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Emplois : Des seniors sous utilisés en France

Emplois : Des seniors sous utilisés en France

Il est particulièrement important de trouver des solutions à un taux d’emploi des seniors qui est l’un des plus bas d’Europe.

Selon une étude de la Dares datée de décembre 2021, en 2020, le taux d’activité des 55-64 ans en France est inférieur de 5,8 points à celui de l’Union européenne à 27 pays (UE27). En effet, si pour les 55-59 ans, le taux d’activité est de 0,4 points plus élevé en France, il est inférieur de près de 12 points pour les 60-64 ans !

Cette situation s’explique notamment par les politiques de l’emploi menées en France à partir des années 70, et durant les 30 années qui ont suivi. Les pouvoirs publics et les partenaires sociaux ont alors privilégié le retrait des seniors du marché du travail, afin de favoriser l’emploi des autres tranches d’âges. L’abaissement de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans, conjugué à la mise en place de dispositifs de départs à la retraite anticipée, ont eu pour effet d’abaisser considérablement le taux d’emploi des seniors.

Un retournement s’est produit à la fin des années 90. Vieillissement de la population et allongement des durées de vie, coût du financement des retraites, ainsi que l’objectif fixé par l’Union européenne d’atteindre un taux d’emploi de 50 % parmi les 55-64 ans, sont autant d’éléments qui ont conduit à un changement de paradigme dans les politiques de l’emploi des seniors. L’objectif de maintien et de retour à l’emploi de ce public a été affirmé, et fait désormais partie des priorités gouvernementales.

Quatre réformes des retraites se sont succédé en France depuis le début des années 1990 : en 1993, 2003, 2010 et 2014. Elles ont eu pour effet d’accroître significativement le taux d’emploi des seniors (+8,2 points entre 2007 et 2017, selon l’Insee). Cependant, dans le même temps, le taux de chômage des travailleurs de cette catégorie d’âge a connu une hausse rapide, de même que la proportion d’emplois à temps partiel et de CDD (Contrats à durée déterminée).

La réforme des retraites de 2010 a repoussé l’âge légal du départ à la retraite de 60 à 62 ans. L’âge légal auquel un salarié du privé peut prendre sa retraite est donc actuellement fixé à 62 ans. L’âge du taux plein, auquel un salarié peut prétendre quel que soit son nombre de trimestres de cotisations, était jusqu’ici fixé à 65 ans. Cet âge sera porté progressivement à 67 ans d’ici 2023.

Paris bientôt sous tutelle financière de l’État ?

Paris bientôt sous tutelle financière de l’État ?

En dépit des hausses d’impôt significatives, la ville de Paris ne cesse de s’enfoncer dans une situation financière ingérable . Visiblement, la maire de Paris a perdu contrôle sur nombre de dépenses qui s’alimentent d’elles-mêmes.Malgré sa promesse de ne pas augmenter les impôts locaux, la maire de la capitale Anne Hidalgo a annoncé début novembre une augmentation de la taxe foncière de 7 points en 2023, soit une hausse de plus de 50%.

Dernière tentative en date d’endiguer une dette galopante, passée de zéro euro à l’arrivée de Bertrand Delanoë en 2001 à 7,7 milliards aujourd’hui.

Interrogé à ce sujet ce dimanche dans le Grand rendez-vous sur Europe 1 et CNews, Clément Beaune a estimé que «la situation financière est grave et n’est pas liée au Covid, contrairement à ce que dit Anne Hidalgo». Le scénario d’une mise sous tutelle n’est donc «pas exclu», a poursuivi le ministre des Transports. «Pour la capitale, c’est gravissime et je ne le souhaite pas, ce serait un ultime recours», a-t-il ajouté en invitant la maire de Paris à «prendre ses responsabilités».

«Pour les Parisiens, la page d’Anne Hidalgo est déjà tournée», a-t-il enfoncé, invoquant le résultat de l’ex-candidate PS à l’élection présidentielle, de «moins de 2% dans sa propre ville». Soit 23.000 voix à Paris quand Emmanuel Macron en obtenait 380.000, rappelle une enquête du Figaro. «C’est une espèce de fin de règne qui s’est installée», a enfin affirmé Clément Beaune.

L’emploi sous perfusion en France

L’emploi sous perfusion en France

 

Le plein-emploi vanté par le gouvernement repose sur un double trompe-l’œil, analyse, dans une tribune au « Monde », l’économiste Bruno Coquet, qui pointe deux failles : le niveau anormalement haut du nombre de départs avec l’assentiment de l’employeur et le montant aujourd’hui élevé des aides publiques et subventions à l’emploi.

Des  économistes avancent tout de même plusieurs éléments pour expliquer La relative bonne situation de l’emploi en France. D’abord, de nombreuses entreprises auraient fait de la rétention de main d’œuvre dans la perspective d’une reprise économique vigoureuse une fois la crise sanitaire terminée. Un maintien des effectifs d’autant plus facile qu’il a été encouragé par toutes les aides Covid versés par l’Etat.De la même manière, l’emploi subventionné, notamment à travers les aides à l’apprentissage, explique sans doute en partie les bons résultats du marché du travail en cette période pourtant perturbée. Tout comme les tensions de recrutement qui restent très fortes NDLR 

 

L’épaisseur du code du travail aux oubliettes, les difficultés de recrutement sont la nouvelle boussole des réformes, désignées comme le frein ultime au plein-emploi alors même qu’elles en sont un symptôme qui ne peut qu’empirer à l’approche du Graal. Quel que soit l’indicateur, barrières à l’embauche, pénuries, tensions, emplois vacants, la difficulté à recruter atteint en effet des niveaux inégalés depuis très longtemps. Le ministère du travail les attribue à de multiples causes : principalement le rythme très élevé des embauches, un déficit d’actifs, de compétences, l’inadéquation géographique en offres et demandes, la qualité des emplois, etc.

Cette complexité un peu ennuyeuse à analyser est éclipsée par des explications plus imaginatives : c’est la faute de l’époque, de la crise sanitaire, d’une prise de conscience existentielle, en particulier chez les jeunes dont l’engagement professionnel serait plus utilitariste que celui de leurs aînés, etc. dont même la loi sur la « réforme du travail » fait son miel : « les actifs modifient leurs aspirations professionnelles et changent davantage d’entreprise, voire de métier. Les entreprises connaissent de ce fait des difficultés de recrutement bien plus importantes qu’avant la crise ».

Une occasion bienvenue de faire un sort à tout ce qui est susceptible de favoriser la très française « préférence pour le chômage ». L’assurance-chômage fait office de coupable idéal : les contrôles de Pôle emploi et les droits rognés ne suffisant pas, les chômeurs indemnisés continueraient de préférer le confort des allocations-chômage à la reprise d’emploi. C’est aller un peu vite : d’une part les chômeurs indemnisés sont une minorité, d’autre part leur nombre diminue très vite, alors que celui des demandeurs d’emploi inscrits mais non indemnisés est inerte.

Au-delà d’anecdotes évoquant des fraudes, les faits ne montrent pas que les règles d’assurance-chômage stimulent les difficultés de recrutement actuelles. En théorie, ce lien est possible, mais avant de l’invoquer il faut résoudre une énigme bien plus épaisse encore : pourquoi des chômeurs non-indemnisés n’acceptent-ils pas ces emplois vacants ? On l’ignore.

Sous influence russe, le Mali dérape de plus en plus

Sous influence russe, le Mali dérape de plus en plus

 

Le Mali reprend désormais à son compte la phraséologie et la dialectique outrancière russe pour dénoncer presque chaque jour l’attitude de la France. Y compris avec des contrevérités de type KGB pour intoxiquer les populations. La vérité c’est que le Mali officiel se rétrécit comme une peau de chagrin depuis le départ imposé à la France et que les Russes et ce qui reste des forces maliennes sont maintenant opposés aux islamistes.

Et pour masquer leurs faiblesses la Russie et le Mali attaque la France à l’ONU. De quoi sourire si la situation n’était pas aussi dramatique pour une dictature malienne de plus en plus isolée en dépit du soutien russe et notamment des mercenaires de Wagner

Le gouvernement malien affirme être en mesure de démontrer où et quand la France aurait livré des armes à des groupes islamistes, est-il ajouté dans le courrier, sans toutefois qu’aucune preuve ne soit fournie.

« La France n’a évidemment jamais soutenu, directement ou indirectement, ces groupes terroristes, qui demeurent ses ennemis désignés sur l’ensemble de la planète », a indiqué l’ambassade de France au Mali sur Twitter, soulignant que 53 soldats français étaient morts au Mali au cours des 9 dernières années.

Ces accusations interviennent alors que la France a achevé lundi le retrait des soldats français de Barkhane, une opération militaire visant à lutter dans le Sahel contre les mouvements islamistes.

 

Poutine a tué son économie pour servir son impérialisme

Poutine a tué son économie pour servir son impérialisme

En vingt-deux ans de pouvoir sans partage, le maître du Kremlin a sacrifié le bien-être des Russes à ses chimères de grandeur impériale. Et il n’a jamais créé les conditions d’une économie de marché stable et propice aux affaires. ( papier de Jean-Michel Bezat dans le Monde)

 

 

McDonald’s est de retour à Moscou, sous un autre nom et avec un nouveau propriétaire, l’homme d’affaires russe Alexandre Govor. Rebaptisée Vkousno i tochka (« délicieux, point ») et dotée d’un nouveau logo, la chaîne de fast-food va peu à peu rouvrir les 850 restaurants franchisés de l’ex-enseigne américaine. On peut voir dans cette reprise la capacité de rebond de la Russie depuis le départ des entreprises occidentales après l’invasion de l’Ukraine. Ou, plus sûrement, l’isolement croissant du pays, encore illustré par l’absence de grandes sociétés et de dirigeants occidentaux au Forum économique de Saint-Pétersbourg, qui s’est achevé le 18 juin.

Lancé en février 1990, le premier McDo avait symbolisé l’ouverture au capitalisme d’une URSS moribonde. Un retour en arrière ? La Russie n’est pas dans l’état où elle était à la fin de l’ère soviétique, ni après dix ans de présidence chaotique de Boris Elstine. Vladimir Poutine l’a fait entrer dans l’économie mondiale, sans atteindre le degré d’intégration de la Chine. Son industrie s’est un peu diversifiée dans l’agroalimentaire et les technologies. Depuis les sanctions occidentales décrétées après l’annexion de la Crimée en 2014, elle a développé sa production céréalière pour devenir la première exportatrice mondiale de blé – source de revenus autant que levier politique, à l’instar du pétrole, du gaz et de l’armement.

Nostalgique de la puissance politico-militaire de l’Union soviétique, le président russe n’a aucun regret pour son économie planifiée. « Nous n’allons pas avoir une économie fermée », assurait-il, le 9 juin, devant de jeunes entrepreneurs réunis en marge de la commémoration du 350e anniversaire du tsar « européen », Pierre le Grand. Et il peut se féliciter que l’économie résiste encore, quatre mois après le début d’un train de sanctions sans précédent pour une grande économie.

Le rouble tient bon grâce à la stricte politique des taux d’intérêt de la gouverneure de la Banque centrale, Elvira Nabioullina, et à une gestion rigoureuse des comptes publics, qui permet de constituer des réserves de devises. La balance commerciale est excédentaire et la flambée du baril d’or noir, même vendu avec une décote de 20 à 30 dollars (sur 120 dollars, soit environ 114 euros), assure d’importantes recettes fiscales. Gazprom, et donc l’Etat actionnaire, n’a jamais tiré autant de profits du gaz.

Sous la menace de la Russie, élargir l’Union européenne

Sous la menace de la Russie, élargir l’union européenne

 

Favorable à l’adhésion de l’Ukraine et de la République de Moldavie, le député européen et ancien premier ministre roumain, Dacian Ciolos,  estime, dans une tribune au « Monde », que l’UE ne doit pas tergiverser avec l’intégration de ces Etats sous la menace directe de la Russie.

 

En 2014, l’ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis un terme à la politique d’élargissement de l’Union européenne. Par ce geste, il admettait simplement un fait politique : à l’époque, aucun dirigeant national de l’Union européenne (UE) ne voulait supporter le coût politique de l’élargissement. L’impact de l’adhésion des pays d’Europe centrale et orientale en 2004-2007 a été majeur, tant au niveau de l’opinion publique dans les anciens Etats membres qu’au niveau du fonctionnement des institutions européennes, du budget, des priorités de l’UE, des sensibilités politiques. L’élargissement était devenu un sujet politique tabou.

De mon point de vue, c’était une erreur et nous avons vu ce qui s’est passé ensuite tant dans les Balkans occidentaux [Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie et Kosovo] que dans le voisinage oriental, avec l’influence et les exigences croissantes de la Russie, ainsi que le sentiment d’abandon qu’ont ressenti les forces pro-européennes de ces pays. L’invasion de l’Ukraine par la Russie rouvre le sujet. Mais même dans ces conditions, l’élargissement de l’UE reste un sujet de division pour les dirigeants européens. Le dialogue de sourds entre l’est et l’ouest de l’Europe semble se poursuivre. Les arguments bureaucratiques, les positions défensives, les retards institutionnels semblent masquer le manque de volonté et de courage politique.

Ma position est claire et constante depuis de nombreuses années : l’élargissement est nécessaire et bénéfique pour l’Union européenne s’il est entrepris avec vision et non par opportunisme électoral ou politique. L’attente et l’indécision ne sont pas des solutions. L’Union européenne doit de toute urgence relancer le processus d’élargissement avec un plan adapté aux réalités politiques et géostratégiques d’aujourd’hui. Cela nécessite un leadership politique, la reconnaissance de la dimension identitaire et idéologique de l’élargissement et la construction d’un mécanisme de négociation et d’intégration progressive qui donne du réalisme à ce processus. Le mécanisme pourrait s’inspirer, par exemple, de la méthodologie d’élargissement adoptée en 2020 lors du sommet UE-Balkans occidentaux. Les étapes qui y sont énoncées pourraient être adaptées afin que le processus de négociation d’adhésion dépasse le seuil bureaucratique et fournisse des résultats tangibles pour les citoyens des pays candidats, avant même la conclusion des négociations et la signature des traités d’adhésion.

Société : « Mafia corse. Une île sous influence »

Société : « Mafia corse. Une île sous influence » 

« La Corse vit bien sous le joug d’un système mafieux » ; extraits du nouveau livre-enquête de Jacques Follorou, journaliste au « Monde »

Livre

La Corse semble s’enfoncer inexorablement sous le poids du pouvoir mafieux, mortifère et prédateur. Sur le continent, c’est l’indifférence générale. Sur l’île, le fatalisme cohabite avec une crainte justifiée. Les premiers piliers du crime organisé sont aujourd’hui morts mais le système n’a pas disparu pour autant. Son emprise paraît même avoir progressé. Ses acteurs sont plus nombreux, plus disséminés, et le voyou s’est aujourd’hui largement imposé comme une figure positive et dominante aux yeux des jeunes générations insulaires.

(…)

Longtemps apparue sans fondement aux yeux des principales figures de l’île, la parole anti-mafia a surgi en 2019. Au cours de l’été, Jean-André Miniconi, candidat à l’élection municipale d’Ajaccio, voit ses entreprises visées par des incendies criminels. Puis, le 12 septembre 2019, Maxime Susini, un militant nationaliste, est assassiné à Cargèse. L’émotion suscitée par ces actes entraîne la création de deux collectifs anti-mafia et l’annonce par le président (autonomiste) du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, de l’ouverture, fin octobre, d’une session extraordinaire de l’Assemblée territoriale sur la violence.

Fin septembre 2019, à Ajaccio, une vingtaine de personnalités de la société civile ont baptisé leur rassemblement « A maffia no, a vita iè » (« non à la mafia, oui à la vie »), revendiquant 2 500 membres. Le second collectif, appelé « Massimu Susini », voit le jour, début octobre, à Cargèse, où vivait la victime. Ces deux mouvements entendent fédérer tous ceux qui veulent « résister à la mafia », une démarche relayée par un débat sur l’emprise criminelle sur la société, organisé à l’université de Corte fin septembre, ayant connu un certain succès d’affluence.

Ces paroles dispersées ont reçu, dans un premier temps, un certain écho auprès du pouvoir politique de l’île. Le mal concerne l’ensemble du territoire, dit Gilles Simeoni. « Il y a une situation de dérive mafieuse en Corse et ce phénomène est ancien. » Fort de ce constat, dit-il, « nous allons faire passer notre société d’une logique archaïque et mortifère à une logique de vie et de respiration démocratique ». Selon lui, « il faut dire haut et fort que nous n’avons pas peur »« les élus doivent prendre leurs responsabilités ; certains ont des porosités critiquables avec ces milieux, y compris chez les nationalistes ».

Le propos n’est pas anodin. Les Corses, dans leur majorité, ont pris pour acquis que la pègre était une composante inaliénable de la société. Ils semblent avoir admis qu’une partie de la richesse est captée par les truands et leurs prête-noms. Sur cette île, l’inversement des valeurs n’est pas une vue de l’esprit. Les homicides sont considérés, ici, comme une composante de la vie, des vecteurs de régulation d’une justice privée qui échapperait au droit commun, mais obéirait à des règles non dites, celles d’un pouvoir parallèle, davantage craint que celui de l’Etat. Chacun, de près ou de loin, mesure son emprise sur le commerce, le foncier, les marchés publics, les élections et toute activité générant des bénéfices.

Données personnelles: sous la tutelle des Etats-Unis ?

Données personnelles: sous la tutelle des Etats-Unis ?  

Fondateur d’une start-up informatique, Alain Garnier s’inquiète, dans une tribune au « Monde », d’un accord passé en catimini entre Bruxelles et Washington sur le transfert de données entre les deux continents, craignant un troc « données contre gaz ».(le Monde)

 

Tribune.

 

Vendredi 25 mars, dans une relative indifférence, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Joe Biden, président des Etats-Unis, annonçaient qu’ils étaient parvenus à un accord portant sur un nouveau cadre pour le transfert des données personnelles entre les deux continents.

Une annonce dont les contours doivent encore être précisés, mais qui pourrait ruiner des années d’efforts pour instaurer notre souveraineté numérique. Reste un espoir, celui que cet accord ne soit en réalité qu’un leurre pour profiter du gaz américain le temps que la crise ukrainienne s’apaise et avant que la Commission européenne, une fois encore, ne le retoque.

Car le transfert de données personnelles entre l’Europe et les Etats-Unis n’a jamais vraiment été une évidence. Le Safe Harbor mis en place par l’Union européenne en l’an 2000, autorisait ce transfert vers les Etats-Unis, considérant que la législation américaine offrait des garanties suffisantes quant à la protection de la vie privée.

Annulé par un arrêt de la Cour de justice européenne en 2015, cet accord renaissait tel le phénix un an plus tard sous le nom de Privacy Shield. Mais, nouveau coup de tonnerre en 2020, ce dernier était à son tour déclaré caduque, car incompatible avec l’article 5 du réglement général sur la protection des données (RGPD).

Ces revirements successifs font écho à la politique américaine qui n’a cessé d’assouplir ses lois sur la surveillance des données personnelles depuis vingt ans. Chaque évolution – Patriot Act en 2001, Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) en 2008 et Cloud Act en 2018 – a donné toujours plus de nouveaux pouvoirs aux instances juridiques et gouvernementales sur les données personnelles hébergées par les entreprises américaines, que leurs serveurs soient situés dans le pays ou ailleurs dans le monde. Une vision incompatible avec les règles européennes strictes en matière de protection des données.

La fin du Privacy Shield avait durement secoué les géants américains du numérique. Et les premiers effets commençaient tout juste à se faire sentir. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait ainsi appelé en 2021 le gouvernement à écarter le choix de Microsoft Azure pour l’hébergement des données de santé de son fameux Health Data Hub.

Plus récemment, elle mettait en garde les établissements d’enseignement supérieur quant à l’utilisation des suites collaboratives proposées par les éditeurs américains. Enfin, début février, elle mettait en demeure un éditeur de site Web utilisant Google Analytics, considérant le transfert de ces données vers les Etats-Unis comme illégal.

La Finance sous assistance respiratoire publique

 La Finance sous assistance respiratoire publique

L’intervention massive des banques centrales et les sanctions financières contre la Russie semblent signifier le retour de la puissance publique sur les marchés. Mais une véritable « définanciarisation » n’est pas à l’ordre du jour, regrette l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran dans sa chronique au Monde.

 

 

Chronique.

 

 La finance globale a du plomb dans l’aile. Elle n’est plus libéralisée, mais sous assistance. Elle n’est plus intégrée, décloisonnée, mais en voie de balkanisation. Est-on sur la voie d’une déglobalisation financière ? Peut-être. Mais seulement d’une « déglobalisation » de sauvegarde, du fait de la gestion des crises financière puis sanitaire. D’une déglobalisation guerrière, en raison des sanctions financières prises à l’encontre de la Russie. A quand une déglobalisation de transformation, celle qui permettra à nos sociétés d’aller mieux ?

Il ne faut pas oublier que l’apparente complexité technique des mutations de la finance dissimule mal l’exercice d’une volonté politique ! La globalisation financière, ce processus d’expansion de marchés, de produits et d’acteurs interconnectés, intégrés et internationalisés, a largement procédé d’une volonté politique de libéralisation qui s’est affirmée au tournant des années 1970-1980, d’abord dans les pays anglo-saxons, puis sur le continent européen, avant de gagner les pays émergents. La puissance publique s’est alors volontairement effacée, les Etats allant jusqu’à sacrifier leur accès direct au guichet de leur banque centrale et accepter l’indépendance de ces dernières. Elle a placé sa confiance dans le libre jeu du marché, avec pour dessein tacite l’essor du capitalisme financier. Avec les conséquences que l’on sait en matière d’inégalités, d’instabilité financière et de dégâts environnementaux.

La déréglementation des banques a été l’une des forces motrices de ce processus. Ce ne sont pas les timides reréglementations des années 1990-2000, issues des accords de Bâle, qui ont ralenti le pas de la finance globalisée. Car elles ont été conçues pour accompagner, préserver le jeu du marché et protéger de ses à-coups quelques-uns de ses acteurs – surtout les banques –, et non pour reprendre la main sur l’allocation des capitaux, la création et la circulation de la monnaie. Logiquement, ces reréglementations, dites « prudentielles », n’ont pas empêché la crise financière de 2007-2008.

C’est à ce moment-là que le retour de la puissance publique s’est fait beaucoup plus pressant, mais surtout pour empêcher le capitalisme financier de s’autodétruire et assurer sa survie, voire son approfondissement, cette fois par la voie monétaire. La monnaie publique, celle que crée la banque centrale, a été mise à l’entière disposition des banques et des marchés financiers. L’intervention d’urgence, décidée au moment de la crise financière de 2008, est devenue une assistance prolongée. A chaque fois qu’il a été envisagé de débrancher la perfusion de liquidité centrale, une source plus ou moins forte de déstabilisation est venue l’empêcher : la crise du marché monétaire américain à l’automne 2019, la crise sanitaire à partir de janvier 2020, et aujourd’hui la guerre en Ukraine, qui fait envisager aux banques centrales une relance de leurs achats d’actifs en cas de récession, comme le suggère une déclaration d’Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne, le 24 mars.

Suppression redevance télé : les médias désormais sous influence de la pub ?

Suppression redevance télé : les médias désormais sous influence de la pub ?

La pérennisation du financement de France Télévisions et de Radio France est remise en cause par la proposition d’Emmanuel Macron de supprimer la contribution à l’audiovisuel public, estiment, dans une tribune au « Monde », le sociologue Olivier Alexandre et l’économiste Françoise Benhamou.

 

Tribune. A l’occasion de sa première réunion de campagne présidentielle, lundi 7 mars, Emmanuel Macron a annoncé sa volonté de supprimer la contribution à l’audiovisuel public (CAP), auparavant dénommée redevance TV, dans l’hypothèse de sa réélection. A l’heure où l’information est devenue un enjeu stratégique dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, alors que le récent mandat de Donald Trump a été marqué par le traitement polarisé de la campagne par la chaîne Fox News, et que l’économie de la presse est impactée par le poids grandissant des plates-formes, cette annonce pose la question de l’avenir du service public audiovisuel et au-delà de l’indépendance des médias.


Héritier de l’ORTF, le service public audiovisuel représente un ensemble de 17 000 salariés, travaillant au sein de France Télévisions (France 2, France 3, etc.), Radio France (France Inter, Franceinfo…), Arte, France Médias Monde (France 24, RFI…), l’Institut national de l’audiovisuel et TV5 Monde. Les 138 euros, fixés par le Parlement, payés par 28 millions de Français, avaient rapporté 3,8 milliards d’euros en 2020, permettant de couvrir l’essentiel de son coût de fonctionnement, à l’exception d’un déficit s’élevant à près de 50 millions par an.

Si elle a suscité de nombreuses réactions, cette annonce était pourtant attendue. Dans sa forme actuelle, la redevance est en effet adossée à la taxe d’habitation, qui prendra fin en 2023, conformément à la promesse de campagne du candidat d’En marche ! en 2017. L’annonce de l’actuel président fait entrevoir trois scénarios : la mise sur pied d’un nouveau système de financement dans des proportions égales permettant de garantir l’autonomie du service public ; une réduction à terme de son financement ; ou encore sa privatisation, partielle ou complète, appelée de leurs vœux par les candidats Eric Zemmour et Marine Le Pen.

Ce choix revêt trois dimensions : le périmètre du service, au niveau local, national et international ; le montant du financement ; et le support de collecte. De ce point de vue, plusieurs observations peuvent être faites.

Tout d’abord, l’audiovisuel public est une économie de coûts fixes, avec des dépenses de programmation élevées. Pour des raisons d’indépendance et de structure économique, il requiert un financement pérenne, exempt du risque de coupe annuelle. De plus, le montant de la CAP demeure faible : 138 euros pour la France métropolitaine et 88 euros pour les départements d’outre-mer. A titre de comparaison, en Allemagne, elle s’élève à 220 euros, pour un total de 8 milliards d’euros de recettes publiques bénéficiant aux groupes ARD et ZDF.

Pétrole : mouvement de yo-yo sous les 100 $

Pétrole : mouvement de yo-yo sous les 100 $

le marché du pétrole risque d’être déstabilisé pendant un long moment du fait de la guerre en Ukraine mais aussi des menaces inflationnistes sur la croissance. Du coup,  le baril va d’enregistrer des mouvements de yo-yo réguliers mais cependant sur une tendance globale haussière. Les prix du pétrole ont par exemple continué de baisser mercredi, se rapprochant de leur niveau d’avant l’invasion militaire russe en Ukraine, lestés par les craintes d’un ralentissement de la demande en or noir, sur fond d’optimisme quant aux pourparlers de cessez-le-feu entre Moscou et Kiev.

Au terme d’une séance très volatile, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a lâché 1,89% pour terminer à 98,02 dollars.

La banque centrale américaine sous la pression de l’opinion publique

La banque centrale américaine sous la pression de l’opinion publique 

L’économiste Raghuram Rajan dénonce, dans sa chronique au « Monde « , la politique d’aide indiscriminée menée aux Etats-Unis aux dépens des finances publiques.

 

 

. L’opinion publique américaine reconnaît en majorité que la pandémie a rendu nécessaires des dépenses de soutien ciblées (par exemple la prolongation de la durée des allocations-chômage) pour protéger les ménages les plus durement touchés. Or, le Congrès a adopté des projets de loi de plusieurs milliers de milliards de dollars proposant une aide indiscriminée, donc tout sauf ciblée.

Ainsi, l’ensemble des petites entreprises a reçu une aide de 800 milliards de dollars dans le cadre du programme d’aide qui leur est destiné. Elle a permis de sauvegarder 2 à 3 millions d’emplois en quatorze mois pour le coût exorbitant de 170 000 à 257 000 dollars par emploi. Pire, seulement 23 à 34 % du budget de ce programme est allé directement aux travailleurs qui auraient autrement perdu leur emploi. Le reste est allé aux créanciers, aux propriétaires d’entreprises et aux actionnaires. Au total, 20 % des salariés les mieux payés auraient touché 75 % de l’aide (The $800 Billion Paycheck Protection Program : Where Did the Money Go and Why Did It Go There ?, David Autor et alii, NBER, janvier 2022).

L’idée qu’une situation sans précédent appelle des mesures sans précédent justifierait ces dépenses illimitées. En réalité, c’est la réponse à la crise financière de 2008 qui a brisé le consensus en faveur de mesures plus prudentes. Le ressentiment persistant de l’opinion publique à l’égard du secteur financier, qui a été davantage aidé que les autres à ce moment-là, a incité les dirigeants des deux grands partis américains à dépenser sans compter lorsque la pandémie a frappé. Mais les allocations de chômage ciblées étaient associées aux démocrates, tandis que les républicains cherchaient à avantager leur propre électorat, les petites entreprises.

Les fractures politiques ont, ainsi, entraîné une augmentation des dépenses non ciblées. Pourtant, les partisans de la rigueur sont restés introuvables : les économistes n’ont eu de cesse d’étouffer leurs voix. De plus en plus d’économistes classiques ont souligné que la faiblesse des taux d’intérêt donnait une marge de manœuvre pour accroître le déficit budgétaire. Ils ajoutaient cependant que si les taux d’intérêt devaient rester bas, les dépenses devaient être raisonnables. Désireux de justifier leur choix, les dirigeants politiques ont ignoré cette mise en garde. Pour eux, seul comptait le début du message…

Dans le passé, la Réserve fédérale (Fed) mettait fin à son soutien monétaire avant que la situation ne dérape, et le Congrès freinait le déficit budgétaire et l’endettement. Mais le désir de la Fed d’éviter des difficultés sur les marchés a suscité davantage de prises de risque. La politique de la Fed a également renforcé la pression sur le Congrès pour qu’il adopte des mesures en faveur des entreprises et des ménages. C’est ce qui a conduit à l’inflation et à la conviction que la Fed ne relèvera pas ses taux.

Électricité : approvisionnement sous vigilance orange

Électricité : approvisionnement sous vigilance orange

 


 

T out dépendra de la température mais l’approvisionnement des Français en électricité pourrait être menacé notamment depuis la fermeture de la centrale de Fessenheim. RTE, le réseau de transport de l’électricité, prévoit en effet un hiver sous vigilance particulière pour l’approvisionnement des Français en électricité. À cause de retards dans les travaux de maintenance du parc nucléaire, engendrés par la crise du coronavirus, le gestionnaire prévoit qu’entre cinq et 15 réacteurs seront à l’arrêt cet hiver, sur les 56 que compte l’Hexagone.

Résultat : l’approvisionnement en électricité sera tendu, surtout début 2022. Cette période est en effet remplie d’incertitudes. « On n’a pas encore de boule de cristal sur les conditions météos pour les mois de janvier et février », confirme au micro d’Europe 1 Jean-Paul Roubin de RTE.  »Est-ce qu’il fera froid ? Il y aura-t-il du vent ?… On va attendre d’avoir plus de certitudes. Pour autant, avec les données que dont on dispose aujourd’hui, on considère qu’on n’est pas dans des disponibilités de production qui permettent d’évacuer tout risque par rapport à la sécurité d’approvisionnement, mais sans générer une alerte très forte à ce sujet-là. »

Si l’électricité venait toutefois à manquer, RTE pourrait prendre plusieurs mesures, allant de l’incitation aux écogestes à une baisse de tension sur l’ensemble du réseau ou encore, en dernier recours, à des coupures d’électricité ciblées.

Covid-19: Pourquoi un passe sous condition d’une troisième dose pour les plus de 65 ans ?

Covid-19: Pourquoi un passe  sous condition d’une troisième dose pour les plus de 65 ans ?

 

Gérald Kierzek, médecin urgentiste et chroniqueur santé, fait part de sa perplexité dans le Figaro; Certes, il  approuve la troisième dose mais s’interroge sur la pertinence d’y associer la délivrance du passe.  (Extrait)

Gérald Kierzek est médecin urgentiste et chroniqueur santé, directeur médical de Doctissimo, et auteur notamment de Coronavirus, comment se protéger? (Éditions de l’Archipel, mars 2020).

 

Sur le fond ensuite, la nécessité d’un rappel vaccinal peut être discutée. En effet, elle se base sur des études de sérologies montrant que les plus de 65 ans voient leur taux d’anticorps baisser. Mais l’immunité est bien plus complexe qu’une simple mesure d’anticorps ! Quand les anticorps baissent, l’immunité cellulaire est là pour assurer aussi les défenses immunitaires et nous sommes médicalement incapables, en routine quotidienne, de connaître la durée de protection vaccinale. L’immunité naturelle est également une immunité forte, plus forte que celle octroyée par le vaccin comme le montrent beaucoup d’études, notamment parce qu’elle permet de développer une immunité muqueuse (anticorps IgA) au niveau ORL seule à même de stopper la circulation virale. Le vaccin n’empêche pas les contaminations car il ne confère pas cette immunité muqueuse ; il protège des formes sévères.

Il serait donc sûrement souhaitable de laisser circuler le virus chez les moins fragiles (pas de risque de formes graves et immunité naturelle solide) ainsi que chez les vaccinés sans faire de rappel. On pourrait même dire que le rebond de contaminations permet d’envisager de stopper la circulation virale et de mettre fin à l’épidémie ! Mais pour cela, il faut sortir du « mode panique » devant les courbes de tests positifs !

 

Alors que le nombre de contaminés augmente à nouveau, faut-il renforcer les gestes barrières comme l’a dit le président ?

Les gestes barrières basiques oui, les mesures restrictives non ! Je m’explique. Les gestes barrières comme le lavage des mains régulier ou les solutés hydroalcooliques quand le lavage des mains est impossible est raisonnable pour lutter contre tous les virus (Sars-Cov-2, grippe, gastro-entérites et autres). De même, l’aération des locaux, privés et publics est fondamentale. En revanche, le port du masque chez les enfants ou encore en extérieur n’a pas de sens. Il faut des mesures barrières tenables sur le long terme pour vivre avec ce virus et limiter les autres virus. Nous ne pouvons pas socialement, psychologiquement et même immunitairement vivre sous cloche.

Les conséquences psychologiques du port du masque chez les enfants sont réelles et terribles, y compris à long terme, alors que son efficacité comme geste barrière plus qu’hypothétique. Trop d’hygiène tue l’hygiène sur le plan immunitaire. On le voit actuellement avec la recrudescence de la bronchiolite chez les enfants nés pendant les mesures de confinement. Leur système immunitaire n’a pas été confronté aux virus classiques liés à la vie en société (crèches, etc.) et est fragilisé.

 

Il est impératif de ne pas sombrer dans une folie hygiéniste dangereuse politiquement et médicalement. Là encore, il ne faut pas céder à la panique des chiffres.

Les contaminations vont augmenter inexorablement mais ne constituent pas une vague au sens de saturation hospitalière. Nous avons assisté en 2020 à des vagues de saturation des réanimations dans deux régions essentiellement (Grand Est et Ile de France) ; stricto sensu, nous ne pouvons plus parler de troisième, quatrième ou cinquième « vague » puisqu’il s’agit désormais de vague de tests positifs sans répercussion hospitalière.

La crise actuelle de l’hôpital, et j’allais dire même celle de 2020 soi-disant liée au COVID, est structurelle et liée au manque de lits et maintenant de personnels. Les patients COVID n’ont représenté que 2% de l’ensemble des patients hospitalisés au cours de l’année 2020 selon le rapport de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation qui collecte et analyse toutes les données hospitalières ! Bien loin du fantasme collectif d’un hôpital rempli de patients COVID avec des personnes ne pouvant être prises en charge et « triées » pour entrer à l’hôpital.

E

Industrie d’armement: sous influence des polytechniciens

Industrie d’armement: sous influence des polytechniciens 

Les dirigeants des fabricants d’armes sont issus du même corps que les fonctionnaires chargés de la programmation, des commandes et des ventes d’armes, observe l’historien Hervé Joly dans une tribune au « Monde ».

 

(Une influence qui vaut quand même peut-être mieux que celle des énarques ! NDLR)

 

Tribune.

Le corps des ingénieurs de l’armement a été créé en France en 1968 par regroupement de corps militaires beaucoup plus anciens : ingénieurs des poudres, du génie maritime, de l’air, des fabrications d’armement, etc. La loi fondatrice leur donne une mission très large : « Ils participent à la conception et à la définition des programmes d’armement ; ils en préparent, dirigent et contrôlent l’exécution scientifique, technique et industrielle », mission qu’un décret de 2008 résume comme l’exercice des « fonctions de direction, de contrôle, d’inspection et de coordination dans toutes les activités relatives à l’armement ». Ce corps se recrute toujours majoritairement, avec une petite vingtaine de places par an, à la sortie de l’Ecole polytechnique, qui justifie ainsi, pour une faible part de ses élèves, son statut militaire.

Ainsi, les ingénieurs de l’armement conçoivent les programmes d’armement, les mettent en œuvre industriellement et surveillent leur exécution. Ils sont à la tête de la Direction générale de l’armement (DGA), créée en 1961, chargée à la fois de l’équipement des forces armées et de la promotion des exportations d’armement.

Mais ils sont aussi nombreux, à la direction des entreprises industrielles, qui répondent aux commandes de la DGA. Arracher de gros marchés à l’étranger repose moins sur une pression politique exogène que sur une véritable culture commune au milieu. Ce mélange des genres est d’autant plus naturel qu’une grande partie des industries d’armement sont publiques. Les manufactures d’armes, les poudreries, les arsenaux de la marine l’étaient de manière séculaire ; d’autres usines de guerre et les constructeurs aéronautiques s’y sont ajoutés avec les nationalisations du Front populaire en 1936.

L’influence des polytechniciens

Encore aujourd’hui, malgré les politiques de privatisations massives menées depuis trente-cinq ans dans le secteur public, l’industrie d’armement reste en grande partie sous le contrôle de l’Etat. Le groupe Nexter, héritier des manufactures d’armes intégrées ensuite dans GIAT Industries, rassemble pour l’essentiel les fabrications d’armement terrestre (fusils, canons, chars, etc.), ainsi que, depuis la reprise de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE) en 2013, les usines de munitions ; les effectifs salariés ont considérablement fondu, de plus de 18 000 au début des années 1990 à 3 300 aujourd’hui en France, malgré des activités conservées sur ses sites historiques de Bourges, Tulle ou Roanne. Depuis une fusion avec l’entreprise allemande Krauss-Maffei Wegmann (KMW) en 2015, Nexter dépend d’une société holding de droit néerlandais, dont le capital fait l’objet d’un étonnant partage à égalité entre l’Etat français et la famille propriétaire de KMW ; l’entreprise est dirigée par un polytechnicien ingénieur de l’armement venu d’Airbus, où il pilotait les activités spatiales, après avoir été conseiller du ministre de la défense Charles Millon en 1996.

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