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Economie française : prévoir une guérison plus structurelle

Economie française : prévoir une guérison plus structurelle

Matthieu Courtecuisse et Olivier Marchal dans l’Opinion évoque la problématique de remise sur pied structurel de l’économie française.

Matthieu Courtecuisse est président de Syntec Conseil et PDG de Sia Partner. Olivier Marchal est administrateur de Syntec Conseil et président de Bain & Company en France.

La crise du coronavirus a montré l’importance d’avoir en France des entreprises fortes et productives. Si la France veut redevenir durablement une terre de production, et pas seulement d’importation, il faut établir dès maintenant le bon diagnostic, puis envisager le bon remède. Après avoir interrogé 300 dirigeants ou décideurs d’entreprise avec l’Ifop, nous proposons quelques pistes.

Le diagnostic d’abord. La crise a frappé la France en février dernier alors que la situation s’améliorait enfin avec 10 000 emplois industriels créés en 2019 après deux décennies de désindustrialisation, le recul du déficit commercial et du chômage, grâce notamment à des réformes de compétitivité : trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés, allégement du Code du travail, transformation du CICE [crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi] en baisse de charges, réforme de l’apprentissage.

Les premiers résultats étaient bien là, et, s’ils n’étaient pas aussi importants qu’espérés, c’est parce que la France revient de trop loin. Rappelons qu’en dépit des réformes fiscales, le pays reste classé 141e sur 141 par la Banque Mondiale pour le poids de la fiscalité. Les entreprises françaises sont toujours privées chaque année de 61 % de leur résultat commercial par diverses taxes et cotisations, contre 40 % en moyenne pour leurs rivales européennes. Autant d’argent en moins pour investir, innover et créer des emplois en temps normal. En temps de crise, autant de réserves en moins pour résister et se relancer.

La crise liée à la Covid-19 n’invalidera pas les règles élémentaires de l’économie, au contraire : au-delà de la gestion de l’épidémie, on constate aujourd’hui que les pays qui redémarrent le plus vite et qui retrouveront rapidement leur richesse d’avant crise sont ceux qui affichent la meilleure compétitivité

Freins à la compétitivité. Le mal profond est donc clairement identifié, et la Covid ne l’a pas changé. Les dirigeants d’entreprise interrogés ce mois-ci par l’Ifop pour Syntec Conseil sont unanimes : ils placent toujours le coût de la main-d’œuvre et la fiscalité sur les entreprises en tête des freins à leur compétitivité, devant les contraintes réglementaires.

Le remède ensuite. A court terme, avec une récession de plus de 9 % en 2020 et une activité à l’arrêt dans certains secteurs, des mesures conjoncturelles de soutien sont indispensables pour ranimer l’économie. A cet égard, le plan de relance présenté par le gouvernement va globalement dans le bon sens et est bien perçu par les dirigeants en entreprise : une grande majorité d’entre eux le trouve satisfaisant.

Mais pour un rebond durable, il sera nécessaire de faire émerger une compétitivité nouvelle, et pour cela de continuer à traiter les faiblesses structurelles de notre économie.

La crise liée à la Covid-19 n’invalidera pas les règles élémentaires de l’économie, au contraire : au-delà de la gestion de l’épidémie, on constate aujourd’hui que les pays qui redémarrent le plus vite et qui retrouveront rapidement leur richesse d’avant crise sont ceux qui affichent la meilleure compétitivité. La récession cette année en Allemagne a été deux fois moins grave qu’en France, et nos voisins tablent sur un retour à l’équilibre budgétaire et à un taux de chômage à 5,5 % en 2022, sans compter les excédents commerciaux records.

A défaut de réforme en faveur de la compétitivité, le décrochage avec nos voisins risque de s’accentuer et de durer. Sans réforme, les discours sur les relocalisations resteront des incantations : ils ne seront pas suivis d’effets. Réciproquement, les délocalisations continueront, en particulier celles des emplois d’encadrement et de conception, en raison de charges sociales prohibitives pour ces salariés et des nouveaux horizons ouverts par le télétravail.

Dépenses publiques. Les sceptiques répondront que le gouvernement a les mains liées par un déficit abyssal, qu’un rétablissement de la compétitivité française est impossible. Ce serait oublier un grand enseignement de cette crise : chaque Français a pu constater qu’à dépenses publiques et niveaux d’impositions inférieurs, de nombreux pays bénéficiaient de meilleurs services publics et d’une organisation administrative plus efficace.

Dans les hôpitaux par exemple, le pourcentage de personnel administratif est de 34 % en France, contre 26 % en Allemagne, ce qui représente des milliards d’euros en moins pour s’équiper en matériel ou mieux payer les soignants, et des milliards de plus en taxes…

Pour quelle raison ? Certainement pas faute de dévouement et de professionnalisme des agents : soignants de l’hôpital public, policiers et autres font un travail exemplaire et sont applaudis des Français. Le problème est organisationnel : trop d’argent se perd dans le millefeuille administratif et social, trop peu arrive in fine sur le terrain. Dans les hôpitaux par exemple, le pourcentage de personnel administratif est de 34 % en France, contre 26 % en Allemagne, ce qui représente des milliards d’euros en moins pour s’équiper en matériel ou mieux payer les soignants, et des milliards de plus en taxes…

Idem dans l’éducation, où les personnels administratifs sont deux fois plus nombreux que chez nos voisins, pour des enseignants moins bien payés et des résultats moins bons. Les exemples de complexité administrative, de doublons de compétence, de gâchis, d’établissements publics et de dispositifs sociaux multipliés au gré des circonstances sont légion.

Les réformes structurelles sont donc possibles, à condition de revoir en profondeur les dépenses publiques. Les dirigeants en entreprise, en proie avec ces enjeux de « bonne gestion » au quotidien, ne s’y trompent pas : ils sont 85 % à se dire favorables à une revue des dépenses publiques une fois la crise de la Covid-19 terminée, et même 40 % à souhaiter une baisse drastique !

Pour produire de nouveau, se réindustrialiser, notre économie doit guérir : de la crise liée à la Covid-19, mais aussi et surtout du déficit structurel de compétitivité que le gouvernement avait commencé à traiter avec succès. Ce renouveau productif ne pourra advenir véritablement que si la sphère publique se réorganise et apprend à faire plus avec moins. C’est la condition nécessaire du rétablissement durable de la compétitivité. La bonne nouvelle est que tout le monde sait désormais cet objectif à notre portée !

Matthieu Courtecuisse est président de Syntec Conseil et PDG de Sia Partner. Olivier Marchal est administrateur de Syntec Conseil et président de Bain & Company en France.

 

Moral des patrons : très léger mieux en janvier

Moral des patrons : très léger mieux en janvier

L’indicateur synthétique qui reflète ce climat des affaires gagne 1 point par rapport à décembre à 92 points, mais reste encore très inférieur à sa moyenne de longue période qui est de 100, précise l’Institut national des statistiques. « Cette très légère hausse est le reflet d’évolutions différentes suivant les secteurs d’activité en lien avec l’incertitude quant à l’évolution de la situation sanitaire », souligne l’Insee.

Ainsi l’industrie et le commerce de gros connaissent une petite amélioration, tandis que le climat des affaires « fluctue à peine dans les services et le commerce de détail », davantage soumis à des restrictions. Le durcissement et l’élargissement du couvre-feu sur l’ensemble du territoire depuis une semaine devraient à nouveau plomber le moral des commerces.

Dans l’industrie, l’impact de la crise est nettement moins sévère que dans les services. Il reste que beaucoup de sites de production sont menacés et des milliers d’emplois risquent encore d’être détruits dans le sillage des faillites d’entreprises.  Le climat de l’emploi gagne lui aussi un point en janvier par rapport à décembre, à 85 points, quand il était à 105 points avant la crise.

Encore 3 millions de personnes en chômage partiel en novembre

Encore 3 millions de personnes en chômage partiel en novembre

 

Nul doute que le dispositif de chômage partiel à évité des drames économiques et sociaux. Il a permis à nombre  d’entreprises notamment les PME de résister à la diminution voir la suppression totale d’activité pendant une période. Il a permis aux salariés de leur assurer des revenus faute de travail effectif. Évidemment, ce dispositif qui va encore être prolongé sans doute encore assez longtemps avec la hausse exponentielle de la pandémie comporte un coup. Un coup qu’on évalue autour de 25 milliards entre janvier et novembre. Soit autour de 30 milliards par an.

 

Sur l’ensemble de l’année, en prenant également en compte le dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD), le ministère du Travail table sur une dépense avoisinant les 30 milliards. Ce dispositif déployé depuis l’été et qui peut s’étendre jusqu’à 24 mois couvre désormais 420.000 salariés, avait dévoilé vendredi dernier Élisabeth Borne. Si ce chiffre est encourageant, celui des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) l’est beaucoup moins…

Le nombre hebdomadaire de ruptures de contrats de travail envisagées en janvier dans le cadre d’un plan social fait plus que tripler par rapport aux deux dernières semaines de décembre, passant de 620 à 2 040. Preuve que 2021 s’annonce aussi compliquée, si ce n’est plus, que 2020 sur le front de l’emploi…

La France contre un accord commercial UE-Mercosur

La France contre un accord commercial UE-Mercosur

 

Officiellement,  la France justifie son désaccord sur le projet union économique –Mercosur pour des questions environnementales qu’on comprendra. Ceci étant , les motifs sont aussi purement commerciaux car les conditions de concurrence entre les pays du Mercosur et l’union économique sont complètement déséquilibrées. Pour parler clair en Amérique latine les règles sociales, fiscales et environnementales sont à peu près inexistantes dans la pratique. Se posent  aussi de graves questions sanitaires dans la mesure où les pays américains concernés utilisent encore des substances chimiques dans certaines sont interdits depuis des dizaines d’années en Europe et en France.

 

Citant l’impact potentiel de cet accord sur la déforestation en Amérique latine ainsi que le “niveau d’ambition insuffisant” pour amener les pays du Mercosur à prendre davantage en compte le changement climatique, “le gouvernement en conclut que ces éléments confortent la position de la France de s’opposer au projet d’accord d’association en l’état”.

“Il en va de la cohérence des engagements environnementaux de notre pays et de l’Europe”, a tweeté le Premier ministre Jean Castex, auquel le rapport a été remis ce vendredi.

Au-delà de ces préoccupations sur la déforestation et le changement climatique, le gouvernement français exige qu’un futur accord avec le Mercosur permette de garantir que “les produits agroalimentaires importés bénéficiant d’un accès préférentiel au marché de l’Union européenne respectent bien, de droit et de fait, les normes sanitaires et environnementales” de l’UE.

“En l’état, les choses sont claires, c’est NON au Mercosur”, a écrit sur Twitter le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. “Sans améliorations sur la lutte contre la déforestation, la reconnaissance du travail de nos agriculteurs et le respect de nos normes, la France s’oppose et continuera à s’opposer au projet d’accord.”

Démocratie Chine : un critique Xi Jinping condamné à 18 ans de prison pour corruption

Démocratie Chine : un critique de Xi Jinping condamné à 18 ans de prison pour corruption

 

L’étau de la dictature ne cesse de se serrer autour de certains responsables économiques qui osent émettre des critiques vis-à-vis du parti communiste chinois et de son chef suprême, élu maintenant à vie, Xi Jinping .

Récemment c’est le patron sans doute plus influent de Chine qui a été rappelé à l’ordre sévèrement à tel point d’ailleurs qu’il a pratiquement disparu médiatiquement. C’est tout juste si on a autorisé une petite vidéo de quelques secondes pour rappeler son existence et rassurer ainsi les investisseurs étrangers concernant l’immense groupe Alibaba présidé par Jacques Ma.

Ce dernier avait osé émettre des critiques d’ordre économique du pouvoir. Maintenant c’est un autre responsable qui vient d’être victime de la reprise en main du parti communiste chinois à savoir Ren Zhiqiang, l’ancien président du groupe public d’immobilier Huayuan; il vient d’être condamné à 18 ans de prison et à une amende de 4,2 millions de yuans (525.960 euros environ. Les experts quand ils se considèrent que la curie va continuer contre tous ceux qui vont oser émettre des critiques vis-à-vis du régime et de son président. Pour ces derniers il n’y a que trois solutions : la mort, l’exil ou la prison.

On peut légitimement s’interroger sur les engagements des Chinois concernant le futur accord sur les investissements entre l’union européenne et la Chine. L’union européenne espère que la Chine respectera les règles de concurrence. Comment faire confiance à un pays qui non seulement ne respecte aucune règle de concurrence mais aucune règle démocratique ; pire qui rétablit la politique de répression chère à Mao aussi bien vis-à-vis des chefs d’entreprises contestataires que vis-à-vis des ouïgours dont il faut rappeler qu’un million sont actuellement emprisonnés et ou contraints à des travaux forcés.

Selon l’avis publié mardi, Ren Zhiqiang a restitué tous les gains illégalement accumulés, a “volontairement avoué ses crimes”, accepté sa condamnation et ne fera pas appel.

Ren Zhiqiang a été arrêté en mars après avoir assimilé le président Xi Jingping à un clown alors que ce dernier se félicitait de la gestion de la crise du nouveau coronavirus par son gouvernement. Dans un billet, qui ne mentionnait pas explicitement Xi Jinping, Ren Zhiqiang disait ne pas avoir vu “un empereur vêtu de ses habits neufs, mais un clown nu soucieux de vouloir continuer de passer pour un empereur”, rapporte le China Digital Times, une publication basée aux Etats-Unis.

Zen Zhiqiang a été exclu du Parti communiste chinois en juillet. Il a été accusé le même mois d’avoir détourné des fonds pour assouvir sa passion pour le golf ou encore d’avoir illégalement accumulé d’importantes sommes d’argent.

Deutsche Bank : 20 % des agences supprimées

Deutsche Bank : 20 % des agences supprimées

 

 La saignée continue dans le secteur bancaire avec la succession d’annonces de suppressions de postes et de fermeture d’agences. Dernière en date, l’annonce de la Deutsche Bank de supprimer 20 % des agences très rapidement. Le motif principal avancé est celui du changement de comportement des clients qui à l’occasion de la pandémie fréquentent encore moins souvent les établissements bancaires.

 

En France mais partout dans le monde le secteur bancaire fait succéder les plans de réduction d’effectifs au motif d’une part que les postes  des activités d’investissement doivent se réduire en raison de la crise mais que les activités générales, sont affectés d’une part par le traitement numérique des données, les habitudes des consommateurs mais aussi par la moindre rentabilité des banques du fait de la faiblesse des taux d’intérêt.

D’une certaine manière le secteur bancaire connaît à peu près le même phénomène de transformation que l’industrie automobile par exemple.

Deutsche Bank prévoit donc de fermer 20% de ses agences en Allemagne “aussi rapidement que possible” pour tirer parti des changements d’habitude de ses clients pendant la crise du coronavirus, au-delà de ses efforts de réduction des coûts, a dit à Reuters le responsable de son activité de banque de détail dans le pays.

Philipp Gossow a précisé que cette réduction d’environ 500 à 400 du nombre d’agences en Allemagne concernerait essentiellement les centres urbains.

Ces fermetures sont décidées alors que Deutsche Bank est déjà engagée depuis 2019 dans une vaste réorganisation de ses activités internationales après des années de pertes.

Les banques en Allemagne disposent traditionnellement de plus d’agences que dans d’autres pays d’Europe comme les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, où la clientèle est moins réticente à l’utilisation des outils numériques pour la gestion de leurs comptes. Avec la crise du coronavirus et les confinements de population, les banques à travers l’Europe ont engagé une réflexion sur leur présence géographique avec les agences.

Commerzbank, deuxième banque d’Allemagne derrière Deutsche Bank, a récemment annoncé la fermeture de 200 de son millier d’agences. Elle a prévenu qu’elle pourrait en fermer des centaines d’autres.“Le coronavirus a accentué l’évolution de la demande envers les services de conseil et l’activité de détail”, a dit Deutsche Bank.

“Même les clients qui auparavant n’étaient pas très à l’aise avec la banque en ligne effectuent désormais beaucoup de transactions bancaires de base de chez eux, sur leur ordinateur ou leur iPad”, a-t-il ajouté.

Des opérations plus complexes de conseil se déroulent désormais de plus en plus par téléphone ou entretien vidéo, a poursuivi Deutsche Bank qui veut investir dans le développement de ces services pour un montant non précisé.

BCE : en creux l’attente d’une deuxième vague et le renoncement à la croissance

BCE : en creux l’attente d’une deuxième vague et le renoncement à la croissance

Pour l’instant ,la BCE n’a pas changé sa politique monétaire de soutien à l’économie, elle s’apprêterait plutôt à la prolonger. La vérité c’est que la banque centrale européenne est dans une position d’attente persuadée qu’elle est que l’Europe comme d’autres régions du monde ne pourra échapper à une très forte nouvelle vague du Coronavirus. Une nouvelle vague en outre accélérée du fait de l’émergence de différents variants.

Sans doute la BCE va-t-elle encore attendre environ un mois pour constater les dégâts nouveaux de la pandémie qui devrait être assez catastrophiques d’ici début mars. À ce moment-là ,la banque centrale européenne pourrait prendre de nouvelles mesures d’accommodements pour soutenir une activité dont maintenant la croissance en 2021 est fortement mise en question.

 

Au cours dune  conférence de presse, Christine Lagarde a surtout évoqué les risques “à la baisse” entourant les perspectives économiques de la zone euro, une formulation qui signifie que la BCE juge l’hypothèse d’un assouplissement accru de sa politique plus probable que celle d’un resserrement. Mais elle a précisé que ces risques avaient commencé à refluer, en particulier grâce à l’accord entre Bruxelles et Londres sur l’après-Brexit.

“Les nouvelles concernant les perspectives de l’économie mondiale, l’accord sur les futures relations entre l’UE et le Royaume-Uni et le début des campagnes de vaccination sont encourageantes”, a-t-elle dit. “Mais la poursuite de la pandémie et ses implications sur les conditions économiques et financières restent de sources de risques à la baisse.” Ces préoccupations de court terme ne devraient toutefois pas remettre en cause les perspectives d’amélioration à plus long terme, a-t-elle expliqué. Le problème étend de savoir ce qu’on entend par long terme ? Sans doute maintenant pas avant 2022.

“Une fois que l’impact de la pandémie se dissipera, la reprise de la demande, soutenue par des politiques budgétaires et monétaires accommodantes, exercera une pression à la hausse sur l’inflation à moyen terme”, a-t-elle dit.

Elle a en outre rappelé que le programme d’achats d’obligations PEPP, lancé en mars dernier, pouvait encore mobiliser quelque 1.000 milliards d’euros en cas de besoin. La BCE répète toutefois qu’elle pourrait ne pas utiliser la totalité de cette enveloppe, augmentée de 500 milliards en décembre pour rassurer les marchés. “Si des conditions de financement favorables peuvent être maintenues avec des flux d’achats d’actifs qui n’épuisent pas l’enveloppe sur l’horizon d’achats du PEPP, l’enveloppe n’aura pas besoin d’être utilisée en totalité”, a expliqué Christine Lagarde.

Le taux de refinancement de la BCE reste fixé à zéro, celui de la facilité de dépôt à -0,5% et celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%.

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Quelle souveraineté économique ?

Quelle souveraineté économique ?

L’affaire Carrefour-Couche-Tard risque de réveiller les démons du populisme ainsi que ceux du simplisme et du nationalisme économiques, écrivent, dans une tribune au « Monde, les économistes Emmanuel Combe et Sarah Guillou. Mais selon eux, en matière d’économie, la souveraineté ne consiste pas au repli sur soi.

Tribune. L’affaire Carrefour-Couche-Tard illustre les ambiguïtés d’une politique de souveraineté économique dont la doctrine et les contours n’ont jamais été clairement explicités. Ce faisant, elles l’exposent à plusieurs démons.

Le premier d’entre eux, c’est le démon du populisme. La souveraineté économique est actuellement très en vogue dans l’opinion, surtout lorsqu’on agite le spectre d’une hypothétique menace sur notre « sécurité alimentaire ». Elle rassure l’électeur, en mal de certitudes sur la provenance des biens qu’il consomme. Mais elle le conforte également dans l’idée trop simple selon laquelle la mondialisation serait la cause première de tous nos maux, en étant d’abord source de dépendance et de contraintes.

La pandémie de Covid-19 a été à cet égard propice à l’usage politique de cette notion, en ravivant un discours sur notre dépendance envers certains produits « essentiels ». Nombre de Français ont en effet conclu que la pénurie observée de masques ou de respirateurs résultait de l’absence de production sur le territoire national, ce qui est erroné. En réalité, la pénurie vient principalement d’un défaut d’ajustement de l’offre mondiale à la demande ; elle ne résulte pas de la localisation de la production, ni de la distance entre les lieux de consommation et de production, ni encore de ce que le propriétaire de l’entreprise soit français ou non.

Le « mythe du potager »

Le second démon, c’est celui du simplisme économique. Le risque est ici de réhabiliter les vieilles thèses sur les vertus supposées de l’autarcie et du mercantilisme. L’autarcie repose sur le « mythe du potager » selon lequel tout produire chez soi rendrait indépendant. Paradoxalement, non : si vous faites tout vous-même, vous ne pouvez plus compter que sur vous-même, ce qui peut être problématique si le pays connaît un choc. Diversifier ses approvisionnements à l’étranger peut être un choix plus sécurisant.


Par ailleurs, tout faire soi-même est impossible aujourd’hui et entraînerait un coût exorbitant pour le pays. Quant au mercantilisme, qui stigmatise les importations, il repose sur un contresens économique majeur. Importer n’est pas en soi un problème et présente même de multiples avantages : cela permet par exemple de tirer parti des chaînes de valeur mondiales. De même, importer conditionne directement les performances à l’exportation de nos entreprises. Acheter à l’étranger permet enfin d’exercer le privilège de l’acheteur, c’est-à-dire celui de pouvoir choisir ses fournisseurs.

L’insuffisance numérique de Carrefour et de ses concurrents

Couche-Tard ne procédera donc pas à l’acquisition de Carrefour. Le gouvernement y a mis son veto. Cette décision a été abondamment commentée, généralement pour la condamner. Elle entrerait en porte-à-faux avec les efforts de promotion de l’attractivité du territoire national envers les investisseurs étrangers et fait craindre des difficultés lorsqu’il s’agira pour des entreprises françaises de procéder à des acquisitions à l’étranger. Mais cette décision provoque surtout de l’incompréhension.

Est-il raisonnable d’évoquer la sécurité alimentaire du pays dans le cas de la prise de contrôle d’une entreprise de la distribution, de surcroît par un distributeur canadien et au profil des plus rassurants ? Des entreprises étrangères œuvrent d’ores et déjà sur le marché français de la distribution alimentaire. Les hard-discounters allemands (Aldi et Lidl) ne se sont pas distingués durant la crise sanitaire par un comportement pouvant laisser craindre une menace pour la sécurité nationale.

Lire aussi  Carrefour : le prétexte de la souveraineté alimentaire

Comme les autres enseignes, ils ont fait de leur mieux pour continuer de nourrir les Français. Quant aux craintes relatives à l’impact sur l’amont de la filière alimentaire, il semble difficile de se montrer plus durs dans les négociations que le sont nos distributeurs nationaux. Enfin, face à la perspective de voir déferler des produits canadiens dans les rayons des magasins à la hallebarde, on voit mal comment un distributeur en France, même détenu par des capitaux étrangers, pourrait ne pas tenir compte de la demande insistante des consommateurs de consommer français et local.

Réserves à l’égard de la mondialisation

Alors comment justifier une telle posture ? Il y a bien entendu ici un calcul politique. Les Français, comme chacun sait, sont pour le moins réservés à l’égard de la mondialisation. Les enquêtes réalisées par L’Obsoco (L’Observatoire société et consommation) durant la crise sanitaire montrent que celle-ci a eu pour effet de renforcer cette posture. Que le virus nous soit venu de l’étranger (de Chine de surcroît), que la crise ait mis au grand jour les conséquences de la mondialisation des chaînes de valeur sur la fragilité de notre système économique, que nous ayons pu manquer de masques, de tests et, désormais, de vaccins, a révélé notre vulnérabilité à l’égard de l’étranger.

« La crise sanitaire a mis au centre du débat public les notions de souveraineté, de réindustrialisation, de relocalisation »

La crise a ainsi mis au centre du débat public les notions de souveraineté, de réindustrialisation, de relocalisation… En juin 2020, seuls 20 % des Français estimaient que « le bilan de la mondialisation est globalement positif » alors que 85 % pensaient que « la France gagnerait à relocaliser une partie de sa production industrielle et agroalimentaire ». 72 % se disaient d’accord avec la proposition selon laquelle « la France gagnerait à nationaliser [c’est-à-dire rendre publiques] une partie des entreprises dont la production est essentielle au bon fonctionnement du pays ». Oui, oui, il s’agit bien ici de nationalisations…

Dette publique :  » le débat sans issue »

Dette publique :  » le débat sans issue »

Les deux économistes Eric Monnet et Shahin Vallée renvoient dos à dos, dans une tribune au « Monde », les partisans de « l’absolution » et ceux de la « rédemption » financière, suggérant de modifier radicalement le cadre budgétaire européen pour sortir d’un faux dilemme.(Extrait)

Tribune. Le débat sur la dette publique française a pris une tournure religieuse, opposant les partisans de l’absolution à ceux de la rédemption.

Le pardon prendrait la forme de l’annulation de la dette accumulée par la Banque centrale européenne (BCE), ou plus exactement par l’Eurosystème des banques centrales européennes, qui a acheté les trois quarts de la dette publique émise depuis le début de la pandémie.

Ceux qui défendent la rédemption souhaitent au contraire cantonner cette dette et réduire les déficits publics futurs pour la rembourser.

Ces deux options ont pour point commun de « sacraliser » le stock de dette, alors que, à l’inverse de celle d’un ménage ou d’une entreprise, la soutenabilité de la dette d’un Etat dépend de sa capacité à lever l’impôt et de la confiance en sa monnaie – ce qui lui permet de se réendetter pour rembourser.

Mais au lieu de considérer les taux négatifs comme une opportunité de diminuer mécaniquement la charge de la dette, nos dirigeants se soumettent à l’obsession morale pour le stock de dette, au risque de menacer la transition écologique et la relance de l’économie européenne. Et de gommer également les enjeux distributifs du financement de la dette, pourtant essentiels au débat démocratique.

Si l’annulation de la dette détenue par la BCE est possible, elle n’est pas un simple jeu d’écritures. Elle pose la question du traitement réservé aux autres créanciers, puisque tous doivent en principe bénéficier d’un traitement égal. Elle nécessiterait une modification des traités européens qui paraît héroïque, sinon hors de portée.

Une caisse d’amortissement

Ce combat n’est ni politiquement illégitime ni intellectuellement inutile, mais on ne peut présenter les ruptures profondes qu’il entraînerait comme un jeu comptable sur lequel échafauder tout un programme politique. Et quel serait vraiment le gain de cette annulation ? Elle réduirait d’un seul coup le stock de dette mais n’assurerait en rien les conditions de financement à long terme de l’Etat.

En échange d’une annulation, nos partenaires européens, Allemagne en tête, exigeraient sans doute des règles plus contraignantes hypothéquant la politique budgétaire future. Par ailleurs, rien ne dit que les investisseurs seraient dupes et apprécieraient plus la dette française à la faveur d‘une telle réduction de son stock.

La rédemption est quant à elle l’option privilégiée par le gouvernement et a motivé la création d’une « Commission sur l’avenir des finances publiques ». Son objectif est double : rassurer les créanciers en affectant une ressource budgétaire propre au remboursement de la dette (lui procurant ainsi une forme de séniorité), et d’autre part, signaler par un enregistrement comptable spécifique que cette dette est traitée différemment par l’Etat et son remboursement assuré.

Climat : utopie de la croissance verte

Climat : utopie de la croissance verte

Antoine Foucher (président de Quintet Conseil) explique dans les Échos que les promesses de croissance verts sont complètement utopiques et qu’en faites elles impliquent au contraire une réduction de la production mondiale. Ou alors il faut accepter une autre civilisation caractérisée notamment par d’autres modes de production et de consommation.

 

 

Dans ses documents préparatoires au sixième rapport d’évaluation, prévu pour 2022, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) rappelle que la limitation du réchauffement climatique à deux degrés suppose de contenir les émissions cumulées de CO2 dans l’atmosphère depuis 1870 à environ 3.000 milliards de tonnes et que cela implique de réduire, d’ici à 2050, les émissions annuelles d’environ 65 % par rapport à 2018.

Mettre en place une croissance verte durable, ce serait donc produire davantage d’énergie pour augmenter le PIB (pas de production supplémentaire sans énergie supplémentaire) et, en même temps, réduire les émissions de CO2 pour ne pas dépasser les deux degrés. La production d’énergie non carbonée serait deux fois sollicitée : une première fois pour rendre possible la production supplémentaire et une seconde fois pour remplacer l’énergie carbonée aujourd’hui utilisée, responsable de 80 % des émissions de CO2.

Stellantis veut fermer son usine anglaise

Stellantis  veut fermer son usine anglaise

L’entreprise Stellantis, regroupant Fiat et Peugeot envisage de fermer une usine anglaise suite à la décision de Boris Johnson d’interdire les moteurs thermiques à partir de 2030 . Ce qui va impacter la production de Vauxhall à Ellesmere Port, à proximité de Liverpool.

En cause, la décision de Boris Johnson, annoncée mi-novembre, d’avancer de 2035 à 2030 l’interdiction de la vente de moteurs thermiques neufs (essence ou Diesel). Le patron portugais a énoncé de manière très directe quelles en seront les conséquences pour Vauxhall. « Si on nous dit qu’en 2030 on ne peut plus vendre au Royaume-Uni de moteurs à combustion interne, ce que nous respectons, alors nous n’investissons plus dans ces moteurs, car cela n’a plus de sens, a-t-il asséné. Nous appliquons les règles, mais si elles mènent à une situation où il n’y a plus de business model, alors la conséquence est claire pour tout le monde. »

 

Suez/Veolia : Mestrallet pour le maintien de l’indépendance chaque société

Suez/Veolia : Mestrallet pour le maintien de l’indépendance chaque société

Gérard Mestrallet, le patron historique de Suez et Engie se prononce clairement pour le maintien de l’indépendance de chaque société Suez d’une part, Veolia d’autre part. Ce qui résulte de son audition par le Sénat. La « solution amicale et rapide à la situation créée par l’intention d’offre de Veolia » proposée par Suez le 17 janvier, avec le soutien des fonds d’investissement Ardian et GIP, « mérite son attention », estime en effet le patron historique de Suez et Engie qui, n’ayant «plus de lien juridique » avec ces deux entreprises, se dit désormais « indépendant et libre » dans ses propos.

Selon Gérard Mestrallet, les discussions, pour être fructueuses, devront néanmoins porter sur les deux projets: celui de Veolia de créer un « champion mondial » unique dans l’eau et les déchets, et celui de Suez de renforcer « chacun des deux leaders français des services à l’environnement », afin d’éventuellement « élaborer une troisième voie négociée et aimable ».  Le seul problème c’est que la commission européenne aura son mot à dire et que vraisemblablement elle va exiger en cas de regroupement que les sociétés se débarrassent d’un certain nombre d’actifs par exemple sans doute de l’activité de l’eau qui pourrait alors être confiée comme d’autres à des fonds spéculatifs y compris étrangers.

Chine : Une petite vidéo de Jack Ma pour rassurer investisseurs et clients ?

Chine : Une petite vidéo de Jack Ma pour rassurer investisseurs et clients ?

Une petite vidéo de quelques secondes du patron d’Alibaba qui n’est pas actuellement en odeur de sainteté au sein du parti communiste chinois. Une  vidéo destinée sans doute à rassurer investisseurs et clients de l’énorme société présidée par Jack Ma .

Rien n’indique sérieusement que JacK Ma  a retrouvé grâce auprès du parti communiste chinois et cette vidéo laisse très interrogatif à la fois sur la situation du milliardaire mais aussi sur celle de son entreprise.

Il se pourrait bien qu’il s’agisse d’une manipulation grossière du parti communiste poussé à diffuser une vidéo du patron d’Alibaba pour éviter que les investisseurs ne réduisent leur position dans l’immense groupe chinois.

Bien que Ma ait quitté ses fonctions d’entreprise et ses appels de bénéfices, il conserve une influence significative sur Alibaba et Ant.

Malgré le gain boursier de mercredi, il y avait un scepticisme sur le fait que l’apparition de Ma signifiait que tout allait bien.

«Quel est son état actuel sera entièrement à Pékin de nous le révéler», Leland Miller, PDG du cabinet de conseil américain China Beige Book. «Ce que nous savons, c’est si Jack court partout, Jack se cache ou autre chose, Alibaba n’est pas en clair. Il reste encore beaucoup à voir sur l’histoire. »

Deux investisseurs qui ont vendu ou réduit leurs positions dans Alibaba ont déclaré qu’ils avaient besoin de plus de réconfort sur la société et l’environnement réglementaire avant de reconsidérer l’action.

«L’un de nos principaux critères est le leadership et nous investissons dans Alibaba parce que je respecte vraiment Jack Ma en tant que leader», a déclaré William Huston, fondateur et directeur des services institutionnels de la société indépendante de conseil en investissement Bay Street Capital Holdings à Palo Alto, en Californie. avec des actifs sous gestion de 86 millions de dollars.

« Nous savons tous que ce n’est pas parce qu’il est venu … qui explique nécessairement ce qui se passe. »

Huston, qui a réduit les positions de l’entreprise dans Alibaba l’année dernière de 8% du portefeuille à moins de 1%, a déclaré que le retrait de l’introduction en bourse de Ant avait causé trop d’incertitude.

« Tout cela nous a mis dans un état d’esprit où Alibaba n’est pas un investissement prudent pour nous à l’avenir », a déclaré Huston.

David Kotok, président et directeur des investissements chez Cumberland Advisors, en Floride, qui possède environ 4 milliards de dollars d’actifs, a déclaré qu’il détenait Alibaba l’année dernière, mais qu’il a été vendu lorsque l’introduction en bourse de Ant a été retirée.

«Lorsque vous ne savez pas quoi faire dans une situation évolutive comme celle-ci, vous ne pouvez pas utiliser l’analyse traditionnelle des valeurs mobilières pour prendre des décisions. Nous restons à l’écart et observons », a déclaré Kotok.

« Compte tenu de la réaction des investisseurs face au cours de l’action d’Alibaba, si Pékin est rationnel, il serait sage de ne pas jouer avec l’une des oies d’or du pays », a déclaré Harry Broadman, partenaire du cabinet de conseil Berkeley Research Group LLC.

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Industrie textile « planter les arbres ne suffit pas »

Industrie textile « planter les arbres ne suffit pas »

Le problème de l’écologie de la filière textile mérite mieux que des mesures marginales, estiment Guillaume Carton et Julia Parigot, professeurs de stratégie, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Faguo, De Fursac, Timberland… de plus en plus de marques de prêt-à-porter plantent des arbres pour afficher leur conscience écologique ! Alors que ces marques se préparent à brader des tonnes de vêtements invendus lors des traditionnels soldes d’hiver, l’impact environnemental de cette pratique située bien en dehors du cœur de métier de l’industrie textile est susceptible d’être questionné.

Planter des arbres fait partie des nombreuses initiatives du prêt-à-porter qui se sont démultipliées depuis plusieurs années déjà pour relever les défis écologiques du XXIe siècle. En tête, de plus en plus de marques intègrent des matériaux recyclés dans leurs produits, à l’instar de l’équipementier Adidas, qui a lancé en 2016 une chaussure fabriquée à partir des plastiques issus des filets de pêche abandonnés dans les fonds marins.

L’initiative est louable. Plutôt que d’utiliser de nouvelles ressources, il s’agit ici de réutiliser des déchets par le recours aux matériaux recyclés comme le fait Adidas ou par la récupération des chutes de tissus des maisons de haute couture.

Afin de diminuer la consommation de nouvelles ressources, les marques et les distributeurs cherchent aussi à donner une seconde vie aux produits. Profitant de l’essor de Vinted, la plate-forme leader en France de la vente entre particuliers de vêtements et accessoires de mode d’occasion, ils lancent leurs propres plates-formes du marché de l’occasion ou de partage, favorisent la réparation, etc.

Enfin, des marques plantent des arbres pour compenser leurs émissions carbone. Pour réellement les compenser, il faudrait cependant planter près de trois fois plus d’arbres que les 80 millions plantés chaque année en France…

Surproduction et destruction

Alors que les marques de prêt-à-porter semblent multiplier les initiatives vertueuses pour l’environnement, elles s’apprêtent cependant à brader leurs vêtements lors des soldes d’hiver. La survie des soldes montre qu’aucune de ces initiatives ne résout le principal problème de cette industrie : la surproduction de vêtements qui, en bonne partie, ne seront pas vendus mais purement et simplement détruits.

Le ministère de la transition écologique estime que, chaque année, en France, entre 10 000 et 20 000 tonnes de vêtements partent en fumée. Pour faire face aux défis climatiques, plutôt que de planter des arbres (ou utiliser des matériaux recyclés ou se lancer dans la seconde main), c’est l’industrie du prêt-à-porter qui est à réinventer.

 

 

FedEx : 6300 emplois en Europe menacés

FedEx : 6300 emplois en Europe menacés

L’Américain FedEx qui vient de racheter le néerlandais TNT a annoncé mardi son intention de supprimer entre 5500 et 6300 emplois en Europe pour éviter les doublons suite au rachat de en 2016.

Le groupe souhaitait alors étendre sa filiale FedEx Express de l’autre côté de l’Atlantique «en connectant le plus grand réseau de transport express aérien au monde avec un réseau routier européen sans équivalent et une offre de services mondiale», a-t-il rappelé dans un communiqué.

 

Le groupe prévoit notamment de fusionner les réseaux aériens de FedEx Express et TNT et de faire de l’aéroport Charles de Gaulle à Paris son principal centre d’activité et de l’aéroport de Liège en Belgique un centre secondaire.

La pandémie réduit la mobilité des Français

La pandémie réduit la mobilité des Français

D’après une enquête de l’Observatoire des mobilités émergentes, dévoilée mardi 19 janvier et publiée par deux cabinets spécialisés, l’Obsoco et Chronos, les Français se déplacent de moins en moins et de moins en moins loin. Un effet des modifications des rapports domicile travail avec notamment l’essor  du télétravail. Les achats en ligne qui connaissent une croissance exponentielle limitent aussi les déplacements physiques des particuliers

 

Le phénomène est conjoncturel et lié en partie aux restrictions imposées à la mobilité par les pouvoirs publics. Mais il s’agit aussi d’une tendance structurelle car la pandémie a appris que certains déplacements n’étaient pas forcément nécessaires en tout cas prioritaires. Il faut cependant prendre en cause aussi la méfiance de certains usagers vis-à-vis des transports collectifs susceptibles de transmettre parfois le virus.

 

Malgré une reprise progressive de l’activité durant l’été et la rentrée de septembre, les Français ont continué à limiter leurs déplacements. Juste avant le second confinement, seulement 25% avaient repris le cours de leur vie « pré-Covid ». Au moment de l’enquête, 55% déclaraient limiter encore leurs déplacements et plus de 19% ne sortaient que pour des activités indispensables (courses alimentaires, travail, rendez-vous médicaux…).

Une des explications à cette baisse des déplacements : le télétravail, à temps plein ou temps partiel, a été maintenu dans de nombreuses entreprises, même en dehors des confinements. Selon l’enquête, près de 70% des actifs ayant la possibilité de travailler à distance (soit 42% de la population active) ont continué de télétravailler. Autre facteur de «démobilité» : les Français ne sont pas retournés massivement dans les magasins entre les deux confinements. Le recours aux achats en ligne ou au drive, y compris pour les courses alimentaires, était et est resté supérieur au niveau d’avant-crise sanitaire.

Cette dynamique de démobilité devrait perdurer, car elle est « plutôt bien vécue » selon l’enquête. « Une partie des gens qui peuvent télétravailler souhaitent poursuivre le travail à distance, entre un ou deux jours par semaine. Les achats en ligne s’ancrent dans les habitudes. La marche et le vélo sont favorisés.» Dans les grandes villes, les coronapistes – ces pistes cyclables «temporaires» - ou les zones piétonnes élargies « sont vues d’un bon œil par plus de 70% de la population » souligne Gwenaëlle Gault.

Éviter les transports en commun vite saturés aux heures de pointe est aussi une source de satisfaction. Ce changement est considéré comme une amélioration de la qualité de vie au quotidien par de nombreux citadins. Un véritable défi pour l’après Covid posé aux opérateurs de transports en commun, en perte de vitesse depuis le début de la crise la crise sanitaire.

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