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Sortie de l’euro : vers la ruine de la France

Sortie de l’euro : vers la ruine de la France

 

Le Front National explique sans rire que le retour à une monnaie nationale n’aurait aucune conséquence sur l’immense dette française. Une dette qui représente environ 2200 milliards soit 33 000 € par habitant. Dans le même temps, le front national admet que la valeur de cette monnaie nationale serait dévaluée d’environ 20 % par rapport à l’euro. Pourtant le Front National explique que la conversion de la dette française  en monnaie nationale ne poserait aucun problème. Sauf que les prêteurs seraient spoliés de 20 % ! Et qu’un État ne peut décider de manière unilatérale de léser  les prêteurs. Ce serait par ailleurs une sorte de défaut partiel qui entraînerait notamment une envolée des taux d’intérêt et donc se reporterait sur le coup des emprunts de la France qui ne peut vivre sans emprunter du fait de ses déficits actuels et surtout futurs avec le programme de Marine le Pen. Pour résumer, la sortie de l’euro entraînerait la ruine de la France : la ruine des salariés avec immédiatement une perte de pouvoir d’achat d’au moins 20 %, pour les pouvoirs d’achat des salariés et des épargnants enfin une ruine de l’État. » Avec un effet immédiat de l’ordre de 500 milliards pour la France. Le journal Le Monde explique de manière un peu docte l’effet  de la conversion de l’euro en francs.

« . Alors que 68 % des Français continuent de soutenir la monnaie unique , le Front National défend mordicus cette révolution monétaire. Parmi les risques souvent évoqués, le fait que le remboursement de notre dette en francs plutôt qu’en euros pourrait provoquer de graves secousses. Un problème, quel problème ? Florian Philippot a minimisé les inquiétudes ce jeudi sur « Radio Classique »  : « Quand nous sommes passés du franc à l’euro, chacun aura remarqué que nous n’avons pas remboursé notre ancienne date en franc. Il se passera exactement la même chose. Ce sont les règles internationales de la monnaie. Nous rembourserons notre dette dans la nouvelle monnaie », a-t-il expliqué. Une plongée dans le droit s’impose. Les partisans d’une sortie de l’euro font constamment référence à la « Lex Monetae» : selon cette règle de droit international, un Etat est libre de déterminer sa monnaie nationale et donc d’en changer. La nouvelle monnaie s’applique alors à tous les contrats qui sont régis par le droit de ce pays. Comme toute la dette publique française est soumise au droit français, la conversion en francs est théoriquement possible. Sauf que ce n’est pas si simple. « Aucun tribunal, ni arbitral d’investissement, ni étranger, etc., ne pourra remettre en cause le principe de la décision française de changer de monnaie et donc forcer la France à annuler sa décision souveraine de changer de monnaie. En revanche, la France pourra être condamnée à indemniser les plaignants des conséquences, notamment patrimoniales, d’une telle décision, voire, dans certains cas, la forcer à continuer de payer sa dette en euros », explique Jacques-Alexandre Genet, un avocat ayant représenté le fonds Elliott contre l’Argentine. De fait, la conversion forcée en francs représentera un préjudice pour les créanciers de la France car la nouvelle devise perdra à coup sûr de sa valeur par rapport à l’euro : soit parce que le gouvernement dévaluera, soit parce que les marchés attaqueront cette monnaie. «  

La trêve judicaire : le concept d’escroc de Marine Le Pen

 

La trêve judicaire : le  concept d’escroc de Marine Le Pen

Jamais sans doute on aura atteint un tel niveau d’escroquerie avec l’arrivée des Le Pen en politique. Une escroquerie qui a commencé avec l’appropriation sulfureuse de l’héritage d’un riche industriel. Auparavant, Le Pen n’avait jamais réussi quoi que ce soit. Un héritage qui a ensuite profité à la famille qui vit royalement. L’escroquerie a continué avec la vente d’investiture (17 000 euros par candidat) supposés représenter le prix de tracts ! Des sommes qui transitaient dans de curieux micros partis(en fait des associations bidons comme il est vrai d’autres politiques le font) et dont une partie des sommes s’est curieusement retrouvée sur le compte personnel de Jean-Marie Le Pen pour acheter un bien immobilier dont sont propriétaire Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ! La dernière escroquerie concerne ce fameux concept de trêve judicaire. Impliquée dans plusieurs affaires, Marine le Pen refuse de répondre aux convocations de la justice en prétextant le non-respect de l’illusoire trêve judiciaire pendant les élections. En réalité Marine Le Pen  se sert de son immunité parlementaire actuelle et espère bien une nouvelle immunité après les législatives, de sorte qu’avec tout les recours procéduriers ces affaires risquent de traîner des années pour finalement être enterrées  Convoquée mercredi 22 février, à 14 heures, dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, Mme Le Pen a fait savoir par courrier qu’elle ne se rendrait à aucune convocation policière ou judiciaire jusqu’aux élections législatives des 11 et 18 juin. Contactée par Le Monde, la présidente du FN a refusé de justifier son choix, et a renvoyé vers son avocat, Me Rodolphe Bosselut. Ce dernier a confirmé au Monde la position de principe de la députée européenne, qui s’inscrit dans la droite ligne des déclarations qu’elle a faites, mercredi 22 février, au journal télévisé de TF1. « La justice n’est pas un pouvoir, c’est une autorité, a-t-elle alors dit. Elle ne doit pas venir perturber, pour une enquête qui pourrait se dérouler plus tard, qui aurait pu se dérouler avant la campagne présidentielle, car c’est un moment démocratique important, fondamental dans notre pays. »

 

Crise agricole : la faute à la monoproduction

Crise agricole : la faute à la monoproduction

 

Le facteur explicatif dominant tient à la monoproduction et au modèle productiviste qui certes enrichissent  industrie alimentaire et les intermédiaire mais appauvrissent  les petits paysans. Sans parler des conséquences très graves pour la santé et environnement. Là où il y avait dix vaches il y a 50 ans, il en faut 150 aujourd’hui ;  là où on produisait sur 15 hectares, il en faut 200 aujourd’hui et c’est vraiment  un minimum. De toute manière, on ne concurrencera jamais les élevages du continent américain qui comprennent des milliers de têtes (jusqu’à 100 000 !) et des milliers d’hectares. La monoproduction est évidemment une  catastrophe économique, sanitaire et environnementale qui tue les paysans. Un modèle inspiré par les gouvernements, les chambres d’agriculture et la FNSEA.

 

D’une manière générale, l’agriculture productiviste est monoculturale. Le modèle de monoculture pendant très longtemps, en France, par exemple, était celui que les céréaliers mettaient en œuvre sur les grandes plaines de Beauce, de Brie, de Champagne, de Picardie, du Poitou, etc. Les céréales proprement dites (blé, orge, avoine) y étaient mises en rotation avec des cultures fourragères (luzerne) et vivrières (betterave à sucre). Dans les années 1950, le maïs faisait son entrée dans ces rotations, au point d’ailleurs qu’à grands renforts d’herbicides et d’amendements, les rotations étaient définitivement oubliées.
La monoculture s’opposait alors à la polyculture. Celle-ci était pratiquée dans les régions bocagères, principalement. La plupart des cultures pratiquées étaient destinées pour partie à l’alimentation humaine (blé, pomme de terre, haricots, carottes, etc.), pour partie à l’alimentation animale (autres céréales, betterave fourragère) et pour partie pour l’amélioration des sols (plantes couvre-sol, moutarde, colza, etc.). Les autres surfaces agricoles étaient dédiées aux animaux domestiques (herbages, prairies), sinon sauvages (près de fonds, ceintures marécageuses, écotones forestiers, bois, etc.).
Mais même dans les régions bocagères, la monoculture a fait son entrée en force, vers 1960. Deux faits marquent cette époque : l’arasement systématique des haies en pays bocager (modernité oblige… curieusement cet alibi reste d’actualité pour l’acceptation de l’inacceptable !) et l’arrivée du maïs.
On connaît les conséquences : maïsiculture intensive, utilisation massive des herbicides, élevage intensif hors-sol, rejet de nitrates, pollution des eaux, etc.
On oublie souvent de parler de différents autres effets associés : érosion hydrique et éolienne, risques d’inondation accrus, etc. et dans un autre domaine : pullulation des ravageurs des cultures, disparition du gibier, des prédateurs naturels des pestes, etc.
On n’oubliera pas non plus que les pratiques monoculturales sont extrêmement coûteuses en énergie exogène introduite. Ces pratiques agricoles sont largement déficitaires au sens où pour produire une calorie alimentaire, il faut en injecter entre 10 et 25 sous forme de carburant pour les machines agricoles et sous différentes formes pour les engrais, les produits phytosanitaires, les pesticides, sans oublier la gestion des stocks ou le maintien des cours !  On peut admettre qu’à la fin de la guerre de 1939 – 1945, l’accession, en Europe, d’une autonomie alimentaire ait été une priorité. Le paradoxe actuel est que l’Europe croule sous ses stocks alimentaires, que le gaspillage énergétique est fabuleux, que les atteintes environnementales sont colossales, que les destructions des ressources sont importantes… et que l’autonomie alimentaire n’est pas pour autant assurée, par exemple, pour les plus démunis. Remarquablement, les plus démunis se comptent aussi aujourd’hui chez des gens qui ont un travail. Le seuil de pauvreté, au moins celui de précarité qui mène à l’endettement a beaucoup cru ces dernières années.»

Source : écosystème

Macron, « de la soupe tiède » (Fillon)… et lui, du potage mafieux ?

Macron, « de la soupe tiède » (Fillon)… et lui ,  du potage mafieux ?

 

 

La campagne descend dans le caniveau avec les invectives dont est victime  Macron « l’évangéliste au programme qui ressemble à de la soupe tiède » d’après Fillon. L’argument est lui des faibles quand ils n’ont plus rien  de pertinent à objecter. Dans la même veine on pourrait se demander si le programme de Fillon ne ressemble pas à du potage mafieux si l’on entend par mafia « Groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts par toutes sortes de moyens : c’est sans doute le cas pour Fillon qui a tenté de soutenir les intérêts des les assureurs après avoir été rémunéré par AXA ou encore quand il a décerné la suprême décoration de la Légion d’honneur (la grand-croix) à un ami milliardaire qui a ensuite offert un emploi fictif à Pénélope Avant cela, il a surtout effectué une attaque en règle de ses concurrents. Emmanuel Macron, son concurrent direct pour une qualification au second tour de la présidentielle, a été sa principale cible. « Il réussit l’exploit de faire pire que François Hollande », a-t-il ainsi lâché avant de lancer : « Le cadrage financier d’Emmanuel Macron se fonde sur un diagnostic faux. » Le projet de Macron, « c’est de la soupe tiède » que « François Hollande aurait pu signer », a encore asséné le candidat de la droite. Et sur les affaires? Rien ou presque.

 

FN : Le Pen invente la « trêve judiciaire » pour éviter la justice

FN : Le Pen invente la « trêve judiciaire » pour éviter la justice

 

Ce n’est pas la première fois que Marine Le Pen  refuse d’être interrogée dans le cadre d’une enquête judiciaire mais cette fois elle invente un nouveau concept : « l’usage républicain de la trêve judiciaire ». Une sorte d’objet juridique nouveau et non identifié qui autoriserait les politiques à s’affranchir de la justice pendant des périodes électorales. Comme les périodes électorales sont nombreuses en France et il est possible d’user et d’abuser des procédures d’allongement du traitement des affaires, cela signifie que les politiques se situent au-dessus des lois qui, elles, s’appliquent  par contre aux citoyens moyens. Notons d’ailleurs que Marine Le Pen  traînes plusieurs casseroles depuis 2012 mais que les procédures ont permis jusque-là d’éviter mises en examen et condamnations. Observons qu’il serait possible de demander la levée de l’immunité parlementaire dont bénéficie largement Marine Le Pen du fait de son mandat européen. Mais la procédure est tellement longue que cela lui permet de gagner encore des mois voire des années avec les moyens de recours. Marine Le Pen était attendue mercredi matin par la police dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés FN, mais elle a refusé de s’y rendre. La candidate à la présidentielle était convoquée pour être entendue en audition libre à l’Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff) à Nanterre, le même jour que sa chef de cabinet Catherine Griset, qui a elle été placée en garde à vue avant d’être mise en examen pour recel d’abus de confiance.

« Il faut revenir à un usage républicain qui est celui d’une trêve (judiciaire). Que ces auditions aient lieu après les élections », a déclaré (sans rire) à l’AFP l’avocat de Marine Le Pen, Me Rodolphe Bosselut, s’étonnant d’une « subite précipitation » des investigations à deux mois de la présidentielle. « L’enquête n’est pas nouvelle, qu’est-ce qui empêchait d’ouvrir une information judiciaire après la remise du rapport de l’Olaf (l’organisme antifraude de l’Union européenne) cet été et d’entendre les protagonistes à l’automne? Il y avait toute latitude pour le faire avant », a-t-il argumenté. Pour résumer la ligne de défense de Marine Le Pen : avant c’est trop tôt, après c’est trop tard. « Comme pendant les régionales, je ne répondrai pas pendant la campagne électorale. Cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice », a expliqué Marine Le Pen à l’AFP, vendredi. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a estimé que « lorsqu’on prétend aux plus hautes responsabilités, on ne peut se placer au-dessus des lois de la République. » Selon lui, « aucun responsable politique ne peut refuser, s’il est républicain, de déferrer aux convocations de la justice. Le respect de l’autorité de l’Etat et des institutions commence par cela. »  Il est possible pour la justice, et même en l’absence de toute audition, de mettre en examen par lettre un individu, l’immunité parlementaire suspendrait une telle procédure.

La justice pourrait être tentée de demander la levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen. Mais compte tenu du formalisme attaché à cette procédure, il n’est pas certain que le Parlement de Strasbourg se prononce avant les résultats de l’élection présidentielle et des législatives. Or, Marine Le Pen l’a promis, via son avocat, elle est prête à se rendre aux convocations de la justice après ces échéances politiques. D’ici là, elle aura peut-être été élue. Et parée d’une nouvelle immunité. Peut-être pas celle de président de la république mais celle de parlementaire française après les législatives qui succéderont aux présidentielles.

 

Grand-croix de la Légion d’honneur pour un ami de Fillon mais pas pour l’un des derniers compagnons de la libération

Grand-croix de la Légion d’honneur pour un ami de Fillon mais pas pour l’un des derniers compagnons de la libération

André Salvat l’un des derniers compagnons de la libération (il en reste une dizaine sur plus de 1000) vient de disparaître). Ce héros a été décoré mais pas autant que l’ami milliardaire de François Fillon. André Salvat était commandeur de la Légion d’honneur tandis que l’ami milliardaire de Fillon (qui a rémunéré Penelope pour un emploi fictif) lui a été élevé par Fillon au plus haut grade : celui de grand-croix de la Légion d’honneur. Le parti national financier a donc décidé d’ajouter un délit supplémentaire aux chefs d’inculpation concernant l’ancien premier ministre : Celui de trafic d’influence, plongeant un peu plus dans la tourmente la campagne du candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle.  Ce délit potentiel vise aussi les conditions d’attribution, sur rapport de François Fillon, du grade suprême de la Légion d’honneur (grand-croix) au propriétaire de la Revue des deux mondes, où son épouse Penelope est soupçonnée d’avoir eu un emploi fictif. Le Monde avait en effet révélé que les enquêteurs s’intéressaient de près à la remise de ce grade très rare à Marc Ladreit de Lacharrière le 31 décembre 2010, moins d’un an et demi avant qu’il embauche Penelope Fillon. Rappelons les décorations qui témoignent des mérites exceptionnels du compagnon de la libération André Salvat :

 

 

 

 

Dividendes: la plus forte progression en France !

 

 dividendes: la plus forte progression en France  

Pas étonnant que les investissements pataugent en France puisqu’on privilégie les dividendes aux actionnaires. D’après  une étude de la société de gestion Henderson Global Investors que révèle BFM,  Les dividendes mondiaux ont prsque stagné  (+)0,1% pour atteindre en 2016 1.154,5 milliards de dollars l’an dernier, contre 1.152,7 milliards en 2015″  Par contre, La France affiche la plus forte progression: +11,8% à 54,3 milliards de dollars. « Les banques françaises, dont la situation est de nouveau bonne, ont le plus contribué au résultat, augmentant leurs paiements de 53% par rapport à 2015, soit une hausse de 2,8 milliards de dollars ». Voilà déjà trois ans que la France est le champion d’Europe des dividendes. C’est le pays qui en verse le plus. Cette année encore, elle occupe la première place du podium,  En cause pas tellement la bonne santé économique du pays puisque la croissance a été limitée à 1,1 % ce qui ce répercute évidemment sur le niveau d’activité des entreprises.pas davantage les résultats financiers mais un arbitrage qui favorise les actionnaires. Mais trop de dividendes tuent les dividendes.  Les plus grosses entreprises cotées ont actuellement tendance à raisonner à trop court terme et à gaspiller leur argent pour faire plaisir à leurs actionnaires, au détriment de leur propre avenir. L’auteur de cette sortie n’est pas forcément celui qu’on pense : cette critique est signé Larry Fink, qui est accessoirement le directeur général de BlackRock, le plus gros fonds d’investissement au monde chargé de gérer plus de 4.000 milliards d’euros. Ou quand une star de la finance dénonce les excès du capitalisme financier, et ce n’est pas la première fois. Pour faire passer son message, le patron de BlackRock n’y est pas allé par quatre chemins : il a envoyé une lettre aux dirigeants des 500 plus grandes sociétés cotées des Etats-Unis, missive qui s’est évidemment rapidement retrouvée dans la presse. Larry Fink y invite les entreprises du S&P 500 à ne pas succomber aux pressions de plus en plus fortes des actionnaires activistes. « Il est essentiel (…) de comprendre que le devoir d’attention et de loyauté des dirigeants d’entreprise ne concerne pas tous les investisseurs ou les traders qui détiennent des actions de leur entreprise à un instant donné, mais l’entreprise et ses détenteurs à long terme », écrit Larry Fink, avant de prévenir : les entreprises qui raisonnent à long terme « peuvent compter sur notre soutien ». Pour les autres, la menace est claire : BlackRock pourrait se retirer de ces sociétés, quitte à malmener le cours boursier de leurs actions. . Lorsqu’une entreprise gagne de l’argent, elle a plusieurs possibilités : le réinvestir pour se moderniser ou développer de nouveaux projets, l’utiliser pour embaucher ou remercier ses salariés (augmentations, intéressement, participation) et enfin le rendre aux actionnaires sous forme de dividende ou de rachat d’action (afin de faire remonter le cours de l’action). La répartition entre ces trois postes a évidemment évolué au cours de l’histoire. Au cours des années 1950, les dividendes représentaient en moyenne 20% des bénéfices (au sens de l’excédent brut d’exploitation), avant d’osciller entre 10 et 15% au cours des années 1970 et 1980. Depuis les années 1990, cette proportion a sensiblement augmenté pour friser les 30% depuis 2009. Les actionnaires récupèrent donc une part croissante de la valeur ajoutée, et les chefs d’entreprises sont incités à jouer le jeu : ils sont de plus en plus souvent rémunérés en actions et ont donc intérêt à ce que le cours en bourse et le dividende soient élevés. Avec le risque que leur intérêt personnel soit aligné sur celui des actionnaires et non sur ceux de l’entreprise qu’il dirige. Un risque qui concerne notamment la France.  Cette année, la France se démarque encore des autres pays dans le monde, en raison de la progression des dividendes versés : +11,2 % (après ajustement des taux de change, des changements effectués au sein de l’indice et après des variations de dividendes exceptionnels). Conséquence, elle se hisse à la troisième place dans le monde en termes de hausse, derrière les Pays -Bas et la Corée du Sud. Dans le détail, toujours selon l’étude d’Henderson, quasiment neuf sociétés françaises sur dix ont augmenté leurs dividendes ou les ont maintenus. Les banques françaises, la Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole ont notamment continué de reconstruire leurs paiements de dividendes suite à la crise financière, avec des distributions en hausse de 50 à 70 %. La situation a été aussi bonne sur une vaste gamme de secteurs, des sociétés aussi variées que Renault, LVMH, et Safran ont toutes augmenté leurs dividendes. Ailleurs, les Pays-Bas devancent la France avec la croissance la plus rapide. Les dividendes versés ont bondi de 28,3 % pour atteindre 7,6 milliards de dollars. A l’échelle internationale, seule la Corée du Sud a réussi à surpasser cette générosité à l’égard des actionnaires (+33 %) Toutes les sociétés hollandaises de l’indice ont augmenté leurs dividendes, mais ING a été le principal contributeur à la croissance globale et a été de loin le plus gros payeur au cours de la période. La société a plus que triplé son dividende. De son côté, la compagnie d’assurance NN a augmenté son dividende total de quasiment 75 %. L’année 2016 a vu un essoufflement de la croissance des dividendes aux États-Unis, mais une accélération en Europe. Certaines régions asiatiques affichent une forte expansion, à l’opposé du Royaume-Uni », résume Alex Crooke, spécialiste des dividendes chez Henderson Global Investors dans un communiqué. Selon lui, « les perspectives de croissance économique apparaissent plus encourageantes en 2017″ puisque « la nouvelle administration en place à la Maison Blanche a promis d’augmenter les dépenses et de réduire l’imposition des sociétés, ce qui devrait avoir une incidence positive sur les bénéfices des sociétés américaines ».        Au Royaume-Uni en revanche, les dividendes ont reflué de 3,5% à 92,9 milliards de dollars, soit le « plus bas niveau depuis 2012″, même si le pays garde sa place de « deuxième plus gros payeur de dividende au monde » derrière les États-Unis. « Les gros groupes miniers et d’autres sociétés de premier plan ont sensiblement réduit leurs dividendes et la chute de la livre sterling, à la suite du Brexit, a amputé » le total de 7 milliards de dollars, poursuit le document.        En Asie, les dividendes de la Chine ont diminué pour la deuxième année consécutive pour finir à 28,4 milliards de dollars (-13,4%), tandis qu’au Japon la solidité du yen a assuré une forte progression de 24,4% à 65,1 milliards.         En revanche, la solidité du dollar pourrait assombrir l’année 2017, souligne l’étude qui table sur une hausse de 0,3% à 1.158 milliards de dollars. La vigueur du billet vert pourrait en effet « masquer la croissance des dividendes en devises locales », précise Alex Crooke. Aux États-Unis, « qui représentent 2/5 de la masse mondiale », les dividendes ont atteint 412,5 milliards de dollars soit une hausse de 4,1% « qui contraste avec les progressions à deux chiffres enregistrée en 2014 et 2015″, détaille le rapport. « La croissance anémique des bénéfices, l’accent mis sur le renforcement des bilans et la faiblesse du secteur de l’énergie expliquent » l’essoufflement.

« Siliconisation de la société par les GAFA: danger (Éric Sadin, philosophe)

« Le danger de La Siliconisation de la société par les GAFA (Éric Sadin, philosophe)

 

 

Le philosophe Éric Sadin,» dénonce la mainmise marchande des GAFA  sur la société et l’individu. (Interview la tribune).

 

Vous dénoncez dans votre ouvrage la « silicolonisation » du monde par les grandes entreprises numériques américaines. Que voulez-vous dire exactement ?

ÉRIC SADIN - Les grandes entreprises de la Silicon Valley, c’est-à-dire les Google, Apple, Amazon, Facebook, Netflix, Uber et consorts, ne sont pas seulement des empires tentaculaires qui engrangent des milliards de dollars de chiffre d’affaires par an. Ces entreprises sont engagées dans ce que je nomme « la conquête intégrale de la vie ». Leurs services sont utilisés quotidiennement par des milliards d’individus. Leur modèle, celui de l’économie de la donnée et des plateformes, vise à capter des données relatives à un nombre sans cesse étendu de nos gestes, entendant coller de façon toujours plus continue à nos existences. Désormais, la Silicon Valley représente l’horizon entrepreneurial et économique de notre temps. Alors, tout le monde veut se l’approprier. Les chercheurs, les cercles de réflexion, les industriels s’y convertissent. Les gouvernements l’envisagent comme la panacée à toutes les difficultés économiques et ne pensent qu’à faire éclore des « Silicon valley locales » partout, grâce aux startups et aux incubateurs. C’est la course à l’innovation, c’est le règne du startuppeur visionnaire et de l’autoentrepreneur libéré. Mais ce qu’il faut saisir, c’est qu’au-delà d’un modèle économique, un modèle civilisationnel est en train de s’instaurer, fondé sur une marchandisation à terme intégrale de la vie, et une organisation algorithmique des sociétés.

Comment ?

Grâce à l’avènement des capteurs de toutes sortes, des objets connectés et de l’intelligence artificielle. Nous vivons l’avènement des objets connectés, qui s’immiscent partout jusque dans nos maisons et nos voitures. Grâce à eux, il est désormais possible de collecter un nombre sans cesse croissant de données portant sur toutes les phases de la vie. Les plateformes qui détiennent ces informations suggèrent en retour quantité de produits en fonction du traitement de ces données. Dans le livre, je prends l’exemple du miroir intelligent de Microsoft, capable d’interpréter l’état de fatigue, les expressions du visage, pour proposer des crèmes réparatrices voire des séjours à la montagne. C’est une manière d’anticiper en permanence, de rétroagir, et d’assister en continu les individus, par la formulation des meilleurs conseils supposés mais qui in fine ne visent qu’à satisfaire de seuls intérêts privés. Nous dépassons le moment de la personnalisation de l’offre pour aller vers une « relation-client ininterrompue ». À l’aide de systèmes interprétant la plus grande variété de nos gestes et qui rétroagissent en temps réel en suggérant des services ou des produits supposés adaptés à chaque instant de notre quotidien. L’enjeu industriel consiste à s’adosser à tous les instants de la vie. Ce dans quoi s’engage particulièrement Google. C’est flagrant dans le champ de la santé. Le projet Calico de Google, c’est la volonté, grâce aux capacités de plateformisation de l’entreprise, d’entrer en relation avec tout le marché pharmaceutique. A terme, Google veut créer, grâce aux capacités exponentielles des logiciels, ses propres solutions thérapeutiques, avec autodiagnostic, en se dotant d’une compétence médicale. L’industrie du numérique opère actuellement une immixtion du régime privé dans la médecine, selon une mesure jamais vue historiquement.

Ne noircissez-vous pas quelque peu le tableau ? Les objets connectés sont loin d’être dans le quotidien de chacun. Et l’homme a toujours la possibilité de ne pas les adopter…

Vous avez raison, les objets connectés commencent seulement à se répandre, mais de façon extrêmement massive et rapide. C’est le cas de la maison connectée, par exemple, qui représente d’ores et déjà un énorme marché en émergence. Et qui fera de l’habitat une machine à témoigner de nos gestes jusqu’aux plus intimes. Il faut prendre très au sérieux la volonté de ces entreprises et des responsables de l’industrie numérique de se positionner sur le plus grand nombre de secteurs possibles. Les investissements dans les objets connectés, dans l’intelligence artificielle, dans la robotique, sont colossaux, à coups de milliards de dollars. Et ce sont toujours ces grandes entreprises de la Silicon Valley qui sont en première ligne. Ce changement civilisationnel se fait d’une manière rapide mais subtile. Regardez Google. Jusqu’à l’an dernier, son coeur de métier était la recherche en ligne, pour vendre de la publicité. Et puis en août 2015, il change de nom pour devenir Alphabet. Ce recentrage acte ses ambitions. D’un coup, le moteur de recherche Google devient un service parmi d’autres, car le vrai business de Google, c’est l’industrie de la vie. Il est dans la cartographie, dans la domotique avec le rachat de Nest, il dépense des sommes énormes dans la recherche sur la voiture autonome, il développe des plateformes éducatives, il s’implique dans la robotique, dans la santé… Et ce n’est pas fini ! C’est un mouvement émergent, mais très puissant.

Quelles autres conséquences civilisationnelles percevez-vous dans l’essor du numérique ?

La quantification par les capteurs est en train de bouleverser le travail. Des systèmes en temps réel pour mesurer la performance des machines et des employés existent déjà. Dans l’industrie, on ne cesse de rechercher une extrême optimisation des cadences de production. L’action humaine est déterminée par des systèmes « intelligents » qui calculent en permanence la « mesure de performance du personnel » et dictent ce qu’il faut faire. Le géant américain de la distribution, Walmart, utilise un logiciel développé par IBM, baptisé Retail Link. Il permet à des robots de dialoguer entre eux. En fonction de la capacité des sous-traitants et de l’état de leurs stocks, ces robots imposent les cadences aux employés. Cela bafoue autant le droit du travail que la dignité humaine.

Il n’y a donc rien à sauver dans ce nouveau monde ?

Je ne nie pas que le numérique offre quantité d’avantages, comme réserver son train en une minute, pouvoir communiquer plus facilement, avoir accès à l’information. Mais nous sommes aveuglés par les bénéfices d’usages et nous ne nous soucions pas assez des conséquences potentiellement dévastatrices, particulièrement la marchandisation à terme intégrale de la vie et le dessaisissement de la décision humaine que vont entraîner les développements sans cesse accélérés de l’intelligence artificielle. Ce sont là des enjeux majeurs de notre temps, qui à mon sens ne font pas suffisamment l’objet de débats et de controverses publiques.

Vous parlez dans le livre de « technolibéralisme ». La silicolonisation du monde, c’est l’étape ultime du capitalisme ?

Tout à fait. Jusqu’à présent, le libéralisme rencontrait de la résistance, car il était difficile de monétiser l’intime. Désormais, la technologie, grâce aux objets connectés, permet de franchir un nouveau seuil dans l’histoire du capitalisme, car il ne reste plus de séquences de vie rétives à une activité marchande. On peut mettre une puce connectée dans un lit et quantifier le sommeil. Ou dans la machine à laver pour lui faire commander automatiquement de la lessive sans que nous décidions de l’acte d’achat. Cela grâce au récent procédé Dash Button d’Amazon, par exemple. Nous allons vers un allégement ou une non-conscience de l’acte d’achat grâce au paiement sans contact ou au procédé de commande automatisée de produits. Le technolibéralisme promu dans la Silicon Valley part de l’idée que Dieu n’a pas parachevé sa création, que l’homme est éminemment faillible et lacunaire, donc que l’avènement des technologies dites « de l’exponentiel » permettra de corriger cette faille. Mais dans les faits, ce sont des startuppeurs à peine sortis de l’adolescence qui créent un biberon connecté, tel Baby Gigl, pour dire aux parents comment nourrir leur bébé. Tout est à l’avenant : corriger nos supposés défauts originels et faire en sorte que des systèmes nous dictent en toute occasion la meilleure décision à prendre. Nous entrons dans l’ère de l’assistanat algorithmique continu. Dont les visées sont quasi exclusivement commerciales.

De quand datez-vous cette volonté de la Silicon Valley de dominer le monde ? Car la baie de San Francisco incarne aussi depuis longtemps des valeurs d’ouverture, de tolérance, de liberté, de progrès social grâce aux nouvelles technologies…

C’est absolument vrai, j’en parle dans mon livre. Historiquement, la Californie porte une tradition contre-culturelle, à l’opposé de l’État fédéral. C’était le cas dans les années 1960 et 1970, mais cet esprit s’est perverti avec le temps. Il y a vingt ans, l’objectif de Google n’était pas de vouloir collecter le plus grand nombre de faits et gestes et de les monétiser. Quand Facebook s’est créé en 2004, il voulait simplement connecter les étudiants d’Harvard entre eux. Mais l’évolution des technologies, l’élargissement des possibles et la position dominante de ces entreprises les ont placées sur la voie de la conquête intégrale de la vie. La seule chose qu’il reste de l’idéologie originelle est l’idée de désintermédier la société. Mais le drame, c’est que cette aspiration légitime, ou non, de désintermédiation a vite été récupérée par l’économie des plateformes.

Cela se retrouve-t-il dans le libertarisme qui est aujourd’hui à la mode dans la Silicon Valley ?

Ce mouvement prospère sur l’idée de permettre à ces entreprises de se soustraire à toutes les règles au nom de la liberté absolue d’innover. Certains veulent même créer une île indépendante et soumise à aucune régulation au large du Pacifique. Quel paradoxe ! Les partisans du libertarisme refusent toute contrainte sur eux-mêmes, tout en créant des services destinés à régir la vie de milliards d’individus. La Silicon Valley, c’est le royaume du cynisme absolu. Le génie de cette idéologie est que, contrairement à la colonisation, la silicolonisation ne se vit pas comme une violence subie. Au contraire, elle est souhaitée par ceux qui s’y soumettent. Le bénéfice d’usage des services de Google, d’Amazon, d’Apple et consorts est si fort que les gens acceptent comme un moindre mal de donner à des entreprises leurs informations intimes et de les laisser instaurer une marchandisation toujours plus expansive de nos quotidiens. La Silicon Valley incarne une forme lumineuse du capitalisme, une mondialisation heureuse, elle se pare de vertus égalitaristes, glorifie le « startuppeur visionnaire », le « collaborateur créatif »… Son schéma économique et culturel devient l’étalon de mesure de la vitalité des pays, l’horizon indépassable de notre temps, alors qu’il vise à gérer des pans de plus en plus étendus de la société, et ce sans notre assentiment. C’est un paradoxe qui devrait nous interroger.

Mais en France et dans de nombreux pays, les dirigeants politiques ne sont pas très technophiles et peinent à penser la révolution numérique. Difficile de croire qu’ils adhéreraient à cette vision du monde…

Ils s’y soumettent sans saisir toute la portée des enjeux à l’oeuvre. En France, les fonds publics poussent au développement des startups, promeuvent la valorisation sociale du startuppeur et de l’autoentrepreneur indépendant qui, en fait, ne l’est pas tant que ça. L’idée que le numérique représente la croissance du futur s’est diffusée partout. Les politiques agissent avec le sentiment d’une urgence, ils ne veulent pas « rater le train » du numérique. Ils foncent la tête baissée sans percevoir l’ampleur des conséquences civilisationnelles. C’est une soumission coupable, à l’image de François Hollande donnant la Légion d’Honneur au président de Withings, qui s’est vendu à Nokia… Le contrat entre Microsoft et l’Éducation nationale relève d’un véritable scandale de la République. Le lobby industrialo-numérique a obtenu une place prépondérante dans un domaine régalien, l’Éducation nationale, sans avoir une quelconque légitimité. On imagine à tort, que la numérisation continue des pratiques éducatives va résoudre le marasme de l’école publique à l’oeuvre depuis une vingtaine d’années. La vérité, c’est qu’il s’agit là d’un renoncement coupable.

Dans votre livre, vous dénoncez une « criminalité en sweat-shirt ». Vraiment ?

Dans le monde merveilleux des startups et de la Silicon Valley, tout est supposé être « hypercool ». Les modèles managériaux sont dits horizontaux, il y a des canapés et des tables de ping-pong dans les entreprises, le café à volonté, tout le monde se tutoie, des sushis bio sont offerts, le PDG est en tee-shirt et baskets et certains employés bénéficient de temps pour mener leurs propres recherches. Une fois de plus, Google est l’incarnation de cette philosophie. Mais c’est une façade. La pression horaire est très forte dans les startups, qui demandent aux employés de travailler bien au-delà du raisonnable. La startup est le nouveau mythe de notre temps. Les employés vivent finalement dans des conditions précaires, et les actions qui leur sont offertes ont une valeur hypothétique, vu que neuf startups sur dix échouent au bout de quelques années.

Mais ce n’est pas illégal…

Il serait tout de même temps d’aller voir ce qu’il se passe dans les startups. Quand on dépasse le temps de travail réglementaire de manière si éhontée, on n’est pas raccord avec la loi. Il faudrait examiner les conventions collectives, mais dans le monde merveilleux de la startup où tout le monde est copain, la convention collective est un gros mot car tout le monde travaille pour l’intérêt supérieur de l’innovation ! En outre, les Gafa et consorts ont aussi des armées d’avocats, de lobbyistes et de conseils qui organisent des montages savants leur permettant de se soustraire au fisc. Oui, les patrons de cette industrie sont des criminels en col blanc. Ils méprisent le bien commun, façonnent la société selon leurs fantasmes, avec la seule volonté de s’enrichir, en se foutant totalement tous les principes qui nous constituent.

La France et l’Europe se saisissent aujourd’hui d’enjeux comme la protection des données personnelles et dénoncent les pratiques fiscales et anti-concurrentielles de certains géants du numérique. Est-ce un début de réaction ?

On suppose qu’une fois qu’on se soucie de la protection des données, notre rapport au monde numérique est maîtrisé. Que veut dire protéger les données ? C’est établir un contrat entre les entreprises et les individus, favoriser un assentiment éclairé de la part des utilisateurs, et que l’entreprise s’engage à les sécuriser. Ce qu’on ne voit pas, c’est que plus il y aura protection des données, plus il y aura développement de l’économie de la donnée et des plateformes qui en tirent profit. Plus il y aura confiance dans l’économie numérique, plus ces plateformes prendront le pouvoir sur nos vies. C’est exactement ce que promet Günther H. Oettinger, le commissaire européen pour l’économie et la société numérique. Nous sommes tous d’accord de nous soucier de notre vie privée, mais plus cela sera encadré, plus l’industrie de la vie pourra prendre son essor. Ce dont il faut se soucier, ce n’est pas tant de protection des données personnelles – même si cela renvoie à des enjeux très importants, notamment en termes de surveillance par les États -, mais c’est de savoir si nous voulons entrer, ou pas, dans cette civilisation de marchandisation intégrale de la vie et d’organisation algorithmique de la société.

Que proposez-vous, alors ?

J’appelle déjà au refus d’achat d’objets connectés. En tout cas, ceux qui violent l’intégrité humaine. Si nous ne faisons rien, alors nous verrons émerger dans les dix ans à venir une industrie du numérique qui collera sans cesse à nos vies. Voulons-nous être continuellement assistés et bénéficier d’un supposé confort continu dans tous les pans de nos quotidiens ? A contrario, nous pouvons nous mobiliser, dire « trop c’est trop ». Nous devons affirmer qu’il y a des choses que nous ne voulons pas parce que cela porte atteinte à notre dignité, parce que cela transforme l’être humain en un objet strictement marchand, et parce que cela viole certains de nos principes fondamentaux : le libre arbitre, notre autonomie de jugement et notre droit à agir selon notre conscience.

Il faut se poser la question : dans quelle société voulons-nous vivre ? Il faut en finir avec la fascination technologique, arrêter de faire la queue des nuits entières dans le froid devant l’Apple Store par exemple, comme des idiots, et entrer dans l’âge de la maturité individuelle et collective. Il est non seulement grand temps, mais cela relève, à mon sens, d’une urgence civilisationnelle.

Eric Sadin est l’auteur de La Silicolonisation du monde – L’Irrésistible expansion du libéralisme numérique. Éditions L’Échappée, 2016, 291 pages, 17 euros.

Théo : enquête financière sur la famille

Théo : enquête financière sur la famille

 

La famille de Théo, le jeune homme victime début février d’une interpellation violente, fait l’objet depuis juin dernier d’une enquête financière, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.fr. Cette affaire ne remet pas en cause les violences policières présumées subies par Théo mais embarrasse jusqu’au sommet de l’Etat, écrit le quotidien, au moment où de nombreuses manifestations de soutien ont eu lieu partout en France. François Hollande s’était rendu au chevet du jeune homme de 22 ans à l’hôpital dans un but d’apaisement alors que les manifestations contre les violences policières se multipliaient en Seine-Saint-Denis. Le chef de l’Etat n’était pas au courant de cette enquête lorsqu’il a rendu visite à Théo, a-t-on précisé dans son entourage. Selon Le Parisien, le parquet de Bobigny a ouvert en juin dernier une enquête pour « suspicion d’abus de confiance et escroquerie » à la suite de soupçons d’emplois fantômes dans une association présidée par le frère de Théo. Entre janvier 2014 et juin 2016, l’association aurait perçu 678.000 euros de subventions d’Etat pour l’embauche en contrats aidés de 30 salariés, qui devaient être formés pour être animateurs de rue. Mais lors d’un contrôle, les dirigeants de l’association n’ont présenté aucun élément probant pouvant attester de la réalité de ces emplois, ajoute le quotidien. Depuis, l’association a mis la clef sous la porte, d’où un signalement en avril 2016 de l’Inspection du Travail auprès du procureur de la République de Bobigny. Huit membres de la famille du jeune homme auraient perçu de l’association plus de 170.000 euros par virement, dont 52.000 euros auraient été retrouvés par les enquêteurs sur le compte de Théo. Michaël Luhaka, le frère de Théo, s’est défendu dans Le Parisien des accusations d’emplois fictifs, indiquant avoir recruté une trentaine de salariés en contrat à durée indéterminée, parmi lesquels des membres de sa famille.

(Reuters)

Mélenchon et Le Pen candidats de la haine (CRIF)

Mélenchon et Le Pen candidats de la haine (CRIF)

 

Mélenchon et Le Pen n’ont pas été invités au dîner annuel traditionnel du CRIF. Sur RTL, le président du CRIF, Francis Kalifat, a invoqué une raison « très simple » pour expliquer que ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon n’aient été conviés. « Tous les deux véhiculent la haine », a-t-il dit. « D’un côté, à l’extrême droite, c’est la haine de l’autre et le rejet de l’étranger (…) et à l’extrême gauche c’est la haine d’Israël et la déligitimation d’Israël. Donc je crois qu’ils n’ont pas leur place dans ce dîner », a-t-il ajouté.  Jean-Luc Mélenchon s’est dit « profondément choqué, il ne devrait pourtant pas l’être car ses propos très clivant et très agressifs ne participent pas de la recherche d’un climat apaisé entre les différentes communautés. « Le Président du CRIF m’insulte ce matin. J’en suis profondément choqué », écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué. Pour Jean-Luc Mélenchon, il s’agit là d’une attitude « antirépublicaine ». « Si le CRIF représente le gouvernement israélien et, pour cette raison, considère que j’en suis un opposant, je confirme que, comme beaucoup d’Israéliens d’ailleurs, je ne soutiens pas le gouvernement de (Benjamin) Netanyahu (le Premier ministre israélien, NDLR), ni ceux qui ne s’offusquent pas de la violation des résolutions de l’ONU », ajoute-t-il. Sur ce dernier point Mélenchon a sans doute raison de défendre sa position. Par contre ses  reproches « antirépublicains »sont  un peu contradictoires quand il s’agit de qualifier le refus d’une institution religieuse de recevoir un responsable politique. Mélenchon fait une interprétation juridique particulière de la loi de 1905, aussi du concept de laïcité.

La Fed : hausse de taux avant l’été ?

La Fed : hausse de taux avant l’été ?

 

La FED  s’interroge encore sur le calendrier des nouvelles hausses de taux. Des hausses qui interviendront sans doute avant l’été et qui pèsent évidemment sur le taux le coût de l’argent aux États-Unis mais aussi et peut-être surtout ailleurs notamment en Europe. L’Europe où la tendance haussière est déjà engagée depuis plusieurs mois malgré la politique très accommodante de la banque centrale européenne. En cause, une croissance manquant encore de dynamisme, par ailleurs très contrastée selon les pays. Aussi de nombreuses incertitudes politiques en France, en Allemagne et en Italie. Outre-Atlantique, on attendra d’y voir plus clair sur les orientations d’un président assez imprévisible. Mais la décision finale tiendra surtout compte des prochaines statistiques relatives à l’inflation et à l’emploi. De nombreux responsables de la Réserve fédérale américaine jugent qu’il pourrait être approprié de relever les taux d’intérêt « assez vite » si l’emploi et l’inflation aux Etats-Unis évoluent conformément aux attentes, montre le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed publié mercredi. Ces « minutes » du Federal Open Market Committee (FOMC) des 31 janvier et 1er février, à l’issue duquel la Fed a maintenu ses taux inchangés après les avoir relevés en décembre, montrent aussi le degré d’incertitude régnant au sein de l’institut d’émission face au manque de visibilité sur le programme économique du nouveau président américain Donald Trump. « De nombreux participants ont exprimé l’opinion qu’il pourrait être approprié de relever à nouveau le taux des fonds fédéraux assez vite si les informations à venir au sujet du marché du travail et de l’inflation sont conformes ou supérieures aux anticipations actuelles », écrit la Fed dans ces minutes. Janet Yellen, la présidente de la Fed, a déclaré la semaine dernière qu’il ne serait pas « judicieux » d’attendre trop longtemps avant de procéder à un nouveau tour de vis monétaire, laissant fortement entendre qu’une nouvelle hausse de taux pourrait intervenir avant l’été. Le gouverneur de la Fed, Jerome Powell, a déclaré de son côté mercredi qu’une hausse des taux serait envisagée lors de la prochaine réunion du FOMC en mars. La publication de ces minutes a à peine fait réagir Wall Street tandis que le dollar et les rendements des emprunts du Trésor américain ont légèrement fléchi. Les anticipations de hausse de taux n’ont guère bougé, les investisseurs prédisant une initiative de la Fed en mai au plus tôt, montrent les données sur les contrats à terme sur les taux d’intérêt américains rassemblées par CME Group. A chaque réunion du FOMC, 17 participants échangent sur la politique monétaire de la Fed mais seuls 10 d’entre eux votent. Parmi ces derniers, le sentiment d’urgence sur l’opportunité de resserrer la politique monétaire semble nettement moins vif. Nombre d’entre eux voient seulement un « risque modeste » de hausse significative de l’inflation et jugent que la Fed aurait « probablement largement le temps » de réagir en cas de pressions sur les prix. La Fed a anticipé en décembre trois hausses de taux en 2017 et les récents indicateurs témoignant de la robustesse de l’économie américaine ont renforcé les convictions de nombreux membres du FOMC. Ces derniers attendent néanmoins des précisions sur les projets économiques de Donald Trump pour évaluer l’impact de ses mesures de relance budgétaire sur leurs anticipations. « Ils ne voient pas d’élément flagrant les incitant à accélérer » le relèvement des taux, a commenté Robert Tipp, responsable de la stratégie d’investissement chez PGIM Fixed Income. « Il y a bien trop d’incertitudes sur le contenu et le calendrier de la relance budgétaire. » D’après les minutes de la Fed, « les participants ont une nouvelle fois souligné leur incertitude considérable quant aux perspectives d’évolution des politiques gouvernementales, dont budgétaire, et au calendrier et à l’ampleur des effets nets de telles évolutions ».

Télécoms : comment empêcher la dictature des GAFA (Arcep)

Télécoms : comment empêcher la dictature des GAFA (Arcep)

 

La question qui se pose est de savoir si la puissance mondiale des GAFA  ne va pas conduire à asservir les citoyens consommateurs et à transformer les opérateurs en simples distributeurs des services commerciaux américains. Une problématique que posait notamment Marc Dugain et Christophe Labbé dans leur ouvrage techno-critique L’homme nu, la dictature invisible du numérique, paru récemment chez Plon. Un ouvrage qui dénoncé la dictature des GAFA et qui  peut ouvrir la porte à toutes les dérives, dans tous les domaines.  Une  dictature invisible, celle du numérique. Américaine de fait. Intrusive, globale, cynique, dissimulée derrière des smileys abêtissants, des icônes infantilisantes, des prétentions louches à nous ‘simplifier la vie’. Les auteurs ne sont pas des réactionnaires ronchons et sont les premiers à reconnaître la formidable révolution qu’a été la naissance du web. Ce qui ne les empêche pas de s’interroger sur ses dérives (inscrites dès le début dans les gènes de cette invention militaire).   Actuellement, ils reprennent l’histoire du 2.0, racontent la montée irréversible des géants Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), les nouveaux rois du monde, toujours plus gourmands de data-données (nos goûts, nos choix, nos clics, nos humeurs, nos positions physiques à tout moment). Rappellent au passage la célèbre maxime qui meut les réseaux sociaux : Un exemple parmi cent : Facebook, numéro deux mondial de la pub en ligne, Facebook et ses 1,4 milliards d’utilisateurs (20 millions en France), Facebook, ses ‘amis’, ses cœurs et ses identifications sympathiques (tout est sympa sur FB) à qui nous avons cédé l’accès à notre intimité, nos listes, nos pensées, nos photos, en signant ‘j’accepte ces conditions d’utilisation’, vient de se doter d’un outil de tracking acheté à Microsoft, encore plus efficace que les cookies mouchards. Appelé Atlas, il permet de pister chaque membre du réseau social. À la trace, la firme de Mark Zuckerberg suit donc près d’1,4 milliards d’humains n’importe où sur la toile. « Depuis 2010, l’humanité produit autant d’informations en deux jours qu’elle ne l’a fait depuis l’invention de l’écriture il y 5300 ans. 98% de ces informations sont aujourd’hui consignées sous forme numérique. Apple, Microsoft, Google ou Facebook détiennent 80% de ces informations personnelles de l’humanité. » Le secteur du data (traitement de cette masse de données intimes pour mieux cibler les consommateurs) : un véritable gisement d’une croissance de 40% l’an et dont le chiffre d’affaires atteindra 24 milliards de dollars en 2016. Car la philosophie libertarienne (chacun pour soi, abolition des états, des impôts, création d’une élite entrepreneuriale) portée par les Bill Gates, Mark Zuckerberg, le défunt Steve Jobs (qui, pas fou, conscient des dégâts sur l’attention, interdisait le numérique à ses jeunes enfants) et autres souriants grands patrons 2.0  remet en cause la souveraineté des états aimés les situations les consommateurs sous dépendance. les big data . L’objectif est de transformer les citoyens en consommateurs dociles). Comme souvent en matière de progrès technologique, ce n’est pas la technique qui est en cause mais son appropriation est sa domination par certains au service du seul intérêt commercial voire sociétal.  Dans une interview à l’Usine Digitale, l’été dernier, Sébastien Soriano, président de l’ARCEP,  s’alarmait des conséquences de leur mainmise sur Internet. « Il y a des géants qui sont de véritables gatekeepers et ont pouvoir de vie ou de mort dans cet espace », dénonçait-il. Avant d’illustrer ses propos par « les histoires de déréférencement sur Google ou dans l’appstore d’Apple [qui] sont légion ». Selon lui, cette « concentration du pouvoir entre quelques acteurs » prend « une dimension considérable ». Ainsi, « pour les acteurs économiques, les plates-formes sont un peu les nouveaux gestionnaires du domaine public qui acceptent ou refusent sa terrasse dans la rue à un commerçant. » Du coup l’ARCEPT s’interroge sur les moyens qui pourraient lui permettre de réguler les GAFA et autres géants du Net. 

Macron-Bayrou : la nouvelle cible

Macron-Bayrou : la nouvelle cible

 

 

Il est clair que Macron  est en train de devenir la cible privilégiée de la plupart de ses concurrents. En cause, évidemment les sondages qui démontrent le candidat d’ »en marche » pourrait arriver en seconde position au  premier tour des présidentielles et éliminerait donc  tous les candidats excepté celui du FN toujours assez nettement en tête. Du fait de l’alliance avec Bayrou, les chances de Macron se renforcent sérieusement.   Du coup, Il faut s’attendre à un déferlement de critiques tant à l’égard de Macron que de Bayrou. Bayrou sera à nouveau traité de traitre, d’allié du diable  Quand les arguments ne suffisent pas,  on utilise déjà l’invective, la grossièreté et la caricature pour traiter Macron d’évangéliste de la politique, ou encore de créature médiatique. La palme de la nullité politique revient encore une fois à Nadine Morano qui déclare : « Macron, c’est du bidon ! ». Un jugement forcément pertinent de la part de celle qui a fait de la vulgarité sa dialectique de référence,  sans parler de ses orientations plus proches du Front national que du parti les républicains. Le plus savoureux sans doute et cette accusation contre Macron accusé d’être un produit du système. Une critique assez pathétique quand on sait que ceux qui en sont les auteurs sont des pros de la politique, à l’extrême droite comme à gauche et à l’extrême gauche.  bref des élus qui vivent de la politique depuis 10, 20 ou 30 ans. Le reproche le plus souvent adressé à Macron concerne le flou de son programme. La critique la plus dure à l’égard de Macron vient du « rigoureux » Fillon : « cas d’école de l’illusionnisme, cette nouvelle forme de populisme mondain qui a inventé la campagne présidentielle sans programme présidentiel ». La rigueur de Fillon est évidemment toute relative aussi bien concernant le détournement de fonds publics qu’en ce qui concerne sa gestion de premier ministre. Rappelons-nous, en 2007 Fillon avait déclaré qu’il était à la tête d’un État en faillite et qu’il entendait redresser la situation. Bilan de l’intéressé en 2012 : 600 000 chômeurs en plus (comme Hollande) et 600 milliards d’endettements supplémentaires. Ne parlons pas des promesses faites pour 2017 notamment de sa sulfureuse proposition de ne faire rembourser par la sécurité sociale que les maladies graves. Une proposition sans doute inspirée par le financement qu’il a reçu de l’assureur Axa (mais qu’il a rangé dans un placard hier !), sans parler de la  proposition (contestée par Baroin) tout aussi hypothétique (contestée par Baroin) : la suppression de 500 000 fonctionnaires sans indiquer où et comment. Autre fumisterie : celle de Benoît Hamon avec son revenu universel de 300 à 700 milliards par an dont on ne sait pas comment il serait financé. Dernier exemple, les promesses de Marine Le Pen consistant à sortir de l’euro ou à engager 40 milliards de dépenses supplémentaires. Des dépenses supplémentaires financées par 60 milliards d’économies. Où,  comment ? On ne le saura non plus  jamais. Sans doute le programme le plus surréaliste qui s’il était appliqué conduirait le pays vers la catastrophe financière et l’appauvrissement généralisé. La seule sortie de l’euro coûterait immédiatement 20 % de pouvoir d’achat aux Français du fait du différentiel de taux de change. On se souvient de ce qu’il est advenu des promesses dans le passé de Sarkozy ou de François Hollande. Pour le bien de la démocratie, il serait urgent d’interdire aux candidats d’élaborer des listes de promesses illusoires. Le premier objectif pour eux devrait être de définir les enjeux de la période actuelle, ensuite de donner une vision cohérente pour l’avenir du pays enfin de se limiter aux grandes réformes structurelles dont le pays a cruellement besoin pour mieux affronter les mutations en cours dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire et sociétal et cela évidemment resitué dans un environnement international. Pour satisfaire la demande paresseuse de certains journalistes de grands médias,  il suffira à Macron décrire programme à la place du mot projet. De toute façon,  les journalistes politiques n’entretiennent que des rapports approximatifs avec les réalités économiques et sociales. Ils sont bien incapables de vérifier la pertinence d’un bouclage financier. Un bouclage financier au demeurant parfaitement illusoire car tout repose sur la croissance. Pour preuve le dernier budget 2017 de François  Hollande a été très critiquée par la Cour des Comptes car il repose sur des perspectives peu crédibles notamment sur une croissance du libre de 1,5 % quand vraisemblablement la croissance sera proche de celle de 2016, à savoir un peu plus de 1,1 %.  Certes on peut et on doit agir sur le niveau des dépenses mais nombre de dépenses dépendent  précisément de la croissance et de l’emploi (par exemple UNEDIC, sécurité sociale, retraite etc.).  Cependant poussé par ses concurrents, Macron va récapituler ses propositions prochainement  et préciser ses orientations financières début mars. Cependant Macon devrait rester fidèle à sa philosophie pour ne pas se disperser sur des terrains accessoires par rapport aux enjeux essentiels de la période. De ce point de vue, ses récentes déclarations concernant la colonisation ou encore la manif pour tous paraissent  un peu hors sujet et sont sans doute à l’origine de son tassement dans les sondages. Macron doit se concentrer sur l’essentiel à savoir la croissance, l’emploi, la sécurité et la protection sociale,  sujets prioritaire pour l’opinion et surtout pour les couches fragilisées par les mutations structurelles en cours. Bref Macon doit jouer sur ses atouts : la pertinence de ses analyses, sa vision, la cohérence de ses orientations et sur le renouvellement d’une classe politique discréditée. Le renfort de Bayrou lui apporte de ce point de vue une caution morale indiscutable. 

Aménagement du territoire : presque la moitié des emplois dans 12 métropoles

Aménagement du territoire : presque la moitié des emplois dans 12 métropoles

La mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être.

Santé: Les candidats promettent la lune

Santé: Les candidats promettent la lune

 

En réaction au programme radical de Fillon qui proposait pratiquement de privatiser la sécurité sociale au profit des les assurances (seul les maladies dites graves auraient été prises en charge par la sécu), chaque candidat s’efforce désormais d’en rajouter pour améliorer le système de santé et en même temps augmenter les dépenses. Englué dans des affaires politico financières, Fillon lui-même a abandonné son programme radical et promet aussi des prises en charge nouvelles. Parmi les propositions des candidats, on notera surtout une meilleure couverture des frais dentaires et de l’optique, il est vrai très mal remboursés. Évidemment aucun des candidats ne livre avec précision les conséquences financières de ces nouvelles orientations. Fillon, comme d’autres d’ailleurs, évoque des économies en luttant contre les abus et les recours excessifs à l’hôpital. La question est de savoir ce qu’on appelle un abus. Il y en a c’est évident mais la difficulté est de les repérer même si on peut ici ou là citer quelques exemples comme le recours aux cures thermales ou le gâchis des médicaments. Par contre on peut se demander ce que Fillon appelle le recours excessif à l’hôpital. Ce n’est sans doute pas par plaisir que les patients se rendent dans un établissement hospitalier même si effectivement il y aurait du ménage à faire du côté des services d’urgence devenus de véritables dépotoirs de toutes les misères humaines et qui devraient t relever de services sociaux. Certains des experts avancent un chiffre de 30 % de gaspillage, un chiffre sans doute approximatif qui ne repose pas sur des fondements scientifiques et de toute façon difficile à préciser.  Une réorganisation des services de santé serait évidemment nécessaire mais heurtera à l’opposition de nombreux lobbys médicaux et pharmaceutiques.  En attendant, les principaux candidats à l’élection présidentielle rivalisent de propositions pour améliorer les remboursements de soins et comptent sur la prévention et une rationalisation du système de santé français pour réduire le déficit de la Sécurité sociale. Une convergence qui colle aux souhaits des Français révélés par un sondage publié à l’occasion d’une audition de cinq candidats organisée mardi par la Mutualité Française. Selon cette enquête, les Français font de l’accès aux soins pour tous et du financement de la protection sociale deux enjeux majeurs de la campagne présidentielle. Plus de huit sur dix jugent que la réduction du déficit de la Sécurité sociale passe d’abord par l’amélioration du système de santé (89%), le contrôle des abus (88%) et la prévention (83%), non par des restrictions de remboursement (25% à 37%). Le candidat de la droite, François Fillon, a définitivement enterré lundi l’idée, décriée jusque dans son camp, de centrer l’assurance maladie sur les affections graves et de laisser mutuelles et assurances privées couvrir « les petits risques ». « J’ai voulu placer la santé au coeur de mon projet. Ça m’a valu d’être caricaturé, d’être dénoncé comme le chantre de la privatisation de la Sécurité sociale et le faux nez des assureurs privés », s’est-il encore plaint lors de son audition. Son projet révisé, également exposé dans Le Parisien, ressemble désormais sur nombre de points à celui d’Emmanuel Macron et sur d’autres aux propositions de la présidente du Front national, Marine Le Pen. L’ex-ministre de l’Economie de François Hollande n’a d’ailleurs pas manqué d’ironiser : « Parfois on dit que vous n’avez pas de programme, mais on peut le recopier. » François Fillon veut ramener l’assurance maladie à l’équilibre d’ici à 2022 en faisant 20 milliards d’euros d’économies en cinq ans et en maintenant l’objectif annuel d’évolution des dépenses (Ondam) sous 2%. Il mise notamment sur la chasse aux soins inutiles, au « recours excessif à l’hôpital », aux fraudes et abus, à la « bureaucratie excessive », notamment dans les établissements hospitaliers, ainsi que sur le développement du numérique. Comme Marine Le Pen, il promet de supprimer l’aide médicale d’Etat (AME) « pour mettre fin à la pression de l’immigration irrégulière » sur le système de santé. Il propose en revanche que l’Assurance maladie rembourse à 100% le coût de « lunettes de qualité » pour les enfants. Il vise un remboursement le « plus proche possible » de 100% d’ici 2022 pour les dépenses les plus coûteuses, dont l’optique, les prothèses dentaires et audio, les dépassements d’honoraire. Cela suppose, a-t-il précisé, « un nouveau partenariat entre la Sécurité sociale et les complémentaires », sous la houlette d’une « Agence de garantie de la couverture solidaire », qui contrôlera l’évolution des cotisations des mutuelles.

Fillon – Macron : la guerre des sondages

Fillon – Macron : la guerre des sondages

 

Curieux ces sondages qui un jour mettent Macron ou Fillon à 23 % et un autre jour à 17 %. Ou le thermomètre doit être  e déréglé ou certains procèdent à quelques manipulations statistiques en fonction de leurs préférences politiques. De toute manière,  ces  sondage sont à prendre avec des pincettes compte tenu en particulier des incertitudes relatives aux abstentions, aussi compte tenu des interrogations de nombre d’électeurs quant à leur choix définitif. En tout cas la période électorale offre un potentiel d’activité extraordinaire pour les organismes chargés de mesurer l’opinion  puisque chaque jour ou presque la température politique concernant 2017 est mesurée r. Une sorte de météo politique assez aléatoire et parfois partisane. Les deux derniers sondages connus laissent songeur quant aux rapports de force entre Fillon et Macron. selon un sondage Elabe pour BFM TV et L’Express diffusé mardi Marine Le Pen reste en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle avec 27% à 28% selon les hypothèses, devant François Fillon (20-21%), qui, avec un gain de trois points, relègue Emmanuel Macron en troisième position (17-18,5%, -5),  Deux scénarios ont été testés pour le premier tour, qui se déroulera le 23 avril. Dans l’hypothèse où le président du MoDem François Bayrou, qui dévoile ses intentions mercredi, se présente, Marine Le Pen recueillerait 27% des voix (+1,5), devant François Fillon (20%, +3) et Emmanuel Macron (17%, -5). Le candidat socialiste Benoît Hamon perd trois points à 12% d’intentions de vote, à égalité avec le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, dont le score est inchangé. Dans l’hypothèse où François Bayrou ne serait pas candidat, les mesures seraient les suivantes : Marine Le Pen (28%, +2), François Fillon (21%, +3), Emmanuel Macron (18,5%, -5), Benoît Hamon (13%, -2,5), Jean-Luc Mélenchon (13%, =). Mais dans le « rolling » Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTELE et Sud Radio, mesure quotidienne des intentions de vote pour la présidentielle, Marine Le Pen reste en tête avec 26% (stable), devant François Fillon (+0,5) et Emmanuel Macron (stable), désormais à égalité avec 19%.

Macron : la nouvelle cible

Macron : la nouvelle cible

 

 

Il est clair que Macron  est en train de devenir la cible privilégiée de la plupart de ses concurrents. En cause, évidemment les sondages qui démontrent le candidat d’ »en marche » pourrait arriver en seconde position au  premier tour des présidentielles et éliminerait donc  tous les candidats excepté celui du FN toujours assez nettement en tête. Du coup, quand les arguments ne suffisent pas,  on utilise l’invective, la grossièreté et la caricature pour traiter Macron d’évangéliste de la politique, ou encore de créature médiatique. La palme de la nullité politique revient encore une fois à Nadine Morano qui déclare : « Macron, c’est du bidon ! ». Un jugement forcément pertinent de la part de celle qui a fait de la vulgarité sa dialectique de référence,  sans parler de ses orientations plus proches du Front national que du parti les républicains. Le plus savoureux sans doute et cette accusation contre Macron accusé d’être un produit du système. Une critique assez pathétique quand on sait que ceux qui en sont les auteurs sont des pros de la politique, à l’extrême droite comme à gauche et à l’extrême gauche.  bref des élus qui vivent de la politique depuis 10, 20 ou 30 ans. Le reproche le plus souvent adressé à Macron concerne le flou de son programme. La critique la plus dure vient du « rigoureux » Fillon : « cas d’école de l’illusionnisme, cette nouvelle forme de populisme mondain qui a inventé la campagne présidentielle sans programme présidentiel ». La rigueur de Fillon est évidemment toute relative aussi bien concernant le détournement de fonds publics qu’en ce qui concerne sa gestion de premier ministre. Rappelons-nous, en 2007 Fillon avait déclaré qu’il était à la tête d’un État en faillite et qu’il entendait redresser la situation. Bilan de l’intéressé en 2012 : 600 000 chômeurs en plus (comme Hollande) et 600 milliards d’endettements supplémentaires. Ne parlons pas des promesses faites pour 2017 notamment de sa sulfureuse proposition de ne faire rembourser par la sécurité sociale que les maladies graves. Une proposition sans doute inspirée par le financement qu’il a reçu de l’assureur Axa (mais qu’il a rangé dans un placard hier !) Autre proposition tout aussi hypothétique : la suppression de 500 000 fonctionnaires sans indiquer où et comment. Autre fumisterie : celle de Benoît Hamon avec son revenu universel de 300 à 700 milliards par an dont on ne sait pas comment il serait financé. Dernier exemple, les promesses de Marine Le Pen consistant à sortir de l’euro ou à engager 40 milliards de dépenses supplémentaires. Des dépenses supplémentaires financées par 60 milliards d’économies. Où,  comment ? On ne le saura jamais. Sans doute le programme le plus surréaliste qui s’il était appliqué conduirait le pays vers la catastrophe financière et l’appauvrissement généralisé. La seule sortie de l’euro coûterait immédiatement 20 % de pouvoir d’achat aux Français du fait du différentiel de taux de change. On se souvient de ce qu’il est advenu des promesses dans le passé de Sarkozy ou de François Hollande. Pour le bien de la démocratie, il serait urgent d’interdire aux candidats d’élaborer des listes de promesses illusoires. Le premier objectif pour eux devrait être de définir les enjeux de la période actuelle, ensuite de donner une vision cohérente pour l’avenir du pays enfin de se limiter aux grandes réformes structurelles dont le pays a cruellement besoin pour mieux affronter les mutations en cours dans les domaines économique, social, environnemental, sanitaire et sociétal et cela évidemment resitué dans un environnement international. Pour satisfaire la demande paresseuse de certains journalistes de grands médias,  il suffira à Macron décrire programme à la place du mot projet. De toute façon,  les journalistes politiques n’entretiennent que des rapports approximatifs avec les réalités économiques et sociales. Ils sont bien incapables de vérifier la pertinence d’un bouclage financier. Un bouclage financier au demeurant parfaitement illusoire car tout repose sur la croissance. Pour preuve le dernier budget 2017 de François  Hollande a été très critiquée par la Cour des Comptes car il repose sur des perspectives peu crédibles notamment sur une croissance du libre de 1,5 % quand vraisemblablement la croissance sera proche de celle de 2016, à savoir un peu plus de 1,1 %.  Certes on peut et on doit agir sur le niveau des dépenses mais nombre de dépenses dépendent  précisément de la croissance et de l’emploi (par exemple UNEDIC, sécurité sociale, retraite etc.).  Cependant poussé par ses concurrents, Macron va récapituler ses propositions le 22 février et préciser ses orientations financières début mars. Cependant Macron devrait rester fidèle à sa philosophie pour ne pas se disperser sur des terrains accessoires par rapport aux enjeux essentiels de la période. De ce point de vue, ses récentes déclarations concernant la colonisation ou encore la manif pour tous paraissent  un peu hors sujet et sont sans doute à l’origine de son tassement dans les sondages. Macron doit se concentrer sur l’essentiel à savoir la croissance, l’emploi, la sécurité et la protection sociale,  sujets prioritaire pour l’opinion et surtout pour les couches fragilisées par les mutations structurelles en cours. Bref Macon doit jouer sur ses atouts : la pertinence de ses analyses, sa vision, la cohérence de ses orientations et sur le renouvellement d’une classe politique discréditée. 

Mélenchon 273 milliards dépenses mais envolée de la dette et du chômage

Mélenchon 273 milliards dépenses mais envolée  de la dette et  du chômage

 

La gauche en général entretient de mauvaises relations avec l’économie mais avec Mélenchon c’est l’ignorance complète. Son programme de dépenses se traduirait rapidement par une  hausse de fiscalité, par l’inflation et par une croissance du chômage. Le taux de prélèvement obligatoire passerait de 46 % à près  50 % ce qui amputerait la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat. Jean-Luc Mélenchon promet notamment une Augmentation des salaires, uen sixième semaine de congés 100 milliards d’euros d’investissements dans des projets écologiques et « socialement utiles » sont prévus ainsi que 173 milliards d’euros de dépenses nouvelles pour financer, notamment, une hausse du salaire minimum de 16% (à 1.300 euros nets par mois) dès 2017, la retraite à taux plein à 60 ans ou encore un plan de construction d’un million de logements. Notons que les importations seraient taxées entraînant un renchérissement des produits et services consommés par les Français du fait de cette taxation mais aussi en raison de la dégradation de la compétitivité des entreprises françaises. Au bas mot l’ensemble des mesures provoquerait  un chômage supplémentaire d’environ 1 million. Théoriquement il y aurait bien une hausse de la demande intérieure mais elle serait satisfaite soit par une production interne ou par des importations dont les prix seraient en nette hausse. Le plus grave serait évidemment de plomber la compétitivité des entreprises françaises ce qui ce répercuterait sur les consommateurs, sur la demande étrangère et déséquilibrerait  encore un peu plus une balance commerciale déjà catastrophique. En clair le risque est de détruire massivement des emplois. Ne parlons pas des grands équilibres financiers car cela aggraverait la dette et son coût de près de 200 milliards. Un programme économique et social finalement assez proche de celui de Marine Le Pen même si dans le domaine sociétal les propositions sont assez opposées. Pour résumer,  un programme qui promet tout à tout le monde mais aussi le contraire. À savoir notamment l’augmentation des salaires, des pensions mais avec rapidement une envolée de l’inflation qu’il chiffre à 4 % mais qui pourrait être beaucoup plus considérable avec la croissance notamment des taux d’intérêt. Taux  d’intérêt en nette hausse compte tenu du manque total de crédibilité d’un tel programme. Un programme qui aurait pu être inspiré par Fidel Castro ou Hugo Chavez qui ont conduit leur pays au désastre économique.

 

Fin de la neige dans nombre de stations d’ici la fin du siècle

Fin  de la neige dans nombre de stations d’ici la fin du siècle

Si les grandes stations se trouvent à une altitude suffisante pour espérer avoir de la neige pendant la saison par contre  nombre de petites et moyennes stations situées à moins de 1500 m pourrait voir leur enneigement très réduit voire même disparaître en dessous de 1200 m d’ici la fin du siècle. Une Nouvelle étude scientifique confirme qu’il va neiger de moins en moins en raison du réchauffement climatique. « Si nous ne faisons rien, on peut s’attendre à avoir à peu près 70% d’enneigement en moins à la fin du siècle », a expliqué lundi 20 février, sur franceinfo, Mathias Bavay, chercheur, scientifique au sein de l’institut WSL, qui a réalisé l’étude. Cela signifierait que  »la saison de ski sur neige naturelle commencerait beaucoup plus tard, et finirait beaucoup plus tôt », anticipe-t-il.

 

: Peut-on sauver les stations de ski ?

Mathias Bavay : Si nous ne faisons rien, on peut s’attendre à avoir à peu près 70% d’enneigement en moins à la fin du siècle. Une telle réduction signifie un recours plus grand à la neige artificielle. Un quart des stations sont en-dessous de 1 200 mètres. Ces stations-là n’auraient sans doute plus d’enneigement permanent pendant l’hiver.

Que va entraîner ce déneigement ?

Cela aura un impact sur le tourisme hivernal pour toutes ces stations qui n’auraient plus d’enneigement correct. La saison de ski sur neige naturelle commencerait beaucoup plus tard, et finirait beaucoup plus tôt. Cela aura aussi des conséquences sur l’écologie. Il y aura des répercussions au niveau du lit des rivières et donc sur l’irrigation et la production électrique. En début de saison, la neige pourrait être remplacée par de la pluie.

Est-il trop tard ?

Aujourd’hui, on a un réchauffement, au niveau global, qui est d’un degré, mais il y a une amplification dans les régions alpines. Cela veut dire que dans les Alpes, le réchauffement est de 1,8 degré. Un réchauffement global de deux degrés serait équivalent à quatre degrés dans les Alpes. Ces deux degrés sont les objectifs qui ont été discutés à la COP 15 et je ne sais pas si on peut les tenir.

Début du sauvetage d’Air France avec la filiale low-cost ?

Début du sauvetage d’Air France  avec la filiale low-cost ?

 

 

Le syndicat corpo du SNPL a été désavoué par les pilotes qui se sont prononcés à 58 % pour la création d’une filiale Low cost. Consultés par référendum par leur principal syndicat, le SNPL, les pilotes ont approuvé lundi soir à 58,1% le principe de cette entité controversée.  Les pilotes ont voté en masse (73,8 % de participation) lors de cette consultation, ils n’ont pas hésité à aller à l’encontre du SNPL. «Ils ont sans doute l’impression de ne pas avancer aussi vite que leurs concurrents», décrypte l’un de leurs porte-parole. Le SNPL n’a eu de cesse de pointer du doigt les risques liés à l’externalisation, craignant le «glissement de la compagnie mère vers une compagnie à bas coûts». Il militait plutôt pour le développement d’une nouvelle marque en interne. Pourtant Il apparaît de plus en plus évident que compte tenu de la résistance des syndicats corpos, la classique compagnie Air France est impossible à réformer. Du coup,  la société multiplie les filiales et vient en particulier de créer une société low cost long courrier. Pour ne pas heurter les pilotes ces derniers conserveront leur statut sur cette compagnie mais pas les autres personnels. En clair il s’agit de faire retrouver la compétitivité à une société dont les surcoûts plombent la rentabilité. On voit mal quel peut être l’intérêt d’une aussi petite société prévue au départ avec seulement une dizaine d’avions et supposée concurrencer les compagnies du golfe qui comptent  des centaines d’appareils. L’objectif est évidemment de ne pas affoler les pilotes d’Air France notamment du très corpo SNPL en leur faisant, pour débuter la nouvelle compagnie, une sorte de fleur. Par la suite, il est vraisemblable que la compagnie va s’étoffer et qu’on observera des transferts entre la société Air France classique et celle filiale ou encore les autres. De toute façon sans réforme la société Air France actuelle n’est pas viable. Le risque pour Air France, c’est qu’avec le niveau et la structure de ses coûts, elle soit  un jour complètement délocalisée  par exemple aux Pays-Bas chez la sœur KLM,  membre du groupe. Notons d’ailleurs que les personnels de KLM sont en désaccord le plus souvent avec la position des syndicats français d’Air France.

 

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