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Afrique, des élections qui n’ont plus de sens

Afrique, des élections qui n’ont plus de sens

 

Il est clair d’une façon générale les élections dans nombre de pays ne sont plus de nature à satisfaire les attentes démocratiques des peuples. Ceci vaut pour le monde entier  mais particulièrement en Afrique.

 

Nathalie Delapalme est directrice exécutive de la Fondation Mo Ibrahim — du nom de son créateur, un milliardaire anglo-soudanais et entrepreneur dans le domaine des télécommunications —, qui a pour mission d’aider l’Afrique à se débarrasser de ses dictateurs corrompus et publie l’indice Ibrahim de la gouvernance, qui établit un classement des performances réalisées par les 54 pays du continent. (Interview dans l’opinion)

Quels enseignements tirez-vous du dernier indice Ibrahim ?

Six Africains sur dix vivent dans un pays dont la gouvernance est meilleure qu’en 2010. Mais, pour la première fois depuis 2010, le niveau de gouvernance globale en Afrique baisse (- 0,2 point) en 2019. C’est un signal à prendre en compte. En fait, la progression ralentissait depuis plusieurs années au point d’aboutir à ce résultat qui traduit une évolution divergente des dimensions de la gouvernance. Des progrès ont été réalisés en matière de développement économique et humain. Toutefois, ils s’essoufflent et ne sont plus en mesure de compenser la dégradation du système démocratique, de l’état de droit, de la participation de tous à la vie politique et économique, des libertés et droits fondamentaux. Tout miser sur le développement économique et humain n’est pas soutenable à long terme et représente un pari fragile dans notre monde globalisé. Aucun gouvernement ne peut se prémunir contre l’impact, inattendu et dévastateur, d’un choc exogène comme la Covid.

Quels sont les bons et les mauvais élèves ?

Pour une vision complète, il faut considérer à la fois le point d’arrivée et les tendances. En 2019, sont en tête de peloton Maurice, le Cap Vert, les Seychelles, la Tunisie, le Botswana et l’Afrique du Sud. Mais la trajectoire de Maurice et de l’Afrique du Sud se dégrade depuis quelques années. Sur la décennie, les pays qui progressent le plus sont la Gambie, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, les Seychelles, le Zimbabwe, l’Ethiopie, la Somalie, l’Angola, le Tchad et la Namibie. Les détériorations les plus fortes sont relevées en République démocratique du Congo, aux Comores, au Mali, au Nigeria, au Malawi, en Afrique du Sud, en Erythrée, en Zambie, au Cameroun et au Lesotho.

La tendance va-t-elle s’inverser en Ethiopie (en guerre civile) et en Côte d’Ivoire (en crise post-électorale)

La Côte d’Ivoire et l’Ethiopie figurent tous deux parmi les dix pays qui ont le plus progressé sur la décennie écoulée (respectivement 18e et 31e). Mais les progrès marquent le pas depuis quelques années, avec des points d’alerte. En Côte d’Ivoire, les indicateurs relatifs aux procédures de passation des marchés publics, à l’égalité en matière de représentation politique, à l’espace accordé à la société civile, ou à l’accès au logement, se dégradent. En Ethiopie, la tendance est préoccupante pour dix des 79 indicateurs, notamment ceux relatifs aux déplacements forcés de population, aux droits de propriété, au réseau de transport, aux relations du travail, a l’impartialité du système judiciaire.

Le Ghana est souvent érigé en modèle de démocratie. La situation ne s’est-elle pas détériorée sous la présidence de Nana Akufo-Addo ?

En 2019, le Ghana se classe encore dans le top ten (8e). Mais la tendance générale n’est pas bonne. On constate depuis 2010 une détérioration de deux des quatre dimensions principales de la gouvernance : Sécurité et règle de droit ; Participation, droits et inclusion. Des progrès incontestables ont certes été obtenus en termes de développement économique et humain, notamment pour l’accès au digital et aux services financiers, le contrôle des maladies transmissibles, l’état civil et le système statistique, l’égalité d’accès aux services publics, le cadre des échanges commerciaux. Mais d’autres indicateurs régressent : impartialité du système judiciaire, procédures de passation des marchés publics, droits de propriété, corruption dans le secteur privé, liberté des médias, droits digitaux, capacité fiscale.

« Pour la première fois en 25 ans, l’Afrique va rentrer en récession. La chute drastique de la demande extérieure, la mise à l’arrêt du tourisme, les mesures de confinement souvent sévères ont réduit presque à néant les perspectives d’activité, d’emploi, voire de survie pour les plus fragiles »

Comment se porte l’Afrique du Sud ?

L’Afrique du sud, deuxième PNB du continent, se situe encore au 6e rang en termes de gouvernance globale et les composantes relatives à la participation et à l’état de droit se sont améliorées. Mais, sur dix ans, sa performance a perdu presque un point, donc elle est très en deçà de l’évolution moyenne du continent. Sont en recul des composantes essentielles du développement humain (protection sociale, accès au logement, réduction de la pauvreté, libertés individuelles) tandis que la criminalité et la corruption progressent. Les opportunités économiques sont toujours importantes mais leur croissance enregistre un déclin régulier.

Et l’Algérie post-Bouteflika ?

Le niveau de gouvernance est meilleur qu’en 2010. Il est tiré par un progrès notable en termes de développement humain et économique, particulièrement en matière d’environnement réglementaire des affaires et de la concurrence (en partant d’un niveau assez bas), de réseau de transport, de téléphonie mobile, d’accès au logement, d’inscription à l’école, d’application de la loi, de procédures judiciaires, de pluralisme politique, et de corruption. Restent des points noirs : respect de la loi, droits de propriété, procédures de passation des marchés publics, espace de la société civile, liberté des médias, liberté d’expression et de croyance, accès à l’information, élections démocratiques, accès aux soins de santé.

L’irruption du coronavirus ne va-t-il pas amplifier le mouvement de détérioration ?

Il risque de peser sur l’ensemble des progrès économiques et sociaux d’autant que la pandémie continue à s’étendre (au 15 décembre, on dénombrait 2 401 953 cas répertoriés, plus 22 % en un mois) malgré la forte réactivité de gouvernements instruits par l’expérience Ebola. L’Afrique du Sud, le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie sont les pays les plus atteints. Cette crise pèse sur des structures sanitaires déjà fragiles, et réduit l’attention accordée à d’autres pathologies, au moins aussi graves. Elle a provoqué la déscolarisation de nombreux élèves, une limitation excessive de libertésla hausse des violences à l’encontre des femmes, des restrictions démocratiques injustifiées. Son impact est dévastateur sur les plans économiques et sociaux. Pour la première fois en 25 ans, l’Afrique va rentrer en récession. La chute drastique de la demande extérieure, notamment de matières premières, la mise à l’arrêt du tourisme, les mesures de confinement souvent sévères ont réduit presque à néant les perspectives d’activité, d’emploi, voire de survie pour les plus fragiles. Si l’on y ajoute aux effets du changement climatique, cette crise sanitaire doit être l’occasion de définir un modèle de croissance plus vert, plus créateur d’emplois locaux, plus autonome, plus équitable, plus inclusif.

« La perte de confiance, voire la défiance, envers leurs Etats s’accroît fortement. C’est en réalité un mouvement mondial. Les Etats apparaissent impuissants à régler les défis du monde contemporain et à répondre aux attentes élémentaires  »

De plus en plus d’élections sont contestées. La démocratisation en cours est-elle en danger ?

Le modèle démocratique apparaît fragile et franchement contesté, notamment par la jeunesse africaine. Dans un monde ou l’information et l’expression des sentiments sont devenues permanentes et réactives, il apparaît difficile de continuer à fonder le système démocratique sur la seule tenue, tous les cinq ans au mieux, d’élections présidentielles estampillées « libres et transparentes » par des observateurs extérieurs. Cette qualification même a été fortement dévalorisée, voire dévoyée, notamment en RD Congo. Les Africains ont perçu le choix d’une communauté internationale qui a fermé les yeux sur la vérité des urnes pour permettre l’avènement d’une alternance de façade. Dans trop de cas, l’élection n’inspire plus ni confiance, ni même respect. Il faut « remettre l’église au milieu du village » et revenir à la signification même du principe démocratique.

Les populations semblent aussi de plus en défiantes envers leurs Etats…

La perte de confiance, voire la défiance, envers leurs Etats s’accroît fortement. C’est en réalité un mouvement mondial. Les Etats apparaissent impuissants à régler les défis du monde contemporain (pandémies, terrorisme, changement climatique, insécurité digitale) et à répondre à leurs attentes élémentaires (accès à l’emploi, qualité des transports, sécurité du voisinage, gestion des déchets). Les deux plus grandes villes africaines, Le Caire et Lagos, gèrent des populations équivalentes à celles de la Côte d’Ivoire ou de l’Angola, les 14e et 15e pays les plus peuplées du continent… Sans aller jusqu’à considérer qu’on a atteint les limites du système westphalien, la gouvernance locale est appelée à jouer un rôle croissant, y compris dans la gestion des risques globaux.

S’inspirer de la modélisation des pandémies animales

S’inspirer de la modélisation des pandémies animales

 

 

Le président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires plaide pour une prise en compte des savoirs pluridisciplinaires pour endiguer la pandémie de Covid( interview dans l’Opinion

Un vétérinaire devrait bientôt intégrer le conseil scientifique pour éclairer de son point de vue de spécialiste de la santé animale la gestion de la crise de la Covid-19. Une nomination qui va dans le sens de la démarche « one health », qui consiste à considérer la santé des hommes, des animaux et des plantes comme un tout interdépendant.

Jacques Guérin, ex-praticien rural devenu expert, est président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires depuis 2016.

Le monde vétérinaire a l’habitude de gérer les épizooties, équivalent des épidémies pour les animaux. Que peut-il apporter dans la compréhension de la crise sanitaire actuelle ?

Nous avons une certaine habitude de la modélisation des crises sanitaires animales qui peut nous permettre d’alerter. Par exemple, lorsque la Suède a décidé de laisser circuler le virus sur son territoire pour atteindre une immunité collective, des vétérinaires se doutaient que cela ne fonctionnerait pas. Sur la base des modèles animaux, il faut qu’environ 70 % à 80 % d’une population aient acquis une immunité pour obtenir une protection collective. Avec un gros risque, celui de favoriser les mutations du virus si l’immunité collective n’est pas atteinte. Le monde vétérinaire est revenu de cette approche il y a plus de vingt ans, dans le cadre du traitement de la diarrhée virale bovine. Même chose pour la maladie d’Aujeszky qui touche les porcs. Les éleveurs ont eu du mal à accepter que la vaccination soit le seul moyen de s’en débarrasser. Son obligation a permis d’assainir le cheptel en France puis, dans une deuxième phase, d’arrêter la vaccination pour lui substituer une surveillance épidémiologique. Il y a parfois des résurgences dues au contact d’animaux domestiques avec les sangliers, mais elles sont contenues.

Un vétérinaire devrait, bientôt, intégrer le conseil scientifique qui aide le gouvernement à envisager la pandémie. C’est une bonne nouvelle ?

Nous ne sommes pas des donneurs de leçons. Le problème de la médecine humaine est qu’elle parle de ce qu’elle connaît de façon de plus en plus spécialisée. C’est la même chose pour les spécialistes des animaux. Cela nous fait perdre de vue une culture médicale généralisée. L’approche « one health » de la santé, à l’inverse, considère que la santé des hommes, des animaux, des plantes participe d’un grand tout et doit être envisagé d’une façon pluridisciplinaire. La durée de vie des humains a considérablement augmenté parce qu’on sait bien soigner les pathologies. Mais l’approche reste autocentrée sur l’homme malade. L’élément limitant, désormais, c’est le socio-écosystème — l’environnement au sens large, ce qui inclut les interactions sociales — dans lequel il évolue. C’est pour cela qu’il faut bâtir des ponts entre disciplines, pour avoir une vue générale de la situation. Une sorte de dézoom. Cela ne se limite pas aux apports vétérinaires, d’ailleurs. Quand on utilise les analyses des eaux usées pour déceler le virus, ce qui donne un temps d’avance pour observer sa prévalence, c’est une approche « one health ». Nombre de compétences, y compris en sciences humaines, peuvent concourir à créer un environnement défavorable à l’émergence des pathogènes.

« L’approche globale “one health” n’a pas encore irrigué notre culture administrative. On n’envisage pas, par exemple, l’apprentissage de l’hygiène, du lavage des mains, comme une cause globale »

Mais cette approche n’est pas nouvelle… On semble la redécouvrir !

Effectivement, à chaque crise sanitaire, on en parle, puis on passe à autre chose. L’OMS, l’OIE (son équivalent pour les animaux), le Programme des Nations unies pour l’environnement, tous en sont convaincus. Mais l’approche globale « one health » n’a pas encore irrigué notre culture administrative. On n’envisage pas, par exemple, l’apprentissage de l’hygiène, du lavage des mains, comme une cause globale. Et pourtant, on le voit : les gestes barrière font chuter les cas de grippes, de gastro, de bronchiolites. Cela va se traduire sur les comptes de la Sécurité sociale. C’est une problématique collective et non de santé individuelle. Exactement comme le vaccin : il faut l’envisager dans une démarche de santé collective.

L’élevage, pendant cette pandémie, fait l’objet d’attaques. Des ONG comme L214, qui mène une campagne médiatique, pensent que le moment est venu d’en finir, car il favoriserait les pandémies. Quel est votre regard de vétérinaire ?

Les lanceurs d’alerte sont supposés être crus, parce qu’ils sont des lanceurs d’alerte, mais ils ne sont jamais responsabilisés sur ce qu’ils disent. C’est conceptuel, dogmatique. Nous, vétérinaires, sommes là pour avoir un regard neutre, scientifique sur le débat, être des tiers de confiance entre l’éleveur et la société. Un éleveur, s’il veut produire, doit avoir un animal en bonne santé et un environnement propice. Et le niveau des élevages a considérablement progressé en France. Le problème se situe non dans l’élevage, mais dans le raccourcissement des chaînes de contamination, notamment en Asie ou règne une grande promiscuité entre la faune sauvage, la faune domestique et les humains.

La pandémie réduit la mobilité des Français

La pandémie réduit la mobilité des Français

D’après une enquête de l’Observatoire des mobilités émergentes, dévoilée mardi 19 janvier et publiée par deux cabinets spécialisés, l’Obsoco et Chronos, les Français se déplacent de moins en moins et de moins en moins loin. Un effet des modifications des rapports domicile travail avec notamment l’essor  du télétravail. Les achats en ligne qui connaissent une croissance exponentielle limitent aussi les déplacements physiques des particuliers

 

Le phénomène est conjoncturel et lié en partie aux restrictions imposées à la mobilité par les pouvoirs publics. Mais il s’agit aussi d’une tendance structurelle car la pandémie a appris que certains déplacements n’étaient pas forcément nécessaires en tout cas prioritaires. Il faut cependant prendre en cause aussi la méfiance de certains usagers vis-à-vis des transports collectifs susceptibles de transmettre parfois le virus.

 

Malgré une reprise progressive de l’activité durant l’été et la rentrée de septembre, les Français ont continué à limiter leurs déplacements. Juste avant le second confinement, seulement 25% avaient repris le cours de leur vie « pré-Covid ». Au moment de l’enquête, 55% déclaraient limiter encore leurs déplacements et plus de 19% ne sortaient que pour des activités indispensables (courses alimentaires, travail, rendez-vous médicaux…).

Une des explications à cette baisse des déplacements : le télétravail, à temps plein ou temps partiel, a été maintenu dans de nombreuses entreprises, même en dehors des confinements. Selon l’enquête, près de 70% des actifs ayant la possibilité de travailler à distance (soit 42% de la population active) ont continué de télétravailler. Autre facteur de «démobilité» : les Français ne sont pas retournés massivement dans les magasins entre les deux confinements. Le recours aux achats en ligne ou au drive, y compris pour les courses alimentaires, était et est resté supérieur au niveau d’avant-crise sanitaire.

Cette dynamique de démobilité devrait perdurer, car elle est « plutôt bien vécue » selon l’enquête. « Une partie des gens qui peuvent télétravailler souhaitent poursuivre le travail à distance, entre un ou deux jours par semaine. Les achats en ligne s’ancrent dans les habitudes. La marche et le vélo sont favorisés.» Dans les grandes villes, les coronapistes – ces pistes cyclables «temporaires» - ou les zones piétonnes élargies « sont vues d’un bon œil par plus de 70% de la population » souligne Gwenaëlle Gault.

Éviter les transports en commun vite saturés aux heures de pointe est aussi une source de satisfaction. Ce changement est considéré comme une amélioration de la qualité de vie au quotidien par de nombreux citadins. Un véritable défi pour l’après Covid posé aux opérateurs de transports en commun, en perte de vitesse depuis le début de la crise la crise sanitaire.

Les conséquences des élections américaines

Les conséquences des élections américaines

 

Politologue (CNRS, Institut d’études politiques de Grenoble), Pierre Martin est l’un des meilleurs experts français des élections. Il collabore régulièrement à la revue Commentaire., Il analyse les élections américaines dans une interview à l’Opinion

Joe Biden entame son mandat de président américain ce mercredi. Quel regard portez-vous sur l’élection qui l’a porté au pouvoir ?

La première chose à observer est une augmentation absolument stupéfiante de la participation, à 67%. Plus de 11 points depuis la présidentielle de 2016 ! Du jamais vu, ou alors il faudrait remonter à des époques avec lesquelles la comparaison n’aurait pas beaucoup de sens. Notons que les Américains comptent à partir de l’électorat potentiel et non, comme en France, des électeurs inscrits. Suivant nos critères, ce serait une participation beaucoup plus importante que 67%. C’est une participation de crise. Contrairement à ce que l’on entend souvent, une telle hausse brutale dans un contexte de polarisation n’est pas une bonne chose. Cela ne change pas les équilibres, alors qu’il y a des millions d’électeurs supplémentaires. On a un Donald Trump à 46,9% alors qu’il était à 46,1% il y a quatre ans. Joe Biden fait essentiellement les résultats d’Hillary Clinton, avec la majorité de ceux des autres candidats [comme le libertarien Gary Johnson (3,28%) ou l’écologiste Jill Stein (1,07%)]. Biden bénéficie lui aussi de cette augmentation de la participation. Cette mobilisation dans les deux camps est le résultat d’une polarisation entre les électeurs, les partis, les élites politiques, qui se concrétise là de manière exceptionnelle mais dure depuis longtemps et que des travaux universitaires documentent bien. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein ! La haine politique, l’antagonisme entre deux Amérique montent depuis quarante ans. On arrive aujourd’hui à l’aboutissement, au résultat de cette montée incessante d’antagonismes entre deux Amérique. C’est évidemment grave.

Quelles en sont les conséquences ?

On avait déjà vu les blocages au Congrès, les tentatives d’impeachment contre les présidents Clinton et Trump, des refus de reconnaître, dans une partie de l’opinion et des élus, les résultats des élections : après l’élection de Trump en 2016, il y a eu des manifestations démocrates disant « Il n’est pas notre président ». Cette très forte augmentation de participation avec polarisation avait déjà eu lieu lors des midterms de 2018. Du côté démocrate, cette polarisation traduit un vote de peur face à Trump et à sa politique. De l’autre côté, chez les républicains, ce que j’appellerais un vote de haine, d’hostilité à l’égard des élites politiques. De ce point de vue, l’attaque du Capitole est significative. Sans rien vouloir excuser, il faut avoir en tête l’ampleur du discrédit des élites parlementaires aux Etats-Unis. Selon le dernier sondage Yougov avant le 6 janvier, 14% des Américains approuvaient l’action du Congrès et 66% la désapprouvaient. Depuis au moins dix ans, le taux d’approbation est inférieur à 20%. Le Congrès et ses dirigeants sont plus massivement rejetés que le président le plus impopulaire.

Si la victoire de Biden est nette, pourquoi les choses sont-elles plus complexes au Congrès ?

C’est le deuxième point de mon analyse : l’apparente contradiction dans les résultats officiels. On observe une assez nette victoire de Joe Biden : 51,4% contre 46,9% des voix, et une majorité de grands électeurs. Pourtant, les démocrates ont perdu dix sièges sur 435, leur majorité est sensiblement réduite. Ils ont progressé au Sénat, mais de manière moins spectaculaire que ce qu’ils attendaient, avec 50/50. Attention aux comparaisons. Pour la présidentielle, on compare à la précédente, quatre ans plus tôt : l’avantage Biden sur Trump est beaucoup plus important que celui de Clinton et il l’emporte, même si l’électorat de Trump résiste. Pour la Chambre des représentants, le mandat, très court, est de deux ans, donc on compare aux midterms de 2018. Or ces élections intermédiaires sont toujours défavorables au pouvoir. En 2018, il y avait donc un avantage démocrate, supérieur à celui de cette fois-ci, parce que le vote pour le Congrès se recoupe très étroitement avec celui pour la présidence. C’est une conséquence de la polarisation : les électeurs ne font plus la différence entre le candidat à la présidentielle et celui au Congrès. A la Chambre des représentants, les républicains ont redressé la barre depuis deux ans, alors que les démocrates s’attendaient à un rejet massif, que les sondages leur laissaient espérer. Au Sénat, renouvelable par tiers tous les deux ans, il faut comparer par rapport à des résultats il y a six ans : c’était les dernières midterms d’Obama. Les démocrates étaient alors au pouvoir et c’était donc des élections assez favorables aux républicains. Mais encore une fois, les républicains ne se sont pas effondrés en 2020.

«Sous Reagan, les élites économiques et financières soutenaient le Parti républicain. Ce n’est plus le cas, parce que ces élites ne sont plus les mêmes: ce sont les Gafa et plus General Motors»

Qu’est-ce que les résultats disent des forces politiques aux Etats-Unis ?

Il faut d’abord analyser ce que sont les élites dirigeantes. Dans les démocraties représentatives et depuis les années 1980, les élites mondialisatrices ont remplacé les élites qui avaient construit les Etats-nations au XIXe siècle. Le cœur de ces élites mondialisatrices, ceux que les conservateurs américains appellent les « globalistes », est aux Etats-Unis,parce que ce pays est le cœur du système. Ce n’est pas une classe dirigeante au sens marxiste, mais un réseau d’élites à la fois cosmopolites – sans connotation péjorative –, sécularisées dans la lignée des évolutions culturelles remontant aux années 1960, et libérales au point de vue économique. Le Parti démocrate correspond à ces élites alors qu’auparavant, le Parti républicain était la force des élites industrielles, intellectuelles, administratives yankee qui ont construit les Etats-Unis à partir du XIXe siècle. Sous Reagan, les élites économiques et financières soutenaient le Parti républicain. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, parce que ces élites ne sont plus les mêmes. Ce sont les Gafa et plus General Motors. Cela correspond à la sociologie des grandes métropoles, ce que les conservateurs appellent les « élites côtières » : le Nord-Est et le Pacifique. Nous avons là le cœur des centres de production de valeur. Ces milieux soutiennent massivement le Parti démocrate, ce qui explique d’ailleurs qu’il a beaucoup plus d’argent que le Parti républicain.

Et pourtant, le Parti démocrate continue à recueillir les suffrages d’une partie des classes défavorisées…

L’électorat démocrate ne se réduit pas à ces élites. Il y a évidemment une partie des milieux les plus modestes et des classes moyennes, sans lesquels aucun parti ne peut numériquement gagner les élections. Les milieux très modestes sont des soutiens des démocrates. Il y a la communauté noire, soit 13 % du corps électoral : un vote massif, de communauté. Par contre, les communautés d’immigration hispanique et asiatique sont plus divisées, même si elles votent en majorité démocrate. On a trop tendance à insister sur les caractères ethnoraciaux dans les analyses de vote. Hispaniques et Asiatiques sont des immigrants ou des descendants d’immigrants : ce n’est pas du tout la même chose que la question noire.

Quels facteurs déterminent davantage le vote ?

Ce qui joue, c’est la différence entre ceux qui sont dans les grandes métropoles et ceux dans des zones plus déshéritées, comme le sud du Texas ou de la Californie. Ce sont peut-être des gens qui sont en train de rejoindre le vote rural blanc en faveur des républicains, parce qu’ils identifient les démocrates aux élites urbaines. La question culturelle joue également beaucoup avec le phénomène général de sécularisation. Aux Etats-Unis, on part d’une société qui était beaucoup plus religieuse que l’Europe et surtout la France. Chez nous, il y a des affrontements politiques qui ont abouti à un changement de paradigme : aucune force importante qui entend gagner les élections ne peut, par exemple, dire qu’elle veut interdire l’avortement. Aux Etats-Unis, le processus de sécularisation a été important mais il est toujours l’objet d’un conflit avec une minorité importante de l’opinion, hostile à l’avortement ou à l’homosexualité. Depuis les années 1980, deux camps s’opposent et ce sont les républicains qui rassemblent les conservateurs religieux, alors que les démocrates sont le parti des élites sécularisées. Or les conflits d’ordre culturel sont plus difficiles à résoudre, parce que c’est plus compliqué de trouver des compromis.

SONDAGE CONFINEMENT : 70 % DES FRANÇAIS LE PRÉVOIENT

SONDAGE CONFINEMENT : 70 % DES FRANÇAIS LE PRÉVOIENT

72 % des Français estiment qu’« un nouveau confinement aura lieu prochainement », selon un sondage OpinionWay-Square pour « Les Echos ». L’adhésion au vaccin contre le Covid progresse mais l’opinion reste très divisée.

Le déploiement des vaccins, un an après l’apparition des premiers cas de Covid dans l’Hexagone , ne suffit pas à rassurer l’opinion. Trois Français sur quatre (72 %) estiment qu’« un nouveau confinement aura lieu prochainement », selon un sondage OpinionWay-Square pour « Les Echos » et Radio Classique. Et ce, dans toutes les franges de la population, y compris dans l’électorat d’Emmanuel Macron : 69 % de ses électeurs au premier tour de la présidentielle pensent que le pays ne pourra pas y échapper.

Hausse des prix Electricité : plus 1,6 % pour les particuliers

Hausse des prix Electricité : plus 1,6 % pour les particuliers

 

 

Cette hausse de 1,6 % proposés par la commission de régulation de l’énergie gouvernement serait justifiée par l’environnement. Notons que les professionnels eux subiraient une hausse de 2,6 %.

 

On se demande quelle est la pertinence de cette référence à l’environnement. Il s’agit sans doute des tensions entre l’offre et la demande qui contraint la France désormais à importer de l’électricité en particulier depuis la fermeture de Fessenheim.

 

Notons que cette électricité est souvent importée d’Allemagne et le produit de centrales à charbon ! La commission de régulation s’appuie aussi sur le retard pris par EDF pour l’entretien des centrales qui vise notamment à les mettre aux normes suite à l’accident de Fukushima. En réalité, le retard pris par EDF est bien antérieur à l’arrivée du virus. Observons aussi que le retard pris par l’EPR de Flamanville n’a rien à voir avec la pandémie. Certains pourront considérer que la hausse est faible. Il faut cependant relativiser car l’inflation actuellement est à peu près inexistante voire négative et une hausse de 1,6 à 26 % est loin d’être négligeable.

Vaccination des plus de 75 ans : un fiasco total

Vaccination des plus de 75 ans : un fiasco total

 

 

Toute la semaine dernière, le gouvernement et les élus locaux n’ont cessé de déclarer la multiplication des vaccinodromes. Au départ on en prévoyait une centaine et samedi dernier il en était annoncé 600 ou 700. De fait,  le nombre de lieux de vaccination a progressé. Le seul problème c’est que dès le premier jour de vaccination la quasi-totalité des centres ont cruellement manqué de doses vaccinales. Pire, on ne sait même pas quand les intéressés inscrits pourront obtenir un rendez-vous pour une vaccination effective.

Il s’agit d’un véritable fiasco de la part de la politique centralisée du pouvoir. Un pouvoir complètement incompétent non seulement en matière d’approvisionnement des vaccins mais tout autant en matière de gestion logistique. La plupart des centres de vaccination n’ont reçu que de leur de 25 % des doses espérées. Ce nouvel échec retentissant ressemble à s’y méprendre à celui concernant les masques.

Il faut en effet se souvenir que par incurie récurrente l’administration avait été incapable de fournir les masques attendus. Du coup, les pouvoirs public et les experts ont alors prétendu que le masque était inutile voire même dangereux. Les mêmes qui d’ailleurs s’expriment aujourd’hui sur la pandémie avec toujours les mêmes contradictions par exemple sur des vaccins bien sûr mais aussi sur le confinement.

On avait largement critiqué l’ancienne ministre de la santé pour ses hésitations mais les mêmes reproches peuvent être faits à Olivier Véran qui en outre avec une certaine arrogance refuse la moindre critique notamment celle des élus locaux. Ce ministre aussi impuissant que celle qui l’a précédé est  un bavard impénitent qui additionne et même collectionne les contradictions les plus évidentes. Les annonces successives qu’il fait ne sont jamais suivies  sur le terrain ;  la première journée de vaccination-et les suivantes puisqu’on va manquer pendant plusieurs semaines de doses vaccinales- constitue un fiasco total .

Fermeture des frontières : la France tergiverse

Fermeture des frontières : la France tergiverse

 

Comme d’habitude, la France tergiverse à propos des mesures très restrictives relatives aux frontières. Toujours écartelée entre l’intérêt national et la cohérence européenne, la France recule l’échéance tandis que nombre de pays qui l’entourent se barricadent de plus en plus. La Grande-Bretagne par exemple où  la situation paraît hors contrôle. On objectera que la Grande-Bretagne ne fait plus parti de l’union économique. Pourtant pour Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique : « Ce n’est pas à nous, conseil scientifique, de décider,. Mais on le met sur la table, c’est évident. » Le conseil s’affirme aussi préoccupé par le mutant sud-africain. Samedi, après la détection d’un cas à Mayotte, les autorités ont décidé que les déplacements entre l’île, la métropole et la Réunion ne seraient autorisés, pendant quinze jours, que pour « motifs impérieux ».

 

Lors de la première vague, la France avait fermé sa frontière avec l’Allemagne. Avec la Grande-Bretagne, le bouclage a été bref avant les fêtes, mais a causé des difficultés d’approvisionnement qui ont provoqué l’arrêt de l’usine Toyota de Valenciennes.

 

Cette fois, alors que le variant britannique galope en Irlande, la France n’exige pas encore de tests PCR pour les passagers en provenance de ce pays. Elle menace simplement ! Alors que l’Irlande elle exige des tests pour les arrivants.

 

 La vérité c’est que les arrivants en France notamment par voie aérienne pénètrent très librement dans le pays.  pour preuve, les contrôles étaient à peu près insignifiants au cours des fêtes ( sans doute un effet des congés de fin d’année des fonctionnaires chargés de les effectuer !).

 

 

Alain Duhamel, la brosse à reluire des pouvoirs en place

Alain Duhamel, la brosse à reluire des pouvoirs en place

 

À 80 ans,  Alain Duhamel le célèbre journaliste continue d’occuper une place non négligeable dans la presse écrite ou à la télé. Il faut dire que l’intéressé est à peu près inoxydable, il résiste ainsi à tous les pouvoirs ou plus exactement s’efforce d’éviter la contestation avec de temps en temps une montée de tonalité assez factice sur des questions accessoires. Le coup classique de la communication douce;  on baisse le ton quand il s’agit de critiques de fond ; par contre on n’augmente le volume sur des points assez anecdotiques.

 Bref Duhamel comme bien d’autres sert de brosse à reluire des pouvoirs en place. Et pour donner une certaine pertinence à son propos, Duhamel utilise la posture du sage, celle qui pèse le pour et le contre mais sans jamais dire clairement de quel côté penche le fléau. Bref ce qui caractérise Duhamel, comme bien d’autres, c’est qu’à la fin de son intervention on peine à déceler exactement son analyse et sa pensée. On objectera sans doute que ce n’est pas le rôle du journaliste de se faire le juge des orientations politiques, qu’ils doivent d’abord traiter les faits. Reste qu’ils ne sont pas pour autant condamné à faire éternellement dans l’analyse anesthésiante et liquoreuse.

Des tests exigés pour les chauffeurs-routiers étrangers

Des tests exigés pour les chauffeurs-routiers étrangers

 

Des tests pourraient être exigés pour les chauffeurs-routiers étrangers se rendant en France. On pourrait commencer par l’Irlande qui impose des tests de ce type pour tous les passagers d’Europe d’ailleurs .

«Si le gouvernement français revient avec cette exigence, nous devons gérer cela et nous assurer que nous pouvons le faire d’une manière qui ne perturbe pas les chaînes d’approvisionnement», a déclaré Ryan à la radio RTE. «Ce serait exigeant, mais je suis convaincu que nous serons en mesure de le faire.»

À noter que la France pour l’instant n’a imposé de tests que pour les voyageurs étrangers à l’union européenne. Or L’Irlande est membre de l’Union européenne, mais pas de la zone de libre circulation Schengen.

Le ministre français des Affaires européennes, Clément Beaune, a déclaré dimanche que Paris tiendrait des consultations cette semaine pour «renforcer les mesures de contrôle au sein de la zone européenne».

Mais il a averti qu’il pourrait être difficile d’accepter les tests antigéniques rapides des conducteurs irlandais.

«Entre la France et l’Irlande, les tests PCR fonctionnent parce que nous avons les mêmes; les tests antigéniques ne fonctionnent pas car l’Irlande ne les reconnaît pas encore », a-t-il déclaré.

Islam et laïcité : «charte des principes» du CFCM, une avancée ?

Islam et laïcité : «charte des principes» du CFCM, une avancée ?

 

Il faut noter une avancée de la part du très contesté conseil français du culte musulman en matière de laïcité. Il est clair que l’absence d’accord sur les grands principes aurait pu par ailleurs mettre en cause l’existence de cette institution.

 

Il restera cependant à préciser ces principes et à les faire accepter par l’ensemble des institutions musulmanes. Les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) ont en effet annoncé samedi 16 janvier avoir trouvé un accord sur une «charte des principes» de l’islam de France qui réaffirme notamment l’égalité hommes-femmes et la «compatibilité» de la foi musulmane avec la République.

 

Cette charte, à l’origine d’une crise au sein du CFCM, a été présentée samedi au ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui a salué une «avancée très significative». Elle doit maintenant être approuvée par l’ensemble des fédérations du CFCM avant d’être transmise au président Emmanuel Macron, indique l’instance dans un communiqué.

Fin décembre, le recteur de la grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, avait claqué la porte des discussions sur la charte et le futur CNI en pointant du doigt l’influence d’une «composante islamiste» au sein du CFCM.

 

Selon le communiqué du CFCM publié samedi, le texte scelle un accord «sur la compatibilité de la foi musulmane avec les principes de la République, sur le rejet de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques, sur la non-ingérence des Etats dans l’exercice du culte musulman en France, sur le principe de l’Egalité Homme-Femme et sur le rejet de certaines pratiques coutumières prétendument musulmanes».

Covid : quel impact des fêtes de fin d’année ?

Covid : quel impact des fêtes de fin d’année ?

 

Les mesures restrictives avaient été juste un peu relâchées au moment de Noël. Le gouvernement craignait en effet un impact négatif des fêtes collectives pendant la période. On peut constater que cette question a disparu de la problématique. Il y a déjà quelques jours qu’on devrait procéder à une évaluation. Or cette évaluation est d’abord méthodologiquement très complexe dans la mesure où en vérité il n’y a pas de période de référence. C’est-à-dire de période à laquelle on pourrait se référer avec un environnement restrictif différent.

 

Restent  les statistiques brutes qui ne sont guère encourageantes puisque en gros par exemple le nombre de contaminés évolue entre 20 et 25 000 chaque jour. Et que Les hospitalisations augmentent . Pourquoi ? La vérité c’est qu’on en sait strictement rien. Du coup on élimine la question. Restent donc les chiffres:

 

Le seuil des 70.000 décès dus au Covid-19 a été franchi ce vendredi, tandis que dans le monde, ce sont plus de 2 millions de personnes qui sont mortes.

Selon le dernier bilan des autorités de santé, 24.985 personnes (-24 par rapport à vendredi) dont 2.731 en réanimation (+1) sont actuellement hospitalisées à cause du coronavirus en France. 

 

Par ailleurs, 196 personnes ont succombé au virus ces dernières en 24h dans l’Hexagone. La France a donc franchi la barre des 70.000 décès (70.142 ndlr) depuis le début de la pandémie.

 

Ce samedi, 21.406 cas ont aussi été détectés en 24 heures. Ils étaient 20.177 samedi 9 janvier.

«Nous avons pu passer des fêtes de fin d’année sans flambée épidémique». Déclare pourtant le gouvernement qui en même temps s’alarme de la hausse de la pandémie !

Aux Pays-Bas: premier gouvernement victime du Covid ……et du scandale des allocations

Aux Pays-Bas: premier gouvernement victime du Covid ……et du scandale des allocations

Le gouvernement néerlandais a démissionné. Les Pays-Bas ont toujours un peu tendance à faire cavalier seul dans nombre de domaines. Ainsi ils se sont montrés très laxistes au début de la crise. Même actuellement ils sont en retard d’une semaine au moins en matière de vaccination alors qu’ils sont affrontés à une hausse difficilement contrôlable notamment du virus britannique.

Les Pays-Bas sont le dernier pays de l’UE à lancer la campagne de vaccination, qui avait démarré le 27 décembre dans les autres pays, alors que le Royaume-Uni a commencé à vacciner il y a près d’un mois.

Le gouvernement a été sous le feu des critiques lors d’un débat au parlement mardi, les députés s’indignant que les vaccins aient été entreposés depuis deux semaines dans les congélateurs.

Depuis mi-décembre, les Pays-Bas subissent le confinement le plus strict depuis le début de la pandémie, avec des habitants appelés à rester chez eux et l’ensemble des écoles et magasins non-essentiels fermés.

À cela s’ajoute le scandale des allocations familiales.

 

Entre 2013 et 2019, des milliers de familles, accusées à tort d’escroquerie, ont été contraintes de rembourser les versements de l’État, plongeant une partie d’entre elles dans de graves problèmes financiers tandis que certaines faisaient l’objet d’un profilage ethnique. Le scandale a éclaboussé le cabinet de Mark Rutte après la publication en décembre d’un rapport parlementaire sur le sujet. S’il n’avait rendu son tablier, le gouvernement aurait probablement essuyé un vote de défiance la semaine prochaine.

Durcissement idéologique des États-Unis vis-à-vis de la Chine ?

Durcissement idéologique des États-Unis vis-à-vis de la Chine ?

 

Pour le spécialiste des Etats-Unis Yannick Mireur, Joe Biden pourrait jouer comme son successeur la carte de la défense du « peuple américain » contre la concurrence chinoise en y ajoutant l’argument idéologique, à condition de sortir du conformisme diplomatique (article dans le monde)

 

 

Tribune. S’il est un élément de continuité prévisible de Donald Trump à Joe Biden, c’est la question chinoise. Le ton et la méthode seront évidemment différents du mode d’action chaotique du président sortant, mais son coup de pied dans la fourmilière d’une élite dirigeante américaine trop conciliante avec le rival communiste laissera plus qu’une trace dans les relations futures entre les deux pays.

En pointant ouvertement du doigt les tricheries et le mercantilisme de la Chine communiste, tout en louant à l’occasion son chef autoritaire, Xi Jinping, Donald Trump a libéré la parole et réuni dans une hostilité nouvelle à Pékin démocrates et républicains. Résonnant jusqu’à Bruxelles, où le commissaire Josep Borrell a parlé de naïveté des Européens, son style abrasif a comme sonné l’alarme.

Hongkong, Taïwan

Tirant les leçons du dialogue qu’avait voulu structurer l’équipe de Bush Jr., la présidence Obama avait déjà pivoté vers plus de fermeté, en basculant le centre de gravité militaire américain vers le Pacifique et en y engageant un projet de traité de libre-échange, le Partenariat transpacifique, vecteur d’influence économique et normative.

Mais depuis quatre ans, la rivalité économique, spécialement autour des technologies comme la 5G, s’intensifie. La rivalité stratégique en Asie-Pacifique fait craindre des risques croissant de conflit par défaut de concertation avec les dirigeants chinois. Et comme un naturel qui reviendrait au galop, la confrontation idéologique longtemps ignorée se réinstalle, à la lumière des événements scandaleux de Hongkong, des menaces sur Taïwan, et du resserrement de la surveillance technologique de la société civile à l’occasion de la crise sanitaire.

Pour les démocrates qui prennent les rênes à Washington, l’antagonisme sino-américain sera autant une bataille industrielle et commerciale qu’un affrontement politique. Tout l’enjeu est d’en faire une confrontation maîtrisée pour éviter tout dérapage dramatique.

Fermeté

Une approche idéologique ferme contre le régime d’Etat-parti, mais ouverte au plan économique pour favoriser un commerce aussi loyal que possible à rebours du mode de concurrence chinois, serait pertinente.

Elle viserait à inciter Pékin à des réformes structurelles vers plus de supervision et de transparence de marché – par exemple en matière de propriété intellectuelle –, qui pourraient bénéficier aux opérateurs internationaux présents en Chine, tout en assouplissant les mesures tarifaires imposées sur 360 milliards de biens chinois importés.

Passer de la réduction des coûts à celle des risques

Passer de la réduction des coûts à celle des risques

 

 

Jean Pisani-Ferry, professeur ­d’économie à Sciences Po, à la Hertie School de Berlin et ­à l’Institut ­universitaire européen ­de Florence

 suggère dans le onde  de passer d’un objectif de réduction des coûts à celui de la réduction des risques.

Chronique« C’est seulement quand la mer se retire qu’on découvre qui nageait sans maillot » : formulée à propos de la tourmente financière de 2008, l’image de Warren Buffett s’applique parfaitement au choc pandémique de 2020. En même temps que la réactivité de nos hôpitaux, la crise, chacun l’a vu, a mis à nu les carences de notre bureaucratie sanitaire et le déclassement de notre industrie pharmaceutique. Elle expose aujourd’hui l’excellence israélienne et le chaos américain.

Avec les faiblesses des nations, les crises révèlent aussi les failles des systèmes. Dans la tempête de 2008, les banques ont découvert qu’aussi émancipées des Etats qu’elles aient pu se croire, c’était en définitive de ceux-ci que dépendait leur survie. Réglementation, incitation et prudence se sont conjuguées pour enrayer une mondialisation financière qu’on croyait irrépressible. Résultat : les avoirs extérieurs (essentiellement créances et titres) des économies avancées, qui avaient été multipliés par quatre en dix ans, ont pratiquement cessé d’augmenter.


A première vue, il ne semble pas que la crise sanitaire ait donné pareil coup d’arrêt à la mondialisation économique. Selon les données du Bureau du plan néerlandais, les échanges mondiaux de biens sont en recul de 2 % seulement sur un an, ni plus ni moins que la production industrielle, et le fret de conteneurs est même en hausse de 6 %. La croissance du commerce mondial a certes ralenti depuis 2008, mais on n’observe pas de démondialisation.

Ne pas se tromper d’objectif

La commotion est cependant trop forte pour ne pas laisser de traces. Des décennies durant, l’impératif des entreprises a été de minimiser les coûts. Parce que l’efficacité primait sur toute autre considération se sont constitués à l’échelle planétaire des réseaux de production d’une extraordinaire sophistication, gérés sur le modèle du just in time. Les Etats eux-mêmes s’étaient convaincus que l’immensité du marché mondial garantissait à tout moment et en tout lieu la sécurité des approvisionnements.

Cette croyance n’a pas survécu à la pénurie globale de masques et d’équipements médicaux. Les réseaux de production mondiaux ont bien résisté, mais sécurité, autonomie et résilience sont partout les nouveaux mots d’ordre. De la même manière que depuis 2008 aucun banquier ne peut plus ignorer le risque de dévalorisation des actifs ou de stress de liquidité, aucun industriel ni aucun gouvernement ne peut plus ignorer le risque de rupture des approvisionnements.

Chine: Enfer et extermination des Ouïghours (interview d’une rescapée)

  • Chine:  Enfer et extermination des Ouïghours (interview d’une rescapée)
  • Gulbahar, elle, est une des seules personnes à en être jamais ressorties. Finalement libérée grâce à l’action de sa fille et du Quai d’Orsay, elle a confié son histoire à Rozenn MORGAT  du Figaro. Dans Rescapée du goulag chinois, paru le 13 janvier aux éditions des Équateurs, Gulbahar raconte la torture psychologique, la faim, les interrogatoires interminables, les stérilisations forcées, et la propagande : une machine perfide et sophistiquée qui doit faire oublier aux Ouïghours leur culture et leurs traditions. Rozenn Morgat revient sur ce témoignage douloureux, et risqué : Gulbahar est la première ouïghoure à témoigner à visage découvert.
  • - Comment avez-vous rencontré Gulbahar et comment avez-vous réussi à la convaincre de livrer son récit ?
  • Rozenn MORGAT - J’ai travaillé pendant un an et demi en Chine comme correspondante à Shanghaï, où j’ai commencé à m’intéresser à la question des Ouïghours. Mais le Xinjiang étant totalement barricadé, il était impossible d’y accéder.
  • À mon retour à Paris, en 2017, je me suis penchée sur la diaspora ouïghoure en France Et j’ai rencontré Gulhumar, la fille de Gulbahar, qui m’a raconté son histoire sidérante : sa mère a été enlevée lors d’un voyage au Xinjiang où elle avait été appelée pour signer des papiers dans son ancienne entreprise. Cela faisait déjà un an et demi que sa famille n’avait plus de nouvelle. Gulhumar savait que sa mère était en camp de rééducation. Elle bataillait auprès du Quai d’Orsay pour la faire libérer. Nous sommes restés en contact, et j’ai écrit à son sujet pour Le Figaro. Puis un jour d’août 2019, Gulhumar m’appelle. Les tractations du Quai d’Orsay ont réussi, sa mère arrive à Roissy ! C’était inespéré… Nous avons commencé à nous rencontrer à trois, la fille, la mère et moi-même. Nous avons noué une relation et de fil en aiguille j’ai amorcé l’idée d’un livre : son histoire méritait d’être racontée dans toute sa précision et dans toute son horreur.
  • Pourquoi est-ce un témoignage rare ?
  • Les gens aspirés dans ces camps de rééducation n’en reviennent pas. Ou alors, ils restent au Xinjiang, totalement bâillonnés dans un endroit clôt où personne ne peut accéder. Gulbahar est une exilée qui s’est fait attraper par le système chinois : elle est la seule à avoir été sauvée de ces camps par le Quai d’Orsay et a avoir témoigné.
  • Depuis trois ans, des chercheurs et des lanceurs d’alerte, comme Adrian Zenz, ont déjà apporté des preuves de l’existence des camps de rééducation. Mais la Chine est dans le déni total et s’obstine à parler «d’école» ou de «centres de formation», sans qu’on n’ait de témoignage vivant de ce qui s’y passe. Le récit de Gulbahar est une preuve irréfutable et supplémentaire. Plus personne ne pourra ignorer l’enfer que vivent les Ouïghours.
  • Que se passe-t-il dans ces camps ?
  • Le principe est d’y laver le cerveau des Ouïghours. De vider l’individu de tout ce qu’il est : sa singularité, ses goûts, ses passions, ses envies, ses souvenirs… Ils retirent les vêtements, les cheveux, les prénoms. Gulbahar était devenue un matricule de prisonnière, le numéro 9. Les camps doivent faire oublier aux Ouïghours leur religion et leurs traditions culturelles pour en faire des communistes exemplaires, transformés par la propagande. Onze heures par jour, les prisonniers doivent répéter comme des perroquets des leçons sur la grande histoire de Chine. S’ils n’obéissent pas, ils sont punis. Gulbahar a été enchaînée pendant vingt jours à son lit sans savoir pourquoi. Les détenus vivent 24 heures sur 24 sous des néons ; on les affame, on les terrorise. C’est une vraie torture psychologique : Gulbahar a subi des centaines d’heure d’interrogatoire où on l’accusait de terrorisme, la sommant d’expier ses péchés… Alors qu’elle ne s’intéressait à l’époque pas à la politique de son pays ! En somme, on dépossède les détenus de ce qu’ils sont.
  • Il y a aussi la question de la stérilisation forcée.
  • Oui. Gulbahar raconte avoir à deux reprises reçu «un vaccin», soi-disant contre la grippe. Elle a eu des soupçons à l’époque car de nombreuses jeunes femmes affirmaient ne plus avoir leurs règles suite à ces piqûres. Elle soupçonnait également qu’un médicament soit glissé dans la nourriture pour rendre les prisonniers amorphes. C’est en rentrant en France que ses doutes ont été confirmés.
  • Pourquoi Gulbahar a-t-elle décidé de témoigner à visage découvert ?
  • C’était une décision très importante, et difficile à prendre. Les membres de la diaspora ouïghoure ne peuvent pas s’exprimer, même depuis la France. Ils sont sollicités afin d’espionner pour le compte de Pékin. Le régime menace de s’en prendre à leur famille restée au Xinjiang et l’ambassade de Chine en France refuse de renouveler leurs passeports pour les contraindre à rentrer au pays. Gulbahar a toujours sa mère et sa sœur au Xinjiang et craint beaucoup pour elles. Au fur et à mesure de nos discussions, elle a compris que son livre aurait plus d’impact si elle sortait de l’anonymat. Qu’on la reconnaissait dans le livre : un faux nom aurait pu créer une zone grise où le parti aurait pu aller s’en prendre à sa famille sans qu’elle puisse protester.
  • Comment avez-vous travaillé ?
  • Gulbahar est quelqu’un de très pudique et de très discret, soucieuse de livrer la vérité. Elle ne voulait ni exagérer, ni manquer de précision. C’est pour cela qu’elle a mis autant de temps à me livrer son témoignage. De janvier à avril dernier, nous nous sommes rencontrées par tranches de 5-6 heures. On riait beaucoup : c’est une façon de mettre à distance son traumatisme, de moquer l’absurdité de ces camps… Quand elle ne pouvait plus parler, elle mimait la grosse voix des policiers ou la marche entravée par les chaînes aux pieds. Aujourd’hui, c’est une femme éprouvée, physiquement et psychologiquement. Sa vue a baissé, elle sursaute quand quelqu’un passe derrière elle. Elle va garder des séquelles de sa déportation à vie. Son témoignage est extrêmement courageux. Elle a pris un risque énorme, en pleine conscience. L’Occident ne peut rester dans le déni de ce qui se passe au Xinjiang.

Sécurité globale : reprise des manifs

Sécurité globale : reprise des manifs

Reprise des traditionnelles manifs contre la sécurité globale décidée dans environ 80 villes. Il est probable que la participation sera encore en baisse d’une part en raison des risques croissants de la pandémie notamment avec le virus britannique. Aussi du fait que cette question de sécurité globale paraît maintenant secondaire par rapport à la situation sanitaire de plus en plus inquiétante. Enfin il y a un phénomène d’usure classique d’autant que les organisateurs représentent surtout la mouvance d’extrême gauche.

 

Dernier élément ne sait même pas quand le projet de loi risque d’aboutir Ce texte est pour l’heure entre deux eaux : adopté en première lecture par l’Assemblée nationale, il doit être examiné au Sénat mais pas avant le mois de mars. Les députés de la majorité présidentielle avaient promis de leur côté de proposer une réécriture « avant Noël » du si controversé article 24… aujourd’hui toujours attendue.

 

Coronavirus: les départements les plus contagieux

Coronavirus les départements les plus contagieux

 

25 départements étaient déjà sous une mesure de couvre-feu à 18 heures: l’Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Ardennes, le Bas-Rhin, les Bouches-du-Rhône, le Cher, la Côte-d’Or, le Doubs, la Drôme, les Hautes-Alpes, la Haute-Marne, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, le Jura, la Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, la Nièvre, la Saône-et-Loire, le Var, le Vaucluse, les Vosges.

D’autres départements seront soumis au couvre-feu dès jeudi. Vingt d’entre eux possèdent un taux d’incidence – le nombre de cas sur sept jours pour 100.000 habitants – supérieur à 250, seuil fixé par l’exécutif avant le deuxième confinement pour le passage à l’«alerte maximale».

Les voici, par ordre décroissant: les Alpes-Maritimes (460), le Jura (363), le Territoire de Belfort (341), le Doubs (334), la Haute-Marne (331), la Haute-Saône (309), les Hautes-Alpes (296), la Guyane (293), la Meuse (288), le Var (286), le Cher (279), les Ardennes (275), les Bouches-du-Rhône (272), la Meurthe-et-Moselle (271), la Nièvre (265), le Vaucluse (265), la Saône-et-Loire (264), la Côte d’Or (260), la Drôme (259), l’Allier (257).

Le taux d’occupation des lits en réanimation s’avère également préoccupant dans de nombreux départements. Dans 44 d’entre eux, ce taux dépasse 60%.

Les voici, par ordre décroissant : les Vosges (250%), les Hautes-Alpes (138%), le Jura (138%), la Haute-Marne (138%), la Lozère (133%), les Hautes-Pyrénées (125%), la Drôme (121%), le Doubs (120%), la Saône-et-Loire (115%), la Haute-Corse (113%), la Mayenne (113%), les Ardennes (108%), les Alpes-de-Haute-Provence (100%), l’Eure (100%), le Vaucluse (100%), l’Yonne (94%), le Tarn (92%), la Haute-Savoie (91%), la Seine-et-Marne (90%), le Loiret (89%), l’Ardèche (88%), la Meuse (88%), le Territoire de Belfort (88%), les Alpes-Maritimes (85%), l’Aube (83%), le Cher (83%), l’Eure-et-Loir (80%), l’Allier (79%), le Pas-de-Calais (78%), la Savoie (78%), le Haut-Rhin (76%), le Loir-et-Cher (75%), l’Oise (75%), l’Ain (73%), la Côte-d’Or (72%), la Meurthe-et-Moselle (71%), l’Aisne (68%), la Moselle (68%), le Rhône (67%), l’Essonne (65%), l’Aude (63%), les Deux-Sèvres (63%), les Bouches-du-Rhône (62%) et la Seine-Saint-Denis (62%).

États-Unis : des tribus Apaches contestent le vol de leurs terres

États-Unis : des tribus Apaches contestent le vol de leurs terres

Des membres de la tribu San Carlos Apache de l’Arizona ont déposé jeudi un privilège de propriété dans le but de reprendre le contrôle des terres que le gouvernement américain

La dernière manœuvre des membres de la tribu opposés au projet demande à un tribunal de constater que le gouvernement américain a occupé illégalement la terre pendant plus de 160 ans et n’a le droit de la donner à personne.

«Les États-Unis d’Amérique ne sont pas propriétaires de cette terre», a déclaré Apache Stronghold, une organisation à but non lucratif composée d’opposants aux mines, dans un dossier judiciaire.

La mine pourrait fournir un quart de la demande américaine de cuivre si elle était développée, mais finirait par détruire la terre, connue sous le nom de Oak Flat, ou Chi’chil Bildagotee, considérée par les Amérindiens comme la patrie de divinités religieuses.

Le gisement se trouve sous une terre qui appartenait à la tribu avant l’existence des États-Unis. Un traité de 1852 entre des fonctionnaires américains et la tribu qui est toujours en vigueur a mis de côté la terre à l’usage des Apaches.

En 2014, le Congrès américain et le président de l’époque Barack Obama ont approuvé un plan visant à permettre à Rio d’échanger des terres qu’elle possède déjà contre des terres situées au-dessus du cuivre, avec la mise en garde que l’échange ne pourrait pas avoir lieu avant la publication d’une étude environnementale. L’administration Trump sortante prévoit de publier cette étude vendredi, ouvrant la voie à l’échange dans les 60 jours.

Les membres de la tribu ont également déposé une plainte pour bloquer la publication de l’étude.

Le privilège est essentiellement une prochaine ligne de défense si cette poursuite échoue. L’année dernière, la Cour suprême des États-Unis a confirmé les traités fonciers du XIXe siècle entre les tribus de Washington et de l’Oklahoma, un précédent qui pourrait renforcer la demande de privilège des Apaches.

Rio a promis de demander le consentement de la tribu pour la mine. Même si Rio prenait le contrôle des terres, l’entreprise a toujours besoin de permis fédéraux, un processus que les deux parties reconnaissent pourrait prendre des années.

Plan de relance Biden : des réactions positives et des interrogations sur l’inflation

Plan de relance Biden : des réactions positives et des interrogations sur l’inflation

 

Globalement ,les milieux d’affaires sont plutôt positifs après l’annonce d’un énorme plan de soutien à l’économie par Biden. À noter toutefois des interrogations sur le réveil de l’inflation face à cette nouvelle montagne de liquidités.

PETER TUZ, PRÉSIDENT, CONSEILLER EN INVESTISSEMENT CHASE, CHARLOTTESVILLE, VIRGINIA

«D’après ce que j’ai vu jusqu’à présent, le plan ressemble à ce que je pense que le monde attendait.»

«Le marché étudie ce plan pour maintenir l’économie forte au premier trimestre et on espère qu’au deuxième trimestre et pour le reste de l’année, nous serons suffisamment vaccinés là où l’économie se redresse d’elle-même sans ces extraordinaires colis d’aide. »

OLIVER PURSCHE, PRÉSIDENT ET CHEF DES PLACEMENTS, BRONSON MEADOWS CAPITAL MANAGEMENT, FAIRFIELD, CONNECTICUT

«C’est beaucoup d’argent, mais c’est dans la fourchette de ce qui était attendu. Même lorsque nous nous sommes vendus à la clôture, les petites capitalisations se sont bien comportées, et je pense que c’est parce que les mesures de relance de 2 000 $ profiteront massivement aux consommateurs à faible revenu. Ils vont faire leurs achats dans les petites entreprises. »

«Vous pouvez toujours affirmer qu’il faut faire plus. Mais c’est à peu près tout ce que le Congrès peut supporter en ce moment, même avec une majorité démocrate. Je n’ai rien vu qui dise que c’est ça. Il y a plus sur la route si nécessaire. Le président (Jerome) Powell nous a déjà dit que la Fed ne voyait pas une augmentation des taux d’intérêt de si tôt. L’inflation est à distance même si les rendements obligataires ont augmenté au cours des deux dernières semaines. Je me sens plutôt bien dans les choses. En général, le ciel est plus clair.

CHUCK CARLSON, DIRECTEUR GÉNÉRAL, HORIZON INVESTMENT SERVICES, HAMMOND, INDIANA est cependant plus mesuré et estime que cette injection massive pourrait raviver l’inflation.

«Vous pourriez aussi bien commencer en grand. Je pense qu’à un moment donné, alors que la sagesse conventionnelle à Wall Street est que le marché est enthousiasmé par la relance, il pourrait y avoir trop de bonnes choses. Il y a une certaine prise de conscience que jeter 2 billions de dollars supplémentaires dans le mélange est exagéré. Ce sera intéressant si cela commence à être le récit. Il y a cette préoccupation sous-jacente que l’inflation pourrait reprendre »

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