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Le monde russe de Poutine est une caricature

Le monde russe de Poutine est une caricature

 

Pour le président de la Russie, ce que les peuples de l’ex-URSS (sans les pays baltes) ont de russe suffit pour les unir. Mais l’empire était multiethnique, et son patrimoine est le produit de la diversité, affirme l’universitaire Serge Rolet, dans une tribune au « Monde ».

 

On comprend bien pourquoi les Ukrainiens n’ont aucune envie de faire partie du monde russe (« rousski mir ») que cherche à leur imposer Vladimir Poutine. La réalisation de ce fantasme nationaliste grand-russe ferait de l’Ukraine une humiliante arrière-cour de la Russie. Pour Poutine, les peuples qui composent le monde russe (c’est-à-dire ceux de l’ex-URSS, sans les pays baltes) n’ont en commun que ce qu’ils ont de russe. Or ce qui est russe est souvent constitué d’apports non russes.

L’histoire, le patrimoine matériel et immatériel de la Russie sont le produit de la diversité. Le centre est autant fait par la périphérie que la périphérie l’est par le centre. L’empire russe était multiethnique. Une partie importante de la noblesse russe descend des Tatars. Dostoïevski passe pour avoir dit : « Nous [les écrivains russes de son temps] sommes tous sortis du Manteau de Gogol. » Gogol (1809-1852) était ukrainien et il écrivait en russe ; ses œuvres sont saturées d’histoires, de folklore, de paysages ukrainiens.

Dans le cas de l’Ukraine, Poutine va plus loin. Son message aux Ukrainiens est à peu près le suivant : « Soit vous êtes une partie de nous, soit vous n’êtes rien. Votre volonté d’être autre chose que des Petits-Russes est le signe que vous êtes dirigés par des nazis dépravés et drogués, c’est pourquoi nous avons le devoir sacré de les détruire, et vous avec, si besoin. » Dans ce contexte, l’idée qu’il existe un monde russe, même différent de celui promu par la propagande de Moscou, semble impensable, voire suspecte de complaisance envers Poutine.

Simplement, de même que ce que Zemmour appelle « la France » n’est pas la France de la République, le « rousski mir » de Poutine n’est qu’une inquiétante caricature. Prendre l’expression « monde russe » au sens de Poutine, c’est lui céder le champ du vocabulaire. Il ne faut pas laisser le monde russe à Poutine.

En fait, c’est Poutine qui est en train d’anéantir le monde russe, le vrai, celui qui a une existence historique, une consistance sociale et culturelle. Ce monde s’appuie sur ce qui reste de commun, après la russification impériale, la colonisation, les soviets.

Le monde russe est d’abord celui dont le russe continue d’être la lingua franca (la langue commune). Trente ans après la chute de l’URSS, les hommes d’affaires arméniens ou ouzbeks parlent le russe aussi bien qu’avant, parce que leurs partenaires sont le plus souvent russophones, qu’eux-mêmes ont appris le russe à l’école et que, en contrepoint de leur langue maternelle, le russe est présent partout dans leur quotidien. Le russe permet d’articuler le local au global.

Non, la vague Covid n’est pas terminée

Non,  la vague Covid n’est pas terminée

 

 

Les pouvoirs publics affirment que la pandémie est sur le point de ce terminer avec la septième vague. Des affirmations pourtant contredites par les chiffres puisqu’hier encore on a constaté plus de 50 000 contaminations. La grande question est de savoir si le virus va encore évoluer et créer une nouvelle vague dès automnes. En  dépit de chiffres importants la plupart des grands médias pour l’impasse sur la situation Covid.  Les hospitalisations sont encore à un niveau élevé, selon le bilan hebdomadaire de Santé Publique France. «La diminution de la circulation du SARS-CoV-2 s’est confirmée sur le territoire national» dans la semaine du 18 au 24 juillet, mais les indicateurs restent «toutefois à des niveaux élevés dans toutes les régions et classes d’âge», observe l’agence sanitaire. 45.515 nouveaux cas ont ainsi été détectés lors des dernières 24 heures.

 

À l’hôpital, «une baisse des nouvelles hospitalisations s’est amorcée» (-4%), mais les nouvelles entrées de patients Covid-19 (8876) et les nouvelles admissions en soins critiques (823) restent encore à «des niveaux élevés», selon son bilan épidémiologique. Vendredi, 20.214 patients étaient encore hospitalisés contre 20.486 la veille. Parmi eux, 1195 étaient admis au sein des services de soins critiques. Et il y a des différences «marquées» entre territoires, certaines régions de métropole, notamment Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Corse, connaissant toujours une hausse des admissions en soins critiques. Les décès ont, eux, continué à augmenter, avec 641 à l’hôpital ou en établissement médico-social (+1% sur une semaine). 82 morts étaient à déplorer dans les hôpitaux français ce vendredi.

 

L’actuelle vague est portée par des sous-variants d’Omicron, notamment le BA.5, désormais largement majoritaire. À ce jour, trois cas d’un nouveau membre de la famille Omicron surveillé de près, BA.2.75, ont été détectés en France. La couverture vaccinale «reste insuffisante», notamment chez les plus âgés, a réaffirmé Santé publique France, appelant à accentuer l’effort. Seuls 31,2% des 60-79 ans, 41,8% des 80 ans et plus et 46,9% des résidents en Ehpad éligibles avaient reçu leur deuxièmedose.

 

Finances-Actif sans risque : une utopie

Finances-Actif sans risque : une utopie

Le monétaire n’est pas un actif sans risque. Pas plus que l’obligataire. Ni même l’obligation indexée perpétuelle fantasmée par la recherche académique. En fait, il semblerait bien que l’actif sans risque soit une utopie. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.

Les crises ont une vertu : elles donnent un grand coup de pieds dans la fourmilière des idées reçues. Par exemple, où placer son argent lorsque tout baisse comme aujourd’hui? En actif sans risque évidemment. Le seul actif capable de vous donner ce qu’il vous a promis, alors que le monde s’écroule. Sauf que l’actif sans risque ne signifie pas exactement la même chose pour tout le monde. En fait, il semblerait même que l’actif sans risque soit un concept assez nébuleux, qui ne signifie pas grand-chose.

Il s’agit là d’un problème très sérieux puisque toute la finance repose sur cette nuance : soit vous avez affaire à un actif risqué, soit il s’agit d’un actif sans risque (principe du tiers exclu du petit financier). Une nuance décisive et bien pratique puisqu’elle évite le problème de la définition : on ne définit pas un actif sans risque ou un actif risqué, on déduit l’un de l’autre. Ainsi, un actif sera dit sans risque, s’il est avéré qu’il n’est pas risqué… très sérieux. Il s’agit d’un genre de preuve par l’absurde de la finance :

  • vous vous retrouvez avec un actif dans le portefeuille ;
  • vous ne savez pas s’il s’agit d’un actif sans risque ou d’un actif risqué ;
  • vous faites l’hypothèse qu’il s’agit d’un actif risqué ;
  • si vous obtenez une absurdité, par exemple l’actif prend de la valeur quand tout part en sucette ;
  • alors c’est que vous avez affaire à un actif sans risque.

L’actif sans risque serait donc une forme de négation de l’actif risqué. Mais en suivant ce raisonnement, on arrive vite à dire des âneries. Considérez les performances des marchés financiers depuis le début de l’année. Tout baisse, sauf le dollar, les prix de l’énergie, et le rouble russe (et quelques autres actifs exotiques). Certes, on pourra convenir que le dollar passe pour une forme d’actif refuge lorsque tout part en sucette. Mais concernant les prix de l’énergie et le rouble, le statut d’actif sans risque est plus dur à avaler.

Alors on a essayé d’être un peu plus précis. « Un actif sans risque est un actif qui propose un rendement certain pour une durée définie… » nous dit la formule. Mais plus on est précis, et plus on est équivoque. Avec une telle définition, l’actif sans risque vous assure bien un rendement au bout d’une période donnée, mais pas que ce rendement soit suffisant pour couvrir vos besoins. Un exemple bien contemporain : si je veux être certain d’obtenir un rendement de 0,5 % au bout d’un an, alors un bon du Trésor à 1 an fait l’affaire. Mais si par ailleurs l’inflation accélère à 10 %, quel est l’intérêt d’avoir un tel actif sans risque ? Certes, il est bien sans risque, mais au sens où vous êtes assuré d’être déçu du rendement.

Sensible à l’argument, on s’intéressa alors à l’obligation indexée sur l’inflation, capable de vous protéger longtemps contre l’inflation galopante. Cet actif vous propose de recevoir un rendement fixe pour 10 ans par exemple, et surtout un rendement qui s’ajuste au rythme de l’inflation. Pour faire simple, si l’inflation est à 10 %, vous toucherez ces 10 % auquel vous ajouterez une forme rendement réel qui lui reste fixe. Déjà mieux, mais toujours pas suffisant. En effet, que se passe t’il si l’investisseur perd son travail au beau milieu du gué ? Il pourrait être alors obligé de vendre son titre pour palier aux dépenses courantes. Et il vendra son titre aux conditions de marché, qui sont évidemment inconnues à l’avance. Un tel actif sans risque couvre bien contre le risque inflationniste, mais pas contre le risque de perdre son emploi.

La finance qui pense a considéré le problème avec sérieux, et a cherché la moins mauvaise des solutions. Comme souvent dans les sciences dures, c’est à la limite qu’on entrevoit la lumière. Ainsi, la recherche académique a imaginé un investisseur vivant infiniment et d’une aversion au risque maximale. La solution optimale du problème est alors la suivante : « l’investisseur choisira une obligation indexée d’une maturité infinie (perpétuelle), qui le couvre contre l’inflation pour l’éternité, et l’assure ainsi de pouvoir financer sa consommation » (« Who should buy long term bonds ? », John Y Campbell & Luis M. Viceira). Deux problèmes : cet actif n’existe pas, et le risque de perdre son emploi est toujours là. Mais on avance.

Finalement, le vrai le seul actif sans risque serait une forme d’actif qui traverse tous les cycles et toutes les crises, et compense toujours justement l’investisseur contre le risque qu’il ne souhaite pas supporter. Une forme d’assurance All inclusive, qui ne garantit pas un rendement fixe pour une durée définie, mais un rendement qui s’ajuste en fonction des besoins de l’investisseur pour l’éternité. On peut rêver. Pas si débile en vérité. Robert C. Merton avait déjà eu cette idée féconde dans les années 70, dans un article climatérique (« An Intertemporal Asset Pricing Model »). Sauf que Merton ne parlait pas de l’actif sans risque, mais de l’actif risqué… En vérité, Merton proposait que certaines combinaisons d’actifs risqués puissent servir de formes d’assurances pour l’investisseur particulièrement averse à tel ou tel risque : le risque de récession, le risque de liquidité… Une grande partie de l’industrie des ETF est aujourd’hui basée là – dessus : Factor Investing. C’est beau. Mais finalement, on obtient une forme d’ânerie consistant à dire que le seul véritable actif sans risque, ce serait un actif risqué ? Pas sûr.

Et si l’idée d’une coupure décisive entre le monde de l’actif sans risque et celui de l’actif risqué était douteuse ? Fumeuse ? Plutôt que d’envisager l’existence de l’un en opposition à l’existence de l’autre, l’idée serait de considérer leur coexistence. Il n’existerait pas deux actifs, mais un seul actif hybride. Un genre de couple « je t’aime, moi non plus » entre les deux actifs, qui n’ont plus rien à se dire, mais qui assurent chacun une partie des taches ménagères pour tenir au propre le portefeuille de l’épargnant : « aujourd’hui, tu t’occupes de la préférence pour la présent, et moi de l’aversion pour le risque, et tous les deux nous assurons au mieux la couverture de l’épargnant contre des variations indésirables du cycle économique ». En vérité, la finance théorique fait déjà un peu cela, mais se laisse emporter dans son élan : elle veut absolument opposer l’actif sans risque à l’actif risqué, elle préfère le divorce au mariage de raison.

L’investisseur qui préfère les actifs risqués a le goût du risque. L’investisseur qui préfère l’actif sans risque a le goût du fade, un genre de dégoût du risque. Le fade n’est ni bon, ni mauvais, le fade a le goût du neutre. A priori pas très sexy comme argument de vente, le fade n’est pas ce que l’on recherche dans un plat, ni dans la vie. Mais il existe une éloge de la fadeur, qui nous vient de Chine, et du philosophe sinologue François Jullien (« Eloge de la fadeur »). Là – bas, le fade y est défini comme une vertu de l’Homme sage qui souhaite se détacher du monde pour mieux le penser. Il ne semble pas que l’investisseur en soit arrivé à ce genre de Nirvana.

Ukraine : la brutalité russe est historique

Ukraine : la brutalité russe est historique

Frappé par le caractère radicalement destructif de la stratégie russe, le philosophe François Galichet constate que, pour l’armée russe, « la destruction n’est pas un moyen mais une fin en soi ; et d’ailleurs elle s’applique à l’agresseur autant qu’à l’agressé ».( Le Monde)

 

Ce qui frappe le plus, dans le conflit ukrainien, c’est la stratégie adoptée par les Russes. Elle se caractérise par une intention délibérée d’anéantissement, de destruction systématique et radicale. Assurément, toutes les guerres comportent des dommages causés à l’ennemi ; mais ils sont le plus souvent liés à des objectifs militaires, même s’ils entraînent des bavures.

Dans le cas de l’agression russe, en revanche, on a l’impression d’une entreprise d’annihilation totale du territoire à conquérir, civils et soldats, hommes, bâtiments et choses. Marioupol, Boutcha et bien d’autres villes martyres illustrent tragiquement cette volonté. Comme on l’a souvent souligné, c’est une stratégie déjà adoptée en Tchétchénie et en Syrie.

Habituellement, le conquérant vise à s’approprier les ressources du pays attaqué, ce qui le conduit à les préserver autant que possible, dans son propre intérêt. Ici, en revanche, on a le sentiment que le gain attendu ne compte pas du tout. La destruction n’est pas un moyen mais une fin en soi ; et d’ailleurs elle s’applique à l’agresseur autant qu’à l’agressé.

 

Les dommages causés à la Russie par la guerre (effets des sanctions, retrait des investisseurs étrangers, adhésion à l’OTAN de pays jusqu’ici neutres, renforcement de l’unité et de la défense européenne, etc.) sont de loin supérieurs à l’avantage éventuel que constituerait la conquête du Donbass. Mais ces dommages, si grands soient-ils, ne semblent pas compter.

Comment expliquer une telle attitude ? Un mot s’impose au spectacle de cette guerre militairement irrationnelle, économiquement aberrante, politiquement catastrophique : nihilisme. On sait que ce concept est né en Russie dans les années 1860 ; et on l’associe souvent à un mouvement marginal d’opposition au régime tsariste, vite disparu au profit de la contestation marxiste-léniniste qui aboutira à la révolution d’octobre 1917.

Or cette représentation est erronée. L’écrivain Ivan Tourgueniev (1818-1883), dans Pères et Fils, définit le nihiliste comme quelqu’un « qui ne veut rien reconnaître »« qui ne respecte rien » et « ne s’incline devant aucune autorité ». L’écrivain philosophe Alexandre Herzen (1812-1870) , dans un article de 1869, y voit « un esprit de purification critique » ; il associe le phénomène du nihilisme à la mentalité russe en tant que telle : « Le nihilisme est le fruit naturel, légitime, historique de cette attitude négative envers la vie qu’avaient adoptée la pensée russe et l’art russe dès ses premiers pas après Pierre le Grand. » Il ajoute : « Cette négation doit enfin aboutir à la négation de soi-même. »

Environnement : la transition écologique est surtout un enjeu économique

Environnement : la transition écologique est surtout un enjeu économique

La transition peut réussir à condition de réunir quatre préalables : taxer le pétrole, assurer l’efficacité énergétique, sortir du mythe du bien commun et repenser la filière nucléaire, estime, dans une tribune au « Monde », l’énergéticien Gilles David.

 

La situation est grave, et les perspectives sombres. Le temps est compté avant le point de non-retour et le chaos. C’est en tout cas ce que beaucoup affirment dès que le sujet de la transition énergétique est abordé.

Pourtant, être un entrepreneur lucide et investi dans les « cleantech » [technologies propres] donne une vision autre de la réalité. Le sérieux et la complexité des enjeux ne doivent pas empêcher un optimisme lucide. Car, loin d’une foi aveugle dans la technologie et la science, c’est l’histoire qui nous ramène à la mesure et la raison.

En effet, si la crise énergétique et existentielle que nous traversons est d’une intensité inédite, elle n’en est pas moins une nouvelle réplique des secousses récurrentes que connaît notre monde en matière d’énergie. Moulins à vent et à eau ont ainsi permis, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, à l’industrie européenne de produire farine, papier et… armes. A cette date, presque toutes les chutes d’eau en France sont équipées.

En Angleterre, ce sont les besoins croissants en énergie qui provoquèrent, aux XVIIe et XVIIIsiècles, une grave pénurie de bois et l’émergence du charbon, d’abord pour remplacer le bois dans les cheminées, les hauts-fourneaux et les fours à verre et ensuite pour remplacer les barrages, grâce à la machine à vapeur. C’est aussi la crise pétrolière de 1973 – et la forte hausse des tarifs du pétrole – qui a conduit le nucléaire à remplacer le pétrole dans notre pays. Le nucléaire n’aurait pas connu un tel développement sans cette crise.

En réalité, les avancées énergétiques se sont toujours faites pour des raisons d’abord économiques. La transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux n’échappe pas à cette règle. Elle se fera si les conditions économiques d’un marché de la production d’énergie sans CO2 et l’efficacité énergétique sont réunies. Elle réussira si elle est technologique, libérale et régulée par des politiques visionnaires.

A l’échelle de l’homme, l’énergie disponible est illimitée. Entre le soleil, le vent, la géothermie, les combustibles fossiles ou le nucléaire, le problème n’est pas la raréfaction de l’énergie. Le problème est celui de son coût de production, de son stockage et de ses externalités. L’énergie n’est pas gratuite.

Elle coûte en capital et en main-d’œuvre. Pour produire de l’énergie, il convient donc de mobiliser du capital, de disposer de moyens humains ainsi que de conditions de marché permettant de vendre la production. La question est d’abord économique et non physique.

Le barème d’indemnisation d’un licenciement injustifié est illégal

Le  barème d’indemnisation d’un licenciement injustifié est illégal 

 

La décision du Comité européen des droits sociaux statuant que le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement injustifié constitue une « violation » de la Charte sociale européenne est une condamnation du « macronisme social », estime, dans une tribune au « Monde », le juriste Julien Icard.

 

Il aura fallu attendre l’entre-deux-tours des élections législatives pour être informé de la condamnation européenne du barème d’indemnisation d’un licenciement injustifié, dit « barème Macron », l’un des symboles de la politique sociale d’Emmanuel Macron. Symbole, obsession même, puisque l’actuel président, alors ministre de l’économie, avait fait adopter en 2015 un premier dispositif de barème assez similaire, mais alors censuré par le Conseil constitutionnel.

C’est donc la seconde fois qu’un tel instrument visant à faciliter les licenciements en fixant un prix prévisible à la rupture illicite du contrat de travail, est remis en cause, mais cette fois en raison de sa contradiction avec les normes européennes du travail.

A ce titre, la situation est quelque peu surprenante. Alors que la chambre sociale de la Cour de cassation a jugé, le 11 mai, à grand renfort de publicité, que le barème Macron était conforme au droit international du travail, le Comité européen des droits sociaux, institution du Conseil de l’Europe chargée de veiller à la bonne application de la Charte sociale européenne, estime au contraire que ce même barème viole l’article 24 de la charte. La décision du 23 mars n’est pas encore publique (elle le sera dans quelques semaines) mais nous avons pu en prendre connaissance.

La conclusion est sans appel. Saisi par deux organisations syndicales, la CGT et FO, de la compatibilité du barème Macron avec ladite charte, le Comité européen des droits sociaux considère à l’unanimité que le système français ne permet pas au juge d’allouer une indemnité adéquate ou de décider d’une autre réparation appropriée à un salarié injustement licencié, droit pourtant garanti par l’article 24 susmentionné, dans la mesure où « les plafonds prévus par [le] code du travail ne sont pas suffisamment élevés pour réparer le préjudice subi par la victime et être dissuasifs pour l’employeur ».

Il ajoute que « le juge ne dispose que d’une marge de manœuvre étroite dans l’examen des circonstances individuelles des licenciements injustifiés. Pour cette raison, le préjudice réel subi par le salarié en question, lié aux circonstances individuelles de l’affaire, peut être négligé et, par conséquent, ne pas être réparé ». Une telle conclusion n’est pas une surprise, le comité ayant rendu deux décisions similaires à propos de systèmes comparables de barème en Finlande ou en Italie.

Pour autant, il faut l’admettre, la décision du comité ne contredit pas frontalement la Cour de cassation française, et pour cause ! Cette dernière a certes jugé que le barème était compatible aux normes internationales mais en se référant uniquement à la Convention n° 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Transition énergétique : la question est surtout économique

Transition énergétique : la question est surtout économique

 

La transition peut réussir à condition de réunir quatre préalables : taxer le pétrole, assurer l’efficacité énergétique, sortir du mythe du bien commun et repenser la filière nucléaire, estime, dans une tribune au « Monde », l’énergéticien Gilles David.

 

La situation est grave, et les perspectives sombres. Le temps est compté avant le point de non-retour et le chaos. C’est en tout cas ce que beaucoup affirment dès que le sujet de la transition énergétique est abordé.

Pourtant, être un entrepreneur lucide et investi dans les « cleantech » [technologies propres] donne une vision autre de la réalité. Le sérieux et la complexité des enjeux ne doivent pas empêcher un optimisme lucide. Car, loin d’une foi aveugle dans la technologie et la science, c’est l’histoire qui nous ramène à la mesure et la raison.

En effet, si la crise énergétique et existentielle que nous traversons est d’une intensité inédite, elle n’en est pas moins une nouvelle réplique des secousses récurrentes que connaît notre monde en matière d’énergie. Moulins à vent et à eau ont ainsi permis, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, à l’industrie européenne de produire farine, papier et… armes. A cette date, presque toutes les chutes d’eau en France sont équipées.

En Angleterre, ce sont les besoins croissants en énergie qui provoquèrent, aux XVIIe et XVIIIsiècles, une grave pénurie de bois et l’émergence du charbon, d’abord pour remplacer le bois dans les cheminées, les hauts-fourneaux et les fours à verre et ensuite pour remplacer les barrages, grâce à la machine à vapeur. C’est aussi la crise pétrolière de 1973 – et la forte hausse des tarifs du pétrole – qui a conduit le nucléaire à remplacer le pétrole dans notre pays. Le nucléaire n’aurait pas connu un tel développement sans cette crise.

En réalité, les avancées énergétiques se sont toujours faites pour des raisons d’abord économiques. La transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux n’échappe pas à cette règle. Elle se fera si les conditions économiques d’un marché de la production d’énergie sans CO2 et l’efficacité énergétique sont réunies. Elle réussira si elle est technologique, libérale et régulée par des politiques visionnaires.

A l’échelle de l’homme, l’énergie disponible est illimitée. Entre le soleil, le vent, la géothermie, les combustibles fossiles ou le nucléaire, le problème n’est pas la raréfaction de l’énergie. Le problème est celui de son coût de production, de son stockage et de ses externalités. L’énergie n’est pas gratuite.

Elle coûte en capital et en main-d’œuvre. Pour produire de l’énergie, il convient donc de mobiliser du capital, de disposer de moyens humains ainsi que de conditions de marché permettant de vendre la production. La question est d’abord économique et non physique.

Macron : le petit roi est nu

Macron : le petit roi est nu

 

Avec les résultats catastrophiques des législatives , Macron se retrouve presque seul. Cela d’autant plus que certains de ses soutiens historiques comme les sulfureux Ferrand et Castaner transfuges du parti socialiste ont été renvoyés à leurs chères études . De la même manière que certains ministres boutonneux issus pour la plupart d’instituts politiques et sélectionnés sur Internet. Macron a délibérément choisi des seconds voir des troisièmes couteaux pour que n’émerge pas un éventuel concurrent. Le roi a voulu gouverner seul mais le roi est désormais encore plus nu que précédemment. Une roi nu  dépouillé de ses soutiens historiques mais surtout  du fait de l’absence réelle d’orientation et de la faillite de ce  « en même temps » pseudo idéologie qui permet toutes les confusions.

Il est clair que Macron ne pourra pas résister dans la crise politique, économique et même géostratégique qui s’annonce. Il n’a pas l’expérience ni la résilience pour cela. Et ce n’est pas en choisissant une Première ministre complètement inodore et incolore comme Élisabeth Borne  qu’il parviendra à changer la tendance. Macron a voulu gouverner seul, aujourd’hui il est plus isolé que jamais. Et son isolement se nourrit surtout de la détestation qu’il génère presque physiquement dans l’opinion publique. Sa seule arme de défense est qu’il n’existe pas de leader crédible dans l’opposition.

Abstention : l’absence d’offre politique est responsable

Abstention : l’absence d’offre politique est responsable

 

 

 

L’adéquation entre l’offre politique et la demande populaire n’a jamais existé, mais elle est encore davantage compromise aujourd’hui, estiment dans une tribune au « Monde », les politistes Pierre-Henri Bono et Janine Mossuz-Lavau.

 

Il est certain que le fossé ne cesse de s’agrandir du fait de l’obsolescence de l’offre politique, voire de sa caricature, face à l’évolution de la demande du citoyen. Les tracts récents reçus pour les législatives  témoignent du côté archaïque de cette offre qui évidemment ne peut convaincre nombre de citoyens bien conscients que les changements  d’orientation sont autrement plus complexes que ces promesses de coiffeur à  la veille d’élections. NDLR

 

Quand croissent l’abstention et le vote en faveur des extrêmes, quand se déploie la défiance, s’élève une déploration récurrente, se référant à un bon vieux temps où l’offre (les partis, les élus, les détenteurs de pouvoir) et la demande (les « vraies-gens-dans-la-vraie-vie ») auraient cohabité pacifiquement, sinon harmonieusement. Mais ne faut-il pas plutôt admettre que cette concorde n’est plus ce qu’elle n’a jamais été ? Et qu’il ne peut y avoir de véritable entente entre cette offre et cette demande…

A l’aide des données accumulées au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), nous avons les moyens de prendre la mesure de cette distorsion, qui s’affirme au fil des ans. De faire parler ce malaise. De le cerner en son cœur même.

Depuis les années 1970, on observe une augmentation régulière du nombre de personnes qui ne sont pas en mesure de désigner un parti dont elles se sentiraient le plus proches – ou le moins éloignées. Dans la période récente, jusqu’à 30 % de l’électorat ne se reconnaît pas dans l’offre qui lui est proposée. De là des conclusions hâtives sur une société où les repères traditionnels ne seraient plus de mise, balayés par la mondialisation, la modernisation, sans compter les « responsabilités » des deux parties. D’un côté, un personnel politique qui chercherait davantage à se servir qu’à servir et, de l’autre, des électeurs et électrices qui seraient devenus « individualistes ». Mais peut-il en être autrement ? L’offre et la demande peuvent-elles faire bon ménage ? Deux raisons, selon nous, poussent à répondre par la négative.

 

La première, structurelle, tient à la composition du corps électoral. Retour aux sources. A l’origine, en 1789, les représentants à la Chambre, des hommes et des propriétaires, ne sont pas très éloignés de ceux qu’ils représentent, et leurs décisions sont en phase avec les intérêts de ces derniers. Mais depuis le XIXe siècle, ce corps électoral n’a cessé de s’agrandir : suppression du cens, suffrage « universel masculin », puis vote des femmes, vote dès l’âge de 18 ans, entrée des citoyens de l’Union européenne pour les élections européennes et locales, croissance démographique. Comment l’offre pourrait-elle prendre en charge les desiderata de cette demande aux mille et une facettes ? Comment près de 49 millions d’électeurs et d’électrices peuvent-ils être satisfaits des décisions de 577 députés, 348 sénateurs, quelques dizaines de gouvernants, un président de la République et des centaines ou milliers d’élus locaux ?

Le social de Marine Le Pen est conservateur

 

 

Le social de  Marine Le Pen est conservateur

Qu’est-ce que « le social » et a-t-il vraiment sa place dans le programme de Marine Le Pen ? Par Fabrice Flipo, Institut Mines-Télécom Business School.

 

 

La ritournelle ne cesse de revenir dans les médias : le second tour se jouerait sur le social et ce serait à celui des deux candidats qui en ferait le plus.

Sauf qu’une analyse approfondie des programmes montre bien qu’aucun des deux ne s’engage réellement sur la question, et Marine Le Pen peut-être encore moins encore qu’Emmanuel Macron.

Interrogé par Appolline de Malherbe sur le volet social du programme du RN, le 12 avril dernier, Louis Alliot soutient que le programme de la candidate se situe au-delà de la droite et de la gauche et comporte des mesures quasiment socialistes – sans aucune réaction de l’intervieweuse.

Les hôpitaux, les forces de police, les « gilets jaunes » ; l’urgence sociale serait là, à nos portes. Le vice-président du Rassemblement national peut ainsi dénoncer la « casse sociale » opérée par Emmanuel Macron.

D’autres commentateurs tels qu’Alain Duhamel sur la même chaîne mettent en avant la « préscience » avec laquelle Marine Le Pen a vu venir « la question sociale ».

Or de quoi parlons-nous exactement ? Qu’est-ce que « le social » ? Le sens commun renvoie le social à ce qui relève de l’organisation de la société, à côté de l’économique et du politique, entendu comme jeu des partis. C’est le social de la sociologie, qui étudie ce qui fait société. Un second sens est attesté dès l’Antiquité : le social comme désaccord, rapport antagonique entre individus ; ainsi les « guerres sociales » qui désignent le conflit entre Rome et ses alliés, autour du premier siècle avant Jésus-Christ. Il s’agit donc d’affrontements se situant à l’intérieur d’une société, et non à l’extérieur. L’enjeu est donc celui d’intérêts divergents, relatif aux inégalités en tant qu’elles sont des injustices, dont Thomas Hobbes tenait qu’elles sont à l’origine de l’État.

A l’époque moderne, l’idéologie politique qui se saisit de la question sociale est le « social-isme », terme apparu sous la plume de l’abbé Sièyes, à la veille de la révolution. Ce courant de pensée tout autant que d’action politique s’oppose à ce qu’il nomme l’anarchie industrielle, qu’il veut organiser et mettre au service des plus démunis : ceux que les Romains appelaient des prolétaires.

L’une des institutions emblématiques de cette égalisation des conditions et des destins est la sécurité « sociale » (qui protège contre les risques de perte de revenus, engendrés par la maladie, le chômage et la vieillesse). C’est aussi l’action des travailleurs « sociaux » (qui aident les plus démunis). En résumé, le social désigne ce : « qui favorise une meilleure adaptation des plus défavorisés à la société ». Et c’est bien ce sens-là auquel se réfère le débat de l’entre-deux tours.

Le programme de Marine Le Pen comporte-t-il des mesures « sociales » ? Si on l’étudie tel qu’on peut le trouver sur son site Internet, le résultat est riche en enseignement.

À première vue, ce programme est le contre-point parfait de celui d’Emmanuel Macron. Ce dernier met en avant l’ouverture, l’aventure, l’Europe, le monde ; il parle aux classes qui tirent partie de la mondialisation. La candidate fait le bilan de cette stratégie et montre sans difficulté que deux tiers de la population n’en a pas profité. Le fait est des plus banals ; il peut être illustré par la désormais célèbre courbe de Branco Milanovic.

Que propose-t-elle ? Marine Le Pen annonçait au départ que le chiffrage de son programme « sera rendu public au cours de la campagne ». Mais elle affirmait :

« La politique étant avant tout une question de choix et de priorités, c’est grâce à des économies que je financerai les nouvelles dépenses et grâce à une réorientation de notre modèle économique que je compte assainir les finances publiques fortement dégradées au sortir de ce quinquennat. » (p. 5)

Les bases sont déjà là : il y aura de nouvelles dépenses oui mais financées sur des économies. Et le modèle économique de la France devra évoluer, principalement pour retrouver de la souveraineté.

La souveraineté s’exerce d’abord dans le domaine du régalien : dépenser plus pour la défense (premier poste, dans l’ordre de l’exposé) et la sécurité intérieure (notamment la police, la gendarmerie et la justice – recrutement de magistrats -, et les prisons), sans amélioration de salaire.

Quid du nouveau modèle économique pour la France ? Le regain de souveraineté alimentaire proposé ne fera pas baisser le coût de l’alimentation ni augmenter les salaires, pas plus qu’une transformation écologique réduite à l’arrêt des renouvelables et à la relance du nucléaire, ni un soutien non précisé à la R&D, ni l’établissement d’une priorité nationale dans les achats publics, la fin du travail détaché ou une politique de simplification administrative. D’autant que Marine Le Pen entend préserver « une saine concurrence pour nos entreprises ».

Les institutions sociales seront restreintes et non étendues, et mises au service de la puissance nationale plutôt que de la redistribution : réduction des dépenses consenties envers les étrangers (8 milliards d’économies espérées) ; chasse aux fraudeurs de la sécurité sociale (entre 14 et 40 Mds) ; soutien financier à la natalité, la population étant une composante de la puissance. Les ultramarins se voient promettre une priorité d’accès aux études, au logement social ou au service militaire, oui, mais au service de la grandeur notamment spatiale de la France, et sans amélioration sociale.

La santé sera soutenue, oui, mais… en mettant en place la télémédecine (un pis-aller) et des consultations à prix bonifié pour attirer les médecins libéraux, remboursés par la sécurité sociale, ce qui revient à faire subventionner les médecins par les salariés.

Un « effort financier conséquent » est annoncé sur le salaire des soignants est évoqué, sans précision ni sur le montant ni sur la manière de l’obtenir. En ce qui concerne les Ehpad, le système privé est reconduit, ainsi que sa logique de rentabilité : seul le contrôle des établissements est renforcé.

Et la fameuse hausse de pouvoir d’achat, estimée entre 150 et 200 euros ? Elle passe par quatre mesures : la baisse des péages autoroutiers (via une nationalisation) et de la TVA sur l’énergie (de 20 à 5 %), la privatisation de l’audiovisuel qui supprimera la redevance, ainsi que l’exonération des cotisations patronales, qui permettrait d’augmenter les salaires (« la case en bas à droite de la feuille de paie », suivant l’expression de la candidate).

Aucune de ces mesures ne garantit de hausse significative du revenu net. La dernière mesure consiste à réduire le salaire indirect (issu des cotisations sociales) pour une hypothétique augmentation du salaire direct, laissée à l’appréciation des patrons. La baisse de la TVA se paiera par une baisse des services de l’État – et donc une baisse du pouvoir d’achat indirect. Enfin rien ne dit que l’information coûtera moins cher, une fois privatisée ; pour ne rien dire de la qualité. Et la baisse des péages sera loin des 150 euros mensuels…

Le programme ne prévoit donc aucune modification dans la distribution des revenus : les pauvres restent pauvres, et les riches restent riches. Il conforte également l’ordre établi sur le plan du patrimoine, puisque Marine Le Pen prévoit la suppression de tous les impôts entravant la transmission des patrimoines, y compris l’IFI, au profit d’un Impôt sur la Fortune Financière visant exclusivement la spéculation.

Enfin Marine Le Pen souhaite « un accès le plus précoce possible au marché du travail » (p.24). La massification de l’enseignement secondaire et supérieur est dénoncée, consommant des moyens « qui défient le bon sens » (p.30). 80 % des jeunes seraient dirigés vers une filière professionnelle à 14 ans. Soit à la clé une fonte rapide des effectifs des universités, et donc de leur coût – serait-ce le moyen inavoué de financer la baisse de la TVA et autres dépenses ? En tout cas le point a peu été relevé.

On le voit, le « social » – en clair les mesures sociales qui viendraient améliorer la condition des populations les plus démunies – n’est pas présent dans le programme de Marine Le Pen. Les salaires n’augmentent pas, la redistribution est inexistante – qu’il s’agisse des salaires ou des patrimoines.

La ligne du RN est claire : c’est celle d’une droite radicale, extrême ou « forte », comme on voudra, que l’on nomme plus adéquatement en philosophie politique en parlant de conservatisme. Le « social », s’il est clairement un sujet de campagne pour Marine Le Pen, ne se traduit pas dans les faits par des mesures concrètes qui pourraient améliorer les choses.

_______

Par  Fabrice Flipo, Professeur en philosophie sociale et politique, épistémologie et histoire des sciences et techniques, Institut Mines-Télécom Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

L’alliance entre les républicains et le rassemblements national est contre nature (Philippe Bas )

L’alliance entre les républicains et le rassemblements national est contre nature  (Philippe Bas )

 

Aussi atterré par la politique d’autarcie proposée par Marine Le Pen que par celle, reposant sur la violence d’Etat, d’Eric Zemmour, le sénateur (LR) de la Manche estime, dans une tribune au « Monde », que « toute recherche d’une synthèse avec cette “autre droite” serait contre nature et nécessairement vouée à l’échec ».

 

Tribune.

 

J’ai honte de devoir constater qu’à rebours de toute morale, dans un pays amoureux des libertés, on puisse proposer, sans être immédiatement accusé de fouler aux pieds l’idéal français, une politique reposant sur la violence d’Etat pour renvoyer les étrangers (un million, dit Eric Zemmour). Je suis également atterré qu’on puisse, comme Mme Le Pen, proposer une politique d’autarcie qui aurait tôt fait de nous isoler du reste du monde. Nous offrons face à Emmanuel Macron une tout autre alternative que l’extrême droite.

Il n’y a rien de bien nouveau dans les prétentions idéologiques de M. Zemmour, mais une radicalité que le lepénisme, dans sa variante « marinienne », avait progressivement réussi à rendre bonasse. Le Rassemblement national (RN), premier parti compassionnel de France, est paradoxalement l’héritier du parti communiste d’antan : il parle à tous les malheureux. Tous sont appelés à croire aux turpitudes des puissants et aux solutions-miracles. Les boucs émissaires sont désignés (CAC 40, technocrates, politiciens, Europe, mondialisation, immigration…). L’antisémitisme semble refoulé, mais cela ne suffira jamais à faire du RN un nouveau parti centriste, n’en déplaise à M. Zemmour. C’est avant tout un parti « populiste ».

Notre faiblesse, comme celle de la gauche, a été de lui abandonner le terrain. Mais ce n’est pas en reproduisant son discours qu’on retrouvera l’adhésion des classes moyennes, c’est au contraire en combattant ses chimères, sa brutalité, en lui opposant nos propres solutions …. Car la République n’a pas de meilleur moyen d’assurer durablement sa propre légitimité que de répondre aux attentes du plus grand nombre.

Le RN demeure un grand danger, parce qu’il veut que l’Etat impose une politique intransigeante et sectaire qu’aucun principe fondamental de l’Etat de droit ni aucune réalité internationale, européenne ou économique ne sauraient entraver ou tempérer. Mais nier le droit, n’est-ce pas aussi nier la liberté ? Nier la réalité, n’est-ce pas aussi se condamner à une dictature rampante ? Les riches s’en tireront toujours en plaçant leurs capitaux là où ils prospéreront. Les classes moyennes, elles, n’auront aucun moyen d’échapper aux conséquences dévastatrices de l’isolement de la France, acculée à la récession. La dette publique étranglera notre économie et anéantira l’épargne nationale. Tout est danger, rien n’est crédible dans ce programme, tout autant que dans celui de Jean-Luc Mélenchon, à l’extrême gauche.

Politique-Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

Politique-Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

Politique-Pourquoi l’affaire McKinsey est-elle un scandale d’État ?

Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

Politique: Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

Politique: Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

Intox économique: qui est responsable ?

Intox  économique: qui est responsable ?

 

 

Les fake news financières prolifèrent et une question agite le monde des médias : au-delà des hackers et des activistes de la désinformation, qui de l’entreprise émettrice ou des journalistes doit en être tenu responsable ? Quelles réponses et solutions concrètes peut-on apporter? Par Jérôme Lascombe, président de Wiztopic et cofondateur de Wiztrust.

 

En 2021, les fausses informations ont connu un essor sans précédent. On se souvient notamment des hackers ayant diffusé la fake news selon laquelle Walmart allait utiliser le Litecoin, pour manipuler le marché des cryptomonnaies et faire une grosse plus-value. Ou encore du groupe d’activistes qui, en avril, relaie l’information selon laquelle Galp abandonne sa participation dans le nord du Mozambique, afin de dénoncer les pratiques jugées peu éco-responsables du groupe pétrolier portugais.

Qu’il s’agisse de hackers ou d’activistes, chacun s’accorde à pointer ces acteurs comme les premiers responsables de la publication de ces fausses informations. Mais dans un contexte où ces acteurs sont insaisissables, une question devient de plus en plus prégnante : qui, de l’entreprise émettrice de l’information ou du média qui la relaye, doit aussi assumer une part de responsabilité dans la publication de ces fake news ?

D’un côté, les médias connaissent un afflux d’informations à traiter et à diffuser jamais connu auparavant. Face à cet amas de communiqués de presse, bon nombre de journalistes peinent à jongler entre la vérification de l’authenticité de l’information et la nécessité de la publier au plus vite. Ce phénomène est amplifié pour les agences de presse financière qui publient en temps réel.

En France, la jurisprudence montre la responsabilité des médias dans ces situations. On peut notamment citer la condamnation de l’agence Bloomberg qui, après avoir repris un faux communiqué de presse en novembre 2016, avait été condamnée en première instance par l’Autorité des marchés financiers (AMF) puis en appel à payer une forte amende.

D’un autre côté, l’AMF décrit ce qu’elle attend des entreprises émettrices d’informations dans l’article 221-4 de son Règlement Général. Celui-ci indique que « L’information réglementée est transmise aux médias dans son intégralité et d’une manière qui garantisse la sécurité de la transmission, minimise le risque de corruption des données et d’accès non autorisé et apporte toute certitude quant à la source de l’information transmise« .

De ce point de vue, l’entreprise émettrice a aussi des obligations en termes de sécurité et de traçabilité de son information, ne serait-ce que pour éviter que ces actionnaires fassent les frais d’une fake news. De fait, elle a une part de responsabilité si elle n’adopte pas de bonnes pratiques. Sans compter le fait que les wires, systèmes de diffusion de communiqués de presse, sont souvent considérés par les entreprises et par les médias comme des canaux assurant l’authenticité des informations… alors que ce n’est pas leur rôle.

La responsabilité de la publication des fake news dans le secteur économique est donc un vrai sujet, où toutes les parties prenantes de l’information peuvent être mises en cause, de l’émetteur de ces informations aux médias, en passant par les entreprises et les wires qu’elles utilisent. L’accélération du temps des médias et la diffusion des communiqués de presse de manière archaïque, via des boîtes emails non-sécurisées, créent un terrain idéal  pour hackers et activistes, qui s’emparent de cette situation pour manipuler les cours ou secouer la réputation des entreprises.

Mais si les nouvelles technologies sont à l’origine du phénomène, c’est aussi par elles que l’on peut trouver une solution. Certains médias et entreprises adoptent des solutions de certification basées sur la blockchain permettant de réduire drastiquement le risque de publication de fausses informations.

Côté entreprise, la blockchain permet de tracer une information, donc d’en authentifier la source, et de pouvoir confirmer qu’un communiqué de presse n’a pas été altéré. Côté média, elle permet de vérifier en temps réel l’émetteur de l’information. De quoi lutter contre les hackers et les activistes, sans alourdir les process des différentes parties prenantes de l’information.

C’est donc bien dans la blockchain qu’émergent les solutions les plus pérennes à ce souci de fake news. L’idée ? Utiliser cette technologie pour offrir aux investisseurs et aux médias la possibilité de vérifier en temps réel l’authenticité des informations qu’ils diffusent. Le tout pour, in fine, protéger leurs actionnaires de la désinformation, leurs dirigeants d’une usurpation d’identité, et remettre la responsabilité judiciaire de la fausse information entre les mains du réel coupable : le créateur de la fake news lui-même.

« Le Rassemblement National est une secte  » (N.Bay)

« Le Rassemblement National est une secte « 

 

Il aura fallu une trentaine d’années pour que Nicolas des s’aperçoivent des dérives sectaires du Front National. De quoi s’interroger sur la lucidité et la duplicité de certains responsables qui sont nombreux en ce moment à surfer sur la vague des trahisons opportunistes à gauche comme à droiteL’ancien cadre porte-parole de Marine le Pen    dénonce en effet  les « dérives un peu sectaires » du parti de Marine Le Pen et affirme avoir déposé plainte suite aux « mensonges diffamatoires » de la candidate. Elle l’accuse d’avoir transmis des informations stratégiques à son concurrent.

Une petite phrase lourde de sens pour Nicolas Bay qui, après avoir passé 30 ans sur les bancs du RN, vient de rejoindre Éric ZemmourExclu du parti de Marine Le Pen, le député européen s’est défendu ce jeudi matin sur BFMTV-RMC et a dénoncé un fonctionnement « sectaire » du Rassemblement national.

« Il y a évidemment un problème dans la gestion. Ça relève plus du fonctionnement d’une secte que du fonctionnement d’un parti politique mature. Et je le dis avec une certaine gravité. (…) C’est un fonctionnement avec des dérives un peu sectaires. Il faut qu’il y ait des sensibilités, des personnalités, un débat », a estimé l’élu ce jeudi sur BFMTV-RMC.

Macron est «un opportuniste» (Balladur)

Macron est «un opportuniste» (Balladur)

Édouard Balladur , ancien premier ministre de 1993 à 1995, n’est pas tendre avec Macron qu’il qualifie d’ opportuniste.

L’ancien premier ministre estime que Valérie Pécresse est la «plus qualifiée» pour l’emporter et critique Emmanuel Macron.

«Je ne vois pas qui serait plus qualifiée qu’elle.» C’est en ces termes qu’Édouard Balladur, ancien premier ministre de François Mitterrand lors de la deuxième cohabitation (1993-1995), parle de Valérie Pécresse, candidate des Républicains à l’élection présidentielle, dans un entretien au JDD ce dimanche 13 février.

  Édouard Balladur estime que ce dernier a «du brio» et que «son quinquennat a été fertile en épreuves». Sur le plan diplomatique, l’ancien premier ministre relève cependant que «sa jeunesse le porte à croire que son charme suffit à convaincre les partenaires». Selon lui, Emmanuel Macron est «un opportuniste, qui «commet les fautes de celui qui ne connaît pas l’Histoire», que ce soit en Algérie, au Rwanda ou en Russie.

Malgré son soutien à la candidate de son parti, l’ancien premier ministre observe avec prudence la campagne. «Je me garde bien de donner des conseils aux candidats, je suis sensible au ridicule, je n’oublie pas que je ne suis pas arrivé au second tour en 1995.»

 

Sondage: l’ hôpital est malade pour 65 % des Français

Sondage: l’ hôpital est malade pour 65 % des Français

 

Un sondage Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions*, publié jeudi 3 février par France Info souligne que pour 65% Français l’hôpital est malade.

En élargissant au « système de santé » dans une question qui mentionne les « qualité des soins, accès aux soins, niveaux de remboursements », l’avis des personnes interrogées est cette fois majoritairement positif : 56% des sondés jugent la situation du système de santé « bonne » et 12% considèrent même qu’elle est « très bonne ». « Ce résultat montre l’attachement des Français au système de santé, commente Pierre Latrille, auteur de l’étude pour l’institut Ipsos. Le système de santé est plutôt bien perçu, parce qu’il permet d’avoir des soins de qualité et à des prix accessibles. »Toutefois, tous les candidats n’ont pas encore publié leur programme, « donc les personnes interrogées ne savent pas forcément quoi penser », remarque Pierre Latrille, qui souligne la bonne performance d’Emmanuel Macron. « Après deux ans de gestion de la pandémie, c’est plutôt une bonne chose pour lui qu’il ait un tel taux de confiance. » Avant de nuancer : « Cela veut dire qu’il y a quand même deux tiers qui ne savent pas quoi en penser ou n’ont pas confiance en lui. »

* Méthodologie : étude réalisée selon la méthode des quotas à partir d’un questionnaire en ligne. 989 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, ont été interrogées, le 28 janvier 2022. Pour cette étude, Ipsos-Sopra Steria affiche un intervalle de confiance de 95%.

Surconsommation : Souvent le double de ce qui est nécessaire

Surconsommation : Souvent le double de ce qui est nécessaire

France Info rend compte d’une expérimentation de l’Adem auprès de 21 familles qui démontre qu’en général les ménages ont le double de ce qui est nécessaire

L’Ademe, l’Agence de la transition écologique, en a fait une opération grandeur nature pour tenter d’alerter sur la surconsommation. Vingt-et-une familles ont donc été accompagnées pendant sept mois par un coach pour faire le tri dans leurs affaires, avec pour objectif de les sensibiliser à une consommation plus responsable.

 La surconsommation est surtout forte pour les jouets, les appareils électriques et les vêtements. Le mode de consommation n’est plus compatible avec les ressources, selon Pierre Galliot, chef du service consommation responsable à l’Agence de la transition écologique. « L’objet d’étude était de répondre à un des enjeux de la transition qui est de limiter les flux, de faire attention aux ressources et aux émissions de gaz à effet de serre, souligne-t-il. Ce poste équipement est très symbolique de nos modes de vie. »

« Cette surconsommation, ce renouvellement très fréquent et cette accumulation sont très impactant et se rendre compte de cela, c’est se réapproprier sa consommation et une partie de ses impacts environnementaux. »

 Rien qu’avec le tri des vêtements, on s’est séparée de presque la moitié de ce qui se trouvait dans ses placards. À la fin du tri, les adultes qui ont participé à ces travaux expliquent qu’ils avaient deux fois plus de chaussures qu’ils n’imaginaient.

Pourquoi la BCE est paralysée face à l’inflation ?

Pourquoi la BCE est paralysée face à l’inflation ?

La zone euro connaît 5 % d’inflation mais la BCE devrait choisir l’attentisme ce jeudi, contrairement à la Réserve fédérale américaine.

Par Eric Albert du Monde

 

Un article intéressant qui montre que la paralysie de la BCE est largement encouragée par la diversité économique et budgétaire des Etats. Une hausse  brutale des taux d’intérêt serait de nature à casser des croissances  déjà disparates et à accroître encore des déficits budgétaires déjà plus que limite dans plusieurs pays .

Analyse 

 Bild l’a affublée d’un surnom, en français dans le texte : « Madame Inflation. » Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), est dans la ligne de mire du tabloïd allemand. L’inflation en Allemagne a atteint 5,7 % en décembre (5 % dans la zone euro, 3,4 % en France), et l’institution est en proie aux critiques outre-Rhin, accusée de laisser les taux d’intérêt trop bas et de ne rien faire pour contrer la hausse des prix.

La BCE est la plus conciliante des grandes banques centrales. Partout ailleurs, les taux d’intérêt ont commencé à augmenter. En décembre, la Banque d’Angleterre a fait passer son taux directeur de 0,1 % à 0,25 %. Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) n’a laissé aucun doute lors de sa réunion du mercredi 26 janvier : sa première hausse de taux va avoir lieu en mars.

Apportant la seule note discordante, Mme Lagarde a prévenu en décembre qu’une hausse de son taux directeur serait « très improbable » en 2022. L’institution de Francfort se contente de graduellement réduire son intervention sur les marchés (de 80 milliards d’euros par mois à 20 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année). Son taux directeur demeure, en revanche, à un niveau historiquement bas, à – 0,5 %. En tenant compte de l’inflation, cela signifie que le taux réel est proche de – 6 %, à son plus bas depuis les années 1950. La prochaine réunion du conseil des gouverneurs, jeudi 3 février, ne devrait rien y changer : la BCE attend de voir.

Elle a cependant de s arguments pour agir différemment du reste de ses congénères : l’inflation en zone euro demeure plus limitée que dans le reste du monde occidental ; il reste de bonnes raisons de penser que le phénomène va en partie se résorber ; la BCE, surtout, n’est pas une banque centrale comme les autres, devant maintenir l’unité d’une monnaie unique encore très disparate.

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