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Comme Chirac, Macron veut se baigner dans la Seine ….et couler !

Comme Chirac, Macron veut se baigner dans la Seine ….et couler !

Comme Chirac en 90, Emmanuel Macron a annoncé qu’il irait se baigner dans la Seine. Emmanuel Macron a inauguré ce jeudi village olympique des JO de Paris 2024, en Seine-Saint-Denis. Le président de la République en a profité pour s’exprimer face aux médias à propos des échéances olympiques à venir, annonçant qu’il se baignerait dans la Seine. Comme Chirac ! 

 

Le 15 mai 1990, Jacques Chirac était ainsi invité dans l’émission « La Marche du siècle », sur la 3e chaîne. L’émission est consacrée aux capitales de l’an 2000. Le maire de Paris commence son allocution en lisant un papier du magazine  »Le Chasseur français ».

« Dans la Seine, la variété des espèces est en constante augmentation. Au dernier recensement, plus de 25 poissons différents trouvaient des conditions de vie adéquates dans la Seine… », avait-il commencé avant de poursuivre: « Voilà pourquoi j’affirme qu’on peut rendre un fleuve propre, et j’ai d’ailleurs indiqué que dans trois ans, j’irai me baigner dans la Seine devant témoins pour prouver que la Seine est devenue un fleuve propre  ».

Près de trente ans plus tard, Jacques Chirac ne s’est jamais baigné dans la Seine. Les maires suivants ont néanmoins voulu poursuivre cette mission. Depuis plusieurs étés, la baignade est ainsi autorisée dans le canal de l’Ourcq et le bassin de la Villette. Et Anne Hidalgo l’a promis, en 2024, certaines épreuves des Jeux olympiques auront lieu dans la Seine.
Après avoir souligné le travail effectué pour rendre la Seine baignable, Emmanuel Macron a annoncé qu’il se jetterait lui-même à l’eau: « Pour les Parisiennes et les Parisiens, il y aura aussi un héritage important sur les aménagements, en particulier la Seine.

71% des Français ne se sentent pas assez aidés

71% des Français ne se sentent pas assez aidés financièrement

Emmanuel Macron a annoncé vouloir améliorer le quotidien de «ceux qui gagnent déjà trop pour être aidés et pas assez pour bien vivre», Une formule un peu attrape tout mais qui repose cependant sur une certaine réalité car 71 % des Français ne se sentent pas assez aidés. Une proportion qui ne cesse d’augmenter. Il s’agit en fait de catégorie qu’on peut définir comme la classe moyenne.

Pour l’Observatoire des inégalités, les classes moyennes définissent les populations qui se situent entre les 30 % les plus pauvres, et les 20 % les plus riches. Cela équivaut à un Français sur deux. Alors que l’inflation s’est envolée depuis le début de la guerre en Ukraine, avec une hausse continue du prix des matières premières et des produits de première nécessité, ils sont de plus en plus nombreux à avoir du mal à boucler les fins de mois malgré des emplois stables.

Beaucoup de ces Français ne peuvent prétendre aux aides sociales et se sentent donc un peu dévalorisés. Il faut dire qu’au cours de la période récente l’inflation en quelque sorte a tassé vers le bas les revenus. En cause des prix qui ont connu des envolées assez exceptionnelles d’abord comme le logement, le transport, l’alimentation et la part des abonnements de service qui ne cesse d’augmenter.

D’après le gouvernement et les institutions officielles les augmentations de revenus auraient compensé l’inflation. Mais il s’agit d’un calcul sur l’indice des prix de la consommation complètement obsolète. C’est-à-dire qui ne correspond plus à la structure et au volume de consommation des ménages; en réalité, il y a au moins 10 % de perte de pouvoir d’achat. Les ménages se concentrent sur les dépenses essentielles, éliminent les superflus et réduisent même les dépenses courantes ; d’où la baisse de la consommation et par conséquence aussi de la croissance.

Environnement- Bruno Le Maire se met au vert » bidon »

Environnement- Bruno Le Maire se met au vert » bidon »

Le ministre de l’économie a clairement fermé la porte à toute mesure financière concernant le changement climatique:
« la porte du ministère des Finances, elle est fermée », a averti Bruno Le Maire, ce jeudi . Pour compenser il fait semblant d’inciter les grandes entreprises à donner un coup de peinture verte sur leur politique. On voit mal ce que pourrait faire en supplément des entreprises comme EDF ou la SNCF d’autant que leur avenir dépend largement des questions de financement des investissements et des conditions d’exploitation décidées par le gouvernement.

Ce jeudi, les ministres Bruno Le Maire et l’inutile Christophe Béchu ont tenu une conférence de presse au terme d’une réunion avec « les représentants des filières économiques ainsi que des organisations syndicales pour lancer les travaux sur l’adaptation des entreprises au changement climatique ».

Bref Bruno le maire repeint aussi en vert son discours avec sans doute la préoccupation d’un bilan un peu plus présentable pour sa candidature aux présidentielles de 2027. Un discours d’ailleurs assez pathétique histoire discrètement de contrer le discours du Premier ministre.

« Le changement climatique est déjà là, a acté le locataire de Bercy. (…) [Les catastrophes climatiques] créent des souffrances pour nos compatriotes. (…) Nous ne pouvons pas attendre, et il ne suffit pas de fixer des grands plans : il faut prendre des décisions immédiates (…) afin d’anticiper pour protéger et faciliter la vie de nos compatriotes. »

Bruno Le Maire a mis l’accent sur trois mesures. Il a notamment mis en exergue la nécessité pour les transports publics et les entreprises énergétiques « d’être résistants au changement climatique ». « Je demande donc que toutes les grandes entreprises publiques, je pense à la SNCF, EDF, RTE, nous fournissent d’ici fin 2024 un plan détaillé d’adaptation au changement climatique », a-t-il exigé.
Bref la nullité, la démagogie qui le dispute à l’impuissance. Et la manifestation très nette que le ministre de l’économie se prend en fait pour le premier ministre.

Changement climatique Bruno Le Maire se met au vert « bidon »

Changement climatique Bruno Le Maire se met au vert » bidon »

Le ministre de l’économie a clairement fermé la porte à toute mesure financière concernant le changement climatique:
« la porte du ministère des Finances, elle est fermée », a averti Bruno Le Maire, ce jeudi . Pour compenser il fait semblant d’inciter les grandes entreprises à donner un coup de peinture verte sur leur politique. On voit mal ce que pourrait faire en supplément des entreprises comme EDF ou la SNCF d’autant que leur avenir dépend largement des questions de financement des investissements et des conditions d’exploitation décidées par le gouvernement.

Ce jeudi, les ministres Bruno Le Maire et l’inutile Christophe Béchu ont tenu une conférence de presse au terme d’une réunion avec « les représentants des filières économiques ainsi que des organisations syndicales pour lancer les travaux sur l’adaptation des entreprises au changement climatique ».

Bref Bruno le maire repeint aussi en vert son discours avec sans doute la préoccupation d’un bilan un peu plus présentable pour sa candidature aux présidentielles de 2027. Un discours d’ailleurs assez pathétique histoire discrètement de contrer le discours du Premier ministre.

« Le changement climatique est déjà là, a acté le locataire de Bercy. (…) [Les catastrophes climatiques] créent des souffrances pour nos compatriotes. (…) Nous ne pouvons pas attendre, et il ne suffit pas de fixer des grands plans : il faut prendre des décisions immédiates (…) afin d’anticiper pour protéger et faciliter la vie de nos compatriotes. »

Bruno Le Maire a mis l’accent sur trois mesures. Il a notamment mis en exergue la nécessité pour les transports publics et les entreprises énergétiques « d’être résistants au changement climatique ». « Je demande donc que toutes les grandes entreprises publiques, je pense à la SNCF, EDF, RTE, nous fournissent d’ici fin 2024 un plan détaillé d’adaptation au changement climatique », a-t-il exigé.
Bref la nullité, la démagogie qui le dispute à l’impuissance. Et la manifestation très nette que le ministre de l’économie se prend en fait pour le premier ministre.

Macron aimerait se passer des journalistes

Macron aimerait se passer des journalistes

Malgré les quelques efforts dont témoigne la dernière conférence de presse ( pourtant très rétro NDLR), il est évident que le chef de l’État est peu à l’aise dans l’exercice et privilégie d’autres moyens de s’adresser aux Français. D’une manière générale, c’est un président qui préfère se passer des journalistes dès qu’il le peut. Il l’avait du reste théorisé en amont de sa première élection, comme en témoignent les propos retranscrits par Philippe Besson, qui l’a accompagné durant sa campagne de 2017. Dans son essai Un personnage de roman, le romancier rapporte ainsi les jugements sévères tenus par Emmanuel Macron sur cette profession : le futur Président aurait même déclaré que beaucoup de journalistes « sont à la déontologie ce que mère Teresa était aux stups ».

par Alexis Lévrier
Historien de la presse, maître de conférences Université Reims Champagne Ardenne, chercheur associé au GRIPIC, Sorbonne Université dans The Conversation

Il en aurait tiré l’idée que cette corporation doit être contournée autant que possible pour s’adresser aux Français : « Il faut tenir les journalistes à distance […], trouver une présence directe, désintermédiée au peuple » (Un Personnage de roman, Julliard, 2017, p. 105).

Ce rêve d’une « désintermédiation » est illusoire, puisqu’un responsable politique a de toute façon besoin d’utiliser des médias pour communiquer. Mais Emmanuel Macron a tendance à le faire sans journalistes, par le biais d’allocutions solennelles face caméra (au moment de la crise sanitaire notamment) ou en recourant aux réseaux sociaux.

Cette méfiance à l’égard de la presse constitue évidemment une rupture spectaculaire avec le modèle incarné par François Hollande : « le président normal » ouvrait constamment les portes de l’Élysée aux journalistes et n’a cessé de communiquer avec eux pendant son mandat.

À l’inverse, Emmanuel Macron a revendiqué dans deux entretiens programmatiques – dans Le 1 en 2015 puis dans Challenges en 2016- sa volonté de renouer avec une verticalité dans l’exercice du pouvoir. Plus encore que l’exemple gaullien, souvent cité, il a suivi les leçons du communicant de François Mitterrand, Jacques Pilhan, qui a théorisé la notion de président « jupitérien » : il a voulu une parole arythmique, maîtrisée, en choisissant ses propres moments et ses propres formats pour intervenir dans l’espace médiatique. Cette rareté a pour vertu de créer une attente : ce 16 janvier 2024, 8 chaînes de télévision ont par exemple diffusé en direct la conférence de presse du président.

Comment expliquer cette méfiance à l’égard des journalistes ?

Là aussi c’est assez particulier à Emmanuel Macron. Bien sûr il s’agit pour lui de revenir à une forme d’âge d’or de la Ve République, qu’incarneraient les présidences de Gaulle et Mitterrand. Mais même ces deux prestigieux prédécesseurs ont su créer des liens de proximité et parfois d’amitié avec des journalistes. Certains de leurs successeurs sont allés beaucoup plus loin, à l’image de François Hollande donc, mais aussi de Nicolas Sarkozy, qui a cultivé des relations souvent passionnelles avec la presse.

Il me semble que l’attitude assez singulière d’Emmanuel Macron à l’égard de la presse s’explique d’abord par son parcours. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a jamais été élu. Or, quand vous êtes élu à l’échelle territoriale ou locale, vous devez construire une forme de compagnonnage avec la presse. Parfois cela créé des relations de connivence, ce qui pose question bien sûr. Mais au moins ce lien, cette médiation existe. Emmanuel Macron a voulu pour sa part créer une « saine distance » avec la presse, selon une formule utilisée lors de ses premiers vœux à la presse, en 2018. Le problème est que cette distance s’est souvent accompagnée d’une incompréhension, et parfois d’une forme de brutalité.

La « saine distance » voulue par Emmanuel Macron suffit-elle à expliquer pourquoi la presse française est à ce point dépendante des interventions du président pour construire l’agenda médiatique ?

Cette dépendance de la presse française ne date pas de l’élection d’Emmanuel Macron, bien au contraire. Elle s’explique d’abord par le fonctionnement de la Ve République, qui attribue un pouvoir écrasant au président de la République. Le chef de l’État a la possibilité de fixer le rythme de ses interventions, et les grands médias se trouvent donc en situation de subordination à cette parole.

La situation actuelle puise même son origine dans une histoire plus ancienne encore : il existe une faiblesse culturelle de la presse française à l’égard de l’État depuis l’Ancien Régime, période durant laquelle les journaux ont été assujettis au pouvoir dans des proportions considérables. Il n’est pas anodin que les grandes conquêtes du journalisme (de la loi de 1881 à la création de la carte de presse) aient eu lieu sous la IIIe République, seul régime parlementaire durable que la France ait connu. À chaque fois que la France a renoué avec un pouvoir centralisé, personnalisé et incarné, cela s’est accompagné d’une tentation de limiter la liberté de la presse.

Avec la Ve République nous sommes ainsi revenus à un système très hiérarchisé, dans lequel le pouvoir maintient une relation pyramidale avec les journalistes : au sommet les éditorialistes politiques, souvent reçus et choyés par l’Élysée, et tout en bas les journalistes de terrain, dont le travail d’enquête est pourtant indispensable à la démocratie. Avec ces éditorialistes qui vivent dans l’entre-soi avec le pouvoir, c’est l’héritage de notre culture de Cour qui persiste.

Dans un premier temps, Emmanuel Macron avait voulu rompre avec ces « relations poisseuses », selon une confidence rapportée par Maurice Szafran et Nicolas Domenach, qui incarnent précisément cette forme de journalisme politique. Mais il aura fini par rejoindre cette tradition française si favorable au pouvoir.

La méfiance à l’égard du journalisme d’investigation était par exemple flagrante le 16 janvier. Alors que Libération et Mediapart ont fait paraître des enquêtes défavorables à Amélie Oudéa-Castéra au cours des jours précédents, ils ont été oubliés par les attachés de presse de l’Élysée qui ont distribué la parole tout au long de la soirée. Ainsi, alors que la question de l’école a occupé une très large partie de la conférence de presse, jamais l’enquête sur l’école Stanislas publiée par Mediapart le jour même n’a été mentionnée.

La presse française a cependant une responsabilité dans cette situation, et là encore la conférence de presse du 16 janvier l’a montré de manière parfois gênante. Dans le monde anglo-saxon, il est en effet courant, lorsqu’un responsable politique esquive une question, que la même question lui soit posée par les journalistes désignés ensuite. Or, le 16 janvier, personne n’a vraiment relancé Emmanuel Macron quand le président a choisi de botter en touche, et aucun journaliste n’a choisi de reprendre à son compte les questions que ne pouvait pas poser Mediapart.

Certains journalistes ont bien sûr manifesté à titre individuel leur exaspération d’être ainsi privés de parole, à l’image de Paul Larrouturou.

Mais on aurait pu imaginer une forme de résistance collective, et elle n’a pas eu lieu. Le plus inquiétant dans la conférence de presse du 16 janvier était sans doute cette incapacité de la presse française à se penser elle-même comme un contrepouvoir face au chef de l’État.

**Quel bilan tirer des relations entre Emmanuel Macron et les journalistes sept ans après son arrivée au pouvoir ? Peut-on déjà considérer que sa présidence aura été marquée par un recul de la liberté de la presse ?

Le constat est forcément nuancé puisque ce jeune chef de l’État venu de la gauche, et qui se réclame du « progressisme », a fait l’éloge à plusieurs reprises de la fonction démocratique du journalisme. Dans ses vœux à la presse, en janvier 2022, il avait par exemple célébré le travail des journalistes et cité la formule célèbre de Zola : « Je suis pour et avec la presse ». Il s’agissait alors de s’opposer à Éric Zemmour, qui venait de mettre en cause le rôle joué dans l’Affaire Dreyfus par l’auteur de « J’accuse ».

Ce président du « en même temps » semble parfaitement conscient des contradictions françaises en la matière. S’il a souvent souligné l’attachement des Français à l’héritage de l’Ancien Régime, il a aussi présenté la France comme un « pays de monarchistes régicides » dans un entretien au Spiegel, en octobre 2017. Il sait que l’une de ces Révolutions, en juillet 1830, a justement eu pour origine la volonté de défendre la liberté de la presse. On peut donc considérer qu’il a voulu tenir compte de cette double aspiration dans l’exercice du pouvoir.

Mais cet équilibre apparaît aujourd’hui de plus en plus précaire, et l’on peut s’interroger sur le legs que laissera le macronisme après dix années d’exercice très vertical du pouvoir. Il semble presque banal aujourd’hui que les journalistes soient pris pour cibles par les forces de l’ordre lors des manifestations, et le projet de loi sécurité globale prévoyait même dans sa version originelle de rendre presque impossible de publier des images de policiers. On peut constater par ailleurs que les convocations à la DGSI ont été particulièrement nombreuses depuis 2017 : il est devenu courant d’essayer d’identifier les sources des journalistes d’investigation, au mépris des lois qui protègent leur travail. L’exemple d’Ariane Lavrilleux, qui a subi 39 heures de garde à vue en septembre 2023, apparaît de ce point de vue comme particulièrement inquiétant.

La conférence de presse du 16 janvier a montré malgré tout qu’Emmanuel Macron se considère toujours comme le défenseur des libertés face aux risques que représenterait l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national. Tourné désormais vers les élections européennes, il a voulu mettre en scène l’affrontement de deux projets de civilisation qui se dessinerait à l’échelle du continent. Mais le paradoxe de cette défense des valeurs démocratiques est qu’elle survient au moment même où la France est à la manœuvre, au niveau européen, pour limiter la liberté de la presse.

Notre pays figure en effet parmi les pays qui militent activement pour autoriser la surveillance des journalistes par des logiciels espions. Le « en même temps » finit ici par se perdre et par aboutir à une évidente contradiction : Emmanuel Macron se veut le héraut du camp du progrès à l’échelle européenne mais, en matière de journalisme, il défend des pratiques autoritaires qui sont d’habitude l’apanage des démocraties illibérales.

Un système judiciaire qui se délite

Un système judiciaire qui se délite

Caty Richard est l’une des avocates pénalistes les plus connues et même reconnues en France Elle publie avec Catherine Siguret le livre Crimes, délits et vies brisées aux éditions Albin Michel.Elle dénonce le délitement du système judiciaire sur France Info

Dans Crimes, délits et vies brisées, vous écrivez : « Mon rêve, c’était de faire naître les enfants à la place j’en enterre » et un peu plus loin vous rajoutez : « Ma tête est peuplée de cadavres, de vies envolées, de corps souillés, profanés, de photos souvent insoutenables figurant au dossier ». Cela fait trois décennies que vous plaidez, que vous argumentez, que vous défendez. Plus les années passent et on a l’impression que le système judiciaire, finalement, se délite.

Caty Richard : Oui, je voudrais qu’on fasse confiance à la police et à la justice. Je pense que la justice doit être rendue dans les tribunaux. Mais à côté de ça, je suis atterrée par la tournure que prennent les choses. C’est vrai que je critique les magistrats aussi, mais eux aussi travaillent dans des conditions de plus en plus compliquées, de plus en plus même inhumaines entre eux. Donc c’est vrai que je ne suis pas optimiste et puis alors, ça ne va pas aller en s’améliorant. Il faut savoir qu’il y a un rapport de la mission interinspections d’évaluation de la police nationale qui vient d’être rendue. Juin 2023, on apprend qu’on a 2,7 millions de plaintes en stock, c’est-à-dire des vieux machins dont on ne sait que faire. De temps en temps, on classe sans suite. Mais ce qui est terrible là-dedans, c’est que non seulement on vous dit : « Il y a énormément de procédures en stock », mais alors un peu après ils font de la prospection et puis ils vous disent dans la prospection : « Voilà, la mission a retenu trois scénarios d’évolution de la délinquance. Scénario n°1 : maintien de la délinquance actuelle. Eh bien, on aura 3,5 millions de procédures en stock en 2030. Deuxième scénario : progression de la délinquance de 2%. Donc là, on aura 5,4 millions de procédures en stock. Et puis, troisième scénario progression de la délinquance de 4% ». C’est-à-dire que la mission ne peut même pas envisager que la délinquance baisse.

« Il y avait un truc qui fonctionnait en France, c’était la police judiciaire. La police judiciaire, c’étaient ceux qui avaient le temps, les moyens, eh bien elle disparaît. Elle est absorbée par la sécurité publique. »

En France, c’est extraordinaire, on enlève ce qui marche au profit de ce qui ne fonctionne pas. Et moi je suis inquiète parce que la police judiciaire s’occupait des choses graves. Je voyais Franck Martins, qui était le policier qui a interpellé Dino Scala… Police judiciaire ! Avant tout ce qui échouait : sécurité publique. Forcément, on va dans le mur.

Vous nous racontez à quel point, finalement, votre combat principal, c’est de redonner vie et corps à ces personnes, soit disparues, soit touchées, soit violées. C’est ça le plus difficile ?

Caty Richard : Le plus difficile, c’est qu’on n’apprend pas le contre-transfert comme les psychiatres. Il faut toujours avoir la distance. Parfois, on a des clients en colère, dans ces cas-là, on passe dans le tourbillon. Et il faut justement leur dire : « Je ne suis pas vous. C’est pour ça que je vais vous aider parce que je ne suis pas vous ». Mais d’un autre côté, il faut que je ressente pour eux quand même. Donc il y a un fil de rasoir à avoir pour prendre complètement dans les tripes, de ressentir, d’absorber, mais de garder quand même aussi la hauteur.

« Le métier d’avocat est un sport permanent, intellectuel et surtout affectif. »


Toutes les histoires que vous avez rencontrées, toutes les histoires que vous avez dû plaider vous abîment aussi personnellement. Elles deviennent des cicatrices en quelque sorte.

Pour le coup, pour moi, je ne suis pas sûre que le mot cicatrice convienne. La cicatrice, c’est la peau qui se répare. Et en fait, souvent, j’ai l’impression, au lieu de m’endurcir, d’être de plus en plus à vif et de ressentir de plus en plus viscéralement les injustices.

Comment on défend, aujourd’hui, dans une société qui est dictée par les réseaux sociaux avec un tribunal public ?

La justice prend du temps. On ne peut pas se forger une opinion sur des faits graves, sur la vie de quelqu’un comme ça : « Oh, j’ai vu une image, je me fais une idée ». Mais non, l’être humain est tellement plus complexe que ça. Ça ne veut pas dire qu’il est innocent, mais ça ne veut pas dire non plus que c’est un monstre. Il faut du temps pour la justice. Et les réseaux sociaux, notre société de l’instantané, pour moi, ça pose de vraies questions et ça détruit aussi des gens, ça c’est certain.

Brexit: Le maire de Londres veut se rapprocher de l’union européenne

Brexit: Le maire de Londres veut se rapprocher de l’union européenne

Selon une étude commandée à Cambridge Econometrics par la mairie de Londres, le Brexit a déjà coûté 140 milliards de livres (162 milliards d’euros) à l’économie britannique, dont 30 milliards de livres (35 milliards d’euros) pour la capitale. Cambridge Econometrics estime également que le Brexit a causé une perte de deux millions d’emplois dans le pays dont 300.000 dans la capitale. Selon ces mêmes données, les pertes économiques pour le Royaume-Uni s’élèveront à 300 milliards de livres (350 milliards d’euros) d’ici à 2035 si rien n’est fait, dont 60 milliards de livres pour Londres.

Pour cette raison le maire travailliste de Londres souhaite que soit rediscutés les accords entre l’union européenne et les Britanniques considérant que les pertes principales vont concerner Londres

Selon un sondage réalisé en décembre par l’institut Opinium pour le journal dominical Observer, seuls 22% des Britanniques pensent que le Brexit a eu un effet positif sur le pays en général, une proportion qui tombe à 12% concernant spécifiquement l’économie.

Le déficit commercial français se réduit…enfin!

Le déficit commercial français se réduit…enfin!


Le déficit commercial de la France s’est réduit en novembre 2023 à 7,4 milliards d’euros, favorisé par une progression des exportations et un recul des importations, selon des données des Douanes publiées ce mardi. La balance commerciale s’est alors améliorée de 300 millions d’euros par rapport au mois d’octobre qui avait affiché un déficit de 7,7 milliards d’euros, selon des chiffres actualisés par rapport au mois précédent.

Dans le détail, les exportations françaises ont progressé de 200 millions d’euros sur un mois, pour atteindre 49,6 milliards d’euros, tandis que les importations ont diminué de 100 millions d’euros pour s’afficher à 57 milliards d’euros, indiquent les Douanes.

Cumulé sur douze mois, soit depuis février, le déficit commercial s’améliore également et a atteint fin novembre 110,3 milliards d’euros, laissant présager d’un résultat autour de 100 milliards d’euros lors de la publication annuelle le mois prochain. Pour rappel, sur l’ensemble de l’année 2022, il avait culminé à un montant record de 164 milliards d’euros, plombé par le coût de l’énergie importée par la France.

C’est, en effet, la facture énergétique qui, après avoir lourdement pesé sur la balance commerciale française durant toute l’année 2022 montre des signes d’amélioration depuis plusieurs mois, qui explique, en partie, les bons résultats de novembre. Le solde énergétique s’est amélioré, porté par la baisse du prix des produits énergétiques importés. Le déficit de la balance énergétique est désormais de 5 milliards d’euros, en amélioration de 100 millions d’euros par rapport à octobre.

Hors énergie, le solde commercial français continue aussi de s’améliorer, en déficit de 4,3 milliards contre 4,6 milliards d’euros le mois précédent. Du côté des échanges de services, l’excédent est stable, à 2 milliards d’euros, a indiqué la Banque de France dans un communiqué également publié mardi.

Au total, le solde des transactions courantes (un indicateur qui englobe à la fois les échanges de biens, de services et de revenus) est déficitaire de 2,8 milliards d’euros, après un déficit de 3,4 milliards d’euros le mois précédent.

Fin 2022, 145.700 entreprises françaises exportaient. Le gouvernement veut porter ce nombre à 200.000 d’ici à 2030.

(Avec AFP)

Défense : une armée française incapable de se défendre longtemps

Défense : une armée française incapable de se défendre longtemps

Depuis l’agression russe contre l’Ukraine le 22 février 2022, les gouvernements européens touchent du doigt la différence entre les postures et la réalité économique et industrielle en matière de défense de l’Europe. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, professeurs à l’Essec dans « La Tribune ».

Le mythe des « dividendes de la paix », véhiculé en son temps par Laurent Fabius comme un coup politique populiste, a résulté trente ans plus tard en un large sous-investissement dans le bien public que constitue la défense nationale. Le sous-investissement en infrastructure routière conduit à des routes surchargées et accidentogène. Le sous-investissement dans la santé publique aboutit à des hôpitaux concentrés et surchargés avec des services d’urgence débordés. Le sous-investissement dans la défense nationale conduit à une incapacité à soutenir l’effort de guerre d’un allié tant en termes de munitions qu’en termes de matériels. Selon de nombreux experts, l’armée française, pourtant la plus capable en Europe occidentale, serait incapable de mener une guerre terrestre à haute intensité comme celle qui ébranle le flanc Est de l’Union européenne (UE). Il y a d’abord un problème de stock de munitions disponibles, de matériels roulants et volants disponibles, d’équipements de dernière génération disponibles, et du nombre de militaires. Il y a également une base industrielle sous-développée, sous capitalisée, fragmentée, et en grande difficulté pour produire et livrer munitions et matériels.

Quelle est la situation presque deux ans après le début du conflit ? Au vu des postures martiales de Emmanuel Macron qui parle d’« économie de guerre », on peut penser que bon an mal an, avec du retard à l’allumage, les chaînes de production ont été réactivées via des commandes publiques suffisantes à la fois pour servir le conflit en cours et remplir les stocks.

Les commandes ont un peu augmenté dans la nouvelle mouture de la loi de programmation militaire mais pas assez pour que les lignes de production tournent à pleine capacité. Cette embellie en termes de commandes reste une embellie de court terme. Plus fondamentalement, il ne s’agit pas d’un plan structuré de financement et de soutien des PME et entreprises de la BITD (base industrielle et technologique de défense) française. La perception européenne et française des industries de défense reste négative dans le contexte actuel d’investissement ESG. Les grandes banques françaises ne veulent pas plus financer de forages pétroliers dans l’Arctique ou dans une réserve africaine que de programme d’armement.

Avant le conflit en Ukraine, un rapport parlementaire du 17 février 2021 a alerté sur les difficultés majeures de financement du secteur industriel de la défense française, et notamment des PMEs. Peu de choses ont changé depuis.

Jamais à court de petites solutions improvisées, le gouvernement propose de consacrer une partie de la collecte du livret A au financement des entreprises de défense, qui pourraient alors obtenir des prêts à un taux bonifié. En fléchant une partie des quelques 200 milliards libres vers les PMEs de la défense, cela permettrait de combler une partie de la pénurie de fonds. La mesure permettrait aux banques de se cacher derrière l’obligation réglementaire en faisant valoir qu’elles n’ont pas le choix et qu’elles ne dépassent pas le quota alloué à cette industrie.

Les cris d’orfraie poussés par un certain nombre de syndicats et de partis de gauche illustrent bien la réalité de la difficulté pour les banques de financer le secteur et l’opportunité de se cacher derrière une obligation légale.

Mais les vraies mesures, que le gouvernement ne semble pas avoir le courage de prendre, sont d’une toute autre nature. Si les banques et les investisseurs privés hésitent encore pour investir dans les entreprises françaises de la défense, c’est en raison du risque important qu’ils perçoivent par rapport au secteur et ils ont sûrement raison. Si le gouvernement français et la société française finissent par réaliser l’importance de la défense nationale et de sa base industrielle lorsqu’une guerre à haute intensité est menée aux portes de l’Europe, il sera beaucoup moins risqué d’investir dans l’industrie de la défense et les solutions administratives seront inutiles voire inefficaces.

En premier lieu, il faut en finir avec l’idéologie qui oppose l’industrie de la défense et les objectifs sociaux et sociétaux. La guerre en Ukraine montre à tous ceux qui veulent regarder que seule la défense nationale peut protéger nos valeurs de liberté et nos concitoyens. La soutenabilité de notre modèle démocratique face aux autocraties repose sur la défense nationale ce qui rend moral et responsable son financement.

En second lieu, si le budget des armés est en augmentation, ces augmentations sont modestes au regard de la redéfinition des menaces, de l’inflation et de la hausse du coûts des équipements de plus en plus complexes (conformément à la « loi d’Augustine »). Comme le secteur de l’énergie, le secteur de la défense doit être en mesure de fournir le service attendu en situation de crise. Des stocks importants et des capacités productives doivent être maintenues en réserve pour une réouverture en cas de crise. Il s’agit d’un changement de philosophie dans la production d’armements que la chute des budgets avait réduit au modèle de réduction des coûts de l’industrie privée marchande. Ces deux aspects plaident pour une plus forte augmentation du budget de la défense en termes réels.

Enfin, il est crucial de mettre en place des contrats d’achat d’armes à long terme. Aucune banque ne pourra financer des projets d’investissement à 15 ans lorsque les commandes passées par le gouvernement couvrent une période plus courte. Les prêts à 15 ans doivent faire face à des projets de développement d’armes, d’achat d’armes et munitions d’au moins une même durée. Un tel alignement ferait baisser de manière substantielle le cout du financement, donc le coût unitaire de l’arme au bénéfice du budget des armées.

Il serait avisé pour le gouvernement de ne pas gaspiller cette période où nos concitoyens sont sensibilisés à la menace extérieure pour lancer une réforme. Il serait dommage pour la sécurité à long terme de notre pays de s’en tenir à une petite extension budgétaire sans réforme en profondeur ni ambition de remise en état de nos capacités à nous protéger et protéger nos alliés menacés.

Se réveiller face au risque de guerre contre le camp occidental

Se réveiller face au risque de guerre contre le camp occidental

Pendant que les opinions se laissent parfois gagner par des questions assez accessoires en tout cas secondaires, le danger de guerre se précise en provenance de trois horizons. Il y a d’abord et peut-être surtout la folie guerrière de Poutine. Un criminel et dictateur qui n’hésite devant aucun moyen y compris dans son entourage pour tuer toute opposition. A fortiori quand il s’agit d’étrangers comme en Ukraine. Ainsi Poutine teste la résistance du camp occidental et de l’Europe en envahissant régulièrement des territoires. La guerre est aux portes de l’union européenne mais l’Europe endormie par le progrès technique et social s’interroge sur la nécessité d’une politique de défense. Concrètement en termes de dépenses, on vise un objectif de 2 % du PIB pour la défense tendis que la Russie consacre 30 % de sa richesse nationale. Poutine avance y compris dans les opinions par exemple en Hongrie ou en Slovaquie; des pays qui ont sans doute oublié la violence des dictatures communistes.

Au Moyen-Orient, c’est surtout l’Iran qui est à la manœuvre, l’Iran instrumentalise le Hamas pour organiser le désordre dans tout le Moyen-Orient pour y substituer des régimes de dictature islamique. Pour preuve, presque ouvertement, l’Iran arme maintenant les rebelles Houtis pour attaquer les navires militaires ou commerciaux qui empruntent la mer Rouge. L’embrasement de tout le Moyen-Orient soutenu aussi en sous-main par la Russie conduirait au chaos économique, politique et démocratique.

En Extrême-Orient, la Chine est plus discrète mais elle progresse régulièrement notamment pour faire valoir ses droits. les accrochages guerriers se multiplient aussi en mer de Chine. Pékin revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale malgré les prétentions rivales des Philippines, du Vietnam ou encore de la Malaisie, faisant fi d’un jugement international de 2016 en sa défaveur.

La Mer de Chine méridionale, vaste comme sept fois la France, est âprement disputée. Un tiers du trafic commercial mondial y transite. Ce couloir permet à la Chine d’envoyer ses marchandises en Europe. Mais Pékin revendique depuis quelques années toute la zone, au mépris du droit international. Les Philippines aussi sont en conflit avec la Chine. Là-bas, les pêcheurs ont décidé de résister et de braver régulièrement les interdits fixés par Pékin.

Mais au-delà de l’affrontement pour le contrôle de la mer de Chine méridionale, la Chine teste en faite les alliés des occidentaux vis-à-vis de sa stratégie de conquête géographique notamment vis-à-vis de Taïwan.

Seuls les États-Unis consacrent les efforts et les finances nécessaires à l’entretien d’une politique de défense susceptible d’affronter les grands adversaires traditionnels.

Dans le reste de l’Occident, c’est l’amollissement voir le renoncement de l’opinion et de responsables englués dans leur zone de confort , l’immobilisme et l’individualisme. Tout cela enveloppé par le discours sirupeux d’experts sophistes qui justifient le déni de réalité dans nombre de champs sociétaux y compris celui de la défense.

L’esprit de Munich gagne partout chez les politiques, chez les experts et bien sûr chez les étudiants qui prônent la révolution des pauvres en attendant de rejoindre la bourgeoisie qui la provoque.

Poutine, le président chinois où les mollahs d’Iran n’ont pas ces états d’âme. Ils peuvent sans dommage piétiner la démocratie et s’il le faut sacrifier 100 000 hommes pour continuer de piller leur pays et semer le chaos dans les démocraties occidentales.

Comme vient de l’indiquer le ministre allemand , il serait temps notamment que l’Europe organise sa propre défense et commence d’abord par se réveiller face au danger potentiel et clairement vis-à-vis d’une troisième guerre mondiale possible.

laîcité Macron se plante encore avec Hanouka

Macron se plante encore avec Hanouka

Une nouvelle fois le président sans doute autant par inexpérience que par conviction confuse se met en contradiction avec le concept de laïcité. Une contradiction de plus. On l’attendait évidemment à la manifestation contre l’antisémitisme. Finalement après avoir beaucoup hésité, il n’a pas participé à un événement de soutien à la laïcité.
Par contre il participe à un rituel juif à l’Élysée avec l’allumage de la première bougie du chandelier de Hanouka en présence du Grand rabbin de France.

Décidément Macron on mélange tout. En tant que président, il est garant des principes républicains et notamment de la laïcité qui protège et autorise à ceux qui le souhaitent la religion de leur choix. Mais évidemment il n’a pas à participer aux rituels religieux surtout à l’Élysée. Ceci vaut pour un rituel juif comme pour un rituel catholique ou un rituel musulman.

Cette présence malheureuse de Macron témoigne aussi de la valse hésitation de ses positions concernant la guerre à Gaza.

L’événement, qui n’avait pas été publiquement annoncé par la présidence, rassemblait la Conférence européenne des rabbins, qui a décerné au chef de l’État le prix Lord-Jacobovits récompensant l’engagement de la France contre l’antisémitisme.

Terrorisme : ces individus déséquilibrés qui se dopent aveuglement à la foi idéologique

Terrorisme : ces individus déséquilibrés qui se dopent aveuglement à la foi idéologique

Paris ce samedi 2 décembre, Bruxelles le lundi 16 octobre dernier, Arras le vendredi 13 octobre… En quelques semaines, des innocents ont été à plusieurs fois pris pour cibles par des individus se revendiquant du fondamentalisme islamiste sans que nous sachions, pour l’instant, à quel point ils étaient préparés. À la différence de l’assassin de Samuel Paty et de celui de Dominique Bernard, l’auteur des faits, arrêté à Paris et désigné comme Armand R.-M., souffre de pathologies psychiatriques connues. Placé en garde à vue, visé par une « fiche S », il avait déjà été condamné et a déclaré aux policiers qu’il « en avait marre de voir des musulmans mourir », notamment à Gaza, et que la France était « complice » d’Israël.
Le conflit israélo-palestinien déclenché depuis le 7 octobre par le Hamas peut-il contribuer à fragiliser des individus au rapport déjà altéré à la réalité, et à accentuer un sentiment d’impuissance qu’ils pensent résoudre en devenant justiciers ?

par
Laure Westphal
Psychologue clinicienne, Docteure en psychopathologie et psychanalyse, Enseignante, Chercheuse associée, Sciences Po
dans The Conversation

La recherche montre qu’un terroriste noue ses problématiques subjectives à une cause collective, notamment lorsqu’il s’engage dans une action meurtrière.

Les vrais experts ont la parole sur The Conversation.
Des extrémistes peuvent-ils être déterminés à agir par la nouvelle guerre déclenchée en Israël, 50 ans après Kippour ?

Venger le tort fait au prophète est l’un des arguments mis en avant par les terroristes, comme l’ont montré les assauts de Chérif et Saïd Kouachi à la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ou ceux d’Adoullakh Anzorov au lycée de Conflans-Sainte-Honorine, le 16 octobre 2020.

Ils ont « puni » les façonneurs d’image, complices de l’idolâtrie du peuple souverain, tels que d’éminents idéologues du djihadisme (Maqdidi, Tartusi, Abu Mus’ab al-Suri, Abou Quatada, etc.) les perçoivent.

Les assaillants du Bataclan, eux, voulaient attaquer la « capitale des abominations et de la perversion ». D’autres terroristes semblent avoir des motivations idéologiques moins solides, comme l’a montré Mohamed Lahouiaej Bouhlel à Nice le 14 juillet 2016, ou encore Nathan Chiasson à Villejuif le 3 janvier 2020.

Mais les djihadistes n’ont pas que le prophète à « défendre ». Il y a aussi ce qu’ils considèrent être les souffrances causées à l’Oumma, la communauté musulmane homogène et mythique. Le conflit israélo-palestinien a longtemps été identifié comme le point de fixation des humiliations arabes.

Avec la globalisation de l’islam, les nouvelles générations de terroristes lui ont substitué les conflits en Afghanistan, en Bosnie, en Tchétchénie, en Irak ou en Syrie. L’affaiblissement militaire de l’EI sur les territoires syriens et irakiens n’a pas éteint les velléités d’engagement.

La guerre en Israël peut-elle accélérer le projet de fanatiques de se battre pour une identité commune, prise comme sorte d’unique référentiel politico-religieux ?

Armand R.-M. pourrait sembler l’un de ces « loups solitaires » avec des moyens rudimentaires. Mais il ferait surtout partie de ceux qui souffrent d’affections psychiatriques. S’agit-il d’un « passage à l’acte » résolutif d’une angoisse ou délirant que l’auteur aurait inscrit dans une logique idéologique ?

Rassemblement à Toulouse en hommage aux enseignants assassinés par des fanatiques, Samuel Paty, à Conflans, le 16 octobre 2020 et, Dominique Bernard, le 13 octobre c2023 à Arras.
Un passage à l’acte semble surgir ex nihilo mais il désigne en psychopathologie que son auteur est traversé par une angoisse qu’il cherche à dissiper. S’il est traversé par des angoisses d’anéantissement par exemple, il peut les résoudre en privilégiant l’identification d’une menace externe. C’est ce qu’apporte le sentiment de persécution, qui peut s’accroitre et inciter à se faire justice.

Le sens du passage à l’acte échappe à son auteur, mais pas le sens qu’il donne à son action meurtrière : il exerce cette dernière consciemment au nom d’une logique idéologique. Bien sûr, les enjeux inconscients et conscients peuvent très bien se conjuguer.

Aussi un individu peut-il par exemple se sentir « frère », sur la base d’un obscur sentiment d’injustice qu’il partage avec d’autres et choisir délibérément de renoncer à l’idée de société, ou de contrat social, pour lui préférer l’adhésion à une idéologie communautaire.

Parmi le nombre important de personnes radicalisées, il en existe une proportion – pas nécessairement plus importante que dans la population générale – qui souffre d’affections psychiatriques. L’expérience du Centre de Prévention, Insertion, Citoyenneté, en 2016, l’a confirmé : un seul des bénéficiaires de cette structure pour la prévention de la radicalisation souffrait de troubles relevant de la psychiatrie.

Néanmoins, l’articulation d’une souffrance psychique aiguë avec une idéologie offre à l’individu une perspective d’acte à prendre au sérieux. Il n’est pas rare qu’un individu se canalise avec la religion, au gré de son suivi à la lettre de certains hadiths, ces recueils des actes et paroles de Mahomet. D’autres individus fragiles donnent un sens à leur vision apocalyptique du monde avec des éléments de la réalité leur permettant d’alimenter un délire de persécution, de rédemption, mégalomaniaque ou mystique. Ils peuvent parvenir à une forme d’équilibre instable, jusqu’à ce qu’ils se sentent psychiquement contraints à agir.

L’observation du parcours d’assaillants montre des biographies, des impasses psychiques et des tentatives de résolution proches.

C’est le cas de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, qui s’est fait connaître pour son attentat particulièrement meurtrier sur la Promenade des Anglais à Nice, un soir de 14 juillet. Les investigations firent apparaître un homme perçu par son entourage comme colérique, étrange, violent. Il s’était séparé un an plus tôt de sa femme dont il avait eu trois enfants. Cette dernière déplorait chez lui ce qu’elle vivait comme du « harcèlement psychologique », tandis qu’une amie ne voyait en lui « aucune humanité » et des agissements par « pur sadisme ».

Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait donné à son rapport altéré à l’altérité, notamment le sens de la misogynie. Son médecin reliait ses épisodes dépressifs sévères à des « troubles psychotiques, avec somatisations ». Affecté dans son rapport au corps et au langage, Mohamed Lahouaiej Bouhlel se réfugiait parfois dans la violence. Le terroriste trouvait de l’inspiration en regardant sur la toile des photos de combattants de Daech, de ben Laden, ou encore des scènes de décapitation.

Non inféodé aux principes islamiques, il a radicalisé ses excès au profit de l’idéologie djihadiste.

Les fanatiques revendiquent aussi une attaque du système institutionnel. La façade du ministère de l’Éducation illuminée aux couleurs du drapeau français en hommage à l’enseignant assassiné, Dominique Bernard, le 13 octobre 2023, par un ancien élève du lycée radicalisé.

Chez certains, la foi en Allah prend le relais d’assuétudes, par exemple des addictions ou des passages à l’acte itératifs, comme de voler ou de brûler des voitures. Ils s’acharnent plutôt contre le taghout, l’autorité non fondée sur la foi que l’état incarne dans ses institutions. L’armée et la police sont les plus représentatives.

Pour nombre de terroristes islamistes, venger des caricatures n’est qu’une de leurs actions destinées à faire triompher leur cause.

L’expérience clinique du CPIC de Pontourny, même s’il a été fermé, nous a appris que l’islam radical peut être entendu comme une solution à un sentiment d’injustice. Des individus aux problématiques subjectives toujours singulières trouvent dans l’idéologie politico-religieuse djihadiste de quoi superposer au tort qu’ils pensent leur avoir été fait, celui causé à la communauté musulmane.

Des recherches récentes sur les peines internes en milieu carcéral montrent que des détenus transforment leur frustration en sentiment d’humiliation sous l’effet d’une incarcération ou de conditions d’incarcération qu’ils jugent abusives.

Ils s’enlisent parfois d’autant plus dans des altercations avec le personnel ou d’autres détenus, dans une surenchère qui peine à être endiguée par la coordination des services pénitentiaires et judiciaires. Même des non radicalisés peuvent se réveiller du « mensonge » avec la foi et accentuer leur sentiment d’injustice avec les moyens d’y remédier : par l’islam radical, dont l’enseignement est parfois dispensé par des prédicateurs autoproclamés.

Par ailleurs, il est important de souligner l’occurrence des troubles psychiatriques non détectés en prison, l’accentuation de certains troubles psychiques par le choc carcéral, et le manque de suivi psychiatrique dont certains anciens détenus continuent de manquer, par défaut d’assiduité en service de psychiatrie ambulatoire et/ou par défaut de moyen du personnel soignant.

D’autres adoptent l’islam radical pour assouvir des pulsions meurtrières au nom d’une idéologie qui les sacralisent.

Ils s’identifient au prophète et s’émancipent des lois en prétendant servir sa cause. Tous galvanisés, ils trouvent en Allah un exaltant produit dopant, conjurant les carences et les échecs, et permettant de retrouver leur intégrité. Du latin fanaticus, signifiant « inspiré », « prophétique », « en délire », « fanatique » désigne celui qui se croit transporté d’une fureur divine ou qui s’emporte sous l’effet d’une passion pour un idéal politique ou religieux.

En épousant leur destin d’élus d’Allah, ils veulent inspirer la crainte dont ils obtiendront le sentiment d’être respectés. Ils attendent de la valeur performative de leur acte de soumettre une société tout entière à leur affirmation de soi. Le Hamas offre-t-il à certains la perspective d’être reconnus comme préjudiciés, et de prendre une part héroïque à la guerre ?

Depuis la fermeture du CPIC en 2017, l’accompagnement des personnes radicalisées a été privilégié au niveau local. Un rapport d’information, enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 27 juin 2019 stipule que, selon l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT), au mois d’avril 2019, la prise en charge a été relayée dans 269 communes. Ces mesures semblent insuffisantes, si l’on en croit que chaque année depuis 2015 des attentats sont commis sur notre sol, bien que bon nombre soient déjoués. Parallèlement, on compte en France, en mars 2022, 570 détenus de droit commun radicalisés et 430 détenus pour terrorisme islamiste. Une centaine de détenus radicalisés seraient libérables en 2023.

La DGSI avait rapporté cet été que la menace terroriste était toujours la première en France.

L’attentat de ce samedi montre que derrière des « passages à l’acte », il y a des individus en échec d’intégration et inscrits dans des logiques idéologiques meurtrières.

Armand R.-M. démontre, comme Mohamed Mogouchkov, qu’il convient de rester vigilants et de se doter de moyens de suivre certains individus fragiles. D’autres pourraient s’inspirer du nouveau climat de tension internationale pour agir, galvanisés par la mise en avant de leur cause et l’exacerbation médiatique de leur sentiment d’injustice.

Cette thanato-politique naissant du désespoir d’une jeunesse qui ne parvient pas à imaginer d’autre avenir que le combat pour la foi, engage nos sociétés hypersécularisées à réfléchir à de nouvelles modalités de vivre-ensemble.

Complémentaire santé : les assureurs se gavent aussi de l’inflation

Complémentaire santé : les assureurs se gavent aussi de l’inflation

Finalement quand on prend connaissance des évolutions tarifaires des différents services, on s’aperçoit que les hausses tournent toutes autour de 10 %. Curieux pour un pays qui s’est donné aussi comme objectif de lutter contre l’inflation. Pourtant financièrement les complémentaires santé sont loin d’être un déficit; d’ailleurs elles fleurissent un peu partout et se concurrencent à coups de spots publicitaires qui témoignent de la rentabilité. Du coup le gouvernement tente de tempérer. Tempérer mais il n(interviendra pas. Un gouvernement qui par exemple dans les services concernant l’électricité va autoriser une augmentation aussi de 10 %.

Dimanche 3 décembre, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, a tapé du poing sur la table face à la forte hausse attendue des tarifs des complémentaires santé : de l’ordre de 8 à 12,5% pour l’ensemble du secteur, selon les estimations il y a quelques semaines du spécialiste Addactis. Or, pour le ministre, ce n’est « pas tenable ».

« Je le dis – et je les verrai dans quelques jours – aux mutuelles. Elles ne peuvent pas aujourd’hui faire des patients la variable d’ajustement de leur modèle économique », a-t-il prévenu sur France 3.

Cette augmentation des tarifs répond à la forte hausse des remboursements aux assurés à laquelle sont confrontées les complémentaires santé qui s’étaient ainsi inquiétées en octobre dernier des augmentations de tarifs qu’elles vont devoir annoncer à leurs clients en incriminant des transferts de charge de la Sécurité sociale à leurs dépens. C’est notamment le cas du groupe paritaire AG2R La Mondiale qui augmentera ainsi ses cotisations de « 8 à 9% » en 2024, selon des propos aux Echos de sa direction fin novembre.

D’autre part, l’État vient de transférer aux complémentaires santé 500 millions d’euros de dépenses dentaires supplémentaires par an, en baissant à 60% le remboursement de ces dépenses par l’Assurance maladie, contre 70% auparavant.

Au total, les dépenses des complémentaires santé devraient donc augmenter de 1,5 milliard d’euros en 2024, sur une enveloppe globale d’une trentaine de milliards d’euros. Si on calcule bien l’augmentation des charges serait donc de 5 % alors que les tarifs envisagés eux vont subir une augmentation de 10 %. Et ce sera le lot de nombreux autres services qui profitent en fait de l’inflation pour glisser des augmentations non justifiées

Mélenchon se transforme en pompier suicidaire

Mélenchon se transforme en pompier suicidaire

Mélenchon esten perte de vitesse dans l’opinion du fait de ces prise des position de plus en plus gauchiste qui précipitent son suicide politique. Le problème c’est qu’il souhaite y entraîner l’opinion de tous les extrémistes. En outre, il s’attaque à des personnalités très connues notamment juives.

Dans l’entourage de Mélenchon, la peur s’installe vis-à-vis de prise de position de Mélenchon de plus en plus radicales voire violentes qui portent un préjudice considérable non seulement à la nuque désormais mort mais aussi aux parties des insoumis auquel les sondages accordent plus que quelques pour cent.

Jean-Luc Mélenchon a nommément ciblé la journaliste de TF1-LCI, Ruth Elkrief, la taxant, en quelques mots, de «manipulatrice», de «fanatique», qui réduirait «toute la vie politique à son mépris des musulmans».La vague d’indignation est immédiate. Même Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, lui a répliqué: «Efface» – évidemment sans succès. Des propos évidemment indignes d’un responsable politique français républicain.

La taxe sur les autoroutes va se transformer en augmentation des péages

La taxe sur les autoroutes va se transformer en augmentation des péages


À l’occasion de la discussion du budget de 1024, il y a une nouvelle taxe instaurée sur les autoroutes qui va sans doute se transformer tout simplement en augmentation des péages. De manière assez hypocrite, le gouvernement et le ministre des transports Clément Beaune critiquent les concessionnaires d’autoroutes qui envisagent d’augmenter les péages de 5 %.

Il y a effectivement beaucoup d’hypocrisie de la part du gouvernement mais aussi des sociétés d’autoroute qui n’ont jamais réalisé autant de profits. Et le ministre des transports d’en rajouter sur les responsabilités: «Il y a eu beaucoup d’intox, il y a eu parfois beaucoup de mensonges liés à cette taxe sur les sociétés de concessionnaires d’autoroutes, a martelé Clément Beaune, mercredi matin sur les ondes de RMC. Elle n’a aucun impact sur l’évolution des péages.»

On voit mal comment une taxe nouvelle n’aurait aucun impact sur les coûts et donc sur les tarifs !

Et le ministre des Transports d’épingler Vinci, premier concessionnaire autoroutier français avec ASF, Cofiroute et Escota, qui évoquait un surcoût de 5 % sur la facture des automobilistes. Surcoût que Pierre Coppey, le président de Vinci Autoroutes, justifiait par l’impact de la nouvelle taxe sur les comptes des sociétés d’autoroutes du groupe.

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