Archive mensuelle de mars 2022

Economie, politique, société: les plus lus (31 mars 2022- 7h00)

Poutine un jour devant la justice internationale ?

Présidentielle 2022 : Macron sur les sites de rencontre !

Société: L’impossible simplification administrative

 

Politique: Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

Politique: Pourquoi l’affaire McKinsey est un scandale d’État ?

 

Le Sénat a découvert les dépenses invraisemblables de recours à des sociétés de conseil comme McKinsey. Rien que pour l’année 2021, on a consacré 1 milliard pour les seules dépenses de McKinsey. Qui au demeurant en plus ne paierait pas d’impôts ! En tout cas pas suffisamment.

L’affaire est grave si l’on en juge par la fébrilité du président de la république qui a dit ne pas craindre la justice. L’affaire sera traitée de manière également judiciaire suite à la plainte du Sénat.

Le gouvernement argumente en considérant que la France n’est pas le pays qui dépense le plus en matière de conseil. Le problème c’est que parallèlement la France a l’appareil administratif le plus important en Europe voire au monde. La France qui en même temps détient la plus grande école de gestionnaires de l’État avec notamment l’ENA. En clair il ne manque pas de directions,  d’observatoires, de commissions de contrôle , de mission de vérification financière. Des milliers et des milliers d’emplois sont consacrés à ces tâches.

On se demande comment on a pu atteindre une telle facture. En moyenne en effet le coût d’une journée d’un expert se situe selon les cas entre 1000 et 3 000 € par jour. Pour atteindre 1 milliard de dépenses, il aurait fallu mobiliser une armée d’experts consultants, sans doute autour de 10 000.  Comme c’est probable les marchés ont été sur évalués et un retour financier est venu affecter les ressources de partis politiques impliqués comme donneurs d’ordre indirects.

Matériellement il est impossible d’atteindre un tel niveau de dépenses. On peut légitimement s’interroger à la fois sur l’incompétence mais aussi sur le caractère frauduleux de ses dépenses. Surtout quand on mesure l’efficacité des recommandations de ces cabinets de conseil. Les centaines et même les milliers de hauts fonctionnaires qui commandent ces études font preuve à la fois d’incompétence et d’irresponsabilité.

Le pouvoir politique, lui arrose ces cabinets de conseil dont l’objectif est moins de proposer des réformes que de brosser dans le sens du poil les tendances libérales du gouvernement. Accessoirement aussi de favoriser la promotion électorale des pseudos réformes. Un seul exemple l’espace santé de la sécurité sociale qui constitue une véritable escroquerie. Un objectif dont on vante partout l’intérêt mais qui concrètement est complètement vide. Personne n’a en effet prévu qui et comment doit être rempli cet espace bidon recommandé sans doute par les scientistes experts de McKinsey et  autres. Même chose concernant le grand débat national qui a coûté une fortune et dont on n’a même pas été capable de tirer une synthèse cohérente accessible.

On s’était déjà interrogé sur les conditions de financement de la campagne de Macron en 2017 avec notamment ses relations un peu sulfureuse entre le pouvoir, Alstom et General Electric. Une affaire qui a été pratiquement enterrée comme pratiquement toutes celles concernant le gouvernement. L’affaire McKinsey pourrait bien être de même nature et révéler non seulement le caractère délictueux mais aussi l’incompétence et irresponsabilité aussi du gouvernement.

Marchés truqués Marseille : Guerrini paye pour les autres

Marchés truqués Marseille : Guerrini paye pour les autres

 

Guerrini, ainsi que son frère qui ont longtemps régné sur Marseille vont payer pour des marchés truqués. Une sanction sans doute méritée au regard de l’enquête. Le problème c’est qu’il paye en réalité pour les autres ceux qui les ont précédés et accompagnés à droite comme à gauche
. Nombre d’activités à Marseille ont en effet fait l’objet de marchés très bricolés et attribués à des entreprises sur la promesse de retour financier pour financer notamment les campagnes.

S’il fallait engager des poursuites contre ses responsables se sont sans doute des dizaines et des dizaines de responsables politiques qui se retrouveraient accusés. Les Guerrini ont juste poussé le bouchon un peu loin.

Le sénateur Jean-Noël Guérini, ancien homme fort du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône, a été condamné mercredi 30 mars en appel à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et cinq ans d’inéligibilité pour le trucage de marchés publics au terme d’une enquête fleuve.

Son frère Alexandre, 65 ans, entrepreneur dans le secteur des déchets, surnommé «Monsieur frère», pour les avantages économiques qu’il savait tirer de l’influence politique de son aîné, a lui écopé de six ans de prison ferme avec mandat de dépôt à l’audience. La cour d’appel, qui a également condamné Jean-Noël Guérini à une amende de 30.000 euros, a précisé que la peine de 18 mois de prison ferme devra être exécutée par le sénateur à son domicile sous bracelet électronique. Elle a en revanche indiqué qu’elle ne réclamait pas l’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité. Le sénateur dont les avocats ont annoncé un pourvoi en cassation pourra donc continuer à siéger au palais du Luxembourg jusqu’à ce que ce que la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire ait statué sur son sort.

Originaire d’un petit ville corse, Jean-Noël Guérini totalise 55 années de vie politique durant lesquelles il fut notamment président du Conseil général, patron de la puissante fédération socialiste des Bouches-du-Rhône et baron influent du parti. Sa mise en examen dans ce dossier avait provoqué un séisme au PS au sein duquel plusieurs ténors avaient réclamé son exclusion. Il a finalement quitté en 2014 le parti de Jean Jaurès où il militait depuis 1967 et créé un nouveau mouvement, la Force du 13.

 

Présidentielle : un deuxième tour plus serré que prévu

Présidentielle : un deuxième tour plus serré que prévu

 

Si Emmanuel Macron reste largement en tête des intentions de votes au premier tour (28%), l’écart se réduit de sept points au second tour entre le président sortant et Marine Le Pen, donnés respectivement à 52,5% et 47,5%, selon un sondage Elabe pour BFMTV et l’Express.

En cause, des résultats d’une politique assez contradictoire de Macron sans parler de certaines affaires qui remontent comme l’affaire McKinsey
.Une somme astronomique, 1 milliard d’euros. Un cabinet de conseil américain. Des accusations d’optimisation fiscale. Des soupçons de collusion. Un «scandale d’État», selon les mots des opposants d’Emmanuel Macron. À dix jours du premier tour de l’élection présidentielle, le candidat redoute l’impact de la polémique sur son image.Et le score au second tour ne paraît pas aussi assuré que précédemment.

 

 

 

Environnement Finistère : la centrale au gaz de Landivisiau mise en service

Environnement Finistère : la centrale au gaz de Landivisiau  mise en service !

Conséquence d’une politique énergétique incohérente, la France apprête à mettre en service la centrale au gaz de Landivisiau. Pas vraiment une orientation très environnementale mais il faut évidemment compenser le déficit de centrales nucléaires qui elles pourtant  ne produisent  pas de carbone.

La centrale électrique alimentée par le gaz de TotalEnergies à Landivisiau, dans le Finistère, contestée pendant dix ans par des associations écologistes, sera mise en service jeudi, a-t-on appris mercredi auprès du fournisseur alternatif d’énergie. «La mise en service commercial de la centrale de Landivisiau est prévue pour ce jeudi 31 mars», a indiqué à l’AFP le groupe. «La centrale est fonctionnelle depuis cet hiver où, durant et en parallèle aux derniers tests, elle a pu soutenir le réseau électrique breton», a précisé la même source.

Dépourvue de centrale nucléaire, la Bretagne ne produit qu’environ 10% à 15% du courant qui y est consommé et importe l’essentiel des régions voisines. Pour remédier à cette situation, un Pacte électrique breton conclu en 2010 prévoyait de nouvelles sources de production d’électricité, dont la centrale de Landivisiau, de 400 mégawatts, construite par Siemens. «La centrale est nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement électrique de la péninsule bretonne», a réitéré mercredi TotalEnergies.

Le chef du renseignement militaire français licencié …comme en Russie ?

Le  chef du renseignement militaire français licencié …comme en Russie ? 

 

 

En Russie,  Poutine a procédé à un vaste nettoyage d’environ 1000 personnes constituant son entourage politique, économique et militaire. Parmi eux des responsables du renseignement qui ont trahi la réalité sans doute pour faire plaisir au dictateur ou par incompétence

C’est un peu aussi ce qui se produit en France où le chef du renseignement militaire vient d’être remercié pour insuffisance. Le renseignement français aurait sous-estimé les intentions russes concernant l’envahissement de l’Ukraine. Le problème est que sur le papier l’armée française constitue une grande puissance mais qui ne se vérifie pas en termes opérationnels. Conséquence notamment de crédits régulièrement rabotés et de services mal ou peu équipés. S’y ajoute une conception de la politique un peu désuète avec la prolifération de conflits de type guérilla ou terroristes. Une remise à plat de cette politique de défense par les politiques serait utile pour éviter que ce domaine soit confisqué par des militaires forcément un peu corporatistes et souvent en retard d’une guerre.

Le patron du renseignement militaire français, le général Éric Vidaud, va quitter ses fonctions suite notamment à ce qui a été jugé comme une insuffisance de ses services sur l’invasion russe en Ukraine, a appris l’AFP mercredi 30 mars de sources proches du dossier.

Selon la source militaire contactée par l’AFP, la DRM était dans le viseur de l’état-major des Armées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Mais la DRM «fait du renseignement militaire sur les opérations, pas sur l’intentionnalité», a-t-elle estimé. Les productions du service concluaient que la Russie avait les moyens d’envahir l’Ukraine. «Ce qui s’est passé lui donne raison», a-t-elle fait valoir.

Selon une autre source militaire interrogée par l’AFP et qui a elle aussi requis l’anonymat, le départ du haut-gradé faisait l’objet de rumeurs depuis quelques jours au sein de l’armée. Mais il était question qu’un autre poste lui soit confié, ce qui n’aurait finalement pas été le cas. Le général Vidaud avait été nommé à ce poste l’été dernier, en provenance du Commandement des opérations spéciales (COS). Mais sa nomination avait été le fruit de jeux de chaises musicales qui avaient fait du bruit au sein de la communauté militaire.

Début mars, peu après l’invasion de l’Ukraine par les forces russes, le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, avait admis dans le journal Le Monde des divergences d’analyses entre Français et anglo-saxons sur la question d’une possible invasion de l’Ukraine. «Les Américains disaient que les Russes allaient attaquer, ils avaient raison. Nos services pensaient plutôt que la conquête de l’Ukraine aurait un coût monstrueux et que les Russes avaient d’autres options» pour faire chuter le président Volodymyr Zelensky, avait-il reconnu.

Venezuela: Une coupure de courant fait plus de 200 morts dans les hôpitaux

Venezuela: Une coupure de courant fait plus de 200 morts dans les hôpitaux 

Du fait d’une gestion calamiteuse de la santé, le Venezuela a enregistré plus de 200 morts faute de courant.(Le Figaro)

 

 

Des médecins des principaux hôpitaux du pays ont participé à l’enquête qui a été lancée en 2014 pour comprendre les carences du système de santé publique, en proie aux pénuries de médicaments, de fournitures, des coupures d’eau et d’électricité. Les responsables de l’enquête, regroupés au sein de l’ONG Médicos por la Salud (Médecins pour la Santé) ont commencé à recenser les décès pouvant être attribués aux coupures de courant après le blackout de 2019 qui avait duré quatre jours.

Certains «patients sont morts parce qu’ils avaient besoin d’une ventilation artificielle ou devaient subir une intervention chirurgicale d’urgence et ne pouvaient pas être transférés à l’intérieur de l’hôpital parce qu’il n’y avait pas d’ascenseur», selon le rapport. L’augmentation du nombre de décès en 2021 pourrait être liée à la pandémie de Covid-19, selon l’étude. «Comme il s’agit d’une maladie avec atteinte respiratoire, les patients les plus sévères ont eu besoin d’une ventilation artificielle constante pendant de nombreux jours. La fluctuation de l’énergie a évidemment des conséquences dans ces cas-là.»

Le Venezuela connaît des coupures d’électricité constantes depuis plus de dix ans. Le pouvoir du président Nicolas Maduro les attribue généralement à des actes de sabotage ainsi qu’aux sanctions internationales destinées à l’évincer du pouvoir. Toutefois, les experts s’accordent à dire que la crise énergétique dans les hôpitaux est le résultat d’années de mauvaise gestion et de manque d’investissement.

Président ou monarque ?

Président ou monarque ?

 

Un papier du « Monde » sur l’évolution du champ régalien

 

Dans le tumulte de la campagne électorale, et alors que la guerre a éclaté en Ukraine, se recentrer sur certains sujets permettrait aux candidats à la présidentielle de démontrer qu’ils ont la stature et le sérieux nécessaires pour occuper la plus haute magistrature. Il suffit pour eux de revenir au régalien, affirment les commentateurs. Mais de quoi s’agit-il ? On fait ici référence aux prérogatives qui formaient hier le cœur de la puissance royale : battre monnaie, faire la guerre, préserver l’ordre et rendre justice en dernier ressort. Dans un langage plus moderne, on dirait qu’il s’agit des pouvoirs les plus importants de l’Etat. La quadrature n’a pas vraiment changé, sauf pour ce qui a trait à la monnaie, on préfère désormais parler de la conduite de la politique économique en général.

Le terme « régalien » a une longue histoire. C’est au Moyen Âge qu’il faut remonter pour en retracer l’origine. « Alors que le pouvoir monarchique se met en place, l’ancien français emprunte au latin le vocabulaire attaché au roi. L’adjectif “regalis”, dérivé de “regis” (“roi”), sert de base pour former deux synonymes, “royal” et “régale” », rappelle Olivier Bertrand, linguiste, spécialiste de l’histoire du français. Le terme « regalia » apparaît également pour désigner l’ensemble des objets cérémoniaux propres au roi, le sceptre, le globe, la couronne. « Entre le XIIe et le XIVe siècle, certains de ces regalia vont se dématérialiser. La couronne vient ainsi à désigner aussi le pouvoir détenu par le roi. Cependant, la puissance de celui-ci est à cette époque encore limitée par le fait qu’il ne dispose pas des forces nécessaires pour soumettre militairement l’ensemble des seigneurs locaux. Des légistes vont donc chercher à fonder dans le droit l’autorité du roi par la définition de pouvoirs considérés vitaux pour la survie de l’Etat. Ces regalia, que l’on appellera par la suite droits régaliens, émergent peu à peu à la faveur de débats incessants sur les prérogatives de la couronne », relate François Saint-Bonnet, historien du droit.

Chacun de ces droits continue néanmoins d’être contesté, tout comme l’autorité du roi, particulièrement au cours des guerres de religion de la fin du XVIe siècle. Face à la faiblesse relative du monarque, et aux troubles qui agitent la France, le philosophe et magistrat Jean Bodin (1530-1596) cherche à fonder l’unité du principe politique. Il ne retient comme signe de la souveraineté du prince que la puissance à donner et à casser la loi. Pour certains, Bodin aurait présagé de l’essor de l’absolutisme qui triomphe au siècle suivant sous Louis XIV.

 

Ukraine : La guerre qui transforme des individus en peuple

Ukraine : La guerre qui transforme des individus en peuple

A 71 ans, l’auteur, Erri De Luca,  a participé à un convoi humanitaire à destination de Sighetu Marmatiei, ville roumaine frontalière de l’Ukraine. Il raconte, dans une tribune au « Monde », comment cette guerre a transformé « des individus en peuple ».

 

Tribune. 

 

Ce voyage en Ukraine me ramène forcément à ceux faits durant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995. J’avais alors la quarantaine, j’ai maintenant 71 ans, mais le désorientement du retour à la maison est toujours le même. Après les journées passées avec ceux qui ont tout perdu et qui campent dans des dortoirs de fortune, après la distribution de notre chargement et une fois nos camions vidés, le retour à la base de départ laisse aussi étourdis qu’alors. Et ça ne vient pas de la fatigue, ça vient d’un vide, le désarroi de celui qui peut revenir sain et sauf.

Aux réfugiés, il reste une valise et la caution d’être vivants, de pouvoir attendre. C’est leur conjugaison du temps, l’indicatif présent du verbe « attendre », sans regards tournés vers le passé ou le futur.

Après 1 350 kilomètres de voyage sur de bonnes routes, à travers la Slovénie, la Hongrie, la Roumanie, le convoi arrive à Sighetu Marmatiei, ville à la frontière de l’Ukraine. Parti de Modène, il est organisé par les bénévoles de [la fondation] Time4Life, qui interviennent dans plusieurs régions du monde, de la Syrie au Nicaragua. Je ne les connaissais pas. C’est une bénévole des années de Bosnie qui me les a signalés.

Sighetu Marmatiei est la ville natale d’Elie Wiesel, qui a été enfant à Auschwitz, puis récompensé par le prix Nobel de la paix. Je n’en trouve aucune trace dans la ville. Sighetu Marmatiei est séparée de l’Ukraine par un fleuve, un pont les relie.

A l’arrivée, nous livrons notre chargement dans un hôpital pédiatrique qui accueille des enfants ukrainiens. Une femme vient d’y accoucher, après avoir retenu ses contractions jusqu’à l’hôpital. Elle a quitté Kiev par une ligne de chemin de fer encore en service menant au sud, à 3 kilomètres environ de la frontière roumaine, et de là a marché jusqu’au pont des frontières, où elle a aussitôt été accueillie par la Croix-Rouge roumaine.

 

Elle met son bébé dans les bras des bénévoles qui, après le déchargement, passent dans les services pour saluer. La guerre en Bosnie m’a appris l’immense besoin de chaleur humaine, de proximité, d’affection, nécessaire pour ne pas se sentir seul dans le chaos des pertes et des fuites.Il est bon d’être plusieurs pour se manifester, demander des nouvelles avec l’aide d’interprètes. Nous sommes une trentaine de bénévoles dans ce voyage.

Toute guerre a une forme fratricide, mais celle-ci encore plus, à cause du lien étroit de culture et d’histoire entre Ukrainiens et Russes. Gogol, Boulgakov, Nekrassov, Babel – mon préféré, qui m’a poussé à étudier sa langue – sont des écrivains ukrainiens en langue russe. L’alphabet cyrillique me permet de lire les noms des lieux, des enseignes, des panneaux. Nous traversons le pont entre les deux frontières. Le long des trottoirs, quelqu’un a laissé pour les enfants ukrainiens des poupées, des jouets qui seront là pour les accueillir. On appelle déjà ce pont le « pont des jouets ».

Retraites: une approche comptable erronée

Retraites:  une approche comptable erronée 

 

L’économiste et syndicaliste Bernard Laurent critique, dans une tribune au « Monde », les postulats émis par Emmanuel Macron sur le dossier des retraites, pour justifier sa proposition de passer l’âge légal à 65 ans.

 

Tribune.

Le président Macron a annoncé dans son programme présenté jeudi 17 mars le recul de l’âge légal de la retraite à 65 ans. Pourtant il y a cinq ans il estimait régler le problème des retraites ce qui l’avait conduit à demander à Jean-Paul Delevoye d’organiser l’unification de l’ensemble des régimes et l’extension du système par points en vigueur pour les retraites complémentaires au régime général de base (appelée réforme systémique).

La contestation forte des bénéficiaires de régimes spécifiques (les indépendants comme les médecins, les avocats, les dentistes…) ou des régimes spéciaux (SNCF, RATP…) ont eu raison de la volonté de réforme. Avant la crise du Covid, avait été évoquée une réforme moins ambitieuse proposant le recul progressif de l’âge légal à 64 ans (réforme paramétrique).

Le très important déficit du système des retraites en 2020 (− 18 milliards d’euros) a relancé la question de l’équilibre du régime général de retraite par répartition et fait ressurgir la question du report de l’âge légal. Un examen attentif du dossier devrait nous inciter à être beaucoup moins péremptoires dans l’appel à la réforme d’un système prétendument en perdition.

Recensons quelques contrevérités. Le déficit de 2021 comme expression d’un système à bout de souffle : dans son rapport de juin 2021 le Conseil d’orientation des retraites (COR) convient lui-même d’une part que le déficit est nettement inférieur aux premières estimations – 18 milliards contre 23,5 prévus en novembre 2020 –, d’autre part que l’ampleur du déficit est due à la baisse des recettes liées à l’effondrement de la croissance (− 8 %) – à cause de la crise du Covid. En période de conjoncture habituelle, le régime sera équilibré.

L’âge légal n’est pas tenable : là encore c’est une contrevérité parce que raisonner en prenant cet élément comme variable essentielle, autour de laquelle le système doit être structuré, n’a pas de sens. Les réformes antérieures, qui lui ont substitué l’idée de durée de cotisations pour pouvoir prétendre liquider les droits d’un bénéficiaire sans pénalités, portent leur fruit.

Nous sommes passés de 37,5 années de cotisations en 1992 à 43 ans aujourd’hui, si bien que, pour les générations nées après 1975, l’équilibre du régime est assuré. Peu d’entre eux entrent sur le marché du travail avant 22 ans ce qui les conduira à travailler jusqu’à 65 ans au moins ! Reste à régler l’équilibre du système pour les générations nées avant 1980. Le paragraphe suivant donnera la réponse.

Guerre Ukraine : la Hongrie prise à revers

Guerre Ukraine : la  Hongrie prise à revers 

Nouvelle alliée privilégiée des Etats-Unis, la Pologne sort renforcée par son rôle dans le conflit ukrainien. La Hongrie de Viktor Orban, en revanche, s’insularise. Et le groupe de Visegrad, dont font aussie partie la Slovaquie et la République tchèque, implose, estime dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».

 

 

Chronique.

 

Les Polonais ont le tragique de l’histoire inscrit dans les gènes et, pour eux, la guerre de la Russie en Ukraine en est une consécration. Le 13 août 2008, alors que l’armée russe intervenait en Géorgie, le président polonais de l’époque, Lech Kaczynski, s’était rendu à Tbilissi, la capitale, accompagné de son collègue ukrainien, Viktor Iouchtchenko, et des trois dirigeants baltes, pour soutenir le président géorgien. Dans un discours enflammé devant des milliers de manifestants, il avait lancé cette mise en garde : « Aujourd’hui c’est la Géorgie, demain ce sera l’Ukraine, après-demain les pays baltes et peut-être, plus tard, viendra le tour de mon pays, la Pologne ! »

Lech Kaczynski est mort deux ans plus tard dans une catastrophe aérienne à Smolensk, en Russie. Le 15 mars dernier, son frère jumeau, Jaroslaw, aujourd’hui numéro deux du gouvernement et chef du parti nationaliste-conservateur au pouvoir, Droit et justice (PiS), a, à sa manière, voulu lui donner raison, en accompagnant trois premiers ministres, le Polonais Mateusz Morawiecki, le Tchèque Petr Fiala et le Slovène Janez Jansa à Kiev, où, en pleine guerre, ils ont rencontré le président Volodymyr Zelensky. C’était un geste audacieux, venu d’Europe centrale et revendiqué comme tel car où, mieux que dans cette région, connaît-on les desseins russes ? Varsovie en avait juste informé la veille le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. L’absence de deux dirigeants, pourtant, était remarquée : celle du premier ministre slovaque, Eduard Heger, qui regretta plus tard s’être plié aux objections de ses services de sécurité, et, surtout, celle du premier ministre hongrois, Viktor Orban – qui, lui, n’a rien regretté, n’ayant pas été invité.

L’Europe centrale n’aura pas échappé aux nombreux bouleversements géopolitiques infligés par la guerre en Ukraine. Fin janvier, les premiers ministres hongrois et polonais s’affichaient encore ensemble aux côtés de Marine Le Pen dans un « sommet souverainiste » à Madrid. Deux mois plus tard, leur proximité politique s’est fracassée sur l’offensive russe, contre laquelle M. Orban, ami de Vladimir Poutine, a refusé de laisser les livraisons d’armes occidentales transiter par la Hongrie, alors que la Pologne devenait, elle, une véritable plaque tournante de l’assistance militaire à l’Ukraine. Juste avant la guerre, Viktor Orban était allé négocier au Kremlin la sécurité de son approvisionnement en gaz. Aujourd’hui, le président polonais, Andrzej Duda, le critique ouvertement à la télévision et le numéro deux de la diplomatie à Varsovie, Marcin Przydacz, qualifie la politique russe de Budapest d’« erronée » et « à courte vue ».

Ukraine: La crainte des énormes conséquences des armes chimiques

 Ukraine: La crainte des énormes conséquences des armes chimiques

 

 

 

Dans un entretien au « Monde », le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg,,  s’exprime sur les risques que la guerre en Ukraine fait peser sur l’Alliance atlantique.

 

 

Un peu plus d’un mois après le début de la guerre en Ukraine, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, revient sur les risques de ce conflit pour l’Alliance atlantique et la réponse que son organisation doit y apporter.

Le président Volodymyr Zelensky a indiqué récemment que l’Ukraine pourrait renoncer à une adhésion à l’OTAN et qu’elle pourrait devenir neutre. Cela pourrait-il faire partie de la solution politique au conflit avec la Russie à laquelle vous appelez ?

Nous respectons toutes les décisions d’une nation souveraine et indépendante, qu’elle décide de poser sa candidature à l’adhésion ou non. C’est à l’Ukraine de décider, sur son éventuel statut de neutralité aussi. Je note cependant que les propos du président n’évoquaient pas une décision formelle mais une déclaration d’intention.

Plus de 100 000 militaires américains sont désormais positionnés en Europe, dont beaucoup en Pologne, où les troupes de l’OTAN dépassent désormais les 10 000. Cela ne risque-t-il pas d’être considéré par Moscou comme une entorse à l’acte fondateur de 1997, qui encadre le face-à-face OTAN-Russie et limite en principe de tels déploiements à 3 000 soldats ?

L’acte fondateur indique clairement que l’intégrité territoriale de tous les pays européens doit être respectée, et la Russie l’a constamment violé. En 2008, en envahissant la Géorgie ; en 2014, en annexant la Crimée ; et depuis, tous les jours, en déstabilisant l’est de l’Ukraine, et, récemment, en l’envahissant. Nous devons envoyer un message clair à Moscou et nous le faisons pour éviter que le conflit ne dégénère. Il ne doit y avoir aucun malentendu sur le fait qu’une attaque contre un de nos alliés engagerait une réponse de toute l’Alliance. En envoyant ces troupes, nous fournissons une dissuasion crédible qui n’a pas pour but de provoquer le conflit mais de l’empêcher et d’assurer la paix. Ceci étant, cette présence des Etats-Unis n’est pas totalement nouvelle. Elle a augmenté progressivement depuis 2014 face à une Russie de plus en plus agressive

 

Ces troupes étaient toutefois plus éparpillées auparavant…

Une grande partie était déjà présente avant cette guerre. Nous étions bien préparés, avec plus d’exercices, plus d’équipements, plus de dépenses pour la défense, plus de présence aérienne, notamment en mer Noire. Depuis 2014, nous avons aussi établi quatre groupes tactiques dans les pays baltes et en Pologne [désormais au nombre de huit]. Quand l’invasion s’est produite, nous avons, dès le premier jour, activé nos plans de défense et immédiatement envoyé plus de troupes. La France a d’ailleurs participé à cette adaptation historique, en envoyant des soldats en Roumanie et en Estonie. La France aura le commandement des troupes déployées en Roumanie et sera désignée « nation cadre ».

Economie, politique, société: les plus lus (31 mars 2022- 6h00)

Poutine un jour devant la justice internationale ?

Présidentielle 2022 : Macron sur les sites de rencontre !

Société: L’impossible simplification administrative

 

Gaz russe : un coût de 54 € par an ?

Gaz russe : un coût de 54 € par an ?

 

 

Deux économistes, François Langot et Fabien Tripier, calculent dans une tribune au « Monde » la perte de pouvoir d’achat que représenterait pour chaque citoyen européen un embargo total sur les importations de gaz, de pétrole et de charbon russe.

Il s’agit d’une évaluation qui pourrait bien être très approximative car personne ne connaît aujourd’hui quelle sera l’évolution des cours au moment de la reprise de la demande NDLR

Tribune

 

 Face à l’arbitraire d’une guerre déclenchée par un dictateur, les premières sanctions financières ont été une réaction forte, qui paraissait alors adéquate. Mais l’évolution du conflit montre qu’elles ne sont pas suffisantes. Le moment est venu d’aller plus loin, en envisageant un embargo total sur les importations d’énergie (gaz, pétrole et charbon) de Russie.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont déjà franchi le pas sans être encore suivis par l’Union européenne, qui a montré ses divergences lors du conseil de ses ministres des affaires étrangères du 21 mars. Les arguments freinant cette proposition évoquent la perte de pouvoir d’achat que ces sanctions induiraient. Mais quelle serait vraiment l’ampleur de cette perte de pouvoir d’achat ?

Pour une mise en œuvre coordonnée de cet embargo, il est crucial de disposer d’une évaluation de son coût économique pour chacun des Etats qui y participeraient. La difficulté de cette évaluation est qu’un arrêt des importations d’énergie de Russie bouleverse toute l’économie mondiale avec des effets en cascade sur la chaîne de production, constituée de différents secteurs d’activité, tous interdépendants via le commerce international.

Les économistes David Baqaee et Emmanuel Farhi ont développé une méthodologie permettant de quantifier la contribution du commerce international à l’évolution du pouvoir d’achat des citoyens de chaque pays de la planète. Cette méthode tient compte de l’ensemble des liens sectoriels et commerciaux que constitue la chaîne mondiale de production (« Networks, Barriers, and Trade », « NBER Working Paper » n° 26108, 2021).

Cette méthodologie a été utilisée par un groupe d’économistes pour évaluer le coût pour l’Allemagne, que l’on sait particulièrement dépendante du gaz, du pétrole et du charbon russe (« What If ? The Economic Effects for Germany of a Stop of Energy Imports from Russia », Rüdiger Bachmann, David Baqaee, Christian Bayer, Moritz Kuhn, Andreas Löschel, Benjamin Moll, Andreas Peichl, Karen Pittel et Moritz Schularick, ECONtribute, « Policy Brief » n° 28, 2021). Cette très belle initiative de nos collègues est motivée par le refus du gouvernement allemand « d’aller trop loin » dans les sanctions à l’encontre de la Russie.

Mais leur analyse doit aussi être appliquée à d’autres pays : partager une évaluation qui porterait sur l’ensemble des pays européens est essentiel dans la perspective de promouvoir une décision commune sur cet embargo. Cette évaluation doit être interprétée avec prudence, compte tenu de la plus ou moins grande facilité avec laquelle les acteurs économiques peuvent substituer les sources d’énergie importées de Russie par une autre.

L’obligation d’activité pour le RSA pose problème !

  L’obligation d’activité pour le  RSA pose problème !  

Critiquant les propositions d’Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse de conditionner de manière plus stricte le revenu de solidarité active, le président de l’Institut de l’engagement, à l’initiative du RSA en 2009, estime, dans une tribune au « Monde », que c’est plutôt aux pouvoirs publics qu’il revient d’améliorer leur accompagnement vers l’emploi.

 

Un article qui n’est pas sans intérêt avec des arguments pertinents mais qui toutefois donne aussi une légitimité au refus d’une insertion sociale contre le RSA via l’exigence d’assistanat NDLR

Tribune.

 

Nul doute qu’il est préférable de tirer l’essentiel de ses revenus de son travail que d’une allocation, qu’il est sain de considérer que les droits sociaux ont comme contrepartie des devoirs et qu’une société qui laisse durablement une grande fraction de ses membres en dehors du monde du travail est en échec. Nul doute aussi que, si vous demandez à un salarié qui gagne le smic s’il trouve normal que son voisin puisse en toucher la moitié sans travailler, il vous répondra non. Et cette question devient d’autant plus sensible quand il y a des difficultés à recruter dans certains secteurs, y compris pour des emplois peu qualifiés. Pour autant, l’obligation d’activité pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Peu après la création du service civique, plusieurs responsables politiques avaient demandé qu’il devienne obligatoire. Or, il y avait à l’époque plus de jeunes volontaires que de missions proposées et financées. Il était paradoxal de vouloir obliger des jeunes à faire un service civique auquel on leur refusait l’accès ! Si obligation il devait y avoir, c’était celle, pour les pouvoirs publics, d’offrir une mission à chaque jeune volontaire plutôt que l’inverse. Mais cela imposait d’y mettre les moyens et la volonté.

La question de l’obligation d’activité pour les allocataires du RSA est un peu de la même eau. Il est plus facile de cibler les allocataires profiteurs que de reconnaître que les pouvoirs publics n’ont pas satisfait à leurs propres obligations et qu’ils n’appliquent pas celles déjà fixées.

A la création du revenu de solidarité active, j’ai fait inscrire, dans la loi du 1er décembre 2008, que les allocataires devaient être soumis aux mêmes obligations que les autres demandeurs d’emploi, avec la possibilité de réduire ou supprimer l’allocation en cas de refus de deux offres valables d’emploi, assortie de l’obligation pour Pôle emploi d’inscrire les allocataires du RSA. Cette obligation, cohérente avec une logique de droits et devoirs, a suscité une levée de boucliers de certains de mes collègues du gouvernement, à commencer par Laurent Wauquiez, alors secrétaire d’Etat à l’emploi. Celui-ci m’avait fait valoir qu’étant donné le critère de la baisse du nombre de chômeurs, mesuré par les inscriptions à Pôle emploi, il n’allait pas se tirer une balle dans le pied en laissant s’y inscrire des gens qui avaient moins de chances que les autres d’intégrer le marché du travail. Le même, quelque temps après, dénonçait le « cancer de l’assistanat ».

Extension de la guerre aux Balkans ?

Extension  de la guerre aux Balkans ?

Le premier ministre du Kosovo détaille les craintes que suscite l’alliance entre Moscou et la Serbie.

En remportant les élections législatives il y a un an, Albin Kurti, 47 ans, a mis un terme à deux décennies de pouvoir des commandants de l’UCK, l’Armée de libération du Kosovo, dont plusieurs représentants, à commencer par l’ex-président Hashim Thaçi, attendent désormais leur jugement pour crimes de guerre à La Haye. Leader du mouvement Vetëvendosje ! (« Autodétermination ! »), il évoque le retour du spectre de la guerre dans la province albanophone devenue indépendante en 2008.

En quoi les liens entre Russes et Serbes vous inquiètent-ils ?

Ils sont beaucoup plus forts que les gens ne l’imaginent, dans tous les domaines. D’abord dans l’économie, en particulier dans l’énergie. Gazprom possède 56 % de l’industrie pétrolière de Serbie et 51 % des capacités de stockage du gaz. Dans les médias, l’agence Spoutnik dirige de Belgrade ses opérations pour les Balkans occidentaux ; et il suffit de regarder les titres des journaux serbes pour comprendre qui les dirige vraiment. Sur le plan du renseignement, la Russie entretient dans la ville de Nis un prétendu « centre humanitaire ». Il y a aussi ce chiffre sidérant : 151 membres du Parlement serbe (60 % des députés) font partie du groupe d’amitié serbo-russe. Au Kosovo aussi, nous avons ces groupes d’amitié parlementaires avec différents pays, mais cela ne dépasse jamais douze personnes.

Sur le territoire du Kosovo, la minorité serbe est-elle soumise à la même influence ?

Nous avons malheureusement aussi ici des organisations serbes d’extrême droite, qui n’ont qu’une jambe à Belgrade, l’autre étant à Moscou. Je remarque que Poutine avait l’habitude de mentionner le « précédent » du Kosovo [intervention de l’OTAN en 1999] une fois par mois, il le fait désormais un jour sur deux pour justifier sa politique hégémonique en Ukraine, et peut-être ailleurs. Nous pouvons appeler cela une invasion russe, ou une agression militaire. Tout cela est vrai. On peut aussi parler d’impérialisme russe. Mais ce que je vois moi, c’est aussi du fascisme.

La guerre en Ukraine pourrait-elle rallumer les braises mal éteintes de la précédente « dernière guerre en Europe », qui a eu lieu sur votre territoire en 1998-1999 ?

Le président Poutine s’est engagé dans une voie sans issue, à part la logique du pire. C’est une forme d’autosabotage, il ne peut plus reculer. Nous sommes bien sûr inquiets ici, car la tentation pour lui de répandre la guerre plus loin me paraît évidente. Trois régions sont en danger. La Moldavie parce qu’en essayant d’enclaver l’Ukraine et de la priver d’accès à la mer Noire, les Russes iront de la Crimée à la Transnistrie en passant par Odessa. La deuxième est la Géorgie : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont été annexées en 2008, année où le Kosovo a déclaré son indépendance.

McKinsey consultant, un métier de prostitué ?

McKinsey consultant, un métier de prostitué ?

 

De plus en plus de sommes énormes sont consacrés au recours à des conseils extérieurs aussi bien d’ailleurs dans les entreprises qu’à l’intérieur de l’État. Avec une différence toutefois de taille : les superstructures de l’État sont particulièrement abondantes en commissions et organismes d’analyse, d’orientation et de contrôle. Des milliers de hauts fonctionnaires sont normalement affectés à ces tâches d’orientation et d’évaluation. Il y a donc un double emploi évident en France où le nombre de hauts fonctionnaires est au hit-parade mondial.

 

La question se pose de l’intérêt de ce recours à des experts extérieurs. En général, ces experts  doivent  apporter un regard extérieur relativement neutre en s’appuyant sur les critères de gestion reconnue. Bref , ces sociétés de conseil ne doivent pas évidemment faire de politique et pas davantage de clientélisme en livrant des conclusions que souhaitent attendre le donneur d’ordre. Le conseil extérieur propose une analyse et des orientations. C’est ensuite le décideur qui met en œuvre s’il le souhaite

Or il y a une dérive dans cette profession qui consiste d’abord à entretenir le marché de plus en plus considérable tellement nous vivons dans une forêt administrative inextricable qui de fait  exclue les élus et même l’administration. Ainsi les sociétés de conseil légitiment  leur objet et nourrissent le marché. Pour cela elle n’hésite pas d’ailleurs à satisfaire l’idéologie du donneur d’ordre et a passé la brosse à reluire. Ainsi aujourd’hui est-il de bon ton d’être plus libéral que libéral pour se montrer disruptif donc encore plus réformateur.

D’une certaine manière,  certains experts consultants se comportent comme des prostituées. Ils resserrent d’ailleurs souvent la même soupe tout juste réchauffée à plusieurs administrations ( ou entreprises) sans pour autant diminuer la facturation des services.

 

Il y aurait sans doute de ce point de vue un minimum de régulation à mettre en œuvre concernant l’éthique et l’efficacité de cette profession.

Crimes de guerre en Ukraine: l’ONU va enquêter

Crimes de guerre en Ukraine: l’ONU va enquêter

 

 

L’Organisation des Nations unies (ONU) a désigné ce mercredi 30 mars l’ancien magistrat norvégien Erik Mose, qui a présidé le Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour conduire une mission d’enquête sur d’éventuels crimes de guerre en Ukraine.

Il sera secondé par Jasminka Dzumhur, médiatrice des droits de l’homme en Bosnie-Herzégovine, et l’universitaire colombien Pablo de Greiff, premier rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation.

Ces trois experts auront pour mission de « recueillir, rassembler et analyser les éléments de preuve attestant de violations » des droits humains et du droit humanitaire international résultant de l’invasion russe en Ukraine et d’identifier les responsables de ces violations « afin qu’ils aient à répondre de leurs actes », selon l’ONU.

La création d’une mission d’enquête sur d’éventuels crimes de guerre en Ukraine, réclamée par Kiev et ses alliés, dont l’Union européenne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, a été votée le 4 mars dernier par une majorité des 47 Etats membres du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. La Russie, qui présente son offensive comme une opération spéciale visant à démilitariser et « dénazifier » l’Ukraine, a voté contre la résolution.

Nicolas Mathieu, l’ex prix Goncourt qui dénonce le noyautage de l’État par McKinsey

Nicolas Mathieu, l’ex prix Goncourt qui dénonce le noyautage de l’État par McKinsey

 

Le noyautage de l’État par les sociétés privées de conseil constitue le thème central de l’ancien prix Goncourt. Une dénonciation qui n’a guère plu à l’Élysée et en particulier à Macon qui témoigne à ce sujet de beaucoup de fébrilité. Et pour cause , la facture des sociétés de conseil a atteint la bagatelle d’un milliard en 2021. Ce qui supposerait que des dizaines de milliers d’experts consultants sont intervenues ou-est qu’on a largement surpayé ses sociétés avec un éventuel retour financier à certains qui ont commandé ces études. Bref toujours la même interrogation concernant Macron et le financement de ses campagnes. Une question abordée en 2017 avec des relations relativement troubles entre Macron, Alstom et l’américain General électric. Affaire pratiquement enterrée par l’indépendante justice française.

 

Dans son dernier roman, Connemara, l’ex-Prix Goncourt décrit avec férocité le monde des sociétés de conseil, accusées d’avoir infiltré l’administration pendant le mandat d’Emmanuel Macron.

Le 2 février, ni les auteurs des Infiltrés, ni les sénateurs de la commission d’enquête n’ont encore publié leurs informations concernant le poids pris par les sociétés de conseil dans les ministères. McKinsey n’est pas une affaire mais le nom d’une multinationale. Le romancier Nicolas Mathieu publie ce jour-là Connemara. Le récit navigue des années 1980 à nos jours et décrit le milieu des consultants, « ces petits hommes en costumes bleus qui viennent dans chaque entreprise, dans les grands groupes et les administrations, pour démontrer à coups de diagnostics irrévocables l’inadéquation des êtres et des nombres, expliquer aux salariés ce qu’ils font, comment il faudrait le faire mieux ».

Les tableaux peints par Nicolas Mathieu résonnent avec l’actualité : « Dans les ministères, les mecs naviguent à vue (…). Ils se méfient de plus en plus de leurs administrations (…). Chaque fois qu’ils auront besoin de gérer une crise, d’implémenter une réforme, quand ils auront besoin d’experts, ils préféreront recourir à des petites équipes. »

L’armée française dépendante d’avion Antonov

L’armée française dépendante d’avion Antonov

L’armée française comme d’autres en Europe est contrainte d’utiliser l’avion géant Antonov 124. En effet l’armée française ne dispose pas d’Airbus béluga précisément destinée à transporter des marchandises de grande taille. Les Airbus béluga sont en effet affecté au transport des pièces de matériel aérien.

Or on a eu en Ukraine la confirmation du rôle très stratégique de la logistique. En effet les Russes se sont empêtrés en territoire ukrainien et ont été privés de ravitaillement et de matériel stratégique.

Faute d’avion de transport militaire de capacité équivalente, l’armée française, comme la plupart des armées européennes, s’est longtemps reposée sur la location d’Antonov russes et ukrainiens pour ses grosses opérations militaires

Il serait sans doute temps remettre à plat la défense française sur le papier très puissant mais qui peine à prouver sur le terrain son efficacité comme au Mali où nous avons dû reculer devant une poignée de terroristes et une armée malienne d’opérette.

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