Archive pour le Tag 'politique'

Licenciements et de faillites : le nouveau défi économique, social et politique

Licenciements et de faillites : le nouveau défi économique, social et politique

Macron avait bien annoncé qu’aucune entreprise ne serait soumis aux risques de faillite au début de la crise sanitaire mais les réalités sont là. En dépit des dizaines et des dizaines de milliards injectés dans l’économie, toutes les entreprises ne pourront être sauvées en particulier les PME. Du coup ,le pouvoir admet maintenant que le pays pourrait être largement exposé au risque de défaillance et de licenciements massifs . Jusque-là la question du chômage a été masquée par le soutien massif du financement du chômage partiel qui a profité à plus de la moitié des salariés du privé. À partir du 1er juin, les modalités de financement de ce chômage partiel vont commencer à changer puisque sauf exception les entreprises devront participer à hauteur de 15 % au financement de ce dispositif.

«Tous les indicateurs montrent une chute de la production très forte, des trésoreries très atteintes et des répercussions sur l’emploi. Je crains que les licenciements en nombre soient inévitables», juge Raymond Soubie, président du cabinet de conseil en ressources humaines Alixio et ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy à l’Élysée. «II y aura des licenciements, c’est certain. Mais aujourd’hui, on ne peut pas en connaître l’ampleur», confirme François Asselin, président de la CPME. Il n’empêche, les employeurs n’ont pas attendu longtemps pour se tourner vers les avocats. «Dès le début du confinement, des entreprises m’ont sollicitée pour préparer des plans sociaux dans les secteurs les plus touchés, comme la restauration et l’hôtellerie», confie Isabelle Mathieu, avocate associée chez Daem Partners.

 «La phase la plus difficile est devant nous car il va falloir sortir du chômage partiel. L’État va continuer de faire fonctionner le dispositif mais sans maintenir le niveau d’aides actuel. Le choc va donc être très fort sur les entreprises et sur les salariés», juge Raymond Soubie. Petit à petit, les employeurs touchés par la crise vont devoir assurer financièrement les salaires et les charges de l’entreprise sans pour autant retrouver un niveau normal d’activité.

 «Dans cette phase de redémarrage, les entreprises pourraient être confrontées à de véritables crises de liquidité», prévient Hector Arroyo, partner en restructuration au sein du cabinet Baker McKenzie.

Pour l’heure, certaines entreprises essaient surtout préventivement de se réorganiser pour justement éviter des procédures de licenciement lourdes et coûteuses. Et, «l’accord de performance collective (APC) est le meilleur outil qui permet de s’adapter face à une crise conjoncturelle», estime Deborah David. Prévus dans les ordonnances Pénicaud, les APC signés à la majorité des syndicats offrent la possibilité aux entreprises de revoir temporairement les conditions de travail des salariés. «Avec les APC, on peut descendre jusqu’au smic mais ça ne se passe jamais comme ça. On vient plutôt raboter des RTT, augmenter la durée du travail, ou faire travailler quelques jours fériés», précise Olivier Angotti, avocat associé chez FTMS. Reste le risque politique : jusqu’à quel niveau de chômage l’opinion. Acceptera sans broncher les conséquences économiques de la crise sanitaire. Les sondages de septembre seront sans doute de ce point de vue significatif pour éclairer la situation

Chloroquine: Olivier Véran fait son cirque politique

Chloroquine: Olivier Véran fait son cirque politique

 

Il n’est pas anormal que le ministre de la santé saisisse le Haut conseil de la santé publique après l’étude révélée par la revue the Lancet à propos notamment chloroquine. Par contre le délai de 48 heures qu’il impose pour fixer des règles éventuellement dérogatoires parait de nature surtout politique.

Ce genre d’expertise ne s’effectue pas en quelques heures. Il s’agit en quelque sorte d’une mise en demeure qui ressemble fort à celles qui ont été faites à l’autre comité des scientifiques auquel on a demandé de se prononcer sur l’opportunité d’élection municipale. Pour parler clair, Olivier Ferrand, fin politique tire le parapluie pour le cas où ?

De toute façon l’étude en cause parue dans la revue citée est insuffisante pour ce prononcer définitivement sur l’intérêt ou non de la chloroquine. “J’ai saisi le HCSP pour qu’il l’analyse et me propose sous 48 heures une révision des règles dérogatoires de prescription”, a dit le ministre dans un tweet. La prescription peut effectivement être modifiée mais cela ne prouve rien quant à l’efficience au contraire le danger du traitement. Une étude beaucoup plus large est beaucoup plus complète est d’ailleurs en cours pour son évaluation. N’oublions pas non plus que derrière la question des traitements est engagée une lutte économique sans merci entre les industries pharmaceutiques pour imposer à la fois leur traitement et le moment venu leur vaccin. La guerre est donc scientifique entre les institutions qui défendent leur boutique, les industries pharmaceutiques leur profit et les politiques qui cherchent à tirer profit des controverses scientifiques

Politique énergétique – Offres d’électricité verte : du pipeau

Politique énergétique – Offres d’électricité verte : du pipeau

 

 

La grande fiction de l’électricité vertes a été confirmée par une enquête du 20 Heures de France 2 ; Ce que les personnes informées savent  évidemment car il n’existe qu’un seul réseau de distribution où toutes les origines d’électricité sont mélangées. Pire, il faut systématiquement compenser l’intermittence des éoliennes par exemple par des centrales le plus souvent à charbon !

La  promesse de fourniture d’électricité vertes  semble impossible à tenir, car dans le réseau, tout est mélangé, que ce soit le nucléaire ou le renouvelable. En fait, la trentaine de fournisseurs qui proposent ces contrats financent, avec l’argent des consommateurs, les producteurs d’énergies renouvelables en leur proposant des certificats d’origine. Il y en a ainsi des dizaines de milliers référencés sur internet, mais on retrouve au milieu des barrages hydroélectriques ou des parcs éoliens en Europe, une centrale à charbon en Allemagne où se sont fournis deux entreprises d’énergie.

La centrale de Jänschewalde est surnommée « tueuse de climat », mais elle a réussi à figurer sur la liste grâce à une activité mineure, qui représente 3% de sa production, et classée comme verte. C’est autorisé, mais cela choque des militants écologistes, et rend sceptique le médiateur de l’énergie en France.

 

En France, on promet de vendre de électricité vertes, en fait on ne vend que ce qui est dans le réseau de distribution où notamment la nucléaire produit 75% du volume total ;

 « Arrêter La folie des éoliennes « 

D’après le Figaro, le gouvernement vient de décider de doubler la puissance installée de l’éolien terrestre dans les huit ans qui viennent, s’alarment Stéphane Bern, Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau, Françoise Chandernagor, Patrice Cahart ainsi que les dix-sept autres signataires dans une tribune collective . Notons qu’il s’agit de puissance installée mais non opérationnelle puisque les trois quart des production des éoliennes ne sont pas injectés dans le réseau de distribution en raison de leur caractère intermittent et de la surproduction structurelle du nucléaire. Bref de l’argent jeté par les fenêtres pour repeindre en vert un politique énergétique qui reposera sur le nucléaire pendant encore des dizaines d’années voire au-delà.

 

 «Nos paysages terrestres ou maritimes, avec les monuments qu’ils incluent, forment le cadre de vie des Français, et la base de notre tourisme. Un des rares atouts qui nous restent. Préservons-le», soulignent les signataires.

La programmation pluriannuelle de l’énergie a été  adoptée à la sauvette par un décret du gouvernement le 21 avril. Elle prévoit une multiplication par 2,25 de la puissance installée de l’éolien terrestre d’ici 2028. La prolifération des éoliennes est ainsi inscrite au rang des priorités de notre pays. N’y avait-il pas de décisions plus urgentes, en ce temps de pandémie?

Le coronavirus a tout bouleversé. Il faut que la France renfloue une grande partie de son économie, la rende plus compétitive, remette à niveau son dispositif sanitaire, tout en limitant l’envolée de sa dette. Notre pays devra poursuivre aussi sa lutte pour le climat, en ce qu’elle a de rationnel: isolation des bâtiments dans le respect de l’environnement, promotion des véhicules électriques ( ou  hydrogène), relocalisation des productions. Tout cela mobilisera d’énormes sommes, publiques et privées. La France ne peut se permettre, en plus, une politique éolienne meurtrière pour nos paysages et nos pêcheurs, inutile pour la défense de l’environnement.

Politique sanitaire: Aux résultats !!!!

Politique sanitaire: Aux résultats !!!!

Un commentaire (Signé Ronin) sans doute représentatif d’une partie de l’opinion vis-à-vis de la politique sanitaire du gouvernement. ( dans le journal l’Opinion)

 

 

« On  va avoir une nouvelle fois très probablement, une nouvelle preuve du peu d’effet, voire de l’absence presque total d’effet, du confinement, avec la mise en place (si l’on peut dire) du déconfinement, on devrait avoir une certaine différence si celui ci avait quelque effet à minima. Mais, très probablement que l’on ne fera même absolument aucun effet, comme lors de la mise en place du confinement, qui n’a eu absolument aucune incidence sur les courbes de progression de l’épidémie (s’il y avait eu un quelconque effet, les courbes l’auraient montré avec au moins quelques inflexions, mais même pas, rien, nada); Comme il n’y a aucune différence entre les pays qui ont confiné, et ceux, très nombreux, qui n’ont pas confinés (ou seulement en partie et intelligemment) : Non, il n’y a pas eu quatre fois plus de morts chez ces derniers (comme le prétend une certaine « étude » française récente, sur les effets miraculeux du confinement, évidemment (là en matière « d’information fabriquée », ils ont véritablement mis le paquet !)). Un confinement finalement, qui ne sert, tant que faire ce peut, qu’à essayer de masquer notre absence presque totale, et générale, de moyens (fallait bien qu’ils fasse au moins semblant de faire quelque chose). …… Ce qui a fait la différence, c’est, en effet, les moyens (faut-il s’en étonner ! ? !!!), et en premier lieu le fait de tester, le plus tôt possible (nous on en est encore à se demander qui on va pouvoir tester, vu le nombre toujours insuffisant de tests, ces derniers étant également principalement fabriqués en Chine (eh oui !!!), et comme notre gouvernement a encore été parmi les derniers à en commander, il va falloir attendre, quelques mois, comme pour les masques…), et massivement, puis d’isoler, etcetera, etcetera (tout ce que l’ a pas fait, et tout ce que l’on a, toujours pas fait). Ceux ci (les masques) étant également un moyen, très utile (chez nous, on nous adit dit, sur tous les tons, qu’ils ne servaient à rien, PENDANT PLUS DE DEUX MOIS – en effet le mensonge, le véritable mensonge a été présent durant toute cette épidémie, s’en était même leur principal moyen de « gestion » de cette crise – et maintenant ils deviennent presque obligatoire, mais on en a toujours pas suffisamment pour couvrir tous les besoins, évidemment). …… L’autre grande mesure, qui fait également la différence avec les pays les moins atteins, étant la fermeture, là aussi le plus précoce possible des frontières (chez nous, on ne les a toujours pas officiellement fermée, idéologie abrutie oblige). ……….. Mais on va encore nous expliquer, que s’il ni a pas d’effet déconfinement, c’est par qu’ils l’auront, personnellement (c’est leur « style »), parfaitement exécuté (on voit aujourd’hui, la pagaille que cela génère, entre ordres, contre-ordres, nouvel ordre immédiatement suive d’une nouvelle annulation presque concomitante…) ; et bien évidemment, s’il y avait le moindre effet contraire, cela serait de la faute des français, bien évidemment encore et surtout, ils ont même déjà, dans leur peur panique, pris les devants et commencé à nous le dire. ………… En tous cas, on aura particulièrement mis ce pays à terre, plus qu’ailleurs, et même plus que dans le reste de l’Europe même, tout ça à cause d’un manque de moyens inouïs, toujours pas assumé, et auquel on a toujours pas complètement répondu, loin de là, très loin de là encore. Ils arriveront une fois que cette épidémie sera terminée, en octobre, comme pour les masques pour tous les français. Heureusement celle ci semble répondre à un schéma habituel d’une épidémie saisonnière « normale » (heureusement car chez on ne sait pas où cela aurait encore plus finit), on est en effet en train d’assister à un recul partout sur la planète, et dans tous les pays, ayant confinés, ou pas, sauf pour ceux qui y ont mis réellement les moyens, et qui en sont déjà en majeure partie sortis. Nous on ne fait que commencer d’entrer dans l’après du cataclysme économique, social, et sociétal, de cette plus que calamiteuse gestion de crise – ils n’auraient strictement rien fait, on s’en sortirait probablement beaucoup mieux encore : Quel fléau ! Ou comment une bande de pied-nickelés ont réussit à mettre un pays à terre, plus que tous autres même. »

Coronavirus- Macron à Marseille: une visite très politique !

Coronavirus- Macron à Marseille: une visite très  politique !  

Il est clair que la visite de Macron à Marseille a surtout un caractère très politique. Il s’agit d’une certaine manière de récupérer la popularité du médiatique professeur Didier Raoult. Ce dernier en effet est partisan du dépistage et de l’utilisation de la chloroquine. Une molécule dont l’utilisation est par ailleurs très contestée par certains experts mais qui rencontre le soutien de l’opinion publique.

Macron en perdition dans les sondages récupère donc une partie de l’audience du professeur Didier Raoult lequel conteste aussi la politique du gouvernement et même le comité scientifique dont il est entouré. À juste titre, Didier Raoult a refusé de rejoindre le comité scientifique composé d’après lui essentiellement de chapeaux à plumes c’est-à-dire de responsables qui sont davantage des administrateurs que des praticiens du quotidien; Bref, dans la grande majorité, qui  ne pratiquent  plus la médecine mais plutôt les conseils d’administration et la gestion administrative.

L’Élysée prend soin cependant de ne pas apporter une caution trop évidente à la chloroquine : “Une visite ne légitime pas un protocole scientifique, une visite marque l’intérêt du chef de l’Etat, de l’exécutif, pour des essais thérapeutiques, qu’ils soient prometteurs ou pas”, a-t-on indiqué dans l’entourage du chef de l’Etat français. “Il est prématuré à ce stade de considérer qu’il y a une position gouvernementale ou de l’exécutif sur ce programme tant que nous n’avons pas encore pleinement évalué scientifiquement les données”, a-t-on ajouté.

Mais, a insisté la présidence française, l’exécutif “travaille avec toute la communauté scientifique” et prend en compte “toutes les sensibilités” – “le rôle du président de la République n’est pas de dire ‘je crois en les thèses du professeur Raoult ou pas’ mais d’apprécier la force de proposition de la recherche française”. On se demande alors pourquoi Macron a donné un tel écho à sa visite à Marseille !

L’intox sanitaire et politique de la Chine

L’intox sanitaire et politique de la Chine

Laurent Malvezin, Laurent Malvezin retrace, dans une tribune au « Monde », la permanence de la stratégie du Parti communiste chinois pour s’imposer à sa population comme au monde.

 

 

Tribune. La Chine semble avoir réussi à maîtriser la propagation du Covid-19, et propose depuis lors son assistance au reste du monde frappé par la pandémie. Le retournement de situation auquel nous assistons doit être l’occasion de rappeler le fonctionnement de la politique et de la bureaucratie chinoises, pour ne plus être dupe de leur action, et nous poser les bonnes questions sur la réponse collective à apporter, au niveau national comme européen.

La gestion de la crise actuelle par la Chine obéit aux mêmes mécanismes internes depuis la création du Parti communiste en 1921 et la fondation de la République populaire en 1949. La seule différence notable est celle des moyens à sa disposition.

Le Parti voit le monde en trois ensembles : lui-même, ses nationaux, et les autres. L’objectif du Parti est d’étendre au maximum ce premier cercle à l’aide de son appareil, semblable à un corps diplomatique d’élite aux objectifs interne et externe. La logique est simple : plus le nombre de « supporters » est important, plus grandes sont les chances d’atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient.

Considérant sa propre population comme exogène, son premier objectif, qui devient exacerbé en temps de crise, consiste non seulement à légitimer son maintien au pouvoir, mais aussi à se rendre suffisamment convaincant pour rallier un maximum de nouveaux membres et, parallèlement, affaiblir toutes les oppositions.

Il doit d’abord tester les loyautés internes : chaque entreprise, publique comme privée, doit être à la disposition de l’exécutif pour remplir toute mission qui lui sera confiée. Pour les dirigeants chinois, les efforts pour juguler la propagation du Covid-19 sont une opportunité pour resserrer les liens – entendre le contrôle – entre le Parti et la société.

Sous peu, les entreprises mobilisées recevront titres et gratifications honorifiques, leur ouvrant des portes jusque-là fermées du Parti, et par là même les subsides de l’Etat. Les recrutements de nouveaux membres du Parti battront leur plein pour renverser la tendance actuelle de raréfaction des jeunes recrues, et ainsi élargir l’entre-soi lequel se mesure au nombre des membres de plein droit et de ses supplétifs. »

Chine : après l’intoxication sanitaire, l’intox politique

Chine : après l’intoxication sanitaire, l’intox politique

 

C’est avec de très gros sabots que la Chine tente de persuader le monde entier de la pertinence de son modèle politique. D’abord première observation, c’est  oublier que le virus vient de Chine et que le premier cas du Coronavirus est intervenu en novembre , que son existence a été contestée et des médecins condamnés pour en avoir informé le public. L’un des découvreurs de l’épidémie en est même mort. Seconde observation, la Chine a outrageusement bricolé ses statistiques et pas simplement à la marge. Le nombre d’infectés comme celui du nombre de décès a sans doute été 10 fois supérieur à celui annoncé. Quant aux vertus du système politique, elles ont de quoi faire sourire. Certes la Chine a connu au cours de ces quelques dizaines d’années un fort développement économique mais les libertés individuelles et collectives ont plusieurs siècles de retard. Le pays est dirigé  par une clique d’environ 10 millions de membres du parti communiste dont les dirigeants grâce à la corruption généralisée s’enrichissent de façon éhontée. Sans parler maintenant du mandat à vie  pour le président chinois ! Dans les informations de l’ambassade de Chine en France on peut lire que nombre de Français haïssent  le système politique local et rêve d’un modèle à la chinoise ». Visiblement au sein même de l’ambassade de Chine on a sans doute pas pris la mesure de la nature culturelle de la civilisation en ce début de XXIe siècle. On croirait les paroles des régimes communistes des années 1950. Heureusement ces propos ridicules se discréditent eux-mêmes par leur excès. La mise en scène du gouvernement chinois pour l’apport sanitaire fait aux pays actuellement infectés par le Coronavirus est à la fois grossière et insupportable. La Chine essaye de séduire avec des moyens de propagande complètement obsolète qui la ridiculisent. Il faut espérer que les pays démocratiques seront au contraire se libérer de ces liens avec la Chine qui hypothèquent la souveraineté économique. Il faut espérer non pas la fin de la mondialisation qui est sans doute une illusion mais au moins la mise en œuvre  de stratégies pour relocaliser des productions stratégiques et pas seulement dans le domaine de la santé. La responsabilité des gouvernements et les multinationales est immense, ils se  trop se sont prostitués pour obtenir des marchés et pour délocaliser à bon prix des productions qui par ailleurs participent aux énormes gâchis environnementaux. On connaît la stratégie de la Chine notamment à l’égard de l’Afrique, une stratégie néo coloniale qui consiste à fournir équipements et matériels à des pays pauvres et à transformer cet apport en dette qui désormais lie ces pays à la Chine comme la corde lie un pendu. La Chine évidemment se préoccupe peu des considérations démocratiques dans les pays d’Afrique qui s’affranchissent  des règles élémentaires. Ce qui est certain c’est que la Chine a menti à propos de la crise sanitaire,ce que confirme Thierry Kellner, politologue spécialiste de la Chine à l’ULB, l’Université Libre de Bruxelles dans  une interview à la RTBF.  Selon lui, depuis le début de l’épidémie qui s’est transformée en pandémie, la propagande chinoise tourne à plein régime. Il affirme également que la Chine a commis de graves erreurs et qu’elle tente aujourd’hui de les masquer en offrant l’image d’un régime autoritaire qui a bien géré le confinement.

Il y a de nombreux questionnements autour du nombre de morts du Covid-19 en Chine actuellement. Vous posez des questions aussi ?

« Les chiffres en Chine ont tout à coup arrêté de progresser. On a l’impression que ce sont plus des chiffres politiques que des chiffres réels, d’autant plus que les spécialistes se demandent si toutes les personnes décédées pendant cette période ont été comptabilisées comme mortes du coronavirus ou pas. Les autorités chinoises ont aussi pu les mettre dans d’autres catégories : problèmes cardiaques et pneumonies. Ensuite, les personnes mortes chez elles ont-elles été comptées dans les statistiques ou pas ? Une série de questions étaient dans l’air et sont revenues sur le devant de la scène puisque la revue chinoise Caixin a réalisé une enquête. C’est un des derniers médias crédibles en Chine qui a fait des calculs qui tendraient à montrer que le nombre de victimes est beaucoup plus élevé. »

Un peu plus de 2000 cas à Wuhan, l’épicentre de la pandémie, ça ne vous semble pas crédible ?

« Wuhan, c’est 11 millions de personnes, c’est énorme. Pendant plusieurs semaines, les autorités ont laissé le virus se développer. On n’en parlait pas vraiment. Les personnes qui ont essayé de dénoncer la situation ont été convoquées par la police parce qu’elles répandaient soi-disant des rumeurs. La Chine n’a pas pris assez de précaution. Dans nos pays, on voit à quelle vitesse le virus se propage, donc je pense que la Chine a trompé la communauté internationale sur la rapidité de transmission et sur la sévérité des symptômes. »

La Chine ne communiquerait pas les vrais chiffres ? C’est possible dans une telle crise ?

« À partir du moment où le Parti décide qu’il a gagné la bataille, il fait tout pour montrer que la bataille est gagnée. Le régime chinois n’est pas vraiment connu pour sa transparence, et ce dans de nombreux secteurs, d’autant plus quand ce sont des secteurs sensibles, où des problèmes peuvent porter atteinte d’une part à l’image de la Chine à l’extérieur et d’autre part à la capacité et la légitimité du Parti en interne. La Chine a intérêt à montrer qu’elle a des résultats excellents et donc à présenter le meilleur visage possible. Dans ces conditions, évidemment, on peut penser que tout ce qui n’est pas en accord avec la version officielle est caché ».

Cette pratique de masquer des chiffres, ça ne vous étonne pas ?

« Non ça ne m’étonne pas du tout. Par exemple, dans un autre domaine, la Chine prétend depuis des mois qu’il n’y a aucun problème au Xinjiang, que les camps de détention n’existent pas. Elle a même prétendu cela devant les instances des Nations Unies sans honte, alors que les preuves s’accumulent, des photos satellites et toute une série d’éléments qui font qu’aucun spécialiste de la question ne doute de l’existence de ces camps. Or Pékin prétend que ces camps n’existent pas. De la même manière, la Chine a lancé une grande campagne de propagande pour essayer de brouiller les informations sur l’origine du virus. C’est une campagne lancée en interne qui vise à dire que le virus aurait été importé de l’extérieur et que le coupable serait les Etats-Unis. Ce qui est très étonnant de notre point de vue, c’est que cette théorie qui relève de la théorie du complot non seulement circule en interne, mais est aussi relayée par les plus hautes autorités chinoises à l’extérieur par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, par ses ambassadeurs, etc. Cela montre que du point de vue de la propagande, la Chine n’hésite pas à modifier la réalité et propager ce que nous appellerions des fake news si ça peut servir ses intérêts. »

On parle aussi des nombreuses coupures de lignes téléphoniques, est-ce que ça a un rapport avec un nombre de décès du coronavirus qui serait plus élevé qu’annoncé ?

« Sur ce point, il est difficile de savoir si cela relève du décès de l’utilisateur ou si c’est la démonstration d’un ralentissement économique. Il faut savoir qu’en Chine, beaucoup de personnes travaillent dans des provinces qui ne sont pas les provinces où ils habitaient à l’origine. Donc il est probable qu’ils avaient deux téléphones portables. Un nombre élevé d’abonnements ont été suspendus, probablement parce que les personnes étaient confinées chez elles et ont perdu l’utilité du deuxième téléphone portable. Cela peut aussi simplement montrer qu’il y a eu un important ralentissement économique. »

Officiellement, des usines avaient été rouvertes, mais en fait on mettait l’électricité pour faire croire qu’elles fonctionnaient, alors qu’il n’y avait pas de production en interne.

« Ce qui m’a fait douter aussi sur la véracité des chiffres chinois, c’est que des milliers de personnes ont quitté Wuhan avant le confinement et sont parties un peu partout en Chine. Il serait étonnant que ce déplacement de population très important n’ait pas été un vecteur de contamination dans le reste de la Chine. Or, les chiffres ne montrent pas une croissance exponentielle du virus. Est-ce que c’est parce qu’il y a eu un confinement rapide qui a permis de limiter le virus, ou est-ce que c’est parce qu’on a trafiqué les statistiques ? Ça reste une question ouverte, mais le fait de falsifier les statistiques en Chine, c’est quelque chose qu’on connaît. Une autre enquête de la Caixin montrait qu’officiellement des usines avaient été rouvertes, mais en fait on mettait l’électricité pour faire croire qu’elles fonctionnaient, alors qu’il n’y avait pas de production en interne. L’objectif était de correspondre au discours officiel d’un retour à la normale rapide.

Les liens entre la Chine et l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, sont aussi problématiques. Car les chiffres de l’OMS dépendent des chiffres donnés par le pouvoir chinois. Donc ces chiffres de l’OMS qui ont l’air officiels résultent des statistiques chinoises.

Il est important de ne pas laisser le discours chinois sur la pseudo-efficacité d’un modèle autoritaire se développer.

De plus, la Chine vente son modèle autoritaire comme un modèle qui fonctionne, avec l’exemple de ce confinement qui a bien fonctionné. Tout le monde oublie qu’il y a des exemples de démocraties où ça a très bien fonctionné : La Corée du Sud et Taiwan, qui est probablement le modèle le plus efficace mis au point dans un environnement chinois. Et là c’est une démocratie. Donc il est important de ne pas laisser le discours chinois sur la pseudo-efficacité d’un modèle autoritaire se développer. Les médias prennent cela sans regard critique ou avec un regard qui n’est pas assez critique. Il faut être plus attentif parce que ça fait partie d’une campagne de propagande que la Chine a lancée. »

Certains médecins pensent que l’épidémie a commencé avant le mois de décembre…

« Oui, selon le South China Morning Post de Hong Kong, on a connaissance d’au moins un cas officiel le 17 novembre 2019 d’une personne qui s’est présentée dans un hôpital. Or en Chine des mesures seront prises plus tard. Bien sûr, on ne pouvait pas prévoir l’étendue du problème. Mais à partir du moment où on a eu des indices convergents, l’erreur de base de la Chine, ça a été de cacher cette information. En faisant de la rétention d’information, la Chine a perdu un temps précieux.

En faisant de la rétention d’information, la Chine a perdu un temps précieux.

Une étude réalisée par une université australienne montre que si on avait diffusé l’information plus tôt et de manière plus ouverte, on aurait pu circonscrire le virus de manière beaucoup plus rapide pour limiter le nombre de décès et surtout sa propagation à l’extérieur de la Chine. Parce que c’est ça qui est problématique aujourd’hui : le coronavirus est partout dans le monde entier. Parce qu’il y a cette erreur de base des 4 ou 5 premières semaines de l’épidémie. C’est ce que la Chine veut faire oublier, en mettant le projecteur sur la pseudo-réussite de ses méthodes de confinement et sur l’efficacité des mesures. »

Coronavirus : un appel aux dons pour financer la politique économique ! (Darmanin)

Coronavirus : un appel aux dons pour financer la politique économique ! (Darmanin)

 

Le jeune Jean ministre du budget, Gérald Darmanin, a dû fumer la moquette en lançant son idée d’un appel aux dons pour financer la politique économique concernant les petites entreprises. Si on comprend que certaines associations soutiennent des campagnes de dons pour des causes humanitaires ou  sociales, on comprend mal qu’un gouvernement en soit réduit attendre sa  sébile pour soutenir une politique économique. On sait que le tissu de petites et moyennes entreprises est essentiel en France non seulement pour sa contribution à la croissance mais surtout pour la part qu’il prend dans le développement de l’emploi. La plupart de ces entreprises en effet ne sous-traitent  pas leur production à l’étranger et recrute uniquement des travailleurs français en tout cas résidents en France. On comprend mal que l’État qui prélève l’impôt ne puisse être capable de financer cette orientation autrement qu’en demandant une contribution volontaire des citoyens. Faut-il rappeler que le prélèvement obligatoire en France est le plus élevé au monde : en gros sur  deux euros de richesse produite un euro est prélevé et dépensé par l’État et les collectivités publiques. Il est vrai que le dispositif peut soutenir les petites et moyennes entreprises décidé jusqu’à là est complètement dérisoire. On a en effet mis en place un système d’aide limitée à 1500 € par entreprise. Une femme ridicule qui ne permet même pas de couvrir les charges salariales d’un  l’employé ou de  l’entrepreneur.

 

Le fonds de solidarité a été mis en place pour fournir une aide défiscalisée allant jusqu’à 1 500 euros aux petites entreprises, micro-entrepreneurs, indépendants et professions libérales dont l’activité est pénalisée par l’épidémie de nouveau coronavirus. Doté de 1,7 milliard d’euros au mois de mars, ce fonds est abondé par les régions et les assureurs, lesquels ont promis une contribution de 200 millions d’euros.

« Beaucoup de particuliers ou d’entreprises nous demandent comment participer et nous aider. Tous ceux qui le souhaitent pourront le faire prochainement, via une plateforme de dons que nous allons mettre en ligne », a déclaré Gérald Darmanin dans un entretien au Figaro. Cette plateforme sera accessible sur internet la semaine prochaine. Bref c’est une forme de décomposition de l’État, qui devient un État mendiant quand il faudrait prendre des mesures à la hauteur de l’enjeu. La disposition de l’aide de 1500 € est déjà complètement anecdotique pour ne pas dire ridicule et cet appel aux dons est évidemment pitoyable. Pourquoi pas aussi un ministère de l’aumône ? Rappelons l’insignifiance de la mesure d’aide aux entreprises.

 

La mesure concerne les entreprises et indépendants réalisant moins d’un million d’euros de chiffre d’affaires et employant moins de dix salariés. Pour être éligibles, ils doivent avoir perdu 50% de leur chiffre d’affaires du mois de mars par rapport au mois de mars de 2019, et ainsi de suite pour le mois suivant.

Ce dispositif de l’administration fiscale a été pris d’assaut dès son lancement mardi. Le lendemain, plus de 204 000 petites entreprises et indépendants avaient déjà déposé une demande auprès de l’Etat. Ce fonds de solidarité, qui pourrait bénéficier à 600 000 entreprises environ, sera maintenu aussi longtemps que l’état d’urgence sera en vigueur.

Coronavirus : la chloroquine, un débat corporatiste, économique et politique

Coronavirus : la chloroquine, un débat corporatiste, économique et politique

La violence du débat concernant la chloroquine  ( nivaquine, un de noms commerciaux) pour traiter le coronavirus est d’une violence surprenante. Il s’agit bien sûr d’une confrontation de points de vue scientifiques normale en attendant les résultats d’études épidémiologiques indiscutables. Tout cela s’effectue cependant sur fond d’une grande jalousie des experts entre eux. Il est clair que ceux qui les premiers trouveront des traitements efficaces bénéficieront automatiquement d’une audience mondiale exceptionnelle .La polémique n’est  pas toujours fondée sur des arguments très scientifiques.

Il y a aussi la lutte entre Paris et Marseille. La plupart des grands experts résident et travaille à Paris et voit mauvais œil la possibilité d’une reconnaissance universelle pour les travaux d’un spécialiste en province. Il faut connaître en effet le milieu scientifique pour savoir qu’il n’est pas exempt de lutte corporatiste assez lamentable. Souvent toute nouvelle découverte est uniquement contestée pour discréditer leur auteur.

La seconde raison de la violence du débat tient à la concurrence économique. La première société de produits pharmaceutiques qui produira le traitement efficace se verra offrir des perspectives de développement économique et financier considérables. D’où là aussi  des sociétés pharmaceutiques qui contestent actuellement la chloroquine parce qu’elles n’en assurent pas la commercialisation.

Il y a une troisième dimension politique celle-là concernant par exemple la France mais  pas seulement. De toute manière,  il paraît difficile d’utiliser massivement la chloroquine puisque nombre de pays n’en dispose plus faute de réapprovisionnement. Du coup, la France en particulier adopte une stratégie de pénurie en essayant de la justifier scientifiquement.

Notons quand même sans hypothéquer les résultats des études épidémiologiques que la molécule de la chloroquine est utilisée depuis très longtemps car c’est notamment un antipaludéen que connaissent bien tous ceux qui voyagent dans les pays tropicaux. Un antipaludéen largement utilisé par exemple en Afrique et par les Africains eux-mêmes et dont on connaît les conséquences et les contre-indications.

Le scientifique ne peut remplacer le politique

Le scientifique ne peut remplacer le politique

A juste titre Cédric Villani dénonce l’hypocrisie qui consiste pour les politiques à abriter leur décision derrière la vie de scientifique. Certes, ces avis sont bien entendus nécessaires mais il faut bien convenir qu’ ils servent aussi d’alibi pour dégager la responsabilité. D’autre part, on parle beaucoup d’experts mais parmi eux il y a beaucoup de chapeau à plumes  qui n’ont pas exercé depuis longtemps et qui squattent nombre de postes de présidences loin du terrain médical. D’autres enfin qui profitent de l’ouverture médiatique pour se faire connaître en espérant aussi une promotion. On connaît la sociologie de ces différents conseils scientifiques qui existent dans tous les secteurs économiques et sociaux. Il y a effectivement quelques experts proches du terrain mais souvent noyés dans une population plus large de scientifiques qui pensent  davantage de temps dans les conseils d’administration que dans la recherche et la pratique scientifique. Beaucoup aussi de vieilles barbes qui s’accrochent désespérément pour des raisons existentielles et toujours à la recherche d’une présidence ou d’une mission valorisants. Cédric Villani n’a pas apprécié que les pouvoirs publics–en l’occurrence surtout le Premier ministre–s’abrite derrière la vie d’experts sanitaires pour justifier l’organisation du premier tour des élections municipales - Aux yeux du député, premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, maintenir le premier tour des municipales, comme l’autorisait le conseil scientifique, a constitué un «problème politique».

Cédric Villani explique dans le Figaro ». - La semaine dernière, l’OMS a fait passer l’épidémie au statut de pandémie. Au même moment, plusieurs collègues scientifiques témoignaient d’une nette augmentation de l’inquiétude par rapport à la façon dont l’épidémie se déployait. Mercredi 11 mars, cette inquiétude est montée d’un cran. En tant que 1er vice-président de l’OPECST, j’ai considéré qu’il fallait transmettre ce sujet aux conseillers et experts de l’office. J’ai consacré ma journée de jeudi à des consultations. J’ai vu que la situation était en train de changer de niveau. Je crois que je me souviendrai toute ma vie de ce coup de fil au professeur Eric Caumes de la Pitié-Salpêtrière, analysant une situation à venir très alarmante ».

Politique sanitaire : toujours en retard d’un mois

Politique sanitaire : toujours en retard d’un mois

Si on tente de faire l’historique des orientations de la politique sanitaire du gouvernement on constate une évolution particulièrement contradictoire du discours. On pourrait distinguer quatre phases. Dans un premier temps avec la découverte et la diffusion du virus en Chine, les pouvoirs publics soutenus par les milieux économiques ont adopté une attitude condescendante vis-à-vis de la Chine. Ils ont clairement sous-estimé l’importance de la catastrophe sanitaire qui pourtant se préparait. Notons aussi que certains chapeaux à plumes de la médecine ont complaisamment apportée leur soutien à cette sous-estimation. Quand le virus est sorti de Chine, le pouvoir a consenti à admettre l’existence d’un danger mais a affirmé avec force que la situation était sous contrôle. Une affirmation vite démentie avec la propagation de la maladie. Une stratégie s’est alors mise en place consistant non pas à stopper brutalement la pandémie mais à essayer de l’étaler pour ne pas surcharger le système sanitaire. Une stratégie tout à fait théorique rapidement remise en cause par l’ampleur de l’épidémie. Devant les dégâts sanitaires mais aussi économiques, ce pouvoir déclare dans une quatrième phase une situation de guerre. Mais une situation de guerre sans les moyens. Ainsi alors que l’OMS recommande maintenant le dépistage généralisé, la France,  d’ailleurs comme d’autre pays, est bien incapable de systématiser ce dépistage. Elle n’est même pas capable de fournir des masques en nombre suffisant y compris au corps médical ( déclaration hier du secrétaire de SOS médecins en région parisienne). Dans une situation de guerre, il faudrait évidemment réquisitionner et imposer une reconversion de certains productions pour les mettre au service de la lutte contre la maladie. Comme l’affirment les responsables sanitaires de la région de l’Est en particulier on manque de tout, d’appareils respiratoires, de personnel, de lits équipés et même de masques. Comment dans une pays aussi développé que la France où l’industrie pharmaceutique est aussi forte peut-on constater de telles carences. Même les mesures de confinement annoncées hier par le président de la république sont encore insuffisantes comme sont surtout insuffisantes les moyens et équipements mis à la disposition du système sanitaire. Bref, la France depuis le début a toujours près d’un mois de retard en matière de stratégie contre le Coronavirus.

Énergie : L’échec annoncé de la politique éolienne

Énergie : L’échec annoncé de la politique éolienne

Par Samuel Furfari, Professeur à l’Université Libre de Bruxelles, Président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels (*). ( chronique DANS LE tribune°

L’opposition aux éoliennes s’amplifie. Après le gâchis de l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim en bon état de marche, de plus en plus de personnalités rejoignent les opposants historiques à l’arrêt du nucléaire. Car oui, nous mettons au rébus des installations amorties qui ne produisent pas de CO2 pour les remplacer par des installations qui, si elles n’en produisent pas non plus, présentent de très nombreux inconvénients et augmentent la facture électrique des citoyens.

Loïk Le Floch-Prigent qualifie très justement la fermeture de cette centrale de « drame national ». Dernièrement, dans Causeur, le philosophe Alain Finkielkraut et l’animateur de télévision Stéphane Bern ont signé une pétition demandant au président de la République Française de mettre un terme à l’implantation des éoliennes. Emmanuel Macron, à Pau, a lui-même reconnu que « le consensus sur l’éolien est nettement en train de s’affaiblir dans notre pays ». Les griefs sont connus, avec notamment la dégradation du paysage, les nuisances diverses pour les riverains mais aussi pour la faune aviaire, le démantèlement problématique… Les citoyens qui se mobilisent contre les effets nocifs de ces moulins à vent modernes méritent notre soutien total dans leur juste lutte.

Il y a une raison rédhibitoire que tout citoyen devrait prendre en compte afin de s’opposer encore plus fermement au déploiement des éoliennes, voire exiger leur démantèlement. Lors des crises pétrolières des années 1970, on a rapidement pensé à remplacer les centrales électriques fonctionnant aux énergies fossiles par des éoliennes. Après tout, l’histoire nous a enseigné que l’énergie éolienne a été abondamment utilisée par les meuniers. Il suffisait de moderniser une technologie ancestrale. Les progrès ont été rapides au point que les financements européens ont permis la mise au point de machines performantes de plus en plus puissantes à la fin du siècle dernier. Pourtant leur déploiement se faisait attendre, car si la technologie était au rendez-vous, la rentabilité économique faisait défaut. Afin de mettre en œuvre la politique d’abattement des émissions de CO2 décidée après l’adoption du protocole de Kyoto, l’Union européenne (UE) a voulu rendre obligatoire cette forme de génération d’électricité. Dans une première directive de 2001, l’objectif n’était pas contraignant. La directive de 2009, au contraire, a rendu obligatoire la génération d’électricité à partir d’énergie renouvelable, avec en prime la priorité d’accès au réseau de cette forme d’électricité.

Le développement a été fulgurant notamment en Allemagne, en Italie et au Danemark. Après des années d’efforts, nous devons constater que l’électricité d’origine éolienne représente, dans l’UE, 11 % de la production globale d’électricité, loin derrière la production d’énergie électronucléaire qui en représente 25 % et celle du gaz naturel avec 21%. Mais, si ce chiffre de 11% peut sembler intéressant, il ne dépasse pas les 1,9 % une fois ramené à l’énergie primaire. Si l’on ajoute les 0,5% d’énergie solaire, ce résultat de 2,4% en énergie primaire a été obtenu après avoir dépensé 689 milliards de dollars entre 2010 et mi 2019. Depuis 2000, un million de millions d’euros a été dépensé dans l’UE pour des résultats, somme toute, négligeables. Tout ça pour ça !

Toutefois, l’expérience acquise sur plus de dix années doit nous permettre de tirer des leçons afin de savoir s’il convient de poursuivre dans la voie de l’obligation de production d’électricité éolienne. Or, il apparaît de manière irréfragable que l’intermittence de la production éolienne due à la variabilité de la vitesse du vent ne permettra pas un déploiement suffisant pour remplacer les productions électronucléaire ou thermique d’électricité. Lorsque le vent ne souffle pas il faut bien qu’il y ait une production disponible pour compenser ce manque de production ― on peut dire la même chose du solaire photovoltaïque.

On observe qu’en moyenne dans l’UE les éoliennes ne produisent que pendant 23 % du temps. Que faut-il faire pendant les 77 % du temps restant ? Utiliser les équipements de production traditionnels. Si c’est ainsi qu’est gérée la production d’électricité depuis une dizaine d’années, cette méthode n’est guère efficace car elle impacte le coup de la production. D’ailleurs, lorsqu’il y a trop de vent il faut payer des consommateurs industriels pour qu’ils consomment cette électricité inutile. Tout cela coute cher ! Les installations classiques performantes ne fonctionnent pas de manière idéale et nous subissons également un surcoût à la gestion, de plus en plus délicate, du réseau électrique. Dès la prise de conscience de cette réalité, une multiplication de solutions a été envisagée : réseaux intelligents (smart grids), gestion à distance de la consommation des ménages, développement des batteries. Mais tout cela n’existe pas encore, ou de façon embryonnaire, et reprendra probablement des décennies avant d’être mise en œuvre à un coût compétitif.

Les États se sont rabattus sur le mécanisme de rémunération de la capacité des installations thermiques qui consiste à apporter une aide publique aux installations thermiques tout simplement parce qu’elles existent et qu’elles sont disponibles au moment où la nature ne produit pas. On ne finance donc non pas la production, mais l’existence d’une capacité de production. Le lecteur aura compris que l’on subventionne non seulement l’installation des éoliennes, mais encore les centrales non intermittentes pour qu’elles suppléent au caprice de la nature.

Aucune solution économique et industrielle n’est aujourd’hui en vue pour compenser cette intermittence. Malgré la diminution du coût d’installation des éoliennes, mais également de leur coût de génération (44% de réduction en dix ans), la facture du citoyen ne cesse d’augmenter. Les données statistiques de l’office Eurostat de l’UE montrent que plus on produit de l’électricité intermittente, plus le consommateur paye cher son électricité.

Les pays d’Europe centrale et orientale l’ont bien compris et ne se pressent pas pour installer des éoliennes. D’ailleurs, la directive en faveur de la promotion des énergies renouvelable de 2018, contrairement à celle de 2009, ne prévoit aucune obligation de résultats pour les États membres, seule l’UE étant tenue d’y arriver. Les États membres ont refusé cette clause d’obligation de résultats lors du sommet européen des 23-24 octobre 2014. En 2021, l’objectif de 20% d’énergies renouvelables ne sera pas atteint par une majorité d’États membres, notamment ceux d’Europe centrale et orientale, mais aussi l’Allemagne.

Est-ce que la Commission Européenne dirigée par Madame Ursula von der Leyen va engager une procédure judiciaire contre l’Allemagne et une large série d’autres États membres ? Un autre rendez-vous intéressant aura lieu en 2031 lorsque la Commission européenne devrait traîner en justice l’UE pour ne pas avoir atteint le résultat qu’elle s’est imposée elle-même en matière d’énergie renouvelable puisque si l’objectif n’est pas contraignant pour les États membres… il l’est pour l’UE ! »

__________

(*) Le dernier ouvrage de Samuele Furfari est « Énergie 2019. Hystérie climatique et croissance des énergies fossiles » (Chez Amazon). Son livre de référence es une œuvre de 1200 pages en deux volumes « The changing world of energy and the geopolitical challenges« . Voir furfari.wordpress.com

Politique: « Les solutions demain viendront des communes !!! »

Politique: « Les solutions demain viendront des communes !!! »

 

Un plaidoyer un peu excessif de Grégoire de Lasteyrie pour le transfert de responsabilité aux communes ( tribune dans l’Opinion). Certes, on peut convenir que le centralisme français constitue une sorte de carcan qui paralyse souvent l’initiative et le dynamisme. Pour autant, l’harmonisation des politiques au plan national est nécessaire pour notamment éviter le sur-urbanisme démentiel des grandes métropoles et la désertification du territoire ailleurs. Des discriminations  économiques, sociales et culturelles. On  doit sans doute donner de vraies responsabilités aux collectivités locales mais sans doute pas sur  tout. Surtout pas ce que réclame le maire de Palaiseau qui pense que tout peut être réglé à l’échelle communale. Une réflexion qui respire un peu trop la démagogie. On voit mal les grandes politiques sectorielles très stratégiques se décider  au seul plan local. En outre,  les communes n’ont vraiment pas- sauf exception- fait la preuve de leur efficacité et de leur compétence en matière de gestion. Disons plutôt que globalement, elles deviennent, elles aussi ,des superstructures incontrôlables avec les dépenses correspondantes !

« Certains d’entre nous se souviennent peut-être du livre de l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher, Small is Beautiful. Il posait déjà en son temps – c’était le début des années 1970 – la question fondamentale des limites face à l’impératif de production tous azimuts. L’auteur plaidait alors pour une société à hauteur d’homme, une société de lien, une société sachant mettre de l’ordre dans sa maison intérieure, tout en trouvant les moyens pour répondre aux immenses défis qui allaient se présenter en termes de pollution, d’épuisement des ressources et de coexistence pacifique.

Quarante ans après, le diagnostic ne fait plus de doute, nous y sommes arrivés. Le monde d’aujourd’hui – notre monde – semble parfois hors de contrôle. Qu’il s’agisse des dérèglements climatiques, de la montée de la violence ou des nouvelles dérives sociétales, la question de l’efficacité du politique est posée.

Car si les problèmes auxquels nous sommes confrontés s’expriment de manière globale, il n’est pas sûr que le meilleur niveau de réponse soit nécessairement au niveau mondial ou supranational. Bien au contraire, j’ai la conviction que le niveau d’action le plus pertinent est avant tout au plus près du terrain, aux côtés de, et avec, celles et ceux qui vivent ces problèmes au quotidien.

« C’est dans la commune que réside la force des peuples libres », écrivait Alexis Tocqueville. Cette réalité est plus que jamais d’actualité. Car c’est bien ici – dans nos villes, dans nos bourgs et nos quartiers – qu’on innove, qu’on apprend à mieux comprendre la culture de l’autre, que l’on peut, si on le souhaite, créer des ponts et des passerelles. C’est ici, dans nos communes, que l’on peut esquisser les nouveaux contours de politiques publiques réactives et concertées. C’est ici que les décisions individuelles font boule de neige et finissent par devenir des montagnes. Ce que nous faisons notamment avec nos associations, nos conseils de quartier, nos amicales de locataires…

Concorde. C’est vrai notamment en matière de transition écologique, où nous pouvons initier de profonds changements de comportements et d’habitudes, en termes de mobilités alternatives, de consommation énergétique, d’alimentation durable et d’économie circulaire. Circuits courts, plan vélo, re-végétalisation de l’espace public, rénovation des bâtiments etc.… : autant d’exemples concrets où les maires peuvent obtenir de vrais résultats !

C’est vrai évidemment en matière éducative, où nous pouvons apporter des réponses concrètes face au risque d’échec scolaire et d’exclusion. C’est vrai aussi en termes de vivre-ensemble, au travers des associations et de tous les acteurs de la prévention, qui œuvrent chaque jour à la concorde et à l’entente mutuelle.

Pour nous autres maires, la politique est une réalité concrète et pratique. Nous savons bien que le pouvoir est d’abord une réciprocité et que l’acceptation du changement suppose de vrais espaces d’échange et de consultation. C’est en ce sens que nous avons la responsabilité d’aller au-delà de la simple gestion, et d’entrer pleinement dans une réflexion prospective appliquée au réel. Ce qui implique de favoriser tout particulièrement l’élaboration de nouveaux modèles, de nouveaux écosystèmes et de nouvelles manières de faire.

Dans notre société en désarroi, rétive aux mots d’ordre et aux impératifs catégoriques, l’heure n’est plus aux directives venues d’en haut. Il appartient aux citoyens de prendre leur destin en main, d’oser et d’entreprendre. Et c’est ainsi que les ruisseaux feront demain des grandes rivières !

Dans quelques semaines, nous aurons l’opportunité de choisir celles et ceux qui prendront en charge pendant six ans nos destinées communales. Ne nous y trompons pas : l’enjeu est tout sauf anodin. C’est en commençant par transformer nos villes grâce à des solutions locales, que petit à petit nous pourrons transformer notre monde et répondre aux enjeux majeurs de ce siècle. »

Grégoire de Lasteyrie est maire de Palaiseau.

 

Economie-Politique énergétique : pour une transition juste, efficace et cohérente

Economie-Politique énergétique : pour  une  transition  juste, efficace et cohérente

 

 

 

La question de l’énergie est trop souvent abordée de manière caricaturale notamment quand elle oppose partisans du nucléaire et partisan des énergies renouvelables. Évidemment comme souvent, la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet de développer une politique énergétique qui soit à la fois efficace, cohérente et juste. Efficace car il s’agit de privilégier la production d’énergie au moindre coût afin  d’améliorer la compétitivité du système de production et de rendre accessible l’énergie à tous les ménages. La cohérence vise à rendre compatible cet objectif de compétitivité avec la prise en compte de l’environnement et plus particulièrement du climat. Enfin la transition énergétique ne peut pas être brutale et ne doit pas pénaliser  des couches populaires qui ne peuvent immédiatement accéder aux techniques non polluantes (exemple voiture électriques ou à hydrogène ou encore chauffage à faible émission). Une transition cohérente impose de partir des réalités, de se fixer des objectifs à long terme avec des étapes à moyen terme réalisables et socialement acceptables. Pour partir des réalités, il faut notamment revenir aux chiffres. L’une des principales préoccupations environnementales concerne les gaz à effet de serre qui découlent directement de l’énergie produite et utilisée. L’énergie représente environ 80 % de ces émissions.  Notons que les  émissions de CO2 en France  sont inférieures de moitié à celle de l’Allemagne, quatre fois moins importantes que celle des États-Unis et inférieure aussi à celles de la Chine. Les émissions de la France représentent environ 1 % des émissions mondiales ; en cause, la nature de la consommation intérieure d’énergie primaire avec environ la moitié en combustibles fossiles dont 30 % de produits pétroliers, 44 % d’électricité primaire nucléaire, 10 % d’énergie renouvelable (7 % biomasse, 2 % hydrauliques, 1 % éolien et photovoltaïque). L’électricité, c’est environ un quart de la consommation finale d’énergie. Une électricité issue du nucléaire pour plus de 70 %, du renouvelable pour 18 % (hydroélectriques 10 % et éolien 5 % et 10 % des centrales thermiques fossiles). On sait que des programmes politiques prévoient de réduire la part de l’électricité nucléaire de plus de 70 % à 50 %. L’objectif avait été défini dans le programme de François Hollande avec une échéance à 2025, repoussée à 2035 et sans doute même bien plus loin. En raison notamment du fait que la production d’origine nucléaire ne sera pas réduite avant des années. Le gouvernement actuel n’envisage en fait que la fermeture de Fessenheim qui sera largement compensée par la mise en service de l’EPR de Flamanville ; sans parler de nouvelles centrales EPR qui pourront être décidée à partir de 2021 comme l’a indiqué le président de la république. Notons que la France est par ailleurs engagée dans un énorme plan de renforcement de la sécurité des centrales avec notamment le grand carénage qui découle des nouvelles normes après la catastrophe de Fukushima. Du coup, ce grand carénage d’un coût de 50 à 100 milliards selon les hypothèses rendra possible la prolongation de la vie des réacteurs de 20 à 30 ans. Ceci étant la fission nucléaire pose la redoutable question de la gestion des déchets radioactifs (et la fusion nucléaire n’est pas encore opérationnelle). Parallèlement, se développeront des énergies alternatives notamment  la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et la géothermie. Techniquement, on voit mal comment les énergies  renouvelables pourraient se substituer aux éventuels suppressions de 20 à 25 % d’électricité nucléaire d’ici 10 ans voire 20 ans. Le problème étant que la plupart des énergies alternatives sont intermittentes alors que la production d’électricité doit être constante comme la distribution. Se pose aussi la question du coût et de l’efficacité énergétique. Ceci étant  des modifications non négligeables peuvent intervenir avec les évolutions techniques (stockage énergie, fusion nucléaire au lieu de la fission, filière hydrogène etc.) mais aussi les modifications du système de production et du mode de consommation. Cela suppose d’intervenir sur chacun des secteurs consommateurs d’énergie primaire. Ces consommateurs sont les ménages 30 %, l’industrie pour 20 % les transports pour 32 % les services pour 16 % l’agriculture pour 3 %. Techniquement la transition sera forcément progressive en France d’autant qu’une des principales préoccupations concerne l’influence des gaz à effet de serre sur le climat. La transition de ce point de vue doit être cohérente. On ne peut en effet souhaiter une réduction des gaz à effet de serre et en particulier du CO2 et en même temps promouvoir des centrales thermiques qui viennent compenser à chaque fois l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Quand on examine l’utilisation de l’énergie primaire par secteur, on constate que l’effort et surtout à faire en direction des ménages et des transports. Des secteurs largement influencés par le mode de production, le mode de consommation et l’aménagement du territoire. Il est clair que l’éclatement du mode de production à l’échelle internationale est très consommateur d’énergie en particulier en logistique et en transport. Pour certaines productions notamment basiques on peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de produire à des milliers de kilomètres. De la même manière qu’il est sans doute possible de réduire la complexification des processus de production tellement gourmande en prestations logistiques et en transport. Un transport nettement sous tarifé puisque par exemple  le prix de transport d’un container de Hong Kong à Anvers n’est pas plus cher qu’un transport du même container de Paris à Marseille. De ce point de vue, le renforcement de l’économie circulaire serait sans doute de nature à réaliser d’énormes gains  mais aussi à réduire de façon significative les émissions polluantes (sans parler des distorsions de concurrence sociales, fiscales ou environnementales). Le mode de consommation mérite lui aussi d’être mis en question compte tenu de l’obsolescence programmée de nombre de produits voire de leur inutilité. Dernières aspects liées au précédent, le problème de l’aménagement du territoire qui concentre des productions dans des métropoles spécialisées qui sont très gourmandes en transport. Alors que l’économie circulaire permettrait de satisfaire un certain nombre de besoins. En conclusion on voit que la problématique n’est pas simple qu’il convient d’articuler des éléments économiques, techniques, environnementaux et sociétaux. De ce point de vue, il n’est pas certain que la seule régulation par la fiscalité demeure le moyen le plus efficace. Il est souvent injuste et inopérant quand il n’y a pas d’autre choix que de recourir aux énergies classiques. À cet égard la régulation par les normes et l’offre technique est beaucoup plus efficace et juste qu’une régulation par la fiscalité. À tout le moins la question énergétique mérite un débat approfondi et le plus décentralisé possible pour éviter la simplification voire la caricature.

Le fiasco de la politique éolienne

Le  fiasco de la politique éolienne

Quoi de plus normal pour un profane  de penser qu’une éolienne est préférable à une centrale nucléaire. Le problème est qu’évidemment dès qu’on approfondit un peu, on se rencontre qu’il faudrait des milliers et des milliers d’éoliennes pour remplacer un réacteur  et parallèlement autant de centrales souvent polluantes pour suppléer l’intermittence. Bref, les éolienne ont pour objet d’amuser la galerie d’une opinion publique mal informée. Les éoliennes sont énergiquement et économiquement inutiles. Elle sont utiles uniquement à quelques profiteurs, quelques maires avides de nouvelles subventions. Heureusement dans la programmation énergétique (PPE) le gouvernement a décidé de mettre la pédale douce sur les éoliennes terrestres. Un papier de L’opinion  repose la problématique énergétique à partit du livre (*) de Samuele Furfari :

« L’opposition aux éoliennes s’amplifie. Après le gâchis de l’arrêt de la centrale nucléaire de Fessenheim en bon état de marche, de plus en plus de personnalités rejoignent les opposants historiques à l’arrêt du nucléaire. Car oui, nous mettons au rébus des installations amorties qui ne produisent pas de CO2 pour les remplacer par des installations qui, si elles n’en produisent pas non plus, présentent de très nombreux inconvénients et augmentent la facture électrique des citoyens.

Loïk Le Floch-Prigent qualifie très justement la fermeture de cette centrale de « drame national ». Dernièrement, dans Causeur, le philosophe Alain Finkielkraut et l’animateur de télévision Stéphane Bern ont signé une pétition demandant au président de la République Française de mettre un terme à l’implantation des éoliennes. Emmanuel Macron, à Pau, a lui-même reconnu que « le consensus sur l’éolien est nettement en train de s’affaiblir dans notre pays ». Les griefs sont connus, avec notamment la dégradation du paysage, les nuisances diverses pour les riverains mais aussi pour la faune aviaire, le démantèlement problématique… Les citoyens qui se mobilisent contre les effets nocifs de ces moulins à vent modernes méritent notre soutien total dans leur juste lutte.

Il y a une raison rédhibitoire que tout citoyen devrait prendre en compte afin de s’opposer encore plus fermement au déploiement des éoliennes, voire exiger leur démantèlement. Lors des crises pétrolières des années 1970, on a rapidement pensé à remplacer les centrales électriques fonctionnant aux énergies fossiles par des éoliennes. Après tout, l’histoire nous a enseigné que l’énergie éolienne a été abondamment utilisée par les meuniers. Il suffisait de moderniser une technologie ancestrale. Les progrès ont été rapides au point que les financements européens ont permis la mise au point de machines performantes de plus en plus puissantes à la fin du siècle dernier. Pourtant leur déploiement se faisait attendre, car si la technologie était au rendez-vous, la rentabilité économique faisait défaut. Afin de mettre en œuvre la politique d’abattement des émissions de CO2 décidée après l’adoption du protocole de Kyoto, l’Union européenne (UE) a voulu rendre obligatoire cette forme de génération d’électricité. Dans une première directive de 2001, l’objectif n’était pas contraignant. La directive de 2009, au contraire, a rendu obligatoire la génération d’électricité à partir d’énergie renouvelable, avec en prime la priorité d’accès au réseau de cette forme d’électricité.

Le développement a été fulgurant notamment en Allemagne, en Italie et au Danemark. Après des années d’efforts, nous devons constater que l’électricité d’origine éolienne représente, dans l’UE, 11 % de la production globale d’électricité, loin derrière la production d’énergie électronucléaire qui en représente 25 % et celle du gaz naturel avec 21%. Mais, si ce chiffre de 11% peut sembler intéressant, il ne dépasse pas les 1,9 % une fois ramené à l’énergie primaire. Si l’on ajoute les 0,5% d’énergie solaire, ce résultat de 2,4% en énergie primaire a été obtenu après avoir dépensé 689 milliards de dollars entre 2010 et mi 2019. Depuis 2000, un million de millions d’euros a été dépensé dans l’UE pour des résultats, somme toute, négligeables. Tout ça pour ça !

Toutefois, l’expérience acquise sur plus de dix années doit nous permettre de tirer des leçons afin de savoir s’il convient de poursuivre dans la voie de l’obligation de production d’électricité éolienne. Or, il apparaît de manière irréfragable que l’intermittence de la production éolienne due à la variabilité de la vitesse du vent ne permettra pas un déploiement suffisant pour remplacer les productions électronucléaire ou thermique d’électricité. Lorsque le vent ne souffle pas il faut bien qu’il y ait une production disponible pour compenser ce manque de production ― on peut dire la même chose du solaire photovoltaïque.

On observe qu’en moyenne dans l’UE les éoliennes ne produisent que pendant 23 % du temps. Que faut-il faire pendant les 77 % du temps restant ? Utiliser les équipements de production traditionnels. Si c’est ainsi qu’est gérée la production d’électricité depuis une dizaine d’années, cette méthode n’est guère efficace car elle impacte le coup de la production. D’ailleurs, lorsqu’il y a trop de vent il faut payer des consommateurs industriels pour qu’ils consomment cette électricité inutile. Tout cela coute cher ! Les installations classiques performantes ne fonctionnent pas de manière idéale et nous subissons également un surcoût à la gestion, de plus en plus délicate, du réseau électrique. Dès la prise de conscience de cette réalité, une multiplication de solutions a été envisagée : réseaux intelligents (smart grids), gestion à distance de la consommation des ménages, développement des batteries. Mais tout cela n’existe pas encore, ou de façon embryonnaire, et reprendra probablement des décennies avant d’être mise en œuvre à un coût compétitif.

Les États se sont rabattus sur le mécanisme de rémunération de la capacité des installations thermiques qui consiste à apporter une aide publique aux installations thermiques tout simplement parce qu’elles existent et qu’elles sont disponibles au moment où la nature ne produit pas. On ne finance donc non pas la production, mais l’existence d’une capacité de production. Le lecteur aura compris que l’on subventionne non seulement l’installation des éoliennes, mais encore les centrales non intermittentes pour qu’elles suppléent au caprice de la nature.

Aucune solution économique et industrielle n’est aujourd’hui en vue pour compenser cette intermittence. Malgré la diminution du coût d’installation des éoliennes, mais également de leur coût de génération (44% de réduction en dix ans), la facture du citoyen ne cesse d’augmenter. Les données statistiques de l’office Eurostat de l’UE montrent que plus on produit de l’électricité intermittente, plus le consommateur paye cher son électricité.

Les pays d’Europe centrale et orientale l’ont bien compris et ne se pressent pas pour installer des éoliennes. D’ailleurs, la directive en faveur de la promotion des énergies renouvelable de 2018, contrairement à celle de 2009, ne prévoit aucune obligation de résultats pour les États membres, seule l’UE étant tenue d’y arriver. Les États membres ont refusé cette clause d’obligation de résultats lors du sommet européen des 23-24 octobre 2014. En 2021, l’objectif de 20% d’énergies renouvelables ne sera pas atteint par une majorité d’États membres, notamment ceux d’Europe centrale et orientale, mais aussi l’Allemagne.

Est-ce que la Commission Européenne dirigée par Madame Ursula von der Leyen va engager une procédure judiciaire contre l’Allemagne et une large série d’autres États membres ? Un autre rendez-vous intéressant aura lieu en 2031 lorsque la Commission européenne devrait traîner en justice l’UE pour ne pas avoir atteint le résultat qu’elle s’est imposée elle-même en matière d’énergie renouvelable puisque si l’objectif n’est pas contraignant pour les États membres… il l’est pour l’UE ! »

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(*) Le dernier ouvrage de Samuele Furfari est « Énergie 2019. Hystérie climatique et croissance des énergies fossiles » (Chez Amazon). Son livre de référence es une œuvre de 1200 pages en deux volumes « The changing world of energy and the geopolitical challenges« . Voir furfari.wordpress.com

Politique monétaire de la BCE : une consultation des citoyens !

Politique monétaire de la BCE : une consultation des citoyens !

On se demande bien qui a eu cette idée de lancer une grande consultation sur la politique monétaire à la banque centrale européenne. Sans doute comme de plus en plus dans les institutions:  des services de com’. Comment en effet accorder la moindre crédibilité à cette procédure. Particulièrement en France où la culture économique est voisine de zéro ( une étude d’Allianz avait montré que sur 19 pays européens la France se situait en dernière position en matière de connaissances financières). Même mieux informés, les autres citoyens de l’Europe sans doute mal armés pour  intervenir sur une question aussi complexe. Car il s’agit de consulter l’opinion publique européenne sur le contenu de la politique monétaire. Des aspects que même les responsables politiques ne comprennent pas eux-mêmes pour beaucoup. Il serait sans doute plus urgent et plus utile de consulter les citoyens d’abord sur la politique économique et sociale. En effet, la politique monétaire n’est pas un objectif, elle n’est qu’un moyen au service des orientations plus générales en matière économique, sociale et environnemental notamment.

Ce type de consultation est évidemment une fumisterie démocratique, peut-être pour améliorer l’image de la banque centrale européenne aussi sans doute pour tenter de contourner les réticences de certains pays du nord  vis-à-vis d’une politique plus accommodante de la BCE. Pour tout dire,  c’est de l’agit prop ! « Nous voulons écouter les opinions, les attentes et les préoccupations du public avec un esprit ouvert », a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, dans ce communiqué.

Concrètement, l’institution va mettre en ligne un vade-mecum de la révision de stratégie et un formulaire en ligne que les citoyens pourront utiliser pour « soumettre des propositions et des commentaires dans les langues de la zone euro ». La BCE a lancé en janvier sous la houlette de sa présidente française un examen stratégique dans le but de redéfinir son objectif d’inflation « proche mais inférieur à 2% » jugé trop rigide. Il s’agit aussi d’intégrer la lutte contre le changement climatique à la politique monétaire, une perspective qui déplaît aux banquiers centraux orthodoxes.

Une série de rencontres vont avoir lieu avec des organisations de la société civile. La première se tiendra à Bruxelles le 26 mars et sera présidée par Mme Lagarde. Sont invitées des organisations régionales et de consommateurs, ainsi que les partenaires sociaux, en vue de partager leurs vues sur les politiques de la BCE.

La BCE organisera aussi des rencontres avec les eurodéputés, des universitaires et des participants du secteur financier.

Politique sociale: le fiasco de Macron

Politique sociale: le fiasco  de Macron

une analyse de  Xerfi Canal diffusée notamment dans la Tribune.

 

« Comment est-on parvenu à un climat social aussi dégradé en France ? Il s’agit d’une colère perlée : les étudiants, le personnel hospitalier, les enseignants, les avocats, les salariés de la RATP ou de la SNCF, les pompiers, la police, les éboueurs, les dockers… Sans compter la longue traine des «gilets jaunes». Tout se passe comme s’il n’y avait plus personne de satisfait en France.

Mais tout se passe aussi comme si chacun poursuivait sa cause catégorielle, sans véritable convergence des luttes, faisant écho au diagnostic d’une atomisation du corps social. Le gouvernement se trouve ainsi confronté à une guérilla sociale, contre laquelle il s’use. Comment en est-on arrivé-là ? Qu’est-ce que Macron a loupé dans sa politique sociale ?

Partons de l’esprit qui guidait sa politique en 2017. Sur le papier, c’était :

  • Une orthodoxie budgétaire douce. Une réduction mesurée de l’emploi public, de la dépense et de la dette publique en % du PIB. Rien qui puisse s’apparenter à une stratégie violente visant à affamer la bête selon l’expression des néoconservateurs américains.
  • Un attachement réaffirmé à l’économie sociale de marché, avec deux gages symboliques forts : la conservation du système de répartition et le maintien de l’âge légal à 62 ans pour les retraites. Les principes semblaient clairs…
  • Plus de flexisecurité : étendre la protection des chômeurs, faciliter l’accès à la formation ou à l’apprentissage, revaloriser les minimas en contrepartie d’un assouplissement du droit du travail, négociable au niveau des branches et de l’entreprise.
  • Un objectif d’universalité fortement affirmé aussi, au nom de l’équité, visant à regrouper, simplifier uniformiser les régimes : assurance chômage universelle étendue aux indépendants et démissionnaires, retraite universelle, regroupement des minima, système de formation mieux coordonné et fléché vers les moins qualifiés, etc.
  • En matière d’équité fiscale et de redistribution, enfin, c’était un donnant donnant. Moins d’impôts sur le patrimoine et le revenu du capital, pour les premiers de cordée….

Et le marqueur fort de la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables, avec la classe moyenne en cœur de cible. Un allègement des prélèvements de ceux qui travaillent (cotisations) et son report sur les baby-boomers retraités, rentiers des trente-glorieuses.

Sur le papier, donc un dosage équilibré. Et une confiance dans le fait que le Gaulois réfractaire, enfant gâté de la protection sociale, avait enfin ouvert les yeux sur le fait que certains ajustements étaient nécessaires en phase avec le reste du monde. La politique Macron pariait sur un corps social mou.

Venons-en maintenant à la réalisation. Premier constat : la vitrine des grands principes universalistes a dissimulé un tour de vis budgétaire. Du système universel de chômage ne reste que le nom et surtout des économies sur le dos des chômeurs. Après réforme, le système demeure à plusieurs vitesses, limitant drastiquement la création de droits pour les démissionnaires et les indépendants et réduisant ceux des salariés instables. Idem pour les APL, réforme reportée, mais qui derrière l’affichage technique, permet d’économiser 1,2 Md€ en année pleine. Et idem encore pour la réforme des retraites, dont les intentions financières cachées ont mis le feu au poudre.

Second constat : la terrible opacité qu’a engendrée la volonté de simplification, avec des règles minées de dérogations et avec des résultats très difficiles à mesurer au plan individuel. L’ancien système des retraites était balkanisé. Mais il limitait l’incertitude sur l’ampleur du décrochage entre le dernier salaire touché et la première pension versée. C’est ce qui compte le plus. Une retraite à point, indexée sur toute la vie, crée de nouveaux risques de décrochages violents, qui varient au cas par cas. Idem pour les minima, certes revalorisés, mais avec l’idée que certains oisifs doivent en être exclus. En fait, la machine sociale de Macron, qui se revendique universelle, par répartition, est une énorme machine à individualiser les droits. Comme une assurance privée, sans en porter le nom. Son opacité, ses économies mal assumées, créant une véritable paranoïa sur le fait que le seul véritable motif de la réforme est de récupérer « l’argent de dingue ». Ajoutons à cela la politique fiscale. Là encore, derrière l’équilibre affiché, perle une multitude de petits ajustements essaimés qui reprennent d’une main ce qui a été concédé de l’autre aux classes moyennes. Même illisibilité et même soupçon de distorsion cachée en faveur des plus riches.

Tout cela participe à la défiance perlée dont je parlais en entrée. Mais la grosse erreur de Macron, c’est sa perception du corps social assagi, qui passe totalement à côté du rejet des excès de la financiarisation des économies après 2008. Manque de moyens, dégradation des conditions de travail, la crise a laissé une longue traine qui va bien au-delà de la question salariale. Et tout effort est perçu aujourd’hui comme la facture exigée aux citoyens pour sauvegarder coute que coute la rente financière phénoménale au profit d’une minorité. Macron, décalé de la réalité, a misé sur un corps social docile, alors que le rejet du système n’a jamais été aussi violent.

L’affaire Griveaux: nouvelle ère politique et médiatique en France

L’affaire Griveaux: nouvelle ère politique   et médiatique en France

Jean-Christophe Gallien, docteur en science politique, enseignant à l’Université de Paris-Sorbonne(*), estime qu’une nouvelle ère médiatique et politique s’ouvre avec l’affaire Griveaux . ( La Tribune)

 

Ce que l’on peut raisonnablement qualifier d’Affaire Benjamin Griveaux vient de nous rappeler que l’espace public -et nous en faisons tous l’expérience- s’élargit et se complexifie… Le concept même de vie privée est redéfini par les extensions récentes que nous donnons, presque tous, à la visibilité publique de nos activités personnelles voire intimes.

L’expérience que nous vivons, ou que nous nous apprêtons tous à vivre, nous lance comme des boules dans un incroyable flipper digital de la conversation et de l’information désintermédiée et, surtout, démultipliée dans ses offres narratives. Le résultat est plus que déstabilisant.

Même lorsque l’on pense être immunisé par ses convictions politiques et personnelles, sa compétence médiatique ou professionnelle, construites dans la durée, l’incroyable surgit invariablement au détour de la rue digitale : la suspicion se généralise, on se surprend à hésiter, à mettre en doute une réalité que l’on croyait observer et surtout comprendre.

Nos amis américains qui sont actuellement bombardés par l’incroyable et, je dois l’avouer, extraordinaire dispositif mis en place par les équipes de Donald Trump pour sa stratégie de défense face à la procédure d’Impeachment et désormais de contre-attaque électorale, sont projetés dans un alter monde. Celui de la distorsion permanente, aux émetteurs démultipliés, macro et micro scénarisée. La vérité est de plus en plus complexe à localiser.

Entre cris et chuchotements, entre la puissance d’une saturation médiatique collective massivement délivrée et la précision affective de conversations individualisées positives ou négatives, ils sont tous, qu’ils le veuillent ou non, impactés et surtout bousculés dans leurs fondamentaux les plus profondément enracinés.

Élargissons un peu notre regard: ce qui est à l’œuvre, en termes de communication politique et électorale, loin de nos standards français, pour l’instant, ce sont des stratégies mise en œuvre par de nombreux dirigeants de régimes politiques qualifiés d’illibéraux ou de démocratures.

L’idée centrale, plutôt que d’interdire l’expression des adversaires politiques ou de briser par la force les dissidences, c’est de créer la confusion, l’incertitude et au final l’adhésion à leurs narrations le plus souvent positionnées comme protectrices.

Ils saturent les ondes et surtout tous les tuyaux, ils occupent tous les espaces de la conversation physique et digitale, démultiplient l’exposition à un contenu de marque ou de produit politique individualisé entre histoires positives et négatives.

La vérité n’est plus qu’un concept qui ne rencontre plus les réalités projetées. Le bruit fonctionne comme un dôme protecteur inviolable de la position des leaders émetteurs et les micro-chuchotements personnalisés pour les oreilles de chaque citoyen sèment le doute jusque chez les ennemis et séduisent les incertains. Ces dirigeants ont appris à utiliser la magie politique et le pouvoir conversationnel des médias sociaux.

Notre défi collectif, c’est désormais de refuser le déni du « c’est un accident », de ne pas se cacher derrière la création létale d’une nouvelle ligne Maginot digitale française ou européenne. Notre défi, c’est désormais d’intégrer et de tenter de maîtriser ces mutations irréversibles à l’œuvre au cœur de nos expériences individuelles mais aussi collectives qu’elles soient politiques mais aussi business et diplomatiques. Il n’y a pas d’option. C’est une nouvelle ère, il faut tout faire pour qu’elle demeure démocratique.

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(*) Par Jean-Christophe Gallien
Politologue et communicant
Enseignant à l’Université de Paris la Sorbonne
Président de j c g a et Directeur de Zenon7 Public Affairs
Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

 

Politique: finance, scandale, lobby……la France vers le modèle américain

 

 

Avec retard mais sûrement,  la démocratie en France se dirige vers un modèle démocratique  à l’américaine. Pendant longtemps,  la France avait fait exception. D’abord en refusant de mélanger vie privée et de vie publique. Une exception dont par exemple Mitterrand a largement profité et à juste titre. Ensuite progressivement, les plus hauts responsables ont exhibé leur vie personnelle et familiale afin de satisfaire le voyeurisme des  certains électeurs friands de médias et télés- réalité.  Mais en retour, certains de ces dirigeants ont été victimes de cet exhibitionniste. Le second aspect et pas des moindres, c’est celui de l’importance de la finance dans les principales élections. Avec des campagnes   de plus en plus conçues comme des produits de publicité avec tous les moyens y afférents.

Du coup,  le coût des campagnes est monté de manière vertigineuse. Désormais des dizaines et des dizaines de millions sont nécessaires pour occuper l’espace médiatique, le saturer  même et étouffer ses adversaires avec la communication. Car c’est bien le drame,  la communication a pris le pas sur le fond. Pour preuve les slogans idiots de la plupart des candidats,  sans véritable contenu, comme celui d’un soda ou d’une marque de lessive. Les experts de la com. ont pris le pouvoir dans les équipes de campagnes sur les experts et les politiques. Un exhibitionnisme aussi bien  les campagnes électorales  que pendant un mandat. Ainsi un président de la république comme Macron s’inflige-t-il des représentations thématiques ou géographiques permanentes presque tous les jours pour uniquement les  médias.

Dernier exemple en date quand Macon, pour reverdir sa politique, s’affiche en doudoune Rossignol au Mont-Blanc. Une doudoune aux couleurs nationales. L’ennui c’est que la doudoune a été conçue dans un pays de l’Est à partir de tissus italiens et que la marque Rossignol est maintenant dans les mains d’un fonds scandinave. Ces déplacements et exhibitions désacralisent aussi la fonction d’un président qui doit pourtant prendre de la distance pour orienter le pays et non se mêler de tout sans savoir exactement  ce qu’il fait. La finance dans les campagnes a forcément un rôle essentiel car il n’y a aucun candidat disposant des 30 ou 50 millions nécessaires. Initialement, le total ne doit pas dépasser 10 millions mais les candidats utilisent différents biais pour dépasser et de loin cette limite. Et la commission de contrôle des comptes des candidats, pratiquement sans moyens, ferme les yeux.

Évidemment pour résoudre cette équation financière, les lobbys jouent  un rôle primordial. Des lobbys nationaux internationaux. Aussi des financements douteux venant de l’étranger.  . Pour Macon, c’est clairement le lobby financier et économique dominant qui a financé la campagne.

Le  candidat n’aurait jamais pu financer sa campagne sans une infime fraction de donateurs fortunés. 48 % de ces 16 millions d’euros, ont été récoltés grâce à « seulement » 1 212 dons de 4 500 euros et plus. Ces gros chèques ont été d’autant plus essentiels qu’ils ont longtemps représenté l’essentiel des ressources dont disposait le candidat. En fait, ce sont surtout 800 gros donateurs de Paris qui ont financé la campagne de Macron. Il faut ajouter à cela les faciliter accorder par certains lors de la campagne. Une affaire qui a fait l’objet une procédure judiciaire et qui a été récemment enterré. Comme sera sans doute aussi enterrer l’origine des fonds de la campagne de Macon.

La France s’oriente donc bien vers une sorte de modèle américain.  il faut d’abord aligner les dollars, être soutenu par les lobbies et afficher sa vie personnelle à la Une des journaux à scandale dont raffolent certains électeurs qui ne comprennent pas grand-chose aux enjeux politiques mais qui font la différence souvent à partir d’aspects complètement anecdotiques. Une réflexion mériterait d’être engagée sur cette perversion de la démocratie et pas seulement au niveau national également au niveau local où les barons reproduisent à leur niveau le même système.

Justice et politique -Comptes de campagne Macron: affaire classée !

Justice et politique -Comptes de campagne Macron: affaire classée !

Après un petit tour devant la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP),  le conseil d’État et le conseil constitutionnel, le dossier de l’affaire du financement de la campagne de Macron est classé . Comme souvent quand un parti est au pouvoir, les hautes  institutions passent l’éponge sur les affaires financières relatives à la campagne. De toute manière, on voit mal comment une juridiction pourrait contester une autre haute institution comme la commission nationale des comptes de campagne. Pourtant , il apparaît évident que cette commission nationale n’a nullement les moyens d’investigation  pour vérifier la sincérité des comptes. A cela s’ ajoute évidemment des considérations sur l’environnement politique. Le parti les républicains contestait  la décision de décembre 2017 de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP qui  avait alors validé les comptes de campagne macronistes. Or, six mois après cette décision, plusieurs médias avaient révélé qu’Emmanuel Macron et son équipe auraient, en 2017, bénéficié de certains avantages importants, sous forme de rabais notamment, lors de la campagne présidentielle. Avantages qui auraient pu être assimilés à des dons déguisés. . Mercredi soir, suivant une décision similaire rendue par le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat a ainsi refusé d’accéder à la requête LR, selon une information des Échos. Cela faisait plus d’un an que le parti politique tentait, devant la justice, de faire invalider les comptes de campagne du candidat Macron.

Une affaire du même type avait déjà été placé tribunal de Lyon. A l’époque maire de Lyon et président de la métropole, Gérard Collomb, figurait parmi les pionniers de l’aventure macroniste. Plus de 800 invités, dont des élus, des cadres d’administration, et des décideurs économiques, étaient conviés, pour un coût de 3 180,14 euros, une somme réglée par la métropole. L’article 52-8 du code électoral interdit à toute personne morale, « à l’exception des partis ou groupements politiques », de « participer au financement de la campagne électorale d’un candidat ».

Un autre affaire risque aussi de finir dans les sables : celle des vrais donateurs de la campagne de Macron. L e candidat Macron  candidat a levé 15 994 076 euros entre la création d’En Marche en mars 2016 et décembre 2017 (certains ont encore donné après la campagne). Jamais un candidat n’avait rassemblé autant d’argent auprès des particuliers en partant de rien. Cette somme a été réunie grâce à environ 99 361 dons, ce qui semble accréditer l’histoire racontée par les responsables d’En Marche pendant la campagne, à savoir celle d’une mobilisation populaire autour du candidat.

Le  candidat n’aurait jamais pu financer sa campagne sans une infime fraction de donateurs fortunés. 48 % de ces 16 millions d’euros, ont été récoltés grâce à « seulement » 1 212 dons de 4 500 euros et plus. Ces gros chèques ont été d’autant plus essentiels qu’ils ont longtemps représenté l’essentiel des ressources dont disposait le candidat. En fait, ce sont surtout 800 gros donateurs de Paris qui ont financé la campagne de Macron. Et encore une fois, la commission nationale des comptes n’est pas outillée pour certifier de manière indiscutable les comptes des campagnes, d’ailleurs elle se fie aux informations données par les candidats et les organisations.

 

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