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Economie, social, société : les plus lus

Sondage COVID-19: 67% DES FRANÇAIS FAVORABLES À DES CONFINEMENTS LOCAUX LE WEEK-END

Sondage COVID-19: 67% DES FRANÇAIS FAVORABLES À DES CONFINEMENTS LOCAUX LE WEEK-END

 

.Selon le sondage hebdomadaire « Opinion en direct » réalisé par l’institut Elabe pour BFMTV, 67% des Français, soit 2 sur 3, sont favorables à l’instauration d’un confinement le week-end dans « les zones les plus touchées par l’épidémie ». Dans le détail, 36% des personnes interrogées s’y disent « assez favorables », 31% « très favorables ». A contrario, 32% sont « opposés », 20% « assez opposés » et 12% « très opposés ».

Mais face à la dégradation des indicateurs sanitaires, on relève toutefois une forte hausse du nombre de pronostics de reconfinement dans les semaines à venir: 60% des Français pensent qu’il y aura un troisième confinement national dans les prochaines semaines, une hausse de 12 points par rapport à la semaine dernière.

A contrario, un autre chiffre est en légère baisse: 62% (-4 points), soit 6 Français sur 10, estiment que la crise sanitaire a pour l’heure été mal gérée. sensiblement identique.

La cote de popularité du président de la République s’améliore légèrement par rapport à octobre dernier. Le chef de l’État voit son dynamisme salué à 67% (+4 points), sa sympathie progresse de 7 points et s’établit à 49%. Il est toutefois toujours perçu comme « autoritaire » par 67% des personnes interrogées (+5 points) et par 64% comme étant « arrogant ».

La question de l’élitisme des Grands corps de l’État

La question de l’élitisme des Grands corps de l’État  

Comment faire évoluer le processus de sélection de ce système « élitiste » qui par construction tend à reproduire, stabiliser et entretenir un certain mode de pensée et d’action ? N’est-il pas temps de reconcevoir les voies de constitution d’une « élite » dans et pour le monde actuel ? Interroge Michel Paillet, docteur en sciences économiques, co-fondateur du cabinet Cognitive Companions.( l’Opinion)

 

L’État est servi au quotidien par des femmes et des hommes qui composent ses « corps ». Au plus « haut » niveau de notre appareil étatique se situent les « grands » corps, accessibles par un concours de catégorie A de la fonction publique. Comme l’indique le choix des mots qu’elle emploie elle-même, cette « élite » a été sélectionnée et hiérarchisée de façon militaire par « grade » à l’issue d’un apprentissage exigeant souvent mené dans les établissements les plus prestigieux. Ces corps regroupent les fonctionnaires par catégorie d’activités jugées utiles pour l’intérêt collectif au cours du temps : polytechniciens (à l’origine ingénieurs pour l’artillerie, la marine, les mines ou la construction des ponts et des chaussés), énarques administrateurs pour gérer les finances, le budget et le droit administratif, enseignants, experts des impôts…

Pour ceux qui n’en font pas partie, cette « élite » fait l’objet de nombreux phantasmes de richesse, d’opulence et de passe-droits. Vus de l’extérieur, ce sont des gilets d’or. Pourtant et par construction, il s’agit avant tout d’hommes et de femmes qui ont fait le choix de servir l’intérêt collectif plutôt que de suivre les sirènes internationales du privé, prêt à payer ces talents rares beaucoup plus que ne pourra jamais le faire l’État français.

Pour ceux qui font partie de ces « corps », l’épreuve des fonctions successives menées au service de « l’intérêt collectif » peut engendrer des souffrances personnelles. Nombre d’entre eux sont victimes d’une certaine forme de désynchronisation entre un temps politique court (et toujours plus réduit par les périodes de passivité liées aux campagnes) et un temps administratif beaucoup plus long. Conduire des réformes à horizon long fait sens pour le pays, mais cela ne peut aboutir si la condition de la réussite dépend d’une réélection.

 

La plupart des porteurs de projets voient donc régulièrement leur travail réduit à néant non pour une raison collective, mais bien pour satisfaire des intérêts politiques de court terme. Devant l’énergie personnelle investie et le sentiment du peu de résultats obtenus, l’engagement peut s’essouffler et laisser progressivement place à un sentiment d’impuissance, de frustration et d’abandon. Lorsque le sens investi dans l’intérêt collectif s’effrite, lorsqu’il n’est plus soutenu par le regard des autres citoyens, la personne au plus haut potentiel peut éprouver un malaise voire un sentiment d’absurde. Alors l’énergie enthousiaste au service de l’autre cède la place à la roue libre, à l’inertie et au découragement. De tels sentiments sont ressentis à tous les niveaux de l’administration française. Ils se chuchotent et se murmurent. Ils ne se disent pas. En résulte un constat général de gâchis de toutes ces intelligences.

Emmanuel Macron, François Hollande, Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing, mais aussi Édouard Philippe, Dominique de Villepin, Lionel Jospin, Alain Juppé et tant d’autres… nombreux sont les présidents et les chefs du gouvernement qui sortent de l’ENA (École Nationale de l’Administration). La plupart des hauts fonctionnaires sont également passés par les classes préparatoires parisiennes les plus prestigieuses et les mêmes grands corps de l’État. Une récente étude de l’Institut des Politiques publiques sur la démocratisation des grandes écoles en France souligne d’ailleurs l’étroitesse de la base de recrutement de ces établissements. Malgré les efforts fournis depuis plusieurs années, restent largement favorisés les étudiants masculins, issus de milieux privilégiés et originaires de Paris et de la région parisienne.

L’intelligence et les compétences des hauts fonctionnaires ne font pas de doute, mais la diversité de leur expérience pose question. Si tous les profils se ressemblent, un angle de vue monolithique tend à s’installer là où l’incertitude requiert précisément un échange dynamique entre des points de vue distincts. Deux raisons à cela : un cruel manque de porosité entre les secteurs public et privé, et un défaut d’interaction avec le terrain.

Le premier point est intrinsèquement lié au statut de fonctionnaire. La sécurité d’emploi à vie qu’offre la fonction a le désavantage de décourager toute prise de risque et volonté de mobilité vers des entreprises privées. Or, cela ne semble plus compatible avec le monde mouvant dans lequel nous vivons. Il apparaît nécessaire d’instaurer des mouvements de convection forte entre service public et entreprises privées, voire de les rendre obligatoires.

 

La deuxième difficulté réside dans une certaine forme de déconnexion entre les (hauts) fonctionnaires et ceux qu’ils sont censés servir : les citoyens. Cela peut créer une perte de la notion de réalité, qu’il convient de contrecarrer en créant plus de brassage, pour reconnecter les fonctionnaires à la réalité de terrain.

De ces échanges avec l’Autre, qu’il soit citoyen, acteur du secteur privé, fonctionnaire dans un autre domaine, etc., naîtront des modes de pensées pluriels et générateurs d’idées nouvelles.

Au sein des grandes écoles françaises, la pure connaissance cognitive – et plus particulièrement les mathématiques – est largement valorisée, au détriment d’autres sciences comme celles de la communication, de l’information ou de la gestion. A l’ENA elle-même, l’économie est parée d’une aura scientifique dont ne bénéficie pas le droit.

D’où nous vient cette croyance monodimensionnelle ?

Sans doute directement d’Auguste Comte et du courant de pensée qu’il a formalisé au XIXème siècle, connu sous le nom de « positivisme ». Cela consiste à considérer que tous les faits sont explicables par la science, sous forme d’observation ou d’expérience. Les mathématiques sont donc un langage qui permet d’expliciter une connaissance. Auguste Comte soutient ainsi que ce sont l’épistémologie et les sciences qui permettent l’émergence des technologies modernes. Dans une logique positiviste, la prise de décision revient aux scientifiques, qui sont les sachants, et est séparée de l’opération. Dit autrement, l’ingénieur pense le chantier quand les ouvriers exécutent les travaux. Cette culture est profondément ancrée en France, et notamment au plus haut niveau. Loin de nous l’idée de délégitimer les profils scientifiques au parcours dits d’excellence, car ils portent une expérience essentielle. Mais il faut reconnaître que les autres profils sont encore trop peu valorisés au sein des « élites ».

Dans le courant des années 70, l’émergence progressive d’une épistémologie nouvelle a permis l’avènement d’une autre façon de concevoir la connaissance. C’est le moment où certains phénomènes remettent en cause le système linéaire du positivisme. Le monde est toujours plus complexe et il n’est plus possible de dissocier décision et opération : c’est ce que les approches constructivistes mettent en évidence. Nous sommes désormais dans une logique d’adaptation permanente : celui qui met en exergue le processus cognitif est celui qui va prendre la décision, suivre la réalisation, analyser les résultats qui l’amèneront à prendre une nouvelle décision, et ainsi de suite. Cette dynamique en spirale est la réalité de notre quotidien.

Les modes de sélection, de formation et de progression des élites au sein des administrations publiques sont devenus obsolètes. Au regard des enjeux auxquels nous faisons face, ils sont même devenus contre-productifs. Ils tendent à mésuser de très forts potentiels dont l’investissement et l’engagement se gâchent, sans bénéficier opérationnellement aux citoyens. L’organisation de l’appareil est comme hors sol, déconnecté, se nourrissant d’elle-même et générant ses propres finalités.

Dans le contexte actuel, cette situation génère souffrance humaine et inefficience de l’action étatique. Les voies de réponse existent. Elles nécessitent une régénération en profondeur de la façon même dont s’organise l’interaction entre la gouvernance censée arbitrer et l’appareil d’État censé décliner et transmettre les orientations. Cette organisation ne peut plus être fondée sur une conception mécaniste « top-down » : les vitesses d’évolution de l’environnement imposent de resynchroniser à un rythme beaucoup plus élevé les décisions et les opérations. Comme un « corps », elles supposent une superposition de systèmes capable de répondre avec la réactivité adéquate. Comme un « corps », elles supposent une décentralisation de la responsabilité décisionnelle au niveau adéquat.

Le glissement de paradigmes semble déjà engagé, la régénération serait-elle en cours ? Auquel cas, il ne s’agirait plus que d’une question de temps, de volonté et d’énergie !

Elisabeth Borne contre le RSA jeune

Elisabeth Borne contre le RSA jeune

Pour la ministre du travail et le délégué général des Jeunes avec Macron, la généralisation de la « garantie jeunes », qui comprend un accompagnement vers l’emploi est une meilleure réponse. (Tribune dans le Monde)

 

Tribune.

 

La crise sanitaire et économique que nous traversons touche particulièrement la jeunesse : marché du travail sous tension, isolement, détresse psychologique, précarité… Face à l’urgence, le gouvernement se tient à ses côtés.(!)

Avec 7 milliards d’euros investis, le plan « 1 jeune, 1 solution » est d’une ampleur sans précédent. Avec ses primes à l’embauche et à l’apprentissage, il a permis d’obtenir des résultats inédits malgré la crise. En 2020, la France a dépassé la barre des 500 000 apprentis pour la première fois de son histoire et près de 1,2 million de jeunes de moins de 26 ans ont été embauchés en CDI ou en CDD de plus de trois mois entre août et décembre, soit presque autant qu’en 2018 et 2019 à la même période.

Mais nous devons continuer d’agir contre la précarité qui frappe notre jeunesse. C’est pourquoi nous défendons la généralisation de la « garantie jeunes » plutôt que l’ouverture du RSA aux 18-25 ans.

La raison est profonde. A 20 ans, on souhaite pouvoir tracer le chemin de son avenir. Bien sûr, les aides financières peuvent venir combler certains manques. Mais elles ne sont pas et ne doivent pas être une fin en soi. Aucun jeune en situation de précarité n’aspire à des prestations comme seul horizon. Il souhaite surtout pouvoir trouver une formation ou un emploi pour en sortir. Et c’est cet accompagnement que nous devons à chaque jeune.

La réponse tient-elle dans un RSA jeune ? Nous ne le croyons pas. Car le volet « insertion » qui devait être le pendant de ce revenu de solidarité a disparu. En 2019, plus d’un allocataire sur deux au RSA depuis moins de six mois ne bénéficiait pas d’accompagnement vers l’emploi. Ce n’est pas cet horizon que nous voulons donner à notre jeunesse. Car si le RSA ne joue plus son rôle d’outil d’insertion, il ne peut devenir facteur d’émancipation. Force est de constater que les défenseurs du RSA jeune ferment les yeux sur cette réalité. Pourtant, notre jeunesse demande à s’en sortir durablement, pas qu’on lui permette uniquement de survivre.

C’est pourquoi, à celles et ceux pour qui le RSA jeune est devenu un réflexe pavlovien, nous répondons que nous avons mieux à proposer aux jeunes : la généralisation de la garantie jeunes à toutes celles et ceux qui en ont besoin. Nous sommes convaincus qu’elle permettra de répondre à l’impératif d’offrir un soutien financier pour faire face à l’urgence, tout en proposant un véritable accompagnement humain vers l’emploi, pour permettre aux jeunes de devenir autonomes et de s’en sortir pour de bon.

Les perdants de la mondialisation

Les perdants de la mondialisation

Dans son dernier essai, l’économiste Lionel Fontagné se concentre sur les perdants de la mondialisation, ceux dont les compétences professionnelles sont difficilement reconvertibles et qui vivent loin des grands bassins d’emploi diversifiés.(Chronique du Monde)

Le livre.

 

Face à la mondialisation, les citoyens européens oscillent entre appétence et inquiétude. Selon un sondage Eurobaromètre de 2017, 54 % d’entre eux jugent la mondialisation positive pour leur pays, mais 63 % soulignent qu’elle tend à augmenter les inégalités sociales et 38 % estiment qu’elle menace l’emploi. « La mondialisation a offert plus d’opportunités, de variété et des prix plus bas, tout en exacerbant la valorisation des compétences et l’adaptabilité. Cela a tracé une ligne nette entre gagnants et perdants », analyse Lionel Fontagné dans La Feuille de paie et le Caddie (Sciences Po Les Presses).

D’un côté, une population plutôt jeune, éduquée, bien rémunérée et citadine. Elle pardonnera facilement à ce professeur d’économie de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne de lui avoir accordé si peu de place. Son ouvrage se concentre sur les perdants de la mondialisation, ceux dont les compétences professionnelles sont difficilement reconvertibles et qui vivent loin des grands bassins d’emploi diversifiés.

Parole à l’accusation donc : la mondialisation a déplacé ou supprimé les tâches les plus routinières et concentré les salariés les plus adaptables dans des tâches non répétitives comme la mise en œuvre de nouvelles technologies, la supervision, le management et la résolution de problèmes. Elle a supprimé des emplois au sein des entreprises exposées à la pression concurrentielle des pays émergents.

« Les tâches non délocalisables requérant le plus souvent une présence dans de grandes agglomérations, et seules les entreprises les plus productives pouvant payer le surcoût induit par une telle localisation, les emplois les mieux rémunérés, et, d’une façon plus large, la prospérité économique se sont concentrés géographiquement », détaille le professeur à l’Ecole d’économie de Paris.

Dans les pays ayant un niveau de rémunération élevé, les salariés situés au milieu de la distribution des qualifications ont été les plus affectés. « Enfin, la part du capital a augmenté aux dépens de la part des salaires là où les institutions du marché du travail ne protègent pas les plus bas salaires. » Il y a donc de vrais perdants, pour qui la baisse du prix du chariot de courses ne compense pas l’impact négatif de la mondialisation sur la feuille de paye. « Ces perdants ont des compétences très spécifiques, sont employés dans des bassins d’emploi peu diversifiés et peinant à se reconvertir, vivent en dehors des grandes agglomérations, où se développent les activités de services offrant de nouvelles opportunités d’emploi. »

Écriture inclusive : une loi contre le péril mortel de la langue

Écriture inclusive : une loi contre  le péril mortel de la langue

 

 

 

Un projet de loi a été déposé mardi par une soixantaine de députés à l’Assemblée nationale. Un projet de loi qui vise à interdire l’écriture inclusive dans tous les documents administratifs Après la féminisation forcenée et souvent ridicule des substantifs concernant  des professions et fonctions, c’est cette fois l’écriture inclusive qui est mise en cause par des représentants de l’assemblée après l’académie française. Cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin. Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité.

L’Académie française considère que devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.». Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il.

On pourrait ajouter un autre argument, fondamental celui-là, à savoir les difficultés croissantes des élèves pour s’approprier déjà la langue officielle et la baisse générale des connaissances du primaire à l’enseignement supérieur. À tel point que certaines universités au même rétabli des épreuves de dictée !

Une réforme des retraites bénéfique ? (Christian Saint-Etienne)

Une réforme des retraites bénéfique ? (Christian Saint-Etienne)

 

 « Une durée de cotisation de quarante-quatre ans et un âge légal à 64 ans permettraient de dégager une vingtaine de milliards par an, qui pourraient notamment financer une remise à niveau complète de l’école primaire », plaide l’économiste dans l’Opinion.

L’économiste libéral Christian Saint-Etienne préconise de réformer les retraites qui pèsent énormément sur l’économie, afin notamment d’ajouter deux heures de calcul par semaine aux élèves du primaire.

 

Les Français n’ont pas une idée claire du poids des retraites sur l’économie, la compétitivité des entreprises et la société. On rapporte généralement les retraites à la richesse produite, soit 14,3 % du PIB en 2019, dernière année avant la Covid-19. C’est quatre points de plus que dans les démocraties avancées et donc 100 milliards d’euros de cotisations sociales en plus qui contribuent massivement au coût du travail. Mais le PIB n’est pas le bon indicateur pour apprécier le poids exorbitant des retraites.

Si on rapporte les retraites au revenu disponible brut des ménages, on atteint 23,5 % pour 17 millions de retraités. Les actifs ne recevant que 947 milliards d’euros de salaires et traitements bruts, les retraites représentent même 36,6 % des salaires bruts d’activité. Or les 28,5 millions d’actifs devaient, en 2019, financer les 3,5 millions de chômeurs et les 18 millions de jeunes à leur charge, mais aussi les cotisations sociales santé qui bénéficient à plus de 60 % aux retraités. Le poids des retraites étouffe littéralement la population active alors que le coût du travail chargé, avec l’ensemble des cotisations sociales, en limite le nombre !

L’âge de départ à la retraite étant plus bas qu’ailleurs, le temps moyen passé à la retraite est supérieur de cinq ans au temps passé à la retraite dans les autres pays de l’OCDE. C’est donc sur la durée de cotisation et l’âge de départ à la retraite qu’il faut agir. La plupart des autres pays développés mettent progressivement en place un âge de départ à la retraite de 67 ans, qui correspond à l’allongement de l’espérance de vie. Sans aller aussi loin, dans un premier temps, il convient de porter au minimum la durée de cotisation à quarante-quatre ans et l’âge de départ à 64 ans d’ici 2027, en opérant le recul de l’âge de départ au rythme de quatre mois par an.

Enfants et pénibilité. Il faut compléter cette évolution par la mise en place d’une réduction de ces deux paramètres de six mois par enfant, mesure plafonnée à deux ans. De même, un mécanisme de pénibilité permet de réduire au maximum ces deux paramètres de dix-huit mois, le jeu conjoint des deux paramètres étant limité à 2,5 ans. Ceux qui en bénéficieraient pourraient ainsi partir à 61,5 ans avec une durée de cotisation de quarante et une années et demie.

«Dégager progressivement une vingtaine de milliards d’euros par an permettrait de financer notamment l’ajout en primaire de deux heures de calcul par semaine, tout en reformant massivement les maîtres à l’enseignement des mathématiques»

Ainsi, on limiterait l’augmentation du nombre de retraités en lien avec l’arrivée massive des baby-boomers à la retraite. On objecte souvent que l’âge effectif moyen de départ à la retraite est inférieur à l’âge légal, ce qui est faux pour la Cnav, la caisse des salariés du secteur privé (62,8 ans en 2019). On observe également que, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, l’âge effectif de départ recule comme l’âge légal au cours des deux dernières décennies, et que l’écart entre les deux n’augmente pas.

Cette réforme permettrait de dégager progressivement une vingtaine de milliards d’euros par an dans les comptes publics, qui pourraient par exemple financer une remise à niveau complète de l’école primaire dont les performances s’effondrent dans les classements internationaux. Il faut notamment ajouter deux heures de calcul par semaine, tout en reformant massivement les maîtres du primaire à l’enseignement des mathématiques. On doit également s’assurer que tous les enfants maîtrisent la lecture, l’écriture et le calcul à la fin du CE1 avant de les envoyer en CE2, car les performances des enfants en fin de CE1 dans ces trois matières sont prédictives à plus de 80 % de leurs compétences à 18 ans. Et enfin créer une filière mixte enseignement général et professionnel pour y accueillir dès l’âge de 12 ans les enfants qui ne s’épanouissent pas dans un enseignement formel, avec passerelle pour revenir ensuite dans l’enseignement général.

Reconversions. Il faut donc investir de 5 à 7 milliards d’euros par an pour rénover complètement l’enseignement primaire, le collège et la formation professionnelle. Mais aussi 3 milliards d’euros par an pour développer des centres de formation pour adultes au sein des entreprises car, à la suite de la crise actuelle, nous serons confrontés à la nécessité de reformer en trois ans 2 millions de travailleurs qui vont devoir changer d’entreprise ou de filière de production.

«On peut encore allouer 3 milliards d’euros au rééquipement de nos armées. Il reste un solde de 5 milliards pour réduire le déficit public»

Ainsi, cette réforme conjointe des retraites et du système d’enseignement et de formation permettrait de relever fortement le niveau de compétences des élèves et des travailleurs, tout en économisant une dizaine de milliards d’euros nets (20 milliards d’économies moins 8 à 10 milliards de nouvelles dépenses). On pourrait alors allouer 4 à 5 milliards d’euros par an à la numérisation et robotisation de notre système industriel et agroalimentaire, afin de regagner en activité et compétitivité dans ces deux secteurs soumis à une forte concurrence internationale. Si l’on prend les options de 8 milliards de dépenses nouvelles pour l’éducation et 4 milliards d’euros pour la modernisation du système productif, on peut encore allouer 3 milliards d’euros au rééquipement de nos armées, dont 1 milliard par an pour doubler notre effort de R&D militaire qui est très insuffisant. Il reste un solde de 5 milliards d’euros pour réduire le déficit public.

Il existe une voie de quadruple progrès (enseignement primaire et secondaire, formation des adultes, modernisation de l’appareil de production et rénovation technologique de nos armées) pour accélérer la croissance dans un contexte de transformation rapide de l’économie mondiale, tout en réduisant le déficit public et en allégeant la charge qui pèse sur les actifs.

Enfin la réforme des retraites proposée ici encourage la natalité, prend en compte la pénibilité du travail dans certaines professions et contribue à faire remonter le taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans, un taux de 8,5 points inférieur en France à ce qu’il était en Allemagne en 2019 (72,1 % contre 80,6 %, source Eurostat).

Christian Saint-Etienne est économiste, professeur au Conservatoire national des arts et métiers et auteur du Libéralisme stratège (Editions Odile Jacob, septembre 2020).

Les sciences sociales sous dépendance politique dans certains pays

Les  sciences sociales sous dépendance politique dans certains pays

Les deux historiens Alain Blum et Juliette Cadiot rappellent, dans une tribune au « Monde », que nombre de leurs collègues en Pologne, Hongrie ou en Russie sont victimes de contrôles politiques et voient leurs recherches entravées par la censure. Une mainmise du pouvoir sur la recherche afin de contrôler le récit national.

Tribune. Le 9 février, deux universitaires polonais de réputation internationale, travaillant de longue date sur la Shoah, ont été condamnés pour diffamation par un tribunal de Varsovie. Ils auraient, en décrivant l’action d’un maire de village à l’égard des juifs durant la guerre, porté atteinte à son honneur. Cela ne fait que concrétiser des décisions prises par les autorités polonaises incitant à condamner au civil toute personne attribuant les crimes de la Shoah aux Polonais et non aux Allemands, et donc interdisant, de fait, tout travail mettant en évidence la contribution de Polonais à l’extermination des juifs. Ce serait diffamer la nation polonaise.

 

Il est vrai que les autorités polonaises ne sont pas les premières en Europe à s’attaquer ainsi au milieu universitaire en s’immisçant dans le débat scientifique. Les autorités hongroises le font régulièrement, sans parler de ce qu’on voit en Turquie. 

La Russie, depuis plusieurs années, a mis en place des lois restrictives encadrant les recherches historiques. Une commission destinée à « contrer les tentatives de falsifier l’histoire au détriment des intérêts de la Russie » avait été créée en 2009. Elle a fait long feu, mais l’intervention politique contre le milieu universitaire ne s’est pas arrêtée là. Il est par exemple interdit de mettre en cause l’honneur de la Russie durant la seconde guerre mondiale. Cela fait peser une menace sur les chercheurs qui étudient les violences de l’armée rouge ou les stratégies du haut commandement militaire soviétique. Dans ce même pays, un addendum à la loi sur l’éducation est actuellement en discussion qui vise à interdire la diffusion « d’informations illégales » et de « propagande anti-russe » dans les écoles et les universités.

Un nouveau pays se serait-il désormais joint à ce concert, la France ? Nous qui étudions l’histoire de l’est de l’Europe, voyons régulièrement nos collègues de certains de ces pays en proie au contrôle politique et à la censure de la recherche, notamment en sciences humaines et sociales. Nous sommes choqués par le parallélisme de procédés visant à remettre en cause les libertés académiques et ce qui fait le fondement des sciences sociales, une approche critique du monde dans lequel nous vivons. Les propos de la ministre de l’enseignement supérieur, et l’annonce d’une procédure d’enquête visant à la fois les opinions politiques des chercheurs et leurs catégories d’analyse, rappellent cette volonté de contrôler le récit national, que l’on croyait propre à des gouvernements autoritaires.

« Islamo-gauchisme » : le rôle de l’université

« Islamo-gauchisme » : le rôle de l’université

Comme en France, le gouvernement britannique tente de contrer les mouvances identitaristes soupçonnées d’étouffer le débat scientifique. Or, c’est aux chercheurs en sciences sociales qu’il  appartient de se consacrer à un travail de cohérence interne, estime le sociologue, Alexis Artaud de La Ferrière dans une tribune au « Monde ».(Extraits)

Tribune.

 

Intellectuellement, je vis entre la France et l’Angleterre. Une des conséquences de cette double appartenance : je suis témoin des résonances entre les paniques morales qui troublent périodiquement les systèmes universitaires de ces deux pays.

Actuellement en France, le sujet est celui de l’« islamo-gauchisme »Ce phénomène serait d’une telle gravité que, le 16 février, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, en appelait au CNRS d’établir un bilan de l’ensemble des recherches en France afin d’identifier les activités qui relèveraient du militantisme. Evidemment, cette sortie provoqua une levée de boucliers chez mes collègues français qui y discernent une ingérence inquiétante de la part d’un gouvernement qui s’enfonce progressivement dans une dynamique de plus en plus sécuritaire.

 

Alors que les associations et les cultes sont visés par le projet de loi « contre le séparatisme », les chercheurs seraient désormais un corps social de plus à être capturé par cette machine infernale de la sécurisation – machine dont le gouvernement se veut le pilote, mais qui est en réalité animée par le spectre de l’islamisme. 

En Angleterre, ce débat trouve son pendant. Ce même 16 février, le secrétaire à l’éducation, Gavin Williamson, annonça une proposition de loi afin de renforcer la liberté de parole dans les universités anglaises. De prime abord, cette initiative semble aller à rebours de celle de Frédérique Vidal. Mais en réalité, c’est bien la même cible qui y est visée, à travers une stratégie plus subtile. M. Williamson cherche à contrer une certaine expression politique qui serait en passe d’étouffer le débat scientifique dans le pays. Cette expression est celle des nouvelles mouvances de gauche donnant voix à des revendications de reconnaissance identitariste centrées autour de l’ethno-racial, du genre autodéterminé, du désir sexuel, ou du religieux.

 

Ces mouvances sont productrices de nouvelles notions qui animent les sciences sociales (intersectionnalité, décolonialité, constructivisme social accru), accompagnées d’une série de pratiques qui visent à réordonner l’économie politique de la parole dans le monde académique. Le « no-platforming » [pratique consistant à boycotter ou à faire désinviter un conférencier], le « online shaming » [humiliation en ligne], l’interruption de manifestations scientifiques : autant d’actions qui peuvent susciter interrogation dans le milieu universitaire. 

Economie, social, société : les plus lus

Un RSA  » jeunes » financé par les aînés riches ?

Un RSA  » jeunes » financé par les aînés riches ?

Collectif

Un collectif d’universitaires, parmi lesquels Thomas Piketty ou Camille Herlin-Giret, propose, dans une tribune au « Monde », de financer un RSA jeunes par une réforme de l’impôt sur les successions.

Tribune.

 

Les files de jeunes devant les épiceries solidaires ont fait douloureusement entrer la question de la précarité étudiante dans le débat public. Le cumul emploi-étude a longtemps permis à l’Etat de repousser la nécessaire refonte du système de bourses. Mais 36 % des étudiants salariés ont perdu leur emploi depuis mars 2020 et la situation des jeunes travailleurs qui ont basculé dans le chômage est tout aussi préoccupante : un jeune sur deux a réduit ses dépenses alimentaires ou sauté un repas au cours des six derniers mois.

Cela vient nous rappeler l’évidence : la place d’un étudiant ou d’une étudiante est sur les bancs de l’université, pas dans l’arrière-salle d’un restaurant. La pandémie n’a joué qu’un rôle d’exhausteur : la situation matérielle de nombreux jeunes était précaire, elle est désormais critique.

Il faut d’urgence étendre le revenu de base à la jeunesse, par le financement d’un RSA jeune ou, plus ambitieux, par la mise en place d’une allocation d’autonomie universelle. Durant cette crise, nous avons demandé des sacrifices immenses à notre jeunesse afin de sauver nos aîné(e)s. Il est temps que les plus fortuné(e)s de ces aîné(e)s contribuent à leur tour.

La majorité présidentielle a cru bon de défiscaliser toujours plus les donations du vivant, suivant une logique en apparence implacable : pour que le patrimoine circule plus tôt et que la jeunesse en profite, il faut rendre les donations particulièrement attractives sur le plan fiscal.

Elle oublie, ce faisant, qu’une telle mesure avantage uniquement la jeunesse qui échappe déjà largement à la précarité, et bénéficie également plus aux hommes – qui reçoivent plus souvent des donations – qu’aux femmes. Elle augmente donc les inégalités au sein d’une même génération plutôt que de les réduire. Plus largement, les règles d’imposition actuelles, par la multiplication des régimes dérogatoires, permettent à celles et ceux qui maîtrisent le mieux les rouages de l’impôt sur les successions de le contourner aisément.

Les ménages riches qui savent anticiper leur succession peuvent ainsi transmettre à leur progéniture plus de 1 million d’euros sans verser 1 centime à l’Etat.

Pourtant, si les inégalités de revenus sont grandes, les inégalités de patrimoine le sont bien plus. Le rapport entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres, mesuré par le rapport interdécile, est de 5 en matière de revenus, mais il atteint 211 pour les patrimoines, le fossé continuant actuellement de se creuser.

La dérive militante de l’enseignement et de la recherche

La dérive militante de l’enseignement et de la recherche

L’enquête sur l’« islamo-gauchisme » à l’université doit être confiée à une instance indépendante du ministère, estime dans le Monde un collectif de 130 universitaires.

Tribune.

 

Le 16 février, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, a créé l’événement en alertant sur la présence de l’« islamo-gauchisme » à l’université et en demandant qu’une mission d’évaluation de ce risque soit confiée au CNRS.

Nous nous réjouissons de constater que, certes avec un certain retard, notre ministre ait enfin compris l’existence d’un problème, contrairement à la Conférence des présidents d’université, qui a répondu à cette annonce par un communiqué consternant de corporatisme et de déni du réel – communiqué qui devrait lui ôter le droit de prétendre représenter la « communauté universitaire ». Cependant, nous ne pouvons appuyer la proposition telle qu’elle est présentée par la ministre, et ce pour deux raisons.

La première raison tient au périmètre du problème à régler : en octobre 2020, après le refus de plusieurs organisations et syndicats de qualifier l’assassin de Samuel Paty d’« islamiste », l’actualité pointait clairement l’« islamo-gauchisme » comme l’objet immédiat d’une inquiétude légitime.

Et ceux qui, aujourd’hui, prétendent que ce terme a été créé par la droite ou l’extrême droite et que ce concept ne renvoie à « aucune réalité scientifique » font simplement preuve d’inculture ou de mauvaise foi, puisqu’ils ignorent ou prétendent ignorer qu’il a été forgé, il y a vingt ans déjà, par le politiste et historien des idées Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, sur la base d’analyses historiques précisément documentées, dont témoigne notamment son livre La Nouvelle Judéophobie (Mille et une nuits, 2002).

Mais aujourd’hui, se focaliser sur ce terme constitue une erreur d’analyse : il y a bel et bien un problème dans l’enceinte universitaire, mais ce n’est pas tant celui de l’« islamo-gauchisme » que celui, plus généralement, du dévoiement militant de l’enseignement et de la recherche. Car se développent de façon inquiétante pléthore de cours, articles, séminaires, colloques qui ne sont que du militantisme déguisé en pseudo-science à coups de théories fumeuses (« racisme d’Etat »), de néologismes tape-à-l’œil (« blanchité ») et de grandes opérations de découverte de la Lune, présentant par exemple comme de lumineuses avancées scientifiques l’idée que nos catégories mentales seraient « socialement construites » (mais qu’est-ce qui ne l’est pas dans l’expérience humaine ?) ou que, « intersectionnalité » oblige, être une femme de couleur expose à être moins avantagée socialement qu’être un homme blanc… Quelle que soit la légitimité des causes politiques ainsi défendues, l’indignation ne peut tenir lieu de pensée, ni le slogan d’argumentation raisonnée.

Spectacle vivant, théâtre etc. : sans spectateurs et bientôt sans artistes ?

Spectacle vivant, théâtre etc. : sans  spectateurs et bientôt sans artistes ?

Il  y a évidemment une énorme frustration dans le milieu artistique avec l’interdiction notamment du spectacle vivant. Du coup , nombre d’initiatives sont prises pour présenter des spectacles vivants retransmis à la télévision. Bref sans la participation de ce qui fait le sel et l’intérêt du spectacle vivant.

Sans spectateurs, la prestation artistique même appliquée n’est en fait une sorte de répétition auquel il manque l’essentiel à savoir l’interaction public- scène, cette espèce de communion, de sublimation voire de  catharsis .

 L’enregistrement et la diffusion même en direct reste  du spectacle en conserve. Certains pensent qu’il s’agit pourtant d’une forme d’expression nouvelle. Un spectacle vivant mais sans spectateurs et sans doute demain sans salle de spectacle ou de théâtre

 Pourquoi pas aussi un spectacle totalement virtuel qui permettrait d’économiser en plus les coûts de gestion et le paiement des comédiens et autres artistes. Le spectacle virtuel que permet sans doute le progrès numérique mais une sorte de spectacle artificiel voir congelé.

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

 

 

Il est clair que la presse écrite a connu une crise sans précédent en particulier du fait de la fermeture des points de vente depuis le début de la crise. Tous les titres sont touchés. On constate un certain report sur les versions numériques. Les consultations d’information sur le net auraient augmenté de leur de 30 %.

Les chiffres 2020 de fréquentation de sites de presse compilés par l’ACPM confirment cet effet booster du Covid : 2,7 milliards de visites en moyenne par mois en 2020 versus 2 milliards en 2019, soit une progression de 33 %, avec un pic en mars de 3,8 milliards lors du premier confinement.

La hausse des fréquentations des sites d’infos via le net provient notamment des préoccupations de l’opinion vis-à-vis de la crise sanitaire.

La question se pose de savoir si la presse écrite sous forme de papier va remonter la pente ou non après la crise sanitaire. Sans doute pas car ce type d’infos s’inscrit dans une tendance baissière depuis des années. Certes l’info par le Web se développe mais le problème c’est qu’elle est grandement accessible et ce qu’on ne trouve pas sur un site on le retrouve sur un autre.

Se pose donc la question de la rentabilité des grands titres par voie numérique. Pas sûr que les lecteurs soient décidés à payer pour obtenir une info par ailleurs disponible gratuitement ailleurs et souvent davantage documenté, plus objective aussi plus rapide. Pour s’en convaincre il suffit de vérifier la Une numérique des grands titres qui reste souvent figée pendant plusieurs jours.

Certes les abonnés numériques vont sans doute progresser mais ils ne viendront pas compenser la perte de lecteurs sur  supports traditionnels d’autant que la crise de la presse repose aussi sur la crédibilité de ligne éditoriale aujourd’hui en grande majorité dans les mains de financiers .

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Santé-Vaccination : pourquoi Sarkozy et Véran sont-ils prioritaires ?

Santé-Vaccination : pourquoi Sarkozy et Véran  sont-ils prioritaires ?

 

Progressivement on apprend que certaines personnalités sont vaccinées alors que visiblement elles sont loin de faire partie des populations prioritaires. Rappelons que pour l’instant la  priorité concerne les plus de 75 ans et les personnes présentant de très graves pathologies. Si l’on en juge par le reportage complaisant sur Véran  qui montre son torse, on ne peut pas dire que le ministre de la santé soit réellement physiquement déficient. Ni qu’il soit prioritaire en tant que de médecin puisqu’il y a longtemps qu’il n’a pas vu un patient. Il en est de même pour Nicolas Sarkozy qui ,lui, a 66 ans et qui a été vacciné. Pour la justifier l’entourage de Sarkozy précise que c’est sur prescription médicale. En fait la même prescription pour être faite à ces millions de Français qui sont réellement prioritaires et qui attendent en vain une date de vaccination car tous les centres ou presque sont aujourd’hui fermés et où ne répondent plus à aucune sollicitation faute de vaccin.

L’entourage de Nicolas Sarkozy n’a pas précisé les raisons de cette prescription, en soulignant que l’ancien président, « comme tout citoyen, a le droit à une vie privée et au secret médical« . Interrogé jeudi sur cette information à l’occasion de la conférence de presse hebdomadaire sur l’évolution de l’épidémie, le ministre de la Santé Olivier Véran avait invoqué « le secret médical ».

« Il en va de Nicolas Sarkozy comme de n’importe quel Français, il a le droit au secret médical, donc je n’ai pas à en connaître s’il a été vacciné avant l’heure. Nous devons tous respecter les règles, nous avons tous des droits et des devoirs. Ils s’imposent à chacun d’entre nous, y compris celui de bénéficier du secret médical. Pas de commentaire donc », a-t-il déclaré. De son côté, Nicolas Sarkozy s’agacerait des lenteurs de la stratégie vaccinale du gouvernement, jugeant qu’il faut accélérer l’arrivée de vaccins pour mettre en place des « vaccinodromes ».

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