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Croissance mondiale : retour au niveau d’avant crise

Croissance mondiale : retour au niveau d’avant crise

Ce n’est sans doute pas avant 2023 que l’économie mondiale retrouvera le niveau qu’elle aurait dû atteindre. En effet La croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait bondir de 5,7% en 2021 et 4,5% en 2022 selon l’OCDE. Juste de quoi retrouver le niveau de 2000 19 mai avec des inégalités selon les zones et les pays. Les pays pauvres pourraient être les principales victimes de ces inégalités dans la mesure ils sont encore très affectés par la crise du covid faute de dose suffisante du vaccin. Globalement en 2023, il est probable qu’au plan mondial retrouvera une certaine mollesse de la croissance autour de 2 % pour les pays développés.

Certes le rebond a été important en 2021 mai il faut rappeler que la propagation de l’onde de choc de la pandémie a plongé l’économie internationale dans une profonde récession en 2020. L’effet de base lié à ce violent plongeon doit être pris en compte dans l’appréciation de la reprise. En outre, les capacités de reprise dans chacun des pays sont loin d’être les mêmes partout sur le globe. Les économistes insistent particulièrement sur le caractère inégal du rebond entre les pays du G20 et les économies émergentes.

« L’impact économique du variant Delta a été jusqu’à présent relativement modeste dans les pays où les taux de vaccination sont élevés, mais il a pesé sur la dynamique à court terme dans les autres et, au niveau mondial, il a accentué les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les coûts », expliquent les experts.

Mise en garde vis-à-vis du soutien de la Russie au Mali

Mise en garde vis-à-vis du soutien de la Russie au Mali

 

La Russie qui s’immisce (comme la Chin)e dans la plupart des espaces géopolitiques dans lesquels les occidentaux éprouvent des difficultés comme au Mali a été vivement critiquée par la France l’Allemagne et plus globalement par l’union économique et l’ONU.  Une mise en garde était adressée aux putschistes du Mali qui envisagerait un recours à l’organisation mercenaire russe Wagner et au soutien implicite de la Russie.

Par ailleurs, l’Onu, qui dispose de quelque 15.000 Casques bleus au Mali, a souligné que tout partenariat d’un gouvernement avec des forces militaires étrangères devrait respecter les droits humains. Le colonel Sadio Camara, a affirmé que la réduction de la présence française au Mali «obligeait à tout envisager pour sécuriser le pays». Dans l’entourage du ministre malien de la Défense, on a confirmé toutefois à l’AFP «qu’aucun acte n’a été posé avec Wagner».

 

Revalorisation des minima de branche inférieurs au Smic ?

Revalorisation des minima de branche inférieurs au Smic ?

 

La ministre du travail a plaidé dimanche pour la revalorisation des minima de branche qui sont inférieures au SMIC. Est notamment visé le secteur de l’hôtellerie et de la restauration.

Porté à bout de bras par l’État durant la crise, le secteur de l’hôtellerie et de la restauration (HCR) doit désormais rendre la pareille. Interrogée sur Radio J, ce dimanche, la ministre du Travail a jugé que ce secteur, confronté à des difficultés de recrutement, devait absolument améliorer l’attractivité de ses métiers, y compris en augmentant ses salaires.

Du fait de la crise sanitaire, bon nombre d’employés ont quitté le secteur (environ 100 000 ce qui est énorme sur un total de l’ordre de 750 000 en 2019).. La ministre a donc demandé vendredi, à l’occasion d’une réunion avec les représentants de la profession, de discuter avec les représentants syndicaux pour «améliorer l’attractivité de ces métiers». Une feuille de route et un calendrier sont attendus «très rapidement [...], très clairement avant la fin de l’année», afin de rendre ces métiers plus attractifs.

«Les minima de branche, dans ce secteur, sont en dessous du smic. En termes d’attractivité du secteur, je pense que c’est un très mauvais signal», a reproché Élisabeth Borne.

Réforme indemnités chômage : en application au premier octobre

Réforme indemnités chômage : en application au premier octobre

Les nouvelles règles controversées de calcul du montant de l’allocation-chômage, mesure phare de la réforme, devaient entrer en vigueur au 1er juillet, mais le Conseil d’État les avait suspendues en juin, arguant des «incertitudes sur la situation économique». 

Selon une évaluation de l’Unédic, jusque 1,15 million de personnes ouvrant des droits dans l’année suivant l’entrée en vigueur de la réforme toucheraient une allocation mensuelle plus faible (de 17% en moyenne), avec dans le même temps une «durée théorique d’indemnisation» allongée (14 mois en moyenne contre 11 avant la réforme).

 «Il faut s’assurer qu’il n’est jamais plus rentable de ne pas travailler que de travailler», a déclaré Emmanuel Macron.

Covid : vaccination obligatoire en débat au Sénat en octobre

Covid : vaccination obligatoire en débat au Sénat en octobre

Le Sénat débattra le 13 octobre dans l’hémicycle, dans le cadre d’un espace réservé au groupe socialiste, une proposition de loi visant à instaurer la vaccination universelle obligatoire contre le Covid-19. La proposition de loi PS, portée notamment par Bernard Jomier et le président du groupe Patrick Kanner, vise à compléter l’article du code de la santé publique relatif à l’obligation des vaccinations antidiphtérique et antitétanique pour y ajouter la vaccination contre le Covid-19.

Amazon: du taylorisme au « bezosisme

Amazon: du taylorisme au   »bezosisme « 

Un article de Christopher Mims Dans le Wall Street Journal

Le géant du commerce électronique invente le « bezosisme », mode de management associant surveillance des employés, utilisation d’algorithmes et exploitation des données

 

Si elle s’avère aussi prisée et durable que les systèmes d’organisation dont elle s’inspire – du fordisme jusqu’au système de production de Toyota –, la méthode de management de Jeff Bezos pourrait constituer, aux côtés du commerce électronique et des activités spatiales de l’entrepreneur, son héritage le plus important.

 

Austin Morreale avait été embauché pour ranger les marchandises dans les étagères d’un entrepôt d’Amazon. Si cette tâche éprouvante s’est révélée insupportable physiquement, M. Morreale en retient quand même des aspects positifs. Le travail était éreintant et les nuits, bien longues – M. Morreale se rendait à l’entrepôt après sa journée de travail dans un organisme à but non lucratif. Ce cumul n’était pas durable, mais M. Morreale ne comptait pas s’y plier plus d’un été de toute façon. Il avait besoin d’un revenu supplémentaire, de l’accès immédiat à une assurance maladie, et d’un changement de rythme. Finalement, il a tenu six semaines.

M. Morreale, 50 ans, travaillait au centre de traitement des commandes d’Edison, dans le New Jersey, et affirme que si bon nombre d’employés avec lesquels il était formé ne sont pas restés plus de deux semaines, « [son] expérience a été positive ». La tâche était rude, lui rappelant d’une certaine manière ses entraînements sportifs lorsqu’il était lycéen. « C’était dix heures de boulot d’un ennui mortel, à rester presque tout le temps dans la même position, raconte-t-il. Je terminais en nage, avec des douleurs comme je n’en avais pas eues depuis l’époque où je participais à des tournois de football. »

M. Morreale explique qu’il était lent, et qu’il peinait à suivre la méthode qu’on lui avait apprise pour ranger efficacement les marchandises sur les étagères robotisées. Il n’arrivait pas à tenir la cadence exigée des employés d’Amazon. Il précise toutefois que ses managers étaient bienveillants et « s’investissaient un maximum » pour aider chaque membre de son équipe à s’améliorer.

On imagine la satisfaction de Taylor, inventeur de l’organisation scientifique du travail au début du XXe siècle, ou de Ford, s’ils avaient pu savoir, à la milliseconde près, combien il fallait à chaque travailleur pour mener sa tâche à bien, chaque jour, quelle que soit l’usine où il se trouvait

A l’entrepôt, personne n’a jamais été derrière M. Morreale, à lui hurler d’aller plus vite. Cela n’était pas nécessaire. Deux fois par jour, les chefs d’équipe réunissaient les employés pour les tenir informés de leurs performances : un logiciel d’Amazon et une panoplie de capteurs disséminés dans l’entrepôt suivaient tous les faits et gestes du personnel. « Vous gardez ces chiffres en permanence à l’esprit », observe M. Morreale.

Le témoignage de M. Morreale est représentatif de l’expérience moyenne des employés de centres de traitement des commandes que j’ai interrogés. D’un côté, il y avait ceux pour qui le travail s’était avéré insupportable, et qui n’avaient pas tenu plus de deux semaines. De l’autre, il y avait des employés qui appréciaient leur tâche et toléraient bien les longues heures de travail, ainsi que l’isolement et la répétition des mêmes gestes auxquels il était associé.

Il y a plus d’un siècle, Frederick Winslow Taylor et Henry Ford ont mis au point des systèmes visant à accélérer le rythme de travail, que nous considérons aujourd’hui comme acquis. M. Morreale a fait l’expérience du taylorisme et du fordisme adaptés pour le XXIe siècle par Amazon au moyen d’algorithmes. C’est un mélange de surveillance, de mesures des performances, d’incitations psychologiques, d’objectifs, de slogans, de « l’esprit Jeff Bezos » incitant à travailler dur, et d’une série de dispositifs technologiques intelligents, toujours plus nombreux et souvent développés par le groupe lui-même. Inédit dans l’histoire du travail, ce système global peut être qualifié de « bezosisme ».

Actuellement, le bezosisme connaît une diffusion dans l’univers du travail, réécrivant le code source du fonctionnement industriel mondial. S’il s’avère aussi prisé et durable que les systèmes d’organisation dont il s’inspire – du fordisme jusqu’au système de production de Toyota –, il pourrait constituer, aux côtés du commerce électronique et des activités spatiales de l’entrepreneur, l’héritage le plus important de M. Bezos.

Selon la manière dont une entreprise applique le bezosisme, cette technique de management fondée sur l’exploitation des technologies peut se révéler bienveillante, impitoyable, ou les deux à la fois.

Prenons l’exemple de l’indicateur de performance bien connu d’Amazon – la fameuse cadence que M. Morreale n’était pas capable de tenir.

Dans les centres de traitement des commandes, la productivité humaine est mesurée à l’aide d’un taux global calculé pour chaque travailleur effectuant sur un poste robotisé la mise en stock et le prélèvement des articles dans les stocks.

On imagine la satisfaction de Taylor, inventeur de l’organisation scientifique du travail au début du XXe siècle, ou de Ford, s’ils avaient pu savoir, à la milliseconde près, combien il fallait à chaque travailleur pour mener sa tâche à bien, chaque jour, quelle que soit l’usine où il se trouvait. On imagine aussi ce que Frank et Lillian Gilbreth, pionniers du « time and motion », auraient pu faire s’ils avaient pu remplacer leurs propres caméras par les millions d’heures d’enregistrement vidéo que capturent les caméras numériques installées sur les postes de travail des centres Amazon. On imagine enfin le degré d’efficacité supplémentaire du processus juste-à-temps appliqué à la gestion des stocks, à l’affectation des capitaux et au réapprovisionnement automatisé qu’auraient obtenu Taiichi Ohno et Eiji Toyoda, les créateurs du système de production de Toyota dans le Japon de l’après-guerre, grâce à un dispositif permettant de déterminer le moment précis auquel un ouvrier prélève un article sur une étagère avant de l’envoyer à l’étape suivante.

Le fait qu’Amazon possède toutes ces données, et puisse gérer son personnel, faire évoluer ses systèmes automatisés, et créer de nouveaux robots sur cette base, est l’une des raisons pour lesquelles le groupe est le distributeur le mieux valorisé au monde.

Le rythme global auquel les employés doivent accomplir une tâche dans un entrepôt Amazon, qu’il s’agisse de ranger des articles sur les étagères, les y prélever, ou emballer les marchandises dans des cartons, est calculé à partir de la performance agrégée de chaque personne effectuant cette tâche dans un centre donné, précise une porte-parole d’Amazon. Amazon affirme que ce taux variable montre qu’aucun employé n’est poussé à tenir un rythme au-delà du raisonnable, dans la mesure où la cadence retenue est en quelque sorte une moyenne de ce chacun réalise déjà.

« Nous ne fixons pas d’objectifs de performances déraisonnables », affirmait en avril M. Bezos, désormais président du groupe, dans une lettre aux actionnaires.

Ce n’est cependant pas la façon dont nombre d’employés d’Amazon voient les choses, y compris ceux qui dépassent régulièrement le rythme de leur propre centre. Chacun peut avoir une mauvaise semaine – être malade, épuisé parce qu’il doit s’occuper d’un enfant ou d’un proche, ou souffrir de blessures dues aux gestes répétitifs, lesquelles ne sont pas rares chez des employés devant effectuer la même tâche pendant dix heures, ponctuées seulement d’une demi-heure de pause déjeuner et de deux autres pauses de quinze minutes chacune.

Mercredi dernier, les parlementaires californiens ont proposé un projet de loi visant à réglementer les entreprises qui, comme Amazon, recourent à des quotas et à d’autres pratiques fondées sur des algorithmes dans leurs entrepôts.

Savoir que vous aurez un avertissement, émis par algorithme, si vous ne tenez pas la cadence, et que si cela se produit trop souvent vous risquez de perdre votre emploi, peut constituer une incitation psychologique puissante à travailler plus dur, voire à dépasser vos limites physiques, comme M. Morreale s’en est rendu compte.

Un jour où il travaillait à l’entrepôt Amazon, il a trop poussé ses limites. En sueur et pris d’un étourdissement, il est tombé à genoux – un incident que l’algorithme d’Amazon classe comme une « période hors tâche ». Les employés ne sont pas autorisés à s’asseoir pendant qu’ils travaillent, sauf pour déjeuner et lors des pauses de quinze minutes.

« Je ne sais si c’était de l’épuisement ou autre chose, raconte M. Morreale. Mes supérieurs ne m’ont jamais mis de pression. Je l’ai fait moi-même, en me disant, « Je dois atteindre ces objectifs, je ne suis pas à la hauteur ». »

Au cours des six semaines qu’il a passées chez Amazon, M. Morreale a développé un syndrome du canal carpien, qui ne s’est atténué que lorsqu’il a quitté son poste, explique-t-il.

Il n’est pas facile de mesurer l’impact du bezosisme sur les travailleurs, même si certains s’y sont essayés. En 2019, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, Amazon a fait état de 5,6 blessures pour 100 employés. Le taux moyen pour les entrepôts aux Etats-Unis la même année était de 4,8 %, selon les statistiques des entreprises et des autorités fédérales

Tyler Hamilton, employé d’un centre Amazon à Shakopee dans le Minnesota, et qui avait 22 ans lorsque j’ai parlé avec lui la première fois en 2019, note que le rythme cible à atteindre dans les entrepôts met les employés en concurrence les uns avec les autres.

« Si certains prennent des raccourcis, avalent des litres de café ou de boisson énergisante pour aller plus vite, cela a un impact sur le taux agrégé, souligne-t-il. Donc, si vous ne voulez pas être à la traîne, vous devez prendre des raccourcis et boire des litres de café ou de boisson énergisante à chaque pause. »

Ces comportements ne s’observent pas seulement lors du « Prime Day » ou en haute saison. Pour nombre d’employés, il s’agit de leur régime quotidien. « Vous savez, le café est gratuit au distributeur », indique M. Hamilton. L’aspirine aussi est gratuite dans les entrepôts Amazon – disponible dans des distributeurs installés aux quatre coins des centres.

Il n’est pas facile de mesurer l’impact du bezosisme sur les travailleurs, même si certains s’y sont essayés. En 2019, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, Amazon a fait état de 5,6 blessures pour 100 employés. Le taux moyen pour les entrepôts aux Etats-Unis la même année était de 4,8 %, selon les statistiques des entreprises et des autorités fédérales.

Amazon affirme que son taux de blessures paraît élevé uniquement parce que sa culture d’entreprise en matière de sécurité le conduit à documenter les incidents plus rigoureusement que ses concurrents.

Le groupe a pris un certain nombre d’initiatives pour réduire les blessures au travail ces derniers mois. Il a ainsi mis en place un programme baptisé « Working Well » dans 1 000 des quelque 2 000 sites qu’il compte dans le monde, indique Heather MacDougall, vice-présidente responsable de la santé et de la sécurité. (Amazon compte plus de 750 000 employés à des postes impliquant un travail physique ou encadrant du personnel de ce type.) Le groupe a également ajouté à la liste de ses principes de direction le fait de « viser à être le meilleur employeur au monde » et a annoncé un partenariat avec le National Safety Council, une institution à but non lucratif, pour trouver des moyens de diminuer l’incidence des troubles musculosquelettiques, pathologie la plus fréquente dans l’entreposage et la logistique. (Elle inclut par exemple les blessures dues aux gestes répétitifs.) Amazon s’est aussi engagé à consacrer 300 millions de dollars en 2021 au renforcement de la sécurité au travail.

S’il peut sembler inévitable que les technologies utilisées par Amazon conduisent à accélérer le rythme et les exigences du travail dans ces entrepôts, d’anciens cadres du groupe ayant conçu ces systèmes m’ont assuré que leurs effets sur le personnel dépendaient entièrement des dirigeants de l’entreprise.

Kiva Systems, l’entreprise de robotique qu’Amazon a achetée en 2012 et qu’il a rebaptisée Amazon Robotics, a mis au point le mécanisme permettant le déplacement des étagères dans les centres Amazon et travaillait auparavant pour d’autres clients. Lorsque ses techniciens et managers ont commencé à déployer leurs robots dans des entrepôts d’entreprises comme Walgreens, les employés s’en sont félicités, affirme le fondateur de Kiva, Mick Mountz, qui était devenu cadre chez Amazon après le rapprochement et a quitté le groupe en 2015. De fait, les employés en question, qui étaient auparavant obligés de parcourir plus de dix kilomètres par jour pour récupérer les marchandises à livrer, n’avaient désormais quasiment plus à marcher, les produits arrivant jusqu’à eux grâce aux robots.

Chez Amazon, le rythme de travail exigé des employés est la plus pure expression des objectifs de l’entreprise. Les dirigeants et porte-parole d’Amazon se plaisent à expliquer à quel point l’automatisation simplifie la tâche des employés. Toutefois, jusqu’à très récemment, ils ne semblaient pas aptes, ou disposés, à envisager que les exigences accrues que cette automatisation fait peser sur le personnel pourraient aboutir à un épuisement physique ou psychologique des employés

Mais imaginer qu’une nouvelle technologie capable d’augmenter la productivité d’un travailleur signifie que celui-ci aura finalement moins à faire est une erreur classique. L’histoire du travail montre que chaque fois qu’une tâche est automatisée, nous tendons à utiliser davantage le produit ou le service nécessitant cette tâche, en association avec d’autres, pour accomplir autre chose, ou quelque chose de plus compliqué ou difficile.

Comme le déclare publiquement Amazon, « les centres de traitement qui utilisent des robots ont souvent des effectifs supérieurs parce que les stocks circulent plus vite, ce qui nécessite des employés en plus ».

Un travailleur utilisant le système de Kiva dans ses premières formes pouvait tripler environ son rendement, explique M. Mountz. Mais cela ne signifie pas que les entreprises recourant à ce système aient réduit des deux tiers les heures de travail de leurs employés tout en leur versant le même salaire. En fait, Staples et Walgreens, deux des premiers clients de Kiva, ont profité de la meilleure productivité de leurs employés pour accroître la capacité de production de leurs entrepôts, stocker et expédier un plus large éventail de produits, raccourcir les délais de traitement des commandes, et finalement réduire le coût de leurs services, augmenter leurs profits, voire les deux à la fois. Autant de raisons pour lesquelles Amazon, client de Kiva lui-aussi, a décidé d’acheter l’entreprise.

Chez Amazon, le rythme de travail exigé des employés est la plus pure expression des objectifs de l’entreprise. Les dirigeants et porte-parole d’Amazon se plaisent à expliquer à quel point l’automatisation simplifie la tâche des employés. Toutefois, jusqu’à très récemment, ils ne semblaient pas aptes, ou disposés, à envisager que les exigences accrues que cette automatisation fait peser sur le personnel pourraient aboutir à un épuisement physique ou psychologique des employés.

« Nous établissons ces objectifs [en termes de cadence de travail] sur une période prolongée, en nous fondant sur les performances effectives des employés, souligne Mme MacDougall, la responsable de la santé et de la sécurité chez Amazon. Nous tenons compte de très nombreux facteurs, et tout tourne autour de la sécurité et du bien-être des employés. »

J’ai demandé à M. Mountz de me parler du taux de blessures sur les sites utilisant des robots que lui-même et ses techniciens avaient mis au point chez Kiva. Dans le système conçu à l’origine, a-t-il répondu, « nous mettions toujours l’accent sur le fait que l’être humain avait le contrôle de la machine, et non pas l’inverse. Il ne s’agissait pas de rejouer l’épisode de I Love Lucy (NDLR : célèbre série américaine des années 1950) dans la chocolaterie. »

Autrement dit, dans le système d’Amazon, les employés décideraient du rythme auquel ils prélèvent, rangent ou emballent des marchandises, l’automatisation s’adaptant à leur cadence. « Qu’un client, Amazon ou Walgreens, dise qu’il faut manipuler 800 articles par heure ou 300, est fonction du type de stocks géré et de la philosophie de management », indique M. Mountz.

D’anciens et actuels cadres d’Amazon m’ont décrit cette philosophie comme exigeante et axée sur la performance, fondée sur l’idée que chacun doit être poussé jusqu’à ses limites et que la sous-performance doit conduire au renvoi des employés. Amazon veut manifestement changer cette perception. Reste à savoir si les changements auront un impact sensible sur la vie de centaines de milliers d’employés de base, dont le travail est régi par des capteurs et des algorithmes, qui effectuent les tâches physiquement pénibles dont dépend l’empire du commerce électronique d’Amazon, et pour qui la cadence et la nature du travail sont fonction des décisions prises par les dirigeants du groupe autant que des technologies utilisées.

Adapté de Arriving Today : From Factory to Front Door—Why Everything Has Changed About How and What We Buy, par Christopher Mims, éditorialiste du Wall Street Journal spécialisé dans les technologies, à paraître le 14 septembre chez HarperBusiness. Copyright © 2021 Christopher Mims.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)

Une vraie guerre au terrorisme ?

Une vraie guerre au terrorisme ?

 

La guerre simplifie la représentation du monde entre « amis » et « ennemis » or l’éradication du terrorisme appelle au contraire des réponses plurielles souligne dans une tribune au « Monde » le chercheur Julien Fragnon

Tribune. Alors que les Etats-Unis s’apprêtent à commémorer les 20 ans des attentats du 11 septembre 2001, en France, débute le procès des attentats du 13 novembre 2015. L’actualité nous offre un écho singulier entre deux attentats qui ont fait réapparaître la « guerre » dans les mémoires collectives respectives.

Alors qu’en septembre 2001, ni le président de la République, Jacques Chirac, ni le premier ministre, Lionel Jospin, n’avaient employé ce terme pour désigner la lutte contre le terrorisme, en 2015, la prudence sémantique n’a pas survécu à la tragédie. La « guerre » est devenue la clé d’interprétation et l’argument principal de la réponse du gouvernement français.

 

Jusqu’alors, cette lutte se caractérisait par sa judiciarisation et le refus de toute forme d’approche militaire. Mais en 2015, l’ampleur du bilan, les images du carnage, les armes utilisées, le type de blessures occasionnées, tout concourt à justifier cette représentation. Politiquement aussi, l’usage du mot guerre prend tout son sens.

Une guerre appelle une réponse militaire. Au Mali dès 2013, puis dans l’ensemble du Sahel aujourd’hui, en Irak ou en Syrie hier, l’armée française mène des actions antiterroristes. En France, plusieurs milliers de soldats de l’opération « Sentinelle » sont déployés dans les rues. Une guerre appelle une mobilisation nationale.

L’union nationale, bien que de plus en plus précaire, est revendiquée après chaque attentat par l’ensemble des partis. Une guerre rogne les libertés individuelles. L’état d’urgence a contribué à une limitation des libertés qui fondent notre démocratie : domination de l’autorité administrative sur le pouvoir judiciaire, restriction de la liberté de circulation ou de réunion, etc.

 

Le recours au lexique guerrier constitue une tentative de réinstaurer de la ritualisation. Pour éviter que le désordre de l’attentat n’entraîne une désaffection des citoyens par la révélation de son impuissance, l’Etat répond par une revendication d’ordre. Si la « guerre » demeure largement métaphorique, dans le sens où elle participe d’une stratégie de dramatisation des visées traditionnelles du discours antiterroriste (unité nationale, fermeté), la rupture sémantique des discours de 2015 justifie une rupture politique.

Cette stratégie de l’exceptionnalité légitime ainsi le recours à des mesures exceptionnelles comme l’état d’urgence. Ce sont ces différentes opportunités que l’emploi du mot guerre offre au pouvoir politique. Toutefois, cet usage comporte aussi des faiblesses, puisqu’il tend à masquer plutôt qu’à révéler la complexité de la situation actuelle. Le problème n’est pas tant dans l’usage du mot guerre que dans la caractérisation précise du type de guerre auquel on doit faire face depuis plusieurs années maintenant.

Économie–Entreprises : baisse des profits au troisième trimestre

Économie–Entreprises : baisse des profits au troisième trimestre

 

C’est le paradoxe alors que les bourses connaissent un envol aussi inédit que dangereux, les bénéfices, eux, devraient baisser de l’ordre de 8 % au troisième trimestre, selon les estimations de l’agence Reuters. En cause évidemment la quatrième vague sanitaire du fait du variant delta qui fait renaître les incertitudes chez les acteurs économiques. À cela s’ajoute aussi la désorganisation des chaînes logistiques internationales qui peinent à s’adapter au yo-yo des mesures sanitaires restrictives.

Au deuxième trimestre, les importantes mesures de relance budgétaire prises par les gouvernements pour soutenir la reprise économique et l’assouplissement des restrictions sanitaires avaient suscité une forte demande de la part des consommateurs. Les entreprises confrontées à des ruptures d’approvisionnement et à l’épuisement des stocks avaient relevé leurs tarifs pour compenser la hausse des coûts des intrants.

Ces éléments avaient contribué à porter les bénéfices nets combinés des 2.542 entreprises mondiales ayant une capitalisation boursière d’au moins un milliard de dollars au niveau record de 734 milliards de dollars (624,6 milliards d’euros) sur la période avril-juin, selon les données Refinitiv, analysées par Reuters.

Économie Entreprises : baisse des profits au troisième trimestre

Économie Entreprises : baisse des profits au troisième trimestre

 

C’est le paradoxe alors que les bourses connaissent un envol aussi inédit que dangereux, les bénéfices, eux, devraient baisser de l’ordre de 8 % au troisième trimestre, selon les estimations de l’agence Reuters. En cause évidemment la quatrième vague sanitaire du fait du variant delta qui fait renaître les incertitudes chez les acteurs économiques. À cela s’ajoute aussi la désorganisation des chaînes logistiques internationales qui peinent à s’adapter au yo-yo des mesures sanitaires restrictives.

Au deuxième trimestre, les importantes mesures de relance budgétaire prises par les gouvernements pour soutenir la reprise économique et l’assouplissement des restrictions sanitaires avaient suscité une forte demande de la part des consommateurs. Les entreprises confrontées à des ruptures d’approvisionnement et à l’épuisement des stocks avaient relevé leurs tarifs pour compenser la hausse des coûts des intrants.

Ces éléments avaient contribué à porter les bénéfices nets combinés des 2.542 entreprises mondiales ayant une capitalisation boursière d’au moins un milliard de dollars au niveau record de 734 milliards de dollars (624,6 milliards d’euros) sur la période avril-juin, selon les données Refinitiv, analysées par Reuters.

L’électricité mondiale produite au charbon en hausse !

L’électricité mondiale produite au charbon en hausse !

 

Il y a d’un côté les rapports et les déclarations alarmantes à propos des émissions polluantes provenant notamment de la production d’électricité et de l’autre une production mondiale produite au charbon en hausse.

 Le dernier rapport du think tank allemand Ember montre que la croissance des énergies renouvelables (le solaire et l’éolien représentent désormais plus de 10% du mix électrique mondial) n’est pas parvenue à compenser la hausse de la demande mondiale d’électricité au premier semestre 2021. Résultat : le recours au charbon, un combustible fortement émetteur, a été plus important, ce qui a conduit mécaniquement à une hausse des émissions de CO2 du secteur.

Selon l’étude, qui s’est penchée sur les données de production électrique de 63 pays à travers le monde, les émissions de carbone ont augmenté de 5% au premier semestre 2021, par rapport au premier semestre 2019. Dopée par la reprise économique, la demande mondiale d’électricité a, elle aussi, augmenté de 5% au cours des six premiers mois de l’année par rapport au premier semestre 2021. Mais, 43% de cette hausse a été couverte par de l’électricité produite à partir de charbon, ce qui explique la poussée des émissions de gaz à effet de serre.

Selon le dernier décompte réalisé par Carbon Tracker, quelque 368 centrales à charbon sont actuellement en cours de construction en Chine pour une capacité totale de 187 gigawatts.

Par ailleurs, environ 230 centrales devraient prochainement voir le jour en Inde, en Indonésie, au Japon et au Vietnam. Ces cinq pays asiatiques concentrent ainsi 80% des nouvelles centrales au charbon prévues dans le monde.

Macron vient encore au secours de General Electric.

Macron vient encore au secours de General Electric.

On se souvient évidemment qu’Alstom avait été démantelé dans des conditions sulfureuses avec l’appui de Marcon. Ainsi les activités ferroviaires étaient restées en France tandis que les activités électriques avaient été vendues à l’Américain GE. Par Un  groupe qui enregistre un certain nombre de difficultés financières. Du coup à l’instigation de l’Élysée, EDF se voit contrainte de racheter l’activité des turbines de GE . Notons qu’EDF dans la situation financière n’est pas trop brillante  était  opposée à la reprise de cette activité de GE.

L’une des activités les plus stratégiques de l’ancien Alstom (pour nos centrales nucléaires comme pour nos sous-marins nucléaires), passée chez les Américains, va donc redevenir française.

Le périmètre de reprise exclut  les activités GE Grid et GE Hydro, laissant encore le site principal industriel à Belfort en pleine incertitude. Malgré la reprise des turbines vapeur, les syndicats craignent la fermeture par GE des autres activités sur place.

Stratégiquement on comprend que cette activité turbine très stratégique pour l’industrie nucléaire redevienne 100 % française; pour autant; EDF n’est pas un industriel et on la contraint à le devenir. Cette implication du pouvoir central dans la stratégie d’Alstom et de General electric laisse songeur.

Lors du rachat d’Alstom Energie par General Electric, les partisans de l’industrie française avaient dénoncé un fiasco et même un complot contre les intérêts nationaux. Après les récriminations d’Arnaud Montebourg contre Patrick Kron, une commission d’enquête avait été montée à l’Assemblée nationale par le député LR Olivier Marleix. Le rôle d’Emmanuel Macron, comme secrétaire général adjoint à l’Elysée et ancien banquier d’affaires chez Rothschild, avait été pointé par la presse. Une presse qui avait notamment souligné que e patron de GE France est également Hugh Bailey, qui fut conseiller du ministre Macron à Bercy. Quant au DG de GE Renewable Energy, qui regroupe les activités GE Grid et GE Hydro, c’est Jérôme Pécresse, le mari de Valérie Pécresse, candidate à la présidentielle.

Covid Iran: au moins 700 morts par 24 heures

Covid Iran: au moins 700 morts par 24 heures

 

La situation sanitaire en Iran paraît hors de contrôle témoin le faite que le nombre des morts doit maintenant être proche de 1000 par jour. . Mardi les autorités officielles qui sous-estiment les chiffres avaient déjà parlé de plus de 700 morts en 24 heures.

Le pays est le plus touché de la zone du proche et Moyen-Orient. En cause évidemment la désorganisation totale du régime islamiste sur le plan économique, son isolement politique et le durcissement de la dictature. Au total, la pandémie a fait 103.357 morts sur 4.756.394 personnes infectées en Iran, selon le ministère de la Santé. De l’aveu même de plusieurs responsables iraniens, ces statistiques sous-estiment largement le nombre de morts et de cas.

En présentant son gouvernement au Parlement samedi, avant un vote de confiance prévu mercredi, le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, a annoncé vouloir faire de la lutte contre le virus sa priorité première, devant le redressement de l’économie du pays, sapée par les sanctions américaines contre la République islamique.

Selon les données officielles, moins de 6,5 millions de personnes sur les quelque 83 millions d’habitants du pays ont reçu deux doses de vaccins anti-Covid.

Le président iranien, Ebrahim Raïssi, a dénoncé lui-même des conditions qui ne sont «pas dignes» de l’Iran.

Entreprises : baisse des profits au troisième trimestre

Entreprises : baisse des profits au troisième trimestre

 

C’est le paradoxe alors que les bourses connaissent un envol aussi inédit que dangereux, les bénéfices, eux, devraient baisser de l’ordre de 8 % au troisième trimestre, selon les estimations de l’agence Reuters. En cause évidemment la quatrième vague sanitaire du fait du variant delta qui fait renaître les incertitudes chez les acteurs économiques. À cela s’ajoute aussi la désorganisation des chaînes logistiques internationales qui peinent à s’adapter au yo-yo des mesures sanitaires restrictives.

Au deuxième trimestre, les importantes mesures de relance budgétaire prises par les gouvernements pour soutenir la reprise économique et l’assouplissement des restrictions sanitaires avaient suscité une forte demande de la part des consommateurs. Les entreprises confrontées à des ruptures d’approvisionnement et à l’épuisement des stocks avaient relevé leurs tarifs pour compenser la hausse des coûts des intrants.

Ces éléments avaient contribué à porter les bénéfices nets combinés des 2.542 entreprises mondiales ayant une capitalisation boursière d’au moins un milliard de dollars au niveau record de 734 milliards de dollars (624,6 milliards d’euros) sur la période avril-juin, selon les données Refinitiv, analysées par Reuters.

Afghanistan : retrait américain au 31 août confirmé

Afghanistan : retrait américain au 31 août confirmé

 

 

 

Le président Biden après avoir envisagé un départ après le 31 août Afghanistan est revenu sur ses propositions. Cela d’autant plus que les talibans menaçaient les États-Unis de représailles. Lors d’un sommet virtuel avec ses homologues du G7, le président des Etats-Unis a donc  opposé pour l’instant une fin de non-recevoir aux alliés de Washington. Les dirigeants européens notamment plaident avec insistance pour une prolongation de la présence militaire américaine, afin de laisser plus de temps aux évacuations d’Afghans jugés à risque dans leur propre pays depuis la prise du pouvoir par les talibans.

TALIBANS: LE RETOUR AU MOYEN ÂGE

 TALIBANS: LE RETOUR AU MOYEN ÂGE

(Par Xavier BROUET dans le Républicain lorrain )

Dans quelques semaines, le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aura un goût amer. D’ici-là, les derniers boys US auront sans doute plié bagage, laissant l’Afghanistan aux mains des talibans. Cruelle désillusion qu’un tel épilogue au fol espoir soulevé par la tentative d’importer la démocratie jusque dans les montagnes pachtounes. Gageons que le départ des derniers Américains ne nous donnera pas à revivre les scènes analogues à la fuite de l’ambassade de Saïgon en 1975. L’échec patent de la stratégie occidentale n’a nul besoin d’un supplément d’humiliation. Déjà les colonnes de réfugiés fuyant vers l’Iran, la Turquie ou le Turkménistan disent le tribut que la communauté internationale va devoir payer pour prix de sa coupable naïveté.

Carrefour d’Asie centrale, l’Afghanistan suscite toutes les convoitises. Face à la crédulité de Washington, le cynisme de Pékin, à la solde de son ambitieuse route de la soie, ne s’encombre pas de considérations émancipatrices. Le marchandage avec les dépositaires de feu le mollah Omar n’y aura pas attendu leur prise de Kaboul. Et qu’importe le rétablissement de la charia, de la burqa ou de l’interdiction des écoles de filles. Business as usual. Quant aux promesses de conciliation des talibans, ceux-là ne feront même pas semblant, abandonnant la jeunesse de Kaboul à son sort. Après avoir goûté aux libertés, va-t-elle devoir se résigner à une telle débâcle, synonyme d’un retour vers le Moyen-Âge ? Mais plombé par un régime corrompu, comment résister à des insurgés constituant la seule armée organisée du pays ? Comble de l’ironie, les talibans font main basse sur le matériel militaire américain à mesure que se couchent les seigneurs de guerre. Réduite pour l’heure à faire des moulinets, l’UE n’avait vraiment pas besoin d’ajouter un tel scénario à la menace terroriste. Fut-elle, pour l’heure, éclipsée par la pandémie.

Hong Kong : la mise au pas totale par le parti communiste

Hong Kong : la mise au pas totale par le parti communiste

En un an, le territoire qui jouissait d’un système semi-démocratique a vu la disparition des principales organisations de la société civile, l’interdiction des manifestations et la mise en place d’une réforme électorale radicale, relève, dans une tribune au « Monde »le sinologue Jean-Philippe Béja (extrait)

 

Tribune.

 

A la veille de la rétrocession de Hongkong à la Chine, la Far Eastern Economic Review titrait : « Hongkong sera-t-il shanghaïsé ? » Il aura fallu attendre vingt-trois ans pour que ce que cet hebdomadaire respecté redoutait en 1997 se réalise.

En un an, le territoire, qui jouissait d’un système semi-démocratique où les libertés fondamentales étaient garanties par un système judiciaire indépendant, est en train de perdre ces éléments qui différenciaient son système politique de celui du continent.

L’annonce le 15 août de son autodissolution par le Civil Human Rights Front, organisateur de toutes les manifestations qui ont mobilisé des millions de Hongkongais depuis 2003, est un signe qui ne trompe pas. Cette décision intervient cinq jours après que la Professional Teachers Union qui regroupe 100 000 membres, soit la grande majorité des enseignants de Hongkong, a décidé de se saborder.

Chaque fois, c’est le même processus. Le Quotidien du peuple ou l’agence Xinhua, publie un article dénonçant une association comme antigouvernementale, et demande sa dissolution. Puis, l’association visée annonce qu’elle s’autodissout. Le 13 août, le Quotidien du peuple, qui avait accusé le syndicat d’être une « tumeur maligne » dans la société, a publié un article prévenant la Law Society, l’association des avocats, qu’elle serait bien inspirée de désigner des « patriotes » (lire partisans du régime) lors de ses prochaines élections en septembre.

Par ailleurs, le Wen Wei Po, organe de Pékin dans la colonie, a accusé récemment l’association des journalistes de Hongkong d’être un groupe hostile au gouvernement. Lorsque l’on sait que c’est après un article publié dans ce journal que la police a arrêté cinq dirigeants de l’Apple Daily, seul journal d’opposition, qui a dû fermer par la suite, on peut s’inquiéter.

Quelle sera la prochaine cible ? La Confédération des syndicats de Hongkong (CTU) qui regroupe les syndicats non communistes ? En quelques jours, les principales organisations de la société civile ont disparu, laissant le champ libre aux affidés de Pékin.

De juin à décembre 2019, des millions de citoyens étaient descendus dans la rue pour protester contre l’adoption d’un article de loi permettant d’extrader vers la Chine les personnes recherchées par le pouvoir communiste. Sous la pression de la rue, le gouvernement avait retiré ce projet. En novembre, les élections locales avaient donné lieu à un raz de marée des forces démocratiques (opposées à la mainmise de Pékin sur le territoire), qui remportaient dix-huit districts sur dix-neuf avec une participation électorale sans précédent de 71 %. Les élections au Conseil législatif – où seule la moitié des députés sont élus au suffrage universel direct – prévues pour septembre 2020, annonçaient une victoire écrasante des démocrates, qui avaient une chance d’obtenir la majorité des sièges.

RETOUR DES TALIBANS OU LE RETOUR AU MOYEN ÂGE

RETOUR DES TALIBANS OU LE RETOUR AU MOYEN ÂGE

(Par Xavier BROUET dans le Républicain lorrain )

Dans quelques semaines, le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aura un goût amer. D’ici-là, les derniers boys US auront sans doute plié bagage, laissant l’Afghanistan aux mains des talibans. Cruelle désillusion qu’un tel épilogue au fol espoir soulevé par la tentative d’importer la démocratie jusque dans les montagnes pachtounes. Gageons que le départ des derniers Américains ne nous donnera pas à revivre les scènes analogues à la fuite de l’ambassade de Saïgon en 1975. L’échec patent de la stratégie occidentale n’a nul besoin d’un supplément d’humiliation. Déjà les colonnes de réfugiés fuyant vers l’Iran, la Turquie ou le Turkménistan disent le tribut que la communauté internationale va devoir payer pour prix de sa coupable naïveté.

Carrefour d’Asie centrale, l’Afghanistan suscite toutes les convoitises. Face à la crédulité de Washington, le cynisme de Pékin, à la solde de son ambitieuse route de la soie, ne s’encombre pas de considérations émancipatrices. Le marchandage avec les dépositaires de feu le mollah Omar n’y aura pas attendu leur prise de Kaboul. Et qu’importe le rétablissement de la charia, de la burqa ou de l’interdiction des écoles de filles. Business as usual. Quant aux promesses de conciliation des talibans, ceux-là ne feront même pas semblant, abandonnant la jeunesse de Kaboul à son sort. Après avoir goûté aux libertés, va-t-elle devoir se résigner à une telle débâcle, synonyme d’un retour vers le Moyen-Âge ? Mais plombé par un régime corrompu, comment résister à des insurgés constituant la seule armée organisée du pays ? Comble de l’ironie, les talibans font main basse sur le matériel militaire américain à mesure que se couchent les seigneurs de guerre. Réduite pour l’heure à faire des moulinets, l’UE n’avait vraiment pas besoin d’ajouter un tel scénario à la menace terroriste. Fut-elle, pour l’heure, éclipsée par la pandémie.

Croissance Zone euro : hausse de 2% au second trimestre

Croissance Zone euro : hausse de 2% au second trimestre

Le produit intérieur brut PIB de la zone euro a augmenté de 2% au cours du deuxième trimestre. A l’échelle de l’Union européenne, l’activité a accéléré de 1,9% sur la même période. Entre janvier et mars, la croissance avait reculé de 0,3% en zone euro et 0,1% dans l’UE à 27.

« Ce n’est pas une surprise. Il n’y pas eu de révision de croissance trimestrielle de la part d’Eurostat. C’est un bon signe. Le deuxième trimestre n’avait pas très bien commencé. Il y avait encore des confinements. Au premier trimestre, il y avait encore quelques pays avec des confinements très stricts en Allemagne et aux Pays Bas par exemple. L’activité économique a repris assez rapidement. La demande est revenue rapidement. C’est une bonne performance pour la zone euro. Il existe encore des restrictions mais l’activité économique est encore bouillonnante. Les indices PMI sont à un niveau élevé » a expliqué Charlotte de Montpellier, économiste chez ING interrogée par La Tribune.

Après deux trimestres consécutifs en repli, l’activité repasse ainsi en territoire positif. « La vaccination a permis ces chiffres de croissance. Les restrictions ont pu être levées. Le niveau européen de vaccination a dépassé celui du Royaume-Uni et celui de Etats-Unis alors que l’Europe avait du retard en début d’année. Le retour de la confiance devrait favoriser la demande » a ajouté l’économiste.

Cannabis au volant : Darmanin fait du cirque !

Cannabis au volant : Darmanin fait du cirque 

 

 

Le chef du département de psychiatrie-addictologie à l’hôpital université Paul Brousse Amine Benyamina estime que le ministre de l’intérieur fait du cirque à propos du cannabis au volant.( Interview France Info, extrait)

Pensez-vous que les dépistages annoncés par le ministre de l’Intérieur vont permettre de réduire la mortalité sur les routes ?

Il est très difficile de contrôler ce que consomment les personnes qui prennent le volant, en dehors des stupéfiants qui sont interdits, il y a le contrôle des médicaments, de l’alcool… C’est une bonne idée pour limiter les morts sur la route, simplement il faut revenir un peu sur les statistiques. Ce qui tue le plus actuellement, ce ne sont pas les stupéfiants. Le cannabis tue 120 personnes, l’alcool 42 000 et le tabac 75 000. J’aurais aimé lire, dans l’interview qu’a faite notre ministre de l’Intérieur, sa stratégie de lutte contre la consommation d’alcool au volant. On voit bien le séquençage du ministre de l’Intérieur sur la question des drogues. Il dit qu’il s’attaque au fléau de la drogue, c’est tant mieux, mais j’ai quand même le sentiment qu’on est encore sur une manière de stigmatiser les drogués plus que la drogue, puisque la lutte contre la drogue en vérité, c’est une politique qui est basée sur trois éléments essentiels : la prévention, le soin et l’ordre. Il a en charge l’ordre en tant que ministre de l’Intérieur, mais quid de la prévention et du soin ? Quid des drogues dont on sait maintenant qu’elles sont pourvoyeuses de mort ? La première qui tue sur la route en France, c’est l’alcool.

Diriez-vous que vous êtes donc dubitatif face à ces annonces ?

Je ne suis pas dubitatif, je suis pragmatique. Je vois comment le ministre de l’Intérieur est en train de traiter la question de la drogue. Je ne veux pas lui faire de procès d’intention, ce sont toujours de bonnes nouvelles quand on s’attaque à un fléau qui tue les jeunes et les moins jeunes. En revanche, je m’étonne qu’il n’y ait pas de volet de réduction des risques liés à l’alcool, qui très clairement montrerait son intérêt à la fois en France dans d’autres situations et partout dans le monde. On a souvent le sentiment qu’il y a une opposition entre une politique de santé pragmatique et une politique d’affichage des muscles de l’Intérieur. On en a besoin, mais très clairement c’est une politique de l’affichage. On voit bien que c’est une séquence de communication avec une interview ce matin dans Le Figaro et un déplacement à Cavaillon. Quid de la politique de soins ? On l’attend. On a toujours l’impression que le ministre de l’Intérieur s’affiche pour montrer les chiffres. Je vous rappelle simplement qu’il y a quelques années on a quand même émis un rapport extrêmement sérieux et on s’est rendu compte que, concernant les accidents liés au cannabis, il y avait plus de fantasmes que de réalité sur le terrain. Le cannabis a un impact, mais bien moins important que celui de l’alcool et on a confondu les deux quand, dans le cocktail alcool-cannabis, on a mis en avant le cannabis.

Gérald Darmanin oublie-t-il de lutter contre les risques liés à l’alcool ?

Je pense qu’il n’oublie pas, c’est une volonté de sa part de mettre en avant la problématique de la drogue et dire qu’il est là pour lutter contre ça. Je le comprends. Il est dans son rôle. En revanche, la racine même de la lutte contre le cannabis et les drogues n’est pas que dans la répression, elle est dans la prévention, dans la promotion des structures comme les salles de consommation à moindre risque, c’est dans le vrai débat sur la modification de la loi concernant le cannabis pour couper les problématiques à la base. C’est très clairement de son ressort et des possibilités de sa compétence, et on a le sentiment qu’il n’y a rien. Contre l’alcool, on le sait, il y a une vraie frilosité avec ce gouvernement, on verra bien ce que ça va donner dans les mois à venir.

La Chine met au pas la Tech et l’éducation

La Chine met au pas la Tech et l’éducation

Depuis novembre dernier déjà, le pouvoir chinois a décidé de reprendre directement en main plusieurs sociétés cotées à l’étranger. Il accuse leurs dirigeants d’avoir pris trop de libertés et parfois de manquer de prudence dans la gestion des données personnelles.

Le gouvernement, qui veut renforcer son contrôle sur l’économie et la société, a adopté des règles anti-monopoles ou relatives à la sécurité des données.

Après avoir épinglé certains géants du numérique, les autorités chinoises ont déclaré en juillet qu’elles souhaitaient revoir en profondeur le modèle économique des groupes privés spécialisés dans l’éducation, qui ont prospéré ces dernières années. Constatant l’engouement de familles chinoises pour ce soutien scolaire, le gouvernement chinois a décidé fin juillet d’y interdire les profits, la levée de capitaux ou une introduction en Bourse. Résultat, des poids lourds du secteur ont rapidement chuté sur les marchés.

 

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