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France : la crise financière qui s’annonce

France : la crise financière qui s’annonce

 

Pour l’instant les médias, se focalisent sur la composition d’un nouveau gouvernement. Ce n’est évidemment pas l’enjeu principal. La question centrale est de savoir comment la France va échapper à la crise financière écartelée entre la promesse de la gauche de dépenser 50 à 100 milliards supplémentaires et la nécessité d’économiser de l’ordre de 21 milliards pour rentrer dans les clous européens et commencer à gérer sérieusement la dette. La question des financements, des déficits et de la dette n’est pas au cœur de la problématique des programmes. Elle reviendra pourtant au centre des préoccupations dès la rentrée avec le vote des budgets. Le  Fonds monétaire international (FMI) , après les critiques de la Cour des Comptes, presse ainsi la France, ce mardi, de mettre en ordre ses finances publiques.« Il est important de rassurer les marchés mais aussi de recréer des marges de manœuvre. Il ne s’agit pas simplement de faire plaisir aux investisseurs, mais de permettre de baisser la prime de risque et pouvoir engager des dépenses sur des nouveaux chantiers, que ce soit la défense ou le climat », a déclaré à l’AFP, le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.

Pour rappel, la prime de risque représente un surcoût intégré au taux d’emprunt de la France afin de financer sa dette, qui prend en compte le risque que les investisseurs estiment prendre en pariant sur des obligations à terme (OAT) françaises.

Le chef économiste du Fonds s’exprimait ce mardi à l’occasion de la présentation de la dernière actualisation de son rapport annuel sur l’économie mondiale (WEO), dans lequel il anticipe une croissance de 0,9% en 2024 pour la France, mieux que les 0,7% anticipé en avril dernier.

« Sans ajustement sérieux » de la trajectoire budgétaire, « il va être difficile d’atteindre les objectifs d’un retour du déficit à 3% du PIB pour 2027 », a ajouté Pierre-Olivier Gourinchas, rappelant que la France a été placée mi-juin en procédure de déficit excessif par la Commission européenne.« Le situation actuelle augmente l’incertitude économique, qui peut dériver du processus politique mais également d’une incertitude importante quant à la trajectoire budgétaire qui sera mise en place », a-t-il insisté.

Sur le plan politique, le problème c’est que la gauche a bien prévu un plan de dépenses supplémentaires mais a oublié d’en chiffrer le montant et les modalités. Les institutions financières et les agences de notation rappelleront à l’ordre la France d’ici la fin de l’année rendront alors encore plus illusoire les promesses électorales.

« Il est nécessaire de réduire cette incertitude et d’avoir un accord qui soit le plus large possible pour prendre en compte cette situation budgétaire. Il faut que l’on soit capable de disposer de marges pour faire face aux chocs futurs car elles sont aujourd’hui très faibles », a-t-il précisé.

Dans son rapport sur la situation des finances publiques présenté lundi 15 juillet, la Cour des comptes s’inquiète elle aussi de la gestion des comptes publics par le gouvernement. Les magistrats financiers s’interrogent notamment sur la trajectoire budgétaire de l’exécutif, détaillée en avril à la Commission européenne dans le programme de stabilité (« PSTAB »). Celle-ci repose sur « des hausses importantes » des prélèvements obligatoires supplémentairesà savoir « quelque 21 milliards d’euros » en cumul pour les années 2025 et 2026, a expliqué son premier président, Pierre Moscovici, devant la presse.

Précisément, selon le rapport, la trajectoire « intègre des mesures de hausses d’impôts d’ampleur, à hauteur de 15 milliards d’euros en 2025 et de 6,2 milliards d’euros en 2026, soit 21,2 milliards à cet horizon ». Le problème c’est que ces recettes supplémentaires ne sont nullement documentées sauf pour 4 milliards ; conclusion il manque 17 milliards

« Pour le reste (17 milliards, ndlr), on n’a aucun élément », relève Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes. « Ce n’est pas du tout documenté. Il n’y a absolument pas d’éléments précis pour dire à quoi ce serait dû », poursuit-elle.

Outre ce manque de réalisme, la juridiction financière administrative pointe l’épée de Damoclès qui repose au-dessus des comptes publics. « Les scénarios alternatifs testés par la Cour des comptes montrent que tout écart par rapport aux prévisions de croissance, de dépenses ou de recettes suffirait à faire dérailler la trajectoire et à manquer les cibles de déficit et de dette pour 2027 », prévient-elle.

 

Une crise politique qui vient de loin

Une crise politique qui vient de loin

Comment comprendre l’accélération de la vie politique et le tourbillon qui bouscule la France depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, le 9 juin ? La crise politique actuelle était-elle inéluctable ? L’historien Mathias Bernard, spécialiste de la Ve République, revient sur les principaux enjeux de cette séquence inédite. ( dans The Conversation)


Dans une analyse précédente, vous expliquiez que les crises politiques sont inhérentes, voire constitutives de la vie politique de la Ve République. Mais comment la séquence actuelle – dissolution puis législatives anticipées, fort vote RN, déperdition des voix de la majorité – met-elle en exergue un ensemble de mécanismes sociaux, économiques et publics qui, jusqu’alors, étaient restés a priori « contrôlés » ?

Les événements actuels sont en fait le résultat d’une crise profonde, qui se déploie sur une longue durée et dont différents événements, au cours des dernières décennies, ont été soit des accélérateurs – la crise économique de 2008, la vague de terrorisme islamiste au milieu des années 2010, la crise sanitaire de 2020-2021…- soit des révélateurs : qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, « gilets jaunes », mouvements contre la réforme des retraites.

Cette crise de longue durée s’est enclenchée dans les années 1980, dans un contexte où une série de facteurs économiques (désindustrialisation, chômage de masse), socioculturels (avènement de l’individualisme hérité notamment de Mai 68, développement des nouveaux médias indépendants du pouvoir politique), politiques (banalisation des alternances) et géopolitiques (fin de la guerre froide et avènement d’un monde multipolaire) ont profondément déstabilisé des structures collectives et des repères qui avaient façonné nos sociétés industrielles au cours des XIXe et XXe siècle.

Dès les années 1980, se manifestent les symptômes d’un mal politique dont nous constatons encore aujourd’hui les effets, de façon exacerbée : progression de l’abstention et des forces politiques contestataires, crise de légitimité qui affecte la représentation politique et le modèle parlementaire, volatilité d’un électorat de plus en plus sensible aux thématiques sécuritaires et identitaires – et, bien sûr, émergence et progression de l’extrême droite autour du Front national.

La France a profondément muté elle aussi, avec, on le voit, un vote d’extrême droite considérable, mais aussi des changements sociétaux inédits (féminisme, droits des minorités sexuelles, prise de conscience des différents systèmes d’oppressions et de discriminations). Le système politique français actuel est-il encore adapté à ces mutations ?

Poser cette question est bien révélateur de la culture politique française : on a toujours tendance à vouloir apporter une réponse institutionnelle à des problématiques qui sont d’un autre ordre.

Il existe aujourd’hui, au sein de la société française, une véritable tension entre l’aspiration à une certaine forme de verticalité, dont se nourrit d’ailleurs aussi bien le RN autour des thématiques régaliennes que le macronisme dans sa manière de conduire les réformes, et la recherche de formes plus participatives de démocratie, davantage ouvertes à l’expression des minorités, des proximités. À mon sens, cette tension doit d’abord être résolue en termes politiques avant de rechercher des solutions institutionnelles.

Emmanuel Macron, a-t-il, par ses actes, par son hyperprésidentialisation du pouvoir, complètement transformé la fonction présidentielle (à défaut d’avoir réussi à mener de véritables réformes institutionnelles) ?

La présidentialisation du pouvoir est un processus bien antérieur à la présidence d’Emmanuel Macron. Elle est inscrite dans la logique de la Ve République et a été accentuée à la fois par le rôle croissant des médias audiovisuels (qui favorisent l’incarnation des discours par une personnalité) ainsi que par des évolutions institutionnelles, notamment, en 2000, la réduction à 5 ans du mandat présidentiel et l’inversion du calendrier électoral.

De 2002 à 2022, l’élection présidentielle a pris le dessus sur l’élection législative et a conduit à faire du président élu le véritable chef de la majorité, le premier ministre et son gouvernement étant ravalés au rang de « collaborateurs », comme l’indiquait Nicolas Sarkozy à propos de François Fillon.

C’est d’ailleurs Nicolas Sarkozy qui, dans sa communication comme dans sa pratique de la gouvernance, a accéléré cette hyperprésidentialisation. À ce titre, Emmanuel Macron est son héritier. Mais il a poussé cette logique à son comble, dans la mesure où, contrairement à Nicolas Sarkozy qui devait composer avec un parti (l’UMP) regroupant des sensibilités et des personnalités diverses, il disposait d’une majorité qu’il avait totalement façonnée et au sein de laquelle personne n’a pu réellement jouer le rôle de contre-pouvoir.

La crise médiatique qui accompagne, voire entretient cette situation, est-elle, elle aussi inédite ? Que dit-elle du changement de paradigme politique ?

Ce que vous appelez « crise médiatique » recouvre en fait deux évolutions qui n’ont ni la même signification ni le même effet politique : le développement des médias de l’immédiateté (chaînes d’information en continu, Internet, réseaux sociaux) d’une part, l’instrumentalisation massive de ces nouveaux médias par les droites radicales et identitaires d’autre part.

Depuis une quinzaine d’années, le développement de ces nouveaux médias a, bien sûr, accéléré l’évolution de la communication politique, enclenchée dès la massification de la télévision dans les années 60 : priorité à l’image, peopolisation de la vie politique, recours à l’émotion et au storytelling bien plus qu’au discours rationnel et qu’au débat argumenté. Mais il a aussi profondément modifié le rapport des Français à la politique, avec une offre médiatique qui est segmentée selon leurs appartenances culturelles, sociales, idéologiques.

Se constituent ainsi, au sein des réseaux sociaux mais aussi via certaines chaînes d’information en continu (notamment CNews), des « communautés » mus par des valeurs communes qui communiquent en vase clos et n’ont plus accès à une information pluraliste. Les médias ne jouent plus le rôle de cohésion nationale qu’ils remplissaient jusqu’aux années 1990, quand la plupart des Français suivaient le journal télévisé de 20h. Ils contribuent à la segmentation de l’offre politique.

La manière dont Trump a utilisé les réseaux sociaux, ainsi que la chaîne d’information Fox News, pour asseoir sa victoire aux présidentielles américaines de 2016 a exercé une influence importante en France, aussi bien sur le RN et les groupes d’extrême droite (que l’on a appelé la « fachosphère ») que sur des personnalités comme Vincent Bolloré ou Eric Zemmour.

Donald Trump n’a-t-il pas déclaré, dans une interview à Fox News le 15 mars 2017 :

« Sans Twitter, je ne serais probablement pas là. J’ai près de cent millions d’abonnés sur Twitter, Facebook et Instagram. J’ai mes propres médias. Je n’ai pas besoin de m’en remettre aux faux médias ».

Le recours à ces médias est une arme qui permet à la droite radicale de mener une véritable guerre radicale, d’imposer une certaine vision du monde et, au moment des élections, de marteler une ligne politique. Au cours de cette campagne, le positionnement de CNews en faveur de « l’union des droites », c’est-à-dire du RN et de LR, est affirmé sous différentes formes, à longueur d’antenne, par les présentateurs emblématiques et les principaux intervenants de la chaîne de Vincent Bolloré. Ces médias ne s’inscrivent plus dans une démarche de contre-pouvoir, ils participent d’une stratégie de prise de pouvoir.

Quels sont les contre-pouvoirs existant aujourd’hui et suffisamment solides et légitimes pouvant empêcher la France de basculer dans l’illibéralisme ?

Les contre-pouvoirs sont nombreux en France, et certains d’entre eux sont garantis par la Constitution. L’opposition a des droits à l’Assemblée nationale et le Sénat peut jouer un rôle modérateur, comme il l’avait fait dans les années 1980 au moment de l’alternance et de l’arrivée de la gauche parlementaire. Le Conseil constitutionnel, depuis 1974, peut être saisi par l’opposition et peut censurer tout ou partie des lois votées par le Parlement – on l’a vu récemment avec la loi immigration.

La société civile (syndicats, organisations professionnelles, associations…) peut aussi opposer une force de résistance à des mesures illibérales, tout comme d’ailleurs les collectivités territoriales, dont les compétences ont été fortement accrues par la décentralisation des années 1980, elle-même constitutionnalisée lors de la révision constitutionnelle de mars 2003.

Des corps sociaux comme les juges ou les universitaires ont, par leur statut, une certaine indépendance par rapport au pouvoir gouvernemental. Enfin, la presse écrite reste pluraliste et, en France, exerce une influence non négligeable.

On peut toutefois craindre que l’ensemble de ces contre-pouvoirs, dont les positionnements et les intérêts peuvent parfois être divergents, ne parviennent pas à jouer pleinement leur rôle. Et dans ce cas, c’est à la rue que certaines oppositions risquent d’avoir recours pour contester le pouvoir.

Qui pour gouverner ?

    Qui pour gouverner ?
     Avec une majorité introuvable, le président n’a guère éclairci comme il le souhaitait la situation politique du pays. Pire, il aura des difficultés à constituer un gouvernement acceptable et il lui faudra sans doute du temps pour trouver un impossible équilibre. En effet le futur gouvernement se trouvera sous la menace permanente de motions de censure. Et pour les éviter il devra se contenter d’utiliser le 49–3 ou de ne traiter que de questions accessoires.
    Le nouvel environnement politique va imposer au président de prendre son temps et d’économiser les paroles provocatrices. La constitution même d’un gouvernement relève casse-tête. Dans toutes les hypothèses Macon ne pourra constituer une majorité absolue et c’est l’instabilité politique mais aussi économique qui va caractériser la situation du pays.

    Pour preuve du désarroi du président, aucune expression dimanche de l’Élysée. Une discrétion rare de la part d’un président pourtant particulièrement bavard.

    « La participation montre que la dissolution était nécessaire », assure l’Élysée, alors que la décision d’Emmanuel Macron il y a trois semaines a créé des remous et de nombreuses critique de tous bords, y compris au sein du camp présidentiel.

    « On avait annoncé le bloc central mort: il est là, même après 7 ans de pouvoir », souligne l’Élysée, alors qu’Ensemble (Renaissance, MoDem, Horizons, etc.) et divers centre obtient 158 sièges bien loin de la majorité absolue.

    Emmanuel Macron appelle à la « prudence », estimant que les résultats ne répondent pas à la question de « ‘qui pour gouverner?’ ».

    « La question va être de savoir si une coalition cohérente est capable de se composer pour atteindre les 289 députés », s’interroge l’Élysée, alors qu’aucun de trois camps n’a atteint le seuil de la majorité absolue.

    Bref après les législatives, la crise politique risque de s’approfondir

     

    Politique -Ciotti, le  » déserteur » des Républicains qui s’est dispensé du service national, futur ministre de la défense ?

    Politique -Ciotti, le  » déserteur » des Républicains  qui s’est dispensé du service national, futur ministre de la défense ?

    Non seulement Ciotti est un « déserteur »  mais en plus il aurait bien voulu emporter avec lui la caisse et les effectifs des Républicains pour les vendre au Rassemblement national. Ciotti  est coutumier du décalage entre ses convictions et son action. Ainsi il  a réussi l’exploit de devenir d’un des plus ardents partisans du service militaire obligatoire suspendu en 97 alors qu’il a écrit lui-même à Chevènement pour se faire dispenser de ce service au motif que sa compagne était enceinte. Il a donc été dispensé du service national. Mieux, Il serait maintenant pressenti pour être le ministre de la défense du RN !

    De quoi évidemment jeter un doute sérieux sur un personnage qui n’a pratiquement jamais par ailleurs travaillé ailleurs que dans la politique depuis ses 23 ans. D’une certaine manière, l’archétype du personnel politique qui a transformé la fonction élective en métier quitte à se vendre pour un plat de lentilles

     

    Wikipédia

    Le 24 janvier 1991, François Fillon, député RPR, écrit à Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en vue de faire exempter du service militaire Éric Ciotti, alors collaborateur parlementaire de son collègue Christian Estrosi. Mais le ministre quitte ses fonctions peu après et c’est finalement au titre de soutien de famille, en raison de la grossesse de sa conjointe, que l’intéressé obtiendra une dispense quelques semaines plus tard. La publication de cette lettre dans Le Canard enchaîné du 14 septembre 2016 vaudra des critiques à Ciotti, devenu entre-temps partisan déterminé du service militaire obligatoire, suspendu en 1997 sur initiative de Jacques Chirac.

    Législatives : un sondage qui rebat les cartes mais prévoit aussi le chaos

    Législatives : un sondage qui rebat les cartes mais prévoit aussi le chaos

    La perspective d’une majorité absolue semble s’écarter de plus en plus d’abord pour la gauche mais aussi pour le rassemblement national. Jusque-là la plupart des sondages s’étaient limités à transposer bêtement les résultats du premier tour en nombre de sièges. La réalité est forcément plus complexe. Le nombre de députés dépendra surtout des réalités locales notamment de la personnalité des responsables, aussi des désistements. L’hypothèse la plus vraisemblable c’est que le rassemblement National sera très loin et même très loin de la majorité absolue. De toute manière ,dans toutes les hypothèses cette dissolution brutale et irresponsable aura conduit à la chienlit. Et Macron peut se féliciter d’avoir organisé le plus grand désordre dans le pays. S’il continue dans cette voie de l’irresponsabilité, sa légitimité pourrait être mise en cause.

    En même temps, va s’installer une situation de chaos car aucun des trois camps narra cette majorité absolue est les réformes seront sans doute très difficiles à engager dans la plupart des domaines. Un sondage Toluna Harris Interactive, le premier depuis le dépôt des candidatures, chiffre désormais le nombre de sièges pour le RN entre 190 et 220, loin des 289 requis pour obtenir une majorité absolue. Le Nouveau Front populaire obtiendrait désormais entre 159 et 183 sièges, le camp présidentiel entre 110 et 135.

    Elections Législatives : un sondage qui rebat les cartes mais prévoit aussi le chaos

    Elections Législatives : un sondage qui rebat les cartes mais prévoit aussi le chaos

    La perspective d’une majorité absolue semble s’écarter de plus en plus d’abord pour la gauche mais aussi pour le rassemblement national. Jusque-là la plupart des sondages s’étaient limités à transposer bêtement les résultats du premier tour en nombre de sièges. La réalité est forcément plus complexe. Le nombre de députés dépendra surtout des réalités locales notamment de la personnalité des responsables, aussi des désistements. L’hypothèse la plus vraisemblable c’est que le rassemblement National sera très loin et même très loin de la majorité absolue. De toute manière ,dans toutes les hypothèses cette dissolution brutale et irresponsable aura conduit à la chienlit. Et Macron peut se féliciter d’avoir organisé le plus grand désordre dans le pays. S’il continue dans cette voie de l’irresponsabilité, sa légitimité pourrait être mise en cause.

    En même temps, va s’installer une situation de chaos car aucun des trois camps narra cette majorité absolue est les réformes seront sans doute très difficiles à engager dans la plupart des domaines. Un sondage Toluna Harris Interactive, le premier depuis le dépôt des candidatures, chiffre désormais le nombre de sièges pour le RN entre 190 et 220, loin des 289 requis pour obtenir une majorité absolue. Le Nouveau Front populaire obtiendrait désormais entre 159 et 183 sièges, le camp présidentiel entre 110 et 135.

    Ciotti, le  » déserteur » des Républicains qui s’est dispensé du service national, futur ministre de la défense ?

    Ciotti, le  » déserteur » des Républicains  qui s’est dispensé du service national, futur ministre de la défense ?

    Non seulement Ciotti est un « déserteur »  mais en plus il aurait bien voulu emporter avec lui la caisse et les effectifs des Républicains pour les vendre au Rassemblement national. Ciotti  est coutumier du décalage entre ses convictions et son action. Ainsi il  a réussi l’exploit de devenir d’un des plus ardents partisans du service militaire obligatoire suspendu en 97 alors qu’il a écrit lui-même à Chevènement pour se faire dispenser de ce service au motif que sa compagne était enceinte. Il a donc été dispensé du service national. Mieux, Il serait maintenant pressenti pour être le ministre de la défense du RN !

    De quoi évidemment jeter un doute sérieux sur un personnage qui n’a pratiquement jamais par ailleurs travaillé ailleurs que dans la politique depuis ses 23 ans. D’une certaine manière, l’archétype du personnel politique qui a transformé la fonction élective en métier quitte à se vendre pour un plat de lentilles

     

    Wikipédia

    Le 24 janvier 1991, François Fillon, député RPR, écrit à Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en vue de faire exempter du service militaire Éric Ciotti, alors collaborateur parlementaire de son collègue Christian Estrosi. Mais le ministre quitte ses fonctions peu après et c’est finalement au titre de soutien de famille, en raison de la grossesse de sa conjointe, que l’intéressé obtiendra une dispense quelques semaines plus tard. La publication de cette lettre dans Le Canard enchaîné du 14 septembre 2016 vaudra des critiques à Ciotti, devenu entre-temps partisan déterminé du service militaire obligatoire, suspendu en 1997 sur initiative de Jacques Chirac.

    Législatives : un sondage qui rebat les cartes mais prévoit aussi le chaos

    Législatives : un sondage qui rebat les cartes mais prévoit aussi le chaos

    La perspective d’une majorité absolue semble s’écarter de plus en plus d’abord pour la gauche mais aussi pour le rassemblement national. Jusque-là la plupart des sondages s’étaie t limités à transposer bêtement les résultats du premier tour en nombre de sièges. La réalité est forcément plus complexe. Le nombre de députés dépendra surtout des réalités locales notamment de la personnalité des responsables, aussi des désistements. L’hypothèse la plus vraisemblable c’est que le rassemblement National sera très loin et même très loin de la majorité absolue. De toute manière ,dans toutes les hypothèses cette dissolution brutale et irresponsable aura conduit à la chienlit. Et Macron peut se féliciter d’avoir organisé le plus grand désordre dans le pays. S’il continue dans cette voie de l’irresponsabilité, sa légitimité pourrait être mise en cause.

    En même temps, va s’installer une situation de chaos car aucun des trois camps narra cette majorité absolue est les réformes seront sans doute très difficiles à engager dans la plupart des domainesUn sondage Toluna Harris Interactive, le premier depuis le dépôt des candidatures, chiffre désormais le nombre de sièges pour le RN entre 190 et 220, loin des 289 requis pour obtenir une majorité absolue. Le Nouveau Front populaire obtiendrait désormais entre 159 et 183 sièges, le camp présidentiel entre 110 et 135.

     

    France : le déclassement qui nourrit les extrêmes

    France : le déclassement qui nourrit les extrêmes

     

    Ce sont les politiques d’innovation et de formation qui permettent d’augmenter la productivité et, par conséquent, les salaires, explique Béatrice Madeline, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

     
    Relever le smic à 1 600 euros, bloquer les prix des produits essentiels, baisser la TVA sur les produits énergétiques, relever le plafond de la prime de partage de la valeur, indexer les salaires sur l’inflation : les programmes des partis pour les élections législatives mettent nettement l’accent sur l’amélioration du pouvoir d’achat des Français. A juste titre. Deux ans de forte inflation ont mis en difficulté des millions de ménages, qui peinent aujourd’hui à maintenir leur niveau de vie d’avant-crise.

    Mais le pouvoir d’achat est la résultante d’autres choix économiques, qui permettent aux entreprises de produire plus et mieux, et donc de dégager plus de revenus à redistribuer à leurs travailleurs, à arbitrage constant entre profit et salaires. La France s’est distinguée sur ce point ces dernières années, et pas pour le meilleur. Depuis 2019, le produit intérieur brut (PIB) rapporté au nombre d’emplois a progressé de 6 % aux Etats-Unis, a peu ou prou stagné en zone euro (− 0,4 %), mais a baissé de 3,5 % en France. On peut y voir une conséquence du Covid-19 sur les politiques de ressources humaines des entreprises, ou un effet de l’essor – bienvenu – de l’alternance en France.

    Mais cette évolution inquiétante peut aussi s’interpréter comme un retard pris sur les entreprises américaines en matière d’innovation, de robotisation, d’adoption des nouvelles technologies. Ce retard se manifeste aujourd’hui par le décrochage brutal de l’économie européenne face aux Etats-Unis : entre 2010 et 2023, le taux de croissance cumulé du PIB a atteint 34 % outre-Atlantique, contre seulement 21 % dans l’Union européenne et 18 % dans la zone euro. Selon le FMI, le PIB par habitant en France est de 58 650 dollars (54 506 euros), contre 81 630 dollars aux Etats-Unis. Autant que les salaires poussifs qui ont contraint les Français à réduire leur consommation durant les deux années écoulées, cet écart croissant avec d’autres puissances économiques alimente le sentiment de déclassement qui nourrit le vote aux extrêmes.

    Améliorer le pouvoir d’achat sur le long terme exige donc d’autres mesures que le blocage des prix ou l’augmentation, fût-elle substantielle, d’une prime. L’appareil productif, pour être plus efficace, doit investir plus massivement encore sur les nouvelles technologies. L’intelligence artificielle, par exemple, aujourd’hui adoptée par nombre de grands groupes, peine à s’imposer dans le vaste tissu des PME de l’Hexagone, qui n’en voient pas toujours l’intérêt ou jugent qu’elle représente un risque financier ….

    Macron toujours dans le flou qui le fera disparaître

    Macron toujours dans le flou qui le fera disparaître

    Une nouvelle fois Macon a choisi le flou qui pourrait bien faire disparaître le macronisme  du champ politique. Or l’ancien premier ministre, Gabriel Attal, a lui pris nettement position pour un désistement en faveur du candidat pouvant faire échouer celui du rassemblement national. Cette perspective de Front Républicain est encore aléatoire y compris à gauche.

     

    Pour les macronistes  la ligne à adopter pour le second tour ne fait pas l’unanimité.  C’est nettement plus clair chez Gabriel Attal:« L’enjeu de ce second tour c’est de priver l’extrême droite d’une majorité absolue », a asséné le Premier ministre. Par exemple, dans la Somme, la candidate macroniste est arrivée en troisième position. Son retrait pourrait permettre au député sortant de la Somme François Ruffin de l’emporter face au RN. François Bayrou a ainsi suggéré son retrait. Mais cette ligne n’est pas celle d’Edouard Philippe, qui a appelé au « ni-ni », ni RN, ni France Insoumise.

    Dans environ 250 circonscriptions, trois candidats sont sélectionnés pour le second tour. Mais ces triangulaires vont pour beaucoup se transformer en duel. Car le nouveau front populaire retirera ses candidats là où ils sont arrivés en troisième position. C’est ce qui pourrait permettre à Elisabeth Borne de l’emporter dans le Calvados face au candidat RN, qui a obtenu environ 36% des voix. Cette position place l’alliance de gauche dans une situation compliquée.

    Ciotti, le  » déserteur des Républicains » qui s’est dispensé du service national

    Politique- Ciotti, le  » déserteur » des Républicains  qui s’est dispensé du service national

    Non seulement Ciotti est un « déserteur »  mais en plus il aurait bien voulu emporter avec lui la caisse et les effectifs des Républicains pour les vendre au Rassemblement national. Ciotti  est coutumier du décalage entre ses convictions et son action. Ainsi il  a réussi l’exploit de devenir d’un des plus ardents partisans du service militaire obligatoire suspendu en 97 alors qu’il a écrit lui-même à Chevènement pour se faire dispenser de ce service au motif que sa compagne était enceinte. Il a donc été dispensé du service national

    De quoi évidemment jeter un doute sérieux sur un personnage qui n’a pratiquement jamais par ailleurs travaillé ailleurs que dans la politique depuis ses 23 ans. D’une certaine manière, l’archétype du personnel politique qui a transformé la fonction élective en métier quitte à se vendre pour un plat de lentilles

     

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    Le 24 janvier 1991, François Fillon, député RPR, écrit à Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en vue de faire exempter du service militaire Éric Ciotti, alors collaborateur parlementaire de son collègue Christian Estrosi. Mais le ministre quitte ses fonctions peu après et c’est finalement au titre de soutien de famille, en raison de la grossesse de sa conjointe, que l’intéressé obtiendra une dispense quelques semaines plus tard. La publication de cette lettre dans Le Canard enchaîné du 14 septembre 2016 vaudra des critiques à Ciotti, devenu entre-temps partisan déterminé du service militaire obligatoire, suspendu en 1997 sur initiative de Jacques Chirac.

    Ciotti, le  » déserteur des républicains  » qui s’est dispensé du service national

    Ciotti, le  » déserteur des républicains  » qui s’est dispensé du service national

    Non seulement Ciotti est un « déserteur »  mais en plus il aurait bien voulu emporter avec lui la caisse et les effectifs des Républicains pour les vendre au Rassemblement national. Ciotti  est coutumier du décalage entre ses convictions et son action. Ainsi il  a réussi l’exploit de devenir d’un des plus ardents partisans du service militaire obligatoire suspendu en 97 alors qu’il a écrit lui-même à Chevènement pour se faire dispenser de ce service au motif que sa compagne était enceinte. Il a donc été dispensé du service national

    De quoi évidemment jeter un doute sérieux sur un personnage qui n’a pratiquement jamais par ailleurs travaillé ailleurs que dans la politique depuis ses 23 ans. D’une certaine manière, l’archétype du personnel politique qui a transformé la fonction élective en métier quitte à se vendre pour un plat de lentilles

     

    Wikipédia

    Le 24 janvier 1991, François Fillon, député RPR, écrit à Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en vue de faire exempter du service militaire Éric Ciotti, alors collaborateur parlementaire de son collègue Christian Estrosi. Mais le ministre quitte ses fonctions peu après et c’est finalement au titre de soutien de famille, en raison de la grossesse de sa conjointe, que l’intéressé obtiendra une dispense quelques semaines plus tard. La publication de cette lettre dans Le Canard enchaîné du 14 septembre 2016 vaudra des critiques à Ciotti, devenu entre-temps partisan déterminé du service militaire obligatoire, suspendu en 1997 sur initiative de Jacques Chirac16,17.

    Le RN récupère ceux qui travaillent dur

    Le  RN récupère ceux qui travaillent dur 

     

    Le politiste Bruno Palier souligne, dans une tribune au « Monde », le lien existant, partout en Europe, entre dégradation des conditions de travail et vote pour l’extrême droite.

     

    Les résultats obtenus lors des élections européennes par le Rassemblement national (RN) doivent en grande partie se comprendre comme une revanche contre la réforme des retraites et plus largement comme une demande de reconnaissance et d’amélioration des difficultés rencontrées au travail. Dans notre ouvrage collectif Que sait-on du travail ? (Presses de Sciences Po, 2023), nous avons pu documenter combien, pour une grande majorité de Français, les conditions de travail sont mauvaises, le travail s’est intensifié, les accidents de travail sont plus nombreux et les risques psychosociaux sont plus élevés qu’ailleurs. Ces difficultés ont été niées par le gouvernement lors de la réforme des retraites de 2023, mais aussi par les principaux représentants des employeurs lors des négociations qui ont échoué, début janvier, sur le pacte traitant de la qualité de vie au travail.Dans une tribune publiée dans Le Monde en janvier 2023, nous annoncions que la réforme des retraites allait alimenter le vote RN. Plus généralement, c’est un vote d’opposition à ceux qui sont restés sourds aux problèmes économiques et sociaux manifestés par les Français. Un vote sanction des politiques aveugles aux réalités sociales, telles que la dépendance aux voitures et les budgets contraints des « gilets jaunes » analysés par Pierre Blavier dans son livre Gilets jaunes. La révolte des budgets contraints (PUF, 2021). C’est aussi une réaction à l’absence de revalorisation des professions « essentielles » après le Covid-19, professions pourtant mal loties, comme l’ont montré les travaux de la chercheuse Christine Erhel, une revanche contre l’imposition de la réforme des retraites bien que les Français s’y soient opposés faute de pouvoir tenir au travail plus longtemps.

    En se présentant comme le parti de ceux qui travaillent dur, en les opposant aux élites qui les négligent et les méprisent, le RN récupère ce vote de ressentiment. De plus en plus de travaux de sciences politiques soulignent le lien entre insatisfaction au travail, dégradation des conditions de travail, management vertical, perte de sens et vote pour les droites radicales extrêmes en Europe.

    Politique- Ciotti, le  » déserteur » qui s’est dispensé du service national

    Politique- Ciotti, le  » déserteur » qui s’est dispensé du service national

    Non seulement Ciotti est un « déserteur »  mais en plus il aurait bien voulu emporter avec lui la caisse et les effectifs des Républicains pour les vendre au Rassemblement national. Ciotti  est coutumier du décalage entre ses convictions et son action. Ainsi il  a réussi l’exploit de devenir d’un des plus ardents partisans du service militaire obligatoire suspendu en 97 alors qu’il a écrit lui-même à Chevènement pour se faire dispenser de ce service au motif que sa compagne était enceinte. Il a donc été dispensé du service national

    De quoi évidemment jeter un doute sérieux sur un personnage qui n’a pratiquement jamais par ailleurs travaillé ailleurs que dans la politique depuis ses 23 ans. D’une certaine manière, l’archétype du personnel politique qui a transformé la fonction élective en métier quitte à se vendre pour un plat de lentilles

     

    Wikipédia

    Le 24 janvier 1991, François Fillon, député RPR, écrit à Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en vue de faire exempter du service militaire Éric Ciotti, alors collaborateur parlementaire de son collègue Christian Estrosi. Mais le ministre quitte ses fonctions peu après et c’est finalement au titre de soutien de famille, en raison de la grossesse de sa conjointe, que l’intéressé obtiendra une dispense quelques semaines plus tard. La publication de cette lettre dans Le Canard enchaîné du 14 septembre 2016 vaudra des critiques à Ciotti, devenu entre-temps partisan déterminé du service militaire obligatoire, suspendu en 1997 sur initiative de Jacques Chirac.

    «Le chaos qui vient» (J. Aubert)

    «Le chaos qui vient» (J. Aubert)

    Pour le président d’Oser la France, «Emmanuel Macron a sous-estimé cependant l’instinct de survie et la liquéfaction de l’espace politique qu’il a lui-même engendrée en érigeant le débauchage et l’opportunisme en valeurs cardinales» ( dans l’Opinion)

    En précipitant les élections législatives, Emmanuel Macron a ouvert un piège dont François Mitterrand n’aurait pas désavoué le machiavélisme. Le choix d’une campagne courte répond à une énième tentative de permettre au bloc central — cette troisième force qui a existé par le passé sous la IVe République — de mettre en échec LFI et le RN, les deux formations qui ont pris l’ascendant électoral sur les partis dits de gouvernement depuis 2022. Pour cela, il fallait les empêcher d’exercer une attraction sur qui le PS, qui LR, ainsi relégués au rang de satellites. Pour l’artisan du « en même temps », quel pire scénario que la victoire de coalitions autour du clivage droite-gauche ?

    Jusqu’ici, pour parvenir à ses fins, Emmanuel Macron avait utilisé la carotte (l’attraction politique qu’exerce le pouvoir sur des individus flexibles idéologiquement) et le bâton, c’est-à-dire l’arme morale de la réprobation. En fonction de ses intérêts du moment (qui se remémore les valeurs communes proclamées par Macron avec Mélenchon entre les deux tours des présidentielles ?), il s’agissait donc de souligner au choix l’antisémitisme latent de LFI ou la dénonciation des passions tristes et du nationalisme pour le RN.
     Néanmoins, au fil des réélections de Macron, les électeurs ont compris que ces cordons sanitaires conduisaient de facto à reconduire la coalition centriste sortante. De plus, la violence du choc des européennes fait que désormais la survie des députés du PS comme de LR est inévitablement corrélée à l’adossement à l’une ou l’autre des trois pôles en présence.
     « Assurance-vie Macron ». En 2022, on se souvient que le choix du Parti socialiste de passer le Rubicon et de s’allier avec LFI avait profondément divisé le PS, le président du parti passant à quelques millimètres de la révocation. Mais il avait permis de remporter un grand nombre de circonscriptions, tandis que LR et Reconquête, partis séparément, avaient fait des contre-performances notables. La gauche a toujours été, derrière ses oripeaux idéologiques, en avance pour être pragmatique. Ils ont inventé le virus des primaires avant de le communiquer à la droite !
     La macronie a donc dégainé ce qu’on pourrait appeler une « assurance-vie Macron », en décidant unilatéralement de ne pas présenter de candidats LREM face aux candidats « de l’arc républicain ». Pour un député PS ou LR sortant, cela change l’équation, car cela offre 12 à 15 points utiles pour se propulser au second tour… à condition de ne pas sortir du périmètre dont on peut comprendre qu’il ne va pas jusqu’à LFI ou le RN.
    Sans doute Emmanuel Macron espère-t-il encore réussir un coup de maître en obligeant la recomposition autour du pôle central. Mais des trois coalitions, c’est la sienne qui est la moins portée par les vents électoraux

    Emmanuel Macron avait sous-estimé cependant l’instinct de survie et la liquéfaction de l’espace politique qu’il a lui-même engendrée en érigeant le débauchage et l’opportunisme en valeurs cardinales. En quelques jours, les plaques tectoniques ont bougé très rapidement. La surprise est moins venue de la gauche, qui réédite 2022, que de la droite avec l’explosion de Reconquête et de LR sur la douloureuse question de l’accord avec le RN.

     La combinaison de deux instruments de prévention des risques a partiellement marché : Eric Ciotti n’a quasiment pas entraîné de députés LR derrière lui, soit qu’il s’agisse d’une opposition de principe, soit que l’équation électorale se soit simplifiée par le choix de LREM ; LFI et le PS ont, quant à eux, trouvé un accord global, dont on sent, malgré la bénédiction de François Hollande, qu’il gêne Raphaël Glucksmann et que, dans les faits, il ne sera peut-être pas appliqué de manière aussi systématique qu’on pourrait le penser.
    La manœuvre a cependant échoué car il y aura bien au final deux coalitions de droite et de gauche, dominées par le parti le plus éloigné du centre et non pas celui le plus proche, comme dans les années 1980-2000. Il faut dire aussi que toutes les armes inventées au lendemain du 21 avril 2002 pour empêcher que le FN, devenu RN, accède au pouvoir ont toutes échoué, qu’il s’agisse du front républicain (en réalité une alliance contre-nature) ou du parti unique modèle UMP censé rassembler tout le monde, de la droite au centre. La vraie manière de faire reculer « les extrêmes » aurait été de résoudre les problèmes de fond.
    Reste que l’élection de juin-juillet 2022 est probablement la plus incertaine qu’il soit pour trois raisons : premièrement, la participation sera extrêmement forte, compte tenu de l’enjeu, et va polariser la société française, qui est coupée en trois ; deuxièmement les mesures de contre-coalition d’En Marche limiteront peut-être la casse, ouvrant la voie à un pôle modéré aux contours poreux et gazeux, en jouant sur la peur de l’inconnu, sur le modèle de la dissolution de 1968 ; troisièmement et c’est la plus importante des trois : il n’est pas certain que toutes ces coalitions aient réellement envie de prendre le pouvoir. En effet, la cohabitation est un poison mortel pour le RN, parce que cela peut démolir ses chances pour 2027, ou pour la gauche car leur programme irréaliste explosera au premier choc.

    Sans doute Emmanuel Macron espère-t-il encore réussir un coup de maître en obligeant la recomposition autour du pôle central. Mais des trois coalitions, c’est la sienne qui est la moins portée par les vents électoraux : là où Giscard voulait rassembler deux Français sur trois, Macron a une ambition moitié moindre. S’il devait parvenir à ses fins, ce bricolage provoquerait une immense frustration populaire. Quel que soit le résultat, l’année qui vient risque donc d’être marquée par un chaos politique qui, je le crains, aura des répercussions dans la société elle-même.

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