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Les grands défis technologiques en 2021

Les grands défis technologiques en 2021

 

 

Après une année de croissance prodigieuse, 2021 pourrait s’annoncer plus délicate pour le secteur technologique d’après un article du Wall Street Journal

En 2020, la pandémie a permis aux géants de la tech comme Amazon et Microsoft d’atteindre de nouveaux sommets. Le recours au shopping en ligne et au travail à distance a accéléré à une vitesse qui aurait été inconcevable en l’absence du coronavirus.

Mais les Big Tech pourraient à présent connaître des temps plus difficiles. Fin 2020, les autorités américaines, chinoises et européennes ont lancé séparément des enquêtes pour déterminer si la taille de ces géants n’était pas devenue problématique. Aux Etats-Unis, ces investigations devraient continuer sous la présidence de Joe Biden, laquelle semble également encline à maintenir les restrictions aux exportations chinoises qui modifient le profil des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Si les Big Tech risquent ainsi d’être confrontées à des difficultés inédites depuis des années, 2021 pourrait également apporter son lot d’opportunités. Le monde pourrait enfin entrer dans l’ère de la voiture électrique. Le président élu Joe Biden s’est engagé à faire de la cybersécurité une priorité. Et Washington instaurera des incitations financières en vue d’aider les entreprises américaines à garder une longueur d’avance sur leurs concurrentes chinoises.

Voici les principaux enjeux de 2021 pour le secteur technologique.

La réglementation

La plus grande source d’inquiétude en la matière pour les Big Tech reste la menace de poursuites pour pratiques anticoncurrentielles. Mais les démocrates, forts de leur pouvoir nouvellement acquis sur le Congrès, souhaiteront sans doute aussi un durcissement législatif.

Pour Google et Facebook, la menace est déjà bien réelle. Le département de la Justice, la Commission fédérale du commerce (FTC) ainsi que les procureurs généraux de certains Etats ont lancé coup sur coup à leur encontre cinq actions en justice en fin d’année dernière.

Pour ces entreprises, toute la question sera de savoir si l’administration Biden décidera d’élargir les procédures fédérales, de simplement les poursuivre, ou de chercher un accord. Google comme Facebook semblent désireuses d’en finir avec ces affaires. Chacune des deux entreprises nie toute mauvaise conduite.

Mais l’accumulation de poursuites du même ordre entamées par des plaignants privés complique encore la situation.

Pour Amazon et Apple, le risque est de voir des enquêtes préliminaires ouvertes par les autorités réglementaires fédérales conduire à de nouvelles poursuites.

Au-delà des actions d’ordre judiciaire, les entreprises technologiques peuvent craindre une offensive du Congrès en faveur d’un durcissement des lois antitrust existantes. Dans l’interprétation qu’en donne la jurisprudence, les règles actuelles ciblent avant tout l’impact des pratiques des entreprises sur les prix à la consommation. Leur mise en œuvre peut être épineuse dans le cas de moteurs de recherche ou réseaux sociaux essentiellement gratuits.

Après la fin tumultueuse de la présidence Trump, les démocrates pourraient vouloir faire usage de leur nouveau pouvoir au Congrès pour pousser des entreprises comme Facebook ou Twitter à réprimer davantage la désinformation et les discours haineux. Certains d’entre eux se sont exprimés en ce sens après l’attaque du Capitole, même si aucun n’a pour l’instant avancé de proposition claire.

De nouvelles règles en termes de confidentialité des données et un renforcement des normes en matière de responsabilité pourraient aussi être envisagées.

— par John D. McKinnon

Les Big Tech poursuivront-elles leur croissance ?

La dépendance vis-à-vis des géants de la tech a fortement augmenté en 2020, ménages et entreprises privilégiant les achats en ligne, et recourant en masse aux services informatiques et de cloud, ainsi qu’aux appareils mobiles et aux services de diffusion de vidéos en ligne. De plus petites entreprises, particulièrement bien placées pour tirer parti de la pandémie, ont également connu une croissance fulgurante, la palme revenant au spécialiste des services de vidéoconférence Zoom Video Communications.

Ces différents services faisant désormais partie du quotidien des consommateurs, le secteur devrait continuer d’avoir le vent en poupe cette année, selon les analystes. Des segments comme le commerce électronique, qui, selon certaines estimations, ont enregistré une croissance de près de 50 % en 2020, continueront de profiter de l’évolution des modes de consommation entraînée par la pandémie. Et même lorsque la vaccination permettra de nouveau l’accès aux bureaux et aux espaces publics, l’adoption du télétravail par le monde de l’entreprise devrait entretenir la demande pour les plateformes qui ont permis aux travailleurs et usagers de rester connectés.

« Nous savions déjà que les technologies jouaient un rôle important dans nos vies, mais nous ne voulions pas en prendre réellement la mesure, observe Gene Munster, directeur associé de la société de recherche et d’investissement Loup Ventures. Avec la pandémie, nous les avons totalement adoptées. »

Les Big Tech n’en seront pas moins confrontées à la loi des grands nombres en 2021. Les bénéfices records qu’elles ont enregistrés l’an dernier font planner la menace d’un ralentissement, en particulier pour les entreprises qui, sous l’effet de la pandémie, ont réalisé en quelques mois une croissance de plusieurs années. Cette décélération attendue de certains segments conduit les analystes à penser que les grands noms de la tech miseront davantage encore sur la diffusion de vidéos en ligne, et d’autres services appelés à connaître un bel avenir.

« Il faudra alimenter le moteur de la croissance », souligne M. Munster en référence à Amazon, Apple et d’autres groupes qui sont entrés ces dernières années sur de nouveaux marchés comme celui du streaming.

— par Sebastian Herrera

Les véhicules électriques

2021 sera une année charnière sur le marché des voitures électriques.

Tesla, dont la valeur en Bourse est aujourd’hui la plus élevée de tous les constructeurs automobiles, entend ouvrir deux nouvelles usines d’assemblage, l’une aux Etats-Unis et l’autre en Allemagne, et entrer sur le marché juteux des pick-up avec son Cybertruck entièrement électrique fin 2021 ou début 2022. Des constructeurs classiques comme Volkswagen, General Motors et Hyundai Motor comptent eux aussi lancer de nouveaux modèles électriques destinés au grand public.

« L’offensive est lancée », note Scott Keogh, le patron de Volkswagen aux Etats-Unis, où l’entreprise doit lancer en mars son crossover électrique ID.4.

D’autres lancements très attendus, de la part de start-up comme Rivian Automotive ou Lucid Motors, viendront étoffer encore l’offre de voitures électriques cette année.

Selon les patrons de l’automobile, cette diversité accrue et l’arrivée de nouveaux concurrents contribueront à doper les ventes de ces véhicules aux Etats-Unis, comme elles l’ont fait en Chine et en Europe. Les ventes de voitures électriques ont augmenté de 9,8 % en Chine l’an dernier, et ont bondi de 89 % en Europe entre janvier et novembre 2020, selon des statistiques de l’industrie automobile.

Aux Etats-Unis en revanche, où les analystes estiment que les quatre cinquièmes des véhicules électriques vendus en 2020 étaient de marque Tesla, les ventes de voitures électriques ont chuté d’environ 11 % l’an dernier, selon les données de LMC Automotive.

Le manque de stations de recharge constitue un obstacle important. Selon les données du gouvernement, les États-Unis comptent actuellement 96 000 stations publiques de recharge, une fraction du nombre nécessaire pour soutenir une forte croissance du marché, indiquent les analystes.

2021 pourrait cependant voir un progrès sur ce front. Durant sa campagne, Joe Biden s’était engagé à mettre en place 500 000 nouvelles stations publiques de recharge d’ici à 2030.

— par Ben Foldy

La cybersécurité

Le piratage massif d’agences fédérales mis au jour le mois dernier a révélé les lacunes des systèmes de défense américains dans le domaine de la cybersécurité. Après cette intrusion, que des responsables ont accusé la Russie d’avoir organisé, Joe Biden a affirmé que la cybersécurité serait une priorité à chaque échelon gouvernemental.

Pour Diane Rinaldo, qui a été administratrice entre 2018 et 2019 de la National Telecommunications and Information Administration, l’une des agences piratées, le Congrès pourrait commencer par prendre une mesure simple : allouer des fonds. Si, de par son nom, l’agence qu’elle administrait semblait devoir être à la pointe des technologies, ses employés devaient composer avec une infrastructure informatique hors d’âge, baptisée « Sneakernet », qui les obligeait par exemple à procéder à des interventions manuelles sur chaque ordinateur pour assurer la sauvegarde des e-mails, raconte Mme Rinaldo.

Selon elle, Sneakernet résume à lui seul le degré d’obsolescence des infrastructures informatiques de Washington. « C’est pourtant simple : il faut investir de l’argent. Les systèmes doivent être mis à niveau », souligne Mme Rinaldo, une républicaine.

Au-delà des services gouvernementaux, le principal enjeu de cybersécurité en 2021 est le même qu’en 2020, à savoir les confiscations de données personnelles par des logiciels malveillants (« ransomware »), indique Eric Chien, directeur technique de Symantec, la division de cybersécurité de Broadcom. La situation n’a pas changé dans ce domaine et les organisations doivent continuer de mettre en pratique les règles de base de cybersécurité pour empêcher ce type d’attaques.

La singularité de 2021 tient à la manière dont les organisations s’adapteront à la généralisation du télétravail. Avant la pandémie, il était faisable pour une entreprise de demander à quelques employés de se connecter à distance à ses systèmes au moyen de réseaux privés virtuels. Il est moins facile de procéder de la sorte avec l’ensemble du personnel.

« Que se passe-t-il si quelqu’un oublie qu’il est sur le réseau de son entreprise et se met à regarder Netflix, s’interroge M. Chien. Cela représente énormément de données. » Selon lui, les organisations peuvent mettre en place des systèmes de sécurité plus simples, laissant par exemple les employés se connecter s’ils sont sur le bon fuseau horaire et ne déclenchent pas d’avertissement de sécurité ou de logiciel malveillant.

— par Stu Woo

Le nationalisme technologique

En 2020, le gouvernement américain a pris des mesures pour empêcher d’agir certains grands noms chinois des technologies, en particulier le géant des télécoms Huawei et des fabricants de microprocesseurs. Cette année, il tentera de faire en sorte que les entreprises américaines et de pays alliés qui ont bénéficié de cette initiative ne gaspillent pas leur avance.

Selon des conseillers démocrates et des analystes de la Chine, il ne faut pas s’attendre à ce que l’administration Biden revienne sur les mesures qui ont été prises contre les entreprises technologiques chinoises.

« Il n’est pas question de faire machine arrière, affirme James Mulvenon, qui dirige une équipe d’analystes de la Chine au sein du groupe de défense SOS International. L’administration Biden entend maintenir certaines mesures utiles des politiques de Trump, et atténuer celles qui semblent avoir été prises à chaud dans un but punitif. »

Le nouveau gouvernement pourrait ainsi maintenir les restrictions aux exportations des géants chinois des télécoms et des microprocesseurs, tout en laissant aux tribunaux le soin de déterminer la légalité de l’interdiction de TikTok et WeChat décidée par l’administration Trump.

Le maintien du statu quo permettrait de laisser le temps aux responsables compétents de décider comment stimuler le secteur technologique américain. Le Congrès a récemment adopté une loi de sécurité nationale prévoyant l’octroi de subventions et d’incitations financières aux fabricants de microprocesseurs, des aides qui, selon les parlementaires, pourraient atteindre jusqu’à 3 milliards de dollars par projet. Les conseillers de Joe Biden ont indiqué qu’ils comptaient poursuivre les efforts de l’administration Trump pour inciter les entreprises américaines à développer des technologies d’équipement 5G à source ouverte susceptibles de concurrencer Huawei. Le président élu lui-même a fait des mesures d’encouragement à la fabrication de véhicules électriques américains (secteur dont la chaîne logistique est aujourd’hui dominée par la Chine) un pilier de son programme.

« La priorité des Etats-Unis est d’augmenter leur propre production de microprocesseurs afin d’être moins dépendants d’usines potentiellement instables en Asie, observe Dan Wang, analyste en technologies de Gavekal Dragonomics basé à Pékin. De son côté, la Chine doit rebâtir d’importants segments de la chaîne logistique des équipements et logiciels pour semiconducteurs. »

Traduit à partir de la version originale en anglais

Chine – Etats-Unis : une guerre technologique qui va durer

 Chine – Etats-Unis : une guerre technologique qui va durer

L’expert de l’industrie chinoise Jean-François Dufour montre, dans une tribune au « Monde », comment Washington s’efforce de bloquer l’accès de Pékin aux semi-conducteurs, composants incontournables pour le développement industriel chinois.

Tribune.

 

 Le gouvernement chinois voit partir avec Donald Trump un adversaire qui faisait beaucoup de bruit. Mais Pékin sait que son véritable problème va rester : la politique d’endiguement technologique menée par Washington, fruit d’une évolution de plus long terme et plus discrète, a passé un cap décisif en 2020.

La guerre commerciale contre la Chine, lancée en 2018 par le président sortant des Etats-Unis, a des chances de s’apaiser avec son successeur. Mais elle est restée un problème marginal pour les autorités chinoises : elle a été inefficace, et leur a même permis de remobiliser les troupes en démontrant le bien-fondé de leur politique d’indépendance économique nationale.

Le souci bien plus important de Pékin est que la guerre technologique, beaucoup plus décisive, a toutes les chances de se poursuivre. Elle n’est en effet pas le résultat d’un mouvement d’humeur ni de la décision d’un homme. Elle a commencé bien avant Donald Trump : on peut dater son premier épisode important du premier veto à une acquisition du groupe chinois Huawei, en 2008 ; surtout, elle est l’aboutissement d’une réflexion stratégique de l’administration américaine.

Action américaine

Son objectif est d’endiguer l’émergence technologique accélérée de la Chine. Elle est devenue une urgence aux yeux de Washington en 2015, lorsque la Chine de Xi Jinping, en publiant son plan « Made in China 2025 », n’a plus caché ses ambitions.

Cinq ans plus tard, en 2020, cette stratégie a trouvé son moyen le plus minuscule – il se mesure en nanomètres –, mais aussi le plus efficace : les semi-conducteurs sont au cœur de tous les projets technologiques de la Chine. Depuis les véhicules autonomes jusqu’aux réseaux électriques intelligents, en passant par l’usine du futur qui doit les fabriquer et les équipements de télécommunications qui doivent les faire fonctionner, ces composants électroniques sont incontournables. Et ils sont aussi le talon d’Achille de l’industrie chinoise, qui en consomme cinq fois plus qu’elle n’en produit.

L’exploitation américaine de cette faiblesse s’est concentrée dans un premier temps sur Huawei, le premier équipementier de télécommunications au monde, devenu en quelques années le symbole de la progression technologique chinoise en tant que pionnier de la 5G. Elle s’est faite en deux étapes.

La première, inscrite en 2019 dans le contrôle des ventes de semi-conducteurs américains au groupe chinois, s’est avérée relativement inefficace. Huawei a en effet démontré une capacité de réaction d’une rapidité inattendue, avec la conception de ses propres

 

 

Numérique : une stratégie à définir pour le logiciel libre

 Numérique : une stratégie à définir pour le logiciel libre

 

Tribune dans le Monde de:

 

 

Roberto Di Cosmo,Directeur de Software Heritage, professeur d’informatique à l’Inria et à l’université de Paris

Stefane Fermigier,Entrepreneur du logiciel libre et co-président du Conseil national du logiciel libre/CNLL

Cedric Thomas Economiste et directeur général de l’organisation Open source OW2.

 

 

Tribune.

 

Le 1er janvier 2022, pendant que la campagne électorale des présidentielles battra son plein, la France prendra la présidence tournante de l’Union européenne (UE) pour six mois, et aura à cœur de catalyser la collaboration entre les Etats membres. Il sera alors attendu de chaque ministre un programme ambitieux.

Pour aller dans le sens de l’histoire, la France devra promouvoir la collaboration entre Etats dans le domaine du numérique et se hisser à la hauteur des enjeux en plaçant les valeurs d’ouverture, de transparence, d’inclusivité et d’autonomie du logiciel libre au cœur de sa stratégie numérique.

Pour cela, nous appelons dès aujourd’hui à la création au sein de l’Etat d’une « mission logiciel libre » dépendant du premier ministre, avec les moyens nécessaires et la volonté de travailler avec les acteurs de l’écosystème du logiciel libre, ses communautés et ses entreprises. Nous rejoignons en cela une des recommandations fortes du rapport du député Eric Bothorel sur « la politique publique de la donnée, des algorithmes et des codes sources », remis au premier ministre le 23 décembre 2020.

L’ouverture comme moteur d’innovation

Le logiciel libre (aussi appelé logiciel open source, c’est-à-dire couvert par des licences qui garantissent le droit de l’utiliser, de l’étudier, de le modifier et de le redistribuer librement) et l’ouverture des données sont deux enjeux majeurs du numérique moderne dont les administrations publiques prennent de plus en plus conscience.

En novembre 2020, la Commission européenne a rendu publique sa stratégie pour le logiciel libre. Celle-ci met clairement l’accent sur l’ouverture comme moteur d’innovation, d’autonomie numérique et de respect des citoyens et des utilisateurs. La Commission constate que l’open source permet à des organisations entières de facilement « se connecter de manière transparente au-delà des silos organisationnels et des frontières » pour améliorer l’efficacité de leurs processus.

Pour la Commission, les effets du paradigme d’ouverture de l’open source vont au-delà du logiciel, au point de « définir une vision pour encourager et exploiter le pouvoir de transformation, d’innovation et de collaboration de l’open source, ses principes et ses pratiques de développement ».

Intérêt du logiciel libre pour les administrations publiques

Plus récemment, en décembre 2020, le Conseil européen appelait dans sa Déclaration de Berlin à « promouvoir le développement, le partage et la réutilisation des normes, solutions et spécifications open source par-delà les frontières ». Enfin, la nomination par le président américain Joe Biden de David Recordon, un spécialiste de l’open source, au poste de directeur de la technologie de la Maison Blanche est un autre signe de l’intérêt que représente le logiciel libre pour les administrations publiques.

 

Fibre : rallonge de 570 millions d’euros

Fibre : rallonge de 570 millions d’euros

Théoriquement tout le territoire devrait être couvert par la fibre en 2025. Mais au rythme actuel le raccordement prend du retard. Aussi l’État a décidé d’une rallonge de 570 millions pour accélérer la cadence.

Il s’agit d’un soutien supplémentaire de l’État aux zones rurales, définies, en langage télécoms, comme les réseaux d’initiatives publiques (RIP). L’objectif est arrivé à 100% des locaux fibrés… y compris dans les zones les plus reculées. En 2025 l’empreinte de la fibre devrait peu ou pro être équivalente à celle de l’électricité.

Reste à savoir comment seront effectués les liaisons Terminales dans les zones très peu denses. Il est vraisemblable qu’il n’y aura pas de câble  mais un raccordement aérien sur les lignes téléphoniques qui portent actuellement le vieux réseau de cuivre en pleine décomposition. L’occasion peut-être de remettre des poteaux debout car souvent ce sont les fils de cuivre qui soutienne ces poteaux.

Ce financement supplémentaire s’inscrit dans le cadre du cahier des charges du plan France très haut débit (THD). Les montants débloqués ont été «ajustés pour coller à la réalité de chacun de ces besoins», fait savoir Matignon. Il faut déployer et généraliser la fibre optique d’ici 2025. Au total douze RIP sont concernées par cette première enveloppe de 420 millions, certaines couvrent un département, d’autres une région

La crise sanitaire a mis en avant l’importance du numérique au quotidien. Matignon met en avant quatre grandes catégories d’usages : la télémédecine, l’éducation à distance, le télétravail et les démarches administratives numériques.

À cette première enveloppe s’en ajoutera une deuxième de 150 millions d’euros « pour aller jusqu’à l’abonné isolé». Les détails de cette deuxième phase seront précisés l’été prochain

Des liaisons téléphoniques enfin abordables avec l’Afrique ?

Des liaisons téléphoniques enfin abordables avec l’Afrique ?

 

Le projet maintenant réalisé par Orange d’associer 10.000 km de câbles sous-marins pour relier l’Afrique de l’Ouest aux autres continents et 10 000 km de câbles terrestres pour assurer la communication entre huit pays (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Nigeria et Sénégal) permet d’espérer une plus grande fluidité et surtout une beaucoup plus grande compétitivité des liaisons téléphoniques et Internet.

 

Fibre : en milieu rural, c’est pas pour demain

 Fibre : en milieu rural,  c’est pas pour demain

Il n’est pas du tout certain que l’objectif de mettre le câble à disposition de tous les Français en 2022 soit tenu en particulier en zone rurale. Début 2021,  5 millions de résidences ont déjà été raccordés en zone rurale mais il en reste encore 12 millions.

Certes on va raccorder certains centres bourg et encore;  mais pour le reste,  il faudra se satisfaire du vieux réseau avec un nouveau fil aérien ou même l’utilisation de l’ancien réseau cuivre dont les poteaux sont soutenus souvent par les fils téléphoniques.

Le problème c’est que nombre de ruraux risques de ne plus disposer de liaisons Internet. En effet le vieux réseau cuivre est dans un état d’abandon incroyable et les pannes succèdent aux pannes tant pour le téléphone que pour Internet.

En outre, des zones géographiques qui ne sont pas non plus couvertes pour les liaisons téléphoniques par la 5G. Quand tout va bien on peut parfois obtenir du réseau 3G ou 4G. Quand tout va mal, rien du tout et les messages sont reçus le lendemain. Ce serait pourtant l’occasion de rénover complètement le réseau aérien qui va persister en zone rurale.

 

HOPIUM, un FRANÇAIS QUI VEUT PRODUIRE UNE BERLINE À HYDROGÈNE

HOPIUM, un FRANÇAIS QUI VEUT PRODUIRE UNE BERLINE À HYDROGÈNE

Olivier Lombard ,  Vainqueur des 24 Heures du Mans en 2011 à seulement 20 ans, est persuadé que l’hydrogène et l’avenir de l’automobile.

 

Agé aujourd’hui de 29 ans, il a créé en 2020 « Hydrogen Motive Company » (HMC) dont la division Hopium prépare une voiture sportive haut de gamme. Son but est de détrôner Tesla avec deux atouts: une autonomie de 1000 kilomètres et un temps de « recharge » de seulement 3 minutes.

Cette passion pour l’hydrogène remonte à 2013, année durant laquelle il a testé des bolides préparés par le laboratoire suisse GreenGT, spécialisé dans la recherche et dans « l’implémentation de systèmes à propulsion hybrides (électrique et hydrogène) de haute puissance.

Avec l’aide d’anciens de Porsche, Tesla, ou Lucid, il veut concourir en 2024 aux 24H avec, pour la première fois, une voiture de course à hydrogène dans le cadre de la mission H24.

Mais en parallèle, Olivier Lombard veut mettre au point, avec Hopium, une berline sportive, l’Hopium Mãchina. Cette voiture, encore au stade du concept, offre un design racé et une motorisation survitaminée. Cette berline de 4,95 mètres de long affiche une puissance de plus de 500 chevaux. Et comme il l’explique sur son site, sa voiture, qui sera produite en France, sera aussi un concentré de technologies.

« Ce sera un véhicule hyper connecté, l’idée c’est de mettre le conducteur dans une sorte de cocon, il pourra profiter d’un mode de conduite autonome avec l’accès à de nombreux services digitaux », promet Olivier Lombard.

Un prototype devrait être présenté dès 2021 pour une commercialisation en 2026 à un tarif autour de 120.000 euros. Reste désormais à trouver des financements. Pour attirer des investisseurs, Olivier Lombard promet un chiffre d’affaires qui pourrait atteindre un milliard d’euros en 2030.

A ce jour, seuls Toyota et Hyundai tentent l’aventure avec un modèle chacun (une familiale et un SUV) qui attirent peu les clients. Le prix proche de 80.000 euros joue certainement. Mais l’autre raison repose sur le faible nombre de stations service à proposer de l’hydrogène. On n’en trouve actuellement à peine plus d’une trentaine en France

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« Pour une sobriété numérique »

  »Pour une sobriété numérique »

Gilles Ferreboeuf, chef de projet numérique au Shift Project estime dans la tribune que si

le numérique est souvent présenté comme une solution pour la transition écologique, le compte n’y est pas encore : son impact carbone augmenterait de 9% par an. D’où la nécessité, d’une « sobriété numérique (interview la tribune)

LA TRIBUNE – Comment définir la sobriété numérique ? Est-ce simplement limiter nos usages ou est-ce une toute nouvelle philosophie de notre rapport au numérique ?

HUGUES FERREBOEUF - L’un ne va pas sans l’autre. La sobriété numérique, c’est faire évoluer nos habitudes pour consommer le numérique différemment, de manière plus responsable et raisonnable. La vidéo en 4K ou en 8K sur Netflix est-elle vraiment nécessaire ? Ai-je vraiment besoin de changer de smartphone tous les deux ans . (suite dans la tribune.

Sans parler évidemment des matières premières rares et de l’obsolescence programmée par les producteurs d’ordinateurs et de Smartphones qui exigent des capacités de plus en plus grande avec la complexification des logiciels. Les matériels informatiques deviennent vite obsolètes du fait des nouveaux programmes informatiques et les matériels augmentant leur puissance permettent l’accès à des programmes encore plus gourmands. Une sorte de course à la grandeur et à la technologie qui contraint de changer de matériel tous les deux à trois ans ou presque.

Réseaux de données européens en danger ?

  • Réseaux de données européens en danger ?

Gérard Vespierre, Président de Strategic Conseils , s’inquiète du manque de stratégie protégée les réseaux de données au plan européen dans une chronique à laTribune

 

Chronique

 

Le Portugal a préparé un plan visant à conforter et sécuriser les réseaux de câbles sous-marins reliant l’Europe au reste du monde. Lisbonne peut compter sur le soutien politique de plusieurs pays impliqués dans cette vision, la France devrait y jouer un rôle.

Mais en dehors de son tour de présidence à la tête du Conseil Européen, quelles sont les motivations portugaises à s’impliquer dans ce domaine ?

Tout d’abord, avant l’Histoire, il convient de considérer la géographie. Le positionnement du Portugal place ce pays à un absolu carrefour. Il occupe en effet une position privilégiée vis-à-vis de l’autre côté de la façade atlantique, tant de l’Amérique du nord que de l’Amérique du sud. De plus, il est l’ultime territoire pour les pays du nord de l’Europe, vers le continent africain. Enfin, sans être sur la façade méditerranéenne, il en est néanmoins très proche.

En conséquence, cette position carrefour va très tôt donner au Portugal une place privilégiée dans l’organisation des réseaux de câblage sous-marin. Dès 1870 ce pays a été relié au Royaume-Uni, par un premier câble télégraphique.

L’Histoire et la technologie ont poursuivi leurs chemins, et à ce jour le Portugal dispose de 10 amarres pour des systèmes optiques sous-marins. Il est ainsi le seul pays à disposer de connections directes avec tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

On comprend mieux dès lors les raisons qui motivent le Portugal à s’impliquer dans un tel projet.

Lisbonne considère les réseaux de câbles sous-marins comme le grand absent des préoccupations européennes dans le cadre d’une stratégie numérique globale. Ces réseaux constituent pourtant le lien essentiel des échanges internet dans le monde ! Le Portugal veut donc la mise en place d’un plan d’investissement pan-européen, afin que l’Europe installe ses propres câbles sous-marins, et améliore ses infrastructures numériques continentales.

Cette stratégie aboutirait alors à un vaste plan industriel visant à augmenter les réseaux de connections entre les pays européens, ainsi que les liaisons entre l’Europe et les autres continents. Un tel projet serait, à l’évidence, un accélérateur de croissance pour l’industrie européenne des télécoms.

Un 4ème pilier numérique verrait ainsi le jour, après celui du « Cloud » souverain, contenu dans le plan Gaia-X présenté en début d’année par le ministre allemand de l’Économie, et les 2ème et 3ème pilier que constituent « l’Acte pour les Services Numériques » et « l’Acte pour les Marchés Numériques » présentés par la Commission Européenne, le 15 décembre.

Grâce à l’apport de la vision Portugaise, l’Europe disposerait alors d’un dispositif stratégique global autour du numérique :

  • Sécurisation et développement des réseaux câblés ;
  • Mise en place d’un « Cloud » souverain ;
  • Modération des contenus web, de façon plus efficace ;
  • Freinage de la stratégie hégémonique des grands acteurs d’Outre-Atlantique.

Ces enjeux géopolitiques ont été présentés dans un précédent article.

Ainsi, s’il n’y a pas eu de vision globale au départ, au moins y-aurait-il la mise en place d’une stratégie globale à l’arrivée….

Avant les menaces sur les réseaux, il y a en effet une inconnue à prendre en compte : les conséquences du Brexit. Les volumes de données venant ou se dirigeant vers la Grande-Bretagne, pourraient éventuellement faire l’objet de la part des autorités Britanniques de nouvelles dispositions, à visée juridique ou sécuritaire….

Mais à côté de cette inconnue, il existe de réels risques et considérations stratégiques. Ainsi lors d’une réunion de l’OTAN, réunissant les ministres de la Défense des pays membres, au mois d’octobre, la protection des réseaux de câbles sous-marins a été un des sujets de l’ordre du jour. L’intérêt de la Russie dans le domaine cyber est connu, et ces réseaux représentent des points de passage à potentiel hautement disruptif.

Les Etats-Unis, principal membre de l’OTAN, ont ajouté sous l’autorité du Département d’Etat, les réseaux de câbles sous-marins, à leur liste d’infrastructures stratégiques pouvant être l’objet de visées chinoises… L’Europe doit également intégrer ce risque.

 

Mais pour les autorités européennes, il y a une autre considération, à savoir, la position croissante des géants américains du Web, Facebook, Amazon, dans le développement de leurs propres infrastructures. La maîtrise par l’Europe de ses infrastructures numériques apparaît comme une nécessité de long terme. Ces éléments stratégiques donnent un relief et une importance certaine aux tensions et combats qui se déroulent sur le flanc est de l’Europe, dans le Caucase-sud.

Cela peut sembler lointain, mais nous sommes aux portes de la Turquie, donc très proche de l’Europe. De plus à l’heure des méga-débits, ce ne sont plus les distances qui comptent, mais la connectivité et la vitesse. Une seule société géorgienne, Caucasus Online, détenait depuis 2008, la gestion du réseau de fibre venant d’Europe à travers la Mer Noire.

En 2018, le groupe azerbaïdjanais NEQSOL, établi aux Etats-Unis, en Ukraine, et également en Angleterre, prend la décision d’acquérir Caucasus Online.

Après avoir mené les contacts nécessaires avec les autorités gouvernementales géorgiennes des télécommunications, l’opération est finalisée en 2019. Mais depuis lors, le gouvernement géorgien, via l’autorité de tutelle, le GNCC, tente de revenir sur cette opération de nature privée, et préalablement acceptée. Au nom de quels intérêts… ? Gardons en mémoire que l’objectif de NEQSOL est de bâtir à partir des infrastructures de Caucasus Online un hub de communication vers l’Asie… sans passer par Moscou… !

Afin d’essayer de revenir à la situation antérieure, le gouvernement géorgien, sans base juridique valable, a fait introduire des amendements à la loi sur les Communications. Ces dispositions nouvelles lui ont permis, le 1er octobre, de faire nommer un « Special Manager » aux pleins pouvoirs, chez Caucasus Online. Fort de ses « pouvoirs spéciaux » il a déjà entrepris de s’opposer à la plainte déposée par la société auprès des tribunaux géorgiens… ! Cela s’apparente en réalité à une expropriation, puisque le propriétaire en titre, NEQSOL, ne peut plus exercer son autorité sur une structure lui appartenant juridiquement.

La société NEQSOL s’est donc résolue à porter le litige devant le CIRDI (Centre International pour le Règlement des Différents relatifs aux Investissements) basé à Washington, créé en 1965, et dépendant de la Banque Mondiale.

L’intensité d’un tel litige exprime naturellement la puissance des intérêts en jeu. Cela se passe aux portes de l’Europe. Les réseaux européens sont connectés avec le Caucase. Nous avons ici le signe de l’importance de ces enjeux, et donc l’absolue nécessité pour l’Europe d’établir clairement ses règles, et de mettre en place les moyens de les faire respecter.

Le Portugal a pleinement raison de vouloir faire ajouter un 4ème pilier aux dispositifs européens concernant le numérique et ses réseaux. La Géorgie illustre l’apprêtée des rivalités possibles dans le domaine des réseaux de fibre, internationaux. Le Portugal donne à l’Europe, avec ce projet, une impulsion stratégique de toute première importance pour le futur technologique européen, et sa nécessaire souveraineté.

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Gérard Vespierre, diplômé de l’ISC Paris, Maîtrise de gestion, DEA de Finances, Paris Dauphine, géo politologue, Fondateur du site : www.le-monde-decrypte.com

La stratégie de Facebook: tuer la concurrence

 La stratégie de Facebook: tuer la concurrence

Le professeur de communication Charles Cuvelliez et le cryptographe Jean-Jacques Quisquater analysent, dans une tribune au « Monde », la nouvelle approche de la concurrence que manifeste la plainte déposée par

Tribune. Le 9 décembre, la Federal Trade Commission (FTC), la puissante agence américaine de concurrence et de protection des consommateurs, a déposé une plainte contre Facebook pour atteinte à la concurrence. Elle n’y va pas par quatre chemins : considérant que les réseaux sociaux constituent un nouveau marché, elle déclare Facebook en abus de position dominante. Elle ne réclame rien de moins que le démantèlement de Facebook en lui retirant Instagram et WhatsApp.

Les Etat-Unis brûlent ainsi les étapes de la politique de la concurrence, passant directement des amendes salées mais sans grand effet au grand soir du démantèlement des monopoles, mesure qui n’a été appliquée que deux fois au XXe siècle, contre le pétrolier Standard Oil (1911) puis contre la compagnie de téléphone AT&T (1984).

Certes, Facebook répondra que rien de ce qu’il fait ne porte préjudice au consommateur puisque son service est gratuit ! Car tout l’arsenal des lois anti-trust repose sur le fait qu’il y ait préjudice pour les consommateurs… Mais la FTC assimile bien le rachat d’Instagram en 2011, et celui de WhatsApp en 2014 comme des initiatives contraires à la concurrence, car n’ayant comme objectif, à une époque où Facebook craignait de rater le virage du mobile, que d’empêcher ces concurrents potentiels d’occuper le terrain.

Une conception élargie des infractions à la concurrence

Aujourd’hui, Facebook les maintient en vie sous son contrôle, dans le même but. Les sévères restrictions imposées aux développeurs qui veulent bénéficier de l’écosystème Facebook complètent le tableau : bannissement des fonctionnalités qui font de l’ombre à Facebook, interdiction de renvoyer à des réseaux sociaux concurrents (s’il y en a). La FTC est ainsi passée des (modestes) amendes infligées pour le mauvais usage des données privées à une conception beaucoup plus large des infractions aux règles de la concurrence.

Le rapport de la Commission anti-trust du Congrès américain aura préparé le terrain. Il identifie bien deux barrières à l’entrée pour des concurrents : les données que Facebook a accumulées, mais aussi le coût social élevé à quitter Facebook. Quitter ce réseau n’est pas juste se priver de ses « amis », c’est se priver de l’accès à des groupes professionnels, et parfois aux administrations pour interagir avec elles.

Or, Facebook ne peut pas sérieusement prétendre que Twitter, Snapchat et Pinterest sont des concurrents, ni même YouTube, pour accéder à de tels services. Passer chez un concurrent est d’ailleurs quasiment insurmontable : les autres réseaux sociaux, quand ils osent exister, ne sont pas interopérables avec Facebook.

 

 

TWEETS ANTISÉMITES CONTRE MISS PROVENCE: à quand la suppression de l’anonymat ?

TWEETS ANTISÉMITES CONTRE MISS PROVENCE: à quand la suppression de l’anonymat ?

La première dauphine de Miss France a été victime d’insultes racistes à l’occasion de son élection. La plupart des commentateurs et le pouvoir politique appellent les grands réseaux à faire le ménage chez eux en interdisant les messages violents notamment racistes.

 

La solution n’est certainement pas la cadre  les logarithmes des grands du numérique qui seront difficilement capables de juger ce qui est intolérable au regard des lois d’autant qu’elles ne sont pas les mêmes dans chaque pays.

La solution la plus radicale consisterait à supprimer l’anonymat derrière lequel se cache les courageux délateurs et autres extrémistes sans parler des nombreux malades mentaux.

 

Téléphone fixe- câble : un abandon total dans les territoires ruraux

Téléphone fixe- câble : un abandon total dans les territoires ruraux

Alors qu’on promet partout le câble, les territoires ruraux devront encore se satisfaire du vieux réseau cuivre souvent suspendu aux branches des arbres ou traînant par terre. Théoriquement les territoires ruraux devraient être essentiellement desservis pour le câble par voie aérienne. On se demande comment puisque souvent c’est la ligne qui soutient les poteaux.

200 élus ruraux dénoncent donc l’abandon total du réseau de téléphone fixe. Le constat est en effet assez lamentable puisque souvent les fils traînent par terre et soutiennent des poteaux brisés. Normalement l’entretien incombe à Orange qui néglige totalement le téléphone fixe des zones rurales. En fait,  Orange compte, substituer le câble au réseau cuivre. Le problème, c’est que cette substitution totale n’interviendra pas au moins avant 2030 et en attendant les zones concernées risquent d’accéder de moins en moins facilement aussi bien au téléphone fixe qu’à Internet.

 

Dans son plan stratégique 2025, le groupe Orange prévoit que le réseau «cuivre» pour la téléphonie fixe sera complètement remplacé par un réseau fibre optique en 2030. Une convention signée entre l’Etat et Orange en 2017 et arrivée à échéance doit laisser sa place à une nouvelle «qui prévoit un accès au haut débit internet en plus de la téléphonie fixe». Le problème est quand ?

 » Pour une éthique des algorithmes »

« Pour une éthique des algorithmes »

Le licenciement par Google de Timnit Gebru, chercheuse de renom en intelligence artificielle, jette une ombre sur les priorités de l’entreprise et suscite de légitimes protestations, souligne, dans une tribune au « Monde », Lê Nguyên Hoang, spécialiste de l’éthique des algorithmes à à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

Tribune. 

Début décembre, Timnit Gebru, codirectrice de l’équipe d’éthique de l’intelligence artificielle (IA) de Google et chercheuse académique de renom, a été licenciée. Les informations au sujet de son licenciement sont encore très incomplètes. Néanmoins, cet événement semble faire suite à une contestation par la chercheuse de décisions éthiquement discutables de la direction de son entreprise. En particulier, celle-ci semble avoir exigé la rétractation d’un article de recherche, dont Timnit Gebru est coautrice, et qui questionne l’éthique des algorithmes de traitement de langage au cœur de nombreux produits de Google.

En réaction à cet événement, une lettre ouverte de soutien a été publiée. Cette lettre conteste la version des faits présentée par Google ainsi que les décisions de l’entreprise, et exige davantage de transparence et d’engagement éthique. Elle a aujourd’hui reçu 2 695 signatures d’employés de Google, et 4 302 signatures d’universitaires, d’employés de l’industrie des technologies et de membres de la société civile.

Pour comprendre l’importance de cette lettre, il est utile de prendre du recul et de mesurer l’impact mondial des algorithmes de Google. Ces algorithmes répondent quotidiennement à des milliards de requêtes d’utilisateurs, sur des thèmes parfois controversés et dangereux comme « le changement climatique est un canular », « les dangers de la vaccination » ou « événement musulman ». Ces algorithmes ont aussi une influence monumentale sur les vidéos qui seront davantage visionnées sur la plate-forme YouTube, puisque deux visionnages sur trois résultent de recommandations algorithmiques. De façon inquiétante, plusieurs études suggèrent que ces algorithmes promeuvent énormément de contenus complotistes, et ont contribué à ce que les vidéos qui nient le changement climatique fassent autant de vues que celles qui l’expliquent.

Biais préoccupants

Dans ce contexte, il semble important d’étudier davantage l’éthique de ces algorithmes. L’article rétracté par Google soulignait justement, entre autres, que des biais préoccupants avaient été assimilés par les algorithmes de traitement des langages. Ces biais avaient d’ailleurs déjà été soulignés, par exemple par Abubakar Abid, qui a montré qu’un algorithme appelé GPT-3 complétait systématiquement des débuts de phrases à propos des musulmans par des histoires de terrorisme. Si des algorithmes similaires sont déployés par Google, à moins d’une réflexion éthique préalable, il faut craindre que les réponses à des recherches comme « événement musulman » parlent eux aussi davantage de terrorisme que de ramadan.

 

5G : « Les risques de manipulation numérique »

5G : « Les risques de manipulation numérique »

Le chercheur en communication Christophe Alcantara appelle, dans une tribune au « Monde », à un débat éthique et politique sur les usages de la 5G.

Tribune.

 

 Depuis le 18 novembre, les opérateurs de téléphonie peuvent produire des contenus et des services sur le réseau 5G. Cette technologie disruptive annonce, par exemple, l’automobile autonome, de nouvelles pratiques médicales, les villes « intelligentes » et les objets connectés… La collecte et le partage des données par des objets communicants sont la clef de cette disruption.

Comme pour l’avènement de toute nouvelle technologie de communication depuis près de deux siècles, le discours promotionnel qui accompagne l’avènement de la 5G est ancré dans un déterminisme technologique – les analogies avec les discours assurant la promotion du chemin de fer à vapeur ou l’arrivée du Web sont frappantes. Séduisant en première lecture, il est cependant plus contestable lorsque l’on prend un peu de recul…

Nous savons depuis les travaux du philosophe Michel de Certeau (1925-1986) que ce n’est pas parce que, techniquement, nous pouvons réaliser une action prescrite par un discours promotionnel que, socialement, nous allons effectivement procéder conformément à cette prescription. Les détournements et autres « braconnages » d’usages ont fait émerger les SMS, ou, auparavant, le Minitel « rose ».

Religiosité

L’imaginaire social d’une technologie est porté par des utopies, avant que ne s’opère un glissement vers une idéologie prétendant bouleverser l’ordre social. La spécificité du numérique est qu’il repose sur un imaginaire qui porte les stigmates d’une forme de religiosité. L’un des premiers ouvrages de vulgarisation d’Internet s’intitulait Et Dieu créa Internet (de Christian Huitema, Eyrolles, 1995). L’adjectif « intelligent » associé aux dispositifs concernés par la 5G relève d’une même forme d’imaginaire transcendé qui, par définition, nous dépasse et se prête peu à la critique.

Le débat public autour de la 5G est de faible intensité, et principalement axé sur les questions écologiques et sanitaires. Il n’est certes pas dénué d’intérêt de s’interroger sur les conséquences de la 5G sur notre santé, et d’appréhender l’empreinte carbone de la collecte et du stockage à très grande échelle de la « data ».

Mais ces questions ne sauraient remplacer l’enjeu essentiel de l’arrivée de la 5G : la nature et le régime des traces numériques.

Nous glissons depuis quelques années déjà dans un monde où notre activité numérique quotidienne fait que « nous ne pouvons pas ne pas laisser de traces », pour reprendre l’expression de Louise Merzeau (1963-2017), figure importante du champ scientifique des humanités numériques en France. La plupart d’entre nous n’ont pas conscience de la quantité de traces numériques visibles et invisibles que nous produisons chaque jour. Cette ombre numérique, déjà gigantesque, va croître de façon exponentielle avec la 5G.

 

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

Bertrand Laurioz , président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing, estime que l’avenir des entreprises passe aussi par le digital.( Chronique dans l’opinion)

 « La crise du Covid a généré un vaste mouvement de numérisation. Chaque entreprise s’est donc engagée dans de nouvelles démarches pour s’approprier les derniers outils. Le niveau numérique s’est largement amélioré et la concurrence en ligne s’est de fait accentuée »

 

L’impact sévère des confinements sur les entreprises accélère leur transformation numérique, tout en accentuant les écarts entre elles. Pour le dire trivialement : certaines risquent de rester sur le carreau. La concurrence dans le numérique va s’avérer plus rude qu’elle n’a été jusqu’à présent. Alors que le gouvernement incite toutes les entreprises, y compris les plus petites, à mettre en ligne un site internet, il n’est plus possible de se satisfaire de cette seule présence minimale pour espérer peser dans ces nouveaux espaces très concurrentiels. De la même façon que l’informatique avait créé dans les années 1990 des disparités majeures, un nouveau monde se construit dans l’ère post-Covid.

Vers des modalités de travail plus flexibles

En mars dernier, une grande partie des entreprises se sont retrouvées en quelques jours sans salariés. Elles ont dû en urgence mettre en place un fonctionnement de télétravail à distance quand cela était possible. Ce que les DSI rêvaient de faire parfois depuis des années a été réalisé en seulement quelques semaines, voire dans certains cas en quelques jours. Mais si certaines n’ont tout simplement pas pu faire face faute de moyens, d’autres n’ont pas su s’adapter, parce qu’elles avaient trop de retard sur l’évolution des méthodes du travail ou les outils disponibles.

Après cette étape d’urgence, la gestion du télétravail, et plus largement de la flexibilité de son organisation, sera au programme des discussions dans les entreprises. Celles qui sauront maintenir la motivation des collaborateurs, leur proposer une organisation agile et flexible, sans pour autant entamer leur efficacité, parviendront à la fois à fidéliser et à attirer les talents.

De nouvelles habitudes de consommation

Au cours de cette année, les entreprises ont fait face à une difficulté inédite d’accès à leurs clients. Et inversement, les consommateurs se sont retrouvés bloqués dans leurs souhaits de consommation, particulièrement dans les petits commerces jugés « non-essentiels ». Malgré une dizaine d’années de transformation digitale, un grand nombre de sociétés n’étaient manifestement pas prêtes à passer du modèle classique à un modèle digital ou cross-canal, qui aurait permis aux clients de continuer à converser avec eux en se renseignant, en achetant en ligne, en allant chercher ou en recevant leurs produits.

Environ 69% des entreprises avaient un site internet début 2020 (étude AFNIC, décembre 2019), mais très peu disposaient d’une véritable logistique e-commerce permettant de gérer en ligne tout le processus de vente, et encore moins un mécanisme intégré entre le digital et le physique. La crise sanitaire a accéléré les choses : les acteurs des telecoms, de l’IT, du e-commerce et de la logistique sont sur le pied de guerre pour aider les entreprises à passer cette étape, pour parvenir in fine à tirer profit de cette période.

Après une digitalisation à marche forcée, l’accélération du marketing digital basée sur la data ?

La mise en place du click & collect ou d’un site d’e-commerce efficace ne sont que des étapes initiales d’une transformation inéluctable. Les entreprises et les commerces se rendront bientôt compte que le Web et les réseaux sociaux sont encombrés, et qu’il est très difficile de se faire connaître, de se différencier, de générer des leads, de les convertir en clients, puis de fidéliser sa clientèle, de l’animer et de la valoriser. C’est pourtant là que se situe la base du commerce !

L’exemple des libraires est frappant : nous sommes tous mobilisés pour les aider, leur permettre de survivre, mais cela ne peut malheureusement pas être une motivation suffisante sur la durée. Ils vont devoir convaincre de leur valeur ajoutée vis-à-vis des géants du Web, pour éviter que les consommateurs ne renouent avec leur réflexe paresseux du One-Click sur Amazon.

Car, la concurrence est rude ! Un acteur de la distribution dont l’activité en ligne représente moins de 15% aura du mal à lutter contre Amazon ou d’autres marketplaces. Le sujet ne va bientôt plus être une question de mode de commande ou de chaîne logistique, il va devenir une question de compréhension et d’intégration du marketing digital data-driven au cœur de la stratégie de développement de l’entreprise pour inscrire durablement la marque dans l’esprit des consommateurs, les toucher, les fidéliser et les inciter à commander de façon récurrente.

La question est encore plus prégnante pour les entreprises BtoB où la transformation du marketing digital n’en est qu’à ses balbutiements. Elles vivent actuellement une déferlante qui bouscule les méthodes et les relations commerciales. Et les mutations vont s’accélérer, portées par l’efficacité de la technologie et des réseaux qui permettent visioconférences, webinaires, événements virtuels, etc., et qui révolutionnent la manière de faire du commerce de la prospection jusqu’à la signature des contrats.

Que ces entreprises s’adressent aux clients BtoC ou BtoB, leur présence en ligne n’est pas suffisante, il faut désormais qu’elles investissent durablement dans le « data marketing », c’est-à-dire le marketing digital basé sur la data !

Bertrand Laurioz est président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing

Un nouveau Règlement européen sur les services numériques

Un  nouveau Règlement européen sur les services numériques

Pour éviter des pratiques jugées déloyales et des situations de quasi-monopole, les grands du numérique devront notamment signaler aux autorités tout projet d’acquisition. Des amendes pourront aussi être prononcées jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires. Notons qu’aux États-Unis , les grands réseaux numériques américains sont aussi en cause. L’objectif serait de faire éclater les monopoles de fait.

“De même que nous avons régulé les grandes banques dites ‘systémiques’ après la crise de 2008, nous régulerons désormais les plateformes numériques, avec, comme pour les banques, des obligations graduées suivant leur taille”, souligne Thierry Breton dans une interview au quotidien les Echos, ajoutant espérer que les deux textes entrent en vigueur d’ici 18 mois.

Les grandes plates-formes en ligne, celles comptant plus de 45 millions d’utilisateurs, devront également redoubler d’efforts pour supprimer les contenus jugés illégaux et offensants. Elles devront également faire preuve de davantage de transparence en divulguant notamment l’identité des auteurs des publicités politiques ainsi que les paramètres utilisés par leurs algorithmes pour classer les produits et services.

La rivalité entre les géants de la technologie pourrait cependant les empêcher d’afficher un front uni. Facebook a par exemple demandé à l’UE de réguler Apple.

“Nous espérons que le DMA fixera également des limites pour Apple. Apple contrôle tout un écosystème, des appareils à l’App Store en passant par les applications. Le groupe utilise cette position pour nuire aux développeurs et aux consommateurs, ainsi qu’aux grandes plates-formes comme Facebook”, a déclaré dans un communiqué le premier réseau social au monde.

Le prototype de SpaceX explose

Le prototype de SpaceX explose

 

Le prototype de mercredi a décollé correctement, montant graduellement en altitude et selon une trajectoire apparemment droite. Puis l’un des trois moteurs s’est éteint, avant un deuxième. Après 4 minutes et 45 secondes de vol, le troisième s’est éteint et la fusée a commencé à revenir vers le sol, prenant la position couchée attendue. Quelques secondes avant l’atterrissage, les moteurs ont été rallumés afin de la remettre droite, en position d’atterrissage, et de ralentir sa chute. Mais la vitesse a semblé trop grande, et le contact trop brutal, et l’engin a explosé au sol.

Elon Musk imagine lancer un jour plusieurs de ces vaisseaux à la conquête de Mars. Mais dans un premier temps, la fusée, si elle devenait opérationnelle, pourrait s’avérer utile pour des voyages plus proches, notamment pour la Lune, où la Nasa veut rétablir une présence durable à partir de 2024.

Blockchain: vecteur de croissance mondiale

Blockchain: vecteur de croissance mondiale

Giulia Mazzolini, directrice France de Bitpanda, une plateforme d’investissement explique l’intérêt de cette nouvelle technologie et son potentiel de vecteur de croissance mondiale ( Opinions dans la Tribune

La technologie blockchain est en train de se généraliser, c’est un fait. Elle rend possible la tokenisation – procédé permettant de remplacer une donnée critique par un élément équivalent qui n’a aucune valeur intrinsèque une fois sortie du système – et permet ainsi l’échange de biens numériques. La blockchain crée également un environnement propice à la prise de décisions dans les organisations et à leur mise en œuvre, cela sans avoir recours à une autorité extérieure. Selon une étude PwC du mois d’octobre dernier, cette technologie a la capacité d’augmenter le PIB mondial de 1,5 trillion d’euros d’ici 2030. Elle a même le potentiel de transformer la façon dont les individus interagissent avec les données et la manière dont les transactions sont effectuées.

Beaucoup d’acteurs économiques n’ont pas encore pleinement saisi le potentiel de la blockchain parce qu’ils peinent souvent à voir les nombreuses applications dans le monde réel et dans la vie quotidienne. Cette nouvelle technologie offre notamment une plus grande transparence en rendant visible l’historique des transactions. L’efficacité est donc accrue, la traçabilité améliorée ainsi que la rapidité elle-même des transactions. En un mot la blockchain est plus sûre que les autres systèmes d’enregistrement de données, et ce à un coût réduit.

Actuellement, des secteurs comme la banque et les paiements ainsi que la cybersécurité en bénéficient directement. Pour le secteur bancaire, la chaîne d’approvisionnement est un énorme avantage pour apporter à un public plus large un meilleur accès aux services financiers ; on peut même comparer cette révolution à la façon dont les médias ont changé avec l’essor d’Internet. La cryptomonnaie n’est qu’un exemple de son application dans le domaine de la finance. Il y a bien sûr également l’envoi d’argent en ligne, que la technologie rend incroyablement plus simple. Il en va de même pour la cybersécurité : la blockchain fournit un registre décentralisé qui permet plus de sécurité et de transparence.

Un tournant pour 2025…

Aussi important qu’il soit pour toute entreprise de s’ouvrir à la blockchain afin de capitaliser sur les gains d’efficacité apportés par cette technologie, certains secteurs comme la santé, l’administration avec la gestion des identités et la résolution des litiges, l’éducation mais aussi le traçage et le suivi des produits et des services, vont plus particulièrement en bénéficier dans les prochaines années. Le tournant devrait avoir lieu en 2025, une fois les technologies de blockchain adoptées à grande échelle dans l’économie mondiale.

On peut d’ores et déjà mesurer l’optimisme que suscite la blockchain dans les différents pays européens et notamment en France. Selon PwC, son impact économique devrait être de l’ordre de plus de 40 milliards d’euros dans l’Hexagone. On comprend alors pourquoi la Commission européenne soutient cette nouvelle technologie, à la fois en lui donnant un cadre réglementaire et en lui permettant de trouver les financements nécessaires à son essor.

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(*) Par Giulia Mazzolini, directrice France de Bitpanda, une plateforme d’investissement qui revendique plus de 1,3 million d’utilisateurs en Europe.

«Economie numérique: réservée aux très grands « 

«Economie numérique: réservée aux très grands « 

Emmanuel Combe ,professeur à Skema business school et vice-président de l’Autorité de la concurrence, explique dans le  l’Opinion qu’un  nouvel entrant qui voudra rivaliser demain avec les Gafam devra franchir plusieurs obstacles, des « barrières à l’entrée ». Une première barrière est constituée par l’ampleur des coûts fixes et irrécupérables, notamment pour mettre au point un algorithme performant.

Pour amortir ce coût fixe, le nouvel entrant devra disposer d’un grand nombre d’utilisateurs ou de clients, ce qui le met face à une seconde barrière à l’entrée : les effets de réseaux, directs comme indirects. Dans le cas par exemple d’une application de VTC, pour attirer les premiers clients, il devra disposer dès le départ d’un nombre suffisant de chauffeurs. Symétriquement, les chauffeurs ne s’inscriront sur cette nouvelle application que si le nombre de clients permet de leur apporter un flux suffisant d’affaires.

Une troisième barrière à l’entrée va se présenter à lui : les «économies d’expérience ». Il s’agit d’une barrière liée à un avantage temporel : produire depuis longtemps permet d’apprendre de ses erreurs, de s’améliorer et de devenir plus efficace. Dans le cas du numérique, cela signifie que l’avantage qu’une plateforme en place retire de la possession de données provient moins de leur grande quantités que de leur accumulation au cours du temps.

La qualité des prévisions de ventes hebdomadaires sur un produit augmente avec le nombre de périodes durant lesquelles ce produit est proposé à la vente

Historique. Prenons l’exemple d’un moteur de recherche : l’efficacité d’un algorithme – c’est-à-dire sa capacité à fournir une réponse pertinente à la requête d’un internaute – s’améliore au fil du temps, dans la mesure où il tient compte de l’historique des recherches passées. Il en va de même pour les plateformes de streaming : la capacité de Spotify à faire des recommandations pertinentes prend appui sur le comportement passé de l’utilisateur, ce qui permet de mieux connaître ses goûts et d’affiner toujours plus le ciblage des contenus.

De même, dans le commerce en ligne, l’historique des ventes permet d’améliorer la qualité des prévisions et d’avoir en permanence le « bon » niveau de stock. Ainsi, une étude du NBER sur le cas d’Amazon montre que la qualité des prévisions de ventes hebdomadaires sur un produit augmente avec le nombre de périodes durant lesquelles ce produit est proposé à la vente. A l’inverse, les auteurs de l’étude montrent que le nombre de produits proposés à la vente et qui appartiennent à la même catégorie que le produit vendu n’influe pas sur la qualité de la prévision. La profondeur historique des données jouerait ainsi un rôle plus déterminant que le volume des données.

Est-ce à dire que la barrière de l’expérience est infranchissable ? Pas si sûr. La hauteur d’une barrière est toujours relative à la puissance de celui qui la franchit. Lorsqu’un Gafam souhaite entrer sur un nouveau marché, il peut s’appuyer sur son expérience sur des marchés adjacents ainsi que sur sa communauté d’utilisateurs existante. Il pourra aussi faire le choix de procéder à l’acquisition d’un acteur présent sur un marché connexe qui dispose d’ores et déjà de cette expérience. De plus, un nouvel entrant n’est pas toujours obligé de « sauter » une barrière. Il peut aussi faire le choix de la contourner, en se lançant sur un nouveau marché avec un nouveau produit. Cela s’appelle l’innovation disruptive.

Emmanuel Combe est professeur à Skema business school et vice-président de l’Autorité de la concurrence.

Volkswagen : vente de véhicules autonomes vers 2025-2030, pour quoi faire ?

Volkswagen :  vente de véhicules autonomes vers 2025-2030, pour quoi faire ?

La direction de Volkswagen annonce la vente au public de véhicules autonomes dans les 5 à 10 ans. La question est pour quoi faire ? Sans doute d’abord pour montrer que le premier constructeur mondial est toujours en pointe en matière de technologie et pour servir ainsi son image de marque. Par contre, on peut s’interroger sur le caractère opérationnel des véhicules autonomes dans un délai aussi court.

Certes les véhicules seront au point, le seul problème c’est que les infrastructures, elles, ne le sont pas du tout. Le véhicule autonome ne peut en effet être utilisé qu’en en site propre c’est-à-dire protégé de tout autre utilisation que la voiture. Or  les  infrastructures accueillent le plus souvent  des usages très différents. La voiture bien sûr mais aussi un tas de moyens  de transport très divers et des piétons.

Le problème majeur avec des véhicules autonomes dans l’espace viaire banalisé sera la gestion des risques, la responsabilité en cas d’accident et la couverture de ces risques. Le vrai véhicule autonome existe, c’est la navette sur site entièrement protégé, le métro et le train.

Selon Herbert Diess, l’amélioration des performances des puces informatiques nécessaires au fonctionnement des voitures autonomes, ainsi que les progrès en matière d’intelligence artificielle, accélèrent le processus.

“Il est prévisible que les systèmes seront bientôt capables de maîtriser même les situations complexes de la conduite autonome”, a-t-il déclaré à l’hebdomadaire Wirtschaftswoche. La prévision semble un peu hypothétique surtout dans un délai de 5 à 10 ans !

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