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Dupond-Moretti à la justice : le gros coup de com et conflit en perspective

Dupond-Moretti à la justice : le gros coup de com et conflit en perspective

 

Il  n’y a pas vraiment de changement extraordinaire dans ce ;  on reprend surtout les anciens avec quelques nouveautés pour donner l’impression que ça bouge. La nomination de Gérald Darmanin à l’intérieur n’est pas vraiment une surprise car l’intéressé lui-même visait  depuis longtemps ce poste stratégique dans une carrière politique t. La surprise vient surtout de la nomination au gouvernement d’Eric Dupond-Moretti, avocat pénaliste spécialiste des causes difficiles, dont les Français connaissent le visage et la voix via les médias et des prises de position parfois détonantes.

D’une certaine manière, il y a même une provocation d’avoir choisi un avocat populiste et radical,  spécialiste des critiques de l’appareil judiciaire. Encore dernièrement, il venait de prendre l’initiative de déposer une plainte dans le cas de l’affaire du paquet  national financier pour avoir sans doute été écouté. Dupond Moretti n’a pas manifesté un grand état d’âme en retirant sa plainte si tôt sa nomination comme ministre de la justice.

Des convictions fortes mais qui évoluent selon les circonstances et les causes. La défense de la veuve ou du truand chaque fois que cela peut servir la réputation médiatique même si c’est complètement contradictoire. Il faudra prévoir des heurts avec l’appareil judiciaire qui voit venir en quelque sorte un étranger qui avance plutôt avec des gros sabots qu’avec des chaussons de danse classique.  On sera en particulier très attentif à la manière dont le parquet pourra plus ou moins enterrer  tel ou tel dossier politiquement sensible et il n’en manque pas.

Coronavirus : L’efficacité du Remdesivir contre le virus ou la féroce bataille de fric des labos

Coronavirus : L’efficacité du Remdesivir contre le virus ou la féroce bataille de fric  des labos

 

Indéniablement les chercheurs sont lancés dans une guerre de recherche à la fois pour traiter le Coronavirus et au-delà trouver un vaccin. Parallèlement,  une guerre est engagée  entre les industries pharmaceutiques qui souhaitent imposer que coûte leur remède y compris en faisant fi des études épidémiologiques et des procédures de validation. Ainsi en est-il du remdesivir produit de l’industrie américaine (Gilead) . Mais ce remède miracle revendiqué par l’industrie américaine ne semble pas plus efficace qu’un placebo.

Pour l’instant, pour les résultats positifs, il faut s’en remettre à un communiqué de Gilead. Les Instituts de santé américains ont indiqué à l’AFP qu’une « annonce » serait faite dans la journée de mercredi, peut-être lors d’un briefing sur le nouveau coronavirus à la Maison Blanche.

« Gilead Sciences a connaissance de données positives émanant de l’étude conduite par l’Institut national des allergies et maladies infectieuses sur son médicament antiviral remdesivir pour le traitement du Covid-19″, a indiqué la société.

« Positif » signifie que les malades traités se sont rétablis plus vite, selon les objectifs déclarés de l’étude, mais on ignore encore les chiffres.

Le directeur de l’Institut des maladies infectieuses, Anthony Fauci, s’est montré prudemment optimiste mercredi. Ce n’est pas une victoire par K.-O., a-t-il dit dans le Bureau ovale à côté du président Donald Trump, mais c’est une « importante preuve de concept ».

La mortalité du groupe témoin serait de 11%, contre 8% dans le groupe remdesivir, selon Anthony Fauci.

« C’est très positif », a résumé Donald Trump.

Cet essai clinique américain avait commencé le 21 février et devait inclure 800 malades du Covid-19 aux Etats-Unis et dans d’autres pays.

Ni les patients, ni les médecins ne savaient si la solution injectée par intraveineuse était le remdesivir ou le placebo, qui ressemblait au médicament mais ne contenait que des ingrédients inactifs.

De multiples essais cliniques sont en cours en Europe, en Asie et aux Etats-Unis pour trouver un traitement efficace contre le Covid-19. Le remdesivir est l’une des thérapies testées, aux côtés d’autres antiviraux ou encore de l’hydroxychloroquine.

Pour l’instant, seule l’étude chinoise, menée du 6 février au 12 mars dans dix hôpitaux de Wuhan, a été dûment évaluée et publiée. Ses résultats avaient fuité le 23 avril brièvement sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé.

237 malades avaient participé, dont deux tiers traités par le remdesivir. Les médecins voulaient plus de 450 participants, mais la pandémie s’est arrêtée à Wuhan avant d’avoir pu atteindre ce nombre.

« Le traitement par remdesivir n’accélère pas la guérison ni ne réduit la mortalité liée au Covid-19 par rapport à un placebo », selon un résumé de l’étude, publiée par The Lancet.

« Malheureusement, notre essai a montré que bien que sûr et bien toléré, le remdesivir n’a pas montré de bénéfice significatif par rapport au placebo », a commenté l’auteur principal de l’étude, le professeur Bin Cao, cité dans un communiqué du Lancet.

Pour trouver une thérapie efficace, il faut aussi s’intéresser au dosage.

Gilead a à ce sujet rendu publics mercredi des résultats d’un essai clinique appelé SIMPLE, qui visait à comparer deux différentes doses de remdesivir.

Coronavirus : le remdesivir, premier traitement anti-Covid autorisé en Europe

 

Pour mieux comprendre la concurrence que se livre le traitement remdesivir de l’industriel pharmaceutique américain Gilead, il faut intégrer le prix. Le fameux   remdesivir  qui n’a pas fait davantage la preuve de son efficacité que la chloroquine a un prix d’environ 2200 $ alors que la chloroquine ( vieille molécule)  ne coûte que quelques dollars à peine . Après les autorités américaines, et un travail intensif lieu de lobbying de l’Américain Gilead( et des experts proches de Gilead,)    c’était au tour de la Commission européenne d’autoriser « la mise sur le marché conditionnelle » du remdesivir (nom commercial Veklury) pour traiter les patients de plus de 12 ans atteints de coronavirus nécessitant le recours à l’oxygène.

Le feu vert de la Commission intervient moins d’un mois après le dépôt de la demande et une semaine après la recommandation du CHMP (Comité évaluant les médicaments) et l’aval des Etats membres, contre 67 jours normalement. Le remdesivir est ainsi le « premier médicament autorisé dans l’Union européenne contre le Covid-19 », précise l’exécutif européen.

La mise sur le marché conditionnelle est un mécanisme réglementaire européen permettant la commercialisation accélérée de médicaments sur la base de données moins complètes, si les bénéfices l’emportent sur les risques dans un contexte de menace pour la santé publique, et lorsqu’il n’y a pas d’alternative. Le laboratoire n’est pas pour autant dispensé d’études complémentaires.

Le remdesivir devrait ainsi théoriquement être disponible dès samedi mais, dans la plupart des pays, un délai supplémentaire est nécessaire pour fixer le prix. Gilead a annoncé en début de semaine qu’il le mettait à disposition de tous les pays développés au même prix de 2.340 dollars, soit 2.081 euros.

En France, le remdesivir va être soumis à la procédure habituelle, qui comporte une évaluation du médicament par la Haute Autorité de Santé, puis une négociation avec le Comité Economique des Produits de Santé pour tenter d’obtenir un prix inférieur à celui affiché par Gilead.

 

Cette procédure, souvent longue (parfois plus d’un an) retarde l’arrivée sur le marché des médicaments dans l’Hexagone. Toutefois, compte tenu de la nature du besoin et de l’absence d’alternative, le processus pourrait être accéléré pour le remdesivir. Jusqu’à présent, les patients qui avaient pu être traités avec ce médicament l’ont été dans le cadre d’essai cliniques ou de protocole compassionnels (avant validation par un essai clinique, en cas d’urgence).

De son côté, Gilead veut exploiter tout le potentiel de sa molécule. Il vient d’obtenir le feu vert des autorités américaines pour commencer un essai clinique avec une version inhalée du médicament, jusque-là injectable. Si cette formulation se montrait efficace, cela permettrait une utilisation hors de l’hôpital et à des stades plus précoces de la maladie. Gilead prévoit ainsi de commencer en août un essai incluant 50 enfants et adolescents présentant des formes modérées à sévère de la maladie, dans plus de trente lieux aux Etats-Unis et en Europe.

Si les cas graves de la maladie chez les moins de 21 ans sont rares, ils peuvent entraîner chez 2 pour 100.000 d’entre eux, une maladie inflammatoire appelée « syndrome multi-inflammatoire chez les enfants » ou « Kawasaki like ». D’où l’intérêt de prévenir les formes graves. Enfin, Gilead prévoit également de tester le remdesivir en combinaison avec des médicaments anti inflammatoires tels que l’Olumiant de Lilly ou l’Actemra de Roche, mais aussi la dexamethasone.

 

Tourisme : « Le redémarrage comme avant” ? »

Tourisme : « Le redémarrage comme avant” ? »

Le sociologue Bernard Duterme ne croit guère, dans une tribune au « Monde », à la possibilité de développer un « tourisme durable », les Etats venant au secours d’un secteur sinistré sans tenter de le réorienter

Tribune. Qui a cru l’espace d’un instant que les choses allaient changer ? Qui a pu penser sérieusement que le déconfinement post-pandémie et la sortie de l’abstinence touristique qu’il autorise allaient jeter les bases d’un grand marché du dépaysement « juste et durable » ? Ou, dit autrement, que le dépassement de la crise sanitaire allait accoucher d’un tourisme international accessible à toutes et tous, aux coûts et aux bénéfices équitablement répartis et dont la généralisation ne dépasserait pas les capacités d’absorption de l’écosystème terrestre ? Même si beaucoup l’ont souhaité, peu de voix en réalité ont accordé un tel pouvoir magique à la tragique parenthèse du coronavirus.

A raison, car l’heure de la revanche consumériste a sonné. La déferlante du voyage d’agrément reprend ses droits. Par étape certes, presque précautionneuse, progressive, d’une frontière à une autre, redécouvrant « les charmes de la proximité » en attendant « les embruns des grands larges » ou « l’exotisme des destinations lointaines », mais résolue, ostensible et méritée ! L’homo turisticus qui piaffait d’impatience, assigné à résidence depuis le mois de mars, peut enfin replonger dans les délices de la mobilité de plaisance. En cela, il demeure un « privilégié » – 7 % seulement de l’humanité ont accès au tourisme international –, mais il n’en a cure. Ou juste un peu, parfois, au risque de gâcher ses vacances.

Avec lui, c’est un secteur central de l’économie globale – 10 % du produit mondial brut et de l’emploi, premier poste du commerce international – qui repart, après la plus grave déflagration de toute son existence. Fort d’un taux de croissance annuel moyen de 4 % à 5 % depuis plus de sept décennies et de 1 700 milliards de dollars de recettes en 2019, il devrait enregistrer en 2020 une chute abyssale des séjours à l’étranger d’environ 70 %, selon les prévisions médianes de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Chute assortie de quantités considérables de faillites et de licenciements.

Dès 2021, toutefois, augure l’OMT, le tourisme devrait retrouver la santé. Si le virus est maîtrisé bien sûr, mais surtout – préconise l’agence onusienne – si les gouvernements ont l’intelligence de redoubler d’incitants fiscaux et d’assouplissements divers pour tour-opérateurs en phase de reconquête…

L’extrême concentration des profits, la hausse continue des émissions carbone, la pression concurrentielle sur les ressources, l’instrumentalisation des populations locales, les effets d’éviction, de saturation, de vulnérabilisation… comptent déjà parmi les principales tares du tourisme international, d’autant plus problématiques lorsque son empreinte s’étale en pays pauvres. »

Crise économique: Christine Lagarde lit dans le marc de café

Crise économique: Christine Lagarde lit dans le marc de café

 

Christine Lagarde s’est sans doute livré l’exercice de lecture de l’avenir dans le marc de café en affirmant notamment une probabilité de robotisation de 70 à 75 % dans l’industrie. Aussi une réduction des chaînes d’approvisionnement ( des flux ?) D’environ 35 %. On peut légitimement se demander où Christine Lagarde va chercher ces chiffres la. Et en plus d’affirmer que l’Europe  est particulièrement bien placé dans cette évolution des processus de production et de distribution. Une espèce de discours ésotérique fondé sur des chiffres tout à fait fantaisistes et colorés évidemment parce que c’est la mode de problématique écologique et de développement de la numérisation. Elle reprend des thèmes à la mode ( y compris si certains sont structurels) comme si ces évolutions pouvaient sortir l’Europe  de la crise conjoncturelle qu’elle subit. Pour l’avenir , des évolutions des modes de production et de distribution interviendront mais le problème c’est  comment, dans quelle proportion et dans quel calendrier . la venir décrit par Christine Lagarde relève de prédictions type Madame Soleil. La crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19 va «changer profondément» l’économie mondiale, vers plus d’écologie, de numérisation et dans les modes de travail, et l’Europe est en «excellente position», a estimé samedi la présidente de la BCE.

Cette crise «va être une accélération de transformations qui étaient déjà latentes dans nos économies», a prédit la présidente de la Banque centrale européenne, présente en visioconférence aux rencontres économiques d’Aix-en-Seine à Paris.

«En fabrication, en travail, en commerce, ce que nous venons de vivre va accélérer les transformations et va entraîner probablement une évolution vers un mode vie plus soutenable et plus écologique», a-t-elle ajouté. Elle a notamment évoqué le télétravail, qui va «transformer les modes de fonctionnement de l’ensemble des salariés», au moins des pays développés, et «l’accélération de la numérisation, dans les services ou l’automatisation dans les industries». «On estime en ce moment que la crise devrait entraîner une contraction des chaînes d’approvisionnement de l’ordre de 35% et une augmentation de la robotisation dans les industries de l’ordre de 70 à 75%», a indiqué Mme Lagarde. Par ailleurs, du fait du confinement qui a concerné au même moment la majorité des habitants de la planète, le commerce en ligne s’est fortement développé. Cette évolution devrait encore s’accélérer à l’avenir «au détriment du commerce plus traditionnel», a-t-elle ajouté.

Face à ces transformations, «l’Europe est en excellente position pour prendre cette transition en marche», a-t-elle jugé. Le continent «héberge déjà le plus vaste secteur d’économie circulaire et d’innovation écologique au monde», a noté Mme Lagarde, ajoutant que l’euro était la première monnaie utilisée pour l’émission d’obligations vertes. Elle a toutefois estimé que cela ne serait «pas suffisant» et qu’il faudrait mettre en place «un cadre de politique économique qui permette de mobiliser les financements» nécessaires. Un discours qui se veut euphorisant qui mélange tous les thèmes à la mode sans indiquer évidemment un seul exemple d’un secteur qui pourrait évoluer dans les sens  très divers qu’  évoquent la patronne de la BCE

Coronavirus : le grand flou des évaluations scientifiques

Coronavirus : le grand flou des évaluations scientifiques  

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé samedi qu’elle mettait officiellement un terme à l’étude de l’hydroxychloroquine et de l’association de lopinavir et de ritonavir, un traitement homologué contre le VIH, comme traitement pour les patients infectés par le coronavirus.

“Les résultats préliminaires montrent que l’hydroxychloroquine ou l’association de lopinavir et de ritonavir ne réduisent pas ou très peu la mortalité des patients hospitalisés atteint par la Covid-19, par comparaison aux soins standards”, peut-on lire dans un communiqué.

“Les chercheurs impliqués dans l’essai ‘Solidarity’ suspendront leurs travaux pour ces deux options thérapeutiques avec effet immédiat”, est-il précisé, en référence à l’essai clinique international lancé dans le but de trouver un traitement efficace contre la maladie.

L’organisation précise que cette décision, prise sur les recommandations du comité directeur international, n’affecte pas les études concernant les patients non-hospitalisés ou les recherches dans lesquelles ces traitements sont utilisés pour prévenir l’apparition de la maladie.

Une autre option thérapeutique est encore à l’étude. Il s’agit du remdésivir du laboratoire américain Gilead, initialement testé pour traiter le virus Ebola. (Stephanie Nebehay, version française Caroline Pailliez). Notons que le remdesir n’a pas fait encore la preuve de son efficacité mais  pour autant que son utilisation à été autorisée d’abord par les États-Unis puis récemment par l’Europe. Rappelons les conclusions de Wikipédia à propos de cette efficacité :

« Le 22 mai, les résultats préliminaires d’un essai randomisé contrôlé sur 1 063 malades, publiés dans le The New England Journal of Medicine, montrent que les malades qui ont reçu le traitement ont cliniquement guéri en moyenne en 11 jours contre 15 jours pour le groupe « placebo ». En revanche, la différence de mortalité entre les deux groupes est trop faible pour écarter le facteur du hasard dans l’analyse des résultats (7,1 % dans le groupe traité contre 11,9 % dans le groupe placebo)18. Les résultats du médicament sont meilleurs chez les patients les moins sévèrement atteints 19. L’étude a été stoppée prématurément, ce qui a suscité des critiques car cela empêche de savoir si le médicament a un effet fiable sur la mortalité19. Sur la base de ces résultats préliminaires la FDA a accordé une autorisation d’utilisation, permettant aux hôpitaux américains de prescrire le remdésivir aux malades en réanimation20.

Le 25 juin, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé l’autorisation d’une mise sur le marché conditionnelle21 de l’antiviral remdesivir au sein de l’Union européenne pour les patients atteints du Covid-19, ce qui en fait le premier médicament contre le Covid-19 à être recommandé pour autorisation dans l’UE.22«  »

 

« convention citoyenne: un effet limité pour le climat»

« convention citoyenne: un effet limité pour  le climat»

François Gemenne, Chercheur en sciences politiques, estime  dans le Monde que les avancées dans la lutte contre le réchauffement climatique de la convention citoyenne restent limitées. Et pour cause elles ne font que reprendre les orientations d’ailleurs souvent contradictoires du gouvernement, n’imposent réellement rien et surtout ne prévoit pas les moyens ,surtout les financements, pour favoriser la transition écologique.

Tribune. La convention citoyenne pour le climat s’est achevée le 21 juin dans un climat de satisfaction générale : satisfaction des participants, qui ont voté à la quasi-unanimité le rapport final ; satisfaction des organisateurs, qui ont fait la démonstration de la possibilité d’un tel exercice de démocratie participative ; satisfaction du gouvernement enfin : la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, à qui ont été remises les conclusions, a estimé que celles-ci allaient « dans la direction des grandes orientations prises depuis le début du quinquennat ».

Au lendemain de la vague verte des élections municipales, Emmanuel Macron a reçu, lundi 29 juin, les 150 citoyens tirés au sort et les a chaleureusement félicités pour leur travail. Sans doute s’en est-il aussi félicité, par la même occasion, puisqu’il a avalisé 146 des 149 mesures proposées. Et a promis l’organisation d’autres conventions citoyennes, sur d’autres sujets.

Quel bilan tirer de ces neuf mois de travail ? Il est contrasté, selon qu’on regarde le verre du côté de la démocratie participative ou du côté des avancées pour le climat. Du point de vue de la démocratie participative, le bilan de la convention citoyenne est indéniablement un succès. L’exercice a véritablement constitué une démonstration d’intelligence collective sur un sujet complexe. Il faudrait être un esprit grincheux pour ne pas reconnaître cette réussite. Mais celle-ci soulève aussi un grand nombre de questions.

Tout d’abord, dans quelle mesure ces 150 citoyens tirés au sort sont-ils toujours, à l’issue de l’exercice, représentatifs de la population française ? Pendant des mois, les citoyens ont auditionné militants, politiques et experts, et l’exercice les a souvent transformés en fervents défenseurs du climat. A quelques exceptions près, la plupart des mesures proposées, y compris les plus radicales, ont été votées à une large majorité. Bien sûr, quelques rares mesures ont été rejetées, bien sûr, quelques opinions minoritaires ont été exprimées, mais, globalement, peu de lignes de fracture ont émergé, sur des sujets pourtant controversés dans la population.

Pourquoi a-t-on toujours parlé des « 150 », et jamais des « 87 pour et 63 contre », par exemple ? Sans doute l’effet de groupe a-t-il joué à plein, renforcé par des projets artistiques comme les portraits géants de JR ou le projet de documentaire de Yann Arthus-Bertrand, Les 150. Surtout, je crois que la délibération collective, encadrée et façonnée par des experts, a fait naître un consensus qui, à l’évidence, n’existe pas dans la société française. En témoignent les réactions violentes suscitées par certaines propositions, celle concernant la limitation de vitesse sur les autoroutes notamment. »

 

Croissance: le gouvernement gonfle sa croissance pour 2021

Croissance: le gouvernement gonfle sa croissance pour 2021

 

La manœuvre est classique comme il est vraisemblable que la dépression sera encore plus forte que prévue (entre 8 et 10 % selon les instituts pour la France) Bercy gonfle ses prévisions pour l’année suivante. En gros, elle veut persuader que la croissance de 2021 viendra compenser la baisse de 2020. Ce que pour l’instant contredisent  peu près tous les instituts internationaux. De quoi justifier les très forts déséquilibres financiers pour l’année 2020 et malheureusement à suivre.

 

Bercy précise  que « le PIB en 2021 demeurerait inférieur d’environ 4% à son niveau de 2019 ». Le déficit, qui devrait s’effondrer de -3% en 2019 à -11,4% fin 2020, devrait, lui, connaître un reflux de -5,5% estimé pour fin 2021. La dette, enfin, devrait atteindre les 117,5% du PIB, contre 121% cette année. Cependant, Bercy n’a pas pris en compte dans ses projections les effets du plan de relance à venir. Les mesures en faveur de l’emploi des jeunes, ainsi que les éventuelles aides fiscales pour les entreprises pourraient ainsi faire évoluer.

Politique : pourquoi le système marseillais perdure ?

Politique : pourquoi le système marseillais perdure ?

 

Cesare Mattina, sociologue au Laboratoire méditerranéen de sociologie de l’université Aix-Marseille, revient dans l’Opinion  sur les spécificités du système politique marseillais

 

Gaston Defferre, maire de Marseille de 1953 à 1986.

Martine Vassal a finalement renoncé à être la candidate du parti Les Républicains pour l’élection du maire de Marseille. Elle s’est toutefois accrochée à cette possibilité malgré sa défaite sur l’ensemble de la ville et dans son propre secteur. Qu’est-ce que cela dit de la politique marseillaise ?

Il y a deux explications à cela. C’est d’abord l’histoire de la ville. En 1983, pour la première élection municipale organisée suivant le mode de scrutin dit « Paris-Lyon-Marseille », Gaston Defferre devient maire alors qu’il est minoritaire en voix. L’autre explication tient au fait que Martine Vassal, présidente de la métropole et du conseil départemental, s’imaginait toute puissante en pouvant négocier des dépenses pour tel ou tel territoire. Le retrait de la course de Martine Vassal prouve au moins que le suffrage universel a encore un minimum de poids.

On a tendance à caricaturer Marseille en ville des outrances publiques mais n’est-ce pas plutôt une métropole qui décide de son avenir dans l’ombre des coulisses ?

La personnalité de Gaston Defferre a beaucoup marqué cette ville. Son anticommunisme, dans un contexte de guerre froide, ainsi que son lien personnel avec la bourgeoisie marseillaise – il a épousé la fille d’un armateur, lui a permis de nouer une alliance du socialisme et de la droite libérale et patronale représentée par la famille Rastoin.

Ce système ne s’est pas éteint à la mort de Gaston Defferre en 1986?

Non, Jean-Claude Gaudin a ensuite assuré la continuité de ce « defferisme ». Il a gardé les quartiers nord de la ville hors de la majorité, le centre du pouvoir dans le sud et des alliances de groupes sociaux composites entre entrepreneur, bourgeoisie locale et fonctionnaires municipaux, qui mêlent eux-mêmes classes moyennes et populaires. Pour qu’un tel système s’éteigne, cela prend du temps. D’ailleurs, la droite a bien résisté aux législatives 2017 dans un contexte national de vague LREM.

Et aux municipales cette année ?

La droite a perdu des secteurs mais il faut prendre en compte l’abstention. Avec une participation plus importante des électeurs âgés, elle aurait gagné le 6e secteur. La perte du 4e (dans lequel Martine Vassal s’est présentée, N.D.L.R.) est plus surprenante. C’est un premier élément de rupture intéressant. Le système bat de l’aile mais il n’est pas mort.

Existe-t-il une spécificité marseillaise ?

Tout ne fait pas partie du folklore local. Marseille est une ville très stigmatisée. Cette image de ville maudite biaise beaucoup la perception.

Mais Jean-Claude Gaudin lui-même expliquait qu’on ne pouvait pas comprendre Marseille si l’on n’était pas marseillais…

C’est une image qu’il voulait donner de lui-même à la population. Il dénonçait le « Marseille bashing », les journalistes parisiens qui ne descendent que lorsque se déroulent des fusillades dans les quartiers du nord de la ville. Dans le même temps, il a ouvert grand les portes à Netflix, qui a produit une série bourrée de clichés. Il était complètement dans la contradiction.

Qu’est-ce qui explique alors ce jeu complexe et historique d’alliances et de revirements ?

Ce n’est pas la ville mais le mode de scrutin par arrondissement qui en est à l’origine. La loi « PLM » avec huit secteurs, chacun composé de deux arrondissements, a favorisé les alliances entre des groupes sociaux différents. Finalement, une fois qu’un candidat a réussi à prendre les quartiers bourgeois, il a déjà en main trois secteurs sur huit (le 4e, le 6e et le 5e). Il ne lui en manque plus qu’un pour devenir maire de la ville : le 3e ou le 1er. Les quartiers « nord » restent ainsi à l’opposition. Leur abandon s’explique comme ça. Voilà ce qu’a permis la loi « PLM ».

Cette année, la gauche a repris à la droite les secteurs du centre et du sud. La droite a, elle, remporté le 7e secteur détenu par le Rassemblement national. Ces basculements ne sont pas le signe que la fracture entre le nord et le sud se résorbe ?

Pas du tout. Dans le 7e secteur, la gauche a commis une grosse erreur en se retirant face au RN. Elle aurait dû s’entendre avec Samia Ghali dans le 8e et maintenir sa liste dans le 7e. Ce n’est pas un changement de paysage politique mais une erreur stratégique.

Entre Gaston Defferre et Jean-Claude Gaudin, il y eut Robert Vigouroux, maire de 1986 à 1995. Etait-ce une parenthèse dans la gestion de la ville ?

Il n’était pas dans la continuité de Gaston Defferre. Il a mis en place une politique managériale, recentré toutes les ressources de la technostructure autour du cabinet du maire, fait venir des experts de Paris pour lancer des programmes de métropolisation. Les politiques urbaines ont pris le pas sur la politique. Dès son arrivée en 1995, Jean-Claude Gaudin a dénoncé ce mode de gouvernance. Il a redonné du pouvoir aux conseils municipaux et aux tractations politiques.

Vous dites qu’il va falloir du temps pour que Marseille change de système municipal. Même en cas d’élection d’un maire de gauche ce samedi ?

Les changements sont déjà là. L’effondrement de la rue d’Aubagne, la dégradation des services publics (piscines, écoles, musées), les scandales de gestion dénoncés par la Cour des comptes, ce n’est pas rien. Mais, il va falloir du temps pour que Marseille change, d’autant qu’une maire de gauche sera minoritaire face à la métropole, au département et à la région, tous à droite. Même sur un plan urbanistique, il y a beaucoup à faire. Marseille est une ville très étendue, très composite. Il faudrait beaucoup d’argent pour créer un système de transports efficient. Or, le temps urbanistique est plus long encore que le temps politique.

 

«Relancer le produire en France »( Jean-Hervé Lorenzi )

 «Relancer le produire en France »( Jean-Hervé Lorenzi )

Pour cause de crise sanitaire, les Rencontres Économiques d’Aix-en-Provence se dérouleront exceptionnellement cette année en ligne et en direct depuis des studios de la Maison de la Radio. Pendant 3 jours, du vendredi 3 au dimanche 5 juillet, cet « Aix-en-Seine » se veut une plateforme de débats pour chercher des solutions, rebâtir l’économie sur des bases nouvelles. À l’ouverture des Rencontres 2020, entretien dans la Tribune avec son fondateur, Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes.

 

 

-Cette crise de 2020 n’est pas comme les autres ?

JEAN-HERVÉ LORENZI - Avant la pandémie de Covid-19, l’économie mondiale était déjà en fort ralentissement avec un risque de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, une Europe relativement absente sur la scène mondiale. La crise sanitaire a accentué toutes ces tensions. La France a été particulièrement touchée, parce que notre pays a appliqué un confinement très strict et avait des faiblesses structurelles, liées à sa désindustrialisation.

La première réponse politique à la crise a été réussie. Il s’agissait de protéger l’économie, les salariés, les entreprises, avec une palette d’aides publiques : chômage partiel, prêts garantis par l’Etat, soutien aux secteurs les plus affectés, ce qui a donné les plans aéronautique, automobile, tourisme… Nous devons relancer…le produire en France…. »mais il faut du temps. et ne plus espérer de reprise immédiate dite en V.

 

La reprise en V, c’est celle que tous les observateurs ont espéré mais que la plupart ont déjà effacé des tablettes. Le président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, fait partie de ceux qui n’y croient pas. « Non, bien sûr que non » tranche-t-il sur le plateau de Good Morning Business, ce jeudi.

Celui qui organise ce weekend les traditionnelles Rencontres économiques d’Aix rappelle que l’économie n’est pas une science prédictive et doit s’analyser sur le temps long. « La crise de 2008-2009, qui est 5 fois moins importante que celle qu’on vit, les Etats-Unis ont mis trois ans à revenir au même niveau de leur activité de 2007 et l’Union européenne 5 ans » rappelle-t-il.

Pourtant, certains signaux se montraient rassurants, comme les ventes automobiles qui sont repartis vers la hausse. « Les gens oublient toujours que l’économie, c’est long » souligne Jean-Hervé Lorenzi. Ça ne signifie pas qu’il n’y ait pas de reprise ».

D’ailleurs, l’activité de ces dernières semaines se rapprochait doucement du niveau d’avant-crise. « C’est là où il y a une confusion » poursuit l’économiste. « On dit : ‘c’est formidable, on se rapproche de la consommation [d'avant crise]. Mais -5%, c’est -5% ! Donc il faut du temps. Il y a des tas de phénomènes qui vont avoir lieu » comme « le chômage qui va apparaître de manière plus directe ».

Selon les dernières prévisions de la Banque de France, le PIB français devrait reculer de 15% au deuxième trimestre de l’année 2020 et pourrait chuter de 11% sur l’ensemble de l’année.

L’absence de financement discrédite les travaux de la Convention sur le climat

L’absence de financement discrédite les travaux de la Convention sur le climat

Jean Coldefy, Directeur du programme mobilité 3.0 à l’ ATEC ITS France estime

qu’ en faisant l’impasse sur le financement des mesures de décarbonation de l’économie et sur l’acceptabilité des efforts à faire, la Convention citoyenne pour le climat accrédite la crainte d’une « dictature verte

Tribune. Les mots « interdire, obliger, imposer » sont omniprésents dans le panel de mesures de la Convention citoyenne pour le climat, à côté de « primes, aides, garantie de l’Etat ». Une caricature de la pensée française : interdire et subventionner. Pas un mot sur le financement, rien sur le « signal prix » – la taxe carbone notamment – permettant d’induire des changements de comportements et de dégager des ressources pour financer les mesures.

Le changement climatique va certes nécessiter des contraintes, à l’image de la réduction de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes, qui ne nous coûteraient qu’un peu de temps pour des gains non négligeables d’émissions. Le rapport de la convention est cependant déséquilibré et risque de nous nourrir de bonnes intentions avec de longs débats sur des mesures symboliques, ce dont la France raffole.

Le mouvement des « gilets jaunes » a tétanisé les politiques qui, depuis, ne veulent plus évoquer la question du financement. C’est une erreur d’analyse que de croire que la taxe carbone a été à l’origine de cette explosion sociale. C’est l’alignement du prix du diesel sur celui de l’essence, imposé par les urbains – le provincial que je suis ose le mot « parisiens » – à l’ensemble du territoire.

Avec la hausse du baril de pétrole sur l’année 2018, il a entraîné une hausse de près de 60 centimes le litre en un an. Pour ceux qui n’ont que la voiture pour se déplacer, dans les campagnes et périphéries des grandes villes, cela représente un coût mensuel de 70 euros, soit 6 % du smic. La hausse de la taxe carbone ne pesait que 5 euros par mois.

 

L’enjeu climatique est si important et nécessite de tels efforts qu’il est indispensable d’« embarquer » les citoyens pour les faire accepter. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) demande d’investir 3 % du produit intérieur brut (PIB) chaque année pour décarboner nos économies. Soit, en France, plus de 70 milliards d’euros par an. C’est le montant de l’impôt sur le revenu, 50 % de la TVA, deux fois la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), trois fois l’impôt sur les sociétés. Entre les exigences de la jeunesse représentée par Greta Thunberg et l’exigence sociale des « gilets jaunes », la voie est étroite.

Emploi États-Unis : croissance des emplois en même temps que le Coronavirus

Emploi États-Unis : croissance des emplois en même temps que le Coronavirus 

 

 

C ‘est sans doute la principale contradiction à savoir la montée en puissance des créations d’emplois au mois de juin ( près de 5 millions au lieu de 3 millions attendus) alors que parallèlement le Coronavirus affecte de plus en plus de personnes au rythme actuel de 50 000 par jour. Sans doute d’ailleurs un effet mécanique. L’ l’insuffisance des mesures sanitaires favorise le développement du virus avec la progression des activités économiques.

Le département du Travail a fait état de 4,8 millions de créations d’emplois non-agricoles le mois dernier, alors que les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un chiffre de 3,0 millions.

Ce chiffre est le plus élevé jamais enregistré sur un mois depuis le début du suivi des chiffres de l’emploi par Washington en 1939.

Les créations de postes de mai ont en outre été revues en hausse à 2,699 millions contre 2,509 millions annoncé initialement.

Le rebond des deux derniers mois est toutefois loin de compenser l’explosion du chômage subie en avril avec 20,787 millions d’emplois détruits.

Les bons chiffres de juin s’ajoutent à une série d’indicateurs, sur la consommation des ménages entre autres, qui reflètent un rebond net de l’activité économique. Cette embellie qui pourrait toutefois être remise en question par la remontée des chiffres de l’épidémie ces derniers jours dans de nombreux Etats, dont la Californie, le Texas et la Floride, les plus peuplés du pays.

Les économistes expliquent aussi la vitesse et l’ampleur du rebond de l’emploi par l’impact du “Paychek Protection Program”, un dispositif mis en place par l’Etat fédéral pour prêter aux entreprises des sommes qu’elles ne remboursent que partiellement si elles les utilisent pour continuer de payer leurs salariés.

Mais les crédits alloués à ce “PPP” sont pratiquement épuisés, ce qui pourrait se traduire par une nouvelle vague de licenciements.

Les inscriptions au chômage tendent pour l’instant à se stabiliser: elles sont revenues à 1,427 million la semaine dernière après 1,482 million la semaine précédente.

En même temps que ce rebond de l’emploi, la croissance du nombre d’infections du Corona =virus ne ralentit pas. En effet, au moins 53.069 nouvelles infections au coronavirus ont été recensées aux Etats-Unis en 24 heures, selon le comptage jeudi à 20 heures 30 locales de l’université Johns Hopkins, un niveau record depuis le début de la pandémie, à la veille du long week-end de la fête nationale. Cela porte à plus de 2,7 millions le nombre total de cas détectés dans le pays. 649 personnes sont décédées du Covid-19 sur le sol américain lors dès dernières 24 heures, 128.677 depuis le début de la crise sanitaire mondiale.

Le niveau des cas nouvellement détectés aux Etats-Unis est plus élevé qu’à aucun moment depuis l’apparition du Sars-Cov-2, et les hospitalisations augmentent dans plusieurs foyers comme Houston (Texas) et Phoenix (Arizona).

Au Texas, près de 8.000 nouveaux cas ont été recensés depuis mercredi, forçant le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott, un allié du président Donald Trump, à rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics de son grand Etat du Sud américain, à la veille des festivités du 4 juillet. Celles-ci sont traditionnellement marquées par des réunions familiales ou de grands rassemblements pour assister aux feux d’artifices. Les autorités craignent alors une propagation du virus, qu’elles admettent ne pas contrôler totalement.

Pour fêter l’indépendance des Etats-Unis, le président Donald Trump prévoit d’assister vendredi avec sa femme Melania Trump à des feux d’artifice au Mont Rushmore, haut lieu touristique du Dakota du Sud, où les têtes d’anciens présidents ont été taillées dans le granite.

Coronavirus: 160.000 CAS PAR JOUR DANS LE MONDE DEPUIS UNE SEMAINE

Coronavirus:  160.000 CAS PAR JOUR DANS LE MONDE DEPUIS UNE SEMAINE

Le nombre de personnes contaminées chaque jour par le nouveau coronavirus dans le monde dépasse les 160.000 depuis une semaine, a annoncé ce mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas dépasse les 160.000 par jour. 60% de tous les cas de Covid-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 511.000 morts dans le monde depuis que la Chine a fait officiellement état de l’apparition de la maladie en décembre. Plus de 10,5 millions de cas ont été recensés dont au moins 5,3 millions sont aujourd’hui considérés comme guéris.

« Nous ne nous lasserons jamais de dire que la meilleure façon de sortir de cette pandémie est d’adopter une approche globale », a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus, en appelant une fois de plus à respecter les règles de distanciation, à détecter et isoler les cas, à placer en quarantaine leurs contacts, et à porter un masque lorsque c’est nécessaire.

 

Il faut « tout faire », a-t-il insisté, en indiquant que les pays qui ont adopté « cette approche globale » ont réussi à interrompre la transmission du nouveau coronavirus. « L’une des leçons de la pandémie est que quelle que soit la situation d’un pays, elle peut être renversée. Il n’est jamais trop tard », a-t-il dit.

A ce propos, le chef de l’OMS a indiqué que l’Italie et l’Espagne, bien que confrontés à une « situation décourageante » lorsqu’ils étaient à l’épicentre de la pandémie en mars, sont parvenus à maîtriser l’épidémie grâce à une « combinaison de leadership, d’humilité, de participation active de chaque membre de la société et de mise en oeuvre d’une approche globale ».

« Un seul patron à l’hôpital , le directeur ! »

« Un seul patron à l’hôpital , le directeur ! »

La logique « métier » des soignants s’oppose à la logique « rationalisation » de l’institution. L’hôpital est gangrené par ce conflit de légitimité, explique Marie-Astrid Piquet, professeure de gastro-entérologie et nutrition, dans une tribune au « Monde ».

Les malades pensent souvent qu’un médecin dirige l’hôpital. En fait, ce n’est pas le cas dans les hôpitaux publics français. Les directeurs sont des hauts fonctionnaires, issus d’un cursus de santé publique, gestion et management.

En 2009, la loi hôpital, patients, santé, territoires, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, a consacré le directeur général (DG) comme « le seul patron à l’hôpital ». Le DG détient ainsi le pouvoir de décision et de nomination. Il bénéficie des conseils éclairés d’un médecin élu par ses pairs, le président de la commission médicale d’établissement (CME), mais ce dernier n’a pas de pouvoirs propres, la loi lui conférant un rôle de proposition, mais pas de décision. Finalement, le président de CME acquiert sa capacité d’agir à travers la relation qu’il entretient avec le DG.

C’est ce que j’ai réalisé en prenant mes fonctions de présidente de CME. J’ai eu la chance de travailler avec un DG qui avait une grande connaissance du terrain hospitalier, une vision audacieuse de l’offre de soins et un sens aigu de la coopération avec les soignants. Nous avons toujours pu compter l’un sur l’autre.

Pourtant, nos discussions étaient parfois tendues, car je ressentais une frustration en cas de désaccord qui me laissait un goût un peu amer. Comme m’a dit un directeur, au football c’est toujours l’Allemagne qui gagne, au CHU c’est toujours le DG. Et cela m’a posé un problème.

J’étais médecin, élue présidente de CME, je pensais être légitime. Je pensais qu’en accédant à la présidence de CME, j’aurais autant de poids que le DG dans les décisions concernant les soins. En même temps, je n’ai jamais remis en cause la légitimité du DG. Il avait une légitimité de gestionnaire des fonds publics, un savoir-faire du management, une vision de santé publique large, et une responsabilité juridique que je n’avais pas.

Mais si la plupart des médecins qui travaillent au quotidien au contact des directeurs ne contestent pas leur légitimité, il n’en est pas de même pour les soignants du terrain.

Car deux logiques s’opposent : la logique de métier des soignants, qui priorisent le soin dans sa dimension humaine artisanale, centrée sur un colloque singulier, et la logique de l’institution, menée par les directeurs qui privilégient la rationalisation de l’activité, avec une perspective à plus grande échelle, et gèrent la pénurie. La raréfaction des moyens budgétaires a considérablement accru la pression de la direction sur les soignants, qui rejettent cette domination qui les prive d’autonomie dans l’organisation des soins.

Croissance Japon: le moral des grands patrons au plus bas

Croissance Japon: le moral des grands patrons au plus bas

La  confiance des grandes entreprises manufacturières japonaises est tombée à son plus bas niveau depuis juin 2009, selon le dernier baromètre trimestriel Tankan publié mercredi par la Banque du Japon (BoJ). L’indice pour cette catégorie d’entreprises s’est fixé à -34, contre -8 lors du précédent baromètre Tankan publié le 1er avril. C’est encore pire que les attentes du consensus d’économistes Bloomberg (-31).

Les différents indices trimestriels Tankan (un pour chaque grande catégorie d’entreprises) mesurent, sur un très grand nombre de questions, la différence entre le pourcentage de sociétés estimant que la conjoncture est favorable et celles jugeant qu’elle ne l’est pas. Un niveau négatif signifie que les avis pessimistes l’emportent.

Un niveau aussi bas augure de faibles dépenses d’investissements, de faibles salaires et de recrutements, autant d’ingrédients nécessaires pour une reprise économique, alors que le Japon est tombé en récession dès le premier trimestre 2020 et que le deuxième trimestre s’annonce effroyable.

L’ampleur du plongeon de la confiance des grandes entreprises non manufacturières (services) a été quasiment aussi fort que dans l’industrie: leur moral a chuté de 25 points sur le trimestre écoulé, passant de +8 à -17, au plus bas depuis fin 2009. Tous secteurs d’activité et toutes tailles d’entreprises confondues, le baromètre Tankan s’est fixé à -31, contre -4 précédemment.

Cette enquête a été réalisée auprès d’environ 9.600 entreprises du 28 mai au 30 juin.

400 millions d’emplois supprimés selon le BIT

400 millions d’emplois supprimés (selon le  BIT)

 

Suite à la crise sanitaire le bureau international du travail estime que le monde pourrait perdre à peu près 400 millions d’emplois d’ici la fin de l’année

Dans une nouvelle analyse, l’agence spécialisée des Nations unies souligne que le nombre d’heures de travail perdues dans le monde au premier semestre a été “largement supérieur à ce qui avait été prévu”.

Elle estime à 14% la chute du nombre global d’heures travaillées au deuxième trimestre liée à la pandémie, soit l’équivalent de 400 millions d’emplois à temps plein (sur la base de 48 heures par semaine).

Pour le quatrième trimestre, le BIT s’attend à une perte de 4,9% du volume total d’heures travaillées soit 140 millions d’emplois à temps plein. Mais un scénario plus sombre intégrant l’hypothèse d’une deuxième vague de la pandémie porte cette perte potentielle à 11,9% du volume d’heures travaillées, soit 340 millions d’emplois à temps plein.

“Les estimations ont revu en forte hausse les dommages causés par la pandémie à nos marchés du travail”, a déclaré le directeur général du BIT, Guy Ryder, lors d’une conférence de presse.

LREM: dans le vert ou dans le mur

LREM: dans le vert ou dans le mur

 C’est toute la contradiction de la république en marche y a voulu faire seul dans l’écologie avec cette convention iconoclaste, sorte d’auberge espagnole est d’évidence moins contradictoire et ce résultat catastrophique aux élections municipales. La république en marche pas localement trop parenthèse exceptée voire Édouard Philippe a conservé son poste) ailleurs c’est la grande débâcle. Macon est écartelé il ne peut évidemment faire l’impasse sur l’impact politique de la vague et il fait semblant de soutenir les propositions de la Convention citoyenne sur le climat. Le problème c’est que ce sont justement les écolos politisés qui ont accentué la défaite de la république en marche. La question de la stratégie repose pour le parti de Macon demeurait à son état actuel du départ. Faire dans le vert même pâle ou aller carrément dans le mur ? «Il faut reconnaître la débâcle, plaide Christophe Itier, macroniste historique et haut-commissaire à l’Économie sociale et solidaire. C’est désormais l’heure de vérité pour le macronisme, qui doit définir ce qu’il veut incarner.» «Nous devons réfléchir à ce qu’on est, à ce qu’on porte pour 2022», abonde un ministre proche d’Emmanuel Macron. Les cadres de La République en marche ont beau tenter de minimiser la percée verte de dimanche – dans les 273 villes de plus de 30.000 habitants, seuls neuf écologistes ont été élus maires, répètent-ils – ces victoires sont autant d’avertissements en vue de l’élection présidentielle de 2022.

Macron pour le plan de relance de l’UE en juillet

Macron pour  le plan de relance de l’UE en juillet

Lors de sa rencontre avec Merkel, Macron a réaffirmé la nécessité d’un plan de relance européen en juillet. La chancelière a appuyé la démarche ( son gouvernement aussi). La question qui se pose surtout est celle de l’ampleur des dépenses budgétaires c’est-à-dire des dotations non remboursables mais soumis cependant à des conditions notamment des pays les plus rigoureux La réponse à apporter à la crise économique due au coronavirus a de nouveau mis en lumière des divergences entre les Vingt-Sept, avec d’un côté Paris, Berlin ou Rome et, de l’autre, les Etats dits “frugaux” – Autriche, Pays-Bas, Danemark et Suède – réticents à l’idée de simples transferts budgétaires et qui préfèrent l’option de prêts remboursables aux Etats les plus touchés. Pour trouver un terrain d’entente, le président français a rencontré mardi dernier le Premier ministre néerlandais Mark Rutte à La Haye.

“Nous sommes arrivés à un moment de vérité pour l’Europe. Et avec cet engagement franco-allemand résolu, nous pouvons en faire un moment de succès”, a déclaré Emmanuel Macron lundi.

Trouver un accord “est notre priorité absolue”, a-t-il poursuivi. “Sans cela, l’Europe ne serait pas à la hauteur. Et je crois que cela est possible, dès le mois de juillet.”

Angela Merkel a quant à elle souhaité que cet accord soit conclu lors du Conseil européen des 17 et 18 juillet. “Nous espérons que nous pourrons trouver une solution, même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir”, a-t-elle dit.

Le chef de l’Etat s’est par ailleurs dit “honoré” d’être le premier dirigeant étranger à rendre visite à la chancelière depuis le début de la crise du coronavirus.

“Quand je regarde la situation, je mesure à quel point les circonstances ont changé en deux ans – cette crise que personne n’avait prévue nous a tous mis, sur le plan sanitaire et sur le plan économique, à rude épreuve”, a-t-il déclaré, évoquant sa visite de juin 2018 au château de Meseberg.

“Mais je mesure aussi et surtout l’ampleur des progrès accomplis par le couple franco-allemand. Jamais nous n’avons lâché, atténué ou négligé ce lien irremplaçable ; jamais”, a-t-il souligné.

Le chef de l’Etat a par ailleurs proposé de “rehausser” les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 et de “faire en sorte que les plans de relance, européen et nationaux, respectent ces objectifs “.

“A cet égard, il me semble essentiel que l’argent qu’apportera l’Europe aux pays qui font leur transition écologique soit strictement conditionné à des engagements climatiques précis, à commencer par la neutralité carbone en 2050”, a-t-il ajouté.

Convention citoyenne pour le climat : une nouvelle manipulation avec un référendum!

Convention citoyenne pour le climat : une nouvelle manipulation avec un référendum!

 

 

Il se confirme que la fameuse convention citoyenne de 150 personnes tirées au sort pourrait être une belle manipulation pour faire avaler l’augmentation de la fiscalité et notamment la taxe carbone ! Pour redonner aussi du tonus à une popularité de de  Macron qui s’effrite.

Le  gouvernement a donc lancé sa   convention citoyenne sur le climat dont personne ou presque n’en parle.  Une convention citoyenne qui est composée de 150 citoyens tirés au sort bien encadrés par des experts (120!) et surtout des politiques. On voit mal ce qui pourrait sortir d’une réunion aussi composite ou évidemment on pourra facilement manipuler les participants. Cette espèce de démocratie directe est évidemment illusoire car les problèmes étudiés sont généralement complexes exigent à la fois connaissance et expérience. Or la convention citoyenne va ressembler à la discussion d’un super bistrot. Cette démarche s’inscrit dans la volonté d’écarter les corps intermédiaires et les organisations compétents sur le sujet. Le dialogue direct voulu par Macron relève tout simplement d’une méthode théocratique.

Composée de 150 citoyens tirés au sort, cette convention est chargée de “redessiner toutes les mesures concrètes d’aides aux citoyens sur la transition climatique dans le domaine des transports, de la rénovation des logements”. Le chef de l’Etat s’est engagé à ce que ses conclusions soient soumises “sans filtre”, au vote du Parlement, soit à référendum, soit à une application réglementaire directe. Mais le premier ministre a déjà prévenu : pas question de reprendre n’importe quelle proposition de la convention dont d’ailleurs presque personne ne parle tellement cette  histoire de pseudo démocratie est marginale.Ou quand l’enquête trottoir se subtutusitue à la démocratie. Avec en plus la grosse ficelle du referendum! ( pas sur les retraites, sur l’environnement!)

Le Parquet national financier reprend l’enquête Kohler

Le Parquet national financier reprend l’enquête Kohler

Le secrétaire général de l’Élysée est soupçonné de conflits d’intérêts en raison de ses liens avec l’armateur italo-suisse MSC.

A la demande d’anticorps des juges de reprendre le dossier de l’affaire Köhler ce collaborateur très proche de Macron.

Une première enquête préliminaire avait été classée sans suite par le parquet national financier en août 2019. Pour relancer les investigations, Anticor avait ensuite déposé une plainte avec constitution de partie civile le 4 décembre.

Kohler a la confiance  de Macron… jusqu’à  quand ?

 Comme pour l’affaire Benalla, l’Elysée risque de s’empêtrer dans la nouvelle affaire concernant Koehler, secrétaire général de l’Elysée et très proche de Macron. Pour l’instant, l’intéressé aurait toute la confiance de Macron mais jusqu’à quand. ? On a effet déclaré d’abord que Koehler s’était mis en retrait des dossiers de MSC, le croisiériste avec lequel il entretient des liens familiaux. La presse a révélé au contraire que Koehler s’était bien impliqué dans ces dossiers. Les conditions dans lesquelles Alexis Kohler a exercé des fonctions publiques en France, tout en ayant des liens avec l’armateur italo-suisse Mediterranean Shipping Company (MSC), sont au coeur d’une enquête ouverte début juin par le parquet national financier (PNF).

A l’origine de cette enquête, une plainte de l’association de lutte anticorruption Anticor pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence contre l’actuel bras droit d’Emmanuel Macron, qui a notamment représenté à partir de 2010 l’Agence des participations de l’Etat (APE) auprès des Chantiers de l’Atlantique/STX France, dont MSC est un client. Anticor avait  annoncé le dépôt d’une plainte complémentaire pour “prise illégale d’intérêts” à la suite de la publication par Mediapart de nouveaux éléments. Selon le site d’information, Alexis Kohler aurait notamment approuvé entre 2010 et 2012 des contrats à venir entre une filiale de MSC, fondé et dirigé par les cousins de sa mère, et le grand port maritime du Havre (GPMH) où il siégeait au sein du conseil de surveillance.

 

Cette ouverture une nouvelle enquête  intervient alors qu’une «note personnelle» du président Emmanuel Macron, rédigée en faveur de son bras droit dans cette procédure, est au cœur d’une polémique. Dans ce document, daté du 1er juillet 2019 mais dont l’existence a été révélée récemment, le chef de l’Etat dédouane Alexis Kohler des soupçons le visant en écrivant qu’il était «déjà informé de (ses) liens familiaux» avec les actionnaires de contrôle de MSC lorsqu’il l’a nommé directeur de cabinet à Bercy en 2014. Il ajoute que son collaborateur n’est ensuite pas intervenu dans des dossiers liés à l’armateur italo-suisse.

L’affaire était née après la publication en 2018 de plusieurs articles de Mediapart mettant en avant les liens familiaux et professionnels étroits entre le N.2 de l’Elysée et MSC, fondé et dirigé par les cousins de sa mère, la famille Aponte. MSC est un important client de l’entreprise STX France (aujourd’hui renommé Chantiers de l’Atlantique) qui gère les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Après avoir siégé au conseil d’administration de STX France entre 2010 et 2012 en tant que représentant de l’État alors qu’il travaillait à l’Agence des participations de l’Etat, Alexis Kohler avait voulu, à deux reprises, rejoindre MSC, à chaque fois après avoir exercé des fonctions au sein de cabinets ministériels à Bercy.

La première fois, en avril 2014, la commission de déontologie, l’instance chargée de contrôler le départ des agents publics dans le secteur privé, s’était opposée à sa demande. Mais en août 2016, quand Emmanuel Macron a quitté le ministère de l’Economie, Alexis Kohler a finalement obtenu le feu vert de la commission et rejoint MSC Croisières au poste de directeur financier. Quelques mois plus tard, à l’élection d’Emmanuel Macron en mai 2017, il avait été nommé à l’Elysée. Lors de ces consultations de la commission, les liens familiaux d’Alexis Kohler avec l’armateur n’avaient jamais été mentionnés.

Une première plainte pour «prise illégale d’intérêt» et «trafic d’influence» avait été déposée le 4 juin 2018 par Anticor. L’association avait ensuite déposé deux autres plaintes, en août 2018 à la suite de nouvelles révélations de Mediapart, puis en mars 2019, notamment pour «faux et usage de faux» et «omission substantielle de ses intérêts».

VL 110km-h: le pour et le contre et surtout quelle transition

VL 110km-h: le pour et le contre et surtout quelle transition

 

 

On sait que plusieurs sondages ont démontré que 90 % des français sont actuellement contre la limitation à 110 km/h de la vitesse des voitures sur autoroute. Pour autant le, JDD s’efforce de faire l’inventaire des avantages et des inconvénients de cette éventuelle mesure  pour limiter les gaz à effet de serre.

« Sur les 149 propositions formulées par la Convention citoyenne pour le climat, c’est celle qui a fait le plus polémique. Les 150 Français tirés au sort l’été dernier pour définir des mesures permettant de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 ont proposé dimanche un abaissement de la vitesse maximale sur l’autoroute. Cette réduction de la vitesse, de 130 km/h à 110km/h, n’a été adoptée qu’à 60% des voix, contre environ 90% pour le reste des autres mesures.

Déjà évoquée lors du Grenelle de l’environnement en 2007 mais jamais retenue, la limitation de la vitesse sur l’autoroute agite à nouveau les débats. Si pour certains, à l’image du député européen EELV Yannick Jadot, elle permet « d’avoir un impact substantiel, significatif, sur les émissions de gaz à effet de serre », d’autres, comme l’association 40 Millions d’automobilistes, dénoncent une « proposition malvenue et purement idéologique ». Coûts, effets sur la mortalité routière, pollution : voici les avantages et les inconvénients de la mesure.

En France, les transports sont le secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES). Ils représentaient en 2017 29,4% de l’ensemble des émissions de GES du pays. Plus que les poids lourds, les voitures particulières sont responsables de 53% des émissions du secteur et 16% des émissions totales de l’Hexagone. Or, d’après la majorité des chercheurs, plus la vitesse d’une voiture est importante, plus elle émet de gaz à effet de serre. Les membres de la Convention citoyenne pour le climat avancent qu’une réduction de 20 km/h pourrait réduire de 20% en moyenne les émissions de GES sur l’autoroute. 75% des études recensées par l’Ademe (l’Agence de la transition énergétique) affirment que « la limitation de vitesse sur les routes et les autoroutes entraîne une diminution des émissions et/ou des concentrations de polluants ».

La pollution de l’air provoque chaque année 48.000 décès dans le pays. Un abaissement de la vitesse maximale autorisée sur l’autoroute permettrait d’améliorer la qualité de l’air grâce à une baisse des émissions de particules fines et d’ozone, et donc de réduire le nombre de décès prématurés.

Autre argument en faveur du passage aux 110km/h mais qui ne relève pas de l’écologie : la baisse de la mortalité routière. Selon une étude du Commissariat général au développement durable (sous l’égide du ministère de la Transition écologique et solidaire) réalisée en mars 2018, sa mise en place permettrait d’éviter 22 morts, 198 blessés graves hospitalisés et 1.852 blessés légers par an sur l’autoroute.

Si l’on tient compte du report de certains automobilistes sur les routes secondaires, lié à cette baisse de la limitation de vitesse, et du nombre d’accidents supplémentaires sur celles-ci, la mesure empêcherait 13 personnes de mourir chaque année sur les routes. Ce qui représente un bénéfice économique de 149 millions d’euros par an, selon l’étude. Un impact qui demeure cependant limité car le taux d’accidents mortels est déjà très faible sur les autoroutes.

Rouler plus lentement, c’est aussi consommer moins. D’après les conventionnaires, la limitation de la vitesse sur l’autoroute permettrait « d’économiser 1,40 euros par 100 km » sur le coût du carburant. Toujours selon le Commissariat général au développement durable, 20 km/h en moins sur l’autoroute représentent une économie totale de 360 millions d’euros, mais aussi une baisse de 5,12% de la consommation de carburant, soit 1,45 million de tonnes de CO2 en moins par an. Pas non plus de quoi révolutionner le secteur, qui en rejette environ 135 millions par an.

Un abaissement de la vitesse permettrait de fluidifier le trafic autoroutier, ce qui éviterait des surémissions de polluants provoquées par des bouchons. Par ailleurs, selon le rapport de l’Adema, les nuisances sonores seraient moins importantes si la proposition venait à être appliquée.

Si les membres de la Convention citoyenne pour le climat jugent leur préconisation « relativement aisée à appliquer » puisqu’elle consiste essentiellement à modifier le Code de la route, celle-ci entraînerait des dépenses significatives pour changer la signalétique. En considérant qu’un nouveau panneau vaut 200 euros et qu’en placer 20 par jour représente 1.200 euros de coût salarial, le Commissariat général au développement durable estime le montant du remplacement à 1,6 million d’euros sur dix ans. La Convention, elle, table plutôt sur une installation « d’au moins un an, pour une application début 2021″. Le report d’une partie du trafic vers les routes départementales et nationales se solderait lui par une perte de 76 millions d’euros pour les concessionnaires d’autoroutes.

 

Inévitablement, le passage à 110km/h augmenterait les temps de trajets des automobilistes. Selon la Convention citoyenne pour le climat, ces derniers ne perdraient qu’entre 4 à 8 minutes par heure. Un laps de temps qui paraît insignifiant à première vue, mais qui a en réalité un véritable coût économique et social, notamment pour les personnes empruntant l’autoroute pour rejoindre leur lieu de travail.

 

Le Commissariat général au développement durable évalue même cette perte à près de 1,15 milliard d’euros. Selon lui, les recettes induites par la mesure (moindre accidentalité, moindre pollution, gain de carburant) seraient bien inférieures aux coûts, avec un bilan négatif de 554 millions d’euros. Le rapport conclut donc que la réduction de la vitesse sur l’autoroute a « peu d’intérêt à être mis[e] en œuvre (ou a minima pas de manière globale au niveau national) ».

Alors même qu’elle a été instituée par Emmanuel Macron à la fin du grand débat post-Gilets jaunes, une crise en partie déclenchée par l’abaissement à 80 km/h, la Convention citoyenne pour le climat s’attaque elle aussi à l’épineux sujet des limitations de vitesse. Elle reconnaît d’ailleurs qu’une telle mesure sera « complexe à mettre en place » du point de vue de son « acceptabilité ». Pour preuve, la pétition lancée par l’association 40 Millions d’automobilistes, qui revendique déjà plus de 400.000 signataires.

D’après la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne, qui s’est dit favorable à la mesure « à titre personnel », le gouvernement est « conscient de la sensibilité du sujet ». Elle a par ailleurs indiqué mercredi que l’Ademe est en train de réaliser un « bilan global » des conséquences d’une limitation à 110 km/h sur l’autoroute.

 

Dans ce bilan il faudra sans doute distinguer le volume de circulation sur autoroute urbaine où se déroule l’essentiel du trafic d’autoroutes. On sait en effet que 80 % de la population environ est maintenant concentrée auprès des grandes zones urbaines et le trafic aussi ( NDLR). Le débat tout cas est ouvert et il est loin d’être refermé pour des questions écologiques bien sûr mais aussi technologiques et économiques .L’urbanisme conditionne aussi une grande partie de la mobilité 

 

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