Archive pour la Catégorie 'énergie'

Production électrique : EDF dérape encore!

Production électrique : EDF dérape encore!


Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation n’aide pas EDF à promouvoir l’indispensable électricité nucléaire. Le constat est terrible 29 des 56 réacteurs nucléaires en France sont à l’arrêt. Des facteurs explicatifs externes à l’entreprise mais aussi des responsabilités internes.

Ainsi la production a été retardée après la nécessité de remettre aux normes la quasi-totalité des réacteurs. Une opération de grand carénage retardé par le Covid qui a neutralisé l’action des agents EDF et des sous-traitants. EDF n’a cependant rien fait pour développer une stratégie de rattrapage de cet entretien.

Récemment, il y a eu aussi une grève qui a paralysé les réacteurs en cours d’entretien. Il aura fallu attendre des semaines pour que syndicats et direction se mettent d’accord sur une revalorisation des salaires.

On ne peut s’empêcher de s’interroger sur les retards de production. Certains ont des raisons objectives mais certains pourraient constituer des formes de pression d’EDF pour obtenir de nouveaux financements en particulier concernant la construction EPR. Outre les questions techniques l’entreprise doit faire face à un management défaillant.Le groupe français a donc annoncé jeudi avoir abaissé sa prévision de production nucléaire en France pour 2022, en raison de l’impact des grèves sur la maintenance de ses réacteurs et l’allongement de la durée d’arrêt de 4 réacteurs nucléaires. . Résultat : la production nucléaire ne sera pas comprise entre 280-300 TWh (térawattheures) en 2022 comme l’énergéticien français l’envisageait jusqu’ici, mais devrait se situer dans une fourchette allant de 275 à 285 TWh (térawattheures).

Le groupe a confirmé ses estimations de la production nucléaire en France pour 2023 et 2024, soit respectivement 300-330 TWh et 315-345 TWh. Pour rappel, la capacité du parc français avoisine les 460 TW.

Cet environnement encore dégrader les résultats financiers du groupe. Par ailleurs se pose la question récurrente de la situation financière de l’entreprise qui traîne un lourd boulet d’endettement alors qu’elle doit aussi faire face au financement des nouveaux EPR.

EDF étatisée : pour quoi faire ?

EDF étatisée : pour quoi faire ?

Largement mis à contribution pour contenir la hausse des prix de l’énergie via, notamment, le « bouclier tarifaire », EDF a riposté, mardi, en exigeant de l’Etat une indemnisation de plus de huit milliards d’euros. Un recours qui intervient alors que le gouvernement prévoit de nationaliser l’électricien à la rentrée et qui pose la question du rôle d’EDF. Explications de Phuc-Vinh Nguyen, chercheur spécialiste des politiques de l’énergie européenne et française au sein du centre énergie de l’Institut Jacques Delors. ( la Tribune)

 

La tension monte entre l’Etat et EDF. Ce dernier a annoncé, mardi, avoir déposé un recours auprès du Conseil d’Etat réclamant à l’Etat une indemnisation de 8,34 milliards d’euros. L’électricien entend ainsi obtenir réparation des pertes causées par le « bouclier tarifaire » imposé par l’Etat. Destiné à contenir la hausse des tarifs réglementés de l’électricité à 4% en 2022, ce dispositif l’a contraint à augmenter de 20% le quota annuel d’électricité vendu à prix réduit à ses concurrents, à 120 TWh (contre 100 TWh auparavant) selon le principe de « l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh). Ce dernier impose à EDF de vendre son énergie à un prix très avantageux à ses concurrents, en comparaison aux prix actuels du marché, pour favoriser la diversité des offres et permettre au consommateur de bénéficier de tarifs attractifs.

Un conflit qui intervient alors que l’Etat a annoncé, début juillet, la nationalisation d’EDF d’ici le mois de septembre. Au-delà d’acquérir les 16% restant du capital de l’électricien — l’Etat en possède déjà 84% –, cette opération pose de nombreuses questions à commencer par celle du rôle d’EDF et de celui que l’Etat veut lui donner, comme l’explique Phuc-Vinh Nguyen, chercheur sur les politiques de l’énergie européenne et française au sein du centre énergie de l’Institut Jacques Delors à la Tribune.

Pourquoi le bouclier tarifaire est-il au centre des griefs d’EDF contre l’Etat ?

EDF est dans une situation difficile pour deux raisons. D’une part, à cause de la faiblesse de la production de son parc nucléaire qui va lui causer un important manque à gagner. En effet, traditionnellement, la France exporte de l’électricité l’été. Or, cette année, nous allons devoir en importer. Et la faiblesse du parc nucléaire va aussi se ressentir cet hiver. Il y a également cette question du « bouclier tarifaire » qui est financé en partie par EDF dans le cadre de l’Arenh.

Ce recours lancé par EDF, qui se retrouve donc mis à contribution, peut donc aussi être vu comme un moyen de contester cette mesure. En effet, le fait qu’il finance le bouclier tarifaire peut poser question, car EDF n’a pas forcément vocation à protéger le consommateur d’une éventuelle hausse du prix de l’énergie. C’est plutôt au gouvernement d’instaurer des mesures pour épauler le consommateur. Le dispositif en vigueur actuellement a été mis en place dans l’urgence, permettant à l’exécutif de réagir vite. Mais il ne doit pas avoir vocation à être pérennisé.

D’autant que si l’Arenh est négocié au niveau européen, l’Etat a accepté son instauration en France en échange d’autres concessions sur le sujet. Il y a une dissonance à clarifier à propos de l’image et du rôle qu’EDF doit jouer et celui que le gouvernement entend lui faire jouer. La nationalisation d’EDF peut, peut-être, éclaircir cette situation.

Que va changer la nationalisation d’EDF ?

L’Etat détient déjà 84% du capital d’EDF donc concrètement, le fait qu’il monte à 100% ne changera pas grand-chose. C’est, en quelque sorte, le premier étage d’une fusée qui va permettre une réforme de grande ampleur d’EDF. Bien que le gouvernement justifie cette nationalisation comme essentielle à sa nouvelle politique énergétique, c’est surtout une clarification du rôle d’EDF dans cette nouvelle politique. Cela a donc davantage une portée symbolique, ne serait-ce que pour le signal qui est envoyé à l’opinion publique. Quand vous voulez reprendre en main la politique énergétique du pays c’est mieux, en terme d’affichage, de détenir à 100% EDF.

Quels enjeux posent cette nationalisation ?

S’il a déjà été annoncé que le gouvernement va lancer d’ici début septembre une offre publique d’achat (OPA) à 9,7 milliards d’euros, on en sait encore peu sur le calendrier de reprise et il y a plusieurs questions auxquelles il est nécessaire de répondre dans un court laps de temps. C’est notamment le cas pour le mécanisme de l’Arenh qui arrive à expiration à la fin de l’année 2025. Il est donc nécessaire de se mettre d’accord sur ce sujet avec la Commission européenne et d’obtenir un accord, au moins dans les grandes lignes, avant les prochaines élections européennes qui sont en 2024. Car les acteurs clé de ce dossier sont non seulement Emmanuel Macron et le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, mais aussi la commissaire européenne à la Concurrence Margreth Vestager. Or, il n’est pas sûr qu’elle occupe encore ce poste à l’issue des élections.

Un autre sujet risque de soulever des tensions : celui de la réforme Hercule (ce projet prévoit de scinder EDF en trois entités : une entreprise publique pour les centrales nucléaires, une autre cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables, et une troisième consacrées aux barrages hydroélectriques, ndrl). Lorsqu’il avait été débattu en 2019, le sujet avait suscité de vives tensions chez les syndicats qui craignaient un démantèlement impliquant une forme de privatisation. Or, la question du projet Hercule pourrait bien revenir sur la table. Il va donc falloir que l’Etat clarifie la direction dans laquelle il souhaite aller.

Enfin, il va surtout falloir apporter des gages de la faisabilité technique de la politique énergétique voulue par l’Etat en nationalisant EDF et cela demeure une grande inconnue. L’Etat va mettre la main au portefeuille, mais EDF sera-t-il capable de délivrer les commandes d’EPR ? Le groupe a-t-il la main d’oeuvre et l’expertise nécessaire? Ce qui ne semble pas évident pour l’instant. Des réponses sont aussi attendues concernant la succession de son PDG, Jean-Bernard Lévy. Les défis à venir pour EDF sont considérables et il faut trouver une personne qui soit familière aux enjeux de l’énergie. Trouver le candidat idéal n’est pas une mince affaire, surtout en peu en si peu de temps, tant toutes ces questions nécessitent des réponses rapidement.

Politique énergétique: L’aveuglement écologique de l’Allemagne

Politique énergétique: L’aveuglement écologique de l’Allemagne

 

La guerre en Ukraine a mis en évidence le danger de la dépendance énergétique des pays européens à la Russie, résultat de choix relevant davantage de calculs politiques que de stratégie de long terme. Le renoncement au nucléaire en Allemagne le montre aujourd’hui, et doit pousser l’Europe à réintégrer l’énergie atomique pour s’assurer une production électrique indépendante. Par Didier Julienne, Président de Commodities & Resources (*). ( la Tribune)

 

Il y a 9 ans déjà que nous envisagions qu’Angela Merkel réatomise l’Allemagne, car sa stratégie semblait déjà intenable. Il y a 2 ans nous écrivions ici même dans un second « et si Angela Merkel réatomisait l’Allemagne » que « sans ressources, avec une diplomatie fragile parce qu’également dé-mondialisée mais sans désir de souveraineté énergétique, l’Europe et l’Allemagne seront dans une position gazière difficile. »

Aujourd’hui, c’est Vladimir Poutine qui jette aux yeux de l’Europe l’erreur nucléaire allemande. Sans gaz russe, il n’existe plus d’industrie allemande, et Berlin doit donc ou bien conserver ses centrales à charbon et lignite pour adosser son électricité renouvelable, ou bien ses centrales nucléaires.

Justement, quelle vision de l’atome pouvons-nous discerner sachant que les marchés énergétiques se ressemblent tous, mais que les marchés énergétiques nucléaires sont différents chacun à leur façon?

Il y a premièrement l’intumescence de l’histoire et l’ubris. L’Allemagne commet la faute d’abandonner le nucléaire à cause de son aveuglement écologique. 40 ans plus tard, car l’énergie c’est le temps long, le ministre allemand des Finances reconnait que cette stratégie énergétique allemande est une erreur, car basée sur la dépendance du renouvelable adossée et sécurisée de façon illusoire par du gaz, du charbon et du pétrole russes, et non pas sur une énergie décarbonée nationale, comme le nucléaire.

Notons au passage une autre vérité cachée par le dogme écologique : les fameux 400.000 emplois énergétiques verts allemands dans l’éolien et le solaire sont bien adossés à des emplois noirs dans le charbon, le lignite ou le gaz. Si ces derniers tombent, les premiers tombent également, comme le démontre le retour de l’électricité charbonnière cette semaine outre-Rhin, en Autriche et aux Pays-Bas pour adosser les renouvelables privées du back-up du gaz russe.

La France a préféré l’indépendance énergétique du nucléaire à toute autre considération. C’est-à-dire qu’en ce qui concerne le carbone, elle a déjà réalisé sa transition énergétique il y a 50 ans, dans les années 1970. Mais, curieusement, la génération de boomers qui voyait du haut de ses vingt ans cette souveraineté se construire aura tout fait pour la déconstruire pendant les 50 années suivantes, à l’aide d’une doxa sous domination de l’écologie allemande. L’échec énergétique berlinois actuel est donc le moteur puissant qui replace le nucléaire parisien sur sa trajectoire d’il y a 50 ans, c’est-à-dire le cycle fermé.

La Russie ou l’Ukraine n’ont jamais remis en cause l’électricité nucléaire malgré le drame de Tchernobyl. Au contraire, Moscou n’a cessé de progresser dans ce domaine au point que Rosatom conquière le leadership mondial, profitant du vide laissé par la calamiteuse gestion d’Areva puis de sa faillite à cause de la désastreuse opération Uramin. Si Areva n’avait pas été société nationale, elle aurait sans doute été découpée, vendue et désindustrialisée comme Alstom, créant là aussi des fortunes.

La Chine a également profité des 20 dernières années pour considérablement progresser et bâtir une future énergie électrique moins charbonnée indépendante et basée sur l’hydraulique, l’éolien et le nucléaire.

Enfin les États-Unis, anciens leaders mondiaux, se sont remis au travail pour revenir aux premières places de l’énergie nucléaire.

Ces stratégies mettent en évidence que l’ubris, la souveraineté, l’indépendance, la conquête sont les moteurs des Doctrines Énergétiques et des Solidarités Stratégiques des pays qu’ils soient des démocraties fonctionnant sous des contraintes économiques et environnementales ou bien des régimes non démocratiques sans ces mêmes contraintes.

Le temps qui s’est écoulé en France depuis les années 1990 correspond au temps politique pour qu’une erreur antinucléaire « à la mode » d’une ancienne génération soit reconnue comme une erreur sternutatoire par la suivante et que celle-ci la dissolve dans la solution: le retour du nucléaire.

Le temps est long dans l’énergie, il ne faut donc pas se tromper.

C’est pourquoi Berlin peut dire avec exactitude que soudainement, le temps d’une guerre, les prix de l’électricité actuels permettent aux renouvelables d’être rentables, mais l’erreur est de ne pas voir qu’ils sont hors de prix pour les consommateurs.

En d’autres termes, des renouvelables rentables parce que les prix de l’électricité sont élevés à cause du prix du gaz russe, c’est d’autant moins la solution que cette Doctrine énergétique aura facilité la catastrophe russo-ukrainienne.

Se tromper dans l’énergie en Allemagne c’est également être obligé de rouvrir des centrales à lignite lorsque le gaz russe n’est plus livré.

Se tromper dans l’énergie en Allemagne, et en France aussi, c’est prendre le risque, d’une part, de protestations dont Paris a connu les affres il y a 4 ans à cause d’amateurisme politique et, d’autre part, le risque d’un déclassement économique à cause d’une électricité chère et plus coûteuse que celle de pays concurrents, face à laquelle des taxes carbone aux frontières ne pèseront pas lourd.

Désormais, compte tenu des interdépendances électriques européennes, la nouvelle politique énergétique de Berlin ne peut pas se permettre de se tromper, en s’imposant à elle-même et à l’Europe une deuxième stratégie énergétique catastrophique en moins de 50 ans.

Au contraire, l’Allemagne doit faire sa révolution des idées, re-nucléariser son électricité et la coupler avec ses renouvelables plutôt que de compter sur son lignite ou le gaz russe. Révolution des idées, car ce nucléaire moderne doit faire office de nettoyeur de nos déchets nucléaires actuels. Il doit brûler dans des réacteurs à neutrons rapides (RNR) des charges atomiques qui seront formées du combustible usagé d’aujourd’hui. La France doit également s’engager résolument sur ce chemin, car l’intérêt est que là où 140 tonnes d’uranium minier sont nécessaires dans une centrale actuelle pour produire 1GWatt d’électricité, il suffit de 1,4 tonne (100 fois moins) de déchet gratuit pour produire la même quantité d’électricité dans un RNR. La Chine, le Japon l’Inde et la Russie sont en avance dans ce domaine, le RNR Brest-OD-300 de Rosatom est ainsi prévu d’être achevé en 2026.

Gratuit en effet, puisque ces déchets recyclés en nouveau carburant dans l’économie circulaire européenne du nucléaire sont déjà stockés en Allemagne ou en France ! Ils nous assurent donc une indépendance vis-à-vis de l’uranium minier et d’autres fournitures et donc une réelle souveraineté, car nous disposons de quantités de combustible usagé capable de produire notre électricité pendant 3. 000 ans à 10 .000 ans.

L’imprécision des chiffres est ici un avantage, car une durée si longue transforme l’électricité nucléaire en renouvelable vertueux puisque cette économie circulaire du nucléaire assure une quantité d’électricité sans déchets, pilotable, abondante et à un prix européen maîtrisé pour toujours.

Maîtrisé en effet, puisque la matière première, le combustible recyclé, est déjà chez nous. Pour toujours également, car après 3 000 ans à 10 000 ans, cette électricité pilotable, non intermittente, nous aura permis de découvrir une nouvelle forme d’énergie.

Cette dernière sera peut-être celle du thorium ou l’abandon de la fission nucléaire et l’embarquement pour ITER et la fusion nucléaire, l’énergie des étoiles. Là, deux seaux d’eau de mer permettront à chaque Français d’avoir de l’électricité pour une vie entière, sans engendrer de déchets.

La difficulté de cette perspective n’est pas technique, mais politique, car cette indépendance électrique anéantit un dogme écologiste commun à l’Allemagne et la France. Dès lors qu’ils sont brûlés en produisant de l’électricité, le problème des déchets est supprimé. Nous sommes donc bien face à un choix qui nécessite des personnels politiques qui comprennent vraiment la technique plutôt que la communication.

Comme l’écrivait une philosophe des manœuvres politiques : « Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la réalité, car le mensonge possède le grand avantage de savoir d’avance ce que le public souhaite entendre ou s’attend à entendre. »

La fermeture programmée de tous les réacteurs allemands (mais peut-être leur prolongement après 2022), la fermeture de Fessenheim (c’est bien dommage), l’abandon du programme Astrid sur les RNR (regrettable), les petits réacteurs modulaires (sans commentaire), les EPR et demain les réacteurs à neutrons rapides ou Iter: la souveraineté électrique ne peut s’établir dans l’inconstance politique zigzagante en fonction de vogues électorales.

Elle peut en revanche se durcir à cause d’une guerre. C’est pourquoi ce ne sera ni Angela Merkel ni son successeur qui seront les responsables d’une électricité allemande et européenne réatomisée, mais Vladimir Poutine et c’est bien là tout le paradoxe.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. 

« Sobriété énergétique » : aussi un moyen de préparer une énorme hausse des prix

« Sobriété énergétique » : aussi un moyen de préparer une énorme hausse des prix

 

Il est pour le moins curieux que le discours sur la sobriété énergétique ait  d’abord été porté par les trois sociétés  énergétiques Total, EDF et Engie dont la stratégie a toujours été de vendre plus en encourageant les consommateurs dans ce sens. Un discours repris évidemment avec une certaine complaisance par Macron lors de son allocution du 14 juillet. Le chef de l’État en a même rajouté en parlant d’économie de guerre.

Ces trois sociétés du secteur de l’énergie ont d’ailleurs toujours tiré profit de la croissance des volumes  et encore davantage de la tendance haussière des prix. Ce discours n’est pas sans arrière-pensée. Certes la sobriété n’est pas à condamner à condition d’en préciser le contenu, les modalités et le calendrier. Rien de tout cela, tout juste une injonction pour faire comprendre que la situation doit changer rapidement sous-entendu les tarifs surtout.

Une politique de sobriété implique l’industrie qui la justifie mais aussi le consommateur quand il a la possibilité de réduire le volume de son utilisation. Une telle politique ne peut s’inscrire que dans la durée. On le voit bien avec la mutation automobile vers électrique qui va utiliser un temps long pour concerner l’ensemble du parc, presque 50 ans !

Pour beaucoup d’autres utilisations,  la mutation sera également longue. À moins évidemment de matraquer par les prix les  utilisateurs, le fameux signal prix cher aux économiste ultralibéraux qui récupèrent la problématique environnementale dans leur champ du marché.

L’objectif des Énergétiques tient et sans doute moins de réduire les volumes que de maintenir par les prix leur situation financière;
en tout cas l’améliorer pour EDF , la conforter pour Engie et se gaver pour Total.

Cet appel des énergéticiens  n’est guère crédible politiquement . C’est un peu comme si l’industrie des cigarettes recommandait la baisse de consommation pour obtenir un relèvement des prix.

Notons par ailleurs que ce discours est renforcé par certains lobbys qui annoncent des limites à l’approvisionnement en gaz, en électricité voire en pétrole.

Cet hommage du vice à la vertu doit pour le moins interroger sur l’objectif final

Energie : priorité de la sobriété

Energie   : prioritésde la sobriété 

 

Les quatre responsables du club de réflexion Bridge invitent, dans une tribune au « Monde », à ouvrir un débat de société sur la croissance et les technologies vertes, le numérique et la civilisation thermo-industrielle, mise en place au sein de l’Union européenne.

 

Tribune.

 

 L’impératif catégorique de la transition écologique aura été le grand absent de la campagne présidentielle. La gravité et l’urgence de la situation internationale ont pu fournir des arguments à tous ceux qui refusent, redoutent ou repoussent cet affrontement avec la réalité.

Pourtant, un des traits majeurs de la guerre en Ukraine est qu’elle met en lumière certains aspects de la « globalisation » : vulnérabilité des systèmes de production industriels et agroalimentaires due à la sophistication jusqu’à l’absurde des chaînes de valeur, à la dépendance aux hydrocarbures et à toutes les variantes de la spéculation portant sur le cours des matières premières.

L’offre politique des candidats s’est principalement déclinée sous la forme d’un affrontement entre des visions souverainistes impraticables et inefficaces et un retour au « business as usual » de la croissance retrouvée, après le fâcheux épisode du Covid-19 : l’essentiel est ainsi passé à la trappe ou repoussé aux calendes grecques.

Là où il était judicieux d’invoquer les générations futures, il faut maintenant sans tarder convoquer les générations présentes. Il s’agit de défaire, avec patience et méthode, l’imbroglio constitué par le couple systèmes de production-imaginaires de consommation, rompre la spirale qu’il a engendrée pour (re)construire une économie du bien-être. Prétendre réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre sans réduire massivement notre consommation énergétique est l’un des derniers avatars du mythe scientiste du progrès.

Les « technologies vertes » sont, elles aussi, consommatrices de matières. Elles font appel à des métaux rares, souvent difficiles à recycler. Les panneaux photovoltaïques au silicium sont a priori plus vertueux que les panneaux multicouches à haut rendement, mais même un panneau au silicium – un métal qui compose 27 % de la croûte terrestre – contient d’autres métaux, comme du cuivre ou de l’argent pour les contacteurs ; même chose pour les éoliennes, dont le contenu métallique dépend de la conception, de la puissance, etc. La « croissance verte », qui élude la question de nos modes de vie, est une mystification absolue.

Le numérique n’échappe pas, loin de là, à cette malédiction, sauf à en reconsidérer totalement les modes de développement, les règles d’utilisation et les habitudes de consommation : « La tâche principale des nouvelles générations n’est pas de mettre de l’informatique partout. Elle est d’inventer une industrie nouvelle, pour un monde de ressources finies, utilisant vraiment la créativité des femmes et des hommes, à tous les niveaux », selon Pierre Veltz, cité par Olivier LLuansi et Anaïs Voy-Gillis, dans Vers la renaissance industrielle (Editions Marie B, 2020) ;

Carburant : au-delà des deux euros le litre !

Carburant : au-delà des deux euros le litre !

 

La semaine dernière, d’après les données du ministère de la Transition écologique, le prix du litre de gazole a augmenté de 25 centimes, passant la barre des deux euros. Il s’agit de la onzième semaine consécutive de hausse des prix à la pompe.

L’inflation galopante des prix des carburants s’explique par la flambée des cours du pétrole sur les marchés. En février, selon le ministère de la Transition écologique, la cotation a bondi, atteignant son niveau le plus haut – 97,13 dollars en moyenne – depuis plusieurs années. De quoi porter le prix de la matière première – et donc celui payé par le consommateur final – à des sommets d’autant que parallèlement la fiscalité augmente. . Alors que le baril de Brent se négociait à plus de 120 dollars, la semaine dernière, son niveau le plus haut depuis 2014, il était redescendu, ce lundi midi, sous la barre des 110 dollars.

L’impact économique risque d’être considérable pour les ménages qui en moyenne consacrent 1500 € pour le carburant et encore 1500 € pour le chauffage. Globalement la facture pourrait augmenter de 50 % sur l’année

« Extraire du lithium en France » ( Pompili)

 «  Extraire du lithium en France  » ( Pompili)

Barbara Pompili, semble avoir mis de l’eau dans son vin. Ainsi a-t-elle défendu l’augmentation de la production nucléaire et finalement n’a pas combattu le projet de création de EPR. Elle semble aussi opérer un virage concernant la possibilité d’extraction de métaux rares en France. Des métaux qui proviennent souvent de l’étranger et qui génèrent  d’énormes pollutions locales. D’où l’externalisation des contraintespar les  pays développés comme la France. Dans une vidéo publiée par « Les Echos », la ministre de la Transition écologique affirme que « si l’on veut rentrer dans une société dans laquelle on émettra moins de gaz à effet de serre, il faut assumer les conséquences : nous avons besoin de matériaux comme le lithium. »

Ce sont quelques mots qui pourraient sonner le début d’une nouvelle activité dans l’Hexagone. « La France doit extraire du lithium sur son territoire », a déclaré la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, dans un documentaire vidéo réalisé par « Les Echos » (disponible ci-dessous). Jusque-là, le gouvernement disait seulement ne vouloir se fermer aucune porte.

« Notre responsabilité, c’est d’abord d’avoir des contrats d’importations de long terme, qui permettent d’avoir des règles sociales et environnementales normales dans les pays d’où nous allons importer, mais aussi d’aller chercher du lithium chez nous », insiste Barbara Pompili.

Archidominée par la Chine et les États-Unis, la fabrication des batteries électriques pour véhicules est la clé de la souveraineté industrielle de nombreux pays, en particulier ceux qui possèdent de grands constructeurs automobiles. La France en fait partie. Associé à l’Allemagne, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé la construction d’usines de batteries à l’avenir. Un investissement qui se compte en milliards, financé entre partie par la privatisation de la FDJ.

En France, notamment le sous-sol alsacien renferme une quantité significative de lithium d’après sociétés Électricité de Strasbourg (ES), filiale d’EDF, et Fonroche Géothermie. .

La présence de lithium est identifiée depuis longtemps, mais les deux énergéticiens ont mesuré dans les eaux chaudes puisées en profondeur une concentration régulière et élevé, de 180 à 200 mg par litre. « Les analyses dans les eaux extraites des puits de forage confirment la présence de lithium en qualité et quantité très prometteuse permettant d’envisager la production annuelle de quelque 1 500 tonnes de lithium« , indique Fonroche dans un communiqué.

Cela représente 10 % des besoins actuels de l’industrie française, moyennant la construction de sites d’extraction et d’une raffinerie. L’énergéticien compte implanter en 2021 un « démonstrateur« , afin de confirmer ces résultats. Ces essais sont menés par le groupe minier Eramet dans le cadre d’un consortium avec ES, BASF et PSA, explique Bernard Kempf, directeur du développement d’ES.

La production à échelle « industrielle » pourrait ensuite être « espérée en 2025″, a-t-il ajouté. « Notre devoir est de rester prudents, le chemin est encore long« , nuance-t-il. Et d’ajouter que la technique d’extraction en Alsace aurait un « très faible impact environnemental » permettant de produire un « lithium propre« . Car ce sera bien là un enjeu clé pour les industriels.

mais  France se heurte à des fortes oppositions locales pour l’exploitation de matières premières sur son territoire. Par exemple, en Ariège, une mine de Tungstène à Salau vient de voir son permis de recherche annulé par un tribunal. En Guyane, le projet Montagne d’or a été annulé par le gouvernement. Auparavant, l’exploration du gaz de schiste en France avait entraîné des levées de boucliers sur tout le territoire. La réforme du code minier, censé encadrer ces activités, est en souffrance depuis des années, tant le sujet est sensible.

Mais la France doit trouver des solutions pour tous ces matériaux stratégiques de la transition énergétique et numérique. En 2018, une étude du BRGM, de McKinsey et de CRU Consulting mettait en avant une vulnérabilité du pays à six matériaux : cobalt, tungstène, étain, dysprosium, néodyme, praséodyme. Face à ce risque, le CESE appelait le gouvernement à favoriser le recyclage, mais aussi à relancer l’exploration du sous-sol. De son côté, le cabinet Alcimed propose la création de fonds d’investissement publics ou privés pour prendre des parts dans des actifs miniers à l’étranger.

Le grand flou de la politique énergétique de Macron

Le grand flou de la politique énergétique de Macron 

 

Le sénateur (LR) Cédric Perrin  dénonce, dans une tribune au « Monde », la trop grande docilité dont fait preuve le président de la République envers la Commission européenne sur les questions énergétiques.

 

Tribune.

 

 Emmanuel Macron sera jeudi 10 février à Belfort, devant les salariés de General Electric, pour annoncer sans doute la réintégration de la fabrication des turbines Arabelle au sein d’EDF, sur fond de relance du nucléaire.

Ce que le président voit comme une étape de son triomphe jupitérien est plutôt un nouveau pas douloureux vers Canossa, tant sa politique énergétique a été marquée par l’inconstance et les renoncements, sur fond de docilité vis-à-vis de la Commission européenne.

Comme le criminel qui revient sur les lieux de son forfait, Emmanuel Macron sera ainsi, cyniquement, à Belfort face à ce qui était naguère la branche énergie d’Alstom, dont ce même Emmanuel Macron a organisé la vente à General Electric en 2014, alors qu’il était à Bercy.

La braderie de ce qui était un fleuron industriel français à un acteur étranger, qui n’aura au final jamais tenu ses promesses, était dès lors consubstantielle de la volonté de celui qui serait quelques années plus tard élu à la présidence de la République : du passé, semble croire le président, faisons table rase pour précipiter l’avènement de la « start-up nation ». Dans ce contexte, il est évident que les vieilles gloires industrielles, si stratégiques soient-elles, devaient être sacrifiées sur l’autel de l’innovation permanente.

Mais en matière de politique énergétique, il n’en va pas comme dans les services numériques : le temps est un facteur incompressible. L’inertie technologique et économique de la construction des ouvrages infiniment complexes que sont les réseaux électriques ou gaziers, ainsi que les centrales nucléaires, dépasse de loin les quelques mois voire les quelques années. L’horizon d’une telle politique se compte en décennies. Les choix d’aujourd’hui continueront à avoir un écho dans vingt-cinq ans. En matière d’énergie, la constance et la vision sont des éléments essentiels.

Planifier, investir, gérer, contrôler sont ainsi les valeurs cardinales qui ont permis à la France de lancer le programme nucléaire le plus ambitieux du monde dans les années 1970, celui-là même qui permet qu’aujourd’hui la France soit l’un des pays les plus vertueux du monde du point de vue de l’environnement, eu égard à son niveau de développement, avec une électricité parmi les moins chères d’Europe.

Les succès, ces dernières années, des politiques énergétiques des grands Etats du monde, chacune avec ses déterminants propres, reposent sur les quatre piliers précités : Etats-Unis, Russie, Chine, voire Royaume-Uni ont ainsi su les appliquer, au contraire de l’Allemagne qui est pourtant le modèle d’Emmanuel Macron.

 

Pétrole : le Brent vers les 100 $ ?

Pétrole : le Brent vers les 100 $ ?

Le baril de pétrole ne cesse d’augmenter, hier mercredi il a fini à environ 90 $ pour le Brent. Précédemmentn le mouvement haussier du pétrole était justifié par la reprise économique mondiale. Cela avait d’ailleurs amené l’OPEP a continué de gérer le contingentement en tenant compte de cette conjoncture. En réalité, la reprise en 2022 semble moins importante que prévu et le FMI a d’ailleurs révisé à la baisse ses prévisions pour l’activité mondiale.

Du coup, pour tenter d’expliquer le mouvement continu de hausse, les experts indiquent que le phénomène de progression du prix du pétrole provient aussi largement de la situation géopolitique et notamment des événements à la frontière entre la Russie et l’Ukraine. Des événements qui ont nettement nourri les tensions entre Poutine et les États-Unis.

 «Le marché intègre le risque de nouveaux épisodes géopolitiques à la frontière russo-ukrainienne », a pointé, dans une note, Bart Melek, responsable de la stratégie matières premières chez TD Securities.

Une explication qui n’est pas totalement fausse mais certainement insuffisante pour comprendre la hausse continue du pétrole depuis des semaines et des mois.

En effet c’est aussi le résultat de la politique monétaire. Les banques centrales ont en fait fait tourner la planche à billets et déversé des sommes considérables de liquidités. Du coup, les monnaies se sont trouvées dévaluées et les pays producteurs de pétrole mais aussi de matières premières ont réajusté leur prix. Des hausses qui ensuite se répercutent et contaminent l’ensemble des économies.

Bref l’amortissement de la politique monétaire accommodante se fait comme d’habitude par l’inflation et la dévaluation de fait des monnaies.

Fin décembre 2019, le prix du baril était autour de 60 $ ( Un niveau particulièrement bas), il est passé aujourd’hui à 90 $ et pourrait tendre vers les 100 $. Un phénomène qui découle aussi du décalage entre la valeur réelle des monnaies et la richesses produites. Aujourd’hui la dynamique de hausse est sans doute excessive mais même si comme c’est probable le prix du baril retrouve des niveaux de prix plus modérés, il intégrera l’inflation générée par la politique monétaire très généreuse. Le pétrole aura du mal à redescendre sous les 80 $.

Stratégie énergétique Belgique : des bougies pour remplacer le nucléaire ?

Stratégie énergétique Belgique  : des bougies pour remplacer le nucléaire   ?

 

La récente décision de la coalition politique au pouvoir en Belgique laisse songeur concernant la stratégie énergétique. En effet d’un cou,p les pouvoirs publics annoncent l’arrêt dans 4 ans des sept réacteurs nucléaires qui fournissent 40 % de l’électricité. À la place, les autorités belges développeront des petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération  ( SMR de 1 à 300 MW) qui en réalité ne seront pas vraiment avant 10 ou 15 ans. Or l’arrêt des centrales Belges est prévu en 2025.

La vérité c’est qu’il s’agit d’une annonce purement politicienne et que les réacteurs nucléaires seront maintenus pour assurer la fourniture d’électricité en Belgique. L’accord validé hier par les libéraux, les écologistes et les socialistes assure un financement de 100 millions d’euros pour développer les petits réacteurs nucléaires de nouvelle génération, les fameux SMR – pour small modular reactor. A titre de comparaison, la France va injecter 1 milliard d’euros d’ici 2030.

« C’est avec un regard ouvert vers l’innovation et les nouvelles technologies que nous envisageons le futur énergétique », a plaidé M. De Croo, rappelant l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 auquel doivent aussi contribuer les renouvelables (solaire, éolien). Un beau discours qui évidemment sera contredit par les réalités qu’ignorent souvent les alliances politiciennes. À défaut on pourrait suggérer à la Belgique d’envisager le retour de la bougie !

Technologie nucléaire : l’avenir via la fusion ?

 

 

Technologie nucléaire : l’avenir via la fusion ?

 

 

Récemment les États-Unis ont réalisé des expérimentations significatives en matière de fusion. Une technologie sur laquelle on fonde beaucoup d’espérance car elle ne produit pratiquement pas de déchets. La France est dans une phase d’expérimentation pour un réacteur à fusion dans le cadre du projet international ITER, la Chine a déjà mis au point un réacteur à fusion . Les réacteurs en service actuellement sont à fission nucléaire et ont surtout le désavantage de générer des déchets très toxiques. La fusion nucléaire est considérée par ses défenseurs comme l’énergie de demain car elle est infinie, tout comme celle du soleil, et ne produit ni déchets ni gaz à effet de serre.

La Chine dispose à cet effet d’un réacteur Tokamak HL-2M, le plus performant du pays, dans la province du Sichuan (sud-ouest). Il s’agit d’une chambre de confinement magnétique qui génère une chaleur phénoménale dans le but de fondre des noyaux atomiques.

Ce tokamak est surnommé « soleil artificiel » en raison de la température qui peut y dépasser les 150 millions de degrés, selon Chine nouvelle – soit dix fois la chaleur produite au cœur même du soleil.

La France a lancé en juillet à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône) l’assemblage d’un gigantesque réacteur à fusion dans le cadre du projet Iter. Il vise les 150 millions de degrés mais les premiers tests ne sont pas attendus avant 2025.

L’assemblage du réacteur expérimental ITER, dont l’ambition est d’apprendre à maîtriser la fusion nucléaire, a débuté mardi 28 juillet dans le sud de la France. Mais les connaissances scientifiques en la matière progressent trop lentement au vu de l’urgence climatique.

Le projet a débuté en 2006, avec la signature d’un accord international réunissant 35 pays, dont les membres de l’Union Européenne (avec, à l’époque, le Royaume-Uni), la Suisse, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis. Depuis environ 15 ans, le site ITER (réacteur thermonucléaire expérimental international) s’édifie lentement dans le sud de la France, à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône.
Après plusieurs contretemps, sa construction  a franchi ce mardi 28 juillet une étape symbolique : le lancement de l’assemblage du réacteur, qui devrait encore durer près de cinq ans. Un événement salué par Emmanuel Macron, en visioconférence, ainsi que par les dirigeants de sept des États partenaires du projet.
“Avec la fusion, le nucléaire peut être une promesse d’avenir”, en offrant “une énergie non polluante, décarbonée, sûre et pratiquement sans déchets”d’ici à 2050”.
Théoriquement, la fusion nucléaire permet effectivement d’accéder à une source d’énergie décarbonée, aux déchets radioactifs peu nombreux et à courte durée de vie. Une technologie bien plus propre que la fission nucléaire employée dans les centrales actuelles, et quasiment infinie : la fusion ne nécessite en effet pas d’uranium, minerai dont les réserves tendent à s’épuiser. Elle reproduit, à peu de choses près, les réactions observées au cœur des étoiles, d’où l’expression “mettre le soleil en boîte” pour décrire son mode de fonctionnement.

La fusion est largement plus complexe que la fission nucléaire et les expérimentations nécessitent la construction de tokamaks de plus en plus grands et performants. En effet, chaque changement d’échelle provoque l’apparition de nouveaux phénomènes, qu’il faut apprendre à maîtriser. D’où la naissance d’ITER, tokamak encore plus vaste que Jet et qui aura lui même un successeur.

Nucléaire : La page Hulot étant tournée Macon va annoncer six EPR low cost

Nucléaire : La page Hulot étant tournée Macon va annoncer six EPR low cost 

La page Nicolas Hulot est définitivement tournée et le nucléaire retrouve des raisons d’exister et de se développer à l’occasion de la crise énergétique. Avec Nicolas Hulot, Emmanuel Macon avait sacrifié Fessenheim. Une centrale qui pouvait produire encore pendant une vingtaine d’années. Cette fois c’est sans complexe écolo, qu’Emmanuel Macon va confirmer la construction de six EPR mais sans doute low cost. En effet le discrédit sur les EPR provient du dérapage des prix et du calendrier. Pour réhabiliter les EPR, mais Emmanuel Macon pourrait poser des exigences en termes de compétitivité.

Fortement bousculé par le gouvernement en raison des dérapages de l’EPR de Flamanville, EDF a promis de procéder à une nouvelle évaluation financière et technique de la filière EPR dont six réacteurs pourraient être construits en France . Le problème, c’est que les retards et les dépassements financiers portent  un coup à la crédibilité de la filière. On objectera qu’  il s’agit d’une nouvelle technologie et que des projets techniques de ce type rencontrent nécessairement au début des difficultés. C’est le cas en France mais aussi, en Grande-Bretagne, en Finlande et en Chine ( EDF est aussi impliqué). D’autres projets sont envisagés ailleurs notamment en Inde. Il est vrai que la concurrence entre Areva et EDF s’est révélé relativement mortifère en termes techniques et financiers ( depuis Areva s’est recentrée sur le seul cycle de l’uranium.) Ceci étant, EDF  n’a pas encore fait la démonstration de l’efficacité de sa gestion en France comme à l

’étranger ;  notons quand même que le dépassement des deux réacteurs chinois ( actuellement en service) a été limité à trois à quatre ans et surtout que la facture est notoirement inférieure : autour de 8 milliards par réacteur au lieu des 12,4 milliards pour l’instant de l’EPR de Flamanville. En outre, la mise en service de Flamanville a déjà été décalée de sept ans. Il y a quelques jours, EDF a avancé un coût moyen futur de l’ordre  de 7,5 milliards par réacteur nucléaire, une somme proche de celle consacrée aux réacteurs chinois.  EDF travaille à une nouvelle version de réacteur nucléaire de type EPR censée respecter ses coûts de construction, à la lumière des difficultés rencontrées avec les projets à Flamanville, en Chine et en Finlande.

“Nous travaillons étroitement avec Framatome à un EPR qui tirera les enseignements de (la centrale chinoise de) Taishan (…) mais aussi des difficultés rencontrées sur les chantiers en Finlande et Flamanville pour savoir mieux construire et aussi ne pas déborder sur les devis”, avait  dit Jean-Bernard Lévy lors d’une audition au Sénat. “La cible de coût que nous avons pour l’EPR optimisé, c’est d’essayer de tenir sur un coût sur 60 ans de 65 à 70 euros le MWH avec une référence 2016”, a-t-il poursuivi.

En octobre, EDF a encore revu en hausse le coût de construction de la centrale nucléaire EPR de Flamanville, dans la Manche, désormais évalué à 12,4 milliards d’euros. Ce réacteur, toujours en construction depuis le lancement du chantier en 2007, devait initialement entrer en production en 2012 pour une facture estimée autour de 3,5 milliards.

Sondage éolienne : 63 % pour ?

 

 

Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting, réalisé pour Le Figaro, approuverait les éoliennes. La plupart cependant souhaite que ces installations soient éloignées de leur domicile. De ce point de vue les populations urbaines soutiennent les éoliennes en majorité car ces éoliennes sont installées loin de chez eux en milieu rural..En deux ans, ce sont 17 points d’opinion positive qui ont été perdus par l’éolien tandis que parallèlement le nucléaire a gagné 17 points. Pour la première fois, une majorité de Français (51 %) a une vision positive du nucléaire.

Hausse du prix de l’énergie : ça va durer ! (Thierry Breton)

Hausse du prix de l’énergie : ça va durer ! (Thierry Breton)

 

Dimanche Olivier Dusspot, secrétaire d’État au budget,sc’est presse excusés de la hausse des prix de l’énergie en particulier de l’électricité. Il a indiqué que cette hausse probable de 10 % au premiers janvier n’était pas le fait du gouvernement actuel mais du mécanisme automatique des évolutions des prix de l’électricité. La vérité,  c’est qu’on peut toujours évidemment modifier ce mécanisme. Le problème c’est que la hausse de l’énergie en général et de l’électricité en particulier

concerne le monde entier. En cause évidemment une reprise économique assez dynamique mais aussi des phénomènes de spéculation.

 

Thierry Breton, commissaire européen contredit en quelque sorte l’inflation temporaire dans le domaine de l’énergie, concept défendu par certains économistes. Qui met en garde : «cette situation de tension peut durer tout l’hiver». En cause, a-t-il rappelé, des facteurs conjoncturels (une reprise plus vive qu’attendue), un manque de vent, et des tensions géopolitiques.

Thierry Breton a saisi l’occasion pour suggérer plusieurs faiblesses de la politique énergétique comme la dépendance, en particulier de l’Allemagne, au gaz russe. Selon lui, l’éolien ne peut être la seule réponse au défi de la décarbonation. Le nucléaire, «énergie de transition», en fait partie. Si sa part dans la production totale européenne est appelée à diminuer de 26% aujourd’hui à 16% en 2050, le volume de production d’électricité devra avoir doublé dans le même temps. Conclusion : il ne faut pas fermer les centrales nucléaires existantes tant qu’elles sont jugées sûres par les autorités.

Fusion nucléaire : l’avenir ?

 

Fusion nucléaire : l’avenir ?

 

 

Récemment les États-Unis ont réalisé des expérimentations significatives en matière de fusion. Une technologie sur laquelle on fonde beaucoup d’espérance car elle ne produit pratiquement pas de déchets. La France est dans une phase d’expérimentation pour un réacteur à fusion dans le cadre du projet international ITER, la Chine a déjà mis au point un réacteur à fusion . Les réacteurs en service actuellement sont à fission nucléaire et ont surtout le désavantage de générer des déchets très toxiques. La fusion nucléaire est considérée par ses défenseurs comme l’énergie de demain car elle est infinie, tout comme celle du soleil, et ne produit ni déchets ni gaz à effet de serre.

La Chine dispose à cet effet d’un réacteur Tokamak HL-2M, le plus performant du pays, dans la province du Sichuan (sud-ouest). Il s’agit d’une chambre de confinement magnétique qui génère une chaleur phénoménale dans le but de fondre des noyaux atomiques.

Ce tokamak est surnommé « soleil artificiel » en raison de la température qui peut y dépasser les 150 millions de degrés, selon Chine nouvelle – soit dix fois la chaleur produite au cœur même du soleil.

La France a lancé en juillet à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches-du-Rhône) l’assemblage d’un gigantesque réacteur à fusion dans le cadre du projet Iter. Il vise les 150 millions de degrés mais les premiers tests ne sont pas attendus avant 2025.

L’assemblage du réacteur expérimental ITER, dont l’ambition est d’apprendre à maîtriser la fusion nucléaire, a débuté mardi 28 juillet dans le sud de la France. Mais les connaissances scientifiques en la matière progressent trop lentement au vu de l’urgence climatique.

Le projet a débuté en 2006, avec la signature d’un accord international réunissant 35 pays, dont les membres de l’Union Européenne (avec, à l’époque, le Royaume-Uni), la Suisse, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et les États-Unis. Depuis environ 15 ans, le site ITER (réacteur thermonucléaire expérimental international) s’édifie lentement dans le sud de la France, à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône.
Après plusieurs contretemps, sa construction  a franchi ce mardi 28 juillet une étape symbolique : le lancement de l’assemblage du réacteur, qui devrait encore durer près de cinq ans. Un événement salué par Emmanuel Macron, en visioconférence, ainsi que par les dirigeants de sept des États partenaires du projet.
“Avec la fusion, le nucléaire peut être une promesse d’avenir”, en offrant “une énergie non polluante, décarbonée, sûre et pratiquement sans déchets”, d’ici à 2050”.
Théoriquement, la fusion nucléaire permet effectivement d’accéder à une source d’énergie décarbonée, aux déchets radioactifs peu nombreux et à courte durée de vie. Une technologie bien plus propre que la fission nucléaire employée dans les centrales actuelles, et quasiment infinie : la fusion ne nécessite en effet pas d’uranium, minerai dont les réserves tendent à s’épuiser. Elle reproduit, à peu de choses près, les réactions observées au cœur des étoiles, d’où l’expression “mettre le soleil en boîte” pour décrire son mode de fonctionnement.

La fusion est largement plus complexe que la fission nucléaire et les expérimentations nécessitent la construction de tokamaks de plus en plus grands et performants. En effet, chaque changement d’échelle provoque l’apparition de nouveaux phénomènes, qu’il faut apprendre à maîtriser. D’où la naissance d’ITER, tokamak encore plus vaste que Jet et qui aura lui même un successeur.

Véhicule : Non au monopole énergétique

Véhicule : Non au monopole énergétique

Le tout-électrique ne peut être l’unique solution, assure, dans une tribune au « Monde », un collectif de membres d’associations et d’organisations environnementales et d’élus transpartisans, dont Eric Piolle, maire de Grenoble et Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole.

 

Tribune.

 

Le 14 juillet, la Commission européenne a annoncé une série de mesures législatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, parmi lesquelles l’arrêt de la vente des véhicules essence et diesel au sein de l’Union en 2035.

Cette décision implique un renouvellement massif du parc de véhicules vers des motorisations à faibles émissions. Nous, élus de toutes sensibilités politiques, associations et organisations environnementales, acteurs économiques de la mobilité, appelons à ne pas reproduire les erreurs du passé, à l’échelle européenne comme nationale, en abandonnant ou en freinant des alternatives économiques et écologiques au diesel et à l’essence. Celles-ci sont aujourd’hui des filières matures, pourvoyeuses d’emplois, bonnes pour le climat, la qualité de l’air et la santé, le portefeuille des ménages et des entreprises.

Nous appelons de nos vœux des motorisations à faibles émissions utilisant un « mix » énergétique : énergie électrique, (bio) gaz et hydrogène. Faisons collectivement le choix de la neutralité technologique et mettons de côté les chimères et la création de nouveaux monopoles : la fin des véhicules essence et diesel ne saurait se traduire par le remplacement d’un monopole énergétique par un autre.

Parti pris

Ces derniers mois, la Commission européenne et la France sont focalisées sur les solutions électriques et hydrogène. C’est une intention louable, mais qui n’en demeure pas moins un parti pris. Elle se traduit par une réglementation européenne qui, en mesurant uniquement les émissions de CO2 en sortie de pot d’échappement, pénalise le (bio) Gaz naturel véhicule (GNV). En France, quand bien même de nombreuses collectivités et transporteurs s’équipent de plus en plus en véhicules bio GNV, les mesures nationales d’encouragement demeurent largement en retrait en comparaison des mesures (tardives) de soutien à l’électrique et à l’hydrogène auprès des constructeurs, des distributeurs, comme des usagères et usagers.

Il s’agit pourtant d’une énergie renouvelable, produite localement à partir des boues d’épuration, de la méthanisation des déchets alimentaires et des effluents d’élevage. Le bio GNV permet de réduire de 80 % les émissions de CO2 par rapport au diesel, jusqu’à 95 % les émissions de particules fines, 40 à 64 % les émissions d’oxydes d’azote, et 50 % la pollution sonore.

En 2019, l’étude de l’IFP Energies nouvelles (anciennement Institut français du pétrole) a démontré que les performances environnementales de véhicules bio GNV étaient supérieures à toute autre solution, en se basant sur une analyse du cycle de vie, c’est-à-dire l’analyse des gaz à effet de serre émis de la production jusqu’au recyclage des véhicules, en passant par la production du carburant consommé.

Les énergies renouvelables : des créations d’emplois très théoriques ?

Les énergies renouvelables : des créations d’emplois très théoriques ?

Une étude d’un cabinet très spécialisé estime que les énergies renouvelables seraient susceptibles de créer 10 millions d’emplois dans le monde ( Par parenthèse ce qui n’est pas extraordinaire au plan mondial). Ainsi sans doute très approximatif voire douteux. En effet , quand on  procède à une évaluation de l’impact sur l’emploi, il faut prendre en compte à la fois la destruction d’emplois tout autant que la création. Il est certain que les EnR sont susceptibles de favoriser l’emploi par contre elles auront aussi des conséquences négatives sur nombre de filières.

On peut d’autant plus douter des chiffres avancés que l’étude prévoit pour la France, 60.478 emplois . Un chiffre évidemment complètement fantaisiste quand on précise jusqu’à l’unité le nombre très hypothétique d’emplois.La France serait le deuxième pays de l’Union européenne en termes de potentiel de création d’emplois, derrière l’Espagne où le potentiel est estimé à 190.000 emplois pour 691 projets de renouvelables. A l’échelle de l’UE, cela représenterait une réserve de 1,6 million d’emplois. Des études en fait de très influencées  par les différents groupes de pressions qui selon le cas et leur intérêt ont tendance à majorer ou à minorer les effets des politiques qu’ils soutiennent. Aucune étude ne peut présenter le moindre caractère sérieux en matière de création d’emplois si parallèlement elle ne prend pas en compte aussi les destructions d’emplois dans la filière ou d’autres.

EDF : hausse de la production nucléaire

EDF : hausse de la production nucléaire

En dépit des discours sur les énergies renouvelables dont beaucoup sont d’ailleurs illusoires, l’énergie nucléaire continue d’occuper largement la première place en France pour la production d’électricité. Le nucléaire occupera toujours une part de marché de 70 % du faît d’une part d’une certaine baisse de la consommation en 2021 mais aussi d’une hausse de la production.

 «Compte tenu du bon déroulement du 1er semestre 2021, EDF rehausse son estimation de production nucléaire pour l’ensemble de l’année 2021 de 330 térawattheures (TWh) – 360 TWh à 345 TWh – 365 TWh», selon un communiqué de l’électricien. Cette nouvelle estimation reste cependant en-deça des 379,5 TWh produits en 2019, avant la crise sanitaire.

La pandémie de Covid-19 s’est traduite par une chute de la consommation d’électricité allant jusqu’à 20% en France avec la mise à l’arrêt de pans entiers de l’économie. «L’hypothèse de production pour 2022 reste inchangée à ce stade» dans une fourchette 330 TWh – 360 TWh, ajoute EDF.

Le nucléaire produit aujourd’hui plus de 70% de l’électricité française, et le choix du gouvernement de ramener cette part à 50 % d’ici 15 ans paraît de plus en plus très hypothétique surtout avec la révision de la tarification des aides au photovoltaïque et à celle qui inévitablement interviendra aussi pour les éoliennes comme le recommande la Cour des Comptes.

Filière photovoltaïque En danger?

 Filière photovoltaïque En danger?

 

 

Environ 120 acteurs de la filière photovoltaïque considère que la filière française pourrait être en danger. Il s’agit notamment d’une réaction à la proposition à l’étude de modification assez substantielle des aides publiques à cette filière. (Tribune dans l’Opinion).

La pandémie l’a confirmé : la transition énergétique n’est plus un horizon, elle est une nécessité vitale, une demande des citoyens pour l’avenir de nos économies, de nos sociétés et de notre planète. Mobilisés pour réussir une relance économique qui capitalise sur cet objectif et sur la richesse du potentiel de croissance qu’il représente, nous, les entrepreneurs de la filière photovoltaïque française, aux côtés de l’ensemble des acteurs de la transition, entendons y prendre toute notre part et permettre à la France d’atteindre la neutralité carbone en 2050.

Pourtant, il semble que le gouvernement n’ait pas pris toute la mesure des conséquences de la révision unilatérale des contrats d’achat d’électricité photovoltaïque qu’il a enclenchée. Au moment où la production tricolore d’énergie solaire se structure, accélère en vue d’atteindre les objectifs fixés de production énergétique décarbonnée, et peut prétendre à porter haut les couleurs de l’industrie photovoltaïque française face à une concurrence internationale féroce, ce double discours est périlleux. Et pour cause, les projets de décret mettront en péril des centaines d’installations photovoltaïques et généreront un chômage massif chez nos sous-traitants, petites entreprises des territoires, déjà fragilisées par la Covid.

Nous sommes des milliers d’actrices et d’acteurs de nos territoires qui œuvrent chaque jour à en faire un levier puissant de la croissance durable et responsable. Celle que les Français appellent de leurs vœux.

Comme tous les citoyens, nous souhaitons faire de la transition énergétique une réalité. Mais pour cela, il convient de sortir d’une vision caricaturale niant la réalité économique de nos entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices dans l’économie réelle et visant à revenir sur des tarifs fixés il y a quinze ans, dont la suppression mettrait en péril la rentabilité de tous les projets qui en sont nés –au premier rang desquelles ceux des exploitations agricoles.

Ecosystème. Entrepreneurs et industriels de l’énergie solaire dans tous les territoires, nous nous exprimons au nom de ces agricultrices et agriculteurs engagés dans la transition écologique et énergétique, de ces communes qui ont fait le choix de proposer une électricité plus verte à leurs citoyens, de celles et ceux qui ont pris le risque de se lancer pour développer les énergies du futur : il n’est pas seulement question de chiffres ou de nombre de contrats, mais de la défaillance de tout un écosystème qui pourrait se jouer dans l’indifférence la plus complète.

Ouverts au dialogue, pouvons-nous accepter cependant que ce débat se résume à une bataille de chiffres abstraits et à une liste de calculs déconnectés de la réalité humaine et économique que nous vivons ? Au-delà de l’énergie solaire, l’insécurité juridique et les mesures absconses sont des travers historiques de l’administration française contre lesquels l’Etat se doit de lutter activement. Là encore, trouvons ensemble les solutions pour une conduite du changement adaptée aux enjeux et à même de favoriser la confiance des investisseurs qui sont appelés, aux côtés de l’Etat, à financer et développer les énergies du présent et du futur.

Seul cet équilibre, ce partenariat entre acteurs privés, investisseurs et pouvoirs publics peut garantir la réussite de la transition énergétique, dont dépend l’avenir de l’industrie entière : le verdissement de la production est l’indispensable socle d’une économie verte, solidaire et responsable.

« Pour des GAFAM français de l’énergie bas carbone»

« Pour des GAFAM français de l’énergie bas carbone»

Pour Pierre Tarissi, ingénieur Arts et Métiers, ESSEC, Business Angel, depuis 1974, la France est devenue tout d’abord leader mondial technologique et industriel de la « lutte pour le climat » et « contre le CO2 » en produisant massivement de l’énergie « bas carbone ». Aujourd’hui, elle se retrouve à la traîne, a oublié et renie son succès planétaire de 1974-1990.

 

 Tribune

En 1974, la France lance l’ambitieux « plan Messmer » pour assurer son indépendance énergétique et moins dépendre de l’OPEP, après l’avertissement du « premier choc pétrolier ». Par ailleurs le « rapport Meadows » glisse dès les années 1960 que seul l’emploi massif de l’énergie nucléaire peut éviter les graves problèmes climatiques prévus à la fin du XXe siècle.

Il s’agit de construire par dizaines et le plus vite possible des réacteurs nucléaires remplaçant la production électrique par charbon et hydrocarbures, de plus en plus importante par rapport à la production hydraulique qui plafonne.

La France s’active sur la recherche nucléaire depuis l’immédiat après-guerre, avec le CEA créé par le Général De Gaulle. Le premier réacteur électrogène démarre aux USA en décembre 1951, le premier français, « G1 », en 1956. De nombreuses réalisations suivent, bombes nucléaires « A » et « H » en 1960 et 1968, propulsion nucléaire navale (SNLE « Redoutable » fin 1971).

Après le choix d’une technique – « réacteurs à eau pressurisée » ou « REP » – l’industrie française se déploie et les tranches nucléaires entrent en service, jusqu’à 15 en 1981 – 1982. En 1990, 51 réacteurs assurent l’essentiel de la production électrique française, seul cas mondial. La facture « pétrole » de la France diminue. Ses émissions de CO2 baissent dans l’absolu, fait unique dans un grand pays en croissance. Dès 1973, le surgénérateur expérimental « Phénix » produit de l’électricité. « SuperPhénix », tête de série de surgénérateurs industriels, construit entre 1976 et 1984, tourne comme une horloge en 1996, quasiment seul au monde. La surgénération multiplie par plus de 50 les réserves d’uranium et permet l’emploi du thorium. Cela garantit des siècles d’approvisionnement énergétique mondial, jusqu’à 100 Gtep par an et plus (moins de 15 en 2020).

En 1996, la France possède tous les atouts technologiques et industriels pour créer un « GAFAM » français, puis européen de l’énergie « bas carbone de lutte contre le CO2 »

Dès les années 1980, Framatome travaille sur les premiers réacteurs nucléaires chinois. La Chine n’en a alors aucun. Elle dispose de « la bombe » depuis 1964, mais n’existe pas en termes de recherche scientifique et technologique. En 1996, la France possède tous les atouts technologiques et industriels pour créer un « GAFAM » français, puis européen de l’énergie « bas carbone de lutte contre le CO2 ». Elle pourrait l’annoncer en 1997 à Kyoto.

SuperPhénix, Kyoto et le CO2

François Mitterrand, élu président de la République en 1981 sans connaissances ni culture techniques, imagine relancer le charbon en France. Il cherche sa réélection par des électeurs supposés séduits par ses « avancées sociales », sans souci de leur financement. Mais il laisse se dérouler le programme prévu, dont l’essentiel est en construction ou programmé, tout en acceptant ou précipitant le déclin scientifique, technique et industriel de la France, à son apogée à la fin des années 1970.

En 1986, le coup de tonnerre de « Tchernobyl » grippe le mécanisme. Les gouvernants occidentaux, sous la pression des pseudo-écologistes, renoncent à construire des réacteurs nucléaires. Le gouvernement français achève les programmes, en lançant seulement quatre tranches après Tchernobyl. Puis Jospin se met à détruire l’édifice en 1997, arrêtant « SuperPhénix » sous un prétexte prétendument économique. Le gouvernement Sarkozy-Fillon continue en 2009 en arrêtant « Phénix ». Hollande et Macron valident l’objectif idéologique « pas plus de 50% d’électricité nucléaire » décidé arbitrairement pour accord électoral sur un coin de table par Aubry-Duflot un jour de 2011. Macron-Philippe terminent en stoppant Astrid en 2019 et Fessenheim en 2020.

Entretemps, la Chine s’est dotée du plus puissant outil de recherche et développement du monde, qui dépasse celui des USA. Elle diplôme 800 000 ingénieurs par AN. Ses dirigeants ont compris que la technologie, avec son précurseur, la recherche fondamentale scientifique, est la clé de la puissance et du pouvoir dans le monde du XXIe siècle et au-delà.

Changeons le discours gouvernemental qui traite « le nucléaire » en parenthèse utile mais à refermer le plus vite possible ! Proclamons la réalité technique : la surgénération nucléaire fission est de très loin la plus importante source d’énergie « bas carbone » pilotable et disponible industriellement

Leader du nucléaire du XXIe siècle ?

La France conserve sa place de leader mondial dans plusieurs aspects de la « filière nucléaire », le cycle du combustible et le traitement des « déchets », ou les surgénérateurs, seuls garants d’une énergie nucléaire fission pérenne. Elle a un retour d’expérience unique en production commerciale d’électricité et propulsion navale, avec plus de 10 réacteurs marins en service. La filière nucléaire reste la troisième industrie française, porteuse d’énormes possibilités de « réindustrialisation » du pays, en exploitant le savoir-faire accumulé depuis plus de 60 ans et les avantages concurrentiels correspondants.

Pour cela, changeons le discours gouvernemental qui traite « le nucléaire » en parenthèse utile mais à refermer le plus vite possible ! Proclamons la réalité technique : la surgénération nucléaire fission est de très loin la plus importante source d’énergie « bas carbone » pilotable et disponible industriellement, pour des siècles. L’International Energy Agency confirme en décembre 2020 que son coût au kWh produit est au moins aussi compétitif que celui de n’importe quelle autre source d’énergie. Enfin, elle a – de très loin – le moins d’impact écologique global, gestion des déchets et extraction d’uranium ou thorium inclus, pour assurer la prospérité humaine aux XXIe et XXIIe siècles.

Pierre Tarissi est ingénieur Arts et Métiers, ESSEC, Business Angel, militant de la recherche scientifique française.

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