Archive pour la Catégorie 'sciences'

La science face à la complexité du vivant

La science est balbutiante face à la complexité du vivant

La philosophe, Isabelle Stengers ,  considère, dans un entretien au « Monde », que la crise sanitaire a révélé l’incapacité du pouvoir politique et des « experts » à sortir de l’idéalisme de la croissance et à penser la réalité qui nous attend.

Isabelle Stengers est professeure de philosophie des sciences, retraitée de l’Université libre de Bruxelles. Après avoir longtemps étudié la construction des discours et des concepts scientifiques et les relations entre sciences et pouvoirs (L’Invention des sciences modernes, La Découverte, 1993), elle analyse les risques que l’idéal scientifico-capitaliste fait courir au vivant (Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, La Découverte, 2008) et s’engage dans un combat intellectuel pour une refondation des rapports sociaux et biologiques (Réactiver le sens commun. Lecture de Whitehead en temps de débâcle, La Découverte, 208 pages, 18 euros) à partir de la pensée du mathématicien britannique Alfred North Whitehead (1861-1947).

Que nous montre le coup d’arrêt provoqué par le virus sur la fragilité du système global de croissance ?

Le premier trait de l’événement pandémique est le rapport étonnant qu’il établit entre le local et le global. Bien qu’il ait partie liée avec les désordres écologiques que provoque l’exploitation tous azimuts du vivant et de son milieu, cet événement a pour point de départ une affaire hyper-locale : un être, qui n’existe que pour cette éventualité rare, rencontre un hôte accueillant, avec lequel, grâce auquel, il pourra participer à l’aventure de la vie.

Une telle rencontre est parfaitement contingente, même si les virus ne cessent de muter, c’est-à-dire d’en augmenter la probabilité. Mais elle a ouvert à celui-ci un destin étonnant, bien différent de celui de ses cousins, qui participent de manière plus ou moins pacifique à la vie de chauve-souris ou de pangolins. Ce qui, pour le virus, est l’accomplissement de sa vocation première et dernière, a réussi à susciter ce qu’a été incapable de provoquer une menace qui, elle, est globale et prévisible : celle du désastre climatique dont les signes avant-coureurs se multiplient aujourd’hui. Certes, des catastrophes se succèdent désormais, imposant le fait qu’il y a « comme un problème », mais il semble entendu que celui-ci devra se résoudre dans le respect de l’impératif de croissance. Quoi que ce soit d’autre est inconcevable. La réussite virale a pourtant provoqué l’inconcevable.

Il y a un contraste assez sidérant entre le désordre climatique, explicable, implacable et indifférent à ses conséquences, et le virus, prince de l’opportunisme, qui n’existe que grâce aux conséquences qu’il provoque, mais sans les expliquer. Car le virus n’explique pas les effets de la rencontre, et encore moins l’« arrêt » sinon du monde, en tout cas de tout ce que ce monde fait circuler. C’est bien plutôt ce monde qui s’est bloqué à son épreuve. Panique générale, sauf en Afrique, où les épidémies, on connaît.

 

La science est balbutiante face à la complexité du vivant

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Isabelle Stengers est professeure de philosophie des sciences, retraitée de l’Université libre de Bruxelles. Après avoir longtemps étudié la construction des discours et des concepts scientifiques et les relations entre sciences et pouvoirs (L’Invention des sciences modernes, La Découverte, 1993), elle analyse les risques que l’idéal scientifico-capitaliste fait courir au vivant (Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient, La Découverte, 2008) et s’engage dans un combat intellectuel pour une refondation des rapports sociaux et biologiques (Réactiver le sens commun. Lecture de Whitehead en temps de débâcle, La Découverte, 208 pages, 18 euros) à partir de la pensée du mathématicien britannique Alfred North Whitehead (1861-1947).

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Le premier trait de l’événement pandémique est le rapport étonnant qu’il établit entre le local et le global. Bien qu’il ait partie liée avec les désordres écologiques que provoque l’exploitation tous azimuts du vivant et de son milieu, cet événement a pour point de départ une affaire hyper-locale : un être, qui n’existe que pour cette éventualité rare, rencontre un hôte accueillant, avec lequel, grâce auquel, il pourra participer à l’aventure de la vie.

Une telle rencontre est parfaitement contingente, même si les virus ne cessent de muter, c’est-à-dire d’en augmenter la probabilité. Mais elle a ouvert à celui-ci un destin étonnant, bien différent de celui de ses cousins, qui participent de manière plus ou moins pacifique à la vie de chauve-souris ou de pangolins. Ce qui, pour le virus, est l’accomplissement de sa vocation première et dernière, a réussi à susciter ce qu’a été incapable de provoquer une menace qui, elle, est globale et prévisible : celle du désastre climatique dont les signes avant-coureurs se multiplient aujourd’hui. Certes, des catastrophes se succèdent désormais, imposant le fait qu’il y a « comme un problème », mais il semble entendu que celui-ci devra se résoudre dans le respect de l’impératif de croissance. Quoi que ce soit d’autre est inconcevable. La réussite virale a pourtant provoqué l’inconcevable.

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Maintien du premier tour des municipales: c’était criminel

Maintien du premier tour des municipales: c’était criminel

 

 

À juste titre, un médecin généraliste dénonce sur Europe 1 le caractère criminel de la décision du Premier ministre d’avoir organisé le premier tour des élections municipales. Un acte totalement irresponsable d’après lui dans la mesure où le rassemblement des électeurs à transformé les bureaux de vote en salle de contamination;  cela , en pleine explosion du nombre de cas de coronavirus.

 

Alors que l’épidémie gagnait du terrain la semaine précédant l’

élection, avec plus de 700 cas par jour en moyenne, le gouvernement a décidé de ne pas reporter le scrutin, s’appuyant sur les recommandations du Conseil scientifique.  »C’est irresponsable », s’emporte Bertrand Legrand. « On voit que le nombre de personnes atteintes ne fait qu’augmenter. Ces élections ont été une catastrophe en termes épidémiologiques, c’est criminel de les avoir maintenues. »

 

Une semaine plus tard, les élections municipales paraissent bien loin face aux 860 morts que dénombre la France lundi soir. « Vous entendez très peu la colère des médecins, parce qu’on a autre chose à faire et qu’on est là pour soigner nos patients », poursuit Bertrand Legrand.

Le praticien nordiste évoque la pénurie d’équipements, qui rend son travail de plus en plus compliqué : « Le fait de ne pas avoir de masques, j’ai eu une dotation de 50 masques et une entreprise du BTP m’a livré cinq combinaisons pour que je puisse aller faire les soins palliatifs à domicile… On est dans un pays qui ne respecte même pas le simple fait que le médecin puisse donner les derniers soins à domicile. C’est vraiment honteux », dénonce-t-il. « Les patients qu’on n’hospitalisera pas, on ne peut même plus rentrer chez eux si on n’a pas de combinaisons. Je me retrouve avec un patient, c’est sa mère de 80 ans qui s’occupe de lui, il en a 50, les deux vont être contaminés. Vous n’imaginez même pas. »

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