Archive mensuelle de mars 2012

Sarkozy : invente une banque pour les jeunes ! Pourquoi pas une autre pour les femmes, une pour les quadragénaire, une pour les blonds, une pour les chauves, une pour les culs de jatte etc.

Sarkozy : invente une banque pour les jeunes ! Pourquoi pas une autre pour les femmes, une pour les quadragénaires, une pour les blonds, une pour les chauves,  une pour les culs de jatte etc.

Le  candidat de l’UMP a longuement fustigé à la porte de Versailles à Paris  l’assistanat, « cette dépendance pour la jeunesse », et promis le soutien de l’Etat à ceux qui veulent « travailler, étudier (ou) conquérir leur place ». Notamment en annonçant la création, s’il est réélu, d’une « banque pour la jeunesse » destinée à financer leurs projets.   »Je dis non à un RMI jeune, non à un RSA jeune mais je dit oui à une banque de la jeunesse (…) qui se portera caution pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir une famille qui peut les aider », a-t-il promis.  Autre annonce, le doublement, sans autre précision du nombre de bénéficiaires du service civique, qui a recruté depuis sa création il y a deux ans quelque 22.000 volontaires et envisage de porter ce nombre à 70.000 en 2014. Le président sortant n’a par contre pas prononcé un mot sur le chômage des jeunes, un fléau qui touche pourtant 20% des actifs de moins de 25 ans.  Contrairement aux usages de ses dernières sorties, Nicolas Sarkozy a surpris en s’abstenant de toute charge violente contre son rival socialiste François Hollande, toujours favori des sondages.  Malgré les encouragements insistants de son auditoire, qui a haché son discours de très nombreux « on va gagner » ou « Nicolas président ! », le chef de l’Etat s’est contenté de fustiger, au détour d’une plaidoirie pour la loi Hadopi, les « démagogues » et « apôtres du jeunisme ». Une allusion au candidat du PS qui veut remplacer cette loi protégeant les droits d’auteur.  A défaut d’entendre les paroles combatives de leur candidat, les jeunes de l’UMP ont pu satisfaire leur volonté d’en découdre en écoutant la « première partie » de la réunion, particulièrement virulente.  Pendant plus d’une heure, ministres et ténors de l’UMP se sont succédé à la tribune pour éreinter François Hollande et tordre le coup à l’idée que la jeunesse serait « l’apanage de la gauche ». Un défi puisqu’en 2007, Ségolène Royal avait raflé 63% des suffrages des 18-24 ans au second tour.  Le patron des jeunes de l’UMP Benjamin Lancar a ouvert le feu. « Imaginez comme cela doit être dur et déprimant d’être jeune et d’avoir François Hollande comme candidat ! », a-t-il raillé. « Protégez-nous de cette gauche qui veut nous enlever notre avenir », a enchaîné le conseiller régional Geoffroy Didier.  Même le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand y est allé de sa critique en fustigeant la « gauche caviar » ou la « gauche bobo »… Quant au secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, il a conclu sans nuance en désignant François Hollande comme « le candidat anti-jeune par excellence ».

 

Economie politique: derniers articles

Chronique Agora : Les marchés de plus en plus déconnectés de l’économie réelle

Chronique Agora : Les marchés de plus en plus déconnectés de l’économie réelle

 

 Ce pauvre Ben Bernanke est un phobique de la déflation. Il la voit partout — un peu comme le gamin dans le film Sixième Sens voyait des morts. Et Bernanke est tout aussi terrifié par une chute des prix des actions — et de son effet sur la confiance des consommateurs. La chute des cours boursiers, c’est ainsi que certains appellent la déflation, ou la déflation du prix des actifs. Bernanke, gouverneur de la Réserve fédérale américaine, pense que la Fed a fait de la Dépression de 1929 une Grande Dépression en augmentant les taux d’intérêt trop tôt durant la reprise. Ce n’est pas une erreur qu’il refera ! Il ne permettra simplement pas aux actions de chuter. Le récent discours du président de la Fed à la National Association for Business Economics a mis le feu aux prix des actions américaines. Tous les indices américains ont grimpé. Même l’or a repris de la vigueur. Bernanke a déjà déclaré qu’il maintiendrait les taux américains bas jusqu’en 2014. Il a réaffirmé cette semaine cette volonté en disant : “de nouvelles améliorations significatives dans le taux de l’emploi exigeront probablement une expansion plus rapide de la production et de la demande de la part des consommateurs et des entreprises, un processus qui peut être soutenu par des politiques accommodantes continues”. On vit dans un monde étrange. Le président de la Fed pense que les taux bas sont nécessaires pour générer plus de croissance économique. La croissance produira des emplois. Les emplois mèneront à des dépenses. C’est seulement à ce moment-là que les taux d’intérêts — le prix de l’argent de la Fed — pourront être augmentés.  Dommage qu’il ne puisse pas comprendre que la politique de taux des Etats-Unis est malsaine. Dans la mesure où le reste de la planète s’adapte aux taux d’intérêt US, une politique monétaire américaine malsaine mène à une politique monétaire mondiale malsaine. Par “malsaine”, nous entendons une politique qui maintient les taux à un niveau trop bas, mène à une inflation des prix des actifs et un boom géant de la dette. Tout cela est bien connu de ceux qui suivent la Chronique Agora depuis longtemps. S’il y a une chose réconfortante avec la stupidité tenace de Bernanke, c’est qu’on a le temps d’affiner ses détentions boursières, dans un marché haussier. Il vaut bien mieux sortir du marché quand les actions flottent sur un océan de liquidités plutôt que quand elles s’effondrent. Mais c’est bien le problème actuellement, n’est-ce pas ? Aussi effrayé que soit Bernanke par les années 30, lui et ses homologues du monde entier ont encore plus peur d’un nouveau Lehman Brothers. La leçon à tirer de l’affaire Lehman, c’est que les banquiers centraux ne laisseront tout simplement pas une autre institution financière majeure faire faillite. Ils ne peuvent pas se le permettre. Le système financier est encore si endetté et si interconnecté (en grande partie par le biais du marchés des produits dérivés) que des injections régulières de crédit et la monétisation de la dette gouvernementale sont nécessaires pour le maintenir à un niveau constant. D’une certaine manière, la déflation qu’on attendrait normalement à la fin d’une bulle de crédit est en train de se produire en ce moment même — elle est simplement masquée par une croissance gigantesques des bilans des banques centrales.  En d’autres termes, les marchés boursiers sont devenus une gigantesque farce. Les indices ne communiquent pas d’informations utiles ou exactes. Les prix sont plus influencés par l’offre de crédit dans le système que par les bénéfices sous-jacents des entreprises cotées. L’ensemble ressemble furieusement à un système de racket conçu uniquement pour profiter aux banques, aux courtiers et aux bureaucrates qui les “régulent” en apparence. Il est assez rafraîchissant de faire ce genre de déclaration, même si nous admettons que nous avons peut-être tort sur le sujet. C’est rafraîchissant parce qu’une fois qu’on a reconnu le fait que le jeu auquel on vous demande de jouer est truqué, on peut choisir de ne pas participer. Ce qui rend les décisions d’allocation d’actifs bien plus simples. Nous avons acheté de l’or physique ce matin, par exemple. Tout le monde n’est pas d’accord avec le point de vue selon lequel ces rebonds périodiques sont d’excellentes opportunités de liquider des portions de votre portefeuille. Goldman Sachs a par exemple publié la semaine dernière un rapport défendant les actions. Ce rapport compte beaucoup de jargon et d’arguments compliqués. Mais l’idée générale est que les actions feront mieux que les obligations, surtout si la Fed maintient les taux au plus bas. Les gens semblent oublier que les entreprises existent pour donner un cash flow à leurs propriétaires en fournissant des services à leurs clients. Au lieu d’une stratégie d’investissement dépendant de la politique monétaire de la Fed, pourquoi ne pas investir dans des entreprises qui augmentent leurs revenus sans utiliser l’effet de levier ? Voilà qui semble un bien meilleur pari à long terme.

 

Free Mobile: Près de la moitié des appels échouerait aux heures de pointe

Free Mobile: Près de la moitié des appels échouerait aux heures de pointe

Un appel sur deux à l’eau. Aux heures de pointe, 46% des appels émis entre 18h et 21h par les utilisateurs de Free Mobile n’aboutiraient pas, selon une enquête réalisée par Capital. Quelques 9.392 appels ont été ainsi testés en tout – dont 1995 de Free – à Paris et Lyon depuis mardi par un outil informatique développé par Directique, spécialisé dans les études de qualité. L’agence a également testé la qualité du réseau chez les concurrents de Free. Résultats: sur la même tranche horaire, les échecs ne dépassent pas 1% chez Bouygues, Orange et SFR. La performance est également plus faible pour Free Mobile sur le reste de la journée, avec 14% d’échecs contre 1% à nouveau pour les autres opérateurs. Des difficultés avaient déjà été constatées par les utilisateurs. Mais Free Mobile avait expliqué que cette congestion était due à l’interconnection avec le réseau d’Orange, qui couvre les zones où ses propres antennes ne sont pas encore présentes, un phènomène également constaté par l’Autorité des télécoms. Le groupe a promis d’y remédier d’ici le 11 avril. Or, selon Capital, même dans les zones couvertes par les antennes Free, le taux d’échec des appels atteindrait 4%. Par ailleurs, la connexion internet est elle aussi affectée par ces dysfonctionnements. Sur la plage horairede 18h-21h, pendant laquelle le réseau est le plus fréquenté, télécharger un fichier de 2 mégaoctets échoue dans 16% des cas.

 

Allemagne : Le déficit public à 2011 à 1% du PIB

Allemagne : Le déficit public à 2011 à 1% du PIB

 

Le chiffre était de 4,3% en 2010 et 3,2% en 2009, selon un chiffre définitif publié vendredi par l’Office fédéral des statistiques (Destatis).  Le déficit public de l’Allemagne a fondu en 2011 à 1% du Produit intérieur brut, contre encore 4,3% en 2010 et 3,2% en 2009, selon un chiffre définitif publié vendredi par l’Office fédéral des statistiques (Destatis). En valeur absolue, le déficit public de la première économie européenne s’est monté l’an dernier à 25,3 milliards d’euros, pour un PIB de 2.570,8 milliards d’euros. L’Etat fédéral et les Etats régionaux ont dépensé plus qu’ils n’ont gagné, alors qu’au contraire les communes ont fini dans le vert et que le système d’assurance-chômage a dégagé son plus gros excédent depuis la Réunification grâce au dynamisme du marché de l’emploi.

 

Le déficit public remboursé par l’impôt qui tue la compétitivité et la consommation

Le  déficit public remboursé  par l’impôt qui tue la compétitivité et la consommation

La France qui déteint déjà le record du monde des prélèvements obligatoires a encore augmenté ses impôts pour diminuer le déficit budgétaire. L’inconvénient c’est qu’en même temps ce taux d’impôt tue la compétitivité et la consommation sur lesquels reposent la croissance et l’emploi. Bref un vrai cercle vicieux. En France, la tradition veut qu’on réduise le déficit public à coup d’impôts supplémentaires. C’est ce qu’a fait l’exécutif sous la houlette de Nicolas Sarkozy, en 2011, comme ses prédécesseurs… Il a procédé à la plus importante hausse des prélèvements obligatoires (+1,3 point) depuis un certain Alain Juppé (en 1996). Compte tenu d’allègements fiscaux consentis en début de mandat, le quinquennat devrait se solder par une hausse des impôts, taxes et cotisations, de 0,7 point de PIB (si l’on compare la situation de 2006 à ce que devrait être 2012). Le candidat Sarkozy avait promis, début 2007, une baisse de 4 points de ce taux de prélèvements obligatoires. Bien sûr, il y a eu la crise. Mais elle n’explique pas tout . Force est de constater que le déficit des administrations a reculé sensiblement, l’an dernier, de 1,9 point de PIB, à 5,2% de la richesse nationale, selon les données communiquées par l’Insee. La plus forte baisse jamais enregistrée par l’Institut de la statistique, qui a calculé les déficits depuis 1959. Il est vrai qu’il est peut être plus facile de diminuer le déficit après un plan de relance, puisque certains dispositifs de soutien à l’activité, conçus comme provisoires, prennent fin simultanément, et spontanément. En tout état de cause, en 2011, la diminution du déficit tient pour 60% à la hausse des prélèvements obligatoires, et 40% au ralentissement des dépenses publiques, dont le poids a baissé dans le PIB. Les prélèvements sont passés de 42,5% à 43,8% du PIB, tandis que la dépenses publique reculait, de 56,6% à 55,9% de la richesse nationale.  La hausse des prélèvements est quasiment conforme aux prévisions. Et Nicolas Sarkozy prévoit de continuer sur cette voie, si l’on en croit les documents officiels. Par rapport à leur niveau de 2012, les impôts taxes et autres cotisations de toute nature continueraient de progresser, en proportion du PIB, de 1,2 point, pour atteindre 44,8% du PIB, selon le rapport officiel du gouvernement, publié fin 2011, que la prochaine programmation des finances publiques, adoptée en conseil des ministres le 11 avril, devrait confirmer. Cette progression correspond à près de 25 milliards d’euros de recettes en plus. L’exécutif minimise ce chiffre, faisant l’hypothèse que plus de la moitié de cette somme viendrait de rentrées fiscales spontanément fortes, en matière d’impôt sur les bénéfices des sociétés notamment. Les impôts rentreraient tellement bien dans les caisses de l’Etat que leur croissance dépasserait celle du PIB, d’où cette hausse du taux de prélèvements. Une hausse sans douleur, donc, sans que les Français soient mis à contribution, tel est le message… Sauf que cette hypothèse d’importantes rentrées fiscales spontanée peut être discutée. Surtout, elle repose sur le pari d’une croissance relativement forte, supérieure à 2% à partir de 2014. Si celle-ci n’est pas atteinte, il faudra bien augmenter, vraiment, les impôts. Ou tailler vraiment dans les dépenses. La seule solution serait alors de s’attaquer aux dépenses sociales, qui représentent plus de la moitié de la dépense publique. A nouveau évoquée par la ministre du Budget, Valérie Pécresse, dans une interview au Monde, la baisse du nombre de fonctionnaires, au rythme du non remplacement d’un départ à la retraite sur deux, ne serait assurément pas suffisante. Ni le simple fait de ralentir les dotations aux collectivités locales.  Si Nicolas Sarkozy n’a pas vraiment touché à la sphère sociale pendant son quinquennat, au grand dam des plus libéraux des experts et observateurs, c’est parce que les Français sont plus qu’attachés à leur modèle. On se souvient du tollé provoqué par la seule évocation d’une prise en charge plus rigoureuse des dépenses d’assurance maladie correspondant aux affections de longue durée (ALD, lesquelles expliquent une très grande part de la croissance des dépenses de santé). Le gouvernement n’avait pas dépassé, alors, le stade du ballon d’essai. François Hollande, qui n’envisage pas vraiment de couper dans les crédits publics, prévoit d’accroître les prélèvements jusqu’à 46,9% du PIB en 2017. Son programme, est, d’une certaine façon, plus prudent que celui de Nicolas Sarkozy, puisqu’il ne s’attend pas à une hausse importante et spontanée des prélèvements. D’où la rafale de hausses d’impôts prévue (29 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 15 milliards pour financer les dépenses nouvelles).

L’Irlande retarde le remboursement de sa dette

L’Irlande retarde le remboursement de sa dette

Dublin devait rembourser 3,06 milliards d’euros à la fin mars. Mais elle a obtenu de l’Europe le report de cette échéance. L’Irlande a réussi à transformer sa reconnaissance de dette en obligations du Trésor irlandais à horizon 2025, ce qui lui permet d’allonger dans le temps ses remboursements à des taux d’intérêts plus supportables. Cette faveur européenne va permettre au pays de «regagner plus facilement la confiance des marchés», se félicite le ministre de la Dépense publique et des Réformes, Brendan Howlin. Plus globalement, l’Irlande négocie toujours avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne, et le Fonds monétaire international, pour revoir l’ensemble de ses engagements auxquels elle doit faire face. Soit les 31 milliards d’euros qu’elle avait reçus en 2010 pour sauver la banque Anglo Irish Bank, depuis nationalisée et rebaptisée Irish Bank Resolution Corp.  L’obtention de ce report n’était pas évident. Les partenaires européens, avec lesquels l’Irlande a négocié, excluent pas qu’on touche à leur conditions de prêts. Mais cette fois-ci, ils ont cédé, au risque de créer un précédent: l’Irlande est considérée comme un bon élève en matière de respect de son programme budgétaire. Même si techniquement c’est le cas, un refus européen aurait précipité la note de la dette de long terme de l’Irlande au niveau de «défaut» par les agences de notation, et relancé la crise existentielle de la zone euro. De plus, en répondant positivement à ce report, L’Europe donne aux Irlandais une raison de plus de voter «oui» au prochain référendum irlandais.  L’Irlande se prononcera en effet le 31 mai sur le nouveau pacte budgétaire européen, signé début mars par 25 pays membres de l’Union européenne (tous sauf la Grande-Bretagne et la République tchèque). Ce traité met en place des règles d’or sur l’équilibre des comptes publics et prévoit des sanctions quand les déficits déraillent. Les deux précédents référendum (2001 et 2008) organisés par l’Irlande se sont soldés par des «non» – au traité de Nice puis à celui de Lisbonne -, avant que des scrutins de rattrapage ne permettent d’obtenir une adhésion. De quoi expliquer l’inquiétude européenne. Mais cette fois-ci, le gouvernement fera campagne pour le «oui». De même que le principal parti d’opposition, le Fianna Fail (centre). En revanche, le Sinn Fein (parti nationaliste de gauche) milite pour le «non», hostile à un texte qui «institutionnalise l’austérité». Selon un nouveau sondage publié dimanche, 49% des Irlandais se prononceraient cette fois en faveur du traité et 33% seraient contre. Mais 18% n’ont pas encore arrêté leur choix

 

Taxe carbone : menacée, notamment sur les ventes d’Airbus, l’Europe recule, le business d’abord !

Taxe carbone : menacée, notamment sur les ventes d’Airbus, l’Europe recule, le business d’abord !

 

Bruxelles maladroite à propos d’une taxe carbone mal ficelée et inefficace se ridiculise une seconde fois en lâchant sur la pression des industriels ( voir article) est prête à modifier sa législation, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, si un compromis est trouvé au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), a annoncé Connie Hedegaard, commissaire européenne à l’Action pour le climat, dans un entretien au journal Le Monde. D’accord pour négocier, l’Europe ne renoncera pas pour autant. «Nous voulons faire preuve d’ouverture, mais le projet d’obtenir un accord à tout prix, quel que soit son contenu, ne suffira pas. Le texte devra contribuer réellement à la réduction des émissions de CO2», avertit Connie Hedegaard. Les États-Unis, qui s’opposent à cette taxe, tout comme l’Inde, la Russie et la Chine, sont également prêts à débattre du sujet lors de la prochaine réunion de l’OACI en juin prochain. Décidée en 2008 et mise en place cette année, la taxe carbone européenne a soulevé un tollé partout dans le monde. Elle frappe toutes les compagnies qui survolent l’espace aérien européen. Les 4 291 transporteurs concernés, dont 28 compagnies chinoises, ne devront la régler qu’en mars 2013. Ce qui offre à la Commission européenne et à l’OACI du temps pour trouver un accord. À cette échéance, les compagnies devront payer 15 % de leurs émissions polluantes de l’année 2012, soit 32 millions de tonnes, pour lutter contre le réchauffement climatique. Selon les calculs de Bruxelles, la taxe devrait ­apporter 256 millions d’euros au titre de 2012. Début mars, la Chine avait pris la tête de la contestation en gelant l’achat de 55 Airbus dont 45 gros-porteurs A330 et 10 super-jumbos A380 représentant des contrats d’une valeur cumulée de 14 milliards de dollars (au tarif catalogue). D’autres pays menaçaient d’en faire autant. Louis Gallois, président exécutif d’EADS, maison mère d’Airbus, était monté au créneau en alertant sur les risques qui pesaient sur Airbus et en demandant à l’Europe de ne pas appliquer cette taxe. Il avait prôné une «solution concertée» (lire nos éditions du 9 mars). Heureux hasard ou volonté d’apaisement, deux compagnies chinoises – Air China et China Southern – ont déclaré jeudi soir et vendredi vouloir honorer leurs commandes d’Airbus.

 

Austérité et tension en Espagne

Austérité et tension en Espagne

L’effort d’assainissement budgétaire annoncé par Madrid prévoit de réduire le déficit du gouvernement central de 27 milliards d’euros pour le reste de l’année en cours, ce qui représente 2,5% du produit intérieur brut (PIB). Ce chiffre inclut des hausses d’impôts et des coupes dans les dépenses -pour un montant total de 15 milliards d’euros- déjà dévoilées fin décembre. Les ministères devront réduire leurs dépenses de près de 17% et les traitements des fonctionnaires seront gelés en 2012. Ce budget « très sévère », selon les termes employés mardi par le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a été dévoilé au lendemain d’une vaste grève générale contre l’austérité qui a paralysé une partie du pays et dégénéré à Madrid et Barcelone. L’Espagne serait à nouveau entrée en récession au premier trimestre et affiche le taux de chômage le plus élevé de l’Union européenne, avec 23%. Dans ce contexte tendu, le gouvernement est pris entre le risque de plonger encore plus le pays dans la récession et celui de voir le coût de sa dette s’envoler s’il ne maîtrise pas les comptes publics. « Tout le monde connaît le problème difficile auquel le pays est confronté, et qui réclame des efforts spécifiques de consolidation budgétaire et de réformes structurelles pour la croissance et la création d’emplois », a déclaré la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, à la sortie du conseil des ministres.

 

Présidentielles-Financement des campagnes: réduire les financements occultes, d’après Bayrou

Présidentielles-Financement des campagnes: réduire les financements occultes, d’après Bayrou

« Je propose qu’on change la loi sur le financement des campagnes présidentielles. Je souhaite qu’on ait un financement public intégral pour tous les candidats qui dépasseront 5% au premier tour avec une interdiction des dons des particuliers », a expliqué François Bayrou à Bastia en pleine polémique sur un éventuel financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy par la famille Bettencourt.   »Je propose également un plafonnement sévère à 10 millions contre le double aujourd’hui des dépenses de campagne, ce qui permettra de remettre de l’égalité entre les candidats », a poursuivi M. Bayrou.  Interrogé sur le maintien en détention de Patrice de Maistre, ex-conseiller financier de Liliane Bettencourt, François Bayrou a estimé que la décision de la cour d’appel de Bordeaux ouvrait « un champ d’inquiétude et de suspicion très grand sur le financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy ».   »J’imagine que la cour s’est prononcée sur des éléments précis. En tout cas, il faut sortir de ces suspicions qui jettent une ombre sur la manière dont la démocratie française fonctionne », a-t-il ajouté rappelant avoir déjà proposé l’organisation d’un référendum sur la moralisation de la vie publique avec la suppression « des micro-partis qui ne sont pas autre chose qu’une manière de tourner la loi ».   »C’est la raison pour laquelle je propose que l’on sorte de tout cela par des décisions nouvelles et tranchées », a-t-il insisté.  Selon lui, les dons des particuliers aux candidats « sont souvent organisés pour détourner la loi. On cite l’exemple de puissances financières qui donnent de l’argent à leurs collaborateurs pour que chacun d’entre eux cotise aux campagnes. Si c’est vrai, c’est choquant », a-t-il déclaré.  Cette suppression des dons des particuliers aux candidats à la présidentielle « fera faire des économies à l’Etat car ils donnent droit à défiscalisation », a-t-il fait valoir.   »Quand on regarde les déséquilibres de moyens entre les uns et les autres, alors on s’aperçoit qu’il y a un problème dans la démocratie française », a-t-il dit.   »Je suis donc pour une loi qui change sévèrement les règles de financement de la vie publique en France », a conclu le candidat du MoDem.   »La démocratie américaine, sa principale faiblesse est de dépendre de puissances financières qui financent les campagnes électorales. Et bien, je considère qu’en France, on doit écarter ce type de financement pour avoir une loi stricte qui dise: il y a un financement public, tous les candidats sont à égalité et on évite la gabegie, les gaspillages ».   »Avec 10 millions d’euros, il y a largement de quoi faire une campagne électorale », a-t-il fait valoir en soulignant que le financement de la sienne ne dépasserait pas 7 à 8 millions d’euros.

 

La fuite de Total présente-t-elle encore un risque ?

La fuite de Total présente-t-elle encore un risque ?

 

Cet incident soulève de nombreuses questions. Que s’est-il passé le week-end dernier ? Une fuite de méthane a été détectée dimanche soir sur la plateforme « Elgin », située à 240 km au large de la ville écossaise d’Aberdeen. On ignore encore qu’elle est l’origine de la fuite mais l’incident est suffisamment grave pour que Total fasse appel à « des experts venus de France et à d’autres spécialistes », comme l’a précisé Brian O’Neill.. La fuite est-elle colmatée ? Non et la situation est telle que Total a été amené à évacuer l’intégralité de ses 238 employés présents sur place. 23 tonnes de gaz se sont déjà échappées en l’espace de 48 heures et la fuite continue au niveau des piliers de la plate-forme, constituant un nuage de gaz. Une nappe fine d’hydrocarbure de 12,4 km2 s’est également formée. Existe-t-il un risque d’explosion ? Oui, si bien que Total a coupé l’alimentation électrique du site dans la nuit de dimanche à lundi et qu’une zone d’exclusion maritime et aérienne a été mise en place autour de la plateforme. La plate-forme Shell, voisine de 6 kilomètres, a également été évacuée. Problème, une torchère, c’est-à-dire une cheminée brûlant les résidus, est toujours allumée et risque de provoquer une explosion si le gaz l’atteint. « Le vent pousse le panache de gaz dans une direction opposée à celle de cette torche », a précisé le directeur de la santé/sécurité/environnement chez Total, David Hainsworth. Existe-t-il un risque pour l’environnement ? Les risques environnementaux sont à ce stade minimes, a assuré le groupe pétrolier. Moins spécialisée mais tout aussi écoutée, l’agence de notation Fitch a estimé que « la fuite d’Elgin est une fuite de gaz en surface et non une fuite sous-marine de pétrole, ce qui diminue fortement le potentiel de dégâts environnementaux par rapport à Deepwater Horizon (marée noire en Louisiane en 2010) ». Le constat des écologistes est tout autre, d’autant que la fuite pourrait durer au moins six mois avant d’être résorbée. « Ce puits lâche du méthane, qui émet vingt-cinq fois plus de gaz à effet de serre que de CO2. On peut imaginer que, sur six mois, le relâchement de méthane dans l’atmosphère va avoir un impact et renforcer malheureusement le dérèglement climatique », s’est inquiétée au micro d’Europe 1 Anne Valette, chargée de campagne climat chez Greenpeace. La communication de Total est-elle transparente ? Les relations entre les écologistes et l’industrie pétrolière sont telles que l’ONG Greenpeace a envoyé mercredi matin un hélicoptère sur zone. L’appareil, parti d’Allemagne, doit s’approcher au plus près de l’incident et voler ainsi autour de la zone restrictive de 5 kilomètres autour de la fuite. Objectif : recueillir des photos et des vidéos de la fuite de gaz pour en mesurer l’étendue.

 

Sarkosy remis en selle ?