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Profits, environnement un changement chez les patrons américains ?

Profits, environnement un changement chez les patrons américains ?

 

 Julie Battilana, Professeure titulaire de chaires de gestion et d’innovation sociale à  Harvard se félicite de « changement de discours » de patrons américains après la tribune publiée le 19 août dans le « New York Times » annonçant l’abandon de la priorité donnée aux actionnaires et la prise en compte de l’environnement. Reste que comme l’indique l’intéressé encore faudrait-il que cela se traduise par des actes. (Extrait de la tribune dans le monde)

« Il aura donc fallu attendre plus de dix ans après la crise financière de 2007 pour que les chefs d’entreprises américains remettent en cause le principe de la poursuite de la maximisation de la valeur pour les seuls actionnaires, et prennent position en faveur d’un changement de paradigme.

Les dirigeants et dirigeantes membres de la puissante Business Roundtable, qui regroupe 193 des plus grandes entreprises américaines, employant à elles seules plus de 15 millions de personnes, ont cosigné un nouveau texte sur le rôle et la mission des entreprises, publié dans le New York Times du 19 août, affirmant que ces dernières doivent servir non seulement les intérêts de leurs actionnaires sur le long terme, mais aussi ceux de leurs employés, de leurs fournisseurs, et plus globalement de la société (« Statement on the Purpose of a Corporation », voir lien PDF). Les 181 PDG signataires déclarent partager un « engagement fort auprès de toutes les parties prenantes de leurs entreprises », assumant ainsi la rupture par rapport au système jusqu’ici dominant.

 

Voilà en effet maintenant près d’un demi-siècle que le monde des affaires américain est organisé autour du principe de maximisation de la valeur pour les actionnaires. L’un des nombreux porte-drapeaux de cette approche, l’économiste Milton Friedman [1912-2006], avait contribué à justifier l’inéluctabilité de cette logique en clamant que la responsabilité sociale des entreprises était de maximiser leurs profits. Mais les économistes adeptes de Friedman sont loin d’être les seuls à avoir favorisé l’avènement de ce principe : les membres de la Business Roundtable ont eux aussi par le passé joué un rôle important dans son maintien.L’annonce a eu l’effet d’un coup de tonnerre et suscité deux types de réactions très opposées.

Les uns célèbrent déjà l’avènement d’un nouveau système économique plus juste, humain, et respectueux de l’environnement, tandis que d’autres fustigent une nouvelle tentative d’amélioration de l’image des grandes entreprises, qui prétendent vouloir changer leur approche, mais continuent de poursuivre au quotidien leur quête effrénée du profit.

Un tel manichéisme est stérile au moment où se joue l’avenir de notre système économique et social. S’il faut se réjouir de ce changement de discours, qui ouvre la porte à une possible refonte du modèle capitaliste et du rôle des entreprises dans la société, deux questions doivent néanmoins être posées : pourquoi un tel changement maintenant ? Et sera-t-il suivi d’actions ?….. »

Remise en cause de la mobilité sans limite (Stéphane Madaule, économiste)

Remise en cause de la mobilité sans limite (Stéphane Madaule, économiste)

Dans une tribune du Monde. Stéphane Madaule, économiste) pose la problématique d’une  mobilité sans limite. Jusque là en effet la mobilité la mobilité était considérée comme uen liberté qui n’admet pas de contrainte d’où par exemple le développement de flux de biens inutiles liés aux grands accords internationaux. (Tribune, extraits)

 

«  Elisabeth Borne, après avoir piloté la loi d’orientation des mobilités, qui devrait être à l’ordre du jour du Parlement à l’automne, a été choisie pour remplacer François de Rugy. Faut-il y voir le signe d’une nouvelle politique de la mobilité en France qui s’intégrerait dans l’ensemble plus vaste de la transition écologique, symbolisée par la réunion sous une seule autorité des ministères des transports et de la transition écologique ? En 2016, la stratégie pour le développement de la mobilité propre prévoyait déjà l’essentiel des mesures annoncées dans la future loi, avec notamment : le développement des véhicules à faibles émissions, l’amélioration de l’efficacité énergétique du parc de véhicules, les reports modaux de la voiture individuelle vers les transports en commun terrestres, le vélo et la marche, ainsi que du transport routier vers le transport ferroviaire et fluvial, le développement de l’autopartage ou covoiturage… Elisabeth Borne a aussi annoncé, le 9 juillet, la création d’une écotaxe sur les billets d’avion au départ de l’Hexagone qui devrait s’appliquer à partir de 2020. Toutes ces mesures vont dans le bon sens, mais est-ce suffisant ?

On peut s’interroger sur les omissions ou les non-dits d’une telle démarche : rien ou presque sur le transport aérien, qui bénéfice toujours d’un kérosène peu taxé ; rien sur l’empreinte carbone liée à certains modes de consommation de produits ou de services qui parcourent le monde et qui dégagent finalement beaucoup de carbone ; rien sur le transport maritime international… Pourtant, pour en diminuer l’impact environnemental, il faut bien diminuer la consommation d’énergie, surtout de celle qui n’est pas propre. Pourquoi, alors, ne pas jouer sur ces deux tableaux : maximiser l’utilisation des mobilités propres, mais aussi abaisser le niveau global des mobilités qui nuisent à l’environnement ?

En fait, il semble difficile d’orienter la gestion des mobilités par des politiques publiques. Tout se passe comme si les mobilités des personnes, des biens et des services étaient un droit qui s’impose à tous, quelles qu’en soient les conséquences environnementales. …

Devant tant de difficultés à modifier nos modes de vie, on se contente, comme le dirait peut-être Nicolas Hulot, de la politique des petits pas. Remettre en cause ou renchérir les mobilités apparaît comme un changement très difficile. La mobilité des hommes, des marchandises et des services n’est-elle pas devenue le pilier d’un monde globalisé, et donc l’un des fondements de notre mode de vie ?…… »

Greta Thunberg : Lettre ouverte à M. Michel Onfray

 »

Une lettre ouverte d’une jeune écologue à Michel Onfray qui sur son blog a véritablement massacré Greta Thunberg  mettant même en cause sa personnalité, son humanité et son physique. Pas vraiment une réflexion de philosophe. Il faut reconnaître à Michel Onfray sa grande puissance de travail aussi son apport théorique. Par contre, sa posture de gourou imperméable à toute contestation le discrédite surtout pour parler d’un sujet qu’il  connaît à peine. Onfray gagnerait beaucoup lui aussi en humanité et en modestie, à douter davantage aussi,  à sourire un peu plus, au lieu  de mordre  systémtiquement ses contradicteurs. Le plus curieux, c’est que Michel Onfray philosophe gauchiste admet mal sans doute la célébrité soudaine de la jeune écolo gauchiste Greta Thunberg. Bref, une vraie réaction de vieux con de la part d’Onfray.

Tribune de Camille Bernard (écologue)

 

 

«  Je crois, Monsieur, que la jeune génération a le droit de faire la leçon à celles et ceux qui regardent sans agir.

Je me permets, Monsieur Onfray, de vous écrire au sujet de Greta Thunberg. J’espère que vous pardonnerez mon insolence, probablement inhérente à ma jeunesse, de répondre à ce message qui ne m’est pas adressé. Je n’ai plus 16 ans, certes, mais je crois faire encore partie de la génération qu’on appelle communément « des jeunes », ceux-là même qui plient l’index et le majeur pour nuancer le propos. Votre message ne m’est pas adressé, mais il me concerne car j’ai fait de l’Ecologie mon métier. Enfant, déjà, j’y étais déterminée. Je l’ai encore en moi, cette nausée de voir la Vie détruite par une seule espèce, si prétentieuse, si sûre de son immortalité. Je n’avais pas 10 ans, Monsieur, et cette injustice me révoltait.

Je ne suis pas heureuse de voir Greta Thunberg à la tribune de l’Assemblée nationale, pas plus que vous. Je ne suis pas heureuse de constater que lorsqu’il est question d’écologie ou d’écologisme, les scientifiques invités à s’exprimer sont plus souvent astrophysiciens qu’écologues. J’aimerais voir défiler derrière cette tribune une délégation des 15 000 scientifiques qui alertent depuis des années les pouvoirs publics. J’aimerais voir défiler derrière cette tribune les grands pontes de l’Ecologie, les femmes et les hommes qui ont dévoué leur carrière et parfois même leur vie à cette grande cause qui est la nôtre et, plus encore, celle de nos enfants. Je ne suis pas heureuse de constater qu’il faut en arriver, pour se faire entendre, à envoyer au-devant de la scène une adolescente, qu’elle soit volontaire ou messagère. Mais qu’elle y aille. Qu’elle se présente aux rendez-vous, qu’elle tienne les tribunes, qu’elle pique ces braves décideurs s’il le faut.

Le fait est, Monsieur, que la confusion est possible. Qui, de Greta Thunberg ou de nos décideurs, est l’enfant ? Est-ce celle qui comprend que la conséquence d’une déscolarisation partielle sera bien moindre que celle de l’inaction face aux changements climatiques, au déclin de la biodiversité, à la pollution alarmante de l’air et de l’eau ? Est-ce celle qui comprend que savoir calculer des intégrales, citer Kant ou Jonas est bien inutile si l’on doit mourir d’un cancer au cours de la décennie à suivre ? Ne s’agirait-il pas plutôt de ces érudits représentants de l’Etat, qui pour certains s’excusent (et non « prient d’être excusés », la formulation est choisie) de bêtises dignes du bambin qui aurait pioché dans la bonbonnière sans y être autorisé ?

Que ce qu’elle lit soit écrit de sa main ou non, après tout peu importe. Si le fond du message est le sien, tant mieux. A 16 ans, on peut avoir suffisamment d’intelligence pour savoir ce qu’on veut. Corneille l’a écrit, « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Vous semblez vouloir renvoyer Greta Thunberg à l’école, mais qu’y apprendra-t-elle ? La toute-puissance de l’espèce humaine ? Sa légendaire résilience et son triomphe éternel ? Loin de moi l’idée de dénigrer une institution que je pense absolument primordiale, mais il n’est pas nécessaire d’attendre d’être bachelier pour être autorisé à penser.

Je crois, Monsieur, que la jeune génération a le droit de faire la leçon à celles et ceux qui regardent sans agir. Des remerciements seraient inappropriés à un tel héritage. Les « moutons » qui font la grève chaque vendredi tentent par ce geste de faire marcher vers l’avant les vaches qui regardent passivement passer le train. »

Camille Bernard.

Brighelli: «le bac n’a jamais été aussi facile «

Brighelli: «le bac n’a jamais été aussi facile « 

 

 Des lycéens se plaignent sur les réseaux sociaux de la difficulté des épreuves du baccalauréat. De quoi faire bondir Jean-Paul Brighelli: l’enseignant, ancien élève de l’École normale supérieure,  juge au contraire que le Bac n’a jamais été si facile… et que les élèves feraient parfois mieux de se taire.


Interview le figaro)

 «Désolé Victor Hugo mais aujourd’hui la jeunesse t’emmerde»: ce tweet, parmi de nombreux autres relevés par Le Figaro Étudiant, témoigne de l’hostilité de nombreux bacheliers à l’égard des auteurs rencontrés au baccalauréat de français. Que répondriez-vous à ces jeunes irrévérencieux?

Jean-Paul BRIGHELLI.- Il y a une irrévérence féconde — lorsque les jeunes romantiques insultent les partisans des «classiques» à la première d’Hernani, ou lorsque les surréalistes vomissent sur les cendres encore chaudes d’Anatole France. Et puis il y a l’irrévérence de la bêtise satisfaite, de l’égo surdimensionné, du «moi-je» du petit qui se croit l’égal des géants qui l’ont précédé. Parce qu’on ne lui a pas appris la relativité de son existence et la nullité de son opinion par rapport aux «phares» (pour reprendre un mot cher à Hugo) qui ont fécondé l’humanité. Avoir fait croire à deux générations déjà (depuis le vote de la loi Jospin en juillet 1989, qui donne la liberté d’expression à tous les élèves et marque le début de l’apocalypse molle qui a englouti l’Éducation en France) que leur avis avait en soi une importance aussi grande que celle des vrais penseurs, des authentiques poètes, des créateurs de génie auxquels on se garde bien désormais de les confronter, voilà qui s’apparente à un crime.

Le talent ne se revendique pas, il se construit.

Comment expliquer que tant de jeunes sortent du lycée sans avoir vécu de réelle émotion littéraire?

Parce qu’on ne les confronte plus aux chefs-d’œuvre. Parce que n’importe quel écrivaillon invité à la télévision se prend pour le nouveau Hugo (ou Balzac, ou qui vous voulez). Parce qu’il ne suffit pas de dire «pipi-caca» pour être Rabelais ou Céline. Et si les jeunes n’ont pas été confrontés à ces géants, et confrontés avec compétence, c’est parce qu’une génération entière d’enseignants n’a plus été formée à cette confrontation. Lorsque l’on cherche à vous faire croire, dans les universités, que Wajdi Mouawad est plus grand que Racine, la messe est dite.

Cela ne signifie pas qu’il faille éternellement en rester aux «classiques». Mais on ne construit une modernité que par référence — et révérence — aux classiques, même s’il s’agit de les renverser de leur socle. Le talent ne se revendique pas, il se construit. L’ère du tweet permet au premier idiot venu de se croire aussi grand que Hugo, qui ne tweetait pas, le malheureux… Comme si les boutons d’acné étaient la garantie du droit inaliénable de dire n’importe quoi. Les réactions des apprentis-futurs-bacheliers (parce qu’ils auront tous le Bac, à terme!) sont un gloubiboulga de poncifs, de prurit qui croit être une pensée, de l’eczéma mental. Andrée Chedid, on leur a caché que c’était une femme, à ces ignares tout fiers d’écrire «auteure» — comme si l’accent marseillais se généralisait. Il y a trois ans, ils se plaignaient de ne pas avoir été informés que le Tigre était une rivière — alors même qu’ils avaient grandi au son des pas des soldats américains investissant l’Irak. Heureusement que quelques-uns gardent un peu de raison, et s’interrogent sur la pertinence de leur avis face à celui de Balzac.

Vous écrivez régulièrement que le niveau du baccalauréat baisse, les lycéens se plaignent que le niveau est trop élevé… Qui croire?

Heureusement que quelques-uns gardent un peu de raison, et s’interrogent sur la pertinence de leur avis face à celui de Balzac.

De la même façon qu’il y a des cercles vertueux, où l’exigence construit chaque jour une plus haute exigence, il existe — et nous sommes en plein dedans — des spirales qui visent les abysses. Et les pédagogues qui ont investi depuis trente ans le champ éducatif creusent encore.

J’ai enseigné 12 ans en ZEP, aux Ulis et à Corbeil-Essonnes. À ces pauvres gosses nés déshérités j’offrais Mallarmé, Hugo, Corneille — et ils étaient bien fiers d’avoir droit aux mêmes exigences que les lycéens qui allaient à Henri-IV ou à Lakanal, et qui passaient à leurs yeux pour des extraterrestres. En préférant presque systématiquement les faire plancher sur des auteurs modernes — et pas les meilleurs —, sur de la «littérature jeunesse» ou sur des articles de journaux politiquement corrects, on leur tient merveilleusement la tête sous l’eau.

La réforme du lycée en cours saura-t-elle redonner davantage d’importance à l’enseignement des lettres?

Il y a deux choses dans la réforme Blanquer. D’un côté une réorganisation des filières, de l’autre de nouveaux programmes. Il est trop tôt pour dire si la conjonction de ces deux éléments — déjà contestés par des enseignants qui pensent que leur liberté pédagogique devrait l’emporter naturellement sur l’intérêt de leurs élèves — remettra un peu de bon sens, un peu de savoir, dans des cervelles ingénieusement évidées.

La décrépitude mentale de la jeunesse arrange tout le monde : les politiques qui pontifient et les marchands d’obsolescence programmée.

J’ai un doute très fort, quand je vois que les nouveaux instituts de formation des maîtres, les INSPE, se substituent aux ESPE, qui avaient eux-mêmes remplacé les IUFM, en gardant les mêmes bras cassés, les mêmes incompétents. Alors qu’il aurait suffi de décréter (je l’ai proposé par ailleurs au ministère sans être entendu) d’imposer une journée d’enseignement dans le Primaire ou le Secondaire à tous ces prétendus spécialistes de la chose éducative, pelotonnés dans leurs Instituts, pour en être débarrassé. Parce que jamais, au grand jamais, ils n’accepteraient d’être confrontés à des élèves réels, dans des coins un peu difficiles où ils continuent à envoyer de jeunes enseignants qu’ils n’ont pas pris la peine de former, ni intellectuellement, ni pratiquement. Et si on ne le fait pas, c’est qu’on ne veut pas le faire, parce qu’au fond, la décrépitude mentale de la jeunesse arrange tout le monde: les politiques qui pontifient et les marchands d’obsolescence programmée. Croyez-vous que la généralisation des tablettes, pour remplacer les anciens manuels, vaille la lecture d’un seul bon livre?

La future ENA : le doctorat

La future ENA : le doctorat

 

Yann-Maël Larher,  docteur en droit social, expert Institut Sapiens)  dans une tribune aux Echos explique que le successeur de l’école des hauts fonctionnaires existe déjà. Il s’agit du doctorat

« La recherche, c’est le futur de la France, mais c’est paradoxalement une thématique absente des débats actuels qui visent à le construire. Pourquoi 30 % de nos chercheurs sont amenés à partir à l’étranger ? Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012, déplorait lors du « Grand débat des idées », en mars, « le décrochage inquiétant de la France dans la compétition internationale » en matière de recherche, et « le manque d’attractivité des carrières scientifiques ».

Les titulaires du doctorat ont pourtant un rôle essentiel à jouer dans la transformation de la société et la compréhension des mutations. Des sciences physiques aux sciences humaines et sociales, il s’agit de s’assurer que la valorisation des chercheurs dans la recherche privée mais aussi publique soit à la mesure des enjeux climatiques, sociaux, économiques, géopolitiques… auxquels nous faisons face.

Pour conserver notre place dans la compétition économique mondiale, il devient donc urgent de valoriser la recherche française et de créer des conditions « d’épanouissement » pour les jeunes docteurs avec des débouchés sérieux. Le profil des docteurs n’a en effet rien à envier aux ingénieurs et autres diplômés de grandes écoles.

 

Annoncée en septembre 2018, l’ouverture de l’Ecole nationale d’administration (ENA) aux docteurs des universités n’était que de la poudre aux yeux. En effet, comment parler d’ouverture alors qu’en 2019, la prestigieuse école n’a ouvert que trois places sur 173 ? Et encore tous les domaines ne sont pas concernés. Il faut d’abord rentrer dans le moule. Ces derniers sont « tournants », selon une formule dont seule l’administration française a le secret, entre trois domaines de spécialité.

Cette année, l’ouverture concernera les docteurs dans la spécialité « sciences de la matière et de l’ingénieur » avant de s’ouvrir en 2020 dans la spécialité des « sciences humaines et sociales ». Tout un programme, il ne manque que le formulaire Cerfa (mais là aussi l’administration a pensé à tout) !

Le doctorat, nouvelle ENA

Il se dit que l’ENA, dont Emmanuel Macron pourrait annoncer la suppression lors de sa conférence de presse du 25 avril, serait remplacée par une nouvelle grande école des services publics très ouverte. Celle-ci existe déjà. Il s’agit du diplôme le plus haut qu’elle délivre, il s’appelle un doctorat ! A l’instar des grands pays développés, le doctorat doit trouver sa place en France que ce soit dans la formation de la haute fonction publique, comme des dirigeants de grandes entreprises. C’est la seule façon de redonner ses lettres de noblesse à l’université française qui donne plus de place à l’égalité des chances et à la diffusion des savoirs.

 

Un doctorat en art pourrait ainsi être une porte d’entrée vers le ministère de la Culture et un doctorat en économie vers Bercy… En France, les énarques aiment souvent prendre l’Allemagne pour modèle, mais chez nos voisins justement, il n’y a aucune grande école centralisée dans la formation des futurs hauts fonctionnaires, il faut avant tout avoir un diplôme dans le supérieur (de préférence un doctorat). De la même façon, dans les entreprises allemandes, c’est le doctorat qui est privilégié pour accéder aux grandes fonctions des entreprises, là où seules les grandes écoles règnent en France.

Un diplôme très formateur

On l’oublie souvent en France, non seulement le doctorat valorise des compétences scientifiques spécifiques à un domaine de recherche, mais il récompense aussi des compétences en communication, des compétences relationnelles, des compétences de management, de direction d’équipe, de gestion de projet, d’adaptation et d’innovation.

 

 

En composant avec des contraintes budgétaires auxquelles la recherche académique française n’a malheureusement pas échappé, en échangeant quotidiennement à la fois avec des professionnels et des chercheurs bien établis, en assumant seul la responsabilité de leur thèse dont ils doivent constamment maîtriser chaque aspect, les doctorants appelés à devenir docteurs s’approprient très tôt les ressorts essentiels d’un environnement contraint bien loin du confort routinier.

Les docteurs sont de fait formés pour s’attaquer à des problèmes dont nul ne connaît la solution. Leur appréhension originale des difficultés et leur capacité à trouver des solutions permettant d’aller au-delà du statu quo, représenteraient une plus-value certaine pour la France. »

Yann-Maël Larher, docteur en droit social et expert Institut Sapiens. Il est le cofondateur d’Okay Doc.

Une autre stratégie pour l’éducation des jeunes (Ross Hall)

Une autre stratégie pour l’éducation des jeunes (Ross Hall)

C’est l’avis de  Ross Hall, directeur de la stratégie pour l’éducation à Ashoka Londres dans une interview à la Tribune.

 

On parle de plus en plus de solutions glocales, de quoi s’agit-il exactement ? Ross Hall, vous dirigez actuellement la stratégie pour l’éducation chez Ashoka. Quelles sont vos ambitions ?

ROSS HALL - Nous pensons que chacun, et notamment les jeunes, peut devenir un acteur du changement dans un monde qui se définit de plus en plus par sa complexité et son hyperconnectivité. Nous incitons à développer cette ambition ainsi que les compétences nécessaires, dont l’empathie, la créativité et l’habilité à travailler en équipe.

Pour expliquer vos actions, en particulier auprès des marginalisés et des jeunes, vous utilisez très souvent le verbe anglais « empower », que l’on peut traduire en français par « autonomiser ». Parce qu’il définit votre vision et votre approche, pourriez-vous le préciser ?

« To empower » signifie créer un environnement qui permette à l’individu de découvrir et développer ses compétences, et ce, dans le but de contribuer de manière positive au monde, en essayant de le comprendre, en étant attentif à soi et aux autres, en prenant des responsabilités, en pensant par soi-même, en collaborant… Il ne s’agit pas de donner quelque chose à quelqu’un. La notion d’autonomie est effectivement très importante.

Qu’est-ce qui peut inciter les jeunes à devenir ces acteurs du changement ?

Nous nous intéressons à l’environnement dans lequel les enfants évoluent, au cours de leur enfance et de leur adolescence. Avec qui passent-ils du temps ? Quelles sont leurs activités ? À quoi sont-ils exposés ? Tout cela détermine leur capacité à développer leurs compétences, telles que l’empathie, et à devenir ou non acteur du changement. Selon le proverbe swahili, « il faut tout un village pour élever un enfant ». Dans les villes, les sources d’influence sont nombreuses et ne se cantonnent pas à l’école. Le modèle traditionnel de l’école en tant qu’unique système éducatif est dépassé. Ce sont les membres d’une famille, leurs pairs, les membres d’une école, les médias, les leaders religieux, les travailleurs sociaux. Mais aussi de manière plus indirecte, les instituts de formation des enseignants, les responsables politiques, les éditeurs, les services d’admission des universités.

Il faut un écosystème entier pour élever et permettre à un enfant de découvrir ses compétences afin qu’il contribue de manière positive au monde. Il faut donc changer les mentalités de l’ensemble des acteurs. Et pour aller encore plus loin que le proverbe swahili, il faut créer un écosystème collaboratif efficace, global, dont le but unique est d’autonomiser ces individus et de leur donner les ressources nécessaires pour devenir acteurs du changement.

Quels sont les moyens que se donne Ashoka pour atteindre un tel objectif ?

Nous identifions les leaders du changement, ceux dont l’objectif explicite est de permettre à tout le monde de participer à la transformation des mentalités. Dans le domaine des écoles, ce sont ceux qui développent des pédagogies innovantes, qui proposent d’autonomiser les expériences d’apprentissage, qui essayent de transformer les politiques, les évaluations des élèves. Nous les rassemblons afin de créer des équipes autour de thématiques spécifiques et d’aligner leurs visions. Nous les aidons à collaborer de manière plus efficace, à partager leurs ressources, leurs processus. Et enfin, nous favorisons le développement d’approches systémiques. Se focaliser, par exemple, sur la manière de changer les politiques plutôt que sur ce que nous ne pouvons faire. L’ambition est de créer un impact majeur à long terme.

Quel est leur profil ?

En janvier dernier à Lyon, nous avons rassemblé 250 leaders de 50 pays, dont une majorité d’Europe et des pays du Nord, mais aussi d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie. Leurs méthodes d’apprentissage sont très variées. Tout autant que la population à laquelle ils s’intéressent. Certains se focalisent sur les gens marginalisés, d’autres travaillent avec les élites ou les classes moyennes. Certains travaillent avec de très jeunes enfants, d’autres avec des adultes ou des personnes âgées. Certains utilisent les sciences et les technologies, d’autres la nature, la créativité, la culture ou la lecture en dehors de l’école… Chaque individu étant différent, nous avons besoin d’expériences d’apprentissage différentes et personnalisées. Or la majorité des systèmes pédagogiques dans le monde sont semblables. Les élèves sont assis face au professeur, écrivent ce qu’il dit pour le répéter lors d’un examen.

Il existe des pédagogies innovantes comme celles développées par vos leaders : les pédagogies de projets, les pédagogies inversées…

Tout à fait. Il y a aussi les apprentissages multigénérationnels ou par le jeu. Avec l’émergence des tutorats entre pairs, les jeunes sont aussi en train de comprendre qu’ils ont la capacité de s’entraider et d’apprendre par eux-mêmes. Ils deviennent des mentors. Tout comme les professeurs qui, d’experts dispensant des savoirs, deviennent des facilitateurs, des guides. Et ouvrent leurs portes à d’autres mentors. Il faut créer des écosystèmes d’apprentissage localisés, des micro-systèmes locaux, des modèles non standardisés dont l’objectif commun est de vivre dans un monde meilleur.

L’ambition pédagogique de l’éducation traditionnelle est donc complètement différente de celle des pédagogies innovantes actuelles…

Exactement. Nous devons justement questionner la notion de succès. Si elle représentait jusqu’à présent la réussite académique et professionnelle – aller dans les meilleures universités pour travailler dans les meilleures entreprises -, elle doit maintenant définir ce désir et cette capacité à participer à la création d’un monde meilleur. Or, prenons l’exemple de l’apprentissage personnalisé [conception de la pratique éducative et de sa politique qui se focalise sur l'individu apprenant, ses appétences, ses motivations et sur le nouveau rôle de l'enseignant en tant que facilitateur, ndlr]. S’il est utilisé pour développer les compétences académiques, telles que les maths, il ne provoque aucun changement par rapport à l’éducation traditionnelle. De la même manière, si les technologies ne sont pas utilisées pour nous autonomiser, elles participent et supportent l’idée traditionnelle de succès, sans la repenser.

Quelles sont d’ailleurs leurs potentialités, sachant, comme me le précisait le chercheur français François Taddei, « qu’elles n’ont pas de valeur intrinsèque. Elles ont les valeurs que les humains y mettent » ?

Tout à fait. Même s’ils en sont à leurs débuts, je vois trois mouvements majeurs dans l’exploration et l’utilisation des nouvelles technologies. Elles peuvent tout d’abord permettre de développer les compétences humaines profondes, telles que l’empathie. C’est ce que fait Parag Mankeekar avec le jeu RealLives. Ou Alexandra Ivanovitch qui développe une application utilisant la réalité virtuelle pour réduire les préjugés racistes, en collaboration avec la police de Los Angeles. Mais pour cela, nous ne devons pas nous focaliser sur les compétences des machines. Car nous serions alors en compétitivité avec elles, au lieu de collaborer, et nous perdrions à coup sûr. La technologie doit aussi permettre aux gens de se connecter plus efficacement au sein d’écosystèmes d’apprentissage collaboratifs.

Elle doit aider les enseignants, étudiants, responsables politiques, employeurs à communiquer plus fréquemment et plus en profondeur.

Comment favoriser ces connexions ?

Si nous acceptons l’idée que nous devons plus collaborer, plus communiquer entre parents, professeurs, médias, responsables politiques, nous devons introduire un nouvel élément que nous appelons le weaver, le tisseur en français. Cette personne tisse des liens entre les différents acteurs, les conversations, les objectifs, les ressources… Nous avons aussi besoin de ces êtres humains, ces tisseurs, afin de maintenir ces échanges et faciliter ces collaborations et ces approches écosystémiques. Nous ne devons pas nous reposer uniquement sur les technologies.

Vous prônez donc la collaboration au détriment de la compétition ?

Exactement. Le système éducatif actuel repose entièrement sur la compétition. Les jeunes gens sont en compétition, les professeurs, les écoles, les parents, les universités, les employeurs, tout le monde est en compétition. Cela divise les gens et empêche toute discussion entre les différents acteurs. Si vous mettez les élèves au cœur de cet écosystème, vous vous rendez compte que pour les autonomiser, il faut que l’ensemble de ses membres collaborent. Au bout du compte, la compétition ne sert pas les élèves.

Quelle est la troisième utilisation positive des technologies ?

Elles peuvent libérer du temps. Imaginez si les élèves passaient une partie de leur études à travailler sur des projets qui améliorent la qualité de vie de leur environnement. Imaginez si, au lieu d’être assis à étudier pour passer leurs examens, vous libériez leurs ressources, vous ouvriez les portes des écoles afin que ces jeunes puissent collaborer avec et dans la communauté, qu’ils contribuent positivement au monde, qu’ils apprennent et deviennent de meilleurs citoyens. Imaginez ce que cela leur apporterait, à eux et à leur entourage ! Or l’éducation traditionnelle est chronophage. Les étudiants et les enseignants subissent une énorme pression. Les uns étudient pour réussir leurs examens. Les autres les aident à les préparer, tout en devant faire face à un accroissement des tâches administratives. En automatisant les tâches et en aidant les étudiants à acquérir des compétences plus efficacement, de l’espace sera libéré pour collaborer sur des projets dans le monde réel et ainsi agir positivement pour la communauté.

C’est une manière de responsabiliser les gens, de montrer que le changement doit venir d’initiatives individuelles, que l’impulsion doit aussi être donnée par les acteurs et non pas uniquement par les décideurs. Mais pourquoi n’est-ce pas le cas ?

Plusieurs facteurs empêchent pour l’instant cette action. Il y a l’histoire du système éducatif. Fondé sur le modèle industriel, il a été conçu pour produire des ouvriers économiquement efficaces et non pour aider les gens à devenir des citoyens autonomes qui œuvrent pour le bien commun. Il faut développer un écosystème beaucoup plus organique qui, comme je le précisais auparavant, place les jeunes au centre de ses préoccupations. Il doit s’adapter à leurs besoins.

Le deuxième facteur, peut-être plus profond, est le manque de confiance ou la méfiance face aux jeunes. On croit à tort qu’ils ne peuvent pas contribuer positivement à la société. Seuls les adultes le pourraient. Cette vision très limitée est limitante. À Ashoka, nous montrons qu’il existe des jeunes gens incroyables qui font des choses fantastiques à travers le monde. Le dernier facteur est lié à la question du pouvoir. Les gens au pouvoir sont très nerveux à l’idée d’autonomiser les autres. Ils pensent qu’ils vont perdre leur pouvoir et que cela va engendrer l’anarchie. Malheureusement, le système éducatif actuel, lourd et hiérarchique, les soutient. Il ne s’intéresse pas au développement de l’empathie. Il n’aide pas les jeunes à s’autonomiser, à trouver leur propre but, à se découvrir, à découvrir et exprimer leurs potentialités. Il y a heureusement des exceptions, et leur nombre augmente. Ces esprits innovants sont des exemples qui peuvent donner l’impulsion, donner confiance et ainsi inciter plus de monde à adopter cette vision et attitude. Mais nous ne pouvons pas encore mesurer l’impact de ces innovations. Combien de temps cela prendra ? Trois ans, dix ans, cinquante ans ?

Un mot de conclusion ?

Mon objectif est de transformer le système éducatif afin de créer une nouvelle civilisation. Cela peut sembler un peu arrogant, mais c’est ce que nous commençons à voir émerger.

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BIO EXPRESS

Après plus de dix années dans la conception et le développement stratégique de projets internationaux, Ross Hall, Novocastrien de naissance, Londonien d’adoption, intègre en 2006 Pearson PLC, une maison d’édition britannique spécialisée dans l’éducation, dont il devient vice-président. Il découvre à cette occasion le système éducatif international. En 2012, il crée le Better World Programme, à destination des enfants marginalisés de Tanzanie et du Zimbabwe. Il a rejoint l’ONG Ashoka Londres au cours de l’année 2014.

Ashoka est une ONG fondée en 1980 par Bill Drayton et lancée en Inde en 1981. Elle agit en faveur de l’innovation sociale en soutenant les entrepreneurs sociaux (plus de 3.500 à ce jour dans 90 pays). Son rôle : les identifier et les intégrer à un réseau, le Fellowship Ashoka, afin de les soutenir. Depuis 2005, elle se focalise sur la stratégie « Everyone a Changemaker » qui vise une action collective en garantissant que chaque enfant maîtrise la compétence de l’empathie, que les jeunes deviennent acteurs du changement et que le reste de la société participe de manière collaborative et ouverte à soutenir ces changements.

Tests scolaires : décevants

Tests scolaires : décevants

 

 

Il n’est pas étonnant que les syndicats corpos des enseignants contestent avec force les tests effectués par le ministère de l’éducation dans le primaire. En effet, ces tests font apparaître des résultats catastrophiques dans pratiquement toutes les matières de base. D’autres évaluations montraient que plus de 30 % des élèves ne maîtrisaient pas suffisamment le français et les mathématiques lors de leur entrée en sixième. Par ailleurs dans les classements internationaux la France se situe en queue de peloton pour une économie moderne. Très critiquées par les syndicats d’enseignants, ces nouvelles évaluations en français et en mathématiques ont été lancées le 17 septembre pour plus de 1,6 million d’écoliers de CP et CE1.Selon des résultats provisoires, « 23% des élèves en début de CP ont des difficultés à reconnaître les lettres et le son qu’elles produisent » et « 8% ont des difficultés à reconnaître les nombres dictés », indique le ministre. »Concernant les élèves en début de CE1, 30% lisent moins de 30 mots par minute, alors que l’objectif national est de 50 mots. Un élève sur deux (49%) a des difficultés en calcul mental et 47% ont des soucis pour résoudre des problèmes », poursuit M. Blanquer.

Pour le ministre, des « difficultés sociales et familiales peuvent expliquer certains retards, notamment dans le langage ». « C’est à l’école d’apporter à cet enfant ce que sa famille n’a pas pu lui donner. On ne doit laisser aucun élève de côté », argue-t-il. Répondant aux reproches de certains syndicats sur l’efficacité de ces tests et le risque qu’ils stressent les écoliers, le ministre assure qu’ils sont « un levier pour leur réussite ». « Ils n’ont pas été créés pour faire échouer les élèves, mais dans un esprit de bienveillance », insiste M. Blanquer. Ne pas répondre à toutes les questions n’est « pas un signe d’échec », affirme-t-il.

 

Eoliennes : une escroquerie énergétique et financière du tandem Hulot-Macron

Eoliennes : une escroquerie énergétique et financière du tandem Hulot-Macron

 

 

 

Les éoliennes sont un bon exemple de l’escroquerie énergétique et financière du tandem Macron-Hulot. Nombre de maires de petites communes rurales sont assaillies par des sociétés de promotion de parcs éoliens. Avec la promesse de retours financiers invraisemblables pour les propriétaires de terrain et pour les communes. Exemple, la petite ville de Douai la Fontaine (7000 habitants Maine et Loire) a été sollicitée par pas moins de 24 promoteurs ! Beaucoup tombent dans le panneau faute de compétences techniques et économiques sans parler des conflits d’intérêt et des arguments très « percutants » des promoteurs (cela d’autant plus qu’il n’y a pas d’appel d’offre !)  Exemple à Mouliherne (commune de 900 habitants, Maine et Loire), l’étude de faisabilité économiques, technique, sociale et environnementale a été confiée directement à un promoteur qui évidemment a conclu qu’un parc d’éoliennes se justifiait mais en oubliant de contacter les riverains et exploitants agricoles concernés. Des propriétaires de terrain d’une  valeur de 1500 euros se voient proposer des retours annuels de  6000 à 16000 euros par an pour une éolienne !  (On oublie par ailleurs d’indiquer aux propriétaires que le coût de démantèlement  de chaque éolienne sera à leur charge : de l’ordre de 300 000 euros !  ). Par ailleurs on assure aux communes un retour fiscal de 30 000 à 80 000 euros par an. Des retours financiers invraisemblables qui ne seront évidemment pas tenus. Toute repose sur le principe qu’EDF rachètera cette électricité 2 à 3 fois le prix du marché. Quand on connaît la situation financière d’EDF (et derrière de la France), cela ne pourra durer longtemps (Voir à cet égard la baisse des prix de rachat de l’énergie solaire).  Certes on ne peut qu’être d’accord avec la politique de transition énergétique qui vise d’une part à réduire la part du nucléaire à 50 % d’ici 10 ans,  d’autre part à développer les énergies alternatives. Un objectif ambitieux mais irréalisable.  Pour preuve dans les 20 ans à venir, on  ne fermera aucune centrale nucléaire et l’éventuelle fin de  Fessenheim sera plus que  compensée par la mise en service de la centrale de Flamanville.  La durée de vie du parc actuel sera même prolongée d’une vingtaine d’années avec l’opération grand carénage. Du coup, les objectifs de la loi de transition énergétique paraissent assez hypothétiques puisqu’il est supposé par ailleurs que la demande sera réduite de 20% d’ici 2020-2025 et de 50% d’ici 2050. En fait,  cette loi présente davantage un caractère d’affichage qu’une dimension réellement opérationnelle. Pour parler plus clair,  elle a surtout été décidée pour satisfaire les écolos politisés et-ou- ésotériques et non pour constituer la base d’une politique énergétique. Pour gommer ses contradictions,  au moins en apparence,  la France développe un plan de développement d’éoliennes à la fois incongru, coûteux et dangereux pour la santé et l’environnement. En outre,  les conditions financières de ce plan constituent une aberration puisque la rentabilité des éoliennes est essentiellement fondée sur un tarif de rachat de l’électricité garanti par l’État supérieur de deux fois au prix du marché de l’électricité. (Une aide illégale d’après  la Cour de Justice de l’Union Européenne). On peut se demander, en l’état actuel des finances d’EDF, quel sera l’équilibre économique de ces projets. En effet la situation d’EDF est catastrophique et s’il  agissait d’une entreprise réellement privée, elle serait en faillite depuis longtemps (l’action d’EDF a 90% de sa valeur en quelques années et cela en dépit de la présentation d’un résultat relativement artificiel). L’entreprise est sans doute au bord de la rupture financière en tout cas à moyen et long terme.  Il faudra sans doute envisager pour les prochaines années une augmentation de l’ordre de 50 % à 100% du prix de l’électricité. D’une manière générale,  le coût de l’électricité d’origine nucléaire a été complètement sous-estimé en France. Il faut dire que la situation financière d’EDF est intenable. Il faut d’abord apurer une énorme dette de 40 milliards, ensuite trouver 50 milliards pour les travaux permettant de prolonger la durée de vie du parc nucléaire actuel. Financer aussi au moins en partie les 25 à 50 milliards du site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Moselle ; un site d’enfouissement qui va permettre de participer au démantèlement du parc nucléaire actuel le moment venu. Un démantèlement dont le coût est fixé autour de 15 milliards et qui pourrait être plus proche de 100 milliards sans parler de la remise à niveau financière d’Areva qui va couter autour de 10 milliards. .Enfin avec le développement notamment des énergies alternatives, il faudra envisager la construction d’un nouveau réseau électrique pour collecter et redistribuer le courant. Pour raccorder des milliers de centrales de production d’électricité que seraient tous ces parcs éoliens disséminés sur le territoire, et pour éviter une instabilité des réseaux, ERDF a annoncé 40 milliards d’investissements dont 4000 km de lignes haute tension. Enfin il faudra faire face à un besoin de financement de 200 milliards à terme pour le renouvellement du parc nucléaire. Globalement  il faudra trouver de l’ordre de 500 milliards d’ici 2050-2060. On se demande comment EDF pourra assurer dans ces conditions le rachat d’électricité d’origine éolienne au double ou au triple  du prix du marché. Il est vraisemblable que le développement d’autres énergies alternatives serait économiquement plus rentable  pour EDF, les clients et plus généralement la collectivité. On pense en particulier au développement d’énergies neutres voire positives des bâtiments industriels et agricoles et des résidences d’habitation via la filière photo voltaïque notamment. Aujourd’hui 75% de l’énergie primaire sont utilisés par le résidentiel, le tertiaire et le transport. Avec les bâtiments à énergie neutre ou positive on pourrait réduire cette part à 25 %. Contrairement à l’idée répandue,  les prix mondiaux de l’électricité ne s’inscriront pas dans une tendance haussière compte tenu de l’excédent de l’offre. Les baisses enregistrées du prix de l’électricité ces derniers temps sur le marché mondial en témoignent.  Du coup l’équilibre économique d’EDF s’en trouvera encore davantage perturbé et le rachat de l’énergie d’origine  éolienne au double ou au triple du prix de ce marché encore plus intenable. D’autant que la concurrence des distributeurs va encore s’accroître (voir notamment les effets du regroupement Engie et l’entreprise allemande RWE). Un contexte énergétique et financier qui passe par dessus la tête de nombre  élus locaux qui en plus proposent  de localiser ces éoliennes dans les zones déjà économiquement et socialement défavorisées  qui bénéficient  pas des équipements de base comme le tout-à-l’égout, dont  couverture par mobile téléphonique est très hypothétique, dont  le raccordement au réseau Internet est très insuffisant voire absent à moins de payer des coûts de raccordement exorbitants (sans parler de l’état catastrophique des routes). On peut aussi imaginer que ces zone ne sera jamais raccordées au câble qui ne desservira sans doute que les centres bourg (le coût théorique serait de leurs 25 milliards, en fait il faudrait compter sur 50 à 75. Du coup Emmanuel Macron vient d’annoncer que le plan câble sera remis en cause pour ces zones qui seront desservies par la technologie 4G et 5G et non par la câble. . L’implantation d’éoliennes dans la zone défavorisées ne fera qu’accentuer  inégalités d’équipement. Des régions déjà relativement isolées sur le plan économiques et qui  doivent en plus assumer les inconvénients d’implantation d’équipements sans aucun intérêt,  ni retour sur le plan économique et social pour la collectivité locale (hormis pour quelques propriétaires dont beaucoup d’ailleurs ne résident  pas dans  ou à proximité des éoliennes). De telles installations engendreront par ailleurs des nuisances incontestables qui concerneront l’environnement, la faune mais surtout l’élevage. (Vaches,  chevaux, poulets notamment).  En outre le foncier (terres et bâtiments)  déjà affecté par la désertification économique se trouvera encore sérieusement dévalorisé. En 15 ans,  la valeur immobilière des habitations a déjà subi une diminution de l’ordre  de 50 %. Avec l’installation des éoliennes,  la dépréciation sera considérable tant pour les terres que pour les résidences (on trouvera avant peu des maisons à vendre à 40 000 euros).  Notons aussi les perturbations nouvelles des ondes de radio, de télévision et de liaison téléphonique alors que déjà les réceptions sont de très mauvaise qualité. On peut s’étonner que le choix d’implantation des éoliennes ne se soit pas porté au sein des nombreuses. Sans doute veut protéger les intérêts de la chasse à cour !  Il serait utile de rappeler à certains élus locaux que la priorité des équipements doit aller au soutien du développement économique et à l’emploi et non vers des installations qui enrichiront que les promoteurs. Des promoteurs à la fiabilité financière très douteuse puisque la plupart n’ont qu’un capital de quelques milliers d’euros pour couvrir les risques de projet d’un coût de plusieurs dizaines de millions. Des risques dont se sont prémunis les promoteurs puisqu’il est prévu explicitement que les sociétés exploitation pourront être revendues sans information préalable des propriétaires et des communes. Ce qui rendra caduques nombre de dispositions contractuelles.

Hulot : affaibli politiquement sort quand même de son silence

Hulot : affaibli politiquement sort quand même de son silence

 

 

Nicolas Hulot a sans doute voulu montré qu’il était encore ministre de l’environnement en accordant une interview au Figaro. Pour dire beaucoup de banalités et relativiser le développement de la politique nucléaire. Très affaibli par ses différentes affaires, la découverte de son busines de l’écologie qui lui a parmi d’accumuler une  fortune, par des dissimulations de patrimoine et par des accusations d’agression contre les femmes Hulot faisait profil bas depuis des semaines. Pour se sortir de cette sale passe, il a besoin de l’appui du gouvernement et de Macron (de la justice aussi). Il ne peut donc prendre le contrepied de la politique de ce gouvernement. Du coup, il phantasme un peu en considérant que la fermeture éventuelle de Fessenheim sera le début du processus.  En espérant l’annonce d’autres fermetures mais sans remettre e cause son renoncement au mix énergétique reporté à 30 ou 40 ans. Il se met à douter de la mise en service de Flamanville et très timidement conteste l’urgence de nouveaux réacteurs nucléaires dont la création a été annoncée par Macron. Bref, il slalome entre ses convictions et les contradictions de la politique nucléaire du gouvernemenet. Il prend aussi de Lecornu  son secrétaire d’Etat, ambitieux et opportuniste,  qui  mange actuellement uen partie de son portefeuille ministériel. “Je souhaite qu’il y ait dans ce quinquennat une programmation des prochaines fermetures, la PPE (ndlr, programmation pluriannuelle de l’énergie) nous dira précisément quand et comment, ne préemptons pas le débat. Fessenheim doit être le début de quelque chose, d’un mouvement irréversible”, déclare-t-il au journal. Il se refuse à donner un calendrier à l’objectif de ramener de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité, après l’abandon de l’échéance initiale de 2025. “On va débattre du tempo, s’entendre sur un calendrier qui ne soit pas utopique mais exigeant”, dit-il. La Programmation pluriannuelle de l’énergie doit donner lieu à un débat public, envisagé dès ce trimestre, ainsi qu’à une version initiale prévue avant la fin du mois de juin. Face aux propos d’Emmanuel Macron, qui avait estimé en février qu’il n’y avait “pas de tabou sur le sujet” de possibles ouvertures de réacteurs supplémentaires, Nicolas Hulot estime pour sa part: “Ce n’est pas l’urgence. Attendons aussi de voir ce qui se passe pour l’EPR de Flamanville. Sans avoir de préjugés, je note que la démonstration probante des promesses données n’est pas faite.” Le ministre promet qu’il se rendra à la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), qui doit être démantelée, et sur le site du projet contesté d’enfouissement nucléaire de Bure (Meuse), contre lequel il a un temps milité. Hulot parle aussi de son  secrétaire d’Etat, l’ambitieux et opportuniste Lecornu mange actuellement uen partie de son portefeuille ministériel.  Seul le secrétaire d’Etat à la Transition écologique Sébastien Lecornu s’y est pour le moment rendu, et a annoncé mercredi la tenue d’un nouveau débat sur l’avenir des déchets nucléaires. “Il est un formidable défricheur de dossiers et j’en ai besoin! Cela ne veut pas dire que je me dédouane, ni que je me défausse sur lui”, déclare Nicolas Hulot, qui appelle à débattre du sujet dans un cadre “apaisé, sans tabou”. Le ministre de la Transition assure en outre qu’EDF est “prête à faire cette révolution culturelle” vers les énergies renouvelables. “EDF doit aller dans le sens de l’histoire, mais il n’est pas question de lui faire brûler les étapes”, ajoute-t-il. Autant dire que Hulot ménage sérieusement EDF et son programme nucléaire.

Système scolaire : inaptitude de l’Etat à évaluer (Cour des comptes)

Système scolaire : inaptitude de l’Etat  à évaluer  (Cour des comptes)

La France est complètement inapte pour évaluer son système scolaire, ce qui explique en partie le désastre de l’enseignement français dans les classements internationaux ; Un jugement sans nuance du président de la cour des comptes. Lequel met aussi en cause les résultats du bac auquel on a fixé des taux de réussite artificiel. Le principal reproche concerne l’indigence du système dévaluation. “Cela explique que la France ne puisse exposer le résultat de ses propres évaluations face aux conclusions des enquêtes internationales qui qualifient avec netteté la performance de chaque système d‘enseignement”, a-t-il poursuivi. La Cour des comptes souligne le manque de moyens humains et financiers pour réaliser ces évaluations. De 2000 à 2017, les crédits dédiés à cet objectif ont toujours été inférieurs à cinq millions d‘euros par an, dans un budget global de 70 milliards d‘euros en 2018. Didier Migaud estime que l’évaluation des acquis par des examens comme le baccalauréat ne suffit plus pour juger de l‘efficacité du système français, en raison de “la fixation d‘objectifs de taux de réussite”. Il pointe des “freins culturels et administratifs” face au recueil de données sur les résultats des élèves par crainte que ces informations ne nourrissent les évaluations des enseignants et établissements. Il émet onze recommandations parmi lesquelles la mise en place d‘une “nouvelle architecture administrative” qui distingue les “rôles des gestionnaires et évaluateurs”. Il appelle à “mesurer systématiquement le niveau des élèves durant la scolarité” et à publier de façon régulière un rapport sur la performance du système scolaire, “sorte de Pisa (Programme international de suivi des acquis des élèves) à la française”.

Décrochage scolaire : se réjouir des chiffres ?

Décrochage scolaire : se réjouir des chiffres ?

 

Des chiffres qui interroge  pour Daniel Frandji, maître de conférences en sociologie à l’Ecole normale supérieure de Lyon et membre de l’Observatoire de la réussite éducative. (Interview Europe 1)

Faut-il se réjouir de ces chiffres ?

« ….. Ce qui me gêne, c’est qu’on ne sait rien de ceux qui ‘raccrochent’. Finissent-ils par obtenir un diplôme ? Quel diplôme ? Sait-on quelle est la situation sociale de ceux qui raccrochent et de ceux qui décrochent définitivement ? Construit-on une réponse adaptée en fonction des situations familiales, sociales, sanitaires des élèves ? Ce sont des questions qu’il faut poser et il y a encore un flou autour de cela. En outre, le ministère présente les choses d’un drôle de manière. Dans la communication de la ministre, on entend qu’il faut lutter contre le décrochage car cela ‘nuit à l’estime de soi’ des élèves, coûte cher à l’Etat ou encore contribue à la hausse du chômage. Tout cela est très vrai, mais je suis étonné que la dimension purement scolaire ne soit pas abordée. Qu’en est-il de l’objectif de proposer un savoir et des compétences communes, de développer un sens critique, une culture partagée ? On sent un flou sur ce que doit être l’école aujourd’hui. Le but de la scolarité ne doit pas seulement être l’obtention d’un diplôme, peu importe lequel. Une école démocratique, ce n’est pas que ça. Or, le dernier rapport du Cnesco montre bien comment les inégalités se creusent en France en matière d’accès à un savoir commun ».

L’objectif d’atteindre moins de 70.000 décrocheurs avant la fin du mandat paraît-il atteignable ?  

« Ça me paraît difficile, il ne reste que quelques mois… Et l’atteinte d’un objectif chiffré ne doit pas être le seul critère d’une école enfin démocratisée. L’Etat se réjouit, par exemple, d’amener 80% d’une classe d’âge au baccalauréat. Mais que fait-on des 20% qui restent ? Si l’on se contente de mettre des moyens sur les 80% qui peuvent aller au bac, le risque est que l’on mette encore moins de moyens sur les 20% qui restent. Ils vont s’enfoncer et se radicaliser encore plus. Pour les décrocheurs, c’est pareil. Si on tombe à 70.000, ce sera une bonne nouvelle. Mais que va-t-il advenir des 70.000 restants ? Auront-ils le même socle commun de connaissance que les autres ? Ne vont-ils pas se retrouver encore plus en marge du système scolaire ou même du marché de l’emploi ? »

Que préconisez-vous ?

« Aujourd’hui, on mise beaucoup sur la remédiation, et encore trop peu sur la prévention. Or, il y a un réel processus de décrochage inhérent au système : le fait que notre école est encore trop largement sélective. Il y a des gagnants et des perdants, l’école est une compétition qui ne retient que les meilleurs. Aujourd’hui, un élève qui redouble deux fois va être invité à sortir du parcours scolaire classique. On fait intervenir des associations, on externalise l’accompagnement des jeunes décrocheurs. On leur propose des formations professionnalisantes sans leur demander si c’est vraiment ce qu’ils ont envie de faire. La ministre, par exemple, se réjouit du fait qu’il y ait des élèves qui retentent le Bac après un échec. Mais que se passe-t-il s’ils échouent de nouveau ?  La solution doit aussi être pédagogique. « .

Refondation de l’école : quel bilan

Refondation de l’école : quel bilan

Les journées de la refondation de l’école seront surtout l’occasion de faire un bilan à caractère politique des réformes de l’enseignement ;  en fait on va surtout parler de ces réformes et pas tellement de l’évaluation des niveaux scolaires. Et pour cause car le classement internationaux dans ce domaine nous placent vers la 25e place au plan international et montre également de fortes de ces inégalités. Pas sûr d’ailleurs que ces réformes constituent une vraie Refondation mais plutôt une addition de mesures pas forcément cohérentes comme les rythmes scolaires, l’éducation prioritaire, la réforme des collèges ou encore la généralisation des outils informatiques. Pourtant d’après le classement international  Pisas la France a tout intérêt à se remettre en question sur sa manière d’éduquer ses enfants. En effet, le pays de Jules Ferry n’est hélas ! Pas un exemple en matière d’efficacité éducative. C’est du moins ce qui ressort du fameux classement Pisa. Le «Program for International Student Assessment» en anglais, et pour «Programme international pour le suivi des acquis des élèves» en français, est un ensemble d’études menées par l »organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui réunit les pays développés.  Pisa mesure les performances des systèmes éducatifs tous les trois ans, et la dernière a été rendue publique en décembre 2013. Que constate-t-on ? Que la France est perdue dans le marais des classements, quelque part du côté de la 20e place. Les pays où les enfants ont les meilleurs résultats sont la Finlande, la Corée du Sud, Hong-Kong, le Liechtenstein… On peut se consoler en constatant que les États-Unis ou la Grande-Bretagne font moins bien que nous, mais beaucoup de pays européens, Allemagne, Belgique, Pays-Bas… font nettement mieux. Ces études sont bien entendu diversement reçues dans les différents pays, selon le classement auxquels ils ont droit. En France, on souligne par exemple que les objectifs ne sont pas les mêmes pour les professeurs, selon les traditions éducatives. On reproche aussi à Pisa de n’évaluer que les élèves scolarisés. Dans les pays peu développés, beaucoup d’enfants ne vont pas du tout à l’école, et l’on ne peut donc pas avoir une photographie réelle de l’état d’éducation d’une classe d’âge. Et puis, Pisa ne considère que la lecture, les maths et les sciences, excluant les «humanités». L’un des derniers résultats d’une étude Pisa a surpris beaucoup d’observateurs : les pays où l’on investit le plus sur le numérique dans le domaine de l’éducation, n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. À l’occasion de ces journées de la Refondation De l’école Certains sujets qui fâchent ne sont pas à l’ordre du jour, déplore sur France Info Frédérique Rolet, la secrétaire générale du SNES-FSU. « Nous souhaitions un bilan d’étape sincère et contradictoire alors qu’il s’agit là d’une opération de propagande, déplore encore Frédérique Rolet. Les sujets conflictuels comme les rythmes scolaires dans le 1er degré, la réforme du collège, l’absence de revalorisation des enseignants, sont soigneusement évités », selon elle.

Échec scolaire? Le gadget du numérique !

Échec scolaire? Le gadget du numérique !

 

L’Institut Montaigne, think tank libéral, a parfois proposé des solutions innovantes pour améliorer la compétitivité. Mais cette fois en voulant généraliser l’introduction de tablettes numériques dans les écoles il confond sans doute gadgetisation, effort et pédagogie. On se demande même si l’objectif est de lutter contre l’échec scolaire ou d’aider au développement de Microsoft et autres sociétés informatiques spécialisées.  Une proposition qui vient s’ajouter à celle de gouvernement qui prévoit de doter tous les collèges de tablettes. Or plusieurs études ont déjà démontré que 99 % des élèves utilisaient déjà à leur domicile leur propre tablette, smartphone et autre ordinateur. Il est clair qu’aucun outil fut-il  numérique ne pourra remplacer l’effort nécessaire pour maîtriser les fondamentaux relatifs à la lecture,  à l’écriture et au calcul. Pire,  l’utilisation autorisée de calculette à l’école a contribué à diminuer les niveaux en mathématiques sans parler de logiciel comme celui de l’orthographe qui permet de s’affranchir des règles de l’orthographe et de la syntaxe. À cet égard,  il faut observer que dans les meilleures écoles des États-Unis où les cadres de Google, Apple ou Microsoft envoient  leurs enfants les outils informatiques sont strictement interdits précisément pour contraindre les élèves à effectuer l’effort nécessaire d’apprentissage. Pourtant L’institut Montaigne la voie de la réussite scolaire passerait par un usage plus répandu des outils numériques chez les élèves de 2 à 9 ans. : il faut faire attention à ne pas tomber dans le gadget miracle », avertit Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp (le syndicat des enseignants du 1er degré). « Aucune recherche ne prouve que les outils numériques améliorent de manière mécanique et automatique l’apprentissage des enfants, relève-t-il. C’est un leurre de croire que parce qu’on va acheter des tablettes on va enrayer l’échec scolaire. Cela ne peut pas se substituer au travail pédagogique de l’enseignant ». Un raisonnement anticipé par le think tank. « On ne peut pas s’acheter une bonne conscience en achetant des tablettes et en les distribuant », concède Henri de Castries, président de l’Institut Montaigne, dans sa présentation du rapport. « Il faut, derrière, concevoir comment on va utiliser ces outils pour permettre aux enseignants de dispenser un enseignement de meilleure qualité, plus ciblé (…), pour qu’ils aient davantage d’interactions personnalisées avec les élèves qui ont des difficultés », recommande-t-il. Mais selon un rapport Pisa de l’OCDE publié l’année dernière, le lien entre accès aux outils numériques à l’école et de bons résultats scolaires n’est pas si évident. D’après ce document, les nouvelles technologies ne permettent pas de combler les écarts de compétences entre élèves favorisés et défavorisés.  Sans compter que l’abus d’écran ne serait pas recommandé pour les tout-petits. « Avant 3 ans, l’enfant se construit en agissant sur le monde (…). L’exposition passive à des images diffusées sur un écran peut au contraire freiner le développement du tout-petit enfant », met en garde le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Pour le secrétaire général du SNUipp, lutter efficacement contre l’échec scolaire passe surtout par la recherche. « La France est très en retard sur ce terrain. Or c’est précisément la recherche qui a permis de comprendre comment l’élève entre dans l’écriture et la lecture. C’est elle notamment qui peut aider à améliorer la formation professionnelle continue des enseignants, pour mieux les armer à cibler les points déterminants de l’apprentissage qui favorisent la réussite scolaire. »

Classement Universités : la France patine

Classement Universités : la France patine

Les universités américaines raflent huit des dix premières places du classement des 500 meilleures universités au monde publié vendredi par l’université Jiaotong (communications) de Shanghai, avec l’université de Harvard en tête pour la 13e année consécutive. Les dix meilleures universités restent virtuellement inchangées depuis l’année dernière: les prestigieuses américaines Stanford, le MIT et Berkeley arrivent une nouvelle fois derrière Harvard, suivies de Cambridge, la britannique. Pour distinguer 500 établissements dans le monde parmi les 1.200 répertoriés, le classement de Shanghai, créé en 2003, prend en compte six critères, dont le nombre de Nobel parmi les anciens élèves, le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline, ou le nombre de publications dans les revues de référence mondiale que sont « Science » et « Nature« . Si l’université chinoise décrit son classement comme « le plus fiable« , ses critères tournés vers la recherche et les sciences de la vie, occultant entre autres les sciences humaines et sociales, sont dénoncés par de nombreux responsables européens comme un biais dommageable pour leurs établissements. Dans le Top 20, on ne compte que trois autres établissements non-américains : Oxford, à la 10e place, l’University College de Londres atteignant la 18e place, et l’Institut fédéral de technologie de Zurich (Suisse) descendant de la 19e à la 20e place. L’université Jiaotong, qui souhaitait initialement classer les universités chinoises selon leurs performances, assure que ces résultats sont issus d’une méthodologie transparente et de données externes. La première université chinoise, l’université de Pékin, grimpe à la 115e place, tandis que Jiaotong elle-même gagne quatre places et se classe 118e. La France possède pour sa part 22 universités dans le Top 500, dont quatre dans le Top 100 : Pierre et Marie Curie (36e, perd une place, elle était 35e en 2014), Paris-Sud (41e, contre 42e en 2014), Normale sup (72e, contre 67e en 2014) et l’université de Strasbourg (87e qui gagne 8 places comparé à son classement 2014, 95e). ( La tribune)

Sondage : Hollande lâché par les enseignants

Sondage : Hollande lâché par  les enseignants

 

Descente aux enfers pout Hollande même chez les enseignants pourtant traditionnellement assez favorables à la gauche. La dernière réforme des collèges a fini d’enfoncer un président déjà discrédité sur un terrain dont il avait pourtant fait une priorité. Une priorité qui s’est surtout concrétisée en gadgets, en bricolage et  en bonnes paroles (travaux interdisciplinaire, travaux extra scolaires, numérique, réduction des programmes etc).   Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro, seuls 21% des professeurs déposeraient un bulletin dans l’urne pour le président socialiste sortant, si l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain. Soit une chute de 23 points pour le chef de l’Etat par rapport à 2012. Au total, 76% de sondés se disent également « mécontents » de l’action de François Hollande concernant l’éducation. Idem pour la ministre Najat Vallaud-Belkacem (77% de mécontents).Dans le détail, les réformes ne semblent pas convaincre. Ainsi, sur l’ensemble des professeurs interrogés, 70% se disent « mécontents » des nouveaux programmes pour l’école élémentaire et le collège. La réforme du collège ne séduit, elle, que 21% des enseignants. Selon le sondage, François Bayrou semble le plus à même de récolter les faveurs des professeurs : le président du Modem et ancien professeur récolte 26% des suffrages (+ 10 points par rapport à 2012), si l’élection présidentielle avait lieu dans les prochains jours. Derrière lui, François Hollande (21%) donc ; puis Jean-Luc Mélenchon (18%, + 3 points). Suit Nicolas Sarkozy avec 13% (=). Quant au Front national, il recueille 6% (+ 2 points). A noter que le nombre des sondés qui « ne se prononcent pas » atteint les 25%.

 




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