Archive pour la Catégorie 'enseignement'

Manif Education nationale : très forte baisse de la mobilisation

Manif  Education nationale : très forte baisse de la mobilisation

Comme nous l’indiquions dans un article précédent, trop de grève tue la grève. Ainsi les syndicats très marqués à gauche se sont enivrés du parfum du succès de la première manifestation pour aussitôt décréter une nouvelle grève hier jeudi. En vérité un véritable fiasco. En effet les personnels tout autant que les parents n’ont pas suivis ce mouvement un peu irresponsable car trop précipité.
L’histoire se répète trop souvent dans les syndicats marqués par le gauchisme. On privilégie la lutte pour la lutte et non la lutte pour la satisfaction des revendicatiorn ; bref le mal structurel des syndicats Français trop marqués à gauche qui participent au discrédit du syndicalisme

Ils étaient 750 personnes à participer à la manifestation dans la capitale, selon la préfecture de police de Paris. Une semaine avant, ils étaient près de 78 000 personnes à manifester en France, dont 8 200 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. Le ministère n’a comptabilisé que 1,15% d’enseignants grévistes dans le premier degré (maternelle et élémentaire) et 2,18% dans le second degré (collège et lycée), contre plus de 38% dans le premier degré et près de 24% dans le secondaire la semaine précédente.

Manif enseignants : «pas empêchée»

Manif enseignants : «pas empêchée»

 

Le gouvernement a sans doute prit conscience de l’erreur stratégique de la préfecture de Paris qui voulait interdire ce jeudi la manifestation des enseignants à la demande de certains syndicats.

 

Il est clair que ce refus aurait sans doute constitué une incitation à renforcer encore la mobilisation

 

La manifestation des enseignants prévue jeudi 20 janvier à Paris pour protester contre la gestion de la crise sanitaire dans l’éducation «ne sera pas empêchée» par le préfet de police de Paris, malgré le dépôt hors délai de la déclaration par les syndicats, a appris l’AFP mercredi 19 janvier de sources policières.

 

Les syndicats d’enseignants ont demandé mercredi, dans un courrier commun adressé au Premier ministre Jean Castex d’intervenir auprès du préfet de police. Ils ont fait valoir que «dans l’usage, la préfecture accepte très fréquemment les dépôts hors délai». Le fait de ne pas délivrer un récépissé ne signifie pas interdiction d’une manifestation par la préfecture de police, a expliqué à l’AFP une source policière. Les interdictions concernent les manifestations présentant des dangers, a-t-on ajouté de même source.

Conclusion il y a donc des manifestations avec ou sans  récépissés !

Droit: Non à un concours d’agrégation au rabais

Droit: Non à un concours d’agrégation au rabais

Dans une tribune au « Monde », les juristes Jean-François Cesaro et Pierre-Yves Gautier critiquent le projet, en provenance du ministère de l’enseignement supérieur, d’abandon de la « leçon de 24 heures » des épreuves de droit.

 

Tribune.

 

Il existe un mauvais génie français. Il est tel qu’il faut souhaiter qu’il ne s’intéresse pas à vous. Il prend sa source dans le centralisme qui a survécu à la Révolution, fondé sur la récusation du mérite, l’indifférence à l’effort, dès lors qu’il ne touche pas l’accès aux grands corps de la fonction publique, jalousement gardés en dépit des réformes essentiellement d’annonce.

Un projet d’arrêté en provenance du ministère de l’enseignement supérieur en constitue une inquiétante illustration. Il porte sur le concours d’agrégation pour le recrutement des professeurs des universités des disciplines juridiques, politiques et de gestion, très différent des autres types d’agrégations de l’enseignement. Celui-là même que [l’avocat et académicien] Jean-Denis Bredin, récemment disparu, et [l’ancien ministre de la justice] Robert Badinter réussirent avec panache.

Ce concours comporte quatre épreuves, dont une, particulièrement exigeante, qui fait la sidération, empreinte d’admiration, de la part des professeurs étrangers, à travers la planète : il s’agit de la fameuse « leçon de 24 heures ». Demain, si cet arrêté est adopté, elle disparaîtrait.

Le principe de cette leçon est d’une stimulation exceptionnelle : le candidat tire un sujet qui impose la maîtrise de nombreuses disciplines, c’est le jeu même (exemples du dernier concours de droit privé : « la vérité », « les troubles », « le climat », « la vulnérabilité »). De sorte qu’il devra en sortir l’ampleur et la variété, et en dégager le fil conducteur. Cette épreuve est une ouverture de l’esprit, une évasion des spécialisations, autre mal de ce siècle, du moins lorsqu’elles manquent de mesure.

Entouré d’une équipe qu’il a choisie, le candidat dispose d’une journée et d’une nuit pour rédiger une leçon de 45 minutes qu’il présentera le lendemain au jury, comme s’il s’exprimait devant un amphithéâtre. Il pourra, s’il le souhaite, s’entourer de philosophes, d’historiens, de sociologues, d’économistes, car les questions du droit sont par essence celles de la cité.

Au petit matin, après une nuit de fiévreuses discussions, de construction d’un plan, de recherche d’une trame et d’écriture, le candidat sera seul pour porter sa leçon. Eloquence, résistance du cerveau et du corps, esprit de synthèse et rapidité intellectuelle sont ainsi mis à l’épreuve, car c’est bien ce qui attend le futur professeur, homme ou femme, durant sa carrière.

Le caractère collectif de l’épreuve est une singularité. Elle exige du candidat le sens du travail en commun. Ce sont des qualités que l’on attendra de lui, s’il est reçu : identifier les meilleurs collaborateurs dès leur recrutement, conduire des équipes de chargés de travaux dirigés, mener un groupe de recherche scientifique. Les participants ne sont pas en reste : on commence « petite main », puis corédacteur, c’est l’apprentissage par l’expérience, le cheminement, qui fait un agrégé du supérieur, ici, de droit.

Société-École : une crise à plusieurs dimensions

Société-École : une crise à plusieurs dimensions

 

 

Le premier motif de la grève récente  tient à la complexité d’un protocole inapplicable par les parents et pratiquement impossible à vérifier par les enseignants. Du coup, l’absentéisme crée une pagaille sans nom dans les classes et bouleverse complètement la pédagogie et les programmes.

Pendant longtemps, le gouvernement a fait l’impasse sur la situation sanitaire de l’école pourtant principal vecteur de diffusion de la pandémie. La vérité c’est qu’il a utilisé l’école pour diffuser largement le virus en espérant en retour obtenir une immunité collective de la population. Une stratégie discutable reposant essentiellement sur la vaccination.

 Au-delà de l’aspect sanitaire, l’école connaît une crise structurelle et notamment sociale. Il est clair que les enseignants en dépit des promesses récentes ne sont pas rémunérés à la hauteur de leurs compétences théoriques et de la qualification. D’une certaine manière, progressivement on a assisté dans le pays à une sorte de prolétarisation du métier. Des enseignants qui gagnent moins qu’un plombier  ( métier qui n’est pas d’ailleurs si simple avec l’évolution technologique).    La revalorisation financière est incontournable surtout si l’on veut remettre à niveau autant les capacités que les engagements.

La crise est aussi culturelle dans la mesure où il n’est plus possible d’enseigner de manière sereine et efficace compte tenue de la dégradation totale de la discipline dans certaines classes notamment dans les quartiers difficiles mais pas seulement. De ce point de vue, les théories pédagogistes  farfelues ont bouleversé les rapports au savoir et au maître.

Le plus grave , c’est la dégradation générale du niveau scolaire qui commence évidemment en primaire mais atteint le supérieur. Pour preuve des cours d’orthographe sont parfois organisés dans les universités ! Des universités complètement surbookées  parce que la mode en France s’oppose à l’orientation vers les filières d’apprentissage et qu’on préfère diriger les étudiants dans des impasses universitaires non qualifiantes. Nombres d’étudiants sont d’ailleurs éjectés dès les premières années d’université.

S’il y a un objectif prioritaire à mettre en débat en France ,c’est bien celui concernant l’avenir de l’école et celui des élèves. Un débat qu’on ne pourra conduire uniquement avec les enseignants mais avec tous les acteurs économiques, sociaux, politiques et culturels.

« L’école ouverte » contestée

  »L’école ouverte » contestée

 

 

La mobilisation nationale ce jeudi 13 janvier des personnels de l’éducation nationale est inédite par son ampleur. L’entêtement du ministre Jean-Michel Blanquer à ne pas reconnaître l’irréalisme de son protocole sanitaire a mis à mal l’indéniable réussite de son « école ouverte » pendant le Covid. (Editorial du « Monde) .

 

Près de deux ans après sa survenue, l’interminable pandémie de Covid-19 met les nerfs à l’épreuve dans tous les secteurs de la société. Mais nulle part ailleurs que dans l’éducation nationale l’exaspération perceptible n’atteint le degré qui a conduit au mot d’ordre de grève nationale du jeudi 13 janvier. Que toutes les organisations syndicales du système scolaire public, SGEN-CFDT compris, tous les niveaux – élémentaire et secondaire – et toutes les catégories de personnel – enseignants et encadrants – manifestent une même colère est exceptionnel.

Rendu public la veille de la rentrée du lundi 3 janvier, le nouveau protocole qui obligeait les parents à faire tester, à trois reprises, leurs enfants dès lors qu’ils sont cas contact, et l’institution scolaire à gérer les conséquences de ces tests, s’est vite révélé impraticable dans le contexte de l’explosion de la contagion liée au variant Omicron. Non seulement pour les parents, amenés à jongler entre files d’attente dans les pharmacies et enfants à récupérer en urgence à l’école toutes affaires cessantes, mais aussi pour les enseignants, cumulant les chocs de classes désorganisées, d’une bureaucratie insupportable et d’un ministre feignant d’ignorer le grand cafouillage.

Le premier ministre a annoncé, lundi soir, la simplification du protocole. Des autotests remplacent ceux réalisés en pharmacie. Mais la volte-face, qui allège surtout la tâche des parents, n’a pas désamorcé l’appel à la grève. Celle-ci risque de désorganiser un peu plus l’école, mais elle résulte de l’entêtement d’un ministre trop sûr de son fait, incapable de reconnaître les extrêmes difficultés du terrain et de prodiguer les paroles d’encouragement indispensables. Comment a-t-il pu utiliser le terme péjoratif d’« absentéisme » pour qualifier les absences dues au Covid, au moment même où il aurait dû mobiliser les professeurs ?

En refusant d’admettre l’irréalisme de son protocole, Jean-Michel Blanquer a mis à mal, au grand dam du président de la République, le capital politique que constitue l’indéniable réussite de son « école ouverte » pendant le Covid. La vague Omicron, sa contagiosité explosive et sa dangerosité moindre ne devraient pourtant pas remettre en cause ce mot d’ordre qui a permis à la France d’éviter la catastrophe générationnelle constatée dans certains pays. La déferlante du nouveau variant, qui suppose rapidité d’adaptation et gestion au plus près du terrain, souligne, une fois de plus, la lourdeur et l’inefficacité d’un système scolaire dont chaque acteur attend, ne serait-ce que pour les dénoncer, des consignes censées répondre à chaque situation.

Aujourd’hui, les syndicats d’enseignants qui revendiquent des fermetures de classes dès le signalement du premier cas de Covid devraient reconnaître que cela entraînerait un lock-out généralisé de l’école dont personne ne veut. Quant à l’exécutif, il devrait admettre que son nouveau système d’autotests revient à laisser circuler le virus, faute d’un autre choix possible.

Des obstacles structurels au recrutement des enseignants

Des obstacles structurels au recrutement des enseignants

Les enseignants en grève ont manifesté jeudi 13 janvier un peu partout en France contre la « pagaille » des protocoles sanitaires liés à l’épidémie de Covid-19. Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT (syndicat général de l’éducation nationale CFDT), a salué jeudi 13 janvier sur franceinfo « des propositions importantes » après la réunion entre les syndicats enseignants et le gouvernement, mais émet des réserves quant aux recrutements promis par le ministre de l’Éducation nationale.

Jean-Michel Blanquer a annoncé, à l’issue de cette réunion qui a duré près de quatre heures, la livraison de cinq millions de masques FFP2 « notamment aux professeurs en maternelle », le recrutement de 3 300 contractuels pour remplacer les enseignants absents, ainsi que des postes supplémentaires d’assistants d’éducation et personnel administratif. Les évaluations prévues pour les CP dès la semaine prochaine sont reportées « à un délai qui reste à définir avec les syndicats ». Une mesure similaire est étudiée pour les épreuves spécialisées du baccalauréat prévues en mars.

Le climat de confiance est-il restauré avec le ministre de l’Éducation nationale ?

Catherine Nave-Bekhti : Le Premier ministre a en tout cas apporté des réponses à certaines de nos revendications, certaines ont été complétées par le ministre de l’Éducation nationale. La confiance, de notre côté, on l’appelle de nos vœux. On veillera à ce que les annonces se traduisent bien dans l’ensemble des territoires. Nous regrettons qu’il ait fallu passer par la grève pour obtenir des réponses à des propositions que nous faisons depuis de nombreux mois.

Quelles sont les avancées les plus importantes pour vous ?

Il y a des propositions importantes sur l’équipement du personnel en termes de masques, avec les chirurgicaux qui commencent à être disponibles la semaine prochaine, d’abord en Île-de-France. Et puis, la mise à disposition de FFP2 pour les personnels qui le souhaitent et en particulier ceux qui exercent en maternelle avec des enfants ne portant pas le masque. L’annonce aussi du report des évaluations de CP et le fait qu’elles ne démarreront pas dès lundi prochain est importante et qui correspond à une demande. Ensuite, il y a beaucoup d’éléments qui sont de l’ordre de l’amélioration du social. Donc, on espère que ça va se traduire dans les faits. On y prendra toute notre part.

L’annonce de réunions bi-mensuelles entre le ministère et les organisations syndicales, c’est une bonne chose ?

Si c’est suivi d’effets, c’est intéressant. On aura enfin un rythme de réunions régulier que nous demandions depuis longtemps. On aura aussi la participation à ces réunions de représentants du ministère de la Santé, voire de la Haute Autorité de santé, c’était une demande faite par les organisations syndicales.

Quels sont les points qui restent en suspens ?

L’impact de l’épidémie implique d’aménager les examens. On n’est pas pour un report [des épreuves de spécialité du bac prévues en mars jusqu'en juin], car on n’est pas à l’abri d’une nouvelle vague de covid, et ça renforcerait la pression évaluative sur les élèves. »Il y a des solutions alternatives, un report de quelques semaines seulement ou évaluer autrement les acquis des élèves. »

Les recrutements [de personnel annoncés], on espère qu’on arrivera à les faire. On sait déjà qu’il y a des difficultés à recruter des enseignants en contractuel, c’est peu attractif avec la rémunération proposée. Il y a des académies où on n’arrive pas à remplacer les enseignants même hors Covid.

Grève dans l’Éducation nationale : Une participation massive

Grève dans l’Éducation nationale : Une participation massive

« La participation devrait être massive », a assuré ce mercredi sur franceinfo Didier Georges, proviseur et secrétaire national du SNPDEN, alors que les enseignants sont appelés à faire grève jeudi.

« Il y a une grande fatigue à laquelle s’ajoute une forme de lassitude liée au décalage entre la réalité et les annonces ministérielles », a expliqué mercredi 12 janvier sur franceinfo Didier Georges, proviseur du lycée Jean-Drouant à Paris et secrétaire national du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale) en charge de la communication, alors qu’une grève a lieu jeudi 13 janvier dans l’Éducation nationale contre le protocole Covid-19 mis en œuvre dans les établissements scolaires.

 Pourquoi rejoignez-vous le mouvement de grève ?

Didier Georges : À cause d’une grande fatigue comme tout le monde à laquelle s’ajoute une forme de lassitude qui est liée au décalage que l’on perçoit entre la réalité du terrain et les annonces ministérielles sur un certain nombre de points. Vu de la rue de Grenelle les choses paraissent faciles mais c’est nous qui gérons le mécontentement, notamment des usagers. On a mis en œuvre plusieurs dizaines de protocoles différents, les premiers étant très spectaculaires, sur des choses qu’on n’avait jamais faites. On nous annonce des remplaçants sur des professeurs absents alors qu’on n’en a pas ou peu quand il n’y a pas le Covid, on nous annonce des moyens qu’on ne voit pas arriver. Les moyens sont là, mais il n’y a pas les ressources humaines. Donc les annonces sont en décalage avec la réalité et les parents ne comprennent pas pourquoi leur enfant n’a pas de prof de maths, mais le fait est qu’il n’y en a pas de prof de maths.

Qu’attendez-vous avec cette mobilisation ?

Faire prendre conscience au ministère qu’il faut encore améliorer les choses. On va porter une revendication sur le contact tracing des personnels de direction parce qu’il est devenu impossible à faire, et une simplification qui concerne les personnels afin qu’on soit moins en difficulté quand on n’a plus d’infirmière. On a tous un certain pourcentage d’enseignants malades aujourd’hui.

Avez-vous l’impression d’être entendu par le ministre de l’Éducation ?

Il nous entend, il nous reçoit, il nous interroge. Après est-ce que la réalité de ce qui lui est remonté par ses services est conforme à ce que nous vivons ? Pas toujours, il y a un décalage certain. Quand lui délègue des moyens et qu’il l’annonce, cela ne veut pas forcément dire qu’en face il y aura une action immédiate. Souvent il y a un décalage dans le temps. On parle des masques chirurgicaux, il y en a déjà dans certains établissements et quand il n’y en a pas, le temps qu’ils arrivent, peut-être que cette énième crise sera passée.

Jean-Michel Blanquer parle de pragmatisme, de bienveillance, de ne pas faire grève contre un virus. Qu’en pensez-vous ?

Je n’aime pas trop commenter les propos du ministre, néanmoins parfois il faut savoir raison garder notamment quand on est dans une crise où on sent que la mobilisation va être extrêmement importante. Je me demande si les propos sont bien pesés. Évidemment qu’il faut qu’on fasse preuve de solidarité mais on n’a pas à prouver qu’on l’a fait. Cela fait 24 mois qu’on le fait, cela fait 24 mois qu’on se bat tous, professeurs, enseignants, vie scolaire, personnels dans les établissements scolaires, pour que les enfants aient le plus de cours possible. On y est véritablement très attachés. On n’a rien à démontrer. Les parents d’élèves peuvent en témoigner. La communication du ministre via les médias avant les personnels, des incessants retournements de situation c’est épuisant.

Est-ce important de recevoir le soutien des parents ?

C’est important parce qu’ils reconnaissent le travail qui est fait par les enseignants, les gens qui encadrent leurs enfants au quotidien dans les établissements scolaires. On se satisfait de ça. Mais n’oublions pas que les parents aussi subissent les effets de cette crise. Le nouveau protocole annoncé par le ministre ne résout pas tous les problèmes. Il simplifie pour les usagers et les parents d’élève le fait de n’avoir que des autotests à faire mais en établissement scolaire cela ne règle pas le problème des attestations à fournir sur la base de quoi ? Un autotest ? Ce n’est pas si simple. Pour nous, administrativement parlant, cela ne nous facilite pas beaucoup la vie.

Comment va se passer l’accueil des élèves pendant la grève ?

La participation devrait être massive. Certains enseignants qui n’avaient pas l’intention d’être grévistes le seront en raison des propos tenus par Jean-Michel Blanquer sur la grève contre le virus. Parmi les personnels qui sont souvent au front de cette lutte contre le Covid il y a les surveillants, les assistants d’éducation, les personnels de cantine, d’entretien et eux sont particulièrement là et on ne parle pas beaucoup d’eux. Il y a un vrai ras-le-bol. Beaucoup de collègues n’auront pas de personnel de vie scolaire demain et ont donc dû fermer la cantine, fermer les internats. C’est assez inédit qu’on soit massivement obligé de suspendre un certain nombre de services de l’école.

École : une crise à plusieurs dimensions

École : une crise à plusieurs dimensions

 

 

Le premier motif de la grève tient à la complexité d’un protocole inapplicable par les parents et pratiquement impossible à vérifier par les enseignants. Du coup, l’absentéisme crée une pagaille sans nom dans les classes et bouleverse complètement la pédagogie et les programmes.

Pendant longtemps, le gouvernement a fait l’impasse sur la situation sanitaire de l’école pourtant principal vecteur de diffusion de la pandémie. La vérité c’est qu’il a utilisé l’école pour diffuser largement le virus en espérant en retour obtenir une immunité collective de la population. Une stratégie discutable reposant essentiellement sur la vaccination.

 Au-delà de l’aspect sanitaire, l’école connaît une crise structurelle et notamment sociale. Il est clair que les enseignants en dépit des promesses récentes ne sont pas rémunérés à la hauteur de leurs compétences théoriques et de la qualification. D’une certaine manière, progressivement on a assisté dans le pays à une sorte de prolétarisation du métier. Des enseignants qui gagnent moins qu’un plombier  ( métier qui n’est pas d’ailleurs si simple avec l’évolution technologique).    La revalorisation financière est incontournable surtout si l’on veut remettre à niveau autant les capacités que les engagements.

La crise est aussi culturelle dans la mesure où il n’est plus possible d’enseigner de manière sereine et efficace compte tenue de la dégradation totale de la discipline dans certaines classes notamment dans les quartiers difficiles mais pas seulement. De ce point de vue, les théories pédagogistes  farfelues ont bouleversé les rapports au savoir et au maître.

Le plus grave , c’est la dégradation générale du niveau scolaire qui commence évidemment en primaire mais atteint le supérieur. Pour preuve des cours d’orthographe sont parfois organisés dans les universités ! Des universités complètement surbookées  parce que la mode en France s’oppose à l’orientation vers les filières d’apprentissage et qu’on préfère diriger les étudiants dans des impasses universitaires non qualifiantes. Nombres d’étudiants sont d’ailleurs éjectés dès les premières années d’université.

S’il y a un objectif prioritaire à mettre en débat en France ,c’est bien celui concernant l’avenir de l’école et celui des élèves. Un débat qu’on ne pourra conduire uniquement avec les enseignants mais avec tous les acteurs économiques, sociaux, politiques et culturels.

École : en grève quasi totale aujourd’hui

École : en grève quasi totale aujourd’hui

 

La paralysie risque d’être quasi totale  suite à l’appel des syndicats d’enseignants qui protestent surtout contre la complexité et l’inefficacité du protocole Covid.

Majoritaire dans le primaire, le Snuipp-FSU a lancé vendredi dernier un appel à la grève nationale pour le 13 janvier afin d’«obtenir les conditions d’une école sécurisée sous Omicron». Il a été rejoint par la plupart des autres syndicats enseignants, SE-Unsa, Snes-FSU, Snalc, CGT Educ’action, SUD Éducation, FO et le Sgen-CFDT.

«Non seulement le protocole actuel ne protège pas les élèves, les personnels et leurs familles mais de plus il désorganise complètement l’école. Ainsi, contrairement aux affirmations gouvernementales répétées, ce n’est pas l’école qui est ouverte mais une forme de  »garderie »», dénonce le Snuipp-FSU.

Selon le syndicat, «dans les conditions actuelles, les élèves ne peuvent pas apprendre correctement, leur nombre étant très fluctuant et l’enseignement hybride entre présentiel et distanciel impossible à mettre en œuvre». Le Snuipp-FSU pointe aussi «le non-remplacement des enseignants et enseignantes malades qui devient intenable».

Ainsi, il dit qu’il «mettra tout en œuvre pour que le gouvernement entende enfin la colère des personnels. Après le 13 janvier, si besoin, il proposera de nouvelles mobilisations unitaires face au mépris gouvernemental, pour la sécurité sanitaire de l’école et le nécessaire recrutement de personnels». «Cette colère des personnels n’est pas un épiphénomène conjoncturel mais prend racine à la fois dans l’incapacité doublée d’incompétence à gérer la crise sanitaire à l’école et aussi plus globalement dans la politique éducative conduite depuis cinq ans qui abîme l’école et méprise les personnels», assure le syndicat.

Pour un nouveau contrat social avec les universités

Pour un nouveau contrat social avec les universités

 

Définir une identité, une signature pour une université est crucial pour faire coexister quelques établissements de recherche, en compétition mondiale, et tous les autres, estime, dans une tribune au « Monde », Jean-Luc Dubois-Randé, président de l’université Paris-Est-Créteil.

 

Tribune.

 

A quoi sert une université pour nos citoyens ? Cette question simple, absurde sans doute, est pourtant pertinente au moment où les universités entrent en compétition tant au niveau national qu’international. Définir différents modèles d’université avec une cohérence d’ensemble à l’échelle nationale est plus que jamais nécessaire alors que l’organisation imposée par les programmes d’investissements d’avenir très compétitifs – avec des jurys internationaux souvent très éloignés des modèles nationaux – est devenue la règle.

Au cours des vingt dernières années, les gouvernements du monde entier ont poussé leurs universités à devenir plus compétitives au niveau mondial. Ceci a profondément transformé les écosystèmes de l’enseignement supérieur et de la recherche de pays comme la France, en érodant les catégories nationales telles que la distinction entre les grandes écoles et les universités, tout en creusant l’écart entre les institutions à forte intensité de recherche et celles qui ne le sont pas.

Cela conduit à un système à deux vitesses dans lequel les universités étroitement liées à leurs communautés, relativement récentes pour la plupart, ont vocation à former des étudiants de premier cycle et répondre aux besoins du territoire local (dans de nombreux pays, elles sont connues sous le nom d’universités de sciences appliquées, aux Etats-Unis sous celui de community colleges). A l’opposé, les universités de recherche sont moins en phase avec les besoins de leurs territoires, précisément parce qu’elles sont en concurrence au niveau mondial.

Avantages comparatifs pour la recherche

Dans un monde professionnel où l’accès aux connaissances et le développement des compétences sont essentiels et où la recherche alimente l’ « économie de la connaissance », un tel phénomène exacerbe les inégalités : les établissements de pointe en recherche concentrent des financements conséquents, renforcent leurs avantages comparatifs et connaissent des processus de reproduction sociale des élites, alors que les catégories socio-économiques les plus défavorisées ont un moindre accès à un enseignement supérieur pleinement ouvert à la recherche.

Dans un environnement dont le caractère concurrentiel continue de se renforcer, le risque est majeur que des chercheurs de premier plan souhaitent en grand nombre être affectés dans les universités à forte intensité de recherche, où se dirigent les étudiants les plus performants, et que les autres universités deviennent progressivement, en grand nombre, des community colleges. Ce schéma est d’ailleurs proposé dans un récent rapport de la Cour des comptes.

 

Ecole: pagaille confirmée , grèves et demandes de report du bac

Ecole: pagaille confirmée , grèves et demandes de report du bac

 

La pagaille prévue se confirme avec d’une part une rentrée qui n’a pas été décalée dans le calendrier, d’autre part un protocole invraisemblable et inapplicable qui rend fou les enseignants et les parents.

 

Rien d’étonnant à tout cela dans la mesure où comme le rappelle certains membres du conseil scientifique, c’est délibérément que le gouvernement a décidé de laisser circuler librement le virus espérant ainsi une immunité collective. Or précisément il se confirme que les enfants sont des vecteurs privilégiés de transmission de la maladie.

 

La  « pagaille » décrite par les enseignants et directeurs d’écoles a conduit plusieurs syndicats d’enseignants (SNUipp, SNES, SE-Unsa, FO, CGT, SUD, Snalc) à annoncer, ce vendredi, un appel à la grève pour le 13 janvier, dans le premier comme dans le second degré.

Dans le premier degré, les syndicats réclament un retour à l’ancien protocole qui prévoyait la fermeture d’une classe dès le premier cas de Covid, une règle jugée « protectrice » par le principal syndicat du primaire.

Du côté des parents la situation est aussi ingérable puisqu’il est imposé de tester les enfants tous les jours. Un acte difficile à réaliser dans certaines familles en raison des conditions difficiles d’accès au laboratoire ainsi comment auto teste dans les pharmacies.

Dans le second degré, le principal syndicat, le SNES-FSU, appelle à la grève et réclame de recruter des adultes pour assurer les remplacements, à un protocole renforcé dans les collèges et lycées. Il estime aussi que les enseignants ne sont pas en mesure de bien préparer les élèves aux épreuves de spécialité du bac qui doivent avoir lieu dans deux mois, alors que beaucoup d’élèves sont absents. Le syndicat souhaite un report des épreuves du bac de mars à juin.

 

Formation- Trop d’élèves dans les universités pas assez en apprentissage

Formation- Trop d’élèves dans les universités pas assez en apprentissage

 

L’enseignant  Erwan LE CORNEC agressé de toutes parts pour avoir dénoncé le niveau lamentable de son université en Bretagne occidentale explique dans le Figaro que le niveau de l’université ne cesse de diminuer surtout avec le bac [Covid. ] . Il dénonce l’orientation scolaire qui conduit nombre d’étudiants à rejoindre l’université sans en avoir les compétences au lieu de les orienter vers des métiers manuels dont la France manque cruellement.

 

Dans votre courriel, vous décrivez l’UBO comme une université de «seconde zone». Qu’entendez-vous par là?

À l’université, le niveau est hélas devenu catastrophique. J’ai 25 ans de service public et je constate qu’il n’a fait que se dégrader. C’est un effet domino: à partir du moment où, à l’école primaire, on ne met pas suffisamment les moyens pour leur faire acquérir les fondamentaux, qu’on impose aux enseignants des méthodes pédagogiques idiotes et surtout dangereuses et qu’on fait croire aux jeunes que leur salut c’est l’université, alors forcément leur retard et leurs difficultés ne vont faire qu’augmenter.

Quelles solutions alors?

Leur place, à ces jeunes qui ont accumulé les insuffisances tout au long de leur circuit scolaire jusqu’à l’université, n’est précisément pas à l’université. Ils ont d’autres qualités mais pas celles qui permettent un parcours dans le supérieur. On a aujourd’hui besoin de boulangers, de plombiers, de tapissiers, de plaquistes, de charpentiers, de couvreurs, de peintres en bâtiment… Que ces gamins-là, au lieu d’être induits en erreur et encouragés à s’inscrire à l’université, s’inscrivent en CAP ou trouvent des contrats d’apprentissage.

Éducation : les contrevérités de Macron

Éducation : les contrevérités de Macron

 

Jean-Paul Delahaye, inspecteur général honoraire, et Claude Lelièvre, historien de l’éducation, attirent l’attention, dans une tribune au « Monde », sur « l’inexactitude » des propos récents tenus par Emmanuel Macron sur l’éducation.

 

Tribune.

Nous avons relevé plusieurs erreurs factuelles dans les propos sur l’éducation tenus le 15 décembre par le président de la République lors de son intervention télévisée [sur TF1]. Emmanuel Macron a justifié la décision de rendre l’instruction obligatoire à 3 ans en indiquant qu’il « y avait 10 % à 15 % des enfants qui n’allaient pas à l’école du tout, les plus modestes. Maintenant, ils y vont ».

Nous attirons l’attention sur l’inexactitude de ce propos. D’après les services statistiques du ministère de l’éducation nationale, dont les informations ne semblent pas être parvenues au chef de l’Etat, 97,7 % des enfants de 3 ans étaient scolarisés en 2019, c’est-à-dire la quasi-totalité de la classe d’âge, au moment du vote de la loi pour une école de la confiance, qui instaure cette obligation.

La loi de 2019 n’a donc eu aucun effet sur la scolarisation des enfants de 3 ans. En revanche, nous observons que notre pays enregistre, sous l’autorité d’Emmanuel Macron, un recul significatif de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, qui était de 11,6 % en 2017 et qui est tombée à 9,4 % en 2020, ce qui, chacun en conviendra, n’est pas vraiment un progrès.

En réalité, l’obligation scolaire portée à 3 ans n’a eu qu’un seul effet, que le président de la République n’a pas cru bon de signaler à nos concitoyens : la prise en charge désormais obligatoire par les communes des dépenses de fonctionnement des classes des écoles maternelles privées sous contrat, dont 97 % relèvent de l’enseignement catholique. Cette prise en charge étant compensée par l’Etat à hauteur de 100 millions d’euros, prévus dans le budget 2022, cela signifie qu’avec l’obligation scolaire à 3 ans l’exécutif vient de renforcer la concurrence privée de notre école publique.

Emmanuel Macron a également affirmé que « partout où il y a de la pauvreté on a dédoublé les CP et CE1 et on commence à en voir les résultats ». Il faut effectivement alléger les effectifs des classes à l’école primaire et poursuivre l’effort engagé depuis 2013, car l’histoire de notre école ne commence pas en 2017.

De 2013 à 2017, en effet, avait été mis en place dans les écoles de l’éducation prioritaire et des zones rurales isolées le dispositif « plus de maîtres que de classes », qui permettait, outre un allègement des effectifs, une plus grande collaboration entre les enseignants, de manière à diversifier les approches pédagogiques et à être au plus près des besoins des élèves. En 2017, 5 000 postes y étaient consacrés. Alors qu’ils donnaient pleinement satisfaction, ces postes ont été supprimés brutalement et sans évaluation, et ont été utilisés pour le dédoublement des classes. Aujourd’hui, plus de 10 000 postes sont utilisés à cette fin.

Ecole: Se méfier de la restauration ?

Ecole: Se méfier de la restauration ?

 

A six mois de l’élection présidentielle, l’historien de l’éducation Claude Lelièvre appelle, dans une tribune au « Monde », à accueillir avec prudence les discours politiques dits « de restauration » sur le système scolaire. Pour cela, il propose de revenir aux propres mots des « fondateurs » de l’école.

Une vision toutefois qui se limite à la dimension républicaine de la formation et qui n’évoque guère les connaissances fondamentales. NDLR

 

Tribune.

 

Dans la situation plutôt anxiogène qui est la nôtre, notamment un an après l’attentat contre l’enseignant Samuel Paty, on peut sans doute comprendre que beaucoup de nos concitoyens puissent être tentés par des propositions politiques de « rappel à l’ordre », notamment en matière scolaire, qui, en France, est un domaine propice aux passions et aux clivages. Et cela ne manque pas à droite et à l’extrême droite de l’échiquier politique mais aussi, ce qui est plus singulier, parfois dans la bouche même du ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, en exercice depuis plus de quatre ans. Et cela se fait le plus souvent en invoquant la République et ses « valeurs ».

Eh bien, dans cette situation complexe et quelque peu confuse, le plus important est de ne pas perdre de vue ce qui est constitutif de la République et de son école. Et le mieux est de se reporter d’abord à ses fondateurs.

A commencer par les propos de Ferdinand Buisson (nommé par Jules Ferry, en 1879, à la tête de la direction de l’école primaire où il restera dix-sept ans) au congrès de 1903 du Parti radical : « Le premier devoir d’une République est de faire des républicains (…). Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit (…) et lui donner l’idée qu’il peut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef quel qu’il soit, temporel ou spirituel. Pour arriver à juger par soi-même d’après la raison, il faut un long et minutieux apprentissage. Et si vous voulez faire un esprit libre, qui est-ce qui doit s’en charger sinon un autre esprit libre ? Il lui apprendra la liberté en la lui faisant pratiquer (…). Il n’y a pas d’éducation libérale si l’on ne met pas l’intelligence en face d’affirmations diverses, d’opinions contraires, en présence du pour et du contre, en lui disant : Compare et choisis toi-même.” »

Et cela se traduit par des choix pédagogiques républicains fondamentaux bien loin de ce que certains veulent faire accroire actuellement dans leurs discours et propositions « de restauration ». Comme on peut le voir par exemple dans le discours de Jules Ferry au congrès pédagogique des inspecteurs primaires du 2 avril 1880 : « Nous voulons des éducateurs ! Est-ce là être trop ambitieux ? Non. Et je n’en veux pour preuve que la direction actuelle de la pédagogie, que les méthodes nouvelles qui ont pris tant de développement, ces méthodes qui consistent, non plus à dicter comme un arrêt la règle à l’enfant, mais à la lui faire trouver ; qui se proposent avant tout d’exciter la spontanéité de l’enfant, pour en diriger le développement normal au lieu de l’emprisonner dans des règles toutes faites auxquelles il n’entend rien. »

Formation : comme en Allemagne favoriser l’apprentissage et l’alternance

Formation : comme en Allemagne favoriser l’apprentissage et l’alternance

Il est plus urgent que jamais d’attirer l’attention des entreprises, des jeunes et de leurs familles sur les opportunités de la formation professionnelle, surtout à un stade précoce. (Par Patrick Brandmaier, directeur général de la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie) ( dans l’Opinion)

 

Au deuxième trimestre de cette année, la France comptait 264 000 emplois vacants, selon les chiffres du ministère du Travail. En Allemagne, 158 000 offres d’emplois n’étaient pas pourvues à fin juin dernier, selon l’Agence fédérale pour l’emploi et 43 % des chefs d’entreprise s’estimaient sous la menace d’un manque de compétences. Cette crise de l’emploi, qui se reproduit dans de nombreux pays de l’Union européenne, trouve son origine dans un élément conjoncturel : la puissance de la reprise de l’activité dans un certain nombre de branches. Mais elle a aussi des raisons structurelles : le manque de main-d’œuvre qualifiée dans les activités concernées au plus près par la transition numérique et énergétique. Les entreprises doivent embaucher des profils nouveaux pour s’adapter à une économie en pleine transformation.

Il existe une réponse à la crise de l’emploi : l’apprentissage et la formation en alternance. C’est un élément clé dans la période que nous traversons, particulièrement en France et en Allemagne, puisque les deux pays mènent, parfois conjointement, des stratégies d’investissement ambitieuses dans l’énergie, les nouvelles technologies, la protection de l’environnement, l’agriculture. Sans l’apprentissage et l’enseignement professionnel, ces investissements ne pourront pas être mis en œuvre. De nombreuses entreprises franco-allemandes se plaignent déjà d’un manque de travailleurs qualifiés et ce problème va s’aggraver dans les années à venir.

Nous devons donc intensifier nos efforts communs pour attirer les jeunes vers la formation professionnelle et la formation duale. La « langue de l’autre » et la compétence interculturelle constituent une condition préalable importante. L’anglais revêt une importance capitale dans le monde professionnel d’aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier que la pratique de l’allemand ou du français constitue des qualifications supplémentaires – et donc un avantage compétitif pour les jeunes qui entrent dans l’entreprise – et ouvre des opportunités de progression salariale et de carrière très concrètes. En Allemagne, de nombreux travailleurs qualifiés gagnent bien plus que 50 000 euros par an dans l’industrie, une rémunération plus élevée que celle procurée par certains diplômes universitaires.

Au moment où la Chambre franco-allemande de Commerce et d’Industrie, qui est un acteur important de la formation en alternance et de l’apprentissage en France et en Allemagne, organise sa huitième Journée de la formation professionnelle et de l’apprentissage, il est plus urgent que jamais d’attirer l’attention des entreprises, des jeunes et de leurs familles sur les opportunités et les possibilités de la formation professionnelle, surtout à un stade précoce.

Dans les lycées en France, de nombreuses offres sont proposées, qui concernent la formation académique dans les universités et les grandes écoles. Malheureusement, l’information proposée en ce qui concerne la formation professionnelle et la formation en alternance est beaucoup trop limitée. Il est important d’insister sur le fait qu’il n’y a pas de cursus meilleur que l’autre entre la formation professionnelle et de l’enseignement académique, même si beaucoup de parents, d’élèves, d’enseignants et de directeurs d’académie croient encore que l’enseignement académique est le seul moyen de réussir une carrière professionnelle et d’obtenir un emploi sûr.

Il existe de nombreux exemples de diplômés qui ne terminent pas leurs études et choisissent la voie de la formation professionnelle. Il est donc important de souligner qu’il n’y a pas de bon chemin et que la formation professionnelle et en alternance peut être parfaitement combinée avec la formation académique. Avec plus de 500 000 contrats d’apprentissage en 2020, la France a réalisé une progression spectaculaire grâce aux nombreuses mesures de soutien de l’État. Ajouter une dimension franco-allemande à ces formations est un plus, dont peuvent attester les nombreux jeunes qui travaillent aujourd’hui dans des entreprises franco-allemandes. La voie est tracée, n’attendons pas pour l’emprunter !

Patrick Brandmaier est directeur général de la Chambre franco-allemande de commerce et d’industrie.

Campagne présidentielle : l’école instrumentalisée ?

Un édito du Monde explique que l’école actuellement en grande souffrance est instrumentalisée pour servir les batailles idéologiques des candidats aux présidentielles.

Un papier intéressant mais cependant qui ne saurait faire l’impasse sur le rôle des pédagogies fumeuses qui ont permis de tirer le niveau faire le bas. Une approche systémique de la crise de l’école doit aussi prendre en compte cet aspect-là.

 

Tout se passe comme si l’école servait de prétexte pour aborder des thèmes comme le « déclin de la France ». Or les maux dont elle souffre ne sont pas solubles dans des batailles idéologiques.

 

Dans un pays où la République s’est construite par et autour de l’école, il n’est guère étonnant que la campagne pour l’élection présidentielle de 2022 hisse l’institution scolaire parmi ses principaux thèmes de débat. Après tout, l’école est à la fois une des premières préoccupations quotidiennes des Français et le creuset où se jouent l’avenir économique et intellectuel du pays ainsi que la capacité de ses citoyens à vivre ensemble. L’école est aussi l’une des premières cibles des attaques qui visent la République, dont elle est le cœur battant, comme l’anniversaire de l’assassinat de Samuel Paty l’a tragiquement rappelé.

On pourrait se réjouir de voir un sujet crucial s’inviter si précocement dans l’élection qui mobilise le plus les Français. Logiquement, la gauche insiste sur la nécessité de revaloriser les salaires et, dans le sillage de syndicats d’enseignants, critique la réforme du lycée et du baccalauréat. De son côté, la droite défend le rétablissement de l’autorité, le retour aux « savoirs fondamentaux ». A l’extrême droite, on cultive la caricature présentant des enseignants abandonnés par l’institution et livrés à des élèves hostiles.

 

Mais les candidats parlent-ils de la réalité vécue dans les établissements scolaires ? Ont-ils en tête la complexité de ce qui se passe dans chaque classe, entre professeur et élèves ? De ce qui se joue entre les établissements scolaires et un monde aux prises avec le clanisme et les manipulations des réseaux sociaux ? S’intéressent-ils au casse-tête des parents en matière d’orientation ? S’agit-il pour eux de s’attaquer aux faiblesses de notre système scolaire qui, dans les classements internationaux, est l’un des moins efficaces des grands pays développés pour compenser l’origine sociale dans les performances et les trajectoires ?

En réalité, tout se passe comme si l’école servait de prétexte pour aborder des thèmes comme le « déclin de la France », la remise en cause de son identité ou le recul de l’autorité. Comme si l’institution scolaire était prise en otage par la surenchère identitaire qui alimente une féroce bataille de personnes à droite et que la gauche, elle aussi en pleine querelle d’ego, peine à dépasser.

Or les maux dont souffre l’école ne sont pas solubles dans des batailles idéologiques. Ils sont réels, systémiques. Ils se nomment inégalité entre établissements, affectation des professeurs les moins expérimentés dans les établissements les plus difficiles, salaires trop bas, priorités budgétaires favorisant les formations d’élite, mécanisme de répartition des élèves qui contourne l’exigence de mixité.

 

Pour lutter contre le « darwinisme social » dénoncé par le sociologue François Dubet, il faut réformer la carte scolaire afin de limiter l’« entre-soi », changer le mécanisme d’affectation des enseignants, faciliter le dialogue entre établissements et familles, démocratiser l’information des parents sur l’orientation et l’accès aux meilleures filières.

Pour changer l’école, des points d’appui existent : le rapprochement parents-professeurs consécutif à la pandémie de Covid-19, le consensus sur l’indigence des salaires des enseignants, les comparaisons internationales inquiétantes.

Il reste aux candidats à la présidentielle à cesser d’instrumentaliser l’institution scolaire et à mettre élèves, familles et enseignants, et non leur stratégie présidentielle, au centre de leurs discours. Eux qui promettent d’« élever le niveau scolaire » devraient commencer par donner l’exemple en élevant le niveau de la campagne.

Appel d’enseignants pour Zemmour

Appel d’enseignants pour Zemmour

 

Un appel évidemment très politique mais qui se fonde sur la réalité de la décomposition d’un système de formation.

 

L’école républicaine, telle que la concevait la tradition française, a cessé d’exister. L’alliance des libéraux de droite et des libertaires de gauche, comme l’écrivait Éric Zemmour dans son Suicide français, aura eu sa peau. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les airs qu’on fredonne avec contentement au ministère de Jean-Michel Blanquer : autonomie des établissements, discrimination positive, inclusivité, et même multiculturalisme…

L’essor des établissements privés – à qui l’on ne reprochera pas d’avoir voulu préserver une forme d’excellence au milieu du marasme général – dit bien en revanche que cette nouvelle école est avant tout une école de la relégation sociale, du renoncement à la transmission et de l’idéologie post-républicaine, mélange de catéchisme victimaire et de propagande progressiste. En attendant que la vague woke et sa cancel culture, venue d’outre-Atlantique avec ses bâillons et ses autodafés virtuels, emporte ce qui reste…

 

L’école française avait pourtant été le lieu d’une promesse, incarnée au début du siècle dernier par ces instituteurs que Charles Péguy nommait les « hussards noirs », jeunes soldats de la République dont l’écrivain jugeait le combat digne de ceux de la Grande Armée…

 

L’école française avait pourtant été le lieu d’une promesse, incarnée au début du siècle dernier par ces instituteurs que Charles Péguy nommait les «hussards noirs», jeunes soldats de la République dont l’écrivain jugeait le combat digne de ceux de la Grande Armée : instruire le peuple, permettre aux plus méritants de s’élever, et surtout, faire aimer la France. Les murs mêmes de cette école matérialisaient un espace sacré qui aurait dû, pour reprendre les mots de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale en 1936, «rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas».

Il y a de quoi écarquiller les yeux lorsque l’on songe que, l’année dernière, en France, notre collègue Samuel Paty a été décapité pour blasphème à la sortie de son collège. Lui était resté fidèle à cet esprit des Lumières qu’on s’empresse sans cesse d’invoquer, surtout contre le christianisme et l’héritage catholique de la France, pour l’oublier aussitôt face à l’obscurantisme islamique qui interdit à une partie de nos élèves de s’assimiler à notre communauté nationale et à notre imaginaire républicain. Les hussards d’aujourd’hui ne portent plus l’habit noir, mais sont en deuil.

On a troqué nos méthodes traditionnelles, qui font aujourd’hui le succès du système éducatif des pays asiatiques, contre des chimères qui nous condamnent au déclassement.

 

Quel professeur n’est pas dépité par la faiblesse du niveau de ses élèves ? Les scores soviétiques du brevet et du baccalauréat, véritables mensonges d’État, ne changent rien à ce que chacun constate dans ses classes et que toutes les études internationales confirment : nous avons décroché, complètement, et le niveau de maîtrise des savoirs fondamentaux s’est effondré. Où sont donc à présent les universitaires bien-pensants qui, à travers des publications aux titres galiléens, comme «Et pourtant ils lisent !» ou bien «Le Niveau monte», renvoyaient l’expérience douloureuse de milliers d’enseignants à une forme d’obscure myopie réactionnaire ?

Quel professeur n’a pas subi l’inanité des innovations pédagogiques ? Elles devaient mettre l’élève au centre de l’école afin qu’il façonne lui-même son savoir : il façonne très bien lui-même son ignorance, tandis que l’enseignant joue le rôle d’animateur scolaire. L’abandon, par dogmatisme, de la méthode syllabique dans l’apprentissage de la lecture, ou de l’enseignement explicite de la grammaire, a également contribué à l’émergence d’un nouvel illettrisme. Les copies, même celles des élèves censés être les meilleurs, à l’université ou en classe préparatoire, en portent les stigmates. Comme le résume Éric Zemmour, on a troqué nos méthodes traditionnelles, qui font aujourd’hui le succès du système éducatif des pays asiatiques, contre des chimères qui nous condamnent au déclassement.

Quel professeur n’a pas constaté, dans sa pratique, les échecs désastreux du collège unique ? Qui ignore encore que l’hétérogénéité des classes est telle que la différence de niveau conduit automatiquement au nivellement vers le bas ? Ou qu’un seul élève peut empêcher le cours de se dérouler, l’exclusion étant quasiment interdite ? Là encore, on sacrifie la réalité aux principes par égalitarisme, alors qu’une approche pragmatique des parcours permettrait de ne plus faire subir à ces élèves une scolarité pour laquelle ils ne sont pas adaptés et qu’ils font payer à leurs camarades et à leur enseignant.

Quel professeur enfin n’est pas révolté par le délitement du cadre scolaire et l’explosion de la violence dans les établissements ? Qui n’a pas été témoin de l’impuissance des directions face à la judiciarisation des conseils de discipline et à l’injonction constante du « pas de vagues » des circulaires rectorales ? Rappelons une évidence : une atmosphère studieuse et apaisée est la condition sine qua non de la réussite de nos élèves, en particulier des plus faibles.

C’est pourquoi nous en appelons à la conscience professionnelle de tous les acteurs de notre école, de tous nos collègues qui sont scandalisés par cet état de fait, et ne s’y résignent pas.

Nous, instituteurs, professeurs du secondaire et du supérieur, assistants d’éducation, PsyEN, CPE, chefs d’établissement, appelons de nos vœux une grande réforme de l’Éducation nationale fondée sur le mérite, l’excellence, et l’autorité. Nous croyons que l’élection présidentielle de 2022 est une occasion décisive pour la mettre en œuvre. Éric Zemmour a eu le courage, ces vingt dernières années, malgré les aveuglements et les dénis, de dénoncer publiquement ce que nous dénonçons ici ; il semble bien être le seul ayant la capacité et la volonté d’incarner cette politique et de la mettre en œuvre.

Nous portons le projet d’une école de l’excellence pour tous, en fonction des capacités et de la singularité de chacun. Le rétablissement de l’exigence et de l’autorité, dans les filières générales comme dans les filières professionnelles, en est la première condition : aucun élève doué ou méritant ne doit plus craindre de s’engager dans la voie qui lui convient.

Nous appelons l’ensemble de nos collègues, et plus largement encore tous ceux qui n’ont pas renoncé à la grandeur intellectuelle de la France et de ses élites, au prestige de ses métiers, et à l’école républicaine qui en est la matrice, à s’investir dans la campagne pour une candidature d’Éric Zemmour, et à porter celui-ci jusqu’à la victoire.


Ecole: Réfléchir à des pédagogies réellement efficaces

Ecole:  Réfléchir à des pédagogies réellement efficaces

 

En France on a souvent privilégié une forme de pédagogisme théologique faisant oublier que l’objectif est la transmission de connaissances.Ainsi par exemple revient en à la méthode de lecture syllabique après les ferments catastrophiques de la méthode globale.  Le développement des pratiques professionnelles efficaces et reconnues comme tel est encore à construire en France, estime, dans une tribune au « Monde », l’enseignant Radouan Raoui. Pourtant, les exemples de réussites pédagogiques à l’étranger existent.

 

Tribune.

 

Peut-on enseigner comme on a appris ? Cette question pourrait être le point de départ de la réflexion d’un étudiant choisissant de devenir enseignant. En effet, il a été bien souvent un élève puis un étudiant en réussite dans la discipline qu’il aspire à transmettre. Il a donc vécu une expérience positive au contact d’une ou de plusieurs méthodes pédagogiques utilisées par un de ses anciens enseignants.

Toutefois, de son vécu à la pratique, il y a un fossé qui nécessite le développement d’une posture professionnelle. Plusieurs méthodes pédagogiques existent : les méthodes verticales comme l’enseignement magistral, les méthodes horizontales comme la classe inversée, les méthodes qui combinent les deux comme le béhaviorisme, etc. Le choix de l’une ou de l’autre selon la situation revient à l’enseignant, définissant pour partie sa liberté pédagogique.

Quels sont les enjeux liés aux pratiques pédagogiques ? Qu’en est-il donc du quotidien des enseignants ? Quelles sont les méthodes pédagogiques massivement pratiquées ? Et surtout, fonctionnent-elles ?

Que l’on parle, entre autres, de gestion de classe ou du traitement de l’orientation par l’enseignant, on parle de facto de pratiques pédagogiques. En 2016, le Conseil national d’évaluation du système scolaire et l’Institut français de l’éducation évoquent la notion de pratiques pédagogiques efficaces et confirment que toutes les méthodes ne se valent pas.

Par exemple, la méthode de Singapour, proposée dans la cité-Etat durant les années 1980, a été élaborée pour développer les compétences mathématiques des élèves jusqu’à l’âge de 12 ans. Conséquence de sa mise en place dans toutes ses écoles, Singapour est en tête de tous les classements internationaux depuis 1995. Pour cela, une formation continue annuelle importante de plus de cent heures a été instaurée sur le long terme (en France, elle est de dix-huit heures). Adoptée depuis lors par de nombreux pays, la méthode est de plus en plus pratiquée par les enseignants français qui y voient un moyen de faire aimer les mathématiques aux élèves.

Considérons le cas d’un professeur contractuel débutant, il entendra des concepts comme « différenciation » ou « mettre l’enfant au centre du savoir ». Répandus au sein de l’éducation nationale, ces concepts restent pourtant mal maîtrisés et leur mise en pratique plus qu’aléatoire. L’enseignant tentera de se raccrocher au cours et au manuel transmis par le professeur titulaire de la classe. Le livret d’accueil fourni par le rectorat précise bien qu’un écueil à éviter est de suivre linéairement le manuel ou de dispenser un cours qui n’est pas le sien. Il adoptera donc une réflexion par tâtonnements avec la construction de pratiques réglées par la gestion de classe et l’évaluation, deux points qu’il ne maîtrise pas. La posture professionnelle se construit dans ce cas sans véritable repère.

École : Aurore Bergé pour le retour de l’uniforme

À juste titre Aurore Berger se prononce pour un retour de l’uniforme à l’école. En vérité, pas vraiment une grande révolution car c’est uniforme était  obligatoire en primaire dans les années 50 (ey avant). Progressivement au nom des libertés bien sûr, on a laissé la mode vestimentaire pénétrée dans les lieux d’enseignement. Tout cela a généré un certain nombre d’outrances en particulier la course aux vêtements et chaussures les plus coûteuses.

Le pire c’est que ce sont souvent les familles modestes qui ont été contraintes de suivre le désir de leurs enfants pour faire comme la mode l’imposait. Les grandes marques évidemment ce sont gavés de cette demande. Progressivement on a vu par exemple la mode du pantalon ne couvrant pas le slip ou la mode des nombres à l’air Pourtant dans les pays anglo-saxons l’usage de l’uniforme est en vigueur dès l’école primaire et continue au collège. Cela permet d’uniformiser les statuts sociaux. Même dans les pays qui ont été colonisés par la France l’uniforme est souvent de rigueur. Ainsi avec deux blouses, l’élève dispose de la garde-robe suffisant.
Il ne s’agit sans doute pas seulement que de satisfaire une évolution vestimentaire mais aussi de réinstaller un minimum de respect et de discipline dans une école française complètement dévastée par le désordre qui y règne ( témoin les classements de la France dans les dernières positions mondiales)

Aurore Bergé se dit favorable au retour de l’uniforme à l’école. « Ce que je constate, note l’élue, c’est qu’on est un pays où tout le monde dit qu’on est de plus en plus fracturé, retranché dans des communautés. Avoir un sentiment d’appartenance commune au sein d’un établissement scolaire ne va pas régler tous les problèmes de l’école publique mais c’est l’un des leviers susceptibles de faire naître un sentiment d’unité, d’appartenance. »

Réparer l’école, la priorité (Michel Barnier)

 Réparer l’école, la priorité (Michel Barnier)

 

L’ancien ministre, candidat à la primaire de la droite, estime, dans une tribune au « Monde » (extrait) , qu’il est urgent de réparer l’école face aux résultats inquiétants qu’enregistrent les élèves français dans les classements internationaux.

 

Tribune.

Rendons-nous à cette triste évidence : notre école est en crise. Tant de parents et d’élèves en souffrent, tant d’enseignants aussi. Nous subissons un inexorable glissement dans les classements internationaux, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) donne des résultats inquiétants en sciences, en compréhension de l’écrit, en mathématiques. Nous étions naguère dans les tout premiers ; nous pointons désormais entre la 20e et la 26e place.

En mathématiques, fleuron de notre monde académique, le niveau de nos jeunes s’est en moyenne effondré. Nous nous flattons à raison de nos nombreuses médailles Fields mais, pour la première fois depuis trente ans, le dernier palmarès de ce prix prestigieux, décerné en 2018, ne comprenait aucun Français. Tout un symbole. Dans un monde de plus en plus dur, nos jeunes sont de plus en plus désarmés.

Et pourtant : nos élèves ne sont pas moins doués et la France a produit plus de lettrés, plus de savants, plus de créateurs que bien d’autres pays ! C’est le système qui a failli. Au lieu de se consacrer à son devoir de transmission du savoir et d’émancipation de chacun, l’éducation nationale, singulièrement depuis 1968, s’est mêlée de vouloir transformer la société. La vocation première de l’éducation qui est d’« élever » (quel beau mot !) nos enfants vers le meilleur d’eux-mêmes, a été dévoyée. Enseigner, c’est transmettre et élever. Pour l’avoir oublié, notre système a contribué à aggraver les inégalités et à enfermer tant d’élèves dans leur catégorie sociale ou leur communauté d’appartenance supposée.

 

A la déroute pédagogique et morale s’ajoute – disons-le ! – une faillite matérielle. Alors que dans les pays de l’OCDE la dépense moyenne par élève augmentait de 8 % entre 2010 et 2016, elle baissait de 5 % en France. Chaque pays exprime ses priorités par des actes : en France, la priorité n’est clairement pas la jeunesse ! L’avenir ne fait plus recette.

Pour preuve, la fonction enseignante, naguère si valorisée, connaît une crise de recrutement sans précédent. Le nombre des candidats au Capes s’est effondré. Celui des élèves sortis du système scolaire sans formation s’est fortement accru, pour dépasser 10 % d’une classe d’âge. Nous avons 80 % de bacheliers, mais le bac a perdu de sa valeur. Les recalés sont devenus des relégués. Le bac pour tous, totem des années Lang, est devenu une machine à exclure. Les mots entendus au début du quinquennat du président sortant avaient pu paraître encourageants : le moins que l’on puisse dire est que les actes n’ont pas suivi.

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