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Economie, politique, société: les plus lus (4 juillet 2022- 7h25)

Hausse des taux: le retour aux fondamentaux économiques

 Hausse des taux: le retour aux  fondamentaux économiques

 

Les turbulences boursières récentes reflètent un contexte économique fragile marqué par la forte inflation. Une situation qui tranche avec l’évolution des cours pendant la pandémie de Covid. Par Vincent Fromentin, Université de Lorraine

 

Tribune

 

La bourse danse tel un voilier sur la houle qui navigue à vue ! Les marchés financiers mondiaux sont en baisse depuis ces dernières semaines, malgré de légers soubresauts d’optimisme. Le CAC 40 a perdu environ 19 % depuis le début de l’année 2022. L’Euro Stoxx 50 (indice de référence des marchés de la zone euro) chute de 20 % en 6 mois. Aux États-Unis, l’indice S&P 500 plonge de 23 %.

Les investisseurs aiment anticiper mais ils n’aiment pas l’incertitude… Les variations de la bourse sont donc régies par les anticipations des agents économiques et des investisseurs. Autrement dit, la valeur d’une action reflète principalement les anticipations de résultats d’une entreprise, la vigueur de l’économie mondiale et le momentum de marché (le taux d’accélération du prix d’un titre).

Ces dernières semaines, la deuxième dimension a pris le dessus au regard du contexte politique, économique et financier : guerre en Ukraine, ralentissement économique en Chine, problèmes sur les chaînes d’approvisionnement, forte inflationremontées des taux d’intérêt, fragmentation des dettes souveraines, envolée du « spread » italien… La plupart des voyants « macro » sont dans le rouge ; la bourse aussi.

La macro-finance étudie la relation entre les prix des actifs et les fluctuations économiques ; entre « la bourse et la vie ». Les prix des actifs correspondent à une prime de risque (supplément de rendement par rapport à un actif sans risque) importante, variable dans le temps et corrélée au cycle économique. Les prix des actions et les rendements des actifs sont donc souvent corrélés aux cycles économiques et aux variations des fondamentaux macroéconomiques.

Les rendements boursiers aident également à prévoir les événements macroéconomiques tels que la croissance du PIB, le chômage et l’inflation. On comprend alors que la connexion ou la déconnexion et la causalité entre les variables macroéconomiques et le marché boursier reste une question centrale pour les universitaires, les décideurs politiques, les investisseurs ou les gestionnaires de fonds.

On cherche à solutionner le paradoxe de l’œuf et de la poule. En effet, on peut se demander si les marchés boursiers sont en avance ou en retard sur les fondamentaux macroéconomiques. D’un côté, les variables macroéconomiques influencent et aident à prédire les prix des actions. Les changements économiques affectent les taux d’actualisation et, parallèlement, les variables macroéconomiques font partie des facteurs de risque sur les marchés boursiers. D’un autre côté, les marchés boursiers peuvent également être des indicateurs retardés, réagissant aux données macroéconomiques. Par exemple, les prix des actions peuvent être liés à la production future attendue.

Toutefois, la littérature n’aboutit pas à un consensus sur l’existence, la force et la durée des causalités entre la bourse et les fondamentaux macroéconomiques, en raison du caractère non linéaire et variant des relations. Les cycles d’expansion et de récession semblent conditionner les transmissions et les retombées d’informations entre les fondamentaux macroéconomiques et le marché boursier.

Dans un article de recherche récemment publié, j’analyse l’existence et l’intensité d’une causalité bidirectionnelle variant dans le temps entre la bourse et cinq variables macroéconomiques aux États-Unis entre 1960 et 2021. En intégrant différents marchés (le marché monétaire avec un taux d’intérêt et une masse monétaire, le marché des biens avec l’inflation et la production industrielle et le marché du travail avec le chômage) dans un modèle économétrique, il est possible de déterminer les dates d’origine et de fin de tout épisode de causalité avec une méthodologie récente.

Les résultats empiriques ont révélé que ces relations varient dans le temps, en particulier lors de crises économiques ou financières. Pendant la crise sanitaire, ce constat était moins valable, ce qui pourrait témoigner d’une déconnexion entre les fondamentaux et l’activité boursière. La crise du Covid pourrait avoir modifié les relations économiques. On pourrait être en présence d’exubérances irrationnelles ou de bulles spéculatives. Durant la pandémie, les marchés vivaient leurs vies et se souciaient peu des fondamentaux macroéconomiques.

Dans une autre étude récente, qui se focalise sur les liens entre l’activité boursière et le chômage, les tests de causalité révèlent que les réalisations décalées du marché boursier ont un pouvoir prédictif sur le chômage, et vice versa. En effet, les cours des actions sont notamment impactés par les nouvelles sur les taux de chômage, qui peuvent contenir des informations sur la croissance et/ou la prime de risque des actions.

Toutefois, cette capacité prédictive, que l’on retrouve en particulier durant les périodes de crise, ne se produit que de manière sporadique dans le temps. Par exemple, pendant la bulle Internet, au début des années 2000, la capacité prédictive du chômage vers le marché boursier a semblé plus forte et plus persistante que pendant la grande récession qui a suivi la crise financière de 2008. Depuis, au fil du temps, l’intensité des causalités s’est diluée. On peut donc penser que la déconnexion s’est progressivement confirmée.

En revanche, l’activité boursière des dernières semaines semble étroitement corrélée avec certains fondamentaux macroéconomiques, tels que l’inflation ou les risques de ralentissement de l’activité.

En effet, récemment, la banque centrale américaine a largement augmenté ses taux à court terme de 0,75 point (ce qui est inédit depuis 1994) pour tenter de limiter les tensions inflationnistes, ce qui a provoqué des turbulences sur les marchés.

Toutefois, cette reconnexion récente risque de ne pas durer au regard des conclusions des études mentionnées précédemment. Elle semble principalement provenir d’une conjonction d’événements qui affole les investisseurs et les marchés boursiers, averses à la navigation à vue. La connexion est pourtant indispensable puisque la sphère financière devrait être étroitement reliée à l’économie réelle…

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Par Vincent Fromentin, Maître de conférences HDR, Université de Lorraine

Economie, politique, société: les plus lus (4 juillet 2022- 6h25)

Economie- l’inflation vers les 10% et plus

Economie-  l’inflation vers les 10% et plus 

À ce rythme l’inflation moyenne en Europe aura atteint et même dépassé les 10 % d’ici la fin de l’année . Après avoir grimpé de 7,4% en avril à 8,1% en mai, l’inflation atteint désormais 8,6% en moyenne dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique. ). En cause d’abord l’envol les prix des matières premières, ensuite l’effet de la guerre en Ukraine, enfin la spéculation. D’après Michel Édouard Leclerc la hausse de la moitié des prix ne serait pas justifiée. Producteurs et intermédiaires profitent de la conjoncture augmentée indûment leurs tarifs en organisant au besoin une certaine rétention.

En France, , l’indice des prix à la consommation a grimpé à 5,8% au mois de juin après 5,2 % en mai. .

Ailleurs en Europe, l’Allemagne connaît une inflation de 8,2%, 9% au Royaume-Uni, 8% en Italie… Rien d’étonnant à ce qu’au sein même de la zone euro, la flambée des prix atteigne, aussi, des sommets.

Le taux d’inflation a, en effet, battu un nouveau record en juin, à 8,6% sur un an, selon les chiffres d’Eurostat, ce vendredi. Elle était de 7,4% en avril et 8,1% en mai pour les 19 pays ayant adopté la monnaie unique. Jamais, depuis que l’office européen des statistiques publie cet indicateur en janvier 1997, de tels niveaux n’avaient été recensés.

Les  prix de l’énergie (électricité, pétrole, gaz…) atteignent des sommets. Cette composante de l’indice des prix bondit de 41,9% sur un an en juin, après 39,1% en mai. La progression des tarifs de l’alimentation (y compris alcool et tabac) s’accélère aussi à 8,9%, contre 7,5% en mai. La hausse des tarifs des biens industriels (+4,3%, après +4,2%), comme celle des services (+3,4%, comparé à +3,5% le mois précédent) s’est globalement maintenue.

Ces records mensuels contredisent les premières projections de la Banque centrale européenne, dont la présidente Christine Lagarde affirmait il y a quelques mois de ça que la hausse des prix était transitoire. Désormais, elle ne peut qu’admettre que cette inflation  « excessivement élevée » devrait le rester « pendant un certain temps encore » en zone euro, comme elle l’a expliqué mardi dernier, tout en assurant que la BCE ira « aussi loin que nécessaire » pour lutter contre ce phénomène qui grève le pouvoir d’achat des ménages européens.

Comment affronter la future crise de la tech

Comment  affronter la future crise de la tech

 

Le krach boursier annoncé des entreprises tech et les mises en garde des fonds de capital-risque causent déboires et sueurs froides aux start-up et entreprises. Comment les relations publiques peuvent-elles aider les entreprises tech à surmonter ces difficultés ? Les communicants de l’agence internationale de RP Red Lorry Yellow Lorry, spécialisée en Tech B2B, partagent leurs conseils aux entreprises pour anticiper les défis des prochains mois. Par Hélène Joubert, Jack Benda, Elisabeth-Astrid Beretta, Lena Grün et Justin Ordman - consultants UK, Allemagne, France et US de Red Lorry Yellow Lorry PR.

 

L’effondrement du Nasdaq (28% de pertes depuis janvier, soit 1000 milliards de dollars) a entraîné une crise sans précédent des valorisations tech. La hausse des taux d’intérêts a pénalisé le financement des valorisations technologiques et le problème se manifeste dans les marchés privés. Softbank a annoncé 27 milliards de dollars de pertes pour ses Vision Funds sur l’année fiscale passée, Ark Innovation a perdu 55% depuis le début de 2022. Des start-up comme Klarna ont dû licencier 10% de leurs effectifs pour espérer atteindre leurs objectifs.

Les relations publiques peuvent être d’une grande aide aux entreprises dans cette période d’une grande complexité. Quelques bonnes pratiques d’anticipation peuvent aider à garder le cap.

Après une période faste pour la tech, les temps sont à la prudence. Face à des atermoiements financiers, aux craintes de leurs clients, fournisseurs, partenaires et employés, les entreprises tech se demandent comment rassurer. Pour cela, il faut se saisir en amont des leviers stratégiques qu’offre la communication.

« Plus que jamais, les communicants doivent se saisir des enjeux stratégiques de leur entreprise, en ayant une vue holistique de celle-ci : dynamique concurrentielle, pression financière, road-map des Go to Market, culture et mission…. », explique Hélène Joubert, Directrice Europe de Red Lorry Yellow Lorry. « Ce n’est qu’en ce faisant, que la communication peut venir répondre aux enjeux réputationnels de l’entreprise et devenir un asset primordial pour maintenir la  crédibilité de l’organisation  ainsi que son  levier d’influence. » On doit donc envisager la communication comme un levier devant être intégré à la stratégie et à la gouvernance d’entreprise.

 

Dans un contexte de tension, les esprits sont plus agités qu’à l’accoutumée et tout message raisonne davantage qu’en temps normal. Qui plus est, selon Jack Benda, directeur de comptes senior au UK, « il faut oublier toute idée de séparation entre la communication interne et externe. Toute information peut fuiter à tout momentIl faut maintenir une cadence de communication régulière et communiquer de la manière la plus transparente possible, dans la mesure du raisonnable ».

Aussi, est-il crucial de comprendre vos parties prenantes et les messages qui les intéressent. « Le fait que vous ne puissiez pas séparer vos messages en cas de crise représente un véritable défi en matière de gestion des parties prenantes. Les différentes parties prenantes ont des priorités différentes et parfois divergentes – le personnel s’intéresse aux salaires et à la sécurité de l’emploi ; les investisseurs s’intéressent au rendement ; les clients s’intéressent à la continuité des services. Essayer de trouver des messages qui garantissent la transparence tout en satisfaisant toutes ces parties est l’un des plus gros défis, et nécessite souvent l’œil impartial d’un expert externe en communication », spécifie-t-il.

 

Pas toutes les entreprises tech ne sont à risque d’effondrement, la valeur ajoutée de certaines est une constante. Certains financements ne sont que retardés. Néanmoins, « il faut se méfier d’un effet boule de neige qui provoquerait des rétractations. Il va falloir visibiliser la pérennité des business models, les relais de croissance, afficher des ambitions réalistes, souligner l’expérience des dirigeants, la compliance des entreprises, mettre en exergue les dispositifs qui assurent leur bonne gestion, les externalités positives… », selon Elisabeth-Astrid Beretta, consultante senior en France.

Cependant, il incombe aux dirigeants de donner des perspectives plus larges. Pour renforcer le message, il conviendra de l’alimenter de faits tangibles et de données concrètes, laissant entrevoir un dénouement heureux à cette conjecture.  »Irriguer son écosystème d’études de marché inédites, de données, peut aider à consolider le soutien des parties-prenantes, à évaluer le contexte et à laisser entrevoir non pas ‘si’, mais approximativement ‘quand et comment’ une entreprise ou un marché sortiront d’une mauvaise passe », conclut-elle.

 

Après deux ans de pandémie, d’une inflation croissante, d’une récession imminente et avec une guerre en Europe, la santé mentale des individus est mise à rude épreuve. Selon le rapport de Sapien Lab de mai 2022, la moitié des jeunes adultes (donc entrants  sur le monde du travail) ont vu leur santé mentale décliner au cours de la deuxième année de pandémie : ils sont pourtant tous les jours au travail. Il faut prioriser leur bien-être. En plus, recruter est difficile et les employés constituent un groupe de pression officieux qui peut médiatiquement apporter ou retirer son soutien à une entreprise.

Tenir compte de leur bien-être se reflète dans la manière dont on communique avec eux, surtout en cas de crise. Pour éviter toute confusion, la désinformation et les rumeurs, « il faut communiquer avec ses équipes sur un plan personnel, et ne pas les inonder de messages énigmatiques, de jargon et d’annoncer des changements radicaux dans votre entreprise par des mails collectifs. Il faut leur parler directement avant qu’ils ne commencent à s’interroger. Parfois, cela implique d’admettre que vous ne pouvez pas entièrement prédire ou saisir l’effet à long terme des événements sur votre entreprise « , conseille Lena Grün, directrice de comptes en Allemagne. Néanmoins, la communication ne doit pas être à sens unique : « Idéalement il faut permettre aux collaborateurs un moyen de poser des questions pour démystifier certaines fausses informations qui pourraient déjà s’être répandues », ajoute-t-elle.

 

Face à la démultiplication des outils de communication et des relais d’opinion, il convient d’être présent sur tous les fronts. « Il faut investir dans les outils marketing qui aideront à mieux jauger de l’efficacité d’une campagne, afin de pouvoir rapidement rediriger une éventuelle mauvaise stratégie et d’optimiser le budget marketing. Il est nécessaire également de tirer parti des réseaux sociaux, sur lesquels il est possible de lancer des campagnes et de cibler le public adéquat avec une barrière d’entrée à faible coût. Notamment à travers une stratégie de contenus… », recommande Justin Ordman, Head of Enterprise IT practice.

C’est souvent la première tentation des entreprises en période de difficulté mais il faut s’abstenir de réduire les budgets en relations publiques. C’est au contraire le moment d’exploiter les leviers qu’elles offrent. « Il ne faut surtout pas disparaître. Les autres entreprises se retireront en période de récession, et celles qui maintiendront la visibilité de leur marque gagneront des parts de marché dans leur secteur. Investir dans les relations publiques aujourd’hui, c’est aussi se préparer pour l’avenir », ajoute-t-il.

 

Rappelons-le, si certaines valorisations ont été surpayées, bénéficiant d’un engouement désormais obsolète au sortir des cycles de confinement, c’est loin d’être le cas de très nombreux services et de technologies à réelle valeur-ajoutée sur lesquels les investisseurs ne cesseront pas de miser.

Certaines technologies apporteront même des solutions et une richesse réputationnelle aux autres entreprises dans cette phase compliquée. En revanche, même les plus performantes pourraient pâtir de la frilosité généralisée des investisseurs, et certaines bonnes pratiques de gestion réputationnelles peuvent anticiper et dépasser le problème. Et pour cause, le lancement prochain d’Euronext Tech Leaders, l’indice boursier des valorisations tech européennes, donne un horizon au secteur.

Hélène Joubert, Jack Benda, Elisabeth-Astrid Beretta, Lena Grün et Justin Ordman

Blé : récolte en baisse de 2 à 3 % en France

Blé : récolte en baisse de 2 à 3 % en France

 

La France pourra continuer de combler en partie le déficit ukrainien de blé puisqu’elle exporte environ 50 % de sa production.

Selon Intercéréales et Arvalis -organisme de recherche appliquée financé et géré par les producteurs-, le rendement du blé tendre devrait atteindre  »69,5 q/ha en France en 2022, soit une baisse de 2 % par rapport à 2021 et de 3 % par rapport à la moyenne des 10 dernières années ». Quant à la qualité, qui détermine l’usage et la destination finale des céréales, et qui est donc déterminante pour satisfaire les exigences des marchés en France
et à l’international, la teneur moyenne en protéines est  »estimée à 11,6 %, une valeur correspondant à la moyenne décennale ».

La filière souligne que « cette moyenne nationale masque néanmoins des
hétérogénéités importantes dans les territoires, en raison principalement des stress hydrique et thermique, et plus ponctuellement des épisodes de gel et de grêle ».

La filière rappelle aussi que « ces données restent des prévisions et que la réalité des rendements et de la qualité de la récolte ne seront effectivement vérifiées qu’à la fin de celle-ci ».

La France, premier producteur européen de blé tendre, a produit en moyenne 33,4 millions de tonnes de blé sur la période 2017-2021. Elle exporte la moitié de cette production, vers l’Union européenne (50%) et des pays tiers.

Production mondiale de blé par pays
Pays Production (tonnes) Production par personne (Kg) Superficie (en hectares) Rendement (Kg / Hectare)
Blé : récolte en baisse de 2 à 3 % en France dans actu-économie politique 98614cda-6d26-45e3-9520-0485a90e63d8 République populaire de Chine 131 447 224 94,304 24 268 794 5 416,3
210f3b89-33ca-4453-93c0-8a39521bb918 2 à 3 % dans agriculture Inde 99 700 000 74,599 29 580 000 3 370,5
32afe3db-7d9e-4889-8d3f-4fc2a5762419 baisse Fédération de Russie 72 136 149 491,133 26 472 051 2 725
561cf002-ba3a-4a18-8ccc-d8e3b89ca049 blé États-Unis d’Amérique 51 286 540 156,474 16 027 750 3 199,9
df0c2e69-e1ea-4b29-98e2-a0f3fe94a0ba de France 35 798 234 531,944 5 231 615 6 842,7
e897741a-4815-4d23-8f50-b205700ea6f6 en Canada 31 769 200 853,699 9 881 000 3 215,2
7d564f0f-d72c-4b64-8571-0dd5f2a7c307 France Pakistan 25 076 149 124,218 8 797 227 2 850,5
206feb91-cd26-45c1-80a4-59bca7f0b530 récolte Ukraine 24 652 840 583,308 6 619 600 3 724,2
4bd73e84-6858-416b-8c34-d5e01b45526f Australie 20 941 134 835,993 10 919 180 1 917,8
c9c4893c-e5ad-4e2b-ae84-21eecf26c58b Allemagne 20 263 500 244,903 3 036 300 6 673,7
29ecab90-9959-4c99-8e82-2bfa8b49b63a Turquie 20 000 000 247,493 7 288 622 2 744
c624819f-7f1b-4089-8981-e0cdaa7c6bc6 Argentine 18 518 045 416,187 5 822 173 3 180,6
da7ad0e7-b193-46bd-b72e-c4e8f9f4a7db Iran 14 500 000 177,355 6 700 000 2 164,2
e1f0b224-7d94-4b42-9318-cb168bee0110 Kazakhstan 13 944 108 763,124 11 354 380 1 228,1
930c4215-fe39-4899-862c-83d0e0e3a12f Royaume-Uni 13 555 000 205,254 1 748 000 7 754,6
806a7fcc-a2e3-41d8-af80-6b0171c05b66 Roumanie 10 143 671 519,549 2 112 307 4 802,2
e3bcb426-2d1e-4ec7-b84d-cfa7492d0cf9 Pologne 9 820 315 255,514 2 417 227 4 062,6
c6de7972-ece6-4fd3-89c0-8f2272c071f9 Égypte 8 800 000 90,26 1 315 490 6 689,5
b7e5fb7a-72de-4592-8876-910fe47c3400 Espagne 7 989 906 171,239 2 063 683 3 871,7
924e3c9e-5ea5-43e5-abef-fb8999969548 Maroc 7 320 620 210,516 2 842 748 2 575,2
2d7caa8a-b3f6-4afb-910a-168f43910b63 Italie 6 932 943 114,715 1 821 725 3 805,7
8433d70d-59a8-46a5-9ab1-3156e32be23d Bulgarie 5 832 449 827,294 1 212 012 4 812,2
dbdb2a75-1cfb-4b23-9d5c-e6eade574ed5 Brésil 5 418 711 25,861 2 065 254 2 623,8
82ce3d0d-bb12-4f94-817d-70663319c588 Ouzbékistan 5 410 760 165,7 1 311 376 4 126
51ed4a24-bef7-440b-8562-b54e4adab582 Hongrie 5 245 890 536,884 1 029 523 5 095,5
300f2563-38b2-4ffe-8464-563716bc276a Tchéquie 4 417 841 416,253 819 690 5 389,6
59e91c75-4a8a-44aa-b8fc-9a19d20c7fae Éthiopie 4 238 836 39,418 1 748 972 2 423,6
74c3b4d1-b498-4cf8-b3ee-f018cbd38141 Algérie 3 981 219 93,575 2 087 003 1 907,6
b4f0c57c-9e33-454b-a295-f9ff413e785a Afghanistan 3 613 300 114,435 1 635 000 2 210
4e8ad7d3-f241-4f9f-ad47-09b4160fa7d1 Irak 3 211 382 81,632 1 180 443 2 720,5
bbb605d1-ae56-4af5-9813-ea582addb542 Mexique 2 943 445 23,597 541 345 5 437,3
6209e0b6-e13c-4066-8045-521bfd48fb0e Serbie 2 941 601 420,142 643 083 4 574,2
93248cac-933b-4b7a-b2ef-7ab6aa5f7540 Lituanie 2 838 899 1 013,625 772 885 3 673,1
8bffe0ed-d868-4641-8af6-dcd489dd359b Danemark 2 654 819 458,521 425 806 6 234,8
0baec591-7ad0-4f6f-8b26-d58854564c75 Azerbaïdjan 1 991 683 201,219 677 834 2 938,3
4480851f-2683-4567-99eb-de47ee699813 Népal 1 949 001 66,704 706 843 2 757,3
6bf15b17-638a-433d-ac87-51a868506a11 Slovaquie 1 927 926 354,195 403 372 4 779,5
59dd5f89-7473-42ad-87d8-984ce52a730c Afrique du Sud 1 868 000 32,36 503 350 3 711,1
457f53f1-b28c-469c-9af7-d5dcc1738e24 Biélorussie 1 814 765 191,467 659 861 2 750,2
d63d661e-974d-4a40-9e9b-911cddd4f0f3 Belgique 1 652 249 144,722 195 686 8 443,4
22846974-2a42-4962-89b3-84849ba6ffb5 Suède 1 620 300 159,298 372 500 4 349,8
532f21a2-53c1-464f-a5ee-13cb2ccc4d53 Tunisie 1 500 000 131,047 846 939 1 771,1
ad7caa4e-ee11-4fd8-a525-e3b362dd0da4 Chili 1 469 003 83,59 236 415 6 213,7
00605fe3-e449-457e-bdac-840968f4bf50 Lettonie 1 431 600 743,418 417 200 3 431,4
d673df08-13df-4939-9f81-561b00586380 Autriche 1 370 960 155,118 292 654 4 684,6
5a371f41-17b2-41b5-b0b5-aa28c4c9fcdb Syrie 1 200 000 65,63 600 000 2 000
13a53e9a-0c60-4406-a885-013c1cacde50 Moldavie 1 162 778 327,46 372 076 3 125,1
c55f7598-5d4d-4ffe-8d4a-50ae8d657321 Bangladesh 1 099 373 6,658 351 228 3 130,1
bca94488-a4f1-4a22-b4af-750fd4d099ce Grèce 1 072 940 99,64 404 490 2 652,6
e4d79884-d366-4b06-93ad-4f34acb2b2b6 Turkménistan 1 000 000 170,897 936 488 1 067,8
f551c039-df89-4f41-b2b8-c8a726eb13db Pays-Bas 985 297 57,114 111 697 8 821,2
e4f13b9b-1952-4f90-a3f5-5322be1fc710 Tadjikistan 778 986 87,223 255 549 3 048,3
eb38fe53-6706-48cb-bb91-38f91e875927 Japon 764 900 6,047 211 900 3 609,7
b6ed4426-f780-4842-9d4b-a6c33028c069 Croatie 744 405 177,573 138 456 5 376,5
d6c0b46d-0b7b-45f4-9d23-2d8e2ec0319e Paraguay 722 400 102,425 430 000 1 680
7704f6bf-7036-4a18-b19f-55fdd9e0f3f4 Kirghizistan 615 926 97,622 253 804 2 426,8
b3e0e233-d5bd-40fd-8ada-b443d253afba Soudan 595 000 14,584 226 000 2 632,7
ebc8899a-6a2d-43e0-8df2-51b3048f50fb Arabie saoudite 586 413 17,55 89 756 6 533,4
46950d48-1a62-48d8-aadf-0b545ed0653d Irlande 506 800 104,344 58 000 8 737,9
bf80abfc-9cec-459e-ae11-380f48f10925 Suisse 497 250 58,549 88 135 5 641,9
bda640c7-34ab-4518-aea5-f8f30f28afd1 Finlande 494 700 89,654 177 800 2 782,3
2fdcf340-d736-4602-bba2-d909e830b613 Estonie 450 265 341,334 154 579 2 912,8
a29253e1-1a3b-45ea-8178-10233c4733f0 Uruguay 440 000 125,5 186 000 2 365,6
58e05d37-41b0-41fd-9eff-34b632d6fd20 Mongolie 436 115 135,269 342 666 1 272,7
3d1ab558-bddb-4aae-b0ec-0601be317ba5 Nouvelle-Zélande 371 027 75,702 41 411 8 959,6
9a4b9ad0-0203-43b9-98dc-dc636cd92030 Kenya 336 600 6,606 133 147 2 528
6f398245-3840-4e6f-aba9-f5733b1272e6 Bolivie 301 689 26,681 199 569 1 511,7
f7d07433-760b-45b9-ada5-5f61961313e9 Bosnie-Herzégovine 295 810 78,165 73 591 4 019,6
a2f3b283-d2ff-4e30-af64-01b813e85298 Macédoine (pays) 241 106 116,179 70 987 3 396,5
4aabdbb5-8f26-4783-8dc5-9d4ae460634f Albanie 240 294 83,717 65 072 3 692,7
c663830d-72d2-4b74-a918-d2ecfa297648 Pérou 195 088 6,245 126 638 1 540,5
8928a13d-6871-43af-b5a3-f3c8cc9e6abe Arménie 187 453 63,12 66 378 2 824
1a2f582f-df9b-4db7-b789-1770ded48879 Libye 138 770 21,445 179 558 772,8
054828a3-0184-412e-89e2-e276c860709d Liban 135 411 22,222 40 216 3 367,1
7cb3091f-1dd2-4c7e-a983-f61df7069677 Birmanie 134 372 2,495 74 142 1 812,4
b4189947-309b-499a-9f49-45a018edf617 Norvège 123 500 23,248 58 512 2 110,7
cb8856aa-03fa-49e6-9b6f-eb440a40a417 Slovénie 121 901 58,978 27 822 4 381,5
d2d7f972-a5b2-4104-a822-7d98d4daaf1e Zambie 114 463 6,778 21 675 5 280,8
659b515e-90e2-46f8-84e7-dedaca5a88ab Géorgie 107 100 28,716 43 300 2 473,4
8132e19c-c391-404f-b3fe-6e6c87d3ed31 Yémen 105 503 3,649 64 530 1 634,9
80842dab-e33b-4eb3-842c-fde2f02f9fa6 Tanzanie 104 870 1,935 94 549 1 109,2
f6661872-d426-4c76-83b3-7ffa9ac5320d Luxembourg 78 409 130,246 12 984 6 038,9
44f4bb98-682d-48d6-bdaa-18a1e102abc6 Israël 70 500 7,914 52 900 1 332,7
841960e7-01da-406d-bd11-30df4b9cd3bb Portugal 67 749 6,583 27 025 2 506,9
da175222-98a9-4c26-b190-836094693473 Nigéria 65 433 0,331 82 882 789,5
0ec5eaba-483a-44d2-b631-e95682ebdfaa Zimbabwe 41 488 2,794 20 734 2 001
02037ac0-2d2c-43bc-a18c-a28e5981863b Corée du Sud 37 577 0,728 10 279 3 655,8
8855ed86-06ee-415c-8aac-d2e1832974d5 Corée du Nord 35 000 1,367 23 867 1 466,5
6c50fe27-8323-4aca-9201-93e9c867a7cc Territoires Palestiniens 34 167 7,509 15 413 2 216,8
b860ff67-4f0d-4e35-b743-e94529b2ba59 Mali 29 185 1,527 8 240 3 541,9
cd98293b-cdf8-4898-bbb3-eb995fc8d8ca Érythrée 28 939 5,578 25 597 1 130,6
9710bc61-ae66-454e-a3d0-43d22ffa7f44 Ouganda 23 597 0,608 15 340 1 538,3
6e9ace5c-5713-4c87-89fd-9ed40721e8a1 Burundi 22 751 2,13 16 145 1 409,2
ef79ae1c-b217-402e-9d1a-326dbe2abfdf Mozambique 21 105 0,731 18 176 1 161,2
d9f3ec7a-fc2f-44ef-ac2a-ebb7e7eece54 Jordanie 20 668 2,02 18 049 1 145,1
b7b1f65b-83fe-45d7-bb2e-676147325191 Chypre 18 054 21,121 8 485 2 127,8
9074127f-da21-4744-86ec-4fb8c9e1e0e3 Malte 12 208 25,663 2 403 5 079,6
86b8a01c-d50d-4b0d-808b-668d975b07b3 Colombie 11 139 0,223 6 811 1 635,5
b7d696e1-065b-4cc8-bed4-50b409d69d08 Rwanda 10 875 0,906 10 761 1 010,6
dccadb52-e3af-4c48-8b2b-b40426efaa9a Lesotho 9 058 4,003 8 686 1 042,9
98e03791-6d7a-4733-8f11-c9fbd717f4d6 Mauritanie 7 349 1,845 3 408 2 156,6
6ee38b6b-d948-4cb4-a095-6c74e3f23201 Taïwan 6 724 0,285 2 604 2 582,6
4b919e87-43a0-4722-8fbc-f3399e22d2d6 Madagascar 6 322 0,241 2 634 2 400,6
0e213c39-4059-4c7d-8a36-a05457115bff Congo-Kinshasa 6 309 0,078 4 912 1 284,4
1c978065-7c71-4482-b7a4-1f0c8f837336 Namibie 6 094 2,525 1 149 5 306,1
749868d2-c45b-4b9d-99f9-a255b77057ef Équateur 5 398 0,316 3 149 1 714,2
2766f281-4864-44fc-944d-42d4da680baf Niger 4 807 0,224 1 623 2 961,5
f6f5376f-a6a4-4a4c-a8c8-4d8cfba12d2a Bhoutan 4 141 5,695 2 130 1 943,9
9cd503e3-c095-46f2-bdd1-85e4267ac4eb Oman 3 579 0,714 929 3 852,5
90f585a1-5aa5-4c89-9d70-40145201fc02 Angola 2 820 0,096 2 579 1 093,5
488daea2-16e9-4023-9330-743a312e4147 Monténégro 2 467 3,964 769 3 208,8
a5a28fac-880e-42b8-88d4-f3d65f52791b Tchad 1 798 0,117 801 2 244
ec573fad-8945-4eec-a061-57243c8d1458 Thaïlande 1 351 0,02 1 221 1 106,2
75075cab-7ce2-47f4-bc9f-e4aa45caab4d Guatemala 1 282 0,074 594 2 156,6
56756e86-fceb-4509-b031-4dc2aed37eb7 Honduras 1 248 0,138 2 238 557,7
6a22740f-b368-488e-bee5-2723159b59f9 Somalie 1 033 0,068 2 586 399,4
0a67fc92-fcf7-4009-87bc-cb80bb5535cc Cameroun 938 0,039 706 1 329,3
b496dd18-bda0-4d54-aa83-237b35694bd1 Malawi 729 0,041 592 1 231,4
85172dd5-d1a3-497c-8d1f-efbdc14a6b49 Swaziland 713 0,615 393 1 814,6
e0ba40ce-5f7d-45b5-a1ba-14dd3b9581ac Venezuela 144 0,005 49 2 972,4
7b994a7d-acb4-45ec-8529-a662eba78fd8 Botswana 104 0,045 130 800
1b2c0a1c-2490-4d09-9e30-7a953cdcec22 Émirats arabes unis 30 0,003 10 3 000
5ae3d05b-ecb4-458d-b6bc-68e6c6608e06 Qatar 15 0,006 6 2 500
8c0c95da-a386-4a7d-9421-7ee1334fe533 Koweït 9 0,002 3 3 000

Chine : pas un partenaire un rival dangereux

Chine : pas un partenaire,  un rival

Les deux économistes Stewart Paterson et Leslie Shaw expliquent, dans une tribune au « Monde », pourquoi il ne faut plus traiter la Chine comme un simple partenaire commercial, mais comme le géant économique et le rival géopolitique qu’elle est devenue pour l’Europe.

Un article intéressant mais qui ne souligne pas suffisamment le faite que les occidentaux et la France  en particulier ont délibérément délocalisé leur production en Chine mais aussi certaines technologies qui reviennent en boomerang NDLR

 

Il a fallu une pandémie pour mettre en évidence, de manière terriblement claire, les risques et les coûts très réels de l’externalisation de la fabrication vers la Chine. Au plus fort de la crise du Covid-19, cette dernière n’a pas hésité à tirer parti de sa position dominante dans la fabrication d’équipements médicaux pour obtenir un avantage géopolitique et être exonérée de toute responsabilité. Cette grave asymétrie dans les relations entre la Chine et l’Occident n’est peut-être devenue apparente que récemment, mais elle se prépare depuis deux décennies.

Les décideurs occidentaux ont vu dans le lancement de relations économiques avec la Chine un moyen de l’éloigner de la planification étatique et de l’orienter vers les principes de l’économie de marché. Le lobby des sociétés multinationales a exercé une forte pression pour faire tomber les barrières commerciales, considérant l’énorme population chinoise comme un marché de consommation à pénétrer et un marché du travail à exploiter.

Cette politique était cependant fort peu judicieuse. La Chine a rejoint le système économique mondial avec des coûts d’investissement attrayants et une population urbanisée d’un milliard de personnes prêtes à travailler pour des salaires représentant en moyenne 1/30 de ceux pratiqués dans les pays développés.

En conséquence, le pays s’est taillé une position dominante en tant que premier exportateur – à hauteur de 2 900 milliards de dollars américains en 2018 (environ 2 785 milliards d’euros) ; – et premier fabricant au monde – 25 % de la fabrication mondiale.

Incapable de rivaliser avec les faibles coûts de main-d’œuvre et les normes environnementales de la Chine, l’Occident a subi des pertes d’emploi et une stagnation des salaires.

En outre, le contrôle strict des capitaux et des importations, par un Parti communiste toujours puissant, a eu un effet désinflationniste qui a rendu la viabilité de la dette plus difficile en Occident. Le renforcement de la puissance de feu économique de la Chine est le principal moteur du déclin de la part de l’Union européenne (UE) dans l’industrie manufacturière mondiale, et son impact est particulièrement marqué dans le cas de la France.

Historiquement, la France a été parmi les premières puissances occidentales à établir des partenariats économiques avec la Chine, avec notamment une coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire. En 2019, elle a cependant enregistré un déficit commercial de 33 milliards d’euros avec la Chine – le plus grand enregistré avec l’un de ses partenaires commerciaux.

 

Economie, politique, société: les plus lus (3 juillet 2022- 8h50)

Hausse des taux: cohérente avec les fondamentaux économiques

 Hausse des taux: cohérente avec les fondamentaux économiques

 

Les turbulences boursières récentes reflètent un contexte économique fragile marqué par la forte inflation. Une situation qui tranche avec l’évolution des cours pendant la pandémie de Covid. Par Vincent Fromentin, Université de Lorraine

 

Tribune

 

La bourse danse tel un voilier sur la houle qui navigue à vue ! Les marchés financiers mondiaux sont en baisse depuis ces dernières semaines, malgré de légers soubresauts d’optimisme. Le CAC 40 a perdu environ 19 % depuis le début de l’année 2022. L’Euro Stoxx 50 (indice de référence des marchés de la zone euro) chute de 20 % en 6 mois. Aux États-Unis, l’indice S&P 500 plonge de 23 %.

Les investisseurs aiment anticiper mais ils n’aiment pas l’incertitude… Les variations de la bourse sont donc régies par les anticipations des agents économiques et des investisseurs. Autrement dit, la valeur d’une action reflète principalement les anticipations de résultats d’une entreprise, la vigueur de l’économie mondiale et le momentum de marché (le taux d’accélération du prix d’un titre).

Ces dernières semaines, la deuxième dimension a pris le dessus au regard du contexte politique, économique et financier : guerre en Ukraine, ralentissement économique en Chine, problèmes sur les chaînes d’approvisionnement, forte inflationremontées des taux d’intérêt, fragmentation des dettes souveraines, envolée du « spread » italien… La plupart des voyants « macro » sont dans le rouge ; la bourse aussi.

La macro-finance étudie la relation entre les prix des actifs et les fluctuations économiques ; entre « la bourse et la vie ». Les prix des actifs correspondent à une prime de risque (supplément de rendement par rapport à un actif sans risque) importante, variable dans le temps et corrélée au cycle économique. Les prix des actions et les rendements des actifs sont donc souvent corrélés aux cycles économiques et aux variations des fondamentaux macroéconomiques.

Les rendements boursiers aident également à prévoir les événements macroéconomiques tels que la croissance du PIB, le chômage et l’inflation. On comprend alors que la connexion ou la déconnexion et la causalité entre les variables macroéconomiques et le marché boursier reste une question centrale pour les universitaires, les décideurs politiques, les investisseurs ou les gestionnaires de fonds.

On cherche à solutionner le paradoxe de l’œuf et de la poule. En effet, on peut se demander si les marchés boursiers sont en avance ou en retard sur les fondamentaux macroéconomiques. D’un côté, les variables macroéconomiques influencent et aident à prédire les prix des actions. Les changements économiques affectent les taux d’actualisation et, parallèlement, les variables macroéconomiques font partie des facteurs de risque sur les marchés boursiers. D’un autre côté, les marchés boursiers peuvent également être des indicateurs retardés, réagissant aux données macroéconomiques. Par exemple, les prix des actions peuvent être liés à la production future attendue.

Toutefois, la littérature n’aboutit pas à un consensus sur l’existence, la force et la durée des causalités entre la bourse et les fondamentaux macroéconomiques, en raison du caractère non linéaire et variant des relations. Les cycles d’expansion et de récession semblent conditionner les transmissions et les retombées d’informations entre les fondamentaux macroéconomiques et le marché boursier.

Dans un article de recherche récemment publié, j’analyse l’existence et l’intensité d’une causalité bidirectionnelle variant dans le temps entre la bourse et cinq variables macroéconomiques aux États-Unis entre 1960 et 2021. En intégrant différents marchés (le marché monétaire avec un taux d’intérêt et une masse monétaire, le marché des biens avec l’inflation et la production industrielle et le marché du travail avec le chômage) dans un modèle économétrique, il est possible de déterminer les dates d’origine et de fin de tout épisode de causalité avec une méthodologie récente.

Les résultats empiriques ont révélé que ces relations varient dans le temps, en particulier lors de crises économiques ou financières. Pendant la crise sanitaire, ce constat était moins valable, ce qui pourrait témoigner d’une déconnexion entre les fondamentaux et l’activité boursière. La crise du Covid pourrait avoir modifié les relations économiques. On pourrait être en présence d’exubérances irrationnelles ou de bulles spéculatives. Durant la pandémie, les marchés vivaient leurs vies et se souciaient peu des fondamentaux macroéconomiques.

Dans une autre étude récente, qui se focalise sur les liens entre l’activité boursière et le chômage, les tests de causalité révèlent que les réalisations décalées du marché boursier ont un pouvoir prédictif sur le chômage, et vice versa. En effet, les cours des actions sont notamment impactés par les nouvelles sur les taux de chômage, qui peuvent contenir des informations sur la croissance et/ou la prime de risque des actions.

Toutefois, cette capacité prédictive, que l’on retrouve en particulier durant les périodes de crise, ne se produit que de manière sporadique dans le temps. Par exemple, pendant la bulle Internet, au début des années 2000, la capacité prédictive du chômage vers le marché boursier a semblé plus forte et plus persistante que pendant la grande récession qui a suivi la crise financière de 2008. Depuis, au fil du temps, l’intensité des causalités s’est diluée. On peut donc penser que la déconnexion s’est progressivement confirmée.

En revanche, l’activité boursière des dernières semaines semble étroitement corrélée avec certains fondamentaux macroéconomiques, tels que l’inflation ou les risques de ralentissement de l’activité.

En effet, récemment, la banque centrale américaine a largement augmenté ses taux à court terme de 0,75 point (ce qui est inédit depuis 1994) pour tenter de limiter les tensions inflationnistes, ce qui a provoqué des turbulences sur les marchés.

Toutefois, cette reconnexion récente risque de ne pas durer au regard des conclusions des études mentionnées précédemment. Elle semble principalement provenir d’une conjonction d’événements qui affole les investisseurs et les marchés boursiers, averses à la navigation à vue. La connexion est pourtant indispensable puisque la sphère financière devrait être étroitement reliée à l’économie réelle…

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Par Vincent Fromentin, Maître de conférences HDR, Université de Lorraine

Economie, politique, société: les plus lus (2 juillet 2022- 9h00)

Inflation: Une aumône de 100 euros pour les pauvres

Inflation: Une aumône de  100 euros pour les pauvres

 

 

Alors qu’on s’oriente officiellement vers une inflation de leur de 10 % ( inflation sous-estimée par l’INSEE du fait de l’évolution structurelle de la consommation notamment des ménages dans les dépenses contraintes ne cessent  d’augmenter, le gouvernement envisage une aumône de 100 € pour les pauvres.

 

Au rythme actuel, l’inflation moyenne en Europe aura atteint et même dépassé les 10 % d’ici la fin de l’année . Après avoir grimpé de 7,4% en avril à 8,1% en mai, l’inflation atteint désormais 8,6% en moyenne dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique. ). En cause d’abord l’envol les prix des matières premières, ensuite l’effet de la guerre en Ukraine, enfin la spéculation. D’après Michel Édouard Leclerc la hausse de la moitié des prix ne serait pas justifiée. Producteurs et intermédiaires profitent de la conjoncture augmentée indûment leurs tarifs en organisant au besoin une certaine rétention.

 

En France, , l’indice des prix à la consommation a grimpé à 5,8% au mois de juin après 5,2 % en mai. On sera sans doute proche de 10 % vers la fin d’année. Bilan pour les ménages dont le revenu moyen et de l’ordre de 2000 €, une perte de 200 € par mois. Une perte que ne pourront compenser l’augmentation des salaires et de la redistribution.

À défaut de mesures structurelles susceptibles de modifier de manière durable le fonctionnement des marchés et de peser sur l’inflation, les pauvres devront se contenter pour l’instant d’un chèque de 100 €. «On souhaite prévoir une indemnité alimentaire d’urgence de 100 euros par foyer et 50 euros par enfant pour 9 millions de personnes et on travaille en complément sur un chèque alimentaire plus qualitatif pour accéder à des produits bio, frais et locaux», a déclaré Olivia Grégoire , la porte-parole du gouvernement.

 

 

Le projet de loi pouvoir d’achat devrait être présenté le 6 juillet en Conseil des ministres. «On a déjà engagé 25 milliards d’euros depuis le mois d’octobre sur ces mesures de soutien aux Français et on mettra à peu près la même somme dans les mois qui viennent», a commenté Olivia Grégoire, en disant également espérer la mise en place «à la rentrée un dispositif spécifique pour les gros rouleurs qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler».

 

Zone euro : l’inflation vers les 10% et plus

Zone euro : l’inflation vers les 10% et plus 

À ce rythme l’inflation moyenne en Europe aura atteint et même dépassé les 10 % d’ici la fin de l’année . Après avoir grimpé de 7,4% en avril à 8,1% en mai, l’inflation atteint désormais 8,6% en moyenne dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique. ). En cause d’abord l’envol les prix des matières premières, ensuite l’effet de la guerre en Ukraine, enfin la spéculation. D’après Michel Édouard Leclerc la hausse de la moitié des prix ne serait pas justifiée. Producteurs et intermédiaires profitent de la conjoncture augmentée indûment leurs tarifs en organisant au besoin une certaine rétention.

En France, , l’indice des prix à la consommation a grimpé à 5,8% au mois de juin après 5,2 % en mai. .

Ailleurs en Europe, l’Allemagne connaît une inflation de 8,2%, 9% au Royaume-Uni, 8% en Italie… Rien d’étonnant à ce qu’au sein même de la zone euro, la flambée des prix atteigne, aussi, des sommets.

Le taux d’inflation a, en effet, battu un nouveau record en juin, à 8,6% sur un an, selon les chiffres d’Eurostat, ce vendredi. Elle était de 7,4% en avril et 8,1% en mai pour les 19 pays ayant adopté la monnaie unique. Jamais, depuis que l’office européen des statistiques publie cet indicateur en janvier 1997, de tels niveaux n’avaient été recensés.

Les  prix de l’énergie (électricité, pétrole, gaz…) atteignent des sommets. Cette composante de l’indice des prix bondit de 41,9% sur un an en juin, après 39,1% en mai. La progression des tarifs de l’alimentation (y compris alcool et tabac) s’accélère aussi à 8,9%, contre 7,5% en mai. La hausse des tarifs des biens industriels (+4,3%, après +4,2%), comme celle des services (+3,4%, comparé à +3,5% le mois précédent) s’est globalement maintenue.

Ces records mensuels contredisent les premières projections de la Banque centrale européenne, dont la présidente Christine Lagarde affirmait il y a quelques mois de ça que la hausse des prix était transitoire. Désormais, elle ne peut qu’admettre que cette inflation  « excessivement élevée » devrait le rester « pendant un certain temps encore » en zone euro, comme elle l’a expliqué mardi dernier, tout en assurant que la BCE ira « aussi loin que nécessaire » pour lutter contre ce phénomène qui grève le pouvoir d’achat des ménages européens.

 

Economie, politique, société: les plus lus (1er juillet 2022- 8h18)

Inflation: Une aumône de 100 euros pour les pauvres

Inflation: Une aumône de  100 euros pour les pauvres

 

 

La hausse des prix continue sa vive progression en France . En juin, elle a atteint 5,8 % sur un an après 5,2 % au mois de mai, selon l’estimation provisoire publiée ce jeudi par l’Insee.

Les moins favorisés sont les plus grandes victimes compte tenu de l’ampleur de leurs dépenses contraintes.

De ce point de vue, le gouvernement aurait été bien avisé de décider d’analyser de près l’évolution des prix dont la moitié serait douteux d’après Michel-Edouard Leclerc . En clair nombre de producteurs profitent de la crise pour opérer des rétentions  favorables à l’emballement des prix.
Du coup,  hausse des prix continue sa vive progression en France . En juin, elle a atteint 5,8 % sur un an après 5,2 % au mois de mai, selon l’estimation provisoire publiée ce jeudi par l’Insee.

Poussés par la guerre en Ukraine et la spéculation , les prix de l’énergie , des produits alimentaires continuent leur course en avant : ils sont respectivement en hausse de 33 % et de 5,7 % sur un an. Mais au-delà, l’inflation se diffuse dans l’économie. Les prix des services augmentent ainsi de 3,2 %, comme en mai. Dans l’ensemble, les prix des biens manufacturés progressent quant à eux de 2,6 %, une hausse plus modérée qu’en mai essentiellement liée au début des soldes d’été.

Poussés par la guerre en Ukraine, les prix de l’énergie et des produits alimentaires continuent leur course en avant : ils sont respectivement en hausse de 33 % et de 5,7 % sur un an. Mais au-delà, l’inflation se diffuse dans l’économie. Les prix des services augmentent ainsi de 3,2 %, comme en mai. Dans l’ensemble, les prix des biens manufacturés progressent quant à eux de 2,6 %, une hausse plus modérée qu’en mai essentiellement liée au début des soldes d’été.

À défaut de mesures structurelles susceptibles de modifier de manière durable le fonctionnement des marchés et de peser sur l’inflation, les pauvres devront se contenter pour l’instant d’un chèque de 100 €. «On souhaite prévoir une indemnité alimentaire d’urgence de 100 euros par foyer et 50 euros par enfant pour 9 millions de personnes et on travaille en complément sur un chèque alimentaire plus qualitatif pour accéder à des produits bio, frais et locaux», a déclaré Olivia Grégoire lors d’un déplacement à La Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes.

Le projet de loi pouvoir d’achat devrait être présenté le 6 juillet en Conseil des ministres. «On a déjà engagé 25 milliards d’euros depuis le mois d’octobre sur ces mesures de soutien aux Français et on mettra à peu près la même somme dans les mois qui viennent», a commenté Olivia Grégoire, en disant également espérer la mise en place «à la rentrée un dispositif spécifique pour les gros rouleurs qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler».

 

«Nous arrivons au pic de l’inflation. La bonne nouvelle c’est que cela devrait ensuite descendre, sans doute vers la fin de l’année et le début de l’année prochaine».

Ou peut-être  plus tard!

Inflation : la moitié des hausses suspectes dénonce Michel-Edouard Leclerc

Inflation : la moitié des hausses suspectes dénonce Michel-Edouard Leclerc

Encore un bon coup médiatique pour Michel-Edouard Leclerc, président des centres E.Leclerc qui dénonce à juste titre les hausses suspectes qui concerneraient la moitié des produits. De fait nombre d’acteurs économiques opère des rétentions volontaires pour réduire l’offre  non seulement dans l’alimentaire mais aussi pour d’autres biens y compris industriels.« La moitié des hausses de prix sont suspectes », a estimé le patron du groupe Leclerc sur BFM.