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Salaire moyen net en France : 1722 ou 2125 euros ?

Salaire moyen net en France : 1722 ou  2125 euros ?

 

Aujourd’hui l’INSEE sort  une étude qui fait apparaître un salaire net moyen de 1722 €. Une autre étude du même organisme indiqué 2125 € comme salaire net moyen mensuel. La différence tient au fait  que le salaire net moyen de 1722 € concerne les vrais salaires et que le chiffre de 2125 les salaires équivalents à plein temps. Or  on sait que les emplois à temps partiel ne cessent de se développer. En France pour un temps plein ;  un salaire qui a augmenté de 42 % de 2009 à 2013. En francs constants il y a donc eu progression. L’augmentation est de   42 %) et  l’inflation a atteint, elle, 34,5 %. En 2013, le revenu perçu par un salarié était de 20.350 euros. On peut évidemment mettre en cause l’évolution réelle de l’inflation car l’inflation ne tient pas compte suffisamment de l’évolution structurelle de la consommation, structure de la consommation qui en outre varie nettement en fonction  des revenus. Il s’agit d’un revenu salarial, tous types de contrats confondus : plein temps, temps partiel ou mi-temps. Si l’on veut des comparaisons plus parlantes, il faut se concentrer sur le salaire net annuel moyen pour un temps plein. Il était en 2013 de 25.500 euros soit 2125 € par mois. En moyenne on note donc une augmentation faible mais réelle du salaire moyen. Salaire moyen à distinguer du salaire médian lequel divise la population en deux et qui au contraire fait apparaître une légère diminution. En cause un accroissement des inégalités, ce qui gagnent plus ont encore gagné davantage, ce qui gagnent moins perdu davantage. Premier point à noter : ce montant montre une augmentation régulière des salaires nets entre 1995 et 2009. Les cadres gagnent en moyenne trois fois plus que les ouvriers : 41.200 euros pour les premiers contre 13.800 euros pour les ouvriers et employés. Si ce montant annuel est inférieur au Smic sur un an, c’est que le poids des CDD est très sensible dans cette catégorie de salariés. Il s’agit comme toujours dans ces comparaisons de moyennes. Elles masquent des disparités parfois importantes entre les activités, les statuts professionnels, les âges et les sexes. L’écart de salaire en être les hommes et les femmes restent toujours aussi fort. On en parle beaucoup. Mais sur le terrain, les choses bougent moins vite que la fermeté des déclarations de nos patrons et de nos responsables le laissent penser. Tous statuts confondus, les femmes gagnent de 19 à 22% de moins que leurs homologues. Ce sont dans les fonctions de cadres que les écarts sont les plus significatifs et dans ceux des employés où les différences de rémunérations moyennes nettes sont les plus faibles (autour de 8%). Sur un indice INSEE toujours discutable, le pouvoir d’achat a augmenté tous les ans de 0,3% entre 2007 et 2014. C’est moins qu’en Allemagne, mais bien mieux qu’en Italie, en Grande-Bretagne ou en Espagne. Chez nous, les salaires n’ont pas chuté et les prestations sociales ont joué un grand rôle d’amortisseurs. En se fondant sur les salaires réels, le revenu salarial augmente avec l’âge des salariés jusqu’à 54 ans : il atteint pour les 50-54 ans un montant 3,4 fois plus élevé que celui des moins de 25 ans. Les femmes perçoivent un revenu salarial inférieur en moyenne de 24 % à celui des hommes (23.398 euros). Les cadres perçoivent, eux, un revenu salarial 2,6 fois supérieur à celui des ouvriers et 2,9 fois supérieur à celui des employés (13.988 euros). Le revenu salarial des diplômés de niveau Bac+3 ou plus est le double de celui des salariés de niveau inférieur au Bac.  Le revenu salarial varie davantage parmi les salariés les moins diplômés que parmi les plus diplômés, en particulier dans la moitié basse de l’échelle salariale. En revanche, comme pour les cadres, la dispersion dans la moitié haute de l’échelle est plus élevée chez les salariés les plus diplômés.

 

 

« La France, une puissance surévaluée » (Patrick Boucheron, historien)

« La France,  une puissance surévaluée » (Patrick Boucheron, historien) 

Sans tomber dans la mode du French bashing, l’historien Patrick Boucheron remet les pendules à l’heure quant à la grandeur réelle de la France dont la puissance proclamée lui paraît assez surévaluée. Dans une interview au JDD il relativise un récit un peu déformé de l’histoire du pays.

Pourquoi les historiens nous ont-ils tant menti? A vous lire, on comprend qu’il faut commencer par désapprendre…
Je ne suis pas sûr que les historiens mentent tant que cela! Je dirais plutôt que ceux qui parlent en leur nom ne disent pas toujours la vérité. On sait depuis bien longtemps que Vercingétorix n’est pas le chef gaulois exalté dans les manuels de la IIIe République. Au lendemain du désastre de Sedan en 1870, on a voulu faire d’Alésia le modèle de la défaite civilisatrice. Perdant magnifique, Vercingétorix est donc devenu un héros national… pour les besoins de la cause. Étrange idée de faire d’Alésia, une défaite, l’an I de l’histoire d’une nation! Comme s’il y avait une sorte d’art français de perdre la guerre. Voici pourquoi nous faisons démarrer notre histoire bien avant, quand des hommes de Cro-Magnon décorent il y a près de 40.000 ans la grotte Chauvet.

Mais pourquoi l’école a-t-elle enseigné si longtemps « nos ancêtres les Gaulois« ?
En réalité, l’école républicaine valorisait surtout les « petites patries », celles des régions : elle exaltait beaucoup moins qu’on ne le dit les origines gauloises de la nation. La nostalgie scolaire repose souvent sur ce que les psychologues appellent des faux souvenirs : on pleure la perte de ce que l’on n’a jamais eu. De là une instrumentalisation politique continue…

Pourquoi une histoire « mondiale » de la France?
Pour comprendre l’histoire de France, il faut l’intégrer dans une histoire plus large, qui s’inscrit dans plusieurs mondes : le monde gréco-romain méditerranéen, puis la chrétienté latine devenant l’Europe catholique du XVIe siècle, peu à peu gagnée par l’idéal universaliste des Lumières, tandis que le monde finit par se confondre au XIXe siècle avec la Terre tout entière

Est-ce aussi l’histoire d’un affrontement avec l’Islam?
Non, je ne crois pas du tout qu’il s’agisse là d’un affrontement essentiel. Nous ne nous attardons pas sur un autre mythe du légendaire national comme la bataille de Poitiers. Mais en choisissant la date plus sûre de 719 (le partage du butin de Ruscino), on montre que les rapports entre la royauté franque et les minorités musulmanes ne sont pas simplement de pillages et de combats. On essaie de calmer le jeu… de raconter tranquillement qu’il y a une minorité musulmane depuis bien plus longtemps qu’on ne le croit. Longtemps invisible, à côté d’autres présences minoritaires, juives par exemple. On montre par exemple qu’un des premiers écrivains français est un rabbin de Troyes qui s’appelle Rachi, mort en 1105. En même temps, notre histoire n’est pas une histoire irénique. Il y a aussi un article sur la traduction du Coran en 1143, titré « l’exécrable Mahomet » : car c’est ainsi que l’appelait l’abbé de Cluny qui cherchait à le connaître pour mieux le combattre…

Vous ne parlez pas de civilisation française…
Non, et nous n’usons pas davantage du mot « identité », car dans les deux cas ce sont des notions intemporelles, qui tirent leur grandeur de ne pas avoir d’histoire. Or je crois justement que ce qui est grand et beau est ce qui a une histoire. Ce qui est né, peut mourir, et doit donc être défendu. Notre histoire mondiale de la France est une histoire laïque. Il n’y a rien de providentiel dans ce récit qui n’évoque jamais la possibilité qu’il puisse y avoir une « France éternelle ». C’est donc une histoire incertaine. La dernière date du livre, 2015, est la date à partir de laquelle l’ensemble de cette incertitude se reconstruit, quand le 11 janvier 2015, le monde s’est invité dans les rues de Paris. Ce jour-là, d’une certaine manière, la France, nation parmi les nations, se rappelait qu’elle fut souvent ce pays étrange qui prétendait contenir le monde tout entier… Depuis la Révolution, la France reste porteuse d’un projet universaliste, celui de la liberté. De la liberté dans le monde. Qu’ont voulu défendre celles et ceux qui descendaient dans la rue en janvier 2015? Pas une civilisation, ni une identité. Peut-être la République, ou plus vaguement un style de vie. En tout cas une forme historique, donc mortelle.

Il y a des moments où la France a été menacée de disparition…
Oui, deux événements peuvent se faire écho : 1420, le traité de Troyes, et la défaite de 1940, comme deux dates qui auraient pu défaire la France. Le moment Jeanne d’Arc est un moment où effectivement le royaume de France aurait pu disparaître dans une union de couronnes entre la France et l’Angleterre – ce qui était une manière très courante en Europe de faire la paix. Il y a eu un moment où le royaume de Castille et le royaume d’Aragon ont été unis et cela s’est appelé l’Espagne. Il y avait pareillement la possibilité d’un royaume commun entre la France et l’Angleterre : cela aurait fait bifurquer l’histoire… Ce qui est à l’œuvre en 1940, c’est aussi la possibilité de la disparition de la forme politique « république française ». On a cherché à pointer ces moments où d’autres avenirs étaient possibles, montrant qu’il fut un temps où la capitale de la France libre n’était pas à Londres mais en Afrique, à Brazzaville.

Voyez-vous notre époque comme un de ces moments de bifurcation?
Il y a dans l’histoire des moments plus ou moins dangereux, des moments d’incertitude. Mais rien n’est jamais écrit d’avance et l’on a toujours tort de croire à la fatalité d’un destin collectif. En ce moment, on est alerté : quelque chose d’inattendu peut arriver.

Le fil rouge de notre histoire commune, c’est cette volonté « mondiale »
Oui, à plusieurs moments qu’on tente de désigner, les Français, la société française, les pouvoirs français, pour ne pas dire la France, ont une ambition universelle, de parler pour le monde, en son nom. Il y eut déjà une forme d’universalisme romain poursuivi par l’idéal chrétien. Avec le « moment Louis XIV » commence la prétention française à gouverner et à représenter le monde. Mais à partir de la Révolution française, c’est le monde qui renvoie à la France son statut si singulier de patrie de l’universel. Au XIXe siècle il y a aussi une mondialisation à la française, qui s’exprime par l’expansion économique, mais aussi par le progrès des savoirs…

Elle est ratée… pourquoi rate-t-on la mondialisation?
Je ne sais pas si elle rate… Après Louis XIV, après Napoléon, il s’agit plutôt d’un retour à la normale. Les moments où la France en impose au monde sont toujours des moments très brefs et illusoires… toujours un peu « surdimensionnés ».

Serions-nous les « grenouilles » du monde?
La France est objectivement une puissance surévaluée. Le texte sur 2011, avec l’arrestation de DSK qui marque notre apprentissage de la transparence comme nouvel impératif démocratique, rappelle que depuis les années 1960 il y a toujours des Français à la tête de la banque mondiale ou du FMI. Ce ne sont pas exactement les performances économiques de la France qui le justifient. On sait que la France est aussi membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle le doit à ce moment gaullien, génialement idéaliste quand on y songe, une illusion lyrique qui a des conséquences très concrètes puisqu’elle hisse la France dans le camp des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. C’était un coup de force symbolique, et cette page est en train de se refermer. Le dernier exemple en date de surévaluation de la puissance est le discours de Dominique de Villepin à l’ONU en 2003. C’est un beau geste, mais au fond, il fait partie de notre longue histoire des coups de mentons…

Nous avons aussi « inventé » le terrorisme, la terreur, les attentats anarchistes, la commune…
La Terreur de 1794 est la modalité française d’une histoire européenne. Mais je vous l’accorde : cette histoire mondiale de la France, même si nous l’avons voulue dépassionnée, plaisante et parfois amusante, est quand même grosse des inquiétudes du présent. Celui-ci est hanté par la question de la violence politique. On a parfois une vision un peu littéraire et romantique des attentats anarchistes de 1892-1894. Mais si on rappelle le nombre de morts et ses implications (les lois « scélérates » comme les avait baptisées Léon Blum) on se rend compte des similitudes avec aujourd’hui. Car cette vague d’attentats produit des limitations de libertés publiques qui blessent durablement la République. C’est l’éternelle question : jusqu’où va- t-on dans la limitation de nos libertés au nom de la sécurité? Nous vivons une sorte d’obsession avec la comparaison des années 1930, mais on peut aussi trouver dans cet autre moment (La dépression de 1890, le populisme, le boulangisme, l’affaire Dreyfus) beaucoup de concordances des temps.

On vous sent prudent…
Parce que je pense que les historiens doivent agir avec tact et prévenance. Leur savoir est rapidement manipulable et possiblement explosif… Comme dans le film Le Salaire de la peur (1953), ils conduisent un convoi plein de nitroglycérine. À trop les agiter, même des questions anciennes (pensons aux croisades) deviennent inflammables. Voici pourquoi nous nous devons d’opposer régulièrement aux idéologues des appels au calme, c’est-à-dire à la complexité du réel et à la pondération des mots pour le dire.

Et aussi inquiet…
Oui. À titre personnel, je suis un professionnel de l’inquiétude. Je ne suis pas satisfait du monde tel qu’il est : je ne m’en contente pas.

Qu’est-ce qui vous inquiète aujourd’hui?
La capacité des sociétés à renoncer à leurs libertés. La tentation qu’elles éprouvent pour le pouvoir autoritaire, la passion que nous avons pour les murs, les séparations, tout ce qui nous exclut, tout ce qui nous enferme. J’ai l’impression que ce que j’aime est en danger, que mes choix de vie sont de plus en plus minoritaires. Pourtant je ne suis pas du tout décliniste… Notre livre est un livre joyeux, entraînant et grave. À mes yeux, c’est un antidote aux passions tristes, une réponse à tous ceux qui aiment tant se détester – et qui finissent toujours par le faire payer aux autres…

Primaire gauche : Macron le vrai vainqueur

Primaire gauche : Macron le vrai vainqueur

D’après un sondage Elabe pour BFM, Benoît Hamon sortirait vainqueur du troisième débat de la primaire du PS. En réalité, il obtient à peu près le même score que Montebourg si l’on tient compte de la marge d’erreur de ce genre de statistiques qui se situent entre un et quatre %. En effet si Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg devaient  triompher de cette primaire, cela offrirait un vrai boulevard à Emmanuel Macron. En effet, ces deux candidats socialistes sont crédités de l’ordre de 7 % des voix au premier tour des présidentielles, soit trois fois moins que Macron. Un Macron dont la dynamique devrait encore s’amplifier si les candidats les plus gauchistes devaient représenter le parti socialiste. En outre, le scénario d’un éclatement du parti socialiste deviendrait de plus en plus crédible. D’un côté il y aurait les plus altermondialistes utopistes finalement assez proches de Mélenchon et de l’autre les sociaux démocrates proches de Macron. D’un certain point de vue, le débat pour sa troisième séance aura encore tourné autour du surréaliste revenu universel. Revenu universel qui résout la question du chômage avec la disparition du travail. Benoît Hamon attaqué sur ce point par nombre de ses concurrents n’a cependant pas lâché son point de vue. Il tient sa martingale pour se faire élire même s’il convient maintenant qu’elle est irréalisable dans les 5à 10 ans voire au-delà. En effet Hamon  garde l’idée mais sa proposition se réduit maintenant à un relèvement du RSA applicable aussi aux jeunes. Benoît Hamon, été jugé le plus convaincant par 29% des téléspectateurs, devant Arnaud Montebourg (28%) et Manuel Valls (21%). Sa percée est encore plus nette auprès des sympathisants du PS, qui sont 34% à l’avoir plébiscité. Le problème c’est que les sympathisants du PS ne représentent plus grand-chose sur l’échiquier politique. De ce point de vue le troisième débat comme le second devrait faire aussi un flop chez les téléspectateurs de plus en plus persuadés que cette confrontation interne devient anecdotique en prévision des présidentielles puisqu’en tout état de cause le vainqueur arrivera en cinquième position lors du premier tour. 

Primaire à gauche: les Allemands doivent payer la dette de la France ! (Hamon)

Primaire à gauche: les Allemands doivent payer la dette de la France ! (Hamon)

Décidément Benoît Hamon est sans conteste le champion des martingales pour plaire à son camp. Ainsi après le revenu universel, la légalisation du cannabis, il propose tout simplement que les Allemands payent la date de la France. Il ne le dit pas en ces termes mais il propose de mutualiser les dettes souveraines de l’union européenne, ce qui revient exactement au même point  “La question centrale dans l’Union européenne est de savoir de quelle manière nous sommes les uns et les autres cautions mutuelles de nos dettes nationales respectives. Débat extrêmement difficile à avoir avec l’Allemagne”, a déclaré l’ex-ministre de l’Éducation nationale. Et de mélanger la dette financière et la dette environnementale. Justement une confusion totale que redoute l’Allemagne. Finalement une solution franco française qui plaît nécessairement puisqu’on propose que le fardeau de la dette (2200 milliards d’euros qui représentent 33 000 € par habitant) soit transféré pour l’essentiel sur l’Allemagne. Une telle proposition est de nature à renforcer le sentiment des Allemands sur l’irresponsabilité totale des Français et constitue aussi un risque d’éclatement de l’union européenne. La question est évidemment plus complexe que veut bien expliquer Benoît Hamon ; en outre, la priorité est sans doute de faire converger les politiques économiques et en particulier de relancer l’investissement et derrière la croissance. Ultérieurement il sera nécessaire de se mettre d’accord sur une convergence budgétaire réaliste mais respectée. Après cette intégration économique, budgétaire on pourra parler de mutualisation des nouvelles dettes mais certainement pas des anciennes. Ou alors la France revendique le statut de la Grèce. Il faudra d’autres propositions que celle de Benoît Hamon pour convaincre du sérieux et de la détermination de la France à se moderniser. Cela autrement qu’avec des martingales  illusoires.

Fragilité des équilibres financiers publics

Fragilité des équilibres financiers publics

 

D’après  le premier président Cour des Comptes, Didier Migaud, contrairement à ce qu’ont  déclaré et Michel sapin le ministre des finances les équilibres financiers de la France sont loin d’être rétablis ;  ce qui hypothèque à la fois la croissance future et la crédibilité du pays vis-à-vis des partenaires européens. Pas tout à fait la même position que Benoît Hamon qui propose tout simplement de faire prendre en charge la dette française par l’Allemagne ! Une différence d’appréciation qui n’est sans doute pas lié uniquement à des divergences idéologiques mais aussi et surtout à des différences de compétences « La situation de nos finances publiques n’est pas encore rétablie « , a dit Didier Migaud qui a aussi indiqué que, la France était l’un des quatre pays, avec l’Espagne, le Portugal et la Grèce, à faire encore l’objet d’une procédure pour déficit excessif de la part de la Commission européenne. En cause surtout le fait que si le déficit français c’est un peu amélioré, on le doit pour 40 % à la baisse des taux. La remontée des taux est engagée et la charge de la dette va recommencer à progresser. Dans ce contexte, le premier président de la Cour des comptes a averti que l’équation des finances publiques serait rendue cette année « plus complexe » du fait de « trois tendances lourdes ». La première est la « disparition possible d’un des principaux atouts sur lequel l’Etat a pu compter dans les années récentes », à savoir la baisse des taux d’intérêt due à la politique de la Banque centrale européenne et qui a permis de limiter la charge d’intérêt de sa dette. Cette évolution explique 40% de la baisse des déficits intervenue depuis 2011, estime la Cour. La seconde tient à la « très forte dynamique salariale » dans la fonction publique attendue cette année. La revalorisation du point d’indice de la grille des rémunérations et les hausses d’effectifs font que l’augmentation de la masse salariale de l’Etat « devrait être équivalente en 2017 à celle constatée entre 2011 en 2016″, a indiqué Didier Migaud. Enfin, la hausse des moyens consacrés à la sécurité après les attentats de 2015 et 2016 « ne sera probablement pas remise en question dans les années qui viennent et aura d’inévitables implications budgétaires ».

Présidentielle 2017 : Macron encore en hausse, le PS largué

Présidentielle 2017 : Macron encore en hausse, le PS largué

 

D’après un sondage Ipsos-Sopra Steria diffusé jeudi 19 janvier pour Le Monde et le Cevipof (Sciences Po) Macron obtiendrait jusqu’à 21 % (en cas de renoncement de Bayrou, ce qui semble se dessiner) alors que le candidat du parti socialiste serait scotché à 7 % environ. Pour l’instant Fillon et Le Pen demeurent toutefois encore en tête. Dans ce sondage Macron progresse trois à quatre points de pourcentage. Concrètement, l’ancien ministre est crédité de 17% d’intentions de vote, si Manuel Valls et François Bayrou sont candidats, ou 21% si Bayrou n’est pas présent et que le PS est représenté par Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon. La progression d’Emmanuel Macron est d’autant plus notable, car François Fillon se trouve en légère perte de vitesse. Le vainqueur de la primaire de la droite, donné premier lors d’une précédente enquête en décembre, perdrait à présent trois à quatre points. Il se situe désormais entre 23 et 25%. Quant à Marine Le Pen, elle est à 25 ou 26%.Derrière ce trio de tête, Jean-Luc Mélenchon progresse aussi. Le représentant de la France insoumise recueille 13 à 15% d’intentions de vote. Surtout, cela signifie que le candidat socialiste, élu au terme de la primaire de la gauche, se voit quoi qu’il arrive relégué en cinquième positionManuel Valls obtient 9% d’intentions de vote (10% sans François Bayrou), Arnaud Montebourg 6% (ou 7%), Benoît Hamon à 7% (sans François Bayrou).

Enquête réalisée par internet du 10 au 15 janvier auprès d’un échantillon de 15.921 personnes inscrites sur les listes électorales, dont 10.986 certaines d’aller voter à l’élection présidentielle, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 0,3 à 1 point. 

Fillon parle social

Fillon parle social

 

Fortement critiqué pour sa radicalité tant dans l’opinion qu’au sein même de son parti notamment par les sarkozyste,  François Fillon tente d’opérer un virage social. En outre,  il a ouvert davantage son appareil de direction aux anciens partisans de Sarkozy. Un virage indispensable s’il ne veut pas continuer à se tasser dans les sondages au point même d’être un peu menacé par Macron. François Fillon n’a sans doute pas tort de  considérer que les inégalités et la misère se nourrissent  surtout de la situation du chômage. Il n’a pas tort non plus quand il fait de la formation l’outil fondamental de l’adaptation aux évolutions structurelles. Par contre, il devient un peu caricatural quand il réduit la jeunesse à ceux  qui choisissent de s’expatrier.   »Il faut entendre leur colère à l’égard d’un système qui les ligote. (…) Il faut entendre cette jeunesse qui ne sait pas si elle est condamnée au chômage ou à tenter sa chance à Londres, à Barcelone ou à New York », a-t-il lancé, accusant François Hollande d’avoir « trahi » les jeunes. « Je veux que tous les Français aient un travail et pour atteindre le plein emploi, il y a plusieurs outils : il y en a qui est fondamental, c’est la formation professionnelle et l’apprentissage et l’alternance », a-t-il poursuivi. Dans son programme, François Fillon souhaite faire de l’apprentissage « la voie royale d’accès à l’emploi ». La France compte actuellement 400.000 apprentis contre 800.000 au Royaume-Uni et 1,5 million en Allemagne. Le candidat vise à terme le niveau allemand en détachant notamment la gestion des 1.500 lycées professionnels de l’Education pour la confier aux régions et aux branches professionnelles et en alignant les conditions de travail des apprentis sur celles des autres salariés. François Fillon a bien raison d’insister sur ce rôle stratégique de la formation. Par contre on reste dubitatif quand il se réfère à des personnalités politiques aussi différentes que Thatcher, Tony Blair ou l’ancien chancelier allemand social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005), artisan d’une vaste réforme de libéralisation du marché du travail. Visiblement Fillon balance entre une approche clairement libérale et une démarche social-démocrate. Bref un difficile équilibre entre radicalisme (imposé  par les ordonnances qu’il prendra dès son élection) et un compromis avec les forces sociales. Une contradiction que révèlent encore cette déclaration « Je veux vous inviter à revoir l’avenir en grand. (…) Le piège, c’est le compromis, la réforme molle, le refus d’aller au bout », a-t-il souligné, ne reniant rien de sa méthode tout en en arrondissant les angles. L’exercice n’est évidemment pas facile car s’il accentue trop son virage social il risque de porter atteinte à sa posture de réformateur dur ; inversement s’ils conservent son intention d’agir avec brutalité, il risque d’hypothéquer son image de rassembleur.

Non à une majorité d’appareils (Macron)

Non à une majorité d’appareils (Macron)

 

 

Macron a clairement affirmé qu’il ne souhaitait surtout pas une majorité d’appareils c’est-à-dire avec les organisations concurrentes ou même avec les apparatchiks qui se rallient à lui. Il ne souhaite même pas le soutien de François Hollande qui effectivement constituerait davantage un boulet qu’un apport positif. Il est clair que le mouvement de ralliement à Macron va s’amplifier et que nombre de députés notamment du parti socialiste chercheront à sauver leur peau en n’obtenant le label « en marche ». Rien de surprenant puisque les très récents sondages montrent que Hamon ou Montebourg, probables vainqueurs de la primaire à gauche seront scotchés à 7 % lors du premier tour des présidentielles tandis que Macron peut espérer jusqu’à 21 %. Le risque pour Emmanuel Macron c’est qu’il soit rapidement phagocyté par de vieux crocodiles de la politique qui à terme seraient susceptibles de neutraliser la dynamique qu’il a engagée. Certes il ne peut refuser ses soutiens ; par contre, il doit veiller à ne pas leur accorder son investiture. Certains des oligarques des partis concurrents soutiennent que Macron ne peut s’appuyer sur personne d’expérience notamment pour les législatives. Or c’est précisément cette pseudo expérience des professionnels de la politique qui a conduit le pays dans lequel il est. Les barons de la politique sont aussi responsables de la dégradation économique et financière de leur fief. Une raison à cela : leur rapport à l’économie est assez approximatif ;  en outre ils sont davantage intéressés par des projets somptuaires assez souvent inutiles que par le développement et le soutien à l’emploi. Du coup, autant pour Macron  renouveler complètement la sociologie des élus locaux en s’appuyant notamment sur des plus jeunes leur des élections législatives. Le non aux vieux crocodiles vaut aussi pour Hollande.   »Je ne sollicite pas son soutien ou son ralliement (…) Il est important que le président, jusqu’au dernier jour, puisse assumer ses fonctions pleinement et donc ne prenne pas part à la campagne présidentielle », a-t-il déclaré. « Je veux être très clair », a pour sa part averti l’ancien ministre de l’Economie : « Il n’y aura aucun accord d’appareil avec quelque parti que ce soit, ce sont les idées et la volonté de transformer le pays qui doivent nous unir. » Il a dit tendre la main à tous les militants ou élus de gauche, écologistes, du centre et de droite qui se retrouveront dans son projet mais averti que sa démarche n’était pas destinée aux « déçus » mais aux « lucides » et aux « convaincus ». « Je ne négocierai aucune circonscription contre un ralliement et ne sacrifierai rien de nos engagements initiaux. » Il a lancé un appel à candidatures pour les législatives à tous les membres d’En Marche! ou à ceux qui souhaiteraient rejoindre le mouvement. Ils peuvent notamment s’inscrire par internet grâce à un formulaire en ligne. Au moins 50% des candidats issus notamment de la société civile devront ainsi être des nouveaux venus. Pour les autres, Emmanuel Macron entend veiller au pluralisme et à l’équilibre des sensibilités politiques d’origine.

Chine : vers une reconversion progressive

Chine : vers une reconversion progressive

 

Même s’il est difficile de ce référer aux chiffres économiques officiels qui présentent toujours un caractère politique, il semble bien que la reconversion progressive de la Chine est en cours. Elle se caractérise par une économie davantage tournée vers l’intérieur comme en témoigne la baisse des exportations mais la hausse des importations. À noter aussi le net ralentissement des investissements sans doute lié à la situation financière difficile notamment, des entreprises et des ménages dont beaucoup sont très endettés  Les ventes au détail qui ont augmenté de 10,9% le mois dernier par rapport à décembre 2015 témoigne de la reprise interne Les ventes au détail ont notamment été portées par les ventes automobiles, les produits d’hygiène et les cosmétiques.  Les exportations chinoises ont reculé de 6,1% en décembre sur un an, une diminution plus marquée que prévu, tandis que les importations augmentaient de 3,1%, en raison d’une forte demande de matières premières, selon les chiffres publiés vendredi par l’Administration des douanes. L’excédent commercial pour le mois de décembre s’établit ainsi à 40,82 milliards de dollars (38,5 milliards d’euros), contre un surplus de 46,50 milliards de dollars attendu, qui aurait représenté une hausse par rapport aux 44,61 milliards de novembre. Pour l’ensemble de 2016, les exportations ont reculé de 7,7%, tandis que les importations diminuaient de 5,5%. L’excédent commercial annuel se monte à 509,96 milliards de dollars. Autre preuve d’un plus grand dynamisme économique interne l’indice des prix à la production a progressé de 5,5% en décembre par rapport à décembre 2015, signant sa plus forte hausse depuis septembre 2011. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient une hausse de 4,5%. – L’activité dans les services a progressé en décembre en Chine à un rythme moins soutenu qu’en novembre, d’après l’indice officiel des directeurs d’achat (PMI) publié dimanche. Il s’établit à 54,5 en décembre, contre 54,7 en novembre, mais bien au-dessus du seuil des 50, qui marque le passage d’une contraction à une progression de l’activité.

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Hopital -urgences: 11 médecins  démissionnaires à Dreux

 

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Encore 11 médecins qui démissionnent du service des urgences sur les 26 du centre hospitalier Victor-Jousselin de Dreux. Des démissions qui s’ajoutent à d’autres dans certains centres d’urgence. En cause évidemment, les conditions de travail et les sous-effectifs chroniques. D’une certaine manière les services d’urgence récoltent les incohérences du système de santé. En effet les services d’urgence deviennent les dépotoirs de toutes les misères du monde. Certes, ils recueillent  des malades avec des pathologies assez graves qui méritent l’hospitalisation mais aussi nombre de patients rapatriés faute de maillage suffisant des services de santé sur le territoire et en particulier de médecins de garde.  des insuffisances qui touchent nombre de petites villes et encore davantage les territoires ruraux. Mais les services d’urgence des grandes villes sont aussi débordés. En cause, surtout le manque de médecins généralistes sur le terrain et la tendance générale des différents services de secours à se débarrasser des patients sur les services d’urgence. Dans nombre de petites villes les insuffisances ne concernent pas seulement des médecins généralistes mais aussi les spécialistes. Du coup de petites pathologies qui pourraient être pris à temps se révèlent graves et doivent être traitées dans l’urgence. C’est le cas par exemple d’une ville comme Saumur où les spécialistes se font de plus en plus rares. Ainsi pour une consultation d’un cardiologue, il faut attendre neuf mois ! Bien d’autres spécialités contraignent à des attentes de plusieurs mois. Les économies supposées réalisées sur les médecins généralistes et les spécialistes se traduisent en fait en dépenses et en dégradations de la qualité des soins dans les services d’urgence et plus généralement sur l’hôpital. Le cas des grippes est significatif. Normalement ce n’est pas une pathologie qui doit justifier l’intervention d’un service d’urgence sauf pour les patients déjà fragilisés. Mais comme déjà indiqué, les services de secours, les médecins de garde eux-mêmes complètement débordés, les maisons de retraite etc. font du service des urgences le lieu de réception de toutes les misères pathologiques mais aussi sociales. Drogués, alcooliques, violents, paumés côtoient  des patients aux petits bobos et des malades aux pathologies graves. 11 médecins urgentistes viennent donc de démissionner de l’hôpital de Dreux. «Nous avions fait grève, il y a un an et demi, pour tirer la sonnette d’alarme sur nos conditions de travail et d’accueil des patients. Nous n’avons constaté aucune réaction de la part de la direction», a affirmé à l’AFP le Dr Nicolas. Depuis, la situation s’est encore dégradée. Trois médecins sont partis fin 2016 et n’ont pas été remplacés. Cela devient difficilement supportable.» La directrice souligne la «fatigue réelle des équipes, qui traversent une période très dense avec l’épidémie de grippe actuelle». Mais pour elle, leurs inquiétudes sont surtout dues à une circulaire de décembre 2014 sur le temps de travail: une réunion sur ce thème était déjà prévue pour le 2 février.  «Son application dans notre établissement nécessitera le recrutement de trois postes supplémentaires, au bas mot, explique-t-elle. Or, nous sommes dans un territoire excentré, peu attractif pour les médecins.» Les établissements du Centre-Val de Loire éprouvent des difficultés à recruter des médecins. Quatre-vingt postes d’urgentistes seraient vacants, d’après la directrice, un tiers des postes, d’après le Dr Nicolas. C’est le cas dans plusieurs régions. Le site de Thann, dans le Haut-Rhin, a dû fermer temporairement son service d’urgence en octobre, a priori pour six mois. Ce n’est pas non plus le premier cas de démission massive. Stressés, les médecins sont aussi parfois confrontés à des agressions verbales et physiques. En Avignon, en octobre dernier, la moitié des médecins du service d’urgence de l’hôpital Henri-Duffaut ont claqué la porte. Ils dénonçaient des conditions de travail «catastrophiques».

 

 

Présidentielle : Ayrault pour Macron ?

Présidentielle : Ayrault pour Macron ?

Le ministre des affaires étrangères, ancien Premier ministre, ne cache pas ses interrogations vis-à-vis des présidentielles. Il a d’abord regretté le renoncement de François Hollande, regret qui serait partagé par l’intéressé. Maintenant il évoque la possibilité de très rapidement se positionner en faveur du candidat qui aura le plus de chance de l’emporter. Sans le dire évidemment il s’agit de Macron. En clair Jean-Marc Ayrault met les pieds dans le plat socialiste. Il montre une double déception vis-à-vis des primaires du PS. D’abord le peu d’empressement que mettent les candidats à défendre le bilan quand ce n’est pas une attaque en règle. Ensuite le manque de dynamique des candidats eux-mêmes. « J’espère que le candidat socialiste sera capable de créer la dynamique, sinon il faudra se poser la question de savoir où est la dynamique ? », a déclaré le ministre des affaires étrangères, invité mercredi 18 janvier de l’émission « Questions d’info », sur LCP, en partenariat avec Le MondeFrance Info et l’AFP. Resté discret ces derniers mois, le premier ministre de Françoise Hollande de juin 2012 à mars 2014 multiplie les déclarations ces derniers jours. Dimanche 15 janvier, sur France 3, il a assuré que François Hollande« regrettait sans doute » de n’avoir pu se porter candidat en exprimant, lui aussi, ses regrets. Mercredi, sur LCP, il a refusé de dire pour qui il voterait à la primaire, arguant que le débat le laissait « un peu sur [sa] faim ». « Des questions essentielles pour l’avenir du pays, l’avenir de l’Europe, l’avenir du monde n’ont pas été abordées » au cours des deux premiers débats télévisés, a-t-il déploré. Ce fidèle de François Hollande admet mal, par ailleurs, qu’aucun des candidats ne fasse réellement sien le bilan du quinquennat. « J’ai senti comme une espèce de gêne à vouloir assumer ce qui s’est fait depuis 2012 », a-t-il dit, en se disant, au contraire, « prêt à défendre le bilan du quinquennat », y compris « les augmentations d’impôt » en 2012 et en 2013.

Pour Jean-Marc Ayrault, le résultat du second tour de la primaire ne vaudra pas quitus pour le vainqueur, et ce quels que soient sa personnalité et son positionnement. « Ce qui est important, c’est que, très vite, on puisse avoir un paysage politique complet pour l’élection présidentielle », a expliqué l’ancien premier ministre, en énumérant : « Nous aurons un candidat qui s’appelle Jean-Luc Mélenchon, un candidat qui s’appelle Emmanuel Macron et un candidat socialiste. » Donc « un problème se posera » à la gauche, et il faudra choisir « très vite » celui qui aura la plus forte dynamique pour ne pas risquer l’élimination de la gauche au premier tour de la présidentielle, et ainsi tenter d’éviter le duel Le Pen/Fillon annoncé par les sondages.

Les réseaux sociaux plus pertinents que les sondages?

Les réseaux sociaux plus pertinents que  les sondages?

C’est l’analyse d’Antoine Bevort, professeur émérite de sociologie au Conservatoire national des arts et métiers, dans un article du JDD. Un point de vue intéressant qui se fonde surtout sur l’analyse quantitative des réactions des grands réseaux Facebook, Twitter et YouTube  et sur l’audience de sites. Une analyse surtout quantitative qui ne rend as compte de l’aspect qualitatif des analyses diffusées sur internet par des milliers de sources et qui ne se réduisent à quantifier les « pour et les contre ». Il ya aura encore des progrès méthodologiques importants pour mesurer l’impact du net qui progressivement prend la place des médias traditionnels. L’auteur note d’ailleurs la nécessité de ces progrès méthodologiques qui ne se réduisent pas à la dimension quantitative.

 

 

« Si la web analytics (l’analyse d’audience des sites) et le social media monitoring (l’analyse des données des réseaux sociaux) sont pratiquées couramment pour les entreprises, ces approches demeurent balbutiantes à des fins d’analyse sociopolitique. Pourtant, des données des sites et réseaux sociopolitiques sont disponibles qui permettent d’analyser de façon documentée cette arène importante du débat politique aujourd’hui. Les études empiriques diversifiées menées depuis l’été 2016 mettent en évidence la faisabilité, la crédibilité et l’intérêt de ces approches. Cet article présent deux de ces études consacrées à la primaire de la droite et du centre. Parmi les outils disponibles, nous utilisons le programme Alexa pour les données des sites, et Semrush pour les données sur les réseaux numériques. Les données d’Alexa permettent de classer les sites politiques, tandis que le Social Media Tool de Semrush fournit des données détaillées sur les réseaux sociaux. Ces outils suscitent des interrogations méthodologiques légitimes, pour lesquels nous nous permettons de renvoyer aux billets (ici et ici) que nous avons publiés par ailleurs sur cette question. Nous avons suivi l’audience des sites des candidats à la primaire de la droite à partir de l’été 2016, en publiant  régulièrement des comptes rendus sur notre blog. Le 19 novembre 2016, la veille du premier tour, nous écrivions un billet intitulé « Audience de Juppé, Fillon et Sarkozy sur le web et dans les réseaux sociaux », qui développait l’hypothèse que l’audience du site de François Fillon et l’impact de sa communication sur les réseaux sociaux annonçaient une possible surprise. En effet,  l’audience du site de François Fillon dépassait celle de Sarkozy depuis le 14 novembre et s’approchait de l’audience du site de Juppé. Les jours suivants, le site de François Fillon se classait en tête des sites des candidats à la primaire. Les données sur les réseaux sociaux confirmaient la percée de Fillon, contrairement à ce qu’ont affirmé plusieurs médias après le premier tour. Ainsi Le Parisien estimait que les données des réseaux sociaux étaient de « mauvais thermomètres de l’opinion ». La Croix développait la même appréciation. Ces analyses se référaient notamment à un expert des réseaux sociaux, Nicolas Vanderbiest qui assurait, le 18 novembre sur son blog, que « le web social n’est pas un bon indicateur pour évaluer la puissance d’un candidat dans les urnes ». Dans un ajout à l’issue du premier tour, cet expert précisait qu’ »effectivement, vu les résultats, en aucun (cas) les réseaux sociaux n’expliquent la défaite de Sarkozy, et personne n’aurait pu prévoir la victoire de Fillon sauf s’il avait tout parié sur les partages Facebook. »Pour comprendre l’enjeu du débat, il faut préciser que la communication sur les social media se mesure de trois façons : l’audience, l’activité et l’engagement. L’audience mesure le nombre total de fans, de followers, d’abonnés acquis à une date donnée. Elle dépend surtout de l’activité passée. Le pouvoir génère beaucoup de fans et de followers. C’est la limite des données d’audience, qui a un effet stock important. L’activité rend compte du nombre de posts, tweets et vidéos, et mesure l’activité de communication d’un acteur politique au cours des sept jours écoulés glissants.L’engagement, enfin, évalue le nombre de « j’aime », de « partage », de « retweets » et de commentaires constatés également au cours des sept derniers jours. Parce qu’il mesure l’impact d’une communication politique, l’engagement est l’indicateur le plus significatif. C’est en se fondant uniquement sur l’audience que l’on pensait que les réseaux sociaux n’avaient pas anticipé la victoire de Fillon, or l’engagement permettait bien de l’entrevoir. »

Brexit : la posture de grenouille de Theresa May

Brexit : la posture de grenouille de Theresa May ?

Theresa May prend la posture de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf. Finalement un peu comme la France qui vit encore sur l’illusion de l’ancienne puissance coloniale. La Grande-Bretagne, comme la France, éprouve  un peu de mal à accepter son statut de nation moyenne face aux mastodontes que représentent les États-Unis, la Chine, l’Inde voir les BRIC. « Nous avons décidé de construire une Grande-Bretagne vraiment mondiale », a dit Theresa May. Économiquement la Grande-Bretagne représente à peu près le poids de la France et ne pèse pas lourd face aux mastodontes mondiaux et même à l’Allemagne. De ce point de vue le chantage de Theresa May qui propose soit ses conditions ou soit de quitter le marché unique est à la fois illusoire et pathétique. Certes la balance commerciale de l’union économique avec la Grande-Bretagne est équilibrée pour l’Europe des 26 mais les économies sont tellement imbriquées qu’un brexit total serait plus nuisible à la Grande-Bretagne qu’au reste de l’Europe. À l’inverse la balance commerciale de la Grande-Bretagne est positive vis-à-vis des États-Unis. Du coup en cas de négociations bilatérales entre la Grande-Bretagne et les États-Unis on peut penser que les Américains tenteront de rééquilibrer leurs échanges. La position de Theresa May relève d’un chantage assez primaire qui consiste à vouloir le beurre et l’argent du beurre. On ne peut en effet continuer de bénéficier des avantages du marché unique tout en refusant toutes les autres contraintes. La menace adressée à l’Europe qu’on peut résumer schématiquement : soit le maintien du passeport financier à la City ou s’exposer au dumping fiscal, n’est évidemment pas acceptable. De toute manière le discours de la première ministre britannique était surtout à usage interne pour rassurer les partisans du brexit. Il faut rappeler que Theresa May elle-même n’était pas partisan du brexit et qu’elle doit donc faire des efforts de communication pour persuader qu’elle respectera le vote. Mais en déclarant en même temps qu’elle veut entamer des négociations pour maintenir ces échanges commerciaux et financiers, elle affiche la relativité de la rupture qu’elle souhaite. De toute manière, les négociations seront nécessairement longues et complexes. Il faudra des années entre trois et cinq ans  pour renégocier avec l’Europe ensuite renégocier aussi avec l’OMC et renégocier des traités bilatéraux. Un délai qui risque de changer la donne conjoncturelle et à faire  apparaître les vrais dégâts du brexit  jusque-là assez limité sauf en ce qui concerne la parité de la livre. Une livre qui a déjà perdu 15 % depuis le break site et qui va continuer de s’affaiblir pour finalement atteindre un jour la parité avec l’euro. Du coup, l’inflation devrait nettement grimper dans les années à venir d’autant que la balance commerciale de la Grande-Bretagne est très déséquilibrée. Dès 2017,  la Grande-Bretagne devrait flirter avec la récession. De quoi infléchir la position de la Grande-Bretagne lors des négociations qui seront nécessairement laborieuses et complexes avec l’union européenne.

Primaire gauche : Valls battu

Primaire gauche : Valls battu

Selon un  sondage BVA- Orange-presse régionale-Salesforce, réalisé entre les 13 et 16,  Manuel Valls serait en tête avec 34% des intentions de vote mais il perd dix points depuis le mois de novembre.   Mais Valls serait battu au second tour. Benoit Hamon recueillerait 27% des suffrages (plus du double qu’au mois de novembre), soit un point de plus que Arnaud Montebourg. Loin derrière ces trois hommes, on trouve Vincent Peillon avec 7% des suffrages. Malgré ses forts appuis au sein du PS, il ne décolle pas. Ensuite, suivent Sylvia Pinel (3%), François de Rugy (2%) et Jean-Luc Benhamias (1%). Au second tour, Benoit Hamon comme Arnaud Montebourg gagnerait la primaire avec 52% des suffrages contre 48% à Manuel Valls. Un sondage qui montre que les résultats du parti socialiste risquent d’être catastrophiques pour les présidentielles puisque Arnaud Montebourg ou Benoît Amand ne recueillerait que de 4 à 6 % lors du premier tour des présidentielles. Pas étonnant si d’ores et déjà se pose la question du ralliement à Macron qui va disposer d’un véritable boulevard face à Benoît Amand ou Arnaud Montebourg. Un ralliement incontournable au second tour comme le propose déjà Jean-Marc Ayrault ministre des affaires étrangères mais une question qui pourrait se poser dès le premier tour s’il se confirme que le candidat du parti socialiste n’obtiendrait dans les sondages que de l’ordre de 5 % et Macron entre 20 et 25 %.

Innovation : La France perd des places au plan mondial

Innovation : La France perd des places au plan mondial

En  dépit des discours de gascon sur la french tech, la France peine à innover. Certes des start-up naissent et se développent mais leur poids économique demeure encore marginal. Dans son rapport annuel sur la compétitivité, le Forum économique de Davos ne classe la France qu’en 20e position sur la «capacité à innover» (fondé sur des critères tels que le nombre de brevets ou la capacité à commercialiser de nouveaux produits), là encore loin derrière l’Allemagne (4e), et les États-Unis (6e). En première position dans le domaine de la recherche et du développement et de la fabrication de valeur ajoutée, elle se retrouve dans le top 5 pour les domaines de la densité des hautes technologies, l’enseignement supérieur et la concentration de chercheurs. Elle est suivie de la Suède, l’Allemagne, la Suisse et la Finlande. L’Hexagone n’arrive qu’à la onzième marche du podium de l’index Bloomeberg, perdant une place par rapport à 2015. Forte en matière de valeur ajoutée, la France s’avère beaucoup moins à la hauteur concernant la concentration de firmes de hautes technologies. Pourtant nombreux sont les classements (Clarivate Analytics et le BCG) qui démontrent la capacité d’innovation des entreprises françaises. Toutefois, ces derniers mentionnent les grandes entreprises françaises dans des domaines où l’Hexagone a toujours été une référence (télécoms, aéronautique, énergie). Mais au-delà des géants de notre industrie, l’innovation française a des faiblesses. Dans une étude publiée en janvier 2016, France Stratégie, organisme public de recherche et de prospective économique, regrettait que les dépenses intérieures de recherche et de développement des entreprises ne dépassent pas 1,5% du PIB (elles sont de près de 2% en Allemagne). «En France, l’étiolement de l’industrie a eu pour conséquence une baisse du niveau spontané de la recherche et du développement, en particulier en comparaison de l’Allemagne», expliquait France Stratégie. «Indépendamment de l’effort de recherche et de développement, le système d’innovation de notre pays se caractérise par un niveau de performance largement perfectible, à en juger par les données empiriques disponibles, qu’il s’agisse de classements dans les palmarès internationaux (…) ou de comparaisons internationales concernant des indicateurs individuels: dépôts de brevets…», développait France Stratégie. La Suède, sur la deuxième marche du podium, doit la majeure partie de sa réussite à l’amélioration de sa production à haute valeur ajoutée, tandis que la Finlande (5ème) a gagné une place dans le classement cette année en grande partie grâce à l’augmentation du nombre de firmes de hautes technologies dans le pays.

 

 

 

Renault-Nissan mise sur l’électrique

Renault-Nissan mise sur l’électrique

Renault-Nissan qui a déjà a vendu plus de 400.000 voitures électriques dans le monde  prévoit de nouveaux investissements pour conforter sa position sur ce marché, a déclaré son PDG, Carlos Ghosn, mercredi. « Nous allons augmenter les investissements, nous allons voir arriver beaucoup de nouvelles voitures, de meilleures batteries, de meilleures performances, des prix plus bas », a-t-il dit. Bien que le coût d’achat diminue, la voiture électrique est encore trop chère pour remplacer les véhicules classiques.  La voiture électrique est encore handicapée par son autonomie mais surtout par son prix puisqu’il faut compter 20 000 à 40 000 € dans les modèles bas de gamme. Renault a donc décidé de changer sa stratégie et de concevoir un véhicule au coût beaucoup plus abordable qui pourrait être de l’ordre de 10 000 € lorsqu’il sera commercialisé en France. Pour l’instant le constructeur envisage de mettre au point et de commercialiser un modèle bas de gamme à 8000 dollars en Chine.  Depuis longtemps, Renault a placé les véhicules électriques au cœur de sa stratégie de développement. Mais le constructeur français souhaite désormais lever les deux freins à l’achat d’un véhicule électrique. D’abord, l’autonomie. La dernière version de sa citadine Zoé, voit ainsi son autonomie doubler, passant à 300 kilomètres en pratique. La Renault Zoé est d’ailleurs devenue la voiture électrique la plus immatriculée en France et en Europe. Les contraintes de circulation en centre-ville incitent aussi le groupe à mettre le turbo sur les utilitaires. Le Kangoo pourrait lui aussi voir son autonomie doubler, et le Master qui sert à de nombreux professionnels pour le transport de marchandises pourrait passer en mode tout électrique. Autre tabou, que Renault souhaite faire sauter : le prix. Après avoir réussi le pari de la voiture « pas cher » avec Dacia, la marque au losange se tourne vers un projet de voiture électrique low-cost. Ce véhicule prévu, dans un premier temps, pour le marché chinois à seulement 8.000 dollars, serait donc trois à quatre fois moins cher qu’une Zoé. Même si à ce tarif l’autonomie serait limitée à environ 100 kilomètres. (Avec RTL)

 

2017 : Même à 5%, le PS maintiendra son candidat (Cambadélis)

2017 : Même à 5%, le PS maintiendra son candidat (Cambadélis)

 

Le candidat du parti socialiste pourrait n’obtenir que de cinq à 7 % aux présidentielles si l’on se fie aux derniers sondages qui prévoient une victoire soit de Benoît Hamon, soit d’Arnaud Montebourg pour la primaire du PSG. Du coup, les rumeurs concernant le retrait des le premier tour d’un candidat du parti socialiste ne cessent  de s’amplifier. En raison de certains responsables socialistes qui rejoignent Macron des le premier tour. En raison aussi de la récente déclaration du ministre des affaires étrangères Ayrault  qui souhaite un ralliement de toute la gauche derrière celui qui aurait le plus de voix. Une manière de se préserver une porte de sortie pour le parti socialiste en vue des législatives. En clair il faut se préparer à rejoindre Macron soit au second tour si Macron se qualifie, soit même dès  le premier tour pour donner davantage de chances à Macron. Pourtant Cambadélis le premier secrétaire du PS affirme Qu’Il n’est pas question que le vainqueur de la primaire de la gauche se retire de la course à la présidentielle, en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou d’Emmanuel Macron. Cette idée hante la campagne de la primaire des 22 et 29 janvier car son vainqueur, quel qu’il soit, est distancé dans les sondages par la droite et l’extrême droite mais également par Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Emmanuel Macron (En marche !). La déclaration de Cambadélis révèle en fait l’inquiétude d’un parti socialiste qui pourrait être complètement marginalisé. Selon un sondage BVA publié mercredi, Manuel Valls est en tête des intentions de vote pour le premier tour de la primaire mais perdrait au second face à Benoît Hamon ou à Arnaud Montebourg. De candidats qui feront nettement moins de 10 % au premier tour des présidentielles. Notons également que Vincent Peillon n’hésite pas à poser la question du rassemblement autour de macro pour éviter que le parti socialiste ne disparaisse. La question du ralliement à macro se posera encore davantage pour les législatives. Si comme les sondages indiquent Macron obtient un score proche de 25 % c’est-à-dire environ trois fois plus que le parti socialiste aux présidentielles, il est clair que c’est le ralliement à Macron qui permettrait aux candidats députés du parti socialiste de sauver les meubles. D’autant plus que pour forcer la main au parti socialiste Macron a annoncé qu’il présentera des candidats dans toutes les circonscriptions. Aujourd’hui, Macron ne laisse aucune ambiguïté sur ses ambitions. À l’occasion de sa conférence de presse de ce jeudi , il a intitulé cette rencontre par un thème évocateur et provocateur en même temps à savoir: « Construire une majorité de projet ». Pour lui cette majorité doit se construire autour de lui. Pas étonnant si les responsables socialistes à commencer par Cambadélis se montrent aussi fébriles.

 

« L’assurance maladie universelle »: « simpliste »

« L’assurance maladie universelle »: « simpliste »

 

Retour au point de départ, après la condamnation de la privatisation des maladies dites non graves de Fillon, c’est l’assurance universelle de Mélenchon qui est condamnée. Mais cette fois  par le président de la Fédération nationale de la Mutualité française, Thierry Beaudet. Lequel souhaite un rôle plus important pour les mutuelles mais sans préciser que nécessairement les cotisations seraient alors notoirement augmentées. Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, et Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP, proposent l’idée d’une assurance maladie prenant en charge 100% des remboursements. Pour Thierry Beaudet, cette mesure est « infaisable et insoutenable »: « Cette vision simpliste provoque la colère des mutualistes ». « Plus de 42 milliards d’euros de dépenses sont financés par les  complémentaires ou par les ménages en direct et devraient être transférés à l’assurance- maladie obligatoire », explique-t-il. « Or, comme le dit la Cour des comptes, elle reste l’homme malade de la Sécurité sociale, avec encore 4 milliards de déficit en 2016 et 120 milliards de dette sociale accumulée ». Toujours selon lui, le véritable enjeu repose sur le fait que la dette se « reporte sur les générations futures ». Pour réformer l’Assurance maladie, Thierry Beaudet préconise de donner davantage de « prérogatives aux mutuelles ».

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