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La crise du logement s’approfondit

La crise du logement s’approfondit

Selon Altares on constate une chute du secteur de la construction à tous les étages. « L’immobilier est en situation de crise, il n’y a pas de signaux encourageants et cela se répercute en cascade sur tous les acteurs », relève son directeur des études Thierry Millon.

 « Chaque mois d’inaction coûte plus de 10.000 emplois à la filière construction-immobilier », tempêtent aujourd’hui la Fédération française du bâtiment (FFB), son pôle Habitat, l’Union sociale pour l’habitat (USH), la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), les promoteurs immobiliers (FPI), la fédération Procivis, l’Union des syndicats de l’immobilier (Unis), les notaires employeurs (UNNE), les architectes (UNSFA) et les économistes de la construction (UNTEC).

 

En cela, l’« Alliance pour le Logement », qui avait déjà interpellé fin janvier le président Macron et le Premier ministre Gabriel Attal, réitère son alerte « sur les conséquences liées à la chute de la production de logements sociaux et libres sur l’ensemble des territoires ». Les dix principales fédérations professionnelles exigeant « un sursaut car le logement constitue un secteur stratégique pour la France au regard de son importance pour l’économie, l’emploi, la cohésion sociale et la transition écologique ».

Une situation « catastrophique », tranche pour La Tribune le président du pôle Habitat de la Fédération française du bâtiment (FFB) Grégory Monod. Et pour cause: depuis juillet 2023, le nombre de défaillances chez les constructeurs de maisons individuelles a bondi de 41,5%. En dix-huit mois, la profession a perdu pas moins de 30% de ses effectifs, soit entre 10 et 15.000 emplois.

« Quelle que soit notre taille, nous sommes tous en-deçà de nos objectifs. Nous vendons nos logements aux bailleurs sociaux soit à prix coûtant, soit à perte. Je n’en connais pas un qui embauche »poursuit le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) qui a dû se séparer de 30% de son équipe chez Sigla Neuf.

Là réside, selon lui, « le vrai danger » : la perte de compétences. « Aujourd’hui, les gens quittent le métier, alors même qu’il faut quatre à cinq ans pour former convenablement un directeur de programmes. Cela ne s’apprend pas ailleurs que sur le terrain. Si cela continue, nous risquons de perdre nos savoir-faire », insiste Pascal Boulanger, qui rappelle que la plupart de ses confrères n’ont plus de fonds propres…

Des difficultés qui n’épargnent pas non plus les agents immobiliers. La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) fait ainsi état de 1.250 défaillances à date et s’attend à dépasser les 1.400 fin 2024. « Nous orientons de plus en plus nos adhérents vers un administrateur judiciaire ou un expert comptable pour les accompagner », confie à La Tribune son président Loïc Cantin.

 

L’augmentation du salaire minimum: une fausse piste

 L’augmentation du salaire minimum: une fausse piste  

Les économistes Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo, Gilbert Cette et André Zylberberg estiment, dans une tribune au « Monde », qu’augmenter le smic de 12 % conduirait à la suppression de 100 000 à 200 000 emplois et coûterait 20 milliards d’euros aux finances publiques.

 

Le Nouveau Front populaire (NFP) envisage de porter le niveau du smic net mensuel à 1 600 euros, contre près de 1 400 euros actuellement. Cela correspond à une hausse d’environ 12 % au-delà de l’inflation, inflation qui sera de toute façon répercutée dans la valeur du smic dès cet automne du fait des règles d’indexation automatique inscrites dans le code du travail. Il s’agirait donc d’un « coup de pouce » dont l’ampleur serait sans équivalent depuis la création du smic, en 1970. Les conséquences d’une telle décision seraient considérables, et ne doivent pas être balayées d’un revers de la main.Le salaire minimum n’a pas nécessairement des effets négatifs sur l’emploi. Il a été établi par de nombreuses études que, si son niveau est faible, sa progression peut même accroître les embauches. Mais ce résultat s’inverse si le niveau de départ du salaire minimum est élevé. Les effets d’une hausse du smic deviennent alors préjudiciables à l’emploi des salariés les moins qualifiés et les plus fragiles, car les postes qu’ils occupent ont un coût qui dépasse la valeur de ce qu’ils produisent.

La France se situe incontestablement dans cette situation. Le coup de pouce envisagé ferait passer le smic à plus de 70 % du salaire médian, un niveau jamais atteint en Europe. Une analyse chiffrée rigoureuse publiée dans le rapport 2022 du groupe d’experts sur le smic avait conclu qu’une hausse de 1 % du coût du travail au niveau du smic aboutissait à la destruction d’environ 30 000 emplois.

Par ailleurs, la hausse du smic entraînera une augmentation des exonérations de cotisations sociales ciblées sur les bas salaires, que le budget de l’Etat devra compenser. Le coût pour les finances publiques serait ainsi amplifié, sans compter que certains barèmes liés à la nouvelle valeur du smic, comme ceux de la prime d’activité et de l’impôt sur le revenu, devront aussi être modifiés si l’on veut que la hausse du smic corresponde à une hausse réelle du pouvoir d’achat des salariés. Enfin, le coup de pouce bénéficierait aussi aux plus basses rémunérations des employés de la fonction publique, ce qui alourdirait la masse salariale de l’Etat.

L’ampleur globale de ces effets est difficile à prévoir car elle dépend de nombreux paramètres et hypothèses de calcul. Dans un travail récent, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui suppose par ailleurs un impact positif sur la consommation d’une ampleur très incertaine, estime qu’une hausse du smic à 1 600 euros détruirait au moins 29 000 emplois et qu’elle entraînerait une dégradation des finances publiques d’environ 8 milliards (soit 0,3 point de PIB) par an.

Finances publiques France: Critiques du FMI

 Finances publiques France: Critiques du FMI

le  Fonds monétaire international (FMI) , après les critiques de la Cour des Comptes, presse aussi la France, ce mardi, de mettre en ordre ses finances publiques.« Il est important de rassurer les marchés mais aussi de recréer des marges de manœuvre. Il ne s’agit pas simplement de faire plaisir aux investisseurs, mais de permettre de baisser la prime de risque et pouvoir engager des dépenses sur des nouveaux chantiers, que ce soit la défense ou le climat », a déclaré à l’AFP, le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.

Pour rappel, la prime de risque représente un surcoût intégré au taux d’emprunt de la France afin de financer sa dette, qui prend en compte le risque que les investisseurs estiment prendre en pariant sur des obligations à terme (OAT) françaises.

Le chef économiste du Fonds s’exprimait ce mardi à l’occasion de la présentation de la dernière actualisation de son rapport annuel sur l’économie mondiale (WEO), dans lequel il anticipe une croissance de 0,9% en 2024 pour la France, mieux que les 0,7% anticipé en avril dernier.

« Sans ajustement sérieux » de la trajectoire budgétaire, « il va être difficile d’atteindre les objectifs d’un retour du déficit à 3% du PIB pour 2027 », a ajouté Pierre-Olivier Gourinchas, rappelant que la France a été placée mi-juin en procédure de déficit excessif par la Commission européenne.« Le situation actuelle augmente l’incertitude économique, qui peut dériver du processus politique mais également d’une incertitude importante quant à la trajectoire budgétaire qui sera mise en place », a-t-il insisté.

Sur le plan politique, le problème c’est que la gauche a bien prévu un plan de dépenses supplémentaires mais a oublié d’en chiffrer le montant et les modalités. Les institutions financières et les agences de notation rappelleront à l’ordre la France d’ici la fin de l’année rendront alors encore plus illusoire les promesses électorales.

« Il est nécessaire de réduire cette incertitude et d’avoir un accord qui soit le plus large possible pour prendre en compte cette situation budgétaire. Il faut que l’on soit capable de disposer de marges pour faire face aux chocs futurs car elles sont aujourd’hui très faibles », a-t-il précisé.

Dans son rapport sur la situation des finances publiques présenté lundi 15 juillet, la Cour des comptes s’inquiète elle aussi de la gestion des comptes publics par le gouvernement. Les magistrats financiers s’interrogent notamment sur la trajectoire budgétaire de l’exécutif, détaillée en avril à la Commission européenne dans le programme de stabilité (« PSTAB »). Celle-ci repose sur « des hausses importantes » des prélèvements obligatoires supplémentairesà savoir « quelque 21 milliards d’euros » en cumul pour les années 2025 et 2026, a expliqué son premier président, Pierre Moscovici, devant la presse.

Précisément, selon le rapport, la trajectoire « intègre des mesures de hausses d’impôts d’ampleur, à hauteur de 15 milliards d’euros en 2025 et de 6,2 milliards d’euros en 2026, soit 21,2 milliards à cet horizon ». Le problème c’est que ces recettes supplémentaires ne sont nullement documentées sauf pour 4 milliards ; conclusion il manque 17 milliards

« Pour le reste (17 milliards, ndlr), on n’a aucun élément », relève Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes. « Ce n’est pas du tout documenté. Il n’y a absolument pas d’éléments précis pour dire à quoi ce serait dû », poursuit-elle.

Outre ce manque de réalisme, la juridiction financière administrative pointe l’épée de Damoclès qui repose au-dessus des comptes publics. « Les scénarios alternatifs testés par la Cour des comptes montrent que tout écart par rapport aux prévisions de croissance, de dépenses ou de recettes suffirait à faire dérailler la trajectoire et à manquer les cibles de déficit et de dette pour 2027 », prévient-elle.

 

Politique :Faire l’apprentissage du compromis en France

 

Politique :Faire l’apprentissage du compromis en France

 

Loïc Blondiaux, politiste : « En France, le compromis est souvent perçu comme synonyme de compromission et de faiblesse »La nouvelle Assemblée nationale n’est pas plus ingouvernable que la plupart des Parlements européens, affirme l’universitaire dans un entretien au « Monde ». Elle offre une « occasion historique de rompre avec la centralisation du pouvoir » et avec une culture politique réfractaire à la délibération et à la négociation.

 

Loïc Blondiaux est spécialiste des questions de démocratie et de participation citoyenne. Professeur au département de science politique de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, il a coordonné avec Bernard Manin l’ouvrage collectif Le Tournant délibératif de la démocratie (Les Presses de Sciences Po, 2021).

Avec une Assemblée nationale sans majorité, la France est-elle devenue ingouvernable ?
Les résultats de ces élections législatives sont ceux d’un scrutin proportionnel, avec trois blocs assez comparables. Cette Assemblée peut paraître ingouvernable si l’on se réfère aux catégories d’analyse du pouvoir sous la Ve République.
Mais elle ne l’est pas du tout au regard des standards de la plupart des autres démocraties européennes. Elle n’est pas plus divisée que les Parlements allemand ou italien, dont les députés, élus avec un mode de scrutin mixte à dominante de proportionnelle, sont capables de construire des gouvernements de coalition beaucoup plus représentatifs de la population et plus efficaces que ne l’est le système français avec son scrutin majoritaire, où le gagnant emporte habituellement toute la mise.

 

Jusqu’à ces dernières années, le « fait majoritaire » dominait notre vie politique en favorisant l’émergence d’une majorité nette au bénéfice du camp du président de la République, sauf en période de cohabitation. Cette configuration particulière n’existe plus. Aucune force politique ne représente aujourd’hui plus d’un tiers de l’électorat.

Gouvernement: Le compromis prendra du temps

Gouvernement: Le compromis prendra du temps

 

Alors qu’Emmanuel Macron est souvent décrit comme un politicien/manager, l’absence de majorité à l’Assemblée nationale force le président de la République et l’ensemble des partis politiques à mettre en place des pratiques centrées sur le dialogue, le compromis et la négociation, à l’instar de ce qui se fait aujourd’hui dans certaines entreprises. Si le Nouveau Front populaire (NFP) revendique la « victoire » suite aux dernières élections législatives, le scrutin n’a cependant pas débouché sur une majorité à l’Assemblée nationale. Avec 182 sièges, il manque 107 sièges à la coalition de gauche pour gouverner seule.Le Président de la République et les autres partis politiques n’ont pas manqué de le leur rappeler et de nombreuses voix s’élèvent pour essayer de proposer des coalitions alternatives. Quelle que soit l’issue finale de cette séquence inédite sous la Ve République, il faudra que le président, le gouvernement et les députés apprennent à travailler avec des personnes et des groupes n’ayant pas les mêmes projets politiques.

 

par 

Enseignant-chercheur en stratégie et en sciences politiques, INSEEC Grande École dans The Conversation

Cette nécessité constitue un défi de taille pour les formations politiques françaises. Avec son élection présidentielle au suffrage universel direct et son élection législative au scrutin majoritaire, la Vᵉ République s’est structurée autour du principe de l’alternance entre deux grandes forces de gauche et de droite. La culture du compromis y est très peu développée contrairement à d’autres pays comme la Belgique ou l’Allemagne.

Le système actuel a notamment été mis en place pour faire oublier une IVe République qui s’était distinguée par son parlementarisme et son instabilité. Les gouvernements se succédaient à un rythme soutenu au gré des alliances entre des partis nombreux et volatiles. Au-delà de la nécessité de sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait le pays avec la guerre d’Algérie, le retour du Général de Gaulle et la nouvelle Constitution avaient aussi mis en lumière la culture bonapartiste française de l’homme providentiel et du chef indiscuté et peu enclin au compromis.

Dans cette perspective, la cohabitation constitue un partage du pouvoir entre le président et le premier ministre qui correspond peu à cette culture et à l’esprit censé inspiré les institutions de la Ve République.

Malgré le respect de quelques domaines « réservés » au président, comme la défense nationale et la politique étrangère, les trois premières furent marquées par un rapport de force à l’avantage du premier ministre.

Ironie de l’histoire, elles furent pourtant fatales à leurs ambitions présidentielles de l’époque (Jacques Chirac en 1988Edouard Balladur en 1995 et Lionel Jospin en 2002). Celle qui s’annonce devrait être bien différente tant elle dépendra, compte tenu de l’absence de majorité, de la recherche d’équilibre et de compromis entre le président et le premier ministre, entre le premier ministre et le gouvernement et entre le gouvernement et les partis le soutenant.

Trouver des terrains d’entente entre des personnes et des formations politiques au départ très éloignées en matière d’idées et de convictions ne sera pas une tâche facile dans le contexte actuel. Tout d’abord parce que notre société moderne se distingue par une très forte bipolarisation liée à l’intensité des problématiques actuelles.

Les questions portant sur l’environnement, l’immigration, la répartition des richesses… sont existentielles et créent des oppositions marquées. Les moyens de communication, en particulier les réseaux sociaux, exacerbent leur perception.

Les tensions géopolitiques liées à la situation en Ukraine, avec la guerre contre la Russie, ou la situation en Israël, suite aux attaques du Hamas, illustrent bien ce phénomène.

La France sort aussi d’une mandature législative marquée par des antagonismes et des clivages très profonds. L’usage répété du 49.3, pour faire passer des lois parfois impopulaires comme celle des retraites, et les polémiques et invectives, qui ont émaillé les travaux de l’Assemblée nationale lors des deux dernières années, ont généré des tensions et des inimitiés qu’il sera compliqué de dépasser.

Les sciences de gestion éclairent d’une lumière intéressante cet impératif de dialogue et de compromis du monde politique. Nombreux sont les ouvrages et articles scientifiques qui ont mis en lumière les efforts des organisations pour dépasser des modèles fondés sur des structures très hiérarchisées, menées par des leaders autoritaires et se caractérisant par l’absence de dialogue.

En matière de management, le leadership narcissique, solitaire et déconnecté de ses équipes, a laissé la place à un leadership transformationnel. Cette forme de leadership mise sur la confiance, le dialogue et met en avant la compétence et la capacité à convaincre et à partager une vision stratégique.

En matière d’organisation, des concepts comme ceux d’entreprises libérées ou d’organisations agiles sont apparus. Ces théories mettent l’accent sur des structures revendiquant des fonctionnements avec peu ou même sans strates hiérarchiques. Elles visent à responsabiliser et à mettre sur un pied d’égalité les collaborateurs et les « chefs ». Elles obligent les personnes à privilégier la communication, l’entente et le compromis.

En matière de stratégie, la coopétition, qui désigne la coopération entre des entreprises concurrentes, requiert la mise en place d’une relation de confiance. Elle ne peut s’établir qu’en écoutant l’autre et en étant capable d’accepter ses idées et de les intégrer dans des projets communs.

Si ces concepts sont à la mode et alimentent recherches et pratiques en entreprise, il serait naïf de penser qu’ils concernent la majorité des organisations et se mettent en place sans heurts. Les difficultés et les limites sont nombreuses. Beaucoup d’entreprises continuent de privilégier les anciens modèles basés sur la verticalité des décisions et des hiérarchies très stratifiées. C’est par exemple généralement le cas dans les entreprises du CAC 40 français.

Pendant longtemps, la culture du compromis et du dialogue a été liée à l’importance des corps intermédiaires comme les syndicats. Mais leur perte d’influence et l’avènement de pratiques démocratiques plus directes, liées notamment aux progrès technologiques, ont renforcé une culture politique française où faire des concessions est souvent perçu comme un aveu de faiblesse.

Les blocages actuels mettent en lumière les faiblesses des personnels politiques en matière de management et expliquent sans doute le choix de certains de suivre des formations en la matière. L’ampleur de la tâche qui attend les responsables politiques français dans les semaines et les mois qui viennent est immense. Si certains d’entre eux ont officiellement revendiqué l’adhésion à cette nouvelle approche, la grande majorité des responsables politiques semble encore privilégier le rapport de forces et la compétition, malgré la nécessité d’avancer autrement.

Comme tout changement culturel profond, le passage à des pratiques politiques basées sur le compromis et le dialogue devrait prendre du temps. L’urgence de la situation actuelle ne le permet pourtant pas et augure mal des prochaines semaines en matière de stabilité.

Sondage gouvernement: les Français rejettent très largement un gouvernement exclusivement du NFP

Sondage gouvernement:  les Français rejettent très largement un gouvernement exclusivement du NFP

Selon le dernier sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, 73% des Français refusent de voir un gouvernement exclusivement composé de ministres du bloc de gauche.

. Moins d’une semaine après le second tour des législatives, six Français sur dix (60%) jugent que la dissolution de l’Assemblée nationale était une «mauvaise décision», selon le dernier sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro. Alors que les résultats des urnes plongent le pays dans l’inconnu avec un Hémicycle éclaté en trois blocs.

Sondage: les Français rejettent très largement un gouvernement exclusivement du NFP

Sondage:  les Français rejettent très largement un gouvernement exclusivement du NFP

Selon le dernier sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, 73% des Français refusent de voir un gouvernement exclusivement composé de ministres du bloc de gauche.

. Moins d’une semaine après le second tour des législatives, six Français sur dix (60%) jugent que la dissolution de l’Assemblée nationale était une «mauvaise décision», selon le dernier sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro. Alors que les résultats des urnes plongent le pays dans l’inconnu avec un Hémicycle éclaté en trois blocs, une majorité des Français (61%) déclarent être «insatisfaits» de cette configuration rendant la constitution d’une majorité très difficile.

La menace du RN sur un gouvernement NFP

La menace du RN sur un gouvernement NFP

 

En déclarant que le Rassemblement national sanctionnera tout gouvernement comprenant des insoumis et des écolos, le parti de Marine Le Pen  rend impossible la formation d’un gouvernement de gauche et même d’un gouvernement de coalition autour du NFP. Autant dire que la crise politique s’approfondit de jour en jour et que l’attentisme dont croyait bénéficier Macron se traduit en pièges supplémentaires. En clair, cette assemblée est actuellement compte tenue des positions des un et des autres complètement ingérable. La France s’enfonce dans une crise politique dont vraisemblablement personne ne peut prévoir l’issue. Le président se trouve maintenant  cadenassé par les exigences contradictoires aussi bien du rassemblement national que des insoumis. À moins évidemment d’alliances aujourd’hui improbables.

Politique-Après la surprise du NFP , et maintenant ?

Politique-Après la surprise du NFP ,  et maintenant ?

Alors que tout indiquait que nous allions devoir résister à l’extrême droite au pouvoir, une digue démocratique et républicaine a permis d’éviter le désastre annoncé. Il reste certes un très long chemin avant que la menace d’un gouvernement d’extrême droite ne soit définitivement écartée. En effet, les prochaines élections présidentielles pourraient voir triompher des idéaux profondément contraires à nos principes.

 

par 

Chercheur associé en science politique (Cevipof), Sciences Po dans The Conversation

Il est néanmoins un moyen, auquel la classe politique se montre largement indifférente, d’éviter cette triste perspective : supprimer – par un vote du Congrès, soit des deux chambres du parlement, recueillant au moins 2/3 des voix des parlementaires – l’élection du président de la République au suffrage universel, et donc revenir à un régime parlementaire, configuration plus démocratique qui est, comme le montrent nombre de nos voisins européens, parfaitement stable.

Il est hélas fort probable que cette hypothèse soit négligée, en arguant l’attachement (supposé) des Français à la façon de désigner le chef de l’exécutif. Dès lors, si elles se sont éloignées, les craintes que nous avions nourries avant le deuxième tour des élections législatives restent identiques : il s’agit de savoir dans quelle société nous désirons vivre.

Depuis la fin du régime de Vichy, et malgré les guerres coloniales, nous n’avions pas réellement eu le sentiment que les principes de la République, « liberté, égalité, fraternité », unanimement revendiqués, étaient en péril. C’est la conscience du péril qui, à n’en pas douter, explique largement l’inattendu verdict des urnes. Quelle que soit la diversité des motivations, les électeurs, en rejetant l’introduction de la préférence (ou la priorité) nationale dans la Constitution, ont refusé de créer deux catégories de Français.

Ils ont également refusé que les libertés les plus fondamentales – celles de création, d’expression et de programmation, les libertés académiques aussi – soient drastiquement limitées.

Et, bien entendu, ils se sont opposé à l’institutionnalisation de la xénophobie, laquelle, dissimulée derrière la promotion du patriotisme, aurait accentué la répression des migrants et des réfugiés.

Cependant cette réaction salutaire ne fait qu’éloigner le danger. Elle ne doit pas nous émanciper de la tâche de comprendre comment nous avons pu consentir à dessiner les contours d’une société inhospitalière à la différence au sein de laquelle la dimension émancipatrice des droits (notamment des droits sociaux) puisse être sacrifiée à des fins d’exclusion de certains d’entre nous, désignés comme Français incomplets.

L’éventualité d’un semblable bouleversement est la conséquence d’une série de facteurs, parmi lesquels l’idée, désormais profondément ancrée chez une majorité de Français, que l’immigration est un problème.

Bien que très éloignée d’une description adéquate du réel, la thèse du « grand remplacement » a fourni un motif aux peurs irrationnelles, si fréquentes en temps de crise.

Car crise il y a, et les gouvernants des 50 dernières années en portent la responsabilité conjointe. Sans doute, celle d’Emmanuel Macron, l’acteur majeur de la disqualification de la parole présidentielle, est-elle décisive.

Le discrédit qui frappe le politique se traduit dès lors par la volonté de donner la parole au « peuple », autrement dit par une méfiance pérenne pour la démocratie représentative, phénomène alimenté par le resserrement de l’éligibilité, c’est-à-dire par la diminution du nombre de ceux qui peuvent être élus.

 

Ce discrédit accentue le découplage entre démocratie et gouvernement représentatif. La crise de la représentation, sur laquelle Daniel Bougnoux, dans un ouvrage éponyme de 2006, a attiré l’attention, se manifeste notamment dans l’érosion de l’électorat des grands partis (manque à la fois du renouvellement du personnel politique et des idées) et aussi dans l’augmentation de la volatilité électorale (c’est-à-dire de la possibilité que, d’une échéance électorale à l’autre, les électeurs modifient leurs préférences politiques).

Dans ce contexte, les stratégies habituelles de diabolisation, que l’on a pu croire efficaces jusqu’au coup de tonnerre d’avril 2002, échouent désormais. Plus encore, elles victimisent ceux que l’on cherche à exclure du champ légitime d’expression du débat public, et les renforcent en donnant à penser qu’il y aurait des thèmes tabous.

La guerre culturelle, théorisée dans une perspective néo-gramscienne par la Nouvelle droite (Alain de Benoist, la revue Eléments et le GRECE), dès les années 1960, semble être gagnée par la droite radicale, comment en témoignent les doutes consistants sur la valeur de la démocratie et l’hégémonie de l’idéologie néo-libérale. La traduction concrète majeure est, en France, l’influence de l’empire médiatique constitué par Vincent Bolloré.

 

Aussi, les motivations du vote en faveur du Rassemblement national sont-elles profondément différentes du vote protestataire d’autrefois. Il s’agit de donner sa chance à une « autre politique » que la propagande est parvenue à faire passer pour neuve, et que la banalisation de ses thématiques par la droite de gouvernement (et, parfois, par une gauche théorisant une sorte de « racisme de résistance », en tant qu’expression de la défense de notre civilisation contre ceux qui porteraient atteinte à ses valeurs fondatrices) a rendue attrayante.

Nous devrions pourtant savoir ce que, parvenue au pouvoir, l’extrême droite s’emploie à réaliser. Très récemment, en Pologne, nous en avons eu la démonstration.

Le principal vecteur de légitimation du nouveau pouvoir est la prétention à incarner la volonté du peuple, le vrai peuple dont les nouveaux leaders sont supposés connaître les besoins, ce qui rend inutiles les institutions intermédiaires.

On voit ainsi à l’œuvre une logique de rejet du pluralisme : les autres partis ne traduisent pas la volonté populaire et sont donc illégitimés.

Le « peuple » auquel se réfère ce que l’on nommera désormais national-populisme est donné, ce qui renvoie à des origines largement mythifiées.

Il existe donc une forte dimension nativiste dont la fonction est de priver de droits ceux qui, par leur origine ou leur confession, sont censés menacer l’intégrité de la nation. Les bienfaits de l’État-providence ne devraient être destinés qu’au « vrai peuple » : le populisme procède d’une révolte contre le partage des acquis sociaux, durement obtenus sur le long terme, avec de nouveaux venus, les immigrés, qui ne les mériteraient pas.

Ainsi, alors qu’il y a peu, l’Union européenne était la cible privilégiée du national-populisme, le nativisme a pris le relais, avec son rejet des immigrés et des minorités religieuses, plus précisément l’hostilité envers l’islam. Il ne s’agit plus désormais, comme le voulait Tocqueville, de « protéger les minorités » mais d’imposer les « droits de la majorité ».

On passe ainsi à une citoyenneté définie sur une base socioculturelle essentialisante, tendance observable à l’échelle mondiale (au Brésil, en Inde, aux États-Unis, etc.)

 

Il s’agit donc de restaurer la souveraineté d’un peuple autochtone (bien que l’autochtonie demeure indéfinissable), qui serait victime d’une élite cosmopolite, vis-à-vis de laquelle se manifeste un profond ressentiment.

Les nationaux-populistes s’arrogent ainsi le monopole moral de la représentation. D’autant que l’indifférence reprochée aux élus justifie une intervention directe des citoyens dans la décision politique, ainsi qu’une efficacité immédiate de l’action publique.

Arrivés au pouvoir, les partis populistes confisquent l’État : comme ils sont l’expression du peuple, l’État doit le servir. Dès lors, celui-ci devient illibéral : il restreint les libertés et empêche la discussion démocratique. Les manifestations et contestations sont alors décrites comme l’expression d’un complot, ourdi évidemment depuis l’étranger, pour faire échouer l’expérience en cours.

Cette caractérisation sombre de ce que pourrait être notre avenir n’était-elle pas, comme le souligne Jean-François Bayart, largement inscrite dans le processus de rédemption de la nation sur le mode d’un fondamentalisme identitaire ?

Le mal est profond, et les Lumières ne nous éclairent plus guère. La question cependant demeure : dans quelle société désirons-nous vivre ?

Pour la relance du bâtiment

Pour la relance du  bâtiment

La situation du logement neuf reste très dégradée. En glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2024, les mises en chantier s’effondrent de 23,3 %. Sur la même période, la baisse des permis se tasse nettement à -2,1 % . La crise du bâtiment s’approfondit si l’on en juge par la réduction des mises en chantier et des demandes de permis de construire. En cause aisément des taux d’intérêt excessif mais aussi des problèmes de solvabilité des candidats à l’accession notamment les primo accédant. Du coup la fédération française du bâtiment souhaite à véritables plans de redressement dans un secteur aujourd’hui sinistré.
Pour le  président de la Fédération française du bâtiment. « S’il n’y a aucune mesure puissante de relance sur le neuf, ce sont 150.000 emplois qui seront concernés dans le bâtiment » d’ici à 2025, a enchaîné, ce mercredi, Olivier Salleron, lors d’une conférence de presse.

Au premier chef, le président de la Fédération du bâtiment souhaite le rétablissement du prêt à taux zéro (PTZ) universel, ainsi que celui d’un dispositif de soutien à l’investissement locatif.

Olivier Salleron pousse par ailleurs en faveur de l’adaptation de l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols aux réalités des territoires. « Certains ont déjà utilisé de 2021 à 2024 plus de 50% de leur quota [de consommation foncière] tant est si bien qu’il en restera moins de la moitié d’ici à 2031 »alerte le lobbyiste du secteur.

Ce dernier demande aussi l’arrêt de la surenchère réglementaire. Concrètement, il plaide pour que le palier 2025 de la réglementation environnementale des bâtiments neufs – dite RE2020 -, encore plus exigeant sur le plan climatique que le premier jalon, soit repoussé à 2028.« Le cas échéant, cela risque d’augmenter les coûts de construction de 5-6%. Ce n’est pas tenable au regard de la conjoncture »martèle le patron du Bâtiment.

Il rêve aussi d’une révision du dispositif REP, c’est-à-dire de la responsabilité élargie des producteurs de déchets dans le bâtiment. Selon Olivier Salleron, seule la moitié des reprises ne sont pas effectuées par les éco-organismes agréés par l’Etat, alors même que chaque année, le secteur produit plus de 45 millions de tonnes de déchets, autant que la population française tout entière !

Dans un autre registre, le président de la Fédération du bâtiment défend la limitation de la sous-traitance en cascade. «Tout le monde est d’accord, mais il y a encore trop de mauvais comportements. Il faut légiférer, ne serait-ce que pour lutter contre le travail illégal »affirme Olivier Salleron.

Il se fait en outre l’avocat du maintien d’une politique de soutien à l’apprentissage et de l’équilibre du dialogue social

Après la surprise du NFP , et maintenant ?

Après la surprise du NFP ,  et maintenant ?

Alors que tout indiquait que nous allions devoir résister à l’extrême droite au pouvoir, une digue démocratique et républicaine a permis d’éviter le désastre annoncé. Il reste certes un très long chemin avant que la menace d’un gouvernement d’extrême droite ne soit définitivement écartée. En effet, les prochaines élections présidentielles pourraient voir triompher des idéaux profondément contraires à nos principes.

 

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Chercheur associé en science politique (Cevipof), Sciences Po dans The Conversation

Il est néanmoins un moyen, auquel la classe politique se montre largement indifférente, d’éviter cette triste perspective : supprimer – par un vote du Congrès, soit des deux chambres du parlement, recueillant au moins 2/3 des voix des parlementaires – l’élection du président de la République au suffrage universel, et donc revenir à un régime parlementaire, configuration plus démocratique qui est, comme le montrent nombre de nos voisins européens, parfaitement stable.

Il est hélas fort probable que cette hypothèse soit négligée, en arguant l’attachement (supposé) des Français à la façon de désigner le chef de l’exécutif. Dès lors, si elles se sont éloignées, les craintes que nous avions nourries avant le deuxième tour des élections législatives restent identiques : il s’agit de savoir dans quelle société nous désirons vivre.

Depuis la fin du régime de Vichy, et malgré les guerres coloniales, nous n’avions pas réellement eu le sentiment que les principes de la République, « liberté, égalité, fraternité », unanimement revendiqués, étaient en péril. C’est la conscience du péril qui, à n’en pas douter, explique largement l’inattendu verdict des urnes. Quelle que soit la diversité des motivations, les électeurs, en rejetant l’introduction de la préférence (ou la priorité) nationale dans la Constitution, ont refusé de créer deux catégories de Français.

Ils ont également refusé que les libertés les plus fondamentales – celles de création, d’expression et de programmation, les libertés académiques aussi – soient drastiquement limitées.

Et, bien entendu, ils se sont opposé à l’institutionnalisation de la xénophobie, laquelle, dissimulée derrière la promotion du patriotisme, aurait accentué la répression des migrants et des réfugiés.

Cependant cette réaction salutaire ne fait qu’éloigner le danger. Elle ne doit pas nous émanciper de la tâche de comprendre comment nous avons pu consentir à dessiner les contours d’une société inhospitalière à la différence au sein de laquelle la dimension émancipatrice des droits (notamment des droits sociaux) puisse être sacrifiée à des fins d’exclusion de certains d’entre nous, désignés comme Français incomplets.

L’éventualité d’un semblable bouleversement est la conséquence d’une série de facteurs, parmi lesquels l’idée, désormais profondément ancrée chez une majorité de Français, que l’immigration est un problème.

Bien que très éloignée d’une description adéquate du réel, la thèse du « grand remplacement » a fourni un motif aux peurs irrationnelles, si fréquentes en temps de crise.

Car crise il y a, et les gouvernants des 50 dernières années en portent la responsabilité conjointe. Sans doute, celle d’Emmanuel Macron, l’acteur majeur de la disqualification de la parole présidentielle, est-elle décisive.

Le discrédit qui frappe le politique se traduit dès lors par la volonté de donner la parole au « peuple », autrement dit par une méfiance pérenne pour la démocratie représentative, phénomène alimenté par le resserrement de l’éligibilité, c’est-à-dire par la diminution du nombre de ceux qui peuvent être élus.

 

Ce discrédit accentue le découplage entre démocratie et gouvernement représentatif. La crise de la représentation, sur laquelle Daniel Bougnoux, dans un ouvrage éponyme de 2006, a attiré l’attention, se manifeste notamment dans l’érosion de l’électorat des grands partis (manque à la fois du renouvellement du personnel politique et des idées) et aussi dans l’augmentation de la volatilité électorale (c’est-à-dire de la possibilité que, d’une échéance électorale à l’autre, les électeurs modifient leurs préférences politiques).

Dans ce contexte, les stratégies habituelles de diabolisation, que l’on a pu croire efficaces jusqu’au coup de tonnerre d’avril 2002, échouent désormais. Plus encore, elles victimisent ceux que l’on cherche à exclure du champ légitime d’expression du débat public, et les renforcent en donnant à penser qu’il y aurait des thèmes tabous.

La guerre culturelle, théorisée dans une perspective néo-gramscienne par la Nouvelle droite (Alain de Benoist, la revue Eléments et le GRECE), dès les années 1960, semble être gagnée par la droite radicale, comment en témoignent les doutes consistants sur la valeur de la démocratie et l’hégémonie de l’idéologie néo-libérale. La traduction concrète majeure est, en France, l’influence de l’empire médiatique constitué par Vincent Bolloré.

 

Aussi, les motivations du vote en faveur du Rassemblement national sont-elles profondément différentes du vote protestataire d’autrefois. Il s’agit de donner sa chance à une « autre politique » que la propagande est parvenue à faire passer pour neuve, et que la banalisation de ses thématiques par la droite de gouvernement (et, parfois, par une gauche théorisant une sorte de « racisme de résistance », en tant qu’expression de la défense de notre civilisation contre ceux qui porteraient atteinte à ses valeurs fondatrices) a rendue attrayante.

Nous devrions pourtant savoir ce que, parvenue au pouvoir, l’extrême droite s’emploie à réaliser. Très récemment, en Pologne, nous en avons eu la démonstration.

Le principal vecteur de légitimation du nouveau pouvoir est la prétention à incarner la volonté du peuple, le vrai peuple dont les nouveaux leaders sont supposés connaître les besoins, ce qui rend inutiles les institutions intermédiaires.

On voit ainsi à l’œuvre une logique de rejet du pluralisme : les autres partis ne traduisent pas la volonté populaire et sont donc illégitimés.

Le « peuple » auquel se réfère ce que l’on nommera désormais national-populisme est donné, ce qui renvoie à des origines largement mythifiées.

Il existe donc une forte dimension nativiste dont la fonction est de priver de droits ceux qui, par leur origine ou leur confession, sont censés menacer l’intégrité de la nation. Les bienfaits de l’État-providence ne devraient être destinés qu’au « vrai peuple » : le populisme procède d’une révolte contre le partage des acquis sociaux, durement obtenus sur le long terme, avec de nouveaux venus, les immigrés, qui ne les mériteraient pas.

Ainsi, alors qu’il y a peu, l’Union européenne était la cible privilégiée du national-populisme, le nativisme a pris le relais, avec son rejet des immigrés et des minorités religieuses, plus précisément l’hostilité envers l’islam. Il ne s’agit plus désormais, comme le voulait Tocqueville, de « protéger les minorités » mais d’imposer les « droits de la majorité ».

On passe ainsi à une citoyenneté définie sur une base socioculturelle essentialisante, tendance observable à l’échelle mondiale (au Brésil, en Inde, aux États-Unis, etc.)

 

Il s’agit donc de restaurer la souveraineté d’un peuple autochtone (bien que l’autochtonie demeure indéfinissable), qui serait victime d’une élite cosmopolite, vis-à-vis de laquelle se manifeste un profond ressentiment.

Les nationaux-populistes s’arrogent ainsi le monopole moral de la représentation. D’autant que l’indifférence reprochée aux élus justifie une intervention directe des citoyens dans la décision politique, ainsi qu’une efficacité immédiate de l’action publique.

Arrivés au pouvoir, les partis populistes confisquent l’État : comme ils sont l’expression du peuple, l’État doit le servir. Dès lors, celui-ci devient illibéral : il restreint les libertés et empêche la discussion démocratique. Les manifestations et contestations sont alors décrites comme l’expression d’un complot, ourdi évidemment depuis l’étranger, pour faire échouer l’expérience en cours.

Cette caractérisation sombre de ce que pourrait être notre avenir n’était-elle pas, comme le souligne Jean-François Bayart, largement inscrite dans le processus de rédemption de la nation sur le mode d’un fondamentalisme identitaire ?

Le mal est profond, et les Lumières ne nous éclairent plus guère. La question cependant demeure : dans quelle société désirons-nous vivre ?

Pour un changement du mode de scrutin

 

Pour un changement du mode de scrutin

Le mode de scrutin majoritaire fonctionnait lorsque l’espace politique était organisé autour de deux grands blocs, de gauche et de droite, mais il est obsolète depuis la tripartition de l’espace politique, analyse dans une tribune au « Monde » l’économiste, qui propose d’y adjoindre plus de proportionnalité.

 

Vincent Pons

Professeur d’économie à Harvard (Massachusetts) et Prix du meilleur jeune économiste 2023

 

Dimanche 7 juillet, le pire a été évité : qu’une minorité d’électeurs d’extrême droite permette au Rassemblement national (RN) de gouverner la France. Au contraire, le front républicain a accouché d’une Assemblée divisée en trois blocs. Le Nouveau Front populaire (NFP) remporte 32 % des sièges, soit un peu plus que son total de voix au premier tour (28 %), Ensemble est fortement surreprésenté (29 % des sièges, contre environ 20 % des voix), et le RN avec ses alliés ciottistes est sous-représenté (25 % des sièges, contre 33 % des voix).

Aucun camp n’ayant de majorité absolue, les négociations du troisième tour ont débuté : un gouvernement de coalition peut-il émerger, et quel serait son centre de gravité ? Si pressantes ces questions soient-elles, les élections que nous venons de vivre devraient également nous pousser à réformer notre mode de scrutin. Elles ont en effet confirmé deux faiblesses structurelles du scrutin uninominal à deux tours.

La première est la disproportionnalité entre nombre de voix et nombre de sièges. Comme chaque circonscription élit un seul député, un parti peut en théorie rafler tous les sièges en réunissant la moitié seulement des suffrages. Or le Parlement est d’autant moins représentatif et légitime que l’écart entre sièges et voix est important. Par le passé, la disproportionnalité a parfois été encore plus forte qu’aujourd’hui. En 2017, En marche ! et ses alliés avaient ainsi transformé 32 % des voix en 61 % des sièges.

 

Hausse du chômage en 2024

Hausse du chômage en 2024

 

 Les créations d’emplois ont fortement ralenti et la population active augmente bien plus vite que la croissance du PIB. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) pourrait ainsi passer de 7,1% au T1 2023 à 7,6% à la fin de l’année 2024, selon la dernière note de conjoncture de l’Insee dévoilée ce mardi 9 juillet.

En 2024, la hausse du chômage en rythme annuel (+0,1%) serait moins élevée qu’en 2023 (+0,4%) mais elle témoigne d’un vrai coup de frein de l’activité et de la fin du « quoi qu’il en coûte ». Avec la fermeture du robinet des aides Covid et de moindres subventions à l’apprentissage, les entreprises ont réduit la voilure sur les embauches. Fixée comme une priorité par Emmanuel Macron, la promesse « plein emploi » s’éloigne toujours plus.

Les créations de postes ont chuté à 513.000 en 2022 et 270.000 en 2023. S’agissant de 2024, l’institut de statistiques tablent sur 185.000 postes. Outre le coup de frein de la croissance, la population active peut également jouer un rôle sur la hausse du chômage.

Le décalage de l’âge de départ à la retraite de 62 ans à 64 ans a en effet provoqué un sursaut de la population en âge de travailler de 150.000 chaque année jusqu’en 2030.

 

 

 

Prix du pétrole : en retrait provisoirement

Prix du pétrole : en retrait provisoirement

 

Les prix du pétrole sont légèrement en retrait pour le premier semestre et pourrait remonter légèrement au second. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, a perdu 1,27% à 84,66 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, a baissé de 1,11% à 81,41 dollars.

L’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) relevé son estimation de la demande globale de brut ainsi que son évaluation du prix du baril pour la deuxième partie de l’année, le plaçant à 89 dollars au lieu de 84 dollars en moyenne au premier semestre.

Législatives: Victoire de la gauche ou défaite du RN

Législatives: Victoire de la gauche ou défaite du RN

Une nouvelle fois le résultat des législatives ( comme celle d’ailleurs des présidentielles) soulève une énorme ambiguïté. S’agit-il en effet d’une victoire–relative- de la gauche ou d’une défaite du Rassemblement national. 

Les Français depuis des décennies ont surtout pris l’habitude de voter d’abord contre des responsables plutôt que pour un candidat. En réalité, la victoire affichée de la gauche se nourrit surtout d’un rejet du rassemblement national. Pour preuve,  les énormes divergences idéologiques et politiques de ceux  qui ont surtout voulu manifester leur opposition à la perspective d’une arrivée au pouvoir du rassemblement national.

Idéologiquement les opposant au Rassemblement national vont des marxiste aux libéraux en passant par les sociaux-démocrates. Une alliance évidemment contre nature et surtout destinée à bloquer le camp d’en face. On retrouvera rapidement ces contradictions quand il faudra se situer face à la problématique de gestion et à ses contraintes.

Il y a au moins 45 ans que dure l’ambiguïté entre le vote pour et le vote contre. Ainsi par exemple Mitterrand a cru pouvoir appliquer son programme alors qu’en réalité c’est suite surtout Giscard d’Estaing qui a été victime d’un vote contre. Pour preuve à peine deux ans après Mitterrand a opéré un virage à 180°. Même chose souvent pour les présidents qui lui ont succédé. Macron en fait a été élu surtout grâce aux voix de gauche et s’est cru mandaté pour appliquer une politique de droite en plus très confuse et contradictoire.

Aucune conclusion n’a été intégrée par les partis politiques à propos de cette ambiguïté permanente. Pour preuve les cris de victoire chez les gagnants qui correspond surtout à la volonté de défaire le camp d’en face et non une adhésion à un projet par ailleurs souvent illusoire et démagogique.

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