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Coronavirus France : une gestion catastrophique, la France en troisième position pour le nombre de morts

Coronavirus France : une gestion catastrophique, la France en troisième position pour le nombre de morts

 

 

On peut toujours expliquer les différences du fait des systèmes sanitaires, des rapports à l’autorité, des traditions mais on peut difficilement comprendre pourquoi un pays comme la France occupe le troisième rang du nombre de décès au monde. Une différence indiscutable avec l’Allemagne qui compte 3 à 4 fois moins de décès et qui en plus a laissé les commerces ouverts. Le résultat sans doute de contradictions permanentes.

D’abord au départ une contestation de la réalité de la pandémie. On a même condamné les masques considérant qu’ils étaient même dangereux pour la santé. Ensuite quand on s’est aperçu de la réalité et de l’importance de la crise, on a manqué de tout notamment de lits dans les hôpitaux tout autant que de masques.

Du coup,  on a brutalement confiné en arrêtant la totalité de l’économie ou presque. On a cru ensuite au début de l’été que la crise était totalement maîtrisée. Le gouvernement a même invité des Français à partir tranquillement en vacances. Nouvelle erreur qui a provoqué en tout cas contribué largement à l’amplification de la seconde vague. Ensuite on a tenté de reconfiner selon les secteurs avec des mesures incompréhensibles et contradictoires. La gestion par la France du virus se révèle donc particulièrement pitoyable.

 

Statistiques des pays les plus touchés par le coronavirus le 22 novembre 2020 au soir (source : Worldometers)
Pays Nombre de cas Nouveaux cas Nombre de décès Nouveaux décès
1 États-Unis 12,589,088 +137,010 262,701 +871
2 Inde 9,140,312 +44,404 133,773 +510
3 Brésil 6,071,401 +18,615 169,197 +181
4 France 2,140,208 +13,157 48,732 +214
5 Russie 2,089,329 +24,581 36,179 +401
6 Espagne 1,589,219 42,619
7 Royaume-Uni 1,512,045 +18,662 55,024 +398
8 Italie 1,408,868 +28,337 49,823 +562
9 Argentine 1,370,366 +4,184 37,002 +100
10 Colombie 1,248,417 +7,924 35,287 +183
11 Mexique 1,032,688 +6,719 101,373 +550
12 Pérou 949,670 +1,589 35,595 +46
13 Allemagne 932,111 +13,840 14,343 +104
14 Pologne 861,331 +18,467 13,618 +330
15 Iran 854,361 +13,053 44,802 +475
16 Afrique du Sud 767,679 +2,270 20,903 +58
17 Ukraine 624,744 +12,079 10,951 +138
18 Belgique 556,904 +3,224 15,522 +170
19 Chili 540,640 +1,497 15,069 +39
20 Irak 535,321 +1,766 11,958 +33
21 Indonésie 497,668 +4,360 15,884 +110
22 République tchèque 492,263 +1,513 7,196 +101
23 Pays-Bas 484,648 +5,388 8,891 +21
24 Bangladesh 447,341 +2,060 6,388 +38
25 Turquie 446,822 +6,017 12,358 +139
26 Philippines 418,815 +1,965 8,123 +43
27 Roumanie 418,645 +5,837 10,047 +131
28 Pakistan 374,173 +2,665 7,662 +59
29 Arabie saoudite 355,258 +224 5,780 +19
30 Canada 330,503 +4,792 11,455 +49
31 Israël 328,918 +521 2,799 +42
32 Maroc 324,941 +3,979 5,316 +60
33 Suisse 290,601 4,056 +25
34 Portugal 260,758 +4,788 3,897 +73
35 Autriche 247,188 +5,226 2,388 +60
36 Népal 220,308 +1,669 1,321 +16
37 Suède 208,295 6,406
38 Equateur 185,643 +767 13,201 +62
39 Jordanie 183,429 +5,268 2,236 +64
40 Hongrie 174,618 +4,320 3,800 +111

« Coronavirus : une troisième vague » ? (L’épidémiologiste Renaud Piarroux)

« Coronavirus :   une troisième vague » ? (L’épidémiologiste Renaud Piarroux)

 

De la même manière que rien n’a été prévu pour tenter de contrôler la seconde vague, il se pourrait bien que la France soit tout autant désarmée par rapport à la possibilité d’une troisième vague.Une mutation dDontl’hypothèse ne peut pas être exclue avec la découverte en Écosse d’une mutation du virus (une mutation qu’avait par ailleurs prévu le professeur Raoult.  C’est en tout cas l’avis de l’épidémiologiste Renaud Parrioux, , chef du service de parasitologie du CHU de La Pitié-Salpêtrière (AP-HP) qui n’exclut pas cette troisième phase. (Interview dans le JDD)

 

Pourquoi le premier déconfinement a-t-il échoué?
Le gouvernement n’a pas réussi à faire comprendre qu’il y aurait une deuxième vague si la population se relâchait trop. Notamment à cause de certains scientifiques très écoutés et très relayés qui ont répété qu’il n’y allait pas en avoir. Ça a été très compliqué de se faire entendre dans ce contexte. Il fallait réagir dès le mois d’août – la courbe des cas était encore basse mais elle progressait vite – et appuyer sur le frein non pas à partir d’un certain nombre de cas, mais dès le moment où ce nombre augmentait. L’objectif était de préserver l’économie, mais qu’a-t-on préservé, quand on voit où on en est aujourd’hui?

 

Toute l’Europe est touchée, aurait-on vraiment pu éviter cette deuxième vague?
On l’aurait subie de toute façon, même si on avait réussi à maintenir les cas à un niveau plus bas, comme en Autriche ou en Allemagne. Mais au moins, ces pays ne sont pas submergés ; ils peuvent adopter des mesures plus facilement acceptables par leurs populations. Nous, nous sommes parmi les plus mal engagés. En Europe, c’est un choix collectif que de laisser les frontières de l’Union ouvertes et de vivre avec le virus, contrairement à d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, qui agissent vite et fort dès les premiers cas. Et ce choix accroît le risque de subir des vagues successives avant de parvenir à un éventuel équilibre.

 

Quelle a été la plus grosse erreur française?
On a raté l’élément clé que d’autres pays ont réussi: la limitation de la transmission autour de chaque cas positif. Ce processus consistant à identifier les cas contact rapidement pour briser les chaînes de contamination – le traçage – a été trop lent et pas assez exhaustif. Aujourd’hui, le système est un peu plus rapide mais il identifie trop peu de cas contact. C’est une question de confiance et de motivation qu’on n’a pas su donner aux personnes contaminées. Enfin, il y a une aversion de la population à s’isoler. Les moyens mis en œuvre sont très insuffisants: aujourd’hui, les gens sont enjoints à s’isoler par SMS. Mais la grande erreur serait de virer à l’autoritarisme. Si on commence à dire: « Quand vous êtes dépistés, restez chez vous et on va contrôler », c’est très simple: les gens n’iront plus se faire dépister.

 

Où est-ce qu’on a péché dans le traçage?
L’outil utilisé n’était pas optimal. Le conseil scientifique s’était pourtant prononcé en faveur d’équipes mobiles pour l’effectuer. Mais lors du déconfinement, le gouvernement a décidé que l’Assurance maladie s’en chargerait par téléphone. Seul point positif, on partait alors du médecin généraliste pour entrer dans le dispositif. Sauf qu’ensuite on a appliqué une politique de chiffres sur les tests en les proposant en libre-service et sans ordonnance, fin juillet. De ce fait, les généralistes n’étaient plus dans la boucle. À partir de là, on a perdu en efficacité et les laboratoires se sont retrouvés engorgés.

 

Pourquoi la situation s’est-elle autant améliorée à Paris?
Même si on n’a pas pu le faire comme on le voulait, l’AP-HP a développé dans la capitale une démarche de « contact tracing » avec des équipes mobiles et une présence humaine plus forte, grâce au dispositif Covisan. La réflexion sur ce concept d’isolement a été plus poussée. Il a été décliné en accompagnement plus qu’en coercition. On a pu aider les 40 000 personnes suivies par Covisan, en leur expliquant clairement les nécessités de l’isolement et en leur apportant des conseils. C’est peu, mais ça a contribué à aplanir la courbe épidémique, qui a progressé moins vite.

 

Comment réussir le prochain déconfinement?
Le taux de reproduction effectif, c’est-à-dire le nombre de personnes contaminées par une personne infectée, doit être stabilisé en dessous de 1. Pour cela, on doit mener des actions de terrain. Il faudrait encourager l’ouverture d’antennes de type Covisan partout en France, où l’on ferait des tests, du « contact tracing » et de l’accompagnement personnalisé. La clé, c’est d’expliquer aux patients et à leurs contacts l’intérêt de prendre les précautions tout de suite afin d’éviter de contaminer leur famille, leurs amis, leurs collègues. Et ce n’est pas qu’une histoire d’isolement. Si une personne est seule, comment fait-elle pour les courses? Ce sont des choses simples pour lesquelles les gens doivent être conseillés.
Comment monter de tels centres?
Je propose la mise en place rapide d’un groupe de travail opérationnel sur ces questions. Il faudrait former des chefs de centres qui fonctionneraient comme des « franchises » adaptées aux territoires. Des locaux doivent être trouvés. Des mairies parisiennes en ont fourni, d’autres peuvent le faire. Trouvons du personnel et formons-le à ces différentes fonctions. L’Assurance maladie doit continuer son travail en assurant le lien avec ces centres. Ce sont les acteurs principaux du « contact tracing » sur l’ensemble du territoire, qu’ils accompagnent ce changement et s’ouvrent à d’autres approches! Chaque jour qui passe où l’on ne se prépare pas est un jour de perdu. Parallèlement, il faut continuer tout ce qui n’est pas contraignant: favoriser le télétravail et l’étalement des heures de travail. Faute de quoi, nous subirons à nouveau un tour de vis sur nos libertés.

 

Faut-il s’attendre à une troisième vague?
Il faut espérer qu’il n’y en aura pas mais s’y préparer quand même. Il subsiste toujours des inconnues. On ne sait pas à quel point les températures influent sur ce virus ni si sa propension à diffuser dans les prochaines semaines sera forte ou très forte. Actuellement, les territoires les plus froids de France sont les plus touchés. Mais en hiver, on aura probablement plus de personnes immunisées. Si des moyens suffisants sont mis en place, peut-être oscillera-t-on enfin autour d’un nombre de cas gérable sans connaître de troisième vague.
Peut-on vivre avec ce virus ou faut-il l’éradiquer comme cherchent à le faire certains pays d’Asie?
On ne peut pas vivre avec des hôpitaux pleins. C’est impossible de déprogrammer éternellement des activités de soin importantes. Ce coronavirus fait plus de dégâts que la grippe. On ne peut pas vivre avec. Il faut s’en débarrasser. Cela nécessite une réponse internationale adaptée, une participation de la population et, surtout, un vaccin efficace.

GAFAM: victime d’une vindicte ?

GAFAM: victime d’une vindicte ?

 

Le spécialiste des questions européennes Yves Bertoncini note, dans une tribune au « Monde », que l’agressivité contre les plates-formes numériques traduit une forme de ressentiment vis-à-vis de la réussite d’un écosystème propre aux Etats-Unis, et que l’Europe se désole de ne pouvoir reproduire.

Tribune. Alors que la crise causée par le coronavirus a encore renforcé leur utilité et leur usage aux yeux des consommateurs européens, les grandes entreprises du numérique, au premier rang desquelles les fameuses Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft), sont plus que jamais dans le viseur des autorités publiques nationales et communautaires.

Les orientations présumées du « paquet » législatif sur les services et les marchés numériques (Digital Services Act et Digital Markets Act), présenté par la Commission européenne courant décembre, devraient renforcer cette tendance, alors qu’une stratégie mieux calibrée, et donc plus efficace, serait souhaitable.

Jusqu’alors, le ciblage politique des Gafam semble d’abord traduire la tentation de poursuivre des objectifs industriels ou fiscaux. Après tout, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft présentent des différences substantielles en termes de modèle commercial de leurs plates-formes numériques, d’usage des données personnelles, de localisation physique sur le territoire européen, d’effets collatéraux négatifs sur le débat public, sur la diffusion des « fake news » et sur l’économie des médias…

Quoi de commun, par exemple, entre des acteurs qui proposent une gratuité apparente, mécaniquement financée par la vente plus ou moins subreptice de services et de données, et d’autres qui tarifient clairement leurs produits et leurs abonnements ? Cibler de manière si globale et si fruste des acteurs économiques plutôt dissemblables ne contribue guère à la qualité du débat sur leur régulation.

L’acronyme baroque Gafam n’est-il pas dès lors le réceptacle d’une forme de ressentiment vis-à-vis de réussites devant beaucoup à un écosystème éducatif, fiscal, financier, industriel… propre aux Etats-Unis, et que les autorités nationales et européennes se désolent de ne pouvoir reproduire ?

La vindicte anti-Gafam n’est-elle pas une diversion au regard de la nécessité de politiques publiques plus volontaristes pour engager l’Europe vers les frontières actuelles de l’innovation (par exemple en matière d’intelligence artificielle), plutôt que de refaire un match déjà largement joué ? Toujours est-il que cette vindicte a ouvert la porte à des choix politiques hasardeux et d’ailleurs sanctionnés par les tribunaux…

C’est ainsi, pour cibler les Gafam, que la Commission Juncker a mobilisé la politique de concurrence en matière d’aide d’Etat, au point d’infliger une amende de 13 milliards d’euros à l’Irlande, présumée coupable d’avoir accordé des avantages fiscaux indus à Apple. Le collège bruxellois a été désavoué mi-juillet 2020 par le tribunal de l’Union européenne, qui, estimant que la Commission avait déclaré « à tort » l’existence de ces avantages, l’a invitée à ne pas outrepasser les prérogatives que lui accordent les traités communautaires…

 

 

« Le productivisme destructeur de la nature « 

« Le productivisme destructeur de la nature « 

Pointant quelques inexactitudes dans les propos de Christian Jacob qui s’en prend à l’« idéologie écologiste », Stanislas Rigal, biologiste de la conservation, souligne dans une tribune au « Monde », qu’il est erroné de penser que décroissance est synonyme de récession.

Tribune. 

 

Il faut commencer par souligner que la tribune du président Les Républicains Christian Jacob (« Pour respecter les accords de Paris via la décroissance, il faudrait rester confinés pendant trente ans »Le Monde du 23 novembre) fait l’effort d’apporter quelques nuances là où le débat tourne souvent autour d’idées générales. Cependant, les inexactitudes qu’elle contient sont malheureusement encore nombreuses et nécessitent une clarification.

Reprenons dans l’ordre.

La population mondiale en 2050 nécessitera-t-elle une augmentation considérable de production agricole ? On peut légitimement se poser la question, alors qu’actuellement environ 30 % de la nourriture produite est gaspillée, que 820 millions de personnes sont en sous-alimentation sévère, mais que 13,2 % des adultes sont obèses.

Un problème de répartition

C’est un problème de répartition qui est en jeu ici, car il y a suffisamment de capacité de production sans recourir à la déforestation ou à l’expansion du modèle agricole industriel occidental qui fait déjà des ravages dans le monde entier et qui est, par nature, non durable. N’oublions pas que la majorité de la production est assurée par de petites exploitations qui, pourtant, sont loin d’occuper la majorité des surfaces agricoles.

Mais venons-en au point central de la tribune : la récession n’est pas la décroissance.

La seule écologie réaliste, notamment dans les sociétés occidentales, est celle qui fait décroître l’impact humain sur la biosphère et les quantités d’énergie et de matière extraites de l’environnement.

Alors que la récession est un phénomène inattendu, touchant la quasi-totalité des secteurs sans discernement, créant du chômage, diminuant les moyens de subsistance des plus pauvres et accentuant les inégalités, la décroissance est une entreprise prévue, se concentrant sur les secteurs ayant l’impact environnemental le plus négatif, améliorant le quotidien des plus nombreux, réduisant les inégalités par une redistribution des ressources et une démarchandisation du monde.

«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

«L’ écologique et la démographique : enjeux majeurs de l’économie pour l’avenir »

Dominique Boulbès  , estime que l’évolution future de l’économie devra prendre en compte de paramètres majeurs à savoir l’écologie et la démographie (interview dans l’opinion)

Dominique Boulbès  Président du groupe Indépendance Royale, vice-président de la filière « Silver économie », en charge du volet croissance des entreprises, administrateur du Synapse, la fédération des entreprises spécialisées, président du pôle « Télémédecine et longévité » de l’Académie francophone de télémédecine et de eSanté, Dominique Boulbès est un entrepreneur engagé. Il est l’auteur de Vieillir – Le grand vertige (PhB Editions) et, en collaboration avec Serge Guerin, de La Silver économie – 60 acteurs de l’économie des 60 + (La Charte). Il milite pour une « approche holistique de l’économie des seniors. »

Interview

Un sondage Odoxa de novembre 2019 indique que la prise en charge du vieillissement est une préoccupation prioritaire pour 90 % des Français. L’inquiétude est-elle le carburant de la Silver économie ?

Ce sentiment traduit avant tout la puissance des évolutions démographiques et sociologiques qui transforment nos sociétés. C’est de ces changements structurels profonds que découle l’émergence de l’économie relative aux seniors. L’histoire des filières économiques est le miroir des évolutions socio-historiques. Le développement de l’électroménager a été concomitant de la libération de la femme, le boom de la voiture particulière de l’exode rural des ménages…

Quels sont les fondements socio-historiques de la Silver économie ?

A l’origine de tout, il y a un facteur démographique mondial. Peu de gens en ont conscience mais, à l’exception de l’Afrique, tous les continents sont engagés dans un processus de baisse des populations. Il prend sa source dans la diminution du nombre des jeunes et dans l’explosion du nombre des seniors. Nous sommes entrés dans l’ère de la post-transition démographique. Cette évolution a démarré chez les Européens il y a deux siècles, sous l’impact de l’amélioration des conditions de vie, qui ont fait reculer les taux de mortalité. Elle s’est accélérée ensuite avec le changement de mentalité vis-à-vis des femmes et la baisse du taux de fécondité. Aujourd’hui, sur le Vieux Continent, le seuil du renouvellement des générations, fixé à deux enfants par femme, n’est plus atteint partout.

Que prévoient les projections mondiales ?

La moitié de la population du globe est touchée. Les prévisions centrales de l’ONU étaient jusqu’alors l’atteinte d’un pic de 10,8 milliards d’habitants en 2100. Une étude scientifique publiée en juillet par l’université de Seattle prédit 9,7 milliards en 2064, puis un déclin jusqu’à 8,8 milliards en 2100. Elle rejoint le scénario bas de l’ONU : 7,3 milliards en 2100 – ce qui serait moins qu’aujourd’hui. La plupart des économies développées ont commencé à perdre de la population. En 2050, l’Italie aura fondu de 6 millions d’habitants, la Russie de 10 millions, le Japon, où l’évolution est la plus avancée, de 21 millions.

Qu’en est-il en France, où le taux de fécondité (1,87 enfant par femme en moyenne) résiste mieux ?

Notre pays ayant été l’un des premiers à entrer dans cette transition démographique, il a été le pionnier des politiques natalistes pour compenser sa faible densité de population. La France devrait passer de 67,8 millions d’habitants en 2020 à 74 en 2050, puis 76,4 en 2070, soit 12,7 % d’augmentation. Ce qui est peu connu est que ce supplément de 8,6 millions d’habitants enrichira uniquement la tranche d’âge des plus de 60 ans. Ils passeront de 17,8 à 26,4 millions. Les moins de 20 ans (16,5 millions aujourd’hui) stagneront, tout comme les 20-59 ans (33,5 millions). Ce rééquilibrage des masses en faveur des personnes âgées s’accompagne de l’apparition d’une nouvelle culture. Elle est un puissant carburant pour la Silver économie.

Qu’entendez-vous par « nouvelle culture » ?

Il se passe le même phénomène que lors de l’apparition de la culture « ado » aux Etats-Unis dans les années 1950-1960. Avant cette période, la figure de l’adolescent n’existait quasiment pas. L’élévation du niveau de vie a créé une classe moyenne importante. Progressivement, les enfants arrêtent de donner un coup de main aux champs, allongent leurs études. S’ouvre pour eux une nouvelle période de vie un peu déresponsabilisée entre 12 et 18 ans. « Nous, les ados », disent aujourd’hui les jeunes pour se distinguer du monde des adultes actifs. Ils revendiquent une culture à part : ce à quoi ils consacrent leur vie quotidienne, ce qu’ils consomment, les valeurs qu’ils revendiquent. Le même phénomène d’émergence d’une culture spécifique se produit depuis quelques années pour les seniors. Traditionnellement, un senior se définissait par rapport à sa vie passée. Ils commencent à mettre en avant leur nouvel état. Lors de la crise des Gilets jaunes, on a entendu sur les ronds-points : « nous, les seniors ; « nous, les retraités ». Une culture homogène est en train d’apparaître.

Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète

La crise sanitaire n’a-t-elle pas accéléré la prise de conscience de ce fait socio-culturel ?

Cette crise lui donne du relief et l’accélère. Historiquement, c’est la première épidémie qui touche quasiment uniquement les personnes âgées : 91 % des victimes ont plus de 65 ans, l’âge moyen des décès est de 84 ans. Aujourd’hui, on constate que les débats se résument à l’équation suivante : cela vaut-il le coup de confiner toute une économie pour sauver une tranche d’âge à l’espérance de vie faible ? La Covid-19 pose brutalement et précisément une question jusqu’alors latente et globale. En témoigne la viralité de l’apostrophe « OK boomer ». En France, pour la première fois, un gouvernement a remis en cause le dogme de l’indexation des pensions sur l’inflation. La génération ayant endetté le pays et sacrifié l’environnement doit payer, a-t-on entendu dans les rangs de la majorité pour justifier ce tournant. Au Japon, l’opposition au « senior power » est encore plus vive. Partout se fissure le principe de la solidarité inter-générationnelle, la seule valeur encore unanimement partagée sur l’ensemble de la planète.

Mais le concept de « senior » apparaît encore assez flou…

Vous avez raison. Pour les hommes du marketing, ce sont les plus de 50 ans. Pour les Ehpad, ce sont les personnes âgées dépendantes, souvent des plus de 80 ans. Pour ma part, j’ai pris le parti de retenir l’âge de 60 ans. Car le « vieillissement » débute réellement avec le départ à la retraite. A ce moment-là, un vrai changement de vie s’opère et l’on se retrouve face à soi-même. Une rupture ontologique survient avec le monde des actifs dont les valeurs sont dominantes. En se focalisant sur le présent, en capitalisant sur l’expérience et les acquis, les seniors détonnent dans nos sociétés postmodernes très fortement inscrites dans le futur, où l’on se définit beaucoup plus par ce qu’on fait que par ce qu’on est, où le mythe de l’innovation est devenu central.

Ce choc n’est-il pas paradoxal alors que les innovations contribuent à améliorer la vie des seniors ?

On associe sans doute trop la Silver économie à la seule innovation numérique. Les seniors tirent d’abord profit des auxiliaires de vie à domicile et de l’aménagement de leurs logements : des fauteuils électriques pour monter l’escalier, des baignoires à porte. A l’exception de la téléassistance, devenue courante, le numérique, qui sera effectivement clé dans les années qui viennent, pose encore la question centrale des usages. Les seniors à l’aise avec les outils numériques n’expriment pas de besoins spécifiques. Les autres s’y convertiront-ils ?

L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple)

Quels sont les vrais gisements de la Silver économie ?

Trois cercles cohabitent. Le premier se compose des entreprises qui s’adressent aux 700 000 personnes âgées dépendantes. C’est le noyau historique. Le second, dont fait partie Indépendance Royale, regroupe les spécialistes du marché des seniors. Dans le troisième cercle, figurent tous les produits et services non estampillés « seniors » mais dont une partie croissante de la clientèle l’est. L’âge moyen d’un acheteur de véhicule neuf est de 56 ans. Des secteurs ne le mettent pas en avant (l’automobile), d’autres le revendiquent (la cosmétique par exemple). Quoi qu’il en soit, des pans entiers de l’activité vont se grisonner progressivement. La mue du secteur des banques et des assurances est déjà très avancée. Les groupes industriels Legrand et Saint-Gobain ont nommé des référents seniors et inaugurent de gammes spécifiques. Il se passe avec la Silver économie le même mouvement que pour la révolution numérique. Hier, c’était l’apanage de quelques mastodontes et start-up. Aujourd’hui, le commerce de proximité l’exploite pour survivre aux géants de l’e-commerce et au confinement.

L’avenir de la croissance passerait donc par la Silver économie ?

Les économies de demain sont celles qui prendront le virage des deux transitions majeures du XXIe siècle : la transition écologique et la transition démographique. Bonne nouvelle : le plan de relance français y fait référence. C’est pourquoi je milite pour une approche holistique de la Silver économie, incluant son troisième cercle et la puissance publique ; sans elle, il n’y aurait pas eu de Silicon Valley aux Etats-Unis.

Brexit: un compromis douteux sur la pêche

Brexit: un compromis douteux sur la pêche

Si quelques pas ont permis de progresser dans les négociations du brexit,  par contre sur les questions essentielles relatives à la concurrence, au mode de gestion et de contrôle de cette concurrence,  les divergences demeurent. Même chose sur la pêche.  Barnier , le négociateur européen, pour tenter de débloquer la situation sur ce point propose de reverser 15 à 20 % des prises effectuées par les pêcheurs européens à  la Grande-Bretagne.

Une proposition qui semble avoir peu de chances d’aboutir mais qui montre une certaine ouverture de la part de l’Europe qui ne veut pas porter le chapeau de la rupture. La conclusion , c’est que sur les questions essentielles rien n’a vraiment bougé et que les discussions risquent de se prolonger .

Selon The Sun, Londres n’acceptera pas cette offre Barnier sur la pêche. “Inutile de préciser que c’est non de la part du Royaume-Uni”, écrit Harry Cole, chef du service politique du quotidien britannique.

Dans son édition de samedi, un autre quotidien britannique, The Telegraph, écrit que Bruxelles pourrait accepter de reconnaître la souveraineté britannique sur les eaux du Royaume-Uni et accepter une forme de nouvelle période de transition spécifique à cette question au-delà du 1er janvier.

“Des personnalités haut placées du gouvernement pensent que ce compromis provisoire est le prélude à de nouvelles concessions de l’UE sur d’autres demandes la semaine prochaine”, poursuit le journal, qui ne cite pas de sources.

A cinq semaines du divorce véritable entre la Grande-Bretagne et les Vingt-Sept – qui vivent depuis le 31 janvier dernier dans une période dite de transition -, la pêche fait partie, avec les règles de concurrence et les mécanismes de règlement des litiges, des trois grands dossiers sur lesquels les négociations achoppent depuis des mois.

Les Européens et les Britanniques n’ont “plus que quelques jours” pour conclure un accord, a averti vendredi le négociateur en chef de l’Union européenne, qui devait reprendre dans la soirée les discussions avec son homologue britannique David Frost.

“Je suis très heureux d’être de retour à Londres”, a-t-il dit après son arrivée dans la capitale britannique.

“Nous poursuivons le travail avec patience et détermination”, a-t-il ajouté. Tout dépend en fait de Boris Johnson dont en vérité on ne sait toujours pas s’il entend quitter de manière totale et définitive l’union économique européenne. Le problème,  c’est que le très fantasque ministre du Royaume-Uni ne le sait pas lui-même ! Du coup les négociations ne peuvent que piétiner.

Le tableau présenté par le négociateur en chef de l’UE n’était pas “particulièrement brillant”, d’après un diplomate.

Coronavirus France : baisse du nombre de réanimations en France, 12.459 cas de plus en 24 heures

Coronavirus France : baisse du nombre de  réanimations en France, 12.459 cas de plus en 24 heures

Baisse du nombre de malades en réanimation, 4.000 pour la première fois depuis le 3 novembre, avec 3.883 lits occupés, selon le bilan journalier communiqué par les autorités.

Le nombre total de malades hospitalisés est également en recul, à 28.648 contre 29.310 la veille (-662). Le pic d’hospitalisations depuis le début de l’épidémie avait été atteint le 16 novembre, à près de 33.500 patients.

Pour es nouvelles contaminations, la France a enregistré 12.459 cas supplémentaires en 24 heures tandis que le nombre total des décès progresse de 957, dont 393 en 24 heures en milieu hospitalier et 564 en Ehpad, dont les bilans sont actualisés deux fois par semaine.

«La France peut être est au cœur de développement industriel» ?

 

«La France peut être est au cœur de développement industriel»  ?

Hans Oelofse et Vincent Delozière , dirigeants du groupe Refresco estime que la France peut être au cœur du développement industriel ( interview dans l’OPINION)

Tribune

Notre entreprise, Refresco, d’origine néerlandaise, a choisi d’investir 110 millions d’euros en France en construisant une nouvelle usine dans la commune du Quesnoy, dans les Hauts-de-France. Il s’agit du plus important investissement dans le secteur agroalimentaire en France depuis plus de trois ans. Cette usine d’embouteillage, spécialisée dans les boissons sans alcool, a commencé sa production en 2020.

Pourquoi investir en France  ? A chaque fois que nous évoquons cet investissement avec nos interlocuteurs français, ils nous demandent, presque surpris, pourquoi nous avons choisi ce pays. De notre point de vue d’entrepreneurs industriels, cela apparaît comme une opportunité évidente. Mais comme, le disait avec malice Talleyrand, « si cela va sans le dire, cela ira encore mieux en le disant  ».

Rappelons tout d’abord que la France est restée le pays européen qui attirait le plus d’investissements directs étrangers en 2019, selon les études du cabinet EY. Les réformes successives dans les domaines de la fiscalité et du marché du travail ont permis d’améliorer l’attractivité de la France qui bénéficie également d’une forme de stabilité par rapport à ses grands voisins britannique, allemand, italien et espagnol. Ce n’est donc pas un hasard si les entreprises étrangères emploient plus de deux millions de personnes et représentent plus de 20 % des dépenses R&D du pays. La France représente le troisième pays dans le monde pour notre groupe. C’est la raison pour laquelle, nous avons déjà investi plus de 200 millions d’euros sur les cinq dernières années.

« La crise de la Covid a surtout révélé la nécessité d’être proche de nos clients et de nos marchés. Les débats autour de la réindustrialisation de la France et de la souveraineté industrielle européenne nous confortent dans nos choix d’investissement en France »

Sport d’équipe. Toutefois, la crise de la Covid-19 a enrayé la dynamique globale d’investissement. L’Europe, et en particulier la France, ont été particulièrement touchées par la pandémie et ses conséquences économiques. En tant qu’acteur agroalimentaire, cette crise a surtout révélé la nécessité d’être proche de nos clients et de nos marchés. Les débats autour de la réindustrialisation de la France et de la souveraineté industrielle européenne nous confortent dans nos choix d’investissement en France.

Nous opérons en France depuis 1983. Nous y avons désormais sept usines, réparties sur tout le territoire. Nous travaillons au service des grandes enseignes de la distribution et des grandes marques internationales de boissons. Notre entreprise connaît une croissance organique et externe continue depuis dix-huit ans. Nous nous développons sur le marché mature des boissons rafraîchissantes sans alcool qui ne connaît globalement pas une croissance soutenue. Nous avons toutefois identifié des segments à fort potentiel, qui répondent aux nouvelles attentes des consommateurs, et sur lesquels nous avons développé notre leadership comme les boissons à base de thé, les boissons bio ou encore les emballages en PET recyclé.

Le contexte et les perspectives ne suffisent pas à engager un investissement d’une centaine de millions d’euros. Nous sommes des entrepreneurs dans l’âme et nous considérons l’investissement comme un sport d’équipe. Si nous reprenons l’exemple de notre nouvelle usine du Quesnoy, un tel projet a été rendu possible grâce à nos clients, dont PepsiCo France avec lequel nous avons conclu un partenariat de dix ans avant même la construction. Le soutien des élus locaux, à commencer par Xavier Bertrand, le président de la région, et de Marie-Sophie Lesne, maire du Quesnoy et vice-présidente du conseil régional, nous a ensuite été précieux. Nous avons enfin bénéficié du formidable bassin d’emploi de la région et de ses talents pour recruter soixante nouveaux collaborateurs.

Dans cette période troublée et incertaine, il nous semble important de garder le cap, de continuer d’investir sur les sites à fort potentiel, d’optimiser nos outils industriels pour garantir nos activités, et préserver notre capacité d’investissement future. Nous devons faire collectivement preuve de résilience, de pragmatisme et d’audace.

Hans Roelofs est PDG du groupe Refresco, Vincent Delozière est directeur commercial du groupe Refresco et PDG de Refresco en France.

Sondage loi « Sécurité globale » : 49% des Français critiquent l’article 24 mais la France partagée

Sondage loi « Sécurité globale » : 49% des Français critiquent l’article 24 mais la France partagée

 

Selon une enquête LCI avec Harris Interactive, près de six Français sur 10 (59%) estiment que cet article 24, aura des effets positifs pour la sécurité des forces de l’ordre dans leur vie privée. Elle devrait aussi, pour la moitié des personnes interrogées (49%), avoir un impact positif également dans le cadre de l’exercice de leur fonction. Et pour cause, il prévoit de pénaliser d’un an de prison et 45.000 euros d’amende la diffusion de « l’image du visage ou tout autre élément d’identification » d’un policier ou d’un gendarme en intervention lorsque celle-ci a pour but de porter « atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

En revanche, pour ce qui est de la liberté d’expression, un Français sur deux (49%) se dit inquiet des conséquences que pourrait avoir cet article 24.

 

Enquête réalisée en ligne du 24 au 26 novembre 2020, sur échantillon de 970 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région de l’interviewé(e)).

« Macron reste sourd aux difficultés des jeunes »

« Macron reste sourd aux difficultés des jeunes »

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités estime dans la Tribune que macron est sourd aux difficultés des jeunes (interview)

Quel est l’état des lieux de la pauvreté en France, selon le rapport 2020 que l’Observatoire des inégalités publie aujourd’hui ?

LOUIS MAURIN - La pauvreté est multidimensionnelle et difficile à résumer en quelques mots. Si on regarde la pauvreté monétaire définie à 50% du niveau de vie médian, il y avait, en 2018, 5,3 millions de pauvres. Ce qui correspond à 8,3% de la population. Ce ratio est supérieur au niveau enregistré au début des années 2000. À l’époque, le taux se situait autour de 6,7% de la population. Depuis 20 ans, il y a une tendance à la remontée de la pauvreté en France.

Quels peuvent être les effets à court terme et à long terme d’une telle crise ?

L’effet principal se fait par le biais de l’emploi. Dès la mi-mars, beaucoup de personnes  n’ont pas vu leurs missions d’intérim et leurs CDD renouvelés. Les non-salariés ont vu parfois leur contrat s’arrêter de suite. En dépit des systèmes de protection existants, une partie de la population a basculé dans le chômage avec une baisse des revenus. Une grande partie des chômeurs ne sont tout simplement pas indemnisés et ont dû basculer dans les minimas sociaux. Les minimas sociaux sont très inférieurs au seuil de pauvreté. Ce qui signifie qu’un certain nombre d’entre eux ont basculé dans la pauvreté. Pour les plus jeunes, la situation est encore plus compliquée. En deçà de 25 ans, les jeunes n’ont pas le droit aux minimas…

Rachida Dati impliquée pour une somme de 900 000 € reçus de Carlos Ghosn

Rachida Dati impliquée pour une somme de 900 000 € reçus de Carlos Ghosn

Rachida Dati, visée par une plainte aurait touché 900.000 euros d’honoraires en tant qu’avocate entre 2010 et 2012. Alain Bauer aurait quant à lui touché un million d’euros entre 2012 et 2016 pour des activités de consultant. Une enquête préliminaire avait été auparavant ouverte dans cette affaire par le PNF, après une plainte déposée le 17 avril 2019 par une actionnaire de Renault. Cette plainte visait Rachida Dati, Alain Bauer, mais aussi Carlos Ghosn et son épouse.

L’avocat de la plaignante, Me Jean-Paul Baduel, avait alors fait état de «soupçons» sur «l’usage inconsidéré des fonds de Renault» par son ancien PDG. «Les contrats sont douteux de par leurs montants, effectués au profit d’une filiale n’ayant aucune salarié», avait-il assuré. La question est évidemment de savoir quelles sont les preuves de la collaboration réelle–autre que verbale– de Rachida Dati avec le groupe Renault.

L’humoriste Thoen viré par Canal+

L’humoriste Thoen viré par Canal+

Une nouvelle preuve que Bolloré le patron de Canal et de C. News n’aime pas beaucoup l’humour. avait déjà supprimé les guignols jugés trop sarcastiques. Il vient maintenant de virer l’humoriste Sébastien Thoen. En effet, selon nos confrères de L’Équipe , l’animateur du «Journal du hard» et chroniqueur de «Canal Sports Club» a été licencié de Canal+ à la suite de la publication d’un sketch parodiant «L’Heure des pros». Il y a pourtant matière à humour tellement cette émission de Pascale Praud  est à la fois populiste et racoleuse. Sans parler du style de l’intéressé qui ne laisse pratiquement pas parler ses invités et manifeste évidemment des affinités très réactionnaires et pour tout dire d’extrême droite.

Dans la vidéo mise en ligne le 19 novembre sur le compte Twitter de site de paris en ligne Winamax, l’humoriste incarne Lionel Messiha, caricature de Jean Messiha, ancien membre du Rassemblement national et chroniqueur du talk-show de CNews animé par Pascal Praud. Ce dernier est, lui, incarné par Julien Cazarre. Joint par téléphone, le principal intéressé n’a pas souhaité faire de commentaires. «Si c’est dit, c’est que c’est vrai. De toute manière, tout le monde le savait à Canal je crois», a-t-il simplement répondu.

Coronavirus : une mutation du virus

Coronavirus : une mutation du virus

 

Il se pourrait bien qu’une nouvelle fois le professeur Raoult ait  raison à propos des mutations en cours du virus. Sa constatation de ce phénomène avait aussi fait le fait l’objet de polémiques de la part de ses pairs. Pourtant, on a officiellement constaté en Écosse une version mutée du virus, appelée N439K, qui a a commencé à circuler dès cet été en Écosse.

Elle a ensuite été découverte à plusieurs reprises en Europe continentale et aux États-Unis de manière indépendante. Cette mutation est décrite dans un article rédigé par une équipe internationale et mis en ligne avant une relecture par les pairs. «C’est un excellent travail, même s’il n’est pas encore publié, il est écrit pour une grande revue», commente l’infectiologue suisse et professeur honoraire à l’université de Lausanne Pascal Meylan, qui n’a pas participé à ces travaux.

Une mutation qui posera le problème de l’efficacité des vaccins qui devraient être opérationnels dans les semaines à venir mais qui se fondent sur la prévention de la version première du virus.

Violences policières : Macron dénonce

Violences policières : Macron dénonce

Il est clair que Macron a été contraint de réagir rapidement pour condamner sans réserve les violences policières notamment celles relatives à Michel Zecler, le producteur de musique. Au-delà même, il a invité le premier ministre a engagé une réflexion pour mettre fin aux discriminations. Le chef d’État est en quelque sorte pris au piège dans sa volonté légitime de rétablir une sécurité menacée en particulier dans les quartiers sensibles , aussi par l’islamisme et son souci d’égalité de traitement par la police. Un équilibre difficile entre liberté et sécurité depuis la loi sécurité très contestée et notamment l’article 24 qui prévoit des poursuites éventuelles des journalistes.

«La France ne doit jamais laisser prospérer la haine ou le racisme», a souligné le chef de l’Etat dans une déclaration sur les réseaux sociaux, en demandant «une police exemplaire avec les Français» mais aussi «des Français exemplaires avec les forces de l’ordre». «Ceux qui font appliquer la loi doivent respecter la loi. Je n’accepterai jamais que la violence gratuite de quelques-uns entache le professionnalisme de femmes et d’hommes qui, au quotidien, assurent notre protection avec courage», insiste-t-il.

 

D’une certaine façon, la condamnation des dernières violences par Macron vont sans doute sonner la mise sous le tapis de l’article 24 de la loi sécurité voire de la loi tout entière en fonction du degré de mobilisation.

 

 le président affirme en effet être le  «garant» des libertés, en particulier la liberté d’expression et de la presse. «Je n’accepterai jamais que ces libertés puissent être reniées», dit-il, en pleine polémique sur l’article 24 qui veut sanctionner la diffusion malveillante d’images de policiers en opération.

 

Le chef de l’Etat souligne aussi vouloir défendre la liberté de manifester. «Chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l’abri de toute violence et de toute pression». «La France est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et d’arbitraire», poursuit le président. Il faut «conduire avec détermination, calme et respect les débats qui sont aujourd’hui ceux de notre société. Ni l’invective, ni l’opprobre, ni les manipulations ne sauraient y contribuer», conclut-il en appelant à «la concorde».

Loi «sécurité globale» : grosses manifestations en France

Loi «sécurité globale» : grosses manifestations en France

De nombreuses manifestations en France ce samedi pour protester d’une part contre le loi de la loi de sécurité globale et certaines violences policière récentes. Des manifestations interdites par le pouvoir mais qui a été démenti par le tribunal administratif.

 

Les manifestations de ce samedi s’inscrivent dans un contexte sanitaire et social explosif. Les contestataires ciblent, avant tout, le projet de loi «sécurité globale» et son article 24 polémique, adopté par l’Assemblée nationale mais devant encore être examiné par le Sénat. Le texte prévoit, «sans préjudice du droit d’informer», «une peine d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende le fait de diffuser (…) dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel, d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale, lorsque ces personnels agissent dans le cadre d’une opération de police», selon l’amendement n°1363 déposé le vendredi 20 novembre.

 

Le deuxième motif qui  justifie cette mobilisation est évidemment les sérieuses bavures policières imputables sans doute à des représentants de l’ordre extrémistes mais qui révèlent  cependant un certain flou de la politique sécuritaire tout autant qu’une crise du commandement. Il est probable qu’on fera faire porter le chapeau à la hiérarchie policière avec une mise à l’écart soit d’un haut fonctionnaire, y compris du préfet de Paris déjà très contesté. Si la mobilisation devrait s’amplifier, c’est peut-être même la place de Darmanin  qui serait en jeu.

Emprunt allemand : 180 milliards au lieu de 90

Emprunt allemand : 180 milliards au lieu de 90

 

L ‘Allemagne décide aussi d’amplifier le soutien financier à une économie jusque-là qui résiste mieux que d’autres mais qui risque d’être hypothéquée par les commandes futures de pays destinataires affaiblis.

Contrairement à l’orthodoxie allemande habituelle, on va donc recouvrir très largement à l’emprunt. La commission budgétaire du parlement a validé une prévision d’emprunts de près de 180 milliards d’euros, le deuxième par son montant pour le pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les nouveaux emprunts prévus pour 2021 pourront atteindre 179,82 milliards d’euros, contre 96 milliards prévus dans le projet initial de budget présenté par Olaf Scholz en septembre.

Ce soutien devrait permettre à l’Allemagne de limiter sérieusement la casse puisque la baisse du PIB devrait se limiter autour de 6 % en 2020 pour offriront 11 % en France. On espère en Allemagne une hausse du PIB  d’un peu plus de 4 % en 2021. Parallèlement à ces mesures de soutien financière, l’Allemagne a décidé de renforcer les mesures restrictives de mobilité compte tenu des risques de propagation du virus.

La chancelière allemande et les dirigeants des Länder ont convenu mercredi de prolonger et de renforcer le confinement partiel mis en place. Les bars, les restaurants, les salles de sport et les lieux de divertissement resteront ainsi fermés au moins jusqu’au 20 décembre.

Non à la réécriture de l’article 24 par une commission (Ferrand et Larcher)

Non à la réécriture de l’article 24 par une commission (Ferrand et Larcher)

 

 

Il est clair que le premier ministre autant que le ministre de l’intérieur ont commis une infraction par rapport à la constitution en proposant la création d’une commission chargée de réécrire l’article 24 de la loi sécurité. En effet ,cette loi est en cours de discussion au Parlement et seul le Parlement peut en modifier la rédaction éventuelle. Du coup, Jean Castex, le premier ministre, rétropédale .

Dans un courrier envoyé par la suite à Richard Ferrand, Jean Castex précise que cette instance n’a pas vocation à se substituer au travail parlementaire.

“Il n’entrera pas dans le périmètre de cette commission le soin de proposer une réécriture d’une disposition législative, mission qui ne saurait relever que du Parlement”, peut-on lire dans cette lettre du Premier ministre dont Reuters s’est procuré une copie.

Jean Castex avait annoncé jeudi soir la création de cette instance chargée de se pencher sur le très controversé article 24 de la proposition de loi dans le but affiché de “respecter l’objectif poursuivi tout en dissipant tout doute sur le respect de la liberté d’informer”.

Cet article 24 interdit de filmer des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire à leur intégrité “physique ou psychique”.

Les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme estiment qu’il restreindra la liberté d’expression. Un nouveau rassemblement contre la proposition de loi est annoncé samedi place de la République à Paris.

L’idée de confier l’article 24 à une commission indépendante, décidée en accord avec le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a créé des remous chez les députés, en particulier ceux de la majorité qui ont fait part de leur désaccord en interne dès jeudi soir, a-t-on appris de sources parlementaires.

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« La critique du complotisme pour étouffer l’opposition

« La critique du complotisme pour étouffer l’opposition

La thèse de Marie Peltier, selon laquelle le conspirationnisme serait la source de l’égarement des politiques, occulte les causes tant individuelles que systémiques,

Tribune.

 

Dans une tribune Covid-19 : « Le déni face à la réalité sanitaire, conséquence directe d’années de désinformation en ligne » publiée par le journal Le Monde du 4 novembre, Marie Peltier postule que « Le déni face à la réalité sanitaire [serait] la conséquence directe d’années de désinformation en ligne ». Selon elle, la frilosité des gouvernements à imposer des mesures pour « infléchir la courbe pandémique » s’expliquerait, au-delà des conséquences économiques et sociales que de telles décisions engendrent, par « la défiance envers la parole d’autorité (dont la parole scientifique) qui a aujourd’hui gagné tout l’espace public ».

La Covid-19 mettrait en évidence l’anomie de notre société dont le conspirationnisme serait l’une des causes centrales. La thèse exprimée ici par l’historienne pose un certain nombre de problèmes et mérite, pour le moins, d’être questionnée. L’absence de définition du conspirationnisme révèle un biais majeur des interprétations sur ce sujet.

Cette notion ne va pas de soi, pas plus que le lien exclusif, établi ici, entre ce dernier et les débats relatifs à l’opportunité ou non du port du masque, à « la prétendue “immunité collective” », à « la supposée “exagération” de la situation », etc. La mise en relation directe effectuée entre l’opposition à certains discours scientifiques et politiques et le conspirationnisme réduit ces questionnements à des contestations paranoïaques, engendrant doute et méfiance envers la parole officielle et notamment scientifique.

Par ailleurs, Marie Peltier occulte le fait que cette défiance peut se comprendre du fait même des errements des autorités. La question des masques l’illustre pleinement. Les discours contradictoires du gouvernement sur la nécessité ou non de porter un masque de protection ont sans nul doute davantage nourri les mouvements d’opposition au port du masque que les propagandistes conspirationnistes.

En faisant du conspirationnisme la source de l’égarement des politiques, Marie Peltier en voile les causes tant individuelles que systémiques. « Le risque d’hôpitaux saturés, de morts supplémentaires et, plus largement, de la non-protection des soignants et des personnes les plus fragiles au sein de nos sociétés » ne serait ainsi pas tant dû à l’impréparation des dirigeants face à la crise et aux logiques économiques qui conduisent depuis de nombreuses années à la destruction du système de santé qu’au fait que ces responsables prêteraient une oreille complaisante « à des discours dits “alternatifs” » remettant en question la gravité de la pandémie ».

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