Archive pour la Catégorie 'agriculture'

Gel : un milliard d’euros pour les agriculteurs

Gel :  un milliard d’euros pour les agriculteurs

 

 

Alors que le gel historique de ces derniers jours a provoqué de véritables catastrophes notamment chez les viticulteurs et les arboriculteurs, le gouvernement a décidé d’une enveloppe globale de l’ordre d’un milliard pour porter aux milieux agricoles. Les dégâts dans une première estimation ont été estimés à  3 milliards. En attendant il y aura des aides d’urgence et des report de cotisations

L’indemnisation des arboriculteurs au titre du dispositif des calamités agricoles sera portée jusqu’à 40% – le maximum autorisé par Bruxelles – pour les pertes les plus importantes, contre 35% actuellement. Pour les autres filières aujourd’hui non couvertes par ce régime de calamités agricoles, comme les viticulteurs ou les producteurs de grandes cultures (betterave, colza…), un soutien exceptionnel similaire sera mis en place.

 

Le gouvernement veut un fonds qui «indemnisera de façon rapide», a affirmé le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie sur France Inter. Une première réunion se tiendra lundi, en présence du ministre de l’Agriculture, à laquelle participeront la FNSEA et ses filières, pour que ces «annonces se traduisent concrètement par des mesures efficaces», a annoncé le syndicat agricole dans un communiqué. En outre l’enveloppe du plan de relance dédiée à «l’adaptation au changement», passera de 100 à 200 millions d’euros.

 

Interrogé par l’AFP, Bruno Darnaud, président de l’AOP pêche et abricots de France, s’est dit lui aussi «satisfait que l’État réagisse rapidement», avec un «catalogue d’aides qui paraît assez large». «Mais le diable se cache dans les détails: il faudra voir notamment si on trouve des solutions pour les arboriculteurs assurés qui seront moins bien indemnisés que ceux bénéficiant du régime des calamités». Selon Bruno Darnaud, la France peut s’attendre à perdre cette année la moitié de sa production de fruits, soit un manque à gagner d’un milliard et demi d’euros. Et au moins un tiers de la production viticole serait perdu, soit deux milliards d’euros de chiffre d’affaires, estime la FNSEA.

Abeille et agriculture : une conciliation possible

Abeille et agriculture : une conciliation possible

Le plan pollinisateur annoncé par le gouvernement doit avant tout consolider la collaboration entre agriculteurs et apiculteurs, plutôt que de nous focaliser sur l’interdiction de certains produits de traitement que nos voisins européens continueront à utiliser, estiment Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et Eric Lelong président de l’interprofession apicole Interapi, dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

A force de les opposer, on en vient à oublier que les activités agricoles et apicoles sont non seulement complémentaires, mais interdépendantes. Les cultures et les aménagements mellifères (jachères, haies) des champs agricoles permettent à l’apiculteur de garantir à ses abeilles une alimentation variée toute l’année.

On l’ignore trop souvent, mais les périodes de disette des abeilles sont fréquentes entre les floraisons de grandes cultures (colza, tournesol…), notamment en fin de printemps et d’été. Elles se sont d’ailleurs accentuées avec le changement climatique, qui a des conséquences à la fois sur la ressource alimentaire, la santé des colonies et leur synchronisation avec les floraisons. C’est pourquoi les agriculteurs sont source de solutions pour les pollinisateurs.

L’agriculteur est lui dépendant de la bonne pollinisation de ses cultures pour assurer sa production, tant en quantité qu’en qualité, de colza, d’arbres fruitiers, de melon, de semences…

 

En France, c’est 70 % des six mille espèces de plantes recensées, sauvages et cultivées, qui sont pollinisées par les insectes. Sans ces pollinisateurs, c’est notre souveraineté agricole et donc alimentaire qui est remise en cause. Protéger et développer cette diversité d’espèces constitue donc un enjeu fort pour tous. 

Pour qu’elle soit fructueuse, cette complémentarité repose sur une cohabitation en bonne intelligence.

Dans nos territoires, les apiculteurs et les agriculteurs s’y emploient au travers d’une multitude d’initiatives, loin des idées reçues. Ils veillent, ensemble, à favoriser une meilleure coopération, car c’est avant tout une question de volonté, de formation, d’information et d’adaptation : renforcement des échanges entre parties prenantes sur les pratiques et contraintes de chacun, de manière à engager des actions préventives de protection des ruches, adaptation des pratiques agricoles pour favoriser la présence de pollinisateurs.

 

Des solutions constructives et partagées naissent ainsi, par exemple en privilégiant des traitements de protection des plantes adaptés aux spécificités mellifères, en adaptant les calendriers de traitement et les dates de semis, en pratiquant la fauche tardive, afin de renforcer et de diversifier les ressources mellifères entre deux cultures… 

Miser uniquement sur un renforcement du volet réglementaire reviendrait à entraver une dynamique pourtant déjà engagée dans nombre de territoires

Ces démarches concertées ont prouvé leur efficacité. C’est pourquoi nous insistons pour que le futur plan pollinisateurs proposé par le gouvernement consolide ce dialogue et permette aux agriculteurs et aux apiculteurs d’accroître ce travail en bonne intelligence. Miser uniquement sur un renforcement du volet réglementaire reviendrait à entraver une dynamique pourtant déjà engagée dans nombre de territoires.

GEL: « la CATASTROPHE AGRONOMIQUE DU SIECLE » ( DENORMANDIE)

GEL: « la CATASTROPHE AGRONOMIQUE » ( DENORMANDIE)

A juste titre le ministre de l’agriculture a considéré que le dernier épisode de Joël constitué la catastrophe agronomique du siècle. En cause une nature très en avance du fait de la douceur exceptionnelle de mars et brutalement surprise par le froid intervenu en avril ces derniers jours et qui devrait d’ailleurs se reproduire aussi cette semaine. Les productions les plus touchées concernent les activités viticoles, arboricoles mais aussi d’autres

« Ce sont plusieurs centaines de milliers d’hectares – je dis bien centaines de milliers d’hectares – qui ont été impactés », a déclaré lundi le ministre de l’Agriculture sur le plateau d’Audition Publique pour LCP, Public Sénat et Le Figaro. « En termes d’argent, ce sera très significatif », a-t-il ajouté, à propos des futures pertes.

Plusieurs centaines de milliers d’hectares de cultures ont été impactés par le brutal épisode de gel qui a suivi la forte hausse des températures enregistrée au mois de mars. C’est « un épisode d’une extrême violence qui a causé des dégâts extrêmement significatifs », avait souligné Julien Denormandie vendredi, en visite dans un vignoble de Parçay-Meslay (Indre-et-Loire), près de Tours.

Avec -3°C prévus localement mardi et mercredi en France, de nouvelles gelées matinales sont attendues cette semaine.

Agriculture : l’addiction à l’azote de synthèse

Agriculture : l’addiction à l’azote de synthèse

 

 

L’addiction des agriculteurs aux engrais azotés a un coût exorbitant pour le climat et la biodiversité, estime un collectif d’agronomes et d’agriculteurs. Ils appellent, dans une tribune au « Monde », à réduire fortement la consommation de fertilisants chimiques et à retrouver des sources d’approvisionnement biologiques.

 

Tribune.

 

Les engrais chimiques sont une potion magique issue de la guerre. L’invention du chimiste Fritz Haber (1868-1934), qui a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur la synthèse de l’ammoniac, avait deux objectifs : nourrir davantage d’êtres humains et fabriquer des explosifs. Cette découverte a permis d’augmenter rapidement les rendements agricoles au sortir de la seconde guerre mondiale, tout en offrant de nouveaux débouchés aux industries créées en temps de guerre. Depuis 1960, notre consommation mondiale d’engrais azotés de synthèse a été multipliée par neuf – pourtant les plantes n’absorbent que la moitié de l’azote produit. Alors, où va le reste ?

Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique. La fabrication de ces engrais, que nous importons à 60 %, est une bombe climatique : il faut l’équivalent en gaz d’un kilogramme de pétrole pour produire un kilogramme d’azote. Une fois arrivés dans nos champs, ils émettent massivement du protoxyde d’azote, un gaz 265 fois plus puissant que le CO2. L’azote qui n’est pas absorbé par les plantes pollue les cours d’eau et l’eau du robinet, et tue la biodiversité aquatique – le phénomène des algues vertes est désormais bien connu. De l’ammoniac s’évapore également dans l’air et contribue à produire des particules fines, qui génèrent des pics de pollution jusque dans les villes lors des épandages au printemps. L’adoption massive des engrais chimiques a provoqué une chute de la teneur en matière organique des sols et une augmentation des traitements pesticides car trop d’azote rend les plantes vulnérables aux pathogènes.

 

Pour certaines filières agricoles, il est économiquement difficile, aujourd’hui, de réduire les consommations d’engrais chimiques. Pourtant, l’achat de ces intrants peut représenter plus de 15 % des coûts de production d’une ferme française. Des coûts dont la volatilité génère de l’insécurité, puisqu’ils sont indexés sur le prix des énergies fossiles…

Les alternatives aux engrais azotés de synthèse existent mais elles supposent de nouvelles politiques publiques structurantes qui nous aident à réintégrer de l’azote organique dans les systèmes de culture. Les politiques menées jusqu’ici ont toutes échoué : la réglementation nitrates n’est pas respectée, tout comme la stratégie nationale bas carbone. La TVA réduite sur les engrais bio n’a pas infléchi la demande en engrais de synthèse et la portion des financements du plan de relance qui va dans la bonne direction est bien trop faible.

Agriculture et gel : régime de calamité agricole activé

Agriculture et gel : régime de calamité agricole activé

Le  gel de ces derniers jours a provoqué de très graves dégâts dans l’agriculture en particulier dans l’activité viticole mais aussi arboricole. Le gouvernement va déclencher le régime de calamité.

 

Julien Denormandie a promis la pleine mobilisation des assureurs et des banquiers pour accompagner les exploitants touchés. «On est aujourd’hui face à une situation qui est tout à fait exceptionnelle, qui est particulièrement difficile, qui touche un grand nombre de cultures, la viticulture bien sûr, l’arboriculture, mais aussi les grandes cultures comme celles de la betterave, du colza», a énuméré le ministre, évoquant une «violence assez inédite».

 

«On est en train de faire l’évaluation chiffrée, ce qu’on constate c’est qu’énormément de régions sont aujourd’hui impactées, que ce soit au nord de l’île de France jusqu’au sud-est et une partie du centre du pays», a-t-il dit.

 

«Les dernières nuits marquées par une chute historique des températures et des gelées destructrices viennent de mettre un coup d’arrêt à la floraison et menacent fortement plusieurs filières de production agricole», a souligné jeudi le syndicat agricole majoritaire FNSEA, dans un communiqué.

 

Vignes, arbres fruitiers mais aussi colza ou légumes de plein champ… un grand nombre de cultures sont potentiellement atteintes sur un large secteur allant du nord de la France à la vallée du Rhône, en passant par le Bordelais. «Dans de nombreuses régions, du nord au sud et de l’est à l’ouest, les dégâts sont impressionnants chez les viticulteurs et chez les arboriculteurs. La détresse est grande aussi dans le monde des grandes cultures! Les impacts sur le colza, en pleine floraison, sont dramatiques, comme sur les semis de betteraves: de très nombreux planteurs vont devoir ressemer plus de la moitié de leur surface», insiste la FNSEA.

 

Vendredi, selon Météo France, il fera encore froid au petit matin dans les terres au nord de la Loire, sur un grand quart nord-est, dans le Massif central et à l’intérieur de la Provence, avec des gelées fréquentes atteignant localement -4 à -2 degrés sur le Grand Est. Les agriculteurs redoutent la survenue d’un nouvel épisode de gel, possiblement en début de semaine prochaine.

« La pratique de la pêche au vif ou au ver interdite ? »

« La pratique de la pêche au vif ou au ver interdite ? »

Un collectif de chercheurs et de membres d’associations appelle à interdire l’usage de poissons vivants comme appâts dans la pêche de loisir. Cela au motif de la douleur des poissons appâts. Par extension on pourrait peut-être aussi interdire bientôt la pêche au ver , animal aussi vivant ? Ou les outrances des écolos bobos.

Tribune dans le monde

 

Paris, Bordeaux, Montpellier, Grenoble-Alpes Métropole… Plusieurs collectivités locales françaises ouvrent enfin le débat de l’interdiction de la pêche au vif. Cette technique consiste à empaler un petit poisson vivant sur un hameçon afin d’attirer un prédateur. L’animal, transpercé vivant, panique sans issue possible et se débat pendant des dizaines de minutes, avant de succomber de sa blessure ou de se faire dévorer vivant.

La capacité des poissons à percevoir subjectivement le monde qui les entoure, et plus particulièrement à éprouver émotions, stress et souffrances, est depuis quelques années de mieux en mieux documentée.

Lynne Sneddon, référence mondiale de la recherche sur la douleur chez les poissons, conclut ainsi dans un ouvrage de synthèse paru en 2020 : « Les études montrent que les poissons ont un système nociceptif similaire à celui des mammifères, que leur comportement est affecté négativement [par la douleur], et que cela est évité par l’inoculation d’antidouleurs. Cela démontre que les poissons réagissent différemment à la douleur et aux stimuli inoffensifs. En outre, les poissons tentent d’éviter les zones où ils ont ressenti de la douleur et sont accaparés par la douleur au point de ne plus manifester normalement leur peur ni les réactions normales face aux prédateurs. Pris ensemble, ces résultats constituent un argumentaire convaincant en faveur de la sensibilité à la douleur chez les poissons. »

Cette sensibilité à la douleur est même aujourd’hui reconnue par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). D’autres institutions, telles que l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Association des vétérinaires britanniques (BVA) ont établi des recommandations pour minimiser la douleur des poissons utilisés dans les activités humaines.

L’utilisation d’un poisson pleinement conscient comme appât commence à faire réagir l’opinion publique. Si la pêche au leurre est une alternative bien implantée, la pêche au vif reste ancrée chez les plus anciens ou chez les spécialistes de la pêche aux silures. Cette pratique de loisir est déjà interdite dans plusieurs pays tels le Luxembourg, la Suisse, l’Irlande, l’Ecosse, certaines communautés autonomes d’Espagne, la Norvège, l’Allemagne, les Pays-Bas et dans certains Etats américains au Canada.

Ces interdictions à l’étranger ne se fondent pas uniquement sur la cruauté de cette pratique, mais aussi sur les menaces inutiles qu’elle fait peser sur la biodiversité aquatique !

Crise élevage bovin : un appel de 143 parlementaires français

Crise élevage bovin : un appel de 143 parlementaires français

Dans une tribune, 143 parlementaires de tous bords, du PCF à LR, appellent à soutenir la filière viande de l’élevage bovin français .

 

Tribune

 

« Nous sommes dans une économie de marché. » Voilà la réponse, lapidaire, apportée aux éleveurs de bovins de race à viande français, qui demandent la garantie de prix couvrant leur coût de production.

Depuis des années, les pouvoirs publics ne cessent d’apporter des mots de soutien aux éleveurs. Mais quel secteur économique peut se contenter de mots pour vivre? Trois ans après le lancement des Etats Généraux de l’Alimentation et l’espoir qu’ils ont fait naître, les éleveurs ont perdu 30% de leurs revenus pour se contenter, désormais, de moins de 700 euros par mois. 8.000 euros par an! Voilà ce qu’ils valent dans l’économie de marché.

Conséquence logique de cette situation, la France compte, chaque année, 2.000 éleveurs bovins de moins. Et ce n’est pas seulement un drame humain. La disparition des élevages et de leurs animaux dans nos paysages n’est plus un fantasme. Elle est là, à nos portes, dans le silence général. Avec elle, nous assistons à la disparition d’une part de notre identité culturelle commune fondée sur une agriculture familiale et une alimentation qui font encore la réputation de la France. Pour combien de temps?

Les éleveurs sont les premiers à savoir ce qu’est une économie de marché. Ils y sont plongés chaque jour. En principe, elle répond à des règles simples d’offre et de demande, à des conditions de concurrence loyale et non faussée. C’est ce que disent nos textes de loi. Ainsi doit-elle permettre à la qualité de se démarquer et de trouver la juste rémunération des efforts qu’elle nécessite. Mais ce n’est pas cette économie de marché qui régit le secteur de la viande bovine : c’est une économie de destruction, qui considère qu’un animal nourri à l’herbe dans une exploitation familiale répondant à tous les critères du développement durable dont la France se veut la championne, n’a pas plus de valeur qu’un animal poussé en élevage industriel à grands coups d’antibiotiques à l’international.

Tout se passe comme si personne ne voulait voir l’incompatibilité criante qui existe entre cette fameuse économie de marché et la durabilité aujourd’hui imposée, à raison, aux producteurs.

Car ce n’est pas un modèle d’élevage industrialisé, capable de résister à la concurrence de fermes-usines américaines ou d’autres élevages sans norme environnementale et sanitaire stricte, que les pouvoirs publics ont promu à l’occasion des Etats Généraux de l’Alimentation. Ce n’est pas, non plus, ce modèle que les citoyens plébiscitent.

Nous tous, éleveurs, associations, élus, soutenons ce cap, cette orientation donnée à l’élevage. Mais ce choix français doit être pleinement assumé! Si les Etats généraux de l’Alimentation ont été une bonne initiative, nous constatons que la loi Egalim est impuissante à faire entrer le discours dans la réalité.

Les éleveurs sont les premiers à vouloir mener à bien la « transition agroécologique ». Ils ont tout à gagner à placer l’économie dans ces rails de l’écologie. A l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique, notre modèle d’élevage français permet de privilégier la qualité sur la quantité, de mettre nos prairies au service de la captation du carbone, de la préservation de la biodiversité. Mais ils ne peuvent le faire sans que le pouvoir politique, quel qu’il soit, en tire les conséquences sur les politiques de prix, sur le partage de la valeur ajoutée tout au long de la filière, de la fourche à la fourchette.

Il n’y a pas ici de « en même temps » possible et l’Etat doit permettre aux éleveurs d’obtenir des prix couvrant, au moins, leur coût de production. Sans cela, la France perdra sur tous les plans : celui de sa souveraineté alimentaire, comme de la durabilité. Deux enjeux à concilier dont le Président de la République et le Gouvernement affirment faire leur priorité, sans jamais les concrétiser.

Signataires

  • Bruno DUFAYET, éleveur de bovins de race à viande dans le Cantal, Président de la Fédération Nationale Bovine.
  • Anne-Catherine LOISIER, Sénatrice de la Côte d’Or (Union Centriste)
  • André CHASSAIGNE, Député du Puy-de-Dôme (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Dominique POTIER, Député de la Meurthe-et-Moselle (Socialistes et apparentés)
  • Antoine HERTH, Député du Bas-Rhin (Agir Ensemble)
  • Olivier RIETMANN, Sénateur de la Haute-Saône (Les Républicains)
  • François RUFFIN, Député de la Somme (France Insoumise)
  • Eric ANDRIEU, Député européen (Socialistes et Démocrates)
  • Joël AVIRAGNET, Député de la Haute-Garonne (Socialistes et Apparentés)
  • Jean-Michel ARNAUD, Sénateur des Hautes-Alpes (Union centriste)
  • Serge BABARY, Sénateur d’Indre-et-Loire (Les Républicains)
  • Delphine BATHO, Députée des Deux-Sèvres (Génération Ecologie)
  • Arnaud BAZIN, Sénateur du Val-d’Oise (Les Républicains)
  • Gisèle BIEMOURET, Députée du Gers (Socialistes et apparentés)
  • Catherine BELRHITI, Sénatrice de la Moselle (Les Républicains)
  • Martine BERTHET, Sénatrice de la Savoie (Les Républicains)
  • Annick BILLON, Sénatrice de la Vendée (Union Centriste)
  • Benoît BITEAU, Député européen (Les Verts)
  • Philippe BOLO, Député du Maine et Loire (Modem)
  • Bernard BONNE, Sénateur de la Loire (Les Républicains)
  • Philippe BONNECARRERE, Sénateur du Tarn (Union Centriste)
  • François BONNEAU, Sénateur de la Charente (Union Centriste)
  • Jean-Yves BONY, Député du Cantal (Les Républicains)
  • Jean-Luc BOURGEAUX, Député de l’Ille et Vilaine (Les Républicains)
  • Jean-Marc BOYER, Sénateur du Puy-de-Dôme (Les Républicains)
  • Max BRISSON, Sénateur des Pyrénées-Atlantiques (Les Républicains)
  • Céline BRULIN, Sénatrice de la Seine-Maritime (Communistes, Républicains et Citoyens)
  • Marie-Georges BUFFET, Députée de Seine-Saint-Denis (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Henri CABANEL, Sénateur de l’Hérault (Rassemblement Démocratique et Social Européen)
  • Emmanuel CAPUS, Sénateur du Maine et Loire (Agir Ensemble)
  • Jean-Noël CARDOUX, Sénateur du Loiret (Les Républicains)
  • Annie CHAPELIER, Députée du Gard (Agir Ensemble)
  • Daniel CHASSEING, Sénateur de la Corrèze (Les Indépendants)
  • Paul CHRISTOPHE, Député du Nord (Agir Ensemble)
  • Olivier CIGOLOTTI, Sénateur de la Haute-Loire (Union Centriste)
  • Cécile CUKIERMAN, Sénatrice de la Loire (Communistes, Républicains et Citoyens)
  • Arnaud DANJEAN, Député européen (Parti Populaire Européen)
  • Mathieu DARNAUD, Sénateur de l’Ardèche (Les Républicains)
  • Marc-Philippe DAUBRESSE, Sénateur du Nord (Les Républicains)
  • Alain DAVID, Député de la Gironde (Socialistes et Apparentés)
  • Jean-Pierre DECOOL, Sénateur du Nord (Les indépendants)
  • Nathalie DELATTRE, Sénatrice de la Gironde (Rassemblement Démocratique et Social Européen)
  • Sonia DE LA PROVÔTE, Sénatrice du Calvados (Union Centriste)
  • Bernard DELCROS, Sénateur du Cantal (Union Centriste)
  • Patricia DEMAS, Sénatrice des Alpes-Maritimes (Les Républicains)
  • Stéphane DEMILLY, Sénateur de la Somme (Union Centriste)
  • Catherine DEROCHE, Sénatrice du Maine-et-Loire (Les Républicains)
  • Vincent DESCOEUR, Député du Cantal (Les Républicains)
  • Nassimah DINDAR, Sénatrice de La Réunion (Union Centriste)
  • Julien DIVE, Député de l’Aisne (Les Républicains)
  • Élisabeth DOISNEAU, Sénatrice de la Mayenne (Union Centriste)
  • Virginie DUBY-MULLER, Député de la Haute-Savoie (Les Républicains)
  • Alain DUFFOURG, Sénateur du Gers (Union Centriste)
  • Catherine DUMAS, Sénatrice de Paris (Les Républicains)
  • Françoise DUMONT, Sénatrice du Var (Les Républicains)
  • Laurence DUMONT, Députée du Calvados (Socialistes et Apparentés)
  • Jérôme DURAIN, Sénateur de Saône-et-Loire (Socialistes)
  • Jean-Paul DUFREGNE, Député de l’Allier (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Marie EVRARD, Sénatrice de l’Yonne (La République En Marche)
  • Olivier FAURE, Député de la Seine-et-Marne (Premier Secrétaire du Parti Socialiste)
  • Françoise FERAT, Sénatrice de la Marne (Union Centriste)
  • Philippe FOLLIOT, Sénateur du Tarn (La République En Marche)
  • Bernard FOURNIER, Sénateur de la Loire (Les Républicains)
  • Agnès FIRMIN LE BODO, Députée de Seine-Maritime (Agir Ensemble)
  • Guillaume GAROT, Député de la Mayenne (Parti Socialiste)
  • Françoise GATEL, Sénatrice d’Ille-et-Vilaine (Union centriste)
  • Fabien GENET, Sénateur de la Saône-et-Loire (Les Républicains)
  • Éric GOLD, Sénateur du Puy-de-Dôme (Rassemblement Démocratique et Social Européen)
  • Guillaume GONTARD, Sénateur de l’Isère (Ecologiste, Solidarité et Territoires)
  • Nathalie GOULET, Sénatrice de l’Orne (Union Centriste)
  • Claude GRUFFAT, Député européen (Les Verts)
  • Pascale GRUNY, Sénatrice de l’Aisne (Les Républicains)
  • Jocelyne GUIDEZ, Sénatrice de l’Essonne (Union Centriste)
  • Pierre HENRIET, Député de la Vendée (La République En Marche)
  • Olivier HENNO, Sénateur du Nord (Union Centriste)
  • Loïc HERVE, Sénateur de la Haute-Savoie (Union Centriste)
  • Jean HINGRAY, Sénateur des Vosges (Union Centriste)
  • Alain HOUPERT, Sénateur de la Côte-d’Or (Les Républicains)
  • Philippe HUPPE, Député de l’Hérault (Agir Ensemble)
  • Annick JACQUEMET, Sénatrice du Doubs (Union Centriste)
  • Christian JACOB, Député de Seine-et-Marne (Président des Républicains)
  • Yannick JADOT, Député européen (Les Verts)
  • Patrice JOLY, Sénateur de la Nièvre (Socialistes)
  • Else JOSEPH, Sénatrice des Ardennes (Les Républicains)
  • Chantal JOURDAN, Députée de l’Orne (Parti Socialiste)
  • Sébastien JUMEL, Député de Seine-Maritime (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Marietta KARAMANLI, Députée de la Sarthe (Socialistes et Apparentés)
  • Manuela KECLARD-MONDERSIR, Députée de la Martinique (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Claude KERN, Sénateur du Bas-Rhin (Union centriste)
  • Christian KLINGER, Sénateur du Haut-Rhin (Les Républicains)
  • Gérard LAHELLEC, Sénateur des Côtes d’Armor (Communistes, Républicains et Citoyens)
  • Michel LAUGIER, Sénateur des Yvelines (Union Centriste)
  • Daniel LAURENT, Sénateur de la Charente-Maritime (Les Républicains)
  • Patricia LEMOINE, Députée de Seine-et-Marne (Agir Ensemble)
  • Antoine LEFEVRE, Sénateur de l’Aisne (Les Républicains)
  • Jacques LE NAY, Sénateur du Morbihan (Union Centriste)
  • Gérard LESEUL, Député de Seine Maritime (Socialistes et Apparentés)
  • Pierre-Antoine LEVI, Sénateur du Tarn-et-Garonne (Union Centriste)
  • Jean-François LONGEOT, Sénateur du Doubs (Union Centriste)
  • Vivette LOPEZ, Sénatrice du Gard (Les Républicains)
  • Pierre LOUAULT, Sénateur d’Indre-et-Loire (Union Centriste)
  • Véronique LOUWAGIE, Députée de l’Orne (Les Républicains)
  • Jean-Jacques LOZACH, Sénateur de la Creuse (Socialistes)
  • Lise MAGNIER, Députée de la Marne (Agir Ensemble)
  • Josette MANIN, Députée de la Martinique (Socialistes et Apparentés)
  • Hervé MAUREY, Sénateur de l’Eure (Union centriste)
  • Marie MERCIER, Sénatrice de la Saône-et-Loire (Les Républicains)
  • Sébastien MEURANT, Sénateur du Val-d’Oise (Les Républicains)
  • Jean-Michel MIS, Député de la Loire (LREM)
  • Jean-Marie MIZZON, Sénateur de la Moselle (Union centriste)
  • Jean-Pierre MOGA, Sénateur de Lot-et-Garonne (Union Centriste)
  • Marie-Pierre MONIER, Sénatrice de la Drôme (Socialistes)
  • Catherine MORIN-DESAILLY, Sénatrice de la Seine-Maritime (Union centriste)
  • Philippe MOUILLER, Sénateur des Deux-Sèvres (Les Républicains)
  • Philippe NAILLET, Député de la Réunion (Socialistes et Apparentés)
  • Jérôme NURY, Député de l’Orne (Les Républicains)
  • Matthieu ORPHELIN, Député du Maine-et-Loire (Ecologistes)
  • Cedric PERRIN, Sénateur du Territoire de Belfort (Les Républicains)
  • Stéphane PIEDNOIR, Sénateur du Maine-et-Loire (Les Républicains)
  • Christine PIRES-BEAUNE, Députée du Puy-de-Dôme (Socialistes et Apparentés)
  • Sebastien PLA, Sénateur de l’Aude (Socialistes)
  • Kristina PLUCHET, Sénatrice de l’Eure (Les Républicains)
  • Rémy POINTEREAU, Sénateur du Cher (Les Républicains)
  • Valérie RABAULT, Députée du Tarn-et-Garonne (Socialistes et Apparentés)
  • Richard RAMOS, Député du Loiret (Modem)
  • Rémi REBEYROTTE, Député de Saône-et-Loire (LREM)
  • Vincent ROLLAND, Député de la Savoie (Les Républicains)
  • Claudia ROUAUX, Députée de l’Ille-et-Vilaine (Socialistes et Apparentés)
  • Fabien ROUSSEL, Député du Nord (Gauche Démocrate et Républicaine)
  • Isabelle SANTIAGO, Députée du Val de Marne (Socialistes et Apparentés)
  • Stéphane SAUTAREL, Sénateur du Cantal (Les Républicains)
  • Denise SAINT-PÊ, Sénatrice des Pyrénées-Atlantiques (Union Centriste)
  • Anne SANDER, Députée européenne (Parti Populaire Européen)
  • René-Paul SAVARY, Sénateur de la Marne (Les Républicains)
  • Michel SAVIN, Sénateur de l’Isère (Les Républicains)
  • Bruno SIDO, Sénateur de la Haute-Marne (Les Républicains)
  • Nadia SOLLOGOUB, Sénatrice de la Nièvre (Union Centriste)
  • Laurent SOMON, Sénateur de la Somme (Les Républicains)
  • Sylvie TOLMONT, Députée de la Sarthe (Socialistes et Apparentés)
  • Anne VENTALON, Sénatrice de l’Ardèche (Les Républicains)
  • Sylvie VERMEILLET, Sénatrice du Jura (Union Centriste)
  • Michèle VICTORY, Députée de l’Ardèche (Socialistes et Apparentés)
  • Jean Pierre VOGEL, Sénateur de la Sarthe (Les Républicains)
  • Dany WATTEBLED, Sénateur du Nord (Les Indépendants)

Alimentation : se méfier des produits hors saisons

Alimentation : se méfier des produits hors  saisons

 

 

Un article du Figaro attire l’attention sur la nécessité d’éviter la consommation de produits, légumes et fruits hors saison. En effet la plupart sont poussés à coup de produits chimiques et cueillis alors qu’ils ne sont pas en pleine maturité. Ils perdent beaucoup d’un point de vue gustatif mais aussi d’un point de vue de la qualité nutritive. Mieux vaut consommer des produits de saison dans les conditions de production résistent mieux à l’arsenal chimique. Il est conseillé pour les produits qui ne sont pas vraiment bio de les éplucher pour la plupart quand c’est possible

La majorité des consommateurs achètent du bio pour se protéger des pesticides. Or, il est important de rappeler que contrairement à une idée répandue, l’agriculture biologique y a aussi recours (voir encadré), même si les quantités de résidus restent minimes par rapport à ceux de l’agriculture conventionnelle. Et d’après un rapport de 2018 de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), la moitié des produits de culture non bio ne contiennent pas de résidus de pesticides. Seuls 4,8% dépassent la limite sanitaire en vigueur (LMR, le seuil réglementaire européen).

Les pesticides utilisés dans le cadre d’une agriculture biologique ne doivent pas être des produits de synthèse créés par l’homme. Mais qui dit d’origine naturelle ne veut pas forcément dire sans risque. Dans son rapport de 2018, l’EFSA a détecté 13,8% de résidus dans des produits agricoles bio, dont 1,4 % dépassent le seuil réglementaire. Parmi eux, le cuivre, utilisé par les producteurs bio de vin, de poires, de pommes ou de pommes de terre, qui a mauvaise presse. «(Il) n’est pas reconnu cancérigène mais ce métal lourd dont la toxicité est bien connue, s’accumule dans les sols, ce qui est très préoccupant pour la santé humaine et la protection de l’environnement en Europe», reconnaissait en mars 2019 le commissaire européen chargé de la santé Vytenis Andriukaitis sur Twitter.

Comment les trier ? Les légumes font davantage partie des «bons» élèves par rapport aux fruits, indique Philippe Pouillart, enseignant-chercheur en pratique culinaire et santé à l’Institut polytechnique UniLaSalle à Beauvais. Certains sont davantage protégés par le sol et moins exposés aux maladies. «L’asperge, qui représente 3,9% de risque de contamination aux résidus de pesticides selon les dernières données de la DGCCRF, pousse sous terre au printemps lorsque la pression des pathogènes n’est pas encore forte et nécessite ainsi moins de pesticides», détaille le chercheur. Même observation pour la patate douce dont l’amidon «résiste bien mieux aux ravageurs que la pomme de terre», issue d’une autre famille botanique.

L’enveloppe du légume a aussi son importance. «Le chou, les petits pois ou l’oignon, sont protégés par des couches multiples ou épaisses. Le maïs est lui protégé par une peau plus dense, l’aubergine par une peau plus brillante… Cela permet de faire au maximum barrière aux pesticides, à condition de ne pas manger ladite peau», nuance Philippe Pouillart. Même logique du côté des fruits : on privilégiera l’avocat et sa peau cireuse (21% de risque de contamination aux résidus de pesticides), le kiwi et ses poils (27% de risque), la mangue ou encore l’ananas et sa carapace fibreuse.

En suivant ce raisonnement, on évite alors ceux à la peau «plus poreuse» et exposés davantage aux traitements phytosanitaires. En tête de liste on trouve les herbes aromatiques, le céleri branche (85% de risque), l’endive, la laitue, les haricots verts, la pomme de terre, le poireau et enfin le melon (40% de risque). Au rayon fruits, nous avons le raisin (89% de risque), les agrumes type oranges, mandarines, clémentines, pamplemousses, la cerise, la fraise ou encore la nectarine.

Prenons-nous des risques en s’exposant à ces résidus de pesticides, certaines familles étant classées comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction ? Non, répond l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). «Ces LMR (le seuil réglementaire européen) sont établies après une évaluation des dangers et des risques chroniques, et une importante marge de sécurité est appliquée lors de leur fixation, assurait le directeur général de l’Anses Roger Genet dans un communiqué en 2018. Ainsi, la présence de traces de pesticides dans les denrées alimentaires à des teneurs inférieures ou égales à la LMR, ou même un dépassement ponctuel, ne présentent pas un risque pour la santé du consommateur.» En revanche, des scientifiques et des associations comme Générations Futures alertent sur un potentiel «effet cocktail» de ces faibles doses, non pris en compte par la législation actuelle.

Finalement, pour se protéger au mieux et éviter la migraine devant les étals, Catherine Renard, directrice de l’unité Sécurité et qualité des produits d’origine végétale à l’Inrae recommande avant tout de diversifier son alimentation en fruits et légumes en privilégiant, dans la mesure du possible, celle de saison. Opinion partagée par Philippe Pouillart, enseignant-chercheur en pratique culinaire et santé, qui plébiscite en plus une alimentation la plus locale possible. «Quand les fruits et légumes sont conditionnés pour voyager aux quatre coins du globe, ils sont récoltés bien avant d’arriver à maturité, explique-t-il. De même, faire pousser hors saison sous serre chauffée et en hydroponie donnera au final des tomates gorgées d’eau, par exemple.» Le professionnel ajoute : «Un produit de saison poussera bien mieux sans engrais et s’exposera à moins de pesticides, car la chaîne alimentaire insecte/prédateur suivra elle-aussi la saison.»

D’autant plus que, pour l’heure, rien ne prouve formellement que l’alimentation bio soit plus bénéfique que celle conventionnelle pour la santé humaine, rapporte Carine Le Bourvellec, chargée de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inrae). «Un fruit ou un légume bio a le même profil nutritionnel qu’un même produit conventionnel, assure-t-elle. Avec son équipe de l’unité Sécurité et qualité des produits d’origine végétale, la chercheuse a étudié pendant trois ans trois variétés de pommes issues de trois modes de cultures différentes (conventionnel, bas en intrants, bio). «On a pu démontrer que la variété a davantage d’impact sur les qualités nutritionnelles et organoleptiques, conclut-elle. Viennent ensuite l’année de culture et enfin en tout dernier le mode de production».

L’agroécologie : une perspective réalisable

L’agroécologie : une perspective réalisable

.Élisabeth Claverie de Saint-Martin, directrice générale déléguée à la recherche et à la stratégie du Cirad, à Montpellier, explique dans la tribune pourquoi l’agro écologie est une perspective réalisable. Elle évoque un scénario « Sain » où le développement de l’agroécologie a une place importante et qui permettrait d’atteindre une sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale durable en 2050.

 

 

Que révèlent les crises épidémiques qui nous frappent sur notre rapport au monde vivant et sur les liens qu’il nous faut faire avec notre agriculture et notre alimentation ?

ELISABETH CLAVERIE DE SAINT-MARTIN, directrice générale déléguée à la recherche et à la stratégie du Cirad - Du point du vue du Cirad, cette crise épidémique était possible, les risques étaient présents. Nous qui travaillons sur les maladies animales, qui sont à l’origine de 75 % des nouvelles maladies infectieuses chez l’être humain, nous savions que certaines de ces maladies pouvaient passer à l’Homme. Nous avions constaté grâce à nos activités, en Asie du Sud-Est notamment, beaucoup d’émergences de maladies nouvelles dans des zones où les modes d’agriculture et les modes de contact entre les animaux sauvages et l’Homme ont changé. L’enseignement principal de cette pandémie, c’est que l’adoption de modes de production plus durables est une urgence ! L’agroécologie n’est pas un rêve inatteignable… Et cela va de pair avec notre mode de consommation, ce que nous mangeons. On a pris l’habitude de penser séparément, mais même si ça a été utile à un moment donné, il faut arrêter de travailler en silo : on ne peut pas travailler sur les systèmes alimentaires sans regarder la biodiversité ou le climat, et inversement. Santé des écosystèmes, santé humaine et animale sont

Les huiles végétales flambent

Les huiles végétales flambent

 

 

Sous l’effet de la demande chinoise les tuiles végétales flambent et en vue parfois leur prix doublé en un an ,

Conséquence de ces achats massifs, l’indice FAO (agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation) des prix des huiles végétales a atteint début mars son plus haut niveau depuis avril 2012, bondissant de quelque 90% depuis son dernier point bas fin 2020.

En France, le colza a vu ses prix sur le marché à terme augmenter de plus de 25% depuis la mi-

« Le prix de l’huile de tournesol a été multiplié par deux. Elle est à 1.800 dollars sur le marché spot; le record absolu qui date de 2008 est de 1.900 dollars », a souligné Olivier Delaméa, directeur général d’Avril Végétal, division du groupe Avril, numéro un français des huiles de table.

Cette flambée des cours a-t-elle au moins profité aux premiers intéressés, les agriculteurs? De manière marginale, à en croire Arnaud Rousseau, président de la Fop (Fédération des producteurs d’oléoprotéagineux), car selon lui plus de 80% des grains ont été vendus avant la flambée des cours.

Le problème est que les huiles végétales comme non d’autres productions agricoles font l’objet de spéculations et que les cours sont très volatiles en fonction de des tendances des bourses.

 

« Une politique agricole qui mène aux suicides »

« Une politique agricole qui mène aux  suicides »

Jean-François Bouchevreau, président de Solidarité Paysans, et le philosophe Marc Crépon, appellent, dans une tribune au « Monde », à agir sur les causes de la crise agricole

 

 

 

Tribune.

 

 

En France, en 2015, il y a eu 605 suicides dans le monde agricole : 233 salariées et salariés, et 372 agriculteurs et agricultrices ont mis fin à leurs jours sans réaction à la hauteur des enjeux. Des chiffres qui montrent l’impasse du modèle de développement agricole industriel.

Nous qui accompagnons et défendons au quotidien des agriculteurs en difficulté, nous affirmons que ces paysannes et paysans ne sont pas des statistiques. Derrière chaque suicide, c’est une personne qui souffre et a perdu tout espoir. C’est une famille dont la vie est brisée, des enfants dont un des parents est parti pour toujours. Ces souffrances sont l’effet d’une violence insupportable faite aux paysannes et aux paysans que nous dénonçons.

Depuis 2019, avec l’immense succès du film Au nom de la terre, d’Edouard Bergeon, et la médiatisation du sujet, les politiques commencent à s’intéresser au suicide des paysans. Une mission parlementaire sur les difficultés en agriculture et la prévention du suicide a été confiée par le premier ministre au député Olivier Damaisin, qui a présenté son rapport en décembre 2020.

Ce rapport ne parle que de repérage, fichage, mentorat, communication, ignorant totalement les hommes, les femmes qui devraient être au centre d’un tel travail. A aucun moment il ne se questionne sur les causes de ce mal-être, contrairement aux sénateurs, Françoise Férat et Henri Cabanel, qui ont présenté le 17 mars, 64 recommandations, appelant l’Etat à se mobiliser, notamment sur la question cruciale de la faiblesse des revenus des agriculteurs.

Il faut revenir au sortir de la seconde guerre mondiale, et des lois d’orientation agricole de 1960-1962, pour comprendre les responsabilités. Le pouvoir politique et ce que l’on appelait alors « la profession » (c’est-à-dire les organisations agricoles institutionnelles : syndicalisme majoritaire, coopération, mutualité sociale agricole et chambres d’agriculture) se sont mis d’accord sur la « modernisation de l’agriculture » ; « la profession » gérant le développement agricole, en accord avec le pouvoir politique.

En 1955, il y avait 2 307 000 exploitations agricolesen 2013 il en restait 451 606, soit une disparition de 1 855 394 exploitations. C’est un autre résultat de cette politique agricole cogérée, de concentration des moyens de production, de l’endettement, de la surcharge de travail, qui a installé le modèle industriel pour lequel l’emploi paysan est toujours la variable d’ajustement au fil des crises.

 

 

« Relocaliser la production de viande bovine »

« Relocaliser la production de viande bovine »

Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse ; Pierre Venteau, député de la Haute-Vienne ; Alain Perea, député de l’Aude ; Olivier Damaisin, député du Lot-et-Garonne ; Martine Leguille-Balloy, députée de Vendée militent pour « Relocaliser la production de viande bovine »

 

Cinq députés LREM plaident pour une remise à plat de notre façon de consommer de la viande bovine. « Peut-on accepter de faire venir de la viande de l’autre côté du globe et, dans le même temps, faire faire plus de 1 000 kilomètres à des animaux vivants pour rejoindre des centres d’engraissement à l’étranger ? », interrogent-ils. La réponse suppose de s’intéresser à la structuration de la filière.

Oui, la France souffre d’un déficit de viande bovine, mais pas de n’importe laquelle ! En l’état actuel des choses, celle issue de femelles. En effet, pour servir la restauration hors domicile, nous importons actuellement force viande de vaches de réformes laitières et de veaux issus des pays du Nord (Allemagne et Pays-Bas), mais également d’Amérique du Sud. Dans le même temps, c’est paradoxal, nous exportons des jeunes bovins mâles vivants, qui vont se faire engraisser en Italie et en Espagne. Pourquoi ? Parce que, pour l’instant, ces jeunes bovins ne correspondent malheureusement pas à nos habitudes alimentaires.

Cette situation doit nous interpeller à la fois sur le plan de l’empreinte environnementale que cela entraîne et sur le plan du bien-être animal. Peut-on accepter de faire venir de la viande de l’autre côté du globe et, dans le même temps, faire faire plus de 1 000 kilomètres à des animaux vivants pour rejoindre des centres d’engraissement à l’étranger ?

Cette situation interroge, surtout quand il est établi que les systèmes naisseurs-engraisseurs finissant l’élevage de la totalité des animaux présentent une résilience toute particulière. Car oui, le système de naisseur-engraisseur valorise parfaitement les surfaces de prairies permanentes tout en conservant un assolement de polyculture favorable à la biodiversité, au stockage du carbone et à l’autonomie protéique. L’essence même des principes de l’agroécologie !

Pour les zones où les cultures sont difficilement possibles, ne serait-il pas intéressant de passer à un système de mutualisation afin de diminuer les coûts de production dans des ateliers collectifs d’engraissement plutôt que d’envoyer nos jeunes bovins vers l’Italie, un pays qui veut de plus en plus du « 3IT » à savoir de la viande née, élevée et abattue en Italie ? Il apparaît donc évident que la future PAC doit encourager et soutenir particulièrement les systèmes de production de bovins avec finition, et pas seulement au travers des aides directes.

Les nombreuses aménités de ces systèmes méritent également l’accès simplifié aux éco-schémas reconnaissant l’existant, aux mesures agro-environnementales et climatiques, systèmes accompagnant l’évolution des pratiques, et à de puissants soutiens à l’investissement tant en matière de bien-être animal que de capacités de production.

« Le sujet n’est pas la quantité de la viande consommée, mais plutôt sa qualité. Pour mémoire les 500 grammes de viande rouge hebdomadaires conseillés par le Programme national nutrition santé (PNNS) pour les adolescents ne sont jamais atteints en France, et de loin, dans les différentes enquêtes disponibles »

« Nouveaux débouchés ». Le sujet n’est pas la quantité de la viande consommée, mais plutôt sa qualité. Pour mémoire les 500 grammes de viande rouge hebdomadaires conseillés par le Programme national nutrition santé (PNNS) pour les adolescents ne sont jamais atteints en France, et de loin, dans les différentes enquêtes disponibles.

Oui, il faut s’habituer à consommer cette viande autrement que dans des produits ultra-transformés, et il conviendrait plutôt de s’assurer que cette viande soit issue de cheptels français et rémunérant équitablement les éleveurs.

Sur ce dernier point, il semble aujourd’hui que la puissance publique est le dernier recours, vu l’incapacité de ces filières à se structurer et à avancer des propositions de régulation des prix et des volumes et de contractualisation.

C’est justement ce qui est fait, tant par le renforcement des contrôles sur les négociations commerciales que par les appels du ministre de l’Agriculture à introduire du jeune bovin dans les cantines.

Nous devons sortir des sentiers battus et trouver de nouveaux débouchés pour la viande de qualité de nos mâles, et ce, y compris dans d’autres pays que l’Italie. De plus, nous devons nous mobiliser pour que nos enfants apprennent à apprécier à quotidien notre viande d’excellence y compris celle de nos bovins mâles.

L’enjeu est clair : nous devons nous fixer comme objectif de substituer la viande d’importation par nos jeunes bovins en relocalisant massivement leur finition en France et en la consommant dans la restauration hors domicile.

C’est bon pour le climat, c’est bon pour le bien-être animal, c’est bon pour la santé et c’est bon pour notre économie !

C’est pour toutes ces raisons que nous travaillons activement sur l’élaboration d’un plan soutenant la relocalisation de la production de viande bovine avec le cabinet du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse ; Pierre Venteau, député de la Haute-Vienne ; Alain Perea, député de l’Aude ; Olivier Damaisin, député du Lot-et-Garonne ; Martine Leguille-Balloy, députée de Vendée.

Déforestation : quelle prise en compte de l’intérêt général ?

Déforestation : quelle prise en compte de l’intérêt général ?

A l’occasion de la Journée internationale des forêts, dimanche 21 mars, le botaniste Francis Hallé dénonce, dans une tribune au « Monde », la « bienveillance » envers l’abattage et le commerce du bois, et prône une compensation pour les dommages causés à la nature et à l’humain.

Un fait banal pour commencer : un propriétaire forestier ou un exploitant abat ses arbres ou exploite une parcelle de forêt qui lui appartient, puis il vend son bois à un prix qui dépend de l’essence considérée et qui est fixé par les règles du marché. Il est le seul bénéficiaire de l’opération et cela nous paraît normal, puisque cet homme est propriétaire de la ressource.

Depuis des siècles, les choses se passent ainsi et jamais personne n’a protesté contre la déforestation – à l’exception de quelques philosophes ou de quelques poètes : Ronsard, Hugo ou Giono. Cette relative bienveillance envers les abattages et le commerce du bois se justifiait par le fait que, jusqu’à une époque récente, ces activités étaient artisanales et que leurs conséquences restaient discrètes, voire imperceptibles.

Mais les temps ont changé, les abattages se sont industrialisés et les contraintes écologiques de notre époque amènent à questionner un processus d’exploitation qui fonctionnait bien dans le passé, mais qui paraît maintenant trop simple ; car s’il y a un bénéficiaire, il y a aussi des perdants.

« Les arbres absorbent le CO, fixent le carbone atmosphérique, nous fournissent de l’oxygène, régulent le débit des eaux, ils ont une influence bénéfique sur notre santé physique et mentale… »

Des perdants ? Qui sont-ils ? Nous tous, car les arbres abattus représentaient un patrimoine qui nous garantissait un environnement viable, et même agréable ; ces arbres absorbaient le COqui réchauffait l’atmosphère, ils fixaient le carbone atmosphérique, ils nous fournissaient de l’oxygène, agrémentaient nos paysages, inspiraient les peintres et les poètes, régulaient le débit des eaux, amélioraient la fertilité des sols et les protégeaient contre l’érosion ; en outre, ils avaient une influence bénéfique sur notre santé physique et mentale, tout en favorisant le développement et le maintien d’une diversité biologique dont nous savons maintenant qu’elle est vitale pour l’espèce humaine.

A notre époque, n’est-il pas devenu anormal, voire insupportable, que l’industrie du bois tue et détruise des êtres vivants sans tenir aucun compte des services qu’ils nous rendaient ?

Nous devons prendre conscience que le fonctionnement de cette industrie repose sur une comptabilité fallacieuse puisque, dès lors que la nature est détruite, nous cessons de bénéficier de tous les services qu’elle assurait gratuitement, sans que nous recevions quoi que ce soit en échange, et sans qu’aucune disposition juridique ou financière ne garantisse que les dommages écologiques seront compensés par ceux qui en sont les responsables.

L’avenir agricole en question (Sébastien Abis)

L’avenir agricole en question (Sébastien Abis)

 

 

Sébastien Abis est directeur du Club Déméter et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Il est aussi codirecteur de l’ouvrage annuel Le Déméter, qui explore les grandes thématiques agroalimentaires mondiales, dont la prochaine édition est prévue en février. Il propose, avec la série Le dessous des tables​, une prise de hauteur sur les défis agricoles et alimentaires. Il vient de publier une Géopolitique de l’Agriculture (Ed. Eyrolles). Chronique dans l’Opinion.

L’année 2020, pourtant si exceptionnelle, n’a pas eu d’impact sur la performance structurelle que la France réalise en matière d’exportations agricoles et agroalimentaires. A 62 milliards d’euros, elles représentent 15% du total des exportations nationales.

Ce résultat agricole et alimentaire ne cesse de progresser depuis vingt ans. En 2000, les exportations du secteur représentaient 10 % de notre commerce extérieur. C’était 12 % en 2010, année où le montant dépassait pour la première fois la barre des 50 milliards d’euros. Il n’a plus jamais été en dessous depuis. La dynamique s’explique par la hausse des volumes, mais aussi par le renchérissement du prix de certains produits depuis le début de ce siècle.

Le marché mondial a faim : la planète compte deux milliards d’habitants de plus qu’au début de ce nouveau millénaire. Avec au passage une croissance significative de la taille des classes moyennes mondiales, notamment asiatiques, qui réclament des quantités, mais aussi de la qualité pour leur consommation alimentaire. Des vents porteurs pour la France agricole et agroalimentaire qui bénéficie d’une image d’excellence à l’étranger.

« Au niveau géographique, l’année 2020 ressemble aussi aux tendances lourdes de ces dernières années : 53 % des exportations se font à destination d’Etats membres de l’Union européenne »

Vins et spiritueux. En 2020, le montant des exportations agricoles et agroalimentaires, 62 milliards, dépasse de loin celui enregistré par l’automobile (40 milliards), l’aéronautique ou la pharmacie (35 milliards d’euros chacun). La ventilation est assez fidèlement polarisée sur les produits et pays clefs du commerce agricole et agroalimentaire de la France. Les boissons (vins et spiritueux) assurent le quart de ces exportations. Arrivent ensuite les céréales, brutes et transformées, qui représentent 17 %. Le lait et les produits laitiers pèsent 10 %, suivis du segment fruits et légumes qui compte pour 9 % (en intégrant les produits transformés). Parmi les autres principaux secteurs, les viandes et abats (5 %), les huiles et oléagineux (3 %) et le sucre (3 %). Nous pourrions aussi mentionner le cas spécifique de filières moins dominantes, comme les semences (1,5%) qui confèrent un poids stratégique à la France, leader mondial à l’export sur ce segment. Tous ces produits tirent depuis deux décennies la performance agricole et agroalimentaire du pays à l’international.

Au niveau géographique, l’année 2020 ressemble aussi aux tendances lourdes de ces dernières années : 53 % des exportations se font à destination d’Etats membres de l’Union européenne (UE). Cinq d’entre eux assurent la moitié de ces flux : Allemagne (11 %), Belgique (10 %), Italie (8 %), Espagne (8 %) et Pays-Bas (6 %). Hors UE, la France exporte principalement au Royaume-Uni (9 %), aux Etats-Unis (7 %), en Chine (5 %). Dans le top 15 des destinations françaises figurent sept Etats membres de l’UE et neuf pays européens, ce qui révèle l’importance des marchés extra-communautaires. Il faut également noter les éléments suivants : l’Afrique dans son ensemble pèse 6 % (plus que la Chine…), le Moyen-Orient 3% et la Russie 0,5% seulement.

«I l faut souligner que la France, au niveau mondial, est passé du deuxième au septième rang des pays exportateurs agricoles et agroalimentaires entre le début des années 1990 et 2020. Notre part de marché, sur cette période, s’est affaissée, passant de 9 % à 3 % »

Pénurie de main-d’œuvre. Revenons sur ce chiffre de 62 milliards d’exportations pour 2020. Un quart provient des produits agricoles. Avec près de 47 milliards d’euros, l’agroalimentaire domine largement. C’est le premier secteur industriel de France : il représente 20% de son tissu économique et emploie directement un demi-million de personnes. A l’heure où l’on parle de réindustrialisation du pays, il serait opportun de maintenir les secteurs déjà dynamiques. Or, l’agroi-ndustrie est menacée de pénurie de main-d’œuvre : 30 000 emplois seraient actuellement non pourvus. Le travail en usine, en milieu rural et dans l’industrie agroalimentaire n’attire que très peu. Et pourtant les conditions s’y améliorent et l’on devrait revaloriser tous ces métiers productifs dès le plus jeune âge. Si la France entend créer de l’emploi dans des zones rurales et dans l’industrie, elle aura besoin de compétences et de nouveaux talents au service de cette souveraineté productive et de circuits courts solides dans la durée.

Si ces chiffres doivent être appréciés à la hauteur de ce qu’ils génèrent en termes d’économie, d’emploi et de rayonnement, il faut les remettre en perspective. D’abord, la France importe aussi des produits agricoles et agroalimentaires. Le montant a doublé en deux décennies, atteignant 56 milliards en 2020, soit 11 % du total des importations françaises. Dans ces achats, 80% sont de l’agroalimentaire (produits de la mer, produits à base de viande ou de fruits et légumes, chocolats et confiseries, etc.) et 85% des protéines aquatiques consommées proviennent de l’importation. Le développement de l’aquaculture peut être l’un des axes phares dans la stratégie de reconquête de souveraineté alimentaire pour les secteurs où la France est réellement fragile.

Certes, la France dispose d’une balance commerciale excédentaire en agriculture et dans l’agroalimentaire, mais ce solde de 6 milliards d’euros en 2020 est le plus faible enregistré depuis le début du millénaire. La plupart des années ont connu un excédent supérieur à 10 milliards, avec même en 2012 un pic à 13 milliards. Nous observons une érosion de cette balance commerciale depuis 2016. La France perd surtout en compétitivité sur les marchés communautaires alors qu’elle progresse sur le grand large. Nous sommes le premier exportateur agricole et agroalimentaire européen vers les pays tiers, mais le troisième vers les pays membres de l’UE. Néanmoins, il faut souligner que la France, au niveau mondial, est passé du deuxième au septième rang des pays exportateurs agricoles et agroalimentaires entre le début des années 1990 et 2020. Notre part de marché, sur cette période, s’est affaissée, passant de 9 % à 3 %.

« Comment éviter que la mise en place de mécanismes d’ajustement carbone aux frontières, prévus par l’UE, ne provoque des mesures en miroir de la part de pays qui feraient alors le choix de ne plus s’approvisionner en Europe? »

Filières vulnérables. A l’heure où la crise Covid recentralise l’agriculture et l’alimentation parmi les secteurs stratégiques à soutenir, pour qu’ils puissent être performants avec constance tant ils déterminent la sécurité collective d’une nation, il apparaît sans doute nécessaire de réfléchir à ces chiffres du commerce. La France peut-elle réduire certaines importations, relocaliser quelques productions, agricole ou de transformation, et si oui comment faire en sorte qu’une ardeur joyeuse s’en dégage ? Autrement dit, comment garantir des revenus aux agriculteurs de certaines filières vulnérables vis-à-vis de concurrence étrangère et comment faire en sorte que les consommateurs consentent (ou puissent) à payer plus cher leur nourriture ?

Cela pose aussi la question des ressources : financières pour investir dans l’innovation, le développement industriel et les transitions de pratiques ; humaines pour avoir des personnes qui travaillent dans un secteur aujourd’hui peu attractif. En outre, comment éviter que la mise en place de mécanismes d’ajustement carbone aux frontières, prévus par l’UE, ne provoque des mesures en miroir de la part de pays qui feraient alors le choix de ne plus s’approvisionner en Europe ? Un débat difficile, dans lequel il semble toutefois indispensable d’inclure une réflexion économique et géopolitique, puisque l’exportation agricole et agroalimentaire fait aussi partie des atouts de l’Europe et de la France pour créer de la valeur sur le continent, exister dans la mondialisation et contribuer aux besoins de certaines régions. A moins que l’on décrète que notre seul horizon doive être celui du marché communautaire ? Espérons alors que l’UE ne se délite pas à son tour et préparons-nous à un monde encore plus instable et moins solidaire.

Un dernier coup porté aux producteurs de lait avec la suppression de l’origine

Un dernier coup porté aux producteurs de lait avec la suppression de l’origine

 

 

le Conseil d’État a tranché, il n’est pas nécessaire d’indiquer l’origine géographique du lait. Un coup supplémentaire porté à la filière déjà dans un état désespéré puisque les prix d’aujourd’hui ne sont pas supérieurs à ceux qui existaient il y a 20 ou 30 ans !

 

Certes l’origine du lait ne constituait peut-être pas le facteur dominant de la crise. Pour autant le risque c’est de voir pénétrer en France encore davantage de lait étranger d’autres pays d’Europe voire au-delà.

 

Pourtant les conditions de production géographique ne sont pas sans lien avec la qualité du lait.

« Par décret du 19 août 2016, le Premier ministre a rendu obligatoire, à titre expérimental, l’indication de l’origine du lait ainsi que du lait et des viandes utilisées comme ingrédient dans des denrées alimentaires préemballées, pour la période allant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018″, une période d’expérimentation prorogée par décrets jusqu’au 31 décembre 2021, rappelle la décision, dont l’AFP a pris connaissance vendredi 12 mars.

Le groupe laitier avait demandé l’annulation de cette obligation, soutenant qu’elle était contraire au règlement du 25 octobre 2011 du Parlement européen et du Conseil de l’Union européenne concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires.

La raison invoquée : l’absence de lien avéré entre l’origine (UE ou non UE) du lait, et ses propriétés, a indiqué la plus haute juridiction administrative dans un communiqué synthétisant sa décision.

 

Agriculture: la question du foncier

Agriculture: la question du foncier

 

Jean Viard, sociologue, évoque bouleversement démographique en cours dans le monde agricole  mais  évoque aussi la question centrale du foncier

La moitié de près de 450 000 agriculteurs français partira en retraite d’ici à dix ans. Il va falloir renouveler profondément ceux qui font l’alimentation française. C’est un bouleversement profond !

Oui, mais il faut le relativiser. Tous les agriculteurs ne sont pas des descendants de paysans sur plusieurs siècles. La France agricole a déjà connu, dans son histoire contemporaine, deux grandes vagues de renouvellement. Après la Première guerre mondiale, il y avait en France 300 000 jeunes veuves, sans compter toutes les jeunes filles qui avaient perdu leur promis. Les bras d’hommes manquaient aux champs. Certaines jeunes femmes sont devenues ouvrières agricoles, mais des hommes sont aussi venus d’ailleurs en Europe, de Belgique notamment, ou des ruraux non agricoles. Après la Seconde guerre mondiale, le nombre de fermes a fondu, passant de 3 millions en 1945 à 440 000 aujourd’hui. Il y a donc eu peu d’arrivants sur la période, la tendance étant plutôt que les fermes « se mangent » les unes les autres. Mais tout de même : beaucoup de main-d’œuvre saisonnière venait d’Espagne, d’Italie, notamment dans les régions de vignes. Et comme les mères des familles paysannes poussaient les filles à partir vers la ville pour accéder au « propre », au « moderne », c’est par les filles des travailleurs saisonniers – qui épousaient les héritiers locaux – que s’est fait le renouvellement. L’idée du groupe ancestral, homogène, est donc à nuancer, même s’il reste fondateur.

La ruralité, la France paysanne, restent-elles néanmoins la base de l’identité nationale ?

Le modèle politique de la France, dès 1870 après la commune de Paris, s’est appuyé sur un nombre important de paysans qui, alliés aux bourgeois des villes – la France des propriétaires –, devait soutenir la « République paysanne » face aux mouvements ouvriers des villes. Et depuis, les paysans français ont fait, chaque fois, ce que la République leur a demandé de faire. Sous la IIIe République, être propriétaire, chef de famille, conseiller municipal et soldat. Garantir donc la République, tenir les 36 000 communes, et mourir à la guerre, puisque des bataillons entiers de jeunes paysans ont peuplé les tranchées quand l’Allemagne envoyait ses ouvriers. La France a fait alors le choix d’un peuple agricole nombreux pour des raisons politiques, peu productif car sur des fermes trop petites. Et c’est ce qui explique la colonisation « par la terre », en particulier en Algérie : il fallait importer une alimentation produite en quantité insuffisante sur notre sol.

«Le modèle agricole qui aujourd’hui pose problème fut une victoire paysanne, au nom de l’indépendance alimentaire d’une nation marquée par les pénuries de la guerre et par la décolonisation»

En quoi cela explique-t-il aussi la suite de l’histoire agricole française ?

Il a fallu conquérir « l’indépendance alimentaire » après 1962, pendant gaulliste de « l’indépendance par le nucléaire ». D’où le développement de l’agriculture « chimique» et technique, remembrement, arasement des haies, concentration des fermes… Le modèle agricole qui aujourd’hui pose problème fut une victoire paysanne, au nom de l’indépendance alimentaire d’une nation marquée par les pénuries de la guerre et par la décolonisation. On ne doit pas oublier pourquoi les paysans se sont lancés dans ce modèle, ce qui explique qu’il soit difficile, pour un certain nombre d’agriculteurs âgés, de remettre en cause cet héritage, car c’est ce qu’ils ont appris de leurs pères qui, eux, étaient très fiers du travail accompli. A juste titre. Dans cette optique, les agriculteurs ont recherché depuis un demi-siècle à faire toujours plus moderne – avec les machines, le confort, la propreté, l’investissement technologique – pour ne plus être considérés comme des « ploucs ». Mais la grande « méditation collective » créée par la pandémie change les choses. Des centaines de milliers de gens vont changer de vie, de métier, déménager. Une sorte de Plouc Pride (Valerie Jousseaume, éditions de l’Aube) émerge. Nos attentes vont être de ne pas avoir souffert pour rien et que cela ne se renouvelle pas. La pression pour une lutte radicale contre le changement climatique s’accélère. Les sondages sont déjà très nets. On va se détacher de la modernité pour s’intéresser à l’esprit des lieux, à l’unicité des terroirs, à l’art de vivre mais dans un environnement numérique et hyper connecté. Le futur est coopération et limites, local et connexions.

Cela avait déjà commencé avec l’arrivée de nouvelles générations qui font un retour à la terre. Qui sont les « nouveaux agriculteurs» ?

Un quart des nouveaux arrivants ne sont pas des successeurs directs. Mais il y a parmi eux beaucoup d’héritiers au deuxième degré, des petits-fils d’agriculteurs… Ils ont fait des études commerciales ou numériques. Ils développent des exploitations en prenant la question dans le sens inverse de ce qui a été fait jusqu’ici : ils pensent « qu’est-ce que les consommateurs ont envie de manger ? » Penser à l’utilisateur en premier, c’est un changement radical de paradigme pour l’agriculture ! Et cela se matérialise dans la petite transformation, le circuit court, la vente directe, le marché paysan, l’Amap, le bio… Cela permet au client de remettre un visage sur l’aliment et bouscule tout le monde agricole. Les coopératives, démonétisées, ont dû recommencer à parler de qualité, à se réapproprier l’esprit des lieux qui relie le terroir à la nourriture. Cette démarche, du consommateur au champ et non du champ au consommateur, a beaucoup d’avenir.

C’est une agriculture qu’on met en avant, qui fait rêver, mais ce n’est pas toute l’agriculture !

Non ! Elle ne peut pas répondre à toutes les attentes. Il y a une agriculture de « matière première » (soja, blé, maïs, lait, patates…) qui doit être fournie en grande quantité et peu chère. C’est d’ailleurs l’histoire de la Politique agricole commune. La nourriture est la première garantie que le politique doit donner à la population. Et comme la France n’a pas fait le choix, comme le Japon ou la Grande-Bretagne, d’externaliser son agriculture, elle aura toujours besoin de grandes productions. Ce qui va changer c’est la place de l’élevage, de la viande. Les préoccupations environnementales poussent à sa réduction. On mangera sans doute plus de carottes-boeuf que de boeuf-carottes, comme dit Thierry Marx.

L’agriculture reste-t-elle un métier d’avenir ?

Elle est d’autant plus un métier d’avenir qu’une bataille considérable s’est engagée, avec un changement nécessaire de modèle. L’agriculture doit s’ouvrir au captage du carbone, au bois, à la biomasse, à l’énergie éolienne ou solaire, à la protection des paysages et des écosystèmes. La ville a beau être prise dans sa révolution « écolo-bobo-bicyclette», penser qu’elle peut subvenir seule à ses besoins avec l’agriculture urbaine, cela reste une illusion : Paris consomme, par exemple, 3 millions d’œufs par jour… On verra, en revanche, de nouvelles formes agricoles émerger. Je plaide pour la naissance de 40 000 fermes communales qui serviront les besoins locaux des écoles, comme à Mouans-Sartoux par exemple. Nous aurons sans doute, bientôt, 100 000 fermes bio. De nombreux agriculteurs cultivent déjà sans labours, dans le respect des sols. Ce sont ces projets nombreux qui doivent nous rassembler autour du soin au corps charnel de la patrie, composée de 53 % de terres arables et de 20 % de forêts. Le métier va de plus en plus devenir ultra-technique, qualitatif. Il va falloir investir beaucoup dans la recherche de nouveaux outils, dans la surveillance des champs depuis l’espace, la formation continue… Les savoirs ont changé. Avec l’arrivée de nouvelles générations, on apprend désormais dans les livres autant que dans les champs. Une libération des carcans de la transmission familiale. La chance de l’agriculture est dans le renouvellement des générations !

Vous récusez une certaine spécificité de l’agriculture…

Il faut arrêter de dire que c’est un métier de fils de paysan et plutôt le considérer comme un métier comme un autre. On peut l’apprendre, exactement comme les autres ; il faut développer des pépinières agricoles comme on développe des pépinières d’entreprises, avec des accompagnements de projets, comme pour les start-up. Cela reste, toutefois, un métier contraignant, où on travaille quand la nature a besoin, quel que soit le temps, ce qui est une différence fondamentale avec la société urbaine, société de l’intérieur qui ne sort que quand il faut beau.

Comment régler la question cruciale du foncier ?

La nouvelle agriculture se heurte à cette question. Les jeunes agriculteurs ne peuvent plus passer leur vie à racheter le sol, cela ne peut pas être un objectif. Ceux qui entrent ne doivent pas porter cette charge, bien trop lourde. C’est un énorme capital immobilisé et s’en libérer permettrait un travail plus qualitatif sur l’innovation et les marges. Il faut réfléchir à des coopératives foncières régionales qui reprendraient les terres en viager pour les louer. Peut-être avec des actionnaires ruraux ou résidents secondaires, le bail pouvant être très long et même transmissible. Il y a de nombreux pays en Europe, comme l’Allemagne, où les paysans ne sont pas propriétaires de la terre. La terre est aussi un enjeu symbolique : séparer le foncier du paysan, c’est aussi faciliter les arrivées, et rompre avec la logique selon laquelle si on n’est pas de la famille ou du milieu, on n’a pas sa place.

FOIE GRAS bientôt interdit au Royaume-Uni « DANS LES PROCHAINS MOIS »

FOIE GRAS bientôt interdit au Royaume-Uni « DANS LES PROCHAINS MOIS »

Il est il est difficile de savoir si la possible interdiction du foie gras au Royaume-Uni correspond à une préoccupation environnementale notamment vis-à-vis du bien-être animal ou une sanction vis-à-vis de l’Europe notamment de la France. En effet le Royaume-Uni n’est pas très exemplaire en matière de respect écologique. L’interdiction britannique serait justifiée par les conditions jugées barbares des les animaux qui servent à fabriquer le foie gras.

 

Élevage : 60 millions d’aides d’urgence

Élevage : 60 millions d’aides d’urgence

 

Face à la crise très grave que subissent les éleveurs du secteur bovin, un plan d’urgence de 60 millions a été décidé par le gouvernement. Il concernera les éleveurs qui ont gagné moins de 11.000 euros en 2020, tout en incitant la filière à continuer à se restructurer.

 

Au-delà de l’élevage, le revenu des fermes françaises a reculé en 2020, a estimé l’Insee fin décembre, conséquence de mauvaises récoltes de céréales et de betteraves, mais aussi de la baisse des rentrées d’argent des élevages porcin et bovin (lait et viande). Les éleveurs dénoncent régulièrement le fait qu’ils doivent vendre leurs bêtes à un prix inférieur à leurs coûts de production, eux,  en forte hausse

La Fédération nationale bovine (FNB) a récemment calculé qu’un éleveur bovin avait gagné en moyenne 8000 euros en 2020, soit moins de 700 euros par mois.

Les enjeux de la transformation de l’agriculture française

Les enjeux de la transformation de l’agriculture française

 

Le président de l’organisation syndicale se penche dans l’Opinion  sur les enjeux de la prochaine PAC, qui couvrira la période se terminant en 2027

 

 

 

 

Les jeunes doivent être la pierre angulaire de la prochaine PAC 2023-2027. C’est très simple : à l’issue, 45% des agriculteurs seront en âge de partir à la retraite. Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Plus que jamais, le renouvellement des générations, en France comme dans le reste de l’Europe, est LE défi de ces prochaines années pour sauvegarder notre capacité à produire mais aussi la vitalité des territoires ruraux ! Je veux y voir une opportunité, un bassin d’emplois et de vocations considérable, et j’aimerais que Bruxelles, mais aussi Paris, y voient la même chose.

Deux options s’offrent à nous : la première est de miser sur un domaine qui recrute, qui nourrit et qui crée du dynamisme local en favorisant le maintien de l’agriculture dans les territoires. Faut-il vraiment citer la deuxième : ne pas être à la hauteur des enjeux, remettre en question notre souveraineté alimentaire et l’opportunité d’une alimentation locale et de qualité.

Parce que nous n’avons plus le choix, pour sauvegarder notre souveraineté alimentaire, les jeunes ont formulé des propositions concrètes pour une politique agricole commune en faveur d’un pacte ambitieux avec les citoyens européens, qui maintienne des hommes nombreux sur les territoires, qui préserve les ressources naturelles et qui protège et rémunère les agriculteurs.

«Pour trois départs à la retraite, seuls deux jeunes s’installent: mettons un coup d’arrêt à cette perdition par un investissement conséquent! Doublons le budget à l’installation»

A l’heure des négociations européennes sur les outils de demain, et à la veille des arbitrages que devra rendre le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, concernant la déclinaison française de la PAC, il est encore temps de prendre les bonnes décisions en faisant le pari de la jeunesse. A commencer par un budget à la hauteur. Aujourd’hui, pour trois départs à la retraite, seuls deux jeunes s’installent : mettons un coup d’arrêt à cette perdition par un investissement conséquent ! Allons-y réellement. Pour les jeunes, doublons le budget à l’installation en passant de 2% à 4% des aides de la PAC. Mais également en ciblant mieux les aides.

Dans un contexte de libéralisation des activités économiques, dont l’agriculture n’est pas épargnée, et pour lutter contre le subventionnement de fonds d’investissement, la concentration des terres, ou encore la rétention des aides – et du foncier –, nous appelons à un meilleur ciblage des soutiens vers les agriculteurs actifs, réellement présents sur les territoires, au service d’une agriculture durable que les citoyens appellent de leurs vœux. Cela ne peut se traduire que par l’élaboration d’une définition stricte de l’actif agricole basée notamment sur un niveau de formation, sur l’acte de production, de gouvernance de l’exploitation, sur des critères de revenu et de temps de travail, et dont les exploitants en âge de bénéficier d’une retraite à taux plein seraient exclus. Pour atteindre ce dernier point et faciliter la transmission des exploitations agricoles, nous attendons du gouvernement qu’il concrétise notamment la revalorisation des retraites à minimum à 85% du smic dans les plus brefs délais.

«Pour que l’agriculture concilie rémunération des agriculteurs et respect des attentes des consommateurs, la PAC doit accompagner la structuration de filières créatrices de valeur»

Nous soutenons une agriculture à visage humain, forte d’exploitations nombreuses, indépendantes et durables, qui maintient des voisins plutôt que des hectares : remettre l’agriculture en « mode projet », redonner une vision de long terme à ce secteur stratégique et essentiel. Pour que l’agriculture concilie rémunération des agriculteurs et respect des attentes des consommateurs, la PAC doit accompagner la structuration de filières créatrices de valeur. Pour cela, nous appelons à un renforcement des soutiens ciblés (aides couplées, aides à l’investissement) qui agissent comme levier pour mieux organiser l’amont agricole, regrouper l’offre, poursuivre la montée en gamme et permettre à chacun d’accéder à une alimentation locale, durable et rémunératrice pour ses artisans.

Enfin la vision de long terme demande de se confronter à l’urgence climatique. En tant que jeunes, nous sommes certainement la première génération d’agriculteurs à pleinement réaliser les évolutions nécessaires face au changement climatique, tout en subissant au quotidien le phénomène. Il est indispensable d’armer les jeunes pour lutter contre le dérèglement climatique et préserver les ressources naturelles, véritable outil de travail des agriculteurs. Cela passe d’abord par l’élaboration de stratégies stables et solides pour accompagner la transition écologique sur le long terme. D’autre part, adossés à une politique d’investissement qui accompagne les changements, les fameux « programmes écologiques » proposés pour la future PAC doivent être appréhendés comme une opportunité. Ils devront permettre la rémunération des pratiques agroécologiques et créer un nouveau débouché économique vertueux, en faveur notamment des énergies renouvelables, du stockage de carbone, de la protection des sols, de l’optimisation des intrants, du bien-être animal, etc.

Les évolutions climatiques imposent aussi de protéger les agriculteurs, premiers touchés par des aléas plus fréquents, plus intenses. Il faudra renforcer les moyens mais réformer les outils existants, en apportant une attention particulière à la prévention et à la formation, pour apporter une réponse efficace et durable aux agriculteurs.

Nous sommes à la fin d’un cycle, ne cherchons pas d’excuses pour la génération actuelle et celle à venir… Les jeunes sont prêts à s’engager, faire face et relever les défis maintenant, mais cela ne pourra se faire que si des actes forts et engagés concrétisent les déclarations politiques.

Samuel Vandaele est président des Jeunes agriculteurs.

Les exportations de vins en recul de 14 %

Les exportations de vins en  recul de 14 %

Les exportations françaises de vins et spiritueux ont reculé de 13,9% en 2020, souffrant de la crise sanitaire et des taxes appliquées sur les vins français aux États-Unis, leur premier marché à l’étranger, a annoncé jeudi la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS).

Les exportations de spiritueux ont fortement décliné (-19,4% en valeur) avec la fermeture des cafés, clubs, restaurants et hôtels dans le monde entier pendant les confinements. Les ventes de vins français à l’étranger ont elles baissé de 11,3% (dont un recul de 18% aux États-Unis), essentiellement en raison de la taxe punitive de 25% appliquée par Washington en réponse à un conflit transatlantique aéronautique, a indiqué la FEVS, qualifiant 2020 d’année «au-delà» du «difficile».

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