Archive pour la Catégorie 'agriculture'

Déforestation Amazonie: encore 4 millions d’hectares sacrifiés

Déforestation Amazonie: encore 4  millions d’hectares sacrifiés

 

 

Le président brésilien Michel Temer, accusé de corruption et de conflit dinterêt avec le lobby agricole  a abrogé le statut de réserve naturelle de près de quatre millions d’hectares de forêt amazonienne, qui pourront être exploités à l’avenir par des entreprises minières. Plusieurs mouvements écologistes ont accusé le président brésilien Michel Temer de prendre des mesures qui menacent la forêt amazonienne pour s’assurer le soutien du puissant lobby de l’agro-business au Parlement face à des accusations de corruption. Le chef de l’État a notamment mis en place récemment un programme qui prévoit de régulariser l’occupation illégale de terres dans de vastes zones de protection environnementale. Pour les écologistes, cette mesure pourrait stimuler la déforestation, également favorisée par des projets de loi visant à rabaisser le niveau de protection de sanctuaires naturels. M. Temer est aussi critiqué pour avoir donné son aval au gel de la cession de titres de propriété destinés à des Indiens d’Amazonie et de descendants d’esclaves venus d’Afrique. « Nous faisons face à une offensive du lobby de l’agro-business au Parlement », explique à l’AFP Elis Araujo, chercheuse à l’Institut de l’Homme et de l’Environnement en Amazonie (Imazon). « Ce lobby tente de réduire le niveau de protection de nombreux territoires et de dresser des obstacles à la reconnaissance de territoires pour les communautés traditionnelles. Ils ont beaucoup d’influence au gouvernement », déplore-t-elle. Pour Mme Araujo, la protection de l’environnement est devenue « une monnaie d’échange ». Premier président brésilien en exercice mis en accusation pour corruption, M. Temer se livre depuis plus d’un mois à d’intenses tractations politiques pour sauver son mandat. Il doit éviter à tout prix que deux tiers des députés (342 voix sur 513) décident de renvoyer son cas vers la Cour suprême, qui peut décider de l’inculper et de l’écarter du pouvoir pour six mois. Le vote doit avoir lieu la semaine prochaine et le lobby de l’agro-business est constitué de 211 parlementaires selon les estimations de la presse brésilienne, un nombre suffisant pour tirer M. Temer d’affaire. Pour les écologistes, la légalisation de l’occupation de terres, présentée par le gouvernement comme une possibilité de régulariser l’activité de petits paysans, peut aussi stimuler la violence de la part de gros propriétaires.

Plan Agriculture Macron : quantité, qualité, prix, Macron présentera des mesures à la mi-octobre

Plan Agriculture Macron : quantité, qualité, prix,  Macron présentera des mesures à la mi-octobre

 

Trois éléments de la problématique : quantité, qualité et prix au cœur de la problématique du plan Macron. En d’autres termes comment permettre  aux agriculteurs  de produire avec une meilleure qualité et d’obtenir une rémunération décente en particulier par un relèvement des prix. Une problématique pleine de contradictions qui inclue la dimension mondiale des marchés, la régulation européenne et française, la répartition de la chaine des valeurs, une orientation progressive vers des produits de meilleure qualité et mieux rémunérés,  bien d’autres éléments encore. . Emmanuel Macron présentera donc  mi-octobre les conclusions de la première phase des états généraux de l’alimentation sur la création et la répartition de la valeur, censée répondre aux difficultés financières rencontrées par certains agriculteurs. Le chef de l’Etat, qui a promis de « permettre aux agriculteurs de vivre de leur métier« , a ainsi signalé à des syndicats d’agriculteurs lundi qu’il s’impliquerait personnellement dans ces travaux. Emmanuel Macron avait annulé sa participation au lancement des états généraux, qui doivent se conclure fin novembre, avec un compte rendu final attendu vers la mi-décembre, suscitant des inquiétudes sur son intérêt pour ce dossier. « On a senti quelqu’un qui maîtrisait son sujet, qui était plutôt à l’écoute », a dit le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel, à l’issue de la rencontre à l’Elysée.« On refera le point en novembre pour savoir si c’était une opération de com’ ou si c’était vraiment quelque chose qui était destiné à redonner un renouveau aux paysans », a-t-il ajouté sur BFM TV. Selon Bernard Lannes, président de la Coordination Rurale, Emmanuel Macron « n’a pas le choix, s’il laisse l’agriculture telle qu’elle est, il aura le feu dans les campagnes ». « Il faut redonner de la confiance et redonner une vision à cinq ans. » Parmi les promesses du nouveau président figurent cinq milliards d’euros d’investissements sur cinq ans pour l’agriculture. Les états généraux doivent permettre d’avancer sur le fléchage de ces investissements. Interrogé sur la grogne parmi les agriculteurs après l’annonce d’un transfert de certains crédits de la Politique agricole commune (PAC) pour financer des promesses du précédent gouvernement, l’Elysée a expliqué que « le président souhaite se concentrer sur la prochaine PAC, un dossier prioritaire sur lequel la France sera force de proposition ».

 

Hausse des cours du blé, du maïs et du soja

Hausse des cours du blé, du  maïs et du soja

 

Une hausse des cours du maïs, du blé et du soja pourrait être la conséquence de la sécheresse qui a servi aux États-Unis. Les pluies récentes ne permettront sans doute pas d’obtenir le niveau de production attendu. Les conséquences pourraient être mondiales car nombre d’autres régions ont également été concernées par la sécheresse.

PAC : contestation du transfert de crédits

PAC : contestation du transfert de crédits

 

C’est surtout la FNSESA qui conteste  le redéploiement t de 4.2% des montants des crédits du premier pilier de la PAC, relatives aux  aides à la production, vers le pilier qui regroupe des dispositifs de soutien ciblés pour aider les zones difficiles ou encore l’agriculture biologique. « C’est un très mauvais signal », déplore la FNSEA, évoquant un « hold-up inacceptable ». « Stéphane Le Foll et le précédent gouvernement ont laissé en héritage une énorme ardoise de 853 millions d’euros ! (…) Pour sortir de cette impasse, plutôt que d’honorer la continuité de l’engagement de l’Etat en trouvant les ressources nécessaires sur le budget national, Stéphane Travert annonce un prélèvement de 4,2 % sur les soutiens directs perçus par les agriculteurs », regrette dans un communiqué le syndicat majoritaire. Le ministre a souligné dans un communiqué que ces choix étaient motivés par « sa volonté que les crédits de la PAC servent l’ensemble de l’agriculture française, avec une attention particulière aux zones les plus défavorisées et aux secteurs fragiles comme l’élevage, et accompagnent encore mieux les différents modèles de production ».

Part de l’alimentation : 20% au lieu de 35% en 1960

Part de l’alimentation : 20% au lieu de 35% en 1960

Du fait de l’augmentation du pouvoir achat mais aussi des modes de consommation, la part de l’alimentation dans le budget des ménages n’a cessé de régresser. Le caractère industriel de la production à rendu aussi plus accessibles nombre de produits mais au détriment souvent de la qualité.  les conséquences néfastes ont surtout affecté les producteurs engagés dans une course folle et coûteuse au productivisme et qui pour une grande partie ne parviennent plus à dégager des revenus décents. Autre conséquence néfaste,  la dégradation de la santé des consommateurs qui n’ont jamais autant avalé d’engrais, de pesticides et autres produits chimiques. Des consommateurs qui sont aussi responsables de tirer par excès les économies sur l’alimentation au profit de dépenses concernant par exemple les loisirs et la communication. Enfin la mode qui consiste à acheter des produits industrialisés peu chers mais de faible qualité. Au fil des décennies, les Français ont modifié leurs habitudes alimentaires : ils consomment moins de produits frais, davantage de plats préparés, se font plus souvent livrer leurs repas. Parallèlement, les établissements de restauration rapide se sont fortement développés, facilitant la prise de repas sur le pouce : au cours de la dernière décennie, c’est dans ce secteur des services marchands aux particuliers que le nombre d’établissements a le plus augmenté. Dans ce contexte, entre 1986 et 2010, le temps quotidien moyen consacré à faire la cuisine s’est réduit de 18 minutes en métropole, passant de 1 h 11 à 53 minutes.  La part de budget consacrée à l’alimentation  représentait ainsi près de 20% des dépenses en 2014 contre 35% dans les années 60, selon la dernière enquête de l’Insee sur le sujet (2015).  Cette tendance à la baisse depuis 50 ans s’explique par une hausse du pouvoir d’achat. Calculé en valeur (en prenant en compte l’inflation), celui-ci a augmenté « de 10,7% entre 1960 et 1990″, indique à l’AFP Lorraine Aeberhardt, chef de la division synthèse des biens et des services de l’Insee. La part du budget consacrée à l’alimentation a « quasiment perdu un point chaque année jusqu’en 1990, date à laquelle on a atteint la limite de saturation ». En effet, « ce n’est pas parce qu’on gagne deux fois plus qu’on va manger deux fois plus », explique-t-elle. Les Français dépensent alors pour le logement, les loisirs, les transports…

Le gouvernement lance ses états généraux de l’alimentation

Le gouvernement lance ses états généraux de l’alimentation

 

 

Mieux manger et mieux rémunérer les producteurs tels sont les objectifs qui sont parfois contradictoires tels sont les objectifs  du débat organisé au sein des États généraux de l’alimentation. Cela suppose une mutation progressive du mode de production dont la logique aujourd’hui est surtout productiviste même si se développe un marché de produits biologiques. La responsabilité est triple il y a celle des producteurs engagés dans une course folle à la productivité pour amortir des équipements de plus en plus coûteux et qui en dépit de cela pour un grand nombre ne  parviennent pas à tirer un revenu décent. La responsabilité concerne aussi l’État qui a longtemps encouragé ce mode productiviste au détriment de la qualité des produits. Dernière responsabilité, celle des consommateurs eux-mêmes qui pour leur alimentation choisissent trop de produits boostés aux engrais et aux pesticides pour des questions économiques mais aussi pour l’apparence. En cause, aussi les circuits de distribution avec des centrales d’achat de plus en plus concentrées  qui détourne une grande partie de la valeur ajoutée au détriment des producteurs et de la qualité de l’alimentation. Les responsabilités sont donc multiples et le consommateur lui-même est largement impliqué en consacrant de moins en moins de temps à la préparation des repas alors que la durée du travail augmente le temps disponible. Sans doute serait-il aussi souhaitable d’accepter une restructuration du contenu des repas avec en particulier moins d’éléments carnés. Bien entendu il est cependant nécessaire que les prix de l’alimentation restent accessibles au moins défavorisés notamment aux familles nombreuses pauvres. – Edouard Philippe a donné jeudi le coup d’envoi des états généraux de l’alimentation destinés à améliorer les relations entre les acteurs de la filière, mieux accompagner les agriculteurs frappés par des crises à répétition et faciliter l’accès des consommateurs à des produits sains. Cette vaste concertation, promise par Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle, doit s’étaler sur près de cinq mois, parallèlement à une consultation publique sur internet. « L’Etat ne doit pas tout faire, parce qu’il risquerait de faire mal, parce qu’il ne peut pas faire sans vous », a déclaré le Premier ministre devant un parterre de représentants issus de l’ensemble du secteur, des agriculteurs aux distributeurs. « Nous prendrons notre part de responsabilités. En fonction de vos conclusions, l’Etat accompagnera et mettra en cohérence les politiques publiques », a-t-il ajouté.

L’agriculture va-t-elle payer le prix du brexit ?

L’agriculture va-t-elle payer le prix du brexit ?

 

C’est la question qui se pose en ce moment dans le milieu bruxellois puisque du fait du  brexit les recettes seront amputées de la contribution britannique. Du coup, l’union européenne envisage de rogner notamment sur les crédits accordés à la politique agricole commune. Une politique agricole qui serait en quelque sorte renationalisée puisque les Etats devraient compenser les contributions supprimées de l’union économique. Au total les agriculteurs notamment français craignent surtout une réduction des subventions. Le Brexit crée un trou net d’environ 10 milliards sur les quelque 150 milliards du budget européen ; et alors que les besoins augmentent, notamment avec la défense et la sécurité, aucun Etat membre n’a l’intention de consacrer une part plus importante de son budget à l’UE. Le document propose donc principalement de raboter les dépenses actuelles. Au-delà de cette logique contestable, un élément fait bondir côté français : le rapport suggère de demander aux Etats Membres de co-financer la Politique Agricole Commune, premier poste de dépense du budget européen. Selon les experts, l’idée de ce co-financement de la PAC risque de « renationaliser » la PAC, et donc de créer de forts écarts de compétitivité entre pays riches et pauvres. Première des politiques européennes en termes de montants consacrées, avec 60 milliards répartis chaque année dans 28 pays, la PAC est un des piliers de la construction européenne, mais aussi un des éléments les plus décriés notamment du fait que la PAC profit  aux grands céréaliers et beaucoup moins en particulier aux petits exploitants et autres éleveurs. Dans le document actuellement en cours d’étude à Bruxelles, la Commission européenne n’a consacré qu’un paragraphe à cette question des ressources propres. Si la question fait quasiment consensus au Parlement européen, et convainc aussi beaucoup au sein de l’exécutif, les Etats membres rechignent à accepter l’idée d’une taxe européenne nouvelle qu’ils ne toucheraient pas.  Jean Arthuis, eurodéputé centriste et membre de la commission des budgets, juge que le document de « réflexion » sur le futur des finances de l’UE est hors de propos. « Nous sommes à un point de rupture, il faudrait lancer un grand débat sur ce que l’on veut pour l’Europe de demain, et ajuster le budget en conséquence. Et ne pas faire l’inverse en bricolant un budget », s’agace l’eurodéputé ALDE.

 

Produits agricoles : tassement des prix et de la croissance

Produits agricoles : tassement des prix et de la croissance

 

Un rapport publié lundi par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) « laisse entrevoir une nette décélération de la croissance de la demande totale de la plupart [d'entre eux] (y compris les utilisations non alimentaires), écrivent les experts dans leur édition annuelle conjointe sur les perspectives agricoles mondiales.  Selon l’OCDE et la FAO, le véritable changement à venir sera lié à l’évolution de la demande des pays émergents. Le développement de l’urbanisation et l’augmentation du revenu des ménages favorisent une diversification des menus et une plus grande consommation de viande. Des facteurs qui devraient soutenir les cours des viandes, des produits laitiers et des oléagineux destinés à l’alimentation du bétail. A l’inverse, les prix moins élevés du pétrole induisent une pression à la baisse. Que se soit en réduisant les coûts de l’énergie et des fertilisants, mais aussi en limitant la production de biocarburant de première génération, devenue peu compétitive en Europe et aux Etats-Unis . L’OCDE et la FAO ont pris comme hypothèse un baril de brent à 88,1 dollars en 2024. Ils tablent également sur un dollar fort. Ils mettent aussi en évidence une autre tendance qui pourrait être facteur de risque : la concentration de plus en plus grande des exportations sur quelques pays, alors que parallèlement les importations se diversifient sur le globe. Une perspective qui fragilise les réseaux d’approvisionnement en cas de désastre naturel ou d’adoption de mesures de barrières commerciales. En 2024, les Etats-Unis seraient le premier exportateur de céréales pour l’alimentation animale, de porc et de coton. Le Brésil exporterait 50 % du sucre mondial , et serait le premier exportateur mondial de bœuf et de poulet . Le lait et les produits laitiers resteraient l’un des points forts de l’Europe, qui revendique 40 % du marché du fromage. Côté de l’offre annotée surtout des stocks de céréales à hauteur de 230 millions de tonnes au cours de la dernière décennie. Aujourd’hui, ces stocks mondiaux sont « abondants » après plusieurs années de production hors norme, qui ont d’ailleurs fait plonger les prix du blé et du maïs au plancher en 2016. Les produits laitiers frais sont l’un des rares produits que le monde va avaler avec plus d’appétit qu’au cours des dix dernières années. « [Leur] consommation connaît une progression exceptionnelle », constatent les experts des deux organisations. Tout particulièrement en Inde, qui représente plus de la moitié de la consommation supplémentaire. Globalement En matières de prix agricoles, les marchés semblent d’ailleurs se diriger vers une décennie plus sage, à en croire les auteurs qui prévoient que les prix réels de la pluparts des produits « s’infléchiront légèrement à la baisse au cours des dix prochaines années ».

 

Nutrition : nouveau système d’étiquetage

Nutrition : nouveau système d’étiquetage

 

.La ministre de la santé s’explique dans le parisien sur le nouveau système d’étiquetage destiné à préciser la valeur nutritionnelle d’un produit. Reste à savoir comment les produits seront évalués et sur quels critères afin de ne pas réduire l’appréciation sur les seules teneurs en protéines, sucre, gras et sel. Bien d’autres nutriments sont à prendre en considération notamment les vitamines et les minéraux dans certaines carences seraient à l’origine de maladies graves ‘( impact nutritionnel qu’ignore l’INRA!). L’ Étiquetage qui va de la lettre A à la lettre E en passant par B, C et D (du vert au rouge) A présentant la meilleure valeur nutritionnelle et E la plus mauvaise Ministre de la Santé, Marisol Touraine, nous a reçus lundi pour nous annoncer, en exclusivité, le nouveau logo nutritionnel. Prévu dans la loi Santé, ce logo simplifié fera son apparition début avril dans les supermarchés.

 

Il doit permettre d’indiquer aux consommateurs la valeur nutritionnelle d’un produit, bien loin des étiquettes illisibles.

 

Quel logo figurera sur les produits industriels ?
MARISOL TOURAINE. Les résultats des études viennent de montrer que le plus pertinent des logos pour aider à manger sainement est le Nutri-Score. Cette vignette va du vert à l’orange foncé en fonction de la qualité du produit, type plats cuisinés ou sodas. C’est celle-là qui a donc été choisie. On a testé quatre pictogrammes pendant dix semaines lors d’une expérimentation dans soixante supermarchés dès septembre. Résultat : la qualité du panier moyen d’achat a le plus augmenté avec le Nutri-Score. En clair, les consommateurs ont été davantage attentifs et ont privilégié des aliments plus sains. En avril, je prendrai donc un arrêté pour que les industriels puissent apposer ce logo sur les paquets dans les rayons de supermarchés.

Quel est l’objectif d’une telle mesure ?
Une bonne alimentation est un facteur de bonne santé. Or, il y a 30 % d’adultes en surpoids, 15 % en obésité. Les familles défavorisées sont les plus touchées. Il y a aujourd’hui tellement d’indications sur les produits qu’elles sont trop difficiles à analyser. Il faut une information lisible afin que tout le monde s’y retrouve en un coup d’œil. L’idée n’est pas de dire aux gens de choisir entre un yaourt ou une pizza mais de leur dire laquelle des pizzas présentes dans les rayons est la moins grasse et salée. J’ai moi-même revu ma façon de consommer : je privilégie certaines céréales à d’autres. Cet étiquetage n’a pas pour objectif de dire aux Français : «Arrêtez les produits gras et sucrés» mais de donner à chacun les armes appropriées pour se protéger.

 

Sauf que ce logo reste facultatif. Si chaque industriel fait ce qu’il veut, cette mesure peut-elle être efficace ?
Certes, je ne peux pas leur imposer. Les règles européennes ne le permettent pas. Je le regrette mais c’est ainsi. Je compte sur la pression des consommateurs, qui demandent à être informés, pour que les industriels s’engagent dans cette voie. Certains joueront le jeu et cela aura un effet boule de neige. On ne peut pas parler de santé publique et ne pas être transparent. Aujourd’hui, tout le monde parle de prévention, c’est l’avenir de la santé.

 

Pourtant, l’Anses, gendarme de l’alimentation, doute de la pertinence de l’étiquetage pour diminuer obésité et diabète…
C’est précisément parce qu’il y a eu des interrogations qu’on a fait des études. Pour la première fois, l’intérêt de l’étiquetage nutritionnel est démontré. C’est totalement nouveau en France. Une intuition se dégage à l’échelle mondiale : pour lutter contre le surpoids, il faut simplifier l’information sur les emballages.

 

Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a jugé ce système d’étiquetage «trop stigmatisant». Que répondez-vous ?
Il y a eu beaucoup de débats, d’obstacles et de faux procès. Je suis restée sereine. Je ne suis pas dans la revanche et je suis heureuse de passer de l’intuition à la démonstration. Je ne souhaite pas bannir le plaisir de manger et de partager. On a le droit à des excès, je ne vais pas mettre une étiquette sur de la crème au beurre d’une pâtisserie de quartier. Je veux seulement donner à chacun le moyen de choisir.

 

 

Agriculture ; les propos de bistrot de Le Pen

Agriculture ; les propos de bistrot de Le Pen

 

Il est clair que l’agriculture vit une crise grave et qu’on peut facilement surfer sur les peurs. Ce qu’a fait pendant 9 heures Marine le Pen avec des propos de bistrot. Florilège :

- sauver l’agriculture avec le patriotisme économique

-l’union européenne fait disparaitre le monde paysan

- Franciser les aides

-arrêter la concurrence déloyale

- Mettre fin aux accords de libre échange

-assurer la souveraineté alimentaire

- pas d’aides à l’hectare mais aux » bonshommes »

Des banalités pathétiques, des contrevérités et des orientations illusoires. Bref les propos très généraux, pas d’analyse des réalités et des facteurs explicatifs.  Du verbiage, des slogans de bistrot après 5 ou 10  tournées d’apéros.  En effet l’agriculture française a une  double particularité : elle est fortement mondialisée et massivement subventionnée. Véritable machine à exporter, elle est aussi une pompe aspirante à subventions européennes. C’est dire combien apparaît cocasse et farfelu le projet du Front national envers ce secteur qui, depuis un demi-siècle, s’est tout entier construit et restructuré en fonction des politiques européennes et des marchés mondiaux. Sortie de l’euro, sortie de l’Union européenne : la conséquence, d’une clarté aveuglante, est la ruine immédiate de l’intégralité de ce secteur économique. Nul doute que la quasi-totalité des préfectures d’un Front national au pouvoir seraient en l’espace de quelques mois occupées, prises d’assaut, brûlées. Il faut donc lire le projet de Marine Le Pen à destination des agriculteurs comme un exemple type de ce que la politique peut produire de stupide et néfaste. Voilà un ahurissant slogan, tout d’abord : «La France abandonnera la PAC au bénéfice de la PAF (Politique agricole française).» Cette politique agricole commune verse aujourd’hui aux agriculteurs français un peu plus de 10 milliards d’euros de subventions. La France contribue en effet à hauteur de 19 milliards au budget européen et reçoit en retour environ 12 milliards, donc, pour l’essentiel, des aides agricoles. «La France devra en venir durablement à une politique agricole nationale», dit le programme du Front national. Et bien sûr maintenir les aides au moins à la hauteur actuelle dit encore le FN. Avec quel financement ? Avec la perte immédiate de 200 milliards sur la dette convertie d’euros en francs. ? Privée de subventions, l’agriculture serait achevée par la sortie de l’euro, avec un retour au franc accompagné d’une dévaluation de 20%, le retour de droits de douanes et de barrières tarifaires aux frontières. Outre l’augmentation insupportable des importations nécessaires à l’agro-business industriel, outre la violation de toutes les règles de l’OMC (sauf à sortir également de l’OMC), les capacités d’exportation du secteur seraient détruites. Autre plaisanterie avancée dans ce programme : «la stabilisation des prix des matières premières agricoles». , matières premières largement importées et qui dépendent du marché mondial. Autre arme magique brandie par le FN : «la réduction de la bureaucratie agricole et la simplification des procédures et des contrôles qui permettront de faire des économies budgétaires». Toujours le même cocktail au FN amalgame de quelques vérités banales, mélangées à des solutions farfelues et à une idéologie nationaliste qui faiat de l’étranger le responsable de tous les maux. Et pas de réflexion sur l’évolution structurelle sur la nature des productions, les modes de production et les circuits commerciaux. En conclusion le même bla-bla qu’on pourrait adresser à n’importe quel autre secteur économique.

Une petite ferme modèle aussi en Touraine

Une petite ferme modèle aussi en Touraine

Inspirée de l’expérience menée par Charles Hervé-Gruyer dans sa ferme normande du Bec-Hellouin, l’exploitation d’une  ferme modèle a été lancée  depuis deux ans à la  Bourdaisière en Touraine, du nom du château auquel elle est adossée dans la commune de Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire), à une poignée de kilomètres de Tours. Le domaine appartient à Louis-Albert de Broglie. Surnommé le « prince jardinier », ce passionné de botanique est surtout le propriétaire de la société de taxidermie Deyrolle, qui a embauché l’exploitant Maxime en 2007 pour rédiger des planches pédagogiques illustrant les enjeux du développement durable, début de leur collaboration. Il lui laisse aujourd’hui quartier libre pour gagner le pari qu’il s’est fixé avec cette exploitation : « Prouver que l’agroécologie est plus rentable que l’agriculture conventionnelle » et « savoir quel revenu un agriculteur, avec trois salariés, peut générer » sur un peu plus d’un hectare cultivé selon les méthodes « de la permaculture et du biomimétisme. » Maxime de Rostolan détaille cette forme d’agriculture biologique qui cherche une production « harmonieuse avec la nature », durable, économe en travail et en énergie, en utilisant « des écosystèmes naturels ». Il accompagne son explication d’un mouvement de main circulaire – représentant un écosystème – qu’il réitère régulièrement pendant la conversation. Ainsi, à la ferme de la Bourdaisière, la fertilisation des sols se fait uniquement par la décomposition de matière organique (feuilles mortes, paille, etc.). Les rangs des légumes destinés à la vente alternent avec ceux de jolies fleurs dont les odeurs font fuir les insectes nuisibles. On valorise d’ailleurs les légumes perpétuels (qui repoussent naturellement chaque année) : artichauts, rhubarbe, oseille, etc. ; des tours à patates, installations pour faire pousser des pommes de terre à la verticale, permettent d’optimiser l’espace ; des cochons sont utilisés pour labourer la terre. La liste de ces interactions naturelles entre les êtres vivants, utilisables en permaculture, est bien longue. Inspirée de l’expérience menée par Charles Hervé-Gruyer dans sa ferme normande du Bec-Hellouin, récemment mise à l’image dans le film documentaire Demain, de Mélanie Laurent et Cyril Dion, sa première exploitation agricole devrait être à l’équilibre économique à l’horizon 2018. L’idée est ainsi, sous la supervision d’un chercheur de l’Institut national de recherche agronomique (INRA), de valider par l’expérience les éléments pouvant présider à la viabilité de l’installation d’une ferme de ce type. Car c’est ce manque d’information sur les conditions initiales d’installation « qui sert d’alibi à tous les lobbies et syndicats pour ne rien changer au modèle en place. » L’idée est aussi de créer une « boîte à outils » pouvant permettre sa reproduction partout ailleurs et ainsi développer le réseau Fermes d’avenir. La démarche est hautement politique. Une philosophie militante qui s’est forgée chez lui au fil des années, alors même que peu d’éléments l’y prédestinaient. Originaire de Boulogne, dans les Hauts-de-Seine, il passe sa scolarité en partie dans un collège privé avec des « fils de ». Une mère qui « travaille chez IBM », un père « directeur dans l’hôtellerie-restauration ». Au tournant du millénaire, la « crise existentielle » de sa sœur, qui décide de partir « dans l’agriculture bio », le laisse sur le moment plutôt indifférent.

Après une prépa au lycée Janson-de-Sailly, à Paris, Maxime de Rostolan entre à l’Ecole nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologiques (Ensiacet) d’où il sort, en 2004, spécialiste de l’eau ; et un peu plus sensibilisé « aux questions écologiques ». L’impression, tout de même, d’avoir « volé son diplôme », les voyages en « Combi Volkswagen avec les potes » ayant pris plus de place que les études. L’association Fermes d’avenir emploie déjà six salariés : trois maraîchers, une formatrice, un directeur technique, et un directeur en la personne de Maxime. Mais on ne s’improvise pas directeur d’une exploitation agricole comme ça. Dix ans après être sorti de l’école d’ingénieurs, Maxime est donc « retourné sur les bancs de l’école » de janvier 2013 à juin 2014 pour préparer, à distance, un brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole (BPREA), spécialité maraîchage bio. Au programme, en plus des techniques professionnelles : comptabilité, gestion de la ferme, vente et communication. Des compétences qu’il pourra mettre à profit tout en gardant « les mains dans la terre » pendant un an.  De cet apprentissage des « fonctions support de l’activité paysanne », comme il dit, il souhaite aujourd’hui inventer un métier auquel il a donné un nom : « payculteur ».

Parmi ses « amis », Maxime de Rostolan compte aussi l’essayiste et agriculteur biologiste, penseur de la « sobriété heureuse », Pierre Rabhi ; ou encore le fondateur de la chaîne de magasins Nature et découvertes, François Lemarchand.  Cette exploitation pratique la permaculture, une méthode douce de production inspirée de la nature. Elle vise à cultiver de manière biologique en associant les plantes. «Le principe de la permaculture est de prendre la nature comme modèle. Il s’agit plus d’un système conceptuel que d’une technique agricole au sens propre du terme», précise Charles Hervé-Gruyer, paysan bio, fondateur du site agricole du Bec Hellouin avec sa femme, Perrine. Son exemple a largement contribué à populariser cette méthode de culture. Contre toute attente, leurs méthodes fonctionnent et pulvérisent même des records de rentabilité. Pour convaincre les plus sceptiques, ce dernier a lancé un programme de recherche avec l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). «L’objectif de ce travail a été de vérifier si l’on pouvait rémunérer correctement le travail sur de petites surfaces, grâce à une productivité élevée», indique François Léger, coordinateur du projet pour l’Inra. Après quatre années d’études au sein de cette ferme normande, l’Inra constate que la permaculture est une activité rentable. «Sur 1000 mètres carrés de terrain, les exploitants sont parvenus à produire l’équivalent de 55.000 euros de fruits et légumes avec une rentabilité comparable à celle de 1 hectare en agriculture conventionnelle, mais avec des frais moindres puisque rien n’est mécanisé.» Les revenus n’ont rien à envier aux autres formes de maraîchage. «Le revenu horaire varie de 5,40 à 9,50 euros pour une charge de travail hebdomadaire moyenne de 43 heures», conclut l’Inra. L’étude montre que le revenu agricole net mensuel correspondant, de 900 à 1570 euros, suivant le niveau d’investissement, «est plus élevé que les autres maraîchers bio». Il atteint en moyenne 740 euros selon une étude du groupement régional des agriculteurs bio de Basse-Normandie. Adoubée par la communauté scientifique, la success story de la ferme a fait des émules. Pour accompagner ce mouvement à l’échelle nationale, Maxime de Rostolan a ainsi créé le réseau des Fermes d’Avenir. Aux yeux du fervent défenseur de l’agroécologie, «les paysans doivent produire autrement avec plus de bras et moins de pétrole». L’ingénieur devenu maraîcher a répliqué le modèle du Bec Hellouin dans sa microferme de la Bourdaisière, située près de Tours. L’exploitation modèle de 1,4 hectare «devrait faire vivre 3 personnes en année 4. C’est six fois mieux qu’en agriculture conventionnelle», précise l’entrepreneur qui se définit comme un «payculteur». En deux ans, 57 fermes ont ainsi été soutenues dans leur conversion, leur implantation ou la création de projets.

Elevage et Agriculture : crise et malbouffe

Agriculture : crise et malbouffe

 

 

C’est la crise pour les producteurs dont 10% sont menacés de faillite. En même temps c’est la malbouffe pour les consommateurs. Une agriculture industrialisée gavée d’endettement, d’engrais, d’OGM (le soja du Brésil par exemple qui nourrit les animaux), de pesticides et autres produits chimiques ; un secteur qui parvient plus à vivre confrontée à une  concurrence sauvage sur les prix. La crise du productivisme et d’une  concurrence complètement dérégulée. Avec en plus des intermédiaires qui se gavent (la grande distribution, les industriels,  les traders, les banques qui spéculent sur les denrées alimentaires, les transformateurs). Et dans l’assiette du consommateur des cotes de porcs caoutchoutées qui « moussent », du poulet spongieux ou du steak semelle, des céréales gonflées à l’azote et aux herbicides. Le secteur de l’agriculture ne se porte pas mieux. D’après  Stéphane Le Foll « 22.000 et 25.000″ exploitations d’élevage, soit 10% du total, « sont cet été au bord du dépôt de bilan.  Le ministre insiste sur « l’urgence » à traiter « trois crises, bovine, porcine et laitière, (qui) se conjuguent » avec au moins 40.000 emplois directs concernés »Dans la crise actuelle, chacun est responsable, du consommateur à l’élu local, qui doit privilégier les produits français dans la restauration collective », déclare Stéphane Le Foll et de rappeler aussi qu’en juin, « tous les acteurs se sont engagés à augmenter les tarifs et à répercuter cette hausse sur les producteurs ». » Il convient également de « réorganiser l’offre française en valorisant le logo Viande de France, » En effet « viande de France » ne signifie rien sil s’agit d’élevage industriel de bêtes nourries par exemple avec du soja aux OGM importé du Brésil ou des Etats-Unis, de bêtes bourrées d’antibiotiques et autres cocktails vétérinaires. . Mais, à part accroître (encore) la pression sur la grande distribution et les industriels des abattoirs, les marges de manœuvre sont limitées dans un pays où l’Etat ne fixe plus les prix depuis belle lurette. Et le gouvernement ne se hasarde pas non plus à poser les questions qui fâchent : face à la concurrence internationale, faut-il concentrer les exploitations dans des fermes-usines, à l’allemande ? Pousser la taille des exploitations vers 1000 hectares en moyenne (au lieu de 60 actuellement) ? Enfoncer un peu les exploitants dans l’endettement pour faire racheter un jour les terres par des fonds d’investissement ? Ce qui signifierait la fin de l’agriculture à la française Ou alors réguler pour  privilégier vraiment la qualité. Le facteur explicatif dominant tient à la monoproduction et au modèle productiviste qui certes enrichissent  industrie alimentaire et les intermédiaire mais appauvrissent  les petits paysans. Sans parler des conséquences très graves pour la santé et environnement. Là où il y avait dix vaches il y a 50 ans, il en faut 150 aujourd’hui ;  là où on produisait sur 15 hectares, il en faut 200 aujourd’hui et c’est vraiment  un minimum. De toute manière, on ne concurrencera jamais les élevages du continent américain qui comprennent des milliers de têtes (jusqu’à 100 000 !) et des milliers d’hectares. La monoproduction est évidemment une  catastrophe économique, sanitaire et environnementale qui tue les paysans. Un modèle inspiré par les gouvernements, les chambres d’agriculture et la FNSEA.

 

Agriculture : toujours plus grand mais toujours plus dangereux

Agriculture : toujours plus grand  mais toujours plus dangereux

 

Depuis la mécanisation des travaux agricoles et les progrès de l’agriculture  intensive en particulier après la seconde guerre mondiale, la taille des parcelles cultivées a considérablement augmenté. Aujourd’hui, dans les plaines du Midwest américain ou de la Beauce, une seule espèce - par exemple du blé - s’étend à perte de vue, sur des milliers d’hectares. Les espaces semi-naturels, bosquets, haies, mares, parsemant autrefois le paysage ont bien souvent disparus pour permettre au tracteur et à la moissonneuse-batteuse de passer.  La simplification du paysage est depuis longtemps soupçonnée de rendre les monocultures plus fragiles aux attaques des nuisibles et des maladies. Une équipe de l’université du Wisconsinconforte cette hypothèse : plus la zone est cultivée de manière uniforme, avec de grandes parcelles, plus la pression des ravageurs est forte et augmente d’autant le besoin en traitements. En effet, de telles étendues sont un milieu sans frein à la propagation de maladies, et les différents bioagresseurs, spécialisés dans l’attaque de l’espèce cultivée, y trouvent gîte et couvert plus que nécessaire. Leurs prédateurs traditionnels, en revanche, n’ont plus l’habitat riche que fournissaient les variations naturelles du couvert végétal. Résultat, les destructeurs pullulent et les régulateurs disparaissent.

Pour remédier à ces attaques et à tout ce qui contrarie la pousse des précieuses semences, l’agriculture moderne a généralement recours à une solution : l’administration d’un produit de synthèse, toxique, conçu spécifiquement pour lutter contre le problème en question. Mais rien n’est gratuit. Au niveau des sept états du Midwest, les chercheurs évaluent le coût des traitements supplémentaires entre 34 et 103 millions de dollars pour l’année 2007. Fort de leur constat, Timothy Meehan et ses collègues proposent une solution où tout le monde serait gagnant : recréer une complexité dans le paysage pour permettre de retrouver une protection naturelle des cultures. Pour cela, ils proposent d’introduire des cultures pérennes de type switchgrass (ou panic érigé) destinées à la production d’agrocarburants de seconde génération entre les monocultures. Accusés d’occuper des sols pouvant être mis à profit pour nourrir les populations, les agrocarburants ont plutôt mauvaise presse. Mais des zones ainsi couvertes pourraient former un habitat pour nombre d’espèces auxiliaires sans diminuer la rentabilité du terrain occupé. Une telle association résolvant d’un coup certains aspects négatifs des deux types de culture. Avec en prime, des économies pour les agriculteurs. Justement qu’en est-il de ces recherches en France ?  Laurent Lapchin, directeur scientifique adjoint à l’environnement à l’Inra, nous éclaire : « l’article est particulièrement intéressant car il traite ces questions à une échelle supérieure à celle de la parcelle ». Et c’est à ce niveau que les processus régulateurs naturels deviennent vraiment visibles. Des résultats comparables ont été obtenus avec l’expertise scientifique collective « Agriculture et Biodiversité » en 2008. Il poursuit : « ce qui détermine l’impact de l’agriculture sur la biodiversité à l’échelle du paysage est le résultat du triptyque

  • réduction de la proportion des espaces semi-naturels ;
  • uniformisation des productions ;
  • intensification de ces productions. »

De nombreuses études mettent en avant la notion de service écosystémique. Il s’agit d’un service - purification de l’eau, stockage de CO2, diminution de l’érosion - rendu naturellement par un milieu. Laurent Lapchin résume : « les différents équilibres des écosystèmes constituent le moteur des services éco systémiques, dont la biodiversité serait le carburant ». Un déséquilibre peut affaiblir ou faire disparaitre ces avantages. La production agricole est aussi un de ces services, qui peut s’opposer, dans le cas d’un paysage trop uniformisé, au service de régulation des populations de bioagresseurs par leurs prédateurs naturels.

(Source futura)

 

Crise agricole : la faute à la monoproduction

Crise agricole : la faute à la monoproduction

 

Le facteur explicatif dominant tient à la monoproduction et au modèle productiviste qui certes enrichissent  industrie alimentaire et les intermédiaire mais appauvrissent  les petits paysans. Sans parler des conséquences très graves pour la santé et environnement. Là où il y avait dix vaches il y a 50 ans, il en faut 150 aujourd’hui ;  là où on produisait sur 15 hectares, il en faut 200 aujourd’hui et c’est vraiment  un minimum. De toute manière, on ne concurrencera jamais les élevages du continent américain qui comprennent des milliers de têtes (jusqu’à 100 000 !) et des milliers d’hectares. La monoproduction est évidemment une  catastrophe économique, sanitaire et environnementale qui tue les paysans. Un modèle inspiré par les gouvernements, les chambres d’agriculture et la FNSEA.

 

D’une manière générale, l’agriculture productiviste est monoculturale. Le modèle de monoculture pendant très longtemps, en France, par exemple, était celui que les céréaliers mettaient en œuvre sur les grandes plaines de Beauce, de Brie, de Champagne, de Picardie, du Poitou, etc. Les céréales proprement dites (blé, orge, avoine) y étaient mises en rotation avec des cultures fourragères (luzerne) et vivrières (betterave à sucre). Dans les années 1950, le maïs faisait son entrée dans ces rotations, au point d’ailleurs qu’à grands renforts d’herbicides et d’amendements, les rotations étaient définitivement oubliées.
La monoculture s’opposait alors à la polyculture. Celle-ci était pratiquée dans les régions bocagères, principalement. La plupart des cultures pratiquées étaient destinées pour partie à l’alimentation humaine (blé, pomme de terre, haricots, carottes, etc.), pour partie à l’alimentation animale (autres céréales, betterave fourragère) et pour partie pour l’amélioration des sols (plantes couvre-sol, moutarde, colza, etc.). Les autres surfaces agricoles étaient dédiées aux animaux domestiques (herbages, prairies), sinon sauvages (près de fonds, ceintures marécageuses, écotones forestiers, bois, etc.).
Mais même dans les régions bocagères, la monoculture a fait son entrée en force, vers 1960. Deux faits marquent cette époque : l’arasement systématique des haies en pays bocager (modernité oblige… curieusement cet alibi reste d’actualité pour l’acceptation de l’inacceptable !) et l’arrivée du maïs.
On connaît les conséquences : maïsiculture intensive, utilisation massive des herbicides, élevage intensif hors-sol, rejet de nitrates, pollution des eaux, etc.
On oublie souvent de parler de différents autres effets associés : érosion hydrique et éolienne, risques d’inondation accrus, etc. et dans un autre domaine : pullulation des ravageurs des cultures, disparition du gibier, des prédateurs naturels des pestes, etc.
On n’oubliera pas non plus que les pratiques monoculturales sont extrêmement coûteuses en énergie exogène introduite. Ces pratiques agricoles sont largement déficitaires au sens où pour produire une calorie alimentaire, il faut en injecter entre 10 et 25 sous forme de carburant pour les machines agricoles et sous différentes formes pour les engrais, les produits phytosanitaires, les pesticides, sans oublier la gestion des stocks ou le maintien des cours !  On peut admettre qu’à la fin de la guerre de 1939 – 1945, l’accession, en Europe, d’une autonomie alimentaire ait été une priorité. Le paradoxe actuel est que l’Europe croule sous ses stocks alimentaires, que le gaspillage énergétique est fabuleux, que les atteintes environnementales sont colossales, que les destructions des ressources sont importantes… et que l’autonomie alimentaire n’est pas pour autant assurée, par exemple, pour les plus démunis. Remarquablement, les plus démunis se comptent aussi aujourd’hui chez des gens qui ont un travail. Le seuil de pauvreté, au moins celui de précarité qui mène à l’endettement a beaucoup cru ces dernières années.»

Source : écosystème

L’UE salue la levée de l’embargo américain sur le boeuf français

L’UE salue la levée de l’embargo américain sur le boeuf français

 

Une bonne nouvelle pour les éleveurs français avec la levée de l’embargo sur la viande destinée aux États-Unis. Un embargo décidé il y a une vingtaine d’années suite à la crise de la vache folle. Reste à savoir si le fantasque Trump maintiendra cette décision. Il se pourrait par ailleurs que les États-Unis réclament des compensations pour faciliter les exportations de viande américaine et plus largement du continent américain vers l’Europe comme c’était prévu dans le traité de libre échange TAFTA. La Commission européenne a salué en tout cas vendredi l’annonce par les Etats-Unis d’une levée de l’embargo sur les importations de viande bovine en provenance de France, après près de vingt ans d’interdiction. « C’est une excellente nouvelle pour les producteurs français », déclarent dans un communiqué les commissaires chargés du Commerce Cecilia Malmström, de la Santé et de la sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis et de l’Agriculture Phil Hogan. « C’est une premier pas mais cela ne veut pas dire qu’on va recommencer à exporter dès demain », a-t-on indiqué au ministère français de l’Agriculture. La reprise effective des exportations de boeuf français vers les Etats-Unis nécessitera notamment de définir des modèles de certificats sanitaires à l’exportation, a-t-on précisé de même source. Les Etats-Unis avaient fermé leur marché à la viande bovine, ovine et caprine en provenance de l’Union européenne en janvier 1998, à la suite de la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).  Le département de l’Agriculture avait annoncé en janvier 2015 la réouverture progressive du marché américain à la viande bovine en provenance de l’Union européenne. L’embargo américain a depuis été levé pour l’Irlande, la Lituanie et les Pays-Bas. Ces mesures d’interdiction allaient « au-delà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) » et le boeuf européen « est donc sûr pour les consommateurs », est-il rappelé dans le communiqué de la Commission européenne.

Blé : record de production mondiale de blé

Blé : record de production  mondiale de blé

 

La France n’a vraiment pas eu de chance avec sa production de blé notamment du fait de la sécheresse. Sa  productions a rarement été aussi faible et les prix aussi bas du fait du record de production mondiale. L’année dernière, la récolte de blé française avait atteint un niveau exceptionnel de 40,4 millions de tonnes. En 2016, il s’agira d’un nouveau record, négatif cette fois, pour l’Hexagone : les agriculteurs n’ont pas connu d’aussi mauvaise moisson depuis la grande sécheresse qui a touché la France en 1976. Mais en 2016, il faudra se contenter de 32 millions de tonnes environ.  Déjà annoncée comme record, la production mondiale de blé passe de 751,2 millions de tonnes (Mt) à 752,7 Mt, grâce une augmentation de 1,6 Mt en Argentine, de 500.000 tonnes en Russie, et de 300.000 tonnes en Union européenne. L’USDA souligne que le stock de report américain (une fois comptabilisé les stocks de départ plus la production, moins les importations et exportations et la consommation intérieure) va « atteindre un niveau record jamais atteint depuis la fin des années 1980″, à 253,3 Mt. Cependant, ces éléments ont été en grande partie occultés pour les analystes par l’annonce du premier chiffre officiel des surfaces plantées en blé d’hiver aux Etats-Unis « en baisse de 10%, au plus bas depuis 1909″, a déclaré Alexandre Boy analyste au cabinet Agritel. Les prix à la Bourse de Chicago sont « au plus bas depuis 2005″, indique le rapport.  »Avec des prix 30% en dessous des coûts de production, cela n’incite pas les producteurs américains à faire du blé en ce moment », selon M. Boy qui estime que c’est un facteur « haussier pour le marché ». Les Etats-Unis, premier producteur mondial de maïs ont revu à la baisse de 2 Mt la production à 384,7 Mt, entrainant une révision à la baisse de la production mondiale de maïs, quasi équivalente, à 1.038 Mt. Le géant américain a également revu à la baisse sa production de soja à 117,2 Mt, « un signal positif pour les marchés, alors que les opérateurs tablaient plutôt sur une augmentation », selon M. Boy. Cet élément est tout de même compensé par une révision à la hausse de la production de soja au Brésil de 2 Mt à 104 Mt, portant la production mondiale à 337,8 Mt, en baisse de seulement 150.000 tonnes par rapport au moins précédent.

 

Pour un autre monde agricole

Pour un autre monde agricole

Dans une tribune  Maxime de Rostolan, directeur de l’association Fermes d’avenir et Tristan Lecomte, président de l’association Fermes d’avenir proposent  une agriculture moins productiviste, plus respectueuse de environnement et de la santé aussi mieux rémunérée.

 

«  Nous sommes souvent spectateurs des crises à répétitions que connaît le monde agricole : crise de la vache folle, du lait, scandales multiples sur les pesticides… Lors de ces épisodes, les médias braquent les projecteurs sur ces enjeux et la réponse des agriculteurs désespérés, qui vont en général bloquer des routes, verser du fumier sur une préfecture. On se dit tous que c’est injuste, que l’on marche sur la tête à notre époque de ne pas savoir produire des tomates correctement et les vendre à un prix décent, alors qu’on est en mesure d’aller sur la Lune ou de réparer un cœur. On s’offusque le temps d’une crise, on débat beaucoup, puis les agriculteurs récupèrent des aides supplémentaires pour acheter encore un peu plus de poison pour leurs champs, pansements temporaires qui les incitent mécaniquement à s’équiper de technologies toujours plus chères… L’agriculture doit changer et, si elle continue de connaître ces crises, c’est qu’elle est encore structurellement dans un ancien modèle. Elle continue de fonctionner comme dans les années 60 à 90, sur la croyance dans les engrais chimiques et les pesticides, dans la concentration et la mécanisation des exploitations, alors que cela ne fonctionne pas : pour la grande majorité des exploitants, il n’y a jamais réellement eu d’enrichissement dans cette «révolution agricole». Le mouvement pour une agriculture biologique, productive, humaniste et respectueuse du vivant sous toutes ses formes est en fait bien en marche. Mais cette marche reste trop silencieuse et peu visible par le plus grand nombre. D’où le lancement de la pétition www.changeonslagriculture.org lancée par l’association Fermes d’avenir (1). Cette pétition repose sur un plaidoyer, un travail collectif qui prouve qu’une autre agriculture est possible et souhaitable en chiffrant les externalités des agricultures. Fondé sur une série d’études scientifiques et d’expériences concrètes de terrain, il prouve sans ambiguïté que nous avons tous intérêt à changer de modèle agricole, que l’on soit agriculteur, consommateur ou élus d’une collectivité territoriale. La ferme doit faire sa mue, l’agriculteur ne peut rester isolé sur son tracteur, condamné à pulvériser des produits phytosanitaires, produire et vendre à des intermédiaires ou une coopérative à vil prix des produits contaminés, et mourir un jour de Parkinson ou d’un cancer de la prostate ou de la peau. L’agriculteur de demain est agro-écologue, entrepreneur, travaille en réseau avec les parties prenantes de son terroir, les écoles, les restaurants, les consommateurs qui s’approvisionnent directement chez lui. Il n’utilise plus de produits chimiques mais produit lui-même ses engrais et outils de lutte biologique, créant par là même des emplois et une meilleure rentabilité et résilience pour son exploitation. Il génère des services écosystémiques qu’il vend à la société : il capte du carbone, régénère la biodiversité, produit de l’eau pure et des sols riches qui revalorisent son exploitation et rééquilibrent ses comptes. Comment recréer de l’emploi dans les campagnes et éviter leur désertification ? Comment revaloriser le travail d’agriculteur et tenter de réduire l’explosion du taux de suicide dans cette profession ? Au lieu de dépenser tout son budget dans les phytosanitaires polluants, l’agriculteur de demain investit dans les techniques permaculturelles et le capital humain, la formation de son personnel et le travail, certes mécanisé, mais qui valorise l’intervention humaine. Cette agriculture peut créer deux emplois à l’hectare, soit sept fois plus qu’en agriculture conventionnelle. Il ne s’agit rien d’autre que de sortir de l’ère des hydrocarbures (les engrais sont produits à base de pétrole). Les agriculteurs de demain ne veulent pas l’aumône, ils veulent pouvoir faire leur métier proprement et fièrement. A nous tous, donc, de nous engager pour ne pas rester spectateurs, ne pas juste nous offusquer en attendant la prochaine crise sans rien faire. Pour une agriculture biologique, savoureuse et respectueuse du vivant. Au nom de la Terre, de nos papilles et des générations futures. »

www.changeonslagriculture.org. Pétition déjà signée par Nicolas Hulot, Pierre Rabhi, Pierre Richard, Muriel Robin, Cyril Lignac.

Blé-maïs : maintien des cours

Blé-maïs : maintien des cours

 

Une bonne nouvelle pour la France dont la production s’est révélée relativement faible en raison de la sécheresse.  Hier, le cours de la tonne de blé progressait de 75 centimes d’euro sur l’échéance de décembre, à 164,75 euros et était inchangé sur celle de mars à 168,75 euros, dans un volume d’échanges très soutenu de plus de 31.000 lots. « Des gens qui attendaient que le plancher casse à 160 euros », se sont finalement décidés à acheter, selon un analyste du cabinet Inter-Courtage, qui relevait le regain de compétitivité persistant du blé européen, dû à la faiblesse récurrente ces derniers jours de l’euro face au dollar.  »L’euro, en faiblissant comme ça, a apporté un peu de compétitivité chez nous », soulignait cet analyste, qui constatait que le maïs suivait le blé dans cette tendance. Le maïs, lui, était inchangé sur le contrat de janvier, à 164 euros, et gagnait 25 centimes d’euro sur l’échéance de mars, à 166 euros, dans un volume d’échanges assez faible de quelque 470 lots.  »En maïs, les cours évoluent peu, malgré une récolte française qui pourrait ne pas dépasser les 11,5 millions de tonnes », selon les analystes d’Agritel.

 

Alain Rousset :  » la 3e révolution agricole »’ (Alain Rousset)

Alain Rousset :  » la 3e révolution agricole »’ (Alain Rousset)

À l’occasion 1er Forum Agriculture Innovation, le 17 novembre à Bordeaux, le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset explique dans la tribune comment il compte accompagner l’innovation agricole et quelles sont ses priorités.

Alain Rousset, quelle est votre vision de l’agriculture innovante ? Quels sont les axes à travailler en priorité ?

« L’agriculture va devoir répondre aux besoins alimentaires de près de 10 milliards d’êtres humains d’ici 2050, tout en réduisant son impact environnemental et fournissant des ressources pour des usages énergétiques ou la chimie verte. A cela il faut bien entendu rajouter les contraintes liées au changement climatique qui vont peser sur nos modèles agricoles. L’innovation doit nous permettre de régler ce défi multifactoriel. C’est pourquoi, nous devons accélérer la 3e révolution agricole, l’Agri-Tech, qui sera basée sur les nouvelles technologies et la bio-économie. J’en veux pour preuve les techniques et technologies se développant de plus en plus dans le monde agricole et qui relevaient il y a encore seulement 5 ou 10 ans de la science-fiction : drones, robots, matériels et objets connectés, big data, analyses satellitaires… Bien évidemment, au-delà d’être technologiques, ces innovations devront également envahir le champ social et organisationnel voire commercial. Deux priorités majeures sont à mon sens à privilégier : l’adaptation au changement climatique et les réponses à apporter aux attentes sociétales. Bien entendu, la Région Nouvelle-Aquitaine s’engage dès à présent aux côtés des acteurs professionnels souhaitant relever ce double défi, notamment au travers d’un plan ambitieux de réduction massive de l’utilisation des produits phytosanitaires dans le vignoble bordelais. »

La Nouvelle-Aquitaine est la plus grande région agricole d’Europe. Quels sont ses points forts et sur quoi doit-elle s’améliorer ?

« En effet, pour la Nouvelle-Aquitaine l’agriculture est une chance pour notre économie et l’emploi régional (première région européenne agricole en valeur) puisqu’en 2015 avec 8,6 milliards d’euros, le secteur agricole et agroalimentaire est la locomotive de l’export dans la région. Ainsi, à elles seules les industries agroalimentaires concentrent près de 28 % des exportations avec notamment les boissons (essentiellement vins et Cognac) qui représentent 4,2 milliards d’euros de ventes, soit le double des ventes de la construction aéronautique et spatiale. Ce dynamisme économique a bien entendu un impact fort pour l’emploi, en particulier dans les zones rurales, ce qui explique que la Région soit n°1 en Europe pour sa masse salariale agricole avec 130.000 emplois dans ce secteur.
Ses points forts sont non seulement nombreux mais également diversifiés avec des produits sous signes de qualité (157 signes d’identification de l’origine et de la qualité) dont les vins et spiritueux, une agriculture biologique en pleine croissance, des grandes cultures (maïs, blé, tournesol), des élevages leader (1re place nationale en bovins-viande, ovins et caprins), des fruits et légumes (melons, fraises, tomates…). A cela s’ajoutent également les produits de la mer, en particulier une filière conchylicole dynamique et leader en France.
A mon sens, il faut aujourd’hui travailler sur 3 sujets prioritairement : conforter et améliorer nos parts de marchés à l’export, soutenir et pérenniser des filières d’élevages – surtout bovines – qui traversent une forte crise structurelle, et poursuivre la modernisation de nos industries agroalimentaires. »

Votre objectif est de passer d’une agriculture de compensation à une agriculture d’innovation. Comment mettre en place un modèle d’agriculture innovant mais aussi performant, équitable et préservant l’environnement ?

« L’agriculture de la Région Nouvelle-Aquitaine a tous les atouts en main pour y parvenir, notamment grâce à notre habitude de co-construire les politiques publiques avec l’ensemble des acteurs du monde agricole. Il est évident que l’innovation n’est pas une fin en soi mais bien une dynamique au service de cette mutation que doit mener l’agriculture aujourd’hui. Cette mutation intégrant aussi bien la compétitivité que la réduction de l’impact de l’agriculture sur l’environnement, les questions organisationnelles ou les conditions de travail. Ainsi, dans ce contexte de changement climatique il est essentiel d’être pionnier dans le passage d’une économie fondée sur les ressources fossiles à une économie issue de la biomasse, décarbonée. Cette bio-économie étant bien entendu basée sur des bio-ressources (agricoles, forestières, marine et bio-déchets) pour lesquelles la Nouvelle-Aquitaine possède d’énormes gisements à valoriser.
Tout cela doit nous rassembler, être le terreau de notre unité pour construire ensemble le futur de cette grande région. En matière agricole et agroalimentaire je souhaite ainsi placer ce mandat sous le signe du triptyque innovation – recherche – formation. Ces éléments nous garantissant la défense du leadership de cette région et notre compétitivité dans le futur. »

 

Vous avez dit en mars dernier : « Tant que l’agriculture restera scotchée avec les hypers, les chaînes, tant que l’on considèrera que c’est là l’avenir agricole, on se plantera. Que proposez-vous ?

« En effet, je pense que la question est : comment conserver le plus de valeurs ajoutées sur le territoire et au niveau des exploitations ? Il faut donc engager dès à présent un travail prospectif sur ce que pourrait être notre agriculture régionale d’ici 10 à 20 ans.
Il est ainsi essentiel pour l’agriculture de diversifier ses débouchés, qu’ils soient lointains ou locaux. A l’export, la Région accompagne les filières et les industries pour gagner de nouveaux marchés à l’étranger. D’ailleurs, dans ce domaine la France a des atouts, en particulier l’excellence sanitaire de ses produits et ses productions sous signes officiels d’origine et de qualité qui intéresse fortement des pays tel que la Chine. En ce qui concerne les circuits courts, le marché à conquérir pour nos exploitants agricoles est bien la restauration collective hors domicile. Rien que pour les lycées de Nouvelle-Aquitaine, cela représente plus de 30 millions de repas annuels. Il est donc indispensable que les denrées utilisées pour l’élaboration des plats soient locales. Comment ne pas s’interroger sur le fait que dans la première région d’élevage de France, la viande servie dans les établissements scolaires ou de santé provienne d’autres pays ? C’est pourquoi la Région s’engage fortement aujourd’hui avec la profession dans un travail pour optimiser l’approvisionnement local dans les lycées régionaux. »

 

(La Tribune)

 

 

Viande bovine: 3 ministres pour un programme humanitaire

 

 

Alors que les cours sont au plus bas pour la viande (en France parfois autour de trois euros le kilo et deux euros pour les bêtes de réforme,  soit très loin du prix de revient),  les ministres de l’agriculture recherchent une solution pour trouver  la fois des débouchés et pour diminuer l’offre. Stéphane Le Foll et ses homologues allemand et polonais, Christian Schmidt et Krzysztof Jurgiel, «  invitent la Commission européenne à travailler sur la mise en place d’un programme d’aide humanitaire +en nature+ portant sur des produits à base de viande bovine, au bénéfice des pays faisant face à un afflux de réfugiés », indique le ministère français de l’Agriculture dans ce communiqué. Les éleveurs français avaient déjà évoqué cette idée en marge du récent salon de l’élevage Space à Rennes, mais avaient alors reçu une fin de non-recevoir du Commissaire européen, Phil Hogan, selon un professionnel de la filière. Les professionnels du secteur avaient ensuite réitéré cette demande début octobre, lors du Sommet de l’élevage en Auvergne. Selon Guy Hermouet, président de la section bovins au sein de la Fédération interprofessionnelle du bétail et des viandes (Interbev), cette opération permettrait « d’aider des zones en état de guerre ou en grande difficulté en raison des migrants », mais aussi d’assainir le marché européen de la viande dont les cours s’effondrent, en raison d’un afflux massif de bêtes dans les abattoirs. Selon la Fédération Nationale Bovine, près d’un million de vaches laitières de plus qu’en 2015 vont en effet être abattues en 2016 dans l’ensemble des 28 pays membres de l’UE, afin de réduire drastiquement la production et soutenir ainsi les cours du lait. Les professionnels affirment s’être inspirés des Américains pour faire leur proposition. L’UE aide déjà financièrement les pays voisins de la Syrie – Turquie, Liban, Jordanie – qui accueillent des millions de réfugiés.

(Avec AFP)

 

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