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Finances- Paris passe devant Londres comme première Bourse européenne

Finances- Paris passe devant Londres comme première Bourse européenne

Le rêve pour les brexiteurs de faire de Londres « Singapour sur Tamise » s’écroule; pire, la bourse de Paris dépasse maintenant en volume de capitalisation la bourse de Londres. Une réalité financière mais surtout aussi un symbole politique .

Les partisans du Brexit avaient pourtant entretenu l’illusion qu’au contraire Londres pourrait devenir encore davantage la bourse de référence de l’Europe en se séparant des contraintes de l’Union européenne. Le problème heureusement, c’est que tout n’est pas que spéculation et qu’il y a des réalités économiques qu’il faut prendre aussi en compte. Or dans la crise actuelle l’Europe parvient à s’en sortir nettement mieux que la Grande-Bretagne qui se retrouve isolée et dont les fondamentaux sont plus mauvais que ceux de l’Europe continentale aussi bien en termes d’inflation, de croissance ou de progression des inégalités.

La Bourse de Paris affiche très précisément une capitalisation de 2.823 milliards de dollars, contre 2.821 milliards pour celle de Londres.

Certaines entreprises ont tout simplement fait leurs adieux à la Bourse de Londres ces dernières années, à l’instar de Ryanair . La compagnie aérienne a préféré protéger sa licence européenne plutôt que ses actionnaires britanniques. Elle a renoncé à sa cotation londonienne au profit de Dublin, toujours dans l’Union européenne. Le groupe minier BHP, l’un des géants du secteur, a, de son côté, mis fin à sa cotation à Londres pour aller se coter en Australie.

La morosité économique du Royaume-Uni a également pesé sur sa devise, un facteur essentiel lorsqu’il s’agit de comparer la Bourse de Londres, où les sociétés sont cotées en livres sterling, et celle de Paris, où règne l’euro. Là aussi, le match est sans appel : la valeur de la devise britannique a plongé de 16 % face à l’euro depuis début 2016, l’année du vote du Brexit, dont une baisse de 4,6 % cette année.

Election à la tête d’EELV: des pros de la politique , comme ailleurs

Election à la tête d’EELV: des pros de la politique , comme ailleurs !

Il est probable que Marine Tondelier succèdera à la tête d’Europe écologie les Verts EELV) pour remplacer Julien Bayou. Or ce parti qui affiche sa rupture avec les partis anciens en matière de fonctionnement démocratique fait pourtant la même chose qu’eux. En effet Marine Tondelier est une vraie professionnelle de la politique. Elle est diplômés d’un institut d’études politiquescomme nombre de responsables des partis et n’a pratiquement jamais travaillé ailleurs que dans la politique.

L’intéressée n’est sans doute pas sans qualités et on ne peut par avance critiquer le contenu de ses orientations personnelles. Il est cependant à prévoir qu’elle nous servira à peu près la même soupe politique que nombre de partis où les technocrates sans vraies compétences techniques et scientifiques ont pris le pouvoir et surtout sans vraie légitimité démocratique. Bref la professionnalisation de la politique à la française.

La probable future responsable d’Europe écologie les Verts est diplômée de l’Institut d’études politiques de Lille et titulaire d’un master en gestion des établissements de santé. Elle a effectué de longs stages à l’ambassade de France à Stockholm, à l’Inspection générale des affaires sociales et à la direction de l’écologie hospitalière de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris; Pas vraiment le meilleur terrain pour apprendre les réalités économiques et sociales.

Un des problèmes de la démocratie française est que cette sorte de mafia des instituts politiques ont transformé le mandat politique en profession. Encore une fois, cela se constate dans à à peu près tous les partis.E urope écologie les Verts présentent aussi la particularité d’être surtout composés de bobos et futurs bobos relativement ignorants des réalités concrètes que vivent les Français. D’où ce radicalisme de plus en plus violent qui ne sert pas la cause environnementale bien au contraire.

Environnement-Bassines dans les Deux-Sèvres: Delphine Batho , pour avec les écolos, contre comme députée

Environnement-Bassines dans les Deux-Sèvres: Delphine Batho , pour avec les écolos, contre comme députée

Delphine Batho, Ne fait pas dans la dentelle en même temps qu’elle sait se mettre dans le sens du courant. Comme disait Edgard Faure ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ! Elle est en effet une spécialiste du slalom politique pour avoir navigué entre les différents courants socialistes et écologistes.

L’ancienne écolo n’a cessé de changer de positions sur nombre de sujets . Le problème par rapport aux Bassines dans les Deux-Sèvres c’est qu’en tant qu’écolo elle était fondamentalement pour, se félicitant même du projet et de la concertation. Depuis devenue députée, elle devient fondamentalement contre.

« Les Deux-Sèvriens peuvent être fiers d’être les premiers en France à conditionner l’accès à l’eau, qui est un bien commun, à des pratiques agricoles vertueuses. » Voilà ce qu’écrivait Delphine Batho, le 20 novembre 2018 dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui députée Nupes, Delphine Batho le critique vertement ! « La situation critique de la ressource en eau dans notre territoire comme partout en France exige l’arrêt immédiat des travaux des réserves d’irrigation agricoledans le bassin de la Sèvre Niortaise », a-t-elle expliqué dans un communiqué daté du 31 octobre.

Ecologie-Bassines dans les Deux-Sèvres: Delphine Batho , pour avec les écolos, contre comme députée

Ecologie-Bassines dans les Deux-Sèvres: Delphine Batho , pour avec les écolos, contre comme députée

Delphine Batho, Ne fait pas dans la dentelle en même temps qu’elle s’est se mettre dans le sens du courant. Comme disait Edgard Faure ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent !Elle est en effet une spécialiste du slalom politique pour avoir navigué entre les différents courants socialistes et écologistes.

L’ancienne écolo n’a cessé de changer de positions sur nombre de sujets . Le problème par rapport aux Bassines dans les Deux-Sèvres c’est qu’en tant qu’écolos elle était fondamentalement pour, se félicitant même du projet et de la concertation. Depuis devenue députée, elle devient fondamentalement contre.

« Les Deux-Sèvriens peuvent être fiers d’être les premiers en France à conditionner l’accès à l’eau, qui est un bien commun, à des pratiques agricoles vertueuses. » Voilà ce qu’écrivait Delphine Batho, le 20 novembre 2018 dans une lettre publiée sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui députée Nupes, Delphine Batho le critique vertement ! « La situation critique de la ressource en eau dans notre territoire comme partout en France exige l’arrêt immédiat des travaux des réserves d’irrigation agricoledans le bassin de la Sèvre Niortaise », a-t-elle expliqué dans un communiqué daté du 31 octobre.

Politique- Royaume-Uni : comme Macron, Rishi Sunak un techno-capitaliste (Adrian Pabst)

Politique- Royaume-Uni : comme Macron , «Rishi Sunak un techno-capitaliste» (Adrian Pabst)

Selon le philosophe Adrian Pabst l’arrivée de Rishi Sunak à la tête du gouvernement pour succéder à Liz Truss marque le triomphe du pouvoir des technocrates sur la démocratie (le Figaro).

Après les libertaires qui entouraient l’ex-première ministre Liz Truss, assistons-nous au retour des conservateurs sous la direction du nouveau chef de gouvernement britannique Rishi Sunak ?

Partisan du Brexit dès le départ, Rishi Sunak semble avoir des convictions conservatrices cohérentes liées à une certaine crédibilité économique et fondées sur le contrôle de la dépense publique, la réduction du taux d’inflation et la baisse d’impôts pour les ménages les plus démunis. Or derrière cette façade se cache une idéologie libérale proche des projets politiques de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher qui rompt à la fois avec la révolution libertaire de Liz Truss et la vision nationale-populiste de Boris Johnson – les deux prédécesseurs de Sunak au 10 Downing Street.

Pendant ses 44 jours au pouvoir, Lis Truss avait essayé de turbo-charger le néolibéralisme «dans un seul pays» – une expérimentation rapidement liquidée par les pressions des marchés financiers. Pour sa part, le Parti conservateur de Boris Johnson fut élu en 2019 sur la base d’un programme inédit – l’intervention de l’État dans l’économie afin de redresser les inégalités régionales aberrantes. Son programme avait entrainé une forte augmentation de la dépense publique et une hausse corrélative des impôts que la crise sanitaire du Covid-19 n’avait que renforcée. Pendant la pandémie ce sont bien les subventions de l’État dispensées par Rishi Sunak en tant que ministre des Finances qui ont empêché une «grande dépression» économique et assuré la cote de popularité des conservateurs britanniques au pouvoir.

Compte tenu de l’interventionnisme dont il a fait preuve pendant la pandémie, dire que Rishi Sunak est un libéral pourrait paraître étrange, d’autant plus qu’il est de religion hindoue et issu d’une famille très traditionnelle dont l’identité reste profondément ancrée dans l’héritage culturel de l’Inde. Mais la formation intellectuelle du jeune Rishi Sunak s’est faite dans des institutions aux idées ultralibérales – d’abord les études de PPE (philosophie, sciences politiques et économiques) à Oxford et ensuite un master en business à Stanford aux États-Unis, avant de passer chez la banque d’investissement américaine Goldman Sachs et d’établir un fonds spéculatif.

Au cœur de l’idéologie de Rishi Sunak se trouve le nexus entre le capital mondial et la technologie sans entrave.

Loin d’être imbibé de l’esprit conservateur, Rishi Sunak a vite pris goût à l’esprit capitaliste – la dynamique de l’entreprise libre, la passion de la création destructrice et la pulsion de l’enrichissement individuel, avec ses à-côtés inévitables que sont le monopole, la spéculation et l’avarice. Ce n’est pas la fortune personnelle de Rishi Sunak (environ 230 millions d’euros) ou celle de son épouse Akshata Murty (environ 600 millions d’euros) qui importe, mais bien plutôt le fait que celle-ci ait fait usage d’un statut fiscal privilégié de «non domiciliée» au Royaume Uni – bien qu’elle vive à Londres – pour ne pas payer des millions de livres sterling en impôts. Et au même moment, alors qu’il était encore ministre des Finances, Rishi Sunak avait gardé sa carte verte américaine, ce qui lui permettait – le cas échéant – de se relocaliser outre-Atlantique. Il est bien le premier premier ministre «californien» du Royaume-Uni mais sans doute pas le dernier.
Au cœur de l’idéologie de Rishi Sunak se trouve le nexus entre le capital mondial et la technologie sans entrave. Dans une conférence au mois de février qui lui a servi de plateforme pour sa future candidature à la présidence du parti conservateur, il a bâti son projet politique sur trois piliers que sont «le capital, les individus et les idées». En apparence inoffensif, ce projet n’est rien moins qu’une reprise de la vision du libre marché et de l’individualisme.

Après la période d’exception que fut la crise sanitaire du Covid, l’intervention de Sunak visait à relégitimer l’idéologie libérale de Thatcher et Reagan qui consiste à réduire le rôle de l’État dans l’économie, de promouvoir la libre concurrence comme source d’enrichissement de tous et de défendre les libertés fondamentales. Pas un mot sur les limites de la liberté individuelle dont dépend l’équilibre entre les droits et les devoirs. Pas un mot sur le pouvoir des Gafa et d’autres entreprises multinationales qui sapent le fonctionnement de la concurrence. Pas un mot sur la contribution clé de l’État pour sauvegarder la sécurité alimentaire et énergétique ou encore lancer une ré-industrialisation «verte».
Face à l’inflation croissante et à la hausse des taux d’intérêt, Rishi Sunak se pose en gardien de l’orthodoxie budgétaire pour apparaître comme une figure rassurante pour les marchés britanniques et internationaux.

Rishi Sunak faisait les louanges du progrès technologique et vantait l’exemple de la Californie. Comme «la start-up nation» chère à Emmanuel Macron, il voit la libre entreprise comme le fondement même de l’économie et le rôle de l’État comme simple serviteur des intérêts du libre marché. La clé de voûte de l’édifice économique est l’omni-puissance de la technologie comme principal moteur de l’économie mondiale. Sa vision du pouvoir politique repose sur les liens qui existent entre la Silicon Valley et Wall Street via la City de Londres et qui s’étendent jusqu’au parti communiste chinois – bastion du capitalisme d’État et grand créancier de l’Occident puisqu’il détient une partie substantielle de la dette publique américaine et européenne. Or c’est bien ce nexus qui sous-tend depuis quarante ans le modèle anglo-saxon.

Face à l’inflation croissante et à la hausse des taux d’intérêt, Rishi Sunak se pose en gardien de l’orthodoxie budgétaire pour apparaître comme une figure rassurante pour les marchés britanniques et internationaux. Il tente de restaurer la compétence économique des conservateurs au prix du maintien d’un modèle qui ne fonctionne pas pour une grande partie du peuple britannique, la partie la moins favorisée.

Loin d’être un réformateur dans une lignée conservatrice, il est aujourd’hui le symbole de l’oligarchie libérale – la fusion entre l’administration centrale, la technoscience et le capital. S’il gouverne dans ce sens, le parti conservateur non seulement perdra le soutien électoral dont il bénéficie encore mais renoncera aussi à la mission de défendre la démocratie parlementaire. L’esprit techno-capitaliste n’est pas compatible avec l’âme conservatrice.

Energie : comme d’habitude, l’Allemagne joue solo

Energie : comme d’habitude, l’Allemagne joue solo !

Certains s’étonnent qu’on ne parvienne pas rapidement un accord européen en matière d’énergie afin de peser sur les prix et d’assurer dans de meilleures conditions les les approvisionnements. Le problème c’est qu’en matière d’énergie notamment, l’Allemagne a toujours joué solo.

Ainsi s’est-elle liée les mains avec la Russie pour faire du gaz russe la principale source de l’énergie. Et de condamner ses propres centrales nucléaires pour faire plaisir aux écolos. En même temps, l’Allemagne pesait sur la France pour qu’elle abandonne aussi ses centrales. Avec la crise en Ukraine, l’Allemagne a été prise à son propre piège. Elle a dû ouvrir en masse des centrales à charbon très polluantes et revenir sur sa décision de fermer les centrales nucléaires. Par ailleurs le développement massif d’énergies renouvelables éoliennes constituent un fiasco bien incapable de remplacer gaz, charbon et a fortiori nucléaire.

En dépit de la crise qui affecte toute l’Europe depuis la guerre en Ukraine, l’Allemagne continue sa politique solitaire. Elle ne souhaite pas mutualiser la politique énergétique. Concernant le gaz elle souhaite négocier elle-même les approvisionnements et ne veut pas non plus d’une réforme concernant les prix aberrants de l’électricité liée à ceux du gaz. Un dispositif qui marquerait une certaine solidarité mais dont un jour il faudra payer la facture. Mais une facture qui risque encore d’être plus forte sans solidarité européenne.

« L’Allemagne arrive avec sa puissance financière et risque de priver les autres États membres, plus petits, de la capacité d’acheter ce gaz », estime Phuc-Vinh Nguyen, chercheur en énergie à l’institut Jacques Delors. Un autre sujet a irrité l’Europe, le déploiement d’un bouclier tarifaire de 200 milliards d’euros pour protéger ses citoyens et entreprises. Les autres capitales crient à la concurrence déloyale. « Avant de démarrer les discussions à 27, Olaf Scholz et Emmanuel Macron ont échangé seul à seul. À peine une demi-heure d’entretien, insuffisant pour effacer les divergences entre les deux pays », souligne le journaliste Julian Gasparutto, à Bruxelles.
Paradoxalement l’Allemagne ne fait pas non plus que la France se dote d’une électricité à bon marché il y a le nucléaire. L’Allemagne craint en effet que la France se dote d’une puissante industrie nucléaire susceptible de se diffuser dans le monde entier.

Expulsions OQTF: Olivier Véran ment, comme pour les masques

Expulsions OQTF: Olivier Véran ment, comme pour les masques

Olivier Véran continu de mentir avec un aplomb insoutenable en affirmant que l’objectif de reconduire à la frontière 100 % des OQTF. À peu près le même culot que pour les masques : le mensonge permanent pour philosophie. Tous les chiffres qu’il affirme sont complètement faux et reporter l’inaction du gouvernement sur la responsabilité étrangère relève de l’hypocrisie.

Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a maintenu dimanche l’objectif d’exécuter la totalité des obligations de quitter le territoire français (OQTF), une semaine après le meurtre atroce de Lola, 12 ans. Evoquée en octobre 2019 par Emmanuel Macron dans un entretien à Valeurs actuelle, cette promesse a été maintes fois rappelée par la droite et l’extrême droite ces derniers jours. Mais
«Nous voulons vraiment atteindre cet objectif total», a assuré Olivier Véran interrogé par CNews-Europe1-Les Échos. Le porte-parole a précisé que le taux d’exécution des OQTF «est remonté très nettement cette année». «On a fait du fois 20 par exemple cette année par rapport à l’année dernière sur les expulsions d’Algériens», a-t-il remarqué.

«Quel est le blocage ? il ne vient pas de notre capacité à expulser des gens qui n’ont plus leur place sur le territoire national, le blocage, il vient de la capacité de faire accepter par les pays destinataires, les personnes qui relèvent de leur nationalité», a développé Avec aplomb le porte-parole du gouvernement. Faut-il rappeler que c’est le même Olivier véran qui avait affirmé à l’occasion « que les masques n’étaient pas nécessaires » !Et rapidement le contraire ensuite.

Le droit comme moyen de régulation

Le droit comme moyen de régulation ( Raphaël Gauvain)

« Notre pays doit reprendre l’initiative sur ces enjeux de conformité pour mieux accompagner nos entreprises, renforcer nos dispositifs et les porter au niveau européen » estile Raphaël Gauvain, avocat

Un article intéressant mais qui doit prendre en compte le fait que le droit transcrit dans les lois représente déjà environ 12 000 textes dont la plupart sont mal ou pas du tout appliqués NDLR

Alors que la règle de droit est d’abord un instrument de régulation, elle est aujourd’hui devenue un important levier utilisé par certains Etats dans leur rapport de force avec d’autres pays. On a assisté ces dernières années à une prolifération de législations à portée extraterritoriale, permettant à une puissance d’imposer sa loi et ses priorités politiques au reste du monde. Les menaces sont nombreuses : le combat éthique des autorités américaines contre la corruption, les inquiétantes routes de la soie du géant chinois, ou encore la multiplication des régimes de sanctions dans un environnement international toujours plus fragmenté.

Dans cette guerre mondiale sourde et dévastatrice, nos entreprises sont dans une situation de grande vulnérabilité. J’avais alerté, dénoncé et proposé des réponses en 2019 pour mieux les protéger. Il n’y a pas de fatalité en la matière. Les solutions existent pour faire de notre droit un nouvel outil de puissance.
Tout d’abord, le renforcement de la loi dite « de blocage », qui n’a en réalité jamais été sérieusement mise en œuvre. C’est une véritable lacune. Nos entreprises se retrouvent démunies face aux demandes d’informations intrusives des autorités publiques étrangères. Une refonte a été amorcée en avril dernier par décret. C’est un premier pas. Il faudra sans doute passer par la voie législative pour une réforme plus ambitieuse et plus opérationnelle.

Arme offensive. Ensuite, la poursuite des réformes initiées par la loi Sapin 2 de 2016doit redevenir une priorité. Le recours à la pratique de la Conformité est un facteur de compétitivité et d’attractivité. Nos entreprises l’ont parfaitement compris. C’est surtout un instrument de puissance par laquelle nous exportons notre modèle social et de croissance au reste du monde. C’est une arme à valeur offensive. Le succès du Règlement général de protection des données (RGPD) l’illustre parfaitement. Notre pays doit reprendre l’initiative sur ces enjeux de conformité pour mieux accompagner nos entreprises, renforcer nos dispositifs et les porter au niveau européen.

La justice négociée, second pilier de Sapin 2, doit de la même façon se poursuivre. Il s’agit de prévenir toute atteinte à notre souveraineté au motif de notre incapacité à enquêter sur la délinquance en col blanc. À cet égard, la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) a permis à notre pays de retrouver une partie de sa souveraineté judiciaire. L’équilibre reste fragile. Le législateur doit de nouveau intervenir pour faciliter davantage les règlements négociés et encourager les investigations internes.

La demande de protection de la réflexion juridique de nos entreprises fait partie des doléances des récents états généraux de la justice. Espérerons que la mesure sera intégrée au projet de loi annoncé pour l’année prochaine par le Garde des Sceaux.

Raphaël Gauvain est avocat, membre du comité scientifique du Forum Resiliens dédié à la nouvelle initiative pour la souveraineté économique, et ex-député (LREM) de Saône-et-Loire

Resserrement monétaire de la BCE: Des conséquences pour les pays endettés…. comme la France ?

Resserrement monétaire de la BCE: Des conséquences pour les  pays endettés…. comme la France ?

. La hausse des taux et la fin des programmes de rachat d’actifs décidées pour endiguer l’inflation créent de nouvelles vulnérabilités pour les pays les plus endettés, Italie en tête. Par Éric Pichet, Kedge Business School

 

Notons que l’article ne traite pas de la situation financière de la France dont l’endettement a pourtant progressé de manière considérable et qui va en payer le prix avec la hausse des taux d’intérêt. La dette de la France va en effet représenté de de 115 % en 2022, soit une charge financière d’environ 40 milliards.  « Une hausse de 1 % de l’inflation peut renchérir la charge de la dette de plus de 2 milliards », a calculé François Ecalle, le responsable du site spécialisé Fipeco.

Le discours de la Banque centrale européenne (BCE) d’ici à l’été sera également guetté avec attention, alors que partout dans le monde les banques centrales commencent à remonter les taux d’intérêt pour contrer l’inflation. « Les effets d’une éventuelle hausse des taux pour sur la charge de la dette française ne seront pas immédiats, compte tenu de la maturité de la dette », tempère toutefois François Ecalle.

NDLR

 

 

En août 2022, l’inflation s’élevait en rythme annuel à 8,5 % aux États-Unis, 10,1 % au Royaume-Uni et 9,1 % dans la zone euro. Pourtant, à l’instar des autres grandes banques centrales, la Banque centrale européenne (BCE) a pour première mission, selon l’article 127 du Traité de l’Union européenne, la stabilité des prix dont elle avait elle-même fixé le plafond à 2 %.

Pour quelles raisons la BCE a-t-elle failli à sa mission et quelles en seront les conséquences ? Le choc inflationniste actuel a deux types de causes économiques (conjoncturelles et structurelles) qui se sont cumulées en 2022. À court terme, les prix subissent le choc d’offre dû aux goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales ainsi que la flambée des prix de l’énergie consécutive à la guerre en Ukraine. Mais ces facteurs accentuent une tendance sous-jacente de plus long terme liée au réchauffement climatique, aux relocalisations et au vieillissement de la population.

Surtout, à ces causes relevant de l’économie réelle se sont ajoutées les politiques extraordinairement expansionnistes que les banques centrales ont mis en place à partir de 2008 pour éviter de transformer deux grandes récessions (2009 et 2020) en de profondes dépressions, et qui prennent actuellement fin.

Ainsi pour répondre à la crise financière de 2008 et instruite par l’expérience de la crise de 1929, la BCE a, comme la Réserve fédérale américaine (Fed), lancé des programmes d’achats massifs et durables de titres obligataires publics sur le marché secondaire (quantitative easing, ou QE) pour maintenir les taux longs très bas et permettre aux entreprises et aux ménages d’emprunter pour soutenir l’activité et éviter le pire : la déflation, c’est-à-dire une baisse des prix généralisée générant l’attentisme des consommateurs (qui repoussent leurs achats pour payer moins) pesant ensuite sur les revenus et les capacités d’investissement des entreprises et donc in fine sur la croissance.

Cette politique non conventionnelle totalement inédite devait cesser après la crise mais elle fut au contraire accentuée par la pandémie de 2020, amenant le bilan et la masse monétaire des banques centrales à des niveaux inconnus.

Ce n’est finalement qu’en juillet 2022, soit quatre mois après la Fed, que la BCE a décidé de remonter ces taux de 50 points de base (une première depuis plus d’une décennie) et de stopper ses programmes de quantitative easing, mais sans les éteindre. C’est-à-dire, à la différence de la Fed, en réinvestissant le montant des obligations arrivées à échéance (son bilan reste donc stable alors que celui de la Fed commence à diminuer).

Pour lutter contre la hausse des écarts entre les taux de financement des différents États membres de la zone euro, les « spreads », constatée depuis début 2022, elle a même annoncé un nouvel outil « anti-fragmentation » encore dans les limbes qui se traduirait par de nouveaux achats d’obligations des États en difficulté.

Réagissant plus tardivement que la Fed, la BCE a ensuite été contrainte d’augmenter encore ses taux cette fois de 75 points le 8 septembre, soit le plus fort relèvement depuis sa création en 1999. Mais ce nouveau taux de refinancement de 1,25 % s’il accentuera logiquement le risque de récession dans la zone euro reste très en deçà de l’inflation et ne suffira donc pas à juguler la hausse des prix.

Le programme d’achat massif d’obligations souveraines (Pandemic Emergency Purchase Programme ou PEPP) de la BCE lancé en mars 2020 pour éviter l’effondrement des économies s’est traduit par un financement de la quasi-totalité des énormes emprunts publics émis depuis deux ans. Ainsi en juillet 2022, le Système européen des banques centrales (SEBC) détenait en moyenne plus de 35 % de la dette publique de l’eurozone (33 % en France), ce qui n’incite bien sûr pas les pays dispendieux à réduire leur déficit structurel.

Parmi les « cigales » qui ont pu financer sans douleur leurs déficits publics, l’Italie est devenu le maillon faible de la zone euro avec une dette publique passée de 134,3 % à 154,4 % au moment où la Grèce sort tout juste du mécanisme de surveillance européen après 11 années de sacrifices.

Si, comme l’annonce les sondages, la coalition d’extrême droite emmenée par Giorgia Meloni remportait les élections du 25 septembre, le pays entrerait sans doute dans une phase de fortes turbulences financières car la candidate au poste de premier ministre souhaite renégocier le plan européen de soutien à son économie pourtant extrêmement favorable avec 191,5 milliards d’euros dont 69 de subventions sur la période 2021-2026.

Dans ces conditions, on ne peut exclure une envolée des taux des obligations souveraines italiennes voire un défaut sélectif de l’Italie, par exemple sur les obligations détenues par le SEBC, ce qui minerait la crédibilité de l’euro.

Il semble que la BCE, échaudée par la crise grecque de 2015, ait anticipé ce risque en décidant le 3 février 2020 qu’elle ne détiendrait que 10 % des 290 milliards de la dette italienne contractée pour faire face à la pandémie dans le cadre du PEPP et qui s’ajoutent aux 450 milliards de dettes détenues par le SEBC dans l’Asset Purchase programme enclenché depuis 2015 – laissant ainsi 90 % du risque de signature à la seule banque centrale italienne : ce qui devrait faire réfléchir le futur gouvernement transalpin.

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Par Éric Pichet, Professeur et directeur du Mastère Spécialisé Patrimoine et Immobilier, Kedge Business School

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Se renouveler en politique : comme la girouette ?

Se renouveler en politique : comme la girouette ?

 

 

Depuis l’avènement de la Ve République et l’élection du président de la République au suffrage universel, la vie politique française est façonnée par les élections présidentielles, qui doivent immanquablement marquer un changement, voire une rupture dans les programmes comme dans les pratiques politiques.Souvent aussi avec des retours en arrière et contradictions. Mais comme disait Edgar Faure pour s’excuser, » ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent ! »  Par Mathias Bernard, Historien, Université Clermont Auvergne (UCA)

En 2007, Nicolas Sarkozy s’est fait élire sur une promesse de « rupture ». En 2012, François Hollande a fait de même en faisant son slogan d’une promesse : « Le changement, c’est maintenant ! » Quant à Emmanuel Macron, en 2017, il annonçait l’avènement d’un « nouveau monde ». Les résultats de la séquence électorale de 2022, marqués par une forte abstention et la progression des forces d’opposition, rendent nécessaire une transformation profonde.

En cette rentrée politique, perdants comme gagnants sont confrontés à cette question : comment se réinventer en politique sans se trahir ?

Cette question, plusieurs personnalités qui ont accédé à la présidence de la République se la sont posée, parfois à plusieurs reprises, au cours de parcours marqués par des évolutions personnelles qui sont autant de jalons vers la conquête puis la préservation du pouvoir. François Mitterrand a ainsi endossé trois rôles successifs.

Entre 1959 et 1965, l’ancien jeune ministre ambitieux de la IVe République parvient à faire oublier ses liens avec le régime de Vichy, volontiers stigmatisé pour apparaître comme le principal opposant à De Gaulle, regroupant derrière lui une grande partie de ceux qui se réclament de la gauche démocratique et sociale. À partir de 1971, il prend le contrôle du Parti socialiste et devient socialiste – sans cacher qu’il s’agit là d’une forte évolution personnelle. En 1969, dans Ma part de vérité, il avait fait cette confidence :

« Je ne suis pas né à gauche, encore moins socialiste. Il faudra beaucoup d’indulgence aux docteurs de la loi marxiste, dont ce n’est pas le pêché mignon, pour me le pardonner. J’aggraverai mon cas en confessant que je n’ai, par la suite, montré aucune précocité. »

Pourtant, tout au long de ces années 1970 qui préparent son accès à l’Élysée, il se fait le chantre éloquent d’un socialisme d’inspiration marxiste, dans la continuité d’un Jaurès et d’un Blum et dans la foulée de sa première déclaration comme premier secrétaire du PS, le 13 juin 1971 :

« Celui qui n’accepte pas la rupture ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. »

Une fois parvenu au pouvoir, Mitterrand doit peu à peu faire accepter et incarner lui-même l’adaptation de ce socialisme à l’économie de marché et à ses contraintes. Il ne s’agit pas d’abjurer le socialisme – lors de la présidentielle de 1988, il continue de se dire « socialiste » -, mais plutôt d’en inventer une version moderne, libérale, européenne. Cette transformation, qui vise à inscrire un gouvernement de gauche dans la durée et à faciliter sa réélection, concerne non seulement le fond, mais aussi la forme du discours du Président.

Le 28 avril 1985, il fait sensation lorsqu’il se présente en président « cablé » (et non plus seulement « branché ») lors d’une interview télévisée avec Yves Mourousi, délibérément placée à la frontière de l’information et du divertissement ; – ce qui était alors une véritable première.

Dans une carrière politique nationale s’étendant sur une cinquantaine d’années, les changements de position de François Mitterrand ne furent pas très nombreux. Ils ont pourtant contribué à remettre en cause la sincérité des engagements d’un homme souvent décrit comme « ambigü » - ou – pour reprendre les termes d’un de ses biographes, Michel Winock – comme une « personnalité ondoyante » et un « maître de l’équivoque ».

Que dire alors de ses deux successeurs ? Jacques Chirac a été comparé à l’acteur italien Leopoldo Frégoli par plusieurs contemporains, notamment le socialiste Jean-Louis Bianco ou encore le journaliste Jean-Marie Colombani, en raison de ses positions successives et contradictoires.

Il a tour à tour défendu un gaullisme conservateur aux côtés de son mentor Georges Pompidou, puis le « travaillisme à la française » pour se démarquer de Valéry Giscard d’Estaing, contre lequel il lance également, en 1979, « l’appel de Cochin » dénonçant la dilution de la nation française au sein de l’Europe. Après 1981, soucieux de rassembler les droites, il s’est converti à la construction européenne et s’est fait le chantre d’un néo-libéralisme inspiré des modèles américain et britannique avant de stigmatiser la « fracture sociale », dans une ultime métamorphose sociale qui lui permet d’être élu en 1995.

Son successeur, Nicolas Sarkozy, ne cherche pas à relativiser les évolutions de son positionnement et de ses discours.

Au contraire, il les assume et les met en scène – car il a bien pris conscience que les électeurs français de ce début du XXIe siècle recherchent le changement et sanctionnent systématiquement ceux qui s’inscrivent dans une continuité. Lors des présidentielles victorieuses de 2007, il fait campagne sur « la rupture », alors même qu’il a occupé des postes-clefs (ministre de l’Intérieur puis ministre de l’Économie) dans le quinquennat qui s’achève.

Lors du grand discours tenu porte de Versailles en janvier 2007 qui marque le début de sa campagne, il insiste longuement sur le fait qu’il a changé, au plan politique comme au plan personnel.

« J’ai changé parce qu’une élection présidentielle est une épreuve de vérité auquel nul ne peut se soustraire [...]. J’ai changé parce que les épreuves de la vie m’ont changé. »

Candidat à sa réélection cinq ans plus tard, il tente d’exploiter le même ressort, en affirmant « J’ai appris » et en assurant les électeurs qu’il a tiré les leçons de l’exercice du pouvoir présidentiel et qu’il changera sa manière d’incarner la fonction. Et lorsqu’après son retrait consécutif à son échec en 2012 il effectue un retour sur la scène politique, il cherche une nouvelle à se réinventer, en affirmant qu’avec l’âge il a trouvé la « sagesse » et le « recul » qui lui faisaient naguère défaut.

Se réinventer en politique, ce n’est pas simplement infléchir son discours. Cela passe aussi par des actes forts, notamment par des ruptures. Ainsi, en août 1976 Jacques Chirac démissionne avec fracas de son poste de premier ministre sous Valéry Giscard d’Estaing pour lancer la famille gaulliste à la conquête du pouvoir, autour d’un nouveau parti (le RPR), d’une nouvelle base militante, d’un nouveau programme.

En novembre 2008 Jean-Luc Mélenchon quitte le Parti socialiste dont il animait l’aile gauche depuis une vingtaine d’années. Mélenchon ne présente pas cette rupture comme une transformation de son positionnement, mais au contraire comme une marque de fidélité à ses engagements, désormais incompatible avec un Parti socialiste en proie à une « dérive libérale ». Mais par cet acte, il contribue à proposer une nouvelle offre politique qui, au cours des quinze années suivantes, joue un rôle croissant au sein de la gauche puis de la vie politique française.

Les ralliements constituent une autre forme de réinvention de la position politique d’une personnalité. En apportant en février 2017 son soutien à Emmanuel Macron, François Bayrou met fin à quinze ans d’isolement de la famille politique centriste et commence à ancrer le futur président vers le centre droit.

En octobre 1974, Michel Rocard, accompagné de nombreux cadres et militants du Parti socialiste unifié (PSU), rejoint le PS à l’occasion des Assises du socialisme. Il quitte alors la position marginale qui était la sienne dans le champ politique, en tant que principal dirigeant d’un parti identifié à l’extrême gauche, pour devenir au sein du PS le porte-drapeau d’une « deuxième gauche », décentralisatrice et modernisatrice, et disputer le leadership de François Mitterrand. Non seulement cet acte politique majeur transforme Michel Rocard en potentiel candidat à la présidence de la République, mais il constitue un jalon essentiel dans l’évolution du socialisme français.

Se réinventer en politique n’est pas l’apanage des individus et peut aussi caractériser une démarche collective, qui s’est longtemps exprimée par la création d’un parti politique. Au cours des quarante dernières années toutefois, une seule force politique nouvelle est apparue et s’est cristallisée en parti politique avec la ferme volonté de transformer les pratiques politiques et partisanes et de faire émerger de nouvelles thématiques (l’écologie, la démocratie participative) : il s’agit des écologistes qui, en 1984, créent les Verts qui, au cours de leur histoire et de leurs différentes évolutions stratégiques et partisanes, éprouveront des difficultés à respecter pleinement cette promesse de renouvellement.

Le paysage politique français de la Ve République est donc davantage marqué par l’évolution des forces politiques existantes que par l’émergence de nouvelles organisations. Ces évolutions internes se traduisent souvent par des changements de nom, comme pour manifester ce désir de se réinventer. Ces changements furent particulièrement nombreux entre 2002 et 2015, notamment à droite, comme pour manifester la fin d’une génération marquée par la rivalité entre Chirac et Giscard : l’UMP, LR, le MoDem, l’UDI sont ainsi apparus, sans forcément changer radicalement l’identité de leur famille politique.

La seule évolution significative concerne le Front national, devenu Rassemblement national en 2018 : le changement de nom s’inscrit dans la stratégie de « dédiabolisation » adoptée par Marine Le Pen. Celle qui est parvenue à la tête du FN en 2011 cherche avant tout à normaliser et à légitimer une force politique qui a peu changé sur le fond mais qui s’engage dans une logique de conquête de pouvoir, après le cuisant échec du second tour de la présidentielle de 2017.

La présidentielle de 2017 souligne d’ailleurs les limites des dynamiques de renouvellement, qui semblaient bénéficier pourtant d’un contexte favorable : un jeune président qui s’engage à rompre avec « l’ancien monde » et à réformer la société française en brisant les conservatismes ; une majorité parlementaire constituée autour d’une nouvelle organisation et de députés fraîchement élus et souvent issus de la société civile ; une volonté de renouveler la pratique du pouvoir présidentiel et à impliquer davantage les citoyens dans le débat public… Sur ces différents points, le bilan de la première présidence Macron a été mitigé, ce qui explique en grande partie les résultats en demi-teinte du printemps 2022.

Cette incapacité structurelle à réinventer la politique est liée aussi bien au conservatisme des élites dirigeantes qu’aux contraintes liées aux institutions de la Ve République. Il nourrit en grande partie le désenchantement démocratique qui saisit les citoyens français en ce début de XXIe siècle.

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Par Mathias Bernard, Historien, Université Clermont Auvergne (UCA)

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Croissance mondiale : vers une crise comme dans les années 70

Croissance mondiale : vers une crise comme dans  les années 70

 

L’état de l’économie mondiale rappelle celui des années 1970. Sauf que « le contexte actuel est à plusieurs égards potentiellement plus explosif ». C’est le constat dressé par Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférences en économie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et corédactrice en chef de « L’économie mondiale 2023 », un ouvrage publié chaque année et présenté mercredi par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). ( les Echos)

« Le parallèle avec la stagflation des années 1970 ne pousse pas à l’optimisme », avance Thomas Grjebine, économiste au Cepii. A l’époque, pour casser l’inflation générée par les deux chocs pétroliers et l’indexation des salaires sur l’inflation, les banques centrales avaient fortement relevé les taux d’intérêt. Conséquence : une récession mondiale accompagnée d’une crise des dettes des pays en développement. L’histoire pourrait bien se répéter.

Depuis 2010, l’économie mondiale a connu une vague d’endettement la plus importante, la plus rapide et la plus synchronisée de ces 50 dernières années, observe l’économiste. La hausse des dettes publiques est un réel danger pour les pays qui s’endettent en devises étrangères. « C’est le cas de la zone euro car la devise européenne est comme une monnaie étrangère pour les pays membres qui s’endettent dans une devise qu’ils ne contrôlent pas. Une fragmentation de la zone euro n’est pas à exclure », craint Thomas Grjebine. L’inquiétude concerne avant tout les pays du Sud qui affichent des niveaux très élevés d’endettement public (200 % du PIB en Grèce, 150 % en Italie, 123 % en Espagne).

Les pays émergents et en développement suscitent aussi des craintes puisque leur dette en devise étrangère représente 25 % de leur dette publique contre 15 % en 2009. Que dire de la dette privée dans ces pays qui s’élevait à 142 % du PIB en 2020 contre seulement 32 % à la fin des années 1970 ? Le resserrement monétaire américain qui se profile pourrait générer une nouvelle crise de la dette, comme en 1979 pour les pays d’Amérique latine suivie d’un défaut de paiement du Mexique en 1982 .

Autre similitude pointée par le Cepii, l’évolution des salaires et de l’inflation. Comme à la fin des années 1960, la période actuelle voit émerger des revendications salariales fortes. La crise sociale de Mai 68 avait été le marqueur du refus par les salariés des conditions du partage des revenus qui prévalait à l’époque. « Le pouvoir d’achat du salaire minimum a progressé de 130 % entre 1968 et 1983. Dans le même temps le salaire moyen a progressé d’environ 50 % », constate Thomas Gjrebine. Les tensions sociales nourrissent alors l’inflation qui, en retour, entraîne de nouvelles revendications salariales. Jusqu’à ce que les dirigeants politiques décident de supprimer cette boucle qui se matérialisera notamment par la désindexation des salaires dans les années 1980.

Aujourd’hui, avec le retour de l’inflation et la mondialisation qui se grippe, le compromis implicite qui s’était mis en place dans les années 1980 pourrait bien voler en éclat. Ce compromis reposait sur des hausses modérées de salaires compensées par des gains de pouvoir d’achat liés à la désinflation importée que générait la mondialisation des échanges. Les demandes actuelles de rééquilibrage des salaires que révèlent les tensions aux Etats-Unis depuis la pandémie sous la forme de grèves nombreuses et du phénomène de « grande démission » en témoignent. Ailleurs, la croissance des salaires horaires réels est désormais négative dans la plupart des pays de l’OCDE, affectant pouvoir d’achat et consommation des ménages. Des tensions sociales sont à redouter.

La croissance mondiale devrait s’en ressentir. D’autant plus que le moteur chinois qui, ces vingt dernières années, représentait le quart de la croissance mondiale se grippe. Pas seulement en raison de la politique « zéro Covid » du gouvernement. D’autres facteurs structurels sont à l’oeuvre : « La population en âge de travailler a atteint un pic au début des années 2010 et devrait diminuer la croissance à venir. » Et la croissance de la productivité, comme au Japon et en Corée du Sud au cours des décennies précédentes, ralentit.  L’Europe est encore un peu plus menacée par un choc énergétique d’ampleur. Les effets du conflit en Ukraine pourraient être plus lourds que prévu en raison des interruptions de livraison de gaz russe à l’échelle de toute l’Europe. Selon l’OCDE, il faut s’attendre à une baisse de la production dans les secteurs manufacturiers et les services marchand de près de 3 %.

Ces effets pourraient être sous-estimés notamment si les entreprises arrêtent complètement leur production, craint le Cepii. « De nombreuses industries notamment les plus consommatrices d’énergie comme la métallurgie pourraient être en faillite. Un arrêt total des importations de gaz russe pourrait conduire à une baisse du PIB allemand de 3 à 8 % », redoute Thomas Gjrebine.

EDF: À 450 000 € par an on ne trouve que des incompétents comme PDG ?

EDF: À 450 000 € par an on ne trouve que des incompétents  comme PDG ?

 

 

Un curieux papier de la « Tribune » estime qu’il sera pratiquement impossible de trouver un PDG compétent pour EDF avec une limitation du salaire à 450 000 € par an. Ou quand le fric devient la seule motivation des serviteurs de l’entreprise publique. Un bel aveu d’évolution des valeurs pour un journal économique qualifié de gauche ! Une sorte de plaidoyer pour justifier des salaires de plus en plus démentiels de très grands patrons qui en plus de leur folle rémunération se gavent d’actions de leur entreprise dans des conditions fort discutables Ou alors l’aveu de l’insignifiance de la formation de nos plus grandes écoles incapables de fournir les managers et techniciens face aux enjeux actuels. Il paraît pour le moins incompréhensible que parmi les milliers et les milliers de dirigeants potentiels français on ne puisse pas trouver un futur PDG animé seulement par le désir de servir les intérêts du pays et disposant des compétences techniques et les qualités de gestionnaire nécessaire. NDLR

 

 

le papier de la Tribune

Alors que l’Etat recherche un nouveau PDG pour EDF, la question d’un déplafonnement de la rémunération du poste est aujourd’hui posée. Fixée à 450.000 euros par an comme pour toutes les entreprises publiques, cette rémunération, largement en dessous des niveaux observés dans les entreprises privées, peut constituer un obstacle de taille au recrutement du futur patron de l’énergéticien. D’autant plus que la tâche qui attend ce dernier est colossale.

 

 
De quoi créer une belle polémique entre le gouvernement et ses opposants. Pour trouver un nouveau PDG à EDF, l’exécutif risque fort en effet, comme l’ont dévoilé les Echos, de devoir déplafonner la rémunération assortie au poste, aujourd’hui fixée à 450.000 euros, un montant décidé en 2012 par décret par François Hollande pour l’ensemble des patrons des entreprises publiques (RATP, SNCF, ADP…). Dans une France où le salaire moyen s’élève à 2.340 euros net par mois et à l’heure où l’inflation galopante rogne le pouvoir d’achat des Français, il est clair que l’opinion aura légitimement du mal à comprendre une telle augmentation pour rémunérer le patron d’une entreprise publique qui multiplie les déboires industriels et financiers. Encore moins l’argument affirmant que ces 450.000 euros sont insuffisants pour attirer un grand patron. C’est pourtant, hélas, une réalité au regard des rémunérations en vigueur dans les grandes entreprises du CAC 40. Sans aucune fonction exécutive, des présidents de conseil d’administration de certaines entreprises de plus petite taille qu’EDF gagnent déjà autant que le PDG d’EDF. Quant à ceux qui occupent à la fois les fonctions de président et de directeur général, leur niveau de rémunération est largement plus élevé. A titre d’exemple, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies a gagné près de 6 millions d’euros l’an dernier.Comment donc convaincre un industriel de prendre les rênes d’EDF quand il gagne aujourd’hui 10 fois plus, voire davantage, dans son entreprise ? Et ce, alors qu’il devra diriger l’une des entreprises les plus stratégiques du pays avec une feuille de route extrêmement complexe à exécuter, le tout avec l’État comme seul actionnaire en permanence sur le dos.

Le futur patron d’EDF aura en effet pour mission de reprendre en main la production d’électricité à court terme et de réussir à plus long terme la relance de l’atome tricolore, qui passe par la construction d’ici à 20 ans de 6 nouveaux EPR. Autrement dit, mener à bien le plus gros programme nucléaire civil jamais observé dans le monde occidental depuis 40 ans. Certes, œuvrer pour l’indépendance énergétique de la France est assurément un défi excitant à relever, mais pas sûr que le sens de l’Etat soit un argument suffisant pour convaincre les plus indécis. « On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre », confie un connaisseur du dossier.

Tout le monde n’est pas Jean-Bernard Lévy, le patron actuel d’EDF, qui avait accepté, lors de sa nomination en 2014, de réduire de moitié la rémunération qu’il percevait chez Thales. Cette question du niveau de la rémunération est cruciale pour l’avenir des entreprises publiques. Même si Air France-KLM est un groupe privé, l’exemple de la rémunération du directeur général actuel, Ben Smith, en témoigne. En 2018, quand l’Etat, actionnaire à 14,6% à l’époque, a cherché un successeur à Jean-Marc Janaillac, il a dû accepter que le groupe quadruple la rémunération du nouveau dirigeant canadien, à 4 millions d’euros. Et encore, à ce prix, Air France-KLM n’a pu recruter que le numéro 2 d’Air Canada, une entreprise de taille inférieure à celle de KLM. Les numéros 1 des entreprises comparables, comme Lufthansa ou IAG, étaient payés beaucoup plus cher.

Sécheresse : un été comme en 1976 ?

Sécheresse : un été comme en 1976 ?

D’après Météo France « Le scénario le plus probable cet été sur une grande partie du sud de l’Europe est celui de situations anticycloniques plus fréquentes que la normale et donc à la poursuite de conditions d’anomalies chaudes et sèches », . Chaque mois, Météo France propose un bulletin des « grandes tendances climatiques pour les trois mois à venir ».

Selon ces tendances saisonnières  – des probabilités qui se distinguent des prévisions météorologiques –, un scénario chaud est « très probable » (70%) sur la moitié sud du pays et « probable » (50%) sur la moitié nord. Un scénario sec est également « probable » sur la moitié sud, mais aucun scénario n’est privilégié sur la moitié nord. Ces prévisions interviennent alors que la France a connu son mois de mai le plus sec et le plus chaud jamais enregistré.

La sécheresse des sols de 1976 est la plus forte enregistrée depuis 1959 (début de l’historique de cet indicateur), avec plus de 35% du territoire touché. La France a connu d’autres périodes de sécheresse importantes dans les dernières décennies (1989, 2003, 2011…) mais l’assèchement des sols constaté depuis le début du siècle s’accentue avec le réchauffement de la planète.

Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Europe connaît et va connaitre plus de vagues de chaleur et de sécheresses à mesure que le réchauffement climatique, provoqué par nos émissions de gaz à effet de serre, s’intensifie.

Inflation : le blocage des salaires comme réponse !

Inflation : le blocage des salaires comme réponse !

Pour limiter les effets pervers de l’inflation, les deux économistes, Olivier Blanchard et Jean Pisani-Ferry, proposent, dans une tribune au « Monde », d’établir une tarification duale de l’énergie et de suspendre certains mécanismes d’indexation des prix et des salaires.

 

Les deux célèbres économiste ont trouvé la martingale pour empêcher en tout cas freiner l’inflation, ils proposent tout simplement le blocage des salaires. Très clairement leur proposition vise à faire payer par les ménages les dégâts de la crise.

Exactement le même discours que les ultras libéraux, les banques ou la banque centrale européenne. Il serait sans doute temps que ces économistes en mal existentiel arrêtent d’abreuver l’opinion ( accessoirement le gouvernement afin de faire se faire remarquer ) de propositions aussi incohérentes . Les économistes n’ont pas encore  repris l’analyse encore plus invraisemblable de Christine Lagarde qui nie tout simplement l’inflation en tout cas la considère comme très temporaire.Il serait sans doute urgent que ces vénérables économistes passnte de la discipline macro-économique à la discipline micro économique pour voir comment on peut s’en tirer avec un salaire de 1300 € et une inflation de  5 à 6 % NDLR

 

La hausse des prix de l’énergie et la guerre en Ukraine imposent de poursuivre simultanément trois objectifs individuellement clairs mais contradictoires entre eux : protéger le pouvoir d’achat des ménages, contenir l’inflation et accentuer la pression économique sur la Russie.

Le premier objectif s’impose, si l’on sait qu’entre 2019 et aujourd’hui le poids de la facture énergétique dans le revenu national est passé d’un peu moins de 2 % à plus de 4 % du PIB. C’est un prélèvement très lourd, particulièrement pour les faibles revenus (l’énergie pèse directement ou indirectement pour un peu plus de 10 % du budget des 20 % de ménages les plus modestes).

 

Le deuxième objectif résulte de ce que plus l’inflation monte, plus elle s’enkyste et plus il est socialement coûteux de la réduire. Si, demain, les anticipations de hausse des prix s’ancrent sur 5 % d’inflation, nous serons obligés de passer par un douloureux épisode de hausse du chômage pour la ramener à 2 %. La France, heureusement, connaît aujourd’hui une inflation nettement plus basse que ses partenaires de la zone euro. Mais du fait de mécanismes d’indexation (smic, minima sociaux, retraites) plus protecteurs, elle n’est pas à l’abri d’une spirale inflationniste.

Le troisième objectif est de diminuer les recettes d’exportation de la Russie. L’Union européenne a fait le choix de riposter prioritairement à l’agression sur le terrain économique, et ses sanctions – gel des réserves de change et restrictions aux exportations, notamment – ont eu des effets puissants. Jour après jour, cependant, la hausse des prix de l’énergie finance la guerre de Moscou.

 

Toutefois, les moyens mis au service de ces objectifs se contredisent entre eux. Les mesures de transfert sous condition de ressources, comme le chèque énergie ou l’indemnité inflation, améliorent le pouvoir d’achat des bénéficiaires, mais n’abaissent pas le prix des consommations énergétiques. Elles sont donc traitées par l’Insee comme de purs transferts.

A l’inverse, les mesures générales (bouclier tarifaire, baisse de la TVA sur les carburants) qui composent le gros de la politique française agissent sur les prix. Selon l’Insee, elles réduisent l’inflation de 2 points. C’est un effet d’ampleur, très favorable au pouvoir d’achat et qui va améliorer substantiellement la compétitivité française au sein d’une zone euro où l’inflation est nettement plus élevée. Mais de telles mesures bénéficient indirectement à la Russie, car les ménages sont moins incités à réduire leur consommation que s’ils payaient l’énergie au prix du marché.

L’hypothèse Le Pen : comme Trump ou Johnson

L’hypothèse Le Pen : comme Trump ou Johnson

 

« Patriotes contre mondialistes », « gens ordinaires contre donneurs de leçons », l’affiche de notre présidentielle 2022 était déjà celle de la joute qui a eu lieu au Royaume-Uni il y a six ans. Un papier de Philippe Bernard dans le « Monde »

Chronique

 

« Est-ce que l’impensable peut arriver ? », s’interrogeait un éditorialiste de la New York Review of Books sept semaines avant que Donald Trump, contre toute attente, remporte la présidentielle américaine du 8 novembre 2016. Moins de cinq mois plus tôt, à la veille du référendum sur le Brexit, on pouvait honnêtement douter que nos pragmatiques voisins britanniques choisiraient de sauter dans le vide en votant pour quitter l’Union européenne (UE). Le 23 juin, ils en décidèrent pourtant ainsi à 51,89 %.

Si de tels scénarios inattendus, voire « impensables » méritent d’être rappelés à la veille du second tour de la présidentielle française, c’est qu’ils procèdent d’un contexte politique présentant de troublantes similitudes avec celui du nouveau duel Macron-Le Pen. Et que, aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, l’« impensable » est survenu alors que le camp censé incarner la « raison » était quasi certain de l’emporter.

« Patriotes contre mondialistes », « gens ordinaires contre donneurs de leçons », l’affiche de notre présidentielle 2022 était déjà celle de la joute où se sont affrontés partisans et adversaires du Brexit au Royaume-Uni il y a six ans. D’un côté, des nationalistes exploitant la nostalgie d’un grandiose passé mythifié et la nécessité de « reprendre le contrôle des frontières » pour justifier la rupture avec l’UE. De l’autre, des élites économiques et intellectuelles attachées à la coopération internationale.

Déjà le ressort de l’immigration était central. De même que la fermeture des frontières et la mise au ban des étrangers commandent la quasi-totalité du programme de Marine Le Pen, qui promet de « rendre aux Français leur pays », Nigel Farage, le leader britannique d’extrême droite, répétait « We want our country back ! » (« Rendez-nous notre pays ! »)Exultant à l’annonce du succès du Brexit, Farage avait salué « la victoire des gens ordinaires, des gens honnêtes ». Des expressions, qui, retrouvées dans la bouche de la leader du RN, excluent les étrangers ou ceux qu’elle perçoit comme tels.

A l’instar de Mme Le Pen, qui se fait fort de faire baisser la contribution budgétaire française à l’UE pour soulager les finances publiques, Boris Johnson promettait de financer le système de santé public avec l’argent « économisé » par la sortie de l’Union. Il n’hésitait pas à brandir la menace de listes d’attente dans les hôpitaux en cas de maintien dans l’UE. Des mensonges mis au jour pendant la crise due au Covid-19.

Et si Mme Le Pen masque aujourd’hui sa hargne contre l’UE derrière le projet d’une « alliance des nations européennes », le temps n’est pas si loin, au lendemain de la victoire du Brexit, où elle « vibrait avec les Britanniques qui ont saisi cette opportunité extraordinaire de sortir de la servitude ». Un enthousiasme qu’elle a depuis remisé : l’économie britannique pâtit de la sortie de l’UE et la prétendue « Global Britain » souffre d’isolement.

Démocratie-Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie comme en Chine ou en Russie ?

Démocratie-Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie  comme en Chine ou en Russie ?

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux candidats qualifiés pour la finale se marquent à la culotte en rapprochant parfois assez sérieusement leur point de vue. Par exemple à propos de la réforme de la retraite où Macron est en train de lâcher sérieusement du lest. Aussi sur les réformes politiques. Par exemple Marine le Pen  qui s’est prononcée pour un mandat présidentiel qui passerait de cinq à sept ans. Brusquement, Macron s’est montré également favorable à cette modification.

Il y a sans doute autant d’éléments favorables qui militent en faveur d’un allongement du mandat présidentiel que le maintien à cinq ans.
En effet,  la véritable question est la lassitude des Français à propos du bilan des différents présidents élus depuis Sarkozy. Pour preuve aucun des  anciens élus n’a été reconduit dans la fonction. Un phénomène qui n’est pas à exclure concernant Macron tellement le bilan est mince et la déception grande.

Les facteurs explicatifs de ces désillusions tiennent moins dans la longueur du mandat présidentiel que dans l’insignifiance du contenu de la vie démocratique. En effet une fois élus les monarques républicains oublient l’essentiel de leurs promesses et décident  de manière technocratique ce qui leur paraît bon pour le pays. Le problème , c’est que ces monarques ne sont entourés que de technocrates et de courtisans et que le roi se retrouve rapidement coupé des réalités ; en outre depuis Macron,  on a encore réduit à pas grand-chose l’intermédiation des organisations susceptibles de porter les sensibilités des différentes couches socioprofessionnelles et plus généralement des différentes catégories de Français. Dans les conditions de fonctionnement démocratique actuel, la détestation du président sera encore amplifiée avec un mandat à 7 ans.

Le candidat LREM à la présidentielle s’est pourtant exprimé sur la réinstauration d’un mandat présidentiel de sept ans, déjà soutenu par sa rivale, Marine Le Pen.

Un mandat de sept ans, c’est « un bon rythme pour la présidentielle » et « une bonne respiration par rapport au rythme des législatives », a-t-il lancé, alors que l’instauration d’un  »septennat non renouvelable » fait partie du programme de sa concurrente. Il a par contre estimé que « le caractère renouvelable » ou non de ce mandat devrait être laissé au « peuple ». Il est vrai qu’au nom du peuple, nombre de monarques républicains et autres autocrates se sont assis sur la démocratie. Ainsi pour nourrir la disruption chère à Macron, on pourrait lui suggérer de faire passer le mandat présidentiel de 5 à 50 ans, ce qui s’est pratiquement passé en Chine et en URSS après les modifications constitutionnelles ( (En fait qui accorde une durée à vie du mandat présidentiel). Ainsi on s’épargnerait les formalités inutiles d’élection présidentielle dans lesquels les Français n’espèrent plus grand-chose !

Mandat Présidentiel : un retour à 7 ans et pourquoi pas à vie comme en Chine ou en Russie ?

Mandat Présidentiel : un retour à 7 ans et  pourquoi pas à vie  comme en Chine ou en Russie ?

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux candidats qualifiés pour la finale se marquent à la culotte en rapprochant parfois assez sérieusement leur point de vue. Par exemple à propos de la réforme de la retraite où Macron est en train de lâcher sérieusement du lest. Aussi sur les réformes politiques. Par exemple Marine le Pen  qui s’est prononcée pour un mandat présidentiel qui passerait de cinq à sept ans. Hier brusquement, Macron s’est montré également favorable à cette modification.

Il y a sans doute autant d’éléments favorables qui militent en faveur d’un allongement du mandat présidentiel que le maintien à cinq ans.
En effet,  la véritable question est la lassitude des Français à propos du bilan des différents présidents élus depuis Sarkozy. Pour preuve aucun des  anciens élus n’a été reconduit dans la fonction. Un phénomène qui n’est pas à exclure concernant Macron tellement le bilan est mince et la déception grande.

Les facteurs explicatifs de ces désillusions tiennent moins dans la longueur du mandat présidentiel que dans l’insignifiance du contenu de la vie démocratique. En effet une fois élus les monarques républicains oublient l’essentiel de leurs promesses et décident  de manière technocratique ce qui leur paraît bon pour le pays. Le problème , c’est que ces monarques ne sont entourés que de technocrates et de courtisans et que le roi se retrouve rapidement coupé des réalités ; en outre depuis Macron,  on a encore réduit à pas grand-chose l’intermédiation des organisations susceptibles de porter les sensibilités des différentes couches socioprofessionnelles et plus généralement des différentes catégories de Français. Dans les conditions de fonctionnement démocratique actuel, la détestation du président sera encore amplifiée avec un mandat à 7 ans.

Le candidat LREM à la présidentielle s’est pourtant exprimé sur la réinstauration d’un mandat présidentiel de sept ans, déjà soutenu par sa rivale, Marine Le Pen.

Un mandat de sept ans, c’est « un bon rythme pour la présidentielle » et « une bonne respiration par rapport au rythme des législatives », a-t-il lancé, alors que l’instauration d’un  »septennat non renouvelable » fait partie du programme de sa concurrente. Il a par contre estimé que « le caractère renouvelable » ou non de ce mandat devrait être laissé au « peuple ». Il est vrai qu’au nom du peuple, nombre de monarques républicains et autres autocrates se sont assis sur la démocratie. Ainsi pour nourrir la disruption chère à Macon, on pourrait lui suggérer de faire passer le mandat présidentiel de 5 à 50 ans, ce qui s’est pratiquement passé en Chine et en URSS après les modifications constitutionnelles ( (En fait qui accorde une durée à vie du mandat présidentiel). Ainsi on s’épargnerait les formalités inutiles d’élection présidentielle dans lesquels les Français n’espèrent plus grand-chose !

Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie comme en Chine ou en Russie ?

Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie  comme en Chine ou en Russie ?

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux candidats qualifiés pour la finale se marquent à la culotte en rapprochant parfois assez sérieusement leur point de vue. Par exemple à propos de la réforme de la retraite où Macron est en train de lâcher sérieusement du lest. Aussi sur les réformes politiques. Par exemple Marine le Pen  qui s’est prononcée pour un mandat présidentiel qui passerait de cinq à sept ans. Hier brusquement, Macron s’est montré également favorable à cette modification.

Il y a sans doute autant d’éléments favorables qui militent en faveur d’un allongement du mandat présidentiel que le maintien à cinq ans.
En effet,  la véritable question est la lassitude des Français à propos du bilan des différents présidents élus depuis Sarkozy. Pour preuve aucun des  anciens élus n’a été reconduit dans la fonction. Un phénomène qui n’est pas à exclure concernant Macron tellement le bilan est mince et la déception grande.

Les facteurs explicatifs de ces désillusions tiennent moins dans la longueur du mandat présidentiel que dans l’insignifiance du contenu de la vie démocratique. En effet une fois élus les monarques républicains oublient l’essentiel de leurs promesses et décident  de manière technocratique ce qui leur paraît bon pour le pays. Le problème , c’est que ces monarques ne sont entourés que de technocrates et de courtisans et que le roi se retrouve rapidement coupé des réalités ; en outre depuis Macron,  on a encore réduit à pas grand-chose l’intermédiation des organisations susceptibles de porter les sensibilités des différentes couches socioprofessionnelles et plus généralement des différentes catégories de Français. Dans les conditions de fonctionnement démocratique actuel, la détestation du président sera encore amplifiée avec un mandat à 7 ans.

Le candidat LREM à la présidentielle s’est pourtant exprimé sur la réinstauration d’un mandat présidentiel de sept ans, déjà soutenu par sa rivale, Marine Le Pen.

Un mandat de sept ans, c’est « un bon rythme pour la présidentielle » et « une bonne respiration par rapport au rythme des législatives », a-t-il lancé, alors que l’instauration d’un  »septennat non renouvelable » fait partie du programme de sa concurrente. Il a par contre estimé que « le caractère renouvelable » ou non de ce mandat devrait être laissé au « peuple ». Il est vrai qu’au nom du peuple, nombre de monarques républicains et autres autocrates se sont assis sur la démocratie. Ainsi pour nourrir la disruption chère à Macon, on pourrait lui suggérer de faire passer le mandat présidentiel de 5 à 50 ans, ce qui s’est pratiquement passé en Chine et en URSS après les modifications constitutionnelles ( (En fait qui accorde une durée à vie du mandat présidentiel). Ainsi on s’épargnerait les formalités inutiles d’élection présidentielle dans lesquels les Français n’espèrent plus grand-chose !

Le chef du renseignement militaire français licencié …comme en Russie ?

Le  chef du renseignement militaire français licencié …comme en Russie ? 

 

 

En Russie,  Poutine a procédé à un vaste nettoyage d’environ 1000 personnes constituant son entourage politique, économique et militaire. Parmi eux des responsables du renseignement qui ont trahi la réalité sans doute pour faire plaisir au dictateur ou par incompétence

C’est un peu aussi ce qui se produit en France où le chef du renseignement militaire vient d’être remercié pour insuffisance. Le renseignement français aurait sous-estimé les intentions russes concernant l’envahissement de l’Ukraine. Le problème est que sur le papier l’armée française constitue une grande puissance mais qui ne se vérifie pas en termes opérationnels. Conséquence notamment de crédits régulièrement rabotés et de services mal ou peu équipés. S’y ajoute une conception de la politique un peu désuète avec la prolifération de conflits de type guérilla ou terroristes. Une remise à plat de cette politique de défense par les politiques serait utile pour éviter que ce domaine soit confisqué par des militaires forcément un peu corporatistes et souvent en retard d’une guerre.

Le patron du renseignement militaire français, le général Éric Vidaud, va quitter ses fonctions suite notamment à ce qui a été jugé comme une insuffisance de ses services sur l’invasion russe en Ukraine, a appris l’AFP mercredi 30 mars de sources proches du dossier.

Selon la source militaire contactée par l’AFP, la DRM était dans le viseur de l’état-major des Armées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Mais la DRM «fait du renseignement militaire sur les opérations, pas sur l’intentionnalité», a-t-elle estimé. Les productions du service concluaient que la Russie avait les moyens d’envahir l’Ukraine. «Ce qui s’est passé lui donne raison», a-t-elle fait valoir.

Selon une autre source militaire interrogée par l’AFP et qui a elle aussi requis l’anonymat, le départ du haut-gradé faisait l’objet de rumeurs depuis quelques jours au sein de l’armée. Mais il était question qu’un autre poste lui soit confié, ce qui n’aurait finalement pas été le cas. Le général Vidaud avait été nommé à ce poste l’été dernier, en provenance du Commandement des opérations spéciales (COS). Mais sa nomination avait été le fruit de jeux de chaises musicales qui avaient fait du bruit au sein de la communauté militaire.

Début mars, peu après l’invasion de l’Ukraine par les forces russes, le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, avait admis dans le journal Le Monde des divergences d’analyses entre Français et anglo-saxons sur la question d’une possible invasion de l’Ukraine. «Les Américains disaient que les Russes allaient attaquer, ils avaient raison. Nos services pensaient plutôt que la conquête de l’Ukraine aurait un coût monstrueux et que les Russes avaient d’autres options» pour faire chuter le président Volodymyr Zelensky, avait-il reconnu.

Macron: Comme Mitterrand instrumentaliser l’extrême droite

Macron: Comme Mitterrand instrumentaliser l’extrême droite

« Jupitérien » par sa vision d’une présidence incarnée et verticale, Emmanuel Macron s’assume comme l’héritier de son lointain prédécesseur socialiste et de sa conception du pouvoir, analyse, dans une tribune au « Monde », l’historien de la presse Alexis Lévrier.

 

Sur son programme Macron  laisse assez indifférent une très grosse majorité de Français par contre comme Mitterrand il pourra compter sur le rejet de l’extrême droite pour assurer sa victoire. Le rejet des autres comme principal soutien ! De quoi fragiliser la légitimité. NDLR

 

Tribune.

Lancée quelques jours après l’invasion de l’Ukraine, la campagne du candidat Emmanuel Macron ne ressemble évidemment à celle d’aucun président en exercice sous la Ve République. Mais cette situation internationale inédite n’a fait que conforter le chef de l’Etat dans sa pratique du pouvoir comme dans ses choix de communication. Plus que jamais, au moment de s’élancer vers un second mandat, il apparaît ainsi comme l’héritier assumé de François Mitterrand : la référence est même théâtralisée, puisque le président a choisi d’entrer en campagne, comme son prédécesseur en 1988, en publiant une lettre aux Français dans la presse régionale. Surtout, il s’est, lui aussi, déclaré au dernier moment et a tout mis en œuvre pour enjamber l’élection, en limitant autant que possible ses apparitions.

 

De manière plus générale, cette campagne éclair, en surplomb, apparaît comme l’aboutissement d’un quinquennat durant lequel Emmanuel Macron n’a cessé de s’inspirer du premier président socialiste et de sa conception du pouvoir. La dénomination « Jupiter » elle-même, qu’il a revendiquée en 2016 pour théoriser son attachement à une présidence incarnée et verticale, est du reste un emprunt direct à François Mitterrand et à son principal conseiller en communication, Jacques Pilhan.

En toute logique, ce quinquennat « jupitérien » se termine donc comme il a commencé : par une maîtrise extrême de l’image et une raréfaction de la parole du président. Mais un autre lien, moins assumé celui-là, unit le chef de l’Etat à son lointain devancier : mitterrandien, Emmanuel Macron l’a aussi été pendant cinq ans dans sa volonté d’instrumentaliser la place de l’extrême droite dans les médias. Dès le début de son premier septennat, François Mitterrand avait en effet usé de toute son influence pour que le Front National soit davantage représenté à la radio et à la télévision. Comme en témoignent des échanges de courriers officiels en juin 1982, le président était même intervenu auprès de son ministre de la communication, au nom de « l’obligation de pluralisme », pour que Jean-Marie Le Pen soit désormais invité par les chaînes de télévision.

Avant même son élection en 2017, Emmanuel Macron a, lui aussi, noué des liens paradoxaux avec la droite radicale par médias interposés. Des passerelles avec les médias du groupe Bolloré et avec Eric Zemmour ont ainsi été construites dès le début du quinquennat. Le chef de l’Etat a également cultivé des rapports singuliers avec l’équipe de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, dont la ligne éditoriale se situe pourtant à l’opposé de ses propres convictions : après avoir reçu à l’Elysée une partie de la rédaction en avril 2019, il a accordé, quelques mois plus tard, dans des conditions privilégiées, un entretien particulièrement complaisant à Louis de Raguenel [rédacteur en chef du journal].

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