Archive pour la Catégorie 'finances'

Crise: L’or à 2.000 dollars !

Crise:  L’or à 2.000 dollars !

L’or vole de record en record. Après avoir dépassé, son plus haut historique de septembre 2011, à 1.921 dollars l’once, il a franchi en séance la barre symbolique des 2.000 dollars ce mardi. Une ascension fulgurante : en janvier l’once s’échangeait contre 1.525 dollars seulement. Depuis le début de l’année, l’or a bondi de plus de 30 %, a plus forte progression annuelle de la décennie. Sa performance dépasse largement celle des autres actifs.

Pour le métal précieux, les planètes se sont alignées. L’or profite des incertitudes géopolitiques, des inquiétudes autour de la crise du coronavirus, mais surtout des politiques monétaires ultra-accommodantes. Le soutien que les banques centrales apportent aux Etats pour éviter un effondrement économique a pour conséquence d’enfoncer les taux réels en territoire négatif . Aux Etats-Unis, le rendement à 10 ans des bons du Trésor prenant en compte l’inflation s’établit à -1 %, relèvent les analystes d’ING.

Des fonds de pension, des compagnies d’assurance ou des spécialistes de gestion de patrimoine, qui n’avaient pas d’or dans leur portefeuille, se sont mis à en acheter. La banque privée suisse Lombard Odier & Cie SA a déclaré avoir ajouté de l’or à sa « répartition stratégique des actifs ». Cet engouement n’a pas toujours été de mise : l’or a subi de violentes chutes pendant la crise alors que la volatilité sur les marchés d’actions s’emballait. Les investisseurs vendaient massivement le métal précieux pour lever du cash en urgence et absorber des pertes ou répondre à des appels de marge.

Crise: L’or valeur refuge

Crise: L’or valeur refuge

 

Un article intéressant de Capital qui rappelle l’évolution de l’or.

« L’or est un placement millénaire, qui a fait ses preuves sur la durée. Traditionnelle valeur refuge en période de stress sur les marchés d’actions, il présente l’avantage d’être un actif tangible, qui n’est la dette de personne (contrairement aux obligations d’Etat). Il permet aussi d’éviter de subir la dévalorisation tendancielle des monnaies et tend à absorber l’inflation sur la durée. A cet égard, “un éleveur a indiqué qu’il achetait une vache pour la même quantité d’or qu’il y a 40 ans, même si son prix exprimé en euros ou en francs français n’est plus du tout le même”, rapporte ainsi Christophe Charve, collaborateur du livre Le Franc, les monnaies et directeur produit or investissement chez Or en Cash.

“L’or constitue un rempart historique face à l’inflation”, renchérit François de Lassus (CPoR Devises). Contrairement à des devises comme le dollar, l’euro ou le yen, manipulées par les banques centrales (planche à billets…), « l’or bénéficie de sa relative rareté, n’est adossé à aucune institution et préserve sa valeur et son pouvoir d’achat sur longue période », souligne l’expert… Depuis 1900, toutes les grandes devises ont vu leur valeur s’effondrer face à l’or. Reste que “s’il est généralement considéré comme une couverture contre l’inflation, le cours de l’or a surtout suivi les rendements réels (les taux d’intérêt réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt moins l’inflation, NDLR) au cours de la dernière décennie. Si ceux-ci chutent, le prix de l’or a, quant à lui, tendance à augmenter”, souligne Johannes Muller, responsable de la recherche macroéconomique chez le géant allemand de la gestion d’actifs DWS.

 

Et cela n’a rien d’étonnant. En effet, l’or est un placement qui ne génère pas de revenus (seule la hausse de son cours est source d’enrichissement pour l’investisseur), ce qui présente pour l’investisseur un coût d’opportunité quand les taux d’intérêt réels sont élevés. L’or bénéficie ainsi logiquement d’un phénomène d’arbitrages favorables quand les taux d’intérêt réels diminuent… “Comme l’or ne rapporte pas d’intérêts ni de dividendes, les investisseurs gardent toujours un œil sur les coûts d’opportunité de la détention d’or, c’est-à-dire la perte de revenu régulier qui aurait été générée par un investissement dans d’autres placements”, relève à cet égard Johannes Muller.

Pour ce faire, on peut simplement se référer au rendement des obligations du gouvernement américain. Généralement, plus le taux d’intérêt est bas, plus l’or devient attractif, toutes choses égales par ailleurs. Dans l’illustration ci-dessous, DWS montre que “si l’on divise le rendement nominal américain en deux composantes, le rendement réel et les attentes d’inflation, il devient évident qu’historiquement, du moins depuis le début de la crise financière, les rendements réels ont montré une évolution parallèle (avec une échelle inversée, NDLR) avec le prix de l’or”.

Depuis la crise financière de 2008-2009 et celle de la zone euro de 2011-2012, les grandes banques centrales ont mené une politique monétaire ultra-accommodante, avec des taux d’intérêt très bas. Une politique qui “contribue de manière significative à l’attractivité de l’or”, relève Johannes Muller, pour qui l’influence des banques centrales sur les marchés ne devrait pas diminuer de sitôt. “La récente remontée du prix de l’or à plus de 2000 dollars l’once s’est accompagnée d’une prise de conscience croissante des investisseurs qu’ils ne devraient pas compter pour l’instant sur les hausses de taux d’intérêt des grandes banques centrales. Ce n’est pas une coïncidence”, estime l’expert.

Crédit immobilier : des taux à la baisse

Crédit immobilier : des taux à la baisse

 

L’année 2020 sera également mauvaise pour l’immobilier, on prévoit une diminution pour l’avenir de l’ordre de 25 % des transactions. Évidemment la crise sanitaire a bloqué de nombreux de dossiers au départ , une baisse compensée en partie par une reprise après le déconfinement. Une sorte de phénomène de rattrapage car les banques ont eu plutôt tendance à augmenter les taux par crainte d’une bulle. Désormais devant la faiblesse des transactions, les banques recommencent depuis juillet à offrir des taux plus bas mais sur des périodes un peu plus courtes et de manière plus restrictive. Une politique qui va peser sur les candidats dont la solvabilité est fragile. Sans mesures de soutien spécifique au moins pour cette catégorie la chute des transactions immobilières pourrait être assez catastrophique.

 

Le taux moyen des crédits immobiliers a baissé en juillet, alors qu’il tendait à augmenter depuis le début de la crise, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Le mois dernier, les taux des crédits immobiliers accordés par le secteur concurrentiel se sont en moyenne établis à 1,25% (1,03% sur 15 ans, 1,21% sur 20 ans et 1,47% sur 25 ans) contre 1,29% en juin (1,09% sur 15 ans, 1,27% sur 20 ans et 1,52% sur 25 ans). Un repli qui «a concerné toutes les catégories d’emprunteurs, même les plus modestes, quelle que soit la durée des crédits», souligne l’Observatoire.

 

Plus globalement, c’est une pause dans la tendance à la hausse des taux des crédits immobiliers depuis le début de la crise du virus au printemps. Entre février et juin, les taux sont passés, en moyenne, de 1,13% à 1,29%, toutes durées confondues. En effet, les banques ont d’abord «augmenté les taux des nouveaux crédits accordés afin de limiter les conséquences de la crise sur leurs équilibres financiers», explique l’observatoire. Mais, ces dernières semaines, elles ont «révisé à la baisse leurs barèmes (…) afin de soutenir la demande de crédits immobiliers».

 

 

Même si les taux se replient et restent ainsi proches de leurs plus bas niveaux historiques, cela ne signifie pas pour autant que les banques allègent tous leurs critères pour octroyer des prêts immobiliers. Ainsi, la durée moyenne des prêts octroyés a fortement baissé en juillet pour s’établir à 224 mois – un peu moins de 19 ans -, soit six mois de moins qu’en juin. «Le déplacement de la production vers des prêts de plus courte durée répond à la transformation des clientèles», commente l’observatoire.

Moins de déséquilibres des comptes courants mondiaux en 2020 !

Moins de  déséquilibres des comptes courants mondiaux en 2020 !

 

Certains médias reprennent de brut de brut une information sur la réduction des déséquilibres des comptes courants mondiaux. Et la crise sanitaire pourrait encore améliorer la situation. Rien de vraiment surprenant dans tout cela car il est évident que moins il y a de business et moins ces déficits sont importants. Si par hypothèse, on supprimait  le  business international, les comptes courants seraient complètement équilibrés ! En effet la balance courante d’un pays résulte de la somme des flux monétaires provoqués par les échanges de biens et de services, de la balance des revenus et de la balance des transferts courants. (Certains objecteront qu’il il y a aussi dans ces transferts des flux qui n’ont pas grand-chose à voir avec le business mais avec utilisation fiscale voir la faute fiscale).

Pour preuve du lien entre le business et la balance des comptes courants, les déséquilibres s’étaient déjà réduits en 2019 précisément en raison du tassement de la croissance. la crise du coronavirus pourrait les réduire davantage cette année même si certaines économies émergentes vulnérables sont confrontées à d’importantes sorties de capitaux, a déclaré mardi le Fonds monétaire international (FMI).

Le rapport annuel sur les monnaies du FMI montre que la faiblesse persistante du commerce, associée à une expansion budgétaire massive, devrait réduire les déficits et les excédents des comptes courants dans de nombreux pays.

Le FMI a déclaré que les soldes nets des comptes courants avaient baissé l’an dernier de 0,2 point de pourcentage à 2,9% du produit intérieur brut (PIB) mondial et pourraient diminuer de 0,3 point en 2020.

La BNP résiste

La BNP résiste

Contrairement à de nombreuses autres banques la BNP a bien résisté à la vague sanitaire en dégageant un résultat positif au deuxième trimestre. La conséquence d’ une plus grande diversification des activités et malgré l’augmentation des provisions pour créances potentiellement douteuses. Le groupe bancaire dégage un résultat net part du groupe de 2,3 milliards d’euros au deuxième trimestre, en repli de 6,8 %. Malgré la crise du coronavirus, et grâce à l’activité soutenue de sa banque d’investissement, il voit ses revenus progresser.

. Grâce à la grande diversification de ses métiers, une très forte performance de sa banque de financement et d’investissement (CIB) et malgré une nouvelle hausse de ses provisions, BNP Paribas a traversé le deuxième trimestre avec moins d’encombres que ses grands concurrents, selon des chiffres publiés ce vendredi matin.

Son résultat net part du groupe ressort à 2,3 milliards d’euros, en repli de 6,8 % sur un an. Là où Santander a enregistré des pertes historiques , et alors que Deutsche Bank a fini le trimestre juste en dessous de la ligne de flottaison.

Société Générale : dans le rouge avec une perte d’un milliard d’euros au 2T

Société Générale : dans le rouge avec une perte d’un milliard d’euros au 2T

 

Comme d’autres banques, la Société Générale finit dans le rouge au deuxième trimestre. En cause ,l a dépréciation d’actifs et la montée en charge de provisions pour notamment faire face aux créances potentiellement douteuses. Au total, la perte se monte à 1,26 milliard d’euros exactement, à comparer avec un bénéfice d’un peu plus d’un milliard d’euros engrangé sur la même période en 2019.  Cette perte vient en outre s’ajouter à une perte de 326 millions au premier trimestre.

Le deuxième trimestre « a été fortement impacté par la crise sanitaire mondiale du Covid-19 et ses répercussions économiques », et ce en dépit d’un redémarrage constaté de l’activité « depuis mi-mai », souligne la « Générale » dans un communiqué.

Du côté des autres banques françaises, BNP Paribas a quant à elle dévoilé vendredi un bénéfice net certes en recul, mais atteignant 2,3 milliards d’euros. Les publications des groupes BPCE et Crédit Agricole sont quand à elles attendues respectivement lundi et jeudi.

Crise économique oblige, l’activité commerciale chez Société Générale a été fortement ralentie entre avril et fin juin: le produit net bancaire, équivalent peu ou prou du chiffre d’affaires, a ainsi dégringolé de 13,5%. Le ralentissement a touché la plupart des grands métiers du groupe, à l’exception notable de la gestion d’actifs et banque privée, ainsi que des activités de financement et de conseil.

Mais surtout, la banque au logo rouge et noir a, comme la plupart des autres acteurs du secteur, considérablement augmenté ses provisions pour faire face à d’éventuels accidents de crédit, encore non avérés mais susceptibles de se produire en cas de dégradation de la conjoncture. Ces mises en réserve se sont chiffrées à 653 millions d’euros.

Dans ce contexte, le coût du risque, l’indicateur qui mesure l’évolution globale des provisions, a quadruplé, passant de 314 millions d’euros au deuxième trimestre 2019 à presque 1,3 milliard sur la même période en 2020.

Le groupe a par ailleurs inscrit dans ses comptes deux grosses dépréciations comptables, l’une de près de 700 millions d’euros dans les activités de marchés et l’autre de 650 millions liée à aux effets de la crise sur certaines réductions d’impôts dont la banque pourrait bénéficier à l’avenir.

Ces dépréciations n’ont toutefois pas véritablement dégradé l’assise financière de la banque, dont le ratio de fonds propres « durs », indicateur crucial au sein du secteur, pointait fin juin à 12,5%, contre 12,6% fin mars.

Natixis dans le rouge au T2

Natixis dans le rouge au T2

 

En dépit de la présence de Patrick Artus, considéré comme l’un des meilleurs économistes français, Natixis plonge dans le rouge au deuxième trimestre. La direction n’a sans doute pas suffisamment écouté les conseils de son économiste vedette qui préconise notamment l’emprunt d’État permanent sans limite, la dette non remboursable,  pour assurer une sorte de rente perpétuelle aux banques ! -

En perte de 57 millions d’euros au deuxième trimestre en raison de la crise du coronavirus, Natixis a annoncé lundi le départ de son directeur général François Riahi en raison de “divergences stratégiques”.

La filiale cotée du groupe bancaire mutualiste BPCE indique dans un communiqué que François Riahi est remplacé par Nicolas Namias, actuellement chargé des finances et de la stratégie de BPCE, à la tête de la banque à compter du 4 août 2020.

Avant de rejoindre le directoire de BPCE en juin 2018, Nicolas Namias avait précédemment été directeur financier et de la stratégie de Natixis.

Après une perte de 204 millions au premier trimestre, les comptes de Natixis sont une nouvelle fois dans le rouge en raison d’activité de trading actions à la peine et d’une hausse des provisions pour risque de crédit du fait de la récession économique qui fait craindre des défauts de remboursements d’emprunts.

Dans le trading actions, à l’instar de la Société générale, les activités ont pâti des annulations de paiements de dividende dans le contexte de la crise économique et sanitaire. Mais la banque assure qu’elle n’attend plus de risque lié aux annulations de dividende au second semestre.

La Société générale a elle aussi fait état d’une seconde perte trimestrielle lundi en raison de dépréciations dans ses activités de marché et d’un bond des provisions pour risque de crédit.

Baisse du dollar, hausse de l’euro

Baisse du dollar, hausse de l’euro

D’une certaine façon,  les taux de change évoluent en même temps que le taux de pénétration du Coronavirus. Au début de la crise sanitaire l’euro avait souffert aussi du dollar car les États-Unis étaient encore peu touchés par le virus. Depuis, la situation s’est nettement inversée. Maintenant les États-Unis ne parviennent pas à se dépêtrer d’une crise sanitaire de plus en plus dramatique et qui affecte les perspectives économiques. De son côté, l’union européenne à mieux maîtrisé la situation même si on constate aujourd’hui des possibilités de nouvelles détériorations virales. En outre, le plan de relance européen a surtout rassuré sur la cohésion européenne davantage que l’ampleur de l’enveloppe financière finalement de l’ordre de 400 milliards.

Alors que la plupart des grandes économies sont désormais sorties du confinement, l’Amérique semble à la traîne. « Les flux de capitaux qui s’étaient portés sur le dollar en tant qu’actif sûr lors de la crise du Covid pourraient commencer à se retourner, alors que le reste du monde semble plus attrayant », constate Barclays.

Face à ces perspectives peu encourageantes, les marchés estiment que la Réserve fédérale américaine – qui réunit mardi et mercredi son Comité de politique monétaire – pourrait peut-être décider de baisser à nouveau ses taux directeurs. Réduisant ainsi un peu plus l’appétit des investisseurs pour les placements en dollars.

« Nous nous attendons à ce que le dollar américain réduise progressivement sa domination sur le long terme », envisagent les stratégistes de Nomura. Un mouvement de fond qui s’explique en grande partie par l’essor de l’Union européenne. Pour la banque japonaise, les Etats européens devraient - sous la pression des pays du Nord – chercher à réduire plus rapidement les déficits exceptionnels liés à la crise du Coronavirus.

. L’annonce du plan de relance européen a propulsé l’euro à son plus haut niveau en deux ans . « C’est une avancée significative qui réduit les craintes d’une désintégration de la zone euro, et qui va permettre à l’Europe de bénéficier simultanément d’une relance monétaire et budgétaire, analyse Nomura. Nos économistes prévoient un rebond en 2021 plus fort en zone euro, qu’aux Etats-Unis. »

L’euro poursuit, pour sa part, sa progression face au billet vert. Il a dépassé 1,178 dollar pour la première fois depuis septembre 2018.

 

Financement écologique, le rapport Holroyd

Financement écologique, le rapport Holroyd

 

La problématique :

 

« Cette année, nos vies ont été bouleversées. Aux quatre coins de notre pays, à Copenhague, à New-York et sur cinq continents, l’humanité s’est calfeutrée. Cloîtrés par la propagation d’un virus inconnu de tous il y a un an, nous avons été témoins d’un drame dont les séquelles se feront ressentir durant les années à venir. La mobilisation de chacun permet aujourd’hui les retrouvailles avec nos vies d’avant et la relance de nos économies, brutalement mises à l’arrêt pendant un temps. Nous nous devons et nous devons à nos enfants, à nos arrièrepetits-enfants et aux générations qui les suivent de tirer les enseignements du malheur qui nous a frappés. Relancer et reconstruire ! C’est un impératif auquel notre humanité et notre pays ont déjà été confrontés dans leur longue Histoire. C’est également une nécessité qui ne doit pas voiler que c’est là le moment des grands choix : l’ordre westphalien au lendemain de la guerre de Trente Ans ; l’ordre de Vienne clôturant l’épopée napoléonienne ; la Société des Nations créée des décombres de l’Europe ; la construction de notre Union et la réconciliation des peuples européens. La nature des défis auxquels nous sommes confrontés évolue avec les siècles, les conditions du succès, moins : identification claire des questions à résoudre, visions et ambitions exigeantes, coopération internationale, mobilisation de tous les pans de nos sociétés : les clefs de la réussite sont entre nos mains. La pandémie qui nous a frappés en 2020 doit nous rappeler à l’ordre : les risques naturels peuvent aujourd’hui priver l’humanité du droit d’exercer ses libertés les plus élémentaires au niveau de sécurité le plus optimal. Nous connaissons parfaitement le premier d’entre eux : le réchauffement de notre planète et le dérèglement climatique qu’il provoque. Ce phénomène constitue le plus grand défi de notre ère et chaque année qui passe augmente son coût humain et économique. Nous avons dorénavant une ambition collective grâce à un accord inédit et universel qui définit pour chaque État un objectif clair : l’Accord de Paris. Celui-ci est le fruit d’une volonté et d’un engagement sans faille de la France dans ce combat qui s’amorce. La finance a un rôle majeur à jouer dans cette lutte, sa mobilisation pleine et entière est une précondition du succès de la transformation majeure de nos économies, tout comme elle le fut il y a six siècles pour financer la renaissance italienne et européenne. Les besoins en capitaux nécessaires pour, de façon conjointe, faire émerger l’économie verte de demain et accompagner la transition de nos acteurs existants sont colossaux. Au travers de la finance, c’est la question de la mobilisation de l’épargne de chacun qui se pose : la mise en place des conditions nécessaires à l’adéquation entre une volonté politique qui s’exprime de façon de plus en plus présente et le pouvoir de chacun d’entre nous de contribuer de façon concrète et immédiate à la lutte contre le changement climatique. Ce rapport, fruit de plus de cent cinquante auditions avec des acteurs de la société civile, de la recherche, de l’industrie financière, de législateurs et de régulateurs issus de trois continents différents propose une série de recommandations concrètes pour réussir cette mobilisation. Celles-ci s’articulent autour de trois priorités : encourager l’innovation ; établir des outils indispensables à l’alignement avec les objectifs de l’Accord de Paris ; utiliser ceux-ci pour orienter l’investissement et financer la transition écologique en protégeant les acquis sociaux. Il faut dorénavant mettre la finance au service de l’Accord de Paris et assurer que nos acteurs nationaux et notre place financière soient les phares de cette renaissance.  »

 

les mesures:

 

Parmi les  24 recommandations afin de mieux mobiliser le système financier au service de la lutte contre le changement climatique. Un Livret A ou un LDDS plus vert, un nouveau label « transition », un institut de la finance verte, une base de données extra financières accessible et gratuite, un incubateur dédié aux fintech « green »…

 

« Au terme de cette mission, ma conviction est que cette crise doit impérativement être un accélérateur du développement de la finance verte, essentiel à la transformation de nos économies. Le secteur financier doit s’adapter aux défis climatiques et se verdir considérablement, en favorisant les activités durables et de transition aux activités ‘brunes’ », expose le parlementaire.

« Le rapport propose un plan d’actions concret et réaliste, tout à fait cohérent avec la volonté de faire une relance verte », commente Philippe Zaouati, directeur général de Mirova, filiale de Natixis IM spécialisée dans la finance durable. Il ajoute toutefois que « la seule faiblesse du rapport est d’avoir peu mentionné les sujets sociaux et la finance solidaire qui est une part importante de la finance durable en France »« L’analyse ESG et les labels de la finance durable mettent précisément sur le même plan les impacts environnementaux et sociaux », souligne-t-il.

 

Marché du crédit: des risques

Marché du crédit: des risques

La prudence est de rigueur sur le marché de crédit avec une conjoncture appelée à demeurer morose jusqu’à la fin de l’année et des risques majeurs à l’horizon, à commencer par une résurgence de la pandémie de coronavirus, dit-on chez Robeco. “On assiste notamment à une importation migration des notations avec des grandes entreprises de qualité, comme Kraft Heinz ou Ford, qui ont rejoint l’univers du High yield ( émission obligataire à fort rendement mais à haut risque) ce qui crée des opportunités d’investissement très intéressantes”, dit-il.

 

Le regain de contaminations au Covid-19 et la perspective de l’élection présidentielle américaine de novembre, susceptible de ramener de la volatilité sur les marchés financiers, figurent parmi les principales raisons qui ont conduit Robeco à réduire son exposition à cette classe d’actifs au mois de juin, dit à Reuters David Hawa, spécialiste du crédit pour la société de gestion.

Passée à l’achat en mars pour profiter des opportunités offertes par la forte correction liée à l’imminence d’une récession majeure entraînée par la crise du coronavirus, la société a profité du rebond spectaculaire observé sur le deuxième trimestre avant de changer son fusil d’épaule le mois dernier en abaissant le profil de risque dans tous ses portefeuilles de crédit.

“On a pris nos gains en juin pour adopter une attitude plus prudente, avec des bénéfices des entreprises appelés à demeurer plus faibles et une conjoncture qui devrait rester molle jusqu’à la fin de l’année”, explique David Hawa.

Les mesures de soutien massives prises par les instituts d’émission et les gouvernements ont permis de remédier à une crise de liquidité mais les perspectives de résultats d’entreprises peu glorieux et les risques de défauts appellent à la prudence sur un marché où des opportunités demeurent à condition de se montrer sélectif, poursuit-il.

“Ce sont les facteurs techniques qui mènent la danse aujourd’hui dans les marchés du crédit avec une politique très active et très coordonnée de la part de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne”, dit-il.

Dans ce contexte, Robeco reste plutôt positif sur la dette d’entreprise classée en catégorie investissement (‘investment grade’) mais prend davantage de précautions sur le segment classé en catégorie spéculative par les agences de notation (‘high yield’).

David Hawa met un bémol pour le crédit ‘investment grade’ dans les pays émergents, où les perspectives macroéconomiques sont moins favorables et dont les moyens sont plus limités en matière de politique monétaire et budgétaire.

Du côté du ‘high yield’, le gérant dit suivre de près les anges déchus de renom ayant atterri dans ce coin de la galaxie après une dégradation de leur note de crédit.

Comme beaucoup de monde, la société se méfie en revanche des entreprises les plus exposées à la crise sanitaire, notamment dans le tourisme et les voyages, avec des acteurs fragiles comme Air France-KLM.

L’approche mesurée de Robeco s’explique également par le ralentissement des émissions, qui avaient explosé après la dislocation du mois de mars et rencontré un franc succès avec l’arrivée sur le marché de nombreuses entreprises contraintes à se refinancer.

“On a vu un niveau d’émissions très élevé sur le marché primaire fin mars, début avril avec de belles signatures comme Unilever, Sanofi ou Nestlé mais aujourd’hui, le marché primaire est devenu cher”, explique David Hawa.

Une correction boursière mais quand ? ( Saxo Banque)

Une correction boursière mais quand ? ( Saxo Banque)

Il y a des semaines voire des mois que certains prédisent une correction sévère de la bourse. Pas étonnant les marchés financiers sont complètement déconnectés des réalités de la conjoncture tout autant que les grandes évolutions à venir. Les masses de liquidités déversées par les banques centrales ont aussi été utilisées pour la spéculation.

D’une certaine façon , il y a déjà longtemps que les marchés financiers sont devenus fous et que leur pathologie est gérée régulièrement à coup de crises. Des crises plus ou moins provoquées dans les gros investisseurs qui retirent leurs billes au détriment des petits porteurs. Les rapports  entre la situation réelle des entreprises et la valeur des actions sont de plus en plus distendus. Il suffit par exemple d’une rumeur concernant l’éventualité d’un traitement ou d’un vaccin concernant le Coronavirus pour que la capitalisation boursière d’une industrie pharmaceutique augmente de centaines de millions voire de plusieurs milliards avant de se dégonfler en raison d’une autre rumeur.

 

Mais l’écart entre les fondamentaux des entreprises et les marchés financiers comportent de plus en plus de risques. Ainsi des signes de tension apparaissent sur le marché obligataire, en particulier aux Etats-Unis, en raison d’inquiétudes sur les perspectives de l’économie américaine, écrit Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique pour la banque danoise, dans une note publiée vendredi.

“L’histoire nous enseigne que les investisseurs obligataires ont plus souvent raison que les investisseurs actions”, écrit-il. “Dit autrement, le risque d’avoir une correction boursière au S2, potentiellement avant l’élection américaine (de novembre), est important, a fortiori si, comme nous l’anticipons, le scénario d’un rebond en V de l’économie ne se matérialise pas.”

En Bourse, où seuls les indices américains sont repassés en territoire positif depuis le début de l’année, les tendances d’avant la crise se sont accentuées avec un repli massif des investisseurs sur les entreprises cotées en position de monopole ou de quasi-monopole, souligne-t-il avant d’insister sur le poids des géants de la technologie sur le Nasdaq.

“Au cours des derniers mois, nous avons assisté à une rotation vers les valeurs de croissance et les valeurs liées à la consommation qui sont généralement plus résistantes que les autres en période de récession”, un phénomène particulièrement marquant aux Etats-Unis et dans les pays émergents, lit-on dans la note.

Les inquiétudes concernant une éventuelle correction boursière se fondent aussi sur d’évolution possible des fondamentaux économiques : croissance, emploi, prix de l’énergie, évolution des échanges internationaux. Les bulles des marchés financiers sont potentiellement nombreuses, le marché obligataire bien sûr mais aussi le marché des actions, le marché immobilier, le marché des changes etc. Le déversement de centaines et de centaines de milliards par les banques centrales, nécessaires au soutien de l’économie, viennent cependant par leur ampleur brouiller  les évaluations.

La dette perpétuelle ? (Patrick Artus)

La dette perpétuelle ? (Patrick Artus)

 

L’économiste Patrick Artus constate l’irréversibilité des politiques monétaires d’expansion des liquidités, même si la croissance revenait et admet finalement que les dettes pourraient n’être jamais remboursées puisque renouvelées par les banques centrales. Une sorte d’adhésion à cette nouvelle théorie de la dette perpétuelle sauf qu’un  pourraient éclater des crises remettant en cause la monnaie ou sa valeur ( crise immobilière, crises obligataires,  inflation, bouleversement des taux de change, cascade de faillites etc.). Bref une adhésion de plus d’un grand économiste aux vertus de la machine à billets sans aucune limite en volume et dans le temps. Bref quand les plus grands économistes jouent à l’apprenti sorcier.

Chronique. La crise du Covid va conduire à un recul considérable – de 7 % environ – du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE en 2020. Comme on l’avait vu après la crise des subprimes de 2007, le niveau du PIB restera inférieur pendant très longtemps à celui qu’il aurait été sans la crise, en raison de ses effets rémanents : faillites d’entreprises, perte de capital humain en raison du chômage élevé, dégradation de la situation financière des entreprises, faiblesse de l’investissement…

Confrontés à cette perte de revenu importante et durable, les gouvernements ont tous décidé de protéger, autant que possible, les entreprises et les ménages par des baisses d’impôts, des subventions, le financement du chômage partiel, la garantie des crédits… Il en résulte un déficit public considérable. En 2020, il devrait atteindre dans l’OCDE 14 % du PIB (avant la crise, on prévoyait qu’il serait de 4 %…). La hausse du déficit public atteint ainsi 10 points de PIB, alors que la perte de PIB est de 9 points (7 % de baisse de PIB au lieu de 2 % de hausse attendue s’il n’y avait pas eu la pandémie).

Ces déficits vont certainement se poursuivre en 2021, 2022 et au-delà. D’une part, les besoins de dépenses publiques resteront très importants (soutien aux secteurs en difficulté, chômage élevé, plans de relance, hausse des dépenses de santé…) ; d’autre part, personne ne veut répéter l’erreur commise dans la zone euro à partir de 2011, lorsqu’une réduction trop rapide du déficit public avait contribué à faire rechuter la zone euro en récession : le pic du chômage n’avait été atteint qu’en 2013.

Même si certains économistes affirment qu’une forte réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d’effet négatif sur l’activité (« The Effects of Fiscal Consolidations : Theory and Evidence », A. Alesina, O. Barbiero, C. Favero, F. Giavazzi, M. Paradisi, NBER Working Paper n° 23385, novembre 2017), il faut s’attendre à une politique budgétaire durablement expansionniste : aucun pays de l’OCDE n’osera démarrer le premier une consolidation budgétaire.

Le retour des Etats à la solvabilité budgétaire ne pourra se faire que par l’intervention des banques centrales. Si une banque centrale achète de la dette publique sans la revendre et en la renouvelant indéfiniment, elle devient irréversible et se trouve de fait annulée : elle est gratuite (puisque les banques centrales reversent aux Etats leurs profits, qui incluent les intérêts reçus sur ces dettes publiques), et elle n’est jamais remboursée (puisque la banque centrale la conserve et la renouvelle à l’échéance). Si l’on ne veut pas passer à une politique budgétaire restrictive, utiliser la monétisation irréversible des déficits publics est la seule méthode utilisable pour rétablir la solvabilité des Etats. Depuis qu’elle a introduit le quantitative easing (facilité monétaire), en 2015, la Banque centrale européenne (BCE) n’a jamais réduit la taille de son bilan, et a donc bien rendu irréversible cette monétisation. La Réserve fédérale a essayé en 2018 de réduire la taille de son bilan, mais elle a dû y renoncer aussitôt en raison de l’effondrement des marchés financiers déclenché par cette tentative…

 

 

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

Très récemment la banque fédérale américaine (FED) a déclaré qu’elle conduirait une politique aussi accommodante que possible pour soutenir l’économie. Il a même été précisé que toutes les liquidités seraient accordées et que par exemple il n’y aurait aucune limitation au rachat d’obligations. En clair que la banque fédérale ferait tourner autant que nécessaire la planche à billets. En réponse la banque centrale européenne par la voie François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution reprend à peu près le même discours en affirmant que la politique de la banque centrale européenne serait tout aussi accommodante et même qu’elle est prête à innover davantage avec ses outils de politique monétaire si nécessaire, a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution. D’une certaine manière c’est un peu une compétition qui s’installe entre les grandes banques centrales en matière de gestion très accommodant des liquidités. Il est clair cependant que le moment venu des ajustements ce produiront via les parités, l’inflation via  l’éclatement de bulles ( exemple soutien à certains secteurs structurellement défaillants qui ne pourront jamais rembourser leurs dettes )

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

La déconnexion économie réelle marchés financiers (Jézabel Couppey-Soubeyran )

 

 

Pour Jézabel Couppey-Soubeyran , économiste,  la crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts et les bas de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers mais les banques centrales et les transactions financières.( le Monde)

 

 »

Wall Street n’a plus que faire de Main Street. Avec la crise sanitaire, la déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle a tombé le masque. Les premières ont, certes, plongé à une vitesse inédite à l’annonce des mesures de confinement, mais quelques semaines plus tard, elles avaient presque toutes effacé leurs pertes. A quoi carburent les Bourses mondiales aujourd’hui ? Certainement pas au suivi de la pandémie par l’Organisation mondiale de la santé ou aux prévisions de (dé) croissance du Fonds monétaire international ! Bien davantage à ce que disent ou font les banques centrales, avec, à la clé, le paradoxe suivant : plus ces dernières cherchent à agir sur l’économie réelle par le biais des marchés financiers, moins elles y parviennent.

La déconnexion entre les Bourses et l’économie réelle ne date pas de la crise sanitaire. Elle s’est opérée au cours des dernières décennies, à mesure que l’économie s’est financiarisée, c’est-à-dire que les activités bancaires et financières y ont pris une place croissante jusqu’à la démesure et la dissociation totale de leurs métriques d’avec celles de la sphère réelle : les dizaines de milliers de milliards de dollars du commerce international et du produit intérieur brut mondial ne pèsent plus grand-chose face aux centaines, voire aux milliers de milliers de milliards de dollars des transactions financières ; les années et les trimestres des comptes nationaux sont des éternités à l’aune des millisecondes que les traders à haute fréquence cherchent à gagner les uns sur les autres.

La crise sanitaire n’a fait que le confirmer : ce ne sont pas les hauts, et, en l’occurrence, les bas, de l’économie réelle qui rythment les marchés financiers. Certes, les Bourses ont plongé en même temps qu’il a fallu se confiner et que la mise à l’arrêt de l’économie faisait fatalement anticiper la récession. Leur plongeon a même été d’une brutalité sans précédent. Comme le relèvent Gunther Capelle-Blancard et Adrien Desroziers (« Bourses : le Covid-19 aura encore confirmé la déconnexion avec l’économie réelle »The Conversation, 17 juin), le S&P 500, l’un des indices boursiers américains les plus suivis, a perdu entre mi-février et mi-mars environ un tiers de sa valeur, autant qu’en un an lors de la crise des subprimes en 2007. Mais très rapidement, même si le yoyo habituel des cours boursiers n’a évidemment pas disparu, la tendance est redevenue haussière, rapprochant cyniquement la courbe des indices boursiers de celle des contaminations plutôt que de celle de la production ou de la consommation, en chute libre. »

 

Une carte bancaire et un système de paiement européen pour 2022

Une carte bancaire et un système de paiement européen pour 2022

 

Pour faciliter les transactions dont beaucoup ont encore recours aux espèces 16 banques européennes ont décidé d’envisager de créer un nouveau système européen de paiement avec notamment une carte bancaire permettant les achats, les transferts et les retraits d’espèces. Une initiative en fait  pour se libérer aussi de la concurrence de Visa ou de MasterCard. Une sorte de nouveau système de paiement numérique valable dans toute l’Europe au moins. Un groupe de seize banques de cinq pays de la zone euro a annoncé jeudi avoir entamé un processus visant à créer un “nouveau système de paiement européen unifié” (EPI) appelé à voir le jour en 2022 dans une région du globe où la moitié des paiements de détail s’effectuent encore en espèces.

“L’ambition d’EPI est de créer une solution de paiement paneuropéenne unifiée s’appuyant sur les paiements instantanés/SEPA Instant Credit Transfer (SCT Inst), proposant une carte bancaire aux consommateurs et commerçants à travers l’Europe, un portefeuille numérique et des solutions de paiement ‘peer-to-peer’”, disent ces seize banques dans un communiqué.

Parmi ces banques, figurent les établissements français BNP Paribas, Crédit agricole, la Société générale, les groupes Crédit mutuel et BPCE ainsi que la Banque Postale.

Le dispositif que ces groupes ambitionnent de créer correspond à une volonté exprimée par l’Europe de voir se développer sur son sol des concurrents aux américains Visa et MasterCard.

“La solution vise à devenir un nouveau standard de paiement pour les consommateurs et les commerçants européens pour tous les types de transactions, y compris en magasin, en ligne, pour les retraits d’espèces et le ‘peer-to-peer’ en plus des solutions des schémas de paiement internationaux”, soulignent les seize banques associées.

Le début de la phase de mise en oeuvre va se concrétiser dans les prochaines semaines par la création d’une société intérimaire établie à Bruxelles.

D’autres sociétés de services de paiement sont invitées à rejoindre cette initiative.

L’objectif est de proposer une solution de paiement numérique utilisable partout en Europe et “ainsi redessiner le paysage fragmenté actuel” poursuit le communiqué.

Outre les six établissements français, on retrouve aussi BBVA, la Commerzbank, la Deutsche Bank, Santander, ING, UniCredit, la CaixaBank, KBC, la DZ Bank et la Stadtsparkasse de Munich.

Entreprises : tous en faillite d’ici 5 ans ?

 

Entreprises : tous en faillite d’ici 5 ans ?

C’est la question que pose dans la tribune  Mounis Hassim, consultant en Financement de Projets et ancien Maître de Conférences à Sciences Po Paris.

 

« Salué par l’ensemble des commentateurs et des analystes pour sa réactivité – création d’un Fonds de Solidarité, pour les très petites entreprises (TPE) et indépendants, création d’un Fonds de 20 milliards d’euros pour renforcer des participations financières de l’État dans les entreprises stratégiques en difficulté – pour l’importance de la réponse financière (plusieurs centaines de milliards d’euros en bilan et hors bilan), l’Etat se retrouve, aujourd’hui, critiqué, par certains Instituts, sur les modalités même de son intervention ; la jugeant inappropriée, aux effets secondaires mal appréhendés.

Pour juger du bon fondement ou non de ces critiques, il convient de se resituer dans le contexte du mois de mars 2020 et de répondre à ces questions : Que pouvaient réellement faire les pouvoirs publics ? Quelle latitude avaient-ils ? En axant leur aide majeure sur le Prêt Garanti par l’Etat (PGE), l’Etat pouvait-il agir différemment ? L’Etat, agissant de la sorte, avait-il conscience des effets pervers du PGE ?

Trois leviers d’action à la disposition de l’Etat

L’Etat, pour faire face à cette crise inédite avait trois leviers d’action à sa disposition : les subventions d’exploitation, la dette garantie et l’entrée dans le capital des sociétés.

Optimum de premier rang, les subventions d’exploitation représente une solution où l’on supplée une perte de chiffre d’affaires par une injection de cash. Cela revient à substituer les faiblesses de bas de bilan (ce que l’entreprise possède à court terme ndlr) par une injection de cash de même typologie – de bas de bilan. Pourquoi l’Etat ne s’est-il pas tourné vers cette voie, idéale ? Pourquoi n’a-t-il pas actionné ce levier d’action, qui paraissait si bien répondre au problème posé ?

Simplement, parce que cette solution présentait trois risques majeurs :

- un risque réglementaire : Elle aurait, sans doute, été retoquée par les autorités de contrôle européennes pour aides indues qui auraient faussé la concurrence

- un risque d’aléa moral : ce faisant, l’Etat aurait risqué de fausser le jeu du marché et de la concurrence

- un risque financier : cette injection de cash aurait eu un coût astronomique direct de l’ordre de 200 milliards d’euros (10% du PIB) venant se rajouter au coût des autres mesures.

Autre solution : la dette financière garantie par l’Etat. En passant par le circuit bancaire, l’Etat trouvait, par ce biais, le moyen le plus rapide d’injecter du cash aux entreprises pour leur permettre de passer le trou d’air lié au confinement tout en minorant son impact pour ses propres finances publiques (cette garantie publique étant comptabilisée en hors-bilan).

Enfin, dernière solution : la montée directe au capital des entreprises ou les obligations convertibles en actions. Il s’agit certainement de la plus mauvaise des solutions : le retour de l’Etat dans l’Economie n’est pas demandé par grand monde ; et au-delà de l’infaisabilité pratique, des délais de traitement qui auraient été incroyablement longs (organisation des Assemblées Générales des Actionnaires, valorisation des actifs,..), pour les PME, PMI cela aurait signifié, vu les montant en question, la perte de contrôle des sociétés au profit de l’Etat qui se serait retrouvé actionnaire ultra-majoritaire de plusieurs centaines de milliers d’entreprises.

Pourquoi avoir choisi la voie du Prêt Garanti par l’Etat ?

Aussi, pourquoi parmi ces trois options, l’Etat a-t-il choisi la voie du PGE ? Et avec ce choix, l’Etat avait-il conscience des effets secondaires de ce mode de financement spécifique ? Au final, l’Etat apporte une solution de haut de bilan (lié au financement à long terme des sociétés ndlr).

En fait, pour bien comprendre le choix de l’option utilisée, il convient de le remettre dans le contexte du mois de mars 2020 et comment l’Etat a agi à la fois sur le compte de résultat des entreprises et leur bilan pour renforcer leur trésorerie. Le confinement décrété par l’Etat mi-mars qui a gelé l’activité a, de facto, mis le tissu économique du pays dans une impasse financière – avec des recettes d’exploitation réduites à néant pour les entreprises. Ayant bien conscience de l’impact potentiellement mortifère pour celles-ci, l’Etat a lancé un plan d’urgence d’envergure actionnant deux leviers financiers:

 

1. Les actions sur le compte de résultat des entreprises avec :

- une action sur les charges d’exploitation avec promotion du chômage partiel et gel des prélèvement des cotisations et des taxes. Sachant que pour les entreprises – hors secteurs d’infrastructure et activités hautement capitalistiques – les salaires, les cotisations sociales, les impôts et taxes représentent une part très significative des charges d’exploitation, l’Etat via le chômage partiel (prenant à sa charge le paiement des salaires) a grandement allégé le fardeau financier pesant sur les entreprises ; leur laissant latitude pour gérer, entre elles et en bonne intelligence, la problématique du financement des loyers et du financement du stock de marchandises et des matières premières.

- une action sur les recettes d’exploitation : une subvention d’exploitation de 1.500 euros par mois pour les PME/PMI et entrepreneurs indépendants leur permettant de couvrir certains coûts fixes.

2. Les actions sur le bilan des entreprises, plus précisément sur les ressources longues : délaissant la voie de la montée dans le capital, l’Etat a choisi la voie du Prêt Garanti (PGE) à hauteur de 25 % du chiffre d’affaires annuel pour les entreprises demandant assistance.

Ainsi, autant les deux premières mesures suscitent adhésion et consensus, autant la troisième mesure, de nature radicalement différente, porte un problème majeur d’adéquation au problème auquel les entreprises font face.

Règles cardinales de l’orthodoxie financière

En effet, en matière de gestion financière, l’orthodoxie financière énonce deux règles cardinales :

- les investissements doivent être financés par des ressources longues (capital, emprunts ou crédit bancaires) ; sachant que les flux futurs générés par l’investissement seront à même de rembourser les charges financières dudit investissement

- l’activité doit être en mesure de générer un chiffre d’affaires suffisamment important pour couvrir l’ensemble des charges d’exploitation (financement du stock, salaires, cotisations, loyers,..) et dégager un bénéfice pour permettre à l’entreprise de fonctionner.

Or, ici, en l’espèce, sur le plan financier, l’Etat supplée à l’effondrement des recettes d’exploitation par une subvention d’exploitation, à la portée assez réduite (1.500 euros par mois), et par un Massif Prêt Bancaire Garanti ; autrement dit, on supplée au manque de recettes d’exploitation par un apport de trésorerie, renforçant, certes le Fonds de Roulement Net Global de l’Entreprise, mais ayant pour conséquence directe d’endetter l’entreprise – alors qu’aucun investissement, emploi long ne se retrouve en face de celle-ci !

Derrière la classification comptable, et le débat d’experts, se pose une question cruciale d’adéquation de la réponse au problème posé : cette affectation de ressources longues (Prêt Garanti) ne finançant aucun investissement (aucun emploi long), ne sera en mesure de générer aucun flux financier supplémentaire à même d’assurer le remboursement dudit emprunt ! Aussi, le danger est-il grand de voir nos entreprises, déjà fragiles, ployer sous un endettement démesuré qui, représentant plusieurs années d’Excédent Brut d’Exploitation finira immanquablement par peser, à terme, sur leur viabilité.

Machiavel disait « qu’en politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal », c’est sans doute ce qui a guidé le choix du Gouvernement : rechercher le Second Best, l’Optimum de Second Rang, sachant que le First Best était inopérationnel, non envisageable. Ce faisant, il nous reste juste à espérer qu’après avoir échappé au pire, à l’effondrement généralisé de l’Economie, nous serons à même d’éviter la faillite générale d’ici cinq ans (durée du remboursement du PGE), avec un endettement privé et public hors de contrôle.

Première mise en garde de Moscovici ( Cour des Comptes) sur les finances publiques

Première mise en garde de Moscovici ( Cour des Comptes) sur les finances publiques

D’une certaine façon , on pourrait considérer que la Cour des Comptes fait le minimum syndical pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur la dégradation des finances. Le nouveau président Pierre Moscovici ne condamne pas vraiment, il parle même de bienveillance ! En fait,  un avertissement de la Cour des Comptes qui n’apporte pas grand-chose quant aux prévisions de baisse quasi mécanique des recettes fiscales et de la dérive de certains comptes publics. L’heure est grave pour les finances publiques. L’impact de la crise du coronavirus qui frappe de plein fouet l’économie tricolore est «très lourd», avertit la Cour des comptes dans son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques publié mardi. Les prévisions économiques pour cette année sont particulièrement alarmantes: le PIB français devrait se contracter de 11 % du PIB. Le déficit public devrait monter en flèche à 250 milliards euros (contre 50 milliards avant la crise), ce qui représente 11,4 % du PIB. Et la dette devrait dépasser les 120 % du PIB à la fin de l’année.

L’institution pointe en particulier la chute «massive» des recettes publiques d’environ 135 milliards d’euros. Avec, en face, des dépenses qui augmentent à forte allure avec le plan d’urgence de soutien à l’économie de 136 milliards d’euros.

Si le nouveau premier président de la Cour, Pierre Moscovici, précise bien ne pas vouloir «céder à la dénonciation» et être dans «une démarche bienveillante»,. D’une certaine manière le ministre de l’économie a déjà répondu en proposant que le surplus de l’endettement lié à la crise sanitaire soit cantonné dans une caisse spéciale qui serait amortie progressivement ( sans doute au moins sur une dizaine d’années) sur le style sans doute du mode de la  CADES ( caisse dessinée à amortir la dette sociale mais qui sera prolongée vraisemblablement bien au-delà de 2033n date initiales de son extinction).

La « dette Coronavirus », sera cantonnée dit Le Maire

 La « dette Coronavirus », sera cantonnée dit Le Maire

 

Techniquement , il n’y a sans doute pas  d’autres solutions que d’espacer dans le temps le remboursement d’une dette va passer de 100 % du PIB à 120% ; on va mettre la dette dans une caisse spéciale qui sera amortie progressivement sans doute sur au moins une dizaine d’années. La France va cantonner sa dette supplémentaire liée à l’épidémie de Covid-19 dans une structure spéciale pour la rembourser progressivement, a en effet annoncé lundi Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances.

En raison de la quasi-paralysie de l’activité et des mesures de soutien à l’économie prises face à la crise provoquée par le nouveau coronavirus, le gouvernement s’attend à ce que la dette publique de la France bondisse à 121% du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre quasiment 100% avant la pandémie.

“Cette dette Covid, nous devrons la rembourser”, a dit Bruno Le Maire devant les députés. “Nous la rembourserons par la croissance, pas par les impôts. Nous la rembourserons en la cantonnant et en la séparant des 100 points de dette initiale.”

La France suit déjà une stratégie identique depuis 1996 avec la dette de la Sécurité sociale, placée dans la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades). Ce mécanisme, censé perdurer jusqu’en 2033, avait permis d’amortir à la fin de l’année dernière 171,4 milliards d’euros de dette sociale, soit deux tiers de la dette reprise depuis 1996. Il est financé notamment par la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), un prélèvement de 0,5% s’appliquant à l’essentiel des revenus.

Un responsable du ministère des Finances a déclaré que la décision de placer la “dette Covid” dans la Cades ou dans une autre structure serait prise cette année et que, quoi qu’il en soit, son remboursement irait au-delà de 2033.( surtout s’il faut rembourser aussi la dette sociale !)

Marchés financiers : une sévère correction à venir avec les contradictions de la cote

Marchés financiers : une sévère correction à venir avec les contradictions de la cote

 

 

C’est un ancien du FMI qui le dit il y a quelque chose qui ne fonctionne pas par la cohérence entre les réalités économiques et les évolutions des cotations Il est clair qu’on constate une nette contradiction entre la remontée des cours boursiers et la dégradation économique et sociale. Même si les perspectives économiques ne paraissent pas aussi noires que dans les scénarios les plus pessimistes ,il n’empêche que la croissance en 2020 subira une chute importante qui ne sera même pas compensée par celle de 2021. D’où un décalage incompréhensible entre ces deux tendances. Peut-être certains hypothèquent-t-ils sur les énormes gains de productivité qui pourraient être fait grâce aux plans de licenciement qui compenseraient alors plus que largement la baisse de la demande. Le problème c’est que les croissances internationaux sont surtout alimentées par la demande intérieure. Pourtant la baisse attendue du pouvoir d’achat moyen risque de porter atteinte au niveau global  de la demande, donc au niveau de l’activité et des rentabilités en attendre. «Au milieu de la tragédie humaine et de la récession économique causées par la pandémie, la récente augmentation de l’appétit pour le risque sur les marchés financiers a retenu l’attention des analystes», résument dans un blog Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, et Fabio Natalucci, responsable du GFSR. Ils s’inquiètent du fait que les investisseurs semblent parier sur une aide «solide et durable des Banques centrales qui soutiendra une reprise rapide, même si les données économiques indiquent une récession plus profonde que prévu». Le FMI a prévenu mercredi que la récession mondiale en 2020 serait plus sévère qu’estimé en avril (-4,9%) et il observe une reprise plus lente que prévu au début du troisième trimestre.

«Cette divergence fait naître le spectre d’une nouvelle correction des prix des actifs à risque si l’attitude des investisseurs changeait, menaçant la reprise», ajoutent-ils. C’est à la mi-mars qu’à Wall Street l’indice vedette, le Dow Jones, est entré en «bear market», c’est à dire une tendance à la baisse, perdant plus de 30% par rapport à son dernier record. Mais à partir de fin mars/début avril, les indices ont entamé une nette remontée. La hausse est depuis presque ininterrompue en dépit de petits creux mi-avril, mi-mai et début juin.

Le soutien «sans précédent» et «non conventionnel» des autorités qui ont déployé liquidités, prêts et taux d’intérêt bas, «a sans aucun doute amorti l’impact de la pandémie sur l’économie mondiale et atténué le danger immédiat pour le système financier mondial», selon le GFSR. Mais la dette des entreprises, qui était déjà élevée avant la pandémie, après une décennie de taux d’intérêt bas, a maintenant atteint des «niveaux historiquement élevés» et la dette des ménages augmente également, ce qui pourrait créer des problèmes si les emprunteurs ne sont pas en mesure de rembourser dans un contexte de lente reprise, relève le rapport.

Si l’aide des gouvernements et des banques centrales était incontournable pour éviter des vagues encore plus grandes de licenciements et de faillites, la facilité d’obtention des crédits, pourrait entraîner des «effets pervers», mettent-ils en garde.

«Assurance-vie: les menaces ! Gérard Bekerman (Afer)

«Assurance-vie: les menaces !  Gérard Bekerman (Afer)

 « Depuis deux mois, qulques  députés multiplient les attaques à l’encontre de l’assurance-vie. Loin de renforcer les solidarités ou de financer la relance, ces projets appauvriraient surtout des millions d’épargnants modestes »

 

Gérard Bekerman, président de l’Afer.

 

Dans l’opinion Gérard Beck Herman président de l’association française et de retraite s’inquiète des velléités de quelques députés de chambouler tout le dispositif au point de le remettre en cause dans sa finalité et son intérêt.

 

« Hier, il s’agissait, rien que cela, de modifier le Code civil en demandant à la garde des Sceaux de réintégrer aux successions la valeur de rachat des contrats d’assurance-vie. Habilement proposé, faisant entrer par la fenêtre juridique l’assurance-vie dans l’héritage, ce projet eût pu avoir de redoutables conséquences fiscales. La mesure aurait en effet peu rapporté au budget de l’Etat (à peine 0,03 % de ce dernier, une goutte d’eau), mais elle aurait beaucoup coûté aux épargnants modestes. A ce jour, cette proposition est écartée mais le loup rôde désormais dans la bergerie…

On a le droit de ne pas aimer les familles. On a le droit de considérer que transmettre à ses proches est un luxe. Mais on a surtout le devoir d’être responsable et de se demander s’il est sain de chambouler notre Code civil pour presque rien sur le plan de la recette fiscale, et presque tout au regard de l’irrespect des valeurs d’une société que nous voulons de paix, de justice et de cordialité.

Puis, nos élus ont proposé de taxer les encours en assurance-vie supérieurs à 30000 euros. Il est vrai qu’on est millionnaire quand on a épargné 30000 euros ! C’était, il y a cinq ans, le salaire net annuel que percevaient mes étudiants quand ils sortaient de faculté… Et les plus doués savaient que les impôts avaient une fonction continue et affine par morceaux : que signifie taxer à 30 000 euros et rien à 29 999 euros ?

«L’épargne est active et citoyenne. La taxer mettrait en péril la réussite des dernières réformes en faveur du financement des entreprises, de la French tech et de la transition écologique»

Les contrats d’assurance-vie supérieurs à 30 000 euros concernent 15 millions de Français et 1 466 milliards de provisions mathématiques. Nos élus seraient bien inspirés de comprendre que ce montant, si impressionnant soit-il, ne fait qu’agréger des millions d’épargnants modestes qui ont besoin de cet argent, leur argent, lequel constitue une épargne de précaution. La somme des petits est grande, mais ce n’est pas parce qu’on agrège des « petits » qu’on devient individuellement grand. Au mieux, c’est une sottise. Au pire, de l’insouciance.

Alors qu’un troisième projet de loi de finances rectificative arrive sur les bancs de l’Assemblée nationale, d’autres élus ont décidé de faire preuve de « générosité » et ont proposé un amendement mettant la barre à 100 000 euros. Quelque 4 millions de contrats, représentant un peu moins de 1 000 milliards de provisions mathématiques, seraient alors concernés. Peu de gens fortunés figurent parmi ces 4 millions d’épargnants. Il y a, surtout, des gens modestes : probablement 3,6 millions de Français qui, après avoir travaillé toute une vie, sont parvenus à mettre 100 000 euros de côté pour leurs vieux jours.

Dans un contexte de crise économique et de forte incertitude, veut-on les empêcher de vivre paisiblement une retraite bien méritée ? Au nom de quoi une loi amputerait-elle leur confiance légitime, en taxant l’épargne des contribuables les plus modestes pour financer un budget de l’Etat qui bénéficie également aux plus fortunés ? On ne taxe pas quand la taxation est de nature à exacerber les tensions.

Ces projets portent surtout le vice de taxer l’épargne et non pas les gains de cette épargne. Ils sont punitifs. Ils reviennent à dire : « Je vous taxe, je vous sanctionne, car vous épargnez ! » Peut-être qu’au fond d’eux-mêmes nos députés ont le sentiment que l’épargne, après tout, serait une faute…

Le contexte économique impose pourtant d’être juste, sage et raisonnable. L’épargne est active et citoyenne. La taxer mettrait en péril la réussite des dernières réformes en faveur du financement des entreprises, de la French tech et de la transition écologique.

Notre société redevient travaillée par la lutte des classes attisée par quelques élus. Nos politiques n’ont pas été élus pour opposer, mais pour apaiser. Donnons de la sécurité aux gens. Cessons d’opposer les riches aux pauvres. Réincarnons des valeurs communes et reconstruisons un socle qui fonde la confiance.

Gérard Bekerman est président de l’Association française d’épargne et de retraite (Afer).

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