Archive pour la Catégorie 'agriculture'

Loi alimentation : très insuffisant

Loi alimentation : très insuffisant

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Une loi qui prévoit un encouragement au bio et à l’économie circulaire mais qui demeure très théorique sur la formation des prix où là aussi les agriculteurs seront seulement encouragés à pratiquer la réalité des couts. La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a adopté vendredi le projet de loi pour une meilleure rémunération des agriculteurs et une alimentation plus saine, avec notamment une obligation de 20% « de bio » dans la restauration collective Le texte permet notamment d’inverser la construction du prix des produits pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. Il rend ainsi aux exploitants la possibilité de proposer leurs tarifs aux acheteurs et de ne plus se laisser imposer des prix trop bas par rapport aux coûts de production. Le texte renforce également le rôle du médiateur des relations commerciales agricoles en mettant en place la pratique du “name and shame”, le fait de nommer les mauvais élèves. Sur la partie dédiée à l’alimentation saine, le projet de loi “renforce la qualité et le suivi des produits”, notamment dans la restauration collective, comme les cantines, où il impose “un quota de 50 % de produits locaux ou labellisés, dont 20 % de bio d’ici janvier 2022”, explique la commission des affaires économiques dans un communiqué. Le texte encadre également davantage la vente des pesticides et interdit certaines pratiques commerciales trompeuses. “Certaines mesures n’ont pour l’instant pas été retenues et nous y reviendrons lors de l’examen en séance, notamment les questions autour de la programmation de la fin du glyphosate et le déploiement de ses alternatives, ou encore la généralisation du ‘doggy-bag’ (fait de remporter les restes, NDLR) dans les restaurants”, a précisé le député du Maine-et-Loire, La République en Marche (LaRem), Matthieu Orphelin, par communiqué.

Zones agricoles défavorisées : nouvel appel à Macron

Zones agricoles défavorisées : nouvel appel à Macron

 

 

Un nouvel appel à Macron pour dénoncer le découpage bureaucratique des zones dites défavorisées qui bénéficie d’aides financières européennes.  Les élus et les agriculteurs de La Piège, un secteur de l’Aude exclu à ce jour de la nouvelle carte des « zones défavorisées », en ont encore appelé  dimanche au président de la République, lui faisant part dans un courrier de leur « sentiment d’injustice ». Presque que la moitié des communes en France sont concernées par les aides aux zones défavorisées. Environ 1400 communes vont être exclues de ces  zones bénéficiant à ce titre d’aides européennes ; Soit en moyenne autour de 10 000 euros par an. Souvent le revenu de l’agriculteur. Un découpage par commune n’a aucun sens car il ne tient pas compte de la diversité de terre qui fait la richesse du patrimoine agricole français. En outre et surtout la qualité des terres varient à l’intérieur des communes et m^me à l’intérieur d’uen m^me exploitation.   Il existe, d’après le ministère, trois types bien distincts de zones défavorisées : les « zones de montagne », les « zones défavorisées simples », ainsi que les « zones affectées de handicaps spécifiques ».  Les agriculteurs résidant et travaillant dans ces zones bénéficient depuis 1976 d’une aide spécifique de l’Union européenne. Cette aide s’appelle l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), et est versée à pas moins de 99 000 agriculteurs, précise le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Financée pour 25% par l’Etat, et à 75% par le Fonds européen agricole de développement rural (Feader), selon le ministère, elle représente un budget de plus d’un milliard d’euros chaque année.   L’ICHN fait partie intégrante du budget de la politique agricole commune (PAC), et permet aussi aux agriculteurs en bénéficiant d’accéder à des aides à l’installation et à l’investissement plus favorables, L’indemnité, versée en fonction du nombre d’hectares « défavorisés », est dégressive : « l’aide est plus forte sur les 25 premiers hectares et plafonnée à 75 hectares », détaille le ministère. Et elle n’est pas négligeable : selon Le Figaro, cette aide varie de 5 000 à 15 000 euros par an pour une exploitation.  Près de 1 400 communes sortiront du dispositif des zones défavorisées, et perdraient ainsi des subventions de la part de l’Union européenne. Le ministre a néanmoins affirmé que l’Etat s’engagerait à « accompagner » les agriculteurs touchés par cette réforme. « Je ne les laisserai pas tomber », a-t-il garanti. Une promesse qui n’engage que ceux qui y croient ! Comme l’explique le ministère, cette réforme des zones défavorisées « a été rendue obligatoire au niveau européen suite aux critiques de la Cour des comptes européenne », qui estimait qu’il existait une « hétérogénéité trop importante entre les Etats membres », ainsi qu’une « non justification du maintien de l’éligibilité de certaines zones ». Un réglement de l’Union européenne, datant du 17 décembre 2013, a ainsi estimé qu’« en vue de garantir une utilisation efficace des fonds de l’Union et l’égalité de traitement pour les agriculteurs dans l’ensemble de l’Union », il était nécessaire de redéfinir « selon des critères objectifs » ces zones. Comme l’a annoncé Stéphane Travert dimanche, autour de 1 400 communes ne seront plus, au 1er janvier 2019, considérées comme des zones défavorisées simples. Le ministre de l’agriculture le reconnaît : même s’il compte  »faire en sorte que cette perte soit la moins forte possible », plusieurs agriculteurs « perdront de l’argent » du fait de cette réforme. « Les Deux-Sèvres, l’Indre-et-Loire et l’Aveyron sont, entre autres, les zones où cela coince », précise à franceinfo le ministère. Que se passera-t-il alors, dans un an, pour ces zones exclues ? « Ils toucheront 80% de l’aide en 2019, et 20% en 2020″, tempère le ministère. « On a un tout petit peu de temps pour trouver d’autres outils pour compenser cette perte. »  Comment ? Combien ?

CETA : Mercosur : Poulet, bœuf aux hormones, farines animales, antibiotiques et autres cocktails chimiques

CETA : Mercosur : Poulet, bœuf aux hormones, farines animales, antibiotiques et autres cocktails chimiques

Inutile de tourner autour du pot,  l’agriculture est une  variable d’ajustement pour faciliter les échanges sur d’autres produits. Par exemple la vente des multinationales de  matériels aéronautiques, de services, du BTP, de télécoms etc.  Déjà  40% du poulet non conforme aux critères d’hygiène européens entrent déjà en France. Avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay), ce serait 3 millions de poulets supplémentaires par an dans l’Hexagone. « On ne peut pas tolérer de la part de l’UE que les quotas augmentent et que les standards de qualité baissent », s’insurge Paul Lopez. Même chose pour le bœuf. L’équivalent de 14,4 milliards d’euros s’est déversé dans les assiettes des Français sous forme de viandes, produits laitiers transformés, poissons, crevettes, café, thé, et surtout fruits et légumes. Leur hausse globale, de 5% par rapport à l’année précédente, a fait basculer dans le rouge la balance commerciale française. Et progresser d’autant les risques sanitaires. En plus du traité Mercosur il y a le traité avec le Canada : le CETA.  À juste titre,  les éleveurs notamment bovins réclament  une renégociation du CETA au  motif que cela fait peser une menace sans précédent sur la filière. Il faut rappeler que le CETA  a été négocié dans la plus grande discrétion par l’union européenne voire dans la plus grande opacité ; aucune  étude d’impact sérieuse n’a été réalisée. Ce CETA  est par ailleurs un curieux objet juridique puisqu’il va entrer en vigueur le 1er mars sans avoir été formellement approuvé par les Etats. Une sorte de mise en application provisoire qui va durer longtemps ! Pourtant le CETA  va favoriser l’importation massive d’animaux  shootés aux OGM, aux protéines suspectes et aux hormones de croissance sans parler de l’avantage de compétitivité liée au dimensionnement de l’appareil de production au Canada. Aurélie Trouvé, agroéconomiste à AgroParisTech, a souligné dans uen étude « les potentielles menaces sur la viande bovine et porcine, liées au différentiel de compétitivité. » « Les échanges entre l’UE et le Canada sont excédentaires pour l’UE, mais ils sont essentiellement tirés par les boissons. En revanche, le déficit se creuse pour les oléagineux (grâce au soja et au canola canadiens), et les céréales. » Et le Ceta devrait contribuer à l’accentuer. Les droits de douane ne seront pas totalement supprimés pour les viandes, mais la contrepartie pourrait s’avérer tout aussi dangereuse, avec des contingents à droit nul relativement importants.  Aurélie Trouvé souligne également d’autres risques, plus insidieux, à savoir les barrières non tarifaires, les mécanismes de règlement des différends via les tribunaux arbitraux, et l’organe de régulation des réglementations (dont l’objectif est de supprimer toute entrave au commerce, en procédant à une reconnaissance respective des normes de part et d’autre de l’Atlantique, par exemple). Les normes potentiellement visées par le gouvernement et les industriels canadiens (et qui font l’objet de plaintes à l’OMC) sont la ractopamine (en porcin), l’hormone de croissance (en bovin), les OGM… Mais aussi potentiellement la politique agricole européenne. « Les subventions agricoles dans l’UE sont beaucoup plus importantes qu’au Canada. Or, il est possible de les discuter si l’une de parties considère que cela lui porte préjudice. Et il y a un effet « cliquet » : une fois que les barrières, les normes ou qu’un instrument de régulation tombent, il est impossible de revenir en arrière. » Les défenseurs d’un retour à une régulation en élevage devraient donc s’interroger sur leur soutien au Ceta. Car les deux choses sont incompatibles, selon la chercheuse. Baptiste Buczinski, de l’Institut de l’élevage, a insisté sur le différentiel de compétitivité. « Le maillon de l’engraissement canadien est plus compétitif, grâce à leurs élevages en feedlot. Mais le maillon le plus compétitif, c’est l’abattage car 4-5 gros abattoirs se répartissent le secteur, dont les numéros un et deux mondiaux, JBS et Cargill, qui traitent chacun plus de 4 millions de tonnes. » Un différentiel de concurrence existe aussi sur la réglementation : protéines animales autorisées dans l’alimentation, pas de contraintes relatives au bien-être, une traçabilité avec quelques « failles »…. Dans le porc, l’étude arrive aux mêmes conclusions, pour les mêmes raisons.

 

Fin du modèle agricole français ?

Fin du modèle agricole français ? 

Dan un article de la Tribune Xavier Hollandts, Kedge Business School et Bertrand Valiorgue, Université Clermont Auvergne estime que c’est la fin du modèle agricole français. Il prévoit une  sorte dualisme  avec des exploitations familiales centrées sur des productions de qualité et des firmes industrielle capitalistes et fortement informatisées voire automatisées. En gros, la qualité des petits pour satisfaire la demande des consommateurs et la quantité médiocre et à bas prix pour les marchés mondiaux. Une typologie qui ouvre quand même  les portes à l’appropriation de la terre et du patrimoine par la finance qui serait servie l’informatisation. Bref un modèle encore plus productiviste ; Un article un peu trop techno qui fait un peu l’impasse sur la pénétration du numérique même dans les plus petites exploitations et qui minimise  la problématique environnementale.

 

« L’agriculture hexagonale offre un bilan de santé contrasté. Si la France compte des champions agro-industriels, des entreprises intermédiaires et des startups qui bénéficient d’une excellente compétitivité sur des marchés mondialisés, plusieurs signaux d’alerte montrent que le secteur vit des mutations profondes et souvent douloureuses.

De nombreuses exploitations sont aujourd’hui en détresse et un agriculteur sur quatre vit en France sous le seuil de pauvreté. Les raisons de cette paupérisation sont bien connues : elles tiennent à la fois à la dérégulation des marchés agricoles et, surtout, à la très inégale répartition de la valeur dans les filières agricoles et alimentaires.

Les récents États généraux de l’alimentation (EGA) ont été l’occasion d’identifier différentes pistes de réformes pour les années à venir. Ces grandes orientations laissent toutefois de côté trois mutations majeures qui méritent d’être analysées en détail. Elles imposent également une nécessité : changer de paradigme en matière de politiques publiques pour favoriser la diversité des agricultures françaises.

Pour la première fois dans l’histoire du secteur agricole naissent de véritables empires, développés par des investisseurs privés et extérieurs à ce milieu. Comme l’ont bien résumé François Purseigle et ses co-auteurs dans le récent ouvrage Le nouveau capitalisme agricole, nous sommes en train de passer de la « ferme à la firme agricole ».

Alors que pendant des décennies, le modèle agricole de référence reposait sur des structures de production familiales, on observe aujourd’hui la multiplication de formes non familiales d’organisation du travail, d’importantes levées de capitaux et des stratégies commerciales totalement inédites. Le modèle dominant de la ferme familiale cède la place ainsi à l’entreprise agricole qui vise à répondre à une demande mondialisée. Ceci est particulièrement vrai dans des secteurs où les produits agricoles sont des commodités (des produits standards et homogènes), où seul le prix bas compte.

Cette émergence d’un capitalisme agraire mondialisé et les transformations des structures de production agricoles posent de nombreuses questions au sujet de la construction de la souveraineté alimentaire des pays, mais également sur les modes de production des denrées alimentaires.

Ainsi, que faut-il penser du rachat de terre à grande échelle de la part d’investisseurs chinois qui expédient ensuite dans leurs pays d’origine les denrées agricoles produites en France ? Ces investissements, s’ils devaient se généraliser, tendraient à faire de la France le « grenier » de puissances étrangères.

En parallèle, le métier d’agriculteur est en train de fortement évoluer, notamment sous l’influence de la révolution numérique. Aujourd’hui, seuls 12 % des exploitations ne possèdent aucun objet connecté. On parle souvent de smart farming pour désigner cet univers numérique qui accompagne désormais le quotidien des agriculteurs : puces électroniques, données en temps réel, drones, robots de traite, tracteurs connectés et pilotés par satellite, plateformes et pilotage à distance des exploitations. Les objectifs sont évidents : produire plus et mieux tout en consommant moins d’intrants (et donc en diminuant aussi les coûts).

On voit également apparaître l’intelligence artificielle sur les moissonneuses-batteuses. Elles intègrent des éléments topographiques grâce au positionnement GPS ainsi que les données de rendement des années précédentes.

L’analyse de ces données en temps réel permet à la machine d’adapter les réglages sur plusieurs de ses organes (battage, séparation, nettoyage) pour optimiser différents paramètres (débit, qualité, propreté, pertes). Les robots conversationnels ou « chatbots » constituent une autre déclinaison de l’intelligence artificielle pour les agriculteurs. En élevage, les premiers assistants virtuels sur smartphone aiguillent les éleveurs dans leur choix de taureau, facilitent la commande d’insémination, contrôlent les déclarations de sortie d’animaux.

Objets connectés et intelligence artificielle vont bouleverser comme jamais le métier d’agriculteur.

Depuis plusieurs années, les consommateurs exigent une plus grande transparence et traçabilité des produits agricoles, renouant ainsi avec une tradition pas si lointaine où l’on consommait localement ce qui était produit localement.

Cette demande s’exprime parfaitement à travers les circuits courts, ou encore le regroupement de producteurs en vente directe ou bien la création de mini-marchés locaux ou de paniers paysans (la Ruche qui dit Oui, les AMAP, etc.). Par ailleurs, l’émergence de plateformes transactionnelles change la donne car elles facilitent et sécurisent grandement la mise en relation entre producteurs et consommateurs. Cette transformation est regardée de très près par des géants du web comme Amazon ou encore le Chinois Alibaba, qui voient dans cette mutation des modes de consommation une opportunité majeure de profit.

Les grandes villes n’échappent pas à ce phénomène puisque de nouveaux types d’agriculteurs investissent les espaces urbains. On parle désormais d’une « agriculture urbaine » pour désigner l’appropriation de territoires urbains parfois délaissés ou rendus à une vocation agricole.

Pour répondre à ces mutations, l’agriculture française doit répondre à trois enjeux majeurs.

Elle doit d’abord réussir son tournant numérique. La digitalisation des métiers ne se décrète ni ne s’impose. Il faut donc accompagner les paysans français dans cette évolution désormais inéluctable. Les coopératives, qui regroupent 75 % du monde agricole, sont particulièrement attendues sur cette question.

Il faut ensuite faire évoluer les modèles économiques en étant réellement transparent sur l’origine des produits et la répartition de la valeur, comme les débats menés dans le cadre des États généraux de l’alimentation l’ont souligné. Les initiatives couronnées de succès, telles que La Marque du consommateur, Merci ou Faire France, montrent que l’on peut avoir une consommation citoyenne et engagée dans notre pays quand la vérité sur les prix agricoles est assumée. Demain, il faudra mieux former les agriculteurs au management, au marketing et à l’informatique.

Enfin, répondre au défi démographique et professionnel. Si la surface agricole française n’a pas reculé, le nombre d’exploitations en France a été divisé par deux depuis les années 1980. Il en résulte de véritables difficultés autour de l’installation ou de la reprise d’exploitations agricoles. À moins de laisser l’initiative à des investisseurs privés étrangers, la France doit pouvoir compter sur un renouvellement des générations afin de maintenir une présence humaine et agricole sur ses territoires. Le rôle des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (comme les Safer) devra être redimensionné et modernisé.

Une interrogation essentielle demeure : quels modèles agricoles les pouvoirs publics souhaitent-ils promouvoir ? Quelles initiatives doivent-ils encourager pour assurer un revenu aux agriculteurs et une alimentation durable et saine aux consommateurs ?

Depuis les années 1950, les pouvoirs publics ont globalement privilégié une orientation productiviste des fermes familiales. Il s’agissait de gagner l’indépendance alimentaire du pays et de maintenir un modèle d’agriculture séculaire.

Comme le souligne le sociologue Bertrand Hervieu, cette vision de l’agriculture reposait sur un postulat de base : l’activité agricole est par excellence une activité à caractère familial, censé se déployer dans un cadre national. Ce modèle universel de l’agriculture, c’est celui d’un adossement des fermes familiales à une industrie agroalimentaire puissante, offrant des progrès technologiques constants.

Les pouvoirs publics ont favorisé ce modèle à travers une politique volontariste et homogène qui a poussé les fermes familiales à se restructurer en continu pour gagner sans cesse en productivité. L’Europe prit le relais à travers la politique agricole commune (PAC), toujours dans le même esprit : ferme familiale productive – industrie agroalimentaire compétitive – souveraineté alimentaire des pays.

Les transformations actuelles font voler en éclat ce paradigme : la ferme familiale est en voie d’extinction, les consommateurs sont moins préoccupés par l’abondance que par la qualité des biens alimentaires, les marchés agricoles sont mondialisés et l’État, comme l’Europe, n’ont plus les moyens de subventionner. Face à ces mutations, l’erreur à ne pas reproduire de la part des pouvoirs publics serait de privilégier, comme par le passé, un modèle unique, au motif qu’il serait souhaitable ou plus performant sur la scène internationale.

Avant de proposer des solutions globales, il apparaît plus que nécessaire de reconnaître et d’accompagner la diversité des différents modèles agricoles français. Il faut éviter une vision homogène de l’agriculture et promouvoir un accompagnement différencié de la part des pouvoirs publics. Les enjeux agricoles ne se posent pas de la même manière en Haute-Loire, en Aquitaine ou dans la plaine de la Beauce. Les pouvoirs publics gagneront à se rapprocher des collectivités territoriales (régions, départements, métropoles) pour mettre en place des dispositifs d’accompagnement localement adaptés.

Dans les années qui viennent, on devrait pouvoir évoquer non pas le Salon international de l’agriculture, qui ouvre ses portes ce samedi 24 février, mais bien le Salon international des agricultures et de l’alimentation durable.

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Par Xavier Hollandts, Professeur de Stratégie et Entrepreneuriat, Kedge Business School et Bertrand Valiorgue, Professeur de stratégie et gouvernance des entreprises – co-titulaire de la Chaire Alter-Gouvernance, Université Clermont Auvergne

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

 

Glyphosate : des «exceptions» (Nicolas Hulot)

Glyphosate : des «exceptions» (Nicolas Hulot)

Doucement le gouvernemenet et Hulot reculent  sur le glyphosate. En cause,  le fait qu’on ne dispose pas actuellement de molécule de substitution moins polluante. En fait la décision française, peut être souhaitable a été prise un peu à la va vite et sans tenir compte des conditions d’utilisations soit surtout entre deux cultures comme en France soit pendant la végétation comme outre atlantique. Ce qu’indique la coordination rurale.

« Lors de leur action menée le 21 novembre sur les ports de Lorient et St Nazaire, les agriculteurs de la CR et de l’OPG ont prélevé et fait analyser 2 échantillons de tourteau de soja importé. Sans surprise, l’analyse a détecté la présence d’OGM mais surtout de résidus significatifs de glyphosate.
En parallèle, la CR et l’OPG ont fait analyser 16 échantillons de grains de différentes cultures (blé tendre, quinoa, lentille, soja, avoine…) provenant d’agriculteurs français. Résultat : aucun échantillon ne contient le moindre résidu de glyphosate, et ce alors que ces agriculteurs utilisent ce désherbant sur leur ferme. En Europe, le glyphosate est utilisé majoritairement entre 2 cultures pour détruire des mauvaises herbes. Son utilisation « en végétation » qui favoriserait les résidus dans les graines se pratique dans certains pays d’Europe du Nord ou de l’Est mais très rarement en France.
Sur le continent américain, le glyphosate est systématiquement pulvérisé en végétation à deux ou trois reprises sur les cultures génétiquement modifiées qui lui sont résistantes. Il est aussi très utilisé comme dessiccant sur les cultures de légumes secs, 2 semaines avant leur récolte. Ces techniques expliquant la présence de résidus sur des marchandises importées ! Malgré nos demandes, Génération futures n’a jamais répondu sur l’origine des produits qu’elle a analysés et dans lesquels elle a déclaré avoir trouvé des résidus de glyphosate. La connaît-elle elle-même ? Nous pouvons émettre l’hypothèse selon laquelle les céréales pour petit-déjeuner sont des flocons d’avoine ayant reçu du glyphosate juste avant récolte provenant probablement du Canada, premier producteur mondial. Idem concernant les légumes secs : ils sont très peu produits en Europe et les importations du continent américain dominent notre marché. Si le glyphosate est interdit dans l’UE, sans que celle-ci exige que les importations soient d’une qualité au moins équivalente à la nôtre, alors non seulement le consommateur ingérera toujours autant de glyphosate mais les agriculteurs européens seront victimes d’une nouvelle distorsion de concurrence. ».

Nicolas Hulot,  Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, qui s’est battu l’an dernier pour une sortie du glyphosate en trois ans, se dit donc  prêt à envisager des « exceptions », dans un entretien dans le Journal du dimanche.   »

Alors que les agriculteurs ont manifesté cette semaine partout en France contre l’accord de libre-échange en cours de négociations entre l’UE et les pays du Mercosur, Nicolas Hulot a également estimé qu’ »en l’état, ce traité n’est pas acceptable ». « Il serait trop préjudiciable, notamment pour nos agriculteurs, et la France a des lignes rouges très claires », a ajouté le ministre qui avait déjà critiqué l’accord de libre-échange UE-Canada (Ceta) entré en vigueur partiellement en septembre.

 

Macron, «président des villes» pour 65%, pas des campagnes

Macron, «président des villes» pour 65%, pas des campagnes

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France info publié vendredi, 88 % des 973 personnes interrogées ont une bonne opinion de cette profession, notamment à droite (90 %) et au FN (91 %). Ainsi, pour 95 % des personnes sondées, les agriculteurs sont utiles au pays, et pour 58 % d’entre elles, ils ne sont pas trop subventionnés. Dans leur bras de fer avec la grande distribution, les agriculteurs peuvent compter sur l’appui de l’opinion: 82 % des Français sondés jugent qu’ils ne sont pas rétribués de manière juste.  Les citoyens sont également attentifs aux modes de production et à la protection de l’environnement. Ainsi, 79 % des Français pensent que les agriculteurs utilisent trop de pesticides. Une proportion qui grimpe à 86 % pour les sympathisants de La République en marche (LREM), et 81 % pour les sympathisants de gauche. Autre enseignement édifiant: les deux tiers des Français (65 %) assurent ne pas faire confiance au chef de l’État et au gouvernement pour défendre la profession… Le président de la République – souvent dépeint par l’opposition en porte-voix d’une élite urbaine et d’une France qui réussit – ne convainc pas sur le sujet: 65 % ne lui font pas confiance pour permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail. Cette image d’un «président des villes» semble imprimer dans l’opinion: 69 % des Français interrogés le jugent «plutôt éloigné» des préoccupations de la France rurale. «Il apparaît comme déconnecté, analyse Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa. C’est un souci car ses annonces au Salon de l’Agriculture risquent d’êtres reçues avec beaucoup de suspicion dans l’opinion. Les Français pensent qu’il se préoccupe davantage de ceux qui vont déjà bien, l’étiquette de président des riches lui colle à la peau.»

 

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France info publié vendredi, 88 % des 973 personnes interrogées ont une bonne opinion de cette profession, notamment à droite (90 %) et au FN (91 %). Ainsi, pour 95 % des personnes sondées, les agriculteurs sont utiles au pays, et pour 58 % d’entre elles, ils ne sont pas trop subventionnés. Dans leur bras de fer avec la grande distribution, les agriculteurs peuvent compter sur l’appui de l’opinion: 82 % des Français sondés jugent qu’ils ne sont pas rétribués de manière juste.  Les citoyens sont également attentifs aux modes de production et à la protection de l’environnement. Ainsi, 79 % des Français pensent que les agriculteurs utilisent trop de pesticides. Une proportion qui grimpe à 86 % pour les sympathisants de La République en marche (LREM), et 81 % pour les sympathisants de gauche. Autre enseignement édifiant: les deux tiers des Français (65 %) assurent ne pas faire confiance au chef de l’État et au gouvernement pour défendre la profession… Le président de la République – souvent dépeint par l’opposition en porte-voix d’une élite urbaine et d’une France qui réussit – ne convainc pas sur le sujet: 65 % ne lui font pas confiance pour permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail. Cette image d’un «président des villes» semble imprimer dans l’opinion: 69 % des Français interrogés le jugent «plutôt éloigné» des préoccupations de la France rurale. «Il apparaît comme déconnecté, analyse Céline Bracq, directrice générale d’Odoxa. C’est un souci car ses annonces au Salon de l’Agriculture risquent d’êtres reçues avec beaucoup de suspicion dans l’opinion. Les Français pensent qu’il se préoccupe davantage de ceux qui vont déjà bien, l’étiquette de président des riches lui colle à la peau.»

Négociations de produits alimentaires : sans changement !

 Négociations de produits alimentaires : sans changement !

En dépit des chartes, des discours, des assises de l’alimentation, rien ne change dans les négociations sur les produits alimentaires : pas de rééquilibrage des prix. Au contraire, il y aurait plutôt uen tendance baissière. Sur le plan national, les relations entre producteurs et distributeurs restent “terribles”, a dit la présidente de la FNSEA . “Ça se passe très mal. Ce système de toujours moins cher est pervers”, a-t-elle déclaré. “La réalité de ce qui nous revient des entreprises, c‘est une pression à la baisse de -2, -3, -4 (pour cent)”, a-t-elle poursuivi. Le rééquilibrage des prix agricoles promis par le gouvernement pour garantir des revenus décents aux agriculteurs ne devrait faire monter les prix que de 0,7%, soit 3,21 euros par mois pour un ménage, a-t-elle estimé, fustigeant les “mensonges” des distributeurs et contredisant les affirmations  Les résultats de la deuxième enquête de l‘Observatoire des relations commerciales révèlent, selon elle, un taux de conclusion d‘accords “très élevé, entre 50 et 90% selon les enseignes, notamment pour les PME en région”. “Il est temps de sortir des postures et des procès d‘intention, pour donner enfin la priorité au développement, filière par filière, des producteurs aux distributeurs, d‘un secteur agroalimentaire français capable de satisfaire les exigences de qualité des consommateurs”, a-t-elle fait savoir par communiqué.

Agriculture : variable d’ajustement pour favoriser les échanges d’autres biens et services

Agriculture : variable d’ajustement pour favoriser les échanges d’autres biens et services

 

Comme souvent les intérêts des grands multinationales sont privilégiés dans les négociations commerciales, à la fin vient seulement la question agricole qu’on sacrifie pour vendre les produits phares de la France (Avions, matériel militaire, télécom, BTP, services) « . La profession agricole est par exemple en « désaccord profond » avec Emmanuel Macron à propos des négociations commerciales entre l’UE et les pays du Mercosur, qui menacent 20 à 25.000 exploitations en France, a lancé la présidenet de la FNSEA, Christiane Lambert,  au micro de BFM/RMC. La France « risque de perdre 20 à 25.000 exploitations » si l’Europe signe ces accords, a estimé, Christiane Lambert. Elle compte « redire samedi au président les risques qu’il fait prendre à l’agriculture française » lors de l’inauguration du salon à Paris. « Nous exprimerons jusqu’au bout notre désaccord (.) et nombre sont les consommateurs et les associations qui nous disent qu’ils sont à nos côtés » a-t-elle ajouté. La responsable s’inquiète particulièrement de l’absence de toute « garantie sanitaire » sur les quotas d’importation de viande brésilienne, argentine, uruguayenne ou paraguayenne qui seraient concédés par Bruxelles aux quatre pays de Mercosur afin de parvenir à un accord commercial global comprenant aussi les autres productions agricoles, l’industrie, les services etc. « L’agriculture a vraiment le sentiment d’être la variable d’ajustement d’autre chose » a ajouté la responsable.  Elle dit ne pas comprendre « l’obstination » de l’exécutif de faire entrer en Europe de la viande qui sera « à un prix inférieur de 30% » à celle produite en France, car issue d’animaux qui mangent des farines animales interdites en France, et qui ont grandi avec des accélérateurs de croissance et autres substances non utilisées en Europe. « Ce n’est pas notre choix de faire cet accord (…) Le président a dit qu’il voulait cet accord. C’est sa responsabilité », a-t-elle conclu. Emmanuel Macron est prévenu, les agriculteurs l’attendent de pied ferme.

Agriculture : augmentation de 1%….. des revenus de misère

Agriculture : augmentation de 1%….. des revenus de misère

La MSA annonce une augmentation moyenne 1  % en 2016 mais sur des revenus de misère puisque 20% des agriculteurs ne parviennent pas à se verser uen rémunération et que 30% touchent seulement 350 euros par mois. En les disparités sont grandes selon les secteurs avec des revenus annuels de l’ordre de 10 000 euros pour les éleveurs de porcs et de 50 000 pour les viticulteurs.  Tous les secteurs profitent de cette petite embellie de 2016 embellie, hormis le secteur céréalier, victime d’une moisson catastrophique et de cours mondiaux déprimés, qui ont entraîné une chute de leurs revenus (-20,8%). Dans l’élevage en hors-sol (industriel), les revenus professionnels de 2016 augmentent fortement (+ 41,9%), et dans l’élevage laitier, la progression atteint 1,2%, selon la MSA.  Ces secteurs se redressent après des évolutions de revenus très négatives en 2015 (-11,7% pour la filière hors-sol et – 30,7 % pour la filière laitière).  Dans l’élevage à finalité viande, et en viticulture, les revenus professionnels sont à nouveau en hausse. La progression s’élève à 24,8% dans la filière viande et 1,7% dans la viticulture.
Dans le secteur des céréales et des cultures industrielles, le recul de 2016 fait suite à une baisse encore plus importante en 2015 (-21,5%). Parmi les chefs d’exploitations imposés sur leur revenu réel (et pas au forfait), 19,2% ont des revenus 2016 déficitaires et 20,1% ont un revenu positif qui n’excède pas 4.315 euros par an, soit 360 euros par mois. Les grandes cultures (céréales, oléagineux) concentrent un peu plus de 30% des déficits, 18,4% en polyculture associée à de l’élevage et 16,3 % dans l’élevage laitier. Cependant, « les grandes cultures et la polyculture-élevage, qui concentrent le plus grand nombre de déficits et le plus grand nombre de chefs (d’exploitation) en déficit, sont aussi les filières (avec la viticulture) qui comptent le plus de chefs avec des revenus professionnels parmi les plus élevés », précise la MSA, qui souligne de « profondes disparités ».

 

Les jeunes agriculteurs dubitatifs vis-à-vis de Macron

Les jeunes agriculteurs dubitatifs vis-à-vis de Macron

 

 

Il n’est pas certain que les jeunes agriculteurs aient été convaincus par le discours très général du président de la république lors de la réception à l’Elysée. Cette “réception”, perçue comme “un coup de com.’” par certains agriculteurs, s‘est tenue au lendemain d‘une journée de mobilisation nationale organisée à l‘appel de la FNSEA, premier syndicat agricole, et des Jeunes Agriculteurs (JA) qui s‘inquiètent du traité de libre échange entre l‘Union européenne et le Mercosur, actuellement en négociation. Les éleveurs redoutent l‘arrivée massive de produits sud-américains sur le marché européen qui constituerait selon eux une concurrence déloyale. “Il y a beaucoup de contre-vérités sur ce sujet”, a estimé Emmanuel Macron. “Il n‘y aura aucune réduction de nos standards de qualité, sociaux, environnementaux, sanitaires à travers cette négociation. Il n‘y aura jamais de bœufs aux hormones en France.”Peu- être pas mais du bœuf aux hormones mais  nourri avec du fourrage bourré de pesticides, protéines douteuses et soja génétiquement modifié. Bref de la viande encore davantage dopée aux cocktails chimiques.  Et encore plus productive que des poulets prêts à consommer en cinquante jours au lieu de cent cinquante dans les années 50, des vaches qui produisent 8 000 litres de lait par an au lieu de 2 000, des poules qui pondent 250 œufs par an contre 130 dans les années 20. Au cœur de cette évolution, les progrès de la génétique, mais aussi une alimentation dopée en protéines. Pour atteindre les meilleurs rendements, on fait consommer aux bœufs, en plus des céréales et du fourrage, 5 à 15 % de tourteaux, ces résidus solides riches en protéines obtenus après l’extraction de l’huile contenues dans les graines de soja, de tournesol ou de colza aux OGM. On voit ma Dans les systèmes intensifs de l’ouest de la France, ce taux atteint 25 % pour les vaches laitières.  Des performances déjà obtenue en France et qui seront dépassées avec les importations du Mercosur qui bénéficie en outre de conditions de concurrence inégales en matière sociales et fiscale. , le chef de l‘Etat a assuré que la “clause de sauvegarde”, qui permet de suspendre l‘application de l‘accord si un “marché est déstabilisé” et si “des prix sont bousculés”, restait une ligne rouge. le chef de l‘Etat a également annoncé l‘instauration de “verrous réglementaires” pour l’achat de terres par des étrangers comme les chinois.  Le chef de l‘Etat a une nouvelle fois assuré que les agriculteurs exclus  seraient accompagnés financièrement le temps de la transition. Bref les jeunes agriculteurs restent septiques quant aux intentions de Macron qui a fait un discours très littéraires pratiquement sans chiffre.  Selon le ministère de l’Agriculture, le revenu moyen d’un agriculteur a chuté de 29 % pour s’établir à 18.300 euros par an en 2016 en France

« Surtout ne pas s’attaquer au pinard » (Castaner)

« Surtout ne pas s’attaquer au pinard » (Castaner)

 

 

 

Dans la grande tradition française, Castaner descend le pinard  et conteste les affirmations de la ministre de la santé qui avait considéré que le vin était un alcool comme les autres. (Bière et autres alcools) Une position particulièrement faux-cul de la part du ministre et représentant de la république en marche car si effectivement le vin fait partie d’une tradition française, il n’en demeure pas un  danger pour ceux qui en consomment des quantités excessives ou ceux qui sont dépendants. Tous les alcools –vin compris- sont dangereux à partir d’un certain volume de consommation. À l’inverse, ils ne le sont pas lorsque la consommation est modérée. Le plaidoyer de Castaner est donc particulièrement populiste pour soutenir les corpos du vin à  veille du salon de l’agriculture. .  Christophe Castaner a donc voulu les rassurer… quitte à prendre le contre-pied de la ministre. «Il y a de l’alcool dans le vin mais c’est un alcool qui n’est pas fort», a-t-il jugé. Un argument qui peut se discuter car c’est aussi cette faible teneur en alcool qui incite aussi à en consommer davantage. ! Le vin «fait partie de notre culture, de notre tradition, de notre identité nationale. Il n’est pas notre ennemi», a appuyé Christophe Castaner assurant que l’alcoolisme était surtout «une question de niveau de consommation».

«Ce n’est pas le moment d’hystériser le débat juste avant le salon de l’Agriculture. Les propos de Castaner ont contribué à baisser les tensions», justifie un membre du gouvernement. Contacté par notre journal suite aux déclarations du délégué général de La République en marche, le ministère de la Santé n’a pas donné suite à nos sollicitations. La ministre de la Santé avait ouvert la boîte de Pandore début février en estimant que le vin était «un alcool comme un autre». «L’industrie du vin laisse croire aujourd’hui que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka, du whisky, il y a zéro différence!», avait-elle souligné lors de l’émission-débat «Alcool, un tabou français?» diffusée sur France 2. «On a laissé penser à la population française que le vin serait protecteur, qu’il apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux», assurait-elle.

Agriculteurs : mécontentement justifié

agriculteurs : mécontentement justifié

Des manifs d’agriculteurs se sont déroulées pour protester notamment  contre la modification de la carte des zones défavorisées, une carte très technocratique (par commune et non par type de terre)  et qui va  priver de leurs faibles revenus nombre de petites exploitations. Les protestations visent  aussi les conséquences du libre échange  dans le cadre d’uen part du Mercosur (Amérique du sud) et du futur accord CETA (Amérique du nord) qui vont ouvrir les frontière à des produits hors normes européennes et françaises. Le mécontentement est par ailleurs toujours récurrent sur les conditions des prix négociés avec a grande distribution et l’industrie alimentaire.  Le ministre de l‘Agriculture a de nouveau modifié la carte des zones agricoles défavorisées mardi et proposé un dispositif d‘accompagnement pour les communes sortantes, sans parvenir à satisfaire le monde agricole.“Il s‘agit d‘exprimer l‘inquiétude forte des agriculteurs sur le sujet des zones défavorisées et également sur la question des accords commerciaux”, a déclaré la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, sur BFM TV. Certes, ”M. Macron tient ses promesses sur la question des prix payés aux producteurs (…), ça c‘est un point positif“, a-t-elle souligné. ”Mais on ne peut pas en même temps dire ‘montez en gamme, faites des bons produits“ (…) et ouvrir à tout vent les frontières européennes en laissant rentrer des produits qui viennent nous concurrencer avec des qualités très différentes. C‘est cette incohérence que nous voulons pointer”. “Je pense qu’’Emmanuel Macron) va leur dire qu‘il les aime mais ils attendent un peu autre chose quand même”, a abondé Christiane Lambert. Quant au plan d‘action du gouvernement visant à réduire l‘utilisation des pesticides dans l‘agriculture, il reste encore à être détaillé- il sera finalisé fin mars à l‘issue d‘une période de concertation – tout comme le plan d‘investissement de cinq milliards d‘euros sur cinq ans promis pendant la campagne présidentielle.

 

Zones agricoles défavorisées : un découpage de technocrates

 Zones agricoles défavorisées : un découpage de technocrates

 

Presque que la moitié des communes en France sont concernées par les aides aux zones défavorisées. Environ 1400 communes vont être exclues de ces  zones bénéficiant à ce titre d’aides européennes ; Soit en moyenne autour de 10 000 euros par an. Souvent le revenu de l’agriculteur. Un découpage par commune n’a aucun sens car il ne tient pas compte de la diversité de terre qui fait la richesse du patrimoine agricole français.  Il existe, d’après le ministère, trois types bien distincts de zones défavorisées : les « zones de montagne », les « zones défavorisées simples », ainsi que les « zones affectées de handicaps spécifiques ».  Les agriculteurs résidant et travaillant dans ces zones bénéficient depuis 1976 d’une aide spécifique de l’Union européenne. Cette aide s’appelle l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), et est versée à pas moins de 99 000 agriculteurs, précise le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Financée pour 25% par l’Etat, et à 75% par le Fonds européen agricole de développement rural (Feader), selon le ministère, elle représente un budget de plus d’un milliard d’euros chaque année.   L’ICHN fait partie intégrante du budget de la politique agricole commune (PAC), et permet aussi aux agriculteurs en bénéficiant d’accéder à des aides à l’installation et à l’investissement plus favorables, L’indemnité, versée en fonction du nombre d’hectares « défavorisés », est dégressive : « l’aide est plus forte sur les 25 premiers hectares et plafonnée à 75 hectares », détaille le ministère. Et elle n’est pas négligeable : selon Le Figaro, cette aide varie de 5 000 à 15 000 euros par an pour une exploitation.  Près de 1 400 communes sortiront du dispositif des zones défavorisées, et perdraient ainsi des subventions de la part de l’Union européenne. Le ministre a néanmoins affirmé que l’Etat s’engagerait à « accompagner » les agriculteurs touchés par cette réforme. « Je ne les laisserai pas tomber », a-t-il garanti. Une promesse qui n’engage que ceux qui y croient ! Comme l’explique le ministère, cette réforme des zones défavorisées « a été rendue obligatoire au niveau européen suite aux critiques de la Cour des comptes européenne », qui estimait qu’il existait une « hétérogénéité trop importante entre les Etats membres », ainsi qu’une « non justification du maintien de l’éligibilité de certaines zones ». Un réglement de l’Union européenne, datant du 17 décembre 2013, a ainsi estimé qu’« en vue de garantir une utilisation efficace des fonds de l’Union et l’égalité de traitement pour les agriculteurs dans l’ensemble de l’Union », il était nécessaire de redéfinir « selon des critères objectifs » ces zones. Comme l’a annoncé Stéphane Travert dimanche, autour de 1 400 communes ne seront plus, au 1er janvier 2019, considérées comme des zones défavorisées simples. Le ministre de l’agriculture le reconnaît : même s’il compte  »faire en sorte que cette perte soit la moins forte possible », plusieurs agriculteurs « perdront de l’argent » du fait de cette réforme. « Les Deux-Sèvres, l’Indre-et-Loire et l’Aveyron sont, entre autres, les zones où cela coince », précise à franceinfo le ministère. Que se passera-t-il alors, dans un an, pour ces zones exclues ? « Ils toucheront 80% de l’aide en 2019, et 20% en 2020″, tempère le ministère. « On a un tout petit peu de temps pour trouver d’autres outils pour compenser cette perte. »  Comment ? Combien ?

Zones agricoles défavorisées : avancées mais insuffisantes

Zones agricoles défavorisées : avancées mais insuffisantes

Les zones défavorisées nouvellement  définies déterminent le versement de l‘indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) hors montagne, une aide qui permet de compléter les revenus des agriculteurs dont l‘exploitation se situe dans une zone où les conditions naturelles sont difficiles. Elles conditionnent également l‘accès à des majorations pour les aides à l‘installation et à l‘investissement. Cofinancée par les Etats membres, l‘ICHN est une aide importante de la Politique agricole commune (PAC), qui représente environ un milliard d‘euros par an pour les agriculteurs français.  La proposition soumise vendredi permettrait, à conditions de ciblage de cette aide inchangées, de faire passer le nombre de bénéficiaires de l‘ICHN d‘environ 52.500 aujourd‘hui à près de 60.000 au 1er janvier 2019, soit une augmentation de 13%, note le ministère dans son communiqué. Les agriculteurs concernés par ce zonage se sont fortement mobilisés ces dernières semaines contre ce projet de réforme européen, notamment dans la région Occitanie. La proposition de carte des “zones défavorisées simples” (ZDS) soumise lors de la réunion de concertation qui s‘est tenue au ministère de l‘Agriculture “aboutit au classement de 3.555 communes supplémentaires par rapport à la carte en vigueur qui en comprend 10.429”, indique le ministère dans un communiqué diffusé vendredi en fin de journée. La carte en cours d’élaboration, qui doit être soumise le 15 février au président de la République, est destinée à remplacer au 1er janvier 2019 celle en vigueur actuellement, qui date de 1976. Les exploitants sortant du zonage à l‘occasion de cette réforme bénéficieront quant à eux “de mesures d‘accompagnement”, est-il également précisé. “Nous avons obtenu de grandes avancées pour l‘Occitanie mais nous devons continuer à rester mobilisés et à travailler pour que toute la région obtienne satisfaction, tout comme le Centre-Val de Loire qui reste très impacté”, a déclaré à Reuters Christian Mazas, président de la FDSEA de Haute-Garonne. La présidente de la Région Occitanie (région très concernée) Carole Delga a elle aussi évoqué des “avancées” mais a déploré qu’“en l’état des discussions, les agriculteurs (de sa région) paieraient le plus lourd tribut de la carte des zones défavorisées”. “Il faut aller plus loin, notamment en prenant en compte le revenu des agriculteurs, celui de l‘Occitanie étant le plus faible de France”, a rappelé l’élue dans un communiqué. la Coordination rurale regrette néanmoins que les “zones intermédiaires qui mériteraient d’être classées ne figurent toujours pas sur la carte”. Pour ces zones intermédiaires, confrontées notamment au changement climatique, le ministre a annoncé la mise en place rapide d‘un groupe de travail Etat-régions-professionnels pour “rechercher toutes les pistes de soutien à ces territoires”.

Réveil des agriculteurs ?

Réveil  des agriculteurs ?

Il se pourrait bien qu’on assiste à un réveil des les agriculteurs au moment où se déroulent  les négociations commerciales entre les industriels de l’agroalimentaire et les grandes surfaces ; en cause ; le prix de la viande notamment du port mais aussi du lait. Pour la viande,  les producteurs français sont toujours concurrencés par des pays à faible coût non soumis aux mêmes règles de concurrence, de prévention de l’environnement et de santé. Du coup, les prix de ventes sont  extrêmement bas pour les éleveurs tout juste au-dessus d’un euro le kilo, mais des prix encore plus bas de l’ordre de 15 % dans les pays concurrents. L’ouest grand producteur de porc s’est  donc réveillé. Des opérations coups de poing à l‘encontre de magasins de la grande distribution se sont multipliées ces derniers jours en Bretagne, où les agriculteurs espèrent peser sur les négociations commerciales en cours entre les industriels de l‘agroalimentaire et les grandes surfaces. Une soixantaine d’éleveurs sont intervenus mardi dans une grande surface de la périphérie de Rennes pour contrôler l’étiquetage des produits laitiers et de la viande de porc, distribuer des tracts et “dénoncer les promotions abusives” et la “pression insupportable sur les prix payés aux producteurs”. “Nous voulons simplement que les enseignes appliquent les engagements de la charte qu‘elles ont signée lors des états généraux de l‘alimentation et qui ne sont pas respectés”, a dit à Reuters Loïc Guines, président de la FDSEA d‘Ille et Vilaine, qui réclame des prix tenant compte des coûts de production. Les représentants régionaux et nationaux de la FNSEA et des JA (Jeunes Agriculteurs) craignent une baisse des prix globale sur les produits agricoles et notamment sur le lait au cours des prochains mois à la suite des négociations en cours, prévues jusqu‘au 28 février. En effet  la crise de la poudre de lait va container le lait liquide. . Les stocks sont pleins, on ne sait plus quoi en faire et l’union européenne a décidé d’arrêter le mécanisme de rachat de la poudre. Les stocks atteignent en effet de leur de 400 000 t  Les 28, réunis à Bruxelles, hier, pour un conseil des ministres de l’Agriculture, ont décidé de neutraliser un système annuel de plafond automatique de rachat, conçu comme un « filet de sécurité » pour le marché. Selon ce mécanisme, le 1e r mars de chaque année s’ouvre une période dite « d’intervention » où les opérateurs peuvent vendre du lait écrémé en poudre à la Commission à un prix fixe et connu à l’avance (« le prix d’intervention »), jusqu’à un certain plafond. La Commission est alors obligée d’acheter. Au-delà de ce seuil, les ventes se font aux enchères. L’UE a décidé, d’abaisser ce seuil de 109.000 tonnes à zéro. La crise du lait en poudre risque de contaminer  les prix  du lait liquide.

 

Après la crise du lait, celle de la poudre de lait

Après la crise du lait, celle de la poudre de lait

 

Depuis notamment la suppression des quotas c’est toujours un peu la pagaille. Pour le lait proprement dit, la situation s’est un peu améliorée notamment en raison de l’ouverture de certains marchés mondiaux. Pour la poudre de lait, c’est différent et la crise découle en tout cas pour partie de la crise du lait elle-même. En effet pour réguler, on a fait jouer un mécanisme de rachat automatique par l’union économique. Du coup les stocks sont pleins, on ne sait plus quoi en faire et l’union européenne a décidé d’arrêter le mécanisme de rachat de la poudre. Les stocks atteignent en effet de leur de 400 000 t  Les 28, réunis à Bruxelles, hier, pour un conseil des ministres de l’Agriculture, ont décidé de neutraliser un système annuel de plafond automatique de rachat, conçu comme un « filet de sécurité » pour le marché. Selon ce mécanisme, le 1e r mars de chaque année s’ouvre une période dite « d’intervention » où les opérateurs peuvent vendre du lait écrémé en poudre à la Commission à un prix fixe et connu à l’avance (« le prix d’intervention »), jusqu’à un certain plafond. La Commission est alors obligée d’acheter. Au-delà de ce seuil, les ventes se font aux enchères. L’UE a décidé, hier, d’abaisser ce seuil de 109.000 tonnes à zéro. L’objectif est d’« éviter une nouvelle chute des prix et une nouvelle détérioration du niveau de vie des agriculteurs », selon un communiqué du Conseil de l’UE. La Commission essaie déjà, de son côté, de se défaire de 380.000 tonnes de lait en poudre, stock constitué, en 2016, en pleine crise sur les marchés pour tenter de freiner la chute des prix.  Ces quantités, retirées du marché, avaient alors contribué à alléger la pression sur les cours.
Ces stocks, qui dorment dans des entrepôts au sein de plusieurs pays membres, pèsent sur le cours actuel du lait en poudre, qui contrairement à celui du lait a fortement fléchi, depuis un an, et est actuellement inférieur au niveau d’intervention. « Le Conseil a décidé aujourd’hui (hier, NDLR) d’intervenir pour stabiliser les marchés laitiers en 2018 », a déclaré Rumen Porodzanov, ministre bulgare de l’Agriculture, dont le pays occupe la présidence tournante de l’UE. « C’est en ligne avec notre engagement de suivre les développements du marché et de s’assurer que le filet de sécurité est utilisé à bon escient et prudemment, pas simplement pour répondre aux turbulences du marché mais aussi pour les éviter, quand c’est possible », a-t-il ajouté. L’UE continuera toutefois d’intervenir et décidera « au cas par cas quelles quantités acheter et à quel niveau de prix ». ! Tout dépendra de la quantité sinon ce sera une nouvelle crise du lait liquide.

Agriculture : promesses hypothétiques de Macron

Agriculture : promesses hypothétiques de Macron

 

On ne peut pas dire que Macron se soit montré aussi à l’aise face aux agriculteurs que lors  Davos. Il se e devait pourtant de faire une petite visite monde agricole qui politiquement se tient à distance du  président de la république. Macron a fait une seule petite ouverture à savoir la possibilité d’exempter 10 % des agriculteurs de l’interdiction d’utiliser le glyphosate quand il n’y a pas d’autres solutions techniques. La question sera de savoir comment on choisit ses agriculteurs et les types de production. Pour le reste,  le président de la république s’est référé aux principales orientations retenues lors des États généraux de l’alimentation. Des États généraux pourtant n’apportent pas grand-chose hormis une théorie sur les prix difficilement applicables en effet le chef de l’État veut rééquilibrer les rapports de force entre producteurs agricoles industriels et distributeurs. Le principe serait de partir des couts de production pour bâtir ensuite les prix de vente et non comme aujourd’hui de partir des prix de vente pour déterminer la rémunération des producteurs. Un principe économique et moral qui demeure cependant très théorique car la plupart des productions s’inscrive dans un marché international. Par exemple quand le prix du blé fixé à la bourse de Chicago que le prix du lait est déterminé en fonction de l’évolution de la demande de la Chine. Du coup, le chef de l’État encourage aussi à la valorisation des productions c’est-à-dire des productions porteuses de plus fort valeur ajoutée parce que de meilleure qualité. Reste que les moyens d’encourager l’agriculture raisonnée voire biologique sont bien trop faibles par rapport aux enjeux sans parler d’une organisation des filières par trop insuffisant. Le chef de l’État a donc répété un certain nombre de banalités justes dans leur principe mais inapplicables et inappliquées comme il en convient lui-même. “Les bruits que j‘entends ne sont pas encourageants”, a dit Emmanuel Macron, annonçant une réunion dès la semaine prochaine de l‘ensemble des acteurs avec les ministres de l‘Agriculture et de l‘Economie pour rappeler les règles à respecter. “Ce que demande l‘agriculture française, ce ne sont pas des aides, c‘est de ne pas être le seul secteur où la vente à perte est devenue la règle. C‘est légitime et c‘est ce que nous allons faire”, a-t-il dit à Saint-Genès-Champanelle (Puy-de-Dôme). “Dans le texte de loi, il y aura bien les engagements annoncés : renverser la construction du prix en partant des coûts de production, relever le seuil de revente à perte, encadrer les promotions pour permettre un juste retour du prix payé aux agriculteurs, lutter contre les prix abusivement bas, faciliter les recours en cas de litige et assurer plus de transparence dans la coopération agricole.” Cette série d‘annonces avait été relativement bien accueillie en octobre par les agriculteurs qui ne décolèrent pas contre les grandes enseignes qu‘ils accusent de ne pas anticiper les principes de la future loi, en dépit de la charte signée en ce sens lors des états généraux de l‘alimentation. Concernant la conclusion de nouveaux accords commerciaux et l‘ouverture de nouveaux marchés, il s‘est efforcé d‘apaiser les inquiétudes des agriculteurs, soulignant que ces accords pouvaient “être favorables” aux filières. Ce qui est loin d’être certain concernant en particulier les échanges avec le Canada.

Agriculture : les États généraux de l’alimentation trop théoriques !

Agriculture : les États généraux de l’alimentation  trop théoriques !

 

 

Macron a confirmé une loi pour la régulation des prix des productions agricoles. Une loi qui risque de demeurer théorique comme la charte sortie, elle, aussi des états généraux “Les bruits que j‘entends ne sont pas encourageants”, a dit Emmanuel Macron, annonçant une réunion dès la semaine prochaine de l‘ensemble des acteurs avec les ministres de l‘Agriculture et de l‘Economie pour rappeler les règles à respecter. À l’issue de cinq mois de débats force est de constater que ces états généraux n’ont servi à rien ou à pas grand-chose sinon à permettre des échanges entre les acteurs du secteur. En effet,  les décisions du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux. On va se contenter d’une disposition législative qui veut  interdire la vente à perte et contraindre les cantines scolaires à se fournir pour au moins 50 % en produits bio.  Théoriquement la mesure qui interdira la vente à perte dans la distribution alimentaire paraît de nature à assurer un minimum de rémunération aux producteurs. Ceci étant en l’état,  le texte est assez ambigu puisqu’il contraindra la distribution  revendre au minimum tout produit alimentaire au prix acheté majoré de 10%. Ce seuil sera accompagné d’un encadrement des promotions commerciales qui ne pourront plus être supérieures à 34% du prix normal et à 25% du volume annuel vendu et de mesures permettant de baser les contrats commerciaux sur les coûts de revient des agriculteurs. Le problème est de savoir cependant qu’elle sera le prix d’achat imposé au producteur. En effet ce prix d’achat est rarement fondé sur les coûts de production mais sur des prix que les distributeurs en situation oligopolistique imposent. De toute manière,  il paraît assez difficile sinon impossible de réglementer dans ce domaine à moins d’imposer une réglementation des prix qui serait refusée par Bruxelles (une sorte de tarification obligatoire). Les prix sont évidemment régulés par les rapports de force entre producteurs et distributeurs et cela à l’échelle internationale pour nombre de produits. De ce point de vue,  la balle est largement dans le camp des producteurs afin qu’ils structurent mieux leur réseau de commercialisation et qu’ils valorisent  davantage leurs productions auprès des consommateurs. Cependant rien n’est prévu encourager la structuration des réseaux commerciaux agricoles ou celle de la filière bio. Et pour cause concernant ce dernier aspect puisque Nicolas Hulot était absent !  Le chef du gouvernement avait  cependant annoncé un «nouveau programme en faveur de l’agriculture biologique». Il avait  ainsi affirmé que la part du bio, qui occupe actuellement 6,5% de la surface agricole du pays, passera à 15% en 2022, puis à 30% en 2030 mais sans préciser les moyens pour y parvenir.

A quoi ont servi les États généraux de l’alimentation ? À rien !

A quoi ont servi les États généraux de l’alimentation ? À rien !

 

À l’issue de cinq mois de débats force est de constater que ces états généraux n’ont servi à rien ou à pas grand-chose sinon à permettre des échanges entre les acteurs du secteur. En effet,  les décisions du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux. On va se contenter d’une disposition législative qui veut  interdire la vente à perte et contraindre les cantines scolaires à se fournir pour au moins 50 % en produits bio.  Théoriquement la mesure qui interdira la vente à perte dans la distribution alimentaire paraît de nature à assurer un minimum de rémunération aux producteurs. Ceci étant en l’état,  le texte est assez ambigu puisqu’il contraindra la distribution  revendre au minimum tout produit alimentaire au prix acheté majoré de 10%. Ce seuil sera accompagné d’un encadrement des promotions commerciales qui ne pourront plus être supérieures à 34% du prix normal et à 25% du volume annuel vendu et de mesures permettant de baser les contrats commerciaux sur les coûts de revient des agriculteurs. Le problème est de savoir cependant qu’elle sera le prix d’achat imposé au producteur. En effet ce prix d’achat est rarement fondé sur les coûts de production mais sur des prix que les distributeurs en situation oligopolistique imposent. De toute manière,  il paraît assez difficile sinon impossible de réglementer dans ce domaine à moins d’imposer une réglementation des prix qui serait refusée par Bruxelles (une sorte de tarification obligatoire). Les prix sont évidemment régulés par les rapports de force entre producteurs et distributeurs et cela à l’échelle internationale pour nombre de produits. De ce point de vue,  la balle est largement dans le camp des producteurs afin qu’ils structurent mieux leur réseau de commercialisation et qu’ils valorisent  davantage leurs productions auprès des consommateurs. Cependant rien n’est prévu encourager la structuration des réseaux commerciaux agricoles ou celle de la filière bio. Et pour cause concernant ce dernier aspect puisque Nicolas Hulot était absent !  Le chef du gouvernement a cependant annoncé un «nouveau programme en faveur de l’agriculture biologique». Il a ainsi affirmé que la part du bio, qui occupe actuellement 6,5% de la surface agricole du pays, passera à 15% en 2022, puis à 30% en 2030mais sans préciser les moyens pour y parvenir.  Concernant les pesticides, le calendrier de l’interdiction des phytosanitaires – dont le glyphosate – sera précisé «au plus tard» à la fin du premier trimestre 2018, après une concertation. L’État s’engage en outre à «renforcer la recherche» pour trouver des alternatives. «Nous voulons aider les filières agricoles à sortir du glyphosate». «Il ne s’agit pas de changer seulement une méthode de culture, mais parfois toute une filière. Et ça, ça se prépare, ça s’organise, ça s’accompagne», a déclaré Édouard Philippe pour expliquer la longueur de ces travaux, disant vouloir éviter des «distorsions de concurrence», notamment pour les grandes cultures. Les associations font grise mine. WWF estime que «le compte n’y est pas (…) Même des objectifs consensuels dans les ateliers ne sont pas repris par le gouvernement. Nous attendions des moyens législatifs, réglementaires, budgétaires et fiscaux et des plans d’action clairs pour sortir des pesticides, soutenir l’agriculture biologique ou lutter contre les contaminants chimiques et les perturbateurs endocriniens. Au lieu de cela, nous avons (…) des futurs plans (plan de sortie progressive des pesticides, plan bio…) avec à nouveau des consultations. Ce sont des annonces d’entrée, pas des annonces de clôture», déplore l’ONG. De leur côté, les acteurs de la plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire se montrent déçus que les «décisions sur la phase sociétale et environnementale soient reportées à plus tard», alors que les associations attendaient «des mesures concrètes avec des calendriers et des moyens».

Distribution alimentaire : interdiction de vente à perte

Distribution alimentaire : interdiction de vente à perte  

 

Théoriquement la mesure qui interdira la vente à perte dans la distribution alimentaire paraît de nature à assurer un minimum de rémunération aux producteurs. Ceci étant en l’état,  le texte est assez ambigu puisqu’il contraindra la distribution  revendre au minimum tout produit alimentaire au prix acheté majoré de 10%. Ce seuil sera accompagné d’un encadrement des promotions commerciales qui ne pourront plus être supérieures à 34% du prix normal et à 25% du volume annuel vendu et de mesures permettant de baser les contrats commerciaux sur les coûts de revient des agriculteurs. Le problème est de savoir cependant qu’elle sera le prix d’achat imposé au producteur. En effet ce prix d’achat est rarement fondé sur les coûts de production mais sur des prix que les distributeurs en situation oligopolistique imposent. De toute manière il paraît assez difficile sinon impossible de réglementer dans ce domaine à moins d’imposer une réglementation des prix qui serait refusée par Bruxelles (une sorte de tarification obligatoire). Les prix sont évidemment régulés par les rapports de force entre producteurs et distributeurs et cela à l’échelle internationale pour nombre de produits. De ce point de vue la balle est largement dans le camp des producteurs afin qu’ils structurent mieux leur réseau de commercialisation et qu’ils valorisent  davantage leurs productions auprès des consommateurs.

 

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