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Un jury des citoyens pour contrôler les députés ?

Un jury des citoyens pour contrôler les députés ?  

Dans le cadre d’une nouvelle révolution démocratique Arno Pons, délégué général du think tank Digital New Deal Foundation et enseignant à Sciences Po propose la création d’un jury populaire à l’Assemblée nationale. L’idée est de structurer le débat des classes populaires et moyennes. Une idée peut être intéressante mais qui devrait aussi couvrir l’ensemble du champ géographique dans la mesure où ce n’est pas seulement le rapport aux élus nationaux qui est en cause mais le rapport à la quasi-totalité de responsable qui une fois élue, une fois oubliées les promesses, se comportent en barons locaux et en  politiciens professionnels (extrait dans la Tribune)

« Et si la révolte des « Gilets jaunes » était la nouvelle Révolution française ? Avec internet, comme en 1789, notre accès au savoir et donc au pouvoir bouleverse les équilibres, remet en question les institutions, et soulève dans le peuple une soif de démocratie plus directe. La Révolution française avait été le résultat du mouvement des Lumières, une contre-culture qui eut pour conséquence un plus grand accès et partage de la connaissance comme l’illustrait l’Encyclopédie, ancêtre de wikipédia…

Ce bouleversement du monde des idées avait impliqué la critique de l’organisation sociale, hier l’anticléricalisme, aujourd’hui l’anticorporatisme. Dans les deux cas, c’est la remise en question des élites pour un nouveau système démocratique. Et cette fois-ci le terreau de la révolte ne se joue pas dans les salons bourgeois mais sur Facebook par les classes populaires et moyennes, au vu et au su de tous.

Car loin d’être uniquement des mouvements de contestation, expression d’une forme de révolte ou d’opposition parfois stérile – que la classe politique toise comme une forme d’anarchie -, la mobilisation politique sur le net se construit progressivement. Rien ne sert de vouloir lutter contre ce phénomène, il faut au contraire composer avec. La classe politique doit prendre conscience de cette menace de voir l’État ainsi contesté au point de potentiellement ébranler les fondements de la République.

À l’heure des réseaux sociaux, il semble inéluctable de laisser le peuple participer activement à la politique, sinon celui-ci redevient une foule apolitique qui se tournera vers des raccourcis populistes hasardeux.

L’enjeu est donc de faire de la démocratie d’opinion un facteur de modernisation de la démocratie représentative et non pas un facteur de déstabilisation en devenant ce que Pierre Rosanvallon appelle « une forme politique à part entière anti-démocratique ».

L’urgence à y parvenir est grande. D’abord parce que notre système politique craque de partout. Mais également car il prend des formes exponentielles : plus une population se connecte sur Internet, plus elle se déconnecte de ses élites. En fait, il n’est pas exagéré de considérer que la défiance aux institutions est proportionnelle au taux de pénétration des nouvelles technologies, comme ce fut le cas en 1789 avec l’accès aux écrits des philosophes des Lumières.

L’État doit accepter que cette attente de coopération et de dialogue soit intégrée au sein de ses institutions pour ne pas alimenter les formes de défiances extérieures au système. Et cela doit se traduire concrètement à travers une représentation « directe et continue » dans les institutions de la République car l’expression démocratique bouillonnante sur le net cherche à s’inscrire dans le paysage politique national.

L’objectif n’étant surtout pas de remettre en question les fondements de la Ve République, mais à l’inverse de les consolider en utilisant Internet comme ciment pour garantir la vision durkheimienne de notre société selon laquelle il est nécessaire de faire vivre des « corps secondaires territoriaux ou corporatifs entre la population et l’État de manière à empêcher à la multitude d’imposer sa volonté à l’État, tout en la protégeant contre l’attitude oppressive de ce dernier ». L’enjeu consiste donc à redonner de la légitimité à nos corps intermédiaires en introduisant une dose de démocratie participative sinon ils seront de plus en plus contournés, jusqu’au point fatidique de se voir un jour « désintermédiés ».

Cette démocratie collaborative n’aurait que force à tirer si elle pouvait se régénérer non seulement au travers des échéances électorales qui rythment la vie politique, mais de manière ininterrompue en aménageant la possibilité d’une « démocratie continue », une République où le lien entre gouvernés et gouvernants ne se vivrait pas par éclipses, tous les 5 ans. Comme l’expliquait Emmanuel Macron lors de son allocution du 10 décembre, nous vivons un moment historique, et nous devons imaginer une République où « chacun aura sa part dans les débats y compris même les citoyens n’appartenant pas à des partis ».

Pour répondre concrètement à cette ambition présidentielle, nous pouvons nous inspirer de notre histoire en regardant de plus près 1789. Une des grandes victoires de la Révolution française pour le peuple fut les deux grandes lois de 1790 et 1791 qui balayèrent la justice de l’Ancien Régime. La nouvelle organisation judiciaire mit en œuvre le principe selon lequel la seule légitimité qui vaille fut celle du peuple. La décision qui symbolisa l’accès à cette démocratie judiciaire fut l’instauration des jurés populaires dans les cours d’assises. N’est-ce pas une idée à adapter à notre crise démocratique ? Et si nous inventions en 2018 l’équivalent d’un jury populaire à l’Assemblée nationale pour assoir la légitimité des élus et ainsi impliquer le peuple français aux décisions qui sont prises en son nom ?

Ces jurés, sortes de « community manager » de la nation, seraient invités à co-produire l’intérêt général et à partager leur expérience sur les réseaux sociaux pour que le plus grand nombre soit associé au pouvoir populaire. Après tout, Emmanuel Macron avait intitulé son livre programme « Révolution ». Faisons preuve d’ouverture et d’imagination pour que sa prophétie se fasse avec et non pas contre lui…

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Pétition pour  »Un jury populaire à l’Assemblée nationale » : https://www.change.org/p/emmanuel-macron-un-jury-populaire-a-l-assemblee-nationale

Sondage : les gilets jaunes tours soutenus par 73% des français, une nouvelle force sociale

Sondage : les gilets jaunes tours soutenus par 73% des français, une nouvelle force sociale

Il est possible que la mobilisation des gilets jaunes se tasse sur le terrain pour autant ce recul social est largement compensée par l’appui politique d’une énorme majorité de Français. D’après un sondage Elabe  réalisée mardi 11 décembre.  Par ailleurs, la mobilisation des gilets jaunes reste approuvée par 73% des Français (+1 point en une semaine). Le tassement de la mobilisation sur le terrain pourrait provenir d’un certain phénomène d’usure, aussi de l’effet des quelques mesures Macron enfin du désaveu des violences par le français. La proximité de Noël n’est pas ailleurs par ailleurs pas favorable au maintien d’une action sociale. Au-delà des quelques aspects quantitatifs engrangés par les gilets jaunes, le principal acquis de ce mouvement demeure la création d’un puissant mouvement démocratique de contestation qui pourra se réveiller à tout instant notamment lors de la discussion sur la  réforme des retraites Cependant, l’intensité de cette approbation diffère selon la classe sociale, la situation financière, la zone d’habitation et la catégorie politique: 81% (+2) auprès des classes populaires, 75% (+6) auprès des classes moyennes, 70% (-6) auprès des retraités et 67% (+11) auprès des cadres. D’un point de vue politique, le mouvement reste approuvé par une majorité au sein de chaque électorat: 91% (+4) chez les électeurs de Marine Le Pen, 86% (+3) chez ceux de Jean-Luc Mélenchon, 76% (-2) chez les abstentionnistes, 60% (-4) chez ceux de François Fillon et 55% (+3) auprès de ceux d’Emmanuel Macron. En dépit de ce soutien qui perdure, les Français sont divisés sur la suite à donner au mouvement. Après plus de quatre semaines de blocages et de mobilisation, 47% des personnes sondées pensent que les manifestations doivent cesser.

sur Internet ce mardi 11 décembre sur un échantillon de 993 personnes représentatif de la population françaises âgée de 18 ans et plus. 

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Les mesures Macron : financées par la dette pas par les plus riches

Les  mesures Macron : financées par la dette pas par les plus riches

 

On aura noté que Macron n’a guère abordé les questions de justice fiscale, il a m^me confirmé qu’il  s’opposait au rétablissement de l’impôt sur la fortune. Et en se justifiant de manière malhonnête puisqu’il a indiqué que la suppression de l’ISF concernait «  ceux qui investissaient». Or aucune garantie n’existe dans ce domaine. Pas plus qu’il existe la moindre garantie concernant les baisses de charges des entreprises et notamment le CICE qui arrose l’ensemble de l’économie y compris ceux qui ne sont pas soumis à la concurrence internationale. En clair, la mesure essentielle concerne le SMIC dans le financement est assuré par la sécu donc en fait par la dette. La prime exceptionnelle, elle, reste très hypothétique puis qu’elle est seulement à caractère incitatif mais non obligatoire. La  défiscalisation des heures supplémentaires, intéressantes pour les intéressés, sera elle aussi financée par la dette. Conclusion, Macron ne touche pas à la fiscalité, maintient l’impôt sur la fortune, la flat  taxe sur le capital et ou la réduction de l’exit tax.

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SONDAGE. Les Gilets jaunes : 12% aux européennes !!!

SONDAGE. Les Gilets jaunes : 12% aux européennes !!!

 

Pour l’instant ce n’est qu’une hypothèse théorique car il n’y a pas de structuration du mouvement des gilets jaunes et encore moins de transformation en organisation politique. Pour autant Un sondage réalisé les 5 et 6 décembre dernier, commandé par La République en Marche! et réalisé par l’institut Ipsos, que le JDD s’est procuré, a testé l’hypothèse d’une liste aux couleurs des « Gilets Jaunes » aux élections européennes. Si l’élection avait lieu dimanche prochain, une telle liste recueillerait 12% des voix. Loin derrière une liste En Marche-Modem (21%), mais en course pour la deuxième place. La liste du Rassemblement national est en effet créditée de 14%. Contre 13% pour Europe Ecologie-Les Verts, 11% pour les Républicains et 9% pour la France Insoumise.… Comme ce sondage a été exécuté à la demande de la république en marche, on ne peut écarter certains bidouillages. Notamment le fait que ce sondage permet aussi de minimiser l’influence du rassemblement national qui dans tous les autres sondages se situe devant la liste en marche. Une manière assez grossière de tenter d’influencer les partis d’opposition pour qu’ils condamnent les gilets jaunes. Certains objecteront qu’on met en cause la déontologie de l’institut Ipsos mais ce ne serait pas la première fois que cet institut se livre à des acrobaties statistiques en matière de sondages en fonction demandeur. Quel crédit peut-on en effet accorder à une enquête qui veut mesurer l’audience politique d’une organisation qui n’existe pas ? Un peu comme si on mesurait l’influence politique en France du pape ou des restos du cœur ou d’un chanteur de rap.

Macron devant ses conseillers : « aimez-moi les uns les autres »

Macron devant ses conseillers : « aimez-moi les uns les autres »

 

 

Le roi Macron a daigné délivrer un message subliminal après la manifestation de samedi en déclarant auprès de son entourages : «  lorsqu’il y a autant de haine, c’est aussi une demande d’amour «. Comme souvent Macron se transforme en évangéliste pour endormir la foule afin de qu’elle avale sans douleur sont discours sur les bienfaits de la mondialisation, de l’ultra capitalisme et de l’injustice sociale. Après avoir toussé un grand de soulagement Macron et sa majorité peuvent respirer pendant quelques heures et quelques jours avant le grand sermon du monarque de mardi. La peur était en effet grande au sein de la majorité mais le pire n’est pas arrivé, donc. « On est potentiellement à deux doigts d’un putsch », s’inquiétait François Patriat, président des sénateurs LREM et proche du chef de l’État, à trois jours de la manifestation. Une stratégie de dramatisation assumée par l’Élysée qui, afin de séparer les casseurs des Gilets jaunes « raisonnables », avait brandi un potentiel déferlement d’individus venus pour « casser et tuer ». Mais aussi, un véritable vent de panique qui a soufflé dans les allées du pouvoir.… Un peu rassuré le petit roi se fait donc philosophe en considérant que derrière la haine qui se concentre sur son nom révèle une demande d’amour. Une vraie dialectique d’évangéliste. Macron ne semble pas encore avoir compris que ce qui est en cause c’est une demande extraordinaire de justice sociale et fiscale ainsi qu’une demande de démocratie pour se substituer à la monarchie républicaine, aux courtisans, aux barons qui accaparent le pouvoir et qui le confortent.

Les « Gilets jaunes » manifestent aussi pour le climat

Les « Gilets jaunes » manifestent aussi pour le climat

Pour les gilets jaunes la fin du mois se conjugue avec la fin du monde. C’est pourquoi on a trouvé nombre de manifestants en jaune dans le défilé organisé à Paris dans le cadre d’une “marche pour le climat” ; cela pour lancer un cri d’alerte sur l’”urgence sociale et climatique”. Officiellement, ils étaient 17.000, selon la préfecture de police. “Fin du monde, fin du mois c’est pour nous le même combat”, ont scandé les manifestants dont certains portaient le gilet jaune devenu depuis trois semaines l’emblème de la mobilisation, initialement contre la hausse de la taxe carbone avant d’élargir ses revendications à la question du pouvoir d’achat. “Il faut de la justice sociale pour que les conditions climatiques soient meilleures, on ne doit pas séparer les deux combats contrairement à ce qu’on voulait nous faire croire”, a dit à Reuters Alissa, une artiste peintre de 44 ans, arborant un gilet jaune. “Si des ‘Gilets jaunes’ ont envie de marcher pour le climat, c’est encore mieux et on les accueille avec plaisir. Sans changement social, on n’aura pas de changement climatique il y a une convergence entre les deux luttes”, résumé une manifestant. “Il y en a qui ont la conscience écologiste mais qui au 15 du mois n’ont plus rien et qui se disent ‘l’important c’est la survie et pas de protéger le climat’”.

Les gilets jaunes veulent du pouvoir et pas seulement du pouvoir d’achat !

Les gilets jaunes veulent du pouvoir et pas seulement du pouvoir d’achat !

À l’évidence, le mouvement de gilets jaunes ne peut se réduire à une problématique sociale et fiscale. La colère traduit aussi une demande démocratique. Ce qui est également en cause c’est la représentation des citoyens et la manière dont fonctionne la démocratie. Au plan national,  il est clair que le pouvoir a été détourné par une sorte de clergé des oligarques qui se reproduit lui-même. Ainsi nombre de politiques n’ont jamais exercé la moindre activité en dehors de la politique. Ils ont transformé la fonction élective en véritable métier. Pour cela en investissant à peu près tous les partis. Du coup,  les élites qui sortent du même moule récitent le même catéchisme quant aux valeurs suprêmes de l’argent, de la mondialisation et de la concurrence inégalitaire. Concurrence inégalitaire qui se fait surtout sur le dos des salariés. La plupart sortent  de ces fameux instituts d’études politiques (Sciences-po, ENA) où on est supposé enseigner les sciences politiques comme si la politique était une science mais non d’abord la conviction qu’il faut servir l’intérêt général lors d’un mandat forcément limité dans le temps. Or la plupart commencent  dès qu’ils ont 20 ou 25 ans, par exemple comme assistant parlementaire, deviennent députés, parfois ministres et finissent tranquillement au Sénat à l’âge de 60 70 ans. On objectera que certains n’ont pas fréquenté ses fameux instituts d’études politiques qui en particulier ont noyauté le parti macroniste, mais les autres aussi ;  du coup ils  procèdent par imitation et répètent à l’envi les mêmes formules à la mode que les diplômés afin de se faire admettre dans le cercle des élites. Pris de panique certains observateurs, certains journalistes posent alors la question : Est-ce qu’il ne s’agit pas d’un mouvement insurrectionnel ? Un mouvement peut-être pas mais une demande de démocratie certainement. Car sans doute la coupure n’a-t-elle jamais été aussi grande entre chez les élites coupées du réel dont les salaires varient de 10 000 à 20 000 € par rapport à ceux qu’ils doivent se contenter de 1000 ou 1500 avec en plus une pression fiscale insupportable. Et surtout qui doivent se taire !

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Les « Gilets jaunes » à Matignon : une réunion pour rien ! Pourquoi ?

Les « Gilets jaunes » à Matignon : une réunion pour rien ! Pourquoi ?

 

 

 

Finalement, la réunion entre Matignon et certains gilets s n’aura pas servi à grand-chose et c’était d’ailleurs à prévoir. Les revendications principales des gilets jaunes sont connues elles portent sur la fiscalité relative au carburant et plus largement sur la fiscalité générale, c’est-à-dire la justice fiscale et sur le pouvoir d’achat. D’autres  revendications sont relatives à la crise des institutions. L’ensemble de ce cahier revendicatif ne peut être satisfait d’un coup mais que quatre ou cinq mesures symboliques et significatives peuvent permettre d’apaiser le climat  et de donner du sens à l’ouverture de négociations. Tout le monde savait cela. Le Premier ministre y compris. Il n’avait pas besoin de recevoir les gilets jaunes pour être informé. La rencontre avec quelques responsables du mouvement était évidemment de nature politique. « Voyez comme nous sommes ouverts à la discussion a dit le Premier ministre. Le problème, c’est qu’il n’a strictement rien annoncé de nouveau, qu’il ne le pouvait pas et en quelque sorte qu’il a refilé le bébé à Macron. Cela parce qu’il ne dispose pas de marge de responsabilité puisque tout se décide à l’Élysée mais aussi parce qu’il n’est pas mécontent de réexpédier la patate chaude sur Macron qu’il l’a humilié cette semaine lors de l’assemblée nationale. S’il y une rencontre utile, c’est avec Macron, uniquement avec Macron puisque c’est lui qui décide tout et tout seul. Cette rencontre avec le Premier ministre n’était pas une négociation mais un simple échange de politesse. Reçus par le Premier ministre Edouard Philippe vendredi soir, six manifestants du mouvement des “Gilets jaunes” en ont finalement appelé à Emmanuel Macron pour répondre à leurs revendications sur de nombreux sujets, du smic à la fiscalité en passant par l’aménagement du territoire. S’exprimant devant la presse à l’issue de leur entrevue à Matignon, tous ont dit attendre beaucoup de l’intervention du chef de l’Etat prévue en début de semaine prochaine, au sortir d’un week-end où les autorités craignent des débordements violents après un mois de mobilisation dans tout le pays sur le thème du pouvoir d’achat. “La clé, c’est le président de la République qui l’a”, a déclaré Christophe Chalençon. “A lui d’agir en tant que patron de la Nation, père de la Nation.”Bref, l’aveu que cette réunion n’a servi à peu près à rien !

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Pouvoir d’achat: Le gouvernement peut encore faire payer les autres

Pouvoir d’achat: Le gouvernement peut encore faire payer les autres

 

Pour l’essentiel l’amélioration pouvoir d’achat des Français a reposé sur la suppression de la taxe d’habitation. Finalement une réforme à bon compte qui n’hypothéquait pas les finances de l’État mais celle des collectivités locales. Bien sûr avec le temps il a fallu quand même en compenser une partie avec une dotation spéciale ou encore via  l’augmentation de l’impôt foncier. Cette fois le gouvernement a trouvé une martingale : demander aux entreprises de verser une prime exceptionnelle, le gouvernement se limitant à la défiscaliser. Encore une mesure qui ne lui coûte pas grand-chose et qui lui évite par exemple de remettre en cause son propre train de vie. Sans complexe, Jeudi matin, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, a invité les principales organisations patronales (PME, banques, assurance, commerce, distribution…) à Bercy pour échanger sur des propositions visant à «améliorer concrètement le quotidien des Français». Pour l’heure, la seule mesure concrète sur la table, qui pourrait être adoptée rapidement, est la création d’une prime exceptionnelle défiscalisée et exonérée des cotisations sociales. Cette prime serait versée par les employeurs aux salariés de façon volontaire Édouard Philippe a lui aussi tenté de calmer le jeu devant le Sénat. Le premier ministre a annoncé que le gouvernement était prêt à examiner «toutes les mesures qui permettraient d’augmenter les rémunérations au niveau du smic sans pénaliser excessivement la compétitivité de nos entreprises». Une «concertation» avec les organisations syndicales, patronales et les élus pour trouver des «solutions» pour les trajets domicile-travail va également être conduite. Ces sujets devraient être à l’agenda d’une nouvelle réunion prévue vendredi matin, au ministère du Travail, en présence des ministres du Travail et des Transports, Muriel Pénicaud et Élisabeth Borne. Là encore, l’objectif est de trouver des solutions pour améliorer le pouvoir d’achat et tenter d’apaiser les tensions sociales. Bref des propositions très floues et qui reportent la responsabilité sur d’autres

 

Gilets jaunes : la révolte des gueux contre les nantis

Gilets jaunes : la révolte des gueux contre les nantis

 

D’une certaine manière, le mouvement de gilets jaunes constitue une sorte de révolte de gueux contemporains. Pas forcément les plus pauvres, car ceux-là sont tellement désespérés qu’il ne compte plus que sur les restos du cœur ou la banque alimentaire pour survivre. La plupart des membres des gilets jaunes, eux, représentent les couches populaires et moyennes. Rappelons que le salaire net en France et 1750 € environ et la pension de 1100 €. Il s’agit de moyenne avec des dispersions évidemment. Le SMIC concerne directement à peu près 10 % de la population. Un SMIC à 1150 € nets et qui influence encore 20% d’autres salaires.  Dans les zones rurales et les petites villes,  il n’est pas rare de faire 50 à 60 km pour se rendre au travail. Soit un coût de 400 € par mois. La dépense la plus importante est celle du logement : de l’ordre 30 % du revenu soit en moyenne autour de 600 €. Avec deux salaires il est encore possible de s’en tirer mais avec un seul salaire, c’est la galère assurée. D’autant que cette catégorie ne peut prétendre à la plupart des allocations sociales. On objectera que le salaire en euros constants  est bien supérieur à ce qu’il était il y a 50 ans avec cette différence que les besoins ont considérablement évolué : les besoins en transport, en logement et aussi en dépenses contraintes (abonnements, assurances, impôts  etc.). Des dépenses contraintes représentent 60 % pour les moins favorisés et 20 % du pouvoir d’achat pour les plus aisés. Pour vivre aujourd’hui presque décemment il faudrait autour de 3000 € par ménage. On est loin du compte d’autant que nombre de familles ne compte qu’un salarié (et/ou un seul chef de famille). Il est clair que la partie de la population la plus aisée à largement profité des mutations économiques, sociales et technologiques. Il n’est donc pas surprenant, que ceux dont les revenus varient par exemple entre 5000 et 20 000 € se montrent très distants vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes considérés un peu comme des gueux, des incultes et des révoltés. Le problème c’est que notre société et notre économie a besoin de ceux qui sont en  en bout de chaîne. Tout est question d’équilibre, les différences de rémunération peuvent se comprendre. Il faut des couches populaires, des couches intermédiaires et les coûts supérieures mais quand le déséquilibre est indécent soit du fait des rémunérations, soit du fait de la fiscalité alors la révolte peut s’expliquer

 

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