Archive pour la Catégorie 'agriculture'

Agriculture : « sauver le ver de terre »


Agriculture : « sauver le ver de terre »

C’est le cri de  Christophe Gatineau, cultivateur et agronome, dans une tribune au « Monde » à l’adresse du président de la République. Pesticides et engrais utilisés l’excès ont rendu les terres mortes. Du coup, il faut augmenter encore les doses d’engrais et de pesticides. Or ce sont surtout les vers qui transforment les petit végétaux en véritable or pour l’agriculture du fait de leur capacité à en décomposer la matière organique. Des vers de terre qui représente entre 1 à 5 tonnes par hectares et parfois seulement 50 kgs dans les terres mortes.

«  Monsieur le président, le temps presse, les vers de terre disparaissent et, avec eux, les sols nourriciers. Pour résumer la situation : les vers de terre nourrissent les sols, et les sols nourrissent les plantes qui nous nourrissent ; ou nourrissent les animaux que nous mangeons. A l’image du cycle de l’eau, c’est un cercle vertueux, un échange de bons procédés où chacun nourrit l’autre. Raison pour laquelle le ver de terre a toujours été le partenaire ancestral de l’agriculteur, son abondance signant la fertilité et la bonne santé des sols. Et plus une terre est fertile, plus elle est productive, plus notre nourriture est saine et riche. Sans l’ombre d’un doute, le fond de ma lettre concerne donc l’alimentation de demain. Et si les rayons des supermarchés ne dépendaient pas de la bonne santé des sols, ma requête n’aurait aucun sens puisque, pour l’instant, leurs étals regorgent de nourriture comme jamais. Or, le célèbre astrophysicien Hubert Reeves, pas connu pour être un catastrophiste, et encore moins un fantaisiste, déclarait en mai sur le plateau d’« Envoyé spécial » : « La disparition des vers de terre est un phénomène aussi inquiétant que la fonte des glaces. » Pourquoi a-t-il mis en perspective le ver de terre avec le bouleversement climatique ? Question de bon sens puisque les sols et les glaces fondent comme neige au soleil : un quart des sols européens étant aujourd’hui usés. En langage scientifique, on dit victime d’érosion. Autrement dit, quand les sols sont lessivés de toute vie, usés, ils migrent vers les mers et les océans, via les sources et les rivières, laissant place à des champs de cailloux. Pourquoi ? Quand, il y a cinquante ans, nous avons décidé de ne plus nourrir les vers de terre et toute la diversité biologique, nous avons brisé le cycle. En effet, dans un système de cause à effet, où chacun nourrit ou se nourrit de l’autre, en cessant de nourrir les vers de terre, les sols ont cessé de nourrir les plantes… Alors pourquoi les vers de terre sont-ils si importants en agriculture ? Parce qu’ils peuvent représenter jusqu’à 80 % de la masse des êtres vivants qui fabriquent la nourriture des plantes. Et en cessant de les nourrir, c’est bien l’ensemble d’un agrosystème qui s’est effondré, mort de faim ou empoisonné. Et pour revenir à l’érosion, parce qu’il ne faut jamais se tromper de sens, c’est bien l’extinction du ver de terre qui cause l’érosion des sols, comme le réchauffement climatique cause l’érosion des pôles. »

Brexit : quelle révolution pour le système agroalimentaire britannique ?

Brexit : quelle révolution  pour le système agroalimentaire britannique ?

Suite au Brexit, Tim Lang, professeur de politique agroalimentaire à la City University of London, propose uene révolution du système agroalimentaire qui pourrait aussi intéresser les agriculteurs français ! (extraits de l’interview de la Tribune).

 

-Selon vos études, quel est le principal danger que le Brexit fait encourir au système alimentaire britannique?

TIM LANG - Notre dernier rapport, Feeding Britain: Food Security after Brexit (nourrir la Grande-Bretagne : la sécurité alimentaire après le Brexit) rappelle à l’opinion publique et aux politiques britanniques que, depuis 50 ans, notre système alimentaire est intégré à celui des autres États membres. La Grande-Bretagne ne se nourrit pas toute seule: elle importe 30% de sa nourriture directement de pays de l’Union européenne et 11% de pays tiers ayant négocié des traités de commerce alimentaire avec l’UE. Quitter l’Union européenne signifie donc perturber 50 ans de négociations, qui ont pourtant globalement amélioré la qualité de l’offre.

Dans votre rapport, vous évoquez également la question des migrants…

Oui. L’horticulture britannique est l’un de nos rares succès agricoles, grâce à nos fraises, framboises, etc. Mais la cueillette dépend entièrement de 60-70.000 travailleurs d’autres pays de l’UE -dont l’expulsion a motivé une partie de ceux qui ont voté pour le Brexit. Il y a quelques semaines, le gouvernement a affirmé qu’il introduira un nouveau régime pour les travailleurs saisonniers, mais seulement pour 2.500 personnes ! Cela va détruire notre industrie horticole. Sans compter les effets sur la fabrication alimentaire britannique, dont 30% des emplois sont aussi occupés par des migrants de l’UE… Si ces travailleurs ne viennent plus de Roumanie, Bulgarie, Croatie, Slovénie, Lettonie, Lituanie, d’où viendront-ils? Inde, Pakistan, Algérie, Afghanistan? Quels nouveaux pays nous fourniront de la main-d’œuvre agricole bon marché? Les idéologues de la droite nous disent qu’il ne fait pas s’inquiéter, car nous aurons des robots. Mais pour cela, il faudra au moins 15 ans… alors que les Britanniques disent déjà aujourd’hui qu’ils veulent de la nourriture locale!

Pourquoi le système alimentaire britannique se retrouve-t-il à être si dépendant des importations?

La Grande-Bretagne ne produit plus sa propre nourriture depuis 1780. Grâce à son Empire, elle a commencé dès la fin du 18e siècle à importer de la nourriture de l’Amérique du Nord, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande… Et en 1846, lors de l’abolition des textes réglementaires qui encadraient le commerce de céréales avec l’étranger (les « corn laws »), elle a pris la décision politique de ne pas soutenir ses agriculteurs. Depuis 172 ans la culture politique des Britanniques consiste ainsi à croire que le reste du monde les nourrira: que dès lors que nous gagnons de l’argent via d’autres industries, nous pouvons le dépenser pour acheter de la nourriture bon marché d’autres pays. C’est une vision impériale de la nourriture!

Cette approche a été remise en cause lors des deux guerres mondiales. En 1939, nous importions 70% de nos aliments. En 1945, nous n’en importions plus qu’un tiers: nous avions réussi, malgré la guerre, à doubler notre production. Pour ne plus reproduire de trop graves situations de dépendance, après la guerre il fut donc décidé de reconstruire l’agriculture britannique, en mettant en place un système d’aides pour les agriculteurs. Mais en 1973, quand nous avons rejoint la Communauté économique européenne, nous en avons intégré un nouveau, celui du marché unique. Aujourd’hui, certains supporteurs du Brexit pensent qu’il faudrait retourner au modèle de 1846, d’autres à celui de 1939… Quoi qu’il en soit, d’importantes décisions politiques doivent être prises, et soumises à l’opinion publique. Or, les citoyens britanniques ignorent complètement ces enjeux.

Mais les importations de l’Union européenne ne pourraient-elles pas être remplacées par de la nourriture venant d’autres pays?

Il y a effectivement une véritable pression de la part de certains membres du parti conservateur, des néo-libéraux, pour importer de la nourriture bon marché des Etats-Unis, de pays émergents ou d’anciennes colonies. Mais conclure un accord commercial avec les Etats-Unis a de graves implications. Depuis deux ans, le secrétaire d’Etat américain au Commerce le dit clairement: si le Royaume-Uni signe un traité avec les Etats-Unis, il devra abandonner les standards alimentaires européens. Et si au lieu que de l’Espagne, du Portugal, de la Pologne ou de l’Italie, nous importons de l’Afrique de l’Ouest, de la Turquie, d’Israël, quels contrôles de qualités appliquerons-nous? Le Brexit engendre donc d’importants choix politiques qui ne sont pas suffisamment discutés.

Quel impact risque notamment d’avoir le Brexit sur les agriculteurs?

Pendant les 50 dernières années, le système agroalimentaire a traversé une véritable révolution. Nous croyons encore que notre nourriture vienne des agriculteurs, mais ce n’est plus vrai. Les agriculteurs ne créent que des matières premières bon marché pour un traitement industriel de masse. Ceux d’entre eux qui nourrissent encore directement les consommateurs ne sont pas nombreux. Le système alimentaire est largement industrialisé, et chez nous plus que dans le reste de l’Union européenne. La grande partie de l’argent produit par le secteur agroalimentaire est d’ailleurs gagné par les fabricants industriels et par un petit nombre de distributeurs. En Grande-Bretagne, le système est très concentré: six distributeurs se partagent 90% des ventes de nourriture. Le secteur des services a aussi énormément crû pendant les dernières trente années: traiteurs, restaurants, cafés, plats à emporter…

Ce nouveau système écrase  les agriculteurs, qui ne gagnent plus beaucoup d’argent. Les marges des fabricants alimentaires sont de l’ordre de 15-16%. Dans la distribution, le rendement du capital est de 2%. Il peut aussi être plutôt haut dans les services -même si la plupart des cafés et restaurants ferment boutique après deux ou trois ans. Les agriculteurs en revanche ne survivent désormais qu’en s’agrandissant, alors que la valeur en capital des terres est très élevée. Si les Britanniques veulent plus d’agriculteurs, ils doivent donc accepter de les rémunérer davantage. Mais que va-t-il se passer si nous quittons l’UE? Le gouvernement a évoqué l’idée de d’abord maintenir les aides pour trois ans, puis de les réduire progressivement pendant une décennie. Ce ne sont pas des délais très longs en termes de pratiques agricoles…

Or, nous pensons que la « disruption » du Brexit est l’occasion de repenser radicalement notre agriculture, en tenant compte de l’ensemble de ses nouveaux défi: le développement durable, le réchauffement climatique, le stress hydrique, la perte de biodiversité, la santé publique… Une nouvelle révolution alimentaire est nécessaire afin de renverser les dernières 50 années. La question concerne d’ailleurs l’ensemble de l’Europe: comment créer des régimes alimentaires « durables », tenant compte non seulement des capacités nutritionnelles des aliments, mais aussi de leurs effets sur l’environnement, l’économie et la société?

Vous pensez donc que le Brexit peut aussi être une opportunité positive pour le système agro-alimentaire britannique?

Théoriquement oui. Mais le gouvernement actuel, qui depuis le référendum montre ne pas avoir de vision à propos de la question alimentaire, vient de proposer une loi agricole où les agriculteurs sont réduits au rôle de gardiens des paysages, selon une approche de la gestion des terres purement environnementale. Certes, c’est très positif, voire nécessaire, d’adresser les questions des sols et du carbone… Mais il n’y a toujours pas de plan alimentaire national! Or, à quoi sert la terre: à nourrir la population ou à la contemplation des riches ? Depuis le plan dit  »de Chequers » présenté en juillet par le gouvernement, qui contient aussi quelques mesures visant à anticiper les conséquences du Brexit dans le secteur agroalimentaire, mes collègues chercheurs et moi ne savons pas du tout si et comment le gouvernement continue de réfléchir à la question. Nos recherches depuis deux ans nous ont convaincus que l’ensemble des acteurs du secteur sont laissés dans la même ignorance. Ceci est inacceptable. Un enjeu aussi sérieux, économiquement, politiquement et culturellement, doit être discuté sérieusement et publiquement.

La loi Alimentation accouche d’une souris

La loi  Alimentation accouche d’une souris

La loi alimentation dite Egalim aura surtout réussi l’exploit de faire des mécontents un peu partout.Une loi qui prévoit un encouragement au bio et à l’économie circulaire mais qui demeure très théorique sur la formation des prix où là aussi les agriculteurs seront seulement encouragés à pratiquer la réalité des couts. La loi prévoit une alimentation plus saine, avec notamment une obligation de 20% « de bio » dans la restauration collective Le texte devait permettre  notamment d’inverser la construction du prix des produits pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. Il devait rendre  ainsi aux exploitants la possibilité de proposer leurs tarifs aux acheteurs et de ne plus se laisser imposer des prix trop bas par rapport aux coûts de production. Le texte renforce le rôle du médiateur des relations commerciales agricoles en mettant en place la pratique du “name and shame”, le fait de nommer les mauvais élèves. Sur la partie dédiée à l’alimentation saine, le projet de loi “renforce la qualité et le suivi des produits”, notamment dans la restauration collective, comme les cantines, où il impose “un quota de 50 % de produits locaux ou labellisés, dont 20 % de bio d’ici janvier 2022”, explique la commission des affaires économiques dans un communiqué. Le texte encadre également davantage la vente des pesticides et interdit certaines pratiques commerciales trompeuses. Finalement on a renoncé à la nouvelle logique de construction des pris et la fixation d’« indicateurs de coût de production neutres et objectifs » a finalement été confiée aux organisations interprofessionnelles. Ce que regrette la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui craint que le « déséquilibre structurel (…) entre les producteurs d’une part et industriels et distributeurs d’autre part » permette à ces derniers de faire la pluie et le beau temps. « Le désengagement de l’État est dramatique sur ce dossier où les paysans ont besoin d’être protégés des griffes d’un modèle économique qui les broie jour après jour. La responsabilisation attendue des différents acteurs est un mirage auquel nous ne croyons plus, tant la discussion interprofessionnelle est tronquée par le déséquilibre des forces en présence », abonde la Confédération paysanne. « Le projet de loi Egalim s’annonce en définitive comme une simple charte n’imposant aucune contrainte aux transformateurs et distributeurs et ne reposant ainsi que sur leur bonne volonté plus qu’improbable pour augmenter le prix payé aux agriculteurs », résume Coordination rurale.

Quelques sujets essentiels dans la perspective d’un redressement des relations commerciales entre producteurs, industriels et distributeurs sont par ailleurs laissés aux ordonnances qui mettront en œuvre la loi. Les questions sont donc renvoyées à plus tard.  

Fiscalité agricole : grosse réserve sur l’embauche de saisonniers

Fiscalité agricole : grosse réserve sur l’embauche de saisonniers

Globalement les nouvelles dispositions fiscales prises par le gouvernement concernant le secteur agricole n’ont pas été trop mal accueillies  notamment pour ce qui concerne les dispositifs permettant de lisser les conséquences des catastrophes climatiques ou autres. La principale critique concerne l’embauche des saisonniers.  la suppression du dispositif spécifique d’exonérations de cotisations patronales pour l’emploi de travailleurs occasionnels et de demandeurs d’emploi (TODE) en agriculture. Or on connaît déjà toutes les difficultés qu’ont certains secteurs agricoles à pouvoir embaucher. Pas étonnant du coup qu’on fasse appel de manière de plus en plus massive à des travailleurs étrangers. Parmi les autres mesures annoncées mercredi, le triplement du plafond d’exonération des transmissions de baux ruraux à long terme afin de faciliter la transmission des exploitations ou encore l’adaptation “du cadre comptable de l’impôt sur les sociétés aux spécificités de l’activité agricole». La dotation pour investissement (DPI), “ainsi qu’un certain nombre d’incitations poussant les exploitants parfois à investir de manière artificielle dans le matériel agricole”, seront elles supprimées. Quant à la dotation pour aléas (DPA), créée pour permettre aux agriculteurs de constituer durant les bonnes années une dotation déductible de l’impôt sur le revenu et de l’utiliser lors des mauvaises années, ce dispositif n’a “pas eu le succès escompté”, a relevé le Premier ministre, qui a annoncé la levée de plusieurs “freins” qui gênaient son recours. Les agriculteurs pourront désormais constituer et reprendre des réserves financières sans conditions pendant une durée de 10 ans, contre 7 ans actuellement, et le plafond sera maintenu à 150.000 euros. Edouard Philippe a également confirmé que l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) sur le gasoil non routier ne concernerait pas les agriculteurs. Les allègements de charges consécutifs à la suppression du CICE s’appliqueront, elles, dès le 1e janvier 2019 dans le secteur agricole, contre le 1er octobre pour les autres secteurs, une manière d’”adresser un signal favorable à l’emploi et à l’équilibre des exploitations” agricoles.

Du vin bleu… et du lait rouge ?

Du vin bleu… et du lait rouge ?  

Les goûts et les couleurs ne sauraient être discutées paraît-il. Pourtant la création d’un vin de couleur bleue justifie certaines interrogations. La raison de la coloration de manière artificielle répondrait simplement à un souci de nouveauté. Pourtant la nouveauté n’est pas toujours synonyme de progrès y compris au plan gastronomique ou œnologique. Pourquoi pas aussi du lait rouge. Il suffirait d’ajouter un colorant chimique dans la nourriture des vaches. Pourquoi rouge ?  Là aussi pour la nouveauté. On pourrait même ajouter des bulles pour donner un aspect plus festif. Curieux cette maladie de tout colorer ou l’inverse de décolorer comme le pain ou le sucre ou même la viande. Comme si ce qui était naturel s’opposait à une conception surfaite de la modernité. La boisson, dite vin bleu, produite dans la région d’Almeria (Andalousie), est obtenue en filtrant du chardonnay à travers de la pulpe de raisins noirs contenant de l’anthocyane, un pigment naturel. Résultat, un vin bleu turquoise aux arômes de cerise, framboise et fruits de la passion, assure le distributeur. Les bouteilles nommées “Vindigo” et vendues 12 euros, semblent éviter les écueils. L’entrepreneur assure avoir reçu des commandes de toute la France, mais aussi de Belgique, d’Allemagne, ou même de Russie et de Chine. A l’heure où le vin rosé accède à peine à la reconnaissance auprès des œnologues, après une forte amélioration de sa qualité, le vin bleu est cependant loin de faire l’unanimité. “C’est un peu lourd au niveau des arômes”….lourd tout court !

Des légumes et des fruits trop chers

Des légumes et des fruits trop chers

La météo n’a pas été favorable à certaines productions de fruits et de légumes (trop d’humidité, trop de fraicheur puis trop de chaleur). Un prétexte pour faire vaser les étiquettes. Ce que dénonce Jacques Rouchaussé, président de la fédération Légumes de France sur France Info.

On parle aujourd’hui de melons à 5,50 euros et de 8 euros le kilo de tomates, que se passe-t-il ?
Jacques Rouchaussé : Quand j’entends ces prix je fais un bond sur ma chaise, parce qu’aujourd’hui quand on voit le prix qui est payé au niveau des producteurs on se pose quand même de réelles questions. Pour le melon aujourd’hui, ça oscille entre 40 et 60 centimes au niveau du producteur, alors quand on en voit 5,50 euros pour moi c’est inadmissible. Et puis, la tomate en ce moment, comme on est sorti de crise, elle est payée à peu près 80 centimes le kilo au niveau du producteur. Donc on voit qu’il y a quand même une déconnexion par rapport au prix réel que devrait payer le consommateur.
Comment les prix sont-ils fixés ?
On met toujours le prix sur le dos du temps, il est vrai qu’on a des produits qui sont météo-sensibles. Mais c’est surtout régi par l’offre et la demande, et dans ce domaine-là, on a des experts aujourd’hui dans la distribution qui font en sorte que la balance entre l’offre et la demande soit déséquilibrée. On a lancé un appel dernièrement en Île-de-France pour dire que ça suffit. Si le prix, au niveau du producteur, est très bas il faut également qu’il soit bas au niveau du consommateur. Parce que sinon ça ne favorise pas la consommation.
On savait que ces derniers temps, par rapport au climat, on devait avoir normalement une consommation plus importante de fruits et légumes, et quand on voit qu’on est déconnecté de la réalité, c’est ça qui nous met hors de nous. On a aussi fait des relevés de prix, et on a épinglé quelques enseignes de la grande distribution comme Auchan et Intermarché qui, parce qu’il faisait chaud et que la demande était forte, avaient gonflé leurs prix.
Pourquoi est-ce qu’on trouve aussi des fruits qui viennent d’Espagne ou de Grèce alors qu’il y a souvent des producteurs à quelques kilomètres de la ville où on fait son marché ?
Ça nous a interloqués aussi. Dans la région de Nîmes, où il y a une production de melon importante, il y a du melon marocain et espagnol. C’est totalement inadmissible. Parce que dans ces pays-là, le produit est moins cher et quand vous le retrouvez sur le marché avec ces prix défiant toute concurrence, effectivement l’intermédiaire s’en met pas mal dans les poches. Il faut rééquilibrer cela. On a aussi fait le constat qu’aujourd’hui, alors qu’on est en pleine période de production de tomates, vous trouvez des têtes de gondole dans la distribution avec des tomates polonaises. On marche sur la tête ! À un moment donné, quand le consommateur demande de l’origine France, moi j’aimerais bien que, lorsqu’il voit ces produits d’origine étrangère, il ne les achète pas.

Le rosé espagnol vendu pour du vin français

Le rosé espagnol vendu pour du vin français

La consommation du rosé constitue un véritable phénomène de mode, les ventes s’emballent. Premier pays producteur et consommateur de vin rosé dans le monde, la France a vu sa consommation de rosé tripler en 20 ans -devançant même de loin celle de blanc.la progression des ventes est accompagnée d’uen grande tricherie car nombre de rosé supposé être produit en France viennent de l’étranger ; On constate en fait sur le rosé ce qu’on a vu sur le mousseux avec des copies, de fausses appellations et tout simplement des fraudes sur l’identité du produit. C’est le type d’escroquerie que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a repéré après deux ans d’enquête réalisée en 2016 et 2017, révèle ce dimanche Le Parisien . « Nous avons constaté des fraudes chez quatre négociants-producteurs », explique Alexandre Chevallier, le directeur de cabinet adjoint de la DGCCRF. « Ces cas de francisation concernent plus de 70 000 hectolitres de vin. » L’équivalent de 10 millions de bouteilles de rosé.

Dans les magasins, les enquêteurs ont découvert des problèmes d’étiquetage pouvant induire en erreur le consommateur. L’origine du produit était parfois peu visible ou alors la présence de logo français ou de mention « produced in France » prêtait à confusion. Dans un supermarché d’Île-de-France, 16.700 bouteilles d’un vin espagnol à l’étiquetage ambigu ont été retirées des rayons, écrit Le Parisien.

Plusieurs enquêtes pour tromperie, pratique commerciale trompeuse, tromperie en bande organisée ou usurpation de signes de qualité sont ouvertes.

 

Colère des agriculteurs: Blocage de raffineries

Colère des agriculteurs:  Blocage de raffineries

Pour manifester leur mécontentement vis-à-vis des incohérences de la politique agricole le syndicat majoritaire à décider de procéder au blocage de certaines raffineries des dimanches soir.

Le déclencheur de ce mouvement est l’autorisation donnée au groupe pétrolier Total d’importer de l’huile de palme pour faire tourner sa raffinerie de biocarburants de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. “Mais la réalité, c’est depuis six mois la signature d’accords commerciaux scélérats qui laissent venir des produits (…) qui ne respectent pas les mêmes conditions de production que les produits français”, a expliqué dimanche la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, à franceinfo. Elle a notamment cité la viande, le sucre et l’éthanol. “La discussion sur le Mercosur, les pays d’Amérique du Sud, est en cours et nous ne voulons pas que de nouveaux accords soient signés”, a-t-elle ajouté. “Et puis, pour La Mède, c’est 30.000 emplois qui sont en jeu, je pense que ça vaut le coup de se mobiliser.” Christiane Lambert a rappelé que la France avait développé depuis des années une filière colza pour contribuer à la fois aux carburants verts et à l’alimentation des animaux. “En faisant venir de l’huile de palme, on porte un coup très dur à la filière colza”, a-t-elle fait valoir. “C’est une incohérence que le gouvernement doit résoudre.”

“Notre cible, c’est l’Etat”, a expliqué Christiane Lambert. “Nous avons alerté à plusieurs reprises. Nous avons rencontré des préfets, des parlementaires. Malgré tout, le rouleau compresseur continue sans vraiment d’écoute.”“Nous voulons taper fort (…) pour dire : ‘Stop, vous êtes en train de mettre à mal (…) l’agriculture française.”

La logique de ce mouvement n’est pas de bloquer le pays mais d’obtenir de l’Etat des discussions sur quatre revendications, souligne-t-on à la FNSEA.

Crise agricole: le double discours du gouvernement

Crise  agricole:  le double discours du gouvernement

 

Dans les  Echos, sénateur Jean Bizet (LR), dénonce le double discours du gouvernement concernant la crise agricole. D’un coté, il y a une posture de soutien à l’agriculture française mais de l’autre le gouvernement français a demandé lui-même des coupes budgétaires européennes.

« Le ministre de l’Agriculture a bien tardivement jugé « inacceptable » les propositions budgétaires de la Commission européenne, pour la future politique agricole commune (PAC). Or les autorités françaises avaient bien demandé avec force, durant les négociations au Conseil, des coupes budgétaires dans le budget 2021/2027 de l’Union, à la surprise de son principal partenaire l’Allemagne. Cette information embarrassante, apportée aux sénateurs lors de l’audition du commissaire Oettinger le 24 mai a fait apparaître un « double discours » dévastateur. In fine, la victime de ces postures politiciennes sera notre agriculture, tandis que les sujets d’incompréhension et d’inquiétude s’accumulent entre le gouvernement et les agriculteurs. » Le premier d’entre eux porte naturellement sur l’ampleur des sacrifices financiers qui seront réalisés aux dépens de la PAC, durant la période 2021-2027. D’ores et déjà, la position trouble des autorités française a été interprétée comme un « permis de tuer » par les adversaires de la PAC. D’où la proposition initiale de la Commission, très défavorable : - 5 % en euros courants, correspondant en fait à une diminution de 15 %, en raison de l’inflation. Comment y consentir lorsqu’un tiers des agriculteurs français vit déjà, en moyenne, avec 350 euros de revenus mensuels ?  Ces inquiétudes portent également sur le contenu même de la future PAC. Dans deux résolutions, adoptées les 20 juillet 2017 et 19 avril 2018, les sénateurs ont refusé le quasi-statu quo, qui semble se dessiner, sur les règles de concurrence, comme sur la gestion des crises. Ils ont également mis en garde contre le risque d’une « vraie-fausse » simplification du mode de mise en oeuvre de la PAC. C’est maintenant qu’il faut agir, si l’on veut éviter une nouvelle « usine à gaz » - à savoir un transfert de bureaucratie du niveau européen au niveau national. Le président de la République avait spectaculairement annoncé, le 27 novembre 2017, l’interdiction du glyphosate « dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans ». Sans revenir sur la fragilité juridique de ce singulier « cavalier seul » français au regard du droit européen, force est de constater l’absence de solution alternative à ce pesticide. Comment, sur le terrain, vont faire nos agriculteurs d’ici trois ans ? Comment éviter une distorsion de concurrence, pour nos importations et nos exportations, puisque les autres pays de l’Union ne seront pas, eux, concernés par cette interdiction franco-française ? Plus largement, c’est l’ensemble du projet de loi issu des travaux des Etats généraux de l’alimentation qui est en passe de décevoir les attentes. En effet, les représentants des agriculteurs ont loyalement joué le jeu de la concertation. Au final, ce projet de loi repose sur un double pari : que les distributeurs d’abord, les gros industriels ensuite, acceptent sans y être contraints, de diminuer leurs profits pour augmenter le revenu agricole… Rien n’est moins sûr. S’agissant du plan de modernisation de l’agriculture de 5 milliards d’euros, l’intention est louable et le chiffre élevé. Il frappe les esprits, mais quel sera son contenu ? Il en va de même pour l’objectif de 50 % de produits bio ou local dans la restauration collective . Au demeurant, la redéfinition de la stratégie agricole française ne peut se résumer au seul « bio », en faisant l’impasse sur tout le reste. Les effets d’une politique de communication, aussi brillante soit-elle, n’auront qu’un temps. Immanquablement, le prix des ambiguïtés, des habiletés, voire du « double discours » s’exprimera par de cruelles désillusions. Les agriculteurs français méritent beaucoup mieux que cela, notre balance commerciale aussi ! «

Jean Bizet est sénateur Les Républicains de la Manche et président de la commission des Affaires européennes

 

Les agriculteurs en colère menacent de bloquer des raffineries

Les agriculteurs en colère menacent de bloquer des raffineries

 

Il fallait évidemment s’attendre à une réaction des agriculteurs compte tenu des nuages qui accumulent sur le secteur. La très récente loi sur alimentation et l’agriculture constitue en fait une escroquerie concernant le relèvement des prix. Pour résumer, on incite les producteurs à partir des couts pour bâtir leurs prix  sans autre dispositif de contrôle ou de régulation. Bref du blabla car les acheteurs sont et seront toujours en positon de force dans une négociation commerciale. La dessus s’ajoutent les conséquences des accords commerciaux internationaux avec le Mercosur (Union Européenne-Amérique du Sud) et CETA (UE-Canada), qui prévoient de faciliter l’exportation de produits en provenance de ces régions sur le marché européen.  En fait des accords commerciaux destinés  à faciliter  les ventes  de produits industriels ou manufacturés contre l’ouverture à des produits agricoles à destination de l’Europe. Notons qu’on vient aussi d’autoriser Total à importer de huile palme…pour produire du carburant ; Un double pied de nez à l’agriculture et aussi à Hulot. Les agriculteurs menacent de bloquer des raffineries dans tout le pays. «Nous lançons un mouvement de protestation très fort et dans toute la France qui commencera la semaine prochaine», à partir du 10 juin, a annoncé jeudi Christiane Lambert, président de la FNSEA, le principal syndicat agricole français dans les colonnes du quotidien l’Union de Reims. Ce blocage va concerner «l’ensemble de nos régions (…) des sites stratégiques, symboles des distorsions de concurrence que nous subissons», précise l’organisation dans un communiqué. Les motifs de mécontentements sont pluriels. Les agriculteurs entendent manifester leur «incompréhension», face à la loi agriculture et alimentation adoptée en première lecture mercredi par les députés, qui, selon le syndicat, «instaure de nouvelles charges», et émet «plusieurs signaux» en faveur «d’une concurrence toujours déséquilibrée avec des produits importés».

 

 

Création forte d’emplois dans le bio

Création forte d’emplois dans le bio

 

En 2017, on estime que les métiers de l’agriculture biologique comptent près de 134 500 emplois directs (les emplois dans les fermes bio et ceux liés aux activités de transformation et de distribution), soit 16 500 de plus qu’en 2016. Ce sont 49 200 emplois directs qui ont été créés depuis 2012, avec une croissance annuelle moyenne de +9,5 % depuis 5 ans. Alors que l’emploi agricole diminue à un rythme de -1,1 % en moyenne annuelle entre 2010 et 2015, l’emploi dans la production agricole biologique a progressé de 10 669 emplois en temps plein entre 2017 et 2016, soit +13,7 % : une performance. Les emplois des filières bio concernent de très nombreux secteurs et à tous les stades des filières. Les 134 500 emplois direct en équivalent temps plein comptabilisés en 2017 se répartissent ainsi : — 88 400 emplois directs dans les fermes en équivalent temps plein, soit +13,7 % par rapport à 2016 — 15 000 emplois directs en équivalent temps plein pour la transformation de produits bio y compris alimentation animale et boulangerie, soit +17 % vs 2016 — 28 900 emplois directs en équivalent temps plein pour la distribution de produits bio, soit + 13 % vs 2016 — 2 200 emplois en équivalent temps plein dans les activités de services conseil, recherche et formation, développement, services administratifs et contrôles spécifiques à la bio 1. Outre les bénéfices pour l’environnement et le bien-être animal, les filières bios apportent en effet une valeur ajoutée importante à la vie économique et sociale locale. Avec un marché dynamique, qui s’approvisionne à près de 69 % en France, lorsqu’un consommateur achète un produit bio, il soutient l’emploi en France. Dans le secteur bio, la part élevée de la transformation à la ferme, de la commercialisation en circuits courts ainsi que la prévalence plus forte des exploitations dédiées aux fruits, aux légumes et à la vigne augmentent le contenu en emploi moyen des exploitations. Ainsi, selon le recensement agricole de 2010, les fermes biologiques emploient en moyenne 2,41 UTA (Unité de Travail Annuel) au lieu de 1,52 UTA en conventionnel. Les fermes bios ont ainsi un contenu en emploi supérieur de 59 % par rapport au secteur conventionnel. (Source agence Bio)

« La loi agriculture- alimentation : c’est la disparition de l’écologie » (David Cormand)

« La loi agriculture- alimentation : c’est la disparition de l’écologie » (David Cormand)

 

 

David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), répond à l’interview du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert parue dimanche dans le JDD.

 

« Pas une semaine sans qu’une nouvelle étude scientifique témoigne de l’effondrement de la vie sur Terre : disparition des vertébrés, des insectes, des oiseaux, des zones humides, des forêts primaires, des coraux. Partout, et de plus en plus rapidement, la vie recule. Il aura pourtant fallut plusieurs milliards d’années pour que notre planète soit en mesure d’accueillir la vie. Il aura ensuite fallut plusieurs centaines de millions d’années pour que la vie trouve son chemin au prix d’innombrables hasards, jusqu’à l’apparition d’homo sapiens. Des milliers d’années auront ensuite été nécessaires pour que l’humanité en arrive à la situation d’aujourd’hui.

Cette situation, c’est le sixième épisode d’extinction massive que la Terre ait connue; et la première exclusivement due à l’activité humaine. En quelques générations, notre civilisation est parvenue à rendre notre planète inhospitalière.

Pourtant, nous savons qu’il est possible de faire autrement. Encore faut-il accepter de remettre en question nos modes de production et de consommation.

L’agriculture, par exemple, et notre manière de nous alimenter, constituent un enjeu majeur. C’était, en principe, l’objet des travaux des états généraux de l’alimentation de permettre de déboucher sur une loi qui réponde enfin à ces grandes problématiques.

Il n’en a rien été. Partout, la voracité des lobbys s’impose. Les récents propos tenus à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, niant la réalité de l’effondrement des insectes polinisateurs ainsi que le projet de loi qu’il propose illustrent l’aveuglement de celles et ceux qui nous dirigent sur ce sujet pourtant fondamental.

Il y a plus de vingt ans, déjà, un ministre de l’époque, Claude Allègre, niait la réalité du changement climatique. Le même déni et la même inconséquence face à la menace qui pèse sur la biodiversité que celle constatée il y a 20 ans face à la réalité du changement climatique constituent la feuille de route du ministre de l’agriculture. En renvoyant à plus tard, comme toujours, l’interdiction du glyphosate, le ministre condamne la biodiversité en même temps qu’il condamne l’avenir de l’agriculture de notre pays.

Car la guerre qu’il mène contre la nature pénalise aussi les agricultrices et les agriculteurs, premières victimes de l’alliance des multinationales de l’agro-industrie, de l’agro-alimentaire et de la grande distribution. Pour ces grands groupes, l’agriculture idéale est une agriculture sans paysan.nes, sans terre, accro au pétrole, dans laquelle les animaux sont enfermés dans des usines et réduis à l’état d’objets destinés à produire.

Les paysan.nes de notre pays ont subi, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le plus grand plan social qu’ait connu notre pays: 5.000.000 d’emplois ont été détruit.

Si durant les trente glorieuses, la révolution industrielle de l’agriculture a pu, pour un temps, augmenter les revenus et améliorer la qualité de vie des agriculteurs. Nous savons aujourd’hui que cette prospérité provisoire avait un prix : désertification des campagnes, surendettement, surcharge de travail, suicides, maladies professionnelles, souffrance animale. A cette réalité s’ajoute le constat que les aliments mis à disposition des consommatrices et des consommateurs présentent des risques pour leur santé. Les maladies environnementales explosent.

Pour répondre à cette fin de cycle, il est vital de se poser les bonnes questions et d’inventer une nouvelle révolution agricole qui repose sur une agriculture paysanne et bio, des filières courtes, l’abandon de la chimie, le respect des écosystèmes, la prise en compte du bien-être animal et la création d’emplois de paysan-nes qui permettent la répartition de la charge de travail et la revitalisation des territoires ruraux et des terroirs.

Avec la loi qu’il va porter au nom du gouvernement, Stéphane Travert tourne le dos à une agriculture d’avenir. En refusant d’interdire les glyphosates, en refusant d’installer la vidéo dans les abattoirs et de mettre fin à l’élevage en cage des poules, des lapins et des truies, en ignorant la question du changement climatique, en choisissant de ne pas aider activement les collectivités locales à la mise en oeuvre des 50% d’alimentation bio et locale dans la restauration collective et en ne s’engageant pas en faveur d’un repas végétarien par semaine dans les cantines afin d’aller vers une alimentation moins carnée, il choisit de sacrifier l’avenir agricole de la France en se faisant le meilleur allié des lobbys. Sourd et aveugle aux menaces écologiques qui pèsent sur notre civilisation, Stéphane Travert persiste à soutenir une agriculture archaïque dépendante de la chimie, du pétrole et de l’exploitation animale.

Il ne faut pas y voir la traduction d’une ‘pensée complexe’, mais la duplicité d’un gouvernement qui fait le contraire de ce qu’il dit.

L’urgence climatique et l’urgence environnementale exigent de nos dirigeant.es des choix courageux et cohérents. Avec l’orientation que dessine la Loi alimentation pour l’agriculture de notre pays, nous constatons une nouvelle fois un Rendez-Vous manqué. »

 

Distribution : Les députés limitent les promotions

Distribution : Les députés limitent les promotions

 

Pour tenter de préserver les revenus des agriculteurs producteurs, le gouvernement va encadrer la promotion en les limitant. Les mesures précises seront prises par ordonnances.  Un article  de la loi alimentation  autorise le gouvernement à prendre par ordonnance des mesures pour encadrer en valeur et en volume, sur une durée de deux ans, les opérations promotionnelles financées par le distributeur ou le fournisseur. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a résumé lors des débats les objectifs du gouvernement: “Relèvement du seuil de revente à perte à 10 %, encadrement des promotions non seulement pour lutter contre le gaspillage alimentaire mais pour redonner de la valeur à nos productions, expérimentation sur deux ans, enfin concertation, particulièrement avec les parlementaires, pour travailler sur le contenu des ordonnances”, a-t-il dit. Le gouvernement entend en outre limiter les rabais à 34% de la valeur finale d’un produit. En début d’année, les promotions massives de la chaîne Intermarché, notamment sur des pots de pâte à tartiner Nutella, avaient déclenché des scènes d’émeute et amené la justice à se saisir de ces promotions caractérisées comme une forme illégale de revente à perte. Le ministre a assuré, étude à l’appui, que l’impact de ces mesures sur les prix serait bien moindre que ce qu’avancent les distributeurs, qui dénoncent une mesure néfaste pour le pouvoir d’achat. “Les associations et la grande distribution avaient évalué l’impact sur les prix à hauteur de 5 milliards d’euros. Selon l’étude, l’impact serait de 0,7 %, soit 870 millions d’euros par an, ce qui représente une augmentation de 2 euros par mois pour chacun des consommateurs”, a-t-il dit.

Interdiction glyphosate : le grand flou

Interdiction glyphosate : le grand flou 

Dans le cadre de la loi alimentation, un amendement de Matthieu Orphelin proche de Nicolas Hulot laisse la porte ouverte à des dérogations pour, selon la formulation retenue, “tenir compte de l’absence éventuelle d’alternatives pour certains usages ou conditions particulières”. La position française, définie par le chef de l’Etat, est plus ambitieuse que celle de l’Union européenne, qui a renouvelé au mois de novembre l’autorisation du glyphosate pour cinq ans. Au ministère de l’Agriculture, on se refuse pour l’heure à se prononcer pour ou contre l’amendement de Matthieu Orphelin, tout en insistant sur une autre promesse d’Emmanuel Macron, celle “d’éviter les sutranspositions” de normes européennes. “Le débat aura lieu au Parlement”, a déclaré le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, dans une interview au Journal du dimanche, sans donner clairement son opinion. Mais pour le rapporteur du texte à l’Assemblée nationale, Jean-Baptiste Moreau (la République en marche), “il n’y aucune ambiguïté : il n’y aura rien dans cette loi à ce sujet”. “L’engagement présidentiel sera tenu, il n’est juste pas nécessaire de l’afficher dans la loi”, a-t-il justifié devant la presse !!! Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, plaide de côté pour que l’interdiction du glyphosate soit bien inscrite dans la loi car, a-t-il dit vendredi sur BFM TV, “si on ne se fixe pas ces points d’étape, je sais très, très bien qu’il ne se passera rien”. “Sur le glyphosate, on veut des choses claires”, a dit mardi la présidente du syndicat, Christiane Lambert, lors d’une rencontre avec des journalistes. “L’Europe a dit cinq ans, c’est cinq ans.”

« La loi alimentation : c’est la disparition de l’écologie » (David Cormand

« La loi alimentation : c’est la disparition de l’écologie » (David Cormand)

David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), répond à l’interview du ministre de l’Agriculture Stéphane Travert parue dimanche dans le JDD.

 

« Pas une semaine sans qu’une nouvelle étude scientifique témoigne de l’effondrement de la vie sur Terre : disparition des vertébrés, des insectes, des oiseaux, des zones humides, des forêts primaires, des coraux. Partout, et de plus en plus rapidement, la vie recule. Il aura pourtant fallut plusieurs milliards d’années pour que notre planète soit en mesure d’accueillir la vie. Il aura ensuite fallut plusieurs centaines de millions d’années pour que la vie trouve son chemin au prix d’innombrables hasards, jusqu’à l’apparition d’homo sapiens. Des milliers d’années auront ensuite été nécessaires pour que l’humanité en arrive à la situation d’aujourd’hui.

Cette situation, c’est le sixième épisode d’extinction massive que la Terre ait connue; et la première exclusivement due à l’activité humaine. En quelques générations, notre civilisation est parvenue à rendre notre planète inhospitalière.

Pourtant, nous savons qu’il est possible de faire autrement. Encore faut-il accepter de remettre en question nos modes de production et de consommation.

L’agriculture, par exemple, et notre manière de nous alimenter, constituent un enjeu majeur. C’était, en principe, l’objet des travaux des états généraux de l’alimentation de permettre de déboucher sur une loi qui réponde enfin à ces grandes problématiques.

Il n’en a rien été. Partout, la voracité des lobbys s’impose. Les récents propos tenus à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, niant la réalité de l’effondrement des insectes polinisateurs ainsi que le projet de loi qu’il propose illustrent l’aveuglement de celles et ceux qui nous dirigent sur ce sujet pourtant fondamental.

Il y a plus de vingt ans, déjà, un ministre de l’époque, Claude Allègre, niait la réalité du changement climatique. Le même déni et la même inconséquence face à la menace qui pèse sur la biodiversité que celle constatée il y a 20 ans face à la réalité du changement climatique constituent la feuille de route du ministre de l’agriculture. En renvoyant à plus tard, comme toujours, l’interdiction du glyphosate, le ministre condamne la biodiversité en même temps qu’il condamne l’avenir de l’agriculture de notre pays.

Car la guerre qu’il mène contre la nature pénalise aussi les agricultrices et les agriculteurs, premières victimes de l’alliance des multinationales de l’agro-industrie, de l’agro-alimentaire et de la grande distribution. Pour ces grands groupes, l’agriculture idéale est une agriculture sans paysan.nes, sans terre, accro au pétrole, dans laquelle les animaux sont enfermés dans des usines et réduis à l’état d’objets destinés à produire.

Les paysan.nes de notre pays ont subi, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le plus grand plan social qu’ait connu notre pays: 5.000.000 d’emplois ont été détruit.

Si durant les trente glorieuses, la révolution industrielle de l’agriculture a pu, pour un temps, augmenter les revenus et améliorer la qualité de vie des agriculteurs. ces, nous savons aujourd’hui que cette prospérité provisoire avait un prix : désertification des campagnes, surendettement, surcharge de travail, suicides, maladies professionnelles, souffrance animale. A cette réalité s’ajoute le constat que les aliments mis à disposition des consommatrices et des consommateurs présentent des risques pour leur santé. Les maladies environnementales explosent.

Pour répondre à cette fin de cycle, il est vital de se poser les bonnes questions et d’inventer une nouvelle révolution agricole qui repose sur une agriculture paysanne et bio, des filières courtes, l’abandon de la chimie, le respect des éco-systèmes, la prise en compte du bien-être animal et la création d’emplois de paysan-nes qui permettent la répartition de la charge de travail et la revitalisation des territoires ruraux et des terroirs.

Avec la loi qu’il va porter au nom du gouvernement, Stéphane Travert tourne le dos à une agriculture d’avenir. En refusant d’interdire les glyphosates, en refusant d’installer la vidéo dans les abattoirs et de mettre fin à l’élevage en cage des poules, des lapins et des truies, en ignorant la question du changement climatique, en choisissant de ne pas aider activement les collectivités locales à la mise en oeuvre des 50% d’alimentation bio et locale dans la restauration collective et en ne s’engageant pas en faveur d’un repas végétarien par semaine dans les cantines afin d’aller vers une alimentation moins carnée, il choisit de sacrifier l’avenir agricole de la France en se faisant le meilleur allié des lobbys. Sourd et aveugle aux menaces écologiques qui pèsent sur notre civilisation, Stéphane Travert persiste à soutenir une agriculture archaïque dépendante de la chimie, du pétrole et de l’exploitation animale.

Il ne faut pas y voir la traduction d’une ‘pensée complexe’, mais la duplicité d’un gouvernement qui fait le contraire de ce qu’il dit.

L’urgence climatique et l’urgence environnementale exigent de nos dirigeant.es des choix courageux et cohérents. Avec l’orientation que dessine la Loi alimentation pour l’agriculture de notre pays, nous constatons une nouvelle fois un Rendez-Vous manqué. »

 

Loi alimentation : une mini loi

Loi alimentation : une mini loi

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En dépit ce pense le ministre de l’agriculture la loi alimentation accouche d’une souris concernant les prix. On va partir des couts pour définir les prix dit le ministre mais sans aucune contrainte, sans aucune réglementation. Par le simple effet du regroupement virtuel des producteurs ? Ce qui a été  fait depuis longtemps mais les coopératives qui appartenaient aux agriculteurs sont passées dans le camp des financiers (comme le Crédit Agricole).  ! Et ce n’est pas demain que cela va changer Rééquilibrage des marges et des prix des produits, développement du bio, gaspillage alimentaire, restauration collective, surmortalité des abeilles, une sorte d’inventaire à la Prévert … Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert explique cependant au JDD les grandes lignes du projet de loi « alimentation et agriculture » qu’il défendra à l’Assemblée nationale à partir de la semaine prochaine. Il aura fort à faire : les députés ont déposé 2.627 amendements sur son texte. « Ce n’est pas un barrage mais une marque d’intérêt. assure-t-il dans nos colonnes. Le sujet de ­l’alimentation touche toute la société. » Comment garantir un juste prix aux agriculteurs? Pour Stéphane Travert, son projet de loi va permettre d’ »inverser la ­construction du prix en partant du coût de revient des agriculteurs ». « C’est une révolution, explique encore le ministre. Ils se regrouperont en organisations de producteurs pour être plus forts dans les négociations. » « L’État sera le garant de ce cadre de travail », insiste le responsable qui met en garde la grande distribution : « Celui qui refuse les nouvelles règles de contractualisation sera sanctionné financièrement. » On se demande bien comment !

Baisse du budget de la PAC : un coup dur pour la France

Baisse du budget de la PAC : un coup dur pour la France

La proposition de  la commission européenne de baisser la PAC de % constitue un coup dur pour a France surtout à un moment où déjà le secteur connait uen grave crise puisqu’environ 30% des agriculteurs sont en situation de grande précarité. En cause évidemment la baisse des recettes européennes avec le départ du Royaume Uni, aussi le désir de diminuer les aides agricoles.  La France a donc  jugé mercredi “inacceptable” la proposition de la Commission européenne de baisser de 5% le budget de la Politique agricole commune (PAC) sur la période 2021-2027 et a averti qu’elle se battrait pour modifier les équilibres.  Travert, ministre de l’agriculture : «  une proposition qui entraînerait une baisse “drastique, massive et aveugle” des subventions agricoles européennes est “inenvisageable”. “Si nous voulons répondre aux attentes des consommateurs et plus largement des citoyens, il nous faut préserver le revenu des agriculteurs et donc maintenir un budget de la PAC à la hauteur de cette ambition”, déclare-t-il, fidèle à la politique traditionnelle de la France en la matière. Pour Paris, ajoute-t-il, ces propositions ne constituent que le point de départ des négociations qui vont s’engager. Exprimant sur RTL sa “très forte déception”, la présidente de la FNSEA, syndicat majoritaire dans la profession agricole en France, en a appelé au chef de l’Etat. La France a indiqué qu’elle était prête à accepter une augmentation du budget européen et qu’elle y prendrait sa part à condition, notamment, que l’on modernise les politiques et que l’on supprime tous les rabais accordés à différents pays. Pour les députés européens Les Républicains Michel Dantin et Angélique Delahaye, il s’agit d’un “hold up” sur le budget agricole européen et d’une bombe à retardement. Ils estiment dans un communiqué qu’avec une réduction de 3,6 milliards euros dès la première année, le budget passant à 40,5 milliards d’euros en 2021 contre 44,1 milliards d’euros en 2020, “la Pac sera amputée de plus de 100% de sa part liée au coût du Brexit (estimée à 2,7 milliards d’euros)”. La Commission se défend en présentant la réduction budgétaire comme “modérée” et assure que la politique d’aide aux régions les plus pauvres de l’UE subira la même baisse. “Ces politiques seront modernisées afin de garantir qu’elles puissent rester efficaces avec moins de ressources et même appuyer de nouvelles priorités”, ajoute l’exécutif européen dans sa proposition, évoquant notamment l’environnement. Avec 365 millions d’euros sur un total de 1.135 milliards d’euros prévus pour la période 2021-2027, la PAC resterait en outre la principale bénéficiaire, ajoute-t-elle. Les aides directes seraient préservées mais plafonnées ou rendues dégressives en fonction de la production afin de privilégier les petites et moyennes exploitations. Leur versement serait en outre conditionné au respect de stricts critères de respect de l’environnement. Les Etats membres seront par ailleurs mis à contribution pour “cofinancer” et cogérer les aides au développement rural.

Loi alimentation : très insuffisant

Loi alimentation : très insuffisant

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Une loi qui prévoit un encouragement au bio et à l’économie circulaire mais qui demeure très théorique sur la formation des prix où là aussi les agriculteurs seront seulement encouragés à pratiquer la réalité des couts. La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a adopté vendredi le projet de loi pour une meilleure rémunération des agriculteurs et une alimentation plus saine, avec notamment une obligation de 20% « de bio » dans la restauration collective Le texte permet notamment d’inverser la construction du prix des produits pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. Il rend ainsi aux exploitants la possibilité de proposer leurs tarifs aux acheteurs et de ne plus se laisser imposer des prix trop bas par rapport aux coûts de production. Le texte renforce également le rôle du médiateur des relations commerciales agricoles en mettant en place la pratique du “name and shame”, le fait de nommer les mauvais élèves. Sur la partie dédiée à l’alimentation saine, le projet de loi “renforce la qualité et le suivi des produits”, notamment dans la restauration collective, comme les cantines, où il impose “un quota de 50 % de produits locaux ou labellisés, dont 20 % de bio d’ici janvier 2022”, explique la commission des affaires économiques dans un communiqué. Le texte encadre également davantage la vente des pesticides et interdit certaines pratiques commerciales trompeuses. “Certaines mesures n’ont pour l’instant pas été retenues et nous y reviendrons lors de l’examen en séance, notamment les questions autour de la programmation de la fin du glyphosate et le déploiement de ses alternatives, ou encore la généralisation du ‘doggy-bag’ (fait de remporter les restes, NDLR) dans les restaurants”, a précisé le député du Maine-et-Loire, La République en Marche (LaRem), Matthieu Orphelin, par communiqué.

Zones agricoles défavorisées : nouvel appel à Macron

Zones agricoles défavorisées : nouvel appel à Macron

 

 

Un nouvel appel à Macron pour dénoncer le découpage bureaucratique des zones dites défavorisées qui bénéficie d’aides financières européennes.  Les élus et les agriculteurs de La Piège, un secteur de l’Aude exclu à ce jour de la nouvelle carte des « zones défavorisées », en ont encore appelé  dimanche au président de la République, lui faisant part dans un courrier de leur « sentiment d’injustice ». Presque que la moitié des communes en France sont concernées par les aides aux zones défavorisées. Environ 1400 communes vont être exclues de ces  zones bénéficiant à ce titre d’aides européennes ; Soit en moyenne autour de 10 000 euros par an. Souvent le revenu de l’agriculteur. Un découpage par commune n’a aucun sens car il ne tient pas compte de la diversité de terre qui fait la richesse du patrimoine agricole français. En outre et surtout la qualité des terres varient à l’intérieur des communes et m^me à l’intérieur d’uen m^me exploitation.   Il existe, d’après le ministère, trois types bien distincts de zones défavorisées : les « zones de montagne », les « zones défavorisées simples », ainsi que les « zones affectées de handicaps spécifiques ».  Les agriculteurs résidant et travaillant dans ces zones bénéficient depuis 1976 d’une aide spécifique de l’Union européenne. Cette aide s’appelle l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), et est versée à pas moins de 99 000 agriculteurs, précise le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Financée pour 25% par l’Etat, et à 75% par le Fonds européen agricole de développement rural (Feader), selon le ministère, elle représente un budget de plus d’un milliard d’euros chaque année.   L’ICHN fait partie intégrante du budget de la politique agricole commune (PAC), et permet aussi aux agriculteurs en bénéficiant d’accéder à des aides à l’installation et à l’investissement plus favorables, L’indemnité, versée en fonction du nombre d’hectares « défavorisés », est dégressive : « l’aide est plus forte sur les 25 premiers hectares et plafonnée à 75 hectares », détaille le ministère. Et elle n’est pas négligeable : selon Le Figaro, cette aide varie de 5 000 à 15 000 euros par an pour une exploitation.  Près de 1 400 communes sortiront du dispositif des zones défavorisées, et perdraient ainsi des subventions de la part de l’Union européenne. Le ministre a néanmoins affirmé que l’Etat s’engagerait à « accompagner » les agriculteurs touchés par cette réforme. « Je ne les laisserai pas tomber », a-t-il garanti. Une promesse qui n’engage que ceux qui y croient ! Comme l’explique le ministère, cette réforme des zones défavorisées « a été rendue obligatoire au niveau européen suite aux critiques de la Cour des comptes européenne », qui estimait qu’il existait une « hétérogénéité trop importante entre les Etats membres », ainsi qu’une « non justification du maintien de l’éligibilité de certaines zones ». Un réglement de l’Union européenne, datant du 17 décembre 2013, a ainsi estimé qu’« en vue de garantir une utilisation efficace des fonds de l’Union et l’égalité de traitement pour les agriculteurs dans l’ensemble de l’Union », il était nécessaire de redéfinir « selon des critères objectifs » ces zones. Comme l’a annoncé Stéphane Travert dimanche, autour de 1 400 communes ne seront plus, au 1er janvier 2019, considérées comme des zones défavorisées simples. Le ministre de l’agriculture le reconnaît : même s’il compte  »faire en sorte que cette perte soit la moins forte possible », plusieurs agriculteurs « perdront de l’argent » du fait de cette réforme. « Les Deux-Sèvres, l’Indre-et-Loire et l’Aveyron sont, entre autres, les zones où cela coince », précise à franceinfo le ministère. Que se passera-t-il alors, dans un an, pour ces zones exclues ? « Ils toucheront 80% de l’aide en 2019, et 20% en 2020″, tempère le ministère. « On a un tout petit peu de temps pour trouver d’autres outils pour compenser cette perte. »  Comment ? Combien ?

CETA : Mercosur : Poulet, bœuf aux hormones, farines animales, antibiotiques et autres cocktails chimiques

CETA : Mercosur : Poulet, bœuf aux hormones, farines animales, antibiotiques et autres cocktails chimiques

Inutile de tourner autour du pot,  l’agriculture est une  variable d’ajustement pour faciliter les échanges sur d’autres produits. Par exemple la vente des multinationales de  matériels aéronautiques, de services, du BTP, de télécoms etc.  Déjà  40% du poulet non conforme aux critères d’hygiène européens entrent déjà en France. Avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay), ce serait 3 millions de poulets supplémentaires par an dans l’Hexagone. « On ne peut pas tolérer de la part de l’UE que les quotas augmentent et que les standards de qualité baissent », s’insurge Paul Lopez. Même chose pour le bœuf. L’équivalent de 14,4 milliards d’euros s’est déversé dans les assiettes des Français sous forme de viandes, produits laitiers transformés, poissons, crevettes, café, thé, et surtout fruits et légumes. Leur hausse globale, de 5% par rapport à l’année précédente, a fait basculer dans le rouge la balance commerciale française. Et progresser d’autant les risques sanitaires. En plus du traité Mercosur il y a le traité avec le Canada : le CETA.  À juste titre,  les éleveurs notamment bovins réclament  une renégociation du CETA au  motif que cela fait peser une menace sans précédent sur la filière. Il faut rappeler que le CETA  a été négocié dans la plus grande discrétion par l’union européenne voire dans la plus grande opacité ; aucune  étude d’impact sérieuse n’a été réalisée. Ce CETA  est par ailleurs un curieux objet juridique puisqu’il va entrer en vigueur le 1er mars sans avoir été formellement approuvé par les Etats. Une sorte de mise en application provisoire qui va durer longtemps ! Pourtant le CETA  va favoriser l’importation massive d’animaux  shootés aux OGM, aux protéines suspectes et aux hormones de croissance sans parler de l’avantage de compétitivité liée au dimensionnement de l’appareil de production au Canada. Aurélie Trouvé, agroéconomiste à AgroParisTech, a souligné dans uen étude « les potentielles menaces sur la viande bovine et porcine, liées au différentiel de compétitivité. » « Les échanges entre l’UE et le Canada sont excédentaires pour l’UE, mais ils sont essentiellement tirés par les boissons. En revanche, le déficit se creuse pour les oléagineux (grâce au soja et au canola canadiens), et les céréales. » Et le Ceta devrait contribuer à l’accentuer. Les droits de douane ne seront pas totalement supprimés pour les viandes, mais la contrepartie pourrait s’avérer tout aussi dangereuse, avec des contingents à droit nul relativement importants.  Aurélie Trouvé souligne également d’autres risques, plus insidieux, à savoir les barrières non tarifaires, les mécanismes de règlement des différends via les tribunaux arbitraux, et l’organe de régulation des réglementations (dont l’objectif est de supprimer toute entrave au commerce, en procédant à une reconnaissance respective des normes de part et d’autre de l’Atlantique, par exemple). Les normes potentiellement visées par le gouvernement et les industriels canadiens (et qui font l’objet de plaintes à l’OMC) sont la ractopamine (en porcin), l’hormone de croissance (en bovin), les OGM… Mais aussi potentiellement la politique agricole européenne. « Les subventions agricoles dans l’UE sont beaucoup plus importantes qu’au Canada. Or, il est possible de les discuter si l’une de parties considère que cela lui porte préjudice. Et il y a un effet « cliquet » : une fois que les barrières, les normes ou qu’un instrument de régulation tombent, il est impossible de revenir en arrière. » Les défenseurs d’un retour à une régulation en élevage devraient donc s’interroger sur leur soutien au Ceta. Car les deux choses sont incompatibles, selon la chercheuse. Baptiste Buczinski, de l’Institut de l’élevage, a insisté sur le différentiel de compétitivité. « Le maillon de l’engraissement canadien est plus compétitif, grâce à leurs élevages en feedlot. Mais le maillon le plus compétitif, c’est l’abattage car 4-5 gros abattoirs se répartissent le secteur, dont les numéros un et deux mondiaux, JBS et Cargill, qui traitent chacun plus de 4 millions de tonnes. » Un différentiel de concurrence existe aussi sur la réglementation : protéines animales autorisées dans l’alimentation, pas de contraintes relatives au bien-être, une traçabilité avec quelques « failles »…. Dans le porc, l’étude arrive aux mêmes conclusions, pour les mêmes raisons.

 

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