Archive pour le Tag 'le'

Une crise politique qui accélère le déclin de la France

Une crise politique qui accélère le déclin de la France

Rarement les politiques auront été autant discrédités dans l’opinion. 10 % seulement des Français leur accordent leur confiance. La condamnation est générale et vise à peu près toutes les tendances politiques. Il faut dire que les responsables pour la plupart sont à la fois incompétents et sans courage. Sans parler de leurs contradictions permanentes. Dernier exemple en date le problème de la suspension de la réforme des retraites confirmée par le premier ministre Lecornu et immédiatement démentie par le président de la république qui pense encore avoir un pouvoir. Et de proposer un illusoire référendum qui n’aura jamais lieu.

À l’étranger comme en France qui croire? L’image du pays continue d’être affaiblie par ces déclarations et actions caractérisées par des contradictions permanentes. En toile de fond, il y a bien sûr l’élection présidentielle de 2027 qui brouille encore un peu plus la position des candidats. Ainsi chez les Républicains, c’est la guerre entre Wauquiez et Retailleau. Ce dernier s’est tiré une véritable balle dans le pied en expliquant tout l’intérêt de sa présence de son parti au gouvernement tant qu’il y était et qui maintenant prône l’inverse depuis son départ. Une vraie maladresse, une erreur politique qui signe en partie sa disqualification comme candidat de la droite.

Il faut aussi citer l’invraisemblable démolition de Macron par Édouard Philippe qui trouve le président désormais incompétent et demande son départ alors qu’il a servi la même politique quand il était premier ministre. Édouard Philippe il faut s’en souvenir qui par ailleurs a flingué la réforme des retraites par points avec son fameux concept d’âge pivot. Édouard Philippe sorte de cocktail Juppé-Macron qui par ailleurs sur la forme ne se caractérise par un grand charisme. À droite, c’est la lutte entre Wauquiez et Retailleau mais aussi des tentations permanentes de changer de camp ; certains soutiennent indirectement le gouvernement, d’autres sont tentés par un rapprochement avec le Rassemblement national sans parler de ceux qui souhaitent demeurer dans un superbe isolement. La gauche est affectée tout autant par les oppositions et les contradictions. Globalement deux lignes s’affrontent avec d’un côté les marxistes et de l’autre les sociaux-démocrates. Des marxistes qui veulent le communisme immédiatement avec le soutien d’une révolution utopique et irresponsable. Les Insoumis établissent d’ailleurs régulièrement ce calendrier de la révolution et se ridiculisent en même temps d’autant qu’ils y ajoutent des provocations et des postures indignes d’élus nationaux. Chez les écolos, on est davantage rouge que vert et en parle bien plus des questions politiciennes que de l’environnement avec là aussi quelques figures clownesques et provocatrices. Le parti socialiste quant à lui demeure divisé entre marxistes et réformistes. Toutes ces contradictions autorisent les uns et les autres à dire les plus grandes bêtises sur les réalités économiques, financières, mais aussi sociétales.

On objectera sans doute que ces responsables ont été élus, qu’ils sont légitimes. faut-il cependant préciser que dans toutes les fonctions électorales en moyenne il suffit aujourd’hui de 15 % voire moins au premier tour pour être élu au second. Ceci étant les Français ont aussi les politiques qui méritent. Des français qui pour une grosse majorité ne comprennent pas non plus grand-chose à la problématique économique et financière, le champ régalien le plus dévasté. Dans la plupart des études menées sur cet aspect on vérifie presque toujours que parmi les pays européens la France est en dernière position concernant la compréhension de ces questions. Les propositions d’impositions nouvelles fusent de partout alors que la France détient déjà le record de prélèvements obligatoires qui plombent la compétitivité de son économie.

La question est celle de la réduction des dépenses alors qu’on y répond surtout avec l’augmentation des impôts. Évidemment personne n’aura le courage de faire comme les Allemands qui ont introduit dans leur constitution la nécessité de l’équilibre du budget. Ce serait évidemment possible en France avec un calendrier réaliste et surtout du courage. La démagogie conduit par exemple en matière de retraite à envisager le retour à 62 ans voire à 60 ans alors que la démographie française s’écroule et forcément pèse sur les équilibres financiers des retraites mais aussi sur le reste. En effet l’autre problème dominant lié c’est le manque de travail évalué environ 15 % par rapport aux autres pays de l’Europe. Il s’agit du temps total travaillé tout au long de la vie. Si ces 15 % étaient atteints la France ne connaîtrait plus de problèmes financiers. Il y a cependant l’affaiblissement de la valeur travail qui ne cesse de s’étioler et rend cette perspective difficile à envisager.

Aussi la question de la dégringolade du niveau de formation du primaire au supérieur. Avec d’énormes dispersions autour de la moyenne médiocre. Avec tout en haut heureusement encore l’exceptionnelle performance dans les technologies, les sciences et la recherche mais aussi à l’autre bout du spectre une ignorance crasse des savoirs fondamentaux. Et des bacs pro par exemple distribués comme des poignées de mains qui ne valent même pas le certificat d’études primaires des années 30. Bref, les faiblesses françaises sont autant imputables à un monde politique hors-sol qu’à des citoyens qui préfèrent les sirènes de la démagogie aux vérités documentées.

Lecornu: le choix entre une ouverture sociale ou le chaos

Lecornu: le choix entre une ouverture sociale ou le chaos

À chaque changement de premier ministre, le champ des possibles se réduit au point maintenant de faire émerger la question de la destitution du président de la république. Bien entendu, l’intéressé n’a nullement l’intention de démissionner de son poste de président. Un départ par la fenêtre hypothèquerait gravement son avenir politique. Or Macron se voit encore en responsabilité soit en Europe, soi-même en France à partir de 2032. Pourtant avec un soutien maintenant limité à 17 % dans le dernier sondage, le chef de l’État est bien sûr toujours légitime mais politiquement complètement discrédité. Cela d’autant plus qu’en dépit d’absence de soutien démocratique, il continue dans beaucoup de domaines de prendre des initiatives contradictoires et contre-productives .

Le plus bel exemple étant sans doute il y a quelques temps ces heures interminables passées au téléphone avec Poutine alors que désormais il ne parle plus à l’intéressé sauf par la voix d’insultes réciproques.

On pourrait relever de nombreuses autres contradictions comme la politique menée en Afrique où désormais la France est remplacée par les Russes, les Chinois, les Indiens et d’autres. Il faut dire que dans ce domaine la politique diplomatique très aristocratique du Quai d’Orsay a contribué à déconsidérer notre pays. Pour parler clair, l’indigence de notre politique de développement porte une responsabilité dans le regard critique des africains et explique en partie le phénomène de l’immigration sauvage.

Le gouvernement et désormais acculé avec trois hypothèses. La première déjà évoquée mais peu vraisemblable : le départ prématuré de Macron qui s’accrochera à son fromage jusqu’au dernier moment. La seconde serait la dissolution de l’assemblée nationale. Une solution sans doute utile pour nettoyer la chambre des députés des clowns et autres gueulards fous  » Insoumis » . Pour autant le résultat des élections risque d’aboutir une nouvelle fois à une absence de majorité. Reste alors la solution sociale avec des concessions forcément de chacun. Dans une déclaration commune- les syndicats- unis pour une fois- réclament « la justice fiscale avec la mise en place de dispositifs qui taxent les très hauts patrimoines et contraigne au reversement des dividendes » et la conditionnalité sociale et environnementale des aides versées aux entreprises. Ils demandent aussi « l’abandon de l’âge de départ à la retraite à 64 ans ».

Les thèmes sont suffisamment larges pour trouver des compromis intelligents. Il faudra en effet prendre des mesures dans le sens d’une plus grande justice sociale et fiscale mais évidemment sans tuer une économie déjà bien malade des prélèvements obligatoires , de la dette et des normes. Restera le difficile totem des 64 ans. Pourquoi ne pas revenir au principe de la retraite à la carte ( en fonction des années de versement et de la pénibilité notamment). Le conclave était sur le point d’aboutir avant d’être fusillé d’une part par le Medef, d’autre part par Bayrou.

On objectera sans doute que des avancées sociales même significatives pourraient être combattues par les syndicats les plus radicaux type Sud. On sait depuis longtemps que ces syndicats ont davantage de préoccupations politiques que de finalités sociales. L’intérêt d’un tel accord serait de donner une vision pour un temps, de réduire des mécontentements souvent d’ailleurs contradictoires, de rassurer l’opinion nationale et internationale et de redonner confiance aux acteurs économiques. Cela éviterait au moins pour un temps d’éviter à la France le déclassement et le ridicule aux yeux du monde entier. Surtout si parallèlement tout est mis en œuvre pour soutenir l’essentiel à savoir la croissance et l’emploi.

La Chine, le vrai danger

La Chine, le vrai danger

À travers la 5G, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, ou encore la diplomatie des infrastructures, la Chine tisse une toile d’influence globale. Ce basculement géopolitique, discret mais profond, pourrait marquer l’avènement d’un « siècle chinois ». Face à cette dynamique, l’Europe doit réagir stratégiquement pour ne pas perdre pied dans le nouvel ordre mondial. Par Xavier Dalloz, Président de XD Consulting (*) dans la Tribune
Xavier Dalloz

La Chine n’est plus simplement une puissance émergente. Elle devient progressivement le cœur d’un nouvel ordre mondial, fondé sur l’innovation technologique, la projection économique globale et une vision stratégique de long terme. Tandis que l’Occident s’essouffle à défendre un ordre hérité de l’après-guerre, Pékin, lui, avance méthodiquement, sans fracas, mais avec constance, construisant les conditions d’une domination structurelle. Pour les dirigeants économiques, ignorer ce basculement serait une faute stratégique majeure.

L’expression de « siècle chinois » incarne plus qu’un slogan géopolitique : elle suggère l’avènement d’un XXIe siècle où la Chine, forte de son potentiel économique, technologique et diplomatique, dépasse les États-Unis et redessine les équilibres globaux.

Ce repositionnement chinois s’est opéré discrètement mais profondément. Plutôt que de réagir frontalement à la guerre commerciale lancée par Washington, Pékin a choisi la voie de la consolidation stratégique.

Alors que les tensions douanières entre les États-Unis et la Chine monopolisaient l’attention médiatique, Pékin poursuivait en réalité un agenda stratégique beaucoup plus ambitieux. Loin des projecteurs, la Chine consolidait ses positions sur plusieurs fronts technologiques, industriels et diplomatiques essentiels à sa montée en puissance globale.

Premier front : le déploiement de la 5G. Alors que les discussions publiques étaient dominées par les taxes à l’importation, la Chine installait silencieusement l’infrastructure numérique de demain. Grâce à des géants comme Huawei et ZTE, elle a rapidement pris l’ascendant sur ses concurrents en déployant des réseaux 5G sur l’ensemble de son territoire, mais aussi à l’étranger, notamment en Afrique et en Asie. Ce contrôle sur l’ossature des communications numériques mondiales lui offre un levier stratégique décisif, à la fois économique et sécuritaire.

Deuxième front : l’intelligence artificielle. Pékin a fait de l’IA une priorité nationale. Avec son plan « China AI 2030″, la Chine investit massivement dans la recherche, les infrastructures de calcul, et l’application de l’intelligence artificielle dans tous les domaines – de la santé à la sécurité, en passant par les services publics. En combinant une immense quantité de données, une politique centralisée d’investissement et une absence relative de contraintes éthiques, elle se positionne en véritable concurrent des États-Unis pour la suprématie algorithmique mondiale.

Troisième front : les semi-conducteurs. Consciente de sa dépendance vis-à-vis des technologies américaines et taïwanaises, la Chine a engagé une course à l’autonomie dans la production de puces électroniques. En investissant des centaines de milliards de yuans et en soutenant des acteurs nationaux comme SMIC, Pékin cherche à maîtriser cette brique technologique essentielle à tous les secteurs d’avenir : intelligence artificielle, défense, télécommunications, automobile.

Quatrième front : la diplomatie des infrastructures. À travers son projet phare des « Nouvelles Routes de la Soie » (Belt and Road Initiative), la Chine redessine les flux économiques mondiaux. En finançant et construisant des ports, des chemins de fer, des autoroutes, mais aussi des réseaux numériques dans des dizaines de pays, elle tisse un réseau d’interdépendances profondes. Cette stratégie ne repose pas sur la conquête militaire, mais sur l’investissement et la logistique.

Cinquième front : la constitution d’un nouvel ordre économique. La Chine ne se contente plus de jouer dans le système établi par l’Occident – elle s’efforce d’en créer un autre. En s’associant avec les BRICS, en menant le plus grand accord commercial du monde (RCEP), en multipliant les partenariats stratégiques en Afrique et en Amérique latine, elle bâtit une sphère d’influence alternative.

Ainsi, pendant que les États-Unis et l’Europe débattaient de droits de douane et de déficits commerciaux, la Chine avançait avec méthode sur les véritables terrains de la puissance structurelle. Cette progression n’a rien de spectaculaire ni de tapageur. Elle est patiente, méthodique, silencieuse — mais potentiellement irréversible.

Ce basculement géopolitique n’a rien de spectaculaire. Il s’opère sans fracas, de manière discrète mais irrémédiable. Il prend forme à travers des investissements stratégiques massifs en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Il se manifeste par la création d’institutions financières alternatives au FMI et à la Banque mondiale, par l’internationalisation progressive du yuan, et par le déploiement d’un écosystème technologique complet, pensé pour échapper aux dépendances occidentales.

Face à cette dynamique, les initiatives d’innovation portées par l’Europe doivent impérativement produire un avantage concurrentiel durable. Cela ne pourra se faire uniquement par des aides publiques ou des subventions ponctuelles. Elles doivent s’appuyer sur une véritable planification technologique stratégique, cohérente et visionnaire. Cette planification devra atteindre un niveau de sophistication supérieur à celui de la Chine, intégrant la maîtrise des chaînes de valeur, l’anticipation des ruptures scientifiques et la capacité à structurer des écosystèmes d’innovation pérennes.

______

(*) Xavier Dalloz dirige depuis plus de 30 ans le cabinet Xavier Dalloz Consulting (XDC), spécialisé dans le conseil stratégique sur l’intégration des nouvelles technologies dans les entreprises. Il enseigne également à l’ICN Business School, partageant son expertise avec les futurs leaders du numérique. Parmi ses engagements récents, il a co-organisé le World Electronics Forum (WEF) à Angers en 2017, Grenoble en 2022 et Rabat en 2024. Il a également introduit et animé le WEF lors du CES 2023 à Las Vegas, à la demande de la CTA.

Xavier Dalloz

Droits de douane US: le silence coupable de Macron

Droits de douane US: le silence coupable de Macron

Le bavard président cette fois se montre particulièrement discret après la catastrophe historique des droits de douane imposée unilatéralement par l’Amérique à l’Union européenne. La responsabilité de Macron est immense. D’abord sa gestion depuis 2017 a provoqué le déraillement des finances publiques avec une augmentation de l’ordre de mille milliards et un taux de 114 % du PIB.

Cette détérioration des équilibres financiers a considérablement affaibli la voix de la France au sein de l’Europe et plus généralement au plan mondial. Pour obtenir cependant la bienveillance des autorités européennes Macron a sacrifié Thierry Breton commissaire européen à la demande de l’incompétente présidente Von der Leyen. Une présidente qui au contraire de Thierry Breton s’est laissée séduire par les sirènes fiscales américaines. En dépit de finances publiques catastrophiques, la France a pu limiter les critiques et les sanctions de l’Europe.

En compensation Macron a renouvelé son soutien à Von der Leyen et sacrifié Thierry Breton le commissaire européen le plus compétent et le plus combatif. L’affaiblissement de la France sur le plan économique, financier mais aussi politique a discrédité la voix du pays. Trump affirme non sans raison que ce que dit Macron ne compte pas. Sa voix ne compte plus au plan intérieur car ses soutiens se limitent à autour de 20 %. Elle ne compte pas davantage au plan international où ses gesticulations tant en Ukraine qu’au Moyen-Orient ne peuvent que créer que désillusions.

On peut cependant imaginer que l’intéressé va vouloir meubler et dissimuler sa responsabilité avec une nouvelle proposition bidon type moulin-à-vent ou Convention européenne de quelque chose et surtout de rien. Exemple un vaste emprunt européen pour lancer l’économie européenne mais en réalité surtout pour boucher les trous financiers du pays ou une pseudo réforme de l’Europe.

Entreprises : ouvrir le capital aux salariés

Entreprises : ouvrir le capital aux salariés

L’actionnariat salarié, levier essentiel de performance et d’engagement, fait encore face en France à un certain nombre d’obstacles qui freinent son développement. Attribuer des actions aux salariés permet pourtant de réaliser leur véritable association – au capital, aux résultats et à la gouvernance – au devenir de leur entreprise. Par Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange (*)
dans la Tribune

Sur la pelouse de Bagatelle, le 1er mai 1950, le général de Gaulle appelait à bâtir « l’association des hommes, de leurs intérêts, de leurs capacités ». C’est ainsi qu’il a été à l’initiative du partage de la valeur au travers de la participation et de l’intéressement.

Soixante-quinze ans plus tard, compte tenu de l’évolution des entreprises, cette association apparait incomplète. En dépit des bonnes intentions affichés par nos gouvernants pour démocratiser l’actionnariat salarié (Ordonnance de 1986, Loi TEPA (2007), Loi Florange (2014), Loi PACTE (2019)), la pleine participation des salariés aux droits auxquels ils peuvent prétendre en tant détenteurs d’actions, reste toujours entravée par des règles qui limitent la portée des initiatives du législateur.

L’actionnariat salarié dispose d’un atout majeur par rapport aux autres modalités du partage de la valeur : là où la participation et l’intéressement récompensent la réalité d’aujourd’hui et sont ainsi adaptés à une société « constante » du travail accompli, l’actionnariat salarié récompense une espérance de gains, la dynamique et l’avenir. Il est donc en phase avec notre époque où les enjeux opérationnels ne cessent de de se modifier. La qualité d’actionnaire génère pour le salarié un engagement supplémentaire dans la compréhension des enjeux stratégiques (la constante augmentation de la participation aux élections liées à l’actionnariat salarié en est l’illustration) et l’acquisition d’une culture financière (pour appréhender les enjeux de la bonne marche de l’entreprise). Reste encore un effort à fournir pour obtenir le bénéfice d’un actionnariat salarié.

Lever les blocages qui nuisent aux droits des salariés actionnaires
Une grande Loi sur l’actionnariat salarié permettrait à celui-ci de jouer pleinement complètement son rôle dans l’entreprise. Quelques mesures simples à mettre en place pourraient y figurer :

Garantir la présence d’un nombre de représentants des personnels actionnaires au Conseil d’administration de l’entreprise à proportion du capital détenu (au lieu d’un seul au-dessus de 3%)

Donner la personnalité morale aux FCPE (comme pour les SICAVS) qui gèrent l’épargne salariale pour qu’ils puissent être représentés en tant que tel dans les conseils d’administration sans forcément avoir à passer par la nomination d’une personne physique et qu’ils puissent ester en justice pour faire valoir les droits des porteurs de parts qu’ils représentent sans passer par le gestionnaire du fonds.
Assurer l’autonomie des représentants du personnel actionnaire dans le choix du gestionnaire des actions détenues, et interdire la transmission du nombre d’actions détenu par chaque salarié à la Direction de l’entreprise, dans le FCPE. Ce qui éviterait l’ingérence trop fréquente des Directions.

L’actionnariat salarié peut être un puissant outil de démocratie et de gouvernance dans l’entreprise mais il doit aussi s’envisager comme outil de justice : en obligeant par exemple les entreprises à distribuer des actions gratuites aux salariés si elles en distribuent aux dirigeants ou en imposant que l’abondement doit être versé sans contribution des salariés. Les plus fragiles seraient ainsi automatiquement associés.

Alors que le travail ne paie plus assez, que le sens du travail se trouble, que le sentiment d’appartenance des salariés à leur entreprise se réduit, le développement et surtout l’amélioration de l’actionnariat salarié est une voie qui mérite d’être étudiée pour que chacun trouve dans son travail « sa place, sa part et sa dignité » (Charles de Gaulle).

_____

(*) Sébastien Crozier est administrateur d’Orange représentant les membres du personnel. Il est par ailleurs président de la CFE-CGC Orange. Au sein du groupe Orange, il est Senior vice-président en tant que Directeur du Mécénat Public. Il rejoint France Télécom Multimédia en 1994 afin de préparer le lancement des services en ligne et à ce titre il participe au lancement de Wanadoo.À partir de 1998, il fonde plusieurs start-ups dans le domaine de la publicité on-line et de la fourniture d’accès à Internet en tant qu’opérateur télécom avec plus de 1,3 million de clients sous les marques Fnac, M6 et Société Générale. À la suite de leur acquisition en 2001 par France Télécom (devenue Orange), il réintègre le Groupe et se voit confier la responsabilité de la direction de la stratégie et de l’innovation d’une partie de la branche entreprises en 2003. Il a dirigé pour le compte du groupe Orange, plusieurs filiales en France et à l’étranger, en Afrique et Amérique latine, en tant que Directeur du développement international.Il est également président d’honneur de l’ADEAS (Association pour la Défense de l’Épargne et de l’Actionnariat Salariés).Lors de la campagne présidentielle de 2001-2002, il est conseiller permanent logistique et nouvelles technologies de Jean-Pierre Chevènement. Il est vice-président de la Fondation Reconnue d’Utilité Publique Le Refuge.Sébastien Crozier a fait ses études d’ingénieur à l’École Supérieure d’Ingénieurs en Électrotechnique et Électronique (ESIEE) et au Karlsruher Institut für Technologie (KIT) dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Face au risque de guerre: le retour du service militaire

Face au risque de guerre: le retour du service militaire

Experts militaires et politiques se sont finalement entendus pour supprimer le service militaire. La principale raison avancée étant la sophistication des équipements de l’armée et des technologies remplaçant les hommes. Le problème , c’est que dans des conflits récents on s’aperçoit que la place des hommes est essentielle à côté des armes plus sophistiquées. C’est évidemment le cas en Ukraine où la question des forces humaines est fondamentale. C’est encore le cas en Israël. C’était encore le cas en Afrique où nous sommes partis surtout par suite de manques d’effectifs pour laisser la place aux amis dictateurs de Poutine.

En dernier ressort après utilisation des nouveaux équipements, l’infanterie termine le plus souvent le travail. En France, on a même supprimé le service militaire qui par ailleurs était un outil facilitant l’appropriation des valeurs républicaines et de la discipline. La France dispose d’une armée très complète dans tous les domaines mais c’est une miniature d’armée. Elle dispose seulement 160 000 hommes. En une semaine, elle serait balayée par les forces extérieures russes ou autres. Il faudrait disposer de 5à 10 fois plus de soldats disponibles et formés.

Le pays est confronté à deux types de risques. Le risque extérieur avec les menaces réitérées notamment de la Russie qui envahit pays par pays aux portes de l’union européenne. Aussi un risque intérieur avec le développement du terrorisme islamique.

Un service de l’ordre de six mois minimum est indispensable pour former des soldats. Pour assurer la sécurité intérieure mais y compris pour intervenir sur le théâtre des opérations extérieures si nécessaire. On mesure bien en effet toutes les limites de la guerre dite technologique. La principale menace aujourd’hui, c’est le terrorisme qui sévit dans le monde entier ; de ce point de vue les armes sophistiquées notamment aériennes sont insuffisantes pour lutter avec efficacité contre ce périple.

Au plan intérieur, ces armes sophistiquées sont à peu près inopérante et la stratégie doit reposer sur la présence physique de forces de surveillance et de protection.

La problématique n’est pas seulement sécuritaire elle est aussi sociétale pour permettre le brassage des populations et une meilleure appropriation des valeurs citoyennes.

Face à l’explosion de la menace terroriste en 2015, l’idée de rétablir un service militaire ou un dispositif similaire était revenue dans l’actualité . Certains réclamaient un service obligatoire de 6 mois.

Le piège mortel de la dette

Le piège mortel de la dette

On augmente les dépenses de l’État de 56,6% du PIB en 2024 à 56,8% en 2025 ; on pense qu’elles franchiront cette année 57% du PIB, soit le record des pays développés. La moyenne de la zone euro est de 50% ; celle de l’UE est de 49,2%. Comment fait le gouvernement pour augmenter encore la dépense de l’État malgré ses difficultés financières ? C’est simple, il augmente l’emprunt public (345 milliards d’euros) ; il augmente les impôts (le budget 2025 prévoit 26,2 milliards d’euros d’impôts supplémentaires). par Dominique Reynié sur radio France .

Les intérêts de la dette que nous payons chaque année aux prêteurs de l’État atteindront 70 milliards d’euros en 2025, soit en gros la moitié du déficit.

L’État est pris dans un piège mortel.

Sa dette qui représentait 22% du PIB en 1981 dépasse aujourd’hui 115%.

Nos gouvernants ont été incapables de réduire les dépenses de l’État.

Même quand ils avaient de solides majorités parlementaires, ils ne l’ont pas fait.

C’est cette incapacité qui inquiète les institutions qui prêtent à l’État
Ce qui les rassurait jusqu’à présent, c’était la capacité de coercition qu’avait l’État pour lever l’impôt.

Mais c’est fini. Depuis une quinzaine d’années, chaque augmentation d’impôts suscite une protestation grandissante, voire une forme d’insurrection, comme lors de la crise des Bonnet rouges, en octobre 2013, ou les Gilets jaunes, en novembre 2018.

La préparation du budget 2025 vient également de le montrer ; les patrons des entreprises françaises championnes du monde ont averti devoir choisir entre le maintien de leurs performances et leur présence en France.

De même, à l’autre bout, les auto-entrepreneurs ont menacé le gouvernement d’une mobilisation, le conduisant aussitôt à retirer son projet d’augmenter la pression fiscale sur leur activité.

Comment rétablir nos finances publiques quand l’augmentation des impôts n’est plus acceptée et que les gouvernants demeurent incapables de réduire les dépenses de l’État ?

Il est impérieux de trouver la solution à ce casse-tête si nous voulons éviter la faillite de l’État. Mais qui s’y risquera à deux ans de la présidentielle ?

Droits de douane américains sur le Canada : 35 %

Droits de douane américains sur le Canada : 35 %

Trump annonce 35% de surtaxes douanières sur les produits canadiens à partir du 1er août. Un chiffre qui pourrait éclairer les prochaines orientations américaines concernant la taxation des importations de l’union européenne vers les USA.

Lee président américain a également annoncé jeudi qu’il comptait envoyer une missive du même ordre à l’Union européenne «aujourd’hui ou demain».

Donald Trump a annoncé jeudi 10 juillet qu’il comptait imposer 35% de surtaxes douanières sur les produits canadiens à partir du 1er août, dans la plus récente de sa vingtaine de lettres adressées à des partenaires commerciaux à travers le monde depuis lundi.

Le président américain a précisé que ces droits de douane viendront s’ajouter à ceux imposés à des secteurs d’activité particuliers, tels que l’acier et l’aluminium ou l’automobile. Il s’agit de deux des principales exportations canadiennes vers les États-Unis, premier partenaire commercial d’Ottawa.

Coupe du monde des clubs : le PSG écrase le Real Madrid 4 à 0

Foot- Coupe du monde des clubs : le PSG écrase le Real Madrid 4 à 0

Les champions d’Europe parisiens viennent d’écraser le Real de Madrid lors de la Coupe du monde des clubs. Les joueurs de Luis Enrique ont étouffé immédiatement Kylian Mbappé et ses coéquipiers, en inscrivant deux buts coup sur coup dans les 10 premières minutes de la partie.

Fabian Ruiz (6e) d’abord, puis Ousmane Dembélé (9e), ensuite ont profité des errements de la défense centrale madrilène.

Diplôme:  » le bac actuel est inutile et couteux « 

Diplôme:  » le bac actuel est inutile et couteux  »

Anne Coffinier, présidente de l’association “Créer son école” et fondatrice de la Fondation Kairos pour l’innovation éducative sous l’égide de la l’Institut de France dans L’express

« Sauf à ce que l’État le réforme drastiquement, le bac actuel est inutile et couteux. Pourquoi inutile ? Car le niveau du bac est dévalorisé à tel point qu’il n’est plus sélectif. Or, à la base, il est fait pour sélectionner les jeunes qui rentreront dans l’enseignement supérieur. Cet objectif n’est aujourd’hui plus satisfait. Les établissements du supérieur ne recrutent d’ailleurs plus sur les notes et les qualités des élèves mais en fonction de la réputation et de la localisation des lycées. C’est profondément discriminant et dramatique pour les jeunes. De plus le bac Blanquer augmente les inégalités territoriales entre les élèves. Pour des raisons évidentes de coût, tous les lycées ne proposent pas toutes les options. Cela a évidemment un impact pour les inscriptions sur Parcoursup.

Pour sortir de ce système, toute une partie de l’élite passe d’ailleurs le bac international. Comme le bac ne vaut plus rien, de plus en plus de familles font d’ailleurs passer des tests, en maths par exemple, afin d’évaluer le réel niveau de leurs enfants. On m’opposera que le bac est un rituel républicain. Or selon moi, conserver le bac tel qu’il est aujourd’hui est pire que tout. C’est même consacrer le mensonge. On le sait, les notes des épreuves du bac sont harmonisées et tirées vers le haut. Les lycées augmentent également les notes du contrôle continu. Tout ceci rend le système de notations totalement inutile.

L’idée même d’apprendre est complètement dévalorisée. Ce qui compte c’est uniquement d’avoir de bonnes notes. De plus, il y a de la triche lors des examens. Les lycéens obtiennent leur bac dans des conditions moralement faussées. Démocratiquement, c’est grave. Et puis, l’organisation des épreuves du bac coûte très cher. Sans oublier, l’impact sur la scolarité des élèves de seconde et de première. Entre mai et juillet, ils perdent a minima un mois et demi de travail. En résumé, le bac est aujourd’hui un joli nœud sur une boite pour couronner des études dans le secondaire mais il ne vaut plus rien ».

Le roi Macron à Westminster !

Le roi Macron à Westminster !


Une visite d’État du président français chez nos voisins britanniques. Une visite qui ne sert pas grand chose puisque ni Charles III ni Macron n’ont le moindre pouvoir. Et Macron qui se verrait bien lui aussi couronné puisqu’il envisage de se représenter en 2032 et en 2039. Il rêve sans doute d’un sacre à Chartres qui lui éviterait les contingences pénibles d’une démocratie.

Faute de de vrais enjeux concernant cette rencontre coûteuses , Macon se réfugient dans les banalités : C’est « un moment important pour nos nations » et « c’est aussi un moment important pour notre Europe », a dit le président français en posant le pied sur le sol anglais. En estimant qu’il fallait « ouvrir de nouvelles voies de coopération respectueuses de nos intérêts réciproques ».

Iran : le pouvoir discrédité

Iran : le pouvoir discrédité

« Si le sentiment patriotique a toujours été fort en Iran, la rupture est si profonde que le régime ne peut plus rallier la nation autour de lui »

par Farid Vahid

Codirecteur de l’Observatoire de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès

Prise en étau entre ses dirigeants et les frappes d’Israël, la population est condamnée à une attente fataliste. Dans une tribune au « Monde », le politiste Farid Vahid estime que le pire scénario serait le maintien d’un pouvoir affaibli qui se vengerait sur son peuple, tandis que l’économie plongerait au plus bas.

Si la menace d’une potentielle militarisation du programme nucléaire iranien a été présentée par le gouvernement israélien comme la principale justification de ses frappes contre l’Iran, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, est motivé à l’évidence par d’autres raisons, qui dépassent la seule question du nucléaire. En frappant les bases militaires, les infrastructures énergétiques ou encore le siège de la radiotélévision à Téhéran, il est clair que le but recherché n’est plus seulement l’arrêt du programme nucléaire, mais un effondrement du régime iranien.

Les attaques terroristes du 7-Octobre perpétrées par le Hamas ont paradoxalement déclenché une longue descente aux enfers pour le régime iranien. Avec la quasi-destruction des capacités militaires du Hamas à Gaza, l’affaiblissement du Hezbollah au Liban et la chute du régime de Bachar Al-Assad en Syrie, la République islamique d’Iran se trouvait dans une position particulièrement vulnérable. A cela s’ajoutent une rupture profonde entre la population iranienne et les dirigeants, ainsi que la crise économique majeure qui touche toutes les couches de la société, à l’exception des oligarques proches du pouvoir. C’est dans ce contexte que les dirigeants israéliens ont sans doute vu une occasion en or pour se débarrasser de leur ennemi juré, voire pour dessiner les contours d’un nouveau Moyen-Orient.

L’armée israélienne obtient par ses attaques des gains tactiques majeurs, il est en revanche moins certain que, sur le plan politique, les choses évoluent de la même manière. Dans l’hypothèse où l’armée israélienne poursuivrait et intensifierait ses frappes dans les semaines à venir contre les centres du pouvoir et les hauts dignitaires iraniens, y compris l’ayatollah Ali Khamenei, ou contre des infrastructures civiles telles que l’industrie pétrochimique, la probabilité d’une chute du régime deviendrait de plus en plus élevée. S’il est vrai qu’une majorité écrasante de la population iranienne aspire à l’instauration d’un régime démocratique et libéral, il ne faut pas écarter pour autant le risque d’un chaos.

Conclave retraites : ultime réunion le 23 juin

Conclave retraites : ultime réunion le 23 juin


Le conclave sur les retraites entre partenaires sociaux, impulsé par François Bayrou, n’a pas trouvé d’issue mardi 17 juin, date butoir initiale de la concertation. En réaction, la CFDT et CFTC ont annoncé une ultime réunion, prévue le 23 juin. De son côté, le ministère du Travail a confirmé à France Télévisions qu’il n’y a « pas d’accord » et que les discussions se prolongeront la « semaine prochaine ».

Les syndicats veulent en particulier obtenir que la pénibilité et l’usure soient prises en compte pour pouvoir partir avant 64 ans, l’âge légal fixé par la réforme Borne de 2023. Et les représentants des salariés accusent le patronat de privilégier la reconversion plutôt que les départs anticipés en cas d’usure professionnelle.

Guerre Iran: Le double objectif de Nétanyahou difficile à atteindre

Guerre Iran: Le double objectif de Nétanyahou difficile à atteindre

Israël intensifie ses frappes contre les installations nucléaires iraniennes, dans une offensive qui pourrait s’inscrire dans la durée. Les objectifs sont clairs : démanteler le programme nucléaire et affaiblir, voire faire chuter, le pouvoir en place à Téhéran. Cette escalade compromet les espoirs suscités par les récentes avancées diplomatiques, et son issue demeure incertaine.

par Ian Parmeter
Research Scholar, Middle East Studies, Australian National University dans The Conversation

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déclaré que l’attaque d’Israël contre les installations nucléaires iraniennes pourrait durer au moins deux semaines.

Le timing de cette opération militaire ne doit rien au hasard. De toute évidence, l’armée et les agences de renseignement d’Israël ont élaboré une campagne méthodique, dont chaque étape a été méticuleusement pensée.

Les forces israéliennes se sont d’abord concentrées sur l’élimination de plusieurs hauts responsables militaires et scientifiques iraniens et, élément tout aussi important, sur la destruction de la quasi-totalité des défenses aériennes de l’Iran.

Désormais, les avions israéliens peuvent non seulement opérer librement dans l’espace aérien iranien, mais aussi se ravitailler en vol et déposer davantage de forces spéciales sur des sites clés afin de réaliser des bombardements ciblés et des attaques contre des installations nucléaires dissimulées ou fortement protégées.

Dans les déclarations publiques qu’il a faites depuis le début de la campagne, Nétanyahou a mis en avant deux objectifs clés : détruire le programme nucléaire iranien, et encourager le peuple iranien à renverser le régime. Ces deux objectifs en tête sont-ils réalisables ? Passage en revue des scénarios possibles.

Des centrifugeuses alignées dans l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, qui a été endommagée par les frappes israéliennes. Islamic Republic Iran Broadcasting, IRIB/AP
Un retour aux négociations semble aujourd’hui difficile
L’envoyé spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, devait participer dimanche, avec ses homologues iraniens, à une sixième série de pourparlers, destinés à conclure un accord qui remplacerait le JCPOA, texte signé sous l’administration Obama en 2015 et dont Trump s’était retiré durant son premier mandat en 2018, alors même que l’Iran semblait jusqu’alors se conformer à ses termes.

Opposé à l’accord de 2015, Nétanyahou n’a cessé de répéter qu’il ne croyait pas que l’Iran souhaitait sincèrement parvenir à un nouvel accord.

Dès lors, accepter que la campagne actuelle de bombardements israéliens débouche sur un accord sur le nucléaire iranien, quels qu’en soient les termes, constituerait pour Nétanyahou un recul majeur. Ce qu’il veut, c’est neutraliser totalement l’Iran et, ce faisant, redorer son image de leader capable d’assurer la sécurité d’Israël, une image profondément écornée par le massacre commis par le Hamas le 7 octobre 2023.

Même si Trump continue de presser l’Iran de conclure un accord sur son programme nucléaire, la réalité est que les négociations sont aujourd’hui au point mort. Et rien n’indique que Trump soit capable de convaincre Nétanyahou à mettre fin à ses bombardements pour laisser une chance aux pourparlers.

La destruction du programme nucléaire iranien impliquerait la destruction de tous les sites connus, y compris l’installation d’enrichissement d’uranium de Fordo, située à environ 100 kilomètres au sud de Téhéran.

Selon Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), cette installation se trouve à environ 800 mètres sous terre, au-dessous d’une montagne. Elle est probablement hors de portée même des « bombes anti-bunker » dont disposent les États-Unis.

Certes, les entrées et les conduits de ventilation de l’installation pourraient être obstrués en provoquant des glissements de terrain. Mais ce ne serait qu’une solution temporaire.

Détruire complètement Fordo nécessiterait une intervention au son des forces spéciales israéliennes. C’est certainement possible, au vu des succès enregistrés par Israël en matière d’infiltration d’agents en Iran. Toutefois, il est loin d’être certain que l’ampleur des dégâts causés à l’installation soit suffisante à la rendre définitivement inopérante et impossible à reconstruire.

La destruction des centrifugeuses nucléaires iraniennes, indispensables à l’enrichissement de l’uranium pour la fabrication d’une bombe, ne constituerait qu’une étape dans le démantèlement du programme nucléaire du pays. Israël devrait également éliminer les réserves d’uranium de l’Iran déjà enrichies à 60 %. Téhéran pourrait fabriquer jusqu’à dix bombes nucléaires s’il portait l’enrichissement à 90 %.

Mais les services de renseignement israéliens savent-ils où se trouvent ces réserves ?

L’effondrement du régime iranien est certainement possible, d’autant plus qu’Israël a éliminé plusieurs des plus hauts responsables militaires iraniens depuis le début de ses attaques vendredi, y compris les chefs des Gardiens de la révolution islamique et des forces armées iraniennes.

Les manifestations anti-régime qui se sont succédé au fil des années, plus récemment celles issues du mouvement « Femmes, Vie, Liberté » après la mort en garde à vue d’une jeune Iranienne, Mahsa Amini, en 2022, ont montré à quel point le régime est impopulaire.

Pour autant, le régime a survécu à de nombreux défis depuis son accession au pouvoir en 1979, notamment la guerre contre l’Irak dans les années 1980 et les sanctions massives qui lui ont été imposées par les pays occidentaux au cours de ces dernières décennies. Il a notamment développé des systèmes de sécurité remarquablement efficaces qui lui ont permis de rester en place.

Une autre incertitude à ce stade est de savoir si les attaques israéliennes contre des cibles civiles pourraient provoquer un effet de rassemblement patriotique (« ralliement autour du drapeau ») parmi les Iraniens.

Nétanyahou a déclaré ces derniers jours qu’Israël disposait d’indications selon lesquelles les derniers hauts responsables du régime étaient en train de « faire leurs valises » en vue de fuir le pays. Mais il n’a fourni aucune preuve à cet égard.

Des flammes et de la fumée s’élèvent d’un entrepôt de pétrole à Téhéran après une frappe israélienne. Abedin Taherkenareh/EPA
Les États-Unis, un acteur central du conflit
Les États-Unis pourraient-ils s’impliquer dans les combats ?

Cela ne peut être exclu. L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU a directement accusé Washington de complicité dans les frappes israéliennes.

Cela est presque certainement vrai, compte tenu du partage étroit de renseignements qui existe entre les États-Unis et Israël. De plus, des républicains influents, comme le sénateur Lindsey Graham, ont exhorté Trump à ordonner aux forces américaines d’aider Israël à « terminer le travail ».

Trump serait probablement réticent à le faire, surtout compte tenu de ses critiques envers les « guerres sans fin » des administrations états-uniennes précédentes. Mais si l’Iran ou des forces pro-iraniennes devaient attaquer une base ou un site militaire américain dans la région, la pression sur Trump pour qu’il riposte s’intensifierait.

Un autre facteur est que Trump souhaite probablement que la guerre se termine le plus rapidement possible. Son administration sait que plus un conflit s’éternise, plus il devient probable que des éléments imprévus apparaissent.

La Russie pourrait-elle s’impliquer aux côtés de l’Iran ? À ce stade, c’est peu probable. La Russie n’est pas intervenue en Syrie à la fin de l’année dernière pour tenter de sauver le régime d’Assad en déliquescence. Par ailleurs, elle est déjà très occupée par la guerre en Ukraine.

Moscou a critiqué l’attaque israélienne au moment de son lancement, mais semble ne pas avoir pris de mesures pour aider l’Iran à se défendre.

Quant aux puissances régionales que sont l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, elles n’ont aucun intérêt à plonger dans ce conflit, bien qu’elles disposent d’un important arsenal d’équipements militaires américains. Ces dernières années, les monarchies arabes du Golfe ont engagé un rapprochement avec l’Iran, après des décennies d’hostilité ouverte. Personne ne voudrait mettre ce réchauffement en danger.

Incertitudes majeures
Nous ne connaissons pas l’étendue de l’arsenal de missiles et de roquettes dont dispose Téhéran. Dans sa riposte initiale aux frappes israéliennes, l’Iran a réussi à submerger partiellement le système de défense aérienne Dôme de fer, causant des pertes civiles.

Si cela continue et que le nombre de victimes civiles augmente rapidement, les Israéliens, déjà mécontents de Nétanyahou à cause de la guerre à Gaza, pourraient commencer à se demander s’il a eu raison de déclencher un nouveau conflit.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Bien qu’il soit trop tôt pour disposer de sondages d’opinion fiables, la majorité des Israéliens applaudissent presque certainement l’action de Nétanyahou pour affaiblir le programme nucléaire iranien. De plus, ce dernier a menacé de « brûler » Téhéran si l’Iran cible délibérément des civils israéliens.

Nous pouvons être certains que l’Iran ne réserve aucune surprise. Israël a sérieusement affaibli ses alliés, le Hezbollah et le Hamas. Ils sont clairement dans l’incapacité d’aider l’Iran par des attaques de diversion.

La grande question est de savoir ce qui se passera après la guerre. L’Iran retirera presque certainement sa signature du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et interdira toute nouvelle inspection de ses installations par l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Israël pourra probablement détruire les installations nucléaires iraniennes existantes, mais la question n’est pas de savoir si l’Iran les reconstituera, mais quand cela se produira.

La probabilité que l’Iran tente d’obtenir une bombe nucléaire pour dissuader de futures attaques israéliennes sera beaucoup plus élevée. Et la région restera dans une situation précaire.

Trump, le show médiatique permanent

Trump, le show médiatique permanent

Toute personne qui s’oppose à Donald Trump devient illégitime aux yeux du président des Etats-Unis, explique, dans une tribune au « Monde », l’historien américain David A. Bell, ce qui crée une situation de grande dangerosité au sommet de la plus puissante démocratie de la planète.

Pour Donald Trump, tout n’a toujours été et ne sera jamais qu’une question d’image : il est un pur produit de la « société du spectacle ». Et depuis toujours, les différentes images qu’il se construit de lui-même sont des fantaisies adolescentes. Mais, alors que Trump se prépare à la parade militaire grandiose, façon soviétique, qui se tiendra à Washington ce samedi 14 juin, jour de son anniversaire, il a pris au même moment la décision d’envoyer les marines et la garde nationale contre les manifestants à Los Angeles. Ces fantasmes sont plus dangereux que jamais.

A ses débuts, le jeune Donald Trump a voulu donner de lui-même l’image d’un homme d’affaires génial qui transforme tout ce qu’il touche en or, capable de modifier à souhait la ligne d’horizon de New York, de redonner vie aux casinos en ruine d’Atlantic City et d’apposer son nom partout, sur tout, des steaks aux hôtels en passant par une université et une compagnie aérienne.

Dans le même temps, Trump voulait aussi apparaître comme un irrésistible playboy, de ceux dont les magazines masculins de bas étage vantent les prouesses : un tombeur qui a couché avec une tripotée de mannequins. Un jour, Trump a même convaincu sa maîtresse de l’époque, l’actrice Marla Maples, de déclarer au New York Post qu’il était le « meilleur coup de [s]a vie », et le lendemain, à sa grande joie, le tabloïd imprimait ces mots en couverture.

Mais Trump a longtemps rêvé, aussi, d’une autre image : celle de président des Etats-Unis d’Amérique – l’homme le plus puissant du monde. Sa vision de la fonction présidentielle était, là encore, caricaturale. Elle n’avait pas grand-chose à voir avec la Constitution, les mécaniques internes du gouvernement ou encore l’histoire américaine, des sujets dont il ignorait presque tout et qui ne l’intéressaient en rien. Pour lui, la présidence était avant tout une question de popularité et de pouvoir à l’état brut : il voulait être applaudi, de préférence comme un sauveur par un public en adoration, et être obéi, au doigt et à l’œil.

12345...520



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol