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Mieux se protéger collectivement des attaques cyber-criminelles

Mieux se protéger collectivement des attaques cyber-criminelles

OPINION. Les évolutions en matière de partage de renseignements ont été exceptionnelles ces dernières années, notamment sous l’impulsion de l’ANSSI, mais nous pouvons aller encore un peu plus loin en invitant les entreprises à collaborer encore plus entre elles via la création de CERT (Centre d’alertes sur les attaques informatiques / également appelés CSIRT) par secteurs d’activités. Par François Deruty, Directeur des Opérations de SEKOIA. ( la Tribune)

 

Face à une cybercriminalité devenue mondiale, la réponse collective devrait être la collaboration. Faisons nôtre l’adage :

« Partager plus pour être mieux protégés collectivement ! »

La prise de conscience des entreprises en matière de cybersécurité a énormément progressé ces dernières années. Plus une entreprise, ou presque, n’ignore que les cyberattaques sont une réalité, qu’elles peuvent cibler tout le monde, sans distinction de taille, d’activité et de secteur, et surtout générer d’énormes dégâts financiers, réputationnels, etc.

Face à cette menace devenue globale et d’une ampleur sans précédent, le partage de renseignement permet de comprendre collectivement les menaces qui nous ciblent et ainsi de mieux s’en prémunir. Faisant fi de tous leurs clivages concurrentiels, les entreprises doivent accélérer le partage d’informations sur les cybermenaces entre elles. Tout simplement car les cyberattaques ne ciblent pas souvent qu’un seul acteur isolé, et parce qu’aider à protéger son écosystème c’est protéger en premier lieu son activité.

La bonne nouvelle est que nous avons atteint un niveau de maturité sur la cybersécurité qui rend ce partage aujourd’hui possible.

Sous l’impulsion de l’ANSSI, la France a considérablement progressé sur le plan de la cybersécurité et du partage de renseignements. L’ANSSI via son CERT-FR (Centre gouvernemental de veille, d’alerte et de réponse aux attaques informatiques) partage beaucoup d’informations précieuses sur les cybermenaces avec les entreprises (en direct ou publiquement sur le site du CERT-FR[1]). Dans le cadre du plan France Relances, l’Agence a également initié un maillage vertical en créant des CERT régionaux (7 premiers CERT/CSIRT sont déjà lancés) qui ont en premier lieu vocation à aider les entreprises locales à répondre opérationnellement aux cyberattaques mais aussi à créer et entretenir une base d’informations sur les vulnérabilités.

Toujours grâce à l’ANSSI, nous avons pu voir émerger des structures plus transverses comme un CERT Santé rattaché au ministère de la Santé, ou encore le CCTA (Conseil pour la Cybersécurité du Transport Aérien) qui est transverse entre les ministères, les industriels et les compagnies de transport rattachés à l’aérien.

Le Campus Cyber, « le lieu totem de la cybersécurité française », initié par le Président de la République, et qui a été opérationnellement lancé cette année, est aussi un nouveau lieu fort de cette nouvelle ère de la collaboration. Le Campus Cyber vient de lancer avec ses membres de divers horizons (éditeurs, sociétés de services cyber, entreprises du CAC 40, organismes publics) une plateforme de renseignements partagés, ouverte et gratuite pour les entreprises, sur les cybermenaces liées à la guerre en Ukraine.

Au niveau européen également des avancées majeures en matière de partage de renseignements sont en cours. La Directive NIS 2 qui vient d’être validée par les Etats membres va  »contribuer à accroître le partage d’informations et la coopération en matière de gestion des cybercrises au niveau européen ».

Il existe aujourd’hui de nombreux CERT, privés, commerciaux, ou à compétence gouvernementale ou nationale (comme le CERT-FR). Ils sont amenés à échanger continuellement des informations et des retours d’expérience entre partenaires de confiance. L’association InterCERT France, qui regroupe déjà un nombre important de CERTs français depuis plusieurs années avec succès, est en pleine évolution afin d’animer cet écosystème et favoriser notamment le partage d’information au sein de celui-ci.

Pour aller plus loin dans la collaboration, l’étape ultime serait de créer un maillage vertical en invitant les entreprises à créer des CERT communs destinés à partager du renseignement sur les menaces - des attaques de phishing, d’ingénierie sociale, de malware-ransomware, accompagné d’analyses techniques, des bonnes pratiques, des scénarios de résilience, etc. - dans leur secteur d’activités.

Les acteurs d’un même secteur (banque-assurance, énergie, automobile, spatial, grande distribution alimentaire, etc.) gagneraient ainsi en efficacité en ciblant plus exactement les usages et les moyens particuliers qui les concernent. En effet, la limite des connaissances pour un CERT national est l’impact concret qu’une menace peut avoir sur tel ou tel métier.

Prenons un exemple : dans le secteur audiovisuel, au-delà de protéger les postes bureautiques contre des malwares, la priorité pourrait être d’éviter qu’un ransomware n’empêche la diffusion de contenus. Pour résoudre un tel enjeu, les médias échangent beaucoup entre eux mais sans structure « formalisée » ni objectifs communs.

A la différence des CERT actuels qui centralisent et surtout répondent aux attaques, les CERT sectoriels pourraient se concentrer sur la mise en commun et au partage d’informations. En effet, pour être efficaces et jouer pleinement leur rôle de partage entre acteurs, ces CERT ne devraient pas avoir pour objectif de générer des profits.

À l’échelle internationale, on parle plus exactement d’ISAC - Information Sharing and Analysing Centers. Il existe un Aviation ISAC pour les compagnies aériennes, ou encore un Financial Services ISAC pour les banques. Considérant qu’une victime de cyberattaque sert systématiquement d’étalon aux malfaiteurs pour menacer toutes les autres entités semblables, les ISAC se sont bâtis sur l’idée que des concurrents avaient tout intérêt à additionner leurs forces pour mieux se prémunir contre des risques communs. Cette coopération structure notamment une répartition des tâches afin de gagner en efficacité.

Prenons l’exemple du secteur de la défense : Il s’agit évidemment d’un secteur critique, mais bien qu’étant concurrents, les acteurs sont amenés à coopérer sur de nombreux projets. Le partage d’informations et la sensibilisation y sont donc particulièrement indispensables et les entreprises ont déjà pris l’habitude de partager de nombreuses informations sur les menaces, bien conscientes qu’une attaque pourrait impacter tout leur écosystème.

Enfin, une attaque informatique contre une entreprise en particulier ne va pas se contenter d’impacter le système d’information. Elle va aussi entacher la réputation de tout un secteur d’activité. Une banque ou un établissement hospitalier qui se fait voler des données concernant ses clients ou ses patients jette une forme de doute sur tout le secteur lorsque cela devient public.

Certaines entreprises travaillent aussi sur des projets communs (le projet du Grand Paris pour les acteurs du BTP par exemple) et ont ainsi tout intérêt à protéger leur écosystème global pour protéger in fine leur propre activité… Mais cela pourrait aussi valoir pour un grand événement tel que les Jeux Olympiques 2024.

Bâtir un CERT transverse ou sectoriel commence tout simplement par deux entreprises du même domaine d’activité qui échangent sur leurs questions de cybersécurité, qui se trouvent des objectifs communs, qui partagent des bonnes pratiques. Sur ces bases, ils définissent un mode de travail : comment communiquer, à quel rythme ? Puis ils évaluent leur collaboration en se demandant régulièrement quels bénéfices ils tirent de leurs échanges ou si, au final, ils perdent leur temps. S’ils se basent sur une feuille de route pragmatique tout en étant ambitieuse, cette dynamique entraînera rapidement d’autres entreprises du même secteur.

Ces initiatives ne concernent pas que les grands groupes : les structures de taille plus modeste du même secteur n’ont pas à être inquiètes de leur capacité à contribuer. Dans mon expérience, je peux témoigner que, parfois, même une personne seule apporte toujours quelque chose si elle est concernée par le sujet. Pour lever les freins, il suffit juste de se fixer des objectifs communs réalisables.

Répétons-le : la connaissance des menaces de cybersécurité qui pèsent sur un secteur, celle des bonnes pratiques pour s’en défendre, ainsi que la vigilance nécessaire ne pourront s’obtenir que par la coopération des acteurs de ce secteur. Parce qu’ils sont tous concernés par les mêmes pratiques et les mêmes enjeux. Les pays anglo-saxons ont montré une voie possible mais il existe d’autres initiatives dont nous pourrions tout à fait nous inspirer tout en les adaptant à notre propre culture. Dépassons nos clivages concurrentiels et nous renforcerons non seulement la sécurité de nos activités, mais aussi leur prospérité.

Face à Poutine, résister ou se soumettre

Face à Poutine, résister ou se soumettre

 

Résister se soumettre face à Poutine qui précisément compte sur la fatigue et la faiblesse de l’opinion publique des pays notamment en Europe ( papier des Echos)

Vladimir Poutine nous tient par notre talon d’Achille : le pouvoir d’achat. Il a bien compris la faiblesse de nos sociétés, enivrées de confort, de vacances et d’avantages sociaux, bercées par la certitude de la paix que certains ont appelée la fin de l’Histoire. L’issue de la guerre en Ukraine dépendra bien sûr des forces en présence, de la résistance du front mais aussi de celle des arrières. « Pourvu que l’arrière tienne bon », disaient les poilus de 14-18. Pourvu que la conscience de l’Occident ne nous oublie pas, ne serait-ce que le temps des vacances, pensent sûrement les combattants ukrainiens du front du Donbass !

D’un côté, les Russes, un peuple biberonné à la propagande, habitué aux privations et à l’indigence du quotidien, soutenu par des mythes historiques fabriqués et transmis par les générations de la Grande Guerre patriotique ; de l’autre, des peuples européens oublieux, habitués aux appartements et aux villas bien chauffés, à l’abondance des linéaires et aux prix bas garantis, aux congés payés et aux RTT. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les migrations internes vers les littoraux en cet été 2022, par le train, l’avion et la voiture, en dépit du prix du litre de carburant, supérieur à 2 euros. Tragique été pour le pouvoir d’achat, dit-on du matin au soir sur les chaînes d’info… et pourtant !

Les militaires affirment que la guerre russe en Ukraine tourne progressivement à la guerre d’épuisement. Le camp qui gagnera sera celui qui résistera le plus longtemps aux rigueurs du conflit, celui qui sera le plus en mesure de s’infliger des privations pour venir à bout de l’autre camp.

Les plus belles pages sur l’histoire du sacrifice ont été écrites par Ernest Renan au XIXe siècle. Il s’agissait, à l’époque et dans les faits, du sacrifice suprême de la vie. Celui qui nous est demandé aujourd’hui n’est pas le sacrifice du sang mais celui bien moins douloureux et bien plus relatif de notre confort, et encore, pour un temps très limité. Face à Poutine, nous avons, nous peuples européens, le choix entre la résistance et la soumission. Le maître du Kremlin compte sur le mécontentement des Européens. Il les sait sensibles au prix des carburants. Il utilise contre nos opinions l’arme de la terreur. Non pas la terreur telle qu’on se l’imagine, avec ses échafauds et ses prisons sordides, mais une terreur bien plus sourde… celle qui vient percuter les habitudes de vie.

La terreur poutinienne ne menace pas nos vies mais plutôt nos modes de vie. Elle s’adresse à nos égoïsmes collectifs et individuels. Alors, réveillez-vous peuples européens, et vous Français, rappelez-vous que la nation est tout à la fois un héritage indivis et un plébiscite du quotidien. Nous sommes appelés à la résistance car le choix est simple. Face à un adversaire qui utilise les sources d’énergie, les productions alimentaires comme des armes de guerre par destination, il n’y a que deux voies. La résistance par l’effort ou la soumission par lâcheté. L’Europe est un grand marché solvable. Elle est attractive grâce à ses consommateurs, mais c’est aussi le continent des faiblesses de la démocratie. Riches mais faibles ! L’expérience montre que céder une fois à un chantage, c’est accepter d’y céder mille fois.

Comme il ne faut pas gâcher une crise, tirons profit de celle-ci. Elle nous invite à traiter avec raison les questions de notre souveraineté énergétique et de notre production alimentaire. Il faut avoir autant de méfiance à l’égard des ennemis de l’extérieur qu’à l’égard de leurs idiots utiles à l’image de tous ceux qui nous incitent à nous désarmer sur le plan économique pour céder à leurs caprices idéologiques.

 

Ukraine: ces fragiles démocratie du sud qui ne se prononcent pas !

 Ukraine: ces fragiles démocratie du sud qui ne se prononcent pas ! 

Un papier du Monde observe que de l’Afrique à l’Asie en passant par l’Amérique latine, le camp des pays qui ne veulent pas choisir entre les Occidentaux et la Russie s’élargit.

Il y a des motifs économiques et sociaux à cette relative prudence des Etats du sud dont  l’économie est largement dépendante des importations. La raréfaction et le renchérissement des prix de l’énergie et des denrées alimentaires pourraient être l’occasion de bouleversements politiques qui renverseraient des régimes en réalité politiquement peu légitimes et ou corrompus NDLR

 

Analyse.

 

Plusieurs fois reportée, la visioconférence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avec l’Union africaine (UA) s’est finalement tenue le 20 juin à huis clos, dans une grande discrétion. Un bref message accueilli poliment mais sans plus par les dirigeants africains. Le contraste est saisissant avec la solidarité enthousiaste du Congrès américain ou des Parlements des capitales européennes.

L’unité occidentale retrouvée face à l’agression russe en Ukraine va de pair avec une solitude relative mais bien réelle, qui va croissant avec l’installation de la guerre dans la durée. De l’Afrique à l’Asie en passant par l’Amérique latine, le camp des pays qui ne veulent pas choisir entre les Occidentaux et la Russie s’élargit.

L’objectif des sanctions économiques occidentales est de faire de la Russie de Poutine un état paria. Mais si l’économie russe se « désoccidentalise », elle ne se « démondialise » pas, développant ses échanges avec ces pays du « ni-ni ».

« Le monde constate la réalité brute des rapports de force : quand l’Occident paraissait tout-puissant, il a abusé de sa toute-puissance (Kosovo, Irak, Libye…). Beaucoup de pays, sans soutenir l’agression russe, ne sont donc pas fâchés que le monde ne soit pas unipolaire et ils voient dans la guerre en Ukraine davantage une bataille pour établir un rapport de force en Europe qu’une bataille sur des principes que tout le monde a violés », analyse Jean-Marie Guéhenno ancien secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix (2000-2008) et auteur notamment du Premier XXIe siècle (Flammarion, 2021).

Si au Nord les voix discordantes sont rares, au Sud elles se font toujours plus nombreuses face au risque de crise alimentaire. « Nous ne sommes pas vraiment dans le débat de qui a tort et de qui a raison : nous voulons simplement avoir accès aux céréales et aux fertilisants »rappelait le président sénégalais, Macky Sall, lors d’une visite à Paris après une rencontre avec Vladimir Poutine, début juin, à Sotchi, en tant que président de l’UA. Les pays de l’entre-deux sont l’une des principales cibles de la propagande de la diplomatie russe.

Le 24 juin, jour où le Conseil européen reconnaissait à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de pays candidat à l’entrée dans l’Union européenne (UE), le président russe, lors d’un sommet avec les dirigeants des BRICS (pour Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dont aucun n’a pris de sanction contre Moscou, pourfendait les « actions égoïstes » des Occidentaux et appelait à créer « un système réellement multipolaire ».

Environnement : ne pas se soumettre aux normes américaines

Environnement : ne pas se soumettre aux normes américaines

 

Dans une tribune au « Monde », les spécialistes du changement climatique Alain Grandjean, Jean-Marc Jancovici et Laurent Morel estiment que notre pays ne doit pas renoncer à son avantage stratégique en matière de normes environnementales en adoptant les standards que dicteraient les Américains.

 

L’Elysée a lancé, le 3 juin, la création d’un comité directeur sur les données liées au climat, pour les rendre transparentes et normées. Cette initiative est portée simultanément par Michael Bloomberg, envoyé spécial des Nations unies pour l’ambition et les solutions en faveur du climat. La production et la mise à disposition d’informations permettant aux acteurs économiques et financiers de comprendre « à quelle distance ils sont du problème » sont indispensables pour permettre une action pertinente contre le changement climatique en cours.

Cette initiative n’a cependant aucune chance d’aboutir à des résultats tangibles. Elle va même ralentir la progression du secteur financier vers sa décarbonation, et conduira la France à se faire dicter la norme par des acteurs dominants qui sont tous non européens, alors que notre pays est en avance sur ces derniers ! L’Elysée indique que « le manque de données accessibles et normalisées limite la capacité des marchés et du grand public à lutter contre le changement climatique ». Cette affirmation est fausse.

Pour les entreprises qui font déjà l’effort de calculer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), elles sont disponibles dans leurs documents de référence (en France, c’est obligatoire pour les entreprises cotées). Si les investisseurs ou les banquiers veulent les connaître, il leur suffit de lire ces documents ou d’exiger de les voir. Produire ces informations est d’un coût marginal par rapport à celui des informations financières. D’autre part, la réduction des émissions de GES des entreprises n’est pas déterminée par la communication de ces émissions, mais par les contraintes que la puissance publique, les clients ou salariés, va leur imposer.

L’Elysée écrit aussi que « la mise à disposition d’informations plus pertinentes et accessibles à tous contribuera à faciliter et à accélérer la transition vers une économie mondiale “zéro émission nette” ». Contribuera oui, mais l’essentiel est ailleurs. L’existence d’une nouvelle plate-forme – même transparente – ne garantit pas que les entreprises vont élaborer des informations de meilleure qualité. Quel intérêt y trouveraient-elles ? Pourquoi seraient-elles enclines à les publier sur cette plate-forme ? Pourquoi, pour disposer d’informations environnementales sur les entreprises européennes, les acteurs européens – financiers, ONG, clients, puissance publique – feraient-ils confiance à une plate-forme lancée par des acteurs américains ?

L’annonce fait mention d’une plate-forme publique de données ouvertes. Une information publique, gratuite d’accès et d’usage, contournerait la barrière de données payantes d’accès, qui pénaliserait les parties prenantes – dont les ONG – dans leur travail critique. Mais cette idée ne résiste pas à l’analyse. La production des informations demandées aura un coût pour l’entreprise. Qui doit le payer ? Le secteur public ? Des mécènes ? Le développement et l’utilisation d’une plate-forme demandent aussi des moyens. Qui les fournira et avec quelle contrepartie ? Dans les conditions actuelles d’obligations réglementaires des acteurs, une plate-forme gratuite et publique ne sera pas alimentée.

L’Allemagne contrainte de se réarmer

L’Allemagne contrainte de se réarmer

 

Pour cette nation reconstruite dans le refus de la guerre après 1945, les investissements massifs dans la défense et les livraisons d’armes à l’Ukraine marquent un tournant historique. Pourtant, les Allemands peinent à assumer ce nouveau rôle. (Par Thomas Wieder ( correspondant du Monde )

A cinq semaines d’intervalle, les députés allemands ont pris deux décisions que l’on peut, sans exagérer, qualifier d’historiques. La première remonte au 27 avril. Ce jour-là, le Bundestag a adopté une résolution autorisant Berlin à livrer des armes lourdes à l’Ukraine. A Berlin, un tel feu vert aurait été inimaginable il y a seulement quelques mois. « Le gouvernement allemand a, depuis des années, une ligne claire : pas de livraisons d’armes dans des régions en guerre et pas d’envoi d’armes létales en Ukraine », rappelait encore le chancelier Olaf Scholz, le 7 février, deux semaines et demie avant l’invasion russe, mais alors que des voix, en Allemagne, pressaient son gouvernement de fournir des armements à Kiev en prévision d’une attaque jugée de plus en plus vraisemblable.

La deuxième décision concerne la Bundeswehr. Le 3 juin, les députés allemands ont accepté de réviser la Loi fondamentale pour ajouter la phrase suivante à son paragraphe 87a, consacré aux forces armées : « Pour renforcer les capacités en matière de défense et de coopération interalliée, l’Etat fédéral est autorisé à créer un fonds spécial de 100 milliards d’euros. » Grâce à cette enveloppe exceptionnelle, proposée par Olaf Scholz le 27 février, trois jours après le début de la guerre en Ukraine, Berlin atteindra enfin l’objectif que l’OTAN a fixé à ses membres : consacrer 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses militaires d’ici à 2024. Actuellement, l’Allemagne plafonne à 1,5 %.

Là aussi, il s’agit d’un revirement spectaculaire. Personne ne pouvait, en effet, imaginer que ce soit un chancelier social-démocrate (SPD) qui s’engage à franchir ce seuil des 2 %, alors que les dirigeants de son parti n’ont eu de cesse, ces dernières années, d’en contester le bien-fondé. A l’instar de Norbert Walter-Borjans, qui, le 6 décembre 2019, dans son discours d’investiture à la présidence du SPD, avait déclaré ceci : « Cet objectif de 2 % n’est pas le mien. Cela voudrait dire des milliards d’euros pour des chars et des hélicoptères plutôt que pour les écoles, les chemins de fer et les routes. (…) Oui à des équipements, non au réarmement ! » A l’époque, ces propos avaient créé de vives tensions au sein de la « grande coalition » d’Angela Merkel, le parti de l’ex-chancelière, la CDU, s’étant au contraire clairement prononcé en faveur des 2 %.

Livraisons d’armes à un pays en guerre, augmentation sans précédent des dépenses en matière de défense : majeures, ces deux décisions le sont d’autant plus qu’elles ont fait l’objet d’un large consensus politique. Au Bundestag, seuls les partis situés aux deux extrémités de l’hémicycle, Die Linke, à gauche, et l’AfD, à droite, s’y sont, en effet, opposés. Tous les autres, en revanche, ont décidé de voter pour, qu’il s’agisse du SPD, des Verts et des libéraux-démocrates (FDP), les trois membres de la majorité « feu tricolore » d’Olaf Scholz, ou des conservateurs de la CDU-CSU, dans l’opposition depuis le départ d’Angela Merkel du pouvoir, en décembre 2021.

Le vote RN se banalise

Le vote RN se banalise

 

Le chercheur en science politique Florent Gougou explique, dans une tribune au « Monde », comment les progrès électoraux constants du parti de Marine Le Pen ont abouti à l’élection historique de près de 90 députés.

 

Un vote banalisé et qui se nourrit sans doute surtout de la médiocrité des autres partis. NDLR

 

Au soir du 10 avril 2022, la qualification de Marine Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle n’avait pas été une surprise : compte tenu de sa progression continue depuis sa première candidature présidentielle en 2012, la présence de la leader du Rassemblement national (RN) dans l’affiche du duel décisif pour l’Elysée apparaissait ordinaire. Au soir du 24 avril 2022, sa défaite face au président sortant, Emmanuel Macron, n’était pas non plus une surprise : en dépit d’une progression de plus de 7 points sur son score de 2017 pour atteindre 41,5 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen demeurait un danger aux yeux de la majorité des Françaises et des Français.

Au soir du premier tour des législatives, le 12 juin 2022, la poussée du RN avait été invisibilisée dans les commentaires médiatiques par les performances de la Nupes, la coalition de gauche construite par et autour du leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Pourtant, avec 18,7 % des exprimés, le RN avait atteint son plus haut niveau historique à des législatives en France, très nettement au-delà des 14,9 % obtenus en 1997. Au soir du second tour, le 19 juin, cette progression du RN en voix s’est transformée en sièges et a brutalement rappelé que les résultats du RN peuvent encore constituer un choc.

Ces résultats sont particulièrement éloquents. Avec 88 sièges gagnés, auxquels on peut ajouter 2 sièges conservés par des candidates soutenues dans l’Hérault et le Vaucluse, le RN explose tous ses records au scrutin uninominal à deux tours. Les 8 sièges obtenus en 2017, qui constituaient le précédent point haut du parti au scrutin majoritaire, paraissent anecdotiques. Son groupe parlementaire lors de la prochaine législature sera le plus important de l’histoire du parti, surpassant largement les 35 élus acquis au scrutin proportionnel en 1986. Le RN ne paraît plus être cette force impuissante à gagner des élections à deux tours en France. Les responsables du RN ont pu légitimement évoquer un « tsunami ».

Les résultats de ce second tour puisent leurs racines dans le niveau historique atteint au premier tour. Pourtant, comme lors des précédentes séquences à quatre tours que constitue l’enchaînement entre la présidentielle et les législatives, le RN a reculé, lors des premiers tours, par rapport à la présidentielle : 9,7% contre 14,4 % en 1988 ; 11,1% contre 16,9 % en 2002 ; 4,3% contre 10,4 % en 2007 ; 13,6% contre 17,9 % en 2012 ; 13,2% contre 21,3 % en 2017 ; 18,7% contre 23,1 % en 2022.

L’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine

L’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine

 

 

Président en exercice de l’Union africaine (UA), Macky Sall explique que l’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine par peur légitime sans doute des conséquences économiques et sociales pour le continent.(Le Monde)

Reste cependant que cette position n’est pas glorieuse et que l’Europe  aurait dû depuis longtemps envisagé un plan massif de soutien alimentaire aux pays pauvres de l’Afrique qui vont être les plus touchés NDLR

Lors de cet échange, Macky Sall a demandé le déblocage des céréales et des engrais d’Ukraine et de Russie qui ne parviennent plus sur le continent depuis le début de la guerre en février et menacent la sécurité alimentaire de millions d’Africains.

Vous vous êtes dit rassuré par votre rencontre avec Vladimir Poutine. Quelles assurances avez-vous reçues de sa part ?

Ce qui me rassure tout d’abord, c’est que l’on a pu expliquer longuement les attentes du continent africain. Celles qui relèvent de la Russie et celles qui relèvent des autres parties telles que l’Union européenne (UE) ou les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions ayant entraîné des difficultés d’approvisionnement. Ce que m’a dit Vladimir Poutine, c’est qu’en fonction des disponibilités dans le port d’Odessa et à condition que l’Ukraine enlève les mines qu’elle a posées, la Russie est disposée à ne pas intervenir dans cette région pendant ces opérations [de transport de céréales] qui se feraient avec le concours des Nations unies ou d’autres partenaires.

Pour vous, ce sont les sanctions occidentales qui sont responsables de ce blocage ou, comme le dit le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, le Kremlin qui entretient volontairement l’insécurité alimentaire ?

Nous subissons les deux maux. Il y a d’abord les conséquences de la guerre en Ukraine. Mais les sanctions qui ont frappé la Russie, avec notamment le blocage du système de paiement Swift, ont handicapé des pays comme les nôtres pour accéder aux produits russes. Pour le paiement du gaz, un mécanisme a pu être trouvé.

Nous demandons donc qu’il en aille de même pour les difficultés logistiques dans les ports et permettre le paiement des céréales et des engrais avec lesquels nous cultivons. Nous produisons en moyenne avec 17 kg d’engrais par hectare quand en Europe, 100 kg par hectare sont utilisés. Notre agriculture est déjà peu productive. Mais s’il n’y a plus d’engrais ou que le prix est multiplié par trois, il y aura véritablement un risque de famine dans les prochains mois.

Eolien: L’agence de Maîtrise de l’énergie se discrédite

Eolien: L’agence de Maîtrise de l’énergie se discrédite

 

À l’origine l’agence d’État (Ademe) a fait un gros travail de sensibilisation sur la problématique environnementale et contribuéà engager dans le pays un processus de transition.

Depuis quelques années déjà, l’Ademe s’est transformée en cercle écolos bobos pour soutenir tout et n’importe quoi afin de conserver son hégémonie culturelle sur les questions environnementales.

Ainsi l’ADEME vient-elle de se mettre en contradiction avec le gouvernement à propos du ralentissement des éoliennes au motif notamment que cette nouvelle énergie ne pèserait pas significativement sur la baisse des prix de l’immobilier. Une étude bidon si l’on se réfère réellement et sur longue période à l’évolution des prix de l’immobilier à proximité des éoliennes.

Dans un avis rendu mercredi 1er juin, l’établissement public appelle au contraire à accélérer la cadence, et s’appuie notamment sur une étude montrant l’impact minime des parcs éoliens sur les prix de l’immobilier alentour.

A l’heure de choix structurants pour l’avenir énergétique du pays, plusieurs visions s’affrontent en la matière…y compris au sein de l’appareil d’Etat. Et pour cause, tandis que la nouvelle ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a confirmé fin mai la volonté du gouvernement de freiner sur les éoliennes terrestres au profit de leurs homologues en mer, l’Ademe, placée entre autres sous sa tutelle, s’accroche à l’ambition d’un déploiement massif des géants à pales sur le territoire.

Car leur « potentiel technique » reste « largement sous-exploité », fait valoir l’agence dans un avis rendu mercredi 1er mai. Autrement dit, alors que la France accuse déjà un retard sur ses objectifs, l’exécutif ne doit pas s’asseoir sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) adoptée en 2019, qui prévoit un doublement du rythme actuel d’implantation des parcs terrestres d’ici à 2028, défend l’Ademe bec et ongle. « Le cap est clair », assure-t-on dans ses rangs : « il faut poursuivre la pénétration des énergies renouvelables, qui deviendront la principale source d’énergie ».

Diffusion tennis Nadal-Djokovic: La France se couche devant Amazon

Diffusion tennis Nadal-Djokovic: La France se couche devant Amazon

 

De toute évidence , la nouvelle dirigeante du tournoi de tennis de Roland-Garros confond sport et business sans parler de ses propres intérêts. Certes l’influence de l’argent dans le sport n’est pas nouvelle, il y a longtemps qu’elle a dépassé les limites de la décence. Mais se plier aux exigences d’Amazon laisse songeur sur l’évolution de l’éthique sportive.

Lundi, Amélie Mauresmo, la nouvelle directrice du tournoi de Roland-Garros, a donc tranché. L’ancienne championne de tennis, longtemps consultante pour France Télévisions avant d’être débauchée la saison dernière par Amazon Prime Vidéo, a choisi ce dernier au détriment des antennes du service public pour diffuser le quart de finale opposant Rafael Nadal et Novak Djokovic. Et cette configuration ne plaît pas du tout à Delphine Ernotte, la présidente du groupe audiovisuel public. Selon nos informations, la dirigeante a clairement exprimé son mécontentement mardi matin lors d’un conseil d’administration auquel siégeaient des représentants du Parlement, des ministères du Budget et de la Culture. « Cette décision de la Fédération française de tennis me choque profondément », a-t-elle indiqué.

Se préparer dès maintenant à l’époque post-quantique

Se préparer dès maintenant à l’époque post-quantique

 

Le professeur en gestion du risque Charles Cuvelliez et l’expert en cryptographie Jean-Jacques Quisquater analysent, dans une tribune au « Monde », l’enjeu de la décision prise par Jo Biden de demander à l’administration américaine de préparer un plan de migration vers la cryptographie quantique.

 

Le président Biden a signé, le 4 mai, un ordre exécutif, chargeant le National Institute of Standards and Technology (NIST) [l’organisme américain chargé de définir des standards en matière de sécurité informatique] de préparer la migration de l’Etat fédéral vers le monde postquantique. Il s’agira d’utiliser des algorithmes de chiffrement quantique qui résisteront aux ordinateurs du même nom, censés, quand ils existeront, ne faire qu’une bouchée du chiffrement classique. Et, pourtant, l’ordinateur quantique capable de cet exploit n’existe pas encore et on n’est même pas sûr qu’il existera un jour à une échelle utile.

Quelles sont les menaces qui poussent le président à agir maintenant ? Il y a l’espionnage, car des Etats stockent des données chiffrées dans l’espoir de pouvoir les déchiffrer avec un futur ordinateur quantique. Ce n’est pas un mauvais calcul. Des données ne perdent pas leur valeur si vite : il suffit de voir combien rendre publiques des archives même cinquante ans après reste sensible.

Un effondrement des équilibres en présence

Il n’y a qu’à se baisser aujourd’hui pour collecter des données chiffrées sur Internet ou en piratant les entreprises. On peut imaginer les secrets de fabrication des missiles hypersoniques, par exemple. Il y a aussi la menace de rendre incertaines du jour au lendemain toutes les communications quand on les signe par cryptographie, pour les authentifier ou pour garantir l’intégrité de leur contenu.

Imaginons demain la Russie annonçant avoir mis au point un ordinateur quantique, donnant un bout de preuve qu’il est réel et annonçant réfléchir à une cible : à savoir des données top secret américaines chiffrées sur son armement défensif qu’elle prétendra avoir obtenues ; il n’en faudra alors pas plus – avec ce seul ordinateur quantique – pour créer un effondrement géopolitique des équilibres en présence.

Les projets industriels devraient déjà intégrer la cryptographie quantique : des voitures autonomes bourrées d’électronique aux grandes infrastructures en gestation, tous ces chantiers doivent prévoir leur fonctionnement à l’abri de la menace de l’ordinateur quantique ; une voiture se garde de cinq à dix ans, un avion, un bateau s’utilisent pendant vingt à trente ans.

Veut-on que tous ces équipements partent au rebut parce que plus rien dans leur fonctionnement n’est sûr, parce que les commandes qui circulent d’un bout à l’autre de l’avion ne sont pas légitimes ?

On peut répondre qu’il suffit, le jour où l’ordinateur quantique arrivera, de remplacer les modules de chiffrement classique par leur version quantique. Mais qui aura pensé, au moment de leur construction, à intégrer le chiffrement dans un module logiciel ou matériel qu’il suffit d’extraire et de remplacer ?

Le populisme se nourrit du déclassement économique

 

L’économiste turc Dani Rodrik défend des politiques créant des emplois stables, avec des perspectives d’évolution, en ciblant des entreprises moyennes fortement pourvoyeuses d’emplois dans des régions délaissées.(le Monde)

 

Professeur d’économie à l’université américaine Harvard, l’économiste turc Dani Rodrik est réputé pour ses travaux sur les liens entre mondialisation, souveraineté et démocratie. Il plaide, depuis plus de vingt ans, pour une autre vision du libre-échange, dans un monde menacé par les risques géopolitiques.

Peut-on résumer le duel qui a opposé Emmanuel Macron à Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle comme opposant les gagnants et les perdants de la mondialisation ?

Deux écoles de pensée s’affrontent sur la définition du populisme d’extrême droite. La première insiste sur l’intensification de la guerre culturelle, avec la montée de la xénophobie et du racisme. La seconde penche pour l’explication économique liée au marché du travail transformé notamment par la mondialisation.

Personnellement, je pense que l’essor du populisme autoritaire dans de nombreux Etats en Europe et aux Etats-Unis est lié à la disparition des emplois de qualité dans la classe moyenne de ces pays. Celle-ci est due à de multiples facteurs, dont la mondialisation, qui a accéléré la désindustrialisation. La perte des usines a réduit l’offre d’emploi, pour une population parfois très compétente mais peu mobile, et qui n’avait pas les qualifications nécessaires pour bénéficier de l’économie hypermondialisée.

 

Mais la mondialisation n’est pas la seule force en jeu. Les changements technologiques, l’automatisation, les robots ont aussi contribué à cela. L’approche très radicale en matière de politique économique, poussant à plus de libéralisation et de dérégulation du marché du travail, a créé de l’anxiété. Quelle que soit la situation, il y a toujours des électeurs qui penchent pour l’extrême droite, mais ses leaders ont su capitaliser sur cette angoisse et ces chocs qui ont touché les économies comme la France depuis trente ans.

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

Le paradoxe de la mondialisation, au cours des trois dernières décennies, c’est qu’elle a intégré les nations dans l’économie mondiale, tout en disloquant les économies à l’échelle nationale. Nous avions un modèle de mondialisation bien différent avant les années 1990. Les responsables politiques utilisaient leur intégration à l’économie mondiale avant tout pour soutenir leur croissance. Lorsque les deux étaient incompatibles, ils négociaient une exception ou une clause de sauvegarde. Lorsqu’il y a eu, par exemple, dans les années 1970, la vague d’importations de vêtements à bas prix en provenance des pays en développement, les pays riches ont négocié avec eux l’accord multifibres pour protéger leur industrie, tout en leur offrant quelques concessions. Les pays riches savaient prendre leur distance par rapport à la mondialisation, lorsque celle-ci les menaçait.

Face à Poutine : se positionner clairement

Face à Poutine : se positionner clairement

 

Dans une tribune au « Monde » , une quarantaine de personnalités du Maghreb ou issus de sa diaspora se démarquent de la sympathie que suscite dans leurs pays d’origine l’aventurisme militaire de Vladimir Poutine.

 

Tribune.

Depuis le 24 février, l’oligarchie militaro-industrielle du régime de Vladimir Poutine s’est lancée dans une nouvelle aventure meurtrière contre le peuple ukrainien, après celles de l’invasion de la Tchétchénie, de la Géorgie, et après les massacres commis contre le peuple syrien en soutien à Bachar al-Assad. Actuellement, plus de 4,5 millions d’Ukrainiens ont été obligés de fuir leur pays. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont péri sous les bombes russes. Des villes et des villages ont été entièrement dévastés. Ces crimes, commis au nom d’un nationalisme russe meurtrier, sont des crimes contre l’humanité.

Nous dénonçons cette agression contre l’Ukraine car nous sommes fidèles à des principes aussi fondamentaux que ceux de l’expression démocratique et de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes. A notre grand regret, une frange significative des opinions publiques de nos pays semble témoigner une certaine compréhension à l’égard de l’aventure militariste de Vladimir Poutine, promu champion de la lutte contre les Américains et les Occidentaux. En quoi les Ukrainiens devraient-ils payer pour les crimes des interventions américaines et occidentales en Irak ou en Libye ? L’impérialisme des uns ne saurait justifier l’impérialisme des autres. Nous restons fidèles à nos principes, quelles que soient l’identité de l’agresseur et celle de la victime.

La folie meurtrière qui se déchaîne en Ukraine renoue avec la barbarie des crimes de guerre du gouvernement américain depuis la guerre du Vietnam jusqu’à nos jours, des gouvernements d’apartheid israéliens qui bafouent depuis plus de soixante-dix ans les droits légitimes du peuple palestinien, du régime wahhabite saoudien qui massacre les populations yéménites avec de l’armement fourni notamment par la France. Nous ne sommes pas dupes de ces mêmes gouvernements qui, aujourd’hui, se transforment en colombes donneuses de leçons de paix. Nous refusons le « deux poids, deux mesures » qui consisterait à oublier, à la faveur du drame en cours en Ukraine, d’autres théâtres de guerre et foyers d’injustice.

Face à cette situation porteuse de graves dangers pour la paix et la sécurité du monde, il est plus que jamais nécessaire pour nous – associations, militants et citoyens résidant au Maghreb ou issus de sa diaspora – de nous mobiliser pour soutenir la résistance courageuse du peuple ukrainien face à l’invasion criminelle de son territoire. Il nous faut soutenir toutes les victimes (réfugiés, déplacés) des guerres en cours, sans distinction d’origine. Nous saluons l’élan de solidarité de l’Europe envers les réfugiés ukrainiens, mais nous exigeons dans le même temps l’application des mêmes mesures d’accueil et de solidarité à tous les réfugiés d’où qu’ils viennent.

Economie-Industrie automobile : la catastrophe européenne se confirme

Economie-Industrie automobile : la catastrophe  européenne se confirme

Les ventes de voitures se sont encore effondrées de 20% en Europe en mars, note l’Association européenne des constructeurs (ACEA).

En cause, les précipitations de l’Europe pour brusquer le transfert de véhicules thermiques vers des véhicules électriques. Sans parler du renforcement incohérent des normes.

Du coup ,les acheteurs potentiels de voitures sont complètement désorientés d’une part parce qu’ils ne sont pas convaincus de la fiabilité de l’électrique, d’autre part parce qu’il faut au moins multiplier le prix par deux au moins .
Il n’est même pas certain que le véhicule électrique s’imposera avant le véhicule à hydrogène. D’où l’attentisme des automobilistes qui pour l’instant préfèrent prolonger la durée de leur véhicule. D’une certaine manière , l’union européenne a tué son industrie automobile.Le contexte était déjà particulièrement mauvais pour les ventes de voiture. La guerre en Ukraine, menée par la Russie, vient renforcer la spirale baissière prise par le marché depuis la crise Covid, et la pire depuis 40 ans.

Seul Kia continue sur sa lancée (+10,1%) tandis que Hyundai baisse de 8,2%. Toyota recule de 12,2%, BMW-Mini de 20,5%, Mercedes-Smart de 13,6%

Les principaux marchés ont connu des baisses à deux chiffres, à l’image de l’Allemagne (-17,5%), la France (-19,5%), l’Italie (-29,7%), l’Espagne (-30,2%), la Pologne (-17,4%),la Belgique (-17,7%) ou la Suède (-39,5%). Près de l’UE, le marché britannique recule aussi de 14,3%.

En 2021, avec seulement 9,7 millions de véhicules vendus dans l’Union européenne, les immatriculations de voitures neuves ont fait pire qu’en 2020, pire qu’en 2013 ou 1993 années marquées d’une pierre noire.

 

Industrie automobile : la catastrophe industrielle se confirme

Industrie automobile : la catastrophe industrielle se confirme

. Les ventes de voitures se sont encore effondrées de 20% en Europe en mars, note l’Association européenne des constructeurs (ACEA).

En cause, les précipitations de l’Europe pour brusquer le transfert de véhicules thermiques vers des véhicules électriques. Sans parler du renforcement des normes.

Du coup ,les acheteurs potentiels de voitures sont complètement désorientés d’une part parce qu’ils ne sont pas convaincus de la fiabilité de l’électrique, d’autre part parce qu’il faut au moins multiplier le prix par deux au moins .
Il n’est même pas certain que le véhicule électrique s’imposera avant le véhicule à hydrogène. D’où l’attentisme des automobilistes qui pour l’instant préfèrent prolonger la durée de leur véhicule. D’une certaine manière , l’union européenne a tué son industrie automobile.Le contexte était déjà particulièrement mauvais pour les ventes de voiture. La guerre en Ukraine, menée par la Russie, vient renforcer la spirale baissière prise par le marché depuis la crise Covid, et la pire depuis 40 ans.

Seul Kia continue sur sa lancée (+10,1%) tandis que Hyundai baisse de 8,2%. Toyota recule de 12,2%, BMW-Mini de 20,5%, Mercedes-Smart de 13,6%

Les principaux marchés ont connu des baisses à deux chiffres, à l’image de l’Allemagne (-17,5%), la France (-19,5%), l’Italie (-29,7%), l’Espagne (-30,2%), la Pologne (-17,4%),la Belgique (-17,7%) ou la Suède (-39,5%). Près de l’UE, le marché britannique recule aussi de 14,3%.

En 2021, avec seulement 9,7 millions de véhicules vendus dans l’Union européenne, les immatriculations de voitures neuves ont fait pire qu’en 2020, pire qu’en 2013 ou 1993 années marquées d’une pierre noire.

 

Ségolène Royal, toujours opportuniste, se reconvertit chez Mélenchon !

Ségolène Royal, toujours opportuniste, se reconvertit chez Mélenchon !

 

Ségolène Royal toujours aussi traumatisée de n’avoir pas était choisie par le parti socialiste pour se présenter aux élections présidentielles de 2022 et continue d’assassiner son parti. Elle considère même que le parti socialiste n’est plus le parti de gauche. Elle oublie sans doute qu’il ne l’a jamais été et qu’elle-même a largement contribué à le discréditer.

 

L’ancienne ministre de l’Environnement avait déjà appelé en décembre dernier Anne Hidalgo à se désister au profit de Jean-Luc Mélenchon (LFI) ou Yannick Jadot (EELV). En février elle avait déclaré que Jean-Luc Mélenchon était le « vote utile » à gauche.

« Si les jeunes ont voté Jean-Luc Mélenchon, c’est bien le signal qu’il y a une aspiration profonde de changer de modèle, et la gauche n’a pas été capable de s’unir », a lancé Ségolène Royal.

Elle souligne qu’Anne Hidalgo, Fabien Roussel (PC) et Yannick Jadot ont obtenu moins de 5% pour le premier tour, « leur frais de campagne ne seront même pas remboursés. Aujourd’hui ils se seraient retirés on aurait Jean-Luc Mélenchon au second tour », selon elle.

Pour Ségolène Royal, cette non-union est un manque de « sens du devoir », car « quand on est candidat à une élection présidentielle pour un courant politique, on est au service de cette histoire, ce n’est pas l’histoire qui est au service de votre petit égo ».

Ségolène Royal qui paiera sur la relativisation de l’ego, de quoi sourire c’est celle qui a toujours privilégié sa carrière politique par rapport aux intérêts collectifs !

Peut-être Ségolène Royal attend tel que Mélenchon prenne du recul chez les Insoumis pour tenter de récupérer un siège ou un strapontin en politique

Vers une crise alimentaire mondiale

Vers une  crise alimentaire mondiale 

 

Les institutions officielles notamment gouvernementales se veulent rassurantes sur les conséquences de la crise en n’Ukraine. Pour l’Europe par exemple  on prévoyait une croissance de environ 4 %. La crise ukrainienne pourrait diviser par 2, certains sont même encore plus optimistes pour considérer que la crise ukrainienne ne fera baisser le PIB  que de 1 %.

Évidemment personne n’en sait rien exactement. En cause, le fait qu’on ne sait pas quelle ampleur et quelle durée sera cette guerre de la Russie en Ukraine voire ailleurs).

Parmi les connaissances connues figurent la hausse supplémentaire des céréales qui pourraient créer une crise mondiale affectant en particulier les pays pauvres. Dans les pays riches le pouvoir d’achat sera amputé avec par exemple en Europe une inflation entre cinq et 7 %. Dans les pays pauvres la hausse des produits alimentaires sera bien plus grave que l’essentiel des budgets est consacré à la nourriture. La tension sur les prix davantage ressentis dans les pays pauvres va aussi se répercuter sur les pays riches et réciproquement.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés » en raison de la guerre en Ukraine, a annoncé ce vendredi 8 avril l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base, avait déjà battu en février son record depuis sa création en 1990, et enregistre en mars une nouvelle hausse de 12,6%, indique l’organisation dans un communiqué.

Cette augmentation est principalement imputable à l’indice FAO des prix des céréales, qui a « enregistré une hausse de 17,1% par rapport à février, sous l’effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires, principalement dues à la guerre en Ukraine ». Les prix alimentaires sont également tirés vers le haut par les huiles végétales, dont l’indice FAO « a bondi de 23,2%, porté par la hausse des cours de l’huile de tournesol, dont le premier exportateur mondial est l’Ukraine ». Dans le même temps, les prix des huiles de palme, de soja et de colza progressent aussi nettement, « sous l’effet d’une hausse de la demande mondiale à l’importation due à des ruptures d’approvisionnement en huile de tournesol ».

La Banque a constaté qu’un « afflux régulier de fonds » se produisait sur les comptes en banque et qu’un « ralentissement notable des taux de croissance actuels des prix, notamment en raison de la dynamique du taux de change du rouble » se produisait.

.Battant des records d’accélération en début de mois, ils ont néanmoins ralenti la dernière semaine de mars. Le rouble, qui s’était effondré à des niveaux sans précédent en février et mars, a largement retrouvé son niveau d’avant l’entrée des troupes russes en Ukraine.

La Banque centrale a laissé entendre qu’une nouvelle baisse pourrait avoir lieu lors de la prochaine réunion, prévue le 29 avril. La Banque centrale semble « confiante sur le fait que la phase la plus aiguë de la crise économique est passée », assurent les analystes de Capital economics dans une note. Les mesures prises rapidement par la Banque en février et mars ont « empêché une ruée bancaire majeure et déstabilisatrice ».

La crise alimentaire mondiale qui se prépare

La crise alimentaire mondiale qui se prépare

 

Les institutions officielles notamment gouvernementales se veulent rassurantes sur les conséquences de la crise en n’Ukraine. Pour l’Europe par exemple  on prévoyait une croissance de environ 4 %. La crise ukrainienne pourrait diviser par 2, certains sont même encore plus optimistes pour considérer que la crise ukrainienne ne fera baisser le PIB  que de 1 %.

Évidemment personne n’en sait rien exactement. En cause, le fait qu’on ne sait pas quelle ampleur et quelle durée sera cette guerre de la Russie en Ukraine voire ailleurs).

Parmi les connaissances connues figurent la hausse supplémentaire des céréales qui pourraient créer une crise mondiale affectant en particulier les pays pauvres. Dans les pays riches le pouvoir d’achat sera amputé avec par exemple en Europe une inflation entre cinq et 7 %. Dans les pays pauvres la hausse des produits alimentaires sera bien plus grave que l’essentiel des budgets est consacré à la nourriture. La tension sur les prix davantage ressentis dans les pays pauvres va aussi se répercuter sur les pays riches et réciproquement.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés » en raison de la guerre en Ukraine, a annoncé ce vendredi 8 avril l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base, avait déjà battu en février son record depuis sa création en 1990, et enregistre en mars une nouvelle hausse de 12,6%, indique l’organisation dans un communiqué.

Cette augmentation est principalement imputable à l’indice FAO des prix des céréales, qui a « enregistré une hausse de 17,1% par rapport à février, sous l’effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires, principalement dues à la guerre en Ukraine ». Les prix alimentaires sont également tirés vers le haut par les huiles végétales, dont l’indice FAO « a bondi de 23,2%, porté par la hausse des cours de l’huile de tournesol, dont le premier exportateur mondial est l’Ukraine ». Dans le même temps, les prix des huiles de palme, de soja et de colza progressent aussi nettement, « sous l’effet d’une hausse de la demande mondiale à l’importation due à des ruptures d’approvisionnement en huile de tournesol ».

La Banque a constaté qu’un « afflux régulier de fonds » se produisait sur les comptes en banque et qu’un « ralentissement notable des taux de croissance actuels des prix, notamment en raison de la dynamique du taux de change du rouble » se produisait.

.Battant des records d’accélération en début de mois, ils ont néanmoins ralenti la dernière semaine de mars. Le rouble, qui s’était effondré à des niveaux sans précédent en février et mars, a largement retrouvé son niveau d’avant l’entrée des troupes russes en Ukraine.

La Banque centrale a laissé entendre qu’une nouvelle baisse pourrait avoir lieu lors de la prochaine réunion, prévue le 29 avril. La Banque centrale semble « confiante sur le fait que la phase la plus aiguë de la crise économique est passée », assurent les analystes de Capital economics dans une note. Les mesures prises rapidement par la Banque en février et mars ont « empêché une ruée bancaire majeure et déstabilisatrice ».

Fin de vie: « Une convention citoyenne » pour se faire encore manipuler ?

Fin de vie: « Une convention citoyenne » pour se faire encore manipuler ? 

 

Dans une tribune au « Monde », la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs approuve l’idée du candidat Macron de soumettre à un débat national cette grave question.

Il est notamment opposé de créer une convention citoyenne sur le sujet. Un thème qui évidemment mérite une réflexion éthique très approfondie mais qui ne saurait  être soumise au diktat de quelques citoyens savamment choisis pour être manipulés. NDLR

 

Tribune. 

 

Jeudi 17 mars, le président de la République et candidat Emmanuel Macron a présenté son programme. Parmi un grand nombre de mesures proposées, il a exprimé son souhait de consulter les Français afin de répondre aux questions qui se posent sur la fin de vie. Ce projet de consultation citoyenne aurait vocation à « ne céder à aucun raccourci » face à des situations « humaines et déontologiques irréductibles », ce à quoi la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) souscrit pleinement.

Chaque jour, les 10 000 soignants que la SFAP représente vivent ces situations toujours singulières aux côtés des patients et de leurs familles. Face à l’imminence de la mort, chaque malade ou proche aidant est confronté à des questions existentielles. Pourquoi la maladie ? Pourquoi la mort ? Pourquoi cette impuissance face à une issue inéluctable ? Aucune loi ne peut ni ne doit répondre à ces questions. La loi peut en revanche garantir à chacun les meilleures conditions pour traverser cette épreuve constitutive de notre humanité.

Depuis plus de vingt ans, c’est ce que le législateur français s’est efforcé de faire, souvent avec difficulté, parfois avec crainte, mais toujours dans le respect de l’équilibre. Trois grandes lois – Kouchner en 1999, Leonetti en 2005, Claeys-Leonetti en 2016 – ont dessiné un chemin singulier et respectueux, fondé sur la liberté du patient et le refus de l’acharnement, l’égalité des conditions d’accès aux soins palliatifs et la fraternité entre le mourant, ceux qui prennent soin de lui et son entourage qui l’accompagne. Fruits de processus délibératifs longs et fouillés, ces textes se distinguent par leur indifférence aux calculs politiques et par leur grand respect de la diversité des situations et des personnes. Ces trois lois adressent à toutes les personnes malades un message collectif : vous comptez pour notre société et nous allons tout mettre en œuvre pour vous soulager « quoi qu’il en coûte ».

La médecine palliative est née en France de cette volonté démocratique, en prenant le relais d’initiatives pionnières. Son objectif et ses pratiques révolutionnent le monde de la santé et constituent un grand progrès pour notre société. La médecine palliative ne s’attache pas à la pathologie, mais à la personne. Elle n’est pas une spécialité technique, mais un ensemble de pratiques et de rencontres, médicales, paramédicales et extra-médicales, organisées avec pour seule finalité d’offrir au patient et à son entourage un maximum de bien-être et un minimum de souffrance à l’approche de la mort. La médecine palliative est une révolution d’humilité pour le monde médical et pour notre société. Elle ne cherche ni la performance technique ni à repousser la mort à tout prix, mais plutôt à soutenir et soigner la personne pour lui permettre de vivre dignement jusqu’au terme de sa vie. En ce sens, elle renforce notre éthique médicale, fondée sur le serment d’Hippocrate : « Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »

Guerre Ukraine : se préparer au choc économique

Guerre Ukraine : se préparer au choc économique

 

 Nous sommes à peine sortis d’une crise qui a duré vingt-trois mois. La plupart des grandes économies mondiales ont retrouvé leur niveau de PIB d’avant la pandémie il y a seulement un ou deux mois. C’est le cas des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France, par exemple. Mais il y a des exceptions : l’Allemagne et l’Espagne entre autres. La sortie de crise n’est pas sans embûches. Par Pierre-Antoine Dusoulier, CEO chez iBanFirst. ( La Tribune)

 

L’inflation est le premier problème. La France, qui jusqu’à encore récemment était plus épargnée que nos voisins, a vu son inflation fortement rebondir en février, à 4,1% sur un an. Il y a exactement un an de cela, l’inflation était en progression de 0,6% sur un an. Le pire reste à venir. S’ajoutent désormais les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cela va sérieusement compliquer la trajectoire de la reprise économique. Il faut s’attendre à deux conséquences immédiates pour la France : un regain de l’inflation à court terme qui risque de mettre à mal le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes et un maintien du « quoi qu’il en coûte » au-delà de l’élection présidentielle d’avril prochain.

L’Ukraine est pour beaucoup de Français un sujet éloigné. Pourtant, ce qui se passe à l’Est de l’Europe entraîne des répercussions économiques majeures sur notre quotidien. C’est déjà le cas au niveau des produits agricoles. La Russie et l’Ukraine représentent à eux deux plus d’un quart des exportations mondiales de blé, un cinquième des exportations mondiales de maïs et une grande partie des exportations mondiales d’huile de tournesol. La semaine dernière, les prix des céréales ont atteint des niveaux records, 340 euros la tonne pour le blé et 304 euros la tonne pour le maïs. Ce n’est certainement qu’un début.

Après l’invasion russe de la Crimée en 2014, les prix avaient augmenté de 15 à 20 % en moyenne. Il avait fallu quatre à cinq mois pour qu’ils refluent durablement. La situation est différente aujourd’hui. Le marché mondial des matières premières était déjà déstabilisé avant l’invasion de l’Ukraine du fait de la crise de la Covid et de perturbations climatiques importantes entraînant des conséquences négatives sur les récoltes. L’attaque généralisée de la Russie et le bombardement de ports céréaliers ukrainiens stratégiques (Odessa et Marioupol en particulier) a mis quasiment à l’arrêt le commerce mondial de blé.

La France est le plus important producteur de blé de l’Union européenne. Il n’y aura pas de pénurie. En revanche, cela va accentuer le déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché des matières premières agricoles et servir d’accélérateur à la hausse des cours mondiaux. Il faut s’attendre à deux effets immédiats pour l’économie française. Premièrement, l’inflation va continuer d’augmenter dans les mois à venir. Beaucoup d’économistes anticipent un reflux dès le milieu de l’année. C’est peu probable. Tous les indicateurs montrent désormais que la hausse du prix des matières premières (agricoles et énergétiques) est durable. Nous ne serions pas surpris de voir l’inflation grimper à 5% cette année. C’est notre scénario optimiste. Deuxièmement, notre filière de l’élevage va être encore plus en difficulté qu’elle ne l’était jusqu’à présent. Tous les intrants (céréales, mais aussi énergie) sont en forte hausse. Cela risque d’aboutir à une hausse du prix de la viande, par exemple. L’État va devoir intervenir.

Dès fin 2021, le gouvernement français a mis en place indemnité une inflation exceptionnelle de 100 euros attribuée à 38 millions de citoyens, à l’instar d’autres pays européens. Le coût estimé pour les finances publiques est de 3,8 milliards d’euros (soit à peu près l’équivalent du budget annuel de la Culture). L’objectif était de réduire l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur le pouvoir d’achat des ménages. Cela s’ajoute à un autre dispositif existant créé en 2015 et généralisé depuis 2018, le chèque énergie qui s’adresse aux ménages modestes.

Ce fut une réussite. La semaine dernière, l’INSEE a indiqué que le pouvoir d’achat des ménages par unité de consommation (une mesure qui permet de comparer les niveaux de vie des ménages de tailles différentes) a rebondi au quatrième trimestre 2021 de 0,7% par rapport au troisième trimestre. Mais ce n’est qu’un début. Il faudra faire plus pour contrer la hausse combinée de l’énergie, des produits agricoles et des engrais (ces derniers ont déjà augmenté de 79% en un an) qui résulte de l’invasion de l’Ukraine. Le chèque énergie pourrait être étendu prochainement. Nous pourrions également voir l’idée émergée d’un chèque alimentaire face à la hausse des céréales afin d’aider les ménages les plus modestes. Ces mécanismes sont très coûteux pour les finances publiques, mais ils ont prouvé leur efficacité dans le temps. D’autres mesures seront aussi prises en direction des entreprises et des secteurs les plus touchés (comme l’élevage).

Alors que nous pensions sortir du « quoi qu’il en coûte » cette année, tout indique qu’il va demeurer plus longtemps que prévu. Ce ne sera pas pour lutter contre la crise Covid, mais pour combattre les conséquences sur le pouvoir d’achat des Français de la déstabilisation durable des cours mondiaux des matières premières du fait des ambitions impérialistes de la Russie.

Politique -La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

Politique -La ligne Maginot de l’Europe : se priver du gaz russe en 2027 ! Ridicule

 

 

 

 

Globalement nombre de pays européens sont victimes de la politique énergétique irresponsable de l’Allemagne et de quelques autres pays du nord de l’Europe. En effet en dépit de la cruauté de la guerre en Ukraine, d’une certaine manière l’union européenne détourne la tête. Elle compte sur sa ligne Maginot qui consisterait à se priver du gaz seulement en 2027.

 

Il n’est pas certain que cette menace soit très opérationnelle pour stopper la folie meurtrière de Poutine. Une folie qui n’a jamais été réellement prise en compte par les pays européens qui ont toujours continué d’entretenir des relations diplomatiques alors que Poutine ne cessait ses entreprises guerrières en Europe, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique.

 

En cause, le fait en particulier que l’Allemagne et d’autres ne peuvent se passer du gaz russe après avoir fait une croix sur le nucléaire. Pire, jusqu’à ces derniers jours ces pays souhaitaient  que la France abandonne son nucléaire une des rares armes de souveraineté économique du pays pour d’hypothétiques éoliennes à l’énergie intermittente très coûteuse. Résultat, pour se priver du gaz russe on va réactiver les centrales au charbon. Une vraie politique de gribouille sur le plan économique et énergétique et une politique pacifiste hypocrite d’une union européenne qui a toujours privilégié le business par rapport à d’autres valeurs sociétales.

 La stratégie de l’Europe rappelle celle de la ligne Maginot qui devait arrêter l’ennemi. Qui sait où va s’arrêter Poutine ? Personne n’en sait rien et sans doute lui non plus qui paraît de plus en plus affecté par le syndrome de l’isolement du dictateur .

 S’il y a des sanctions massives à prendre, il faut les prendre évidemment maintenant et non attendre des signes de bonne volonté d’un cinglé du KGB qui n’a connu  dans sa vie que la force et le meurtre comme moyen de persuasion.

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