionnaires ou des donneurs d’ordre dont les décisions d’achats détermineront les conditions de la production. Notons que cette absence nourrit le procès en « irresponsabilité » de ceux qui, au sens étymologique, ne rendent pas compte de leurs décisions, et le sentiment d’inutilité d’instances qui semblent souvent « tourner à vide » (y compris pour ceux qui y participent).

 

Pire, les acteurs en scène doivent suivre un script rigoureux qui n’est pas forcément écrit dans une langue qu’ils maîtrisent : le cadre juridique impose aux entreprises de discuter de catégories d’action publique (« l’égalité professionnelle », « l’inclusion », et demain « l’impact environnemental »), qui sont tout à fait légitimes mais ne font pas immédiatement sens du point de vue de l’organisation du travail ou du rationnel économique. Et les protagonistes doivent s’approprier ce script dans des contraintes de temps qui permettent rarement d’identifier les sources des difficultés rencontrées et de valider toutes les implications des décisions à prendre.

Europe : des conséquences du marché du carbone

Europe : des conséquences du marché du carbone

Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MCAF) adopté par le Parlement européen devrait modifier le fonctionnement du marché des quotas d’émission de gaz à effet de serre.. (*) Par Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of

Economics. ( dans l’Opinion)

 

Il est rare qu’un rapporteur s’abstienne lors du vote d’une résolution qu’il a lui-même proposée. C’est pourtant ce qu’a fait le député vert Yannick Jadot lorsque le parlement européen s’est prononcé sur le mécanisme carbone d’ajustement à la frontière (MCAF) alors qu’il avait conduit les débats en commission parlementaire. Par ce geste, il entendait protester contre l’annulation par un amendement de dernière minute de la suppression des quotas gratuits du Système européen d’échange de quotas d’émission (SEQE) de l’Union européenne (UE). Pourtant, cette résolution contient plusieurs avancées dans l’élaboration du MCAF. Elle constitue une feuille de route qui devrait guider les travaux de la Commission en charge de faire une proposition en juin 2021.

Le rapport ne semble pas révolutionner le fonctionnement actuel du SEQE. Sur le fond, il reprend la proposition de la France de faire payer aux importateurs le prix des quotas d’émission correspondant au contenu carbone des produits importés. Il ne s’agit pas de participer directement au SEQE en achetant des quotas sur ce marché. Ni même de créer un marché parallèle, puisque le prix payé est fixé directement par le SEQE. Le mécanisme s’apparente plutôt à une taxe à l’importation (ou un tarif douanier) dont l’assiette est l’empreinte carbone des produits importés. Le taux appliqué à cette assiette varie au jour le jour en fonction du prix de la tonne de CO2 sur le SEQE. Les importateurs ne vont donc pas intervenir directement sur le marché européen du carbone mais ils seront soumis aux mêmes conditions de prix. Néanmoins, la mise en place d’un tel mécanisme nécessite de revoir certains aspects importants du SEQE.

Double protection

Le texte mentionne deux principes qui devraient en toute logique impliquer la suppression des quotas gratuits, lesquels sont en diminution régulière mais, en l’état actuel de la réglementation, doivent perdurer au moins jusqu’en 2030. Le premier est le principe pollueur-payeur. Si un pollueur se voit allouer gratuitement des quotas d’émission, il ne paye pas pleinement le coût social de sa pollution, donc le principe pollueur-payeur n’est pas respecté. Le second principe est celui de l’adéquation avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce. Les quotas gratuits procurent un avantage concurrentiel aux entreprises européennes par rapport à leurs compétiteurs hors EU qui devront eux s’acquitter du prix des quotas correspondant à leurs ventes dans l’Union. Il y a alors double protection : les industries européennes sont protégées de la concurrence internationale à la fois par les quotas gratuits et par le MACF. Au lieu de rétablir des conditions plus équitables, le MACF combiné à des quotas gratuits renverse l’avantage concurrentiel au bénéfice des entreprises européennes. Il pourrait même favoriser l’exportation des produits intensifs en émissions carbonées, et donc générer des fuites de carbones inversées, c’est-à-dire une délocalisation de la production, non pas de l’EU vers le reste du monde mais dans le sens inverse.

Réduire l’empreinte carbone des produits

L’objectif du SEQE est d’inciter les entreprises assujetties à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour que cela fonctionne, il faut que les quotas d’émission correspondent aux émissions réelles, ce qui implique de pouvoir mesurer, ou du moins estimer, ces émissions comme on le fait au sein de l’UE. C’est là une des difficultés du MCAF : comment mesurer l’empreinte carbone d’une tonne d’acier produite sur un site hors UE? Le projet recommande de se baser sur les données européennes, c’est-à-dire de faire payer selon les émissions que générerait cette tonne d’acier si elle était produite en Europe. Cette méthode a le mérite d’une égalité de traitement entre producteurs d’acier de chaque côté de la frontière. Cependant elle n’incite pas les producteurs hors UE à réduire leurs propres émissions puisqu’ils ne récolteront pas les fruits de leurs efforts.

Prenons l’exemple de LKAB, une entreprise suédoise qui investit 40 millions d’euros pour décarboner sa production d’acier en remplaçant le charbon par l’électricité comme source d’énergie. Cet investissement a un intérêt économique si cette baisse des émissions se traduit par une réduction importante des quotas que LKAB devra acquérir et soumettre au régulateur. Le gain économique correspond à la valeur des quotas évités. Ce n’est pas le cas si cet investissement a lieu hors EU même si l’acier est destiné au marché européen puisque le MCAF fera payer les quotas qu’il aurait été nécessaire d’acquérir pour produire cet acier avec la technologie standard et non avec la technologie innovante.

Un nouveau chantier

Afin de pallier ce problème, le rapport « Vers un mécanisme européen d’ajustement des émissions de carbone aux frontières compatible avec l’OMC (2020/2043(INI)) » stipule que « les importateurs devraient avoir la possibilité de prouver [...] que la teneur en carbone de leurs produits est inférieure à ces valeurs, et de bénéficier d’une adaptation en conséquence du montant exigé ». Se faisant il ouvre un nouveau chantier : celui de la création d’un organisme indépendant en charge de collecter, analyser et vérifier ces informations. Il devra être capable de calculer l’empreinte carbone d’une tonne d’acier produite dans un site de production identifié en prenant en compte non seulement le mode de production, mais aussi le bilan carbone des entrants et le prix local du carbone. Le calcul est complexe. Avec des sommes en jeux qui pourraient d’avérer conséquentes, il y a un risque important de capture par les lobbies industriels. Autant dire que les défis à relever sont nombreux avant qu’une telle institution voie le jour.

Même s’il reste à sa périphérie, le projet de MCAF va modifier le fonctionnement du marché du carbone européen. La discussion en cours sur sa conception et sa mise en pratique est une occasion à saisir pour améliorer le marché des quotas d’émission. Mais les remèdes peuvent tuer le malade comme le montre une étude sur les ajustements apportés au marché des permis d’émissions de SO2 aux Etats-Unis.

 

Environnement–Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Environnement–Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Le  prix est trop bas et l’évolution est trop lente. C’est ce qu’a mis en évidence l’OCDE en examinant les prix effectifs du carbone en 2018 dans 44 pays membres et du G20 – responsables d’environ 80% des émissions dans le monde – et en étudiant l’écart avec une valeur cible de 60 euros la tonne. Il faudrait sans doute plus que doubler le prix du carbone et en espérant que cette augmentation répercutée dans les entreprises et chez les particuliers incitera à une consommation plus réduite. Le problème c’est que cette taxation du carbone ne résoudra pas les inégalités fiscales et la concurrence faussée.

Cette valeur de 60 euros est considérée comme une « estimation moyenne du coût réel des émissions de CO2 pour 2020 et une estimation basse pour 2030″. Il s’agit d’un chiffre « compatible avec un scénario de décarbonation lente d’ici 2060″, précise l’OCDE.

Résultat: seules 19% des émissions de carbone se voyaient appliquer une tarification de 60 euros la tonne ou plus.

« Les progrès varient considérablement selon les secteurs économiques, le prix du carbone étant généralement le plus élevé dans le transport routier », précise le rapport. Il est au contraire « très faible » dans les secteurs de l’électricité et de l’industrie, sauf dans quelques pays.

L’OCDE estime qu’une augmentation du prix de 1 euro par tonne de CO2 conduit en moyenne à une réduction de 0,73% des émissions dans la durée.

Dans un rapport séparé, l’OCDE constate aussi une hausse de 5% en 2019 du soutien public aux combustibles fossiles dans 50 pays de l’OCDE, du G20 et du Partenariat oriental de l’UE, pour un total de 178 milliards de dollars.

Cette hausse des subventions vient inverser une tendance à la baisse de cinq ans. Selon le rapport, le soutien direct et indirect à la production en particulier a bondi de 30%, marquée notamment « dans les pays de l’OCDE, sous l’impulsion de l’Amérique du Nord ».

Environnement: Ces écolos bobos qui vont tuer la prise de conscience environnementale

Environnement: Ces écolos bobos qui vont tuer la prise de conscience environnementale

 

 

 

Le radicalisme dans toutes les matières conduits assez souvent à l’inverse de l’objectif recherché. Ainsi par exemple la doctrine marxiste qui visait à rendre le régime communiste plus égalitaire a surtout conduit à créer des régimes de dictature au profit d’oligarchies. Ainsi le prosélytisme très militant de certaines religions se fondant sur l’amour a-t-elle provoqué d’immenses guerres et de crimes contre l’humanité.

 

Il en est de même avec la cause environnementale. En effet cette cause est surtout servie de manière caricaturale autant que sectaire par des militants qui veulent d’un coup changé les usages mais aussi les valeurs de la société. Ce radicalisme va provoquer forcément une sorte de boomerang chez ceux qui prennent aussi en compte la problématique économique et sociale.

 

La plupart des écolos bobos méprisent  en effet la dimension économique et sociale pour la simple raison que pour la plupart ils viennent sur des métiers financés par l’État ou les organisations internationales. Environ 80 % des élus écolo  d’EELV sont en quelque sorte des fonctionnaires ou assimilés ; ils n’ont  guère eu à se préoccuper des contraintes économiques et de leurs conséquences sociales. Du coup les exigences des écolos bobos risquent de provoquer un dernier coup fatal à la fois à une industrie française en pleine obsolescence et à l’industrie agricole, elle aussi en crise

 

. Certes des changements sont nécessaires et même incontournables là et dans d’autres secteurs. Mais des changements progressifs, négociés et réalistes. Pas vraiment ce que proposent les nouveaux maires élus un peu par hasard lors des  municipales par ailleurs  complètement délaissées par les électeurs. Or la prise de conscience environnementale est indispensable. Tout ne peut en effet posséder de décision ou de régulation étatique.

 

Une part non négligeable dépend du comportement des usagers et des citoyens. D’une certaine manière, les écolos bobos sectaires se comportent comme ces anciens militants communistes qui voulaient faire le bonheur de la société contre la volonté des dés intéressés. Il y a de ce point de vue une certaine similitude entre les deux systèmes de pensée puisque pour une bonne part les écolos bobos sont surtout des gauchistes reconvertis dans l’environnement à la suite du dépérissement voire de la disparition de la gauche et de l’extrême gauche politique. Le même discours prophétique, le même sectarisme, la même volonté de changer la nature de l’homme sans son assentiment et sa participation.

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