Archive pour la Catégorie 'caburant-énergie'

Chauffage au fioul: Les Français refusent de l’abandonner

Chauffage  au fioul: Les Français refusent de l’abandonner

Les 10 millions de Français utilisant du fioul ne sont pas prêts d’abandonner ce carburant pour se chauffer. Cela d’autant plus qu’on ne sait pas si un jour on n’interdira pas aussi le bois ou le gaz.   D’après une enquête de FioulReduc (réseau de distributeurs) : «Une majorité n’est pas prête à quitter le fioul. En 2019, malgré l’augmentation des aides, seuls 12% envisagent de changer d’énergie tandis que 22% pensent réaliser des travaux d’isolation.» Le deuxième enseignement est d’ordre tarifaire: après 376 euros d’augmentation moyenne de la facture de fioul entre 2017 et 2018, la décision des pouvoirs publics de geler la hausse de la taxe carbone est accueillie avec satisfaction. «60% des répondants appellent à plus de transparence sur l’utilisation de cette taxe et souhaiteraient qu’elle finance en priorité les aides pour la transition écologique», note encore FioulReduc. Le troisième enseignement de ce sondage interne concerne enfin les aides et les solutions proposées par les pouvoirs publics pour trouver des alternatives au chauffage au fioul. Elles laissent les consommateurs sceptiques: 47% ignorent s’ils sont éligibles à ces solutions et 57% ne sont pas raccordables au gaz de ville. Parallèlement, une majorité demande encore à être convaincu par l’efficacité des pompes à chaleur. Conclusion de FioulReduc: «L’objectif annoncé par le gouvernement de tripler le rythme de remplacement des chaudières au fioul (600 000 remplacements en 2 ans) semble très ambitieux. Même s’il existait des solutions de substitution adaptées à toutes les situations et si les aides étaient élargies à l’ensemble de la population, les Français ne changent pas de chaudière comme ils changent de voiture, la plupart attendront que leur équipement tombe en panne pour le changer.»

Report du projet de loi Energie (PPE)

 Report  du projet de loi Energie (PPE)

Le report de la présentation du projet de loi de programmation pluriannuelle de l’énergie n’est sans doute pas lié à une modification des objectifs mais du renforcement de la partie littéraire consacrée à l’écologie. En clair, on ne va pas modifier le report de 50 % d’énergie nucléaire à 2035 au lieu de 2025 qui constitue l’enjeu central de la politique énergétique et qui rend d’une certaine manière la perspective du développement des énergies renouvelables assez anecdotiques. Il faut en effet rappeler qu’en moyenne la durée de vie des centrales sera prolongée de 20 à 30 ans. Que la seule centrale dont la fermeture est programmée est celle de Fessenheim et cela uniquement quand l’EPR de Flamanville sera en pleine capacité. Que de nouveaux EPR seront décidés en 2022 et que dans les 10 ans seuls une ou deux centrales seront supprimées. En clair le potentiel de production nucléaire sera maintenu à son niveau et on voit mal comment sa part pourrait diminuer. Surtout qu’il faudra amortir les 200 milliards nécessaires à EDF pour le moyen terme ( financement de la filière EPR, le grand carénage, la gestion des déchets et le démontage des vieilles centrales). Par contre, on va reverdir la partie littéraire du texte. À noter que l’objectif de baisse de consommation d’énergie sera maintenu à 20 %

À noter que la perspective de la neutralité carbone en 2050, terme préféré à l’ancienne cible visant à diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, renforcera encore le rôle du nucléaire. Les modifications prévues nécessitent un nouvel avis du Conseil d’Etat. Mais selon l’Elysée, cela « ne devrait retarder ni le calendrier parlementaire ni l’approbation de la PPE ».

Une consultation sur la transition énergétique (assemblée nationale)

Une consultation sur la transition énergétique (assemblée nationale)

.Après le succès remporté par la consultation sur le changement d’heure, ses initiateurs de l’assemblée nationale, membres de la mission d’information sur les freins à la transition énergétique, espèrent obtenir visibilité et participation importante. »Notre mission fait notamment sens dans le contexte de la crise des ‘gilets jaunes’« , a estimé le président de la mission, Julien Dive (LR). La mission d’information sur les freins à la transition énergétique a été initiée en juillet dernier face aux difficultés rencontrées dans la société autour de ce thème. Elle a déjà procédé à une vingtaine d’auditions de professionnels des filières énergétiques, responsables associatifs et représentants des pouvoirs publics, et souhaite aujourd’hui élargir le débat avant de rendre ses conclusions fin juin-début juillet. « Notre mission couvre tous les aspects de la question à l’exception du nucléaire. Notre objectif est la décarbonation » (réduction des énergies émettrices de gaz à effet de serre : charbon, pétrole, gaz naturel), a précisé son rapporteur Bruno Duvergé (MoDem). « Nous avons décidé d’innover en créant cette consultation publique en ligne pour mobiliser les initiatives citoyennes, les expertises des professionnels », précise Julien Dive. Parmi les premiers freins identifiés par la commission, figurent le manque de vision à long terme sur le mix énergétique pour la production et la consommation, ou l’absence de structuration de certaines filières, comme celle du photovoltaïque. Peut être serait-il utile de parler aussi de financement (absent du grand débat)  !!!! Comme dans la contribution ci-dessous.

 

Politique énergétique : pour  une  transition  juste, efficace et cohérente ( Gaston Bessay ,expert en prospective)

 

 

 

La question de l’énergie est trop souvent abordée de manière caricaturale notamment quand elle oppose partisans du nucléaire et partisan des énergies renouvelables. Évidemment comme souvent, la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet de développer une politique énergétique qui soit à la fois efficace, cohérente et juste. Efficace car il s’agit de privilégier la production d’énergie au moindre coût afin  d’améliorer la compétitivité du système de production et de rendre accessible l’énergie à tous les ménages. La cohérence vise à rendre compatible cet objectif de compétitivité avec la prise en compte de l’environnement et plus particulièrement du climat. Enfin la transition énergétique ne peut pas être brutale et ne doit pas pénaliser  des couches populaires qui ne peuvent immédiatement accéder aux techniques non polluantes (exemple voiture électriques ou à hydrogène ou encore chauffage à faible émission). Une transition cohérente impose de partir des réalités, de se fixer des objectifs à long terme avec des étapes à moyen terme réalisables et socialement acceptables. Pour partir des réalités, il faut notamment revenir aux chiffres. L’une des principales préoccupations environnementales concerne les gaz à effet de serre qui découlent directement de l’énergie produite et utilisée. L’énergie représente environ 80 % de ces émissions.  Notons que les  émissions de CO2 en France  sont inférieures de moitié à celle de l’Allemagne, quatre fois moins importantes que celle des États-Unis et inférieure aussi à celles de la Chine. Les émissions de la France représentent environ 1 % des émissions mondiales ; en cause, la nature de la consommation intérieure d’énergie primaire avec environ la moitié en combustibles fossiles dont 30 % de produits pétroliers, 44 % d’électricité primaire nucléaire, 10 % d’énergie renouvelable (7 % biomasse, 2 % hydrauliques, 1 % éolien et photovoltaïque). L’électricité, c’est environ un quart de la consommation finale d’énergie. Une électricité issue du nucléaire pour plus de 70 %, du renouvelable pour 18 % (hydroélectriques 10 % et éolien 5 % et 10 % des centrales thermiques fossiles). On sait que des programmes politiques prévoient de réduire la part de l’électricité nucléaire de plus de 70 % à 50 %. L’objectif avait été défini dans le programme de François Hollande avec une échéance à 2025, repoussée à 2035 et sans doute même bien plus loin. En raison notamment du fait que la production d’origine nucléaire ne sera pas réduite avant des années. Le gouvernement actuel n’envisage en fait que la fermeture de Fessenheim qui sera largement compensée par la mise en service de l’EPR de Flamanville ; sans parler de nouvelles centrales EPR qui pourront être décidée à partir de 2021 comme l’a indiqué le président de la république. Notons que la France est par ailleurs engagée dans un énorme plan de renforcement de la sécurité des centrales avec notamment le grand carénage qui découle des nouvelles normes après la catastrophe de Fukushima. Du coup, ce grand carénage d’un coût de 50 à 100 milliards selon les hypothèses rendra possible la prolongation de la vie des réacteurs de 20 à 30 ans. Ceci étant la fission nucléaire pose la redoutable question de la gestion des déchets radioactifs (et la fusion nucléaire n’est pas encore opérationnelle). Parallèlement, se développeront des énergies alternatives notamment  la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et la géothermie. Techniquement, on voit mal comment les énergies  renouvelables pourraient se substituer aux éventuels suppressions de 20 à 25 % d’électricité nucléaire d’ici 10 ans voire 20 ans. Le problème étant que la plupart des énergies alternatives sont intermittentes alors que la production d’électricité doit être constante comme la distribution. Se pose aussi la question du coût et de l’efficacité énergétique. Ceci étant  des modifications non négligeables peuvent intervenir avec les évolutions techniques (stockage énergie, fusion nucléaire au lieu de la fission, filière hydrogène etc.) mais aussi les modifications du système de production et du mode de consommation. Cela suppose d’intervenir sur chacun des secteurs consommateurs d’énergie primaire. Ces consommateurs sont les ménages 30 %, l’industrie pour 20 % les transports pour 32 % les services pour 16 % l’agriculture pour 3 %. Techniquement la transition sera forcément progressive en France d’autant qu’une des principales préoccupations concerne l’influence des gaz à effet de serre sur le climat. La transition de ce point de vue doit être cohérente. On ne peut en effet souhaiter une réduction des gaz à effet de serre et en particulier du CO2 et en même temps promouvoir des centrales thermiques qui viennent compenser à chaque fois l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Quand on examine l’utilisation de l’énergie primaire par secteur, on constate que l’effort et surtout à faire en direction des ménages et des transports. Des secteurs largement influencés par le mode de production, le mode de consommation et l’aménagement du territoire. Il est clair que l’éclatement du mode de production à l’échelle internationale est très consommateur d’énergie en particulier en logistique et en transport. Pour certaines productions notamment basiques on peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de produire à des milliers de kilomètres. De la même manière qu’il est sans doute possible de réduire la complexification des processus de production tellement gourmande en prestations logistiques et en transport. Un transport nettement sous tarifé puisque par exemple  le prix de transport d’un container de Hong Kong à Anvers n’est pas plus cher qu’un transport du même container de Paris à Marseille. De ce point de vue, le renforcement de l’économie circulaire serait sans doute de nature à réaliser d’énormes gains  mais aussi à réduire de façon significative les émissions polluantes (sans parler des distorsions de concurrence sociales, fiscales ou environnementales). Le mode de consommation mérite lui aussi d’être mis en question compte tenu de l’obsolescence programmée de nombre de produits voire de leur inutilité. Dernières aspects liées au précédent, le problème de l’aménagement du territoire qui concentre des productions dans des métropoles spécialisées qui sont très gourmandes en transport. Alors que l’économie circulaire permettrait de satisfaire un certain nombre de besoins. En conclusion on voit que la problématique n’est pas simple qu’il convient d’articuler des éléments économiques, techniques, environnementaux et sociétaux. De ce point de vue, il n’est pas certain que la seule régulation par la fiscalité demeure le moyen le plus efficace. Il est souvent injuste et inopérant quand il n’y a pas d’autre choix que de recourir aux énergies classiques. À cet égard la régulation par les normes et l’offre technique est beaucoup plus efficace et juste qu’une régulation par la fiscalité. À tout le moins la question énergétique mérite un débat approfondi et le plus décentralisé possible pour éviter la simplification voire la caricature.

 

Carburants : le retour de la taxation flottante

Carburants : le retour de la taxation flottante

 

Macron pourrait redécouvrir la lune en réinstaurant le principe de la taxe flottante. Cette fiscalité avait été mise en œuvre par le gouvernement Jospin entre 2000 et 2002. Le principe est relativement simple il fait évoluer la taxation sur le en fonction des cours. Les taxes diminuent quand les cours sont élevés, elles augmentent quand les cours sont plus faibles. Une manière de lisser le prix du pétrole dont on sait qu’il évolue bien sûr avec le niveau de la demande mais aussi en fonction de la conjoncture géo politique. Au début du mouvement des gilets  jaunes, plus précisément quand il a présenté la programmation pluriannuelle de l’énergie (Pépé le) le chef de l’État avait déjà envisagé cette hypothèse. Cette fois il a réitéré le principe de cette fiscalité devant des maires réunis mardi à l’Élysée. Selon lui, « on doit être pragmatique », évoquant d’une  »taxation qui varie en fonction des cours mondiaux » pour amortir d’éventuelles fortes hausses à la pompe.

 « Est-ce qu’on peut revenir à une taxation qui varie en fonction des cours mondiaux pour dire : « on garantit à nos concitoyens que quand les prix montent on prend un peu moins de fiscalité » ? Ça me semble plus pertinent (…) Est-ce qu’on peut leur garantir que sinon on stabilisera totalement pour ce qui est de la fiscalité ? C’est une autre option. »

Reconnaissant qu’il s’agit d’un « sujet compliqué », François de Rugy, ministre de l’Ecologie, a assuré sur France Inter ce mercredi que « la taxe carbone est en débat ». « Est-ce qu’on garde le même rythme d’augmentation de la taxe ? Est-ce que l’argent récolté va intégralement vers des travaux d’isolation, des investissements pour la transition écologique, ce qui est une demande faite massivement par les Français. Et si les prix du pétrole augmentent, (y aura-t-il) une corde de rappel qui permet de dire « ah on peut stopper rapidement à ce moment-là la taxe ? » (…) Nous travaillons et c’est en débat, il faut que l’ensemble des Français s’en saisissent. »

Pour le chef de l’État, il existe « une injustice au carré », dans un contexte « où il y a une mobilité contrainte sans solution alternative pour nombre de nos concitoyens » qui vivent loin des métropoles et qui doivent prendre leur voiture.

« On ne peut pas revenir à la même trajectoire de taxe carbone que celle qui était auparavant. »

 

L’EPR finlandais d’Areva homologué

L’EPR finlandais d’Areva homologué

Après la mise en service de l’EPR chinois, c’est une nouvelle victoire pour la filière car le  réacteur EPR Olkiluoto 3 finlandais devrait recevoir un permis d’exploitation Ce réacteur EPR de troisième génération de 1,6 gigawatt construit par Areva, qui s’appelle aujourd’hui Orano, doit normalement commencer à produire de l’électricité en janvier 2020 après un retard d’une dizaine d’années. Il y a un près d’un an, Areva est arrivé à un accord avec Teollisuuden Voima Oyj (TVO) qui prévoit 450 millions d’euros de dédommagements en faveur de l’électricien finlandais pour le retard accumulé sur le chantier du réacteur EPR d’Olkiluoto 3.“A ce stade, nous pouvons affirmer que la centrale (…) répond aux exigences de sécurité finlandaises”, a déclaré le régulateur STUK, dont la recommandation est primordiale pour le gouvernement finlandais qui doit décider de délivrer ou pas une licence d’exploitation.“STUK étudiera les plans de la solution choisie par (TVO), supervisera les travaux et vérifiera avant le chargement du combustible que les travaux de modification ont été effectués et que l’opérabilité de la solution a été testée». Le régulateur a dit à Reuters vendredi que les vibrations d’une partie du pressuriseur, une composante du circuit primaire du réacteur, dépassaient les limites de sécurité. De son côté, TVO a déclaré à Reuters qu’il avait identifié le problème et travaillait avec le fournisseur sur une solution qu’il prévoyait de mettre en place au printemps.

Nouvelle action juridique contre les compteurs Linky

Nouvelle action juridique contre les compteurs Linky

Nouvelle action juridique contre les compteurs Linky au tribunal de paris pour protester contre exploitation éhontée des données.  La  CNIL avait  déjà dénoncé aussi l’arnaque des compteurs Linky au motif qu’en réalité les clients ne sont pas réellement informés des conséquences relatives à l’exploitation des données.   Des contrôles ont, en effet, révélé que le consentement demandé aux clients n’était pas « libre, éclairé et spécifique » conformément à l’article 7 de la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978. La cour des comptes a critiqué  aussi  les fameux compteurs intelligents Linky. Une intelligence toutefois relative puisqu’elle ne permettra pas d’accéder à des données de consommation plus détaillée mais autorisera des augmentations de tarifs. À noter surtout le coût de la facture qui sera supportée le moment venu en grande partie pour le consommateur La facture globale s’élève à 5,7 milliards d’euros au total, dont 5,3 milliards d’euros pour Enedis, le solde concernant les distributeurs locaux d’électricité. Le gain prévu pour le consommateur a été évalué à 9,2 milliards d’euros : 5,2 milliards d’euros grâce à un accès à des offres plus concurrentielles liées à un accroissement de la concurrence entre fournisseurs ! 2,3 milliards d’euros correspondant à la valorisation de l’allégement des contraintes pesant sur lui (fin de sa présence obligatoire lors de certaines opérations) ! et 1,9 milliard d’euros liés aux économies de consommation, déduction faite du coût du compteur prélevé sur sa facture. Aussi la Cour des comptes conclut-elle que  le déploiement de Linky à l’échelle nationale pourrait finalement se conclure par un solde nul, voire négatif de – 0,2 milliard d’euros. En fait, le bénéfice sera surtout financier pour Enedis, ce que critique la Cour des Comptes. Selon les avocats qui attaquent les compteurs Linky au tribunal de Paris, Enedis utilise des “courants porteurs en ligne” (CPL) générant des radiofréquences situées entre 35 et 95 kHz, qui transforment le circuit électrique des clients en antenne. Or, dans un avis de juin 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande d’étudier la possibilité d’installer des filtres “permettant d’éviter la propagation des signaux CPL” dans les logements et fait état d’”incertitudes sur les effets sanitaires” des fréquences mises en œuvre, font valoir les deux avocats. Ils demandent notamment au tribunal d’enjoindre à Enedis de ne pas installer de compteur Linky chez leurs clients, de leur fournir une électricité exempte de tout courant CPL et de leur communiquer toutes une série d’informations, notamment sur la nature des données collectées par cet appareil.

 

Tarifs de l’électricité : hausse décalée

Tarifs de l’électricité : hausse décalée

EDF s’apprête à appliquer une hausse de près de 6 % de ses tarifs réglementés. Une hausse assez considérable au regard de l’inflation et qui va nourrir la dérive des dépenses contraintes. Le gouvernement craint des réactions comme celles qui sont intervenues après la hausse du carburant et a donc décidé de reporter après l’hiver cette augmentation. Cette hausse n’est pas seulement conjoncturelle, elle est structurelle compte tenu des finances assez catastrophiques d’EDF qui doit faire face aux dépenses de grand carénage pour des questions de sécurité, continuer de financer la filière EPR notamment de Flamanville, le démantèlement des vieilles centrales, et la gestion des déchets sans parler de l’amortissement de l’énorme dette de 40 milliards. La hausse de l’électricité pourrait ainsi atteindre 50 % en cinq ans et doubler en 10 ans. Un report de quelques mois cette année ne devrait pas remettre en cause cette évolution tendancielle lourde.   Le gouvernement français a donc confirmé mardi qu’il n’appliquerait pas avant la fin de l’hiver la hausse de 5,9% TTC des tarifs  “Le gouvernement, comme la loi l’y autorise, n’appliquera pas ces hausses tarifaires tant que la période de chauffe hivernale ne sera pas terminée”, déclare le ministère de la Transition écologique dans un communiqué, en disant prendre acte de la délibération de la CRE.

Les énergies renouvelables en 2018 : surtout l’hydraulique

Les énergies renouvelables en 2018 : surtout l’hydraulique

 

 

 

Les énergies renouvelables (éolien, solaire, hydroélectricité, biomasse, etc.) ont fourni 22,7% de l’électricité consommée en 2018 en France, une proportion en nette hausse sur un an (+4,1 points) grâce aux barrages qui ont bénéficié de bonnes conditions hydrologiques. Au total, la production d’électricité à partir d’énergies vertes a progressé de 21,9% l’an dernier, selon un bilan réalisé par les gestionnaires de réseaux RTE et Enedis, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et l’association des distributeurs d’électricité (Adeef). Ces performances marquent un rebond alors que l’an dernier, les énergies renouvelables n’avaient couvert que 18,4% de la consommation de courant française, un chiffre en net recul par rapport à 2016, en raison de la baisse de la production hydroélectrique. Cette dernière représente en effet toujours la majorité des capacités et de la production d’électricité renouvelable dans le pays. Fin 2018, le parc des énergies renouvelables totalisait une capacité de 51.171 mégawatts (MW), quasiment en ligne avec l’objectif prévu par la Programmation pluriannuelle de l’énergie 2016-2018 (51.700 MW). Ce sont des capacités totales de 2494 MW qui ont été raccordées durant l’année, soit un peu moins qu’en 2017. Elles sont toujours tirées par l’éolien (1559 MW) et le solaire (873 MW), qui ont couvert respectivement 5% et 2,1% de la consommation nationale de courant. Pour le solaire toutefois, la France n’a rempli que 84% de l’objectif fixé par la précédente PPE (programmation annuelle de l’énergie), note ce « Panorama de l’électricité renouvelable ». De son côté, la filière des bioénergies (bois, méthanisation, etc.) a gagné 74 MW en 2018. La nouvelle PPE couvrant la période 2019-2023, prévoit d’atteindre un parc installé d’énergies renouvelables électriques de 74.000 MW, dont 24.600 MW pour l’éolien terrestre et 20.600 MW pour le solaire.

 

Énergies renouvelables : la question du recyclage et du social

Énergies renouvelables : la question du recyclage et du social

L’Ademe commence à s’interroger sur la prise en compte de l’acceptation sociale des énergies renouvelables aussi sur leur rapport à l’environnement concernant le recyclage et l’impact sur la bio diversité. S’y ajoute en plus la préoccupation de privilégier les techniques présentant le meilleur rendement énergétique. Le mouvement des gilets jaunes est passé par là de même que la critique qui monte à peu près partout concernant le développement de l’éolien. Il est clair que jusque-là l’Ademe a surtout répondu aux préoccupations des écolos bobos et n’a pas suffisamment tenu compte des conséquences sociales d’une politique énergétique trop brutale notamment lorsqu’elle entraîne des hausses de fiscalité qui mettent fortement en cause le pouvoir d’achat. Commence à émerger aussi la question du recyclage de certaines énergies renouvelables comme le solaire et encore davantage l’éolien pour lequel aucune disposition n’est encore prévue notamment en termes de responsabilité puisque les exploitants se déchargent sur les propriétaires de terrains pour le démantèlement qui représente quand même de l’ordre  de 500 000 € par éolienne ! En fait il y a de fortes chances que les descendants des propriétaires de terrains renonceront à l’héritage et que c’est la collectivité qui devra en supporter le coût.  La polémique actuelle sur les éoliennes offshore en Allemagne en est un exemple. Autre impact des EnR fréquemment invoqué et sur lequel l’Ademe entend se pencher de près : celui sur la biodiversité, avec « l’apparition de nouveaux enjeux, dont le risque de conflit d’usage des sols avec l’agriculture et l’élevage, et la nécessité de revoir certaines doctrines établies par le passé. »

Les emplois de la transition énergétique sont un autre cheval de bataille pour Arnaud Leroy, qui estime que « l’on paie aujourd’hui le prix de déclarations passées sur le sujet ». En effet pour le solaire comme pour l’éolien par exemple les matériels proviennent majoritairement de l’étranger

 

Eolien en mer: du plomp dans l’aile

Eolien en mer: du plomp dans l’aile

 

Deux raisons au freinage  de l’éolien en mer, d’abord les réticences de plus en plus importante des populations vis-à-vis de l’éolien en général. Cela d’autant plus que l’efficacité énergétique est faible et nécessite donc de très fortes subventions via la CSPE fiscalité payée par tous les abonnés à EDF et autres sociétés de distribution. La seconde raison est liée au difficultés de général électrique qui réduit ses effectifs partout dans le monde notamment en France. Or général électrique est un des fournisseurs de l’éolien. General Electric envisage en effet de supprimer plusieurs dizaines de postes dans sa division éolien en mer en France, essentiellement basée à Nantes (Loire-Atlantique), en raison du retard des projets de parcs éoliens en mer français.  Au total, 80 postes sur les 246 du site nantais seraient concernés, a précisé un membre du Comité social et économique (CSE) de GE Wind France, des chiffres que la direction n’a pas souhaité confirmer.

La direction a présenté vendredi au CSE « le projet de plan qu’ils souhaitaient nous voir appliquer et qu’ils souhaitaient nous voir valider dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté.

 

 

Fessenheim : avenir conditionné par la production de Flamanville

Fessenheim : avenir conditionné par la production de Flamanville

 

Le pouvoir avait  annoncé la fermeture définitive de la centrale de Fessenheim pour 2020. Cependant une convention passée entre EDF, l’État et les collectivités locales prévoit que cette fermeture pourrait être très progressive en fonction de la montée en puissance de l’EPR de Flamanville dont on sait que la mise en service ne pourra intervenir qu’en 2020 est sans doute pas à pleine puissance. En clair le pouvoir revient donc en quelque sorte sur sa décision. On objectera que c’était ce qui était déjà prévu par Hollande. En réalité, la décision de fermer une centrale relève souvent d’un effet  d’annonce qui ne tient pas forcément compte du volume de production nécessaire pour alimenter le pays. Dans les documents préparatoires au plan prioritaire de l’énergie entre parenthèses péter) le gouvernement s’avance sur la question des fermetures de réacteurs avec des pincettes. Pour l’instant , seule  la fermeture de Fessenheim pourrait intervenir. Les autres arrêts de réacteurs (1 ou 2) n’interviendraient pas avant 2026 ou 2028. Bref quand macron ne sera plus au pouvoir. De toute manière , on voit mal comment il pourrait en être autrement à la fois pour assurer la sécurité de production d’électricité et aussi pour amortir les 400 milliards que devra investir EDF dans les 15 à 20 ans à venir (grand carénage du parc existant, investissement dans les EPR, traitement des déchets et démantèlement des centrales fermées).

Les prix de l’électricité : augmentation de 50% en quelques années ?

Les prix de l’électricité : augmentation de 50% en quelques années ?

 

 

 

Comme c’était prévisible compte tenu de la situation d’EDF les prix de l’électricité pour les tarifs réglementés pourraient augmenter d’environ 6 % cette année. Pour sortir EDF de son bourbier financier,  il est probable que les prix devraient augmenter de 50 % en quelques années et doubler  sur 10 ans.  EDF est en effet malade de l’endettement, une maladie qui pourrait encore s’aggraver avec la décision de l’État la  construction de deux réacteurs nucléaires EPR au Royaume-Uni, à Hinkley Point, investissement de 18 milliards de livres (23 milliards d’euros) partagé à deux tiers/un tiers entre EDF et le chinois CGN, déjà alliés pour la construction de deux réacteurs en Chine. EDF  est bien incapable de faire face à la fois à un contexte de baisse des prix du marché d’une part et aux investissements colossaux qui l’attendent d’autre part. « La visibilité est tellement faible sur le montant total des coûts et des investissements à supporter dans les années à venir, dans un contexte de baisse des prix de gros de l’électricité, qu’il est impossible d’avoir une vue précise de la faculté de résistance du bilan de l’électricien », écrit dans une note le courtier Aurel BGC. Face à la crise financière dramatique d’EDF n’a donc pas d’autre solution que le prolongement des centrales actuelles.   Du côté d’EDF, on  s’apprête à lancer un grand carénage. Cette opération devrait représenter un coût de 50 milliards d’euros sur dix ans selon EDF. La Cour des Comptes tablerait plutôt sur un coût de 100 milliards d’euros sur 15 ans. De toute manière la situation financière d’EDF est dramatique.   L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme du coup ;  il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % du prix de l’électricité. Il faut dire que la situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards (100 milliards pour la Cour des comptes)  pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards. On objectera que la question du démantèlement permettra à EDF (et a à Areva) d’acquérir un savoir-faire pour intervenir sur l’énorme marché du démantèlement des centrales le monde. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. Une augmentation cette année de 6 % posera des problèmes sociaux. Du coup le gouvernement pourrait s’y opposer tout en sachant que le conseil d’État pourra confirmer la nécessité de cette augmentation.  Plusieurs fois par le passé, que ce soit pour le gaz et l’électricité, les gouvernements successifs ont décidé de ne pas suivre les recommandations de la CRE (commission de régulation). Mais les adversaires d’EDF et d’Engie ont porté l’affaire devant le Conseil d’État, au nom d’une distorsion de concurrence provoquée par l’absence de hausse tarifaire: à chaque fois, ils ont été entendus, contraignant les pouvoirs publics à procéder à des rattrapages sur la facture, forcément impopulaires.

 

 

EPR de Flamanville : nouveau report ?

EPR de Flamanville : nouveau report ?

 

Comme c’était déjà, il se pourrait que l’EPR de Flamanville ne puisse être opérationnel avant 2020. En cause, la fragilité de certaines soudures observées par l’autorité de sécurité nucléaire. Une fragilité d’ailleurs contestée par EDF. La sévérité que semble manifester l’autorité de sécurité nucléaire s’explique aussi peut-être par le fait qu’elle sera amenée à prolonger la durée des réacteurs de nombre de centrales à 40 ou 50 ans. ‘L’autorité de sécurité nucléaire veut donc montrer sa rigueur pour autoriser de tel report.  « L’exploitant pense pouvoir démontrer, sur la base de calculs et d’essais mécaniques, que ces huit soudures présentent un niveau de qualité suffisant. Nous jugerons sur pièces (…) Si, à l’issue de l’instruction, l’ASN estimait que les justifications fournies par EDF (…) n’étaient pas suffisantes et qu’il fallait reprendre ces huit soudures, les délais aujourd’hui envisagés par EDF pour la mise en service de l’EPR ne pourraient pas être respectés. » A indiqué l’ASN. « Ça prend un certain temps et ce temps n’est pas compatible avec le délai qui a été affiché à ce stade par EDF pour l’autorisation de mise en service. » L’autorité ne se prononcera pas avant fin 2020 sur la prolongation de la durée de vie du parc d’EDF.

Programmation énergétique : recul sur la réduction du nucléaire et des économies d’énergie

Programmation énergétique : recul sur la réduction du nucléaire et des économies d’énergie

 

 

Comme il fallait s’y attendre le document d’orientation mise en ligne par le gouvernement dans la perspective de définition de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PP) recule sur de nombreux points d’abord concernant le nucléaire.  pendant le mandat de Macon seule la centrale de Fessenheim pourrait être fermée. Cette fermeture sera largement compensée par l’EPR de Flamanville. Les autres suppressions sont reportées en 2028 (deux réacteurs) et éventuellement d’un autre en 2026 en fonction du contexte ! En fait pour réduire réellement la part du nucléaire le pouvoir renvoie la responsabilité après 2022. Notons aussi que Macron a annoncé de possibles décisions pour deux nouveaux réacteurs de la filière EPR en 2021. Officiellement on décale l’objectif de réduction de la part de du nucléaire à 50 % non pas en 20 25 mai en 2035. Mais compte tenu de ce qui a déjà été évoqué cette date de 2035 paraît déjà illusoire. L’autre recul concerne la réduction de la consommation d’énergie. . Alors que la loi de 2015 visait un recul de 20% d’ici 2030, le gouvernement ne table plus que sur une baisse de 17%. En résumé, la part du nucléaire devrait reculer beaucoup moins que prévu, de même que les économies d’énergie. Enfin on mettra la pédale douce sur les synergies alternatives pour privilégier seulement les moins coûteuses (le conseil d’analyse économique, institution qui éclaire le premier ministre, avait ces jours derniers mis en cause le coût des éoliennes). Peut-être pour rééquilibrer ces reculs qui ne seront pas très appréciés par les écolos, on prévoit cependant de supprimer quatre centrales au charbon. Le texte vise les centrales fonctionnant « exclusivement au charbon », laissant la porte ouverte à des projets de reconversion intégrant de la biomasse. Ce dernier point inquiète les ONG de défense de l’environnement, par ailleurs très critiques sur plusieurs aspects du texte. « Les reculs ne concernent pas seulement l’objectif de 50% de nucléaire mais aussi celui sur la baisse de la consommation d’énergie », regrette Morgane Creach, directrice du Réseau Action Climat.

 

 

 

Le pétrole : en baisse sur l’année

Le pétrole : en baisse  sur l’année

C’est sans doute le paradoxe de la situation politique au économique française caractérisée par une colère déclenchée par la fiscalité sur le carburant. En effet en réalité le pétrole qui fait toujours un peu de yo-yo, sur l’année se situe en moyenne autour de 70 $ le Brent c’est-à-dire assez nettement en baisse depuis trois ans. Pour l’année 2019 les perspectives de forte hausse sont peu prévisibles compte tenu notamment du net ralentissement économique international. Il ne pourrait remonter de manière significative qu’en cas d’événement géopolitique majeur toujours difficilement prévisible. Les experts tablent donc sur un cours du pétrole en moyenne autour de 70 $ également pour 2019. Cette situation rend paradoxal l’annulation de la fiscalité sur le carburant qui il est vrai devait être introduite dans les textes au moment d’un pic de hausse, d’où la colère. Sans doute aurait été aurait-il été plus pertinent de proposer une TICPE flottante qui permet d’amortir les fluctuations (la fiscalité baisse quand les cours montent trop, inversement la fiscalité augmente quand les cours sont trop bas). Trop tard évidemment pour revenir sur l’annulation de la fiscalité des carburants. Une erreur de gestion grave qui a permis de déclencher une colère plus générale non seulement sociale mais aussi démocratique.

La demande d’énergie mondiale : peu de changement en 20 ans.

La demande d’énergie mondiale : peu de changement en 20 ans.

 

D’après le  dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). il n’y aura pas de vraie révolution d’ici 20 ans. Le charbon demeurera la principale source, la demande pétrole ne va pas diminuer et restera devant le gaz et le nucléaire. Dans l’énergie renouvelable c’est surcout le voltaïque qui va progresser. La confirmation qu’une transition énergétique ne peut s’inscrire que dans le temps et entraine notamment des énormes investissements pour renouveler l’offre technique aussi peut-être de l’acceptabilité sociale des transformations.  La demande globale en énergie devrait croître de 25% d’ici à 2040, et celle en électricité de 60%, ce qui en porterait la part à 25% du mix énergétique contre 19% aujourd’hui. Ce développement  nécessitera des investissements de 2.000 milliards de dollars par an, dont 70% seront portés par les politiques publiques. D’après les auteurs, les marchés pétroliers sont à l’orée d’une nouvelle période d’incertitude et de volatilité, et pourraient même traverser une phase tendue en matière d’approvisionnement au début des années 2020. En effet, la demande devrait continuer à croître d’ici à 2040 pour répondre aux demandes de la pétrochimie, du transport routier et de l’aviation. Pour ce faire, il faudrait que le nombre de projets conventionnels approuvés soit multiplié par deux, ou que le gaz de schiste américain produise 10 millions de barils supplémentaires chaque jour d’ici à 2025. La demande en gaz naturel va également poursuivre sa croissance. L’électricité, dont la croissance se fera aux deux-tiers grâce aux énergies renouvelables, représentera 40% du mix énergétique en 2040, contre 25% aujourd’hui. Mais le charbon restera la première source d’énergie devant le gaz, qui devrait rester stable à 20% et le nucléaire à 10%. Si le solaire photovoltaïque, qui poursuivra sa course en tête, verra la baisse de ses coûts (déjà divisés par 10 en 10 ans) se poursuivre de 40% d’ici à 2040, d’autres technologies bas-carbone, en particulier dans l’efficacité énergétique, nécessiteront d’importants investissements. Le développement du numérique et des véhicules électriques sont les causes principales de l’électrification attendue. Mais dans le cas où cette dernière pénétrerait plus encore les transports, les bâtiments et l’industrie, comme le prévoit le scénario « Le futur est électrique », cela pourrait conduire à une hausse de 90% de la demande en l’électricité, et à un pic de la demande pétrolière dès 2030. En revanche, cela n’aurait qu’un impact négligeable sur les émissions de CO2, dans la mesure où une part importante de l’électricité continuerait d’être produite à partir de sources fossiles.

 

Politique énergétique : pour une transition juste, efficace et cohérente

Politique énergétique : pour  une  transition  juste, efficace et cohérente

 

 

 

La question de l’énergie est trop souvent abordée de manière caricaturale notamment quand elle oppose partisans du nucléaire et partisan des énergies renouvelables. Évidemment comme souvent la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet de développer une politique énergétique qui soit à la fois efficace, cohérente et juste. Efficace car il s’agit de privilégier la production d’énergie au moindre coût afin  d’améliorer la compétitivité du système de production et de rendre accessible l’énergie à tous les ménages. La cohérence vise à rendre compatible cet objectif de compétitivité avec la prise en compte de l’environnement et plus particulièrement du climat. Enfin la transition énergétique ne peut pas être brutale et ne doit pas pénaliser  des couches populaires qui ne peuvent immédiatement accéder aux techniques non polluantes (exemple voiture électriques ou à hydrogène ou encore chauffage à faible émission). Une transition cohérente impose de partir des réalités, de se fixer des objectifs à long terme avec des étapes à moyen terme réalisables et socialement acceptables. Pour partir des réalités, il faut notamment revenir aux chiffres. L’une des principales préoccupations environnementales concerne les gaz à effet de serre qui découlent directement de l’énergie produite et utilisée. L’énergie représente environ 80 % de ces émissions.  Notons que  émissions de CO2 en France  sont inférieures de moitié à celle de l’Allemagne, quatre fois moins importantes que celle des États-Unis et inférieure aussi à celles de la Chine. Les émissions de la France représentent environ 1 % des émissions mondiales ; en cause, la nature de la consommation intérieure d’énergie primaire avec environ la moitié en combustibles fossiles dont 30 % de produits pétroliers, 44 % d’électricité primaire nucléaire, 10 % d’énergie renouvelable (7 % biomasse, 2 % hydrauliques, 1 % éolien et photovoltaïque). L’électricité c’est environ un quart de la consommation finale d’énergie. Une électricité issue du nucléaire pour plus de 70 %, du renouvelable pour 18 % (hydroélectriques 10 % et éolien 5 % et 10 % des centrales thermiques fossiles). On sait que des programmes politiques prévoient de réduire la part de l’électricité nucléaire de plus de 70 % à 50 %. L’objectif avait été défini dans le programme de François Hollande avec une échéance à 2025, repoussée à 2035 et sans doute même bien plus loin. En raison notamment du fait que la production d’origine nucléaire ne sera pas réduite avant des années. Le gouvernement actuel n’envisage en fait que la fermeture de Fessenheim qui sera largement compensée par la mise en service de l’EPR de Flamanville ; sans parler de nouvelles centrales EPR qui pourront être décidée à partir de 2021 comme l’a indiqué le président de la république. Notons que la France est par ailleurs engagée dans un énorme plan de renforcement de la sécurité des centrales avec notamment le grand carénage qui découle des nouvelles normes après la catastrophe de Fukushima. Du coup, ce grand carénage d’un coût de 50 à 100 milliards selon les hypothèses rendra possible la prolongation de la vie des réacteurs de 20 à 30 ans. Ceci étant la fission nucléaire pose la redoutable question de la gestion des déchets radioactifs. Parallèlement, se développeront des énergies alternatives notamment  la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et la géothermie. Techniquement on voit mal comment les énergies  renouvelables pourraient se substituer aux éventuels suppressions de 20 à 25 % d’électricité nucléaire d’ici 10 ans voir 20 ans. Le problème étant que la plupart des énergies alternatives sont intermittentes alors que la production d’électricité doit être constante comme la distribution. Se pose aussi la question du coût et de l’efficacité énergétique. Ceci étant  des modifications non négligeables peuvent intervenir avec les évolutions techniques (stockage énergie, fusion nucléaire au lieu de la fission, filière hydrogène etc.) mais aussi les modifications du système de production et du mode de consommation. Cela suppose d’intervenir sur chacun des secteurs consommateurs d’énergie primaire. Ces consommateurs sont les ménages 30 %, l’industrie pour 20 % les transports pour 32 % les services pour 16 % l’agriculture pour 3 %. Techniquement la transition sera forcément progressive en France d’autant qu’une des principales préoccupations concerne l’influence des gaz à effet de serre sur le climat. La transition de ce point de vue doit être cohérente. On ne peut en effet souhaiter une réduction des gaz à effet de serre et en particulier du CO2 et en même temps promouvoir des centrales thermiques qui viennent compenser à chaque fois l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Quand on examine l’utilisation de l’énergie primaire par secteur, on constate que l’effort et surtout à faire en direction des ménages et les transports. Des secteurs largement influencés par le mode de production, le mode de consommation et l’aménagement du territoire. Il est clair que l’éclatement du mode de production à l’échelle internationale est très consommateur d’énergie en particulier en logistique et en transport. Pour certaines productions notamment basiques on peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de produire à des milliers de kilomètres. De la même manière qu’il est sans doute possible de réduire la complexification des processus de production tellement gourmande en prestations logistiques et en transport. Un transport nettement sous tarifé puisque par exemple  le prix de transport d’un container de Hong Kong à Anvers n’est pas plus cher qu’un transport du même container de Paris à Marseille. De ce point de vue, le renforcement de l’économie circulaire serait sans doute de nature à réaliser d’énormes gains  mais aussi à réduire de façon significative les émissions polluantes (sans parler des distorsions de concurrence sociales, fiscales ou environnementales). Le mode de consommation mérite lui aussi d’être mis en question compte tenu de l’obsolescence programmée de nombre de produits voire de leur inutilité. Dernières aspects liées au précédent, le problème de l’aménagement du territoire qui concentre des productions dans des métropoles spécialisées qui sont très gourmandes en transport. Alors que l’économie circulaire permettrait de satisfaire un certain nombre de besoins. En conclusion on voit que la problématique n’est pas simple qu’il convient d’articuler des éléments économiques, techniques, environnementaux et sociétaux. De ce point de vue, il n’est pas certain que la seule régulation par la fiscalité demeure le moyen le plus efficace. Il est souvent injuste et inopérant quand il n’y a pas d’autre choix que de recourir aux énergies classiques. À cet égard la régulation par les normes et l’offre technique est beaucoup plus efficace et juste qu’une régulation par la fiscalité. À tout le moins la question énergétique mérite un débat approfondi et le plus décentralisé possible pour éviter la simplification voire la caricature.

Energie : pour une transition juste, efficace et cohérente

Energie : pour  une  transition  juste, efficace et cohérente

 

 

 

La question de l’énergie est trop souvent abordée de manière caricaturale notamment quand elle oppose partisans du nucléaire et partisan des énergies renouvelables. Évidemment comme souvent la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet de développer une politique énergétique qui soit à la fois efficace, cohérente et juste. Efficace car il s’agit de privilégier la production d’énergie au moindre coût afin  d’améliorer la compétitivité du système de production et de rendre accessible l’énergie à tous les ménages. La cohérence vise à rendre compatible cet objectif de compétitivité avec la prise en compte de l’environnement et plus particulièrement du climat. Enfin la transition énergétique ne peut pas être brutale et ne doit pas pénaliser  des couches populaires qui ne peuvent immédiatement accéder aux techniques non polluantes (exemple voiture électriques ou à hydrogène ou encore chauffage à faible émission). Une transition cohérente impose de partir des réalités, de se fixer des objectifs à long terme avec des étapes à moyen terme réalisables et socialement acceptables. Pour partir des réalités, il faut notamment revenir aux chiffres. L’une des principales préoccupations environnementales concerne les gaz à effet de serre qui découlent directement de l’énergie produite et utilisée. L’énergie représente environ 80 % de ces émissions.  Notons que  émissions de CO2 en France  sont inférieures de moitié à celle de l’Allemagne, quatre fois moins importantes que celle des États-Unis et inférieure aussi à celles de la Chine. Les émissions de la France représentent environ 1 % des émissions mondiales ; en cause, la nature de la consommation intérieure d’énergie primaire avec environ la moitié en combustibles fossiles dont 30 % de produits pétroliers, 44 % d’électricité primaire nucléaire, 10 % d’énergie renouvelable (7 % biomasse, 2 % hydrauliques, 1 % éolien et photovoltaïque). L’électricité c’est environ un quart de la consommation finale d’énergie. Une électricité issue du nucléaire pour plus de 70 %, du renouvelable pour 18 % (hydroélectriques 10 % et éolien 5 % et 10 % des centrales thermiques fossiles). On sait que des programmes politiques prévoient de réduire la part de l’électricité nucléaire de plus de 70 % à 50 %. L’objectif avait été défini dans le programme de François Hollande avec une échéance à 2025, repoussée à 2035 et sans doute même bien plus loin. En raison notamment du fait que la production d’origine nucléaire ne sera pas réduite avant des années. Le gouvernement actuel n’envisage en fait que la fermeture de Fessenheim qui sera largement compensée par la mise en service de l’EPR de Flamanville ; sans parler de nouvelles centrales EPR qui pourront être décidée à partir de 2021 comme l’a indiqué le président de la république. Notons que la France est par ailleurs engagée dans un énorme plan de renforcement de la sécurité des centrales avec notamment le grand carénage qui découle des nouvelles normes après la catastrophe de Fukushima. Du coup, ce grand carénage d’un coût de 50 à 100 milliards selon les hypothèses rendra possible la prolongation de la vie des réacteurs de 20 à 30 ans. Ceci étant la fission nucléaire pose la redoutable question de la gestion des déchets radioactifs. Parallèlement, se développeront des énergies alternatives notamment  la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et la géothermie. Techniquement on voit mal comment les énergies  renouvelables pourraient se substituer aux éventuels suppressions de 20 à 25 % d’électricité nucléaire d’ici 10 ans voir 20 ans. Le problème étant que la plupart des énergies alternatives sont intermittentes alors que la production d’électricité doit être constante comme la distribution. Se pose aussi la question du coût et de l’efficacité énergétique. Ceci étant  des modifications non négligeables peuvent intervenir avec les évolutions techniques (stockage énergie, fusion nucléaire au lieu de la fission, filière hydrogène etc.) mais aussi les modifications du système de production et du mode de consommation. Cela suppose d’intervenir sur chacun des secteurs consommateurs d’énergie primaire. Ces consommateurs sont les ménages 30 %, l’industrie pour 20 % les transports pour 32 % les services pour 16 % l’agriculture pour 3 %. Techniquement la transition sera forcément progressive en France d’autant qu’une des principales préoccupations concerne l’influence des gaz à effet de serre sur le climat. La transition de ce point de vue doit être cohérente. On ne peut en effet souhaiter une réduction des gaz à effet de serre et en particulier du CO2 et en même temps promouvoir des centrales thermiques qui viennent compenser à chaque fois l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Quand on examine l’utilisation de l’énergie primaire par secteur, on constate que l’effort et surtout à faire en direction des ménages et les transports. Des secteurs largement influencés par le mode de production, le mode de consommation et l’aménagement du territoire. Il est clair que l’éclatement du mode de production à l’échelle internationale est très consommateur d’énergie en particulier en logistique et en transport. Pour certaines productions notamment basiques on peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de produire à des milliers de kilomètres. De la même manière qu’il est sans doute possible de réduire la complexification des processus de production tellement gourmande en prestations logistiques et en transport. Un transport nettement sous tarifé puisque par exemple  le prix de transport d’un container de Hong Kong à Anvers n’est pas plus cher qu’un transport du même container de Paris à Marseille. De ce point de vue, le renforcement de l’économie circulaire serait sans doute de nature à réaliser d’énormes gains  mais aussi à réduire de façon significative les émissions polluantes (sans parler des distorsions de concurrence sociales, fiscales ou environnementales). Le mode de consommation mérite lui aussi d’être mis en question compte tenu de l’obsolescence programmée de nombre de produits voire de leur inutilité. Dernières aspects liées au précédent, le problème de l’aménagement du territoire qui concentre des productions dans des métropoles spécialisées qui sont très gourmandes en transport. Alors que l’économie circulaire permettrait de satisfaire un certain nombre de besoins. En conclusion on voit que la problématique n’est pas simple qu’il convient d’articuler des éléments économiques, techniques, environnementaux et sociétaux. De ce point de vue, il n’est pas certain que la seule régulation par la fiscalité demeure le moyen le plus efficace. Il est souvent injuste et inopérant quand il n’y a pas d’autre choix que de recourir aux énergies classiques. À cet égard la régulation par les normes et l’offre technique est beaucoup plus efficace et juste qu’une régulation par la fiscalité. À tout le moins la question énergétique mérite un débat approfondi et le plus décentralisé possible pour éviter la simplification voire la caricature.

Pour une transition énergétique juste, efficace et cohérente

Pour une  transition énergétique juste, efficace et cohérente

 

 

 

La question de l’énergie est trop souvent abordée de manière caricaturale notamment quand elle oppose partisans du nucléaire et partisan des énergies renouvelables. Évidemment comme souvent la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet de développer une politique énergétique qui soit à la fois efficace, cohérente et juste. Efficace car il s’agit de privilégier la production d’énergie au moindre coût afin  d’améliorer la compétitivité du système de production et de rendre accessible l’énergie à tous les ménages. La cohérence vise à rendre compatible cet objectif de compétitivité avec la prise en compte de l’environnement et plus particulièrement du climat. Enfin la transition énergétique ne peut pas être brutale et ne doit pas pénaliser  des couches populaires qui ne peuvent immédiatement accéder aux techniques non polluantes (exemple voiture électriques ou à hydrogène ou encore chauffage à faible émission). Une transition cohérente impose de partir des réalités, de se fixer des objectifs à long terme avec des étapes à moyen terme réalisables et socialement acceptables. Pour partir des réalités, il faut notamment revenir aux chiffres. L’une des principales préoccupations environnementales concerne les gaz à effet de serre qui découlent directement de l’énergie produite et utilisée. L’énergie représente environ 80 % de ces émissions.  Notons que  émissions de CO2 en France  sont inférieures de moitié à celle de l’Allemagne, quatre fois moins importantes que celle des États-Unis et inférieure aussi à celles de la Chine. Les émissions de la France représentent environ 1 % des émissions mondiales ; en cause, la nature de la consommation intérieure d’énergie primaire avec environ la moitié en combustibles fossiles dont 30 % de produits pétroliers, 44 % d’électricité primaire nucléaire, 10 % d’énergie renouvelable (7 % biomasse, 2 % hydrauliques, 1 % éolien et photovoltaïque). L’électricité c’est environ un quart de la consommation finale d’énergie. Une électricité issue du nucléaire pour plus de 70 %, du renouvelable pour 18 % (hydroélectriques 10 % et éolien 5 % et 10 % des centrales thermiques fossiles). On sait que des programmes politiques prévoient de réduire la part de l’électricité nucléaire de plus de 70 % à 50 %. L’objectif avait été défini dans le programme de François Hollande avec une échéance à 2025, repoussée à 2035 et sans doute même bien plus loin. En raison notamment du fait que la production d’origine nucléaire ne sera pas réduite avant des années. Le gouvernement actuel n’envisage en fait que la fermeture de Fessenheim qui sera largement compensée par la mise en service de l’EPR de Flamanville ; sans parler de nouvelles centrales EPR pourront être décidée à partir de 2021 comme l’a indiqué le président de la république. Notons que la France est par ailleurs engagée dans un énorme plan de renforcement de la sécurité des centrales avec notamment le grand carénage qui découle des nouvelles normes après la catastrophe de Fukushima. Du coup, ce grand carénage d’un coût de 50 à 100 milliards selon les hypothèses rendra possible la prolongation de la vie des réacteurs de 20 à 30 ans. Ceci étant la fission nucléaire pose la redoutable question de la gestion des déchets radioactifs. Parallèlement, se développeront des énergies alternatives notamment  la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et la géothermie. Techniquement on voit mal comment les énergies  renouvelables pourraient se substituer aux éventuels suppressions de 20 à 25 % d’électricité nucléaire d’ici 10 ans voir 20 ans. Le problème étant que la plupart des énergies alternatives sont intermittentes alors que la production d’électricité doit être constante comme la distribution. Se pose aussi la question du coût et de l’efficacité énergétique. Ceci étant  des modifications non négligeables peuvent intervenir avec les évolutions techniques (stockage énergie, fusion nucléaire au lieu de la fission, filière hydrogène etc.) mais aussi les modifications du système de production et du mode de consommation. Cela suppose d’intervenir sur chacun des secteurs consommateurs d’énergie primaire. Ces consommateurs sont les ménages 30 %, l’industrie pour 20 % les transports pour 32 % les services pour 16 % l’agriculture pour 3 %. Techniquement la transition sera forcément progressive en France d’autant qu’une des principales préoccupations concerne l’influence des gaz à effet de serre sur le climat. La transition de ce point de vue doit être cohérente. On ne peut en effet souhaiter une réduction des gaz à effet de serre et en particulier du CO2 et en même temps promouvoir des centrales thermiques qui viennent compenser à chaque fois l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Quand on examine l’utilisation de l’énergie primaire par secteur, on constate que l’effort et surtout à faire en direction des ménages et les transports. Des secteurs largement influencés par le mode de production, le mode de consommation et l’aménagement du territoire. Il est clair que l’éclatement du mode de production à l’échelle internationale est très consommateur d’énergie en particulier en logistique et en transport. Pour certaines productions notamment basiques on peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de produire à des milliers de kilomètres. De la même manière qu’il est sans doute possible de réduire la complexification des processus de production tellement gourmande en prestations logistiques et en transport. Un transport nettement sous tarifé puisque par exemple  le prix de transport d’un container de Hong Kong à Anvers n’est pas plus cher qu’un transport du m^me container de Paris à Marseille. De ce point de vue, le renforcement de l’économie circulaire serait sans doute de nature à réaliser d’énormes gains  mais aussi à réduire de façon significative les émissions polluantes (sans parler des distorsions de concurrence sociales, fiscales ou environnementales). Le mode de consommation mérite lui aussi d’être mis en question compte tenu de l’obsolescence programmée de nombre de produits voire de leur inutilité. Dernières aspects liées au précédent le problème de l’aménagement du territoire qui concentre des productions dans des métropoles spécialisées qui sont très gourmandes en transport. Alors que l’économie circulaire permettrait de satisfaire un certain nombre de besoins. En conclusion on voit que la problématique n’est pas simple qu’il convient d’articuler des éléments économiques, techniques, environnementaux et sociétaux. De ce point de vue, il n’est pas certain que la seule régulation par la fiscalité demeure le moyen le plus efficace. Il est souvent injuste et inopérant quand il n’y a pas d’autre choix que de recourir aux énergies classiques. À cet égard la régulation par les normes et l’offre technique est beaucoup plus efficace et juste qu’une régulation par la fiscalité. À tout le moins la question énergétique mérite un débat approfondi et le plus décentralisé possible pour éviter la simplification voir la caricature.

 

Le délicat équilibre energétique (Dr. Nicolas Mazzuchi)

Le délicat équilibre energétique (Dr. Nicolas Mazzuchi)

 

Plaidoyer pour un équilibre énergétique en vue notamment de réserver le climat par  Dr. Nicolas Mazzucchi, auteur de « Energie, ressources, technologies et enjeux de pouvoir » (Armand Colin, 2017). (Papier de la Tribune)

 

« Alors que la COP24, destinée avant tout à mesurer les progrès de l’Accord de Paris et à tracer la feuille de route pour les prochaines étapes, se referme le 14 décembre, il est nécessaire de se pencher sur l’état des enjeux climatiques et des progrès accomplis. L’Accord de Paris, c’est sa principale nouveauté par rapport au Protocole de Kyoto qui servait de cadre de référence jusqu’en 2015, se fonde sur les engagements – appelés INDC – des Etats, ceux-ci étant librement déterminés. Chacun peut donc choisir une voie particulièrement vertueuse, comme la plupart des pays européens, ou, au contraire, ne proposer que des efforts limités. Sans revenir sur les tenants et les aboutissants de l’Accord de Paris, ni même les chances que les ambitions de celui-ci finissent par se concrétiser, le constat est aujourd’hui sans appel : nous ne sommes pas sur la bonne trajectoire. Il ne faut pas se le cacher, certaines solutions ont pendant longtemps été minorées au profit d’autres. S’agit-il de choix idéologiques ou économiques ? C’est fort possible. Toujours est-il qu’il faut noter une convergence assez inédite de la part des principaux organismes liés au monde de l’énergie et de l’environnement en faveur du nucléaire. A quelques mois d’intervalle, le rapport du GIEC consacré, justement, à la limitation de la hausse des températures à 1,5° C et le World Energy Outlook 2018 de l’Agence internationale de l’énergie, s’accordent pour augmenter, drastiquement, la place du nucléaire dans le mix électrique mondial. Le rapport du GIEC est le plus radical en ce sens. Dans son scénario le plus « vertueux », dit P4, il ne propose pas moins d’une augmentation de plus de 4 fois la part de nucléaire dans la demande en énergie primaire en 2050 sur la base de 2010. Dans le contexte proposé, le nucléaire, la biomasse et les renouvelables connaissent des hausses spectaculaires. De son côté l’Agence internationale de l’énergie pointe non-seulement la dynamique nucléaire nécessaire pour achever un certain nombre d’objectifs climatiques nationaux ou globaux – sans toutefois atteindre le pallier symbolique des 1,5° C – avec une hausse modérée ou importante, selon le scénario, de la part du nucléaire. Cette évolution assez nette des grands organismes internationaux démontre un point-clé : le climat ne peut être sauvé que par la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, CO2 en tête. Toutefois, en corollaire du point précédent et dans une vision plus socio-politique, cette victoire qui n’est atteignable que par l’adhésion globale, ne peut être remportée en demandant trop d’efforts aux populations quant à leur mode de vie. En ce sens il convient de résoudre la délicate équation entre confort/productivité et lutte contre les changements climatiques. Deux voies – non-exclusives l’une de l’autre, bien au contraire – s’offrent : l’efficacité énergétique et la modification des mix de production. La première voie, technologique s’intéresse à l’action sur les réseaux eux-mêmes, en les rendant plus connectés (les smart grids) ou sur le stockage d’électricité, pour ne citer que deux des grandes technologies de l’efficacité énergétique. La seconde voie quant à elle nous oblige à nous pencher sur les modes de production d’électricité, en France, en Europe et dans le monde. Les énergies renouvelables de nouvelle génération, en plein développement partout sur la planète, ont prouvé leur utilité dans la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Or, le constat du GIEC en est la preuve, elles ne peuvent pour le moment – pour des questions technologiques et économiques – être la base des systèmes électriques nationaux des principaux pays de la planète, dans le laps de temps nécessaire à la sauvegarde du climat. Dans ce contexte une solution s’impose : faire agir de concert les énergies renouvelables de nouvelle génération et le nucléaire. Longtemps opposées ces sources d’électricité trouvent au contraire une complémentarité naturelle dans leurs différences. L’alliance d’une base nucléaire solide et d’un complément d’énergies renouvelables, les deux ne produisant pas de gaz à effet de serre lors de leur fonctionnement, s’avère une clé idéale pour la transformation des mix électriques nationaux. ….. »

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