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Nouvel Appel aux « Refondations » de la gauche

Nouvel Appel aux « Refondations » de la gauche

Claire Fita, vice-présidente de la région Occitanie ainsi que 150 signataires signent un appel à de multiples « Refondations » et expriment leur souhait de « rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement ».

Un nouvel appel dans le JDD ‘après notamment celui du maire du Mans ou de Cazeneuve pour reconstruire une gauche qui se libère de Mélenchon et sur des valeurs plus universelles. Un appel sympathique mais qui a le défaut de ses origines puisqu’il est lancé par 150 élus. Or ce sont précisément les élus et autres clercs qui se sont coupés des classes populaires et qui ont tué le parti socialiste. La Refondation d’un tel parti supposerait d’abord de commencer par des assises des différentes forces démocratiques de gauche pour en priorité faire une analyse des facteurs pluridimensionnels de la crise actuelle et ensuite seulement pour tracer des perspectives crédibles de changement. Bref, pas un parti construit encore d’en haut comme la SFIO ou le parti socialiste et qui finalement fait la même politique que la droite quand il est au pouvoir. La première Refondation d’un parti socialiste serait d’abord sociologique et méthodologique. ( bref, démocratique).La seconde serait intellectuelle afin de comprendre davantage les mutations systémiques qui interagissent dans les domaines économique, social, technologique, environnemental, géopolitique et même sociétal.Par ailleurs le vieux discours socialo « d’opposition » sent un peu le réchauffé NDLR

Alors que le Parti socialiste doit dévoiler dans quelques jours les conditions d’organisations de son congrès, plusieurs élus du parti entendent participer au futur du parti, en appelant à plusieurs « Refondations » nécessaires à leurs yeux. Ces proches – pour certains – d’Anne Hidalgo veulent mettre en avant une « écologie sociale », qui ne doit pas se fondre automatiquement dans la Nupes. Voici leur tribune : « Nous sommes dans un moment de bascule. Le réchauffement climatique s’accélère dramatiquement. La guerre est en Ukraine -c’est-à-dire en Europe- et sème ses malheurs sur tous les continents. L’inflation galope. Les prix de l’énergie explosent. Les inégalités sociales et territoriales s’approfondissent. Beaucoup ne peuvent plus vivre de leur travail. Les droits acquis sont menacés comme celui à la retraite. La violence et les haines de l’autre envahissent l’espace public et les réseaux sociaux.
Ces crises climatiques, sanitaires, sociales, démocratiques ou géopolitiques, montrent chaque jour que ni la loi du marché sur le plan économique, ni l’autoritarisme sur le plan politique, qui sont les deux faces du pouvoir actuel d’Emmanuel Macron, ne sont capables d’y répondre. Au contraire, ils les aggravent. Les temps telluriques que nous vivons nécessitent de réaffirmer le besoin de vision politique, de projet global, de puissance publique, de solidarité, d’action collective, d’humanisme et d’internationalisme, avec la conviction profonde qu’il n’y aura plus de justice sociale sans écologie, ni d’écologie sans justice sociale.
Une nouvelle dynamique d’espérance peut renaître
Le pire est envisageable, mais le meilleur est possible si nous prenons la mesure des changements radicaux à opérer, si nous ne nous laissons plus submerger par l’incertitude généralisée sur le devenir du monde et de nos vies. Une nouvelle dynamique d’espérance peut renaître. Mais ce ne sera ni en reproduisant l’ancien, ni en oubliant ses acquis. Mais bien par une, et même plusieurs, refondations.
• Refondation de l’économie qui ne peut plus reposer sur la mainmise de la finance, la désindustrialisation, la tyrannie du court terme, la marchandisation de la société, le consumérisme au détriment de l’environnement, de la santé, et du pouvoir de vivre. La social-écologie, c’est penser l’économie de la vie et prendre pleinement en compte l’utilité sociale des métiers et des engagements. C’est revaloriser la valeur du travail et défendre nos retraites. C’est jouer de tous les leviers, y compris la fiscalité, pour mettre l’argent au service de l’Humain et de la Nature. C’est ouvrir le chemin d’une « nouvelle abondance humaniste ».
• Refondation des rapports sociaux qui ne peuvent plus installer et creuser les inégalités devenues insupportables, ni faire primer le chacun pour soi sur la coopération, l’attention et l’ouverture aux autres, en particulier les plus vulnérables, et le soin des générations futures. Les menaces sur les droits des femmes et la persistance des violences sexistes et sexuelles, dont les mouvements de libération de la parole continuent de montrer l’ampleur y compris dans le milieu politique, doivent enfin faire l’objet d’un volontarisme politique à la hauteur de l’enjeu.
• Refondation de notre rapport à la Nature et à la biodiversité qui ne peuvent plus être les victimes des activités humaines, mais dont la protection doit être pensée durablement avec celle des femmes et des hommes.
• Refondation de la République, pour qu’elle tienne toutes ses promesses de liberté, d’égalité et de fraternité. Par le renforcement et le redéploiement de ses services publics dans tous les territoires, par la priorité absolue à l’éducation, à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche. Par un soutien sans faille à la Culture que nous considérerons toujours comme « essentielle ». Par le renforcement et l’impartialité de sa justice et de sa police déployées au plus proche des citoyens. Par son engagement contre toutes les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie, et pour faire vivre la laïcité partout. Par l’aboutissement de sa décentralisation, pour donner enfin de l’air et de la visibilité budgétaire aux territoires, en co-construisant les politiques et en clarifiant les compétences.
• Refondation de la démocratie qui ne peut plus reposer sur un régime de « monarchie présidentielle », qui doit renforcer son modèle représentatif avec un Parlement fort et respecté et par la participation directe et permanente des citoyens et des corps intermédiaires à la délibération, à la décision ainsi qu’au suivi des politiques mises en œuvre. Une démocratie qui défend et conforte la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias.
• Refondation de l’Europe qui ne peut plus être basée sur les seuls échanges économiques, mais sur ses valeurs et son intégration politique et sociale. Les grands défis de ce siècle (réchauffement climatique, terrorisme, flux financiers, conflits internationaux, migrations…) sont tous mondiaux. Nous défendons l’Europe qui se range résolument aux côtés du peuple ukrainien face à l’agression de la Russie de Poutine, en lui livrant les armes pour sa défense, en accentuant ses sanctions économiques et en favorisant l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Nous soutenons une Europe de la Défense. Face aux libéraux nous défendons l’Europe sociale, celle du travail, de la coopération et des solidarités. Face aux ultra-conservateurs et aux extrêmes-droites qui s’affirment en Italie, Pologne, Hongrie, Suède, nous défendons nos valeurs humanistes, les libertés démocratiques, les droits des femmes si chèrement conquis mais sans cesse remis en cause.
• Refondation des relations entre les peuples, qui ne peuvent plus être fondées sur la loi cynique du plus fort et des intérêts commerciaux au détriment des droits humains et de l’universalisme, comme avec l’Arabie Saoudite qui massacre au Yémen ou avec la Chine qui génocide les Ouïgours.
• Refondation de la gauche qui n’a de raison d’être qu’en redevenant demain l’outil politique pour l’égalité, la liberté, la fraternité. En s’imposant le droit d’inventaire autant que le devoir d’inventer.
Sur le plan national, depuis trop longtemps nous nous dispensons de pensée globale, d’association sincère des acteurs de la société civile, des mouvements sociaux et des territoires pour nourrir nos idées, d’attention à entraîner les couches populaires, d’audace dans nos propositions et réalisations, alors même que nous démontrons sur le plan local, partout où nous dirigeons, notre capacité à agir avec succès. La raison des défaites aux scrutins nationaux depuis 5 ans, élections européennes, présidentielles comme législatives, est d’abord là.
Pour mener à bien ces refondations, nous revendiquons la radicalité des politiques publiques nécessaires. Car c’est bien à la racine que tous ces défis doivent être relevés. Et vite, car le temps nous est compté. Mais cette radicalité ne peut se confondre avec les démagogies et populismes qui conduisent au chaos. Chercher la vérité et la dire, c’est avoir le courage de nommer les problèmes autant que celui de proposer des solutions ambitieuses mais crédibles, que nous réaliserons réellement. Elles seules sont susceptibles de rassembler et d’emporter l’adhésion d’une majorité de nos concitoyens.

L’enjeu du congrès du Parti socialiste ne peut être à nouveau réduit à un affrontement d’écuries
Dans ce contexte, l’enjeu du congrès du Parti socialiste ne peut être à nouveau réduit à un affrontement d’écuries pour le pouvoir, ni à un choix de tactiques électorales les yeux rivés sur la prochaine élection présidentielle. Parce que nous voulons un Parti socialiste ancré au cœur de la gauche, nous souhaitons rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement.
L’accord électoral Nupes a été le produit de l’état « comatique » de la gauche sociale et écologique, une réponse électorale unitaire attendue par le peuple de gauche face à sa dispersion, une réponse conjoncturelle visant à préserver sa présence à l’Assemblée Nationale et y agir ensemble.
Pour regagner et créer une dynamique positive, d’espérance et de conquêtes, sans laquelle la gauche même unie est condamnée à n’être qu’une force d’opposition plus ou moins forte, nous devons la refonder avec audace et sincérité, et changer son centre de gravité actuel qui la conduit à l’impasse.
Parce que nous voulons que notre congrès soit utile aux Françaises et aux Français, en écho avec leurs aspirations, nous voulons que notre famille politique prenne l’initiative d’ouvrir le chemin sincère et volontaire de ces refondations, en proposant dès maintenant à toutes les forces politiques et engagées de la société civile et des mouvements sociaux, l’organisation d’Etats Généraux de la transformation sociale et écologique. Les raisons d’espérer sont là. Les graines d’espoir et les énergies sont là.
Elles sont dans les mobilisations populaires et citoyennes, dans les entreprises et les services publics, pour le climat avec la jeunesse aux avant-postes, la justice sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, contre toutes les discriminations, pour l’accueil digne des réfugiés. Elles se trouvent parmi les agriculteurs et les entrepreneurs, les chercheurs et les ingénieurs, les salariés et les retraités qui pensent, imaginent et mettent en œuvre des réponses concrètes aux défis du siècle. Elles puisent leurs racines dans nos communes, nos départements et nos régions, en Outre-mer comme en métropole, dans nos quartiers, nos villes et nos campagnes, où chaque jour des majorités de gauche avec les socialistes agissent concrètement.
Elles sont au Parlement, où des députés et des sénateurs, armés de nos convictions résistent et proposent des lois et des moyens pour que notre peuple vive mieux, que ses droits soient défendus et respectés. Les graines d’espoir sont là. Mais il y a urgence. Car si rien ne change, c’est l’extrême droite qui a toutes les probabilités de prendre le pouvoir en alternative à Emmanuel Macron.
« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Albert Einstein. Refonder pour ne plus reproduire les renoncements d’hier, ni jamais ne céder au populisme d’aujourd’hui, mais ouvrir un chemin nouveau, un chemin d’espoir, un chemin d’avenir. Refonder un mouvement ouvert et moderne, qui invente et encourage des nouvelles pratiques militantes, et ouvre grand ses portes à la jeunesse, précaire, étudiante ou travailleuse.
Un mouvement féministe jusqu’au bout, exemplaire dans l’attitude de ses dirigeants, qui garantit l’égal accès à toutes les responsabilités dans notre parti jusque dans les secteurs jusqu’ici réservés aux hommes comme les élections et les fédérations, comme dans les mandats en commençant par l’Assemblée nationale. La régression historique de la place des femmes dans notre représentation à l’Assemblée Nationale est une entorse grave à nos valeurs. Aucune liste de candidat ne devrait pouvoir être ratifiée par nos instances qui ne respecte la parité réelle, celle qui porte sur les territoires à perspective de victoire, aucun accord ne devrait jamais être signé sans respecter cette exigence fondamentale. Les violences faites aux femmes n’ont aucune place dans un parti politique pas plus que dans le reste de la société : leur éradication, via la mise en place de mécanismes internes dédiés d’accompagnement des victimes et de traitement efficace des signalements, doit être l’horizon de tout parti de gauche se disant féministe.
Un mouvement inclusif qui permet à ceux qui sont souvent exclus de fait par nos anciens modes de fonctionnement, issus des catégories populaires et de notre diversité, qu’ils vivent dans nos campagnes ou dans nos villes, de s’y épanouir. Un mouvement qui ne soit pas uniquement urbain, mais bien connecté à tous les territoires de France et en particulier à la ruralité.
Un mouvement qui propose toujours l’unité d’action à toutes les forces de la gauche et de l’écologie, mais qui sait aussi affirmer, sans s’effacer, son identité et ses valeurs. Qui dès la prochaine échéance des Européennes, pourra porter fièrement devant notre pays avec celles et ceux qui le souhaitent un projet résolument européen, clairement ancré à gauche, social et écologiste, féministe et humaniste, universaliste et républicain. »

Société-Les villes de plus en plus rongées par la drogue et la violence

Société-Les villes de plus en plus rongées par la drogue et la violence

Petit à petit toutes les villes mêmes de moyenne importance voire encore plus petites sont rongées par la drogue et la violence. Une situation qu’on retrouve aussi bien dans les quartiers nord de Marseille qu’à Brive-la-Gaillarde, au Creusot, à Cavaillon, Valence, La Roche-sur-Yon, Poitiers, Angers, Limoges et Angoulême confirme un papier du JDD.

À sa création en 2020, l’Ofast ( l’Office contre la drogue) a recensé près de 4 000 de ces points de deal (tous les départements sont touchés sauf la Haute-Loire, la Lozère et le Gers) et mène depuis, en complément de ses enquêtes nationales et internationales.
Police sous-dimensionnée.

« Ce qui est inquiétant, alerte un policier de terrain, c’est qu’on est en train d’assister dans ces villes moyennes à ce qui se passait à ¬Marseille il y a vingt ans avec des jambisations [des tirs dans les jambes], des fusillades et des tirs d’intimidation… » Si les grosses agglomérations disposent de suffisamment d’enquêteurs pour faire face, les forces de police dans les villes plus petites sont souvent sous-dimensionnées en cas d’incidents graves ou d’émeutes comme à Alençon (Orne) cette semaine, où des CRS ont dû être appelés en renfort.
Lire aussi – Cannabis, cocaïne, héroïne… Les documents inédits qui révèlent l’explosion du trafic de drogue à Dijon

Aux quelques voix qui préconisent une dépénalisation du cannabis, drogue la plus consommée en France avec près de 900 000 usagers quotidiens, les autorités rétorquent que la plupart de ces points de deal proposent également tout l’éventail des drogues disponibles. La cocaïne n’a jamais été aussi présente, comme en témoigne le niveau des saisies (26,5 tonnes en 2021 contre 5 seulement en 2010). L’héroïne revient en force, sans parler des drogues de synthèse. Un business qui représenterait, selon l’Insee, près de 21 000 ETP (équivalent temps plein), pour un chiffre d’affaires estimé à 4,2 milliards d’euros en 2020.

Faut-il s’étonner que l’offre (surabondante) s’adapte à la demande (qui ne faiblit pas) ? « Les points de deal sont directement connectés à la demande locale », insiste Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Ofast, pour expliquer la multiplication des points de vente sur l’ensemble du territoire et couvrir ainsi toutes les zones de chalandise. Et pour ceux qui répugnent à s’aventurer dans des cités sensibles pour s’approvisionner en stupéfiants, les trafiquants ont depuis longtemps investi les réseaux sociaux pour assurer des livraisons à domicile.

Quelle adaptation au nouveau monde du travail ? ( directeur général de l’OIT)

Quelle adaptation au nouveau monde du travail ( directeur général de l’OIT)

«Il est dans l’intérêt de tous que les parties prenantes de l’Organisation internationale du travail (gouvernements, employeurs et travailleurs) s’engagent dans le processus de refonte du cadre juridique et réglementaire des relations de travail»
par Gilbert Houngbo, directeur général élu de l’OIT.

Une tribune intéressante mais un peu générale et sans grand originalité. NDLR

Fondée en 1919, l’Organisation internationale du travail (OIT) s’efforce, depuis lors, de promouvoir la justice sociale et économique, en fixant des normes internationales. Elle est l’une des plus anciennes agences spécialisées des Nations unies et compte 187 Etats membres. L’OIT est une structure tripartite unique, qui associe des représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs, à toutes ses discussions et politiques.
Au cours des dernières décennies, le monde du travail étant devenu plus complexe, l’organisation a dû s’adapter pour assumer de nouvelles réalités et responsabilités. Ces dix dernières années, Guy Ryder, le directeur général, a lancé une série d’initiatives importantes afin de maintenir l’institution sur les rails, en dépit des bouleversements dont beaucoup ont été provoqués par les progrès des technologies de l’information. Les dernières années ont été marquées par une série de crises mondiales : la récession économique et la « baisse des revenus » de 2016-2017 ; la pandémie de Covid-19 ; le conflit en Ukraine et l’impact inflationniste sur les approvisionnements énergétiques et alimentaires.

L’inflation, qui a suivi la réouverture des économies après le blocage de la pandémie, a affecté les capacités de rebond. En réponse à la hausse des prix, les banques centrales ont augmenté les taux d’intérêt, ce qui a eu pour effet de refroidir la demande. En fait, selon les prévisions triennales (2021-2023) du FMI, la meilleure période de croissance mondiale depuis le déclenchement de la pandémie pourrait déjà être derrière nous, à la fin de 2021.

On imagine encore mal le stress auquel les travailleurs ont dû faire face pour maintenir les économies locales et les chaînes d’approvisionnement mondiales lors de la pandémie, et les faire redémarrer par la suite. La crise du coût de la vie qui s’est ensuivie est effrayante. Heureusement, les travailleurs font preuve de résilience. Ces véritables héros sont prêts à soutenir la prise de risque des employeurs et des investisseurs ainsi que la persistance des décideurs politiques à rétablir la normalité.
« On ne saurait trop insister sur les avantages de la numérisation, notamment la décentralisation, une plus grande flexibilité, une transparence accrue et la responsabilisation »
Tensions. Néanmoins, le stress et les tensions sur le marché du travail peuvent persister. En effet, les problèmes actuels, dont on espère qu’ils sont de nature transitoire, détournent l’attention de la transition plus permanente du marché du travail. Avant le déclenchement de la pandémie, l’impact de l’hyperconnectivité et de la numérisation retenait déjà l’attention des décideurs politiques. La probabilité d’un déplacement à grande échelle de la main-d’œuvre par des machines et des ordinateurs avait suscité, d’une part, des craintes fondées de pertes d’emploi, et, d’autre part, amené les gouvernements à s’interroger sur la manière de taxer les robots effectuant le travail autrefois effectué par les humains.

Si ces craintes sont fondées, on ne saurait trop insister sur les avantages de la numérisation, notamment la décentralisation, une plus grande flexibilité, une transparence accrue et la responsabilisation. Ces avantages seraient encore plus équitables si des investissements ciblés étaient consacrés à la construction d’infrastructures, à l’extension de la connectivité et à l’amélioration de l’accès aux technologies. Cela permettrait d’accélérer la réduction de la fracture numérique pour les entreprises et les travailleurs et, surtout, de faire progresser la justice sociale.
Ces questions sont du ressort de l’OIT. L’institution jouera un rôle central dans la résolution de ces problèmes. Il faut une vision qui unifiera les intérêts divergents des parties prenantes. Il s’agit essentiellement de restructurer et de remanier les règles et pratiques existantes pour les adapter à l’avenir émergent du travail.

La justice sociale doit continuer à sous-tendre les pratiques du travail, et les progrès réalisés par de nombreux pays doivent continuer à gagner du terrain. Beaucoup plus de femmes participent au marché du travail formel qu’il y a vingt ans. De même, l’idée d’un salaire égal pour un travail égal est de plus en plus acceptée comme socialement équitable. Les progrès réalisés dans la lutte contre le travail forcé ou « esclavage moderne », le travail des enfants et la traite des êtres humains ou encore la sécurisation des lieux de travail sont tout aussi encourageants.
Toutefois, les progrès ne sont pas uniformes et trop lents dans le monde.

Selon le Gender Gap Report 2021 du Forum économique mondial, il faudra encore 267,6 ans pour combler l’écart mondial entre les sexes en matière de participation et d’opportunités économiques. Nous devons tous travailler pour accélérer le rythme des progrès.

« Notre compréhension de la justice sociale doit également s’élargir. Les risques environnementaux et sociaux se renforcent mutuellement »

Cohésion sociale. Notre compréhension de la justice sociale doit également s’élargir. Les risques environnementaux et sociaux se renforcent mutuellement. Comme nous l’avons vu lors des inondations massives au Pakistan ou la sécheresse dans la Corne de l’Afrique, ces catastrophes d’origine climatique ont entraîné une rupture de la cohésion sociale. Et si les fortes émissions de carbone des pays industrialisés sont principalement responsables du réchauffement de la planète, ce sont les pauvres, concentrés dans les pays en développement, qui subissent le plus durement les chocs climatiques, en raison du manque de capacité d’adaptation.

L’interdépendance entre les risques sociaux et environnementaux nécessite la mise en œuvre d’une participation plus large pour affronter les menaces et atténuer leur impact négatif sur le bien-être des travailleurs. Il est tout aussi évident qu’une coopération mondiale accrue est nécessaire pour relever ces défis.

Il est temps de réécrire les règles qui sous-tendent le nouveau monde du travail, notamment pour que les travailleurs soient équipés d’outils et de savoir-faire numériques. Pendant les confinements, la plupart des lieux de travail sont passés des bureaux et des magasins aux domiciles. Si le travail hors site existait déjà, son adoption généralisée durant cette période constitue un fait nouveau. Pourtant, de nombreux travailleurs — ne possédant pas de compétences numériques — ont perdu leur emploi.

Une autre question requiert l’attention urgente, celle de la discrimination non fondée sur le sexe en matière de revenu du travail. Les disparités de rémunération entre les travailleurs « en col blanc » et en « col bleu » ne sont plus acceptables. La valeur réelle de la main-d’œuvre a récemment été mise en évidence lorsque celle-ci s’est lancée dans des actions syndicales ou a menacé de le faire. De nombreux pays ont réagi sous la contrainte. Mais un nouveau régime de compensation doit être mis en place de manière ordonnée, par la négociation collective ou l’institution d’un revenu de base universel.

Il est dans l’intérêt de tous que les parties prenantes de l’OIT (gouvernements, employeurs et travailleurs) s’engagent dans le processus de refonte du cadre juridique et réglementaire des relations de travail et des pratiques sur le lieu de travail. Faciliter ce processus sera une priorité lors de mon mandat qui débute en octobre. Nous devons libérer le travail pour qu’il puisse libérer tout son potentiel afin de parvenir à une prospérité inclusive pour toutes les personnes dans tous les pays.
Gilbert Houngbo est le directeur général élu de l’OIT.

Crise de la dette : S&P dégrade la perspective du Royaume-Uni

crise de la dette : S&P dégrade la perspective du Royaume-Uni

L’agence de notation s’inquiète de la trajectoire de la dette britannique après l’annonce du plan de baisse d’impôts et de recours à l’emprunt présenté par le gouvernement. De quoi remettre de l’huile sur le feu sur les taux anglais. Le régulateur des marchés s’inquiète d’un retour de la volatilité sur les obligations.

Pour l’agence S&P , le « mini-budget » présenté par le ministre britannique des finances, Kwasi Karteng, avec ses 45 milliards de livres sterling (51 milliards d’euros) de baisses d’impôts est de nature à inverser significativement la trajectoire de la dette publique. S&P table désormais sur déficit public du Royaume-Uni qui se creuse en moyenne de 2,6 % du produit intérieur brut par an jusqu’en 2025 et une hausse de l’endettement, « contrairement à nos prévisions précédentes qui prévoyaient une baisse de la dette en pourcentage du PIB à partir de 2023 », précise l’agence.

Notons que l’Europe n’est pas à l’abri d’une dégradation des notes de certains pays comme la France par exemple compte tenu d’une part de la progression de l’endettement en même temps que le maintien d’un très haut niveau de déficit budgétaire. Par ailleurs des perspectives économiques détériorées en 2023 pourrait déstabiliser encore davantage budget et dettes

Des risque de crise financière d’après la BCE

Des risque de crise financière d’après la BCE ?

Le Comité européen du risque systémique (CERS), présidé par Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), lance un « avertissement général » au système financier.

Une crise qui pourrait commencer par les valeurs boursières et s’étendre à tout le système entier. Après avoir caracolé en 2021, avec notamment un record historique pour le CAC 40 qui est monté à près de 7.400 points, la chute des bourses mondiales est arrivée dans le sillage de la guerre en Ukraine, sans qu’elle en soit la seule cause. En quelques semaines, la Bourse de Paris est retombée et varie depuis entre 5.700 et 6.700 points. Pas mieux outre-Atlantique où le SP 500, l’indice phare de Wall Street, a perdu plus de 20 % depuis début 2022.
Après une décennie proche du zéro, voire de taux négatifs, qui ont dopé les valorisations boursières, le choc a été rude. Les marchés ont commencé une descente accentuée ensuite par la conjoncture géopolitique, par la crise immobilière doublée d’une politique zéro Covid en Chine, puis la rupture dans les chaînes d’approvisionnement de l’après-pandémie, et enfin la crise énergétique.
Mais la crise pourrait s’étendre progressivement à l’ensemble du secteur financier.

D’après le Comité européen du risque systémique (CERS « Les risques sur la stabilité financière dans l’Union et la probabilité que des scénarios de risques extrêmes se matérialisent se sont accrus », a-t-il déclaré au terme d’une réunion qui s’est tenue le 22 septembre, avant même la tempête sur les marchés déclenchée par le nouveau gouvernement britannique, et dont les conclusions ont été communiquées jeudi soir.

« Les tensions géopolitiques croissantes ont conduit à la hausse des prix de l’énergie, entraînant des difficultés financières pour les entreprises et les ménages qui sont encore en train de se rétablir des conséquences économiques du Covid », souligne le CERS, qui rassemble les superviseurs et banques centrales nationales de l’Union européenne. Et l’inflation plus forte que prévu resserre les conditions financières. Cela rend plus compliqué le remboursement de la dette des acteurs économiques.

Les risques de chute des prix de certains actifs menacent de déclencher d’importantes pertes de valeur de marché et d’amplifier la volatilité. Sur le marché de l’énergie, cela a provoqué des tensions sur la liquidité de certains participants, explique le CERS. « Nous avons les ingrédients pour une parfaite tempête » économique l’an prochain, a déclaré Raimund Roeseler, le patron de la supervision bancaire au sein du gendarme financier allemand (BaFin).

La détérioration des perspectives macro-économiques pèse aussi sur la qualité des actifs et les perspectives de profitabilité des banques, affectée par ailleurs par des facteurs structurels comme les surcapacités, la concurrence avec les nouveaux acteurs des services financiers et l’exposition aux risques cyber et climatiques.
« Il est nécessaire que les institutions privées, les participants de marchés et les autorités compétentes continuent de se préparer à de telles perspectives de risques extrêmes », prévient le CERS.

Supermarchés: les conséquences de l’inflation

Les caissières de supermarché constatent les conséquences de l’inflation

Les employés de la grande distribution observent les scènes de vie quotidienne qui témoignent des angoisses et des stratégies des consommateurs face à l’inflation.( papier du Monde)

« Ah, je n’avais pas vu ce prix-là ! », « Vous vous êtes trompée », « Ça, il faut me l’enlever »… Derrière la caisse du supermarché Casino du Muy (Var), Claudine Cordina – « quarante et un ans de grande distribution » – « entend ça tous les jours de la part des clients ». Et elle leur fait inlassablement la même réponse depuis plusieurs mois : « Vous savez, si je pouvais, je baisserais les prix. » Le pouvoir d’achat des Français ? Leur attitude face à l’inflation ? Ce sont les caissières des grandes surfaces alimentaires qui en parlent le mieux.
De l’autre côté du tapis roulant, ces employées dites « de la deuxième ligne », pendant la crise du Covid-19, sont aux avant-postes face au raz de marée inflationniste. Les clients se plaignent auprès d’elles de l’augmentation du coût de la vie – « Tout est devenu cher », « L’Ukraine a bon dos » – ou de la disparition de certains produits dans le magasin – « La moutarde, ça ne vient pas d’Ukraine. » Ces derniers mois, partout en France, les caissières font un même constat : aussi informés soient-ils, les consommateurs n’en croient pas leurs yeux lorsqu’ils entendent le total à payer.

« Un client sur deux nous dit : “Oh, ça a encore augmenté” ou bien “Vous ne vous êtes pas trompée ?” », raconte Deborath Cabo, 41 ans, qui travaille depuis ses 19 ans dans l’hypermarché Géant La Foux, à Gassin (Var). Même la clientèle de ce magasin non loin de Saint-Tropez, souvent fortunée (touristes, personnel ravitaillant les bateaux…), « regarde désormais deux à trois fois le ticket de caisse pour être certain[e] que je ne me suis pas trompée, explique la caissière. Quand je leur annonce le total, j’ai quasiment systématiquement des commentaires. »

A 760 kilomètres de là, en banlieue de Bourges, au Carrefour Market de Saint-Germain-du-Puy (Cher), la tension est même brutalement montée d’un cran au moment d’un règlement. Mireille Richard est en poste à l’accueil quand une collègue en caisse l’interpelle discrètement : « Des clients vont venir te voir, prévient-elle, car ils trouvent certains prix exorbitants et pensent que je me suis trompée. Ils m’ont insultée, traitée d’incapable, et sont persuadés que j’ai commis une erreur. » Finalement, « je les ai vus regarder longuement leur ticket de caisse, et ils sont partis, raconte Mme Richard. Avec cette hausse des prix, les gens deviennent agressifs, bien plus qu’après le Covid. »

Depuis trente-sept ans qu’elle travaille dans la grande distribution, cette femme de 59 ans « connaî[t] bien les clients » : dans son magasin, « une clientèle plutôt âgée et de classe populaire », qui se retrouve maintenant avec « des pleins de courses de 200 euros, voire 300, alors que, avant, c’était plutôt 150 euros ». Et qui s’émeut que « pour ce prix », ils n’ont « rien dans le caddie, alors qu’il n’y a ni alcool ni viande ». D’ailleurs, une fois leurs achats réglés, « ils s’arrêtent de plus en plus souvent derrière les caisses pour vérifier sur leur ticket ce qui a fait exploser l’addition, car ils n’en reviennent pas ».

Pour un vrai régime de protection des océans

Pour un vrai régime de protection des océans


La politiste Camille Mazé détaille, dans une tribune au « Monde », les manières de concilier souveraineté, liberté, exploitation et intérêt général dans la gouvernance des mers du globe.

Vu de la science, le constat n’est plus à faire : l’océan est un tout. Sur les plans biologique, biogéochimique et physique, il constitue une même entité globale, continue, connectée à d’autres entités comme le climat, la biodiversité ou encore l’humanité. Il est également admis qu’en raison du rôle essentiel qu’il joue dans le fonctionnement de la planète, dans la production de la vie sur Terre et la régulation du climat, il convient de le protéger face aux chocs et aux pressions qui le déséquilibrent et le fragilisent.

Dans le cadre des « limites planétaires » (conceptualisées en 2009 par le scientifique suédois Johan Rockström), l’océan doit rapidement bénéficier d’un régime de gouvernance protecteur et réparateur, effectif et efficace, au-delà des déclarations d’intention ou des textes normatifs non contraignants. Afin de pallier la menace que certains océanographes, tel Daniel Pauly, n’hésitent pas à qualifier d’« aquacalypse », il s’agit de se réorganiser autour d’un intérêt commun lié à l’océan, mais aussi de mettre les mesures de protection en pratique et de s’assurer de leur respect et de leur efficacité, comme par exemple le pourcentage d’aires marines réellement protégées, l’interdiction de certaines pratiques de pêche ou encore les débats sur l’exploration et l’exploitation minières des grands fonds.

La notion de « commun » offre une piste sérieuse et prometteuse. Réapparue sur la scène mondiale grâce aux travaux de la politiste et économiste américaine Elinor Ostrom, la vieille question des « communs » (commons, en anglais), appliquée aux ressources naturelles et à l’environnement, agite aujourd’hui le monde océanique. Tandis que l’océan est régulièrement polarisé entre deux types de visions qui s’affrontent, lanceurs d’alerte, scientifiques et citoyens engagés d’une part, gestionnaires et acteurs privés de « l’économie bleue » d’autre part, s’impliquent pour faire de l’océan un commun afin d’en assurer la durabilité.

Entre liberté de circulation et volonté d’appropriation, souveraineté et propriété, des visions divergentes peuvent conduire à des tensions entre usagers de la mer et à des conflits entre Etats ou groupes aux intérêts opposés. L’océan est un théâtre de convoitises et d’affrontements, qu’il convient donc de réguler et de réglementer.

Le droit international, notamment le droit de la mer, régit les espaces maritimes sous souveraineté ou juridiction des Etats côtiers. Il repose sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée en 1982 à Montego Bay. Cette convention distingue des zones sous souveraineté nationale : les eaux territoriales, les zones contiguës, les zones économiques exclusives, le plateau continental (et plateau continental étendu). Au-delà, se trouvent les eaux internationales (la haute mer) et les fonds des mers, désignés comme « la zone », au-delà des marges continentales.

La culture moteur de la transition écologique

La culture, moteur de la transition écologique

Face aux enjeux climatiques, il est essentiel que le secteur culturel apporte lui aussi sa pierre à l’édifice pour favoriser l’émergence de nouvelles manières d’habiter notre planète affirme, dans une tribune au « Monde », le chercheur Guillaume Logé (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Plus personne n’est à convaincre : l’écologie constitue l’enjeu le plus crucial du XXIe siècle. L’habitabilité de la Terre en dépend. S’il est trop tard pour remédier à la nature des conséquences que le présent et les décennies à venir auront à subir, il y a urgence à agir pour en amoindrir les proportions et nous préparer à y faire face. En quoi ce sujet concerne-t-il la culture ?
La transition écologique ne dépend ni d’une avancée technologique ni d’une hypothétique nouvelle source d’énergie qui viendraient miraculeusement tout arranger. Nous en savons assez pour nous nourrir, nous loger, nous déplacer autrement. La clé de la réussite en matière écologique repose désormais sur les manières dont nous comprenons nos relations avec la Terre et le sens que nous y projetons. Autrement dit, elle dépend du monde que nous nous représentons et de notre envie de le faire advenir.
Imaginer un monde et le désirer : n’est-on pas en droit d’affirmer que la culture devrait jouer le rôle principal en la matière ? Elle est d’ailleurs déjà à l’œuvre. Pour l’heure, elle provient majoritairement des acteurs des secteurs économique et médiatique au sens large. C’est une banalité de dire qu’ils sont producteurs d’images, de rêves, de modes de vie ; ça l’est moins de dire que cette production intéresse directement l’écologie.

L’opportunité d’une politique culturelle inédite
Tous ceux (personnes, entreprises, institutions) qui « influencent » devraient s’interroger sur la nature de leur production culturelle. On pourrait attendre d’un tel travail qu’il aide à accoucher de nouveaux modèles, ceux-là que les citoyens, consommateurs, collaborateurs des entreprises, conscients des enjeux, vont réclamer avec de plus en plus d’intransigeance.
Mais c’est sur la question de l’engagement du secteur culturel proprement dit que nous voulons nous focaliser aujourd’hui.
Comment, sur le fond, contribue-t-il à la transition écologique ? Il faut commencer par saluer les initiatives qui fleurissent ici ou là. Le Palais de Tokyo a lancé récemment le programme « Palais durable » et vient de proposer l’exposition « Réclamer la terre ». Le 10 octobre, le Centre Pompidou proposera un cours en ligne (MOOC) « Art et écologie ». Les expositions « Les vivants » et « Novacène » présentées dans le cadre de la 6e édition de Lille 3000, ferment leurs portes aujourd’hui. A Metz, en 2016, le Centre Pompidou a organisé l’exposition « Sublime. Les tremblements du monde ».

A Metz, le Centre Pompidou a présenté, en 2016, l’exposition Le Centre international d’art et du paysage sur l’île de Vassivière (CIAPV) est résolument tourné vers les enjeux actuels. Sous l’impulsion de sa chaire Laudato si’. Pour une nouvelle exploration de la Terre, le Collège des bernardins, à partir du 14 octobre, accueillera une exposition de Laurent Grasso, intitulée « Anima ».

Politique : Appel aux « Refondations » de la gauche

Appel aux « Refondations » de la gauche

Claire Fita, vice-présidente de la région Occitanie ainsi que 150 signataires signent un appel à de multiples « Refondations » et expriment leur souhait de « rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement ».

Un nouvel appel dans le JDD pour reconstruire une gauche qui se libère de Mélenchon et sur des valeurs plus universelles. Un appel sympathique mais qui a le défaut de ses origines puisqu’il est lancé par 150 élus. Or ce sont précisément les élus et autres clercs qui se sont coupés des classes populaires et qui ont tué le parti socialiste. La Refondation d’un tel parti supposerait d’abord de commencer par des assises des différentes forces démocratiques de gauche pour en priorité faire une analyse des facteurs pluridimensionnels de la crise actuelle et ensuite seulement pour tracer des perspectives crédibles de changement. Bref, pas un parti construit encore d’en haut comme la SFIO ou le parti socialiste et qui finalement fait la même politique que la droite quand il est au pouvoir. La première Refondation d’un parti socialiste serait d’abord sociologique et méthodologique ( bref, démocratique).NDLR

Alors que le Parti socialiste doit dévoiler dans quelques jours les conditions d’organisations de son congrès, plusieurs élus du parti entendent participer au futur du parti, en appelant à plusieurs « Refondations » nécessaires à leurs yeux. Ces proches – pour certains – d’Anne Hidalgo veulent mettre en avant une « écologie sociale », qui ne doit pas se fondre automatiquement dans la Nupes. Voici leur tribune : « Nous sommes dans un moment de bascule. Le réchauffement climatique s’accélère dramatiquement. La guerre est en Ukraine -c’est-à-dire en Europe- et sème ses malheurs sur tous les continents. L’inflation galope. Les prix de l’énergie explosent. Les inégalités sociales et territoriales s’approfondissent. Beaucoup ne peuvent plus vivre de leur travail. Les droits acquis sont menacés comme celui à la retraite. La violence et les haines de l’autre envahissent l’espace public et les réseaux sociaux.
Ces crises climatiques, sanitaires, sociales, démocratiques ou géopolitiques, montrent chaque jour que ni la loi du marché sur le plan économique, ni l’autoritarisme sur le plan politique, qui sont les deux faces du pouvoir actuel d’Emmanuel Macron, ne sont capables d’y répondre. Au contraire, ils les aggravent. Les temps telluriques que nous vivons nécessitent de réaffirmer le besoin de vision politique, de projet global, de puissance publique, de solidarité, d’action collective, d’humanisme et d’internationalisme, avec la conviction profonde qu’il n’y aura plus de justice sociale sans écologie, ni d’écologie sans justice sociale.
Une nouvelle dynamique d’espérance peut renaître
Le pire est envisageable, mais le meilleur est possible si nous prenons la mesure des changements radicaux à opérer, si nous ne nous laissons plus submerger par l’incertitude généralisée sur le devenir du monde et de nos vies. Une nouvelle dynamique d’espérance peut renaître. Mais ce ne sera ni en reproduisant l’ancien, ni en oubliant ses acquis. Mais bien par une, et même plusieurs, refondations.
• Refondation de l’économie qui ne peut plus reposer sur la mainmise de la finance, la désindustrialisation, la tyrannie du court terme, la marchandisation de la société, le consumérisme au détriment de l’environnement, de la santé, et du pouvoir de vivre. La social-écologie, c’est penser l’économie de la vie et prendre pleinement en compte l’utilité sociale des métiers et des engagements. C’est revaloriser la valeur du travail et défendre nos retraites. C’est jouer de tous les leviers, y compris la fiscalité, pour mettre l’argent au service de l’Humain et de la Nature. C’est ouvrir le chemin d’une « nouvelle abondance humaniste ».
• Refondation des rapports sociaux qui ne peuvent plus installer et creuser les inégalités devenues insupportables, ni faire primer le chacun pour soi sur la coopération, l’attention et l’ouverture aux autres, en particulier les plus vulnérables, et le soin des générations futures. Les menaces sur les droits des femmes et la persistance des violences sexistes et sexuelles, dont les mouvements de libération de la parole continuent de montrer l’ampleur y compris dans le milieu politique, doivent enfin faire l’objet d’un volontarisme politique à la hauteur de l’enjeu.
• Refondation de notre rapport à la Nature et à la biodiversité qui ne peuvent plus être les victimes des activités humaines, mais dont la protection doit être pensée durablement avec celle des femmes et des hommes.
• Refondation de la République, pour qu’elle tienne toutes ses promesses de liberté, d’égalité et de fraternité. Par le renforcement et le redéploiement de ses services publics dans tous les territoires, par la priorité absolue à l’éducation, à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche. Par un soutien sans faille à la Culture que nous considérerons toujours comme « essentielle ». Par le renforcement et l’impartialité de sa justice et de sa police déployées au plus proche des citoyens. Par son engagement contre toutes les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie, et pour faire vivre la laïcité partout. Par l’aboutissement de sa décentralisation, pour donner enfin de l’air et de la visibilité budgétaire aux territoires, en co-construisant les politiques et en clarifiant les compétences.
• Refondation de la démocratie qui ne peut plus reposer sur un régime de « monarchie présidentielle », qui doit renforcer son modèle représentatif avec un Parlement fort et respecté et par la participation directe et permanente des citoyens et des corps intermédiaires à la délibération, à la décision ainsi qu’au suivi des politiques mises en œuvre. Une démocratie qui défend et conforte la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias.
• Refondation de l’Europe qui ne peut plus être basée sur les seuls échanges économiques, mais sur ses valeurs et son intégration politique et sociale. Les grands défis de ce siècle (réchauffement climatique, terrorisme, flux financiers, conflits internationaux, migrations…) sont tous mondiaux. Nous défendons l’Europe qui se range résolument aux côtés du peuple ukrainien face à l’agression de la Russie de Poutine, en lui livrant les armes pour sa défense, en accentuant ses sanctions économiques et en favorisant l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Nous soutenons une Europe de la Défense. Face aux libéraux nous défendons l’Europe sociale, celle du travail, de la coopération et des solidarités. Face aux ultra-conservateurs et aux extrêmes-droites qui s’affirment en Italie, Pologne, Hongrie, Suède, nous défendons nos valeurs humanistes, les libertés démocratiques, les droits des femmes si chèrement conquis mais sans cesse remis en cause.
• Refondation des relations entre les peuples, qui ne peuvent plus être fondées sur la loi cynique du plus fort et des intérêts commerciaux au détriment des droits humains et de l’universalisme, comme avec l’Arabie Saoudite qui massacre au Yémen ou avec la Chine qui génocide les Ouïgours.
• Refondation de la gauche qui n’a de raison d’être qu’en redevenant demain l’outil politique pour l’égalité, la liberté, la fraternité. En s’imposant le droit d’inventaire autant que le devoir d’inventer.
Sur le plan national, depuis trop longtemps nous nous dispensons de pensée globale, d’association sincère des acteurs de la société civile, des mouvements sociaux et des territoires pour nourrir nos idées, d’attention à entraîner les couches populaires, d’audace dans nos propositions et réalisations, alors même que nous démontrons sur le plan local, partout où nous dirigeons, notre capacité à agir avec succès. La raison des défaites aux scrutins nationaux depuis 5 ans, élections européennes, présidentielles comme législatives, est d’abord là.
Pour mener à bien ces refondations, nous revendiquons la radicalité des politiques publiques nécessaires. Car c’est bien à la racine que tous ces défis doivent être relevés. Et vite, car le temps nous est compté. Mais cette radicalité ne peut se confondre avec les démagogies et populismes qui conduisent au chaos. Chercher la vérité et la dire, c’est avoir le courage de nommer les problèmes autant que celui de proposer des solutions ambitieuses mais crédibles, que nous réaliserons réellement. Elles seules sont susceptibles de rassembler et d’emporter l’adhésion d’une majorité de nos concitoyens.

L’enjeu du congrès du Parti socialiste ne peut être à nouveau réduit à un affrontement d’écuries
Dans ce contexte, l’enjeu du congrès du Parti socialiste ne peut être à nouveau réduit à un affrontement d’écuries pour le pouvoir, ni à un choix de tactiques électorales les yeux rivés sur la prochaine élection présidentielle. Parce que nous voulons un Parti socialiste ancré au cœur de la gauche, nous souhaitons rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement.
L’accord électoral Nupes a été le produit de l’état « comatique » de la gauche sociale et écologique, une réponse électorale unitaire attendue par le peuple de gauche face à sa dispersion, une réponse conjoncturelle visant à préserver sa présence à l’Assemblée Nationale et y agir ensemble.
Pour regagner et créer une dynamique positive, d’espérance et de conquêtes, sans laquelle la gauche même unie est condamnée à n’être qu’une force d’opposition plus ou moins forte, nous devons la refonder avec audace et sincérité, et changer son centre de gravité actuel qui la conduit à l’impasse.
Parce que nous voulons que notre congrès soit utile aux Françaises et aux Français, en écho avec leurs aspirations, nous voulons que notre famille politique prenne l’initiative d’ouvrir le chemin sincère et volontaire de ces refondations, en proposant dès maintenant à toutes les forces politiques et engagées de la société civile et des mouvements sociaux, l’organisation d’Etats Généraux de la transformation sociale et écologique. Les raisons d’espérer sont là. Les graines d’espoir et les énergies sont là.
Elles sont dans les mobilisations populaires et citoyennes, dans les entreprises et les services publics, pour le climat avec la jeunesse aux avant-postes, la justice sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, contre toutes les discriminations, pour l’accueil digne des réfugiés. Elles se trouvent parmi les agriculteurs et les entrepreneurs, les chercheurs et les ingénieurs, les salariés et les retraités qui pensent, imaginent et mettent en œuvre des réponses concrètes aux défis du siècle. Elles puisent leurs racines dans nos communes, nos départements et nos régions, en Outre-mer comme en métropole, dans nos quartiers, nos villes et nos campagnes, où chaque jour des majorités de gauche avec les socialistes agissent concrètement.
Elles sont au Parlement, où des députés et des sénateurs, armés de nos convictions résistent et proposent des lois et des moyens pour que notre peuple vive mieux, que ses droits soient défendus et respectés. Les graines d’espoir sont là. Mais il y a urgence. Car si rien ne change, c’est l’extrême droite qui a toutes les probabilités de prendre le pouvoir en alternative à Emmanuel Macron.
« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Albert Einstein. Refonder pour ne plus reproduire les renoncements d’hier, ni jamais ne céder au populisme d’aujourd’hui, mais ouvrir un chemin nouveau, un chemin d’espoir, un chemin d’avenir. Refonder un mouvement ouvert et moderne, qui invente et encourage des nouvelles pratiques militantes, et ouvre grand ses portes à la jeunesse, précaire, étudiante ou travailleuse.
Un mouvement féministe jusqu’au bout, exemplaire dans l’attitude de ses dirigeants, qui garantit l’égal accès à toutes les responsabilités dans notre parti jusque dans les secteurs jusqu’ici réservés aux hommes comme les élections et les fédérations, comme dans les mandats en commençant par l’Assemblée nationale. La régression historique de la place des femmes dans notre représentation à l’Assemblée Nationale est une entorse grave à nos valeurs. Aucune liste de candidat ne devrait pouvoir être ratifiée par nos instances qui ne respecte la parité réelle, celle qui porte sur les territoires à perspective de victoire, aucun accord ne devrait jamais être signé sans respecter cette exigence fondamentale. Les violences faites aux femmes n’ont aucune place dans un parti politique pas plus que dans le reste de la société : leur éradication, via la mise en place de mécanismes internes dédiés d’accompagnement des victimes et de traitement efficace des signalements, doit être l’horizon de tout parti de gauche se disant féministe.
Un mouvement inclusif qui permet à ceux qui sont souvent exclus de fait par nos anciens modes de fonctionnement, issus des catégories populaires et de notre diversité, qu’ils vivent dans nos campagnes ou dans nos villes, de s’y épanouir. Un mouvement qui ne soit pas uniquement urbain, mais bien connecté à tous les territoires de France et en particulier à la ruralité.
Un mouvement qui propose toujours l’unité d’action à toutes les forces de la gauche et de l’écologie, mais qui sait aussi affirmer, sans s’effacer, son identité et ses valeurs. Qui dès la prochaine échéance des Européennes, pourra porter fièrement devant notre pays avec celles et ceux qui le souhaitent un projet résolument européen, clairement ancré à gauche, social et écologiste, féministe et humaniste, universaliste et républicain. »

Les villes de plus en plus rongées par la drogue et la violence

Les villes de plus en plus rongées par la drogue et la violence

Petit à petit toutes les villes mêmes de moyenne importance voire encore plus petites sont rongées par la drogue et la violence. Une situation qu’on retrouve aussi bien dans les quartiers nord de Marseille qu’à Brive-la-Gaillarde, au Creusot, à Cavaillon, Valence, La Roche-sur-Yon, Poitiers, Angers, Limoges et Angoulême confirme un papier du JDD.

À sa création en 2020, l’Ofast ( l’Office contre la drogue) a recensé près de 4 000 de ces points de deal (tous les départements sont touchés sauf la Haute-Loire, la Lozère et le Gers) et mène depuis, en complément de ses enquêtes nationales et internationales.
Police sous-dimensionnée.

« Ce qui est inquiétant, alerte un policier de terrain, c’est qu’on est en train d’assister dans ces villes moyennes à ce qui se passait à ¬Marseille il y a vingt ans avec des jambisations [des tirs dans les jambes], des fusillades et des tirs d’intimidation… » Si les grosses agglomérations disposent de suffisamment d’enquêteurs pour faire face, les forces de police dans les villes plus petites sont souvent sous-dimensionnées en cas d’incidents graves ou d’émeutes comme à Alençon (Orne) cette semaine, où des CRS ont dû être appelés en renfort.
Lire aussi – Cannabis, cocaïne, héroïne… Les documents inédits qui révèlent l’explosion du trafic de drogue à Dijon

Aux quelques voix qui préconisent une dépénalisation du cannabis, drogue la plus consommée en France avec près de 900 000 usagers quotidiens, les autorités rétorquent que la plupart de ces points de deal proposent également tout l’éventail des drogues disponibles. La cocaïne n’a jamais été aussi présente, comme en témoigne le niveau des saisies (26,5 tonnes en 2021 contre 5 seulement en 2010). L’héroïne revient en force, sans parler des drogues de synthèse. Un business qui représenterait, selon l’Insee, près de 21 000 ETP (équivalent temps plein), pour un chiffre d’affaires estimé à 4,2 milliards d’euros en 2020.

Faut-il s’étonner que l’offre (surabondante) s’adapte à la demande (qui ne faiblit pas) ? « Les points de deal sont directement connectés à la demande locale », insiste Stéphanie Cherbonnier, cheffe de l’Ofast, pour expliquer la multiplication des points de vente sur l’ensemble du territoire et couvrir ainsi toutes les zones de chalandise. Et pour ceux qui répugnent à s’aventurer dans des cités sensibles pour s’approvisionner en stupéfiants, les trafiquants ont depuis longtemps investi les réseaux sociaux pour assurer des livraisons à domicile.

Risque de crise financière ?

Risque de crise financière ?

Le Comité européen du risque systémique (CERS), présidé par Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), lance un « avertissement général » au système financier.

Une crise qui pourrait commencer par les valeurs boursières et s’étendre à tout le système entier. Après avoir caracolé en 2021, avec notamment un record historique pour le CAC 40 qui est monté à près de 7.400 points, la chute des bourses mondiales est arrivée dans le sillage de la guerre en Ukraine, sans qu’elle en soit la seule cause. En quelques semaines, la Bourse de Paris est retombée et varie depuis entre 5.700 et 6.700 points. Pas mieux outre-Atlantique où le SP 500, l’indice phare de Wall Street, a perdu plus de 20 % depuis début 2022.
Après une décennie proche du zéro, voire de taux négatifs, qui ont dopé les valorisations boursières, le choc a été rude. Les marchés ont commencé une descente accentuée ensuite par la conjoncture géopolitique, par la crise immobilière doublée d’une politique zéro Covid en Chine, puis la rupture dans les chaînes d’approvisionnement de l’après-pandémie, et enfin la crise énergétique.
Mais la crise pourrait s’étendre progressivement à l’ensemble du secteur financier.

D’après le Comité européen du risque systémique (CERS « Les risques sur la stabilité financière dans l’Union et la probabilité que des scénarios de risques extrêmes se matérialisent se sont accrus », a-t-il déclaré au terme d’une réunion qui s’est tenue le 22 septembre, avant même la tempête sur les marchés déclenchée par le nouveau gouvernement britannique, et dont les conclusions ont été communiquées jeudi soir.

« Les tensions géopolitiques croissantes ont conduit à la hausse des prix de l’énergie, entraînant des difficultés financières pour les entreprises et les ménages qui sont encore en train de se rétablir des conséquences économiques du Covid », souligne le CERS, qui rassemble les superviseurs et banques centrales nationales de l’Union européenne. Et l’inflation plus forte que prévu resserre les conditions financières. Cela rend plus compliqué le remboursement de la dette des acteurs économiques.
Les risques de chute des prix de certains actifs menacent de déclencher d’importantes pertes de valeur de marché et d’amplifier la volatilité. Sur le marché de l’énergie, cela a provoqué des tensions sur la liquidité de certains participants, explique le CERS. « Nous avons les ingrédients pour une parfaite tempête » économique l’an prochain, a déclaré Raimund Roeseler, le patron de la supervision bancaire au sein du gendarme financier allemand (BaFin).
La détérioration des perspectives macro-économiques pèse aussi sur la qualité des actifs et les perspectives de profitabilité des banques, affectée par ailleurs par des facteurs structurels comme les surcapacités, la concurrence avec les nouveaux acteurs des services financiers et l’exposition aux risques cyber et climatiques.
« Il est nécessaire que les institutions privées, les participants de marchés et les autorités compétentes continuent de se préparer à de telles perspectives de risques extrêmes », prévient le CERS.

Cryptomonnaies :le coût social et environnemental équivalent à celui de la viande

 

Cryptomonnaies : le coût social et environnemental équivalent à celui de la viande

L’énergie consommée pour produire la plus importante des cryptomonnaies a eu un impact social et environnemental comparable à celui de la production de viande bovine et neuf fois plus élevé que l’extraction de l’or d’après franceinfo. C’est ce que révèle un article (en anglais) publié dans la revue Scientific Reports du groupe Nature, jeudi 29 septembre. Il s’appuie sur le concept du « coût social du carbone », une méthode qui chiffre les effets négatifs (sanitaires, économiques et environnementaux) de l’émission dans l’atmosphère d’une tonne de CO2 ou d’équivalent.

Les auteurs, en retenant un coût de 100 dollars la tonne, « estiment que chaque bitcoin produit en 2021 a généré 11 314 dollars de dommages climatiques, le total des dommages mondiaux dépassant 12 milliards de dollars » depuis 2016, soit 25% de la valeur totale du marché de cette cryptomonnaie. Sur la période 2016-2021, ce coût social de la production de bitcoin a représenté en moyenne 35% de la valeur de marché de la cryptomonnaie. Autrement dit, un dollar de bitcoin produit a eu un coût social de 35 centimes.

Ce coût est comparable à celui de la production de viande bovine (33%), inférieur à celle de l’électricité générée à partir du gaz naturel (46%) et largement supérieur à l’extraction de l’or (4%). « Nos résultats suggèrent que la production de bitcoins pose de réels problèmes de durabilité », a déclaré à l’AFP Benjamin Jones, principal auteur.

« La production de bitcoins est de plus en plus néfaste pour le climat au fil du temps (en moyenne) », a-t-il souligné. L’étude relève que « les émissions énergétiques liées à l’extraction de bitcoins ont été multipliées par 126, passant de 0,9 tonne d’émissions par pièce en 2016 à 113 tonnes par pièce en 2021″. Par ailleurs, « cette production est parfois ‘submergée’, ce qui signifie que ses dommages climatiques dépassent la valeur d’un bitcoin créé », a-t-il expliqué.

La crise de recrutement dans les métiers terrains

La crise de recrutement dans les  métiers terrains

. Par Olivier Severyns, Fondateur et CEO de Snapshift qui s’inquiètent des difficultés de recrutement essentiellement dans les métiers de terrain.( la Tribune, extrait)

 

L’auteur porte surtout son analyse des difficultés sur l’insuffisance d’apport technologique dans ses métiers de base. Il aurait pu insister encore davantage sur les conditions de travail et l’insuffisance des rémunérations. Comment par exemple convaincre une assistante de vie à domicile qui effectue moins de 30 heures par semaine pour 800 € avec des horaires très tôt et très tard y compris dimanches et jours de fête. Par ailleurs, dans ces métiers les technologies ont des limites sauves par exemple dans la restauration qui a supprimé la préparation pour s’approvisionner en plats tout préparés dans l’industrie. Bref la de transformation du restaurant en cantine !NDLR

 

Depuis le mois de mai, pas un jour ne s’est écoulé sans qu’un nouveau gérant ou patron ne partage son désarroi et sa difficulté à recruter. Malgré les prises de parole répétitives et les diverses tentatives pour créer de l’attractivité, des milliers de postes saisonniers sont restés vacants un peu partout en France.

Alors que tout laissait à penser que la saison estivale cette année serait, pour la première fois depuis deux ans, synonyme d’activité économique forte, de tourisme de masse et de recettes similaires à celles des saisons antérieures à la crise du Covid-19, il semblerait que le spectre de la grande démission a fini par réellement frapper l’Hexagone.

Si le phénomène a été décortiqué et analysé Outre Atlantique pour tenter de comprendre la source du mal et les raisons qui attisent ce fléau, en France les travailleurs et salariés ont surtout été pointés du doigt. Jugés tour à tour d’idéalistes, d’hédonistes, de profiteurs ou de pantouflards, la plupart des voix qui se sont élevées ont souvent affirmé que les Français ne voulaient plus travailler.

Tandis que la saison touche à sa fin et que la problématique du recrutement de masse est momentanément derrière nous, il est grand temps de tirer quelques enseignements et de réfléchir à des solutions pérennes. La désillusion des salariés, appartenant majoritairement à des équipes terrains, est bel et bien réelle. Or celles et ceux qui ne croient plus à ce qu’on leur propose pourraient continuer de se désengager et devenir plus nombreux. Les difficultés à trouver de la main d’œuvre vont alors perdurer et s’intensifier.

En tant que patrons et managers, il est grand temps de prendre la mesure de cette vague d’absentéisme et de nous interroger sur les conditions de travail proposées. Aujourd’hui il n’y a pas de remise en question réelle de ce que nous offrons aux équipes terrain, or trop souvent les habitudes restent inflexibles et les méthodes inchangées.

Selon une étude publiée le 22 juin par la Dares, Direction statistique du ministère du Travail, 71% des entreprises ont actuellement des difficultés à recruter mais seulement 15% des employeurs estiment que cette pénurie est liée aux conditions de travail proposées. Le milieu de l’hôtellerie-restauration est finalement le secteur le plus conscient du phénomène, les employeurs sont 24% à reconnaître que leur problème de recrutement provient des conditions de travail.

Ces chiffres montrent à quel point le fossé entre employeur et équipe terrain se creuse et dans quelle mesure nous avons besoin d’une prise de conscience généralisée.

Si le manque de profils qualifiés et le niveau de salaire sont des freins véritablement existants, nous devons être une plus large majorité à affirmer que le problème vient aussi des conditions de travail, qui ne sont parfois plus acceptables et doivent être reconsidérées.

La désertification de certains secteurs est liée au manque de considération et à une sous valorisation permanente. Force est de constater que des méthodes de travail âgées de plus de 20 ans existent encore, tandis que les perspectives d’évolution et les innovations sont trop souvent absentes de l’équation.

En tant qu’ancien opérationnel de la restauration, auparavant gérant de 5 établissements, j’ai moi-même été confronté à la difficulté de conserver des équipes ainsi qu’aux limites d’un système et d’un fonctionnement papier-crayon. Nous parlons sans cesse de nouvelles technologies, de progrès, d’innovation, plus récemment de Métavers, alors que certaines professions n’ont toujours pas accès à un ordinateur et à des outils digitaux dignes de ce nom.

La revalorisation de certains métiers et l’attractivité de secteurs entiers passeront obligatoirement par une mise à jour des méthodes et des outils. Ces métiers terrain sont les grands oubliés de la transformation digitale. Alors qu’ils représentent 80% de la main-d’œuvre mondiale, seuls 1% des investissements en technologie les concernent !

Aujourd’hui ces travailleurs sont totalement déconnectés de tout écosystème digital dans leur quotidien professionnel, ce qui crée un sentiment d’exclusion. Revaloriser ces métiers passera aussi par l’inclusivité digitale et par la nouvelle expérience que l’employeur sera en capacité de proposer.

Il existe déjà des solutions tangibles qui donneront de nouveau aux salariés l’envie de faire partie d’une équipe, de recréer un sentiment d’appartenance et d’améliorer les conditions de travail.

Ce nouveau quotidien s’illustre par la modulation du temps de travail avec des plannings mieux gérés et plus de visibilité, qui permettent de trouver un équilibre positif entre vie professionnelle et vie privée. Pour regagner la confiance des équipes, une meilleure prise en compte des heures supplémentaires est également une évolution nécessaire et facile à imaginer dans le cadre d’un dispositif numérique efficace.

Enfin mettre en place des outils digitaux c’est aussi réduire les marges d’erreurs humaines pour une gestion de paie, RH et administrative plus fluide qui, in fine améliore considérablement les relations et la communication en interne.

Oui les métiers terrain ont aussi besoin du digital pour exercer correctement et c’est une erreur dans ce monde post-Covid de penser que ces secteurs doivent rester inchangés. Leurs conditions de travail, dépourvues de toute technologie et de toute amélioration en termes d’innovation, seront un fléau à long terme si nous n’investissons pas davantage en faveur de ceux qui représentent 80% de la main d’œuvre mondiale.

C’est parce qu’il est acculé que Poutine menace de jouer la carte nucléaire

C’est parce qu’il est acculé que Poutine menacent de jouer la carte nucléaire

 

Alors que son armée continue de subir des revers, la nouvelle allusion à l’arme nucléaire du président russe ne vaut pas tant comme menace stratégique que comme outil de propagande destiné aux populations des démocraties, explique l’historien et politiste Benjamin Hautecouverture dans une tribune au « Monde ».

 

Dans les faits, l’armée de Poutine est en pleine déroute et les très prochaines semaines pourraient confirmer le succès de la reconquête ukrainienne dans le Donbass. D’où le rattachement à la va-vite de ces territoires à la Russie avec des référendums bidons afin de justifier l’éventuel recours au nucléaire tactique. La dernière carte  du dictateur pourrait aussi signifier sa fin d’autant qu’il a commis l’erreur fondamentale d’une mobilisation générale terrorise maintenant la population russe NDLR

 

Le facteur nucléaire agit dans l’ombre du conflit en Ukraine depuis février. Il a resurgi à la faveur de l’allocution du président russe, mercredi 21 septembre, évoquant de nouveau la menace d’emploi de l’arme nucléaire, sans la nommer (le paragraphe pertinent du texte mentionne « différents types d’armes » ainsi que « tout type de système d’arme disponible »).

Or, l’évolution du contexte militaire en modifie peut-être le sens : les régions dans lesquelles se sont déroulés les référendums de rattachement évoqués par Vladimir Poutine avec une probabilité élevée de réponses qui lui seraient favorables seraient-elles, le cas échéant, considérées comme participant des intérêts vitaux de la Russie une fois leurs résultats parvenus permettant au Kremlin de les attacher au territoire de la Fédération ? La protection de leur intégrité relèverait alors, craint-on, de la dissuasion nucléaire russe. Cette question appelle des commentaires dont il faut distinguer les termes discursifs, doctrinaux, stratégiques.

Rien ne permet, dans la construction du discours du 21 septembre, d’indiquer un lien mécanique entre l’issue de possibles référendums locaux et l’anticipation d’un risque d’atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie dont feraient partie de nouveaux territoires contestés. Il s’agit, pour le moment, d’une lecture interprétative d’un argumentaire dont les développements nucléaires qui le concluent s’adressent au premier chef à certains représentants de l’OTAN tentés, aux dires du président russe, de faire usage de l’arme nucléaire. Dans ce cas, il s’agirait de la part du Kremlin d’une insistance dans le cadre d’un dialogue dissuasif qui fait des vagues depuis sept mois mais qui n’appelle pas aujourd’hui de commentaire complémentaire.

Mais supposons qu’une telle lecture soit justifiée, ce à quoi l’auteur de ces lignes ne souscrit pas. D’abord, l’enchaînement doctrinal qui résulterait de tels référendums n’a que l’apparence de la simplicité. On ne retrouve pas la mention de l’intégrité territoriale de l’Etat dans les documents doctrinaux russes récents, en particulier dans l’oukase présidentiel n° 355 de juin 2020. Tout au plus, peut-on convoquer ici le cas d’une agression armée de type conventionnelle susceptible de compromettre l’existence de l’Etat russe, c’est-à-dire l’un des quatre cas dans lesquels l’article 19 de l’oukase n° 355 envisage l’emploi de l’arme nucléaire.

Or, la continuation d’un conflit conventionnel dans ce qui deviendrait une nouvelle frontière de la Russie ne serait pas une menace existentielle. Il y a là pour le moins une marge interprétative importante. En outre, les critères d’exercice de la dissuasion nucléaire ne sont nulle part gravés dans le marbre. Autrement dit, le seuil nucléaire n’étant ni parfaitement connu ni mécaniquement déductible, rien ne permet de l’abaisser à la continuation d’un conflit conventionnel dans des territoires nouvellement rattachés (et dont le changement de statut serait alors contesté à Kiev).

Un budget de 2023 auberge espagnole

Un budget de 2023 auberge espagnole

 

Compte tenu des incertitudes économiques mondiales, le gouvernement donne l’impression de naviguer à vue dans ses arbitrages, constate dans sa chronique Audrey Tonnelier dans le« Monde ».

La vérité c’est qu’il n’y a pas de véritable orientation stratégique dans un budget type auberge espagnole où tout est traité à peu près sur le même plan avec un saupoudrage général des différentes champs d’intervention.Bref il n’y a pas de vrai choix dans ce budget. Une illustration par exemple du flou des orientations en matière énergétique on fera un peu d’énergie alternative, un peu de lancement nucléaire et un peu d’hydrogène. Un peu partout et partout trop peu pour redonner une vraie indépendance aux pays NDLR

« Ce n’est pas un budget de rigueur, de facilité, mais un budget responsable et protecteur, dans des temps de grande incertitude. » Lundi 26 septembre, en présentant le projet de loi de finances (PLF) pour 2023 devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, Bruno Le Maire a donné le ton. Il faut dire que, entre la poursuite de la guerre en Ukraine, la flambée des prix de l’énergie, les confinements en Chine et les risques de récession aux Etats-Unis et en Allemagne, le second quinquennat d’Emmanuel Macron s’ouvre dans une conjoncture économique bien différente de celle de 2017.

Le ministre de l’économie a eu beau expliquer vouloir tenir l’équilibre entre protection des Français et rétablissement des finances publiques, et défendre « la ligne économique qui est la [sienne] : rémunération du travail, croissance et investissement », difficile de déceler un fil conducteur dans le budget pour 2023 : dans un contexte de forte inflation, la quasi-totalité des ministères ont vu leurs enveloppes gonflées, à rebours de la nécessité de « choix » souvent défendue par le locataire de Bercy pour mener des politiques efficaces.

Les 45 milliards d’euros du bouclier tarifaire, bien que difficilement contestables au vu de la hausse des factures de gaz et d’électricité, viennent mettre à mal l’idée de fin du « quoi qu’il en coûte » pourtant défendue mordicus par l’exécutif. Quant au report d’un an de la suppression totale de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, il brouille pour la première fois le message probusiness qui fut la marque de fabrique du chef de l’Etat.

Les oppositions n’ont d’ailleurs pas manqué de s’engouffrer dans la brèche. « Ça n’est pas très rassurant que les pilotes de l’avion anticipent aussi peu un environnement mondial que chacun sait compliqué », a critiqué Eric Coquerel, le président (LFI) de la commission des finances, en référence à la révision tardive de la prévision de croissance pour 2023 (1 % désormais). « Le “quoi qu’il en coûte” est peut-être réalisé d’une autre manière, mais il continue. C’est décevant et inquiétant », a de son côté réagi la députée Véronique Louwagie, cheffe de file des élus Les Républicains à la commission des finances.

Même le Medef, dont les adhérents avaient longuement applaudi M. Le Maire lors de leurs universités d’été fin août, s’est fendu d’un communiqué sévère : regrettant une « accoutumance à la dépense publique », l’organisation patronale a souligné que les dépenses courantes (hors crise) allaient augmenter de « plus de 62 milliards d’euros en 2023 » et déploré que « la France continue de vivre au-dessus de ses moyens ».

 

 

 

Énergie et crise de l’électricité : conséquence des choix incohérents

Énergie et crise de l’électricité : conséquence des choix incohérents

Si le gouvernement multiplie les annonces rassurantes face à la crise énergétique, son discours masque mal le fait que la situation actuelle résulte d’abord de choix qui ont été faits durant les dix dernières années. Et la crise ukrainienne aura servi de révélateur de l’absence d’une vision de long terme de notre politique énergétique. Par Didier Julienne, Président de Commodities & Resources (*). ( la Tribune)

 

Ce n’est pas bien, paraît-il, de remuer le passé politique pour parler d’erreurs fatales, surtout s’il est proche. Ce n’est pas bien parce que ce n’est pas positif, pas constructif, cela impose l’humilité aux responsables et n’apporte rien aux éventuelles solutions. Bref, c’est une perte de temps.

En effet, à quoi cela sert-il de répéter que l’électricité française est plantée à cause des deux derniers mandats présidentiels qui ont décidé des choses sans intelligence ni compétences et sans prévoir l’incroyable ? C’est une grave faute politique et non pas un accident industriel.

À quoi cela sert-il d’écrire encore et toujours que ramener la part de l’électricité nucléaire à 50 %, fermer Fessenheim, abandonner Astrid, sans solution opérationnelle fiable ? Le fruit subtil du déclassement PISA dirait : c’était « déconner grave ».

Il n’y a qu’à constater la tragédie industrielle allemande pour s’en rendre compte. Où sera la solution miracle des renouvelables allemands cet hiver ? Dans le charbon ! Alors que l’on dit, à la mode d’un général Tapioca qui se défausserait sur ses guérilleros, que les coupables sont EDF, ou les deux producteurs d’électricité allemands, Uniper en faillite et RWE. La France vaut mieux que cela. Si le bilan énergétique d’Angela Merkel est questionné, qui questionne celui de Paris ?

À quoi cela sert-il de rappeler que la communication performative ne fonctionne pas, ni dans l’industrie ni dans l’énergie? La communication performative est utilisée par le maire d’une commune pour que le couple qui se présente devant lui passe du statut de deux célibataires à celui d’un couple marié. Elle provoque ce changement immédiat.

La communication en imitation de la performative est la cause d’une France en charge mentale excessive, psychologiquement plantée et peut être ex abruto électriquement plantée cet hiver. Cette communication ne donne en effet aucun électron supplémentaire lorsque l’on décide de la construction future de nouveaux réacteurs, sans pour autant annuler en plein crise de souveraineté la fermeture des centrales actuelles qui sont efficaces, non dangereuses et rentables, comme l’était Fessenheim. L’énergie c’est le temps long, il ne faut jamais se tromper.

À quoi cela sert-il de répéter que grâce à un esprit transgressif le régime de l’Arenh qui tue EDF aurait dû être aboli depuis longtemps au lieu de le consolider par le décret du 11 mars 2022 ? Sinon à quoi sert-il d’avoir un esprit transgressif ?

À quoi cela sert-il de répéter que la gazoduc Midcat reliant l’Espagne à l’Europe du Nord est utile, car l’Espagne a des capacités de GNL inusitées ? Refuser cette redondance de sécurité pour le long terme est de la même impréparation vis-à-vis de l’impensable que la fermeture de centrales nucléaires sans une alternative fiable.

À quoi cela sert-il de rappeler que l’arrêt des réacteurs du programme Astrid était une bêtise, car il démobilise les chercheurs qui chercheront autre chose autre part ? Alors que ce type de réacteurs, qui brûle les déchets des centrales actuelles, est la pièce manquante à l’économie circulaire du nucléaire. Il assurera une électricité sans limites pendant au moins 2000 ans à toute l’Europe, puisqu’ils sont le cercle vertueux brûlant les déchets entreposés dans toutes les piscines de refroidissement disposées sur notre continent européens ; sans plus jamais d’uranium minier. De plus, pour appuyer là où cela fait mal, la Russie construit déjà un tel réacteur de nouvelle génération, il sera opérationnel en 2026.

Et puis il y a les causes diverses.

À quoi cela sert-il de répéter qu’au lieu d’interdire le stationnement de scooters à Paris, un décret devrait obliger l’installation de panneaux solaires sur toutes les toitures et façades d’immeubles ; et au lieu de subventionner les éoliennes, payons massivement la disparition des chaudières au fioul ?

À quoi sert-il de démasquer des « happy few » qui ont bénéficié de la désindustrialisation française ? À révéler une forme de décadence industrielle !

À quoi bon parler du complot « des métaux rares » et de la corruption qui le paye pour contrer l’incontestable progrès qu’est la voiture électrique ? Et pour en revenir au plantage électrique français, à quoi bon répéter qu’Areva a perdu la boule parce qu’il a tout simplement été géré par des incompétences qui comparaient l’entreprise à une cafetière Nespresso ; l’affaire Uramin, qui n’est pas encore jugée, en présente tous les symptômes.

Cet aggiornamento sert à parler vrai, juste quelques secondes, pour tuer le cynisme à la mode dans notre pays et nous redonner l’envie du courage, parce que combien de Françaises et de Français se battraient pour défendre la France ; à la manière héroïque des Ukrainiennes et des Ukrainiens ?

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux.

Robotisation : l’homme transformé en animal de compagnie des robots ?

Robotisation : l’homme transformé en animal de compagnie des robots ? 

 

 

 

Il y a évidemment quelque chose de surréaliste avec cette information en provenance de la Chine où une femme robot a été nommée PDG d’une entreprise de plusieurs milliers de salariés. On avance une raison « rationnelle » car ce robot travaille  mieux et surtout 24 heures sur 24.

On rêve aussi peut-être d’un robot un jour à la tête de l’État qui par parenthèse permettrait de faire l’économie d’élections qui ne servent  d’ailleurs pas grand-chose en Chine puisque le parti communiste décide de tout par avance.

Un parti communiste composé aussi pour l’essentiel de robots qui lèvent la main en même temps que le chef et savent aussi tous ensemble l’abattre sur les contestataires.

On pourrait prolonger la prospective et envisager aussi le remplacement des consommateurs par des robots. Donc des robots chefs d’entreprise, des robots producteurs et des robots consommateurs. De quoi se passer de l’espèce humaine et de réaliser peut-être le grand rêve communiste du socialisme totalitaire enfin réalisé.

On imagine aussi que les responsables de la défense seront désormais des robots de sorte qu’on pourra sans doute plus rapidement programmer la fin De l’Homo sapiens peut-être en animal de compagnie des robots.

Une femme robot vient d’être nommée à la tête d’une grosse entreprise chinoise. L’un des leaders chinois du jeu vidéo, NetDragon Websoft, est à l’origine de cette première et a confié sa filiale, Fujian NetDragon Websoft, à une intelligence artificielle. L’idée remonte en fait à plusieurs années. En 2017, grâce à l’IA, la société décide de créer un personnage virtuel et de lui donner des responsabilités. L’entreprise, à l’époque, a envie de montrer à ses clients que l’intelligence artificielle qu’elle développe pour ses jeux peut aussi fonctionner dans la vie réelle de l’entreprise.

Ce personnage est donc Tang Yu, une femme robot qui a commencé par occuper le poste de numéro 2 de l’entreprise, avant d’être nommée à un poste de PDG tournant de la société. C’est inédit. NetDragon Websoft compte plusieurs milliers de salariés et brasse des milliards de dollars. En interne, on appelle ça un dirigeant numérique virtuel mais qui a tout de même une apparence physique. Le visage de la PDG robot apparaît sur les écrans d’ordinateurs sous la forme d’un humanoïde, avec son, costume strict, sa coupe de cheveux parfaite. Grâce à l’intelligence artificielle, elle est aussi capable de s’exprimer.

 

Liquidation de Camaïeu : 2600 salariés concernés par cette erreur de gestion

Liquidation de Camaïeu : 2600 salariés concernés par cette erreur de gestion

 

 

Sur  franceinfo Olivier Guivarch, secrétaire général de la fédération des services CFDT, après l’annonce du placement en liquidation judiciaire de l’enseigne Camaïeu. Selon lui, les salariés qui « sont en souffrance » subissent avec cette liquidation les « mauvais choix de gestion » de l’entreprise.

Comment a été reçue cette annonce par les salariés de Camaïeu présents avec vous au tribunal de commerce ?

Olivier Guivarch : Derrière les chiffres, on parle de 2 600 salariés. Des femmes, beaucoup, des hommes, qui sont en souffrance, parce qu’ils subissent de mauvais choix de gestion. Ils défendaient la marque Camaïeu pour certains depuis plusieurs dizaines d’années, avec des salaires faibles, ceux du commerce de l’habillement. Ils vont perdre leur emploi dans les jours à venir. Donc derrière les chiffres ce sont des histoires d’hommes et de femmes qui sont en grande difficulté.

La fermeture doit intervenir sous trois jours, avec des stocks à vider d’ici samedi. Peut-on parler d’une situation particulièrement brutale ?

C’est un monde qui s’effondre, j’espère que les consommateurs vont avoir un peu de gratitude envers les vendeuses et les vendeurs. J’espère qu’ils vont se comporter correctement, parce qu’il ne faut pas rajouter ça aux salariés.

« Maintenant on va rentrer dans une période très dure qui va se poursuivre, les salariés vont devoir faire le deuil de leur emploi. » Ils vont devoir rester en contact avec leurs collègues et surtout les représentants syndicaux pour avoir des informations fiables sur la liquidation judiciaire. Et puis on doit mobiliser le service public de l’emploi. »

Est-ce que cette catastrophe était évitable ?

Si le tribunal de commerce a jugé que le plan de continuation de l’actionnaire n’était pas viable, si Bercy explique qu’on ne peut pas effacer les dettes comme ça, je pense qu’il faut d’abord se tourner vers les choix de gestion de l’actionnaire, pas forcément sur l’État. Ce qui est sûr, c’est que le commerce de détail de l’habillement subit une crise depuis 15 ans. Il y a des changements d’habitude des consommateurs, il y a des modifications profondes dans les processus de distribution et de consommation. Et c’est très dur pour les salariés parce qu’on a du mal à anticiper avec les employeurs ces processus. On a besoin de former les salariés à de nouveaux métiers, on a besoin d’investissements dans les entreprises pour diversifier les manières de vendre.

Est-ce qu’il faut mener une réflexion plus générale sur la filière et sur la région des Hauts-de-France, encore une fois frappée par cette situation ?

Oui, les Hauts-de-France sont très touchés. La région a aussi une capacité de résilience. Il y a des emplois dans la région, des tensions sur certains secteurs. Le plus difficile c’est d’accompagner les salariés avec le service public de l’emploi, pôle emploi, les missions locales pour les plus jeunes, parce que les salariés ont besoin d’être aidés dans cette période.

Référendum Poutine en Ukraine : un taux de oui de 273 % !

Référendum Poutine en Ukraine : un taux de oui de 273 % !

 

L’immense mascarade des référendums Poutine dans les territoires occupés par la Russie en Ukraine auraient abouti un vote favorable pour le rattachement à la Russie de 97 ou 98 %.

Un chiffre évidemment complètement fantaisiste tout simplement parce que ce vote s’est déroulé sous la contrainte de l’armée et sans la plupart des électeurs. Ce résultat est tellement ridicule qu’à ce point Poutine aurait pu déclarer que le vote était encore plus positif avec un succès de l’ordre de 273 %.

Avec Poutine, pur produit du KGB, plus c’est gros, plus ça terrorise et plus ça passe. Un vrai retour à l’époque soviétique de 1950 avec la même dialectique néandertalienne.

C’est par exemple le cas de l’Otan. Son secrétaire général, Jens Stoltenberg, a dénoncé avec force les référendums d’annexion et assuré le président ukrainien du soutien des alliés au droit à l’autodéfense de l’Ukraine. « Les référendums fictifs organisés par la Russie n’ont aucune légitimité et constituent une violation flagrante du droit international. Ces terres sont l’Ukraine », a-t-il tweeté (lien en anglais) après un entretien avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Antony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, a quant à lui déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés ne « reconnaîtront jamais »  l’annexion par la Russie de territoires en Ukraine. Le chef de la diplomatie américaine a aussi réaffirmé que les pays occidentaux prendraient en représailles de nouvelles et « sévères » sanctions contre la Russie.

On peut toutefois s’étonner que les grandes puissances n’est pas encore décidé de prendre la sanction suprême qui consisterait à traduire Poutine devant un tribunal international en raison de ses crimes.

 

Marchés et inversion de la courbe des taux : L’alerte

Marchés et inversion de la courbe des taux : L’alerte

La  courbe de taux inversée aux Etats-Unis anticiperait une récession imminente. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.( la Tribune, extrait))

 

 

Les économistes et les investisseurs la redoutent, car elle n’annonce jamais rien de bon : la courbe de taux, inversée. Ni maléfice ni poupée vaudou ne doivent être invoqués. Il ne s’agit pas d’une courbe de taux maraboutée, mais d’une situation où les investisseurs anticipent une politique monétaire tellement restrictive qu’elle serait suivie d’une chute de l’économie : la récession.

On dit que la courbe de taux est inversée lorsque les taux d’intérêt de long terme se retrouvent à des niveaux inférieurs au niveau de court terme, comme aujourd’hui par exemple, avec des taux à 10 ans américains à 3,75 % alors que les taux à 2 ans sont à 4,2 % : l’écart de taux est alors négatif de près de – 0,45 %. Alors que d’ordinaire, on a plutôt l’inverse, c’est-à-dire des taux à 10 ans supérieurs aux taux à 2 ans : l’ écart de taux est positif en moyenne proche de + 1 % sur longue période. Et pour cause, l’investisseur n’aime pas l’incertitude, or l’incertitude croît avec l’horizon d’investissement. Ainsi, l’investisseur exigera généralement une prime pour accepter de détenir un actif A plus longtemps qu’un actif B, il exigera donc un taux à 10 ans plus élevé qu’un taux à 2 ans.

Pourtant, on pourrait penser qu’une obligation proposant un rendement garanti pendant 10 ans est préférable à une obligation proposant un rendement garanti pendant seulement 2 ans. Mais non. Imaginez que l’inflation accélère encore des années durant. Comment savoir si le rendement que propose l’obligation à 10 ans sera suffisant pour couvrir la hausse des prix ? Certes, on pourrait dire la même de l’obligation à 2 ans, sauf qu’au bout de 2 ans on pourra toujours en acheter une autre qui proposera potentiellement un rendement plus élevé. Voilà pourquoi l’investisseur exige généralement un supplément d’âme à l’obligation à 10 ans par rapport à l’obligation à 2 ans. Sauf qu’aujourd’hui, ce n’est pas ce qui se produit : le taux à 10 ans est bien inférieur au taux 2 ans.

Aujourd’hui donc, la courbe de taux est inversée, et significativement inversée. D’un point de vue théorique, cela signifie que l’investisseur est prêt à prendre le risque d’un rendement plus faible pour une durée plus longue, mais garanti. En termes d’anticipations, cela signifie que l’investisseur anticipe une forte baisse des taux courts pour les années à venir, de sorte que le rendement cumulé des taux courts anticipés sur la période s’égalise avec celui du taux long, sinon il y aurait une incohérence entre les deux formes d’anticipations, ce que l’on appelle une opportunité d’arbitrage dans jargon du théoricien. Enfin, d’un point de vue empirique, il se trouve effectivement que l’inversion de la courbe des taux a souvent anticipé une récession économique les 6 à 12 mois suivants, comme en témoigne les nombreuses publications à ce sujet (une récente et originale).

En conclusion, il est toutefois possible de nuancer le message très pessimiste qui nous est livré par la courbe de taux inversée. En effet, le pouvoir prédictif de cette courbe a fondu au cours des 15 dernières années, pour une raison bien identifiée : la politique monétaire ultra – accommodante. Très concrètement, lorsque la courbe s’aplatissait voire s’inversait, ce n’était plus dû à l’anticipation d’une politique monétaire restrictive faisant monter les taux 2 ans plus vite que les taux 10 ans. La cause de l’aplatissement, voire de l’inversion de la courbe, était désormais liée à des achats massifs de titres de long terme par la Banque centrale faisant baisser les taux 10 ans alors que les taux 2 ans étaient déjà proches du plancher des vaches (le niveau 0 %).

 

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