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Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Décroissance : L’évolution du concept

 

« La décroissance : L’évolution du concept

 

L’historien François Jarrige retrace, dans une tribune au « Monde », les évolutions de ce concept depuis le XIXe siècle, quand il a fait surface en même temps que les premiers débats sur l’industrialisation du monde.(extrait)

 

Tribune. 

 

Chaque société a ses tabous ; ils s’accrochent parfois à des mots anodins ou étranges, comme celui de « décroissance », sans cesse repoussé et disqualifié depuis vingt ans. Anxiogène, peu mobilisateur, négatif, réactionnaire, lubie de riche ou concept (déjà) dépassé, tous les arguments éculés pour le discréditer ne peuvent résister au constat implacable, énoncé depuis des décennies maintenant, selon lequel l’extraction et l’accumulation matérielle atteignent leurs limites alors que les imaginaires dominants de la croissance nous poussent vers l’abîme.

Les grands médias s’intéressent aujourd’hui à la décroissance après des décennies de silence ou de déni. Ils y sont évidemment poussés par la force des choses, alors que le dernier rapport du GIEC conclut que « le changement climatique se généralise, s’accélère et s’intensifie ». Les pires prévisions, répétées depuis des décennies par ceux qui se disaient « décroissants », ne cessent de se confirmer, alors que s’impose l’urgence d’une réduction massive des émissions de CO2, c’est-à-dire de la plupart des flux de matières qui constituent le fondement de nos existences.

La décroissance n’est ni un programme d’action précis ni même une théorie, mais une aspiration née de la conscience aiguë des contradictions et impasses qui caractérisent nos modes de vie, nos infrastructures et nos imaginaires. Ce terme s’inscrit à la fois dans la longue durée des débats sur l’industrialisation du monde, et dans les temporalités plus courtes de l’évolution de l’écologie politique depuis les années 1970.

Envie d’en savoir plus sur la croissance et la décroissance ?

Longtemps, l’idée même de croissance économique n’avait aucun sens, la croissance renvoyant d’abord à la biologie pour décrire l’augmentation de taille des êtres vivants. Le terme fut repris par la théorie économique. Jusqu’au XIXe siècle, les sociétés vivaient dans un monde relativement stable, gérant la pénurie et des ressources contraintes. Dès les débuts de l’essor industriel, de nombreux doutes sont exprimés à l’égard du projet d’expansion continue de la production, et de nombreuses alertes sont formulées contre le projet moderne d’artificialisation du monde.

La question de la décroissance émerge surtout au XXe siècle, lorsque la croissance devient l’idéologie dominante et l’horizon principal. Le projet moderne d’accumulation matérielle s’intensifie en effet au milieu du XXe siècle ; de nouveaux critères économiques s’imposent afin de la mesurer et d’en faire une référence pour l’action publique (c’est le fameux PIB). C’est ce qui pousse certains observateurs et intellectuels à tenter d’ouvrir la « boîte noire » de la croissance, de pénétrer dans son fonctionnement, d’évaluer ses effets et ses impasses.

Croissance– décroissance: Mais le PIB toujours au sens de la problématique !

Croissance– décroissance: Mais le PIB toujours au sens de la problématique !

 

L’enjeu n’est plus le développement matériel de nos sociétés, mais la transition écologique et sociale, rappelle l’économiste Aurore Lalucq dans une tribune au « Monde »(Extrait).

 

Tribune.

Le débat sur la croissance arrive à la fois au pire et au meilleur moment. Au meilleur, car il est plus que temps de nous interroger sur les finalités de notre modèle économique. Au pire, car notre débat public est incapable de supporter la moindre nuance. Or c’est bien de nuance qu’il va falloir nous armer si nous voulons éviter l’impasse à laquelle nous conduit l’opposition entre croissance verte et décroissance.

D’un côté, les tenants de la décroissance nous expliquent qu’il est urgent de « décroître » du fait de la corrélation entre croissance et émissions de gaz à effet de serre (GES). S’ils ont raison sur le diagnostic, ils négligent trop la manière dont ce discours peut être perçu.

En effet, pour bon nombre de personnes, la référence à la décroissance agit comme un repoussoir, véhiculant un imaginaire de privation. Ses détracteurs ne manquent d’ailleurs pas de la caricaturer comme un retour forcé à la bougie. Un discours particulièrement efficace, car nous avons été collectivement conditionnés par l’importance de la croissance et par la peur de sa disparition.

Difficile par ailleurs de parler de réduction de la consommation à des personnes qui n’ont jamais pu totalement y goûter. Et si cela est vrai en France, ne parlons même pas des pays qui n’ont pas eu accès aux mêmes possibilités de développement, car nous les avons privés de leur « droit à polluer ».

De l’autre côté, les hérauts de la croissance verte nous expliquent qu’il serait possible de découpler émissions de GES et croissance, autrement dit de produire plus en polluant moins, et ce, grâce au progrès technique. Malgré des innovations certaines, la promesse du découplage permis par une rupture technologique reste à l’état de chimère.

L’Agence européenne de l’environnement estime que le découplage semble « peu probable », rappelle qu’« aucun consensus scientifique n’a jamais émergé au fil des années » et que, pour atteindre nos objectifs climatiques, nous allons être obligés de mettre la croissance de côté.

 

Parier sur le découplage serait donc irresponsable, alors que toute la communauté scientifique s’accorde sur l’urgence d’agir pour limiter l’impact du dérèglement climatique. Mais on ne peut pour autant disqualifier en bloc la logique qui sous-tend ce discours, à savoir la peur de renoncer à la prospérité. Mais croissance et prospérité vont-elles encore de pair ? Rien n’est moins sûr tant on observe, dans nos économies développées, un décrochage entre l’évolution du produit intérieur brut (PIB) et celle du bien-être depuis plus de quarante ans.

Décroissance : Une réflexion très embryonnaire

Décroissance : Une réflexion très embryonnaire

 

Même si les cinq candidats à la primaire des écologistes ont tous pris position sur le sujet, leur réflexion demeure encore embryonnaire, observe l’économiste Timothée Parrique, dans une tribune au « Monde » (extrait).

 

Tribune.

 

Au cours des débats à la primaire d’EELV, un mot est souvent revenu : « décroissance ». Les cinq candidats ont tous pris position sur la question. Si la députée Delphine Batho en a fait son cheval de bataille, ses concurrents sont apparus sur la réserve. Eric Piolle se dit « ni croyant dans la croissance ni croyant dans la décroissance ». Yannick Jadot « se fout complètement » de la question, tout comme Sandrine Rousseau, qui estime que « la décroissance, ça n’a pas tellement de sens économique, en vrai », constat partagé par Jean-Marc Governatori. Le sujet est pourtant en train de devenir incontournable chez les écologistes, au risque, malheureusement, de s’enliser dans quatre faux débats.

La décroissance est bien plus qu’une simple réduction du PIB. Sur ce point, le véritable clivage se situe aujourd’hui entre l’« économisation » du monde et sa « déséconomisation », c’est-à-dire le constat, partagé au cours des débats des Verts, que certaines activités seraient mieux organisées en dehors de la logique de l’accumulation monétaire. L’objectif serait alors de construire une économie du bien-être qui ne soit pas obnubilée par l’argent, une économie où la production serait socialement utile et écologiquement soutenable : moins de PIB, certes, mais plus d’égalité, de convivialité et de soutenabilité.

Pour ou contre le PIB ? Il y a un consensus chez les écologistes sur le fait que le PIB mesure mal ce qui compte vraiment. Ce qu’il faut changer, ce n’est donc pas la mesure, mais le système que l’on cherche à mesurer. L’économie ressemble à une voiture lancée à pleine vitesse contre un mur écologique. L’urgence est de la ralentir avant l’accident. Le véritable apport de la décroissance est de mettre l’accent sur des stratégies socialement acceptables pour ralentir cette économie hors de contrôle. Réduction du temps de travail, garantie de l’emploi, redistribution des richesses, relocalisation de la production, rationnement du budget carbone… C’est une économie alternative – et un chemin de transition – à concevoir entièrement.

Qualité ou quantité ? Les débats autour de la décroissance s’embourbent souvent dans des listes de « plus » ou de « moins » : plus de panneaux solaires et de pistes cyclables, moins de pesticides et de pollution, etc. Chacun fait ses courses, mais on oublie que les crises environnementales sont avant tout une affaire d’échelle. Passé une certaine taille critique, toute activité économique – aussi désirable soit-elle – devient écologiquement problématique.

Economie, politique, société: les plus lus

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Remontée du moral des patrons et des consommateurs

Remontée du moral des patrons et des consommateurs

 

 

D’après un sondage Viavoice-HEC-Le Figaro et BFM Business, les prévisions sur le niveau de vie en France s’améliorent de manière assez nette. Du côté des décideurs, ils sont 34% à estimer que le niveau de vie va s’améliorer d’ici un an, soit une augmentation de 20 points par rapport à septembre 2020 (+3 depuis mai 2021). Le grand public est moins optimiste mais croit aussi à l’embellie : 28% des Français prévoient une amélioration du niveau de vie d’ici un an, +15 points par rapport à septembre 2020 et +1 point par rapport au mois de mai. L’horizon semble bel et bien s’éclaircir alors que le pouvoir d’achat augmente.

Sur la question du chômage, l’optimisme des Français reprend aussi des couleurs. Ils sont 34% à estimer que le nombre de chômeurs diminuera dans les mois qui viennent contre seulement 7% il y a un an. Les décideurs sont, une fois encore, plus optimistes que le reste de leurs concitoyens puisque 37% d’entre eux prévoient une diminution prochaine du chômage. Si leur nombre diminue, les Français qui s’attendent au contraire à une hausse du nombre de chômeurs restent majoritaires : 42% des décideurs et 45% du grand public partagent cet avis. C’est toutefois la première fois depuis un an que le nombre de pessimistes passe en dessous de la barre des 50%.

Si les Français et les décideurs ont toujours peu confiance en l’avenir pour l’évolution de leur situation financière, les prévisions s’améliorent aussi légèrement sur ce front. 26% des décideurs estiment ainsi que leur situation financière va s’améliorer dans les mois à venir (+3 points depuis mai) et 20% du grand public partage cette vision (+3 points également depuis mai).

Toujours du côté de l’emploi, les décideurs améliorent également leurs prévisions de carrière. 29% d’entre eux entrevoient ainsi d’importantes opportunités professionnelles dans les mois qui viennent (+8 depuis mai 2021). Ce chiffre est de 27% chez le grand public (+9 depuis mai 2021). Ces évolutions favorables ne doivent cependant pas dissimuler que 66% des Français et 67% des décideurs n’attendent pas ou très peu d’évolutions.

Le PIB de la France s’ est-il écroulé par rapport à l’Allemagne ?

Le PIB  de la France s’ est-il écroulé par rapport à l’Allemagne ?

 

Lors du débat avec Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour a affirmé que la richesse de la France ( le PIB) s’était écroulé par rapport notamment à l’Allemagne : « En 1980, nous avions un PIB par habitant qui était supérieur à celui des Allemands. Aujourd’hui, 40 ans plus tard, nous avons un PIB par habitant inférieur de 15% de celui des Allemands et de 40% de celui des Américains. Donc il y a un appauvrissement relatif. À l’époque en 1980, nous étions en termes de pouvoir d’achat le 4ème ou le 5ème pays au monde. Aujourd’hui nous sommes les 26ème ou le 27ème».

 

D’après les chiffres officiels, en 2019, Français étaient ainsi près de 15 % moins riches que les Allemands, contre 5 % seulement en 2005. La crise pourrait aggraver cette tendance, puisque la chute du PIB en 2020 a été bien plus forte en France (- 8,2 %) qu’aux États-Unis (- 3,5 %) et en Allemagne (- 4,9 %).

 

Effectivement donc la richesse de la France s’est notoirement affaiblie par rapport à l’Allemagne. En cause sans doute un appareil industriel beaucoup plus solide en Allemagne, une plus grande compétitivité et surtout des exportations particulièrement performantes.

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Economie-Croissance mondiale : retour au niveau d’avant crise

Economie-Croissance mondiale : retour au niveau d’avant crise

Ce n’est sans doute pas avant 2023 que l’économie mondiale retrouvera le niveau qu’elle aurait dû atteindre. En effet La croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait bondir de 5,7% en 2021 et 4,5% en 2022 selon l’OCDE. Juste de quoi retrouver le niveau de 2000 19 mai avec des inégalités selon les zones et les pays. Les pays pauvres pourraient être les principales victimes de ces inégalités dans la mesure ils sont encore très affectés par la crise du covid faute de dose suffisante du vaccin. Globalement en 2023, il est probable qu’au plan mondial retrouvera une certaine mollesse de la croissance autour de 2 % pour les pays développés.

Certes le rebond a été important en 2021 mai il faut rappeler que la propagation de l’onde de choc de la pandémie a plongé l’économie internationale dans une profonde récession en 2020. L’effet de base lié à ce violent plongeon doit être pris en compte dans l’appréciation de la reprise. En outre, les capacités de reprise dans chacun des pays sont loin d’être les mêmes partout sur le globe. Les économistes insistent particulièrement sur le caractère inégal du rebond entre les pays du G20 et les économies émergentes.

« L’impact économique du variant Delta a été jusqu’à présent relativement modeste dans les pays où les taux de vaccination sont élevés, mais il a pesé sur la dynamique à court terme dans les autres et, au niveau mondial, il a accentué les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts », expliquent les experts.

Economie, politique, société: les plus lus

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Aides à domicile: Des salaires de misère

 Aides à domicile: Des salaires de misère

 

Alors que partout on loue le rôle stratégique des aides à domicile, le secteur affiche encore des salaires de misère. Non seulement le salaire de base est insignifiant mais en plus il faut intégrer souvent les temps d’attente et les temps de déplacement non pris en charge. Un collectif d’universitaires et de féministes, dont l’écrivaine Annie Ernaux et la sociologue Dominique Méda, plaide, dans une tribune au « Monde », pour la création d’un grand service public de l’aide à l’autonomie ainsi que pour la revalorisation des salaires et des carrières de celles qui ont été les « grandes oubliées » du Ségur de la santé.( Le Monde, extrait)

 

Tribune.

Une journée de mobilisation des aides à domicile, baptisée « 24 heures sans aide à domicile », aura lieu le 23 septembre. Les près de 700 000 aides à domicile, en première ligne durant la crise sanitaire, sont les « grandes oubliées » du Ségur de la santé ou des plans de relance, en dehors d’une prime ponctuelle de 1 000 euros, en réalité rarement obtenue en totalité. Elles sont à 97 % des femmes, sous-payées, aux conditions de travail extrêmement difficiles, subissant l’isolement professionnel, la précarité et le temps le partiel imposé. Qui plus est, elles relèvent d’une myriade de statuts : entre le secteur associatif non lucratif (la branche de l’aide à domicile), le privé lucratif (les services à la personne), le public (du secteur hospitalier ou des collectivités locales) et, enfin, le particulier employeur.

Mais elles ont en commun d’être toutes précarisées, aussi bien dans le secteur privé que dans le public : on estime entre 70 % et 90 % le temps partiel dans ce secteur, un temps partiel imposé ; 58 % travaillent le samedi ; 41 % le dimanche. Mais ce temps de travail rémunéré ne couvre pas tout le temps de travail réel. Afin de baisser le coût, et partant pour contourner le smic, les employeurs ne rémunèrent pas une partie du travail : celui lié au relationnel. En réalité, « ces emplois ne sont pas à temps partiel, mais sont payés à temps partiel », comme le disent les économistes François-Xavier Devetter et Emmanuelle Puissant (Le Monde du 15 juin 2020). De plus, l’amplitude de la journée de travail peut dépasser les douze heures. Des aides à domicile racontent qu’elles travaillent plus de cinquante heures hebdomadaires, tout en étant payées à temps partiel !

Les aides à domicile font partie de ces métiers du soin et du lien aux autres, très féminisés, qui sont dévalorisés. On ne reconnaît pas leur qualification, ni l’expertise et la technicité pourtant essentielles pour faire face à un public invalide, malade ou âgé. On ne tient pas compte du réel degré de responsabilités lorsqu’elles ont à porter, à accompagner des patients parfois en fin de vie. On nie enfin l’importance des contraintes physiques et nerveuses de ces emplois. Rappelons que les accidents du travail y sont trois fois plus fréquents que la moyenne (94,6 accidents pour 1 000 salariées) !

C’est parce que ces emplois sont très féminisés et s’appuient sur des compétences considérées comme « naturelles » pour les femmes (aider, soigner, accompagner, nettoyer, écouter…) qu’ils sont sous-payés. Cette dévalorisation du travail et ces modes de comptabilisation du temps de travail expliquent les bas salaires dans ce secteur. Il existe encore, dans certaines conventions collectives, des minima qui sont en dessous du smic horaire ! Du fait du temps partiel, le salaire médian pour une aide à domicile est en moyenne de 900 euros brut, bien loin du smic mensuel (cette rémunération est variable selon les conventions collectives et la détention ou non d’un diplôme du secteur). 17,5 % d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté, soit deux fois plus que l’ensemble des salariés. Elles ne bénéficient pas ou très peu d’évolution de carrière et la majorité est toujours au smic après dix-sept ans d’ancienneté.

Economie, politique, société: les plus lus

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Automobile « Le logiciel va tout changer » ? (Roland Berger)

Automobile « Le logiciel va tout changer » ? (Roland Berger)

Éric Kirstetter, associé senior chez Roland Berger et spécialiste de l’automobile explique que le logiciel va tout changer dans la voiture du futur. Une stratégie qui peut largement se discuter dans la mesure où l’automobile se bourre  surtout d’informatique pour justifier le maintien de prix à un très haut niveau. En effet nombre de ces éléments de l’architecture logicielle sont inutiles et poseront de graves difficultés d’entretien au garagiste du coin. D’où aussi l’accroissement des dépenses d’entretien.

 

Extrait de l’interview d’Éric Kirstetter à la Tribune

 

Depuis plusieurs mois, l’actualité automobile est émaillée d’annonces autour des logiciels. En début d’année, Volkswagen a annoncé un plan d’envergure pour reprendre la main sur cette technologie. On a du mal à imaginer l’ampleur de la thématique…

ÉRIC KIRSTETTER - Ce qui est en jeu, c’est l’architecture logicielle de la voiture du futur. C’est une fusée à quatre étages. Le premier étage, c’est ce qu’on appelle le hardware, également appelés les calculateurs. Ce sont eux qui font fonctionner les équipements de la voiture. Le deuxième étage, c’est le middleware, autrement intitulé operating system [le système d'exploitation, Ndlr]. Si on devait comparer une voiture à un ordinateur, c’est ce qui équivaudrait à Windows. Il est nécessaire pour faire fonctionner tous les équipements d’une voiture, du moteur au châssis, en passant par la partie digitale des commandes de bord, ou le GPS. Le troisième étage, ce sont les applications. Elles gèrent tous les équipements de la voiture pour la faire fonctionner et créer « l’expérience utilisateur » (donner une expérience de conduite propre à la marque, proposer une interface utilisateur intuitive et agréable à utiliser…). Enfin, le quatrième étage, c’est le cloud. Cette technologie va s’imposer demain lorsque tous les véhicules seront connectés.

Le cloud est une technologie récente. Que va-t-il changer dans le modèle de l’architecture logicielle d’un véhicule ?

Il va tout changer. Demain, les voitures connectées auront accès à des données qui seront extérieures à la voiture, laquelle pourra consolider ces données pour définir des fonctionnalités spécifiques, en fonction du profil du conducteur, ou des réglages particuliers d’un véhicule. Typiquement, si vous entrez l’adresse d’un restaurant sur votre GPS, la voiture sera capable de vérifier si le temps de trajet, mis à jour en temps réel via les données livrées par le cloud, vous permettra d’arriver à l’heure avant la fermeture du restaurant; dans le cas contraire, le système pourra alors vous proposer des solutions alternatives. L’autre rupture que va apporter le cloud, c’est qu’il va permettre d’externaliser la puissance de calcul nécessaire au fonctionnement de la voiture. Cela va totalement changer la place des calculateurs présents dans une voiture. Aujourd’hui, on compte, en fonction des modèles, entre 50 et 70 calculateurs. Chaque fonction est réalisée avec un calculateur spécifique, celui-ci est vendu par un tier-one [le plus souvent un équipementier, Ndlr] avec des capteurs et des actionneurs. Demain, les calculs seront davantage centralisés dans de plus gros calculateurs de plus haute performance, qui couvriront plusieurs fonctions. Ces calculateurs vont se répartir aux quatre coins de la voiture pour centraliser les fonctionnalités et réduire le câblage des voitures.

Tout sera donc géré de l’extérieur ?

Non. Le middleware restera un élément stratégique majeur pour l’automobile de demain. Là aussi, le secteur s’apprête à basculer dans une nouvelle ère. Pour schématiser le monde d’avant: il y avait autant d’operating system que de modèles disponibles sur le marché. Ainsi, un constructeur devait reconstruire un système d’exploitation depuis le début à chaque fois qu’il mettait sur le marché un nouveau modèle. Mais avec le cockpit de plus en plus digital, le cloud, les assistants de conduite de plus en plus gourmands en données, ces systèmes d’exploitation s’avèrent de plus en plus complexes et coûteux à mettre en œuvre, et il est très difficile de réutiliser les applications déjà développées pour la version antérieure du véhicule. La voie générale que semblent suivre les constructeurs, c’est donc de créer un système d’exploitation en propre qui va pouvoir être réutilisé d’un véhicule à l’autre et qui va permettre de réutiliser et d’améliorer facilement les applications qui avaient été développées pour le véhicule précédent. Si on veut une comparaison, on peut dire que les constructeurs développent leur propre système Windows qui leur permet d’améliorer facilement Word et Excel entre chaque véhicule.

Chèque énergie : 600 millions pour la facture du chauffage

Chèque énergie : 600 millions pour la facture du chauffage

sans doute le chèque énergie d’un montant de 100 € et qui va représenter au total autour de 600 millions est-il lié au contexte de la période électorale. En effet, il y a quelques contradictions à voir l’état participer au financement du chauffage et dans le même temps à proposer l’instauration d’une taxe carbone qui va peser sur certaines énergies du chauffage et des transports. À moins que le gouvernement dans sa grande générosité décide aussi d’un chèque carburant !

Notons que depuis la crise du Covid  d’endettement est passéede 100 % du PIB à 120 % en 2020.

Pour 2022, le déficit devrait théoriquement baisser passant de -8,4% du PIB en 2021 à -4,8%. La dette devrait passer de 115,6% à 114% l’année prochaine.  »Le besoin de financement de l’Etat devrait être en baisse en 2022 de 21 milliards d’euros. Il y a une baisse très significative du déficit en raison de la reprise » a indiqué le nouveau directeur de l’Agence france trésor (AFT) Cyril Rousseau lors d’un point presse.

 

Après  les présidentielles, il faudra sans doute s’attendre à une remontée de la fiscalité compte tenu des dérives budgétaires et de l’endettement. Du côté des entreprises, le gouvernement poursuit sa politique de l’offre en baissant les impôts de production et le taux d’impôt sur les sociétés qui devrait s’établir à 25% d’ici la fin de l’année 2022. Concernant le manque à gagner des recettes issues des impôts de production pour les collectivités locales, Olivier Dussopt avait expliqué dans un entretien accordé à La Tribune au début du mois de juillet que les compensations « seraient intégrales et dynamiques ». Sur la question de la baisse des dotations aux régions qui a provoqué l’ire de l’association Régions de France dans un communiqué, la cabinet de Bruno Le Maire a répondu que « les régions sont les collectivités qui ont les finances les plus solides. Elles bénéficient de ressources encore très dynamiques ».

Livret A : nouvelle hausse de la collecte

Livret A : nouvelle hausse de la collecte

L’épargne de précaution continue de gonfler. Globalement elle attendrait de l’ordre de 400 milliards (400 autres milliards figurant en attente sur les comptes courants). Le signe sans doute que l’attentisme se nourrit des inquiétudes sur l’avenir.

En  juillet, la collecte nette s’était élevée à 1,15 milliard. En dépit d’un niveau de rémunération au plus bas à 0,5%, le Livret A, qui sert notamment à financer le logement social en France, est devenu un placement refuge pour les épargnants pendant la crise déclenchée par le Covid-19, voyant son encours bondir.

Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui finance notamment l’économie sociale et solidaire et les économies d’énergie dans les logements, a enregistré une collecte nette de 230 millions le mois dernier, contre 600 millions l’année dernière et 350 millions en août 2019. Au total, la collecte nette réalisée en août par le Livret A et le LDDS réunis s’est ainsi élevée à 1,9 milliards, contre 2,85 l’année dernière à la même période. L’encours total sur ces deux produits d’épargne atteint 472,4 milliards, soit une hausse de 6,8% en un an.

Economie, politique, société: les plus lus

Economie, politique, société: les plus lus

Coût de transport : une hausse de 5 à 6 %

Coût de transport : une hausse de 5 à 6 %

FedEx et UPS annoncent des hausses de 5à 6 % suite en particulier à l’augmentation du carburant. Des hausses qui seront sûrement suivies par d’autres transporteurs.

C’est la conséquence du Covid qui a permis à la vente sur Internet de s’envoler en même temps que les frais de transport. S’y ajoute la désorganisation des chaînes logistiques et surtout l’augmentation du carburant.

Inévitablement, les coûts à la production se transmettent progressivement à la consommation. Et l’inflation considérée comme provisoire par certains économistes risque de durer longtemps.

BCE : pour une politique monétaire plus démocratique ?

BCE : pour une politique monétaire plus démocratique ?

Un article intéressant de André Grjebine, ancien directeur de recherche à Sciences Po mais qui n’éclaire guère les perspectives de politique monétaire européenne

L’économiste André Grjebine s’interroge dans une tribune au « Monde » sur les risques d’éclatement de l’actuel système monétaire et plaide pour un renforcement de la démocratisation des règles en vigueur au niveau européen.

Tribune.

 

Contrairement à d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon, qui ont préservé leur souveraineté monétaire, les pays de la zone euro l’ont perdue au profit de la Banque centrale européenne (BCE), dont l’indépendance tant vantée s’oppose à une gestion démocratique et transparente des économies.

Alors que le rôle des banques centrales ne cesse de croître, aucun de ces pays ne dispose désormais d’une banque centrale émettrice de sa monnaie. Par crainte de voir des Etats membres se livrer à des créations monétaires inflationnistes, les fondateurs de la zone euro ont privilégié l’indépendance de la BCE au détriment de toute autre considération. Ce faisant, ils ne paraissent pas avoir compris la signification de l’indépendance d’une banque centrale.

En général, les lois définissent les règles de fonctionnement d’une banque centrale. La Réserve fédérale des Etats-Unis (FED) et la Banque d’Angleterre sont indépendantes en ce sens que leurs dirigeants déterminent les instruments qu’ils appliquent au service d’une politique monétaire décidée par le gouvernement et le parlement.

Dans l’Union européenne (UE), l’introduction de règles de gestion dans les traités fondateurs a enfermé le système monétaire européen dans un corset juridique s’inspirant d’une orthodoxie éminemment discutable. De plus, alors que les autres banques centrales participent à l’action des pouvoirs publics d’un Etat unique, qu’il soit fédéral ou unitaire, la BCE, elle, est la banque centrale de 19 Etats, qui connaissent des situations foncièrement différentes et n’ont pas les mêmes objectifs.

Dans ce contexte, trois stratégies étaient envisageables. La première consistait à suivre les normes établies par les traités européens. La deuxième, à contourner ces normes sans les modifier dans les textes. La troisième passerait par l’institution d’un gouvernement économique européen qui définirait de nouvelles normes.

Le doublement du salaire des professeurs provoquerait une hausse de tous les fonctionnaires

Le doublement du salaire  des professeurs provoquerait une hausse de tous les fonctionnaires

L’économiste Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la multiplication par deux des salaires des personnels en contact avec les élèves, comme le suggère Anne Hidalgo, provoquerait de graves distorsions sur le marché du travail.

 

Tribune.

 

Anne Hidalgo a proposé le 13 septembre de « multiplier par deux au moins le salaire de toutes les personnes en contact avec les élèves ». Certains, comme La France insoumise, chiffrent le coût de la mesure à 60 milliards d’euros, tandis que d’autres, comme Jean-Michel Blanquer, parlent de 150 milliards d’euros. Vaste débat (comment financer ?), mais l’essentiel n’est pas là.

Au-delà du chiffrage de ce coût considérable, et si à peu près tout le monde s’accorde sur la nécessité de revaloriser le salaire dans le monde enseignant, cette mesure entraînerait de multiples distorsions sur le marché du travail que Mme Hidalgo n’a sans doute pas vues et qui dépassent le cadre des enseignants.

Une telle mesure conduirait à revoir toute la grille de rémunération de l’ensemble des fonctionnaires. On ne pourrait pas payer un ou une jeune attaché d’administration, voire un ou une jeune énarque, nettement moins qu’un enseignant débutant. Ou alors, on ne trouverait plus personne à recruter dans la fonction publique en dehors de l’éducation nationale.

Pour pouvoir comparer les salaires à l’échelle mondiale, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) les transcrit dans une valeur commune – le dollar américain – en incluant les primes. En 2019, un enseignant français du premier degré gagne ainsi 31 300 dollars brut par an (25 643 euros), pour plus de 60 000, au même niveau d’ancienneté, en Allemagne, et 33 914 en moyenne dans les pays de l’OCDE. Les enseignants français souffrent à la fois d’une rémunération plus faible et d’une progression plus lente : en milieu de carrière (après quinze ans d’expérience), un enseignant français gagne 38 173 dollars brut par an, pour 48 801 dollars de salaire moyen dans l’OCDE.

Du côté des personnels non enseignants, un personnel de cantine et d’entretien pourrait-il sérieusement gagner deux fois plus que son équivalent dans le secteur privé ? Et quid des personnels d’entreprises extérieures qui interviennent pour le nettoyage des collèges, des lycées ou des universités ?

Un jeune ingénieur ou une jeune ingénieure pourraient-ils gagner nettement moins qu’un professeur ou une professeure des écoles débutants ?

De plus, au-delà de l’école, du collège et du lycée, la mesure devrait évidemment être étendue à l’université. Il serait difficile d’envisager qu’un jeune maître de conférences, nécessairement titulaire d’un doctorat, bac + 8, gagne deux fois moins qu’un professeur des écoles débutant.

Enfin, une telle mesure amènerait un enseignant débutant à gagner autant que des cadres confirmés. Il s’ensuivrait une telle distorsion dans le monde du travail que les salaires du secteur privé eux-mêmes ne pourraient qu’augmenter, entraînant l’ensemble de la masse salariale des entreprises brutalement vers le haut, ce qui ne pourrait que nuire à la compétitivité. Un jeune ingénieur ou une jeune ingénieure pourraient-ils gagner nettement moins qu’un professeur ou une professeure des écoles débutants ?

Malgré son aspect nécessaire, cette mesure de revalorisation des rémunérations dans l’enseignement ne tient pas suffisamment compte de la réalité du marché du travail, de sa porosité même partielle entre public et privé, et entre professions.

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