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Société : l’émulation au lieu de la concurrence

Société : l’émulation au lieu de la concurrence

 

Le maire de Saint-Etienne et vice-président Les Républicains propose, dans une tribune au « Monde », « un autre contrat social et républicain aux Français » qui placerait la finance au service du développement social.

Tribune.

 

 La fragmentation de la société, constatée quotidiennement par les maires, est le fruit d’un virage libertaire pris, dans les années 1980, par une classe politique séduite, progressivement, par le mirage de l’efficacité absolue du secteur privé par rapport au secteur public. La société de la concurrence est issue de cette logique poussée à son extrême car elle tient pour une évidence l’efficacité du secteur privé par rapport au secteur public sans jamais s’interroger sur les spécificités de deux secteurs. Si le premier obéit à une logique de court terme, donc de maximisation naturelle du profit, le second recherche la mutualisation, à long terme, des risques et des biens publics au profit du plus grand nombre, ce qui n’implique pas obligatoirement la rentabilité.

Des logiques fondamentalement différentes, obéissant à des légitimités propres qui, sans être complètement exclusives l’une de l’autre, sont difficilement conciliables à long terme. Croire que la traque des coûts, devenue le seul credo de l’entreprise privée, serait transposable à l’ensemble du secteur public était une chimère. D’autant plus dangereuse qu’elle touche désormais toutes les politiques régaliennes − santé, sécurité, justice ou éducation −, provoquant et accélérant l’implosion intellectuelle d’une société en perte de repères et prête à emprunter tous les chemins au nom d’une stabilité perdue.

Impasse mortelle

La pandémie actuelle ne fait que révéler l’étendue du désastre et les faiblesses des choix d’Emmanuel Macron, dernier d’une longue liste de responsables politiques aveugles. Voilà comment sombre la liberté.

L’économie, en se financiarisant, perd, elle aussi, ses repères sociaux et environnementaux. Progressivement, la recherche de l’efficacité extrême a ainsi gommé les dimensions de citoyen et salarié, au profit de celles de producteurs et consommateurs. L’utilitarisme a supplanté toute vision collective, faisant de la société le lieu de la concurrence directe entre les individus. Voilà comment sombre l’égalité.

L’Etat moderne, issu des Lumières, fonctionnait en admettant, au nom du compromis social, des équilibres sous-optimaux. Désormais, il repose sur un jeu à sommes nulles où tout ce qui est perdu d’un côté est absorbé de l’autre. La modération salariale ou la faiblesse de l’investissement nourrissent ainsi la rentabilité financière.

 

L’affrontement entre l’Homo economicus et le citoyen favorise la lente montée de la violence des rapports sociaux au moment même où la crédibilité de la parole publique ne cesse de reculer. Comment pourrait-il en être autrement puisque autrui n’est plus un semblable mais un ennemi ? Voilà comment sombre la fraternité. 

 

La désinformation impose une réponse de transparence

La désinformation impose une réponse de transparence

Erwann Menthéour et Emmanuel Rivière estime dans l’Opinion que «Lutter contre la désinformation suppose de se plier à un devoir de transparence, de toujours agir conformément à ce que l’on serait capable d’assumer publiquement »

 

 

Selon un sondage Eurobaromètre de la Commission européenne récemment paru, 68 % des Français (et 51 % des Européens pour l’ensemble des vingt-sept pays de l’Union européenne) estiment avoir été confrontés à de la désinformation sur Internet. La fabrication et la circulation de fausses nouvelles, la prolifération de théories complotistes et les dangers que leur capacité de séduction fait peser sur la démocratie sont légitimement une préoccupation majeure des pouvoirs publics comme des médias.

Les parades sont de diverses natures : responsabilisation des plates-formes numériques, pénalisation de la diffusion de fausses nouvelles, fact checking, production et promotion d’un contre-discours, etc. Une autre manière de lutter contre la désinformation et ses dangers consiste à prendre la mesure de l’exigence qu’elle impose à tous ceux qui veulent mener ce combat : une exigence de vérité.

Les théories du complot sont d’autant plus efficaces quand elles parviennent à construire le récit conspirationniste autour d’un fait réel. Pour cette raison, la moindre faille est exploitable chez ceux que visent les complotistes, et tout petit arrangement avec la vérité, tout mensonge par omission, toute tentative de travestissement, voire de simplification d’une réalité embarrassante sont pour la désinformation un terreau extrêmement fertile.

Or la probabilité que soient mis à jour des faits que les pouvoirs, quels qu’ils soient, préféreraient dissimuler, est plus élevée que jamais. Et les opinions publiques le pardonnent de moins en moins. Ceux qui en 2016 voyaient en Donald Trump un candidat dont le principal défaut était son rapport très personnel avec la réalité ont pu lire dans son élection le démenti de l’attachement des citoyens à la vérité. Mais il se trouve que la faille était encore plus importante, dans l’opinion, du côté d’Hillary Clinton.

La réalité impose parfois des défis titanesques qui désemparent les responsables politiques les plus chevronnés, qui les déstabilisent au point de les conduire à un tel sentiment d’impuissance que le reconnaître les désavouerait, pensent-ils, aux yeux du peuple

Impératif. Une étude comparative menée juste avant l’élection de 2016 sur les qualités et défauts de l’une et de l’autre montrait que la candidate démocrate se voyait bien plus fortement et spontanément reprochée d’être secrète, accusation qui a beaucoup contribué au succès de son adversaire. Lutter contre la désinformation supposerait donc aussi, et peut-être avant tout, de se plier à un devoir de transparence, d’acquiescer à un impératif consistant à toujours agir conformément à ce que l’on serait capable d’assumer publiquement. Cette injonction peut sembler naïve, louable, évidente, dangereuse, ou un peu tout ça à la fois. Ce qui est sûr c’est qu’un tel objectif se heurte à plusieurs difficultés, de trois ordres.

La première est que l’idée de transparence est loin d’être consubstantielle à l’exercice du pouvoir. L’idée qu’il existe une raison d’Etat distincte de la raison du commun a longtemps prévalu. Du fait à la fois de la désidéologisation du débat politique et de l’abandon de la lutte des classes, notre modèle représentatif a conduit à faire de la compétence un critère aussi important que les valeurs ou la représentation d’intérêts partagés, dans le choix de délégués. Les titulaires de charges et de mandats sont supposés mieux maîtriser la complexité des enjeux, et disposer d’une forme d’exclusivité de cette capacité. Cette capacité est de plus en plus remise en cause, et l’une des leçons de la crise Covid-19 montre que les citoyens non seulement attendent l’exposition de cette complexité, mais apprécient que des dirigeants admettent ne pas tout savoir.

L’autre obstacle à l’exercice de la transparence tient précisément aux succès manifestes du complotisme et de la désinformation. Face à tant de mauvaise foi dans l’intention de nuire, il ne va pas de soi de faire toute la lumière sur des décisions qui sont souvent des arbitrages compliqués entre des intérêts divergents. Souvent la crainte l’emporte de voir la sincérité déformée et exploitée. A l’impératif moral de transparence s’opposerait le pragmatisme de la prudence.

Ce débat est difficile à trancher, mais pour s’en tenir au raisonnement bénéfices-risques, nous voulons ouvrir l’hypothèse, confortée par le sentiment que la maîtrise de l’information est de plus en plus un leurre, selon laquelle la transparence sur les intentions offrirait moins de billes aux complotistes que les tentatives de dissimulation, et davantage de gages à ceux qui s’alarment de la désinformation et veulent s’en défendre.

Universel. Ces derniers restent, ne l’oublions pas, la majorité. Gardons également à l’esprit, comme le rappelle le philosophe Frédéric Midal dans une interview publiée dans le premier numéro du magazine Mentors, que « quelqu’un qui croit à une théorie complotiste est quelqu’un qui souffre et [...] qui tente de se débrouiller avec le côté irrationnel du discours social et politique actuel dans lequel on ne nous parle pas ». Parler au nom de l’universel à l’universel, en omettant – volontairement ou non – de s’adresser en toute transparence aux êtres humains dans la singularité de leur existence, amène ceux qui exercent le pouvoir à se couper des bases et se tromper de combat. En précipitant leur propre défaite.

La troisième raison pour laquelle le pari de la vérité est un choix ardu est que les défis qui se présentent à ceux qui exercent les responsabilités sont particulièrement impressionnants, voire effrayants : à bien des égards, la séquence pandémique de ces derniers mois a matérialisé de manière concrète et parfois même sidérante combien l’exercice du pouvoir pouvait se révéler périlleux, voire quasiment insurmontable devant une situation inédite. Elle a illustré ce qu’est véritablement un arbitrage qui est la clef de voûte de la fonction politique.

Oui, gouverner, c’est arbitrer. Si celui-ci se résumait naïvement à faire un choix entre une bonne et une mauvaise solution, l’art de gouverner deviendrait en conséquence à la portée d’un enfant. Or, comme nous l’avons vécu une année durant, que ce soit au niveau national ou mondial, aucun choix, aucune solution, aucune intervention divine ne s’est révélée capable d’éradiquer ce virus qui continue de mobiliser les plus grands cerveaux de la planète. C’est ici que l’on découvre que la réalité impose parfois des défis titanesques qui désemparent les responsables politiques les plus chevronnés, qui les déstabilisent au point de les conduire à un tel sentiment d’impuissance que le reconnaître les désavouerait, pensent-ils, aux yeux du peuple.

La politique politicienne et son obsession de l’électoralisme ont vécu, tout comme est révolu le temps des technocrates sûrs de leur fait et persuadés que les masses ne peuvent pas comprendre. L’heure des grands hommes et femmes d’Etat a sonné

Complexité. A la lueur de cette complexité, il conviendrait de manifester un peu plus d’humilité et de transparence, en choisissant la pédagogie plutôt que la communication, en abandonnant toute logique court-termiste et en partageant de manière plus limpide et franche les difficultés auxquelles la crise sanitaire et toutes celles à venir nous confrontent tous de plein fouet aujourd’hui. Un choix d’autant plus nécessaire que ces situations risquent, en raison du dérèglement climatique, de se reproduire de plus en plus fréquemment dans les prochaines décennies.

L’ampleur des défis demande aussi beaucoup d’abnégation, car les réponses réellement efficaces ne le sont pas à l’échelle d’un mandat. La politique politicienne et son obsession de l’électoralisme ont vécu, tout comme est révolu le temps des technocrates sûrs de leur fait et persuadés que les masses ne peuvent pas comprendre. L’heure des grands hommes et femmes d’Etat a sonné. Seuls celles et ceux qui se projetteront loin avec humilité, abnégation et courage redonneront un sens à la fonction politique, si décriée depuis de nombreuses années et dont la dévaluation est le plus sûr chemin vers le populisme.

Pour toutes ces raisons, la vérité est un combat. Il impose à ceux qui exercent les responsabilités un travail de révision, qui concerne aussi bien les modalités de décisions que les formes de communication. On peut et on doit sans doute s’inquiéter d’un rapport à l’information qui s’apparenterait à une dictature de la transparence. Mais la menace que représentent le complotisme et la désinformation sur nos démocraties invitent aussi à se demander quel exercice de la transparence permettrait de prévenir le risque de dictature.

L’Europe responsable de la déforestation dans le monde

L’Europe responsable de la déforestation dans le monde

 

En dépit des belles déclarations écolos, l’union européenne et la seconde zone mondiale responsable de la déforestation.  en faite la politique européenne consiste surtout à verdir la consommation mais à externaliser notamment dans les pays pauvres les contraintes environnementales. Ce que fait particulièrement la France en apportant encore massivement par exemple de lui de palme et du soja. L’Europe  est la deuxième responsable derrière la Chine, révèle le WWF dans une nouvelle étude publiée ce mercredi. Le pire est évidemment de prétendre fabriquer des carburants bio avec des plantes ou des matières premières importées de pays pauvres.( Notons que c’est également la même chose pour les voitures électriques avec l’importation de métaux rares très polluants).

 

En cause : les matières premières qu’elle importe massivement sur son territoire depuis les pays tropicaux, notamment pour nourrir les animaux d’élevage ou produire des biocarburants. Stimulant une demande forte, qui exerce une « pression croissante » sur les terres, estime l’association.

En remontant les chaînes de responsabilité, l’ONG a ainsi identifié qu’entre 2005 et 2017, l’UE a provoqué 16% de la déforestation liée au commerce mondial, loin devant l’Inde (9%) ou les États-Unis (7%). Au total, c’est l’équivalent de près de 3,5 millions d’hectares d’arbres qu’elle a amenés dans ses étals, alerte l’étude. « Cela représente la taille de la ville de Lyon rasée chaque semaine », souligne à La Tribune Véronique Andrieux, directrice générale du WWF. Ce qui a entraîné l’émission de pas moins de « 1.800 millions de tonnes de CO2, 40% des émissions annuelles globale de l’Union », ajoute-t-elle.

La France fait la part belle dans ce triste record, puisqu’elle arrive sixième du classement. En effet, l’Hexagone importe plus de 3 millions de tonnes par an de soja pour nourrir ses bétails. Avec l’huile de palme et le bœuf, ces matières premières pèsent en tout pour les deux tiers de la « déforestation importée » en Europe, avance l’étude.

En moyenne, c’est le soja qui arrive en première position des produits impliquant la plus grande déforestation tropicale importée par l’UE (31%, contre 24% pour l’huile de palme). Il provient principalement du Brésil, premier producteur mondial de la légumineuse riche en protéine. Victime du succès de celle-ci, le pays d’Amérique du Sud a ainsi étendu sa surface totale de culture de près de 4% en 2021 – soit 68,5 millions d’hectares supplémentaires. Le constat est particulièrement alarmant dans le Cerrado, une grande savane arborée, où les plantations ont accru la déforestation de 13% en 2020, selon une étude publiée le 30 mars par le Chain Reaction Research. Et ce, malgré la pandémie et la diminution des échanges.

En tout, les surfaces dédiées à la culture de cette plante ont plus que quadruplé au cours des 50 dernières années, et représentent aujourd’hui plus d’un million de kilomètres carrés – l’équivalent de la superficie de la France, de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas réunis.

Mais il faut se garder de résumer l’étendue des dépendances de l’agriculture française aux seules importations de soja depuis les pays tropicaux, signale Arthur Grimonpont, co-fondateur des Greniers d’Abondance, une association sur la résilience alimentaire. « Le sujet est parfois instrumentalisé sur le plan politique, car il est censé mettre tout le monde d’accord », estime-t-il. « Ainsi, les responsables le présentent dans le mauvais sens : on a l’impression qu’il est souhaitable de maintenir le niveau d’élevage actuel, simplement en relocalisant la production de nourriture animale en France ». Pour l’ingénieur-chercheur, cela revient à contourner le problème. « Se posent aussi les questions de l’épuisement des ressources, du besoin en eau, et plus généralement du changement climatique », alerte-t-il.

A cet égard, « il sera en effet nécessaire de réduire très clairement la consommation de viande », abonde Véronique Andrieux. Pour ce faire, les éleveurs devront bénéficier de soutiens et d’accompagnement, souligne la directrice générale du WWF. « La législation devra fixer une trajectoire claire en la matière, pour que cette transition se fasse ensemble », conclut-t-elle.

Lyon: la viande de retour dans les menus des écolos !

Lyon: la viande de retour dans les menus des écolos !

 

Les élus d’Europe écologie les Verts ont sans doute commis une erreur supplémentaire en voulant imposer à Lyon une idéologie végétarienne de manière brutale est en contradiction avec les besoins nutritionnels actuels. La brutale décision des élus écolos de Lyon qui voulait imposer des menus sans viande a fait long feu après les nombreuses protestations non seulement d’associations, d’organisation mais aussi de nutritionnistes. Du coup, la mairie de Lyon a changé complètement son fusil d’épaule et justifie son changement d’orientation en s’appuyant sur la crise sanitaire qui en fait avoir grand-chose à voir dans l’affaire : «Nous n’avons encore aucune visibilité sur ce que sera le protocole sanitaire à la rentrée», a souligné l’adjointe à l’Éducation, Stéphanie Léger, lors d’une visioconférence de presse. «Mais cette fois, nous avons eu le temps de travailler à une proposition de plat chaud avec viande qui sera faite de façon régulière, tous les cinq repas en moyenne», a ajouté l’élue.

 

La mairie avait considéré qu’un menu unique sans viande, mais incluant œufs ou poisson, était «le moins excluant» pour les élèves compte tenu de leurs habitudes alimentaires, gustatives ou religieuses qui conduisent déjà la moitié d’entre eux, en temps normal, à écarter la viande. Cette mesure avait été complétée par un allongement de la pause méridienne et le recours à d’autres lieux de restauration comme les gymnases.

L’opposition locale, relayée par des membres du gouvernement, avait cependant accusé l’exécutif écologiste de vouloir imposer une «idéologie» végétarienne.

 

«La morale de cette histoire est qu’il est bien possible de servir des produits carnés aux

à noter au plan du gouvernement la position surréaliste de Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique qui avait notamment qualifié le supposé déséquilibre nutritionnel d’un repas sans viande de «débat préhistorique» objet de «clichés éculés» .

Covid «La troisième vague n’est pas terminée » (Gabriel Attal)

Covid «La troisième vague n’est pas terminée » (Gabriel Attal)

Les déclarations du porte-parole du gouvernement révèlent la profondeur et l’ampleur d’une crise sanitaire dont personne ne peut définir à la fois la durée et l’ampleur. En clair, le pessimisme affiché par Gabriel Attal prépare sans doute une prolongation des mesures restrictives qui devaient être limitées à quatre semaines. Une première prolongation sans doute en mai juin et qui pourrait y compris affecter une partie de l’été pour certaines activités.

 

Selon Gabriel Attal, «la situation épidémique reste très contrastée. Si certains signaux sont encourageants et montrent que les mesures de freinage fonctionnent, il est encore trop tôt pour constater une pleine efficacité de ces mesures au niveau national».

L’Île-de-France, les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur «sont toujours les régions qui connaissent l’incidence la plus élevée», et «la situation semble toujours se dégrader» en Auvergne-Rhône-Alpes, dans le Grand Est, et en Bourgogne Franche-Comté, a détaillé le porte-parole. «L’évolution est même plus préoccupante encore dans certains départements» comme le Massif central et la Drôme, tandis que la Meuse, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle «connaissent toujours une situation fragile», selon M. Attal.

 

En Bourgogne-Franche-Comté, «l’évolution paraît plus dégradée» dans les départements de l’est de la région, la Haute-Saône, le Doubs, le Territoire de Belfort et le Jura, mais «meilleure» dans la Nièvre. La tendance est en revanche «relativement plus favorable» en Provence-Alpes-Côte d’Azur et dans les Alpes-Maritimes, où le taux d’incidence est passé de 488 fin mars à 286 ces derniers jours, a-t-il souligné, en notant aussi une évolution «très favorable» dans l’Aube, avec une baisse de près de 40% de l’incidence.

 

Une évolution «un peu plus favorable» qu’à l’échelle nationale s’observe également dans l’Eure et en Seine-Maritime. En Outre-mer, Garbiel Attal a relevé «une amélioration de la situation dans l’Océan indien, mais une dégradation aux Antilles et en Guyane», frontalière du Brésil, où circulent de nombreux variants.

La France comptait presque 6000 malades du Covid-19 dans les services de réanimation ce mardi et près de 32.000 personnes hospitalisées, avec 39.113 nouveaux cas enregistrés en 24 heures.

Covid France : 100.000 morts, la lourde responsabilité du pouvoir

Covid France : 100.000 morts, la lourde responsabilité du pouvoir

Il est clair que le moment venu le bilan politique voire juridique devra être effectué pour définir les responsabilités de l’administration bien sûr mais aussi du pouvoir politique qui s’est tellement contredit depuis le début de la crise. Une crise d’abord contestée quant à son existence, ensuite pour laquelle on n’a pas jugé utile d’utiliser des masques. Des masses qui ont tragiquement manqué dès que leur utilité a été reconnue. Même carence concernant les tests de dépistage et maintenant des vaccins. On ne saurait évidemment imputer toute la responsabilité aux pouvoirs politiques mais une part non négligeable de ce morts  aurait pu être évitée avec une politique plus claire, plus volontariste et plus cohérente.

La France s’apprête à dépasser le lourd bilan de 100.000 morts depuis le début de l’épidémie de Covid-19. En franchissant cette barre symbolique, probablement jeudi d’après le décompte quotidien de Santé publique France, le pays rejoint en Europe la Grande-Bretagne (127.000 morts) et l’Italie (115.000 morts), mais d’autres pays (Belgique, Portugal) ont une mortalité plus élevée par habitants. Malgré la violence de la première vague (près de 30.000 morts entre mi-mars et mi-mai 2020), la grande majorité des décès sont survenus depuis fin octobre (environ 65.000), conséquence d’une deuxième vague qui ne s’est jamais échouée, puis d’une nouvelle forte reprise épidémique durant l’hiver, portée par le variant anglais plus contagieux du coronavirus. Et si la vaccination massive dans les Ehpad a porté ses fruits, près de 300 morts s’ajoutent encore chaque jour à l’hôpital en avril.

Vaccins covid: Des prix Nobel et des dirigeants pour une dérogation à la propriété intellectuelle

Vaccins covid: Des prix Nobel et des dirigeants pour une dérogation à la propriété intellectuelle

Au rythme actuel n’a population mondiale ne pourra pas être vaccinée totalement avant 2025 en particulier dans les pays pauvres. Du coup, des intellectuels et des politiques demandent que soit faite une entorse à la propriété intellectuelle des vaccins. Plus de 60 anciens chefs d’État plus de 100 lauréats du prix Nobel demandent donc à Joe Biden une dérogation.

Une dérogation stimulerait la fabrication de vaccins et accélérerait la réponse à la pandémie dans les pays plus pauvres qui, autrement, pourraient devoir attendre des années, ont-ils déclaré dans une lettre conjointe à Biden envoyée aux agences de presse mercredi.

« Le président Biden a déclaré que personne n’est en sécurité tant que tout le monde n’est pas en sécurité, et maintenant avec le G7 à venir, il y a une occasion sans précédent de fournir le leadership que seuls les États-Unis peuvent fournir », a déclaré l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, faisant référence à un prochain réunion des pays les plus riches du monde.

La lettre demandait à Biden de soutenir une proposition de l’Afrique du Sud et de l’Inde à l’Organisation mondiale du commerce de déroger temporairement aux règles de propriété intellectuelle liées aux vaccins et aux traitements COVID-19.

Il a déclaré que, sur la base du rythme actuel de production de vaccins, la plupart des pays pauvres devront attendre au moins 2024 pour parvenir à une vaccination de masse contre le COVID-19.

Le fantasme de la ville numérisée !

Un plaidoyer pour la métropolisolation et le fantasme de la numérisation comme projet de civilisation urbaine

par David Lacombled président de la Villa numéris

Alors que des périodes plus ou moins confinées imposent, depuis plus d’an, à rester près de chez soi, les habitants des villes redécouvrent leur environnement. De nombreux parisiens en partagent actuellement des photos en l’assortissant d’un hashtag #saccageaparis sur les réseaux sociaux. Au point d’apparaître comme « un frein au destin national d’Anne Hidalgo ». Dès lors, il serait en effet difficile de promettre « ce que j’ai fait pour la capitale, je le ferai pour la France ».

Nous avons déjà regretté ici être dans un pays, la France, où la propreté est l’affaire de personne. Là où c’est l’affaire de tous chez la plupart de nos voisins. Détourner le regard ne suffit pas à régler les problèmes. La technologie pourrait être d’un grand secours à l’affirmation d’une volonté politique.

Bien-être. L’ambition d’amener la nature en centre urbain a succédé à l’utopie de construire des villes à la campagne. Dans un contexte d’inexorable métropolisation, elle reflète l’aspiration des citoyens à une meilleure qualité de vie, d’une écologie de soi-même et de son environnement.

Comme le relèvent Eric Verdeil et l’atelier de cartographie de Sciences Po dans leur Atlas des mondes urbains, « par leur concentration d’activités et de rejets domestiques et industriels, les villes sont des sites majeurs d’une pollution de l’atmosphère, de l’eau et des sols qui pèsent lourdement sur la santé de leurs habitants ​». C’est dire s’il est urgent d’y prêter attention.

Pour Carlos Moreno, auteur du très remarqué Droit de Cité, de la ville-monde à la ville du quart d’heure, « ​le monde n’évolue pas en douceur, il bascule d’une culture étatique, selon les sources idéologiques du XIXe siècle, vers une culture du XXIe siècle, urbaine, servicielle, numérique et ubiquitaire, sur laquelle il faut construire d’autres repères ​».

Promesse. L’annonce d’un accord entre Veolia et Suez porte la promesse d’un champion tricolore de la transition écologique. Bien que numéro 1 et numéro 2 mondiaux, la part de marché mondiale reste relativement faible tant le marché est morcelé. Alors que le recours à la technologie et à l’exploitation des données s’accroît, l’effet de taille pourrait s’avérer important.

Charge aux acteurs privés et publics d’œuvrer ensemble pour proposer un nouveau contrat de vie urbaine

Aujourd’hui, la collecte et le tri des déchets ménagers, le ramassage des encombrants et le nettoyage de la voirie, le traitement et la distribution de l’eau sont optimisés à la faveur d’une gestion toujours plus automatisée. Charge aux acteurs privés et publics d’œuvrer ensemble pour proposer un nouveau contrat de vie urbaine.

Ainsi, une métropole comme Dijon a créé un poste de commandement unique pour optimiser et mutualiser les équipements urbains, OnDijon, avec pour ambition d’améliorer le quotidien des habitants tout en maîtrisant les coûts. Les entreprises et les collectivités y coopèrent. Les citoyens interagissent. Les informations sont accessibles.

Dans notre monde numérisé, les données ouvertes permettent en outre de se mesurer et de se comparer. C’est bien sur une mine de données disponibles que l’association Villes et villages où il fait bon vivre établit son palmarès annuel de près de 35 000 communes françaises, dont l’édition 2021 vient d’être révélée, croisant des critères objectifs – plus de 180 – provenant principalement de l’INSEE et d’organismes publics officiels.

Pour être toujours plus attractives, les communes doivent faire montre de leur capacité à maîtriser les technologies pour toujours mieux répondre aux exigences de leurs habitants.

David Lacombled est président de la Villa numéris

Quand la Chine s’écroulera

Quand la Chine s’écroulera

Tribune de Jacques Attali dans les Échos

 

On nous rebat les oreilles avec la suprématie à venir de la Chine ; et il y a de bonnes raisons de la croire possible : La Chine affirme partout, par ses dirigeants et ses intellectuels, ses ambitions ; elle sort avant tout le monde de cette pandémie ; son PIB dépassera celui des Etats-Unis bien avant 2030 ; elle dispose déjà en mer de Chine d’une marine de guerre égale à celle des Etats-Unis ; ses réserves de change sont gigantesques et le gouvernement chinois les met au service d’une diplomatie conquérante, voire arrogante.

Pourtant, la Chine a aussi de très grandes faiblesses, économiques, démographiques, sociales, écologiques, démocratiques : sa victoire contre la pandémie, qu’elle a créée, reste incertaine ; le revenu de chaque Chinois n’est que le tiers de celui d’un Européen ou d’un Américain ; et, au rythme actuel, il faudra encore plus d’un demi-siècle avant qu’elle ne rattrape le niveau de vie occidental ; de plus, la Chine va vieillir avant de devenir riche, ce qui lui rendra très difficile de mettre en place la protection sociale nécessaire à ses aînés ; par ailleurs, la croissance dont elle a besoin pour assurer le plein-emploi sera de plus en plus contraire aux exigences environnementales de ses citoyens ; enfin, l’économie de marché produit une bourgeoisie, et avec elle la demande du respect d’une règle de droit, d’une liberté d’expression, d’un droit à l’initiative, et à terme, une demande de démocratie. Le Parti communiste chinois le sait très bien et réprime efficacement pour le moment toute tentative en ce sens, ce qui finira par nuire à son efficacité économique. A terme, soit la Chine rejoindra le mode de vie occidental, soit elle s’effondrera ; dans les deux cas, ce sera un triomphe du modèle occidental de développement.

«La France restera une grande nation automobiles» mais fabriquées à l’étranger

 «La France restera une grande nation automobiles» mais fabriquées à l’étranger

 

Dans un entretien au Figaro, le patron de Renault et le ministre de l’économie affirment  en chœur que la France restera une grande nation automobile. Sans doute, mais ils oublient de préciser que la plupart de ces automobiles seront fabriqués à l’étranger soit dans les ex pays de l’Est, soit en Chine soit au Maghreb. Exemple la nouvelle berline de luxe de Renault à moteur à essence ou  hybride qui sera entièrement fabriquée en Chine.

 

Certes ils restera quelques unités de fabrication en France et en particulier de montage mais pour l’essentiel la production viendra de l’étranger. C’est un peu la particularité française que de disposer de grandes sociétés internationales très puissantes mais dans les productions sont de plus en plus effectuée à l’extérieur des frontières. C’est le cas aussi par exemple dans la confection de haute gamme et les produits de luxe. Ainsi un T-shirt acheté autour d’un euro en Chine au Pakistan est-il revendu 50 € voire davantage en France.

 

Témoin de cette dégradation de la production industrielle en France, celle-ci ne représente plus que de leur de 11 % dans le PIB  pour le double en Allemagne. Au motif de l’accélération des échanges internationaux et de la libéralisation des marchés, la France s’est précipitée dans le gouffre de la fuite en avant de la désindustrialisation en abandonnant une grande partie de ce qui constitué un de ses atouts et qui au passage permettait aussi de structurer le territoire grâce à un fort tissu de PME en sous-traitance. Une sous-traitance complètement externalisée au-delà des frontières aujourd’hui.

 

Pour ré- industrialiser le pays, c’est un véritable plan volontariste filière par filière qui est à repenser, et à soutenir à la fois financièrement mais aussi en terme de formation car le pire c’est qu’avec une industrie en déliquescence nous manquons quand même de plus en plus de compétences.

 

Certes on ne reviendra sont certainement pas un système autarcique en termes d’économie et des échanges vont continuer d’exister mais il est important que le pays dispose d’un potentiel industriel minimum pour assurer son indépendance économique sans parler de la nécessité d’emplois qui nourrisse le pouvoir d’achat des consommateurs, à moins de soutenir que ce pouvoir d’achat dépende essentiellement une sorte de revenu social généralisé payé par l’État. Mais avec quelles ressources si l’emploi disparaît ?

La gauche, Yannick Jadot et Europe écologie les Verts préparent la division

La gauche, Yannick Jadot et Europe écologie les Verts préparent la division

 

 

On voit mal sur quoi pourrait déboucher la rencontre qu’a proposée Yannick Jadot, issu d’Europe écologie les Verts à toute la gauche. Première observation cette rencontre est d’abord contestée par le propre parti de Yannick Jadot. En effet Europe écologie les Verts ne veut pas s’inscrire dans une démarche unitaire de désignation d’un candidat commun aux élections présidentielles.

 

Un processus d’élection primaire est prévu seulement au mois de septembre alors que Jadot voudrait bien se passer de cette formalité.

 

Seconde observation dans toutes les hypothèses il est vraisemblable que Mélenchon se présentera. Il ne consentira accepter un candidat unique de la gauche qu’à condition que ce soit lui ce représentant. Le parti communiste a fait savoir qu’il présenterait son secrétaire général Fabien Roussel. Quant au parti socialiste, il est clairement en voie extinction est en plus très divisé.

«Pas à pas, étape après étape.» Telle est la ligne directrice défendue par Julien Bayou, le secrétaire national des Verts, pour évoquer la stratégie pour la présidentielle de 2022. Le chemin est le suivant: se concentrer d’abord sur les régionales prévues – sauf report – pour juin, puis organiser une primaire en septembre pour désigner le candidat écologiste. Le temps des discussions avec les autres partis viendra ensuite.

Le seul problème c’est que la plupart des autres partis de gauche auront mis en place d’ici ce temps-là leur propre procédure de désignation des candidats et qu’il sera difficile de le remettre en cause. De toute façon, ce débat est surréaliste dans la mesure où toute la gauche même réunie pourrait à peine rassembler 25 % des électeurs mêmes au second tour. La bataille politique de 2022, sauf candidature de rassemblement soudaine aujourd’hui imprévue, se jouera entre le courant Macron, le courant Le Pen et le courant des républicains.

Macron : la désillusion du « neutre »

Dans un essai, Raphaël Llorca développe une grille de lecture originale du macronisme, à partir de la marque que l’actuel chef de l’Etat est parvenu à construire en 2017

Interview dans l’opinion

 

Raphaël Llorca, doctorant en philosophie du langage, est communicant (Havas Paris) et expert associé à la Fondation Jean-Jaurès. Il publie La marque Macron, désillusions du Neutre (l’Aube).

 

Pour expliquer la victoire d’Emmanuel Macron en 2017, vous développez la thèse selon laquelle il aurait utilisé la puissance de la « marque politique ». Pouvez-vous nous expliquer ?

A nouveau monde, nouvel outil : pour essayer d’analyser ce phénomène politique qu’est Emmanuel Macron, une forme d’ovni politique qui a défié toutes les lois de la Ve République, j’ai pensé qu’il fallait essayer d’adopter une nouvelle grille de lecture. Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur le macronisme, mais il manquait la lecture symbolique. Lui-même a eu l’intuition que pour incarner le renouveau politique, il devait incarner un renouveau symbolique. Cette grille de lecture, je l’ai trouvée dans un objet qui, au départ, n’est pas forcément fait pour penser la politique : la marque. Non pas comprise comme une entité commerciale, qui ferait vendre, car on ne vend pas des hommes politiques comme on vend des savonnettes. Mais comme capacité à créer de la cohérence et du sens en articulant trois niveaux différents : des valeurs, des récits et une esthétique, c’est-à-dire des couleurs, des formes, des discours, des scénographies, etc.

De quoi est faite la marque Macron ?

Emmanuel Macron a construit une marque d’une subtilité et d’une puissance à mon avis inégalées, au moins sous la Ve. Il s’est construit sur un système de valeurs extrêmement puissant parce que capable d’articuler des valeurs contradictoires. Cette valeur, je l’ai trouvée chez Roland Barthes, c’est la valeur du Neutre. Le Neutre, c’est la capacité à être ni l’un, ni l’autre. Plutôt que d’être dans le registre de l’affrontement ou de la confrontation, le Neutre est dans le registre de l’esquive, de la parade, de la suspension du conflit. Le Neutre, c’est cette capacité à articuler le conservatisme et le progressisme, le vertical et l’horizontal, le moderne et l’ancien, la droite et la gauche, etc. C’est sur cette capacité à déjouer toutes les oppositions, sans jamais opérer d’attaque frontale, qu’Emmanuel Macron a construit sa marque en 2017.

Emmanuel Macron est celui qui a le plus compris la force, la fonction et l’importance du symbole pour exercer le pouvoir

N’est-ce pas ce qu’on appelle le « en même temps » ?

Le « en même temps » est l’expression langagière de cette stratégie du Neutre. J’ai voulu aller aux racines du macronisme, regarder le système de valeur qui permet ce type de discours et qui permet ce type de tactique. Et je crois l’avoir trouvé avec cette notion du Neutre. Quelques exemples. Durant la campagne, il n’aligne pas du tout des propositions de compromis, mais des propositions de consensus. Là où, habituellement, on a des propositions qui marquent, qu’on soit à droite ou qu’on soit à gauche, il esquive cette opposition-là en proposant des éléments très consensuels, qui évitent tout clivage. On retrouve cette même logique, cinq ans plus tard, dans les toutes dernières propositions d’En Marche ! Sur la plateforme pourunecause.fr, les militants LREM sont encouragés à s’engager pour des causes qui sont le plus souvent extrêmement consensuelles : pour le transport fluvial, pour une nouvelle relation avec l’Afrique, et même contre les punaises de lit… Personne n’est décemment contre ce type de proposition. On retrouve aussi le Neutre comme mode de discours. En 2017, les candidats de la gauche parlent sans surprise d’« humanité », de « paix », d’« injustice » et les candidats de droite parlent de « dette », de « frontières », de « mondialisation ». Emmanuel Macron utilise des mots qui ne sont pas du tout marqués politiquement : il parle de « projet », de « renouvellement », de « transformer » et de « réconcilier ».

Vous montrez que le succès d’Emmanuel Macron repose sur une utilisation très habile du potentiel symbolique de la marque Macron. Cela veut-il dire qu’en politique, nous citoyens, sommes manipulés par des symboles ?

Manipulés, le terme est fort. Je pense que tout pouvoir se construit sur des signes et des symboles. Macron est celui qui a le plus compris la force, la fonction et l’importance du symbole pour exercer le pouvoir. Prenez le couronnement d’Elisabeth II dans la série « The Crown ». Netflix fait commenter la scène par le duc de Windsor, qui a abdiqué et connaît donc parfaitement le cérémonial. Et il dit cette chose géniale : « Retirez tout cet appareillage symbolique, tous ces costumes, tous ces sceptres et ces couronnes, que reste-t-il ? Une jeune femme ordinaire au talent modeste et de peu d’imagination. Mais enveloppez-la comme ça, oignez-la d’huile sainte et, subitement, qu’obtenez-vous ? Une déesse ! » C’est d’abord par et pour les signes et les symboles que le pouvoir peut s’exercer. Régis Debray avait cette formule magnifique : « Toute logique de domination est dépendante d’une logistique de symbole ». Macron est revenu à cette façon de faire de la politique, qui est d’abord de passer par le symbole.

«Il s’est longtemps représenté en Président qui impose son tempo et ne dévie pas au gré de l’actualité. On le voit aujourd’hui ballotté par les événements, obligé d’improviser, de faire des paris, de se dédire même d’une semaine sur l’autre»

Vous écrivez que la marque Macron s’est déréglée à l’épreuve du pouvoir…

Je crois qu’elle s’est déréglée à deux niveaux. D’abord au niveau esthétique : le symbole est devenu un symbole pour le symbole. L’exemple parfait pour moi est le « Make Our Planet Great Again ». C’est un coup de génie publicitaire qui a instauré Macron en héros climatique mondial, contre Donald Trump. En réalité, il lui a plutôt porté tort car on s’est rendu compte que c’était déconnecté des propositions et du programme politiques. La meilleure preuve, c’est la démission de Nicolas Hulot quatre mois plus tard. Quand on brusque le symbole par le haut, lorsqu’il ne parle que de lui-même, il y a une perte d’efficacité symbolique et une perte de capital symbolique.

Elle s’est ensuite déréglée au niveau narratif. Il y avait chez Macron ce narratif d’un Président puissant, efficace, ce mythe de l’entrepreneur politique, cette capacité à déverrouiller la société, à disrupter. Aujourd’hui, dans la crise sanitaire, il est confronté à un narratif complètement différent, de défaillance de l’Etat sur les masques, les tests, les vaccins et surtout à des railleries sur sa propension à être le Président épidémiologiste omniscient, qui se met en surplomb du Conseil scientifique. Autre dérèglement narratif avec le « maître des horloges ». Il s’est longtemps représenté en Président qui impose son tempo et ne dévie pas au gré de l’actualité. On le voit aujourd’hui ballotté par les événements, obligé d’improviser, de faire des paris, de se dédire même d’une semaine sur l’autre. « Le Maître des horloges aujourd’hui, a-t-il dit, c’est le virus ». Les fondamentaux de la marque Macron sont profondément affectés.

GEL: « la CATASTROPHE AGRONOMIQUE DU SIECLE » ( DENORMANDIE)

GEL: « la CATASTROPHE AGRONOMIQUE » ( DENORMANDIE)

A juste titre le ministre de l’agriculture a considéré que le dernier épisode de Joël constitué la catastrophe agronomique du siècle. En cause une nature très en avance du fait de la douceur exceptionnelle de mars et brutalement surprise par le froid intervenu en avril ces derniers jours et qui devrait d’ailleurs se reproduire aussi cette semaine. Les productions les plus touchées concernent les activités viticoles, arboricoles mais aussi d’autres

« Ce sont plusieurs centaines de milliers d’hectares – je dis bien centaines de milliers d’hectares – qui ont été impactés », a déclaré lundi le ministre de l’Agriculture sur le plateau d’Audition Publique pour LCP, Public Sénat et Le Figaro. « En termes d’argent, ce sera très significatif », a-t-il ajouté, à propos des futures pertes.

Plusieurs centaines de milliers d’hectares de cultures ont été impactés par le brutal épisode de gel qui a suivi la forte hausse des températures enregistrée au mois de mars. C’est « un épisode d’une extrême violence qui a causé des dégâts extrêmement significatifs », avait souligné Julien Denormandie vendredi, en visite dans un vignoble de Parçay-Meslay (Indre-et-Loire), près de Tours.

Avec -3°C prévus localement mardi et mercredi en France, de nouvelles gelées matinales sont attendues cette semaine.

Le chef des Gardiens de la révolution iraniens sanctionné par l’union économique

Le chef des Gardiens de la révolution iraniens sanctionné par l’union économique

L’union économique a décidé de sanctionner Hossein Salami, chef des Gardiens de la révolution, la force de sécurité la plus puissante et la plus lourdement armée de la République islamique.

« Hossein Salami a participé aux réunions qui ont abouti aux ordres de recourir à la force létale pour réprimer les manifestations de novembre 2019. Par conséquent, Hossein Salami porte la responsabilité de graves violations des droits de l’homme en Iran », est-il écrit dans le Journal officiel de l’UE.

Parmi les autres personnes visées par les sanctions de l’UE, qui entrent en vigueur lundi, figurent des membres de l’organisation Basij, qui est placée sous le commandement des Gardiens de la révolution, et son chef, Gholamreza Soleimani.

Des diplomates ont déclaré que ces sanctions étaient sans rapport avec les efforts visant à relancer l’accord nucléaire.Officiellement non, mais officieusement !

 

 

Le conseil d’État s’oppose à la fermeture des relations avec le Brésil !

Le conseil d’État s’oppose à la fermeture des relations avec le Brésil !

 

 

On sait que le variant Covid  brésilien est particulièrement dangereux puisque dans le pays par exemple on constate jusqu’à 4000 morts quotidiens du fait du virus. La question se pose en de la fermeture des relations aériennes avec le Brésil. Par le conseil d’État  » dans sa grande sagesse « s’oppose à cette interdiction au nom des libertés.

 

Ce n’est pas la première fois que le conseil d’État prend des positions sur des sujets pour lesquels il n’est pas particulièrement compétent. Un conseil d’État qui ressemble plutôt un conseil corporatiste d’une élite complètement déconnectée des réalités économiques, sociales et culturelles. Par ailleurs un conseil d’État qui fait un peu double emploi avec le conseil constitutionnel, décideurs en dernier ressort pour juger de la compatibilité avec les principes constitutionnels républicains.

 

Sur de nombreux sujets les avis du conseil d’État sont assez baroques. Le gouvernement a pourtant l’obligation pour les lois et certains décrets de demander l’avis du conseil d’État, sorte d’institution de conseil pour le gouvernement mais aussi de décisions de dernier ressort en matière juridique.

 

En fait le droit géré par le conseil d’État en France devient de plus en plus obsolète avec la progression du droit européen. Par exemple pour ses affaires de fermeture des frontières, certains Etats n’ont pas hésité à fermer leurs frontières pour des questions sanitaires. Et ces décisions n’ont pas été contestées par les autorités juridiques et politiques de l’Europe.

 

Le gouvernement français avec donc toute possibilité de décider la fermeture des frontières pour le transport aérien avec le Brésil. La vérité c’est que le gouvernement tire son parapluie et s’abrite derrière la décision du conseil d’État : «Le Conseil d’État nous a dit que les ressortissants français et les résidents en France, au nom de la liberté de circulation, devaient pouvoir continuer à venir», a rappelé le ministre, citant une décision récente de l’institution. Il aurait tout est tout à fait possible d’interdire le trafic aérien avec le Brésil sauf pour le rapatriement dans certaines conditions des Français. Notant que l’Allemagne ne prend pas autant de pincettes juridiques quand elle décide brutalement de fermer ses frontières et où d’en contrôler l’accès

Politique–Charles Michel : l’exemple de la nullité européenne

Politique–Charles Michel : l’exemple de la nullité européenne

 

L’Europe ne s’est pas grandie évidemment avec l’incident prix diplomatique qui a permis à Erdogan d’humilier l’union européenne.  D’abord on se demande ce qui a justifié le double déplacement de la présidente de la commission européenne et du président du conseil européen. Une opération dont a tiré profit surtout Erdogan pour redorer son image diplomatique internationale. Le scandale de l’humiliation imputable à Erdogan doit aussi au président du conseil européen Charles Michel.

Un président du conseil européen qui est en opposition régulièrement avec la présidente de la commission et pas seulement sur le plan protocolaire. Il est clair que Charles Michel ne tolère pas les velléités de la présidente de la commission européenne pour intervenir de plus en plus les champs de responsabilité y compris au plan international. Charles Michel qui n’a pas inventé la poudre a donc accepté en tout cas cautionner l’humiliation d’Erdogan.

Il faut dire que l’Europe comme souvent n’a pas choisi les meilleurs à la tête des institutions européennes. En général ,on se met plutôt d’accord sur le minimum commun et on préfère choisir des personnalités de second rang voire médiocre pour préserver la souveraineté des états . De ce point de vue le belge Charles Michel ne marquera sans doute pas l’Europe de son empreinte, c’est un politicien de métier qui sait slalomer à l’intérieur des tendances européennes mais qui n’a jamais apporté à l’Europe la moindre perspective un peu significative d’innovation et de dynamisme.

 

Ses explications relatives à l’humiliation d’Erdogan paraissent assez insignifiantes et fastidieuses sans parler de sa posture très faux-cul.

 

La visite des institutions européennes en Turquie a été marquée par l’incident protocolaire subi par Ursula von der Leyen, privée de fauteuil aux côtés du président Erdogan et de vous-même. Que s’est-il passé ? Pourquoi n’avez-vous pas réagi sur le moment ?

Je le dis et le redis : je déplore profondément ce qui s’est produit. Une interprétation trop stricte du protocole par les services turcs a mené à ce regrettable incident. Je ne vous le cache pas, je ne dors pas bien depuis. J’ai refait 150 fois le film dans ma tête. Sur le moment, cela a été très vite. Mon attitude a été motivée par le sentiment que si j’avais alors eu une réaction plus marquée, cela aurait donné lieu à un incident non plus protocolaire mais diplomatique qui aurait détruit des mois de travail intense et d’espoir de pouvoir réengager un dialogue nécessaire avec la Turquie. Les enjeux sont très importants. En mer Méditerranée, nous sommes passés proches ces derniers mois d’incidents militaires graves. En outre, Ursula a exprimé sa désapprobation sur le moment. J’ai pensé que cela aurait été vu comme du paternalisme déplacé si j’avais posé un acte additionnel.

 

SONDAGE Popularité Blanquer : La chute

SONDAGE Popularité Blanquer  : La chute

C’est la grande dégringolade du ministre de l’éducation tellement appréciée au début de la législature. En faite l’intéressé a dû avaler de nombreuses couleuvres et renoncer à maintes réformes. Sans parler des contradictions avec le président de la république qui veut masquer la faiblesse du système d’éducation par des mesures de discrimination positive. En outre, le ministre de l’éducation a aussi été victime des tergiversations du pouvoir vis-à-vis des mesures à prendre à l’égard des élèves dans le cas de la crise sanitaire.

Le ministre de l’Education nationale pâtit de la troisième vague de Covid, marquée par une fermeture des écoles dont il ne voulait pas et de ses maladresses. Il perd du terrain dans le baromètre Elabe pour « Les Echos », notamment dans l’électorat macroniste.Il fut un temps où il avait le vent dans le dos. Où il était même le « chouchou » - grinçaient ses collègues au gouvernement – d’Emmanuel Macron et de son épouse Brigitte, jadis enseignante.

Mais quatre ans après le début du quinquennat et une année après le début de la crise du Covid , Jean-Michel Blanquer n’a plus la cote dans l’opinion. A peine 21 % des Français disent avoir une « image positive » du ministre de l’Education nationale (et 51 % une mauvaise) dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et Radio classique.

Crise : repenser la notion de solidarité internationale (Thomas Piketty)

Crise :  repenser la notion de solidarité internationale  (Thomas Piketty)

 

 En refusant de lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, les Occidentaux ont montré leur incapacité à prendre en compte les besoins des pays du Sud, estime l’économiste Thomas PikettyDirecteur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris

 

 

Chronique. 

 

La crise du Covid-19, la plus grave crise sanitaire mondiale depuis un siècle, oblige à repenser fondamentalement la notion de solidarité internationale. Au-delà du droit à produire des vaccins et du matériel médical, c’est toute la question du droit des pays pauvres à se développer et à percevoir une partie des recettes fiscales des multinationales et des milliardaires de la planète qui doit être posée. Il faut sortir de la notion néocoloniale d’aide internationale, versée au bon vouloir des pays riches, sous leur contrôle, et passer enfin à une logique de droits.

 

Commençons par les vaccins. Certains avancent (imprudemment) que cela ne servirait à rien de lever les droits de propriété sur les brevets, car les pays pauvres seraient incapables de produire les précieuses doses. C’est faux. L’Inde et l’Afrique du Sud ont des capacités importantes de production de vaccins, qui pourraient être étendues, et le matériel médical peut être produit un peu partout. Ce n’est pas pour passer le temps que ces deux pays ont pris la tête d’une coalition d’une centaine de pays pour réclamer à l’OMC [l’Organisation mondiale du commerce] la levée exceptionnelle de ces droits de propriété. En s’y opposant, les pays riches n’ont pas seulement laissé le champ libre à la Chine et à la Russie : ils ont raté une belle occasion de changer d’époque et de montrer que leur conception du multilatéralisme n’allait pas dans un seul sens. Espérons qu’ils fassent très vite machine arrière.

La France et l’Europe complètement dépassées

Mais au-delà de ce droit à produire, c’est l’ensemble du système économique international qui doit être repensé en termes de droits pour les pays pauvres à se développer et à ne plus se laisser piller par les plus riches. En particulier, le débat sur la réforme de la fiscalité internationale ne peut pas se réduire à une discussion entre pays riches visant à se partager les profits actuellement localisés dans les paradis fiscaux. C’est tout le problème des projets discutés à l’OCDE [l’Organisation de coopération et de développement économiques]. On envisage que les multinationales fassent une déclaration unique de leurs profits au niveau mondial, ce qui est en soi est une excellente chose. Mais au moment de répartir cette base fiscale entre pays, on prévoit d’utiliser un mélange de critères (masses salariales et ventes réalisées dans les différents territoires) qui en pratique aboutira à attribuer aux pays riches plus de 95 % des profits réalloués, et à ne laisser que des miettes aux pays pauvres. La seule façon d’éviter ce désastre annoncé est d’inclure enfin les pays pauvres autour de la table et de répartir les profits en question en fonction de la population (au moins en partie).

La folie du bitcoin continue à plus de 60.000 dollars

La folie du bitcoin continue à plus de 60.000 dollars

il se confirme de plus en plus que les énormes masses de liquidités déversées par les banques centrales ne sont pas toutes  orientées vers le soutien socio-économique. Une partie non négligeable qui transite par les banques sert aussi à alimenter la spéculation sur les marchés boursiers. Les valeurs ne cessent en effet de grimper en contradiction avec le résultat des entreprises et les tendances globales de l’économie.

Pour le bitcoin, c’est une véritable folie Le cours du bitcoin a de nouveau dépassé 60.000 dollars (50.420 euros) dimanche, confirmant le regain d’intérêt des investisseurs pour la plus connue des cryptomonnaies, dont l’offre reste limitée.  Le pire c’est que cette monnaie virtuelle ne repose sur aucun actif mais uniquement sur la confiance. Le pire aussi c’est que des institutions et de grandes entreprises nationales sont aussi engagées dans cette spéculation particulièrement dangereuse. En cas d’éclatement de la bulle la contamination avec d’autres secteurs financiers pourrait être dramatique.

La valeur du bitcoin a progressé de 116% depuis son plus bas du 4 janvier à 27.734 dollars, profitant notamment de l’annonce par le président américain, Joe Biden, d’un plan de relance de 1.900 milliards de dollars, qui a incité des investisseurs à acheter des cryptomonnaies pour se protéger contre une éventuelle poussée inflationniste.

La discrimination positive est illégale

La discrimination positive est illégale

Jean-Eric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel*estime que la discrimination positive est juridiquement condamnable d’après la constitution et devrait être interdite.

 

 

«C’est avant la sélection des candidats aux emplois publics qu’il faut combattre l’inégalité des chances, notamment par des dispositifs comme les bourses et les classes préparatoires et, bien sûr, par une vigoureuse réforme de l’enseignement initial», explique Jean-Eric Schoettl. Illustration Fabien Clairefond

C’est au mois de mai prochain que le Conseil d’État devra se prononcer, à titre consultatif, sur un projet d’ordonnance prise en application de la loi de «transformation de la fonction publique» d’août 2019. À s’en tenir aux propos présidentiels du 8 avril, ce texte actera (au moins indirectement) la suppression de l’ENA, ainsi que d’autres aspects de la réforme du recrutement et de la formation des hauts fonctionnaires (tronc commun entre une douzaine d’écoles, accès différé aux grands corps…). À n’en pas douter, cette ordonnance sera contestée juridiquement autant que politiquement.

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