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Un million d’étudiants diplômés Microsoft dans 5 ans ?

« Les Gafam sont en train d’entrer dans l’éducation. Et je vous assure que beaucoup de jeunes préfèrent être qualifiés Microsoft que d’avoir un diplôme d’une université moyenne », souligne Marc-François Mignot Mahon, président de Galileo Global Education (l’ Opinion)

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Le président de Galileo Global Education, leader européen de l’enseignement supérieur privé, affiche ses objectifs sans ambages : « devenir la plus importante organisation humaine de la planète » en proposant des formations abordables dans des domaines aussi variés que le management, le design, la mode ou, dernier en date, l’art culinaire. Marc-François Mignot Mahon analyse le marché de l’éducation, déplore les blocages français et prédit un avenir sombre à un système universitaire américain « à bout de souffle ».

Votre groupe, Galileo Global Education, ambitionne de devenir le leader mondial de l’enseignement supérieur privé. Quelle est sa situation aujourd’hui dans un environnement très compétitif ?

Avec 140 000 étudiants, près de 30 000 collaborateurs, des écoles implantées dans quinze pays sur quatre continents (l’Europe mais aussi l’Amérique, l’Afrique et l’Asie), nous sommes déjà le numéro deux mondial. Nous sommes leader en Europe (75 % de nos étudiants sont d’origine européenne) et en France, qui reste notre ancrage le plus important avec 60 000 étudiants. Notre ambition est de compter un million d’étudiants dans cinq ans.

En France, vous avez des marques fortes comme le cours Florent, Penninghen, les Ateliers de Sèvres ou encore l’Ecole supérieure de gestion. Quels sont les domaines de l’enseignement que vous privilégiez ?

Nous sommes organisés autour de deux grands pôles. D’une part, le management au sens large, tout ce qui a trait à la gestion d’une entreprise. Et, ce qui constitue pour nous son pendant, un pôle organisé autour de la création et de l’innovation avec des écoles d’art dramatique, de design (Strate, Macromedia…), de mode (l’institut Marangoni…) et une forte présence dans le digital (Hétic, Digital campus…).

Ces univers paraissent assez éloignés. Pourtant, vous voulez en faire un atout. Comment ?

Par un enseignement hybridé, l’ADN de Galileo, qui pose un triple regard sur l’éducation. En premier lieu, l’accélération exponentielle des mutations technologiques oblige chaque manager, créateur, chef d’entreprise à être aussi chef de projet tant les connaissances sont interconnectées. Il ne s’agit plus d’être un expert chapellisé dans son coin car, derrière un iPhone, on trouve bien sûr de la technologie mais aussi du design, de la finance, du marketing et de la créativité. En 1900, 80 % du prix d’un objet venait de sa production. En 2020, 90 % du prix, c’est de l’information. Ensuite, vous ne pouvez plus imaginer concevoir un produit pour quatre personnes autour de vous. Le monde est un village, soumis à la compétition et à la multiculturalité. Quand nos étudiants sont sur un campus en Inde, au Sénégal ou en Italie, ils vivent une vraie expérience multiculturelle à des prix abordables. L’université, ce n’est pas Coca Cola et le même goût partout dans le monde. Enfin, nous sommes très attentifs aux neurosciences, aux avancées que permettent les technologies digitales, notamment en ce qu’elles rendent le « top-down » un peu obsolète. Nous avons besoin de professeurs qui deviennent les animateurs d’une communauté d’apprenants.

« Notre démarche n’est pas statutaire. Nous ne disons pas à nos candidats : “On est hypersélectifs et, en sortant, vous serez les meilleurs.” Nous leur expliquons : “Vous avez un niveau X, notre job c’est de vous amener à X+2 ou X+3”»

Vous regroupez 45 écoles et 82 campus. Comment attirer des étudiants quand il ne s’agit pas d’écoles qui ont déjà une identité forte ?

C’est vrai que l’histoire d’une école, sa notoriété sont des atouts, mais notre démarche n’est pas statutaire. Nous ne disons pas à nos candidats : « On est hypersélectifs et, en sortant, vous serez les meilleurs. » Nous leur expliquons : « Vous avez un niveau X, notre job c’est de vous amener à X+2 ou X+3. On travaille davantage l’employabilité de nos étudiants que le classement de sortie. Les Gafam sont en train d’entrer dans l’éducation. Et je vous assure que beaucoup de jeunes préfèrent être qualifiés Microsoft que d’avoir un diplôme d’une université moyenne. Les 200 millions d’étudiants mondiaux doivent devenir 400 en une génération. J’assume de dire que Galileo souhaite devenir la plus importante organisation humaine de la planète.

L’enseignement étant un secteur très encadré en France, votre développement n’est-il pas limité ?

Cette régulation est positive, c’est un gage de qualité. Mais il est vrai aussi que les pays parfois dominés par l’administration se heurtent à des problèmes d’adéquation entre l’offre et la demande. La crise de la Covid montre à quel point le numerus clausus dans la santé aboutit à une pénurie incroyable. Le rapport El Khomri sur les métiers du grand âge vient de confirmer que des dizaines de milliers de postes sont non pourvus. Environ 65 000 soignants manquent chaque année dans le secteur privé. Des besoins fondamentaux ne sont pas pris en charge. Le système français très régulé ne permet pas de former ces profils. Du coup, on va les chercher à l’étranger. Mais on ne peut pas continuer à « pomper » ainsi des aides-soignants dans les pays de l’Est laissant leurs propres populations dans une situation sanitaire dramatique. Dans les prochaines semaines, Galileo, en accord avec les autorités et la profession, va lancer des expérimentations pour former des aides-soignants, notamment via l’apprentissage et le digital. Il s’agira de reconversions dans le cadre de la transition post-Covid et de jeunes qui veulent embrasser ces carrières.

La France manque aussi d’ingénieurs, d’informaticiens. C’est un secteur à développer pour Galileo ?

Beaucoup de filières sont dramatiquement à la peine. Plus de 100 000 ingénieurs en informatique font défaut par an. L’obligation d’embaucher sur titre pénalise nos entreprises sur le plan mondial alors que les Anglo-Saxons sont beaucoup plus souples dans la tech. Si un jeune Français brigue un diplôme d’ingénieur, ses parents veulent l’orienter vers une école « reconnue », c’est normal. Nous formons à Hétic près de 1 800 étudiants par an sur le digital qui trouvent tous un boulot avec un « prix de sortie » (rémunération) autour de 40 000 euros annuels, pas très éloigné des Centraliens.

« Globalement, moins de 30 % des frais de scolarité restent à la charge des familles. Le coût des études n’est pas un frein »

Quelle est l’employabilité de vos étudiants en général ?

Elle se situe autour de 80-85 % avec des différences selon les formations. On peut sortir du cours Florent et ne pas être comédien tout de suite, mais travailler dans un théâtre, être animateur artistique dans une collectivité locale. Cinq ans après la fin des études, cette employabilité reste élevée : plus de 80 % de nos étudiants sont en activité, même si la typologie des métiers évolue rapidement. Or, le prix moyen d’une année de formation Galileo est de 6 850 euros par an. Un tiers de nos élèves sont boursiers (dans les écoles reconnues par l’Etat), un autre tiers finance tout ou partie de ses études par des jobs étudiants (beaucoup sont proposés via Galileo) et de nombreuses formations se font en alternance. Globalement, moins de 30 % des frais de scolarité restent à la charge des familles. Le coût des études n’est pas un frein.

Le modèle nord-américain de l’enseignement supérieur, déjà très fragile avant la crise de la Covid, est fortement remis en question. Est-il à bout de souffle ?

Le modèle des Etats-Unis, avec l’Ivy League, impressionne le monde entier. Mais, derrière la façade, il y a des budgets pharaoniques, des campus qui valent des milliards et des fondations qui pèsent des dizaines de milliards de dollars comme Harvard. Cette formation s’adresse à une toute petite élite mais, en dessous du top 50, l’offre américaine est très chère, de qualité très inégale. Rembourser 300 000 dollars pour un diplômé de Yale n’est pas un problème. En revanche, avoir à trouver 150 000 dollars, même sur 30 ans, pour un jeune qui sort d’une université de seconde zone et va gagner 3 000 dollars par mois, c’est s’endetter à vie. Les Etats-Unis sont dans la surenchère et la fuite en avant. Mais tout le monde n’a pas vocation à copier ce « modèle ». En France, nous avons des écoles de commerce que le monde entier nous envie, à un coût parfois dix fois inférieur au reste du monde et, en tout cas, aux Anglo-Saxons. L’Europe, et encore moins la France, n’a à rougir de son système éducatif.

Dernier-né du groupe Galileo, l’Institut culinaire de France, créé à Bordeaux. C’est un nouveau créneau ?

La France reste le génie de la gastronomie. Ferrandi est la meilleure école de cuisine au monde. 80 % des techniques culinaires sont à base française mais 90 % de ces techniques sont aujourd’hui enseignées par les Anglo-Saxons… A Bordeaux, un jeune chef qui vient passer un Bachelor sera formé à la cuisine, bien entendu, mais aussi à la mise en scène — c’est important pour le service en salle — par un professeur du cours Florent, au design par un enseignant de Strate et au digital par Hétic. C’est là encore la touche Galileo consistant à mélanger les savoirs.

Une aristocratie des diplômes, pas une aristocratie des talents (Daniel Karyotis)

Une aristocratie des diplômes, pas une aristocratie des talents (Daniel Karyotis)

 L’avis de Daniel Karyotis, directeur général de la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes dans une interview aux Échos

« Naguère, la France s’appuyait sur un système scolaire qui lui permettait très en amont d’identifier des aptitudes particulières chez certains jeunes collégiens et les enseignants jouaient leur rôle de détecteurs de talents. Certes, cet environnement n’était pas optimal, et beaucoup restaient au bord du chemin, mais j’avais l’impression à l’époque que chacun pouvait réussir. Et cela a été un puissant moteur de motivation pour moi qui n’était pas issu d’un milieu favorisé.

si, je me souviens, quand j’étais jeune étudiant, des portraits de dirigeants de grandes entreprises que réalisait « L’Expansion » et qui me paraissaient inaccessibles. Et je découvrais avec étonnement, mais avec une immense satisfaction, que tel grand patron était fils de boulanger, de cheminot, de douanier ou d’épicier et cela m’avait convaincu qu’en France la réussite était possible pour chacun d’entre nous. Ce phénomène a duré plusieurs décennies et était qualifié de « méritocratie républicaine » et « d’ascenseur social » . Ainsi après les 30 glorieuses économiques (1945-1975) émergeaient les 30 « reconnaissances sociales » si on pouvait ainsi les qualifier.

Mais que s’est-il passé à partir des années 2000 en France ? Pourquoi l’ascenseur social s’est-il mis brutalement à l’arrêt contrairement à ce qu’affirment encore aujourd’hui nos élites ?

Première observation : ceux et celles qui ont bénéficié de l’ascenseur social ont poussé leurs propres enfants à faire les meilleures études possibles, ce qui est compréhensible. J’ai eu l’occasion d’échanger sur ce sujet avec Raymond Lévy, aujourd’hui décédé, et qui fut un grand serviteur de l’État et un grand chef d’entreprise (Usinor, Renault…). Nous étions en désaccord sur ce sujet alors que lui-même, fils d’épicier, avait fait Polytechnique et le Corps des Mines. Mais il souriait quand je lui disais que ses quatre enfants avaient fait l’X aussi sans exception et ainsi que 5 de ses petits enfants ! De quoi déjà nous interpeller, il me semble.

Second élément : l’éclat économique de notre pays se patine année après année et le réflexe d’un repli sur soi est devenu très puissant. On se protège d’abord soi-même, ensuite les siens et enfin ceux et celles du même sérail : on exclut tous les autres ! N’est-il pas surprenant que dans tous les secteurs d’activité en France, sans exception (médecin, avocat, médias, acteur-réalisateur, chanteur ou même écrivain…), on retrouve régulièrement les « fils ou filles de ». Difficile de se faire une place dans un tel contexte.ar ailleurs, avec le « bac pour tous » (belle idée à l’origine), notre système scolaire s’est contorsionné de telle sorte que ceux qui veulent réaliser des études brillantes commencent dès le collège à enchainer les cours de soutien pour avoir plusieurs années d’avance sur les programmes. Notre simple bachelier a donc peu de chance de performer post-bac, d’autant que les parents lâchent prise très vite devant la complexité croissante des programmes et des matières. Vive le marché lucratif des cours de soutien et des multiples concours qui vous font débourser plusieurs centaines d’euros pour une simple inscription…

La méritocratie est donc mise à mal et la médiocratie nous guette. La médiocratie ne signifie pas bien sûr que nos diplômés sont d’un médiocre niveau. Elle sous-entend simplement qu’un nombre croissant de jeunes talents s’est perdu sur le chemin arpenté des études et que le terrain de jeux des hautes études est réservé à quelques-uns. Ajoutons aussi, pour aller plus loin sur l’exclusion, que les stages constituent là encore une autre forme, moins connue, de discrimination, car difficile de trouver un très beau stage rémunéré sans appuis solides…

Plus que jamais, la machine à reproduire les élites s’est emballée dans notre pays à un rythme d’autant plus élevé que la dureté de la conjoncture exacerbe les excès d’individualisme.

Agissons donc très vite ; les exemples d’ouvertures des grandes écoles à la diversité doivent être massivement reproduits à grande échelle et l’Université doit accélérer sa mutation.

Par ailleurs, je suis aussi convaincu que face à un tel constat, les entreprises devraient diversifier les process de recrutement en les axant davantage sur la détection de potentiels et talents, mais aussi d’énergie positive en oubliant les classiques CV universitaires. »

Daniel Karyotis est directeur général de la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes

Médecins : de plus en plus de diplômes étrangers

Médecins : de plus en plus de diplômes étrangers

 

Tandis que la France a fermé le robinet d’accès à la profession de médecin, les titulaires de diplômes étrangers ne cessent de progresser. Plus de 10 % des médecins ont obtenu leur diplôme à l’étranger. Un chiffre qui ne cesse de progresser, le nombre a pratiquement doublé en 10 ans et devrait atteindre les 30 000 ans de 2020. C’est le constat de l’ordre  des médecins qui reconnaît que les diplômés de l’étranger sont devenus indispensables notamment en milieu hospitalier aussi en zone rurale. Pour l’essentiel ces médecins viennent des ex pays de l’Est mais aussi du Maghreb. Il faut noter : la montée en puissance des médecins diplômés en Roumanie qui sont aujourd’hui 4 254. Ce nombre a été multiplié par sept (+ 659 %) depuis 2007, date de l’entrée du pays dans l’Union européenne. Ils devraient être 4 711 en 2020, soit un effectif proche de ceux diplômés en Algérie (4 812), dont le nombre a cru de 56 % en dix ans. Aujourd’hui, la Roumanie connaît une « vraie fuite des diplômes » due à des propositions salariales « catastrophiques » pour les diplômés en médecine, relève-t-on au CNOM.  Les deux tiers de ces praticiens diplômés à l’étranger sont salariés, essentiellement dans la fonction publique, alors que seulement un quart exerce en profession libérale. On les retrouve plus facilement dans les spécialités chirurgicales, l’anesthésie, la psychiatrie, la pédiatrie, les urgences. Les besoins vont encore grandir. En tout, 20 000 docteurs doivent partir à la retraite dans les cinq prochaines années.  L’importance prise par les médecins étrangers a toutefois permis à ces derniers de mieux se faire entendre dans leurs revendications. Avant d’être inscrits à l’Ordre, les praticiens qui ne sont pas originaires d’un pays de l’Union européenne (55 % des médecins étrangers) sont « attaché associé » ou « assistant spécialiste ».Sous ce statut, environ 4 000 salariés gagnent en moyenne 40 % de moins que leurs confrères français.  En février 2012, un mouvement a débouché sur la possibilité pour les diplômés hors UE d’obtenir le même statut que les diplômés français en passant un examen, alors qu’ils étaient, avant cela, soumis à un concours. Notons que les établissements publics ont largement favorisé la venue de médecin étranger qui coûte moins cher et qui peuvent aussi combler l’insuffisance d’attraction de l’hôpital pour les médecins français

Jeunes diplômés : l’emploi s’améliore

Jeunes diplômés : l’emploi s’améliore

 

Les jeunes diplômés des grandes écoles (de commerce ou d’ingénieurs) connaissent de moins en moins la crise, à en croire l’enquête publiée ce mardi 13 juin par la Conférence des grandes écoles. Tous les indicateurs sont à nouveau au vert, après un creux atteint il y a trois ans. « Ce sont les meilleurs résultats depuis la crise financière », s’est félicité Peter Todd, directeur général d’HEC. Seuls 11,6% des diplômés de 2016 cherchaient encore un emploi début 2017, un taux en recul de trois points en un an, et de 5 points en deux ans. Inversement, 86,5% disposaient d’un emploi ou d’un volontariat, un pourcentage en hausse de 3,4 points en un an, et de six points en deux ans. La précarité recule aussi: parmi ceux qui ont un emploi, 79,1% sont en CDI, une proportion en hausse de 2 points en un an, et de 5,3 points en deux ans.

Les moins diplômés votent FN

Les moins diplômés  votent FN

Il est clair que le que le FN est le réceptacle de tous les mécontentements, toutes les frustrations mais aussi de toutes les contradictions. Pas étonnant que les moins diplômés votent  surtout pour le FN ;  en cause,  le sentiment sans doute de se sentir rejetés dans une société en pleine évolution dans les champs économiques, sociaux, technologiques, environnementaux et culturels et  des conditions d’insertion dans cette société de plus en plus complexes et de plus en plus difficile. La faute sans doute aussi au système de formation initiale et à la formation permanente ; du coup,  ces catégories sont tentées par le discours simplificateur du front national qui fait de l’étranger,  de celui qui est différent,  le bouc émissaire de toutes nos insuffisances de toutes nos difficultés. D’après IPSOS, Les Français les moins diplômés votent majoritairement pour le Front national. Selon le politologue Joël Gombin, interrogé par France 24, le lien entre diplôme et vote d’extrême droite est clair. Un sondage Ipsos / Sopra Steria sur la sociologie des votants effectué quelques jours avant le premier tour des régionales du 6 décembre vient appuyer ce constat. D’après l’enquête réalisée pour France Télévisions, Radio France et LCP/Public Sénat, 36 % des personnes interrogées possédant un niveau de diplôme « inférieur au Bac » affirment voter Front national. L’UMP-UDI et le PS arrivent loin derrière avec 23 % et 20 % des intentions de vote. De son côté, le Front de gauche obtient de très mauvais résultats sur cette catégorie de la population française, ne rassemblant que 4 % des intentions de vote chez les Français les moins diplômés. Arrivé en tête dans six régions sur les 13 métropolitaines, le parti d’extrême droite est sorti grand vainqueur de ce scrutin dont le second tour se tiendra le 13 décembre. Pour Joël Gombin, il ne faudrait pas tomber dans l’écueil qui consisterait à penser que « la cause de ce vote FN serait l’ignorance ». Le chercheur ajoute que le vote FN chez les moins diplômés résulte d’un sentiment de rejet. « Sans diplôme suffisant, il est plus difficile de profiter des opportunités offertes par la mondialisation économique car le diplôme est un marqueur de la capacité à s’intégrer socio-économiquement dans un monde actuel fortement mondialisé ». Pour autant, on ne peut pas non plus réduire l’analyse du suffrage Front national chez les moins diplômés à une lecture strictement économique, rappelle le politologue. Nicolas Lebourg, historien et auteur de « Les Droites extrêmes en Europe » (Seuil) appuie ce constat. « La crise économique n’explique rien à elle seule. En Espagne, 53 % des jeunes sont au chômage. Lors des dernières élections européennes, les listes d’extrême droite n’y ont même pas fait 1 % des voix, tandis qu’en France le FN arrivait en tête », indique-t-il dans les colonnes du journal « Libération ». 

Jeunes très diplômés : 30% de la promo 2013 sans emploi

Jeunes très diplômés : 30% de la promo 2013 sans emploi

 

Les jeunes les plus diplômés peinent, eux aussi, à s’insérer sur le marché du travail : au printemps dernier, un tiers de la promotion 2013 n’avait toujours pas décroché de premier emploi, selon l’enquête annuelle de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). Moins d’un an après leur sortie de l’enseignement supérieur, 37% des diplômés 2013 de niveau Bac +5 et plus étaient toujours sans emploi, 29% n’avaient pas encore signé le moindre contrat. Les 63% restant étaient en emploi, un niveau stable par rapport aux diplômés 2012.  Ce taux d’emploi, en fort recul par rapport aux promotions 2010 (72%) et 2011 (70%), est proche du plus bas niveau (60%) enregistré au début de la crise par les diplômés 2009. « Ce taux d’emploi n’est pas bon, certes, mais il reste très supérieur à celui des autres jeunes », nuance le directeur général de l’APEC, Jean-Marie Marx, pour qui « le diplôme reste un passeport pour l’emploi ». Cette morosité pourrait perdurer, selon Jean-Marie Marx : « Il y a fort à parier que la promo 2014 se retrouve dans les mêmes eaux en termes d’insertion. »




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