Archive pour la Catégorie 'immobilier'

Suppression de primes Renov’: nouveau mauvais coup pour le logement

Avec la réduction de la prime Rénov’, le gouvernement enfonce un peu plus le secteur

D’une certaine manière, c’est encore une sorte de coup de poignard dans le dos du secteur avec la réduction d’au moins 1 milliard de la prime destinée à la rénovation des logements. Pourtant déjà 100 000 habitats de moins avaient été rénovés en 2023. En cause évidemment l’intention du gouvernement de revoir sa copie pour le budget général de la France déjà obsolète. Le gouvernement justifie cette réduction de l’aide à la rénovation par le fait que 300 millions d’euros n’auraient pas été dépensés sur la somme prévue antérieurement. Pour le gouvernement, il s’agirait en fait des difficultés à trouver des artisans.

Un raisonnement particulièrement douteux car compte tenu de la baisse dramatique dans la construction de logements neufs et de l’immobilier en général, nombre d’entreprises se rabattent précisément sur l’entretien et la modernisation de l’ancien et il faut aussi constater la faillite de nombre d’entreprises du secteur.

Selon les derniers chiffres de cette dernière, 569.243 logements ont été rénovés en 2023, moyennant 2,74 milliards d’euros. Soit 100.000 habitats de moins qu’en 2022, année au cours de laquelle 669.890 logements ont été rénovés pour 3,1 milliards d’euros d’aides. Un budget de l’Agence nationale de l’habitat néanmoins revalorisé à 5 milliards en 2024 pour tenir l’objectif présidentiel de 200.000 rénovations globales.

Avec la réduction de la prime Rénov’, le gouvernement enfonce un peu plus le secteur

Avec la réduction de la prime Rénov’, le gouvernement enfonce un peu plus le secteur

D’une certaine manière, c’est encore une sorte de coup de poignard dans le dos du secteur avec la réduction d’au moins 1 milliard de la prime destinée à la rénovation des logements. Pourtant déjà 100 000 habitats de moins avaient été rénovés en 2023. En cause évidemment l’intention du gouvernement de revoir sa copie pour le budget général de la France déjà obsolète. Le gouvernement justifie cette réduction de l’aide à la rénovation par le fait que 300 millions d’euros n’auraient pas été dépensés sur la somme prévue antérieurement. Pour le gouvernement, il s’agirait en fait des difficultés à trouver des artisans.

Un raisonnement particulièrement douteux car compte tenu de la baisse dramatique dans la construction de logements neufs et de l’immobilier en général, nombre d’entreprises se rabattent précisément sur l’entretien et la modernisation de l’ancien et il faut aussi constater la faillite de nombre d’entreprises du secteur.

Selon les derniers chiffres de cette dernière, 569.243 logements ont été rénovés en 2023, moyennant 2,74 milliards d’euros. Soit 100.000 habitats de moins qu’en 2022, année au cours de laquelle 669.890 logements ont été rénovés pour 3,1 milliards d’euros d’aides. Un budget de l’Agence nationale de l’habitat néanmoins revalorisé à 5 milliards en 2024 pour tenir l’objectif présidentiel de 200.000 rénovations globales.

Logement: vers la « densification verticale »

Logement:  vers la densification verticale

La gravité secteur du logement ne peut malheureusement être contesté. Juste deux chiffres : on a construit 287 000 logements en un an quand il en faudrait 500 000. Le pouvoir à travers la voix du Premier ministre a dévoilé la liste des vingt-deux « Territoires engagés pour le logement ». Moyennant plusieurs dizaines de millions d’euros, l’Etat espère la sortie de 30.000 nouveaux logements d’ici à 2027. Une perspective très loin des enjeux. L’idée générale étend de favoriser la densification verticale.

Parmi ses « solutions immédiates » : un « choc d’offre », une vieille promesse du candidat Macron en 2017, qui est ensuite devenue un slogan gouvernemental « construire plus, mieux et moins cher ». Sauf que depuis sept ans, le nombre de logements collectifs et individuels mis en chantier sur l’ensemble du territoire dégringole : 437.200 en 2017, 399.500 en 2018, 387.400 en 2019, 357.000 en 2020…

Selon les derniers chiffres de l’Agence nationale pour l’habitat (ANAH), qui distribue la prime Renov, seuls 569.243 logements ont été rénovés en 2023, moyennant 2,74 milliards d’euros. C’est 100.000 habitats de moins qu’en 2022, année au cours de laquelle 669.890 logements ont été rénovés pour 3,1 milliards d’euros d’aides. Dans les deux cas, l’objectif présidentiel de rénover 700.000 logements chaque année n’est pas tenu.

Par ailleurs on devrait accélérer les procédures notamment dans une vingtaine de zones désignées prioritaires compte tenu des tensions entre la demande et l’offre.« Nous accélérerons toutes les procédures comme nous avons su le faire pour l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques avec comme objectif d’y créer 30.000 nouveaux logements d’ici à 3 ans », a précisé le locataire de Matignon. Pas vraiment un objectif à la hauteur des besoins.

Au congrès des maires fin novembre, l’ex-ministre du Logement, Patrice Vergriete, avait promis aux élus locaux concernés des moyens et des dérogations pour tenir les objectifs. Le problème central, c’est que le pouvoir reste dans le flou total concernant les moyens notamment financiers.

Autre engagement : la réquisition de bâtiments vides, et notamment des bureaux. Lors des vœux des Intercommunalités de France, ce 31 janvier, son ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires s’en est fait le porte-parole, rappelant qu’il y a près 3,5 millions de mètres carrés de bureaux vacants en Île-de-France.

Gabriel Attal s’est fait aussi l’avocat du logement social, égrenant des mesures déjà connues : maintien du taux de livret A à 3% pour ne pas pénaliser la dette des bailleurs, déblocage de 1,2 milliard d’euros pour la rénovation énergétique ou encore plan de rachat massif.

Entre la filiale logement de la Caisse des Dépôts, CDC Habitat, et le groupe Action Logement, pas moins de 50.000 logements neufs ont été achetés en 2023 aux promoteurs pour les aider à écouler leur stock mais aussi y produire du HLM.

Enfin, le Premier ministre a déclaré vouloir faire entrer du logement intermédiaire, ces habitats pour les classes moyennes trop pauvres pour le parc privé, et trop riches pour le parc social, dans les communes soumises à la loi SRU. Cette loi impose à certains maires d’avoir 25% de logements sociaux sur leurs territoires.

Demain, le logement intermédiaire entrera dans ce calcul des 25%. Sauf que les loyers de ces habitats sont bien trop élevés pour une grande majorité des classes moyennes, a réagi l’Union sociale pour l’habitat, qui fédère l’ensemble des bailleurs sociaux. Seuls 3% des ménages en attente de logement social y sont éligibles, a poursuivi l’organisation présidée par Emmanuelle Cosse, ancienne ministre de François Hollande.

Quant à la question de donner aux maires la main pour la première attribution dans les nouveaux logements sociaux construits sur leur commune, le gouvernement évacue la question du clientélisme. « Critiquer la décentralisation est une forme d’offense à l’engagement des élus sur leur territoire. A Angers, j’ai 37% de logement social, » s’est agacé le ministre Béchu, ce 31 janvier, aux vœux d’Intercommunalités de France

Logement: légère baisse des taux mais prix inaccessibles

Logement: légère baisse des taux mais prix inaccessibles

Une légère baisse des taux d’emprunt pour l’acquisition immobilière mais toutefois encore autour de 4 %. Une baisse nettement insuffisante pour relancer le logement qui s’enfonce de plus en plus dans la crise. Par ailleurs les prix eux semblent relativement figés et se maintiennent à des niveaux inaccessibles pour nombre de candidats à l’accession à la propriété. Une crise conjoncturelle qui s’ajoute donc à une crise plus structurelle liée à la folle envolée des prix depuis 10 à 20 ans.

Après deux années de progression rapide, le taux moyen avait atteint un pic en décembre, mais l’augmentation avait déjà commencé à s’infléchir (+2 points de base). Une inflexion de la hausse qui s’est accompagnée, à partir de l’automne, d’une reprise de l’offre de crédit immobilier, notamment de la part des banques commerciales, grâce à une profitabilité retrouvée sur ces crédits. Le problème aujourd’hui se situe davantage du côté de l’offre, la hausse des taux, combinée à la faible correction sur les prix courants et aux critères d’octroi du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), ont désolvabilisé une partie des ménages.

En 2023, selon les chiffres de la Banque de France (déblocage des fonds), la production a chuté de 40 % en 2023, à 129 milliards d’euros, un plus bas depuis 2014.

Selon les prévisions de l’Observatoire, le taux moyen devrait atteindre 3,25% au quatrième trimestre, soit un gain de 100 points de base en un an, et poursuivre une décrue plus lente en 2025.

Logement: Baisse des taux mais prix trop hauts

Logement: Baisse des taux mais prix trop hauts

Une légère baisse des taux d’emprunt pour l’acquisition immobilière mais toutefois encore autour de 4 %. Une baisse nettement insuffisante pour relancer le logement qui s’enfonce de plus en plus dans la crise. Par ailleurs les prix eux semblent relativement figés et se maintiennent à des niveaux inaccessibles pour nombre de candidats à l’accession à la propriété. Une crise conjoncturelle qui s’ajoute donc à une crise plus structurelle liée à la folle envolée des prix depuis 10 à 20 ans.

Après deux années de progression rapide, le taux moyen avait atteint un pic en décembre, mais l’augmentation avait déjà commencé à s’infléchir (+2 points de base). Une inflexion de la hausse qui s’est accompagnée, à partir de l’automne, d’une reprise de l’offre de crédit immobilier, notamment de la part des banques commerciales, grâce à une profitabilité retrouvée sur ces crédits. Le problème aujourd’hui se situe davantage du côté de l’offre, la hausse des taux, combinée à la faible correction sur les prix courants et aux critères d’octroi du Haut conseil de stabilité financière (HCSF), ont désolvabilisé une partie des ménages.

En 2023, selon les chiffres de la Banque de France (déblocage des fonds), la production a chuté de 40 % en 2023, à 129 milliards d’euros, un plus bas depuis 2014.

Selon les prévisions de l’Observatoire, le taux moyen devrait atteindre 3,25% au quatrième trimestre, soit un gain de 100 points de base en un an, et poursuivre une décrue plus lente en 2025.

Immobilier : la prochaine crise après l’agriculture

Immobilier : la prochaine crise après l’agriculture

Le logement- l’immobilier en général- pourrait faire naître une autre crise après l’agriculture. Le secteur est en effet en pleine dépression et des milliers d’emplois pourraient être supprimés dès cette année. En outre une crise structurelle avec des causes multiples et durables. Jean-Claude Driant, professeur à l’école d’urbanisme de Paris, auteur de Les politiques du logement en France (La documentation française, 2015), Explique dans « la Tribune » que la crise du logement va durer faute de politique contracyclique

En quoi la crise actuelle du logement est-elle différente des crises précédentes ?

JEAN-CLAUDE DRIANT : C’est une crise multifacette qui, pour simplifier, cumule deux crises. Celle du logement, comprendre du logement trop cher, alimenté depuis vingt ans par des conditions de crédits favorables dans le neuf comme dans l’ancien et qui se traduit aujourd’hui par une difficulté pour de très nombreux ménages d’y accéder, à laquelle s’ajoute une crise immobilière extrêmement lourde. Celle-ci est liée au contexte international, à l’inflation et à la montée des taux d’intérêt, et se développe de façon différenciée selon que l’on soit sur le marché du neuf ou sur celui de l’existant.

Dans le neuf, la question se pose en termes de coûts de construction et de foncier qui génèrent des prix complètement inabordables pour la plupart des ménages confrontés au crédit. Même s’il faut souligner que les taux d’intérêt d’aujourd’hui ne sont pas si élevés. Ils le sont moins que l’inflation, ce qui est presque anormal économiquement parlant, cependant ils sont quatre fois plus élevés qu’il y a deux ans alors que les prix des logements n’ont pas baissé en proportion.

Dans l’ancien, la crise est certes liée aux prix trop élevés, mais il semble que l’on fasse ici le pari d’un marché capable de s’ajuster tout seul. Autrement dit, les prix baisseront parce que les vendeurs ne parviennent plus à vendre. Ce qui diffère grandement du neuf dont ni le coût du foncier, ni celui de la construction ne s’ajustent aussi facilement que dans l’existant.

Dès lors, la réponse à cette crise est-elle différente des précédentes ?

Jusqu’alors, dès qu’une crise importante apparaissait en France, nous avions l’habitude de développer des mesures politiques contracycliques permettant de passer le cap. Souvenez-vous de la crise financière de 2008. Tout le monde craignait un effondrement du secteur du bâtiment. Lequel ne s’est pas produit parce qu’il y a eu, en réponse, une politique claire, forte, à travers le Scellier, le doublement du prêt à taux zéro, le rachat important de logements des promoteurs par des bailleurs sociaux… Ce qui diffère avec cette crise, c’est qu’il n’y a pas de mesures contracycliques, rien n’a été enclenché, excepté le rachat de logements par CDC Habitat et Action Logement. Ce qui paraît très insuffisant.

Pourquoi cette absence de réponse ?

J’ai deux explications à cela. La première, c’est qu’on sort des années du « Quoi qu’il en coûte ». Un « Quoi qu’il en coûte » qui, soit dit en passant, n’a pas véritablement alimenté le marché immobilier. En termes de politiques publiques, l’enjeu de revenir à une certaine forme de sagesse budgétaire n’incite donc pas l’État à remettre de l’argent dans la machine.

La deuxième explication est plus idéologique. En mai 2023, le président de la République qualifiait le secteur du logement comme « un système de sur-dépense publique ». C’est son interprétation, sa lecture d’un secteur dans lequel, selon lui, on a historiquement mis beaucoup d’argent pour fabriquer de la rente, sans résultat social et économique efficace. En fait, je crois qu’au sommet de l’Etat la question ne se pose pas vraiment. Le marché ajustera. Ou, à défaut, les collectivités territoriales.

Pourtant, on voit bien les difficultés de certaines collectivités à produire du logement, notamment social. En Provence-Alpes Côte d’Azur, le parc social ne représente que 14% du parc de résidences principales, contre plus de 17% au national. 95 communes régionales sont concernées par un arrêté de carence au titre du bilan triennal 2020-2022, dont 26 dans les Alpes-Maritimes où 72% des logements sociaux sont réalisés en Vefa par des promoteurs privés, contre 56% au national…

Cette particularité azuréenne est une démonstration de l’interdépendance qui s’est créé entre le monde du logement social, qui a besoin des promoteurs pour produire, et celui des promoteurs, lesquels se trouvent dans une situation d’arbitrage financier compliqué au regard des prix de vente des lots et ceux des logements individuels. Cette dépendance génère aujourd’hui une baisse sensible de la production de logements sociaux dans les territoires alors que les besoins sont très importants. Le fait que ce problème ne soit pas un sujet politique fort reste pour moi un facteur de surprise constant. Est-ce peut-être parce que 40% des ménages sont propriétaires ? C’est presque un ménage sur deux. Ou peut-être aussi parce que les gilets jaunes n’auraient pas parlé de logement ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Nous les avons mal écoutés car tous les problèmes soulignés alors étaient intimement liés à la question du logement. Et le logement social est au cœur de tout cela.

Dans ce contexte difficile, quid de la question écologique ?

L’écologie va influer très lourdement sur les politiques du logement, et ce sur au moins trois points. Nous le constatons déjà avec la question de la sobriété foncière, cette fameuse ZAN (pour Zéro artificialisation nette, NDLR) qui pèse forcément sur la disposition du foncier. Il y a aussi la rénovation énergétique, laquelle pose de nombreuses questions d’ordre économique, social, patrimonial, générationnel même ! Qu’est-ce que c’est, par exemple, que de rénover sa maison quand on a 70 ans ? Enfin, le troisième volet, à savoir le bilan carbone de la construction neuve, est celui qui concentre des critiques de plus en plus voyantes. Un certain nombre d’acteurs issus des milieux économiques (Bercy) mettent en effet en cause le rythme de construction neuve au nom de tout un ensemble de choses dont l’écologie et la démographie. Il faut porter attention à ce type de propos, car nous allons les entendre de plus en plus souvent dans l’avenir. Ils généreront, je pense, des réflexions sur l’évolution des savoir-faire entre la construction neuve et la rénovation qui se traduiront par des transformations très lourdes pour l’ensemble des métiers.

Immobilier: catastrophe depuis 50 ans

Immobilier: catastrophe depuis 50 ans

Une Chute globale qui n’est pas seulement conjoncturelle avec une baisse d’environ 50 % de l’activité mais aussi structurelle avec la mise à l’écart de nombreux de couches moyennes pour l’accession à la propriété. Des taux évidemment trop hauts en ce moment (autour de 4 %) mais de toute façon des prix complètement prohibitifs inaccessibles.

Une catastrophe absolue. L’expression n’est pas trop forte pour qualifier l’année 2023 pour les promoteurs immobiliers. Tous les voyants sont au rouge. Les mises en chantier de logements de tous types ont chuté de 22 % l’an passé. Les permis de construire accordés par les collectivités locales ont suivi le même mouvement, avec un plongeon de 23,7 % sur douze mois. Les chiffres définitifs concernant les ventes de logements neufs ne sont pas encore connus, mais Pascal Boulanger, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), estime que «l’année 2023 s’est terminée sur une baisse d’activité pour les promoteurs immobiliers de près de 50 % par rapport à une année normale».

Les ventes devraient se situer entre 85.000 et 90.000 logements. Or, entre 2016 et 2019, les promoteurs vendaient en moyenne près de 165.000 logements par an. La dégringolade serait bien pire sans la – rare – mesure de soutien décidée par le gouvernement.

Immobilier- logement : la prochaine crise après l’agriculture

Immobilier- logement : la prochaine crise après l’agriculture

Le logement- l’immobilier en général- pourrait faire naître une autre crise après l’agriculture. Le secteur est en effet en pleine dépression et des milliers d’emplois pourraient être supprimés dès cette année. En outre une crise structurelle avec des causes multiples et durables. Jean-Claude Driant, professeur à l’école d’urbanisme de Paris, auteur de Les politiques du logement en France (La documentation française, 2015), Explique dans « la Tribune » que la crise du logement va durer faute de politique contracyclique

En quoi la crise actuelle du logement est-elle différente des crises précédentes ?

JEAN-CLAUDE DRIANT : C’est une crise multifacette qui, pour simplifier, cumule deux crises. Celle du logement, comprendre du logement trop cher, alimenté depuis vingt ans par des conditions de crédits favorables dans le neuf comme dans l’ancien et qui se traduit aujourd’hui par une difficulté pour de très nombreux ménages d’y accéder, à laquelle s’ajoute une crise immobilière extrêmement lourde. Celle-ci est liée au contexte international, à l’inflation et à la montée des taux d’intérêt, et se développe de façon différenciée selon que l’on soit sur le marché du neuf ou sur celui de l’existant.

Dans le neuf, la question se pose en termes de coûts de construction et de foncier qui génèrent des prix complètement inabordables pour la plupart des ménages confrontés au crédit. Même s’il faut souligner que les taux d’intérêt d’aujourd’hui ne sont pas si élevés. Ils le sont moins que l’inflation, ce qui est presque anormal économiquement parlant, cependant ils sont quatre fois plus élevés qu’il y a deux ans alors que les prix des logements n’ont pas baissé en proportion.

Dans l’ancien, la crise est certes liée aux prix trop élevés, mais il semble que l’on fasse ici le pari d’un marché capable de s’ajuster tout seul. Autrement dit, les prix baisseront parce que les vendeurs ne parviennent plus à vendre. Ce qui diffère grandement du neuf dont ni le coût du foncier, ni celui de la construction ne s’ajustent aussi facilement que dans l’existant.

Dès lors, la réponse à cette crise est-elle différente des précédentes ?

Jusqu’alors, dès qu’une crise importante apparaissait en France, nous avions l’habitude de développer des mesures politiques contracycliques permettant de passer le cap. Souvenez-vous de la crise financière de 2008. Tout le monde craignait un effondrement du secteur du bâtiment. Lequel ne s’est pas produit parce qu’il y a eu, en réponse, une politique claire, forte, à travers le Scellier, le doublement du prêt à taux zéro, le rachat important de logements des promoteurs par des bailleurs sociaux… Ce qui diffère avec cette crise, c’est qu’il n’y a pas de mesures contracycliques, rien n’a été enclenché, excepté le rachat de logements par CDC Habitat et Action Logement. Ce qui paraît très insuffisant.

Pourquoi cette absence de réponse ?

J’ai deux explications à cela. La première, c’est qu’on sort des années du « Quoi qu’il en coûte ». Un « Quoi qu’il en coûte » qui, soit dit en passant, n’a pas véritablement alimenté le marché immobilier. En termes de politiques publiques, l’enjeu de revenir à une certaine forme de sagesse budgétaire n’incite donc pas l’État à remettre de l’argent dans la machine.

La deuxième explication est plus idéologique. En mai 2023, le président de la République qualifiait le secteur du logement comme « un système de sur-dépense publique ». C’est son interprétation, sa lecture d’un secteur dans lequel, selon lui, on a historiquement mis beaucoup d’argent pour fabriquer de la rente, sans résultat social et économique efficace. En fait, je crois qu’au sommet de l’Etat la question ne se pose pas vraiment. Le marché ajustera. Ou, à défaut, les collectivités territoriales.

Pourtant, on voit bien les difficultés de certaines collectivités à produire du logement, notamment social. En Provence-Alpes Côte d’Azur, le parc social ne représente que 14% du parc de résidences principales, contre plus de 17% au national. 95 communes régionales sont concernées par un arrêté de carence au titre du bilan triennal 2020-2022, dont 26 dans les Alpes-Maritimes où 72% des logements sociaux sont réalisés en Vefa par des promoteurs privés, contre 56% au national…

Cette particularité azuréenne est une démonstration de l’interdépendance qui s’est créé entre le monde du logement social, qui a besoin des promoteurs pour produire, et celui des promoteurs, lesquels se trouvent dans une situation d’arbitrage financier compliqué au regard des prix de vente des lots et ceux des logements individuels. Cette dépendance génère aujourd’hui une baisse sensible de la production de logements sociaux dans les territoires alors que les besoins sont très importants. Le fait que ce problème ne soit pas un sujet politique fort reste pour moi un facteur de surprise constant. Est-ce peut-être parce que 40% des ménages sont propriétaires ? C’est presque un ménage sur deux. Ou peut-être aussi parce que les gilets jaunes n’auraient pas parlé de logement ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Nous les avons mal écoutés car tous les problèmes soulignés alors étaient intimement liés à la question du logement. Et le logement social est au cœur de tout cela.

Dans ce contexte difficile, quid de la question écologique ?

L’écologie va influer très lourdement sur les politiques du logement, et ce sur au moins trois points. Nous le constatons déjà avec la question de la sobriété foncière, cette fameuse ZAN (pour Zéro artificialisation nette, NDLR) qui pèse forcément sur la disposition du foncier. Il y a aussi la rénovation énergétique, laquelle pose de nombreuses questions d’ordre économique, social, patrimonial, générationnel même ! Qu’est-ce que c’est, par exemple, que de rénover sa maison quand on a 70 ans ? Enfin, le troisième volet, à savoir le bilan carbone de la construction neuve, est celui qui concentre des critiques de plus en plus voyantes. Un certain nombre d’acteurs issus des milieux économiques (Bercy) mettent en effet en cause le rythme de construction neuve au nom de tout un ensemble de choses dont l’écologie et la démographie. Il faut porter attention à ce type de propos, car nous allons les entendre de plus en plus souvent dans l’avenir. Ils généreront, je pense, des réflexions sur l’évolution des savoir-faire entre la construction neuve et la rénovation qui se traduiront par des transformations très lourdes pour l’ensemble des métiers.

Logement: La prochaine crise après l’agriculture ?

Logement: La prochaine crise après l’agriculture ?

Le logement- l’immobilier en général- pourrait faire naître une autre crise après l’agriculture. Le secteur est en effet en pleine dépression et des milliers d’emplois pourraient être supprimés dès cette année. En outre une crise structurelle avec des causes multiples et durables. Jean-Claude Driant, professeur à l’école d’urbanisme de Paris, auteur de Les politiques du logement en France (La documentation française, 2015), Explique dans « la Tribune » que la crise du logement va durer faute de politique contracyclique

En quoi la crise actuelle du logement est-elle différente des crises précédentes ?

JEAN-CLAUDE DRIANT : C’est une crise multifacette qui, pour simplifier, cumule deux crises. Celle du logement, comprendre du logement trop cher, alimenté depuis vingt ans par des conditions de crédits favorables dans le neuf comme dans l’ancien et qui se traduit aujourd’hui par une difficulté pour de très nombreux ménages d’y accéder, à laquelle s’ajoute une crise immobilière extrêmement lourde. Celle-ci est liée au contexte international, à l’inflation et à la montée des taux d’intérêt, et se développe de façon différenciée selon que l’on soit sur le marché du neuf ou sur celui de l’existant.

Dans le neuf, la question se pose en termes de coûts de construction et de foncier qui génèrent des prix complètement inabordables pour la plupart des ménages confrontés au crédit. Même s’il faut souligner que les taux d’intérêt d’aujourd’hui ne sont pas si élevés. Ils le sont moins que l’inflation, ce qui est presque anormal économiquement parlant, cependant ils sont quatre fois plus élevés qu’il y a deux ans alors que les prix des logements n’ont pas baissé en proportion.

Dans l’ancien, la crise est certes liée aux prix trop élevés, mais il semble que l’on fasse ici le pari d’un marché capable de s’ajuster tout seul. Autrement dit, les prix baisseront parce que les vendeurs ne parviennent plus à vendre. Ce qui diffère grandement du neuf dont ni le coût du foncier, ni celui de la construction ne s’ajustent aussi facilement que dans l’existant.

Dès lors, la réponse à cette crise est-elle différente des précédentes ?

Jusqu’alors, dès qu’une crise importante apparaissait en France, nous avions l’habitude de développer des mesures politiques contracycliques permettant de passer le cap. Souvenez-vous de la crise financière de 2008. Tout le monde craignait un effondrement du secteur du bâtiment. Lequel ne s’est pas produit parce qu’il y a eu, en réponse, une politique claire, forte, à travers le Scellier, le doublement du prêt à taux zéro, le rachat important de logements des promoteurs par des bailleurs sociaux… Ce qui diffère avec cette crise, c’est qu’il n’y a pas de mesures contracycliques, rien n’a été enclenché, excepté le rachat de logements par CDC Habitat et Action Logement. Ce qui paraît très insuffisant.

Pourquoi cette absence de réponse ?

J’ai deux explications à cela. La première, c’est qu’on sort des années du « Quoi qu’il en coûte ». Un « Quoi qu’il en coûte » qui, soit dit en passant, n’a pas véritablement alimenté le marché immobilier. En termes de politiques publiques, l’enjeu de revenir à une certaine forme de sagesse budgétaire n’incite donc pas l’État à remettre de l’argent dans la machine.

La deuxième explication est plus idéologique. En mai 2023, le président de la République qualifiait le secteur du logement comme « un système de sur-dépense publique ». C’est son interprétation, sa lecture d’un secteur dans lequel, selon lui, on a historiquement mis beaucoup d’argent pour fabriquer de la rente, sans résultat social et économique efficace. En fait, je crois qu’au sommet de l’Etat la question ne se pose pas vraiment. Le marché ajustera. Ou, à défaut, les collectivités territoriales.

Pourtant, on voit bien les difficultés de certaines collectivités à produire du logement, notamment social. En Provence-Alpes Côte d’Azur, le parc social ne représente que 14% du parc de résidences principales, contre plus de 17% au national. 95 communes régionales sont concernées par un arrêté de carence au titre du bilan triennal 2020-2022, dont 26 dans les Alpes-Maritimes où 72% des logements sociaux sont réalisés en Vefa par des promoteurs privés, contre 56% au national…

Cette particularité azuréenne est une démonstration de l’interdépendance qui s’est créé entre le monde du logement social, qui a besoin des promoteurs pour produire, et celui des promoteurs, lesquels se trouvent dans une situation d’arbitrage financier compliqué au regard des prix de vente des lots et ceux des logements individuels. Cette dépendance génère aujourd’hui une baisse sensible de la production de logements sociaux dans les territoires alors que les besoins sont très importants. Le fait que ce problème ne soit pas un sujet politique fort reste pour moi un facteur de surprise constant. Est-ce peut-être parce que 40% des ménages sont propriétaires ? C’est presque un ménage sur deux. Ou peut-être aussi parce que les gilets jaunes n’auraient pas parlé de logement ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Nous les avons mal écoutés car tous les problèmes soulignés alors étaient intimement liés à la question du logement. Et le logement social est au cœur de tout cela.

Dans ce contexte difficile, quid de la question écologique ?

L’écologie va influer très lourdement sur les politiques du logement, et ce sur au moins trois points. Nous le constatons déjà avec la question de la sobriété foncière, cette fameuse ZAN (pour Zéro artificialisation nette, NDLR) qui pèse forcément sur la disposition du foncier. Il y a aussi la rénovation énergétique, laquelle pose de nombreuses questions d’ordre économique, social, patrimonial, générationnel même ! Qu’est-ce que c’est, par exemple, que de rénover sa maison quand on a 70 ans ? Enfin, le troisième volet, à savoir le bilan carbone de la construction neuve, est celui qui concentre des critiques de plus en plus voyantes. Un certain nombre d’acteurs issus des milieux économiques (Bercy) mettent en effet en cause le rythme de construction neuve au nom de tout un ensemble de choses dont l’écologie et la démographie. Il faut porter attention à ce type de propos, car nous allons les entendre de plus en plus souvent dans l’avenir. Ils généreront, je pense, des réflexions sur l’évolution des savoir-faire entre la construction neuve et la rénovation qui se traduiront par des transformations très lourdes pour l’ensemble des métiers.

Logement : une crise qui va durer

Jean-Claude Driant, professeur à l’école d’urbanisme de Paris, auteur de Les politiques du logement en France (La documentation française, 2015), Explique dans « la Tribune » que la crise du logement va durer faute de politique contracyclique

En quoi la crise actuelle du logement est-elle différente des crises précédentes ?

JEAN-CLAUDE DRIANT : C’est une crise multifacette qui, pour simplifier, cumule deux crises. Celle du logement, comprendre du logement trop cher, alimenté depuis vingt ans par des conditions de crédits favorables dans le neuf comme dans l’ancien et qui se traduit aujourd’hui par une difficulté pour de très nombreux ménages d’y accéder, à laquelle s’ajoute une crise immobilière extrêmement lourde. Celle-ci est liée au contexte international, à l’inflation et à la montée des taux d’intérêt, et se développe de façon différenciée selon que l’on soit sur le marché du neuf ou sur celui de l’existant.

Dans le neuf, la question se pose en termes de coûts de construction et de foncier qui génèrent des prix complètement inabordables pour la plupart des ménages confrontés au crédit. Même s’il faut souligner que les taux d’intérêt d’aujourd’hui ne sont pas si élevés. Ils le sont moins que l’inflation, ce qui est presque anormal économiquement parlant, cependant ils sont quatre fois plus élevés qu’il y a deux ans alors que les prix des logements n’ont pas baissé en proportion.

Dans l’ancien, la crise est certes liée aux prix trop élevés, mais il semble que l’on fasse ici le pari d’un marché capable de s’ajuster tout seul. Autrement dit, les prix baisseront parce que les vendeurs ne parviennent plus à vendre. Ce qui diffère grandement du neuf dont ni le coût du foncier, ni celui de la construction ne s’ajustent aussi facilement que dans l’existant.

Dès lors, la réponse à cette crise est-elle différente des précédentes ?

Jusqu’alors, dès qu’une crise importante apparaissait en France, nous avions l’habitude de développer des mesures politiques contracycliques permettant de passer le cap. Souvenez-vous de la crise financière de 2008. Tout le monde craignait un effondrement du secteur du bâtiment. Lequel ne s’est pas produit parce qu’il y a eu, en réponse, une politique claire, forte, à travers le Scellier, le doublement du prêt à taux zéro, le rachat important de logements des promoteurs par des bailleurs sociaux… Ce qui diffère avec cette crise, c’est qu’il n’y a pas de mesures contracycliques, rien n’a été enclenché, excepté le rachat de logements par CDC Habitat et Action Logement. Ce qui paraît très insuffisant.

Pourquoi cette absence de réponse ?

J’ai deux explications à cela. La première, c’est qu’on sort des années du « Quoi qu’il en coûte ». Un « Quoi qu’il en coûte » qui, soit dit en passant, n’a pas véritablement alimenté le marché immobilier. En termes de politiques publiques, l’enjeu de revenir à une certaine forme de sagesse budgétaire n’incite donc pas l’État à remettre de l’argent dans la machine.

La deuxième explication est plus idéologique. En mai 2023, le président de la République qualifiait le secteur du logement comme « un système de sur-dépense publique ». C’est son interprétation, sa lecture d’un secteur dans lequel, selon lui, on a historiquement mis beaucoup d’argent pour fabriquer de la rente, sans résultat social et économique efficace. En fait, je crois qu’au sommet de l’Etat la question ne se pose pas vraiment. Le marché ajustera. Ou, à défaut, les collectivités territoriales.

Pourtant, on voit bien les difficultés de certaines collectivités à produire du logement, notamment social. En Provence-Alpes Côte d’Azur, le parc social ne représente que 14% du parc de résidences principales, contre plus de 17% au national. 95 communes régionales sont concernées par un arrêté de carence au titre du bilan triennal 2020-2022, dont 26 dans les Alpes-Maritimes où 72% des logements sociaux sont réalisés en Vefa par des promoteurs privés, contre 56% au national…

Cette particularité azuréenne est une démonstration de l’interdépendance qui s’est créé entre le monde du logement social, qui a besoin des promoteurs pour produire, et celui des promoteurs, lesquels se trouvent dans une situation d’arbitrage financier compliqué au regard des prix de vente des lots et ceux des logements individuels. Cette dépendance génère aujourd’hui une baisse sensible de la production de logements sociaux dans les territoires alors que les besoins sont très importants. Le fait que ce problème ne soit pas un sujet politique fort reste pour moi un facteur de surprise constant. Est-ce peut-être parce que 40% des ménages sont propriétaires ? C’est presque un ménage sur deux. Ou peut-être aussi parce que les gilets jaunes n’auraient pas parlé de logement ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Nous les avons mal écoutés car tous les problèmes soulignés alors étaient intimement liés à la question du logement. Et le logement social est au cœur de tout cela.

Dans ce contexte difficile, quid de la question écologique ?

L’écologie va influer très lourdement sur les politiques du logement, et ce sur au moins trois points. Nous le constatons déjà avec la question de la sobriété foncière, cette fameuse ZAN (pour Zéro artificialisation nette, NDLR) qui pèse forcément sur la disposition du foncier. Il y a aussi la rénovation énergétique, laquelle pose de nombreuses questions d’ordre économique, social, patrimonial, générationnel même ! Qu’est-ce que c’est, par exemple, que de rénover sa maison quand on a 70 ans ? Enfin, le troisième volet, à savoir le bilan carbone de la construction neuve, est celui qui concentre des critiques de plus en plus voyantes. Un certain nombre d’acteurs issus des milieux économiques (Bercy) mettent en effet en cause le rythme de construction neuve au nom de tout un ensemble de choses dont l’écologie et la démographie. Il faut porter attention à ce type de propos, car nous allons les entendre de plus en plus souvent dans l’avenir. Ils généreront, je pense, des réflexions sur l’évolution des savoir-faire entre la construction neuve et la rénovation qui se traduiront par des transformations très lourdes pour l’ensemble des métiers.

Logement-une crise à plusieurs faces qui va durer

Logement-une crise à plusieurs faces qui va durer

Jean-Claude Driant, professeur à l’école d’urbanisme de Paris, auteur de Les politiques du logement en France (La documentation française, 2015), Explique dans la tribune que la crise du logement va durer faute de politique contracyclique

En quoi la crise actuelle du logement est-elle différente des crises précédentes ?

JEAN-CLAUDE DRIANT : C’est une crise multifacette qui, pour simplifier, cumule deux crises. Celle du logement, comprendre du logement trop cher, alimenté depuis vingt ans par des conditions de crédits favorables dans le neuf comme dans l’ancien et qui se traduit aujourd’hui par une difficulté pour de très nombreux ménages d’y accéder, à laquelle s’ajoute une crise immobilière extrêmement lourde. Celle-ci est liée au contexte international, à l’inflation et à la montée des taux d’intérêt, et se développe de façon différenciée selon que l’on soit sur le marché du neuf ou sur celui de l’existant.

Dans le neuf, la question se pose en termes de coûts de construction et de foncier qui génèrent des prix complètement inabordables pour la plupart des ménages confrontés au crédit. Même s’il faut souligner que les taux d’intérêt d’aujourd’hui ne sont pas si élevés. Ils le sont moins que l’inflation, ce qui est presque anormal économiquement parlant, cependant ils sont quatre fois plus élevés qu’il y a deux ans alors que les prix des logements n’ont pas baissé en proportion.

Dans l’ancien, la crise est certes liée aux prix trop élevés, mais il semble que l’on fasse ici le pari d’un marché capable de s’ajuster tout seul. Autrement dit, les prix baisseront parce que les vendeurs ne parviennent plus à vendre. Ce qui diffère grandement du neuf dont ni le coût du foncier, ni celui de la construction ne s’ajustent aussi facilement que dans l’existant.

Dès lors, la réponse à cette crise est-elle différente des précédentes ?

Jusqu’alors, dès qu’une crise importante apparaissait en France, nous avions l’habitude de développer des mesures politiques contracycliques permettant de passer le cap. Souvenez-vous de la crise financière de 2008. Tout le monde craignait un effondrement du secteur du bâtiment. Lequel ne s’est pas produit parce qu’il y a eu, en réponse, une politique claire, forte, à travers le Scellier, le doublement du prêt à taux zéro, le rachat important de logements des promoteurs par des bailleurs sociaux… Ce qui diffère avec cette crise, c’est qu’il n’y a pas de mesures contracycliques, rien n’a été enclenché, excepté le rachat de logements par CDC Habitat et Action Logement. Ce qui paraît très insuffisant.

Pourquoi cette absence de réponse ?

J’ai deux explications à cela. La première, c’est qu’on sort des années du « Quoi qu’il en coûte ». Un « Quoi qu’il en coûte » qui, soit dit en passant, n’a pas véritablement alimenté le marché immobilier. En termes de politiques publiques, l’enjeu de revenir à une certaine forme de sagesse budgétaire n’incite donc pas l’État à remettre de l’argent dans la machine.

La deuxième explication est plus idéologique. En mai 2023, le président de la République qualifiait le secteur du logement comme « un système de sur-dépense publique ». C’est son interprétation, sa lecture d’un secteur dans lequel, selon lui, on a historiquement mis beaucoup d’argent pour fabriquer de la rente, sans résultat social et économique efficace. En fait, je crois qu’au sommet de l’Etat la question ne se pose pas vraiment. Le marché ajustera. Ou, à défaut, les collectivités territoriales.

Pourtant, on voit bien les difficultés de certaines collectivités à produire du logement, notamment social. En Provence-Alpes Côte d’Azur, le parc social ne représente que 14% du parc de résidences principales, contre plus de 17% au national. 95 communes régionales sont concernées par un arrêté de carence au titre du bilan triennal 2020-2022, dont 26 dans les Alpes-Maritimes où 72% des logements sociaux sont réalisés en Vefa par des promoteurs privés, contre 56% au national…

Cette particularité azuréenne est une démonstration de l’interdépendance qui s’est créé entre le monde du logement social, qui a besoin des promoteurs pour produire, et celui des promoteurs, lesquels se trouvent dans une situation d’arbitrage financier compliqué au regard des prix de vente des lots et ceux des logements individuels. Cette dépendance génère aujourd’hui une baisse sensible de la production de logements sociaux dans les territoires alors que les besoins sont très importants. Le fait que ce problème ne soit pas un sujet politique fort reste pour moi un facteur de surprise constant. Est-ce peut-être parce que 40% des ménages sont propriétaires ? C’est presque un ménage sur deux. Ou peut-être aussi parce que les gilets jaunes n’auraient pas parlé de logement ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Nous les avons mal écoutés car tous les problèmes soulignés alors étaient intimement liés à la question du logement. Et le logement social est au cœur de tout cela.

Dans ce contexte difficile, quid de la question écologique ?

L’écologie va influer très lourdement sur les politiques du logement, et ce sur au moins trois points. Nous le constatons déjà avec la question de la sobriété foncière, cette fameuse ZAN (pour Zéro artificialisation nette, NDLR) qui pèse forcément sur la disposition du foncier. Il y a aussi la rénovation énergétique, laquelle pose de nombreuses questions d’ordre économique, social, patrimonial, générationnel même ! Qu’est-ce que c’est, par exemple, que de rénover sa maison quand on a 70 ans ? Enfin, le troisième volet, à savoir le bilan carbone de la construction neuve, est celui qui concentre des critiques de plus en plus voyantes. Un certain nombre d’acteurs issus des milieux économiques (Bercy) mettent en effet en cause le rythme de construction neuve au nom de tout un ensemble de choses dont l’écologie et la démographie. Il faut porter attention à ce type de propos, car nous allons les entendre de plus en plus souvent dans l’avenir. Ils généreront, je pense, des réflexions sur l’évolution des savoir-faire entre la construction neuve et la rénovation qui se traduiront par des transformations très lourdes pour l’ensemble des métiers.

Economie-Immobilier : une crise mortifère durable

Economie-Immobilier : une crise  mortifère durable

OPINION. Des professionnels du BTP jusqu’à ceux du financement, des consommateurs jusqu’aux parlementaires, tout le monde s’accorde à reconnaître que le logement traverse une crise historique en France. Par Didier Kling, Président du Groupe CNCEF ; Stéphane Fantuz, Président CNCEF Assurance et Patrimoine ; Côme Robet, Président CNCEF Crédit ; Jean-Paul Serrato, Président CNCEF Immobilier et Marc Sabate, Président CNCEF France M&A
Didier Kling, Stéphane Fantuz, Côme Robet, Jean-Paul Serrato et Marc Sabate
dans la Tribune


Un cri d’alerte justifié qui va sans doute couvrir une période longue tellement le pouvoir d’achat logement des ménages est amputé. Par exemple en matière d’accession à la propriété, presque 90 % des ménages sont maintenant exclus. Un exemple dans les grandes métropoles il faut compter un prix de l’ordre de 400 000 € pour un logement alors que le revenu moyen est de 3000 €. Par un prêt de 400 000 € sur 20 ans, on exige un revenu de 6000 € par mois. Une acquisition impossible pour celui qui ne dispose pas d’apport personnel. Si on s’éloigne du centre de la métropole on trouvera un bien à 300 000 € voir à 200 000 € à 25 km ou 30kms. La crise du logement est donc structurelle et conjoncturelle. Conjoncturelle à cause de la hausse des taux d’intérêt actuellement supérieur à 4 % , structurelle à cause de la folie des prix depuis 20 ans. NDLR

La fermeture d’agences immobilières et d’études notariales est annoncée, et que la baisse des prix des biens ne changera pas la donne pour 2024. Location, achat, investissement…Tous les segments sont bloqués, marqués par l’attentisme et l’inflation. Mais surtout par une crise de confiance entre les Français et les pouvoirs publics, alimentée, s’agissant de l’offre et de la demande, par une ambivalence entre les déclarations et la réalité.

Rien qu’à l’Assemblée nationale, plus de huit propositions de loi sont en attente pour juguler les tensions du marché locatif, relancer la construction, ou encore faciliter la rénovation… Ces initiatives parlementaires sont louables, mais risquent d’être hors-sol, le temps du Parlement n’étant pas celui de la société.

Alors que le marché de l’immobilier est bien malade, le gouvernement tarde à se pencher à son chevet. Pourtant, le diagnostic est grave : il n’y a plus de ministre de plein exercice dédié au Logement et le remaniement a emporté avec lui le projet de loi sur l’immobilier-logement pourtant promis pour ce printemps. Les Français comme les professionnels du secteur ne pourront plus se contenter d’une énième déclaration de bonne intention, ni attendre un retournement de conjoncture. Ils souhaitent une loi d’urgence, concertée et collective pour déclencher des actions salutaires.

Nous pouvons, pour justifier cette impérieuse nécessité, livrer une masse de données chiffrées, mais elles sont déjà connues de tous et n’ont pas suffi jusqu’ici à faire réagir la classe politique. Ce que nous constatons sur le terrain, en revanche, c’est que la volonté de nos compatriotes s’émousse. Nos intermédiaires en crédit, qui traitent la moitié des demandes de financement, confirment que les projets immobiliers sont reportés ou abandonnés par 1 Français sur 5 depuis deux ans, principalement pour des raisons économiques. Trouver un bien immobilier qui leur plaît, et surtout financer un achat, apparaît beaucoup plus difficile.

Les pouvoirs publics ont beau jeu de nous opposer que l’offre n’est pas en adéquation avec la conjoncture et que le nombre de biens disponibles n’est pas suffisant. Ce sont pourtant les mêmes qui, quelques mois en arrière, promettaient de construire « plus vite, plus facilement, plus simplement ». Ou qui appelaient à la fois à financer l’immobilier tout en rappelant les règles de prudence. Ces antagonismes étouffent le marché !

La réalité est que la pénurie de logements abordables dans les grandes villes est criante et que les normes énergétiques alourdissent, voire empêchent, la mise à disposition de biens sur le marché. Et surtout que la demande reste forte et qu’elle ne se concrétise pas.

Tout d’abord chez les primo-accédants qui ont des revenus et un reste à vivre suffisants, mais peu ou pas d’apport personnel et une épargne de précaution relativement modeste. Ils constituent la part la plus importante des dossiers de financement refusés par les banques.

Ensuite, chez les investisseurs privés qui souhaitent se constituer un patrimoine et le mettre en location (logements étudiants, revenus locatifs en prévision de la retraite, etc.) qui sont bloqués par le taux d’endettement. Pourtant, la pierre reste majoritairement perçue comme un bon investissement, même si l’accès à la propriété se durcit.

Parce que sans logement, nos concitoyens ne peuvent s’ancrer dans le quotidien, envisager l’avenir et concrétiser le projet d’une vie, notre pays mérite mieux qu’un énième « Grenelle », qu’une énième loi parcellaire sur l’immobilier. Nous n’en avons plus le temps. Convaincus que nous pouvons agir collectivement, nous demandons à dialoguer rapidement avec les responsables politiques pour trouver l’issue d’une crise qui réside dans la volonté du Gouvernement. Et non dans un empilement de discours, de normes et de règles. Il y a bien péril en la demeure !

Taux de Crédit immobilier : taux moyen qui s’envole à plus de 4%

Taux de Crédit immobilier : taux moyen qui s’envole à plus de 4%

 

La hausse des taux de crédit immobilier explique largement la très grave crise que connaît le secteur .Le taux moyen des crédits immobiliers a atteint 4,20% au quatrième trimestre 2023, au plus haut depuis 2009, tandis que le nombre de prêts accordés a poursuivi sa chute, selon les calculs de l’Observatoire CSA/Crédit logement publiés jeudi. Sur l’ensemble de 2023, le taux moyen a atteint 3,59% selon la même source. Si elle ralentit, la hausse du taux moyen des prêts immobiliers est spectaculaire depuis le printemps 2022, lorsqu’il était encore à peine supérieur à 1%.

 

La hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) pour contrer l’inflation a renchéri le coût de l’argent pour les banques, qui l’ont répercuté à leurs clients pour conserver leurs marges. Les chiffres annoncés chaque mois par Crédit logement diffèrent de ceux de la Banque de France, avec respectivement 4,24% et 4,11% en décembre. Les statistiques de la banque centrale ont le mérite de porter sur l’ensemble du marché, contrairement à ceux de Crédit logement, fruit d’un retraitement sur la base de données partielles. Ces taux ont de quoi décourager les candidats à l’achat d’un logement, d’autant que certaines banques ont moins prêté et que les prix n’ont pas baissé rapidement. Au quatrième trimestre 2023, la durée moyenne des prêts accordés était de 248 mois, soit 20 ans et 8 mois, «un niveau rarement observé par le passé» selon l’Observatoire, qui rappelle qu’elle était de 13,6 ans en 2001 et 17,1 ans en 2014. . La baisse des taux des crédits immobiliers sera «lente», selon l’Observatoire qui prévoit «une tendance à la décrue, à un rythme relativement régulier tout au long de l’année» 2024, de 4,20% au premier trimestre à 3,25% au quatrième (avec un taux moyen de 3,60% sur l’année). «Puis la baisse des taux se poursuivrait en 2025», à 3,10% en moyenne.

Immobilier : une crise durable mortifère

Immobilier : une crise durable mortifère

OPINION. Des professionnels du BTP jusqu’à ceux du financement, des consommateurs jusqu’aux parlementaires, tout le monde s’accorde à reconnaître que le logement traverse une crise historique en France. Par Didier Kling, Président du Groupe CNCEF ; Stéphane Fantuz, Président CNCEF Assurance et Patrimoine ; Côme Robet, Président CNCEF Crédit ; Jean-Paul Serrato, Président CNCEF Immobilier et Marc Sabate, Président CNCEF France M&A
Didier Kling, Stéphane Fantuz, Côme Robet, Jean-Paul Serrato et Marc Sabate
dans la Tribune


Un cri d’alerte justifié qui va sans doute couvrir une période longue tellement le pouvoir d’achat logement des ménages est amputé. Par exemple en matière d’accession à la propriété, presque 90 % des ménages sont maintenant exclus. Un exemple dans les grandes métropoles il faut compter un prix de l’ordre de 400 000 € pour un logement alors que le revenu moyen est de 3000 €. Par un prêt de 400 000 € sur 20 ans, on exige un revenu de 6000 € par mois. Une acquisition impossible pour celui qui ne dispose pas d’apport personnel. Si on s’éloigne du centre de la métropole on trouvera un bien à 300 000 € voir à 200 000 € à 25 km ou 30kms. La crise du logement est donc structurelle et conjoncturelle. Conjoncturelle à cause de la hausse des taux d’intérêt actuellement supérieur à 4 % Hurel, structurelle à cause de la folie des prix depuis 20 ans. NDLR

La fermeture d’agences immobilières et d’études notariales est annoncée, et que la baisse des prix des biens ne changera pas la donne pour 2024. Location, achat, investissement…Tous les segments sont bloqués, marqués par l’attentisme et l’inflation. Mais surtout par une crise de confiance entre les Français et les pouvoirs publics, alimentée, s’agissant de l’offre et de la demande, par une ambivalence entre les déclarations et la réalité.

Rien qu’à l’Assemblée nationale, plus de huit propositions de loi sont en attente pour juguler les tensions du marché locatif, relancer la construction, ou encore faciliter la rénovation… Ces initiatives parlementaires sont louables, mais risquent d’être hors-sol, le temps du Parlement n’étant pas celui de la société.

Alors que le marché de l’immobilier est bien malade, le gouvernement tarde à se pencher à son chevet. Pourtant, le diagnostic est grave : il n’y a plus de ministre de plein exercice dédié au Logement et le remaniement a emporté avec lui le projet de loi sur l’immobilier-logement pourtant promis pour ce printemps. Les Français comme les professionnels du secteur ne pourront plus se contenter d’une énième déclaration de bonne intention, ni attendre un retournement de conjoncture. Ils souhaitent une loi d’urgence, concertée et collective pour déclencher des actions salutaires.

Nous pouvons, pour justifier cette impérieuse nécessité, livrer une masse de données chiffrées, mais elles sont déjà connues de tous et n’ont pas suffi jusqu’ici à faire réagir la classe politique. Ce que nous constatons sur le terrain, en revanche, c’est que la volonté de nos compatriotes s’émousse. Nos intermédiaires en crédit, qui traitent la moitié des demandes de financement, confirment que les projets immobiliers sont reportés ou abandonnés par 1 Français sur 5 depuis deux ans, principalement pour des raisons économiques. Trouver un bien immobilier qui leur plaît, et surtout financer un achat, apparaît beaucoup plus difficile.

Les pouvoirs publics ont beau jeu de nous opposer que l’offre n’est pas en adéquation avec la conjoncture et que le nombre de biens disponibles n’est pas suffisant. Ce sont pourtant les mêmes qui, quelques mois en arrière, promettaient de construire « plus vite, plus facilement, plus simplement ». Ou qui appelaient à la fois à financer l’immobilier tout en rappelant les règles de prudence. Ces antagonismes étouffent le marché !

La réalité est que la pénurie de logements abordables dans les grandes villes est criante et que les normes énergétiques alourdissent, voire empêchent, la mise à disposition de biens sur le marché. Et surtout que la demande reste forte et qu’elle ne se concrétise pas.

Tout d’abord chez les primo-accédants qui ont des revenus et un reste à vivre suffisants, mais peu ou pas d’apport personnel et une épargne de précaution relativement modeste. Ils constituent la part la plus importante des dossiers de financement refusés par les banques.

Ensuite, chez les investisseurs privés qui souhaitent se constituer un patrimoine et le mettre en location (logements étudiants, revenus locatifs en prévision de la retraite, etc.) qui sont bloqués par le taux d’endettement. Pourtant, la pierre reste majoritairement perçue comme un bon investissement, même si l’accès à la propriété se durcit.

Parce que sans logement, nos concitoyens ne peuvent s’ancrer dans le quotidien, envisager l’avenir et concrétiser le projet d’une vie, notre pays mérite mieux qu’un énième « Grenelle », qu’une énième loi parcellaire sur l’immobilier. Nous n’en avons plus le temps. Convaincus que nous pouvons agir collectivement, nous demandons à dialoguer rapidement avec les responsables politiques pour trouver l’issue d’une crise qui réside dans la volonté du Gouvernement. Et non dans un empilement de discours, de normes et de règles. Il y a bien péril en la demeure !

Immobilier : une crise mortifère

Immobilier : une crise mortifère

OPINION. Des professionnels du BTP jusqu’à ceux du financement, des consommateurs jusqu’aux parlementaires, tout le monde s’accorde à reconnaître que le logement traverse une crise historique en France. Par Didier Kling, Président du Groupe CNCEF ; Stéphane Fantuz, Président CNCEF Assurance et Patrimoine ; Côme Robet, Président CNCEF Crédit ; Jean-Paul Serrato, Président CNCEF Immobilier et Marc Sabate, Président CNCEF France M&A
Didier Kling, Stéphane Fantuz, Côme Robet, Jean-Paul Serrato et Marc Sabate
dans la Tribune


Un cri d’alerte justifié qui va sans doute couvrir une période longue tellement le pouvoir d’achat logement des ménages est amputé. Par exemple en matière d’accession à la propriété, presque 90 % des ménages sont maintenant exclus. Un exemple dans les grandes métropoles il faut compter un prix de l’ordre de 400 000 € pour un logement alors que le revenu moyen est de 3000 €. Par un prêt de 400 000 € sur 20 ans, on exige un revenu de 6000 € par mois. Une acquisition impossible pour celui qui ne dispose pas d’apport personnel. Si on s’éloigne du centre de la métropole on trouvera un bien à 300 000 € voir à 200 000 € à 25 km ou 30kms. La crise du logement est donc structurelle et conjoncturelle. Conjoncturelle à cause de la hausse des taux d’intérêt actuellement supérieur à 4 % Hurel, structurelle à cause de la folie des prix depuis 20 ans. NDLR

La fermeture d’agences immobilières et d’études notariales est annoncée, et que la baisse des prix des biens ne changera pas la donne pour 2024. Location, achat, investissement…Tous les segments sont bloqués, marqués par l’attentisme et l’inflation. Mais surtout par une crise de confiance entre les Français et les pouvoirs publics, alimentée, s’agissant de l’offre et de la demande, par une ambivalence entre les déclarations et la réalité.

Rien qu’à l’Assemblée nationale, plus de huit propositions de loi sont en attente pour juguler les tensions du marché locatif, relancer la construction, ou encore faciliter la rénovation… Ces initiatives parlementaires sont louables, mais risquent d’être hors-sol, le temps du Parlement n’étant pas celui de la société.

Alors que le marché de l’immobilier est bien malade, le gouvernement tarde à se pencher à son chevet. Pourtant, le diagnostic est grave : il n’y a plus de ministre de plein exercice dédié au Logement et le remaniement a emporté avec lui le projet de loi sur l’immobilier-logement pourtant promis pour ce printemps. Les Français comme les professionnels du secteur ne pourront plus se contenter d’une énième déclaration de bonne intention, ni attendre un retournement de conjoncture. Ils souhaitent une loi d’urgence, concertée et collective pour déclencher des actions salutaires.

Nous pouvons, pour justifier cette impérieuse nécessité, livrer une masse de données chiffrées, mais elles sont déjà connues de tous et n’ont pas suffi jusqu’ici à faire réagir la classe politique. Ce que nous constatons sur le terrain, en revanche, c’est que la volonté de nos compatriotes s’émousse. Nos intermédiaires en crédit, qui traitent la moitié des demandes de financement, confirment que les projets immobiliers sont reportés ou abandonnés par 1 Français sur 5 depuis deux ans, principalement pour des raisons économiques. Trouver un bien immobilier qui leur plaît, et surtout financer un achat, apparaît beaucoup plus difficile.

Les pouvoirs publics ont beau jeu de nous opposer que l’offre n’est pas en adéquation avec la conjoncture et que le nombre de biens disponibles n’est pas suffisant. Ce sont pourtant les mêmes qui, quelques mois en arrière, promettaient de construire « plus vite, plus facilement, plus simplement ». Ou qui appelaient à la fois à financer l’immobilier tout en rappelant les règles de prudence. Ces antagonismes étouffent le marché !

La réalité est que la pénurie de logements abordables dans les grandes villes est criante et que les normes énergétiques alourdissent, voire empêchent, la mise à disposition de biens sur le marché. Et surtout que la demande reste forte et qu’elle ne se concrétise pas.

Tout d’abord chez les primo-accédants qui ont des revenus et un reste à vivre suffisants, mais peu ou pas d’apport personnel et une épargne de précaution relativement modeste. Ils constituent la part la plus importante des dossiers de financement refusés par les banques.

Ensuite, chez les investisseurs privés qui souhaitent se constituer un patrimoine et le mettre en location (logements étudiants, revenus locatifs en prévision de la retraite, etc.) qui sont bloqués par le taux d’endettement. Pourtant, la pierre reste majoritairement perçue comme un bon investissement, même si l’accès à la propriété se durcit.

Parce que sans logement, nos concitoyens ne peuvent s’ancrer dans le quotidien, envisager l’avenir et concrétiser le projet d’une vie, notre pays mérite mieux qu’un énième « Grenelle », qu’une énième loi parcellaire sur l’immobilier. Nous n’en avons plus le temps. Convaincus que nous pouvons agir collectivement, nous demandons à dialoguer rapidement avec les responsables politiques pour trouver l’issue d’une crise qui réside dans la volonté du Gouvernement. Et non dans un empilement de discours, de normes et de règles. Il y a bien péril en la demeure !

12345...31



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol