Débat présidentiel à 11 : un débat hors sol

Débat présidentiel à 11 : un débat hors sol

Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, think tank d’inspiration libéral, estime dans les Echos  que les propositions hors-sol des candidats antisystème ont plombé ce moment démocratique. Il n’a pas complètement tort. En effet ce débat a été apprécié par nombre de Français parce qu’il a permis surtout aux petits candidats de s’exprimer, d’attaquer durement les favoris. Une sorte de joute gauloise plus proche de l’exercice du cirque que du débat démocratique. Certes certains reproches faits par des petits candidats étaient  justifiés par contre leur propositions paraissaient bien illusoires ou inconsistantes notamment concernant les rapports à l’Europe, les déséquilibres financiers et la politique économique. Pour résumer,  on peut faire le constat contradictoire que ce débat peut être considéré comme un bon spectacle télévisuel mais comme une très médiocre confrontation sur les perspectives politiques. Interview de Dominique Renié :

Pensez-vous que le débat d’hier a permis aux électeurs de faire leur choix ?

Il était nécessaire de réunir les 11 candidats à la présidentielle dans des conditions d’égalité. Hélas, cette configuration inédite et n’a permis aucun débat. Les prétendants à l’Elysée dit de « gouvernement » que sont François Fillon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron, ont dû faire face à deux

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Ces derniers n’imaginent pas une seconde accéder au pouvoir et formulent ainsi des propositions ubuesques sur lesquelles ils n’auront jamais de compte à rendre.
Lesquelles vous ont le plus particulièrement marquées ?

En vrac : l’expropriation des capitalistes par Nathalie Arthaud, le désarmement des policiers par Philippe Poutou, la sortie du droit européen en cinq ans par Nicolas Dupont-Aignan… Cela n’a aucun sens.
S’agit-il, selon vous, d’un déni de réalité ?

C’est pire que cela. Certains candidats se sont laissé happer par un processus mortifère de forclusion, refoulant totalement le réel, notamment sur la question de la dette. Les candidats de « rupture » et « antisystème » formulent ainsi des propositions qui ne feraient qu’empirer l’état actuel de nos finances : recrutement d’agents publics, créations de nouveaux services publics, remboursement de tous les soins de santé… Pour eux, la dette publique à 100% du PIB et l’évolution périlleuse des taux d’intérêt n’existent pas. Si on fait les comptes, au moins 8 candidats sur 11 étaient complètement déconnectés de la réalité. Cela ne peut permettre de faire avancer les débats

 

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