Archive mensuelle de juin 2016

Actu, infos, économie, social, politique : articles les plus lus

« LuxLeaks » : les lanceurs d’alerte condamnés, un jugement inique !

« LuxLeaks » : les lanceurs d’alerte condamnés, un jugement inique !

 

Incroyable mais vrai les lanceurs d’alerte de l’affaire luxe luxe qui avaient mis en avant les petits arrangements fiscaux entre le gouvernement luxembourgeois et des multinationales ont été condamnés par la justice luxembourgeoise. Certes une condamnation à des peines de prison avec sursis alors que le ministère public n’avait pas craint de demander 18 mois de prison ferme. Un double scandale dans ce pays qui constitue un paradis fiscal où Jean-Claude Juncker,  actuel président  de la commission économique était alors  chef du gouvernement luxembourgeois. Pas étonnant qu’il gère l’union économique comme il gérait Luxembourg à coup de petits arrangements sans grande éthique et sans vision. Sa grande spécialité c’est de taper sur l’épaule ou le ventre des chefs de gouvernements européens considérés sans doute comme une bande de copains ou de coquins mais non investis  à ses yeux de la mission suprême qui consiste à ne tenir compte que de l’intérêt général. Après un tel procès Jean-Claude Juncker devrait démissionner d’autant qu’il a également été incapable de prévoir le brexit  ni d’ailleurs de le gérer. Toutefois il ne démissionnera pas car il a été précisément choisi pour son manque de personnalité et pour sa capacité à magouiller, à  slalomer entre les contradictions et les intérêts nationalistes des composantes de l’union européenne. Une triste Europe dirigée par un triste sire venant d’un triste pays avec une justice aux ordres des multinationales. Les deux lanceurs d’alerte français à l’origine des révélations sur les généreuses pratiques fiscales du Luxembourg ont été condamnés à de la prison avec sursis par un tribunal luxembourgeois dans le procès « LuxLeaks », mercredi. Antoine Deltour et Raphaël Halet, tous deux anciens comptables du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), ont été condamnés respectivement à douze et neuf mois de prison avec sursis. Ces condamnations ont été assorties d’une amende de 1.500 euros pour Antoine Deltour et de 1.000 euros pour Raphaël Halet. Les documents révélaient que les autorités luxembourgeoises avaient accordé des « rescrits fiscaux » à plus de 350 entreprises bénéficiant de la médiation de PwC dans ces négociations. Ces accords d’optimisation fiscales ont été conclus lorsque Jean-Claude Juncker, aujourd’hui président de la Commission européenne, était Premier ministre du Grand-Duché.

(Avec Reuters)

Sondage popularité : Hollande toujours plus bas à 12 % !

Sondage popularité : Hollande toujours plus bas à 12 % !

À chaque sondage on se demande jusqu’où ira la chute pour le président de la république car François Hollande atteint son plus bas niveau, avec 12% seulement des Français qui lui font confiance selon un sondage TNS Sofres-Onepoint publié mercredi. Le chef de l’Etat poursuit sa chute et perd un point en un mois, tandis que 86% (+2) des personnes interrogées ne lui font pas confiance pour résoudre les problèmes de la France.  Manuel Valls connaît pour sa part un répit après une chute brutale en mai et regagne 2 points à 22%, mais 78% des Français ne lui font pas confiance dans ses fonctions de Premier ministre, selon cette enquête pour Le Figaro Magazine. A droite, si Alain Juppé reste largement devant Nicolas Sarkozy, avec 36% (+1) d’avis favorables contre 19% (stable), auprès de l’ensemble des Français, l’ancien chef de l’Etat reprend l’avantage chez les sympathisants de droite.  Il gagne 9 points à 44% auprès de cette tranche de l’électorat, la plus susceptible de se déplacer pour la primaire à droite de novembre, quand Alain Juppé en perd 6 à 41%. L’écart est encore plus important auprès des seuls proches des Républicains (LR), avec un bond de 17 points de l’ancien chef de l’Etat qui recueille 65% de réponses positives, alors que le maire de Bordeaux chute de 14 points à 52%. François Fillon est stable à 25% auprès de l’ensemble des Français, mais perd 5 points à droite et 9 auprès des seuls sympathisants LR. Bruno Le Maire perd 3 points à 17%. Parmi les autres responsables politiques, Emmanuel Macron perd 3 points à 26%, Jean-Luc Mélenchon en perd 3 à 24% et Marine Le Pen est stable à 21%.

(Avec le Figaro)

Brexit : moral des ménages britanniques en nette baisse

Brexit : moral des ménages britanniques en nette baisse

 

Après le brexit,  le moral des ménages britanniques s’écroule. En cause évidemment les incertitudes après un référendum qui a surpris tout le monde y compris les partisans de la rupture avec l’union économique. Le choc psychologique est d’autant plus rude que les élites britanniques n’avaient prévu aucun plan B mais en cas de brexit. Leur stratégie consiste donc à gagner du temps et le divorce ne sera sans doute pas demandé avant la fin de l’année. Aux incertitudes structurelles s’ajoutent aussi les interrogations conjoncturelles concernant l’économie britannique. En effet déjà sur le premier trimestre la croissance avait notoirement faibli. Alors que le Royaume-Uni précédait  l’union européenne en termes de croissance jusque-là, lors du premier trimestre 2016 le Royaume uni n’a   enregistré qu’une progression de 0,4 % soit moins que la moyenne européenne. Du coup l’indice de confiance des consommateurs YouGov/CEBR, qui mesure le sentiment économique sur une base quotidienne, a atteint entre le 23 et le 27 juin son niveau le plus bas depuis mai 2013, date à laquelle la Grande-Bretagne émergeait tout juste du ralentissement économique lié au choc financier de 2008. A un niveau de 111,9 dans les trois premières semaines de juin, l’indice est tombé à 104,3 entre le 23 et le 27 juin. Pour Scott Corfe, directeur au Centre for Economics and Business Research (CEBR), les ménages sont «hautement effrayés» par l’issue du référendum, ce qui va affecter les ventes au détail et les dépenses des ménages, particulièrement sur les gros achats. «Une récession ne peut en aucun cas être exclue en ce moment», a-t-il estimé. La consommation intérieure représente le principal moteur de l’économie britannique, qui, ces trois dernières années, a progressé plus vite que la plupart des autres pays les plus riches tout en montrant cependant des signes de ralentissement à l’approche du scrutin du 23 juin.

Calais : les accords franco-britanniques maintenus ! Pourquoi

Calais : les accords franco-britanniques maintenus ! Pourquoi

 

 

 

On se demande bien pourquoi François Hollande s’est autant précipité pour affirmer que l’accord du Touquet relatif au contrôle des migrants vers le Royaume-Uni sera maintenu notamment à Calais. Certes cet accord est indépendant de l’affaire du brexit car le Royaume-Uni ne fait pas partie de l’accord de Schengen qui permet à  un immigré de voyager dans toute l’Europe une fois qu’il est parvenu à pénétrer l’union économique. Sans doute faut-il rechercher la réponse dans une posture politicienne car l’accord du Touquet est le produit de la politique de Sarkozy qui a signé en 2010 un texte qui prévoit que la frontière britannique se situe en France et que les autorités françaises en assurent la sécurité. Les accords franco-britanniques du Touquet sur l’immigration à Calais ne seront pas remis en cause après le vote des Britanniques sur le « Brexit », mais la situation des migrants peut être améliorée, a déclaré mercredi François Hollande. « Remettre en cause l’accord du Touquet au prétexte que le Royaume-Uni a voté le ‘Brexit’ (…) n’a pas de sens », a déclaré François Hollande à l’issue d’une rencontre entre les 27 – les 28 pays de l’Union sans le Royaume-Uni – à Bruxelles. François Hollande a ironisé sur le fait que ceux qui demandent la suppression des accords « sont ceux-là même qui l’ont conclu ». « C’est un vieux principe en France et dans la droite française, c’est de vouloir défaire ce qu’ils ont fait. » Il est évident que la précipitation de François Hollande et à la fois inutile et dangereuse. On voit mal en effet pourquoi la France continuerait d’assurer la sécurité de la frontière britannique si les Britanniques persistent de demeurer dans leur sur superbe isolation économique, sociale et sociétale. Juridiquement il n’y a pas de lien entre le break site et l’accord du Touquet pour autant l’attitude des Britanniques dans tous les domaines doit être pris en compte y compris pour la régulation de l’immigration.

 

Le patronat n’appliquera pas compte pénibilité

Le patronat n’appliquera pas compte pénibilité

Le Medef n’appliquera pas le compte pénibilité considérant que sa mise en œuvre était impossible dans les conditions actuelles. En cause surtout sa complexité qui vise à attribuer des points pour les salariés soumis à des conditions de travail très difficiles. L’intention est à la fois juste et louable car il est logique que les salariés dont les conditions de travail sont les plus pénibles puissent bénéficier d’avantages soit pour se reclasser soit pour partir plus tôt à la retraite. Reste que la mise en œuvre de ce compte de pénibilité ressemble à une cathédrale administrative. La question se pose aussi de savoir si c’est bien à d’entreprise de définir les points à attribuer en fonction des conditions de travail spécifiques. Peut-être cette tâche devrait-elle incomber à la médecine du travail à la fois pour une évaluation plus neutre mais aussi pour une approche individualisée de la pénibilité car tout critère moyen n’a guère de sens compte tenu de la diversité des contextes de travail.  Le patronat est donc entré en résistance contre le compte pénibilité, dont un nouveau volet entre en vigueur le 1er juillet, en menaçant de ne pas appliquer ce dispositif de prévention des conditions de travail pénibles. « Nous ne savons pas appliquer la loi (…) Sur les six nouveaux critères, nous ne savons pas faire », a déclaré mercredi le président du Medef, lors d’une rencontre avec la presse. « Rendez-vous dans deux jours, on ne saura pas faire (…) On a alerté le gouvernement depuis des semaines, des mois », a ajouté Pierre Gattaz. « Dans l’état actuel, les entreprises ne pourront pas appliquer le dispositif pénibilité. » Il a estimé que « l’administration ne sait pas faire non plus. » La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a dénoncé la position du patronat, jugeant que « la démocratie ne s’arrête pas aux portes du Medef ». « Pierre Gattaz met en difficulté les entreprises et s’attaque aux droits des Français », a-t-elle écrit sur Twitter. Le Compte personnel de prévention de la pénibilité (CPPP), intégré au Compte personnel d’activité (CPA) créé par le projet de loi Travail en cours d’examen au Parlement, attribue des points aux salariés exposés à des conditions de travail pénibles ou à des risques professionnels. Ce compte, plafonné à 100 points sur l’ensemble de la carrière, ouvre droit à une formation professionnelle pour accéder à un emploi moins exposé, à un passage à temps partiel sans baisse de rémunération ou à une retraite anticipée. Dix facteurs de pénibilité ont été recensés dans le cadre de la dernière réforme des retraites. Les quatre premiers (travail de nuit, en équipes alternées, répétitif ou à cadence contrainte et en milieu hyperbare) sont pris en compte depuis janvier 2015. Les six autres (manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques, contact avec des agents chimiques dangereux, températures extrêmes et bruit) sont censés être pris en compte à partir de vendredi.

(Avec Reuters)

François Hollande en campagne annonce des réductions d’impôts

François Hollande en campagne annonce des réductions d’impôts

Dans une interview fleuve aux Échos François Hollande lance sa campagne électorale pour 2017 et fait aussi le point sur brexit. Une sorte de promesse électorale mais qui n’est pas sur d’être suivie d’effet. L’annonce de la baisse d’impôts pour les couches moyennes est bien tardive, en outre elle risque d’être compensée par d’autres augmentations d’autant que vraisemblablement François Hollande ne sera plus alors au pouvoir. Ensuite concernant le brexit François Hollande souhaite une réponse rapide et claire. Là aussi un souhait qui ne sera peut-être pas exaucé. D’abord parce que l’Europe, sur l’insistance de Merkel, attend la demande officielle de divorce de la Grande-Bretagne laquelle n’interviendra pas avant la fin 2017. Quant à la clarté elle risque aussi d’être mise en doute dans la mesure où l’Allemagne souhaite le statu quo pour l’Europe à fin de ne pas être entraîné dans une solidarité financière qu’elle refuse à l’inverse de la France. Bref une interview pour justifier un bilan politique et des annonces en forme de promesses de coiffeur dont l’objectif est vraisemblablement de tenter d’inverser la courbe d’impopularité d’un président de la république qui chute encore dans le dernier sondage à 12 % .

Extrait de l’interview :

 

Allez-vous dérouler le tapis rouge pour les investisseurs britanniques, comme l’avait fait David Cameron lors de la mise en place de la taxe à 75% ?

Je n’aurais pas l’indécence de lancer ce genre d’appel. Je me garderais de parler de « tapis rouge à dérouler » et mieux vaut faire attention à ce type de formules. Elles peuvent se retourner contre leur auteur… Mais la France doit être en situation d’accueillir tous les talents et tous les investissements.

 

La place financière de Paris estime que la City doit perdre son passeport européen, qui permet à une banque implantée à Londres d’opérer sur tous les marchés de la zone euro…

Ce n’est pas négociable. Le Royaume-Uni redevenant un pays tiers, le passeport financier européen devra disparaître, de même que ce sera la fin du passeport commercial et du passeport européen tout court. Autre point clef : les opérations de compensation en euros ne pourront plus se faire à Londres. Le Royaume-Uni a bénéficié pendant longtemps de dérogations alors même qu’il n’était pas dans la zone euro. Ce ne sera plus possible. Il est légitime et logique que les banques françaises s’organisent et se préparent en conséquence. Et nous devons adapter nos règles y compris fiscales pour rendre la place financière de Paris plus attractive.

 

N’est-ce pas contradictoire de vouloir créer une taxe sur les transactions financières ?

Nous travaillons avec plusieurs pays dont l’Allemagne sur le projet de TTF dans le cadre d’une coopération renforcée. Certains nous disaient que, si on introduisait cette taxe, des activités allaient partir à Londres, cet argument ne tient plus.

 

Le Brexit va-t-il entraver la reprise en France ?

D’abord, il y a bien une reprise en France et un début d’inversion de la courbe du chômage. C’est un fait indiscutable. Notre croissance sera supérieure à 1,6% cette année, ce qui nous permettra de créer au moins 200.000 emplois. Le Brexit aura surtout un impact défavorable pour le Royaume-Uni et c’est par le biais d’une éventuelle récession outre-Manche qu’il peut y avoir un risque pour la zone euro et pour la France. Nous devons les conjurer par un soutien encore plus consistant à l’investissement privé comme public. Et par une réponse européenne rapide et claire. Plus brève sera la période d’incertitude sur la place du Royaume-Uni dans l’Europe, plus limitées seront les conséquences du Brexit sur l’activité.

 

Le sort de la loi El Khomri est un autre facteur d’incertitude. Les critiques persistent au sein de la majorité parlementaire…

Il n’y a aucune incertitude. La loi sera votée et promulguée dans les délais prévus. Je souhaite qu’une majorité puisse être trouvée. A défaut, il sera de nouveau recouru à l’article 49-3.

 

Peut-il y avoir encore des modifications, notamment de l’article 2 sur les accords d’entreprise concernant l’organisation du travail ?

Non, l’article 2 sera maintenu dans sa rédaction actuelle. Mais le débat peut conduire à préciser le rôle des branches dans la réforme du code du Travail.

 

Comment jugez-vous le rôle de la CGT dans ce conflit qui s’éternise ?

Elle a contesté le texte dans sa totalité puis ensuite certaines parties seulement. Elle a cherché la discussion à la fin du processus alors qu’elle l’avait évité au début et s’est lancée dans une suite de manifestations au risque de les épuiser.

 

Après la loi travail, il y aura le budget 2017. L’impôt sur le revenu va-t-il baisser, comme vous l’aviez évoqué ?

J’avais dit au printemps dernier qu’une baisse supplémentaire d’impôt sur les ménages était possible, si nous disposions des marges de manoeuvre liées à l’amélioration de la croissance et sans remettre en cause notre objectif de réduction du déficit public à 2,7 % du PIB en 2017. Je reste sur la même position : si malgré le Brexit la croissance était de 1,7 % en 2017, ce geste fiscal, qui ne pourrait être supérieur à 2 milliards d’euros, viendrait s’ajouter aux allégements accordés depuis 2014 et qui ont d’ores et déjà concerné 12 millions de contribuables.

 

La Cour des comptes juge élevé le risque que ne soit pas respecté l’objectif de déficit. Que lui répondez-vous ?

Comme chaque année à cette date, la Cour des comptes met en garde sur la tenue de nos objectifs. C’est son rôle. Cet avertissement vaut pour l’avenir. Quand je regarde nos résultats, je constate que nous avons tenu nos engagements. L’an dernier, nous avons même fait mieux puisque nous avons réduit le déficit plus fortement que prévu (3,6% au lieu de 3,8%).

 

Les contribuables concernés seront-ils les mêmes, ceux des premières tranches du barème ?

Il est trop tôt pour le dire. Le Premier ministre me fera des propositions. Mais ma préférence irait vers une mesure ciblée pour les classes moyennes.

 

Allez-vous rogner sur la troisième étape du pacte qui doit représenter 5 milliards de nouvelles baisses d’impôts et de charges en 2017 ?

Non, le quantum des 41 milliards d’allègements de prélèvements prévus par le Pacte de responsabilité sera intégralement respecté. Mais afin de muscler les créations d’emplois générées par la reprise, j’ai décidé, avec le Premier ministre, de consacrer les 5 milliards restants au relèvement du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi – qui sera porté à au moins 7% de la masse salariale – et à la baisse de l’impôt sur les sociétés des PME.

 

Il n’y aura donc pas de suppression de la C3S…

Je veux donner toute sa force au CICE, qui est désormais pleinement compris et apprécié par les entreprises, notamment les PME et TPE, et qui a des effets rapides sur l’emploi, l’investissement et le pouvoir d’achat. Quant à l’impôt sur les sociétés, son taux sera en baisse pour les PME et une mesure d’allégement sera prévue pour les artisans qui ne bénéficient pas du CICE.

 

La mesure aura-t-elle des effets en 2017 ou en 2018 ?

Les entreprises disposeront d’une créance dès 2017. Elle sera enregistrée dans leurs comptes, et celles qui le souhaitent bénéficieront d’un préfinancement de la BPI.

 

Allez-vous demander davantage de contreparties au patronat ?

C’est le sens même du pacte. Et les partenaires sociaux doivent, dans les branches et les entreprises, évaluer régulièrement l’utilisation du CICE. Surtout s’il est relevé en 2017. Quant au Medef, il a manqué à ses responsabilités sur l’Unedic et prend une position dangereuse en n’appliquant pas la loi sur le compte pénibilité. Dans une démarche sociale si les acteurs se dérobent, il ne reste plus que l’Etat !

 

Allez-vous la prolonger la prime à l’embauche dans les PME de moins de 250 salariés ?

Nous allons franchir dans quelques jours le seuil des 500.000 embauches dans le cadre de ce dispositif. C’est un succès au bénéfice de l’emploi et des entreprises et j’ai donc décidé de le prolonger sur l’ensemble de l’année 2017, comme d’ailleurs le mécanisme du suramortissement des investissements.

 

Au-delà de 2017, que reste-t-il à faire, selon vous, pour moderniser l’économie française ?

En 4 ans nous avons considérablement modernisé l’économie française. Le coût du travail dans l’industrie est aujourd’hui devenu inférieur à celui de nos voisins allemands et sans perte de pouvoir d’achat pour les salariés, puisque ce résultat a été obtenu par des allégements de prélèvements.

Les lois sur la sécurisation de l’emploi de 2013, la réforme de la formation professionnelle et celle sur le dialogue social ont considérablement amélioré la négociation. Aujourd’hui, le projet de loi El Khomri prévoit une évolution progressive du Code du travail dans les prochaines années et introduit le compte personnel d’activité, qui sera une étape majeure dans la sécurisation des parcours professionnels.

Enfin, j’ai voulu donner une place très importante à l’innovation et à l’investissement. Et dans le même temps les déficits publics ont été réduits, les régimes de retraite ont été équilibrés et la protection sociale a été préservée sans mise en cause des droits des assurés sociaux.

 

Vous vous déplacez ce jeudi au salon VivaTechnology, qui va ressembler des milliers de start-up. Quel regard portez-vous sur ce phénomène en France ?

La France, et chacun le découvre, est une nation de jeunes entreprises. La French Tech est une formule qui recouvre une réalité bien vivante ! Jamais autant de start-up n’ont vu le jour dans notre pays. 1 500 sont créées chaque année à Paris, la ville qui a le plus d’incubateurs en Europe. Jamais autant de fonds n’ont été investis dans les entreprises innovantes en France. Jamais autant de chercheurs et d’ingénieurs français n’ont été à ce point sollicités par le monde entier.

La France a pris une avance dans de nombreux domaines : les objets connectés, les plateformes, les services culturels. Ces succès démontrent la créativité de notre économie que le gouvernement a accompagnée et encouragée en favorisant un écosystème avec notamment le crédit d’impôt recherche élargi à l’innovation, avec l’alliance pour l’industrie du futur, avec la French Tech. VivaTechnology en est la plus éloquente illustration.

 

Mais pourquoi la France et également l’Europe ont-elles tant de mal à faire grandir ces entreprises pour qu’elles deviennent des champions mondiaux à l’image de ce que sont capables de produire les Etats-Unis ?

La France a ses licornes, ces jeunes entreprises dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Mais c’est au niveau européen que nous devons nous organiser. L’Europe a les moyens de développer des champions dans la transition énergétique et le numérique à condition de ne pas empêcher les concentrations de ses entreprises face aux géants comme Google ou Facebook.

Nous devons constituer des grands groupes européens à partir d’un marché large et régulé et qui ne peut être l’addition des marchés nationaux. Ce qui exige un changement d’approche de la part de la Commission européenne sur l’application des règles de concurrence.

Salaire moyen net en France : 2125 euros

Salaire moyen net en France : 2125 euros

 

2125 € c’est le salaire net moyen mensuel en France pour un temps plein ;  un salaire qui a augmenté de 42 % de 2009 à 2013. En francs constants il y a donc eu progression. L’augmentation est de   42 %) et  l’inflation a atteint, elle, 34,5 %. En 2013, le revenu perçu par un salarié était de 20.350 euros. On peut évidemment mettre en cause l’évolution réelle de l’inflation car l’inflation ne tient pas compte suffisamment de l’évolution structurelle de la consommation, structure de la consommation qui en outre varie nettement en fonction  des revenus. Il s’agit d’un revenu salarial, tous types de contrats confondus : plein temps, temps partiel ou mi-temps. Si l’on veut des comparaisons plus parlantes, il faut se concentrer sur le salaire net annuel moyen pour un temps plein. Il était en 2013 de 25.500 euros soit 2125 € par mois. En moyenne on note donc une augmentation faible mais réelle du salaire moyen. Salaire moyen à distinguer du salaire médian lequel divise la population en deux et qui au contraire fait apparaître une légère diminution. En cause un accroissement des inégalités, ce qui gagnent plus ont encore gagné davantage, ce qui gagnent moins perdu davantage. Premier point à noter : ce montant montre une augmentation régulière des salaires nets entre 1995 et 2009. Les cadres gagnent en moyenne trois fois plus que les ouvriers : 41.200 euros pour les premiers contre 13.800 euros pour les ouvriers et employés. Si ce montant annuel est inférieur au Smic sur un an, c’est que le poids des CDD est très sensible dans cette catégorie de salariés. Il s’agit comme toujours dans ces comparaisons de moyennes. Elles masquent des disparités parfois importantes entre les activités, les statuts professionnels, les âges et les sexes. L’écart de salaire en être les hommes et les femmes restent toujours aussi fort. On en parle beaucoup. Mais sur le terrain, les choses bougent moins vite que la fermeté des déclarations de nos patrons et de nos responsables le laissent penser. Tous statuts confondus, les femmes gagnent de 19 à 22% de moins que leurs homologues. Ce sont dans les fonctions de cadres que les écarts sont les plus significatifs et dans ceux des employés où les différences de rémunérations moyennes nettes sont les plus faibles (autour de 8%). Sur un indice INSEE toujours discutable, le pouvoir d’achat a augmenté tous les ans de 0,3% entre 2007 et 2014. C’est moins qu’en Allemagne, mais bien mieux qu’en Italie, en Grande-Bretagne ou en Espagne. Chez nous, les salaires n’ont pas chuté et les prestations sociales ont joué un grand rôle d’amortisseurs.

Le référendum bâclé : ou la démocratie néandertalienne

Le référendum bâclé : ou la démocratie néandertalienne

 

 

Il est clair que le référendum ne saurait être considéré comme le nec plus ultra de la démocratie au contraire on peut légitimement considérer que le recours aux référendums bâclés relève d’une conception néandertalienne de la démocratie. Une démocratie qu’on réduit à un choix entre pour ou contre, comme si  la problématique était aussi simple. D’une certaine manière c’est le refus de la complexité à la  dimension sociale, économique, environnemental, financière et sociétale et qui se caractérise par un environnement organisationnel systémique. Du coup pour faire semblant de satisfaire aux contraintes démocratiques on simplifie la problématique jusqu’au ridicule. Exemple pour le brexit  avec l’argument massif des partisans de la séparation avec l’union économique : voter contre le brexit (c’est-à-dire se maintenir dans l’union économique)  s’est encourager l’immigration en Grande Bretagne. Faut-il rappeler que la Grande-Bretagne ne fait pas parti de l’espace Schengen. Le fait de quitter l’union européenne ne changera rien pour l’essentiel de l’immigration en provenance de l’Afrique ou des pays en guerre avec l’État islamique. Bien entendu d’autres facteurs explicatifs que l’immigration devraient être pris en compte pour comprendre les enjeux d’une appartenance à l’union économique européenne. Ce qui caractérise la qualité d’une démocratie, c’est le haut niveau du débat qui précède une éventuelle consultation. Un débat approfondi sur chacun des  éléments constitutifs de la problématique et sur leur interaction. Et non un agglomérat réducteur, au surplus mensonger, démagogique qui sollicite les plus bas intérêts et  les plus bas instincts. Réduire la démocratie à un vote contre simplificateur constitue une insulte au concept même de démocratie dont l’objet ne saurait être   d’encourager les clivages mais de trouver les compromis constructifs et unificateurs. Enfin on sait bien que la plupart des référendums sont instrumentalisés à des fins politiciennes et que leur objet initial est détourné de sorte que la consultation se réduit souvent à une forme d’expression de mécontentements qui n’ont pas grand-chose à voir avec le questionnement du référendum. Notons enfin que la démocratie directe est souvent l’outil de manipulation le plus utilisé dans les dictatures.

 

Gauchisme : le siège de la CFDT à Bordeaux incendié

Gauchisme : le siège de la CFDT à Bordeaux incendié

On sait que plusieurs sièges de la CFDT y compris le siège central à Paris ont déjà été victimes de dégradations. Mais cette fois il s’agit de l’incendie du siège régional à Bordeaux. Le résultat évidemment d’une stratégie gauchiste qui radicalise les positions et favorise un climat de haine et de violence.  Une curieuse conception de la démocratie quand l’insulte et la violence prennent  le pas sur le débat normal dans un pays civilisé. Les gauchistes sont certainement déçus d’avoir perdu la partie car la répétition des mobilisations concernât la loi travail n’a conduit qu’à l’impasse et d’une certaine manière discrédite encore un peu plus les organisations irresponsables. Le siège régional de la CFDT situé à Bordeaux a en effet été incendié dans la nuit de mercredi à jeudi, rapporte 20 minutes ce jeudi. Des feux de poubelles disposés devant le bâtiment seraient responsables.  Selon le quotidien, cet incendie n’a fait aucune victime. En revanche, les dégâts matériels sont conséquents. La police judiciaire a été saisie de l’enquête. Cet incendie intervient dans un contexte bien particulier, puisque les éboueurs mènent actuellement une grève.  « Le fait que cet incendie soit volontaire ne fait aucun doute. Nous ne sommes pas vraiment surpris quand on voit ce qui s’est déjà passé ailleurs dans d’autres villes dans un climat social tendu », a indiqué à Reuters un porte-parole de la CFDT. Le siège national de la CFDT, à Paris, a ainsi été la cible d’une attaque jeudi dernier et celui de la CGT, situé à Montreuil, en banlieue parisienne, a été attaqué samedi dernier.

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Glyphosate : autorisation prolongée mais pas pour les particuliers !

Glyphosate : autorisation prolongée mais pas pour les particuliers !

 

Profitant sans doute de l’émoi suscité par le brexit  qui fait la Une de tous les médias la commission européenne a décidé presque en douce de prolonger l’autorisation de commercialiser le glysophate. La Commission européenne va donc prolonger de 18 mois d’ici fin juin l’autorisation de vente du glyphosate, un herbicide présent notamment dans le Roundup de Monsanto et largement utilisé dans l’agriculture et le jardinage, a annoncé le commissaire européen à la Santé. L’autorisation actuelle de commercialiser dans l’UE ce produit controversé expire le 30 juin. Sans cette prolongation, les industriels auraient eu six mois pour retirer cette substance de leurs produits. Les conclusions contradictoires des scientifiques sur le caractère cancérigène du glyphosate ont dressé l’industrie chimique et certains cultivateurs contre les écologistes et des associations de consommateurs. En raison des réticences de certains dirigeants européens, notamment français, la Commission européenne n’est pas parvenue à obtenir une prolongation de l’autorisation pour une durée de 15 ans et c’est pourquoi elle a ensuite privilégié une prolongation provisoire le temps d’obtenir de nouvelles études scientifiques. Dans le même temps la vente en libre service aux particuliers sera interdite en France à partir du premier janvier 2017 ! Ou l’écologie à la carte car le produit est utilisé à hauteur de 95% pour le secteur agricole.  !

 

Orange, bientôt la fin du téléphone fixe ?

Orange, bientôt la fin du téléphone fixe ?

 

 

Ce sera bientôt la fin du bon vieux téléphone fixe devront ce convertir au téléphone via Internet (ligne ADSL). L’opérateur testera en 2017 dans 14 communes de Bretagne l’arrêt progressif du téléphone fixe classique au profit d’accès à base de technologies Internet. Orange prépare ses clients à l’extinction définitive du service par grandes zones géographiques, à partir de 2021. Dans le cadre de la modernisation de ses réseaux, Orange a prévu d’arrêter la téléphonie classique dont les infrastructures techniques, vieilles de 30 à 40 ans selon les zones, deviennent obsolètes et coûteuses à maintenir. L’opérateur étant tenu d’annoncer au moins 5 ans à l’avance l’arrêt technique de son service téléphonique de base sur une quelconque partie du territoire, il a décidé de lancer dès 2016 en Bretagne ce chantier d’ampleur nationale.  L’enjeu pour Orange consiste à débrancher progressivement sur toute la France 10,6 millions de « vieilles » lignes en service (fin 2015) contre 23,8 millions de lignes ADSL par lesquelles, via une box d’opérateur, passent les trafics liés à la voix, le web et la télévision. Cette extinction annoncée ne concerne pas le réseau d’accès en cuivre même si Orange teste aussi le remplacement complet de son réseau en cuivre par la fibre optique, sur toute la ville de Palaiseau en Ile-de-France (cf encadré ci-dessous). Partout ailleurs, son réseau de cuivre sert encore de base aux 23,8 millions de lignes ADSL.

(Avec BFM)

Manif loi travail : un mouvement à bout de souffle

Manif  loi travail : un mouvement à bout de souffle

 

Une participation de plus en plus ridicule qui témoigne de l’essoufflement d’un mouvement sans issue. À chaque manifestation la participation se réduit encore témoignant de l’impasse dans laquelle conduit la stratégie gauchiste des organisations contestataires. Plusieurs milliers d’opposants seulement au projet de loi Travail se sont retrouvés mardi dans la rue pour la 11e journée d’une mobilisation qui tend à s’essouffler, à l’approche d’un nouvel examen de ce texte par l’Assemblée nationale. Le cortège parisien a rassemblé « plus de 55.000 personnes », selon la CGT et Force ouvrière. La préfecture de police en dénombrait entre 14.000 et 15.000. La manifestation de jeudi dernier dans la capitale avait rassemblé de 19.000 à 20.000 personnes, selon la police, et 60.000 d’après les organisateurs. Pour l’ensemble de la France, le ministère de l’Intérieur a dénombré près de 65.000 manifestants, contre 70.000 jeudi dernier, tandis que la CGT en revendique 200.000; 81 personnes ont été interpellées sur tout le territoire, a-t-il précisé. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a promis d’autres mobilisations « C’est possible qu’il y ait d’autres manifestations (…). Tout l’été, il y aura des initiatives pour bien préparer la rentrée », a-t-il dit au départ du cortège parisien. En province, les cortèges étaient tous très maigres, au point que les manifestants de Toulouse ont renoncé à se compter. Jean-Claude Mailly a dit espérer encore que Manuel Valls annoncerait des modifications au texte, notamment pour garantir le rôle des branches professionnelles. « C’est bien qu’on soit reçus, mais il faut des réponses aux questions qu’on pose », a dit Philippe Martinez. « Ce n’est pas une visite de courtoisie ». Il a insisté sur le « problème » de l’inversion de la hiérarchie des normes. « Il doit y avoir un cadre collectif. Ça ne peut pas être entreprise par entreprise », a-t-il dit. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient le projet de loi adopté en première lecture par les députés, comme la CFTC et l’Unsa, exhorte au contraire Manuel Valls à tenir bon, en particulier sur l’article 2. Il s’oppose notamment à ce qu’un droit de regard soit donné aux branches professionnelles sur les accords d’entreprise, que ce soit a priori ou a posteriori. « La CFDT, s’il y avait un recul du gouvernement sur l’article 2, serait évidemment vent debout et complètement opposée », a dit Laurent Berger sur France 2.

(Avec Reuters)

Brexit : Cameron et les britanniques pas pressés de quitter l’Europe

brexit : Cameron et les britanniques pas pressés de quitter l’Europe

 

Après sa terrible erreur,  le Premier ministre britannique se montre peu pressé de quitter l’Europe. Pour preuve d’abord il considère que ce n’est pas à lui de négocier cette séparation. Deuxièmement il ne prévoit pas son remplacement avant l’automne. Troisièmement il affirme qu’il est impossible de prévoir un calendrier pour déterminer les conditions du divorce avec l’union économique à noter aussi que ce peu d’empressement est également partagé son possible successeur à savoir Boris Johnson qui lui a milité en faveur du brexit et qui pourtant affirme que le brexit  ne modifiera pas les relations commerciales avec l’union européenne. Bref on sent  très nettement que les vont désormais jouer la montre pour essayer de négocier un statut le plus proche possible de celui qu’ils  occupaient dans l’union européenne. L’objectif est évidemment pour les partisans du brexit  de montrer que le départ de l’union européenne ne change rien sur le plan économique pour la Grande-Bretagne. Un calcul sans doute hasardeux car si l’Europe devait accorder un statut très spécifique au Royaume-Uni qu’on pourrait résumer avec un pied dedans un pied dehors, il est alors fort  prévisible que d’autres pays s’engageraient ainsi dans la brèche du désengagement vis-à-vis de l’union en conservant cependant tous les avantages des membres. David Cameron a donc déclaré mardi soir à Bruxelles que le Royaume-Uni n’avait pas l’intention de « tourner le dos à l’Europe » en dépit de sa décision de quitter l’Union européenne, décision dont il a confirmé qu’il laisserait le soin à son successeur de la mettre en œuvre. Au terme d’une réunion avec les 27 autres membres de l’Union, le Premier ministre  David Cameron a ajouté que son pays avait pour projet de trouver la meilleure forme de partenariat possible avec l’Union européenne, reconnaissant toutefois qu’il est impossible d’avoir « tous les bénéfices sans coûts », contrairement à ce qu’a laissé entendre Boris Johnson, le chef de file du camp du « Leave ». Le Premier ministre a répété qu’il laisserait le soin à son successeur au 10, Downing Street d’invoquer l’article 50 du traité européen de Lisbonne, qui déclenchera le processus de négociations formelles, et insisté sur le fait qu’il n’était pas possible, à ses yeux, de fixer un calendrier pour cela. « Le sentiment largement dominant au sein de l’UE est (…) que la Grande-Bretagne a besoin de temps », a-t-il assuré, en dépit des appels répétés des dirigeants européens à une action rapide de Londres.

(Avec Reuters)

Niveau de vie : Baisse moins sensible en France

Niveau de vie : Baisse moins sensible  en France

D’après l’INSEE la baisse du niveau de vie depuis 2008 a été plus modérée en France qu’ailleurs sans doute en raison  des amortisseurs sociaux. – Le niveau de vie médian des Français (qui sépare les effectifs de la population en deux) qui se situe à 1667 € a connu un recul modéré sous l’effet de la crise économique de 2008, qui s’est soldée en France métropolitaine par une hausse de la pauvreté moins marquée que dans d’autres pays d’Europe, d’après des données présentées mardi par l’Insee.( À noter qu’il ne s’agit pas du revenu des salariés et autres travailleurs mais de l’ensemble des Français incluant y compris ceux qui n’ont aucun revenu ;  le revenu moyen par travailleur Français est supérieur à 2000 €)  Entre 2008 et 2013, les inégalités en matière de niveau de vie calculée sur ce revenu médian sont restées relativement stables, même si les écarts ce sont accentués dans les premières années suivant la crise avant de se réduire à nouveau à partir de 2011, selon cette étude sur les revenus et le patrimoine des ménages français. Sur cette même période de cinq ans, le niveau de vie médian d’une famille composée d’un couple avec deux enfants de moins de 14 ans a reculé de 1,1% pour atteindre 20.000 euros annuel, soit 1.667 euros par mois, en 2013. « Ce n’est pas la première fois que (ce niveau de vie médian) diminue, c’était déjà le cas entre 2002 et 2004, mais c’est la première fois que cela dure aussi longtemps », a précisé Julie Labarthe, chef de la division revenus et patrimoine des ménages de l’Insee, lors d’une conférence de presse. Ce recul de 1,1% en cinq ans, qui correspond à une baisse de 0,2% en moyenne annuelle, représente « une diminution limitée, qui est très pondérée par rapport à ce qu’on peut observer dans d’autres pays européens », a-t-elle précisé. Alors que les écarts se sont creusés en Europe, les inégalités de niveau de vie ont connu une quasi-stabilité en France sur la période 2008-2013, mais cette évolution recouvre deux phases distinctes. Les trois premières années post-crise ont été marquées par une accentuation des écarts, avec un repli plus marqué des revenus les plus modestes, pénalisés par la hausse du chômage et une forte augmentation des très hauts revenus, la reprise de 2010-2011 ayant davantage profité aux revenus du patrimoine, aux revenus des indépendants et aux salaires. Même si cette tendance à l’accroissement des inégalités a été atténuée par les transferts fiscaux et sociaux (prestations sociales et assurance chômage), les écarts ont atteint en 2011 le niveau le plus élevé observé sur la période 1996-2011. Après cette date, les déséquilibres se sont réduits du fait d’une forte diminution du niveau de vie des ménages les plus aisés entre 2011 et 2013. Outre un net repli des revenus du patrimoine, entre 2012 et 2013, ces ménages ont également vu leurs revenus d’activité diminuer en 2012 et ils ont été les plus concernés par la hausse de la fiscalité entre 2011 et 2013. Malgré tout « ce sont les plus modestes qui ont le plus été impactés par la crise, avec une baisse sur cinq ans de 3,5%, ce qui correspond à une baisse du niveau de vie mensuel de 30 euros », a souligné Julie Labarthe. En 2013, 8,6 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté monétaire, défini comme un niveau de vie inférieur ou égal à 60% du niveau de vie médian, soit 1.000 euros par mois pour une personne seule ou 2.100 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans. Sur les cinq années ayant suivi la crise, le taux de pauvreté monétaire a augmenté de 0,7 point malgré un abaissement de 1,1% du seuil de pauvreté et a atteint 14,0% en 2013. Chômeurs, ouvriers et familles monoparentales ou nombreuses ont été les premiers concernés par cette hausse de la pauvreté monétaire liée à la progression du chômage alimentée par la crise et cela s’est directement répercuté sur les plus jeunes : en 2013, près d’un enfant sur cinq (19,6%) vivait sous le seuil de pauvreté monétaire. « La crise n’a pas changé le profil de la pauvreté mais en a accentué certains traits », observe l’Insee.

(Avec Reuters)

Pas de régime de faveur pour le Royaume-Uni (Valls)

 

Au moment où les chefs d’État se réunissaient pour examiner les conséquences du site, Valls de son côté a fait entendre sa petite musique déclarant qu’il fallait crever l’abcès. En clair il souhaite qu’on ne fasse aucun cadeau lors du divorce avec le Royaume-Uni y compris concernant l’agenda. Pour lui, l’Europe n’a pas à se soumettre aux délais que veut  le parti conservateur britannique. Une prise de position encore plus radicale que celle de Hollande qui, lui, avec les autres chefs d’État européen à déclaré  qu’il était nécessaire d’attendre la demande officielle de divorce du Royaume-Uni dans le cadre de l’article 50 du traité. Il paraît de plus en plus clair que négocier un statut spécifique avec le Royaume Uni qui lui permettrait d’avoir un pied dedans un pied dehors  poserait d’énormes problèmes politiques. Le Royaume-Uni ne devrait pas s’attendre à jouir d’un régime de faveur s’il voulait garder l’accès au marché unique. Un statut du type de celui accordé à la Norvège ou à la Suisse poserait problème car  il y a une différence de taille entre ces deux pays  et le Royaume-Uni. Le statut de ces deux pays n’a été accordé que dans la perspective le moment venu d’intégrer l’union européenne. Par son référendum les Britanniques ont signifié clairement qu’il quittait l’union européenne. Par ailleurs et surtout accorder un statut spécifique au royaume uni serait la porte ouverte pour que beaucoup réclament ce statut » un pied dedans, un pied dehors ». Lors de l’ouverture d’un débat sur les conséquences du Brexit devant les députés français, le Premier ministre a donc plaidé pour un discours de fermeté à l’égard de Londres, qui doit, a-t-il dit, actionner « le plus tôt possible » la clause de retrait. « L’heure n’est plus à la prudence diplomatique, il faut crever l’abcès », a déclaré Manuel Valls, pour qui le résultat du référendum de jeudi dernier ne concerne pas le seul Royaume-Uni mais révèle un « malaise des peuples » européens.  L’Europe était suspendue au vote britannique depuis l’annonce par David Cameron de l’organisation d’un référendum sur l’avenir du Royaume-Uni dans l’UE, a-t-il rappelé. « Nous avons fait preuve de patience et de compréhension (…) L’entre-deux, l’ambiguïté, ne sont plus possibles », a dit le Premier ministre. « Soit on sort, soit on reste dans l’Union (…) Ce n’est pas le Parti conservateur britannique qui doit imposer son agenda. » Et si les Britanniques veulent garder un accès au marché unique, il faudra qu’ils respectent « l’intégralité » de ses règles, a ajouté Manuel Valls.

 

(Avec Reuters)

Union européenne : 45% des Français pour le maintien de la France

Union européenne : 45% des Français pour le maintien de la France

 

Non seulement les Français sont pour le maintien de la France dans l’union européenne mais ils  regrettent  aussi le départ de la Grande-Bretagne considérant que les conséquences de ce divorce seront également néfastes à la France. Il se pourrait bien que les sombres perspectives brexit  et les incertitudes qui en découlent aient pesé sur l’avis des Français. À noter cependant que si les Français dans leur majorité souhaitent le maintien de la France dans l’union économique européenne, ils veulent toutefois que l’Europe  se recentre sur quelques enjeux stratégiques et que les nations puissent disposer pour le reste d’autonomie.  Le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’a visiblement pas déclenché de volonté d’émancipation chez les Français. Selon un sondage TNS Sofres-Onepoint réalisé pour RTL, Le Figaro et LCI, 45% des Français seraient favorables au maintien de la France au sein de l’UE. Si une consultation similaire à celle qui a mené au Brexit était organisée dans l’Hexagone, ils ne seraient que 33% à voter pour un « Frexit«  (une sortie de l’UE, ndlr). Il reste toutefois 22% d’indécis qui n’ont pas fait leur choix. Les Français sont également partagés à propos de la possibilité d’organiser un tel référendum. Ils sont 45% à se dire pour et 44% à y être opposés. Le taux de personnes « tout à fait favorables » est d’ailleurs équivalent à celui des « pas du tout favorables » (27% contre 28%). La majorité des sondés (55%) préférerait toutefois que les nations qui composent l’Union européenne aient davantage d’autonomie. Ils ne sont, au contraire, que 25% à vouloir davantage d’intégration des nations au sein de l’UE. Les Français semblent en tout cas plutôt contrariés par le futur départ du Royaume-Uni. Ils sont 43% à estimer que le vote du Brexit est une mauvaise chose pour la France - 24% des sondés pensent le contraire -, 45% à se dire déçus du Brexit et 48% à considérer qu’il s’agit d’une mauvaise chose pour l’Union européenne. L’issue du référendum semblait toutefois attendue, 58% des sondés se disant « pas surpris » par le départ du Royaume-Uni. 

 

(Avec RTL)

Le Frexit est inévitable ! (Guillaume Bigot)

Le Frexit est inévitable !  (Guillaume Bigot)

Une interview intéressante dans le Figaro même si on peut être en désaccord complet de Guillaume Bigot, Guillaume Bigot  est essayiste,  Il est membre fondateur du Comité Orwell et Directeur Général de l’IPAG Business School, Cet ancien proche de Jean-Pierre Chevènement , pur produit de Sciences-po,  pronostique un Frexit inévitable, c’est-à-dire un divorce de la France avec l’union européenne. La lecture de cette interview mérite  intérêt car elle se situe bien dans la philosophie des élites de Sciences-po capables de traiter de tout  mais en évitant surtout la question centrale de l’économie notamment de la croissance et de l’emploi. De quoi mieux comprendre la dialectique des nationalistes anti-européens.  Un discours assez proche de celui de Florian Philippot du Front National lui aussi ancien proche de Jean-Pierre Chevènement (et ce dernier  aussi totalement ignare en matière d’économie).


- Le Brexit est-il un revers pour la classe dirigeante?

 

Guillaume BIGOT. – Depuis 30 ans, le grand dessein fondait la légitimité de la classe dirigeante. Le Brexit a lézardé ce socle. Le dépassement de l’État nation démocratique sur le vieux continent n’est plus inéluctable. Jusqu’en 1940, contester le bien fondé de la ligne Maginot était inconcevable. Imaginer qu’elle pourrait être contournée faisait de vous un hurluberlu. Les gens bien, les spécialistes, les experts, a fortiori les dirigeants ne questionnaient pas le dogme de l’invincibilité de l’armée française qui se confondait avec celui de la supériorité de la stratégie défensive sur la stratégie offensive. En 1958, l’idée que l’Algérie n’était pas la France n’était partagée que par une poignée d’extrémistes. Le rapatriement de millions de pieds-noirs était tout simplement impensable.

Le caractère inéluctable de l’UE rentre dans cette catégorie de totem et tabou.

Toute classe dirigeante est conformiste, y appartenir suppose de partager les convictions qui lui servent d’auto justification. Ces convictions forment des «paradigmes historiques». La croyance dans l’unification européenne forme un paradigme historique. En général, les dirigeants tiennent à leurs paradigmes plus qu’ils ne tiennent à leurs pouvoirs. Contrairement à ce que croient les marxistes et les libéraux, les puissants perdent souvent leur pouvoir parce qu’ils refusent de remettre en cause les convictions qui le fondent. Et c’est la raison pour laquelle, lorsque les faits ou la réalité viennent contredire et parfois percuter ce paradigme, les dirigeants sont victimes de ce que les économistes appellent un «aveuglement au désastre». Zeus aveugle les mortels qu’il veut perdre. La classe dirigeante européenne en est là par rapport à l’Europe. La plupart de nos dirigeants (la tribune de BHL en offre une illustration caricaturale) continuent à tenir les eurosceptiques pour de dangereux fauteurs de guerre et à croire que le ciel des marchés va tomber sur la tête des souverainistes.

 

- Au fond, qu’est-ce que l’Union européenne?

 

Une utopie. Ce qui a rendu cette utopie enviable et a incité plusieurs générations de dirigeants à l’imposer sur la réalité des États nations européens, c’est un double refus ou plutôt une double conjuration. D’abord, la conjuration du péril brun incarné par les crimes perpétrés par le nazisme. Ensuite, la conjuration du péril rouge incarné par les affres du communisme. L’Union européenne est un édifice juridique, institutionnel, politique et économique destiné à protéger les peuples et les États qui la composent contre ces deux périls. En ce sens, le projet européen n’est porté par aucune idéologie positive et encore moins par une volonté de puissance. La consécration du bon plaisir individuel (le droit des minorités est son extension) comme norme suprême à laquelle nous invite la jurisprudence de la CEDH s’accompagne d’une déligitimation de toute certitude susceptible de s’imposer l’individu donc de toute idéologie. Le projet européen est également antinomique de toute volonté de puissance. L’Europe, c’est un effort titanesque pour s’attacher les uns aux autres afin de ne plus rien vouloir, ni pouvoir ensemble. L’UE, c’est un club d’ex-alcooliques qui cassent leurs verres et leurs bouteilles, détruisent leurs tire-bouchons afin d’être certains qu’ils ne toucheront plus jamais une goutte d’alcool. Plus jamais ça: plus de raison d’État, plus d’armée, plus de budget, plus d’impôt, plus de démocratie directe, plus de frontière, plus d’assimilation des migrants: une monnaie au service des marchés et le multiculturalisme et l’armée américaine pour tous.

 

- Pourquoi les Britanniques ne croient plus dans cette utopie?

 

Ils n’y ont jamais cru. Le besoin de délimiter l’État comme volonté de puissance, de brider la souveraineté nationale comme expression de la volonté populaire, de délier légitimité politique et culturelle (un État multi culturel et post-national qui ne ferait plus la guerre et dans laquelle les migrants garderaient leur culture d’origine) n’avait aucune raison de séduire le peuple anglais. Londres n’est jamais entrés dan l’Euro, ni dans Schengen et n’a jamais accepté que les lois sont faites ailleurs qu’aux Communes.

 

- Les membres de l’Union européenne sont-ils si désunis que cela?

Ce terme d’union est trompeur car il y a au moins quatre types d’États membres. La première catégorie, comme le Danemark ou la Grande-Bretagne, sont rentrés par opportunisme économique mais aussi pour manipuler les rouages institutionnels. La GB est le premier et ils sortiront tous. La seconde catégorie ce sont les États de l’Europe du Sud qui sont entrés pour protéger leurs démocraties fragiles dans les années 80 (Grèce ; Portugal ; Espagne ; etc.). Eux aussi sont entrés par calcul, ils voulaient soutirer des aides structurelles.

Troisième catégorie, les Etats libérés par la fonte du glacis soviétique qui sont venus chercher des aides structurelles mais aussi un mécanisme de ré assurance militaire vis-à-vis de la Russie à travers le lien organique entre l’OTAN et l’UE. Les traités européens font en effet de l’organisation militaire aux ordres du président des États-Unis le «bras armé de l’Europe», ce qui ne manque pas de sel lorsque l’on sait que l’une des principales justifications de la construction européenne consiste à vouloir équilibrer la puissance américaine. La seule catégorie d’État sincèrement européiste, ce sont ceux du noyau originel: France ; Allemagne ; Belgique ; Pays-Bas ; Luxembourg et Italie. D’autres pays à l’identité malheureuse comme l’Autriche, la Croatie ou la Roumanie peuvent s’y agréger.

 

- Ces pays fondateurs peuvent-il avancer plus loin entre eux et créer un noyau dur?

Les dirigeants en rêvent et une part de plus en plus importante de l’opinion de certains de ces pays en cauchemardent. L’Allemagne est militairement et démocratiquement traumatisés et perçoit l’immigrant comme un rédempteur, elle est prête à accélérer. Pour des raisons qui leurs sont propre, les Luxembourgeois et les Belges n’ont pas grand chose à sacrifier en sacrifiant leur souveraineté. Le nationalisme italien a été moins ébranlé par le fascisme que le chauvinisme allemand mais n’est pas sorti indemne de son exaltation par Mussolini. C’est aussi un État nation récent et donc fragile qui n’hésitera pas à se dissoudre. La fécondité de ces peuples décline rapidement et de manière inexorable (les politiques natalistes ayant été fortement délégitimés par les pratiques des régimes totalitaires dans ce domaine). Si la loi de l’hystérèse se vérifie, l’Allemagne, l’Autriche, la Roumanie et les anciens pays de l’axe resteront longtemps arc-boutés sur un projet de dépassement de l’État nation et de la volonté populaire par l’Europe. Le projet européen perdurera. Il y aura une vaste confédération helvétique à échelle continentale, maison de retraite historique pour peuples fatigués, pacifistes et bien décidés à gérer et leur rente économique et leur déclin démographique. Rappelons que la France gagne 500 000 habitants chaque année tandis que l’Allemagne en perd 500 0000.

 

- Le Frexit est-il probable?

Il n’est pas seulement probable, il est inévitable même s’il sera plus long à venir.

De 1944 à 1977, l’idée qui domine l’opinion française, c’est que les collaborationnistes ne représentaient rien n’y personne. Dans le même laps de temps, l’Europe n’allait pas au delà d’un marché commun, avec défense d’un tarif extérieur commun et négociation âpres vis-à-vis des tiers.  Avec l’élection de Giscard qui explique à la France qu’elle est devenu une puissance moyenne (1974) avec la diffusion du feuilleton Holocauste (1978), un processus de culpabilité nationale s’est mis en marche qui culmine avec le discours de Chirac au Vel d’Hiv (1995). Le Français était devenu Dupont-Lajoie. Un collabo, un pétainiste, un beauf. Surtout s’il était pauvre et peu éduqué. L’Europe a alors pu s’imposer comme une sorte de piscine purificatrice éliminant les souillures historiques. Le Frexit ne surviendra que lorsque la vérité sur cette époque s’imposera. Et le noyau perce déjà l’écorce: les historiens s’accordent pour considérer que les Français furent un temps bernés par Pétain en sa qualité de vieux lutteur anti-germanique et puis ils passèrent le reste de la guerre effarés par les crimes de l’occupant, pestant contre un régime qu’ils n’avaient pas choisi et laissant leur joie exulter à la libération. Moralement, les Français ne furent jamais du côté des nazis. La chouette de Minerve prend son envol à la tombée de la nuit. Nous ne sommes pas très loin de cette prise de conscience qui va déchirer le drapeau européen comme un voile obscurcissant l’avenir. L’enjeu est là pour les Français: ne plus être symboliquement et moralement assimilés aux Allemands (l’alignement moral a été un préalable à l’alignement monétaire qui s’est réalisé dans la douleur avec la désinflation compétitive et qui se poursuit avec l’austérité) et ce travail est presque terminé. Aux lendemains du 13 novembre, nous avons éprouvé une fierté à brandir le drapeau tricolore et au-delà, que face à l’adversité, nous devions assumer un destin grand et singulier. En revanche, nous ne croyons pas encore que nous avons en nous les ressources suffisantes pour exister sur un plan technologique, économique, militaire et même onirique (on domine aussi par les rêves) face à la mondialisation américaine ou chinoise.

 

- Le Royaume-Uni va-t-il éclater après le Brexit?

C’est probable mais cela n’aura qu’un lien indirect avec le Brexit. Comme nous l’écrivions avec Jean-Claude Barreau dans Toute la géographie du Monde : «l’Écosse se dirige doucement et sans rancœur vers l’indépendance et la dissolution de l’acte d’union». Le royaume n’est uni que depuis 1707, date à laquelle l’Écosse, nation indépendante et différente géographiquement (vieux massif au climat plus proche de celui de la Norvège que de celui de la Normandie qui est celui des plaines anglaises) et historiquement (l’écosse n’a pas été romanisée) de l’Angleterre. L’indépendance de l’Écosse ne sera pas une nouveauté mais un retour en arrière (pendant la guerre de cent ans, les gardes de Jeanne d’Arc étaient écossais). Braveheart n’est pas mort dans le cœur des Écossais et c’est un peu le processus européen, beaucoup la découverte du pétrole mais aussi la fin de l’empire britannique (les Écossais y avaient joué un rôle déterminant) qui explique le retour de ce refoulé. Non seulement, le processus d’unification européen est un processus de désunification nationale (en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne et ailleurs) mais le Brexit a bien mis en exergue une différence de sensibilité politique entre une écosse riche mais travailliste et une Angleterre qui tolère mieux des extrêmes sociaux. Ajoutons que l’Irlande est dans la même situation de divorce et là ce sera plus grave car la guerre entre Anglais et Irlandais du Nord peut se rallumer.

Dépenses publiques : ça dérape (Cour des comptes)

 

Dépenses publiques : ça dérape (Cour des comptes)

Ça dérape pour la Cour des comptes et l’objectif d’un déficit à 2,7% en 2017 ne paraît pas atteignable  en raison notamment des dépenses annoncées et plus ou moins financées sans parler des éventuelles  conséquences du Brexit qui d’après plusieurs experts économique pourrait amputer la croissance de 0.25% par an. Principales sources de dérapage: les dépenses nouvelles décidées et annoncées depuis le début de l’année (plan pour l’emploi, aides aux agriculteurs, hausse de la rémunération des fonctionnaires etc.), à hauteur de près de 2,5 milliards d’euros et des «sous-budgétisations récurrentes» de l’ordre de 2 milliards d’euros. «Les nombreuses annonces de nouvelles dépenses publiques, qui ne sont ni financées ni gagées par des économies pérennes, font peser un risque sur les finances publiques françaises, en 2016 mais plus encore sur les années suivantes». Ces mesures annoncées, combinées à la hausse programmée des dépenses militaires, «vont pousser les dépenses à la hausse, à hauteur d’environ 0,3 point de PIB en 2017». Étant donné que le gouvernement a parallèlement fixé un objectif de maîtrise des dépenses très ambitieux, alors que les politiques mises en œuvre ces dernières années ne sont guère porteuses d’économies à moyen terme, la Cour estime que «dès 2017, l’objectif de déficit a un risque élevé de ne pas être atteint». Comme Bruxelles il y a deux mois, la Cour des comptes ne croit pas à l’objectif de la France de ramener son déficit public à 2,7% du PIB en 2017. En revanche, elle se montre plus optimiste pour 2016 dont elle juge l’objectif de déficit à 3,3% (contre 3,6% en 2015) «atteignable» et «modeste», «même si des risques significatifs pèsent sur les dépenses de l’État», observent les Sages dans leur rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques. Concernant les recettes, les prévisions du gouvernement apparaissent globalement solides, puisqu’elles se fondent sur un scénario macroéconomique jugé réaliste par le Haut Conseil des finances publiques dans son avis sur le Programme de stabilité d’avril dernier. Mais ce diagnostic, finalisé le 22 juin, doit désormais être interprété sous réserve des conséquences éventuelles du «Brexit» décidé par les Britanniques le 24 juinmême si le gouvernement et les économistes semblent écarter un impact sur la croissance 2016. Alors que «le respect de l’objectif de déficit exige (…) une gestion très stricte des dépenses et ne laisse aucune place à des décisions nouvelles conduisant à des hausses de dépenses», la Cour des comptes évoque à ce stade un risque de dépassement compris entre 3,2 et 6,4 milliards d’euros. Selon elle, le respect de l’objectif de dépenses de l’État paraît d’ores et déjà compromis et «pourrait devenir impossible à assurer si des dépenses supplémentaires venaient à être décidées d’ici la fin de l’année».

 

(Avec le Figaro et AFP)

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