Archive pour la Catégorie 'politique'

Actu économie, social, société: les plus lus

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Macron: l’immaturité de l’enfant gâté

Macron: l’immaturité de l’enfant gâté  (Nathalie Segaunes )

Nathalie Segaunes   dans l’OPINION dresse le portrait de cet inconnu de 2017 élu président de la république.

« En 2017, les Français ont élu un inconnu. Après trente mois de conduite du pays, la personnalité du Président se dessine peu à peu, y compris pour ceux qui l’entourent . Deux ans et demi après son entrée à l’Elysée, Emmanuel Macron exclut de « tirer le bilan » lui-même de cette première mi-temps, mais réfléchit, selon son entourage, à une prise de parole « d’ici la fin de l’année », afin de proposer une perspective aux Français.

Qui est Emmanuel Macron ? Qu’a-t-il dans le ventre ? Qu’a-t-il en tête ? Placés sous la lumière des projecteurs à l’épreuve du pouvoir, les présidents de la Ve République se révèlent, dans tous leurs défauts et leurs qualités. Energique mais irascible, pour Nicolas Sarkozy. Résilient mais impuissant, pour François Hollande. A mi-mandat, le profil de l’actuel Président est toujours aussi insaisissable. A la fois ange et démon, charpenté et déstructuré, capable de sang-froid en pleine crise des Gilets jaunes et perdant ses nerfs lorsque sa candidate à la Commission européenne est rejetée, le chef de l’Etat français est un homme complexe, que l’exercice du pouvoir découvre peu à peu.

Arrivé à l’Elysée comme le jeune taureau déboule dans l’arène, Emmanuel Macron promettait de renverser la table en mai 2017. Les banderilles des Gilets jaunes l’ont obligé depuis à « baisser le col », comme on dit en tauromachie. « Il était sûr de lui et triomphant au début du quinquennat, il est aujourd’hui prudent et aux abois, résume l’ancien député socialiste Gilles Savary. Il n’y a plus de petites phrases malencontreuses et on observe une immense prudence sur les réformes : il laisse désormais le Premier ministre et les ministres les annoncer. On est entré dans une phase un peu normalisée ». Le philosophe Marcel Gauchet va plus loin: « Il s’est déprésidentialisé, estime-t-il. Lorsqu’il a été élu, Macron avait une ligne claire, contrairement à Hollande. Aujourd’hui, il donne l’impression de n’avoir plus du tout de projet clair, mais de courir après les évènements et d’exploiter les opportunités ».

La V République concentre entre les mains du Président l’essentiel du pouvoir. Dans sa pratique quotidienne, Emmanuel Macron a accentué encore cette caractéristique. Se mêlant de tout, voulant tout contrôler – aidé par l’affaiblissement du Parlement, la défaillance des oppositions et la médiocrité de son propre parti.

Ministres aveugles. Sa toute-puissance n’est guère rééquilibrée, loin s’en faut, par son gouvernement. D’une part, parce qu’il a choisi des personnalités sans grande envergure politique. « Certains ministres de Hollande avaient une identité politique extrêmement forte, et n’étaient pas toujours d’accord avec lui », rappelle son ancien conseiller Gaspard Gantzer. Emmanuel Macron, lui, a composé ses gouvernements avec un évident souci de ne pas être challengé.

D’autre part, en limitant à 10 le nombre de collaborateurs dans les cabinets ministériels, ce qui s’est fait le plus souvent au détriment des conseillers budgétaires, « il a rendu ses ministres aveugles », souligne son biographe Marc Endeweld dans Le grand manipulateur (Stock, 2019). Et centralisé encore davantage le véritable pouvoir à l’Elysée et Matignon, où sont rendus les arbitrages.

Des ministres qui ne mouftent d’ailleurs pas sous Emmanuel Macron, comme s’ils redoutaient la foudre présidentielle. Exigeant et sans affect, le Président peut être sévère avec ses ministres ou ses conseillers. « Il respecte les ministres qui ont été élus, note l’un de ses proches. Pour les autres en revanche, ceux qui lui doivent tout, il peut avoir le plus grand mépris ».

« Avec lui, soit vous êtes loin, soit vous êtes soumis », résume un ancien ministre de François Hollande, qui s’est beaucoup demandé, avant la présidentielle de 2017, pourquoi il ne rejoignait pas Emmanuel Macron. « Il n’y aura jamais de large alliance autour de lui, car cela supposerait de vraies capacités de débat et de collectif, dont Macron n’est pas doté. Pour vous séduire, il peut parfaitement entendre des choses qui ne vont pas dans son sens. Mais il ne supporte pas qu’on lui résiste, qu’on émette une contradiction qui limite son expansion ».

Le prix de la liberté. Jean-Marc Borello, président-fondateur du groupe SOS, membre du bureau exécutif de La République en marche, est un visiteur régulier d’Emmanuel Macron, et lui dispense ses conseils. Lui n’est pas « soumis », et n’hésite pas à contredire son ancien élève à Sciences Po, ni à se moquer. « Mais il ne me paie pas, et je ne lui demande rien », précise-t-il. La liberté a un prix avec Emmanuel Macron.

« Intelligent », « rapide », « tactique à l’extrême », selon son ancien condisciple de l’ENA Gaspard Gantzer, Emmanuel Macron aurait ce côté« enfant gâté », voire « immature » que certains déplorent parfois, sous le couvert de l’anonymat, dans son entourage. Comme lorsqu’il accorde un entretien à l’hebdomadaire Valeurs actuelles sans en parler à ses principaux conseillers, dont il sait qu’ils désapprouveront l’initiative… Un entretien qui n’a pas été relu par les conseillers techniques de l’Elysée, afin d’en préserver la confidentialité, et donc parsemé d’erreurs de fond.

Premier président français à accorder un entretien à ce journal de la droite ultra-conservatrice, Emmanuel Macron a brisé les codes. Gaspard Gantzer voit dans cette initiative un « péché d’orgueil » : « Il a fait comme Hollande quand il se confiait à Davet et Lhomme. C’est une façon de dire : c’est moi qui sais, je suis le chef et je fais ce que je veux ».

Pour Marcel Gauchet, en cette mi-mandat, l’amateurisme apparaît cependant comme le « péché mortel » du macronisme : « Macron a de grandes idées, mais il lui manque le personnel compétent, et surtout la connaissance intime du pays. Il n’a pas trouvé le lien avec le pays, il est abstrait, hors sol ». La réforme des retraites est l’ultime ligne réformatrice du Président, alors que se profile, à l’horizon 2022, un nouveau duel Macron-Le Pen. »

Le mouvement des gilets jaunes victime de ses leaders

Le mouvement des gilets jaunes victime de ses leaders

 

 

Dernier sursaut d’un mouvement qui se meurt ce week-end ; sans doute aussi dernières violences. pour  Le soutien aux manifs des gilets jaunes a basculé en raison des dérives de certains leaders : Dérives extrémistes, dérives politiques et dérives personnelles sans parler des violences qui ternissent le mouvement. Certes les gilets jaunes  bénéficient encore d’un certain soutien mais une  majorité condamne les manifestations.  Les  principaux leaders radicaux des gilets ont  tué le mouvement.  Finalement, certains leaders autoproclamés n’ont pu résister au parfum médiatique très éphémère qui peut donner l’impression à un individu d’atteindre la notoriété éternelle et de prétendre au rôle de leader majeur dans la société. Malheureusement, ils sont tombés dans le piège du système qu’ils dénoncent eux-mêmes, celui de la personnalisation, de la médiatisation et du star-system. Ils ont d’abord largement dénaturé la nature et l’objet du mouvement fondé sur une revendication de justice sociale et de justice fiscale. Cela pour y substituer des revendications plus politiques notamment l’illusoire référendum d’initiative citoyenne qui se substituerait au fonctionnement démocratique actuel. Certes un fonctionnement très critiquable mais qui appelle des transformations autrement plus élaborées que le seul recours à un référendum. Les  leaders autoproclamés ont certes encore des soutiens  mais ce sont essentiellement les plus radicaux. Plus la mobilisation s’affaiblit et plus le mouvement se radicalise, ce  qui du coup décourage les plus modérés. Tout cela se termine en général par des actions  qui ne reposent plus que sur les plus extrémistes. Un phénomène bien connu dans le mouvement social : plus l’action devient minoritaire et plus on propose des formes d’action dure et cela jusqu’à l’extinction des forces. Bref le contraire d’une gestion responsable d’une action collective. En plus du caractère extrémiste et d’une  idéologie sulfureuse anarcho , gauchiste et populiste,  il faut noter  leur grande insuffisance en matière de connaissances économiques sociales voir sociétales des responsables. Leur expression est particulièrement confuse et contradictoire. Bref, le costume de leader politique est un peu grand pour eux. Aujourd’hui l’opinion publique n’approuve plus les manifestations répétées chaque week-end non seulement en raison des violences mais aussi du manque total de perspective de ce mouvement conduit de manière totalement anarchique et irresponsable. Finalement la très grande majorité des gilets jaunes avait bien raison de se méfier de tous les leaders autoproclamés et de leur dérive. Le mouvement des gilets jaunes méritait mieux.

 

Gilets jaunes: les derniers feux d’un mouvement irresponsable

Gilets jaunes: les derniers feux d’un mouvement irresponsable

 

Ce samedi donnera sans doute lieu à l’une des dernières commémorations d’un mouvement de plus en plus irresponsable.  Il y ira forcément une participation un peu plus importante que précédemment puisque des dernières semaines, il ne restait plus que quelque centaines de grognards. Aujourd’hui vont se mêler aux manifestations des casseurs qui vont finir de discréditer totalement le gilets jaunes ( on se demande pourquoi il y aura trois défilés alors qu’un seul aura du mal à remplir les rues).  En dépit de l’écroulement de la participation, les gilets jaunes vont continuer  d’épuiser les quelques forces qui leur restent. Cette gestion du mouvement est assez pathétique puisqu’on est passé d’une participation de plusieurs centaines de milliers de manifestants à quelques milliers;  au point qu’il n’y a même pas une ligne dans la plupart des médias pour rendre compte de manifestations de plus en plus anecdotiques ces derniers mois . En cause, évidemment l’incapacité totale à structurer le mouvement par des leaders gauchistes et populistes complètement irresponsables. Une évolution bien connue dans les mouvements sociaux traditionnels. Plus la participation diminue et plus les mots d’ordre gauchiste durcissent  l’action jusqu’à l’épuisement total. On voudrait discréditer l’action qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il est à craindre cependant que les leaders gauchistes s’enferment un peu plus chaque samedi dans leur entêtement mortifère et le mouvement des gilets jaunes finira  avec quelques dizaines  de protestataires. D’une certaine manière,  l’étiolement de la participation rend service pouvoir qui peut d’autant mieux critiquer un mouvement qui au départ avait un certain  un sens mais qui de dérive en dérive a perdu toute notion d’objectif et de stratégie. Pour parler clair, on est passé de la contestation sociale à la protestation politique sans la moindre perspective d’aboutir. L’objectif annoncé des «gilets jaunes»: obtenir «un automne  noir» traduit bien le ridicule et l’inconséquence des leaders gauchistes et populistes.

Mais ce mouvement imprévisible, qui a bien longtemps pris de court le pouvoir et qui a surpris par son ampleur, reste sous étroite surveillance. Même si on n’est pas aujourd’hui sur des niveaux de mobilisation importants, ces rassemblements peuvent être l’occasion de voir s’agréger les mouvances radicales d’ultragauche, lesquelles souhaitent que tout bascule dans la violence.

 

Mairie de Paris: Griveaux sort son propre sondage !

Mairie de Paris: Griveaux sort son propre sondage !

 

Selon un sondage maison commandé par Benjamin niveau près d’OpinionWay publié vendredi. ,  la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, le député La République en marche (LaRem) Benjamin Griveaux et la candidate Les Républicains (LR) Rachida Dati sont dans un mouchoir de poche en matière d’intentions de vote pour les élections municipales, selon un sondage OpinionWay publié vendredi. Un sondage

Ce sondage  a l’avantage de faire apparaître le recul Hidalgo, et la marginalisation à 12 %. de Villani. Notons que d’autres sondages mettaient Griveaux et Villani à égalité. . Bref du bricolage méthodologique qui  interroge sur la vie démocratique. Il serait sans doute urgent d’interdire aux candidats de publier des sondages qu’ils financent.  En tout cas, le sondage de Griveaux rompt avec les résultats de celui du JDD

Selon cette  enquête Ifop-Fiducial pour le Journal du dimanche et Sud Radio, , 24% des voix iraient à une liste de la majorité municipale « Paris en commun » menée par Anne Hidalgo et soutenue par le PS, le Parti Communiste, Les Radicaux de Gauche, Centre et Indépendants. Avec 17%, la seconde place reviendrait à une liste LREM conduite par Benjamin Griveaux, deux points devant celle menée par Cédric Villani (15%). En quatrième place avec 14% des voix, le sondage place une liste LR conduite par Rachida Dati, juste devant une liste Europe-Ecologie-les-Verts (EELV) menée par David Belliard (13%).

Viennent ensuite à égalité avec 5% une liste LFI conduite par Danielle Simonnet et une liste Agir menée par Pierre-Yves Bournazel. Une liste soutenue par le RN pilotée par Serge Federbusch est créditée de 4%. Et la liste menée par l’ex-conseiller communication de François Hollande Gaspard Gantzer recueillerait 1% des voix, devant une liste d’extrême-gauche (0,5%).

Interrogés sur ce qui va jouer un rôle déterminant dans leur choix, les sondés citent en premier lieu la propreté (69%), devant la lutte contre la pollution (65%) et la sécurité des biens et des personnes (63%). Viennent ensuite la maîtrise des impôts (59%), le développement économique et l’emploi (55%) et l’environnement, la lutte contre le dérèglement climatique (55%), devant l’amélioration de la circulation (51%) et l’urbanisme, l’aménagement de la ville (48%).

Violences: le nouveau moyen de régulation sociale ?

Violences: le nouveau moyen de régulation sociale ?

 

Pour des motifs sociaux, culturel, sociétaux ou politique la violence s’érige en moyen privilégié d’expression des mécontentements. Certains objecteront que la violences sociales que subissent les plus défavorisés alimentent voire justifient le phénomène De nombreux facteurs explicatifs peuvent évidemment expliquer la montée des violences. Il y a nécessairement interaction entre des aspects économiques, sociaux, sociétaux et culturels. Ces violences se déroulent souvent dans des quartiers relativement défavorisés, caractérisés par un très fort taux de chômage, la désertion de nombre de services publics et le développement du trafic de drogue comme mode de régulation économique et sociale. On ne saurait cependant attribuer l’ampleur et la nature des violences au seul fait du misérabilisme de ces quartiers. En effet, d’autres violences se déroulent ailleurs dans la plupart des villes et même des villages. Des dégradations de biens publics ou de biens  privés de la part d’enfants ou de sauvageons comme dirait Chevènement. L’environnement économique et social peut permettre de comprendre la montée d’une partie de cette délinquance. Pour autant, une partie non négligeable de la responsabilité incombe à la société tout entière. D’abord peut-être aux parents dont certains ont adopté la pédagogie de l’enfant roi. L’enfant gâté, pourri, autorisé à s’affranchir de toute règle de vie collective y compris familiale. Dans certains cas,  on comprendra que dans certaines familles monoparentales, le parent -souvent la mère qui travaille– ait des difficultés à encadrer sa progéniture. Mais le phénomène affecte un très grand nombre d’autres familles de tous les milieux, de toutes les zones géographiques. Cette perte d’autorité se nourrit d’un individualisme mortifère pour  les relations collectives. Un seul exemple,  combien d’adultes disent encore bonjour en pénétrant dans une boulangerie ou chez le médecin ? Il est loin le temps où en zone rurale un enfant se devait de saluer chaque adulte rencontré. L’urbanisation à outrance, l’amollissement de l’éducation, le laisser-aller général autorisent désormais enfants et adolescents à toutes les dérives. Le problème c’est  que ces enfant deviennent adultes et que certains pratiquent la violence comme moyen de régulation sociale ou politique;. La société, c’est-à-dire l’État, l’école, la justice ou encore la police sont aussi responsables. La délinquance est finalement largement tolérée; les auteurs ne sont soumis qu’à des peines symboliques et la prévention, comme la sanction sont anecdotiques. On devrait évidemment sanctuariser l’autorité des représentants locaux de la république. Une seule question : pourquoi était-il  possible d’obtenir le respect et l’attention d’un instituteur dans une classe de 40 élèves et plus dans les années 50 quand en France les enseignants sont aujourd’hui  débordés avec 25 .  la réponse est assez simple  . En 1950, on ne trouvait guère de parents pour venir protester contre les notations de leurs enfants voire les punitions dont ils sont l’objet. Encore une fois, les dérives ne concernent pas seulement les quartiers sensibles même si là,  elles prennent des formes très spectaculaires et même parfois criminelles. Les actes de délinquance se généralisent  dans toutes les situations sociales et géographiques. Si des facteurs socio-économiques sont à prendre en compte, la dimension culturelle et civilisationnelle doit aussi être intégrée. Les civilisations ne meurent pas seulement en raison des mutations de l’environnement mais aussi de la déliquescence des valeurs qui  font société.

Une politique de défense dangereuse (Général Lecointre, chef d’état-major des armées)

Une politique de défense dangereuse  (Général Lecointre, chef d’état-major des armées)

Trop d’engagements, trop peu de moyens, un manque de clarté des objectifs , ce qui caractérise la stratégie militaire en ce moment. On se souvient que le Général de Villiers avait été publiquement remis à sa place par Macron suite à ses propos concernant l’insuffisance des moyens de la défense française. Le général de Villiers avait a d’ailleurs dû démissionner et il a été remplacé comme chef d’état major par le Général Lecointre. Ce dernier ne dit pas autre chose que son prédécesseur à savoir que les moyens français sont  sous dimensionnés par rapport aux engagements et aux objectifs. Ce qui est en cause, c’est la multiplicité  des champs d’intervention d’une armée qui ne disposent ni du matériel ni des hommes pour assurer des missions aussi multiples. Un question urgente va se poser notamment au Sahel où non seulement la présence française est inadaptée à l’ampleur des enjeux mais en plus avec un contestation de cette présence par certaines populations.

 

Le général Lecointre fait observer que « le niveau de sollicitation de certains équipements au cours de ces dernières années s’est avéré supérieur à ce que prévoyaient les contrats opérationnels ». Et selon le chef d’état-major des armées français( CEMA), cette surexploitation a accéléré le vieillissement général et requiert aujourd’hui un surcroît de maintenance pris en compte par la LPM. « Néanmoins, en partant de ce constat et en nous projetant dans l’avenir à la lumière de l’analyse que nous faisons de la situation internationale, nous devons nous demander si le modèle que nous concevons aujourd’hui sera à même de répondre, avec nos alliés, aux sollicitations futures », s’interroge-t-il.

 

Actuellement, plus de 30.000 militaires sont engagés quotidiennement pour la défense de la France, souligne le général Lecointre. Parmi lesquels, 8.000 sont en opérations extérieures (OPEX), pour l’essentiel en bande sahélo-saharienne, au Levant ou au Liban ; 20.000 sont engagés sur le territoire national, dans le cadre des postures permanentes de sauvegarde maritime ou de sûreté aérienne, dans celui de l’opération Sentinelle, ou au sein de nos forces de souveraineté dans nos collectivités outremer ; 3.700 sont pré-positionnés comme forces de présence à l’étranger. « Rapporté à nos effectifs aujourd’hui, ce niveau d’engagement soutenu depuis de nombreuses années est inédit et il ne devrait pas fléchir dans les années à venir, loin de là. Les foyers de crises sont nombreux, je crains qu’ils ne prolifèrent ou ne s’aggravent », analyse le CEMA.

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Le vol du coffre-fort de Benalla: une affaire rocambolesque confiée à la justice

Le vol du  coffre-fort de Benalla: une affaire rocambolesque confiée à la justice

 

 

Une affaire totalement rocambolesque comme laisse cette affaire de coffre-fort de Benalla  disparu dans la nuit du 20 juillet 2018 et dont on ne sait pas s’il s’agit d’un vol ou d’une mise en sécurité pointe. Sans doute une mesure de prudence car sinon pu enquêtait au domicile de Ben à la que le lendemain de la disparition du coffre. Un comme un coffre contenant des armes et peut-être des documents compromettants. Une nouvelle information judiciaire a donc été ouverte cette semaine par le parquet de Paris dans le cadre de l’affaire Benalla, a-t-on appris ce jeudi. Celle-ci porte sur le coffre-fort disparu d’Alexandre Benalla, l’ancien collaborateur de la présidence. Une enquête préliminaire avait été ouverte en février 2018 pour « entrave à la manifestation de la vérité », concernant un coffre-fort qui avait disparu le 20 juillet 2018. L’enquête a désormais été confiée à un juge d’instruction.

Au mois de juillet 2018, alors que l’ancien chargé de mission de l’Élysée est en garde à vue, les policiers se retrouvent coincés devant le domicile d’Alexandre Benalla à Issy-les-Moulineaux alors qu’ils sont venus le perquisitionner. La porte et la serrure résistent à leurs assauts.

Quand ils y parviennent enfin, il est plus de 21 heures, heure au-delà de laquelle on en peut plus pratiquer de perquisition. Ils attendent donc le lendemain matin, 6 heures, pour pénétrer dans l’appartement des Hauts-de-Seine. À leur entrée, le coffre-fort dans lequel sont entreposées les armes d’Alexandre Benalla n’est plus là.

Sondage popularité LREM: encore en recul

Sondage popularité  LREM: encore en recul

LREM toujours en recul avec seulement 28% de cote de popularité auprès de l’opinion publique dominée nettement par les Verts à 55%.

 

Europe Écologie-Les Verts domine les autres formations politiques en présence avec  55% d’opinions positives. Il est suivi de loin par la République en marche. Le parti de la majorité collecte 34% de réponses favorables après 36% en octobre. Surtout, l’érosion des opinions favorables à l’égard du parti présidentiel est spectaculaire depuis le début du quinquennat avec 21 points en moins. Les Républicains et le Modem occupent la quatrième marche du podium avec 28% de réponses positives. Enfin, le Rassemblement national arrive juste derrière avec 26% d’opinions favorables.

Méthode : Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français interrogés par Internet du 13 au 14 novembre 2019. Elle a été réalisée à partir d’un échantillon de 968 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne de référence du ménage et de la personne interrogée, région et catégorie d’agglomération.

 

Hôpital: plan, plan, rataplan

Hôpital: plan, plan, rataplan

 

Après plusieurs plans annoncés chez par la ministre de la santé, le dernier étant  le plan “Ma santé 2022” de septembre 2018, le gouvernement présentera mercredi prochain un  nouveau plan d’urgence” en faveur de l’hôpital public avec notamment un investissement “plus fort et plus massif” qu’initialement prévu, a annoncé jeudi Emmanuel Macron, sans toutefois avancer de montants. Le problème est de savoir quelle sera l’importance  de ces moyens et les délais de mise en œuvre concernant l’hôpital public. Ceci n’était pas contradictoire avec la nécessité de rechercher des champs de dépenses inutiles. Une réforme qui doit en plus s’intégrer dans une approche plus globale de l’évolution système entier santé qui ne concerne pas que l’hôpital. Ce que pense  Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) qui regroupe plus de 1 000 hôpitaux dans une interview à France Info.

Quelle est la première urgence pour sauver l’hôpital ?

Frédéric Valletoux. L’hôpital public ne tient plus qu’à un fil et il tient par l’engagement du personnel. On a mis l’hôpital dans une telle mécanique d’économies depuis 10 ans qu’on peut estimer qu’on est à l’os et qu’il faut sortir de cette logique d’économie pour les économies. D’abord, parce que les hôpitaux ont fait ces économies : 10 milliards d’euros ces 15 dernières années. On a été au rendez-vous des restructurations. Aujourd’hui, c’est la qualité des soins et l’engagement des personnels qui est en cause. Il est temps d’en prendre conscience, l’hôpital est un bien précieux. Les gens sont fiers d’y travailler, mais il faut exprimer les difficultés quand il y en a et là on y est.

Combien faut-il pour sauver l’hôpital public ?

Pèse sur l’hôpital les dysfonctionnements du système de santé. La crise des urgences, ce n’est pas la crise d’ l’hôpital. C’est la crise de la médecine de ville, les difficultés à accéder à un cabinet de généralistes et donc les gens vont vers les urgences. C’est l’ensemble du système de santé qu’il faut reprendre. On ne va pas changer les choses en claquant les doigts, en quelques semaines. Mais, en attendant que les effets de cette réforme soient mises en place, il faut donner les moyens à l’hôpital, déjà débloquer plus de 300 millions d’euros pour l’année prochaine, pour que l’hôpital soit mieux accompagné et qu’on engage les réformes de fond attendues. Emmanuel Macron ne peut pas dire qu’il y a 30% des dépenses de santé en France qui sont sans doute des dépenses inutiles et ne pas s’attaquer à la régulation de ces dépenses inutiles. Il faut maintenant agir.

Quelles sont ces dépenses inutiles ?

Il s’agit des dépenses redondantes, des actes de confort, parce que dans un système de la médecine financé à l’acte, on va chercher de la rémunération en poussant un peu les actes. Est-ce toujours utile de faire tels ou tels examens ? Cela va bousculer quelques habitudes, mais on plaide pour que ces réformes soient faites. Diminuer de 1% les dépenses de santé, c’est économiser un milliard d’euros. Il faut avoir un peu de courage politique. Mais maintenant on est au pied du mur. Il faut s’attaquer aux vraies réformes pour sauver l’hôpital. L’hôpital ne peut pas être la variable d’ajustement du fonctionnement général du système de santé.

Comment remotiver l’épuisement des soignants ?

Ils sont épuisés, mais ils continuent de travailler. L’engagement des personnels hospitaliers est fort, mais à un moment, cela ne suffit pas. Il faut mieux accompagner les carrières, poser la question de l’écart des rémunérations. Est-ce que dans un système de santé français on peut accepter que pour un médecin qui a la même spécialité, un radiologue par exemple, entre le public et le privé, il peut gagner du simple ou triple. Il faut de la transparence sur les rémunérations et faire que le système de santé serait moins injuste sur le plan des traitements pour que l’hôpital reste attractif. Agnès Buzyn [la ministre de la Santé] s’engage, mais elle s’affronte à la citadelle de Bercy. Il y a des arbitrages. C’est à Emmanuel Macron de trancher. Il a fait un discours très volontariste, il y a un an. Mais la technocratie a fait en sorte que les objectifs énoncés il y a un an ne sont toujours pas mis en œuvre, notamment la régulation, et la chasse aux actes inutiles. Il est temps d’avancer et de secouer le cocotier.

L’union européenne : un nain naïf face aux Etats Unis et à la Chine

 L’union européenne :  un nain naïf  face aux Etats Unis et à la Chine

 

Ce qui caractérise l’union européenne face de grandes puissances que sont les États-Unis et la Chine c’est sa vulnérabilité et sa naïveté. Il n’y a en vérité aucune réciprocité équilibrée entre la zone européenne et les deux autres régions  évoquées. La Chine par exemple peut prendre des intérêts économiques dans à peu près n’importe quelle activité y compris des participations majoritaires en Europe alors que les Européens doivent se soumettre à des formalités administratives complexes qui leur imposent un partenaire chinois qui demeure majoritaire. Ne parlons pas des autres entorses juridiques, financières, sociales ou environnementales.  Du côté des États-Unis,  on accepte le droit insensé d’extra territorialité qui permet aux États-Unis d’imposer son système juridique dans le monde entier. En clair, cela  permet de sanctionner n’importe quelle entreprise non américaine qui aurait contrevenu aux règles US -(même en dehors du territoire américain) ou plus simplement qui se montrerait un peu trop performant par rapport aux entreprises d’outre atlantique ( le cas d’Airbus actuellement). Ajoutons à cela, la très grande naïveté de la commission européenne qui freine la constitution de grandes sociétés susceptibles de concurrencer chinois et américains notamment dans les champs économiques stratégiques. Une naïveté doublée d’une grande incompétence. Le nouveau commissaire européen Thierry  breton a indiqué montrerait radical. Il aura du mal à persuader ses collègues. La question est pourtant simple, il s’agit de ne  commercer qu’avec des zones économiques qui acceptent les mêmes règles ; inversement de refuser le commerce international avec ceux qui  faussent nos règles de concurrence. Faute de clarification dans les différents domaines évoqués,  l’union européenne a manqué les virages stratégiques de la technologie G5, elle risque de manquer celui de l’intelligence artificielle et de la modernisation de son industrie militaire. Voire à cet égard le jeu très trouble que joue l’Allemagne vis-à-vis future avion de combat SCAF. Des atermoiements allemands qui pourraient bien conduire l’ union européenne a acheter  un jour des chasseurs américains. Ajoutons à cela les autres contradictions de certains Etats, sortes de mouche du coche de l’union européenne surtout là pour empocher les subventions mais à  freiner toute intégration économique, politique et militaire

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Sondage Gilets jaunes: 63% contre une mobilisation

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Les dérives des gilets jaunes et de leurs leaders ont grandement affecté la crédibilité du mouvement qui au début bénéficiait d’un soutien de 50% de l’opinion pour aujourd’hui n’avoir que 22% de personnes favorables. Pire, Plus de 7 Français sur 10 estiment que la mobilisation n’a pas permis de faire avancer les choses dans le bon sens concernant le pouvoir d’achat (73%) ni de faire mieux comprendre à Emmanuel Macron les réalités de la vie quotidienne (71%). Ainsi, 63% des personnes interrogées ne souhaitent pas un regain de la mobilisation des gilets jaunes, contre 27% qui se disent favorables à une reprise et une amplification de la contestation. Chez les actifs, le souhait de regain du mouvement atteint 42%, contre 28% chez les retraités et 62% chez les ouvriers.

D’un point de vue politique, l’électorat de Marine Le Pen et celui de Jean-Luc Mélenchon sont ceux qui souhaitent le plus largement une reprise et une amplification du mouvement (55% et 53%). A l’inverse, 88% des électeurs d’Emmanuel Macron s’y opposent. Pour 64% des sondés, la mobilisation des gilets jaunes a notamment permis de créer du lien social entre les personnes engagées. Environ un Français sur deux estime qu’elle a également offert aux citoyens l’occasion de débattre sur les politiques publiques (56%) et de s’intéresser au rôle et au fonctionnement de l’Etat (47%). De quoi pousser plus d’un Français sur 2 à porter un regard positif sur les gilets jaunes.

Ils sont ainsi 22% à exprimer leur soutien et 33% leur sympathie à l’égard du mouvement, tandis que 16% s’y opposent et 13% affirment y être hostile. Sur le long terme, le jugement positif mesuré aujourd’hui est globalement inférieur à celui du début de la contestation (40-50% de soutien et 25-30% de sympathie), mais relativement stable depuis mars/avril. A l’approche de l’anniversaire du mouvement et dans un contexte où les mobilisations sociales se multiplient, le niveau de sympathie a même tendance à progresser sensiblement : +7 points par rapport à la semaine dernière, et +12 au total par rapport à début octobre.

Ce sont les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (72%), ceux de Marine Le Pen (72%) et les abstentionnistes (62%) qui portent le plus largement un regard positif sur la mobilisation des gilets jaunes. Les catégories populaires sont 69% à réserver un accueil positif au mouvement, contre 52% parmi les classes moyennes et 41% des cadres. Une adhésion qui culmine à 66% auprès des personnes étant obligées de se restreindre pour boucler leurs fins de mois, et à 60% dans les zones rurales et les agglomérations de moins de 100.000 habitants.

Elabe/BFMTV – Sondage Elabe pour BFMTV publié le 13 novembre 2019

Etude Elabe réalisée pour BFMTV auprès d’un échantillon de 1004 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 12 et 13 novembre 2019. 

Otan : Trump soutient Erdogan contre Macron

Otan : Trump soutient Erdogan contre Macron

 

 

Il y a longtemps que la rupture est consommée entre Macron et Trump. en effet, les sujets de divergences ne cessent de s’accumuler. Il y a notamment les problèmes de droits dans les échanges internationaux, le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et maintenant les propos mortifères de Macron à propos de l’OTAN. Pour enfoncer un peu plus Macoon, curieusement Trump se  fait l’interprète du président turc, Recep Tayyip Erdogan. Le président américain a en effet déclaré après sa rencontre avec le président turc que ce dernier est très déçu par les propos tenus par Emmanuel Macron sur la question de l’Otan. D’autres chefs d’État l’Allemagne en particulier ont considéré les propos de Macron excessifs voire contre-productisf même si personne ne peut contester les interrogations relatives à cette alliance. L’affaire est d’autant plus complexe que  la Turquie, memebr de lOTAN intervient en Syrie contre les kurdes qui ont collaboré avec l’alliance contre les islamistes. Trump  a sans doute profité de l’occasion pour brosser Erdogan dans le sens du poil afin d’éviter son rapprochement avec la Russie de plus en plus présente au Levant.

A un mois du sommet des 70 ans de l’Otan, les propos d’Emmanuel Macron, qui a déclaré au journal The Economist que l’Alliance atlantique était dans un état de “mort cérébrale”, ont provoqué une onde de choc et relancé le débat sur le devenir et la finalité stratégique de l’organisation, déjà sous le coup des critiques répétées de Donald Trump. “L’Otan en tant que système ne régule pas ses membres”, a-t-il dit à l’hebdomadaire. “C’est quoi, l’article 5 demain ? C’est-à-dire que si le régime de Bachar al Assad décide de répliquer à la Turquie (membre de l’Otan, NDLR), est-ce que nous allons nous engager, c’est une vraie question”.

“Je pense que je peux le dire parce que d’autres personnes sont au courant, et d’autres personnes pensent la même chose, qu’ils ont été très déçus et qu’il (Erdogan) a été très déçu par les déclarations de la France sur les engagements vis-à-vis de l’Otan”, a déclaré Donald Trump en présence du chef d’Etat turc. “Je pense que cela a beaucoup irrité le président et je ne pense qu’il en a été très content et d’autres personnes pensent la même chose”, sans plus de précisions.

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« Crise l’hôpital public: un point de rupture »

« Crise  l’hôpital public:  un point de rupture »

 

Un appel de soixante-dix directeurs médicaux des départements médico-universitaires pour alerter sur la crise l’hôpital public. ( Tribune au Monde)

 

« Nous, directeurs médicaux des départements médico-universitaires (DMU), nouvelles structures au sein de l’AP-HP, chargés de coordonner les services hospitaliers et piloter les projets hospitalo-universitaires, souhaitons vous informer des difficultés croissantes au sein de l’hôpital public, qui font craindre un point de rupture irréversible.

L’hôpital public français a acquis depuis des décennies une réputation d’excellence et une renommée internationale assurant des missions de soins les plus modernes, pour les enfants et les adultes, accessibles pour tous, ainsi que les missions de recherche et de formation. Nous vous alertons car ce système s’écroule et nous ne sommes plus en mesure d’assurer nos missions dans de bonnes conditions de qualité et de sécurité des soins.

Des centaines de lits d’hospitalisation de médecine et de chirurgie, des dizaines de salles d’opération à l’hôpital public fermés, et chaque semaine des unités de soin ferment. Les conséquences : des conditions d’accès aux soins dégradées, la qualité et la sécurité des soins sérieusement menacées.

L’accès au diagnostic et aux soins médicaux et chirurgicaux à l’hôpital public est extrêmement difficile, et les équipes soignantes démotivées. Les délais de programmation des interventions s’allongent, les soins urgents ne sont plus réalisés dans des délais raisonnables. Les usagers sont de plus en plus obligés de se tourner vers les établissements privés. Trop peu de recrutements de soignants sont en vue pour espérer un retour à la normale du « système sanitaire ».

Des centaines de postes de soignants (pourtant budgétisés) ne sont pas pourvus ; et, plus grave encore, des soignants quittent l’hôpital public. Cela concerne les infirmiers dans les services médicaux et chirurgicaux de l’hôpital (IDE), les infirmiers anesthésistes, de bloc opératoire, les aides-soignants, les professionnels de rééducation dont les masseurs-kinésithérapeutes, les manipulateurs en radiologie, en médecine nucléaire et en oncologie radiothérapie, les techniciens de laboratoire et les préparateurs en pharmacie. Cela concerne aussi les médecins dont les médecins anesthésistes-réanimateurs, les biologistes et d’autres catégories professionnelles.

Le résultat est une surcharge de travail quotidien croissante et un épuisement des soignants restants ainsi que des cadres de santé, chargés de gérer au quotidien des équipes de soignants sous tension. Pour maintenir les lits ouverts et poursuivre l’accueil des patients, il est nécessaire de faire appel aux soignants restants en leur demandant de réaliser des heures de travail supplémentaires ou à des personnels soignants intérimaires extérieurs appelés au fil de l’eau pour combler les manques mais sans expertise dans les spécificités des différents services. La qualité de vie au travail est devenue un enjeu prioritaire des établissements de santé, car 49 % des professionnels de santé sont exposés au burn-out ; le manque de ressources et la surcharge de travail, les transports sont pour 64 % responsables de ces risques psychosociaux. »

 

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Le subjectivisme de Hayek revisité au service d’un libéralisme vertueux

Le subjectivisme de Hayek revisité au service d’un libéralisme vertueux

Ce que tente de faire THIERRY AIMAR, enseignant à Sciences Po dans une interview à la Tribune

 

THIERRY AIMAR -Hayek est un auteur incompris parce que caricaturé. A gauche comme à droite, on présente sa pensée de façon simpliste et réductrice. A gauche, on a fait de Hayek un économiste primaire qui voudrait appliquer au monde contemporain des préceptes ultralibéraux hérités du XIXe siècle totalement inadaptés aux enjeux actuels. A droite, il a été récupéré par les conservateurs, voire des réactionnaires qui dénaturent ses analyses pour défendre des corporations privées et préserver leurs rentes. Cette double déformation du message de Hayek a nui à l’appréhension objective de son œuvre qui ne saurait d’ailleurs se résumer à sa seule dimension économique.

 

En effet, dès le premier chapitre, vous en faites un précurseur des neurosciences, ce qui est une approche pour le moins singulière Le libéralisme de Hayek s’appuie sur une conception extrêmement fouillée, subtile, complexe du cerveau humain. Il est difficile d’appréhender sa pensée économique sans la relier à un subtil ensemble de connaissances qui touchent à la philosophie, à la psychologie, aux sciences sociales en général. Et la meilleure façon de découvrir le travail de Hayek est de l’aborder chronologiquement. Or à l’origine de sa pensée, on trouve une réflexion sur le cerveau humain, en particulier sur les racines neuronales du subjectivisme. Hayek cherche à comprendre, et avec lui l’ensemble de l’école autrichienne dont il est le représentant le plus connu, le subjectivisme humain, ses contraintes, comme ses vertus. Toute sa théorie peut être interprétée comme un gigantesque effort pour coordonner au mieux les caractéristiques subjectives du cerveau humain à l’environnement social.

Qu’est-ce qui différencie le subjectivisme de l’individualisme qui caractérise généralement le libéralisme?

L’individualisme est aujourd’hui vilipendé car il est souvent associé par ses critiques à la notion de matérialisme et de consumérisme ; par ailleurs, il est présenté comme un vecteur de dislocation sociale. L’individualisme hayekien s’oppose à ces deux images : d’une part, il renvoie fondamentalement à la notion de subjectivisme, lequel exprime le fait que tout individu est un être singulier, personnalisé dont l’épanouissement exige un effort spirituel, « intropreneurial » – comme je définis le terme dans mon ouvrage – pour s’exprimer et se découvrir lui-même. L’individualisme sans subjectivisme n’est qu’une coquille vide qui transforme l’esprit de l’acteur en une caisse de résonance des opinions collectives, des tendances qui sont dans l’air du temps, comme on le voit malheureusement trop souvent sur le Net ; d’autre part, pour Hayek, tout individu est lui-même inscrit dans un environnement social et ses propres représentations ne sont jamais totalement détachées d’un héritage culturel symbolisé par ce qu’il appelle des règles de juste conduite, c’est-à-dire un ensemble de traditions de conventions qui servent d’appui aux actions individuelles. Mais à l’intérieur de ce cadre, respecter et développer les subjectivités des acteurs, y compris en permettant aux plus entrepreneuriaux d’entre eux de remettre en cause certaines normes de manière à favoriser l’évolution des règles, constitue pour Hayek la condition sine qua non de la préservation d’un ordre social apte à faire survivre des milliards d’individus.

Vous insistez sur la démarche entrepreneuriale, y a-t-il un moment dans l’histoire où elle apparaît?

Sur le terrain économique, on la voit apparaitre en Occident à la fin du XVIIIe siècle pour se développer alors de manière croissante. Mais au milieu du XIXe siècle, des premiers conflits vont apparaitre entre les entrepreneurs et la bourgeoisie rentière, aristocratique et terrienne. En Angleterre, cette opposition va se traduire par une fracture au sein du Parti whig, dont certains membres vont rejoindre les Tories conservateurs, défenseurs des intérêts des possédants, alors que d’autres vont créer puis renforcer le parti libéral mené par Richard Cobden, représentant des défricheurs d’opportunités. On retrouve aujourd’hui l’équivalent de ces conflits entre une droite patrimoniale désireuse de stabilité et un entrepreneuriat qui bouleverse par ses découvertes l’ensemble des activités et remet en question toutes les rentes de situation.

Quand vous dites entrepreneuriat, cela ne se réduit pas uniquement à l’entrepreneur économique?

Effectivement, et ce point est crucial. L’entrepreneur au sens économique du terme désigne l’individu dont la tâche est de débusquer des opportunités de profit et de permettre la formation des prix. Mais pour Hayek, l’entrepreneuriat économique est lui-même un sous-ensemble d’une fonction plus large de découverte de nouvelles pratiques permettant une meilleure mobilisation des connaissances subjectives de chacun. On trouve donc des entrepreneurs en matière d’art, de science… autant de pionniers, d’innovateurs, d’avant-gardistes qui, souvent en opposition avec leurs contemporains conservateurs, inventent dans la pratique de nouvelles façons d’économiser des ressources en permettant à chacun de mieux accéder à son propre environnement intérieur. En dernière analyse, chacun cherche à savoir qui il est. Cette dimension psychologique est fondamentale chez Hayek. En l’absence d’individus fermement décidés à découvrir leur propre territoire subjectif car conscients de cette nécessité pour parvenir à leur équilibre intérieur, le libéralisme économique et la liberté tout court n’auraient aucune utilité.

Vous soulignez le fait que Hayek défend davantage les entrepreneurs que les capitalistes. Quelle différence faites-vous entre ces fonctions?

L’entrepreneur est celui qui réduit l’ignorance dans la société, en percevant dans l’économie des opportunités de production et d’échanges de biens mutuellement favorables, mais jusqu’alors ignorées par les autres individus. Mais il ne dispose pas forcement du capital pour exploiter ces opportunités. Il a donc besoin des capitalistes qui peuvent lui prêter les facteurs productifs dont ils sont propriétaires. Hayek défend les entrepreneurs en considérant que les capitalistes doivent être à leur service. Or les intérêts des capitalistes et des entrepreneurs ne sont pas nécessairement convergents. C’est un point important chez Hayek. Il se méfie, à l’instar d’Adam Smith, des capitalistes. Car ceux-ci cherchent à maximiser leurs revenus. Or moins il y a de capital, plus il sera demandé, ce qui permet aux capitalistes de le faire payer plus cher à ceux qui veulent l’utiliser.

Cela semble paradoxal aux yeux de l’opinion commune qui, généralement, y voit une convergence…

En effet. Mais alors que la préoccupation de chaque entrepreneur est de pouvoir entrer sur les marchés et de bénéficier d’un maximum de ressources pour exploiter ses découvertes, l’intérêt de chaque capitaliste est d’essayer de s’allier aux autorités politiques pour limiter les innovations et fermer la porte aux entrepreneurs qui menacent la réalisation des activités courantes. Les capitalistes des pays de l’Ancien monde sont les premiers à prôner des protections contre le déferlement d’activités entrepreneuriales qui se développent dans les pays émergents parce qu’elles menacent leurs rentes de situations. Il ne faut donc pas mélanger l’intérêt des capitalistes et ceux des entrepreneurs. Un économiste keynésien comme Joseph Stiglitz se plaint du fait que la concurrence soit entravée par des grands groupes privés qui développent le « crony capitalism » (capitalisme de connivence). Hayek pourrait fort bien aujourd’hui rejoindre ces positions et se montrer très critique envers ces monopoles qui se sont constitués dans des secteurs stratégiques. Dans « La route de la servitude » (1944), il est le premier à dénoncer ces corporations et intérêts organisés qui s’efforcent d’installer des barrières à l’entrée sur leurs propres marchés. Hayek n’est pas simplement l’ennemi de la rente publique ; il est l’ennemi de la rente tout court.

Pourtant, la concurrence guide la politique de la Commission européenne, comme on l’a vu récemment dans le refus de la fusion entre Alstom et Siemens…

Je suis favorable à titre personnel à la décision de la Commission car elle est cohérente avec la défense des intérêts des consommateurs européens dont elle a la charge. Même s’il y a des rapports de forces au niveau international, favoriser une concentration par des moyens artificiels ne réussira pas à améliorer les choses.

Mais ne pensez-vous pas que seule la puissance publique soit en capacité de lutter contre les positions dominantes de firmes telles que les Gafam pour favoriser le retour à la concurrence?

Il est utopique de penser aujourd’hui qu’une autorité publique aura la puissance cognitive suffisante pour gagner la partie face à des groupes de dimension internationale. Ce n’est pas une réglementation ou une fiscalité de plus ou de moins qui y changera quoi que ce soit. Et cela risque d’engendrer plus d’effets pervers que d’avantages car les Etats eux-mêmes ne sont pas exempts d’intérêts particuliers dans ces affaires. Ils peuvent produire beaucoup de dégâts dans des secteurs qui ont été à la source de l’innovation ces dernières années.

D’autant que certaines sociétés comme Google proposent des services gratuits qui ont du succès auprès des usagers… Qui peut faire mieux aujourd’hui?

A l’intérieur de ce paradigme, cela semble en effet difficile. Toutefois, ces firmes ne sont pas destinées à être éternelles. Il existe une concurrence entre des paradigmes sur ces marchés: de nouvelles formes d’accès à l’information peuvent émerger d’un instant à l’autre qui rendraient obsolètes les technologies actuelles. Au regard de la croissance exponentielle des innovations, des géants comme Google ou Amazon pourraient fort bien être renversés du jour au lendemain par de nouveaux paradigmes formés dans l’esprit d’un futur Bill Gates. L’avenir étant inconnu, il est difficile d’anticiper les futures technologies qui pourront remplacer des compétences qui ne sont finalement présentes et dominantes que depuis une dizaine d’années.

Il est vrai que Google n’a à peine que 15 ans…

Oui, ce n’est rien à l’échelle historique. Avant Google, il y avait Altavista, et il y aura un après-Google, comme il y a eu un après Standard Oil de Rockfeller. En terme statistique, de nouvelles formes d’accès et de traitement de l’information seront probablement disponibles demain. Des changements de paradigme technologique peuvent réduire en quelques années des entreprises extrêmement puissantes en petites firmes enfermées dans des niches. L’histoire l’a souvent montré. On a connu un tel débat à la fin du XIXe siècle avec Rockfeller, Carnegie… Cela dit, il convient de se méfier. Les grandes firmes installées dont nous parlons sont puissantes. Elles peuvent bénéficier du soutien direct ou indirect de la puissance publique pour protéger leurs intérêts. Par ailleurs, ces monopoles trouvent un enjeu particulier car les nouvelles technologies qu’elles inventent et propagent ne se cantonnent pas à la sphère économique mais à l’intégralité de nos existences puisque nous sommes connectés du matin jusqu’au soir sur nos téléphones portables et à des réseaux sociaux chronophages qui accaparent de plus en plus nos esprits. Elles pénètrent la vie quotidienne en autorisant de moins en moins de substituts à des pratiques digitales. Cette intrusion numérique change les mentalités et peut potentiellement poser un problème pour le subjectivisme. Il faut donc l’analyser de manière attentive, mais en restant humble car l’économie contemporaine pose de nouvelles questions qui exigent des réponses inédites.

Comment favoriser alors la concurrence ?

Le problème de fond est l’identification des barrières à l’entrée d’un marché. Il faut ensuite intégrer de nombreuses données dont celui du coût de la lutte contre ces barrières. L’interventionnisme a un prix, qu’il convient de mesurer avant de faire n’importe quoi. La solution me semble plus devoir être trouvée dans la société civile. Une meilleure sensibilisation des consommateurs aux pratiques non-concurrentielles des firmes pourrait avoir des impacts bien plus efficaces qu’une énième législation qui sera rapidement détournée de sa finalité première. Cela ne signifie pas que politiquement, il faille être passif. Il importe de ne pas caricaturer une pensée libérale en la réduisant à un seul « laissez faire », qui ne voudrait s’occuper de rien. Ce n’est pas ce que pensait Friedrich Hayek. La liberté des contrats n’est pas le principe ultime du libéralisme. Certains contrats doivent être avalisés par l’autorité, d’autres non. Par exemple, on pourrait s’interroger sur la légitimité des stratégies de rachat par les grandes firmes de leurs propres actions, ou encore d’acquisition de brevets destinés ensuite à être gelés, afin qu’une innovation ne menace pas les quasi-rentes du moment. Après un examen attentif, ces pratiques pourraient être jugées comme des formes de rent-seeking ou des barrières à l’entrée à l’exploitation de découvertes entrepreneuriales. Ce sont des questions qui demandent des réponses au cas par cas, en comparant le mieux possible les gains et les coûts d’une intervention et, surtout, en faisant preuve de subtilité. Il s’agit avant tout de protéger le cœur de l’économie de marché, autrement dit la dynamique entrepreneuriale.

Depuis la crise financière de 2008, il y a une demande d’un Etat fort, censé être protecteur face aux effets de la mondialisation. Que vous inspire ce nouveau contexte ?

Rappelons que la crise financière de 2008 n’est pas le produit du libéralisme mais des banques centrales, dont Hayek se méfiait à juste titre comme de la peste car elles ont toujours été à la source des grandes crises du capitalisme contemporain. Elle résulte de politiques monétaires irresponsables, en particulier de la baisse des taux en 2001 initiée par Alan Greenspan. On se trouve aujourd’hui dans une impasse car on est incapable de remonter les taux alors même qu’il existe un déséquilibre fondamental entre l’offre d’épargne (en termes réels et non monétaires) qui se réduit de plus en plus, et des demandes de financement entrepreneurial qui s’envolent quant à elles. Cela explique le transfert massif des liquidités vers les capitalistes car les ressources réelles sont tellement rares par rapport à la masse de liquidités que les entrepreneurs sont obligés de donner davantage d’argent aux capitalistes pour pouvoir y accéder. Les inégalités de richesse en faveur de la propriété du capital, dénoncées par Paul Krugman et par Thomas Piketty, ne sont donc pas la conséquence du libéralisme, mais de politiques monétaires désordonnées qui injectent des liquidités dans des proportions beaucoup plus importantes que le volume de capital réel existant.

Sur quoi va déboucher selon vous cette politique de taux bas?

Tout le monde s’accorde sur la nécessité de les remonter mais personne ne sait comment faire. En cas de hausse, nombre d’Etats ne sauront pas comment rembourser leurs dettes qui, il faut le rappeler, augmentent d’année en année de manière globale. Il est difficile de concilier le cycle économique et le cycle politique qui a besoin de ressources à court terme. Je suis pessimiste pour la suite parce que je ne vois pas comment cette situation pourrait perdurer. La réalité empêchée de passer par la porte reviendra tôt ou tard par la fenêtre. Comme d’habitude, ce seront les travailleurs et les épargnants qui en feront les frais.

Face à cette situation, certains économistes développent une Théorie monétaire moderne (TMM), qu’en pensez-vous?

Ce n’est pas la première fois qu’on voit revenir sur la scène ce type de théories. Silvio Gesell (1862-1930) martelait déjà à son époque la nécessité d’un crédit gratuit. Pour Hayek, monétiser la dette publique, laisser perdurer les déficits correspond à une politique du « desperado », une fuite en avant pour éviter des problèmes qui, repoussés à des échéances plus lointaines, amplifieront encore plus les difficultés s’il était encore possible.

Vous avez clarifié le rapport de Hayek à la Banque centrale mais qu’en est-il de son rapport à l’Etat?

Rappelons qu’Hayek a été le premier à prôner une privatisation des banques centrales. La concurrence monétaire entre des devises émises par des opérateurs privés permettrait aux bonnes monnaies de chasser les mauvaises, à l’inverse de la loi de Gresham qui ne s’applique qu’à des devises monopolisées. Quant à l’Etat, Hayek n’est pas un anarcho-capitaliste : il ne vise pas sa suppression. Pour lui, un régulateur est nécessaire afin de définir quels types de contrats sont autorisables ou non. Mais l’Etat lui-même fait partie d’un ensemble plus vaste que j’appelle les territoires du libéralisme, dont il faut penser l’intégration pour espérer que sa politique soit efficace. L’Etat minimal ne constitue donc pas un point de départ, mais d’arrivée. Il importe qu’il y ait un contexte psychologique, sociétal, économique qui permette à l’Etat de rester libéral. S’il existe une forte demande sociale d’interventionnisme, des gens organisés qui désirent protéger des rentes de situation au détriment de la créativité entrepreneuriale, l’Etat ne pourra pas rester limité. C’est aspect est important chez Hayek. L’économie libérale ne peut se penser que dans un contexte plus large où doivent dominer des valeurs et des comportements particuliers, basés sur l’échange et non le statut, sur le respect de la subjectivité et non le règne de l’arbitraire. Sans ce terreau, toute déréglementation sauvage enclencherait alors des résultats socialement catastrophiques et n’aboutirait qu’à accroître les inégalités en favorisant les rentiers du jour. Selon moi, c’est ce qui différencie le néolibéralisme d’un libéralisme classique représenté par Hayek. Le premier considère que toute libéralisation économique produira par des effets de ruissellement bénéfiques dans toute la société. Le libéralisme classique, lui, veut d’abord s’assurer que le terreau institutionnel, social, psychologique soit adapté à ce type d’aventure. Si on veut éviter un fiasco, il faut veiller à la présence et à l’équilibre de tous les territoires nécessaires à la réussite des réformes libérales. En leur absence, elles seront détournées par des corporatismes organisés qui s’approprieront la création de valeur.

L’une des critiques adressées à Hayek, notamment par les tenants d’une perspective inspirée de John Rawls, est son refus de toute « justice sociale »…

Oui, c’est le type même de faux concept à ses yeux. La position de Hayek me semble fondamentale car s’il y a bien un concept que l’on soit incapable de définir, c’est celui de justice sociale : chacun a sa propre conception du « bon » revenu. Toute discussion à ce sujet exprime des jugements de valeur qui débouchent sur des chocs de croyance et la guerre des dieux à travers laquelle chacun cherche à imposer aux autres ses propres critères. Sur le fond, la justice sociale consiste à penser que la société est responsable des situations individuelles. Or, la « société » n’existe pas, c’est un concept holiste. Que quelqu’un soit petit ou grand, beau ou laid, possesseur ou non de talents, la société n’en est pas responsable en tant que telle si elle est le résultat de l’interaction spontanée des activités individuelles. Dans ce contexte, que peut signifier alors un principe de justice sociale? Que le marché ne récompense pas justement les agents ! Mais une telle situation ne peut s’expliquer que par des barrières à l’entrée qu’il conviendrait alors d’identifier et de faire sauter. A l’opposé, si un marché fonctionne bien, s’il n’y a pas d’interférence, pas d’intérêts organisés qui manipulent la distribution des revenus, bref si la concurrence joue son rôle, chacun est nécessairement rétribué à hauteur de ce qu’il apporte à la collectivité. A partir de là, redistribuer les revenus au nom d’un principe de justice sociale (que chacun s’efforce de définir à son propre avantage) implique de prendre dans la poche de l’un une partie de sa contribution à la création de valeur pour la placer arbitrairement dans la poche de l’autre. Tout cela contribue à une société de défiance. Par ailleurs, la volonté d’appliquer un principe de justice sociale désoriente le système spontané de prix qui envoie un signal sur l’intérêt social de telle ou telle fonction. Elle désincite les acteurs à se détourner de certains métiers pour s’orienter vers de nouvelles compétences. On empêche par-delà même la bonne articulation des activités à l’évolution de la structure des besoins.

Pour autant, il existe des inégalités qui ne sont pas imputables à ceux qui sont les moins favorisés. Que propose Hayek?

C’est un aspect méconnu, mais Hayek est le pionnier du revenu d’assistance. Il l’a proposé dès 1944 dans « La route de la servitude », bien avant les débats sur le revenu minimal ou sur l’impôt négatif. Il faut évidemment veiller aux modalités de son application et ne pas enfermer les gens dans des trappes à assistance qui leur permettraient de ne plus affronter le marché s’ils en sont de nouveau capables. La catallaxie (comme Hayek l’appelle) est un jeu dont le résultat dépend de ses propres talents mais aussi du hasard. Ce dernier peut prendre la forme d’un concurrent qui émerge avec un nouveau produit. Cela fait partie des règles. Vouloir supprimer ce hasard revient à emprunter la route de la servitude, car en voulant contrôler de plus en plus les activités marchandes dans un système totalement dirigiste, vous tuez dans l’œuf toute velléité entrepreneuriale.

Pour Hayek, le marché n’est pas un jeu de dupes mais un producteur d’informations…

Oui, pour lui, le marché est tout simplement un processus de découverte et de communication sur ce que les gens pensent et savent. A travers l’entrepreneuriat, les prix issus des échanges expriment un transfert spontané des connaissances des individus à d’autres individus. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’enregistrer passivement les prix mais de les interpréter pour savoir ce que seront les besoins futurs et construire les opportunités de demain. Cela fait partie aussi de la démarche entrepreneuriale.

Vous insistez dans votre ouvrage sur la différence entre libéralisme et conservatisme. Pourquoi?

Car les gens assimilent communément les deux. J’y vois l’origine de la haine du libéralisme, car on considère souvent que celui-ci est à la botte des privilégiés et n’a d’autre vocation que de légitimer et défendre la richesse des possédants. Comme je l’explique dans l’épilogue, en mêlant baisse de la fiscalité sur le capital, protectionnisme aux frontières et réduction de la concurrence en général, on ne fabrique pas du libéralisme mais des rentiers. Le libéralisme, ce n’est pas la protection de la rente privée.

L’un des concepts clés chez Hayek est celui d’ordre spontané, une notion difficile à appréhender, au carrefour du droit, des normes, de la tradition de l’économie… Comment la définiriez-vous?

Suivant la formule d’Adam Ferguson ayant inspiré Hayek, les ordres spontanés sont le produit de l’action des hommes, mais non de leurs desseins. Ils représentent un ensemble de valeurs, d’institutions formelles et non formelles, qui participent de ce que j’ai nommé plus haut les territoires du libéralisme. Pour qu’une politique économique libérale puisse durer et produire des résultats positifs, il importe qu’il y ait un substrat culturel, social, psychologique particulier dont l’évolution est spontanée. Pour Hayek, ce substrat ne peut être contrôlé avec succès car il contient davantage d’informations qu’aucune autorité régulatrice n’est capable d’en manipuler. Cela ne signifie pas pour autant, et Hayek a souvent été caricaturé sur ce point, que l’ordre spontané débouche nécessairement sur quelque chose de positif. Il est le premier à énoncer qu’on n’a aucune garantie sur ses issues favorables. Sur un terreau malsain, le développement spontané de l’interaction des individus peut créer des situations conflictuelles et des équilibres pervers, où les mauvais comportements chassent les bons. Pour limiter ce type de situations, Hayek considère qu’il faut développer au maximum la compétition entre des groupes différents de règles, ce qui augmente les probabilités de découvrir les meilleures pratiques et de faire disparaître les mauvaises par des processus de sélection et d’imitation. Cette démarche est préférable selon lui à une volonté de régulation centrale, qui relève de ce qu’il appelle le constructivisme. Cela est utopique et ne peut mener que tout droit au totalitarisme.

Que penserait Hayek aujourd’hui d’un phénomène comme le réchauffement climatique?

Il se demanderait comment on a pu en arriver là. Il y a évidemment une longue réflexion sur l’économie de l’environnement. Ronald Coase en 1960 a publié ce fameux article intitulé Le coût social où il prônait la privatisation de l’environnement. A l’époque, le problème ne se posait pas dans les termes aussi aigus qu’aujourd’hui. Désormais, nous avons le choix entre deux attitudes. Soit on continue à s’épuiser comme depuis 20 ans à chercher des accords internationaux limitant la production de CO2, avec tout le succès que l’on connaît ; soit on essaie d’encourager par des incitations des innovations entrepreneuriales susceptibles de dépolluer l’environnement. Peut-être suis-je trop optimiste, mais je pense qu’il serait plus efficace d’offrir des récompenses financières à des entrepreneurs capables de trouver des solutions marchandes au problème du réchauffement climatique plutôt que de compter sur des Etats incapables de s’accorder sur ces enjeux pourtant cruciaux.

« Hayek. Du cerveau à l’économie » par Thierry Aimar, éditions Michalon, 125 pages, 12 euros

Propos recueillis par Robert Jules

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(*) Thierry Aimar est maître de conférences en sciences économiques à l’université de Lorraine, et enseigne la neuroéconomie à Sciences Po. Parmi ses publications, signalons « Les Apports de l’école autrichienne d’économie. Subjectivisme, ignorance et coordination », éd. Vuibert, 316 pages, 29 euros.

Sondage-Macron-Le Pen : le duel qui lasse 72% des électeurs

Sondage-Macron-Le Pen : le duel qui lasse 72% des électeurs

 

Les Français semblent fatalistes, ils pronostiquent un duel probable entre le Pen et Macron en 2022 mais ne le souhaitent pas vraiment. 68 % des Français estiment que le duel aura lieu mais ils sont 72 % à le regretter. Sans doute le signe qu’il n’y a pas grand-chose à attendre ni de l’un ni de l’autre. Côté Macron, les électeurs qui lui étaient favorables prennent plus en plus de champ, ce qui n’est pas le cas parmi les électeurs de Le Pen. Le phénomène nouveau,  c’est sans doute que le rejet de Macron devient plus fort que le rejet de Le Pen. Jusqu’à la ce rejet de Le Pen avait permis l’élection de plusieurs présidents de la république. Aujourd’hui,  il semble bien que le vent tourne et que la dynamique soit plutôt en faveur de Le Pen tellement le rejet voire  la haine de Macon paraît l’emporter

Pour les sympathisants du Rassemblement national (RN), l’heure de la revanche semble avoir sonné. Ils sont les seuls à souhaiter massivement (70 %) un duel Macron-Le Pen, là où les autres personnes interrogées issues de sensibilités politiques différentes ne dépassent pas 20 %, toutes préférences confondues. Le paradoxe est moins fort qu’on ne le croit. Les Français peuvent très bien en effet pronostiquer le duel et, dans le même temps, le craindre. L’enjeu pour les deux finalistes virtuels sera donc de faire coïncider les deux courbes.

«Il arrivera peut-être, je ne sais pas, qu’un jour vous ayez l’occasion de débattre à nouveau avec le président de la République», a lancé la semaine dernière à l’Assemblée nationale le premier ministre Édouard Philippe à la présidente du Rassemblement national. Marine Le Pen aussi y pense. Elle juge «assez probable qu’on puisse se retrouver avec Emmanuel Macron lors d’un second tour» en 2022. Au-delà des sondages, le paysage politique plaide pour un tel scénario. «Aujourd’hui, je ne pense pas que la situation des autres mouvements politiques leur permette (…) d’être au second tour», a expliqué Marine Le Pen sur Europe 1. Pour s’en convaincre, il suffit aux deux finalistes de regarder autour d’eux.

À gauche, le morcellement. À droite, l’affaiblissement. Au PS, on ne parvient toujours pas à se remettre du quinquennat de François Hollande qui a laissé les socialistes exsangues. On guette sans grand espoir le surgissement d’un improbable poids lourd susceptible de le remettre sur la route de l’Élysée. Pour l’heure, personne ne s’impose. Dans notre sondage, c’est Bernard Cazeneuve (21 %) qui devance très légèrement Ségolène Royal (20 %) pour être estampillé «bon candidat de gauche». Du côté de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, avec 17 %, voit s’effriter inexorablement le capital qui lui avait permis de rêver d’accéder au second tour en 2017. Son outrance dans l’opposition et l’émergence d’ambitions dans son camp l’empêchent pour l’heure de se rendre incontournable. À droite, Les Républicains cherchent toujours leur place face à un président de la République qui ne cesse d’empiéter sur leur territoire. Après avoir mis en œuvre beaucoup de réformes auxquelles la droite a renoncé lorsqu’elle était au pouvoir, voilà désormais qu’Emmanuel Macron leur coupe leur position de repli en s’attaquant à l’immigration. François Baroin, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Gérard Larcher… les présidentiables cherchent la voie sans parvenir à s’imposer. Certes, Baroin (32 %) est jugé comme étant un bon candidat pour la droite mais ne distance Xavier Bertrand que de deux points (30 %), reléguant Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez loin derrière avec respectivement 17 % et 11 %.

 

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