Archive pour le Tag 'Qui'

Affaire Navalny : des sanctions qui déçoivent tout le monde

Affaire Navalny : des sanctions qui déçoivent tout le monde

 

 

Comme il fallait s’y attendre l’Union économique s’est mise d’accord pour une sanction minimale concernant quatre personnalités russes. Des sanctions évidemment symboliques et qui rendent compte des contradictions au sein même de l’Union européenne et notamment des réticences de l’Allemagne. Outre-Rhin en effet, on ne souhaite surtout pas dégrader le climat diplomatique entre les deux zones notamment par rapport à la perspective du monumental projet Gazprom qui permettra à la Russie d’acheminer son gaz vers l’union européenne.

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi d’ailleurs  mollement à ces sanctions assez  anecdotiques

Les  proches d’Alexei Navalny ont t également fait part de leur déception après l’annonce européenne.  »S’il s’agit de sanctionner dix fonctionnaires du Kremlin qui n’aiment pas voyager à l’étranger et n’ont pas de biens à l’étranger, alors ça ne sera pas douloureux et cela ne transmettra pas le message », a averti Leonid Volkov, venu à Bruxelles plaider pour des sanctions européennes contre les oligarques proches du président Poutine.

 

Politique-Gouvernement : Une technocratie managériale qui fait office de politique

Politique-Gouvernement : Une technocratie managériale qui fait office de politique

 

Les injonctions gouvernementales pour imposer le télétravail se font toujours plus intrusives dans la gestion des entreprises. Dans une tribune pour « Le Monde », l’avocate en droit social Elsa Lederlin et l’essayiste Fanny Lederlin rappellent que « manager » ce n’est pas gouverner

Par Elsa Lederlin(Avocate en droit social et secrétaire générale de l’association « Droit et démocratie ») et Fanny Lederlin(Doctorante en philosophie, essayiste)

Tribune. « Télétravailler partout où c’est possible » : tel est le mot d’ordre de la ministre du travail, qui l’a adressé personnellement aux représentants des secteurs bancaires, assurances et cabinets de conseil, après avoir précisé qu’étaient également ciblées les branches de la communication, l’informatique, les activités immobilières et juridiques.

L’instruction a été accompagnée d’une note dans laquelle le directeur général du travail rappelle que « le choix de ne pas instaurer un confinement général impose le respect des principes de prévention », ordonne que « les tâches télétravaillables le soient » et prévient que le système d’inspection du travail sera mobilisé dans les semaines à venir afin « que chacun puisse travailler dans les meilleures conditions de sécurité possibles pour sa santé ».

Ces instructions s’ajoutent aux communications, notes, foires aux questions (FAQ), questions-réponses (QR) et autres protocoles qui se succèdent depuis que le ministère du travail gère la crise sanitaire. Non sans poser de questions.

Outre une certaine lassitude de la part des chefs d’entreprise, des responsables des ressources humaines et de leurs conseillers juridiques, nous voyons poindre trois dangers derrière cette inflation de recommandations : le premier est celui d’une pente interventionniste, voire normativiste du ministère du travail ; le deuxième est celui d’une dérive managériale du gouvernement ; le troisième est celui du déni des principes de justice et d’égalité entre les travailleurs, au profit d’une efficacité sanitaire partielle et partiale.

Commençons par questionner la portée normative de ces recommandations. Si leur intention est louable, comment ne pas s’inquiéter du pouvoir exorbitant que s’arroge le ministère du travail en multipliant les injonctions aux entreprises sous le couvert d’une « déclinaison matérielle » de l’obligation de sécurité de l’employeur ? Car, même si le Conseil d’Etat, saisi en septembre dernier, a refusé de suspendre l’exécution du protocole national sanitaire au motif qu’il n’avait pas de « caractère contraignant », l’employeur qui n’appliquerait pas ces recommandations pourrait se voir reprocher – et ce, au moyen d’une mise en demeure ou d’un référé judiciaire – de faillir à son obligation de sécurité.

Autrement dit, les recommandations ont beau ne pas être impératives, elles possèdent une puissante valeur normative, et le « faiseur de notes » s’avère en réalité un « faiseur de normes ». Nous voyons dans cette émancipation du cadre réglementaire la manifestation d’un interventionnisme gouvernemental dans l’ordre juridique comme dans l’organisation des entreprises, et ce, aux dépens du respect du droit, du principe de concertation avec les acteurs sociaux, du pouvoir de direction de l’employeur et de la liberté d’entreprendre.

État de droit en Russie : une aspiration qui progresse

État de droit en Russie : une aspiration qui progresse

Florent Parmentier, Sciences Po (*) dans la Tribune évoque la montée de la fédération à l’État de droit en Russie.

 

 

Le verdict est tombé ce 2 février 2021 : Alexeï Navalny a été condamné à 2 ans et 8 mois d’emprisonnement en colonie pénitentiaire.

Cette décision de la justice russe a suscité une condamnation unanime de la part des Européens et des Américains ; des réactions outragées que la Rus-sie, comme il fallait s’y attendre, a balayées d’un revers de la main.

L’empoisonnement d’Alexeï Navalny en août der-nier fait quant à lui toujours l’objet d’un contrôle pré-enquête. Qui plus est, l’affaire Yves Rocher, sur laquelle se fonde la condamnation de l’opposant, est sujette à caution dans la mesure où l’article 159.4 en vertu duquel les frères Oleg et Alexeï Navalny ont été condamnés n’est plus contenu dans le code pénal russe, et qu’il n’y a pas de victime.

Certains, à commencer par la France, réitèrent déjà leurs appels à des sanctions vis-à-vis de la Russie, comme l’abandon du gazoduc Nord Stream 2 – un projet sur lequel l’Allemagne, qui bénéficierait largement de la mise en service de ce gazoduc, tient ses posi-tions.

Au-delà des réactions internationales, que nous dit ce verdict de la situation de l’État de droit en Russie ?

À première vue, une grande majorité d’Européens pourraient partager l’avis de la première ministre d’Estonie Kaja Kallas, qui a déclaré que cette sentence « n’a rien à voir avec l’État de droit ».

Dans les débats académiques et les prises de position politiques, deux approches se toisent et se complè-tent : celle de l’optimisme institutionnel, qui perçoit l’État de droit comme un bien commun de l’humanité universellement partageable, et celle du pessimisme cultu-rel, qui trouve bien naïve toute tentative de s’émanciper de sa culture politique d’origine. La situation actuelle en Russie va à l’encontre de chacune de ces deux visions.

En effet, on pourrait avancer que l’optimisme institutionnel n’a pas fonctionné en Russie. Le régime politique s’épuise, porté par un groupe homogène depuis une vingtaine d’années. Pourtant, l’opposition ne parvient pas à convaincre de sa capacité à passer de la protestation à la gestion des affaires ; l’opposition systémique ne se différencie pas véritablement du régime, tandis que l’opposition hors système peut effrayer pour son radicalisme, surtout si l’on considère qu’elle n’a accès à la population que via les réseaux sociaux et non grâce aux grands médias.

Difficile, en effet, de gérer un pays de 17 millions de km2 : historiquement, sa faible densité a amené l’État à intervenir plus que dans d’autres pays pour compenser les difficultés du marché à prendre en charge le développement. Cette « puissance pauvre » (pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de Georges Sokoloff) s’exerçant sur un espace immense (et des ressources naturelles qui ne le sont pas moins) laisse moins de place au compromis et plus à de multiples rapports de force que les institutions seules ne peuvent canaliser.

Pourtant, force est de constater que la réalité politique résiste également au pessimisme culturel. Non pas pour des raisons normatives, qui consisteraient à dire qu’accepter cette hypothèse ferait le jeu des dictatures, mais simplement parce qu’une approche immobiliste (selon laquelle la culture est une donnée qui est fixe au cours de l’histoire) ne peut appréhender ni le changement ni les résistances au système.

Il ne s’agit pas ici de nier des héritages historiques et culturels, mais d’observer que la vague de manifestations en faveur d’Alexeï Navalny est d’une ampleur considérable et répartie sur l’ensemble du territoire, loin de se limiter aux les seules bourgeoisies de Moscou et Saint-Pétersbourg. Ce mouvement d’opposition a su s’implanter territorialement. Autrement dit, il existe une pression populaire en faveur du changement, en dépit du « général Hiver » qui peut faire reculer les plus frileux (certaines manifestations ont pris place par -60°). Les contestataires sont isuss des milieux les plus divers, et on retrouve parmi eux une proportion élevée de jeunes qui n’ont connu dans leur vie que vingt ans de poutinisme. Eux n’ont pas vécu la déstructuration des années 1990 qui a amené Vladimir Poutine au pouvoir et l’a fait accepter comme un moindre mal face à l’instabilité.

Ce n’est pas tant la peur d’Alexeï Navalny qui anime les dirigeants russes, mais la peur de l’incarnation du mécontentement populaire à travers sa personne.

Un mouvement qui exige un État de droit

Si les approches de l’optimisme institutionnel et du pessimisme culturel n’épousent pas totalement notre compréhension de la situation, c’est qu’il faut appréhender l’État de droit comme un processus historique.

close

volume_off

 

Pour le dire autrement, on ne peut laisser l’État de droit aux mains des seuls juristes, en dépit du fait que des organisations internationales ou des cabinets d’avocats internationaux ont oeuvré pour répandre ce concept.

Les travaux de Francis Fukuyama sur l’émergence de l’État de droit peuvent être utiles dans le contexte russe. Le politologue mentionne deux sources de l’État de droit : la religion (au vu de la position qu’elle occupait à l’époque pré-moderne) et la transition vers la modernité (depuis le XVIIIe siècle). Il en tire trois enseignements essentiels :

  • 1) l’État de droit a émergé tout d’abord au sein des élites, afin de résoudre des conflits entre oligarques et puissants : le droit a permis de régler les conflits à moindre coût ;
  • 2) selon Fukuyama, les normes du droit, pour avoir une force effective, doivent être fondées sur les valeurs de la société en question ;
  • 3) enfin, l’étude de la transition vers l’État de droit doit se faire dans un cadre comparatif rigoureux.

Ce dernier point est d’autant plus important que la définition de ce qu’est un État de droit fluctue en fonction du temps et de l’espace. À strictement parler, l’arrestation d’Alexeï Navalny pourrait répondre à une conception étroite de l’État par le droit (approche formelle), signifiant par-là que l’État conduit ses affaires par le moyen de la loi. Ainsi formulé, un régime autoritaire peut être un État de droit s’il couvre légalement se agissements. À l’opposé, on trouve des conceptions plus larges, qui relèvent des approches substantives, attachant de l’importance aux droits individuels, à la démocratie voire au bien-être social.

Cette ambiguïté se retrouve dans la situation actuelle de la Russie. Le paradoxe veut que le poutinisme a œuvré pour le rétablissement de l’État après son effondrement dans les années 1990, mais n’apas pour autant souhaité doter cet État d’institutions fortes. Le domaine judiciaire en est la parfaite illustration, et Navalny ne dit pas autre chose quand il pointe parmi les priorités du pays la libération des prisonniers politiques, la lutte contre la corruption et la réforme du système judiciaire, car « s’il n’existe pas un lieu où les citoyens peuvent contredire le gouvernement, ça ne peut pas marcher ».

Dans ce cadre, la pression populaire est un puissant vecteur de changement, à condition qu’elle s’inscrive dans le temps et dans un horizon de revendications partagées. La pratique gouvernementale russe est qualifiée par l’économiste russe exilé en France Sergueï Gouriev d’« autoritarisme informationnel », dont la force ne vient pas de la capacité à imposer massivement la violence (par les techniques concentrationnaires ou les procès massifs) mais à éloigner le mécontentement populaire des radars de l’opinion publique.

Ce type de régime ne reconnaît pas d’adversaires politiques en tant que tels. Ceux qui veulent jouer un rôle politique sans appartenir aux instances du pouvoir sont soit des opposants systémiques (tolérés, et parfois organisés par le régime : c’est le cas de la poignée de partis qui ont le droit de siéger à la Douma comme le Parti communiste ou le LDPR de Vladimir Jirinovski, qui se présentent comme des opposants mais qui savent parfaitement respecter les lignes rouges à ne pas franchir), soit des dissidents (comme Navalny, bien sûr, mais aussi Sergueï Oudaltsov, leader de la gauche radicale et qui a lui aussi connu la prison).

Alexeï Navalny fait moins peur en lui-même que pour sa capacité à coaguler un mouvement de mécontentement populaire qui s’est épaissi au cours du temps, sans doute insuffisamment pour ébranler le régime, mais peut-être assez pour lui arracher quelques concessions politiques. Ce mouvement doit maintenant réussir, au-delà de la personne de Navalny, à générer un programme alternatif faisant la part belle à une profonde transformation de la culture civique et légale du pays. C’est à ce prix que le « moment Navalny » pourra aboutir à la consolidation d’un véritable État de droit en Russie.

_____

(*) Par Florent Parmentier, Secrétaire général du CEVIPOF. Enseignant à Sciences Po. Chercheur-associé au Centre HEC Paris de Géopolitique, Sciences Po.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

M6 : une concentration de la télé en France mais avec qui ?

  • M6 : une concentration de la télé en France mais avec qui ? 
  • Suite notamment la décision de vente des actionnaires du groupe M6, le patron actuel Nicolas de Tavernost estime qu’un regroupement dans l’audiovisuel français est incontournable pour faire face à la concurrence mondiale. Le problème c’est avec qui car il n’y a pas grand monde- hormis le groupe de TF1 -de suffisamment puissant pour constituer un pôle international de poids . En matière d’audience en 2020, France Télévisions reste en tête avec 28,8% de pda (-0,1 point) devant TF1 (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI) à 26,8% (-0,4 point) et M6 (M6, 6Ter, W9 et Gulli), en hausse de 0,1 point à 14,6%. Les autres chaînes accèdent qu’à une audience relativement marginale et n’ont  pas la puissance nécessaire surtout pour s’engager dans une production télévisuelle significative.

Gouvernement : Une technocratie managériale qui fait office de politique

Gouvernement : Une technocratie managériale qui fait office de politique

 

Les injonctions gouvernementales pour imposer le télétravail se font toujours plus intrusives dans la gestion des entreprises. Dans une tribune pour « Le Monde », l’avocate en droit social Elsa Lederlin et l’essayiste Fanny Lederlin rappellent que « manager » ce n’est pas gouverner

Par Elsa Lederlin(Avocate en droit social et secrétaire générale de l’association « Droit et démocratie ») et Fanny Lederlin(Doctorante en philosophie, essayiste)

Tribune. « Télétravailler partout où c’est possible » : tel est le mot d’ordre de la ministre du travail, qui l’a adressé personnellement aux représentants des secteurs bancaires, assurances et cabinets de conseil, après avoir précisé qu’étaient également ciblées les branches de la communication, l’informatique, les activités immobilières et juridiques.

L’instruction a été accompagnée d’une note dans laquelle le directeur général du travail rappelle que « le choix de ne pas instaurer un confinement général impose le respect des principes de prévention », ordonne que « les tâches télétravaillables le soient » et prévient que le système d’inspection du travail sera mobilisé dans les semaines à venir afin « que chacun puisse travailler dans les meilleures conditions de sécurité possibles pour sa santé ».

Ces instructions s’ajoutent aux communications, notes, foires aux questions (FAQ), questions-réponses (QR) et autres protocoles qui se succèdent depuis que le ministère du travail gère la crise sanitaire. Non sans poser de questions.

Outre une certaine lassitude de la part des chefs d’entreprise, des responsables des ressources humaines et de leurs conseillers juridiques, nous voyons poindre trois dangers derrière cette inflation de recommandations : le premier est celui d’une pente interventionniste, voire normativiste du ministère du travail ; le deuxième est celui d’une dérive managériale du gouvernement ; le troisième est celui du déni des principes de justice et d’égalité entre les travailleurs, au profit d’une efficacité sanitaire partielle et partiale.

Commençons par questionner la portée normative de ces recommandations. Si leur intention est louable, comment ne pas s’inquiéter du pouvoir exorbitant que s’arroge le ministère du travail en multipliant les injonctions aux entreprises sous le couvert d’une « déclinaison matérielle » de l’obligation de sécurité de l’employeur ? Car, même si le Conseil d’Etat, saisi en septembre dernier, a refusé de suspendre l’exécution du protocole national sanitaire au motif qu’il n’avait pas de « caractère contraignant », l’employeur qui n’appliquerait pas ces recommandations pourrait se voir reprocher – et ce, au moyen d’une mise en demeure ou d’un référé judiciaire – de faillir à son obligation de sécurité.

Autrement dit, les recommandations ont beau ne pas être impératives, elles possèdent une puissante valeur normative, et le « faiseur de notes » s’avère en réalité un « faiseur de normes ». Nous voyons dans cette émancipation du cadre réglementaire la manifestation d’un interventionnisme gouvernemental dans l’ordre juridique comme dans l’organisation des entreprises, et ce, aux dépens du respect du droit, du principe de concertation avec les acteurs sociaux, du pouvoir de direction de l’employeur et de la liberté d’entreprendre.

Wuhan : le souvenir du médecin mort qui a alerté sur le virus et en plus inquiété par la police

Wuhan : le souvenir du médecin mort qui a alerté sur le virus et en plus inquiété par la police

 

D’une certaine manière, le sort qui a été réservé à Li Wenliang , le médecin qui le premier a lancé une alerte à propos du Coronavirus illustre bien l’environnement politique et démocratique du pays. D’abord le médecin est lui-même décédé des suites de ce virus. Avant  quand il s’est aventuré à lancer une alerte, il a été inquiété par la police au motif qu’il avait répandu des rumeurs.

Notons qu’une journaliste avait aussi repris les propos et demeure en prison. Bref un régime politique tout à fait épouvantable indigne de la civilisation actuelle qui reprend les pratiques de Mao en écrasant les libertés individuelles et collectives.

Discrètement quand même des Chinois de Whuan se souviennent et rendent hommage aux héros dans le pouvoir à écraser la mémoire. Alors que les gens dans les rues autour de l’hôpital de Li disent que la vie dans la ville est pour la plupart revenue à son rythme habituel, ils vénèrent toujours Li pour ses actions.

En ce moment une délégation de l’OMS tente de trouver des explications à l’origine du virus et à son processus. On sait que l’OMS est très influencée par les Chinois et on peut douter que la mémoire du médecin lanceur d’alerte, Li Wenliang, soit honoré dans ce rapport  ou même signaler !

 

Merck : un médicament anti calvitie qui provoque des suicides

Merck : un médicament anti calvitie qui provoque des suicides

Dès 2009, Merck avait connaissance de plus de 200 rapports de dépression, y compris des pensées suicidaires, chez des hommes prenant Propecia, selon une évaluation interne de «gestion des risques» de cette année. La société a décidé qu’il y avait trop peu de rapports de dépression grave et de comportement suicidaire et pas assez de détails sur ces cas pour justifier plus qu’une surveillance «de routine» des données de sécurité.

Certains chercheurs médicaux et défenseurs des patients ont déclaré que Merck et la FDA ont laissé les consommateurs américains dans l’ignorance des dangers potentiellement mortels .

L’analyse de Merck d’un risque potentiel de suicide est restée secrète au tribunal pendant plus de trois ans – et n’est devenue publique qu’après l’intervention de Reuters dans la procédure. Les informations contenues dans les documents récemment non scellés font écho aux conclusions de l’enquête de Reuters de 2019, «Hidden Injustice», qui a révélé comment les juges américains permettent régulièrement aux fabricants de produits de consommation de déposer sous scellés dans les poursuites des informations pertinentes pour la santé et la sécurité publiques. Ils le font souvent sans explication, bien que dans la plupart des juridictions, ils soient tenus d’en fournir une.

L’enquête de Reuters a révélé que des centaines de milliers d’Américains ont été tués ou gravement blessés au cours des dernières décennies par des produits prétendument défectueux – y compris des médicaments, des voitures et des appareils médicaux – alors que les preuves qui auraient pu alerter les consommateurs et les régulateurs d’un danger potentiel sont restées cachées.

La FDA a approuvé Propecia en 1997, et les ventes ont grimpé régulièrement au cours des années 2000, atteignant 447 millions de dollars en 2010. Peu de temps après, le brevet de Merck a expiré. Les ventes globales de finastéride sont restées fortes car des versions génériques moins chères sont arrivées sur le marché.

Troisième confinement : un nouveau confinement qui ne dira pas son nom

Troisième confinement : un nouveau confinement qui ne dira pas son nom

Il est de plus en plus vraisemblable que très rapidement le gouvernement compte tenu de la dégradation de la situation sanitaire sera contraint de décider d’un nouveau confinement. Mais un confinement qui ne dira pas son nom.

 

On va en effet s’efforcer de minimiser la portée des nouvelles mesures restrictives qui vont quand même affecter les commerces non essentiels, la mobilité en général voir aussi l’enseignement. De toute manière,  les recommandations par exemple de l’Académie de médecine de respecter désormais une distance de 2 m entre chaque personne remettent en cause la quasi-totalité des protocoles. Avec une telle distance nombre d’activités ne seront plus possibles. À noter qu’en Europe les distances recommandées varient de1 à 2 m .

 

.La limitation des sorties et des déplacements devrait s’accompagner d’une fermeture partielle (ou d’une réduction des horaires d’ouverture) des commerces « non essentiels », mais des établissements scolaires devraient rester ouverts, comme l’indique le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer,. Tout dépendra cependant du caractère exponentiel de la croissance de la pandémie. Les experts qui constate aujourd’hui que la France atteint régulièrement autour de 25 000 contaminées ,600 morts en 24 heures pensent  malheureusement que début mars on attendra autour de 60 à 60 000 contaminées et autour de 1000 morts par 24 heures.

La mobilité sera cependant autorisée pour se rendre à son lieu de travail avec une forte incitation à l’utilisation du télétravail. Jusque-là, il paraissait que la France était plutôt un peu épargnée par rapport à ses voisins comme l’Espagne, l’Allemagne ou encore la Grande-Bretagne. Mais depuis quelques jours , on décèle des risques de progression exponentielle en France aussi.

Les dernières projections de l’Inserm et de l’Institut Pasteur, scrutées par l’Élysée, font redouter une hausse exponentielle des infections, principalement à cause des fameux « variants » anglais et sud-africain. Sans compter la crainte d’un « effet galette des Rois », évoquée par certains experts, s’il s’avérait que les familles ont baissé la garde pendant l’Épiphanie.

Le problème c’est que le gouvernement hésite à prendre des mesures restrictives qui constitueraient un troisième confinement et qui seraient susceptibles de créer un nouveau choc social ,moral voire politique dans la population. Une population qui s’attend d’ailleurs à ce troisième confinement pour plus de 70 % des Français qui pourtant ne le souhaitent pas.

Du coup, le gouvernement pourrait être tenté d’opérer un nouveau serrage de vis mais un confinement qui ne dira pas son nom !

Ce Cyberautoritarisme qui menace la démocratie

Ce Cyberautoritarisme qui menace la démocratie

Comme l’Ouganda, de nombreux pays africains restreignent les accès numériques lors d’élections ou de troubles sociaux, observe, dans sa chronique du Monde, Marie de Vergès. Un cyberautoritarisme qui affecte aussi l’économie.

Chronique. Aux Etats-Unis, Donald Trump dénonce une élection entachée par les fraudes et se voit privé de réseaux sociaux. En Ouganda, l’opposant Bobi Wine dénonce une élection entachée par les fraudes et se voit privé de réseaux sociaux. Mais la comparaison tourne court rapidement. Outre-Atlantique, la suspension des comptes d’un président sortant embarqué dans une rhétorique toujours plus outrancière a été décidée par la Silicon Valley. Tandis qu’en Ouganda, c’est le régime qui a coupé l’accès à Internet à la veille du scrutin présidentiel du 14 janvier, pénalisant l’opposition mais également l’ensemble des internautes de ce pays d’Afrique de l’Est.

Cette mesure radicale, orchestrée par l’indéboulonnable autocrate ougandais Yoweri Museveni (déjà trente-cinq ans au pouvoir), a évidemment fait couler beaucoup moins d’encre que le bannissement de Donald Trump sur Twitter. Il faut dire que la répression en ligne est devenue monnaie courante en Afrique ces dernières années. Presque une banalité. Au moins 15 pays africains ont restreint ou coupé l’accès aux réseaux sociaux lors de manifestations ou d’élections depuis 2015. Comme la Tanzanie qui a limité l’accès à Internet lors du scrutin présidentiel d’octobre.

 

L’Ethiopie est également adepte de la déconnexion forcée. Toutes les télécommunications ont ainsi été interrompues avec le Tigré lors de la guerre qui vient d’opposer cette province rebelle à l’armée fédérale éthiopienne. Déjà en juillet 2020, le pouvoir avait bloqué Internet dans le pays pendant presque un mois, après l’irruption de violences provoquées par l’assassinat du chanteur et militant Hachalu Hundessa.

Tuer dans l’œuf toute insurrection

Dans la même veine, des gouvernements africains renforcent discrètement leur arsenal juridique pour contraindre l’utilisation des réseaux sociaux. Au Nigeria, les autorités ont relancé un projet de réglementation de ces plates-formes, quand la mobilisation contre les violences policières battait son plein à l’automne. Il s’agit officiellement d’empêcher la diffusion de discours de haine. Mais certains membres de la société civile redoutent qu’une telle loi, une fois votée, octroie aux autorités le droit de contrôler l’usage d’Internet.

En période d’élections ou de troubles sociaux, les tenants du cyberautoritarisme disent vouloir éviter la propagation de fausses rumeurs susceptibles de dégénérer en émeutes. La méthode est surtout efficace pour maintenir sous cloche les voix dissidentes et tenter de tuer dans l’œuf toute insurrection populaire. Mais aussi attractif soit-il pour des régimes peu soucieux de la liberté d’expression, ce verrouillage numérique a aussi un coût, loin d’être nul.

Afrique, des élections qui n’ont plus de sens

Afrique, des élections qui n’ont plus de sens

 

Il est clair d’une façon générale les élections dans nombre de pays ne sont plus de nature à satisfaire les attentes démocratiques des peuples. Ceci vaut pour le monde entier  mais particulièrement en Afrique.

 

Nathalie Delapalme est directrice exécutive de la Fondation Mo Ibrahim — du nom de son créateur, un milliardaire anglo-soudanais et entrepreneur dans le domaine des télécommunications —, qui a pour mission d’aider l’Afrique à se débarrasser de ses dictateurs corrompus et publie l’indice Ibrahim de la gouvernance, qui établit un classement des performances réalisées par les 54 pays du continent. (Interview dans l’opinion)

Quels enseignements tirez-vous du dernier indice Ibrahim ?

Six Africains sur dix vivent dans un pays dont la gouvernance est meilleure qu’en 2010. Mais, pour la première fois depuis 2010, le niveau de gouvernance globale en Afrique baisse (- 0,2 point) en 2019. C’est un signal à prendre en compte. En fait, la progression ralentissait depuis plusieurs années au point d’aboutir à ce résultat qui traduit une évolution divergente des dimensions de la gouvernance. Des progrès ont été réalisés en matière de développement économique et humain. Toutefois, ils s’essoufflent et ne sont plus en mesure de compenser la dégradation du système démocratique, de l’état de droit, de la participation de tous à la vie politique et économique, des libertés et droits fondamentaux. Tout miser sur le développement économique et humain n’est pas soutenable à long terme et représente un pari fragile dans notre monde globalisé. Aucun gouvernement ne peut se prémunir contre l’impact, inattendu et dévastateur, d’un choc exogène comme la Covid.

Quels sont les bons et les mauvais élèves ?

Pour une vision complète, il faut considérer à la fois le point d’arrivée et les tendances. En 2019, sont en tête de peloton Maurice, le Cap Vert, les Seychelles, la Tunisie, le Botswana et l’Afrique du Sud. Mais la trajectoire de Maurice et de l’Afrique du Sud se dégrade depuis quelques années. Sur la décennie, les pays qui progressent le plus sont la Gambie, la Côte d’Ivoire, la Tunisie, les Seychelles, le Zimbabwe, l’Ethiopie, la Somalie, l’Angola, le Tchad et la Namibie. Les détériorations les plus fortes sont relevées en République démocratique du Congo, aux Comores, au Mali, au Nigeria, au Malawi, en Afrique du Sud, en Erythrée, en Zambie, au Cameroun et au Lesotho.

La tendance va-t-elle s’inverser en Ethiopie (en guerre civile) et en Côte d’Ivoire (en crise post-électorale)

La Côte d’Ivoire et l’Ethiopie figurent tous deux parmi les dix pays qui ont le plus progressé sur la décennie écoulée (respectivement 18e et 31e). Mais les progrès marquent le pas depuis quelques années, avec des points d’alerte. En Côte d’Ivoire, les indicateurs relatifs aux procédures de passation des marchés publics, à l’égalité en matière de représentation politique, à l’espace accordé à la société civile, ou à l’accès au logement, se dégradent. En Ethiopie, la tendance est préoccupante pour dix des 79 indicateurs, notamment ceux relatifs aux déplacements forcés de population, aux droits de propriété, au réseau de transport, aux relations du travail, a l’impartialité du système judiciaire.

Le Ghana est souvent érigé en modèle de démocratie. La situation ne s’est-elle pas détériorée sous la présidence de Nana Akufo-Addo ?

En 2019, le Ghana se classe encore dans le top ten (8e). Mais la tendance générale n’est pas bonne. On constate depuis 2010 une détérioration de deux des quatre dimensions principales de la gouvernance : Sécurité et règle de droit ; Participation, droits et inclusion. Des progrès incontestables ont certes été obtenus en termes de développement économique et humain, notamment pour l’accès au digital et aux services financiers, le contrôle des maladies transmissibles, l’état civil et le système statistique, l’égalité d’accès aux services publics, le cadre des échanges commerciaux. Mais d’autres indicateurs régressent : impartialité du système judiciaire, procédures de passation des marchés publics, droits de propriété, corruption dans le secteur privé, liberté des médias, droits digitaux, capacité fiscale.

« Pour la première fois en 25 ans, l’Afrique va rentrer en récession. La chute drastique de la demande extérieure, la mise à l’arrêt du tourisme, les mesures de confinement souvent sévères ont réduit presque à néant les perspectives d’activité, d’emploi, voire de survie pour les plus fragiles »

Comment se porte l’Afrique du Sud ?

L’Afrique du sud, deuxième PNB du continent, se situe encore au 6e rang en termes de gouvernance globale et les composantes relatives à la participation et à l’état de droit se sont améliorées. Mais, sur dix ans, sa performance a perdu presque un point, donc elle est très en deçà de l’évolution moyenne du continent. Sont en recul des composantes essentielles du développement humain (protection sociale, accès au logement, réduction de la pauvreté, libertés individuelles) tandis que la criminalité et la corruption progressent. Les opportunités économiques sont toujours importantes mais leur croissance enregistre un déclin régulier.

Et l’Algérie post-Bouteflika ?

Le niveau de gouvernance est meilleur qu’en 2010. Il est tiré par un progrès notable en termes de développement humain et économique, particulièrement en matière d’environnement réglementaire des affaires et de la concurrence (en partant d’un niveau assez bas), de réseau de transport, de téléphonie mobile, d’accès au logement, d’inscription à l’école, d’application de la loi, de procédures judiciaires, de pluralisme politique, et de corruption. Restent des points noirs : respect de la loi, droits de propriété, procédures de passation des marchés publics, espace de la société civile, liberté des médias, liberté d’expression et de croyance, accès à l’information, élections démocratiques, accès aux soins de santé.

L’irruption du coronavirus ne va-t-il pas amplifier le mouvement de détérioration ?

Il risque de peser sur l’ensemble des progrès économiques et sociaux d’autant que la pandémie continue à s’étendre (au 15 décembre, on dénombrait 2 401 953 cas répertoriés, plus 22 % en un mois) malgré la forte réactivité de gouvernements instruits par l’expérience Ebola. L’Afrique du Sud, le Maroc, l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie sont les pays les plus atteints. Cette crise pèse sur des structures sanitaires déjà fragiles, et réduit l’attention accordée à d’autres pathologies, au moins aussi graves. Elle a provoqué la déscolarisation de nombreux élèves, une limitation excessive de libertésla hausse des violences à l’encontre des femmes, des restrictions démocratiques injustifiées. Son impact est dévastateur sur les plans économiques et sociaux. Pour la première fois en 25 ans, l’Afrique va rentrer en récession. La chute drastique de la demande extérieure, notamment de matières premières, la mise à l’arrêt du tourisme, les mesures de confinement souvent sévères ont réduit presque à néant les perspectives d’activité, d’emploi, voire de survie pour les plus fragiles. Si l’on y ajoute aux effets du changement climatique, cette crise sanitaire doit être l’occasion de définir un modèle de croissance plus vert, plus créateur d’emplois locaux, plus autonome, plus équitable, plus inclusif.

« La perte de confiance, voire la défiance, envers leurs Etats s’accroît fortement. C’est en réalité un mouvement mondial. Les Etats apparaissent impuissants à régler les défis du monde contemporain et à répondre aux attentes élémentaires  »

De plus en plus d’élections sont contestées. La démocratisation en cours est-elle en danger ?

Le modèle démocratique apparaît fragile et franchement contesté, notamment par la jeunesse africaine. Dans un monde ou l’information et l’expression des sentiments sont devenues permanentes et réactives, il apparaît difficile de continuer à fonder le système démocratique sur la seule tenue, tous les cinq ans au mieux, d’élections présidentielles estampillées « libres et transparentes » par des observateurs extérieurs. Cette qualification même a été fortement dévalorisée, voire dévoyée, notamment en RD Congo. Les Africains ont perçu le choix d’une communauté internationale qui a fermé les yeux sur la vérité des urnes pour permettre l’avènement d’une alternance de façade. Dans trop de cas, l’élection n’inspire plus ni confiance, ni même respect. Il faut « remettre l’église au milieu du village » et revenir à la signification même du principe démocratique.

Les populations semblent aussi de plus en défiantes envers leurs Etats…

La perte de confiance, voire la défiance, envers leurs Etats s’accroît fortement. C’est en réalité un mouvement mondial. Les Etats apparaissent impuissants à régler les défis du monde contemporain (pandémies, terrorisme, changement climatique, insécurité digitale) et à répondre à leurs attentes élémentaires (accès à l’emploi, qualité des transports, sécurité du voisinage, gestion des déchets). Les deux plus grandes villes africaines, Le Caire et Lagos, gèrent des populations équivalentes à celles de la Côte d’Ivoire ou de l’Angola, les 14e et 15e pays les plus peuplées du continent… Sans aller jusqu’à considérer qu’on a atteint les limites du système westphalien, la gouvernance locale est appelée à jouer un rôle croissant, y compris dans la gestion des risques globaux.

Chine – Etats-Unis : une guerre technologique qui va durer

 Chine – Etats-Unis : une guerre technologique qui va durer

L’expert de l’industrie chinoise Jean-François Dufour montre, dans une tribune au « Monde », comment Washington s’efforce de bloquer l’accès de Pékin aux semi-conducteurs, composants incontournables pour le développement industriel chinois.

Tribune.

 

 Le gouvernement chinois voit partir avec Donald Trump un adversaire qui faisait beaucoup de bruit. Mais Pékin sait que son véritable problème va rester : la politique d’endiguement technologique menée par Washington, fruit d’une évolution de plus long terme et plus discrète, a passé un cap décisif en 2020.

La guerre commerciale contre la Chine, lancée en 2018 par le président sortant des Etats-Unis, a des chances de s’apaiser avec son successeur. Mais elle est restée un problème marginal pour les autorités chinoises : elle a été inefficace, et leur a même permis de remobiliser les troupes en démontrant le bien-fondé de leur politique d’indépendance économique nationale.

Le souci bien plus important de Pékin est que la guerre technologique, beaucoup plus décisive, a toutes les chances de se poursuivre. Elle n’est en effet pas le résultat d’un mouvement d’humeur ni de la décision d’un homme. Elle a commencé bien avant Donald Trump : on peut dater son premier épisode important du premier veto à une acquisition du groupe chinois Huawei, en 2008 ; surtout, elle est l’aboutissement d’une réflexion stratégique de l’administration américaine.

Action américaine

Son objectif est d’endiguer l’émergence technologique accélérée de la Chine. Elle est devenue une urgence aux yeux de Washington en 2015, lorsque la Chine de Xi Jinping, en publiant son plan « Made in China 2025 », n’a plus caché ses ambitions.

Cinq ans plus tard, en 2020, cette stratégie a trouvé son moyen le plus minuscule – il se mesure en nanomètres –, mais aussi le plus efficace : les semi-conducteurs sont au cœur de tous les projets technologiques de la Chine. Depuis les véhicules autonomes jusqu’aux réseaux électriques intelligents, en passant par l’usine du futur qui doit les fabriquer et les équipements de télécommunications qui doivent les faire fonctionner, ces composants électroniques sont incontournables. Et ils sont aussi le talon d’Achille de l’industrie chinoise, qui en consomme cinq fois plus qu’elle n’en produit.

L’exploitation américaine de cette faiblesse s’est concentrée dans un premier temps sur Huawei, le premier équipementier de télécommunications au monde, devenu en quelques années le symbole de la progression technologique chinoise en tant que pionnier de la 5G. Elle s’est faite en deux étapes.

La première, inscrite en 2019 dans le contrôle des ventes de semi-conducteurs américains au groupe chinois, s’est avérée relativement inefficace. Huawei a en effet démontré une capacité de réaction d’une rapidité inattendue, avec la conception de ses propres

 

 

L’hydrogène : une filière qui se développe en Bourgogne Franche-Comté

L’hydrogène : une filière qui se développe en Bourgogne Franche-Comté

 

Les acteurs régionaux qui construisent la filière hydrogène en Bourgogne-Franche-Comté dressent le bilan de vingt ans de réalisations et d’expérimentations et fixent le cap à venir. 90 millions d’euros sont mobilisés pour devenir la première région à énergie positive de France.

« Nous avons été les premiers à lancer des projets de recherche avec le FC Lab il y a vingt ans, nous avons fait partie des premiers à mettre en place des écosystèmes de mobilité qui ont été déterminants dans la poursuite des déploiements opérés », rappelle Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté. La filière hydrogène constitue une opportunité unique de donner un nouveau souffle à un territoire qui représente la première région industrielle de France et qui est depuis 2016, labellisée « Territoires Hydrogène ».

 « Cette culture de l’industrie, cet attachement pour elle, nous donne toute légitimité pour devenir un leader de l’hydrogène, non seulement dans l’Hexagone mais également à l’échelle européenne », déclare Jean-Marie Girier, préfet du Territoire de Belfort.

Covid-19: des conflits d’intérêts qui méritent une enquête

Covid-19: des conflits d’intérêts qui méritent une enquête

C’est ce que pensent des  élus de droite Thibault Bazin, Valérie Boyer, Sébastien Meurant, Bérengère Poletti, Guy Teissier et Stéphane Viry, tous membres du courant souverainiste «Oser la France», se sont retrouvés autour d’une initiative de Julien Aubert visant à réclamer la transparence sur des liens éventuels entre ces professionnels de santé et l’industrie pharmaceutique.

Le député du Vaucluse regrette que les enquêtes parlementaires conduites à l’Assemblée et au Sénat sur la gestion de la crise sanitaire n’aient pas apporté de réponses précises à ces questions. «Les sujets ont été abordés mais, par exemple, Mme Buzyn m’a répondu qu’elle ne comprenait pas ma question et je suis resté sur ma faim. Mais avec les nouvelles révélations de l’IHU, il faut tirer les choses au clair, sans chercher à faire de polémique», estime-t-il. Pour justifier leur demande, les parlementaires s’appuient sur une conférence du 18 décembre dernier au sein de l’IHU marseillais, durant laquelle une synthèse d’environ quinze minutes a été présentée par le Professeur Chabrière sur les notions de «liens» et «conflits d’intérêts».

 

 

Les élus citent notamment le «laboratoire Gilead» en rappelant son implication dans la distribution d’un médicament, le Remdesivir. «Cette molécule, un temps préconisée par les autorités et dont l’Organisation Mondiale de la Santé a finalement déconseillé l’utilisation le 20 novembre dernier, faisait l’objet d’une promotion de la part de ces mêmes professionnels de santé», écrivent-ils.

 

 

Dans leur lettre à Olivier Véran, les élus réclament enfin des informations sur l’enquête de la revue «The Lancet». Cette publication scientifique de référence avait fait scandale en publiant de fausses données sur l’hydroxychloroquine et le ministre de la Santé avait annoncé sa volonté de demander des explications aux éditeurs.

Football français : un modèle qui va s’écrouler

Football français : un modèle qui va s’écrouler

Après l’échec financier de Mediapro et les effets délétères de la pandémie, le football traverse une crise économique durable et doit de toute urgence se réinventer, estime l’ancien président de club de Lens et de Nantes, Luc Dayan, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

Evoluant au sein d’un univers législatif et politique inadapté, encadré par un supposé contrôle des comptes bien inefficace, le football français n’a pas su, voulu ou pu penser son développement. L’échec de Mediapro et la pandémie de Covid-19 ne font que révéler plus rapidement que prévu les grandes faiblesses de notre football national.

Sans les multiples prêts garantis par l’Etat (PGE) contractés par la plupart des clubs, obtenus en s’appuyant sur des chiffres d’affaires gonflés par les ventes d’actifs – les joueurs –, le sinistre serait majeur. L’endettement de nos clubs est massif et ne date pas d’hier. Quelques actionnaires aux reins solides soutiennent la trésorerie de leurs clubs, mais pour combien de temps encore ? Quant aux autres, ils jonglent comme ils le peuvent…

Depuis vingt ans, le désordre, l’instabilité, la permissivité financière, voire morale, des instances, les comportements et les déclarations de certains footballeurs ou entraîneurs ont donné une mauvaise image de notre football. L’affaire du bus de Knysna, les litiges dont se sont estimés victimes certains clubs (Entente SSG, Luzenac, etc.), en raison de règlements interprétés « à la tête du client », les dépôts de bilan de clubs historiques comme Sedan, Strasbourg ou Bastia, le procès des affaires du PSG, celui des transferts à l’OM, les élections à la tête de la Ligue de football professionnel (LFP), reflet des conflits d’intérêts entre dirigeants de club également décideurs dans les instances, les conséquences de l’arrêt brutal du championnat 2019-2020, sans oublier les récurrentes affaires de mœurs ou les problèmes de gouvernance à la Fédération française de football (FFF) révélés récemment, la liste est longue. Et la justice, qui agit peu, et souvent avec retard.

Quant à certains journalistes, qui vivent de la bête, ils l’entretiennent pour mieux la tuer quand c’est leur intérêt. Il est plus facile pour eux de clouer au pilori joueurs ou dirigeants quand ils chutent, alors qu’ils les encensent quand ils gagnent, faisant vendre leurs journaux.

L’illusion collective qui a démarré après la Coupe du monde 1998 est désormais avérée. Les joueurs de l’équipe de France évoluant quasiment tous à l’étranger, le football de club est resté très faible en comparaison avec l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et même l’Italie. La formation française, qui est une des meilleures du monde, a profité de l’arrêt Bosman et a permis de rentrer de l’argent dans le système national, mais aux dépens de la qualité du jeu fourni. Le transfert de joueur est devenu l’outil d’une cavalerie salariale inflationniste entre clubs du monde entier. Ces transferts étant payés de façon étalée dans le temps, les créances que détiennent les clubs français seront en conséquence de moins en moins certaines.

«La France du XXIe siècle: des chefs de guerres qui n’ont pas fait leur service militaire (Régis Debray)

 «La France du XXIe siècle: des chefs de guerres qui n’ont pas fait leur service militaire (Régis Debray)

 

A juste titre, Régis Debray dénonce les erreurs répétées de ces jeunes managers chefs de gouvernement, aussi chef des armées et qui n’ont jamais fait leur service militaire. Et qui évidemment reproduisent les mêmes erreurs que dans le passé avec d’abord l’éloge de la cause guerrière, l’usure ensuite puis la retraite souvent honteuse.

Exactement ce qu’on risque de rencontrer par exemple au Mali pour la France. Un conflit dont se demande quelle signification il peut avoir tellement il est peu soutenu non seulement par les dirigeants locaux mais aussi par les dirigeants de l’union européenne. Pourtant chacun sait que lâcher le Mali, le Niger ou encore le Burkina risquent de contaminer les autres pays qui touchent le Sahel et l’Afrique occidentale en général.

La France ne peut évidemment partir brutalement de cette contrée mais elle devrait mettre l’union européenne voir la diplomatie internationale tout entière devant ses responsabilités en fixant un délai. Ou bien la France par la communauté internationale en particulier par l’Europe ou bien elle doit partir car elle n’a pas les moyens d’entretenir une armée de 50 000 hommes. C’est tout juste si l’armée française peut entretenir un effectif de 5000 personnes dans un territoire 10 fois grand comme la France. Ce qui représenterait par exemple cinq soldats par département français.

 Une mission évidemment impossible. Et pendant ce temps là, l’Allemagne se vautre dans l’affairisme en signant des accords honteux avec la Chine, avec la Russie, avec tout ceux avec lesquels elle peut faire du business. On ne peut reprocher à l’Allemagne de bénéficier d’une industrie très compétitive et très en pointe. Par contre on peut s’interroger sérieusement sur les valeurs de la diplomatie allemande.

HOPIUM, un FRANÇAIS QUI VEUT PRODUIRE UNE BERLINE À HYDROGÈNE

HOPIUM, un FRANÇAIS QUI VEUT PRODUIRE UNE BERLINE À HYDROGÈNE

Olivier Lombard ,  Vainqueur des 24 Heures du Mans en 2011 à seulement 20 ans, est persuadé que l’hydrogène et l’avenir de l’automobile.

 

Agé aujourd’hui de 29 ans, il a créé en 2020 « Hydrogen Motive Company » (HMC) dont la division Hopium prépare une voiture sportive haut de gamme. Son but est de détrôner Tesla avec deux atouts: une autonomie de 1000 kilomètres et un temps de « recharge » de seulement 3 minutes.

Cette passion pour l’hydrogène remonte à 2013, année durant laquelle il a testé des bolides préparés par le laboratoire suisse GreenGT, spécialisé dans la recherche et dans « l’implémentation de systèmes à propulsion hybrides (électrique et hydrogène) de haute puissance.

Avec l’aide d’anciens de Porsche, Tesla, ou Lucid, il veut concourir en 2024 aux 24H avec, pour la première fois, une voiture de course à hydrogène dans le cadre de la mission H24.

Mais en parallèle, Olivier Lombard veut mettre au point, avec Hopium, une berline sportive, l’Hopium Mãchina. Cette voiture, encore au stade du concept, offre un design racé et une motorisation survitaminée. Cette berline de 4,95 mètres de long affiche une puissance de plus de 500 chevaux. Et comme il l’explique sur son site, sa voiture, qui sera produite en France, sera aussi un concentré de technologies.

« Ce sera un véhicule hyper connecté, l’idée c’est de mettre le conducteur dans une sorte de cocon, il pourra profiter d’un mode de conduite autonome avec l’accès à de nombreux services digitaux », promet Olivier Lombard.

Un prototype devrait être présenté dès 2021 pour une commercialisation en 2026 à un tarif autour de 120.000 euros. Reste désormais à trouver des financements. Pour attirer des investisseurs, Olivier Lombard promet un chiffre d’affaires qui pourrait atteindre un milliard d’euros en 2030.

A ce jour, seuls Toyota et Hyundai tentent l’aventure avec un modèle chacun (une familiale et un SUV) qui attirent peu les clients. Le prix proche de 80.000 euros joue certainement. Mais l’autre raison repose sur le faible nombre de stations service à proposer de l’hydrogène. On n’en trouve actuellement à peine plus d’une trentaine en France

.

« Les failles affectives de Macron qui remettent en cause les résultats de son intelligence »

  • « Les failles affectives de Macron qui remettent en cause les résultats de son intelligence »
  •  L’ancien ministre de la Culture de Nicolas Sarkozy, Jack Lang livre dans l’Opinion ses vérités sur cette période d’épidémie, où la fragilité de nos vies s’est rappelée à nous.
  • Que révèle de la société française la crise sanitaire sans fin que nous traversons ?
  • Que la relation du pouvoir avec les citoyens demeure très paternaliste. Le pouvoir traite les citoyens comme de grands enfants. Les citoyens, très disciplinés, obéissent à ce qu’on leur dit de faire. Le fait qu’Emmanuel Macron se prenne pour le roi de France, qu’il ait cette nostalgie, alimente ce côté paternaliste. Ce n’est pas à lui d’expliquer tout le temps ce que l’on doit faire, comme s’il était le roi qui guérissait les écrouelles. Imagine-t-on De Gaulle ou Mitterrand donner les détails à la télévision du déconfinement ? On est toujours dans la même relation avec les présidents de la République (mais peut-être que ce sont les institutions qui le veulent) : tout procède d’eux, tout remonte à eux. Soit ils nous bluffent, soit on les haït. Ce rapport me semble dangereux.
  • Que vous inspire, après plus de trois années et demie à l’Elysée, le président Macron ?
  • En fait, je ne sais pas. Au début, j’étais totalement séduit. Je trouvais le côté adolescent qui prend la ville assez formidable. Ses premiers pas m’ont laissé pantois. Et puis après, il y a eu cette succession de petites phrases terribles, qui ont trahi autre chose. Quand il a violemment remis à sa place un jeune qui l’avait appelé « Manu » [« Tu m’appelles Monsieur ou Monsieur le président de la République. Et tu fais les choses dans le bon ordre : le jour où tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même»], j’ai imaginé comment François Mitterrand aurait réagi. Emmanuel Macron a un amour de lui-même trop intense. Ses qualités intellectuelles sont remarquables, son énergie et son désir de bien faire évidents. Il montre une vraie résilience face à la série de crises sans précédent qu’il affronte depuis le début de son quinquennat. Mais il a des failles affectives qui viennent remettre en cause les résultats de son intelligence. Peut-être les compensera-t-il avec l’âge ? Il a la chance d’avoir à ses côtés une épouse très sympathique, qui est sa seule amie, et qui sans doute l’aide beaucoup. La haine qu’il récolte est la résultante de sa demande d’amour. Cela dit, Emmanuel Macron ne m’a jamais vu, ni parlé. Il y a chez moi certainement une part de déception personnelle, un sentiment pas très noble. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Il y a eu un désir chez lui de passer l’aspirateur et de se débarrasser de tout le passé. Je sens le soufre pour lui. Stéphane Bern, qui est adorable, est consensuel ; moi, je le suis moins. Les gens clivants dans le domaine culturel, cela l’embête.
  • Est-il un président de droite ou de gauche ?
  • C’est un président d’ordre. C’est ce que disait Marguerite Duras : « Il est comme tous les gens de droite, il est fasciné par les gens de gauche ». Les gens de droite, ce qui les empêche de dormir, c’est la résilience de la gauche. Quand il va chez Philippe de Villiers, affiche une relation d’amitié avec lui, il montre qu’il y a en lui une connivence avec ce que cela représente, le côté scout. Parallèlement, il a à ses côtés un socialiste sincère comme Jean-Yves Le Drian. Emmanuel Macron donne plus de questions que de réponses.
  • L’Elysée a annoncé qu’après l’année De Gaulle, ce serait l’année Mitterrand. Le chef de l’Etat lui rendra hommage à plusieurs reprises. Qu’ont en commun Emmanuel Macron et François Mitterrand ?
  • La réponse la plus facile, ce serait « rien », mais je ne pense pas que cela soit vrai. Ils ont une curiosité intellectuelle commune, notamment vis-à-vis de leurs homologues étrangers. Ils savent se projeter sur la scène internationale et construire des relations fortes avec leurs interlocuteurs. Ce point commun s’explique par la haute idée que tous les deux se font de leur fonction, peut-être biaisée par leur narcissisme. Mais Mitterrand a été élu à un âge avancé. Il avait eu assez d’expérience, d’échecs dans la vie pour avoir un narcissisme plus raisonnable. La comparaison qui vient immédiatement à l’esprit est celle avec Valéry Giscard d’Estaing : le Président aimé, séduisant, qui rapte la République comme un séducteur emmenant la jeune fille dans son château, l’intelligence exceptionnelle, le désir de bien faire, la façon dont tout se retourne… Mais j’avais le sentiment que Giscard d’Estaing, que je voyais de temps en temps, ne l’aimait pas beaucoup.
  • «A l’Elysée, sous Sarkozy, passer de Claude Guéant à Jean Castex, cela a été vraiment autre chose. On passait du croque-mort de Lucky Luke au type hyper sympa. Jean Castex est courageux, il incarne la droite civilisée, si le terme existe»
  • Dans Une drôle de guerre, vous êtes plus sympathique avec Edouard Philippe ou Bruno Le Maire…
  • Heureusement que Bruno Le Maire est là. Il donne le sentiment de tenir à bout de bras notre économie. Je l’ai beaucoup pratiqué quand j’étais ministre. C’est un mec très sérieux. Il arrive assez bien à être à la fois solidaire du gouvernement, fidèle au Président et en même temps à faire entendre sa propre personnalité.
  • « Que de bons souvenirs lorsqu’il était à l’Elysée et que j’avais affaire à lui. Sympa, solide. Perdu de vue et revoilà », rapportez-vous au sujet de Jean Castex, que vous avez connu secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy.…
  • A l’Elysée, passer de Claude Guéant à Jean Castex, cela a été vraiment autre chose. On passait du croque-mort de Lucky Luke au type hyper sympa. Quand il a été nommé à Matignon, j’ai cru que ce serait le Pompidou de Macron. Mais ce n’est pas cela. Il est courageux, incarne la droite civilisée, si le terme existe. J’espère que le côté sacrificiel sera mis à son crédit. Avec lui, Emmanuel Macron aura un type très loyal. Il sera le soutier du Président, dans la tradition des Premiers ministres sous la Ve République.
  • Autre remarque au détour d’une page : « Sarkozy embrasse Macron pour mieux l’étrangler »…
  • On sent tellement qu’il a envie de revenir. Il se dit que si c’est le chaos, entre l’incapacité de la droite à se mettre d’accord sur un candidat et la folie de la gauche qui court désespérément derrière Anne Hidalgo, il peut avoir une partition à jouer. Contrairement à ce que certains ont pensé, je ne partageais pas la vision du monde politique de Nicolas Sarkozy. Mais il a toujours été impeccable avec moi. Lui si interventionniste, il m’a laissé tranquille à la Culture. Récemment, je suis allé le voir et je le lui ai dit. Je crois qu’il en a été touché. On a une relation presque familiale.
  • « Presque tous les évènements qui dessinent l’aventure de ce siècle ont été pour les contemporains des surprises presque totales.» Cette citation de René Rémond figure en exergue de votre livre. C’est ce à quoi il faut s’attendre pour la présidentielle de 2022 ?
  • L’irrationnel est devenu la règle. Cette épidémie nous l’a rappelé. L’ampleur des destructions morales, citoyennes introduites par ce virus est impossible à imaginer pour l’instant. Que sortira-t-il de tout cela ? Aujourd’hui, je voterais Emmanuel Macron tout de suite malgré mes réticences.
  • Comment jugez-vous Roselyne Bachelot à la Culture ?
  • Très bien. Même si elle ne gagne pas tous les combats qu’elle mène, elle a réussi à tisser un pacte de confiance avec le monde culturel, chez qui la confiance peut être une donnée assez évanescente.
  • Le monde culturel peut-il se relever de la crise qu’il vit ? Quelles seront les conséquences ?Ce qui se passe est épouvantable. Je pense tout le temps aux artistes, comédiens, directeurs de salle, comme Laurent Bayle, le directeur de la Philharmonie de Paris, qui doivent se battre face à mille vents. Beaucoup prennent des initiatives pour mettre en ligne leur production, mais rien ne peut remplacer le spectacle vivant. On ne pourra jamais en faire une visioconférence. Et puis c’est toute la structure de la ville, vidée de son âme, qui s’en ressent. Pour l’instant, on le supporte, on fait le dos rond. Mais dans quel état le monde culturel sortira-t-il de tout cela ? Je n’ai pas la réponse.
  • Dans Le temps des tempêtes, Nicolas Sarkozy écrit : « Au ministère de la Culture, qui dispose d’un petit budget et d’une administration faible et fragmentée, le manque de charisme public devient rapidement un immense problème ». Etes-vous d’accord ?
  • C’est son côté paillettes ! S’il y a eu deux grands ministres de la Culture, Malraux et Lang, d’autres ont fait des choses et ne doivent pas être oubliés : Jacques Duhamel, Michel Guy qui, si Valéry Giscard d’Estaing ne l’avait pas sacrifié face à Raymond Barre, serait devenu son Jack Lang, Renaud Donnedieu de Vabres… Un bon ministre de la Culture est d’abord un ministre qui a des idées, parvient à les mettre en œuvre. Et puis s’il a du charisme, il s’impose. Quel Français connaissait Jack Lang quand il a été nommé ?

Mutation du virus : les questions qui se posent

Mutation du virus : les questions qui se posent

 

Morgane Bomsel, directrice de recherche au CNRS et à l’Institut Cochin et spécialiste en virologie, répond à LCI.

Était-ce attendu que le virus provoquant le Covid-19 mute ?

Morgane Bomsel : Les mutations sont des choses normales. Jusqu’à maintenant, nous avons détecté une trentaine de mutations. Il n’y a d’ailleurs pas de raison que nous n’en ayons pas observées en France. Mais elles ne semblent pas affecter le comportement du virus : il n’est pas plus infectieux, ni moins. Suivant le type de virus, les mutations sont plus ou moins nombreuses. Par exemple, le VIH mute beaucoup, 40 ou 50 fois plus que ce coronavirus.

Nous n’avons pas donc beaucoup de raisons de penser que cela pourrait affecter l’efficacité du vaccin- Morgane Bomsel, virologue

À quoi sont-elles dues ?

Les mutations proviennent du mécanisme de production du virus. Le Sars-Cov-2 est un virus à ARN, un code qui doit être traduit en protéines. Le problème intervient pendant la traduction, au cours de laquelle il peut y avoir quelques erreurs, puisque les mécanismes de réplication ne sont pas totalement fiables. Ce sont ces petites erreurs qui créent les mutations.

Les mutations « pourraient remettre en cause l’efficacité du vaccin », estime Jean-François Delfraissy. Pourquoi ?

Les mutations pourraient effectivement limiter l’efficacité du vaccin si elles figurent à l’endroit que reconnaissent les anticorps protecteurs. C’est ce que nous appelons des mutations d’échappement : le virus se débrouille pour échapper aux anticorps. En revanche, si ce ne sont pas des mutations d’échappement, tout va bien.

Epargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

Epargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

En dépit du tassement en octobre,  entre janvier et octobre inclus, les ménages ont déposé 31,73 milliards d’euros sur ces deux produits, dont 24,82 milliards d’euros sur le seul livret A. Cette collecte cumulée est historique, atteignant près du double de celle enregistrée sur la même période en 2019 (16,77 milliards d’euros seulement). Et ce, alors que le taux de rendement du livret A n’a jamais été aussi bas, depuis le 1er février, s’élevant désormais à 0,5%.

Dans le détail, la collecte du livret A a enregistré une décrue de 940 millions d’euros, en octobre, quand celle du LDDS a reculé de 80 millions d’euros. La décollecte dépasse donc légèrement le milliard d’euros pour les deux produits cumulés. Cette décollecte n’est pas en soi une surprise, la fin d’année étant souvent une période où les Français piochent dans leur épargne.

Pour l’avenir demeurent des incertitudes tant qu’une plus grande maîtrise de la crise sanitaire ne sera pas assurée et surtout tant  que l’horizon ne sera pas éclairci par rapport à la croissance et à l’emploi. De ce point de vue,  la succession de plans de licenciement dans les grandes entreprises mais d’une façon générale dans toute l’économie inquiète évidemment et n’encourage pas les ménages à la consommation. Sur le plan du chômage on aura enregistré une augmentation 700 000 à 1 million de personnes en plus fin 2020.

Livret d’épargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

Livret d’épargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

En dépit du tassement en octobre,  entre janvier et octobre inclus, les ménages ont déposé 31,73 milliards d’euros sur ces deux produits, dont 24,82 milliards d’euros sur le seul livret A. Cette collecte cumulée est historique, atteignant près du double de celle enregistrée sur la même période en 2019 (16,77 milliards d’euros seulement). Et ce, alors que le taux de rendement du livret A n’a jamais été aussi bas, depuis le 1er février, s’élevant désormais à 0,5%.

Dans le détail, la collecte du livret A a enregistré une décrue de 940 millions d’euros, en octobre, quand celle du LDDS a reculé de 80 millions d’euros. La décollecte dépasse donc légèrement le milliard d’euros pour les deux produits cumulés. Cette décollecte n’est pas en soi une surprise, la fin d’année étant souvent une période où les Français piochent dans leur épargne.

Pour l’avenir demeurent des incertitudes tant qu’une plus grande maîtrise de la crise sanitaire ne sera pas assurée et surtout tant  que l’horizon ne sera pas éclairci par rapport à la croissance et à l’emploi. De ce point de vue,  la succession de plans de licenciement dans les grandes entreprises mais d’une façon générale dans toute l’économie inquiète évidemment et n’encourage pas les ménages à la consommation. Sur le plan du chômage on aura enregistré une augmentation 700 000 à 1 million de personnes en plus fin 2020.

12345...22



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol