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l’emploi se tasse comme la croissance

l’emploi se tasse comme la croissance

 

Il n’y a pas de miracle ; quand la croissance se tasse, l’emploi aussi. La Banque de France vient de confirmer le ralentissement de l’activité générale en ne prévoyant que 0,2 % d’augmentation du produit intérieur brut au quatrième trimestre au lieu des 0,4 % prévus. Du coup, la perspective de croissance de 1,7 % retenue par le gouvernement dans son budget est remise en cause. Comme déjà souvent indiqué dans ce site, la croissance française aura du mal à dépasser 1,5 % en 2018. Il n’est donc pas étonnant que l’emploi stagne. D’une certaine manière cela traduit l’échec de la politique économique de Macron qui a assommé la consommation des ménages avec ses mesures fiscales. Or la consommation des ménages représente environ les deux tiers du produit intérieur brut. La brutalité de la fiscalité a donc constitué une erreur économique grave. En outre elle hypothèque l’avenir car elle pèse maintenant sur le moral des entreprises et des ménages

Selon les dernières données de l’Insee publiées ce mardi 11 décembre, les créations d’emplois s’élèvent seulement à 15.000 sur les trois derniers mois contre 15.900 au trimestre précédent. Une progression insignifiante qui n’est pas de nature à absorber l’évolution démographique Dans la fonction publique, l’emploi salarié continue de baisser (-7.400) et augmente dans le privé à 22.400. Alors qu’Emmanuel Macron tente de désamorcer la crise des « Gilets jaunes » en annonçant une série de mesures pour doper le pouvoir d’achat des salariés à bas revenus et des retraités modestes, la Banque de France vient d’abaisser ses prévisions de croissance à 0,2% pour le dernier trimestre contre 0,4% auparavant. Les résultats collectés par l’institut de statistiques signalent que les créations d’emplois dans les services marchands ont marqué le pas. Entre juillet et septembre, l’emploi salarié a augmenté de 15.300 dans ce secteur, soit 0,1% contre 0,2% le trimestre précédent. « Sur un an, ce secteur porte l’essentiel des créations nettes d’emplois salariés : +158.300, soit +1,3%. » L’autre phénomène préoccupant est le recul de l’emploi intérimaire. Or cet emploi constitue or cet emploi constitue un indicateur avancé de la conjoncture D’après des chiffres du service de statistiques du ministère du Travail (Dares), l’emploi temporaire a baissé de 1,2% contre -0,6% au trimestre précédent. Du côté de l’industrie, les créations d’emplois stagnent, voire reculent légèrement dans l’industrie manufacturière (-0,1).  Le secteur de la construction continue de créer des emplois. Les effectifs ont progressé de 0,4% (5.500 postes) comme au trimestre précédent.  »Sur un an, ils augmentent de 2,1%, soit + 29.000 postes. ». A noter que sur les douze derniers mois, le salaire moyen augmente tout de même de 2,1% selon les données de l’Acoss publiées mardi 11 décembre. 

 

Mesures Macron : le financement par la dette

 Mesures Macron : le financement par la dette

Finalement Macron recourt aux vieilles méthodes pour rafistoler les équilibres budgétaires. En clair, il ne prévoit pas de moyen de financement pour les mesures qu’il y a annoncées suite au mouvement des gilets jaunes. La facture sera donc payée par la dette donc par les contribuables. Cela d’autant plus que Macron jusque-là a été incapable de réduire le train de vie de l’État et qu’il ne veut pas s’attaquer aux cadeaux fiscaux des plus nantis et des grandes entreprises. Théoriquement l’objectif de déficit avait initialement été fixé à 2,8 % du produit intérieur brut en2019. Finalement on sera plus proche de 3,5 ou 4 %. Il faut évidemment intégrer le coût des nouvelles dépenses chiffrées à hauteur d’une douzaine de milliards. Il convient aussi de tenir compte de l’évolution réelle de la croissance. En effet le gouvernement avait retenu une hypothèse de croissance de deux de 1,7 % en 2019 comme en 2018. Or cette croissance est remise en cause dès cette année puisque vraisemblablement la France atteindra péniblement 1,5 % d’augmentation de l’activité. Or le contexte international se dégradant encore, il est peu probable que le PIB  augmente davantage en 2019 quand 2018. Notons d’ailleurs que la Banque de France vient de revoir nettement ses prévisions de croissance à la baisse pour le quatrième trimestre 2018 avec une perspective d’augmentation de seulement 0, 2 % du PIB au lieu de 0, 4. Si l’on s’en tient aux indications que fournissent les enquêtes sur le moral des entreprises et des ménages on voit mal se dessiner une reprise significative en 2019-

La CFDT, devant la CGT, devient le premier syndicat français

La CFDT, devant la CGT,  devient le premier syndicat français

 

Pas de triomphalisme à la CFDT après cette véritable révolution dans le paysage syndical. Il faut dire qu’il ne s’agit pas d’une évolution brutale du rapport de force entre les organisations mais d’une transformation progressive qui a débuté il y a 50 ans pour la CFDT et qui produit ce résultat significatif seulement aujourd’hui. En clair, ce sont deux formes de syndicalisme qui s’oppose  depuis longtemps ; l’un à contenu essentiellement contestataire sur fond d’idéologie plus ou moins marxiste l’autre constitue  syndicalisme progressiste qui fait de la négociation et des résultats l’objet social premier. La progression des syndicats réformistes est d’ailleurs générale elle concerne aussi par exemple l’UNSA. Cette progression est également liée aux transformations économiques et sociologiques dans le pays. La perte de pans entiers industriels a grandement nui à la CGT (on a perdu 1,5 millions d’emplois industriels en une vingtaine d’années) et d’une certaine manière ce déclin a aussi été favorisé par des positions radicales illusoires. La CFDT, elle, entend articuler les problématiques sociales et économiques afin de définir une stratégie gagnante pour les salariés. Pour parler simple la CGT est un syndicat à caractère révolutionnaire et la CFDT un syndicat à vocation réformiste. La CFDT devient donc  devant la CGT le premier syndicat français secteurs privé et public confondus. La CGT est détrônée alors qu’elle dominait depuis sa création en 1895. «La CFDT porte un syndicalisme humaniste, proche des travailleurs, efficace dans l’amélioration de leur quotidien. C’est lui qui est aujourd’hui porté à la première place!», a immédiatement réagi, dans un tweet, Laurent Berger, le secrétaire général de la centrale progressiste et réformiste. Reste que le syndicalisme globalement n’est pas dans une forme optimale. En cause évidemment la crise notamment depuis 2008 mais aussi une certaines cultures individualistes qui éloignent les citoyens des formes d’organisation collective sauf quand de temps en temps comme avec les idées jaunes la cocotte-minute explose. Parmi les facteurs explicatifs de l’affaiblissement syndical particulier en France le fait aussi que le patronat fait tout pour marginaliser les syndicats et qu’il n’y a pas de véritable dialogue entre les partenaires sociaux et avec le gouvernement. Pour preuve récente le fait que Macon s’est complètement assis sur la médiation syndicale en tentant de les déborder par un direct un débat direct avec les Français. Finalement une forme de populisme qui est qui lui est revenu comme un boomerang avec le mouvement des gilets jaunes. Notons que la progression de la CFDT doit aussi beaucoup au fait  qu’elle s’est enfin débarrassée des gauchistes pour clarifier sa ligne syndicale. Ce que FO par exemple n’a pas fait d’où cette relative paralysie, cette contradiction et souvent cette fuite en avant.

 » La redevance télé pour tout le monde » (Aurore Bergé -LREM)

 

La jeune députée aux dents longues, Aurore Bergé (qui n’a vécu que dans les milieux politiques), transfuge des républicains aujourd’hui à la république en marche ne manque pas de culot en affirmant la nécessité pour tous les Français de payer la taxe audiovisuelle même pour ceux qui ne possèdent pas de radio ou de télévision. La très libérale députée propose en outre que les chaînes publiques se débarrassent de la publicité. Une publicité qui sera évidemment récupérée par les chaînes et les radios privées. Un bel exemple de néo libéralisme : faire payer la masse même si ce n’est pas justifié et parallèlement permettre au privé de récupérer la manne de la pub. On objectera que ce n’est pas forcément le rôle de l’audiovisuel public de faire de la pub. Ceci étant  tant qu’on ne pourra pas réformer de manière substantielle le fonctionnement des radios et télés publiques les ressources seront toujours insuffisantes puisque pour l’essentiel tout est mangé en fonctionnement. En fait l’objectif pour la députée qui propose ces mesures est de récupérer 100 millions d’impôts supplémentaires. Le reste est littérature car il est clair qu’avec l’énorme offre d’information et de distraction,  on peut facilement se passer des chaînes publiques  et même de télévision  Notons que ce montant de la redevance, est de 139 euros.

Croissance : la faute aux gilets jaunes !

Croissance : la faute aux  gilets jaunes !

Il fallait s’y attendre une partie de l’échec de la politique économique de Macron est imputée aux gilets jaunes. « Je pense que les événements actuels devraient nous faire perdre 0,1 point de croissance de notre richesse nationale au dernier trimestre », a affirmé le ministre à l’antenne. Une déclaration qui coïncide avec la baisse de prévisions de la banque de France qui ne prévoit plus que 0,2 % d’augmentation du PIB au quatrième trimestre par rapport à une prévision de 0,4 %. Certes l’impact des gilets jaunes ne peut être nié concertant concernant certains commerces mais on ne saurait leur imputer la baisse de l’activité de toute l’année 2018. Lemaire a estimé que l’impact sur l’économie française de ce mouvement, parti à la mi-novembre d’une contestation des hausses de taxes sur les carburants mais élargi depuis à des revendications hétéroclites, était “sévère”. « C’est une catastrophe pour notre économie”, avait-il déclaré auparavant à des journalistes. “La facture des dégâts doit être prise en charge par l’Etat, par la solidarité, par les assureurs, tout le monde doit y mettre du sien.” Certes on ne peut nier il y aura des conséquences graves le commerce ; pour  autant cela ne fera qu’aggraver un peu plus la tendance baissière d’une croissance déjà atone. En réalité le pari de Macron pour la croissance est perdu depuis longtemps. Les experts attendaient en début d’année autour de 2,3 % pour la croissance du PIB. Le gouvernement avait retenu 2 % puis revu  à la baisse ses prévisions avec une perspective de 1,7 %. En réalité,  on parviendra péniblement à un niveau de croissance de 1,5 %. Un niveau qui fait redémarrer la hausse du chômage et menace les équilibres financiers déjà fragiles. La croissance a accélère en effet moins que prévu au 3e trimestre. Le produit intérieur brut de la période a augmenté de 0,4%, un rythme deux fois plus élevé que celui de 0,2% enregistré au premier comme au deuxième trimestre, qui constituait un point bas depuis l’été 2016. la croissance a été un peu plus soutenue au troisième trimestre par la demande intérieure, avec une consommation des ménages qui s’est redressée de 0,5% – après une rare baisse de 0,1% au 2e trimestre – et un investissement des entreprises qui continue de croître de plus de 4% en glissement annuel. Stéphane Collai, économiste France de l’assureur crédit Euler Hermès, pointe de son côté la prudence des ménages, alors que le débat sur leur pouvoir d’achat continue de faire rage. “On a un juste retour à la normale de la consommation mais pas de rattrapage des retards accumulés depuis le dernier trimestre 2017””, souligne-t-il, “une hausse de 0,5% c’est bien le moins qu’on puisse avoir après la chute des dépenses dans les transports au deuxième trimestre”. Il fait valoir en outre que l’investissement des ménages, pour l’essentiel les achats de logements neufs, recule de 0,2% sur le trimestre et stagne depuis le début de l’année après son bond de 5,6% en 2017. “C’est un atterrissage brutal”, dit l’économiste. Si l’on se fie à trois indicateurs importants à savoir l’évolution l’intérim, la situation du transport et le moral des Français, (entreprise et ménage), il faut prévoir que les résultats du quatrième trimestre ne seront pas à la hauteur des espérances. En clair macro aura échoué sur la croissance en 2018 et les responsabilités

La demande de souveraineté enterrée

La demande de souveraineté enterrée

 

Macron a surtout développé ses quelques réponses aux revendications d’ordre matériel. S’il n’a pas dit que grand-chose sur le cap, il le maintient quand même ;-sa réaffirmation de la nécessité de supprimer l’impôt sur la fortune avec une argumentation très spécieuse (pour ce qui « investissent ».) Le chef de l’État a terminé sur les aspects de concertation en indiquant qu’il souhaitait un grand débat national. Mais un débat qui restera très centralisé et très vertical puisque pour l’essentiel pour lui le débat ce limitera à un échange avec les maires. Une manière de chanter aussi et encore les corps intermédiaires. Notons d’ailleurs que Macron n’a pas repris à son compte la proposition de la CFDT d’organiser une sorte de Grenelle sur le social et l’environnement. Évidemment la demande de souveraineté populaire émanant des gilets jaunes est complètement enterrée. Pour toute réponse, on dit que les votes blancs seront pris en compte. Pas vraiment la réponse attendue notamment vis-à-vis de la demande de référendum d’initiative citoyenne. Avec les fêtes qui s’approchent, avec peut-être aussi les lassitudes et les contradictions des gilets jaunes, le mouvement pourrait commencer à se tasser. Reste que désormais certaines couches populaires ont pris conscience de leur capacité à intervenir et à peser sur les choix stratégiques. La balle pourrait encore rebondir en plusieurs occasions notamment leur de la réforme des retraites ou de l’assurance-chômage.

 

« Gilets jaunes »: Le Maire prépare l’annonce de l’échec de la croissance

« Gilets jaunes »: Le Maire prépare l’annonce de l’échec de la croissance

“Et il faut nous attendre à un nouveau ralentissement de la croissance en fin d’année, étant donné les événements que nous venons de traverser.” a déclaré le ministre des finances. Dune  certaine manière, Lemaire  annonce l’échec de la croissance pour en reporter la responsabilité sur les gilets jaunes. Interrogé par Reuters TV, il a estimé que l’impact sur l’économie française de ce mouvement, parti à la mi-novembre d’une contestation des hausses de taxes sur les carburants mais élargi depuis à des revendications hétéroclites, était “sévère”. « C’est une catastrophe pour notre économie”, avait-il déclaré auparavant à des journalistes. “La facture des dégâts doit être prise en charge par l’Etat, par la solidarité, par les assureurs, tout le monde doit y mettre du sien.” Certes on ne peut nier il y aura des conséquences graves le commerce ; pour  autant cela ne fera qu’aggraver un peu plus la tendance baissière d’une croissance déjà atone. En réalité le pari de Macron pour la croissance est perdu depuis longtemps. Les experts attendaient en début d’année autour de 2,3 % pour l croissance du PIB. Le gouvernement avait retenu 2 % puis revus à la baisse ses prévisions avec une perspective de 1,7 %. En réalité,  on parviendra péniblement à un niveau de croissance de 1,5 %. Un niveau qui fait redémarrer la hausse du chômage et menace les équilibres financiers déjà fragiles. La croissance a accélère en effet moins que prévu au 3e trimestre. Le produit intérieur brut de la période a augmenté de 0,4%, un rythme deux fois plus élevé que celui de 0,2% enregistré au premier comme au deuxième trimestre, qui constituait un point bas depuis l’été 2016. la croissance a été un peu plus soutenue au troisième trimestre par la demande intérieure, avec une consommation des ménages qui s’est redressée de 0,5% – après une rare baisse de 0,1% au 2e trimestre – et un investissement des entreprises qui continue de croître de plus de 4% en glissement annuel. Stéphane Colliac, économiste France de l’assureur crédit Euler Hermes, pointe de son côté la prudence des ménages, alors que le débat sur leur pouvoir d’achat continue de faire rage. “On a un juste retour à la normale de la consommation mais pas de rattrapage des retards accumulés depuis le dernier trimestre 2017””, souligne-t-il, “une hausse de 0,5% c’est bien le moins qu’on puisse avoir après la chute des dépenses dans les transports au deuxième trimestre”. Il fait valoir en outre que l’investissement des ménages, pour l’essentiel les achats de logements neufs, recule de 0,2% sur le trimestre et stagne depuis le début de l’année après son bond de 5,6% en 2017. “C’est un atterrissage brutal”, dit l’économiste. Si l’on se fie à trois indicateurs importants à savoir l’évolution l’intérim, la situation du transport et le moral des Français, (entreprise et ménage), il faut prévoir que les résultats du quatrième trimestre ne seront pas à la hauteur des espérances. En clair macro aura échoué sur la croissance en 2018 et la responsabilités principales n’en incombe nullement aux seuls gilets jaunes. 

La trouille des élites

La trouille des élites

 

Deux pépés, anciens directeurs de recherches au CNRS, respectivement 75 et 68 ans font un procès en légitimité des gilets jaunes mais à l’inverse font un plaidoyer pour Macron, sa politique. Ils expriment surtout leur peur de ce mouvement inédit des gilets jaunes qui évidemment remet en cause les confortables convictions des élites. Ils ne sont pas les seuls. Nombre d’hommes politiques, de journalistes, d’experts commencent  à avoir sérieusement la trouille de cette insurrection, sans doute davantage culturelle que politique. Certes certains demandent la démission de Macron ou la suppression du sénat mais pour l’essentiel les gilets réclament davantage de justice sociale et fiscale. Ils demandent à être entendus par des élites qui les prennent pour des demeurés.  Mais qu’est-ce que vous proposez alors ? demandent souvent les journalistes aux gilets jaunes ? Et les gilets jaunes de répondre : aussi de nouvelles élections. Pour les élites c’est la révolution, le complot, la faction ! Il est clair que ce mouvement affole  nombre d’institutionnels des élus bien sûr, des partis politiques mais aussi les médias tellement habitués à dialoguer avec des caciques, des oligarques et des experts à vieilles barbes qui radotent plus souvent. Bref des interlocuteurs dont la sociologie est proche de celle des journalistes qui  partagent  les mêmes idées à la mode concernant la régulation économique et sociale. D’une manière générale les médias accordent une certaine place au mouvement des gilets jaunes mais en manifestant parfois une certaine condescendance, une grande incompréhension aussi. Quelque chose « comme on approuve mais ….. ». C’est vrai de la plupart des institutionnels qu’ils soient politiques, syndicaux, élus, experts. La vérité, c’est que ce type de manifestation constitue aussi une remise en cause de l’intermédiation classique d’organisations qui ont tendance à se scléroser. Ce mouvement comprend en effet des aspects sociaux, économiques mais aussi sociétaux en ce sens que c’est une contestation également de la démocratie telle qu’elle est pratiquée. Contestation du pouvoir en place bien entendu qui s’arroge le pouvoir de matraquer fiscalement les moins nantis mais contestation aussi des institutions, des partis, des syndicats. Une contestation des organisations tout autant que de la pensée culturelle dominante. Une pensée par ailleurs, comme la mode, très évolutive, voir à cet égard l’évolution concernant le diesel. Peut-être demain sur la filière bois aujourd’hui encensée, peut-être demain mise au pilori. Et cette fameuse taxe carbone dont les économistes, Bercy et les écolos attendent des merveilles. Comme si soudain tous s’étaient convertis à la monétarisation des nuisances comme mode de régulation. Or l’environnement est une question sociétale qui ne peut être régulée par le seul signal prix et par le seul marché. La vraie régulation de ce type de problématique passe par une politique de normes et par une politique d’offre industrielle. Une politique qui doit être cohérente et qui ne peut être que progressive. Ce mouvement constitue une sorte de coup de pied dans la fourmilière des institutions qui au mieux roupillent, au pire participent à la dégradation économique et sociale du pays. La grande trouille des institutions c’est que, le même phénomène se reproduise. Bref qu’il devienne une forme d’expression de démocratie vivante sur tous les grands sujets d’intérêt général.  

 

Gilets jaunes-La trouille des élites, exemples Elie Cohen et Gérard Grunberg du CNRS

Gilets jaunes-La trouille des élites, exemples   Elie  Cohen et Gérard Grunberg du CNRS

 

 

Nourrie au lait du libéralisme (et aussi à la fiscalité qui finance le CNRS), les deux médiatiques directeurs de recherche au CNRS, Elie Cohen et Gérard Grunberg  manifestent leur trouille vis-à-vis des gilets jaunes ; Une réaction qui confirme leur religion libérale ; réaction  aussi cohérente avec le conformisme de l’âge, l’un a 75 ans et l’autre 68 ans. Bref deux pépés qui depuis longtemps sont davantage présents sur les plateaux télé que dans les labos de recherche. Malheureusement c’est du discours de bistrot, pas de bistrot de quartier mais  du café de Flore. Extraits : « Mais là n’est pas la trace la plus saillante qui restera de ce conflit. Une double image s’impose au cœur du mouvement des « gilets jaunes ». La première est celle de citoyens affirmant avec fierté leur qualité de détachement avancé du peuple souverain et revendiquant à ce titre la démission de tel ou tel ministre, l’annulation d’une loi, ou l’institution d’une assemblée citoyenne, bref c’est un peuple « en armes » qui à nouveau s’exprime et entend même congédier le « petit marquis » siégeant à l’Élysée. ; Des  sujets revendiquant au souverain qui une hausse du smic, qui une baisse d’impôts, qui des équipements supplémentaires, et souvent les trois à la fois, bref de quoi remplir les frigos, gâter les petits enfants à Noël, et mieux vivre comme si l’Etat riche dont on ne sait quel trésor caché pouvait prodiguer des libéralités infinies à des sujets en demande. Une double régression économique et politique …. Trente ans de diagnostics, sans cesse confirmés, sur les raisons de la désindustrialisation, du fort chômage structurel, du caractère non soutenable d’une dépense publique financée par la dette avaient fini par créer un consensus centre gauche centre droit, consacré par l’élection de Macron, sur au moins trois orientations de politiques publiques. La première porte sur la nécessité d’améliorer la compétitivité, d’accroître l’attractivité du site productif France en allégeant la fiscalité pesant sur le capital, en améliorant le taux de marge des entreprises, en assouplissant les règles de fonctionnement du marché du travail, en incitant à investir dans le capital humain, la R&D, l’équipement industriel et les infrastructures de l’ère numérique. La suppression de l’ISF était bienvenue quand on sait les ravages provoqués par cet impôt notamment lors de la transmission ou de la cession d’une PME familiale……. Année après année les meilleurs travaux établissent que la hausse continue du smic a des effets négatifs sur l’emploi des non qualifiés. Les gouvernements ont cessé de pratiquer le coup de pouce, ont baissé les charges pesant sur le smic pour favoriser le retour à l’emploi. Pour traiter la question de la pauvreté, notamment des salariés, ils ont inventé la prime pour l’emploi. Rétablissement de l’ISF, retrait de la fiscalité écologique, hausse massive du SMIC, réinstallation des services publics de proximité, suppression des taxes qui oppressent les petites entreprises… La liste des revendications est longue, elle cumule hausse des dépenses et baisse des recettes, extension de l’intervention de l’Etat et refus du poids grandissant des réglementations. Les « gilets jaunes » dans leur inorganisation réinventent le programme des populistes italiens fiscophobes et dépensolâtres !….. Il n’est pas légitime en revanche que ces citoyens, qui par définition ont le droit de vote et ont élu démocratiquement il y a dix-huit mois leur président et leurs représentants, considèrent aujourd’hui le pouvoir comme leur ennemi, et cherchent à le renverser éventuellement par la violence…. »

Le reste est de la même tonalité uen contestation de la légitimité de la révolte et par contre uen plaidoyer en faveur de celle de Macron et de sa politique. *Comme disait Malrault la vieillesse est  souvent un naufrage surtout quand en plus on se fait rémunérer par ces élites pour leur chater ce qu’ils souhaitent entendre (dans les colloques et autres congrès professionnels). La conclusion est pathétique et témoigne bien de la trouille de ces élites :

« Il ne faut donc pas encourager ce mouvement à …. Nier la légalité d’un pouvoir pourtant démocratiquement élu. ….. Il faut au contraire expliquer aux gilets jaunes que nous ne sommes plus en 1789 puisque nous avons des institutions démocratiques …. »

Ça  sent vraiment la maison de retraite quand on confond insurrection morale et insurrection politique. Et ce n’est certainement une prise de position  très partagée même au CNRS.

« Gilets jaunes » :  » une crise de la démocratie » (Chevènement)

« Gilets jaunes » :  » une crise de la démocratie » (Chevènement)

Au-delà des modifications quantitatives relatives au prix du carburant, de la fiscalité en général ou du pouvoir d’achat, le mouvement de protestation actuel caractérise une crise de la démocratie d’après Jean-Pierre Chevènement.  L’ancien ministre, interrogé par Europe 1, estime que « la révolte des classes populaires s’enracine dans des choix vieux de 30 ans ». Jean-Pierre Chevènement insiste sur les défauts de la construction européenne et revient aussi sur ce fameux référendum de 2005 quand les Français ont rejeté le projet de constitution mais un rejet qu’on a contourné trois ans après pour signer le traité de Lisbonne. Le centrage des facteurs explicatifs sur un pouvoir jugé excessif de Bruxelles est un peu excessif car la crise concerne peut-être encore davantage à la coupure entre des élites coupées du réel et des couches moyennes et populaires qui n’attendent plus grand-chose du pouvoir politique. De ce point de vue, la crise est sans doute sociale, économique mais aussi culturel. En effet à tous les échelons de responsabilité dans les partis politiques, chez les élus nationaux surtout, dans les administrations, dans les entreprises s’est constitué une sorte de caste nourrie au même lait l’ultralibéralisme et de la mondialisation qui récite le même catéchisme idéologique pour servir surtout les intérêts des plus favorisés, des plus nantis. En outre une sociologie qui se reproduit entre elle par cooptation. Une sorte de nouveau clergé d’un évangélisme ultralibéral qui se sert de la démocratie pour se remplir les poches. Certes tous ne sont pas des milliardaires mais la horde des courtisans du bas clergé dont les revenus évoluent entre 5000 et 20 1000 € par mois ne veut surtout pas être assimilé à cette populace qui tente de survivre avec un smic à 1150 € par mois et un salaire moyen de 1750 € entre parenthèses avec beaucoup de dispersion autour de cette moyenne). Pour Jean-Pierre Chevènement, le mouvement des « gilets jaunes » symbolise donc une « crise de la démocratie ». « C’est une crise de la démocratie illustrant la coupure entre les élites et les classes populaires. La révolte des classes populaires vient de loin et s’enracine dans des choix vieux de 30 ans, par exemple l’Acte unique européen ou les pleins pouvoirs de la Commission européenne pour, par exemple, libérer les mouvements de capitaux », a estimé l’ancien ministre, interrogé vendredi soir sur Europe 1

« . Jean-Pierre Chevènement date le pic de cette « crise de la démocratie » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne. « Cette crise de la démocratie se cristallise en 2005, quand le peuple français rejette le projet de Constitution européenne à 55%. Trois ans après, Nicolas Sarkozy et François Hollande s’entendent pour contourner le vote populaire et signer le Traité de Lisbonne, qui reprenait la substance de cette Constitution. C’est un déni de démocratie », a poursuivi l’ancien candidat à la présidentielle, partisan du « non » au référendum de 2005.L’ancien ministre a listé les réformes à mener pour sortir de cette crise et mis en garde les « gilets jaunes ». « Il faut savoir arrêter une grève quand on a obtenu satisfaction. Ils ont obtenu des satisfactions réelles, notamment sur le prix des carburants », a jugé Jean-Pierre Chevènement. « Sur le problème du pouvoir d’achat, il y a des choses à faire. Mais il y a un chantier : la rénovation de notre démocratie. Il faut en finir avec le quinquennat et déconnecter les mandats du président de l’Assemblée nationale. Il faut revenir à un ‘parlementarisme raisonné’ ».

La politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

La  politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

L’’économiste Julia Cagé analyse les ressorts de cette campagne, en déduit des conséquences sur la politique du Président et fait ses propositions pour réinventer la démocratie. 

 

Le JDD a révélé dimanche que la campagne d’Emmanuel Macron avait été financée essentiellement par de riches donateurs. Est-ce un phénomène isolé?
Les partis politiques font campagne auprès de ceux qui les financent. J’ai montré dans mon livre Le prix de la démocratie (Fayard) que plus un parti a de moyens plus il a de chances d’emporter une élection. Le financement des partis politiques a toujours été un phénomène de classe : ce sont principalement les plus riches qui financent les campagnes politiques et très souvent à la hauteur du plafond légal (7.500 euros par an et par personne pour les dons aux partis, 4.600 euros pour les dons aux campagnes). Ce n’est pas propre à Emmanuel Macron, ni à la France. Les plus modestes donnent moins par manque de ressources. Mais le financement de la campagne d’En Marche est tout de même un cas particulier. Macron a été candidat pour un nouveau parti et ne pouvait donc pas toucher d’argent public. Il a fait encore plus d’efforts que les autres partis pour lever des fonds privés. Il n’a  pas arrêté de dire qu’il n’utilisait pas l’argent des contribuables mais c’est faux. Depuis le début de sa création, En Marche a perçu 13 millions d’euros mais 8,6 millions proviennent de l’argent de l’ensemble des contribuables suite aux exonérations d’impôts sur les dons qui sont mises en place par l’Etat. Au total, seuls 4,5 millions d’euros ont été véritablement à la charge des donateurs.

Les partis de droite bénéficient-ils d’autant de dons privés que les partis de gauche?
Il existe une constante quels que soient les pays et les différences de plafond : les partis les plus à droite et les plus conservateurs économiquement reçoivent systématiquement plus de dons privés que les partis les plus à gauche. De ce point de vue, en France, c’est assez frappant à quel point En Marche apparaît comme un parti de droite.

Vous établissez une corrélation entre la politique mise en place par Emmanuel Macron et l’origine du financement de sa campagne
Oui, Emmanuel Macron a principalement fait campagne auprès des Français les plus riches et tout particulièrement des Parisiens. Et ce sont les mêmes qui l’ont financé. Il a mis en place une politique qui correspond à leurs intérêts. Ce qui a eu un impact direct sur les décisions qu’il a prises, notamment fiscales. Il a fait des cadeaux fiscaux aux personnes les plus aisées et a instauré le prélèvement forfaitaire unique sur le capital. Des mesures qui coûtent près de 8 milliards d’euros par an à l’Etat. Or après avoir dépensé de tels montants pour les plus favorisés, l’Etat n’en a plus pour la majorité des citoyens, il a donc diminué les APL, gelé un certain nombre de prestations sociales, reporté l’exonération de la taxe d’habitation, etc.

Dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, il n’y a pas de somme maximum légale pour les dons aux candidats. Pour que les campagnes soient plus équitables, vous avez théorisé la mise en place d’un plafond de versement aux partis à 200 euros par personne contre 7.500 euros actuellement. Pourquoi?
7.500 euros, c’est la moitié du salaire annuel d’une personne qui gagne le SMIC. Il faut limiter le plafond des dons pour ré-égaliser les citoyens devant le financement des partis. 7500 euros, c’est une somme tellement élevée que cela créé une réelle inégalité politique, entre la minorité qui peut contribuer avec un montant élevé et la grande majorité des Français qui ne peut pas  participer. Ce n’est pas parce qu’on a un système qui marche sur la tête aux Etats-Unis qu’on peut ne pas instaurer un plafond moins élevé en France. Les élections présidentielles américaines en 2016 étaient les premières financées sans aucun argent public depuis 1974. On ne peut pas établir un rapport de cause à effet direct entre ces financements et l’élection de Trump mais c’est néanmoins symptomatique ; toute la vie démocratique américaine est désormais capturée par l’argent privé.

Vous souhaitez également la mise en place de « bons pour l’égalité démocratique ». En quoi cela consiste-t-il?
Tous les ans, en cochant une case sur sa feuille d’imposition, chaque personne aura la possibilité d’allouer 7 euros d’argent public au mouvement politique de son choix. Il ne s’agit pas d’un apport personnel mais d’argent public. Si le citoyen ne souhaite pas financer un parti, la somme sera répartie entre les différents partis en fonction des résultats obtenus aux dernières législatives. Ce système permettrait à tout le monde de participer. Actuellement moins d’ 1% des ménages financent un parti chaque année. Or, parmi les 0,01% des Français aux revenus les plus élevés, ils sont 10%. Rendre égaux les citoyens devant le financement de la démocratie, c’est le seul moyen de résoudre la crise de la représentation des Français, que l’on retrouve actuellement dans le mouvement des gilets jaunes. Aujourd’hui nous ne sommes plus dans un système 1 personne=1 voix mais dans un système 1 euros=1 voix. Il est temps de rétablir un peu de démocratie.

Castaner fait encore de la provocation pour gêner Edouard Philippe

Castaner fait encore de la provocation pour gêner Edouard Philippe

Pendant que le premier ministre Édouard Philippe essaye tant bien que mal d’apaiser le climat, certains comme Castaner, le ministre de l’intérieur, ne cesse de jeter de lui sur le feu et d’affirmer par exemple « Ces trois dernières semaines ont fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs. » Autant dire que les gilets jaunes sont de véritables abrutis. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, n’a cessé d’entretenir la confusion entre les gilets jaunes pacifiques et les casseurs. Certes on ne peut nier qu’il existe sans doute chez certains gilets jaunes quelques excités irresponsables mais pour l’essentiel,  les manifestants ne sont pas à confondre avec ceux qui veulent bouffer du flic,  casser les vitrines. Depuis le départ du mouvement des gilets jaunes, Castaner n’a pas cessé de tenter de discréditer le mouvement dans l’espérance de le rendre impopulaire. On peut même dire qu’il est largement responsable de la violence constatée autour de la place de l’Étoile à Paris samedi dernier puisque il a autorisé en même temps la présence des piétons mais aussi des casseurs. Il était  t plus simple de fermer totalement les Champs à la circulation y compris pour les piétons. On peut aussi imaginer que Castaner  n’est pas mécontent de mettre des barons des bâtons dans les roues d’Édouard Philippe espérant peut-être un jour le remplacer. On sait en effet qu’en ce moment ça tire un peu a hue et à dia au sein du gouvernement y compris sur des mesures aussi symboliques que l’augmentation du SMIC ou  le rétablissement de l’impôt sur la fortune. On a bien vu avec le départ de Nicolas Hulot, de Gérard Collomb que ce gouvernement manquait sérieusement de cohésion idéologique. Certains marchent délibérément sur la jambe droite, d’autres souhaitent qu’on utilise également la gauche. On ne peut pas dire que Castaner  recherche l’apaisement quand il affirme par exemple que les gilets jaunes étaient environ 300 000 le  17 novembre et qui ne sont plus que 10 000 aujourd’hui.  « Dix mille [manifestants], ce n’est pas le peuple, ce n’est pas la France, c’est une petite minorité », a insisté le ministre.  Pour lui, cette « petite minorité » « compte dans ses rangs des personnes pacifiques et bien intentionnées (…) mais aussi des personnes qui se sont radicalisées, qui sont tombées dans la violence et la haine ». Une haine, selon Christophe Castaner, « attisée par les complotistes de tout poil » Une sorte de discours à la Pasqua pour celui qui a fréquenté la mafia lors de son activité de joueur de poker. Castaner joue au  poker menteur. Et pour faire bonne mesure bonne figure, il  menace de porter plainte contre Dupont Aignan qui certes ne fait pas toujours dans la dentelle. « J’ai décidé de porter plainte à l’intention de M. Dupont-Aignan qui, sans vergogne, a osé affirmer à l’Assemblée nationale que ce sont ‘les petits casseurs de M. Castaner qui ont saccagé l’Arc de triomphe’ », a annoncé le ministre de l’Intérieur lors de sa conférence de presse. « On verra si ce monsieur ose nous opposer son statut parlementaire. Il ajouterait alors la honte à l’indignité. » Castaner n’a peut-être pas envoyé ses propres casseurs lors de la dernière manifestation mais il les a laissés délibérément pénétrer sur-le-champ Élysée.

Gilets jaunes : la grande peur des élites, des journalistes et des institutionnels

Gilets jaunes : la grande peur  des élites, des journalistes et des institutionnels

 

 

Sur BFM hier s’est déroulé cette semaine un débat cette entre gilets jaunes et de représentants du gouvernement. Un débat par ailleurs très confus et très mal maîtrisé par les animateurs. On a connu Ruth Elkrief dans une meilleure forme. À plusieurs moments on a pu ainsi constater la peur des institutionnels exprimée par les journalistes avec la mise en accusation des gilets jaunes qui veulent bousculer la démocratie. Mais qu’est-ce que vous proposez alors ? Ont répété à plusieurs reprises les journalistes. Et les gilets jaunes de répondre simplement : de nouvelles élections. Comment,  mais c’est une insurrection ! Le sommet a été atteint quand un chauffeur de Camion a dit qu’il fallait se rendre à l’Elysée. (Depuis une enquête est ouvertes et on peut penser que la justice va se montrer très diligente.. plus que dans affaires Tapie ou Sarkozy qui durent depuis des dizaines d’années !!). De toute évidence,  le chauffeur s’est fait piégé en se laissant prend au jeu des médias. Il n’est pas armé en face des journalistes, encore moins face aux journalistes experts et autres oligarques. C’est tout juste s’il parvient à prononcer uen phrase entière. Ceci étant, il est représentatif de ces couches populaires qui en ont ras le bol des élites qui monopolisent la démocratie et les fruits de la croissance. Cet épisode et plus largement le mouvement des gilets jaunes traduit la grande trouille des institutionnels. Il est clair que ce mouvement fait peur à  nombre d’institutionnels, des élus bien sûr, des partis politiques mais aussi les médias tellement habitués à dialoguer avec des caciques, des oligarques et des experts à vieilles barbes qui radotent plus souvent. Bref des interlocuteurs dont la sociologie est proche de celle des journalistes qui  partagent  les mêmes idées à la mode concernant la régulation économique et sociale. D’une manière générale les médias accordent une certaine place au mouvement des gilets jaunes mais en manifestant parfois une certaine condescendance, une grande incompréhension aussi. Quelque chose « comme on approuve mais ….. ». C’est vrai de la plupart des institutionnels qu’ils soient politiques, syndicaux, élus, experts ou journalistes La vérité, c’est que ce type de manifestation des gilets jaunes constitue aussi une remise en cause de l’intermédiation classique d’organisations qui ont tendance à se scléroser. Ce mouvement comprend en effet des aspects sociaux, économiques mais aussi sociétaux  en ce sens que c’est une contestation également de la démocratie telle qu’elle est pratiquée. Contestation du pouvoir en place bien entendu qui matraque fiscalement les moins nantis mais contestation aussi des institutions, des partis, des syndicats. Une contestation des organisations tout autant que de la pensée culturelle dominante. Une pensée par ailleurs, comme la mode, très évolutive, voir à cet égard l’évolution concernant le diesel. Peut-être demain sur la filière bois aujourd’hui encensée, peut-être demain mise au pilori. Et cette fameuse taxe carbone dont les économistes, Bercy et les écolos attendent des merveilles. Comme si soudain tous s’étaient convertis à la monétarisation des nuisances comme mode de régulation. Or l’environnement est une question sociétale qui ne peut être régulée par le seul signal prix et par le seul marché. La vraie régulation de ce type de problématique passe par une politique de normes et par une politique d’offre industrielle. Une politique qui doit être cohérente et qui ne peut être que progressive. Ce mouvement constitue une sorte de coup de pied dans la fourmilière des institutions qui au mieux roupillent, au pire participent à la dégradation économique et sociale du pays. La grande trouille des institutions c’est que, le même phénomène se reproduise. Bref qu’il devienne une forme d’expression de démocratie vivante sur tous les grands sujets d’intérêt général.  

Pour un nouveau concept de la citoyenneté (Jean-François Chantaraud)

Pour un nouveau concept de la citoyenneté (Jean-François Chantaraud)

Pour un nouveau concept de la citoyenneté par  Jean-François Chantaraud, délégué général de l’Odissée (*).( La tribune »

 

« Depuis toujours, se faire comprendre suppose de rendre acceptable son expérience et ses idées par autrui. Il faut pour cela se connaître, mais aussi connaître ses interlocuteurs, tous uniques. Gérer ses relations interpersonnelles représente donc en soi une énorme difficulté, qui croît de façon exponentielle avec la quantité de protagonistes.

A cela s’ajoute la disparition des sas spatio-temporels : le digital convoque la réactivité immédiate au flux continu d’informations et la mobilité des personnes nous place face à la diversité des cultures. La gestion de la complexité devient inaccessible et les manquements à appréhender la multitude de signaux faibles deviennent criants.

Chacun peut désormais constater l’insuffisance des dispositifs de décision. Dans l’entreprise, nombre d’alertes et idées quotidiennes ne sont pas prises en compte. Pire encore, la société mondiale se voit comme impuissante sur les terrains aussi variés de la transition énergétique et écologique, de l’équité économique et sociale, de la transparence financière et géopolitique. Le respect pour les décideurs et experts de toutes les sphères s’en trouve écorné a priori.

En termes de performance globale, neuf pays d’Europe de l’Ouest se classent parmi les vingt premiers mondiaux tandis que la France se range désormais à la… 55e place[1] ! Pour n’évoquer que le PIB par habitant, elle était à parité avec l’Allemagne voici vingt ans alors que le pouvoir d’achat d’un Allemand est désormais plus d’un quart supérieur à celui d’un Français ! La France s’est fait déborder par le mouvement du monde. Si nos voisins s’en sortent, le mal n’est pas dans la mondialisation, mais dans la façon dont elle est gérée : le système socio-éco-politique monopolistique français. Paris est le siège de tous les pouvoirs : politique, économique, social, culturel, éducatif, médiatique. De plus, à Paris, l’Etat est l’acteur principal : régulateur expansif (multiplication des codes), formateur omniscient (toutes les grandes écoles sont publiques), géant économique (les grandes entreprises sont presque toutes liées à l’Etat), médiateur social (souverain du paritarisme). Dans l’Etat, le pouvoir exécutif s’impose sur les pouvoirs législatif et judiciaire. Au sein de l’exécutif, la Présidence de la République omniprésente écrase Matignon. Ainsi, un acteur unique procède seul à presque tous les arbitrages. Attendu sur tous les terrains, la tête de l’Etat est sur responsabilisée tandis que les citoyens, démunis de marges de manœuvre, baignent dans l’irresponsabilité. Ils ne sont pas en situation de contribuer à la maîtrise de leur destin collectif. Cet excès de centralisme ne permet pas à la France d’impliquer tous les français dans le débat. Le système politique ne sait pas entendre les signaux d’alerte ni les idées nouvelles. Il finit toujours par commettre et enchaîner les erreurs, ce qui aboutit à son renversement. Voilà pourquoi 16 constitutions se sont enchaînées depuis 1789. Cette fois-ci, nous devons éviter d’attendre la révolution de la rue, mère de tous les excès. L’alternative consiste à inventer un nouveau mode de gouvernance qui applique enfin l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Nul besoin de VIe République : il faut installer le Débat citoyen comme le préalable systémique au débat parlementaire afin d’activer les intelligences et les énergies de tous ! Plus aucune grande Loi ne doit être soumise au Législateur sans avoir été précédée d’un processus en trois phases : consultation nationale pour réaliser une Carte des faits et des idées (recueil exhaustif, synthétique et ordonné des contributions) et une Carte des acteurs (positionnement des participants dans la carte des faits et idées) ; remise du kit de Débat citoyen aux 36.000 communes – ainsi qu’à tous ceux qui le souhaitent (associations, organisations sociales, entreprises, médias…) – pour tenue d’une réunion ouverte à tous ; remise des comptes rendus au député et au sénateur de la circonscription, qui bénéficient alors d’un niveau augmenté de vigilance, d’innovation et de conscience de leurs citoyens. Alors, seulement, la France sera en situation de réformer dans la sérénité ses systèmes fiscal, éducatif, sanitaire, social, écologiques, politique, administratif tout en prenant en compte le climat, la biodiversité, la pollution, le dialogue interreligieux, les crises financières… Et alors aussi, elle sera en situation de ré-éclairer le monde en mettant à disposition ses kits de Débat citoyen à la communauté européenne et mondiale pour que tous entrent dans une nouvelle ère démocratique. Et alors seulement, elle sera en mesure d’accomplir sa vocation universelle.

(*) L’Odissée

[1] Classement de la performance mondiale - L’état social du monde – 2015, L’Odis, La Documentation française

Gilets jaunes » : la grosse erreur de l’ISF (Olivier Galland)

Gilets jaunes » : la grosse erreur de l’ISF (Olivier Galland)

Olivier Galland, sociologue et directeur de recherche au CNRS,  revient dans la Tribune sur les facteurs explicatifs du mouvement des gilets jaunes et sur l’erreur qui a consisté à supprimer l’ISF.

 

Quelle est votre analyse du mouvement des « Gilets jaunes » en tant que sociologue ?

OLIVIER GALLAND - Il est difficile d’avoir une analyse définitive sur ce mouvement très éruptif, et difficile à comprendre. Tout le monde a été surpris par ce mouvement. Il faut éviter d’avoir des interprétations trop catégoriques. On n’a pas de sociographie exacte du mouvement. Avec les bribes d’information qui nous parviennent, on peut penser qu’il ne s’agit pas des très pauvres qui sont à la pointe du mouvement. Ce sont les catégories moyennes et modestes qui semblent insérées dans la vie active. Le profil des personnes arrêtées ne correspond pas à celui des chômeurs de longue durée ou des SDF. Ce ne sont pas non plus des cadres supérieurs. Dans tous ces débats, il ne faudrait pas oublier les pauvres. Les intérêts des plus pauvres ne sont pas forcément convergents avec les intérêts des « Gilets jaunes ». C’est quand même un mouvement antifiscal. Les prélèvements obligatoires financent les prestations sociales et ces dernières constituent une part importante des revenus des plus pauvres. Dans certaines revendications des « Gilets jaunes », on retrouve des critiques liées à « l’assistanat » mais je pense qu’il faut faire attention à cette rhétorique.

Quels sont les facteurs qui peuvent expliquer cette colère ?

Les niveaux de vie de ces catégories mobilisées ont stagné depuis 10 ans. Il y a eu un coup d’arrêt en 2008 à la suite de la crise contrairement aux années 90 et le début des années 2000. Beaucoup de gens en France ont le sentiment que les chances d’ascension sociale sont devenues limitées et que la situation de leurs enfants ne va pas s’améliorer par rapport à la leur. C’est le sentiment que, dans cette société, les chances d’évolution sont devenues extrêmement faibles. L’autre facteur important à observer est celui des dépenses pré-engagées. C’est-à-dire les dépenses qui sont contraintes comme le logement, les assurances, les abonnements et qui représentent une part importante du budget des ménages. La part de ces dépenses contraintes dans le budget des ménages a tendance à augmenter pour les foyers au revenu modeste. Les gens peuvent avoir le sentiment d’avoir un contrôle de plus en plus faible sur leur choix personnel. La hausse des taxes sur l’essence et le fioul a eu un effet dévastateur. Cette fiscalité n’est pas statistiquement comprise dans les dépenses contraintes. Mais pour beaucoup de personnes, elles sont perçues comme des dépenses pré-engagées. Cela peut engendrer de la frustration et de la colère.

Est-ce un mouvement social inédit ?

Oui, ce mouvement me semble totalement inédit. C’est un mouvement non-institutionnel et anti-institutionnel. Il n’est pas incarné par une institution représentative de la société. C’est un mouvement spontané qui s’est diffusé par le biais des réseaux sociaux. C’est à la fois une force du mouvement parce qu’il y a ce côté spontané de l’expression directe qui ne transite pas par des représentants.

En revanche, ce mouvement peine à dresser un catalogue de revendications homogènes qui puissent être négociées avec les pouvoirs publics et ils peinent également à désigner des représentants légitimes. C’est une faiblesse particulière de ce mouvement. Il est dans l’incapacité de négocier et la construction d’un débouché politique devient très compliquée. Le gouvernement ne sait d’ailleurs pas comment négocier avec les « Gilets jaunes » qui ont un catalogue de demandes hétéroclites, parfois irréalistes et n’ont pas de représentants légitimes.

Des lycéens ont procédé à des blocages d’établissements ce matin, pensez-vous que la contagion peut encore s’accentuer?

Il ne faut pas généraliser ces blocages à l’ensemble des lycéens. Il y a eu une centaine d’établissements qui ont été bloqués. Ce qui reste pour l’instant minoritaire. Est-ce que le mouvement peut s’étendre ? Il est difficile de répondre pour le moment. Je ne vois pas de solidarité massive et spontanée entre les lycéens et les « Gilets jaunes ». A priori, il n’y pas de convergence évidente de leurs intérêts.

En revanche, le grand danger pour le gouvernement est qu’il arrive un accident grave à un jeune. Cela peut embraser la situation. Il y a dans une partie de la jeunesse un potentiel de violence et de radicalité. Dans une récente enquête sur les lycéens, on avait vu qu’il y avait une partie de lycéens, certes minoritaire, qui n’arrivent pas à justifier des comportements violents pour défendre des idées. Il y a une autre minorité qui trouve acceptable de bloquer les lycées.

Pour le moment, la jeunesse des cités est à l’écart de ce mouvement comme la partie la plus pauvre de la population. Les cartes indiquent qu’il y a, par exemple, eu très peu de barrages en Seine-Saint-Denis alors que c’est le département le plus pauvre de France métropolitaine. Il y a chez les lycéens et les étudiants une minorité politique radicale qui cherche à lancer des mouvements, à les fédérer et à entraîner le plus grand nombre dans ce type de contestation. C’est assez facile de bloquer un établissement. Ce sont souvent des minorités qui le font.

Les réponses du gouvernement, notamment celle sur la fiscalité carbone, vous paraissent-elles suffisantes pour apaiser la colère des « Gilets jaunes » ?

Le recul du gouvernement est relativement fort avec un manque à gagner de plusieurs milliards pour les finances publiques. Cette décision de l’exécutif peut entraîner deux réactions. D’un côté, il peut y avoir un apaisement, voire un arrêt des mobilisations. D’un autre côté, ce premier pas peut inciter les manifestants à vouloir poursuivre pour en obtenir plus.

La revalorisation du Smic et le rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF) pourraient-ils contribuer à apaiser les tensions ?

Si le gouvernement revalorise le salaire minimum et rétablit l’ISF, il renonce à sa politique. La hausse du Smic peut représenter un risque sur le plan économique. Le comité d’experts sur le Smic répète que cette augmentation pourra créer du chômage supplémentaire pour les jeunes peu qualifiés, par exemple. Je ne vois pas le gouvernement s’engager dans cette voie. Quant à l’ISF, Emmanuel Macron a annoncé qu’il ne voulait pas renoncer. C’est un symbole de la politique de l’offre du macronisme. S’il renonce à cette mesure, ce serait un revirement politique et économique important. Cette décision de supprimer l’ISF a eu un impact psychologique énorme et a beaucoup desservi le gouvernement. Cela a alimenté le thème du « président des riches ». Surtout que cette suppression s’est faite au même moment que l’augmentation de la CSG pour les retraités alors qu’ils faisaient partie de son électorat. Même s’il y a eu des exonérations, des retraités au niveau de revenu modeste ont été pénalisés.

Gilets jaunes : la révolte des gueux contre les nantis

Gilets jaunes : la révolte des gueux contre les nantis

 

D’une certaine manière, le mouvement de gilets jaunes constitue une sorte de révolte de gueux contemporains. Pas forcément les plus pauvres, car ceux-là sont tellement désespérés qu’il ne compte plus que sur les restos du cœur ou la banque alimentaire pour survivre. La plupart des membres des gilets jaunes, eux, représentent les couches populaires et moyennes. Rappelons que le salaire net en France et 1750 € environ et la pension de 1100 €. Il s’agit de moyenne avec des dispersions évidemment. Le SMIC concerne directement à peu près 10 % de la population. Un SMIC à 1150 € nets et qui influence encore 20% d’autres salaires.  Dans les zones rurales et les petites villes,  il n’est pas rare de faire 50 à 60 km pour se rendre au travail. Soit un coût de 400 € par mois. La dépense la plus importante est celle du logement : de l’ordre 30 % du revenu soit en moyenne autour de 600 €. Avec deux salaires il est encore possible de s’en tirer mais avec un seul salaire, c’est la galère assurée. D’autant que cette catégorie ne peut prétendre à la plupart des allocations sociales. On objectera que le salaire en euros constants  est bien supérieur à ce qu’il était il y a 50 ans avec cette différence que les besoins ont considérablement évolué : les besoins en transport, en logement et aussi en dépenses contraintes (abonnements, assurances, impôts  etc.). Des dépenses contraintes représentent 60 % pour les moins favorisés et 20 % du pouvoir d’achat pour les plus aisés. Pour vivre aujourd’hui presque décemment il faudrait autour de 3000 € par ménage. On est loin du compte d’autant que nombre de familles ne compte qu’un salarié (et/ou un seul chef de famille). Il est clair que la partie de la population la plus aisée à largement profité des mutations économiques, sociales et technologiques. Il n’est donc pas surprenant, que ceux dont les revenus varient par exemple entre 5000 et 20 000 € se montrent très distants vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes considérés un peu comme des gueux, des incultes et des révoltés. Le problème c’est que notre société et notre économie a besoin de ceux qui sont en  en bout de chaîne. Tout est question d’équilibre, les différences de rémunération peuvent se comprendre. Il faut des couches populaires, des couches intermédiaires et les coûts supérieures mais quand le déséquilibre est indécent soit du fait des rémunérations, soit du fait de la fiscalité alors la révolte peut s’expliquer

 

«Gilets jaunes»: appel à la grève de policiers

«Gilets jaunes»: appel à la grève de policiers

 

Le syndicat de police Vigi a rejoint mercredi le mouvement des « Gilets jaunes » en appelant à une grève illimitée des fonctionnaires exerçant des missions supports à partir de samedi, date de l’ »Acte IV » de la mobilisation entamée le 17 novembre. »Les revendications portées par le mouvement des ‘Gilets jaunes’ nous concernent tous. Il est temps de s’organiser légalement et d’être solidaire avec eux, pour l’avantage de tous », peut-on lire dans un communiqué diffusé par le syndicat Vigi-Ministère de l’Intérieur. Dans la mesure où les services de police « ne fonctionnent que difficilement, voire pas du tout, quand les missions supports ne sont plus assurées », le préavis déposé par ce syndicat minoritaire concerne « les personnels administratifs, techniques, scientifiques et ouvriers d’état/cuisiniers du ministère de l’Intérieur ».

Vigi dénonce par ailleurs la façon dont la crise est gérée par la hiérarchie et le gouvernement, alors que la mobilisation de samedi a été émaillée de nombreuses violences.

Pouvoir d’achat : la mystification !

Nombre de  journalistes ne cessant de répéter que l’année en cours ferait apparaître une augmentation pouvoir d’achat. Grâce au débat au commence à voir apparaître la mise en cause du calcul du gouvernement. Cela en distinguant notamment les dépenses  ajustables des dépenses contraintes qui pèsent particulièrement sur les bas salaires. Bref des dépenses qui en quelque sortent remettre en cause le calcul de l’INSEE concernant l’évolution du pouvoir d’achat.  Face à la colère de nombre de Français concernant la fiscalité, le gouvernement ressort la chansonnette de l’augmentation du pouvoir d’achat qui d’après ses calculs aura augmenté en 2018. Ainsi le pouvoir d’achat des ménages aurait augmenté de 1,7 %.( ce que répète en boucle les chaines d’infos continue !).  Le problème c’est que c’est sans compter sur l’inflation qui annule totalement une augmentation déjà erronée L’inflation a  déjà atteint 2,2% sur un an. Sur l’ensemble de l’année 2018 la hausse des prix devrait être d’environ 2 % au moins. Une hausse des prix calculés d’après l’indicateur obsolète de l’INSEE qui sous-estime complètement la transformation structurelle des achats des consommateurs. En effet les ménages consacrent plus en plus aux  dépenses non ajustables dont les prix flambent (impôts, services, abonnements, chauffage et bien sûr carburant. Par contre il dépense de moins en moins pour les dépenses ajustables dont les prix sont maîtrisés. En outre un indicateur unique des prix pour calculer l’inflation n’a qu’une cohérence limitée, ce n’est qu’une moyenne qui ne rend pas compte de la répartition des biens et des pertes pouvoir d’achat selon les catégories. 1 % d’augmentation du pouvoir d’achat pour un smicard c’est de l’ordre de 10 € mais cela représente 100 € pour quelqu’un qui gagne 10 000 €. De plus en plus Alors que l’inflation reprend parallèlement, la croissance se tasse (1.5 au lieu de 2%) C’est une première depuis la fin 2011 qui a des conséquences économiques importantes sur la vie quotidienne des Français. Sur douze mois, les prix ont augmenté plus vite que les salaires.  Par ailleurs, la croissance se tasse et le chômage se dégrade. Du coup, il ne faut guère espérer d’augmentation significative des salaires et le pouvoir d’achat devrait quasiment stagner surtout si on tient compte de la hausse réelle des prix à la consommation. Cette hausse de l’inflation n’a pas été constatée de manière aussi forte depuis 2012. ; Hausse de l’inflation et tassement de la croissance : un effet de ciseau qui n’est pas particulièrement vertueux. Le gouvernement est pour une part responsable de cette inflation   Ce retour de l’inflation s’explique d’abord par la hausse de la fiscalité indirecte, puisque le gouvernement a augmenté les taxes sur le tabac et les carburants. La hausse du prix du pétrole, dont le baril tourne autour de 60-70 dollars (60 dollars pour le Brent le 30 novembre) renforce la tendance. La question est de savoir si les salaires pourront être augmentés afin de suivre l’inflation. Rien n’est certain puisqu’on constate un repli du taux de croissance de l’activité générale. Reste à savoir si le gouvernement va aussi autoriser le relèvement des pensions qui ont déjà été bloquées pendant des années. (Entre 2010 et 2016).

Gilets jaunes : pourquoi la grande peur des institutionnels

 Gilets jaunes : pourquoi la grande peur des institutionnels

 

 

Sur BFM hier ce déroulait un débat entre gilets jaunes et de représentants du gouvernement. Un débat par ailleurs très confus et très mal maîtrisé par les animateurs. On a connu Ruth Elkrief dans une meilleure forme. À plusieurs moments on a pu ainsi constater la peur des institutionnels exprimée par les journalistes avec la mise en accusation des journalistes gilets jaunes qui veulent bousculer la démocratie. Mais qu’est-ce que vous proposez alors ? Ont répété à plusieurs reprises les journalistes. Et les gilets jaunes de répondre simplement : de nouvelles élections. Il est clair que ce mouvement, nombre d’institutionnels des élus bien sûr, des partis politiques mais aussi les médias tellement habitués à dialoguer avec des caciques, des oligarques et des experts à vieilles barbes qui radotent plus souvent. Bref des interlocuteurs dont la sociologie est proche de celle des journalistes qui  partagent  les mêmes idées à la mode concernant la régulation économique et sociale. D’une manière générale les médias accordent une certaine place au mouvement des gilets jaunes mais en manifestant parfois une certaine condescendance, une grande incompréhension aussi. Quelque chose « comme on approuve mais ….. ». C’est vrai de la plupart des institutionnels qu’ils soient politiques, syndicaux, élus, experts. La vérité, c’est que ce type de manifestation constitue aussi une remise en cause de l’intermédiation classique d’organisations qui ont tendance à se scléroser. Ce mouvement comprend en effet des aspects sociaux, économiques mais aussi sociétaux en ce sens que c’est une contestation également de la démocratie telle qu’elle est pratiquée. Contestation du pouvoir en place bien entendu qui s’arroge le pouvoir de matraquer fiscalement les moins nantis mais contestation aussi des institutions, des partis, des syndicats. Une contestation des organisations tout autant que de la pensée culturelle dominante. Une pensée par ailleurs, comme la mode, très évolutive, voir à cet égard l’évolution concernant le diesel. Peut-être demain sur la filière bois aujourd’hui encensée, peut-être demain mise au pilori. Et cette fameuse taxe carbone dont les économistes, Bercy et les écolos attendent des merveilles. Comme si soudain tous s’étaient convertis à la monétarisation des nuisances comme mode de régulation. Or l’environnement est une question sociétale qui ne peut être régulée par le seul signal prix et par le seul marché. La vraie régulation de ce type de problématique passe par une politique de normes et par une politique d’offre industrielle. Une politique qui doit être cohérente et qui ne peut être que progressive. Ce mouvement constitue une sorte de coup de pied dans la fourmilière des institutions qui au mieux roupillent, au pire participent à la dégradation économique et sociale du pays. La grande trouille des institutions c’est que, le même phénomène se reproduise. Bref qu’il devienne une forme d’expression de démocratie vivante sur tous les grands sujets d’intérêt général.  

La mort du macronisme ?

La mort du  macronisme ?

 

 

Ce matin on apprend que Macron n’est plus soutenu que par 21 % de l’opinion. Ce qui donne une légitimité à l’interrogation sur la fin du macronisme On ne peut en effet écarter l’hypothèse d’un écroulement brutal du mouvement,  aussi soudain que son avènement imprévu. Et cela pour un motif simple : le macronisme   n’a aucune idéologie claire et il est surtout soutenu par des financiers. Le parti en marche, lui est une fiction et composé pour l’essentiel de cadres arrivistes sans aucune expérience ni légitimité sociale ou politique. On objectera qu’ils ont été élus mais une chèvre avec l’étiquette macro l’aurait été également. Le macronisme,  c’est uniquement Macron  et le reste relève de la courtisanerie.  Sur quoi en effet reposait les vertus supposées du candidat Macron : sa jeunesse, son dynamisme son refus des clivages et l’espérance d’un renouveau démocratique. Il ne reste plus grand-chose de tout cela hormis  le jeune âge de l’actuel président de la république. Son dynamisme s’est transformé en activisme avec des réformes minimalistes et souvent bâclées autant par incompétence que par manque de courage politique. Le pouvoir a notamment évité la réforme la plus stratégique pour moderniser le pays, à savoir : la transformation de l’État. Un État qui tue la compétitivité et l’initiative. On croyait Macron ni à droite ni à gauche ou encore un peu de droite et en même temps un peu de gauche. Dans les faits, il est totalement de droite après avoir accordé  notamment des allégements fiscaux aux plus privilégiés sans aucune contrepartie. Maintenant il faut boucher les trous et on sollicite les Français les moins favorisés via par exemple la hausse du carburant. On a souvent reproché à Macron un manque de capacité à expliquer son projet ; la vérité c’est que sa vision est très conventionnelle ; elle s’appuie sur les réflexions de salon de nombre d’experts coupés des réalités sociales et économiques. Une sorte de reprise des idées à la mode rajeunies par la dialectique anglo-saxonne de Macron. Où la France considérée comme une sorte de start-up où tout reposerait sur la digitalisation et la plus-value boursières en quelques années. Si Macron n’est pas parvenu à théoriser le macronisme,  c’est tout simplement que cette philosophie politique est une sorte de cocktail sulfureux ; mélange de néolibéralisme, d’étatisme, de souverainisme républicain et de grand laisser-aller sur des questions fondamentales comme par exemple la réindustrialisation ou la violence dans les banlieues. Sur le plan idéologique, le macronisme me ne repose sur rien de  solide, en outre il ne s’appuie sur aucune implantation locale aucune structure réellement démocratique. Pour l’essentiel des recyclés carriéristes d’autres partis, de nombreux cadres sans expérience politique ou légitimité sociale et des technocrates type Macron (qui a une formation uniquement littéraire) qui en réalité n’ont aucune compétence. Pour s’en persuader, il suffit de voir lors des débats télévisés comment les représentants d’ »en marche se montrent à la fois incompétent et sans consistance charismatique. Le macronisme  n’existe pas politiquement, c’est une fiction qui ne repose que sur la salle personnalité par ailleurs très fragile de Macron. Le macronisme pourrait bien disparaître avec son inspirateur aussi vite qu’il est venu. Avec maintenant seulement 21 % de popularité la question peut être posée.

 

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