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« La “peuplecratie » est un défi pour la démocratie» (Marc Lazar)

 « La “peuplecratie » est un défi pour la démocratie» (Marc Lazar)

Marc Lazar, sociologue et historien s’interroge sur la peuplecratie dans une tribune au Monde (extraits)

« Pourquoi ce néologisme un peu lourd de « peuplecratie », alors que l’étymologie grecque de démocratie, c’est « le pouvoir du peuple » ?

Je dois reconnaître qu’en italien cela sonne mieux : popolocrazia.Ilvo Diamanti, avec qui j’ai écrit ce livre, est aussi un éditorialiste de talent, inventeur de mots. L’émergence de nouvelles pratiques politiques, voire de nouveaux régimes, nécessite de forger de nouvelles notions. Ainsi, dans les années 1930 et 1950, celle de « totalitarisme » pour tenter d’appréhender ce que pouvaient avoir en commun le bolchevisme, le fascisme et le nazisme.

Or, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, les mouvements populistes d’aujourd’hui sont en train de faire muter les bases mêmes de la démocratie libérale et représentative.

La démocratie, dans sa pratique moderne, se fonde sur la séparation des pouvoirs et sur tout ce qui relève de l’Etat de droit né des Lumières. Nous entrons maintenant, sous la pression de ces mouvements, dans une tout autre période…

Ces mouvements populistes et leurs leaders martèlent que la souveraineté du peuple est sans limite. Tous les contre-pouvoirs doivent céder le pas au suffrage universel.

Le deuxième élément qui les caractérise est la mise en avant non seulement d’une démocratie directe mais aussi d’une démocratie immédiate, sans aucune forme de médiation, passant outre les corps intermédiaires et les partis.

Leur discours est celui d’une urgence permanente. Ils clament qu’il y a des solutions simples pour tous les problèmes, d’où leur demande d’une pratique référendaire systématique. Ils ont compris aussi la révolution que représentent les réseaux sociaux, qu’ils utilisent à fond.

La « peuplecratie » serait donc à la fois une nouvelle phase de la démocratie et une menace pour celle-ci ?

La « peuplecratie » n’a pas encore vaincu, mais elle est là comme un grand défi pour la démocratie libérale et représentative. »

Retraités : le compte n’y est pas

Retraités : le compte n’y est pas

 

 

 

Évidemment les associations de retraités considèrent après les annonces de Macron que le compte n’y est pas. En effet les retraites déjà amputées de leur augmentation depuis 2014 ont perdu du pouvoir d’achat. À cela s’ajoute évidemment les mesures nouvelles de la CSG vis-à-vis des retraités. En fait Macon a été obligé de reculer un peu sur la CSG et l’augmentation des petites retraites. Les associations de retraités ont admis vendredi qu’Emmanuel Macron avait fait “un pas” à leur égard en promettant une indexation des retraites sur l’inflation et en augmentant le minimum contributif mais jugent ces avancées insuffisantes. Le président de la République a annoncé jeudi la réindexation des retraites de moins de 2.000 euros sur l’inflation à partir du 1er janvier 2020 et de toutes les autres l’année suivante, pour un coût de l’ordre de 1,4 milliard d’euros.“Cela ne va pas suffire pour réparer les injustices que l’ensemble des retraités subissent depuis trop d’années car ce sont des milliards d’euros qui auront été pris dans la poche des retraités, et qui vont continuer d’être pris”, écrivent dans un communiqué neuf organisations nationales de retraités. Elles réclament par ailleurs une indexation des retraites non sur l’inflation mais plutôt sur les salaires, dont l’évolution est en ce moment plus favorable.“Ces mesures sont prévues pour 2020 et 2021 : rien dans l’immédiat, malgré l’inflation et les augmentations actuelles (carburant, par exemple) et à venir (électricité)”, ajoutent-elles.Afin d’économiser plus de deux milliards d’euros, le gouvernement avait décidé de limiter à 0,3% la revalorisation des retraites en 2019 – bien en-deçà de l’inflation, qui a atteint 1,8% en moyenne en 2018 – suscitant l’ire des retraités déjà remontés contre la hausse de 1,7 point de la CSG (contribution sociale généralisée).Emmanuel Macron a également souhaité que soit redéfini un “seuil minimal pour tous ceux qui ont travaillé”, qui “doit être supérieur au minimum vieillesse, plus significativement”, a-t-il précisé en évoquant le chiffre de 1.000 euros par mois.“Aujourd’hui quand on parle des artisans, des commerçants, on a des situations inacceptables, on a beaucoup de nos concitoyens qui n’ont pas cotisé comme il fallait, qui étaient dans un régime moins favorable que le régime général”, a-t-il dit. Le minimum contributif, qui ne concerne que les personnes ayant le droit de percevoir une retraite à taux plein, est aujourd’hui de 636 euros pour les personnes ayant cotisé moins de 120 trimestres et de 695 euros pour celles ayant cotisé davantage. La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a évoqué vendredi sur BFMTV une mise en œuvre dès les départs à la retraite de 2020, sans se prononcer sur la situation des retraités actuels. Pour la Confédération paysanne, il est regrettable “de devoir attendre au 1er janvier 2020 la mise en application qui aurait pu être immédiate”, peut-on lire dans un communiqué. “Alors que le niveau de pension agricole moyen est de 740 euros mensuel, (…) le président de la République a clairement annoncé qu’il n’avait pas l’intention de corriger la situation passée”, ajoute le syndicat qui réclame une revalorisation immédiate à 85% du smic pour l’ensemble des retraités de l’agriculture. Alain Griset, le président de l’U2P, un syndicat fédérant principalement des artisans, des commerçants et des professionnels libéraux, estime pour sa part que le différentiel entre le minimum vieillesse (dispositif garantissant un minimum de ressources indépendamment du nombre de trimestres cotisés) et le minimum contributif n’est pas assez élevé. Le minimum vieillesse doit être revalorisé à 903 euros en 2020. “Le principe est de récompenser les personnes qui ont travaillé toute leur vie”, explique-t-il à Reuters. “Une différence de 100 euros n’est pas assez importante.”Il regrette, par ailleurs, que cette mesure ne concerne que les retraités qui liquideront leurs droits à partir de 2020.Quand le président dit que certains artisans touchent moins que le minimum vieillesse, “il fait référence à des gens qui sont en retraite actuellement, qui n’ont pas cotisé dans les années 1970 parce que ce n’était pas obligatoire et qui, pour certains, touchent 400 ou 500 euros”.“Mais il a bien dit que ce n’étaient pas ceux-là qui seraient concernés, ce seraient les ‘futurs’. Et les ‘futurs’, à priori, s’ils ont cotisé normalement, ils vont dépasser les 1.000 euros”, ajoute-t-il.“Le problème, c’est ceux qui sont juste au-dessus, ceux qui sont à 1.050 et 1.100 euros, qui sont la majorité et pour lesquels on considère qu’il n’y a toujours pas assez de différence avec le minimum vieillesse”, poursuit-il en précisant que la moitié des artisans disposaient d’une pension située dans cette fourchette. Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a suggéré vendredi sur RTL que cette mesure concernerait tant les nouvelles retraites que les pensions très basses actuelles, “qu’il faut rattraper”.

Grand débat : Macron est trop présent d’après les garants

Grand débat : Macron est trop présent d’après les garants

 

Il était temps que les garants du grand débat s’en perçoivent : Macron est beaucoup trop présent partout. Pas étonnant il aura participé au moins à une douzaine de séances en plus souvent entièrement retransmises à la télévision. Cela à la cadence de deux meetings par semaine. Du jamais vu sans doute quant à la présence d’un chef de l’État dans les grands médias. Même observation par rapport à l’implication des membres du gouvernement. C’est dans un langage très diplomatique que les garants se permettent cette observation évidente et choquante d’un point de vue démocratique : Les garants se félicitent cependant du succès de cette opération. Un succès qu’on devrait pourtant relativiser car si effectivement certaines séances ont pris des allures de débat dans beaucoup d’autres cas il s’agissait davantage de conférences ou de meetings. Reste aussi à savoir comment sera restitué la les discussions qui ont embrassé beaucoup de sujets souvent de manière assez schématique dans le cadre d’une problématique très sommaire comme le document d’introduction du gouvernement lui-même Que l’exécutif se tienne « en retrait » « Nous ne sommes pas face à un sondage à l’échelle nationale », a par ailleurs souligné Isabelle Falque-Pierrotin, en prévenant que l’on ne pourra pas tirer du débat « quelque chose comme le top 10 des sujets clés retenus par les Français ». Après la fin des réunions locales, 18 Conférences citoyennes régionales doivent encore être organisées dans les semaines qui viennent, avec la participation de Français tirés au sort. Une jolie pagaille en perspective envoie mal en effet comment organiser un débat avec 50 à 70 personnes en plus pour la plupart sans doute ignorants de la cohérence des enjeux économiques sociaux et financiers. Encore plus que dans d’autres réunions, on risque la caricature. Notons d’ailleurs qu’on parle de conférences et non de débat. Ce qui suppose des animateurs qui auront la main sur le fond et la forme des discussions. Pascal Perrineau a souligné à ce propos « des difficultés pour rassembler ces échantillons de citoyens » dans certaines régions. La participation moyenne pourrait, selon lui, se situer « plutôt aux alentours de 50 à 70 citoyens par conférence » au lieu d’une centaine prévue au départ.

 

Automobile : « L’amateurisme est du côté de Carlos Tavares, PSA », (Karima Delli)

Automobile : « L’amateurisme est du côté de Carlos Tavares, PSA », (Karima Delli)

 

La députée européenne écolo (EELV) répond vertement-(Forcément !) à Carlos Tavares ,  Pdg de PSA qui  a fustigé dans le Figaro la décision, votée en octobre 2018 par le Parlement de Strasbourg, de réduire de 40% les émissions de CO2.  (La Tribune)

 

- Quelle a été votre réaction après les propos de Carlos Tavares sur les réglementations de l’Union européenne en matière d’émissions de CO2 ?

KARIMA DELLI (*) - Je suis en colère parce que M. Tavares ose utiliser le mot « amateurisme » en pointant les législateurs que nous sommes. Or c’est bien du sien dont il est question dans cette affaire des émissions de CO2. Il n’a pas été capable d’investir dans des moteurs propres et basses émissions plus tôt, alors que les technologies existent depuis longtemps.

En outre, nous avons parfaitement compris que la décision de baisser de 40% les émissions de CO2 en 2030 aura des conséquences sur l’emploi. C’est pour cette raison que nous légiférons aujourd’hui pour 2030, et pas pour demain matin ! C’est aussi ce qui m’amène depuis des mois à réclamer un sommet européen de la reconversion du secteur automobile : on sait bien que la fabrication des véhicules électriques et basses émissions nécessitera moins de main d’oeuvre. Je n’accepte pas que M. Tavares fasse du chantage à l’emploi parce que les constructeurs automobiles ont été arrosés de subventions pour développer de nouvelles technologies. Si les emplois sont enfermés dans de vieilles technologies polluantes, c’est un arbitrage industriel qu’il a pris lui-même. Cet argument est donc inacceptable.

Carlos Tavares, qui s’est également exprimé au titre de président de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), chiffre à 13 millions le nombre d’emplois dans l’industrie automobile. Affirmer que des réglementations contraignantes auront un fort impact sur l’emploi relève-t-il nécessairement du fantasme ou de l’exagération ?

C’est bien pour cela qu’il fallait anticiper. Les politiques de réduction d’émissions ne datent pas de 2019, elles existent depuis très longtemps. Et heureusement ! Mais regardez les normes d’émissions concernant le diesel : les constructeurs ont fait reculer de 10 ans les premiers objectifs. La réalité, c’est que les constructeurs n’ont pas fait ce qu’il fallait. Au contraire, ils ont même triché pour se soustraire aux objectifs fixés par le législateur européen.

Justement, est-ce que les constructeurs ne paient pas cette affaire du dieselgate qui les ont rendus, d’après Carlos Tavares, complètement inaudibles, y compris auprès des législateurs ?

Les constructeurs automobiles sont des interlocuteurs privilégiés de la Commission européenne. C’est « open-bar » pour eux et pour Carlos Tavares plus que d’autres, en vertu de son titre de patron de l’ACEA. De plus, les décisions de la Commission européenne ne sont pas prises seules, elles prennent en compte l’intervention des chefs d’État et de gouvernement, qui sont souvent les premiers défenseurs des constructeurs.

Vous aviez vous-même milité pour une réduction plus ambitieuse que les 40% retenus pour 2030…

Si je regarde les objectifs de l’accord de Paris, il aurait fallu porter cette baisse à 70% en 2030. Après, si les accords de Paris ne lui plaisent pas, il n’a qu’à dire à tous les chefs d’État qui les ont négociés à quel point ils sont amateurs et irresponsables, eux aussi ! Moi j’invite M. Tavares à débattre devant le Parlement européen. Il ne faut pas avoir peur de parler de tous les sujets. Y compris celui du cycle de vie de la voiture électrique.

Carlos Tavares a toujours demandé la neutralité technologique. Or, les gouvernements ont clairement fait le choix de la voiture électrique qui reste cher, tout en récusant le diesel qui permet de baisser les émissions de CO2…

On ne choisit pas entre la peste et le choléra, entre le climat et la santé… C’est les deux qu’il faut traiter en même temps. Il faut accepter qu’il y a une urgence climatique à traiter et que l’automobile est au cœur de ce sujet. Parce qu’un jour, les petits-enfants de Carlos Tavares lui poseront la question suivante : « Papi, qu’as-tu fait contre le réchauffement climatique ? ». Avec cet accord, pour la première fois, nous allons soumettre le transport routier à des objectifs d’émissions. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent. M. Tavares et ses confrères ont 11 ans devant eux… Si on ne le fait pas, c’est la Chine qui le fera et son industrie sera alors plus forte que la nôtre. Est-ce qu’on veut une industrie européenne moins compétitive ? C’est le message que je vais porter pour la prochaine mandature européenne. Nous organiserons un sommet de la reconversion de l’industrie automobile européenne.

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(*) Karima Delli est députée européenne étiquetée Europe Ecologie Les Verts, et elle est également présidente de la commission Transport du Parlement européen.

Agriculture : la loi alimentation est une fumisterie

Agriculture : la loi alimentation est une fumisterie

C’est ce  qu’on peut conclure des propos de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture qui  estime que les négociations sur les prix avec la grande distribution n’ont pas permis de couvrir les coûts de production des agriculteurs. Les prix de des 100 références majeures de marques fabricants de produits de grande consommation auraient augmenté de 4.2% dans les hypermarchés entre le 26 janvier et le 9 février, et de 3.1% dans les supermarchés selon une étude réalisée par le cabinet Nielsen Malheureusement les producteurs n’ont ont guère vue la couleur à part dans quelques filières comme le lait et encore. La loi alimentation dite Egalim aura surtout réussi l’exploit de faire des mécontents un peu partout. Une loi qui prévoit un encouragement au bio et à l’économie circulaire mais qui demeure très théorique sur la formation des prix où là aussi les agriculteurs seront seulement encouragés à pratiquer la réalité des coûts. La loi prévoit une alimentation plus saine, avec notamment une obligation de 20% « de bio » dans la restauration collective Le texte devait permettre  notamment d’inverser la construction du prix des produits pour permettre une meilleure rémunération des agriculteurs. Il devait rendre  ainsi aux exploitants la possibilité de proposer leurs tarifs aux acheteurs et de ne plus se laisser imposer des prix trop bas par rapport aux coûts de production. Le texte renforce le rôle du médiateur des relations commerciales agricoles en mettant en place la pratique du “name and shame”, le fait de nommer les mauvais élèves. Sur la partie dédiée à l’alimentation saine, le projet de loi “renforce la qualité et le suivi des produits”, notamment dans la restauration collective, comme les cantines, où il impose “un quota de 50 % de produits locaux ou labellisés, dont 20 % de bio d’ici janvier 2022”, explique la commission des affaires économiques dans un communiqué. Le texte encadre également davantage la vente des pesticides et interdit certaines pratiques commerciales trompeuses. Finalement on a renoncé à la nouvelle logique de construction des prix et la fixation d’« indicateurs de coût de production neutres et objectifs » a finalement été confiée aux organisations interprofessionnelles. Ce que regrette la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), qui craint que le « déséquilibre structurel (…) entre les producteurs d’une part et industriels et distributeurs d’autre part » permette à ces derniers de faire la pluie et le beau temps. « Le désengagement de l’État est dramatique sur ce dossier où les paysans ont besoin d’être protégés des griffes d’un modèle économique qui les broie jour après jour. La responsabilisation attendue des différents acteurs est un mirage auquel nous ne croyons plus, tant la discussion interprofessionnelle est tronquée par le déséquilibre des forces en présence », abonde la Confédération paysanne. « Le projet de loi Egalim s’annonce en définitive comme une simple charte n’imposant aucune contrainte aux transformateurs et distributeurs et ne reposant ainsi que sur leur bonne volonté plus qu’improbable pour augmenter le prix payé aux agriculteurs », résume Coordination rurale. Quelques sujets essentiels dans la perspective d’un redressement des relations commerciales entre producteurs, industriels et distributeurs sont par ailleurs laissés aux ordonnances qui mettront en œuvre la loi. Les questions sont donc renvoyées à plus tard.  La loi alimentation aurait pu s’inspirer de ce qui se pratique dans le transport avec des dispositifs de tarifs de référence et des sanctions pour les prix trop bas dans la sous-traitance.

Le japon est intervenu directement dans l’affaire Carlos Ghosn

Le japon est intervenu directement dans l’affaire Carlos Ghosn  

 

 

De jour en jour, il se confirme que derrière l’affaire Carlos Ghosn   ce dissimule une position entre la France et le Japon concernant une nouvelle phase du rapprochement entre Nissan et Renault. Certes Carlos  Ghosn n’est pas un saint, comme nombre d’autres patrons il est victime de sa cupidité mais cela ne saurait remettre en cause ses grandes qualités qui ont permis de redresser d’abord Renault puis Nissan pour en faire le premier groupe de constructeurs au monde. L’éventualité d’un rapprochement et d’une éventuelle fusion entre les deux constructeurs a été clairement combattue par les dirigeants de Nissan par ailleurs en position délicate par rapport à leur gestion comme en témoigne les mauvais résultats financiers récents. L’État japonais est aussi intervenu car il ne supporte plus la tutelle de Renaud sur Nissan. Un état japonais qui ce caractérise par une posture très nationaliste aussi bien sur ce dossier que sur d’autres comme par exemple la pêche à la baleine. D’après le  Wall Street Journal plusieurs mois avant l’arrestation de Carlos Ghosn, le gouvernement japonais est intervenu dans les discussions entre Renault et Nissan en vue d’une éventuelle fusion entre les deux constructeurs

Les dirigeants de Nissan ont d’abord demandé au ministère japonais de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (METI) de l’aider à repousser un projet de fusion sur lequel Carlos Ghosn travaillait, ajoute le WSJ citant une source.

Mais cette demande a failli se retourner contre les dirigeants de Nissan, le METI ayant entrepris d’élaborer un projet en vue de superviser les discussions entre les deux constructeurs, une présence que le groupe japonais jugeait finalement encombrante, poursuit le journal.

L’implication directe du gouvernement japonais dans les discussions sur l’avenir de l’alliance n’avait jusqu’ici jamais évoquée, souligne le quotidien américain.

Dans sa première interview depuis son arrestation au Japon le 19 novembre, publiée le 30 janvier, Carlos Ghosn a dit avoir discuté en septembre avec le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, d’un projet d’intégration des entreprises membres de l’alliance.

L’artisan du redressement de Nissan travaillait sur un renforcement des liens avec Renault, avec la possibilité d’une fusion parmi les options sur la table, afin de pérenniser l’édifice.

Mais selon lui, des dirigeants de Nissan ont utilisé “le complot et la trahison” pour casser ces plans. Le projet de fusion a toujours suscité d’importantes réserves dans le camp japonais, où le poids de Renault, qui détient 43,4% de Nissan, est déjà considéré comme un facteur de déséquilibre.

Rugby-France Angleterre : tout est à revoir !

Rugby-France Angleterre : tout est à revoir !

 

 

La plupart des experts sportifs sont au moins d’accord sur une chose : l’écart de classe entre l’Angleterre et la France est considérable. De toute évidence, on ne joue pas dans la même division. Après se pose une multitude de questions. La principale concerne peut-être le style de jeu de la France. La vérité, c’est que depuis des années déjà la France a choisi de mettre en place une stratégie en vigueur dans l’hémisphère sud est pratiquée par exemple parler le All Blacks. C’est-à-dire un rugby de contact avec beaucoup de puissance mais peu de mobilité et d’imagination. Or depuis toujours la France n’a réussi à battre ses adversaires que lorsqu’elle a pratiquée le jeu à la française fait de créativité et de vitesse. Finalement on a perdu sur tous les tableaux, on a abandonné ce qui faisait l’originalité du génie français sans jamais acquérir la puissance. Sans doute se pose-t-il très en amont la question de la formation, aussi de l’attractivité du rugby qui aujourd’hui n’attire plus les foules faute notamment d’équipe nationale susceptible de créer l’enthousiasme. La présence massive d’étrangers dans les équipes du championnat pose aussi problème dans la mesure où cela constitue parfois un obstacle à l’émergence de futurs jeunes champions nationaux. On ne peut éviter le problème de l’entraîneur ou plus exactement du sélectionneur. Aujourd’hui le rugby comme d’ailleurs la plupart des autres sports évolue très vite et pour l’instant la France choisit des sélectionneurs sans doute un peu dépassé par les évolutions. Autre  problème, celui  du mental. On connaît la fragilité psychique des Français mais on est surpris par tant de maladresses et même par le manque d’engagement des Français. En cause la préparation physique des joueurs de rugby français. De toute évidence cette préparation n’est pas à la hauteur et l’équipe de France ne résiste pas à la furia d’équipe aussi brillante que celle d’Angleterre ou de l’hémisphère sud. Et qui dire de la lenteur de nos demis ?  Bref tout est à revoir.

François-Xavier Bellamy est adhérent à LR depuis une semaine !

François-Xavier Bellamy est adhérent à LR depuis une semaine !

Il faut vraiment que les partis politiques classiques soient dans un état de déliquescence avancée pour accepter que la personnalité en tête de la liste européenne ne soit adhérente au parti que depuis une semaine. Une bien curieuse conception du militantisme et du fonctionnement d’une organisation démocratique. Pour expliquer cette vocation tardive, il faut surtout prendre en compte le faite que Laurent Wauquiez ne souhaitait surtout pas figurer en tête pour ne pas à avoir à rendre de comptes vis-à-vis d’un éventuel échec. En effet pour l’instant, les sondages ne lui donnent que 10 % des voix soit à peu près la moitié de ce qu’a obtenu Fillon. Du coup, on s’est rabattu sur une personnalité extérieure qu’on a fait adhérer il y a une semaine ! En plus une personnalité très marquée, pour tout dire assez réactionnaire. Quant aux positions de l’intéressé sur l’Europe, personne ne les connaît. On objectera que les gilets jaunes présentent bien une liste (ou plusieurs) aux européennes alors qu’ils n’ont pratiquement jamais abordé cette problématique. On notera que dans nombre de partis on a d’ailleurs choisi un inconnu essentiellement pour sa jeunesse pour figurer en tête de liste des européennes. La peur sans doute de prendre une gamelle et aussi la volonté de souscrire à la mode du jeunisme  inauguré par Macron. Jusque-là sans résultats probants. Dans un fonctionnement démocratique, une organisation politique doit être en capacité de faire émerger progressivement ses responsables de telle sorte que ces derniers lorsqu’ils assument des responsabilités nationales puissent faire preuve de la maturité et de l’expérience nécessaire. La venue de Macron devrait pourtant nous interroger sur le manque de vécu politique et social. Pas étonnant si aujourd’hui une majorité des Français considère que Macon est déconnecté ! D’une certaine manière c’est aussi une forme de mépris que de mettre des seconds couteaux sur des listes européennes. La preuve que la problématique européenne est encore bien mal appropriée. Les partis d’opposition se contentent de critiquer l’Europe (qui ne manque pas de défauts) mais ils prennent bien garde de ne pas franchir la ligne rouge concernant par exemple l’abandon de l’euro. Et pour cause la monnaie française serait immédiatement dévaluée de 20 à 30 % !

 

 

LBD : dangereux pour De Rugy quand il est dans l’opposition, nécessaire quand il est au pouvoir

LBD : dangereux pour De Rugy quand il est dans l’opposition, nécessaire quand il est au pouvoir

On sait que de Rugy, actuel ministre de l’environnement, ancien président de l’Assemblée nationale est l’archétype du politique  prêt à changer de position selon le pouvoir en place et la position qu’il occupe. C’est aussi l’un des champions de la langue de bois, sorte de perroquet qui ne s’écarte pas d’un iota de la ligne gouvernementale. Pour résume : le charisme d’une planche à repasser, un champion de la brosse à reluire et l’intelligence d’un bardot. Bref, ce que produit de pire la politique : des professionnels qui ont transformé la fonction élective en métier quitte à se renier. Ainsi par exemple François de Rugy qui défend l’utilisation des lanceurs de balles de défense entre (LBD) arme de quatrième catégorie en demandait l’interdiction quand il était dans l’opposition il y a une dizaine d’années.

. Le 22 juillet 2009, le député De Rugy d’EELV avait même déposé, avec Noël Mamère et Yves Cochet, loi pour «interdire l’utilisation d’armes de 4ème catégorie par la police ou la gendarmerie contre des attroupements ou manifestations». Ce qui équivaut au «LBD». À l’époque, l’élaboration du texte – qui ne sera finalement jamais examiné par les députés dans l’hémicycle – survenait après la blessure à l’œil d’un homme au Flash-ball, à Montreuil (93). . «Ces armes qui équipent l’armée, la police nationale et la gendarmerie françaises depuis plusieurs années, tels le lanceur de balles de défense, dit Flash-ball, ou les pistolets à impulsion électronique (…) sont devenus une source permanente de bavures, de dérives et de troubles à l’ordre public», peut-on lire. Une interdiction aurait permis, selon les trois signataires, de «protéger le droit imprescriptible de manifester et le droit d’expression des mouvements sociaux qui ne peuvent être soumis à une pression policière tendant à les marginaliser». Le texte n’a pas pris une ride et pourrait, sans aucun doute, être aujourd’hui porté par un groupe de l’opposition.

 

« Gilets jaunes » : Priscillia Ludosky à Macron : le compte n’y est pas

« Gilets jaunes » : Priscillia Ludosky à Macron : le compte n’y est pas  

Emmanuel Macron avait adressé le 20décembre un message écrit Priscillia Ludosky, linitiatrice de la pétition sur le carburant. « Chère Madame, chers tous, vous avez subi de plein fouet la hausse des prix du carburant, et avez décidé de réagir en signant cette pétition. Votre message, je l’ai entendu. Je vous réponds directement : vous avez raison », assurait-il. « Monsieur Le Président, sept mois après avoir lancé cette pétition, je reçois votre réponse et il est bien dommage qu’après tant de temps, elle soit si peu constructive », déclare  Priscillia Ludosky, qui reproche au chef de l’Etat de « ne pas répondre à l’ensemble des questions que pose » sa pétition.

La trentenaire énumère ensuite les « points restés sans réponse », parmi lesquels la taxation du « kérosène utilisé dans l’aérien » ou du « fioul maritime », ou encore les « justificatifs de dépenses des taxes perçues jusqu’à aujourd’hui sur le carburant » que François de Rugy « avait assuré que nous allions recevoir ».

Priscillia Ludosky liste ensuite des propositions élaborées par des « gilets jaunes » sur le pouvoir d’achat. A commencer par la « baisse sérieuse de toutes les taxes et impôts sur les produits de première nécessité », la  »baisse significative de toutes les rentes, salaires, privilèges et retraites courantes et futures des élus et hauts fonctionnaires », et aussi, la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne, le RIC.

 

 

On est trop intelligents » !!! (Députés En Marche)

 

 

 

Ce qu’a déclaré le patron des députés en marche pour expliquer la crise de gilets jaunes ; le bouledogue parlementaire de Macron n’en manque pas une dans le domaine du mépris et de la caricature. Plus pédant et plus méprisant que Gilles Legendre, le président du groupe des députés en marche, tu meurs. ! En plus avec le charisme d’une planche à repasser. Plutôt un profil de notaire ou huissier. Avec une condescendance insupportable type France de l’ancien régime. Finalement en marche a choisi pour chef à l’assemblée un maître du dédain qui a succédé au sulfureux Ferrand, lui , qui a permis a sa compagne de faire fortune sans débourser un sou. Pas étonnant que les députés soient peu audibles. Le fameux Legendre a admis deux « erreurs ». « Je pense que nous avons insuffisamment expliqué ce que nous faisions, nous nous donnons beaucoup de mal mais il faut le faire mieux, et plus, en étant plus proche de ce que les Français attendent », a-t-il posé avant d’oser: «Et puis, il y a une deuxième erreur qui a été faite et dont nous portons tous la responsabilité, moi y compris. C’est le fait d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtiles, trop techniques dans les mesures de pouvoir d’achat. Nous avons saucissonné toutes les mesures favorables au pouvoir d’achat dans le temps. C’était justifié par la situation des finances publiques mais manifestement ça n’a pas été compris. ». Rien qu’à voir la tête de l’intéressé on devine, on comprend l’étroitesse du cerveau ! Celui d’un melon !

Quelle est la varie compétence des « experts »

Quelle est la varie compétence  des « experts »

 

La question mérité d’être posée tellement avis sont parfois plus proches des propos d’évangélistes que de scientifiques.  Il ne se passe pas une journée sans que des dizaines d’experts viennent s’exprimer pour expliquer des événements sociaux, politiques, environnementaux ou sociétaux. De ce point de vue,  la France dispose d’une armée très imposante d’experts très divers notamment des historiens, des spécialistes en politique ou en mon opinion, des sociologues, psychologues, des économistes, des urbanistes. La liste est longue et le nombre de spécialités ne cesse de se développer. De ce point de vue la France est un des pays qui forment le plus d experts en sciences sociales en particulier des psychologues et des économistes. Des experts qui ont bien d’ailleurs du mal à trouver un emploi et qu’on retrouve le plus souvent dans les administrations. Parallèlement, la France manque cruellement d’ingénieurs et de techniciens. Des catégories qu’on entend beaucoup moins car ils ont les mains dans le réel. La présence régulière pour ne pas dire l’envahissement de ces experts dans tous les médias s’explique aussi par la crise économique de ces médias. Des médias pour la plupart dans le rouge, d’ailleurs rachetés par des financiers non  pas par intérêt économique mais pour orienter et contrôler l’information. Cette masse d’experts ressemble à une sorte d’auberge espagnole. On y trouve le meilleur et le pire souvent du  médiocre asservi aux intérêts financiers (la plupart des économistes). Parfois les éclairages sont intéressants mais la plupart du temps, ils  se caractérisent  par une certaine parcellisation de l’analyse. Or ce qui caractérise la période, c’est sa complexité et le caractère systémique des différents facteurs de changement. Le concept de généraliste n’existe pas. Les tentatives d’analyse partent  un peu dans tous les sens en fonction de la spécialité de chacun, de sa personnalité ;  Aussi de ses affinités philosophiques et politiques. Personne ne peut prétendre à la neutralité et à l’indépendance, encore moins à l’objectivité. C’est tellement vrai que les grands événements de la société ont rarement été prévus par ces experts notamment par la plus grande partie des économistes. Conclusion l’apport de certains experts peut-être utiles voire nécessaire mais il faut en relativiser le caractère d’objectivité notamment prédictive.

« Le chiffrage économique est secondaire » ! ( Macron)

  « Le chiffrage économique est secondaire » ! ( Macron)

 

 

 

Gonflé le jeune président qui n’a cessé de bassiner la France à propos de la valeur des critères de l’union européenne en matière de gestion budgétaire. À telle enseigne même qu’avant le mouvement des gilets jaunes, il a très sévèrement sermonné l’Italie pour ses dérapages budgétaires. Mais devant les députés Macron a retourné sa veste « Dans les moments de crise, le chiffrage est secondaire », Et le chef de l’Etat a insisté:  »Je veux que les mesures soient appliquées pleinement, rapidement et efficacement ». Autrement dit, sans être étalées dans le temps comme le ministère des Finances l’avait voulu pour la baisse de la taxe d’habitation et la ristourne sur les cotisations sociales. Une critique très directe de Bercy, du ministre des finances le maire, du ministre du budget Darmanin. D’une certaine manière Macron répond aussi à la pression de l’aile gauche de son mouvement en marche qui considère que Bercy depuis le début du quinquennat tient un peu trop les rênes pouvoirs. Évidemment les mesures prises par Macron et ses propos ne vont pas renforcer la position de la France en Europe. Pire elle risque de discréditer complètement le plan Macron pour réanimer la zone euro. Un plan déjà toute façon largement hypothéquée par les réticences allemandes. Pour parler clair, Macron a mit le temps de l’orthodoxie budgétaire dans sa poche. Lui, le champion de la rigueur, finalement fait comme l’Italie. De toute manière, sa politique économique avec échoué. En réduisant par la fiscalité de façon substantielle le pouvoir d’achat des ménages il a tué la croissance en 2018. Son revirement idéologique doit beaucoup aux gilets jaunes mais aussi à cet échec patent de la politique économique.

« La sobriété est une partie de la solution,» Jean-Louis Chaussade (Suez)

« La sobriété est une partie de la solution,» Jean-Louis Chaussade (Suez)

Eviter les gaspillages une des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique souligne Jean-Louis Chaussade, directeur général de Groupe Suez évoque comme solution (interview la Tribune)

 

Canicule, incendies, sécheresse… On a le sentiment d’une accélération de l’urgence climatique, mais aussi d’une certaine inertie des États dans la mise en oeuvre des engagements issus de la COP21. Quel regard portez-vous sur cette situation à l’heure de la COP24 ?

JEAN-LOUIS CHAUSSADE - La liste des événements qui prouvent le caractère de plus en plus prégnant de la problématique climatique est impressionnante. Cela peut certes en partie s’expliquer par un accès plus large à une information mondialisée qui n’existait pas auparavant. Mais j’ai aussi le sentiment que les événements climatiques sévères s’accélèrent, donnant corps progressivement aux prévisions du GIEC. Les températures augmentent clairement. 2018 va probablement être l’année la plus chaude depuis 1850 [date à partir de laquelle on a commencé à mesurer les températures, ndlr], alors que les 18 premières années du xxie siècle ont déjà atteint des records. Nous ne pouvons plus nier la nécessité de prendre dès aujourd’hui des mesures pour maîtriser le dérèglement climatique. Je fais partie de ceux qui en sont convaincus, et pas uniquement en tant que dirigeant du groupe Suez, mais aussi en tant que citoyen.

Où en sommes-nous ? Doit-on parler d’inaction ou d’une action insuffisante ? Je ne raisonne pas comme cela. Je pense que la transition d’un système vers l’autre, par exemple d’une économie linéaire à une économie circulaire, est extrêmement complexe. Un mouvement comme celui des « gilets jaunes » – sans vouloir le juger en tant que tel – en est un très bon révélateur. La population se rend compte de la nécessité de lutter contre le changement climatique, mais elle s’aperçoit aussi que cela implique de changer un certain nombre d’habitudes de vie. La transition énergétique n’est pas simple et peut prendre du temps.

Lorsque nous prenons des décisions qui vont dans le sens de la transition, nous nous heurtons également à la réalité. C’est pourquoi je pense que la transition doit être progressive. Si nous allons trop vite, nous risquons de tout bloquer ! Le choix de la vitesse est primordial et son pilotage politique est ardu. Les inflexions doivent être acceptables pour les populations, mais suffisamment rapides pour que la lutte contre le réchauffement climatique soit efficace.

Le mouvement des gilets jaunes montre aussi que la transition écologique doit s’accompagner de mesures sociales puisque c’est aux ménages les plus modestes que l’on demande le plus d’efforts…

L’empreinte environnementale de notre style de vie est inévitablement associée à nos modes de consommation. Quand on augmente les taxes sur les carburants, ceux qui prennent quotidiennement leur véhicule, d’après leur lieu d’habitation ou de travail, sont pénalisés. C’est pourquoi, il faut trouver des compensations, qui sont toutefois difficiles à identifier. Accorder des subventions sous la forme de réductions de la fiscalité sur les carburants nous ferait repartir à zéro. Cela illustre justement la complexité de la transition. J’apprécie la volonté du gouvernement de trouver d’autres méthodes, consistant par exemple à aider les ménages les plus modestes à changer de véhicule. Je pense en effet qu’il faut augmenter les mesures d’incitation, mais c’est difficile dans le cadre contraint qui est celui du budget de la France.

Une partie importante de la solution ne consiste-telle aussi dans la sobriété, à savoir la diminution de la consommation, notamment d’énergie ?

Je crois beaucoup à la sobriété dans les pays développés. Il y a des efforts possibles en termes d’économies d’énergie et nous pouvons imaginer une consommation énergétique globale qui serait en baisse, même en cas de croissance du PIB. Dans les pays en développement, en revanche, la croissance de la consommation énergétique est inévitable. L’objectif est alors de faire en sorte que l’énergie consommée soit la plus propre possible, en distinguant dans le mix énergétique ce qui est véritablement renouvelable, ce qui est peu polluant et ce qui l’est beaucoup. La sobriété fait donc partie de la solution, mais n’en est qu’une partie.

Ce raisonnement est également valable pour un autre sujet de la transition environnementale, celui du plastique. Dans tous les pays en développement de la planète, son usage s’intensifie, en raison de son utilité. Mais entre 8 et 12 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans, dont plus de 60 % proviennent d’Asie. Or, nous ne pouvons pas empêcher les populations des pays en développement d’avoir accès à des produits peu chers, faciles d’utilisation et qui permettent une amélioration de leur vie. En même temps, si nous ne collectons pas ces emballages, les mers et océans seront si pollués que nous ne pourrons plus manger de poissons sans ingérer du plastique.

La technologie peut-elle aider les humains face au changement climatique ?

Certainement, et dans tous les domaines, à condition d’avoir une vision à moyen-long terme du type de vie et d’économie souhaité. Prenons l’exemple de l’eau : 40 % de la population mondiale vivra dans des zones de sécheresse à l’horizon 2035. La technologie, notamment les systèmes intelligents qui mesurent la consommation en temps réel, facilitent l’utilisation de l’eau tout en évitant le gaspillage. Nous proposons d’ores et déjà des solutions innovantes : la surveillance numérique des réseaux pour détecter les fuites en temps réel, le recyclage de l’eau qui répond aux besoins industriels tout en protégeant les nappes, et enfin le dessalement pour garantir l’approvisionnement en eau là où, malgré tous les efforts, il n’y en a pas assez. Mais il faut aussi gérer les usages, notamment de l’agriculture et de l’industrie, représentant respectivement 70 % et 20 % de la consommation d’eau.

Pour inciter les usagers à économiser l’eau, ne faudrait-il pas aussi que les collectivités locales en augmentent le prix – comme l’État tente de le faire pour les carburants ?

Nous pouvons vivre sans essence, voire sans électricité, même si c’est gênant, mais pas sans eau, qui est un bien commun. Lorsque l’eau est gratuite, la population ne réalise pas ce que représente cette ressource et ce que cela coûte de la produire. Il faut protéger cette ressource car il n’y en aura pas assez pour tout le monde.

Alors, comment établir le prix de l’eau ? La stratégie que nous avons toujours défendue chez Suez est celle de la « tarification éco-solidaire », consistant à fixer des tarifs progressifs et incrémentaux en fonction de la consommation. Les premiers 120 mètres cubes, correspondant aux besoins vitaux d’une famille, doivent rester accessibles à toutes les populations. Un prix un peu plus élevé peut en revanche être établi pour les besoins d’une famille dite « classique ». Et ce prix peut encore augmenter dès lors que l’eau, dite de « confort », sert par exemple à entretenir des piscines ou des voitures-( !!!! NDLR)).

Comment faire en sorte que la gestion des déchets contribue elle aussi davantage à la lutte contre le réchauffement climatique ?

En France et en Europe, le premier enjeu est celui d’une réduction de la production des déchets qui, après avoir diminué en période de baisse de l’activité économique, est aujourd’hui seulement stabilisée. Il s’agit ensuite de collecter les déchets le mieux possible, pour éviter les pollutions : les pays développés le font déjà, même si le système est perfectible. Nous devons développer la collecte sélective, qui n’est que partielle et commence à être intégrée dans les habitudes des ménages.

Le sujet de la valorisation est plus complexe. Mais il est indéniable que la production de matières premières recyclées consomme beaucoup moins d’énergie que celle de matières premières vierges. Une tonne de plastique recyclé représente, par rapport à la production d’une tonne de plastique vierge, une économie de cinq barils de pétrole ! Les émissions de CO2 sont donc aussi bien inférieures. Cependant, malgré cet avantage, le recyclage est encore confronté à des difficultés.

Tout d’abord, la valorisation matière n’est pas toujours possible. Aujourd’hui, malgré les efforts entrepris pour améliorer la collecte sélective, le refus de tri – la part des déchets triés refusés par les centres de tri – est de l’ordre de 30 %. Essayer de réduire encore ce taux engendrerait des coûts exponentiels, qui impliqueraient inévitablement une hausse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Alors que ces déchets refusés, une fois transformés en combustibles solides de récupération (CSR), ont un pouvoir calorifique élevé. Il n’est donc pas possible de réduire la valorisation des déchets au seul recyclage : la valorisation énergétique doit aussi avoir sa place, notamment pour éviter l’enfouissement.

Ensuite, pour inciter les industriels comme Suez à continuer à investir dans des technologies permettant d’améliorer le tri et la valorisation, il ne suffit pas d’inciter à la production de matières premières recyclées : il faut aussi que ces matières aient un marché aval. Or, elles sont aujourd’hui confrontées à un problème de compétitivité. Les coûts fixes de production des matières premières secondaires les rendent particulièrement fragiles face à l’évolution, de plus en plus volatil et gigantesque, des cours mondiaux des matières premières vierges. Elles n’ont pas non plus les mêmes caractéristiques physiques. Le plastique vierge, par exemple, est toujours transparent, afin que le metteur sur le marché puisse lui donner la couleur de son choix, alors que celui recyclé, issu de plastique de diverses couleurs, ne peut pas l’être si l’on veut le produire à des coûts raisonnables. Il faut donc créer les conditions de la demande.

Comment faire ?

Les solutions existent mais l’économie circulaire est inévitablement aussi une économie collaborative, où rien ne fonctionne si tout le monde ne travaille pas ensemble : industriels, État et consommateurs. Ces derniers prennent conscience de la nécessité de préférer, lors de l’acte d’achat, la matière première recyclée à la vierge, et c’est une réelle victoire. Le succès de l’opération menée avec Head & Shoulders, TerraCycle et Carrefour, consistant à proposer des bouteilles de shampooing produites à partir de plastique collecté sur les plages et recyclé, confirme ce vif intérêt des consommateurs !

Cependant, le consommateur n’est pas prêt à surpayer de manière importante les produits environnementalement vertueux. Si les bouteilles de Head & Shoulders ont rencontré un vif succès, c’est aussi parce que leur prix était accessible pour le grand public. Afin de favoriser la compétitivité des matières recyclées, les pouvoirs publics peuvent encourager la prise en compte de l’empreinte environnementale en augmentant le prix du carbone. Ils peuvent aussi orienter le marché avec des subventions, ou inciter à intégrer une partie des matières recyclées dans la conception des nouveaux produits. Le gouvernement français travaille en ce sens avec les industriels, pour l’instant sur la base d’engagements volontaires. Je ne suis pas sûr que cela soit suffisant, mais c’est un premier pas intéressant. Il faut aussi que les industriels adaptent progressivement leur production de plastique, afin de tenir compte de la recyclabilité de leurs produits. L’enjeu est de trouver des solutions communes, acceptables et bénéfiques pour tous.

Vos clients les plus anciens sont les collectivités locales. Quelle est votre vision de la ville intelligente et résiliente du futur ?

Nous serons bientôt 9,5 milliards d’habitants sur Terre, dont plus de deux tiers urbains. Et les villes produiront deux tiers de la richesse mondiale. Ce rôle croissant joué par les villes va à mon sens produire trois changements. Tout d’abord, si les villes continuent de puiser les ressources nécessaires à leur survie (énergie, nourriture, eau, etc.) et de produire des déchets sans les recycler, c’est la soutenabilité de la ville elle-même qui sera en cause. Elles doivent devenir des « villes ressources », capables de produire au moins une partie de ce qu’elles consomment.

En deuxième lieu, face à une organisation urbaine de plus en plus complexe, les divers flux et services ne pourront plus y être gérés de manière individuelle et autonome. Afin de faciliter les choix et d’optimiser le fonctionnement global, il va donc falloir rendre les villes totalement interactives, en améliorant les échanges en temps réel entre tous les acteurs : l’ensemble des services publics (sécurité, éclairage, trafic, eau, déchets etc.), les usagers, les élus. La gestion du big data en temps réel est une formidable opportunité.

Enfin, puisque les transports et les moyens de communication le permettent désormais, nous dématérialisons complètement certaines activités. De plus en plus de personnes pourront choisir de vivre dans un endroit agréable bien que différent de celui de leur entreprise. Pour les villes, c’est un défi : il va falloir qu’elles restent attractives pour garder les talents.

Vous comme Gérard Mestrallet (1) allez bientôt laisser la place à des successeurs à la direction générale et à la présidence de Suez. Dans ce cadre, le conseil d’administration d’Engie réfléchit au sort de sa participation de 32 % dans votre groupe. Certains pensent que « c’est trop », d’autres « trop peu ». Engie pourrait soit vendre, soit lancer une offre afin de créer un grand groupe d’utilities alliant l’énergie, l’eau et les déchets. Que pensez-vous de cette dernière option ?

Ma vision est simple : Suez est un groupe d’envergure mondiale qui a l’avenir devant lui pour continuer de se développer en tant que société indépendante. Cela fait maintenant plus de dix ans que le groupe poursuit une telle stratégie. Nous sommes très satisfaits de notre actionnariat actuel. Fort de son appui, nous avons pu faire du groupe un leader mondial, présent sur les cinq continents, aussi bien dans le domaine municipal que chez les grands industriels.

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(1) Gérard Mestrallet, ancien président d’Engie, où il a été remplacé le 18 mai par Jean-Pierre Clamadieu, doit bientôt quitter son mandat à la présidence de Suez.

 

Face au mouvement Gilets jaunes : le roi Macron est nu !

Face au  mouvement Gilets jaunes : le roi Macron est nu !

La France se trouve dans une situation un peu surréaliste. D’un côté le gouvernement qualifie les violences de quasi état de guerre mais de l’autre il se tait. Il faut dire que jusqu’alors, à chaque fois qu’il s’est exprimé après les premières manifestations, le propos a été aussitôt oublié ; pire, le soutien de l’opinion publique au mouvement des gilets jaunes s’est encore renforcé. Du coup après les graves incidents de la dernière manifestation, Macron et son gouvernement ont choisi le silence. Pour toute réponse,  il propose de rencontrer les organisations politiques dont précisément les gilets jaunes se méfient. Certes le gouvernement maintenant accepte de rencontrer les gilets jaunes, c’est une avancée puisque pendant longtemps non seulement on a minimisé le mouvement mais on a refusé de recevoir ces couches populaires qui cassent les codes de la politique classique. Il est clair que cette concertation ne va pas servir à grand-chose tant que le gouvernement n’aura pas manifesté son esprit d’ouverture en prenant quelques mesures symboliques sur la  fiscalité et une mesure pour faciliter la hausse du pouvoir d’achat des ménages. Alors pourrait s’engager peut-être une concertation. Peut-être, car la problématique dépasse de loin maintenant la seule question de la  fiscalité sur le carburant. Elle porte globalement sur la politique économique et sociale et sur la démocratie. Face à cette situation, Macon le petit roi est nu. En outre, il est entouré  essentiellement de bras cassés comme de Rugy, Castaner ou Lemaire, sans parler des petits marquis arrivistes étiquetés en marche au Parlement. Le problème c’est que la parole de Macron n’est plus crédible. La crise est évidemment sociale, elle est économique mais elle est devenue politique. Certes l’hypothèse d’un pourrissement des gilets jaunes n’est pas à écarter mais Macron en subira les conséquences  plus tard lors des élections européennes. Aujourd’hui il ne peut guère espérer plus de 15 % à l’occasion de cette échéance. Avec un tel résultat sa légitimité politique sera alors encore reposée. Et son baratin, type oral de l’ENA, qui plaît tellement aux « élites » apparaîtra encore davantage obsolète qu’aujourd’hui. D’une manière ou d’une autre, il devra le moment venu d’abord changer de gouvernement, ensuite sans doute s’il veut se maintenir organiser des élections législatives anticipées. Sinon sa fin de mandat risque d’être pathétique voire dramatique pour lui et le pays. .

 

Pourquoi le macronisme est une imposture

Pourquoi le macronisme est une imposture

 

 

La déception vis-à-vis de Macron est d’autant plus importante que certains espéraient un véritable changement chez celui qui incarnait de fait le dégagisme et la rupture avec l’ancienne classe politique. Ceci étant, on doit relativiser la victoire de Macron,  élu comme souvent par effraction, davantage par rejet de François Hollande que par adhésion au projet macroniste On objectera que cette ambiguïté a déjà existé lors d’autres consultations présidentielles. Les élus à la magistrature suprême  se croient  investi pour mettre en œuvre un programme alors qu’ils ne sont réellement soutenus que par 20 à 25 % des électeurs. Macron, lui,   a obtenu 24 % dont 17% des voix de gauche.Des voix qu’il a vite oubliées en menant une politique pour les riches. Aujourd’hui, c’est le retour à ce score puisqu’autour de 80 % des Français rejettent sa politique. L’atout premier de Macron,  c’était sa jeunesse, son culot et surtout le sentiment d’être sorti de nulle part. De s’être  affranchi des partis et autres groupes de pressions. Macron donnait l’impression de n’être ni à gauche ni à droite, bref ailleurs. On sait maintenant que cette élection n’a été permise que par le soutien des milieux financiers avec la médiation de Juillet, ancien secrétaire général de l’Élysée, d’Alain Minc conseiller des plus grands groupes ou encore de Jacques Attali, lui aussi conseiller des princes. Macron a rapidement oublié qu’il avait été ministre d’un gouvernement socialiste pour mettre en place une politique de droite, se hâtant  de distribuer les cadeaux fiscaux aux plus nantis et maintenant à la recherche de ressources pour boucher les trous. Malheureusement la fiscalité a tué le pouvoir d’achat et la croissance. Contrairement aux idées reçues, Macron n’a pas de compétences (ni de formation) en matière économique et il est évident qu’il manifeste une certaine distance voire une condescendance avec le champ social. Bref, Macron est un incompétent dangereux doublé d’un personnage arrogant et prétentieux que l’opinion publique ne supporte plus. Le macronisme est une escroquerie intellectuelle, ce n’est que le retour de la vielle droite avec sa horde de courtisans incapables d’autre chose que de ânonner obséquieusement la parole jupitérienne de Macron. «  J’assume,…. on ne lâche rien, ….on  maintient les réformes, ….on applique le programme. »  Autant de formules creuses qui cachent mal le vide idéologique et l’absence de connaissances des réalités. Le macronisme est une imposture et constitue sans doute aujourd’hui la plus grande menace pour le pays. Du point de vue économique, social mais aussi sociétal. Tout cela finira très mal.

Brice Lalonde : «la priorité est la réduction des gaz à effet de serre.

Brice Lalonde : «la priorité est la réduction des gaz à effet de serre. 

Brice Lalonde, défend un mix énergétique ou le nucléaire à sa place (par parenthèse, il considère aussi dans une autre interview que le développement des éolienne en France va surtout profiter taux chinois).  Nouveau président de l’association Équilibre des énergies, il entend peser dans les débats de la PPE discutée dans les prochains mois. Interview de l’ancien ministre de l’Environnement. (Interview le Monde)

Vous avez succédé fin janvier à Serge Lepeltier à la présidence d’ Équilibre des énergies. Pourquoi avoir accepté de devenir le président de cette association ? 
En tant qu’ambassadeur français chargé des négociations internationales sur le changement climatique en 2007 et coordonnateur exécutif de la Conférence des Nations unies sur le développement durable Rio+20 de 2010 à 2012, j’ai été amené à travailler énormément avec les entreprises.
Le fait de collaborer avec les entreprises était formateur car elles sont beaucoup plus réactives, capables d’avoir une vision, un budget. J’ai organisé le premier Business and Climate summit en 2015 avant la COP21 justement dans l’idée que sans les entreprises nous arrivions à rien.
Avec elles, on peut réussir à rassurer et mettre dans le coup la sphère politique et les décideurs. Je pense, modestement, avoir réussi à amorcer la pompe du côté des entreprises. Aujourd’hui, j’ai accepté cette présidence car il me semble que les contours de la transition énergétique, un peu floue et contradictoire, doivent être précisés.
Il y a donc un vrai travail à faire avec les entreprises et c’est l’essence même d’ Équilibre des énergies.

Qu’attendez-vous de la PPE, la fameuse Programmation pluriannuelle de l’énergie ? 
J’attends de cette PPE qu’elle serve et qu’elle soit simple. Nous sommes dans une société où le consommateur devient consomm’acteur. Nous avons les compteurs Linky, le digital et ce que certains appellent les 3D, la décentralisation, la décarbonation et la digitalisation.
Dans la vision idéale de ce que la transition énergétique doit apporter, les Français ont non seulement leur mot à dire mais aussi à mener. Actuellement, il me semble qu’il y a une très grande complexité, parfois excessive, dans laquelle les techniciens et les lobbys font leur délice.
Cela aboutit à des décisions qui sont, à mon avis, contraires à l’objectif de la loi. Je pense que si nous devons travailler sur la PPE, il faut simplifier et que le gouvernement nous dise que la priorité est la réduction des gaz à effet de serre. Si vous avez une priorité comme celle là, les autres objectifs s’ordonnent derrière elle. Pour l’heure, vous avez des objectifs qui sont contradictoires ou qui finissent par se contrecarrer. Cela me paraît dommageable.

Dans cette PPE, vous prônez donc un Équilibre des énergies ?! 

Oui, mais un équilibres des énergies décarbonées ! Ou en tout cas à des systèmes énergétiques qui contribuent à la décarbonation. On ne peut pas promouvoir le charbon, sinon il y a un déséquilibre !

La question climatique est au cœur du combat de votre association. C’est un travail de longue haleine. Le combat peut-il être gagné ? 
Nous avons une situation de départ qui est quand même plutôt favorable avec la France qui est un pays avec un système de consommation et de production d’énergie relativement décarboné. Il va falloir cependant travailler la question de nos importations.

Vous avez déclaré que, jeune, vous étiez anti-nucléaire et qu’aujourd’hui vous ne l’étiez plus. C’est à dire que vous êtes pro-nucléaire ? 
Je ne suis pas contre. En France, il y a une litanie anti-nucléaire qui interdit de penser. Si on n’est pas anti-nucléaire, il faut travailler à la transition, à la sécurité des centrales, à la relève, à l’ EPR…  On ne peut s’interdire de mettre les mains dans le cambouis. Le nucléaire a un avantage, c’est qu’il produit extrêmement peu de gaz à effet de serre. C’est par conséquent un atout important qu’il ne faut pas balayer d’un revers de la main.  Le nucléaire rentre d’autant plus naturellement dans le mix énergétique qu’il produit de l’électricité. Et la question de l’électricité est une question très importante puisqu’il semble qu’elle soit le vecteur principal de la transition énergétique.
Elle permet de faire le lien entre le bâtiment, la mobilité et la production décarbonée. Il faut que la PPE cesse clairement de mettre des bâtons dans les roues de l’électricité, je pense notamment au coefficient de conversion. Il faut que les énergies soient en compétition à niveau égal.

A vous écouter, vous allez vouloir peser dans les débats qui vont alimenter la PPE… 

Oui, naturellement. Nous allons essayer de peser sans négliger la dimension européenne. C’est essentiel. Quand vous discutez avec RTE, la question de l’intégration des énergies intermittentes dans le réseau électrique trouve une partie de sa réponse dans la dimension européenne.
À ce jour, il faut dire que la politique énergétique européenne reste relativement boiteuse car nous avons toujours cette difficulté entre l’Allemagne et la France qui ont des mix différents, des conceptions peu convergentes… 

L’Europe de l’énergie n’est donc pas efficace ? 
L’Europe de l’énergie a été surtout pour l’instant de voir comment on pouvait aider les pays baltes et l’Est de l’Europe à avoir du gaz et de l’électricité sans être forcément connectés à la Russie.

Revenons à la PPE. Allez-vous participer à des débats en tant que lobbyiste ? 
Oui, nous sommes des lobbyistes de la décarbonation ! La réalité du système énergétique français, c’est que le pétrole est la source d’énergie la plus importante. Et c’est elle qui est responsable de la majorité des émissions.
Donc, si vous travaillez sur la décarbonation, vous essayez de réduire la consommation de pétrole et d’autres combustions fossiles.

 

Gilets jaunes : le roi Macron est nu !

Gilets jaunes : le roi Macron est nu !

La France se trouve dans une situation un peu surréaliste. D’un côté le gouvernement qualifie les violences de quasi état de guerre mais de l’autre il se tait. Il faut dire que jusqu’alors, à chaque fois qu’il s’est exprimé après les premières manifestations, le propos a été aussitôt oublié ; pire, le soutien de l’opinion publique au mouvement des gilets jaunes s’est encore renforcé. Du coup après les graves incidents de ce dimanche dernier, Macron et son gouvernement ont choisi le silence. Pour toute réponse,  il propose de rencontrer les organisations politiques dont précisément les gilets jaunes ce méfient. Certes le gouvernement maintenant accepte de rencontrer les gilets jaunes, c’est une avancée puisque pendant longtemps non seulement on a minimisé le mouvement mais on a refusé de recevoir ces couches populaires qui cassent les codes de la politique classique. Il est clair que cette concertation ne va pas servir à grand-chose tant que le gouvernement n’aura pas manifesté son esprit d’ouverture en prenant quelques mesures symboliques comme la suspension des hausses de fiscalité et une mesure pour faciliter la hausse du pouvoir d’achat des ménages. Alors pourrait s’engager peut-être une concertation. Peut-être, car la problématique dépasse de loin maintenant la seule question de la fiscalité sur le carburant ou même la fiscalité générale. Elle porte globalement sur la politique économique et sociale et sur la démocratie. Face à cette situation Macon le petit roi est nu. En outre il est entouré  essentiellement de bras cassés comme de Rugy, Castaner ou Lemaire, sans parler des petits marquis arrivistes étiquetés en marche au Parlement. Le problème c’est que la parole de Macron n’est plus crédible. La crise est évidemment sociale, elle est économique mais elle est devenue politique. Certes l’hypothèse d’un pourrissement des gilets jaunes n’est pas à écarter mais Macron en subira les conséquences  plus tard lors des élections européennes. Aujourd’hui il ne peut guère espérer plus de 15 % à l’occasion de cette échéance. Avec un tel résultat sa légitimité politique sera alors encore reposée. Et son baratin type oral de l’ENA qui plaît tellement aux « élites » apparaîtra encore davantage obsolète qu’aujourd’hui. D’une manière ou d’une autre il devra le moment venu d’abord changer de gouvernement, ensuite sans doute s’il veut se maintenir organiser des élections législatives anticipées. Sinon sa fin de mandat risque d’être pathétique voire dramatique pour lui et le pays. .

 

« Gilets jaunes » : pour Jean-Yves Camus, « le rejet des élites est inquiétant » !

« Gilets jaunes » : pour Jean-Yves Camus, « le rejet des élites est inquiétant » !

Jean-Yves Camus, directeur de l’observatoire des radicalités à la fondation Jean Jaurès (proche du PS), s’inquiète de voir la légitimité des élus de plus en plus remise en cause. (Interview JDD). Un avis qui témoigne de la fébrilité de certains institutionnels qui n’ont rien compris de la nature de la crise. Intéressant à lire de ce point de vue !

Certains députés ont été menacés. Peut-on parler d’une fracture entre le peuple et les élites ?

Cela témoigne d’une exacerbation du rejet des élites que l’on a vu dans d’autres pays. Aux Etats-Unis, il y a eu des quantités d’incidents, de cas ou un individu s’en prend physiquement à un élu, soit parce qu’il déteste les élites en général, soit parce que cet élu, particulièrement, lui semble responsable de sa situation personnelle. Il y a une très grande violence à l’égard des élus dans nombre de pays.

Selon vous, le pouvoir a-t-il pris conscience de l’ampleur du rejet exprimé ?

Je trouve que le rejet est considérable. Il est considérable à un point que les élus ne l’appréhendent que dès lors qu’on vient devant leur résidence privée, et qu’il se fond dénoncer sur les réseaux sociaux. C’est un climat auquel on pouvait s’attendre. L’exaspération tient les élus en bloc, c’est ce qui est grave, alors que l’immense majorité d’entre eux propose des solutions innovantes et fait son travail. Par ailleurs, ils sont élus, c’est-à-dire dépositaires d’une partie de la souveraineté nationale. C’est ce concept qui n’est plus compris. »

Et encore moins la posture d’élus notamment PS qui transforment la politique en oligarchie (NDLR). Cette prise de position de nature corporatiste explique en grand partie la perte d’audience du PS ((NDLR).)

Macron est insultant (Trump)

Macron est insultant (Trump)

 

Le règlement de comptes aura commencé dès l’arrivée de Trump. En effet, le président américain en a un peu ras-le-bol des leçons de Macron concernant le multilatéralisme ou encore le climat. Il supporte de moins en moins d’être mis à l’index par son ami Macron. Du coup, s’il est venu à Paris, c’est un peu sous la contrainte historique mais il ne veut pas être récupéré par un Macron qui donnerait l’impression d’être le grand réconciliateur mondial tant sur le plan économique que diplomatique. « Le président Macron vient de suggérer que l’Europe construise sa propre armée pour se protéger contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie », a tweeté Donald Trump au moment même où Air Force One atterrissait près de Paris.  « Très insultant mais peut-être que l’Europe devrait d’abord payer sa part à l’OTAN que les Etats-Unis subventionnent largement! », a-t-il ajouté. Au-delà du règlement de compte avec le jeune Macon, le président américain veut évidemment aussi défendre le leadership des États-Unis en matière de défense des pays occidentaux. Il est clair qu’une armée européenne viendrait concurrencer l’industrie militaire américaine qui équipe encore nombre de pays européens. Trump ne veut surtout pas que Macron récupère politiquement sa présence la des commémorations de 14 18. Cependant Donald Trump participera, en présence d’au moins 60 chefs d’Etat, à une cérémonie au pied de l’Arc de Triomphe au cours de laquelle Emmanuel Macron prononcera un discours. Au cours du week-end, il se rendra par ailleurs au cimetière américain du Bois Belleau, dans le département de l’Aisne, ainsi qu’au cimetière américain de Suresnes, en banlieue parisienne.

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