Archive pour le Tag 'Une'

Société–Écriture inclusive : une loi contre le péril mortel de la langue

Société–Écriture inclusive : une loi contre  le péril mortel de la langue

 

 

 

Un projet de loi a été déposé mardi par une soixantaine de députés à l’Assemblée nationale. Un projet de loi qui vise à interdire l’écriture inclusive dans tous les documents administratifs Après la féminisation forcenée et souvent ridicule des substantifs concernant  des professions et fonctions, c’est cette fois l’écriture inclusive qui est mise en cause par des représentants de l’assemblée après l’académie française. Cette graphie consiste à inclure le féminin, entrecoupé de points, dans les noms, comme dans «mes ami·e·s», pour le rendre «visible». Le «point milieu», ce signe situé à mi-hauteur des lettres, peut être utilisé alternativement en composant un mot comme «lycéen·ne» comme suit: racine du mot + suffixe masculin + le point milieu + suffixe féminin. Prenant acte de la diffusion de cette «écriture inclusive» qui «prétend s’imposer comme norme», l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde: «La démultiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité.

L’Académie française considère que devant cette aberration “inclusive”, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.». Membre de l’Académie française, Michael Edwards, poète, philosophe et traducteur franco-britannique, avait confié début octobre au Figaro à quel point l’écriture inclusive abîmait, selon lui, la langue française. «C’est la chair même du français qui est ainsi rongée, et son esprit qui se trouve frappé d’une sorte de bégaiement cérébral», indiquait-il.

On pourrait ajouter un autre argument, fondamental celui-là, à savoir les difficultés croissantes des élèves pour s’approprier déjà la langue officielle et la baisse générale des connaissances du primaire à l’enseignement supérieur. À tel point que certaines universités au même rétabli des épreuves de dictée !

Santé–Une stratégie de vaccination illisible

 

Santé–Une stratégie de vaccination illisible

 

Généraliste à Ifs (Calvados), le docteur Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, détaille les enjeux de l’ouverture de la vaccination aux médecins de ville.( Interview dans l’Opinion)

Cette semaine, près de 30 000 généralistes volontaires vont pouvoir vacciner dans leur cabinet médical avec le produit d’AstraZeneca. Comment cela va se passer ?

Les patients vont pouvoir se faire vacciner par leur médecin jeudi et plus probablement vendredi. Nous devions participer à la campagne vaccinale quelques jours plus tôt mais la distribution en lots des vaccins aux 11 000 pharmacies qui vont fournir les médecins de ville est complexe. Les flacons de 10 doses sont conditionnés en paquet de dix et chaque médecin a le droit, pour cette semaine, à un flacon. Or, un pharmacien va alimenter en doses trois ou quatre médecins, pas davantage. Il faut donc séparer les paquets pour éviter de perdre des vaccins en route. Tout cela prend du temps.

Le patient doit-il aller chercher son vaccin chez le pharmacien ?

C’est plutôt le médecin qui se rend chez le pharmacien auprès de qui il s’est fait connaître comme vaccinateur volontaire pour récupérer les doses. Il les ramène ensuite à son cabinet en les transportant bien droit dans un sachet ou une boîte isotherme. La plupart des confrères vont consacrer une demi-journée de travail jeudi ou vendredi à vacciner les patients qu’ils auront sélectionnés.

«Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien, mais pourquoi la même entre 50 et 64 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca»

Un peu plus d’un médecin généraliste sur deux s’est engagé dans la démarche vaccinale. Pourquoi si peu ?

Je dirai au contraire qu’il s’agit là d’un beau succès au regard des handicaps qui sont les nôtres. Le premier est circonstanciel : ce sont les vacances et certains médecins sont en congés. Ils ont aussi des enfants. Tous ne sont pas disponibles.

Ensuite, le vaccin d’AstraZeneca a souffert d’une mauvaise réputation auprès des médecins avant que la science ne démontre une efficacité de 80 %, soit bien plus que le vaccin contre la grippe. Cette petite musique a pu avoir un effet dissuasif.

Autre souci : les effets indésirables. On sait maintenant que ce type de syndromes grippaux, pas dramatiques mais inconfortables, sont plus fréquents chez les personnes les plus jeunes. Les médecins vont pouvoir informer leurs patients sur ce point.

La vaccination est conditionnée à un dispositif de priorisation des patients avec sept profils et 16 sous-profils. Est-ce que les Français s’y retrouvent ?

En l’état, la stratégie de vaccination est illisible pour les patients. Il ne se passe pas une réunion au ministère de la Santé sans que je réclame une clarification. Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien mais pourquoi la même entre 50 et 65 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca. Cette création d’exceptions entre différentes tranches d’âge crée des tensions dans les centres de santé et des conflits entre médecins et patients. Certains font des pieds et des mains pour se faire vacciner et ont recours au système D bien français pour arriver à leurs fins.

 

Le professeur Alain Fischer a laissé entendre que le prochain vaccin du laboratoire Janssen pourrait convenir aux 65-74 ans. Est-ce une bonne idée ?

Je n’ai pas assez d’informations pour répondre par oui ou par non. Une chose est sûre : c’est plus facile pour un médecin généraliste de s’organiser avec un vaccin monodose que multidose, de le conserver dans son frigo et de vacciner au fil de l’eau. Nous voyons 100 patients par semaine, on peut sans problème en piquer la moitié. Sans contrainte, notre puissance de vaccination peut monter à plus de deux millions de Français piqués par semaine. Aujourd’hui, notre cible vaccinale est très étroite et les doses arrivent au compte-gouttes (10 doses cette semaine par médecin volontaire, puis 20 à 30 hebdomadaires ensuite, selon la demande, N.D.L.R.). Sur trois ou quatre semaines, chaque généraliste est en mesure de vacciner entre 40 et 80 personnes. Ça ne va pas assez vite.

2,4 millions de personnes de plus de 75 ans vivent seules, certaines sont très isolées. Comment amener la vaccination à elles ?

Certains de ces patients ne peuvent pas prendre rendez-vous sur Internet. Moi, ce qui me semble le plus simple, ce serait de réserver dans chaque centre de vaccination un quota de doses que les médecins passeraient prendre avant chaque tournée à domicile. Au centre, le généraliste les inscrirait sur un registre puis une fois sur place, entrerait dans le système de traçabilité l’identité du patient et son accord, la réalisation de la consultation, de l’acte vaccinal et le numéro du lot.

« Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS »

En Meurthe-et-Moselle, des médecins et infirmiers libéraux ont avancé 8 000 euros de leurs poches pour faire tourner leur centre de vaccination. Est-ce un cas isolé ? Les soignants de ville sont-ils suffisamment accompagnés par les agences régionales de santé (ARS) ​?

Je connais des cas similaires et c’est aussi ma situation. Je travaille dans une maison de santé et nous ouvrons un centre la semaine prochaine. Nous n’avons pas les fonds nécessaires. Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, les agendas, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS, etc. C’est du temps de travail salarié. Et sincèrement, nous n’avons pas, sur le terrain, les moyens de travailler correctement. Les médecins retraités sont rémunérés sous forme de vacation, je ne vois pas pourquoi les gestionnaires de centre ne seraient pas eux aussi payés pour leur contribution à l’effort vaccinal.

Les pharmaciens pourront prendre part à la stratégie vaccinale en mars, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Cette idée ne plaît pas à tous les médecins, loin de là. Qu’en pense MG France ?

Tant que les vaccins ne sont pas en nombre suffisant, tant qu’il reste des patients vulnérables à repérer et à vacciner en priorité, c’est logique de ne pas multiplier le nombre de vaccinateurs. Cela n’apporte rien et entraîne de la confusion.

Je ne suis pas sûr que les pharmaciens aient le temps, l’espace et la logistique nécessaires. Quand la vaccination sera accessible à l’ensemble de la population de plus de 18 ans et que les doses suivront, nous en reparlerons. Quand le moment sera venu, MG France ne s’opposera pas à la vaccination en pharmacie. Mais nous n’en sommes pas là.

Finances- Baisse des taux d’intérêt : une aubaine pour les prédateurs d’entreprises

Finances- Baisse des taux d’intérêt : une aubaine pour les  prédateurs d’entreprises

 

L’économiste Pascal Perez décrit, dans une tribune au « Monde », le mécanisme qui enrichit fabuleusement les actionnaires des entreprises surendettées. Il appelle à moraliser ces pratiques.

 

Tribune.

La presse financière a récemment rapporté le colossal bénéfice que se sont partagé les dirigeants du fonds d’investissement californien Hellman & Friedman, propriétaire de Verisure, une grosse PME européenne connue pour installer des alarmes.

Hellman & Friedman a en effet réussi à soutirer à Verisure 1,6 milliard d’euros en janvier 2021 – il est d’usage que les dirigeants de sociétés financières gardent pour eux les plus-values réalisées. Au total, Hellman & Friedman a extrait depuis 2015 trois milliards d’euros. Et Verisure, notée CCC par les agences de notation comme une entreprise exposée à la faillite, est restée endettée.

Le mécanisme de cette vampirisation est simple. La forte baisse des taux d’intérêt menée depuis des années par la Banque centrale européenne (BCE) pour inciter les entreprises à investir et à relancer l’économie, a créé un fabuleux effet d’aubaine pour les actionnaires d’entreprises endettées. L’économie de frais financiers sur la durée d’un emprunt leur est en effet payée en une seule fois par l’entreprise. Les plus gros versements proviennent d’entreprises surendettées au moment de l’achat par leur nouveau propriétaire.

 

La baisse des taux d’intérêt offre donc une prime aux prédateurs d’entreprises. Ces prédateurs dépendent des banques et des avocats pour remplacer les anciennes dettes par de nouvelles. En échange, ils leur versent des milliards d’euros de commissions.

Chaque année en France, deux cents entreprises sont ainsi rachetées par des financiers qui les accablent de lourdes dettes pour les payer. La toxicité du procédé est connue. La raison d’être de l’entreprise surendettée est alors réduite au remboursement de la dette qui a servi à son acquisition.

L’injection de 100 milliards d’euros par mois dans le système bancaire en 2021 et 2022 par la BCE va encore faire baisser les taux. La vague de faillites qui se forme à l’horizon va finir en centaines de milliers de rééchelonnements de dettes au profit des banques.

Il est temps de moraliser ces pratiques. L’affectation d’un profit financier issu de la baisse des taux d’intérêt ne devrait pas être du seul ressort des actionnaires. Un partage équitable des bénéfices de cette baisse devrait être encouragé. En France, une baisse de 1 % des frais financiers représente 20 milliards d’euros par an qui pourraient être transformés en investissements, en hausse de salaires, en amélioration du service rendu aux clients et en soutien aux partenaires de l’entreprise – écoles, territoires, environnement.

Islamo-gauchisme: pas une réalité académique mais une réalité politique

Islamo-gauchisme: pas une réalité académique mais une réalité politique

 

Une chronique  de Gilles Savary, Ancien député PS* dans l’Opinion

L’islamo-gauchisme n’est sans doute pas un concept de sciences politiques subtilement académique, mais il a le mérite de nommer les choses par leur nom. N’en déplaise à ceux qui affectent de l’ignorer, ce n’est pas non plus un fantasme. En tout cas, si de prudes âmes ne l’ont jamais rencontré, l’Unef s’est chargée de l’incarner le 17 septembre 2020 en dépêchant à une audition de l’Assemblée nationale une convertie en hijab. La députée de Paris Anne-Christine Lang a marqué son indignation de cette provocation manifeste en y apportant la réponse symbolique de quitter la séance.

Il est indubitable que ces dernières années, la gauche radicale a montré plus de zèle à manifester aux côtés d’activistes de l’islam politique qu’à participer aux hommages rendus aux victimes du terrorisme islamiste ou des odieux assassinats de Français de confession israélite qui ont eu lieu sur le sol de France.

La complaisance de l’extrême gauche avec tout ce qui peut déstabiliser nos démocraties libérales n’est pas nouvelle. Jadis canalisée par des corpus politiques ou idéologiques structurés, dans la filiation des expériences révolutionnaires du XXe siècle, cette mouvance politique épouse aujourd’hui l’air du temps, qui se traduit par une multiplication de revendications sociétales. Certaines de ses composantes participent de la fermentation des culpabilités et des haines qui caractérisent l’époque et associent vaille que vaille des radicalités nouvelles, féministes, indigénistes, post-coloniales, religieuses, à de vieux fonds de sauce de lutte des classes, voire d’antisémitisme larvé.

L’islamo-gauchisme est le plus souvent la manifestation d’une « alliance objective » plus qu’affinitaire au service d’une cause commune, anti-libérale, anti-capitaliste, anti-occidentale et anti-sioniste

Dans ce contexte, l’islamo-gauchisme est le plus souvent la manifestation d’une « alliance objective ​» plus qu’affinitaire au service d’une cause commune, anti-libérale, anti-capitaliste, anti-occidentale et anti-sioniste, entre un activisme révolutionnaire et un activisme religieux fondamentaliste. Il constitue aussi pour « la gauche de la gauche » le creuset politique d’un clientélisme électoral.

Diversion. Pour autant, une démocratie fondée sur la liberté d’opinion et le droit ne peut se lancer dans l’aventure hasardeuse d’une chasse aux sorcières au sein d’administrations civiles sans suggérer, dans le contexte actuel, un amalgame abusif entre complaisance tactique et complicité terroriste.

 

Il est légitime que la République ne soit pas indifférente à ce qui se passe dans nos universités, dont le statut d’autonomie ne dispense pas du respect de ses valeurs fondamentales. Elle dispose pour cela de tous les attributs de puissance publique lui permettant d’exercer sa vigilance. S’il est normal que le gouvernement s’inquiète des pressions et des menaces intolérables qui s’exercent sur des chercheurs ou éditorialistes qui s’intéressent de trop près à l’islam politique, ce doit être précisément au nom de la défense de la liberté académique plutôt que de son contrôle.

Au-delà de l’influence islamo-gauchiste, il est particulièrement choquant que des personnalités comme Sylviane Agacinsky et François Hollande aient dû renoncer à s’exprimer dans des enceintes universitaires sous pression d’activistes d’autres horizons et que des intellectuels comme Alain Finkielkraut ou Elisabeth Badinter en soient systématiquement menacés. Ces réalités traduisent une dégradation détestable de la liberté intellectuelle au sein de certaines de nos universités.

Il est préoccupant que les vénérables pétitionnaires qui réclament la démission de la ministre affectent de l’ignorer et esquivent le débat par une diversion misérabiliste hors sujet.

Gilles Savary est ancien député PS de la Gironde, délégué général de Territoires de progrès.

Idéologie–Islamo-gauchisme: une réalité sociale et politique

Idéologie–Islamo-gauchisme: une réalité sociale et politique

 

Une chronique  de Gilles Savary, Ancien député PS* dans l’Opinion

L’islamo-gauchisme n’est sans doute pas un concept de sciences politiques subtilement académique, mais il a le mérite de nommer les choses par leur nom. N’en déplaise à ceux qui affectent de l’ignorer, ce n’est pas non plus un fantasme. En tout cas, si de prudes âmes ne l’ont jamais rencontré, l’Unef s’est chargée de l’incarner le 17 septembre 2020 en dépêchant à une audition de l’Assemblée nationale une convertie en hijab. La députée de Paris Anne-Christine Lang a marqué son indignation de cette provocation manifeste en y apportant la réponse symbolique de quitter la séance.

Il est indubitable que ces dernières années, la gauche radicale a montré plus de zèle à manifester aux côtés d’activistes de l’islam politique qu’à participer aux hommages rendus aux victimes du terrorisme islamiste ou des odieux assassinats de Français de confession israélite qui ont eu lieu sur le sol de France.

La complaisance de l’extrême gauche avec tout ce qui peut déstabiliser nos démocraties libérales n’est pas nouvelle. Jadis canalisée par des corpus politiques ou idéologiques structurés, dans la filiation des expériences révolutionnaires du XXe siècle, cette mouvance politique épouse aujourd’hui l’air du temps, qui se traduit par une multiplication de revendications sociétales. Certaines de ses composantes participent de la fermentation des culpabilités et des haines qui caractérisent l’époque et associent vaille que vaille des radicalités nouvelles, féministes, indigénistes, post-coloniales, religieuses, à de vieux fonds de sauce de lutte des classes, voire d’antisémitisme larvé.

L’islamo-gauchisme est le plus souvent la manifestation d’une « alliance objective » plus qu’affinitaire au service d’une cause commune, anti-libérale, anti-capitaliste, anti-occidentale et anti-sioniste

Dans ce contexte, l’islamo-gauchisme est le plus souvent la manifestation d’une « alliance objective ​» plus qu’affinitaire au service d’une cause commune, anti-libérale, anti-capitaliste, anti-occidentale et anti-sioniste, entre un activisme révolutionnaire et un activisme religieux fondamentaliste. Il constitue aussi pour « ​la gauche de la gauche ​» le creuset politique d’un clientélisme électoral.

Diversion. Pour autant, une démocratie fondée sur la liberté d’opinion et le droit ne peut se lancer dans l’aventure hasardeuse d’une chasse aux sorcières au sein d’administrations civiles sans suggérer, dans le contexte actuel, un amalgame abusif entre complaisance tactique et complicité terroriste.

Il est légitime que la République ne soit pas indifférente à ce qui se passe dans nos universités, dont le statut d’autonomie ne dispense pas du respect de ses valeurs fondamentales. Elle dispose pour cela de tous les attributs de puissance publique lui permettant d’exercer sa vigilance. S’il est normal que le gouvernement s’inquiète des pressions et des menaces intolérables qui s’exercent sur des chercheurs ou éditorialistes qui s’intéressent de trop près à l’islam politique, ce doit être précisément au nom de la défense de la liberté académique plutôt que de son contrôle.

Au-delà de l’influence islamo-gauchiste, il est particulièrement choquant que des personnalités comme Sylviane Agacinsky et François Hollande aient dû renoncer à s’exprimer dans des enceintes universitaires sous pression d’activistes d’autres horizons et que des intellectuels comme Alain Finkielkraut ou Elisabeth Badinter en soient systématiquement menacés. Ces réalités traduisent une dégradation détestable de la liberté intellectuelle au sein de certaines de nos universités.

Il est préoccupant que les vénérables pétitionnaires qui réclament la démission de la ministre affectent de l’ignorer et esquivent le débat par une diversion misérabiliste hors sujet.

Gilles Savary est ancien député PS de la Gironde, délégué général de Territoires de progrès.

Accès aux vaccins : pour une gouvernance mondiale

Accès aux vaccins : pour une gouvernance mondiale

Le nationalisme vaccinal alimente une compétition inique entre les Etats, mais surtout introduit un risque de flambée du prix des vaccins, avertit un collectif international d’anciens ministres de la santé, dans une tribune au « Monde ». Seul un multilatéralisme renforcé, assorti de contraintes politiques, permettra d’aborder avec équité la sortie de crise.

Tribune.

 

La crise sanitaire, et désormais la question de l’accès aux vaccins contre le Covid-19 continuent de creuser les inégalités mondiales. L’immunité collective induite par la vaccination, dans sa dimension universelle, est pourtant au cœur de la stratégie de fin de la pandémie.

Cette phase décisive met une nouvelle fois au jour le contraste immense entre les pays riches et les autres, par les écarts colossaux dans leurs capacités d’intervention selon leur sphère d’appartenance économique. Les collectes de fonds considérables provenant d’Etats puissants, de grosses fondations ou d’acteurs privés ont ainsi permis aux laboratoires de réussir ce pari sans précédent de mettre au point un vaccin dans des délais inédits.

Cette nouvelle donne vaccinale soulève toutefois des questions éthiques majeures, avec l’accentuation de fractures scientifique, médicale, économique, sociale et, de facto, politique.

Scientifique parce qu’il est vital que l’évaluation de ces vaccins réponde aux mêmes exigences de rigueur scientifique, en matière de sécurité et d’efficacité, d’où le rôle crucial de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la procédure de validation et de qualification des vaccins.

Economique parce que la mise à disposition du vaccin contre le Covid-19 dresse deux approches ; d’une part, une logique soutenue par la société civile, qui considère le vaccin comme un bien public mondial, et, d’autre part, celle des industriels, qui poursuivent une logique de marché ; si le prix des vaccins doit naturellement répondre à une logique de retour sur investissement, ce marché, devenu essentiel dans un contexte de crise mondiale, ne doit pas faire de l’objectif de rendement une priorité sur l’objectif de santé publique au regard, notamment, de la grande part d’investissements publics.

Politique, enfin, car la divergence observée récemment entre l’Union européenne et le Royaume-Uni ne se lit pas uniquement à la lumière d’une préférence qu’aurait eue AstraZeneca à livrer les doses d’abord au Royaume-Uni. Elle soulève un enjeu politique et philosophique plus vaste qu’est celui de l’accès équitable à la vaccination, et donc à la protection, à l’échelle du monde.

Alors que 2020 fut l’année de la surenchère sur les masques – débat dont nous pensions avoir tiré les leçons de comportements reptiliens, de réactions du sauve-qui-peut –, les masques artisanaux nous avaient alors sauvés ; les pays en développement, en particulier, avaient montré un exemple éclatant d’agilité dans ce domaine.

 

Taxe numérique : une taxe internationale prochainement ?

Taxe numérique : une taxe internationale prochainement ?

Jusque-là les États-Unis s’étaient opposés au principe d’une taxe internationale en considérant qu’il fallait laisser le choix du lieu d’imposition au GAFA. La question qui va de se poser est de savoir d’abord quelle sera l’ampleur de cette taxe. Aussi dans lequel lieu géographique elle pourra être perçue.

 

Il se pourrait bien que les États-Unis veuillent récupérer le produit de l’imposition. Une imposition qui pourrait par ailleurs être assez marginale au regard des énormes chiffres d’affaires brassées par les GAFA. De toute manière même en France où a été instaurée cette taxe le rendement fiscal est ridicule entre 300 et 400 millions pour des dizaines de milliards de chiffres d’affaires( chiffre d’affaires pratiquement d’ailleurs impossibles à évaluer actuellement).

 

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré aux ministres des Finances du groupe G20, que Washington abandonnerait une partie litigieuse de la proposition, qui avait été mise sur la table fin 2019 par l’administration Trump, à savoir une disposition dite «refuge» (safe harbour), a-t-il indiqué. Celle-ci visait à donner l’option aux entreprises de choisir entre le nouveau régime fiscal négocié au sein de l’OCDE et le système actuel.

 

Il faut désormais «conclure sans délais» les négociations en cours au sein de l’OCDE, a enjoint le ministre des Finances Bruno Le Maire dans une déclaration faite lors d’une réunion avec ses homologues du G20, estimant que c’était «à portée de main, surtout maintenant que les États-Unis ont confirmé renoncer» à la disposition litigieuse.

Janet Yellen a en outre annoncé que Washington allait «s’engager fermement sur les deux piliers du projet» de réforme de la fiscalité internationale, selon le responsable du Trésor.

Coronavirus France : une hausse avec 25.403 nouveaux cas

Coronavirus France : une hausse avec 25.403 nouveaux cas

La situation est critique pour le nombre de personnes hospitalisées est sous assistance respiratoire.

25.403 nouveaux cas ont été détectés ce jeudi 25 février, portant le bilan à 3.686.813 personnes positives depuis l’apparition du virus dans l’Hexagone en janvier 2020. 261 personnes sont mortes à l’hôpital. Au total, 85.582 malades sont décédés du coronavirus, selon les dernières données du ministère de la Santé de ce jeudi 25 février.

25.317 personnes sont actuellement hospitalisées dont 3430 en réanimation. 1454 nouveaux patients ont été admis à l’hôpital ces dernières 24 heures, et 301 dans les services de soins intensifs.

Dans une conférence de presse ayant eu lieu ce jeudi soir, le premier ministre Jean Castex a annoncé envisager de nouvelles restrictions dès le 6 mars dans 20 départements en «surveillance renforcée», à savoir Paris, les Yvelines, l’Essonne, le Val-d’Oise, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, le Nord, le Pas-de-Calais, l’Oise, la Somme, les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes-Maritimes, le Rhône, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle et l’Eure-et-Loir. Les éventuelles contraintes seront annoncées la semaine prochaine, après concertations.

Islamo-gauchisme: une réalité sociale et politique

Islamo-gauchisme: une réalité sociale et politique

 

Une chronique  de Gilles Savary*dans l’opinion

 

L’islamo-gauchisme n’est sans doute pas un concept de sciences politiques subtilement académique, mais il a le mérite de nommer les choses par leur nom. N’en déplaise à ceux qui affectent de l’ignorer, ce n’est pas non plus un fantasme. En tout cas, si de prudes âmes ne l’ont jamais rencontré, l’Unef s’est chargée de l’incarner le 17 septembre 2020 en dépêchant à une audition de l’Assemblée nationale une convertie en hijab. La députée de Paris Anne-Christine Lang a marqué son indignation de cette provocation manifeste en y apportant la réponse symbolique de quitter la séance.

Il est indubitable que ces dernières années, la gauche radicale a montré plus de zèle à manifester aux côtés d’activistes de l’islam politique qu’à participer aux hommages rendus aux victimes du terrorisme islamiste ou des odieux assassinats de Français de confession israélite qui ont eu lieu sur le sol de France.

La complaisance de l’extrême gauche avec tout ce qui peut déstabiliser nos démocraties libérales n’est pas nouvelle. Jadis canalisée par des corpus politiques ou idéologiques structurés, dans la filiation des expériences révolutionnaires du XXe siècle, cette mouvance politique épouse aujourd’hui l’air du temps, qui se traduit par une multiplication de revendications sociétales. Certaines de ses composantes participent de la fermentation des culpabilités et des haines qui caractérisent l’époque et associent vaille que vaille des radicalités nouvelles, féministes, indigénistes, post-coloniales, religieuses, à de vieux fonds de sauce de lutte des classes, voire d’antisémitisme larvé.

L’islamo-gauchisme est le plus souvent la manifestation d’une « alliance objective » plus qu’affinitaire au service d’une cause commune, anti-libérale, anti-capitaliste, anti-occidentale et anti-sioniste

Dans ce contexte, l’islamo-gauchisme est le plus souvent la manifestation d’une « alliance objective ​» plus qu’affinitaire au service d’une cause commune, anti-libérale, anti-capitaliste, anti-occidentale et anti-sioniste, entre un activisme révolutionnaire et un activisme religieux fondamentaliste. Il constitue aussi pour « ​la gauche de la gauche ​» le creuset politique d’un clientélisme électoral.

Diversion. Pour autant, une démocratie fondée sur la liberté d’opinion et le droit ne peut se lancer dans l’aventure hasardeuse d’une chasse aux sorcières au sein d’administrations civiles sans suggérer, dans le contexte actuel, un amalgame abusif entre complaisance tactique et complicité terroriste.

Il est légitime que la République ne soit pas indifférente à ce qui se passe dans nos universités, dont le statut d’autonomie ne dispense pas du respect de ses valeurs fondamentales. Elle dispose pour cela de tous les attributs de puissance publique lui permettant d’exercer sa vigilance. S’il est normal que le gouvernement s’inquiète des pressions et des menaces intolérables qui s’exercent sur des chercheurs ou éditorialistes qui s’intéressent de trop près à l’islam politique, ce doit être précisément au nom de la défense de la liberté académique plutôt que de son contrôle.

Au-delà de l’influence islamo-gauchiste, il est particulièrement choquant que des personnalités comme Sylviane Agacinsky et François Hollande aient dû renoncer à s’exprimer dans des enceintes universitaires sous pression d’activistes d’autres horizons et que des intellectuels comme Alain Finkielkraut ou Elisabeth Badinter en soient systématiquement menacés. Ces réalités traduisent une dégradation détestable de la liberté intellectuelle au sein de certaines de nos universités.

Il est préoccupant que les vénérables pétitionnaires qui réclament la démission de la ministre affectent de l’ignorer et esquivent le débat par une diversion misérabiliste hors sujet.

Gilles Savary est ancien député PS de la Gironde, délégué général de Territoires de progrès.

SNCF : une perte de 3 milliards en 2020

SNCF : une perte de 3 milliards en 2020

Comme la plupart des grands groupes transports,  les pertes sont considérables pour la SNCF du faît des mesures sanitaires qui ont entravé la mobilité. Le TGV par exemple a perdu à peu près la moitié de son trafic.

La grande vitesse ferroviaire, dont la SNCF tire habituellement ses bénéfices, a été particulièrement malmenée par la crise sanitaire, avec une baisse du trafic de 48%, et -du fait des « petits prix » consentis pour regagner le cœur des voyageurs- un recul du chiffre d’affaires plus marqué de 54%, à 3,7 milliards d’euros. La perte de chiffre d’affaires pour les TGV est estimée à 4,8 milliards.

 

« La mobilité internationale est à l’arrêt et le marché français au ralenti », a déploré la direction dans un communiqué.

Les activités conventionnées, trains régionaux et Keolis, ont moins souffert.

La « marge opérationnelle » est restée positive à l’échelle du groupe grâce aux effets d’un drastique programme de réduction des charges engagé au sortir de l’hiver, a relevé la direction.

La direction table désormais sur une « reprise d’activité progressive (…) à partir de l’automne, avec un plein effet en 2022″, selon M. Trevisani.

Comme pour Air France, les pouvoirs publics vont apporter une contribution significative pour amortir ses pertes exceptionnelles. Reste que l’aide de l’État était surtout prévue initialement pour participer à l’entretien d’un réseau qui en a bien besoin.

 

Baisse des taux d’intérêt : une aubaine pour les prédateurs d’entreprises

Baisse des taux d’intérêt : une aubaine pour les  prédateurs d’entreprises 

L’économiste Pascal Perez décrit, dans une tribune au « Monde », le mécanisme qui enrichit fabuleusement les actionnaires des entreprises surendettées. Il appelle à moraliser ces pratiques.

Tribune.

La presse financière a récemment rapporté le colossal bénéfice que se sont partagé les dirigeants du fonds d’investissement californien Hellman & Friedman, propriétaire de Verisure, une grosse PME européenne connue pour installer des alarmes.

Hellman & Friedman a en effet réussi à soutirer à Verisure 1,6 milliard d’euros en janvier 2021 – il est d’usage que les dirigeants de sociétés financières gardent pour eux les plus-values réalisées. Au total, Hellman & Friedman a extrait depuis 2015 trois milliards d’euros. Et Verisure, notée CCC par les agences de notation comme une entreprise exposée à la faillite, est restée endettée.

Le mécanisme de cette vampirisation est simple. La forte baisse des taux d’intérêt menée depuis des années par la Banque centrale européenne (BCE) pour inciter les entreprises à investir et à relancer l’économie, a créé un fabuleux effet d’aubaine pour les actionnaires d’entreprises endettées. L’économie de frais financiers sur la durée d’un emprunt leur est en effet payée en une seule fois par l’entreprise. Les plus gros versements proviennent d’entreprises surendettées au moment de l’achat par leur nouveau propriétaire.

La toxicité du procédé est connue. La raison d’être de l’entreprise surendettée est alors réduite au remboursement de la dette qui a servi à son acquisition

La baisse des taux d’intérêt offre donc une prime aux prédateurs d’entreprises. Ces prédateurs dépendent des banques et des avocats pour remplacer les anciennes dettes par de nouvelles. En échange, ils leur versent des milliards d’euros de commissions.

Chaque année en France, deux cents entreprises sont ainsi rachetées par des financiers qui les accablent de lourdes dettes pour les payer. La toxicité du procédé est connue. La raison d’être de l’entreprise surendettée est alors réduite au remboursement de la dette qui a servi à son acquisition.

L’injection de 100 milliards d’euros par mois dans le système bancaire en 2021 et 2022 par la BCE va encore faire baisser les taux. La vague de faillites qui se forme à l’horizon va finir en centaines de milliers de rééchelonnements de dettes au profit des banques.

Il est temps de moraliser ces pratiques. L’affectation d’un profit financier issu de la baisse des taux d’intérêt ne devrait pas être du seul ressort des actionnaires. Un partage équitable des bénéfices de cette baisse devrait être encouragé. En France, une baisse de 1 % des frais financiers représente 20 milliards d’euros par an qui pourraient être transformés en investissements, en hausse de salaires, en amélioration du service rendu aux clients et en soutien aux partenaires de l’entreprise – écoles, territoires, environnement.

Une relance aussi des services publics

Une  relance aussi des services publics 

En pleine pandémie, alors que des centaines de centres municipaux de vaccination ont été créés en quelques jours, au lieu d’encourager une dynamique qui peut encore être amplifiée, l’Etat poursuit son désengagement des secteurs essentiels au quotidien des citoyens, expliquent les maires Fabien Bazin et Bruno Piriou dans une tribune au « Monde ».

Tribune. 

 

Cela fait plusieurs années que les différents gouvernements ont démantelé petit à petit les services publics. La crise sanitaire liée au Covid-19 nous a prouvé à quel point cela avait été une erreur fondamentale, à quel point notre pays avait besoin de solidarité.

Depuis un an, les territoires ruraux et les quartiers de nos villes font preuve d’un engagement sans faille pour renforcer les services publics. Pour preuve, la création en quelques jours de centaines de centres municipaux de vaccination.

Pourtant, au lieu d’encourager et d’accompagner une dynamique qui peut encore être amplifiée, l’Etat poursuit son désengagement des secteurs essentiels au quotidien des citoyens.

La liste est longue et le cynisme à son comble. Service public de la santé, service public de l’éducation, services postaux, service public de l’emploi, etc. Ils sont les piliers de notre société. Alors pourquoi, au cœur de la pandémie, réduire encore, dans les campagnes et les quartiers, les offres de services publics ?

Comment expliquer que nos hôpitaux perdent des lits, des postes de soins, des services, et que la démographie médicale soit en crise ? Comment expliquer que nos écoles ferment, que les classes sont réduites et les enseignants rarement remplacés ?

Nous pouvons aussi citer « en vrac » la diminution de l’amplitude horaire des guichets dans les gares, les projets de fermeture des agences des opérateurs de téléphonie mobile…

Ces décisions donnent à la fois un sentiment de profonde déconnexion entre les territoires ruraux et les lieux de pouvoir et de décisions, et l’impression que les leçons des conséquences de la pandémie du Covid-19 et de son impact sur le quotidien des Français, et plus précisément des classes populaires, ne sont absolument pas tirées.

Cela alors que cette crise a indéniablement creusé les inégalités économiques et sociales qui existaient déjà dans notre pays.

L’Etat doit cesser d’être schizophrène. Il ne peut pas, d’un côté, demander aux collectivités de créer des centres de vaccination et, de l’autre, se désengager des territoires.

Nous montrons chaque jour à quel point notre engagement auprès des habitants est considérable.

Tant que notre pays sera confronté à cette crise sans précédent, l’Etat doit jouer son rôle et participer à l’effort collectif en cessant ces initiatives de « rationalisation » des services publics. L’Etat- providence doit atténuer les conséquences de la crise, pas les engendrer.

Covid-19 : la vaccination aux 50 à 64 ans, encore une fausse promesse !

 

Covid-19 : la vaccination aux  50 à 64 ans, encore une fausse promesse !

Alors que la France est même incapable de vacciner l’ensemble de la population des plus de 75 ans les promesses de vacciner d’autres catégories se multiplient. Ainsi on a appris que les médecins généralistes seraient autorisés à vacciner certains patients. De la même manière, on a annoncé que les salariés pourraient bénéficier de vaccination prioritaire. Récemment le ministre de la santé a annoncé que la vaccination serait ouverte aux personnes âgées de 50 à 64 ans. Dans la réalité, la plupart des centres de vaccination ne disposent plus de réserves de vaccins, sont fermés et ne répondent à aucun appel téléphonique.

Olivier Véran a pourtant indiqué que la campagne de vaccination va prendre « encore plus d’ampleur en mars » avec l’accès au vaccin AstraZeneca pour tous les Français âgés de 50 à 64 ans.

Une réforme des retraites bénéfique ? (Christian Saint-Etienne)

Une réforme des retraites bénéfique ? (Christian Saint-Etienne)

 

 « Une durée de cotisation de quarante-quatre ans et un âge légal à 64 ans permettraient de dégager une vingtaine de milliards par an, qui pourraient notamment financer une remise à niveau complète de l’école primaire », plaide l’économiste dans l’Opinion.

L’économiste libéral Christian Saint-Etienne préconise de réformer les retraites qui pèsent énormément sur l’économie, afin notamment d’ajouter deux heures de calcul par semaine aux élèves du primaire.

 

Les Français n’ont pas une idée claire du poids des retraites sur l’économie, la compétitivité des entreprises et la société. On rapporte généralement les retraites à la richesse produite, soit 14,3 % du PIB en 2019, dernière année avant la Covid-19. C’est quatre points de plus que dans les démocraties avancées et donc 100 milliards d’euros de cotisations sociales en plus qui contribuent massivement au coût du travail. Mais le PIB n’est pas le bon indicateur pour apprécier le poids exorbitant des retraites.

Si on rapporte les retraites au revenu disponible brut des ménages, on atteint 23,5 % pour 17 millions de retraités. Les actifs ne recevant que 947 milliards d’euros de salaires et traitements bruts, les retraites représentent même 36,6 % des salaires bruts d’activité. Or les 28,5 millions d’actifs devaient, en 2019, financer les 3,5 millions de chômeurs et les 18 millions de jeunes à leur charge, mais aussi les cotisations sociales santé qui bénéficient à plus de 60 % aux retraités. Le poids des retraites étouffe littéralement la population active alors que le coût du travail chargé, avec l’ensemble des cotisations sociales, en limite le nombre !

L’âge de départ à la retraite étant plus bas qu’ailleurs, le temps moyen passé à la retraite est supérieur de cinq ans au temps passé à la retraite dans les autres pays de l’OCDE. C’est donc sur la durée de cotisation et l’âge de départ à la retraite qu’il faut agir. La plupart des autres pays développés mettent progressivement en place un âge de départ à la retraite de 67 ans, qui correspond à l’allongement de l’espérance de vie. Sans aller aussi loin, dans un premier temps, il convient de porter au minimum la durée de cotisation à quarante-quatre ans et l’âge de départ à 64 ans d’ici 2027, en opérant le recul de l’âge de départ au rythme de quatre mois par an.

Enfants et pénibilité. Il faut compléter cette évolution par la mise en place d’une réduction de ces deux paramètres de six mois par enfant, mesure plafonnée à deux ans. De même, un mécanisme de pénibilité permet de réduire au maximum ces deux paramètres de dix-huit mois, le jeu conjoint des deux paramètres étant limité à 2,5 ans. Ceux qui en bénéficieraient pourraient ainsi partir à 61,5 ans avec une durée de cotisation de quarante et une années et demie.

«Dégager progressivement une vingtaine de milliards d’euros par an permettrait de financer notamment l’ajout en primaire de deux heures de calcul par semaine, tout en reformant massivement les maîtres à l’enseignement des mathématiques»

Ainsi, on limiterait l’augmentation du nombre de retraités en lien avec l’arrivée massive des baby-boomers à la retraite. On objecte souvent que l’âge effectif moyen de départ à la retraite est inférieur à l’âge légal, ce qui est faux pour la Cnav, la caisse des salariés du secteur privé (62,8 ans en 2019). On observe également que, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, l’âge effectif de départ recule comme l’âge légal au cours des deux dernières décennies, et que l’écart entre les deux n’augmente pas.

Cette réforme permettrait de dégager progressivement une vingtaine de milliards d’euros par an dans les comptes publics, qui pourraient par exemple financer une remise à niveau complète de l’école primaire dont les performances s’effondrent dans les classements internationaux. Il faut notamment ajouter deux heures de calcul par semaine, tout en reformant massivement les maîtres du primaire à l’enseignement des mathématiques. On doit également s’assurer que tous les enfants maîtrisent la lecture, l’écriture et le calcul à la fin du CE1 avant de les envoyer en CE2, car les performances des enfants en fin de CE1 dans ces trois matières sont prédictives à plus de 80 % de leurs compétences à 18 ans. Et enfin créer une filière mixte enseignement général et professionnel pour y accueillir dès l’âge de 12 ans les enfants qui ne s’épanouissent pas dans un enseignement formel, avec passerelle pour revenir ensuite dans l’enseignement général.

Reconversions. Il faut donc investir de 5 à 7 milliards d’euros par an pour rénover complètement l’enseignement primaire, le collège et la formation professionnelle. Mais aussi 3 milliards d’euros par an pour développer des centres de formation pour adultes au sein des entreprises car, à la suite de la crise actuelle, nous serons confrontés à la nécessité de reformer en trois ans 2 millions de travailleurs qui vont devoir changer d’entreprise ou de filière de production.

«On peut encore allouer 3 milliards d’euros au rééquipement de nos armées. Il reste un solde de 5 milliards pour réduire le déficit public»

Ainsi, cette réforme conjointe des retraites et du système d’enseignement et de formation permettrait de relever fortement le niveau de compétences des élèves et des travailleurs, tout en économisant une dizaine de milliards d’euros nets (20 milliards d’économies moins 8 à 10 milliards de nouvelles dépenses). On pourrait alors allouer 4 à 5 milliards d’euros par an à la numérisation et robotisation de notre système industriel et agroalimentaire, afin de regagner en activité et compétitivité dans ces deux secteurs soumis à une forte concurrence internationale. Si l’on prend les options de 8 milliards de dépenses nouvelles pour l’éducation et 4 milliards d’euros pour la modernisation du système productif, on peut encore allouer 3 milliards d’euros au rééquipement de nos armées, dont 1 milliard par an pour doubler notre effort de R&D militaire qui est très insuffisant. Il reste un solde de 5 milliards d’euros pour réduire le déficit public.

Il existe une voie de quadruple progrès (enseignement primaire et secondaire, formation des adultes, modernisation de l’appareil de production et rénovation technologique de nos armées) pour accélérer la croissance dans un contexte de transformation rapide de l’économie mondiale, tout en réduisant le déficit public et en allégeant la charge qui pèse sur les actifs.

Enfin la réforme des retraites proposée ici encourage la natalité, prend en compte la pénibilité du travail dans certaines professions et contribue à faire remonter le taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans, un taux de 8,5 points inférieur en France à ce qu’il était en Allemagne en 2019 (72,1 % contre 80,6 %, source Eurostat).

Christian Saint-Etienne est économiste, professeur au Conservatoire national des arts et métiers et auteur du Libéralisme stratège (Editions Odile Jacob, septembre 2020).

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

 

 

Il est clair que la presse écrite a connu une crise sans précédent en particulier du fait de la fermeture des points de vente depuis le début de la crise. Tous les titres sont touchés. On constate un certain report sur les versions numériques. Les consultations d’information sur le net auraient augmenté de leur de 30 %.

Les chiffres 2020 de fréquentation de sites de presse compilés par l’ACPM confirment cet effet booster du Covid : 2,7 milliards de visites en moyenne par mois en 2020 versus 2 milliards en 2019, soit une progression de 33 %, avec un pic en mars de 3,8 milliards lors du premier confinement.

La hausse des fréquentations des sites d’infos via le net provient notamment des préoccupations de l’opinion vis-à-vis de la crise sanitaire.

La question se pose de savoir si la presse écrite sous forme de papier va remonter la pente ou non après la crise sanitaire. Sans doute pas car ce type d’infos s’inscrit dans une tendance baissière depuis des années. Certes l’info par le Web se développe mais le problème c’est qu’elle est grandement accessible et ce qu’on ne trouve pas sur un site on le retrouve sur un autre.

Se pose donc la question de la rentabilité des grands titres par voie numérique. Pas sûr que les lecteurs soient décidés à payer pour obtenir une info par ailleurs disponible gratuitement ailleurs et souvent davantage documenté, plus objective aussi plus rapide. Pour s’en convaincre il suffit de vérifier la Une numérique des grands titres qui reste souvent figée pendant plusieurs jours.

Certes les abonnés numériques vont sans doute progresser mais ils ne viendront pas compenser la perte de lecteurs sur  supports traditionnels d’autant que la crise de la presse repose aussi sur la crédibilité de ligne éditoriale aujourd’hui en grande majorité dans les mains de financiers .

Conflit palestinien : les États-Unis pour une solution à deux Etats ?

Conflit palestinien : les États-Unis pour une solution à deux Etats ?

 

 

 

Un certain nombre d’Etats se sont déjà prononcés pour deux Etats en Palestine mais jusque-là les États-Unis s’étaient toujours montrés assez réticents suivant en cela la position d’Israël. Il semble bien que la position américaine pourrait officiellement évoluer dans le sens d’une reconnaissance d’une partition en Palestine- Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a déclaré lundi à son homologue israélien qu’une solution à deux Etats du conflit israélo-palestinien était la meilleure pour l’avenir d’Israël, a déclaré le Département d’Etat américain.

Antony Blinken, dans un appel avec le ministre israélien des affaires étrangères Gabi Ashkenazi, « a souligné la conviction de l’administration Biden que la solution à deux Etats est la meilleure façon d’assurer l’avenir d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique, vivant en paix aux côtés d’un Etat palestinien viable et démocratique », a déclaré le Département d’Etat.

Une stratégie de vaccination illisible

Une stratégie de vaccination illisible

Généraliste à Ifs (Calvados), le docteur Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, détaille les enjeux de l’ouverture de la vaccination aux médecins de ville.( Interview dans l’Opinion)

Cette semaine, près de 30 000 généralistes volontaires vont pouvoir vacciner dans leur cabinet médical avec le produit d’AstraZeneca. Comment cela va se passer ?

Les patients vont pouvoir se faire vacciner par leur médecin jeudi et plus probablement vendredi. Nous devions participer à la campagne vaccinale quelques jours plus tôt mais la distribution en lots des vaccins aux 11 000 pharmacies qui vont fournir les médecins de ville est complexe. Les flacons de 10 doses sont conditionnés en paquet de dix et chaque médecin a le droit, pour cette semaine, à un flacon. Or, un pharmacien va alimenter en doses trois ou quatre médecins, pas davantage. Il faut donc séparer les paquets pour éviter de perdre des vaccins en route. Tout cela prend du temps.

Le patient doit-il aller chercher son vaccin chez le pharmacien ?

C’est plutôt le médecin qui se rend chez le pharmacien auprès de qui il s’est fait connaître comme vaccinateur volontaire pour récupérer les doses. Il les ramène ensuite à son cabinet en les transportant bien droit dans un sachet ou une boîte isotherme. La plupart des confrères vont consacrer une demi-journée de travail jeudi ou vendredi à vacciner les patients qu’ils auront sélectionnés.

«Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien, mais pourquoi la même entre 50 et 64 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca»

Un peu plus d’un médecin généraliste sur deux s’est engagé dans la démarche vaccinale. Pourquoi si peu ?

Je dirai au contraire qu’il s’agit là d’un beau succès au regard des handicaps qui sont les nôtres. Le premier est circonstanciel : ce sont les vacances et certains médecins sont en congés. Ils ont aussi des enfants. Tous ne sont pas disponibles.

Ensuite, le vaccin d’AstraZeneca a souffert d’une mauvaise réputation auprès des médecins avant que la science ne démontre une efficacité de 80 %, soit bien plus que le vaccin contre la grippe. Cette petite musique a pu avoir un effet dissuasif.

Autre souci : les effets indésirables. On sait maintenant que ce type de syndromes grippaux, pas dramatiques mais inconfortables, sont plus fréquents chez les personnes les plus jeunes. Les médecins vont pouvoir informer leurs patients sur ce point.

La vaccination est conditionnée à un dispositif de priorisation des patients avec sept profils et 16 sous-profils. Est-ce que les Français s’y retrouvent ?

En l’état, la stratégie de vaccination est illisible pour les patients. Il ne se passe pas une réunion au ministère de la Santé sans que je réclame une clarification. Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien mais pourquoi la même entre 50 et 65 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca. Cette création d’exceptions entre différentes tranches d’âge crée des tensions dans les centres de santé et des conflits entre médecins et patients. Certains font des pieds et des mains pour se faire vacciner et ont recours au système D bien français pour arriver à leurs fins.

Le professeur Alain Fischer a laissé entendre que le prochain vaccin du laboratoire Janssen pourrait convenir aux 65-74 ans. Est-ce une bonne idée ?

Je n’ai pas assez d’informations pour répondre par oui ou par non. Une chose est sûre : c’est plus facile pour un médecin généraliste de s’organiser avec un vaccin monodose que multidose, de le conserver dans son frigo et de vacciner au fil de l’eau. Nous voyons 100 patients par semaine, on peut sans problème en piquer la moitié. Sans contrainte, notre puissance de vaccination peut monter à plus de deux millions de Français piqués par semaine. Aujourd’hui, notre cible vaccinale est très étroite et les doses arrivent au compte-gouttes (10 doses cette semaine par médecin volontaire, puis 20 à 30 hebdomadaires ensuite, selon la demande, N.D.L.R.). Sur trois ou quatre semaines, chaque généraliste est en mesure de vacciner entre 40 et 80 personnes. Ça ne va pas assez vite.

2,4 millions de personnes de plus de 75 ans vivent seules, certaines sont très isolées. Comment amener la vaccination à elles ?

Certains de ces patients ne peuvent pas prendre rendez-vous sur Internet. Moi, ce qui me semble le plus simple, ce serait de réserver dans chaque centre de vaccination un quota de doses que les médecins passeraient prendre avant chaque tournée à domicile. Au centre, le généraliste les inscrirait sur un registre puis une fois sur place, entrerait dans le système de traçabilité l’identité du patient et son accord, la réalisation de la consultation, de l’acte vaccinal et le numéro du lot.

« Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS »

En Meurthe-et-Moselle, des médecins et infirmiers libéraux ont avancé 8 000 euros de leurs poches pour faire tourner leur centre de vaccination. Est-ce un cas isolé ? Les soignants de ville sont-ils suffisamment accompagnés par les agences régionales de santé (ARS) ​?

Je connais des cas similaires et c’est aussi ma situation. Je travaille dans une maison de santé et nous ouvrons un centre la semaine prochaine. Nous n’avons pas les fonds nécessaires. Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, les agendas, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS, etc. C’est du temps de travail salarié. Et sincèrement, nous n’avons pas, sur le terrain, les moyens de travailler correctement. Les médecins retraités sont rémunérés sous forme de vacation, je ne vois pas pourquoi les gestionnaires de centre ne seraient pas eux aussi payés pour leur contribution à l’effort vaccinal.

Les pharmaciens pourront prendre part à la stratégie vaccinale en mars, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Cette idée ne plaît pas à tous les médecins, loin de là. Qu’en pense MG France ?

Tant que les vaccins ne sont pas en nombre suffisant, tant qu’il reste des patients vulnérables à repérer et à vacciner en priorité, c’est logique de ne pas multiplier le nombre de vaccinateurs. Cela n’apporte rien et entraîne de la confusion.

Je ne suis pas sûr que les pharmaciens aient le temps, l’espace et la logistique nécessaires. Quand la vaccination sera accessible à l’ensemble de la population de plus de 18 ans et que les doses suivront, nous en reparlerons. Quand le moment sera venu, MG France ne s’opposera pas à la vaccination en pharmacie. Mais nous n’en sommes pas là.

Pour une réplique radicale face à Poutine

Pour une réplique radicale face à Poutine

Après la « claque » infligée au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, à Moscou, le 5 février, l’universitaire spécialiste de la Russie Françoise Thom préconise, dans une tribune au « Monde », que l’Union européenne adopte une politique « résolue de sanctions dures » et de risposte aux provocations.

Tribune. 

 

S’il est une leçon que l’on peut tirer de la visite calamiteuse du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, à Moscou, c’est qu’il est temps pour l’Union européenne (UE) de repenser de fond en comble sa politique russe. Car le comportement de Moscou à cette occasion a révélé une chose : le Kremlin considère désormais que l’UE est moribonde et qu’on peut impunément rouer de coups le lion devenu vieux. Mais ce n’est pas parce qu’il se tournerait vers la Chine, comme le ressasse l’orchestre de Moscou. C’est parce qu’une autre structure européenne, patiemment construite par la Russie depuis des années, est prête à prendre la relève.

 

Il s’agit du réseau des relations bilatérales tissé par le Kremlin avec les principaux pays européens, grâce auquel la Russie espère acquérir une place centrale et prépondérante en Europe. La France ne cesse d’appeler à un « partenariat stratégique » avec Moscou ; les successeurs présumés d’Angela Merkel ont les yeux fixés sur les juteux contrats que le Kremlin fait miroiter devant eux. 

L’Angleterre, seul pays considéré comme réfractaire par la Russie, est maintenant hors jeu grâce au Brexit. Le traitement humiliant démonstrativement infligé à Josep Borrell montre que le Kremlin entend désormais faire de la question russe un « boutoir » contre ce qu’il reste de l’UE.

Il est par conséquent urgent pour l’Union de formuler une politique russe cohérente qui permette de resserrer les rangs et d’éviter à l’avenir les désastres comme celui auquel nous venons d’assister. Pour cela, il faut d’abord se débarrasser des clichés qui nous collent à la peau et qui défilent déjà de nouveau, quelques jours après la volée de bois vert infligée à M. Borrell : « Il faut maintenir le dialogue », « le mur du silence n’est pas une option », il faut « trouver des domaines où la coopération est possible », les Occidentaux ont « humilié la Russie », etc.

Ce genre de rhétorique a persuadé Moscou qu’on peut souffleter les Européens, et qu’ils tendront l’autre joue. Ceux qui préconisent le « dialogue » ne voient pas que toute main tendue de l’Occident est perçue en Russie soit comme une agression camouflée – l’expression du projet prêté à l’Occident de « démembrer la Russie » pour mettre le grappin sur ses richesses –, soit comme le signal d’une disposition à la capitulation de « l’adversaire » (car le Kremlin considère comme des adversaires tous les pays qui ne sont pas des dictatures).

L’inflation: une hausse de 0,6 %

L’inflation: une hausse de 0,6 %

Contrairement à ce qu’affirme nombre d’experts,  l’inflation ne peut être renvoyée à un rôle de fantasme au prétexte que la banque centrale délivre pour l’instant des masses de liquidités à taux zéro. En effet aux États-Unis et maintenant en France, on constate un processus de hausse des prix. Ainsi en France, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6% sur un an en janvier, après avoir stagné en décembre, tirés par le décalage des soldes d’hiver qui a fait progresser les prix des produits manufacturés, a indiqué l’Insee vendredi dans son estimation définitive.

Sur un mois, les prix à la consommation ont augmenté de 0,2%, comme en décembre, ajoute l’Institut national de la statistique.

Fait marquant, les prix des produits manufacturés rebondissent nettement (+0,8% après −0,9%) par rapport à la même période l’an passé, « en lien avec le décalage des soldes d’hiver », note l’Insee.

Si les prix des services de communications accélèrent, « en particulier ceux des services d’accès à internet » (+6,0%), les prix des loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères progressent plus légèrement (+0,3 %), relève l’Insee.

 

L’inflation semble être revenue en Europe en janvier. En Allemagne, les prix à la consommation ont augmenté pour la première fois depuis juin et en Espagne pour la première fois depuis avril.

En France, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a progressé de 0,3 % sur un mois et de 0,8% sur un an. Sur l’ensemble de l’année 2020, l’inflation a atteint en moyenne 0,5%, après avoir stagné voire reculé plusieurs mois de suite.

Politique-Gouvernement : Une technocratie managériale qui fait office de politique

Politique-Gouvernement : Une technocratie managériale qui fait office de politique

 

Les injonctions gouvernementales pour imposer le télétravail se font toujours plus intrusives dans la gestion des entreprises. Dans une tribune pour « Le Monde », l’avocate en droit social Elsa Lederlin et l’essayiste Fanny Lederlin rappellent que « manager » ce n’est pas gouverner

Par Elsa Lederlin(Avocate en droit social et secrétaire générale de l’association « Droit et démocratie ») et Fanny Lederlin(Doctorante en philosophie, essayiste)

Tribune. « Télétravailler partout où c’est possible » : tel est le mot d’ordre de la ministre du travail, qui l’a adressé personnellement aux représentants des secteurs bancaires, assurances et cabinets de conseil, après avoir précisé qu’étaient également ciblées les branches de la communication, l’informatique, les activités immobilières et juridiques.

L’instruction a été accompagnée d’une note dans laquelle le directeur général du travail rappelle que « le choix de ne pas instaurer un confinement général impose le respect des principes de prévention », ordonne que « les tâches télétravaillables le soient » et prévient que le système d’inspection du travail sera mobilisé dans les semaines à venir afin « que chacun puisse travailler dans les meilleures conditions de sécurité possibles pour sa santé ».

Ces instructions s’ajoutent aux communications, notes, foires aux questions (FAQ), questions-réponses (QR) et autres protocoles qui se succèdent depuis que le ministère du travail gère la crise sanitaire. Non sans poser de questions.

Outre une certaine lassitude de la part des chefs d’entreprise, des responsables des ressources humaines et de leurs conseillers juridiques, nous voyons poindre trois dangers derrière cette inflation de recommandations : le premier est celui d’une pente interventionniste, voire normativiste du ministère du travail ; le deuxième est celui d’une dérive managériale du gouvernement ; le troisième est celui du déni des principes de justice et d’égalité entre les travailleurs, au profit d’une efficacité sanitaire partielle et partiale.

Commençons par questionner la portée normative de ces recommandations. Si leur intention est louable, comment ne pas s’inquiéter du pouvoir exorbitant que s’arroge le ministère du travail en multipliant les injonctions aux entreprises sous le couvert d’une « déclinaison matérielle » de l’obligation de sécurité de l’employeur ? Car, même si le Conseil d’Etat, saisi en septembre dernier, a refusé de suspendre l’exécution du protocole national sanitaire au motif qu’il n’avait pas de « caractère contraignant », l’employeur qui n’appliquerait pas ces recommandations pourrait se voir reprocher – et ce, au moyen d’une mise en demeure ou d’un référé judiciaire – de faillir à son obligation de sécurité.

Autrement dit, les recommandations ont beau ne pas être impératives, elles possèdent une puissante valeur normative, et le « faiseur de notes » s’avère en réalité un « faiseur de normes ». Nous voyons dans cette émancipation du cadre réglementaire la manifestation d’un interventionnisme gouvernemental dans l’ordre juridique comme dans l’organisation des entreprises, et ce, aux dépens du respect du droit, du principe de concertation avec les acteurs sociaux, du pouvoir de direction de l’employeur et de la liberté d’entreprendre.

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