Archive pour la Catégorie 'enseignement'

Réparer l’école, la priorité (Michel Barnier)

 Réparer l’école, la priorité (Michel Barnier)

 

L’ancien ministre, candidat à la primaire de la droite, estime, dans une tribune au « Monde » (extrait) , qu’il est urgent de réparer l’école face aux résultats inquiétants qu’enregistrent les élèves français dans les classements internationaux.

 

Tribune.

Rendons-nous à cette triste évidence : notre école est en crise. Tant de parents et d’élèves en souffrent, tant d’enseignants aussi. Nous subissons un inexorable glissement dans les classements internationaux, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) donne des résultats inquiétants en sciences, en compréhension de l’écrit, en mathématiques. Nous étions naguère dans les tout premiers ; nous pointons désormais entre la 20e et la 26e place.

En mathématiques, fleuron de notre monde académique, le niveau de nos jeunes s’est en moyenne effondré. Nous nous flattons à raison de nos nombreuses médailles Fields mais, pour la première fois depuis trente ans, le dernier palmarès de ce prix prestigieux, décerné en 2018, ne comprenait aucun Français. Tout un symbole. Dans un monde de plus en plus dur, nos jeunes sont de plus en plus désarmés.

Et pourtant : nos élèves ne sont pas moins doués et la France a produit plus de lettrés, plus de savants, plus de créateurs que bien d’autres pays ! C’est le système qui a failli. Au lieu de se consacrer à son devoir de transmission du savoir et d’émancipation de chacun, l’éducation nationale, singulièrement depuis 1968, s’est mêlée de vouloir transformer la société. La vocation première de l’éducation qui est d’« élever » (quel beau mot !) nos enfants vers le meilleur d’eux-mêmes, a été dévoyée. Enseigner, c’est transmettre et élever. Pour l’avoir oublié, notre système a contribué à aggraver les inégalités et à enfermer tant d’élèves dans leur catégorie sociale ou leur communauté d’appartenance supposée.

 

A la déroute pédagogique et morale s’ajoute – disons-le ! – une faillite matérielle. Alors que dans les pays de l’OCDE la dépense moyenne par élève augmentait de 8 % entre 2010 et 2016, elle baissait de 5 % en France. Chaque pays exprime ses priorités par des actes : en France, la priorité n’est clairement pas la jeunesse ! L’avenir ne fait plus recette.

Pour preuve, la fonction enseignante, naguère si valorisée, connaît une crise de recrutement sans précédent. Le nombre des candidats au Capes s’est effondré. Celui des élèves sortis du système scolaire sans formation s’est fortement accru, pour dépasser 10 % d’une classe d’âge. Nous avons 80 % de bacheliers, mais le bac a perdu de sa valeur. Les recalés sont devenus des relégués. Le bac pour tous, totem des années Lang, est devenu une machine à exclure. Les mots entendus au début du quinquennat du président sortant avaient pu paraître encourageants : le moins que l’on puisse dire est que les actes n’ont pas suivi.

Ecole française: Toujours les mêmes déficiences

 Ecole française: Toujours les mêmes déficiences 

 

La mixité aurait été plus efficace qu’une diversification de l’offre pédagogique pour promouvoir la réussite de tous, relève le sociologue Pierre Merle dans une tribune au « Monde ».

 

 

Tribune. 

Un bilan de la politique éducative du quinquennat doit porter sur les déficiences cardinales de l’école française. La première, montrée par les enquêtes TIMSS et PISA, est la faiblesse scolaire des élèves. En primaire, la politique ministérielle a été le dédoublement des classes. Plusieurs recherches ont montré son efficacité. Réalisée grâce à une démographie scolaire particulièrement favorable (le nombre d’écoliers a baissé de 255 000 de 2017 à 2021), la politique de dédoublement a manqué d’ambition.

D’une part, elle ne concerne que les 300 000 élèves des CP et CE1 de l’éducation prioritaire, soit moins de 5 % des écoliers. D’autre part, la majorité des élèves en difficulté sont scolarisés hors éducation prioritaire. Ils ne bénéficient donc pas du dédoublement. Enfin, en grande section de maternelle (GS), classe essentielle aux premiers apprentissages, le dédoublement demeure très limité. Selon les sources ministérielles, le nombre d’élèves par classe en GS n’a diminué que de 2,6 élèves en REP + et 1,9 en REP. En 2020, il s’établit à 19,5 élèves par classe en REP + et 20,8 en REP.

 

Par ailleurs, à partir de 2017, le retour de la semaine à quatre jours dans 85 % des écoles aboutit à des rythmes de travail surtout préjudiciables aux élèves en difficulté scolaire. Pour ces raisons, le niveau moyen des écoliers français pourrait, non pas progresser, mais encore baisser.

Au collège, la lutte contre la difficulté scolaire a été limitée. La politique des « devoirs faits » n’a été l’objet d’aucune évaluation. Lorsqu’ils ont été évalués, les dispositifs similaires antérieurs se sont avérés peu efficaces. Le suivi des élèves est le plus souvent assuré par des assistants d’éducation peu ou non formés alors même que ce suivi nécessite une réelle expertise pédagogique. Depuis 2018, les moyens ministériels ont surtout été consacrés à recréer les classes européennes et bilangues ainsi que les options grec et latin dont bénéficient majoritairement les enfants des catégories aisées.

Cette diversification de l’offre pédagogique a favorisé les stratégies de fuite des établissements populaires. Toujours selon les données officielles, en 2020, dans les 20 % des collèges les plus favorisés, 83 % des élèves de 6e ont un niveau satisfaisant en mathématiques. Dans les 20 % des collèges les plus défavorisés, plus de 50 % des 6e ont un niveau faible dans cette discipline. Dans ces collèges, outre une proportion élevée d’enseignants débutants et de contractuels peu qualifiés, les bons élèves, « locomotives » des classes, font trop souvent défaut.

Apprentissage : pour un développement dans l’enseignement supérieur

Apprentissage : pour un  développement  dans l’enseignement supérieur 

À l’image de ce qui se pratique en Allemagne, les présidents des fédérations de l’assurance, Florence Lustman, de la banque, Nicolas Théry et des entreprises de high-tech, Laurent Giovachini affirment, dans une tribune au « Monde » que le développement de l’apprentissage dans les universités et grandes écoles permet de lutter efficacement contre les inégalités sociales et territoriales.

 

Tribune. 

Avec près de 500 000 contrats signés dans le secteur privé en 2020, soit une hausse de 40 % par rapport à 2019, l’apprentissage connaît un décollage sans précédent en France et s’impose durablement dans le paysage de la formation. Il s’agit d’une réussite de politique publique majeure, issue de la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 et fortement portée par les efforts communs des entreprises et des établissements d’enseignement.

Plus encore, l’accélération de l’apprentissage dans les formations de l’enseignement supérieur favorise leur démocratisation pour briser le plafond de verre des classes et territoires moins favorisés. Les métiers de l’assurance, de la banque, du conseil, de l’ingénierie et du numérique – qui représentent environ 1,7 million de salariés en France et 60 000 jeunes en alternance – ont ainsi triplé en dix ans le nombre d’alternants des formations de niveau Bac + 4/5.

 

L’apprentissage constitue aujourd’hui le tremplin le plus efficace vers la vie active. En valorisant une pédagogie qui intègre les réalités de l’entreprise et met en avant les compétences humaines et relationnelles, l’apprentissage favorise l’acquisition des « soft skills » [autonomie, créativité, capacité à travailler en équipe, etc.] indispensables pour évoluer et progresser professionnellement.

De plus, l’intégration de l’apprentissage dans les cursus universitaires et grandes écoles a provoqué une véritable révolution culturelle et contribué à renforcer son image auprès des chefs d’entreprise, des enseignants mais aussi des étudiants eux-mêmes. Mais surtout, le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur représente un vecteur essentiel de cohésion sociale et de promotion de l’égalité des chances, en permettant aux étudiants issus de tous les milieux, de financer des études de plus en plus longues et coûteuses.

 

La Conférence des grandes écoles indique ainsi qu’il y a deux fois plus d’élèves ayant un parent « ouvrier » dans les cursus par apprentissage que dans les autres voies. Nous avons là une responsabilité collective à permettre à ces jeunes d’accéder à ces formations de haut niveau. Plus d’égalité des chances, plus de réussite aux examens, moins de risque de décrochage et de réelles garanties d’obtenir un emploi stable dès la fin de sa formation, les bénéfices de l’apprentissage dans le supérieur sont là et tout l’enjeu aujourd’hui est d’accélérer dans cette voie pour en faire une filière d’excellence pour tous.

Pour un développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur

Pour un développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur 

À l’image de ce qui se pratique en Allemagne,Les présidents des fédérations de l’assurance, Florence Lustman, de la banque, Nicolas Théry et des entreprises de high-tech, Laurent Giovachini affirment, dans une tribune au « Monde » que le développement de l’apprentissage dans les universités et grandes écoles permet de lutter efficacement contre les inégalités sociales et territoriales.

 

Tribune. 

Avec près de 500 000 contrats signés dans le secteur privé en 2020, soit une hausse de 40 % par rapport à 2019, l’apprentissage connaît un décollage sans précédent en France et s’impose durablement dans le paysage de la formation. Il s’agit d’une réussite de politique publique majeure, issue de la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 et fortement portée par les efforts communs des entreprises et des établissements d’enseignement.

Plus encore, l’accélération de l’apprentissage dans les formations de l’enseignement supérieur favorise leur démocratisation pour briser le plafond de verre des classes et territoires moins favorisés. Les métiers de l’assurance, de la banque, du conseil, de l’ingénierie et du numérique – qui représentent environ 1,7 million de salariés en France et 60 000 jeunes en alternance – ont ainsi triplé en dix ans le nombre d’alternants des formations de niveau Bac + 4/5.

 

L’apprentissage constitue aujourd’hui le tremplin le plus efficace vers la vie active. En valorisant une pédagogie qui intègre les réalités de l’entreprise et met en avant les compétences humaines et relationnelles, l’apprentissage favorise l’acquisition des « soft skills » [autonomie, créativité, capacité à travailler en équipe, etc.] indispensables pour évoluer et progresser professionnellement.

De plus, l’intégration de l’apprentissage dans les cursus universitaires et grandes écoles a provoqué une véritable révolution culturelle et contribué à renforcer son image auprès des chefs d’entreprise, des enseignants mais aussi des étudiants eux-mêmes. Mais surtout, le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur représente un vecteur essentiel de cohésion sociale et de promotion de l’égalité des chances, en permettant aux étudiants issus de tous les milieux, de financer des études de plus en plus longues et coûteuses.

 

La Conférence des grandes écoles indique ainsi qu’il y a deux fois plus d’élèves ayant un parent « ouvrier » dans les cursus par apprentissage que dans les autres voies. Nous avons là une responsabilité collective à permettre à ces jeunes d’accéder à ces formations de haut niveau. Plus d’égalité des chances, plus de réussite aux examens, moins de risque de décrochage et de réelles garanties d’obtenir un emploi stable dès la fin de sa formation, les bénéfices de l’apprentissage dans le supérieur sont là et tout l’enjeu aujourd’hui est d’accélérer dans cette voie pour en faire une filière d’excellence pour tous.

Retour de l’uniforme à l’école ?

Retour de l’uniforme à l’école ?

C’est en tout cas la proposition du député de la majorité François Jolivet, considère qu’une tenue scolaire identique consacrerait l’école comme un espace neutre et laïque. (dans le Figaro)

 

Selon des statistiques ministérielles, 700 000 jeunes disent avoir déjà subi des attaques répétées notamment en raison d’une prétendue « particularité » vestimentaire ou accessoire qui n’appartiendrait pas à une « normalité » dictée par la tendance. La tenue scolaire fait précisément tomber tout ce qui pourrait détruire moralement un jeune qui n’aurait pas les attributs à la mode. L’école doit épargner ces élèves des insultes et des violences.

Aussi, la tenue scolaire renforce la valeur « travail » puisqu’elle découpe le temps de vie entre le temps du travail en collectif, le temps de travail individuel et le temps familial. En d’autres termes : « pour aller à l’école, je m’habille comme les autres ». Elle sort donc de la banalité le temps scolaire en lui conférant un caractère solennel.

 

Selon un sondage BVA réalisé le 25 septembre 2020 pour RTL, 63% des Français se disent favorables à une tenue obligatoire. La France d’Outre-mer l’a déjà adopté, et doit être un exemple pour la métropole. À Bourail, en Nouvelle-Calédonie, deux écoles primaires sur trois ont une tenue commune depuis des années. En Martinique, plus d’un tiers des écoles publiques ont fait ce choix sans le regretter.

Dans ce contexte de précampagne présidentielle, je souhaite que le débat puisse s’ouvrir. La tenue scolaire est une réponse à des problématiques multiples : sociales, idéologiques et territoriales. Nous pourrions envisager, dès la rentrée 2022, de donner la possibilité aux collectivités territoriales d’instaurer une tenue scolaire identique dans les établissements dont ils ont la charge.

L’école a besoin de ce souffle républicain et nous aurions tort de nous priver d’une expérimentation à grande échelle. Alors que l’unité de la société s’effrite, la tenue scolaire est un projet positif. Elle n’entrave en aucun cas le développement de l’identité personnelle, et permet même de découvrir l’autre au-delà du paraître.

La tenue scolaire est un immense progrès au service de la laïcité, de la réussite et du respect.

SALAIRES DES ENSEIGNANTS: salaire mini à 2000 EUROS ……D’ICI 2024

SALAIRES DES ENSEIGNANTS: salaire mini à 2000 EUROS ……D’ICI 2024

Les enseignants sont toujours aussi mal payés en France; pour preuve, le ministre de l’éducation nationale a fixé un objectif de « 2000 euros net minimum pour tout professeur en 2024″.

Interrogé sur le salaire des enseignants français, considéré comme l’un des plus bas en Europe, Jean-Michel Blanquer a déclaré qu’il « comprenait totalement » les enseignants français qui réclament une revalorisation de leur salaire.

« Il y a encore moins d’un an, c’était 1700 euros net par mois pour commencer sa carrière de professeur. Avec les mesures que nous prenons, en février 2022, ce sera 1869 euros net par mois », rappelle le ministre de l’Éducation .

Classement de Shanghaï: recul de PSL perd des places

Classement de Shanghaï: recul de PSL perd des places

PSL (Paris Sciences et Lettres), regroupement d’établissements du supérieur, comprenant notamment l’ENS, Paris-Dauphine ou Mines Paris Tech, chute  dans la hiérarchie établie par Shanghaï.  «Pour le classement de Shanghaï, mieux vaut être une faculté riche et vieille», soutient Alain Fuchs, président de PSL. S’il relativise les deux places perdues par PSL, rappelant au passage le gain de huit rangs dans le classement QS, il ne manque pas de souligner les dysfonctionnements de la méthode utilisée par Shanghaï. Celle-ci intègre six critères, dont le nombre de Nobel et de médailles Fields (l’équivalent du Nobel pour les mathématiques) parmi les diplômés et les professeurs ou la quantité de publications .

Dans ce classement qui évalue plus de 2.000 universités dans le monde, quatre autres établissements français se maintiennent dans le top 100 : l’université PSL (Paris Science et Lettres), qui regroupe plusieurs établissements du supérieur dont l’Ecole normale supérieure (ENS), au 38e rang, la Sorbonne – qui progresse de quatre places – (35e) et l’Université de Paris (73e). Un résultat qu’Emmanuel Macron n’a pas manqué de saluer sur Twitter dimanche 15 août. L’INSA Toulouse et Montpellier font également leur entrée dans ce classement.

Un système d’orientation scolaire obsolète

Un système d’orientation scolaire obsolète

Alors que la procédure Parcoursup continue, Vincent Troger, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, invite, dans une tribune au « Monde », à centrer davantage l’orientation sur le projet de vie des jeunes.

 

Tribune. 

 

Depuis fin mai et jusqu’au 16 juillet (pour la phase principale), les lycéens et étudiants en réorientation reçoivent, au compte-gouttes, les réponses aux vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur qu’ils ont exprimés sur la plate-forme Parcoursup. Cette année, comme les précédentes, la procédure n’a pas manqué de relancer les débats sur la politique d’orientation en France.

 

Dans un « cadre national de référence » publié en mai 2019, le ministère de l’éducation nationale rappelle sa logique de l’orientation à l’école : « permettre aux jeunes (…) d’élaborer progressivement leur projet d’orientation » à partir des informations que leur fournissent les documents de l’Onisep, les enseignants et les conseillers d’orientation. Ces informations reposent toutes sur le même principe : elles présentent « tous les diplômes proposés dans le cadre du service public d’éducation » et donnent « l’information sur les métiers et les formations » qui correspondent à ces diplômes. Ce dispositif repose donc sur l’idée qu’à chaque profession et niveau de qualification correspond une formation et un diplôme. Or cette logique d’une adéquation entre la formation, le diplôme et l’emploi est désormais de plus en plus obsolète. Comme si l’orientation scolaire était désorientée.

En effet, ce que l’on sait de l’entrée des jeunes sur le marché du travail montre que si, globalement, le diplôme protège à long terme du chômage, il ne garantit plus depuis longtemps une insertion stable dans le domaine professionnel correspondant théoriquement à la formation suivie. Plus exactement, cette garantie ne concerne plus que la proportion des jeunes qui accèdent, après le baccalauréat, aux formations sélectives de l’enseignement supérieur : certains BTS, IUT, médecine, sciences politiques, écoles de commerce, classes préparatoires aux grandes écoles… Or ces formations n’accueillent qu’environ 35 % d’une classe d’âge.

Pour les 65 % restants, l’insertion professionnelle est longue et discontinue. Une enquête de suivi de l’insertion professionnelle publiée par le Centres d’études et de recherches sur les qualifications en 2019 montre que dans la génération sortie du système scolaire en 2010, 17 % n’ont connu pendant sept ans que « chômage récurrent » ou « inactivité », et seulement 55 % d’entre eux ont obtenu rapidement un CDI. Et à la fin de la période d’enquête, ils sont encore 20 % à n’avoir qu’un emploi en CDD ou en intérim. Pour la majorité des jeunes, titulaires de diplômes universitaires, de bacs professionnels ou de CAP, les années qui suivent la sortie du système éducatif seront donc celles des CDD, de l’intérim, des petits boulots, des périodes de chômage, des retours en formation. En 2015, dans son étude intitulée « La face cachée des “Tanguy” », la Fondation Abbé Pierre recensait 338 000 jeunes adultes de plus de 25 ans obligés de recohabiter avec leurs parents en raison notamment de pertes d’emploi ou de revenus insuffisants.

BAC 2021: Encore un très bon cru avec quatre 94 % de réussite !

BAC 2021: Encore un très bon cru avec quatre 94 % de réussite ! 

 

Près de 94% des 732.800 candidats au baccalauréat 2021 ont été reçus au terme de la première session de rattrapage, en légère baisse par rapport à 2020, a annoncé ce samedi le ministère de l’Éducation nationale.

La session de juin permet à 687.200 candidats de devenir bacheliers, indique le ministère dans un communiqué. « Le taux de réussite global à cette session est en baisse par rapport à 2020 (-1,9 point) », qui avait été une année record, précise-t-il.

Ces résultats tombent au terme d’une seconde année scolaire fortement perturbée par la crise sanitaire. Le contrôle continu représente au minimum 82% de la note finale au bac général et technologique lors de cette session car des épreuves sur table ont été annulées.

Le taux de réussite dans la voie générale s’élève à 97,6%. Dans le détail, il s’établit à 94% dans les séries technologiques et 86,7% pour le baccalauréat professionnel.

Le pourcentage de bacheliers dans une génération s’élève cette année à 83,1%.

En 2020, 95,7% des candidats avaient décroché le bac à l’issue du rattrapage, Mais une statistique mais qui ne rend  absolument pas compte de l’évolution du niveau des élèves.Pour preuve, une grosse majorité de bacheliers vont se diriger vers l’université d’où ils seront ensuite éjectés faute de niveau suffisant.

Le système de formation en France trop faible par rapport à l’Allemagne

 

Un papier du Monde souligne la faiblesse de la formation en France qui pèse sur les performances de l’économie

(extrait)

 

C’est une obsession française, frisant parfois l’absurde. C’est plus fort que nous : chaque fois qu’un nouvel indicateur économique est publié, nous comparons presque systématiquement nos performances à celles de nos voisins allemands. Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) outre-Rhin a reculé de 1,8 % en raison des restrictions sanitaires prolongées, soit plus que le nôtre (– 0,1 %). En 2021, il devrait enregistrer une croissance plus faible, de 3,3 % contre 5,8 % chez nous, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

A la lecture de ces chiffres, quelques Français peinent à réprouver une once de Schadenfreude, ce mot allemand désignant la joie coupable ressentie devant la mauvaise fortune d’autrui. Paris rebondira plus fort que Berlin ! Ce serait oublier qu’en 2020, la récession a été bien plus violente en France (– 8,2 %, contre – 5,3 % outre-Rhin). Et que nous faisons beaucoup moins bien que l’Allemagne en matière de chômage (7,3 % contre 4,4 % en avril), de déficit (9,2 % du PIB contre 4,2 %), de dette publique (115,7 % contre 69,8 %).

Le modèle allemand n’est peut-être pas parfait, il fabrique aussi de la précarité et des travailleurs pauvres, mais il a généré plus de revenus par tête

Surtout, l’économie allemande affiche de bien meilleures performances depuis vingt ans. Un chiffre le résume : en 2000, le PIB par habitant était similaire dans nos deux pays, autour de 28 900 euros. Mais en 2020, il était de 34 110 euros en Allemagne contre 30 690 euros chez nous. Le modèle allemand n’est peut-être pas parfait, il fabrique aussi de la précarité et des travailleurs pauvres, mais il a généré plus de revenus par tête.

Cela signifie-t-il que la divergence entre les deux rives du Rhin continuera de se creuser après la crise du Covid-19 ? Rien n’est moins sûr. D’une certaine façon, la pandémie a rebattu les cartes en accélérant les transitions écologique et numérique, tout comme les velléités de relocalisation des usines. Nos deux pays devront fournir un effort d’investissement considérable pour convertir leur appareil de production aux enjeux de demain. Les incertitudes sont nombreuses, et le chemin économique que suivra l’Allemagne pour y parvenir dépendra en partie du résultat des élections fédérales de septembre.

Brevet: des notes bienveillantes pour dissimuler les niveaux catastrophiques

Brevet: des notes bienveillantes pour dissimuler les niveaux catastrophiques

 

 

 Comme pour le bac, des conseils de bienveillance sont adressés depuis des années aux correcteurs pour gonfler les résultats du brevet.

 

Ces résultats étaient déjà stratosphériques en 2020, avec 90,5 % des candidats au DNB admis, soit une hausse de 4 points par rapport à 2019 (86,5 %). Mais les épreuves n’avaient pas eu lieu en raison du Covid. Cette année, avec les consignes de bienveillance, les résultats sont également exceptionnels. Les consignes de correction données oralement aux membres du jury vont dans ce sens, en incitant les professeurs à une indulgence dans la notation, quel que soit le niveau des copies.

Ces incitations à mettre le plus de points possible ne sont pas nouvelles. Elles concernent autant le bac que le DNB. Dès le début de la correction du brevet, les pires copies sont apparues sur les réseaux sociaux. Elles témoignent du niveau catastrophique de certains élèves.

Parcoursup : «La mise en cause d’une évaluation par un unique algorithme

Parcoursup : «La mise en cause d’une évaluation par un unique algorithme 

 

Outre le caractère injuste et déshumanisant de voir confier à l’intelligence artificielle l’orientation des bacheliers, Virginie Calmels, présidente de Futurae, souligne, dans une tribune au « Monde », le danger d’une fuite des talents à l’étranger. Aussi préconise-t-elle d’introduire un entretien afin d’évaluer les qualités et les motivations des élèves. (extrait)

 

Tribune.

Parcoursup laisse-t-il vraiment le choix de leur avenir aux milliers de jeunes inscrits sur la plate-forme ? « Dans la liste d’appel »« dans la liste d’attente »« oui si »« oui – en attente d’une place » … Voici quelques-unes des réponses reçues par les lycéens lors du rendu des premières propositions d’orientation. Elles ont de quoi décourager… même les plus motivés.

En effet, comment expliquer à un lycéen que ce n’est pas sa motivation, ses qualités ou ses aptitudes, mais plutôt un algorithme qui décidera de son avenir ? Aurions-nous l’idée d’appliquer le même système dans un quelconque autre segment de notre vie ? Laisserions-nous une intelligence artificielle décider des entreprises où candidater, de la ville où déménager, du talent à embaucher ? C’est peu probable. D’autant que cette méthode de sélection est considérée comme particulièrement injuste, car ayant introduit des biais permettant de privilégier certaines catégories d’élèves au détriment d’autres.


Les étudiants eux-mêmes élèvent leurs voix contre les iniquités constatées : comment expliquer que des élèves avec d’excellents résultats se retrouvent refusés dans tous leurs vœux favoris, à l’instar de Samuel Dana refusé de toutes les classes préparatoires dans Parcoursup alors qu’il affichait une moyenne en maths en terminale de 18,5/20 et un QI de 152 lui ayant permis de sauter la classe de 1re, mais consécutivement et malheureusement ne lui ayant donc pas permis de fournir les bulletins de 1re exigés par le système ?

 

Les implications d’une telle faille sont évidentes : elles éloignent de l’objectif d’orientation et de méritocratie, fondements de notre système éducatif. Mais alors, pourquoi faire subir ce système de sélection aléatoire à des centaines de milliers de jeunes ? Jamais, que ce soit dans leur vie personnelle ou professionnelle, ils ne seront à nouveau confrontés à une telle loterie.

Et pour cause… Dans le monde professionnel, par exemple, quelle entreprise oserait recruter un talent sans jamais l’avoir rencontré ? La sélection passe quasi systématiquement par un entretien, seule étape vraiment à même d’évaluer de manière équitable les aptitudes et qualités d’un candidat dans leur ensemble. Car, au-delà des résultats scolaires, n’est-ce pas aussi la motivation, le savoir être, les passions, la personnalité qui sont pris en compte dans la vie réelle ?


En persévérant dans un tel système déshumanisé, l’enseignement s’expose à un autre risque : celui de la fuite des talents. Devant des résultats aléatoires, un algorithme peut décourager les élèves, même les meilleurs. Ces derniers font parfois le choix de se tourner directement vers l’étranger, exposant ainsi la France à une fuite regrettable de ses jeunes les plus motivés.

Education : Pour une revalorisation des filières professionnelles

Education : Pour une revalorisation des filières professionnelles

 

Les lycées professionnels ne doivent pas avoir pour seul objectif d’aboutir à la sécurisation d’une situation financière ou d’un emploi, mais à l’épanouissement professionnel et social, estime, dans une tribune au « Monde », un collectif de membres d’associations, de militants et d’élus. Pour cela, ils plaident pour un élargissement des filières

 

Tribune.

 

Souvent présenté comme une voie de secours, trop peu choisi par ses élèves et généralement vécu comme un échec, le lycée professionnel français est déconsidéré et pâtit d’une mauvaise réputation injustifiée mais persistante. Leur fréquentation est homogène socialement, avec 56,9 % d’élèves issus de milieu social défavorisé en 2019 (contre 29,9 % en lycée général), la situation géographique des lycées professionnels, plus excentrée des centres-villes que ceux de la voie générale, en étant une preuve éloquente.

Un rapport du Sénat fait état de cette stigmatisation en évoquant la « connotation négative du fait que les élèves orientés sont des élèves en difficulté, voire en échec scolaire ». Pour mettre fin à ce phénomène, une multiplication des lycées polyvalents, regroupant les voies générale et professionnelle au sein d’un même établissement, serait d’abord nécessaire.


Le secondaire professionnel est également victime des formations qu’il propose. Bien que celles-ci soient nécessaires, qu’on nous rabâche qu’il « n’y a pas de sous-métiers », force est de constater que les modalités et la qualité des formations proposées répondent davantage aux besoins du bassin d’emploi local de l’élève qu’aux aspirations et ambition des arrivants dans ces établissements.

 

Le même rapport sénatorial pointe également les conséquences désastreuses de l’orientation qui n’est plus vécue mais bien subie par la majorité des élèves de la voie professionnelle : décrochage, absentéisme, abandon précoce. Finalement, il est trop souvent construit dans ces établissements la future France précarisée et au ban civique.

Ce fait est d’autant plus réel que, à l’entrée en lycée professionnel, il est estimé que 35,2 % des élèves accumulent au moins un an de retard scolaire, sans que rien ne soit fait pour le rattraper. Aussi, le temps consacré au développement d’une conscience citoyenne et politique si nécessaire est totalement absent de la conception du lycée professionnel, et plus largement des établissements scolaires.


Nous devrions pouvoir aussi y apprendre la philosophie, les grands concepts qui font les sociétés. Ce ne sont des disciplines trop complexes pour personne. Au-delà du mal que ce manque d’investissement entraîne interviennent des logiques économiques, se caractérisant par la baisse de dotations d’heures aux professeurs ainsi que des suppressions de postes.

 

Dans un moment social où les différences de traitement entre voies – estimées – d’excellence et celles considérées comme de second couteau (écoles/universités vs BTS) ressortent, chaque signal de volonté de faire réellement de l’égalité éducative doit être lancé. L’orientation des élèves dans la voie professionnelle doit se faire de manière libre, éclairée et avec un meilleur accompagnement de la part des conseillers d’orientation, ce en vue de lutter contre la reproduction sociale.

Conséquences de la mutation du Bac

 La mutation du Bac

 

Directeur de Sciences-Po Lille, Pierre Mathiot avait été missionné dès 2017 par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, pour réformer lycée et bac. La première édition de cet examen intervient cette année. Y est maintenue la traditionnelle épreuve de philosophie qui a lieu ce jeudi. Pierre Mathiot copilote désormais le comité de suivi de la réforme.

En présentant la réforme du lycée en 2018, vous vouliez « restaurer la crédibilité » du bac. L’édition 2021, certes touchée par la Covid, n’est-elle pas dévalorisée ? Notes et appréciations surévaluées, épreuves de philo et du grand oral allégées : le taux de réussite va s’approcher des 100 %…

Le bac cette année ne correspond effectivement pas à ce qui était prévu par la réforme, mais il n’est pas dévalorisé. Il faudra cependant attendre 2023 (année du bac pour les élèves en première à la prochaine rentrée) pour avoir une vision plus complète. Il faut comprendre que le bac n’est plus cet examen qui a longtemps mis fin à un cursus. En 1985, 30 % d’une génération avait le niveau bac, avec un taux de réussite de 66 %. Aujourd’hui, c’est 80 % d’une classe d’âge et 95 % de réussite en 2020. La place du bac a changé, il faut l’accepter.

Le bac arrive après Parcoursup. Beaucoup de lycéens sont admis dans le supérieur avant même de passer l’examen. N’est-il pas en voie de marginalisation ?

Parcoursup a effectivement de plus en plus d’importance en terminale. Le moment clé de l’année, ce n’est plus la philo en juin mais la mi-mars, moment où les lycéens déposent leurs vœux sur la plateforme. La réforme a justement pour but qu’au moment de ces vœux, deux tiers des notes entrant dans le calcul du bac soient déjà prises en compte dans l’application. Avec Jean-Michel Blanquer, nous pensons que c’est le meilleur moyen de restaurer la centralité du bac dans le cursus du lycée. Cursus qui doit s’inscrire dans un continuum : de bac – 3 à bac +3, voire bac + 5, au moins pour les bacheliers généraux.

Parmi les objectifs de la réforme du lycée, il y avait la volonté d’élargir l’éventail des cursus ouverts aux élèves, de sortir des couloirs tracés par les filières S (maths, physique-chimie), ES (sciences éco + maths), L (littéraire)… Est-ce atteint ?

Le « nouveau » lycée offre effectivement une plus grande liberté de choix avec des enseignements de spécialité (trois à choisir en première, deux à conserver en terminale) qui s’ajoutent au tronc commun. Déjà, plus de la moitié des « triplettes » formées par les élèves ne correspondent pas aux anciennes séries. La discipline privilégiée reste les maths, mais ensuite les choix sont équilibrés entre plusieurs matières. Et c’est la spécialité Sciences économiques et sociales qui est la plus conservée en terminale. La spécialité Humanités, littérature et philosophie est suivie par 23 % des lycéens alors qu’ils n’étaient que 15 % à faire L. Un rééquilibrage est donc en train de s’opérer.

Mais la spécialité « Maths » semble rester la voie royale…

Elle est choisie par 62 % des lycéens mais, auparavant, la filière S était suivie par 52 % d’entre eux, dont une grande partie ne poursuivaient pas leur cursus par des études scientifiques. S et ES regroupaient 85 % des élèves. Le vrai enjeu sera celui des critères appliqués par les formations de l’enseignement supérieur pour choisir leurs élèves. Il faut que le supérieur joue le jeu et valorise la diversité des parcours lycéens.

Quelles réticences se manifestent ?

On va regarder lors des résultats de Parcoursup. Mais il est vrai que les prépas scientifiques ont l’habitude de privilégier trois matières scientifiques. Les études de santé aussi. Il sera intéressant de voir si à l’avenir, elles préfèrent récupérer de très bons élèves ou des scientifiques moyens. C’est vraiment l’enseignement supérieur qui va façonner la réforme.

Quelles améliorations sont envisagées ?

Il faut tirer les leçons du contrôle continu quasi intégral imposé par la Covid. Il convient de savoir ce que l’on doit entendre par contrôle continu, quelles règles collectives on doit instaurer, quels effets celui-ci a sur l’organisation des lycées, quels effets aussi sur les relations professeurs/élèves/familles, quel rôle donner à l’harmonisation académique… Donner plus de place au contrôle continu, aujourd’hui fixée à 40 %, peut être une piste de réflexion.

Au risque de braquer les enseignants qui y sont souvent hostiles ?

Les enseignants expriment des craintes qu’il faut entendre sur un contrôle continu « intégral » car la note en France est une sorte d’institution et comme le contrôle continu est pris en compte dans le calcul du bac et dans Parcoursup, les réactions des élèves et de leurs familles face à des notes moyennes ou médiocres peuvent rendre leur métier difficile.

Pour les enseignants, le contrôle continu est source d’inégalités. Et les harmonisations de notes sont souvent vues comme des « magouilles »…

Il est faux de parler de magouilles. Il est tout à fait normal de regarder au niveau académique les écarts aberrants à la moyenne dans la notation d’un lycée ou d’un professeur. Il faut donc travailler le sujet de l’harmonisation. En fait, il faut dépassionner le débat et rendre routinier le contrôle continu !

Combien de temps faudra-t-il à la réforme pour s’installer ?

Il faudra sans doute cinq ans pour qu’elle se déploie, prendre de nouvelles habitudes, permettre aussi à l’enseignement supérieur de se l’approprier afin de diversifier ses profils de recrutement. Un gros effort doit aussi être mené sur l’orientation pour mieux accompagner les élèves, depuis le choix de leurs spécialités dès la fin de la seconde jusqu’à l’expression de leurs vœux sur Parcoursup, en terminale.

Bac 2021: réussite en hausse pour le bac général

Bac 2021: réussite en hausse pour le bac général

Parmi les candidats, 54 % étaient en voie générale, 20 % en séries technologiques et 26 % en voie professionnelle. Le nombre de candidats présents est en baisse de 10 300 par rapport à juin 2020. Au total, 637 000 candidats sont reçus à l’issue du premier groupe, soit 20 700 de moins qu’en juin 2020.

Et 30 0 00 candidats sont ajournés (4,3 %), soit 1,6 point de plus qu’en juin 2020. Ce sont 36 700 candidats qui pourront se présenter au second groupe d’épreuves à partir de demain. Leur proportion parmi les candidats présents à l’examen (5,2 %) est stable. Le taux d’admis à l’issue du premier groupe d’épreuves du baccalauréat général est de 95,2 %, en hausse de 0,4 point par rapport à celui de 2020. Le taux d’admis à l’issue du premier groupe d’épreuves du baccalauréat technologique est de 89,0 %, en baisse de 1,2 point par rapport à la session 2020. La baisse dépasse 2 points en STL, ST2S, S2TMD et STHR, avec respectivement 88,9 %, 90,3 %, 97,3 % et 92,9 % de réussite. Elle est inférieure à 1 point dans les séries STI2D, STMG et STD2A qui atteignent respectivement 91,0 %, 87,2 % et 97,6 % de réussite à l’issue du premier groupe du bac. Le taux d’admis à l’issue du premier groupe d’épreuves du bac professionnel atteint 82,0 %, soit 5,9 points de moins qu’à la session 2020

BAC: La dévalorisation de l’épreuve de philo

BAC: La dévalorisation de l’épreuve de philo

Sous le couvert d’une missive ironique à un candidat au bac, Francis Métivier, professeur de philosophie, dénonce les changements de règles de notation qui conduisent à une dévaluation désastreuse de l’épreuve de philosophie.(extrait)

 

Tribune. A toi, l’élève inconnu du bac philo, puisque ta copie est anonyme, je t’envoie une réponse en faisant un usage public et non anonyme de ma raison. J’espère ainsi qu’elle te parviendra. Ta copie traduit de façon édifiante l’ensemble des problèmes devant lesquels l’institution a mis les professeurs de philosophie, durant cette année scolaire et en particulier pour la correction de l’épreuve de philosophie.

Je vais donc me servir de ton « travail » pour illustrer comment le système lui-même a fait du bac philo un désastre institutionnel, désastre dans lequel tu as sauté à pieds joints. Dans ta copie, tu me fais rapidement comprendre que ta priorité du jour n’est pas de réussir l’épreuve mais de sortir de la salle à l’issue du temps réglementaire : une heure. Pour passer le temps, tu commences à traiter le sujet que tu as choisi (« Discuter, est-ce renoncer à la violence ? ») par quelques réflexions.


Tu me parles de « bastons » dans les cours de collège, de « castagne » et des « gens qui ne se maravent pas la gueule pour le plaisir ». Après cette idée géniale, tu me mets au courant du temps qui passe : « J’ai encore 45 minutes à tuer. » Puis tu te soucies de mon sort (merci) : tu envisages trois hypothèses expliquant pourquoi je n’ai pas abandonné la lecture de ton propos au bout de quinze lignes.

1 - « Si vous lisez encore ce que je dis, c’est soit parce que c’est intéressant… » : oui, je suis curieux de voir jusqu’où tu vas aller.

2 - « (…) soit parce que vous êtes obligé par les directives de notre cher Blanquer (ou “Blanquette” pour les intimes) » : en fait, le métier de professeur de philosophie consiste notamment à évaluer des copies du bac. Je ne te fais donc pas une fleur en te lisant, mais mon travail normal.

3- « (…) soit parce que vous avez du temps à tuer. » Ce n’est pas grand-chose mais sache que, grâce à ta copie, tu m’as fait gagner 5 euros (enfin, « tu me feras gagner » car il faut cinq mois à l’administration pour s’acquitter de son dû).

Ensuite, tu me souhaites « bonne chance pour cette année » (l’année est finie, non ?), « vous devez être désespéré de voir des copies comme les miennes ». Désespéré, non. Ton propos est tellement convenu, tellement téléphoné. Il est le fruit de la mesure-phare de notre ministre de l’éducation nationale, qui a scandaleusement cédé à la pression de quelques lycéens : t’offrir de deux notes, l’une, la meilleure entre ta moyenne annuelle et la note de l’épreuve finale.

Politique–dictature chinoise une menace pour la paix mondiale

Politique–dictature chinoise  une menace pour la paix mondiale

 

A l’occasion du 100e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois, le député européen bulgare Ilhan Kyuchyuk, interdit de séjour en Chine depuis ses prises de position contre la répression des Ouïgours, retrace, dans une tribune au « Monde », l’histoire du régime totalitaire et les erreurs des pays occidentaux à son égard.

 

Tribune. 

 

La Chine fête en grande pompe le 100anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois, créé à Shanghaï le 1er juillet 1921. Pour le peuple chinois, il y a de quoi se sentir fier : une montée en puissance habilement conçue et couronnée de succès le 1er octobre 1949, puis une continuité sans faille. A aucun moment la Chine n’aura connu d’alternance à la tête de la Cité interdite, ni même vu émerger un parti d’opposition.

Nous voyons à un bout de ce siècle le futur président Mao Zedong, simple bibliothécaire à l’origine, s’imposer d’abord comme un chef politique, puis comme un stratège militaire sans états d’âme, et enfin comme un dictateur illuminé. Il a mené son pays en alternant campagnes idéologiques forcenées et périodes de répit indispensables au redémarrage économique.


A l’autre bout de cette longue histoire, l’héritier direct de Mao, Xi Jinping, qui reprend les méthodes bien rodées du culte de la personnalité, et remet à l’honneur les méthodes honnies de la Révolution culturelle (1966-1976)telles que l’arrestation des opposants, penseurs, patrons d’entreprises trop ambitieux, au nom de la sacro-sainte stabilité sociale. Entre ces deux extrémités, combien de Chinois sacrifiés sur l’autel du parti unique ? Combien d’options divergentes qui auraient pu garantir à la Chine un développement pacifique et bienveillant à l’égard de son peuple ?

Qui se souvient de Chen Duxiu, le premier secrétaire du tout nouveau Parti communiste chinois ? Un homme qui, dès les années 1910, prônait l’adaptation à la Chine de certaines idées nouvelles venues de l’Occident, telles que le communisme, il est vrai, mais aussi le rejet du conservatisme confucéen qui avait fossilisé la Chine, et l’égalité des sexes. Il mourut dans la solitude en 1942, marginalisé et persécuté par son grand rival Mao. Suivirent tous les autres : Peng Dehuai, qui aurait voulu tempérer les ardeurs de Mao durant la réforme du Grand Bond en avant, initiative brutale qui provoqua la famine de 30 ou 40 millions de Chinois, puis le fidèle bras droit, Lin Biao, dont l’avion s’écrasa au sol alors qu’il tentait de rejoindre la Russie.

 

Xi Jinping a renoué avec cette glorieuse tradition en éliminant d’abord les proches de ses prédécesseurs, Jiang Zemin et Hu Jintao, sous prétexte de « corruption », puis les avocats défenseurs des droits civiques, qu’il fit enfermer par centaines en 2015.

N’oublions pas Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010, mort en détention en 2017, pour avoir refusé d’oublier les victimes du massacre de la place Tiananmen en 1989. Liu nous avait rappelé dans une série d’articles les grands aveuglements de l’Occident face à la montée des dictatures du XXsiècle. Il disait dans un article posté sur Internet en 2005, et intitulé « Les quatre grandes erreurs des pays libres au XXsiècle » qu’il ne comprenait pas comment les intellectuels occidentaux avaient pu s’enticher d’un dictateur comme Staline. Pourquoi la France et la Grande-Bretagne avaient-elles si aisément accepté de faire des compromis avec l’Allemagne et l’Italie ? Après la seconde guerre mondiale, pourquoi les Etats-Unis et la Grande-Bretagne avaient-ils fait de telles concessions à l’URSS ? Dans les années 1960 et 1970, pourquoi les intellectuels européens les plus brillants se sont-ils entichés de la « pensée Mao Zedong » ?

Le système scolaire d’orientation français complètement obsolète

 Le système scolaire d’orientation français complètement obsolète

Alors que la procédure Parcoursup continue, Vincent Troger, maître de conférences honoraire en sciences de l’éducation, invite, dans une tribune au « Monde », à centrer davantage l’orientation sur le projet de vie des jeunes.

 

Tribune. 

 

Depuis fin mai et jusqu’au 16 juillet (pour la phase principale), les lycéens et étudiants en réorientation reçoivent, au compte-gouttes, les réponses aux vœux d’orientation vers l’enseignement supérieur qu’ils ont exprimés sur la plate-forme Parcoursup. Cette année, comme les précédentes, la procédure n’a pas manqué de relancer les débats sur la politique d’orientation en France.

 

Dans un « cadre national de référence » publié en mai 2019, le ministère de l’éducation nationale rappelle sa logique de l’orientation à l’école : « permettre aux jeunes (…) d’élaborer progressivement leur projet d’orientation » à partir des informations que leur fournissent les documents de l’Onisep, les enseignants et les conseillers d’orientation. Ces informations reposent toutes sur le même principe : elles présentent « tous les diplômes proposés dans le cadre du service public d’éducation » et donnent « l’information sur les métiers et les formations » qui correspondent à ces diplômes. Ce dispositif repose donc sur l’idée qu’à chaque profession et niveau de qualification correspond une formation et un diplôme. Or cette logique d’une adéquation entre la formation, le diplôme et l’emploi est désormais de plus en plus obsolète. Comme si l’orientation scolaire était désorientée.

En effet, ce que l’on sait de l’entrée des jeunes sur le marché du travail montre que si, globalement, le diplôme protège à long terme du chômage, il ne garantit plus depuis longtemps une insertion stable dans le domaine professionnel correspondant théoriquement à la formation suivie. Plus exactement, cette garantie ne concerne plus que la proportion des jeunes qui accèdent, après le baccalauréat, aux formations sélectives de l’enseignement supérieur : certains BTS, IUT, médecine, sciences politiques, écoles de commerce, classes préparatoires aux grandes écoles… Or ces formations n’accueillent qu’environ 35 % d’une classe d’âge.

Pour les 65 % restants, l’insertion professionnelle est longue et discontinue. Une enquête de suivi de l’insertion professionnelle publiée par le Centres d’études et de recherches sur les qualifications en 2019 montre que dans la génération sortie du système scolaire en 2010, 17 % n’ont connu pendant sept ans que « chômage récurrent » ou « inactivité », et seulement 55 % d’entre eux ont obtenu rapidement un CDI. Et à la fin de la période d’enquête, ils sont encore 20 % à n’avoir qu’un emploi en CDD ou en intérim. Pour la majorité des jeunes, titulaires de diplômes universitaires, de bacs professionnels ou de CAP, les années qui suivent la sortie du système éducatif seront donc celles des CDD, de l’intérim, des petits boulots, des périodes de chômage, des retours en formation. En 2015, dans son étude intitulée « La face cachée des “Tanguy” », la Fondation Abbé Pierre recensait 338 000 jeunes adultes de plus de 25 ans obligés de recohabiter avec leurs parents en raison notamment de pertes d’emploi ou de revenus insuffisants.

Inégalités sociales et diplômes : non au concours truqué

Inégalités sociales et diplômes  : non au concours truqué

Ancien élève de l’ENS et de l’ENA, Raphaël Doan est magistrat et premier adjoint au maire du Pecq. Il est aussi l’auteur du Rêve de l’assimilation, de la Grèce antique à nos jours, Passés composés, 2021. Il dénonce dans une interview au Figaro la perspective de concours truqués qui favoriserait une plus grande égalité sociale.

- Le ministère de l’Enseignement supérieur projette d’accorder par principe des points supplémentaires aux candidats boursiers à leurs concours. Que vous inspire ce dispositif?

Raphaël DOAN. - C’est d’une condescendance extrême: l’Éducation nationale n’étant plus capable de réduire les inégalités sociales, on finit par proposer aux candidats boursiers de passer des concours truqués. Près de 30% des étudiants dans les grandes écoles sont déjà boursiers: c’est moins que dans le reste de l’enseignement supérieur (37%), mais cela n’a rien de négligeable. En accordant des points bonus aux boursiers, on jettera sur eux une suspicion d’illégitimité alors que la plupart sont parfaitement capables de réussir des concours tout seuls. D’ailleurs, la majorité des intéressés n’en veulent pas.

Bac: pour le contrôle continu

Bac: pour le contrôle continu

En pleine session du baccalauréat aménagée, Philippe Delorme, secrétaire général d’un réseau d’établissements privés sous contrat, plaide pour « le renforcement du contrôle continu » et rappelle son soutien à la réforme du lycée engagée par le gouvernement.

 

Philippe Delorme est secrétaire général de l’enseignement catholique, un réseau de 7 300 écoles, collèges et lycées privés sous contrat avec l’Etat scolarisant un peu plus de 2 millions d’élèves, soit un cinquième de l’effectif total. En pleine session du baccalauréat aménagée du fait du Covid-19, il reconnaît que la « souplesse d’adaptation » du privé a permis de privilégier les cours en présentiel pour les lycéens de terminale.

Nous sommes en pleine session du premier « bac Blanquer », au terme d’une année marquée par la crise sanitaire. Vos lycéens ont-ils bénéficié d’un temps de préparation plus important que dans le public, comme on l’entend dire ?

Les chefs d’établissement ont essayé de respecter pleinement les consignes sanitaires. Ce qui était demandé, c’était une demi-jauge globale dans les lycées, non pas par niveau ou par classe. Notre souplesse d’adaptation nous a permis de privilégier le 100 % présentiel pour les terminales.


Les chefs d’établissement ont une pleine autonomie et une grande liberté pour s’organiser, mobiliser leurs équipes rapidement. Il n’a pas fallu attendre 50 réglementations ou que la collectivité investisse pour, par exemple, poser des Plexiglas. S’il en a besoin, un chef d’établissement prend son téléphone et trouve un fournisseur ou un parent d’élève qui va l’aider. Cela nous a permis de maintenir le plus possible les cours.

Comment la préparation du grand oral s’est-elle déroulée  ?

Il n’y a pas de crise chez nous sur cette question ! Au contraire, il y a une vraie mobilisation des professeurs. Ceux qui réclamaient la suppression de cette épreuve ne se sont pas mis à la place des élèves. On aurait pénalisé les plus fragiles, qui ne sont pas forcément les plus à l’aise à l’écrit.


En outre, un bac donné sur tapis vert, c’est décourageant pour nos jeunes. Le fait de passer deux épreuves [la philosophie et le grand oral] mobilise. Cela aurait été dommage de ne pas aller jusqu’au bout. Il y a une fragilisation des jeunes qu’il faudra prendre en compte à la rentrée.

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