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Salaire des professeurs: Un doublement qui provoquerait une hausse de tous les fonctionnaires

 Salaire  des professeurs: Un doublement qui provoquerait une hausse de tous les fonctionnaires

L’économiste Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la multiplication par deux des salaires des personnels en contact avec les élèves, comme le suggère Anne Hidalgo, provoquerait de graves distorsions sur le marché du travail.

 

Tribune.

 

Anne Hidalgo a proposé le 13 septembre de « multiplier par deux au moins le salaire de toutes les personnes en contact avec les élèves ». Certains, comme La France insoumise, chiffrent le coût de la mesure à 60 milliards d’euros, tandis que d’autres, comme Jean-Michel Blanquer, parlent de 150 milliards d’euros. Vaste débat (comment financer ?), mais l’essentiel n’est pas là.

Au-delà du chiffrage de ce coût considérable, et si à peu près tout le monde s’accorde sur la nécessité de revaloriser le salaire dans le monde enseignant, cette mesure entraînerait de multiples distorsions sur le marché du travail que Mme Hidalgo n’a sans doute pas vues et qui dépassent le cadre des enseignants.

Une telle mesure conduirait à revoir toute la grille de rémunération de l’ensemble des fonctionnaires. On ne pourrait pas payer un ou une jeune attaché d’administration, voire un ou une jeune énarque, nettement moins qu’un enseignant débutant. Ou alors, on ne trouverait plus personne à recruter dans la fonction publique en dehors de l’éducation nationale.

Pour pouvoir comparer les salaires à l’échelle mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) les transcrit dans une valeur commune – le dollar américain – en incluant les primes. En 2019, un enseignant français du premier degré gagne ainsi 31 300 dollars brut par an (25 643 euros), pour plus de 60 000, au même niveau d’ancienneté, en Allemagne, et 33 914 en moyenne dans les pays de l’OCDE. Les enseignants français souffrent à la fois d’une rémunération plus faible et d’une progression plus lente : en milieu de carrière (après quinze ans d’expérience), un enseignant français gagne 38 173 dollars brut par an, pour 48 801 dollars de salaire moyen dans l’OCDE.

Du côté des personnels non enseignants, un personnel de cantine et d’entretien pourrait-il sérieusement gagner deux fois plus que son équivalent dans le secteur privé ? Et quid des personnels d’entreprises extérieures qui interviennent pour le nettoyage des collèges, des lycées ou des universités ?

Un jeune ingénieur ou une jeune ingénieure pourraient-ils gagner nettement moins qu’un professeur ou une professeure des écoles débutants ?

De plus, au-delà de l’école, du collège et du lycée, la mesure devrait évidemment être étendue à l’université. Il serait difficile d’envisager qu’un jeune maître de conférences, nécessairement titulaire d’un doctorat, bac + 8, gagne deux fois moins qu’un professeur des écoles débutant.

Enfin, une telle mesure amènerait un enseignant débutant à gagner autant que des cadres confirmés. Il s’ensuivrait une telle distorsion dans le monde du travail que les salaires du secteur privé eux-mêmes ne pourraient qu’augmenter, entraînant l’ensemble de la masse salariale des entreprises brutalement vers le haut, ce qui ne pourrait que nuire à la compétitivité. Un jeune ingénieur ou une jeune ingénieure pourraient-ils gagner nettement moins qu’un professeur ou une professeure des écoles débutants ?

Malgré son aspect nécessaire, cette mesure de revalorisation des rémunérations dans l’enseignement ne tient pas suffisamment compte de la réalité du marché du travail, de sa porosité même partielle entre public et privé, et entre professions.

Présidentielle 2022 : Christiane Taubira qui avait fait perdre Jospin cette fois ne sera pas candidate

Présidentielle 2022 : Christiane Taubira qui avait fait perdre Jospin cette fois ne sera pas candidate

 

Cette fois Christiane Taubira qui avait fait perdre Jospin ne veut pas être accusée de la même erreur «Je ne peux pas venir contribuer à l’éparpillement.» Sur France Inter, ce matin, Christiane Taubira a annoncé qu’elle ne serait pas candidate pour l’élection présidentielle de 2022. «Je ne peux pas venir m’aligner. Je ne peux pas dire que notre chance, c’est de sortir de la confusion, d’éviter la dispersion, de voir comment nous additionnons nos forces et les faisons converger, et en même temps dire que je viens apporter mon obole», a-t-elle expliqué.

Un moteur Safran qui réduit jusqu’à 80% les émissions de CO2

Un moteur Safran qui réduit jusqu’à 80% les émissions de CO2

Safran Helicopter Engines, leader mondial des turbines d’hélicoptères, et Safran Tech ont réalisé ces dernières semaines à Bordes (Pyrénées Atlantiques), une première mondiale : la rotation au banc d’essai BEARCAT (1) mis au point par Safran Tech, d’un moteur d’hélicoptère (Makila 2) avec 100 % de carburant d’aviation durable (SAF) durant une campagne d’essais au sol, qui a débuté le 24 août et a duré une trentaine d’heures, dont une vingtaine d’heures avec 100% de SAF.

Avec une incorporation de 100%, ces carburants permettraient de réduire jusqu’à 80 % les émissions de CO2, grâce à un bilan carbone réduit sur l’ensemble de leur cycle de vie, assure Safran.

Afghanistan : l’abandon américain qui change les équilibres

Afghanistan : l’abandon américain qui change les équilibres

Un article du Wall Street Journal souligne que l’abandon de la pianiste par les Américains bouleverse nombre d’équilibres mondiaux.

 

Quand le gouvernement afghan s’est effondré le 15 août dernier, la Chine a eu du mal à dissimuler sa satisfaction : même si les Etats-Unis ont expliqué que leur départ s’expliquait en grande partie par une volonté d’allouer plus de ressources à la question chinoise, Pékin a jugé que la victoire des talibans était une humiliation pour son principal rival.

Lors d’un point presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a évoqué la mort de Zaki Anwari, ce footballeur de 17 ans tombé du train d’atterrissage d’un C-17 américain qui quittait Kaboul. « Le mythe américain est mort, a-t-elle affirmé. Les gens sont de plus en plus nombreux à s’en rendre compte. »

Même son de cloche en Russie, où les médias d’Etat se sont largement réjouis de la situation, tout en redoutant que la débâcle afghane n’ait des conséquences sur les fragiles alliés de Moscou en Asie centrale. « Morale de l’histoire : n’aidez pas les Américains, a tweeté Margarita Simonian, rédactrice en chef de la chaîne de télévision RT. Profiter et se casser, c’est tout ce qu’ils savent faire. »

Mais maintenant que deux décennies de guerre ont pris fin en Afghanistan, la joie malsaine fait place à une interrogation plus objective : quelles seront les conséquences de la guerre et du retrait américain sur l’équilibre des pouvoirs ?

« Le retrait soudain et chaotique des forces américaines d’Afghanistan n’est pas une bonne nouvelle pour la Chine, estime Ma Xiaolin, spécialiste des relations internationales à l’université Zhejiang de Hangzhou, soulignant que l’Amérique continue de l’emporter sur le plan technologique, industriel et militaire. La Chine n’est pas prête à remplacer les Etats-Unis dans la région »

L’incroyable effondrement du gouvernement soutenu par les Etats-Unis a révélé les limites de la puissance militaire de l’Oncle Sam. Les insoutenables scènes de désespoir dans Kaboul ont déçu et attristé un certain nombre d’alliés des Américains, à commencer par les Européens, et considérablement entaché l’image de l’Amérique.

Et même si, officiellement, elles se rengorgent de la faiblesse américaine, la Chine et la Russie semblent tout à fait conscientes que les Etats-Unis ne seront pas les seuls à y laisser des plumes.

Sur le plan de la force militaire pure et de l’activité économique, les Etats-Unis restent la première puissance mondiale. Avec le départ d’Afghanistan, Washington dispose de davantage de ressources à consacrer à sa concurrence stratégique avec la Chine et la Russie, qui veulent redessiner un ordre mondial qui favorise depuis des décennies les intérêts américains et ceux de leurs alliés.

Et contrairement à ces deux pays tout proches de l’Afghanistan, de l’afflux de réfugiés en passant par le terrorisme et le trafic de drogue, les Etats-Unis sont à des milliers de kilomètres des conséquences directes du retour au pouvoir des talibans. La gestion de la question afghane est un problème qui échoit désormais de plus en plus à Moscou, Pékin et leurs alliés régionaux.

« Le retrait soudain et chaotique des forces américaines d’Afghanistan n’est pas une bonne nouvelle pour la Chine, estime Ma Xiaolin, spécialiste des relations internationales à l’université Zhejiang de Hangzhou, soulignant que l’Amérique continue de l’emporter sur le plan technologique, industriel et militaire. La Chine n’est pas prête à remplacer les Etats-Unis dans la région. »

Dimanche, lors d’une conférence téléphonique avec Antony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré que les Etats-Unis devaient rester impliqués dans le dossier afghan, notamment en aidant le pays à conserver une certaine stabilité et à combattre le terrorisme et la violence, indique un communiqué publié sur le site de la diplomatie chinoise.

Moscou a également exhorté Washington et ses alliés à ne pas s’en aller pour de bon. Zamir Kabulov, envoyé spécial du président Vladimir Poutine pour l’Afghanistan, a ainsi demandé aux pays occidentaux de rouvrir leurs ambassades à Kaboul et de négocier avec les talibans pour reconstruire l’économie. « Cela vaut avant tout pour les pays dont les armées ont été stationnées dans le pays pendant vingt ans et qui ont provoqué le chaos de ces derniers jours », a-t-il affirmé à la télévision russe.

Les universitaires chinois qui conseillent les autorités estiment que les Etats-Unis vont utiliser leurs ressources militaires pour contrer Pékin, notamment dans le Pacifique occidental, et faire preuve de davantage de détermination sur un sujet dont l’importance stratégique est aujourd’hui l’un des rares qui fassent consensus entre les partis.

Lors du discours prononcé en avril dans lequel il annonçait le retrait d’Afghanistan après une guerre qui a coûté des centaines de milliards de dollars et 2 465 vies américaines, le président Biden a justifié sa décision de la façon suivante : « plutôt que nous battre à nouveau contre les talibans, nous devons nous concentrer sur les défis qui nous attendent ». « Il faut consolider la compétitivité américaine face à la concurrence acharnée que livre une Chine de plus en plus volontariste », a-t-il ajouté.

Une décision stratégique

En conservant une toute petite présence militaire (dans le soutien aérien, le renseignement et la logistique, mais sans troupes au sol), les Etats-Unis auraient pu aider la république afghane à repousser les talibans pendant des années, voire des décennies. Mais au lieu d’essuyer une défaite comme celle qu’elle a subie dans les années 1970 au Vietnam, l’Amérique a choisi de s’en aller, quitte à provoquer des remous.

« A Moscou, dans les hautes sphères, on comprend que la machine militaire américaine et les composantes de la supériorité mondiale de l’Amérique ne menaient nulle part, et l’idée de ne pas mener de guerre perpétuelle est une bonne idée, souligne Alexander Gabuev, membre du Carnegie Moscow Center. Oui, la concrétisation a été désastreuse, mais la volonté de concentrer les ressources sur les axes prioritaires, notamment en Asie orientale et en Chine, provoque ici un certain malaise, une certaine inquiétude… et met au jour la démarche stratégique. »

Selon lui, du côté russe, on espère que les conséquences du retrait américain entraîneront un accroissement de la polarisation de la vie politique américaine et porteront préjudice à la relation qu’entretiennent les Etats-Unis et leurs alliés.

Les tensions sont d’ailleurs déjà bien réelles, surtout depuis que Joe Biden a refusé la demande des Européens, qui souhaitaient que les Etats-Unis retardent leur départ pour pouvoir évacuer leurs ressortissants et les réfugiés afghans. Des dizaines de milliers de personnes attendent encore de quitter le pays.

Le Royaume-Uni, le plus fidèle allié des Américains, a lui aussi publiquement critiqué le retrait. Tom Tugendhat, président du comité des affaires étrangères de la Chambre des communes et vétéran de la guerre en Afghanistan, a comparé la débâcle de Kaboul à la crise du canal de Suez en 1956, qui avait révélé les limites de la puissance britannique et précipité le désengagement stratégique du royaume.

« En 1956, tout le monde savait que l’Empire britannique était mort, mais la crise de Suez l’a montré de façon patente. Depuis la présidence de Barack Obama, le mouvement général est au retrait, mais cet épisode a rendu les choses bigrement claires », a-t-il déclaré lors d’un entretien.

Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la Russie et la Chine, selon lui.

« Dans les faits, le mauvais comportement de la Chine et de la Russie n’est possible que parce que le monde est organisé par les Américains, a-t-il estimé. On ne peut être un adolescent turbulent que quand on a un père qui mettra de l’essence dans la voiture quoi qu’il arrive. »

Le retrait américain a aussi fait naître des inquiétudes à Taïwan, le petit Etat insulaire démocratique que Pékin veut remettre dans son giron, par la force s’il le faut. Une loi oblige les États-Unis à aider Taïwan à se défendre. Mais après que des politiciens pro-Pékin ont prévenu qu’il ne faudrait pas compter sur l’aide américaine en cas d’invasion chinoise, la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, a publié un communiqué affirmant que le pays devait renforcer ses propres capacités.

La majorité des alliés et partenaires des Etats-Unis en Asie pensent désormais que le pays va enfin pouvoir mettre en place le « focus sur l’Asie » promis par l’administration Obama ; destiné à contrer la Chine, il n’a jusqu’à présent pas donné de résultats, l’Afghanistan et le Moyen-Orient occupant les esprits.

« Tout le monde a compris qu’il y avait des leçons à tirer, résume Paul Choi, ancien responsable militaire sud-coréen et conseiller des forces américaines désormais consultant en sécurité à Séoul. Sur une note plus positive, ce que les alliés asiatiques voudraient, c’est plus d’attention, plus de ressources humaines, plus de formation des personnels axées sur cette région plutôt que sur, au hasard, la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient. »

Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, a estimé début août que les événements à Kaboul n’ouvraient aucune brèche dans laquelle Moscou ou Pékin pourraient s’engouffrer. « Notre message est très clair : comme le prévoit le Taiwan Relations Agreement, nous serons aux côtés des citoyens de Taïwan, a-t-elle affirmé. Nous sommes aux côtés de nos partenaires qui font l’objet de ce type de propagande de la part de la Russie ou de la Chine, nous tiendrons nos engagements par des actions. »

Si le chaos afghan a, au moins temporairement, miné la crédibilité des Etats-Unis auprès de leurs partenaires et alliés, de Taïwan à Israël en passant par l’Ukraine, ces relations sont fondées sur des engagements bien particuliers qui, contrairement à l’expédition afghane, n’ont pas de date péremption. En outre, Washington martèle depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir (il y a donc plus de dix ans) sa volonté de quitter l’Afghanistan, même si bon nombre de dirigeants locaux n’y ont pas cru.

Slawomir Debski, directeur de l’institut polonais des affaires internationales, un think tank influent basé à Varsovie, souligne que la situation à Kaboul n’aura que très peu d’influence sur ce qui intéresse son pays : la capacité de l’Amérique et de l’Otan à modérer les ambitions russes.

« Personne, parmi les alliés, n’a critiqué l’administration Biden pour sa décision de quitter le pays, c’est la mise en œuvre catastrophique qui a été critiquée, explique-t-il. Mais cela ne change rien au fondement des relations : notre alliance avec les Américains est suffisamment ancienne pour que l’on sache qu’ils font des erreurs facilement évitables. »

En 2001, les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan parce que les talibans, qui dirigeaient le pays à l’époque, avaient accueilli Oussama ben Laden et d’autres responsables d’Al-Qaïda qui avaient fomenté les attentats du 11 Septembre. Depuis, d’autres groupes islamistes, dont le très radical Etat islamique (Daech), se sont établis ailleurs dans le monde, du Mozambique aux Philippines en passant par l’Afrique de l’Ouest.

L’Afghanistan, où Daech a perpétré jeudi dernier un attentat qui a coûté la vie à 200 Afghans et 13 soldats américains, partage un petit morceau de zone montagneuse avec la Chine et une frontière aussi longue que poreuse avec le Tadjikistan et d’autres pays d’Asie centrale par lesquels passent des millions de travailleurs migrants qui se rendent en Russie.

Lors de récentes visites en Russie et en Chine, les responsables talibans ont assuré à leurs hôtes qu’ils empêcheraient les terroristes internationaux de s’installer dans leur pays.

« Pour le moment, les talibans ont le bon discours : ils ne laisseront pas leur territoire servir de base à des activités terroristes ciblant le Xinjiang à l’est ou l’Asie centrale au Nord, indique Andrey Kortunov, directeur général du Russian International Affairs Council, un think tank moscovite qui conseille le gouvernement. Mais ce ne sont que des mots… pour le moment, il y a beaucoup plus de questions que de réponses. »

Pour la Chine, le principal enjeu est la présence de militants ouïghours du mouvement islamique du Turkestan oriental et de son successeur, le Parti islamique du Turkestan. Les Nations unies estiment que quelque 500 militants ouïghours se trouvent en Afghanistan, essentiellement dans la région du Badakhshan, au nord-est du pays.

Hanif Atmar, ministre des Affaires étrangères du gouvernement déchu, a déclaré dans un entretien début août que le déploiement de ces militants, dont certains sont revenus en Afghanistan après avoir combattu en Syrie, faisait partie des raisons qui expliquent l’offensive éclair des talibans dans le nord du pays. Le porte-parole des talibans, Suhail Shaheen, ainsi que d’autres hauts responsables, ont expliqué que les nouveaux patrons du pays ne se mêleraient pas des affaires internes de la Chine.

Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères, a évoqué la question avec le mollah Abdul Ghani Baradar, chef du bureau politique des talibans, quand les deux hommes se sont rencontrés en Chine fin juillet. A l’issue de la réunion, Pékin a indiqué avoir clairement exposé ses exigences, et demandé aux talibans de rompre les liens avec toutes les organisations terroristes et de prendre des mesures fortes contre le mouvement islamique du Turkestan oriental.

Même si elle veut absolument réussir là où les Etats-Unis ont échoué, la Chine ne souhaite pas s’ingérer dans la vie politique afghane ni prendre le risque de financer ad vitam aeternam un Etat afghan en faillite. De fait, la force militaire chinoise n’a pas beaucoup d’expérience en dehors du territoire national.

La Russie, qui a beaucoup souffert en Afghanistan, marche elle aussi sur des œufs. « L’Afghanistan est un pays à part, souligne Fiodor Loukianov, directeur du conseil russe de politique étrangère et de défense. Il a montré à de nombreuses reprises qu’y mener de grandes manœuvres ne profite à personne. »

Wang Huiyao, président du Center for China and Globalization, un think tank pékinois, et conseiller du Conseil des affaires de l’État, évoque l’exemple du Vietnam, théâtre d’une défaite cuisante pour les Etats-Unis et désormais partenaire important du pays en Asie.

« Il s’est passé la même chose quand les Américains sont partis du Vietnam en 1975 : les gens ont dit que le pays allait tomber dans le giron des Chinois ou des Russes, rappelle Wang Huiyao. Regardez ce qu’il est devenu. »

Vivian Salama a contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Une politique environnementale qui manque d’ambition

 

 

Dénonçant la politique de l’exécutif qu’il juge peu ambitieuse, le directeur général de Greenpeace France appelle, dans une tribune au « Monde », à « prendre des mesures fortes » alors que s’ouvre à Marseille le Congrès mondial de la nature.(Extrait)

 

Alors que, du 3 au 11 septembre, les yeux seront rivés sur la France, hôte du Congrès mondial de la nature, organisé à Marseille par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Emmanuel Macron s’apprête à revêtir une nouvelle fois son costume de « champion de la Terre » pour parader sur la scène internationale.

Mais, si le président porte en apparence des positions volontaristes sur le climat et la biodiversité, la réalité est tout autre : tant à domicile que dans les négociations internationales, la France est loin de porter et de mettre en œuvre des mesures suffisantes pour freiner la crise de la biodiversité.

Le déclin de la nature est sans précédent : il y a une urgence absolue à prendre des décisions fortes pour protéger les écosystèmes, dont l’équilibre est directement menacé par nos modes de production et de consommation. La crise climatique et la perte vertigineuse de biodiversité sont inextricablement liées. Les feux qui ont ravagé plusieurs parties du monde ces dernières semaines en témoignent : l’emballement climatique mondial provoque davantage de phénomènes météorologiques extrêmes, qui eux-mêmes portent atteinte à la biodiversité. Inversement, la perte de biodiversité, en partie directement induite par les activités humaines, entraîne un dérèglement climatique à l’échelle mondiale.

 

Le constat du rapport du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] publié il y a trois semaines est sans équivoque : plus nous rejetons de CO₂ dans l’atmosphère, moins les puits de carbone tels que les forêts, les sols et les océans sont efficaces pour absorber ce CO₂.

En somme, si nous n’agissons pas aujourd’hui pour les protéger et réduire nos émissions, la machine va s’emballer et nous ne serons bientôt plus en mesure de l’arrêter. L’équilibre mondial en sera irrémédiablement bouleversé, menaçant la survie de l’humanité.

Pourtant, notre gouvernement s’obstine à mener une écologie des petits pas, des tergiversations et des reculades. Cela s’est illustré ces derniers mois par l’adoption d’une loi Climat et résilience sans ambition, vidée de la substance des propositions de la convention citoyenne pour le climat. Cela se voit également au quotidien sur la scène internationale, où Emmanuel Macron refuse de mettre un terme définitif à des accords de libre-échange climaticides comme le projet d’accord Union européenne (UE)-Mercosur qui pourrait entraîner une augmentation de la déforestation dans les pays du Mercosur, jusqu’à 25 % par an pendant six ans.

Un comité de mission qui ne sert pas grand chose

Un comité de mission qui ne sert pas grand chose

 

 

La loi relative à la croissance et à la transformation des entreprises a créé un comité distinct du CA et consacré exclusivement au suivi de la mission de l’entreprise. Or le doublement des instances n’a jamais vraiment fonctionné, explique, dans sa chronique, Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon. (Les Echos)

 

« Il serait heureux que le toilettage de la loi Pacte qui s’annonce permette de redéfinir la place du comité de mission. Plutôt qu’une instance supplémentaire, il s’agirait d’en faire un comité du CA, au même titre que les comités d’audit ou de nomination. »

La loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) de 2019 a institué un comité indépendant chargé d’évaluer les engagements pris par l’entreprise qui choisit le statut de société à mission. Le pouvoir de ce comité reste néanmoins flou, chaque entreprise pouvant le composer à sa guise en respectant la seule obligation d’intégrer au moins un membre de son personnel. Cette ambiguïté est assez typique de la manière dont les réformes de fond sont conçues en France en matière de gouvernance d’entreprise.

Il existe en effet deux voies pour faire évoluer celle-ci.

La première consiste à renforcer la responsabilité des structures existantes, et en premier lieu celle du conseil d’administration (CA).

La seconde conduit à multiplier les instances de gouvernance pour confier à chacune d’elles une partie des responsabilités de l’entreprise à l’égard de son écosystème.

La première voie a été utilisée par les lois successives sur la parité hommes-femmes qui ont défini un quota minimal de 40 % de membres de l’un ou de l’autre sexe dans les CA des entreprises de plus de 250 salariés.

 

La seconde voie a été privilégiée par la loi Pacte, qui a donc créé un comité distinct du CA et consacré exclusivement au suivi de la mission de l’entreprise.

Cette manière de procéder par empilement de lieux de pouvoir avait déjà été adoptée par les lois Auroux de 1983. Celles-ci avaient cherché à réévaluer le pouvoir du comité d’entreprise pour en faire un lieu de décision attentif au travail, contrebalançant le CA supposé orienter les stratégies au nom des intérêts du capital. Sur la même question, les Allemands ont choisi, eux, la première voie en instaurant, depuis 1976, la parité entre les travailleurs et les actionnaires au cœur de leurs conseils.

Fusion nucléaire : un progrès qui pourrait être significatif

Fusion nucléaire : un progrès qui pourrait être significatif

Un  laboratoire californien, rattaché au département de l’Énergie des États-Unis, s’est félicité d’avoir produit davantage d’énergie que jamais auparavant grâce à la fusion nucléaire (aujourd’hui la totalité du parc nucléaire mondial utilise la technique de la fission ). L’expérience, qui s’est déroulée le 8 août dernier, « a été permise par la concentration de la lumière de lasers », pas moins de 192,  »sur une cible de la taille d’un plomb » de chasse, expliquent les chercheurs dans un communiqué de presse.

Cela a eu pour effet de « produire un point chaud du diamètre d’un cheveu, générant plus de 10 quadrillions de watts par la fusion, pendant 100 trillionièmes de secondes. » C’est huit fois plus d’énergie que lors des expériences menées au printemps dernier. Surtout, ce résultat placerait les chercheurs proches du seuil d’ignition, c’est-à-dire du moment où l’énergie produite dépasse celle utilisée pour provoquer la réaction.

. Mené dans le sud de la France le projet international ITER  vise également à maîtriser la production d’énergie à partir de la fusion de l’hydrogène. L’assemblage du réacteur a commencé il y a un an dans les Bouches-du-Rhône et la fin des travaux est fixée à décembre 2025. Iter ne produira jamais d’électricité. Ce projet, à plus de 20 milliards de dollars, vise simplement à démontrer la faisabilité scientifique et technique de l’énergie de fusion. Une première expérimentation à pleine puissance est espérée en 2035 et l’exploitation commerciale de la technologie n’est pas attendue avant 2055, voire 2060. Outre l’avantage énergétique la technique de la fusion permet d’éliminer à peu près tous les déchets nucléaires.

Marseille : Chicago et qui tue des enfants

Marseille : Chicago et qui tue des enfants

 

D’une certaine manière globalement, Marseille demeure une ville très attrayante, il n’en reste pas moins qu’elle est nettement coupée en deux avec d’un côté la population relativement bourgeoise et de l’autre les quartiers pauvres socialement et économiquement marginalisés qui vivent pour une part de la drogue.

 

La question est donc tout autant sociale qu’économique et sécuritaire. Le drame c’est évidemment que les règlements de compte se multiplient et concernent surtout des enfants. Les réseaux se servent ainsi des enfants qui échappent aux sanctions judiciaires habituelles des adultes.

 

Bref la guerre qui Chicago mais entre gamins. Une activité qui nourrit directement indirectement une partie de la population . D’après le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, , cette attaque se serait nouée autour d’une « guerre des territoires pour récupérer des points de deal ». Dénonçant « la terreur qui s’installe dans des quartiers ou des cités dont on sait qu’ils sont la proie des trafiquants de drogue »

 

.Le nombre de procédures pour usage de stupéfiants à Marseille a augmenté de 250 % par rapport à 2019. « Ce chiffre est multiplié par six à la division nord de Marseille », où se trouvent la plupart des quartiers sensibles, d’après la préfecture. La stratégie de harcèlement des dealers impulsée par le ministère de l’Intérieur pourrait le faire augmenter.

Fusion nucléaire : un progrès américain qui pourrait être significatif

Fusion nucléaire : un progrès américain qui pourrait être significatif

Un  laboratoire californien, rattaché au département de l’Énergie des États-Unis, s’est félicité d’avoir produit davantage d’énergie que jamais auparavant grâce à la fusion nucléaire (aujourd’hui la totalité du parc nucléaire mondial utilise la technique de la fission ). L’expérience, qui s’est déroulée le 8 août dernier, « a été permise par la concentration de la lumière de lasers », pas moins de 192,  »sur une cible de la taille d’un plomb » de chasse, expliquent les chercheurs dans un communiqué de presse.

Cela a eu pour effet de « produire un point chaud du diamètre d’un cheveu, générant plus de 10 quadrillions de watts par la fusion, pendant 100 trillionièmes de secondes. » C’est huit fois plus d’énergie que lors des expériences menées au printemps dernier. Surtout, ce résultat placerait les chercheurs proches du seuil d’ignition, c’est-à-dire du moment où l’énergie produite dépasse celle utilisée pour provoquer la réaction.

. Mené dans le sud de la France le projet international ITER  vise également à maîtriser la production d’énergie à partir de la fusion de l’hydrogène. L’assemblage du réacteur a commencé il y a un an dans les Bouches-du-Rhône et la fin des travaux est fixée à décembre 2025. Iter ne produira jamais d’électricité. Ce projet, à plus de 20 milliards de dollars, vise simplement à démontrer la faisabilité scientifique et technique de l’énergie de fusion. Une première expérimentation à pleine puissance est espérée en 2035 et l’exploitation commerciale de la technologie n’est pas attendue avant 2055, voire 2060. Outre l’avantage énergétique la technique de la fusion permet d’éliminer à peu près tous les déchets nucléaires.

Présidentielle 2022 : la France a besoin de quelqu’un qui inspire confiance

Présidentielle 2022 : la France a besoin de quelqu’un qui inspire confiance 

L’économiste Nicolas-Jean Brehon dresse, pour « Le Monde , extrait», le portrait d’un candidat idéal de la droite à l’élection présidentielle .

 

Tribune.

 

Ils y pensent depuis longtemps et se préparent à la guerre. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, par ordre donné par les sondages. Frères ennemis mais au passé bien composé : tous les trois anciens ministres, parfois dans le même gouvernement, tous les trois présidents de région, réélus en juin avec de bons scores. Comment les départager afin qu’un seul représente la droite à la prochaine élection présidentielle ?

L’hypothèse Marine Le Pen s’est éloignée. Le débat calamiteux face à Emmanuel Macron restera son boulet et les échecs des régionales ont cassé la dynamique. .

Déjà, ils ne s’aiment pas, ce qui est fréquent en politique, mais après la primaire, ils vont se détester et rejouer la pièce Chirac-Giscard en 1981 où le premier faisait semblant de soutenir le second mais poussait ses fidèles à l’éliminer. Les petits noms circulent dans les couloirs des assemblées. Même sans légende, on les reconnaîtra. Il y a celui qui a « l’air d’un vendeur de voitures »« faux derche » et « Miaou… » En politique, on se courbe devant le vainqueur, car il y a des postes à pourvoir, mais avant, on brocarde les prétendants. On se souvient du délectable et récréatif « Flanby » [surnom donné à François Hollande]. L’impétrant s’en est bien sorti mais d’autres se(a)igneurs l’auraient certainement pendu au croc de boucher.

La primaire présente de gros risques. Chacun sent bien qu’aucun n’a vraiment la carrure. Un outsider ? Michel Barnier ? Tellement terne ! Bruno Retailleau ? Trop peu visible ! François Baroin ? Trop indécis ! Quant à Nicolas Sarkozy, il teste son audience avec ses séances de dédicaces du Temps des tempêtes [L’Observatoire, 2020] mais il y a un pas entre un succès de librairie et un succès électoral. Personne, au fond, sauf un. Un, peut-être. Un, sans doute. Quelqu’un qui serait en mesure d’éviter cette « guerre des trois », nouvelle preuve de « la droite la plus bête du monde », selon la fameuse expression de Guy Mollet en 1957. Essayons un portrait rapide.

Après Macron l’inédit, il faut un homme d’expérience. Les Français ont eu leur parenthèse de jeunisme avec des députés et des ministres sortis de nulle part et passablement dépassés. Il faut être opérationnel immédiatement, connaître suffisamment de monde pour recruter les meilleurs, sur d’autres critères que l’âge et la bonne volonté. Il y a cent jours pour agir.

Inflation Chine: des prix qui s’envolent

Inflation Chine:  des prix qui s’envolent 

Du fait de la hausse exceptionnelle des matières premières, les prix à la production des biens augmentent d’environ 10 % en Chine

L’indice PPI, qui mesure le coût des marchandises sorties d’usine, a connu une augmentation de 9% sur un an le mois dernier, d’après le Bureau national des statistiques (BNS). Il s’agit de sa plus forte hausse depuis septembre 2008. Ce résultat, supérieur à celui de juin (8,8%), dépasse la prévision moyenne d’analystes interrogés par l’agence financière Bloomberg (8,6%).

Le coût des matières premières sur les marchés mondiaux (pétrole, métaux) combiné aux fortes chaleurs qui tirent la consommation d’électricité et les prix du charbon vers le haut, expliquent en partie ce niveau, souligne Dong Lijuan, un statisticien du BNS. Les prix de l’extraction de pétrole et de gaz naturel ont ainsi augmenté sur un an de 48%, selon le BNS.

Depuis quelques mois, les autorités de Pékin prennent des mesures pour maîtriser la hausse des prix des matières premières, notamment pour restreindre les exportations d’acier ou pour réduire la spéculation.

 

Covid : une épidémie qui va durer

Covid : une épidémie qui va durer

 

pour le chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon (Paris), Gilles Pialoux, le passe  sanitaire est un outil imparfait et ne suffit pas. Pour lui, l’épidémie va durer. ( Interview dans le JDD, extrait)

 

interview

L’extension du passe sanitaire est-elle en mesure d’éviter une vague de submersion à l’hôpital?
L’éviter, non. En limiter l’intensité, oui. Le passe sanitaire restreint la circulation du virus et des individus. Mais plusieurs facteurs font que l’envahissement de l’hôpital ne pourra sans doute pas être évité. D’abord, le passe est un outil imparfait, y compris sur le volet vaccination : elle atténue mais n’empêche pas complètement la transmission, la protection qu’elle entraîne n’est pas de 100% et sa durée est inconnue. Le passe à lui seul ne suffira donc pas à contrôler la vague Delta : il faut associer la vaccination, la stratégie dépister-isoler-tracer et les mesures barrière. L’efficacité de ce type de prévention combinée a été prouvée pour le sida, pour la sécurité routière, pour la prévention du mélanome… Or, des erreurs de communication ont été faites à ce sujet.

 

Peut-on vraiment « tomber le masque » une fois qu’on est vacciné, comme l’a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran?
On n’a pas enlevé la ceinture de sécurité quand est apparu l’airbag, et les gens à jeun ne conduisent pas au-dessus de 130 km/h. Tout message contradictoire est contre-productif dans la prévention. Dire aux gens qu’ils peuvent ôter le masque dans l’espace public, c’est une erreur. Déjà, il y a autant d’espaces publics que de conditions de vie. Quand 150 personnes attendent leur glace sur l’île de Ré, l’espace est-il libéré? Non, c’est un espace aéré mais confiné. Il ne faut pas abandonner le masque sous couvert de vaccination. Je ne suis pas pour le tout-vaccinal, mais je suis pour que les gens soient tous vaccinés.

Est-on désormais dans une pandémie de jeunes non vaccinés?
Certes, ce sont les 18-29 ans qui ont le plus d’échanges de proximité tout en étant les moins vaccinés, et la moyenne d’âge à l’hôpital et en soins critiques baisse. Mais ils ne sont pas les seuls à remplir les services. Il ne faut pas perdre de vue qu’on a au bas mot 3 millions de personnes très vulnérables non vaccinées : des plus de 60 ans, des personnes obèses qui, elles, entrent à l’hôpital. Il y a un autre angle mort : les patients immunodéprimés. Cette semaine, on a placé en réanimation quelqu’un qui a eu une greffe du rein, vacciné avec trois doses, mais dont l’organisme ne répond pas au vaccin. Il faut trouver une solution pour ces personnes, notamment avec les anticorps monoclonaux préventifs.

Sur les littoraux méditerranéen et atlantique, des hôpitaux approchent déjà de la saturation. Va-t-on rappeler des personnels soignants alors qu’ils sont en congés?
C’est une mesure incluse dans le plan blanc, mais ça aurait un effet regrettable. A côté de la vague épidémique, il y a une vague d’épuisement des soignants. On voit des arrêts de travail, des burn-out ; dans mon hôpital, plusieurs personnes se sont rétractées de leur poste pour ‘danger grave et imminent pour leur vie ou leur santé’, comme le Code du travail les y autorise.

 

Faut-il craindre des démissions en série chez les soignants qui refusent la vaccination?
Je suis très confiant sur ce point : les chiffres montent et ils vont continuer de monter avec le passe et l’obligation. Il y a un tout petit noyau de soignants opposés ; pour ceux-là, on verra au cas par cas. Il ne faut pas que les gens perdent leur travail de ce fait, car on n’a pas les moyens de se passer d’eux en ce moment.

 La ville de New York a opté pour le passe vaccinal et non sanitaire. Faut-il exclure les tests négatifs du dispositif?
Je n’y vois pas de gain. La culture française vaccino-sceptique prend beaucoup d’ampleur et brasse des mouvements très différents, des inquiets aux ‘antivax’ et aux complotistes. Si on décide d’être plus stricts, mieux vaudrait passer directement à la vaccination obligatoire. Si le cours des événements continue dans le même sens, c’est probablement l’étape suivante. Il y a urgence à ouvrir un débat parlementaire ou citoyen sur cette question mais sans passer en force, surtout compte tenu de l’agrégation de tensions sociales. Mais on n’abandonnerait pas pour autant le reste des mesures barrière!

 Atteindra-t-on réellement un jour l’immunité collective?

Le seuil d’immunité collective a été rehaussé par le variant Delta au-delà de 80%, et il va encore falloir beaucoup de pédagogie pour l’atteindre. Je pense qu’il y a plus de gens à aller chercher que de gens à convaincre. La dernière étape avant la vaccination obligatoire, c’est d’aller vers les exclus, les oubliés de la santé. Et il faut surtout expliquer que le fait que le vaccin n’écrase pas totalement le risque de transmission n’est pas un argument contre celui-ci, mais un argument pour la prévention combinée.

Le Conseil constitutionnel a censuré le caractère obligatoire de l’isolement des malades. C’est un trou dans la raquette?
Sur le plan sanitaire, je le déplore. Cette mesure a si bien marché dans les pays asiatiques. Il va falloir de la pédagogie pour faire comprendre que ce n’est pas l’isolement en soi qui a été censuré. De plus, on ne cesse de perdre du terrain en matière d’identification des cas contact. Au 5 août, selon Santé publique France, le nombre de personnes identifiées à partir d’un malade était à son niveau le plus bas en 2021.

Peut-on espérer que cette quatrième vague soit la dernière?
Quand on voit la situation actuelle en Chine ou en Australie, on est contraints à l’humilité. La stratégie du ‘vivre avec’, au sens libertaire du terme, en laissant les jeunes se contaminer etc., a échoué. Mais cette quatrième vague, c’est aussi l’échec du ‘zéro Covid’. Alors, oui, il y aura probablement d’autres vagues : on ne va pas se débarrasser du coronavirus de sitôt. On peut faire l’hypothèse que les pays qui s’en sortiront seront ceux dont le niveau vaccinal sera considérable, avec des vaccins adaptés aux variants, et qui vont développer une thérapeutique sans abandonner la prévention combinée. Mais, dans tous les cas, la réponse doit être mondiale.

États-Unis : La vaccination obligatoire qui divise

États-Unis : La vaccination obligatoire qui divise

Un article du Wall Street Journal montre que la vaccination obligatoire divise Amérique (Extrait)

Aux Etats-Unis, les chefs d’entreprise sont d’accord sur un point : il faut pousser les salariés à se faire vacciner pour que le variant delta, qui progresse très rapidement dans le pays, ne menace pas l’économie.

Sur la méthode, en revanche, les avis divergent. Certains militent pour des primes ou autres dispositifs incitant les Américains à accepter le vaccin contre la Covid-19. D’autres ont déjà opté pour l’obligation vaccinale.

Ces derniers jours, de Walmart dans l’Arkansas à Microsoft à Seattle, des groupes ont imposé la vaccination, essentiellement aux cols blancs qui réintègrent les bureaux. Mardi, Tyson Foods est même allé encore plus loin : la totalité du personnel du spécialiste de la viande devra être vaccinée avant le 1er novembre.

« C’est une décision mûrement réfléchie, a expliqué le directeur général du groupe, Donnie King, dans une note envoyée aux quelque 120 000 salariés américains. Nous encourageons nos équipes à se faire vacciner depuis des mois ; moins de la moitié de nos collaborateurs sont aujourd’hui vaccinés. ​»

Encouragement ou obligation, aucune des stratégies n’est sans risque pour les patrons, les salariés et les clients, mais les deux ont le pouvoir d’influencer la trajectoire de la pandémie.

Selon les dernières statistiques, plus d’un tiers des adultes américains sont vaccinés. Les entreprises qui ont opté pour l’incitation risquent de voir leurs locaux devenir des foyers de contamination. Celles qui ont choisi l’obligation pourraient perdre des salariés, une mauvaise nouvelle quand le marché du travail est tendu.

Chaque camp avance une myriade de raisons pour justifier son choix, même si beaucoup évoquent les dernières informations des centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) en matière de transmission du variant delta par les personnes vaccinées.

Dans un marché du travail tendu, Walmart se trouve en concurrence avec Amazon.com et d’autres groupes qui n’ont aucune exigence en matière vaccinale

Certaines entreprises veulent rassurer les clients en leur montrant qu’ils peuvent se rendre en toute sécurité dans les magasins ou les parcs d’attractions. D’autres veulent éviter des arrêts maladie ou des absences qui viendraient entraver le redémarrage de l’activité. Une partie des patrons veut aussi en finir avec le télétravail et faire revenir les troupes au bureau. Les syndicats, eux, ont souvent tendance à compliquer encore les choses.

Si Walmart a choisi, au printemps dernier, de ne pas rendre la vaccination obligatoire, c’est notamment parce que les dirigeants du géant de la distribution avaient peur que les salariés aient du mal à se procurer le vaccin et parce que la FDA n’avait pas encore approuvé tous les dispositifs, a raconté une source proche du dossier. La semaine dernière, le groupe a annoncé que la vaccination serait obligatoire pour tous les salariés travaillant dans les bureaux et les responsables régionaux, mais pas pour ceux qui travaillent dans les supermarchés.

 

dans  un marché du travail tendu, Walmart se trouve en concurrence avec Amazon.com et d’autres groupes qui n’ont aucune exigence en matière vaccinale. Le géant de la distribution offre néanmoins 150 dollars à ses salariés qui se font vacciner.

Certaines compagnies aériennes, elles, exigent que leurs nouvelles recrues reçoivent l’injection, mais ne demandent rien à leur personnel en poste. Les acteurs du secteur industriel, dont General Electric, Caterpillar et les « big three » de l’automobile, ont déclaré qu’ils n’imposeraient pas la vaccination à leurs équipes.

Snap-on, fabricant d’outils haut de gamme installé dans le Wisconsin, emploie essentiellement des ouvriers. Le groupe ne rendra pas la vaccination obligatoire, indique son directeur général Nicholas T. Pinchuk, parce qu’il pense que ce serait contre-productif.

« Pour moi, dire aux gens qui ne sont pas vaccinés qu’ils ont un problème, ce n’est pas la bonne façon de faire, affirme-t-il. Ça ne leur donnera pas envie de faire les choses. ​»

Le patron préfère vanter les mérites de la vaccination et laisser ses salariés aller se faire vacciner sur leur temps de travail. Le taux de vaccination de Snap-on est supérieur à la moyenne nationale, souligne d’ailleurs Nicholas T. Pinchuk, et les ouvriers sont plus nombreux que les employés de bureau à avoir reçu leurs injections. Il n’a pas souhaité fournir de chiffres précis.

Les entreprises qui veulent imposer la vaccination à des salariés syndiqués doivent par ailleurs en négocier les conditions. C’est notamment le cas chez Tyson ​: un quart des effectifs, soit environ 36 000 personnes, sont syndiqués ou concernés par des accords collectifs.

Sauf que les syndicats ont du mal à parler à l’unisson ​: certains ont estimé qu’il faudrait en passer par un accord collectif, quand d’autres ont publiquement exprimé leur soutien à la vaccination.

Mardi, General Motors et ses concurrents ont annoncé qu’après consultation du syndicat United Auto Workers, le masque serait à nouveau obligatoire pour les salariés.

Le porte-parole de l’UAW a précisé que la question du vaccin ferait l’objet de négociations avec les responsables syndicaux, ajoutant que l’UAW encourage les travailleurs à se faire vacciner.

Chez Walt Disney, qui a annoncé la semaine dernière que la vaccination serait obligatoire pour ses salariés (y compris ceux qui ne sont pas syndiqués), certains syndicats ont annoncé qu’ils soutenaient la mesure.

Pour Eric Clinton, qui préside un syndicat qui représente 8 000 salariés du parc Walt Disney World d’Orlando, en Floride, l’obligation vaccinale est une étape logique pour protéger la santé des collaborateurs. Le syndicat doit rencontrer Disney pour étudier les détails de la mesure et les modalités d’application, a-t-il ajouté.

Stuart Appelbaum, président du Retail Wholesale and Department Store Union, un syndicat qui représente les travailleurs de la distribution et de l’alimentaire (dont certains salariés des usines de transformation de volaille de Tyson), explique que beaucoup de salariés ont peur de se faire vacciner parce qu’ils ont des problèmes de santé, parce qu’ils ne font pas confiance à l’Etat ou parce qu’ils sont sceptiques vis-à-vis de la pandémie.

Si certains dirigeants se sont dits favorables à la vaccination dès le début de l’année, beaucoup d’entreprises ont préféré attendre que l’opinion publique évolue sur cette question avant de prendre position

En début d’année, la commission pour l’égalité des chances a déclaré que les employeurs américains avaient le droit d’exiger de tous les salariés physiquement présents dans leurs locaux qu’ils soient vaccinés.

La plupart des entreprises ont déclaré qu’elles accepteraient les dispenses pour motif religieux ou de santé, et certaines se demandent encore comment traiter les cas de refus. Au Texas, un centre hospitalier exigeant que tous ses salariés soient vaccinés a licencié plusieurs personnes qui refusaient de l’être.

Le porte-parole de Tyson a, lui, indiqué que le groupe continuera de faire de la pédagogie auprès des équipes et de les rassurer. Toutes les demandes de dispense pour motif religieux ou de santé seront examinées, mais la vaccination restera indispensable pour travailler.

Si certains dirigeants se sont dits favorables à la vaccination dès le début de l’année, beaucoup d’entreprises ont préféré attendre que l’opinion publique évolue sur cette question avant de prendre position, souligne Peter Capelli, professeur de gestion à la Wharton School de l’université de Pennsylvanie.

« Est-ce que vous préférez vous fâcher avec 100 % de vos salariés au moment où l’idée d’une vaccination émerge, ou attendre que la pression sociale pousse la quasi-totalité de la population à se faire vacciner et qu’il ne vous reste qu’une minorité à convaincre ?, résume-t-il. C’est beaucoup, beaucoup plus facile de convaincre une minorité que de contraindre la majorité. »

L’obligation vaccinale a reçu un soutien très tardif : début juillet, seules 15 % des quelque 150 entreprises interrogées dans le cadre d’un sondage commandé par le cabinet d’avocats Blank Rome se disaient favorables à une vaccination obligatoire, un chiffre similaire à l’enquête de février.

Les chefs d’entreprise et les responsables politiques ont haussé le ton. Ces derniers mois, un nombre croissant d’hôpitaux, d’universités et d’autres organisations ont opté pour la vaccination obligatoire. Et obtenu gain de cause quand des salariés les ont poursuivis en justice.

« Au départ, tout le monde a essayé de respecter le point de vue de chacun à propos du vaccin, mais on sait que si on continue de fonctionner comme ça, on risque de se retrouver dans une situation très délicate », estime Francine Katsoudas, directrice des ressources humaines de Cisco Systems.

Bon nombre d’entreprises américaines exigent d’ores et déjà un test de dépistage de certaines drogues, et par le passé, certaines ont demandé une vaccination contre la grippe

Le géant de l’informatique a exigé que les quelques salariés autorisés à revenir au bureau en juillet et en août soient totalement vaccinés, une exigence qu’il devrait continuer d’appliquer cet automne, lorsque la réouverture des bureaux se généralisera, ajoute-t-elle. « Il faut que l’on contrôle un peu l’environnement » dans lequel les gens travaillent, conclut-elle. De fait, bon nombre d’entreprises américaines exigent d’ores et déjà un test de dépistage de certaines drogues, et par le passé, certaines ont demandé une vaccination contre la grippe.

Harvey Spevak, président exécutif et directeur de la chaîne de salles de sport Equinox, raconte que la question de l’obligation vaccinale s’est faite plus pressante ces dix derniers jours, parce que les contaminations ont augmenté et que les CDC ont publié de nouvelles données et des recommandations sur le port du masque. L’entreprise a réalisé un sondage : 89% des 14 000 salariés ont déclaré avoir été vaccinés.

« On sait que c’est un sujet sensible, donc c’est plus facile de ne rien dire et de ne pas prendre position, souligne-t-il. Mais avec l’envolée des cas, on s’est dit que c’était la meilleure chose à faire. »

L’entreprise, qui possède aussi la chaîne de salles de vélo en intérieur SoulCycle, rendra la vaccination obligatoire pour les salariés et les clients de New York début septembre, puis étendra progressivement la mesure à ses autres sites. Mardi, la ville de New York a annoncé que, pour les activités en intérieur (restauration, salles de sport, événements culturels…), la présentation d’une preuve de vaccination serait obligatoire.

L’aciériste Cleveland-Cliffs a lancé début juillet un programme destiné à convaincre les salariés. Objectif : 75% de vaccinés parmi les 25 000 collaborateurs. Les salariés des sites qui atteindront ce chiffre recevront une prime de 1 500 dollars, qui pourra atteindre 3 000 dollars si le taux de vaccination monte à au moins 85 %. Le programme s’arrête le 21 août.

Pour le moment, un peu moins de 50 % des salariés ont été vaccinés, contre 35 % quand le programme a été lancé. Au siège de l’entreprise, à Cleveland, le taux de vaccination atteint 97 %, souligne Lourenco Goncalves, le directeur général. Dans l’une des usines de Conshohocken, en Pennsylvanie, 61 % des ouvriers ont été vaccinés, contre 20 % au lancement du programme.

Lourenco Goncalves explique qu’il ne rendra pas la vaccination obligatoire puisqu’il n’est pas nécessaire que la totalité des salariés soient vaccinés pour que le risque d’une contamination au travail baisse.

FMI : Une innovation pour les pays pauvres qui ne change rien

 FMI : Une innovation pour les pays pauvres qui ne change rien

Le FMI a  approuvé une allocation de droits de tirages spéciaux (DTS) de 650 milliards de dollars. Des droits de tirage qui peuvent se transformer le moment venu en prêt à taux zéro. Bref ,toujours des prêts.Un dispositif normalement destiné à aider les pays pauvres surtout l’occasion de la crise sanitaire

Les pays émergents et les pays en développement, y compris ceux à faible revenu, recevront 275 milliards de dollars de la nouvelle allocation, et les pays les plus pauvres, seulement 4 % du total (26 milliards de dollars), alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin.

L’Afrique recevra seulement 33 milliards de dollars de l’allocation de DTS, alors qle FMIE estime que 285 milliards de dollars seront nécessaires d’ici à 2025 pour répondre à la pandémie sur ce continent.

Paradoxalement,, les États-Unis obtiendront 113 milliards de dollars, la France 27 milliards.

Pour surmonter ce paradoxe, il serait envisagé de  de créer un nouveau fonds qui prêterait à taux bas et à très long terme sur des sujets spécifiques comme l’écologie, l’éducation et la santé. La France est pour, les États-Unis sont favorables, mais d’autres pays au G7 et au G20 attendent de voir en détail les propositions du FMI afin notamment de neutraliser le coût pour les prêteurs que sont en fait les pays riches.

De toute manière, tous les dispositifs nouveaux envisagés se limitent à des prêts que nombre de pays pauvres ne pourront rembourser.

 

Géopolitique–La cyber qui pourrait déclencher une guerre

Géopolitique–La cyber qui pourrait déclencher une guerre      

De plus en plus d’experts s’inquiètent des conséquences d’une cyberguerre sur la vie économique et sociale mais aussi sur la possibilité qu’elle entraîne un véritable conflit armé.

Pour déstabiliser un pays, il suffira en effet de paralyser les systèmes informatisés des grandes fonctions économiques et sociales ( énergie, transports, santé, communication ou encore banques). Ce qui est en cause, c’est un modèle de société fragilisée par sa cyberdépendance. Il n’y a pratiquement plus d’activité qui ne soit pas sous tutelle des technologies de gestion de l’information. Et des pannes géantes volontairement causées ne sont pas à exclure car les mesures de protection ne sont pas à la hauteur des risques.

Plus généralement, les sociétés développées devraient s’interroger sur leur niveau de dépendance à la cyber économie. Certes les nouvelles technologies permettent des progrès considérables pour la gestion de l’information dans tous les domaines cependant des systèmes alternatifs devraient être envisagés systématiquement en cas d’accident majeur volontaire ou non. Notons que les cyberattaques viennent surtout de Chine ou de Russie, qu’elles sont souvent dirigées sur des objectifs civils sans doute pour tester une capacité de nuisance technologique voire pour affaiblir le potentiel de défense d’un pays.

Economie-Une inflation provisoire… qui risque de durer !

Economie-Une inflation provisoire… qui risque de durer !

 

Les économistes volontaristes en matière de croissance ont inventé un nouveau concept l’inflation temporaire. Le problème c’est évidemment que cette inflation temporaire pourrait durer car on voit mal dans l’histoire économique  une inflation disparaître presque aussitôt après son émergence. L’inflation aujourd’hui est largement alimentée par la très forte hausse de toutes les matières premières, matières pour l’industrie ou pour les matières agricoles. La seconde raison est liée au dysfonctionnement de la chaîne logistique largement perturbée par la crise sanitaire et qui accroît les coûts de transport sans parler des ruptures de chaînes de production et de distribution.

Naturellement l’inflation de la production se transmet un moment ou un autre à la consommation sauf déflation. Or la demande est suffisante pour justifier une augmentation générale des prix dans nombre de domaines y comprit d’ailleurs les services. Le fonds monétaire international n’échappe pas à cette contradiction qui consiste à constater une élévation générale des prix considérant que cette inflation disparaîtrait comme par miracle en 2022. Cette contradiction est surtout alimentée par le désir des économistes concernés de nourrir l’optimisme des acteurs économiques . Des économistes qui par parenthèse font l’impasse sur  le décalage de plus en plus immense entre la masse monétaire et la richesse réellement produite (phénomène de la planche à billets).

En outre concernant l’inflation, le FMI appelle les Banques centrales à maintenir leur soutien aux économies et ne pas resserrer leurs politiques dans l’immédiat, estimant que « l’inflation devrait retourner à ses niveaux pré-pandémiques dans la plupart des pays en 2022″, malgré « le risque que des pressions transitoires puissent devenir plus persistantes ».

Le FMI table désormais, pour les économies développées, sur 2,4% d’inflation en 2021 (+0,8 point), et 5,4% (+0,5 point) dans les pays en développement.

Néanmoins, l’organisation a prévenu que la persistance d’une inflation élevée pourrait conduire à une « réévaluation » des perspectives de politique monétaire par la Réserve fédérale et les banques centrales des pays avancés. Une action préventive de la part de ces institutions monétaires provoquerait un « double choc » sur les marchés émergents, ajoutant des sorties de capitaux et un durcissement des conditions financières aux difficultés de croissance. Bref le FMI prévoit quand même tout mais  aussi son contraire.

La cyber qui pourrait déclencher une guerre

La cyber qui pourrait déclencher une guerre      

De plus en plus d’experts s’inquiètent des conséquences d’une cyberguerre sur la vie économique et sociale mais aussi sur la possibilité qu’elle entraîne un véritable conflit armé.

Pour déstabiliser un pays, il suffira en effet de paralyser les systèmes informatisés des grandes fonctions économiques et sociales ( énergie, transports, santé, communication ou encore banques). Ce qui est en cause, c’est un modèle de société fragilisée par sa cyberdépendance. Il n’y a pratiquement plus d’activité qui ne soit pas sous tutelle des technologies de gestion de l’information. Et des pannes géantes volontairement causées ne sont pas à exclure car les mesures de protection ne sont pas à la hauteur des risques.

Plus généralement, les sociétés développées devraient s’interroger sur leur niveau de dépendance à la cyber économie. Certes les nouvelles technologies permettent des progrès considérables pour la gestion de l’information dans tous les domaines cependant des systèmes alternatifs devraient être envisagés systématiquement en cas d’accident majeur volontaire ou non. Notons que les cyberattaques viennent surtout de Chine ou de Russie, qu’elles sont souvent dirigées sur des objectifs civils sans doute pour tester une capacité de nuisance technologique voire pour affaiblir le potentiel de défense d’un pays.

Une inflation provisoire… qui risque de durer (FMI)

Une inflation provisoire… qui risque de durer

 

Les économistes volontaristes en matière de croissance ont inventé un nouveau concept l’inflation temporaire. Le problème c’est évidemment que cette inflation temporaire pourrait durer car on voit mal dans l’histoire économique  une inflation disparaître presque aussitôt après son émergence. L’inflation aujourd’hui est largement alimentée par la très forte hausse de toutes les matières premières, matières pour l’industrie ou pour les matières agricoles. La seconde raison est liée au dysfonctionnement de la chaîne logistique largement perturbée par la crise sanitaire et qui accroît les coûts de transport sans parler des ruptures de chaînes de production et de distribution.

Naturellement l’inflation de la production se transmet un moment ou un autre à la consommation sauf déflation. Or la demande est suffisante pour justifier une augmentation générale des prix dans nombre de domaines y comprit d’ailleurs les services. Le fonds monétaire international n’échappe pas à cette contradiction qui consiste à constater une élévation générale des prix considérant que cette inflation disparaîtrait comme par miracle en 2022. Cette contradiction est surtout alimentée par le désir des économistes concernés de nourrir l’optimisme des acteurs économiques . Des économistes qui par parenthèse font l’impasse sur  le décalage de plus en plus immense entre la masse monétaire et la richesse réellement produite (phénomène de la planche à billets).

En outre concernant l’inflation, le FMI appelle les Banques centrales à maintenir leur soutien aux économies et ne pas resserrer leurs politiques dans l’immédiat, estimant que « l’inflation devrait retourner à ses niveaux pré-pandémiques dans la plupart des pays en 2022″, malgré « le risque que des pressions transitoires puissent devenir plus persistantes ».

Le FMI table désormais, pour les économies développées, sur 2,4% d’inflation en 2021 (+0,8 point), et 5,4% (+0,5 point) dans les pays en développement.

Néanmoins, l’organisation a prévenu que la persistance d’une inflation élevée pourrait conduire à une « réévaluation » des perspectives de politique monétaire par la Réserve fédérale et les banques centrales des pays avancés. Une action préventive de la part de ces institutions monétaires provoquerait un « double choc » sur les marchés émergents, ajoutant des sorties de capitaux et un durcissement des conditions financières aux difficultés de croissance. Bref le FMI prévoit quand même tout mais  aussi son contraire.

Éolien : le vent tourne pour Macron qui préfère le nucléaire

Éolien : le vent tourne pour Macron qui préfère le nucléaire

Le vent tourne pour Macron concernant les éoliennes qui ne doivent pas porter atteinte au patrimoine et à notre identité a déclaré Emmanuel Macron qui a souligné le rôle central du nucléaire en France. Une  manière de remettre les choses à leur place et de repréciser les priorités de la politique énergétique. Le  chef de l’État a indiqué  qu’il n’était pas opposé aux éoliennes mais qu’elle serait désormais décidée au cas par cas (observons cependant que ces déjà se passe actuellement !).

Le chef de l’État a encore une fois présenté le nucléaire comme la « chance » de la France pour lutter contre le réchauffement climatique. L’atome constitue en effet un atout considérable pour décarboner l’énergie : il ne rejette aucune émission de CO2, ce qui le positionne en bonne place pour soutenir la transition écologique qui exige une consommation accrue d’électricité. . « Je ne veux pas qu’on abîme nos paysages, c’est une part de notre patrimoine et de notre richesse profonde, de notre identité », a-t-il confié au micro de France Info.

« Des tensions naissent parce que certaines de nos régions ont beaucoup construit d’éoliennes », a précisé le président, qui souhaite « améliorer la concertation locale ». Et pour l’éolien en mer, onéreux pour l’État, le président a exprimé l’envie de faire « baisser les coûts ». Emmanuel Macron s’est donc approprié sans détour une question largement abordée question pendant la campagne des élections régionales.

Environnement-Taxe carbone aux frontières: Des limites qui relativisent son intérêt

Environnement-Taxe carbone aux frontières: Des limites qui relativisent son intérêt  

 

L’économiste Uri Dadush juge, dans une tribune au « Monde », la taxe carbone européenne contestable face aux règles de l’OMC et aux principes de l’accord de Paris.(Extrait)

 

Tribune.    L’Union européenne (UE) a annoncé le 14 juillet une proposition de taxe carbone à ses frontières, qui devrait renchérir les importations de produits fortement émetteurs (acier, aluminium, ciment, électricité et engrais). Cette même taxe est déjà appliquée au sein de l’UE, qui veut désormais l’imposer aux fabricants étrangers. En soi, le projet part d’une bonne intention. Il n’est pas motivé par le protectionnisme, mais par des préoccupations climatiques on ne peut plus justifiées. Seul problème : si ce « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » (CBAM) est adopté en l’état, il risque de faire plus de mal que de bien. Pour trois raisons. La première, c’est qu’il repose sur l’hypothèse fausse d’une « fuite » de carbone – autrement dit, d’une tendance de la production à forte intensité d’émissions à se déplacer vers des pays moins réglementés. Or, bien des recherches montrent que la décision pour une industrie polluante de se délocaliser ou d’investir à l’étranger répond à de nombreux facteurs, parmi lesquels la réglementation environnementale n’est pas déterminante.

Une exposition générale au risque climatique

 

L’idée même du risque de « fuite » de carbone doit être relativisée, comme le montrent les chiffres de l’UE elle-même. Les recettes du permis carbone appliqué depuis 2005 dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission (SEQE), qui revient à une taxe implicite sur les émissions des gros émetteurs, ont atteint leur plus haut niveau en 2019. Soit 15 milliards d’euros, le prix moyen du carbone ayant atteint 20 euros par tonne. Or, ces 15 milliards ne représentent que 0,5 % de la valeur ajoutée des secteurs affectés. Et encore… L’estimation reste haute, la sidérurgie et l’aluminium ayant bénéficié de quotas gratuits. Second point faible de la taxe carbone de l’UE : elle s’écarte du principe des « responsabilités différenciées » de l’accord de Paris sur le climat. Ce traité international, entré en vigueur en novembre 2016, vise à limiter le réchauffement climatique à moins de 2 degrés Celsius à l’horizon 2030, par rapport aux niveaux préindustriels.   Tous les pays sont exposés au risque climatique, sachant que les pays pauvres sont généralement les plus vulnérables et les moins à même de s’adapter. D’où le principe des « responsabilités différenciées », qui reflète aussi les émissions plus faibles par habitant des pays pauvres, et le fait qu’ils auront tendance à en émettre davantage à mesure que leurs revenus augmenteront.

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