PROSPECTIVE France : vers un chaos ingérable
La plupart des observateurs politiques voire des experts ont leur attention mobilisée seulement sur l’échéance présidentielle de 2027. Or il est à peu près certain que cette élection n’apportera pas le remède magique à tous les maux dont souffre le pays. Au contraire, ce pourrait être le début d’un chaos socio économique -voire sociétal- ingérable. Il ne s’agit pas en effet d’une petite crise mais d’un changement de paradigme qui affecte la plupart des aspects structurants d’une civilisation. La crise est sans doute d’abord surtout culturelle avec des conséquences dans presque tous les aspects de la société et de son environnement.
Une des caractéristiques de la crise est de présenter un caractère systémique aux interactions complexes et multiples. L’étude trop fragmentée des phénomènes constitue un des facteurs explicatifs essentiels de l’incompréhension des transformations structurelles que nous vivons. Plus les connaissances se développent et plus elles s’isolent dans leurs domaines sectoriels respectifs favorisant ainsi une perte de cohérence globale.
Parmi les facteurs explicatifs, il faut peut-être surtout prendre en compte l’ampleur des transformations sur une période très courte d’une cinquantaine d’années. Le monde a en effet connu davantage d’évolutions en 50-60 ans que pendant des siècles et même des millénaires. Un seul exemple celui de l’agriculture, passée brutalement d’une activité à caractère artisanal et local à une activité à dimension industrielle mondiale. Il y a seulement quelques dizaines d’années au début du siècle dernier, l’économie de la France comme celle de la plupart des autres pays comparables reposait essentiellement sur l’agriculture.( Aujourd’hui cela représente seulement 3 % du PIB et % 3% de la population Bien sûr, l’agriculture représente encore une activité non négligeable pour la France mais les conditions de production et de vie ont été complètement bouleversées.
Le développement industriel puis tertiaire a opéré une véritable révolution dans l’aménagement du territoire et les populations sont désormais concentrées dans les métropoles et les grandes villes. Le même phénomène est en cours dans le monde entier provoquant en même temps un choc des conditions de vie, un choc de production, de consommation mais aussi un choc des références. Bref on est passé d’une civilisation surtout rurale à une civilisation hyper urbaine. Au-delà des changements matériels, il y a donc surtout une évolution culturelle et sociétale. Une modification des valeurs et des repères de la société.
Un autre exemple celui de la formation et du parcours des enfants. Pendant longtemps la plupart des enfants limitaient leurs études à l’âge d’une douzaine d’années( en général en CM2). Quelques pour cent seulement étaient autorisés à poursuivre dans le supérieur. Aujourd’hui la plupart des jeunes se dirigent vers le bac obtenu à près de 95% quand dans les années 50-60 le chiffre était de moins de 5 % de la population. Les jeunes en très grosse majorité étaient donc formés sur le terrain à partir d’une douzaine d’année (dans des centres d’apprentissage, dans les petites entreprises, dans l’exploitation familiale). On y apprenait évidemment les techniques de l’activité en cause en même temps que les valeurs morales et sociétales. Aujourd’hui on entre dans le monde du travail vers 23 ans en moyenne . Souvent sans expérience concrète de ce monde, de ses avantages bien sûr mais tout autant de ses contraintes individuelles et collectives. L’objet ici n’est pas d’analyser la politique de formation actuelle mais simplement de faire un constat. Ne parlons pas du niveau global des élèves avec dans certaines filières des bacs qui ne valent même pas le certificat d’études primaires de 1930. À l’inverse les élites progressent en compétence et nombre et en qualité. On ne parle pas ici bien sûr des licences et autres Masters de certains domaines qu’on distribue comme des poignées de mains et qui mènent directement au chômage ou dans l’administration ! (Mécaniquement le niveau baisse par exemple dangereusement chez les enseignants ! ). La valeur travail ne cesse de perdre son influence et concerne même les cadres. Une société qui perd régulièrement cette valeur travail est condamnée à terme.
Les technologies constituent bien sûr un autre facteur de transformation de nos sociétés mais aussi de nos manières de penser et de nous comporter. Les technologies ne sont pas pour autant condamnables. Elles peuvent être sources de progrès mais aussi de régression. D’un certain point de vue les progrès scientifiques qu’on retrouve dans les technologies sont assez neutres; tout dépend de la manière de les utiliser ( exemple l’atome: pour faire de l’énergie ou des bombes ?). Les nouvelles technologies sont désormais présentes partout dans le monde de la production, de la consommation, dans les ménages et pratiquement chez tous les individus. Le problème avec certaines technologies c’est que leur progrès risque de dépasser les capacités humaines à les contrôler ( voir par exemple les débats actuellement autour de l’IA). Globalement, les technologies ont largement servi le développement économique et donc la richesse globale du pays; en quelques dizaines d’années, les revenus ont considérablement augmenté et les conditions de vie ont fait un bon considérable même si des inégalités persistent. et que la très grande pauvreté progresse
Aujourd’hui plus d’un Français sur deux a pu accéder à la propriété ce qui était impensable ( très rare) dans les années 45-50. À l’époque beaucoup de familles devaient se satisfaire d’un logement exigu de trois pièces au plus et l’on dormait à plusieurs par chambre mais aussi par lit. D’autant plus que les familles étaient souvent nombreuses. Aujourd’hui posséder son logement , résider dans un logement moderne constitue la référence moyenne. Comme la possession d’un ou plusieurs véhicules, les voyages et les accès aux équipements collectifs, à l’information et à la culture.
Il est cependant important de signaler qu’une rupture s’est produite assez récemment concernant le logement devenu inaccessible en propriété comme en location notamment dans les métropoles et même dans les villes moyennes. C’est un changement tellement profond qu’il remet en cause les conditions de vie. Les techniques de construction sont en cause tout autant que les modalités de financement, la spéculation sur le foncier et l’aménagement du territoire. Plus généralement, la France s’enfonce dans une crise immobilière dont on ne voit pas l’issue.
Au plan économique global, on a aussi connu des bouleversements d’ampleur. Le pilier industriel de l’économie a laissé place aux services. La philosophie technocratique à l’époque a considéré que l’industrie était obsolète qu’il convenait de la délocaliser dans les pays pauvres et/ou en développement. L’important étant de maîtriser la chaîne de valeur du fait de notre puissance commerciale et financière. Au début, on a délocalisé des produits non complexes comme par exemple le textile. Progressivement , c’est l’ensemble de la production industrielle qui a été délocalisée ou presque, y compris pour les produits les plus sophistiqués comme l’aéronautique, l’industrie navale. L’activité industrielle dans des pays développés notamment en France est devenue marginale. En France, l’industrie représentait 13 % du PIB en 2025 par rapport à 28 % en 1960 . En même temps la France a perdu une grande partie de son indépendance économique. La dépendance est même double : celle que nous imposent les grandes puissances par exemple comme les États-Unis dans les activités numériques et celle de pays en développement qui se sont appropriés les activités y compris les plus complexes. Moins innovante et surtout moins compétitive, la France accuse régulièrement un déficit de sa balance commerciale (échanges extérieurs) de 50 milliards et plus par an. Ce solde est le véritable thermomètre de la compétitivité du pays. La France n’est pas armée pour affronter la compétitivité mondiale.
La richesse annuelle qui résulte de l’activité économique est insuffisante pour couvrir nos dépenses. Pour simplifier: trop de dépenses et pas assez de recettes. D’où la fuite en avant avec un endettement excessif qui représente aujourd’hui autour de 3600 milliards dont le seul paiement des intérêts annuels sur la tendance sera de 100 milliards d’ici quelques années. Évidemment des chiffres qui semblent assez abstraits à une grande partie de l’opinion publique mais aussi aux décideurs notamment politiques soit par incompétence, soit par lâcheté.
Pour bon nombre de Français, ces chiffres paraissent relativement abstraits. Pourtant l’endettement représente un chiffre d’environ 100 000 € par ménage français.! De ce point de vue l’incompétence est générale. Les Français eux-mêmes sont fâchés avec l’économie, avec ses concepts . Une étude d’un groupe d’assurances mondiales a d’ailleurs démontré dans le cadre d’une enquête concernant 19 pays européens que la France occupait la dernière place en matière de compétence économique et financière. D’une certaine manière, il y a malheureusement une certaine cohérence entre l’élite et la population. S’il fallait s’en persuader il suffirait d’étudier un peu les propositions des principaux leaders politiques dans la perspective de 2027 : complètement inadaptées aux enjeux de la période et aux perspectives d’avenir. Des catalogues de promesses illusoires, insuffisantes, contradictoires qui voleront en éclats sous le poids des réalités.
La France vit au-dessus de ses moyens et en fait porter le poids financier sur les jeunes et les générations futures. Le gâchis est général et complètement incontrôlé tant au plan de l’État qu’au niveau territorial. Saufs rares exceptions au niveau territorial, on se « shoote » aux dépenses nouvelles, dépenses d’exploitation et investissements. Et souvent au motif que les projets peuvent bénéficier de subventions de l’Europe, de l’État et des étagères administratives et politiques inutiles. Il convient évidemment de procéder rapidement à la suppression de ces étagères inutiles comme les départements, les communautés de communes et autres institutions locales. Trois échelons administratifs sont suffisants : l’État bien sûr, la région et la commune. La France compte environ 6 millions de fonctionnaires soit une masse salariale de l’ordre de 320 milliards par an. 10 à 20 % en trop si l’on compare avec des pays voisins.
Mais il n’y a pas seulement le coût salarial mais les conséquences financières des projets inutiles nourris par l’administration et les politiques. Sans parler du coût financier des procédures administratives imposées aux entreprises.
Compte tenu du gâchis généralisé, chaque administration activité devrait pourtant faire l’objet d’un audit pour distinguer ce qui était indispensable de ce qui est inutile et relève du gâchis. Cet audit est nécessaire y compris pour les secteurs dits en tension où les effectifs sont pas ne sont pas nécessairement là où il faudrait.
La priorité des priorités est de réduire les dépenses en augmentant la richesse ( le PIB) et ce n’est qu’à cette condition qu’on peut parler de répartition. Et dans cette répartition Il faut accorder une grande importance à la recherche- développement notamment dans la Tech et l’industrie. La France est très en retard globalement sur le niveau de ses investissements en particulier visant la productivité et l’innovation en général. En cause, une absence chronique de vision d’avenir réaliste , de moyens financiers limités par l’endettement, sans parler du refus de planification pour des enjeux stratégiques à long terme. Et La crise financière est tellement grave qu’il faudra un plan de 10 à 20 ans pour la résoudre.
Comme déjà indiqué, les programmes électoraux sont complètement inadaptés aux enjeux. Ces projets politiques seront remis en cause par les contraintes internationales mais aussi par les contraintes internes et les contradictions qui caractérisent le pays.
En 2027, La présidence de la république se jouera entre Marine Le Pen et un candidat du centre. Ce candidat du centre voudra engager rapidement quelques réformes mais il se heurtera immédiatement à l’opposition des couches sociales concernées cela d’autant plus que ce candidat ne peut s’appuyer sur des forces politiques et sociales réelles. Des réactions seront encore peut-être plus violentes vis-à-vis d’une présidente issue du RN pour des motifs sociaux mais aussi politiques. Là aussi le RN manque sérieusement d’appui dans le monde du travail. Sans parler évidemment de sa compétence au niveau national.
Ajoutons que le chaos social pourrait s’ajouter à un chaos politique avec l’impossibilité par exemple pour le nouveau président d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Une hypothèse qu’il ne faut surtout pas éliminer .
L’immobilisme actuel conduit le pays dans le mur ; la crise généralisée justifiera l’intervention du fonds monétaire international et de la BCE pour exiger un plan de redressement dans tous les domaines. Bref, l’étape du chaos ingérable paraît inévitable. Et cela d’autant plus que Macron s’est efforcé pendant 10 ans d’ ignorer totalement les organisations intermédiaires, devenue toutes exsangues et pourtant indispensables pour négocier avec un peu de cohérence les sorties de crise. Macron a méprisé les organisations intermédiaires garantes d’un fonctionnement réellement démocratique. Ce président aura tué son propre parti. D’une certaine manière, le Parlement est aussi neutralisé certes par l’absence d’une majorité mais aussi par le passage en force ( article 49 -3 notamment de la constitution) des grandes orientations en particulier financières. Macron a remplacé les organisations et institutions légales par des procédures bidons de concertation dont on a du mal à retenir les résultats et même le nom. Macron a remplacé l’action politique par le bavardage médiatique permanent.
Le caractère monarchique de la démocratie française a sans doute atteint une dimension devenue intolérable. C’est aussi tout le système politique, tout le système démocratique qu’il convient de remettre en ordre. L’objectif étant à tous les niveaux d’associer et de responsabiliser les acteurs économiques sociaux et culturels. Cela suppose de redistribuer les champs de compétences, les champs de responsabilité et les outils d’évaluation et de contrôle. . Cela vaut également pour les collectivités locales qui le plus souvent fonctionnent comme l’exécutif national avec un chef qui décide tout sans concertation et des conseillers qui ne servent pas à grand-chose. En dernier ressort, il faut toujours faire décider par les institutions légales mais il est impératif avant d’associer les acteurs concernés. Répétons encore une fois que l’État qui s’occupe de tout mais bien mal doit se débarrasser de champs d’activité qui peuvent être gérées avec beaucoup plus d’efficacité par les acteurs et leur organisation. Bref réduire l’action de l’État a des taches réellement régaliennes, gérer mieux ce qui est essentiel et d’intérêt public et stratégique.
Parmi les champs régaliens faut citer le problème de la gestion de l’immigration. Il convient d’aborder cette question avec lucidité et courage. La France aujourd’hui n’a plus les moyens de gérer une telle masse d’immigration. Contrairement à ce qui peut être affirmé ici ou là, l’immigration est nécessaire mais son volume doit être adapté progressivement aux besoins économiques du pays et à sa capacité à intégrer ces nouvelles populations. La négation de cette question tout autant que sa caricature relève de l’irresponsabilité et/ou de la démagogie.
Deux autres exemples de cette mauvaise gestion du régalien : la sécurité et la question du développement de la drogue en France. Deux aspects où la puissance publique se montre particulièrement inefficace. Une question de moyens sans doute mais aussi de volonté politique avec en plus une justice complètement dépassée. Une justice qui devrait se débarrasser des questions relativement mineures et les transférer aux responsables locaux notamment les maires aidés de délégués de justice non professionnels. Le système judiciaire en France est complètement obsolète.
Autre exemple celui de la drogue. La France détient malheureusement un des records de consommation de drogue par habitant. Les réseaux sont particulièrement puissants et gangrènent de plus en plus de zones urbaines mais aussi rurales. Les moyens financiers des réseaux sont considérables. En face les moyens de lutte sont dérisoires surtout quand en plus ces réseaux n’hésitent pas à recourir à toutes les formes de violence. Dans ce domaine, il convient aussi d’analyser en profondeur les causes de cette gangrène et de mettre en place une stratégie incluant des moyens de lutte et de prévention à la hauteur de l’enjeu. L’insécurité est un domaine typiquement régalien donc de la responsabilité exclusive de la puissance publique qui pourtant se montre pratiquement impuissante sauf à la marge.
À l’insécurité montante s’ajoutent aussi des incivilités qui ne cessent de progresser aussi. Si les pouvoirs publics portent une responsabilité, les citoyens ne peuvent être exonérés de celle-ci. Des citoyens qui ne sont pas complices mais généralement assez passifs face à la dégradation des rapports humains. D’où le repli individualiste qui caractérise l’attitude de beaucoup. La dégradation des rapports humains se traduit par exemple par un abandon progressif de la simple politesse. Combien d’adultes eux-mêmes se dispensent désormais de dire simplement merci, bonjour au revoir quand le savoir-vivre et le respect l’exigeraient. La société est engagée dans la voie dangereuse de la » décivilisation ». Et ce n’est pas un décret ou une loi qui pourront gérer ce problème.
On ne peut se rassurer en objectant que des pays comparables connaissent certaines de nos difficultés. En effet, la crise en France est beaucoup plus profonde que dans d’autres pays sur bien des aspects socio économiques et politiques majeurs. Le sentiment général qui n’est pas sans fondement scientifique c’est que la France aujourd’hui est incapable de se réformer sérieusement compte tenu de l’indigence politique et des contradictions de la société. Même sur la question stratégique de la défense. Pourtant il est impératif de se protéger contre certains bouleversements géopolitiques au plan mondial. Contrairement à ce qui est affirmé la France par exemple n’est pas une grande puissance militaire. Nous manquons de tout , matériel et hommes. C’est tout juste si nous pourrions mobiliser rapidement 30 à 50 000 militaires en face de pays qui disposent d’équipements et de millions de soldats. La seule force un peu réelle est celle de l’arme nucléaire. Pour le reste, l’armée est complètement échantillonnaire. Un peu de tout mais pas grand-chose face aux besoins. Pour illustrer ce propos il suffit de citer la manière dont nous avons été expulsés du Niger, du Mali, du Burkina Faso par les djihadistes, les milices russes et la mafia des dictateurs en herbe. Rien d’étonnant, nous n’avons mobilisé que 5000 soldats face à un territoire aussi grand que l’Europe ou presque. La faiblesse de l’armée française est alarmante en dépit des discours grandiloquents de nos responsables. Nous n’avons ni les moyens de nous engager sur des opérations extérieures de manière significative et pas davantage d’assurer la défense et la sécurité intérieure.
En outre, pour des motifs démagogiques. La France s’est même permise de supprimer le service militaire obligatoire. Au motif que désormais les conflits sont devenus très technologiques et exigent compétences adéquates. Un argument complètement éculé car les civils possèdent sans doute une autre maîtrise des nouvelles technologies par exemple dans le maniement des drones et plus généralement dans le numérique. La France a besoin d’un autre niveau d’équipement en matériel en état de marche et en personnel. Le rétablissement du service militaire obligatoire constituerait un des aspects de la reconstitution d’une armée à la hauteur des enjeux. Accessoirement cela permettrait un brassage sociologique utile aux uns et aux autres et à toute la société. Rétablir un service militaire de l’ordre de 10 à 12 mois ne constitue pas un effort impensable à effectuer dans la vie d’un citoyen. C’est aussi l’occasion de solidifier l’adhésion aux valeurs du pays. Un des moyens pour réunifier un pays éclaté. Un des moyens pour renforcer l’esprit de rigueur, et de solidarité. En outre, on pourrait plus souvent et plus significativement recourir aux forces armées pour faire face à certaines catastrophes naturelles ou non et pour assurer la sécurité interne en cas de besoin.
Dans beaucoup de domaines, Il faut donc aussi opérer un transfert de responsabilité vers les acteurs et les territoires dont on aura aussi simplifié l’organisation. Le manque de confiance vis-à-vis des institutions est indiscutable , le sentiment qui domine et que la France est condamnée au déclin. Cette perte de confiance se traduit par exemple dans l’évolution démographique.
On voit mal aujourd’hui où sont les forces politiques, les personnalités qui sont capables de répondre aux différents enjeux abordés ( la liste évoquée n’est malheureusement pas exhaustive ; on pourrait aussi parler notamment de l’environnement, de la laïcité, de la santé). La France est trop centralisée, bureaucratisée pour gérer de façon cohérente le pays. Par ailleurs sociologiquement les élites sont rarement représentatifs de la population : trop de technocrates, de carriéristes et de fonctionnaires.
Rien de fondamental en France ne pourra changer sans d’abord une analyse partagée d’une crise complexe et systémique. Le problème est qu’une analyse un peu rigoureuse est souvent contradictoire avec les stratégies électorales politiques. Dans un pays dont la culture économique est très faible, le discours démagogique l’emporte souvent sur celui de la rigueur et du courage. Et l’immobilisme triomphe des velléités de réforme.
Gaston Bessay expert en prospective.