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Déménagement de la gare de l’Est à Paris: le maire n’a aucune compétence !

 

 

 

 

 

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Coronavirus: risque de diffusion en Afrique (Éric Delaporte, médecin épidémiologiste)

Coronavirus: risque de diffusion en Afrique (Éric Delaporte, médecin épidémiologiste)

Le coronavirus en Afrique  »est en train de se diffuser de façon massive », a affirmé vendredi 3 avril dans une interview à franceinfo le professeur Éric Delaporte, médecin épidémiologiste et spécialiste des maladies infectieuses au CHU de Montpellier.
Est-ce qu’on a une idée très précise de l’épidémie sur le continent africain ?

Éric Delaporte : Précise, non. On a simplement le nombre de cas déclarés qui atteint près de 10 000 cas. C’est bien sûr une sous-estimation puisque c’est basé sur des cas symptomatiques. Ces cas ont été déclarés seulement depuis la fin février. C’est une déclaration relativement récente lorsqu’il y a eu vraiment une sensibilisation internationale. Et puis, ça correspondait également à l’arrivée de beaucoup de personnes vivant en Europe qui sont retournées en Afrique au moment des périodes de confinement, où il y a eu beaucoup de mises en place de tests de dépistage. On sait que, malheureusement, c’est en train de diffuser de façon massive.

On a entendu que le virus résisterait mal à la chaleur et que donc l’Afrique pourrait être épargnée. Est-ce que c’est avéré ?

On ne peut pas encore le constater. C’est vraiment une hypothèse. Et il n’y a rien pour soutenir cette hypothèse. On peut simplement dire qu’un certain nombre d’infections dues au coronavirus sont saisonnières et que lorsque arrivent les beaux jours, elles sont moins fréquentes… Est-ce qu’on va le voir pour le Covid ? On n’en sait strictement rien. En revanche, il peut y avoir d’autres facteurs environnementaux, des facteurs démographiques, qui pourraient faire, mais ça reste vraiment du conditionnel, que l’impact de la diffusion ne soit pas exactement la même chose sur le continent africain qu’ailleurs. Par exemple, la pyramide des âges n’a rien à voir avec notre pyramide en Europe, avec beaucoup de populations jeunes et les plus de 70 ans relativement faiblement représentées. Cela veut dire que les populations jeunes vont être potentiellement rapidement contaminées avec rapidement une séroconversion.

Le fait que ces populations jeunes puissent être rapidement contaminées sans faire de pathologies graves pourrait créer une sorte de frein immunitaire par rapport au reste de la population. Mais encore une fois, c’est une hypothèse.Éric Delaporte, médecin épidémiologiste à franceinfo

Et l’autre impact est très intéressant et très important pour l’Afrique, c’est que dans la mesure où, proportionnellement, il y a beaucoup moins de personnes âgées, et comme on sait que chez nous, c’est malheureusement les personnes les plus âgées, les plus de 70 ans qui ont les formes les plus graves, il pourrait y avoir un impact un peu différent en termes de prise en charge.

Est-ce qu’il faut s’inquiéter des systèmes de santé de certains pays africains qui pourraient être mises en difficulté ?

Alors la réponse est clairement oui. Il y a deux aspects. D’abord d’un point de vue diagnostic, les compétences sont là. Malheureusement, on n’est pas sûr que l’on va pouvoir les livrer en réactifs. Et c’est un vrai cri d’alarme, c’est-à-dire qu’il y a pas mal de tests qui sont mis sur le marché. Et quand on essaye de commander pour l’Afrique, la priorité, ce sont les États-Unis ou c’est l’Europe.

Ça va être très dur, potentiellement pour l’Afrique, de pouvoir s’approvisionner en tests réactifs. Eric Delaporte, médecin épidémiologiste à franceinfo

Ce sont les fournisseurs ou les pays qui leur donnent l’ordre de ne pas exporter et qui prennent la priorité, entre guillemets, nationale. Et donc, là, il y a un vrai souci pour que les pays africains puissent avoir accès eux aussi aux tests commerciaux. Deuxième aspect par rapport au système de santé, c’est la prise en charge. On sait qu’il y a 15% de personnes qui font des formes qui nécessitent une hospitalisation. Cette hospitalisation, on arrive à faire passer le cap de nos patients grâce à des respirateurs, de l’oxygénothérapie. Par exemple à Kinshasa [capitale de la RDC], pour une ville de plus de 10 millions d’habitants, il y a simplement 50 respirateurs. Cela veut dire que pour les formes graves, il va y avoir un vrai problème de prise en charge et c’est là qu’il risque d’y avoir une mortalité importante. Et puis, à côté de ça, il y a toutes les autres maladies. Il ne faut pas oublier que le Sida tue encore 700 000 personnes par an en Afrique. Donc, il y a beaucoup de populations dites vulnérables. Les personnes qui sont infectées par le virus du sida, par exemple, si elles ne sont pas sous traitement, ont un fort risque de faire des formes graves.

Coronavirus: l’Académie de médecine pour le port obligatoire d’un masque et contredit le gouvernement

Coronavirus: l’Académie de médecine pour  le port obligatoire d’un masque et contredit le gouvernement

 

L’Académie de médecine recommande de rendre obligatoire le port d’un masque lors des sorties pendant la période de confinement. Alors que la France est en pénurie, elle invite à utiliser des masques « alternatifs ». 

Porter un masque « grand public », ou « alternatif », devrait être obligatoire pour tous lors des sorties autorisées pendant la période de confinement, a recommandé ce vendredi l’Académie de médecine. Elle souhaite même que cette exigence soit maintenue lors de la levée du confinement.

« Il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection. En France, dans ce contexte, le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur », estime l’Académie, dans un communiqué.

Selon l’Académie, pour que la levée du confinement soit la   »plus précoce et la moins risquée possible », l’obligation de porter un masque devra être maintenue, ainsi que toutes les mesures barrières déjà préconisées.

Municipales : l’appel de maires et de candidats pour annuler le premier tour des élections

Municipales : l’appel de maires et de candidats pour annuler le premier tour des élections

50 maires et candidats signent une tribune initiée par Renaud George, le maire (LREM) de Saint-Germain-au-Mont-d’Or (Rhône) et directeur de campagne de Gérard Collomb. Ils estiment qu’il faut revoter partout. Y compris dans les communes où une liste a dépassé les 50% le 15 mars dernier. «Que s’est-il passé le 15 mars dernier ? Un vol, tout simplement!», assurent ces élus, dont beaucoup ont été battus dès le premier tour. «Cette abstention aura marqué le scrutin car elle n’était pas libre. C’était une abstention  »contrainte »», plaident-ils.

Un avis que ne partage pas le premier ministre. Edouard Philippe a ouvert jeudi la porte à un nouveau scrutin en octobre dans les seules communes où était nécessaire un second tour.

 

Didier Lallement: un préfet immature

Didier Lallement: un préfet  immature

Le préfet Didier Lallemand a  laissé entendre que les malades déplacés contrevenaient aux règles du confinement. Un nouveau dérapage de ce préfet  de police complètement immature qui utilise la provocation comme mode de communication. De ce point de vue, la gestion des manifestations des gilets jaunes a été catastrophique à Paris . La stratégie de maintien de l’ordre a été dans cette période à la fois contradictoire et provocatrice. Dans certains cas, on a laissé faire les casseurs, dans d’autres on a inutilement agressé des manifestants non-violents. Ce préfet a été recruté pour son action dite exemplaire en matière de rigueur du maintien de l’ordre   à Bordeaux. Sûrement une erreur de casting. De toute évidence, ce préfet est immature dans ses propos, son action;  et même son allure en témoigne. Avec son profil d’ado il semble vouloir compenser son infériorité physique par des propos cassants et irresponsables. Ce préfet mériterait d’être débarqué et vite.

L’opposition comme les médecins n’ont pas manqué de réagir, vendredi, aux propos du préfet de police. Et ce malgré son mea culpa rapide. «Ceux qui sont malades ne sont pas ceux qui n’ont pas respecté le confinement», a lancé Patrick Pelloux sur BFMTV. Dire l’inverse est «totalement faux», a affirmé le président de l’Association des médecins urgentistes de France tandis que Frédéric Adnet, le directeur médical du Samu de Seine-Saint-Denis, a fustigé des mots «scandaleux». «Il faudrait lui dire qu’il y a des soignants en réanimation! Au nom des soignants, au nom de tous les malades, ce préfet doit démissionner», a ajouté ce dernier.

 

Une indignation partagée par le député LR Éric Ciotti qui a dénoncé des mots «profondément inhumains» qui sont «révoltants et choquants». «J’ai une pensée pour les familles des victimes pour lesquelles on rajoute l’insulte à la douleur», explique-t-il au Figaro. Et de se tourner vers le ministre de l’Intérieur: «Si Castaner ne réagit pas, cela veut dire qu’il cautionne!» «Toutes les personnes en réanimation n’ont pas demandé à l’être, il y a des personnes qui sont décédées malgré les gestes barrières», abonde le député Julien Aubert.

L’intervention de Didier Lallement a été qualifiée de «stupide» par la présidente du RN, Marine Le Pen. «De surcroît d’une froideur et d’une méchanceté qui donnent la nausée», a-t-elle insisté sur Twitter. Tandis que le député RN Bruno Bilde s’est interrogé: «Encore combien de provocations avant que Christophe Castaner ne se décide enfin à le virer?»

À gauche, le préfet Lallement a également été très critiqué. D’autant plus qu’entre le préfet de police de Paris et ces partis, le contentieux n’est pas nouveau. Nombre d’élus avaient déjà critiqué sa gestion du maintien de l’ordre lors des manifestations des «gilets jaunes» ou contre la réforme des retraites. Jean-Luc Mélenchon l’a présenté vendredi comme la «face grimaçante du régime». «L’état d’urgence sanitaire ne doit pas avoir ce visage insultant. Les gens doivent être respectés!», a-t-il dit sur les réseaux sociaux.

 «Ce n’est pas la première fois que le préfet Lallement se trompe de rôle», a très vite pointé Olivier Faure, dénonçant des propos «absolument scandaleux». Pour le premier secrétaire du PS, le rôle du préfet de police «est d’être un personnage de la République rassurant, permettant de faire respecter des consignes très strictes. Mais certainement pas d’aller attribuer des bons points à qui que ce soit». «Il y a aujourd’hui un policier mort du coronavirus en Seine-et-Marne… C’est à tous ceux qui sont obligés d’aller travailler chaque jour et à leurs familles qu’il faut penser. Les culpabiliser, c’est une folie», a-t-il vivement jugé.

Selon lui, «ce préfet a dépassé tous les seuils de tolérance possibles et il a la chance que nous soyons en pandémie et que sa démission soit difficilement acceptable car elle désorganiserait les services». Mais pour Olivier Faure, «il faudra qu’à l’issue de la crise, le pouvoir en tire toutes les conclusions et considère qu’à toute évidence, ce préfet n’est pas à sa place dans ce rôle».

S&P: la note stable AA de la France avec perspective stable

  • S&P:  la note stable AA de la France avec perspective stable
  • L’agence a maintenu la perspective stable de la note de la France, car elle «reflète nos attentes que les récentes réformes économiques, budgétaires et structurelles prises par le gouvernement ont amélioré les capacités économiques de la France de faire face aux conséquences de l’épidémie de Coviv-19», a-t-elle indiqué dans un communiqué. S&P s’attend à ce que la France connaisse cette année une récession de -1,7%, comme elle l’avait déjà indiqué il y a une semaine, «avant un rebond de la croissance en 2021».
  • Elle prévoit toutefois une dégradation du déficit budgétaire à 4,9%, soit nettement plus que ce qu’a prévu le gouvernement (3,9%) après l’annonce de ses premières mesures pour soutenir l’économie face à la crise. A la mi-février, l’agence de notation financière Moody’s avait également laissé inchangée la note de la France à Aa2, mais avait abaissé la perspective de positive à stable, en raison de l’efficacité moins forte que prévu des mesures fiscales pour enrayer le creusement du déficit public.
  • Le ministre des Finances Bruno Le Maire avait reconnu lundi que la récession qui frapperait la France cette année serait beaucoup forte que -1%, le niveau estimé au début de la période de confinement. Avant la crise du coronavirus, le gouvernement tablait sur +1,3% de croissance en 2020. Le ministre chargé du budget Gérald Darmanin avait aussi reconnu que le déficit public de la France en 2020 serait «sans doute» supérieur à 3,9%.

Chômage États-Unis : déjà au moins 15 millions sur 150

Chômage États-Unis : déjà au moins 15 millions sur 150
A cours de la seconde partie du mois de mars, une dizaine de millions d’Américains se sont inscrits au chômage en vue de percevoir des indemnités. Jamais l’économie des États-Unis n’a subi un choc aussi violent, frappant à la fois la production de biens et services d’une part et d’autre part la demande. Les économies des autres pays industrialisés, comme en Europe, sont dans le même cas: le confinement a pratiquement arrêté l’activité.

On aimerait penser que les chiffres produits le mois prochain par le Département du travail mesureront mieux l’ampleur des destructions d’emplois. Mais ce n’est pas certain car beaucoup d’entreprises qui seront sondées par les services statistiques fédéraux ne répondront pas aux questionnaires puisqu’elles sont fermées.

Reste l’estimation du taux de chômage. Elle est calculée à partir d’un autre sondage réalisé auprès des ménages. Il révèle un bond de 3, 5% en février, à 4, 4% en mars. La détérioration est forte, mais là encore probablement en deçà de la réalité. En extrapolant la tendance des inscriptions hebdomadaires au chômage, on arrive facilement à 13% de chômage pour le mois d’avril, ce qui correspond en gros à 15 millions de chômeurs de plus en deux mois, sur une population active de 165 millions de personnes.

«Le bac est mort : tant mieux ! »

 «Le bac est mort : tant mieux ! »

Le bac est mort  et c’est heureux, se réjouit Jean-Robert Pitte, ancien président de l’université Paris-Sorbonne dans le Figaro :

« À quelque chose, malheur est toujours bon: c’est l’un des fondements de notre culture chrétienne dont le Felix culpa de l’Exultet de Pâques devrait bien nous inspirer en ce moment. Espérons de tout cœur qu’une fois passé le cortège d’afflictions et de contraintes que provoque ce détestable virus

qui répand la terreur sur toute la planète, nous repartirons plus sages et d’un pied plus assuré dans bien des domaines. Comme la Deuxième Guerre mondiale a permis la naissance de l’Europe et l’entrée en démocratie de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon, il est à souhaiter que, demain, l’on fasse un meilleur usage de la mondialisation.

Elle nous donne de fantastiques opportunités de vivre mieux et en paix ; faut-il encore accepter l’idée de regarder dans l’assiette du voisin et de s’inspirer des choix les plus intelligents des différents pays de la planète. Les Français n’ont pas spontanément ce réflexe, mais les grandes crises les ont parfois fait réfléchir à leur destin. »

L’idée pour Jean-Robert Pitte st den profiter pour faire une orientation le plus tôt possible des élèves au lieu de délivrer à presque tous un diplôme avec lequel beaucoup vont se fracasser sur les bancs de l’université.

Chloroquine : une guerre entre mandarins , labos et industriels pharmaceutiques

Chloroquine : une guerre entre mandarins , labos et industriels pharmaceutiques

Il est assez curieux que cette question de l’efficacité de la chloroquine utilisée notamment par le professeur Didier RAOULT   de Marseille  suscite une telle polémique voire même des clivages politiques. Il y a d’abord une guerre des experts eux-mêmes en particulier de ces mandarins qui se livrent une concurrence acharnée dans le monde scientifique. Cela pour des questions de prestige de nature égocentrique. Notons au passage que certains s’attribuent  les mérites de chercheurs qu’il dirige et sans état d’âme éthique.

Ces chefs de service et ses grands chercheurs dirigent souvent des laboratoires qui ne pourraient fonctionner sans des financements d’État ou privé. On a pu s’étonner que certains experts se montrent tellement complaisants vis-à-vis des thèses des pouvoirs publics par exemple concernant les masques  ou le dépistage. Pas étonnant car ce sont des financements futurs des labos qui sont en cause. Le troisième élément est relatif au financement de ces labos par l’industrie pharmaceutique. Certains dirigeants de ces laboratoires sont très liés à ces industries qui les financent au moins en partie. Sans parler du financement personnel de certains de ses patrons de labo.

On comprend donc que certains se soient lancés dans une curieuse bataille contre les éventuels effets bénéfiques de la chloroquine dans la mesure où les industries pharmaceutiques qui financent leur labo proposent d’autres molécules qui pourraient éventuellement combattre le Coronavirus. La guerre est donc à la fois éthique, sanitaire mais aussi économique. Ajoutons enfin que le Gotha scientifique comme dans la plupart des autres champs de la recherche se situe essentiellement à Paris, Grall géographique dans pratiquement toutes les disciplines. Admettre la supériorité éventuelle d’un institut de recherche en province est difficile à avaler pour les sommités parisiennes.

« Après le coronavirus: un monde différent » ?

« Après le coronavirus: un monde différent » ?

Ian Goldin et Robert Muggah, professeurs respectivement à l’université d’Oxford (Royaume-Uni) et l’université pontificale catholique de Rio de Janeiro (Brésil), analysent les limites de la coopération internationale que la pandémie a mis en lumière. Et tirent les conséquences de ce qu’il faut changer après la crise.( Tribune dans l’Opinion)

 

« 176 pays de la planète sont désormais touchés par le Covid-19. Il apparaît clairement que la pandémie représente la plus grande menace que l’humanité ait eu à affronter depuis la Seconde Guerre mondiale. À l’époque, la confiance dans la coopération internationale et les institutions multilatérales avait atteint un point historiquement bas ; c’est à nouveau le cas aujourd’hui. Si l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale avait pris de nombreuses personnes par surprise, ce ne fut pas le cas pour l’apparition du coronavirus en décembre 2019 : la crise sanitaire était annoncée.

Depuis des décennies, les spécialistes des maladies infectieuses alertent l’opinion publique et les dirigeants sur l’accélération du rythme des épidémies. La dengue, Ebola, le SRAS, H1N1 et Zika ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Depuis 1980, plus de 12.000 foyers ont été documentés. Des dizaines de millions de personnes dans le monde – tout particulièrement parmi les populations les plus démunies – ont été infectées et bon nombre d’entre elles sont décédées. En 2018, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a détecté pour la toute première fois des foyers de six de ses huit  »maladies prioritaires ».

 

Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas été prévenus.

Même si notre attention est aujourd’hui prioritairement consacrée aux innombrables situations d’urgence générées par le Covid-19, nous devons réfléchir sérieusement aux raisons pour lesquelles la communauté internationale n’était pas préparée à une épidémie si inévitable. Ce n’est pourtant pas la première fois, loin de là, que nous sommes confrontés à une catastrophe mondiale.

La Seconde Guerre mondiale s’explique en bonne partie par l’incapacité dramatique des dirigeants à tirer les leçons de la guerre de 1914-1918. La création des Nations unies et des institutions de Bretton Woods à la fin des années 1940 et au début des années 1950 a donné quelques raisons d’être optimiste, mais celles-ci ont été éclipsées par la guerre froide. En outre, les révolutions Reagan et Thatcher des années 1980 ont réduit la capacité des gouvernements à lutter contre les inégalités par la fiscalité et la redistribution, ainsi que leur capacité à fournir aux populations des services de santé et des services essentiels.

 

La capacité des institutions internationales à réguler la mondialisation a été sapée précisément au moment où elle aurait été le plus utile. Les années 1980, 1990 et 2000 ont vu une augmentation rapide des mouvements transfrontaliers des biens commerciaux, des moyens financiers et des individus. L’accélération des flux de biens, de services et de compétences est l’une des principales raisons de la réduction de la pauvreté mondiale la plus rapide de toute l’histoire. Depuis la fin des années 1990, plus de 2 milliards de personnes sont sorties de la grande pauvreté.

L’amélioration de l’accès à l’emploi, à l’alimentation, à l’assainissement et à la santé publique (notamment grâce à la disponibilité des vaccins) a ajouté plus d’une décennie d’espérance de vie moyenne à la population mondiale.

Mais les institutions internationales n’ont pas su gérer les risques générés par la mondialisation. Les prérogatives des Nations unies n’ont pas été élargies, loin de là. Le monde est gouverné par des nations divisées qui préfèrent faire cavalier seul, privant les institutions censées garantir notre avenir des ressources et de l’autorité nécessaires pour mener leurs missions à bien. Ce sont les bailleurs de l’OMS, et non son personnel, qui ont lamentablement échoué à faire en sorte qu’elle puisse exercer son mandat vital de protection de la santé mondiale.

Plus le monde est connecté, plus il devient interdépendant. C’est le revers de la médaille,  »le Butterfly defect » de la mondialisation qui, s’il n’est pas corrigé, signifie inévitablement que nous allons être confrontés à des risques systémiques croissants et de plus en plus dangereux.

La crise financière de 2008 a été l’une des illustrations les plus frappantes de ce phénomène. L’effondrement économique a résulté de la négligence dont les autorités publiques et les experts ont fait preuve dans la gestion de la complexité croissante du système financier mondial. Il n’est pas surprenant que l’insouciance de l’élite politique et économique mondiale ait coûté cher à ses représentants dans les urnes. Faisant campagne explicitement sur l’hostilité envers la mondialisation et les experts, les populistes ont pris d’assaut le pouvoir dans de nombreux pays.

 

 

Enhardis par l’indignation du grand public, ils ont remis au goût du jour une tradition ancienne consistant à blâmer les étrangers et à tourner le dos au monde extérieur. Le président des États-Unis, en particulier, a rejeté la pensée scientifique et diffusé des fausses nouvelles, et s’est détourné des alliés traditionnels de Washington et des institutions internationales.

Le nombre de personnes infectées augmentant rapidement, la plupart des responsables politiques reconnaissent désormais le terrible coût humain et économique du Covid-19. Le pire scénario envisagé par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control) est qu’environ 160 à 210 millions d’Américains seront infectés d’ici à décembre 2020. Jusqu’à 21 millions de personnes devront être hospitalisées et entre 200.000 et 1,7 million de personnes pourraient mourir d’ici un an. Les chercheurs de l’Université de Harvard estiment que 20 à 60% de la population mondiale pourrait être infectée, et qu’entre 14 et 42 millions de personnes pourraient perdre la vie.

Le niveau de la mortalité dépendra de la rapidité avec laquelle les sociétés sauront réduire les nouvelles infections, isoler les malades et mobiliser les services de santé, et de la durée pendant laquelle les rechutes pourront être évitées et contenues. Sans vaccin, le Covid-19 restera une force perturbatrice majeure pendant des années.

La pandémie sera particulièrement préjudiciable aux communautés les plus pauvres et les plus vulnérables dans de nombreux pays, ce qui met en évidence les risques associés à l’accroissement des inégalités.

Aux États-Unis, plus de 60% de la population adulte souffre d’au moins une maladie chronique. Environ un Américain sur huit vit en dessous du seuil de pauvreté – plus des trois quarts d’entre eux ont du mal à boucler leurs fins de mois et plus de 44 millions de personnes aux États-Unis n’ont aucune couverture santé.

La situation est encore plus dramatique en Amérique latine, en Afrique et en Asie du Sud, où les systèmes de santé sont considérablement plus faibles et les gouvernements moins aptes à répondre aux défis posés par l’épidémie. Ces risques latents sont aggravés par l’incapacité de dirigeants tels que Jair Bolsonaro au Brésil ou Narendra Modi en Inde à prendre la question suffisamment au sérieux.

 

Les retombées économiques du Covid-19 seront considérables partout. La gravité de l’impact dépendra de la durée de la pandémie et de la réponse nationale et internationale qu’apporteront les gouvernements. Mais même dans le meilleur des cas, cette crise économique dépassera de loin celle de 2008 par son ampleur et son impact, entraînant des pertes qui pourraient dépasser 9 000 milliards de dollars, soit bien plus de 10% du PIB mondial.

Dans les communautés pauvres où de nombreux individus vivent à plusieurs dans une pièce prévue pour une seule personne et doivent travailler pour mettre de la nourriture sur la table, l’appel à la distanciation sociale sera très difficile, voire impossible à respecter. Dans le monde entier, alors que de plus en plus de personnes verront leurs revenus baisser, on assistera à une augmentation rapide du nombre de sans-abri et de personnes souffrant de la faim.

Aux États-Unis, un nombre record de 3,3 millions de personnes ont déjà demandé des allocations chômage ; en Europe, le chômage atteint également des niveaux record. Mais alors que dans les pays riches, un certain filet de sécurité existe encore, même s’il est trop souvent en lambeaux, les pays pauvres, eux, n’ont tout simplement pas la capacité de garantir que personne ne meure de faim.

Les chaînes d’approvisionnement sont rompues du fait de la fermeture des usines et du confinement des travailleurs ; et les consommateurs sont empêchés de voyager, de faire des achats autres qu’alimentaires ou de s’engager dans des activités sociales. Il n’y a donc pas de possibilité de relance budgétaire. Et la marge de manœuvre en matière de politique monétaire est quasiment inexistante car les taux d’intérêt sont déjà proches de zéro. Les gouvernements devraient donc s’efforcer de fournir un revenu de base à tous ceux qui en ont besoin, afin que personne ne meure de faim à cause de la crise. Alors que ce concept de revenu de base semblait utopique il y a seulement un mois, sa mise en place doit maintenant se retrouver en tête des priorités de chaque gouvernement.

L’ampleur et la férocité de la pandémie exigent des propositions audacieuses. Certains gouvernements européens ont annoncé des trains de mesures visant à éviter que leurs économies ne soient paralysées. Au Royaume-Uni, le gouvernement a accepté de couvrir 80% des salaires et des revenus des travailleurs indépendants, jusqu’à 2.500 livres (2.915 dollars) par mois, et de fournir une bouée de sauvetage aux entreprises. Aux États-Unis, une aide colossale de 2.000 milliards de dollars a été décidée, et ce n’est probablement qu’un début. Une réunion des dirigeants du G20 a également débouché sur la promesse d’un déblocage de 5.000 milliards de dollars, mais les modalités restent encore à préciser.

La pandémie marque un tournant dans les affaires nationales et mondiales. Elle met en évidence notre interdépendance et montre que lorsque des risques se présentent, nous nous tournons vers les États, et non vers le secteur privé, pour nous sauver.

 

La réaction économique et médicale sans précédent mise en œuvre dans les pays riches n’est tout simplement pas à la portée de nombreux pays en développement. Il en résulte que les conséquences seront beaucoup plus graves et durables dans les pays pauvres. Les progrès en matière de développement et de démocratie dans de nombreuses sociétés africaines, latino-américaines et asiatiques seront remis en cause. Cette pandémie mondiale aggravera considérablement non seulement les risques climatiques et autres, mais aussi les inégalités au sein des pays et entre eux.

Un plan Marshall global, avec des injections massives de fonds, est nécessaire de toute urgence pour soutenir les gouvernements et les sociétés.

Contrairement à ce qu’ont avancé certains commentateurs, la pandémie de Covid-19 ne sonne pas le glas de la mondialisation. Si les voyages et le commerce sont gelés pendant la pandémie, il y aura une contraction ou une démondialisation. Mais à plus long terme, la croissance continue des revenus en Asie, qui abrite les deux tiers de la population mondiale, signifiera probablement que les voyages, le commerce et les flux financiers reprendront leur trajectoire ascendante.

Il reste que, en termes de flux physiques, 2019 restera probablement dans l’histoire comme une période de fragmentation maximale de la chaîne d’approvisionnement. La pandémie accélérera le redéploiement de la production, renforçant une tendance à rapprocher la production des marchés qui était déjà en cours. Le développement de la robotique, de l’intelligence artificielle et de l’impression en 3D, ainsi que les attentes des clients qui souhaitent une livraison rapide de produits de plus en plus personnalisés, des politiciens désireux de ramener la production chez eux et des entreprises cherchant à minimiser le prix des machines, suppriment les avantages comparatifs des pays à faible revenu.

Ce n’est pas seulement la fabrication qui est automatisée, mais aussi les services tels que les centres d’appel et les processus administratifs qui peuvent maintenant être réalisés à moindre coût par des ordinateurs dans le sous-sol d’un siège social plutôt que par des personnes situées dans des endroits éloignés. Cela pose de profondes questions sur l’avenir du travail partout dans le monde. Il s’agit d’un défi particulier pour les pays à faible revenu qui comptent une population jeune à la recherche d’emplois. Rien qu’en Afrique 100 millions de nouveaux travailleurs devraient entrer sur le marché du travail au cours des dix prochaines années. Leurs perspectives n’étaient pas claires avant même que la pandémie ne frappe. Aujourd’hui, elles sont encore plus précaires.

À une époque où la foi en la démocratie se trouve à son plus bas niveau depuis des décennies, la détérioration des conditions économiques aura des implications profondes sur la stabilité politique et sociale. Il existe déjà un énorme fossé de confiance entre les dirigeants et les citoyens. Certains dirigeants politiques envoient des signaux contradictoires aux citoyens ; ce qui réduit encore la confiance de ceux-ci envers les autorités et « les experts ».

Ce manque de confiance peut rendre la réponse à la crise beaucoup plus difficile au niveau national, et a déjà commencé à affecter négativement la réponse mondiale à la pandémie.

Même si elles ont lancé des appels urgents à la coopération multilatérale, les Nations unies demeurent hors jeu, ayant été mises à l’écart par les grandes puissances au cours de ces dernières années. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international, qui ont promis d’injecter des milliards, voire des billions de dollars, dans l’effort international, devront intensifier leurs activités pour avoir un impact significatif.

Les villes, les entreprises et les organisations philanthropiques viennent combler le vide laissé par le manque de leadership international des États-Unis. La réaction de la Chine à la pandémie lui a permis de passer, aux yeux de l’opinion publique mondiale, du rôle de responsable de la catastrophe à celui de héros, notamment parce qu’elle a su développer son soft power en envoyant des médecins et des équipements aux pays touchés. Des chercheurs singapouriens, sud-coréens, chinois, taïwanais, italiens, français et espagnols publient et partagent activement leur expérience, notamment en accélérant les recherches sur ce qui fonctionne.

Certaines des actions les plus enthousiasmantes n’ont pas été lé fait des États. Par exemple, des réseaux de villes tels que la Conférence américaine des maires et la Ligue nationale des villes échangent rapidement des bonnes pratiques sur la manière d’empêcher la propagation des maladies infectieuses, ce qui devrait améliorer les réponses locales. La Fondation Bill et Melinda Gates a contribué à hauteur de 100 millions de dollars au développement des capacités sanitaires locales en Afrique et en Asie du Sud. Des groupes comme le Wellcome TrustSkoll, les Open Society Foundations, la Fondation des Nations unies et Google.org se sont également engagées dans le combat global contre la pandémie.

Il va sans dire que les problèmes complexes liés à la mondialisation ne seront pas résolus par des appels au nationalisme et à la fermeture des frontières. La propagation du Covid-19 doit s’accompagner d’un effort international coordonné pour trouver des vaccins, fabriquer et distribuer des fournitures médicales et, une fois la crise passée, faire en sorte que nous ne soyons plus jamais confrontés à ce qui pourrait être une maladie encore plus mortelle.

Le temps n’est pas aux récriminations, mais à de l’action. Les gouvernements nationaux et les administrations municipales, les entreprises et les citoyens ordinaires du monde entier doivent faire tout leur possible pour aplatir immédiatement la courbe de l’épidémie, en suivant l’exemple de Singapour, de la Corée du Sud, de Hongkong, de Hangzhou et de Taïwan.

Aujourd’hui plus que jamais, une réponse globale s’impose. Le G7 et les principales économies du G20 semblent à la dérive sous leur direction actuelle. Bien qu’ils aient promis d’accorder une attention particulière aux pays les plus pauvres et aux réfugiés, leur récente réunion virtuelle a été trop tardive et n’a pas débouché sur des résultats notables. Mais cela ne doit pas empêcher les autres acteurs de tout faire pour atténuer l’impact de Covid-19. En partenariat avec les pays du G20, une coalition créative de pays volontaires devrait prendre des mesures urgentes pour rétablir la confiance non seulement dans les marchés mais aussi dans les institutions mondiales.

L’Union européenne, la Chine et d’autres nations devront monter en puissance et diriger un effort mondial, en entraînant les États-Unis dans une réponse mondiale qui comprendra l’accélération des essais de vaccins et la garantie d’une distribution gratuite une fois qu’un vaccin et des antiviraux auront été trouvés. Les gouvernements du monde entier devront également prendre des mesures draconiennes pour investir massivement dans la santé, l’assainissement et la mise en place d’un revenu de base.

Nous finirons par surmonter cette crise. Mais trop de gens seront morts, l’économie aura été gravement touchée et la menace de pandémie subsistera. La priorité doit donc être non seulement la reprise, mais aussi la mise en place d’un mécanisme multilatéral solide visant à garantir qu’une pandémie similaire, voire pire, ne se reproduise jamais.

Aucun mur, aussi haut qu’il soit, ne suffira à empêcher la prochaine pandémie, ni d’ailleurs aucune des autres grandes menaces qui pèsent sur notre avenir. Mais ce que ces hauts murs empêcheront, c’est la circulation des technologies, des personnes, des finances et surtout des idées et de la volonté de coopération collective dont nous avons besoin pour faire face aux pandémies, au changement climatique, à la résistance aux antibiotiques, au terrorisme et aux autres menaces mondiales.

Le monde avant et après le coronavirus ne peut pas être le même. Nous devons éviter les erreurs commises au cours du 20e siècle et au début du 21e siècle en entreprenant des réformes fondamentales pour faire en sorte que nous ne soyons plus jamais confrontés à la menace de pandémies.

Si nous pouvons travailler ensemble au sein de nos pays respectifs, pour donner la priorité aux besoins de tous nos citoyens, et au niveau international pour surmonter les clivages qui ont contribué à l’intensification des menaces de pandémie, alors un nouvel ordre mondial pourrait être forgé à partir du terrible feu de cette pandémie. En apprenant à coopérer, nous aurions non seulement appris à arrêter la prochaine pandémie, mais aussi à faire face au changement climatique et à d’autres menaces fondamentales.

Le moment est venu de commencer à construire les ponts nécessaires, dans nos pays et partout dans le monde.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

 

Déconfinement d’abord des cerveaux des décideurs

Déconfinement d’abord des cerveaux des décideurs 

 

 

La problématique du   confinement a soudain jailli dans les médias alors que le confinement n’est même pas encore totalement réalisé et qu’ en fait on  trouve trop de français qui  se baladent un peu comme ils veulent. -Les 20 % de parisiens qui ont fui la capitale , ceux qui  possèdent des résidences secondaires parisiens ou non. Le danger est évidemment que cette mobilité favorise la contamination dans des régions qui ne sont pas équipées sanitairement pour traiter les malades. C’est le cas notamment pour les localités maritimes  située en Loire-Atlantique et en Vendée.

Alors qu’on ne sait rien encore ou pas grand-chose du virus concernant notamment son mode de propagation, son traitement et encore moins sa prévention par vaccin, on parle déjà de déconfinement. Un discours totalement contre-productif et irresponsable. En effet une deuxième vague de contamination n’est pas impossible notamment du fait que le virus comme souvent peut évoluer et prendre d’autres formes.

Enfin surtout du fait que l’Afrique est atteinte quatre à six mois après les autres zones. Et que la seconde vague de contamination pourrait venir fin 2020 et début 2021 de ce continent incapable évidemment de contenir une pandémie. Une contamination facilité par la grande mobilité entre l’Europe et l’Afrique. Du coup les spéculations sur le D confinement apparaisse assez surréaliste. D’autant qu’on ne dit rien sinon que ce n’est pas pour demain et qui pourrait être progressif .

Coronavirus: L’OMS contredit la France sur les masques

Coronavirus: L’OMS contredit la France sur les masques

 

L’OMS avait déjà contredit la France à propos du dépistage massif qu’elle recommandait comme cela s’est pratiqué par exemple en Corée. En Europe, l’Allemagne pratique aussi un dépistage très important de l’ordre de  500 000 par semaine quand la France est autour de 50 000. Pour toute réponse face à cette différence, le Premier ministre a même mis en doute les chiffres allemands.!

On se souvient que jusqu’au 23 février environ les pouvoirs publics comme de nombreux mandarins considéraient que le port du masque était inutile pour les personnes non malades. C’est évidemment oublier que 50 % au moins  de la population seront atteintes par le virus ;  80 % n’auront  aucun symptôme mais ‘ils  constitueront des vecteurs de diffusion de la maladie. Le masque est donc indispensable d’abord pour protéger les autres des projections salivaires mais aussi pour se protéger soi-même.

On comprend évidemment que la protection soit prioritaire pour le personnel médical mais elle est également importante ce qui sont en contact avec le public et d’une façon générale pour toute la population. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a donc déclaré vendredi que les masques chirurgicaux devaient être réservés aux personnels de santé mais elle a ouvert la voie à un usage accru des masques, même artisanaux, par le grand public afin de limiter la propagation du coronavirus Covid-19.

Un haut responsable de l’OMS a déclaré à la presse que la transmission par voie aérienne du virus pourrait avoir affecté plus d’un million de personne dans le monde et tué 50.000 personnes depuis les premiers cas en décembre en Chine.

Mais le principal vecteur de transmission reste les personnes malades qui toussent, éternuent, se mouchent et contaminent des surfaces ou d’autres personnes.

“Nous devons réserver les masques médicaux et chirurgicaux aux personnels en première ligne. Mais l’idée d’utiliser des masques recouvrant les voies respiratoires ou la bouche pour empêcher que la toux ou le reniflement projette la maladie dans l’environnement et vers les autres (…) n’est pas une mauvaise idée en soit”, a dit le docteur Mike Ryan, expert en situations d’urgence à l’OMS, lors d’une conférence de presse.

Aux Etats-Unis, Anthony Fauci, médecin et directeur de l’Institut national des maladies allergiques et infectieuses, en charge de la coordination de la lutte contre le Covid-19, a déclaré vendredi que les Américains devraient se couvrir la bouche et le nez leurs de leur sorties en public mais qu’ils devaient surtout rester confinés autant que possible.

En France, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a estimé de son côté que “la notion d’accès de l’ensemble du public à un masque grand public ou alternatif peut être encouragée”, tout en soulignant que ces masques ne remplacent pas les “gestes barrières” que sont le lavage fréquent des mains et la distanciation sociale.

Une position partagée par Mike Ryan à l’OMS, qui a reconnu l’existence d’un débat “très important et sain” sur la généralisation du port du masque.

“Il peut y avoir des circonstances dans lesquelles l’utilisation des masques, qu’ils soient fait maison ou fabriqués en tissu, à l’échelle d’une communauté, peut participer à la réponse globale et complète à cette maladie” a-t-il dit.

Coronavirus France : hausse des décès , 588 en 24 heures

Coronavirus France : hausse des décès , 588 en 24 heures

 

588 décès  de plus en milieu hospitalier, portant ce bilan à 5.091.Ce rebond intervient alors que le nombre de décès avait diminué jeudi (471) par rapport à mercredi (509).

En prenant en compte les chiffres des établissements sociaux et médico-sociaux, qui ne sont que partiels, le nombre total de décès depuis le 1er mars s’élève à 6.507, a précisé Jérôme Salomon.

Dans les hôpitaux, 6.662 personnes sont en réanimation, soit 263 patients de plus que la veille, a-il ajouté.

Jean Pisani-Ferry :aussi pour le déconfinement progressif

Jean Pisani-Ferry : pour le déconfinement progressif

 

Pour Jean Pisani-Ferry ,Economiste, la gestion fine du déconfinement sera cruciale pour la reprise, prévient l’économiste dans sa chronique qui n’apporte pas grand chose.

 

Chronique. On ne sait pas encore quand commencera le déconfinement, mais on sait, depuis les déclarations du premier ministre, qu’il se fera pas à pas. On connaît déjà les questions qu’il va poser : quelles contraintes lever et à quel rythme ? Comment minimiser les risques sanitaires d’une reprise du travail ? Et, a contrario, comment tirer le meilleur parti économique des marges de manœuvre que dégagera le ralentissement de la pandémie ?

Il ne s’agira pas – comme l’avait suggéré Donald Trump le 22 mars, avant de se raviser – de choisir entre l’économie et la santé. Les pressions des milieux d’affaires seront fortes, mais aucun responsable ne peut délibérément conduire les hôpitaux au point de rupture et voir la mortalité tripler en conséquence. Ce serait d’ailleurs un bien mauvais calcul : aux Etats-Unis, lors de la grippe espagnole de 1918-1920, les Etats et villes qui ont opté pour un confinement précoce et strict ont fini par créer plus d’emplois que les autres (« Pandemics Depress the Economy, Public Health Interventions Do Not : Evidence from the 1918 Flu », Sergio Correia, Stephan Luck et Emil Verner, SSRN, 26 mars 2020).

 

C’est seulement une fois la progression du virus stoppée (c’est-à-dire après que la distanciation sociale aura ramené au-dessous de 1 le nombre de personnes qu’un porteur du virus infecte lui-même) qu’il sera légitime de raisonner économie. Cette étape est attendue pour la fin du mois, c’est à cette échéance qu’il faut imaginer la stratégie de déconfinement. 

Dans un mois, la chute de l’activité sera sans doute plus forte que les – 35 % estimés fin mars par l’Insee : hors administrations, elle approchera sans doute les – 50 %. Sur les quelque 20 millions de salariés de droit privé du début 2020, une moitié environ seront sans doute en activité, très majoritairement en télétravail. Pour l’autre moitié, ils seront soit en chômage partiel (ils sont déjà 4 millions et l’OFCE en attend près de 6 millions), soit en arrêt maladie pour s’occuper de leurs enfants, soit sans emploi (« Evaluation au 30 mars 2020 de l’impact économique de la pandémie de Covid-19 et des mesures de confinement en France », Observatoire français des conjonctures économiques, Policy Brief, n° 65, 30 mars 2020). Si la France avait réagi comme les Etats-Unis, nous aurions déjà 2 millions de chômeurs de plus. L’activité partielle nous l’évite – même si les CDD, intérimaires et autoentrepreneurs subissent le choc de plein fouet. »

 

 

Hongrie : premier gouvernement européen de dictature

Hongrie : premier gouvernement européen de dictature

Pouvoirs illimités et pour une durée illimitée pour Viktor Orban  au nom de la lutte contre le Covid-19. La Hongrie abolit indéfiniment des pans entiers du contrôle démocratique, dénoncent dans une tribune au « Monde » Philippe Dam et Bénédicte Jeannerod, d’Human Rights Watch.

Tribune.

 

 Sous prétexte de répondre à l’urgence sanitaire liée au Covid-19, le Parlement hongrois a donné, le 31 mars, son feu vert au gouvernement de Viktor Orban pour s’attribuer des pouvoirs illimités pour une durée indéterminée. Le gouvernement hongrois peut désormais suspendre toute loi existante et en appliquer d’autres par décret, sans contrôle parlementaire ni judiciaire. Les élections ont été suspendues.

La loi prévoit aussi de nouvelles sanctions pénales de cinq ans de prison pour la publication de faits dits « faux » ou « déformés », un nouveau coup porté à la liberté des médias déjà sévèrement mise à mal dans le pays. Avec cette loi, la Hongrie devient le premier pays de l’Union européenne (UE) à abolir indéfiniment des pans entiers du contrôle démocratique, en violation flagrante des principes fondateurs et des règles de l’UE.

Ces dix dernières années, le gouvernement Orban a affaibli la justice, restreint les activités de la société civile et renforcé son contrôle sur les médias sans que cela ne provoque de réactions à la hauteur de la gravité de la situation de la part des institutions européennes. Ne pas répondre vite et fort à la nouvelle dérive autoritaire du gouvernement de Viktor Orban serait, pour ces mêmes institutions, commettre la même erreur.

 

A Budapest, on crie déjà à la surréaction et les partenaires européens sont priés d’attendre de voir comment les choses évolueront avant de protester. Mais regardons les choses en face : le caractère illimité de la loi d’urgence, l’abolition de fait de tout contrôle parlementaire et les attaques contre les médias créent un cadre incompatible avec les principes démocratiques. L’Union européenne et ses Etats membres ne doivent pas attendre des décrets encore plus problématiques et liberticides pour réagir. Ne pas le faire maintenant et vigoureusement reviendrait à accepter que ce nouvel ordre autoritaire soit acceptable au sein de l’Union européenne. 

Même depuis que le Parlement européen a déclenché, en septembre 2018, la procédure de l’article 7 du traité de l’Union européenne donnant à cette dernière la possibilité de sanctionner ses membres qui ne respectent pas les valeurs de l’Union, les Etats membres ont traîné les pieds au lieu d’intensifier la pression. Le problème n’est pas la faiblesse souvent reprochée à l’article 7, mais le fait que les Etats de l’UE et la Commission européenne n’ont pas mis tout leur poids dans cette procédure.

La Commission devrait soutenir pleinement la procédure de l’article 7. Les dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, devraient mobiliser leurs partenaires sans attendre la fin de la crise sanitaire causée par le coronavirus pour la faire avancer. La prochaine étape nécessite un vote aux quatre cinquièmes au sein du Conseil européen, ce qui, moyennant une forte mobilisation, n’est pas inaccessible.

Chômage partiel : 4 millions de salariés

Chômage partiel : 4 millions de salariés

 

Le chômage partiel dont une partie est prise en charge par l’État se développe à la vitesse du Coronavirus. Il y a les secteurs économiques auxquels le pouvoir interdit l’activité mais aussi et surtout toutes ces entreprises qui fautent de pièces et de matières premières ne peuvent fonctionner. Sans parler de celles qui n’ont plus de clients. De fait, la liste des secteurs interdits d’activité comme celle des secteurs autorisés a été effectuée de manière complètement anarchique. Ainsi ce n’est pas seulement le secteur manufacturier qui est concerné mais aussi les services qui évidemment ne peuvent non plus fonctionner sans consommables , sans équipements et sans personnel.

Même les entreprises de transport pourtant vital pour assurer la mobilité des biens essentiels sont condamnées à des activités très réduites faute de clients et même de chauffeurs. Sans parler de l’absence de moyens de protection sanitaire. « Les chiffres de ce matin, qui sont encore en progression très forte, c’est 400 000 entreprises et quatre millions de salariés c’est-à-dire un salarié sur cinq [du secteur privé] en France dans les entreprises ou les associations est en chômage partiel », a indiqué Muriel Pénicaud sur franceinfo.

Le dispositif de chômage partiel prévoit que l’employeur verse à ses salariés une indemnité correspondant à 70% de leur rémunération brute, voire 100% pour les salariés au smic ou moins. L’Etat remboursera ensuite intégralement les entreprises pour les salaires allant jusqu’à 6 927 euros bruts mensuels, c’est-à-dire 4,5 fois le smic. La ministre du Travail a par ailleurs annoncé sur franceinfo que l’Etat allait « prendre en charge à 100% (…) tous les coûts de formation pour les personnes qui sont au chômage partiel ».

Dans d’autres pays européens, comme l’Espagne, le chômage a bondi de 9,3 % en mars, avec plus de 300 000 demandeurs d’emplois supplémentaires. La situation est grave : près de 900 000 emplois – dont la moitié dans l’intérim – ont été détruits dans le pays depuis l’instauration du confinement mi-mars pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. « Les destructions d’emploi pèsent lourdement sur les femmes, les jeunes et les secteurs les plus précaires, en particulier les employés des hôtels et des restaurants et les travailleurs du bâtiment », a souligné Pepe Alvarez, dirigeant de l’UGT, le deuxième syndicat espagnol, sur la radio RNE.

La situation est similaire aux Etats-Unis, où l’on comptait il y a une semaine, 3,28 millions de chômeurs. Un nouveau record pourrait être atteint aujourd’hui avec 3,7 millions de demandeurs d’allocation chômage, indiquent Les Echos investir.

De son côté, la Commission européenne a proposé, jeudi 2 avril, d’emprunter 100 milliards d’euros garantis par des Etats européens pour financer un mécanisme de chômage partiel dans le cadre de son plan de lutte contre l’épidémie de coronavirus. Pour le financer, la Commission emprunterait sur les marchés en se servant de sa note de crédit maximale (le triple A qui lui assure des prêts aux taux les plus bas) et prêterait à son tour ces sommes à des conditions avantageuses aux Etats-membres, dont beaucoup ne peuvent se prévaloir d’une notation aussi avantageuse et n’ont donc pas accès aux meilleurs taux.

Lorsqu’un pays membre fera une demande d’aide pour subventionner les salaires, la Commission déterminera les conditions du prêt qu’elle lui octroiera. Sa proposition devra ensuite être approuvée par les gouvernements des Vingt-Sept.

Bac et brevet cadeau en 2020

Bac et brevet cadeau en 2020  

 

Il est clair maintenant que l’école ne reprendra pas au moins avant la rentrée. Cela y compris pour   les classes  du bac ou du brevet. C’est un peu la situation de 1968 qui se reproduit. À la suite des événements,  des dispositions particulières avec été prises pour tenir compte de la suspension des cours. Du coup, les résultats du bac qui en moyenne à l’époque se situaient autour de 67 % sont passés miraculeusement à 80 % en 68 pour retomber l’année suivante à des chiffres plus habituels. Un phénomène semblable pourrait se produire en 2020 en raison du Coronavirus mais pas seulement.

 

On connaît l’attachement des Français au diplôme et notamment au bac et le pouvoir est en grande difficulté politique. Englué dans ses réformes, il a profité de la pandémie pour les  suspendre et sans doute les annuler. Il se concentre uniquement sur le Coronavirus sujet plus consensuel en espérant que l’unité nationale sauvera du désastre électoral le part en marche en pleine décomposition. Un parti  complètement incapable d’exister lors des élections municipales  qui anticipent  sans doute les futures élections législatives. Même la candidature de Macron est en cause puisque Coronavirus ou pas sa politique économique et sociale est toujours condamnée par environ 70 % de la population.

 

Il n’y a que les sondages plus ou moins bidon des journaux propriétés des financiers qui parviennent à lui accorder autour de 40 % de confiance. Un petit cadeau aux familles à travers le bac sera le bienvenu pour aider à la remontée de Macron dans l’opinion. De toute façon cela n’aura pas une grande incidence sur le niveau puisque déjà le bac est accordé 90 % environ des candidats.

 

Tout sera donc validé par le contrôle continu, à 100 %. Pour cause de Covid-19 et surtout de confinement, il n’y aura pas d’écrits pour les épreuves du bac, ni pour le brevet. Tel est le schéma annoncé vendredi matin par le ministre de l’Education. « J’ai proposé ces aménagements au président de la République et au Premier ministre qui ont accepté cette formule », a déclaré Jean-Michel Blanquer. Une solution mixte (qui aurait associé contrôle continu et une ou deux épreuves écrites) est donc écartée.

Pour le bac en terminale (séries générales et technologiques), c’est la moyenne des notes obtenues pendant les trois trimestres de l’année qui sera prise en compte. Avec un bémol de taille : les notes obtenues pendant la période de confinement ne seront pas intégrées à cette moyenne, afin de ne pas léser les élèves qui subissent ce confinement dans des conditions différentes.

Les notes des épreuves anticipées, obtenues en classe de première, sont conservées. Un jury d’examen sera réuni par académie pour examiner individuellement la situation et le dossier de chaque élève. Ce jury s’assurera de « l’équité et de l’harmonisation des différentes notations entre les établissements », a précisé le ministre. « L’assiduité » des candidats sera également vérifiée.

Les oraux de rattrapage (moyenne comprise entre 8 et 10 sur 20) se dérouleront « dans les conditions habituelles ». Pour les candidats n’ayant pas été reçus à la session de juin-juillet, ils pourront, sous réserve de l’accord du jury d’examen, participer à la session de septembre.

Pour les candidats des lycées professionnels (BEP, CAP, Bac pro), les mêmes modalités de contrôle continu sont prévues.

En classe de 1ère, pour les épreuves anticipées du bac, la même logique prévaut. Pour le français, la moyenne des notes obtenues pendant l’année comptera (sans prendre en compte celles obtenues pendant le confinement). En revanche, l’épreuve orale est maintenue. Elle se déroulera « fin juin-début juillet », a dit le ministre, qui n’en a pas précisé les modalités (très dépendantes évidemment de la date de fin du confinement).

Le nombre de textes de français qu’un candidat doit présenter est réduit : 15 pour la voie générale, 12 pour la voie technologique.

La deuxième série des épreuves communes de contrôle continu (E3C, en vigueur depuis la réforme du bac), qui devait se dérouler après les vacances de printemps, n’aura pas lieu. Pour ce contrôle continu, ce sont les résultats obtenus à la première série (déjà passée au deuxième trimestre 2020) et ceux de la troisième série (à venir en terminale) qui compteront à terme.

Les autres épreuves anticipées en première – enseignement de spécialité non poursuivi en terminale et enseignement scientifique du tronc commun – seront évaluées par le contrôle continu.

Pour la 3e, le brevet est également obtenu via le contrôle continu. La moyenne des notes des trois trimestres compte (sauf les notes obtenues pendant le confinement).

Coronavirus : la réponse viendra de la mondialisation

Coronavirus : la réponse viendra de la mondialisation

Professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot, Gérald Bronner est membre de l’Académie nationale de médecine, de l’Académie des technologies et de l’Institut universitaire de France. Spécialiste des croyances sociales, il est l’auteur de Déchéance de rationalité (Grasset, 2019) et de La Démocratie des crédules (PUF, 2013). Il va à contre-courant des reprises nationalistes estiment que la réponse au Corona virus viendra de la mondialisation.(Interview du Monde)

Chaque politique y va de son explication de la crise. Etes-vous surpris ?

Cette crise est inédite. Lorsque des êtres sociaux sont confrontés à un phénomène incertain et dramatique, en haut de l’Etat comme en bas de l’échelle sociale, il y a un immense besoin de sens. C’est une tentation anthropologique, un réflexe herméneutique d’interprétation du réel. Comment admettre qu’un accident biologique malheureux est à l’origine d’une immense catastrophe ? Les récits rendent un service intellectuel que le réel ne rend pas. Historiquement, les épidémies ont été lues comme une punition divine. Avec le coronavirus, le monde politique et religieux devient l’auberge espagnole de l’opportunisme idéologique.

La crise révèle la dépendance de la France à l’égard d’autres pays, pour les tests ou les médicaments. C’est un fait, pas une herméneutique. Cela diffère du discours selon lequel la nature nous adresse un ultimatum. Mais il faut prendre garde à la démagogie tirée des faits. Penser les conditions de notre indépendance alimentaire, énergétique, sanitaire est raisonnable. Dire qu’il faut se recroqueviller sur la souveraineté nationale, à l’inverse, est caduc puisque les questions épidémiques, écologiques, migratoires, financières sont transnationales. Ce qui a manqué, au contraire, est la coordination mondiale. Avec plus de coordination, la Chine n’aurait pas menti sur la maladie et les Européens auraient été attentifs aux informations des scientifiques asiatiques. Pourquoi chaque pays a-t-il utilisé des stratégies différentes ? Veut-on d’un monde où les nations se battent pour acheter du matériel vital aux populations ? Où chaque pays se met à stocker 1 milliard de masques ? C’est la lutte de tous contre tous qui aboutira au désintérêt collectif. La seule conclusion est d’avancer dans la coopération internationale.

C’est une mythologie. L’idée que le virus s’est répandu à cause de la mondialisation est une erreur. Si nos corps voyagent, la probabilité de diffusion de l’épidémie dans un temps court augmente. Mais dans l’histoire de l’humanité, la peste noire ou la grippe espagnole ont ravagé des populations entières. La différence, c’est qu’elles se répandaient en plus de temps, et que nous n’avions pas les moyens technologiques pour y faire face. La réponse au Covid-19 viendra de la mondialisation. Par la technologie : la médecine, le vaccin, le numérique. La science ne progresse que grâce aux interactions mondiales. Les chefs de service de réanimation français examinent en temps réel les données des études chinoises. Si le virus s’est propagé, c’est parce qu’un marché ne respectait pas les règles sanitaires que la modernité a inventées et diffusées par les échanges mondiaux, pas parce qu’il a été créé volontairement en laboratoire !

 

Les rationalistes sont démunis, ils n’ont à proposer que la formule de Nietzsche : «Laissez venir à moi le hasard». Le besoin de sens reflète la fébrilité de l’esprit humain, qui peine à accepter le hasard malheureux. Voilà pourquoi le complotisme, qui offre un récit en concurrence sur le marché cognitif, séduit un quart des Français. Cela dépasse les thèses conspirationnistes. Après l’accident nucléaire de Fukushima, la peur a été telle que les gens l’ont associé à un grand nombre de victimes, alors qu’il n’y a pas eu de mort. Une confusion narrative brouille la mémoire, et pousse une lecture du monde qui se coule dans des sillons établis. Le grand récit disponible, aujourd’hui, c’est celui de la décroissance et de la collapsologie.

Comment, dans la confusion ambiante, savoir qui a raison ?

Gare aux rétro-prévisionnistes : le futur est facile à prédire quand il est passé ! On peut faire crédit au gouvernement de l’incertitude ; la pandémie a donné lieu à une infodémie, une arborescence de données concurrentes. Mais si on avait regardé l’information auprès des meilleurs chercheurs, dans la revue Science, tout était là. Il était possible de comprendre que la méthode coréenne fonctionnait, comme il est compréhensible qu’on ne l’ait pas fait… En face, les propositions de Marine Le Pen sont à déplier sur le long cours : si on avait pratiqué une économie étatisée, aurait-on un système de santé résilient ? Si chaque nation s’était recroquevillée sur elle-même, aurait-on ce niveau de technologie et de recherche ? Mieux vaut être humble dans la crise plutôt que de dire « j’avais raison ».

 

Zone euro: la croissance s’écroule en mars de 40%

Zone euro: la croissance s’écroule en mars de 40%

 

Dans la zone euro., l’indice PMI composite IHS Markit de l’activité globale dans la région accuse ainsi un repli mensuel sans précédent en mars pour s’établir à 29,7, soit son plus bas niveau de l’histoire de l’enquête. Soit une baisse de 40%. (la limite de 50 sépare la récession de la croissance).  Cela semble confirmer que en moyenne chaque mois de confinement coute de 3 à 4 % au PIB annuel.  L’indice  très fortement reculé par rapport à son niveau de février (51,6), il a en outre affiché un repli marqué par rapport à son estimation flash (31,4), reflétant les répercussions sévères et croissantes de l’actuelle pandémie de Covid-19 sur l’économie de la zone euro.

Si l’activité a reculé de manière considérable dans les deux secteurs couverts par l’enquête, c’est toutefois le secteur des services qui a affiché le plus fort taux de contraction, celui-ci atteignant son plus haut niveau depuis le début de l’enquête. Dans l’industrie manufacturière, la production a diminué pour un quatorzième mois consécutif, enregistrant en outre sa plus importante baisse mensuelle depuis avril 2009. Chutant de 52,6 en février à 26,4, l’indice PMI IHS Markit de l’activité de services affiche également un repli mensuel d’ampleur inédite pour s’établir à son plus bas niveau historique en mars.

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