Archive pour la Catégorie 'formation'

Formation : d’autres voies que les études longues

Formation : d’autres voies que les études longues

Les études supérieures ne sont pas considérées comme la seule voie à suivre pour « réussir sa vie », analyse Benoît Coquard, chercheur en sociologie. Il démontre qu’il existe dans ces territoires d’autres logiques de valorisation sociale.

Les jeunes des territoires ruraux en déclin, tel est l’objet d’études de Benoit Coquard, sociologue à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et auteur de l’ouvrage Ceux qui restent (La Découverte, 2019). Au cours de longues enquêtes dans le Nord et l’Est de la France, il analysé les aspirations d’une certaine jeunesse, pour qui reconnaissance sociale et valorisation de soi passent par d’autres voies que les études supérieures. Et pour qui faire des études, c’est avant tout quitter sa ville ou son village, opter pour un choix à l’issue incertaine, souvent non approuvé par l’entourage, et par ailleurs en inadéquation avec les besoins du marché de l’emploi local. Comme le montre Benoît Coquard, « ceux qui restent » valorisent avant tout la solidarité territoriale et amicale face aux difficultés. Et cette vision semble se renforcer avec la crise actuelle.

Qu’est-ce qui vous a conduit à vous intéresser aux orientations scolaires des jeunes, et notamment aux différences entre femmes et hommes, dans les campagnes en déclin ?

Les campagnes en déclin, ce sont ces territoires où les jeunes qui partent faire des études ne sont pas revenus. Au départ, je m’étais intéressé au département dont je suis originaire, la Haute-Marne, qui a vu sa population baisser de 20 % depuis les années 1970. Fortement marqués par la désindustrialisation, les milieux ruraux du nord et de l’est de la France sont principalement composés d’enfants d’ouvriers et d’employés. L’emploi local repose beaucoup sur des métiers manuels peu qualifiés, plutôt considérés comme « masculins », et le chômage est encore plus élevé chez les jeunes femmes. Les choix scolaires et de carrière se révèlent donc intrinsèquement liés à la question du genre.

Autrefois très pourvoyeuse d’emplois féminins, l’industrie textile a été presque entièrement démantelée. Dans un contexte de massification de l’accès à l’enseignement supérieur, et alors que les filles obtiennent de meilleurs résultats scolaires que leurs homologues masculins, celles-ci vont miser sur des études plus longues pour accéder à un emploi stable. Première génération à aller à la fac, ces jeunes femmes font souvent des « parcours à l’aveugle ». Une fois diplômées, elles ne trouvent pas de métiers correspondant à leur qualification dans leur commune d’origine. Lors de mon enquête, certaines m’ont dit : « Je ne vais pas faire caissière avec un bac + 5. » Donc elles ne reviennent pas, et c’est ce qui fait que la population décline dans ces zones rurales.

 

 

« Seine-Saint-Denis : l’écroulement de l’école publique»

« Seine-Saint-Denis : l’écroulement de l’école publique»

 

Dans ce département, a besoin de réels moyens pour rétablir l’égalité, la situation ne cesse de se dégrader, alerte, dans une tribune au « Monde », le collectif Christine Renon, constitué après le suicide en septembre 2019 de cette directrice d’école maternelle. Le « déni » doit cesser.

Tribune. 

 

« Aujourd’hui samedi, je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée, après seulement trois semaines de rentrée. Les soucis depuis bien avant la rentrée se sont accumulés, c’est le sort de tous les directeurs malheureusement. » Ces mots sont ceux de Christine Renon. Le 21 septembre 2019, cette directrice d’école se suicidait dans son école maternelle, à Pantin (Seine-Saint-Denis).

Dans une lettre accablante accompagnant son geste, elle dressait un constat dramatique de la charge qui pesait sur ses épaules et continue de peser sur celles de ses collègues. Elle s’y inquiétait de ces contraintes, nombreuses, qui entravent le sens que tous les professionnels de l’éducation donnent à leur métier. Entre 2018 et 2019, cinquante-huit suicides ont endeuillé l’éducation nationale. Et d’autres ont eu lieu depuis. C’est inacceptable.

Notre collectif « a-partisan », qui rassemble des parents et des enseignants du primaire comme du secondaire, s’est constitué quelques jours après ce drame. Depuis, nous n’avons eu de cesse de nous battre pour que les mots de Christine Renon soient entendus et que son geste ne soit pas vain.

Nous avons aussi échangé, depuis, avec les enseignants, les parents, les familles des villes voisines de Seine-Saint-Denis et des quartiers nord-est de Paris, endeuillés par l’assassinat de plusieurs élèves. Il y a des éléments communs dans ces différentes formes de violence et de souffrance.

Une fin de non-recevoir

Un an plus tard, dans un contexte sanitaire incertain, plus de 450 personnes se sont rassemblées et ont marché ensemble, le 26 septembre 2020, entre Aubervilliers et Pantin. A l’issue de cette marche, notre collectif a de nouveau demandé à être reçu par le ministre de l’éducation nationale. Jusqu’à présent, nous nous sommes heurtés à une fin de non-recevoir.

Dans un rapport de l’inspection générale du 11 décembre 2019, le suicide de Christine Renon a été considéré comme imputable au service. Une enquête du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), demandée par les syndicats, a finalement eu lieu, plus d’un an après. Les syndicats ont dû lutter pour que cette enquête ait lieu dans de bonnes conditions.

Ce silence – ce déni ? – interroge plus largement. Quelles réponses politiques ont été apportées par le ministère depuis plus d’un an ? Nous n’avons pour le moment vu advenir qu’un projet de réforme du statut des directeurs d’écoles du premier degré pour en faire des mini-proviseurs dotés de pouvoir hiérarchique alors que ce qui est demandé, c’est plus de coopération. Camouflée derrière le recrutement de jeunes en service civique, la fin des aides administratives à la direction d’école a entraîné des surcharges de travail énormes pour le personnel. Et puis est arrivée la pandémie de Covid-19…

Grenelle de l’éducation : Une réforme périlleuse pour le recrutement d’enseignants

Grenelle de l’éducation : Une réforme périlleuse pour le recrutement d’enseignants

 

TRIBUNE

 

Asma Benhenda: Chercheuse en économie à l’University College London, Centre for Education Policy and Equalising Opportunities, auteure de « Tous des Bons Profs. Un choix de société » (Fayard – Septembre 2020)

 

La chercheuse en économie Asma Benhenda note que les concours d’enseignant souffrent « de nombreux dysfonctionnements qui minent de façon durable la profession », mais estime « délétère » de les décaler en master 2 comme le prévoit la réforme actuelle.

Tribune.

 

 Lors du lancement du Grenelle de l’éducation au mois d’octobre 2020, Jean-Michel Blanquer [le ministre de l’éducation] a affiché comme principe de remettre les enseignants « au centre de la société ». Un paradoxe structurant de la société française est la dissonance entre le rôle de facto central des enseignants dans la construction personnelle de leurs élèves, et les moyens mis à leur disposition pour mener à bien cette mission essentielle.

Cette question des moyens est sous-jacente aux problématiques, abordées lors des ateliers du Grenelle, de reconnaissance et de revalorisation de la profession, de l’attractivité de celle-ci, de la formation des enseignants, mais aussi du concours.

Hémorragie

L’organisation actuelle des concours de recrutement des enseignants, qu’une réforme du ministère est en train de faire évoluer, est un des symptômes les plus aigus de ce paradoxe. Ces examens souffrent de nombreux dysfonctionnements qui minent de façon durable la profession enseignante. Chaque année, de nombreux postes aux concours ne sont pas pourvus, faute de candidats ayant des résultats suffisants pour passer la barre d’admission. Dans les disciplines scientifiques comme les mathématiques, certaines années, jusqu’à un tiers des postes ouverts à l’agrégation et un quart de ceux au capes ne sont pas pourvus. Et l’hémorragie ne s’arrête pas là : le phénomène de démission des stagiaires et des néotitulaires, s’il reste pour le moment très modéré, croît continûment depuis plus d’une décennie.

Au-delà de ce manque d’attractivité se pose la question de l’efficacité du concours à remplir sa mission première : sélectionner les candidats en fonction de leur potentiel à être de bons enseignants. Les résultats d’un travail de recherche mené dans le cadre de ma thèse de doctorat à l’Ecole d’économie de Paris mettent en évidence les limites de ces concours à identifier les candidats qui ont le plus d’impact sur les trajectoires de leurs élèves. Ces résultats suggèrent, par exemple, que le fait d’être « agrégé » plutôt que « certifié » ne permet pas aux enseignants d’avoir un effet significativement plus positif sur les résultats de leurs élèves. Ils indiquent aussi que, parmi les admis, une meilleure performance aux épreuves écrites ou orales ne bénéficie pas nécessairement ensuite aux élèves en classe.

Universités : « Une année blanche  » ?

Universités : « Une année blanche  » ?

François Germinet, président de Cergy-Paris Université, s’inquiète dans le monde des perspectives ouvertes par une année universitaire quasi intégralement à distance.

Désigner les publics prioritaires pour un retour en présentiel, parer au risque accru de décrochage, apaiser les inquiétudes des futurs diplômés sur leur avenir professionnel… Pour François Germinet, président de Cergy-Paris Université, les prochains mois s’annoncent des plus délicats pour les étudiants.

A défaut de rouvrir les universités pour les travaux dirigés, comme le souhaitait Emmanuel Macron, une circulaire ministérielle demande aux établissements d’accueillir des groupes prioritaires de dix étudiants, à charge pour vous de définir les critères de sélection. Comment avez-vous fait ?

Nous avons reçu à la veille des vacances de Noël cette circulaire ministérielle précisant les conditions de la rentrée. Il faut donc un peu de temps aux équipes pédagogiques pour s’organiser. Pour le moment, nous n’avons pas encore constitué de groupes de dix, sachant que la plupart des étudiants doivent passer leurs examens et ne reprendront les cours que le 21 janvier. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas multiplier les heures dispensées en prenant nos 6 000 étudiants de première année pour constituer 600 groupes.

Quelques-unes de nos formations commencent leur second semestre dès le 4 janvier et s’appuieront sur les résultats des examens passés en décembre. Les étudiants qui ont eu les plus mauvaises notes feront partie des publics ciblés pour ces groupes de dix. Ceux qui en feront la demande aussi, soit parce qu’ils vivent dans une chambre et souffrent d’isolement, soit parce qu’ils sont dans un environnement familial peu propice à l’étude à distance.

Les cours en présentiel ne concerneront-ils que les étudiants de première année ?

La circulaire prévoit que seuls les premières années peuvent reprendre les travaux dirigés [TD], en demi-jauge, à partir du 20 janvier. Notre demande d’une reprise pour tous les niveaux de l’université avec une jauge à 50 % à cette date – qui correspond à la date de réouverture des lycées pour tous les élèves – n’a donc pas été entendue. L’incertitude demeurant sur la situation sanitaire, j’ai préféré ne pas tenir compte de la date du 20 janvier et fixer une reprise pour tous au lundi 8 février. Les étudiants viendront alors une semaine à la fac et travailleront à distance la semaine suivante, comme en septembre. Cela laisse le temps à ceux qui sont en province d’organiser leur retour.

Bac Covid : des aménagements

Bac Covid : des aménagements

 

Le bac mais aussi d’autres diplômes de l’enseignement supérieur feront l’objet d’aménagements compte  tenu du Coronavirus. Pour tenir compte des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de préparation du baccalauréat, le ministre de l’Éducation nationale avait déjà annoncé des mesures pour cette année 2020-2021. 

 

Le ministre de l’Éducation nationale avait déjà annoncé des mesures, «à titre exceptionnel», pour cette année 2020-2021, où devait pleinement entrer en vigueur le nouveau bac. Les évaluations communes (anciennement appelées E3C) prévues en Première et Terminale sont annulées au profit du contrôle continu grâce à la prise en compte des notes du bulletin scolaire. Cette mesure concerne l’histoire-géographie, les langues vivantes et la spécialité qui n’est pas poursuivie en Terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l’enseignement scientifique pour la voie générale. Les épreuves terminales sur les enseignements de spécialité prévues à la mi-mars prochain sont, elles, maintenues. Des aménagements concerneront aussi l’ensemble des diplômes de l’enseignement supérieur. Le danger évidemment et de voir des diplômes qualifiés de » génération covid » et dévalorisé

Education : « numérique : option d’avenir en Afrique » ?

Education : « numérique : option d’avenir en Afrique » ?

Pour Fabien Pagès, de l’association Res Publica, ces nouveaux moyens d’apprentissage représentent « le seul moyen de transmission de masse de contenus pédagogiques ».

 Pour les pays très pauvres et les populations éloignées, ce peut-être un outil intéressant. Par contre pour d’autres pays le numérique n’est pas plus souhaitable en Afrique qu’en France. À cet égard  le niveau scolaire de nombre de pays d’Afrique en primaire tout au moins est largement égal à celui de la France. Pour information, personnellement j’avais en tutelle une petite africaine pas spécialement douée qui une fois arrivée en France aurait dû à mon avis perdre une classe. Au lieu de cela, après évaluation, elle a gagné un niveau. Faut-il préciser que dans ces classes africaines il y a souvent au moins 60 élèves et que les programmes et la pédagogie des années 50 de la France y sont pour quelque chose. (Gaston Bessay)

 

Tribune.

 

 L’éducation et le numérique : un mariage gagnant. La crise du Covid-19 et le principe du confinement qui l’a accompagnée ont fortement perturbé les systèmes éducatifs dans tous les pays du monde. Le Burkina Faso n’a pas échappé à cette règle. Dès le mois de mars, en application du principe de précaution, tous les établissements scolaires ont été fermés, à l’exception des classes à examens (CM2, 3e et terminale). La déscolarisation des élèves durant quatre mois a entraîné une déperdition importante dans l’acquisition de connaissances.

Face à cette situation inédite, les plateformes numériques ont constitué un support utile, si ce n’est un secours bienvenu. Ce fut le cas tant pour les parents, devenus « enseignants à la maison », que pour le corps enseignant, soucieux de maintenir et de poursuivre les apprentissages dans une « école à distance » en construction… Au Burkina Faso, la plateforme pédagogique de l’éducation nationale, www.fasoeducation.net, a mis à disposition de nombreux contenus et supports pour les enseignants, élèves et parents, de la petite section de maternelle à la terminale. Une éducation de qualité pour un public toujours plus nombreux.

Si les outils numériques ont apporté une réponse immédiate – et parfois imparfaite – à une situation inédite, la réflexion sur leur utilisation doit désormais s’inscrire dans une approche plus large et structurée, notamment en Afrique. En effet, ces nouveaux moyens d’apprentissage peuvent apporter des réponses aux difficultés structurelles que connaissent de nombreux pays qui doivent combiner qualité de l’enseignement et évolution démographique. Aujourd’hui au Burkina Faso, il est fréquent de visiter des classes du secteur primaire et secondaire comptant jusqu’à 170 élèves. Au regard des projections démographiques, cette situation va perdurer. Le taux de fécondité est certes en baisse chaque année, mais reste d’un peu moins de 5 enfants par femme, alors qu’aujourd’hui déjà 44 % de la population a moins de 15 ans.

En somme, les besoins en infrastructures scolaires, enseignants et établissements sont et resteront considérables et, pour certains pays, impossibles à satisfaire dans le schéma éducatif actuel. Il est donc nécessaire de développer des solutions nouvelles pour sauvegarder l’éducation, ce pilier du développement, ce ciment de la construction d’un pays. Réduire le nombre d’élèves par classe, comme le fait l’association Res Publica dans sa zone d’intervention, où les classes comptent en moyenne 70 élèves, est une première approche. Elle doit s’accompagner d’un effort substantiel pour le déploiement de plateformes numériques. Partie intégrante de la « boîte à outils » éducative, celles-ci représentent à ce jour le seul moyen de transmission de masse et en tout lieu de contenus pédagogiques.

Au-delà de l’apport des plateformes numériques dans l’offre de formation des enseignants et des élèves, la question de la couverture géographique constitue à bien des égards un point déterminant à prendre en considération. C’est le cas dans le nord du pays, où le climat sécuritaire a entraîné depuis 2016 la fermeture de 2 500 établissements scolaires, privant 350 000 élèves d’accès à la scolarité. Mais c’est aussi le cas ailleurs, dans l’ensemble du Burkina Faso. Dans ce pays où l’activité économique est portée à plus de 80 % par l’agriculture, la grande majorité de la population vit en milieu rural, où les foyers sont rarement équipés de matériel informatique, de connexion de qualité, voire de réseau. Selon les chiffres de Burkina NTIC, seuls 21 % des habitants ont accès à Internet, quasi exclusivement dans les zones urbaines.

Dans ce contexte, difficile de parler d’égalité des chances. Opérateurs téléphoniques, fournisseurs d’accès à Internet, services de l’Etat et ONG ont tous la possibilité et la responsabilité de participer à l’évolution du système éducatif pour le rendre plus égalitaire et donc plus juste, avec l’ambition de former le mieux possible les citoyens de demain. Déploiement des réseaux numériques, baisse du coût des forfaits téléphoniques pour la consultation d’Internet via smartphone (97 % de l’accès actuel), création de médiathèques connectées en zones rurales sont autant d’options que tous les acteurs peuvent mettre en œuvre pour promouvoir et améliorer l’accès aux apprentissages.

Le numérique est une option d’avenir, à condition toutefois d’être partagé par tous et partout. Il peut répondre à la problématique des personnes déplacées et être un instrument pour offrir un enseignement de qualité à une population en croissance rapide.

École – rentrée de janvier: repoussée ?

École – rentrée de janvier: repoussée ?

Le ministre de l’éducation n’envisage pas pour l’instant de repousser la rentrée scolaire. Cependant tout dépendra en fait de la progression du virus qui devient alarmante dans nombre de pays. Aujourd’hui même,  un conseil de défense sera réuni en France sans doute pour prendre des mesures encore plus restrictives à la veille des fêtes. Il y aura vraisemblablement encore d’autres conseils de défense qui en fonction des circonstances pourraient contredire le ministre de l’éducation. Pour Jean-Michel Blanquer, les inconvénients à ne pas retourner à l’école « sont largement supérieurs aux avantages, quand vous fermez tout », dit-il, assurant garder la même ligne. « L’école est fondamentale et nous ne devons pas la sacrifier », insiste-t-il. D’ailleurs, le ministre affirme qu’avoir tenu cette ligne a porté ses fruits. « Nous avons réussi à ramener tous les enfants à l’école en septembre, et à ce que ça se passe bien en septembre, octobre, novembre et décembre », se félicite le ministre.

 

Pour une désintoxication numérique à l’école

Pour une désintoxication numérique à l’école

 

Si elle fut un recours pour les enseignants lors du confinement, la tablette numérique est « une trappe à inapprentissage » pour des collégiens déjà saturés d’écrans, estime, dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Pascal Gayant.

Tribune

 

Depuis plusieurs années, des présidents de conseil départementaux s’achètent une image de modernité et une bonne conscience éducative en dotant les collégiens de tablettes numériques. Dans les cénacles des collectivités territoriales, comme dans les couloirs du ministère de l’éducation, il serait incongru de remettre en cause le bien-fondé de cette option éducative : les tablettes sont un outil ludique qui ne peut – c’est une évidence – qu’accroître l’efficacité des apprentissages.

Dans le même temps, la France s’effondre dans les classements internationaux de compétences en mathématiques à l’entrée et pendant les années collèges. A priori, il n’y a aucun lien entre ces deux faits : les cohortes de collégiens dotés des outils numériques ont fait leur entrée dans le système éducatif avant les réformes Blanquer-Macron, et il est trop tôt pour juger à la fois de l’introduction des outils numériques et de l’efficacité des réformes.

Une intuition confortée

En revanche, les praticiens de l’enseignement ont désormais un certain recul pour évaluer les conséquences du recours aux outils numériques pour les apprentissages. Depuis plus de vingt ans maintenant, il est possible d’utiliser le logiciel PowerPoint (ou d’autres logiciels faisant apparaître des « slides » sur un écran) comme support des enseignements.

Pour ceux qui ont expérimenté la pédagogie avant et après cette évolution, les enseignements à tirer sont très nuancés : certes la vidéo-projection est un outil formidable pour illustrer certains savoirs (à l’aide de cartes, de photographies, de dessins ou tableaux, de films ou même de musiques), mais elle n’est que d’un piètre secours pour l’enseignement des mathématiques ou de disciplines ayant recours à sa formalisation.

En d’autres termes, le recours à une projection d’informations et de données pré-écrites est plutôt moins bénéfique que l’usage de la craie (ou du feutre) pour écrire les hypothèses, résoudre les équations et illustrer graphiquement les formes fonctionnelles et les ensembles (et leurs interactions).

Les périodes de confinement et le recours massif à l’enseignement à distance ont conforté de façon éclatante cette intuition : même pour les enseignements formalisés, il a souvent fallu abandonner la craie pour des « diapositives » numériques prémâchées, rendant le travail des enseignants frustrant (et fastidieux), et la transmission des savoirs aux étudiants dégradée.

Ni conservatisme, ni technophobie

Ceux des enseignants qui pouvaient s’appuyer sur des tablettes numériques depuis le lieu où ils télétravaillaient l’ont spontanément fait puisqu’il s’agissait de la meilleure option pour se rapprocher du mode de transmission irremplaçable que permet l’usage de la craie sur le tableau noir.

Société-Crise de l’Université : le dualisme grandes écoles et universités

Crise de l’Université : le dualisme grandes écoles et universités

 

 

Dans une interview au Figaro, Marie Duru-Bellat  explique certains éléments de la crise de l’université notamment le dualisme grandes écoles et université mais aussi la mode de la « diplomite » en France et indirectement le manque de sélection dans l’université.  Marie Duru-Bellat est sociologue, spécialiste des inégalités au sein de l’éducation. Elle a récemment participé à l’ouvrage collectif Altergouvernement (Le Muscadier, 2012).

Au-delà des problèmes de coûts de la scolarité, la vrai inégalité ne se situe-elle pas entre université et grandes écoles?

 

Lorsqu’on touche aux Grandes Ecoles, on crie souvent que l’excellence française est assassinée, et on a bien vu la réaction des jeunes de prépas lorsque l’Etat a souhaité baisser les salaires des professeurs .

La France a un système unique au monde. D’un côté les Grandes Écoles, qui paraissent plus attractives pour les jeunes, et de l’autre l’Université, qui est actuellement un second choix pour de nombreux étudiants. Notre faiblesse internationale en matière de recherche s’explique sans doute en partie par cette dichotomie: les meilleurs étudiants français vont dans les Grandes Écoles, et délaissent l’Université. Les premières ont donc le plus de moyens – rappelons qu’elles sont extrêmement favorisées par l’Etat -, les meilleures étudiants, et siphonnent la force vive de la recherche universitaire. Le problème vient, de plus, des lobbys qui défendent les Grandes Ecoles, extrêmement valorisées par nos décisionnaires politiques: il est probable que la majorité des parlementaires ont un enfant dans ces écoles, et il est donc impossible de mettre fin à cette dichotomie structurelle! De nombreuses tentatives avaient déjà été mises en œuvre pour réformer ce système, mais elles ont toutes échoué. Lorsqu’on touche aux Grandes Ecoles, on crie souvent que l’excellence française est assassinée, et on a bien vu la réaction des jeunes de prépas lorsque l’Etat a souhaité baisser les salaires des professeurs, qui sont pourtant les fonctionnaires les mieux payés aujourd’hui! Les lobbys sont donc organisés pour lutter contre toute modification du système.

 

Vous avez écrit un livre intitulé «l’inflation scolaire»: les soucis d’égalité s’est-il transformé en égalitarisme, finalement contre-productif? Faut-il introduire une forme de sélection à l’université?

 

De très nombreux jeunes diplômés arrivent sur un marché du travail où ils peinent à trouver la place qu’ils espéraient, malgré leur excellente formation. En réalité, l’ouverture de l’enseignement supérieur est due aux injonctions européennes, pour que les jeunes européens soient le mieux armé possible face à la compétition internationale. Cette thèse a surtout été très défendue dans les années 2000. Aujourd’hui, cependant, on revient quelque peu sur cette politique, car multiplier les diplômes ne suffit pas pour faire baisser le chômage des jeunes, pour créer des emplois qualifiés. On arrive donc à un déclassement, où de très nombreux jeunes diplômés arrivent sur un marché du travail où ils peinent à trouver la place qu’ils espéraient, malgré leur excellente formation. Ce problème est en réalité mondial, on le retrouve aux Etats-Unis ou à Cuba… On croit au pouvoir magique de l’instruction. Cela explique le désenchantement actuel. Les jeunes sont, pour beaucoup, trop qualifiés, trop diplômés par rapport au marché du travail. L’Union Européenne et l’OCDE mettent donc aujourd’hui l’accent sur la formation tout au long de la vie, plutôt que l’accumulation de diplômes et les études très longues.

 

Classement des écoles d’ingénieurs généralistes et pluri-disciplinaires

Classement des écoles d’ingénieurs généralistes et pluri-disciplinaires

Certaines écoles d’ingénieurs se distinguent par leur programme généraliste permettant aux étudiants de se préparer à un large éventail de métiers. Une fois diplômé, il est possible de travailler dans le secteur de l’industrie, du nucléaire ou encore, de la finance. ( classement du Figaro)

 

Écoles généralistes ou proposant de multiples spécialités

Rang École Ville Statut 1er niveau d’entrée Frais et droits de scolarités Date de création Part de femme
#1 Phelma – Grenoble INP

15,2 /20

Grenoble Public Post-prépa 601 € 2008 24,20%
#2 Télécom SudParis

15,1 /20

Evry Public Post-prépa 2 650 € 1979 22,40%
#3 UTT

14,9 /20

Troyes EPSCP (Public) Post-bac 601 € 1994 21,90%
#3 Insa Toulouse

14,9 /20

Toulouse EPSCP (Public) Post-bac 601 € 1963 36,10%
#5 Esilv

14,8 /20

Paris-La Défense EESPIG (Privé) Post-bac 8 500 € 1994 21,10%
#6 Ensta Bretagne

14,6 /20

Brest Public Post-prépa 2 200 € 1985 23,20%
#6 IMT Mines Alès

14,6 /20

Alès Public Post-prépa 2 150 € 1843 28,60%
#8 Ensai

14,5 /20

Bruz Public Post-prépa 1 850 € 1994 37,90%
#9 ECE

14,4 /20

Lyon Association loi 1901 (Privé) Post-bac 9 500 € 1919 22,90%
#10 IMT Lille Douai

14,1 /20

Villeneuve-d’Ascq Public Post-bac 2 150 € 1878 25,20%
#11 Insa Rouen Normandie

14 /20

Saint-Etienne-du-Rouvray EPSCP (Public) Post-bac 601 € 1917 40,40%
#11 EPF

14 /20

Sceaux EESPIG (Privé) Post-bac 8 200 € 1925 32,30%
#13 Cesi École d’ingénieurs

13,9 /20

Nanterre Association loi 1901 (Privé) Post-bac 7 500 € 1958 12,60%
#14 Esigelec

13,7 /20

Saint-Etienne-du-Rouvray EESPIG (Privé) Post-bac 7 300 € 1901 21,40%
#15 Polytech Sorbonne

13,6 /20

Paris Public Post-bac 601 € 2005 38,70%
#16 Ensiacet – Toulouse INP

13,5 /20

Toulouse EPSCP (Public) Post-prépa 601 € 2001 45,90%
#16 IMT Mines Albi

13,5 /20

Albi Public Post-prépa 2 150 € 1992 41,50%
#18 UTBM

13,4 /20

Sevenans EPSCP (Public) Post-bac 601 € 1999 17,70%
#18 Insa Rennes

13,4 /20

Rennes EPSCP (Public) Post-bac 601 € 1966 29,40%
#18 Polytech Grenoble

13,4 /20

Saint-Martin-d’Hères Public Post-bac 601 € 1983 30,70%
#18 Polytech Nancy

13,4 /20

Vandoeuvre-lès-Nancy Public Post-bac 601 € 1960 20,90%
#18 Eigsi

13,4 /20

La Rochelle Privé Post-bac 7 150 € 1901 19,10%
#23 Polytech Nice Sophia

13,3 /20

Sophia Antipolis Public Post-bac 601 € 2005 30,30%
#23 Ecam Lyon Strasbourg

13,3 /20

Lyon EESPIG (Privé) Post-bac 7 900 € 1900 21,80%
#25 Polytech Lille

13,2 /20

Villeneuve-d’Ascq Public Post-bac 601 € 1969 34,10%
#26 ENI Metz – Lorraine INP

13,1 /20

Metz Public Post-bac 601 € 1961 14,00%
#26 ENSMM

13,1 /20

Besançon Public Post-prépa 601 € 1902 18,30%
#26 Polytech Lyon

13,1 /20

Villeurbanne Public Post-bac 601 € 1992 29,70%
#26 Polytech Paris-Saclay

13,1 /20

Orsay Public Post-bac 601 € 1983 29,40%
#26 Esme Sudria

13,1 /20

Ivry-sur-seine Privé Post-bac 9 980 € 1905 21,40%
#31 Polytech Nantes

13 /20

Nantes Public Post-bac 601 € 2000 20,00%
#31 Icam

13 /20

Lieusaint EESPIG (Privé) Post-bac 7 100 € 2015 17,80%
#33 Iteem (Centrale Lille)

12,9 /20

Villeneuve-d’Ascq Public Post-bac 2 500 € 2003 25,80%
#33 Polytech Orléans

12,9 /20

Orléans Public Post-bac 601 € 2002 27,70%
#35 Ensil-Ensci

12,8 /20

Limoges Public Post-bac 601 € 1893 35,80%
#36 Estia

12,7 /20

Bidart EESC (Privé) Post-prépa 6 600 € 1985 15,30%
#37 ENSGSI – Lorraine INP

12,6 /20

Nancy Public Post-bac 601 € 1993 46,40%
#37 Insa Centre Val-de-Loire

12,6 /20

Bourges EPSCP (Public) Post-bac 601 € 2014 28,00%
#37 Polytech Clermont-Ferrand

12,6 /20

Aubière Public Post-bac 601 € 1969 37,30%
#37 Polytech Montpellier

12,6 /20

Montpellier Public Post-bac 601 € 1969 35,70%
#37 HEI

12,6 /20

Lille EESPIG (Privé) Post-bac 7 950 € 1885 27,60%
#42 ENI Tarbes – Toulouse INP

12,4 /20

Tarbes EPSCP (Public) Post-bac 601 € 1963 14,20%
#42 Ecam-Epmi

12,4 /20

Cergy EESPIG (Privé) Post-bac 7 200 € 1992 16,70%
#42 UniLaSalle

12,4 /20

Beauvais EESPIG (Privé) Post-bac 5 780 € 2016 54,10%
#45 Polytech Angers

12,3 /20

Angers Public Post-bac 601 € 1991 37,50%
#46 ENI Brest

11,7 /20

Brest Public Post-bac 601 € 1961 15,70%
#47 Ecam Rennes

11,3 /20

Bruz EESPIG (Privé) Post-bac 7 650 € 1991 17,70%
#48 EI Cnam

11,1 /20

Paris Public Post-bac 601 € 1794 15,80%

Méthodologie du classement

Le Figaro a récolté des informations sur 164 écoles d’ingénieurs via deux sources : données certifiées (©CTI – Année 2020) et données DEFI (©CDEFI – Année 2020). Notre équipe a vérifié les informations, puis procédé au classement des écoles en fonction de leur niveau. Nous avons valorisé avec le même poids l’excellence académique des écoles, leur rayonnement international et leurs relations avec les entreprises. Nous avons choisi d’éditer notre palmarès en dix catégories distinctes. Chaque école pouvait concourir au maximum dans trois catégories.

Enseignement–Niveau des élèves : les Français derniers en Europe

Enseignement–Niveau des élèves : les Français derniers en Europe

Une nouvelle confirmation de la situation catastrophique du niveau des élèves en France. Une étude publiée mardi par l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IAE), un organisme scientifique basé aux Etats-Unis, montre que les élèves français en classe de CM1 et quatrième sont, en maths et en sciences, parmi les moins bons de l’Union européenne. Un constat auquel a réagi l’économiste Christian Saint-Etienne au micro d’Europe 1.  »C’est une déception majeure puisque les mathématiques ont été un point d’excellence de l’enseignement français depuis le début de l’enseignement primaire dans les années 1870. C’est un recul historique », souligne le spécialiste.

 

Dans le détail, cette étude TIMSS montre en effet que les élèves de CM1 affichent un score de 485 points en mathématiques et 488 en sciences, en deçà de la moyenne internationale (529 et 526 respectivement) et de la moyenne européenne (527 en maths, 522 en sciences). En quatrième, en maths, la France est aussi en retrait avec un score de 483 points, soit sous la moyenne internationale (511), et se trouve en dernière position au niveau de l’Union européenne. En sciences, avec un score de 489 points, l’Hexagone se situe aussi sous la moyenne internationale (515).

Bac 2021. Nouvelle annulation des épreuves communes et sans doute nouveau record

Bac 2021. Nouvelle annulation des épreuves communes et sans doute nouveau record

 

Deux éléments vont à nouveau marquer le bac 2021 à savoir la suppression des épreuves d’évaluation commune. Du coup, c’est surtout le contrôle continu qui sera privilégié. Compte tenu de l’environnement très perturbé du fait de la crise sanitaire, on peut s’attendre encore un record de réussite au bac en dépit de la baisse du niveau des élèves provoquée par le Coronavirus. Bref, le baccalauréat prend le chemin de l’ancien certificat d’études, puis du brevet en se dévalorisant.

Au baccalauréat 2020, on avait déjà enregistré un taux de réussite exceptionnelle après rattrapage de 95,7 % Sans épreuves finales sur table, les notes du bac été essentiellement tirées des résultats obtenus a exceptionnel premier et second trimestres. Le taux de réussite est en hausse de 7,6 points par rapport à 2019. On s’oriente tout doucement vers les 100 % ou presque.

Ce sont les moyennes de bulletins scolaires des élèves de première et de terminale qui les remplaceront. En pratique, cette mesure concerne l’histoire-géographie, les langues vivantes, et la spécialité qui n’est pas poursuivie en terminale, ainsi que les mathématiques pour la voie technologique et l’enseignement scientifique pour la voie générale. Les évaluations communes de première sont également annulées.

Les épreuves terminales de spécialité sont maintenues en mars prochain, mais leurs modalités sont adaptées pour tenir compte du contexte sanitaire. Concrètement, cela permettra la prise en compte des notes obtenues aux épreuves de spécialité au sein de Parcoursup, dont le calendrier sera inchangé.

Le format des épreuves de spécialité sera adapté pour garantir que les élèves seront interrogés sur des éléments effectivement étudiés . Toutes les disciplines concernées proposeront deux sujets ou des exercices au choix afin de couvrir l’ensemble des thématiques étudiées ;

Enfin, pour les candidats empêchés pour cause de force majeure aux épreuves de spécialité du mois de mars, les épreuves de remplacement auront lieu au mois de juin.

Crise sanitaire : « les conséquences graves chez les élèves »

Crise sanitaire : « les conséquences graves chez les élèves »

La crise sanitaire ne sera pas sans dommage pour l’enseignement et les élèves pour  Andreas Schleicher , à la tête de la direction de l’éducation et des compétences de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il est également conseiller spécial du secrétaire général, chargé de la politique de l’éducation. Il a notamment lancé le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa).( Interview dans l’Opinion)

Pendant ce reconfinement, l’école reste ouverte en France. Une décision que vous saluez.

Oui, tant la fermeture des écoles au printemps a eu des conséquences négatives. A court terme, pour les élèves qui ont « décroché », mais aussi, à plus long terme, sur les apprentissages en général. Il est encourageant de constater que, dans ce nouveau confinement, le maintien de l’ouverture des écoles a désormais la priorité sur celui des bars et des restaurants.

Avec le recul, quels sont les pays de l’OCDE qui se sortent le mieux de cette période ?

Les pays qui ont des systèmes éducatifs misant sur l’innovation et la coopération tirent leur épingle du jeu. Comme le Danemark, l’Estonie, plusieurs régions en Allemagne et une large partie de l’Asie. Ils ont pour caractéristique commune de donner une très large marge de manœuvre aux enseignants, mais aussi aux responsables des établissements. L’autonomie professionnelle, l’éducation collaborative ne sont pas que des mots. Face à une situation de crise, elles permettent d’être plus agile et plus résilient.

« Les professeurs, dans leur grande majorité, travaillent de façon trop isolée, sans coopérer avec leurs collègues, sans être incités à prendre des initiatives »

A cet égard, quelles sont les principales lacunes du système français ?

Les professeurs, dans leur grande majorité, travaillent de façon trop isolée, sans coopérer avec leurs collègues, sans être incités à prendre des initiatives. Bien sûr, des initiatives individuelles formidables existent mais, globalement, le travail en solitaire est ancré dans les habitudes et dans les mentalités. Pour prendre une image, l’éducation pourrait s’inspirer de l’hôpital où les médecins soignent, mais font aussi de la recherche, expérimentent, échangent sur leurs pratiques. C’est ce qui manque au système éducatif français : s’intéresser systématiquement à ce que fait son voisin.

Quelles formes concrètes prend cette collaboration dans d’autres pays ?

L’exemple extrême est celui de la Chine où les enseignants y consacrent la moitié de leur temps. Ils échangent beaucoup avec leurs collègues, discutent avec les parents. Ils ne sont pas seulement des « profs », ils sont aussi des mentors, des coachs, des animateurs et des travailleurs sociaux vis-à-vis de leurs élèves. Cette conception de l’éducation a également cours dans les pays scandinaves comme le Danemark, la Finlande ou l’Estonie. Dans dix ans, ce dont les élèves se souviendront peut-être le plus, c’est l’enseignant qui a veillé sur eux, qui a été à l’écoute et qui les a aidés à aller de l’avant. En période de pandémie, l’école reste souvent un repère de stabilité. L’Espagne s’est bien débrouillée aussi, notamment parce que les partenariats public-privé ont été multipliés et des initiatives très intéressantes pour l’éducation par de multiples canaux, notamment en ligne, à la télévision et à la radio, ont été prises.

« On arrive à un coût stupéfiant à long terme de 2 000 milliards d’euros pour la France » 

L’OCDE a commencé à mesurer les conséquences des pertes dans les apprentissages. Quelles sont-elles ?

Il est naturel qu’une grande partie de l’attention du public se concentre aujourd’hui sur les défis à court terme en matière de santé et d’emploi. Mais les lacunes dans l’apprentissage qui découlent des fermetures d’écoles jetteront une ombre durable sur le bien-être économique des individus et des nations. Les personnes moins qualifiées seront moins productives, moins aptes à participer aux activités économiques et sociales et plus susceptibles de bénéficier de transferts sociaux. Et contrairement à l’impact économique direct de la pandémie, qui sera temporaire, ces effets se feront probablement sentir longtemps. Pour dire les choses simplement, nos écoles d’aujourd’hui sont nos économies de demain. Nous estimons que les élèves peuvent s’attendre à une baisse de revenus de quelque 3 % sur l’ensemble de leur vie. Ce calcul est basé sur des pertes d’apprentissage déjà équivalentes à un tiers de l’année scolaire en moyenne. Projeté sur nos économies, on arrive à un coût stupéfiant à long terme de 2 000 milliards d’euros pour la France. Et ce n’est que la moyenne. Les effets pour les élèves issus de familles défavorisées seront beaucoup plus importants.

Vous échangez souvent avec le ministre Jean-Michel Blanquer. Quelle appréciation portez-vous sur sa gestion de la crise ?

Jean-Michel Blanquer est sans doute l’un des meilleurs experts de l’éducation, et l’expertise est rare parmi les principaux décideurs politiques en Europe. Le problème majeur est le poids de la bureaucratie qui rend très difficile la mise en place de pratiques innovantes dans le système scolaire. L’idéal serait d’inclure les enseignants dans l’élaboration des politiques éducatives. Il n’est pas difficile d’introduire de nouvelles idées à l’école. Mais il est bien plus important de trouver ce qui fonctionne vraiment dans les salles de classe, de les mettre à l’échelle et de les diffuser. Lors d’une crise, la question n’est pas de savoir combien de personnes suivent les instructions, mais plutôt quelle est la qualité de leur collaboration

Critique de l’école obligatoire à trois ans

 Critique de l’école obligatoire à trois ans

L’école obligatoire à trois ans est déjà critiquée par certains au motif pour Claude Lelièvre Historien, spécialiste de l’éducation qu’elle correspond notamment davantage un motif de laïcité qu’à un motif d’instruction. Un point de vue qu’on peut discuter quand on sait que la structure mentale et les capacités cognitives sont largement déterminées dès les premières années.(Tribune dans le Monde)

En évoquant l’instauration de la mixité pour présenter sa décision de mettre fin à « l’école à la maison », Emmanuel Macron se trompe. En revanche, la référence aux lois de Jules Ferry dénote une radicalité au moins dans l’esprit, souligne, dans une tribune au « Monde », l’historien de l’école Claude Lelièvre.

Tribune. Annonçant, le 2 octobre, son intention de rendre obligatoire l’instruction à l’école, donc d’interdire l’école à la maison sauf impératifs de santé, le président de la République a affirmé en préambule que cette « décision est sans doute l’une des plus radicales depuis les lois de 1882 [les lois de Jules Ferry de 1881 et 1882 sur l’instruction primaire obligatoire, gratuite et laïque] et celle assurant la mixité scolaire entre garçons et filles en 1969 ».

La référence à la « décision » ou à la « loi » « assurant la mixité scolaire en 1969 » laisse perplexe comme précédent historique « radical », car il n’y a eu ni loi ni décision majeure en 1969. Certes, l’historien Antoine Prost a déjà souligné que « l’école primaire actuelle se structure de façon très différente de celle de Jules Ferry : il y a un siècle, on mélangeait les âges mais on séparait les sexes ; aujourd’hui, on mélange les sexes, mais on distingue soigneusement les âges » (dans la revue Histoire de l’éducation, avril 1982, n°4).

 

Mais la « mise en mixité » s’est essentiellement effectuée durant la décennie des années 1960 pour l’école primaire et le collège, et durant celle des années 1970 pour les lycées, par de simples mesures administratives et circulaires, au nom d’objectifs gestionnaires et pédagogiques Tout juste peut-on mentionner la circulaire aux recteurs du 15 juin 1969, qui marque une simple inflexion d’un processus déjà bien engagé : « Si, en matière de mixité, l’arbitrage de l’administration centrale avait longtemps semblé nécessaire, il apparaît aujourd’hui que la mixité ne semble guère rencontrer d’opposition. La délégation de pouvoirs qui vous est donnée devrait en conséquence permettre d’accélérer l’extension de la mixité partout où elle présente des avantages certains sur le plan pédagogique. » Exit donc ce précédent d’une « décision radicale ». 

En revanche, Emmanuel Macron peut avoir des raisons de mentionner le précédent historique « radical » « des lois de 1882 » ou plutôt des deux aspects de la loi du 28 mars 1882, et sans doute davantage leur aspect « laïcité » que la dimension « obligation d’instruction ». Jules Ferry lui-même n’a jamais mis en avant dans son œuvre scolaire « l’obligation d’instruction » dans laquelle il voyait surtout l’achèvement d’un long processus (la fréquentation scolaire des filles comme des garçons étant déjà bien avancée dans les faits lorsqu’il a légiféré).

L’abandon de l’enseignement technique responsable de l’écroulement économique de la France

L’abandon de l’enseignement technique responsable de l’écroulement économique de la France

Pierre Vellay, ancien directeur de la flotte d’Air France et grand expert de l’industrie aéronautique, explique dans la Tribune les raisons profondes de la désindustrialisation de la France et partage ses recommandations pour inverser la tendance.

 

 

En 1955, soit 10 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, l’enseignement technique français complétait l’enseignement dit « classique » dans lequel les « bons » devaient faire du latin et celui dit « moderne », qui était une sorte de « dépotoir » des élèves qui étaient entrés avec difficulté en 6eaprès avoir toutefois réussi l’examen de passage, examen supprimé en 1957.

Toujours à cette période furent créés les lycées techniques d’Etat, qui acceptaient les élèves à partir de la 6eme, puis les sélectionnaient avec un concours de passage en 4eme. Les premiers étaient orientés vers l’ENP, Ecole Nationale Professionnelle, et les autres vers une filière technique débouchant sur les diplômes de techniciens ou de techniciens supérieurs pour les meilleurs.

En 1963, Fouchet, ministre de l’éducation nationale de De Gaulle décida de réformer l’enseignement technique, d’une part en dégradant le contenu des programmes, tels que la Physique et la Chimie, en ne les enseignant plus qu’à partir de la seconde au lieu de la quatrième, d’autre part en cherchant à « démocratiser » le contenu technique par la création les Instituts Universitaires de Technologie (IUT), considérés à l’époque comme une voie de garage pour ceux qui ne pouvaient intégrer les Ecoles d’ingénieurs, grandes et petites, respectivement ENSI et ENI, le S pour supérieur. Le mot « technologie » était sensé dorer le blason de cette orientation nouvelle.

Les mesures de cette réforme, comme pour toute réforme, pouvaient être habilement présentées comme une amélioration, un progrès, en permettant à tous de trouver une formation, en adéquation avec les capacités intellectuelles, tout en occultant l’élitisme hyper-sélectif attaché aux fameuses grandes écoles d’ingénieurs, écoles gratuites, contrairement aux très chères « grandes » écoles commerciales.

La France avait d’autant plus besoin d’ingénieurs et de techniciens, que la politique d’indépendance nationale, stratégique, militaire et nucléaire d’alors imposait.

Quelques années plus tard, en 1986, un haut fonctionnaire, responsable de la Direction des Relations Internationales à la DGA (Délégation Générale de l’Armement), présentait lors d’une session au CHEAR (Centre des hautes études de l’Armement), le Rafale comme étant le dernier avion que la France développerait avec sa seule compétence, avion, moteur, système d’armes etc. Il citait à ce titre De Gaulle qui « aurait » dit, « pour être indépendant nous devons être présent partout même médiocrement », ce propos s’opposant au concept des alliances entre partenaires industriels de nations différentes détenteurs de « pôles d’excellence ». Au talent des Français de transformer le médiocre en excellence. A noter que le démonstrateur Rafale était équipé de moteurs américains GE F404, remplacés ultérieurement par le M88 de SNECMA.

Revenons aux IUT. Par chance, le corps des enseignants technique s’évertua à ce que les IUT soient des centres de formation plus spécialisés, aux domaines de compétence plus étendus, non limités au caractère technique et pratique des ateliers de production mécanique ou électrique/électronique. En 1965, l’informatique balbutiait et les premiers calculateurs étaient constitués de tores magnétiques placés sur des grilles en forme de cannage (voir ou revoir les publications de Louis Leprince Ringuet). En 1970, l’Institut Français du pétrole possédait un des deux calculateurs Control Data les plus puissants de la planète pour résoudre les matrices des équations de raffinage. La puissance de mon smartphone aujourd’hui est très supérieure à celle qu’avait ce calculateur.

En octobre 1973, le premier choc pétrolier, en pleine période de développement industriel (TGV, aéroport de Roissy, programme CFM, Airbus…, programmes soutenus par le Président de la République de l’époque, Georges Pompidou ) met un terme à une période industrielle «  glorieuse ».

La hausse brutale du coût de l’énergie, par épisodes successifs, s’est accompagnée à la fin de cette décennie d’une inflation de l’ordre de 18% pendant plusieurs années, avec un impact fort sur les modèles économiques et sociaux de l’époque. La France n’avait pas de pétrole, mais elle n’avait pas non plus d’idées ni de solutions crédibles à cette crise amplifiée par une politique calamiteuse menée par un président de la République méprisant ces secteurs de la recherche et de l’industrie, à l’exception de domaines privilégiés dans les mains de lobbies puissants (SNCF-TGV par exemple). Qui se souvient encore de cette période noire pour Airbus où les ventes ne décollaient pas, avec un marché américain fermé et un transport aérien sinistré. Puis ce fut l’élection présidentielle de mai 1981 et l’arrivée de la gauche au pouvoir, avec un programme dit commun et une liste fameuse de promesses attractives individuellement mais inconciliables dans leur agrégation. Avec Pierre Mauroy, premier ministre, la France ou plutôt les Français durent subir le contrôle des changes, avec son impact sur la balance du commerce extérieur, le plafonnement des salaires médians et surtout la 39eme heure. Comment ignorer que 40, c’était 5 fois 8 heures, et que 3 fois 8 égalent 24 heures. Cette réduction d’une heure a déstructuré le système et les organisations de toutes les entreprises travaillant en équipes voire 7 jours sur 7. Cette décision fut vraisemblablement nourrie par la dérive continue du chômage avec cette théorie infantile que l’emploi pouvait être maintenu en partageant la charge de travail, tout en ignorant totalement que la charge de travail est directement liée à la compétitivité.

Une personnalité iconique de la gauche ayant le même prénom que moi, m’avait confié que cette mesure dite des 39 heures était une absurdité de démagogie électoraliste. Cette réduction d’une heure devait initialement être le début d’un processus progressif, 39-38-37 etc. Le résultat quasi immédiat de cette réduction de la première heure eut un impact amplifié par l’élasticité de l’incidence de la double augmentation des taux horaires (39 payées 40 et désorganisation du travail en équipes), sur la compétitivité et une chute de plusieurs points de celle-ci. Le coût de la protection sociale croissant avec une fiscalité oppressante, confiscatoire et démagogiquement sélective, les Français ont perçu un risque de baisse de leur pouvoir d’achat, à la lecture d’indices exotiques judicieusement choisis, traitant l’évolution du coût de l’énergie par omission.

Ce constat latent a été le catalyseur d’un phénomène qui fonctionne comme l’entropie universelle avec une évolution à tendance unique de croissance. Comment pousser le citoyen, qui fondamentalement ignore que les règles de la macro-économie sont à l’opposé de celles de la micro-économie domestique, à consommer davantage avec des revenus nets en diminution. La solution : pratiquer une baisse des prix sur les articles courants par une importation massive de pays à bas coûts de production.

De plus, durant cette même période, des mesures de protection de l’emploi telle que le FNE, favorisant naïvement les départs (deux pour une embauche), ne faisaient que plomber l’économie future du pays et ses équilibres budgétaires.

Simultanément, l’industrie française devenant de moins en moins compétitive, avec une recherche et une capacité d’innovation affaiblie, la pression pour consommer se faisant plus forte, plusieurs actions concomitantes ont eu des effets retardateurs dont nous ne faisons qu’entrevoir les conséquences.

Les conditions qu’il fallait satisfaire pour exporter

Et tout ceci sans évoquer le coup de grâce avec les 35 heures, les RTT et les jours de congés additionnels d’hiver.

Pour pouvoir exporter nos produits, en contre partie des importations asiatiques massives et des achats pétroliers et gaziers, il fallait satisfaire plusieurs conditions :

- La qualité, la nouveauté et l’originalité du produit pour tenter de compenser, même très partiellement une acceptation du surcoût de production engendré par les horaires, les congés et les doubles charges sociales salarié/employeur,

- pour la même raison de surcoût, être capable de valoriser la valeur ajoutée de la « francité »

- être capable de produire en continu, depuis la conception jusqu’au support après-vente,

- être capable d’identifier les marchés, par nature et par zone géographique

Or les acheteurs potentiels ne se trouvaient pas sur des marchés déjà saturés ou matures, européens ou américains du nord, mais plutôt chez les BRIC ou assimilés, parmi lesquels des pays très émergents et avides de technologies.

Offsets

Précisément, ces mêmes pays avaient pour la plupart des taux de main d’œuvre bas, pour de multiples raisons que la morale d’état et l’éthique devraient réprouver, et cette soif de technologie fut satisfaite de la façon la plus naïve qui soit et qui se nomme « les compensations » ou offsets. Ceci n’est qu’une forme moderne du troc, où l’on achète du matériel sophistiqué contre des achats de matériels plus rustiques, ou quand le pays acheteur souhaite participer très modestement et hypocritement à la fabrication ou à l’assemblage du produit acheté, les volumes de ces compensations étant pondérés par le niveau de technologie transférée associée à la production sous traitée.

Ce principe de compensation fut rejeté à l’époque par Edouard Balladur qui déclara à Jacques Cresson, alors à la BFCE, que cette pratique était digne des républiques bananières. Ce qui est à la fois vrai et contestable tout comme la légitimité du marchandage. Marchande-t-on l’achat d’un foulard chez Hermès comme celui d’un tapis dans un souk ? Ne pas oublier que le crédit mit un terme à l’exclusivité du troc et fut à l’origine de la monnaie. Les compensations industrielles ont aussi des vertus dans le cadre d’alliances industrielles raisonnées.

Et c’est ainsi que des pays critiques, « politiquement, socialement » sont devenus des leaders mondiaux en informatique, demain, en intelligence artificielle, et ainsi inondent la planète avec les produits de consommation courante, au point d’assécher les ateliers des pays dits occidentaux, civilisés et libres. Cela permet aussi à Israël, l’Inde, la Chine, avec des développements informatiques liés irréversiblement à notre Défense et à nos armements, voire notre quotidien, de fragiliser notre sécurité, notre identité, notre vie privée et notre intimité.

L’Intelligence artificielle ne sera pas l’antidote de la stupidité naturelle. D’ailleurs faut il un ordinateur pour savoir que 24 n’est pas la moitié de 58, comme le pensaient, parait-il, Cécile Dufflot et Martine Aubry, en novembre 2011, ayant décidé dans le cadre d’un accord électoral de rassemblement gauche/verts, de fermer à terme 50% des 58 centrales nucléaires. Amateurisme, bluff, manque de sérieux pour des promesses de campagne, ou déficience en calcul mental, ou le tout « en même temps

Le concept d’intelligence artificielle aura un peu de crédit quand les prévisions météorologiques, à 48 heures seront fiables, ce qui n’est toujours pas le cas en utilisant les calculateurs parmi les plus puissants de la planète capables de 20 pétaflops.

A ce sujet, il faut rappeler la définition du mot : intelligence. L’art de lire entre les lignes. N’est ce pas la définition anglo-saxonne de l’espionnage et du déchiffrement ? Ce concept qualifié d’intelligent est plutôt perçu aujourd’hui comme un outil de traitement et de réconciliation des montagnes de données désordonnées accumulées aléatoirement. Ceci reste une lecture SUR ce qui se trouve sur les lignes, pas ENTRE.

Tsunami des importations chinoises

La recherche de coût de production les plus bas a aussi conduit à ce que ces mêmes ateliers sous traitent massivement les fabrications puis, les ateliers amaigris et situés en dessous des masses critiques se sont vus « externalisés », délocalisés, vers des pays qui ne se voulaient pas voir leur rôle réduit à celui d’exécuteurs de taches pratiques mais être partie prenante dans la conception.

Le transfert des populations des campagnes vers les villes, en Chine, induit par la mécanisation, a contribué au sur-développement des unités de production industrielle, donc au besoin d’exporter, facilité par des salaires horaires indécents.

Est-ce la satisfaction du superflu ou le tsunami des importations chinoises massives qui soutiennent la croissance ? L’obsolescence programmée d’articles usuels du quotidien aide-t-elle la production ou favorise-t-elle les importations, la réparabilité est elle une entrave à la production et au « réachat » de renouvellement imposé par une fiabilité plafonnée ?

Offrir du support

Les producteurs occidentaux se sont alors trouvés confrontés à ce problème : comment continuer à vendre leurs produits, quand les coûts de production, après toutes les acrobaties évoquées ci avant, sont encore supérieurs à leur valeur d’usage, selon des modèles économiques et comptables devenus universels. Réponse : en offrant du service. Initialement ce service dit d’après-vente se nommait « support produit », product support, qui devint soutien client, customer support.

Mais pour que ce nouveau modèle soit viable, il devenait impératif que le client soit captif du soutien offert (très cher, mais très progressivement) par le fournisseur originel, le moyen pour celui-ci fut donc de bloquer l’accès aux données techniques permettant la réparation par soi même ou pour des tiers du matériel fourni, principe nommé « propriété industrielle ».

Ceci a eu comme autre impact de masquer sous l’appellation de concessions commerciales ce qui n’était en fait que du préfinancement très cher devant être remboursé par les coûts de rechanges et des services de maintenance ou d’évolution du produit ou de consommables associés (cf. : prix élevé à coût quasi nul des mises à jour des logiciels du quotidien, prix des encres d’impression…)

La crise protéiforme que nous traversons, sanitaire, technique, sociale, politique, règlementaire, écologique a accéléré une sorte de prise de conscience collective, difficilement gérable par des politiques incapables de trouver, comme pour la météo, dans leurs connaissances actuelles, des situations précédentes similaires, qui faciliteraient les prédictions et orientations à prendre.

Les plateformes médiatiques sont les courroies instables de la transmission de messages ou de directives contradictoires, inconstantes et polluées par des considérations électoralistes d’échéances plus ou moins lointaines.

On dit, depuis l’antiquité, qu’il est impossible de résoudre la quadrature du cercle car on ne peut concilier un nombre algébrique à un nombre transcendant (Pi) tout comme la trisection de l’angle ou la duplication du cube. C’est ainsi que se pose l’équation d’aujourd’hui :

Comment en un temps relativement court, peut-on, sans critères particuliers de classement prioritaire, trouver les solutions à une telle équation implicite dans laquelle les différents facteurs sont dépendants:

- venir à bout de la pandémie,

- identifier les effets de cette crise sanitaire sur tous les domaines impactés, humains et matériels, économiques et politiques

-retrouver une partie de notre indépendance nationale, avec une analyse réaliste et programmable de ce qui est « rapatriable », sans remise en question des alliances historiques, associées à des échanges commerciaux bilatéraux,

- créer des emplois stables non assistés

maitriser les coûts de concept, d’industrialisation, de production, de soutien

- soutenir l’innovation créatrice et l’imagination fertile, la recherche

-inventer une approche nouvelle d‘agrément et de certification pour les produits en rupture technologique, quand le certificateur est moins compétent que l’innovateur,

- favoriser les échanges technologiques et la fécondation croisée des concepts innovants

- ne pas assécher les esprits par un excès d’utilisation de logiciels à intelligence réductrice et uniformisante. Exemple des architectes d’aujourd’hui qui ignorent ce que sont le plan, l’angle droit, le fil à plomb, leurs créations étant toutes assistées pour générer des surfaces réglées de Xieme ordre (syndrome de l’Opéra de Sydney). Savent-ils encore tenir un crayon et selon un sacro-saint principe de prudence, calculer manuellement l’ordre de grandeur du résultat attendu en termes de résistance ? L’effondrement du terminal 2E de Roissy, ou l’entrée en résonnance de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor n’en seraient-ils pas des exemples parmi d’autres ?

- ne pas considérer l’assistance par les outils informatiques tantôt comme une orthèse tantôt une prothèse à l’imagination et à la création, un tuteur ou un substitut,

- veiller à ne pas élire des PMIR, politiques à mobilité intellectuelle réduite

motiver la jeunesse pour revenir sur des formations utiles, pratiques, tangibles, pérennes, saines, éloignées des phantasmes du football, du cinéma, de la téléréalité et de la communication

- apprendre à la jeunesse à écrire, lire, dessiner, planter, nager en eau claire, jouer d’un instrument, éduquer sa mémoire

- trouver un équilibre entre nos importations et exportations sans distorsion des règles comptables et financières, sans protectionnisme stérilisant

-réduire l’obésité des technostructures des grandes entreprises et de l’administration publique, conséquence d’une sédimentation historique de fonctions surabondantes justifiant des embauches

- revenir à des systèmes horaires de travail simples

- approcher le principe de la compétitivité sous un angle différent. Mitterrand avait déclaré : pour lutter contre le chômage nous avons tout essayé et rien n’a marché…et pour cause : on crée de l’emploi par de la charge de travail et non par le partage altérant la compétitivité. On ne gagne jamais une course de sprint ou d’endurance, en partant dans le sens opposé.

- trouver un équilibre entre les charges de travail humaine et mécanique ; Les investissements en machines-outils modernes modifient progressivement et durablement le rapport dit Homme/machine, qui est passé en peu de temps, dans certains secteurs de moyenne série, de deux hommes par machines à un homme pour trois machines, tout en accompagnant la sophistication des process de fabrication.

- réviser le format et la construction des taux horaires de main d’œuvre et de service,

- gérer avec pertinence le durcissement des règles sécuritaires et environnementales

- ne pas avoir à associer systématiquement écologie à punition, contraintes, taxes et avec des campagnes de promotion d’amélioration énergétique discriminatoires

- savoir identifier dans toute mesure dite écologique les effets secondaires d’un déséquilibre des lois de la nature,

- faire définir le cadre de la transition énergétique par des spécialistes impartiaux et neutres et compétents

- éviter le piège tendu aux incompétents des technologies périssables

- analyser la santé des entreprises sur une base annuelle et non trimestriellement (saisonnalité des activités, tourisme, transport aérien, viticulture…). Une mauvaise analyse pénalise le « rating bancaire », les levées de fonds et l’attraction boursière.

- apprécier la création de valeur par une juste approche financière, comptable et économique,

- mettre un frein à la bétonisation de nos campagnes. Ronds-points et grandes surfaces, et les gigantesques hangars de stockage de produits importés d’Asie ou d’achats internet en transit, contribuent à la désertification de nos campagnes.

- protéger la biodiversité animale et végétale, maintenir la diversité variétale sans imposer de normes de calibration de la nature

- visiter tous les musées traitant de notre histoire, de nos découvertes, de nos traditions artistiques et manufacturières. Il n’existe plus qu’une seule fabrique de clous et de pointes en Europe, à Creil et classée au Patrimoine Vivant. Le procédé d’élaboration des panneaux de verre églomisé des encadrements des devantures des boulangeries et charcuteries est partiellement perdu. La restauration des antiquités et monuments dégradés montre le potentiel résiduel et l’attrait pour des techniques redécouvertes, prouvant le génie de nos anciens.

- recentrer les études des écoles et grandes écoles techniques et scientifiques sur leur corps de métier et leur spécificité et que le complément de formation managériale ne se substitue pas à la compétence technique et ne trouve son application que lorsque la relève est assurée par la génération suivante de techniciens,

- s’assurer que les avis scientifiques de nos gouvernants ne seront pas pollués par l’opinion, collectée sur les chaines d’information continue et des organismes de sondages qui devraient revoir le sketch de Jean Marie Bigard sur ce thème et l’art d’interroger avec des questions stupides.

-demander à nos politiques de délivrer leurs messages et non ceux formatés par des communicants mimétiques, « manche à air » à la recherche de l’expression courte que pourront retenir les médias pour leurs titres

- demander aux journalistes de poser des questions ouvertes et non fermées en proposant la réponse, en y apportant toutefois aucune attention, déjà concentrés sur la question suivante,

- éviter qu’après chaque intervention télévisée d’une personnalité politique, les pseudo journalistes/présentateurs nous expliquent ce que nous aurions dû comprendre et ce qu’il fallait retenir, et qu’eux seuls ont été suffisamment intelligents pour décrypter (entre les mots !)

ouvrir au public, dans le cadre du développement muséal de Paris, de l’éducation et du rayonnement culturel de la France, les palais et autres hôtels particuliers (payés et entretenus par les contribuables qui en sont collectivement propriétaires) de nos ministères qui pourraient être relogés dans d’anciennes casernes désaffectées et transformables en « campus ministériel »

- forcer nos gouvernants actuels ou futurs candidats à raisonner au-delà des futures échéances électorales. Quand Colbert avait sélectionné les chênes de la Forêt de Tronçais, il pensait à la fabrication de la mature des navires 200 ans plus tard.

- prendre en compte la temporalité de l’industrie et des grands programmes, avec des décisions à effets différés, des retours d’investissement longs, à l’opposé des secteurs virtuels sans inertie et spéculatifs (communication/média)

réhabiliter l’enseignement technique semble une absolue priorité, de l’apprenti à l’ingénieur, y compris dans les écoles d’application (sup-Aéro, Mines, Ponts, Pétrole, Télécoms…). Cette réhabilitation est celle du rééquilibrage d’image entre les fonctions productives et tertiaires, entre les cols bleus et les cols blancs, entre le tangible et la finance, entre les actifs et les assistés perpétuels. Elle est indispensable à la motivation des acteurs.

Au-delà de ces recommandations ciblées sur la réhabilitation du secteur technique et scientifique, dont le succès sera subordonné à la capacité collective de modifier les comportements laxistes, il y en aurait d’autres à caractère plus politique telles que :

La remise en première ligne du mot « autorité »devenu un gros mot, dans la famille, à l’école, dans l’entreprise, redonner un sens à la notion de hiérarchie, après être passé d’un système vertical pyramidal à une totale horizontalité, presque concave, où la notion de représentativité est rejetée sous le prétexte d’être tous supposés égaux, en instruction, en culture, en résistance physique, en compétence, en intelligence,

-       Comprendre que le développement des « services « commerciaux d’après-vente, ne sont que le constat de l’incapacité de produire localement à des coûts (prix de revient) permettant de dégager un profit pour un prix de vente cohérent avec la valeur d’usage du bien, le client étant captif du fournisseur,

-       La réflexion faite par un leader des Républicains, rencontré par hasard, me déclarant que la « politique » manquait d’ingénieurs

-       En politique, comme dans les centres de recherche, nécessité de mixer jeunes et anciens, inventivité candide des uns et expérience résultant des succès et des échecs des autres,

-       Une capacité de gérer les solutions de continuité en période de chocs et de rupture (énergétique, économique, sociale, sociétale, technologique, générationnelle, culturelle, religieuse, politique …),

-       Associer le manuel et l’intellectuel, la main et le cerveau. Les architectes et les ingénieurs ne savent plus dessiner avec un crayon, l’écriture manuscrite disparait derrière le clavier, le pouce remplace l’index comme doigt dominant, la carte mémoire remplace les neurones.

Un enjeu majeur de demain pour retrouver notre liberté altérée par la dépendance à des fournisseurs extérieurs exclusifs, sera de trouver la juste consolidation isostatiquement équilibrée entre les capacités manuelles et intellectuelles, confortées par le développement du numérique qui devra servir de sécurité (assistance, validation, sauvegarde…), à condition que les outils de stockage des données soient éternellement pérennes et que la calibration des algorithmes reste humainement possible. Observons les peintures de Lascaux, les mosaïques de Pompéi, les schémas de Léonard, l’Art figuratif des siècles derniers, pour nous demander ce qui restera comme traces des bases de notre culture (littéraire, artistique, photographique, scientifique…)  dématérialisée sur des supports magnétiques ou numériques à courte durée de vie, voire dans les « nuages » non localisables.

Université : revoir la formation a distance

Université : revoir  la formation 

La formation à distance en question d’après  un collectif d’universitaire dans une tribune au Monde.

Tribune.

 

Au cours des derniers mois, les acteurs de l’enseignement supérieur ont été confrontés à la nécessité de déployer dans l’urgence et, souvent, avec une grande impréparation, la formation à distance (FAD). Il est trop tôt pour appréhender toutes les conséquences de cette conversion forcée.

Il nous semble cependant utile d’interroger dès à présent ce qui justifierait, aujourd’hui plus qu’hier, le fait de pérenniser, voire de généraliser cette modalité d’enseignement, tel que le souhaiteraient certains décideurs.

Contrairement à d’autres outils qui ont marqué la formation universitaire, la FAD ne s’est pas invitée comme une modalité novatrice, susceptible d’améliorer les pratiques professionnelles. Elle s’est imposée avec une grande brutalité, à l’occasion d’une situation sanitaire exceptionnelle, comme un substitut à l’enseignement présentiel, alors même que l’immense majorité des enseignants et des étudiants n’avaient auparavant ni la volonté, ni les besoins, ni les moyens de l’utiliser.

Or, sur le plan pédagogique, aucune théorie de la cognition ne permet de soutenir que la FAD soit associée à une quelconque valeur ajoutée par rapport à la formation présentielle. Il est de surcroît largement documenté que la formation à distance génère plus d’abandons et d’échecs.

Ce constat fut de nouveau dressé il y a une dizaine d’années, lorsque les formations en ligne ouvertes à tous (les MOOC, Massive Open Online Course, ou « cours en ligne »), dynamisées par l’essor des nouvelles technologies et une affiliation à de prestigieuses universités, firent une entrée fracassante en incarnant, selon certains, l’avenir de l’enseignement supérieur. La plupart des MOOC étaient pourtant le stéréotype de l’ancestral et désuet paradigme d’enseignement, dans lequel un expert parle à des gens qui l’écoutent, sur un mode strictement expositif et transmissif.

De surcroît, de 5 % à 10 % seulement des participants à un MOOC en suivaient l’intégralité. Les MOOC se sont ainsi révélés être avant tout un outil marketing, imaginé et porté par des institutions, essentiellement nord-américaines, désireuses d’augmenter leur nombre d’étudiants et leurs revenus (être certifié à l’issue d’un MOOC pouvait coûter très cher).

L’évaluation du niveau scolaire contestée !

L’évaluation du niveau scolaire contestée !

 

L’opération d’évaluation du niveau scolaire est encore contestée par les syndicats d’enseignants. Il est clair que la crise sanitaire a pu avoir des effets qui pèseront de façon négative sur les résultats mais plus fondamentalement les enseignants n’apprécient pas le principe d’évaluation. Cela d’autant plus que les classements mondiaux montrent une détérioration du système d’enseignement français. Majoritaire dans le second degré, le Snes craint aussi des «évaluations standardisées généralisées», qui reviendraient à évaluer «aussi les enseignants». Observons d’ailleurs la même réticence dans la plupart des services publics. Les services de l’État n’aiment pas être évalués.

 

.Les évaluations nationales commencent donc ce lundi 14 septembre en CP, CE1 et sixième. En seconde, des tests de positionnements sont prévus. Ces dispositifs existent depuis 2018, mais ils prennent une nouvelle dimension, à l’aune de la crise du Covid.

Les résultats seront-ils plus inquiétants qu’en 2019? L’an dernier, plus de 27% des élèves de CE1 n’arrivaient pas à lire plus de 30 mots dans une liste donnée. Et seuls 24% et 10% d’entre eux réussissaient respectivement l’ensemble des additions et des soustractions données. Avec des écarts selon les milieux sociaux. Dans l’éducation prioritaire, 62% des élèves lisaient «de manière satisfaisante», contre 72% hors éducation prioritaire. Un constat inquiétant quand on sait que la lecture assoit l’ensemble des apprentissages. En 2019, toujours, 17% des élèves arrivaient au collège sans maîtriser correctement le français. Une proportion qui grimpait à 37% dans l’éducation prioritaire renforcée. En sixième, justement, le ministre a prévu cette année une évaluation «musclée» qui permettra notamment de mesurer la «fluidité en lecture».

Comment évaluer l’école ?

 Comment évaluer l’école ?

Le nouveau Conseil d’évaluation de l’école, installé en juin, vise le développement d’une « culture de l’évaluation » à l’école. Roger-François Gauthier, ancien inspecteur général, et Stéphane Foin, professeur agrégé, réfléchissent à des indicateurs pertinents.

Tribune.

Le Conseil d’évaluation de l’école, installé à la fin du mois de juin, vise, après tant d’autres institutions qui en avaient fait leur objectif, le développement d’une « culture de l’évaluation » à l’école. Si la formule est loin non seulement de faire l’unanimité mais aussi de retenir l’attention de la plupart des acteurs de terrain, le nouveau conseil va s’attaquer à un problème qui a été décrit depuis plus de quinze ans comme une spécificité française : la France est encore l’un des rares pays, ou peut-être le seul, où les écoles, collèges et lycées ne sont pas évalués dans leur globalité.

C’est-à-dire qu’on ne demande pas, de façon systématique, régulière, homogène mais surtout publique, aux établissements scolaires où ils en sont ni comment ils progressent. Et on ne met surtout pas ces informations à disposition des parents.

En France, on inspecte des personnes individuellement, alors que, dans la plupart des pays, on préfère approcher l’ensemble des conditions qui font qu’un établissement scolaire réussit, ou non, au service de ses élèves. On a bien des séries statistiques de réussite au brevet, au bac, des tests français ou internationaux qui se multiplient pour tenter de mesurer les connaissances acquises par les élèves, mais ce n’est pas la seule chose qu’on attend. Les parents, notamment. Ils attendent, au fond, même si le mot n’est pas souvent prononcé en matière d’éducation, quelque chose comme une « qualité » pour l’école de leurs enfants. Mais comment vraiment la mesurer ?

Certes, nous devons reconnaître, comme nous l’avons développé dans le dernier numéro de la Revue internationale d’éducation de Sèvres, que définir la « qualité » d’une école ou d’un système n’est pas simple, pas plus qu’il n’est simple de définir le « développement » ou le « bonheur ».

Comme l’indice de développement humain (IDH) a mis en cause la prise en compte des seuls chiffres du PIB (fondé uniquement sur la croissance) pour évaluer les progrès d’une économie, on comprend qu’en matière d’éducation on ne puisse définir la qualité à partir des seuls résultats bruts aux examens. A la fois parce que les examens et les savoirs enseignés méritent d’être eux-mêmes interrogés quant à leur qualité. Mais aussi parce que l’équité semble une pierre de touche indépassable, de même que tout ce qui relève du climat scolaire, élément essentiel non seulement du bien-être mais aussi du développement des apprentissages.

 

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Le danger de la rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

Le danger de la rentrée : « L’ÉCOLE N’EST PAS PRÊTE » ( MÉDECINS)

 

Le protocole sanitaire prévu par l’Education nationale pour les écoles  »ne protège ni les personnels ni les élèves et leurs familles », estime samedi un collectif de médecins, appelant à durcir les précautions à trois jours de la rentrée.

 

« Au-delà du réel risque sanitaire, il y a aussi celui de fermer des classes par dizaines, avec pour effet d’amplifier les inégalités devant le savoir et l’apprentissage et de désorganiser durablement notre économie et notre société », prévient leur tribune, publiée sur le site internet du Parisien.

« L’école n’est pas prête. (…) Compte tenu du protocole en vigueur, rien ne semble empêcher les écoles de devenir des clusters » (des foyers infectieux), alertent les signataires, dont l’infectiologue Karine Lacombe, le président du syndicat de médecins libéraux UFMLS Jérôme Marty et les créateurs du collectif Stop-Postillons, qui préconise depuis des mois de renforcer le rôle du masque dans la lutte contre le coronavirus.

 

Ils proposent « de recommander le port du masque en lieu clos pour tous les élèves de plus de 6 ans« , considérant que « les enfants de moins de 11 ans sont aussi contaminants que les adolescents ou les adultes ».

Le groupe de médecins, déjà à l’origine d’une tribune mi-août pour le masque obligatoire dans tous les lieux collectifs clos, réclame également des règles plus strictes sur l’aération des locaux et « des procédures dédiées dans les zones de forte circulation virale » pour éviter de devoir fermer des écoles entières si un cas est détecté.

 

Il suggère d’alléger les classes « en alternant présentiel et enseignement à distance », de limiter les « contacts entre les classes » et d’organiser un « échelonnement des récréations et de la cantine ».

 

Un  » Grenelle des professeurs » ( Blanquer)

Un  » Grenelle des professeurs » ( Blanquer)

 

Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel ­Blanquer, a annoncé au JDD qu’il lance  »un Grenelle des professeurs ». Une idée jugée intéressante mais qui ne saurait être le prétexte à repousser les échéances d’amélioration du statut des enseignants (aujourd’hui très mal payés et très mal rémunéré) et à repousser aussi la réforme du système éducatif. Extrait de l’interview du ministre de l’éducation :

En cette rentrée, 55% des enseignants se disent pessimistes, selon un sondage SE-Unsa. Comment redonner confiance?
Le chantier de la deuxième partie du quinquennat, c’est la revalorisation du métier sur le plan financier mais plus généralement pour améliorer le bien-être au travail. C’est pourquoi je lance un Grenelle des professeurs : d’ici à octobre, nous discuterons de la hausse des rémunérations pour 2021, grâce aux 400 millions d’euros supplémentaires obtenus. Et à partir de novembre, nous négocierons pour définir une loi de programmation pluriannuelle. Mais ça passe aussi par une transformation profonde du système éducatif : gestion des ressources humaines, place des enseignants dans la société… Des maîtres heureux, ce sont des élèves heureux. C’est ce cercle vertueux du bien-être que je souhaite renforcer. Nous organiserons en décembre une conférence internationale sur le professeur du XXIe siècle.

 

A quoi ressemblera ce Grenelle?
Dès cette rentrée, nous allons mettre en place des groupes de travail, avec les organisations syndicales, sur trois grands objectifs. D’abord, la reconnaissance financière. Ensuite, la coopération. Il faut promouvoir l’esprit d’équipe. Nous devons combattre l’individualisme et la solitude, c’est particulièrement vrai dans l’Éducation nationale. J’invite les représentants des parents, des élèves et des enseignants à avoir un discours constructif sur l’école. Enfin, l’ouverture : nous devons moderniser notre système.

Comment?
Par exemple les états généraux du numérique, qui se tiendront à ­Poitiers en novembre, permettront de mettre en place une politique ambitieuse et protectrice des enfants (gestion des données personnelles, addiction aux écrans…). Nous avons plus que jamais besoin de l’humain dans la transmission des savoirs. Définissons les hussards du XXIe siècle !

 

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