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« Coronavirus : parler de guerre est une faute » (Michel Wieviorka )

« Coronavirus : parler de guerre est une faute » (Michel Wieviorka )

Le sociologue Michel Wieviorka, condamne  la rhétorique guerrière retenue dans la lutte contre le Covid-19, et compte sur la démocratie dans cette crise. ( interview de la Tribune)

 

La Tribune – Ce moment si particulier de début de confinement, comment l’éprouvez-vous intimement, comment l’interprétez-vous intellectuellement ?

Nous vivons un choc qui est à la fois collectif – à divers niveaux, du mondial au local – et personnel, intime. Certains sont mieux placés que d’autres pour l’encaisser et faire preuve, comme le qualifie un mot à la mode, de résilience, et même pour se projeter vers l’avenir. Je fais partie des privilégiés, socialement, économiquement, mais cela ne m’empêche pas de penser aux plus faibles, aux plus démunis – l’économie n’est pas seule à devoir être sauvée, il y a aussi des individus en déshérence ou très fragiles.

Je fais partie des générations âgées, mais cela ne m’empêche pas de penser aux vieillards, isolés ou dans des Ehpad si insuffisamment soutenus par la puissance publique, ou aux jeunes générations et à l’avenir de leur point de vue. Bref, je « ne m’en sors personnellement pas trop mal », et tout en veillant à distance au fonctionnement de l’institution que je dirige, la Fondation Maison des sciences de l’Homme, je réfléchis, lis et écris à partir de cette expérience.

Je pense beaucoup au sociologue allemand Ulrich Beck [1944 - 2015], dont j’étais l’ami. Il a ouvert la voie aux réflexions les plus fécondes sur la société du risque et, titre de son dernier livre que je viens de relire, sur The Metamorphosis of the World (Polity Press, 2016).

Vous venez de publier Pour une démocratie de combat (Robert Laffont, 2020). Un écho saisissant aux déclarations et à la posture du Président de la République, affirmant que nous sommes en « guerre » et adoptant discours et actes d’un chef martial. Aux yeux du sociologue et historien, cette sémantique belliqueuse est-elle appropriée et judicieuse ?

Les mots sont importants, nous le savons très bien lorsqu’il y a lieu de s’inquiéter, à juste titre, des pulsions fascisantes qui animent nos sociétés – à ce propos, j’ai été heureux de préfacer la traduction en français du livre de Robert Habeck, le dirigeant des Verts allemands, Du langage en politique. Ce que les mots font à la démocratie (Les Petits matins, 2020). Mais nous devrions être attentifs tout autant à la sémantique des responsables les plus démocrates qui soient. Parler de « guerre » me semble inadapté, incongru et déplacé, c’est même une faute s’il s’agit aujourd’hui du Covid-19, comme ce l’était en 2015 à propos du terrorisme, et même encore plus. Une guerre ne surgit pas de nulle part, comme l’a montré l’historien Christopher Clark à propos de la Première Guerre mondiale (dans Les somnambules, Flammarion, 2013), il s’agit là d’une pure construction politique et sociale. Or le virus n’est pas un ennemi humain, il a frappé soudainement. S’y opposer convoque des politiques publiques. Le discours de la guerre ne veut voir que l’unité du corps social, il interdit le traitement démocratique de ce qui nous divise, et face à l’épidémie il autorise l’opacité, la dissimulation de la part du pouvoir. Ce qui est contre-productif dans un tel combat. De plus, le discours de la guerre flatte les tendances à mettre en avant l’idée de nation, et de là il rend difficile d’être complètement orthogonal par rapport aux dérives nationalistes.

« Le discours de la guerre ne veut voir que l’unité du corps social, il interdit le traitement démocratique de ce qui nous divise, et face à l’épidémie il autorise l’opacité, la dissimulation de la part du pouvoir. Ce qui est contre-productif dans un tel combat »

Quel défi, c’est-à-dire quels périls et quelles opportunités, ce « moment historique » a-t-il commencé d’exercer sur notre et les démocraties ?

Le défi est d’abord vital. Vital du point de vue des personnes singulières, du point de vue des pays, du point de vue de l’humanité. Mais il l’est inégalement : les plus aisés et les plus jeunes s’en sortiront mieux. Il met en cause les équilibres géopolitiques, il questionne notamment la place de la Chine, que l’on découvre être davantage qu’une puissance majeure : le reste du monde en est dépendant pour nombre de produits, nous vivons sous son emprise. Ce défi suggère de repenser l’économie, fait exploser les idéologies néo-libérales, et incite à parler de nouveau de dé-mondialisation, de ré-industrialisation.

Il est aussi social. A cet effet, il interroge les politiques publiques dans bien des domaines, en premier lieu de la santé. Ulrich Beck avait forgé l’idée de « métamorphose du monde » pour expliquer que nous vivons bien plus qu’une transformation dans laquelle les réalités antérieures se modifient sans nécessairement disparaître : nous sommes dans une rupture anthropologique majeure, qui nous oblige à tout repenser. Il précisait que cette métamorphose peut avoir des dimensions positives, et ainsi proposait le concept de « emancipatory catastrophism » : toute tragédie – et la pandémie en est une – peut profiter à l’émancipation, au mieux, au bon.

Que sortira-t-il de « bon » justement ? Un autre rapport à la nature ? D’autres modes de production, de consommation ? D’autres conceptions de la culture, de la ville, de la mobilité, des loisirs ? Le défi est là : la crise va nous conduire à choisir : voulons-nous continuer à laisser prospérer les populismes, les extrémismes, les nationalismes, l’autoritarisme ? Ou pouvons-nous essayer de construire un monde meilleur ? Après tout, la sortie de la grande crise de 1929 a donné naissance d’un côté au New Deal, de l’autre à Hitler… Et face à ce défi, il n’est pas contestable que les démocraties sont mieux outillées que les dictatures, même chinoise.

Quelle « démocratie de combat » doit-on commencer d’inventer qui permettra à la démocratie d’une part de gagner cette guerre, d’autre part de survivre à cette guerre, enfin de sortir davantage renforcée qu’affaiblie par cette guerre ? Une nouvelle démocratie peut-elle voir le jour ?

La pandémie est donc l’occasion d’opposer la démocratie à l’autoritarisme. Mais évitons les appréciations trop simples. L’action a été inaugurée en Chine sous les auspices du mensonge et de la persécution de ceux qui comme le docteur Li Wenliang annonçaient l’épidémie. Elle a permis au régime de se renforcer, et a montré l’efficacité de mesures apparemment brutales mais qui ont produit rapidement leurs effets. Ailleurs en Asie, en Corée du Sud, au Japon, à Singapour, à Taïwan, des régimes démocratiques ont su eux aussi faire preuve d’efficacité, tout en mettant en œuvre des mesures qui si elles devaient se prolonger après la crise, constitueraient autant d’atteintes aux libertés et aux droits de l’homme : notamment le traçage des individus un par un. En France, les mesures déployées ont été moins efficaces, faute surtout de préparation antérieure – l’Asie avait l’expérience de ce type d’épidémie. L’Etat de droit, la séparation des pouvoirs ou les acquis sociaux en ont été affectés. En fait, partout dans le monde, la démocratie, pour être sauvée, a dû s’adosser sur des mesures non démocratiques, autoritaires.

La démocratie, c’est à la fois l’unité et la capacité de traiter de ce qui divise le corps social sans violence, tout en respectant l’Etat. En fait, en temps de menace, la priorité est donnée à l’unité, et on voit bien comment deux impératifs existent face au risque ou à la catastrophe : la sécurité s’oppose d’une part au maintien de la vie économique, d’autre part aux libertés individuelles. Ce qui produit toute sorte de variantes possibles, selon ce qui, d’un pays à un autre, est privilégié par les gouvernements.

« D’un coup, nous sommes confrontés à notre capacité de (sur)vivre et de nous projeter vers l’avenir. Nous découvrons les impasses de la pensée technocratique, purement gestionnaire, et comptable, à laquelle bien des gauches ont adhéré, perdant alors leur âme. Nous constatons que l’Etat, en s’éloignant de politiques de redistribution, en cessant d’investir suffisamment dans des domaines cruciaux comme l’éducation ou la santé, a failli, et qu’il faut le repenser, au plus loin des dogmes néo-libéraux. »

Le politologue Pascal Perrineau l’espère : cet épisode unique dans l’histoire contemporaine peut être l’opportunité de réintroduire le « tragique« , ce tragique que la longue période de paix, mais aussi l’arrogance, la vanité, le culte prométhéen, la folie technologique et scientiste, ont effacé de la mémoire collective. Ce tragique qui affecte chaque individu dans son individualité mais aussi dans son rapport à la collectivité, peut-il contribuer à faire de nouveau « société ensemble », et même « communauté de destins » ? De cette appréciation inédite de la peur peut-il naître un devenir aussi stimulant qu’au lendemain de la Libération ?

Surtout, ce qui réapparaît comme opportunité, c’est l’histoire et la politique. D’un coup, nous sommes confrontés à notre capacité de (sur)vivre et de nous projeter vers l’avenir. Nous découvrons les impasses de la pensée technocratique, purement gestionnaire, et comptable, à laquelle bien des gauches ont adhéré, perdant alors leur âme. Nous constatons que l’Etat, en s’éloignant de politiques de redistribution, en cessant d’investir suffisamment dans des domaines cruciaux comme l’éducation ou la santé, a failli, et qu’il faut le repenser, au plus loin des dogmes néo-libéraux. Nous voyons que la solidarité peut aussi, et peut-être même d’abord, se construire bottom up, à partir d’une formidable mobilisation de la société civile structurée autour de ses associations, de ses réseaux d’entraide, et d’une multitude d’initiatives dont certaines relèvent de l’économie sociale et solidaire. Nous observons une immense soif de démocratie, qui sollicite des demandes de transparence et de vérité : les citoyens ne demandent pas au gouvernement de « tout réussir », ils attendent qu’il les informe convenablement, sans langue de bois, sans mensonges ou omissions sur des points sensibles – comme le nombre de décès, puisque les seuls comptabilisés ont longtemps été ceux qui se jouaient à l’hôpital, ou l’origine du déficit de masques ou de tests. A cette condition, le discours de l’unité peut fonctionner.

Mais ne nous y trompons pas : cette aspiration à l’unité ne fait pas l’unanimité. C’est pourquoi le débat démocratique, même conflictuel mais non violent, est si important. Il permet de négocier, d’aboutir à des choix, des décisions, d’éventuels compromis. Il apporte sa légitimité à l’action gouvernementale.

Le tragique, c’est lorsque tout ceci devient presque impossible, et qu’apparaissent alors soit des héros - qui en se comportant de façon exceptionnelle montrent à quel point il est difficile d’agir de façon ordinaire -, soit des salauds - qui volent et s’enrichissent -, soit des irresponsables – qui agissent de façon incivique. Le tragique, c’est quand l’histoire se substitue à la routine et au fonctionnement habituel.

Pour l’heure, la nation semble se resserrer, elle se coalise dans la peur et se soude dans le malheur, elle se rassemble d’une seule voix dans le soutien au personnel soignant, elle fait front derrière les figures de l’Etat, elle fait preuve d’actes de solidarité – qui cohabitent toutefois avec d’autres, égoïstes. Et la promesse de construire un « avenir nouveau », plus humain, plus altruiste, plus « care », davantage tourné vers l’essentiel, est clamée partout. Cette promesse est-elle… promise à s’enraciner autrement que celles, tout aussi généreuses et fortes, qui suivirent la crise financière de 2008 et ne virent jamais le jour ?

Les plus blasés affirmeront : tout redeviendra comme avant sitôt la crise terminée, l’habitude retrouvera tous ses droits. Les plus pessimistes déclareront : rien ne sera plus comme avant, tout sera pire, les inégalités seront renforcées entre individus, entre groupes, entre pays, l’économie sera entrée dans une phase de grande régression, les nationalismes déboucheront sur des bruits de bottes, puis sur des guerres, etc. Quant aux optimistes – dont Beck était, et dont je suis -, ils seront attentifs à ce qui nous fait entrer dans une « ère nouvelle ». Une ère nouvelle où l’idée de progrès retrouve son sens, où l’économie – plus juste socialement et cessant d’être comme déconnectée de la politique – se relance sur des bases inédites, où la représentation politique reprend des couleurs, où l’écologie forme une préoccupation débouchant sur des décisions concrètes, internationales, etc. Une telle perspective implique que nous pensions autrement, que nous inventions des catégories, des concepts, des mots peut-être même, et que nous fassions confiance à la science pour éclairer les décisions, sans pour autant que les scientifiques se substituent aux responsables politiques. Dès lors, les sciences humaines et sociales ont devant elles un « boulevard » – à condition de bénéficier de politiques et de formes d’emploi et de financement autres que la règle en vigueur aujourd’hui.

Une strate déterminante du fonctionnement de la démocratie que Nicolas Sarkozy avait, le premier, violemment discréditée et marginalisée, et que de manière plus surprenante Emmanuel Macron a négligée, est composée des corps intermédiaires, au niveaux tant national que local. Quelle reconnaissance le chef de l’Etat doit-il irrépressiblement leur conférer aujourd’hui pour gérer la crise et demain pour reconstruire le pays et revitaliser la démocratie ?

Le constat est juste, mais l’expression de « corps intermédiaires » n’est pas la mieux adaptée. Elle renvoie à l’image d’une construction formée, à son sommet, du pouvoir (l’Elysée), à sa base, de la population, et entre les deux, de ces « corps ». D’autres images méritent examen. Celle par exemple, classique depuis Montesquieu, de la séparation des pouvoirs. Celle aussi d’un pouvoir d’Etat qui n’est pas l’horizon indépassable de l’action politique. Toujours est-il que nous avons vécu, sous Nicolas Sarkozy, plus encore ensuite avec François Hollande, l’épuisement de la représentation politique classique, et une configuration qui a abouti à la situation actuelle : un pouvoir installé, selon ses dires, au centre, et en réalité plutôt à droite. Puis sur ses deux flancs, plus rien jusqu’aux extrêmes de gauche et de droite. Nous avons vu aussi le syndicalisme être ignoré ou presque, y compris lorsqu’avec la CFDT et Laurent Berger, il se présente comme un acteur négociateur ouvert au débat et au compromis. Ajoutons que les institutions n’ont pas été pleinement respectées, le Conseil d’Etat n’a pas été écouté à propos de la loi sur les retraites.

On peut certes s’interroger : si les partis classiques et les syndicats ont semblé ainsi perdre pied, n’était-ce pas aussi de leur faute ? Et le phénomène n’étant pas propre à la France, ne faut-il pas y voir une tendance mondiale, générale ? Certainement. Mais ce qui frappe, c’est que le chef de l’Etat n’a jusqu’à peu rien fait pour créer les conditions d’une reconstruction de ces acteurs et des systèmes dans lesquels ils opèrent. Avec la crise, il a semblé modifier quelque peu cette attitude : il a – bien mal lui en a pris – écouté les dirigeants de tous les partis qui lui demandaient de maintenir le premier tour des élections municipales du 15 mars 2020 ; il s’est entouré des avis d’instances scientifiques, et pas seulement de ses conseillers habituels. Il a annoncé le report de la loi sur les retraites.

Mais il a aussi pris des mesures d’urgence qui contredisent cette image. La reconstruction est annoncée, toutefois rien n’indique qu’elle s’exercera en reconnaissant la nécessité de ces « corps intermédiaires », et en faisant en sorte qu’ils deviennent de plus en plus utiles et présents. En fait, le chef de l’Etat s’est davantage mis en dynamique de rééquilibrer son positionnement vers la gauche, que de permettre à une gauche de se relancer. Jusqu’au jour où il tentera de faire basculer le curseur à nouveau vers la droite. Et s’il a semblé entendre un peu plus les syndicats, son gouvernement a pris des mesures qui ne sont certainement pas celles qu’ils peuvent attendre.

« Le chef de l’Etat s’est davantage mis en dynamique de rééquilibrer son positionnement vers la gauche, que de permettre à une gauche de se relancer. Jusqu’au jour où il tentera de faire basculer le curseur à nouveau vers la droite « 

Vos travaux notamment sur le racisme, l’antisémitisme et la violence vous distinguent mondialement. Parce qu’il a vu le jour en Chine, parce que la force de frappe et de nuisance des réseaux sociaux et des fake news sont tentaculaires et incontrôlables, parce qu’identifier un bouc-émissaire participe – malheureusement – de tout processus d’exorcisation et d’instrumentalisation des peurs, le coronavirus enflamme la sphère raciste. Quelles traces, momentanées ou indélébiles, faut-il redouter ?

Effectivement, le thème du « péril jaune » est réapparu, et de nombreux épisodes racistes sont venus faire de la Chine et des Chinois les boucs émissaires de la pandémie. Ce phénomène est très classique, l’anthropologue et historien René Girard avait très bien montré comment en cas de malheur « on » charge un bouc-émissaire de tous les maux pour l’expulser en le tuant.

Ce racisme ne joue pas seulement chez nous, il est à l’œuvre par exemple à Hong Kong, visant les Chinois de Chine continentale, et au sein même de cette dernière, il cible les habitants de Wuhan. En France, il prend la forme de stéréotypes, de préjugés, de propos et d’attitudes dans l’espace public, de menaces, d’agressions, jusqu’au refus de fréquenter des commerces tenus par des Asiatiques, etc. A terme, le tourisme chinois en France, qui devenait si important, pourrait de ce fait régresser, et les appels à la ré-industrialisation s’accompagner de postures hostiles à la Chine sous des formes confinant au racisme. N’oublions pas que les migrants d’origine asiatique en France sont nombreux, qu’ils ont fait souche et famille ici, que leurs enfants vont à l’école : voilà un problème très concret et interne à notre société.

Tout le monde n’a pas la chance de partir se réfugier dans sa résidence de l’Ile de Ré ou sa propriété de Gordes. Au fur et à mesure qu’il va se prolonger, ce confinement va inévitablement exacerber les violences au sein des foyers les plus fragiles, des logements les plus précaires, des familles les plus déstructurées, des individus les plus vulnérables aux addictions. Mais aussi au sein des corps sociaux les plus exposés, notamment par un chômage qui va s’enflammer. La prolifération de ces violences intimes peut-elle coaguler et s’exprimer dans une violence organisée collectivement ?

Le gouvernement a eu raison d’engager des efforts considérables pour sauver l’économie et les entreprises. Il n’en a pas produit autant à l’égard des personnes singulières, en tant que travailleurs, et ne pouvait pas se mobiliser substantiellement pour ceux que la crise sanitaire et le confinement placent en situation très difficile. Au final, tous les chômeurs ne seront pas convenablement indemnisés, de nombreux précaires ne seront pas aidés, déjà les associations humanitaires peinent plus que jamais à venir au secours des SDF et des personnes en grande pauvreté.

La répression de ceux qui contreviennent aux consignes officielles a atteint en priorité les habitants des quartiers populaires, qui, plus que d’autres, ont besoin de sortir de chez eux. Une famille nombreuse entassée dans un appartement modeste et dont les enfants, quand ils ne sont pas en classe, sont souvent dehors, dans la rue, vit plus délicatement le confinement ! Les addictions deviennent plus difficiles à satisfaire. Le risque d’être victime du virus est plus élevé quand il faut nécessairement nourrir une famille et donc faire des courses assez souvent, quand les enfants, intenables, sortent finalement malgré les interdictions. Les risques sont également plus grands pour ceux qu’une foi puissante décourage de la moindre prudence, et qui préfèrent se réunir pour communier dans leur religion plutôt que de se protéger en restant confinés.

Mais si des violences sporadiques sont susceptibles d’apparaître, je ne pronostique pas une grande convulsion collective. D’ailleurs, ceux qui se mobilisent ne sont pas nécessairement les plus démunis, les plus opprimés, comme l’avait montré Tocqueville à propos de la Révolution française : celle-ci n’a jamais été aussi active que dans les régions économiquement les plus prospères. En revanche, je constate un processus de « gilétisation jaune » de la société en cette phase de crise sanitaire : des protestations s’expriment contre le pouvoir et sa politique de santé, qui ont un vif écho sur les réseaux sociaux, et qui font penser à ce que les Gilets jaunes ont eu de plus central dans leur mouvement : la critique de l’action publique en matière sociale. En fait, si la pandémie est naturelle, au départ, et provient d’ailleurs, elle vient se mêler, dans son impact, à d’autres crises, sociale, politique, qu’elle pourrait relancer malgré les appels incantatoires du pouvoir à l’unité.

« Si des violences sporadiques sont susceptibles d’apparaître, je ne pronostique pas une grande convulsion collective. »

La violence, vous l’avez longuement étudiée dans le monde du travail. La violence du travail, la violence liée au relations sociales, à la mutation des conditions de travail, à l’évolution des organisations du travail, etc. Que l’on soit confiné en télétravail, orphelin momentané de travail ou, plus grave, définitivement sans emploi, notre relation au travail connait une épreuve inédite. Que peut-il en rester, à long terme, d’opportun et de délétère ?

Nous sommes entrés depuis plus d’un quart de siècle dans l’ère numérique, et cette pandémie nous y installe massivement, et avec une densité inédite. Tout est digital aujourd’hui : la lutte contre le virus, comme on l’observe en Asie, où les smartphones et Internet sont devenus des outils décisifs, le fonctionnement à distance de l’éducation, la communication massive, à l’échelle souvent planétaire, qu’autorisent les technologies de communication… et ainsi, l’isolement qu’impose le confinement est en partie pallié par une intense communication et par le télétravail.

Celui-ci est une rupture, et non un prolongement dans les modes d’organisation du travail. La vie des entreprises, leur gestion, leur structuration interne, le fonctionnement des collectifs de travail se transforment à grande vitesse. D’ailleurs, de nombreuses entreprises, y compris des startups, s’inscrivent dans cette mutation, proposant toutes sortes de e-services, d’applications, de systèmes de gestion, etc. Ce qui, à terme, dessine une autre structure générale de l’emploi.

Chez ceux qui peuvent relever du télétravail, l’habitat constitue une donnée clé : il est possible de vivre beaucoup plus loin de son lieu de travail, auquel on ne se rend que rarement ou moins souvent. L’urbanisme, les réseaux de transport public sont aussi impactés par cette évolution, que la crise sanitaire a rendu spectaculaire, créant des habitudes sur lesquelles nous ne reviendrons pas, ou en tous cas jamais entièrement. Le télétravail rend moins nécessaire qu’avant bien des réunions à distance, y compris internationales, et apportera sa contribution à la réduction du transport aérien, qui se présente déjà aujourd’hui comme une victime majeure de la crise sanitaire.

Nul doute que notre relation au risque et à la précaution ne sera plus la même une fois la crise passée, et votre évocation d’Ulrich Beck met en exergue ce thème central. A titre individuel mais aussi à l’égard des pouvoirs publics, quelle sera désormais notre exigence de précaution ? Notre acceptation du mais aussi notre aspiration au risque ? L’avenir du contenu du principe de précaution constitutionnalisé par Jacques Chirac ? Le rejet de l’imprévisibilité, devenu dominant et même irrationnel, peut-il reculer au profit d’une « réacceptation » que tout n’est pas anticipable et contrôlable ?

En période de crise sanitaire, très logiquement le principe de précaution semble devoir jouer fortement. Mais même là, des voix se font entendre : « Il nous empêche de continuer à vivre, à produire, il est paralysant et même à terme, contre-productif, car en contrecarrant l’épidémie, il va générer ou renforcer d’autres crises, notamment économiques et financières, mais aussi culturelles, voire personnelles »… ; imposer le confinement absolu durant plusieurs semaines, par exemple c’est mettre en cause durablement l’équilibre psychique et la santé mentale et morale de bien des personnes. La pandémie actuelle, plutôt que de susciter des comparaisons en termes de guerre, devrait plutôt encourager à accepter l’idée que la société, comme le monde, sont confrontés à des risques majeurs, certains causés par l’homme, mais pas tous – ou pas entièrement : accident nucléaire, tsunami, volcan dégageant de vastes quantités de poussière qui obscurcissent la planète et provoquent un refroidissement généralisé, crise financière, etc. Ces risques ont de particulier que leur probabilité de réalisation est très faible, mais que lorsqu’ils surviennent, la catastrophe et le chaos menacent. Nous ne pouvons pas même concevoir tous ces risques, et pas davantage anticiper pleinement quand, où et à quelle échelle ils sont susceptibles d’advenir. Le principe de précaution ici devrait surtout consister à nous préparer à faire face à de telles menaces et à gérer une crise majeure. A apprendre à mobiliser dans les meilleurs délais ressources et compétences. Cela peut se jouer en amont, en veillant à minimiser certains éléments, par exemple en ne laissant pas se construire une ville le long d’une ligne de faille, en initiant des instruments de détection sur les côtes susceptibles de subir un typhon ou un tsunami, en érigeant des habitations antisismiques, etc. Des formations civiques et éducatives à la gestion de crise peuvent aussi contribuer. La capacité de tirer les leçons d’épisodes antérieurs, comme dans les pays d’Asie, à commencer par la Chine, qui ont su utiliser les acquis de leur expérience des épidémies de type Coronavirus, est également clé. Bref, le principe de précaution paralyse, ou est peu mobilisateur et même vite démobilisateur, là où nous avons besoin d’être prêts à nous constituer en quelque sorte en acteurs contre-offensifs.

« La lutte contre la pandémie et celle contre le terrorisme ont en commun d’être toujours liberticides. »

Certains de vos travaux ont porté sur les répercussions sociales et sociétales du terrorisme. A certains égards, cette « guerre » contre le Covid-19 s’apparente-t-elle à celle déployée contre le terrorisme – lui aussi aveugle, irrationnel, planétaire ?

Le terrorisme est humain, et non pas naturel, et il est le fait d’acteurs qu’il est possible d’identifier. La « guerre » contre le terrorisme vise ces acteurs, qui ne sont pas pour autant des Etats, même s’il arrive qu’un Etat sponsorise un groupe terroriste, voire, avec Daech, que se constitue un quasi-Etat terroriste – le Califat a existé durant quelque trois ans au Proche-Orient. Le terrorisme peut être « ciblé », c’est-à-dire choisir ses victimes – les journalistes de Charlie Hebdo, les clients juifs de l’hypercasher en janvier 2015. Il a sa rationalité, il déborde d’une pléthore de sens, et ses protagonistes sont capables de calculs, parfois même plus intelligents que ceux des spécialistes chargés de le combattre : alors que des scénarios très élaborés imaginaient à la fin des années 90 l’irruption d’un terrorisme nucléaire, chimique, bactériologique, les acteurs du 11 septembre 2001 ont construit l’impressionnant succès de leur opération en achetant des billets « business », en se munissant de simples cutters, en prenant place dans les avions, et en s’étant préparés à mourir.

Les luttes contre ces deux fléaux ont en commun d’être toujours liberticides. Le gouvernement vient de faire passer des mesures d’exception relatives à la lutte contre le Covid-19, en 2015 l’exécutif d’alors avait fait de même pour agir face au terrorisme. Ce n’est pas un hasard si ce sont les mêmes, réseaux d’organisations de défense des droits de l’homme, d’avocats, de militants humanitaires, d’intellectuels qui se mobilisent dans les deux cas pour tenter de ralentir ou d’empêcher ces types de dérives.

Nous apprenons, avec – plutôt – discipline à comprimer très fortement nos libertés. Cet apprentissage peut-il, au-delà de la période de confinement, modifier notre culture de la liberté, et notamment altérer notre capacité de révolte, de contestation, d’insubordination ? Les avocats Eric Dupond-Moretti et François Sureau ont très bien expliqué comment les Français se sont peu à peu résigné, au nom de la lutte contre le terrorisme, et se soumettent docilement à des réflexes liberticides…

Hélas ! L’expérience montre qu’il est plus facile d’entériner des mesures d’exception, de les banaliser, de les faire entrer dans le droit commun, comme ce fut le cas en 2017 avec les textes anti-terroristes, que de revenir en arrière une fois une crise dépassée. Ces mesures ont alors d’autres desseins que ce pour quoi elles avaient été explicitement proposées et adoptées, elles constituent dès ce moment une régression démocratique.

Votre ami Edgar Morin l’espère : ce moment inédit de confinement « peut nous aider à commencer une détoxification de notre mode de vie ». Il s’agirait là d’une rupture civilisationnelle. L’état « social », politique et démocratique du pays se prête-t-il à une telle ambition ?

Comme Edgar Morin, je suis plutôt optimiste, confiant dans la capacité des humains à explorer les « bons » chemins. Mais les processus par lesquels s’opère un travail de chacun sur soi-même, et de la société sur elle-même ne sont pas écrits d’avance, ils changent d’une personne à une autre, d’une société à une autre, d’un moment à un autre, et ne sont pas linéaires. Certains s’enfermeront dans la mélancolie, et seront incapables de se projeter vers l’avenir. D’autres oublieront, pour envisager le futur sans tenir compte du choc actuel. Et d’autres seront capables d’être à la fois dans le passé et le futur. Les sociétés occidentales, et tout spécialement la nôtre, ont manqué depuis plusieurs années d’appétence pour se tourner vers l’avenir avec une certaine confiance.

Nous avons vécu dans le présent – le « présentisme » que critique l’historien François Hartog. En Asie, il semble qu’on veuille davantage imaginer un futur sinon radieux, du moins meilleur, on mise sur l’enseignement supérieur et la recherche, sur la science, on ne clame pas que les jeunes générations vivront moins bien que les plus âgées. Si le choc de cette pandémie doit aider à retrouver le goût du progrès, doit soutenir l’idée qu’un autre futur est possible – et qui sera ce que les citoyens, surtout les plus jeunes, en feront -, alors la crise se révélera avoir été « aussi » salutaire.

Mais gardons-nous des tendances à l’arrogance provinciale, par la faute de laquelle nous nous croyons supérieur aux autres nations, et qui témoigne en réalité de notre refus d’aller dans ce sens.

Le chef de l’Etat l’a affirmé lors de son allocution du 16 mars annonçant le confinement. « Lorsque nous serons sortis vainqueurs [de la guerre contre le coronavirus], le jour d’après ne sera pas un retour aux jours d’avant » (…). « Cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, (…) et je saurai avec vous en tirer toutes les conséquences (…). Hissons-nous individuellement et collectivement à la hauteur du moment ». Et chaque jour qui passe le corrobore, plus guère d’observateurs (politologues, sociologues, scientifiques, anthropologues) contestent l’obligation ou l’opportunité d’un aggiornamento. En résumé, comment imaginez-vous et comment espérez-vous que prenne forme ce « jour d’après » ?

Cette période nous aura beaucoup appris sur le pouvoir actuel ! Sur la façon dont il prétend faire demain le contraire de ce qu’il a fait jusqu’ici. Les électeurs sauront en tirer toutes les conséquences.

Si de véritables changements doivent être à l’œuvre, ils proviendront de la société, d’en bas, et de ses initiatives, de demandes sociales, culturelles, politiques, économiques que des forces politiques seront capables de traiter -qu’il s’agisse de vieux partis de droite et de gauche se renouvelant en profondeur (ce dont je doute), des Verts (ce qui est déjà un peu plus vraisemblable), ou de nouveaux partis émergents.

 

 

La survie de l’UE est en jeu » Macron, toujours excessif

La survie de l’UE est en jeu » Macron, toujours excessif

 

S’il est clair que l’union européenne, pas davantage que les pays ou les autres zones économiques n’ont fait preuve de discernement et de solidarité. Pour autant ,la menace brandie par Macron lors du conseil européen de voir l’Union éclater est une fois de plus excessive. En outre l’angle d’attaque de ce risque d’éclatement concerne l’espace de Schengen qui permet la mobilité à l’intérieur de l’Europe. Or cette question n’est actuellement sans doute pas la priorité ni des opinions publiques ni des Etats.

Le vrai problème que veut dénoncer Macron, c’est le manque de solidarité financière. Alors qu’on sait bien que les pays du Nord et notamment l’Allemagne ont pour doctrine de ne pas ouvrir les vannes pour financer le laxisme des pays du Sud dont la France. Il y a déjà des années que la France propose des emprunts différents noms  dont la charge de remboursement reposerait  faite sur la totalité de l’union économique.

Jusque-là les pays du Nord ont toujours refusé ce transfert de charges. Finalement Macron suit la politique de ses prédécesseurs en criant très fort pour obtenir sans doute un compromis très en-dessous de sa position de départ. On le voit encore avec la levée de son opposition à l’entrée dans l’union de nouveaux pays des Balkans. La menace est toujours forte et finalement la France se couche. Il n’y a sans doute pas de risque majeur d’éclatement de l’union européenne car c’est union pour l’essentiel , cette union se limite à un espace de marché.

D’ailleurs juridiquement personne ne peut reprocher aux Etats  leurs différentes politiques sanitaires, économiques, financières suite au Coronavirus. Le seul ennui majeur actuel en rapport avec l’espace Schengen, c’est la difficulté à faire venir des travailleurs étrangers notamment dans l’agriculture où les Français ne veulent pratiquement plus travailler. Peut-être là l’occasion non pas de fermer la porte à l’immigration mais de contraindre certains à ne pas s’installer durablement dans l’aide sociale.

Les fondements de l’Union européenne sont en péril, a pourtant  menacé le président français Emmanuel Macron lors du Conseil européen organisé jeudi par les dirigeants du bloc dans le contexte de la crise liée au coronavirus, a-t-on appris de source diplomatique française.

Selon le chef d’Etat français, le principe même de l’espace de libre-circulation né des accords de Schengen est aujourd’hui menacé si les Européens ne parviennent pas à faire preuve de solidarité. “Ce qui est en jeu, c’est la survie du projet européen”, a-t-il dit aux 26 autres dirigeants lors de ce conseil organisé par visioconférence. “Le risque, c’est la mort de Schengen”, a-t-il dit. Pas sûr que ce discours alarmiste soit la meilleure méthode de persuader Merkel et les autres. Ces cris d’alarme ont déjà été prononcés par les prédécesseurs de Macron, sans grand résultat jusque-là. La vérité c’est que la France est incapable de faire fonctionner le couple franco allemand qui précédemment animait  la politique européenne. La France prise dans ses contradictions essaye de contourner l’obstacle des pays d’une Nord en criant très fort;  pas vraiment le meilleur procédé en diplomatie

« La meilleure science économique est celle qui fait le moins de bruit »

« La meilleure science économique est celle qui fait le moins de bruit »

Prix Nobel d’économie en 2019, les deux professeurs au Massachusetts Institute of Technology publient « Economie utile pour des temps difficiles » (Seuil), dans lequel ils montrent comment les économistes peuvent apporter des réponses aux questions du moment : réchauffement climatique, inégalités, immigration… En avant-première, « Le Monde » publie des extraits du premier chapitre, intitulé « MEGA : Make Economics Great Again ».

Bonnes feuilles. Nous vivons une époque de polarisation croissante. De l’Inde à la Hongrie, des Philippines aux Etats-Unis, du Brésil au Royaume-Uni, de l’Italie à l’Indonésie, le débat public entre droite et gauche se réduit de plus en plus à des affrontements bruyants, où l’invective laisse peu de place à la nuance et à la réflexion. Aux Etats-Unis, où nous vivons et travaillons, le nombre d’électeurs qui votent pour un parti différent aux diverses élections est à son plus bas niveau historique. Parmi les Américains qui s’identifient à l’un des deux grands partis, 81 % ont une opinion négative du parti adverse ; 61 % des démocrates jugent les républicains racistes, sexistes et sectaires, et 54 % des républicains jugent les démocrates malveillants. Un tiers des Américains seraient profondément déçus si un membre de leur famille proche épousait une personne de l’autre camp.

En France et en Inde, deux autres pays où nous passons beaucoup de temps, la montée de la droite dure est commentée, au sein de l’élite progressiste « éclairée » à laquelle nous appartenons, en des termes toujours plus apocalyptiques. La peur ne cesse de grandir : la civilisation telle que nous la connaissons, fondée sur le débat et la démocratie, serait désormais menacée.

 

Nous sommes des économistes, c’est-à-dire des chercheurs en sciences sociales. Notre métier consiste à présenter des faits et une interprétation des faits qui seront susceptibles, nous l’espérons, de réduire ces divisions et d’aider chaque camp à mieux comprendre l’autre, afin de parvenir, sinon à un consensus, du moins à une sorte de désaccord raisonnable. La démocratie ne peut certes pas vivre sans conflit, mais à condition qu’il y ait du respect de part et d’autre ; et le respect suppose la compréhension mutuelle.

Ce qui rend la situation actuelle particulièrement inquiétante, c’est que l’espace permettant un débat de ce type semble se réduire chaque jour un peu plus. On observe une « tribalisation » des opinions, non seulement dans le domaine strictement politique, mais aussi en ce qui concerne les principaux problèmes de société et les solutions qu’il conviendrait de leur apporter. (…)

Cela est d’autant plus regrettable que nous rentrons dans des temps difficiles. Les folles années de forte croissance mondiale, alimentée par l’expansion du commerce international et l’incroyable réussite économique de la Chine, sont sans doute terminées : la croissance chinoise ralentit et des guerres commerciales éclatent ici et là. Les pays qui ont prospéré sur cette déferlante – en Asie, en Afrique, en Amérique latine – commencent à s’inquiéter de ce qui les attend. Bien sûr, dans la plupart des pays riches, en Occident, cette croissance lente ne date pas d’hier, mais le détricotage du tissu social qui l’accompagne la rend particulièrement préoccupante aujourd’hui. Il semble que nous soyons revenus à l’époque des Temps difficiles de Charles Dickens, les riches se dressant contre des pauvres de plus en plus aliénés et privés de perspective d’avenir.

 

 

 

Coronavirus : « le taux de mortalité est de 1% maximum » ?

Coronavirus : « le taux de mortalité est de 1% maximum » ?

Il paraît difficile de comparer le Coronavirus avec la grippe classique. La différence concernerait surtout le taux de mortalité qui pourrait être autour de 1 % d’après des autorités américaines entre 2 à 3 % d’après des chiffres très approximatifs de l’OMS). Aujourd’hui il y a environ 3000 morts dus au Coronavirus alors  que la grippe dite classique entraîne plus de 600 000 morts par an  dans le monde. Le Coronavirus dont on dénombre plus de 95 000 cas confirmés et 3 200 décès dans le monde, se présente comme un syndrome grippal. Il est provoqué par un nouveau coronavirus SARS-CoV-2 apparu à Wuhan (Chine). Si la grippe est bien connue, de nombreuses inconnues subsistent sur le SARS-CoV-2, d’autant que les coronavirus saisonniers, qui n’entraînent que des rhinopharyngites banales, sont peu étudiés.

Le SARS-CoV semble se transmettre plus facilement que les virus grippaux et surtout entraîner plus de décès parmi les personnes atteintes, mais la grippe fait globalement plus de morts (jusqu’à 650 000 décès par an) car elle touche bien plus d’individus. Le ministre adjoint américain de la Santé, Brett Giroir, a estimé ce jeudi que le taux de mortalité du coronavirus était de 1% au maximum, et non de 3 à 4% comme le dit l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Contrairement à l’OMS qui base son estimation uniquement sur le nombre de cas confirmés, le responsable américain base la sienne en tenant compte des nombreux cas non détectés au niveau mondial.

 

« Actuellement, la meilleure estimation du taux de mortalité global du Covid-19 se situe entre 0,1% et 1% », a déclaré à la presse Brett Giroir. « C’est d’abord parce que de nombreuses personnes ne tombent pas malades et ne se font pas tester -ceci reflète ce qui se passe dans les pays à l’étranger. Donc pour chaque cas, il y en a au moins deux ou trois qui ne sont pas répertoriés », a-t-il expliqué.

 

Le taux de mortalité « pourrait certainement et est probablement plus élevé que celui de la grippe saisonnière », qui est d’environ 0,1% selon les services de santé américains, « mais il n’est vraisemblablement pas autour de 2 à 3% », a-t-il ajouté

 

Coronavirus : le maintien des matches de foot est souhaitable !!! (Patrick Kanner)

Coronavirus : le maintien des matches de foot est souhaitable !!!  (Patrick Kanner)

L’ancien ministre des Sports Patrick Kanner ,qui n’a pas inventé la poudre, affirme sur Europe 1 que le maintien des matchs de foot est « raisonnable et même souhaitable ». Bien entendu l’ancien ministre des sports n’y connaît strictement rien, lui qui a surtout exercé ses fonctions d’administrateur territorial puis a fait carrière au PS en soutenant selon la météo politique les différentes tendances.. L’intéressé n’a évidemment aucune formation en matière de santé;  en outre, il ne marquera pas l’histoire politique par son originalité, son charisme ou son intuition. Pour l’instant,  il s’agit de ramasser des voix aux municipales et pour cela ne pas décevoir les supporters du foot qui constituent  une part non négligeable de l’électorat.

On se demande si l’intéressé désormais sénateur, le Graal pour les oligarques, n’a pas prononcé ses propos après un repas sénatorial copieux. Des propos complètement irresponsables de  l’ancien ministre des sports ( on ne se souvient guère de son passage)  qui affirme que non seulement c’est raisonnable mais qu’en plus c’est souhaitable. ! Et de faire une comparaison très douteuse avec la situation des attentats de 2015. Comme si les enjeux et les conséquences  pouvaient être mises en parallèle. Comme l’indique Patrick Kanner, il y aura un match très suivi entre Lille et Lyon, un match qui va réunir près de 50 000 spectateurs, autant d’électeurs potentiels auxquels il faut fournir l’opium du peuple.  On s’étonnera après que le parti socialiste se soit complètement écroulé dans l’opinion publique sous le poids de ses propres contradictions et notamment de ses oligarques souvent anciens fonctionnaires qui en fait n’entretenaient avec les réalités sociales et économiques que des relations approximatives. Sans parler des orientations particulièrement floues et là vraiment démagogiques.  

 

Des concerts, des salons ou des festivals annulés : depuis le week-end dernier, de nombreuses manifestations ont été impactées par l’épidémie de coronavirus. En revanche, les matches de foot ne sont pour l’instant pas concernés par la décision prise par le gouvernement d’interdire les rassemblements de plus de 5.000 personnes en milieu confiné.

L’ancien ministre des Sports Patrick Kanner, invité mercredi soir sur Europe 1, soutient ce choix. « C’est raisonnable et c’est même souhaitable. Nous sommes dans un stade 2, qui est préoccupant, mais on ne peut pas arrêter le pays », a jugé le président du groupe PS au Sénat.

Patrick Kanner a dressé un parallèle entre cette situation et celle qu’il a vécu en tant que ministre des Sports de François Hollande, entre 2014 et 2017. « J’ai connu une épreuve peut être encore plus difficile, celle des attentats (de novembre 2015). Quand j’étais ministre, il fallait statuer sur maintenir ou pas l’Euro 2016, nous l’avons fait et je pense que nous avons bien fait », a soutenu le sénateur socialiste.

« Je fais confiance au gouvernement pour que les mesures de prévention soient le plus largement utilisées. Nos stades de foot doivent être préservés, mais la décision appartient à l’exécutif », a-t-il poursuivi, avant d’assurer qu’il se rendra lui-même au match Lille-Lyon, pour le choc de la 28e journée de Ligue 1.

« Je serai dimanche soir au match Lille-Lyon, où il y aura 50.000 personnes. Le stade sera peut-être couvert, mais pas confiné (le stade de Lille a un toit amovible, ndlr). Je pense que la vie doit continuer, avec toutes les mesures de précaution qui sont prises dans le pays. ». Avec des irresponsables comme partie scannait, le parti socialiste n’a pas besoin d’ennemis de l’extérieur pour être réduit, il se charge lui-même de la besogne.

 

Coronavirus: on ne sait rien mais tout est sous contrôle !

Coronavirus: on ne sait rien mais tout est sous contrôle !

 

Évidemment, la plupart des médias sont pleins d’interventions et de déclarations à la fois d’autorités publiques et de responsables sanitaires. Le problème, c’est que le diagnostic est particulièrement confus et même contradictoire. En réalité, on ne sait pas grand-chose de ce virus.

 Première inconnue l’origine même de cette épidémie qu’on peut attribuer à des chauves souris et transmise à l’homme. La seule certitude, c’est l’identification de la zone géographique de départ du virus.

Les tout premiers cas de Covid-19 – nom attribué à la maladie provoquée par ce nouveau coronavirus – concernent majoritairement des personnes qui se sont rendues ou qui travaillaient sur un marché de Wuhan, où étaient vendus des fruits de mer et des animaux vivants. Concernant les symptômes il y a encore de nombreuses divergences. Les symptômes seraient proches de celui d’une grippe classique avec de la fièvre des maux de gorge, de la fatigue de la fièvre et des formes de rhume. Mais d’autres considèrent justement qu’il n’y a aucune forme de rhume dans ce virus.

Les deux autres divergences importantes concernent surtout la période d’incubation où la c’est le grand brouillard. En effet certains affirment que cette période se situe entre cinq et six jours

et dans des cas plus rares, elle serait comprise entre 1 et 14 jours. Mais on vient de découvrir en Chine un délai de 27 jours pour une personne infectée. C’est l’inconnue la plus dangereuse car pendant la période d’incubation des patients considérés comme non infectées peuvent contaminer d’autres personnes.

En outre les personnes avec des formes très légères voire asymptomatiques pourraient aussi transmettre le virus, sans que l’on ne connaisse leur niveau de contagiosité. Il conviendrait aussi d’évaluer le taux de dangerosité c’est-à-dire notamment de mortalité. Par ailleurs  ce chiffre est impossible à établir compte tenu des incertitudes totales concernant les statistiques chinoises;  le nombre d’infectées et de personnes décédées pourrait être 10 fois supérieur à celui officiellement déclaré.

On sait seulement  que la Chine voit le virus s’étendre puisque  700 millions de Chinois serait désormais confinés dans leurs lieux de résidence. Il n’y a pas de traitement spécifique pour  les symptômes par exemple les infections pulmonaires. Quant aux perspectives de vaccin pour prévenir la maladie on ne peut les envisager avant au moins. Bref ou presque ce qu’on raconte et surtout caractérisé par des incertitudes voire des contradictions inquiétantes.

 

Coronavirus: « la situation est sous contrôle » !!!

Coronavirus: « la situation est sous contrôle » !!!

Qu’il s’agisse de l’OMS, des responsables politiques français comme la ministre de la santé ou des maires  de grandes villes, l’irresponsabilité est de rigueur avec ce slogan mensonger consistant à affirmer : la situation est sous contrôle. Or chaque jour de nouveaux cas apparaissent dans des zones du monde très éloignées. Chaque jour aussi en Chine l’épidémie se développe au point qu’il a fallu confiner 40 millions d’habitants. La France n’est évidemment pas à l’abri pas davantage que d’autres pays pourtant le ministère se veut rassurant.

En Chine, 15 morts supplémentaires ont été recensés. Le bilan de la maladie s’élève à 41 morts et près de 1300 personnes contaminées. Sur ce total, 237 cas sont considérés comme « critiques », selon les autorités sanitaires. La plupart des patients décédés jusqu’à présent étaient soit âgés de plus de 65 ans, soit souffrant de maladies préexistantes. Un médecin de l’hôpital de la province chinoise du Hubei est décédé cette nuit après avoir contracté le virus.

Wuhan, qui compte 11 millions d’habitants, et la ville voisine de Huanggang (7 millions d’habitants) ont été placées en quasi-quarantaine, avec suspension des liaisons ferroviaires et aériennes. Ce samedi minuit (16h GMT), la circulation des véhicules à moteurs non-essentiels sera interdite à Wuhan.

Le gouvernement chinois va plus loin. Il a ordonné des mesures nationales de dépistage du nouveau virus dans les trains, les bus et les avions, afin de tenter d’endiguer l’épidémie. Des points d’inspection vont être mis en place et tous les voyageurs présentant des symptômes de pneumonie seront « immédiatement transportés » vers un centre médical, a annoncé dans un communiqué la Commission nationale de la santé (CNS). Par ailleurs, l’armée a envoyé à Wuhan trois avions qui ont débarqué vendredi soir 450 médecins militaires et autres personnels médicaux. Certains d’entre eux ont l’expérience de la lutte contre Ebola et le Sras, une souche similaire au nouveau coronavirus, qui avait tué 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003. Les hôpitaux étant débordés, la construction d’un site devant accueillir un millier de lits a commencé vendredi. Il doit être achevé… dans 10 jours, le 3 février, selon les médias publics.

En France, les trois patients, ayant séjourné en Chine, sont actuellement hospitalisés dans des établissements de santé de référence (ESR), l’un à Bordeaux et deux à Paris. Toutes les mesures d’isolement et d’hygiène nécessaires ont été prises”, ajoute le ministère. Un troisième cas d’infection par le nouveau coronavirus apparu en Chine a été confirmé en France, annonce vendredi soir le ministère de la santé, quelques heures après avoir signalé les deux premiers.“La ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé ce vendredi 24 janvier deux premiers cas d’infection par le nouveau coronavirus 2019-nCoV. Un troisième cas, proche parent de l’un des cas, qui était en cours d’investigation, vient d’être confirmé”, écrit-il dans un communiqué.

“Les trois patients, ayant séjourné en Chine, sont actuellement hospitalisés dans des établissements de santé de référence (ESR), l’un à Bordeaux et deux à Paris. Toutes les mesures d’isolement et d’hygiène nécessaires ont été prises”, ajoute le ministère.

Toutes ces déclarations rassurantes relèvent de l’irresponsabilité dans la mesure où personne n’est en capacité aujourd’hui de contrôler la mobilité de voyageurs éventuellement affectés du virus. Et pour cause il faut une période d’incubation de l’ordre de 7 à 15 jours avant de déceler des signes de fièvre annonciateur. La vérité c’est qu’une fois de plus le business l’emporte sur les préoccupations de santé. Personne ne veut se fâcher avec la Chine à la fois usine du monde mais aussi premier marché pour nombre de produits comme l’automobile par exemple. En Chine, le pays est en outre affecté  par un ralentissement économique particulièrement sérieux que la pandémie pourrait encore accroître. Pas question donc de part et d’autre de stopper toute mobilité notamment par voie aérienne entre la Chine et les autres parties du monde.

 

Coronavirus: « la situation est sous contrôle » ou l’irresponsabilité des décideurs

Coronavirus: « la situation est sous contrôle » ou l’irresponsabilité  des décideurs

 

 

Qu’il s’agisse de l’OMS, des responsables politiques français comme la ministre de la santé ou des maires  de grandes villes, l’irresponsabilité est de rigueur avec ce slogan mensonger consistant à affirmer : la situation est sous contrôle. Or chaque jour de nouveaux cas apparaissent dans des zones du monde très éloignées. Chaque jour aussi en Chine l’épidémie se développe au point qu’il a fallu confiner 40 millions d’habitants. La France n’est évidemment pas à l’abri pas davantage que d’autres pays pourtant le ministère se veut rassurant.

“Les trois patients, ayant séjourné en Chine, sont actuellement hospitalisés dans des établissements de santé de référence (ESR), l’un à Bordeaux et deux à Paris. Toutes les mesures d’isolement et d’hygiène nécessaires ont été prises”, ajoute le ministère.

Un troisième cas d’infection par le nouveau coronavirus apparu en Chine a été confirmé en France, annonce vendredi soir le ministère de la santé, quelques heures après avoir signalé les deux premiers.

“La ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé ce vendredi 24 janvier deux premiers cas d’infection par le nouveau coronavirus 2019-nCoV. Un troisième cas, proche parent de l’un des cas, qui était en cours d’investigation, vient d’être confirmé”, écrit-il dans un communiqué.

“Les trois patients, ayant séjourné en Chine, sont actuellement hospitalisés dans des établissements de santé de référence (ESR), l’un à Bordeaux et deux à Paris. Toutes les mesures d’isolement et d’hygiène nécessaires ont été prises”, ajoute le ministère.

Toutes ces déclarations rassurantes relèvent de l’irresponsabilité dans la mesure où personne n’est en capacité aujourd’hui de contrôler la mobilité de voyageurs éventuellement affectés du virus. Et pour cause il faut une période d’incubation de l’art de sept à 15 jours avant de déceler des signes de fièvre annonciateur.

La vérité c’est qu’une fois de plus le business l’emporte sur les préoccupations de santé. Personne ne veut ce passé avec la Chine à la fois cuisine du monde mais aussi premier marché pour nombre de produits comme l’automobile par exemple. En Chine, le pays étend plus affecter par un ralentissement économique particulièrement sérieux que la pandémie pourrait encore accroître. Pas question donc de part et d’autre de stopper toute mobilité notamment par voie aérienne entre la Chine et les autres parties du monde.

 

Social- Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

Social- Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

 

Plusieurs responsables  gauchistes (de Sud ou de la CGT notamment), contestent le droit de la CFDT à s’immiscer dans la gestion de la question des retraites. Ils n’hésitent  pas d’ailleurs à utiliser des discours et des moyens de type stalinien pour tenter d’empêcher la CFDT de jouer son rôle.

 

La légitimité de la CFDT pourtant indiscutable. D’abord il faut signaler  à ces militants gauchistes que les organisations réformistes sont majoritaires en France et que la CFDT est devenue le premier syndicat. Le concept même de régime universel des retraites avec concurremment la suppression des régimes spéciaux est une idée de la CFDT qui milite pour davantage de justice sociale.

 

Les discours staliniens et les actions complètement irresponsables aussi bien des militants gauchistes que des organisations radicales sont en train de tuer encore un peu plus le syndicalisme. Un mouvement déjà largement discrédité précisément du fait de l’incompétence et de l’irresponsabilité de dirigeants qui systématiquement conduisent le mouvement social dans le mur.

 

En cause, aussi la personnalité des dirigeants dont beaucoup ignorent tout de la complexité des dossiers et qui masquent leur incompétence par le simplisme et la radicalité de leur position. La médiocrité de certains syndicats ne peut attirer que des militants médiocres , une sorte  de cercle non vertueux infernal.

 

Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

 

Plusieurs responsables  gauchistes (de Sud ou de la CGT notamment), contestent le droit de la CFDT à s’immiscer dans la gestion de la question des retraites. Ils n’hésitent  pas d’ailleurs à utiliser des discours et des moyens de type stalinien pour tenter d’empêcher la CFDT de jouer son rôle.

La légitimité de la CFDT pourtant indiscutable. D’abord il faut signaler  à ces militants gauchistes que les organisations réformistes sont majoritaires en France et que la CFDT est devenue le premier syndicat. Le concept même de régime universel des retraites avec concurremment la suppression des régimes spéciaux est une idée de la CFDT qui milite pour davantage de justice sociale.

 

Les discours staliniens et les actions complètement irresponsables aussi bien des militants gauchistes que les organisations radicales sont en train de tuer encore un peu plus le mouvement syndical. Un mouvement déjà largement discrédité précisément du fait de l’incompétence et de l’irresponsabilité de dirigeants qui systématiquement conduisent le mouvement social dans le mur.

 

En cause, aussi la personnalité des dirigeants dont beaucoup ignorent tout de la complexité des dossiers et qui masquent leur incompétence par le simplisme et la radicalité de leur position. La médiocrité de certains syndicats ne peut attirer que des militants médiocres , une sorte  de cercle non vertueux infernal.

 

Retraites- Attendre le 7 janvier pour la reprise des négociations est irresponsable

Attendre le  7 janvier pour la reprise des négociations est irresponsable

 

Face au blocage persistant, le gouvernement a annoncé une nouvelle séries de discussions avec les partenaires sociaux qui s’ouvriront seulement le 7 janvier. On peut légitimement se demander à quoi joue le gouvernement. En effet, il aura fallu attendre mardi 24  pour que le Premier ministre se réveille pour indiquer que la reprise des négociations aura lieu dans une quinzaine de jours à savoir le 7 janvier. Une attitude évidemment complètement irresponsable. On comprend mal que le gouvernement se soit mis en vacances alors que le pays est affecté par des troubles sociaux. Il est clair qu’en la  circonstance le gouvernement a choisi la stratégie du pourrissement. Le problème c’est que cette même stratégie du pourrissement a été utilisée sans succès vis-à-vis des gilets jaunes et que le pays s’est enfoncé dans la chienlit pendant  des mois. Ce qui risque de se reproduire avec ce qu’on peut appeler maintenant les gilets rouges. Le gouvernement joue dangereusement avec le feu. Il ne faut guère espérer que les radicaux gauchistes atténuent leur action. Certes la participation aux grèves va connaître sans doute des mouvements de yo-yo sur une tendance baissière mais elle risque d’être compensée par le réveil de certaines catégories sociales qui pourraient protester non seulement vis-à-vis des retraites mais de manière plus générale vis-à-vis des conditions de travail et des salaires ( hôpital ou enseignement par exemple).

En dépit des appels à la trêve lancés par l’exécutif pour les fêtes de fin d’année, les transports restent donc très perturbés et le ton est monté d’un cran dans le secteur de l’énergie avec le vote par les salariés de la mise à l’arrêt de plusieurs raffineries. Face au blocage persistant, le gouvernement a enfin annoncé une nouvelle séries de discussions avec les partenaires sociaux qui s’ouvriront le 7 janvier. Elles se déclineront ensuite pendant tout le mois avec les ministres et secrétaires d’Etat concernés et porteront sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière. Le Premier ministre Edouard Philippe présentera également dans la semaine du 6 janvier une “méthode de travail” pour l’équilibre financier du système, a précisé Matignon dans un communiqué. Une nouvelle journée interprofessionnelle de manifestations et de grève est d’ores et déjà prévue le 9 janvier à l’appel de l’intersyndicale mobilisée contre la réforme (CGT-FO-FSU-Solidaires-FIDL-MNL-UNEF-Unl).

Dans le collimateur des manifestants et des grévistes, la réforme du système des retraites voulue par Emmanuel Macron qui prévoit le remplacement des 42 régimes existants par un système universel par points, un changement perçu par ses détracteurs comme la porte ouverte à une précarisation des retraités. Le gouvernement continue de défendre l’instauration d’un âge pivot à 64 ans à l’échéance 2027, une option qu’il juge “juste” pour rééquilibrer financièrement le système mais un casus belli pour les syndicats réformateurs au premier rang desquels la CFDT. On peut quand même s’interroger pourquoi on attend encore 15 jours pour négocier alors qu’une partie des transports bloque la vie économique et sociale.

L’océan ( la flore et la faune) est menacé par une baisse d’oxygène

L’océan ( la flore et la faune) est menacé par  une baisse d’oxygène

L’océan ( la flore et la faune) est menacé par  une baisse d’oxygène selon un rapport de  l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’UICN, dont a rendu compte le Monde. Les chercheurs avaient déjà montré que les océans s’étaient acidifiés, à cause des émissions de CO2 liées aux activités humaines, ils pointent cette fois du doigt, les effets néfastes du manque d’oxygène  sur les poissons notamment.

Le rapport, basé sur les travaux de 67 experts et présenté comme le plus important à ce jour sur ce sujet, se penche sur ce phénomène mal connu. Il en ressort que cette perte d’oxygène « constitue une menace croissante pour la pêche et certains groupes d’espèces comme les thons, les marlins et les requins », avertit l’UICN, qui fait référence pour les espèces menacées avec sa « liste rouge ».  « Au fur et à mesure que les océans perdent leur oxygène, en se réchauffant, l’équilibre délicat de la vie marine se fragilise », avertit Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l’UICN.  

Pour limiter la perte d’oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets dramatiques des changements climatiques, les dirigeants mondiaux devraient donc, selon les experts, s’engager à réduire immédiatement et de manière substantielle leurs émissions. Le Chili, qui préside cette réunion délocalisée en Espagne, a promis de mettre l’accent sur les océans.  

La désoxygénation s’explique principalement par deux phénomènes : 

- l’eutrophisation (prolifération de certains végétaux, en général des algues) due au ruissellement des nutriments provenant des continents et aux dépôts d’azote provenant de l’utilisation de combustibles fossiles

- le réchauffement des eaux océaniques dû au changement climatique, alors que les océans absorbent en partie les émissions de gaz à effet de serre générées par les humains.  

A l’échelle mondiale, le taux d’oxygène dans les océans a diminué d’environ 2% entre 1960 et 2010, selon le rapport.  Ils pourraient encore perdre 3 à 4% de leurs stocks d’oxygène d’ici à 2100 si les émissions continuent à croître au rythme actuel, « la majeure partie de cette perte se concentrant dans les premiers 1.000 mètres de la colonne d’eau, où la richesse et l’abondance des espèces sont les plus élevées », avertit le rapport.   

Environ 700 sites à travers le globe, souvent sur des côtes et dans des mers semi-fermées, souffrent de faible teneur en oxygène, contre 45 dans les années 1960. 

« Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques dans les océans mondiaux, c’est-à-dire des zones complètement vides d’oxygène, a quadruplé », selon le rapport.  Cette diminution de la teneur en oxygène des océans a déjà commencé à modifier l’équilibre de la vie marine, favorisant les espèces tolérantes à l’hypoxie (les microbes, les méduses et certains calmars) au détriment d’espèces sensibles à l’hypoxie (comme de nombreuses espèces marines, dont la plupart des poissons).

Certaines zones océaniques très riches en poissons consommés par l’homme doivent leur existence à des courants océaniques riches en nutriments mais sont pour autant pauvres en oxygène, ce qui les rend « particulièrement vulnérables aux changements, même minimes », selon les auteurs.   

Certaines espèces cruciales pour la pêche, comme les thons, les marlins et les requins, sont également particulièrement sensibles à une faible teneur en oxygène en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques élevés. Elles risquent de se retrouver acculées dans des couches de surface de plus en plus fines d’eau riche en oxygène et être ainsi encore plus exposées à la surpêche.  

D’autres espèces, comme celles vivant au fond des eaux, les varechs, les macroalgues, les coraux, les herbiers marins, les mangroves, les poissons, le plancton, les mammifères marins sont aussi concernées, énumère l’UICN, même s’il est parfois difficile de mesurer les impacts.  

La santé des océans sera le sujet numéro 1 du congrès mondial de l’UICN, en juin prochain à Marseille.  Les chercheurs attendent des décisions fortes de la part des Etats pour protéger les ressources marines. Les océans perdent leur oxygène à un rythme sans précédent, signale un rapport publié lors de la COP25 à Madrid. En une cinquantaine d’années, les niveaux d’oxygène ont diminué d’environ 2% et les zones mortes – où l’oxygène est totalement absent – ont quadruplé.

Les poissons ne sont pas seulement menacés par la surpêche et la pollution plastique, ils peinent aussi à respirer. Les océans souffrent d’une importante perte en oxygène, selon une étude publiée samedi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

 

C’est Macron qui est « en état de mort cérébrale » ( Erdogan)

C’est  Macron qui est   »en état de mort cérébrale » ( Erdogan)

 

 

Il est clair que les excès  nourrissent les excès, c’est vrai aussi en matière de politique diplomatique. Cette fois c’est Macron qui en est victime de la part d’un autre spécialiste de la provocation à savoir le président turc. Reprenant les déclarations du président français, qui avait jugé l’Otan en état de « mort cérébrale », Erdogan a déclaré: « Je m’adresse depuis la Turquie au président français Emmanuel Macron, et je le redirai à l’Otan. Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale. Ces déclarations ne siéent qu’à ceux dans ton genre qui sont en état de mort cérébrale ».

 

Les propos véhéments interviennent après des critiques au sujet de l’offensive lancée le mois dernier par la Turquie dans le nord-est de la Syrie contre une milice kurde appuyée par les pays occidentaux, celle des Unités de protection du peuple (YPG), qualifiée par la Turquie de « terroriste ». Emmanuel Macron a déclaré dans un entretien à l’hebdomadaire The Economist début novembre que cette offensive faisait partie des symptômes indiquant que l’Otan était en état de « mort cérébrale ».

Les remarques du président turc renforcent les tensions entre la Turquie et l’Otan, dont Ankara est membre, avant un sommet crucial de l’Alliance à Londres la semaine prochaine. Erdogan et Macron, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson doivent en outre se réunir en marge de ce sommet pour discuter de la Syrie.

Les critiques particulièrement vives de la France ont suscité l’ire des dirigeants turcs ces dernières semaines, qui accusent Paris de vouloir implanter un « Etat terroriste » dans le nord de la Syrie.  »Personne ne fait attention à toi. Tu as encore un côté amateur, commence par remédier à cela », a lancé Recep Tayyip Erdogan à l’endroit d’Emmanuel Macron. « Lorsqu’il s’agit de fanfaronner, tu sais très bien le faire. Mais lorsqu’il s’agit de verser à l’Otan l’argent que tu lui dois, c’est autre chose ».

« Il est tellement inexpérimenté! Il ne sait pas ce qu’est la lutte antiterroriste, c’est pour cela que les gilets jaunes ont envahi la France », a-t-il encore dit. « Gesticulez autant que vous voudrez, vous finirez par reconnaître le bien-fondé de notre lutte contre le terrorisme ».

«Plates-formes et médias en ligne » : la rémunération des producteurs d’infos est justifiée.

«Plates-formes et médias en ligne » : la rémunération des producteurs d’infos est justifiée.

Dans une tribune au « Monde »  , Nicolas Mazzucchi, spécialiste en cyberstratégie, considère, qu’il n’est pas choquant que la plate-forme soit rémunérée comme fournisseur de service au profit du média traditionnel

Tribune.(extraits )

 

«  L’entrée en vigueur de la loi française sur les droits voisins de la presse, qui transpose la directive européenne sur les droits d’auteur, agite fortement le secteur de la presse et de l’information, au point que le président de la République s’est saisi de la question lors de son déplacement en Auvergne, le 4 octobre.

Loin de vouloir opposer les plates-formes gestionnaires de données comme Facebook, Google ou Twitter aux médias traditionnels dont les métiers sont radicalement différents, il appartient de saisir les enjeux cachés de ces droits, au-delà de la nécessaire rémunération du travail des journalistes.

La question économique de la répartition publicitaire entre plates-formes de données et sites internet des médias est centrale. Les plates-formes publient un aperçu et une illustration des articles, ainsi que le lien permettant de lire l’ensemble de l’article sur le site du média d’origine.

Il y a, par conséquent une répartition assez claire des rôles : la publicité sur la plate-forme – qui est au demeurant quasi inexistante en ce qui concerne les actualités – n’empêche pas celle sur le média d’origine, les deux pouvant être rémunérés pour la visite d’un seul et même utilisateur, sans que cela ne porte atteinte aux droits de l’auteur de l’article.

En un sens le média traditionnel est rémunéré pour le contenu de l’article et la plate-forme pour la mise à disposition du lien de consultation. La plate-forme agit comme une sorte de fournisseur de service au profit du média traditionnel. Que la plate-forme soit rémunérée pour la fourniture d’un tel service n’est pas choquant ; les journaux payent bien pour que leurs magazines soient distribués dans les kiosques physiques.

Les grandes plates-formes de gestion des données sont les sites les plus populaires en France, selon le classement Alexa (Google.com 1er, Google.fr 4e, Live.com 6e, Yahoo.com 7e, Facebook.com 9e, etc.) loin devant les sites des grands médias (lefigaro.fr 32e, lemonde.fr 44e, etc.). En outre, le trafic en ligne des médias en question provient essentiellement desdites plates-formes de gestion de données (32 % du trafic pour lemonde.fr et 45 % pour lefigaro.fr proviennent de Google). Il en résulte en France une redirection du trafic en ligne des plates-formes généralistes vers les médias. »

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L’éclatement d’EDF est inadapté (Didier Julienne)

L’éclatement d’EDF est inadapté   (Didier Julienne)

L’éclatement d’EDF est une erreur d’après  Didier Julienne, spécialiste des marchés des matières premières (*).

 

 

« Le plan Hercule doit casser en deux le modèle intégré d’EDF : production d’électricité nucléaire, au gaz et hydraulique d’un côté ; réseau de distribution, vente et renouvelables de l’autre. Mais ce plan angoisse pour trois raisons : l’organisation, l’indépendance énergétique et l’environnement

Première angoisse. Le plan Hercule est présenté comme un copier/coller du plan allemand qui suivit Fukushima et avança la fermeture du nucléaire en accélérant le développement des renouvelables. Après de longues négociations, il aboutissait en 2016 à casser le modèle intégré des deux électriciens allemands concurrents l’un de l’autre, RWE et E.ON, en quatre sociétés : deux avec les productions électriques, nucléaire, charbon et le trading, deux avec la distribution d’électricité et les renouvelables. Mais, affaiblie, la quatrième, Uniper, fut débitée et vendue par morceaux. Et anticipant une autre découpe dramatique, rapidement, 18 mois plus tard, en mars 2018, la concertation à l’allemande repensait le plan et revenait au duopole. Cette défragmentation était actée à l’automne 2019. RWE réintégrait les activités mondiales amont de production d’électricité (charbon et lignite, nucléaire, gaz, renouvelables) plus la vente de gros d’électricité et 17 % du capital d’E.ON ; en aval E.ON regroupait la distribution mondiale d’électricité et de gaz. Le plan de 2016 était à court terme et donc perdant, alors que l’efficacité dans l’électricité c’est 2019 et le retour vers le long terme. De fait, depuis l’annonce de mars 2018, l’action RWE a doublé et elle est prévue en hausse de 50 % d’ici à 5 ans.

Au regard de cet aller/retour berlinois, Hercule c’est 2016. Il sera donc inachevé, car il ne considère pas le secteur, mais le seul EDF, et un plan pragmatique eut gagné du temps en copiant directement le Berlin de 2019. Sous cette hypothèse d’une désintégration ordonnée, Hercule transformait EDF en producteur et grossiste mondial d’électricité à l’image de RWE, et comme E.ON un autre grand du secteur, tel Engie, trustait la distribution mondiale et une filière gaz. Ainsi, la répartition de la dette d’EDF serait plus simple qu’entre les EDF Bleu et Vert . Délivrée de la taxe soumise à TVA et subventionnant les renouvelables, la facture électrique française s’allégerait de 15 % . EDF attirerait à nouveau de jeunes ingénieurs , le dispositif Arenh ne créerait plus de pertes et écarterait le spectre d’un autre Areva , la péréquation ne serait plus en danger et la FNCCR garderait un accès à Enedis , et la future infrastructure de la voiture électrique serait mieux décidée. Ultimo, EDF recréerait de la valeur, son action remonterait, celle d’Engie également.

Cette liste positive est-elle iconoclaste ? En Allemagne, l’expérience dit non. Mais attendrons-nous que d’autres contraintes (cf. l’entrée du chinois CTG chez Energias de Portugal) forcent les choses, ou bien qu’EDF s’ajoute au catalogue des « ça n’arrivera jamais » : Alcatel-Lucent, Alstom-GE, Arcelor-Mittal, Areva, CLAL-Fimalac, Lafarge-Holcim, Péchiney-Alcan… ?

Le second défaut d’Hercule réside dans l’aveuglement du copier/coller des renouvelables. La ruralité française déjà défigurée par les éoliennes terrestres devra en accepter plus, alors qu’à Berlin ils s’en lassent . Ainsi, l’arrêt de subventions a provoqué la faillite de Senvion, numéro quatre de l’éolien outre-Rhin avec 4 .000 emplois à la clef. De leur côté, nos mers ne peuvent accepter le volume d’éoliennes maritimes allemandes ou anglaises, car nos fonds marins peu profonds sont étroits. Le solaire est de fabrication chinoise et notre pic de consommation le soir en janvier et février est à l’opposé de notre pic d’ensoleillement l’été, le nord ne dispose en moyenne que de 1.100 heures de lumière exploitable par an, le sud à peine 40 % de plus. Inversement, les 2.500 à 3.000 heures d’ensoleillement régulier au Maroc, en Arizona ou en Californie se marieront toute l’année avec le pic de consommation journalier de midi.

Le copier/coller est donc inadapté pour que l’électricité verte produise jusqu’à 50 % de notre consommation, mais le renouvelable urbain est peut-être une issue : éolien et solaire en ville, sur les tours de la Défense, sur les périphériques, rénovation thermique, villes intelligentes… Pourquoi les candidats aux municipales ne s’emparent-ils pas du sujet ?

Deuxième angoisse herculéenne, « l’indépendance énergétique ». Elle est un échec en Angleterre où l’électricité n’est plus nationale, les distributeurs y tombent en faillites et le 9 août dernier, 1 million de foyers ont été coupés du réseau. Conséquence, on y parle de renationaliser National Grid, le RTE local… En Allemagne, malgré la sortie du nucléaire et celle du lignite/charbon au plus tard à l’horizon 2038, l’éolien sans subvention ne rigole plus du tout, Berlin se dirige vers une dépendance envers le gaz de Donald Trump ou le gaz russe.

C’est ici qu’apparaît un faux-ami de l’indépendance énergétique : le stockage de l’hydrogène. Il vient aujourd’hui du vaporeformage du gaz naturel dont le bilan carbone n’est pas nul, mais demain il devrait venir gratuitement de l’électrolyse de l’eau grâce à l’électricité fatale des renouvelables. Cependant, sans nucléaire ni thermique, exit l’électricité fatale qui, pour gérer l’intermittence, sera stockée dans des batteries, via des métaux aux prix volatils (vanadium, cobalt, nickel…). Stockage qui augmentera mécaniquement le coût éolien, même à 50 euros/MWh. Toutefois, si l’hypothèse hydrogène persistait sans gratuité, à partir de gaz naturel européen ou extra européen, ses débouchés devraient rester industriels, car son électricité sera produite via des piles à combustible chargées en platine. Le marché de ce métal coûteux, toujours sans substitution, produit en Afrique du Sud et Russie, est étroit avec des prix fugitifs.

Il y aurait tant à dire sur ce sujet des dépendances métalliques et sur les fake-news qui le ronge, car je ne suis pas certain qu’Hercule en ait mesuré l’impact ni demandé qui acceptera d’en payer le prix.

Troisième angoisse d’Hercule. En 2018, Eurostat indiquait que l’électricité européenne provenait à hauteur de 45,9 % du thermique, 25,5 % du nucléaire, 12,2 % de l’éolien, 11,8 % de l’hydraulique, 4 % du solaire et 0,6 % d’autres moyens.

Remplacer ces 71,4 % d’électricités thermique et nucléaire par du solaire, de l’éolien terrestre, maritime ou même flottant serait un effort extractiviste herculéen : une gigantesque production de sable à béton, de cuivre, de fer et charbon pour acier et d’autres métaux et matériaux critiques.

Hélas, esclaves de l’intermittence du vent, les éoliennes d’Europe, de Chine ou des États-Unis ne tournent qu’entre 20 % et 25 % du temps (24 % en France). C’est-à-dire qu’elles ne produisent effectivement de l’électricité que pendant 4 à 5 ans au cours de leurs 20 années de durée de vie, pas plus. L’espérance de vie d’un panneau solaire est aussi courte, mais déjà prisonnier de la nuit, il produit plus vers l’équateur que vers les pôles. En outre, avec de nouveau du béton, du cuivre, de l’acier et d’autres matériaux critiques, l’énergie du vent et du soleil très diluée dans l’atmosphère doit être reconcentrée par la course au gigantisme des renouvelables.

Mais il reste imparfait. Avec du vent, l’électricité réellement produite par 900 éoliennes géantes terrestres, maritimes ou flottantes de 6 MW chacune est juste égale à celle d’une seule usine électrique de 1650 MW. C’est pourquoi, entre l’intermittence et la concentration, un MWh éolien ou solaire coûtera à la planète environ 5 à 10 fois plus en diverses ressources naturelles qu’un MWh nucléaire. Ce cavage n’est guère affaibli par le recyclage, incomplet par définition : quid de l’économie circulaire des plots en béton ou des câblages après démantèlement d’une éolienne ?

Quel lien entre Hercule le sable, le béton, le cuivre, l’acier et d’autres métaux et matériaux critiques ? C’est celui d’une grande consommation à très long terme de nombreuses ressources naturelles, mais dont la philosophie extractiviste n’a jamais été révélée. Restée inconsciemment dissimulée, elle ne s’est pas incarnée dans une comptabilité écologique et je regrette que nous ne mesurions pas encore de manière dynamique le coût d’un MWh en kilo de cuivre, de béton, en litre d’eau… C’est pourquoi, bien qu’ayant d’autres solutions, nous dévorons ces ressources naturelles là où le vent et le soleil sont modérés, plutôt que de généreusement les réserver avec efficacité dans les régions du monde où le vent et le soleil sont réguliers ou offerts à profusion.

Un Hercule allégé de ces trois angoisses aiderait EDF à se réformer, car il ne serait plus orphelin d’espoir, mais construit par une dimension holistique et une stratégie audacieuse. Elles-mêmes seraient alors porteuses d’une organisation intégrée, d’une indépendance énergétique et d’une écologie responsable et comptable des ressources naturelles. »

*Blog de Didier Julienne

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« La politique fiscale sur l’énergie est inefficace » (le Monde)

 « La politique fiscale sur l’énergie est inefficace » (le Monde)

Antoine Reverchon, journaliste au « Monde », démontre que la fiscalité sur l’énergie est inefficace pour la transition énergétique. (Le Monde extraits)

 

 

« . Les chercheurs de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont répertorié toutes les taxes et droits pesant sur l’énergie dans les 44 pays les plus riches du monde (les membres de l’OCDE, plus ceux du G20 et quelques autres), qui représentent à eux seuls 80 % de la consommation énergétique mondiale et… 80 % des émissions de CO2.

Or, les économistes le disent et le répètent, la fiscalité est l’un des meilleurs outils de lutte contre le réchauffement : si l’on taxe les énergies carbonées (charbon, pétrole…), consommateurs et entreprises se tourneront vers les alternatives décarbonées (éolien, solaire, biomasse…). Les pays signataires de l’accord de Paris de 2016, par lequel ils s’engageaient à réduire leurs émissions, se retrouvent, lundi 23 septembre, à New York, au Sommet action climat. L’étude de l’OCDE, publiée le 20 septembre, tombe à point nommé : joignent-ils l’acte fiscal à la parole climatique ?

Le moins qu’on puisse dire est que les taxes et droits perçus sur l’énergie sont, en moyenne, totalement incohérents avec les objectifs environnementaux affichés par ailleurs. Alors que les économistes estiment à 30 euros par tonne de CO2 le palier à partir duquel les comportements peuvent changer, ce seuil n’est atteint ou dépassé que pour les émissions du transport routier (diesel et essence). Or, 80 % des émissions de CO2 ne sont pas d’origine routière, mais viennent de l’agriculture, de l’industrie, du transport non routier et, surtout, de la production d’électricité : ces émissions-là sont fort peu taxées, voire pas du tout.  …. »

Moins de transport est plus démocratique qu’augmenter les taxes CO2 (Jean-Baptiste Fressoz, CNRS)

Moins de  transport est plus démocratique qu’augmenter les taxes CO2  (Jean-Baptiste Fressoz,  CNRS)

À juste titre, le chercheur Jean-Baptiste Fressoz. Du CNRS dénonce l’enflure sémantique des responsables vis-à-vis de l’environnement. Des discours en contradiction avec les pratiques et aussi des orientations erronées concernant par exemple les taxes CO2 alors que la régulation du transport permettrait d’éviter d’énormes gaspillages et serait beaucoup plus démocratique (extrait tribune du monde) »

 « Conseil de défense écologique » (Emmanuel Macron), « troisième guerre mondiale » (Joseph Stiglitz), « nouveau Pearl Harbor » (Bernie Sanders), « union nationale dans la guerre pour le climat » (Nicolas Hulot), « guerre contre l’effet de serre » (François de Rugy)… On assiste depuis quelques mois à une surenchère de déclarations martiales autour du climat. La guerre est devenue l’analogie évidente pour caractériser la mobilisation générale contre le réchauffement climatique.

On comprend la fonction de ces discours belliqueux : réactiver les rêves d’union sacrée et cacher la faiblesse des mesures actuelles. Mais hormis la rhétorique, une telle analogie entre guerre et climat est-elle pertinente ?

Une situation de guerre est définie par plusieurs éléments : un ennemi extérieur, une lutte entre nations et un état d’exception. La crise climatique présente des caractéristiques en tous points opposés : l’ennemi est intérieur, la coopération internationale est indispensable, et la mobilisation ne devra jamais prendre fin. Il n’y a ni bataille décisive ni armistice possible. La situation climatique ressemble moins à la guerre patriotique conjurée par nos dirigeants qu’à une guerre civile sans fin.

Pour être tout à fait juste, il y a néanmoins une expérience à retenir de la guerre qui est très pertinente dans le contexte climatique actuel : le rationnement. Si, en France, ce dernier rappelle les heures sombres de l’Occupation, si, en Allemagne et en Russie, il a servi à éliminer par la famine des populations entières, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni le rationnement est, en revanche, associé à un moment à la fois patriotique, égalitaire et surtout très efficace.

Par exemple, le rationnement de l’essence établi aux Etats-Unis en mai 1942, avec un système de coupons en fonction des besoins professionnels de chacun, divise soudainement par deux la consommation domestique de carburant sans interférer de manière catastrophique avec l’économie américaine pourtant déjà bien motorisée (35 millions de voitures en 1939).

En Grande-Bretagne, le rationnement alimentaire a considérablement amélioré l’état de santé des classes populaires. Dans les années 1930, frappés par la crise économique et le chômage, les pauvres n’avaient plus accès aux produits laitiers, aux fruits et aux légumes. Les inégalités étaient criantes, avec une mortalité jusqu’à 50 % supérieure dans les villes industrielles du nord par rapport au sud de l’Angleterre. »

« Le macronisme est l’emblème des éditorialistes » (François Bégaudeau)

« Le macronisme est l’emblème des éditorialistes » (François Bégaudeau)

On peut discuter des convictions de l’écrivain François Bégaudeau, on ne peut conter son constat sur la sociologie bourgeoise des éditorialistes et des grands journalistes qui se situent toujours politiquement près du manche et forcément actuellement plutôt macroniens. Cela d’autant plus que 80% des grands médias appartiennent aux financiers. L’écrivain revient dans le JDD sur l’importance de l’engagement pour lui et sur les accusations et critiques qui lui ont été adressées après la parution d’Histoire de ta bêtise.

« Histoire de ta bêtise » cible la bourgeoisie macronienne. Pourquoi tant de polémiques autour du livre?
Les éditorialistes sont, dans leur ­immense majorité, de centre droit. Le macronisme est leur emblème. Ils sont tous passionnés par l’élection. Ils m’ont donc tous posé des questions autour d’un sujet qui les passionne eux : vous ne votez pas, vous ne faites pas barrage à l’extrême droite. Mais je suis serein par rapport à la réception d’un livre. Il y a toujours une perte entre le sens du livre et son existence publique.

 

Comment en est-on venu à vous accuser de complaisance avec l’antisémitisme, alors que cela va à l’encontre de tout ce que vous dites et écrivez?
Sans vouloir être dans la polémique, car les faits sont de mon côté, comment en sont-ils, eux, arrivés là? Il faudrait refaire la généalogie d’une panique. La peur fait perdre tout discernement aux soi-disant intellectuels. Je trouve légitime l’angoisse des Juifs de France car elle ne repose pas sur rien. C’est un fait : il y a une remontée de l’antisémitisme et je comprends intimement leur angoisse. Mais les intellectuels devraient être dans la clairvoyance. Depuis longtemps, ils ne sont plus dans le discernement mais dans l’affolement.

Qu’est-ce qui fait de vous un écrivain engagé, appartenant à la gauche radicale?
De Sartre à Lagasnerie, la ­réponse est la même : tous les écrivains sont engagés, mais certains le savent plus que d’autres. Jean d’Ormesson était un écrivain engagé. La littérature féminine de bas étage est engagée. Elle propose une découpe du réel qui absorbe la question sociale pour se recentrer sur la question sentimentale. C’est un engagement de considérer que notre existence sociale est secondaire dans notre aventure humaine. C’est une conviction libérale. Tout le monde est engagé. Il faut simplement être conscient de sa propre situation. Quand on parle, on se situe. Je ne suis ­cependant pas un écrivain engagé, au sens classique du terme, car lorsque j’écris, je mets la littérature au-dessus de la cause. Il n’y aurait rien de pire qu’un livre qui s’assujettirait à la cause. Je suis davantage un littéraire qu’un politique.

 

 

 

Taxe Gafa : « Macron est idiot » (Trump)

Taxe Gafa : « Macron est idiot » (Trump)

 

Visiblement c’est la fin des mamours entre Emmanuel Macron et Donald Trump. Le président américain a traité Macron d’idiot après l’adoption il y a deux semaines d’une taxe de 3% sur les revenus des grands acteurs du numérique (“Gafa”), principalement américains.

L’annonce de cette mesure de rétorsion n’est pas nouvelle de la part du président américain.

Il s’agit d’une menace récurrente de la part du président américain, qui avait, en novembre dernier, accusé Paris de pratiques commerciales inéquitables dans le domaine du vin, pratiques qui entraveraient selon lui l’accès des producteurs américains au marché français. Notons que cette critique n’est pas complètement fausse et qu’il convient sans doute d’être prudent en la matière. En effet les exportations françaises de vins (30 % de la production) représentent à peu près 8 milliards et le marché américain est l’un des premiers débouchés. Paradoxalement le président américain est le président français sont d’accord sur la taxation des Gafa  mais pas de la même manière Les Etats-Unis devraient être les “seuls habilités” à taxer des entreprises américaines, à déclaré Trump. “Les Etats-Unis sont extrêmement déçus de la décision de la France d’adopter une taxe au détriment des entreprises et des travailleurs américains”, a renchéri le porte-parole de la Maison blanche, Judd Deere. Avant même l’adoption définitive de la “taxe Gafa” par le Parlement français le 11 juillet, le président américain avait ordonné l’ouverture de cette enquête pouvant déboucher sur la mise en place de droits de douane sur les produits français ou autres mesures de rétorsion commerciales. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, avait alors estimé que Paris et Washington devaient régler leurs divergences sur ce dossier “autrement que par la menace». Le Sénat français avait adopté le projet de loi dans la foulée. La taxe de 3% sur les revenus s’appliquera rétroactivement au 1er janvier 2019 aux sociétés réalisant un chiffre d’affaires sur leurs activités numériques de 750 millions d’euros au niveau mondial et de plus de 25 millions d’euros sur le sol français. Cette taxe pourrait rapporter 300 à 400 millions la première année. Une trentaine de sociétés devraient être concernées par la “taxe Gafa”. La plupart sont américaines, à commencer par les géants du numérique Google, Amazon, Facebook et Apple dont les initiales lui ont donné son nom.

Bruno Le Maire a souligné que la France renoncerait à sa propre taxe dès qu’un accord serait trouvé au niveau de l’OCDE (Organisation de coopération et développement économiques) sur la taxation du numérique, ajoutant que cela devait inciter les Etats-Unis et les autres pays à accélérer les travaux sur une solution internationale. Le porte-parole de la Maison blanche a au contraire estimé vendredi que la “taxe Gafa” traduisait le mépris du gouvernement français pour les négociations menées dans le cadre de l’OCDE.

 

Les chiffres du vin :

La France (8,2 milliards d’euros) reste « de loin » le premier exportateur de vin en valeur avec 29% des parts du marché mondial, mais le troisième en volume, à 14 millions d’hectolitres selon l’Organisation internationale de la Vigne et du vin (OIV).

L’Italie s’arroge la deuxième place en volume (20 millions hl) et en valeur (5,3 milliards d’euros) tandis que l’Espagne, toujours au premier rang en volumes (24 millions hl) rétrograde à la troisième place en valeur (2,6 milliards d’euros) du fait d’un prix moyen moindre à l’unité.
Les trois pays de têtes représentent 56 % des volumes totaux de vin échangés dans le monde (104,3 Mhl) mais ce sont les Etats-Unis qui ont enregistré la plus forte augmentation de leurs exportations, en hausse de 26,5 % en valeur, alors que la consommation mondiale s’est stabilisée autour de 240 Mhl depuis la crise de 2008.

Le vignoble mondial, 7,53 millions ha tous produits confondus (raisins de table, secs et destinés à la vinification) continue de régresser légèrement,  »mais moins que ces dernières années » insiste l’OIV, avec une perte de 7.000 ha, principalement en Europe, alors que les superficies continuent d’augmenter en Chine, qui confirme sa deuxième place mondiale derrière l’Espagne et la France.

« La Chine reste le principal moteur de la croissance mondiale du vignoble » a insisté Jean-Marie Aurand, directeur-général de l’OIV, devant la presse.

Côté consommation, les Etats-Unis confortent pour la troisième année consécutive leur place de leader (31 millions hl) et la Chine (au 8e rang) à continué d’augmenter la sienne avec 16 millions hl consommés (contre 15,5 en 2014).
« Cette croissance, portée principalement par les classes moyennes, profite surtout au vin rouge, associé à des effets positifs sur la santé », a expliqué M.Aurand qui espère voir ce pays rejoindre l’OIV.

Alstom : un massacre dont Macron est responsable

Alstom : un massacre dont Macron est responsable

 

 

D’une certaine façon Macron a largemenet participé à la liquidation branche énergie,  à  sa vente et maintenant à son massacre.   . Olivier Marleix, l’ex-président de la commission d’enquête parlementaire sur les décisions de politique industrielle de l’État, avait donc  décidé de saisir la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, selon une source judiciaire au Figaro. La confirmation que la gestion d’Alstom aurait été calamiteuse. L’erreur stratégique aura d’abord été de vendre la branche énergie d’Alstom. Ce que rappelle Wikipédia « Au début de 2015, Jean-Michel Quatrepoint, journaliste économique, dénonce les conditions de vente de l’entreprise Alstom au groupe General Electric (GE) soulignant que contrairement aux promesses d’Arnaud Montebourg, assurant que le secteur nucléaire resterait sous contrôle français, le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale, a pour conséquence de placer sous la coupe du groupe américain les turbines produites par Alstom et de cette manière la maintenance des centrales françaises. « Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l’avenir de l’ensemble de notre filière nucléaire… ». Il met en garde également sur le fait que cette vente « donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l’ensemble de notre flotte de guerre ». Il évoque également la vente d’une filiale d’Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite, dont les produits équipent l’armée française ainsi que des entreprises du secteur de la défense et de l’espace qui tombe dans le giron de General Electric. Il évoque « la cupidité et l’incompétence de certains dirigeants d’entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité ». Certains analystes voient un lien direct entre la cession du pôle énergie du groupe à General Electric et l’enquête américaine pour des faits de corruption ayant débouché sur une amende de 720 millions d’euros et présentant des risques judiciaires pour plusieurs cadres d’Alstom dont Patrick Kron » ».De fait Patrick Tron aura été le fossoyeur d’Alstom.   Autre critique  Anticor reproche au gouvernement d‘avoir renoncé à lever des options qui lui auraient permis d‘acheter des actions Alstom au groupe Bouygues. Manque à gagner pour les caisses de l‘Etat, estime Anticor, qui dénonce une forme de détournement d‘argent public “par négligence” : 350 millions d‘euros. L‘opération à laquelle le ministre de l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire a renoncé 26 septembre 2017, lors de l‘annonce de la fusion entre Alstom et Siemens, découlait d‘un accord conclu avec Bouygues le 22 juin 2014.Pour Anticor, l‘abandon par l‘Etat de ces options “constitue une infraction pénale de la plus grande gravité”, car il a ainsi “renoncé à encaisser au bénéfice des caisses publiques dont il a la charge la somme de 350 millions d‘euros”.  Dans cette missive, dont l’existence a été révélée par Le Monde , Olivier Marleix s’étonne que les autorités françaises n’aient «jamais ouvert d’enquête» sur ce rachat alors qu’Alstom a reconnu des faits de corruption dans plusieurs pays entre 2000 et 2011. L’entreprise a également versé une amende à la justice américaine en 2014. Pour étayer son argumentaire, Olivier Marleix s’appuie sur les travaux de la commission d’enquête qui «ont mis en évidence» la façon dont la procédure de contrôle des investissements étrangers en France «a été détournée». L’ex-maire d’Anet note qu’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, a «formellement donné l’autorisation» de la vente d’Alstom énergie et a «également autorisé» d’autres cessions d’actifs «d’entreprises stratégiques françaises». En cause, les rachats d‘Alcatel-Lucent au groupe finlandais Nokia ou de Technologies. Dans sa missive, le député ajoute que le candidat Macron a bénéficié d’un «montant de dons records pour sa campagne» et estime que «le fait que l’on puisse retrouver dans la liste des donateurs ou des organisateurs de dîners de levée de fonds des personnes qui auraient été intéressées aux ventes précitées ne peut qu’interroger». Olivier Marleix émet l’hypothèse que le «système» mis en place dans le cadre de ces cessions aurait pu bénéficier à l’actuel président de la République pendant sa campagne. Emmanuel Macron a levé en un an, sans parti politique, environ 15 millions d’euros de dons, souligne-t-il. «Puisqu’une enquête préliminaire a été ouverte en novembre dernier sur les dons reçus par le parti En marche! (…) il m’a paru nécessaire de vous signaler ces éléments», ajoute-t-il. Ce signalement est en cours d’analyse au parquet de Paris !. «S’il était vérifié, un tel système pourrait être interprété comme un pacte de corruption», avance le député. Ce signalement intervient alors qu’un ex-dirigeant d’Alstom, Frédéric Pierucci, a livré un témoignage sur les dessous de ce rachat par General Electric dans un ouvrage («Le Piège américain», JC Lattès). Selon lui, l’entreprise a été contrainte de vendre sous la pression des États-Unis, où il a été arrêté le 14 avril 2013 à New York, à sa descente d’avion, dans ce qu’il décrit comme une «guerre économique souterraine» livrée à l’Europe.

 

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