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Macron et ses petits marquis : des imposteurs

 Macron et ses petits marquis : des imposteurs

 

 

La déception vis-à-vis de Macron est d’autant plus importante que certains espéraient un véritable changement chez celui qui incarnait de fait le dégagisme et la rupture avec l’ancienne classe politique. Ceci étant, on doit relativiser la victoire de Macron,  élu comme souvent par effraction, davantage par rejet de François Hollande que par adhésion au projet macroniste On objectera que cette ambiguïté a déjà existé lors d’autres consultations présidentielles. Les élus à la magistrature suprême  se croient  investi pour mettre en œuvre un programme alors qu’ils ne sont réellement soutenus que par 20 à 25 % des électeurs. Macron, lui,   a obtenu 24 %. Aujourd’hui c’est le retour à ce score puisqu’autour de 75 % des Français rejettent sa politique. L’atout premier de Macron,  c’était sa jeunesse, son culot et surtout le sentiment d’être sorti de nulle part. De s’être  affranchi des partis et autres groupes de pressions. Macron donnait l’impression de n’être ni à gauche ni à droite, bref ailleurs. On sait maintenant que cette élection n’a été permise que par le soutien des milieux financiers avec la médiation de Juillet, ancien secrétaire général de l’Élysée, d’Alain Minc conseiller des plus grands groupes ou encore de Jacques Attali, lui aussi conseiller des princes. Macron a rapidement oublié qu’il avait été ministre d’un gouvernement socialiste pour mettre en place une politique de droite, se hâtant  de distribuer les cadeaux fiscaux aux plus nantis et maintenant à la recherche de ressources pour boucher les trous. Malheureusement la fiscalité a tué le pouvoir d’achat et la croissance. Contrairement aux idées reçues, Macron n’a pas de compétences (ni de formation) en matière économique et il est évident qu’il manifeste une certaine distance voire une condescendance avec le champ social. Bref, Macron est un incompétent dangereux doublé d’un personnage arrogant et prétentieux que l’opinion publique ne supporte plus. Le macronisme est une escroquerie intellectuelle, ce n’est que le retour de la vieille droite avec sa horde de courtisans, de petits marquis carriéristes,  incapables d’autre chose que de ânonner obséquieusement la parole jupitérienne de Macron. «  J’assume,…. on ne lâche rien, ….on  maintient le cap et les réformes, ….on applique le programme. »  Autant de formules creuses qui cachent mal le vide idéologique et l’absence de connaissances des réalités. Le macronisme est une imposture et constitue sans doute aujourd’hui la plus grande menace pour le pays. Du point de vue économique, social mais aussi sociétal. Tout cela finira très mal.

Gilets jaunes : des suites inévitables

Gilets jaunes : des suites inévitables

 

Beaucoup s’interrogent évidemment sur les suites de ce mouvement qui a surpris à peu près tous les institutionnels. Certains pensent qu’il ne s’agit que d’un feu de paille, d’autres au contraire  comme Jérôme Sainte-Marie, politologue, estiment que le mouvement des gilets jaunes est une rupture politique décisive. Macron avait réussi à réunir les élites de droite et de gauche contre les caciques des veieux partis tandis que les gilets jaunes, eux,  regroupent,  les couches populaires de droite de gauche et surtout apolitiques. Une sorte d’exploit qu’aucun parti n’a réussi. On ne peut évidemment lire dans le marc de café car la plupart des grands événements politiques ou sociaux ont rarement été prévus. Exemples,  mai 68, la grève de 95, la chute du mur de Berlin où l’arrivée de Macron ou de  Trump au pouvoir. Ce qui paraît certain, c’est que ce mouvement  des gilets jaune n’en est qu’à ses débuts. D’autres manifestations pourraient se reproduire des samedis prochains. De manière assez régulière, les manifestations pourraient ainsi se répéter avec surtout pour objectif d’obtenir l’annulation des hausses de toutes les fiscalités et pas seulement celle concernant le carburant. Une sorte de moratoire jusqu’en 2022 pour permettre au pays de souffler. La fiscalité atteint en effet aujourd’hui un seuil qui étouffe pouvoir d’achat, mais aussi la consommation et la croissance. Bref une mise entre parenthèses d’une politique  économique et sociale qui conduit le pays dans le mur. Pour l’instant la réponse du gouvernement est insignifiante ; en gros, on affirme qu’on a entendu la colère mais qu’on ne changera pas le rythmes des réformes concernant y compris la transition énergétique. Comme l’ont affirmé plusieurs responsables des gilets jaunes, les contestataires ne nient absolument pas la nécessité d’une transition énergétique mais ils estiment que la nature et le rythme des mesures est complètement irresponsable. Exemple de cette irresponsabilité : le remplacement d’une chaudière à fuel d’un montant de l’ordre de 10 000 € et l’achat d’une voiture électrique d’un montant de 30 000 € ! Le gouvernement a dû oublier que le salaire moyen est de l’ordre  1750 €, la pension moyenne de 1100 € et que beaucoup doivent se concentrer contenter de 1000 € voir moins notamment avec les contrats à temps partiel (dans le nettoyage par exemple ou la grande distribution). La transition énergétique n’est donc pas contestée mais elle ne peut être que progressive et accompagnée d’une politique industrielle de l’offre en transport collectif et en transport individuel.(Aussi pour le chauffage) . La taxe carbone de ce point de vue est une hérésie méthodologique. Ce n’est qu’une taxe de plus. Face à la colère s’est exprimée vis-à-vis de cette fiscalité mais d’une manière générale vis-à-vis d’une politique inefficace et injuste, le gouvernement semble tétanisé. Il n’est pas encore prêt à changer de cap mais tout est question de rapport de force. Certains proposent  l’organisation d’un référendum sur la fiscalité la plus critiquée et d’une façon plus générale sur la transition énergétique. D’autres sautent cette étapes et réclame d’ores et déjà pour certains la démission du gouvernement et même celle de Macron  qui incarne tellement ces élites incompétentes, injustes et au surplus méprisantes. Bref, c’est aussi Macron et son entourage de petits marquis qui sont en cause. Des petits marquis sortis pour la plupart de ces instituts d’études politiques qui ont transformé les fonctions électorales en carrière rémunératrice et qui entretiennent des relations douteuses avec les intérêts financiers.  Au-delà des aspects économiques et sociaux,  se se aussi la question d’une démocratie le plus souvent virtuelle tant au niveau national que local. Les petits barons locaux ne faisant souvent que reproduire l’idéologie et les pratiques des marquis nationaux. Il y a certes des exceptions mais qui ne remettent pas en cause la tendance générale de notre monarchie républicaine.

 

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Gilets jaunes : « Macron démission »

Gilets jaunes : Macron démission

 

 

Des gilets jaunes ont tente de converger vers l’Elysée, ailleurs nombreux sont ceux qui scandaient  «  Macron, démission ». . Certains verront dans ce slogan «  Macron, démission »,  une certaine  coloration politique de l’opposition en particulier de l’extrême droite. De ce point de vue,  on ne saurait nier qu’il y a tentative de récupération de la part d’une opposition qui ne peut cependant ignorer l’ampleur du mécontentement. Car de toute évidence,  la mobilisation ne se concentre pas uniquement autour de l’augmentation des prix du carburant, elle  enveloppe la fiscalité tout entière et au-delà l’échec de la politique économique et sociale de Macron. Macron  qui a même avoué dans sa dernière expression publique – «Je n’ai pas vraiment réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants», Une réconciliation effectivement impossible quand d’une part les résultats de la croissance, de l’emploi, pouvoir d’achat  aussi désespérément lamentables et « en même temps » injustes. La déception se nourrit de l’absence totale de résultat et le pire est à venir comme le prévoit les instituts de prévision. Mais la révolte découle aussi de l’attitude quasi monarchique d’un Macron condescendant et arrogant. Un président complètement hors sol qui veut imposer de dépenser 30 000 € pour une voiture dite écologique et 10 000 € pour le remplacement d’une chaudière à fuel. Des propositions complètement irresponsables et folles. Pas étonnant si Macron s’écroule totalement dans les sondagesIl y a de toute évidence quelque chose de pathétique dans la dégringolade de la popularité de Macron vis-à-vis de l’opinion publique. Depuis maintenant quatre mois le président ne cesse de chuter dans tous les sondages 75% soutiennent le mouvement des gilets jaunes ; Ce qui est pathétique, c’est que désormais quoi qu’il dise quoi qu’il fasse, Macron, n’est plus crédible. Cela d’abord en raison de résultats économiques catastrophiques. En effet alors qu’on espérait une croissance de 2,3 % en 2018 on avait retenu, on atteindra seulement de 1,5 %. Un niveau particulièrement dangereux (on avait retenu 2% dans le budget), celui qui commence à faire augmenter le chômage et qui provoque des déséquilibres financiers. Non seulement rien n’a changé depuis Macron mais la situation s’est détériorée. Comme tous les autres politiques, Macron a cru pouvoir changer la société par des lois et des décrets et en plus en se privant de la médiation des corps intermédiaires. Une erreur stratégique grave. D’abord parce que Macron ne connaît les réalités sociales et économiques qu’à travers les discussions de salon des élites, deuxièmement parce qu’il se prive des relais d’opinion que constituent les organisations politiques, professionnelles, syndicales et même des médias. La posture d’arrogance qu’il a adoptée vis-à-vis de tous ses interlocuteurs y compris vis-à-vis des collaborateurs proches est devenue intolérable. Son message ne passe plus d’autant moins qu’il a choisi de privilégier les plus aisés. Si les résultats économiques étaient au rendez-vous, on lui pardonnerait sans doute un peu cette posture jupitérienne. Malheureusement, les résultats sont absents. En raison bien sûr de la dégradation de la situation internationale mais pas seulement ; il y a des raisons supplémentaires en France liées aux erreurs de gestion du pays par exemple ce manque d’équilibre entre orientation économique et orientation sociale. Au boulet de l’arrogance, Macron ajoute maintenant le boulet de l’incompétence. Une situation qui n’est pas vraiment surprenante car ceux qui connaissent un peu les milieux politiques et économiques et qui savent que Macron  ne dispose que d’une formation littéraire et que ses relations avec les réalités sociales et économiques ne sont qu’approximatives. Et ce n’est pas son passage éclair chez Rothschild qui a pu combler cette lacune. Les mauvaises nouvelles s’accumulent donc pour Emmanuel Macron. Après un été plombé par l’affaire Benalla,  la cote de popularité du président de la République continue de se dégrader pour atteindre son point le plus bas depuis son élection en mai 2017. Juridiquement sa légitimité ne peut être mise en cause, mais politiquement «  le slogan Macron démission » se justifie.

 

SONDAGE : Macron s’écroule encore

SONDAGE : Macron s’écroule encore

La popularité d’Emmanuel Macron reprend sa descente. Après une accalmie en octobre (il était stable à 29% d’avis favorables), le Président perd 4 points en novembre et ne réunit plus que 25% de satisfaction, selon le baromètre Ifop*. C’est une fois encore son plus bas niveau qui est atteint. Depuis le début de l’année, le chef de l’Etat a tout simplement perdu dans notre enquête mensuelle la moitié de son capital, puisqu’il était encore à 50% de popularité en janvier. Le décrochage est le plus prononcé chez les commerçants-artisans-chefs d’entreprise et les ouvriers (-9 points par rapport à octobre), mais aussi chez les moins de 34 ans et les salariés du public. De même, les sympathisants LR ne sont plus que 18% à être bienveillants à son égard (-9) tandis que le Président n’est pratiquement plus porté que par le socle macroniste (84%).  Les scores enregistrés ces derniers mois par Emmanuel Macron se rapprochent de plus en plus de ceux – historiquement bas dans la Ve République – de François Hollande lorsqu’il était à l’Elysée. En novembre 2013, à la même période de sa présidence, François Hollande recueillait en effet 20% de satisfaction. L’écart n’avait jamais été aussi faible entre le socialiste et son ancien conseiller. D’autant que l’ancien chef de l’Etat était légèrement remonté les deux mois suivants (22%), avant de sombrer pour atteindre 13% l’année suivante, en novembre 2014. Pour rester dans la comparaison, Nicolas Sarkozy avait pour sa part encore 44% de popularité en novembre 2008.

Le Premier ministre n’est pas épargné par la chute, alors qu’il n’avait été jamais autant éloigné de la popularité de son binôme. Edouard Philippe perd même 7 points en un mois

Gilets jaunes : boudés par les medias de gauche

Gilets jaunes : boudés par les medias de gauche

 

ÀGilets jaunes : boudés par les medias de gauche     À la lecture des grands médias de gauche comme par exemple Libération, le Monde ou encore la Tribune, on sent nettement une prise de distance avec le mouvement des gilets jaunes considérés comme un mouvement  flou, contradictoire, non structuré. Finalement la sorte de mépris habituel de l’intelligentsia de gauche vis-à-vis de tout ce qui est un peu trop populaire. « Des gens qui fument des clopes et qui roulent en diesel a dit l’ancien socialiste Castaner » (converti au macronisme et sorte de d’archétype des dirigeants du parti socialiste). Pas étonnant que la perspective de reconquête du pouvoir se soit éloignée de ce parti qui ne représente plus aujourd’hui que de l’ordre de 10 % de l’électorat. Finalement le même mépris que la droite vis-à-vis du peuple, des petits. Les élites de tous bords se retrouvent normalement pour condamner ces ploucs, ces pauvres types qui ne comprennent rien à la nécessité des réformes. Normal quand la plupart ont des revenus de 5000 à 20 000 € par mois, voire davantage. Ils ont un peu de difficulté à comprendre la colère de ceux qui étouffent de la fiscalité : salariés, commerçants, aussi les petits pensionnés. Comment pourrait-il comprendre qu’avec un salaire de l’ordre de 1000 €, un loyer d’un montant de 400 € (HLM bien sûr et avec l’APL), le reste ne permet que de survivre. Ce mépris assez traditionnel des élites de gauche explique en grande partie son discrédit dans les milieux populaires. Le parti socialiste est en voie d’extinction tout simplement parce qu’il a été détourné de son objet par des oligarques, des professionnels de la politique notamment des hordes de diplômés d’instituts politiques, finalement exactement comme chez Macron. Certes la manifestation, même réussie ne constitue pas un brevet de pertinence en matière de revendication mais elle exige surtout de la part de la gauche une autre écoute, une autre attention, une autre compassion. Le problème c’est que la plupart des dirigeants de cette gauche appartienne à  la même sociologie que les dirigeants de droite : des petits bourgeois, des professionnels de la politique, bref des carriéristes qui n’entretiennent avec l’intérêt général que des rapports approximatifs.

 

 

 

 Le pouvoir d’achat

Augmentation du pouvoir d’achat : le mensonge !

Augmentation du  pouvoir d’achat : le mensonge !

 

 

Face à la colère de nombre de Français concernant la fiscalité, le gouvernement ressort la chansonnette de l’augmentation du pouvoir d’achat qui d’après ses calculs aura augmenté en 2018. Ainsi le pouvoir d’achat des ménages aurait augmenté de 1,7 %. Le problème c’est que c’est sans compter sur l’inflation qui annule totalement une augmentation déjà erronée L’inflation a  déjà atteint 2,2% sur un an. Sur l’ensemble de l’année 2018 la hausse des prix devrait être d’environ 2 % au moins. Une hausse des prix calculés d’après l’indicateur obsolète de l’INSEE qui sous-estime complètement la transformation structurelle des achats des consommateurs. En effet les ménages consacrent plus en plus aux  dépenses non ajustables dont les prix flambent (impôts, services, abonnements, chauffage et bien sûr carburant. Par contre il dépense de moins en moins pour les dépenses ajustables dont les prix sont maîtrisés. En outre un indicateur unique des prix pour calculer l’inflation n’a qu’une cohérence limitée, ce n’est qu’une moyenne qui ne rend pas compte de la répartition des biens et des pertes pouvoir d’achat selon les catégories. 1 % d’augmentation du pouvoir d’achat pour un smicard c’est de l’ordre de 10 € mais cela représente 100 € pour quelqu’un qui gagne 10 000 €. De plus en plus Alors que l’inflation reprend parallèlement, la croissance se tasse (1.5 au lieu de 2%) C’est une première depuis la fin 2011 qui a des conséquences économiques importantes sur la vie quotidienne des Français. Sur douze mois, les prix ont augmenté plus vite que les salaires.  Par ailleurs, la croissance se tasse et le chômage se dégrade. Du coup, il ne faut guère espérer d’augmentation significative des salaires et le pouvoir d’achat devrait quasiment stagner surtout si on tient compte de la hausse réelle des prix à la consommation. Cette hausse de l’inflation n’a pas été constatée de manière aussi forte depuis 2012. ; Hausse de l’inflation et tassement de la croissance : un effet de ciseau qui n’est pas particulièrement vertueux. Le gouvernement est pour une part responsable de cette inflation   Ce retour de l’inflation s’explique d’abord par la hausse de la fiscalité indirecte, puisque le gouvernement a augmenté les taxes sur le tabac et les carburants. La hausse du prix du pétrole, dont le baril tourne autour de 70 dollars soit son plus haut depuis près de quatre ans, renforce la tendance. La question est de savoir si les salaires pourront être augmentés afin de suivre l’inflation. Rien n’est certain puisqu’on constate un repli du taux de croissance de l’activité générale. Reste à savoir si le gouvernement va aussi autoriser le relèvement des pensions qui ont déjà été bloquées pendant des années. (Entre 2010 et 2016).

 

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Gilets jaunes : : pourquoi la grande trouille des institutionnels ?

Gilets jaunes : : pourquoi la grande trouille des institutionnels ? 

 

 

D’une manière générale, les médias accordent une certaine place au mouvement des gilets jaunes mais en manifestant parfois une certaine condescendance. Quelque chose « comme on approuve mais ….. ». C’est vrai de la plupart des institutionnels qu’ils soient politiques, syndicaux, élus, experts. La vérité, c’est que ce type de manifestation constitue aussi une remise en cause de l’intermédiation classique d’organisations qui ont tendance à se scléroser. Ce mouvement comprend en effet des aspects sociaux, économiques mais aussi sociétaux en ce sens que c’est une contestation également de la démocratie telle qu’elle est pratiquée. Contestation du pouvoir en place bien entendu qui s’arroge le pouvoir de matraquer fiscalement les moins nantis mais contestation aussi des institutions, des partis, des syndicats. Une contestation des organisations tout autant que de la pensée culturelle dominante. Une pensée par ailleurs, comme la mode, très évolutive, voir à cet égard l’évolution concernant le diesel. Peut-être demain sur la filière bois aujourd’hui encensée, peut-être demain mise au pilori. Et cette fameuse taxe carbone dont les économistes, Bercy et les écolos attendent des merveilles. Comme si soudain tous s’étaient convertis à la monétarisation des nuisances comme mode de régulation. Or l’environnement est une question sociétale qui ne peut être régulée par le seul signal prix et par le seul marché. La vraie régulation de ce type de problématique passe par une politique de normes et par une politique d’offre industrielle. Une politique qui doit être cohérente et qui ne peut être que progressive. Ce mouvement constitue une sorte de coup de pied dans la fourmilière des institutions qui au mieux roupillent au pire participent à la dégradation économique et sociale du pays. La grande trouille des institutions c’est que, quelque soit la hauteur de la mobilisation de ce 17 novembre, le même phénomène ce reproduise. Ce qui est probable à condition évidemment qu’il n’y ait pas de récupération politique par les extrêmes de droite ou de gauche, à condition que ce mouvement conserve son essence originelle et ne se transforme pas en organisation politique. Bref qu’il demeure une forme d’expression de démocratie vivante.  

Carburants et environnement : le mensonge du gouvernement

 Carburants et environnement : le mensonge du gouvernement  

Virginie Pradel, fiscaliste., dénonce dans le Figaro la fumisterie du rapport entre les hausses actuelles du carburant et la qualité de l’environnement. Pour elle, l’Etat se gave

 Le prix du gazole a bondi de 23 % en un an, et de plus de 5 % depuis le mois dernier. Pourquoi ?

 

Virginie PRADEL.- Cette hausse du prix du gazole s’explique, d’une part, par la remontée du prix du baril de pétrole et, d’autre part, par l’augmentation de certaines taxes ; sachant que ces dernières représentent environ 60 % de son prix pour les automobilistes. Ainsi, pour un litre de gazole dont le prix moyen s’élève actuellement à 1,53 centimes d’euros, l’automobiliste paie 0,59 centimes d’euros au titre de la seule TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques qui s’applique également à l’essence et au fioul), à laquelle s’ajoute aussi la TVA.

Comment expliquer ce montant très élevé de TICPE qui représente plus d’un tiers du prix du litre de gazole pour les automobilistes? C’est à cause de la mise en œuvre en 2014 de la contribution Climat-Energie, plus connue sous le nom de taxe «carbone», qui est une nouvelle composante de la TICPE. Dès sa mise en œuvre, la taxe «carbone» devait faire l’objet d’une hausse programmée: d’un montant initial de 7 euros par tonne de CO2, elle est ainsi passée à 14,50 euros en 2015 et à 22 euros en 2016. Cela étant, à l’initiative de Nicolas Hulot, le gouvernement d’Édouard Philippe a décidé fin 2017 d’amplifier notablement la hausse déjà prévue de la taxe «carbone» dans la loi de finances pour 2018 ; au lieu de s’élever à 39 euros, la tonne de CO2 s’est donc élevée à 44,6 euros en 2018 (soit une hausse de 5,6 euros) ; ce qui explique la hausse impressionnante de la TICPE au 1er janvier 2018, le montant de celle-ci étant passé de 0,53 centimes d’euros en 2017 à 0,59 centimes d’euros par litre de gazole en 2018 (soit une hausse d’environ 0,6 centimes d’euros) et donc, la hausse du prix du gazole pour les automobilistes. Pour rappel, le montant de la TICPE s’élevait seulement de 0,43 centimes d’euros en 2013, avant l’instauration de la taxe carbone. Les automobilistes ont donc déjà subi en 5 ans une hausse de 0,16 centimes d’euros de la TICPE.

 

Malheureusement, la hausse massive du prix du gazole est loin d’être terminée pour les automobilistes : en effet, la taxe carbone va encore continuer d’augmenter chaque année jusqu’en 2030 (à cette date, elle s’élèvera à 100 euros par tonne de CO2 !), ce qui va nécessairement impliquer la hausse corrélative de la TICPE. Cette hausse s’élèvera à environ 5 centimes par an jusqu’en 2021. Entre 2017 et 2022, le montant de la TICPE pour un litre de gazole va ainsi augmenter de plus de 25 centimes d’euros (contre 12,7 centimes d’euros pour l’essence). Illustrons cette hausse notable par un exemple: pour le conducteur d’une voiture diesel (qui consomme 4 litres pour 100 km) parcourant environ 15 000 km, le montant annuel de la TICPE payée s’élèvera à 356 euros en 2018, 388 euros en 2019 et à 469 euros en 2022.

Edouard Philippe a déclaré aux députés: «pour mettre en place la transition et prendre en compte l’économie décarbonée, il faut envoyer un signal prix». Qu’est-ce que cela veut concrètement dire?

Le prix d’un produit est en principe fixé librement, en fonction de plusieurs facteurs, dont celui de l’offre et la demande. Ce dernier peut toutefois être artificiellement plafonné, augmenté ou diminué par l’État afin de soutenir des politiques publiques. Pour aider la transition énergétique française, les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et d’Édouard Philippe ont pris le parti d’augmenter considérablement le prix des carburants (essence et gazole) par le biais de la hausse de la TICPE, qui représente plus d’un tiers du prix du litre de gazole. Autrement dit, pour financer la transition énergétique et dissuader les Français d’utiliser leur voiture, nos gouvernements successifs ont opté pour la surtaxation des automobilistes.

Cette hausse des taxations sur le pétrole s’ajoute à l’annonce de la probable mise en place de péages à l’entrée des grandes villes: est-ce efficace, sur le plan environnemental, de cibler en permanence les automobilistes?

La surtaxation des automobilistes a pour principal objectif non pas de sauver l’environnement, mais de remplir les caisses de l’État.

Le fait de surtaxer les automobilistes par le biais des taxes sur les carburants ou des redevances sur les péages urbains n’a aucune efficacité démontrée sur l’environnement. Preuve en est, l’Allemagne, qui prélève plus de taxes sur les carburants que la France, est aussi le plus gros pollueur de l’Union européenne.

Comment expliquer cet échec? Tout simplement par le fait que la majorité des automobilistes, en particulier ceux résidant en banlieue ou à la campagne, n’ont aucune alternative pour se déplacer (même si le gouvernement s’obstine à déclarer le contraire). Par conséquent, des millions d’automobilistes continuent, en dépit des hausses substantielles et constantes, à utiliser leur véhicule et donc à polluer…

Ne soyons pas dupes, la surtaxation des automobilistes a pour principal objectif non pas de sauver l’environnement, mais de remplir les caisses de l’État. Ce qu’elle fait d’ailleurs très bien puisque la TICPE représente l’une de ses principales recettes fiscales (après la CSG, la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés). D’après le projet de loi de finances pour 2018, la TICPE lui a rapporté 10,4 milliards d’euros en 2017 et devrait lui rapporter 13,3 milliards d’euros en 2018… Une véritable manne fiscale en temps de disette budgétaire.

De manière plus générale, la «fiscalité verte» est-elle selon vous un instrument d’action publique légitime?

La fiscalité «verte» peut être un instrument d’action publique légitime, sous réserve qu’elle soit appliquée de façon rationnelle et équilibrée, et non de façon idéologique et punitive. Pour rappel, la France n’est pas un cas isolé: tous les pays de l’UE appliquent depuis plusieurs années une «fiscalité verte». L’UE a d’ailleurs fixé comme objectif que les taxes «vertes» représentent 10 % de l’ensemble des prélèvements obligatoires d’ici 2020. À cet égard, la France a beaucoup de retard à rattraper puisque ces taxes «vertes» ne représentaient en 2016, selon Eurostat, que moins de 5 % des prélèvements obligatoires (soit 49,7 milliards sur plus de 1 000 milliards d’euros de prélèvement globaux) contre 7,2 % au Royaume-Uni, 8,6 % au Danemark et 8,7 % au Pays-Bas ; la moyenne de l’UE s’élevant à 6,3 %.

La France augmente sa « fiscalité verte » tout en maintenant les autres impôts à un niveau très élevé.

Cela étant précisé, les pays de l’UE ont opéré ce qu’on appelle un «green tax shift», qui consiste à augmenter la fiscalité verte en contrepartie d’une diminution des autres impôts pesant sur le revenu des particuliers ou sur les bénéfices des entreprises. C’est ce qui était d’ailleurs prévu en France dans l’article 1er de la loi de 2015 relative à la transition énergétique, comme l’a récemment rappelé Ségolène Royal qui était alors ministre de l’Ecologie. Malheureusement, la France n’a pas pris cette voie puisqu’elle augmente sa «fiscalité verte» tout en maintenant les autres impôts à un niveau très élevé.

Dernier point à souligner: la «fiscalité verte» française a pour spécificité d’être très éparpillée (on recensait environ 70 taxes distinctes en 2016), ce qui ne permet pas de la rendre efficace.

Dans une interview récente au Figaro, Gérald Darmanin affirmait que «le mois d’octobre sera le mois de la baisse d’impôt»: promesse tenue?

Cette affirmation de Gérald Darmanin se réfère à la suppression totale des cotisations salariales chômage et maladie le 1er octobre 2018 ; suppression qui, rappelons-le, a été décalée par le gouvernement pour des raisons budgétaires. Cette affirmation est cynique et trompeuse. En réalité, le gouvernement n’a aucunement réduit la fiscalité sur le travail, comme il le répète à l’envi, mais l’a au contraire sensiblement augmenté en décrétant la hausse de 1,7 point de la CSG au 1er janvier 2018. Car n’en déplaise au gouvernement (qui feint toujours de l’ignorer…), la CSG est bel et bien un impôt: c’est notre deuxième impôt sur le revenu «universel» qui pèse sur l’ensemble des revenus d’activité des Français, au taux désormais stratosphérique de 9,2 % (pour rappel, ce taux s’élevait à seulement 1,1 % en 1991).

La suppression en deux temps des cotisations salariales chômage et maladie, qui entraîne une hausse du salaire net, ne correspond quant à elle pas à une baisse d’«impôt» et donc de la fiscalité mais à une baisse de «cotisation». Ce qui est totalement différent pour les contribuables-salariés, car la hausse de la CSG ne leur donne droit à rien en contrepartie, tandis que la cotisation salariale chômage conditionnait le montant des allocations qu’ils pouvaient percevoir lorsqu’ils étaient au chômage. Autrement dit, le gouvernement a substitué pour les salariés un impôt qui n’offre droit à rien (la CSG) à une cotisation (cotisation salariale chômage) qui donnait droit à une contrepartie indirecte: le chômage. Qu’on se le dise, la suppression de la cotisation salariale chômage n’est pas un cadeau du gouvernement mais un moyen de justifier, à l’avenir, la baisse du montant des allocations-chômage versé à certains salariés.

On peine à voir la baisse de la fiscalité annoncée par Gérald Darmanin…

À cette hausse de la fiscalité sur le travail s’ajoutent aussi la hausse de la fiscalité «verte», qui porte notamment sur les carburants et le gaz, et celle sur le tabac. Quant à la baisse de la fiscalité locale par le biais de la baisse d’un tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers, on a pu constater qu’elle était moins importante que prévu, puisque plus de 6 000 maires ont augmenté le taux de cette taxe et que d’autres taxes locales ont été soit créées (comme la taxe inondation), soit augmentées (taxe foncière, taxe ordure, etc.) En somme, on peine à voir la baisse de la fiscalité annoncée par Gérald Darmanin… Comme on peine à voir la simplification qu’il nous a annoncée de l’impôt sur le revenu par le biais de l’introduction du prélèvement à la source. Gérald Darmanin devrait faire attention à ne pas tromper les contribuables: la colère de ces derniers monte lentement mais sûrement.

 

L’imposture du macronisme

L’imposture du macronisme

 

 

La déception vis-à-vis de Macron est d’autant plus importante que certains espéraient un véritable changement chez celui qui incarnait de fait le dégagisme et la rupture avec l’ancienne classe politique. Ceci étant, on doit relativiser la victoire de Macron,  élu comme souvent par effraction, davantage par rejet de François Hollande que par adhésion au projet macroniste On objectera que cette ambiguïté a déjà existé lors d’autres consultations présidentielles. Les élus à la magistrature suprême  se croient  investi pour mettre en œuvre un programme alors qu’ils ne sont réellement soutenus que par 20 à 25 % des électeurs. Macron, lui,  l a obtenu 24 %. Aujourd’hui c’est le retour à ce score puisqu’autour de 75 % des Français rejettent sa politique. L’atout premier de Macron,  c’était sa jeunesse, son culot et surtout le sentiment d’être sorti de nulle part. De s’être  affranchi des partis et autres groupes de pressions. Macron donnait l’impression de n’être ni à gauche ni à droite, bref ailleurs. On sait maintenant que cette élection n’a été permise que par le soutien des milieux financiers avec la médiation de Juillet, ancien secrétaire général de l’Élysée, d’Alain Minc conseiller des plus grands groupes ou encore de Jacques Attali, lui aussi conseiller des princes. Macron a rapidement oublié qu’il avait été ministre d’un gouvernement socialiste pour mettre en place une politique de droite, se hâtant  de distribuer les cadeaux fiscaux aux plus nantis et maintenant à la recherche de ressources pour boucher les trous. Malheureusement la fiscalité a tué le pouvoir d’achat et la croissance. Contrairement aux idées reçues, Macron n’a pas de compétences (ni de formation) en matière économique et il est évident qu’il manifeste une certaine distance voire une condescendance avec le champ social. Bref, Macron est un incompétent dangereux doublé d’un personnage arrogant et prétentieux que l’opinion publique ne supporte plus. Le macronisme est une escroquerie intellectuelle, ce n’est que le retour de la vielle droite avec sa horde de courtisans incapables d’autre chose que de ânonner obséquieusement la parole jupitérienne de Macron. «  J’assume,…. on ne lâche rien, ….on  maintient les réformes, ….on applique le programme. »  Autant de formules creuses qui cachent mal le vide idéologique et l’absence de connaissances des réalités. Le macronisme est une imposture et constitue sans doute aujourd’hui la plus grande menace pour le pays. Du point de vue économique, social mais aussi sociétal. Tout cela finira très mal.

L’impopularité de Macron : l’arrogance et l’incompétence sanctionnées

L’impopularité  de Macron : l’arrogance et l’incompétence sanctionnées

Après 18 mois, les résultats de Macron sont catastrophiques et  les sondages sanctionnent non seulement l’arrogance de Macron mais aussi son incompétence. Le bilan est globalement très négatif :reprise du chômage, atteinte au pouvoir d’achat, croissance en berne et déficits qui repartent à la hausse ;   La descente aux enfers s’accélère donc  pour Macron qui perd quatre points, à 21% de bonnes opinions, un plus bas depuis son élection, dans le baromètre de novembre de l’institut de sondages YouGov pour Le HuffPost et CNews diffusé au début du mois. Il y a de toute évidence quelque chose de pathétique dans la dégringolade de la popularité de Macron vis-à-vis de l’opinion publique. Depuis maintenant quatre mois,  le président ne cesse de chuter dans tous les sondages et plus de 70 % rejettent sa politique notamment économique. Ce qui est pathétique, c’est que désormais quoi qu’il dise quoi qu’il fasse Macron, n’est plus crédible. Cela d’abord en raison de résultats économiques catastrophiques. En effet alors qu’on espérait une croissance de 2,3 % en 2018, on atteindra seulement de 1,5 %. Un niveau particulièrement dangereux, celui qui commence à faire augmenter le chômage et qui provoque des déséquilibres financiers. Non seulement rien n’a changé depuis Macron mais la situation s’est détériorée. Comme tous les autres politiques, Macron a cru pouvoir changer la société par des lois et des décrets et en plus en se privant de la médiation des corps intermédiaires. Une erreur stratégique grave. D’abord parce que Macron ne connaît les réalités sociales et économiques qu’à travers les discussions de salon des élites, deuxièmement parce qu’il se prive des relais d’opinion que constituent les organisations politiques, professionnelles, syndicales et même du parlement et des médias. La posture d’arrogance qu’il a adoptée vis-à-vis de tous ses interlocuteurs y compris vis-à-vis des collaborateurs proches est devenue intolérable. Son message ne passe plus d’autant que de toute évidence, il a choisi de privilégier les plus aisés. Si les résultats économiques étaient au rendez-vous on lui pardonnerait sans doute un peu cette posture jupitérienne. Malheureusement, les résultats sont absents. En raison bien sûr de la dégradation de la situation internationale mais pas seulement ; il y a des raisons supplémentaires en France liées aux erreurs de gestion du pays par exemple ce manque d’équilibre entre orientation économique et orientation sociale. Au boulet de l’arrogance, Macron ajoute maintenant le boulet de l’incompétence. Une situation qui n’est pas vraiment surprenante car ceux qui connaissent un peu les milieux politiques et économiques savent que Macron  ne dispose que d’une formation littéraire et que ses relations avec les réalités sociales et économiques ne sont qu’approximatives. Et ce n’est pas son passage éclair chez Rothschild qui a pu combler cette lacune. A 21 % de popularité la question de la légitimité de Mâcon se pose nécessairement. Non pas la légitimité juridique car son élection ne peut être remise en cause mais sa capacité à diriger un pays qui le rejette à plus de 70 % et n’espère rien gouvernement sur les questions centrales à 80 % et plus.

La fin du macronisme ?

La fin  du macronisme ?

 

 

On ne peut écarter l’hypothèse d’un écroulement brutal du macronisme, aussi soudain que son avènement imprévu. Sur quoi en effet reposait les vertus supposées du candidat Macron : sa jeunesse, son dynamism,e son refus des clivages et l’espérance d’un renouveau démocratique. Il ne reste plus grand-chose de tout cela hormis  le jeune âge de l’actuel président de la république. Son dynamisme s’est transformé en activisme avec des réformes minimalistes et souvent bâclées autant par incompétence que par manque de courage politique. Le pouvoir a notamment évité la réforme la plus stratégique pour moderniser le pays, à savoir : la transformation de l’État. Un État qui tue la compétitivité et l’initiative. On croyait Macron ni à droite ni à gauche ou encore un peu de droite et en même temps un peu de gauche. Dans les faits, il est totalement de droite après avoir accordé  notamment des allégements fiscaux aux plus privilégiés sans aucune contrepartie. Maintenant il faut boucher les trous et on sollicite les Français les moins favorisés via par exemple la hausse du carburant. On a souvent reproché à Macron un manque de capacité à expliquer son projet ; la vérité c’est que sa vision est très conventionnelle ; elle s’appuie sur les réflexions de salon de nombre d’experts coupés des réalités sociales et économiques. Une sorte de reprise des idées à la mode rajeunies par la dialectique anglo-saxonne de Macron. Où la France considérée comme une sorte de start-up où tout reposerait sur la digitalisation et la plus-value boursières en quelques années. Si Macron n’est pas parvenu à théoriser le macronisme,  c’est tout simplement que cette philosophie politique est une sorte de cocktail sulfureux ; mélange de néolibéralisme, d’étatisme, de souverainisme républicain et de grand laisser-aller sur des questions fondamentales comme par exemple la réindustrialisation ou la violence dans les banlieues. Sur le plan idéologique, le macronisme me ne repose sur rien de  solide, en outre il ne s’appuie sur aucune implantation locale aucune structure réellement démocratique. Pour l’essentiel des recyclés carriéristes d’autres partis, de nombreux cadres sans expérience politique ou légitimité sociale et des technocrates type Macron (qui a une formation uniquement littéraire) qui en réalité n’ont aucune compétence. Pour s’en persuader, il suffit de voir lors des débats télévisés comment les représentants d’ »en marche se montrent à la fois incompétent et sans consistance charismatique. Le macronisme  n’existe pas politiquement, c’est une fiction qui ne repose que sur la salle personnalité par ailleurs très fragile de Macron. Le macronisme pourrait bien disparaître avec son inspirateur aussi vite qu’il est venu. Avec maintenant seulement 21 % de popularité la question peut être posée.

« Macron, démission » , pourquoi ?

« Macron, démission » , pourquoi ?

 

C’est sans doute le slogan qui sera le plus scandé lors de la manifestation des gilets jaunes. Certains verront dans ce slogan une certaine  coloration politique de l’opposition en particulier de l’extrême droite. De ce point de vue,  on ne saurait nier qu’il y a tentative de récupération de la part d’une opposition qui ne peut cependant ignorer l’ampleur du mécontentement. Car de toute évidence,  la mobilisation ne se concentre pas uniquement autour de l’augmentation des prix du carburant, elle  enveloppe la fiscalité tout entière et au-delà l’échec de la politique économique et sociale de Macron. Macron  qui a même avoué dans sa dernière expression publique – «Je n’ai pas vraiment réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants», Une réconciliation effectivement impossible quand d’une part les résultats de la croissance, de l’emploi, pouvoir d’achat  aussi désespérément lamentables et « en même temps » injustes. La déception se nourrit de l’absence totale de résultat et le pire est à venir comme le prévoit les instituts de prévision. Mais la révolte découle aussi de l’attitude quasi monarchique d’un Macron condescendant et arrogant. Un président complètement hors sol qui veut imposer de dépenser 30 000 € pour une voiture dite écologique et 10 000 € pour le remplacement d’une chaudière à fuel. Des propositions complètement irresponsables et folles. Pas étonnant si Macron s’écroule totalement dans les sondagesIl y a de toute évidence quelque chose de pathétique dans la dégringolade de la popularité de Macron vis-à-vis de l’opinion publique. Depuis maintenant quatre mois le président ne cesse de chuter dans tous les sondages 75% soutiennent le mouvement des gilets jaunes ; Ce qui est pathétique, c’est que désormais quoi qu’il dise quoi qu’il fasse, Macron, n’est plus crédible. Cela d’abord en raison de résultats économiques catastrophiques. En effet alors qu’on espérait une croissance de 2,3 % en 2018 on avait retenu, on atteindra seulement de 1,5 %. Un niveau particulièrement dangereux (on avait retenu 2% dans le budget), celui qui commence à faire augmenter le chômage et qui provoque des déséquilibres financiers. Non seulement rien n’a changé depuis Macron mais la situation s’est détériorée. Comme tous les autres politiques, Macron a cru pouvoir changer la société par des lois et des décrets et en plus en se privant de la médiation des corps intermédiaires. Une erreur stratégique grave. D’abord parce que Macron ne connaît les réalités sociales et économiques qu’à travers les discussions de salon des élites, deuxièmement parce qu’il se prive des relais d’opinion que constituent les organisations politiques, professionnelles, syndicales et même des médias. La posture d’arrogance qu’il a adoptée vis-à-vis de tous ses interlocuteurs y compris vis-à-vis des collaborateurs proches est devenue intolérable. Son message ne passe plus d’autant moins qu’ il a choisi de privilégier les plus aisés. Si les résultats économiques étaient au rendez-vous, on lui pardonnerait sans doute un peu cette posture jupitérienne. Malheureusement, les résultats sont absents. En raison bien sûr de la dégradation de la situation internationale mais pas seulement ; il y a des raisons supplémentaires en France liées aux erreurs de gestion du pays par exemple ce manque d’équilibre entre orientation économique et orientation sociale. Au boulet de l’arrogance, Macron ajoute maintenant le boulet de l’incompétence. Une situation qui n’est pas vraiment surprenante car ceux qui connaissent un peu les milieux politiques et économiques et qui savent que Macron  ne dispose que d’une formation littéraire et que ses relations avec les réalités sociales et économiques ne sont qu’approximatives. Et ce n’est pas son passage éclair chez Rothschild qui a pu combler cette lacune. Les mauvaises nouvelles s’accumulent donc pour Emmanuel Macron. Après un été plombé par l’affaire Benalla,  la cote de popularité du président de la République continue de se dégrader pour atteindre son point le plus bas depuis son élection en mai 2017. Juridiquement sa légitimité ne peut être mise en cause, mais politiquement «  le slogan Macron démission » se justifie.

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Le monarque Macron refuse de se rendre au congrès des maires

Le monarque Macron refuse de se rendre au congrès des maires

Sur Franceinfo André Laignel, le premier vice-président de l’Association des maires de France (AMF) dénonce l’injure faite au congrès des maires par le refus de Macron d’y participer

 

Franceinfo : Emmanuel Macron ne viendra pas au congrès des maires de France. Comment le prenez-vous ?

André Laignel : Si c’est confirmé, puisqu’officiellement nous n’avons pas reçu de courrier répondant à notre invitation, ce serait une bien mauvaise manière. Mais ce n’est pas la première. Nous avons entendu expliquer en permanence que les élus locaux étaient trop nombreux, dépensiers, inefficaces et même, c’est une antienne du président de la République, clientélistes. Ce qui est reçu par les élus comme une véritable injure. Il y a ce mépris qui touche au plus profond d’eux-mêmes les élus. Ils sont à 90% totalement bénévoles, dévoué à leur commune.

Emmanuel Macron invitera les maires à l’Élysée. C’est symbolique ?

C’est un extraordinaire pied de nez à la décentralisation. Voilà que le lieu de la décentralisation serait l’Élysée, c’est à dire le lieu de l’hyper concentration. C’est un non-sens et cela sera ressenti très durement, très négativement, par l’ensemble des maires de France.

Un maire sur deux ne souhaite pas se représenter aux municipales de 2020. Vous comprenez pourquoi ?

Il y a de nombreuses raisons. Il y a la baisse de moyens considérable pour les communes. Il y a les exigences de nos concitoyens, souvent légitimes, mais auxquelles les élus ne sont plus capables de répondre. Il y a une forme de dédain, parfois de mépris à l’égard des élus locaux qui les blessent profondément. Et il y a la difficulté de la tâche qui s’est accrue. L’administration est de plus en plus complexe et prégnante.

Est-ce que le mouvement des gilets jaunes n’est pas poussé par les maires des petites communes ?

Qu’il y ait des maires qui s’engagent dans ce mouvement, c’est la réalité, comme s’engagent de nombreux citoyens. Mais ce n’est pas un mouvement des maires, bien évidemment. Mais c’est le signe d’un ras le bol général, d’une démocratie qui entre en déliquescence. Il est urgent de réagir, de redonner à la proximité, c’est-à-dire aux communes, la capacité de répondre aux attentes des citoyens. La démocratie locale, c’est ce qui permet le vivre ensemble. Battons-nous pour que ce vivre ensemble continue à être au cœur de la République. C’est à cela que nous nous engageons.

Europe : un échec pour tout le monde

Europe : un échec pour tout le monde

Arnaud Mercier, Université Paris 2 Panthéon-Assas analyse les causes de l’échec de l’Europe  notamment à travers le Brexit.

 

 

« Les lamentos diplomatiques, les cris d’orfraie officiels ou les postures viriles face au Royaume-Uni n’y changeront rien : la première sortie de l’Union européenne (UE) d’un pays est un événement historique (ce qui ne veut pas forcément dire catastrophique) dont le peuple britannique et ses dirigeants ne sont pas les seuls responsables. Tout le monde a sa part de responsabilité dans ce camouflet électoral, sur l’île comme sur le continent, dans la classe ouvrière britannique laissée à l’abandon comme dans les élites politiques des pays de l’union.

Les résultats de ce référendum sont un échec pour tout le monde : pour ceux qui se sont crus malins en l’organisant, pour ceux qui ont soufflé sur les braises du populisme et de la xénophobie pendant toute la campagne, pour ceux qui n’ont rien vu venir et qui croient encore aujourd’hui qu’on pourra continuer comme avant.

Voilà bien longtemps que la cause européenne a été trahie, que l’idéal des pères fondateurs a été foulé aux pieds, les gouvernements britanniques successifs y ayant d’ailleurs joué leur part. Que le divorce vienne d’un peuple parmi les plus réticents à intégrer l’Union n’a rien de totalement surprenant, mais il ne nous informe pas seulement sur la société britannique et l’incroyable médiocrité de sa classe politique, ce résultat en dit long aussi sur ce que ceux qui ont fait vivre le projet européen ont raté, au point de faire détester l’Europe à un nombre croissant de citoyens.

Les craintes exprimées en Grande-Bretagne par ce vote font en effet écho à bien d’autres qui s’expriment depuis plus d’une décennie dans les urnes continentales. Gardons-nous de faire de l’Angleterre le mouton noir de l’Europe pour mieux absoudre nos péchés ! Ces tensions, ces rejets, sont l’expression politique d’un malaise anthropologique et sociologique profond, qui touche au défaut d’articulation entre ce que devrait être la construction européenne et les défis que la mondialisation soulève, singulièrement sur le plan économique.

Revenons donc sur tous ces défis que les bâtisseurs politiques de l’Union ont su si bien rater pour qu’on en arrive là.

Les transformations profondes de nos sociétés contemporaines sont multiples, mais on peut synthétiser certaines des plus importantes autour de cinq notions clés.

  • Une mondialisation industrielle introduisant une concurrence mondiale des coûts salariaux et des productions industrielles qui induit une désindustrialisation durable de nombreux secteurs d’activité en Europe. Les secteurs d’activité de remplacement n’apparaissent pas tous visibles, et les travailleurs ne sont nécessairement tous aptes à entrer en reconversion. Il y a donc, fatalement, des victimes de cette mondialisation poussées à des formes de désespérance, ancrées qu’elles sont dans la certitude que cela ne pourra pas aller mieux ni pour eux, ni même – plus désespérant encore – pour leurs enfants.
  • Une mondialisation culturelle favorisée par la circulation des populations, des programmes audiovisuels et par l’Internet. Celle-ci induit deux mouvements déstabilisateurs en Europe : (a) la difficulté pour certains de bien tolérer, d’accepter la confrontation avec d’autres cultures qui sont des points de frottement obligeant à remettre en cause leurs certitudes, leurs visions du monde ; (b) la nécessité de s’ouvrir au monde pour faire de la mondialisation un atout et non un fardeau (apprentissage des langues étrangères, ouverture culturelle…), défi face auquel tout le monde ne part pas avec des chances égales, en fonction de l’âge, du niveau de diplôme, des ressources financières.
  • Une financiarisation de l’économie suite à toutes les dérégulations et libéralisations initiées dans les années 1980, sur des bases aussi idéologiques que vénales. Le néo-managérialisme nous a inventé tout un discours pour convaincre chaque salarié qu’il devait s’investir pleinement dans son entreprise, que chacun devenait responsable de l’éventuel échec de celle-ci, à chaque niveau de la production et de la relation client. Au même moment, le capitalisme financiarisé a déconnecté la production de richesses du travail, faisant du salarié la première des variables d’ajustement, et pour tout dire, souvent, une quantité négligeable, une matière flexible à qui on demande toujours plus au présent tout en promettant toujours moins d’avenir certain.
  • Une accélération du monde, si bien décrite par le sociologue allemand Hartmut Rosaqui se compose à la fois d’une accélération du rythme des changements sociaux et d’une accélération de nos rythmes de vie – avec les risques du burn out, de la déconnexion aux fondamentaux de l’existence, du sentiment d’être submergé par les sollicitations du monde, obligeant à devenir multitâches ou à connaître la frustration de ne pas faire tout ce qu’on nous enjoint de désirer faire.
  • Une complexification du monde, car les technologies du quotidien obligent à de plus en plus d’agilités numériques. D’autant qu’il ne s’agit pas seulement de changer d’une technique pour une autre et de retrouver une nouvelle zone de confort : nous sommes entrés dans une ère de changements permanents qui remet en cause régulièrement nos certitudes et compétences techniques acquises. La complexification se ressent aussi au niveau des défis éthiques que nos connaissances et que les avancées scientifiques déclenchent. Les manipulations d’embryons pour aller vers le clonage thérapeutique, les nanoparticules, la prise de conscience fine des dégâts pour la santé de multiples produits chimiques, etc. : autant de questions qui entremêlent régulation de la science, intérêts économiques puissants, droit des générations futures, respect de l’intégrité des personnes, morale et spiritualités.

Toutes ces évolutions sont autant de défis propres à créer de la désespérance au sens fort de perdre tout espoir, et donc de se replier sur ce qu’on vit comme des certitudes acquises, donc de se réfugier sur son territoire, son identité. Il n’y a pas de mondialisation et de financiarisation heureuses ! Et s’entendre servir cette fable par des élites économiques et culturelles bardées de diplômes et de langues, quand on manque de tous les capitaux requis pour s’adapter, a de quoi faire enrager.

Enragement redoublé par tout ce que les journalistes nous révèlent des évasions fiscales en tout genre, d’un capitalisme qui trahit les idéaux libéraux qui le portent historiquement, tant il est amoral et cynique. Voir parader les gagnants de cette économie du fric, entre paradis fiscaux, fraudes, et parachutes dorés engendre forcément des frustrations et des indignations viscérales. Il y a forcément des victimes de la mondialisation industrielle, et il appartient aux politiques de ne pas leur donner le sentiment qu’on les oublie, qu’on les abandonne à leur funeste sort, en détournant les yeux avec un brin de compassion dans le meilleur des cas, avec mépris dans le pire.

La mondialisation culturelle et les zones de frottement qu’elle introduit dans toute société – ce qu’avait bien montré l’anthropologue Claude Levi-Strauss dans Race et histoirenotamment – ne se résout ni en faisant l’éloge du multiculturalisme, ni en faisant semblant de ne pas voir des villes ou des quartiers s’enfoncer dans la misère en agrégeant les populations défavorisées françaises et immigrées, avec toutes les tensions qui vont de pair.

L’exaspération sociale et culturelle redouble alors la désespérance. Et même chez ceux qui ne vivent pas une situation économique précaire et difficile, l’identité culturelle peut être vécue comme menacée, du fait des zones de tolérance que la cohabitation culturelle oblige chacun à ouvrir. Traiter tous ces anxieux de la mondialisation culturelle de racistes ne suffit pas à résoudre le problème. Le jugement moral ne remplace pas des actions concrètes. Il aboutit même chez certains au résultat inverse, les renforçant dans leur sensation d’être assiégés dans leur propre pays et ils enragent plus encore.

Enfin, l’accélération et la complexification du monde induisent chez beaucoup, notamment chez les plus âgés, des réflexes de crainte, associés à la sensation de perdre la maîtrise sur l’évolution du monde mais aussi de leur monde quotidien. La perte de repère devient anxiogène, favorisant des recroquevillements sur ses zones de confort et de certitude, voire un repli régressif sur un passé idéalisé, subitement paré de toutes les vertus.

Sociologiquement, anthropologiquement, il est donc très explicable que de nombreux citoyens européens se sentent vulnérables, frustrés, oubliés, méprisés. Et le projet européen n’a pas su leur apporter un réconfort utile pour le faire désirer. Les bâtisseurs contemporains de l’Europe des « 28-1 », n’ont pas su construire l’Europe bouclier. Pire, ils ont généré l’Europe menace.

La volonté des pères fondateurs de l’Europe était de créer des « solidarités de fait » afin de créer chez les peuples, un sentiment d’intérêt partagé à vivre en bonne harmonie et ne plus avoir la tentation de se suicider collectivement par la guerre, comme durant les décennies précédentes.

« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait » (Robert Schuman, déclaration du 9 mai 1950).

Mettre en commun les productions du charbon et de l’acier, reconstruire une économie prospère en commençant par l’agriculture pour nourrir tout le monde à sa faim, favoriser la circulation des personnes et des biens, pour faciliter le dynamisme économique de tous et apprendre à se connaître les uns les autres : tels furent les leviers de cette ambition européenne, pour créer une zone de paix et de prospérité économique. 27 s

Pour se perpétuer, il devint évident, à partir des années 1980, qu’il fallait approfondir les liens politiques pour mieux coordonner les politiques de chaque État et devenir une Europe puissance. Pourtant, le choix prioritaire a été, suite à l’effondrement du système communiste à l’Est au début des années 1990, d’élargir, d’élargir encore, au point de ne plus savoir qui était européen ou pas, de diluer nos frontières sans assumer de fixer une identité européenne politique, culturelle ou géographique.

Avec la bénédiction d’une Grande-Bretagne qui se méfie ancestralement de toute idée de puissance continentale, l’Union européenne s’est donc diluée au fur et à mesure qu’elle s’élargissait, empêchant tout véritable approfondissement de la coordination politique. De projet politique, elle s’est muée en un club économique, où l’initiale libre circulation solidaire des biens et des personnes, est devenue un libre échange concurrentiel. Ce dévoiement porté par les acteurs industriels et financiers a trouvé de nombreux soutiens politiques, grâce aux promesses mirifiques des économies d’échelle, des réductions de dépenses publiques. Notons que la Grande-Bretagne a fortement appuyé cette orientation libre-échangiste concurrentielle.

Au lieu donc de construire une Europe bouclier, qui apporterait aux frontières extérieures des protections que les États-Unis ou la Chine savent si bien construire pour leurs intérêts, les fossoyeurs de l’idéal européen ont abdiqué une large part de la visée politique de ce projet pour faire de l’Union un lieu de réglementations uniformisantes, de dérégulations des spécificités nationales sans apporter de contreparties aux frontières extérieures. L’Europe devenue un théâtre redoublé de la mondialisation – avec dumping social, concurrence fiscale, célébration du libéralisme effréné – a alors généré naturellement des formes croissantes de rejet.

Un triple dévoiement politicien a abouti à ce référendum et à son résultat négatif.

L’Europe s’est construite par les hommes politiques nationaux qui n’ont cessé de considérer la construction européenne selon une logique diplomatique de négociations (pour ne pas dire de marchandages), où chacun jouait en priorité la préservation de ses intérêts nationaux globaux et de ses intérêts politiciens étroits. C’est donc sans grande transparence et sans être porté par une vision de l’Europe (d’autant plus difficile à porter qu’on a élargi à tour de bras !) que les fossoyeurs de l’idéal européen ont accumulé des demi-mesures, des accords bancals, des compromis boiteux, dont le dernier en date : les allègements de contraintes pour la Grande-Bretagne que David Cameron était venu arracher en février dernier, pensant ainsi sceller sa victoire.

Et à leurs faiblesses, ils ont souvent ajouté l’ignominie de ne pas assumer leurs décisions en accusant « Bruxelles », la Commission, et autres institutions européennes d’imposer leurs « diktats ». Là où, le plus souvent, la mesure en cause était votée par le représentant du gouvernement, mais dans un conclave fermé où les votes ne sont pas publics. Entre double discours et lâche défaussement sur les institutions européennes, il ne fallait plus grand-chose pour que « l’Europe », « Bruxelles » deviennent des boucs émissaires commodes, d’autant plus faciles à invoquer que la lisibilité du circuit de décision est opaque, voire franchement illisible, à force d’improbables compromis entre les institutions et les États.

Et, dernier clou dans le cercueil de l’idéal européen, à la désespérance sociale, au repli identitaire, aux sensations d’être dépassé, débordé répondent des leaders politiques aussi populistes que démagogues, flattant les plus bas instincts. Au lieu de trouver un discours pour apaiser les craintes, ils jouent sur les peurs, les exacerbent, et quand cela ne suffit pas ils en créent, grâce à d’invraisemblables bobards, comme l’a si magistralement fait Boris Johnson dont les ambiguïtés ont été démasquées jusque dans son propre camp, qui l’a lâché au moment de recueillir le fruit de ses vilenies, lui interdisant de devenir premier ministre. Mais en Autriche, en France, en Flandre, en Hongrie, ou ailleurs, les mêmes fonds de sauce peu ragoûtants sont servis, véritables tambouilles politiciennes recuites, saupoudrées d’épices vieillies des années 30.

Il ne faut pas sombrer dans la nostalgie des pères fondateurs, au point de croire qu’il suffirait de revenir au message initial. L’histoire a creusé son sillon, les enjeux sont différents, l’élargissement n’est pas forcément une faute en soi, s’il n’avait été fait après un approfondissement préalable, en assumant une logique des cercles concentriques, où tous les pays n’approfondiraient pas leurs relations au même rythme. Mais ce qui fait défaut, c’est un dessein, une vision nouvelle, capable de répondre à trois défis majeurs :

  • faire régresser les discours anti-européens qui se repaissent des errements institutionnels et politiques de la construction européenne, en mettant fin à ces errements et aux excès d’interventionnisme de certains règlements européens au profit d’un « principe de subsidiarité » (cher à Jacques Delors) où ce qui peut rester à l’échelon national pour être mieux gérer, doit y rester ;
  • faire de l’Europe le bouclier économique et social qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être, afin de nourrir un sentiment de confiance dans ce projet politique, grâce aux intérêts que chacun en retire ;
  • cesser de se réfugier dans un discours lénifiant du « plus d’Europe », en croyant ainsi répondre aux attaques et au rejet, alors que c’est dans une articulation claire, lisible, entre le national et la supranational que repose la confiance des peuples, dont l’horizon politique reste national. Car il n’existe pas, pour bien des raisons, un espace public européen qui serait un lieu de délibération unifié des peuples qui composent l’Union européenne.

L’avenir de l’Union européenne se trouve donc dans une forme inédite de fédéralisme coordinateur et protecteur, à inventer par des dirigeants qui auraient la trempe d’hommes d’État visionnaires refusant la démagogie et les calculs de petits boutiquiers nationaux.

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Par Arnaud Mercier, Professeur en Information-Communication à l’Institut Français de presse, Université Paris 2 Panthéon-Assas

Griveaux qui confond Maurras et Bloch, mais quel abruti !

Griveaux  qui confond  Maurras et Bloch, mais quel abruti !

 

Il faut vraiment écouter avec intérêt Benjamin Griveaux-dit langue de bois en chêne- depuis qu’il est apparu sur la scène politique nationale et au gouvernement. En effet l’intéressé se caractérise par une absence totale de charisme et d’intelligence ;  un véritable perroquet qui reprend avec maladresse, agressivité et prétention la voix de son maître. Tellement courtisan qu’il a même accepté qu’on coupe les pieds de sa chaise pour que Macron ne paraisse pas plus grand que lui lors des cérémonies de signature des décrets royaux (les lois, pour faire comme Trump !). Benjamin Griveaux est l’archétype de cette catégorie d’oligarques sortis de l’ENA dotée d’un grand pouvoir d’imitation et de répétition mais sans une once de créativité et de compassion. Bref l’abruti total en dépit- ou à cause -de son passage à l’ENA. La pensée est glauque, comme le regard ou la. Une curieuse transformation du pays celle qui consiste à demander aux Français dont le salaire moyen se situe autour de 1750 € et dont certains doivent se satisfaire seulement 1000 € voire moins de consacrer 30 000 € pour l’achat d’une voiture dite plus écologique ou 10 000 € au moins pour le changement d’une chaudière à fuel. Normal sans doute pour cet ancien socialiste, fils de notaire et d’une avocate,  qui entretient des liens approximatifs avec les réalités sociales. Pas étonnant non plus que le PS soit sur la voix de l’extinction ! «Lorsqu’on transforme en profondeur le pays, ça appelle beaucoup de pédagogie, de patience, de l’écoute», a en effet le porte-parole du gouvernement au micro de France inter. Avant d’insister sur la nécessité pour les ministres d’«écouter des élus, des associations, des entreprises, ceux qui font vivre des territoires et qui trouvent des solutions concrètes aux problèmes des gens». «C’est le pays légal qui rencontre le pays réel», a-t-il résumé, «pour reprendre les propos de Marc Bloch il y a bien longtemps». Sauf que ces mots ne sont pas ceux de l’auteur de L’Étrange défaite, juif, républicain et résistant, fusillé par la Gestapo en 1944. La distinction entre «pays» et «légal et pays réel» a été formulée à la fin du XIXe siècle par l’écrivain Charles Maurras, théoricien du nationalisme intégral. Cet ancien académicien antisémite, auteur d’essais et de poèmes, antiallemand convaincu mais fidèle du maréchal Pétain, a été condamné en 1945 à la dégradation nationale et à la réclusion à perpétuité, pour intelligence avec l’ennemi et haute trahison. Griveaux, lui,  devrait être symboliquement condamné pour manque d’intelligence avec la culture.

 

« Macron, démission »

« Macron, démission » 

 

C’est sans doute le slogan qui sera le plus scandé lors de la manifestation des gilets jaunes. Certains verront dans ce slogan une certaine  coloration politique de l’opposition en particulier de l’extrême droite. De ce point de vue,  on ne saurait nier qu’il y a tentative de récupération de la part d’une opposition qui ne peut cependant ignorer l’ampleur du mécontentement. Car de toute évidence,  la mobilisation ne se concentre pas uniquement autour de l’augmentation des prix du carburant, elle  enveloppe la fiscalité tout entière et au-delà l’échec de la politique économique et sociale de Macron. Macron  qui a même avoué dans sa dernière expression publique – «Je n’ai pas vraiment réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants», Une réconciliation effectivement impossible quand d’une part les résultats de la croissance, de l’emploi, pouvoir d’achat  aussi désespérément lamentables et « en même temps » injustes. La déception se nourrit de l’absence totale de résultat et le pire est à venir comme le prévoit les instituts de prévision. Mais la révolte se nourrit aussi de l’attitude quasi monarchique d’un Macron condescendant et arrogant. Un président complètement hors sol qui veut imposer de dépenser 30 000 € pour une voiture dite écologique et 10 000 € pour le remplacement d’une chaudière à fuel. Des propositions complètement irresponsables et folles. Pas étonnant si Macon s’écroule totalement dans les sondages. Il y a de toute évidence quelque chose de pathétique dans la dégringolade de la popularité de Macron vis-à-vis de l’opinion publique. Depuis maintenant quatre mois le président ne cesse de chuter dans tous les sondages 75% soutiennent le mouvement des gilets jaunes ; Ce qui est pathétique, c’est que désormais quoi qu’il dise quoi qu’il fasse Macron, n’est plus crédible. Cela d’abord en raison de résultats économiques catastrophiques. En effet alors qu’on espérait une croissance de 2,3 % en 2018 on avait retenu, on atteindra seulement de 1,5 %. Un niveau particulièrement dangereux (on avait retenu 2% dans le budget), celui qui commence à faire augmenter le chômage et qui provoque des déséquilibres financiers. Non seulement rien n’a changé depuis Macron mais la situation s’est détériorée. Comme tous les autres politiques, Macron a cru pouvoir changer la société par des lois et des décrets et en plus en se privant de la médiation des corps intermédiaires. Une erreur stratégique grave. D’abord parce que Macron ne connaît les réalités sociales et économiques qu’à travers les discussions de salon des élites, deuxièmement parce qu’il se prive des relais d’opinion que constitue les organisations politiques, professionnelles, syndicales et même des médias. La posture d’arrogance qu’il a adoptée vis-à-vis de tous ses interlocuteurs y compris vis-à-vis des collaborateurs proches est devenue intolérable. Son message ne passe plus d’autant que de toute évidence, il a choisi de privilégier les plus aisés. Si les résultats économiques étaient au rendez-vous on lui pardonnerait sans doute un peu cette posture jupitérienne. Malheureusement, les résultats sont absents. En raison bien sûr de la dégradation de la situation internationale mais pas seulement ; il y a des raisons supplémentaires en France liées aux erreurs de gestion du pays par exemple ce manque d’équilibre entre orientation économique et orientation sociale. Au boulet de l’arrogance, Macron ajoute maintenant le boulet de l’incompétence. Une situation qui n’est pas vraiment surprenante car ceux qui connaissent un peu les milieux politiques et économiques et qui savent que Macron  ne dispose que d’une formation littéraire et que ses relations avec les réalités sociales et économiques ne sont qu’approximatives. Et ce n’est pas son passage éclair chez Rothschild qui a pu combler cette lacune. Les mauvaises nouvelles s’accumulent donc pour Emmanuel Macron. Après un été plombé par l’affaire Benalla,  la cote de popularité du président de la République continue de se dégrader pour atteindre son point le plus bas depuis son élection en mai 2017. Juridiquement sa légitimité ne peut être mise en cause, mais politiquement «  le slogan Macron démission » se justifie.

 

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