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Formation des élites en France : les réalités (François Lévêque)

Formation des élites en France : les réalités (François Lévêque)  

Professeur d’économie,   MINES ParisTech jette un regard critique sur la formation de nos élites.

 

«  Les étudiants choisissent leurs universités et les universités choisissent leurs étudiants. Les classements et palmarès aident les premiers à formuler leurs préférences tandis que concours, dossiers de candidature ou tests d’aptitude président au choix des secondes. Pour les meilleurs des deux, comment se fait l’appariement et quel est son résultat ?

L’analyse économique de la formation élitaire est pour moi un exercice délicat. Le lecteur pourra légitimement se demander si l’auteur, professeur d’une grande école parisienne prestigieuse, ne porte pas un regard biaisé et partial, en particulier s’il parle de l’Université française. Que son établissement, l’École des Mines ParisTech, ait récemment rejoint une université nouvelle, celle de Paris-Sciences-Lettres, n’arrangera rien. Bien logiquement, sa visée d’occuper les premiers rangs n’est pas perçue avec bienveillance par ses consœurs.

De plus, l’enseignement supérieur est une activité économique très éloignée de la place de marché et du monde de l’entreprise. Le prix ne règle en rien les admissions. Contrairement aux maisons d’opéra, il n’est pas le moyen utilisé pour attribuer les meilleures places. Ce serait les plus offrants et non les plus méritants et motivés qui rejoindraient alors les meilleurs rangs universitaires ! Même aux États-Unis où des entrées en premier cycle de grands établissements peuvent « s’acheter » via des dons de parents riches ou célèbres (les deux, c’est mieux), la chose n’est pas essentielle.

Même si cela leur est parfois reproché, les étudiants ne sont pas non plus des consommateurs. Ils doivent travailler, souvent d’arrache-pied, réussir examens et projets. Les universités ne sont pas non plus des entreprises. Il en existe bien de privées, à l’exemple des universités de Stanford aux États-Unis ou de Waseda au Japon, mais elles n’ont pas de but lucratif. De plus, les universités d’élite ne peuvent pas se développer en produisant toujours plus pour satisfaire la demande et grandir en taille à l’instar de n’importe quel constructeur automobile, fabricant d’ordinateurs ou chaîne de restauration rapide qui connaîtrait le succès.

Les écoles de commerce et d’administration des affaires sont celles qui se rapprochent le plus des modèles économiques du marché et de l’entreprise. Elles en restent encore cependant bien éloignées : il faut payer cher pour suivre leurs enseignements mais il ne suffit pas de payer pour y entrer ; les plus coûteuses ne sont pas forcément les plus cotées ; leurs administrateurs, souvent des anciens élèves, veillent à l’équilibre des comptes non au maintien d’une marge positive et ils sont attentifs à ce que la croissance n’entame pas le caractère très sélectif et prestigieux de leur établissement.

Mais n’oubliez pas que l’économie est une discipline qui s’intéresse à l’allocation des ressources rares et qui cherche à quantifier des effets et leurs déterminants, ce qui donne tout de même quelques clefs pour observer de près les sommets de l’enseignement supérieur.

Les biens et services rares ne sont pas uniquement alloués à travers le mécanisme des prix. Pensez à l’échange d’organes entre donneurs et receveurs, par exemple. Ils ne sont pas attribués à ceux qui sont prêts et capables de proposer le plus d’argent. Les consentements à payer et recevoir ne jouent aucun rôle dans la répartition. En revanche, ils peuvent être attribués en recourant à un système de règles qui tient compte des préférences et des caractéristiques des offreurs et demandeurs et qui impose des contraintes et des critères de choix.

Ces systèmes d’appariement ont justement fait l’objet de nombreux travaux théoriques et pratiques de la part des économistes, notamment des meilleurs d’entre eux tant le problème est ardu (voir appendice). Il ne s’agit pas moins de concilier des principes d’efficacité et d’équité.

Plus près de vous que l’échange de rein ou de foie, je l’espère, vous pouvez aussi penser à Parcoursup. Vous-même ou votre fille ou votre fils y étiez peut-être inscrits cette année. Souhaitons alors que les affres de l’attente des résultats n’aient pas été trop aiguës et que le candidat ait été admis dans son établissement préféré, ou pas loin.

Plus précisément, la formation supérieure élitaire s’apparente aux concepts économiques de bien de club et de bien de position.

Au bien de club car, à l’image des salles de sport, la satisfaction retirée des membres dépend de leur nombre, nombre qui ne doit être ni trop petit ni trop grand. S’il est trop petit, les effets positifs de réseau sont insuffisants : manque de pairs à qui se confronter et auprès de qui apprendre ; association d’anciens clairsemée qui ne facilite ni le placement à la sortie ni l’entretien de la renommée.

S’il est trop grand, le prestige associé à l’appartenance au club devient moindre car partagé entre un plus grand nombre et dégradé par un taux de sélection à l’entrée moins drastique. Ce taux sera inévitablement interprété comme une baisse de qualité, ce qui entraînera une diminution de la demande auprès de ceux, sûrs de leur capacité, de leur mérite ou encore de leur statut, qui auraient autrement candidatés et dont le choix se portera désormais ailleurs.

La notion de bien de position, ou bien positionnel (positionnal goods) complète cette idée. La formule est laide mais elle est parlante : la valeur d’un tel bien dépend en effet de son rang dans un classement ou une échelle reconnus par les personnes auxquelles l’on prête attention, voire par l’ensemble de la société.

En d’autres termes, la satisfaction n’est pas retirée du bien lui-même mais de sa position relative. Si la formation de haut niveau était un pur bien de position, cela voudrait dire, par exemple, que les élèves de l’École polytechnique ne retireraient leur satisfaction d’en être diplômés pour aucune part de l’enseignement reçu mais seulement de sa place au-dessus des écoles des mines, des ponts, des télécoms et d’autres encore moins cotées.

Les positions étant chacune uniques, la concurrence pour l’accès à ces biens se caractérise par un jeu à somme nulle comme dans les compétitions sportives : si l’un gagne, l’autre perd ; si je suis admis à l’Université Paris Dauphine, une autre ou un autre ne l’est pas ; si le MIT est le cinquième du classement de Shanghai, la place est prise et Princeton sixième ne l’a pas.

La concurrence entre les fournisseurs de ces biens prend dès lors souvent la forme d’une course à des investissements de prestige coûteux. Au cours de ma carrière, j’ai pu assister à une impressionnante escalade dans le luxe des cafétérias des law schools américaines. Si vous avez l’occasion de visiter Cambridge (Massachusetts) faites un tour à celle de Harvard. On se croirait dans le salon d’un grand hôtel. Vous ne pourrez pas cependant visiter la cafétéria de la school of law de Princeton.

Dans une enquête, les étudiants américains classent cette faculté de droit parmi les dix meilleures des États-Unis. Sa cafétéria doit donc être chouette. Le problème c’est qu’il n’y a pas de school of law à Princeton !

Ces dépenses de prestige contribuent à signaler la qualité des établissements. Mais elles ne sont pas les seules, ni même les principales. Le recrutement de chercheurs de haut niveau est par exemple devenu clef à cause de l’importance des publications dans les classements nationaux et mondiaux des universités. Idem pour les efforts d’internationalisation des cursus. Bref, des dépenses multiples car ce qui fait la qualité d’une université ou d’une école d’élite repose sur de multiples critères.

Un des plus intéressants à discuter est la qualité des étudiants eux-mêmes. Elle est l’input principal du processus de production, dirait l’ingénieur qui observerait aussi que c’est en se frottant à leurs pairs qu’elle s’améliore. Elle détermine la qualité du service produit tout en étant apporté par les clients eux-mêmes, ajouterait l’économiste. Et certains d’entre eux d’en déduire qu’il convient de rétribuer les meilleurs étudiants pour faire la course en tête.

Cette caractéristique très particulière de la technologie de la formation supérieure permet d’expliquer qu’il arrive que les grandes universités coûtent moins cher à leurs élèves que les autres. Citons le cas des universités américaines dans les années 1990. Les frais de scolarité étaient en moyenne par étudiant de 3.800 dollars pour un coût total de 12.000 dollars, la différence étant comblée par des subventions (donations, aides publiques, etc.). Ces frais et ce coût étaient respectivement de 5.700 et 28.500 dollars pour les universités les plus riches et cotées et de 6.100 et 7.900 dollars pour les universités en bas de tableau.

Observons également qu’en France, certains des établissements parmi les plus prestigieux tels l’X et les Écoles normales payent leurs étudiants en leur octroyant une solde ou un salaire. Vous pourriez objecter que ces émoluments sont la contrepartie d’un engagement de l’étudiant une fois diplômé de servir l’État. Mais jusque vers les années 2000, ils ont été rarement remboursés en cas de passage dans le privé. Passage d’ailleurs souvent mal vu, d’où le terme péjoratif de pantoufle pour désigner cette somme à rembourser par opposition à la botte des premiers classés. De façon générale, le coût de la formation par étudiant, c’est-à-dire les dépenses totales de l’établissement divisées par la taille de ses promotions est un signal de qualité.

Le salaire moyen à la sortie naturellement aussi. Sans surprise, il augmente avec le caractère sélectif de la formation. Ce phénomène a bien été démontré pour le premier cycle aux États-Unis : plus le collège est sélectif, que ceci soit mesuré par le score moyen obtenu au test d’admission standard ou par un ensemble d’autres critères, plus les étudiants qui en sont issus percevront un salaire élevé au cours de leur carrière. Ce résultat intuitif tient compte du poids que jouent également d’autres variables observables et renseignées sur les salaires comme le genre, l’origine ethnique ou encore le niveau d’étude des parents.

Mais n’est-il pas biaisé par des variables cachées ? Si cela se trouve, l’écart de salaires ne reflète pas tant les différences des collèges que le talent et l’ambition des étudiants qui y entrent. Et bien, c’est grosso modo le cas, le recrutement prévaut sur les années de formation.

Un mathématicien, Stacy Berg Dale, et un économiste, Alan B. Krueger, ont les premiers mis en évidence ce biais de capacité. Ils ont recouru à une bien jolie astuce : les candidats postulent en général à plusieurs collèges et certains ne choisissent pas toujours l’établissement le mieux classé (c.-à-d., le plus sélectif) prêt à les accueillir. Or, toutes choses égales par ailleurs, ces originaux seront une vingtaine d’années plus tard autant payés que leurs camarades conformistes qui ont eux choisi le collège qu’ils n’ont pas retenu (ils, c’est-à-dire les originaux).

Dit de façon journalistique et moins alambiquée, si l’étudiant est bon il réussira (financièrement s’entend) même s’il ne sort pas du meilleur collège. Et d’ajouter que Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, a quitté Harvard en deuxième année ; Bill Gates de Microsoft aussi. Dans un autre registre, l’acteur Matt Damon n’y est resté que six mois.

En creux, l’étude de Dale et Krueger montre donc que les différences dans la qualité de l’enseignement entre établissements n’influent pas à long terme sur les niveaux de salaire et les carrières. Mais que les dirigeants d’universités et d’écoles d’élite et leur corps d’enseignants-chercheurs se rassurent. Les mêmes auteurs montrent également que le choix du collège importe pour les étudiants afro-américains et pour ceux dont les parents n’ont pas fait d’étude. Ces étudiants gagneront plus s’ils choisissent le plus sélectif de ceux auxquels ils sont admissibles et non un qui l’est moins. Par ailleurs, d’autres travaux fondés sur des données et des méthodes différentes présentent des résultats sur le biais de capacité moins tranchés. Caroline M. Hoxby, économiste renommée de l’éducation, avance que le collège pèse pour un quart dans la différence de salaire, les trois quarts s’expliquant par l’aptitude des élèves.

Enfin, il s’agit de résultats qui portent sur le premier cycle. La formation en master et doctorat étant moins standardisée, se déroulant en plus petite classe et étant dispensée par des enseignants praticiens ou chercheurs plus chevronnés, le poids joué par l’établissement est sans doute plus important. En tout cas, c’est rassurant de le croire quand on enseigne à des étudiants gradués comme c’est mon cas… »

François Lévêque vient de publier « Les habits neufs de la concurrence : ces entreprises qui innovent et raflent tout » aux éditions Odile Jacob.

 

 

Croissance : + 0.4% au troisième trimestre ? (Banque de France)

Croissance : + 0.4% au troisième trimestre ? (Banque de France)

Pour la Banque de France,  la croissance devrait nettement redresser au troisième trimestre. L’institution se fonde surtout sur l’évolution de la production industrielle. En réalité, tout dépendra surtout de la consommation des ménages qui représentent 60 % du PIB. Or cette consommation des ménages est plutôt atone depuis le début de l’année. Du coup,  les prévisions de la Banque de France semblent relever davantage du volontarisme que de la prévision. La croissance devrait accélérer au troisième trimestre en France pour atteindre 0,4%, à la faveur notamment d’une forte progression de la production industrielle, selon la Banque de France. Ce chiffre, qui traduirait un net rebond après le trou d’air du deuxième trimestre (0,2% de croissance au premier comme au deuxième trimestre), est conforme à une première estimation publiée le 8 août par l’institution monétaire.La banque centrale, qui se base pour cette estimation sur son enquête mensuelle de conjoncture, explique ce regain de croissance par l’amélioration de la conjoncture dans le secteur industriel, où les nouvelles commandes ont progressé, « y compris à l’exportation ».En août, l’automobile a ainsi bénéficié d’un flux important mais ponctuel d’achats », tandis que les secteurs de la chimie et de l’électronique ont connu une évolution « dynamique », souligne la Banque de France dans un communiqué. L’activité des services est elle aussi restée bien orientée, avec des effectifs qui ont « continué d’augmenter ». « Les chefs d’entreprise prévoient une poursuite de la croissance au même rythme » en septembre, précise l’institution monétaire.

Taxation des GAFA : la France isolée

Taxation des GAFA : la France isolée

Le moins que l’on puisse dire c’est que la France est très isolée sur le projet de taxation européenne des gaffes. On sait que ces plate-formes informatiques réalisent  du commerce en Europe sans payer l’équivalent des taxes de leurs homologues locaux. D’où l’idée d’une taxe à caractère forfaitaire sur le chiffre affaire. Le problème, c’est que la France dispose de peu d’alliés en Europe pour mettre en œuvre cette fiscalité. Cela pour deux raisons il y a d’abord ceuux qui bénéficie de l’implantation des sièges sociaux des sociétés des GAFA. Mais il y a aussi ceux qui comme l’Allemagne craignent  des représailles de la part des États-Unis sur l’industrie notamment automobile. D’où la demande officielle des autorités allemandes de prendre du temps sur cette question. Sans doute le temps nécessaire pour savoir comment trum envisage de taxer les produits de l’industrie européenne en particulier allemande. La conséquence de cette division concernant la taxation des GAFA c’est qu’on pourrait aboutir à un compromis avec  une très faible fiscalité au regard des chiffres d’affaires et des profits réalisés ;  à peine quelque millions de retombées en moyenne pour chaque grande plate-forme dans chaque pays. La France empêtrée dans cette discussion propose une solution surprenante qui consisterait à indemniser financièrement l’Irlande, principal pays de sièges sociaux des GAFA. Cela pour obtenir le soutien de l’Irlande au projet européen de fiscalité concernant les grandes plates-formes. Une proposition un peu tordue qui aura du mal à trouver une légitimité juridique « Ça ne me semble pas illégitime de donner quelque chose à l’Irlande”, a dit le Ministre français des Finances Bruno Lemaire, l’un des plus fervents partisans de cette taxation, afin de  trouver un compromis . mais  l’Allemagne a réclamé samedi, par la voix de son ministre des Finances Olaf Scholz, un délai avant son instauration tout en admettant d’un accord pourrait être trouvé d’ici la fin de l’année. “Il est nécessaire de prendre le temps de débattre mais nous sommes tout à fait disposés à trouver une solution sous peu”, a déclaré Olaf Scholz à Vienne, où il participe à une réunion de ses homologues de l’UE. Le pays avait accueilli avec réserve la proposition de la Commission européenne de fixer à 3% le taux de la taxe transitoire sur le chiffre d’affaires imposée aux géants d’internet, en attendant une réforme fiscale en profondeur. Au total, environ 200 groupes pourraient être concernés par une telle taxation, dont le rendement s’élèverait à près de cinq milliards d’euros à l’échelle européenne.

Moscou espionne la France

Moscou espionne la France  

 

C’est un acte d’espionnage”, déclaré la ministre des armées, désignant pour cible le satellite russe Luch-Olymp, “un peu indiscret”. Placé en orbite géostationnaire en 2014 par une fusée Ariane 5, le satellite Athena-Fidus (“Access on theatres for European allied forces nations-French Italian dual use satellite”) fournit des moyens de télécommunication de très haut débit aux armées française et italienne et aux services de sécurité civile des deux pays. “Grâce à Athena-Fidus, les états-majors des armées françaises et italiennes peuvent organiser des visioconférences, établir des diagnostics médicaux à distance, ou encore réceptionner des images acquises par des drones”, précise le CNES, qui a supervisé le projet avec la Direction générale de l’armement et l’Agence spatiale italienne. Le satellite russe Luch/Olymp, lancé en septembre 2014, est étroitement surveillé par les puissances occidentales qui le considèrent comme un satellite espion dont les subites variations de positionnement sont jugées suspectes et dangereuses. “Nous l’avions vu arriver, et avons pris les mesures qui s’imposaient”, a déclaré Florence Parly.

Intérêts de la dette grecque : rendus par l’Allemagne …et la France ?

Intérêts de la dette grecque : rendus par l’Allemagne …et la France ?

Les intérêts perçus depuis 2010 ont rapporté autour de 8 milliards dont 3 milliards à l’Allemagne mais aussi 2 milliards à la France. L’Allemagne vient de promettre de reverser les bénéfices de ses intérêts à la Grèce.  Le montant des bénéfices de la Bundesbank, grande acheteuse d’obligations grecques à côté d’autres banques centrales, dans le cadre du programme de rachat de la dette de la Grèce, mené entre 2010 et 2011, a été confirmé par un rapport parlementaire allemand dont l’AFP avait obtenu copie en juin. « Personne ne veut profiter de la crise grecque. En réalité, l’objectif est que tous les bénéfices des banques centrales soient régulièrement rendus à l’Etat grec », affirme M. Scholz ministre des fiances allemand.   »C’est ce que nous avons décidé à l’Eurogroupe (réunion des ministres des finances de la zone euro, ndlr), lors de la fin du troisième programme grec », a-t-il ajouté. Reste avoir si la France en délicatesse avec son budget va aussi rembourser ces intérêts !

 

Les taux d’intérêt vont rester bas en France

Les taux d’intérêt vont rester bas  en France

 

(Article de Xerfi repris dans la Tribune)

 

«

« Confirmation du resserrement de la politique monétaire aux États-Unis, arrêt du quantitative easing à la fin de l’année en zone euro, le ton des banques centrales change et semble sonner la fin de partie de l’argent pas cher. L’orientation de la FED sur le comportement des autres banques centrales étant toujours importante, ses prises de décisions ne seront pas sans conséquences sur les évolutions à venir ici en Europe et en France.

Or, le message envoyé par le Président de la Réserve fédérale américaine est très clair : « l’économie américaine est en pleine forme. Signe de cette confiance, une nouvelle remontée du taux directeur a été décidée, la 2ème de l’année, la 7ème depuis le revirement de décembre 2015. Deux autres sont programmées d’ici la fin de l’année et trois tours de vis supplémentaires en 2019, ce qui porterait les taux directeurs à 3% environ. Après 7 années passées au plancher à la suite de la crise de 2008, la normalisation est en cours de l’autre côté de l’Atlantique. Conséquence immédiate les taux courts se sont redressés aussi : les rendements américains à deux ans se sont envolés et à près de 2,60 ils sont au plus haut depuis 10 ans. La formation des taux d’intérêt à long terme dépend bien sûr des anticipations des taux à court terme ce qui les a fait grimper à environ 3% soit un pic depuis 2011. En lien avec l’accélération de l’inflation, l’augmentation des taux courts est plus rapide que celle des taux souverains à 10 ans, conduisant à un aplatissement de la courbe des taux Une tendance forte qui perdurerait l’année prochaine. Quoiqu’en hausse, les taux longs pourraient ne pas excéder 4%. Ils demeureraient de la sorte près de 1 point en dessous de la croissance du PIB nominal. Et leur inertie confirme que les marchés ne croient pas en une normalisation complète des taux courts. En d’autres termes, les taux ne seront pas un frein à la croissance aux Etats-Unis. Le risque néanmoins pour l’Europe et la France est bien entendu celui d’une contagion, alors même que les perceptives de croissance sont bien plus modestes. Tout l’enjeu pour la BCE est donc de freiner la remontée des taux importée des États-Unis. Elle peut agir sur les taux courts. Son taux directeur est ainsi resté inchangé et le restera jusqu’à la fin de l’été 2019. Et l’on perçoit mal ce qui pourrait précipiter le mouvement : de l’inflation, dans la zone euro, il n’y en a pas comme le montre l’évolution de l’indice sous-jacent. Une fois débarrassée des produits à prix volatils ou soumis, à l’intervention de l’État, elle reste coincée autour de 1%. De son côté, la croissance, a perdu de sa vitalité : et est passée d’un rythme proche de 3% tout au long de 2017 à 1,5% seulement au 1er trimestre 2018. Quant aux indicateurs avancés, ils vont dans le même sens. L’ESI, un indice du climat des affaires et de la confiance des ménages est peut-être au-dessus de sa moyenne de long terme, mais il s’est retourné depuis janvier dernier signe d’une économie à la recherche de second souffle. Il serait donc mal venu de l’asphyxier avec une hausse des taux. Le douloureux souvenir de 2011 est encore dans les mémoires. Quant aux taux longs, peu de risque d’emballement. Parce que les taux courts sont bas. Parce que la taille du bilan de la Banque centrale restera colossale. Ces digues devraient tenir. L’Euribor à 3 mois, mètre-étalon des crédits à taux variables où à très court terme, est tout simplement négatif depuis le 21 avril 2015. Certes cette vision un peu large écrase les mouvements les plus récents, mais pour l’heure il ne s’agit que de micro-fluctuations qui n’affectent que le troisième chiffre après la virgule. De leurs côtés, les taux à deux ans restent, en France négatifs sans qu’aucune rupture de tendance ne soit perceptible. Quant aux taux longs, ils restent coincés autours de 1% et ne devrait pas dépasser 1,5% fin 2019. Une hausse très limitée qui passera en outre très partiellement dans les taux proposés par les banques à leurs clients, tant la concurrence entre les établissements est virulente. Les taux d’intérêt sont bas, exceptionnellement bas et le resteront encore l’année prochaine. Une chance pour l’Etat qui continue de se financer à bon compte, une chance pour les particuliers et les entreprises qui empruntent toujours moins chers que ce soient pour dépenser plus ou investir.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

Croissance : le fossé Allemagne France

Croissance : le fossé Allemagne France

Alors que partout en Europe, la croissance se tasse, en France notamment,  l’Allemagne elle connaît une embellie. L’Allemagne a revu ses perspectives d’activité en hausse le PIB pourrait atteindre 2,3 % après 1,4 % déjà sur les trois premiers mois de l’année. Au contraire la France, elle, espérait une hausse du PIB à 2,3 % mais enregistre une croissance à peu près atone pour les six premiers mois de l’année et ne peut guère espérer que de l’ordre  de 1,5 %. Mécaniquement ce différentiel de croissance entraîne des  conséquences considérables sur les équilibres financiers. La France ne respectera pas ses objectifs budgétaires, elle devrait enregistrer encore un déficit de l’ordre d’une cinquantaine de milliards  quand l’Allemagne connaîtra excédent d’environ 200 milliards !, l’Allemagne a en effet enregistré une croissance solide au deuxième trimestre avec une progression de 0,5%, accélérant légèrement par rapport au premier trimestre (0,4%). En données non ajustées des effets calendaires (jours ouvrés et variations saisonnières), l’office fédéral allemand des statistiques précise que la croissance annuelle a atteint 2,3% après 1,4% sur les trois premiers mois de l’année.

Une performance qui contraste avec celle de la zone euro, qui a affiché une croissance de 0,3% au cours de cette période. Cette vigueur a permis aux caisses publiques d’afficher un excédent budgétaire inédit depuis la Réunification en 1990, de 48,1 milliards d’euros au premier semestre 2018. Ce surplus des comptes publics représente 2,9% du PIB allemand, en dessous des critères de Maastricht, qui demandent aux Etats de respecter la fameuse barre des 3% de déficits publics. Grosses différence avec la France, La  demande intérieure en hausse de 0,9% par rapport aux trois premiers mois de l’année. En revanche, le commerce extérieur a eu un effet négatif sur la croissance, les exportations de biens et services, moteur traditionnel de l’économie allemande, n’ayant qu’augmenté que de 0,7%, alors que les importations ont grimpé de 1,7%.

Bonne nouvelle : la France ne manquera pas de pinard

Bonne nouvelle : la France ne manquera pas de pinard

 

 

Certes les résultats économiques généraux de la France sont plutôt mauvais (sauf pur les actionnaires !) mais on est rassuré par le fait que la France ne manquera pas de pinard en 2018. Les esprits chagrins pourront toujours objecter que l’industrie française continue de reculer, que la balance commerciale est toujours aussi déséquilibrée, que la croissance se  tasse quand les déficits augmentent mais la récolte du pinard 2018 offre des raisons de se rassurer sur la solidité du pays. Il ne s’agit pas de faire une caricature de l’activité viticole dans l’impact sur l’économie est loin d’être négligeable et qui  par ailleurs apporte une contribution positive fort utile à la balance des échanges extérieurs. En effet,  la perspective de la production viticole est en hausse il faut s’en réjouir d’autant plus que d’autres productions agricoles comme le blé par exemple sont affectées par la baisse des cours.  La production viticole, elle,  française pourrait donc atteindre en 2018 46,1 millions d’hectolitres, en hausse de 25% par rapport à 2017 et de 5% par rapport à la moyenne des cinq années passées, selon des prévisions du ministère de l’Agriculture publiées vendredi. Ces prévisions restent en tout état de cause très en dessous du pic de 2015 (47,9 millions d’hectolitres). La récolte de 2017 avait, elle, été très affectée par le gel et la sécheresse. “L’année 2018 peut être qualifiée de précoce dans la plupart des bassins et de remarquablement précoce en Bourgogne, dans le Beaujolais, en Champagne et en Alsace”, ajoute-t-il.

Dividendes France : 50 milliards pour un trimestre : où est le ruissellement de Macron ?

Dividendes France : 50 milliards pour un trimestre : où est le ruissellement de Macron ?

 

Tous les lobbys de la grande finance se félicitent de ce résultat tout à fait exceptionnel des dividendes distribués notamment en France au cours du deuxième trimestre de l’année. Ce serait une bonne nouvelle pour le pays et en particulier pour l’économie. Bref la théorie du ruissellement développé par Macron. Le problème c’est que précisément ces rémunérations assez exceptionnelles n’ont pas eu l’effet de contagion d’un point de vue économique et social. En effet dans le même temps la croissance s’est nettement tassée pour être pratiquement insignifiante sur les six premiers mois de l’année. Sur le plan du chômage,  les avancées sont aussi insignifiantes. Quant au pouvoir d’achat il a été largement plombé par les mesures fiscales du gouvernement. Les grandes entreprises qui se montrent généreuses en matière de dividendes ont surtout bénéficié d’un bon niveau de l’euro et d’un climat international assez favorable. Quant aux actionnaires grassement rétribués ils n’ont pas fait généralement bénéficier l’environnement économique. Paradoxalement il faut noter que c’est la France qui est le pays qui proportionnellement le plus de dividendes alors que la croissance et même les bénéfices sont inférieurs à la moyenne internationale mais comme la concurrence est rude pour attirer les capitaux les entreprises françaises privilégie la distribution des profits en direction des actionnaires. Cela souvent au détriment des investissements de long terme et de la rémunération des salariés. Ces résultats aux allègements fiscaux de Macron qui renforce encore son image de président des riches. Selon les données des ONG, les groupes du CAC40, qui ont réalisé un bénéfice de 93 milliards d’euros et un chiffre d’affaires de plus de 1.300 milliards d’euros en 2017, auraient redistribué les deux tiers de leurs bénéfices à leurs actionnaires, au détriment des investissements et des salariés.

État des routes et des ponts en France : « absence de transparence (Pierre Chasseray)

État des routes et des ponts en France : « absence de transparence (Pierre Chasseray)

Ce que regrette  sur franceinfo Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes.

 

Franceinfo : Vous avancez que, chaque jour, un pont devient inutilisable en France, pourtant on ne trouve pas de liste concernant ces infrastructures ?

Pierre Chasseray : Il y a un manque de transparence. L’État a choisi de ne plus entretenir le réseau routier et il y a eu des conséquences extrêmement fâcheuses. On commence à pointer cela du doigt depuis quelques semaines. Il y a cet événement terrible en Italie qui nous ramène à cette triste réalité de l’état du réseau routier français, et je crains que si on continue à ne rien faire, on se retrouve dans la même situation malheureuse et dramatique dans les années à venir. Si on publie la liste des ponts, certains automobilistes vont la consulter et vont se faire peur. On réclame à l’État une transparence globale et des investissements. Comment peut-on aujourd’hui dire qu’il y a 7% des ponts qui sont dans un état catastrophique et ne pas en donner la liste ? La moindre des choses serait d’investir au plus vite. La France, c’est 200 000 ponts, et chaque jour il y en a un qui disparaît. C’est un chiffre extrêmement symbolique, car c’est la preuve par A+B qu’on fait le choix de fermer, donc de ne plus entretenir, plutôt que de corriger le tir et de sécuriser un patrimoine routier. On a mis de l’argent à construire nos routes, nos ponts, il faut les préserver, sinon ce serait une catastrophe pour cet argent investi.

 

Certaines DIR (Direction Interdépartementale des Routes), comme la DIR Est, en Lorraine, ont publié ces derniers jours la liste des ponts qui nécessitent une maintenance urgente. Vous demandez à ce que ce soit le cas partout ?

Il faut que ce soit le cas partout ! Il ne faut pas qu’on ait peur de faire peur aux Français. Le seul moyen de corriger le tir, c’est d’avoir cette transparence et de montrer qu’on connaît le réseau routier et ses défaillances. Élisabeth Borne a pointé du doigt cette problématique du manque d’entretien des réseaux français. Aujourd’hui la balle est dans le camp de Bercy, l’argent est là, il existe, l’argent qui est dévolu à l’entretien des réseaux routiers et des ponts. Ce n’est plus possible de ne pas informer, de ne pas entretenir, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Il faut un audit des infrastructures routières !

Craignez-vous qu’une catastrophe comme celle de Gênes se produise en France ?

La catastrophe a lieu tous les jours. Tous les jours on constate des accidents liés au mauvais état de l’infrastructure routière. Un rapport de 1995 pointait du doigt le fait que dans un accident sur deux, la route jouait un rôle important. Tous les jours, on a des décès sur les routes qui sont en partie dus au manque d’entretien du réseau routier français. Cette catastrophe est lissée, inaudible, on préfère parler d’un 80 km/h qui soi-disant irait sauver des vies alors que ça ne sauve personne. La catastrophe italienne nous montre à quel point de temps à autre, sur un enjeu majeur, on peut avoir des dizaines et des dizaines de victimes. Mais chaque année, ce sont des centaines, de milliers de victimes sur les routes.

En France, 7% des ponts routiers très dangereux

En France, 7% des ponts routiers très dangereux

Evidemment on ne peut pas se réjouir d’une indécente comparaison entre l’Italie et la France concernant la solidité des ouvrages d’art. Cependant, il faut noter  que les experts français ne cessent de s’inquiéter de la dégradation du réseau national non concédé (et le réseau local est dans le même état). En cause, la baisse des crédits et cette obsession des responsables à consacrer surtout les crédits aux nouveaux équipements au détriment de l’entretien. Politiquement moins vendeurs ; c’est d’ailleurs vrai pour tous les modes fer y compris. Ce qu’avoue la ministre des transports : «  »Notre sous-investissement a été (et reste NDLT)  manifeste » avait-elle déploré, tout en estimant que « 50% des surfaces de chaussées sont à renouveler, alors que près d’un pont sur dix est en très mauvais état». Il faut aussi observer que depuis plusieurs années, le pays n’a été soumis qu’à des hivers très peu rigoureux. Si le gel et surtout le dégel devait durer longtemps, alors les dégâts seraient énormes du fait de la fragilité des revêtements. En France, 30% des 12.000 ponts que compte le réseau routier non concédé à des sociétés privées sont à réparer, et 7% d’entre eux présentent même un « risque d’effondrement » à terme, indique un récent audit demandé par le gouvernement français et publié en avant-première dans Le JDD en juillet dernier. La dégradation des chaussées et des ouvrages d’art est jugée « préoccupante » par le rapport, qui qualifie de « vieillissant et dégradé » le réseau routier français non concédé à des sociétés privées, qui s’étend sur 12.000 km, s’ajoutant aux 9.000 km d’autoroutes concédées. D’autant plus préoccupant qu’en moyenne, un pont « n’est réparé que 22 ans après l’apparition des premières dégradations » relève le document.  Si rien n’est fait, en 2037, 62% des chaussées seront « très dégradées », souligne le document, qui a été demandé par le gouvernement pour l’aider à préparer le budget de la programmation des infrastructures. Plus globalement, le rapport indique que 17% des routes nationales étaient gravement endommagées en métropole en 2016, contre 14% dix ans plus tôt, soit 2.040 kilomètres au total.

 

« La France continue de se désindustrialiser »

« La France continue de se désindustrialiser »

 

 

Dans une interview accordée aux Échos, Patrick Artus, directeur de la recherche chez Natixis, déplore le manque de compétitivité de la France

« Il faut comprendre que la France est le seul grand pays développé qui continue à se désindustrialiser. L’Espagne a réussi à inverser la tendance, l’Allemagne tient bon, mais pas la France », ajoute-t-il.

Patrick Artus reproche notamment aux entreprises françaises d’investir « dans du capital peu sophistiqué », au détriment des nouvelles technologies. « Il y a un problème de qualité d’investissement en France », assure celui qui estime qu’ »avec un capital peu moderne et un coût du travail élevé, un pays ne peut pas être compétitif ».

Le directeur de la recherche chez Natixis n’hésite pas à mettre en cause « la culture des dirigeants » mais également « le manque de compétence de la population française » pour tenter d’expliquer la faiblesse de l’investissement dans les nouvelles technologies en France.  Selon lui, la « seule stratégie possible » pour inverser la tendance serait d’augmenter les « compétences de la population active, notamment en nouvelles technologies » en réformant « la formation professionnelle » et en investissant « dans la formation et l’éducation ».

Maillot deux étoiles de l’équipe de France : un cout de 5 euros et vendu entre 80 et 150 euros !

Maillot deux étoiles de l’équipe de France : un cout de  5 euros et vendu entre 80 et 150 euros !

Pour ce maillot à deux étoiles, le prix de vente est de 85 euros pour le maillot de base, 109 euros pour la version avec le flocage d’un nom de joueur, et 140 euros pour le maillot avec la technologie VaporKnit, celui porté par les Bleus lors des matches. Le maillot est fabriqué en Asie notamment en Thaïlande pour un cout autour de 5 euros. Même s’il faut ajouter les frais de transports de commercialisation, ça laisse encore uen joli bénfices pour ce qui nets qu’un teeshirt sportif.

Croissance : l’Allemagne à 2.5 et la France à 1.5%

Croissance : l’Allemagne à 2.5 et la France à 1.5%

 

Alors que la France une croissance à peu près à plat depuis le début de l’année, l’Allemagne elle connaît une augmentation sensible. En gros, l’Allemagne devrait atteindre 2,5 % d’augmentation du PIB alors que la France enregistrera autour de 1,5 %. Les résultats allemands sont au-delà des prévisions tandis que la France a dû réviser à la baisse ses perspectives. En cause, le dynamisme de la demande intérieure allemande qui vient compenser le léger tassement des exportations. Le soutien de la demande intérieure est alimenté par la consommation des ménages et par le bâtiment. Une consommation des ménages encouragés par les hausses de salaires. Bref presque le contraire de la France dont la consommation des ménages est atone du fait du fait du recul du pouvoir d’achat (alors que l’inflation elle progresse et atteint même des records à 2,3 % en juillet) et que par ailleurs la balance commerciale de la France est toujours structurellement déficitaire. 1 % d’écart  sur la croissance peut paraître marginal mais c’est pourtant essentiel car c’est au-delà de 1,5 % qu’on peut rétablir les grands équilibres et recréer des emplois. L’Allemagne a donc vu son économie accélérer à nouveau au deuxième trimestre, avec une progression de 0,5% du PIB, à rebours du coup de mou frappant l’Europe  La première économie européenne, lancée selon Carsten Brzeski dans une «décennie dorée», rattrape le rythme de la fin 2017, année marquée par des croissances trimestrielles de 1,1%, 0,5%, 0,6% puis 0,5% – réévaluées par Destatis (l’office allemand de la statistique) mardi. Au total, elle aligne un seizième trimestre consécutif de hausse de son PIB, soit le plus long cycle de croissance depuis 1991, alors que le pays sortait juste de la Réunification. L’Allemagne se distingue nettement au sein de la zone euro, où la croissance a encore ralenti au deuxième trimestre, passant de 0,4% à 0,3%, restant par exemple calée en France sur un rythme de +0,2%.

Aquarius: 60 rescapés sur 255 en France

Aquarius:  60 rescapés sur 255 en France

 

C’est en toute discrétion et après beaucoup de palabres que les derniers rescapés de l’Aquarius ont été répartis sur différents pays européens. Il a fallu d’abord se mettre d’accord pour désigner un port acceptant le navire. Ce sera à Malte. Ensuite de subtiles négociations sont intervenues entre les différents pays. En général il s’agissait de montrer à la fois la générosité des pays d’accueil mais de manière suffisamment discrète pour ne pas soulever le mécontentement des populations en désaccord avec cette politique d’immigration. Un exercice très difficile. Aucune fanfaronnade, aucun tweet sur un sujet il y a suffisamment plus de voix à perdre qu’à gagner-  Le gouvernement maltais a fait état d’un accord entre la France, Malte et un certain nombre d’Etats membres de l’Union européenne, pour se partager “les responsabilités en regard des migrants secourus à bord de l’Aquarius”. Malte doit servir de base logistique après l’accueil du navire, afin que les 141 migrants soient répartis entre la France, l’Allemagne, le Luxembourg, le Portugal et l’Espagne. L’Espagne devrait recueillir 60 migrants et le Portugal, 30, précise l’Elysée. L’accord concerne aussi une partie des 114 personnes secourues lundi en mer par les autorités maltaises, a précisé le gouvernement maltais.

La pollution, 50.000 morts par an en France « 

La pollution,  50.000 morts par an  en France

la pollution à l’ozone est  liée aux conditions météo avec des perspective de 50% l’été d’ici 2050. .. Des concentrations en ozone nocives pour la santé (supérieures à 100 microgrammes par mètre cube d’air) pourraient survenir entre cinquante et cent jours par an en Europe, quand l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise de ne pas s’exposer plus de vingt-cinq jours par an à de telles valeurs. Aujourd’hui en France, on compte déjà 50 000 morts du fait de la pollution à l’ozone qui tue, en 2100, ce pourraiat être plusieurs millions.  Ces projections sont le fruit de travaux publiés en juillet dans Nature ­Communications par une équipe internationale, dont des chercheurs français du CNRS, du CEA et de l’université Paris-Est Créteil. Ils se sont penchés sur la qualité de l’air en 2050, dans le cadre d’un scénario de réchauffement global de 3 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Soit l’hypothèse vers laquelle nous allons si les engagements de baisse d’émissions de gaz à effet de serre de l’accord de Paris sont respectés. L’ozone est un gaz produit sous l’effet du rayonnement solaire à partir des activités humaines (industrie, trafic automobile, peintures…). « Ce n’est pas la seule hausse globale de 3 °C qui influence la qualité de l’air, mais ses causes et ses conséquences : l’augmentation des émissions de polluants accompagnant celles de gaz à effet de serre qui vont créer de l’ozone, notamment les oxydes d’azote et le méthane », explique Robert  Vautard, directeur de recherche CNRS à l’Institut Pierre-Simon-Laplace, l’un des coauteurs de cette étude. « Or si la qualité de l’air s’améliore actuellement en Europe, ailleurs les émissions continuent d’augmenter. »

Combinée à l’absence de vent et aux activités ­humaines, l’ozone se retrouve piégé au sol. Lorsqu’il est présent en trop grande quantité, ce gaz est toxique et irritant. Les plus vulnérables sont les personnes âgées, les enfants et les patients souffrant de maladies respiratoires et cardiovasculaires. En France, la pollution à l’ozone et aux particules fines cause déjà chaque année 50.000 morts. Le réchauffement climatique accroîtra cette mortalité, avertit l’OMS. « Dans les années 2000, on estime que la pollution à l’ozone a entraîné 400.000 décès par an sur la planète. Selon les projections, avec le réchauffement climatique, ce seront plusieurs millions de morts en 2100″, résument Béatrice Josse et ­Virginie Marécal, chercheuses à Météo France et au CNRS. Si le réchauffement se limite à + 2 °C en 2050, la législation européenne permettra encore de contrer la hausse de concentration en ozone, estime Robert Vautard. « Mais à + 3 °C, ce ne sera plus possible. Du fait des émissions hors du continent, la concentration en méthane doublera et fera bondir la teneur en ozone. Les mesures européennes seront alors très insuffisantes. »

Hyperloop : le train à 1000 km -heure en France

Hyperloop : le train à 1000 km -heure en France

 

La société américaine Hyperloop Transportation Technologies (HTT), l’une des deux entreprises porteuse du projet de train futuriste à très grande vitesse Hyperloop, a annoncé mardi l’installation d’un centre de recherche à Toulouse. “Toulouse est le centre névralgique de l’industrie aérospatiale européenne, donc il nous semble tout à fait naturel d’avoir une présence ici, aux côtés de nombreux de nos partenaires”, a déclaré lors d’une conférence de presse Dirk Ahlborn, le PDG d’HTT, qui prévoit d’investir 40 millions de dollars sur cinq ans dans le site toulousain. Hyperloop est un concept de transport innovant, introduit en 2013 par Elon Musk, le patron de l’entreprise de voitures électriques Tesla, qui fonctionnera avec des capsules lévitant dans des tubes à basse pression à une vitesse pouvant atteindre les 1.200km/h. Deux sociétés américaines travaillent actuellement sur ce moyen de transport du futur : HTT, start-up américaine lancée dès 2013 par l’entrepreneur Dirk Ahlborn, et la société américaine Hyperloop One. HTT est notamment impliquée dans le Quay Valley, projet californien de ville du futur utilisant le dispositif Hyperloop sur un circuit de 8 km. La start-up américaine multiplie les signatures de partenariats en Europe et aux Emirats. Le 18 janvier, il a signé un accord avec la ville de Brno, en République Tchèque, pour étudier la faisabilité d’une liaison ultra-rapide avec la ville de Bratislava, en Slovaquie. Un accord similaire a été conclu avec le gouvernement d’Abu Dhabi. HTT veut bénéficier des apports de l’importante communauté d’ingénieurs qui travaillent à Toulouse, notamment dans l’aéronautique, et des étudiants qui pourront prendre part à ce projet futuriste en échange des actions de l’entreprise. Les responsables d’HTT ont signé mardi un accord avec Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Carole Delga, la présidente de la région Occitanie, et Pascal Mailhos, le préfet de la région Occitanie. HTT implantera à Toulouse, sur l’ancienne base aérienne de Francazal, pépinière des transports du futur, notamment sur les véhicules autonomes et les drones, un Hyperloop Innovation Hub regroupant son centre de recherche & développement européen avec une trentaine de doctorants et ingénieurs chargés de mettre en œuvre le développement du programme. Une piste d’essai d’une longueur d’un kilomètre, la Hyperloop Academy, plate-forme de relation avec les universités et les laboratoires de recherche, le Hyperloop Lab, incubateur de start-ups travaillant sur des technologies connexes au projet Hyperloop, ainsi qu’un centre de démonstration, vitrine du programme, seront également construits. Le site de Francazal devrait être en mesure de produire des premiers prototypes de capsules qui seront testées sur place. L’implantation de ce centre de recherche devrait créer une cinquantaine d’emplois.

 

Moins de monde sur le tour de France

Moins de monde sur le tour de France

D’une manière générale, le tour de France a été moins suivi que l’année précédente aussi bien sur le terrain qu’à la télévision. Il faut sans doute voir la l’écrasante supériorité de l’équipe Skype qui de puis des années trust les titres. L’équipe Skype dispose de moyens financiers sans commune mesure avec les autres équipes. Il y a aussi les soupçons de dopage de Fromm par ailleurs largement sifflé tout au long du tour. Pour la victoire finale, le suspense est réduit à pas grand-chose. Sans doute faut-il prendre en compte aussi la difficulté des  coureurs français depuis des années a vraiment brillé. Peut-être les affaires sous-jacentes de dopage ont-elles  aussi terni l’image d’un événement qui demeure cependant populaire. On sait qu’en France les contrats les contrôles antidopage sont particulièrement rigoureux alors qu’ils sont notoirement plus laxistes dans certains autres pays. France Télévisions proposait pour la deuxième année consécutive de suivre en intégralité les 21 étapes du Tour, regardées par plus de 33 millions de téléspectateurs cumulés sur France 2 et France 3 entre le 7 et le 29 juillet, contre 37 millions l’an dernier du 1er au 23 juillet. Sur France 2, la Grande Boucle a réuni en moyenne 3,3 millions de téléspectateurs, soit 35,2% de part d’audience, un niveau élevé mais en baisse par rapport à 2017 (3,8 millions de téléspectateurs et 38,4% de pda).

Sur France 3, la compétition cycliste a rassemblé en moyenne 2,1 millions de téléspectateurs, soit 19,7% de pda, également  en baisse par rapport à l’édition 2017 (2,3 millions de téléspectateurs et 21,3% de pda). Sur l’ensemble du Tour, les étapes de montagne ont réalisé une meilleure part d’audience qu’en 2017 (37,5% sur les deux chaînes), France 2 et France 3 se plaçant en tête des audiences sur l’ensemble des directs lors de ces étapes, souligne le groupe. Les victoires françaises d’étape ont également séduit les téléspectateurs, comme celle de Julian Alaphilippe qui a passé la ligne d’arrivée devant plus de 5,1 millions téléspectateurs sur France 2 le 24 juillet. L’offre numérique Francetv Sport a de son côté enregistré 8,5 millions de visites et 41 millions de vidéos ont été visionnées.

 

Le FMI demande davantage de rigueur budgétaire à la France

Le FMI demande davantage  de rigueur budgétaire à la France

De manière très diplomatique mais ferme le fonds monétaire international invite le gouvernement français à engager  réellement des efforts pour la réduction du déficit public. En effet,  contrairement aux déclarations tonitruantes, rien n’a été fait dans ce domaine en 2017 et de déficit a même légèrement encore dérivé. En 2018, il sera sans doute de même car le gouvernement s’est trompé sur ses prévisions de croissance. On comptait sur une hausse du produit intérieur brut de 2 % alors qu’on devrait être autour de 1,6 %. Le manque de rentrées fiscales sera considérable et le gouvernement n’aura pas le courage d’engager des réformes pour  réduire le déficit.  La restructuration évoquée dans le rapport CAP 22 ne pourrait pas prouver provoquer d’effet  positif avant 2019 et de toute façon pouvoir se montre très prudent par rapport à cette réforme et jusque-là a même refusé de publier officiellement le rapport. Sans doute conscient de cette situation le fonds monétaire international rappelle donc alors la France qui sur le sujet se contente surtout de promesses et cela depuis très longtemps. «Pour atteindre les objectifs (de réduction du déficit), de profondes réformes de la dépense publique sont nécessaires à tous les niveaux du gouvernement», a expliqué la cheffe de mission du FMI pour la France, Delia Velculescu, à l’occasion de la publication de l’évaluation annuelle de l’économie française. «Le succès de la stratégie dépendra avant tout de sa crédibilité», a-t-elle ajouté. «La France a déjà bien avancé dans la réparation de la toiture (…), mais le gouvernement devrait profiter de la fenêtre d’opportunités actuelle pour poursuivre les réformes, s’assurer que la reprise est durable et renforcer la résistance aux chocs», a assuré Delia Velculescu. En attendant, le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance pour l’Hexagone cette année, à 1,8%.Dans un communiqué, Bercy retient que le FMI «accueille tout particulièrement favorablement» les réformes menées par le gouvernement depuis le début du quinquennat (ordonnances sur le marché du travail, réforme fiscale, réformes de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage). «Le FMI relève le rythme élevé des réformes, estimant à cet égard que la France compte parmi les pays les plus actifs en Europe en termes de réformes structurelles. Cette appréciation du FMI conforte le gouvernement dans sa volonté de poursuivre la transformation économique du pays engagée depuis plus d’un an», écrit le ministère de l’Économie.

 

Pesticides : ont augmenté de 12% en France en deux ans

Pesticides : ont  augmenté de 12% en France en deux ans

 

La France se caractérise par l’enflure et le nombre des discours sur l’environnement en contradiction souvent avec la pratique. C’est vrai la pollution de l’air mais aussi de la présence de pesticides dont certains sont particulièrement dangereux pour la faune, pour la flore mais aussi pour la santé humaine. En 2018,on  devait réduire de 50 % l’usage de pesticides or dans les faits l’utilisation des pesticides a globalement augmenté de 12% entre 2014 et 2016 en France, annonce dans un communiqué commun les ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique. Une augmentation substantielle a donc été enregistrée, malgré le lancement de deux plans Ecophyto depuis 2008 pour réduire l’usage des produits phytosanitaires en agriculture. Le recours aux pesticides avait déjà augmenté de 9,4% de 2013 à 2014.

Environnement, « c’est un constat d’échec : les plans Ecophyto successifs lancés depuis 2008, dont l’objectif initial était de réduire de 50% l’usage des pesticides pour 2018, se sont avérés inefficaces. » Claudine Joly, chargée des questions pesticides dans l’ONG, réclame de nouveaux leviers « économiques et réglementaires ». Même constat du côté de l’ONG Générations futures. Son président, François Veillerette, estime qu’il faut « mettre en avant des systèmes en rupture, dit de production intégrée ».

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