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Le coronavirus chinois : risque d’épidémie mondiale

Le coronavirus chinois : risque d’épidémie mondiale

 

Officiellement Pékin déclare que 200 personnes seraient contaminées par le coronavirus de type jusque-là inconnu qui a été décelé dans la ville de Wuhan avant de se propager à d’autres régions, y compris au-delà des frontières chinoises, contraignant les autorités sanitaires à renforcer leur vigilance pour juguler le risque d’épidémie. En fait, rien que dans la ville de Wuhan, il y en aurait 10 fois plus. Et l’épidémie aurait tendance à se développer en Chine et ailleurs. On comprend la sous-estimation des autorités chinoises sans doute pour ne pas affoler sa propre population mais aussi pour ne pas limiter la mobilité aussi si bien des Chinois que des étrangers qui pourrait affecter un peu plus le net tassement économique enregistré. Cette maladie est grave car le virus peut entraîner la mort et se développer par transmission humaine.

Lundi, le nombre de cas confirmés par les autorités sanitaires du pays s’élevait à 222, dont une grande majorité à Wuhan, dans le centre du pays, selon la télévision d’Etat. L’épidémie s’est étendue à d’autres grandes villes, notamment Pékin, où cinq patients ont été répertoriés, et Shanghai (un patient), et dans les provinces du Xinjiang et du Guangdong.

Le nombre de cas a triplé par rapport à dimanche.

Un cas de contamination a été confirmé en Corée du Sud, a rapporté lundi l’agence de presse Yonhap. Il s’agit d’une ressortissante chinoise âgée de 35 ans qui est arrivée à Incheon en provenance de Wuhan.

Trois cas avaient jusqu’à présent été signalés hors du territoire chinois: deux en Thaïlande et un au Japon. Les patients ont pour point commun de s’être rendus à Wuhan.

Le nombre de cas pourrait être bien supérieur, à en croire le Centre d’analyse des maladies infectieuses de l’Imperial College de Londres, qui évalue à 1.723 le nombre de patients atteints de symptômes pouvant être ceux du nouveau virus dans la seule ville de Wuhan à la date du 12 janvier.

“Cette épidémie est extrêmement inquiétante”, juge le chercheur britannique Jeremy Farrar, spécialiste des maladies infectieuses et directeur du Wellcome Trust, une fondation caritative promouvant la recherche dans le secteur de la santé. “De nombreuses incertitudes demeurent mais il est désormais clair qu’il existe une transmission entre humains.”

L’épidémie est probablement d’origine animale mais une “transmission limitée d’humain à humain” est possible à la suite d’un contact rapproché, selon un message publié lundi sur la page Twitter de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Des centaines de millions de Chinois s’apprêtent à voyager en Chine et à l’étranger à l’occasion du Nouvel An lunaire.

De nombreux pays d’Asie et les Etats-Unis ont pris des mesures de précaution à l’égard des voyageurs en provenance de Wuhan.

Si certains experts estiment que le nouveau virus ne semble pas aussi fatal que le Sras, qui avait fait près de 800 morts, les informations disponibles demeurent parcellaires.

L’agent infectieux provoque de la fièvre et des difficultés respiratoires, des symptômes communs à d’autres maladies, ce qui complique la surveillance des autorités sanitaires.

Julian Assange: le lanceur d’alerte prisonnier à vie ?

Julian Assange: prisonnier à vie ?  

 

 

 

L’ancienne magistrate Eva Joly  dénonce, dans une tribune au « Monde », le silence des médias sur les conditions de détention du lanceur d’alerte, qui menacent sa santé. Un lanceur d’alerte  prisonnier de puis dix ans. !

 

Tribune

 

« C’était en 2010. En collaboration avec un site dénommé WikiLeaks, fondé par Julian Assange, les journaux parmi les plus prestigieux d’Europe et du monde publiaient une longue série de révélations sur les guerres alors menées en Afghanistan et en Irak par les Etas-Unis et leurs alliés.

Du New York Times au Spiegel, en passant par The Guardian, El Pais ou Le Monde, nombreux sont les médias dits de référence qui s’emparèrent des documents secrets de l’armée américaine obtenus par le site. Ils furent classés, analysés et publiés tant il devenait urgent d’avertir l’opinion mondiale des dérives et des exactions qui avaient été commises pendant ces guerres menées au nom de la démocratie après les attentats du 11 septembre 2001.

La notion de transparence fut abondamment débattue dans ces journaux et dans toute la société. Mais la gravité des informations contenues dans ces documents rendait leur discussion dans un cadre ouvert et démocratique plus que nécessaire. Ces documents transmis par WikiLeaks à la presse révélaient l’usage de la torture, des dizaines de milliers de morts parmi les civils, tout ce qui a fait de cette zone du monde le nid d’un terrorisme dont nous payons si chèrement le prix aujourd’hui.

Près de dix ans ont passé. Julian Assange est à l’isolement à la prison de Belmarsh, au Royaume-Uni. Cette prison est connue pour héberger de nombreux terroristes et est souvent décrite comme la version britannique de Guantanamo. En novembre, une soixantaine de médecins internationaux ont tenté d’alerter le monde sur l’état de santé physique et psychologique de Julian Assange. Ils envisagent sérieusement qu’il puisse « mourir en prison ». Et, depuis, quel silence ! Quel manque de réactions de la part de la presse mondiale, qui a relayé l’information sans s’y arrêter, après avoir abondamment utilisé les révélations que lui avaient apportées ce même Assange et son équipe sur les abus et les crimes de guerre commis par les alliés en Irak et en Afghanistan.

Il y a pourtant un lien évident de cause à effet. Julian Assange se meurt en prison pour avoir rendu publics ces crimes de guerre. Pour nous avoir permis d’être informés.

« 

Le shadow banking: 51 000 milliards

Le shadow banking: 51 000 milliards

Le système bancaire parallèle assure au moins  un quart de l’intermédiation financière et les actifs transitant par lui représentent la moitié des actifs passant par le système bancaire « classique », précise également le Conseil de stabilité financière.  dix  ans après la crise des subprimes, les activités des institutions financières non bancaires sont toujours mal régulées. Or les canaux de financement non bancaires peuvent certes présenter certains avantages, mais ils « peuvent aussi devenir une source de risque systémique », en particulier lorsqu’ils assument des fonctions traditionnellement réservées aux banques (transformation, levier) ou lorsque les interconnections avec le système bancaire sont fortes, prévient le CSF. Ce dernier plaide donc pour un renforcement de la réglementation, tout en appelant les décideurs politiques à légiférer avec prudence sur ce secteur qui peut aussi être une importante source de crédit pour les entreprises et les consommateurs. Une grande diversité d’acteurs sont dans le collimateur des régulateurs : les entités qui font de l’intermédiation ou la distribution de crédit mais n’acceptent pas de dépôts et ne sont pas régulées comme des banques, les fonds (capital-investissement, des fonds spéculatifs, des fonds d’investissements et autres fonds monétaire), les assureurs qui fournissent des garanties de crédits et enfin, les véhicules d’investissement ou de financement spécifiques. Le CSF les définit comme des « intermédiaires de crédit impliquant des entités et des activités en dehors du système bancaire régulier ».

 

Cette ‘intermédiation financière non-bancaire, ou « shadow banking », a donc continué à croître en 2018 mais à un rythme bien moindre que lors des années précédentes. Elle a atteint 51.000 milliards de dollars, selon un rapport publié dimanche par le Conseil de stabilité financière (FSB). Ce marché de la finance, qui échappe en grande partie au contrôle des superviseurs, a augmenté de 1,7% sur un an, soit un rythme « significativement moins rapide » que lors de la période 2012-2017 durant laquelle le rythme moyen de croissance annuelle avait atteint 8,5%, a détaillé ce rapport. Ce secteur concentre désormais près de 14% du total des actifs gérés par le secteur financier mondial.

. Le terme « shadow banking » ne signifie pas nécessairement finance occulte ou illégale. Ses composantes peuvent être régulées ou non, mais quand elles le sont, la réglementation appliquée diffère de celle des banques alors que leurs activités sont proches. « C’est aussi un secteur difficile à cerner car il recouvre des structures complexes et échappe parfois au contrôle du superviseur », a rappelé la Banque de France sur son site internet.

 

Le Qatar va construire une mega centrale solaire

Le Qatar va construire une mega centrale solaire

 

 

La plus grande centrale solaire d’une puissance de 800 MW  ( 1000  MW pour une  centrale nucléaire en moyenne ) sera construite par Total et le japonais Marubeni  au Qatar. Un projet particulièrement bien adapté à l’ensoleillement du pays mais qui exigera une occupation au sol de 10 km². Une solution pour des pays comme le Qatar( ou en )  en Afrique mais qui devrait encore mieux s’  articuler avec des installations plus réduites voir individuelles pour  tendre vers des bâtiments autonomes en énergie.

Le coût du projet s’élève à environ 1,7 milliard de riyals (421 millions d’euros), a précisé Saad al Kaabi, qui est également directeur général de la compagnie Qatar Petroleum (QP), lors d’une conférence de presse à Doha. Siraj Energy, une coentreprise entre QP et Qatar Electricity and Water Company (QEWC), détiendra une part de 60% dans la centrale, Total et Marubeni se partageant les 40% restants. La centrale devrait atteindre sa pleine capacité d’ici le premier trimestre 2022, a déclaré Saad al Kaabi.

Réforme des retraites : le détournement social (Anne-Marie Guillemard)

Réforme des retraites : le détournement social (Anne-Marie Guillemard)

La sociologue Anne-Marie Guillemard, membre du Conseil d’orientation des retraites, regrette, dans un entretien au « Monde », que la réforme actuelle soit guidée par une logique exclusivement comptable.

 

Interreview

 Sociologue, professeure émérite à l’université Paris-Descartes – Sorbonne, membre du Conseil d’orientation des retraites, Anne-Marie Guillemard est spécialiste du vieillissement et de la comparaison internationale des systèmes de protection sociale. Elle a notamment écrit Où va la protection sociale ? (PUF, 2008) et Les Défis du vieillissement (Armand Colin, 2010).

Comment vivez-vous les derniers rebondissements de la crise sociale autour de la réforme des retraites ?

Comme un immense gâchis. L’échec de la réforme Juppé, en 1995, avait gelé pour vingt-cinq ans toute possibilité de réforme des régimes spéciaux ; celui de la réforme Delevoye – car c’est un échec – risque de geler pour vingt-cinq ans toute possibilité de réforme du régime par répartition. La défiance des Français, principalement des jeunes, à l’égard du système était déjà très forte, et la réforme telle qu’elle était à l’origine visait à rétablir la confiance. Mais son détournement par la droite fait que le niveau de défiance a maintenant atteint 100 %. Un système par répartition ne peut fonctionner sans confiance. C’est une catastrophe.

Pourquoi parlez-vous de « détournement » ?

Dans les années 1990, un peu partout dans les pays développés, le débat sur la protection sociale avait adopté une logique quantitative : il s’agissait de « maîtriser les dépenses ». La France y avait en partie échappé. La réforme Balladur de 1993, la première qui tient compte de l’allongement de l’espérance de vie, étend certes le calcul des pensions aux 25 meilleures années pour le régime général et l’indexe sur les prix, mais elle est très graduelle. La réforme Juppé, on le sait, est tout simplement annulée. La réforme Fillon de 2003 est encore assez équilibrée, car elle porte sur une augmentation progressive de la durée de cotisations, sans toucher directement à l’âge de départ – c’est aussi le cas de son accélération par la loi Touraine de 2014, qui conduisait à un âge de départ moyen à 64 ans en… 2037. Surtout, la réforme Fillon prévoyait de développer l’emploi des seniors. Mais ça a malheureusement été un échec : il n’a commencé qu’en 2006, a été freiné par les réticences patronales et le manque de volonté politique, et il ne s’est traduit que par la mise en place de quelques CDD seniors.

Modernisation démocratique: le tirage au sort ou la démocratie du caniveau

Face à l’usure indiscutable de la représentation la démocratie représentative, certains comme Macron par exemple expérimentent l’idée du tirage au sort. Et déjà d’envisager une généralisation du système. La vérité c’est sans doute qu’il faut revivifier le concept de mandat des élus et ne pas le réduire au dépôt d’un bulletin -d’ailleurs souvent ambigu- dans une urne. Mais certains voit avec le tirage au sort un système à l’apparence révolutionnaire qui n’a d’autre but que de détruire tous les corps intermédiaires  qui gênent en fait la théocratie qui est en train de s’installer. Pour vivre, la démocratie délibérative ne peut produire de pertinence, d’efficacité et de justice sans un état de l’art préalable.

 

Aucun sujet économique, social, écologique technologique ou sociétal ne peut être abordé de manière un peu sérieuse sans une analyse préalable de la situation. Et sans participation des corps intermédiaires qui ont investi en recherche et expérience depuis des dizaines et des dizaines d’années. Faute de cela,  on aboutit directement à une discussion de bistrot ou à une manipulation des participants par les politiques et les technocrates.  Aujourd’hui, ce qui caractérise la crise, c’est sa complexité et les interactions entre les différents dimensions : économique, technologique, sociale, environnementale et sociétale. Second élément qui caractérise la période : le rythme des changements qui impose tout autant un rythme des d’évolution des connaissances.

 

Le tirage au sort ressemble un peu à ces enquêtes pseudo démocratiques faites  par les médias radio ou télé appelées encore radio trottoir, une forme de démocratie du caniveau qu’on voudrait faire prendre pour une enquête qualitative voire quantitative. Une véritable escroquerie ou plus exactement une caricature méthodologique. Pour répondre à la défiance de plus en plus grande qui les vise, des responsables politiques de tous bords y voient le remède miracle. En 2017, pendant la campagne présidentielle, Benoît Hamon proposait d’introduire au Sénat des citoyens tirés au sort, Jean-Luc Mélenchon voulait ainsi composer une assemblée constituante chargée de réécrire la constitution et Emmanuel Macron proposait qu’un groupe de citoyens puisse chaque année auditionner le président de la République.

 

La dernière expérience concerne la convention citoyenne de 150 personnes tirées au hasard et qui doit en un mois définir une politique environnementale. Une convention bidon évidemment puisqu’elle sera largement noyautée par des politiques et des experts au service du  pouvoir; faute  de connaissance et l’expérience, la convention  approuvera forcément les orientations du gouvernement. sans doute la taxe carbone à l’origine du mouvement des gilets jaunes !  Bref, une belle manipulation démocratique sur fond de discussion de bistrot du coin.

Information médias : un certain ras le bol !

Information médias : un certain ras le bol !

 

Trop d’infos tuent l’info, ce que semblerait montrer la baisse d’intérêt des Français pour les médias. Des médias auxquels on accorde une confiance relative, moins de la moitié de la population. Peut-être aussi le résultat d’une certaine uniformisation des médias classiques dont beaucoup appartiennent désormais aux financiers. Quant aux médias publics, ils semblent  encore assez souvent sous influence du pouvoir en place. D’une façon générale , les médias souffrent sans doute d’une approche un peu trop superficielle et trop orientée des événements. D’après le baromètre « la confiance des Français dans les médias », réalisé par le cabinet Kantar pour le journal La Croix baromètre, 59% des Français interrogés suivent les nouvelles avec un intérêt « très grand » ou « assez grand », soit une baisse de 8 points par rapport à l’année précédente. Jamais ce chiffre n’était descendu aussi bas depuis le lancement du baromètre en 1987. À l’inverse, 41% des personnes interrogées ont un intérêt « assez faible » ou « très faible » pour les nouvelles.

La confiance envers les médias traditionnels connaît quant à elle un léger rebond, 46% des Français affichant leur confiance (+ 2 points). La radio reste le média avec le plus fort taux de confiance (50%), devant la presse écrite (46%) et la télévision (40%). Internet suscite une incrédulité jamais atteinte (23% de confiance). Les efforts des rédactions restent globalement peu perceptibles : un an après l’émergence des « gilets jaunes », 71 % des Français n’ont pas le sentiment que les médias rendent « mieux et davantage compte » de leurs préoccupations.

Le détail de ce baromètre est diffusé ce jeudi 16 janvier dans le journal La Croix, ainsi que sur le site la-croix.com. Ce baromètre a été réalisé par le cabinet Kantar pour La Croix entre le 2 et le 6 janvier 2020. Les entretiens ont été réalisés en face à face selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon de 1 007 personnes, représentatif de l’ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

Le nombre d’entreprises individuelles en hausse de 40 %

Le nombre d’entreprises individuelles en hausse de 40 %

 

Globalement selon l’INSEE, les créations d’entreprises en 2019 ont enregistré une progression de 18 % mais ce chiffre est surtout nourri par l’augmentation des entreprises  Les immatriculations de micro-entrepreneurs ont ainsi augmenté de 25,3%, celles des créations d’entreprises individuelles classiques de 15,7% et celles de sociétés de 8,6%. Il faudrait mettre aussi en regard les défaillances d’entreprises. Après avoir déjà marqué le pas à fin août 2019, ce sont 51 418 défaillances d’entreprise (ouvertures de redressement judiciaire et liquidation judiciaire directe) qui sont comptabilisées en France métropolitaines à fin septembre 2019 sur 12 mois glissants, soit un recul de 1,2 % sur un an. Au total en 2019 devrait tourner autour de 50 000.

Il y a environ 1 million d’autos entrepreneur

Avec un revenu mensuel moyen de moins de 500 €, les micro-entrepreneurs gagnent près de huit fois moins que les travailleurs indépendants classiques (3 580 euros). Les micro-entrepreneurs du commerce de détail hors magasin sont les moins bien lotis (230 euros par mois). Viennent ensuite les micro-entrepreneurs des transports (320 euros par mois) ou ceux officiant dans l’industrie hors artisanat commercial (320 euros par mois). A contrario, les micro-entrepreneurs dont l’activité est juridique ou comptable sont ceux qui s’en sortent le mieux (970 euros). Suivis de près par certains micro-entrepreneurs évoluant dans le secteur de la santé.

 

.Et les zones grises entre le salariat et l’entrepreneuriat peuvent plonger les micro-entrepreneurs dans des situations juridiques délicates. Ce mardi 14 janvier, Matignon a annoncé qu’une mission destinée à réfléchir à une meilleure représentation des travailleurs des plateformes, du type Uber ou Deliveroo, a été installée par le gouvernement. Cette mission sera menée par Jean-Yves Frouin, ancien président de la chambre sociale de la Cour de cassation, appuyé par un groupe d’experts. Les conclusions de ce travail s’intégreront dans une ordonnance prévue par la loi d’orientation des mobilités (LOM), adoptée fin 2019.

Au total, 815.257 entreprises nouvelles ont été enregistrées l’an passé, contre 691.283 en 2018. En 2019, 386.326 micro-entreprises ont vu le jour (+25,3% sur un an), ainsi que 210.505 entreprises individuelles classiques (+15,7%) et 218.426 sociétés (+8,6%).

Par secteurs, les créations dans l’industrie ont le plus fortement augmenté, avec 33,5% de hausse, suivies par les services aux ménages (+28,4%), les activités immobilières (+20,8%), l’information et la communication (+18,7%) et la construction (+17,8%).

Au mois de décembre, les services de l’Insee ont enregistré une stabilisation des créations (-0,1%) par rapport à novembre selon des données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (CVS-CJO). Dans le détail, les immatriculations d’entreprises classiques sont en recul (-14,5%) après avoir connu une hausse (+13,3%) alors que les immatriculations de micro-entreprises ont rebondi (+19,9%) après avoir connu un repli (-6,7%).

Une enquête de l’Insee publiée à l’été 2019 signalait que seulement 36% des auto-entrepreneurs inscrits sous ce régime étaient encore actifs trois années après leur immatriculation contre 63% pour les entrepreneurs classiques.

Grève Retraites: Nouvelle journée le 24 janvier

Grève Retraites: Nouvelle journée le 24 janvier

 

Macron voudrait bien passer à autre chose, notamment de plus consensuel; par exemple,  en instrumentalisant la fameuse convention citoyenne sur l’environnement. Une commission bidon uniquement mise en place pour reverdir un président qui n’a pas témoigné une grande sensibilité aux questions écologiques. Il a même envisagé un référendum sur des propositions qui n’ont pas pris encore la moindre forme; histoire sans doute d’obtenir un vote plus favorable que ce qui mesure sa popularité actuelle qui chute sérieusement. Malheureusement pour Macron tout autant que pour le pays, le conflit social s’enlise comme s’est enlisée l’affaire des gilets jaunes. Mais si la mobilisation baisse, elle reste majoritairement soutenue par l’opinion publique, et la bataille de la rue se double d’un nouvel affrontement, dans l’hémicycle cette fois, où le cadre de l’examen du projet de loi est déjà critiqué par les oppositions de gauche et de droite, avant même son arrivée prévue le 17 février.

La page est loin d’être tournée. Pour preuve une nouvelle journée de grève et de manifestations aura lieu le 24 janvier, jour de la présentation du texte en conseil des ministres.

Dans un communiqué, les syndicats CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL, MNL et FIDL rejettent de nouveau un “projet absurde et injuste” et “exigent le maintien des régimes de retraite existants par répartition solidaire et intergénérationnelle, fondés sur un système par annuités ». Lors d’une conférence de presse mercredi, le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé la grève dans les transports, la plus longue dans l’histoire de France, qui est selon lui “sans issue” compte tenu de la détermination “totale” du gouvernement à aller jusqu’au bout de la suppression des régimes spéciaux.

Si la position des syndicats radicaux est loin d’être défendable sur tous les points, le même reproche peut être fait au pouvoir politique qui non seulement se montre incapable d’aboutir à un compromis sérieux mais multiplie aussi les actes de provocation tant vis-à-vis des syndicats les plus durs que vis-à-vis des syndicats réformistes. Avec l’enlisement, ce qui est de plus en plus en cause c’est la capacité de ce gouvernement et de Macron à gérer le pays.

Le vieillissement la population française s’accélère

Le vieillissement la population française s’accélère

 

Les plus de 60 ans représentent 60% de la population sur la tendance ils seront 30% en 2070. Si la population française a augmenté entre 2018 et 2019 de seulement 0,3%, passant de 66,88 à 67,98 millions d’habitants, le rythme de la hausse a tendance a marqué le pas. Entre 2008 et 2013 par exemple, la variation annuelle était de 0,5% en moyenne. Cette progression est essentiellement due au solde naturel, c’est à dire la différence entre les naissances et les décès. Il s’est établi à +141.000 en 2019. Concernant le solde migratoire, c’est à dire la différence entre les arrivées et les départs, est estimé de son côté à 46.000 personnes.

En 2070, la France devrait compter 22 millions de personnes de 65 ans et plus contre 13 millions aujourd’hui, selon l’Insee .  Dans les années qui viennent, c’est surtout la tranche des 75 ans et plus qui va occuper une part croissante de la population.

 Il faudrait, pour inverser la tendance, soit une catastrophe sanitaire touchant les plus âgés, soit une forte poussée d’immigration et de naissances. Aucun de ces éléments ne paraissent être au programme. L’espérance de vie donne des signes de moindre croissance : si elle se stabilisait, ce n’est qu’en 2040 que le processus de vieillissement s’arrêterait.

L’enjeu des décennies à venir est double. Il y a d’abord la question du financement des retraites, mais elle a déjà été pour une bonne part anticipée en élevant l’âge de départ. La question qui demeure est surtout la possibilité de vieillir dans de bonnes conditions, notamment pour ceux qui ont des revenus modestes.

Le vieillissement démographique n’est pas prêt de s’enrayer.  En Europe, la part des personnes âgées de plus de 65 ans a également augmenté dans l’ensemble des pays de l’Union européenne depuis une quinzaine d’années. La population des personnes âgées de 65 ans et plus est passée ainsi de 16,2% en 2003 à 19,7% en 2018.

 

 Les derniers chiffres de l’organisme de statistiques montre que l’espérance de vie a augmenté  en France de 2 ans pour les hommes et de 1,2 an pour les femmes sur les dix dernières années. L’espérance de vie pour les hommes à la naissance est ainsi passé de 77,7 ans en 2009 à 79,7 ans en 2019. Chez les femmes, elle est passée de 83,7 ans à 84,9 ans. « Ces cinq dernières années, ils ont gagné 0,5 an d’espérance de vie et les femmes 0,2 an. L’espérance de vie continue donc de progresser mais les gains ont ralenti » rappellent les experts.

Pour les individus âgés de plus de 60 ans, la progression des gains d’espérance de vie est moins forte sur la même période. Chez les hommes, le gain est de 1,2 an, passant de 22,2 ans à 23,4 ans. Du côté des femmes, la hausse est de seulement 0,8 année.

Le nombre d’enfants par femme a légèrement diminué entre 2018 et 2019 passant de 1,88 à 1,87. Après quatre années de recul, l’indicateur s’est stabilisé. Malgré ce coup d’arrêt, ces récents chiffres sont loin d’être réjouissants. En effet, le ratio d’enfants par femme oscillait autour de 2 entre 2006 et 2014. En parallèle, l’âge moyen des femmes pour le premier enfant a tendance à reculer. En 2019, cet âge moyen s’est établi à 30,7 ans contre 29,3 ans il y a 20 ans. En 2017, l’hexagone demeurait le pays avec la fécondité la plus haute. En 2016, la Suède est passée devant l’Irlande pour la seconde marche du podium, le taux de fertilité était de 1,78 en 2018 contre 1,77 pour l’Irlande.

Le chômage coûteux des seniors

Le chômage coûteux  des seniors

D’une façon générale le rapport actif inactif et très défavorable à la France notamment concernant les seniors . Leur taux d’emploi (52,1% en 2018) reste faible par rapport à la moyenne européenne (58,7%) et à celle des pays de l’OCDE (61,4%). Un apport remis au gouvernement propose d’améliorer cette situation qui part parenthèses pèse aussi sur l’équilibre des retraites.

Dans un autre rapport récent, la Cour des comptes reconnaissait  que le taux d’emploi des 55-64 ans est passé de 36,4 % en 2003 à 52,3 % au premier trimestre 2019, en raison des précédentes réformes des retraites. Mais l’emploi des seniors français reste toujours moindre par rapport à la moyenne européenne, qui est de 59 %.

« Le nombre de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans a fortement augmenté depuis 2008 », reconnait aussi  la Cour des comptes, en raison de multiples facteurs : augmentation des effectifs en âge de travailler, recul de l’âge de départ à la retraite, et crise économique de 2008.

Depuis cette époque, le nombre de seniors en catégorie A inscrits à Pôle Emploi a triplé pour atteindre 916 400 au premier trimestre 2019. Un mouvement à la hausse encore accentué par la fin de la dispense de recherche d’emploi dont bénéficiaient les plus de 57 ans jusqu’en 2012. Pour la Cour des comptes, cette situation n’a qu’une seule explication : les seniors qui se retrouvent au chômage ont plus de difficulté à retrouver un emploi, et d’autant plus qu’ils sont âgés.

En conséquence, quand les plus de 55 ans se retrouvent au chômage, ils le restent plus longtemps que la moyenne des Français : 673 jours en moyenne en 2018 contre 388 jours pour l’ensemble des demandeurs d’emploi. « Pour de nombreux travailleurs, le chômage joue le rôle de transition entre l’emploi et la retraite », estime le référé de la Cour des comptes.

Glissés au détour d’une phrase, deux chiffres illustrent parfaitement à quel point la situation est préoccupante : les montants versés au titre du RSA socle aux 60-64 ans ont augmenté de 157 % en dix ans, et ceux au titre de l’allocation adulte handicapé de 288 %. « Au total, le coût de la prise en charge des seniors touchés par le report d’âge de la retraite et qui se trouvent exclus du marché du travail s’élevait, début 2018, à plus de 700 millions d’euros au titre de la solidarité nationale et près de 800 millions pour le régime d’assurance-chômage, soit environ 1,5 milliard d’euros par an », établit le document.

La Cour des comptes se montre très critique sur « l’abandon de la quasi-totalité des dispositifs d’emploi consacrés aux seniors. » « Les services du ministère du travail pensent que les entreprises vont intégrer, elles-mêmes, le thème de la gestion des âges (…) Faute d’incitations ou de mécanismes plus volontaires, il apparaît toutefois que la mobilisation est restée très faible sur ces sujets », conclut le référé.

Le rôle de Pôle Emploi est aussi épinglé, les seniors au chômage ayant moins accès à la formation et à un accompagnement spécifique. Et, pour la Cour des comptes, l’argument selon lequel les seniors sont moins motivés pour rechercher un emploi ne tient pas la route. Le document rappelle que leur taux de radiation est plus faible pour eux que pour l’ensemble des demandeurs d’emploi.

“Il y a urgence à agir”, souligne dans un communiqué Sophie Bellon, présidente de Sodexo et auteure du rapport qui vient d’être remis au gouvernement Les auteurs définissent cinq axes de réflexion: améliorer la prévention pour éviter l’usure professionnelle, développer les compétences en deuxième partie de carrière ainsi que les mobilités internes, favoriser la transition emploi-retraite et améliorer la perception des seniors en entreprise.

S’inspirant de la Finlande, ils invitent également les branches à négocier des accords collectifs permettant à un salarié volontaire de conjuguer baisse de salaire et allègement des responsabilités, en contrepartie du versement de l’indemnité conventionnelle de licenciement. Ils proposent également d’élargir le dispositif de retraite progressive, encore peu utilisé, aux salariés en forfait jours, aux professions libérales et aux agents publics. Commandé par le Premier ministre, Edouard Philippe, dans le cadre de la préparation du projet de loi sur les retraites, ce rapport doit servir de base de base de réflexion à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui a reçu dans la matinée les partenaires sociaux pour évoquer ce sujet.

1000 milliards pour la croissance verte ou le marché ?

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1000 milliards de l’Europe confiés au marché ou une autre régulation ? Michael Vincent, auteur du livre Le banquier et le citoyen, et Nancy Yuk, co-fondatrice de  l’association Greentervention, viennent de publier pour le compte de la Fondation Jean-Jaurès une note sur le Green New Deal porté par la nouvelle commission européenne concernant les investissements verts.

« Les élections européennes de 2019 ont montré une percée verte rendant la question écologique incontournable pour la Commission européenne. L’idée d’un Green Deal ou Pacte vert pour répondre à cette attente s’est très vite imposée, d’abord via le travail collectif lancé de longue date par les ONG (Climate Action Network (CAN), European Environmental Bureau (EEB), Fondation Nicolas Hulot (FNH), Finance Watch, Greentervention, Positive Money, World Wildlife Fund (WWF)) engagées sur le climat (voir le rapport Le Green Deal européen : une occasion de changer la donne), puis directement par la Commission européenne, marquant le début du mandat de la présidente Ursula von der Leyen. L’ensemble du spectre politique semble s’approprier le concept, tout comme l’idée d’une Banque du climat. Véritable « mot-valise », cet outil recouvre des réalités très différentes, dont les détails sont à examiner avec soin. Mais une chose est sûre, le Pacte vert reposera sur deux jambes : un financement privé et un financement public.

La transition écologique peut-elle être réalisée purement et simplement par le marché avec un prix du carbone comme incitation ?

Si le marché est nécessaire, les conditions à remplir pour garantir son efficacité ne sont pas remplies. Pour faire émerger un prix carbone, un accord mondial doit être trouvé, mais les aléas du marché carbone européen tout comme l’échec de la COP25 de Madrid en 2019 en souligne les difficultés.

Surtout, pour être suffisante, un « prix carbone » suppose de lever de nombreuses incertitudes sur le comportement rationnel des agents économiques, l’acceptabilité politique et sociale ou encore la solidité des partenariats internationaux, alors que les objectifs écologiques ne sont pas toujours compatibles avec ceux du privé.

Laisser le marché faire seul, c’est prendre le risque d’une transition à deux vitesses qui ne profite qu’à celles et ceux qui peuvent se l’offrir : la précarité énergétique concerne 11,6% des Français, souvent les plus modestes, qui y consacrent 8% de leur revenu

Risque climatique. Devant l’effort à consentir, l’investissement privé est absolument nécessaire : on observe aujourd’hui un déficit d’investissement privé dans des projets d’ampleur, novateurs mais plus risqués, dans une logique d’aversion au risque et de gain court-terme. C’est la « tragédie des horizons » mentionnée par Mark Carney, alors gouverneur de la Banque d’Angleterre et président du Financial Stability Board (FSB) en 2015 : le risque climatique dépasse les horizons des acteurs et des cycles économiques, des placements et des mandats politiques ou publics. Pourtant, les opportunités offertes par les taux bas et l’afflux de liquidités offerts par les banques centrales ne sont pas exploitées, ce qui n’est pas sans compter certains effets pervers.

La politique monétaire accommodante actuelle réduit les marges d’action des banques centrales en cas de crise. Le corollaire est le maintien sous perfusion d’entreprises non efficientes : le nombre d’entreprises « zombies » est en hausse dans les pays de l’OCDE, entre 6 et 13 % fin 2018 contre 1% fin 1999.

La recherche de rendement renforce « l’addiction » paradoxale des investisseurs aux industries les plus polluantes au détriment des opportunités plus « propres ». Banques, assureurs ou fonds de pension s’orientent vers des actifs considérés plus sûrs et rentables mais liés aux industries fortement émettrices de CO2. Face aux ressources pétrolières limitées, aux coûts élevés de production, à une demande accrue en énergie propre, est-il toujours rationnel de ne pas massivement investir dans les alternatives énergétiques de long terme ? Ces actifs ne sont-ils pas « surévalués » comme l’étaient les Collaterized Debt Obligations (CDOs), des subprimes il y a quinze ans, car n’intégrant pas le risque carbone ? Le montant des actifs condamnés au rebut une fois la transition engagée s’estime pourtant entre 12 000 et 20 000 milliards de dollars…

Laisser le marché faire seul, c’est aussi prendre le risque d’une transition à deux vitesses qui ne profite qu’à celles et ceux qui peuvent se l’offrir : la précarité énergétique concerne 11,6% des Français, souvent les plus modestes, qui y consacrent 8% de leur revenu.

Le choix ne se porte pas sur du « tout privé » ou « tout public » mais sur une complémentarité des efforts : les chiffres d’I4CE (Institut de l’économie pour le climat) montrent un déficit d’investissement vert privé comme public. Ménages, secteur public et entreprises n’ont réalisé que 45 milliards d’euros d’investissements en faveur du climat en 2018, contre 67 milliards pour les investissements fossiles.

La proposition d’Ursula von der Leyen repose sur le potentiel du marché unique, en facilitant le financement via les marchés européens. Avec l’idée de convertir la Banque européenne d’investissement (BEI) en Banque du climat, il s’agit d‘orienter les investissements vers des infrastructures, la recherche et développement, et des projets innovants tendant vers la neutralité carbone. Plusieurs aspects du volet financier méritent d’être soulignés.

Enveloppe Green Deal de la Commission ou investissements de la BEI, la répartition public/privé et le recours à l’emprunt demeurent extrêmement flous. D’abord, la Commission mentionne 1000 milliards d’euros sur la décennie, soit 100 milliards par an. Pour la BEI spécifiquement, la Commission évoque un doublement des financements pour le climat. L’institution bancaire parle de son côté de « mobiliser 1 000 milliards [...] au cours de la décennie 2021-2030 », dont 100 milliards pour le Just transition Fund. La Commission participerait-elle davantage aux projets BEI en multipliant par deux les financements ou est-ce un doublement de son budget (soit 32 milliards en 2019) et un abondement par le privé pour le restant ? S’agit-il de financements « neufs » ou de réallocation de financements ?

Derrière l’effet d’annonce reste la réalité : les propositions sont bien en-deçà des besoins. La Commission européenne estime déjà qu’une augmentation de l’investissement à 260 milliards d’euros par an est nécessaire.

De surcroît, l’effort d’investissement ne doit pas occulter la nécessité de réinventer nos modes de consommation, favoriser la recherche, explorer des solutions encore inconnues et donc financer des projets plus hétérodoxes. La problématique ne s’arrête pas à signaler d’un point de vue « macro » où l’argent doit aller – ce que vise la taxonomie verte (système de classification d’activités économiques considérées comme durables) en cours de développement en Europe. Qui dit impulsion « publique » pose de facto la question des échelles et de gouvernance. Le pilotage Commission/BEI doit résister à la tentation d’une action « top down » : l’action publique doit coordonner la dimension territoriale, nationale et européenne car le défi est par essence transnational, mais les leviers d’action souvent locaux.

Comment réinventer la ville autour d’une nouvelle mobilité urbaine, tels qu’un réseau de transport multimodal intégrant l’intelligence artificielle ? Comment réhabiliter le bâti et permettre à une copropriété déjà en quasi-faillite de financer la rénovation des logements pour réduire le nombre de « passoires thermiques » ? Comment moderniser une agriculture pour tous favorisant un mode de production protégeant l’environnement et ses êtres vivants ?

L’effort de coordination est crucial : si l’articulation privé-public est maintes fois soulignée, elle doit aussi se faire au niveau institutionnel et entre les Etats membres pour agir d’une seule voix. Il est regrettable que l’objectif de neutralité carbone pour 2050 « endossé » par le Conseil européen du 13 décembre 2019 se fasse sans la Pologne, alors que la Hongrie et la République tchèque n’ont pu être convaincues qu’in extremis.

Si nous devons saluer les dernières annonces qui semblent enfin montrer une volonté politique, la prudence reste de mise. L’ombre de l’immobilisme guette alors que l’inaction n’est pas une option – nous avons trop à perdre collectivement. 2019 s’est révélée être l’année de la prise de conscience du dérèglement climatique : que 2020 soit celle de l’action concrète pour la transition écologique et solidaire. »

Automobiles Chine: recul du marché qui confirme le tassement de la croissance

Automobiles Chine: recul du marché qui confirme le tassement de la croissance

 

Le principal marché automobile mondial enregistre une chute sévère qui explique en grande partie les impacts négatifs sur l’industrie manufacturière et plus généralement  sur la croissance.

Les  ventes des véhicules des particuliers ont chuté de près de 7,5%, une baisse encore plus forte qu’en 2018. Le recul du marché n’a pas touché tous les constructeurs automobiles. Ceux qui ont perdu des parts de marché sont les fabricants chinois et américains, tandis que ceux qui ont connu des ventes en hausse sont les marques japonaises et allemandes.

Autre indicateur, ‘’évolution des prix qui constitue évidemment un thermomètre qui mesure le déséquilibre entre l’offre et la demande. Or comme on le sait la demande internationale à l’usine de monde que constitue la Chine ne cesse de se réduire. Du coup,  les prix diminuent. Le signe aussi que la consommation intérieure chinoise ne parvient pas encore à compenser l’écroulement des exportations en raison notamment de l’endettement de nombreux acteurs économiques. Les prix à la production en Chine ont en effet décliné en décembre à un rythme moins important que le mois précédent, le signe d’un rebond modeste de l’activité manufacturière et qui suggère que les mesures de soutien engagées par le gouvernement pourraient avoir contribué à stabiliser l’économie.

 

Le tassement de la croissance de l’activité manufacturière constitue  aussi un autre  thermomètre de la demande mondiale et au-delà de la croissance. L’activité dans le secteur manufacturier en Chine a progressé en décembre à un rythme encore plus faible que le mois précédent, qui avait marqué un pic en trois ans, du fait du ralentissement des nouvelles commandes, montrent les résultats publiés jeudi de l’enquête réalisée par Caixin/Markit auprès des directeurs d’achats.

 

L’indice PMI manufacturier calculé par Caixin/Markit s’est établi à 51,5 le mois dernier, contre 51,8 en novembre. Il est inférieur au consensus, qui donnait un indice stable, mais reste pour un cinquième mois consécutif au-dessus du seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l’activité.

 

Ces statistiques, essentiellement basées sur les PME tournées vers l’export, font place à moins d’optimisme que les données officielles communiquées précédemment selon lesquelles l’activité dans le secteur manufacturier a progressé pour un deuxième mois consécutif grâce à une accélération de la production.

Le rassemblement national et le Pen dans un fauteuil en 2022 ?

Le rassemblement national et le Pen  dans un fauteuil en 2022 ?

 

Macron et la droite voudraient rendre l’hypothèse d’une victoire possible du rassemblement national aux élections présidentielles qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. En effet, Macron accumule les fautes qui nourrissent le climat social délétère en France. Aujourd’hui 60 à 70 % des Français rejettent ses réformes socio- économiques. Un rejet social, un rejet politique mais aussi un rejet personnel concernant Macron. Jamais sans doute un président de la république n’aura suscité autant d’hostilité et même de haine. Il faut dire que le jeune président de la république qui confond la démocratie avec la monarchie fait t tout pour nourrir des sentiments violents à son égard. Sur le fond,  il multiplie les erreurs mais sur la forme son discours est insupportable. Ce président qui n’a pratiquement rien vécu, ni sur le plan professionnel, ni sur le plan politique, ni sur le plan associatif se permet de délivrer des cours de modernisme. À sa décharge, il a été choisi par le monde financier pour défendre les intérêts des plus favorisés notamment par le groupe d’influenceurs que sont notamment Minc, juillet et Attali qui l’ont d’abord placé pendant quelques mois chez Rothschild pour étoffer son CV avant de l’introduire auprès de hollande et de pousser sa candidature grâce aux fonds des grandes entreprises. La première grande décision de Macron a été de renvoyer l’ascenseur à ses sponsors. Mais à l’injustice macro a ajouté la maladresse et même le mépris du peuple. Jusque-là nombre de présidents de la république n’ont été élus que par rejet  du Front National et des Le Pen. C’est le principal ressort de l’élection de Macron comme précédemment de Hollande, Sarkozy ou Chirac. La grande méprise, c’est que ces présidents élus par rejet du Front National ont été persuadés que les Français validaient  leurs  orientations par ailleurs très contradictoire. Aujourd’hui ,il n’existe plus d’alternative à gauche. Seul subsistent  quelques gauchistes qui ne cessent de s’enfoncer dans leurs utopies suicidaires et dérisoires. La droite est à peu près dans le même état. Le parti républicain par exemple s’entête  à vouloir repousser l’âge de la retraite à 65 ans contre l’avis même de ses sympathisants. Un parti qui ne représente déjà plus grand-chose, sans vrai leader;  en plus écartelé entre l’aspiration macroniste  et les attirances de certains pour le rassemblement national. Du coup, l’accumulation de toutes ces erreurs, de toutes ses faiblesses rend l’hypothèse d’une victoire du rassemblement national possible en 2022. Non pas tellement par conviction vis-à-vis des orientations du front national mais par rejet des autres forces politiques. D’une certaine façon, le ressort principal du rejet change de camp. On aura observé que Marine Le Pen  ne s’exprime presque plus. C’est sans doute pour elle la meilleure stratégie de communication car elle manifeste à l’évidence une grande insuffisance en matière de connaissances des dossiers. Moins elle parle, plus elle sert la cause de son parti. Macron, les républicains lui servent la soupe tous les jours. Nombre de Français pensent qu’on pourrait peut-être essayer le rassemblement national tellement les autres parties l’ont déçu. Reste à savoir si le rassemblement national est en capacité de satisfaire des Français en situation de gestion mais cela est une autre histoire !

 

Affaire Lamine Diack : le procès de la culture de corruption des organisations internationales

Affaire  Lamine Diack : le procès de la culture de corruption des organisations internationales

 

 

 

Au-delà du procès de  Lamine Diack  , ex-président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), c’est la mise en cause de la corruption qui règne dans la plupart des organisations sportives internationales avec l’achat des voix de membres de pays en développement peu scrupuleux. C’est vrai pour l’athlétisme en particulier pour l’attribution des jeux olympiques  ,  mais c’est vrai dans d’autres disciplines y compris le football qui par exemple a permis d’attribuer la coupe du monde au Qatar.

En novembre 2015, Lamine Diack  est mis en examen pour corruption passive et blanchiment aggravé; il est suspendu du CIO et en démissionne le 11 novembre. Il a avoué à la justice française avoir fait financer la campagne du président sénégalais par la Russie. Sa réputation est ultérieurement ternie par le choix contesté de Doha au Qatar des Championnats du monde d’athlétisme 2019. Le 18 novembre 2016, une enquête du Monde tend en effet à démontrer que cette sélection aurait été achetée par des versements de 3,5 millions de dollars versés en octobre-novembre 2011 selon le fisc américain, au fils de Lamine Diack, l’ancien président de la fédération

Doivent  comparaître six prévenus au total, dont un fils de Lamine Diack, Papa Massata, réfugié au Sénégal depuis le début de l’affaire, mais aussi deux anciens hauts responsables de l’athlétisme russe, Valentin Balakhnitchev et Alexeï Melnikov, tous trois sous le coup de mandats d’arrêt internationaux. Les prévenus sont soupçonnés d’avoir participé à un système visant à couvrir des cas de dopage dans l’athlétisme russe moyennant des pots-de-vin et, dans le cas de Papa Massata Diack, d’avoir détourné une part des recettes de sponsors de l’IAAF.

Lamine Diack est mis en examen pour corruption et son fils pour corruption passive et blanchiment aggravé dans cet autre dossier, qui porte sur l’attribution de plusieurs grandes compétitions internationales, notamment les Jeux olympiques de Rio (2016) et de Tokyo (2020) et les championnats du monde d’athlétisme de Pékin, en 2015.

Notons aussi les responsabilités politiques de Lamine Diack qui  a occupé des responsabilités politiques en devenant secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports , puis maire de Dakar de 1978 à 1980. Il fait aussi partie du parlement sénégalais de 1978 à 1993. On aura compris où passe l’argent du développement dans trop de pays d’Afrique notamment.

Un référendum sur le climat…… mais pas sur les retraites ou les institutions !

Un référendum sur le climat…… mais pas sur les retraites ou les  institutions !

 

Il y a quelque chose de surréaliste dans la proposition de Macron de proposer un référendum à propos des orientations  aujourd’hui inconnues de cette convention citoyenne bidon sur le climat . Une convention qui réunit 150 personnes –désignées- au hasard soigneusement encadrées par des experts. Une convention uniquement destinée à contourner les corps intermédiaires notamment les associations environnementales qui travaillent les dossiers depuis des dizaines d’années. Alors qu’on ne connaît absolument pas la moindre mesure de cet pseudo convention nationale, Macron envisage déjà un référendum. Une curieuse conception de la démocratie.

 

Pour le moins, il aurait fallu attendre les orientations pour examiner ensuite les moyens de la faire valider démocratiquement et pas forcément par un référendum qui nécessairement va simplifier la problématique à l’extrême et même la caricaturer pour  obtenir le maximum de suffrages qui viseront surtout à renforcer la crédibilité la crédibilité politique d’un  Macron actuellement en berne. Il est clair qu’on peut obtenir 80 % de oui à une question du type pour ou contre une politique de régulation du climat.

 

On notera que Macron ne s’est pas aventuré à envisager un référendum à propos de la question sociétale des retraites. Qu’il a aussi reculé sur l’évolution des institutions en renonçant aussi à son référendum qui se résumait surtout à réduire le nombre de parlementaires. Une proposition qui aurait aussi recueilli un score  80 % de français favorables. Bref, le régime théocratique de Macron se confirme avec son  mépris des corps intermédiaires pour y substituer des formes de consultation directe qui renforce son pouvoir monarchique et théocratique.

Réforme Retraites: ce n’est pas le sujet urgent

Réforme Retraites: ce n’est pas le sujet urgent

 

 

 

Macron vient de commettre une erreur stratégique fondamentale en se trompant de réforme. L’urgence n’est pas  de définir ce que seront les retraites de ceux qui aujourd’hui ont 47 ou 57 ans et moins ( donc avec application en 2025 ou 2035). Ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France a la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 

 La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 ou 40 heures  et cela équilibrera les retraites et la balance commerciale qui accuse régulièrement un déficit de 50 à 60 milliards par an.

 Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités.

 

 De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important ( 6 à 8 millions de personnes ) comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions ( principe de la répartition). Jusqu’alors,  on a surtout raisonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 

 Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes, certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés.

 

On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 

 C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et l’ injustice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel.

 

Bref, comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

 

Le siècle du populisme (Rosanvallon)

Le siècle du populisme ( Rosanvallon)

le phénomène du populisme abordé de face par Pierre Rosanvallon (d’après le site philimag.com .)

«  On a pris l’habitude de la nommer, faute de mieux, le « populisme ». Elle fait beaucoup parler d’elle depuis qu’en Europe et ailleurs, elle a déferlé sur plusieurs démocraties et menace presque toutes les autres. Les réactions qu’elle suscite sont habituellement de deux ordres. Certains sont frappés de stupeur devant ce qui leur semble relever d’une aberrante régression, tant politique qu’intellectuelle. Ceux-ci ne cessent de nous avertir des graves dangers qui nous guettent. D’autres, au contraire, accueillent ce mouvement comme une aubaine et relancent la rhétorique de l’opposition entre le peuple et les élites – c’est le cas de Michel Onfray avec Grandeur du petit peuple chez Albin Michel qui rassemble ses chroniques sur les « gilets jaunes ». Ils y voient un sursaut salutaire de liberté et de justice qui offre l’occasion inespérée de reprendre un pouvoir confisqué par quelques privilégiés.

L’ouvrage de Pierre Rosanvallon obéit à une autre démarche : son ambition est d’élaborer la théorie politique qui manque à toutes les analyses du populisme et permet de l’inscrire dans l’histoire. Il s’agit, pour l’historien, de le prendre au sérieux et de l’observer dans sa spécificité : le populisme n’est pas un épiphénomène (ou un accident de parcours) dans la marche triomphante de la démocratie libérale – celle-là même que l’on a prise pour la forme achevée de la « fin de l’histoire » –, il redessine notre manière de concevoir et de faire de la politique. Et si le XXIe siècle était, effectivement, le siècle du populisme ?

Avant d’en arriver là, encore faut-il s’assurer que l’on parle d’une réalité unifiée. Or la difficulté est de taille tant les formes du populisme sont variées. Qu’y a-t-il de commun au Venezuela de Chavez, aux Philippines de Duterte, à la Hongrie d’Orbán, aux Brexiters et à tous les autres mouvements qu’on affuble du nom de populisme ? Donald Trump et Jean-Luc Mélenchon, même combat ? Pour tenter de mieux approcher cet « Objet Politique Non Identifié », Rosanvallon commence par en faire ce qu’il appelle l’« anatomie » et qu’il refuse de réduire à la seule logique de la distinction entre « eux » et « nous ». Parmi les caractéristiques qu’il relève : un goût pour l’expression directe qui va jusqu’à sacraliser le référendum, un rejet virulent de tous les corps intermédiaires (élus, médias, etc.) accusés d’éloigner les peuples des lieux de pouvoir, une défense du souverainisme ou, sur le plan économique, du national-protectionnisme.

De façon remarquable, l’auteur de La Contre-Démocratie (Seuil, 2006) précise que si le populisme est protestataire et « illibéral » – terme qu’il a lui-même employé –, cela ne signifie pas qu’il soit antidémocratique. En retrouvant ses filiations dans d’autres « moments populistes » français, notamment sous le Second Empire, Rosanvallon le théorise même comme une forme d’authentique expression de la démocratie et non comme une pathologie dont elle souffrirait. C’est à ce moment que les analyses de Rosanvallon sont les plus intéressantes, lorsqu’il réexamine les « indéterminations » de l’idéal démocratique, par exemple la notion de « peuple souverain », qui rendent ce régime structurellement « inachevé ». Si le populisme n’apporte que des réponses simplistes, il a au moins le mérite d’obliger la démocratie à se critiquer et à se réinventer. Au lieu de s’en remettre au référendum, qui n’offre selon lui qu’une souveraineté impuissante, Rosanvallon en appelle plutôt à complexifier la démocratie, à l’élargir, à la généraliser, à la démultiplier et à la rendre interactive sous la vigilance de « l’œil » du peuple (destiné à compléter sa « voix »). Le populisme, enfant terrible de nos démocraties désenchantées, pourrait finalement en être le ferment.

 

 

Aussi bien, avance le professeur honoraire au Collège de France, peut-être le populisme ne paraît-il insaisissable que parce qu’il relève d’un « nouveau langage », lequel est indispensable « pour qualifier une dimension inédite du cycle politique qui s’est ouvert au tournant du XXIe siècle ». Il s’emploie ainsi à repérer quelques-uns des traits caractéristiques du phénomène, davantage qu’il ne cherche à désigner une essence invariable : le populisme relève d’abord d’une dynamique plus ou moins fantasmée, selon les pays, de reprise du pouvoir sur une élite supposée corrompue par un peuple supposé vertueux ; une dynamique qu’il faut attraper en quelque sorte au vol, sans perdre de vue ses mutations, ses tendances, les perspectives qu’elle dessine. »

 

« Le Siècle du populisme. Histoire, théorie, critique », de Pierre Rosanvallon, Seuil, « Les livres du nouveau monde », 280 p., 22 €.

 

Réforme Retraites: Ce n’est pas le sujet fondamental

Réforme Retraites: Ce n’est pas le sujet fondamental

 

 

 

Macron vient de commettre une erreur stratégique fondamentale en se trompant de réforme. L’urgence n’est pas  de définir ce que seront les retraites de ceux qui aujourd’hui ont 47 ou 57 ans et moins ( donc avec application en 2025 ou 2035). Ce n’est pas l’âge de la retraite qu’il faut reculer mais le temps de travail qu’il faut augmenter. Notons que la France a la durée de travail annuelle la plus faible de l’Europe.  1646 heures travaillées, soit 434 heures de moins que la Roumanie !

 La solution, c’est de travailler plus longtemps tout au long de sa vie pour partir plus tôt, à 62 ans. Au lieu de travailler 35 heures, il faut travailler 37 heures et ça équilibrera les retraites et la balance commerciale qui accuse régulièrement un déficit de 50 à 60 milliards par an.

 Pour des questions démographiques et de justice, une réforme des retraites est indiscutablement nécessaire. Mais l’urgence n’est sans doute pas de retarder de manière uniforme l’âge de la retraite mais de travailler davantage tout au long de sa vie en tenant compte des spécificités du métier.  Le problème, c’est que la France a pris l’habitude d’enfiler les réformettes tous les cinq ans en moyenne sans s’attaquer aux questions de fond. Il y a forcément l’équilibre financier à trouver entre les actifs et les retraités.

 

 De ce point de vue, la France souffre d’un taux d’inactivité trop important ( 6 à 8 millions de personnes ) comparé aux autres pays . Ce sont en effet  les cotisations d’actifs qui permettent d’assurer le financement des pensions. Jusqu’alors,  on a surtout raisonné en termes de catégories professionnelles, d’entreprises et de secteurs. De sorte qu’on a fait l’amalgame entre les conditions de vie d’un employé dont le travail ne comporte pas de sujétion particulière avec celui d’un autre  salarié soumis à des conditions de travail difficiles ( charge physique, charge mentale, cadence, horaires, travail des dimanches et jours de fête etc.).

 Si une véritable réforme égalitaire devait intervenir, elle devrait prendre en compte les conditions individuelles de chaque salarié et non son appartenance à un secteur à une entreprise. À l’hôpital, tous les salariés sont loin d’être soumis aux contraintes d’un service d’urgence; à la SNCF nombre de postes ne justifient nullement une retraite anticipée par rapport à la norme;  chez les fonctionnaire en général s’ajoutent des conditions de travail généreuses à des sureffectifs. Certes certains métiers, dans certaines fonctions et dans certaines circonstances subissent des contraintes qui justifient un départ en retraite anticipé. Cette réalité ne doit toutefois pas servir d’alibi pour justifier la généralisation de cet avantage a la masse des autres salariés concernés. On objectera qu’un salarié peut au  cours de sa carrière changer de poste, certains plus difficiles que d’autres. Ce sont précisément ces sujétions particulières qui doivent être évaluées, prises en compte pour justifier un niveau de retraite particulier.

 C’est l’approche globale qui rend la réforme actuelle complètement confuse en même temps qu’injuste. Pour preuve , il y a une différence d’espérance de vie de 10 ans environ  entre certains ouvriers et des cadres. C’est la philosophie même du régime des retraites qui doit être mise en cause. L’approche méthodologique par secteur, statut, grande entreprise est complètement obsolète et nourrit l’inefficacité et la justice. Enfin pour éviter d’avoir à engager une réforme tous les cinq ans, il convient de prendre le temps d’organiser les inévitables transitions car on ne passe pas d’un système aujourd’hui particulièrement incohérent et inégalitaire à un système universel.

 

Bref comme sur beaucoup d’autres sujets, l’approche du gouvernement se caractérise par une grande incompétence technique et sociale. Enfin et peut-être surtout l’ urgence n’est sans doute pas le report uniforme de l’âge de la retraite mais l’augmentation du temps de travail tout au long de la vie. Ce qui permettrait de maintenir un âge de départ réel autour de 62 ans.

 

Société- rénovation démocratique: le tirage au sort ou la démocratie du caniveau

Société- rénovation démocratique: le tirage au sort ou la démocratie du caniveau

 

Face à l’usure indiscutable de la représentation la démocratie représentative certains comme Macron par exemple expérimentent l’idée du tirage au sort. Et certains déjà d’envisager une généralisation du système. La vérité c’est sans doute qu’il faut revivifier le concept de mandat des élus et ne pas le réduire au dépôt d’un bulletin -d’ailleurs souvent ambigu- dans une urne. Mais certains voit avec le tirage au sort un système à l’apparence révolutionnaire qui n’a d’autre but que de détruire tous les corps intermédiaires  qui gênent en fait la théocratie qui est en train de s’installer. Pour vivre, la démocratie délibérative ne peut produire de pertinence, d’efficacité et de justice sans un état de l’art préalable.

 

Aucun sujet économique, social, écologique technologique ou sociétal ne peut être abordé de manière un peu sérieuse sans une analyse préalable de la situation. Et sans participation des corps intermédiaires qui ont investi en recherche et expérience depuis des dizaines et des dizaines d’années. Faute de cela,  on aboutit directement à une discussion de bistrot ou à une manipulation des participants par les politiques et les technocrates.  Aujourd’hui, ce qui caractérise la crise, c’est sa complexité et les interactions entre les différents dimensions : économique, technologique, sociale, environnementale et sociétale. Second élément qui caractérise la période : le rythme des changements qui impose tout autant un rythme des d’évolution des connaissances.

 

Le tirage au sort ressemble un peu à ces enquêtes pseudo démocratiques faites  par les médias radio ou télé appelées encore radio trottoir, une forme de démocratie du caniveau qu’on voudrait faire prendre pour une enquête qualitative voire quantitative. Une véritable escroquerie ou plus exactement une caricature méthodologique. Pour répondre à la défiance, de plus en plus grande qui les vise, des responsables politiques de tous bords y voient le remède miracle. En 2017, pendant la campagne présidentielle, Benoît Hamon proposait d’introduire au Sénat des citoyens tirés au sort, Jean-Luc Mélenchon voulait ainsi composer une assemblée constituante chargée de réécrire la constitution et Emmanuel Macron proposait qu’un groupe de citoyens puisse chaque année auditionner le président de la République.

La dernière expérience concerne la convention citoyenne de 150 personnes tirées au hasard et qui doit en un mois définir une politique environnementale. Une convention bidon évidemment puisqu’elle sera largement noyautée par des politiques et des experts au service du  pouvoir; faute  de connaissance et l’expérience, la convention  approuvera forcément les orientations du gouvernement Bref, une belle manipulation démocratique sur fond de discussion de bistrot du coin.

 

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