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Inflation: Un nouveau variant !

Inflation: Un nouveau variant !

 

Un papier de l’Opinion explique comment s’accommoder de l’inflation qui a changé de visage; comme pour la pandémie, un nouveau « variant » qui affecte le contexte socio-économique.

Le taux d’inflation dans la zone euro a atteint 5 % sur un an en décembre, son plus haut niveau historique, a confirmé jeudi Eurostat. L’énergie représente la moitié de la hausse. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que la hausse des prix devrait se stabiliser puis baisser courant 2022. En France, la prime inflation de 100 euros sera versée à 3,04 millions d’allocataires de la CAF à partir de ce jeudi.

Comment se réhabituer à vivre avec l’inflation ? Nous l’avions oubliée ces trente dernières années. En décembre, elle a atteint 5 % en glissement annuel dans la zone euro, avec 6,5 % en Espagne, 5,7 % en Allemagne et 2,8 % en France. Aux Etats-Unis, elle caracole à 7 %. Dans l’Hexagone, la hausse des prix de l’énergie et des matières premières se propage désormais aux produits industriels et alimentaires. « On ressort certains outils de la naphtaline, comme les équations qui permettent de passer des prix de production aux prix à la consommation, ou même les équations d’évolution des salaires, auxquelles plus personne ne s’intéressait vraiment », sourit Jean-Luc Tavernier, directeur général de l’Insee.

« C’est sûr qu’on ne reviendra pas rapidement au problème de l’inflation trop basse, à 1%, que l’on avait depuis dix ans », dit Philippe Martin, président du Conseil d’analyse économique (CAE). « Nous sommes sans doute en train de changer d’époque », indique Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Tout le monde est concerné : salariés, fonctionnaires, retraités, bénéficiaires de prestations sociales, gouvernements, finances publiques, épargnants et banques centrales… Que va-t-on se (re)mettre à faire ?

1. Négocier les salaires

Avec une inflation entre 0 et 1 %, même si votre salaire stagne, vous ne perdez pas beaucoup de pouvoir d’achat. Lorsque les prix à la consommation augmentent de près de 3 %, c’est une autre histoire. Selon la Banque de France, d’ici à 2023 « les hausses de prix se transmettraient de façon partielle aux salaires, et réciproquement ». Mais gare à ce que les salaires n’augmentent pas plus vite que chez nos voisins européens, sinon nous perdrions en compétitivité. Nous ne pouvons plus dévaluer notre monnaie comme dans les années 1970-1980.

« Un pays comme la France, avec un déficit commercial dans une zone monétaire unique, doit faire attention à ne pas avoir une inflation supérieure à celle de la zone euro – elle aurait même intérêt à une inflation plus basse, souligne la chef-économiste du Trésor, Agnès Benassy-Quéré. A la veille de la pandémie de Covid, le coût du travail dans l’industrie en France était repassé sous celui de l’Allemagne. Il faut faire attention à ne pas perdre cet acquis avec des salaires qui dérapent ». Or, comme la France a un taux de chômage élevé, « on peut s’attendre à moins de tensions sur les salaires que dans d’autres pays avec des pénuries de main-d’œuvre plus importantes comme l’Allemagne et les Pays-Bas », ajoute l’experte.

Le sujet se posera aussi pour les fonctionnaires. Le point d’indice de la fonction publique est gelé depuis plusieurs années, le gouvernement préférant des augmentations ciblées sur les plus bas salaires, les soignants… Or ces gestes risquent d’être vite effacés par l’inflation. « L’Etat se fait fort de dire aux entreprises d’augmenter les salaires, mais pourquoi ne le fait-il pas comme employeur ? interroge un membre de la haute administration. Avec 1 % d’inflation ou moins chaque année, les syndicats ne mobilisent pas les foules en disant “protégez-nous de l’inflation”, mais avec 3 % d’inflation, le sujet devrait devenir explosif ».

« L’Etat devra certainement rehausser certains salaires de fonctionnaires, mais ce serait une erreur de tout réindexer sur l’inflation de manière automatique, car il ne faut pas qu’une boucle prix-salaires s’enclenche et nous fasse perdre le contrôle de l’inflation », estime Philipe Martin. L’augmentation de 1 % du point d’indice pour tous les fonctionnaires coûterait 2 milliards d’euros, estimait le gouvernement l’année dernière.

2. Revaloriser ou désindexer les prestations sociales

D’autres dépenses publiques augmenteront de pair avec l’inflation. « Il faut s’attendre à ce que les minima sociaux, les pensions de retraite et les salaires augmentent en moyenne au même rythme que les prix à la consommation », prévient Agnès Benassy-Quéré. En janvier ont été revalorisés automatiquement le smic, le minimum vieillesse, les retraites de base, les retraites complémentaires, l’allocation pour congé de proches aidants. En février, le taux de rémunération du livret A doublera à 1%. En avril augmenteront les prestations familiales, le RSA, l’allocation adulte handicapé (AAH), la prime d’activité, les pensions d’invalidité. En juillet seront discutées les allocations-chômage, en octobre grimperont les aides au logement, puis en novembre les retraites Agirc-Arrco. Le chiffrage qui circule à Bercy est qu’un point d’inflation ajoute 1,5 milliard d’euros de prestations sociales (retraites, prestations familiales, arrêts maladie, hors minima sociaux et APL).

La majorité de ces revalorisations est définie dans la loi, mais le gouvernement peut, dans chaque budget annuel, décider d’exceptions. En 2019, il avait ainsi désindexé de l’inflation plusieurs prestations sociales pour privilégier des revalorisations exceptionnelles de la prime d’activité, de l’AAH et du minimum vieillesse. Il pourrait y avoir la tentation de faire de même ces prochaines années. « C’est une méthode classique, bête et méchante pour réaliser des économies, au détriment du pouvoir d’achat », explique un haut fonctionnaire. Mais la consolidation budgétaire n’est pas à l’ordre du jour : les taux sont bas, les règles européennes sont mises entre parenthèses.

Pour les finances publiques, l’inflation peut sembler un avantage à court terme, car au début, les recettes (comme à la TVA) augmentent plus vite que les dépenses, et on rembourse ses emprunts plus rapidement. Mais ensuite, dépenses et taux remontent. « La tension sur les prix montre que les effets d’aubaine sur les taux d’intérêt ne peuvent absolument pas dispenser la sphère publique du retour à une trajectoire soutenable pour maîtriser la dépense et l’endettement », avertit Pierre Moscovici.

3. Comparer les prix

Le chiffre d’une inflation à 1 %, 2 % ou 3 % regroupe des millions de produits et des centaines de secteurs où les prix varient tout le temps. « Quand il y a davantage d’inflation, il y a plus de variabilité entre les produits, donc il y a un retour sur investissement pour les consommateurs qui passent du temps à comparer les prix, à chercher des produits moins chers », remarque Xavier Jaravel, professeur d’économie à la London School of Economics (LSE). Mais pour le moment, le comparateur de prix Idealo ne voit pas d’augmentation de trafic. C’est l’année 2020 jalonnée de confinements qui a explosé les records de fréquentation de son site. Les entreprises aussi vont porter plus d’attention aux prix de leurs concurrents, pour s’ajuster en permanence.

4. Epargner différemment

« Comment vivre avec l’inflation ? En arrêtant de mettre de l’argent sur son livret A, pour le placer sur des produits protégés contre l’inflation, comme la Bourse ou l’immobilier » résume Xavier Jaravel. Avec près de 3 % d’inflation en France, l’argent qui dort sur un compte courant ou un livret A permet chaque jour d’acheter moins de choses.

5. Eviter une crise financière

« Les banques centrales sont l’acteur le plus embarrassé par le retour de l’inflation, souligne Philippe Martin. Il y a beaucoup d’incertitudes sur la dynamique d’inflation des deux années prochaines. On ne peut pas exclure des mécanismes où chacun anticipe que les prix augmentent, donc tout le monde demande des salaires plus élevés, et les entreprises augmentent leurs prix car elles anticipent que leurs concurrents vont le faire. Or si les banques centrales craignent de perdre le contrôle de l’inflation, elles vont appuyer sur le frein – la Réserve fédérale américaine (Fed) commence à le faire. Mais le problème est de ne pas le faire trop brusquement, car alors beaucoup d’entreprises, de ménages et d’Etats verront leurs coûts d’emprunt augmenter très rapidement, et c’est la recette d’une crise financière. Viendra-t-elle des pays émergents, dont la dette s’apprécie en dollars ? Ou de l’Europe, avec le problème de soutenabilité de la dette italienne ? Ou du fait qu’on verra d’un seul coup des entreprises, des start-up trop endettées ? » Pour Ricardo Reis, professeur d’économie à LSE, « si l’inflation persiste, nous devrions nous inquiéter car elle pourrait ébranler le succès de l’euro ».

Paradoxalement, le fait que nous nous étions déshabitués de l’inflation pourrait jouer en notre faveur. « A cause de leur expérience prolongée d’une inflation faible et stable, les individus ont peu de chances d’augmenter brusquement et radicalement leurs anticipations d’inflation à long terme, s’ils n’ont pas réellement traversé une longue période de forte inflation », observe Stefan Nagel, professeur de finance à l’école de management de l’Université de Chicago, auteur d’une étude sur le sujet. L’inflation, pour la minimiser, mieux vaut ne pas trop y penser.

Inflation : prudence ou laxisme de la banque centrale européenne

Inflation : prudence ou laxisme de la banque centrale européenne ?
L’économiste Melvyn Krauss approuve, dans une tribune au « Monde », les réticences de la Banque centrale européenne à emboîter le pas à ses homologues anglo-saxons, sur la fin de l’expansion monétaire.

 

Tribune. 

En décembre, les principales banques centrales ont annoncé qu’elles allaient mettre fin à leur politique de facilité monétaire. Seule exception, la Banque centrale européenne (BCE) qui n’envisage pas d’augmenter les taux d’intérêt en 2022, et ceci malgré le risque inflationniste.

La Réserve fédérale américaine (Fed) prévoit de relever son taux directeur à trois reprises cette année, tandis que la Banque d’Angleterre a déjà augmenté son principal taux directeur de 15 points de base. Pour rester fidèle à sa promesse de ne pas augmenter ses taux avant d’avoir redressé son bilan, la Fed va par ailleurs accélérer la réduction progressive de ses achats d’actifs.

Pour autant, la BCE est-elle laxiste face à l’inflation ? Le plus grand tabloïd allemand, Bild, a-t-il raison de se moquer de Christine Lagarde, la présidente de la BCE, en la surnommant « Madame inflation » ?

Non, trois fois non ! Bild reflète l’opinion allemande traditionnelle selon laquelle la BCE doit se préoccuper quasi exclusivement de l’inflation, mais ce point de vue est totalement dépassé dans l’Europe de 2022.

Mme Lagarde sait que l’arrêt des mesures de relance monétaire après une crise est une opération délicate. En faisant grimper le coût du crédit et en étouffant la reprise des pays membres surendettés comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce, une hausse trop rapide des taux d’intérêt pourrait entraîner l’éclatement de la zone euro. Les économistes parlent de « risque de fragmentation ». Cette fragmentation est un problème chronique pour la zone euro car, contrairement à la Fed et à la Banque d’Angleterre, toutes deux soutenues par une autorité budgétaire unique, la BCE fonctionne avec dix-neuf autorités budgétaires indépendantes.

C’est peut-être ce à quoi pensait Christine Lagarde lors de sa conférence de presse de décembre 2021, quand elle a expliqué qu’il fallait avancer graduellement vers une politique monétaire plus resserrée pour éviter une « transition brutale ».

Il n’est pas surprenant que cette déclaration ait provoqué une réponse glaciale du président sortant de la Bundesbank, Jens Weidmann, partisan résolu de l’orthodoxie budgétaire. Le nouveau ministre allemand des finances, Christian Lindner, penche dans le même sens. Il estime que la sensibilité de la BCE au coût des prêts aux pays membres surendettés pourrait la conduire à une lenteur excessive pour mettre fin aux mesures de relance.

D’une certaine manière, M. Lindner a raison. La présidente de la BCE n’est pas pressée de resserrer la politique monétaire, car elle tient à préserver l’intégrité de l’union monétaire lors de la réduction des mesures de relance. Comme un médecin consciencieux, elle ne veut pas précipiter le sevrage d’un toxicomane accroché à un produit fortement addictif. Il ne faut pas s’y tromper, les mesures de relance de la BCE ont eu un effet majeur sur l’économie européenne – au point qu’elle en est devenue dépendante.

 

Inflation: La question du pouvoir d’achat devient prioritaire

Inflation: La question du pouvoir d’achat devient prioritaire

 

Un papier des « Echos » souligne le sujet particulièrement brûlant du rapport entre l’inflation et les salaires.

En décembre, elle a atteint un niveau très élevé de 2,8 % en glissement annuel, selon les estimations provisoires de l’Insee. Le sujet prenant une tournure politique, la commission des Finances du Sénat a décidé de se pencher sur « les perspectives et les conséquences à moyen terme » du phénomène en auditionnant mercredi les économistes.

Selon eux, le phénomène est parti pour durer encore plusieurs mois. « Après une évolution des prix de 0,9 % par an sur la période 2015-2020, nous prévoyons que l’inflation se maintiendrait au-dessus de 2,5 % à horizon de la mi 2022 », a indiqué le directeur général de l’Insee Jean-Luc Tavernier. Charles-Henri Colombier chez Rexecode a estimé, lui, qu’il fallait réévaluer les prévisions réalisées à la fin de l’an dernier. « En décembre, nous anticipions une inflation un peu supérieure à 2,5 % en 2022. Aujourd’hui, on ne serait pas loin de 3 % », a-t-il indiqué.

Dans ce concert, la Banque de France a de nouveau fait entendre une voix un peu différente. L’institution monétaire table toujours sur le scénario d’une « bosse » de l’inflation suivie d’un recul lui permettant de revenir sous les 2 %, en données harmonisées, – un indicateur différent de celui de l’Insee -, d’ici à la fin de l’année (contre 3,4 % en décembre 2021).

L’année passée, c’est d’abord la flambée des cours de l’énergie qui avait nourri la hausse des prix. Se sont ajoutées l’envolée des coûts du transport, les pénuries et les désorganisations des chaînes de production qui ont suivi.

En 2022, tout va encore dépendre des soubresauts de la pandémie. Pour autant, « le consensus global est que ce choc d’offre devrait se résorber, probablement au premier semestre », a relevé Christophe Blot, directeur adjoint de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Au cours des prochains mois, l’inflation devrait plutôt être portée par la hausse des prix des biens manufacturés et alimentaires, selon Jean-Luc Tavernier. Et pour cause : les prix de production dans l’industrie ont bondi de 16 % sur un an en novembre 2021, et les prix agricoles à la production se sont eux aussi envolés.

Désormais les entreprises sont de plus en plus nombreuses à vouloir répercuter sur le consommateur les augmentations de coûts subies. Cette situation risque d’attiser les revendications salariales. D’ores et déjà la Banque de France anticipe une hausse annuelle de l’ordre de 3 % des salaires, contre 2 % avant la crise sanitaire.

Le pouvoir d’achat, priorité des Français

Face aux poussées inflationnistes resurgit la question du pouvoir d’achat des ménages , touchés au portefeuille par l’augmentation des dépenses contraintes (énergie, alimentation etc.). Sur ce sujet politiquement très sensible, les projections de Rexecode sont pessimistes : « Le pouvoir d’achat par ménage devrait se dégrader en 2022 et 2023 », a prévenu Charles-Henri Colombier. L’Insee anticipe aussi un repli au premier semestre. La banque centrale n’est toutefois pas sur la même ligne et s’attend à une progression cette année (+ 0,6 % prévu), mais moindre qu’en 2021 (+1,7 %).

Le pouvoir d’achat s’impose comme la première préoccupation des Français dans la campagne présidentielle. L’exécutif a pris les devants en dégainant une série de mesures pour contrer les effets de l’envolée des cours de l’énergie. Tous les candidats affûtent leurs propositions pour répondre aux inquiétudes des électeurs.

Inflation et Pouvoir d’achat : prochain sujet prioritaire et brûlant

Inflation et Pouvoir d’achat : prochain sujet prioritaire et brûlant

 

Un papier des échos souligne le sujet particulièrement brûlant du rapport entre l’inflation et les salaires.

En décembre, elle a atteint un niveau très élevé de 2,8 % en glissement annuel, selon les estimations provisoires de l’Insee. Le sujet prenant une tournure politique, la commission des Finances du Sénat a décidé de se pencher sur « les perspectives et les conséquences à moyen terme » du phénomène en auditionnant mercredi les économistes.

Selon eux, le phénomène est parti pour durer encore plusieurs mois. « Après une évolution des prix de 0,9 % par an sur la période 2015-2020, nous prévoyons que l’inflation se maintiendrait au-dessus de 2,5 % à horizon de la mi 2022 », a indiqué le directeur général de l’Insee Jean-Luc Tavernier. Charles-Henri Colombier chez Rexecode a estimé, lui, qu’il fallait réévaluer les prévisions réalisées à la fin de l’an dernier. « En décembre, nous anticipions une inflation un peu supérieure à 2,5 % en 2022. Aujourd’hui, on ne serait pas loin de 3 % », a-t-il indiqué.

Dans ce concert, la Banque de France a de nouveau fait entendre une voix un peu différente. L’institution monétaire table toujours sur le scénario d’une « bosse » de l’inflation suivie d’un recul lui permettant de revenir sous les 2 %, en données harmonisées, – un indicateur différent de celui de l’Insee -, d’ici à la fin de l’année (contre 3,4 % en décembre 2021).

L’année passée, c’est d’abord la flambée des cours de l’énergie qui avait nourri la hausse des prix. Se sont ajoutées l’envolée des coûts du transport, les pénuries et les désorganisations des chaînes de production qui ont suivi.

En 2022, tout va encore dépendre des soubresauts de la pandémie. Pour autant, « le consensus global est que ce choc d’offre devrait se résorber, probablement au premier semestre », a relevé Christophe Blot, directeur adjoint de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Au cours des prochains mois, l’inflation devrait plutôt être portée par la hausse des prix des biens manufacturés et alimentaires, selon Jean-Luc Tavernier. Et pour cause : les prix de production dans l’industrie ont bondi de 16 % sur un an en novembre 2021, et les prix agricoles à la production se sont eux aussi envolés.

Désormais les entreprises sont de plus en plus nombreuses à vouloir répercuter sur le consommateur les augmentations de coûts subies. Cette situation risque d’attiser les revendications salariales. D’ores et déjà la Banque de France anticipe une hausse annuelle de l’ordre de 3 % des salaires, contre 2 % avant la crise sanitaire.

Le pouvoir d’achat, priorité des Français

Face aux poussées inflationnistes resurgit la question du pouvoir d’achat des ménages , touchés au portefeuille par l’augmentation des dépenses contraintes (énergie, alimentation etc.). Sur ce sujet politiquement très sensible, les projections de Rexecode sont pessimistes : « Le pouvoir d’achat par ménage devrait se dégrader en 2022 et 2023 », a prévenu Charles-Henri Colombier. L’Insee anticipe aussi un repli au premier semestre. La banque centrale n’est toutefois pas sur la même ligne et s’attend à une progression cette année (+ 0,6 % prévu), mais moindre qu’en 2021 (+1,7 %).

Le pouvoir d’achat s’impose comme la première préoccupation des Français dans la campagne présidentielle. L’exécutif a pris les devants en dégainant une série de mesures pour contrer les effets de l’envolée des cours de l’énergie. Tous les candidats affûtent leurs propositions pour répondre aux inquiétudes des électeurs.

Inflation: La peur de la BCE

Inflation: La peur de la BCE

 

Une membre du directoire de la Banque centrale européenne s’interroge sur une éventuelle action de l’institution du fait de la persistance future de prix élevés de l’énergie due à la hausse des taxes carbone prévue dans le Green Deal européen, note Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

 

Comme le disait justement l’humoriste Pierre Dac, les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. Les économistes, comme les météorologues, à qui l’on demande des prédictions, sont donc condamnés à se tromper régulièrement, ce qui n’est jamais agréable pour un scientifique. L’économie est un art de la rhétorique et du changement de pied, une pensée toujours en mouvement. 

Témoin les cogitations des banques centrales sur l’inflation. Face au dérapage actuel, doit-on refroidir l’économie en remontant les taux d’intérêt ? C’est l’option choisie par la Réserve fédérale américaine face à une inflation qui dépasse 6 % aux Etats-Unis. C’est également la question que se pose la Banque centrale européenne (BCE), elle aussi confrontée à une résurgence de la hausse des prix. Ceux-ci ont crû de 5 % en décembre 2021, portés par le choc énergétique des prix du gaz et de l’électricité.

Jusqu’à présent, l’institution de Francfort, qui a sauvé l’Europe de la récession durant la pandémie de Covid-19 en inondant les dix-neuf pays membres de la zone euro d’argent gratuit, n’entend pas changer de politique. Mais son inquiétude transpire de plus en plus.

Deux scénarios

L’économiste allemande Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, en a apporté la démonstration, samedi 8 janvier, dans une courte et brillante intervention à l’Association américaine d’économie. Selon elle, deux scénarios d’évolution des prix s’offrent à nous.

Le premier est une transmission classique de la hausse des prix de l’énergie aux autres secteurs de l’économie, conduisant à l’augmentation des salaires. Ce risque semble, à l’en croire, maîtrisé en Europe et l’on peut anticiper raisonnablement que les tensions sur le gaz et le pétrole devraient se relâcher.

Cependant, le deuxième scénario, qui prend de la vigueur, est celui d’un maintien de prix très élevés de l’énergie du fait des engagements européens en matière de lutte contre le changement climatique. La taxe carbone, dont l’extension est programmée dans le cadre du Green Deal de la Commission européenne, aurait un effet inflationniste certain, même si ces taxes ont un impact positif sur la croissance, « poussant la BCE à agir pour maintenir la stabilité des prix ». On ne peut pas être plus clair.

Economie-Inflation : le réveil de la BCE ?

Economie-Inflation : le réveil de la BCE ?

 

 

Pendant longtemps, la BCE a nié le caractère durable de l’envolée des prix. Pourtant une inflation pas du tout marginale puisqu’elle atteint de l’ordre de 5 % en moyenne dans l’union européenne. Cette inflation pour la BCE devait se caractériser par une pointe temporaire. Compte tenu de la persistance de la hausse des prix la BCE a bien été obligée d’admettre que cet inflation pourrait durer au moins deux ans. En cause notamment la hausse des matières premières, de l’énergie sans parler des difficultés logistiques voir même des tensions sur le marché du travail.

Il y a quelques jours la banque centrale américaine a laissé entendre qu’elle pourrait agir plus vite que prévu pour appliquer l’augmentation prévue d’un quart de point  à trois reprises successives pour les taux d’intérêt en 2022.

On voit mal comment la BCE pourrait se tenir à l’écart de ce relèvement des taux d’intérêt d’autant que les taux longs par exemple sont déjà sur une tendance montante. La flambée des prix de l’énergie pourrait donc amener la Banque centrale européenne (BCE) à cesser de « regarder » une inflation élevée et à commencer à agir, surtout si la transition écologique se révèle inflationniste, a déclaré samedi Isabel Schnabel, membre du conseil des gouverneurs de l’institution.

Il s’agit avec cette déclaration de préparer l’opinion à une remontée du coût de l’argent. Le problème est cependant de savoir si une hausse des taux d’intérêt sera susceptible ou non de peser sur le niveau d’inflation car tout va dépendre aussi de l’équilibre offre demande. En fonction de cet équilibre rien ne dit qu’une hausse des taux d’intérêt n’aura pas  l’effet inverse sur la régulation de l’inflation.

Ce qui est en jeu également c’est  le bouclages prix revenus. En effet avec la hausse des prix les revenus du travail et l’épargne ont été de fait dévalués d’autant. Un réajustement devra aussi s’opérer mais là aussi tout dépend de l’équilibre qui sera trouvé pour éviter la fuite en avant.

Inflation : le réveil de la BCE ?

Inflation : le réveil de la BCE ?

 

 

Pendant longtemps la BCE a nié le caractère durable de l’envolée des prix. Pourtant une inflation pas du tout marginale puisqu’elle atteint de l’ordre de 5 % en moyenne dans l’union européenne. Cette inflation pour la BCE devait se caractériser par une pointe temporaire. Compte tenu de la persistance de la hausse des prix la BCE a bien été obligée d’admettre que cet inflation pourrait durer au moins deux ans. En cause notamment la hausse des matières premières, de l’énergie sans parler des difficultés logistiques voir même des tensions sur le marché du travail.

Il y a quelques jours la banque centrale américaine a laissé entendre qu’elle pourrait agir plus vite que prévu pour appliquer l’augmentation prévue d’un quart de point  à trois reprises successives pour les taux d’intérêt en 2022.

On voit mal comment la BCE pourrait se tenir à l’écart de ce relèvement des taux d’intérêt d’autant que les taux longs par exemple sont déjà sur une tendance montante. La flambée des prix de l’énergie pourrait donc amener la Banque centrale européenne (BCE) à cesser de « regarder » une inflation élevée et à commencer à agir, surtout si la transition écologique se révèle inflationniste, a déclaré samedi Isabel Schnabel, membre du conseil des gouverneurs de l’institution.

Il s’agit avec cette déclaration de préparer l’opinion à une remontée du coût de l’argent. Le problème est cependant de savoir si une hausse des taux d’intérêt sera susceptible ou non de peser sur le niveau d’inflation car tout va dépendre aussi de l’équilibre offre demande. En fonction de cet équilibre rien ne dit qu’une hausse des taux d’intérêt n’aura pas  l’effet inverse sur la régulation de l’inflation.

Ce qui est en jeu également c’est  le bouclages prix revenus. En effet avec la hausse des prix les revenus du travail et l’épargne ont été de fait dévalués d’autant. Un réajustement devra aussi s’opérer mais là aussi tout dépend de l’équilibre qui sera trouvé pour éviter la fuite en avant.

Économie-finances –Une inflation durable ?

Économie-finances –Une inflation durable  ?

Pour répondre, il faut en comprendre les causes et analyser la façon dont les banques centrales et les gouvernements réagissent. Par Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School, et Charaf Louhmadi, ingénieur économètre chez Natixis, auteur de « Fragments d’histoire des crises financières » et « Voyage au pays des nombres premiers » (éd. Connaissances et Savoirs). ( dans la Tribune)

Un document intéressant qui reprend des facteurs explicatifs de la hausse des prix et de l’inflation mais finalement peu éclairant sur l’avenir . Dommage car c’est un aspect essentiel de l’avenir économique puisque la hausse des prix aura atteint de l’ordre de 2,8 % en 2021 en France et 6,8 % sur un an en novembre aux États-Unis. Des envolées qui vont contraindre les banques centrales à réajuster plutôt que prévu les taux d’intérêt Surtout si la pandémie continue à amplifier le phénomène inflationniste. NDLR

 

 

L’inflation est de nouveau au centre des préoccupations économiques. Elle s’accélère et se généralise, mais à des degrés divers selon les pays. Le taux d’inflation outre-Atlantique a atteint un record historique aux Etats-Unis en octobre dernier, plus de 6,2% sur un an glissant, du jamais vu depuis les années 1990. En mars 2020, le glissement annuel était en-deçà de 0,5%. L’inflation a donc été multipliée par 11,5 en l’espace d’un an et demi. De fait, le président des Etats-Unis, Joe Biden, a réagi en soulignant qu’il s’agissait là d’une inflation inquiétante, nocive et génératrice d’érosion en ce qui concerne le pouvoir d’achat.

La hausse inflationniste touche également l’Europe. En Allemagne, le taux d’inflation s’est accéléré pour atteindre 5,2% au mois de novembre dernier, une première depuis plus d’une trentaine d’années. L’Espagne est également concernée: 5,6% en novembre 2021 ; là encore, il s’agit d’un record non atteint depuis 1992. La Belgique n’est pas non plus insensible à ce mouvement, avec un taux d’inflation dépassant les 5,6%, un record depuis la crise de 2008. Quant à la France, elle a vu son taux d’inflation grimper de 2,8% au mois de novembre[1]. Le constat est donc général, la zone euro vient de connaître un taux d’inflation de 4,9%[2], une hausse jamais atteinte depuis plus de deux décennies.

Dès lors, plusieurs questions se posent. Quelles en sont les causes ? Cette inquiétante poussée inflationniste sera-t-elle durable ? Ce retour de l’inflation est-il propre à enrayer la reprise ? Enfin, comment réagissent les institutions centrales ? Autant d’interrogations qu’il convient d’envisager d’abord à l’aune de l’histoire.

Les leçons de l’histoire

Le 20e siècle a connu des périodes inflationnistes multiples, à différentes époques et sur des espaces géographiques variables. On pense naturellement aux conséquences catastrophiques des deux guerres mondiales. En France, par exemple, l’inflation a atteint des taux frôlant les 40% au sortir de la première guerre. A la fin de la seconde, elle y approchait les 60%. Seul le rétablissement de la paix a pu calmer ces deux phases d’hyperinflation. Visiblement, guerres et inflation vont de pair. C’est ainsi qu’au début du 19e siècle, lors des guerres napoléoniennes, se produisirent également des pics inflationnistes. Aux Etats-Unis, tout comme plus tard durant les deux grands conflits du 20e siècle, la guerre de Sécession du milieu du 19e siècle a donné lieu au même phénomène. Dans des proportions bien plus aiguës, l’Allemagne l’a connu également après sa défaite en 1918. Elle en sortit difficilement en instaurant une monnaie forte, en garantissant la stricte indépendance de sa banque centrale et en mettant en œuvre une politique d’austérité budgétaire.

Plus près de nous, les deux chocs pétroliers des années 1970 ont été générateurs d’inflation en Europe comme aux Etats-Unis. Nommé par le président Jimmy Carter en 1979 à la tête de la Fed, Paul Volcker mit alors en place une politique monétaire visant à contenir une inflation avoisinant les 13%. Il procéda à une hausse brutale des taux d’intérêt, le taux directeur passant de 11% à 20%. On peut dire que cette politique fut efficace sur le volet inflationniste : l’inflation, après s’être stabilisée autour des 3% en 1983, resta ainsi en dessous des 5% pendant plusieurs décennies. A contrario, les Etats-Unis connurent une récession dont un des facteurs fut cette hausse discontinue des taux d’intérêts. Raison pour laquelle, Jimmy Carter, candidat démocrate à sa propre réélection en 1980, échoua face au candidat républicain, Ronald Reagan.

La montée des prix de l’énergie, principal moteur inflationniste

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, selon l’organisme « Energy Information Administration », les prix des carburants ont augmenté de manière considérable, d’environ 35% depuis le début de la pandémie. Cela s’explique essentiellement par l’évolution des cours du pétrole brut qui a connu une hausse significative en 2021. Le Brent (référence pour l’Europe) a ainsi dépassé au mois d’octobre les 86 dollars, frôlant son maximum sur 5 ans. Particulièrement volatile au cours de l’année 2020, le WTI (référence pour l’Amérique) a lui aussi atteint son maximum historique sur 5 ans, en culminant à plus de 85 dollars également en octobre dernier. Notons toutefois d’abord une détente des cours du Brent et du WTI le mois suivant, avec des prix avoisinant 70 dollars, puis un rebond en décembre, quand le Brent semblait converger à nouveau vers le seuil des 80 dollars.

Les prix mondiaux du gaz naturel sont également très tendus à cause d’un déséquilibre entre l’offre et la demande, notamment en Europe où les stocks sont bas. La relance de l’économie mondiale vient également booster les hausses des prix des matières premières énergétiques. Le gaz naturel et le gaz naturel liquéfié (méthane liquide à une température en dessous de -161 degrés) sont notamment assujettis à une forte demande asiatique. Autorité administrative et indépendante, la Commission française de régulation de l’énergie pointe du doigt l’incapacité de la Russie et de la Norvège, les deux principaux fournisseurs de gaz naturel en Europe, à augmenter leurs livraisons.

Pour certains pays européens, cette importation de gaz est d’autant plus vitale qu’ils produisent de l’électricité essentiellement à partir des énergies fossiles. C’est le cas de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie. Toute tension sur les prix du gaz se traduit systématiquement, sauf subvention de ces Etats, par une hausse des factures d’électricité des ménages. Bien qu’elle produise grâce à son parc nucléaire une électricité décarbonée, la France est confrontée aux mêmes difficultés. Non seulement, elle importe la quasi-totalité de son gaz naturel mais elle est aussi touchée par le mécanisme européen de fixation des prix. C’est pourquoi, à maintes reprises, Bruno Le Maire a critiqué cette législation européenne qu’il qualifie d’obsolète. En outre, le risque d’une panne nucléaire impactant la production d’électricité n’est pas nul, si l’on en croit l’arrêt des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux en décembre.

Il existe donc une corrélation réelle entre l’inflation et les tensions sur les marchés énergétiques. Ainsi les automobilistes sont-ils impactés, les prix de l’essence et du gasoil ayant augmenté de plus de 15% entre janvier et octobre 2021. Le Premier ministre, Jean Castex, évoque une situation « conjoncturelle » à laquelle il réagit en limitant, par le jeu de la fiscalité afférente, la hausse des prix de l’électricité à 4% au lieu de 12% jusqu’à début 2023. Il a annoncé, en outre, une immobilisation du prix du gaz jusqu’en mai 2022. Ensuite, les hausses reprendront mais lissées sur les 12 mois suivant ce gel des prix. Le gouvernement a également pris une mesure sociale consistant au versement d’un chèque de 100 euros aux 6 millions de ménages les plus modestes.

Chez nos voisins européens, les gouvernements réagissent également à la crise inflationniste. En Espagne, le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, a pour sa part réformé la fiscalité afin de diminuer les factures de l’électricité. En Italie, le Premier ministre, Mario Draghi, ancien gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), a débloqué 3 milliards d’euros portant principalement sur le volet énergétique.

Du côté des Etats-Unis, le président Joe Biden a pointé du doigt les bénéfices record des géants pétroliers. En outre, d’après le Wall Street Journal, des extractions conséquentes seront opérées dans la « Strategic Petroleum Reserve ». On parle de plusieurs dizaines de millions de barils, ce qui devrait augmenter l’offre et faire baisser les prix. La Chine, l’Inde et le Japon ont également annoncé puiser dans leurs réserves stratégiques  pour produire plus. En outre, les pays de l’Opep+ ont indiqué qu’ils allaient ajuster à la hausse leur production pétrolière, et ce, malgré la menace et l’incertitude engendrées par le nouveau variant Omicron.

Divergences stratégiques entre la FED et la BCE

Les banques centrales disposent de leviers d’action pour contrer la hausse des prix. Une hausse des taux directeurs permet ainsi une diminution de la valorisation des actifs et donc de l’inflation. Une baisse des achats d’actifs permet également de ne pas exercer de pression sur l’offre et donc de contrer la hausse des prix.

La réserve fédérale (FED) a annoncé mercredi 15 décembre une série de trois hausses des taux directeurs pour l’année 2022. Les prévisions des taux directeurs américains seront à 0,9% à la fin 2022 versus à peine 0,4%. L’institution, dirigée par Jerome Powell, juge que l’inflation est menaçante et qu’il faut donc l’endiguer rapidement. Si l’on se fie à la récente prévision trimestrielle, le calendrier de ces hausses sera corrélé à l’évolution des niveaux du taux de chômage américain. La FED a également annoncé des hausses progressives dans les années à venir et à long terme des taux d’intérêt. De surcroît, la banque centrale américaine indique mettre fin à son programme d’achats obligataires à la fin du premier trimestre 2022.

En revanche, la BCE maintient ses niveaux de taux directeurs qui, rappelons-le, sont historiquement bas. Malgré l’émergence du variant Omicron et la flambée des nouveaux cas de contamination, Christine Lagarde estime que l’inflation est passagère et que celle-ci renouera avec un niveau inférieur à 2% à horizon 2023. La BCE prévoit également d’arrêter les programmes d’achats de dettes à mars 2022, c’est-à-dire ceux lancés dans le cadre du plan de sauvetage de l’économie européenne contre la crise pandémique. A l’automne 2021, les achats de la BCE étaient valorisés à hauteur de 1.500 milliards d’euros pour un objectif cible de 1.850 milliards d’euros. Si de telles mesures ont vocation à faire baisser les prix des actifs, elles pourraient néanmoins avoir pour conséquence une hausse progressive des taux. Le différentiel de vitesse de ces deux processus présenterait alors le risque de générer des pertes pour les organismes bancaires. Une hausse des taux plus lente qu’une dépréciation plus rapide des actifs générerait des pertes potentielles pour celles-ci.

Claudia Buch, la vice-présidente de la Banque Fédérale d’Allemagne, souligne de son côté que les mesures de relance adoptées en 2020 ne pourront être envisagées à nouveau en cas de rechute de l’économie européenne, scénario possible avec l’émergence du très contagieux variant Omicron.

La composante maritime de l’inflation

Le secteur maritime participe de la flambée des prix. Le prix de location du conteneur a quadruplé entre début 2020 et fin 2021. La « boite » se loue désormais en moyenne à plus de 9.200 dollars. Raison pour laquelle, les leaders mondiaux du commerce maritime renforcent leur flotte. Le mastodonte danois A.P. Moeller-Maersk a, par exemple, acté l’acquisition en novembre 2021 de l’entreprise allemande Senator International, pour plus de 644 millions de dollars. Le géant français CMA CGM, numéro trois mondial du transport maritime, booste également sa flotte avec plus de 800.000 conteneurs additionnels.

Naturellement, ces tensions sur les prix du commerce maritime se traduisent par une hausse significative des prix des produits transportés. Le secteur textile est ainsi particulièrement touché, les prix de la laine et du coton ayant par exemple grimpé de plus de 40% en l’espace d’un an.

Cette « inflation maritime » est expliquée principalement par deux facteurs. Le premier provient de la relance aiguë de l’économie mondiale après une année 2020 chaotique, une période durant laquelle l’économie chinoise, pionnière dans le secteur du transport maritime, a été momentanément paralysée à cause des mesures restrictives du confinement. Au premier semestre 2020, des pics advinrent où plus de 12% de la flotte maritime mondiale était à l’arrêt. Or, dès le troisième trimestre, il y eut un véritable rebond. En octobre, moins d’1% de la flotte mondiale était encore à l’arrêt. La relance économique a été fulgurante, générant de la sorte un déséquilibre systémique entre l’offre et la demande. La pénurie des conteneurs, on l’a évoquée, constituait le second facteur. Elle s’explique par une demande excédentaire, particulièrement juteuse pour les leaders mondiaux du commerce maritime.

Y a-t-il corrélation entre inégalité vaccinale et inflation ?

L’inégalité vaccinale est un fait. Les statistiques le montrent. Au mois d’août 2021, 80% des quatre milliards de doses avaient été utilisées par les seuls pays à forts ou moyens revenus. En Afrique, au 30 septembre 2021, seuls 15 pays sur 54 dépassaient le seuil des 10% de personnes vaccinées. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en tire la conclusion que l’inégalité vaccinale justifie l’étalement dans le temps de la pandémie.

L’inégalité vaccinale freine par ailleurs l’offre mondiale, particulièrement l’offre asiatique. Or, l’Asie est en retard par rapport aux pays occidentaux sur le plan de la vaccination. Et, au sein de ce même continent, où l’on produit une partie importante des marchandises importées à l’échelle mondiale, il existe une réelle inégalité vaccinale selon les pays. Ces mêmes inégalités vaccinales contribuent au ralentissement de l’offre face à une demande en progrès dans de nombreux secteurs, cela contribue de manière implicite à favoriser l’inflation.C’est la raison pour laquelle Laurence Boone, cheffe économiste à l’OCDE, explique que pour ralentir l’inflation, il faut continuer à vacciner.

Prêts aux entreprises (PGE) : des délais rallongés pour le remboursement

Prêts aux entreprises (PGE) : des délais rallongés pour le remboursement

le gouvernement s’apprête à rallonger encore les délais de remboursement des prêts aux entreprises. Une mesure qui s’ajoute à la prolongation d’autres visant à faire face aux conséquences de la pandémie sur certaines activités. Le  ministre de l’Économie Bruno Le Maire a détaillé les nouvelles modalités pour les prêts garantis par l’État dans un entretien accordé à RTL ce mardi.

A partir du mois de mars, les entreprises auront désormais la possibilité de décaler le premier remboursement de ce prêt contracté au début de la crise et d’étaler leurs paiements sur dix ans, a annoncé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, mardi 4 janvier.

Ces deux nouvelles mesures s’adressent aux « quelques milliers d’entreprises (…) qui voient arriver l’échéance du printemps prochain en se disant : Je ne vais pas arriver à rembourser »a expliqué le ministre au micro de RTL.Selon lui, « 25 à 30 000 » très petites entreprises, souvent des commerçants, artisans ou restaurateurs, sont ainsi concernées. « Nous allons les aider, a assuré Bruno Le Maire. Le prêt garanti par l’Etat, qui a sauvé des dizaines de milliers d’entreprises, ne doit pas les couler au moment de leur remboursement. »

La Confédération des petites et moyennes entreprises, qui réclamait « depuis plus d’un an » l’allongement de la durée de remboursement, s’est dite « soulagée », alors qu’un certain nombre d’entrepreneurs appréhendaient les échéances de remboursement du PGE, « qui viennent se cumuler avec les remboursements de reports de charges sociales et fiscales ».

« Il est néanmoins important que cette faculté soit ouverte à toutes les entreprises, indépendamment de leur taille ou de leur secteur d’activité »a déclaré l’organisation dans un communiqué.

Quelque 697 000 entreprises ont contracté un PGE depuis mars 2020, pour un encours total de 143 milliards d’euros. Selon la Fédération bancaire française, la situation est « rassurante pour la plupart des entreprises y ayant souscrit : la moitié a déjà commencé à rembourser depuis l’été 2021, sans difficulté ».

Par ailleurs, le dispositif d’avances remboursables et de prêts bonifiés à destination des PME et entreprises de taille intermédiaire en difficulté qui n’ont pu obtenir de PGE ou ont un PGE insuffisant, a lui été prorogé de six mois, jusqu’au 30 juin 2022, selon un décret publié le 31 décembre au Journal officiel.

Économie–Une inflation durable ?

Économie–Une inflation durable  ?

Pour répondre, il faut en comprendre les causes et analyser la façon dont les banques centrales et les gouvernements réagissent. Par Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School, et Charaf Louhmadi, ingénieur économètre chez Natixis, auteur de « Fragments d’histoire des crises financières » et « Voyage au pays des nombres premiers » (éd. Connaissances et Savoirs). ( dans la Tribune)

Un document intéressant qui reprend des facteurs explicatifs de la hausse des prix et de l’inflation mais finalement peu éclairant sur l’avenir NDLR

 

 

L’inflation est de nouveau au centre des préoccupations économiques. Elle s’accélère et se généralise, mais à des degrés divers selon les pays. Le taux d’inflation outre-Atlantique a atteint un record historique aux Etats-Unis en octobre dernier, plus de 6,2% sur un an glissant, du jamais vu depuis les années 1990. En mars 2020, le glissement annuel était en-deçà de 0,5%. L’inflation a donc été multipliée par 11,5 en l’espace d’un an et demi. De fait, le président des Etats-Unis, Joe Biden, a réagi en soulignant qu’il s’agissait là d’une inflation inquiétante, nocive et génératrice d’érosion en ce qui concerne le pouvoir d’achat.

La hausse inflationniste touche également l’Europe. En Allemagne, le taux d’inflation s’est accéléré pour atteindre 5,2% au mois de novembre dernier, une première depuis plus d’une trentaine d’années. L’Espagne est également concernée: 5,6% en novembre 2021 ; là encore, il s’agit d’un record non atteint depuis 1992. La Belgique n’est pas non plus insensible à ce mouvement, avec un taux d’inflation dépassant les 5,6%, un record depuis la crise de 2008. Quant à la France, elle a vu son taux d’inflation grimper de 2,8% au mois de novembre[1]. Le constat est donc général, la zone euro vient de connaître un taux d’inflation de 4,9%[2], une hausse jamais atteinte depuis plus de deux décennies.

Dès lors, plusieurs questions se posent. Quelles en sont les causes ? Cette inquiétante poussée inflationniste sera-t-elle durable ? Ce retour de l’inflation est-il propre à enrayer la reprise ? Enfin, comment réagissent les institutions centrales ? Autant d’interrogations qu’il convient d’envisager d’abord à l’aune de l’histoire.

Les leçons de l’histoire

Le 20e siècle a connu des périodes inflationnistes multiples, à différentes époques et sur des espaces géographiques variables. On pense naturellement aux conséquences catastrophiques des deux guerres mondiales. En France, par exemple, l’inflation a atteint des taux frôlant les 40% au sortir de la première guerre. A la fin de la seconde, elle y approchait les 60%. Seul le rétablissement de la paix a pu calmer ces deux phases d’hyperinflation. Visiblement, guerres et inflation vont de pair. C’est ainsi qu’au début du 19e siècle, lors des guerres napoléoniennes, se produisirent également des pics inflationnistes. Aux Etats-Unis, tout comme plus tard durant les deux grands conflits du 20e siècle, la guerre de Sécession du milieu du 19e siècle a donné lieu au même phénomène. Dans des proportions bien plus aiguës, l’Allemagne l’a connu également après sa défaite en 1918. Elle en sortit difficilement en instaurant une monnaie forte, en garantissant la stricte indépendance de sa banque centrale et en mettant en œuvre une politique d’austérité budgétaire.

Plus près de nous, les deux chocs pétroliers des années 1970 ont été générateurs d’inflation en Europe comme aux Etats-Unis. Nommé par le président Jimmy Carter en 1979 à la tête de la Fed, Paul Volcker mit alors en place une politique monétaire visant à contenir une inflation avoisinant les 13%. Il procéda à une hausse brutale des taux d’intérêt, le taux directeur passant de 11% à 20%. On peut dire que cette politique fut efficace sur le volet inflationniste : l’inflation, après s’être stabilisée autour des 3% en 1983, resta ainsi en dessous des 5% pendant plusieurs décennies. A contrario, les Etats-Unis connurent une récession dont un des facteurs fut cette hausse discontinue des taux d’intérêts. Raison pour laquelle, Jimmy Carter, candidat démocrate à sa propre réélection en 1980, échoua face au candidat républicain, Ronald Reagan.

La montée des prix de l’énergie, principal moteur inflationniste

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, selon l’organisme « Energy Information Administration », les prix des carburants ont augmenté de manière considérable, d’environ 35% depuis le début de la pandémie. Cela s’explique essentiellement par l’évolution des cours du pétrole brut qui a connu une hausse significative en 2021. Le Brent (référence pour l’Europe) a ainsi dépassé au mois d’octobre les 86 dollars, frôlant son maximum sur 5 ans. Particulièrement volatile au cours de l’année 2020, le WTI (référence pour l’Amérique) a lui aussi atteint son maximum historique sur 5 ans, en culminant à plus de 85 dollars également en octobre dernier. Notons toutefois d’abord une détente des cours du Brent et du WTI le mois suivant, avec des prix avoisinant 70 dollars, puis un rebond en décembre, quand le Brent semblait converger à nouveau vers le seuil des 80 dollars.

Les prix mondiaux du gaz naturel sont également très tendus à cause d’un déséquilibre entre l’offre et la demande, notamment en Europe où les stocks sont bas. La relance de l’économie mondiale vient également booster les hausses des prix des matières premières énergétiques. Le gaz naturel et le gaz naturel liquéfié (méthane liquide à une température en dessous de -161 degrés) sont notamment assujettis à une forte demande asiatique. Autorité administrative et indépendante, la Commission française de régulation de l’énergie pointe du doigt l’incapacité de la Russie et de la Norvège, les deux principaux fournisseurs de gaz naturel en Europe, à augmenter leurs livraisons.

Pour certains pays européens, cette importation de gaz est d’autant plus vitale qu’ils produisent de l’électricité essentiellement à partir des énergies fossiles. C’est le cas de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie. Toute tension sur les prix du gaz se traduit systématiquement, sauf subvention de ces Etats, par une hausse des factures d’électricité des ménages. Bien qu’elle produise grâce à son parc nucléaire une électricité décarbonée, la France est confrontée aux mêmes difficultés. Non seulement, elle importe la quasi-totalité de son gaz naturel mais elle est aussi touchée par le mécanisme européen de fixation des prix. C’est pourquoi, à maintes reprises, Bruno Le Maire a critiqué cette législation européenne qu’il qualifie d’obsolète. En outre, le risque d’une panne nucléaire impactant la production d’électricité n’est pas nul, si l’on en croit l’arrêt des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux en décembre.

Il existe donc une corrélation réelle entre l’inflation et les tensions sur les marchés énergétiques. Ainsi les automobilistes sont-ils impactés, les prix de l’essence et du gasoil ayant augmenté de plus de 15% entre janvier et octobre 2021. Le Premier ministre, Jean Castex, évoque une situation « conjoncturelle » à laquelle il réagit en limitant, par le jeu de la fiscalité afférente, la hausse des prix de l’électricité à 4% au lieu de 12% jusqu’à début 2023. Il a annoncé, en outre, une immobilisation du prix du gaz jusqu’en mai 2022. Ensuite, les hausses reprendront mais lissées sur les 12 mois suivant ce gel des prix. Le gouvernement a également pris une mesure sociale consistant au versement d’un chèque de 100 euros aux 6 millions de ménages les plus modestes.

Chez nos voisins européens, les gouvernements réagissent également à la crise inflationniste. En Espagne, le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, a pour sa part réformé la fiscalité afin de diminuer les factures de l’électricité. En Italie, le Premier ministre, Mario Draghi, ancien gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), a débloqué 3 milliards d’euros portant principalement sur le volet énergétique.

Du côté des Etats-Unis, le président Joe Biden a pointé du doigt les bénéfices record des géants pétroliers. En outre, d’après le Wall Street Journal, des extractions conséquentes seront opérées dans la « Strategic Petroleum Reserve ». On parle de plusieurs dizaines de millions de barils, ce qui devrait augmenter l’offre et faire baisser les prix. La Chine, l’Inde et le Japon ont également annoncé puiser dans leurs réserves stratégiques  pour produire plus. En outre, les pays de l’Opep+ ont indiqué qu’ils allaient ajuster à la hausse leur production pétrolière, et ce, malgré la menace et l’incertitude engendrées par le nouveau variant Omicron.

Divergences stratégiques entre la FED et la BCE

Les banques centrales disposent de leviers d’action pour contrer la hausse des prix. Une hausse des taux directeurs permet ainsi une diminution de la valorisation des actifs et donc de l’inflation. Une baisse des achats d’actifs permet également de ne pas exercer de pression sur l’offre et donc de contrer la hausse des prix.

La réserve fédérale (FED) a annoncé mercredi 15 décembre une série de trois hausses des taux directeurs pour l’année 2022. Les prévisions des taux directeurs américains seront à 0,9% à la fin 2022 versus à peine 0,4%. L’institution, dirigée par Jerome Powell, juge que l’inflation est menaçante et qu’il faut donc l’endiguer rapidement. Si l’on se fie à la récente prévision trimestrielle, le calendrier de ces hausses sera corrélé à l’évolution des niveaux du taux de chômage américain. La FED a également annoncé des hausses progressives dans les années à venir et à long terme des taux d’intérêt. De surcroît, la banque centrale américaine indique mettre fin à son programme d’achats obligataires à la fin du premier trimestre 2022.

En revanche, la BCE maintient ses niveaux de taux directeurs qui, rappelons-le, sont historiquement bas. Malgré l’émergence du variant Omicron et la flambée des nouveaux cas de contamination, Christine Lagarde estime que l’inflation est passagère et que celle-ci renouera avec un niveau inférieur à 2% à horizon 2023. La BCE prévoit également d’arrêter les programmes d’achats de dettes à mars 2022, c’est-à-dire ceux lancés dans le cadre du plan de sauvetage de l’économie européenne contre la crise pandémique. A l’automne 2021, les achats de la BCE étaient valorisés à hauteur de 1.500 milliards d’euros pour un objectif cible de 1.850 milliards d’euros. Si de telles mesures ont vocation à faire baisser les prix des actifs, elles pourraient néanmoins avoir pour conséquence une hausse progressive des taux. Le différentiel de vitesse de ces deux processus présenterait alors le risque de générer des pertes pour les organismes bancaires. Une hausse des taux plus lente qu’une dépréciation plus rapide des actifs générerait des pertes potentielles pour celles-ci.

Claudia Buch, la vice-présidente de la Banque Fédérale d’Allemagne, souligne de son côté que les mesures de relance adoptées en 2020 ne pourront être envisagées à nouveau en cas de rechute de l’économie européenne, scénario possible avec l’émergence du très contagieux variant Omicron.

La composante maritime de l’inflation

Le secteur maritime participe de la flambée des prix. Le prix de location du conteneur a quadruplé entre début 2020 et fin 2021. La « boite » se loue désormais en moyenne à plus de 9.200 dollars. Raison pour laquelle, les leaders mondiaux du commerce maritime renforcent leur flotte. Le mastodonte danois A.P. Moeller-Maersk a, par exemple, acté l’acquisition en novembre 2021 de l’entreprise allemande Senator International, pour plus de 644 millions de dollars. Le géant français CMA CGM, numéro trois mondial du transport maritime, booste également sa flotte avec plus de 800.000 conteneurs additionnels.

Naturellement, ces tensions sur les prix du commerce maritime se traduisent par une hausse significative des prix des produits transportés. Le secteur textile est ainsi particulièrement touché, les prix de la laine et du coton ayant par exemple grimpé de plus de 40% en l’espace d’un an.

Cette « inflation maritime » est expliquée principalement par deux facteurs. Le premier provient de la relance aiguë de l’économie mondiale après une année 2020 chaotique, une période durant laquelle l’économie chinoise, pionnière dans le secteur du transport maritime, a été momentanément paralysée à cause des mesures restrictives du confinement. Au premier semestre 2020, des pics advinrent où plus de 12% de la flotte maritime mondiale était à l’arrêt. Or, dès le troisième trimestre, il y eut un véritable rebond. En octobre, moins d’1% de la flotte mondiale était encore à l’arrêt. La relance économique a été fulgurante, générant de la sorte un déséquilibre systémique entre l’offre et la demande. La pénurie des conteneurs, on l’a évoquée, constituait le second facteur. Elle s’explique par une demande excédentaire, particulièrement juteuse pour les leaders mondiaux du commerce maritime.

Y a-t-il corrélation entre inégalité vaccinale et inflation ?

L’inégalité vaccinale est un fait. Les statistiques le montrent. Au mois d’août 2021, 80% des quatre milliards de doses avaient été utilisées par les seuls pays à forts ou moyens revenus. En Afrique, au 30 septembre 2021, seuls 15 pays sur 54 dépassaient le seuil des 10% de personnes vaccinées. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en tire la conclusion que l’inégalité vaccinale justifie l’étalement dans le temps de la pandémie.

L’inégalité vaccinale freine par ailleurs l’offre mondiale, particulièrement l’offre asiatique. Or, l’Asie est en retard par rapport aux pays occidentaux sur le plan de la vaccination. Et, au sein de ce même continent, où l’on produit une partie importante des marchandises importées à l’échelle mondiale, il existe une réelle inégalité vaccinale selon les pays. Ces mêmes inégalités vaccinales contribuent au ralentissement de l’offre face à une demande en progrès dans de nombreux secteurs, cela contribue de manière implicite à favoriser l’inflation.C’est la raison pour laquelle Laurence Boone, cheffe économiste à l’OCDE, explique que pour ralentir l’inflation, il faut continuer à vacciner.

Revenus : inflation + 2,8 % mais salaires et pensions plus 1 %

Revenus : inflation + 2,8 % mais salaires et pensions plus 1 %

 

Compte tenu de l’inflation, le salaire minimum va bénéficier d’une revalorisation automatique de 0,9% au début de l’année 2022. Le montant du Smic horaire brut va s’établir à 10,57 euros, soit 1603 euros mensuels sur une base de 35 heures.

Le salaire minimum avait déjà augmenté de 2,2% en octobre 2021, en réaction à l’augmentation de l’indice des prix.

Les pensions de retraite du régime général vont être revalorisées à hauteur de 1,1%.

Notons que pour l’épargne, on envisage éventuellement une augmentation du taux de rémunération du livret à de 0,75 %. !

Pas étonnant que dans les sondages  la première préoccupation 2022 et des élections présidentielles la question du pouvoir d’achat apparaisse sujet numéro un.

 

Le problème évidemment l’inflation, elle, va atteindre plus de, 8 % sur un an. Bref les revenus vont perdre presque 2 % de pouvoir d’achat. Par ailleurs il n’est pas prévu que cette hausse des prix diminue avant la fin 2022 . Il n’est même pas certain du tout qu’elle diminue car la pandémie pourrait accroître les difficultés du processus de production et de distribution.

Une inflation durable ?

Une inflation durable  ?

Pour répondre, il faut en comprendre les causes et analyser la façon dont les banques centrales et les gouvernements réagissent. Par Mariem Brahim, enseignante-chercheuse à Brest Business School, et Charaf Louhmadi, ingénieur économètre chez Natixis, auteur de « Fragments d’histoire des crises financières » et « Voyage au pays des nombres premiers » (éd. Connaissances et Savoirs). ( dans la Tribune)

Un document intéressant qui reprend des facteurs explicatifs de la hausse des prix et de l’inflation mais finalement peu éclairant sur l’avenir NDLR

 

 

L’inflation est de nouveau au centre des préoccupations économiques. Elle s’accélère et se généralise, mais à des degrés divers selon les pays. Le taux d’inflation outre-Atlantique a atteint un record historique aux Etats-Unis en octobre dernier, plus de 6,2% sur un an glissant, du jamais vu depuis les années 1990. En mars 2020, le glissement annuel était en-deçà de 0,5%. L’inflation a donc été multipliée par 11,5 en l’espace d’un an et demi. De fait, le président des Etats-Unis, Joe Biden, a réagi en soulignant qu’il s’agissait là d’une inflation inquiétante, nocive et génératrice d’érosion en ce qui concerne le pouvoir d’achat.

La hausse inflationniste touche également l’Europe. En Allemagne, le taux d’inflation s’est accéléré pour atteindre 5,2% au mois de novembre dernier, une première depuis plus d’une trentaine d’années. L’Espagne est également concernée: 5,6% en novembre 2021 ; là encore, il s’agit d’un record non atteint depuis 1992. La Belgique n’est pas non plus insensible à ce mouvement, avec un taux d’inflation dépassant les 5,6%, un record depuis la crise de 2008. Quant à la France, elle a vu son taux d’inflation grimper de 2,8% au mois de novembre[1]. Le constat est donc général, la zone euro vient de connaître un taux d’inflation de 4,9%[2], une hausse jamais atteinte depuis plus de deux décennies.

Dès lors, plusieurs questions se posent. Quelles en sont les causes ? Cette inquiétante poussée inflationniste sera-t-elle durable ? Ce retour de l’inflation est-il propre à enrayer la reprise ? Enfin, comment réagissent les institutions centrales ? Autant d’interrogations qu’il convient d’envisager d’abord à l’aune de l’histoire.

Les leçons de l’histoire

Le 20e siècle a connu des périodes inflationnistes multiples, à différentes époques et sur des espaces géographiques variables. On pense naturellement aux conséquences catastrophiques des deux guerres mondiales. En France, par exemple, l’inflation a atteint des taux frôlant les 40% au sortir de la première guerre. A la fin de la seconde, elle y approchait les 60%. Seul le rétablissement de la paix a pu calmer ces deux phases d’hyperinflation. Visiblement, guerres et inflation vont de pair. C’est ainsi qu’au début du 19e siècle, lors des guerres napoléoniennes, se produisirent également des pics inflationnistes. Aux Etats-Unis, tout comme plus tard durant les deux grands conflits du 20e siècle, la guerre de Sécession du milieu du 19e siècle a donné lieu au même phénomène. Dans des proportions bien plus aiguës, l’Allemagne l’a connu également après sa défaite en 1918. Elle en sortit difficilement en instaurant une monnaie forte, en garantissant la stricte indépendance de sa banque centrale et en mettant en œuvre une politique d’austérité budgétaire.

Plus près de nous, les deux chocs pétroliers des années 1970 ont été générateurs d’inflation en Europe comme aux Etats-Unis. Nommé par le président Jimmy Carter en 1979 à la tête de la Fed, Paul Volcker mit alors en place une politique monétaire visant à contenir une inflation avoisinant les 13%. Il procéda à une hausse brutale des taux d’intérêt, le taux directeur passant de 11% à 20%. On peut dire que cette politique fut efficace sur le volet inflationniste : l’inflation, après s’être stabilisée autour des 3% en 1983, resta ainsi en dessous des 5% pendant plusieurs décennies. A contrario, les Etats-Unis connurent une récession dont un des facteurs fut cette hausse discontinue des taux d’intérêts. Raison pour laquelle, Jimmy Carter, candidat démocrate à sa propre réélection en 1980, échoua face au candidat républicain, Ronald Reagan.

La montée des prix de l’énergie, principal moteur inflationniste

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, selon l’organisme « Energy Information Administration », les prix des carburants ont augmenté de manière considérable, d’environ 35% depuis le début de la pandémie. Cela s’explique essentiellement par l’évolution des cours du pétrole brut qui a connu une hausse significative en 2021. Le Brent (référence pour l’Europe) a ainsi dépassé au mois d’octobre les 86 dollars, frôlant son maximum sur 5 ans. Particulièrement volatile au cours de l’année 2020, le WTI (référence pour l’Amérique) a lui aussi atteint son maximum historique sur 5 ans, en culminant à plus de 85 dollars également en octobre dernier. Notons toutefois d’abord une détente des cours du Brent et du WTI le mois suivant, avec des prix avoisinant 70 dollars, puis un rebond en décembre, quand le Brent semblait converger à nouveau vers le seuil des 80 dollars.

Les prix mondiaux du gaz naturel sont également très tendus à cause d’un déséquilibre entre l’offre et la demande, notamment en Europe où les stocks sont bas. La relance de l’économie mondiale vient également booster les hausses des prix des matières premières énergétiques. Le gaz naturel et le gaz naturel liquéfié (méthane liquide à une température en dessous de -161 degrés) sont notamment assujettis à une forte demande asiatique. Autorité administrative et indépendante, la Commission française de régulation de l’énergie pointe du doigt l’incapacité de la Russie et de la Norvège, les deux principaux fournisseurs de gaz naturel en Europe, à augmenter leurs livraisons.

Pour certains pays européens, cette importation de gaz est d’autant plus vitale qu’ils produisent de l’électricité essentiellement à partir des énergies fossiles. C’est le cas de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie. Toute tension sur les prix du gaz se traduit systématiquement, sauf subvention de ces Etats, par une hausse des factures d’électricité des ménages. Bien qu’elle produise grâce à son parc nucléaire une électricité décarbonée, la France est confrontée aux mêmes difficultés. Non seulement, elle importe la quasi-totalité de son gaz naturel mais elle est aussi touchée par le mécanisme européen de fixation des prix. C’est pourquoi, à maintes reprises, Bruno Le Maire a critiqué cette législation européenne qu’il qualifie d’obsolète. En outre, le risque d’une panne nucléaire impactant la production d’électricité n’est pas nul, si l’on en croit l’arrêt des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux en décembre.

Il existe donc une corrélation réelle entre l’inflation et les tensions sur les marchés énergétiques. Ainsi les automobilistes sont-ils impactés, les prix de l’essence et du gasoil ayant augmenté de plus de 15% entre janvier et octobre 2021. Le Premier ministre, Jean Castex, évoque une situation « conjoncturelle » à laquelle il réagit en limitant, par le jeu de la fiscalité afférente, la hausse des prix de l’électricité à 4% au lieu de 12% jusqu’à début 2023. Il a annoncé, en outre, une immobilisation du prix du gaz jusqu’en mai 2022. Ensuite, les hausses reprendront mais lissées sur les 12 mois suivant ce gel des prix. Le gouvernement a également pris une mesure sociale consistant au versement d’un chèque de 100 euros aux 6 millions de ménages les plus modestes.

Chez nos voisins européens, les gouvernements réagissent également à la crise inflationniste. En Espagne, le Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez, a pour sa part réformé la fiscalité afin de diminuer les factures de l’électricité. En Italie, le Premier ministre, Mario Draghi, ancien gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), a débloqué 3 milliards d’euros portant principalement sur le volet énergétique.

Du côté des Etats-Unis, le président Joe Biden a pointé du doigt les bénéfices record des géants pétroliers. En outre, d’après le Wall Street Journal, des extractions conséquentes seront opérées dans la « Strategic Petroleum Reserve ». On parle de plusieurs dizaines de millions de barils, ce qui devrait augmenter l’offre et faire baisser les prix. La Chine, l’Inde et le Japon ont également annoncé puiser dans leurs réserves stratégiques  pour produire plus. En outre, les pays de l’Opep+ ont indiqué qu’ils allaient ajuster à la hausse leur production pétrolière, et ce, malgré la menace et l’incertitude engendrées par le nouveau variant Omicron.

Divergences stratégiques entre la FED et la BCE

Les banques centrales disposent de leviers d’action pour contrer la hausse des prix. Une hausse des taux directeurs permet ainsi une diminution de la valorisation des actifs et donc de l’inflation. Une baisse des achats d’actifs permet également de ne pas exercer de pression sur l’offre et donc de contrer la hausse des prix.

La réserve fédérale (FED) a annoncé mercredi 15 décembre une série de trois hausses des taux directeurs pour l’année 2022. Les prévisions des taux directeurs américains seront à 0,9% à la fin 2022 versus à peine 0,4%. L’institution, dirigée par Jerome Powell, juge que l’inflation est menaçante et qu’il faut donc l’endiguer rapidement. Si l’on se fie à la récente prévision trimestrielle, le calendrier de ces hausses sera corrélé à l’évolution des niveaux du taux de chômage américain. La FED a également annoncé des hausses progressives dans les années à venir et à long terme des taux d’intérêt. De surcroît, la banque centrale américaine indique mettre fin à son programme d’achats obligataires à la fin du premier trimestre 2022.

En revanche, la BCE maintient ses niveaux de taux directeurs qui, rappelons-le, sont historiquement bas. Malgré l’émergence du variant Omicron et la flambée des nouveaux cas de contamination, Christine Lagarde estime que l’inflation est passagère et que celle-ci renouera avec un niveau inférieur à 2% à horizon 2023. La BCE prévoit également d’arrêter les programmes d’achats de dettes à mars 2022, c’est-à-dire ceux lancés dans le cadre du plan de sauvetage de l’économie européenne contre la crise pandémique. A l’automne 2021, les achats de la BCE étaient valorisés à hauteur de 1.500 milliards d’euros pour un objectif cible de 1.850 milliards d’euros. Si de telles mesures ont vocation à faire baisser les prix des actifs, elles pourraient néanmoins avoir pour conséquence une hausse progressive des taux. Le différentiel de vitesse de ces deux processus présenterait alors le risque de générer des pertes pour les organismes bancaires. Une hausse des taux plus lente qu’une dépréciation plus rapide des actifs générerait des pertes potentielles pour celles-ci.

Claudia Buch, la vice-présidente de la Banque Fédérale d’Allemagne, souligne de son côté que les mesures de relance adoptées en 2020 ne pourront être envisagées à nouveau en cas de rechute de l’économie européenne, scénario possible avec l’émergence du très contagieux variant Omicron.

La composante maritime de l’inflation

Le secteur maritime participe de la flambée des prix. Le prix de location du conteneur a quadruplé entre début 2020 et fin 2021. La « boite » se loue désormais en moyenne à plus de 9.200 dollars. Raison pour laquelle, les leaders mondiaux du commerce maritime renforcent leur flotte. Le mastodonte danois A.P. Moeller-Maersk a, par exemple, acté l’acquisition en novembre 2021 de l’entreprise allemande Senator International, pour plus de 644 millions de dollars. Le géant français CMA CGM, numéro trois mondial du transport maritime, booste également sa flotte avec plus de 800.000 conteneurs additionnels.

Naturellement, ces tensions sur les prix du commerce maritime se traduisent par une hausse significative des prix des produits transportés. Le secteur textile est ainsi particulièrement touché, les prix de la laine et du coton ayant par exemple grimpé de plus de 40% en l’espace d’un an.

Cette « inflation maritime » est expliquée principalement par deux facteurs. Le premier provient de la relance aiguë de l’économie mondiale après une année 2020 chaotique, une période durant laquelle l’économie chinoise, pionnière dans le secteur du transport maritime, a été momentanément paralysée à cause des mesures restrictives du confinement. Au premier semestre 2020, des pics advinrent où plus de 12% de la flotte maritime mondiale était à l’arrêt. Or, dès le troisième trimestre, il y eut un véritable rebond. En octobre, moins d’1% de la flotte mondiale était encore à l’arrêt. La relance économique a été fulgurante, générant de la sorte un déséquilibre systémique entre l’offre et la demande. La pénurie des conteneurs, on l’a évoquée, constituait le second facteur. Elle s’explique par une demande excédentaire, particulièrement juteuse pour les leaders mondiaux du commerce maritime.

Y a-t-il corrélation entre inégalité vaccinale et inflation ?

L’inégalité vaccinale est un fait. Les statistiques le montrent. Au mois d’août 2021, 80% des quatre milliards de doses avaient été utilisées par les seuls pays à forts ou moyens revenus. En Afrique, au 30 septembre 2021, seuls 15 pays sur 54 dépassaient le seuil des 10% de personnes vaccinées. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en tire la conclusion que l’inégalité vaccinale justifie l’étalement dans le temps de la pandémie.

L’inégalité vaccinale freine par ailleurs l’offre mondiale, particulièrement l’offre asiatique. Or, l’Asie est en retard par rapport aux pays occidentaux sur le plan de la vaccination. Et, au sein de ce même continent, où l’on produit une partie importante des marchandises importées à l’échelle mondiale, il existe une réelle inégalité vaccinale selon les pays. Ces mêmes inégalités vaccinales contribuent au ralentissement de l’offre face à une demande en progrès dans de nombreux secteurs, cela contribue de manière implicite à favoriser l’inflation.C’est la raison pour laquelle Laurence Boone, cheffe économiste à l’OCDE, explique que pour ralentir l’inflation, il faut continuer à vacciner.

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[1] Source : Insee

[2] Eurostat

Mariem Brahim et Charaf Louhmadi

Inflation : la méthode Coué pour la BCE

 Inflation  : la méthode Coué pour la BCE

 

Alors que la banque fédérale américaine -suivie en cela par la banque d’Angleterre- a décidé du relèvement de taux en 2022 pour lutter contre l’inflation, la banque centrale européenne considère que cette inflation va refluer et ne justifie donc pas de relèvement de taux en 2022.

Le seul problème c’est que l’inflation moyenne de 5 % en Europe va impacter l’année 2022 et les suivantes. Conclusion, c’est l’amputation du revenu du travail et de l’épargne qui va amortir la politique particulièrement accommodante de la banque centrale européenne via l’inflation. En fait une sorte de dévaluation de fait de l’euro.

La Fed prévoit en effet  de relever progressivement ses taux en 2022 et la Banque d’Angleterre l’a fait dès ce jeudi. La BCE par la voix de sa présidente Christine Lagarde juge une telle hausse « très improbable » pour 2022, se contentant pour le moment d’une réduction de son programme de rachats d’actifs.

La BCE , elle, considère pour sa part « très improbable » un relèvement des taux d’intérêt l’an prochain, a réaffirmé Christine Lagarde, sa présidente, au moment où la Fed dit envisager trois hausses de taux en 2022« Il est difficile de comparer les Etats-Unis et la zone euro ou le Royaume-Uni et la zone euro », a argumenté Christine Lagarde, car « ces trois économies sont à des stades complètement différents de leur cycle. Elles ont démarré sur des bases différentes, elles ont eu des soutiens fiscaux différents ».

La zone euro va connaître un pic du niveau des prix en 2022 puis les voir refluer, prévoit la BCE. La banque centrale a nettement relevé jeudi ses prévisions d’inflation à 2,6% en 2021 et 3,2% en 2022, à cause de la flambée des prix d’énergie qui a davantage pesé dans le panier, contre respectivement 2,2% et 1,7% lors de la précédente prévision. Mais l’inflation devrait ensuite se stabiliser à 1,8% en 2023 et 2024, en raison d’une détente attendue sur le marché de l’énergie et de l’offre de composants industriels.

la BCE a baissé sa prévision de croissance du PIB de la zone euro en 2022 à 4,2% tout en la relevant à 2,9% pour 2023 et 1,6% en 2024. « Les chances pour la zone euro d’avoir un problème d’inflation à moyen et long terme sont modestes, en particulier par rapport aux compétences où la politique budgétaire est traditionnellement moins restrictive lorsqu’on prend en compte le comportement du secteur privé », souligne Konstantin Veit, gérant de portefeuille chez PIMCO.Reste que l’inflation cumulée en 2021 et 2022 devra être assumée par les entreprises, par les ménages et par les épargnants.

 

Economie- Inflation européenne : la méthode Coué pour la BCE

Economie- Inflation européenne : la méthode Coué pour la BCE

 

Alors que la banque fédérale américaine -suivie en cela par la banque d’Angleterre- a décidé du relèvement de taux en 2022 pour lutter contre l’inflation, la banque centrale européenne considère que cette inflation va refluer et ne justifie donc pas de relèvement de taux en 2022.

Le seul problème c’est que l’inflation moyenne de 5 % en Europe va impacter l’année 2022 et les suivantes. Conclusion, c’est l’amputation du revenu du travail et de l’épargne qui va amortir la politique particulièrement accommodante de la banque centrale européenne via l’inflation. En fait une sorte de dévaluation de fait de l’euro.

La Fed prévoit en effet  de relever progressivement ses taux en 2022 et la Banque d’Angleterre l’a fait dès ce jeudi. La BCE par la voix de sa présidente Christine Lagarde juge une telle hausse « très improbable » pour 2022, se contentant pour le moment d’une réduction de son programme de rachats d’actifs.

La BCE , elle, considère pour sa part « très improbable » un relèvement des taux d’intérêt l’an prochain, a réaffirmé Christine Lagarde, sa présidente, au moment où la Fed dit envisager trois hausses de taux en 2022« Il est difficile de comparer les Etats-Unis et la zone euro ou le Royaume-Uni et la zone euro », a argumenté Christine Lagarde, car « ces trois économies sont à des stades complètement différents de leur cycle. Elles ont démarré sur des bases différentes, elles ont eu des soutiens fiscaux différents ».

La zone euro va connaître un pic du niveau des prix en 2022 puis les voir refluer, prévoit la BCE. La banque centrale a nettement relevé jeudi ses prévisions d’inflation à 2,6% en 2021 et 3,2% en 2022, à cause de la flambée des prix d’énergie qui a davantage pesé dans le panier, contre respectivement 2,2% et 1,7% lors de la précédente prévision. Mais l’inflation devrait ensuite se stabiliser à 1,8% en 2023 et 2024, en raison d’une détente attendue sur le marché de l’énergie et de l’offre de composants industriels.

la BCE a baissé sa prévision de croissance du PIB de la zone euro en 2022 à 4,2% tout en la relevant à 2,9% pour 2023 et 1,6% en 2024. « Les chances pour la zone euro d’avoir un problème d’inflation à moyen et long terme sont modestes, en particulier par rapport aux compétences où la politique budgétaire est traditionnellement moins restrictive lorsqu’on prend en compte le comportement du secteur privé », souligne Konstantin Veit, gérant de portefeuille chez PIMCO.Reste que l’inflation cumulée en 2021 et 2022 devra être assumée par les entreprises, par les ménages et par les épargnants.

 

Inflation européenne : la méthode Coué pour la BCE

Inflation européenne : la méthode Coué pour la BCE

 

Alors que la banque fédérale américaine -suivie en cela par la banque d’Angleterre- a décidé du relèvement de taux en 2022 pour lutter contre l’inflation, la banque centrale européenne considère que cette inflation va refluer et ne justifie donc pas de relèvement de taux en 2022.

Le seul problème c’est que l’inflation moyenne de 5 % en Europe va impacter l’année 2022 et les suivantes. Conclusion, c’est l’amputation du revenu du travail et de l’épargne qui va amortir la politique particulièrement accommodante de la banque centrale européenne via l’inflation. En fait une sorte de dévaluation de fait de l’euro.

La Fed prévoit en effet  de relever progressivement ses taux en 2022 et la Banque d’Angleterre l’a fait dès ce jeudi. La BCE par la voix de sa présidente Christine Lagarde juge une telle hausse « très improbable » pour 2022, se contentant pour le moment d’une réduction de son programme de rachats d’actifs.

La BCE , elle, considère pour sa part « très improbable » un relèvement des taux d’intérêt l’an prochain, a réaffirmé Christine Lagarde, sa présidente, au moment où la Fed dit envisager trois hausses de taux en 2022« Il est difficile de comparer les Etats-Unis et la zone euro ou le Royaume-Uni et la zone euro », a argumenté Christine Lagarde, car « ces trois économies sont à des stades complètement différents de leur cycle. Elles ont démarré sur des bases différentes, elles ont eu des soutiens fiscaux différents ».

La zone euro va connaître un pic du niveau des prix en 2022 puis les voir refluer, prévoit la BCE. La banque centrale a nettement relevé jeudi ses prévisions d’inflation à 2,6% en 2021 et 3,2% en 2022, à cause de la flambée des prix d’énergie qui a davantage pesé dans le panier, contre respectivement 2,2% et 1,7% lors de la précédente prévision. Mais l’inflation devrait ensuite se stabiliser à 1,8% en 2023 et 2024, en raison d’une détente attendue sur le marché de l’énergie et de l’offre de composants industriels.

la BCE a baissé sa prévision de croissance du PIB de la zone euro en 2022 à 4,2% tout en la relevant à 2,9% pour 2023 et 1,6% en 2024. « Les chances pour la zone euro d’avoir un problème d’inflation à moyen et long terme sont modestes, en particulier par rapport aux compétences où la politique budgétaire est traditionnellement moins restrictive lorsqu’on prend en compte le comportement du secteur privé », souligne Konstantin Veit, gérant de portefeuille chez PIMCO.Reste que l’inflation cumulée en 2021 et 2022 devra être assumée par les entreprises, par les ménages et par les épargnants.

 

Inflation France : record à près de 3 % qui menace les revenus

Inflation France : record à près  de 3 % qui menace les revenus  

En France ,on s’inquiète à juste titre de l’envolée record de l’inflation qui atteint presque 3 %. Une inflation cependant très inférieure à celle de l’union européenne qui pourrait atteindre 5 %. C’est le miracle français qui tient surtout à  l’obsolescence de l’indicateur qui mesure l’évolution des prix à la consommation des ménages. Un indicateur obsolète qui ne tient pas compte de la modification structurelle de la consommation et notamment de la vraie croissance  des dépenses contraintes (impôts, logement, abonnements, énergie etc.).

L’inflation bat en effet en novembre tous les records. Le rythme de l’inflation atteint 2,9% en glissement annuel, soit son niveau le plus élevé depuis 13 ans en France. En zone euro, c’est pire, l’inflation semble même s’accélérer, avec une progression de 4,9%. Du jamais-vu depuis la création de l’euro. Cette poussée des prix s’explique pour l’essentiel par la flambée mondiale des prix de l’énergie. Au troisième trimestre, la croissance et la consommation des ménages restent fortes.

Accessoirement cette sous-évaluation permet de freiner le revenu du travail et de l’épargne. Une manière habituelle pour la France d’amortir son endettement.

Globalement, l ‘inflation est une bonne  nouvelle pour les Etats endettés comme la France et une mauvaise nouvelle pour les revenus du travail et l’épargne.

Nombre d’experts ne cessent de s’interroger sur les moyens complexes d’amortissement d’une dette publique qui ne cesse de s’amplifier. En réalité, la solution est à la fois simple et habituelle : par l’amputation des revenus du travail et de l’épargne. Le problème c’est qu’avec une telle politique qui ampute le pouvoir d’achat, c’est qu’on risque de tuer la croissance par ailleurs menacée par la reprise de la pandémie avec le variant omicron.

En gros, les prix en France auront augmenté de l’ordre de 3 % en 2021 mais la rémunérations de l’épargne par exemple du livret à demeure à 0,5 %. Même chose les salaires qui ne seront pas augmentés de 3 % mais sans doute en moyenne de 1 % comme le SMIC début 2022. Les revenus du travail comme l’épargne sont donc rognées progressivement au service du remboursement de la dette. Une sorte de dévaluation de fait. . L’épargne garantie des particuliers est en moyenne rémunérée 0,63 % avant impôt, selon le relevé mensuel publié le 2 décembre par la Banque de France.

Inflation record aux Etats-Unis : à +6,8% en novembre

Inflation record aux Etats-Unis : à +6,8% en novembre

 Les prix à la consommation continuent de grimper outre-Atlantique en novembre, de 0,8% par rapport à octobre, et de 6,8% sur un an. Toutefois, l’accélération de l’inflation est légèrement moins soutenue que le mois dernier où elle augmentait de 0,9%, selon le département du Travail. 

Après avoir soutenu que l’inflation était « temporaire » et liée à la reprise économique après la récession historique de 2020, l’administration Biden et la banque centrale américaine ont fini par admettre que l’inflation était plus durable que prévu. Les craintes autour d’une spirale inflationniste montent depuis plusieurs semaines au sein de la Réserve fédérale américaine. Jerome Powell, le patron de la Fed, a estimé le 30 novembre que le mot « transitoire » n’était plus le terme le plus précis pour décrire le niveau élevé de l’inflation.

Comme le mois dernier, ce sont les prix du secteur de l’énergie qui ont le plus augmenté sur un an (+33,3%). En excluant les secteurs volatils de l’énergie et de l’alimentaire, l’inflation reste aussi soutenue (+4,9%). Avant même la publication des chiffres sur l’inflation de novembre, Joe Biden avait indiqué que les prix étaient restés élevés en novembre. Mais il s’était empressé d’en minimiser la portée, soulignant que cela ne reflétait « pas la réalité d’aujourd’hui », mettant en avant la baisse des prix de l’énergie au cours des dernières semaines, soit après la collecte des données pour le rapport de novembre.

Dangers d’une inflation durable

dangers d’une inflation durable

  •  L’analyse de deux économistes,  Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP et na Boata, directrice de la recherche économique chez Euler Hermes qui repose essentiellement sur l’hypothèse qu’il il n’y aura pas de bouclage salaire prix. (L’opinion).

«Mieux vaut garder son sang froid s ur ce sujet très sensible de l’inflation, temporisait le ministre de l’Economie Bruno Le Maire la semaine dernière au Sénat. Mieux vaut une analyse lucide que d’exagérer la gravité de la situation.» + 6,2 % en octobre aux Etats-Unis, + 4,5 % en Allemagne, + 4,1 % dans la zone euro, + 2,6 % en France… Annoncées comme temporaires, ces hausses de prix pourraient s’installer dans la durée. «Nous considérons que l’inflation mérite toute notre vigilance», assurait encore Bruno Le Maire le 16 novembre à l’Assemblée.

«On était dans une phase de très forte dépression ou en tout cas de contraction de l’activité l’an dernier puisqu’on a fait – 3 % de croissance au niveau mondial», rappelle Frédéric Pretet, co-directeur de la recherche macroéconomique chez BNP Paribas Exane. «Et puis on a vu une reprise qui est beaucoup plus forte qu’attendue parce qu’on a mis énormément de stimulations pour rebondir. La stimulation monétaire avec des taux d’intérêt qui ont fortement baissé, la stimulation budgétaire avec des plans de soutien à l’économie, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, qui ont été massifs et sans précédent. Donc on a rebondi beaucoup plus fort que ce qu’on anticipait avec des prévisions qui, celles du FMI dernièrement, montrent des croissances mondiales autour de 6 %. Ce sont quand même des chiffres qui sont assez impressionnants, qui se poursuivent, autour de 5 % encore l’année prochaine.»

«Donc dès qu’on a une reprise cyclique, on a déjà des tensions sur tout ce qui est prix des matières premières. Dans la hausse de l’inflation qu’on voit dans l’ensemble des économies, il y a quand même une grosse composante prix des matières premières, prix des matières énergétiques (prix du baril, etc.) qui pèsent pour beaucoup dans cette hausse de l’inflation.»

Ce retour de l’inflation qui reflète le dynamisme de l’économie est plutôt une bonne nouvelle. «Quelque part c’est naturel et c’est une bonne nouvelle d’avoir une accélération d’inflation après une longue période où on avait des craintes de déflation», complète Ana Boata, directrice de la recherche économique chez Euler Hermes.

Une bonne nouvelle, mais pas que… «La mauvaise c’est qu’on a un choc d’offre qu’on ne peut pas tout à fait régler tout de suite», ajoute ana Boata. «Il y a une partie aussi mauvaise nouvelle qui est celle d’une accélération assez rapide», ajoute Frédéric Pretet. «Et puis, il y a une partie de cette inflation qui vient de cette hausse des prix de l’énergie. Et nous, en tant que pays consommateur, ce n’est jamais une très bonne nouvelle de ce côté-ci puisque ça veut dire qu’on vient attaquer notre pouvoir d’achat de façon un peu subie. Et là-dessus, on peut dire que c’est la partie inflationniste qui est plutôt la mauvaise nouvelle qui rend la situation un peu plus périlleuse.»

«Notre évaluation est que l’inflation est temporaire», affirmait le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, en présentant au Sénat le projet de budget pour 2022 le 18 novembre. C’est également ce qu’anticipent ces deux spécialistes : «L’inflation, certes, va encore accélérer, le pire n’est pas derrière nous», selon Ana Boata. «Mais on voit qu’en fait on est dans une dynamique, en sortie de crise, avec cette conjonction de facteurs qui fait que l’accélération est certes plus élevée qu’attendue mais encore une fois, elle devrait ralentir fin 2022 pour se rapprocher de la cible de 2 %. On pourra rester encore légèrement au-dessus de 2 %. Mais en tout cas on n’aura pas un phénomène d’hyperinflation.»

Pour Frédéric Pretet, «on est plutôt dans une situation conjoncturelle. Mais c’est vrai qu’on a quand même le sentiment que l’inflation s’est installée sur un sentier de croissance qui est sans doute un petit peu plus élevé que ce qu’on avait eu l’habitude de connaître sur les dix dernières années». «Effectivement il peut y avoir un côté structurel si, par exemple, on voit une boucle prix-salaires qui s’installe. Ce qui n’est pas vraiment notre scénario», nuance Ana Boata.

A quelques mois de l’élection présidentielle, le gouvernement craint que l’inflation ampute le pouvoir d’achat. Bruno Le Maire assure prendre «la question de la hausse des prix, avec le Premier ministre, très au sérieux». Car en s’installant durablement, ces augmentations pourraient conduire à un cercle vicieux qui peut nourrir lui-même l’inflation.

«Si cette inflation devient trop rapide, trop forte, trop longtemps, ça peut créer un déplacement dans les anticipations d’inflation et donc du coup des revendications salariales qui s’amplifient de plus en plus, qui viennent perturber, je dirais, le bon fonctionnement des entreprises, leur visibilité sur leurs coûts et donc du coup sur leurs investissements», prévient Frédéric Pretet. «Et donc ça peut créer un choc qui perdure et qui vient attaquer de façon durable aussi la reprise à moyen, long terme. Par rapport à ça, ça voudrait dire qu’on a des banques centrales qui sont quand même, bien sûr, sensibles au risque inflationniste, qui pourraient remonter les taux. Et donc si on remonte les taux, on rajoute aussi au coût pour les entreprises, pour les ménages, pour consommer, pour investir, et c’est là où l’inflation deviendrait une mauvaise nouvelle si ça devait durer trop longtemps et ça entraînerait cette réaction en chaîne de la part des autres agents économiques.»

Si cette hypothèse n’est pas à l’ordre du jour, une éventuelle hausse des taux d’intérêt viendrait tuer dans l’oeuf la reprise économique. «Un resserrement excessif des conditions de financement n’est pas souhaitable et constituerait un obstacle injustifié à la reprise», a déclaré le 15 novembre la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

«Venir attaquer, par une hausse des taux d’intérêt, à un moment donné où le cycle de reprise reste quand même sur des niveaux qui sont en-dessous ou pas encore au niveau de ce qu’on avait il y a deux ans, c’est peut-être venir briser, je dirais, le cycle de reprise beaucoup trop tôt», analyse l’économiste Frédéric Pretet.

Une éventuelle hausse des taux viendrait également fragiliser les Etats les plus endettés comme l’Italie, la Grèce ou la France. «Tant que les taux d’intérêt restent bas et que la croissance reste supérieure à ces taux d’intérêt, on est bons, parce que les marchés savent qu’on est dans un scénario de soutenabilité de la dette qui est assurée», temporise Ana Boata.

«Une hausse des taux d’intérêt, bien sûr, c’est un frein pour la politique budgétaire, pour les arbitrages, pour l’investissement», estime par ailleurs Frédéric Pretet. «Le coût de la dette augmente avec la hausse des taux d’intérêt. Si vous avez une hausse des taux d’intérêt aujourd’hui, ça ne se traduirait pas directement tout de suite par une hausse de la charge de la dette à porter puisque, par exemple, pour un pays comme la France, la maturité de la dette est autour de sept ans. Donc, en gros, avant d’avoir un impact significatif de la hausse des taux d’intérêt, il faut laisser presque sept ans s’écouler avant d’avoir cet impact-là sur les finances publiques. Mais il n’empêche, c’est quand même un signal qui est envoyé. Ça veut dire qu’il faut quand même se préparer à une situation qui sera sans doute beaucoup plus compliquée sur le moyen terme. Et donc du coup, pour les politiques budgétaires, même si ça ne vient pas forcément freiner tout de suite les gouvernements, ça leur met quand même une espèce de «warning» je dirais, un avertissement. Et donc du coup ça peut un petit peu les gêner pour mettre en place certaines politiques qu’ils jugent comme importantes.»

Economie- Inflation temporaire…qui va durer pour la BCE !

  • Economie- Inflation temporaire…qui va durer pour la BCE !

« La flambée de l’inflation actuelle est temporaire et largement due à des facteurs liés à l’approvisionnement», a déclaré lors d’une conférence à Francfort Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE. « Les banques centrales devraient faire preuve de patience pour examiner ces effets et expliquer leurs politiques au citoyen. »

Ce concept d’inflation temporaire est soutenu par nombre de responsables politiques et économistes qui freinent des quatre fers pour éviter la boucle inflation-salaire- épargne. Un bouclage déjà en cours au plan des salaires d’après l’INSEE.

Du côté des rémunérations, le salaire moyen par tête (SMPT) Le SMPT est désormais supérieur de 3,1 % à son niveau de fin 2019.

En comparaison, les prix à la consommation (hors tabac) de l’ensemble des ménages augmentent de 0,5 % ce trimestre et de 1,5 % par rapport à la fin 2019. . La masse salariale soumise à cotisations sociales poursuit elle aussi sa hausse au troisième trimestre 2021 : + 3,8 % après + 2,2 %.

Le concept d’inflation temporaire constitue un moyen pour ’expliquer qu’il n’est pas utile que les revenus du travail ou de l’épargne soit réévalués pour tenir compte de l’inflation puisque cette dernière devrait disparaître en tout cas s’atténuer.

Un concept d’inflation temporaire contesté y compris désormais par Jérôme Powel le patron de la banque centrale américaine.-

« De notre point de vue, l’inflation dans la zone euro est essentiellement transitoire (…) même si certaines de ses composantes vont probablement prévaloir plus longtemps que prévu au cours de l’année prochaine », ont indiqué plusieurs membres de la banque centrale européenne.

S’exprimant lors d’une audition devant la commission bancaire du Sénat américain, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a déclaré mardi que le mot « transitoire » n’était plus le terme le plus précis pour décrire le niveau élevé de l’inflation aux Etats-Unis.

Inflation temporaire…qui va durer pour la BCE !

  • Inflation temporaire…qui va durer pour la BCE !

« La flambée de l’inflation actuelle est temporaire et largement due à des facteurs liés à l’approvisionnement», a déclaré lors d’une conférence à Francfort Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE. « Les banques centrales devraient faire preuve de patience pour examiner ces effets et expliquer leurs politiques au citoyen. »

Ce concept d’inflation temporaire est soutenu par nombre de responsables politiques et économistes qui freinent des quatre fers pour éviter la boucle inflation-salaire- épargne. Un bouclage déjà en cours au plan des salaires d’après l’INSEE.

Du côté des rémunérations, le salaire moyen par tête (SMPT) Le SMPT est désormais supérieur de 3,1 % à son niveau de fin 2019.

En comparaison, les prix à la consommation (hors tabac) de l’ensemble des ménages augmentent de 0,5 % ce trimestre et de 1,5 % par rapport à la fin 2019. . La masse salariale soumise à cotisations sociales poursuit elle aussi sa hausse au troisième trimestre 2021 : + 3,8 % après + 2,2 %.

Le concept d’inflation temporaire constitue un moyen pour ’expliquer qu’il n’est pas utile que les revenus du travail ou de l’épargne soit réévalués pour tenir compte de l’inflation puisque cette dernière devrait disparaître en tout cas s’atténuer.

Un concept d’inflation temporaire contesté y compris désormais par Jérôme Powel le patron de la banque centrale américaine.-

« De notre point de vue, l’inflation dans la zone euro est essentiellement transitoire (…) même si certaines de ses composantes vont probablement prévaloir plus longtemps que prévu au cours de l’année prochaine », ont indiqué plusieurs membres de la banque centrale européenne.

S’exprimant lors d’une audition devant la commission bancaire du Sénat américain, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a déclaré mardi que le mot « transitoire » n’était plus le terme le plus précis pour décrire le niveau élevé de l’inflation aux Etats-Unis.

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