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Réforme des retraites : hold-up des vieux sur la retraites des jeunes ?

Réforme des retraites : hold-up des vieux sur la retraites des jeunes ?  

Dans le JDD, Arnaud Chéron, directeur de EDHEC Economics, le pôle de recherche en économie de l’EDHEC Business School, s’interroge sur « l’inéquité intergénérationnelle » que provoquerait le système de retraites voulu par le gouvernement. ( l’intéressé oublie cependant de prendre en compte la durée effective de travail sur la totalité de la carrière,  réduction de la durée  de 50%  en 70 ans environ NDLR)

 

« Le couperet est tombé : le projet de réforme du système de retraite présenté par le gouvernement combine deux objectifs, au travers d’une réforme systémique, par points. Le premier de ces objectifs est présenté comme celui de la justice sociale au travers de l’universalité du régime : il s’agit de faire converger, au sein d’un seul régime, l’actuel régime général et les 42 régimes spéciaux existants, avec le principe d’une accumulation de points (droits à la retraite) dont la valeur sera la même, quel que soit le métier exercé ; des bonus sur cette accumulation pourraient toutefois être octroyés selon la pénibilité du travail réalisé.

La bascule des régimes spéciaux dans ce nouveau système est par ailleurs envisagée de manière retardée par rapport aux cotisants du régime général : alors qu’il s’appliquera aux travailleurs du privé à partir de la génération 1975, la première génération concernée sera celle de 1985 pour, par exemple, les conducteurs de la SNCF. La convergence vers l’uniformisation se fera donc progressivement, de sorte à ne pas « sur-pénaliser » des individus ayant fait des choix de carrière en lien avec la spécificité du régime de retraite associé. De même, un certain nombre de spécificités seront maintenues pour quelques professions à risques (pompiers, militaires ou policiers).

Le second objectif est celui de l’équilibre financier, le système restant actuellement structurellement déficitaire avec des dépenses en pensions à hauteur de 14% du PIB pour des recettes égales à 13%.

Les prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR) indiquent qu’à l’horizon 2025 ce déficit équivaudrait entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros selon le scénario économique retenu. Dans le projet gouvernemental, l’objectif d’équilibre financier est principalement incarné par la mise en place d’un âge pivot à 64 ans, supérieur de deux ans à l’âge minimum légal de départ en retraite.

 

La confusion actuelle comme les risques de voir confluer des contestations sociales de nature différente proviennent certainement de cette volonté du gouvernement de poursuivre simultanément ces deux objectifs ambitieux, ajoutant à la réforme systémique une réforme paramétrique.

La logique financière semble pour sa part implacable face au défi posé par la démographie : le ratio des 20-59 ans sur celui des 60 ans et plus diminue continuellement, et poursuivra sa chute : d’environ 1,8 actuellement il passera à 1,3 à l’horizon 2070 (alors qu’il équivalait 2,76 en 1990).

Iniquité intergénérationnelle

Le retour à l’équilibre financier passe donc au moins pour partie par des mesures d’âge. Mais la problématique actuellement posée par la contestation sociale (et notamment la CFDT) est plutôt celle de la synchronisation de mesures financières avec une réforme systémique destinée à rendre plus équitable notre système de retraite par répartition.

Sur l’équité, il semble pourtant qu’il y ait un grand oublié dans la réforme : les actuels retraités. Il est en effet envisagé de faire peser sur les seuls actifs le poids de la réforme, alors qu’aujourd’hui on est déjà confronté à une très grande iniquité intergénérationnelle, à deux niveaux.

D’une part, les papy-boomers (génération du baby-boom qui vient de partir en retraite) ont relativement moins contribué, via leurs cotisations, au système de répartition pour financer les pensions de leurs aînés (moins nombreux), que ne cotisent actuellement les actifs. D’autre part, ils ont bénéficié d’un âge de départ en retraite substantiellement plus faible que celui que connaîtront leurs descendants.

Le choix fait par le gouvernement est celui de la réduction des inégalités entre les actifs, futurs retraités, sans mettre à contribution les actuels, au moins les plus aisés d’entre eux. C’est probablement pour éviter que ne s’ouvre une fronde sociale supplémentaire, mais cela n’en reste pas moins très contestable.

La mise à contribution des retraités les plus aisés pourrait faciliter cette transition : l’allongement des carrières doit pouvoir se faire dans des conditions propices à l’emploi et, qui plus est, pas sur des emplois au rabais.

Depuis le début des années 2000, on a observé une augmentation de l’emploi des seniors, consécutive au relèvement de l’âge minimum légal de départ en retraite, du nombre d’annuités de cotisations, ainsi qu’à la suppression des cessations anticipées d’activité et des dispenses de recherche d’emploi. L’allongement de l’horizon des travailleurs sur le marché du travail a en effet profité à leur employabilité, bien avant 60 ans : le taux moyen d’emploi entre 50 et 59 ans a ainsi progressé d’environ 10 points sur cette période, malgré une conjoncture peu porteuse.

 

Pour autant, se pose la question de la nature, ou de la « qualité » des emplois occupés. La problématique de la polarisation est aujourd’hui un phénomène économique particulièrement étudié, caractérisant la disparition d’emplois dits routiniers (en référence typiquement aux tâches réalisées par les employés et ouvriers), au profit, d’une part de postes dits complexes, bien rémunérés, renvoyant à l’exécution de fonctions managériales et à fortes dominantes cognitives, et d’autre part (dans une moindre mesure) de postes manuels à faibles salaires (typiquement en lien avec les services aux particuliers).

Et c’est là que le bât blesse : alors que pour les 30-49 ans la part des emplois complexes dans l’emploi non agricole a progressé de 8 points depuis le début des années 2000 pour atteindre près de 32%, contrepartie de la diminution observée de la part des emplois routiniers, on n’a pas observé cette même « montée en gamme » chez les 50-59 ans : la part des postes complexes, tout comme celle des emplois routiniers et manuels, est restée stable les concernant.

La formation professionnelle doit donc être au cœur des mesures d’accompagnement de la réforme du système des retraites, avec un véritable soutien financier offert aux entreprises qui proposent de former leurs salariés en deuxième partie de carrière.

Comment financer cette politique? Précisément via une mise à contribution fiscale des retraités les plus aisés, juste retour des choses, de nature à restaurer une certaine équité intergénérationnelle. Évidemment, cela nécessitera un peu (beaucoup) de pédagogie auprès des personnes concernées pour faire entendre la légitimité d’une telle mesure. »

 

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

 

Enquête sur le commerce des données de Google

Enquête sur le commerce des données de Google

 

Un enquête européenne devrait éclairer sur le commerce des données recueillies par Google.une étude menée  par l’équipe du professeur Douglas C. Schmidt, spécialiste des systèmes logiciels, chercheur et enseignant à l’Université Vanderbilt décrit le système de recueil des informations de Google.

Google a des dizaines de produits et services qui évoluent en permanence. On accède souvent à ces produits grâce à un compte Google (ou on l’y associe), ce qui permet à Google de relier directement les détails des activités de l’utilisateur de ses produits et services à un profil utilisateur. En plus des données d’usage de ses produits, Google collecte également des identificateurs et des données de localisation liés aux appareils lorsqu’on accède aux services Google. 

Certaines applications de Google (p.ex. YouTube, Search, Gmail et Maps) occupent une place centrale dans les tâches de base qu’une multitude d’utilisateurs effectuent quotidiennement sur leurs appareils fixes ou mobiles.

Portée mondiale des principales applications Google

Produits

 Utilisateurs actifs

Search

 Plus d’un milliard d’utilisateurs actifs par mois, 90.6 % de part de marché des moteurs de recherche 

Youtube

 Plus de 1,8 milliard d’utilisateurs inscrits et actifs par mois

Maps

 Plus d’un milliard d’utilisateurs actifs par mois

Gmail

 1,2 milliard d’utilisateurs enregistrés

Google Search est le moteur de recherche sur internet le plus populaire au monde  avec plus de 11 milliards de requêtes par mois aux États-Unis . En plus de renvoyer un classement de pages web en réponse aux requêtes globales des utilisateurs, Google exploite d’autres outils basés sur la recherche, tels que Google Finance, Flights (vols), News (actualités), Scholar (recherche universitaire), Patents (brevets), Books (livres), Images, Videos et Hotels. Google utilise ses applications de recherche afin de collecter des données liées aux recherches, à l’historique de navigation ainsi qu’aux activités d’achats et de clics sur publicités. Par exemple, Google Finance collecte des informations sur le type d’actions que les utilisateurs peuvent suivre, tandis que Google Flight piste leurs réservations et recherches de voyage.

Dès lors que Search est utilisé, Google collecte les données de localisation par différents biais, sur ordinateur ou sur mobile, comme décrit dans les sections précédentes. Google enregistre toute l’activité de recherche d’un utilisateur ou utilisatrice et la relie à son compte Google si cette personne est connectée. L’illustration 13 montre un exemple d’informations collectées par Google sur une recherche utilisateur par mot-clé et la navigation associée.

Non seulement c’est le moteur de recherche par défaut sur Chrome et les appareils Google, mais Google Search est aussi l’option par défaut sur d’autres navigateurs internet et applications grâce à des arrangements de distribution. Ainsi, Google est récemment devenu le moteur de recherche par défaut sur le navigateur internet Mozilla Firefox  dans des régions clés (dont les USA et le Canada), une position occupée auparavant par Yahoo. De même, Apple est passé de Microsoft Bing à Google pour les résultats de recherche via Siri sur les appareils iOS et Mac . Google a des accords similaires en place avec des OEM (fabricants d’équipement informatique ou électronique) , ce qui lui permet d’atteindre les consommateurs mobiles.

Les autorités européennes de concurrence enquêtent donc sur les pratiques de Google en matière de collecte de données, a déclaré la Commission européenne à Reuters samedi, laissant entendre que le moteur de recherche le plus populaire au monde reste en ligne de mire en dépit d’amendes records ces dernières années. Les autorités de régulation des deux côtés de l’Atlantique s’intéressent à la façon dont les géants de la tech récoltent des données et les monétisent.

La menace chinoise sur un système de santé national numériquement intégré

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Par Jean-Dominique Séval Directeur fondateur du cabinet de conseil Soon Consulting,  Le Monde)

L’Etat chinois laissera-t-il les mastodontes privés, déjà détenteurs de montages de données utilisateurs, en récolter davantage, parmi les plus personnelles ? La confidentialité des échanges entre médecins et patients pourra-t-elle encore rester confidentielle, s’interroge l’expert en stratégie numérique Jean-Dominique Séval dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Au moment où aux Etats-Unis, Google a été pris la main dans le sac pour avoir aspiré les données cliniques de millions de patientes et de patients, et qu’en France, la ministre de la santé semble avoir pris conscience des enjeux de l’intelligence artificielle pour la santé, la Chine est déjà en train de bâtir à marche forcée un nouveau système de santé national numériquement intégré.

En quelques décennies, la Chine a réalisé d’énormes progrès pour moderniser son système de santé. Il est loin le temps où une partie de l’Occident s’extasiait devant le système des médecins aux pieds nus, lancé en 1965 par Mao Zedong pour parer au plus pressé : des agriculteurs formés en six mois aux rudiments des soins médicaux sur fond de médecine traditionnelle. Il reste de cette époque un sentiment d’urgence dont témoigne la formidable capacité d’accélération de l’économie chinoise appliquée à la transformation du système de santé à l’heure du numérique.

Depuis les temps héroïques, l’espérance de vie de ses citoyens s’est sensiblement améliorée, la mortalité infantile fortement réduite… Toutefois, avec une population vieillissante, les dépenses nationales de santé augmentent 5 % à 10 % plus vite que le PIB depuis 2008. Et le système est victime de fortes disparités régionales, avec des hôpitaux submergés dans les villes, alors que les campagnes manquent cruellement de praticiens. Résoudre ces problèmes est une des priorités du plan décennal « Healthy China 2030 ».

Pour y parvenir, l’Etat a mis en place depuis 2008 une cohabitation structurée entre un secteur public dont le but est d’assurer l’accès aux soins basiques pour tous, et un secteur privé devant accélérer la mise en place d’un système de santé au niveau des standards internationaux. Cela nécessite une coopération étroite entre des acteurs aussi différents que les autorités locales et centrales, les assureurs privés, et les trois géants Baidu, Alibaba et Tencent (BAT). Ces trois géants du Net, en recherche de nouveaux relais de croissance alors que l’économie marque le pas, espèrent changer la donne sur le marché chinois de la santé.

C’est le cas de Tencent Trusted Doctor (TTD), créé en 2018, suite au rachat par Tencent de Trusted Doctor, une start-up de la e-santé fondée à Shanghaï par Martin Shen. Cet Australien d’origine chinoise, ancien lieutenant-chirurgien de la Royal Australian Navy et passé par l’industries IT (Isoft, Siemens Healthcare), décide de revenir en Chine pour créer sa propre entreprise. Martin Shen, devenu président de la nouvelle entité, est enthousiaste : « Désormais épaulé par Tencent, et avec une levée de fonds de 250 millions de dollars [227 millions d’euros] réalisée en avril 2019, nous voulons proposer une santé universelle, grâce à la plus grande transformation d’un système de santé jamais entreprise au niveau mondial ».

 

Disparition des insectes : la fin de la vie sur terre

Disparition  des insectes : la fin de la vie sur terre

 

Les insectes pourraient disparaître d’ici Ia fin du  siècle. Et la vie devenir insupportable pour les humains à cette échéance ce que pense Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).(Interview France Info)

 

Que faut-il retenir de l’étude publiée par Biological Conservation 

 

Henri-Pierre Aberlenc : Il y a deux ans, des articles faisaient déjà état de la disparition des insectes, il y avait déjà eu beaucoup d’agitation de la part des médias. Mais, depuis, on n’en parle plus. Le principal mérite de ce rapport est d’enfoncer le clou et de relancer le débat sur le sujet.

En revanche, il y a un oubli très net de certains paramètres importants qui sont à l’origine de leur disparition, comme la pollution lumineuse, très néfaste notamment pour les insectes nocturnes. Les chercheurs ne citent que la pollution chimique par différents poisons.

Un autre paramètre qui a été minoré dans cette étude, c’est la déforestation des forêts primaires tropicales – c’est-à-dire des forêts telle que la nature les a faites, sans intervention de l’homme. Les forêts qui peuvent pousser à la place d’une forêt primaire ne recèlent qu’un pourcentage infime de la biodiversité présente dans les forêts primaires. La déforestation a un rôle important dans la disparition des insectes, voire même plus que les pesticides et l’agriculture intensive. 

Les forêts primaires détiennent l’essentiel de la biodiversité des insectes de la planète. En les détruisant, on fait disparaître des millions d’insectes.Henri-Pierre Aberlenc, entomologisteà franceinfo

La forêt joue un grand rôle contre les sécheresses. Les forêts ont besoin de population équilibrée d’insectes, qui soient en interaction avec les arbres et les plantes. C’est un ensemble qui s’autorégule. Donc, pas de forêt sans insectes.

Enfin, un dernier paramètre a été fortement oublié dans cette étude, c’est la circulation automobile, qui est aussi un facteur de destruction considérable de la faune.

Avez-vous des chiffres qui permettent de démontrer la disparition des insectes ? 

 

Personnellement, mes recherches ne se sont jamais basées sur des chiffres, mais sur mon expérience en tant que naturaliste. Sur le terrain, j’ai constaté un déclin flagrant. Par exemple, il y a une trentaine d’années, lorsque je ramassais des bousiers dans le Midi de la France, je pouvais voir des Copris, qui sont de beaux scarabées coprophages [qui se nourrit d'excréments]. En une heure d’exploration sur le terrain, je pouvais en trouver plusieurs dizaines. Or, il y a cinq ans, j’ai envoyé une étudiante au même endroit pour qu’elle fasse des recherches sur les mêmes bousiers. En trois mois de terrain, elle a vu un seul individu.

Cette disparition est très nette au niveau de l’apiculture avec le déclin des abeilles. Beaucoup d’apiculteurs ont perdu 100% de leurs abeilles et ont dû arrêter leur activité. La disparition des abeilles et les problèmes que rencontrent les apiculteurs sont un exemple particulier de la manière dont cela nous porte préjudice. On sait que l’on commence à avoir des déficits de pollinisation dans les champs cultivés du fait de la baisse des abeilles et des insectes sauvages.

En quoi le déclin de ces insectes est-il une mauvaise nouvelle ? 

Si l’on garde l’exemple des bousiers, ils ont pour fonction d’enterrer les excréments des animaux. Quand ils les enterrent, ils transforment ces excréments en engrais.  Si les bousiers disparaissent, les excréments deviennent un polluant qui ne fertilise plus le sol, ce qui est fâcheux pour les équilibres généraux de la nature.

Un autre exemple concerne le déficit de pollinisation. Les insectes jouent un rôle-clé dans l’équilibre des écosystèmes. Quand il est rompu, la vie ne peut plus fonctionner correctement. Certaines espèces vont continuer de proliférer alors que les autres disparaissent. On le voit notamment avec la pyrale du buis [introduite accidentellement en Europe dans les années 2000]. Cette chenille détruit les buis, car elle n’a pas d’ennemi naturel chez nous qui pourrait la manger ou la parasiter. Elle a été importée sans les espèces régulatrices.

Le rôle d’une partie des insectes est de réguler la biodiversité, comme tous les parasites et les prédateurs. Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste à franceinfo

Les insectes jouent le rôle de régulateur et de nettoyeur, mais aussi de nourriture pour les poissons et les oiseaux. Si on a hérité d’une belle planète, c’est dû à la présence des insectes et des oiseaux. Sans eux, la planète est inhabitable. Une agriculture biologique ne peut se faire sans insectes, et il ne peut y avoir de gestion forestière ou des plantes sans eux.

Si on supprime les insectes, on supprime aussi des quantités d’oiseaux et de chauve-souris, ainsi que de différents vertébrés.

Cette disparition est-elle inéluctable ? 

C’est inéluctable s’il n’y a pas un changement radical du système économique actuellement en vigueur. Or, pour l’instant, ce système a peu de raisons de changer radicalement, parce que cela dérangerait trop de personnes. Je pense que malheureusement, c’est inévitable et que nous allons à une catastrophe.

Il sera trop tard quand on s’apercevra que l’on aurait dû faire quelque chose. Je ne suis pas très optimiste, mais je ne vois pas comment on peut modifier la façon dont fonctionne actuellement l’économie mondiale.

C’est la modernisation de l’économie qui détruit la biodiversité. Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste à franceinfo

Pour sauver les insectes, il faut offrir des services pour une agriculture durable, c’est-à-dire raisonnée et biologique. Mais il faudrait aussi renoncer à la mythologie de la croissance dans les pays développés. C’est-à-dire prôner la frugalité et une austérité généralisée, mais qui ne seraient tolérables que par des politiques égalitaires.

Alerte sur la croissance mondiale la plus faible en dix ans

Alerte sur la  croissance mondiale la plus faible en dix ans

Sans doute pour ne pas désespérer Billancourt et surtout la bourse l’OCDE acte le fait que la croissance économique mondiale va encore chuter en 2019 et 2020 mais que la reprise pourrait intervenir en 2021. Un optimisme qui ne repose strictement rien dans la mesure où les facteurs explicatifs du ralentissement actuel sont liés non seulement à des éléments conjoncturels mais aussi à des facteurs structurels qui touchent toutes les zones économiques. La plus touchée est sans doute, la Chine dont la croissance est très affaiblie par le ralentissement des échanges mondiaux qui malheureusement n’est pas compensée suffisamment par une reprise de la consommation intérieure et par les d’investissements. la chine aussi affrontée  à une crise de l’endettement sans précédent qui globalement représente à peu près 300 % de son PIB. Les États-Unis vont voir aussi la croissance réduite de moitié en raison notamment des droits de douane concernant aussi bien la Chine que d’autres zones comme l’Europe. Cette dernière région est particulièrement affaiblie par le tassement de l’activité en Allemagne dont les exportations s’écroulent. Pour éviter la crise, les banques centrales ont  déversé des liquidités partout augmentant les risques de  bulles : obligataires, immobilières et mobilières. Le décalage entre l’économie réelle et la valeur des monnaies  a rarement été aussi important. Un réajustement se fera nécessairement le moment venu et se traduira par un écoulement de la valeur des monnaies. Comme en septembre dernier, l’OCDE s’inquiète donc des tergiversations des gouvernements face à la réponse à apporter aux défis actuels, du changement climatique à la digitalisation de leurs économies en passant par le nouvel ordre mondial qui a émergé après la chute du communisme.

“Ce serait une erreur politique de considérer ces changements comme des facteurs temporaires qui peuvent être résolus avec une politique monétaire ou fiscale”, écrit Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE dans le rapport. “En l’absence d’orientations politiques claires” sur ces défis, “l’incertitude persistera” et les perspectives de croissance en seront affectées.

Dans le détail, l’OCDE prévoit une croissance économique de 2,3% cette année – contre 2,4% prévu précédemment – aux Etats-Unis, et de 6,2% – contre 6,1% évoqué en septembre – pour la Chine. Les tensions commerciales devraient toutefois ralentir la croissance de la deuxième économie mondiale en 2020 et 2021, avec respectivement 5,7% et 5,5%.

Pour la zone euro, l’OCDE table sur une croissance de 1,2% en 2019, de 1,1% en 2020 et de 1,2% en 2021. La relance par la Banque centrale européenne (BCE) de son programme d’achat d’actifs n’aura qu’un impact limité si les pays de la zone euro ne se mobilisent pas davantage pour relancer les investissements, prévient l’institution.

Pour la France, l’OCDE reste sur ses prévisions de septembre, avec une croissance de 1,3% en 2019 et de 1,2% en 2020. En revanche, elle revoit à la hausse celles concernant le Royaume-Uni, à 1,2% en 2019 (contre 1% en septembre), 1% en 2020 (contre 0,9%) et 1,2% en 2021. Des prévisions pour 2021, voir 2020 assez hypothétiques et destinés à rassurer les acteurs économiques et les gouvernements.

Iran: émeute, répression sur fond de crise économique

Iran: émeute, répression sur fond de crise économique

 

Il y a quelque chose de paradoxal dans le fait que l’Iran potentiellement le quatrième producteur mondial de pétrole décide justement de doubler le prix de l’essence. Une conséquence de la très forte dégradation de la situation économique suite au blocus américain. C’est que l’Iran tire l’essentiel de ses revenus fiscaux de sa rente pétrolière alors le pays est empêché d’exporter normalement sa première ressource. Du coup, le blocus économique provoque un écroulement de la croissance et du niveau de vie. L’augmentation brutale du carburant constitue la goutte qui fait déborder le vase du mécontentement latent découlant non seulement de l’écroulement économique mais aussi de la dictature islamique. Il s’agit d’une révolte de nature économique et sociale mais tout autant d’une remise en cause du régime de terreur des gardiens de la révolution. Dans de nombreuses villes, des révoltes produites de manière assez spontanée mais elles ont été aussitôt réprimées dans le sang. A tel point  le gouvernement a coupé Internet pour éviter que les Iraniens ne diffusent ces scènes de répression sanglante. Tant du point de vue économique que démocratique ce pays vit une sorte d’agonie. Il est clair que le développement du pays de ces dernières années qui a permis l’émergence d’une classe moyenne qui devient incompatible avec un régime politique médiéval. En outre, les iraniens  contestent maintenant la politique étrangère du gouvernement qui dilapide les ressources du pays pour entretenir des guerres au Levant.

Depuis dimanche, le black-out sur l’internet est quasi total: comptes Twitter à l’arrêt, absence de doubles-coches (signal que le message est reçu) sur les messages envoyés via WhatSapp, youtubers abonnés aux absents. Sur facebook, seules les vidéos des premiers jours des manifestations, déclenchées vendredi 15 novembre par la hausse soudaine de 50 % du prix de l’essence et immédiatement réprimées, donnent un aperçu de la violence qui prévaut: police tirant sur la foule à balles réelles, snipers cachés sur les toits, manifestants lynchés par les forces de l’ordre, usage démesuré du gaz lacrymogène.

 

 

Taxes US sur les automobiles européennes : un report de six mois

Taxes US  sur les automobiles européennes : un report de six mois

 

Une perspective de taxe qui vise surtout l’industrie automobiles allemande et qui assombrirait un peu plus le paysage de cette industrie.  De janvier à septembre 2019, le marché européen s’est inscrit en recul de 1,6%, à 11,77 millions de véhicules. Parmi les cinq plus grands marchés, seule l’Allemagne est en hausse sur neuf mois (+2,5%). L’Espagne subit un recul de 7,4%, plus prononcé que le Royaume-Uni (-2,5%), l’Italie (-1,6%) et la France (-1,3%). 

Les États-Unis doivent décider d’ici au 14 novembre s’ils imposent des droits de douane pouvant aller jusqu’à 25% sur les automobiles et pièces détachées européennes, pour des raisons de sécurité nationale, en vertu d’une loi connue sous le nom de section 232.

La mise en œuvre de ces droits de douane a déjà été repoussée de six mois.

Jean-Claude Juncker, président sortant de la Commission européenne, avait assuré la semaine dernière dans un entretien à un journal allemand que Donald Trump n’imposerait pas ce mois-ci de taxes douanières au secteur automobile européen.

Cette déclaration faisait écho à celle, à Washington, du secrétaire au Commerce dont les services supervisent l’enquête sur les effets des importations d’automobiles pour la sécurité nationale des États-Unis.

Wilbur Ross a indiqué que l’administration Trump pourrait ne pas imposer ce mois-ci des tarifs douaniers sur les véhicules importés de l’UE compte-tenu d’échanges « fructueux » avec les constructeurs.

Menaces sur l’Otan : une erreur stratégique ( Berlin)

 

 

D’une certaine manière,  Merkel critique aussi bien Trump que Macron quant à luer positionnemenet vis à vis de l’l'OTAL. Merkel a effet considéré que les propos de Macron étaient excessif quand il a affirmé que l’OTAN était morte. Mais des critiques s’adressent aussi à Trump pour ses décisions unilatérales concernant l’application de la solidarité de l’OTAN en particulier en Syrie. “Ce serait une erreur que d’affaiblir l’Otan. Sans les États-Unis, ni l’Allemagne ni l’Europe ne seraient en mesure de se protéger efficacement. C’est pourquoi nous travaillons d’arrache-pied avec la France à la construction d’une Europe plus unie en matière de sécurité”, écrit Heiko Maas, chef de la diplomatie allemande, dans une tribune publiée sur le site du magazine Der Spiegel.

“Oui, nous voulons une Europe forte et souveraine, mais nous en avons besoin dans le cadre d’une Otan forte, pas pour s’y substituer”, poursuit-il, plaidant en outre pour la création d’un Conseil de sécurité européen dont la Grande-Bretagne ferait partie, qu’elle quitte l’Union ou non.

Heiko Maas dit coopérer étroitement sur ce point avec son homologue français Jean-Yves Le Drian et ajoute que l’Allemagne souhaite la soumettre à ses partenaires au second semestre 2020, lorsqu’elle occupera la présidence tournante de l’UE.

De son coté, e président allemand a exhorté samedi 9 novembre les Etats-Unis de Donald Trump à faire preuve de  »respect » à l’égard de leurs alliés et à tourner le dos à « l’égoïsme national », lors des cérémonies des 30 ans de la chute du Mur de Berlin.

Alors que ces festivités s’annonçaient comme consensuelles, Frank-Walter Steinmeier, dont le rôle est honorifique mais qui est considéré comme l’autorité morale du pays, a mis les pieds dans le plat en soulignant à cette occasion la dégradation des relations translantiques ces dernières années.

USA-Chine: Trump recule sur l’accord commercial

USA-Chine: Trump  recule sur l’accord commercial

Donald Trump souffle chaud et le froid concernant les perspectives du futur accord commercial entre les États-Unis et la Chine. On sait que compte tenu du déficit abyssal de la balance commerciale les États-Unis ont imposé plusieurs vagues d’augmentation des tarifs douaniers et cela de manière unilatérale. De son côté la Chine a répliqué un peu de la même manière. Pour l’instant, on ne peut pas dire qu’il y ait de bénéficiaire dans cette guerre économique dans la mesure où la Chine enregistre un net tassement de sa croissance. Les effets ne sont guère bénéfiques pour les États-Unis qui connaît aussi un affaiblissement de son activité générale et devrait perdre autour de 1 % d’augmentation du PIB en 2020. La balance commerciale des États-Unis est toujours aussi déséquilibrée. Certes le volume des échanges a diminué entre les deux pays mais cela n’a pas profitéaux États-Unis. DonaldTrump  est par ailleurs très influencé par son électorat mais sa stratégie est fluctuant. Selon les moments, il menace de punir sévèrement les importations d’origine chinoise en les assommant de taxes douanières. Dans d’autres moments,  il se montre  plutôt très conciliant considérant que l’accord avec la Chine est pratiquement réalisé sur les conditions futures des échanges . Le problème c’est que cette politique de punition douanière de la Chine porte aussi préjudice aux États-Unis et que l’activité s’en ressent ( exemple pour les exportations de soja et autres produits agricole). Cet effet a tendance à rendre Trump  plus conciliant vis-à-vis de  la Chine. En même temps, il doit afficher une certaine radicalité vis-à-vis des électeurs nationalistes qui ne comprennent pas grand-chose à l’économie. Dans sa dernière déclaration , le président américain a remis en cause ses propos précédents, il  a déclaré vendredi à des journalistes ne pas avoir donné son accord à la levée des droits de douane imposés à la Chine et précisé qu’un accord commercial entre Pékin et Washington serait signé aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis et la Chine se sont mis d’accord pour lever par étapes les droits de douane supplémentaires qu’ils se sont imposés ces derniers mois, dans le cadre de la première phase d’un accord censé mettre fin à leur guerre commerciale.

Cette perspective suscite une vive opposition de la part de plusieurs conseillers de Donald Trump qui espère signer la “phase 1” de l’accord avec son homologue Xi Jinping avant la fin de l’année. Le problème c’est que Donald Trump  est coincé entre une problématique économique et une problématique électorale.

PSA – Fiat : menace sur la production en France ?

PSA – Fiat : menace sur la production en France ?

Dans une tribune au « Monde » l’économiste Pierre-André Buigues s’inquiète de la future production après la fusion Fiat- PSA ( on pourrait en dire autant de l’Italie)

Tribune.

 

« Après l’annonce de la fusion de PSA et Fiat, les commentaires de la presse sont unanimement élogieux. Tout d’abord, cette fusion à 50/50 donnera naissance au numéro 4 mondial du secteur automobile et permettra au nouveau groupe d’atteindre la taille critique. Le nouveau groupe devrait dégager alors des synergies estimées à 3,7 milliards d’euros. Puis, les usines des deux groupes seraient complémentaires, et permettront à PSA d’être présent aux Etats-Unis.

 

Enfin, face à la révolution de la voiture électrique, le nouveau groupe pourra mieux faire face aux importants investissements nécessaires. Ainsi, les décisions critiques sont déjà tranchées : Les actionnaires respectifs vont détenir chacun la moitié du capital. FCA (Fiat Chrysler Automobiles) va distribuer à ses actionnaires un dividende de 5,5 milliards d’euros ainsi que ses parts dans Comau (qui regroupe des constructeurs de machines-outils du secteur automobile) et PSA va distribuer ses parts de l’équipementier Faurecia à ses propres actionnaires pour un montant estimé à 2,75 milliards.

Pour le gouvernement français qui plaide toujours pour la création de champions français ou européens, cette fusion est donc une excellente nouvelle. On peut, cependant ne pas partager cet enthousiasme. Le bénéfice de cette fusion repose sur l’hypothèse que plus une entreprise a une grande taille, meilleures seront ses performances. Comme de nombreux travaux économiques le montrent, cela n’est pas nécessairement le cas.

En outre, les deux entreprises qui vont fusionner, présentent des doublons sur le marché européen et cela impliquera à terme des restructurations et des fermetures d’usines. Enfin, cette fusion va laisser Faurecia, qui est un des plus gros équipementiers de l’automobile français, beaucoup plus vulnérable à une OPA hostile ou à une opération financière.

 

Mais au-delà de ces questions sur la fusion, le vrai problème posé à la France, c’est l’avenir de la production automobile sur le territoire français. Pour les travailleurs français et la santé économique de notre pays, c’est un sujet bien plus important que la naissance du numéro 4 mondial de l’automobile.

En 2017, le chiffre d’affaires du secteur automobile représentait 399 milliards d’euros en Allemagne contre seulement 98 milliards d’euros en France et la crise de 2008 a affecté aussi plus durement le secteur automobile en France qu’en Allemagne, avec une augmentation de 53 % du chiffre d’affaires de l’industrie automobile allemande entre 2008 et 2017 contre seulement 17 % en France… »

Sondage politique de Macron: 80% de l’opinion pessimistes sur le l’efficacité

Sondage politique de Macron: 80% de l’opinion pessimistes sur le l’efficacité 

Dans un sondage Elabe pour BFM,  80% des Français déclarent que depuis le début du quinquennat l’action du président n’a pas amélioré leur situation personnelle. Peu optimistes, 80% estiment que d’ici la fin de son mandat, leur situation ne s’améliorera pas.

Concernant les préoccupations nationales, les conclusions ne sont pas meilleures. A mi-mandat, 71% des sondés jugent que la politique du président n’a pas fait progresser la situation du pays. Sur le long terme, ils ne font pas montre d’une grande confiance puisque 68% d’entre eux estiment que d’ici 2022, son action n’améliorera pas la situation du pays.

Les domaines où l’action d’Emmanuel Macron est jugée la plus insatisfaisante sont la baisse des dépenses publiques (74%) ( ce qui est faux d’après l’évolution des prélèvements obligatoires NDLR), , la politique en matière d’immigration (74%), la politique environnementale (73%), la politique sociale (72%) et la politique en faveur du pouvoir d’achat (71%). La confiance des Français envers le président apparaît donc assez dégradée par rapport au début de son mandat.

Elabe pour BFMTV – 80% des Français déclarent que depuis le début du quinquennat l’action du président n’a pas amélioré leur situation personnelle.

Le président parvient toutefois à se démarquer sur sa capacité à gérer les questions de sécurité nationale (44% des sondés se disent satisfaits) et sur la représentation de la France à l’international (43% satisfaits).

Emmanuel Macron souffre d’un effritement de son image politique. Par rapport au début du mois de septembre, lors de la rentrée politique, il est jugé plus autoritaire (+2), moins courageux (-7), moins sincère (-7), moins capable de réformer le pays (-3) et moins capable de rassembler les Français (-3). Cette défiance croissante creuse un peu plus le fossé entre les classes populaires et l’exécutif. En effet, l’image du président se détériore très fortement chez les catégories sociales populaires alors qu’elle s’améliore chez les cadres et classes moyennes.

La polarisation politique sur l’image du président s’accentue également puisque ces mêmes traits d’image se détériorent fortement au sein des électorats de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, alors qu’ils s’améliorent au sein de son cœur électoral.

Sondage Macron: 80% de l’opinion pessimiste sur le l’efficacité de sa politique .

Sondage Macron: 80% de l’opinion pessimiste sur le l’efficacité  de sa politique .

Dans un sondage Elabe pour BFM,  80% des Français déclarent que depuis le début du quinquennat l’action du président n’a pas amélioré leur situation personnelle. Peu optimistes, 80% estiment que d’ici la fin de son mandat, leur situation ne s’améliorera pas.

Concernant les préoccupations nationales, les conclusions ne sont pas meilleures. A mi-mandat, 71% des sondés jugent que la politique du président n’a pas fait progresser la situation du pays. Sur le long terme, ils ne font pas montre d’une grande confiance puisque 68% d’entre eux estiment que d’ici 2022, son action n’améliorera pas la situation du pays.

Les domaines où l’action d’Emmanuel Macron est jugée la plus insatisfaisante sont la baisse des dépenses publiques (74%) ( ce qui est faux d’après l’évolution des prélèvements obligatoires NDLR), , la politique en matière d’immigration (74%), la politique environnementale (73%), la politique sociale (72%) et la politique en faveur du pouvoir d’achat (71%). La confiance des Français envers le président apparaît donc assez dégradée par rapport au début de son mandat.

Elabe pour BFMTV – 80% des Français déclarent que depuis le début du quinquennat l’action du président n’a pas amélioré leur situation personnelle.

Le président parvient toutefois à se démarquer sur sa capacité à gérer les questions de sécurité nationale (44% des sondés se disent satisfaits) et sur la représentation de la France à l’international (43% satisfaits).

Emmanuel Macron souffre d’un effritement de son image politique. Par rapport au début du mois de septembre, lors de la rentrée politique, il est jugé plus autoritaire (+2), moins courageux (-7), moins sincère (-7), moins capable de réformer le pays (-3) et moins capable de rassembler les Français (-3). Cette défiance croissante creuse un peu plus le fossé entre les classes populaires et l’exécutif. En effet, l’image du président se détériore très fortement chez les catégories sociales populaires alors qu’elle s’améliore chez les cadres et classes moyennes.

La polarisation politique sur l’image du président s’accentue également puisque ces mêmes traits d’image se détériorent fortement au sein des électorats de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, alors qu’ils s’améliorent au sein de son cœur électoral.

Le Service national universel finit en eau de boudin : 30 000 jeunes sur 800 000

Le Service national universel finit en eau de boudin : 30 000 jeunes sur 800 000

Le secrétaire d’État en charge de la Jeunesse, Gabriel Attal, n’a pas peur du ridicule quand il affirme que le service  national universel a vocation à devenir obligatoire et à concerner les 800 000 français d’une classe d’âge. En fait aujourd’hui, il doit se contenter d’une participation de seulement 30 000 volontaires pour un service qui n’a rien d’universel et ne sert pas à grand chose. La promesse de Macron finit en eau de boudin d’abord du fait des réticences des pros de l’armée à participer à une résurgence du service militaire obligatoire. Exit ou presque la dimension militaire. Ensuite parce la France n’a pas les moyens de le financer. En juin dernier, près de 2000 jeunes de 13 départements ont expérimenté ce projet cher au chef de l’Etat Emmanuel Macron. Le dispositif devait initialement être étendu à 40.000 jeunes l’an prochain. Finalement, ils seront « autour de 30.000″, affirme Gabriel Attal, soulignant que « c’est une montée en charge très importante ». « Pour la première fois, tous les départements lanceront le SNU. La campagne de recrutement commencera en janvier. Il y aura entre 100 et 500 volontaires, selon les départements », ajoute-t-il.

Après la première phase de juin dernier, durant laquelle les jeunes ont effectué un « séjour de cohésion » en internat, les volontaires doivent désormais accomplir deux semaines de mission d’intérêt général auprès d’une association, d’une collectivité ou d’un corps en uniforme d’ici à juin 2020.

Pendant les vacances de la Toussaint, « ils seront près de la moitié des 1978″ premiers volontaires à effectuer cette mission, notamment dans l’armée, les forces de sécurité ou la solidarité, note Gabriel Attal. Le dispositif est appelé à se généraliser au fil des ans à l’ensemble d’une classe d’âge, soit 800.000 adolescents, et à devenir obligatoire affirme sans rire Gabriel Attal.

Marchés : S’attendre à un coup de mou sur les marchés

Marchés : S’attendre à un coup de mou sur les marchés

 

Il faut sans doute s’attendre cette semaine à un coup de mou sur les marchés financiers avec aussi des mouvements de yo-yo qui témoignent des incertitudes concernant en particulier l’année 2020. En cause, le très net tassement de la croissance mondiale illustré par le ralentissement de la croissance économique en Chine au troisième trimestre, tombée à un plus de bas de près de 30 ans, dans le contexte du conflit commercial avec les Etats-Unis qui pèse de plus en plus sur la deuxième économie du monde. En France, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) tablait sur une croissance de 1,5% en France en 2019. Elle devrait finalement s’élever à 1,3% cette année et la prévision en 2019 est aussi de 1.3 (sans doute déjà un peu optimiste compte tenu de l’environnement international).  

 

Pour l’année en cours, la croissance française devrait se maintenir mais à un bas niveau (+0.3% pour le PIB au troisième trimestre). Il y a des inquiétudes pour l’avenir de l’industrie et les carnets de commande se tassent. En clair,  il se prépare une année 2019 encore moins bonne qu’en 2018 (autour de 1.2% pour la croissance du PIB cette année).  Selon le dernier bulletin de la Banque de France publié mercredi 9 octobre, le produit intérieur brut (PIB) tricolore progresserait de 0,3% au cours du troisième trimestre. L’institution bancaire n’a pas révisé ses prévisions par rapport à sa précédente estimation et ces chiffres sont relativement conformes à ceux de l’Insee qui table sur une croissance à 1,3% pour 2019.

Les inquiétudes sur le Brexit nourrissent le pessimisme surtout après l’échec de Johnson devant la chambre des communes de samedi.

En effet, cet accord a encore de grandes chances d’être retoqué par le Parlement britannique.

Autre facteur négatif pour la tendance: les résultats d’entreprises. Plusieurs grands noms européens ont lancé des avertissements sur leurs résultats à commencer par Renault, qui a fini lors de la dernière cotation en queue de peloton du Stoxx 600 (-11,48%). Le constructeur français a annoncé que ses ventes annuelles allaient se contracter et que sa marge serait plus basse que prévu dans l’automobile en raison de difficultés sur certains marchés dans un contexte général défavorable pour le secteur.

Dans son sillage, l’indice Stoxx de l’automobile a perdu 1,71%, la plus forte baisse sectorielle en Europe. Le géant français de l’agroalimentaire Danone a lâché 8,42% après des résultats trimestriels inférieurs aux attentes et une révision des prévisions de croissance du chiffre d’affaires pour 2019. Thales a souffert aussi (-5,44%) après avoir abaissé son objectif de croissance organique 2019 et Fnac Darty a chuté de 14,02% au lendemain de la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes des analystes.

Les cours pétroliers repartent à la baisse, pénalisés par les inquiétudes sur la croissance économique en Chine, le plus important pays importateur de brut. Le Brent de mer du Nord perd 0,47% à 59,63 dollars et le brut léger américain (WTI) recule sous 54 dollars.

General Electric : 300 postes sauvés sur 800 ?

General Electric : 300 postes sauvés sur 800 ?

Initialement General Electric devait créer 1000 emplois. En fait, il a proposé d’en supprimer 800 ! Devant les protestations légitimes des salariés, GE envisage  maintenant d’en sauver 300 sur 800 suppressions prévues. Sans doute sur la pression du gouvernement largement mouillé car c’est Macron qui a géré le dossier Alstom et son démantèlement au profit de l’américain GE.  . Depuis que l’entreprise américaine a annoncé son plan de suppression de postes à Belfort, les salariés occupent l’usine, même si des discussions acharnées ont lieu puisque le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’est impliqué afin que General Electric réduise son plan social.

Jeudi, le groupe a donc fait un pas dans cette direction en adressant une lettre à tous les salariés de Belfort. Dans ce courrier qu’Europe 1 a pu se procurer, General Electric détaille les deux options sur la table : sauver 307 emplois si un accord de compétitivité est trouvé – donc si les collaborateurs acceptent de travailler plus sans être payés plus afin de réaliser 12 millions d’euros d’économies en un an – ou sauver seulement 111 postes si un accord n’est pas trouvé. Le groupe veut désormais convaincre les salariés et en appelle aux organisations syndicales. Certaines, comme le CGC, soutiennent le plan.

En revanche, le message de Philippe Martinez, le patron de la CGT, invité d’Europe 1 ce vendredi matin, est limpide : le plan est inacceptable.  »Si la direction de General Electric et Bruno Le Maire, que j’ai eu à plusieurs reprises au téléphone, ne disent pas ‘on supprime des emplois et, en plus, ceux qui vont rester vont travailler plus et vont souffrir plus’, et bien il y a de quoi discuter mais on nous impose toujours une solution qui n’est pas la bonne », a-t-il déclaré. .

En réalité, General Electric pourrait se passer de l’accord de la CGT pour valider son plan, le syndicat étant majoritaire à Belfort mais en-deçà des 50%. L’entourage de la direction le reconnaît toutefois : « C’est le premier syndicat sur place. Si on n’arrive pas à les embarquer, ils continueront de bloquer et le plan ne servira à rien ».

Castaner sur France 2 : du bla-bla

Castaner sur France 2 : du bla-bla

Pour résumer, Le genre de déclarations tonitruantes type propos de camelot comme « on a déjoué un attentat type 11 septembre en France, on va reconquérir le territoire mètre carré par mètre carré », et en même temps un voile pudique justement sur la question du voile. Un problème accessoire ! Une minimisation aussi des risques islamistes limités à une quinzaine de quartiers. Et pour toute politique des instructions qui seront données aux préfets pour observer les dérives islamistes. Bref rien de très sérieux, surtout rien de vraiment rassurant chez un ministre qui visiblement n’a pas le profil de l’emploi. Le pire c’est qu’il estime que sa politique policière à sauvé la république face aux gilets jaunes ; Là on frôle la sémantique outrancière de Trump.

Pris en étau entre les polémiques à répétition et les appels à la démission récurrents dans les rangs de l’opposition, l’ancien socialiste a pu s’expliquer pendant deux heures à la télévision, largement consacrées aux questions de l’islam et du terrorisme islamiste. Christophe Castaner s’est soulevé contre un «débat très franco-français» et «sempiternel» sur le voile islamique. La question divise la majorité et a été remise en lumière après les récriminations d’un élu du Rassemblement national (RN) contre une mère voilée qui accompagnait des élèves au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté – une «provocation scandaleuse», selon le ministre. «Moi ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est l’islamisme rampant dans certains quartiers», a-t-il déclaré. À l’image du premier ministre, il a jugé suffisant le droit actuel: «Appliquons la loi».

La République «ne subventionne aucun culte», selon la loi de la 1905, mais les pays étrangers, eux, peuvent financer des lieux de culte: Christophe Castaner y voit un «paradoxe»«La question du financement du culte et des financements étrangers, il faut que nous l’organisions», a indiqué le ministre, également chargé des Cultes, avant d’avancer une piste: «que tous les versements au-dessus d’une certaine somme, pas très élevée, fassent l’objet d’un agrément et d’une information de l’État».

Interrogé sur la possibilité d’une multiplication des listes communautaires aux municipales de mars, le ministre de l’Intérieur a indiqué que leur interdiction «ne serait pas constitutionnelle», parce qu’«on ne peut pas interdire à quelqu’un qui a une religion de se présenter». Mais il a assuré que si des «personnes portent un discours communautariste islamiste», il «(donnera) des instructions précises aux préfets pour qu’elles soient poursuivies de façon systématique».

Deux semaines après l’attentat commis à la préfecture de police de Paris par un fonctionnaire radicalisé, le ministre a martelé son souci de combattre «l’hydre islamique»reprenant ainsi les propos du chef de l’État.

Pour «reconquérir la République mètre carré par mètre carré», il a indiqué travailler «sur une quinzaine de quartiers d’où des djihadistes sont partis sur des théâtres de guerre». Il a annoncé préparer une circulaire à destination des préfets, afin de surveiller le «salafisme» et «l’islamisme», «partout où ils s’organisent en mode sociétal».

Christophe Castaner a toutefois mis en garde contre tout «amalgame» entre l’islam, d’une part ; le «terrorisme», l’«islamisme» et le «communautarisme» d’autre part. «En aucun cas je ne mets l’islam dans cette pyramide de la violence», a-t-il assuré, persuadé que «le vrai danger serait de considérer que tout musulman est suspect». Le ministre de l’Intérieur a revendiqué une lutte contre l’islamisme menée «avec les musulmans et pour les musulmans».

 «Juste avant» le 3 octobre, jour de l’attentat commis à la préfecture de police de Paris contre quatre fonctionnaires, un «projet» d’attentat a été déjoué, a indiqué le ministre de l’Intérieur. L’«individu», a-t-il précisé, «voulait s’inspirer du 11 septembre» et «a été interpellé».

 

L’homme a été mis en examen et écroué le 26 septembre dernier pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle»selon nos informations. «Nous vivons avec un risque terroriste élevé», a rappelé Christophe Castaner. «Depuis 2013, 60 attentats ont été déjoués, 19 ont échoué.». Là encore sans doute une grande exagération quant au risque d’un attentat type 11 septembre en France.

 

 

Pendant la mobilisation des «gilets jaunes», des membres des forces de l’ordre «ont pu commettre (…) des fautes et doivent être sanctionnés», a concédé Christophe Castaner. Mais «il n’y a pas eu de ratés dans la gestion du maintien de l’ordre», selon lui, «parce qu’à un moment où certains voulaient faire tomber la République, la République a tenu».

Alerte aussi sur la forêt européenne (Philippe Gourmain, expert forestier)

Alerte aussi sur la forêt européenne  (Philippe Gourmain, expert forestier)

 

Philippe Gourmain, expert forestier s’inquiète de l’évolution des forêts en France et en Europe sous l’effet notamment du climat. (Tribune au Monde)

L’Etat s’émeut des incendies en Sibérie et en Amazonie, mais devrait surtout agir pour aider les forêts françaises à faire face aux conséquences du changement climatique, estime l’expert forestier Philippe Gourmain.

Tribune. 

« Les forestiers sont habitués aux grandes crises qui frappent les forêts du pays tous les dix ans environ. Les tempêtes de 1987 en Bretagne, de 1999 sur les deux tiers du pays et de 2009 en Aquitaine sont encore dans les esprits. A chaque fois, les quantités impressionnantes d’arbres à terre avaient entraîné l’effondrement des cours du bois. Seules des aides massives avaient permis de reconstituer les surfaces détruites. L’Etat avait investi 900 millions d’euros après la tempête de 1999, 500 millions après celle de 2009.

Depuis deux saisons, c’est un autre phénomène qui touche les forêts : sous l’effet de sécheresses successives, de plusieurs épisodes de canicule et des attaques d’insectes, épicéas, sapins, hêtres, pins sylvestres d’un grand quart nord-est dépérissent. D’ores et déjà, l’Office national des forêts, qui gère les forêts publiques, estime que 60 000 ha sont sinistrés. Si on y ajoute les surfaces de la forêt privée – plus difficiles à estimer en raison d’un grand morcellement –, on dépasse les 100 000 ha, l’équivalent de 20 % d’un département français. Avec une valeur qui est passée de 60 à 15 €/m³ en moyenne pour l’épicéa, cela représente une perte financière considérable pour les communes forestières, l’Etat propriétaire des forêts domaniales et les propriétaires privés qui n’auront pas les moyens de reconstituer les parcelles détruites.

Ce qui frappe dans cette crise, c’est sa durée interminable, son caractère global, qui touche autant les feuillus que les résineux, et sa dimension européenne, des Balkans à la Scandinavie. Les pertes cumulées en Europe dépassent largement les 100 millions de m³, correspondant approximativement à une année de croissance de l’ensemble de la forêt française.

Il faut se rendre à l’évidence : la plupart de nos essences forestières ne sont plus adaptées au changement climatique. Comme l’annonçaient il y a plus de quinze ans les chercheurs de l’INRA, les aires de répartition d’essences comme le hêtre ou le chêne pédonculé vont se réduire, confinant les survivants en altitude dans des versants Nord ou dans des fonds de vallée très frais. Les espèces végétales sont cependant capables d’adaptation, voire de migration.

On peut espérer qu’au sein des communautés végétales, la sélection naturelle fasse émerger des individus plus résistants.

Après la dernière glaciation, les chênes ont profité du recul des glaces pour coloniser la France en 2 000 ans, soit un déplacement d’environ 500 m par an. On peut espérer qu’au sein des communautés végétales, la sélection naturelle fasse émerger des individus plus résistants. Mais le phénomène est d’une telle violence que les mécanismes naturels d’adaptation ne suffiront pas. Nous devons donc nous préparer à plusieurs décennies de « grand remplacement végétal », avec un changement profond de nos paysages forestiers. »

Sondage budget 2020 : pas d’impact sur l’économie pour 55 %

Sondage budget 2020 : pas d’impact sur l’économie

Toujours environ 70 % de la population qui contestent l’efficacité de la politique économique du gouvernement. Et Selon le dernier baromètre BVA* réalisé pour La Tribune, 55% des Français interrogés par l’organisme de sondages estiment que les mesures contenues dans le projet de loi de finances 2020 (PLF 2020) ne vont pas améliorer la situation économique de la France. À l’inverse, 45% des personnes affirment que les orientations budgétaires devraient permettre à l’activité tricolore de rebondir.

Sur l’ensemble des personnes interrogées, 41% pensent que le nouveau budget aura un impact négatif, 40% indiquent qu’il n’aura aucun impact et seulement 18% déclarent qu’il aura des répercussions positives.

Les réformes économiques portées par le gouvernement depuis le début du quinquennat sont jugées sévèrement par les Français. Ainsi, 68% des Français estiment que la politique économique de l’exécutif est mauvaise. À l’opposé, 32% pensent que les mesures décidées par le gouvernement d’Edouard Philippe sont favorables.  »Ce jugement est plus négatif qu’en septembre, où 55% des Français jugeaient mauvaise la politique économique du gouvernement : une hausse qui s’explique avant tout par un taux moins élevé de personnes ne se prononçant pas (-12 points), la proportion de personnes émettant un jugement positif étant quasiment la même (-1 point) », précise l’institut spécialisé dans les enquêtes d’opinion.

 (*) Méthode : enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 1er au 2 octobre 2019. L’échantillon de 1.000 personnes est représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Dans le cas d’un échantillon de 1.000 personnes, pour un pourcentage obtenu par enquête de 20%, la marge d’erreur est égale à 2,5. Le pourcentage a donc 95% de chance d’être compris entre 17,5% et 22,5%.

Macron en province : débat sur les retraites ou meeting électoral ?

Macron en province : débat sur les retraites ou meeting électoral ?

Macron recommence sa grandeur tournée, type Grand débat, pour vendre sa politique en commençant par la question des retraites. Emmanuel Macron reprend la formule du Grand débat qui lui a bien réussi non pas tellement pour son impact local mais surtout par la reprise très bienveillante des télévisions notamment des télés d’information continue. Pendant des heures, Macron comble ainsi le vide de grilles télévisées. S’il est normal que ces chaînes d’information informe des déplacements du chef de l’État et du contenu des discussions qu’il peut avoir par contre il est intolérable que les chaines  de télévision et d’info continue en particulier se mettent à disposition de Macron pendant des heures pour diffuser ses interminables discours. Il s’agit davantage de propagande électorale que de débats. Certes pour donner un sentiment démocratique des participants sont autorisés en quelques secondes à poser une question. Ce qui légitime une réponse de 5 à 15 minutes de Macron sur le sujet voire sur bien d’autres sujets qui n’ont rien à voir. Bref une parodie de débat.  La tournée électorale devrait s’étaler jusqu’à la fin de l’année.

Le gouvernement souhaite ainsi désamorcer les craintes autour du projet de réforme: système à points, fin des régimes spéciaux. Autant de sujets explosifs sur lesquels les citoyens vont pouvoir s’exprimer. Le dispositif mis en place emprunte beaucoup à celui du Grand débat, lancé au début de l’année 2019 afin de calmer le mouvement des «Gilets jaunes».

L’Élysée a indiqué que le président «prendra le temps qu’il faut» pour «échanger librement», rapporte Le Parisien . Il doit ainsi faire face à 500 citoyens originaires d’Occitanie, lecteurs du Midi Libre et préalablement inscrits.

L’Élysée envisage de réitérer ce type de rencontres et dit vouloir un débat «ancré dans les territoires», avec des déplacements dans les régions rurales en priorité. Plus globalement, un ensemble de rencontres sera organisé à l’instar de celles Grand Débat. Le calendrier de ces rencontres n’a pas encore été précisé et devrait être intégré au site Internet consacré à la consultation.

Une autre manipulation consistera à réitérer aussi la plate-forme dite participative comme dans le grand débat. Malheureusement on sait ce qu’il en est advenu avec une synthèse complètement déformée et surtout aucune prise en compte des propositions.

Pour la question des retraites, Le gouvernement ne se basera pas seulement sur cette consultation citoyenne mais poursuivra également les discussions avec les partenaires sociaux. «Ce projet de loi, nous n’allons pas le préparer seuls mais nous allons le faire en écoutant les partenaires sociaux, en écoutant les Français» ! A indiqué Édouard Philippe.

Suppression ISF : aucun effet positif sur l’économie

Suppression ISF : aucun effet sur l’économie

 

Pour vendre sa réforme sur la fiscalité, Macron n’avait pas manqué de souligner les conséquences bénéfiques des mesures sur la croissance et l’emploi. En allégeant ainsi le poids des impôts des plus riches, l’argent devait s’orienter vers l’investissement productif et donc soutenir l’activité. La vérité, c’est que Macron devait renvoyer l’ascenseur au plus riches de la France qui ont soutenu sa campagne (une enquête est toujours en cours sur ce sujet et sera sans doute enterrée). En outre, l’évaluation de ce genre  de dispositifs est toujours difficile à effectuer car on ne dispose pas de période de référence. Ceci étant  d’après un rapport d’un comité indépendant (une relative indépendance car les membres ne sont jamais choisis au hasard !),  la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’instauration d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital, deux mesures décidées par Emmanuel Macron au début de son quinquennat, n’ont pour l’instant pas produit d’effet visible sur l’emploi et la croissance en France, montre un rapport publié mardi par le comité indépendant chargé de l’évaluation de ces mesures.

Ce comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital a cependant constaté une forte progression des dividendes perçus par les ménages en 2018, année où ces mesures sont entrées en vigueur, et une chute du nombre de départs à l’étranger de contribuables soumis à l’ISF en 2017, année où Emmanuel Macron, candidat puis président, avait annoncé ces projets fiscaux.

Faute de recul et de données à l’égard de mesures instaurées début 2018, le comité déclare qu’il ne peut pas dès à présent fournir une évaluation complète de ces réformes, “tout simplement parce que celles-ci mettront des années à porter l’ensemble des fruits que l’on en attend”. Pour être honnête le comité d’évaluation devrait aussi préciser qu’il est possible qu’on ne voit jamais les fruits attendus saufs dans la poches des très riches.

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