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Réforme des retraites: un recul qui ramène au point de départ

Réforme des retraites: un recul qui ramène au point de départ

 

Il est clair qu’il ne fallait pas s’attendre à un retrait pur et simple du projet de retraite du gouvernement. Politiquement, cela aurait été insupportable pour la majorité et aurait également hypothéqué ses chances pour les prochaines échéances électorales. Certes le premier ministre a réaffirmé les principes de sa retraite mais il l’ a vidée de tout sens. D’abord en multipliant les régimes particuliers pour désamorcer le mécontentement ensuite pour renvoyer les décisions précises à une conférence sur le financement.

Ce qu’on aurait dû faire des le départs car c’est bien la situation financière qui doit justifier les mesures prises dans le cadre d’un système plus universel. De ce point de vue, il faudra évidemment revoir les prévisions budgétaires très fantaisistes du comité d’orientation des retraites qui avancent un déficit probable de 10 à 15 milliards système de retraite en 2025 alors que récemment sous Hollande le même comité estimé qu’à cette échéance le système serait toujours équilibré. Bref avant le financement , il faudra une évaluation autrement plus pertinente en plus avec des scénarios.

Personne ne peut dire qu’elles seront exactement les éléments paramétriques à prendre en compte en 2027 ( rapport actif retraités, évolution des cotisations, évolution de la croissance notamment). Bref pour tout dire, comme d’habitude un réajustement des réformes est sans doute à prévoir tous les cinq ans environ. Le document du Premier ministre veut cependant affirmer sa fermeté mais il s’agit de propos de façade car tout sera remis en question sauf concernant certains régimes spéciaux, on vise évidemment notamment la SNCF et la RATP que l’opinion a toujours condamnés.

Premier point de la lettre du premier ministre: la volonté du gouvernement de construire un système universel de retraite, par répartition et par points, «plus fort, plus simple, et plus juste que le système actuel.» Il indique que les régimes spéciaux seront supprimés au terme de la période de transition définie au mois de décembre.

Édouard Philippe insiste sur ce système universel, qui constitue «un grand projet de justice sociale». Les concertations ouvertes sur la pénibilité, le minimum de retraites, l’emploi des seniors, la gestion des fins de carrière dans les entreprises comme dans le secteur public, permettront de l’améliorer encore.

Le nouveau système de retraites et ses avancées doivent être «crédible», peut-on lire dans cette lettre, afin que tout le monde puisse avoir confiance, notamment les plus jeunes. «Il faut qu’il soit financé et que la gouvernance mise en place et largement confiée aux partenaires sociaux dispose des leviers nécessaires.» L’équilibre de ce système va être peaufiné.

L’ âge d’équilibre  constituera un des leviers de pilotage collectif du sytème dans la durée et servira également de référence individuelle aux assurés afin qu’ils partent en retraite avec un niveau «adéquat» de pension. «Cette référence collective pourra être adaptée pour refléter la diversité des carrières professionnelles, et notamment les situations de pénibilité ou de carrière longue», peut-on lire dans la lettre. Cet âge d’équilibre permettra également à ceux qui partent aujourd’hui entre 64 et 67 ans afin d’éviter une décote, de partir plus tôt avec un taux plein.

Concernant l’équilibre financier en 2027, Édouard Philippe propose également l’organisation d’une conférence, animée par l’ancien directeur général de l’AGIRC-ARRCO Jean-Jacques Marette, afin de proposer des mesures permettant d’atteindre un équilibre financier en 2027, ainsi que des recommandations sur le pilotage du système des retraites.

La conférence sus-citée rendra ses conclusions à la fin du mois d’avril 2020. «Les Français auront ainsi une vision complète de la réforme et de ses effets à l’été 2020.»

Dans l’hypothèse où un accord ne pourrait intervenir lors de la conférence sur l’équilibre et le financement des retraites, qui doit remettre ses conclusions «d’ici la fin du mois d’avril», le gouvernement «prendra par ordonnance les mesures nécessaires pour atteindre l’équilibre d’ici 2027 et financer les nouvelles mesures de progrès social».«Je veux être parfaitement clair sur ce point: je prendrai mes responsabilités», a insisté le Premier ministre. Le problème c’est que la popularité de Macron  est en train de s’écrouler, un Macron par ailleurs bien discret sur cette réforme impopulaire alors qu’il ne cesse de multiplier les bavardages sur tous les autres sujets. L’évolution de ces sondages de popularité pourrait conduire à ralentir l’enthousiasme réformateur du premier ministre voire même à le remercier.

Société- rénovation démocratique: le tirage au sort ou la démocratie du caniveau

Société- rénovation démocratique: le tirage au sort ou la démocratie du caniveau

 

Face à l’usure indiscutable de la représentation la démocratie représentative certains comme Macron par exemple expérimentent l’idée du tirage au sort. Et certains déjà d’envisager une généralisation du système. La vérité c’est sans doute qu’il faut revivifier le concept de mandat des élus et ne pas le réduire au dépôt d’un bulletin -d’ailleurs souvent ambigu- dans une urne. Mais certains voit avec le tirage au sort un système à l’apparence révolutionnaire qui n’a d’autre but que de détruire tous les corps intermédiaires  qui gênent en fait la théocratie qui est en train de s’installer. Pour vivre, la démocratie délibérative ne peut produire de pertinence, d’efficacité et de justice sans un état de l’art préalable.

 

Aucun sujet économique, social, écologique technologique ou sociétal ne peut être abordé de manière un peu sérieuse sans une analyse préalable de la situation. Et sans participation des corps intermédiaires qui ont investi en recherche et expérience depuis des dizaines et des dizaines d’années. Faute de cela,  on aboutit directement à une discussion de bistrot ou à une manipulation des participants par les politiques et les technocrates.  Aujourd’hui, ce qui caractérise la crise, c’est sa complexité et les interactions entre les différents dimensions : économique, technologique, sociale, environnementale et sociétale. Second élément qui caractérise la période : le rythme des changements qui impose tout autant un rythme des d’évolution des connaissances.

 

Le tirage au sort ressemble un peu à ces enquêtes pseudo démocratiques faites  par les médias radio ou télé appelées encore radio trottoir, une forme de démocratie du caniveau qu’on voudrait faire prendre pour une enquête qualitative voire quantitative. Une véritable escroquerie ou plus exactement une caricature méthodologique. Pour répondre à la défiance, de plus en plus grande qui les vise, des responsables politiques de tous bords y voient le remède miracle. En 2017, pendant la campagne présidentielle, Benoît Hamon proposait d’introduire au Sénat des citoyens tirés au sort, Jean-Luc Mélenchon voulait ainsi composer une assemblée constituante chargée de réécrire la constitution et Emmanuel Macron proposait qu’un groupe de citoyens puisse chaque année auditionner le président de la République.

La dernière expérience concerne la convention citoyenne de 150 personnes tirées au hasard et qui doit en un mois définir une politique environnementale. Une convention bidon évidemment puisqu’elle sera largement noyautée par des politiques et des experts au service du  pouvoir; faute  de connaissance et l’expérience, la convention  approuvera forcément les orientations du gouvernement Bref, une belle manipulation démocratique sur fond de discussion de bistrot du coin.

 

Démocratie- Pour un tirage au sort aussi du président et du gouvernement ?

Démocratie- Pour un tirage au sort  aussi du président et du gouvernement ?

 

Puisqu’il faut faire dans la rénovation démocratique surréaliste en remettant totalement en cause les institutions et les organisations intermédiaires pourquoi ne pas pousser la logique  jusqu’au bout et aussi tirer  sort  aussi le gouvernement et  le président de la république. Pour les députés, c’est ce que propose d’ailleurs Mélenchon avec sa fameuse constituante. D’une certaine manière, l’extrême gauche se rapproche des thèses de Macron qui sous des aspects révolutionnaires installe tranquillement une théocratie en France. Le résultat ne gagnera pas forcément en qualité mais il ne peut guère être plus  catastrophique.  Bref, quitte à installer la chienlit économique, sociale et politique autant aller jusqu’au bout du raisonnement . Comment des individus tirés totalement au hasard seraient-il en capacité de traiter la complexité de la crise que nous vivons. Ou alors c’est la fuite en avant délibérée vers la simplification à outrance des problématiques et leur traitement par une approche populiste et caricaturale.

 

Pourtant rien de fondamental ne pourra être résolu sans adhésion  à la complexité de la crise. Une crise, économique, sociétale, environnementale et culturelle. Une sorte de crise systémique où les transformations internes interagissent les unes sur les autres. Un des problèmes réside dans le fait qu’il n’existe pas de formation scientifique de type généraliste pour tenter de comprendre et d’expliquer les évolutions du système global dans lequel nous évoluons. D’une certaine façon au contraire,  nous assistons à un éclatement des connaissances qui certes s’approfondissent de façon spectaculaire mais de manière de plus en plus éclatée ; même si certaines découvertes d’un champ peuvent profiter à un autre. Ce qui est en cause, c’est  la nature des changements et aussi leur rythme. Jamais sans doute dans l’histoire humaine les transformations n’ont été aussi importantes et aussi rapides. Les changements ont été plus importants en quelques dizaines d’années que pendant des siècles et des millénaires, ils ont été encore plus rapides au cours de la dernière dizaine d’années. Les changements les plus médiatisées et les mieux connus du grand public concernent les domaines économiques et technologiques  avec leurs conséquences sociales. Les processus de production sont aujourd’hui complètement éclatés dans plusieurs pays qui se spécialisent sur un des éléments de la chaîne. Les grandes marques  se contentent  surtout du montage final voire  seulement du pilotage numérique de l’ensemble du système de production. C’est  valable d’abord évidemment pour l’industrie, mais cela affecte progressivement l’agriculture et surtout les services.

 

Finalement,  le concept de nationalité d’un produit n’a plus beaucoup de sens. Le made in France par exemple est une fiction puisqu’il peut se limiter à l’apposition d’une étiquette ou d’un couverte pour que le produit importé devienne français. Il en est de même par exemple pour l’industrie automobile française  dans la plus grande partie vient de l’étranger. Cet éclatement est surtout le fruit de distorsions de concurrence relatives aux coûts sociaux, à la fiscalité et aux normes environnementales et sanitaires. La recomposition du produit final et sa distribution génèrent évidemment des gaspillages incalculables qui affectent l’environnement. Un simple yaourt peut nécessiter par exemple 1000 km de transport. On ne peut nier cependant certains aspects indiscutables du progrès matériel qui a permis à de plus en plus de populations de mieux se nourrir, se vêtir, s’instruire ,  se loger et vivre plus dignement. Par contre si le niveau moyen de satisfaction matérielle a augmenté, on ne peut contester l’augmentation des inégalités. Avec d’un côté des géants industriels, financiers ou des géants du numérique qui non seulement brassent  des milliards de profits   mais surtout imposent  une domination économique et

 

culturelle. Dans l’agriculture,  l’industrialisation a permis de multiplier par 5 ou par 10 les rendements grâce à la mécanisation mais aussi à l’utilisation de cocktails chimiques dont  on ne pourra mesurer les effets sur la santé que dans des dizaines d’années par exemple concernant le développement des affections neurovégétatives ou des cancers. Concernant les inégalités,  il faut citer l’accès au logement de plus en plus difficile dans les grandes métropoles qui rejette dans les banlieues lointaines ou les zones rurales les catégories les moins favorisés. En France par exemple,  les couches moyennes sont progressivement chassées de Paris où il faut en moyenne 1 million d’euros pour un appartement à peu près décent. C’est un peu le même phénomène dans le monde entier ou dans des métropoles françaises de province. Les inégalités se développent aussi en matière de formation même si globalement les effectifs scolarisés augmentent et vont de plus en plus loin dans les études.

 

Des études très approfondies pour certains ( notamment les écoles d’ingénieurs et certaines disciplines universitaires)  mais des études qui débouchent sur des diplômes fictifs pour d’autres condamnés à des emplois de faible qualification ou au chômage, un phénomène particulièrement français qui culturellement pointe l’apprentissage comme une sorte de tare sociale. D’un point de vue social, il n’est pas admissible que des pays développés comptent autant d’inégalités voire de pauvreté sans parler des gens dans la rue. Le domaine culturel est aussi affecté  avec d’un côté des productions de grande qualité mais de l’autre des productions de masse de type industriel faites  pour abêtir, endoctriner ou endormir. Pour s’en persuader, il suffit  d’analyser le contenu des 200 ou 300 chaînes de télévision disponibles en France.

La complexité qui mériterait d’être bien davantage appropriée   crée une sorte de refuge vers  l’individualisme. Faute de réassurance identitaire, nombre de personnes se réfugient  dans le mirage d’un passé illusoire avec le fol espoir qu’il  prendra la place du  futur. D’où le développement parallèlement de formes  de populisme et de nationalisme. Une sorte de reflexe  face à la peur des changements. Ceci étant, cela se nourrit aussi des dysfonctionnements et de l’anarchie des marchés qui souffrent d’un manque évident de régulation non seulement à  l’échelle européenne mais mondiale. Les responsables chacun à leur échelle, tentent  bien de résoudre certains des effets de la crise mais ce sont le plus souvent des actes trop partiels et de court terme là ou il faudrait des orientations plus globales qui s’inscrivent dans le temps. De ce point de vue,  la démocratie en est sans doute encore au stade néandertalien concernant le mode d’élection et les conditions d’exercice du mandat. D’où l’insatisfaction générale et souvent partout dans le monde trop de contradictions entre les intentions affichées et les réalités pouvoir : De quoi nourrir un peu plus le populisme et l’incompréhension de la crise.

 

La croissance 2019 : le PIB résiste à 0,2% au quatrième trimestre

La croissance 2019 : le PIB résiste à 0,2% au quatrième trimestre

La croissance a été atteinte par le mouvement social  de manière significative au cours du quatrième trimestre;  cependant, le PIB résiste encore avec une progression de 0,2 %. Au total on note quand même une certaine décélération notamment dans les services. Plus inquiétante est  la perspective des carnets de commandes qui affichent un retrait et présage sans doute une stagnation au début de l’année 2020. Bref la France n’avait vraiment pas besoin d’un mouvement social qui a pesé sur la dynamique de l’activité et a renforcé les inquiétudes des acteurs économiques quant à l’avenir. Il se pourrait bien pour cette année 2020 la France ait du mal à atteindre 1 % de croissance du PIB.  Au total, la dynamique n’est pas exceptionnelle loin s’en faut mais la France pourra quand même afficher une augmentation de son activité de 1,3 % en 2019. La Banque de France a confirmé ce vendredi 10 janvier son estimation d’un ralentissement de la croissance économique au quatrième trimestre 2019 à 0,2 %, les grèves ayant notamment entraîné une décélération de l’activité dans les services en décembre 2019, compensée par la résistance de l’industrie et du bâtiment.

Après avoir progressé chaque trimestre de 0,3 %, le produit intérieur brut français a ainsi marqué le pas en cette fin d’année, selon cette troisième et dernière estimation basée sur l’enquête mensuelle de conjoncture menée par la Banque de France auprès des chefs d’entreprises.

Selon l’institution monétaire française, en décembre, l’activité des services a « fortement » ralenti en décembre. « L’hébergement-restauration, en particulier, pâtit des grèves », explique la Banque de France dans son communiqué.

Dans l’industrie, la production a progressé « modérément » en décembre, avec un dynamisme plus important dans l’agroalimentaire et les produits informatiques et électroniques.

En revanche, « les carnets de commande continuent de se dégarnir », note la Banque de France, et les chefs d’entreprises anticipent une stabilité pour le mois de janvier.

Dans le bâtiment, l’activité a aussi peu progressé en décembre mais les carnets de commandes « demeurent bien fournis » et les chefs d’entreprises interrogés anticipent un rebond en janvier.

Pour l’ensemble de l’année achevée, la Banque de France comme l’Insee tablent sur une croissance économique de 1,3 %, tout comme le gouvernement qui a revu mi-décembre sa prévision légèrement à la baisse après avoir longtemps parié sur une progression du produit intérieur brut de 1,4 % pour 2019.

Pour l’an prochain, la Banque de France prévoit un ralentissement de la croissance à 1,1 %, qui, s’il se confirmait, serait son niveau le plus bas depuis 2016. Le gouvernement a lui construit son budget 2020 sur une hypothèse de 1,3 %.

 

Rénovation démocratique: le tirage au sort ou la démocratie du caniveau

Rénovation démocratique: le tirage au sort ou la démocratie du caniveau

Face à l’usure indiscutable de la représentation la démocratie représentative certains comme Macron par exemple expérimentent l’idée du tirage au sort. Et certains déjà d’envisager une généralisation du système. La vérité c’est sans doute qu’il faut revivifier le concept de mandat des élus et ne pas le réduire au dépôt d’un bulletin -d’ailleurs souvent ambigu- dans une urne. Mais certains voit avec le tirage au sort un système à l’apparence révolutionnaire qui n’a d’autre but que de détruire tous les corps intermédiaires  qui gênent en faite la théocratie qui est en train de s’installer. Pour vivre, la démocratie délibérative ne peut produire de pertinence, d’efficacité et de justice sans un état de l’art préalable.

Aucun sujet économique, social, écologique technologique ou sociétal ne peut être abordé de manière un peu sérieuse sans une analyse préalable de la situation. Et sans participation des corps intermédiaires qui ont investi en recherche et expérience depuis des dizaines et des dizaines d’années. Faute de cela on aboutit directement à une discussion de bistrot ou à une manipulation des participants par les politiques et les technocrates.  Aujourd’hui, ce qui caractérise la crise s’est sa complexité et les interactions entre les différents dimensions : économique, technologique, sociale, environnementale et sociétale. Second élément qui caractérise la période : le rythme des changements qui impose tout autant un rythme des connaissances.

Le tirage au sort ressemble un peu à ces enquêtes pseudo démocratiques faites  par les médias radio ou télé appelées encore radio trottoir, une forme de démocratie du caniveau qu’on voudrait faire prendre pour une enquête qualitative voire quantitative. Une véritable escroquerie ou plus exactement une caricature méthodologique. Pour répondre à la défiance, de plus en plus grande, qui les vise, des responsables politiques de tous bords y voient le remède miracle. En 2017, pendant la campagne présidentielle, Benoît Hamon proposait d’introduire au Sénat des citoyens tirés au sort, Jean-Luc Mélenchon voulait ainsi composer une assemblée constituante chargée de réécrire la constitution et Emmanuel Macron proposait qu’un groupe de citoyens puisse chaque année auditionner le président de la République.

La dernière expérience concerne la convention citoyenne de 150 personnes tirées au hasard et qui doit en un mois définir une politique environnementale. Une convention bidon évidemment puisqu’elle sera largement noyautée par des politiques et des experts au service du  pouvoir; faute  de connaissance et l’expérience, la convention  approuvera forcément les orientations du gouvernement. Bref, une belle manipulation démocratique sur fond de discussion de bistrot du coin.

Réforme des retraites: nouvelle provocation avec l’envoi du projet au Conseil d’État

Réforme des retraites: nouvelle provocation avec  l’envoi du projet  au Conseil d’État

 

Un grosse bavure de Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement, qui avoue que le projet de loi était désormais « parti au Conseil d’État ». Le texte de loi qui serait déjà « rédigé à 95% », selon une source de l’exécutif.  Il y a de toute évidence une énorme contradiction entre l’illusoire intention de dialoguer du gouvernement et la réalité. D’une certaine manière c’est  cette méthode a conduit au blocage actuel. La vérité c’est que le projet pour Édouard Philippe est complètement ficelé et que la discussion avec les partenaires sociaux relève de l’anecdotique. On pourra changer ici ou là une, voir un mot puisque le gouvernement considère que le texte est prêt à 95 %.

Il s’agit d’une nouvelle provocation d’Édouard Philippe en particulier qui en réalité refuse le dialogue non seulement avec les syndicats radicaux mais aussi avec les syndicats réformistes. Il est de plus en plus clair que Édouard Philippe veut apparaître dans une posture de réformiste dur par rapport au réformisme de Macron qui cultive un peu trop la stratégie du en même temps. Le véritable enjeu des retraites n’est pas celui de la justice sociale, même pas celui de l’assainissement financier mais de la préparation de postures en vue des élections présidentielles de 2027 voir de 2022 si la popularité de Macron continue de s’écrouler à ce rythme. La question des retraites est essentiellement politique d’autant que le coût de la réforme risque d’être exorbitant et donc sans doute revu d’ici quelques années. Ce qui paraît d’ailleurs inévitable en regard des cinq certitudes concernant les paramètres entre parenthèses rapport actif retraitée notamment .

 

Raffineries: blocage du 7 au 10 janvier ?

Raffineries: blocage du 7 au 10 janvier ?

 

Le bras de fer semble continuer entre les syndicats les plus hostiles à la réforme des retraites et le gouvernement. Cette fois il pourrait s’agir d’une tentative de blocage des raffineries. Si le carburant venait à manquer, il est clair que l’opinion publique pourrait manifester son mécontentement. Le rationnement du carburant aurait aussi  un effet perceptible sur l’activité économique.  Du 7 au 10 janvier, la CGT  prévoit un «blocage total» des huit raffineries françaises que compte la France. Certaines d’entre elles subissent déjà des blocages depuis plusieurs semaines, à l’image de la raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, où vient d’être voté la reconduction de la grève sur le site jusqu’au 6 janvier.

Selon la CGT,  l’objectif de ce blocage généralisé est de «faire en sorte qu’aucun produit ne sorte de nulle part pendant 96 heures.» Passé ce délai, «on se posera la question de savoir si l’on passe à l’étape de l’arrêt des installations», précise-t-il. Une cinquantaine de stations-services sur les quelque 3 500 du réseau Total en France étaient en rupture de stock totale ou partielle ce lundi matin.

Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, avait de son côté affirmé en fin de semaine dernière, qu’il n’y a «pas de risque de pénurie.» La situation a toutefois été jugée suffisamment sérieuse par le gouvernement pour qu’il mette à disposition des opérateurs une partie des réserves mobilisables par l’État en cas de crise majeure.

Avec les menaces de grève annoncée dans certaines raffineries la question se pose de savoir si le pays risque d’être confronté à une pénurie d’essence. En réalité les réserves sont largement suffisantes satisfaire les besoins des consommateurs notamment des automobilistes. Le problème c’est que cette menace de rationnement éventuel du carburant se conjugue avec de graves dysfonctionnements dans les transports collectifs. Du coup, c’est plutôt la panique des automobilistes remplissant préventivement leur réservoir qui  pourrait créer une situation de crise. Pour l’instant, la situation des raffineries est loin d’être dramatique. Surtout en raison de la possibilité d’utiliser les stocks stratégiques

En France, les stocks stratégiques sont gérés par le Comité professionnel des stocks stratégiques pétroliers instauré par la loi Billardon du 31 décembre 1992. Chaque société distribuant des carburants en France doit mettre à disposition en permanence un volume équivalent à 29,5 % de ses ventes de l’année précédente (soit légèrement plus que les 90 jours demandés par l’AIE). La loi prévoit également que la France dispose de 55 jours de réserves de carburant aviation

Les stocks stratégiques instaurés par la loi de 1992 sont entièrement financés par les sociétés pétrolières qui mettent à la consommation. Une partie, 15 % en moyenne en 2017, est assurée directement par les sociétés. Le reste, 85 %, est réalisé par une filiale commune de statut entièrement privé, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité (SAGESS).

Contrairement aux réserves américaines ou japonaises, regroupées dans des dépôts de très grande taille, la RSP française est éparpillée dans 235 sites de stockage répartis sur l’ensemble du territoire Un important dépôt souterrain existe cependant à Manosque, géré par Géosel. Dans les faits, les stocks collectifs de la SAGESS, entièrement financés par endettement, seuls réellement mobilisables en cas de crise, sont répartis sur 81 sites dont la vocation mixte, commerciale et stratégique, contribue à l’immédiate disponibilité des stocks. Pour l’instant quelques raffineries sont affectées par des mouvements sociaux.

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Marchés: Au plus haut …. avant la correction

Marchés: Au plus haut …. avant la correction

 Les arbres continuent de monter au ciel mais le ciel pourrait bien s’effondrer avec une belle correction dans les jours et semaines à venir. Le CAC 40 a gagné près de 28 % cette année. Les Bourses européennes ont terminé en légère hausse vendredi, un bon indicateur chinois et la perspective de voir les Etats-Unis et la Chine signer prochainement un accord partiel sur le commerce soutenant l’appétit pour les actifs à risques. À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,13% à 6.037,39 points, un plus haut en clôture depuis juillet 2007. Le Footsie britannique a pris 0,17% et le Dax allemand a gagné 0,27%. L’indice EuroStoxx 50 s’est octroyé 0,21% et le FTSEurofirst 300 0,16%. Le Stoxx 600 (+0,21%) a fini à un pic historique dans des volumes d’échanges, à quelques jours du Nouvel An, représentant seulement la moitié de leur moyenne quotidienne des trois derniers mois. Sur la semaine, le Stoxx a pris 0,32% et le CAC 40 0,26%. Le Nasdaq a franchi jeudi pour la première fois de son histoire les 9.000 points et le S&P-500, en hausse de 29,5% sur l’année écoulée, est en voie de réaliser sa plus forte progression annuelle en pourcentage depuis 2013.

De  lavis de la plupart des experts, ces progressions sont surréaliste et découle essentiellement d’un simple spéculation.   la déconnexion totale des marché par rapport à une économie réelle qui s’enfonce et va tutoyer la récession se traduira inévitablement par un nouvelle crise du type de celle de 2007. La question n’est pas de savoir si  cette crise se produira mais quand . A la différence de la pièce de Beckett, le Godot de la finances pourrait bien apparaitre.  L’ampleur des prise de bénéfices de fin de l’année 2019 pourrait déjà constituer un bon indicateur. L’économiste américain Nouriel Roubini annonce depuis un an cette crise financière pour 2020. Il y a trois semaines, il est revenu à la charge, s’alarmant de la « déconnection entre les marchés financiers et l’économie réelle [devenant] plus prononcée. Les investisseurs se réjouissent de l’atténuation des risques à court terme et du retour des banques centrales à une politique accommodante. Mais les risques fondamentaux pesant sur l’économie mondiale demeurent » met-il en garde dans un point de vue intitulé « pourquoi la nouvelle exubérance des marchés financiers est irrationnelle ».

La crise économique et financière apparaît en plus inévitable aux experts même de la finance interrogés par Natixis IM. D’après une enquête auprès des plus grands investisseurs mondiaux ( 15 000 milliards  de dollars d’actifs en gestion), l’écrasante  majorité d’entre eux s’attend à une crise financière mondiale dans les années à venir. Une crise qui pourrait se produire d’ici cinq ans. Plusieurs facteurs explicatifs sont à prendre en compte mais pour simplifier le système va forcément exploser avec le décalage entre la masse monétaire ( grâce à la planche à billets des banques centrales), la richesse réelle produite et la valeur très spéculative des actifs boursiers. Une crise financière qui s’imbrique évidemment dans une crise économique.

Depuis maintenant presque un an, certains observateurs qui ne se limitent pas à reprendre bêtement les projections des institutionnels ne cessent d’attirer l’attention sur la phase baissière de la croissance . Cette tendance vaut toutes les économies dans le monde. Plusieurs phénomènes, d’abord la fin d’un cycle classique de croissance qui n’a pu être prolongée que grâce à une politique monétaire très accommodante. Aujourd’hui l’endettement global public et privé atteint des limites qui nécessairement vont peser sur les équilibres. La politique des taux bas voire négatifs accroissent encore le risque d’éclatement des bulles. S’ajoutent à cela des évolutions géo stratégiques qui menacent la paix en tout cas les rapports entre grandes zones. La mode générale est au repli nationaliste, ce qui perturbe de manière sensible le commerce international ; témoin le tassement économique en particulier en Chine. Se pose enfin un problème fondamental à savoir les conditions de répartition de la richesse dans le monde. Aujourd’hui on arrive aux limites raisonnables de la concentration des richesses alors qu’inversement se développe souvent dans les mêmes pays une misère sociale. Les 1 % les plus riches possèdent désormais un peu plus de la moitié (50,1 %) de la fortune mondiale des ménages. 6,4 % La richesse mondiale totale s’est accrue de 6,4 % pour atteindre 28 000 milliards de dollars américains au cours des douze derniers mois. Finalement la crise économique n’éclatera peut être pas en 2020 mais nombre de pays vont tutoyer la récession en se contentant d’une croissance du PIB voisine de 0.5%.

Conséquences les experts de la fiances sont 48% à penser que ce sont les marchés d’actions qui connaîtront la plus forte correction  correction l’an prochain, ils  46% à anticiper une chute de la valeur des crypto-actifs.

Le Bitcoin, le plus connu des crypto-actifs et la plus forte capitalisation de ce jeune marché (135 milliards de dollars), a presque doublé cette année, passant de moins de 4.000 à 7.500 dollars, dépassant même les 10.000 dollars cet été.

 Les institutionnels interrogés par Natixis IM « voient des risques importants  car  54% pensent que le marché ignore les fondamentaux et 57% craignent que le phénomène ait concentré le contrôle entre les mains d’un trop petit nombre d’actionnaires« .

Un peu partout dans le monde, les indices boursiers viennent d’inscrire de nouveaux plus hauts historiques, à l’image de l’Eurostoxx 50 et du DAX à Francfort, qui affichent un gain de plus de 25% depuis le début de l’année. A la Bourse de Paris, le CAC 40 a franchi le 16 décembre le cap symbolique des 6.000 points, qu’il n’avait pas atteint depuis juillet 2007, et gagne plus de 26%. Idem à Wall Street, où le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont encore pulvérisé leurs records courant décembre et accentué leur progression (+25% à 30%), sur fond de détente commerciale sino-américaine et d’apaisement des craintes d’un Brexit désordonné.

« Les marchés financiers dansent sur un volcan » considère Jean-Jacques Ohana, responsable de la gestion d’actifs chez Ycap AM. « Les marchés d’actions demeurent sur leurs plus hauts alors même que les bénéfices estimés sur 12 mois glissants n’affichent plus de croissance, voire chutent dans certaines régions (Asie, Europe) » met-il en garde dans une note du 2 décembre, s’interrogeant sur ce qui provoquera « le dégonflement de la bulle d’optimisme qui anime les opérateurs de marché. »

Renoncement de Macron à la retraite: un pied de nez au sénat

Renoncement de Macron à la retraite:  un pied de nez au sénat

 

 

Il est clair qu’il y a quelque chose de démagogique dans le renoncement de Macron à la retraite de président. Mais c’est surtout une occasion de mettre en contradiction ceux qui proposent davantage  de rigueur pour l’ensemble des Français et qui en même temps ne l’appliquent  pas pour eux-mêmes. Une manière aussi de claquer le bec à François Hollande qui ne cesse de titiller le pouvoir mais qui profite d’un confortable patrimoine et  d’une très bonne situation financière en cumulant les retraites de  nombre de mandats et qui n’a  jamais démissionné de son statut de la Cour des Comptes où pratiquement il n’a jamais mis les pieds. Ceci étant, on  peut sans doute se rassurer quant à l’avenir financier de Macron capable en quelques  mois  d’accumuler des millions dans la banque sur des opérations opaques ; des millions qui curieusement se seraient rapidement envolés ! Il  y a évidemment quelque chose de très contradictoire, pour  ne pas dire de scandaleux, dans la position de la majorité sénatoriale. On sait que celle-ci propose de reporter l’âge  la retraite à 65 ans et milite pour un rééquilibrage financier qui fera diminuer en moyenne toutes les pensions. Par contre, les mêmes sénateurs sont totalement opposés à la suppression de leurs régimes  spécifiques au motif qu’il s’agirait d’une caisse autonome. Le problème c’est que cette caisse  autonome est alimentée par les fonds publics destinés au fonctionnement du sénat. Le montant moyen de la retraite tourne autour de 1400 € en France mais avec des écarts autour de cette moyenne, certains  devant se contenter de moins de 1000 €. Cela à  un âge  de la retraite qui se situe réellement aujourd’hui à plus de 63 ans. Par comparaison, les sénateurs réellement en moyenne atteignent de 4000 € nets de retraite après seulement 6 ans d’activité minimum.  Les sénateurs ne toucheraient plus que de leurs de 600 € si le régime devait être aligné sur le système universel ! Comme les députés qui ne touchent plus depuis la dernière réforme de leur retraite qu’environ 600 €.

Les sénateurs ont droit, après un seul mandat de six ans, à une retraite de 2 190 euros net par mois. Mais combien sont-ils à ne faire qu’un mandat ​? Au 1er mars 2018, la pension mensuelle moyenne nette de retraite d’un sénateur s’établissait à environ 3 856 euros, hors majoration pour enfants. A l’Assemblée nationale, le montant de la pension est passé depuis le 1er janvier 2018 de 1 053 euros net mensuel à 664 euros, après que les élus du Palais Bourbon ont voté l’alignement sur le droit commun de leur régime de retraites. Entre 2007 et 2018, l’Assemblée nationale a ainsi baissé son montant de pensions de 60 %.

Pour un président de la république,  en vertu de l’article 19 de la loi du 3 avril 1955, la pension annuelle de retraite d’un ancien président de la République est égale au “traitement indiciaire brut d’un conseiller d’Etat en service ordinaire”. A l’heure actuelle, un conseiller d’Etat touche un traitement indiciaire brut annuel de quelque 75.000 euros. Le montant d’une retraite présidentielle s’élève ainsi à environ 6.000 euros bruts mensuels, qui peuvent être cumulés avec d’autres émoluments provenant d’autres emplois.

“Emmanuel Macron a confirmé (…) que la réforme du système des retraites s’appliquerait à lui et qu’il ne percevrait pas, à l’issue de son mandat en 2022, les sommes prévues par les dispositions de la loi de 1955. Les dispositions de la loi de 1955 ont vocation à être ‘normalisées’ à terme”, lit-on dans le communiqué de l’Elysée. “Il s’agit d’exemplarité, mais tout simplement aussi de cohérence”, poursuit le palais présidentiel, ajoutant qu’Emmanuel Macron “a démissionné de la fonction publique avant de prendre ses fonctions (et qu’)il a par ailleurs indiqué qu’il n’entendait pas siéger au conseil constitutionnel à l’issue de son/ses mandats”.

Edouard Philippe : de la gauche au parti républicain, l’évolution d’un technocrate

 

Edouard Philippe : de la gauche au parti républicain, l’évolution d’un technocrate

 

 

Comme la plupart des technocrates Édouard Philippe aborde les enjeux majeurs de manière superficielle, globale et théorique. Certes comme Macron, il donne l’impression d’être intelligent et de posséder ses dossiers. La vérité c’est qu’il a complètement sous-estimé les conséquences de sa réforme et son entêtement correspond surtout à la posture politique qui pourrait lui donner un jour l’occasion de prétendre à la responsabilité de président de la république. De ce point de vue, avant toute décision gouvernementale, avant toute orientation législative il serait urgent de faire évaluer la fameuse réforme avec toutes ses exceptions et ses modifications par la Cour des Comptes. Il se pourrait en effet que la fameuse retraite à point soit plus coûteuse que l’ancienne même si cette dernière mérite d’être progressivement ajustée pour des raisons d’équité et d’équilibre financier. Édouard Philippe illustre parfaitement la dérive droitière d’une partie de la technocratie française. Certes, Édouard Philippe aime à rappeler que son grand-père était communiste mais rapidement E.  Philippe  a sans doute senti qu’une carrière politique n’était pas assurée  à  gauche. Alors qu’il était encore étudiant à l’institut d’études politiques de Paris et à l’ENA, il a  milité dans les années 90 au  parti socialiste, un passage au demeurant rapide avant de rejoindre les thèses de plus en plus libérales à de la droite. Un libéralisme d’autant plus dogmatique qu’il n’a pratiquement jamais travaillé dans le privé sinon comme lobbyiste. Il doit surtout sa carrière politique pour avoir été choisi par Alain Juppé comme membre du cabinet de ce dernier au ministère de l’écologie à partir de 2007. On pourrait citer nombre d’exemples de ces politiciens de carrière qui commencent  à gauche voire  à l’extrême gauche , qui flirtent ensuite avec la social-démocratie pour virer carrément à droite. Cohn-Bendit par exemple l’ancien révolutionnaire de 68,  devenu adepte de l’ultra libéralisme de Macron en est sans doute l’exemple le plus significatif. Même chose pour Romain Goupil,  le leader lycéen de 68. Avec l’âge, les bons dîners en ville, le patrimoine qui s’arrondit comme le ventre, les convictions s’amollissent !  Mais on pourrait citer nombre d’anciens responsables  du parti socialiste , anciens trotskistes ou maoïstes,  révolutionnaires de papier dans leur jeunesse qui ont ensuite nagé dans les eaux troubles du parti socialiste avant de rejoindre la droite puis  Macron. La vérité, c’est que le Premier ministre- comme nombre des professionnels de la politique -n’entretient qu’un rapport très approximatif avec les réalités économiques et sociales. En outre, il ne peut justifier d’aucun  passé professionnel qui légitime ses connaissances et ses orientations. Ce type de personnalité a besoin de se relégitimer en permanence en rajoutant du libéralisme au libéralisme. Un exercice d’autant plus facile qu’il n’en  mesure pas les conséquences. Dernier exemple en date, évidemment le report idiot et général de la retraite à 64 ans. Une réforme bête et inefficace. Si effectivement les Français doivent travailler davantage pour retrouver la compétitivité qui manque cruellement à l’économie ce n’est pas en retardant l’âge de la retraite 62 à 64 ans mais en augmentant la durée de travail annuelle des actifs puisque la France a la durée la plus faible de l’Europe ( ne parlons pas du monde). Aussi en  améliorant le rapport entre actifs et inactifs. La France est encore là le pays qui détient le record de personnes inactives comparées à ceux qui travaillent. Bref, Édouard Philippe est bien le fils spirituel de Juppé, un exemple de cette élite qui a transformé le mandat politique en métier, qui ne connaît rien aux réalités pour n’avoir pratiquement jamais travaillé dans le monde de la production et qui sans doute comme son mentor finira vraisemblablement au conseil constitutionnel et dans les pages oubliées de l’histoire .

 

Pietraszewski a voulu licencier une caissière pour un pain au chocolat !

Pietraszewski a voulu licencier une  caissière pour  un pain au chocolat !

L e nouveau « monsieur retraites » du gouvernement n’a pas laissé que de bons souvenirs lorsqu’il était à la direction des ressources humaines du groupe Auchan. En 2002, un incident éclate alors qu’il est responsable des ressources humaines dans le magasin Auchan de Béthune, dans le Pas-de-Calais. Une caissière, qui est par ailleurs à l’époque déléguée syndicale CFDT, offre à une cliente un pain au chocolat qui était trop cuit. Immédiatement mise à pied, elle est placée en garde à vue pour vol. « Cela a été d’une violence sans nom », témoigne sur franceinfo Guy Laplatine, à l’époque délégué régional pour la CFDT.

 

« Cela a fini par s’arranger et notre collègue a été réintégrée », poursuit Guy Laplatine. « C’est une erreur de jeunesse, après, il s’est calmé », assure-t-il. De son côté, Laurent Pietraszewski assume :  »Mon rôle a été d’examiner des éléments objectifs. Après avoir sollicité l’inspection du travail, j’ai pris cette décision. La collaboratrice ne l’a pas contesté aux prud’hommes », explique-t-il dans le journal L’Humanité.

Chargé de remplacer le démissionnaire Jean-Paul Delevoye, rattrapé par une semaine de révélations sur ses activités parallèles et mandats non déclarés, Laurent Pietraszewski va devoir mener à son terme la très contestée réforme des retraites mais il pourrait bien exploser en vol car il n’a ni l’expérience, ni la compétence et peut être ni la probité exigée.( affaire des 72 000 euros reçus très récemment d’Auchan et affaire des licenciements chez Auchan notamment  cette affaire d’une caissière pour un pain au chocolat périmé offert à une cliente°. .

Amendement « huile de palme »? le lobby au pouvoir

Amendement « huile de palme »? le lobby au pouvoir

 

Inutile de tourner autour du pot, l’amendement surprise concernant la détaxation de l’huile  du palme a été téléguidé par le lobby du pétrole et en particulier par Total. En fait, le ministère du budget a été  le porteur des intérêts pétroliers dans le dos même du ministère de l’environnement. D’après plusieurs sources, le premier vote sur ce sujet sensible s’est fait  contre  d’Elisabeth Borne, qui a œuvré pour obtenir une deuxième délibération aboutissant au final au maintien de l’huile de palme sur la liste des biocarburants taxés à partir du 1er janvier 2020, au grand dam de Total qui avait milité pour un sursis jusqu’en 2026.

Retour sur “une histoire de fous”, selon l’expression de Joël Giraud, rapporteur général (La République en marche, LaRem) de la commission des Finances, qui témoigne des tiraillements entre deux ministères essentiels de la galaxie Emmanuel Macron, écartelée entre ses promesses “vertes” et son souci d’encourager l’activité économique. L’après-midi touche à sa fin, ce jeudi 14 novembre à l’Assemblée, quand vient le moment d’examiner l’amendement numéro 2901 au projet de loi de finances 2020 défendu par le député MoDem Mohamed Laqhila.

L’élu reste muet sur le contenu du texte rédigé par ses soins, rejeté en commission mais sur lequel Gérald Darmanin annonce un avis “favorable” du gouvernement, conduisant à un vote automatique de la majorité en sa faveur.“Qui est pour ? Qui est contre ? Il est adopté”, annonce le président de séance, le socialiste David Habib, élu des Pyrénées-Atlantiques.

Une vingtaine de secondes ont suffi pour repousser la fin de l’exonération fiscale de l’huile de palme, accusée de participer à la déforestation de la planète.

Sur son banc, Joël Giraud reste bouche bée. “Je n’étais pas au courant de cet avis favorable. Je me dis ‘Oh le piège’ !”, a-t-il raconté à Reuters. Les parlementaires s’attendaient plutôt à un “avis de sagesse”, plus neutre, qui laisse le dernier mot aux députés. Selon deux sources gouvernementales ayant requis l’anonymat, c’est bien un tel avis qui avait été tranché à Matignon lors d’une réunion la veille du vote, le mercredi 13 novembre.

Interrogé par Reuters, l’entourage d’Edouard Philippe assure pour sa part que “l’avis favorable exprimé par Gérald Darmanin est la position du gouvernement, arbitrée par Matignon”.

Deux versions s’opposent donc sur cet arbitrage, dont Reuters n’a pu consulter de trace écrite. “Pour moi il est clair que Gérald Darmanin a agi dans le dos de Borne”, estime une source parlementaire, approuvée par une autre selon laquelle Elisabeth Borne “s’est fait bien avoir et était bien contente d’avoir une deuxième délibération”.

L’entourage du ministre des Comptes publics se défend quant à lui de toute manœuvre.

“Ce n’est pas la position de Gérald Darmanin qui a été défendue le 14 novembre, mais la position du gouvernement”, dit-il, faisant valoir, à l’instar de celui du ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, “une position cohérente avec celle de l’année dernière” et “le respect des engagements de l’Etat vis-à-vis d’une entreprise”.

Aussitôt prévenue du vote controversé, Elisabeth Borne s’assure auprès de parlementaires qu’un second vote aura bien lieu, a raconté à Reuters un témoin d’un échange en ce sens.

L’affaire enflamme les écologistes sur les réseaux sociaux autant qu’une majorité saisie du “sentiment extrêmement désagréable de s’être bien fait avoir”, écrit sur Twitter Barbara Pompili présidente (LaRem) de la commission Développement durable.

Vendredi matin 15 novembre, la majorité décide de procéder à un nouveau vote, approuvée par Matignon qui juge utile de “permettre aux parlementaires de nourrir un débat à la hauteur de l’enjeu”, dit l’entourage d’Edouard Philippe.

Le texte disputé a été rédigé par Mohamed Laqhila, allié à des élus de territoires où Total est présent, dont les voisins de la bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) utilisant de l’huile de palme, site dans lequel Total a investi 300 millions d’euros pour sauver 250 emplois en vertu d’un accord passé avec le gouvernement.

Dans un message à Reuters, le député explique avoir proposé “un compromis” cohérent avec son souci d’oeuvrer pour le “développement économique de notre pays en général et du département en particulier”.

“L’amendement reprend une partie des arguments développés par le groupe Total, preuve qu’ils ont trouvé un écho favorable auprès de certains députés”, note Total, où une source reconnaît que des représentants du groupe ont rencontré députés, ministres et Premier ministre à ce sujet.

Pour échapper à une taxe qu’il évalue à 80 millions d’euros par an, le groupe dit avoir entrepris “pendant toute l’année 2019, en toute transparence, de rencontrer des parlementaires français, afin de les sensibiliser aux enjeux complexes de ce dossier”.

Interrogé par Reuters sur cet épisode, l’Elysée n’a fait aucun commentaire et renvoyé vers Matignon.

Un proche du ministre Bruno Le Maire a reconnu pour sa part une certaine confusion. “On n’a pas bien travaillé avec les parlementaires. On aurait dû bâtir un amendement plus clair, la communication s’est mal passée entre les différents acteurs.”

Le service de presse d’Elisabeth Borne affirme quant à lui n’avoir rien à dire “sur ce qui relève de discussions interministérielles internes”. Une source gouvernementale vante “la loyauté” de la ministre, qui n’a pas fait part publiquement de son courroux, et “son habileté, puisqu’au final, le vote est allé dans son sens”.

Le 15 novembre au soir, Elisabeth Borne est venue elle-même défendre du bout des lèvres l’amendement dans l’hémicycle en présence de Gérald Darmanin, proposant une adoption “à titre d’attente” du texte, avant la création d’un groupe de travail. Le vote qui a suivi fut sans appel : 58 voix contre et deux pour : Eric Woerth (LR) et Mohamed Laqhila.

«Une Taxe carbone, européenne inefficace » (Tribune d’un collectif au Monde)

«une Taxe carbone, européenne inefficace  » (Tribune d’un collectif au Monde)

 

 

Dans une tribune au « Monde », un économiste et trois syndicalistes  proposent de nouvelles conditions d’échange et critiquent l’utopie d’une taxe carbone européenne des échanges.  Ils estiment que seul un ajustement carbone aux frontières de l’Europe serait une mesure efficace et introduirait durablement la sauvegarde du climat dans le prix des produits de base.

«  Pour faire face aux risques de « fuite carbone », certains préconisent une taxation aux frontières. Le gouvernement français l’a proposé et Ursula Von der Leyen, la nouvelle présidente de la Commission européenne, l’a inscrite dans sa feuille de route…

Mais ce n’est pas en promettant une nouvelle taxe, que personne ne soutiendra (au-delà des discours convenus de ceux qui veulent enterrer toute mesure de protection au nom du dogme du libre-échange), que l’Union européenne (UE) et l’industrie européenne pourront s’en sortir par le haut. Rappelons le parcours chaotique et toujours inachevé de la « taxe sur les transactions financières » qui n’a jamais été acceptée à l’unanimité et qui n’a jamais été appliquée, y compris par ses principaux promoteurs gouvernementaux.

 

S’agissant de l’Europe, la question se pose dans un univers économique structuré, à court et même moyen terme, par deux institutions : le dispositif européen du marché des droits d’émission de CO2 (ETS, pour « Emissions Trading Scheme ») et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les objectifs ou les règles de ces deux institutions peuvent évoluer (et c’est souhaitable), mais il est décisif d’agir intelligemment et sans tarder dans le cadre qu’elles réglementent. 

 

Après une très (trop) longue période où le prix du CO2 sur le marché européen des droits d’émission a été structurellement en deçà des 10 euros/tonne, le prix du carbone décolle enfin en 2019, et le signal prix commence à produire ses effets. Mais dans un contexte où elles sont les seules à payer le CO2 (au fur et à mesure que leurs quotas gratuits s’épuisent), les industries européennes intensives en énergie voient leurs concurrents bénéficier d’un avantage comparatif, issu d’une concurrence que l’on peut qualifier de déloyale.

 

Une telle situation ne peut qu’accentuer la désindustrialisation européenne par la délocalisation (la « fuite carbone ») et ce, en augmentant la quantité de gaz à effet de serre émise planétairement. Ajoutons que demain, grâce aux grands efforts de modernisation de leurs industries de base, les producteurs chinois dans le secteur de l’acier et dans d’autres secteurs industriels seront, sans nul doute, devenus plus propres et plus efficients que leurs concurrents européens qui auront préféré la délocalisation à l’investissement d’avenir… 

Soyons clairs, cette mesure n’a rien à voir avec une taxation ni sur le fond ni sur les modalités de sa réalisation : c’est une mesure d’équité concurrentielle conforme aux directives de l’OMC, s’appuyant sur des outils juridiques existants, des organisations en place et des données d’ores et déjà disponibles, dans le cadre du système d’échange de quotas de CO2, profondément analogue au règlement européen sur les substances chimiques dangereuses (Reach) fondé sur les principes de traçabilité, de transparence et du devoir de vigilance. »

Laurent Berger (CFDT) : « Non au report de l’âge de la retraite »

Laurent Berger (CFDT) : « Non au report de l’âge de la retraite  »

Laurent Berger n’est pas coutumier des coups de gueule médiatique, ce n’est pas la style du personnage. C’est discrètement et de manière responsable et efficace qu’il a réussi à faire de la CFDT le premier syndicat français. Un syndicalisme de négociation dont l’objet est d’aboutir à des compromis qui font avancer les conditions sociales. Pas un syndicalisme tapageur et radical qui promet la révolution politique  totale au moindre soubresaut social. Mais pour être discret Berger et  la CFDT n’en sont pas pour autant aveugles. Depuis toujours, la CFDT se doute que derrière les grands principes d’universalité auxquels elle adhère, se dissimule malheureusement aussi des intentions de faire baisser le nombre de bénéficiaires de la retraite et de diminuer le niveau de celles-ci. Certes la CFDT est consciente du déséquilibre démographique qui impose des évolutions, elle milite aussi pour davantage de justice entre le régime général et les régimes spéciaux mais elle ne veut pas que la réforme des retraites se réduise à une simple amputation des dépenses au détriment uniquement des pensions. Par ailleurs , la CFDT est au fait des contradictions au sein même du gouvernement entre par exemple Macon et Édouard Philippe. La CFDT sait  aussi que le gouvernement actuel se positionne sur le dossier pour contrebalancer les orientations des républicains qui proposent un retour à 65 ans. Dans une interview aux « Echos », le secrétaire général de la CFDT dénonce donc « une réforme qui est censée corriger les injustices du système actuel et qui va commencer par les accroître » et annonce que la CFDT va appeler à manifester le 17 décembre sur ses propres revendications. « Voir que le compromis est à portée de main et le balayer pour une question de dogmatisme budgétaire est une profonde erreur », estime le syndicaliste. En outre la transition va surtout être caractérisée pendant au moins une quinzaine d’années de multiples régimes en fonction de la date de naissance, des transitions des régimes spéciaux et des exceptions consenties à certaines catégories de fonctionnaires

 

Emploi: très petite hausse de 0.2% hausse au troisième trimestre

Emploi:  petite hausse de 0.2% hausse au troisième trimestre

 

Un toute petite hausse qui indique en fait une quasi stagnation. Le secteur privé a enregistré 33.700 créations nettes de postes au troisième trimestre, soit une hausse de 0,2% comme au trimestre précédent, selon des chiffres définitifs de l’Insee publiés mardi. A mettre en parallèle avec les 3.3 millions de chômeurs officiels.

Le rythme des créations d’emploi ralentit nettement .  L’institut a revu en baisse son estimation provisoire qui était de 54.300 postes (+ 0,3%) selon les derniers chiffres livrés ce mardi 9 décembre. Au deuxième trimestre, la hausse était de 43.500 postes.

Par secteur, l’emploi reste quasi stable dans l’industrie : +1.500 après +1.400. L’emploi industriel est supérieur de 17.400 à son niveau d’un an auparavant (soit +0,6%). Dans la construction, il continue de croître solidement : +9.000 (soit +0,6%). Sur un an, la hausse atteint 42.200 (+3,1%).

L’emploi augmente de 23.500 dans les services marchands, soit +0,2%. Sur un an, ces secteurs portent la grande majorité des créations nettes d’emplois salariés (+167.500). Ceci en dépit d’une baisse de l’emploi intérimaire, −2.900, comme au trimestre précédent (-8.000 sur un an).

L’emploi salarié dans les services principalement non marchands progresse légèrement, comme au trimestre précédent : +6.500, après +11.200. Cette progression provient essentiellement de la fonction publique (+7.600 après +10.000) tandis que l’emploi privé reste quasi stable.

L’emploi salarié a de nouveau légèrement progressé dans la fonction publique (+8.600 après +10.600). Sur un an, l’emploi salarié s’accroît au total de 258.600 (+1,0%): +231.000 dans le privé et +27.700 dans la fonction publique Au total, l’emploi salarié compte 19,6 millions de postes et augmente de manière continue depuis le 2e trimestre 2015. Dans un communiqué distinct, l’Acoss indique que « le salaire moyen par tête (SMPT) progresse de 0,9 % au troisième trimestre 2019 comme au trimestre précédent. Sur un an, il s’accroit de 2,3 % ».

 

Avec le triomphe du Franglais: le français au rang de dialecte local ?

Avec le triomphe du Franglais:  le français au rang de dialecte local ?

A juste titre, l’académie française lance un cri d’alarme vis-à-vis de l’invasion du franglais. Sur la tendance, le français pourrait bien devenir une sorte dialecte locale pratiqué en privé. Dans le monde politique ou dans les médias, le franglais est instrumentalisé pour conférer  un caractère plus pertinent aux propos; D’ une certaine façon, c’est ainsi que procédaient les médecins de Molière pour donner l’illusion du caractère scientifique de leur diagnostic et de leur potion magique. On comprend que dans certaines disciplines des expressions d’origine anglaise puisse être utilisées quand il s’agit de caractériser des mots très nouveaux qui n’ont pas eu encore le temps d’être francisées. Par contre,  truffer un discours de locution anglaise pour faire sérieux relève d’une tartuferie linguistique. L’exemple le plus caractéristique est sans doute le mot de start-up nation ou start-up City. Esthétiquement, le mot est brillant mais on a bien du mal à en donner une définition. Exemple ce que dit Macron :

«  Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une. » . Lors de la  campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait plaidé pour une économie tournée vers l’entrepreneuriat et l’innovation.

Traduit de l’anglais, le terme « start-up » vient de « startup company » et signifie société qui démarre. Il peut être défini plus précisément comme une jeune entreprise innovante – ou jeune pousse – dans le secteur des nouvelles technologies. Si le concept n’a pas de définition stricte, il suppose, outre l’utilisation de technologie nouvelle, une forte croissance potentielle, le besoin de financement élevé et un marché mouvant où les risques sont difficiles à évaluer. Bref tout simplement le monde entrepreneurial . En plus, avec un détournement sémantique quand il s’agit de smart city visant simplement à numériser des services publics.

On pourrait citer d’autres exemples d’utilisation de ce nouveau latin de messe qui permet aux technocrates de se donner à bon compte un vernis scientifique. De ce point de vue, Macron ne fait pas exception à la règle , c’est même le prophète de cette tartuferie sémantique.

 

L’Académie française a donc demandé, jeudi 21 novembre, aux pouvoirs publics de mieux respecter la loi Toubon de 1994 sur la défense de la langue.

Les violations répétées de la loi Toubon dénaturent notre langue, autant par l’invasion des termes anglo-saxons que par la détérioration qu’ils entraînent de sa syntaxe. L’Académie française dans un communiqué adressé à l’AFP

« Fidèle à la mission qui lui a été confiée de veiller sur la langue française et de la défendre, l’Académie alerte solennellement les pouvoirs publics et les invite en premier lieu à respecter eux-mêmes la loi », a souligné l’Académie.

Si ceux-ci ne réagissent pas vigoureusement, si l’opinion ne prend pas la mesure du danger qui le menace, le français cessera d’être la langue vivante et populaire que nous aimons. L’Académie française dans un communiqué adressé à l’AFP

 

Dernière femme accueillie à l’Académie française, la philologue Barbara Cassin avait profité de son discours inaugural sous la Coupole pour fustiger en octobre pour fustiger le « global English » et plaider pour le plurilinguisme. « Nous voulons contribuer à fabriquer une Europe résistante, qui refuse de s’en tenir à cette non-langue de pure communication qu’est le global English », avait déclaré l’académicienne. « Nous refusons que nos langues, celles que nous parlons, le français, l’anglais lui-même (celui de Shakespeare, d’Emily Dickinson ou de Churchill), deviennent de simples dialectes, à parler chez soi », avait-elle ajouté.

 

La banque de France annonce des tests de résistance au risque climatique

La banque de France  annonce des tests de résistance au risque climatique

 

Les banques sont forcément exposées au risque climatique puisque ce sont elles qui le plus souvent avancent les fonds nécessaires pour les investissements d’énergies y compris polluantes. Le retour financier est assuré par les profits réalisés sur la matière première. Le problème, c’est que la rentabilité de cette première matière première pourrait bien chuter brutalement soit du fait de sa rareté, soit du fait de son coût ou les deux combinés. Dans une étude intitulée « la colossale empreinte carbone des banques françaises« , publiée ce jeudi 28 novembre, les ONG Oxfam France et Les Amis de la Terre évaluent l’empreinte carbone de ces groupes (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE) en y ajoutant les émissions de gaz à effet de serre issues de leurs activités de financement et d’investissement des énergies fossiles pour aboutir à un total de plus de 2 milliards de tonnes de CO2 en 2018.

« L’empreinte carbone des banques françaises représente au total 4,5 fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière. À elles seules, BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale émettent chacune plus que le territoire français, compromettant l’objectif de contenir le réchauffement global sous la barre de 1,5 °C », affirment les deux ONG.

L’intention de la Banque de France est  de soumettre les organismes de financement de l’énergie à des tests de résistance climatique. Les banques et les compagnies d’assurances françaises vont être soumises l’an prochain à des tests de résistance au risque climatique, a annoncé vendredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

Les investisseurs exercent une pression croissante sur les grandes entreprises afin qu’elles réduisent leur exposition aux secteurs les plus nocifs, dans le cadre des engagements pris en 2015 lors de l’accord de Paris sur la lutte contre le réchauffement climatique.

En France, les banques et les assureurs sont également sous la pression des organes de tutelles à ce sujet, la loi française obligeant depuis 2016 toutes les institutions financières à publier leurs risques climatiques.

« Nous allons procéder l’année prochaine à des tests de résistance au risque climatique pour les banques et les assurances françaises », a déclaré François Villeroy de Galhau, lors d’une conférence sur la finance verte, à Paris.

« Ce seront des étapes très importantes pour évaluer le type de risques climatiques qui apparaissent déjà dans les bilans des banques et des assureurs », a-t-il ajouté.

Dans un entretien accordé à La Croix, il invite par ailleurs les banques et les compagnies d’assurances à réduire leur exposition au secteur du charbon.

« Il est indispensable que le risque lié au financement de centrales à charbon diminue vite dans le bilan des banques françaises », a déclaré François Villeroy de Galhau au quotidien.

La Société générale et Axa ont annoncé cette semaine qu’ils entendaient sortir complètement de l’industrie du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et 2040 dans le reste du monde.

BNP Paribas avait annoncé une décision similaire la semaine précédente, en décidant l’arrêt complet de ses financements du charbon en 2030 dans les pays de l’Union Européenne, et en 2040 pour le reste du monde.

Remise cause de la présence de la France au Sahel par Macron ?

 Remise cause de la présence de la France au Sahel par Macron ?

 

Il aura peu- être fallu 13 mœurs supplémentaire pour que Macron s’interroge sur le sens de la présence des forces françaises au Sahel. Des forces complètement inadaptées aux enjeux en particulier sous dimensionnées  et en plus de plus en plus mal supportées par des populations travaillées par l’islamisme radical. “La mission qui est la nôtre là-bas est importante, néanmoins le contexte que nous sommes en train de vivre au Sahel me conduit aujourd’hui à regarder toutes les options stratégiques”, a annoncé Emmanuel Macron, évoquant implicitement la multiplication des foyers djihadistes et la recrudescence des violences intercommunautaires.

L’enlisement  des forces française au Sahel est en effet à craindre comme l’explique  Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD) «  L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des djihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains. Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban.  »

Le chef de l’Etat a précisé que la question avait été abordée mercredi lors du conseil de Défense hebdomadaire à l’Elysée. “Les prochaines semaines seront consacrées à un travail en profondeur que j’ai demandé au gouvernement et à nos armées pour regarder les modalités de notre intervention.”“Je le dis, toute les options sont aujourd’hui ouvertes”, a souligné Emmanuel Macron, alors que le débat politique en France resurgit sur l’opportunité d’un retrait du Sahel.

Le député européen (LR) Arnaud Danjean, spécialiste des questions de Défense, estime jeudi dans Le Figaro que la France doit miser sur une coopération opérationnelle plutôt que sur “des annonces spectaculaires de grands renforts européens qui ne viendront pas”. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a estimé mercredi devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale que l’initiative “Takouba” voulue par la France pour agréger des forces spéciales européennes autour du pôle français verrait le jour “rapidement”.

L’enlisement de l’armée française au Sahel ?

L’enlisement de l’armée française au Sahel ?

 

La question que pose Serge Michailof, chercheur à l’Iris et enseignant à Sciences Po, ancien  directeur des opérations à l’Agence française de développement (AFD). Ce spécialiste de l’Afrique, et plus précisément du Sahel, s’ explique dans une inewiew à France info

L’armée française risque-t-elle un enlisement au Sahel ?

Serge Michailof : L’armée française se trouve dans une impasse. Elle a brillamment arrêté le rezzou (l’attaque NDLR) inorganisé lancé en janvier 2013, par trois groupements armés qui ont alors menacé le sud du pays et en particulier Bamako; elle a alors détruit une série de bases logistiques des jihadistes au nord du Mali. L’armée française a empêché la constitution de katibas (cellule armée NDLR) structurées susceptibles de menacer les centres urbains.

Mais la guerre s’est déplacée, comme on pouvait le craindre, vers le centre, puis le sud du pays, régions très peuplées. A cet égard, le terme de « terroriste » pour désigner l’ennemi est parfaitement inapproprié, puisque nous n’avons pas en face de nous des fous de Dieu exclusivement soucieux de semer le chaos, mais des hommes réfléchis qui ont arrêté une stratégie asymétrique classique assez proche de celle adoptée en Afghanistan par les Taliban. Or il suffit de regarder les cartes des incidents et actions conduites par les jihadistes de 2017 à 2019, pour constater l’expansion géographique et la multiplication de ces actions.

Nous constatons ainsi que l’ennemi déroule sa stratégie et que Barkhane, quelles que soient les victoires tactiques qu’elle remporte, n’a pas pu arrêter la dégradation de la situation sécuritaire. En outre, l’armée malienne subit défaite sur défaite. Elle a perdu 150 hommes en deux mois. Les jihadistes ont récemment fait une démonstration de leurs capacités en prenant le poste de Indelimane, à proximité de la frontière avec le Niger et en tuant 40 soldats. Défendant un pays très fragile, aux institutions gangrénées par le népotisme et la corruption, nous sommes en train de perdre la guerre même si Barkhane gagne toutes les batailles.

Comme en Afghanistan, la géographie du Sahel est-elle un obstacle au rétablissement de la sécurité ?

C’est plus l’immensité de l’espace et le mauvais état des routes qui pose problème, plutôt que la géographie par elle-même. Les pays du G5 Sahel représentent environ 6 à 7 fois la superficie de la France. Il n’y a pas de zones montagneuses comparables réellement à l’Indu Kush d’Afghanistan, même si l’Aïr, que j’ai souvent parcouru et l’Adrar des Ifoghas, sont des zones difficiles. Ceci dit maintenant que la guerre s’est aussi déplacée au Burkina et y prend une coloration ethnique : agriculteurs Mossis contre pasteurs Peuls, elle devient extrêmement difficile, car l’enjeu est le contrôle des populations dans un contexte où les deux Etats sont défaillants. La guerre se déplace donc vers les villages dans un contexte de mosaïque ethnique très complexe, de crise environnementale, de tensions et conflits anciens qui sont ravivés délibérément par les jihadistes.

Pourquoi les armées africaines ne semblent-elles pas à la hauteur du défi ?

 

Il y a de grandes différences entre les armées du G5-Sahel. La Mauritanie a découragé les jihadistes qui ont pris la peignée à chaque fois qu’ils sont intervenus dans ce pays, qui se rouvre même au tourisme (!). L’armée tchadienne a considérablement aidé Serval en 2013 et est d’ailleurs très redoutée dans la sous-région. Mais elle est au four et au moulin, combattant les jihadistes de Boko Haram repliés dans le bassin du Lac Tchad, intervenant en Centrafrique, et répondant aux menaces multiples provenant du Darfour et de Libye.

L’armée nigérienne bien commandée “fait le boulot” et tient le coup pour l’instant, mais elle manque cruellement de moyens. Il suffirait que la France ou l’Union Europénne acceptent de mettre le paquet en formation, équipement, financement etc. pour en faire une armée capable de tenir le pays, Si le Niger recevait le tiers du milliard de dollars que coûte la force des Nations unies, la Minusma, en dotation annuelle pour sa sécurité, le Niger serait fort capable de se défendre.

Le vrai problème, ce sont les armées du Mali et du Burkina. Le problème est ici avant tout politique. Vous connaissez le dicton chinois ”le poisson pourrit par la tête”. En fait, il ne sert à rien d’entraîner ces deux armées et de les équiper si en particulier une gestion des ressources humaine rénovée ne permet pas de réintroduire un système méritocratique dans les chaînes de commandement et de sortir du népotisme.

 

Comme l’Afghanistan, le Sahel est-il gangréné par les trafics en tous genres et notamment armes et drogue ?

 

De tout temps le Sahel et le Sahara ont été des zones de trafic historiquement d’esclaves, d’or, d’ivoire et de sel. Aujourd’hui c’est plutôt la cocaïne, les armes et les migrants avec aussi un peu de gasoil et de produits alimentaires pour profiter des différences de prix avec l’Algérie. Ces trafics ont eu un impact désastreux au Mali en gangrénant une partie des élites dirigeantes dès la fin des années 1990 et le début des années 2000.

Maintenant ces trafics sont pour partie entre les mains des différents groupes djihadistes et contribuent à leur financement. Les ressources financières de ces groupes viennent aussi du contrôle des mines d’or artisanales, qui sont très importantes au Mali et au Burkina et de la taxation du coton, qui est l’une des richesses de ces pays et le racket sur les marchandises et les voyageurs sur les routes qu’ils contrôlent.

Comment expliquer la montée du jihad et la force de l’islam politique dans cette région autrefois réputée pour une certaine tolérance ?

 

L’islam soufi, historiquement propre à cette région, était extrêmement tolérant. Le salafisme n’est toutefois pas arrivé hier. Son implantation méthodique est l’œuvre de l’Arabie Saoudite, qui est très active au Sahel depuis la fin des années 70 et l’enrichissement des pays pétroliers. Depuis cette époque, on a vu surgir dans tout le Sahel francophone des mosquées financées par des fondations saoudiennes et cet effort méthodique sur plus de 40 ans a entraîné une modification radicale des comportements religieux. Pour ceux qui, comme moi, suivent le Sahel depuis 50 ans, on a vu apparaître les voiles des femmes depuis la fin des années 1990.

A ceci s’est conjugué un effondrement des systèmes d’éducation publique en zone rurale, ceci pour des raisons multiples : crises budgétaires, programme économique du FMI mal construit, mais surtout le choc démographique et la focalisation des donateurs sur les constructions d’écoles, alors que la formation et l’encadrement des enseignants ont été largement oubliés. Résultat, les écoles coraniques ont fréquemment été le seul lieu d’apprentissage des enfants et ces écoles ont été tenues par des convertis au salafisme. Ce n’est pas sans rappeler le rôle des madrassas du Pakistan dans la formation du mouvement Taliban.

Pourquoi ces états n’arrivent-ils pas à répondre aux besoins sociaux, éducatifs, de leur population ?

 

Ces pays sahéliens ont une population extrêmement pauvre et le taux de fiscalisation qui est de l’ordre de 20 % du PIB ne leur laisse pas de marges budgétaires bien conséquentes. Or ils sont soumis à un double choc : un choc démographique colossal avec des taux de croissance de la population supérieurs à 3%, 4% pour le Niger dont la population est passée de 3 millions à l’indépendance à 20 millions actuellement et dépassera 60 millions en 2050. Le deuxième choc est un choc sécuritaire, car les dépenses de sécurité qui atteignent ou dépassent 6% des PIB sont en train d’évincer les dépenses de développement et les dépenses sociales. Ces pays ne peuvent pas acheter des hélicoptères de combat et apporter une éducation de qualité à leurs enfants.

 

Croissance Japon: consommation au plus bas

Croissance Japon : consommation au plus bas

 

Double peine pour le Japon qui voit ses exportations se tasser sérieusement notamment avec la Chine et en même temps sa consommation intérieure s’écrouler. Les ventes au détail au Japon ont chuté en octobre à un plus bas de plus de quatre ans, alors que la hausse de la TVA a incité les consommateurs à réduire leurs dépenses, soulevant des inquiétudes sur la solidité de la demande intérieure.

Le gouvernement japonais a relevé le 1er octobre la TVA de 8% à 10%, une mesure que Tokyo juge essentielle pour réduire la massive dette publique du pays.

Certains analystes craignent toutefois que cette hausse de la TVA, qui fut reportée à deux reprises, prive l’économie japonaise d’un moteur de croissance dans un contexte de ralentissement des exportations et de la production.

D’après les statistiques officielles publiées jeudi, les ventes au détail ont diminué de 7,1% en octobre en rythme annuel, sous l’effet notamment de la faible demande pour les biens coûteux – voitures, appareils électroménagers.

Il s’agit de leur plus importante chute depuis mars 2015.

Les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un déclin de 4,4%.

En avril 2014, au moment de la précédente hausse de la TVA (de 5% à 8%), les ventes au détail avaient baissé de 4,3%.

Les données du ministère du Commerce montrent que les ventes au détail ont reculé en rythme mensuel de 14,4% en octobre en données corrigées des variations saisonnières.

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