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PROSPECTIVE France : vers un chaos ingérable

PROSPECTIVE France : vers un chaos ingérable

 

La plupart des observateurs politiques voire des experts ont leur attention mobilisée seulement sur l’échéance présidentielle de 2027. Or il est à peu près certain que cette élection n’apportera pas le remède magique à tous les maux  dont souffre le pays. Au contraire, ce pourrait être le début d’un chaos socio économique -voire sociétal- ingérable.  Il ne s’agit pas en effet d’une petite crise mais d’un changement de paradigme qui affecte la plupart des aspects structurants d’une civilisation. La crise est sans doute d’abord surtout culturelle avec des conséquences dans presque tous les aspects de la société et de son environnement.

Une des caractéristiques de la crise est de présenter un caractère systémique aux interactions complexes et multiples. L’étude trop fragmentée des phénomènes constitue un des facteurs explicatifs essentiels  de l’incompréhension des transformations structurelles que nous vivons. Plus les connaissances se développent et plus elles s’isolent dans leurs domaines sectoriels respectifs favorisant ainsi une perte de cohérence globale.

 

Parmi les facteurs explicatifs, il faut peut-être surtout prendre en compte l’ampleur des transformations sur une période très courte d’une cinquantaine d’années. Le monde a en effet connu davantage d’évolutions en 50-60 ans que pendant des siècles et même des millénaires. Un seul exemple celui de l’agriculture,  passée brutalement d’une activité à caractère artisanal et local  à une activité à dimension industrielle mondiale. Il y a seulement quelques dizaines d’années au début du siècle dernier, l’économie de la France comme celle de la plupart des autres pays comparables reposait essentiellement sur l’agriculture.( Aujourd’hui cela représente seulement 3 % du PIB et % 3% de la population  Bien sûr,  l’agriculture représente encore une activité non négligeable pour la France mais les conditions de production et de vie ont été complètement bouleversées.

 

Le développement industriel puis tertiaire a opéré une véritable révolution dans l’aménagement du territoire et les populations sont désormais concentrées dans les métropoles et les grandes villes. Le même phénomène est en cours dans le monde entier provoquant en même temps un choc des conditions de vie, un choc de production, de consommation  mais aussi un choc des références. Bref on est passé d’une civilisation surtout rurale à une civilisation hyper urbaine. Au-delà des changements matériels, il y a donc surtout une évolution culturelle et sociétale. Une modification des valeurs et des repères de la société.

 

Un autre exemple celui de la formation et du parcours des enfants. Pendant longtemps la plupart des enfants limitaient leurs études à l’âge d’une douzaine d’années( en général en CM2). Quelques pour cent seulement étaient autorisés à poursuivre dans le supérieur. Aujourd’hui la plupart des jeunes se dirigent  vers le bac obtenu à près de 95% quand dans les années 50-60 le chiffre était de moins de 5 % de la population. Les jeunes en très grosse majorité étaient donc formés sur le terrain à partir d’une douzaine d’année (dans des centres d’apprentissage, dans les petites entreprises, dans l’exploitation familiale). On y apprenait évidemment les techniques de l’activité en cause en même temps que les valeurs morales et sociétales. Aujourd’hui on entre dans le monde du travail vers 23 ans en moyenne . Souvent sans expérience concrète de ce monde, de ses avantages bien sûr mais tout autant de ses contraintes individuelles et collectives. L’objet ici n’est pas d’analyser la politique de formation actuelle mais simplement de faire un constat. Ne parlons pas du niveau global des élèves avec dans certaines filières des bacs qui ne valent même pas le certificat d’études primaires de 1930. À l’inverse les élites progressent en compétence et nombre et en qualité. On ne parle pas ici bien sûr des licences et autres Masters de certains domaines qu’on distribue comme des poignées de mains et qui mènent  directement au chômage ou dans l’administration ! (Mécaniquement le niveau baisse par exemple dangereusement  chez les enseignants ! ).  La valeur travail ne cesse de perdre son influence et concerne même les cadres. Une société qui perd régulièrement cette valeur travail est condamnée à terme.

 

Les technologies constituent bien sûr un autre facteur de transformation de nos sociétés mais aussi de nos manières de penser et de nous  comporter. Les technologies ne sont pas pour autant condamnables. Elles peuvent être sources de progrès mais aussi de régression. D’un certain point de vue les progrès scientifiques qu’on retrouve dans les technologies sont assez neutres;  tout dépend de la manière de les utiliser ( exemple l’atome: pour faire de l’énergie ou des bombes ?). Les nouvelles  technologies sont désormais présentes partout dans le monde de la production, de la consommation, dans les ménages et pratiquement chez tous les individus. Le problème avec certaines technologies c’est que leur progrès risque de dépasser les capacités humaines à les contrôler ( voir par exemple les débats actuellement autour de l’IA). Globalement, les technologies ont largement servi le développement économique et donc la richesse globale du pays;  en quelques dizaines d’années, les revenus ont considérablement augmenté et les conditions de vie ont fait un bon considérable même si des  inégalités persistent. et que la très grande pauvreté progresse

 

Aujourd’hui plus d’un Français sur deux a pu accéder à la propriété ce qui était impensable ( très rare) dans les années 45-50. À l’époque beaucoup de familles devaient se satisfaire d’un logement exigu de trois pièces au plus  et l’on dormait à plusieurs par chambre mais aussi par lit. D’autant plus que les familles étaient souvent nombreuses. Aujourd’hui posséder  son logement , résider dans un logement moderne constitue la référence moyenne. Comme la possession d’un ou plusieurs véhicules, les voyages et les accès aux équipements collectifs, à l’information et à la culture.

 

Il est cependant  important de signaler qu’une rupture s’est produite assez récemment concernant le logement devenu inaccessible en propriété comme en  location notamment dans les métropoles et même dans  les villes moyennes. C’est un changement tellement profond qu’il  remet en cause les conditions de vie. Les techniques de construction sont  en cause tout autant que les modalités de financement, la spéculation sur le foncier et l’aménagement du territoire. Plus généralement, la France s’enfonce dans une crise immobilière dont on ne voit pas l’issue.

 

Au plan économique global, on a aussi connu des bouleversements d’ampleur. Le pilier industriel de l’économie a laissé place aux services. La philosophie technocratique à l’époque a considéré que l’industrie était obsolète qu’il convenait de la délocaliser dans les pays pauvres et/ou en développement. L’important étant de maîtriser la chaîne de valeur du fait de notre puissance commerciale et financière. Au début, on a délocalisé des produits non complexes comme par exemple le textile. Progressivement , c’est l’ensemble de la production industrielle qui a été délocalisée ou presque,  y compris pour les produits les plus sophistiqués comme l’aéronautique, l’industrie navale. L’activité industrielle dans des pays développés notamment en France est devenue marginale. En France, l’industrie représentait 13 % du PIB en 2025 par rapport à 28 % en 1960 . En même temps la France a perdu une grande partie de son indépendance économique. La dépendance est même double : celle que nous imposent les grandes puissances par exemple comme les États-Unis dans les activités numériques et celle de pays en développement qui se sont appropriés les activités y compris  les plus complexes. Moins innovante et surtout moins compétitive,  la France accuse régulièrement un déficit de sa balance commerciale (échanges extérieurs) de 50 milliards et plus par an. Ce solde est le véritable thermomètre de la compétitivité du pays. La France n’est pas armée pour affronter la compétitivité mondiale.

 

La richesse annuelle qui résulte de l’activité économique est insuffisante pour couvrir nos dépenses. Pour simplifier:  trop de dépenses et pas assez de recettes. D’où la fuite en avant avec un endettement excessif qui représente aujourd’hui autour de 3600 milliards dont le seul paiement des intérêts annuels sur la tendance sera de 100 milliards d’ici quelques années. Évidemment des chiffres qui semblent assez abstraits à une grande partie de l’opinion publique mais aussi aux décideurs notamment politiques soit par incompétence, soit par lâcheté.

 

Pour bon nombre de Français, ces chiffres paraissent relativement abstraits. Pourtant l’endettement représente un chiffre d’environ 100 000 € par ménage français.! De ce point de vue l’incompétence est générale. Les Français eux-mêmes sont fâchés avec l’économie,   avec ses concepts . Une étude d’un groupe d’assurances mondiales a d’ailleurs démontré dans le cadre d’une enquête concernant 19 pays européens  que la France occupait  la dernière place en matière de compétence économique et financière. D’une certaine manière, il y a malheureusement une certaine cohérence entre l’élite et la population. S’il  fallait s’en persuader il suffirait d’étudier un peu les propositions des principaux leaders politiques dans la perspective de 2027 : complètement inadaptées  aux enjeux de la période et aux perspectives d’avenir. Des catalogues de promesses illusoires, insuffisantes, contradictoires  qui voleront en éclats sous le poids des réalités.

 

La France vit au-dessus de ses moyens et en fait porter le poids financier sur les jeunes et les générations futures. Le gâchis est général et complètement incontrôlé tant  au plan de l’État qu’au niveau territorial. Saufs rares exceptions au niveau territorial,  on se « shoote » aux dépenses nouvelles,  dépenses d’exploitation et investissements. Et souvent  au motif que les projets peuvent bénéficier de subventions de l’Europe, de  l’État et des étagères administratives et politiques  inutiles. Il convient évidemment de procéder rapidement à la suppression de ces étagères inutiles comme les départements, les communautés de communes et autres institutions locales. Trois échelons administratifs sont suffisants : l’État bien sûr, la région et la commune.  La France compte environ 6 millions de fonctionnaires soit une masse salariale de l’ordre de 320 milliards par an. 10 à 20 % en trop si l’on compare avec des pays voisins.

 

Mais il n’y a pas seulement le coût salarial mais les conséquences financières des projets inutiles nourris par l’administration et les politiques. Sans parler du coût financier des procédures administratives imposées aux entreprises.

 

Compte tenu du gâchis généralisé,  chaque administration activité devrait pourtant   faire l’objet d’un audit pour distinguer ce qui était indispensable de ce qui est inutile et relève du gâchis. Cet audit est nécessaire y compris pour les secteurs dits en tension où les effectifs sont pas ne sont pas nécessairement là où il faudrait.

 

La priorité des priorités est de réduire les dépenses en  augmentant la richesse ( le PIB) et ce n’est qu’à cette condition qu’on peut parler de répartition. Et dans cette répartition Il faut accorder une  grande importance à la  recherche- développement notamment dans la Tech  et l’industrie. La France est très en retard globalement sur le niveau de ses investissements en particulier visant la productivité et l’innovation en général. En cause, une absence chronique de vision d’avenir réaliste , de moyens financiers limités par l’endettement, sans parler du refus de planification pour des enjeux stratégiques à long terme. Et  La crise financière est tellement grave qu’il faudra un plan de 10 à 20 ans  pour la résoudre.

 

Comme déjà indiqué,  les programmes électoraux sont complètement inadaptés aux enjeux. Ces projets politiques seront remis en cause par les contraintes internationales mais aussi par les contraintes internes et les contradictions qui caractérisent le pays.

 

En 2027, La présidence de la république se jouera entre Marine  Le Pen et un candidat du centre. Ce candidat du  centre voudra engager rapidement quelques réformes mais il se heurtera immédiatement à l’opposition des couches sociales concernées cela d’autant plus que ce candidat ne peut s’appuyer sur des forces politiques et sociales réelles. Des réactions seront encore peut-être plus violentes vis-à-vis d’une présidente issue du RN pour des motifs sociaux mais aussi politiques. Là aussi le RN manque sérieusement d’appui dans le monde du travail. Sans parler évidemment de sa compétence au niveau national.

 

 

Ajoutons que le chaos social pourrait s’ajouter à un chaos politique avec l’impossibilité par exemple pour le nouveau président d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Une hypothèse qu’il ne faut surtout pas éliminer .

 

L’immobilisme actuel conduit le pays dans le mur ; la crise généralisée justifiera  l’intervention du fonds monétaire international et de la BCE pour exiger un plan de redressement dans tous les domaines. Bref, l’étape du chaos ingérable paraît inévitable. Et cela d’autant plus que Macron s’est efforcé pendant 10 ans d’ ignorer totalement les organisations intermédiaires, devenue toutes exsangues et  pourtant indispensables pour négocier avec un peu de cohérence les sorties de crise. Macron a méprisé les organisations intermédiaires garantes  d’un  fonctionnement réellement démocratique. Ce président aura tué son propre parti. D’une certaine manière, le Parlement est aussi neutralisé certes par l’absence d’une majorité mais aussi par le passage en force ( article 49 -3 notamment de la constitution) des grandes orientations en particulier financières. Macron  a remplacé les organisations et institutions légales par des procédures bidons de concertation dont on a du mal à retenir les résultats et même le nom. Macron a remplacé l’action politique par le bavardage médiatique permanent.

 

Le caractère monarchique de la démocratie française a  sans doute atteint une dimension devenue intolérable. C’est aussi tout le système politique, tout le système démocratique qu’il convient de remettre en ordre. L’objectif étant à tous les niveaux d’associer et de responsabiliser les acteurs économiques sociaux et culturels. Cela suppose de redistribuer les champs de compétences, les champs de responsabilité et les outils d’évaluation et de contrôle. . Cela vaut également pour les collectivités locales qui le plus souvent fonctionnent comme l’exécutif national avec un chef qui décide tout sans concertation et des conseillers qui ne servent pas à grand-chose. En dernier ressort, il faut toujours faire décider par les institutions légales mais il est impératif avant d’associer les acteurs concernés. Répétons encore une fois que l’État qui s’occupe de tout mais bien mal doit se débarrasser de champs d’activité qui peuvent être gérées avec beaucoup plus d’efficacité par les acteurs et leur organisation.  Bref réduire l’action de l’État a des taches réellement régaliennes, gérer mieux ce qui est essentiel et d’intérêt public et stratégique.

 

Parmi les champs régaliens faut citer le problème de la gestion de l’immigration. Il convient d’aborder cette question avec lucidité et courage. La France aujourd’hui n’a plus les moyens de gérer une telle masse d’immigration. Contrairement à ce qui peut être affirmé ici ou là, l’immigration est nécessaire mais son volume doit être adapté progressivement aux besoins économiques du pays et à sa capacité à intégrer ces nouvelles populations. La négation de cette question tout autant que sa caricature relève de l’irresponsabilité et/ou de la démagogie.

 

 

Deux autres exemples de cette mauvaise gestion du  régalien : la sécurité et la question du développement de la drogue en France. Deux aspects où  la puissance publique se montre particulièrement inefficace. Une question de moyens sans doute mais aussi de volonté politique avec en plus une justice complètement dépassée. Une justice qui devrait se débarrasser des questions relativement mineures et les transférer aux responsables locaux notamment les maires aidés de  délégués de justice non professionnels. Le système judiciaire en France est complètement obsolète.

 

Autre exemple celui de la drogue. La France détient malheureusement un des records de consommation de drogue par habitant. Les réseaux sont particulièrement puissants et gangrènent de plus en plus de zones urbaines mais aussi rurales. Les moyens financiers des réseaux sont considérables. En face les moyens de lutte sont dérisoires surtout quand  en plus ces réseaux  n’hésitent pas à recourir à toutes les formes de violence. Dans ce domaine, il convient aussi d’analyser en profondeur les causes de cette gangrène et de mettre en place une stratégie incluant des moyens de lutte et de prévention à la hauteur de l’enjeu. L’insécurité est un domaine typiquement régalien donc de la responsabilité exclusive de la puissance publique qui pourtant se montre pratiquement impuissante sauf à la marge.

 

À l’insécurité montante s’ajoutent aussi des incivilités qui ne cessent de progresser aussi. Si les pouvoirs publics portent une responsabilité,  les citoyens ne peuvent être exonérés de celle-ci. Des citoyens qui ne sont pas complices mais généralement assez passifs face à la dégradation des rapports humains. D’où le repli individualiste qui caractérise l’attitude de beaucoup. La dégradation des rapports humains se traduit par exemple par un abandon progressif de la simple politesse. Combien d’adultes eux-mêmes se dispensent désormais de dire simplement merci, bonjour au revoir quand le savoir-vivre et  le respect l’exigeraient. La société est engagée dans la voie dangereuse de la  » décivilisation ». Et ce n’est pas un décret ou une loi qui pourront  gérer ce problème.

 

On ne peut se  rassurer en objectant que des pays comparables connaissent certaines de nos  difficultés. En effet,  la crise en France est beaucoup plus profonde que dans d’autres pays sur bien  des aspects socio économiques et politiques majeurs. Le sentiment général qui n’est pas sans fondement scientifique c’est que la France aujourd’hui est incapable de se réformer sérieusement compte tenu de l’indigence politique et des contradictions de la société. Même sur la question stratégique de la défense. Pourtant il est impératif de se protéger contre certains bouleversements géopolitiques au plan mondial. Contrairement à ce qui est affirmé la France par exemple n’est pas une grande puissance militaire. Nous manquons de tout , matériel et hommes. C’est tout juste si nous pourrions mobiliser rapidement 30 à 50 000 militaires en face de pays qui disposent d’équipements et de millions de soldats. La seule force un peu réelle  est celle de l’arme nucléaire. Pour le reste, l’armée est complètement échantillonnaire. Un peu de tout mais pas grand-chose face aux besoins. Pour illustrer ce propos il suffit de citer la manière dont nous avons été expulsés du Niger, du Mali, du Burkina Faso par les djihadistes, les milices russes et la mafia des dictateurs en herbe. Rien d’étonnant, nous n’avons mobilisé que 5000 soldats face  à un territoire aussi grand que l’Europe ou presque. La faiblesse de l’armée française est alarmante en dépit des discours grandiloquents de nos responsables. Nous n’avons ni les moyens de nous engager sur des opérations extérieures de manière significative et pas davantage d’assurer la défense et la sécurité intérieure.

 

En outre, pour des motifs démagogiques. La France s’est même permise de supprimer le service militaire obligatoire. Au motif que désormais les conflits sont devenus très technologiques et exigent compétences adéquates. Un argument complètement éculé car les civils possèdent sans doute une autre maîtrise des nouvelles technologies par exemple dans le maniement des drones et plus généralement dans le numérique. La France a besoin d’un autre niveau d’équipement en matériel en état de marche et en personnel. Le rétablissement du service militaire obligatoire constituerait un des aspects de la reconstitution d’une armée à la hauteur des enjeux. Accessoirement cela permettrait un brassage sociologique utile aux uns  et aux autres et à toute la société. Rétablir un service militaire de l’ordre de 10 à 12 mois ne constitue pas un effort impensable à effectuer dans la vie d’un citoyen. C’est aussi l’occasion de solidifier l’adhésion aux valeurs du pays. Un des moyens pour réunifier un pays éclaté. Un des moyens pour renforcer l’esprit de rigueur, et de solidarité. En outre, on pourrait plus souvent et plus significativement recourir aux forces armées pour faire face à certaines catastrophes naturelles ou non et pour assurer la sécurité interne en cas de besoin.

 

Dans beaucoup de domaines, Il  faut donc aussi opérer un transfert de responsabilité vers les acteurs et les territoires dont on aura aussi simplifié l’organisation. Le manque de confiance vis-à-vis des institutions est indiscutable , le sentiment qui domine et que la France est condamnée au déclin. Cette perte de confiance se traduit par exemple dans l’évolution démographique.

On voit mal aujourd’hui où sont les forces politiques,  les personnalités qui sont capables de répondre aux différents enjeux abordés ( la liste évoquée n’est malheureusement pas exhaustive ; on pourrait aussi parler notamment de l’environnement, de la laïcité, de la santé). La France est trop centralisée, bureaucratisée pour gérer de façon cohérente le pays. Par ailleurs sociologiquement les élites sont rarement représentatifs de la population : trop de technocrates, de carriéristes et de fonctionnaires.

 

Rien de fondamental en France ne pourra changer sans d’abord une analyse partagée d’une crise complexe et systémique. Le problème est qu’une analyse un peu rigoureuse est souvent contradictoire avec les stratégies électorales politiques. Dans un pays dont  la culture économique est très faible,  le discours démagogique  l’emporte souvent sur celui de la rigueur et du courage. Et l’immobilisme triomphe des velléités de réforme.

 

Gaston Bessay expert en prospective.

Perspectives France : vers un chaos ingérable

Perspectives France : vers un chaos ingérable

 

La plupart des observateurs politiques voire des experts ont leur attention mobilisée seulement sur l’échéance présidentielle de 2027. Or il est à peu près certain que cette élection n’apportera pas le remède magique à tous les maux  dont souffre le pays. Au contraire, ce pourrait être le début d’un chaos socio économique -voire sociétal- ingérable.  Il ne s’agit pas en effet d’une petite crise mais d’un changement de paradigme qui affecte la plupart des aspects structurants d’une civilisation. La crise est sans doute d’abord surtout culturelle avec des conséquences dans presque tous les aspects de la société et de son environnement.

Une des caractéristiques de la crise est de présenter un caractère systémique aux interactions complexes et multiples. L’étude trop fragmentée des phénomènes constitue un des facteurs explicatifs essentiels  de l’incompréhension des transformations structurelles que nous vivons. Plus les connaissances se développent et plus elles s’isolent dans leurs domaines sectoriels respectifs favorisant ainsi une perte de cohérence globale.

 

Parmi les facteurs explicatifs, il faut peut-être surtout prendre en compte l’ampleur des transformations sur une période très courte d’une cinquantaine d’années. Le monde a en effet connu davantage d’évolutions en 50-60 ans que pendant des siècles et même des millénaires. Un seul exemple celui de l’agriculture,  passée brutalement d’une activité à caractère artisanal et local  à une activité à dimension industrielle mondiale. Il y a seulement quelques dizaines d’années au début du siècle dernier, l’économie de la France comme celle de la plupart des autres pays comparables reposait essentiellement sur l’agriculture.( Aujourd’hui cela représente seulement 3 % du PIB et % 3% de la population  Bien sûr,  l’agriculture représente encore une activité non négligeable pour la France mais les conditions de production et de vie ont été complètement bouleversées.

 

Le développement industriel puis tertiaire a opéré une véritable révolution dans l’aménagement du territoire et les populations sont désormais concentrées dans les métropoles et les grandes villes. Le même phénomène est en cours dans le monde entier provoquant en même temps un choc des conditions de vie, un choc de production, de consommation  mais aussi un choc des références. Bref on est passé d’une civilisation surtout rurale à une civilisation hyper urbaine. Au-delà des changements matériels, il y a donc surtout une évolution culturelle et sociétale. Une modification des valeurs et des repères de la société.

 

Un autre exemple celui de la formation et du parcours des enfants. Pendant longtemps la plupart des enfants limitaient leurs études à l’âge d’une douzaine d’années( en général en CM2). Quelques pour cent seulement étaient autorisés à poursuivre dans le supérieur. Aujourd’hui la plupart des jeunes se dirigent  vers le bac obtenu à près de 95% quand dans les années 50-60 le chiffre était de moins de 5 % de la population. Les jeunes en très grosse majorité étaient donc formés sur le terrain à partir d’une douzaine d’année (dans des centres d’apprentissage, dans les petites entreprises, dans l’exploitation familiale). On y apprenait évidemment les techniques de l’activité en cause en même temps que les valeurs morales et sociétales. Aujourd’hui on entre dans le monde du travail vers 23 ans en moyenne . Souvent sans expérience concrète de ce monde, de ses avantages bien sûr mais tout autant de ses contraintes individuelles et collectives. L’objet ici n’est pas d’analyser la politique de formation actuelle mais simplement de faire un constat. Ne parlons pas du niveau global des élèves avec dans certaines filières des bacs qui ne valent même pas le certificat d’études primaires de 1930. À l’inverse les élites progressent en compétence et nombre et en qualité. On ne parle pas ici bien sûr des licences et autres Masters de certains domaines qu’on distribue comme des poignées de mains et qui mènent  directement au chômage ou dans l’administration ! (Mécaniquement le niveau baisse par exemple dangereusement  chez les enseignants ! ).  La valeur travail ne cesse de perdre son influence et concerne même les cadres. Une société qui perd régulièrement cette valeur travail est condamnée à terme.

 

Les technologies constituent bien sûr un autre facteur de transformation de nos sociétés mais aussi de nos manières de penser et de nous  comporter. Les technologies ne sont pas pour autant condamnables. Elles peuvent être sources de progrès mais aussi de régression. D’un certain point de vue les progrès scientifiques qu’on retrouve dans les technologies sont assez neutres;  tout dépend de la manière de les utiliser ( exemple l’atome: pour faire de l’énergie ou des bombes ?). Les nouvelles  technologies sont désormais présentes partout dans le monde de la production, de la consommation, dans les ménages et pratiquement chez tous les individus. Le problème avec certaines technologies c’est que leur progrès risque de dépasser les capacités humaines à les contrôler ( voir par exemple les débats actuellement autour de l’IA). Globalement, les technologies ont largement servi le développement économique et donc la richesse globale du pays;  en quelques dizaines d’années, les revenus ont considérablement augmenté et les conditions de vie ont fait un bon considérable même si des  inégalités persistent. et que la très grande pauvreté progresse

 

Aujourd’hui plus d’un Français sur deux a pu accéder à la propriété ce qui était impensable ( très rare) dans les années 45-50. À l’époque beaucoup de familles devaient se satisfaire d’un logement exigu de trois pièces au plus  et l’on dormait à plusieurs par chambre mais aussi par lit. D’autant plus que les familles étaient souvent nombreuses. Aujourd’hui posséder  son logement , résider dans un logement moderne constitue la référence moyenne. Comme la possession d’un ou plusieurs véhicules, les voyages et les accès aux équipements collectifs, à l’information et à la culture.

 

Il est cependant  important de signaler qu’une rupture s’est produite assez récemment concernant le logement devenu inaccessible en propriété comme en  location notamment dans les métropoles et même dans  les villes moyennes. C’est un changement tellement profond qu’il  remet en cause les conditions de vie. Les techniques de construction sont  en cause tout autant que les modalités de financement, la spéculation sur le foncier et l’aménagement du territoire. Plus généralement, la France s’enfonce dans une crise immobilière dont on ne voit pas l’issue.

 

Au plan économique global, on a aussi connu des bouleversements d’ampleur. Le pilier industriel de l’économie a laissé place aux services. La philosophie technocratique à l’époque a considéré que l’industrie était obsolète qu’il convenait de la délocaliser dans les pays pauvres et/ou en développement. L’important étant de maîtriser la chaîne de valeur du fait de notre puissance commerciale et financière. Au début, on a délocalisé des produits non complexes comme par exemple le textile. Progressivement , c’est l’ensemble de la production industrielle qui a été délocalisée ou presque,  y compris pour les produits les plus sophistiqués comme l’aéronautique, l’industrie navale. L’activité industrielle dans des pays développés notamment en France est devenue marginale. En France, l’industrie représentait 13 % du PIB en 2025 par rapport à 28 % en 1960 . En même temps la France a perdu une grande partie de son indépendance économique. La dépendance est même double : celle que nous imposent les grandes puissances par exemple comme les États-Unis dans les activités numériques et celle de pays en développement qui se sont appropriés les activités y compris  les plus complexes. Moins innovante et surtout moins compétitive,  la France accuse régulièrement un déficit de sa balance commerciale (échanges extérieurs) de 50 milliards et plus par an. Ce solde est le véritable thermomètre de la compétitivité du pays. La France n’est pas armée pour affronter la compétitivité mondiale.

 

La richesse annuelle qui résulte de l’activité économique est insuffisante pour couvrir nos dépenses. Pour simplifier:  trop de dépenses et pas assez de recettes. D’où la fuite en avant avec un endettement excessif qui représente aujourd’hui autour de 3600 milliards dont le seul paiement des intérêts annuels sur la tendance sera de 100 milliards d’ici quelques années. Évidemment des chiffres qui semblent assez abstraits à une grande partie de l’opinion publique mais aussi aux décideurs notamment politiques soit par incompétence, soit par lâcheté.

 

Pour bon nombre de Français, ces chiffres paraissent relativement abstraits. Pourtant l’endettement représente un chiffre d’environ 100 000 € par ménage français.! De ce point de vue l’incompétence est générale. Les Français eux-mêmes sont fâchés avec l’économie,   avec ses concepts . Une étude d’un groupe d’assurances mondiales a d’ailleurs démontré dans le cadre d’une enquête concernant 19 pays européens  que la France occupait  la dernière place en matière de compétence économique et financière. D’une certaine manière, il y a malheureusement une certaine cohérence entre l’élite et la population. S’il  fallait s’en persuader il suffirait d’étudier un peu les propositions des principaux leaders politiques dans la perspective de 2027 : complètement inadaptées  aux enjeux de la période et aux perspectives d’avenir. Des catalogues de promesses illusoires, insuffisantes, contradictoires  qui voleront en éclats sous le poids des réalités.

 

La France vit au-dessus de ses moyens et en fait porter le poids financier sur les jeunes et les générations futures. Le gâchis est général et complètement incontrôlé tant  au plan de l’État qu’au niveau territorial. Saufs rares exceptions au niveau territorial,  on se « shoote » aux dépenses nouvelles,  dépenses d’exploitation et investissements. Et souvent  au motif que les projets peuvent bénéficier de subventions de l’Europe, de  l’État et des étagères administratives et politiques  inutiles. Il convient évidemment de procéder rapidement à la suppression de ces étagères inutiles comme les départements, les communautés de communes et autres institutions locales. Trois échelons administratifs sont suffisants : l’État bien sûr, la région et la commune.  La France compte environ 6 millions de fonctionnaires soit une masse salariale de l’ordre de 320 milliards par an. 10 à 20 % en trop si l’on compare avec des pays voisins.

 

Mais il n’y a pas seulement le coût salarial mais les conséquences financières des projets inutiles nourris par l’administration et les politiques. Sans parler du coût financier des procédures administratives imposées aux entreprises.

 

Compte tenu du gâchis généralisé,  chaque administration activité devrait pourtant   faire l’objet d’un audit pour distinguer ce qui était indispensable de ce qui est inutile et relève du gâchis. Cet audit est nécessaire y compris pour les secteurs dits en tension où les effectifs sont pas ne sont pas nécessairement là où il faudrait.

 

La priorité des priorités est de réduire les dépenses en  augmentant la richesse ( le PIB) et ce n’est qu’à cette condition qu’on peut parler de répartition. Et dans cette répartition Il faut accorder une  grande importance à la  recherche- développement notamment dans la Tech  et l’industrie. La France est très en retard globalement sur le niveau de ses investissements en particulier visant la productivité et l’innovation en général. En cause, une absence chronique de vision d’avenir réaliste , de moyens financiers limités par l’endettement, sans parler du refus de planification pour des enjeux stratégiques à long terme. Et  La crise financière est tellement grave qu’il faudra un plan de 10 à 20 ans  pour la résoudre.

 

Comme déjà indiqué,  les programmes électoraux sont complètement inadaptés aux enjeux. Ces projets politiques seront remis en cause par les contraintes internationales mais aussi par les contraintes internes et les contradictions qui caractérisent le pays.

 

En 2027, La présidence de la république se jouera entre Marine  Le Pen et un candidat du centre. Ce candidat du  centre voudra engager rapidement quelques réformes mais il se heurtera immédiatement à l’opposition des couches sociales concernées cela d’autant plus que ce candidat ne peut s’appuyer sur des forces politiques et sociales réelles. Des réactions seront encore peut-être plus violentes vis-à-vis d’une présidente issue du RN pour des motifs sociaux mais aussi politiques. Là aussi le RN manque sérieusement d’appui dans le monde du travail. Sans parler évidemment de sa compétence au niveau national.

 

 

Ajoutons que le chaos social pourrait s’ajouter à un chaos politique avec l’impossibilité par exemple pour le nouveau président d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Une hypothèse qu’il ne faut surtout pas éliminer .

 

L’immobilisme actuel conduit le pays dans le mur ; la crise généralisée justifiera  l’intervention du fonds monétaire international et de la BCE pour exiger un plan de redressement dans tous les domaines. Bref, l’étape du chaos ingérable paraît inévitable. Et cela d’autant plus que Macron s’est efforcé pendant 10 ans d’ ignorer totalement les organisations intermédiaires, devenue toutes exsangues et  pourtant indispensables pour négocier avec un peu de cohérence les sorties de crise. Macron a méprisé les organisations intermédiaires garantes  d’un  fonctionnement réellement démocratique. Ce président aura tué son propre parti. D’une certaine manière, le Parlement est aussi neutralisé certes par l’absence d’une majorité mais aussi par le passage en force ( article 49 -3 notamment de la constitution) des grandes orientations en particulier financières. Macron  a remplacé les organisations et institutions légales par des procédures bidons de concertation dont on a du mal à retenir les résultats et même le nom. Macron a remplacé l’action politique par le bavardage médiatique permanent.

 

Le caractère monarchique de la démocratie française a  sans doute atteint une dimension devenue intolérable. C’est aussi tout le système politique, tout le système démocratique qu’il convient de remettre en ordre. L’objectif étant à tous les niveaux d’associer et de responsabiliser les acteurs économiques sociaux et culturels. Cela suppose de redistribuer les champs de compétences, les champs de responsabilité et les outils d’évaluation et de contrôle. . Cela vaut également pour les collectivités locales qui le plus souvent fonctionnent comme l’exécutif national avec un chef qui décide tout sans concertation et des conseillers qui ne servent pas à grand-chose. En dernier ressort, il faut toujours faire décider par les institutions légales mais il est impératif avant d’associer les acteurs concernés. Répétons encore une fois que l’État qui s’occupe de tout mais bien mal doit se débarrasser de champs d’activité qui peuvent être gérées avec beaucoup plus d’efficacité par les acteurs et leur organisation.  Bref réduire l’action de l’État a des taches réellement régaliennes, gérer mieux ce qui est essentiel et d’intérêt public et stratégique.

 

Parmi les champs régaliens faut citer le problème de la gestion de l’immigration. Il convient d’aborder cette question avec lucidité et courage. La France aujourd’hui n’a plus les moyens de gérer une telle masse d’immigration. Contrairement à ce qui peut être affirmé ici ou là, l’immigration est nécessaire mais son volume doit être adapté progressivement aux besoins économiques du pays et à sa capacité à intégrer ces nouvelles populations. La négation de cette question tout autant que sa caricature relève de l’irresponsabilité et/ou de la démagogie.

 

 

Deux autres exemples de cette mauvaise gestion du  régalien : la sécurité et la question du développement de la drogue en France. Deux aspects où  la puissance publique se montre particulièrement inefficace. Une question de moyens sans doute mais aussi de volonté politique avec en plus une justice complètement dépassée. Une justice qui devrait se débarrasser des questions relativement mineures et les transférer aux responsables locaux notamment les maires aidés de  délégués de justice non professionnels. Le système judiciaire en France est complètement obsolète.

 

Autre exemple celui de la drogue. La France détient malheureusement un des records de consommation de drogue par habitant. Les réseaux sont particulièrement puissants et gangrènent de plus en plus de zones urbaines mais aussi rurales. Les moyens financiers des réseaux sont considérables. En face les moyens de lutte sont dérisoires surtout quand  en plus ces réseaux  n’hésitent pas à recourir à toutes les formes de violence. Dans ce domaine, il convient aussi d’analyser en profondeur les causes de cette gangrène et de mettre en place une stratégie incluant des moyens de lutte et de prévention à la hauteur de l’enjeu. L’insécurité est un domaine typiquement régalien donc de la responsabilité exclusive de la puissance publique qui pourtant se montre pratiquement impuissante sauf à la marge.

 

À l’insécurité montante s’ajoutent aussi des incivilités qui ne cessent de progresser aussi. Si les pouvoirs publics portent une responsabilité,  les citoyens ne peuvent être exonérés de celle-ci. Des citoyens qui ne sont pas complices mais généralement assez passifs face à la dégradation des rapports humains. D’où le repli individualiste qui caractérise l’attitude de beaucoup. La dégradation des rapports humains se traduit par exemple par un abandon progressif de la simple politesse. Combien d’adultes eux-mêmes se dispensent désormais de dire simplement merci, bonjour au revoir quand le savoir-vivre et  le respect l’exigeraient. La société est engagée dans la voie dangereuse de la  » décivilisation ». Et ce n’est pas un décret ou une loi qui pourront  gérer ce problème.

 

On ne peut se  rassurer en objectant que des pays comparables connaissent certaines de nos  difficultés. En effet,  la crise en France est beaucoup plus profonde que dans d’autres pays sur bien  des aspects socio économiques et politiques majeurs. Le sentiment général qui n’est pas sans fondement scientifique c’est que la France aujourd’hui est incapable de se réformer sérieusement compte tenu de l’indigence politique et des contradictions de la société. Même sur la question stratégique de la défense. Pourtant il est impératif de se protéger contre certains bouleversements géopolitiques au plan mondial. Contrairement à ce qui est affirmé la France par exemple n’est pas une grande puissance militaire. Nous manquons de tout , matériel et hommes. C’est tout juste si nous pourrions mobiliser rapidement 30 à 50 000 militaires en face de pays qui disposent d’équipements et de millions de soldats. La seule force un peu réelle  est celle de l’arme nucléaire. Pour le reste, l’armée est complètement échantillonnaire. Un peu de tout mais pas grand-chose face aux besoins. Pour illustrer ce propos il suffit de citer la manière dont nous avons été expulsés du Niger, du Mali, du Burkina Faso par les djihadistes, les milices russes et la mafia des dictateurs en herbe. Rien d’étonnant, nous n’avons mobilisé que 5000 soldats face  à un territoire aussi grand que l’Europe ou presque. La faiblesse de l’armée française est alarmante en dépit des discours grandiloquents de nos responsables. Nous n’avons ni les moyens de nous engager sur des opérations extérieures de manière significative et pas davantage d’assurer la défense et la sécurité intérieure.

 

En outre, pour des motifs démagogiques. La France s’est même permise de supprimer le service militaire obligatoire. Au motif que désormais les conflits sont devenus très technologiques et exigent compétences adéquates. Un argument complètement éculé car les civils possèdent sans doute une autre maîtrise des nouvelles technologies par exemple dans le maniement des drones et plus généralement dans le numérique. La France a besoin d’un autre niveau d’équipement en matériel en état de marche et en personnel. Le rétablissement du service militaire obligatoire constituerait un des aspects de la reconstitution d’une armée à la hauteur des enjeux. Accessoirement cela permettrait un brassage sociologique utile aux uns  et aux autres et à toute la société. Rétablir un service militaire de l’ordre de 10 à 12 mois ne constitue pas un effort impensable à effectuer dans la vie d’un citoyen. C’est aussi l’occasion de solidifier l’adhésion aux valeurs du pays. Un des moyens pour réunifier un pays éclaté. Un des moyens pour renforcer l’esprit de rigueur, et de solidarité. En outre, on pourrait plus souvent et plus significativement recourir aux forces armées pour faire face à certaines catastrophes naturelles ou non et pour assurer la sécurité interne en cas de besoin.

 

Dans beaucoup de domaines, Il  faut donc aussi opérer un transfert de responsabilité vers les acteurs et les territoires dont on aura aussi simplifié l’organisation. Le manque de confiance vis-à-vis des institutions est indiscutable , le sentiment qui domine et que la France est condamnée au déclin. Cette perte de confiance se traduit par exemple dans l’évolution démographique.

On voit mal aujourd’hui où sont les forces politiques,  les personnalités qui sont capables de répondre aux différents enjeux abordés ( la liste évoquée n’est malheureusement pas exhaustive ; on pourrait aussi parler notamment de l’environnement, de la laïcité, de la santé). Par ailleurs la France est trop centralisée, bureaucratisée pour gérer de façon cohérente le pays.

 

Rien de fondamental en France ne pourra changer sans d’abord une analyse partagée d’une crise complexe et systémique. Le problème est qu’une analyse un peu rigoureuse est souvent contradictoire avec les stratégies électorales politiques. Dans un pays dont  la culture économique est très faible,  le discours démagogique  l’emporte souvent sur celui de la rigueur et du courage. Et l’immobilisme triomphe des velléités de réforme.

 

Gaston Bessay expert en prospective.

Budget France : un pays ingouvernable

Budget France : un pays ingouvernable
Vraisemblablement le cirque va continuer de se produire au sein de l’Assemblée nationale concernant le projet de budget. En effet la question n’est pas de traiter les finances du pays mais de se positionner dans la perspective des élections prochaines : municipales, législatives et présidentielles. Du coup, chaque parti affiche son programme démagogique , irresponsable et contradictoire. De toute façon, cet exercice fallacieux n’aboutira à rien et le budget initial sera appliqué par ordonnance faute de majorité ou alors c’est l’ancien budget de 2025 qui sera mis en œuvre par 12e. L’assemblée nationale n’aura servi strictement à rien sinon qu’à afficher des postures électoralistes.
La première responsabilité de ce chaos incombe donc aux organisations politiques qui pourtant ne représentent pas grand-chose dans le pays. La plupart ne sont que des groupuscules d’écuries de présidentiables composés de responsables, de courtisans et d’aspirants à la candidature. La plupart des chiffres relatifs au nombre d’adhérents sont complètement erronées : quelques milliers au plus dans chaque parti. Et les élections au sein de chaque organisation sont toutes bidonnées. À ce manque de représentativité s’ajoutent l’incompétence et le manque de courage. Signalons aussi le décalage complet de cette classe politique sur le plan sociologique. La plupart des élus politiques actuellement sont presque tous issus de milieux de la petite bourgeoisie voire de la grande : très peu de représentants du monde de la production, beaucoup d’anciens fonctionnaires et assimilés, de professionnels de la politique passés dans des instituts politiques. Peu de vrais experts en particulier en matière économique.
Au lieu de se pencher prioritairement sur la question fondamentale de l’ampleur des dépenses, l’Assemblée nationale s’est focalisée sur les recettes en organisant un vaste concours Lépine fiscal alors que le pays détient évidemment déjà le record mondial de prélèvements obligatoires; or le budget ne pourra réellement et durablement être rééquilibré qu’après une réduction drastique de la dépense devenue complètement incontrôlable à tous les étages administratifs et politiques. Il y a notamment le montant que représente la masse salariale des fonctionnaires mais il faudrait y ajouter le coût des équipements qui leur sont nécessaires ainsi que le coût qu’il génère vis-à-vis du monde de la production et de la croissance.
Pour éviter d’avoir à se livrer à cet exercice de rigueur, on jette du brouillard sur les dépenses alors qu’il conviendrait d’effectuer partout une évaluation de l’action publique même dans les secteurs les plus sensibles. Partout en effet des économies sont possibles avec d’autres organisations, d’autres affectations, aussi le transfert au privé d’activités qui n’ont rien de régalien. Ainsi ces véritables armées de jardiniers recrutés massivement par une immense majorité de collectivités locales. Mais on pourrait multiplier les exemples -dans le champ national comme local – d’activités inutiles ou douteuses qui se reproduisent elles-mêmes avec des budgets toujours en hausse. La France compte en moyenne à population comparable 1 million de fonctionnaires en plus par rapport à la moyenne européenne et 2 millions en plus par rapport à l’Allemagne. La France compte un nombre d’étagères administratives inutiles qui complexifient la vie réelle et affecte aussi bien le budget que la compétitivité.
Si ces dérives se produisent elles sont aussi le fruit d’une grave méconnaissance de la problématique économique et financière de la part des responsables mais aussi des citoyens. D’une certaine manière, le citoyen français a le système et les responsables politiques qu’il mérite. En France, le débat se réduit le plus souvent à une approche marxiste face à une approche ultra libérale. Bref une caricature de confrontation démocratique moderne. La plupart des politiques sont des guignols qui récitent leur catéchisme idéologique mais qui une fois au pouvoir font à peu près le contraire ou pire rien du tout. Ainsi la France va payer encore longtemps la démagogie de Mitterrand avec la retraite à 60 ans et celle de Jospin Aubry avec les 35 heures. Elle paiera encore longtemps les dépenses incontrôlées des gouvernements qui ont pratiquement tous laissés filer le budget. Cela vaut aussi pour la droite.
La vérité c’est que le train de vie de la France dérive grâce à la compensation avec l’Allemagne. L’euro assure le pouvoir d’achat des Français mais c’est l’Allemagne qui soutient sa valeur grâce à sa productivité, à sa compétitivité et à ses exportations. Sans l’euro, la France aurait sans doute dévalué sa monnaie au moins deux fois dans une proportion de 20 à 30 % si l’on s’en tient aux fondamentaux qui rendent compte de la valeur réelle d’une économie et de sa représentation monétaire. Des dévaluations qui auraient entraîné automatiquement de fortes inflations et des pertes de pouvoir d’achat.
Faute de compétence, de lucidité du courage la France restera encore ingouvernable pendant des années.

cour des comptes

« La fonction publique française – comprenant l’État, les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers – emploie aujourd’hui 5,8 millions d’agents. Entre 2017 et 2025, les effectifs ont augmenté de 278 000 agents (hors contrats aidés), une croissance qui pèse mécaniquement sur les finances publiques. En 2024, les rémunérations versées aux agents publics sont estimées à 357 milliards d’euros, un niveau comparable aux dépenses de retraite. Selon l’OCDE, l’emploi dans les administrations publiques représente en 2023 22 % de l’emploi total en France, contre 16 % au Royaume-Uni, 13 % en Italie et 11 % en Allemagne, pour une moyenne de 18 % dans l’ensemble des pays membres. Si la France alignait sa fonction publique sur cette moyenne, cela représenterait près d’un million d’agents en moins. Dans cette perspective, et afin de fonder les réformes nécessaires sur des données rigoureuses, Contribuables Associés appelle la Cour des comptes à mener une analyse approfondie de la masse salariale, du temps de travail – marqué par de fortes disparités – et de la productivité dans les trois versants de la fonction publique. »

Défense France : une armée échantillonnaire ridicule face à la Russie

Défense France : une armée échantillonnaire ridicule face à la Russie

Macron et les plus hauts responsables des armés évoquent actuellement le risque de conflit entre la France et la Russie. Et de faire étalage de nos capacités mais aussi de nos extrême faiblesses. La vérité c’est que l’état des forces de la France est ridicule face à ce que possède la Russie.

Un seul exemple en termes de mobilisation, la Russie peut compter sur au moins 2 millions d’hommes pour théoriquement 200 000 en France. Le résultat évidemment de la suppression du service militaire obligatoire lâchement abandonné par Chira pour des motifs électoraux. Un abandon également soutenu par une grande partie de la hiérarchie militaire bien contente de répartir entre ses membres les moyens financiers de la défense.

Le problème c’est qu’il faut des années pour reconstituer une armée de soldats, de sous-officiers et d’officiers et leur équipement. La guerre technologique n’est pas un outil substituable aux hommes en dernier ressort, on le voit en particulier avec la guerre en Palestine mais aussi et surtout en Ukraine. Les technologies sont utiles et même indispensables mais insuffisantes pour tenir toutes les postes de la ligne de front et terminer le travail sur le terrain.

Le plus ridicule sans doute c’est la question du porte-avions dont la France ne dispose qu’un exemplaire et la moitié du temps indisponible pour révision.
Certes il y a le la défense nucléaire mais on sait que son utilisation est surtout à vocation de dissuasion. En cas d’utilisation il y aurait de quoi faire sauter 100 fois la terre dans le cadre d’une guerre mondiale.

Les politiques et les plus hauts responsables militaires ont fait une faute grave en décidant de déshabiller l’armée liquidant au passage les équipements techniques et fonciers souvent pour des sommes dérisoires en tout cas en dessous des prix du marché.

Se préparer au risque d’affrontements avec la Russie, c’est prioritairement reconstruire une véritable armée avec les armes, les technologies et les hommes qui doivent la constituer. Or la France est ridicule voir même absente par exemple concernant les drones. La France est minuscule pour les autres équipements et les combattants.

Reconstituer une véritable force de combat complète constitue le meilleur garant contre un éventuel conflit avec la Russie. Ce ne sont pas les discours creux et bavards de Macron qui peuvent combler nos lacunes. Par parenthèse, un chef de l’État qui a profité des circonstances pour s’éviter le service militaire en raison de ses études ! Un curieux chef des armées !

En dehors des questions de défense ,il faut aussi prendre en compte l’intérêt sociétal du service militaire obligatoire qui permettait un grand brassage sociologique mais aussi l’apprentissage de la discipline collective et du respect des valeurs, en tout cas qui pouvait largement y contribuer d’autant que l’école a aussi abandonné ce terrain.


l’Etat des forces

Pays Chars blindés Sous-marins Avions de combat
Russie 12 400 30 100 70 772
USA 6 600 45 200 70 1 960
Chine 5 300 35 000 80 1 200
Ukraine 2 600 12 000 0 69
France 400 6 500 10 250
UK 230 5 000 10 120
Canada 78 1 500 4 63

L’extrême faiblesse de la défense française a été démontrée dans le cadre de la force barkhane supposée s’opposer aux islamistes en Afrique et qui finalement a dû battre en retraite face aux mercenaires russes et aux dictateurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Après cet échec cuisant, la France est d’ailleurs en train de se retirer d’à-peu-près toute l’Afrique laissant ainsi la place aux Russes et aux Chinois notamment tant sur le plan économique que militaire.

Une crise politique qui accélère le déclin de la France

Une crise politique qui accélère le déclin de la France

Rarement les politiques auront été autant discrédités dans l’opinion. 10 % seulement des Français leur accordent leur confiance. La condamnation est générale et vise à peu près toutes les tendances politiques. Il faut dire que les responsables pour la plupart sont à la fois incompétents et sans courage. Sans parler de leurs contradictions permanentes. Dernier exemple en date le problème de la suspension de la réforme des retraites confirmée par le premier ministre Lecornu et immédiatement démentie par le président de la république qui pense encore avoir un pouvoir. Et de proposer un illusoire référendum qui n’aura jamais lieu.

À l’étranger comme en France qui croire? L’image du pays continue d’être affaiblie par ces déclarations et actions caractérisées par des contradictions permanentes. En toile de fond, il y a bien sûr l’élection présidentielle de 2027 qui brouille encore un peu plus la position des candidats. Ainsi chez les Républicains, c’est la guerre entre Wauquiez et Retailleau. Ce dernier s’est tiré une véritable balle dans le pied en expliquant tout l’intérêt de sa présence de son parti au gouvernement tant qu’il y était et qui maintenant prône l’inverse depuis son départ. Une vraie maladresse, une erreur politique qui signe en partie sa disqualification comme candidat de la droite.

Il faut aussi citer l’invraisemblable démolition de Macron par Édouard Philippe qui trouve le président désormais incompétent et demande son départ alors qu’il a servi la même politique quand il était premier ministre. Édouard Philippe il faut s’en souvenir qui par ailleurs a flingué la réforme des retraites par points avec son fameux concept d’âge pivot. Édouard Philippe sorte de cocktail Juppé-Macron qui par ailleurs sur la forme ne se caractérise par un grand charisme. À droite, c’est la lutte entre Wauquiez et Retailleau mais aussi des tentations permanentes de changer de camp ; certains soutiennent indirectement le gouvernement, d’autres sont tentés par un rapprochement avec le Rassemblement national sans parler de ceux qui souhaitent demeurer dans un superbe isolement. La gauche est affectée tout autant par les oppositions et les contradictions. Globalement deux lignes s’affrontent avec d’un côté les marxistes et de l’autre les sociaux-démocrates. Des marxistes qui veulent le communisme immédiatement avec le soutien d’une révolution utopique et irresponsable. Les Insoumis établissent d’ailleurs régulièrement ce calendrier de la révolution et se ridiculisent en même temps d’autant qu’ils y ajoutent des provocations et des postures indignes d’élus nationaux. Chez les écolos, on est davantage rouge que vert et en parle bien plus des questions politiciennes que de l’environnement avec là aussi quelques figures clownesques et provocatrices. Le parti socialiste quant à lui demeure divisé entre marxistes et réformistes. Toutes ces contradictions autorisent les uns et les autres à dire les plus grandes bêtises sur les réalités économiques, financières, mais aussi sociétales.

On objectera sans doute que ces responsables ont été élus, qu’ils sont légitimes. faut-il cependant préciser que dans toutes les fonctions électorales en moyenne il suffit aujourd’hui de 15 % voire moins au premier tour pour être élu au second. Ceci étant les Français ont aussi les politiques qui méritent. Des français qui pour une grosse majorité ne comprennent pas non plus grand-chose à la problématique économique et financière, le champ régalien le plus dévasté. Dans la plupart des études menées sur cet aspect on vérifie presque toujours que parmi les pays européens la France est en dernière position concernant la compréhension de ces questions. Les propositions d’impositions nouvelles fusent de partout alors que la France détient déjà le record de prélèvements obligatoires qui plombent la compétitivité de son économie.

La question est celle de la réduction des dépenses alors qu’on y répond surtout avec l’augmentation des impôts. Évidemment personne n’aura le courage de faire comme les Allemands qui ont introduit dans leur constitution la nécessité de l’équilibre du budget. Ce serait évidemment possible en France avec un calendrier réaliste et surtout du courage. La démagogie conduit par exemple en matière de retraite à envisager le retour à 62 ans voire à 60 ans alors que la démographie française s’écroule et forcément pèse sur les équilibres financiers des retraites mais aussi sur le reste. En effet l’autre problème dominant lié c’est le manque de travail évalué environ 15 % par rapport aux autres pays de l’Europe. Il s’agit du temps total travaillé tout au long de la vie. Si ces 15 % étaient atteints la France ne connaîtrait plus de problèmes financiers. Il y a cependant l’affaiblissement de la valeur travail qui ne cesse de s’étioler et rend cette perspective difficile à envisager.

Aussi la question de la dégringolade du niveau de formation du primaire au supérieur. Avec d’énormes dispersions autour de la moyenne médiocre. Avec tout en haut heureusement encore l’exceptionnelle performance dans les technologies, les sciences et la recherche mais aussi à l’autre bout du spectre une ignorance crasse des savoirs fondamentaux. Et des bacs pro par exemple distribués comme des poignées de mains qui ne valent même pas le certificat d’études primaires des années 30. Bref, les faiblesses françaises sont autant imputables à un monde politique hors-sol qu’à des citoyens qui préfèrent les sirènes de la démagogie aux vérités documentées.

Avec Lecornu II , Macron précipite la France vers une crise historique

Avec Lecornu II , Macron précipite la France vers une crise historique

La plupart des observateurs conviennent que l’objectif principal de Macron est de durer quitte à utiliser des procédures douteuses voire dilatoires. Le chef de l’État outrepasse en effet le champ de ses responsabilités en s’immisçant directement dans le fonctionnement du gouvernement. Lecornu reconduit confirmera qu’il n’a pas l’épaisseur politique pour gérer les nombreuses contradictions du contexte politique tout en restant aux ordres du président de la république.

Le nouveau gouvernement Lecornu de sera donc encore nécessairement éphémère. En cause d’abord le fait que la tripartition actuelle à l’Assemblée nationale empêche toute majorité durable et surtout du fait que désormais la grande question tourne autour de la problématique de l’élection présidentielle. Les grandes formations politiques sont essentiellement animées par la perspective de cette élection et d’une certaine manière imperméables à tout compromis qui pourrait leur faire perdre des électeurs lors de cette échéance.
Ainsi la France va sans doute cumuler différentes dimensions d’une crise qui pourrait être historique. A la crise politique caractérisée par l’éclatement du paysage électoral et l’irresponsabilité de la classe politique va succéder une crise démocratique et au-delà une crise de régime. En effet la question du champ des responsabilités d’un président de la république aujourd’hui personnage quasi monarchique -surtout avec Macron qui n’écoute que lui-même- va se poser. En clair, c’est la constitution de la Ve République et ses anciens équilibres qui doivent maintenant être discutés.
Indirectement le problème de la durée du mandat et les conditions du départ du président seront également évoqués. Macron va fragiliser la durée de son mandat et surtout celui de ses successeurs. Cela d’autant plus que la plupart des présidents depuis Pompidou ont en général mis en œuvre des politiques incohérentes avec leurs propres orientations électorales. La crise de régime et inévitable et pourrait s’aplifier avec le président ou la présidente qui succédera à Macron surtout avec l’énorme écart entre les promesses et la gestion réelle du fait des contraintes.
Parallèlement, l’instabilité va contaminer le champ économique. La croissance était déjà très faiblarde, autour de 0,3 % par trimestre. Elle risque de devenir négative en raison de la timidité de la consommation moyen d’ajustement de la stagnation du pouvoir d’achat. Les investissements sont en recul faute de perspectives claires dans le domaine fiscal et financier; enfin il faut aussi observer notamment la nette tendance à la hausse des défaillances d’entreprises. En clair, la récession pourrait menacer dans les années à venir d’autant que le contexte international n’est guère favorable à l’Europe et à la France en particulier.
Le mécontentement social risque aussi de miner l’environnement du pays avec en particulier la multiplication des mouvements corporatifs ( et pas forcément de la part de ceux qui sont les plus défavorisés !). La France va dans ce domaine aussi payer le mépris récurrent de Macron vis-à-vis des organismes intermédiaires et en particulier des syndicats forcément tentés de se replier sur des positions radicales. Avec Lecornu II de Macron dirige la France vers le précipice accentuant encore les perspectives dramatiques d’évolution des finances publiques. Moins de croissance c’est forcément moins de recettes fiscales alors que les dépenses sont devenues quasi incontrôlables. Cela en raison du millefeuille administratif et les contradictions des politiques sectorielles. Avec Lecornu II va s’amplifier la crise multi factorielle, une crise qui pourrait durer des années. Le résultat notamment d’un président complètement immature et égocentrique mais qui n’exonère pas le monde politique et même les français de leur propres contradictions.

France Finances publiques : encore dégradée mais pas encore mortelle !

France Finances publiques : encore dégradée mais pas encore mortelle !

L’agence de notation Fitch a décidé d’une nouvelle dégradation de la dette publique de la France qui passe ainsi de A+ à A. Conséquence directe une augmentation des taux d’intérêt comme les taux à 10 ans par exemple. Ces taux d’intérêts tournent autour de 3,50 % et passent au-dessus de ceux de l’Italie pourtant davantage endettée mais en net redressement.

La conséquence directe pour les entreprises comme pour les consommateurs sera une évolution en hausse du coût de l’argent. Notons cependant que ces taux n’ont pas encore contaminé l’inflation et qu’il convient d’en relativiser les effets immédiats. L’inflation se maintient pour l’instant en dessous de 1 %. En cause, la modeste croissance de 0,8 % sur un an qui traduit en particulier le tassement de la consommation et des investissements. Cette dégradation n’est pas évidemment une bonne nouvelle pour la France, elle traduit la dérive de la gestion financière de l’État depuis 40 à 50 ans. La vérité sans doute c’est que la puissance publique -au plan national comme local -ne maîtrise plus grand-chose.

La banqueroute est encore lointaine mais sur la tendance elle pourrait bien venir avec notamment les déficits du budget de l’État et de la sécurité sociale mais aussi le gonflement des dépenses du millefeuille administratif local ( communes, communes regroupées, communauté de communes, départements, régions et bien sûres État). La situation n’est donc pas dramatique mais elle deviendra à échéance d’une vingtaine d’années. Pour l’instant les déséquilibres sont à relativiser compte tenu de la richesse réelle de la France. En effet l’épargne des Français est considérable et il convient aussi de la mettre en regard des déficits publics. L’épargne totale des Français est de 6300 milliards. Le taux d’épargne des Français est de 18,2 % de leurs revenus disponibles en moyenne selon l’INSEE. Un taux qui ne cesse d’augmenter ( pour ceux qui évidemment peuvent épargner, c’est-à-dire près de 50 % de la population) du fait des incertitudes actuelles.

Le plus grave dans cette affaire c’est le sentiment de déclassement de la France même s’il n’est pas toujours justifié. Ainsi le tassement des investissements de capacité mais surtout d’innovation constitue une hypothèque pour le devenir du pays. Cela d’autant plus que nous souffrons d’un déficit déjà de production et de compétitivité. Pour parler simple, on ne produit pas assez (notamment parce qu’on ne travaille pas assez) et la France est en retard technologique global) Elle doit parallèlement revoir son rapport au travail et le contenu de sa formation

Bayrou avait raison de tirer la sonnette d’alarme surtout sur les conséquences très néfastes pour les générations à venir. Cependant il a eu tort de dramatiser et surtout de faire tout seul sa petite tambouille personnelle avec quelques conseillers sachant que la stratégie impose d’impliquer dès le départ- y compris celui de l’analyse- les acteurs économiques et organisations intermédiaires. On ne peut mobiliser sans une analyse partagée. Mais l’objectif n’était pas là pour Bayrou, il s’agissait pour lui de tenter de partir dignement avant d’être mis à la porte. Une situation que pourrait bien connaître le nouveau premier ministre Lecornu s’il ne change pas réellement sur le fond et la forme et s’en tient à des éléments de langage flous.

France- déficit commercial : toujours plus

France- déficit commercial : toujours plus


Le solde des échanges commerciaux de la France avec les autres pays constituent un véritable thermomètre d’une compétitivité qui malheureusement se dégrade encore. Ainsi Le solde se porte à moins 43 milliards d’euros au premier semestre. Et les droits de douane américains n’ont pas encore produit leurs effets néfastes.

Le solde s’est dégradé, nous montrent les derniers chiffres publiés par les douanes ce jeudi. Il se détériore de 2,8 milliards au deuxième trimestre 2025, après une baisse équivalente au premier. Ce qui porte le déficit à 43 milliards d’euros sur le semestre, soit une dégradation de 8 % par rapport à la même période en 2024. En cumul sur douze mois, notre déficit commercial, pour les marchandises, atteint 81,6 milliards d’euros.

France – Impact de droits de douane américains faible ?

France – Impact de droits de douane américains faible ?


L’appréciation de l’euro a un effet similaire à un droit de douane. Entre 2001 et 2005, l’euro s’est apprécié d’environ 50 % par rapport au dollar, une évolution qui a mécaniquement renchéri le prix des produits européens aux États-Unis. Les droits de douane de 15 % imposés par le président Trump agissent d’une manière similaire sur la compétitivité-prix des produits européens sur le marché américain (mais ils n’ont pas d’effet direct sur la compétitivité des produits américains en Europe). Ainsi, en termes de compétitivité-prix sur le marché américain, l’appréciation de l’euro au début des années 2000 a eu un effet environ trois fois plus fort que les droits de douane imposés par Donald Trump.

Par Sylvain Bersinger, économiste, fondateur du cabinet Bersingéco dans La Tribune

Les exportations européennes ont résisté à l’appréciation de l’euro
Les exportations européennes vers les États-Unis ont légèrement progressé entre 2001 et 2005, malgré l’effet défavorable du taux de change. Le taux de change n’est évidemment pas le seul déterminant des exportations, la croissance poussive des États-Unis sur cette période a également pu peser sur les ventes européennes (et, entre autres, expliquer l’appréciation de l’euro). Par exemple, la crise des subprimes de 2008-2009 a conduit à une baisse marquée des exportations européennes du fait d’une chute de la consommation américaine. Si l’on s’en réfère à l’expérience des années 2001-2005, il est peu probable que des droits de douane de 15 % conduisent à une baisse sensible des exportations européennes vers les États-Unis.

Les exportations françaises vers les États-Unis ont baissé de 13 % entre 2001 et 2005, soit la période pendant laquelle l’appréciation de l’euro a pénalisé la compétitivité des produits tricolores. La baisse a cependant été plus marquée lors de la crise des subprimes, ce qui indique que, plus que leur compétitivité prix, c’est la vigueur de la demande aux États-Unis qui impacte les flux commerciaux. Des droits de douane de 15 % devraient donc rogner les exportations françaises d’environ 4 % si l’on se base sur une proportionnalité entre l’effet change de 2001-2005 et la situation actuelle (estimation maximale puisque l’aéronautique est exempté de droits de douane). Avec des exportations françaises vers les États-Unis de 47 milliards d’euros en 20241, la perte ne serait que d’environ 2 milliards d’euros, soit moins de 0,1 point de PIB.

Une analyse détaillée par secteur montre que, parmi les principaux produits exportés par la France aux États-Unis, ce sont les ventes de machines2et d’aéronautique qui ont le plus souffert au début des années 2000. L’aéronautique étant exempté de droits de douane, ce secteur ne sera pas pénalisé par la guerre commerciale en cours. La maroquinerie, les vins et spiritueux ou les cosmétiques ne semblent pas avoir été pénalisés par l’appréciation de l’euro entre 2001 et 2005, probablement parce que les consommateurs de ces produits sont peu sensibles au prix. L’expérience du début des années 2000 laisse prévoir que ce sont surtout les exportations de machines qui souffriraient des droits de douane.

(1) D’après l’ITC
(2) Intitulé exact dans les données ITC: « Nuclear reactors, boilers, machinery and mechanical appliances; parts thereof »

Droits de douane : la France isolée

Droits de douane : la France isolée

Un papier du journal l’Opinion du 21 juillet soulignait le caractère chimérique de l’opposition de la France à Trump du fait de nos propres faiblesses internes

Chaque jour qui nous sépare du 1er août voit s’accroître l’inquiétude des entreprises françaises. À cette date, en effet, la menace de Donald Trump d’assommer l’Europe de droits de douane s’appliquera unilatéralement, si aucun accord n’a été trouvé d’ici-là avec le géant américain. Or, cela fait des semaines que le débat européen tourne en rond : faut-il négocier, comme l’ont fait plusieurs pays dans le monde, ou menacer ? Faut-il signer ou résister ?

Dans ce dossier essentiel pour notre avenir, le sentiment se renforce que la France est isolée. Comme ce fut le cas en 2018, lors du premier mandat de Donald Trump, avec l’imposition de droits de douane sur l’acier et l’aluminium, l’Allemagne et plus encore l’Italie sont favorables à une négociation. La Commission européenne elle-même paraît encline à chercher un compromis, l’essentiel étant d’éviter à tout prix la sanction-massue que représenterait une hausse brutale de 30 % des tarifs douaniers.

Ce n’est pas la position d’Emmanuel Macron, qui défend l’idée de représailles et semble vouloir aller au bras-de-fer avec l’administration des Etats-Unis.

Tout se passe comme si le président de la République, en bombant le torse face à Trump, avait décidé de faire de ce dossier le symbole de sa vision d’une Europe puissance. Comme s’il avait choisi la posture politique plutôt que le réalisme économique, son image plutôt que le destin des entreprises européennes. Mais que vaut le concept d’autonomie stratégique européenne, si cher à Emmanuel Macron, sans la solidité et la puissance de notre industrie et de nos services ? A quoi servirait une victoire personnelle du chef de l’Etat si elle s’accompagnait d’un affaiblissement mortel de plusieurs secteurs économiques en Europe ? Etre le plus ancien leader européen du Continent ne suffira pas à avoir raison seul contre tous.

France : Une démocratie de contestataires ?

France : Une démocratie de contestataires ?

Les sujets avec lesquels des Français ne sont pas d’accord fleurissent à l’occasion de l’examen du budget . Pour simplifier, on constate des majorités contre mais très rarement des majorités constructives. Une addition de contradictions, d’opposants, de corporatistes et souvent de démagogues. Comma dans la pétition de la loi Duplomp.

Exactement à l’image de ce qu’est l’Assemblée nationale : sorte d’auberge espagnole où tous les avis mêmes les plus tordus peuvent s’exprimer. Dernier exemple en date la déclaration de l’exhibitionnisme Sandrine Rousseau qui déclare à propos de la compétitivité de l’agriculture : « je n’en ai rien à péter ». Une confusion sans doute entre le bistrot et le Parlement. Bref des propos qu’on peut admettre après cinq ou six tournées d’apéritifs mais pas de la part d’une députée censée représenter l’intérêt général. L’addition des oppositions à la loi Duplomb révèle la même coagulation de toutes les contradictions. Pour les pétitionnaires tout cas pour beaucoup, peu importe que toute l’Europe soit en faveur du rétablissement d’un pesticide destiné surtout aux betteraves!( néonicotinoïdes). Pour eux, c’est la France qui a raison contre les experts internationaux officiels et de s’appuyer sur l’avis de quelques chercheurs traditionnellement gauchistes du CNRS. Cela contre l’avis des organismes officiels français et internationaux.

Certes les pétitions comme les manifestations participent de la démocratie, elles peuvent être utiles voir nécessaires. Elles ne sauraient être cependant déterminantes car le plus souvent elles ne représentent que de 2 à 3 % du corps électoral. Et de toute manière, on ne gouverne pas un pays en fonction des humeurs protestataires des uns ou des autres. Il est assez pitoyable de voir des partis de gouvernement comme le parti socialiste tenter de survivre en suivant les protestations manipulées par l’extrême gauche. La question du pesticide destiné en particulier aux betteraves est complexe et nécessite une régulation à l’échelle internationale. Un traitement nationaliste ne fera qu’empirer la situation en France pour le consommateur.

Budget et croissance : la France vers la stagnation

Budget et croissance : la France vers la stagnation

Allianz Trade prévoit que le projets de budget de Bayrou pourrait avoir un impact négatif de 0,6 % sur le PIB autant dirent une croissance presque zéro puisque dans le même temps on prévoit pour 2025 un PIB dont l’augmentation est réduite à 0,6 % contre 1,1 % en 2024. De ce fait, les prévisions de recettes fiscales sont d’ores et déjà obsolètes car mécaniquement moins d’activité réduit les ressources pour le budget de l’État. Sans parler de l’effet des incertitudes économiques et politiques sur l’attitude des investisseurs comme des consommateurs. Par ailleurs, la croissance mondiale restera atone à +2,5 % en 2025, son plus faible niveau depuis 2008 en dehors des périodes de récession.

Les prévisions pour les États-Unis ont été revues à la hausse de +0,8 point de pourcentage à +1,6 % pour 2025-2026 en raison de la baisse des droits de douane effectifs.

La zone euro devrait enregistrer une croissance de +1,2 % en 2025, largement tirée par les petites économies.
En France, un ralentissement de la croissance économique est attendu en 2025 (+0,6% vs +1,1% en 2024), avant un léger rebond en 2026 à +1,1%.

France et travail: Les salariés à temps complet travaillent moins que les autres européens

France et travail : Les salariés à temps complet travaillent moins que les autres européens

L’actualité va évidemment se focaliser pendant des semaines autour de la question de l’éventuelle suppression de deux jours fériés qui affecterait gravement les conditions de travail en France d’après certains. Pour juger de manière pertinente de cette question, il faudrait cependant prendre en compte certes le nombre de jours fériés dans chaque pays mais aussi la durée de travail hebdomadaire mais surtout annuelle. Et de ce point de vue les salariés français à plein temps travail moins que leurs collègues européens. Ce que confirme une récente étude de Rexocode.

Les salariés à temps complet en France travaillent 1 673 heures par an, soit moins que dans tous les autres pays européens exceptés la Finlande et, depuis cette année, la Suède. L’écart est d’environ trois semaines
de travail avec l’Allemagne (1 790 heures), qui est à la moyenne européenne.

Pour établir une comparaison, il faut donc prendre en compte la durée réelle annuelle de travail. Mais il faut aussi intégrer le fait que la France compte proportionnellement moins d’actifs que les autres pays européens en situation d’emploi. ( Moins de jeunes notamment et moins de séniors). Le tout cumulé permet de mieux comprendre pourquoi la France produit moins de richesses que les autres pays environ 15 % de moins; ce qui explique finalement nos difficultés financières qui sans ce handicap seraient à peu près résolues. Pour résumer trop peu de travail pour trop peu de populations est donc trop peu de richesses mais des déficits abyssaux content tenu des dépenses publiques complètement incontrôlées.

La dette de la France vers de nouveaux sommets

La dette de la France vers de nouveaux sommets

Le débat sur la situation financière de la France est assez surréaliste. On s’oppose à quelques économies qui représentent des dizaines de millions quand il faut affronter un mur de la dette qui atteint 113 % du PIB soit 3100 milliards!

La dette publique française avait passé le cap des 100 milliards d’euros en 1981, celui des 1 000 milliards en 2003, puis celui des 3 000 milliards en 2023. Elle a encore progressé de 203 milliards d’euros en 2024, pour atteindre 3 305 milliards à la fin décembre, selon le chiffrage dévoilé, jeudi 27 mars, par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

La hausse de 2024 se révèle encore plus significative une fois la dette rapportée à l’activité économique. En 1974, l’endettement de l’Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale se limitait à 14,5 % du produit intérieur brut (PIB). Année après année, les déficits budgétaires continus l’ont fait s’envoler jusqu’à 114,9 % en 2020, au moment de la crise du Covid-19 et du « quoi qu’il en coûte », quand l’Etat a desserré les cordons de la bourse pour éviter une récession. La dette s’est ensuite un peu tassée durant trois ans. Mais elle est repartie de plus belle en 2024, passant de 109,8 % à 113 % du PIB en douze mois, selon l’Insee. Un niveau record, hors période de crise ou de guerre.

Bref faute de compréhension et de prise de conscience de la gravité de la situation financière tant par l’opinion publique que par les responsables politiques, la France s’oriente doucement vers le défaut ( la faillite) et la mise sous tutelle par le fonds monétaire international.Une hypothèse vraisemblable d’ici quelques années. À moins qu’on prenne enfin conscience que tous les acteurs économiques sans exception doivent contribuer à l’effort de redressement. Un effort de redressement financier mais aussi de production de richesses car la France ne travaille pas assez en moyenne sur toute la durée de leur vie professionnelle

France–croissance quasi zéro au deuxième trimestre

France–croissance quasi zéro au deuxième trimestre

Dans son rapport mensuel publié le mercredi 9 juillet, la Banque de France annonce une croissance modeste au deuxième trimestre 2025, limitée à +0,1 %, comme au trimestre précédent. Une estimation conforme à son pronostic du mois dernier, mais inférieure à la prévision réalisée en juin par l’Insee (+0,2 %). L’objectif de 0,7 % fixé par le gouvernement s’éloigne. Déjà ramené à 0,6 % par l’Insee, il pourrait encore être revu à la baisse.

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