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IA- GPT 5: une application générative de niveau doctorat

IA- GPT 5: une application générative de niveau doctorat

Sortie, jeudi 7 août, GPT-5 est présenté comme son modèle d’IA le « plus intelligent », le « plus rapide » et le « plus utile » à ce jour d’après Franceinfo

« GPT-5, c’est comme de parler à un expert de niveau doctorat sur n’importe quel sujet », a assuré Sam Altman, patron et cofondateur d’OpenAI, lors d’un briefing pour la presse. Il a comparé GPT-3, à l’oeuvre dans la première version de ChatGPT, à un lycéen qui « parfois donne la bonne réponse, et parfois répond n’importe quoi », et GPT-4 à un étudiant à l’université.La quasi-totalité des grands groupes numériques œuvrent de leur côté pour un développement de l’IA générative.. et payante.

L’accès à GPT 5 est gratuit avec un quota limité. Une fois cette limite atteinte, l’utilisateur bascule automatiquement sur GPT-5 mini, une version allégée du modèle. Cette offre permet néanmoins une première expérience avec un modèle capable de raisonnement.
Plus : limites d’usage nettement supérieures à la version gratuite pour un usage plus fluide.
Pro : accès illimité à GPT-5 ainsi qu’à GPT-5 Pro, la version la plus complète.
Team / Enterprise / EDU : GPT-5 devient le modèle par défaut pour les usages professionnels et éducatifs, avec un déploiement prévu la semaine suivante.

La faiblesse du niveau scolaire en France

La faiblesse du niveau scolaire en France

« Un système éducatif en situation d’échec » : le constat sévère de la Cour des comptes sur l’école primaire
Rythmes scolaires, attractivité du métier d’enseignant, niveau des élèves… Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes établit un bilan général du fonctionnement de l’école primaire. Dans leur rapport, les Sages font état d’un « système éducatif en situation d’échec », d’inégalités croissantes entre les élèves et d’un manque d’attractivité du métier de professeur des écoles préjudiciable à la qualité d’enseignement.

Par Théodore Azouze dans site du Sénat

Elle préconise une refonte en profondeur d’un « système éducatif en situation d’échec ». Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes pointe une « situation paradoxale et inquiétante » prégnante au sein de l’école primaire en France. En cause ? Une stagnation à un niveau toujours très bas des compétences des élèves, malgré une hausse de la dépense publique allouée à l’enseignement du premier degré. « La France est ainsi confrontée à une dégradation continue du niveau moyen de ses élèves, tout en formant moins de très bons élèves que le reste des pays européens », regrette la Cour des comptes.

Dépenses en hausse… mais niveau scolaire stagnant

Ces dernières années, les différents ministres de l’Éducation nationale ont souvent fait le même constat : le niveau des élèves français n’est pas suffisant. Selon les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), leurs capacités en matière de compréhension de l’écrit en CM1 stagnent depuis 2016, après une tendance à la baisse durant la précédente décennie. En mathématiques, la situation est encore pire : le niveau des Français, toujours en classe de CM1, se situe sous la moyenne de l’OCDE, selon l’enquête internationale Timss. La France ne se situe qu’à la 42e place des 58 pays étudiés.

Au-delà de ces chiffres, héritage d’une situation qui n’est pas nouvelle, un autre paramètre est mis en contraste par la Cour des comptes : en dix ans, la dépense consacrée au premier degré n’a cessé d’augmenter. Selon son estimation, celle-ci est passée de 41,3 milliards d’euros en 2013 à 52,1 milliards d’euros en 2022. Autrement dit, davantage de fonds ont donc été destinés à l’école primaire durant cette période, sans pour autant améliorer le niveau scolaire des élèves.

Autre facteur d’inquiétude : dans le même temps, les inégalités en milieu scolaire « s’aggravent », à plusieurs niveaux. Les différences à l’école entre filles et garçons se creusent. « Dès l’entrée à l’école élémentaire, et comme partout en Europe, les filles ont des résultats légèrement meilleurs que les garçons », souligne la Cour des comptes. Or, malgré cet avantage, confirmé par le fait que les filles sont ensuite moins en difficulté que les garçons durant la suite de leur apprentissage, elles restent convaincues d’être moins performantes qu’eux. « La situation en début de sixième est révélatrice : alors qu’elles sont plus nombreuses à réussir l’évaluation de français, les filles sont moins nombreuses que les garçons à éprouver un sentiment de réussite à son issue. »

Les inégalités sociales ne se résorbent pas davantage à l’école. Toujours d’après les données de la DEPP, la Cour des comptes remarque que plus l’indice de positionnement social des parents est élevé, plus les résultats scolaires de leurs enfants sont bons. Et ce, tant en français qu’en mathématiques. Ainsi, à l’issue de leur apprentissage au premier degré, « le groupe rassemblant les 20 % d’élèves les plus en difficulté aux évaluations nationales de 6e comprend 40 % des élèves avec l’indice de positionnement social le plus bas, contre seulement 6 % des élèves d’indice le plus élevé ». Des difficultés auxquelles il faut ajouter d’importantes disparités entre les élèves des différents territoires du pays, pas tous logés à la même enseigne en termes d’environnement éducatif.

Rappel de « l’effet néfaste » de la semaine de 4 jours

Passé ce constat, que critique plus précisément ce rapport ? Une longue partie est consacrée à la question des rythmes scolaires. La problématique est d’actualité : Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement le 20 juin prochain d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant », qui sera organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Outre le sujet des congés scolaires, les débats devraient aussi aborder de possibles évolutions d’horaires pour les élèves français.

Les rythmes ont beaucoup évolué dans le premier degré depuis 20 ans : Nicolas Sarkozy avait d’abord instauré la semaine de 4 jours durant son quinquennat. Élu en 2012, François Hollande avait fait de l’instauration d’une semaine de 4 jours et demi une des priorités de sa politique éducative. À l’époque, l’installation d’un temps d’activités périscolaires est aussi actée. Mais en pratique, sa concrétisation par les communes connaît alors moult difficultés. « Cette modification d’ampleur des rythmes scolaires s’est révélée très hétérogène dans sa mise en œuvre, avec des coûts très variables pour les collectivités. Elle n’a pas été évaluée, ni stabilisée dans le temps », pointe la Cour des comptes.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron laisse finalement le soin aux maires de conserver ce système dans leurs écoles ou de repasser à quatre jours. Une seconde option choisie par la plupart des municipalités… et regrettée par le rapport des Sages. « L’organisation du temps scolaire (…) n’apparaît pas prioritairement conçue en fonction des élèves », déplorent-ils dans le document. La plupart des pays de l’OCDE ont fait le choix d’un système avec une semaine à 5 jours.

« Selon l’Académie nationale de médecine, l’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec les connaissances de la chronobiologie de l’enfant ; et cela, à tous les niveaux de l’organisation : journée, semaine ou année scolaire », a ajouté le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse ce mardi. Le responsable fait référence à un rapport de 2010 publié par l’institution. Il pointait le « le rôle néfaste » de la semaine de 4 jours « sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé ».

Attractivité du métier d’enseignant et rôle des directeurs d’écoles
La qualité d’enseignement à l’école primaire passera par ailleurs par une plus grande attractivité de la profession, estime l’instance. La fonction de professeur des écoles pâtit aujourd’hui d’une image dégradée : en 2024, plus d’un millier de postes ouverts sont restés non pourvus dans le premier degré. Affectations géographiques non désirées, manque de perspectives de carrière, « niveau de stress » important… Plusieurs paramètres sont listés par la Cour des comptes pour expliquer ces difficultés à recruter suffisamment.

Pour pallier les manques, le recours à des contractuels est devenu essentiel dans certaines zones. Or, « les enfants qui bénéficient d’un enseignement structuré et de qualité, dès le plus jeune âge, sont les plus susceptibles d’avoir de bons résultats scolaires par la suite », rappelle la Cour des comptes.

Second point intéressant concernant le personnel éducatif : la place accordée au rôle des directeurs d’école. Le rapport mentionne « l’absence de statut » clair pour ces enseignants qui doivent concilier heures de cours et pilotage d’une école primaire. Pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires et limiter ce problème de manque de temps, la Cour des comptes recommande d’« engager la réforme du statut de directeur d’école en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet, en commençant par les écoles regroupées ».

Meilleure concertation avec les acteurs locaux pour allouer et flécher des fonds pour les écoles primaires, renforcement de la formation continue des enseignants, groupements d’établissements pour éviter les fermetures de classe… Les 120 pages du rapport de la Cour des comptes avancent de nombreuses autres propositions. La dernière partie est en partie consacrée à la transition écologique dans le premier degré, mais aussi à l’importance du recours aux ressources digitales utilisées à l’école primaire. Au moment où la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, vient d’annoncer des mesures pour favoriser le « droit à la déconnexion » des élèves, les Sages encouragent « une meilleure intégration du numérique comme outil au service de la pédagogie ».

Enseignement-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions

Enseignement-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions

« Un système éducatif en situation d’échec » : le constat sévère de la Cour des comptes sur l’école primaire
Rythmes scolaires, attractivité du métier d’enseignant, niveau des élèves… Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes établit un bilan général du fonctionnement de l’école primaire. Dans leur rapport, les Sages font état d’un « système éducatif en situation d’échec », d’inégalités croissantes entre les élèves et d’un manque d’attractivité du métier de professeur des écoles préjudiciable à la qualité d’enseignement.

Par Théodore Azouze dans site du Sénat

Elle préconise une refonte en profondeur d’un « système éducatif en situation d’échec ». Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes pointe une « situation paradoxale et inquiétante » prégnante au sein de l’école primaire en France. En cause ? Une stagnation à un niveau toujours très bas des compétences des élèves, malgré une hausse de la dépense publique allouée à l’enseignement du premier degré. « La France est ainsi confrontée à une dégradation continue du niveau moyen de ses élèves, tout en formant moins de très bons élèves que le reste des pays européens », regrette la Cour des comptes.

Dépenses en hausse… mais niveau scolaire stagnant

Ces dernières années, les différents ministres de l’Éducation nationale ont souvent fait le même constat : le niveau des élèves français n’est pas suffisant. Selon les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), leurs capacités en matière de compréhension de l’écrit en CM1 stagnent depuis 2016, après une tendance à la baisse durant la précédente décennie. En mathématiques, la situation est encore pire : le niveau des Français, toujours en classe de CM1, se situe sous la moyenne de l’OCDE, selon l’enquête internationale Timss. La France ne se situe qu’à la 42e place des 58 pays étudiés.

Au-delà de ces chiffres, héritage d’une situation qui n’est pas nouvelle, un autre paramètre est mis en contraste par la Cour des comptes : en dix ans, la dépense consacrée au premier degré n’a cessé d’augmenter. Selon son estimation, celle-ci est passée de 41,3 milliards d’euros en 2013 à 52,1 milliards d’euros en 2022. Autrement dit, davantage de fonds ont donc été destinés à l’école primaire durant cette période, sans pour autant améliorer le niveau scolaire des élèves.

Autre facteur d’inquiétude : dans le même temps, les inégalités en milieu scolaire « s’aggravent », à plusieurs niveaux. Les différences à l’école entre filles et garçons se creusent. « Dès l’entrée à l’école élémentaire, et comme partout en Europe, les filles ont des résultats légèrement meilleurs que les garçons », souligne la Cour des comptes. Or, malgré cet avantage, confirmé par le fait que les filles sont ensuite moins en difficulté que les garçons durant la suite de leur apprentissage, elles restent convaincues d’être moins performantes qu’eux. « La situation en début de sixième est révélatrice : alors qu’elles sont plus nombreuses à réussir l’évaluation de français, les filles sont moins nombreuses que les garçons à éprouver un sentiment de réussite à son issue. »

Les inégalités sociales ne se résorbent pas davantage à l’école. Toujours d’après les données de la DEPP, la Cour des comptes remarque que plus l’indice de positionnement social des parents est élevé, plus les résultats scolaires de leurs enfants sont bons. Et ce, tant en français qu’en mathématiques. Ainsi, à l’issue de leur apprentissage au premier degré, « le groupe rassemblant les 20 % d’élèves les plus en difficulté aux évaluations nationales de 6e comprend 40 % des élèves avec l’indice de positionnement social le plus bas, contre seulement 6 % des élèves d’indice le plus élevé ». Des difficultés auxquelles il faut ajouter d’importantes disparités entre les élèves des différents territoires du pays, pas tous logés à la même enseigne en termes d’environnement éducatif.

Rappel de « l’effet néfaste » de la semaine de 4 jours

Passé ce constat, que critique plus précisément ce rapport ? Une longue partie est consacrée à la question des rythmes scolaires. La problématique est d’actualité : Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement le 20 juin prochain d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant », qui sera organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Outre le sujet des congés scolaires, les débats devraient aussi aborder de possibles évolutions d’horaires pour les élèves français.

Les rythmes ont beaucoup évolué dans le premier degré depuis 20 ans : Nicolas Sarkozy avait d’abord instauré la semaine de 4 jours durant son quinquennat. Élu en 2012, François Hollande avait fait de l’instauration d’une semaine de 4 jours et demi une des priorités de sa politique éducative. À l’époque, l’installation d’un temps d’activités périscolaires est aussi actée. Mais en pratique, sa concrétisation par les communes connaît alors moult difficultés. « Cette modification d’ampleur des rythmes scolaires s’est révélée très hétérogène dans sa mise en œuvre, avec des coûts très variables pour les collectivités. Elle n’a pas été évaluée, ni stabilisée dans le temps », pointe la Cour des comptes.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron laisse finalement le soin aux maires de conserver ce système dans leurs écoles ou de repasser à quatre jours. Une seconde option choisie par la plupart des municipalités… et regrettée par le rapport des Sages. « L’organisation du temps scolaire (…) n’apparaît pas prioritairement conçue en fonction des élèves », déplorent-ils dans le document. La plupart des pays de l’OCDE ont fait le choix d’un système avec une semaine à 5 jours.

« Selon l’Académie nationale de médecine, l’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec les connaissances de la chronobiologie de l’enfant ; et cela, à tous les niveaux de l’organisation : journée, semaine ou année scolaire », a ajouté le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse ce mardi. Le responsable fait référence à un rapport de 2010 publié par l’institution. Il pointait le « le rôle néfaste » de la semaine de 4 jours « sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé ».

Attractivité du métier d’enseignant et rôle des directeurs d’écoles
La qualité d’enseignement à l’école primaire passera par ailleurs par une plus grande attractivité de la profession, estime l’instance. La fonction de professeur des écoles pâtit aujourd’hui d’une image dégradée : en 2024, plus d’un millier de postes ouverts sont restés non pourvus dans le premier degré. Affectations géographiques non désirées, manque de perspectives de carrière, « niveau de stress » important… Plusieurs paramètres sont listés par la Cour des comptes pour expliquer ces difficultés à recruter suffisamment.

Pour pallier les manques, le recours à des contractuels est devenu essentiel dans certaines zones. Or, « les enfants qui bénéficient d’un enseignement structuré et de qualité, dès le plus jeune âge, sont les plus susceptibles d’avoir de bons résultats scolaires par la suite », rappelle la Cour des comptes.

Second point intéressant concernant le personnel éducatif : la place accordée au rôle des directeurs d’école. Le rapport mentionne « l’absence de statut » clair pour ces enseignants qui doivent concilier heures de cours et pilotage d’une école primaire. Pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires et limiter ce problème de manque de temps, la Cour des comptes recommande d’« engager la réforme du statut de directeur d’école en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet, en commençant par les écoles regroupées ».

Meilleure concertation avec les acteurs locaux pour allouer et flécher des fonds pour les écoles primaires, renforcement de la formation continue des enseignants, groupements d’établissements pour éviter les fermetures de classe… Les 120 pages du rapport de la Cour des comptes avancent de nombreuses autres propositions. La dernière partie est en partie consacrée à la transition écologique dans le premier degré, mais aussi à l’importance du recours aux ressources digitales utilisées à l’école primaire. Au moment où la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, vient d’annoncer des mesures pour favoriser le « droit à la déconnexion » des élèves, les Sages encouragent « une meilleure intégration du numérique comme outil au service de la pédagogie ».

Formation-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

Formation-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

« Un système éducatif en situation d’échec » : le constat sévère de la Cour des comptes sur l’école primaire
Rythmes scolaires, attractivité du métier d’enseignant, niveau des élèves… Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes établit un bilan général du fonctionnement de l’école primaire. Dans leur rapport, les Sages font état d’un « système éducatif en situation d’échec », d’inégalités croissantes entre les élèves et d’un manque d’attractivité du métier de professeur des écoles préjudiciable à la qualité d’enseignement.

Par Théodore Azouze dans site du Sénat

Elle préconise une refonte en profondeur d’un « système éducatif en situation d’échec ». Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes pointe une « situation paradoxale et inquiétante » prégnante au sein de l’école primaire en France. En cause ? Une stagnation à un niveau toujours très bas des compétences des élèves, malgré une hausse de la dépense publique allouée à l’enseignement du premier degré. « La France est ainsi confrontée à une dégradation continue du niveau moyen de ses élèves, tout en formant moins de très bons élèves que le reste des pays européens », regrette la Cour des comptes.

Dépenses en hausse… mais niveau scolaire stagnant

Ces dernières années, les différents ministres de l’Éducation nationale ont souvent fait le même constat : le niveau des élèves français n’est pas suffisant. Selon les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), leurs capacités en matière de compréhension de l’écrit en CM1 stagnent depuis 2016, après une tendance à la baisse durant la précédente décennie. En mathématiques, la situation est encore pire : le niveau des Français, toujours en classe de CM1, se situe sous la moyenne de l’OCDE, selon l’enquête internationale Timss. La France ne se situe qu’à la 42e place des 58 pays étudiés.

Au-delà de ces chiffres, héritage d’une situation qui n’est pas nouvelle, un autre paramètre est mis en contraste par la Cour des comptes : en dix ans, la dépense consacrée au premier degré n’a cessé d’augmenter. Selon son estimation, celle-ci est passée de 41,3 milliards d’euros en 2013 à 52,1 milliards d’euros en 2022. Autrement dit, davantage de fonds ont donc été destinés à l’école primaire durant cette période, sans pour autant améliorer le niveau scolaire des élèves.

Autre facteur d’inquiétude : dans le même temps, les inégalités en milieu scolaire « s’aggravent », à plusieurs niveaux. Les différences à l’école entre filles et garçons se creusent. « Dès l’entrée à l’école élémentaire, et comme partout en Europe, les filles ont des résultats légèrement meilleurs que les garçons », souligne la Cour des comptes. Or, malgré cet avantage, confirmé par le fait que les filles sont ensuite moins en difficulté que les garçons durant la suite de leur apprentissage, elles restent convaincues d’être moins performantes qu’eux. « La situation en début de sixième est révélatrice : alors qu’elles sont plus nombreuses à réussir l’évaluation de français, les filles sont moins nombreuses que les garçons à éprouver un sentiment de réussite à son issue. »

Les inégalités sociales ne se résorbent pas davantage à l’école. Toujours d’après les données de la DEPP, la Cour des comptes remarque que plus l’indice de positionnement social des parents est élevé, plus les résultats scolaires de leurs enfants sont bons. Et ce, tant en français qu’en mathématiques. Ainsi, à l’issue de leur apprentissage au premier degré, « le groupe rassemblant les 20 % d’élèves les plus en difficulté aux évaluations nationales de 6e comprend 40 % des élèves avec l’indice de positionnement social le plus bas, contre seulement 6 % des élèves d’indice le plus élevé ». Des difficultés auxquelles il faut ajouter d’importantes disparités entre les élèves des différents territoires du pays, pas tous logés à la même enseigne en termes d’environnement éducatif.

Rappel de « l’effet néfaste » de la semaine de 4 jours

Passé ce constat, que critique plus précisément ce rapport ? Une longue partie est consacrée à la question des rythmes scolaires. La problématique est d’actualité : Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement le 20 juin prochain d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant », qui sera organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Outre le sujet des congés scolaires, les débats devraient aussi aborder de possibles évolutions d’horaires pour les élèves français.

Les rythmes ont beaucoup évolué dans le premier degré depuis 20 ans : Nicolas Sarkozy avait d’abord instauré la semaine de 4 jours durant son quinquennat. Élu en 2012, François Hollande avait fait de l’instauration d’une semaine de 4 jours et demi une des priorités de sa politique éducative. À l’époque, l’installation d’un temps d’activités périscolaires est aussi actée. Mais en pratique, sa concrétisation par les communes connaît alors moult difficultés. « Cette modification d’ampleur des rythmes scolaires s’est révélée très hétérogène dans sa mise en œuvre, avec des coûts très variables pour les collectivités. Elle n’a pas été évaluée, ni stabilisée dans le temps », pointe la Cour des comptes.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron laisse finalement le soin aux maires de conserver ce système dans leurs écoles ou de repasser à quatre jours. Une seconde option choisie par la plupart des municipalités… et regrettée par le rapport des Sages. « L’organisation du temps scolaire (…) n’apparaît pas prioritairement conçue en fonction des élèves », déplorent-ils dans le document. La plupart des pays de l’OCDE ont fait le choix d’un système avec une semaine à 5 jours.

« Selon l’Académie nationale de médecine, l’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec les connaissances de la chronobiologie de l’enfant ; et cela, à tous les niveaux de l’organisation : journée, semaine ou année scolaire », a ajouté le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse ce mardi. Le responsable fait référence à un rapport de 2010 publié par l’institution. Il pointait le « le rôle néfaste » de la semaine de 4 jours « sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé ».

Attractivité du métier d’enseignant et rôle des directeurs d’écoles
La qualité d’enseignement à l’école primaire passera par ailleurs par une plus grande attractivité de la profession, estime l’instance. La fonction de professeur des écoles pâtit aujourd’hui d’une image dégradée : en 2024, plus d’un millier de postes ouverts sont restés non pourvus dans le premier degré. Affectations géographiques non désirées, manque de perspectives de carrière, « niveau de stress » important… Plusieurs paramètres sont listés par la Cour des comptes pour expliquer ces difficultés à recruter suffisamment.

Pour pallier les manques, le recours à des contractuels est devenu essentiel dans certaines zones. Or, « les enfants qui bénéficient d’un enseignement structuré et de qualité, dès le plus jeune âge, sont les plus susceptibles d’avoir de bons résultats scolaires par la suite », rappelle la Cour des comptes.

Second point intéressant concernant le personnel éducatif : la place accordée au rôle des directeurs d’école. Le rapport mentionne « l’absence de statut » clair pour ces enseignants qui doivent concilier heures de cours et pilotage d’une école primaire. Pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires et limiter ce problème de manque de temps, la Cour des comptes recommande d’« engager la réforme du statut de directeur d’école en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet, en commençant par les écoles regroupées ».

Meilleure concertation avec les acteurs locaux pour allouer et flécher des fonds pour les écoles primaires, renforcement de la formation continue des enseignants, groupements d’établissements pour éviter les fermetures de classe… Les 120 pages du rapport de la Cour des comptes avancent de nombreuses autres propositions. La dernière partie est en partie consacrée à la transition écologique dans le premier degré, mais aussi à l’importance du recours aux ressources digitales utilisées à l’école primaire. Au moment où la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, vient d’annoncer des mesures pour favoriser le « droit à la déconnexion » des élèves, les Sages encouragent « une meilleure intégration du numérique comme outil au service de la pédagogie ».

Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

« Un système éducatif en situation d’échec » : le constat sévère de la Cour des comptes sur l’école primaire
Rythmes scolaires, attractivité du métier d’enseignant, niveau des élèves… Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes établit un bilan général du fonctionnement de l’école primaire. Dans leur rapport, les Sages font état d’un « système éducatif en situation d’échec », d’inégalités croissantes entre les élèves et d’un manque d’attractivité du métier de professeur des écoles préjudiciable à la qualité d’enseignement.

Par Théodore Azouze dans site du Sénat

Elle préconise une refonte en profondeur d’un « système éducatif en situation d’échec ». Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes pointe une « situation paradoxale et inquiétante » prégnante au sein de l’école primaire en France. En cause ? Une stagnation à un niveau toujours très bas des compétences des élèves, malgré une hausse de la dépense publique allouée à l’enseignement du premier degré. « La France est ainsi confrontée à une dégradation continue du niveau moyen de ses élèves, tout en formant moins de très bons élèves que le reste des pays européens », regrette la Cour des comptes.

Dépenses en hausse… mais niveau scolaire stagnant

Ces dernières années, les différents ministres de l’Éducation nationale ont souvent fait le même constat : le niveau des élèves français n’est pas suffisant. Selon les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), leurs capacités en matière de compréhension de l’écrit en CM1 stagnent depuis 2016, après une tendance à la baisse durant la précédente décennie. En mathématiques, la situation est encore pire : le niveau des Français, toujours en classe de CM1, se situe sous la moyenne de l’OCDE, selon l’enquête internationale Timss. La France ne se situe qu’à la 42e place des 58 pays étudiés.

Au-delà de ces chiffres, héritage d’une situation qui n’est pas nouvelle, un autre paramètre est mis en contraste par la Cour des comptes : en dix ans, la dépense consacrée au premier degré n’a cessé d’augmenter. Selon son estimation, celle-ci est passée de 41,3 milliards d’euros en 2013 à 52,1 milliards d’euros en 2022. Autrement dit, davantage de fonds ont donc été destinés à l’école primaire durant cette période, sans pour autant améliorer le niveau scolaire des élèves.

Autre facteur d’inquiétude : dans le même temps, les inégalités en milieu scolaire « s’aggravent », à plusieurs niveaux. Les différences à l’école entre filles et garçons se creusent. « Dès l’entrée à l’école élémentaire, et comme partout en Europe, les filles ont des résultats légèrement meilleurs que les garçons », souligne la Cour des comptes. Or, malgré cet avantage, confirmé par le fait que les filles sont ensuite moins en difficulté que les garçons durant la suite de leur apprentissage, elles restent convaincues d’être moins performantes qu’eux. « La situation en début de sixième est révélatrice : alors qu’elles sont plus nombreuses à réussir l’évaluation de français, les filles sont moins nombreuses que les garçons à éprouver un sentiment de réussite à son issue. »

Les inégalités sociales ne se résorbent pas davantage à l’école. Toujours d’après les données de la DEPP, la Cour des comptes remarque que plus l’indice de positionnement social des parents est élevé, plus les résultats scolaires de leurs enfants sont bons. Et ce, tant en français qu’en mathématiques. Ainsi, à l’issue de leur apprentissage au premier degré, « le groupe rassemblant les 20 % d’élèves les plus en difficulté aux évaluations nationales de 6e comprend 40 % des élèves avec l’indice de positionnement social le plus bas, contre seulement 6 % des élèves d’indice le plus élevé ». Des difficultés auxquelles il faut ajouter d’importantes disparités entre les élèves des différents territoires du pays, pas tous logés à la même enseigne en termes d’environnement éducatif.

Rappel de « l’effet néfaste » de la semaine de 4 jours

Passé ce constat, que critique plus précisément ce rapport ? Une longue partie est consacrée à la question des rythmes scolaires. La problématique est d’actualité : Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement le 20 juin prochain d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant », qui sera organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Outre le sujet des congés scolaires, les débats devraient aussi aborder de possibles évolutions d’horaires pour les élèves français.

Les rythmes ont beaucoup évolué dans le premier degré depuis 20 ans : Nicolas Sarkozy avait d’abord instauré la semaine de 4 jours durant son quinquennat. Élu en 2012, François Hollande avait fait de l’instauration d’une semaine de 4 jours et demi une des priorités de sa politique éducative. À l’époque, l’installation d’un temps d’activités périscolaires est aussi actée. Mais en pratique, sa concrétisation par les communes connaît alors moult difficultés. « Cette modification d’ampleur des rythmes scolaires s’est révélée très hétérogène dans sa mise en œuvre, avec des coûts très variables pour les collectivités. Elle n’a pas été évaluée, ni stabilisée dans le temps », pointe la Cour des comptes.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron laisse finalement le soin aux maires de conserver ce système dans leurs écoles ou de repasser à quatre jours. Une seconde option choisie par la plupart des municipalités… et regrettée par le rapport des Sages. « L’organisation du temps scolaire (…) n’apparaît pas prioritairement conçue en fonction des élèves », déplorent-ils dans le document. La plupart des pays de l’OCDE ont fait le choix d’un système avec une semaine à 5 jours.

« Selon l’Académie nationale de médecine, l’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec les connaissances de la chronobiologie de l’enfant ; et cela, à tous les niveaux de l’organisation : journée, semaine ou année scolaire », a ajouté le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse ce mardi. Le responsable fait référence à un rapport de 2010 publié par l’institution. Il pointait le « le rôle néfaste » de la semaine de 4 jours « sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé ».

Attractivité du métier d’enseignant et rôle des directeurs d’écoles
La qualité d’enseignement à l’école primaire passera par ailleurs par une plus grande attractivité de la profession, estime l’instance. La fonction de professeur des écoles pâtit aujourd’hui d’une image dégradée : en 2024, plus d’un millier de postes ouverts sont restés non pourvus dans le premier degré. Affectations géographiques non désirées, manque de perspectives de carrière, « niveau de stress » important… Plusieurs paramètres sont listés par la Cour des comptes pour expliquer ces difficultés à recruter suffisamment.

Pour pallier les manques, le recours à des contractuels est devenu essentiel dans certaines zones. Or, « les enfants qui bénéficient d’un enseignement structuré et de qualité, dès le plus jeune âge, sont les plus susceptibles d’avoir de bons résultats scolaires par la suite », rappelle la Cour des comptes.

Second point intéressant concernant le personnel éducatif : la place accordée au rôle des directeurs d’école. Le rapport mentionne « l’absence de statut » clair pour ces enseignants qui doivent concilier heures de cours et pilotage d’une école primaire. Pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires et limiter ce problème de manque de temps, la Cour des comptes recommande d’« engager la réforme du statut de directeur d’école en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet, en commençant par les écoles regroupées ».

Meilleure concertation avec les acteurs locaux pour allouer et flécher des fonds pour les écoles primaires, renforcement de la formation continue des enseignants, groupements d’établissements pour éviter les fermetures de classe… Les 120 pages du rapport de la Cour des comptes avancent de nombreuses autres propositions. La dernière partie est en partie consacrée à la transition écologique dans le premier degré, mais aussi à l’importance du recours aux ressources digitales utilisées à l’école primaire. Au moment où la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, vient d’annoncer des mesures pour favoriser le « droit à la déconnexion » des élèves, les Sages encouragent « une meilleure intégration du numérique comme outil au service de la pédagogie ».

Ukraine: Intervention ferme et de haut niveau de Bayrou à l’assemblée

Ukraine:  Intervention ferme et de haut niveau de Bayrou à l’assemblée

De l’avis de la plupart des experts un peu objectifs, le Premier ministre a effectué un exercice de haut niveau devant l’Assemblée nationale à propos en particulier du conflit de l’Ukraine. Un discours qui part parenthèses dépasse sans doute aussi les compétences d’un premier ministre et qui touche largement à la zone de responsabilité du président lui-même. Dommage qu’une partie des extrêmes notamment à gauche n’est pas jugée bon d’être en nombre à l’assemblée. Encore une attitude irresponsable d’autant que le risque de conflit menace de plus en plus en Europe.

 

Pour preuve d’ailleurs dès lundi soir cette décision encore invraisemblable de Trump de suspendre immédiatement toute aide militaire à l’Ukraine. Comme une sorte d’invitation à Poutine d’en profiter pour enfoncer le clou de la défense ukrainienne et en profiter pour éjecter hélas Zelinsky. La donne s’est encore nettement durci avec un aliment complet des États-Unis sur la politique de Poutine. Les Européens vont être contraints de réagir encore effort ou bien d’accepter les risques de vassalisition y compris par la contrainte militaire.

François Bayrou parfaitement eut raison raison de signaler et de souligner avec force et pertinence la responsabilité de Poutine est désormais le basculement des équilibres du monde. Ce qui impose évidemment de garantir autrement la sécurité et la défense de l’Europe.

 

L’intelligence artificielle au niveau de l’humain pour l’instant ?

L’intelligence artificielle au niveau de l’humain pour l’instant  ?

Le 20 décembre 2024, le système o3 d’OpenAI a obtenu 85 % au test de référence ARC-AGI, ce qui est nettement supérieur au meilleur résultat obtenu par l’IA précédente (55 %) et équivalent aux résultats humains moyens. o3 a également obtenu de bons résultats à un test de mathématiques très difficile. Créer une intelligence artificielle « générale » est l’objectif déclaré de tous les grands laboratoires de recherche sur l’IA. L’annonce récente d’OpenAI semble indiquer que l’entreprise vient d’accomplir une prouesse dans cette direction. (ndlt : L’abréviation francophone d’« intelligence artificielle générale » est « IAG » mais ce sigle est parfois utilisé pour parler d’intelligence artificielle générative, qui est une famille particulière de systèmes d’intelligence artificielle, exploitant notamment l’apprentissage profond, et dont ChatGPT est le membre le plus médiatique.Même si un certain scepticisme est de mise, de nombreux chercheurs et développeurs en IA ont le sentiment que les lignes sont en train de bouger : la possibilité d’une intelligence artificielle générale semble plus tangible, plus actuelle qu’ils et elles ne le pensaient jusqu’à présent. Qu’en est-il ? Tentons de décrypter cette annonce.

 

par , PhD Student, School of Computing, Australian National University

 , Research Fellow, Stanford Center for Responsible Quantum Technology, Stanford University dans The Conversation 

Pour comprendre ce que signifie le résultat obtenu par o3 d’OpenAI, il faut se pencher sur la nature du test ARC-AGI qu’o3 a passé.

Il s’agit d’un test évaluant la « sample efficiency » d’un système d’IA (ndlt : parfois traduit par « efficacité en données »), c’est-à-dire sa capacité à s’adapter une situation nouvelle, ou, en termes plus techniques, la capacité d’un modèle de machine learning à obtenir des bonnes performances avec un apprentissage basé sur peu de données.

En effet, l’apprentissage de ces modèles est normalement basé sur de très grands ensembles de données, ce qui les rend coûteux à entraîner. Un système d’IA comme ChatGPT (GPT-4) n’est pas très « efficace en données » : il a été entraîné sur des millions d’exemples de textes humains, d’où il a tiré des règles probabilistes qui lui dictent les suites les plus probables de mots. Cette méthode est efficace pour générer des textes généralistes ou d’autres tâches « courantes » ; mais dans le cas de tâches peu courantes ou plus spécialisées, le système est moins performant car il dispose de peu de données pour chacune de ces tâches.

Les systèmes d’IA comme ChatGPT sont très efficaces pour des tâches généralistes, comme les recettes de cuisine, mais ne sont pas adaptés aux situations spécialisées, faute de données pour les entraîner suffisamment. Bianca De Marchi/AAP

Tant que les systèmes d’IA ne pourront pas apprendre à partir d’un petit nombre d’exemples (d’un petit ensemble de données) — c’est-à-dire démontrer une certaine « efficacité en données » —, ils ne pourront pas s’adapter aux situations plus rares, ils ne seront utilisés que pour les tâches très répétitives et celles pour lesquelles un échec occasionnel est tolérable.

La capacité à résoudre avec précision des problèmes inconnus ou nouveaux à partir de peu de données s’appelle la « capacité de généralisation ». Elle est considérée comme un élément nécessaire, voire fondamental, de l’intelligence.

C’est pour cela que le test de référence ARC-AGI, qui évalue l’intelligence « générale », utilise de petits problèmes de grilles comme celui présenté ci-dessous. À partir d’un nombre très restreint d’exemples, la personne ou l’IA testée doit trouver le modèle qui transforme la grille de gauche en la grille de droite. C’est bien l’« efficacité en données » qui est évaluée ici.

Chaque exercice commence par fournir trois exemples, desquels il faut extraire des règles, qui « généralisent » les trois exemples… et permettent de résoudre le quatrième.

Cela ressemble beaucoup à des tests de QI.

Nous ne savons pas exactement comment OpenAI a procédé, mais les résultats mêmes du test suggèrent que le modèle o3 est très adaptable : à partir de quelques exemples seulement, il a trouvé des règles généralisables qui lui ont permis de résoudre les exercices.

Pour s’attaquer à ce type d’exercice, il faut trouver les règles nécessaires et suffisantes pour résoudre l’exercice, mais ne pas s’infliger de règles supplémentaires, qui seraient à la fois inutiles et contraignantes. On peut démontrer mathématiquement que ces règles minimales sont la clef pour maximiser sa capacité d’adaptation à de nouvelles situations.

Qu’entendons-nous par « règles minimales » ? La définition technique est compliquée, mais les règles minimales sont généralement celles qui peuvent être décrites dans des énoncés plus simples.

Dans l’exemple ci-dessus, la règle pourrait être exprimée ainsi : « Toute forme comportant une ligne saillante se déplacera jusqu’à l’extrémité de cette ligne et recouvrira toutes les autres formes avec lesquelles elle se chevauchera dans sa nouvelle position ».

Bien que nous ne sachions pas encore comment OpenAI est parvenu à ce résultat, il semble peu probable que les ingénieurs aient délibérément optimisé le système o3 pour trouver des règles minimales — mais o3 a bien dû trouver ces règles.

Nous savons qu’OpenAI a commencé par leur version générique du modèle o3 (qui diffère de la plupart des autres grands modèles de langage, car il peut passer plus de temps à « réfléchir » à des questions difficiles) et l’a ensuite entraîné spécifiquement pour passer le test ARC-AGI.

Le chercheur français en IA François Chollet, qui a conçu le test de référence (ndlt : et qui travaillait chez Google jusqu’à récemment), estime qu’o3 recherche différentes « chaînes de pensée » décrivant les étapes à suivre pour résoudre la tâche. (ndlt : Une « chaîne de pensée » est une stratégie exploitée en IA, qui mimique une stratégie humaine consistant à décomposer un problème complexe en petites unités plus simples, amenant pas à pas à une solution globale.)

o3 choisirait ensuite la « meilleure » chaîne de pensée en fonction d’une règle définie de façon relativement pragmatique et vague, dans une approche « heuristique ».

Cette stratégie ne serait pas très différente de celle utilisée par le système AlphaGo de Google pour chercher différentes séquences de mouvements possibles à même de battre le champion du monde de go en 2016.

 

On peut considérer ces chaînes de pensée comme des programmes qui sont adaptés aux exemples et permettent de les résoudre. Bien sûr, si o3 exploite bien une méthode similaire à celle utilisée dans AlphaGo, il a fallu fournir à o3 une heuristique, ou règle souple, pour lui permettre de déterminer quel programme était le meilleur. Car des milliers de programmes différents, apparemment aussi valables les uns que les autres, pourraient être générés pour tenter de résoudre les trois exemples. On pourrait imaginer une heuristique qui « sélectionne le programme minimal » ou bien qui « sélectionne le programme le plus simple ».

Toutefois, s’il s’agit d’un mécanisme similaire à celui d’AlphaGo, il suffit de demander à une IA de créer une heuristique. C’est ce qui s’est passé pour AlphaGo : Google a entraîné un modèle à évaluer différentes séquences de mouvements comme étant meilleures ou pires que d’autres.

La question qui se pose donc est la suivante : est-on vraiment plus proche de l’intelligence artificielle générale ? Si o3 fonctionne comme on vient de le décrire, le modèle sous-jacent n’est peut-être pas beaucoup plus performant que les modèles précédents.

Les concepts que le modèle apprend de données textuelles (ou plus généralement du langage humain) ne permettent peut-être pas davantage de généralisation qu’auparavant. Au lieu de cela, nous pourrions simplement être en présence d’une « chaîne de pensée » plus généralisable, découverte grâce aux étapes supplémentaires d’entraînement d’une heuristique spécialisée pour le test en question aujourd’hui.

On y verra plus clair, comme toujours, avec davantage de recul et d’expérience autour de o3.

En effet, on ignore presque tout au sujet de ce système : OpenAI a fait des présentations aux médias assez limitées, et les premiers tests ont été réservés à une poignée de chercheurs, de laboratoires et d’institutions spécialisées dans la sécurité de l’IA.

Pour évaluer le véritable potentiel d’o3, il va falloir un travail approfondi, notamment pour déterminer à quelle fréquence il échoue et réussit.

C’est seulement quand o3 sera réellement rendu public que nous saurons s’il est à peu près aussi adaptable qu’un humain moyen.

Si c’est le cas, il pourrait avoir un impact économique énorme et révolutionnaire, et ouvrir la voie à une nouvelle ère d’intelligence artificielle, capable de s’améliorer d’elle-même. Nous aurons besoin de nouveaux critères pour évaluer l’intelligence artificielle générale elle-même, et d’une réflexion sérieuse sur la manière dont elle devrait être gouvernée.

Si ce n’est pas le cas, o3 et son résultat au test ARC-AGI resteront un résultat impressionnant, mais nos vies quotidiennes resteront sensiblement les mêmes.

Se préoccuper du niveau scolaire des élèves

 

Les résultats des élèves en mathématiques devraient alerter le camp progressiste. Notamment parce que l’échec scolaire est la promesse de frustrations futures qui font le lit de l’extrême droite, explique l’élue écologiste Prune Helfter-Noah, dans une tribune au « Monde ».

Véritable marronnier d’hiver, les résultats des enquêtes internationales comme celles propres à la France sont chaque année plus alarmants sur le niveau des élèves. Plusieurs domaines sont testés, mais il est tout particulièrement révélateur de s’attacher aux résultats en mathématiques, domaine connu pour être moins directement corrélé à la maîtrise de la langue et à l’avantage donné aux enfants de familles imprégnées de culture académique bourgeoise.

Au niveau CM1, l’enquête Timss [pour « Trends in International Mathematics and Science Study », réalisée en 2023], dont les résultats ont été publiés le 4 décembre, nous apprend que le score de la France en mathématiques se situe sous la moyenne des 29 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à 484 contre 525, ce qui la positionne à la 42e place sur les 58 pays comparés, et au dernier rang de l’Union européenne (UE). Au niveau 4e, cette même enquête positionne la France à l’avant-dernier rang des pays de l’UE, à la 24e place sur 44 pays observés, avec un score de 479 points alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 507.
L’enquête PISA [Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans], qui s’attache, elle, aux résultats des enfants de 15 ans, a donné en 2022 pour la France un résultat dans la moyenne des pays de l’OCDE, avec 474 points contre 472 en moyenne. Toutefois, ce score accuse une diminution de 20 points par rapport à l’enquête précédente en 2018.
L’éducation nationale évalue également le niveau en mathématique des élèves en primaire et au collège, de manière extrêmement large sur la quasi-totalité de la cohorte, soit par exemple 810 000 enfants entrant en 6e en septembre 2024. Les résultats du test « résolutions de problèmes » permettent d’identifier trois groupes d’élèves : le groupe « à besoins », qui a répondu correctement à, au maximum, 4 questions sur 19, le groupe « fragile » qui a eu de 5 à 9 réponses correctes, et le groupe « satisfaisant » avec 10 réponses correctes …;

Foot -PSG :Vainqueur contre Lens mais pas de niveau européen

PSG :Vainqueur contre Lens mais pas de niveau européen

 

Encore une victoire pour le PSG qui conforte sa place en tête du classement national. Mais une prestation qui n’est guère convaincante pour aborder le niveau européen. Un manque évident d’engagement général, trop de maladresses surtout devant le but. Lens  a offert une belle résistance;  mais ce sera un autre exercice face à des adversaires comme Madrid par exemple. De toute évidence le football français de ligue 1ne joue pas dans les mêmes divisions que les autres grandes nations comme l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne voire l’Italie. Pour preuve d’ailleurs la plupart des membres de l’équipe de France jouent  à l’étranger. 

Les Parisiens, eux, ont profité des espaces laissés par les Lensois pour se procurer un grand nombre de situations franches mais ont buté sur un énorme Brice Samba, auteur de sept arrêts dont plusieurs déterminants. À noter cependant que le PSG joue sans avant-centre . Même s’ils n’ont pas réussi à se mettre à l’abri, Marquinhos et ses coéquipiers l’ont emporté, consolidant leur place de leader au classement, et reléguant l’AS Monaco, battue par Angers (0-1) vendredi, à six longueurs. Le RC Lens (8e), pour sa part, perd l’occasion de se rapprocher du podium.

 

Prix carburant : stabilisation à haut niveau

Prix carburant : stabilisation à haut niveau

Les tarifs de l’essence et du gazole baissent depuis trois mois mais ils ne reviendront pas à leur niveau d’avant la crise énergétique.

L’essence sans plomb 95 s’affichait au tarif de 1,84 euro le litre en moyenne la semaine dernière dans les stations-services, soit une baisse de 3 centimes par rapport à la semaine précédente, selon les chiffres arrêtés vendredi et publiés lundi. Le super sans plomb 95-E10 se vendait lui 1,80 euro (-7 centimes).

Le gazole est lui remonté de 9 centimes à 1,68 euro par litre, après plusieurs semaines de baisse. Les prix moyens du diesel en juin sont en recul de 5,46% depuis le mois d’avril, une baisse similaire pour l’essence sans-plomb 95 et le 95-E10 (autour de -5%).

 Mi-avril, le baril de brut avait atteint un pic à 92 dollars, plus haut niveau depuis octobre, sur fond de craintes d’une possible propagation du conflit entre Israël et le Hamas aux pays voisins. Depuis, il a retrouvé « des niveaux habituels, entre 80 et 90 dollars » ces dernières semaines, en dépit des récentes décisions du cartel de l’Opep de maintenir les baisses de production en vigueur pour soutenir les prix.

Mais les prix ne sont pas pour autant revenus à leur niveau d’avant la crise énergétique, car « les coûts de distribution ont augmenté sur fond d’inflation » depuis 2021, explique Olivier Gantois, président de l’Ufip Energies et Mobilités, le syndicat de l’industrie pétrolière.

 

Publier le niveau de rémunération dans les offres d’emploi

Publier le niveau de rémunération dans les offres d’emploi

 

Quatre économistes français et allemands proposent, dans une tribune au « Monde », de rendre obligatoire la publication du niveau de rémunération dans les offres d’emploi, afin de rééquilibrer les rapports de force sur le marché du travail.

 

Les marchés du travail de plusieurs pays européens ont récemment vu émerger un paradoxe. Les employeurs font régulièrement le constat d’une pénurie de main-d’œuvre et de difficultés à l’embauche. Cela devrait, en théorie, conduire à des augmentations de salaires jusqu’à ce que ces pénuries disparaissent. Pourtant, rien de tel n’est observé. En Allemagne comme en France, les travailleurs ont même enregistré des pertes salariales réelles ces dernières années. Bien que certaines de ces pertes soient liées au Covid-19 et à la crise énergétique qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il est tout de même surprenant que les salaires ne réagissent pratiquement pas au manque de main-d’œuvre. Comment cela peut-il s’expliquer ?

Une réponse à cette question réside dans la concurrence limitée entre les employeurs, et la mauvaise répartition des travailleurs qui en découle. Les conséquences de ce pouvoir de marché des employeurs sont immédiates : le manque de concurrence se traduit par des salaires et des niveaux d’emploi inférieurs à ceux qu’offrirait un marché concurrentiel. Pire encore, une faible concurrence peut créer des distorsions sur le marché du travail : les entreprises improductives prospèrent tandis que les entreprises plus productives peinent à embaucher, ce qui freine le dynamisme économique.

Des recherches empiriques récentes mettent en évidence une raison essentielle du pouvoir démesuré des employeurs : les travailleurs et les demandeurs d’emploi n’ont qu’une connaissance limitée des salaires qu’ils pourraient percevoir chez d’autres employeurs. Prenons un exemple concret : si une représentante commerciale à Rouen ne sait pas qu’elle pourrait gagner 10 % de plus en changeant d’employeur dans sa région, elle ne dispose pas des informations nécessaires pour exiger un salaire équitable ou trouver un meilleur emploi.

Bourse de Paris: au plus bas depuis quatre mois

 Bourse de Paris: au plus bas  depuis quatre mois

 

 Le CAC 40 affiche désormais un repli de 3,67% depuis le début de la semaine et l’annonce surprise de la dissolution de l’Assemblée nationale.

La Bourse de Paris a chuté de 1,99% jeudi, dans un contexte d’incertitudes politiques en France, deuxième économie de la zone euro. L’indice vedette CAC 40 a cédé 156,68 points à 7708,02 points, tombant à un plus bas depuis le 14 février. Mercredi, l’indice avait rebondi de 0,97%, porté par un ralentissement de l’inflation aux États-Unis selon l’indice des prix à la consommation.

Sur le marché obligataire, les taux d’intérêt des emprunts de l’État français restent sous pression: celui de l’échéance à dix ans est monté à 3,16%, contre 3,14% mercredi, après un pic à près de 3,20% en séance. Et l’écart avec l’équivalent allemand, en légère baisse jeudi, s’est creusé, pour atteindre 0,69 point de pourcentage vers 16H30, un record depuis 2017, année où les marchés avaient craint un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle.

 

 

« La gauche à un niveau très bas»

« La gauche  à un niveau très bas»

 

Dans une tribune au « Monde », le président de la Société d’études jaurésiennes dresse un panorama de la gauche à l’issue des élections européennes, et relève qu’elle maintient certes ses positions, mais à un niveau précaire.

 

La dissolution de l’Assemblée nationale pose des enjeux bien plus considérables que ceux relatifs aux élections européennes qui viennent d’avoir lieu. Elle n’empêche pas d’examiner la situation et le rapport des forces actuel tel qu’il vient de se manifester. Mais il faut se souvenir que les européennes doivent être comparées aux autres scrutins européens et qu’elles préjugent d’autant moins des prochaines législatives que, outre les enjeux, le mode de scrutin est entièrement différent.
Voyons les élections européennes depuis quinze ans. Celles de 2009 avaient été marquées par un net recul des gauches, en France comme dans la plupart des pays de l’Union européenne. Pourtant, les listes de gauche regroupaient encore plus de 45 % des suffrages nationaux et faisaient élire 33 députés européens sur 72 (près de 46 % des sièges). En 2014 comme en 2019, le recul global des gauches était sévère : à peu près 34 % à chaque fois, en comptant large (trotskistes et régionalistes compris) : 23 députés sur 74, puis 25 sur 79, 26 avec le retour en 2022 de Pascal Durand dans un groupe de gauche, soit moins d’un tiers de l’effectif national.

« La gauche à un niveau très bas, ne peut pas se raconter d’histoires »

« La gauche  à un niveau très bas, ne peut pas se raconter d’histoires »

 

Dans une tribune au « Monde », le président de la Société d’études jaurésiennes dresse un panorama de la gauche à l’issue des élections européennes, et relève qu’elle maintient certes ses positions, mais à un niveau précaire.

 

La dissolution de l’Assemblée nationale pose des enjeux bien plus considérables que ceux relatifs aux élections européennes qui viennent d’avoir lieu. Elle n’empêche pas d’examiner la situation et le rapport des forces actuel tel qu’il vient de se manifester. Mais il faut se souvenir que les européennes doivent être comparées aux autres scrutins européens et qu’elles préjugent d’autant moins des prochaines législatives que, outre les enjeux, le mode de scrutin est entièrement différent.

Voyons les élections européennes depuis quinze ans. Celles de 2009 avaient été marquées par un net recul des gauches, en France comme dans la plupart des pays de l’Union européenne. Pourtant, les listes de gauche regroupaient encore plus de 45 % des suffrages nationaux et faisaient élire 33 députés européens sur 72 (près de 46 % des sièges). En 2014 comme en 2019, le recul global des gauches était sévère : à peu près 34 % à chaque fois, en comptant large (trotskistes et régionalistes compris) : 23 députés sur 74, puis 25 sur 79, 26 avec le retour en 2022 de Pascal Durand dans un groupe de gauche, soit moins d’un tiers de l’effectif national.

Enseignement-Groupes de niveau à l’école : pour tenir compte des différences

Enseignement-Groupes de niveau à l’école : pour Tenir compte des différences

 

L’enseignement différencié, c’est-à-dire adapté à la réalité des niveaux et des besoins des élèves, pourrait permettre de rompre avec un enseignement trop uniformisé et bénéficier à tous, s’il évite certains pièges, estime Charles Hadji, professeur honoraire en sciences de l’éducation, dans une tribune au « Monde ».

Le « choc des savoirs », cette batterie de réformes proposée par Gabriel Attal pour redynamiser l’éducation scolaire, mérite-t-il vraiment d’être honni au point d’exiger que l’on entre en résistance contre lui ? Organisations syndicales, représentants de parents d’élèves et collectifs lycéens ont manifesté le 25 mai sur tout le territoire pour protester contre sa mise en place.La constitution d’un tel front du refus ne peut qu’interpeller : il paraît peu probable qu’un seul puisse en effet avoir raison contre (presque) tous. Mais le « choc des savoirs » représente-t-il vraiment pour l’école une menace existentielle ; ou bien ne pourrait-il pas constituer une occasion de la rendre plus efficace ?

La sagesse cartésienne devrait être ici de mise : « Tout excès ayant coutume d’être mauvais », il importe, avant de hurler avec les loups, de s’interroger sur ce que peut avoir d’excessif la crispation anti-« choc ». Car, malgré les risques qu’elle entraîne, la proposition de « choc des savoirs » ne nous paraît pas mériter le rejet massif dont elle est l’objet, et pour trois grandes raisons. Elle repose sur un constat peu contestable ; elle exprime une conviction bienvenue ; elle désigne un terrain de lutte décisif.

L’idée du « choc des savoirs » est née de la prise de conscience d’une situation peu satisfaisante : en matière de résultats, l’éducation nationale pourrait mieux faire. Les observateurs critiques du travail de l’exécutif sont les premiers à le proclamer, et à juste titre. Trop d’élèves n’obtiennent pas les résultats qu’on serait en droit d’espérer.

Par ailleurs, comme le montrent la plupart des études conduites sur ce sujet, la France est l’un des pays où l’origine sociale pèse le plus fortement sur la réussite scolaire : les inégalités de résultats sont significativement corrélées au milieu social d’appartenance. Enfin, la fragilité scolaire n’est pas répartie équitablement. Il existe des « établissements d’excellence » et, à l’inverse, des « établissements ghettos ».

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