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Sondage environnement : une aspiration à changer de modèle de développement.

Sondage environnement : une aspiration (77%)à changer de modèle de développement. 

 

l’expression « transition écologique » évoque « quelque chose de positif » pour une majorité de plus en plus large de Français – 77% d’entre eux. Soit 15 points de plus que lors de notre enquête de novembre 2018 (62%)! Et nos concitoyens veulent que cette transformation se fasse dans les années à venir : ils sont 56% à préférer « un pays qui va faire le choix d’un autre modèle de développement avec comme objectif la préservation des ressources naturelles », plutôt qu’une priorité donnée à plus de croissance et à la création d’emplois.

« Le clivage social sur cette question est en train de disparaître, ajoute Pierre Giacometti, président de No Com, cabinet de conseil en stratégie de communication. Il y a une dizaine d’années, cette nécessité de la transition écologique était plus présente chez les catégories socioprofessionnelles supérieures. Aujourd’hui, la prise de conscience est présente même chez les plus défavorisés. »

 

Cette aspiration à « un autre modèle de transformation de la France que celui conduit actuellement » a été dopée par la crise du coronavirus : 86% le souhaitent aujourd’hui, contre 75% en décembre.

Pour autant, quand est posée la question des priorités d’un autre modèle de transformation pour la France, l’accélération de la transition écologique n’apparaît qu’en cinquième position (26%), loin derrière la relocalisation d’usines (47%), citée en premier. « Si la prise de conscience est là, on peut s’interroger sur la capacité des Français à la traduire en actes », note Giacometti. Lequel doute alors de leur adhésion aux proposition de la convention citoyenne pour le climat

Si la prise de conscience est là, on peut s’interroger sur la capacité des Français à la traduire en actes

« C’est toute la difficulté pour Emmanuel Macron, estime le spécialiste. Sa volonté réformatrice est freinée par de la gestion de crise, pas forcément compatible avec la vision de long terme de la convention climat. »

Cette appétence pour les relocalisations s’explique par une tendance de fond observée dans nos tableaux de bord de la transformation : un « réflexe de reprise de contrôle sur le cours des événements », explique Giacometti, probablement renforcé par la crise sanitaire. D’où le rejet de la mondialisation – 71% des Français la jugent « négative », la vision majoritairement positive des nationalisations (55%), le souhait du maintien (36%) voire du renforcement (35%) du rôle de l’Etat dans l’économie.

Cette tendance s’accompagne d’une appétence renforcée pour la « protection », retrouvée partout : en tête des expressions évoquant le plus quelque chose de positif, dans la nécessité de freiner les licenciements (qui gagne 7 points par rapport à juin 2017), ou la perte de vitesse de la priorité accordée à réduire la dette « même si cela conduit à baisser certaines aides sociales » – 52% contre 58% en juin 2018.

Enquête Ifop pour No Com menée par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 8 juin 2020 auprès d’un échantillon de 1.501 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Un modèle économique et sociétal à l’aune de la durabilité

 

 

Collectif

 

Face aux voix qui s’élèvent pour revenir sur les acquis écologiques, une vingtaine de chefs d’entreprise, réunis au sein du Club de la durabilité, s’engagent auprès des consommateurs dans la voie de l’économie des produits durables et réparables.

 

  • Un  modèle économique et sociétal à l’aune de la durabilité 

Tribune le Monde . (collectif)

La crise sanitaire actuelle n’est pas sans risque pour l’écologie. En effet, à Paris comme à Bruxelles, certains acteurs de l’industrie ou des fabricants se mobilisent pour remettre en question des textes déjà débattus et adoptés, en arguant de leur incapacité à mettre en œuvre ces mesures écologiques en temps de crise économique.

Parmi les textes remis en question par certaines organisations figure la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, promulguée en février. Celle-ci contient des dispositions sur les déchets et le plastique, mais aussi sur la durée de vie des produits, la réparation et l’information du consommateur, visant à transformer notre manière de produire et de consommer.

Si les difficultés des entreprises doivent être prises en compte par le gouvernement et peuvent justifier des ajustements de calendrier à la marge, celles-ci ne doivent pas faire perdre de vue l’impératif de la transition vers une économie plus sobre en ressources et plus circulaire.

L’explosion du reconditionné

La crise que nous traversons nous oblige à repenser notre modèle économique et sociétal à l’aune de la durabilité. Les mesures de relance doivent être étudiées à la lumière de cette transition nécessaire vers une production et une consommation plus soutenables, qui favorisent l’allongement de la durée de vie des produits.

 

Nouvelles ou en transition, les entreprises pionnières existent déjà, comme le montrent la vingtaine d’entreprises membres du Club de la durabilité. Elles interviennent à tous les stades du cycle de vie du produit, de la conception jusqu’à la fin de vie pour proposer des produits durables et réparables. Nouveaux fabricants de bouilloires ou d’enceintes entièrement réparables et modulaires, entreprises de la réparation et de l’économie de la fonctionnalité, distributeurs qui se tournent vers la location, vendent des pièces détachées ou orientent les clients vers les produits les plus durables, les initiatives ne manquent pas.

L’explosion du reconditionné et de la vente d’occasion, notamment sur Internet, participe à la formation de cet écosystème. Les alternatives au tout-jetable ne s’arrêtent pas à l’électronique : elles concernent l’automobile, le textile, les meubles et même l’immobilier.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Transition écologique : le choc des réalismes »

Non seulement vertueuses sur le plan écologique, ces entreprises principalement européennes démontrent que l’économie des produits durables et réparables peut être un avantage stratégique dès aujourd’hui, et a fortiori demain. Les entreprises françaises peuvent se démarquer, et elles le font déjà, sur le terrain de l’économie circulaire et de la durabilité des produits, secteur qui représentait en 2016 environ 800 000 emplois.

Un nouveau modèle de croissance ?

Un nouveau modèle de croissance ?  

Marie-Pierre Peillon, directrice de la recherche et de la stratégie ESG chez Groupama Asset Management exprime son espoir que naisse  un ouvert modèle de croissance reposant moins sur la mondialisation et la financiarisation et sur davantage la prise en compte d’un autre type de développement et de consommation. Il s’agit sans doute davantage d’une espérance que d’un projet malheureusement. En effet le jour d’après risque d’être surtout caractérisé par une vague sans précédent de défaillances et de licenciements  qui risque de marginaliser la perspective d’une meilleure prise en compte des éléments qualitatifs du système productif et du type de consommation. La question est aussi de savoir si Groupama qi vit d’ assurances et d’activités financière y compris spéculatives est la mieux placée pour parler de nouveau développement.

“Le modèle de croissance reposant sur la mondialisation et la financiarisation va devoir être corrigé et la tendance à une économie plus soutenable, plus durable, va s’accélérer”, dit-elle.

L’affrontement pour l’hégémonie que se livrent les Etats-Unis et la Chine avait déjà ouvert un débat que vient relancer la rupture des chaînes d’approvisionnement dont ont été victimes dans cette crise de nombreux secteurs industriels, comme par exemple la pharmacie et l’automobile, qui devront apprendre à produire différemment, argumente-t-elle.

“Il y a de plus en plus d’interrogations sur un modèle où les consommateurs sont en Occident et consomment tout ce qui est produit à bas prix dans les pays émergents”, dit-elle.

“Il va falloir réinventer la mondialisation. Elle ne disparaîtra pas mais elle sera sans doute plus nuancée avec davantage de régionalisation, des chaînes de production repensées et une gestion moins tendue des stocks, ce qui aura des impacts forts dans la gestion des entreprises, dont l’organisation est à revoir.”

Contrairement à la crise de 2008-2009, partie de la finance avant de se diffuser à l’économie réelle, la crise actuelle a porté un coup d’arrêt brutal à l’économie en imposant la fermeture de larges pans de l’activité, ce qui a entraîné des réponses immédiates et massives de la part des banques centrales mais également des gouvernements, prolonge Marie-Pierre Peillon.

“La grande nouveauté, c’est l’intervention des Etats avec notamment la généralisation par les pays européens de la méthode du chômage partiel, ce qui coûte cher mais préserve le capital humain et favorisera la reprise”, dit-elle.

Certains secteurs auront du mal à se relever et auront besoin de l’aide des Etats, qui devront continuer à apporter des garanties de prêts où de l’argent frais, sous forme de dette ou de capital, ajoute-t-elle.

“Vu la violence du choc et les évolutions qui seront nécessaires, les Etats vont rester longtemps au chevet de l’économie et vont devoir mettre en place des programmes de relance de type plan Marshall”, dit-elle.

“Dans ce contexte, l’Europe a rendez-vous avec son destin avec un couple franco-allemand qui devra donner une nouvelle dynamique, avec des situations inquiétantes à gérer, notamment celle de l’Italie, qui est la troisième économie de la zone euro et risque d’être confrontée à de graves difficultés.”

Les mutations qui se dessinent n’épargneront pas la manière dont sont gérées les entreprises et dont fonctionne le monde de la finance, poursuit la spécialiste de l’investissement durable.

“On assiste à un début de changement dans la gouvernance des entreprises.”, dit-elle.

“Le modèle précédent, basé sur la financiarisation, imposait d’avoir un retour sur investissement très élevé et de redistribuer davantage aux actionnaires qu’aux salariés. Sur le long terme, les politiques actionnariales dans les entreprises vont être revues, ce qui voudra dire que les marchés financiers devront revoir le niveau de rentabilité qu’ils exigent”, prolonge Marie-Pierre Peillon.

La demande de sens et la nécessité de penser à plus long terme devraient contribuer à redessiner le paysage de l’investissement, les sociétés de gestion étant appelées à évoluer dans un univers plus complexe aux perspectives plus floues, ajoute-t-elle.

“Avec le retour de la volatilité en raison des incertitudes, l’analyse des valeurs et le ‘stock picking’ devraient retrouver tout leur sens”, dit-elle.

“Il ne suffira plus de se précipiter sur les actifs risqués parce que leurs valorisations sont soutenues par les politiques monétaires, comme c’était le cas depuis quelques années. On privilégiera sans doute la qualité des actifs, les valeurs liquides et les secteurs en phase avec la tendance au développement durable.”

Si elle permet d’envisager un monde plus équilibré et plus conscient des enjeux sociaux en environnementaux, la crise actuelle présente également un risque d’affrontement idéologique en donnant des arguments au partisans d’un repli borné à l’abri de frontières hermétiques, prévient Marie-Pierre Peillon.

“On sait très bien que la mise en place de ce nouveau monde ne va pas se faire en claquant des doigts”, dit-elle.

“Il y a des courant qui vont résister et il y aura un rapport de forces. Il va falloir faire très attention à la stabilité politique de nos démocraties, au risque d’un repli sur soi et de la montée des populismes.”

La Chine , modèle pour remplacer la démocratie !

 La Chine , modèle pour remplacer la démocratie !

Laurent Malvezin retrace, dans une tribune au « Monde », la permanence de la stratégie du Parti communiste chinois pour s’imposer à sa population comme au monde.

Tribune. La Chine semble avoir réussi à maîtriser la propagation du Covid-19, et propose depuis lors son assistance au reste du monde frappé par la pandémie. Le retournement de situation auquel nous assistons doit être l’occasion de rappeler le fonctionnement de la politique et de la bureaucratie chinoises, pour ne plus être dupe de leur action, et nous poser les bonnes questions sur la réponse collective à apporter, au niveau national comme européen.

La gestion de la crise actuelle par la Chine obéit aux mêmes mécanismes internes depuis la création du Parti communiste en 1921 et la fondation de la République populaire en 1949. La seule différence notable est celle des moyens à sa disposition.

Le Parti voit le monde en trois ensembles : lui-même, ses nationaux, et les autres. L’objectif du Parti est d’étendre au maximum ce premier cercle à l’aide de son appareil, semblable à un corps diplomatique d’élite aux objectifs interne et externe. La logique est simple : plus le nombre de « supporters » est important, plus grandes sont les chances d’atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient.

 

Considérant sa propre population comme exogène, son premier objectif, qui devient exacerbé en temps de crise, consiste non seulement à légitimer son maintien au pouvoir, mais aussi à se rendre suffisamment convaincant pour rallier un maximum de nouveaux membres et, parallèlement, affaiblir toutes les oppositions. 

Il doit d’abord tester les loyautés internes : chaque entreprise, publique comme privée, doit être à la disposition de l’exécutif pour remplir toute mission qui lui sera confiée. Pour les dirigeants chinois, les efforts pour juguler la propagation du Covid-19 sont une opportunité pour resserrer les liens – entendre le contrôle – entre le Parti et la société.

Sous peu, les entreprises mobilisées recevront titres et gratifications honorifiques, leur ouvrant des portes jusque-là fermées du Parti, et par là même les subsides de l’Etat. Les recrutements de nouveaux membres du Parti battront leur plein pour renverser la tendance actuelle de raréfaction des jeunes recrues, et ainsi élargir l’entre-soi lequel se mesure au nombre des membres de plein droit et de ses supplétifs. »

Green Deal : « protéger le modèle européen»

Green Deal : « protéger le  modèle européen»

Le juriste Bertrand de Kermel et le syndicaliste Christophe Quarez (CFDT)  expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il faut taxer au niveau du marché du carbone européen les produits importés, rendus compétitifs par le dumping, qu’il soit social, fiscal ou environnemental. Le produit de cette taxe doit être affecté à la transition énergétique et écologique.

Tribune. 

 

« Premier chantier lancé par la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dix jours seulement après sa prise de fonctions [le 1er décembre 2019], le Green Deal européen repose sur trois piliers : d’abord un pilier environnemental, avec la révision des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (de 40 % à 50 % d’ici à 2030) et la neutralité carbone en 2050 pour répondre à l’urgence climatique ; ensuite un pilier social, qui passe par le soutien financier et l’accompagnement des régions de l’Union européenne (UE) encore fortement dépendantes d’activités minières dans leur transition pour qu’elle soit socialement juste ; enfin un pilier économique, avec la mise en place de politiques et d’instruments financiers pour financer la transition énergétique des différents secteurs d’activité.

Mais la politique commerciale européenne est-elle à la hauteur des enjeux affichés ? A l’Organisation des Nations unies (ONU), en septembre 2019, le président de la République Emmanuel Macron déclarait : « Notre jeunesse, parfois nous-mêmes [les chefs d’Etat], ne comprenons plus rien au fonctionnement de ce monde. On veut collectivement reprendre le contrôle. On veut retrouver à la fois de la souveraineté au niveau régional, du contrôle de soi et du sens. Et donc on ne peut plus avoir un agenda commercial qui soit contraire à notre agenda climatique. »

Cette déclaration signifie que nous avons perdu des pans de souveraineté au profit du monde marchand, que la mondialisation n’est plus sous contrôle, qu’elle n’a pas de sens au plan humain, et qu’elle n’est pas cohérente avec l’urgence climatique.

Depuis la crise du multilatéralisme et la paralysie de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les accords commerciaux bilatéraux et régionaux se développent. Ces nouveaux accords ne se limitent plus à la simple réduction des droits de douane, mais ont vocation à créer des normes communes au nom de la convergence réglementaire, avec le risque d’un moins-disant social, environnemental ou phytosanitaire.

C’est ce risque, réel et sérieux, qui a suscité les mobilisations lors de la discussion du projet de partenariat transatlantique de commerce et d’investissement [PTCI, accord de libre-échange également connu sous l’acronyme anglais TAFTA], et finalement son abandon.

Comment la BCE peut financer la transition verte

Car l’UE a trop souvent fait preuve de naïveté en matière commerciale, faisant de l’Europe le marché le plus ouvert du monde. Réciprocité et promotion des normes sociales et environnementales doivent guider les négociations des accords de libre-échange. »

Politique: finance, scandale, lobby……la France vers le modèle américain

 

 

Avec retard mais sûrement,  la démocratie en France se dirige vers un modèle démocratique  à l’américaine. Pendant longtemps,  la France avait fait exception. D’abord en refusant de mélanger vie privée et de vie publique. Une exception dont par exemple Mitterrand a largement profité et à juste titre. Ensuite progressivement, les plus hauts responsables ont exhibé leur vie personnelle et familiale afin de satisfaire le voyeurisme des  certains électeurs friands de médias et télés- réalité.  Mais en retour, certains de ces dirigeants ont été victimes de cet exhibitionniste. Le second aspect et pas des moindres, c’est celui de l’importance de la finance dans les principales élections. Avec des campagnes   de plus en plus conçues comme des produits de publicité avec tous les moyens y afférents.

Du coup,  le coût des campagnes est monté de manière vertigineuse. Désormais des dizaines et des dizaines de millions sont nécessaires pour occuper l’espace médiatique, le saturer  même et étouffer ses adversaires avec la communication. Car c’est bien le drame,  la communication a pris le pas sur le fond. Pour preuve les slogans idiots de la plupart des candidats,  sans véritable contenu, comme celui d’un soda ou d’une marque de lessive. Les experts de la com. ont pris le pouvoir dans les équipes de campagnes sur les experts et les politiques. Un exhibitionnisme aussi bien  les campagnes électorales  que pendant un mandat. Ainsi un président de la république comme Macron s’inflige-t-il des représentations thématiques ou géographiques permanentes presque tous les jours pour uniquement les  médias.

Dernier exemple en date quand Macon, pour reverdir sa politique, s’affiche en doudoune Rossignol au Mont-Blanc. Une doudoune aux couleurs nationales. L’ennui c’est que la doudoune a été conçue dans un pays de l’Est à partir de tissus italiens et que la marque Rossignol est maintenant dans les mains d’un fonds scandinave. Ces déplacements et exhibitions désacralisent aussi la fonction d’un président qui doit pourtant prendre de la distance pour orienter le pays et non se mêler de tout sans savoir exactement  ce qu’il fait. La finance dans les campagnes a forcément un rôle essentiel car il n’y a aucun candidat disposant des 30 ou 50 millions nécessaires. Initialement, le total ne doit pas dépasser 10 millions mais les candidats utilisent différents biais pour dépasser et de loin cette limite. Et la commission de contrôle des comptes des candidats, pratiquement sans moyens, ferme les yeux.

Évidemment pour résoudre cette équation financière, les lobbys jouent  un rôle primordial. Des lobbys nationaux internationaux. Aussi des financements douteux venant de l’étranger.  . Pour Macon, c’est clairement le lobby financier et économique dominant qui a financé la campagne.

Le  candidat n’aurait jamais pu financer sa campagne sans une infime fraction de donateurs fortunés. 48 % de ces 16 millions d’euros, ont été récoltés grâce à « seulement » 1 212 dons de 4 500 euros et plus. Ces gros chèques ont été d’autant plus essentiels qu’ils ont longtemps représenté l’essentiel des ressources dont disposait le candidat. En fait, ce sont surtout 800 gros donateurs de Paris qui ont financé la campagne de Macron. Il faut ajouter à cela les faciliter accorder par certains lors de la campagne. Une affaire qui a fait l’objet une procédure judiciaire et qui a été récemment enterré. Comme sera sans doute aussi enterrer l’origine des fonds de la campagne de Macon.

La France s’oriente donc bien vers une sorte de modèle américain.  il faut d’abord aligner les dollars, être soutenu par les lobbies et afficher sa vie personnelle à la Une des journaux à scandale dont raffolent certains électeurs qui ne comprennent pas grand-chose aux enjeux politiques mais qui font la différence souvent à partir d’aspects complètement anecdotiques. Une réflexion mériterait d’être engagée sur cette perversion de la démocratie et pas seulement au niveau national également au niveau local où les barons reproduisent à leur niveau le même système.

Agribashing: la critique d’un modèle agricole industriel

 Agribashing: la critique d’un modèle agricole industriel

 

Indéniablement le mouvement récent des agriculteurs à connu un certain succès. Restent  cependant des ambiguïtés dans ce qui alimente le mécontentement. Il s’agit en fait d’une double motivation, une de nature économique pour protester  contre des revenus indécents, une autre de nature plus politique quant au rapport de l’agriculture à l’environnement. L’opposition entre la fin du monde et la fin du mois. En réalité, deux  aspects  relativement liés dans la mesure où c’est précisément le modèle agricole industriel qui porte atteinte à la fois au  revenu de nombre d’acteurs et à l’environnement. Ce qu’ explique un collectif d’agriculteurs dont José Bové dans une tribune au Monde.

 

 » Nous, agriculteurs, agricultrices, observons une atmosphère de crispation, d’incompréhension, entre une partie du monde agricole et le reste de la société, principalement focalisé sur l’utilisation des pesticides et sur l’élevage industriel.

Concernant les pesticides, leurs effets néfastes pour la santé humaine et l’environnement sont prouvés par de nombreuses publications scientifiques, tandis que le rejet de l’élevage industriel correspond à la dénonciation d’un système de maltraitance animale à grande échelle qui ne permet pas aux éleveurs et salariés concernés de s’épanouir ni de s’en sortir économiquement.

Ces pratiques portent atteinte à l’environnement ici et ailleurs comme le montrent le problème des algues vertes en Bretagne, la dégradation de nos ressources en eau, ou encore la déforestation générée par la monoculture de soja OGM au Brésil.

Les critiques de ces pratiques, légitimes, sont qualifiées d’« agribashing » par la FNSEA [Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles], formule reprise par le ministre de l’agriculture et le président de la République. Pourtant, la remise en cause du modèle agro-industriel dominant n’est pas de l’agribashing ! Il ne s’agit pas de dire que l’agriculture est mauvaise, maléfique, ou que les urbains n’aiment pas les agriculteurs ! Il s’agit de critiquer un modèle qui entraîne les agriculteurs et notre société dans le mur.

Ce modèle endette dangereusement les agriculteurs, continue de vider les campagnes de leurs paysans, pousse à un gigantisme empêchant les jeunes de reprendre les fermes des retraités, pollue les sols et les eaux, détruit la biodiversité, dégrade la santé des écosystèmes et des humains. Cette agriculture basée sur l’agrochimie, la spécialisation à outrance des territoires et la mondialisation, contribue au réchauffement climatique et est peu résiliente face aux événements extrêmes qui se multiplient.

Pourtant, l’agroécologie paysanne que nous pratiquons, le plus souvent en bio, depuis de nombreuses années, représente une alternative crédible. Cette agriculture, qui lie agronomie et écologie, nous permet de vivre avec dignité et de transmettre nos fermes, tout en fournissant une alimentation saine à nos concitoyens. Nous montrons au quotidien que ce type d’agriculture peut redynamiser les territoires, en créant des emplois, du lien social, du paysage, de la biodiversité et de la résilience. »

 

L’utopie écologique, nouveau modèle de société ?

L’utopie écologique, nouveau modèle de société  ?

C’est l’interrogation de Philippe Moati ,économiste dans une tribune au « Monde ». après une enquête de l’Observatoire société et consommation 

 

« Une enquête proposant un choix entre trois modèles de société montre une préférence pour des modes de vie favorisant la proximité, les liens avec les proches et une consommation locale, constate l’économiste dans une tribune au « Monde ».

Il est souvent dit que notre époque souffre d’une panne des utopies et que les Français, en particulier, nourrissent leur pessimisme d’un déficit d’avenir désirable.

Pour tenter d’y voir plus clair, nous avons conduit à l’Observatoire société et consommation (Obsoco), avec le soutien de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), de la banque publique d’investissement Bpifrance et de la chaire ESCP-Edouard-Leclerc, une enquête approfondie auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes âgées de 18 à 70 ans.

Cette enquête opère une plongée dans les imaginaires à l’œuvre au sein de la société française. Nous y avons notamment mesuré le degré d’adhésion des Français à trois modèles de société idéale, trois « systèmes utopiques » associés à des relais d’opinion, des mouvements plus ou moins organisés, qui prescrivent des priorités, des pratiques, des politiques et des institutions supposées conduire à un avenir souhaitable.

Il s’agit de l’utopie « techno-libérale », qui décrit une société hyperindividualiste organisée pour une croissance forte tirée par la science et la technologie, avec le transhumanisme comme point d’horizon ; de l’utopie « écologique », qui dépeint une organisation de l’économie et de la société tendue vers la sobriété, le « moins mais mieux » ; enfin, de l’utopie « sécuritaire », qui renvoie à une société nostalgique d’un passé révolu, attachée à la morale et à la tradition, soucieuse de préserver son indépendance économique et son identité face aux influences étrangères.

Chaque système utopique a été présenté aux personnes ayant participé à l’enquête de manière détaillée, en couvrant les aspects relatifs à l’organisation de la vie économique, au système politique, aux modes de vie et de consommation, etc. Les répondants ont été invités à déclarer dans quelle mesure ces modèles de société se trouvaient en phase avec leur propre conception d’une société idéale, de manière globale et aspect par aspect.

C’est l’utopie « écologique » qui sort gagnante de cette confrontation ; 55 % des répondants lui ont accordé leur meilleure note. L’utopie « sécuritaire » se classe en deuxième (elle est l’utopie préférée de 29 % des répondants), laissant l’utopie « techno-libérale » assez loin derrière (16 %), celle-ci étant pénalisée par un rejet massif des perspectives de l’augmentation de l’humain. »

 

 

Auteur de l’ attentat préfecture : employé modèle ou terroriste ?

Auteur de l’  attentat préfecture : employé modèle ou terroriste ?

Après la communication ratée de l’incendie de Rouen, c’est une vraie faillite de la communication sur l’affaire de l’attentat de la préfecture. Difficile de comprendre la communication du gouvernement qui est passé du profil d’un employé modèle à celui de terroriste pour  l’auteur des attentats de la préfecture de Paris. Pour parler clair le procureur du parquet national anti terroriste a dit à peu près le contraire du ministre de l’intérieur Christophe qui Castaner avait déclaré jeudi que le suspect n’avait jamais présenté de signe d’alerte.

Le procureur du parquet national antiterroriste, Jean-François Ricard indiqué que l’auteur s’était converti à l’islam depuis une dizaine d’années. L’analyse de son téléphone a en outre permis de “faire apparaître des contacts (avec) plusieurs individus susceptibles d’appartenir à la mouvance islamiste salafiste”, a indiqué Jean-François Ricard, ajoutant que “plusieurs témoignages ont fait apparaître qu’il aurait adhéré à une vision radicale de l’islam”.

L’ensemble de ces éléments, a conclu le procureur, explique que le Parquet national antiterroriste se soit saisi vendredi de l’enquête et que les faits aient été requalifiés en “assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste” et “association de malfaiteurs terroriste criminelle”.

Brésil : Bolsonaro choisit Pinochet comme modèle !

Brésil : Bolsonaro choisit Pinochet comme modèle !

 

Il faut que Bolsonaro,  le président du Brésil, soit très les acculé pour en être réduit à faire l’apologie de Pinochet. C’est le seul moyen qu’il ait trouvé pour justifier sa propre politique. Il y a sans doute mieux comme référence idéologique. Le problème c’est que Bolsonaro est de plus en plus isolé. Il a notamment été attaqué lors du G7 pour  son inertie voir sa complicité vis-à-vis des incendies criminelles  en Amazonie. Macron en particulier a  pris la tête de la contestation contre le  président brésilien avec la très sérieuse menace de ne pas signer le futur accord commercial Mercosur. Faux-cul comme d’habitude, le président américain a adhéré à la position commune du G7 lui le lendemain sur Twitter a dit exactement le contraire en soutenant Bolsonaro.  en Amérique du Sud le président brésilien est également très critiqué par ses voisins. Quant au plan intérieur, la contestation vise non seulement les problèmes environnementaux mais aussi la situation économique et les libertés démocratiques.

Jair Bolsonaro a dénoncé aussi  mercredi «l’ingérence, dans la ligne (du président français Emmanuel) Macron», de l’ONU «dans les affaires intérieures et la souveraineté» du Brésil, après que Mme Bachelet a déploré un «rétrécissement de l’espace démocratique» au Brésil sous sa présidence d’extrême droite.

Bolsonaro a accusé sur Twitter Michelle Bachelet de défendre «les bandits qui attaquent nos courageux policiers civils et militaires» alors qu’elle s’était inquiétée des exécutions extra-judiciaires par les forces de l’ordre.

Jair Bolsonaro a ensuite attaqué personnellement Mme Bachelet sur Facebook. «Elle oublie que le Chili n’est pas devenu un (nouveau) Cuba grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, parmi ces communistes, son père», a écrit le président, apologue assumé par ailleurs de la dictature au Brésil.

Le père de Michelle Bachelet, Alberto Bachelet, un général d’aviation, est mort à 50 ans en prison, où il a été torturé, un an après le coup d’Etat d’Augusto Pinochet.

Les remarques sur Pinochet ont choqué au Chili où le président Sebastian Pinera a indiqué, dans une déclaration publique: «Je n’adhère en aucun cas à l’allusion faite par le président Bolsonaro concernant une ex-présidente du Chili, et en particulier sur un sujet aussi douloureux que la mort de son père».

 

Une remise en cause du modèle de production mondial ?

Une remise en cause du modèle de production mondial ?

C’est ce qu’aborde-un peu timidement-  une tribune du monde- qui explique le fonctionnement du modèle actuel. Un article intéressant mais qui évite d’imaginer le futur modèle de production et de distribution. (Extraits)

« Le entre de commandement dernier cri de l’entreprise. Flex, géant américain de la fabrication en sous-traitance, situé en Californie,  évoque une salle de crise du Pentagone. Le tableau de bord lui permet de surveiller les 16 000 fournisseurs de Flex ainsi que plus de 100 usines produisant à peu près tout, des systèmes automobiles au matériel de cloud-computing destiné à plus de 1 000 clients à travers le monde. Tom Linton est reconnu comme l’un des rois de la chaîne d’approvisionnement, un mécanisme au cœur de la mondialisation des dernières décennies grâce auquel matières premières, pièces détachées et composants s’échangent en traversant de multiples frontières avant d’être incorporés dans des produits finis. Lorsqu’on l’interroge sur l’avenir, cependant, sa réponse est inquiétante : “Nous nous dirigeons vers un monde post-global.”

Il y a quelques années, cette thèse aurait relevé de l’hérésie. La révolution des technologies de l’information, qui a rendu les communications fiables et abordables, combinée à l’arrivée de la Chine sur le marché mondial – qui a fourni une main-d’œuvre bon marché abondante – ont transformé la fabrication en une aventure mondialisée. Dans son livre ‘The Great Convergence’, Richard Baldwin soutient que le cocktail résultant du savoir-faire industriel occidental et de la puissance manufacturière asiatique a alimenté l’hyper-mondialisation des chaînes d’approvisionnement. Entre 1990 et 2010, le commerce a connu un essor considérable grâce aux réductions des tarifs douaniers, à la baisse du coût des communications et aux transports à bas prix.

L’OCDE, le think-tank des économies avancées, estime que 70 % du commerce mondial implique désormais des chaînes [...] »

 

« La loi Pacte : un nouveau modèle économique » !!! (Roland Lescure)

« La loi Pacte :  un nouveau modèle économique » !!! (Roland Lescure)

 

Roland Lescure considère que ce texte va favoriser un nouveau modèle économique.  . Une appréciation sans doute un peu optimiste et excessive quant à la portée de cette loi un peu fourre-tout. . Normal,  le rapporteur de cette loi cherche à valoriser son travail. Reste qu’il affirme qu’il souhaite rééquilibrer les liens entre producteurs, consommateurs et entreprises. Pour les salariés, il prône notamment le développement de l’intéressement et évoque la présence de salariés dans les conseils d’administration. Malheureusement les propositions ne sont pas du tout à la hauteur des intentions. On est loin évidemment de la cogestion à l’allemande et le patronat français ne souhaite pas partager le pouvoir et même pas l’information. Quant au pouvoir des consommateurs le rapporteur de la loi pacte parle d’un nouveau concept consom’ acteur mais on ne voit pas très bien quelle forme institutionnelle permettrait aux consommateurs de peser. Finalement une loi pacte assez floue et fourre-tout qui révèle un manque de clarté idéologique de la part du pouvoir. Pas étonnant le rapporteur lui-même est  récemment venu en politique.  ce polytechnicien de formation, passé par la London School of Economics (LSE), a fait une bonne partie de sa carrière à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pendant huit ans, un fonds d’investissement public doté de 200 milliards de dollars d’actifs sous gestion sur les marchés publics et privés. Un technicien certes mais pas vraiment une légitimité politique et encore moins sociale. Interview de la tribune :

Alors que le projet de loi Pacte est en discussion au Parlement depuis le 5 septembre, quel bilan tirez-vous de ces dernières semaines ?

ROLAND LESCURE - C’est l’aboutissement de 12 mois de travail qui ont débuté par un travail de co-construction par des binômes de parlementaires et de chefs d’entreprises missionnés par Bruno Le Maire et une consultation publique en janvier pour aboutir sur la présentation du texte en Conseil des ministres le 18 juin 2018. L’Assemblée nationale a constitué une Commission spéciale début juin, présidée par Olivia Grégoire. La commission a entrepris des travaux d’auditions et de consultations pour aboutir à l’examen du texte début septembre en commission (1910 amendements discutés, 383 adoptés) et en hémicycle entre le 25 septembre et le 5 octobre (2429 amendements discutés, 343 adoptés) Je considère que le texte a été bien préparé après plusieurs semaines de concertations et d’échanges. On a réussi à faire passer quelques points importants comme l’entreprise à mission. On est passé d’un libéralisme traditionnel de la fin du 20e siècle à un renouveau du libéralisme. La place de l’État dans l’économie doit être repensée. On a par exemple revu la gouvernance de la Caisse des Dépôts et consignations pour la rendre plus opérationnelle tout en préservant le rôle du Parlement dans ses missions de contrôle. Sur les territoires, le rapprochement entre CNP Assurances et la Banque Postale devrait favoriser le financement des acteurs au niveau local. La loi Pacte est un nouveau modèle économique pour la France.

Qu’est ce que la loi Pacte change vraiment dans le modèle économique de la France ?

La place des consommateurs dans l’économie a changé. J’appelle ça le « consom’acteur. » On a vu récemment que des clients se détournaient d’entreprises comme Starbucks ou Uber à cause de leurs pratiques. Ils veulent que les entreprises soient plus responsables. Les clients, les fournisseurs sont très demandeurs. Face à cela, il faut que les chefs d’entreprise mènent une stratégie gagnant-gagnant.

Vous revendiquez une certaine conception du capitalisme ?

Nous avons eu beaucoup de débats intenses avec des députés de la France insoumise comme Adrien Quatennens (député du Nord) ou Jean- Luc Mélenchon (député des Bouches-du-Rhône) notamment sur la définition de l’entreprise. J’ai été moi-même marqué par le communisme dans mon parcours lorsque j’ai grandi à Montreuil. Pour moi, le capitalisme moderne représente à la fois le meilleur et le pire. Il a permis de mettre fin à la Guerre froide, il a réduit considérablement le nombre de pauvres dans le monde. Pour le pire, le capitalisme a un rôle considérable dans le changement climatique ou la montée des inégalités. Dans ma démarche, je cherche à corriger ces conséquences qui représentent les deux défis du système capitaliste. Les chefs d’entreprises, les actionnaires, les consommateurs ont une responsabilité face à cela. Actuellement, nous utilisons des moyens palliatifs pour tenter de corriger les inégalités par des outils de redistribution par exemple. Je défends plutôt des moyens préventifs qui permettent d’éviter d’empirer ces situations. Je pense par exemple à la présence accrue des salariés dans les conseils d’administration. Je tiens à favoriser l’intéressement des employés dans les entreprises.

Les privatisations, sujet hautement explosif, n’ont pas suscité tant de polémiques. Comment l’expliquez-vous ?

C’est vrai qu’il n’y a pas eu tant de débats. Je considère qu’on a donné du sens à l’histoire. Le rôle de l’État n’est pas de toucher des dividendes issus des loyers payés par  les centres commerciaux ou des parkings situés sur les aéroports. L’État doit dorénavant favoriser l’innovation par des moyens décentralisés. Son rôle est bien de réguler et de protéger. Concernant les privatisations, l’État garde un contrôle sur le processus, ce qui lui permettra de garder un oeil sur la nature des investissements. In fine, c’est l’État qui décidera. Cela devrait nous protéger d’éventuels risques. Nous avons beaucoup travaillé pour qu’il y ait de la transparence vis-à-vis du Parlement. Nous avons prévu la création d’une délégation parlementaire à la sécurité économique. Son rôle sera de suivre toutes les opérations et de convoquer les ministres si nous avons besoin de précisions. C’est une vraie nouveauté.

La loi Pacte a parfois été comparée à un texte fourre-tout avec de nombreux articles. À plusieurs reprises, vous avez montré un attachement au contrôle de l’application de la loi. Avez-vous envisagé des moyens précis pour effectuer ce contrôle pour la loi Pacte ? Et si oui, lesquels ?

J’ai proposé un mécanisme ad hoc d’évaluation des dispositions essentielles du projet de loi. Cet amendement qui ne vise pas à remplacer les procédures d’évaluation classique de la loi a pour objectif de veiller à ce que certains éléments essentiels de la loi soient suivis par un comité d’évaluation. Ce comité d’évaluation permanent auprès du Premier ministre permettrait de réaliser notamment un tableau de bord de l’état d’avancement des ordonnances, d’un échéancier des mesures réglementaires et d’un bilan des effets macroéconomiques des réformes mises en place.

Tariq Ramadan, un « Modèle intellectuel »(UOIF)

Tariq Ramadan, un « Modèle intellectuel »(UOIF)

 

 

Cette déclaration du président des musulmans de France (ex UOIF) risque d’être contestée et paraît en tout cas pour le moins inopportune L’ex-Union des organisations islamiques de France (UOIF), qui a ouvert vendredi son salon annuel au Bourget, a fait émerger comme une figure d’influence le prédicateur mis en examen et écroué pour viols. “C’est un modèle sur le plan intellectuel pour beaucoup de nos jeunes qui souhaitent être comme lui”, a déclaré Amar Lasfar à la presse, fustigeant le “procès médiatique” fait selon lui à l’universitaire suisse au mépris de la présomption d’innocence. Une procédure  judicaire certes avec  également une diamensions  médiatique  mais justement devrait inspirer de réserve en attendant les décisions de justice.  Tariq Ramadan est notamment accusé par une ex-salafiste de l’avoir agressée en marge d’un congrès de l’UOIF en 2012.

Amar Lasfar a par ailleurs invité les musulmans de France à condamner sans réserve les attaques terroristes de Trèbes et Carcassonne (Aude) survenues il y a une semaine.

 » Changement radical du modèle social » (Jacques Barthélémy-Yves Fromont)

 » Changement radical du modèle social » (Jacques Barthélémy-Yves Fromont)

 

Jacques Barthélémy et Yves Fromont, avocats spécialisés en droit social,  analyse les effets des ordonnances travail et perçoivent un changement radical du modèle social. (Interview de la Tribune)

 

 

Une partie des ordonnances Macron sont appliquées depuis quelques temps, d’autres le seront dès janvier 2019, quelles observations faites-vous tant sur leur contenu, leur pertinence que sur leur objectif ?

YVES FROMONT : Il me semble que personne n’a mesuré, lors de la parution des ordonnances, leur impact direct sur l’économie. Les spécialistes se sont focalisés sur le côté juridique mais n’ont pas anticipé le changement radical du modèle social que nous connaissions jusqu’à présent. L’exemple le plus marquant est celui du barème applicable en matière de licenciement. Ce barème a radicalement bouleversé « la donne prud’homale ». Pour bon nombre de chefs d’entreprise et d’investisseurs étrangers, le volet judiciaire des licenciements était un véritable « repoussoir ». Le recours systématique au Conseil de Prud’hommes et le montant des indemnités allouées étaient dissuasifs à l’embauche surtout dans les PME qui, ne l’oublions pas, représentent plus de 50 % de l’emploi salarié en France.

Je constate qu’avec le nouveau barème, la donne a radicalement changé : si aucun chef d’entreprise notamment dans les PME n’embauche de salariés avec l’intention de licencier, il n’en reste pas moins que, désormais, le coût d’une rupture potentielle n’est pas dissuasive. Cela devrait aussi décourager l’emploi précaire (stage, intérim, CDD), les chefs d’entreprise ayant moins peur d’embaucher en CDI.

JACQUES BARTHÉLEMY : L’ordonnance dont est issue ce dispositif traite de la prévisibilité et de la sécurisation des rapports au travail. Il s’agit de l’un des dispositifs phares de cette réforme, mais il y en a d’autres qui peuvent avoir des effets aussi importants, dès l’instant où les personnes intéressées se l’approprient comme un instrument d’organisation de l’entreprise. Néanmoins, je pense que l’essentiel de la réforme du droit du travail ne se trouve pas là. Il l’est dans l’ordonnance sur les rapports entre les sources et la création de l’institution unique de représentation du personnel : le comité social économique (CSE). À l’image de l’Allemagne dont le betriebsrat est, en quelque sorte, le « conseil d’administration de la collectivité de travail ».

En quoi la fusion des trois institutions (le comité d’entreprise, les délégués du personnel et le CHSCT) au sein du CSE est-elle une évolution ?

J.B. : On a tendance à présenter la création du comité social économique comme la fusion des trois institutions. Ce n’est pas le cas. Il s’agit de la création d’une institution qui reprend les attributions des trois anciennes. Ce n’est pas pareil. Cette institution unique permet plus aisément la prise en considération de l’intérêt de la collectivité de travail. Ce qui n’apparaît pas pour des activités séquencées au travers d’institutions ayant des prérogatives différentes. Plus nous allons dans le sens du modèle allemand, mieux ce sera.

Cependant, il nous manque deux éléments pour y parvenir. Le premier : l’employeur n’a rien à faire dans cette institution unique. La France est le seul pays où le comité d’entreprise est présidé par le chef d’entreprise. Il faut donc l’en faire sortir. Le second réside dans la capacité de négocier des accords confiés à cette institution. Comme en Allemagne, il faudrait que, s’il n’y a pas d’accord, l’employeur ne puisse prendre de décision unilatérale (ce qui est possible en France). Un arbitrage extérieur est alors nécessaire.

Y.F. : La réforme met fin au « millefeuille » typiquement français de la représentation du personnel. Désormais, les institutions de représentation du personnel classique (délégué du personnel, comité d’entreprise, CHSCT) pourront être fusionnées dans le cadre d’un comité social économique qui récupère leurs attributions. L’objectif de simplification est évident surtout dans les entreprises de 11 à 49 salariés où l’instance unique reprend une partie des missions et attributions des délégués du personnel avec un rôle important en matière de santé et de sécurité du travail.

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE reprend les attributions des DP, du CE et du CHSCT avec une grande simplification de fonctionnement : la gestion actuelle d’un comité d’entreprise est en effet extrêmement lourde s’agissant notamment des obligations d’information et de consultation qui sont, rappelons-le sanctionnées pénalement.

J.B. : Je compléterai en disant qu’il s’agit là d’une position « employeur ». Pour les syndicats de salariés, la fusion des institutions aura des effets négatifs, car elle va entraîner une diminution des heures de délégation et du nombre des élus. Je m’inscris en faux contre cette vision, d’autant que les institutions ne sont que des instruments au service de l’intérêt de la collectivité du personnel.

L’unicité d’institution amène plus d’efficacité dans la fonction protectrice des salariés, ne serait-ce que parce que cela permet de donner de la consistance juridique à la collectivité de travail. Une nouvelle fois, nous nous rapprochons du système allemand.

Ainsi, des accords de garantie d’emploi qui visent à fixer le maintien des niveaux des effectifs lors d’une période difficile, en contrepartie de baisses des salaires et des temps de travail. En Allemagne, celui qui refuse est démissionnaire tandis que, chez nous, non seulement il est licencié, mais l’est pour cause économique. Dans le cadre de l’ordonnance de septembre, on a abandonné la qualification de cause économique et la rupture à une cause réelle et sérieuse. Ce qui veut dire que cela devrait sécuriser le recours à ce qui est un mode de gestion des conflits.

Estimez-vous que le gouvernement ose attaquer frontalement la problématique du droit du travail en remettant à plat tout ce qui a été entrepris depuis des années ? Ou l’ajuste-t-il seulement ?

J.B. : Concernant le CSE, il s’agit d’une innovation décisive. En revanche, sur ce qui touche à l’évolution de l’importance du tissu conventionnel, il s’agit du fruit d’évolutions successives. L’évolution a commencé avec la philosophie de la nouvelle société de Chaban-Delmas (société de contrat). Entre 1982 et 2004, sous tous les gouvernements, de gauche et de droite, on a accru les domaines où l’on pouvait déroger. Et à l’intérieur de ces domaines, on a accru l’autonomie de l’accord. Ensuite, la loi du 4 mai 2004 a permis que cette règle soit rendue applicable dans les rapports entre la convention de branches et l’accord d’entreprise. Cette loi était inspirée d’une déclaration commune des partenaires sociaux de juillet 2001.

Enfin, la dernière évolution avant la loi El Khomri et les ordonnances est la loi de 2008 où Xavier Bertrand a introduit la supplétivité, mais dans le seul domaine de la durée du travail. Ce qui précède constitue une critique à l’égard des opposants qui affirment que le Code du travail est cassé par le droit nouveau ; c’est d’autant moins vrai que les normes légales deviennent supplétives et s’appliquent donc en l’absence d’accord.

Y.F. : Le vrai bouleversement est celui qui va résulter – notamment pour les PME et les ETI – de la possibilité de négocier avec le CSE et pour les petites entreprises, par référendum. Ainsi, dans les entreprises de moins de 11 salariés et dans celles entre 11 et 20 salariés (en l’absence de CSE), des accords pourront être négociés sur l’ensemble des thèmes ouverts à la négociation collective (durée du travail, conditions de travail, etc…) par un référendum approuvé à la majorité des deux tiers.

Cette possibilité existait mais dans des domaines limités à celui de l’intéressement, de la participation et de la protection sociale. Ainsi, comme en Allemagne où l’employeur peut négocier avec un Conseil d’établissement dans toute entreprise dont l’effectif est supérieur à 5 salariés, les chefs d’entreprise pourront négocier directement avec les salariés ce qui va constituer un changement radical en matière de négociation sociale d’entreprise. Il faut attendre, pour mesurer les effets de la réforme qui prendra véritablement effet à partir du 1er janvier 2019.

J.B. : Seulement pour que cela fonctionne, les « patrons » doivent sortir de leur posture qui prétend que le droit du travail est trop compliqué, et se contentent de ce fait d’en gérer administrativement les contraintes. Ce droit, adaptable au contexte de chaque entreprise, l’employeur doit se l’approprier, afin de faire du dialogue social un outil de management.

Comment peut-il y parvenir ?

Y.F. : En tant que chef d’entreprise, vous avez besoin de salariés que vous payez pour réaliser un travail afin de développer votre activité, mais vous devez aussi obtenir une garantie d’adaptation des conditions de travail à l’impératif économique. Les ordonnances le permettront. Par la négociation, les préoccupations économiques du chef d’entreprise pourront coïncider avec les aspirations des salariés.

J.B. : Nombreux sont les dirigeants – surtout de PME – qui pensent que le droit du travail n’est pas de leur compétence parce que leur mission est d’être des producteurs. Mais s’ils ne sont que des producteurs, ils ne peuvent être chefs d’entreprise. Ils doivent savoir résoudre l’ensemble des relations à la fois avec leurs clients, leurs fournisseurs et leur personnel.

Ce dialogue social peut-il faire peur aux dirigeants ?

J.B. : Des dirigeants s’y intéressent, mais le recours au dialogue social a un risque : si le patron accepte de négocier, il abandonne une partie de son pouvoir ; néanmoins ce sera au nom de l’intérêt général, celui de l’entreprise qui ne se limite pas à la société, c’est à dire à la collectivité des détenteurs du capital.

Y.F. : Mon expérience me fait constater que les chefs d’entreprise ne sont pas effrayés par le dialogue social : encore moins dans les PME. Cependant, ils ont été habitués au modèle français de centralisation qui faisait primer les accords de branche sur les accords d’entreprise. Par ailleurs, dans les PME, en l’absence de représentation syndicale, il n’y avait pas de négociation collective puisque les outils n’existaient pas. Par exemple, vous ne pouviez pas négocier un aménagement de la durée du travail lorsque votre entreprise se trouvait confrontée à une baisse d’activité. L’interlocuteur n’existait pas.

Désormais, ce sera possible. Ainsi, un chef d’entreprise confronté à une baisse d’activité pourra négocier avec les salariés les modalités d’une récupération et les compensations accordées. La promotion de l’accord d’entreprise se trouvera renforcée par la perte de la primauté du mandatement syndical (élu ou salarié) dans les entreprises de moins de 50 salariés. Le dialogue social sortira nécessairement renforcé, peu importe qu’il soit désormais déplacé au niveau des entreprises.

Ces ordonnances sont-elles plus pragmatiques que technocratiques ?

Y.F. : Dans une certaine mesure, le modèle social français était basé sur le statut et non sur le contrat. Le droit du travail avait jusqu’à présent toujours fait prévaloir des règles formelles très strictes qui laissaient peu de place au droit des contrats qui naturellement implique initiative et créativité. Le meilleur exemple est celui des entreprises publiques dans lesquelles des circulaires (circulaires PERS) organisent des procédures extrêmement lourdes entraînant une rigidité incroyable des relations du travail. Par ailleurs, force est de constater que la représentation syndicale a considérablement baissé dans les entreprises ce qui va de pair avec un individualisme grandissant. De ce point de vue, les ordonnances vont pouvoir reconstruire du collectif notamment par le jeu de la négociation collective dans les PME.

J.B. : Nous sommes entrés dans une phase de pragmatisme, encore faut-il que les employeurs et les organisations syndicales sachent se saisir des outils mis à leur disposition. Il faut inventer une autre manière de concilier la somme des libertés individuelles avec l’intérêt de la collectivité.

Ceci du fait du passage progressif de la civilisation de l’usine à celle du savoir grâce aux progrès des TIC. L’entreprise est en train de voir sa définition remise en cause (unité de temps, unité de lieu, d’action) du fait de l’intelligence artificielle et de la robotique. Que sera l’entreprise de demain ? Les relations n’y seront pas les mêmes et tout le monde doit donc évoluer.

Avec ces ordonnances, le dialogue social va-t-il sortir grandi ?

J.B. : À condition, une nouvelle fois, que les employeurs – notamment dans les PME – prennent conscience de leur vecteur d’efficacité. Remplacer un mode d’organisation fondé sur l’idée que le chef d’entreprise décide seul parce qu’il est seul responsable économique par une organisation fruit de normes résultant de discussions en vue d’un compromis a pour effet que l’employeur perd une partie de son pouvoir, mais au nom de l’intérêt général.

Cela nécessitera des évolutions de comportement. Quant aux organisations syndicales, elles doivent posséder une meilleure maîtrise de la technique contractuelle. Il faut condamner l’idée que, si une décision est bonne pour l’employeur, elle est mauvaise pour le salarié et inversement car il est possible de construire un projet profitable aux deux ; l’accord collectif y joue un rôle essentiel puisqu’il bâtit une loi commune sur des concessions réciproques.

Y.F. : Nous sommes en train de sortir d’un carcan anti-emploi, anti-patrons, qui décourage tout le monde et notamment les investisseurs étrangers. La dimension psychologique des ordonnances a été négligée et je constate, chez mes clients, le sentiment que le modèle social rigide qu’ils connaissaient est en train de changer.

En est-on certain ?

Y.F. : Un pari est fait. Libéraliser l’emploi en enlevant l’incertitude sur le coût des licenciements va-t-il conduire en contrepartie à des embauches ? Il faut attendre les statistiques à fin 2018 mais je constate, chez les chefs d’entreprise une modification déterminante de leur rapport à l’emploi. N’oublions pas que si un chef d’entreprise recrute une personne et la forme, ce n’est pas pour la licencier du jour au lendemain.

Evidemment, il y aura toujours des exceptions mais globalement, ce qui importe, c’est favoriser l’embauche en CDI. On peut aussi espérer que le nouveau modèle social permettra de réduire l’emploi précaire (stages à rallonge, intérim et CDD). La peur d’embaucher en CDI a conduit jusqu’à présent bon nombre de chefs d’entreprise à recourir à de l’emploi précaire. Cela doit changer.

  • Yves Fromont, avocat spécialisé en droit social, cabinet Fromont Avocats
  • Jacques Barthélémy, avocat spécialisé en droit social, cabinet Barthélémy Avocats

Fin du modèle agricole français ?

Fin du modèle agricole français ? 

Dan un article de la Tribune Xavier Hollandts, Kedge Business School et Bertrand Valiorgue, Université Clermont Auvergne estime que c’est la fin du modèle agricole français. Il prévoit une  sorte dualisme  avec des exploitations familiales centrées sur des productions de qualité et des firmes industrielle capitalistes et fortement informatisées voire automatisées. En gros, la qualité des petits pour satisfaire la demande des consommateurs et la quantité médiocre et à bas prix pour les marchés mondiaux. Une typologie qui ouvre quand même  les portes à l’appropriation de la terre et du patrimoine par la finance qui serait servie l’informatisation. Bref un modèle encore plus productiviste ; Un article un peu trop techno qui fait un peu l’impasse sur la pénétration du numérique même dans les plus petites exploitations et qui minimise  la problématique environnementale.

 

« L’agriculture hexagonale offre un bilan de santé contrasté. Si la France compte des champions agro-industriels, des entreprises intermédiaires et des startups qui bénéficient d’une excellente compétitivité sur des marchés mondialisés, plusieurs signaux d’alerte montrent que le secteur vit des mutations profondes et souvent douloureuses.

De nombreuses exploitations sont aujourd’hui en détresse et un agriculteur sur quatre vit en France sous le seuil de pauvreté. Les raisons de cette paupérisation sont bien connues : elles tiennent à la fois à la dérégulation des marchés agricoles et, surtout, à la très inégale répartition de la valeur dans les filières agricoles et alimentaires.

Les récents États généraux de l’alimentation (EGA) ont été l’occasion d’identifier différentes pistes de réformes pour les années à venir. Ces grandes orientations laissent toutefois de côté trois mutations majeures qui méritent d’être analysées en détail. Elles imposent également une nécessité : changer de paradigme en matière de politiques publiques pour favoriser la diversité des agricultures françaises.

Pour la première fois dans l’histoire du secteur agricole naissent de véritables empires, développés par des investisseurs privés et extérieurs à ce milieu. Comme l’ont bien résumé François Purseigle et ses co-auteurs dans le récent ouvrage Le nouveau capitalisme agricole, nous sommes en train de passer de la « ferme à la firme agricole ».

Alors que pendant des décennies, le modèle agricole de référence reposait sur des structures de production familiales, on observe aujourd’hui la multiplication de formes non familiales d’organisation du travail, d’importantes levées de capitaux et des stratégies commerciales totalement inédites. Le modèle dominant de la ferme familiale cède la place ainsi à l’entreprise agricole qui vise à répondre à une demande mondialisée. Ceci est particulièrement vrai dans des secteurs où les produits agricoles sont des commodités (des produits standards et homogènes), où seul le prix bas compte.

Cette émergence d’un capitalisme agraire mondialisé et les transformations des structures de production agricoles posent de nombreuses questions au sujet de la construction de la souveraineté alimentaire des pays, mais également sur les modes de production des denrées alimentaires.

Ainsi, que faut-il penser du rachat de terre à grande échelle de la part d’investisseurs chinois qui expédient ensuite dans leurs pays d’origine les denrées agricoles produites en France ? Ces investissements, s’ils devaient se généraliser, tendraient à faire de la France le « grenier » de puissances étrangères.

En parallèle, le métier d’agriculteur est en train de fortement évoluer, notamment sous l’influence de la révolution numérique. Aujourd’hui, seuls 12 % des exploitations ne possèdent aucun objet connecté. On parle souvent de smart farming pour désigner cet univers numérique qui accompagne désormais le quotidien des agriculteurs : puces électroniques, données en temps réel, drones, robots de traite, tracteurs connectés et pilotés par satellite, plateformes et pilotage à distance des exploitations. Les objectifs sont évidents : produire plus et mieux tout en consommant moins d’intrants (et donc en diminuant aussi les coûts).

On voit également apparaître l’intelligence artificielle sur les moissonneuses-batteuses. Elles intègrent des éléments topographiques grâce au positionnement GPS ainsi que les données de rendement des années précédentes.

L’analyse de ces données en temps réel permet à la machine d’adapter les réglages sur plusieurs de ses organes (battage, séparation, nettoyage) pour optimiser différents paramètres (débit, qualité, propreté, pertes). Les robots conversationnels ou « chatbots » constituent une autre déclinaison de l’intelligence artificielle pour les agriculteurs. En élevage, les premiers assistants virtuels sur smartphone aiguillent les éleveurs dans leur choix de taureau, facilitent la commande d’insémination, contrôlent les déclarations de sortie d’animaux.

Objets connectés et intelligence artificielle vont bouleverser comme jamais le métier d’agriculteur.

Depuis plusieurs années, les consommateurs exigent une plus grande transparence et traçabilité des produits agricoles, renouant ainsi avec une tradition pas si lointaine où l’on consommait localement ce qui était produit localement.

Cette demande s’exprime parfaitement à travers les circuits courts, ou encore le regroupement de producteurs en vente directe ou bien la création de mini-marchés locaux ou de paniers paysans (la Ruche qui dit Oui, les AMAP, etc.). Par ailleurs, l’émergence de plateformes transactionnelles change la donne car elles facilitent et sécurisent grandement la mise en relation entre producteurs et consommateurs. Cette transformation est regardée de très près par des géants du web comme Amazon ou encore le Chinois Alibaba, qui voient dans cette mutation des modes de consommation une opportunité majeure de profit.

Les grandes villes n’échappent pas à ce phénomène puisque de nouveaux types d’agriculteurs investissent les espaces urbains. On parle désormais d’une « agriculture urbaine » pour désigner l’appropriation de territoires urbains parfois délaissés ou rendus à une vocation agricole.

Pour répondre à ces mutations, l’agriculture française doit répondre à trois enjeux majeurs.

Elle doit d’abord réussir son tournant numérique. La digitalisation des métiers ne se décrète ni ne s’impose. Il faut donc accompagner les paysans français dans cette évolution désormais inéluctable. Les coopératives, qui regroupent 75 % du monde agricole, sont particulièrement attendues sur cette question.

Il faut ensuite faire évoluer les modèles économiques en étant réellement transparent sur l’origine des produits et la répartition de la valeur, comme les débats menés dans le cadre des États généraux de l’alimentation l’ont souligné. Les initiatives couronnées de succès, telles que La Marque du consommateur, Merci ou Faire France, montrent que l’on peut avoir une consommation citoyenne et engagée dans notre pays quand la vérité sur les prix agricoles est assumée. Demain, il faudra mieux former les agriculteurs au management, au marketing et à l’informatique.

Enfin, répondre au défi démographique et professionnel. Si la surface agricole française n’a pas reculé, le nombre d’exploitations en France a été divisé par deux depuis les années 1980. Il en résulte de véritables difficultés autour de l’installation ou de la reprise d’exploitations agricoles. À moins de laisser l’initiative à des investisseurs privés étrangers, la France doit pouvoir compter sur un renouvellement des générations afin de maintenir une présence humaine et agricole sur ses territoires. Le rôle des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (comme les Safer) devra être redimensionné et modernisé.

Une interrogation essentielle demeure : quels modèles agricoles les pouvoirs publics souhaitent-ils promouvoir ? Quelles initiatives doivent-ils encourager pour assurer un revenu aux agriculteurs et une alimentation durable et saine aux consommateurs ?

Depuis les années 1950, les pouvoirs publics ont globalement privilégié une orientation productiviste des fermes familiales. Il s’agissait de gagner l’indépendance alimentaire du pays et de maintenir un modèle d’agriculture séculaire.

Comme le souligne le sociologue Bertrand Hervieu, cette vision de l’agriculture reposait sur un postulat de base : l’activité agricole est par excellence une activité à caractère familial, censé se déployer dans un cadre national. Ce modèle universel de l’agriculture, c’est celui d’un adossement des fermes familiales à une industrie agroalimentaire puissante, offrant des progrès technologiques constants.

Les pouvoirs publics ont favorisé ce modèle à travers une politique volontariste et homogène qui a poussé les fermes familiales à se restructurer en continu pour gagner sans cesse en productivité. L’Europe prit le relais à travers la politique agricole commune (PAC), toujours dans le même esprit : ferme familiale productive – industrie agroalimentaire compétitive – souveraineté alimentaire des pays.

Les transformations actuelles font voler en éclat ce paradigme : la ferme familiale est en voie d’extinction, les consommateurs sont moins préoccupés par l’abondance que par la qualité des biens alimentaires, les marchés agricoles sont mondialisés et l’État, comme l’Europe, n’ont plus les moyens de subventionner. Face à ces mutations, l’erreur à ne pas reproduire de la part des pouvoirs publics serait de privilégier, comme par le passé, un modèle unique, au motif qu’il serait souhaitable ou plus performant sur la scène internationale.

Avant de proposer des solutions globales, il apparaît plus que nécessaire de reconnaître et d’accompagner la diversité des différents modèles agricoles français. Il faut éviter une vision homogène de l’agriculture et promouvoir un accompagnement différencié de la part des pouvoirs publics. Les enjeux agricoles ne se posent pas de la même manière en Haute-Loire, en Aquitaine ou dans la plaine de la Beauce. Les pouvoirs publics gagneront à se rapprocher des collectivités territoriales (régions, départements, métropoles) pour mettre en place des dispositifs d’accompagnement localement adaptés.

Dans les années qui viennent, on devrait pouvoir évoquer non pas le Salon international de l’agriculture, qui ouvre ses portes ce samedi 24 février, mais bien le Salon international des agricultures et de l’alimentation durable.

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Par Xavier Hollandts, Professeur de Stratégie et Entrepreneuriat, Kedge Business School et Bertrand Valiorgue, Professeur de stratégie et gouvernance des entreprises – co-titulaire de la Chaire Alter-Gouvernance, Université Clermont Auvergne

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

 

Œufs contaminés et modèle d’élevage industriel : dramatique ! (Antoine Andremont)

Œufs contaminés et modèle d’élevage industriel : dramatique ! (Antoine Andremont)

Le professeur Antoine Andremont, chef du laboratoire de bactériologie de l’hôpital Bichat à Paris, tire la sonnette d’alarme dans une interview à la Tribune sur les dérives de l’agroalimentaire. Auteur d’un ouvrage sur la question de l’antibiorésistance*, il estime que l’affaire du fipronil amène à repenser un système qui bombarde les animaux d’antibiotiques et favorise ainsi l’apparition de bactéries de plus en plus dangereuses. Le spécialiste souligne d’ailleurs que ces bactéries pourraient être « dramatiques » pour l’homme. « Nous ne parvenons plus à contrôler certaines infections bactériologiques », alarme-t-il notamment.

Que pensez-vous de la sécurité sanitaire de notre système agroalimentaire?
Ce système est fragile. Si ce scandale avait concerné une bactérie plus pathogène, avec nos modes de distribution à grande échelle, nous aurions pu nous retrouver face à un scénario beaucoup plus grave. Nous devons nous interroger sur les méthodes des grands groupes agroalimentaires. Même si le risque zéro n’existe pas, il n’est pas normal qu’un acte malveillant, comme c’est apparemment le cas dans l’affaire du fipronil, ébranle à lui seul le système. Il faut un débat national sur l’élevage intensif.

Sur la transparence et les moyens de contrôle sanitaire?
Pas seulement ! Car cette affaire est symptomatique de l’état de l’agroalimentaire pour une autre raison, qui mérite qu’on élargisse la focale. Le fipronil, qui est un insecticide, a été utilisé pour lutter contre le pou rouge dans les poulaillers de poules pondeuses. La présence de ce parasite, courante dans les élevages où la densité élevée d’animaux favorise sa propagation, est un vecteur de maladie et de virus, comme la peste aviaire. Pour lutter contre ces infections, les gros producteurs ont également recours aux antibiotiques de manière quasi systématique. Aujourd’hui, dans certains élevages, on injecte même des doses d’antibiotiques in ovo, c’est-à-dire dès l’œuf, en prévention de maladies qui se développent dans ces batteries. Mais, du coup, ces animaux développent des bactéries de plus en plus résistantes pour lesquelles nous n’avons plus d’antibiotiques efficaces.

Avec quel impact pour l’homme?
Les conséquences peuvent être ­dramatiques. Ces « superbactéries » se propagent dans la chaîne alimentaire et finissent par nous atteindre. Aujourd’hui, chez les personnes très vulnérables, des patients sous chimiothérapie ou en attente de greffe d’organe, par exemple, nous ne parvenons plus à contrôler certaines infections bactériologiques. A terme, c’est toute la médecine moderne qui risque d’être touchée.

Vous semblez nous parler du prochain scandale sanitaire à venir…
En réalité, il est déjà là, même si l’opinion publique n’en a pas conscience. Une étude, publiée en 2013 par quatre laboratoires**, montre que 1.500 décès par infection bactérienne pourraient être imputés à la surconsommation d’antibiotiques dans la filière aviaire européenne. Si, à court terme, les industriels sont capables de garantir une sécurité alimentaire excellente, à long terme, les risques sont catastrophiques si rien ne change. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la résistance aux antibiotiques constitue aujourd’hui, je cite, « l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale ».

 

Une meilleure sécurité alimentaire passe-t-elle par la fin du modèle d’élevage intensif?
Pas nécessairement. Les circuits courts permettent de garantir une meilleure qualité gustative aux consommateurs, mais les enjeux sanitaires n’y sont pas différents de ceux dans l’industrie. Paradoxalement, les Pays-Bas, d’où est parti le scandale du fipronil, comptent parmi les meilleurs élèves européens en matière de réduction des antibiotiques et de traçabilité des produits! Ce n’est pas pour rien que cet insecticide, présenté frauduleusement comme un traitement naturel, implique initialement une entreprise néerlandaise : la demande d’alternatives biologiques y est plus élevée que dans le reste de l’Europe. Avec comme conséquence certaines dérives… Mais, jusqu’à ce scandale, les Pays-Bas avaient diminué de plus de moitié leur part d’antibiotiques, tout en préservant un modèle industriel satisfaisant sur le plan économique. Simplement, ils ont augmenté les normes hygiéniques dans les élevages, mis fin aux injections systématiques, verbalisé les producteurs ­récalcitrants…

La France est-elle à la traîne?
Elle s’est lancée dans la réduction de la consommation d’antibiotiques, mais ne fait pas aussi bien. Globalement, elle fait mieux que ses voisins du Sud, mais reste loin derrière ceux du Nord. Le scandale du fipronil ne doit pas nous aveugler : le principal défi qui nous attend, c’est de réussir à réduire la part d’antibiotiques dans l’élevage. C’est une course contre la montre face aux bactéries. Nous sommes déjà à un seuil limite.

Venezuela : le modèle bolivarien de Mélenchon s’écroule

Venezuela : le modèle bolivarien de Mélenchon s’écroule

 

Qui se souvient que début 2017 Mélenchon proposait que la France abandonne ses alliances internationales et rejoignent l’alliance bolivarienne. L’ALBA (qui signifie « aube » en espagnol) est née le 14 décembre 20041 à La Havane, par la Déclaration conjointe signée par Hugo Chávez et Fidel Castro en opposition à la proposition de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), promue par les États-Unis. Elle rentre officiellement en vigueur le 28 avril 2005. L’Alliance compte actuellement onze membres : Cuba, le Venezuela, la Bolivie ( aujourdhui qui dénonce la situation au Venezuela), le Nicaragua, la DominiqueAntigua-et-Barbuda, l’ÉquateurSaint-Vincent-et-les-GrenadinesSainte-LucieSaint-Christophe-et-Niévès et la Grenade.  Ne cachant pas son admiration pour Hugo Chavez et Fidel Castro, Jean-Luc Mélenchon prônait  la sortie de l’Otan et se défie ouvertement de l’atlantisme. Depuis évidemment Mélenchon a pris un peu de distance avec son projet bolivarien. Les deux pays moteurs, le Venezuela et Cuba, cumulent en effet misère sociales, dictature et corruption. Les derniers événements qui ont fait plus de 100 morts au Venezuela sont par ailleurs condamnés par nombre de pays de l’Amérique latine.  Le Pérou n’exclut pas de rompre ses relations diplomatiques avec le Venezuela, a dit jeudi son ministre des Affaires étrangères, illustrant la pression croissante que ses voisins exercent sur Caracas en raison de ce qui est perçu comme une dérive autoritaire. Le Pérou a invité plusieurs pays de la région à une réunion mardi prochain à Lima pour discuter d’une approche régionale commune après l’élection au Venezuela d’une Assemblée constituante qui pourrait octroyer au président Nicolas Maduro les pleins pouvoirs. Le ministre péruvien des Affaires étrangères, Ricardo Luna, a dit jeudi à la presse que « toutes les options étaient sur la table ». A la question de savoir si Lima excluait une rupture des relations diplomatiques, il a répondu : « Non, pas du tout ». Mais, a-t-il souligné, le Pérou préfère attendre le résultat de la réunion de mardi à laquelle devraient assister ses homologues d’au moins neuf pays d’Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Panama et Paraguay) en  plus du Canada.

Venezuela : le modèle de Mélenchon en pleine décomposition

Venezuela : le modèle de Mélenchon en pleine décomposition

 

Nouvelle manifestation cette fois pour protester contre la censure du gouvernement, une  vague de protestation ayant déjà fait 66 morts depuis début avril. « Ils ont arrêté la diffusion de certains médias parce qu’ils ne reproduisent pas l’opinion du gouvernement. Nous venons demander la fin de la persécution contre les journalistes », a déclaré à l’AFP Santiago Acosta, étudiant et membre du conseil universitaire de l’Université catholique Andrés Bello (UCAB). Le président Nicolas Maduro, confronté à une vague de manifestations réclamant son départ depuis plus de deux mois, accuse une partie de la presse de mener campagne contre lui pour le faire chuter. En réalité le pays est confronté à une crise sans précédent, une crise économique, une crise sociale et une crise politique. Le pays dirigé par Chavez puis par Maduro est  en pleine décomposition. Un pays qui  pourtant pour Mélenchon représentait « l’inépuisable idéal de l’espérance humaniste de la révolution ». Aujourd’hui il représente surtout la misère et la dictature. . L’ONG Espacio Publico critique la « politique de censure » du gouvernement contre les médias critiques, tandis que le Syndicat national des journalistes (SNTP) a dénoncé plus de 200 agressions contre des reporters durant les manifestations. Dans le cortège vendredi, beaucoup continuaient de réclamer l’organisation d’élections anticipées, le leitmotiv des adversaires du président Maduro, qui rejettent aussi son projet de réforme de la Constitution, une manoeuvre pour s’accrocher au pouvoir selon eux. « Le pays est ruiné, avec des problèmes comme s’il était en guerre. Nous voulons un changement, des élections maintenant et ce que veut Maduro, c’est une Constitution sur mesure », a déclaré à l’AFP Rosalba Venegas, 40 ans, venue manifester. D’autres manifestations et des blocages de rue ont eu lieu dans la soirée dans différentes parties de l’est de la capitale, dispersés à coup de gaz lacrymogènes par les forces de sécurité. L’opposition a appelé à sortir une nouvelle fois dans la rue samedi, alors que les manifestations sont quasi-quotidiennes.

La faillite économique du modèle Trump

La faillite économique du modèle Trump

 

100 jours après son élection Trump affiche un bilan économique catastrophique. Alors que la croissance au quatrième trimestre 2016 s’inscrivait sur une tendance de près de 3 %, au premier trimestre, cette croissance s’écroule complètement. Elle est même inférieure à celle de la France c’est peu dire et s’inscrit sur une tendance annuelle de 0,7 % au premier trimestre 2017. En cause évidemment le climat d’incertitude qu’a créé le nouveau président américain complètement illuminé et irresponsable qui n’a cessé de signer des décrets inapplicables sous l’éclairage de centaines de caméras. Mais des décrets sans application concrète immédiate dont certains ont été rejetés par la justice ou -même par la majorité républicaine. La vérité c’est qu’on ne sait pas quelles sont les véritables orientations réelles de Trump, qu’il ne le sait sans doute pas lui non plus. Pour preuve, il a dû changer nombre de membres de son équipe. Exactement ce qui pourrait se passer en France si par malheur Marine le Pen  arrivait au pouvoir. Pour preuve son idée farfelue d’abandonner l’euro pour le franc, le thème économique central de sa campagne mais un thème qu’elle abandonne après un accord avec Dupont Aignan.  (Qui représente moins de 5 % des électeurs). Les changements brutaux de position de Trump  ont créé de sérieux doutes dans les mieux économiques.  L’économie des Etats-Unis croît « plus lentement que la France, c’est vraiment terrible ». « Il se passe quelque chose. »a déclaré Larry Fink le plus gros gestionnaire d’actifs aux Etats Unis ;  La croissance du produit intérieur brut (PIB) américain est tombée à 0,7% en rythme annualisé sur les trois premiers mois de l’année, ce qui correspond à un chiffre inférieur à 0,2% d’un trimestre sur l’autre, selon la première estimation publiée vendredi. En France, le PIB a crû de 0,3% sur la même période par rapport au trimestre précédent. Larry Fink a concédé qu’il restait à établir si la contre-performance de l’économie américaine au premier trimestre constituait une anomalie ou reflétait une inflexion durable de la tendance conjoncturelle. Celui dont le groupe gère quelque 5.400 milliards de dollars (4.950 milliards d’euros), avait déjà exprimé ses doutes sur les perspectives économiques des Etats-Unis. En février, par exemple, il avait estimé que des « nuages sombres » menaçaient l’économie en raison des incertitudes liées à la politique de l’administration Trump dans les domaines du commerce international et de la fiscalité. La Maison blanche a dévoilé mercredi un projet de réforme fiscale qui inclut une forte réduction du taux de l’impôt sur les sociétés et du taux supérieur de l’impôt sur le revenu. Les détracteurs de ce projet lui reprochent notamment de creuser le déficit du budget fédéral, un argument que réfute Donald Trump. « Si cette proposition augmente encore les déficits, alors je crois que nous aurons un gros problème à l’avenir », particulièrement si la croissance économique n’accélère pas, a dit Larry Fink.

Une petite ferme modèle aussi en Touraine

Une petite ferme modèle aussi en Touraine

Inspirée de l’expérience menée par Charles Hervé-Gruyer dans sa ferme normande du Bec-Hellouin, l’exploitation d’une  ferme modèle a été lancée  depuis deux ans à la  Bourdaisière en Touraine, du nom du château auquel elle est adossée dans la commune de Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire), à une poignée de kilomètres de Tours. Le domaine appartient à Louis-Albert de Broglie. Surnommé le « prince jardinier », ce passionné de botanique est surtout le propriétaire de la société de taxidermie Deyrolle, qui a embauché l’exploitant Maxime en 2007 pour rédiger des planches pédagogiques illustrant les enjeux du développement durable, début de leur collaboration. Il lui laisse aujourd’hui quartier libre pour gagner le pari qu’il s’est fixé avec cette exploitation : « Prouver que l’agroécologie est plus rentable que l’agriculture conventionnelle » et « savoir quel revenu un agriculteur, avec trois salariés, peut générer » sur un peu plus d’un hectare cultivé selon les méthodes « de la permaculture et du biomimétisme. » Maxime de Rostolan détaille cette forme d’agriculture biologique qui cherche une production « harmonieuse avec la nature », durable, économe en travail et en énergie, en utilisant « des écosystèmes naturels ». Il accompagne son explication d’un mouvement de main circulaire – représentant un écosystème – qu’il réitère régulièrement pendant la conversation. Ainsi, à la ferme de la Bourdaisière, la fertilisation des sols se fait uniquement par la décomposition de matière organique (feuilles mortes, paille, etc.). Les rangs des légumes destinés à la vente alternent avec ceux de jolies fleurs dont les odeurs font fuir les insectes nuisibles. On valorise d’ailleurs les légumes perpétuels (qui repoussent naturellement chaque année) : artichauts, rhubarbe, oseille, etc. ; des tours à patates, installations pour faire pousser des pommes de terre à la verticale, permettent d’optimiser l’espace ; des cochons sont utilisés pour labourer la terre. La liste de ces interactions naturelles entre les êtres vivants, utilisables en permaculture, est bien longue. Inspirée de l’expérience menée par Charles Hervé-Gruyer dans sa ferme normande du Bec-Hellouin, récemment mise à l’image dans le film documentaire Demain, de Mélanie Laurent et Cyril Dion, sa première exploitation agricole devrait être à l’équilibre économique à l’horizon 2018. L’idée est ainsi, sous la supervision d’un chercheur de l’Institut national de recherche agronomique (INRA), de valider par l’expérience les éléments pouvant présider à la viabilité de l’installation d’une ferme de ce type. Car c’est ce manque d’information sur les conditions initiales d’installation « qui sert d’alibi à tous les lobbies et syndicats pour ne rien changer au modèle en place. » L’idée est aussi de créer une « boîte à outils » pouvant permettre sa reproduction partout ailleurs et ainsi développer le réseau Fermes d’avenir. La démarche est hautement politique. Une philosophie militante qui s’est forgée chez lui au fil des années, alors même que peu d’éléments l’y prédestinaient. Originaire de Boulogne, dans les Hauts-de-Seine, il passe sa scolarité en partie dans un collège privé avec des « fils de ». Une mère qui « travaille chez IBM », un père « directeur dans l’hôtellerie-restauration ». Au tournant du millénaire, la « crise existentielle » de sa sœur, qui décide de partir « dans l’agriculture bio », le laisse sur le moment plutôt indifférent.

Après une prépa au lycée Janson-de-Sailly, à Paris, Maxime de Rostolan entre à l’Ecole nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologiques (Ensiacet) d’où il sort, en 2004, spécialiste de l’eau ; et un peu plus sensibilisé « aux questions écologiques ». L’impression, tout de même, d’avoir « volé son diplôme », les voyages en « Combi Volkswagen avec les potes » ayant pris plus de place que les études. L’association Fermes d’avenir emploie déjà six salariés : trois maraîchers, une formatrice, un directeur technique, et un directeur en la personne de Maxime. Mais on ne s’improvise pas directeur d’une exploitation agricole comme ça. Dix ans après être sorti de l’école d’ingénieurs, Maxime est donc « retourné sur les bancs de l’école » de janvier 2013 à juin 2014 pour préparer, à distance, un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA), spécialité maraîchage bio. Au programme, en plus des techniques professionnelles : comptabilité, gestion de la ferme, vente et communication. Des compétences qu’il pourra mettre à profit tout en gardant « les mains dans la terre » pendant un an.  De cet apprentissage des « fonctions support de l’activité paysanne », comme il dit, il souhaite aujourd’hui inventer un métier auquel il a donné un nom : « payculteur ».

Parmi ses « amis », Maxime de Rostolan compte aussi l’essayiste et agriculteur biologiste, penseur de la « sobriété heureuse », Pierre Rabhi ; ou encore le fondateur de la chaîne de magasins Nature et découvertes, François Lemarchand.  Cette exploitation pratique la permaculture, une méthode douce de production inspirée de la nature. Elle vise à cultiver de manière biologique en associant les plantes. «Le principe de la permaculture est de prendre la nature comme modèle. Il s’agit plus d’un système conceptuel que d’une technique agricole au sens propre du terme», précise Charles Hervé-Gruyer, paysan bio, fondateur du site agricole du Bec Hellouin avec sa femme, Perrine. Son exemple a largement contribué à populariser cette méthode de culture. Contre toute attente, leurs méthodes fonctionnent et pulvérisent même des records de rentabilité. Pour convaincre les plus sceptiques, ce dernier a lancé un programme de recherche avec l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). «L’objectif de ce travail a été de vérifier si l’on pouvait rémunérer correctement le travail sur de petites surfaces, grâce à une productivité élevée», indique François Léger, coordinateur du projet pour l’Inra. Après quatre années d’études au sein de cette ferme normande, l’Inra constate que la permaculture est une activité rentable. «Sur 1000 mètres carrés de terrain, les exploitants sont parvenus à produire l’équivalent de 55.000 euros de fruits et légumes avec une rentabilité comparable à celle de 1 hectare en agriculture conventionnelle, mais avec des frais moindres puisque rien n’est mécanisé.» Les revenus n’ont rien à envier aux autres formes de maraîchage. «Le revenu horaire varie de 5,40 à 9,50 euros pour une charge de travail hebdomadaire moyenne de 43 heures», conclut l’Inra. L’étude montre que le revenu agricole net mensuel correspondant, de 900 à 1570 euros, suivant le niveau d’investissement, «est plus élevé que les autres maraîchers bio». Il atteint en moyenne 740 euros selon une étude du groupement régional des agriculteurs bio de Basse-Normandie. Adoubée par la communauté scientifique, la success story de la ferme a fait des émules. Pour accompagner ce mouvement à l’échelle nationale, Maxime de Rostolan a ainsi créé le réseau des Fermes d’Avenir. Aux yeux du fervent défenseur de l’agroécologie, «les paysans doivent produire autrement avec plus de bras et moins de pétrole». L’ingénieur devenu maraîcher a répliqué le modèle du Bec Hellouin dans sa microferme de la Bourdaisière, située près de Tours. L’exploitation modèle de 1,4 hectare «devrait faire vivre 3 personnes en année 4. C’est six fois mieux qu’en agriculture conventionnelle», précise l’entrepreneur qui se définit comme un «payculteur». En deux ans, 57 fermes ont ainsi été soutenues dans leur conversion, leur implantation ou la création de projets.

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