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Nucléaire iranien: reprise des négociations sous haute tension et très hypothétiques

Nucléaire iranien: reprise des négociations sous haute tension et très hypothétiques

 

La reprise des négociations sur le nucléaire iranien paraît très hypothéquée en particulier par la posture de l’Iran qui vient d’affirmer que son objectif est de franchir le seuil de 60 % d’enrichissement du nucléaire, ce qui à terme lui permettrait de disposer de la bombe nucléaire.

 

De leur côté,  les pays occidentaux viennent de prendre des sanctions contre certains responsables iraniens notamment les gardiens de la révolution du peuple coupables d’atteinte grave à la démocratie.

 

Par ailleurs l’Iran vient de passer un accord avec la Chine qui lui fournirait une aide militaire en échange de l’achat de son pétrole.

 

Une usine récemment inaugurée très récemment pour l’enrichissement du nucléaire a été victime d’un attentat est partiellement détruite ; une action que les Iraniens imputent à Israël.

 

L’Iran pose un préalable pour la reprise des négociations : les États-Unis doivent lever les sanctions imposées par le président américain Donald Trump, qui a retiré les États-Unis de cet accord en 2018. Le JCPOA ( nom de l’accord sur le nucléaire iranien 1015). Avait permis un allègement des mesures punitives contre la République islamique en échange d’une réduction drastique de ses activités nucléaires, sous le contrôle de l’Onu, afin de garantir qu’elle ne cherche pas à se doter de la bombe atomique.

 

 

C’est un des sujets sur lesquels planchent les experts à Vienne, sous l’égide de l’Union européenne (UE), avec la participation indirecte d’une délégation américaine, logée dans un autre hôtel. «Nous sommes concentrés sur la voie diplomatique pour avancer», a déclaré la veille de la reprise des discussions la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki. «Nous savons que ce sera un long processus, mais nous voyons (ces discussions) comme un signe positif»«Nous pensons que nous pouvons faire avancer les choses de manière constructive, même si ce sont des négociations indirectes», a encore dit Jen Psaki, interrogée lors d’un briefing sur le rôle des États-Unis dans le processus de Vienne.

Dette : La France sous oxygène financière

Dette : La France sous oxygène financière

D’une manière générale, il est d’usage de parler de l’endettement de l’État et moins de l’endettement privé. Pour l’État, effectivement la dette s’est envolée puisqu’elle représentait 100 % du PIB annuel fin 2019 et avec la crise a atteint maintenant 120 %., Soit autour de 500 milliards supplémentaires. Certains experts et responsables gouvernementaux objectent que cet endettement n’aggrave pas la situation financière puisqu’on peut emprunter à des taux zéro. Pire que la charge financière relative au remboursement a plutôt tendance à diminuer de ce fait. Ce qui est exact mais il faudra bien un jour rembourser le capital.

Le taux d’endettement des entreprises françaises, lui,  est nettement supérieur à la moyenne européenne. Il s’élève à 73,5 % du PIB, contre une moyenne de 60,9 % pour la zone euro. Là aussi la crise a fortement fait progresser la dette privée. Pour l’instant le phénomène est largement masqué par les prêts garantis par l’État mais qui devront un jour être remboursés. Or d’après certaines enquêtes 10 et 20 % des entreprises ne seront pas en capacité de les rembourser. Pourtant le gouvernement a incité à étaler le remboursement éventuellement sur plusieurs années.

Pour faire face au choc économique lié à la crise du coronavirus, le Gouvernement a mis en oeuvre dispositif exceptionnel de garanties permettant de soutenir le financement bancaire des entreprises, à hauteur de 300 milliards €.

Il est ouvert à toutes les entreprises jusqu’au 30 juin 2021 partout sur le territoire et ce quelles que soient leur taille et leur forme juridique (PME, ETI, agriculteurs, artisans, commerçants, professions libérales, entreprise innovante, micro-entrepreneur, association, fondation,…). Certaines SCI, les établissements de crédits et sociétés de financement sont exclus.

Les entreprises peuvent souscrire un prêt garanti par l’État auprès de leur établissement bancaire habituel ou depuis le 6 mai 2020 auprès de plateformes de prêt ayant le statut d’intermédiaire en financement participatif. Pour l’essentiel dans ce cas, le PGE est régi par les mêmes règles que lorsqu’il est souscrit auprès d’une banque.

Le montant du prêt peut atteindre jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires 2019 ou 2 années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019. Aucun remboursement n’est exigé la 1ère année. 2 à 4 mois avant la date anniversaire du PGE, le chef d’entreprise prendra la décision sur le remboursement : il pourra décider de rembourser immédiatement son prêt, de l’amortir sur 1 à 5 ans supplémentaires, ou de mixer les 2.

Dans le cadre du dialogue approfondi et régulier auquel les banques invitent leurs clients avant qu’ils ne prennent cette décision, les banques s’engagent à proposer de façon personnalisée les modalités d’amortissement qui correspondent le mieux à la situation du client et à ses besoins.

Ainsi, il sera possible d’intégrer dans la phase d’amortissement une nouvelle période d’un an où seuls les intérêts et le coût de la garantie d’État seront payés, en restant dans une durée totale de prêt de 6 ans (durée maximale voulue par la Commission Européenne).

S’agissant des taux, les petites et moyennes entreprises qui souhaitent étaler le remboursement de leurs PGE pourront bénéficier de taux bancaires compris entre 1 % et 2,5 % en fonction du nombre d’années de remboursement. Dans les conditions actuelles de taux, les banques se sont engagées à proposer une tarification maximale de :

  • 1 à 1,5 % pour des prêts remboursés d’ici 2022 ou 2023,
  • 2 à 2,5 % pour des prêts remboursés d’ici 2024 à 2026, coût de la garantie de l’État compris.

La garantie de l’État couvre un pourcentage du montant du capital, intérêts et accessoires restant dus de la créance jusqu’à la d’échéance de son terme, sauf à ce qu’elle soit appelée avant lors d’un événement de crédit. Ce pourcentage est fixé à :

  • 90 % pour les entreprises qui, lors du dernier exercice clos, ou si elles n’ont jamais clôturé d’exercice, au 16 mars 2019, emploient en France moins de 5 000 salariés et réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliards €,
  • 80 % pour les autres entreprises qui, lors du dernier exercice clos, réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliards € et inférieur à 5 milliards €,
  • 70 % pour les autres entreprises.

Les banques se sont engagées à distribuer massivement, à prix coûtant, les prêts garantis par l’État pour soulager sans délai la trésorerie des entreprises et des professionnels. Elles examineront toutes les demandes qui leur seront adressées et leur apporteront une réponse rapide.

Néanmoins, toutes les entreprises, en particulier les plus grandes, qui ne respecteraient pas leurs obligations en termes de délais de paiement, n’auront pas accès à cette garantie de l’État pour leurs crédits bancaires.

La France sous oxygène financière

La France sous oxygène financière

D’une manière générale, il est d’usage de parler de l’endettement de l’État et moins de l’endettement privé. Pour l’État, effectivement la dette s’est envolée puisqu’elle représentait 100 % du PIB annuel fin 2019 et avec la crise a atteint maintenant 120 %., Soit autour de 500 milliards supplémentaires. Certains experts et responsables gouvernementaux objectent que cet endettement n’aggrave pas la situation financière puisqu’on peut emprunter à des taux zéro. Pire que la charge financière relative au remboursement a plutôt tendance à diminuer de ce fait. Ce qui est exact mais il faudra bien un jour rembourser le capital.

. Le taux d’endettement des entreprises françaises, lui,  est nettement supérieur à la moyenne européenne. Il s’élève à 73,5 % du PIB, contre une moyenne de 60,9 % pour la zone euro. Là aussi la crise a fortement fait progresser la dette privée. Pour l’instant le phénomène est largement masqué par les prêts garantis par l’État mais qui devront un jour être remboursés. Or d’après certaines enquêtes 10 et 20 % des entreprises ne seront pas en capacité de les rembourser. Pourtant le gouvernement a incité à étaler le remboursement éventuellement sur plusieurs années.

Pour faire face au choc économique lié à la crise du coronavirus, le Gouvernement a mis en oeuvre dispositif exceptionnel de garanties permettant de soutenir le financement bancaire des entreprises, à hauteur de 300 milliards €.

Il est ouvert à toutes les entreprises jusqu’au 30 juin 2021 partout sur le territoire et ce quelles que soient leur taille et leur forme juridique (PME, ETI, agriculteurs, artisans, commerçants, professions libérales, entreprise innovante, micro-entrepreneur, association, fondation,…). Certaines SCI, les établissements de crédits et sociétés de financement sont exclus.

Les entreprises peuvent souscrire un prêt garanti par l’État auprès de leur établissement bancaire habituel ou depuis le 6 mai 2020 auprès de plateformes de prêt ayant le statut d’intermédiaire en financement participatif. Pour l’essentiel dans ce cas, le PGE est régi par les mêmes règles que lorsqu’il est souscrit auprès d’une banque.

Le montant du prêt peut atteindre jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires 2019 ou 2 années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019. Aucun remboursement n’est exigé la 1ère année. 2 à 4 mois avant la date anniversaire du PGE, le chef d’entreprise prendra la décision sur le remboursement : il pourra décider de rembourser immédiatement son prêt, de l’amortir sur 1 à 5 ans supplémentaires, ou de mixer les 2.

Dans le cadre du dialogue approfondi et régulier auquel les banques invitent leurs clients avant qu’ils ne prennent cette décision, les banques s’engagent à proposer de façon personnalisée les modalités d’amortissement qui correspondent le mieux à la situation du client et à ses besoins.

Ainsi, il sera possible d’intégrer dans la phase d’amortissement une nouvelle période d’un an où seuls les intérêts et le coût de la garantie d’État seront payés, en restant dans une durée totale de prêt de 6 ans (durée maximale voulue par la Commission Européenne).

S’agissant des taux, les petites et moyennes entreprises qui souhaitent étaler le remboursement de leurs PGE pourront bénéficier de taux bancaires compris entre 1 % et 2,5 % en fonction du nombre d’années de remboursement. Dans les conditions actuelles de taux, les banques se sont engagées à proposer une tarification maximale de :

  • 1 à 1,5 % pour des prêts remboursés d’ici 2022 ou 2023,
  • 2 à 2,5 % pour des prêts remboursés d’ici 2024 à 2026, coût de la garantie de l’État compris.

La garantie de l’État couvre un pourcentage du montant du capital, intérêts et accessoires restant dus de la créance jusqu’à la d’échéance de son terme, sauf à ce qu’elle soit appelée avant lors d’un événement de crédit.Ce pourcentage est fixé à :

  • 90 % pour les entreprises qui, lors du dernier exercice clos, ou si elles n’ont jamais clôturé d’exercice, au 16 mars 2019, emploient en France moins de 5 000 salariés et réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliards €,
  • 80 % pour les autres entreprises qui, lors du dernier exercice clos, réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliards € et inférieur à 5 milliards €,
  • 70 % pour les autres entreprises.

Les banques se sont engagées à distribuer massivement, à prix coûtant, les prêts garantis par l’État pour soulager sans délai la trésorerie des entreprises et des professionnels. Elles examineront toutes les demandes qui leur seront adressées et leur apporteront une réponse rapide.

Néanmoins, toutes les entreprises, en particulier les plus grandes, qui ne respecteraient pas leurs obligations en termes de délais de paiement, n’auront pas accès à cette garantie de l’État pour leurs crédits bancaires.

Famille royale d’Angleterre : aussi une affaire de gros sous

Famille royale d’Angleterre : aussi une affaire de gros sous

Comme le rappelle François Langlais pour RTL les tribulations de la famille royale d’Angleterre concernent aussi des aspects financiers. Les tuiles se succèdent pour la Reine Elizabeth. Après le scandale de l’interview du prince Harry et de sa femme Meghan Markle, voilà que sa fortune dégringole. C’est l’effet Covid. Le gigantesque domaine de la Couronne, qui vaut une quinzaine de milliards d’euros, appartient en réalité à la Nation,  mais est il géré par la Reine.

Le domaine de la Couronne comprend de très nombreux magasins et centres commerciaux, ou encore le célèbre champ de course d’Apcot. Le domaine est notamment propriétaire de la totalité de Regent Street, une prestigieuse artère commerciale de luxe du centre de Londres, longue de 2 kilomètres. Il possède également un millier de bâtiments historiques et d’innombrables propriétés foncières dans tout le pays, ainsi que 400 réserves naturelles.

Et voilà que les restaurants et magasins, 150 sur la seule Regent Street, ont été fermés à cause de l’épidémie. Les locataires veulent renégocier leur loyer, pour le rendre proportionnel à la fréquentation. Inutile de dire que la Reine va y perdre. Elle est notamment créditeur de la chaîne de fast-food Pizza Hut et Pizza express.

Au temps révolu de sa splendeur, cela rapportait près de 400 millions d’euros par an. Car il y aussi des actifs très rentables. De longues bandes de littoral britannique par exemple, dont la location a fait l’objet d’une mise aux enchères toute récente pour qu’on y installe des éoliennes géantes.En fait, depuis une réforme de 2012, l’intégralité des recettes du domaine de la Couronne est versée au Trésor britannique, qui en rétrocède 15% à la Reine pour ses frais (60 millions d’euros). C’est ce qu’on appelle l’allocation royale. Ca sert à payer les centaines de personnes qui travaillent pour la couronne, les déplacements, les frais de réception et les travaux de restauration de Buckingham Palace, la résidence officielle à Londres, qui est en pleine décrépitude. Outre cette allocation, la Reine et les membres de la famille royale possèdent chacun leur fortune privée.

Il y a la notamment le château de Balmoral, en Ecosse, acheté par la reine Victoria. Il y a l’une des plus belles collections de tableaux du monde, avec des Vermeer, des Rembrandt. Il y a également des bijoux, et un grand domaine foncier, celui de Lancaster, qui rapporte de l’argent soumis à l’impôt. Cela représente encore 400 millions environ. C’est beaucoup, mais beaucoup moins que la fortune de l’inventeur de l’aspirateur Dyson ou celle du capitaine d’industrie Richard Branson.

Ayant rompu avec la famille royale, le prince Harry ne bénéficiera plus de l’allocation royale. Et il s’est même engagé à rembourser les travaux qu’il avait fait faire dans sa résidence officielle, le cottage Frogmore. Il y en avait eu pour 3 millions d’euros environ et il rembourse 20.000 euros par mois.

On ne peut pas dire que ça soit la misère pour le prince Harry car il a hérité de la fortune de sa mère Diana, 10 millions, et également de sa grand mère Elizabeth par anticipation, tout comme son frère. Lui et sa femme Megan viennent d’acheter une propriété de 13 millions à Santa Barbara, en Californie, et de signer un mégadeal avec Netflix pour produire des documentaires et des shows télévisés, selon le quotidien britannique Telegraph.

Les sciences sociales sous dépendance politique dans certains pays

Les  sciences sociales sous dépendance politique dans certains pays

Les deux historiens Alain Blum et Juliette Cadiot rappellent, dans une tribune au « Monde », que nombre de leurs collègues en Pologne, Hongrie ou en Russie sont victimes de contrôles politiques et voient leurs recherches entravées par la censure. Une mainmise du pouvoir sur la recherche afin de contrôler le récit national.

Tribune. Le 9 février, deux universitaires polonais de réputation internationale, travaillant de longue date sur la Shoah, ont été condamnés pour diffamation par un tribunal de Varsovie. Ils auraient, en décrivant l’action d’un maire de village à l’égard des juifs durant la guerre, porté atteinte à son honneur. Cela ne fait que concrétiser des décisions prises par les autorités polonaises incitant à condamner au civil toute personne attribuant les crimes de la Shoah aux Polonais et non aux Allemands, et donc interdisant, de fait, tout travail mettant en évidence la contribution de Polonais à l’extermination des juifs. Ce serait diffamer la nation polonaise.

 

Il est vrai que les autorités polonaises ne sont pas les premières en Europe à s’attaquer ainsi au milieu universitaire en s’immisçant dans le débat scientifique. Les autorités hongroises le font régulièrement, sans parler de ce qu’on voit en Turquie. 

La Russie, depuis plusieurs années, a mis en place des lois restrictives encadrant les recherches historiques. Une commission destinée à « contrer les tentatives de falsifier l’histoire au détriment des intérêts de la Russie » avait été créée en 2009. Elle a fait long feu, mais l’intervention politique contre le milieu universitaire ne s’est pas arrêtée là. Il est par exemple interdit de mettre en cause l’honneur de la Russie durant la seconde guerre mondiale. Cela fait peser une menace sur les chercheurs qui étudient les violences de l’armée rouge ou les stratégies du haut commandement militaire soviétique. Dans ce même pays, un addendum à la loi sur l’éducation est actuellement en discussion qui vise à interdire la diffusion « d’informations illégales » et de « propagande anti-russe » dans les écoles et les universités.

Un nouveau pays se serait-il désormais joint à ce concert, la France ? Nous qui étudions l’histoire de l’est de l’Europe, voyons régulièrement nos collègues de certains de ces pays en proie au contrôle politique et à la censure de la recherche, notamment en sciences humaines et sociales. Nous sommes choqués par le parallélisme de procédés visant à remettre en cause les libertés académiques et ce qui fait le fondement des sciences sociales, une approche critique du monde dans lequel nous vivons. Les propos de la ministre de l’enseignement supérieur, et l’annonce d’une procédure d’enquête visant à la fois les opinions politiques des chercheurs et leurs catégories d’analyse, rappellent cette volonté de contrôler le récit national, que l’on croyait propre à des gouvernements autoritaires.

Crise sanitaire : les Français sous dépendance psychotropique ?

Crise sanitaire : les Français sous dépendance psychotropique ?

« Dans des situations extrêmes, face à une crise qui nous dépasse tous, des mauvaises solutions et des réponses désespérées émergent. [...] Psychiatriser toujours plus la société et rendre ainsi les gens de plus en plus dépendants des psychotropes fait définitivement partie de ces très mauvaises solutions », alerte Philippe Descarpentries un lecteur du Monde.

Cela fait des mois qu’on peut lire ou entendre dans la presse des psychiatres nous annonçant une troisième vague psychiatrique post-confinement et réclamant toujours plus de moyens pour traiter une population en détresse. Ce sont ces mêmes psychiatres qui imposent la chambre d’isolement à nombre de leurs patients, ce « confinement aggravé » devenant alors soi-disant « thérapeutique ».

Et voici qu’il y a quelques jours, le président de la République annonce la tenue avant l’été d’Assises de la psychiatrie particulièrement axées sur l’enfance, dans le but notamment d’« améliorer l’accès aux soins pédopsychiatriques ». Il annonce maintenant le chèque-psy pour les étudiants. Quand on connaît la tendance (en fait une sorte de compulsion) des psychiatres à prescrire des antidépresseurs, quand on voit la courbe exponentielle des ventes de ces produits et qu’on connaît leurs effets secondaires destructeurs, ce n’est pas pour la seule santé mentale de nos concitoyens que l’on s’inquiète, mais pour leur santé tout court et pour leur avenir.

Après les enfants et les étudiants, va-t-on psychiatriser les restaurateurs et les artistes (en détresse eux aussi), les soignants, les chômeurs, les professeurs, les retraités, les salariés qui supportent mal le travail à domicile, les mères de famille débordées, etc. ? L’étape suivante sera-t-elle une distribution massive et gratuite de Lexomil ou de Xanax ? On y est presque ! Coût maximal pour le contribuable et la santé publique, bénéfice maximal pour les labos pharmaceutiques.

Ce qui va redonner le moral aux enfants, c’est leur donner accès à une scolarité normale, dans le strict respect des règles sanitaires. Ce qui va éviter aux étudiants de sombrer dans la dépression, c’est qu’ils puissent poursuivre leurs études dans des conditions normales et dans le strict respect des règles sanitaires. Ce qui va sauver les restaurateurs du désespoir, c’est de leur permettre de travailler, dans le respect strict des règles sanitaires, etc.

Et ce qui va aider l’ensemble de la population, c’est de refuser de se laisser submerger par ce flux ininterrompu de mauvaises nouvelles, de fausses annonces, d’informations non vérifiées et d’affirmations péremptoires et néanmoins contradictoires de « spécialistes ». Dans des situations extrêmes, face à une crise qui nous dépasse tous, des mauvaises solutions et des réponses désespérées émergent. Ces « solutions » ont une particularité : elles créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

Psychiatriser toujours plus la société et rendre ainsi les gens de plus en plus dépendants des psychotropes fait définitivement partie de ces très mauvaises solutions.

Philippe Descarpentries, La Celle-Saint-Cloud (Yvelines)

Réseaux sociaux sous surveillance fiscale !

Réseaux sociaux sous surveillance fiscale !

L’objectif n’est pas de lutter contre la grande criminalité ou l’exil fiscal mais plus généralement d’opérer une surveillance de la totalité des utilisateurs de réseaux sociaux qui peuvent laisser des traces sur Internet de leurs transactions financières courantes voir anecdotiques.

 

Bref une caméra permanente de Bercy sur les carnets de chèques et autres cartes bancaires. On comprend évidemment que l’administration puisse mettre en observation des opérateurs très douteux mais de la à balayer la totalité des internautes il y a un pas qui nous éloigne de la démocratie et des libertés individuelles.

 

Bercy envisage donc d’installer un système de surveillance des réseaux sociaux par l’administration. Le décret explique, en clair, comment le fisc pourra utiliser les plateformes numériques pour s’assurer que les contribuables n’y publient rien de contraire à la loi ou qui contredisent leurs déclarations fiscales. L’expérimentation de ce dispositif, qui doit durer trois ans, devrait débuter dans les semaines à venir, indique au Figaro la Direction générale des finances publiques (DGFIP).

Que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les sites de mise en relation entre particuliers – Airbnb, BlaBlaCar, Leboncoin par exemple – le fisc pourra ainsi systématiser la collecte d’information en faisant appel à un «algorithme auto-apprenant» qui pourra identifier information rendant compte de transactions.

L’industrie pharmaceutique française sous la domination de sociétés internationales

 

La chercheuse Sophie Chauveau souligne, dans une tribune au « Monde », l’absence de longue date d’une véritable politique industrielle du médicament en France.

 

 

Tribune.
 En France, la souveraineté nationale en matière de médicaments s’est effritée dès les années 1950. Ce recul s’explique par les caractéristiques de l’industrie pharmaceutique dans l’Hexagone, et par une politique publique réduite au contrôle des prix et à la surveillance sanitaire, sans réelle ambition industrielle. 

L’industrie pharmaceutique française est plutôt issue de l’officine. A la différence des firmes pharmaceutiques britanniques, allemandes et nord-américaines, les entreprises françaises étaient éloignées de la recherche académique, et surtout la relation avec les laboratoires universitaires dépendait plus de relations interpersonnelles que d’un modèle d’organisation. Dès 1945, l’Etat a bien tenté un rapprochement forcé entre Institut Pasteur, CNRS et entreprises pharmaceutiques pour organiser la production d’antibiotiques et se défaire de l’emprise américaine, mais sans succès. Dans les années 1950, les capacités de recherche et développement (R & D) des laboratoires français sont en situation d’infériorité.

Les politiques publiques ont facilité l’entrée des firmes étrangères sur le marché national et la prise de contrôle des laboratoires pharmaceutiques français. Des années 1950 jusqu’aux années 1980, les différents gouvernements privilégient le contrôle du prix des médicaments pour ne pas accroître davantage les charges de l’assurance-maladie : non seulement ces prix sont parmi les plus bas en Europe, mais il est en outre très difficile d’obtenir leur revalorisation. Faute de ressources, les entreprises françaises ne peuvent pas investir dans la R & D : elles préfèrent développer des copies et négocier des licences d’exploitation avec les laboratoires étrangers. Enfin, les procédures d’autorisation de mise sur le marché ne prennent guère en compte la dimension innovante des nouveaux produits.

En outre, jusqu’en 1972, prévaut une politique protectionniste que les firmes pharmaceutiques étrangères déjouent sans difficulté. Il est en effet impossible de commercialiser en France un médicament fabriqué à l’étranger. Pour entrer sur le marché français, les laboratoires britanniques et américains, notamment, rachètent des laboratoires français dont ils font des filiales, auxquelles ils vendent les principes actifs de médicaments dont la mise en forme et le conditionnement se font sur le territoire national.

Ces pratiques permettent non seulement de s’imposer sur le marché français, particulièrement dynamique en matière de consommation de médicaments, mais aussi de prendre le contrôle du secteur pharmaceutique. Au début des années 1970, plus de 40 % du chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique en France est réalisé par des filiales de groupes étrangers, surtout américaines et allemandes. Cette emprise est particulièrement forte pour les antibiotiques (70 % de la production en France est sous contrôle étranger) et les traitements hormonaux (80 %).

Lagardère : sous perfusion financière avec un prêt garanti par l’État de 465 millions d’euros

Lagardère : sous perfusion financière avec un prêt garanti par l’État de 465 millions d’euros

Le groupe Lagardère connaît des difficultés particulières. Sans apport pour renforcer son capital, le groupe pourrait être dépecé soit par Bolloré, soit par le groupe Pinault (ou les deux)

Le groupe familial, qui est coté en Bourse et a un statut de société en commandite par actions (SCA), fait par ailleurs l’objet d’une fronde de ses deux premiers actionnaires, le groupe Vivendi et le fonds Amber : ils représentent ensemble 49% du capital et critiquent la gouvernance d’Arnaud Lagardère, mais ont échoué jusqu’à présent à obtenir la convocation d’une assemblée générale extraordinaire.

 

Le groupe connaît en outre un problème de trésorerie qui l’a amené à solliciter un prêt de 465 millions d’euros. Le groupe, dirigé par Arnaud Lagardère et propriétaire de l’éditeur Hachette, des boutiques Relay ou encore des médias Europe 1, Paris Match et Journal du Dimanche, avait enregistré au troisième trimestre un chiffre d’affaires en recul de 38%. Les revenus de la branche de distribution dans les gares et aéroports (boutiques Relay et duty free) se sont notamment effondrés de 66% à 393 millions d’euros, après avoir déjà reculé de 55% au premier semestre.

 

«On prend toutes les mesures nécessaires pour faire face à une crise qui peut être longue», a-t-on commenté dans l’entourage de Lagardère. «Le ‘travel retail’, comme tous les métiers liés au voyage, est très touché par la pandémie», et la souscription du PGE est une démarche «de bon sens, de bonne gestion» dans ce contexte, assure-t-on.

Le groupe familial, qui est coté en Bourse et a un statut de société en commandite par actions (SCA), fait par ailleurs l’objet d’une fronde de ses deux premiers actionnaires, le groupe Vivendi et le fonds Amber : ils représentent ensemble 49% du capital et critiquent la gouvernance d’Arnaud Lagardère, mais ont échoué jusqu’à présent à obtenir la convocation d’une assemblée générale extraordinaire.

Pour rappels, les prêts garantis par l’État (PGE) permettent de faciliter l’octroi d’un emprunt à une entreprise ayant des difficultés de trésorerie. En cas de non-remboursement, l’État s’engage à prendre à sa charge la majeure partie du reste du crédit à rembourser, en l’occurrence 80%.

Un accord d’investissement sino-européen préparé en douce sous l’influence de l’Allemagne

Un accord d’investissement sino-européen préparé en douce sous l’influence de l’Allemagne

 

En vérité , les discussions ont commencé il y a environ cinq ans mais c’est la signature qui paraît un peu précipitée. Une signature qui pourrait intervenir dans les jours à venir sous l’insistance de la Chine bien sûr mais aussi de l’Allemagne qui veut développer ses implantations en Chine considérée comme le marché d’avenir.

Le problème c’est que cette problématique n’a pratiquement pas été abordée publiquement en France ni dans beaucoup d’autres pays européens.

La découverte publique de cette affaire pourrait une nouvelle fois poser la question de la fâcheuse tendance de l’Allemagne a privilégié son seul business. “L’accord pourrait être bouclé dès cette semaine”, a dit la source anonyme à Reuters ( un technocrate de Bruxelles sans doute)

“Notre accès au marché sera bien meilleur, de même que la protection de nos investissements en Chine. Nous travaillons depuis des années à l’amélioration de l’accès au marché et les Chinois ont fait un grand pas en notre direction”, a ajouté la source.

Commerces : réouverture le 27 novembre sous la pression ?

Commerces : réouverture le 27 novembre sous la pression ?

 

C’est une sorte de petite révolution qui est en cours dans le monde du petit commerce avec les décisions restrictives qui vont condamner nombre d’activités. Rien que dans la restauration les experts prévoient que de l’ordre de 30 % des établissements pourraient ne pas rouvrir du fait des difficultés financières. Il y a aussi quelques commerces qui résistent et refusent de tirer le rideau en particulier dans le secteur du livre.

Plus globalement la grogne ne cesse de monter d’autant plus que les grandes surfaces, les supermarchés et bien sûr  le e-commerce sont autorisés à poursuivre leur activité. Dans certains cas, c’est  une véritable aubaine pour le e-commerce ainsi Amazon a vu pendant la crise sanitaire son chiffre d’affaires augmenter de 50 %. Le ministre de l’économie acculé par les demandes croissantes des petits commerces envisage une ouverture prochaine. Pas sûr toutefois que cela concerne les restaurants et les bars.

«La réouverture est plus une affaire de jours que de semaines», a affirmé Bruno Le Maire, ajoutant que «le pic épidémique est derrière nous». Cette évolution positive de la situation sanitaire pourrait donc permettre d’«ouvrir le plus tôt possible». «Une fois qu’on aura ce protocole sanitaire sur la table, les conditions de réouverture seront réunies, à supposer que l’épidémie continue de refluer», a-t-il nuancé.

La réouverture pourrait ainsi intervenir d’ici la fin du mois de novembre, «au 1er décembre au plus tard». Les commerces pourraient alors accueillir des clients pour le week-end du 27 novembre, crucial pour les professionnels. À l’approche des fêtes de Noël, «ce week-end compte triple, cela ne m’a pas échappé», concède le ministre de l’Économie.

Critères budgétaires européens: mise sous le coude encore en 2021

 

 

Critères budgétaires européens: mise sous le coude encore en 2021

 

 

Comment pouvait s’y attendre,  la commission européenne a décidé de mettre sous le coude les critères budgétaires des Etats au cours de l’année 2021. Et pour cause, le plan de soutien à l’économie décidé par l’Europe ne prendra réellement effet qu’au milieu de l’année 2021 et en attendant les Etats pour boucher les trous et soutenir la croissance n’ont d’autres solutions que d’accroître leur endettement y compris en Allemagne. Le commissaire européen aux Affaires économiques Paolo Gentiloni a donc déclaré

“La clause dérogatoire générale restera active en 2021, car les politiques budgétaires devront continuer à soutenir la reprise l’an prochain, à la fois au niveau de la zone euro et au niveau des Etats membres”, a déclaré Paolo Gentiloni, à l’issue d’une réunion de l’Eurogroupe.

Les pays membres de la zone euro doivent remettre d’ici au 15 octobre à la Commission européenne leurs prévisions budgétaires pour 2021.

“Agilité et flexibilité seront les maîtres-mots pour concevoir et mettre en oeuvre les politiques budgétaires pour et pendant l’année 2021”, a encore assuré l’ancien président du Conseil italien.

 

Comment pouvait s’y attendre,  la commission européenne a décidé de mettre sous le coude les critères budgétaires des Etats au cours de l’année 2021. Et pour cause, le plan de soutien à l’économie décidé par l’Europe ne prendra réellement effet qu’au milieu de l’année 2021 et en attendant les Etats pour boucher les trous et soutenir la croissance n’ont d’autres solutions que d’accroître leur endettement y compris en Allemagne. Le commissaire européen aux Affaires économiques Paolo Gentiloni a donc déclaré

“La clause dérogatoire générale restera active en 2021, car les politiques budgétaires devront continuer à soutenir la reprise l’an prochain, à la fois au niveau de la zone euro et au niveau des Etats membres”, a déclaré Paolo Gentiloni, à l’issue d’une réunion de l’Eurogroupe.

Les pays membres de la zone euro doivent remettre d’ici au 15 octobre à la Commission européenne leurs prévisions budgétaires pour 2021.

“Agilité et flexibilité seront les maîtres-mots pour concevoir et mettre en oeuvre les politiques budgétaires pour et pendant l’année 2021”, a encore assuré l’ancien président du Conseil italien.

Avec la Turquie, le dialogue oui mais pas sous la menace (Kyriakos Mitsotakis )

Avec la Turquie, le dialogue oui mais pas sous la menace  (Kyriakos Mitsotakis )

Le premier ministre grec souligne, dans une tribune au « Monde », que face à une Turquie toujours plus agressive, des intérêts stratégiques européens vitaux sont en jeu, et appelle Ankara à discuter des droits respectifs des deux pays en Méditerranée orientale.

« Lorsqu’ils cherchent à prédire l’avenir, les politologues se tournent souvent vers le passé, vers l’histoire partagée. La relation qui existe entre mon pays, la Grèce, et son voisin, la Turquie, ne fait pas exception. L’histoire nous enseigne qu’il y a des raisons d’être optimiste, mais aussi des sujets de vive préoccupation. Aujourd’hui, la question de savoir ce que l’avenir nous réserve – conflit ou coopération – n’a jamais revêtu une telle importance.

Quand j’ai pris mes fonctions de premier ministre en juillet 2019, je faisais preuve d’un optimisme prudent. Rien ne m’empêchait de croire que la Grèce et la Turquie ne pourraient pas devenir amies.

Après tout, nombre de mes prédécesseurs avaient réussi à surmonter des obstacles qui semblaient insurmontables. Des dirigeants comme Elefthérios Venizélos (1864-1936), mon grand-oncle, qui avait déjà signé un accord de paix et d’amitié avec Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) en 1930. Bien entendu, les relations ont été tendues depuis cette époque, mais il y a eu davantage de bons jours que de mauvais.

Bâtir des ponts pour la Turquie en Europe

Lors de notre rencontre à l’automne 2019, j’ai dit au président turc Recep Tayyip Erdogan que nous étions destinés par la géographie à être voisins et que, en tant que tels, nous devions coexister, afin de vivre paisiblement l’un à côté de l’autre. J’ai mis un point d’honneur à tendre la main de l’amitié et de la coopération. J’ai parlé de dialogue ouvert, d’une volonté de progrès et de ma volonté d’agir en tant que bâtisseur de ponts pour la Turquie en Europe.

Hélas, les choses n’ont pas vraiment pris la tournure que j’espérais. Depuis cette première rencontre, la Turquie est apparue non pas tant comme une partenaire que comme une provocatrice. Fin 2019, le président Erdogan a signé un accord maritime illégal avec une partie qui se livre à une guerre civile sanglante en Libye. Etant donné que la Turquie et la Libye n’ont pas de côtes se faisant face ou adjacentes, l’accord a été déclaré nul et non avenu par la majorité de la communauté internationale et des experts en droit, et comme étant en violation des droits souverains de pays tiers, y compris de la Grèce.

Turquie a pris des mesures concertées afin d’encourager et de faciliter les tentatives désespérées des migrants de pénétrer en Grèce. Nous avons défendu notre frontière avec le soutien de nos partenaires de l’Union européenne (UE). Notre message collectif était clair : les frontières de la Grèce sont également les frontières de l’UE, et nous les protégerons. »

Une rentrée politique sous pression (Bernard Sananès)

Une rentrée politique sous pression (Bernard Sananès)

 

Le président d’Elabe ,  Bernard Sananès, souligne les différents dangers de cette rentrée politique notamment pour Macron mais aussi pour l’ensemble de la classe politique.( Interview dans l’Opinion)

Comment qualifier cette rentrée pour l’exécutif ?

C’est une rentrée, qui est encore plus cette année que d’habitude, sous pression. Le gouvernement a mis du temps à enclencher sa réponse à la reprise de l’épidémie et joue donc sur la défensive. Il a aujourd’hui trois fronts devant lui. D’abord le front économique : c’est celui sur lequel il est le plus attendu et dispose du plus de crédit. Les mesures sur le chômage partiel ont par exemple eu un vrai impact sur le rapport des Français à l’impôt : la part des Français jugeant qu’ils contribuent au système plus qu’ils n’en bénéficient est en recul de 10 points en dix-huit mois. Ce petit capital de confiance lui sera précieux, alors que la question de l’ampleur de la récession demeure et que celle du chômage, notamment celui des jeunes, pourrait être une bombe à retardement. Le deuxième front est la question écologique. Elle n’est pas passée au second plan en raison de la crise sanitaire, contrairement à ce que certains auraient pu croire, et reste majeure dans les attentes des Français. Il n’y a plus de clivages urbains/ruraux ou CSP+/ CSP- quant à sa prise de conscience. L’effectivité des réponses du gouvernement demeure très attendue, dans la foulée de celles apportées à l’occasion de la convention citoyenne. Enfin, le troisième front est plus récent : il s’agit des enjeux de sécurité. L’effet d’accumulation de faits de violence, le sentiment d’impunité et que l’action publique ne fait plus face en ont refait une priorité. Ces trois fronts ont une traduction politique. La question économique sera déterminante pour tous les Français, elle sera « qualifiante » ou pas dans la perspective de 2022. L’ampleur de la réponse environnementale d’Emmanuel Macron lui permettra-t-elle de contenir la poussée écologiste ? Ce qu’il fera en matière régalienne sera essentiel par rapport à l’électorat de droite.

Quel bilan peut-on faire de la relance politique opérée par Emmanuel Macron après les municipales ?

Il est trop tôt pour le dire. On y verra plus clair fin septembre avec le bilan de la rentrée, les réactions provoquées par le plan de relance et les chiffres du chômage. Ce qu’on peut néanmoins observer au-delà de la séquence remaniement, c’est que depuis le déconfinement, qui a été jugé mieux géré, le sentiment d’hostilité à l’égard de l’exécutif a diminué, mais que cela pour l’instant ne se transforme pas en gain durable de popularité. Cela dessine une stratégie de campagne présidentielle par défaut (qui à sa place aurait fait mieux que lui ?…). C’est souvent le cas lors d’une campagne de réélection.

43 % des Français font confiance à l’exécutif pour la gérer selon notre dernière enquête. C’est un chiffre en légère hausse, mais il n’y a toujours pas d’adhésion majoritaire et dans un moment de crise grave pour le pays, cela reste un point faible

Comment jugez-vous les premiers pas de Jean Castex ?

Aujourd’hui, on ne mesure pas d’impact provoqué par sa promotion à Matignon. Il devait rectifier l’image du Président par rapport aux personnes âgées (chez qui le Président avait chuté), les habitants de petites villes… Si les commentaires lors de son arrivée ont été centrés sur sa personne, son style, il n’a pas encore posé de marqueur fort. Par exemple, sur la gestion de la crise sanitaire, il n’a pas incarné de rupture, les critiques sur la cohérence des décisions restent aussi fortes que sous le gouvernement précédent. Jean Castex joue « gros » en septembre. C’est maintenant que son rapport à l’opinion va se cristalliser. Il faudra notamment observer ce qui se passe dans l’électorat de droite.

Où en est l’opinion des Français sur la gestion de la crise sanitaire ?

43 % des Français font confiance à l’exécutif pour la gérer selon notre dernière enquête. C’est un chiffre en légère hausse, mais il n’y a toujours pas d’adhésion majoritaire et dans un moment de crise grave pour le pays, cela reste un point faible. Si l’opinion a le sentiment que l’on est mieux préparé à une deuxième vague, les questions de transparence et de cohérence demeurent un enjeu clé pour l’exécutif. Les quinze derniers jours n’ont pas vraiment convaincu en la matière.

Jusqu’où la question régalienne peut-elle impacter l’exécutif ?

Emmanuel Macron part avec un handicap sur cette question depuis 2017. Il n’a laissé aucune trace grâce à une prise de parole forte sur le sujet. Or, ce qui n’est pas énoncé n’existe pas. Puisqu’Emmanuel Macron ne s’est pas exprimé sur le sujet, l’opinion a donc intégré que cela ne faisait pas partie de ses priorités. C’est un premier handicap à rattraper. Dans une société toujours plus violente, où la défiance vis-à-vis de la parole publique est chaque jour plus forte, être présent sur le terrain ne peut constituer une réponse suffisante. Aujourd’hui, une partie de l’opinion se demande si la communication n’est pas en train de remplacer l’action. Par ailleurs, ces derniers jours, on a bien compris que la droite voulait en faire un angle d’attaque majeur contre l’exécutif. Mais elle prend là un risque. Sera-t-elle jugée crédible ? Sera-t-elle jugée plus crédible que Marine Le Pen ? La droite peut-elle faire à nouveau entendre sa différence grâce à ce thème ? Pour Emmanuel Macron, comme pour elle, l’enjeu sera crucial. Le respect est la valeur qui s’est installée en tête chez les Français quand on leur demande à laquelle ils sont le plus attachés, quelles que soient leurs catégories politiques, professionnelles… Même si c’est un concept global, polysémique, c’est significatif.

La sécurité est-elle la préoccupation qui va s’installer en priorité dans l’opinion ?

C’est la santé qui s’est installée en tête des préoccupations. Quand on creuse, on voit d’ailleurs que c’est un triptyque santé-environnement-alimentation qui apparaît essentiel aux Français. Mais la sécurité progresse très fortement (+14 points en à peine plus d’un an) dans les attentes exprimées et revient à un très haut niveau (32 % comme pour l’environnement). Ensuite viennent les questions du pouvoir d’achat et de l’emploi. 30 % des Français estiment que leur revenu a baissé durant le confinement. Quatre actifs sur dix ont peur de perdre leur emploi.

Six Français sur dix n’ont pas confiance dans les chiffres du chômage ou ceux sur le dérèglement climatique ; un sur deux dans ceux sur l’épidémie… C’est très préoccupant : le consensus sur les faits est le socle du débat rationnel et démocratique

Pourquoi rien ne bouge-t-il du côté des oppositions ?

Paradoxalement, elles sont confrontées aux mêmes défis que les gouvernants : la mise à distance de la parole publique. Je suis très frappé par trois marqueurs. D’abord bien sûr l’abstention. Ensuite, la défiance vis-à-vis des statistiques publiques. Six Français sur dix n’ont pas confiance dans les chiffres du chômage ou ceux sur le dérèglement climatique ; un sur deux dans ceux sur l’épidémie… C’est très préoccupant : le consensus sur les faits est le socle du débat rationnel et démocratique. Troisième marqueur : le niveau d’adhésion, dans les baromètres, des personnalités politiques de l’opposition reste atone, circonscrit à leur couloir. Elles ne convainquent pas au-delà. Quand Emmanuel Macron et ses ministres parlent, on dit « c’est de la com. ». Mais quand leurs opposants parlent, on dit « ils ne font que de l’opposition et ne feraient pas mieux ». Cela promet une campagne présidentielle aujourd’hui très difficile à cerner. Connaîtra-t-on une abstention record, alors qu’elle épargnait jusque-là la présidentielle ? Une ou deux personnalités, hors système émergeront-elles, alors que la France n’a pas connu jusqu’à présent cela ? La défiance à l’égard de la parole publique, qui s’est intensifiée avec la crise sanitaire, est une réelle menace pour la démocratie. Elle pèsera fortement sur la campagne présidentielle.

La prochaine grande échéance électorale sera les régionales de mars 2021. Quels en seront les grands enjeux ?

Le premier sera : à un an de la présidentielle, LREM parviendra-t-il à gagner au moins une région ? Ce sera le scrutin de tous les dangers pour la majorité. Les municipales, qui ont été un lourd échec pour le pouvoir, n’ont pas impacté l’opinion car le contexte les a fait passer au second plan. Là ce sera différent. Si le pouvoir localise l’élection, il est sûr de les perdre, compte tenu de sa faible implantation. S’il la nationalise, il va devoir se compter partout pour espérer mobiliser plus son électorat au premier tour, et il sera confronté, au second, à la question des alliances et de leur lisibilité. Deuxième enjeu : EELV peut-elle recomposer l’espace politique à gauche et en prendre le leadership ? EELV peut réaliser un bon score global et notamment dans quatre régions, où la liste Jadot faisait déjà 15 % ou plus aux européennes de mai 2019 : Bretagne, Pays de la Loire, Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Troisième enjeu : si le Rassemblement national n’a gagné aucune région en 2015, c’est parce qu’il y a eu au second tour un front républicain. Aujourd’hui, on voit mal un tel barrage se remettre en place et des triangulaires ou des quadrangulaires sont le scénario le plus vraisemblable.

Pour la présidentielle, l’absence d’alternative forte est un des facteurs essentiels de la résilience d’Emmanuel Macron dans l’opinion

A vingt mois de la présidentielle, Emmanuel Macron est-il le favori ?

Peut-être est-il en train de le devenir par défaut. L’absence d’alternative forte est un des facteurs essentiels de sa résilience dans l’opinion. Si ce facteur disparaît, cela deviendra immédiatement plus compliqué pour lui. D’autre part sera-t-on encore en crise économique ou en sortie de crise en 2022 ? Emmanuel Macron a été élu sur la transformation et a continué sur cette ligne durant les deux premières années du quinquennat. Puis, avec la crise, il est venu, avec un crédit plus faible, sur la protection. Après l’épidémie, il voudra incarner le Président du redressement. Si la présidentielle se déroule alors que la crise est toujours très forte, la protection sera le thème majeur de l’élection et ce ne sera pas le meilleur terrain pour lui. Face à l’enjeu du redressement, sa crédibilité serait plus forte.

La reprise économique française sous la menace sanitaire

La reprise économique française sous la menace sanitaire

La France a été l’un des pays les plus touchés par la première vague du Coronavirus en raison d’une impréparation totale et d’une valse hésitation quant aux mesures sanitaires  à prendre. Dans la précipitation, la France a été contrainte de se soumettre à un confinement prolongé avec une quasi paralysie de l’économie.

 

La conséquence est une chute de la croissance récemment évaluée autour de 11 %. Le problème c’est que le pays est loin d’être sorti de l’auberge. En effet se multiplient les formes de résurgence du virus. Une contamination sans doute moins forte que lors de la première vague mais une remontée suffisante pour apporter des conséquences dramatiques à l’économie.

 

Les derniers scénarios avec cette réapparition des contaminations font apparaître une baisse supplémentaire de 3 % du PIB, soit au total 14 % de baisse sur l’ensemble de l’année 2020. Un nouveau choc sanitaire serait très dur à supporter pour l’économie. Ce nouveau choc enfoncerait l’activité dans une récession encore plus violente, estimée à -16% selon la Banque de France et -14% selon l’OCDE pour 2020.

 

Liban: sous tutelle financière?

Liban:  sous tutelle financière?

Le FMI propose la restructuration des banques en favorisant des concentrations et en faisant entrer au capital de nouveaux actionnaires parmi les détenteurs d’avoirs grugés. Cela passera aussi par des fusions-acquisitions. Il y a plus de 40 banques au Liban pour quatre millions d’habitants.

Pour le FMI, ceux qui ont bénéficié de rendements excessifs passés doivent partager le fardeau de la recapitalisation des banques, pour protéger l’épargne de la majorité des déposants. D’autres mesures d’austérité sont attendues comme la refonte complète de la production énergique et des tarifs d’électricité. Les autorités devraient aussi substituer progressivement la production interne aux importations. Une récession de 14 % est attendue en 2020 et la dette s’élèverait à 92 milliards de dollars, soit 170 % du Produit intérieur brut. «Le FMI exige la viabilité de la dette comme condition de prêt ​», souligne la patronne du FMI, Kristalina Georgieva. Les négociations sur les réformes devraient prendre du temps en l’absence de consensus politique. Le lobby bancaire, appuyé par certains hommes politiques qui sont directement intéressés, s’y oppose car cela signifie l’érosion du système clientéliste.

Liban : une aide de 250 millions sous conditions

Liban : une aide de 250 millions sous conditions

 

Une aide de 250 millions dont 30 millions d’euros sera fournie au Liban.  Ces aides seront suivies d’autres versements qui seront conditionnés à la mise en oeuvre de réformes institutionnelles, a-t-on précisé. Mais ces soutiens financiers seront obéiront  à des conditions strictes, ils devront atteindre directement la population, en clair sans passer par le gouvernement corrompu et dépendre des réformes structurelles politiques et économiques. Une sorte de nouvelle philosophie de l’aide internationale dont souvent une grande partie finie dans les sables des institutions ou dans la poche d’intermédiaires. Une philosophie qui pourrait être appliquée ailleurs !

Cinq jours après l’explosion sur le port de la capitale, qui a fait au moins 158 morts et 6.000 blessés et creusé le fossé entre une partie de la population et la classe politique, accusée de négligence, d’incurie et de corruption.

Cette Conférence internationale de soutien et d’appui à Beyrouth et au peuple libanais mobilisait les principaux partenaires internationaux du Liban et organiser et coordonner le soutien d’urgence de la communauté internationale.

“Cette assistance devra être coordonnée sous la conduite de l’Onu et livrée directement à la population libanaise avec la plus grande efficacité et en transparence”, dit cette déclaration.

“Les participants sont prêts à soutenir la reconstruction économique et financière du Liban, qui passe par la mise en oeuvre des réformes attendues par la population libanaise.”Dans l’immédiat, l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) estime à près de 120 millions de dollars les sommes nécessaires pour répondre à l’urgence en matière de santé, de relogement temporaire, de protection, d’hygiène, d’éducation, de sécurité alimentaire et de logistique (avec la mise en place d’installations temporaires pour relancer l’activité sur le port de Beyrouth).

Plus de 250.000 personnes sont “hautement vulnérables”, note l’Ocha.

Les dégâts matériels se chiffrent eux en milliards de dollars – une estimation de 15 milliards a été avancé par les autorités -, un montant que le Liban, qui ploie déjà sous une montagne de dette excédant 150% de son PIB, ne pourra financer seul.

Le communiqué diffusé dimanche ne précise pas les montants qui seront mobilisés pour soutenir le Liban, mais la Commission européenne a fait savoir de son côté qu’elle allait immédiatement mettre 30 millions d’euros supplémentaires sur la table.

Cette somme vient s’ajouter aux 33 millions d’euros que l’exécutif européen s’était déjà engagé à verser.

“Alors que les besoins augmentent, nous apportons une aide humanitaire à des centaines de milliers de personnes parmi les plus vulnérables. En ces heures critiques, l’UE fournit des abris, des soins de santé d’urgence, de l’eau et des installations sanitaires, ainsi qu’une aide alimentaire”, a déclaré le commissaire chargé de la gestion des crises, M. Janez Lenarčič qui représentait la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen à la visioconférence.

“Le nouveau financement humanitaire de l’UE sera acheminé à travers les agences des Nations unies, les ONG et les organisations internationales. Il fera l’objet d’un contrôle strict. Cette aide bénéficiera aux personnes les plus touchées afin de couvrir les besoins essentiels”, a précisé la Commission européenne.

Données numériques : l’Europe sous la tutelle du cloud américain

Données numériques : l’Europe sous la tutelle du cloud américain

Le cloud (computing ) , nuage en français, est la technique informatique qui consiste à permettre  l’accès des informations via Internet. Les principaux services proposés en cloud computing sont le SaaS (Software as a Service), le PaaS (Platform as a Service) et le IaaS (Infrastructure as a Service) ou le MBaaS (Mobile Backend as a Service). Généralement sur trois niveaux, le cloud public — accessible par Internet —, le cloud d’entreprise ou privé — accessible uniquement sur un réseau privé —, le cloud intermédiaire ou hybride — qui est un mix entre le cloud public et le cloud privé. Cela grâce aux   services des géants de l’informatique américains; l’Europe est en quelque sorte en tutelle des grands du numérique qui fournisse ses services du cloud. Claude

« La plupart des données européennes sont stockées hors de l’Europe, ou, si elles sont stockées en Europe, sur des serveurs appartenant à des sociétés non européennes », s’alarmaient à la mi-juillet des experts et responsables de médias, dans un rapport d’une trentaine de pages écrit sous la direction notamment de l’ancien dirigeant du grand éditeur de logiciels allemand SAP, Henning Kagermann.

L’UE est en train de « perdre son influence sur la sphère numérique, à un moment où elle a pris un rôle central dans l’économie du continent », déploraient-ils.

Au début du mois, un haut fonctionnaire français livrait un diagnostic encore plus abrupt, lors d’une réunion de professionnels de l’informatique à laquelle l’AFP assistait sous condition de respecter l’anonymat des interlocuteurs.

 

« On a un énorme sujet de sécurité et de souveraineté autour des clouds », expliquait-il.

« Dans beaucoup de cas, c’est une facilité, voire une trahison » pour des entreprises ou institutions européennes que d’aller « se débarrasser de tout cela » auprès d’acteurs non-européens « parce c’est plus simple », a-t-il dit, sans donner toutefois d’exemple spécifique. « Pourtant nous avons de très bons acteurs dans le cloud et le traitement de données. »

L’une des sources d’inquiétude des Européens vient du « Cloud Act », la législation américaine qui permet aux puissantes agences de sécurité des Etats-Unis d’avoir accès dans certains cas aux données hébergées par les fournisseurs américains, où qu’elles se trouvent sur la planète.

Si en Europe « on est juste capable de produire des données, en ayant besoin d’autres pour parvenir à les exploiter, alors on va être dans la même situation que les pays qui ont des ressources minières mais qui ont donné la capacité à d’autres de s’enrichir avec, avec des retombées extrêmement faibles » pour eux-mêmes, expliquait le haut fonctionnaire français cité plus haut. Bref il s’agit aussi d’un enjeu de souveraineté.

Les données numériques européennes sous domination des Gafam

Les  données numériques européennes sous domination des  Gafam

Une lettre ouverte de 52 personnalités du numérique et responsables politiques  à Cédric O, Secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des communications électroniques qui dénonce un gigantesque système de prise de contrôle de nos données organisé par les GAFA qui confisquent  ainsi la souveraineté européenne dans le numérique.

 

« En l’espace de deux décennies, les « GAFA » ont éteint toute compétition digne de ce nom. Ils ont monopolisé les secteurs de la messagerie, des réseaux sociaux, de la communication, des moteurs de recherches, des smartphones… en construisant de véritables Empires numériques. Leurs points communs ? Ils sont tous américains, et reposent sur l’exploitation de milliards de données. Avec une insouciance totale, nous autres, Européens, utilisons quotidiennement ces plateformes et permettons à des milliards de données de traverser l’Atlantique pour être stockées sur le Cloud américain. Ces données, ce sont nos conversations privées ou professionnelles, nos données sanitaires, et même des informations intérieures de haute importance.

Si la crise du Covid-19 a révélé l’extrême dépendance de nos productions de masques, de gel et de médicaments vis-à-vis de l’étranger, elle doit aussi précipiter des mesures concrètes pour préserver notre souveraineté numérique qui se dégrade jour après jour. C’est notre liberté collective qui est en jeu.

Le secteur des données est incroyablement déséquilibré en faveur des États-Unis et de la Chine, au sein duquel l’Europe fait pâle figure. En 2018, Amazon, Microsoft, Alibaba, Google et IBM détenaient ni plus ni moins que 76,8% du marché mondial du Cloud (selon Gartner). Et non seulement ces mastodontes pillent nos données, mais ils rachètent aussi à tout-va nos entreprises les plus prometteuses à coup de millions de dollars. Force est de constater que nous sommes les idiots utiles d’une bataille numérique mondiale.

Ce déséquilibre se nourrit de nos habitudes quotidiennes. Lorsque nous écrivons un e-mail, activons notre géolocalisation, visionnons des publicités…, nous envoyons des données stockées dans des serveurs américains, permettant aux GAFA omniscients d’en tirer d’immenses bénéfices. Prenons un secteur qui nous est cher : la messagerie. Google, avec Gmail, a la capacité d’analyser et de lire l’intégralité de nos messages « privés » et de revendre ces données à d’autres entreprises. Même la DGSI, le cœur des renseignements français, a récemment décidé de continuer de travailler avec le géant américain Palantir, tandis qu’une grande partie de notre administration publique échange des mails à travers… Microsoft.

Or, comprenons bien que ce qu’on appelle une « donnée » n’est pas une simple information numérique. C’est une ressource, un trésor numérique national, le pétrole d’aujourd’hui ! Les données sont aussi importantes que la découverte et l’exploitation de ressources naturelles. En fournissant gratuitement nos données aux GAFA, nous alimentons aussi le développement de leurs programmes d’intelligence artificielle, et nous prenons un immense retard dans ce qui constitue la prochaine révolution économique et industrielle déjà en cours, et dont nous dilapidons la matière première. Alors, agissons dès maintenant.

L’objectif est donc clair : maintenir nos données sur notre sol en faisant émerger des services alternatifs. Malheureusement, l’Europe se limite aujourd’hui à un rôle de régulateur, à l’heure où les États-Unis (avec le CLOUD Act) et la Chine (avec le bannissement des GAFA) mènent une politique agressive. En France, les mesures fiscales et de relocalisation de certaines données publiques mises en place sont largement insuffisantes. Alors ne nous limitons pas à de grands discours, agissons !

Nous avons besoin d’un État à la fois protecteur et stratège. Protecteur parce qu’il doit prendre les mesures nécessaires pour protéger massivement nos données. Stratège parce qu’une vision long-termiste est nécessaire pour définir notre stratégie numérique. Si nous n’agissons qu’au fil des événements, à coup sûr nous perdrons !

Pour obtenir ce cadre protecteur au niveau de l’UE, utilisons la même méthode concrète que pour la taxe GAFA : commençons par la France, donnons l’exemple en Europe par des dispositions courageuses. C’est dans cet esprit que nous vous appelons, Monsieur le Ministre, à créer un label « NSF » (« Numérique Souveraineté France ») décerné aux services internet français vraiment respectueux de nos données personnelles. Ce label devra s’obtenir selon 4 critères essentiels : le premier est le respect des réglementations françaises en matière de données personnelles. Le second est l’hébergement en France des données des internautes français utilisant le service. Le troisième est que la maison mère de l’éditeur du service paye ses impôts en France. Le quatrième est de ne pas être contraint par une législation étrangère sur le sol français (comme le CLOUD Act). La mise en place sans tarder à l’échelle nationale du label « NSF » doit préfigurer la mise en place d’un « NSE » (« Numérique Souveraineté Europe ») qui devra suivre au plus vite.

L’objectif de ce label n’est pas seulement réputationnel, il consiste à mettre en lumière et à valoriser les entreprises qui œuvrent dans le sens de notre souveraineté numérique et qui créeront de nombreux emplois. Les pouvoirs publics doivent aussi avoir une démarche déterminée pour encourager les sociétés labellisées et notamment en utilisant leurs solutions dans l’administration.

Ce label ne serait bien entendu qu’une première étape, un socle essentiel, avant la mise en place d’une politique numérique souveraine et ambitieuse, à laquelle nous sommes résolument prêts à contribuer par des propositions très concrètes. »

Les travailleurs détachés sous surveillance

Les travailleurs détachés sous surveillance

 

“La persistance d’un recours massif au travail détaché dans certains secteurs est incompréhensible dans une période de fort chômage. Il n’est pas question que le plan de relance se fasse avec des travailleurs détachés !”, prévient la ministre dans un entretien publié dans l’édition de mardi des Echos.

“Nous allons (…) prendre le problème à bras-le-corps avec les partenaires sociaux, en s’attaquant à ses causes, branche par branche, pour élaborer d’ici à décembre des plans de diminution du travail détaché”, explique-t-elle.

“Il faut que chacun prenne ses responsabilités”, a-t-elle ajouté mardi matin sur RTL, en appelant les différents secteurs à s’organiser pour former des jeunes et des demandeurs d’emploi.

Dans le cadre du plan de relance, “on va former nos concitoyens aux métiers de demain (…) aux compétences dont on a besoin, dont on aura besoin et du coup (ça) permettr(a) aussi de limiter le recours au travail détaché”, a-t-elle noté.

Le nombre d’inscrits à Pôle emploi tenus de rechercher un emploi – qui recouvre les demandeurs d’emploi relevant des catégorie A (chômeur n’exerçant aucune activité) mais aussi B et C (chômeur exerçant une activité réduite) – a atteint un record fin juin, à 6,157 millions.

“On ne retrouvera pas le niveau de chômage d’avant la crise avant plusieurs trimestres”, souligne Elisabeth Borne dans Les Echos, en annonçant que l’objectif du gouvernement est désormais “de surmonter la crise et de garder dans le viseur celui du plein-emploi en 2025”.

Avant cette crise sanitaire, ce retour au plein-emploi, caractérisé par un taux de chômage à 7%, était prévu pour 2022.

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