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Enseignement-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions

Enseignement-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions

« Un système éducatif en situation d’échec » : le constat sévère de la Cour des comptes sur l’école primaire
Rythmes scolaires, attractivité du métier d’enseignant, niveau des élèves… Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes établit un bilan général du fonctionnement de l’école primaire. Dans leur rapport, les Sages font état d’un « système éducatif en situation d’échec », d’inégalités croissantes entre les élèves et d’un manque d’attractivité du métier de professeur des écoles préjudiciable à la qualité d’enseignement.

Par Théodore Azouze dans site du Sénat

Elle préconise une refonte en profondeur d’un « système éducatif en situation d’échec ». Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes pointe une « situation paradoxale et inquiétante » prégnante au sein de l’école primaire en France. En cause ? Une stagnation à un niveau toujours très bas des compétences des élèves, malgré une hausse de la dépense publique allouée à l’enseignement du premier degré. « La France est ainsi confrontée à une dégradation continue du niveau moyen de ses élèves, tout en formant moins de très bons élèves que le reste des pays européens », regrette la Cour des comptes.

Dépenses en hausse… mais niveau scolaire stagnant

Ces dernières années, les différents ministres de l’Éducation nationale ont souvent fait le même constat : le niveau des élèves français n’est pas suffisant. Selon les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), leurs capacités en matière de compréhension de l’écrit en CM1 stagnent depuis 2016, après une tendance à la baisse durant la précédente décennie. En mathématiques, la situation est encore pire : le niveau des Français, toujours en classe de CM1, se situe sous la moyenne de l’OCDE, selon l’enquête internationale Timss. La France ne se situe qu’à la 42e place des 58 pays étudiés.

Au-delà de ces chiffres, héritage d’une situation qui n’est pas nouvelle, un autre paramètre est mis en contraste par la Cour des comptes : en dix ans, la dépense consacrée au premier degré n’a cessé d’augmenter. Selon son estimation, celle-ci est passée de 41,3 milliards d’euros en 2013 à 52,1 milliards d’euros en 2022. Autrement dit, davantage de fonds ont donc été destinés à l’école primaire durant cette période, sans pour autant améliorer le niveau scolaire des élèves.

Autre facteur d’inquiétude : dans le même temps, les inégalités en milieu scolaire « s’aggravent », à plusieurs niveaux. Les différences à l’école entre filles et garçons se creusent. « Dès l’entrée à l’école élémentaire, et comme partout en Europe, les filles ont des résultats légèrement meilleurs que les garçons », souligne la Cour des comptes. Or, malgré cet avantage, confirmé par le fait que les filles sont ensuite moins en difficulté que les garçons durant la suite de leur apprentissage, elles restent convaincues d’être moins performantes qu’eux. « La situation en début de sixième est révélatrice : alors qu’elles sont plus nombreuses à réussir l’évaluation de français, les filles sont moins nombreuses que les garçons à éprouver un sentiment de réussite à son issue. »

Les inégalités sociales ne se résorbent pas davantage à l’école. Toujours d’après les données de la DEPP, la Cour des comptes remarque que plus l’indice de positionnement social des parents est élevé, plus les résultats scolaires de leurs enfants sont bons. Et ce, tant en français qu’en mathématiques. Ainsi, à l’issue de leur apprentissage au premier degré, « le groupe rassemblant les 20 % d’élèves les plus en difficulté aux évaluations nationales de 6e comprend 40 % des élèves avec l’indice de positionnement social le plus bas, contre seulement 6 % des élèves d’indice le plus élevé ». Des difficultés auxquelles il faut ajouter d’importantes disparités entre les élèves des différents territoires du pays, pas tous logés à la même enseigne en termes d’environnement éducatif.

Rappel de « l’effet néfaste » de la semaine de 4 jours

Passé ce constat, que critique plus précisément ce rapport ? Une longue partie est consacrée à la question des rythmes scolaires. La problématique est d’actualité : Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement le 20 juin prochain d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant », qui sera organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Outre le sujet des congés scolaires, les débats devraient aussi aborder de possibles évolutions d’horaires pour les élèves français.

Les rythmes ont beaucoup évolué dans le premier degré depuis 20 ans : Nicolas Sarkozy avait d’abord instauré la semaine de 4 jours durant son quinquennat. Élu en 2012, François Hollande avait fait de l’instauration d’une semaine de 4 jours et demi une des priorités de sa politique éducative. À l’époque, l’installation d’un temps d’activités périscolaires est aussi actée. Mais en pratique, sa concrétisation par les communes connaît alors moult difficultés. « Cette modification d’ampleur des rythmes scolaires s’est révélée très hétérogène dans sa mise en œuvre, avec des coûts très variables pour les collectivités. Elle n’a pas été évaluée, ni stabilisée dans le temps », pointe la Cour des comptes.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron laisse finalement le soin aux maires de conserver ce système dans leurs écoles ou de repasser à quatre jours. Une seconde option choisie par la plupart des municipalités… et regrettée par le rapport des Sages. « L’organisation du temps scolaire (…) n’apparaît pas prioritairement conçue en fonction des élèves », déplorent-ils dans le document. La plupart des pays de l’OCDE ont fait le choix d’un système avec une semaine à 5 jours.

« Selon l’Académie nationale de médecine, l’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec les connaissances de la chronobiologie de l’enfant ; et cela, à tous les niveaux de l’organisation : journée, semaine ou année scolaire », a ajouté le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse ce mardi. Le responsable fait référence à un rapport de 2010 publié par l’institution. Il pointait le « le rôle néfaste » de la semaine de 4 jours « sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé ».

Attractivité du métier d’enseignant et rôle des directeurs d’écoles
La qualité d’enseignement à l’école primaire passera par ailleurs par une plus grande attractivité de la profession, estime l’instance. La fonction de professeur des écoles pâtit aujourd’hui d’une image dégradée : en 2024, plus d’un millier de postes ouverts sont restés non pourvus dans le premier degré. Affectations géographiques non désirées, manque de perspectives de carrière, « niveau de stress » important… Plusieurs paramètres sont listés par la Cour des comptes pour expliquer ces difficultés à recruter suffisamment.

Pour pallier les manques, le recours à des contractuels est devenu essentiel dans certaines zones. Or, « les enfants qui bénéficient d’un enseignement structuré et de qualité, dès le plus jeune âge, sont les plus susceptibles d’avoir de bons résultats scolaires par la suite », rappelle la Cour des comptes.

Second point intéressant concernant le personnel éducatif : la place accordée au rôle des directeurs d’école. Le rapport mentionne « l’absence de statut » clair pour ces enseignants qui doivent concilier heures de cours et pilotage d’une école primaire. Pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires et limiter ce problème de manque de temps, la Cour des comptes recommande d’« engager la réforme du statut de directeur d’école en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet, en commençant par les écoles regroupées ».

Meilleure concertation avec les acteurs locaux pour allouer et flécher des fonds pour les écoles primaires, renforcement de la formation continue des enseignants, groupements d’établissements pour éviter les fermetures de classe… Les 120 pages du rapport de la Cour des comptes avancent de nombreuses autres propositions. La dernière partie est en partie consacrée à la transition écologique dans le premier degré, mais aussi à l’importance du recours aux ressources digitales utilisées à l’école primaire. Au moment où la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, vient d’annoncer des mesures pour favoriser le « droit à la déconnexion » des élèves, les Sages encouragent « une meilleure intégration du numérique comme outil au service de la pédagogie ».

Formation-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

Formation-Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

« Un système éducatif en situation d’échec » : le constat sévère de la Cour des comptes sur l’école primaire
Rythmes scolaires, attractivité du métier d’enseignant, niveau des élèves… Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes établit un bilan général du fonctionnement de l’école primaire. Dans leur rapport, les Sages font état d’un « système éducatif en situation d’échec », d’inégalités croissantes entre les élèves et d’un manque d’attractivité du métier de professeur des écoles préjudiciable à la qualité d’enseignement.

Par Théodore Azouze dans site du Sénat

Elle préconise une refonte en profondeur d’un « système éducatif en situation d’échec ». Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes pointe une « situation paradoxale et inquiétante » prégnante au sein de l’école primaire en France. En cause ? Une stagnation à un niveau toujours très bas des compétences des élèves, malgré une hausse de la dépense publique allouée à l’enseignement du premier degré. « La France est ainsi confrontée à une dégradation continue du niveau moyen de ses élèves, tout en formant moins de très bons élèves que le reste des pays européens », regrette la Cour des comptes.

Dépenses en hausse… mais niveau scolaire stagnant

Ces dernières années, les différents ministres de l’Éducation nationale ont souvent fait le même constat : le niveau des élèves français n’est pas suffisant. Selon les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), leurs capacités en matière de compréhension de l’écrit en CM1 stagnent depuis 2016, après une tendance à la baisse durant la précédente décennie. En mathématiques, la situation est encore pire : le niveau des Français, toujours en classe de CM1, se situe sous la moyenne de l’OCDE, selon l’enquête internationale Timss. La France ne se situe qu’à la 42e place des 58 pays étudiés.

Au-delà de ces chiffres, héritage d’une situation qui n’est pas nouvelle, un autre paramètre est mis en contraste par la Cour des comptes : en dix ans, la dépense consacrée au premier degré n’a cessé d’augmenter. Selon son estimation, celle-ci est passée de 41,3 milliards d’euros en 2013 à 52,1 milliards d’euros en 2022. Autrement dit, davantage de fonds ont donc été destinés à l’école primaire durant cette période, sans pour autant améliorer le niveau scolaire des élèves.

Autre facteur d’inquiétude : dans le même temps, les inégalités en milieu scolaire « s’aggravent », à plusieurs niveaux. Les différences à l’école entre filles et garçons se creusent. « Dès l’entrée à l’école élémentaire, et comme partout en Europe, les filles ont des résultats légèrement meilleurs que les garçons », souligne la Cour des comptes. Or, malgré cet avantage, confirmé par le fait que les filles sont ensuite moins en difficulté que les garçons durant la suite de leur apprentissage, elles restent convaincues d’être moins performantes qu’eux. « La situation en début de sixième est révélatrice : alors qu’elles sont plus nombreuses à réussir l’évaluation de français, les filles sont moins nombreuses que les garçons à éprouver un sentiment de réussite à son issue. »

Les inégalités sociales ne se résorbent pas davantage à l’école. Toujours d’après les données de la DEPP, la Cour des comptes remarque que plus l’indice de positionnement social des parents est élevé, plus les résultats scolaires de leurs enfants sont bons. Et ce, tant en français qu’en mathématiques. Ainsi, à l’issue de leur apprentissage au premier degré, « le groupe rassemblant les 20 % d’élèves les plus en difficulté aux évaluations nationales de 6e comprend 40 % des élèves avec l’indice de positionnement social le plus bas, contre seulement 6 % des élèves d’indice le plus élevé ». Des difficultés auxquelles il faut ajouter d’importantes disparités entre les élèves des différents territoires du pays, pas tous logés à la même enseigne en termes d’environnement éducatif.

Rappel de « l’effet néfaste » de la semaine de 4 jours

Passé ce constat, que critique plus précisément ce rapport ? Une longue partie est consacrée à la question des rythmes scolaires. La problématique est d’actualité : Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement le 20 juin prochain d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant », qui sera organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Outre le sujet des congés scolaires, les débats devraient aussi aborder de possibles évolutions d’horaires pour les élèves français.

Les rythmes ont beaucoup évolué dans le premier degré depuis 20 ans : Nicolas Sarkozy avait d’abord instauré la semaine de 4 jours durant son quinquennat. Élu en 2012, François Hollande avait fait de l’instauration d’une semaine de 4 jours et demi une des priorités de sa politique éducative. À l’époque, l’installation d’un temps d’activités périscolaires est aussi actée. Mais en pratique, sa concrétisation par les communes connaît alors moult difficultés. « Cette modification d’ampleur des rythmes scolaires s’est révélée très hétérogène dans sa mise en œuvre, avec des coûts très variables pour les collectivités. Elle n’a pas été évaluée, ni stabilisée dans le temps », pointe la Cour des comptes.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron laisse finalement le soin aux maires de conserver ce système dans leurs écoles ou de repasser à quatre jours. Une seconde option choisie par la plupart des municipalités… et regrettée par le rapport des Sages. « L’organisation du temps scolaire (…) n’apparaît pas prioritairement conçue en fonction des élèves », déplorent-ils dans le document. La plupart des pays de l’OCDE ont fait le choix d’un système avec une semaine à 5 jours.

« Selon l’Académie nationale de médecine, l’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec les connaissances de la chronobiologie de l’enfant ; et cela, à tous les niveaux de l’organisation : journée, semaine ou année scolaire », a ajouté le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse ce mardi. Le responsable fait référence à un rapport de 2010 publié par l’institution. Il pointait le « le rôle néfaste » de la semaine de 4 jours « sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé ».

Attractivité du métier d’enseignant et rôle des directeurs d’écoles
La qualité d’enseignement à l’école primaire passera par ailleurs par une plus grande attractivité de la profession, estime l’instance. La fonction de professeur des écoles pâtit aujourd’hui d’une image dégradée : en 2024, plus d’un millier de postes ouverts sont restés non pourvus dans le premier degré. Affectations géographiques non désirées, manque de perspectives de carrière, « niveau de stress » important… Plusieurs paramètres sont listés par la Cour des comptes pour expliquer ces difficultés à recruter suffisamment.

Pour pallier les manques, le recours à des contractuels est devenu essentiel dans certaines zones. Or, « les enfants qui bénéficient d’un enseignement structuré et de qualité, dès le plus jeune âge, sont les plus susceptibles d’avoir de bons résultats scolaires par la suite », rappelle la Cour des comptes.

Second point intéressant concernant le personnel éducatif : la place accordée au rôle des directeurs d’école. Le rapport mentionne « l’absence de statut » clair pour ces enseignants qui doivent concilier heures de cours et pilotage d’une école primaire. Pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires et limiter ce problème de manque de temps, la Cour des comptes recommande d’« engager la réforme du statut de directeur d’école en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet, en commençant par les écoles regroupées ».

Meilleure concertation avec les acteurs locaux pour allouer et flécher des fonds pour les écoles primaires, renforcement de la formation continue des enseignants, groupements d’établissements pour éviter les fermetures de classe… Les 120 pages du rapport de la Cour des comptes avancent de nombreuses autres propositions. La dernière partie est en partie consacrée à la transition écologique dans le premier degré, mais aussi à l’importance du recours aux ressources digitales utilisées à l’école primaire. Au moment où la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, vient d’annoncer des mesures pour favoriser le « droit à la déconnexion » des élèves, les Sages encouragent « une meilleure intégration du numérique comme outil au service de la pédagogie ».

Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

Faiblesse du niveau scolaire en France : Analyses et propositions ( Sénat)

« Un système éducatif en situation d’échec » : le constat sévère de la Cour des comptes sur l’école primaire
Rythmes scolaires, attractivité du métier d’enseignant, niveau des élèves… Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes établit un bilan général du fonctionnement de l’école primaire. Dans leur rapport, les Sages font état d’un « système éducatif en situation d’échec », d’inégalités croissantes entre les élèves et d’un manque d’attractivité du métier de professeur des écoles préjudiciable à la qualité d’enseignement.

Par Théodore Azouze dans site du Sénat

Elle préconise une refonte en profondeur d’un « système éducatif en situation d’échec ». Dans un rapport publié ce mardi 20 mai, la Cour des comptes pointe une « situation paradoxale et inquiétante » prégnante au sein de l’école primaire en France. En cause ? Une stagnation à un niveau toujours très bas des compétences des élèves, malgré une hausse de la dépense publique allouée à l’enseignement du premier degré. « La France est ainsi confrontée à une dégradation continue du niveau moyen de ses élèves, tout en formant moins de très bons élèves que le reste des pays européens », regrette la Cour des comptes.

Dépenses en hausse… mais niveau scolaire stagnant

Ces dernières années, les différents ministres de l’Éducation nationale ont souvent fait le même constat : le niveau des élèves français n’est pas suffisant. Selon les données de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), leurs capacités en matière de compréhension de l’écrit en CM1 stagnent depuis 2016, après une tendance à la baisse durant la précédente décennie. En mathématiques, la situation est encore pire : le niveau des Français, toujours en classe de CM1, se situe sous la moyenne de l’OCDE, selon l’enquête internationale Timss. La France ne se situe qu’à la 42e place des 58 pays étudiés.

Au-delà de ces chiffres, héritage d’une situation qui n’est pas nouvelle, un autre paramètre est mis en contraste par la Cour des comptes : en dix ans, la dépense consacrée au premier degré n’a cessé d’augmenter. Selon son estimation, celle-ci est passée de 41,3 milliards d’euros en 2013 à 52,1 milliards d’euros en 2022. Autrement dit, davantage de fonds ont donc été destinés à l’école primaire durant cette période, sans pour autant améliorer le niveau scolaire des élèves.

Autre facteur d’inquiétude : dans le même temps, les inégalités en milieu scolaire « s’aggravent », à plusieurs niveaux. Les différences à l’école entre filles et garçons se creusent. « Dès l’entrée à l’école élémentaire, et comme partout en Europe, les filles ont des résultats légèrement meilleurs que les garçons », souligne la Cour des comptes. Or, malgré cet avantage, confirmé par le fait que les filles sont ensuite moins en difficulté que les garçons durant la suite de leur apprentissage, elles restent convaincues d’être moins performantes qu’eux. « La situation en début de sixième est révélatrice : alors qu’elles sont plus nombreuses à réussir l’évaluation de français, les filles sont moins nombreuses que les garçons à éprouver un sentiment de réussite à son issue. »

Les inégalités sociales ne se résorbent pas davantage à l’école. Toujours d’après les données de la DEPP, la Cour des comptes remarque que plus l’indice de positionnement social des parents est élevé, plus les résultats scolaires de leurs enfants sont bons. Et ce, tant en français qu’en mathématiques. Ainsi, à l’issue de leur apprentissage au premier degré, « le groupe rassemblant les 20 % d’élèves les plus en difficulté aux évaluations nationales de 6e comprend 40 % des élèves avec l’indice de positionnement social le plus bas, contre seulement 6 % des élèves d’indice le plus élevé ». Des difficultés auxquelles il faut ajouter d’importantes disparités entre les élèves des différents territoires du pays, pas tous logés à la même enseigne en termes d’environnement éducatif.

Rappel de « l’effet néfaste » de la semaine de 4 jours

Passé ce constat, que critique plus précisément ce rapport ? Une longue partie est consacrée à la question des rythmes scolaires. La problématique est d’actualité : Emmanuel Macron vient d’annoncer le lancement le 20 juin prochain d’une convention citoyenne sur les « temps de l’enfant », qui sera organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Outre le sujet des congés scolaires, les débats devraient aussi aborder de possibles évolutions d’horaires pour les élèves français.

Les rythmes ont beaucoup évolué dans le premier degré depuis 20 ans : Nicolas Sarkozy avait d’abord instauré la semaine de 4 jours durant son quinquennat. Élu en 2012, François Hollande avait fait de l’instauration d’une semaine de 4 jours et demi une des priorités de sa politique éducative. À l’époque, l’installation d’un temps d’activités périscolaires est aussi actée. Mais en pratique, sa concrétisation par les communes connaît alors moult difficultés. « Cette modification d’ampleur des rythmes scolaires s’est révélée très hétérogène dans sa mise en œuvre, avec des coûts très variables pour les collectivités. Elle n’a pas été évaluée, ni stabilisée dans le temps », pointe la Cour des comptes.

À son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron laisse finalement le soin aux maires de conserver ce système dans leurs écoles ou de repasser à quatre jours. Une seconde option choisie par la plupart des municipalités… et regrettée par le rapport des Sages. « L’organisation du temps scolaire (…) n’apparaît pas prioritairement conçue en fonction des élèves », déplorent-ils dans le document. La plupart des pays de l’OCDE ont fait le choix d’un système avec une semaine à 5 jours.

« Selon l’Académie nationale de médecine, l’aménagement du temps scolaire en France n’est pas en cohérence avec les connaissances de la chronobiologie de l’enfant ; et cela, à tous les niveaux de l’organisation : journée, semaine ou année scolaire », a ajouté le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse ce mardi. Le responsable fait référence à un rapport de 2010 publié par l’institution. Il pointait le « le rôle néfaste » de la semaine de 4 jours « sur la vigilance et les performances des enfants les deux premiers jours de la semaine liées à une désynchronisation liée au week-end prolongé ».

Attractivité du métier d’enseignant et rôle des directeurs d’écoles
La qualité d’enseignement à l’école primaire passera par ailleurs par une plus grande attractivité de la profession, estime l’instance. La fonction de professeur des écoles pâtit aujourd’hui d’une image dégradée : en 2024, plus d’un millier de postes ouverts sont restés non pourvus dans le premier degré. Affectations géographiques non désirées, manque de perspectives de carrière, « niveau de stress » important… Plusieurs paramètres sont listés par la Cour des comptes pour expliquer ces difficultés à recruter suffisamment.

Pour pallier les manques, le recours à des contractuels est devenu essentiel dans certaines zones. Or, « les enfants qui bénéficient d’un enseignement structuré et de qualité, dès le plus jeune âge, sont les plus susceptibles d’avoir de bons résultats scolaires par la suite », rappelle la Cour des comptes.

Second point intéressant concernant le personnel éducatif : la place accordée au rôle des directeurs d’école. Le rapport mentionne « l’absence de statut » clair pour ces enseignants qui doivent concilier heures de cours et pilotage d’une école primaire. Pour améliorer la gouvernance des établissements scolaires et limiter ce problème de manque de temps, la Cour des comptes recommande d’« engager la réforme du statut de directeur d’école en généralisant progressivement la fonction de directeur à temps complet, en commençant par les écoles regroupées ».

Meilleure concertation avec les acteurs locaux pour allouer et flécher des fonds pour les écoles primaires, renforcement de la formation continue des enseignants, groupements d’établissements pour éviter les fermetures de classe… Les 120 pages du rapport de la Cour des comptes avancent de nombreuses autres propositions. La dernière partie est en partie consacrée à la transition écologique dans le premier degré, mais aussi à l’importance du recours aux ressources digitales utilisées à l’école primaire. Au moment où la ministre de l’Éducation nationale, Elisabeth Borne, vient d’annoncer des mesures pour favoriser le « droit à la déconnexion » des élèves, les Sages encouragent « une meilleure intégration du numérique comme outil au service de la pédagogie ».

Trump refuse les propositions de l’Union économique européenne

Trump refuse les propositions de l’Union économique européenne

Face à Trump qui a décidé d’augmenter les droits de douane sur les produits importés d’Europe de 20 %, l’UE a proposé d’annuler tous les droits de douane sur les produits industriels échangés entre les deux pays. Une proposition que Trump juge insuffisante et qu’il a refusée.

Donald Trump a assuré que le déficit commercial accusé par les Etats-Unis avec l’UE allait «disparaître rapidement» grâce à une augmentation des achats d’énergie américaine par les pays européens. «Il faut qu’ils achètent et qu’ils s’engagent à acheter un montant équivalent (à ce déficit commercial) en énergie», a encore dit Donald Trump.

Politique-La gauche ne pourra pas appliquer l’ensemble de ses propositions

 

Même si la gauche a montré que sa culture militante n’avait pas disparu, sa victoire est en trompe-l’œil, car elle repose sur une base sociologique trop peu populaire et sur un socle électoral trop composite, analyse le politiste Frédéric Sawicki,  dans une tribune au « Monde ».

 

Si l’on ajoute les 13 candidats de gauche élus hors Nouveau Front populaire aux 182 élus sous sa bannière, la gauche a remporté lors de ces législatives 195 sièges, soit 27 de plus qu’Ensemble et 52 de plus que le Rassemblement national (RN) et ses alliés Les Républicains (LR). Avec un gain net de 44 sièges par rapport à 2022, elle fait cependant moins bien que l’extrême droite, qui en décroche 54 de plus. C’est d’abord parce qu’elle a déjoué les pronostics et parce qu’elle arrive en tête – et donc qu’elle est en mesure de gouverner – que la gauche apparaît comme la grande gagnante du scrutin.Ce succès est d’abord, comme en 2022, le fruit d’une stratégie d’union autour d’un programme et de candidats communs. Rappelons qu’historiquement un tel accord fondé sur le partage des circonscriptions dès le premier tour était alors sans précédent. Sa reconduction, après une campagne européenne fratricide, n’était en rien assurée. Elle aurait pu ouvrir la voie à de très nombreuses dissidences.

Ce succès est aussi le résultat de la stratégie de front républicain. Largement impulsée et appliquée par la gauche avec peu d’exceptions, celle-ci a été mise en œuvre plus tardivement et bien moins systématiquement par le camp présidentiel et quasiment pas par LR. La gauche est ainsi clairement apparue comme la plus intransigeante face au RN, quitte à sacrifier ses candidats face à des adversaires politiques patentés tels que Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, ou Laurent Wauquiez, président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes.

La gauche ne pourra pas appliquer l’ensemble de propositions

La gauche ne pourra pas appliquer l’ensemble de ses propositions

Même si la gauche a montré que sa culture militante n’avait pas disparu, sa victoire est en trompe-l’œil, car elle repose sur une base sociologique trop peu populaire et sur un socle électoral trop composite, analyse le politiste Frédéric Sawicki,  dans une tribune au « Monde ».

 

Si l’on ajoute les 13 candidats de gauche élus hors Nouveau Front populaire aux 182 élus sous sa bannière, la gauche a remporté lors de ces législatives 195 sièges, soit 27 de plus qu’Ensemble et 52 de plus que le Rassemblement national (RN) et ses alliés Les Républicains (LR). Avec un gain net de 44 sièges par rapport à 2022, elle fait cependant moins bien que l’extrême droite, qui en décroche 54 de plus. C’est d’abord parce qu’elle a déjoué les pronostics et parce qu’elle arrive en tête – et donc qu’elle est en mesure de gouverner – que la gauche apparaît comme la grande gagnante du scrutin.Ce succès est d’abord, comme en 2022, le fruit d’une stratégie d’union autour d’un programme et de candidats communs. Rappelons qu’historiquement un tel accord fondé sur le partage des circonscriptions dès le premier tour était alors sans précédent. Sa reconduction, après une campagne européenne fratricide, n’était en rien assurée. Elle aurait pu ouvrir la voie à de très nombreuses dissidences.

Ce succès est aussi le résultat de la stratégie de front républicain. Largement impulsée et appliquée par la gauche avec peu d’exceptions, celle-ci a été mise en œuvre plus tardivement et bien moins systématiquement par le camp présidentiel et quasiment pas par LR. La gauche est ainsi clairement apparue comme la plus intransigeante face au RN, quitte à sacrifier ses candidats face à des adversaires politiques patentés tels que Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, ou Laurent Wauquiez, président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Décentralisation :Les propositions d’Eric WOERTH

Décentralisation :Les  propositions d’Eric WOERTH

 

À la demande du chef de l’État, Éric Worth a rendu une copie réaliste qui ne bouscule pas trop d’organisation actuelle mais qui risque de finir dans les tiroirs par manque d’ambition. Eric Woerth N’envisage en effet aucune suppression du millefeuille administratif et politique ( communes, groupements de communes, communautés de communes, départements, régions etc.)  or c’est dans la nature des choses chaque échelon et chaque responsable n’existe que parce qu’il décide d’actions nécessitant Armée de fonctionnaires, budget et fiscalité. Et les dernières réformes administratives ont encore alourdi et multiplié les étagères inutiles.

 

Répartition des compétences entre collectivités, sanctuarisation du partage de la fiscalité, réduction du nombre d’élus et retour de la possibilité de cumuler un mandat de parlementaire et une fonction de maire, suppression de la métropole du Grand Paris… Eric Woerth (Renaissance) a remis, ce jeudi 30 mai, à Emmanuel Macron le rapport que le Président lui avait commandé à l’automne dernier afin « d’apporter plus de clarté à notre organisation territoriale ».

Des propositions « ambitieuses », mais « réalistes ». Chargé en novembre dernier par le chef de l’Etat de réfléchir à une « décentralisation plus aboutie et plus efficace », Eric Woerth (Renaissance) a présenté le résultat de son travail à Emmanuel Macron, au cours d’une réunion de deux heures, ce jeudi 30 mai. La commande présidentielle a abouti à un rapport dense et technique, comportant 51 propositions, et portant l’ambition de « rétablir la confiance » entre l’échelon national et l’échelon territorial.

 

Le député de l’Oise et premier Questeur de l’Assemblée nationale préconise notamment un meilleur partage des compétences, afin de clarifier le rôle des communes, départements et régions. L’ancien ministre du Budget et de la Réforme de l’Etat de Nicolas Sarkozy ne recommande, en revanche, pas de supprimer une strate de collectivités, comme semblait l’y inviter Emmanuel Macron dans sa lettre de mission. Les communes hériteraient ainsi des compétences de « proximité », comme le logement, les départements des routes et de la gestion de l’eau, tandis que les régions seraient particulièrement chargées du développement économique et du tourisme. Pour éviter de se « disperser », les collectivités territoriales doivent accepter d’abandonner certaines de leurs prérogatives, juge-t-il.

Cul mais moins délus  MOINS D’ÉLUS
L’ancien maire de Chantilly propose de revenir sur la loi sur le non-cumul des mandats, effective depuis 2017, en autorisant à nouveau les parlementaires à siéger à l’Assemblée nationale ou au Sénat tout en assurant des responsabilités exécutives au sein d’une commune, y compris le rôle de maire, ou de président d’intercommunalité.

« Ces règles ont conduit à distendre le lien entre la démocratie nationale et la démocratie locale. [...] Autoriser un élu à intervenir sur le plan national et dans sa commune permet de retisser du lien entre ces deux échelons et d’assurer un ancrage territorial », estime-t-il.

 

En parallèle, Eric Woerth préconise la réduction de 20 % du nombre de conseillers municipaux – tout en maintenant le même nombre d’adjoints -, ce qui équivaudrait à la suppression de 100 000 mandats, une mesure destinée à « mieux identifier, mieux rémunérer, mieux protéger » les élus et à « rendre du pouvoir d’agir aux maires ».

Ainsi, les indemnités des maires de moins de 20 000 habitants devraient être revues à la hausse. L’auteur du rapport plaide, par ailleurs, pour le retour du conseiller territorial, qui siègerait à la fois au conseil départemental et au conseil régional, et dont la création avait été validée en 2010, mais jamais appliquée. Ces conseillers seraient élus lors d’un scrutin cantonal.

SUPPRESSION DE LA MÉTROPOLE DU GRAND PARIS
Autre proposition d’ordre électoral : le mode d’élection des maires de Paris, Lyon et Marseille, qui pose actuellement un « problème démocratique ». Eric Woerth propose de désigner les édiles selon le « droit commun », par un scrutin de listes à deux tours. Une idée largement partagée au sein de la majorité présidentielle, des travaux en ce sens étant menés sous l’égide du chef de file des députés Renaissance, Sylvain Maillard. Eric Woerth plaide toutefois pour conserver les maires d’arrondissement.

Il propose par, ailleurs, de « nationaliser » le boulevard périphérique parisien, actuellement géré par la mairie de Paris. Il s’agit, selon le rapport, d’une simple « mise en cohérence » de la gestion des axes routiers d’Ile-de-France. Une suggestion qui intervient alors que la maire de la capitale, Anne Hidalgo, a annoncé la limitation à 50 km/h sur l’axe routier.

L’élu de l’Oise prône, en outre, la suppression de la Métropole du Grand Paris, constatant son « échec » à « porter des grands projets ». Celles d’Aix-Marseille et de Lyon reçoivent une évaluation un peu plus favorable, mais n’échappent pas aux critiques sur leur fonctionnement ou leur gouvernance – l’ancien ministre allant jusqu’à préconiser une loi spécifique pour la métropole d’Aix-Marseille si les « blocages persistent ».

PAS DE NOUVEL IMPÔT LOCAL
Enfin, un large pan du rapport est consacré aux finances des collectivités territoriales. Hostile à la mise en place d’un nouvel impôt local, qui n’aurait pas de sens au lendemain de la suppression de la taxe d’habitation, Eric Woerth propose « d’ancrer dans la loi organique le partage de la fiscalité nationale entre l’Etat et les collectivités territoriales », en laissant à ces dernières un pouvoir de taux.

Une loi d’orientation des finances locales pourrait être votée en début de mandature, afin de fixer la trajectoire des recettes des collectivités. Le rapport préconise, par ailleurs, de « profondes modifications » dans la structure de financement de chacune des strates du mille-feuillle – fiscalité foncière pour le bloc communal, dotation de solidarité pour les départements, « fiscalité économique plus marquée » pour les régions.

Ce rapport va désormais faire l’objet de concertations entre l’exécutif et les associations d’élus, afin d’aboutir à un certain nombre de réformes, qui pourraient trouver leur chemin à travers plusieurs projets de loi, compte tenu de la diversité des propositions visant toutes, selon leur auteur, à « plus d’efficacité démocratique ».

Les propositions du Medef pour l’emploi, la recherche et l’environnement

Les propositions du Medef pour l’emploi la recherche et l’environnement

« Incontestablement, la France se porte mieux » économiquement grâce aux réformes entreprises depuis 2017, estime Patrick Martin dans Une lettre de sept pages adressées au gouvernement dont rend compte la tribune. Mais, pour autant, il souligne aussi « l’inquiétude » des acteurs économiques sur le creusement du déficit public ou sur le déficit de la balance commerciale : « Le redressement du pays est engagé mais il est loin d’être abouti », résume-t-il. Pour y parvenir, le président du Medef liste et détaille, dans ce courrier de pas moins de sept pages, trois « objectifs structurants permettant d’exprimer pleinement le potentiel bien réel de la France d’ici 2030 ».

Le premier consiste à « augmenter le taux d’emploi de huit points pour atteindre le plein emploi » et rejoindre ainsi le niveau de l’Allemagne. Cela « assurerait à la France une hausse de son PIB de près de 10 points » et un gain de recettes fiscales et sociales « de plus de 100 milliards d’euros par an », assure Patrick Martin. Il observe notamment « le drame humain » des « 13% de jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation » - appelés Neet – . Il prône « d’amplifier les réformes » sur l’éducation, et de « faire entrer pleinement l’entreprise dans la « bataille pour l’orientation » décrétée par le Président de la République », avec la mise en place « d’un parcours de réussite » via les entreprises.

 

Deuxième objectif : « pourvoir un million d’emplois de chercheurs, d’ingénieurs et de scientifiques et porter la Recherche et le Développement (R&D) à 3% du PIB », alors que la France est actuellement à 2,2% du PIB pour ces dépenses, la moyenne de l’OCDE à 2,7% et l’Allemagne à 3,3%, selon les données que le président du Medef énonce dans sa lettre. Il faut selon lui « doter l’Europe d’une véritable agence de l’innovation », à l’instar de la Darpa, l’agence de R&D du département de la Défense américain, « démocratiser » - notamment en faveur des femmes et des personnes de milieux modestes – et « normaliser » l’accès aux formations et aux carrières « de la science, de l’innovation et de l’entrepreneuriat ».

Enfin, le troisième objectif décrit par Patrick Martin est de « baisser notre empreinte carbone deux fois plus rapidement, soit 100 millions de tonnes de CO2 de moins » par an. Il faut selon lui arriver à « une révolution climatique des politiques publiques » comprenant un « quoi qu’il en coûte de la simplification » et un « Pacte Vert des investissements ».

Agriculture : quelles suites aux propositions du président de la république

Agriculture : quelles suites aux propositions du président de la république

Intreview du  syndicaliste Arnaud Gaillot, président des Jeunes Agriculteurs qui  revient sur l’extrême tension au Salon et appelle le président de la République à concrétiser ses promesses rapidement. dans la « Tribune ».

 Quelle est la situation après cette ouverture très chahutée su Salon international de l’agriculture  : les ponts sont coupés ou le dialogue est renoué ?

ARNAUD GAILLOT - Non, le dialogue n’est pas coupé. En tant que corps intermédiaire, c’est notre responsabilité de le maintenir. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons accepté de participer au petit déjeuner avec le président de la République samedi. Nous avions en revanche refusé de prendre part au grand débat, car après l’annonce de l’invitation du mouvement Les Soulèvements de la Terre, la colère dans les rangs était trop forte. Après le petit déjeuner, nous savions que la tension était encore là, mais nous avons d’abord échangé avec notre réseau, et ensuite nous avons proposé au président d’avoir un dialogue avec des délégués syndicaux. Cela a permis de consolider notre parole, celle de leurs représentants.

Est-ce que cela a permis d’apaiser la base ?

Les gens qui ont discuté avec le président ont pu constater que les choses tendent dans le bon sens. On a le sentiment qu’il a envie d’avancer. Mais il faut que ses promesses se concrétisent rapidement. Les réunions annoncées dès lundi dans les préfectures afin de lancer un recensement des situations de trésorerie les plus critiques pourront notamment donner des gages.

 

Qu’est-ce qu’il s’est passé à l’ouverture du Salon de l’agriculture samedi ? Avez-vous eu le sentiment d’avoir été instrumentalisés par la Coordination rurale et l’extrême droite ?

Cela n’échappe à personne que certains sont plus énervés que d’autres. Mais il ne faut pas qu’ils nuisent au Salon. Et j’invite tout corps intermédiaire à rester indépendant. Les convictions personnelles ne doivent pas dominer dans un syndicat. Quand un syndicat se positionne pour un parti, quel qu’il soit, cela devient dangereux.

Le président a-t-il eu tort de vouloir malgré tout inaugurer le Salon et déambuler dans les allées ?

Il reste le chef de l’État, il a été élu démocratiquement, c’est lui qui décide. Si on refuse de discuter avec les instances démocratiques, avec qui parlera-t-on pour jouer notre rôle de syndicat, trouver des solutions et faire évoluer les choses dans le bon sens ?

Les prochains jours du Salon pourront-ils être sereins ?

Je suis convaincu qu’après sa première journée, très animée, il retrouvera son rôle habituel. Déjà samedi, j’ai été heureux de voir plein de visiteurs. Nous expliquerons en parallèle à nos délégations le travail engagé et comment il va se poursuivre.

Vous avez rendez-vous avec le chef de l’État dans trois semaines. Qu’espérez-vous ?

Le président a ouvert la porte à une proposition formulée par les Jeunes Agriculteurs il y a déjà deux ans : celle de lancer une réflexion stratégique sur la «ferme France». Il s’agit maintenant de définir la forme qu’elle prendra, en espérant qu’elle soit à la hauteur des attentes.

Le nombre d’agriculteurs baisse en effet de manière inexorable : ils étaient un million dans les années 1990, ils sont moins de 400 000 aujourd’hui. Qu’est ce qui pourrait freiner cette chute ?

Il ne faut pas oublier que cette diminution du nombre d’agriculteurs dépend aussi d’une restructuration de l’agriculture, comme de plein d’autres métiers, due à l’innovation. Il faut néanmoins maintenir le maillage agricole du territoire français. Pour stopper l’hémorragie, il faut en premier lieu se demander comment permettre aux agriculteurs qui restent de gagner leur vie. Pour ce qui relève du marché intérieur, cela renvoie à la nécessité de mieux appliquer les lois Egalim, censées garantir que les produits des fermes soient vendus à leur juste prix. Pour ce qui est du marché extérieur, la question est comment éviter de produire des « surnormes » en France qui nous rendent moins compétitifs et qui nous font perdre des parts de marché.

Plus généralement, on a une vraie réflexion à avoir - et c’est ce que nous avions appelé de nos vœux dans le pacte et la loi d’orientation agricole, mais qui n’a pas été retenu - sur comment repositionner la « ferme France » sur les marchés. Il s’agit d’abord d’identifier ces marchés. L’enjeu est ensuite de déterminer de combien d’agriculteurs on a besoin dans toutes nos filières sous signe de qualité, dans nos productions conventionnelles pour le marché intérieur et l’exportation, et aussi dans la production des énergies renouvelables - si importantes pour le futur de l’agriculture. Cela demanderait un vrai travail à l’horizon de dix, vingt, trente ans, et permettrait de déterminer dans quelle mesure, où et comment on a besoin de fermes et d’installer des jeunes.

Rien n’est prévu à ce propos dans le « projet de loi pour une agriculture souveraine » qui doit être soumis cette semaine au Conseil d’État, et qui inclut un volet consacré au renouvellement des générations ?

Non. La loi vise juste à faciliter la transmission des fermes. Elle porte sur l’enseignement agricole, sur comment attirer des jeunes vers ces formations et comment les renforcer. Elle prévoit aussi des outils d’accompagnement et d’aide à la transmission, des avantages fiscaux, etc. Mais cela ne répond pas à la question clé : pourquoi transmet-on tout cela ? Je suis convaincu qu’un avenir agricole existe, mais ce n’est pas forcément l’agriculture qu’on connaît aujourd’hui, avec exactement les mêmes fermes, les mêmes filières, aux mêmes endroits. Les marchés évoluent en fonction des sociétés. Les gens ne consomment plus de la même façon que dans les années 1960-70 ou que dans les années 1980-90. Les défis des filières ne sont pas les mêmes qu’avant.

De nouveaux facteurs doivent aussi être pris en compte. Par exemple, comment l’agriculture va-t-elle prendre sa part dans l’énergie verte ? Comment va-t-elle s’adapter au changement climatique ? Il faut investir dans la recherche variétale, mais cela ne va répondre qu’à une partie de la problématique. Il reste la question de comment on gère l’eau. Est-ce qu’on réfléchit à de nouvelles formes d’agriculture dans les territoires les plus bouleversés, comme ceux de l’arc méditerranéen ? Il faut mettre tous les acteurs autour de la table : des scientifiques, des météorologues, des agriculteurs, des représentants de consommateurs, tous les gens qui pourraient arriver à définir une vraie stratégie.

Il n’y a donc encore rien à l’ordre du jour qui répondrait à ce besoin ?

L’adoption d’un « plan élevage » est prévue, mais je pense qu’il sera conçu à plus court terme. Pourtant, nous disposons bien des outils nécessaires pour modéliser l’avenir de la « ferme France », en tenant compte du changement climatique, des tendances de consommation, du besoin mondial d’alimentation et d’énergie. Cela permettrait de réarmer l’agriculture française face aux défis qui sont devant elle. Une telle réflexion, d’ailleurs, n’intéresserait pas que les jeunes. Ceux qui sont actifs ou qui veulent transmettre leurs entreprises ont aussi besoin d’imaginer l’avenir de leurs exploitations.

Les réunions annoncées afin de lancer un recensement des situations les plus critiques pourront donner des gages.

 

 

Après les états généraux de l’alimentation, des états généraux de l’agriculture donc ?

Je me méfie toujours des grandes messes. Dans les états généraux de l’alimentation, un volet concernait la rémunération des agriculteurs, un autre, la réglementation environnementale et administrative. Le premier n’est pas encore abouti, le deuxième est en partie à l’origine de la colère agricole. Je pense qu’il vaudrait mieux mettre autour d’une table seulement des experts du sujet. Des spécialistes de la consommation sont bien sûr nécessaires. Mais il ne faut pas ouvrir à tout-va, en dehors des personnes qui ont des compétences reconnues.

Une telle réflexion devrait toutefois inévitablement inclure un volet environnemental, puisque - vous l’avez dit - les agriculteurs sont les premières victimes du changement climatique, mais aussi de la perte de biodiversité…

On peut tout mettre sur la table, mais il faut aussi réfléchir à nos marges de manœuvre et à la bonne cadence de la transition environnementale. La perte de la biodiversité est multifactorielle. Nous sommes prêts à prendre notre part de responsabilité, mais seulement si tout le monde le fait. Cela peut donc se traiter par la planification écologique qui est en train d’être finalisée. Et mettons des chercheurs au travail autour de la substitution des produits phytosanitaires permettant de maintenir la production, ainsi qu’autour de la recherche variétale, afin de faire évoluer les cultures vers plus de résistance aux maladies, aux ravageurs et au changement climatique ! On peut se raconter toutes les histoires qu’on veut, mais les êtres humains auront toujours besoin de manger. Il faudra concilier vie humaine et préservation de la planète. On oublie aussi trop souvent l’importance de l’acte d’achat du consommateur. Aujourd’hui, les tendances de consommation valorisent davantage les produits standards importés que les produits vertueux français.

Les jeunes agriculteurs changent : il n’y a plus seulement des enfants d’agriculteurs issus de l’enseignement agricole, il y a désormais de plus en plus de gens qui viennent de milieux différents, de professionnels qui se reconvertissent… Est-ce que chacun a sa place dans l’agriculture de demain ?

Aujourd’hui, nous, jeunes, ne faisons déjà pas la même agriculture que nos parents et que nos grands-parents. Ceux qui sont en train d’arriver la feront d’une manière encore différente, puisque chaque génération a ses sensibilités et ses envies. Cela change l’approche du métier.

Avoir des profils nouveaux est une chance, parce que ceux qui n’ont pas grandi dans le milieu agricole accepteront peut-être plus facilement les changements nécessaires. C’est quand même plus facile de faire évoluer une entreprise quand elle n’est pas familiale et identique depuis plusieurs générations. Mais il ne faut pas négliger nos filles et fils d’agriculteurs, parce que tout ne changera pas, et qu’on aura aussi besoin de gens qui connaissent la réalité du métier. C’est le cas notamment du secteur de l’élevage, aujourd’hui le plus confronté à une crise de vocations. Ce ne sont que ces filles et fils d’agriculteurs qui connaissent les contraintes liées au travail avec des êtres vivants, dont il faut s’occuper 365 jours par an et 24 heures sur 24.

Vous allez présenter, à l’occasion du Salon, votre manifeste en vue des élections européennes. Quelle est, selon vous, la place de l’Europe dans l’avenir de l’agriculture française ?

La France fait partie de l’Union européenne, et des politiques décidées au niveau européen ont un impact sur l’agriculture française. Mais au moment où les agriculteurs manifestent dans plusieurs pays, il faudrait que l’Europe s’interroge aussi sur sa stratégie et son orientation agricoles. Quelle puissance européenne veut-on ? Quel est notre plan d’investissement ? Cela ruissellera ensuite dans chaque pays. Il s’agirait au moins de définir de grandes lignes. Le « green deal » [pacte vert européen] a été défini à une époque où il n’y avait pas de guerre en Ukraine, ni autant d’instabilité géopolitique. Ne faudrait-il pas réajuster certains curseurs ? Cela résoudrait bien des crises de confiance de la population vis-à-vis de ses dirigeants.

Quelles sont les principales propositions de votre manifeste ?

La première des mesures, c’est de rehausser fortement le budget direct de la PAC sur tous les dispositifs d’accompagnement de la jeunesse. Dans la dernière programmation, il était passé de 4 % à 2 %. Nous souhaiterions qu’il monte à 10 %. Comme en France, dans beaucoup de pays européens, une grande partie des agriculteurs sont proches de leur retraite. Il y a donc un vrai besoin de préparation des jeunes. Nous poussons aussi à ce que l’Europe réfléchisse à comment accompagner l’adaptation au changement climatique, un défi qui concerne désormais tout le continent, où les cultures sont pourtant très différentes les unes des autres. Nous pensons aussi que l’Europe doit désormais se pencher sur la question d’une harmonisation sociale, notamment sur les salaires.

Le fait que vous-mêmes vous y présentiez votre manifeste montre que le Salon ouvre la campagne pour les élections européennes en matière agricole. Craignez-vous qu’il se transforme en ring politique ?

Les Salons de l’agriculture qui se sont tenus dans des années d’élections, nationales ou européennes, ont toujours été des salons d’ouverture des campagnes politiques sur le volet agricole. C’est donc le moment de faire passer nos messages aux différents partis présents, de porter nos revendications pour leurs programmes. Après chacun, en tant que citoyen, sera libre de faire ses choix.

Crise agricole : les 24 propositions de la FNSEA

Crise agricole : les 24 propositions de la FNSEA


Le document de la FNSEA document publié mercredi soir distingue les « premières mesures d’urgence » des « mesures législatives » à plus long terme. Les premières visent à répondre à quatre grandes doléances des agriculteurs : le prix payé pour leurs produits, la « surtransposition » des normes de l’Union européenne par la France, les « incohérences du Green Deal (Pacte vert européen, ndlr) et de la planification écologique » et le difficile renouvellement des générations.

Parmi les revendications à court terme les plus sensibles, le « rejet du plan Ecophyto ainsi qu’un moratoire sur les interdictions ». Le gouvernement français a en effet présenté fin octobre sa nouvelle stratégie de baisse de l’usage des pesticides, en indiquant vouloir les réduire de moitié en 2030 par rapport à la période 2015-2017 : une perspective rejetée par les agriculteurs qui estiment ne pas encore disposer d’alternatives suffisantes.

La Fnsea demande aussi l’« accélération des projets de stockage d’eau » : un objectif partagé par le ministère de l’Agriculture et l’Alimentation afin de faire face au dérèglement climatique, mais pointé du doigt par les écologistes, qui dénoncent une forme d’« accaparement » de l’eau par l’agro-industrie qui plus est pour l’exportation.

La Fnsea demande aussi le « refus » d’une cartographie « zones humides » présentée par le ministère de la transition écologique afin de les protéger, puisque selon le syndicat elle parvient à confisquer aux agriculteurs 30% de la surface agricole utile. Il exige encore le « rejet en bloc des zones de non traitement » : les distances minimales à respecter lors du traitement des parties aériennes des plantes aux abords des habitations, que les défenseurs de l’environnement et de la santé des riverains considèrent en revanche encore insuffisantes.

Vis-à-vis de l’Union européenne, la Fnsea demande au gouvernement d’« obtenir la dérogation sur les 4 % de jachères ». Il s’agit de convaincre Bruxelles de prolonger en 2024 une dérogation aux règles de la Politique agricole commune adoptée lors de l’éclatement de la guerre en Ukraine, permettant de mettre en culture les terres en jachère, qui représentent environ 4% des terres arables. Le syndicat insiste aussi pour que les élevages de porcs et de volailles ne soient plus soumis à de nouvelles contraintes dans le cadre du durcissement de la directive sur les émissions industrielles.
Un « refus clair des accords de libre échange », qui selon les agriculteurs permettent d’importer massivement dans l’Union européenne des denrées alimentaires soumises à des standards inférieurs à ceux imposés aux Etats membres, est également réclamé.

De nombreuses mesures « urgentes » concernent enfin le paiement rapide de subventions au titre de la PAC encore non réglées, ainsi que des indemnisations promises par l’Etat pour aider les agriculteurs victimes de catastrophes naturelles (inondations) ou d’épidémies vétérinaires (grippe aviaire, maladie hémorragique épizootique). La Fnsea demande aussi d’aider particulièrement les secteurs les plus en crise : la viticulture, l’agriculture biologique, l’élevage.

Quant aux « mesures législatives » demandées, elles tournent autour de la « simplification » et de la « compétitivité ». La Fnsea propose de « limiter les recours et les durées d’instruction » contre les projets agricoles, et de « désarmer les agents de l’ONB (Office français de la biodiversité, ndlr) », qui selon le syndicat devrait être mis « sous l’autorité des préfets ». Elle demande aussi que l’Anses (Agence nationale sécurité sanitaire alimentaire nationale) soit placée « sous l’autorité politique ».

L’organisation voudrait enfin une remise en cause du principe de non-régression du droit de l’environnement. Inclus dans le code de l’environnement, il prévoit que la protection de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante, compte tenu des connaissances scientifiques. Il s’impose aujourd’hui au pouvoir réglementaire.

Climat et G20 : Pour l’ONU les propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux

Climat et G20 : Pour l’ONU les propositions ne sont pas à la hauteur des enjeux

Pour Simon Stiell (ONU), les récentes déclarations des pays du G20 Relative au réchauffement climatique sens sont en décalage avec le problème du climat. « Les communiqués qui ont été publiés sont tristement inadaptés, ils n’abordent pas les questions cruciales qui doivent être résolues par ces 20 pays », a-t-il fustigé. « Il y a encore des tentatives d’esquive et d’obstruction autour de ces sujets-clés ».

Une réunion des ministres de l’Énergie du G20 en juillet n’a d’ailleurs pas permis d’ébaucher un calendrier sur l’élimination progressive des énergies fossiles, ni de soutenir le consensus scientifique selon lequel les émissions de gaz à effet de serre atteindront leur pic d’ici 2025. Le sommet du G20 va se dérouler alors que les pays vont connaître les premiers pointages officiels de leurs avancées sur les objectifs convenus à Paris en 2015. Dans le cadre de l’accord de Paris, près de 200 pays se sont engagés à limiter le réchauffement climatique « bien en-dessous » de 2°C depuis l’époque préindustrielle, et de préférence 1,5°C.

Crise du logement : des propositions complètement cosmétiques du gouvernement

Crise du logement : des propositions complètement cosmétiques du gouvernement


Finalement le gouvernement commet une erreur d’appréciation grave en considérant que la crise du logement est seulement conjoncturelle et non pas structurelle. Un gouvernement qui oublie notamment de prendre en compte le coût énorme du foncier qui représente à peu près en moyenne la moitié du prix du logement. Le gouvernement a donc annoncé des mesures cosmétiques qui ne répondent pas à la crise fondamentale concernant aussi bien le neuf que la location. Le problème fondamental est en effet la perte de solvabilité d’un nombre croissant de candidats à l’accession du fait des taux d’intérêt, de l’inflation qui affecte le pouvoir d’achat et surtout de la folle envolée des prix (En 20 ans les prixont doublé mais le pouvoir d’achat des ménages n’a augmenté que de 40 ans). Côté location, l’offre est gelée du fait du prix exorbitant de la mise aux normes. Côté neuf, il y a un assèchement faute de solvabilité des acquéreurs potentiels. Le gouvernement aggrave en outre encore la situation avec l’objectif de zéro artificialisation des sols)

Cinq axes retenus par le gouvernement

Il s’agit de favoriser l’accession à la propriété, l’accès à la location, de soutenir la production et la rénovation des logements sociaux, de relancer la production de logements, et enfin d’amplifier la rénovation énergétique et thermique des logements du parc privé.

Au premier chapitre sur l’accession à la propriété, la mensualisation de la révision du taux d’usure sera prolongée « jusqu’à la fin de l’année » De même que les règles d’octroi du crédit immobilier vont être « assouplis » pour faciliter l’accès au crédit pour les primo-accédants et pour les investissements locatifs.

Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont si élevés et mécaniquement les taux d’efforts si soutenus que plus de la majorité des demandes de prêt sont refusées par les banques. Réponse le 13 juin à l’issue de la réunion du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) qui fait la pluie et le beau temps.

En attendant, l’exécutif pense avoir trouvé la parade : le prêt à taux zéro (PTZ) ne s’arrêtera fin 2023 et sera prolongé jusqu’en 2027 mais dans deux cas de figure pour l’achat d’un bien neuf en immobilier collectif ou pour l’acquisition d’un habitat ancien en zone tendue, c’est-à-dire où la demande excède largement neuf, sous réserve de le rénover.

Pour favoriser l’accès à la location pour les classes moyennes, le cabinet d’Elisabeth Borne annonce que le logement locatif intermédiaire (LLI) sera ouvert à davantage de communes et au rachat de logements dans l’ancien pour les rénover. En cela, il ne fait que traduire en actes les paroles du chef de l’Etat dans Challenges qui avait invité à « regarder comment développer beaucoup plus de LLI pour baisser les prix, parce que la crise du logement se situe là ».

Par logement locatif intermédiaire, il faut entendre des habitats réservés à des populations trop riches pour accéder au logement social et trop pauvres pour acquérir du logement sur le marché libre, et qui ais restent aujourd’hui cantonnés à l’immobilier neuf et réservés aux zones A, A Bis et B1, des zones tendues où la demande prime sur l’offre.

La Première ministre assure aussi travailler sur une remise à plat de la fiscalité des locations pour favoriser les locations de longue durée, et ce alors qu’une proposition de loi transpartisane devait être examinée à l’Assemblée la semaine prochaine avant d’être reportée, et qu’une loi de la majorité présidentielle propose d’agir dessus pour faire baisser les prix dans les zones tendues. Par ailleurs, un rapport de l’Inspection générale des Finances préconise la fin des ristournes sur les meublés touristiques de courte durée.

Autre piste : une convention signée avec Action Logement, le premier bailleur social et le premier producteur de logements sociaux. Il va acquérir 30.000 logements en vente en état futur d’achèvement (VEFA) auprès des promoteurs immobiliers, mais à la différence de CDC Habitat qui en achète 17.000, les modalités de financement ne sont pas (encore ?) connues. Ce n’est pas tout, le gouvernement et l’organisme qui collecte la participation de l’employeur à l’effort de construction (PEEC) vont signer une convention visant à doubler le nombre de bénéficiaires de la garantie Visale, caution ouverte à tous les moins de 30 ans.

L’Etat sera lui-même « exemplaire », dit-on encore à Matignon. Il est question en effet d’accélérer la transformation du foncier de l’État et de ses opérateurs en faisant notamment évoluer les règles des Domaines pour contribuer à la modération des prix. Est-ce à dire que les ventes aux enchères seront interdites ? Rien n’est moins sûr…

Il est également prévu de lever les derniers freins juridiques pour favoriser la production de logements compatibles avec les objectifs de sobriété foncière pour accélérer la transformation des bureaux en logements par exemple. D’autant que le temps presse: à horizon 2031, la consommation foncière devra avoir diminué de moitié, avant d’être arrêtée d’ici à 2050 avec la politique de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols.

Sauf que les freins sont avant tout financiers. Les propriétaires d’actifs en mutation continuent de s’acquitter de la taxe foncière et de la taxe d’équipement le temps des travaux, à la différence de ceux qui détruisent tout pour reconstruire aussi. La réponse viendra peut-être du « hors site » dont l’exécutif veut bâtir « une filière d’excellence ».

Dernier point : l’amplification de la rénovation énergétique et thermique des logements du parc privé. Comment ? En poursuivant le développement de Ma Prime Rénov « renforcée en moyens » avec un objectif de 200.000 rénovations « performantes », sans révéler ce que signifie concrètement cet adjectif.

Immobilier- Crise du logement : des propositions complètement cosmétiques du gouvernement

Immobilier- Crise du logement : des propositions complètement cosmétiques du gouvernement


Finalement le gouvernement commet une erreur d’appréciation grave en considérant que la crise du logement est seulement conjoncturelle et non pas structurelle. Un gouvernement qui oublie notamment de prendre en compte le coût énorme du foncier qui représente à peu près en moyenne la moitié du prix du logement. Le gouvernement a donc annoncé des mesures cosmétiques qui ne répondent pas à la crise fondamentale concernant aussi bien le neuf que la location. Le problème fondamental est en effet la perte de solvabilité d’un nombre croissant de candidats à l’accession du fait des taux d’intérêt, de l’inflation qui affecte le pouvoir d’achat et surtout de la folle envolée des prix (En 20 ans les prixont doublé mais le pouvoir d’achat des ménages n’a augmenté que de 40 ans). Côté location, l’offre est gelée du fait du prix exorbitant de la mise aux normes. Côté neuf, il y a un assèchement faute de solvabilité des acquéreurs potentiels. Le gouvernement aggrave en outre encore la situation avec l’objectif de zéro artificialisation des sols)

Cinq axes retenus par le gouvernement

Il s’agit de favoriser l’accession à la propriété, l’accès à la location, de soutenir la production et la rénovation des logements sociaux, de relancer la production de logements, et enfin d’amplifier la rénovation énergétique et thermique des logements du parc privé.

Au premier chapitre sur l’accession à la propriété, la mensualisation de la révision du taux d’usure sera prolongée « jusqu’à la fin de l’année » De même que les règles d’octroi du crédit immobilier vont être « assouplis » pour faciliter l’accès au crédit pour les primo-accédants et pour les investissements locatifs.

Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont si élevés et mécaniquement les taux d’efforts si soutenus que plus de la majorité des demandes de prêt sont refusées par les banques. Réponse le 13 juin à l’issue de la réunion du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) qui fait la pluie et le beau temps.

En attendant, l’exécutif pense avoir trouvé la parade : le prêt à taux zéro (PTZ) ne s’arrêtera fin 2023 et sera prolongé jusqu’en 2027 mais dans deux cas de figure pour l’achat d’un bien neuf en immobilier collectif ou pour l’acquisition d’un habitat ancien en zone tendue, c’est-à-dire où la demande excède largement neuf, sous réserve de le rénover.

Pour favoriser l’accès à la location pour les classes moyennes, le cabinet d’Elisabeth Borne annonce que le logement locatif intermédiaire (LLI) sera ouvert à davantage de communes et au rachat de logements dans l’ancien pour les rénover. En cela, il ne fait que traduire en actes les paroles du chef de l’Etat dans Challenges qui avait invité à « regarder comment développer beaucoup plus de LLI pour baisser les prix, parce que la crise du logement se situe là ».

Par logement locatif intermédiaire, il faut entendre des habitats réservés à des populations trop riches pour accéder au logement social et trop pauvres pour acquérir du logement sur le marché libre, et qui ais restent aujourd’hui cantonnés à l’immobilier neuf et réservés aux zones A, A Bis et B1, des zones tendues où la demande prime sur l’offre.

La Première ministre assure aussi travailler sur une remise à plat de la fiscalité des locations pour favoriser les locations de longue durée, et ce alors qu’une proposition de loi transpartisane devait être examinée à l’Assemblée la semaine prochaine avant d’être reportée, et qu’une loi de la majorité présidentielle propose d’agir dessus pour faire baisser les prix dans les zones tendues. Par ailleurs, un rapport de l’Inspection générale des Finances préconise la fin des ristournes sur les meublés touristiques de courte durée.

Autre piste : une convention signée avec Action Logement, le premier bailleur social et le premier producteur de logements sociaux. Il va acquérir 30.000 logements en vente en état futur d’achèvement (VEFA) auprès des promoteurs immobiliers, mais à la différence de CDC Habitat qui en achète 17.000, les modalités de financement ne sont pas (encore ?) connues. Ce n’est pas tout, le gouvernement et l’organisme qui collecte la participation de l’employeur à l’effort de construction (PEEC) vont signer une convention visant à doubler le nombre de bénéficiaires de la garantie Visale, caution ouverte à tous les moins de 30 ans.

L’Etat sera lui-même « exemplaire », dit-on encore à Matignon. Il est question en effet d’accélérer la transformation du foncier de l’État et de ses opérateurs en faisant notamment évoluer les règles des Domaines pour contribuer à la modération des prix. Est-ce à dire que les ventes aux enchères seront interdites ? Rien n’est moins sûr…

Il est également prévu de lever les derniers freins juridiques pour favoriser la production de logements compatibles avec les objectifs de sobriété foncière pour accélérer la transformation des bureaux en logements par exemple. D’autant que le temps presse: à horizon 2031, la consommation foncière devra avoir diminué de moitié, avant d’être arrêtée d’ici à 2050 avec la politique de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols.

Sauf que les freins sont avant tout financiers. Les propriétaires d’actifs en mutation continuent de s’acquitter de la taxe foncière et de la taxe d’équipement le temps des travaux, à la différence de ceux qui détruisent tout pour reconstruire aussi. La réponse viendra peut-être du « hors site » dont l’exécutif veut bâtir « une filière d’excellence ».

Dernier point : l’amplification de la rénovation énergétique et thermique des logements du parc privé. Comment ? En poursuivant le développement de Ma Prime Rénov « renforcée en moyens » avec un objectif de 200.000 rénovations « performantes », sans révéler ce que signifie concrètement cet adjectif.

Crise du logement : des propositions complètement cosmétiques du gouvernement

Crise du logement : des propositions complètement cosmétiques du gouvernement


Finalement le gouvernement commet une erreur d’appréciation grave en considérant que la crise du logement est seulement conjoncturelle et non pas structurelle. Le gouvernement va donc annoncer des mesures cosmétiques qui ne répondent pas à la crise fondamentale concernant aussi bien le neuf que la location. Le problème fondamental est en effet la perte de solvabilité d’un nombre croissant de candidats à l’accession du fait des taux d’intérêt, de l’inflation qui affecte le pouvoir d’achat et surtout de la folle envolée des prix (En 20 ans les prixont doublé mais le pouvoir d’achat des ménages n’a augmenté que de 40 ans). Côté location, l’offre est gelée du fait du prix exorbitant de la mise aux normes. Côté neuf, il y a un assèchement faute de solvabilité des acquéreurs potentiels. Le gouvernement aggrave en outre encore la situation avec l’objectif de zéro artificialisation des sols)

Cinq axes retenus par le gouvernement

Il s’agit de favoriser l’accession à la propriété, l’accès à la location, de soutenir la production et la rénovation des logements sociaux, de relancer la production de logements, et enfin d’amplifier la rénovation énergétique et thermique des logements du parc privé.

Au premier chapitre sur l’accession à la propriété, la mensualisation de la révision du taux d’usure sera prolongée « jusqu’à la fin de l’année » De même que les règles d’octroi du crédit immobilier vont être « assouplis » pour faciliter l’accès au crédit pour les primo-accédants et pour les investissements locatifs.

Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont si élevés et mécaniquement les taux d’efforts si soutenus que plus de la majorité des demandes de prêt sont refusées par les banques. Réponse le 13 juin à l’issue de la réunion du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) qui fait la pluie et le beau temps.

En attendant, l’exécutif pense avoir trouvé la parade : le prêt à taux zéro (PTZ) ne s’arrêtera fin 2023 et sera prolongé jusqu’en 2027 mais dans deux cas de figure pour l’achat d’un bien neuf en immobilier collectif ou pour l’acquisition d’un habitat ancien en zone tendue, c’est-à-dire où la demande excède largement neuf, sous réserve de le rénover.

Pour favoriser l’accès à la location pour les classes moyennes, le cabinet d’Elisabeth Borne annonce que le logement locatif intermédiaire (LLI) sera ouvert à davantage de communes et au rachat de logements dans l’ancien pour les rénover. En cela, il ne fait que traduire en actes les paroles du chef de l’Etat dans Challenges qui avait invité à « regarder comment développer beaucoup plus de LLI pour baisser les prix, parce que la crise du logement se situe là ».

Par logement locatif intermédiaire, il faut entendre des habitats réservés à des populations trop riches pour accéder au logement social et trop pauvres pour acquérir du logement sur le marché libre, et qui ais restent aujourd’hui cantonnés à l’immobilier neuf et réservés aux zones A, A Bis et B1, des zones tendues où la demande prime sur l’offre.

La Première ministre assure aussi travailler sur une remise à plat de la fiscalité des locations pour favoriser les locations de longue durée, et ce alors qu’une proposition de loi transpartisane devait être examinée à l’Assemblée la semaine prochaine avant d’être reportée, et qu’une loi de la majorité présidentielle propose d’agir dessus pour faire baisser les prix dans les zones tendues. Par ailleurs, un rapport de l’Inspection générale des Finances préconise la fin des ristournes sur les meublés touristiques de courte durée.

Autre piste : une convention signée avec Action Logement, le premier bailleur social et le premier producteur de logements sociaux. Il va acquérir 30.000 logements en vente en état futur d’achèvement (VEFA) auprès des promoteurs immobiliers, mais à la différence de CDC Habitat qui en achète 17.000, les modalités de financement ne sont pas (encore ?) connues. Ce n’est pas tout, le gouvernement et l’organisme qui collecte la participation de l’employeur à l’effort de construction (PEEC) vont signer une convention visant à doubler le nombre de bénéficiaires de la garantie Visale, caution ouverte à tous les moins de 30 ans.

L’Etat sera lui-même « exemplaire », dit-on encore à Matignon. Il est question en effet d’accélérer la transformation du foncier de l’État et de ses opérateurs en faisant notamment évoluer les règles des Domaines pour contribuer à la modération des prix. Est-ce à dire que les ventes aux enchères seront interdites ? Rien n’est moins sûr…

Il est également prévu de lever les derniers freins juridiques pour favoriser la production de logements compatibles avec les objectifs de sobriété foncière pour accélérer la transformation des bureaux en logements par exemple. D’autant que le temps presse: à horizon 2031, la consommation foncière devra avoir diminué de moitié, avant d’être arrêtée d’ici à 2050 avec la politique de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols.

Sauf que les freins sont avant tout financiers. Les propriétaires d’actifs en mutation continuent de s’acquitter de la taxe foncière et de la taxe d’équipement le temps des travaux, à la différence de ceux qui détruisent tout pour reconstruire aussi. La réponse viendra peut-être du « hors site » dont l’exécutif veut bâtir « une filière d’excellence ».

Dernier point : l’amplification de la rénovation énergétique et thermique des logements du parc privé. Comment ? En poursuivant le développement de Ma Prime Rénov « renforcée en moyens » avec un objectif de 200.000 rénovations « performantes », sans révéler ce que signifie concrètement cet adjectif.

Crise du logement : les propositions du patronat

Crise du logement : les propositions Du patronat

La CPME alerte sur le ralentissement de l’activité immobilière et de la construction. Les réservations de logements neufs ont, en effet, rarement été aussi basses : au premier trimestre, à peine 20.000, soit 41 % de moins qu’un an auparavant, selon le ministère de la transition écologique.

Pour la CPME, une des solutions pour accélérer les processus serait de réduire les délais de délivrance des permis de construire, en diminuant notamment les délais de préemption des communes, ou en informatisant les formalités d’urbanisme.Autre idée du même ordre, réduire le temps entre la promesse de vente et la signature.

Et en matière de contraintes à revoir, l’organisation entend également porter le fer sur les DPE, les diagnostics de performance énergétique, qui doivent être réalisés pour tout bien immobilier, et qui en fonction de leur niveau empêcheront bientôt un propriétaire de mettre son bien à la location.

Par ailleurs, à partir de 2025, y compris pour un bail en cours, le locataire d’un logement pourra saisir le juge qui pourra alors ordonner les travaux de mise en conformité, avec réduction ou suspension de loyers. Une épée de Damoclès insupportable pour les petits propriétaires, estiment les patrons. Ils notent qu’en 2021, les retraités bailleurs ont commencé à prendre peur et sont à l’origine de 51 % des ventes de logements classés F et G. Or, la CPME, compte parmi ses adhérents de nombreux commerçants et artisans qui ont investi dans l’immobilier pour assurer leur retraite. Elle demande donc la suspension de cette menace judiciaire.

Aussi, les patrons proposent-ils de créer un régime de droit de mutation différent pour la première acquisition d’un logement à titre d’habitation principale. Ils envisagent aussi la création d’un crédit d’impôt pour les biens dont le prix de vente est inférieur à 150.000 euros. Ou encore de créer un régime fiscal permettant l’amortissement des intérêts d’emprunt pour les logements à la location, proportionnel au niveau des loyers.

Enfin dernière idée, instaurer un crédit d’impôt pour les frais de déménagement : quand un travailleur change de région pour prendre un emploi, il pourrait être aidé. En effet, les grands groupes prennent souvent à leurs charges ces coûts de déménagement, mais les petites entreprises, elles, n’en ont souvent pas les moyens.

La CPME insiste sur la simplicité de ces mesures. Elle les présentera à Elisabeth Borne et Olivier Dussopt, le ministre du Travail.

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