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Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Par Claude Patriat, Université de Bourgogne – UBFC dans la Tribune
Tribune

Il est tard, bien tard pour réparer ce qui, selon nous, restera l’erreur fondamentale du quinquennat d’Emmanuel Macron : n’avoir pas entrepris dès son élection une réforme des institutions afin de les mettre au diapason d’une France qui doute d’elle-même et de ses élus.

Il avait certes réussi un fameux « coup du roi » en faisant, d’un seul et premier tir, tomber dans ses bras la magistrature présidentielle. Son irruption surprise a fait voler en éclat le vieux système des partis dominants : exclus du jeu de l’alternance qui les rendait épisodiquement maîtres du jeu, privés du commode saute-mouton sur le dos de l’extrême droite, brouillés dans leurs repères par un Président qui s’affirmait et de droite et de gauche, subissant mécaniquement un lourd revers lors des législatives, ceux-ci n’étaient pas seulement défaits, ils risquaient l’effondrement.

La vague de « dégagisme » qu’avait habilement épousée le vainqueur les rendait gravement vulnérables. Restait au nouveau Président à profiter de cet affaiblissement pour réaliser son programme de campagne : élu sur une promesse de disruption, il lui fallait au moins mettre en route les moyens de la provoquer et tracer la voie d’une reconstruction de la légitimité des gouvernants. « Tout l’art de la politique, disait Louis XIV, est de se servir des conjonctures. »

Mais la vague intention fut vite oubliée. Dès septembre 2017, on laissa dans l’indifférence les partis se refaire un début de santé en s’appuyant sur leurs bastions lors des sénatoriales. On se garda bien de transformer en véritable parti le mouvement original qui avait appuyé l’élection présidentielle. Et l’on succomba à la tentation d’un président démiurge concentrant la plénitude de l’espace et de la décision politiques.

Ignorer le caractère illusoire de cette vision n’était pas la meilleure manière de restaurer la confiance entre élus et citoyens. Après une année tranquille, le pays entra dans une phase de turbulences dont il ne sortira plus, de gilets jaunes en réforme des retraites, d’antivax en antipasse… Entre violences sociales et violences verbales, s’enracine dans le pays une croyance à l’impuissance du politique.

À une brève euphorie succède un climat profondément dysphorique, installant un véritable mur de méfiance et entraînant une montée constante des abstentions qui frisent les deux tiers du corps électoral lors des régionales !

Cette désaffection croissante traduit en creux l’effondrement des vieux partis dominants.

Particulièrement à gauche, où tous les candidats à la présidentielle réunis atteignent péniblement 25 % des intentions de vote dans les sondages. La soustraction est particulièrement lourde pour les socialistes auxquels l’extinction de voix interdit même de trouver une candidature crédible pouvant prétendre au rassemblement.

La droite de gouvernement, moins fracturée en apparence, paraît mieux résister. Malgré cette impression relative de droitisation, la situation des Républicains reste fragile et instable, tiraillés qu’ils sont entre un centre qui regarde vers Macron et une extrême droite qui, réunie, est estimée à 30 % et exerce un fort tropisme sur son autre flanc.

L’image d’Emmanuel Macron reflète cette situation fracturée et incertaine de désalignement vis-à-vis des partis. D’un côté, il tire le juste bénéfice de sa fermeté internationale et de sa gestion de la crise sanitaire, avec ce « quoiqu’il en coûte » qui atténue son étiquette libérale. Cela lui permet de se maintenir à un niveau de satisfaction envié : le tableau de bord de janvier des personnalités Paris Match/Sud Radio-IFOP/Fiducial le crédite de 43 % d’approbation de son action.

Mais dans la même enquête, 70 % des Français estiment qu’il n’est pas proche de leurs préoccupations. Un sondage concomitant IFOP pour le JDD indique qu’aucun de ses opposants déclarés ou potentiels ne ferait mieux que lui : Valérie Pécresse, par exemple, ne se voit reconnaître cette qualité que par 17 % des sondés, 53 % considérant qu’elle ne ferait ni mieux ni moins bien !

Absence de réelle concurrence donc, qui relativise lourdement la primauté du Président en exercice, et qui risque de déboucher sur un nouveau choix par défaut. D’autant que dans tous les baromètres, Emmanuel Macron reste fixé entre 23 et 26 % d’intentions de vote, soit un score reproduisant celui de 2017. Un quart des exprimés, une abstention en hausse, moins de 17 % des inscrits, voilà qui n’augure pas d’un renforcement de sa légitimité en cas de réélection.

Tout le quinquennat a été marqué par un procès en illégitimité contre le Président, perçu comme élu dans une logique de rejet plus que d’adhésion. Et rien n’indique donc qu’on en ait tiré les conséquences. Pourtant, voici déjà vingt ans qu’une sirène d’alarme avait violemment retenti. Souvenons-nous du 21 avril 2002 : un président sortant rassemblant moins de 20 % des exprimés, un chef du gouvernement peu contesté pendant cinq ans éjecté dès le premier tour, près de 30 % d’abstention…

Il n’était pas difficile de voir que le régime était à un tournant. La Ve République avait alors montré sa capacité à exprimer autre chose qu’un présidentialisme exacerbé, en autorisant une gestion plurielle de la politique, un jeu institutionnel plus équilibré que la monarchie républicaine qu’on avait voulu en faire. Au lieu d’intégrer l’évolution, on s’est livré à ce que j’avais appelé, dans un article tragiquement anticipateur, la « gymnopolitique » : cette inversion du calendrier électoral qui enchaînait mécaniquement les élections législatives au résultat de la présidentielle et qui, interdisant aux Français de s’exprimer sur le bilan de la législature, dévitalisait le scrutin.

 Et comment ne pas avoir anticipé que les différentes sensibilités composant la majorité parlementaire sortante prétendraient défendre leurs couleurs pour peser sur le débat ? L’écrasante logique majoritaire binaire aura raison de ce que seule une proportionnelle aux élections législatives permettrait de respecter.

Pourtant, la vie politique française s’est poursuivie en exacerbant son hyperprésidentialisation qui pourrait se résumer ainsi : « le Président de la République concentre l’essentiel du pouvoir, or le Président ne résout pas nos problèmes, donc nous n’avons pas confiance dans le Président. »

Néanmoins, cette triple assertion n’est ni fondée juridiquement, ni inéluctable politiquement. La constitution de 1958 donne les bases d’un régime parlementaire rationalisé, aucunement présidentiel.

Paradoxalement, ce sont ceux contre qui le régime s’est mis en place, les partis politiques, qui ont imposé et entretenu cette lecture et transformé les partis en machines électorales sans projet ni vision. Ils en sont morts cérébralement, tant il est devenu évident qu’un individu seul, ne paraît plus aujourd’hui en situation de représenter la pluralité citoyenne.

Il y a donc un préalable à toute régénération des institutions, sans qu’il soit besoin de recourir à une amphigourique VIe République : redonner souplesse, liberté de mouvement, représentativité, aux différents rouages de l’État. Seul un acte symbolique fort, accompagné d’un programme de réformes, pourra marquer cette intention.

Il faut couper la corde qui étrangle le Parlement, et dissocier les élections législatives de la présidentielle (les élections législatives sont actuellement prévues pour les 12 et 19 juin 2022).

L’opportunité s’en offre aujourd’hui : le Président pourrait dissoudre l’Assemblée nationale à la fin de février, et organiser le premier tour des législatives en même temps que celui de la présidentielle. De la sorte, le second tour de la désignation de députés aurait lieu avant que l’on connaisse le nouveau président.

Il y aurait là un signe fort de la volonté de combler sans tarder le fossé entre le pays citoyen et le pays électif. L’affaire est urgente : dans une enquête d’Harris Interactive publiée par Challenges en décembre 2021, 61 % des sondés estiment que la démocratie est en danger. Si le sentiment de frustration des Français continue de croître, on court le risque d’une rupture totale de la confiance entre les gouvernés et les gouvernants. Puisque l’image monarchique reste prégnante, laissons le mot de la fin à Louis XIV, qui écrivait dans ses mémoires : « Pour venir à bout des choses, le premier pas est de le croire possible. »

The Conversation ______

 

Par Claude Patriat, Professeur émérite de Science politique Université de Bourgogne, Université de Bourgogne – UBFC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Politique : Macron drogué à la logique financière des banques

Politique : Macron drogué à la logique financière des banques

 

Audrey Tonnelier du Monde développe l’idée que Macron est davantage convaincu de l’efficacité de l’allègement de la fiscalité sur le capital que par des politiques industrielles impulsées par l’État. Finalement Macron reste imprégné de la philosophie des banques (d’affaires) . NDLR 

 

Chronique.  

Officiellement, il n’est pas encore dans la course. Même si, comme il l’a confié aux lecteurs du Parisien, le 4 janvier, « il n’y a pas de faux suspense » : « J’ai envie. » Emmanuel Macron se retrouve, à moins de trois mois du scrutin, dernier candidat non déclaré à la présidence de la République. Il n’a pas encore de programme détaillé, contrairement à la plupart de ses concurrents.

Dans le domaine économique, comme ailleurs (sécurité, Europe), le chef de l’Etat s’en tient à sa méthode : évoquer quelques sujets – refonte des droits de succession, revenu universel d’activité – et défendre son bilan. Même chose pour son ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a longuement détaillé, lors de ses vœux à la presse, ses ambitions de baisses d’impôt supplémentaires pour les entreprises et d’allègement de cotisations sur les hauts salaires. Mais rien qui ne ressemble, pour le moment, à des propositions en bonne et due forme.

Il faut dire que, en cinq ans et deux crises majeures, celles des « gilets jaunes » et de l’interminable pandémie de Covid-19, le débat s’est déplacé. En 2017, côté économie, la campagne était focalisée sur l’inversion de la courbe du chômage, à laquelle François Hollande avait malencontreusement lié sa candidature. La réduction de la dette à droite – François Fillon avait dû se défendre de prôner « du sang et des larmes » – ou la sortie de l’euro (La France insoumise, Rassemblement national) occupaient aussi les débats. En ce début 2022, on parle davantage inflation et pouvoir d’achat, relocalisations, assouplissement des règles budgétaires et investissements.

Pour le chef de l’Etat, un fil rouge demeure toutefois : celui des entreprises et de l’emploi. Une « politique de l’offre » qu’Emmanuel Macron a toujours prônée – privilégier l’investissement de long terme et le soutien aux entreprises en espérant in fine créer de la croissance et des emplois – et qu’il a encore vantée en début de semaine face aux patrons étrangers, dans le cadre de l’opération de séduction annuelle Choose France.

Pour l’exécutif, la chose est entendue : c’est la politique de l’offre et son corollaire, la baisse de la fiscalité sur le capital et la suppression de l’ISF, qui ont permis de relancer la machine économique tricolore, notamment en dopant son attractivité. Qu’importe que la dynamique ait été enclenchée dès la fin du quinquennat Hollande, avec la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et que les rapports successifs d’économistes peinent à mettre en lumière une relation quantifiable entre la vigueur retrouvée de l’économie et telle ou telle mesure du gouvernement. Les symboles sont aussi importants en économie qu’en politique, et les signaux envoyés aux investisseurs et aux grands patrons depuis cinq ans ont, assurément, joué en faveur de la France. Mais cela méritait-il les sommes dépensées ? Impossible à dire précisément.

 

Pass: «Ni de la médecine, ni de la santé publique» (Eric Caumes)

Pass: «Ni de la médecine, ni de la santé publique» (Eric Caumes)

 

Pour le professeur Éric Côme, le pass vaccinal ( pas le vaccin) est complètement inadapté depuis notamment l’apparition du variant omicron dont on ne peut empêcher la contamination à la plus grande partie de la population vaccinée pas les Français seront contaminés et contaminent rond. Le vaccin, lui, protège les intéressés surtout contre les formes graves.  Pour Eric Caumes, le passe vaccinal répond uniquement à une stratégie politique : «On est dans la campagne électorale» rappelle-t-il, évoquant notamment «l’affaire des antivax». Supposé entrer en vigueur le 15 janvier, le passe vaccinal devait priver dès samedi les 600.000 Français qui n’ont pas encore fait leur rappel, ainsi que les 5 millions de non-vaccinés, d’accès aux lieux publics. Son application est néanmoins retardée du fait des désaccords entre députés et sénateurs, notamment sur la question du seuil de 12 ans voulu par l’exécutif. «C’est un marqueur d’affichage et surtout de clivage, (mais ce n’est) ni de la médecine, ni de la santé publique», tranche l’infectiologue.

 

Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Des élections législatives avant les présidentielles pour redynamiser la démocratie ?

Par Claude Patriat, Université de Bourgogne – UBFC dans la Tribune
Tribune

Il est tard, bien tard pour réparer ce qui, selon nous, restera l’erreur fondamentale du quinquennat d’Emmanuel Macron : n’avoir pas entrepris dès son élection une réforme des institutions afin de les mettre au diapason d’une France qui doute d’elle-même et de ses élus.

Il avait certes réussi un fameux « coup du roi » en faisant, d’un seul et premier tir, tomber dans ses bras la magistrature présidentielle. Son irruption surprise a fait voler en éclat le vieux système des partis dominants : exclus du jeu de l’alternance qui les rendait épisodiquement maîtres du jeu, privés du commode saute-mouton sur le dos de l’extrême droite, brouillés dans leurs repères par un Président qui s’affirmait et de droite et de gauche, subissant mécaniquement un lourd revers lors des législatives, ceux-ci n’étaient pas seulement défaits, ils risquaient l’effondrement.

La vague de « dégagisme » qu’avait habilement épousée le vainqueur les rendait gravement vulnérables. Restait au nouveau Président à profiter de cet affaiblissement pour réaliser son programme de campagne : élu sur une promesse de disruption, il lui fallait au moins mettre en route les moyens de la provoquer et tracer la voie d’une reconstruction de la légitimité des gouvernants. « Tout l’art de la politique, disait Louis XIV, est de se servir des conjonctures. »

Mais la vague intention fut vite oubliée. Dès septembre 2017, on laissa dans l’indifférence les partis se refaire un début de santé en s’appuyant sur leurs bastions lors des sénatoriales. On se garda bien de transformer en véritable parti le mouvement original qui avait appuyé l’élection présidentielle. Et l’on succomba à la tentation d’un président démiurge concentrant la plénitude de l’espace et de la décision politiques.

Ignorer le caractère illusoire de cette vision n’était pas la meilleure manière de restaurer la confiance entre élus et citoyens. Après une année tranquille, le pays entra dans une phase de turbulences dont il ne sortira plus, de gilets jaunes en réforme des retraites, d’antivax en antipasse… Entre violences sociales et violences verbales, s’enracine dans le pays une croyance à l’impuissance du politique.

À une brève euphorie succède un climat profondément dysphorique, installant un véritable mur de méfiance et entraînant une montée constante des abstentions qui frisent les deux tiers du corps électoral lors des régionales !

Cette désaffection croissante traduit en creux l’effondrement des vieux partis dominants.

Particulièrement à gauche, où tous les candidats à la présidentielle réunis atteignent péniblement 25 % des intentions de vote dans les sondages. La soustraction est particulièrement lourde pour les socialistes auxquels l’extinction de voix interdit même de trouver une candidature crédible pouvant prétendre au rassemblement.

La droite de gouvernement, moins fracturée en apparence, paraît mieux résister. Malgré cette impression relative de droitisation, la situation des Républicains reste fragile et instable, tiraillés qu’ils sont entre un centre qui regarde vers Macron et une extrême droite qui, réunie, est estimée à 30 % et exerce un fort tropisme sur son autre flanc.

L’image d’Emmanuel Macron reflète cette situation fracturée et incertaine de désalignement vis-à-vis des partis. D’un côté, il tire le juste bénéfice de sa fermeté internationale et de sa gestion de la crise sanitaire, avec ce « quoiqu’il en coûte » qui atténue son étiquette libérale. Cela lui permet de se maintenir à un niveau de satisfaction envié : le tableau de bord de janvier des personnalités Paris Match/Sud Radio-IFOP/Fiducial le crédite de 43 % d’approbation de son action.

Mais dans la même enquête, 70 % des Français estiment qu’il n’est pas proche de leurs préoccupations. Un sondage concomitant IFOP pour le JDD indique qu’aucun de ses opposants déclarés ou potentiels ne ferait mieux que lui : Valérie Pécresse, par exemple, ne se voit reconnaître cette qualité que par 17 % des sondés, 53 % considérant qu’elle ne ferait ni mieux ni moins bien !

Absence de réelle concurrence donc, qui relativise lourdement la primauté du Président en exercice, et qui risque de déboucher sur un nouveau choix par défaut. D’autant que dans tous les baromètres, Emmanuel Macron reste fixé entre 23 et 26 % d’intentions de vote, soit un score reproduisant celui de 2017. Un quart des exprimés, une abstention en hausse, moins de 17 % des inscrits, voilà qui n’augure pas d’un renforcement de sa légitimité en cas de réélection.

Tout le quinquennat a été marqué par un procès en illégitimité contre le Président, perçu comme élu dans une logique de rejet plus que d’adhésion. Et rien n’indique donc qu’on en ait tiré les conséquences. Pourtant, voici déjà vingt ans qu’une sirène d’alarme avait violemment retenti. Souvenons-nous du 21 avril 2002 : un président sortant rassemblant moins de 20 % des exprimés, un chef du gouvernement peu contesté pendant cinq ans éjecté dès le premier tour, près de 30 % d’abstention…

Il n’était pas difficile de voir que le régime était à un tournant. La Ve République avait alors montré sa capacité à exprimer autre chose qu’un présidentialisme exacerbé, en autorisant une gestion plurielle de la politique, un jeu institutionnel plus équilibré que la monarchie républicaine qu’on avait voulu en faire. Au lieu d’intégrer l’évolution, on s’est livré à ce que j’avais appelé, dans un article tragiquement anticipateur, la « gymnopolitique » : cette inversion du calendrier électoral qui enchaînait mécaniquement les élections législatives au résultat de la présidentielle et qui, interdisant aux Français de s’exprimer sur le bilan de la législature, dévitalisait le scrutin.

 Et comment ne pas avoir anticipé que les différentes sensibilités composant la majorité parlementaire sortante prétendraient défendre leurs couleurs pour peser sur le débat ? L’écrasante logique majoritaire binaire aura raison de ce que seule une proportionnelle aux élections législatives permettrait de respecter.

Pourtant, la vie politique française s’est poursuivie en exacerbant son hyperprésidentialisation qui pourrait se résumer ainsi : « le Président de la République concentre l’essentiel du pouvoir, or le Président ne résout pas nos problèmes, donc nous n’avons pas confiance dans le Président. »

Néanmoins, cette triple assertion n’est ni fondée juridiquement, ni inéluctable politiquement. La constitution de 1958 donne les bases d’un régime parlementaire rationalisé, aucunement présidentiel.

Paradoxalement, ce sont ceux contre qui le régime s’est mis en place, les partis politiques, qui ont imposé et entretenu cette lecture et transformé les partis en machines électorales sans projet ni vision. Ils en sont morts cérébralement, tant il est devenu évident qu’un individu seul, ne paraît plus aujourd’hui en situation de représenter la pluralité citoyenne.

Il y a donc un préalable à toute régénération des institutions, sans qu’il soit besoin de recourir à une amphigourique VIe République : redonner souplesse, liberté de mouvement, représentativité, aux différents rouages de l’État. Seul un acte symbolique fort, accompagné d’un programme de réformes, pourra marquer cette intention.

Il faut couper la corde qui étrangle le Parlement, et dissocier les élections législatives de la présidentielle (les élections législatives sont actuellement prévues pour les 12 et 19 juin 2022).

L’opportunité s’en offre aujourd’hui : le Président pourrait dissoudre l’Assemblée nationale à la fin de février, et organiser le premier tour des législatives en même temps que celui de la présidentielle. De la sorte, le second tour de la désignation de députés aurait lieu avant que l’on connaisse le nouveau président.

Il y aurait là un signe fort de la volonté de combler sans tarder le fossé entre le pays citoyen et le pays électif. L’affaire est urgente : dans une enquête d’Harris Interactive publiée par Challenges en décembre 2021, 61 % des sondés estiment que la démocratie est en danger. Si le sentiment de frustration des Français continue de croître, on court le risque d’une rupture totale de la confiance entre les gouvernés et les gouvernants. Puisque l’image monarchique reste prégnante, laissons le mot de la fin à Louis XIV, qui écrivait dans ses mémoires : « Pour venir à bout des choses, le premier pas est de le croire possible. »

The Conversation ______

 

Par Claude Patriat, Professeur émérite de Science politique Université de Bourgogne, Université de Bourgogne – UBFC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Pouvoir d’achat : sujet central de la présidentielle ? (CFDT)

Pouvoir d’achat : sujet central de la présidentielle ? (CFDT)

Le pouvoir d’achat devrait devenir un des sujets majeurs de la campagne électorale de 2022 déclare Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Il est question de plus en plus brûlante compte tenu de la dérive de l’inflation. Une inflation proche de 3 % sur un an en France (et encore avec un indice des prix à la consommation obsolète de l’INSEE qui sous-estime notamment la forte hausse des dépenses contraintes).

Dans la pratique pour l’instant, on ne perçoit que des intentions de l’augmentation de leurs 1 % aussi bien sur les salaires, Les retraites que sur l’épargne. Bilan une perte de pouvoir d’achat d’au moins 2 % pour les revenus du travail et l’épargne.

Les différents sondages semblent montrer que cette préoccupation devient majeure dans l’opinion. D’après un sondage de Misgroup effectué fin décembre 2021 le pouvoir d’achat figurait en tête des préoccupations pour 72 % des interrogés. Suivez la question de la santé avec 59 %, ensuite la justice avec 53 % puis la santé 51 % et la fiscalité 49 %. Les autres sujets suivent plus loin.

Alors que l’élection présidentielle approche à grands pas et que l’inflation s’installe dans le paysage français, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, juge dans un entretien accordé au Journal du Dimanche que le pouvoir d’achat est une « préoccupation essentielle dans le monde du travail [qui] doit devenir un sujet dans la campagne. Car elle en dissimule une autre : la faiblesse des salaires ».

Selon lui, cette question est «centrale». Le secrétaire général de la CFDT explique que la résurgence de ce thème est notamment liée à «la remontée de l’inflation et un poids grandissant des dépenses contraintes (énergie, alimentation, logement).» Laurent Berger regrette que ce thème ne s’impose pas davantage dans la campagne. «Sans doute parce qu’il y a une forme de déconnexion du débat public, y compris médiatique, avec la réalité vécue par les citoyens, et avec le quotidien des travailleurs en particulier», explique-t-il.

Pour le secrétaire général de la CFDT «il y a une responsabilité de la puissance publique. Mais aussi des entreprises. L’État ne peut pas tout.» Laurent Berger pose notamment la question «de la contrepartie des aides publiques versées aux entreprises», en mettant en avant que «l’État n’a pas à combler les carences des entreprises».

 

La décrue de la pandémie en Europe à partir de mars

La décrue de la pandémie en Europe à partir de mars

 

Pour l’instant le virus connaît une progression quasi exponentielle. Cependant on note un certain plateau voire  une diminution des contaminations qui demeurent toutefois à un niveau exceptionnel. Cette contamination générale pourrait paradoxalement permettre une fin de pandémie plus rapide puisque Le variant Omicron pourrait contaminer 60% des Européens d’ici mars, a amorcé une nouvelle phase de la pandémie de Covid-19 dans la région et pourrait la rapprocher de son dénouement, a estimé dimanche le directeur de l’OMS Europe. Cela suppose évidemment que n’apparaissent pas soudain un virus qui contrairement à omicron serait plus dangereux.

De ce point de vue les prévisions dans ce domaine sont assez aléatoires. Le second virus omicron appeler BA2 majoritaires dans certains pays désormais comme le Danemark semble, lui, encore plus contaminant que le premier mais moins grave dans ses conséquences. «Il est plausible que la région se rapproche d’une fin de la pandémie», a dit à l’AFP Hans Kluge, appelant toutefois à la prudence du fait de la versatilité du virus. «Une fois que la vague Omicron sera calmée, il y aura pendant quelques semaines et quelques mois une immunité globale, soit grâce au vaccin, soit parce que les gens seront immunisés en raison de l’infection et aussi une baisse en raison de la saisonnalité», a-t-il estimé.

Toutefois, nous ne sommes pas dans «une ère endémique», a souligné le responsable onusien. «Endémique signifie (…) que l’on peut prévoir ce qui va se passer, ce virus a surpris plus d’une fois. Nous devons donc être très prudents», a insisté M. Kluge.

Dans la région qui compte 53 pays dont certains sont situés en Asie centrale, Omicron représentait au 18 janvier 15% des nouveaux cas de Covid, soit plus de la moitié que la semaine précédente, selon les données de l’OMS. Dans l’Union européenne et l’Espace économique européen (EEE), ce variant apparu fin novembre, plus contagieux que le Delta, est désormais dominant d’après l’agence de santé européenne.

Pass: «Ni de la médecine, ni de la santé publique» (Eric Caumes)

Pass: «Ni de la médecine, ni de la santé publique» (Eric Caumes)

 

Pour le professeur Éric Côme, le pass vaccinal ( pas le vaccin) est complètement inadapté depuis notamment l’apparition du variant omicron dont on ne peut empêcher la contamination à la plus grande partie de la population vaccinée pas les Français seront contaminés et contaminent rond. Le vaccin, lui, protège les intéressés surtout contre les formes graves.  Pour Eric Caumes, le passe vaccinal répond uniquement à une stratégie politique : «On est dans la campagne électorale» rappelle-t-il, évoquant notamment «l’affaire des antivax». Supposé entrer en vigueur le 15 janvier, le passe vaccinal devait priver dès samedi les 600.000 Français qui n’ont pas encore fait leur rappel, ainsi que les 5 millions de non-vaccinés, d’accès aux lieux publics. Son application est néanmoins retardée du fait des désaccords entre députés et sénateurs, notamment sur la question du seuil de 12 ans voulu par l’exécutif. «C’est un marqueur d’affichage et surtout de clivage, (mais ce n’est) ni de la médecine, ni de la santé publique», tranche l’infectiologue.

 

Politique économique : Macron drogué à la logique financière des banques

Politique économique : Macron drogué à la logique financière des banques

 

Audrey Tonnelier du Monde développe l’idée que Macron est davantage convaincu de l’efficacité de l’allègement de la fiscalité sur le capital que par des politiques industrielles impulsées par l’État. Finalement Macron reste imprégné de la philosophie des banques (d’affaires) . NDLR 

 

Chronique.  

Officiellement, il n’est pas encore dans la course. Même si, comme il l’a confié aux lecteurs du Parisien, le 4 janvier, « il n’y a pas de faux suspense » : « J’ai envie. » Emmanuel Macron se retrouve, à moins de trois mois du scrutin, dernier candidat non déclaré à la présidence de la République. Il n’a pas encore de programme détaillé, contrairement à la plupart de ses concurrents.

Dans le domaine économique, comme ailleurs (sécurité, Europe), le chef de l’Etat s’en tient à sa méthode : évoquer quelques sujets – refonte des droits de succession, revenu universel d’activité – et défendre son bilan. Même chose pour son ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a longuement détaillé, lors de ses vœux à la presse, ses ambitions de baisses d’impôt supplémentaires pour les entreprises et d’allègement de cotisations sur les hauts salaires. Mais rien qui ne ressemble, pour le moment, à des propositions en bonne et due forme.

Il faut dire que, en cinq ans et deux crises majeures, celles des « gilets jaunes » et de l’interminable pandémie de Covid-19, le débat s’est déplacé. En 2017, côté économie, la campagne était focalisée sur l’inversion de la courbe du chômage, à laquelle François Hollande avait malencontreusement lié sa candidature. La réduction de la dette à droite – François Fillon avait dû se défendre de prôner « du sang et des larmes » – ou la sortie de l’euro (La France insoumise, Rassemblement national) occupaient aussi les débats. En ce début 2022, on parle davantage inflation et pouvoir d’achat, relocalisations, assouplissement des règles budgétaires et investissements.

Pour le chef de l’Etat, un fil rouge demeure toutefois : celui des entreprises et de l’emploi. Une « politique de l’offre » qu’Emmanuel Macron a toujours prônée – privilégier l’investissement de long terme et le soutien aux entreprises en espérant in fine créer de la croissance et des emplois – et qu’il a encore vantée en début de semaine face aux patrons étrangers, dans le cadre de l’opération de séduction annuelle Choose France.

Pour l’exécutif, la chose est entendue : c’est la politique de l’offre et son corollaire, la baisse de la fiscalité sur le capital et la suppression de l’ISF, qui ont permis de relancer la machine économique tricolore, notamment en dopant son attractivité. Qu’importe que la dynamique ait été enclenchée dès la fin du quinquennat Hollande, avec la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et que les rapports successifs d’économistes peinent à mettre en lumière une relation quantifiable entre la vigueur retrouvée de l’économie et telle ou telle mesure du gouvernement. Les symboles sont aussi importants en économie qu’en politique, et les signaux envoyés aux investisseurs et aux grands patrons depuis cinq ans ont, assurément, joué en faveur de la France. Mais cela méritait-il les sommes dépensées ? Impossible à dire précisément.

 

PUB : la baguette bientôt gratuite dans les supermarchés ?

PUB : la baguette bientôt gratuite dans les supermarchés ?

 

 

Un joli coup de pub pour Leclerc à propos de la baguette à 0,29 €.

Juridiquement il n’est pas possible de proposer des produits gratuitement au consommateur. Pourtant économiquement, l’offre commerciale pourrait être rentable dans les grands centres commerciaux. L’affaire de la baguette à 0,30 € chez Leclerc a fait l’objet d’une polémique en France. Leclerc et d’autres marques de distributeurs comme récemment LiDL, affirment qu’ils vendent à prix coûtant cette baguette symbole de la consommation française. Le problème c’est que dans cette affaire le prix importe peu. L’objectif est d’attirer le client avec des prix d’appel qui seront vite compensés par les profits sur d’autres achats  . Pour les produits de consommation courante, le panier moyen de la ménagère se situe entre 140 et 150 € ;  De quoi se rattraper largement sur les autres produits. L’objectif est évidemment d’attirer le maximum de clientèles non seulement pour permettre d’acheter les produits de consommation courante prévus mais aussi bien d’autres marchandises pas toujours très utiles et qui finalement annulent  souvent l’économie qu’on pense  réaliser dans les grandes surfaces.

Environnement–La destruction des écosystèmes continue

Environnement–La destruction des écosystèmes continue

Dans un rapport publié ce mardi, WWF dont rend compte les Echos rappelle le rôle crucial de ces étendues naturelles dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’ONG défend leur intégration, au même titre que les forêts, au projet de règlement de l’UE visant à interdire l’importation de produits liée à la déforestation.

Entre 1985 et 2020, plus de 26 millions d’hectares ont été perdus dans le Cerrado, c’est près de la moitié de superficie de la France métropolitaine. Bien moins médiatisée que l’Amazonie, cette immense savane en grande partie brésilienne est l’un des biomes les plus menacés d’Amérique du sud. Les taux de conversion, due en grande partie à l’extension de la culture du soja et du bétail, ont dépassé ceux de l’Amazonie, pointe du doigt l’association de défense de l’environnement WWF dans un rapport publié ce mardi.

« Depuis 2006 et le moratoire sur le soja en Amazonie, la déforestation y a baissé de moitié. Malheureusement, cette amélioration s’est faite au détriment de l’augmentation de la déforestation dans la Cerrado qui a été multipliée par six », explique Véronique Andrieux, la directrice générale de WWF, pour qui « protéger uniquement les forêts transfère la pression sur les écosystèmes voisins », entraînant une accélération de la déforestation sur ces milieux-là.

Ecosystèmes « oubliés »

Dans le monde, les savanes, les prairies, les zones humides, les mangroves ou les tourbières sont des écosystèmes détruits « à un rythme alarmant », rappelle l’ONG. De son côté, l’association Canopée a estimé récemment qu’en moyenne 140.000 hectares de végétation étaient convertis chaque année au Cerrado.

Ces milieux sont pourtant une aide matérielle cruciale, notamment pour lutter contre le réchauffement climatique : en termes de surface, les prairies et les savanes stockent, par exemple, deux fois plus de carbone que les forêts tropicales. Ils jouent aussi un rôle essentiel pour la population et pour la nature -huit des douze plus grands fleuves du Brésil prennent ainsi leur source dans le Cerrado.

En important des produits issus de la déforestation dans le monde (par sa consommation de soja, de boeuf ou de cacao), l’Union européenne joue indirectement un rôle dans la conversion de ces milieux naturels, soulignent les auteurs du rapport.

Alors que la Commission européenne a présenté en novembre une proposition de loi pour mettre fin à cette déforestation dans le cadre du « Green Deal » -un texte ambitieux salué par de nombreuses organisations environnementales-, le WWF veut avec ce rapport « s’assurer que ces écosystèmes oubliés soient intégrés dès l’adoption de la législation et non pas deux ans plus tard, après une révision » de la loi, comme dessiné jusqu’à présent, plaide Véronique Andrieux. « Pour le Cerrado, attendre deux ans serait l’équivalent des émissions de la France sur un an », assure-t-elle.

. L’ONG rappelle que certaines grandes entreprises qui vendent au sein de l’UE des produits à risque de déforestation ont mis en place des outils pour assurer une traçabilité sur leur chaîne d’approvisionnement en couvrant l’ensemble des écosystèmes naturels. En mai dernier, plusieurs dizaines d’entreprises européennes avaient appelé à s’attaquer à la fois à la déforestation et à la conversion d’autres écosystèmes. « Il serait difficilement acceptable que l’UE soit en deçà des pratiques de certains acteurs du secteur privé », argue Véronique Andrieux.

Bourse: comme prévu la correction est en cours

Bourse: comme prévu la correction est en cours

Après l’envolée évidemment très excessive des cours en fin d’année 2021, la situation se régularise avec une vague de prises de bénéfices qui provoquent la correction. Par exemple le Nasdaq plonge de 11% depuis le début de l’année, sa pire performance depuis 2008. Comme d’habitude la bourse va suivre en France. Elle a encore lâché 1,75 % lors de la dernière séance et presque toutes les valeurs étaient dans le rouge. Le phénomène va encore continuer et on risque de repasser rapidement sous la barre des 7000 points.

La bourse de Paris avait enregistré un record de progression au cours de l’année dernière de l’ordre de 30 %. Une évolution complètement anachronique par rapport aux résultats économiques effectifs des entreprises. Surtout la conséquence des masses de liquidités déversées par la banque centrale et qui ne sont pas toutes affectées ensuite aux investissements ou même au soutien de l’exploitation des entreprises. Une grande partie de cet argent gratuit s’est trouvée impliquer dans ce qu’on peut appeler une vraie spéculation.

 

On enregistre donc un coup de déprime sur les marchés américains vendredi. L’année avait déjà mal commencé, avec la remontée des taux longs américains et une plus forte aversion au risque mais la place de New York a connu une sévère correction en fin de semaine. Le Dow Jones a perdu 1,3% dans la journée, le S&P 500 près de 1,9% et, le Nasdaq, lanterne rouge des marchés, 2,72% ! A noter que les marchés européens ne sont pas en meilleure forme, avec la plus forte consolidation vendredi depuis novembre dernier, lors de la reprise de la pandémie.

C’est bien sûr le Nasdaq qui concentre les inquiétudes. L’indice des valeurs technologiques a perdu 11% depuis le début de l’année, ce qui le rapproche de sa pire performance depuis la crise financière de 2008. Les signaux négatifs s’accumulent et l’indice a même cassé à la baisse sa moyenne mobile à 200 jours, une première depuis avril 2020, en pleine tempête sanitaire.

Société: Quel remède à la crise démocratique ?

Société: Quel remède à la crise démocratique

Dans un contexte de crise de la représentation politique, le dispositif de l’assemblée citoyenne, déjà mis en œuvre avec succès à l’étranger ou localement en France, doit s’institutionnaliser, préconise le professeur de science politique Loïc Blondiaux dans une tribune au « Monde ».

Une réflexion intéressante mais qui met sous le boisseau toutes les organisations intermédiaires pour leur substituer une espèce de démocratie du hasard particulièrement hypothétique. Une forme de démocratie directe très réduite qui peut conduire à toutes les dérives. NDLR

Tribune.

Montée de l’abstention, défiance croissante envers les représentants, brutalisation du débat politique, hypertrophie du pouvoir exécutif, régression des libertés publiques, succès en France, comme un peu partout dans le monde, des discours et des mouvements autoritaires : autant de symptômes d’un processus d’effondrement de notre modèle politique. Toutes nos institutions (élections, Parlement, partis) sont fragilisées au point que l’on doive s’interroger sur la capacité de notre démocratie à produire la légitimité nécessaire au gouvernement de nos sociétés. Car la représentation politique est une fiction qui a besoin d’être crue pour produire des effets.

Que se passe-t-il quand la plupart des citoyens d’un pays ne se sentent plus représentés par leurs élus ou quand ils ne veulent plus être représentés et souhaitent participer directement au pouvoir de décision ? Il est temps, aujourd’hui, de prendre cette question au sérieux. De prendre acte de ce que l’élection ne suffit plus à fonder la légitimité des gouvernants.

Or, plus de deux ans après les « gilets jaunes », cette prise de conscience de l’épuisement de notre système politique ne s’est pas faite, du moins parmi les élites. Le petit théâtre de l’élection présidentielle se déploie sous nos yeux indifférents ou consternés, comme si nous étions condamnés à reproduire un modèle qui ne fonctionne plus.
Il existe pourtant aujourd’hui de nombreuses propositions visant à faire advenir d’autres modalités de représentation démocratique : tirage au sort, initiative citoyenne, budget participatif, mécanismes variés de démocratie participative ou délibérative, dont beaucoup sont déjà mis en œuvre avec succès à l’étranger ou à l’échelle locale en France. Parmi ceux-ci, les assemblées citoyennes, à l’image de la convention citoyenne pour le climat française, se multiplient aujourd’hui à travers le monde. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans un comptage récent, recense ainsi 574 dispositifs délibératifs associant des citoyens ordinaires au processus de représentation au cours de ces dernières années.

Leur logique est simple et peut être déclinée : permettre à un collectif de citoyens tirés au sort de s’informer et de délibérer, avec un temps et des moyens suffisamment importants, sur une question politique complexe. Il peut s’agir du climat mais aussi de questions constitutionnelles comme en Islande ou en Irlande. Ces assemblées ont un pouvoir de proposition. Elles ne font pas la loi, et c’est aux assemblées parlementaires ou au peuple lui-même par référendum qu’il revient, in fine, de trancher.

L’introduction de ce type de mécanismes à toutes les échelles de gouvernement permettrait de se rapprocher d’un modèle de démocratie plus inclusive et plus délibérative, dans laquelle les citoyens auraient la possibilité d’être mieux associés au pouvoir de décision. L’expérience de la convention citoyenne pour le climat française a cependant montré qu’il ne suffisait pas de les mettre en place pour qu’ils obligent les gouvernants et parviennent à traduire leurs propositions en actions. Il convient dès lors de réfléchir aux modalités précises de leur possible institutionnalisation : articulation entre le travail des parlementaires et celui des citoyens ; périodicité ; modalités d’organisation ; garanties de réponse de la part du pouvoir…

Les assemblées citoyennes ne suffiront sans doute pas à elles seules à sauver notre démocratie. Il faudra pour cela des mobilisations citoyennes importantes ainsi sans doute qu’un processus constituant participatif à l’image de ce qui se joue aujourd’hui au Chili et qui devrait nous inspirer. Mais elles invitent d’ores et déjà à réfléchir à des changements profonds dans notre conception et dans notre pratique du pouvoir, afin de les rendre plus authentiquement délibératives et plus respectueuses de la complexité des problèmes et de la société, à rebours de celles qui dominent aujourd’hui et dont la Ve République nous donne chaque jour l’exemple.

Loïc Blondiaux est spécialiste des théories de la représentation. Il a participé à l’ouvrage collectif Inventer la démocratie du XXIe siècle. L’Assemblée citoyenne du futur (Les liens qui libèrent, 2017).

Sondage Présidentielle : la gauche de plus en plus minoritaire en milieu populaire

Sondage Présidentielle : la gauche de plus en plus minoritaire  en milieu populaire

D’après une étude de l’IFOP, les intentions de vote pour les divers candidats de gauche à la prochaine présidentielle ne dépassent pas 36% dans les quartiers populaires. Un score relativement bas si on le compare à 2012 où plus de la moitié des électeurs habitant dans les quartiers populaires avaient voté à gauche.

.Les électeurs résidant dans des quartiers populaires seraient 35% à diriger leur vote vers Marine Le Pen , Eric Zemmour ou encore Nicolas Dupont-Aignan contre 28,4% en 2017 et à peine 21,9% en 2012, selon cette même étude.

Une  partie des habitants des quartiers populaires « se retrouvent dans ce discours » national populiste. « Dans ces quartiers, il y a une population issue de l’immigration souvent assez nombreuse. Une partie de l’électorat cède à ces représentations très négatives sur les gens issus de l’immigration, sur leur rôle supposé dans la délinquance, dans le déclin de la nation ou leur peu de respect ou d’amour pour la France… Ce sont des discours qui reviennent souvent dans les rangs de Marine Le Pen », explique l’étude

Selon l’étude, le discours de l’écologiste Yannick Jadot peut également être inaudible dans les quartiers populaires où les enjeux sociaux sont prédominants. « Les  électeurs se disent également préoccupés par des besoins matériels : le pouvoir d’achat, la hausse des salaires et la lutte contre le chômage. La précarité et l’éducation sont aussi prégnants à la différence des questions de sociétés (lutte contre le sexisme, le racisme et la haine contre les LGBT) qui mobilisent beaucoup moins.

Mais en troisième position arrive un thème de campagne cher à la droite et à l’extrême droite : l’insécurité. Plus de 74% des sondés se disent concernés par le sujet.

Etude Ifop pour Ecran de Veille réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 13 au 16 décembre 2021 auprès d’un échantillon de 1 003 personnes, représentatif de la population adulte résidant dans les 10% des « banlieues les plus pauvres » de France métropolitaine.

Covid- pandémie : la prévention nettement moins coûteuse que le traitement de la maladie

Covid- pandémie : la prévention nettement moins coûteuse que le traitement de la maladie

La pandémie Covid a déjà provoquée la mort de plus de 5 millions de personnes dans le monde cependant ce qui la caractérise, c’est l’étendues du champ géographique de son développement. En effet, à peu près tous les pays du monde sont durement touchés en raison notamment de l’accroissement de la Mobilité des personnes qui transportent avec eux évidemment le virus. Le coût de traitement global sera énorme et de toute manière bien supérieur au  cout d’une prévention . En effet le coût de traitement chiffrera en milliers de  milliards de dollars.

 

La pandémie de Covid-19 va amputer le Produit intérieur brut mondial de 22.000 milliards de dollars entre 2020 et 2025, a indiqué l’économiste en chef du Fonds monétaire international lors d’une conférence de presse. Il s’agit d’une «perte cumulée» qui est à comparer avec le niveau du PIB mondial que le FMI avait estimé avant la pandémie, a précisé Gita Gopinath en présentant les dernières prévisions économiques mondiales. L’impact est donc «substantiel», a-t-elle commenté.

 

Ce n’est pourtant pas la première ni même la dernière pandémie qui affecte le monde

 

La pandémie de grippe espagnole due à une souche H1N1 et ses plus de 40 millions de morts dans les années 1920 semblait appartenir à un lointain passé.

Même avec l’épidémie de CoV-1, la grippe H1N1 et la fièvre Ebola, la menace microbienne nous semblait maîtrisée. Sauf que ce n’est pas tellement ça. Le SARS CoV-1 asiatique n’était pas arrivé en Occident en 2003 parce que le virus était moins contagieux. Or les leçons tirées sur le moment ont fait long feu, comme le souligne Fréderic Keck, anthropologue et directeur de recherche CNRS.

« Après la première crise du SRAS, les États membres de l’Organisation mondiale de la santé étaient d’accord pour se préparer sérieusement à faire face à une pandémie. Mais peut-être par lassitude des populations et face aux règles d’austérité budgétaire, ces bonnes intentions n’ont pas duré et les stocks de masques et de vaccins n’ont pas été renouvelés. »

Pourtant, depuis plus de vingt ans, les spécialistes nous alertent sur les risques pandémiques. La grippe aviaire et son virus influenza, le coronavirus de chauve-souris…, les candidats ne manquent pas. Sans oublier les arbovirus transmis par les moustiques et qui provoquent la dengue ou le chikungunya. Des virus qui pourraient déclencher des pandémies avec des moustiques dopés au réchauffement climatique et aux bouleversements de la biodiversité.(Rapport entre l’homme et les animaux notamment).

Crise ukrainienne : américains et russes baissent un peu le ton mais maintiennent la tension

 

Crise ukrainienne : américains et russes baissent un peu le ton mais maintiennent la tension

Suite à une rencontre à Genève entre les chefs de diplomatie américain et russes, le ton a baissé même si les tensions demeurent. En effet s’il y a la question militaire avec des risques d’affrontement à la frontière ukrainienne, il y a aussi des préoccupations économiques et politiques. Sur le plan politique, la Russie exige qu’il n’y ait pas d’extension de l’OTAN en Ukraine. Sur le plan économique, la Russie craint des représailles éventuelles notamment vis-à-vis de ses exportations de gaz. Enfin sur le plan sociétal, la Russie craint une extension du modèle démocratique ukrainien qui mettrait en cause la dictature russe.

Sergueï Lavrov, le représentant russe, a cependant déclaré après la rencontre de Genève que lui et son homologue américain étaient « d’accord qu’un dialogue raisonnable » était « nécessaire » pour que « l’émotion retombe », après un peu moins de deux heures de discussions.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est dit « convaincu » qu’une invasion ou une incursion militaire de la Russie en Ukraine « n’arrivera pas ». « J’espère fermement avoir raison », a-t-il ajouté, faisant valoir qu’il fallait « éviter le pire ».

Le ministère russe des Affaires étrangères a toutefois précisé que si les Occidentaux continuaient d’ignorer ses « préoccupations légitimes » quant au renforcement de l’Otan en Ukraine et en Europe orientale, cela aurait « les conséquences les plus graves ». De son côté, le chef de la diplomatie américaine a demandé à la Russie de prouver qu’elle n’avait pas l’intention d’envahir l’Ukraine en retirant ses troupes de la frontière.

Politique monétaire et dette publique : la Banque…. de France ou d’Allemagne ?

Politique monétaire et dette publique : la Banque…. de France ou d’Allemagne ?  

 

Assez régulièrement les responsables de la Banque de France sont plus proches de la pensée financière allemande que de celle de la France. Ainsi l’actuel gouverneur milite-t-il pour un relèvement des taux d’intérêt comme on le souhaite chez les orthodoxes allemands . 

Si, en Europe, la banque centrale assure qu’une hausse des taux est « très improbable en 2022″, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, n’écarte pas cette possibilité. Et d’aligner les évidences sur les conséquences d’un relèvement des taux d’intérêt.

Une hausse de 1 point pourrait coûter  »au bout de dix ans 39 milliards d’euros par an » aux finances publiques françaises, a mis en garde mardi le gouverneur de la Banque de France, rappelant que ce montant correspond au budget annuel du ministère de la Défense. Ce relèvement du coût de l’argent « n’a rien d’un scénario extrême, au contraire », selon le gouverneur qui n’a pas fixé d’horizon temporel pour un relèvement du loyer de l’argent.

Si la Banque centrale européenne estime toujours que l’inflation est transitoire, et qu’elle devrait se stabiliser autour de 2% pour la France, la poursuite de la flambée des prix n’est pas totalement exclue. Dans ce cas,  »n’ayez aucun doute que nous, Eurosystème et conseil des gouverneurs de la BCE, aurons la volonté et la capacité d’adapter plus vite notre politique monétaire », a déclaré M. Villeroy de Galhau devant les étudiants de l’université de Paris-Dauphine. Bref le gouverneur de la Banque de France milite pour un le relèvement des taux d’intérêt sans doute aussi dans l’espoir de plaire aux Allemands.

En effet position du gouvernement français s’oppose à celle – plus rigide – de l’Allemagne. Berlin a plaidé lundi pour le retour de la rigueur budgétaire dans l’UE face aux appels à la souplesse de la France. « Maintenant il est temps de reconstruire des marges de manœuvre budgétaires, c’est pourquoi je défends fortement une réduction de la dette souveraine », a déclaré le ministre allemand des Finances, Christian Lindner.

Macron drogué à la logique financière des banques

Macron drogué à la logique financière des banques

 

Audrey Tonnelier du Monde développe l’idée que Macron est davantage convaincu de l’efficacité de l’allègement de la fiscalité sur le capital que par des politiques industrielles impulsées par l’État. Finalement Macron reste imprégné de la philosophie des banques (d’affaires) . NDLR 

 

Chronique.  

Officiellement, il n’est pas encore dans la course. Même si, comme il l’a confié aux lecteurs du Parisien, le 4 janvier, « il n’y a pas de faux suspense » : « J’ai envie. » Emmanuel Macron se retrouve, à moins de trois mois du scrutin, dernier candidat non déclaré à la présidence de la République. Il n’a pas encore de programme détaillé, contrairement à la plupart de ses concurrents.

Dans le domaine économique, comme ailleurs (sécurité, Europe), le chef de l’Etat s’en tient à sa méthode : évoquer quelques sujets – refonte des droits de succession, revenu universel d’activité – et défendre son bilan. Même chose pour son ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a longuement détaillé, lors de ses vœux à la presse, ses ambitions de baisses d’impôt supplémentaires pour les entreprises et d’allègement de cotisations sur les hauts salaires. Mais rien qui ne ressemble, pour le moment, à des propositions en bonne et due forme.

Il faut dire que, en cinq ans et deux crises majeures, celles des « gilets jaunes » et de l’interminable pandémie de Covid-19, le débat s’est déplacé. En 2017, côté économie, la campagne était focalisée sur l’inversion de la courbe du chômage, à laquelle François Hollande avait malencontreusement lié sa candidature. La réduction de la dette à droite – François Fillon avait dû se défendre de prôner « du sang et des larmes » – ou la sortie de l’euro (La France insoumise, Rassemblement national) occupaient aussi les débats. En ce début 2022, on parle davantage inflation et pouvoir d’achat, relocalisations, assouplissement des règles budgétaires et investissements.

Pour le chef de l’Etat, un fil rouge demeure toutefois : celui des entreprises et de l’emploi. Une « politique de l’offre » qu’Emmanuel Macron a toujours prônée – privilégier l’investissement de long terme et le soutien aux entreprises en espérant in fine créer de la croissance et des emplois – et qu’il a encore vantée en début de semaine face aux patrons étrangers, dans le cadre de l’opération de séduction annuelle Choose France.

Pour l’exécutif, la chose est entendue : c’est la politique de l’offre et son corollaire, la baisse de la fiscalité sur le capital et la suppression de l’ISF, qui ont permis de relancer la machine économique tricolore, notamment en dopant son attractivité. Qu’importe que la dynamique ait été enclenchée dès la fin du quinquennat Hollande, avec la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et que les rapports successifs d’économistes peinent à mettre en lumière une relation quantifiable entre la vigueur retrouvée de l’économie et telle ou telle mesure du gouvernement. Les symboles sont aussi importants en économie qu’en politique, et les signaux envoyés aux investisseurs et aux grands patrons depuis cinq ans ont, assurément, joué en faveur de la France. Mais cela méritait-il les sommes dépensées ? Impossible à dire précisément.

 

Manif Education nationale : très forte baisse de la mobilisation

Manif  Education nationale : très forte baisse de la mobilisation

Comme nous l’indiquions dans un article précédent, trop de grève tue la grève. Ainsi les syndicats très marqués à gauche se sont enivrés du parfum du succès de la première manifestation pour aussitôt décréter une nouvelle grève hier jeudi. En vérité un véritable fiasco. En effet les personnels tout autant que les parents n’ont pas suivi ce mouvement un peu irresponsable car trop précipité.
L’histoire se répète trop souvent dans les syndicats marqués par le gauchisme. On privilégie la lutte pour la lutte et non la lutte pour la satisfaction des revendications ; bref le mal structurel des syndicats Français trop marqués à gauche qui participent au discrédit du syndicalisme

Ils étaient 750 personnes à participer à la manifestation dans la capitale, selon la préfecture de police de Paris. Une semaine avant, ils étaient près de 78 000 personnes à manifester en France, dont 8 200 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. Le ministère n’a comptabilisé que 1,15% d’enseignants grévistes dans le premier degré (maternelle et élémentaire) et 2,18% dans le second degré (collège et lycée), contre plus de 38% dans le premier degré et près de 24% dans le secondaire la semaine précédente.

Consommation et pub : la baguette bientôt gratuite dans les supermarchés ?

Consommation et pub  : la baguette bientôt gratuite dans les supermarchés ?

 

 

Un joli coup de pub pour Leclerc à propos de la baguette à 0,29 €.

Juridiquement il n’est pas possible de proposer des produits gratuitement au consommateur. Pourtant économiquement, l’offre commerciale pourrait être rentable dans les grands centres commerciaux. L’affaire de la baguette à 0,30 € chez Leclerc a fait l’objet d’une polémique en France. Leclerc et d’autres marques de distributeurs comme récemment LiDL, affirment qu’ils vendent à prix coûtant cette baguette symbole de la consommation française. Le problème c’est que dans cette affaire le prix importe peu. L’objectif est d’attirer le client avec des prix d’appel qui seront vite compensés par les profits sur d’autres achats  . Pour les produits de consommation courante, le panier moyen de la ménagère se situe entre 140 et 150 € ;  De quoi se rattraper largement sur les autres produits. L’objectif est évidemment d’attirer le maximum de clientèles non seulement pour permettre d’acheter les produits de consommation courante prévus mais aussi bien d’autres marchandises pas toujours très utiles et qui finalement annulent  souvent l’économie qu’on pense  réaliser dans les grandes surfaces.

CARBURANTS: retour de la baisse des taxes ?

CARBURANTS: retour de la baisse des taxes ?

 

 

Le carburant à la pompe ne cesse d’atteindre des records et la tendance à la hausse n’est pas terminée puisque le baril de pétrole ne cesse de voir son prix s’envoler également. Du coup, se repose la problématique du retour de la baisse des taxes. Plusieurs solutions peuvent être envisagées parmi les baisses de fiscalité, notamment celle de la TVA ou de la taxe flottante ( TICPE). Observerons en effet que plus les prix du carburant augmentent et plus les rentrées fiscales améliorent le budget de l’État.

A priori, l’État et  les compagnies pétrolières n’ont intérêt à une réduction des prix du carburant pour les utilisateurs.

Les taxes représentent indéniablement une part considérable du prix d’un plein. Sur un litre de sans–plomb 95, 57,1% du montant payé par le consommateur relève des taxes. « La plus grosse charge, relève de la TICPE, qui va 60 à 70 centimes selon les carburants, la taxe sur laquelle on rajoute une TVA, une TVA à 20% », détaille Francis Pousse, président de la branche carburant du Conseil Nationale des professions de l’Automobile (CNPA).

 

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