Archive pour la Catégorie 'société'

Economie, politique, société: les plus lus (1 8 août 2022 – 6h40)

Violences, rodéos, incendies, incivilités : le temps des abrutis

Violences, rodéos, incendies, incivilités : le temps des abrutis

 

Selon BFM depuis le début de l’été, 25 individus ont été arrêtés en France car suspectés d’être pyromanes, à l’origine d’incendies en série. Contrairement à l’incendiaire, qui a un mobile lorsqu’il déclenche volontairement un feu, le pyromane répond uniquement à ses pulsions. Parmi ces 25 interpellations, quatre individus ont déjà reçu une condamnation et six ont été placés en détention provisoire.

Il est clair aussi que la large médiatisation de ces catastrophes participe aussi à la diffusion de cette criminalité. Il en est de même aussi les rodéos des petits drogués dans les quartiers. Là aussi, il y a contagion dans toute la France et des moyens complètement inadaptés face à ces débordements avec parfois aussi des conséquences criminelles.

On assiste aussi à une vague d’attaques de commissariats par des bandes de trafiquants de drogue mécontents  évidemment que la police perturbe leur petit commerce.

Bref , dans certains secteurs de la société ,  le pays aux abrutis et aux délinquants. Il est clair que de tels actes ne seraient pas tolérés dans les pays à régime autoritaire ; les délinquants souvent punis avant même de passer en justice. Mais les démocraties ont les faiblesses de leurs vertus. La régulation des délits et autres crimes y est complexe en raison des droits fondamentaux. Aussi du faite de la mollesse d’un pouvoir politique toujours attentif pour ne pas vexer certaine population même marginale .Plus généralement on constate un affaiblissement du rôle de l’État voir même une disparition

Les peines à cet égard prononcé contre les auteurs de ces délits – quand ils sont identifiés – sont en général insignifiantes et ne permettent pas de dissuader. Finalement, une sorte de prime à la bêtise et à la violence qui renforce le camp des abrutis.

On objectera sans doute que ces comportements marginaux sont heureusement  assez minoritaires, ils sont cependant suffisants pour pourrir la vie du reste de la population.

 

Religion et Islamisme *: l’ignorance au service de la violence

Religion  et Islamisme *: l’ignorance au service de la violence

 

Ce qui se cache derrière le radicalisme islamique, c’est surtout le maintien dans l’ignorance de la majorité du peuple ainsi enfermé dans des dogmes et une culture néandertalienne. Le maintien des femmes par exemple dans une situation de semi esclavage témoigne de cette volonté d’écarter de la connaissance une grande partie du peuple.

 L’ennemi juré des radicaux chiites comme sunnites, c’est l’instruction. Une instruction qui vient d’être encore limitée par exemple en Afghanistan et qui se réduit le plus souvent à l’étude du Coran. En Occident, les imams auto proclamés et souvent eux-mêmes peu instruits,  développent aussi une politique de formation fondée sur une lecture approximative mais guerrière du Coran.

Ces sont souvent à l’abri des conséquences de la violence qu’ils professent  leurs attaques à l’égard des démocraties. Ainsi ce sont eux qui arment le bras de ceux qui ont tenté d’assassiner Salman Rushdie et les autres victimes de l’intolérance criminelle.

Fondamentalement,  le radicalisme vise à s’opposer à l’accès à l’instruction, à la culture, aux sciences et à la raison. Il ‘agit de maintenir le troupeau en état de dépendance spirituelle et intellectuelle. Du coup, nombre d’abrutis se laissent prendre à ce langage simpliste du Moyen Âge. Les vrais assassins sont ceux qui diffusent ces paroles idiotes contre les sociétés modernes et contre leurs représentants, dirigeants ou intellectuels. La première responsabilité des pays développés serait de mettre un terme aux prêches d’imams qui incitent au crime.

Il faut aussi le caractère corporatiste des imams violents. Ces clercs protègent également leurs fonctions. Ainsi même l’ayatollah Khomeini vivait de sa fonction religieuse et de son appartenance à la caste du clergé islamique. Il était en effet d’une famille d’ayatollahs avec notamment son père et son grand-père qui exerçaient aussi la même fonction.

 Ailleurs,  y compris dans les pays développés , beaucoup vivent aussi d’expédients fondés sur la naïveté et l’ignorance des croyants. 

*courant politique de l’islam faisant de la charia la source unique du droit et du fonctionnement de la société dans l’objectif d’instaurer un État musulman régi par les religieux.

Fatwa Salman Rushdie: Un appel à tous les fous du monde

Fatwa Salman Rushdie: Un appel contre la pensée  à tous les fous du monde

 

Dans une tribune au « Monde », Taslima Nasreen, la romancière bangladaise, elle-même sous le coup d’au moins dix fatwas, dénonce tous les obscurantismes religieux. Selon elle, pour mettre fin au terrorisme, l’islam doit se réformer et croire en la liberté de pensée.

 

Lorsque j’étais encore au Bangladesh, pays majoritairement musulman, une poignée d’écrivains, dont je faisais partie, se sont élevés contre la fatwa émise à l’encontre de Salman Rushdie. C’était en 1989. A l’époque, il n’était pas facile de soutenir l’auteur des Versets sataniques, d’autant que, dans la plupart des pays musulmans, les gens descendaient par milliers dans les rues défendre la fatwa. Seuls quelques-uns d’entre nous bravaient le danger. De toute façon, pour se battre pour la liberté d’expression, il faut presque faire le sacrifice de sa sécurité.

Puis, en 1993, ma propre tête a été mise à prix car j’avais critiqué l’islam et défendu l’égalité des femmes et des hommes. Le montant de la récompense augmentait de jour en jour.

Les fatwas sont véritablement contagieuses ! Quand un groupe radical en prononce une, un autre groupe radical lui emboîte aussitôt le pas. Au Bangladesh et en Inde, au total, au moins dix fatwas ont été émises à ce jour contre moi. Bien que celles-ci soient interdites par la loi de ces deux pays, les fondamentalistes qui les lancent comptent un si grand nombre de partisans que les volontaires pour les exécuter ne manquent jamais. Ils se contrefichent des lois des pays : ils ne suivent que la loi d’Allah. Quiconque critique l’islam doit d’abord avoir le bras droit et la jambe gauche coupés par-derrière, puis le bras gauche et la jambe droite. Même si l’on opère autrement, les critiques de l’islam se font, de nos jours, tuer de diverses manières. Ils se font sauvagement assassiner depuis le XIIe siècle. Jusqu’à aujourd’hui.

Les soldats de Mahomet exécutent les ordres d’Allah, Allah qui est connu comme étant le tout-puissant, l’omniscient, le plus bienfaisant, le plus clément et le plus miséricordieux ! Et ils continueront de le faire tant que l’islam ne sera pas réformé, que la liberté d’expression ne sera pas permise, que la violence ne sera pas dénoncée, que le terreau de l’extrémisme ne sera pas détruit.

Economie, politique, société: les plus lus (1 7 août 2022 – 6h40)

Rodéos, incendies, incivilités : le temps des abrutis

Rodéos, incendies, incivilités : le temps des abrutis

 

Selon BFM depuis le début de l’été, 25 individus ont été arrêtés en France car suspectés d’être pyromanes, à l’origine d’incendies en série. Contrairement à l’incendiaire, qui a un mobile lorsqu’il déclenche volontairement un feu, le pyromane répond uniquement à ses pulsions. Parmi ces 25 interpellations, quatre individus ont déjà reçu une condamnation et six ont été placés en détention provisoire.

Il est clair aussi que la large médiatisation de ces catastrophes participe aussi à la diffusion de cette criminalité. Il en est de même aussi les rodéos des petits drogués dans les quartiers. Là aussi, il y a contagion dans toute la France et des moyens complètement inadaptés face à ces débordements avec parfois aussi des conséquences criminelles.

On assiste aussi à une vague d’attaques de commissariats par des bandes de trafiquants de drogue mécontents  évidemment que la police perturbe leur petit commerce.

Bref , dans certains secteurs de la société ,  le pays aux abrutis et aux délinquants. Il est clair que de tels actes ne seraient pas tolérés dans les pays à régime autoritaire ; les délinquants souvent punis avant même de passer en justice. Mais les démocraties ont les faiblesses de leurs vertus. La régulation des délits et autres crimes y est complexe en raison des droits fondamentaux. Aussi du faite de la mollesse d’un pouvoir politique toujours attentif pour ne pas vexer certaine population même marginale .Plus généralement on constate un affaiblissement du rôle de l’État voir même une disparition

Les peines à cet égard prononcé contre les auteurs de ces délits – quand ils sont identifiés – sont en général insignifiantes et ne permettent pas de dissuader. Finalement, une sorte de prime à la bêtise et à la violence qui renforce le camp des abrutis.

On objectera sans doute que ces comportements marginaux sont heureusement  assez minoritaires, ils sont cependant suffisants pour pourrir la vie du reste de la population.

 

Bigtech: À côté des enjeux du siècle !

Bigtech: À côté des enjeux du siècle !

Face au réchauffement climatique, les géants du numérique passent aussi à côté du défi du siècle. Par Alexis Normand, Directeur Général de Greenly dans la Tribune

 

« Nous voulions des voitures volantes, à la place nous avons eu 140 caractères« . Cette phrase prêtée au milliardaire Peter Thiel en référence à Twitter, souligne avec ironie l’apport finalement très modeste de la tech pour le développement humain. Face au réchauffement climatique, force est de reconnaître que les géants du numérique passent aussi à côté du défi du siècle.

Le dernier rapport du GIEC 2022 sur l’atténuation du changement climatique souligne en effet que la transition énergétique passera essentiellement par la montée en puissance des énergies renouvelables et l’électrification à outrance des secteurs les plus carbonées, comme les transports, l’industrie, le logement en tête… Quid du numérique, dont les acteurs se targuent d’accélérer cette transition, non sans un soupçon de greenwashing  ?

 

Le GIEC affirme encore que « la numérisation peut permettre de réduire les émissions, mais peut avoir des effets secondaires néfastes si elle n’est pas gérée de manière appropriée« . A court terme, la demande croissante de produits numériques contribuerait de façon exponentielle aux émissions mondiales. En effet, la part du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre (GES) croît deux fois plus rapidement que son poids dans le PIB. Elle serait déjà responsable de plus 5% des émissions mondiales, soit bientôt autant que l’aérien.

Cette intensité carbone croissante serait due, aux deux tiers, à la production exponentielle de nouveaux terminaux, toujours plus demandeurs en bande passante. Pour la contenir, il est nécessaire de s’attaquer en priorité à l’obsolescence des smartphones, en faisant la part belle à la circularité productive. Apple se targue d’avoir réduit de 15% les émissions de l’iphone 13 par rapport au 12, en optimisant chaque étape du cycle de vie. Même s’il y a plus de matériaux recyclés, moins de plastique, une consommation électrique réduite de moitié, les ventes continuent d’augmenter. Il reste à minimiser l’empreinte des services digitaux, dont la composante principale est aujourd’hui le cloud.

A cet égard, le rapport sur le développement durable d’Amazon, publié ce mois d’août, offre une lecture aussi éclairante que consternante. Si l’entreprise affiche une liste à la Prévert d’initiatives vertes, comme la commande de près 100.000 véhicules électriques, cela ne freine en rien une croissance de 20% des émissions sur deux ans. C’est le résultat d’une croissance exponentielle, qui ne vient pas en substitution d’activités plus carbonées.

Amazon est le fer de lance d’une numérisation totale qui nous promet un monde plus économe en ressources. Dans tout système complexe, la logistique, les réseaux énergétiques, le chauffage des bâtiments ou l’agriculture, le numérique doit optimiser  les ressources. C’est la discipline qu’Amazon impose à ses propres opérations et le fondement de son succès. Les livraisons groupées réduiraient les déplacements dus aux courses. En particulier, le cloud doit permettre la mutualisation des ressources des entreprises entre elles, en ajustant les capacités aux pics de charge. Mais personne ne sait dire si cela remplace les serveurs locaux, ou pousse à consommer plus. Nous manquons d’études indépendantes quantifiant l’impact total du numérique et l’effet rebond, c’est-à-dire le surcroît de consommation engendré par les gains de pouvoir d’achat et de temps.

 

Une analyse du reporting du géant de Seattle montre qu’il omet l’essentiel des émissions générées par ses activités, ruinant une partie de l’argumentaire pro-numérique.

Avec sa croissance effrénée, Amazon Web Services (AWS) verrait ses émissions indirectes liées à l’électricité augmenter de 20% par an. La firme serait le principal consommateur d’énergie verte dans le monde. Les achats d’électricité verte d’AWS lui servent à minimiser artificiellement l’empreinte carbone de ses data centers. En effet, lorsqu’on s’alimente à un réseau électrique, il est impossible physiquement de distinguer entre les énergies dites « vertes » (éolien, solaire…) et celles qui le sont moins (charbon, gaz…), de même que personne ne peut prétendre ingérer les seules tomates bio d’une soupe de légumes broyées contenant aussi des navets et des carottes.

Ce jeu comptable permet à AWS de déclarer une consommation 10 à 20 fois inférieure à la réalité physique. En Irlande, par exemple, où la plupart des centres de données européens d’AWS sont situés, c’est l’intensité carbone moyenne du réseau qu’il faudrait utiliser (347,3 gCO2e/kWh en 2020) au lieu de celle de l’éolien ou du solaire, respectivement de 14,1 gCO2e/kWh et 22 gCO2e/kWh. Ces énergies renouvelables, dépendantes du vent et du soleil, sont intermittentes. Mais AWS s’alimente en permanence sur le réseau électrique pour répondre à la demande et éviter les blackouts.

Le reporting de l’activité de e-commerce est encore plus problématique. En résumé, Amazon omet de quantifier près de 99% de ses émissions indirectes, en incluant uniquement les produits vendus sous sa propre marque dans son reporting. Les normes comptables internationales du GHG Protocol voudraient que tous les produits soient pris en compte de la même manière

 

En se lavant les mains de son empreinte carbone indirecte, Amazon se prive d’un levier d’impact phénoménal. Le géant du e-commerce devrait au contraire exiger de chaque fournisseur un reporting carbone de leurs produits pour composer son propre bilan. Cela pourrait servir de préalable au respect plus strict de normes environnementales imposées, entre autres, aux fabricants d’appareils électriques. L’IEA nous rappelle qu’ils doivent tous basculer sur des normes de basse consommation pour atteindre le Net Zéro en 2050. Amazon est peut-être le seul acteur à disposer du pouvoir de marché pour faire de cette prescription une réalité.

Le reporting carbone généralisé est techniquement possible pour Amazon comme pour les autres plateformes. Il devient politiquement nécessaire. L’Europe a prévu d’introduire, de 2023 à 2026, un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Un surcoût sera ainsi appliqué aux biens importés dans l’Union et dont la production affiche un bilan carbone supérieur à la norme. Le MACF se limitera aux activités les plus intenses en carbone : ciment, fer et acier, aluminium, engrais, électricité. Cette limitation est une erreur, qui vient de la perception erronée que suivre les émissions de biens de consommation n’est pas possible. L’Europe pourrait déjà s’appuyer sur la capacité bien réelle des plateformes pour généraliser le reporting carbone à tous les produits. L’impact serait considérable. Ainsi le rapport du GIEC affirme que la modification de nos habitudes de consommation peut contribuer à 55% de l’atteinte de l’objectif Net Zéro.

 

Le greenwashing d’Amazon, et consorts, révèle surtout le peu de contraintes qui pèse sur les plateformes, et le manque d’ambition du régulateur. Des premiers jalons ont certes été posés en Europe, avec l’adoption en 2022 de la directive sur la publication d’informations en matière de durabilité (CSRD). Elle va imposer le bilan GES à toutes entités de plus de 250 salariés. L’Amérique suivra en 2024 si les recommandations de la Security Exchange Commission (SEC) sont adoptées. C’est insuffisant.

Le numérique offre aussi la possibilité de généraliser le bilan carbone à tous les produits, toutes les entreprises, tous les consommateurs. L’intégration systématique d’une mesure d’impact environnemental offrirait les prémisses d’une réinvention du capitalisme face aux limites planétaires. L’Europe serait le fer de lance de cette révolution, mais encore faut-il avoir cette audace.

Salman Rushdie: Le résultat de la confrontation entre chiites et sunnites

Salman Rushdie: Le résultat de la confrontation entre chiites et sunnites

 

La fatwa émise en 1989 par l’ayatollah Khomeyni visait à affirmer sa prééminence en matière d’islamisme révolutionnaire face aux groupes radicaux sunnites. Dans une tribune au « Monde », le politologue Gilles Kepel   analyse cette longue rivalité, jusqu’à l’agression contre l’écrivain commise par un jeune chiite d’origine libanaise.

Le 14 février 1989, à la veille du retrait de l’Armée rouge d’Afghanistan, l’ayatollah Khomeyni, Guide suprême de la République islamique d’Iran, émit la fatwa condamnant à mort Salman Rushdie, au motif que son roman Les Versets sataniques [1988, Viking] aurait blasphémé le Prophète. La date choisie par le dirigeant chiite avait pour objet d’obnubiler aux yeux du monde musulman la victoire attendue de ses rivaux sunnites, soutenus par la CIA et financés par l’Arabie saoudite et les pétromonarchies, qui allaient bouter hors de la terre d’islam afghane les forces de l’athéisme communiste qui l’avaient envahie une décennie plus tôt.

Dans l’immédiat, le scandale mondial déclenché par la fatwa – un ayatollah iranien condamnant à mort un citoyen britannique sur le sol même du Royaume-Uni, du jamais-vu à l’époque – eut l’effet escompté : Khomeyni avait tiré le tapis sous les pieds de l’islamisme sunnite qui escomptait se prévaloir de la défaite soviétique pour apparaître comme le héraut et le héros des musulmans « humiliés et offensés » à travers la planète. Pas grand monde ne remarqua sur l’instant la défaite soviétique, qui aurait des conséquences géopolitiques décisives – entraînant, le 9 novembre 1989, la chute du mur de Berlin et la mort du communisme.

 

L’ayatollah avait remporté la guerre médiatique, et ce fut pour reprendre la main face à cette rivalité dans l’hégémonie sur l’islamisme révolutionnaire qu’Ayman Al-Zawahiri (qui a été tué fin juillet par un missile américain à Kaboul, où les talibans ont fait leur retour après le retrait des Etats-Unis, cette fois, il y a un an) avait théorisé, dans son manifeste de 1996, Cavaliers sous la bannière du Prophète, la nécessité de frapper le grand coup du djihadisme sunnite que serait « la double razzia bénie » du 11 septembre 2001. Laquelle permettrait à Al-Qaida de monopoliser l’actualité au détriment des rivaux de Téhéran en semant la mort en Occident, à Washington et New York.

Pourtant, la fatwa poursuivit ses effets ravageurs après le décès de Khomeyni, survenu en juin 1989 : elle serait même reprise et prolongée par ses rivaux sunnites, avec leur condamnation à mort des caricaturistes danois qui publièrent des dessins jugés blasphématoires du Prophète dans un quotidien, en septembre 2005, repris ultérieurement par Charlie Hebdo, ce qui aboutirait au massacre du 7 janvier 2015 perpétré par les frères Kouachi, pierre angulaire de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] en Europe et début du mouvement de départ de milliers de jeunes musulmans français pour le Cham – l’appellation islamique du Levant.

Salman Rushdie : refuser le crime de l’islam défiguré

Salman Rushdie : refuser le crime de l’islam défiguré

 

Dans une tribune collective pour « Le Monde », plus de 200 personnalités issues des sociétés civiles tunisienne, algérienne, marocaine ou de l’immigration maghrébine en Europe dénoncent l’agression commise contre Salman Rushdie « au nom d’un islam défiguré ».

 

Nous, responsables d’organisations ou d’associations et personnalités indépendantes ayant en partage avec l’humanité tout entière les valeurs universelles de vie, d’égalité entre les êtres humains, de libertés fondamentales des peuples, des groupes et des individus sans discrimination ou exclusive, nous refusons qu’en notre nom soit commis le crime.

Face à la barbarie qui s’est abattue sur l’écrivain Salman Rushdie, le 12 août, trente ans après l’ordre de mise à mort émis par l’ayatollah Khomeiny au motif de blasphème et d’atteinte au sacré, nous formons nos vœux pour qu’il vive et pour que sa plume ne se tarisse pas.

Nous considérons de notre devoir de dénoncer l’odieuse agression commise contre lui, au nom d’un islam défiguré, qui ne peut assouvir ses adeptes sanguinaires que par la haine, le sang, la mort et le chaos.

Nous refusons de garder le silence sur ces infamies commises au nom de l’islam, patrimoine civilisationnel commun à l’humanité, qui n’admet pourtant ni médiateur ni Eglise.

Nous refusons de mêler notre culture, nos valeurs humaines et nos noms à ces furieux qui sèment l’effroi et le déshonneur, en faisant taire par l’épée et le crime toute voix discordante, toute pensée libre, toute création culturelle, tout souffle novateur, toute différence et toute diversité.

Nous avons mené ce même combat dans nos pays pour que les libertés de conscience, de pensée, de religion, de culte, d’expression, de création littéraire, culturelle et artistique soient reconnues et respectées. Nous continuerons de le mener partout et ne céderons pas à la régression qui guette et au discours de haine qui se répand.

 

Parmi les signataires : Adel Abderezak, universitaire et militant du Hirak et des droits humains ; Sanhadja Akrouf, féministe, militante associative ; Fathi Bel Haj Yahya, écrivain, militant associatif ; Ahlem Belhadj, cheffe de service santé publique, militante féministe ; Bochra Belhaj Hmida, avocate, présidente de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) ; Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) ; Sana Ben Achour, juriste, présidente de l’association Beity ; Yadh Ben Achour, juriste, ancien doyen, membre du Comité des Nations unies des droits civils et politiques ; Madjid Benchikh, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger ; Sihem Ben Sedrine, présidente de l’Instance vérité et dignité (IVD) ; Raja Ben Slama, universitaire ; Sophie Bessis, historienne ; Anouar Brahem, compositeur ; Nadia Chaabane, militante politique, ancienne députée de l’Assemblée nationale constituante ; Khémaïs Chammari, ancien ambassadeur ; Khadija Cherif, sociologue, militante des droits humains ; Nacer Djabi, sociologue ; Ihsane El Kadi, journaliste ; Driss El Yazami, président de la Fondation euroméditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l’homme ; Mohamed Fellag, acteur, humoriste et écrivain ; Wahid Ferchichi, professeur de droit ; Mohammed Harbi, historien ; Kamel Jendoubi, ancien ministre des droits humains tunisien ; Zied Krichen, journaliste ; Abdellatif Laabi, poète ; Kamel Lahbib, défenseur des droits de l’homme ; Latifa Lakhdar, historienne, ancienne ministre de la culture tunisienne ; Ali Lmrabet, journaliste ; Ahmed Mahiou, juriste, universitaire ; Ali Mezghani, professeur de droit ; Khadija Mohsen-Finan, politologue ; Rabea Naciri, sociologue ; Fatma Oussedik, sociologue ; Messaoud Romdhani, militant du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) ; Khaoula Taleb-Ibrahimi, professeure des universités ; Nadia Tazi, philosophe ; Wassyla Tamzali, essayiste ; Mokhtar Trifi, président d’honneur de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH).

Economie, politique, société: les plus lus (16 août 2022 – 6h34)

Société-Islamisme *: l’ignorance au service de la violence

Société-Islamisme *: l’ignorance au service de la violence

 

Ce qui se cache derrière le radicalisme islamique, c’est surtout le maintien dans l’ignorance de la majorité du peuple ainsi enfermé dans des dogmes et une culture néandertalienne. Le maintien des femmes par exemple dans une situation de semi esclavage témoigne de cette volonté d’écarter de la connaissance une grande partie du peuple.

 L’ennemi juré des radicaux chiites comme sunnites, c’est l’instruction. Une instruction qui vient d’être encore limitée par exemple en Afghanistan et qui se réduit le plus souvent à l’étude du Coran. En Occident, les imams auto proclamés et souvent eux-mêmes peu instruits,  développent aussi une politique de formation fondée sur une lecture approximative mais guerrière du Coran.

Ces sont souvent à l’abri des conséquences de la violence qu’ils professent  leurs attaques à l’égard des démocraties. Ainsi ce sont eux qui arment le bras de ceux qui ont tenté d’assassiner Salman Rushdie et les autres victimes de l’intolérance criminelle.

Fondamentalement,  le radicalisme vise à s’opposer à l’accès à l’instruction, à la culture, aux sciences et à la raison. Il ‘agit de maintenir le troupeau en état de dépendance spirituelle et intellectuelle. Du coup, nombre d’abrutis se laissent prendre à ce langage simpliste du Moyen Âge. Les vrais assassins sont ceux qui diffusent ces paroles idiotes contre les sociétés modernes et contre leurs représentants, dirigeants ou intellectuels. La première responsabilité des pays développés serait de mettre un terme aux prêches d’imams qui incitent au crime.

Il faut aussi le caractère corporatiste des imams violents. Ces clercs protègent également leurs fonctions. Ainsi même l’ayatollah Khomeini vivait de sa fonction religieuse et de son appartenance à la caste du clergé islamique. Il était en effet d’une famille d’ayatollahs avec notamment son père et son grand-père qui exerçaient aussi la même fonction.

 Ailleurs,  y compris dans les pays développés , beaucoup vivent aussi d’expédients fondés sur la naïveté et l’ignorance des croyants. 

*courant politique de l’islam faisant de la charia la source unique du droit et du fonctionnement de la société dans l’objectif d’instaurer un État musulman régi par les religieux.

L’Afghanistan s’enfonce de plus en plus dans le cauchemar économique et sociétal

L’Afghanistan s’enfonce de plus en plus dans le cauchemar économique et sociétal

 

Il y a un an, il gérait l’évacuation des ressortissants français et de leurs auxiliaires à Kaboul. David Martinon, ambassadeur de France en Afghanistan, est revenu ce lundi sur BFMTV sur la situation du pays, aux mains des talibans. Le diplomate, dépossédé de son ambassade et oeuvrant désormais depuis Paris, a notamment évoqué ce premier anniversaire du retour au pouvoir du groupe islamiste.

« Sans surprise, les talibans n’ont pas changé. Sans surprise le concept de ‘taliban modéré’ n’a aucun sens », déclare David Martinon .

L’ambassadeur a évoqué une situation « catastrophique » en matière de droits humains, alors que plusieurs femmes ont manifesté samedi dans les rues de Kaboul pour protester contre les restrictions qui leur sont imposées, avant d’être violemment dispersées.

« Leurs droits les plus fondamentaux sont niés, elles n’ont plus le droit à l’éducation, elles ne peuvent plus sortir de chez elle sans un ‘mahram’ c’est à dire un chaperon », explique-t-il sur BFMTV.

Parallèlement à ce sujet, la situation économique n’est guère meilleure. Crise des liquidités, mauvaises récoltes du fait de la sécheresse… « Les talibans ne sont pas les meilleurs gouvernants qui soient », ironise notre invité.

« Les talibans ont incontestablement une capacité à se faire obéir, mais c’est une stabilité qui n’est pas forcément durable », estime l’ambassadeur, évoquant notamment l’opposition que représente Daesh mais aussi « des foyers de rébellion » sur le territoire afghan.

En outre, la gestion du pays se fait sans prendre en considération tous les groupes ethniques du pays. « S’ils ne comprennent pas qu’il faut évoluer dans leur gouvernance, cette stabilité ne sera pas durable », considère à nouveau David Martinon. Reste que les talibans contrôlent actuellement le pays et que la France n’a d’autre choix que de garder « un canal de discussion » avec le pouvoir afghan, bien que David Martinon n’ait pas de contact direct avec eux.

« Ce que nous attendons d’elles (les autorités afghanes, NDLR) c’est très simple: cela veut dire le respect des droits humains, une vraie rupture avec le terrorisme [...] pour le moment à l’évidence ces conditions ne sont pas remplies », constate le diplomate.

Dans un rapport publié lundi, l’ONG International Rescue Committee (IRC) estime que la crise actuelle pourrait tuer « beaucoup plus d’Afghans que les vingt dernières années de guerre ».

Economie, politique, société: les plus lus (15 août 2022 – 5h50)

Islamisme: l’ignorance au service de la violence

Islamisme *: l’ignorance au service de la violence

 

Ce qui se cache derrière le radicalisme islamique, c’est surtout le maintien dans l’ignorance de la majorité du peuple ainsi enfermé dans des dogmes et une culture néandertalienne. Le maintien des femmes par exemple dans une situation de semi esclavage témoigne de cette volonté d’écarter de la connaissance une grande partie du peuple.

 L’ennemi juré des radicaux chites comme sunnites, c’est l’instruction. Une instruction qui vient d’être encore limitée par exemple en Afghanistan et qui se réduit le plus souvent à l’étude du Coran. En Occident, les imams auto proclamés et souvent eux-mêmes peu instruits,  développent aussi une politique de formation fondée sur une lecture approximative mais guerrière du Coran.

Ces sont souvent à l’abri des conséquences de la violence qu’ils professent  leurs attaques à l’égard des démocraties. Ainsi ce sont eux qui arment le bras de ceux qui ont tenté d’assassiner Salman Rushdie et les autres victimes de l’intolérance criminelle.

Fondamentalement,  le radicalisme vise à s’opposer à l’accès à l’instruction, à la culture, aux sciences et à la raison. Il ‘agit de maintenir le troupeau en état de dépendance spirituelle et intellectuelle. Du coup, nombre d’abrutis se laissent prendre à ce langage simpliste du Moyen Âge. Les vrais assassins sont ceux qui diffusent ces paroles idiotes contre les sociétés modernes et contre leurs représentants, dirigeants ou intellectuels. La première responsabilité des pays développés serait de mettre un terme aux prêches d’imams qui incitent au crime.

Il faut aussi le caractère corporatiste des imams violents. Ces clercs protègent également leurs fonctions. Ainsi même l’ayatollah Khomeini vivait de sa fonction religieuse et de son appartenance à la caste du clergé islamique. Il était en effet d’une famille d’ayatollahs avec notamment son père et son grand-père qui exerçaient aussi la même fonction.

 Ailleurs,  y compris dans les pays développés , beaucoup vivent aussi d’expédients fondés sur la naïveté et l’ignorance des croyants. 

*courant politique de l’islam faisant de la charia la source unique du droit et du fonctionnement de la société dans l’objectif d’instaurer un État musulman régi par les religieux.

Alimentation: Les lobbys de la mal-bouffe

Alimentation:  Les lobbys de la mal-bouffe

Les interventions « systémiques » de l’industrie agroalimentaire en matière de santé publique sont dénoncées dans deux ouvrages, l’un du professeur en épidémiologie nutritionnelle Serge Hercberg, l’autre des sociologues Daniel Benamouzig et Joan Cortinas Muñoz. ( » dans le Monde » Par Mathilde Gérard)

 

 

Dire que l’étiquette nutritionnelle Nutri-Score a donné lieu à une bataille de lobbys relève de l’euphémisme. Avant que ce logo de cinq couleurs, renseignant la qualité nutritionnelle d’un aliment, ne soit adopté fin 2017 par la France comme logo officiel (bien que non obligatoire), de grands groupes agroalimentaires ont livré un âpre combat contre cette étiquette, déployant toute la palette des stratégies d’influence possibles : entretien du doute sur la validité scientifique du dispositif, proposition de contre-logo, multiplication des échanges avec la sphère politique – officiels et officieux –, dénigrement des équipes qui ont conçu et testé le logo, personnalisation des enjeux… Un véritable cas d’école du lobbying mené par une filière, décrypté dans deux récents ouvrages.

Le premier, Mange et tais-toi, de Serge Hercberg, est un récit personnel des nombreuses pressions reçues par ce professeur en épidémiologie nutritionnelle, qui a présidé le Programme national nutrition santé en France de 2001 à 2017 ; une plongée saisissante dans les coulisses de la prise de décision en santé publique. Le second, Des lobbys au menu, écrit par Daniel Benamouzig (Centre de sociologie des organisations, CNRS et Sciences Po) et Joan Cortinas Muñoz (chercheur associé à la chaire santé de Sciences Po), est une enquête sociologique sur les différents types d’intervention de l’industrie agroalimentaire dans la sphère publique. Une recherche menée sur deux ans, qui démontre, au-delà des conflits d’intérêts individuels, l’existence d’activités d’influence « systémiques ».

Ces deux livres regorgent d’exemples. Serge Hercberg se remémore ainsi un combat emblématique, celui de l’interdiction des distributeurs automatiques de snacks dans les écoles en 2004, qui avait valu au professeur de recevoir de nombreux courriers hostiles, jusqu’à un appel téléphonique anonyme de menace.

Daniel Benamouzig et Joan Cortinas Muñoz relatent un autre épisode : lors de l’examen du projet de loi santé de 2015, dans lequel était discutée la mise en place de l’étiquetage nutritionnel, un directeur d’affaires publiques de la filière se plaint auprès de l’Elysée de ne pas réussir à rencontrer la ministre de la santé. « On s’est un peu énervés auprès de l’Elysée et de Matignon, en disant : “Ecoutez, on ne comprend pas, on arrive à voir le président de la République, on arrive à voir le premier ministre, on arrive à voir à peu près tous les ministres du gouvernement (…). Ce n’est pas normal”, relate ce responsable. L’Elysée finit par obliger Marisol Touraine à nous rencontrer, et elle nous boude et nous envoie son directeur de cabinet. » Réputé plus hermétique au secteur privé, le ministère de la santé présente néanmoins une lacune principale, selon Serge Hercberg : son « faible poids (…) dans la hiérarchie gouvernementale face à des ministères pesant beaucoup plus lourd, comme celui de l’agriculture ou celui de l’économie ».

Economie, politique, société: les plus lus (14 août 2022 – 7h18)

Radicalisme islamique: l’ignorance au service de la violence

Radicalisme islamique: l’ignorance au service de la violence

 

Ce qui se cache derrière le radicalisme islamique, c’est surtout le maintien dans l’ignorance de la majorité du peuple ainsi enfermé dans des dogmes et une culture néandertalienne. Le maintien des femmes par exemple dans une situation de semi esclavage témoigne de cette volonté d’écarter de la connaissance une grande partie du peuple.

 L’ennemi juré des radicaux chites comme sunnites, c’est l’instruction. Une instruction qui vient d’être encore limitée par exemple en Afghanistan et qui se réduit le plus souvent à l’étude du Coran. En Occident, les imams auto proclamés et souvent eux-mêmes peu instruits,  développent aussi une politique de formation fondée sur une lecture approximative mais guerrière du Coran.

Ces sont souvent à l’abri des conséquences de la violence qu’ils professent  leurs attaques à l’égard des démocraties. Ainsi ce sont eux qui arment le bras de ceux qui ont tenté d’assassiner Salman Rushdie et les autres victimes de l’intolérance criminelle.

Fondamentalement,  le radicalisme vise à s’opposer à l’accès à l’instruction, à la culture, aux sciences et à la raison. Il ‘agit de maintenir le troupeau en état de dépendance spirituelle et intellectuelle. Du coup, nombre d’abrutis se laissent prendre à ce langage simpliste du Moyen Âge. Les vrais assassins sont ceux qui diffusent ces paroles idiotes contre les sociétés modernes et contre leurs représentants, dirigeants ou intellectuels. La première responsabilité des pays développés serait de mettre un terme aux prêches d’imams qui incitent au crime.

Il faut aussi le caractère corporatiste des imams violents. Ces clercs protègent également leurs fonctions. Ainsi même l’ayatollah Khomeini vivait de sa fonction religieuse et de son appartenance à la caste du clergé islamique. Il était en effet d’une famille d’ayatollahs avec notamment son père et son grand-père qui exerçaient aussi la même fonction.

 Ailleurs,  y compris dans les pays développés , beaucoup vivent aussi d’expédients fondés sur la naïveté et l’ignorance des croyants. 

Salman Rushdie : le fruit de la propagande obscurantiste

 Salman Rushdie : le fruit de la de la propagande obscurantiste

 

 

 

Un papier du Monde dénonce les conséquences de la propagande obscurantiste criminelle des clercs du radicalisme musulman. 

Le couteau de l’obscurantisme s’est attaqué une nouvelle fois à la liberté. Plus de trente ans après l’intolérable appel au meurtre de Salman Rushdie proféré par le chantre d’une révolution islamique iranienne alors en perte de vitesse, Ruhollah Khomeyni, il s’est trouvé une main pour tenter d’exécuUn papier du monde dénonce les conséquences de la propagande obscurantiste criminelle des clercs du radicalisme musulman.ter cet ordre indigne, le 12 août, dans une petite ville de l’Etat de New York.

La tentative d’assassinat de l’écrivain, devenu à son corps défendant un symbole de la liberté d’expression, a été perpétrée dans un centre culturel, à l’occasion d’une conférence, en l’absence manifeste de mesures de sécurité particulières. Cruelle ironie, Salman Rushdie devait y évoquer les Etats-Unis, où il vit depuis deux décennies et où il a été naturalisé en 2016, comme refuge des écrivains en exil. Grièvement blessé, il a été évacué par hélicoptère et placé depuis sous assistance respiratoire. L’animateur du débat prévu a également été blessé, mais plus légèrement.

 

La police du comté n’a donné aucune indication concernant les motivations de l’agresseur présumé, un résidant du New Jersey, dans les heures qui ont suivi le drame. Elle s’est contentée de donner son nom, Hadi Matar, et son âge, 24 ans. Tout porte à croire cependant que ses motivations sont liées aux accusations de blasphème proférées depuis des décennies par calcul cynique, comme par ignorance crasse, contre l’auteur des Versets sataniques, publiés en 1988. Ils ont transformé en enfer la vie de leur auteur, qui marche depuis cette date avec une cible dans le dos.

Sous le couvert de la défense d’un islam présenté très abusivement comme agressé, les attaques contre Salman Rushdie, qui ont précédé la publication de la fatwa de Khomeyni, ( fils et petit fils d’Ayatollah NDLR ) ont été propices à toutes les manipulations. De la part du premier Guide de la révolution iranien tout d’abord, chiite, voulant se poser en protecteur de l’islam plus intransigeant que l’Arabie saoudite honnie, après la mobilisation initiale de fondations financées par des pays du Golfe, sunnites, contre un ouvrage qu’elles n’avaient probablement pas lu.

Manipulations de la part des factions iraniennes ensuite, qui se sont servies de la fatwa de 1989 pour étalonner leurs rivalités. De la part de gouvernements également, à commencer par celui de la patrie d’origine de l’écrivain, l’Inde, par calcul électoral. Mais aussi de bien d’autres, qui ont entretenu de sinistres brasiers autour de cette querelle montée de toutes pièces pour mieux détourner l’attention de problèmes intérieurs autrement plus impératifs dont ils avaient la charge.

Bien avant l’agression dont vient d’être victime Salman Rushdie, ce climat ainsi forgé dans une totale impunité a tué. Le cercle de l’intolérance s’est élargi, jusqu’au grotesque, aux traducteurs de l’ouvrage, assassinés ou agressés. La machine infernale ayant, pour ses instigateurs, fait la preuve de son efficacité, cette arme du blasphème a été dupliquée, avec le même cynisme usant de la même ignorance, par les courants islamistes les plus radicaux sur fond de montée de l’islam politique, comme par les groupes djihadistes.

 

Cette perversion de la foi s’est étendue comme une métastase. En France, l’attentat contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, en 2015, comme l’assassinat atroce de l’enseignant Samuel Paty, en 2020, s’inscrivent dans ce sillage aussi mortifère qu’insistant. L’attaque insupportable dont Salman Rushdie a été la victime n’offre d’autre choix que la défense intraitable de la liberté de penser et d’écrire. Elle ne doit souffrir aucun accommodement.

 

Economie, politique, société: les plus lus (13 août 2022 – 7h50)

Société- Des ballons de foot pour pacifier les banlieues ?

 

Société- Des ballons de foot pour pacifier les banlieues ?

Par , Professeur, sociologie du sport, Université de Strasbourg

Le sport et la politique entretiennent des liens ambigus. La pratique sportive et les compétitions peuvent être des lieux de lutte et d’émancipation mais aussi de contrôle social. Notre série d’été « Sport et politique : liaisons dangereuses ? » explore et décrypte la place qu’occupe aujourd’hui le sport dans nos sociétés.

 

Un article qui évoque le retour du sport comme élément intégrateur dans les banlieues. Pas vraiment une proposition nouvelle puisque par exemple Tapie  proposait de « révolutionner » les quartiers sensibles avec le foot. Le sport peut sans doute jouer un rôle mais très marginal car aujourd’hui la régulation des quartiers est assurée par le commerce de drogue et le radicalisme Les violences et les incivilités sont devenues incontrôlables.   Éducation, développement économique et rétablissement de l’ordre républicain sont sans doute aujourd’hui davantage prioritaires que le ballon de foot ( ou autres sports) NDLR

 

 

En janvier 2021, les maires membres du Comité interministériel des villes proposaient de consacrer une enveloppe de 1 % du budget global des Jeux olympiques et paralympiques au financement de projets dédiés aux quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Grande manifestation de l’élite sportive mondiale, les JO de Paris 2024 doivent-ils également apporter une réponse aux problématiques sociales qu’affrontent les quartiers populaires défavorisés ? C’est le vœu de nombreux acteurs tant du sport français que des collectivités territoriales.

Considéré comme un lieu de brassage et un vecteur d’égalité républicaine, le sport amateur serait-il délaissé dans les banlieues ? Cette question avait déjà été identifié dans le rapport Borloo sur les banlieues françaises (2018) mais également par les précédents gouvernements. Parmi les 19 recommandations de Jean-Louis Borloo, le sport arrivait en sixième position avec des propositions dans la formation et le recrutement de coachs d’insertion par le sport.

Le Premier ministre Édouard Philippe déclarait par ailleurs en avril 2018 :

« Il y a 500 000 jeunes au chômage dans les quartiers et on n’a pas le droit de les laisser à l’écart. Le sport est l’une des clés du vivre-ensemble ».

La circulaire interministérielle « Sports-Villes-Inclusion » de 2019 précise d’ailleurs que chaque contrat de ville doit comprendre un volet intitulé « Action sportive à vocation d’inclusion sociale et territoriale ». L’activité sportive y est présentée comme « révélatrice de talents » mobilisables pour l’accès à la formation et à l’emploi mais également comme « porteuse de valeurs citoyennes ». Plus que toute autre activité, le sport serait ainsi susceptible de mobiliser les jeunes publics dans une dynamique d’insertion et/ou de citoyenneté.

Qu’est-ce qui explique le recours récurrent au sport dans les banlieues ? Quel modèle sportif y est véhiculé ?

Reposant sur un mythe qui s’exprime à travers l’idéologie sportive promue par les pères fondateurs du sport moderne, le consensus autour des fonctions sociales d’un sport naturellement intégrateur et socialisant est aujourd’hui largement partagé.

En premier lieu, parce que le sport présente de nombreuses figures de la réussite sociale tant populaires qu’issues de l’immigration.

Ainsi, selon une conviction largement partagée dans nos sociétés démocratiques, la seule pratique sportive pourrait produire, au-delà des stades, un comportement citoyen et éthique. Le sport serait alors porteur de valeurs susceptibles de pacifier les quartiers, de créer du vivre-ensemble et de constituer un tremplin pour l’emploi. Cependant, le transfert de compétences sportives dans d’autres espaces sociaux (travail, école…) n’est en rien mécanique.

Le respect de la règle sportive ou des consignes de match n’entraîne pas forcément le respect de règles sociales comme en témoignent les multiples affaires auxquelles sont mêlés des acteurs du monde sportif : pensons ainsi à la condamnation de Karim Benzema dans l’affaire dite de la sextape ou encore les abus sexuels dans le patinage de haut niveau.

Née avec le sport moderne, cette conviction est aujourd’hui relayée par un cercle de croyants bien plus large que les seuls sportifs : élus politiques, dirigeants d’entreprise, recruteurs, consultants, éducateurs accréditent l’idée que le sport est un tremplin pour l’insertion professionnelle.

Pourtant, les usages, les valeurs et l’image du sport ont changé depuis la naissance du sport moderne. Dans les quartiers populaires, le sport est aujourd’hui davantage la vitrine d’une réussite sociale et économique (à travers le modèle du sport de compétition) que le vecteur d’une réelle citoyenneté.

Et l’individualisme et les revendications d’ordre identitaire qui minent le corps social n’épargnent pas le monde du sport. On pourra citer le refus de Djokovic de se plier à la règle de la vaccination contre le Covid-19 tout en revendiquant le droit de concourir à l’Open d’Australie. La revendication des hijabeuses de porter le voile islamique pour jouer sur un terrain de football, la demande de repas spécifiques aux fédérations sportives ou les demandes d’horaires de piscine réservés aux femmes illustrent l’incidence dans le sport de la montée récente de la communautarisation de nos sociétés.

L’histoire du sport en explique les transformations mais également l’évolution de son usage politique et social. Dès 1830, le pasteur anglais Thomas Arnold enseigne le sport au collège de Rugby car il est censé permettre l’expression de valeurs bourgeoises comme le fair-play (le respect de l’adversaire, des règles, des décisions de l’arbitre et de l’esprit du jeu) et le self government(la capacité de se contrôler dans le jeu, de ne pas « être pris par le jeu »).

Tout au long du XXe siècle, à mesure qu’il se démocratise, le sport de compétition désigne conjointement un idéal (l’éthique ou l’esprit sportif) et une pratique physique de compétition régie par des règles communes. Pour les institutions (sportives ou éducatives), « faire du sport » c’est non seulement se dépenser physiquement dans un cadre sportif mais surtout acquérir une morale et, plus récemment, accéder à une forme de citoyenneté.

Des éducateurs des public schools (destinées à l’élite sociale anglaise) du milieu du XIXe siècle aux dirigeants sportifs des années 1980, en passant par les ministres gaullistes de la Jeunesse et des Sports et les militants communistes de la Fédération Sportive et Gymnique du Travail dans les années 60, tous ont contribué à promouvoir et consolider la vision d’un sport de compétition intrinsèquement vertueux et éducatif. Pour le général De Gaulle aussi, « le sport est un moyen exceptionnel d’éducation » (De Gaulle, 1934, p. 150).

À partir des années 1980, le sport sort du cercle restreint de la stricte compétition et acquiert le statut d’outil d’intégration à destination des banlieues dans le contexte d’une montée en puissance du sport-spectacle lié à la privatisation des télévisions. Le football devient le sport le plus regardé par les jeunes hommes des quartiers populaires et leur offre un modèle d’excellence. En France, Bernard Tapie (président de l’Olympique de Marseille de 1986 à 1993) symbolisera l’avènement du sport-business et d’une nouvelle méritocratie par le sport.

Sous l’effet conjugué des transformations du monde des sports (démocratisation, professionnalisation, médiatisation, marchandisation) et de nouvelles dynamiques (libéralisation du marché, désengagement de l’État et décentralisation, montée des inégalités, crise économique, chômage, premières émeutes urbaines, changements politiques), le sport est de plus en plus convoqué pour lutter contre les nouvelles exclusions sociales à mesure qu’il offre une vitrine de la réussite dans les sports les plus populaires (football, basket, athlétisme, boxe).

Le sport devient alors « social » et les dispositifs mis en place à destination des jeunes des cités sont progressivement qualifiés de « socio-sportifs ». En arrivant au pouvoir, la gauche crée un ministère du Temps Libre intégrant la Jeunesse et les Sports alors que les premières émeutes urbaines éclatent à l’été 1981 dans le quartier des Minguettes à Lyon et où l’on enregistre les premiers effets du regroupement familial lié à l’immigration sur fond de hausse du chômage et d’émergence du Front national.

A partir de 1990 (date de création d’un ministère d’État chargé de la politique de la ville), les ministères de la Ville et des Sports travaillent ainsi de concert pour redynamiser et « pacifier » les banlieues. Sous les ministres de la Ville Michel Delebarre puis Bernard Tapie, des équipements sportifs de proximité et des animations sportives de quartiers, animés par des policiers et des éducateurs, voient progressivement le jour.

La volonté de faire du sport un outil de développement social est ensuite largement partagée par les gouvernements qui se sont succédés depuis 1991. Profitant de la dynamique créée par la victoire de l’équipe de France « Black Blanc Beur » en 1998, de nombreux dispositifs ont ainsi été mis en place par les pouvoirs publics (État et collectivités territoriales) et les fédérations sportives selon cette logique qui traverse les frontières des appartenances politiques sans qu’une évaluation objective et longitudinale des effets de ces politiques sur l’insertion sociale et/ou professionnelle des publics cibles ait été diligentée.

Par ailleurs, ces dispositifs encadrés par les « grands-frères », ont longtemps ciblé prioritairement les garçons et jeunes adultes. Ce faisant, la volonté politique d’intégrer prioritairement des jeunes adolescents par le sport afin d’éviter la rébellion la plus visible a paradoxalement entraîné une exclusion des filles et des jeunes femmes et une masculinisation de l’espace public à travers les sports urbains, libres ou encadrés. Et force est de constater qu’après la fin de la scolarité obligatoire, beaucoup de jeunes filles des classes populaires cessent toute activité physique.

Ce n’est qu’à partir des années 2000, dans le contexte de politiques plus affirmées en faveur de la parité que l’action sportive publique dans les banlieues se féminise. Mais si l’égalité hommes femmes est proclamée, les terrains de sports publics et les dispositifs d’insertion professionnelle via le sport dans les QPV restent encore majoritairement conçus pour les garçons et les jeunes hommes. Il faut, au contraire, que les élus locaux et l’État s’engagent pour que le sport devienne, avec l’école, l’un des lieux privilégiés de la mixité et de la lutte contre les stéréotypes sexistes cantonnant les filles à des pratiques et des tenues « adaptées » à leur genre.

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