Archive pour la Catégorie 'finances'

Une régulation nécessaire du «spéculatif» bitcoin pour Christine Lagarde

Une régulation nécessaire du «spéculatif» bitcoin pour Christine Lagarde

 

Petit à petit les Banques centrales se réveillent pour constater la spéculation relative des cryptomonnaies  comme le bitcoin. Il serait temps car cette spéculation est très malsaine et pourrait un jour en s’écroulant contaminer l’ensemble du système financier. Par ailleurs ,il y a l’enjeu stratégique de la souveraineté monétaire.

 

En effet les protagonistes des monnaies virtuelles entendent remettre en cause la souveraineté monétaire des pays. On n’y substituerait des cryptomonnaies  qui ne serait plus contrôlées par les Etats et donc aux mains des financiers et des spéculateurs.

 

Comme d’autres banquiers centraux ces derniers temps, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, appelle à un encadrement du bitcoin. La cryptomonnaie est un «actif spéculatif, qui a servi à des affaires bizarres et certaines activités de blanchiment d’argent totalement répréhensibles», a-t-elle déclaré, mercredi, lors d’une conférence organisée par l’agence Reuters. «Il doit y avoir une réglementation. Il faut l’appliquer et s’accorder sur ce point au niveau mondial car, s’il y a une échappatoire, celle-ci sera utilisée», a poursuivi la gardienne de l’euro.

 

Les évolutions du bitcoin ont reflété ces derniers jours ce caractère très spéculatif. Enfonçant les records les uns après les autres, il a dépassé successivement les 20.000, les 30.000 puis les 40.000 dollars, avant de plonger de quelque 20% dans la journée de lundi. Sur l’ensemble de l’année 2020, le cours du bitcoin a quadruplé.

Rebond du dollar…… et du bitcoin

Rebond du dollar…… et du bitcoin

Il faut encore s’attendre à des mouvements de yo-yo pour le dollar mais aussi pour le bitcoin. Le dollar a augmenté au cours de quatre des cinq dernières séances de négociation alors que la perspective de nouvelles mesures de relance a pesé sur les obligations d’État américaines, faisant passer le rendement de référence du Trésor au-dessus de 1% pour la première fois depuis mars.

Le Bitcoin a également conservé les gains de 10% réalisés mercredi en rebondissant après avoir glissé de près de 12000 dollars par rapport à un sommet historique de 42000 dollars atteint la semaine dernière.

Cependant, de nombreux analystes s’attendent à ce que le rebond de la devise soit temporaire, car il y a une accumulation de positions baissières sur le dollar .

Bitcoin : des records en hausse et en baisse

Bitcoin : des records en hausse et en baisse

 

Il y a peine quelques jours le bitcoin  a franchi la barre symbolique des 40 000 dollars. ,

Il ne faut sans doute pas confondre totalement la technologie Blockchain et la monnaie numérique. La technologie Blockchain permet dans différents secteurs et pas seulement sur le plan monétaire des opérations particulièrement complexes, sures et à l’abri de toute manipulation. Le bitcoin et les autres monnaies numériques s’appuient sur cette technologie. La question est de savoir quel sera l’avenir de cette monnaie qui fait l’objet depuis sa création d’une énorme spéculation. Certains considèrent y compris dans le monde bancaire qu’il  il s’agit de la monnaie d’avenir. Une monnaie internationale qui sera à l’abri des aléas économiques et financiers des Etats tout autant que de la gestion des banques centrales.

 

En fait un moyen d’enlever la souveraineté monétaire aux Etats, c’est-à-dire une grande partie tout simplement de sa souveraineté. Ces monnaies numériques seraient aussi une sorte de valeur refuge un peu comme l’or.

En 2020, le prix a quadruplé, et même avec la correction des dernières heures, le bitcoin reste en hausse de plus de 20% depuis le début de l’année. Vendredi, il s’est aventuré autour de 42.000 dollars. «Quoi que vous pensiez de l’avenir des cryptomonnaies, il ne faut pas nier qu’il s’agit d’actifs très volatils, et sont donc parmi les plus risqués» des investissements, a commenté Laith Khalaf, analyste chez AJ Bell. Le régulateur du marché britannique, la FCA, a d’ailleurs publié lundi un avertissement: «si les consommateurs investissent (dans les cryptomonnaies), ils doivent être préparer à perdre tout leur argent».


Bourse: le yo-yo va continuer

 

 

Sur les marchés boursiers le yo-yo continu alternant les périodes d’optimisme avec des périodes de grandes incertitudes notamment liées à l’évolution de la situation sanitaire. Un jour, des lobbys imaginent un net redressement de la croissance en 2021. Un autre jour, il prévoit le contraire avec un redressement pas avant 2022 voire 2023. Il est évident que toute perspective peut être mise en question tant que la crise sanitaire ne sera pas mieux maîtrisée. Pire certains variants du Coronavirus en particulier en provenance du Royaume-Uni ou d’Afrique du Sud font craindre le pire notamment des formes de reconfinementsplus ou moins généralisés. Cette alternance d’espérance et d’incertitude permet cependant de faire bouger la cote et rend possible pour les gros opérateurs des prises de bénéfices au bon moment. Mais pour 2021 au moins pendant six mois, il faudra s’habituer à ces mouvements de yo-yo d’autant que les résultats d’entreprises ne seront pas à la hauteur.

L’incertitude politique a dominé les échanges alors que les démocrates de la Chambre ont présenté une résolution visant à destituer le président américain Donald Trump, l’accusant d’incitation à l’insurrection à la suite d’une violente attaque contre le Capitole la semaine dernière.

Le Nikkei du Japon a glissé de 0,48%, le KOSPI de la Corée du Sud a chuté de 0,91% et les contrats à terme sur l’indice Hang Seng de Hong Kong ont perdu 0,54%.

Défiant la vente plus large, le S & P / ASX 200 australien a augmenté de 0,24%.

À Wall Street, le Dow Jones Industrial Average a chuté de 0,29%, le S&P 500 a perdu 0,66% et le Nasdaq Composite a baissé de 1,25%.

Les investisseurs attendent des indications sur la mesure dans laquelle les dirigeants voient un rebond des résultats 2021 et de l’économie à la suite des résultats et des conférences téléphoniques de JP Morgan, Citi et Wells Fargo vendredi.

Pendant ce temps, les rendements des bons du Trésor à plus long terme étaient à leur plus haut depuis mars avant qu’une nouvelle offre à long terme n’arrive cette semaine et sur la spéculation d’une plus grande relance budgétaire américaine alors que les démocrates auront le contrôle du Congrès et de la Maison Blanche.

«Les gens sont optimistes de voir la courbe des taux se pentifier et cela pourrait aider les spreads et les marges d’intérêt nettes pour les banques», a déclaré Hayes.

Les billets de référence à 10 ans ont chuté pour la dernière fois de 11/32 pour un rendement de 1,1443%, contre 1,107% vendredi soir.

L’écart entre les rendements des bons du Trésor à deux ans et à 10 ans a frôlé les 100 points de base pour atteindre son niveau le plus élevé depuis juillet 2017.

La hausse des taux a à son tour offert un certain soutien au dollar, qui a atteint son plus haut niveau en plus de deux semaines contre un panier de devises.

L’indice du dollar américain a augmenté de 0,256%, l’euro ayant reculé de 0,54% à 1,2152 $. Le yen japonais s’est affaibli de 0,24% par rapport au billet vert à 104,20 pour un dollar, tandis que la livre sterling s’échangeait pour la dernière fois à 1,3516 $, en baisse de 0,35% sur la journée.

Les prix du pétrole brut ont chuté, touchés par les inquiétudes renouvelées concernant la demande mondiale de carburant dans un contexte de blocage des coronavirus à travers le monde, ainsi que par l’appréciation du dollar.

Le brut américain a récemment baissé de 0,1% à 52,19 $ le baril et le Brent était à 55,61 $, en baisse de 0,68% sur la journée.

L’or au comptant sécurisé a chuté de 0,2% à 1 844,27 $ l’once. L’argent a chuté de 1,70% à 24,94 $.

BCE : l’argent magique aussi pour l’environnement ?

BCE : l’argent magique aussi pour l’environnement ?

 Un papier du Monde suggère que la BCE pourrait aussi utiliser l’argent magique pour traiter la problématique environnementale

 

 

Analyse. 

 

Le temps d’une pandémie, l’arbre à argent magique est apparu. Depuis le déferlement du Covid-19 en Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a débloqué une enveloppe de 2 500 milliards d’euros, à dépenser sur deux ans jusqu’en mars 2022. Cet argent, créé ex nihilo, a permis aux Etats de s’endetter à taux d’intérêt nul, voire négatif, payant ainsi indirectement le chômage partiel et les plans de soutien sectoriels. Ces mesures, inimaginables il y a un an, sont devenues possibles face à l’urgence.

Et si le même tour de passe-passe monétaire pouvait s’appliquer au changement climatique ? Après tout, l’urgence est tout aussi réelle. Dans une récente note pour l’Institut Veblen, l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran appelle de ses vœux une telle « monétisation des dépenses publiques nécessaires à la transition écologique », en permettant à la BCE de les financer « sans contrepartie ».

Elle reconnaît immédiatement qu’une telle option est interdite en l’état actuel des traités européens, qui bannissent le « financement monétaire ». De toute façon, à l’heure actuelle, peu d’économistes soutiennent une telle approche radicale. Mais, en attendant ce mouvement « vert vif », Mme Couppey-Soubeyran propose une série de mesures « vert clair », qui mettraient la BCE à contribution dans la lutte contre le changement climatique.

Or, sur ces points, les lignes sont en train de bouger au sein de l’institution de Francfort. Christine Lagarde, sa présidente, pousse pour faire du changement climatique un vrai critère d’action de son institution. « Face à ce qui est le risque majeur du XXIe siècle, tout le monde doit se mobiliser », déclarait-elle au Monde en octobre.

Mme Lagarde mène actuellement une grande revue stratégique de la BCE, dont les conclusions seront rendues à l’automne. Au sein des instances dirigeantes, des discussions sur la question climatique sont prévues au premier trimestre.

« Légitimité démocratique »

Que peut faire la BCE ? Depuis la crise de la zone euro, l’institution est devenue la clé de voûte de l’économie. Pour faire baisser les taux d’intérêt, elle achète par milliers de milliards d’euros des dettes sur les marchés financiers. Dans leur immense majorité, il s’agit de dettes publiques des Etats européens.

Reste cependant à savoir si la machine à billets  pourra tenir longtemps avant une déstabilisation par l’inflation voire un séisme du système financier (NDLR)

Stabilité financière : pour la Banque de France, tout va bien….. pour l’instant !

Stabilité financière : pour la Banque de France, tout va bien….. pour l’instant !

 

La Banque de France, évidemment sous tutelle de l’État, se veut rassurante quant au risque financier qui pourrait découler de non-remboursement de crédits accordés. La Banque de France diffuse donc un air d’optimisme mais en prenant de solides précautions oratoires pour ne pas évacuer une vague d’insolvabilité.

 « Selon la durée de la crise sanitaire, nous avons des situations actuellement sous contrôle qui pourraient passer à des situations d’insolvabilité », note Sylvie Goulard, sous-gouverneure de la Banque de France. Mais, à la fin de l’année 2020, la matrice des risques apparaît globalement stable d’un semestre à l’autre.

 

Sans surprise, le principal point d’inquiétude concerne la hausse de l’endettement brut des sociétés non financières, en partie liée aux mesures de soutien des pouvoirs publics. La dette brute des entreprises a augmenté de 175 milliards d’euros entre mars et septembre 2020 (soit 2,5 fois plus vite que sur la même période en 2019), dont 121 milliards pour les seuls prêts garantis par l’Etat (PGE), .

Le prêt garanti par l’Etat est un prêt de trésorerie d’un an. Ce prêt de trésorerie pourra couvrir jusqu’à trois mois de chiffre d’affaires, soit un quart du chiffre d’affaires annuel. « Ce dispositif s’inscrit dans le pont aérien de cash que nous avons déployé pour que l’entrepreneur puisse avoir, en prêt, l’équivalent de trois mois de chiffre d’affaires, qu’il n’a pas pu réaliser », résume Nicolas Dufourcq, le patron de Bpifrance. Les entreprises souhaitant emprunter moins que trois mois de chiffre d’affaires en auront la possibilité.

Pour les jeunes pousses innovantes, qui n’ont souvent pas, ou très peu, de chiffre d’affaires, un autre critère est retenu. Le prêt pourra ainsi couvrir jusqu’à deux années de masse salariale, hors cotisations patronales. « Les start-up ne sont pas les oubliées du système », a ainsi souligné Nicolas Dufourcq. Ce plafond est également retenu pour les entreprises créées depuis le 1er janvier 2019.

Le prêt bénéficie d’une garantie de l’Etat à hauteur de 70 à 90%, selon la taille de l’entreprise. Les banques conservent ainsi une part du risque associé, mais celle-ci est minimisée pour les inciter à prêter. Dans les détails, les entreprises ayant moins de 5.000 salariés et faisant moins de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires bénéficieront d’une garantie de l’Etat de 90%.

Celles qui comptent plus de 5.000 salariés et qui réalisent plus d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires pourront bénéficier d’une garantie publique de 80%. Ce pourcentage descend à 70% pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 5 milliards d’euros. La garantie est donc plus faible pour les plus grandes entreprises.

Le système se veut le plus accommodant possible pour les entreprises. Aucun remboursement ne sera exigé la première année. Ensuite, l’entreprise pourra décider, à l’issue des douze premiers mois, d’amortir le prêt sur une durée de 1, 2, 3, 4 ou 5 années supplémentaires. « Pas question de créer un autre mur pour l’entreprise », a souligné Sébastien Raspiller, à la direction générale du Trésor.

FMI: craintes sur les encours de crédit

FMI: craintes sur les encours de crédit

Compte tenu des craintes sur les encours de crédit, le FMI augmente encore ses réserves. En clair il fait encore tourner la machine à billets pour augmenter ses propres réserves. La revue, retardée de quelques mois pour permettre une évaluation de l’impact de la pandémie COVID-19, a montré une augmentation significative de l’exposition au crédit du fonds et des risques associés depuis la dernière revue en 2018, aggravée par la pandémie.

«L’encours de crédit a presque doublé, y compris une poussée des financements d’urgence sans conditionnalité, et les engagements au titre des dispositions de précaution sont plus élevés que lors de la dernière revue», a déclaré le FMI dans son communiqué.

Il a déclaré que le crédit était devenu plus concentré et que les rachats programmés étaient plus importants et plus groupés. L’objectif actuel de soldes de précaution de 20 milliards de DTS devrait également passer sous la fourchette indicative cet exercice et le prochain.

Chine : vers la fin du cash

Chine : vers la fin du cash

 

La Chine pourrait être rapidement le premier pays à instaurer une monnaie numérique souveraine. En même temps pourrait disparaître le cash. Une expérimentation est  en cours .  

Dans 10.000 boutiques et échoppes de Suzhou, les clients ont pu, du 11 au 27 décembre, payer avec une nouvelle monnaie : le renminbi numérique, du nom officiel de la devise chinoise, également désigné « yuan numérique ». Dans cette ville à l’ouest de Shanghai, la Chine vient d’achever un test à grande échelle, étape importante pour le géant asiatique dont l’ambition est d’être le premier grand pays à émettre une monnaie numérique souveraine . Si la généralisation devait se produire comme c’est probable dans les plusieurs années les monnaies numériques privées pourraient bien s’écrouler.

 

Air France : encore une perte de 2 milliards en 2021

Air France : encore une perte de 2 milliards en 2021

Comme beaucoup d’autres compagnies aériennes, Air France est particulièrement touchée compte tenu de sa dimension et de l’ampleur de ses charges fixes. Ainsi en 2020, il faudra compter sur un déficit de l’ordre de 3,6 milliards d’euros et en 2021 un déficits d’environ 2 milliards. Le problème du secteur ce qui n’aura trouvera pas son niveau de 2019 avant plusieurs années.

Marchés financiers : le trading traverse la Manche

Marchés financiers : le trading traverse la Manche

Environ 6 milliards d’euros d’échanges ont d’un seul coup traversé la Manche. Près d’un quart du volume quotidien d’ordinaire échangé à Londres et ce n’est qu’un début… À comparer au milliard d’euros de marchandises qui traversent chaque jour la frontière à bord de camions. Cela montre à quel point l’accord post-Brexit, accouché au forceps à la veille de Noël, est loin de couvrir l’ensemble de la relation économique.

Ce «big bang» financier concernait les échanges d’actions d’entreprises européennes, comme Deutsche Bank, Total ou LVMH,

Remboursement des prêts garantis par l’État: le doute des banques

Remboursement des prêts garantis par l’État: le doute des banques

 

Il est clair que nombre de remboursements des prêts garantis par l’État ne pourront être honorés et les banques commencent à s’en inquiéter. Certes 80 % sont garantis par l’État. Reste 20 % qui pourraient faire grossir les créances douteuses et pour parler plus vulgairement les actifs pourris.

 

Il y a bien entendu les secteurs dont  l’activité est pratiquement interdite depuis environ un an mais aussi nombre d’entreprises d’autres secteurs qui ont été sous perfusion financière mais dont le chiffre d’affaires et le résultat sont tellement dramatiques qu’ils vont mettre en cause l’existence même des sociétés.

 

Selon la Fédération bancaire française, les banques avaient prévu de revenir vers leurs clients deux à quatre mois avant la date anniversaire de la souscription du PGE. D’où les relances actuelles. «Les demandes de remboursement du PGE ne font que commencer. Or beaucoup de chefs d’entreprise ont consommé leur prêt, dans les loyers notamment. Ils sont très inquiets», confie Francis Palombi, président de la Confédération

Bitcoin jusqu’à $146.000, selon JPM…… ou écroulement !

Bitcoin jusqu’à $146.000, selon JPM…… ou écroulement !

La folie du bitcoin l’a fait plus que tripler de valeur au cours des six derniers mois pour atteindre un record à 34.800 dollars (28.380,36 euros) le 2 janvier. JP Morgan prévoit encore des envolés exceptionnelles sous réserve que les risques de volatilité se réduisent.

Autant dire que le bitcoin peut encore s’envoler ou s’écrouler. En cause,  le fait que nombre de pays envisagent de créer leurs propres monnaies numériques soit à côté de la monnaie classique, soi-même pour la remplacer comme en Chine. Dès lor,s  les monnaies numériques privées pourraient alors s’écrouler. De toute manière les pays ne laisseront jamais les monnaies privées s’approprier la souveraineté monétaire.

“Compte tenu de l’ampleur des placements dans l’or, s’il y a des sorties massives de l’or en tant que monnaie ‘alternative’, cela implique un gros potentiel de hausse pour le bitcoin sur le long terme”, ajoutent les spécialistes de la banque de Wall Street.

Le mouvement favorable pour le bitcoin pourrait être amplifié par l’arrivée des jeunes générations chez les investisseurs, plus sensibles à “l’or numérique” qu’aux traditionnels lingots, poursuivent-ils.

Selon JP Morgan si  la “ferveur spéculative actuelle” peut encore faire monter le bitcoin entre 50.000 et 100.000 dollars, de tels niveaux ne seront pas viables tant que la volatilité associée à cette cryptomonnaie ne se sera pas atténuée, préviennent-ils.

Bourse : comme prévu l’Europe a suivi les États-Unis mardi

Bourse : comme prévu l’Europe a suivi les États-Unis mardi

Comme prévu l’Europe continentale a suivi la tendance des États-Unis mardi. À Paris, le CAC 40 a perdu 0,44% à 5.564,6 points et le Dax allemand a cédé 0,55%.

A la Bourse de Londres, le FTSE a gagné 0,61%, avec la hausse des valeurs pétrolières et l’annonce d’un nouveau plan de soutien aux entreprises de 4,6 milliards de livres (5,1 milliards d’euros).

L’indice EuroStoxx 50 a perdu 0,46%, le FTSEurofirst 300 a reculé de 0,33% et le Stoxx 600 de 0,19%.

Le mouvement de yo-yo qui devrait se poursuivre tout au long du premier semestre se traduit inversement par une hausse à New York Les trois indices phares de la Bourse de New York gagnaient de 0,2% à 0,5% au moment de la clôture européenne.

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Jacques Baudron, de l’Université Paris Sud pose la problématique des monnaies virtuelles à considérer comme des monnaies ou des jeux spéculatifs. Article de la Tribune

 

Du sommet de ses fragiles hauts et bas, le bitcoin domine  ( il vient d’atteindre 30 000 $ , un record NDLR, ).  Mais, nous prévient-on, le bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque, et les monnaies virtuelles ne sont pas des créances. Que signifie cette affirmation ? Pour le savoir, il faut d’abord comprendre pourquoi une monnaie est une créance.

Les premières créances, des histoires d’orfèvres

Durant la première moitié du XVIIe siècle, les orfèvres font partie des rares métiers à même de tenir tête à l’aigrefin. Ils sont en effet dotés, pour leur activité, de coffres forts. Les riches négociants, particulièrement vulnérables, ont donc tôt fait de les solliciter pour y abriter leurs métaux précieux. L’affaire n’est évidemment pas gratuite : elle se fait contre une reconnaissance de dettes nominative et, bien entendu, une juste rémunération pour le service rendu. Sur présentation de ce papier, tout ou partie des métaux précieux déposés pouvait être retiré.

Les choses évoluant, les reconnaissances de dette deviennent anonymes et mentionnent seulement le montant d’or exigible en contrepartie. Les reconnaissances de dette étant bien plus faciles à manipuler que l’or, elles sont rapidement préférées pour les échanges de biens ou services. Ces billets, échangeables contre le poids d’or mentionné, constituent des créances.

Les orfèvres disposent en permanence dans leur coffre de réserves d’or qui dort. Les commerces quant à eux cherchent des fonds pour le développement de leurs activités et les deux parties trouvent rapidement un terrain d’entente sur la base de billets-reconnaissances de dettes identiques à ceux des déposants. Ces reconnaissances de dettes ont une vie éphémère : elles sont détruites dès libération de la dette.

Mise en place du mécanisme de création monétaire

Les orfèvres ne tardent pas à constater que l’or entre et sort mais que le niveau des stocks ne descend pas en dessous d’un certain seuil. Statistiquement, tous les emprunteurs ne présentent pas leur reconnaissance de dette au même moment. D’où l’idée de proposer plus de reconnaissances de dette qu’il n’y a d’or. Le total des montants inscrits sur les billets-reconnaissances de dette émis est supérieur au poids d’or chargé de le garantir. Le risque existe de se trouver démuni face à un afflux de demandes de remboursement, mais il est visiblement mesuré, puisque le système se développe. Cela dit, le modèle mis en place pour renflouer l’après-Louis XIV par John Law a tout de même montré en 1720 qu’une demande simultanée de tous les utilisateurs ne relève pas que de la théorie !

Le mécanisme de création monétaire est né. Quand un commerçant emprunte, il perçoit ses billets imprimés par l’orfèvre. La somme est reportée dans les registres. Des billets-reconnaissances de dette sont émis, et le niveau d’or dans les coffres ne change pas. Le commerçant utilise ces billets-reconnaissances de dette pour payer ses fournisseurs, qui les utiliseront à leur tour pour rémunérer des collaborateurs, qui pourront eux-mêmes les employer pour acheter du pain et ainsi de suite. La monnaie circule, et tous ces échanges ont pour point d’origine une simple écriture dans un registre…

L’histoire n’est pas finie : quand le commerçant rembourse sa dette, l’orfèvre détruit la reconnaissance de dette. Création monétaire et destruction monétaire se suivent avec un bilan non nul : l’activité du commerçant augmente et l’orfèvre touche des intérêts. Les trois attributs qui définissent la monnaie depuis Aristote sont là : elle est acceptée, divisible et durable. Acceptée, car la monnaie est garantie par la confiance que l’on a dans la réserve d’or. Divisible, car elle permet d’échanger des heures de travail contre du pain, puisque tous sont mesurés en unité de compte commune. Durable, car la monnaie a une certaine stabilité qui lui est donnée par sa référence à l’or. La quantité de monnaie nécessaire à l’acquisition de pain est la même – à l’inflation près – qu’on acquière cette denrée à un moment donné ou un an après.

Monnaie d’État, banque centrale et banques commerciales

Ce mécanisme est aujourd’hui utilisé par les états. Toutefois si dans un premier temps la monnaie s’appuyait effectivement sur une contrepartie en métal précieux, le glissement vers une valeur décrétée arbitrairement par l’État est désormais d’usage. La monnaie émise est dite fiduciaire, car elle demande de faire confiance à l’État. C’est lui qui décrète arbitrairement sa valeur. L’euro, par exemple, est l’équivalent de l’or pour les orfèvres. Leur rôle est aujourd’hui tenu par la Banque centrale européenne, qui émet les billets et pièces en circulation. L’État, de son côté, édicte deux règles : refuser la monnaie nationale en règlement d’une dette est illégal ainsi que s’acquitter de l’impôt avec une autre monnaie. Avec de telles règles, l’acceptation est plus facile…

Classiquement, dans un état la banque centrale émet la monnaie nationale et applique la politique monétaire du gouvernement. De leur côté, les banques commerciales distribuent la monnaie de la banque centrale et gèrent des services comme les prêts avec de la monnaie scripturale, c’est-à-dire dont les mouvements sont enregistrés dans les comptes. Un virement de cent euros ne signifie pas que cent euros en billets sont dans une boîte, c’est uniquement une écriture. Une autre écriture débitera le compte suite à un règlement par carte.

Globalement, la masse monétaire est créée à 95% par les banques commerciales et 5% par les banques centrales. La banque commerciale est légalement tenue de disposer d’une réserve de 1% de ses encours en monnaie d’État auprès de la banque centrale. Notons que la masse monétaire créée par l’obtention du crédit et détruite lors du remboursement couvre le principal, mais pas les intérêts. Ceux-ci devront être financés par ailleurs, typiquement par de nouveaux prêts.

Et les monnaies virtuelles ?

Si la monnaie scripturale vous permet à tout moment d’exiger de votre banque la contrepartie des écritures en monnaie nationale physique, rien de tel n’est proposé avec la monnaie virtuelle. La monnaie virtuelle ne conserve que les écritures. Par construction, seul persiste dans le processus l’aspect scriptural de la monnaie – toute transaction est inscrite de manière indélébile – mais sa totale indépendance vis-à-vis des autres monnaies l’empêche de s’appuyer sur une valeur ou monnaie quelconque. On dit également qu’il n’y a pas de valeur intrinsèque. L’expression « monnaie virtuelle » frise donc l’oxymore.

En effet, sans valeur intrinsèque aucune des 1.300 monnaies virtuelles ne répond à la définition aristotélicienne de la monnaie. Les monnaies virtuelles sont certes de mieux en mieux acceptées, et l’on ne peut nier qu’elles sont divisibles : elles permettent de mesurer la valeur des biens et de faire des comparaisons. Mais elles ne sont pas durables. En effet, la monnaie permet de différer un achat pour « plus tard », au meilleur moment. Encore faut-il que « plus tard » le pouvoir d’achat de cette monnaie soit du même ordre. Or, la définition de la monnaie virtuelle précise qu’elle ne s’appuie sur aucun élément qui assurerait sa stabilité. Cela étant posé, renier Aristote et dire que « le bitcoin est une monnaie » simplifie beaucoup les discussions…

Où pourrait se situer la valeur intrinsèque du volatil bitcoin s’il en avait une ? Pour ma part je vois deux pistes : les transferts de fonds rapides et les « ICO » (initial coin offering), qui consistent à proposer de participer au financement d’un projet non pas en entrant dans le capital ou en prêtant des fonds, mais en pré-achetant des services que le projet proposera. Ethereum pas exemple proposait des ether, Uber aurait pu proposer des courses, Air France des Miles. Les participations, très intéressantes dans la phase initiale, peuvent être échangées par la suite sur les marchés ; ces produits financiers sont connus sous le nom de token.

Une valeur tributaire de l’émotivité

En définitive, le cours du bitcoin est totalement mené par l’offre et la demande. Un achat est effectué en pariant sur le fait que « quelqu’un » sera prêt à racheter à un prix supérieur. S’agirait-il d’une sorte d’action ? Pas tout à fait. Une action est un acte de propriété avec droit de vote qui définit une valeur dont ne dispose pas la monnaie virtuelle. D’un type d’obligation ? Non plus, car une obligation est un prêt.

Au final, une monnaie virtuelle est sans référence. Il n’y a pas de valeur « raisonnablement » haute ou basse. Les fluctuations épousent l’humeur du moment, les émotions depuis l’engouement jusqu’au dépit en mouvements inattendus, voire surprenants. Son cours est imprédictible. Ce n’est pas parce qu’il est haut qu’il ne montera pas encore plus haut. Mais il peut aussi bien chuter.

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Par Jacques Baudron, Chargé de cours technologies virtuelles licence MRT, Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Brexit: accord très provisoire des transactions financières swap

Brexit: accord très provisoire des transactions financières swap

En raison du brexit,  on a craint une interruption au moins partielle des transactions sur les swaps entre les deux rives de la Manche, qui représentent des milliards d’euros chaque jour. Les filiales des banques de l’UE basées à Londres étaient les plus menacées.

Le swap est une sorte de contrat d’échange de flux financiers qui concernent essentiellement les banques et autres institutions financières

  • le swap peut concerner des devises, des taux d’intérêt des risques de crédit des matières premières et d’autres opérations complexes. Concernant des indices, des obligations ou encore des actions.
  • Un swap de taux est un contrat dans lequel deux contreparties s’engagent mutuellement à se verser des flux financiers (les « jambes » du swap). La contrepartie « jambe fixe » paye les intérêts à taux fixe pour recevoir un taux variable. À l’inverse, la « jambe variable » paye un taux variable et reçoit un taux fixe.

Le swap (de l’anglais to swap : échanger) ou contrat d’échange financier (J.O. du 21 septembre 2017 / 31 janvier 1990 ) est un produit dérivé financier. Il s’agit d’un contrat d’échange de flux financiers entre deux parties, qui sont généralement des banques ou des institutions financières.

Le swap est le deuxième marché financier après les emprunts d’État

Pour ne pas bloquer les swaps, les autorités britanniques ont autorisé le marché commun a utilisé les plates-formes britanniques pour une période de trois mois. “Nous verrons, d’ici au 31 mars 2021, si l’évolution des marchés ou de la réglementation justifie de reconsidérer notre approche”, ajoute la FCA dans un communiqué.

Cette décision implique qu’une partie des transactions réalisées jusqu’à présent à la City de Londres devraient migrer à partir de lundi vers des plates-formes de transactions de l’Union européenne.

La Banque d’Angleterre avait dit craindre que des perturbations affectent des swaps de taux d’intérêt représentant quelque 200 milliards de dollars (163 milliards d’euros) en l’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’Union. L’accord commercial n’a pas traité les relations financières entre l’ombre et l’union européenne. Une discussion sur ce sujet va être engagée.

Bourse : baisse en Europe

Bourse : baisse en Europe

Comme prévu, on a assisté à une petite envolée des valeurs boursières avant les fêtes suivie ensuite d’une prise de bénéfices par les gros opérateurs. Une évolution devenue classique. Les  Bourses reflètent cependant la mauvaise santé économique de l’Europe, la bourse de Paris affiche une perte annuelle de 7,14%, celle de Londres de 14,3%, sa plus mauvaise performance depuis 2008, tandis que le Dax a gagné 3,55%.

Les incertitudes qui ont ébranlé les marchés financiers au début de la pandémie se sont atténuées mais demeurent. Une tendance à la baisse devrait être très marquée après le premier trimestre quand seront connus les résultats financiers des entreprises

Le soutien massif des gouvernements et des banques centrales et le lancement de la vaccination anti-COVID ont apaisé une grande partie des inquiétudes concernant les perspectives économiques pour 2021, bien que l’augmentation des cas aux États-Unis et en Europe ainsi qu’un nouveau variant plus contagieux impactent l’enthousiasme à court terme.

En raison notamment du déficit chronique des échanges commerciaux des États-Unis, le dollar se stabilise après avoir une nouvelle fois atteint un plus bas depuis plus de deux ans et demi face à un panier de devises internationales. L’indice dollar devrait clore l’année sur un recul d’environ 7%.

L’euro, toujours soutenue par les relatifs bons résultats globaux des exportations, en profite pour continuer de s’apprécier, autour de 1,2274 dollar après un pic à 1,2309, au plus haut depuis avril 2018. Depuis le début de l’année, la monnaie unique européenne progresse de près de 9,5% face au billet vert.

Les cours du brut sont en légère baisse sur la séance et se dirigent vers une perte de 20% sur l’année en raison des mesures de confinement qui ont paralysé une grande partie de l’économie mondiale.

Le Brent abandonne 1,12% à 51,05 dollars le baril. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI), qui est passé en avril en territoire négatif pour la première fois de l’histoire, cède 0,97% à 47,93 dollars. Mais globalement le pétrole est à la hausse actuellement.

Risque d’éclatement de la bulle TESLA ?

Risque d’éclatement de la bulle TESLA ?

 

Aujourd’hui Tesla apparaît comme la vedette des valeurs boursières; le problème est que cette entreprise est particulièrement surcotée. Il n’y a en réalité aucune cohérence entre la valeur boursière de Tesla et la valeur de l’entreprise. De nombreux analystes financiers considèrent que la cotation de Tesla relève du casino.

 

Chris Harvey, responsable de la gestion actions du géant bancaire américain Wells Fargo, a souligné dans l’émission Fast Money de CNBC combien les circonstances de l’ascension d’AOL rappellent celle de Tesla. »AOL à la fin des années 1990, à l’image de Tesla aujourd’hui, avait la main sur une technologie qui changeait la donne, affichait une performance boursière formidable et entrait tardivement dans l’indice après une envolée extraordinaire » (traduit par nous), a indiqué le stratégiste.

 

Globalement, le spécialiste s’attend à ce que les gagnants de 2021 en Bourse soient très différents de ceux de 2020. Selon lui, les investisseurs commencent à perdre l’appétit pour les valeurs de croissance (privilégiées cette année comme elles l’avaient été lors des récessions de 2003 et 2009), tandis que les titres cycliques -c’est-à-dire les sociétés dont la santé est fortement liée à la conjoncture générale- commencent à profit d’un regain attendu de croissance économique.

Bourse américaine en hausse en 2020

Bourse américaine en hausse en 2020

Tandis que le CAC 40 recule 7 % cette année, le S&P 500 enregistre un bond de 16% sur l’ensemble de 2020 après avoir pris plus de 66% depuis son point bas en mars, porté notamment par la hausse des valeurs technologiques.

Le même élément explique la progression du Nasdaq Composite qui a bondi de plus de 43% cette année, sa meilleure performance annuelle depuis 2009, grâce à la progression des mastodontes tels que Alphabet, Microsoft, Apple, Facebook et Netflix.

De son côté, le Dow Jones a conclu l’année sur un gain plus modeste d’environ 7%.

Jeudi, les indices américains ont fini en hausse dans un marché peu animé à la veille du Nouvel An.

Le dangereux pari d’une seule monnaie à Cuba

Le dangereux pari d’une seule monnaie à Cuba

Janette Habel, chercheuse à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, voit dans cette nouvelle étape de libéralisation de l’économie cubaine un « processus de transition économique et générationnelle à l’issue risquée et incertaine ». (Tribune au monde)

Après plusieurs années d’atermoiements, el dia zero (le jour J) approche : le 1er janvier 2021, Cuba unifiera son système monétaire en abandonnant l’une des deux monnaies locales. La réforme monétaire prévoit l’abandon du peso convertible (CUC), aligné artificiellement sur le dollar américain et d’abord réservé au secteur touristique. Seul demeure le peso cubain (CUP), à un taux de change fixé à 24 pesos pour un dollar.

Une « refondation économique à hauts risques », estime Janette Habel, chercheuse à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, spécialiste de Cuba. A travers cette nouvelle réforme libérale, elle explique au Monde comment l’île complète sa mue économique, politique et sociale depuis plusieurs années.

 

Beaucoup d’économistes cubains ont été surpris de la période qu’a choisie le gouvernement pour appliquer des réformes annoncées depuis des années. Mais je pense tout simplement que c’est parce qu’il n’y avait plus le choix. C’est un signe de la gravité de la situation à Cuba, assommée par une crise économique et financière profonde due, en partie, aux sanctions économiques américaines encore alourdies par l’administration Trump, et à des problèmes internes liés à la structure économique du pays. La seule référence nationale est la crise subie dans les années 1990, à la suite de la chute de l’Union soviétique et, aujourd’hui, on peut dire que certains éléments sont encore plus graves qu’à l’époque. 

Il s’agit également d’une période difficile sur le plan politique puisqu’une génération – celle des frères Castro – disparaît pour des raisons biologiques. Et, avec elle, la légitimité du révolutionnaire que le président Miguel Diaz-Canel n’aura jamais. Et même s’il prend soin d’annoncer les réformes aux côtés de l’ancien président Raul Castro, cette légitimité passée doit être remplacée par une légalité institutionnelle.

C’est ce qui a été initié avec la signature, en 2018, de la nouvelle Constitution, qui rétablit, par exemple, un poste de premier ministre. C’est aussi délicat parce que le gouvernement actuel est en proie à de grandes dissensions. Le prochain congrès du Parti communiste de Cuba [PCC], qui doit se tenir en 2021, nommera un nouveau chef de parti – logiquement l’actuel président à la place de Raul Castro – et asseoir la légitimité de M. Diaz-Canel.

Enfin, c’est donc une refonte nationale gigantesque qui intervient alors que les pénuries n’ont jamais été aussi importantes et que la population est déjà très mécontente. Notamment de l’ouverture de ces magasins d’électroménager, en 2019, où l’on ne peut payer qu’en dollar avec une carte bancaire. Cela suppose que les Cubains disposent d’un compte alimenté dans la devise, ce qui n’est pas le cas pour la grande majorité d’entre eux. Et l’unification des monnaies et des taux de change ne devrait qu’aggraver ces inégalités.

Verdir la politique monétaire de la BCE ?

Verdir la politique monétaire de la BCE ?

Un article intéressant dans la Tribune de Jézabel Couppey-Soubeyran, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne  sur la problématique environnementale de la banque centrale européenne. Mais pour l’instant, force est de constater que l’action de la banque centrale européenne a consisté à racheter des actifs (dettes des pays notamment) et à assurer des liquidités aux banques sans tenir compte de la préoccupation écologique. Il existe des réticences idéologiques mais aussi techniques

Tribune.

 

 

D’ici juin 2021, la Banque centrale européenne (BCE) rendra les décisions de sa révision stratégique. Elle devrait alors annoncer des mesures de réorientation de son cadre de politique monétaire. La soutenabilité environnementale en fera partie. L’heure des décisions approche ; la BCE saura-t-elle, pour aider à parer à la crise climatique, se montrer aussi réactive et flexible que face à la crise sanitaire actuelle ? Au-delà des discours prononcés ces derniers mois, notamment par la directrice générale Christine Lagarde, qui laissent entendre que la BCE va verdir son action, les décisions iront-elles au-delà de tout petits pas ?

Le risque climatique est depuis quelques années dans le viseur des banques centrales, sous l’angle des risques financiers qu’il induit. Depuis 2015, banques centrales et superviseurs ont constitué un réseau (NGFS) dans lequel sont réalisés des travaux pour en guider l’estimation. Si l’approche est louable, elle comporte cependant un risque d’enlisement dans des travaux débouchant au mieux sur des instruments d’alerte tels que les stress tests climatiques.

Dans deux notes publiées le 2 décembre dernier dans un dossier intitulé « La BCE à l’heure des décisions », le think tank Institut Veblen pointe les sources du blocage et appelle la BCE à affirmer un « quoi qu’il en coûte » climatique, en montrant toute une panoplie de mesures monétaires qui pourraient être adoptées dans ce sens. Certaines exigent une modification des statuts de la BCE, mais d’autres peuvent être adoptées dès aujourd’hui.

Il faut d’abord noter que le mandat de la BCE ne lui interdit pas d’orienter sa politique monétaire vers l’atténuation du risque climatique, bien au contraire. L’article 127 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne fait attendre du Système européen de banques centrales (le SEBC, composé de la BCE et des 27 banques centrales nationales) qu’il « apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l’Union, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union, dès lors que cela ne porte pas préjudice à l’objectif de stabilité des prix ».

Or, l’objectif de l’UE est d’atteindre la neutralité climatique à l’horizon 2050. En vertu de son mandat, la BCE devrait donc contribuer à cet objectif. Le fait-elle ? Pour le moment, elle n’a pas adopté de démarche active de contribution à la transition écologique. Les représentants de la BCE ont souvent invoqué leur doctrine de « neutralité monétaire » pour justifier de ne pas privilégier certains actifs (en l’occurrence, les plus « verts ») ou de ne pas en exclure dans les programmes d’achats d’actifs ou encore dans les collatéraux acceptés en garanties dans les opérations de refinancement des banques.

Cette justification sonne de plus en plus comme un mauvais prétexte, dans la mesure où, depuis la gestion de crise financière, et plus encore depuis la crise sanitaire, les actifs souverains sont bel et bien privilégiés dans les programmes d’achats d’actifs, ce qui ne permet plus de parler d’approche non sélective.

De plus, l’ampleur des programmes d’achats d’actifs que la BCE a commencé à mener en 2015, dans le cadre de sa politique monétaire non conventionnelle, pour gérer les conséquences de la crise financière de 2007-2008, puis à intensifier, à l’instar des autres grandes banques centrales, pour faire face à la crise sanitaire à partir de mars 2020, l’ont transformé en une véritable teneur du marché, voire même en faiseur de marché (« market maker »).

À fin novembre 2020, les 3 800 milliards d’euros de titres détenus dans le cadre de ces programmes de la BCE en faisaient un très gros investisseur, avec un portefeuille plus de deux fois supérieur à celui du GPIF japonais qui est le plus gros fonds de pension au monde ! Avec un tel poids, la BCE ne va plus pouvoir très longtemps ignorer les principes de la responsabilité environnementale.

Comment s’inquiéter d’un côté que les banques européennes continuent de financer les secteurs et projets les plus intensifs en émission des gaz à effets de serre par les banques européennes, et continuer de présenter elle-même un portefeuille trop carboné ? Sa conversion en la matière aurait une importante valeur de signal et contribuerait à l’alignement des flux financiers sur une trajectoire plus compatible avec les objectifs climatiques et environnementaux de l’Union.

À l’inverse, quand la BCE effectue ses achats d’actifs publics et privés sur les marchés obligataires en restant totalement aveugle à leur empreinte carbone, ses achats bénéficient fatalement plus à des entreprises fortement émettrices de gaz à effet de serre, ou du secteur des énergies fossiles, qu’à celles qui le sont moins. En ne rectifiant pas le tir, la BCE retardera l’objectif de neutralité climatique de l’Union.

C’est donc en ne s’engageant pas plus avant dans une action d’atténuation du risque climatique que la BCE enfreindrait son mandat. Sans compter qu’une crise climatique produirait inévitablement une instabilité monétaire, économique, et financière potentiellement irrémédiable.

Sous un angle ou sous un autre, la soutenabilité environnementale constitue donc bien un objectif pour la BCE. L’existence implicite de cet objectif dans l’article 127 n’ayant toutefois pas suffi pour que l’institution contribue activement à la transition écologique, sans doute faudra-t-il l’expliciter. Confier un rôle à la BCE dans le pacte vert de l’Union européenne (Green deal) ou inscrire formellement la notion de soutenabilité environnementale dans l’article 127 favoriserait l’orientation de la politique monétaire vers la transition écologique. Cela n’amenderait que très à la marge son cadre institutionnel.

Quoi qu’il en soit, il existe un assez large nuancier d’options opérationnelles possibles pour « verdir » la politique monétaire :

  • Tout un ensemble d’options « vert clair », consistant, par exemple, à verdir les refinancements en y intégrant un surcoût climatique (MRO vert), en faisant en sorte que les collatéraux acceptés soient alignés sur des trajectoires suffisamment bas carbone (collatéraux verts), en conditionnant les refinancement des banques à l’encours de financements verts qu’elles octroient (TLTRO verts), ou à verdir les achats de titres privés (QE vert responsable). Toutes ces options sont réalisables dans le cadre institutionnel actuel ou restent fidèles à son esprit. Elles ont en commun de ne pas impliquer directement la banque centrale dans le financement de la transition écologique et, de ce fait, lui feraient exercer un rôle certes plus actif qu’actuellement mais limité.
  • La plus vive des options « vert clair » serait un programme d’achats d’actifs publics émis pour financer des investissements climats, la seule dans ce premier ensemble à « faciliter » l’investissement public dans la transition, sans cependant le financer directement.
  • Une autre option, celle « vert vif », consisterait à monétiser des dépenses publiques nécessaires à la transition écologique. La banque centrale participerait alors directement au financement de la transition écologique. Son pouvoir de création monétaire serait mis au service de la collectivité et permettrait de réaliser les investissements dont le rendement insuffisant ou à trop long terme rend inenvisageable un financement privé. C’est l’option qui combinerait le mieux politique monétaire, politique budgétaire et politique prudentielle dans un policy-mix vert. Seule cette option assurerait, en effet, un financement qui préserverait les finances publiques et, parce qu’il n’alimenterait pas la dette, préserverait aussi la stabilité financière, dans le même sens que la politique prudentielle. Mais c’est aussi l’option exigeant le plus de changements sur le plan institutionnel, donc forcément celle qui suscitera le plus d’oppositions.

Pour avancer vers le « vert vif », il faudra probablement passer d’abord par les nuances du « vert clair », moins pour des raisons de fond qu’au vu des blocages institutionnels et politiques qui ne sont pas aisés à lever. Toutes ces options ne sont en tout cas pas exclusives les unes des autres. Même si face à l’urgence écologique, les petits pas ne suffiront pas.

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Par Jézabel Couppey-Soubeyran, Maître de conférences en économie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Wojtek Kalinowski, sociologue et directeur de l’Institut Veblen, a co-rédigé cet article.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

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