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Castaner, l’oligarque dit « la castagne »

Castaner, l’oligarque dit «  la castagne »

 

Castaner dit la Castagne , est l’archétype de l’oligarque. La plus grande partie de son parcours a été effectuée au sein du parti socialiste dans l’appareil et dans les cabinets ministériels. Il n’a qu’un rapport approximatif avec les réalités économiques et sociales sauf peut-être dans sa jeunesse quand il fréquentait le milieu et gagnait sa vie au poker. Castaner n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle. Témoin quand il était responsable du parti en marche-il su valorisait l’action d’une organisation politique qui pourtant en fait n’a jamais existé. Ensuite comme porte-voix du gouvernement, il en faisait des tonnes. Maintenant ministre de l’intérieur il confond ce poste avec celui d’un responsable de propagande d’un parti. En outre et surtout, il se monte incompétent pour maintenir l’ordre changeant presque chaque semaine de stratégie face aux casseurs. Il y a de quoi être inquiet quand ce type de personnage occupe une fonction régalienne aussi importante que celle du ministère de l’intérieur. Pour lui, la politique, c’est la bagarre, la lutte à l’ancienne. Tous les moyens sont bons pour discréditer l’adversaire. Exemple quand il affirme que les gilets jaunes manifestent pour tuer. Ne parlons pas de cette histoire d’attaque d’un hôpital par des terroristes en jaune. Castaner devrait aussi arrêter le whisky qui trouble sa vision autant que ses emballements  fachos. Castaner  est bien représentatif de ces oligarques socialistes ralliés à Macron qui font carrière dans la politique et sans doute demain prêts à se vendre à d’autres si la majorité devait changer. Castaner a gardé de sa jeunesse agitée les pratiques de magouilles, d’intoxications grossières. Il serait temps de le mettre dans un poste n’exigeant pas de compétences professionnelles réelles et n’ayant pas de réelle utilité. Il n’en manque pas dans ce gouvernement.

5G : le gouvernement britannique sous pression après l’affaire Huawei

5G : le gouvernement britannique sous pression après l’affaire Huawei

 

 

Le gouvernement britannique qui a autorisé la semaine dernière le chinois Huawei à développer la 5G subit une triple pression qui n’est pas susceptible de réduire les contradictions internes du gouvernement. Il y a d’abord le ministre des affaires étrangères qui en quelque sorte conteste le choix de l’équipementier chinois, d’autres membres du gouvernement également. Il y a aussi la pression de Washington qui soupçonne l’équipementier chinois de mettre en place des réseaux d’espionnage avec la 5G. Les États-Unis ont purement et simplement interdits à l’opérateur chinois d’intervenir sur le territoire américain et incitent  les alliés en faire autant. Le ministre des affaires étrangères britanniques lui-même met en garde son propre gouvernement « Nous avons raison d’avoir un certain degré de prudence vis-à-vis du rôle des grandes entreprises chinoises en raison du degré de contrôle que l’État chinois est en mesure d’exercer sur elles, a-t-il affirmé dans les colonnes du Daily Telegraph. Cela ne veut pas dire que (le) rôle (de ces entreprises) est automatiquement malveillant. Mais il y a des points comme la loi de 2017 qui dispose que toutes les entreprises chinoises, quel que soit leur actionnariat, doivent coopérer avec les services de renseignements chinois en toute occasion. » Selon lui, ces éléments sont « à soupeser très attentivement », avant toute décision finale. À noter que la question se pose aussi en Allemagne qui serait assez favorable à la venue de l’équipementier chinois. Washington a toutefois prévenu Berlin et Londres que si Huawei était autorisé à développer sa technologie 5G, il y aurait une possible remise en cause de la coopération en matière de renseignements. La France de son côté s’apprête à mettre des verrous pour empêcher l’équipementier chinois d’investir la 5G en France.

Nouvelle politique de l’énergie ! Le flou, pourquoi ?

Nouvelle politique de l’énergie ! Le flou, pourquoi ?

La nouvelle loi sur l’énergie qui doit permettre la programmation pluriannuelle sur la période 2018 2028 sera marqué par un certain flou pour ne pas offusquer certains écologistes. Certes on va rappeler l’objectif de ramener la part de l’énergie nucléaire de 75 à 50 % en 2035 au lieu de 2030, on va aussi annoncer la fermeture des centrales à charbon et la volonté de poursuivre le développement de filières renouvelables. Pourtant l’objectif central de rééquilibrage par rapport à l’atome sera difficilement tenable. Notons d’ailleurs que le président de la république a fait l’impasse sur cette question-là de sa dernière conférence de presse. La question est plus complexe qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet de développer une politique énergétique qui soit à la fois efficace, cohérente et juste. Efficace car il s’agit de privilégier la production d’énergie au moindre coût afin  d’améliorer la compétitivité du système de production et de rendre accessible l’énergie à tous les ménages. La cohérence vise à rendre compatible cet objectif de compétitivité avec la prise en compte de l’environnement et plus particulièrement du climat. Enfin la transition énergétique ne peut pas être brutale et ne doit pas pénaliser  des couches populaires qui ne peuvent immédiatement accéder aux techniques non polluantes (exemple voiture électriques ou à hydrogène ou encore chauffage à faible émission). Une transition cohérente impose de partir des réalités, de se fixer des objectifs à long terme avec des étapes à moyen terme réalisables et socialement acceptables. Pour partir des réalités, il faut notamment revenir aux chiffres. L’une des principales préoccupations environnementales concerne les gaz à effet de serre qui découlent directement de l’énergie produite et utilisée. L’énergie représente environ 80 % de ces émissions.  Notons que les  émissions de CO2 en France  sont inférieures de moitié à celle de l’Allemagne, quatre fois moins importantes que celle des États-Unis et inférieure aussi à celles de la Chine. Les émissions de la France représentent environ 1 % des émissions mondiales ; en cause, la nature de la consommation intérieure d’énergie primaire avec environ la moitié en combustibles fossiles dont 30 % de produits pétroliers, 44 % d’électricité primaire nucléaire, 10 % d’énergie renouvelable (7 % biomasse, 2 % hydrauliques, 1 % éolien et photovoltaïque). L’électricité, c’est environ un quart de la consommation finale d’énergie. Une électricité issue du nucléaire pour plus de 70 %, du renouvelable pour 18 % (hydroélectriques 10 % et éolien 5 % et 10 % des centrales thermiques fossiles). On sait que des programmes politiques prévoient de réduire la part de l’électricité nucléaire de plus de 70 % à 50 %. L’objectif avait été défini dans le programme de François Hollande avec une échéance à 2025, repoussée à 2035 et sans doute même bien plus loin. En raison notamment du fait que la production d’origine nucléaire ne sera pas réduite avant des années. Le gouvernement actuel n’envisage en fait que la fermeture de Fessenheim qui sera largement compensée par la mise en service de l’EPR de Flamanville ; sans parler de nouvelles centrales EPR qui pourront être décidée à partir de 2021 comme l’a indiqué le président de la république. Notons que la France est par ailleurs engagée dans un énorme plan de renforcement de la sécurité des centrales avec notamment le grand carénage qui découle des nouvelles normes après la catastrophe de Fukushima. Du coup, ce grand carénage d’un coût de 50 à 100 milliards selon les hypothèses rendra possible la prolongation de la vie des réacteurs de 20 à 30 ans. Ceci étant la fission nucléaire pose la redoutable question de la gestion des déchets radioactifs (et la fusion nucléaire n’est pas encore opérationnelle). Parallèlement, se développeront des énergies alternatives notamment  la méthanisation, le photovoltaïque, l’éolien et la géothermie. Techniquement, on voit mal comment les énergies  renouvelables pourraient se substituer aux éventuels suppressions de 20 à 25 % d’électricité nucléaire d’ici 10 ans voire 20 ans. Le problème étant que la plupart des énergies alternatives sont intermittentes alors que la production d’électricité doit être constante comme la distribution. Se pose aussi la question du coût et de l’efficacité énergétique. Ceci étant  des modifications non négligeables peuvent intervenir avec les évolutions techniques (stockage énergie, fusion nucléaire au lieu de la fission, filière hydrogène etc.) mais aussi les modifications du système de production et du mode de consommation. Cela suppose d’intervenir sur chacun des secteurs consommateurs d’énergie primaire. Ces consommateurs sont les ménages 30 %, l’industrie pour 20 % les transports pour 32 % les services pour 16 % l’agriculture pour 3 %. Techniquement la transition sera forcément progressive en France d’autant qu’une des principales préoccupations concerne l’influence des gaz à effet de serre sur le climat. La transition de ce point de vue doit être cohérente. On ne peut en effet souhaiter une réduction des gaz à effet de serre et en particulier du CO2 et en même temps promouvoir des centrales thermiques qui viennent compenser à chaque fois l’intermittence de certaines énergies renouvelables. Quand on examine l’utilisation de l’énergie primaire par secteur, on constate que l’effort et surtout à faire en direction des ménages et des transports. Des secteurs largement influencés par le mode de production, le mode de consommation et l’aménagement du territoire. Il est clair que l’éclatement du mode de production à l’échelle internationale est très consommateur d’énergie en particulier en logistique et en transport. Pour certaines productions notamment basiques on peut en effet s’interroger sur le bien-fondé de produire à des milliers de kilomètres. De la même manière qu’il est sans doute possible de réduire la complexification des processus de production tellement gourmande en prestations logistiques et en transport. Un transport nettement sous tarifé puisque par exemple  le prix de transport d’un container de Hong Kong à Anvers n’est pas plus cher qu’un transport du même container de Paris à Marseille. De ce point de vue, le renforcement de l’économie circulaire serait sans doute de nature à réaliser d’énormes gains  mais aussi à réduire de façon significative les émissions polluantes (sans parler des distorsions de concurrence sociales, fiscales ou environnementales). Le mode de consommation mérite lui aussi d’être mis en question compte tenu de l’obsolescence programmée de nombre de produits voire de leur inutilité. Dernières aspects liées au précédent, le problème de l’aménagement du territoire qui concentre des productions dans des métropoles spécialisées qui sont très gourmandes en transport. Alors que l’économie circulaire permettrait de satisfaire un certain nombre de besoins. En conclusion on voit que la problématique n’est pas simple qu’il convient d’articuler des éléments économiques, techniques, environnementaux et sociétaux.

Sondage Gilets jaunes : 60 % pour l’arrêt du mouvement

Sondage Gilets jaunes : 60 % pour l’arrêt du mouvement

 

D’après un sondage Elabe pour BFM, l’opinion publique soutient toujours à hauteur d’environ 50 % des revendications portées par les gilets jaunes. Par contre, ils sont désormais 60 % à souhaiter que s’arrête cette mobilisation caractérisée par des affrontements et des violences

60% des personnes sondées déclarent ainsi qu’elles désirent la fin de la mobilisation. Elles n’étaient que 56%, en février dernier. Corollairement, les partisans de la poursuite du mouvement sont passés de 43% à 40%. Les catégories de Français les plus en faveur d’un arrêt du mouvement sont les personnes de 65 ans et plus (70%, +7 points par rapport au 20 février 2019), les 18-24 ans (59%, +14) et les cadres (75%, -5). Les employés sont très divisés sur la question, avec seulement 53% d’interlocuteurs appelant à une cessation des défilés jaunes. Parmi les ouvriers, on ne trouve qu’une minorité de 43% pour appeler à la fin de la mobilisation.

L’approbation des gilets jaunes est très large parmi les classes populaires, avec 66%, en progression d’un point, et domine toujours parmi les classes moyennes (52%, +3). On observe un bond chez les retraités, à nouveau au centre de l’actualité sociale ces jours-ci, avec 50% d’approbation, après un accroissement de six points.

En revanche, parmi les classes les plus aisées, on n’enregistre plus qu’un taux de 44% et la glissade est lourde du côté des habitants des communes rurales et des petites agglomérations, avec respectivement des scores de 54%, en chute de sept points, et 51%, après une baisse similaire.

Un détour par les prismes politiques indique que l’approbation est toujours vigoureuse parmi les électeurs de Marine Le Pen, stable à 73%, et de Jean-Luc Mélenchon, estimée à 68%, bien que fragilisée par une réduction de cinq points.

Enfin, 68% des Français ont dit à l’institut Elabe que les gilets jaunes s’étaient selon eux éloignés de leurs premières revendications, quand 31% ont soutenu l’inverse.

Une dernière donnée explorée par le sondage ne va pas inciter l’exécutif à l’optimisme. 75% des Français jugent ainsi que le débat national d’Emmanuel Macron ne permettra pas de résoudre la crise, et 60% qu’il ne permettra pas d’améliorer la participation des citoyens aux décisions.

Sondage mené sur un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 23 et 24 avril 2019. 

ENA : « Non, les élèves ne sont pas coupés des réalités » (le directeur de l’ENA)

ENA : « Non, les élèves ne sont pas  coupés des réalités » (le directeur de l’ENA)

 

Une défense assez corpo du directeur de l’ENA qui protège son établissement en affirmant notamment que les élèves ne sont pas coupés des réalités, ni cooptés. Ce qui formellement est vrai sur ce dernier point.  En effet, les élèves sont recrutés par voie de concours mais le problème c’est que seulement moins de 20 % viennent de milieux modestes et 10 % de milieux très modestes. Quant à dire que les élèves de l’ENA ne sont pas coupés des réalités, c’est évidemment une information un peu gratuite quand on connaît d’une part le  programme d’enseignement, d’autre part la réalité des stages sur le terrain (le plus souvent dans les bureaux d’une préfecture ou d’une ambassade). Cette défense de l’institution tente évidemment de répondre par avance aux menaces de suppression que pourrait annoncer le président de la république. Une suppression d’ailleurs virtuelle puisqu’elle serait remplacée par un institut supérieur de formation des fonctionnaires. Le directeur reconnaît fois que près de la moitié des ambassadeurs préfets ou recteur sont d’anciens élèves. S’il ne veut pas  « participer au débat actuel sur l’avenir de l’ENA, qui sera tranché par le président de la République », il estime tout de même de son « devoir de rétablir quelques vérités » face aux critiques visant l’établissement qui « choquent voire blessent profondément ses élèves et ses personnels ».

Le  patron de l’ENA dit refuser d’entendre que les étudiants y entrent  »par favoritisme » puisqu’ils passent « un concours exigeant ». Avant d’ajouter que  »non, les élèves de l’ENA ne sont pas tous des jeunes de 25 ans » mais qu’ils ont un « âge moyen de 31 ans et demi » à la sortie de l’école. Et qu’ils y entrent après « plusieurs années d’expérience professionnelle » ou « après des études supérieures plus longues qu’autrefois ».

Il rappelle aussi que la création de l’école en 1945 visait précisément à mettre fin à « un système de cooptation » des hauts fonctionnaires. D’ailleurs, « l’actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d’énarque, de ministre ou de parlementaire ». Pour autant, concède Patrick Gérard, « il faut encore mieux faire ». Car « on peut regretter que seuls 19% des élèves actuels aient un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur. »

 

L’ENA : école d’administration, d’oligarques ou de business

L’ENA : école d’administration, d’oligarques ou de business

 

La question centrale qui se pose pour avec l’ENA  n’est pas seulement le problème des conditions d’entrée et de sortie mais de sa réelle utilité. En effet au départ, l’ENA a été créée après la guerre pour former et unifier le profil des grands administrateurs publics. Or progressivement cette école a évolué pour former aussi des oligarques du monde politique. La plupart des partis ont en effet à la tête d’anciens élèves de l’ENA à gauche comme à droite. Certains ont même été présidents de la république. Dans l’histoire de la république, ce ne sont sans doute pas ces responsables qui auront marqué le plus l’histoire. L’autre dérive de l’ENA, c’est de former également de futurs businessmen ou prétendus comme tels. Il faut noter que parmi les énarques figurent des managers particulièrement efficaces mais aussi de piètres dirigeants qui ont tué certaines grandes entreprises voire certains secteurs économiques. Dans une formation de deux ans on ne peut évidemment couvrir l’ensemble du champ des connaissances concernant la gestion de l’administration, le business ou la politique. Du coup, la formation est assez superficielle. Elle aborde à peu près tous les sujets mais sans en approfondir aucun. Surtout,  elle donne des connaissances théoriques qui ne s’appuient sur aucune expérience concrète, sur aucune réalité sociale, technique, économique ou environnementale. C’est le même reproche qu’on pourrait faire à la multitude d’instituts d’études politiques qui préparent d’ailleurs à l’ENA. Nombre des élèves de ces instituts noyautent  d’ailleurs le parti de la république en marche. Des anciens élèves, d’un conformisme désolant,  tous formatés de la même manière répétant  les idées à la mode, les idéologies approximatives, voir les pires âneries.  Le problème de ces anciens élèves, c’est  qu’ils ont constitué une sorte de caste dont les membres se reproduisent parce qu’ils s’occupent  maintenant l’essentiel des fonctions dans la politique, dans l’administration et dans le business. On recrute un énarque dans le privé en raison de son carnet d’adresses parce qu’il pourra facilement communiquer avec l’administration ou encore avec les finances et réciproquement. Globalement ces écoles sont à la fois inefficaces sur le plan public si l’on en juge par les résultats du pays et non démocratiques puisque réservées aux fils de l’élite (60 à 70 %.)

 

 

L’emploi à domicile : encore un recul

L’emploi à domicile : encore un recul

 

 

C’est le paradoxe de l’emploi ; alors qu’on annonce à grand renfort de tambours l’emploi à domicile comme le principal vecteur de création d’emplois, dans les faits il ne joue guère. des raisons à cela, un pouvoir d’achat globalement insuffisant de certains  employeurs pour recourir à des aides à domicile, du coup le nombre d’employeurs se réduit . Aussi les difficultés de recrutement dans le secteur qui elles découlent de conditions de travail et salariales notoirement  insuffisantes. Il n’est pas facile de recruter du personnel à temps partiel pour des rémunérations de 700 à 800 €, surtout avec des horaires décalés.  A ‘évidence, ce secteur mériterait une analyse particulière pour parvenir à des prix acceptables par les demandeurs et à des conditions sociales attirantes pour le personnel. L’emploi à domicile a poursuivi son recul au quatrième trimestre 2018 avec un nombre d’employeurs qui est repassé sous la barre de 1,9 million pour la première fois depuis début 2007, selon les données CVS-CJO publiées vendredi par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). Il s’élevait à 1,896 million au 31 décembre, soit un recul de 0,8% sur un trimestre, après une baisse de 0,2% les trois mois précédents, et une diminution de 1,5% sur un an. Mais les hausses en parallèle de 0,6% du volume horaire moyen déclaré par employeur et de 1,5% du salaire moyen versé, sur fond de baisse des cotisations sociales, se sont traduites par une progression de 0,6% de la masse salariale nette, à 1,21 milliard d’euros, au quatrième trimestre. Sur un an, le salaire moyen versé par employeur bondit de 2,3% et la masse salariale progresse de 0,8%. Pour la seule garde d’enfant, le nombre d’employeurs a diminué de 0,4% au 4e trimestre 2018 mais les heures qu’ils ont déclarées ont augmenté dans le même temps de 1% en moyenne. Si l’on ajoute la hausse des salaires, la masse salariale de cette activité a progressé de 1,5% sur le trimestre (+2,4% sur un an). S’agissant du champ distinct des assistantes maternelles, le nombre de comptes a reflué de 1,5% au cours du 4e trimestre 2018, à 828.000, et le volume d’heures déclaré s’est replié de 1,0%. La masse salariale nette est restée quasi stable (-0,1%) à 975 millions d’euros.

Nissan : de très mauvais résultats cause aussi de l’affaire Ghosn

Nissan : de très mauvais résultats cause aussi de l’affaire Ghosn

L’affaire de l’arrestation de Carlos Ghosn se déroule sur fond de réactivation du nationalisme économique du Japon. Un Japon qui se replie sur les vieilles valeurs droitières du pays. Un pays pourtant content que Renault ait sauvé Nissan mais qui veut maintenant rejaponiser l’entreprise nipponne. Seconde raison de l’arrestation scandaleuse de Carlos Ghosn,  les très mauvais résultats de Nissan que l’affaire Ghosn a permis de masquer. De mauvais résultats en termes de chiffre d’affaires et de bénéfices. Le manipulateur directeur général , Hiroto Saikawa,  a le culot d’ en imputer la responsabilité à Carlos Ghosn. Une diminution des bénéfices qui a affecté l’ensemble de l’alliance Renault. Faut-il rappeler que précisément Carlos Ghosn avait quasiment réservé les activités du marché américain à Nissan au détriment de Renault et des autres marques. Du fait de ses erreurs de gestion, Nissan va réduire sa production mondiale d’environ 15% sur l’exercice en cours, « rompant ainsi avec la stratégie d’expansion agressive de son ancien président Carlos Ghosn, rapporte vendredi le journal Nikkei ». Le constructeur japonais compte produire 4,6 millions de véhicules sur l’exercice clos en mars 2020 – le chiffre le plus faible depuis neuf ans – d’après les plans qu’il a communiqués à ses fournisseurs. «Cette décision devrait affecter les résultats, et pourrait assombrir l’alliance avec le constructeur français Renault», ajoute le quotidien dans un article qui confirme bien le nationalisme japonais. Pourtant le Japon devrait savoir que

Renault détient 43% du capital de Nissan qui lui-même a une participation de 15% dans le constructeur français, sans droit de vote, Nissan avait réduit en février ses prévisions de résultats, tablant sur un bénéfice d’exploitation de 450 milliards de yens (3,6 milliards d’euros) pour l’exercice en cours, en baisse de 22%.

 

 

L’intelligence artificielle : chance ou menace ?

L’intelligence artificielle : chance ou menace ?

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Lintelligence artificielle constitue-t-elle une chance pour notre économie et où une menace pour les libertés démocratiques. C’était le thème dun débat du Forum Europe 1 organisé au Bataclan. (Source Europe 1) 

« L’intelligence artificielle (IA) souffre-t-elle d’une mauvaise image dans l’Hexagone ? « On vit en France une vraie schizophrénie sur ce sujet », estime Eric Hazan, directeur associé chez McKinsey, cabinet de conseil en intelligence artificielle, interrogé lors du Forum Europe 1 Liberté, Egalité, Fraternité, organisé mardi au Bataclan.

Quatre fois plus de chômage sans l’IA ?  »On veut plus de vie privée et en même temps on est sur trois ou quatre réseaux sociaux. On vit avec le stress d’être écouté et on est bien content d’avoir des logiciels de traduction », énumère ce spécialiste pour qui l’intelligence artificielle est l’un des enjeux économiques majeurs des décennies à venir. « Si on déploie l’Intelligence artificielle, on va croître de 0,1 à 0,2% par an la croissance des pays développés. On créerait quatre fois plus de chômage en n’utilisant pas l’IA. On estime en effet à 5 à 10% des emplois qui seront supprimés à cause de l’IA. Mais il y aura aussi beaucoup de créations d’emploi ». Selon Eric Hazan, les bénéfices pourront toucher tous les secteurs. Détection ultraprécise du diabète, lutte contre le braconnage en Afrique, identification des prémices d’un ouragan, réduction des déchets de production dans l’industrie, analyse des capacités de remboursement de dette des ménages… « L’intelligence artificielle est un facteur de segmentation, de détails dans la compréhension des choses. On peut optimiser énormément de choses », conclut-il.

« La société de consommation existait bien avant l’intelligence artificielle »

Une incitation à la consommation ? L’intelligence artificielle est-elle pour autant une panacée ? Ne menace-t-elle pas notre vie privée et notre liberté ? « Ne risque-t-elle pas de nous pousser à consommer non-stop ? Aujourd’hui, je peux recevoir des publicités (ciblées) dans mes toilettes avec mon téléphone. Cela ne pousse-t-il pas à son maximum notre asservissement à la société de consommation ? », interroge pour sa part David Abiker, journaliste à Europe 1 et animateur du forum Europe 1. « La société de consommation existait bien avant l’intelligence artificielle », balaye pour sa part Eric Hazan, qui reconnaît que les enjeux éthiques sont importants et que l’IA devra être encadrée.

Pour Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL, « les consommateurs d’IA doivent avoir conscience que leurs données sont enregistrées, comprendre comment elles sont enregistrées et utilisées » par l’IA. Si elle assure que la France est bien armée pour lutter contre les dérives en matière de protections des données, elle s’étonne encore de recevoir certains types de publicités : « Des publicités pour de l’alcool par exemple. Cela risque de poser problèmes pour ceux qui luttent contre une addiction… »

« L’économie de la connaissance, on y va ».  »Il y a des enjeux éthiques très importants. Si tous les logiciels d’intelligence artificielle sont faits par des hommes blancs, pour des hommes blancs, cela peut poser des problèmes » de discrimination, ajoute pour sa part Olivier Derrien, directeur général de Salesforce, éditeur de logiciels, participants aussi au débat. Mais pour Eric Hazan, toutes ces questions, légitimes, ne freineront pas le développement de l’IA. Elles devront être résolues mais il est désormais impossible de revenir en arrière. « L’intelligence artificielle, l’économie de la connaissance, on y va », conclut-il.

 

La privatisation de l’aéroport de Toulouse condamné

La privatisation de l’aéroport de Toulouse condamné

La cour administrative d’appel, saisie par trois syndicats, a annulé ce mardi les décisions portant sur la sélection des candidats pour l’achat des parts de l’Etat en 2014. Opposés à la privatisation, la CGT, FSU et Solidaires arguaient que « l’offre indicative » (initiale) avait été déposée par le chinois Casil associé à la SNC Lavalin, mais que l’offre finale n’avait été présentée que par le groupe chinois Casil. La cour leur a donné raison mardi sur ce point et « a annulé la décision de céder à la société Casil Europe » les parts du capital, « l’autorisation du ministre chargé de l’Economie du 7 avril 2015 et l’arrêté ministériel du 15 avril 2015″.

« C’est la procédure de sélection du candidat qui a été annulée, pas la vente en soi. Pour la vente, c’est le tribunal du commerce de Paris qui est habilité à se prononcer. Je vais le saisir dans les semaines à venir », a-t-il ajouté.

Pour le conseiller départemental Pascal Boureau qui représente le département de la Haute-Garonne au conseil d’administration de Casil, « cela gèle le projet présumé de vente «des parts de l’actionnaire chinois. « Les acheteurs potentiels vont y regarder à deux fois ».

, Casil avait sélectionné deux finalistes, Eiffage et Ardian en partenariat avec des banques locales et vu la tournure du dossier, « ce serait de la folie furieuse s’ils continuaient » explique un banquier d’affaires, en espérant « pour eux qu’ils disposent de clauses de sortie face à ce type d’événements ».Notons que  l’ASI, a annoncé la semaine dernière qu’elle imposait à l’aéroport de Nice  une baisse des redevances aéroportuaires facturées aux compagnies aériennes de 33% et que cette décision est susceptible de refroidir sérieusement l’enthousiasme de possibles acquéreurs d’autres aéroports comme celui de Toulouse.

Services d’urgences : une grève consécutive à l’état système de santé

Services d’urgences : une grève consécutive à l’état système de santé

La grève des services d’urgence s’étend à Paris et pourrait même peut-être bientôt concerner la province. Il faut convenir que la crise des services d’urgence à Paris et ailleurs est significative de l’état du système de santé en France caractérisée par des déserts médicaux qui ne cessent de s’accroître en zone rurale bien sûr mais aussi en zone urbaine. Le manque chronique de médecins généralistes notamment libéraux se traduit par le fait que toutes les pathologies sont rapatriées par les pompiers, par les ambulances par les particuliers sur le service des urgences qui doit alors tout traité les cas sociaux, les petits bobos, les pathologies ordinaires et les cas graves. Des centaines de personnes rapatriées qui se côtoient, se bousculent, interpellent  dans la plus grande pagaille faute d’adaptation des locaux et surtout de personnel. La question du personnel et central dans les services d’urgence mais le problème de fond réside dans le faite qu’on ne trouve plus de médecins généralistes sur le terrain qui pourrait traiter 80 % des affections. Plus grand hôpital d’Europe avec 39 établissements, qui accueille plus de 10 millions de patients par an et emploie 120.000 personnes, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est confrontée depuis dimanche à un mouvement de grève. Dénonçant la violence devenue quotidienne, plusieurs services d’urgences ont entamé une grève illimitée, notamment à Lariboisière, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Louis et Tenon. Ils ont rejoint l’hôpital Saint-Antoine, en grève depuis le 18 mars après une série d’agressions (cinq en une nuit). Le peuple est devenu violent, il n’y a plus de respect de l’autre, plus de politesse, certains exigent de n’être soignés que par des hommes ou que par des femmes. Le personnel n’en peut plus de se faire insulter et tabasser», affirme Patrick Pelloux, urgentiste et président de l’Association des médecins urgentistes de France. Lundi soir, alors que le taux de grévistes a dépassé les 30% en journée, quatre nouveaux préavis ont été déposés à Cochin, Robert-Debré, Bicêtre et Georges-Pompidou. Le malaise plus profond. Une journée de grève générale est d’ailleurs prévue vendredi prochain, à la veille du week-end de Pâques, pour protester contre la pénurie de personnel alors que les hôpitaux sont contraints depuis des années de faire des économies pour tenir l’envolée des dépenses de santé. Confrontée à une dégradation de ses comptes depuis 2017, l’AP-HP a serré la vis sur ses dépenses de personnel, gelées jusqu’en 2023, ce qui s’est traduit par la suppression de 405 équivalents temps plein (ETP) l’an dernier et une nouvelle coupe prévue de 779 ETP cette année.

Consciente des tensions, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a relâché l’étau fin février en accordant 300 millions d’euros supplémentaires aux hôpitaux et une hausse de 0,5 % des tarifs hospitaliers en 2019 après des années de baisse. Une mesure qui a permis à Martin Hirsch d’annoncer que toute infirmière partant en congé maternité sera désormais remplacée, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.

Les principaux points de l’intervention de Macron

Les principaux points de l’intervention de Macron

Du fait  de la catastrophe de l’incendie de la cathédrale de Paris, Macron a décidé de reporter à mardi son intervention. Il se trouve que cet incendie s’est déclaré vers 19 heures alors que l’essentiel de l’intervention circulait déjà chez les journalistes (il y aura sans doute une modification de cette intervention tenant compte précisément de l’incendie de la cathédrale de Paris). Du coup, certains journaux n’ont pas forcément respecté l’embargo. Et «  imaginent »  les principaux aspects développés par Macron. Il y aura sans doute d’abord un important développement fiscal puisque d’une façon générale, les gilets jaunes ont exprimé leur exaspération vis-à-vis de l’impôt. Une exaspération concernant surtout la justice fiscale. Une exaspération concernant surtout la justice fiscale. Le pouvoir envisagerait une plus grande progressivité de l’impôt sur le revenu avec notamment la création de deux nouvelles tranches (au lieu des cinq actuelles) à 5 et 10 %  l’objectif étant d’alléger la pression fiscale sur les couches moyennes. Pour les plus aisés il ne sera sans doute pas question pour le chef de l’État de revenir sur la suppression de l’ISF. Mais il paraît difficile de créer une tranche d’impôt encore supérieure pour les plus aisés en raison notamment de l’avis du conseil d’État. Du coup on pourrait renforcer le poids de l’impôt sur la fortune immobilière  en abaissant son plancher de 1,3 millions à 1 millions d’euros. La question de l’impôt sur le revenu pour tous serait évacuée pour ne pas donner l’impression qu’on répond à une crise de ras-le-bol fiscal par une nouvelle fiscalité. Au contraire, on  pourrait commencer à s’atteler au difficile problème des niches fiscales qui représentent pas moins de 100 milliards d’euros ; cela de façon progressive est très ciblé Évidemment Macron va traiter du pouvoir d’achat des retraités en proposant la réalisation des petites pensions. Il est peu vraisemblable qu’on envisagera de toucher à la TVA notamment à travers un taux zéro concernant les produits de première nécessité cela pour des raisons juridiques et économiques. Face aux problèmes difficiles des femmes seules, l’État pourrait mettre en place un fonds récupérant les sommes dues par les conjoints pour les reverser à la personne seule, tout en se portant garant contre les impayés. Concernant la réforme de l’administration, on va affirmer un certain retour des agents sur le terrain. Le problème c’est qu’il sera difficile concrètement d’opérer ce  retour ne serait-ce qu’en raison du fait que les infrastructures n’existent plus qu’elles ont été vendues. Il y aura un long  développement sur la décentralisation et finalement peu de mesures pour remettre en question le millefeuille politique. Pas de suppression du département ou de changement significatif des attributions des collectivités locales. On va simplement assister à quelques transferts. Pour le symbole Macron va proposer une modification du nombre d’élus. Ce pourrait être l’occasion d’organiser un référendum. Et pour faire bonne mesure il pourrait notamment proposer aussi une modification des désavantages des anciens présidents de la république. Parallèlement aux questions économiques et sociales le chef de l’État devrait développer aussi les questions relatives aux aspects environnementaux. Ils pourraient reprendre l’idée de sa banque européenne destinée à l’environnement décliné cette fois à l’échelle nationale. Au total pas de révolution sinon sur le ton qui devra compenser l’insuffisance sur le fond. En effet Macron est prisonnier à la fois de son idéologie mais aussi de marges de manœuvre très étroite concernant les grands équilibres.

 

L’expo Toutânkhamon accusée de racisme: «ou l’âge identitaire» (Laurent Bouvet)

L’expo Toutânkhamon accusée de racisme: «ou  l’âge identitaire» (Laurent Bouvet)

 

 

Si le racisme est la pire des lèpres par contre certains activistes identitaires discréditent leur combat à propos de tout et n’importe quoi en demandant pas exemple l’arrêt de l’exposition Toutankhamon au prétexte du caractère raciste de la manifestation.  Laurent Bouvet, professeur de science politique,  dénonce les dérives de ces «activistes identitaires» qui, sous couvert d’antiracisme, s’en prennent à la culture et à l’histoire.

 

Alors qu’elle connaît un immense succès, l’exposition à la Villette sur Toutankhamon est visée par des manifestants qui reprochent aux égyptologues européens de vouloir «blanchir» l’Égypte. Blanc ou noir, pourquoi s’intéresser à ce point à la couleur de peau d’une momie vieille de plus de 3000 ans?

Laurent BOUVET.- Il s’agit là d’un nouvel épisode, un de plus, de la guerre culturelle qu’ont décidé de mener contre notre société – moderne, empreinte de valeurs humanistes et universalistes, valorisant la liberté comme un bien commun… – des activistes, identitaires, indigénistes, décoloniaux, intersectionnels, islamistes… dont la vision du monde est à la fois essentialiste et relativiste. La fréquence de tels épisodes est d’ailleurs en augmentation: juste avant ce cas, on a eu droit ces derniers jours à la dénonciation d’une fresque de l’artiste Di Rosa à l’Assemblée nationale ou encore à la censure de la pièce d’Eschyle à la Sorbonne.

Le propos est toujours le même : accuser les « blancs » de racisme en expliquant que c’est « systémique », donc inhérent aux sociétés occidentales.

Le propos est toujours le même: accuser les «blancs» de racisme en expliquant que c’est «systémique», donc inhérent aux sociétés occidentales supposément «blanches» ou «non racisées» (sic). Ce racisme s’étant exprimé par le passé à travers l’esclavage et la colonisation, il s’exprimerait aujourd’hui différemment, notamment dans le domaine de l’art, en continuant à faire des «racisés» des victimes. Que ce soit en prétendant que l’origine «noire» des Égyptiens serait occultée, que la mise en scène de la pièce d’Eschyle serait assimilable au «blackface» américain du temps de la ségrégation ou que les personnages de la fresque de Di Rosa seraient une représentation offensante pour les «noirs».

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Dans le cas de l’exposition sur Toutânkhamon, l’argument utilisé est celui, classique chez les militants afrocentristes américains notamment, du fait que les Égyptiens auraient été «noirs», alors que l’égyptologie scientifique a montré que non seulement il existait une diversité des teintes de peau chez les Égyptiens de l’Antiquité mais encore que les représentations qu’ils nous ont laissées à travers leurs monuments, leur art ou leur écriture, n’étaient en rien liées à ces différences de pigmentation. La notion même de «race» n’ayant aucun sens à cette époque.

Derrière tout cela, il y a une montée en puissance de revendications identitaires de ce que l’on a pris l’habitude d’appeler, depuis les années 1960-70, des minorités, qui veulent voir reconnu comme surdéterminant pour les individus qui sont supposés les constituer un critère d’identité particulier qui serait «dominé» ou «discriminé» dans la société dans laquelle ils vivent: race, ethnie, religion, genre, orientation sexuelle, spécificité régionale… Ce «tournant identitaire» a conduit à des mobilisations sociales et politiques nouvelles, à la redéfinition des clivages politiques comme à l’émergence de nouveaux champs de recherche en sciences sociales ou à des stratégies marketing de nombreuses entreprises, de médias, etc. qui sont devenues incontournables dans nos sociétés. Si bien que l’on peut dire que nous sommes entrés dans un âge identitaire.

Nous sommes entrés dans un âge identitaire.

Les activistes qui se sont emparés de ces enjeux pour différentes raisons, politiques, commerciales, de carrière (dans les médias ou à l’université par exemple)… ont conduit à brouiller la légitimité du combat de groupes sociaux pour la reconnaissance de droits égaux. On le comprend bien dans le cadre du féminisme: le combat fondamental pour l’égalité des droits et la libération des femmes est aujourd’hui fortement parasité par le néoféminisme identitaire. Il en va désormais de même du combat contre le racisme.

Cette nouvelle affaire rappelle donc la polémique autour de la tragédie d’Eschyle, empêchée à la Sorbonne par des militants indigénistes?

Dans l’affaire de la pièce d’Eschyle, on a atteint une sorte de sommet en la matière. L’activiste identitaire Louis-Georges Tin, pourtant universitaire, en poste à l’EHESS, a en effet, involontairement, tout dit sur le sens profond de cette dérive identitaire lorsqu’il a déclaré: «Il n’y a pas un bon et un mauvais “blackface”, de même qu’il n’y a pas un bon et un mauvais racisme. En revanche, il y a un “blackface” conscient et un “blackface” inconscient.» Si le racisme dont il accuse le metteur en scène peut être inconscient, alors sa dénonciation peut être permanente et générale à l’encontre des «blancs». Il n’y a plus aucun besoin de s’embêter avec la réalité, les faits, les déclarations, etc., la couleur de la peau permet de déterminer «systématiquement» qui est le coupable et qui est la victime. Dans la logique identitaire décrite ici, le dominant donc le coupable, c’est l’homme (le mâle) blanc occidental.

Ce sont là des idées et des agissements extrêmement graves. Outre les injonctions et les accusations publiques contre le metteur en scène de la pièce, Philippe Brunet, il y a eu censure suivant des méthodes qui rappellent le pire dans l’Histoire: les spectateurs ont été empêchés physiquement d’assister à la pièce à la Sorbonne par une milice de gros bras se réclamant ouvertement de cet activisme identitaire. On est bien au-delà de la confrontation légitime d’opinions contraires dans le débat public.

La couleur de la peau permet de déterminer « systématiquement » qui est le coupable et qui est la victime.

Il est indispensable que tous les démocrates sincères, que tous les citoyens attachés à la liberté, quelles que soient leurs idées, se mobilisent contre de telles dérives, à commencer par les médias et les responsables politiques, ceux de la gauche en particulier, qui ont eu tendance depuis des années à regarder ailleurs, voire à soutenir cet activisme identitaire.

En égyptologie comme pour le théâtre grec, ces militants s’appuient sur une vision partielle, voire complotiste, des connaissances scientifiques?

Ils se contrefichent totalement des connaissances, du savoir, des faits ou de la réalité. Ce sont les propagateurs d’une véritable idéologie, ils sont donc prêts à tout, comme l’ont été leurs prédécesseurs des grandes idéologies du XXe siècle. C’est d’ailleurs pourquoi il n’y a aucun dialogue possible, aucun échange d’argument qui tienne avec eux.

Ils sont d’ailleurs bien installés dans leur époque. Ils se servent notamment des réseaux sociaux de manière très efficace pour répandre leur propagande identitaire. Les réseaux sociaux, conçus sur le modèle américain de la reconnaissance très large des revendications identitaires de toutes sortes sont pour eux une aubaine: ils n’y sont jamais censurés ou sanctionnés malgré la violence verbale et symbolique qu’ils y déploient contre tout ce qui ne va pas dans leur sens.

C’est un point aveugle aujourd’hui de nos sociétés libérales, ouvertes, pluralistes… Ils en usent et abusent. C’est là le grand paradoxe: ces activistes identitaires ne remettent en cause que les sociétés qui leur permettent de déployer leurs critiques et leur activisme, ils ne critiquent jamais les sociétés autoritaires, les dictatures… Ils sont d’ailleurs prêts pour cela à s’allier avec des régimes qui ne respectent pas les droits fondamentaux, comme on le voit bien à travers certains financements par exemple ou dans l’usage de certains médias. Ainsi, tout récemment, par exemple, a-t-on pu lire une tribune de l’activiste racialiste Rokhaya Diallo mettant en cause «l’islamophobie» française sur le site de TRT, un média turc en anglais, lancé il y a peu par le régime d’Erdogan.

Que révèle selon vous cette obsession de certains militants, pourtant antiracistes, à l’égard de la race?

Je ne suis pas sûr que l’obsession ait la même signification pour tous ces militants obsédés par la race. Pour les uns, chez ceux qu’on voit le plus dans les médias ou sur les réseaux sociaux notamment, il s’agit d’abord d’un moyen de faire carrière ou de mieux gagner leur vie que ce à quoi ils auraient pu prétendre en raison, disons, de leurs seuls talents ou capacités. Ce sont le plus souvent des entrepreneurs d’eux-mêmes qui savent utiliser au mieux le système qu’ils dénoncent, sans qu’on sache s’ils y croient vraiment.

Pour beaucoup de ces militants, c’est surtout de la pure bêtise qui les conduit à suivre, aveuglément, les entrepreneurs identitaires comme les authentiques racistes.

Pour d’autres, qu’on voit moins publiquement mais qui sont néanmoins bien présents dans la société et qui s’expriment volontiers sous forme anonyme sur les réseaux sociaux, cela semble plutôt tenir d’un authentique racisme: ils sont convaincus comme les racistes qui n’aiment pas les «noirs» qu’ils n’aiment pas les «blancs». On voit d’ailleurs par là que le racisme n’est pas l’apanage de telle ou telle population ou société mais qu’il est une caractéristique humaine universelle. Et donc précisément que l’idée de «racisme systémique» pour n’en accuser que les «blancs» est une manière de s’en dédouaner à bon compte.

Pour beaucoup de ces militants, c’est surtout de la pure bêtise qui les conduit à suivre, aveuglément, les entrepreneurs identitaires comme les authentiques racistes. La dérive identitaire de manière générale tient aussi à cette difficulté pour nombre de nos concitoyens, chez les plus jeunes en particulier, à trouver leur place dans la société actuelle. L’enquête dirigée par Olivier Galland et Anne Muxel, La Tentation radicale, montre bien ce phénomène.

À quel point cette dérive indigéniste est-elle ancrée à l’université? Son outrance et le manque de rigueur scientifique devraient avoir tôt fait de disqualifier ceux qui s’en revendiquent… non?

Elle est aujourd’hui très présente dans certaines universités et surtout certains départements, en sciences sociales notamment. Mais ce qui est plus problématique encore, c’est le déni ou le refus de voir de nombre de collègues qui préfèrent faire comme si cela n’existait pas, ou comme si c’était normal. La multiplication de cours, de séminaires, de colloques et même de diplômes désormais, dans lesquels sont diffusés ces idées qui sont, rappelons-le, une idéologie, sans que personne ne dise rien, est inquiétante.

Ce sont même le plus souvent les universitaires qui s’étonnent de cette pénétration idéologique et qui essaient de la combattre sur le plan des idées qui sont inquiétés, dénoncés et ostracisés dans leur laboratoire, dans leur université, dans leur discipline… Le cas récent de Stéphane Dorin a Limoges en témoigne de manière éloquente.

 

Ce qui change, heureusement, c’est que de plus en plus de collègues prennent conscience du problème. Ce qui s’est passé à la Sorbonne avec la pièce d’Eschyle est important de ce point de vue. Il y a encore quelques années, nous n’étions que quelques-uns, et nous nous sentions bien seuls dans ce combat contre les dérives identitaires dans notre milieu.

 

Laurent Bouvet est professeur de science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a notamment publié L’Insécurité culturelle chez Fayard en 2015. Son dernier essai, La nouvelle question laïque, est paru chez Flammarion en janvier 2019.


 

Électricité : non à l’augmentation des tarifs (consommateurs)

Électricité : non à l’augmentation des tarifs (consommateurs)

L’UFC-Que choisir et CLCV contestent  à juste titre l’augmentation de l’ordre  de 6 % des tarifs d’électricité au motif que la commission de régulation de l’énergie a procédé à des calculs de coins de table  sans pertinence technique. La vérité bien sûr,  c’est  que cette commission de régulation de l’énergie, comme la plupart des institutions de ce type, n’est pas réellement indépendante ; pour parler clair, elle est à la botte du gouvernement qui lui-même reprend la demande d’EDF. Comme d’habitude le problème sera sans doute tranché par le conseil d’État qui à son tour approuvera sans doute cette augmentation. Au nom du droit sans doute ! Mais de quel droit car il s’agit essentiellement d’un problème économique et d’une question sociale. Le problème fondamental, c’est que les différentes institutions ne disposent pas de l’indépendance nécessaire réellement pour évaluer la pertinence des orientations du pouvoir. Selon les deux associations, cet avis de la CRE, “techniquement infondé et juridiquement contestable”, entraînerait une “évolution subjective du tarif réglementé qui est déconnectée de l’évolution des coûts réels de l’opérateur historique [EDF] au détriment des consommateurs». Au-delà de la méthodologie, la hausse serait d’autant plus fâcheuse que “la crise sociale actuelle, qui est née des prix de l’énergie, est avant tout une crise du pouvoir d’achat”, arguent les auteurs du courrier en référence aux “Gilets jaunes». Censée s’appliquer le 1er mars mais reportée par le gouvernement au plus fort de la contestation, l’augmentation devrait entrer en vigueur “sans doute à la moitié de l’année”, a déclaré le mois dernier le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.“Si l’avis de la CRE venait à être repris dans un arrêté ministériel, nos deux associations saisiraient le Conseil d’État pour demander son annulation”, préviennent l’UFC-Que choisir et CLCV qui anticipent en cas de victoire “un rapide rattrapage tarifaire (…) au bénéfice des consommateurs». Pour le ministre chargé de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, il est “normal que la loi soit appliquée”. “Le principal enjeu, c’est d’accompagner les Français dans la rénovation de leur appartement”, afin de leur permettre de diminuer leur facture d’électricité, a-t-il ajouté sur BFMTV. Le 25 mars, l’Autorité française de la concurrence a émis un avis défavorable au projet de hausse des tarifs réglementés et recommandé de demander une nouvelle délibération de la CRE. Les tarifs réglementés concernent les consommateurs résidentiels abonnés au tarif bleu d’EDF, soit 25,3 millions de foyers à fin 2018, ainsi qu’aux petits professionnels (3,2 millions).

Coup politique : l’opposition veut un référendum anti Macron contre la privatisation d’Aéroports de Paris

Coup politique : l’opposition veut un référendum anti Macron contre la privatisation d’Aéroports de Paris

 

 

Les parlementaires de l’opposition sont en passe de réussir un véritable coup politique en réclamant l’organisation d’un référendum d’initiative partagée prévu par les institutions sur la question de la privatisation de l’aéroport de  Paris. Il faudra cependant que ce référendum soit maintenant soutenu par 10 % au moins du corps électoral, soit 4,5 millions d’électeurs dans le délai de neuf mois. Cependant précisément cette nécessité va ouvrir un large débat sur une question très controversée puisque l’opposition considère que la privatisation d’aéroports de Paris est un véritable cadeau financier pour Vinci et autres investisseurs. Une opération du même type que celle des autoroutes qui rapportaient  pourtant beaucoup à l’Etat. Bref la vente de bijoux de famille pourtant très lucratifs. En fait,  ce référendum pourrait bien se transformer en consultation anti macro, car il se pourrait bien qu’une majorité de Français ne soit pas très favorables  à la privatisation d’un équipement aussi stratégique. En outre ce référendum d’initiative partagée pourrait bien faire concurrence au référendum envisagé par  Emmanuel Macron sans doute sur des modifications d’ordre constitutionnel. Bref l’opposition vient de jeter un sérieux pavé dans la mare de l’agenda présidentiel. Transmise mardi en fin de journée au bureau de l’Assemblée, la proposition de loi référendaire ne contient qu’un article, visant à faire de «l’aménagement, de l’exploitation et du développement» des aérodromes parisiens un «service public national» incessible. «Il s’agit de demander aux Françaises et aux Français s’ils sont d’accord» pour que l’aménagement et la gestion de ces plateformes aériennes «revêtent le caractère de service public national» et reste donc sous la férule de l’État, a précisé l’opposition.

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité Entré en vigueur en 2015, le référendum d’initiative partagée est lancé par une proposition de loi référendaire signée par un cinquième des parlementaires – députés comme sénateurs -, soit 185 élus au total. Celle-ci ne peut porter que sur certains domaines spécifiques, dont «l’organisation des pouvoirs publics» ou les «réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent». Le projet doit ensuite être validé par le Conseil constitutionnel. En cas d’approbation, il doit par la suite être signé par 10% du corps électoral, soit 4,5 millions de personnes, en neuf mois tout au plus, via internet ou par des «points d’accès» disséminés sur le territoire français. Une fois toutes ces étapes franchies, si le Parlement n’a pas examiné de texte sur le même sujet dans les six mois, le président de la République doit convoquer un référendum sur la proposition de loi.

 

Les «requins de l’immobilier» (Allemagne…. Et ailleurs)

Les «requins de l’immobilier» (Allemagne…. Et ailleurs)

Les manifestations dans plusieurs villes d’Allemagne contre la spéculation immobilière qui rend l’accession au logement de plus en plus difficile. «La folie des loyers» et la spéculation immobilière, dont sont responsables les requins de la l’immobilier. Des manifestations à Berlin ce samedi mais aussi à Munich, Cologne, Francfort, Göttingen, Fribourg ou encore Mannheim. Le problème c’est que cette question n’est pas seulement allemande mais qu’elle affecte nombreux grandes villes dans le monde et particulièrement aussi Paris, Londres ou encore Barcelone. Cela dans ces villes fréquentées aussi par les touristes, où les logements sont vidés de leurs résidents habituels en raison de coûts d’accès au logement tout à fait excessif. À Berlin, le prix du logement à la location a ainsi doublé en dix ans. Cette évolution des prix est portée par la popularité des grandes villes, où Allemands et Européens viennent s’installer par dizaines de milliers chaque année sans que l’offre ne suive. À Berlin, parmi les solutions figure le rachat d’immeubles par la ville, qui est dirigée par une coalition gauche-extrême-gauche-Verts, et ainsi arrêter l’envolée des loyers.  Les organisateurs ont aussi lancé samedi un appel à signatures pour que soit organisé un référendum local sur l’expropriation par la mairie de Berlin des sociétés immobilières détenant plus de trois mille logements.

 

 

Des élites ignorant le sens de l’intérêt général (Aeron Davis)

Des élites ignorant le  sens de l’intérêt général (Aeron Davis)

 

Professeur de communication politique, Aeron Davis dénonce la perte de sens de l’intérêt général des élites britanniques et au-delà. son. Son livre, « Reckless opportunists : Elites at the end of the Establishment » montre l’effondrement de l’Establishement qu’entraîne la faillite de ces élites, ainsi que leur déconnexion avec la réalité. Interview Atlantico, extraits

«  Votre livre, Reckless opportunists : Elites at the end of the Establishment, a été publié en 2018 après plusieurs années de travail sur le thème des élites britanniques et la conduite de près 350 entretiens. Quelles sont vos conclusions sur les élites britanniques?

Aeron Davis

, le constat évident est que nos élites se sont déconnectées du public, qu’ils se sentent plus concernés par leurs intérêts personnels, et qu’ils se sont précarisés. Ils sont plus enclins à atteindre le résultat escompté le plus rapidement possible avant de bouger pour prendre un autre poste, et laisser les problèmes derrière eux. Les études classiques qui analysaient les classes supérieures du passé montraient que celles-ci se pensaient elles mêmes stables alors que les classes populaires étaient considérées comme précaires. Pour diverses raisons, les élites sont devenues aussi précaires que le reste de la population. Evidemment, ils gagnent bien plus d’argent, mais ce qui apparaît, c’est qu’ils ont un très faible sentiment de sécurité, et perçoivent leur niveau de risque comme étant très élevé. Selon moi, cette perte du sentiment de sécurité explique une grande part de leurs comportements et de leurs actions.

 

Quel lien faites-vous avec cette situation et le Brexit ?

Ce constat de recherche de l’intérêt personnel fonctionne plutôt bien avec le Brexit. Du point de vue des élites, et notamment pour les membres du parti conservateurs-  mais en réalité cela est vrai pour tous les grands partis – on constate une moindre cohérence idéologique, ils ne sont plus en accord pour ce qui est de leurs intérêts. Les points de vue sont de plus en plus divergents. Tout ce qui est lié au Brexit embrasse la question des intérêts et des aspirations personnels. La décision de David Cameron de mettre en place le référendum était liée à sa volonté d’affaiblir ses opposants au sein du parti conservateur. Puis, ceux qui sont devenus les figures du Brexit, comme Michael Gove, étaient en réalité plus intéressés par le fait de devenir premier ministre que par le Brexit lui-même. Avant le Brexit, Boris Johnson était considéré comme plus pro-européen qu’anti-européen. Mais il a vu ici une opportunité personnelle pour essayer de diriger le parti. Et depuis ce moment, toutes les manœuvres auxquelles nous avons assisté ont toutes eu pour objectif d’obtenir plus de pouvoir, mais ces personnes n’ont aucune idée quand il s’agit de savoir ce qui est le mieux pour le pays. Ainsi, toute la stratégie de Theresa May a consisté à se maintenir en position et de faire en sorte de que le parti conservateur garde le pouvoir, et non pas la recherche de l’intérêt supérieur du pays.

Du point de vue de la population, et des classes populaires en particulier, on pouvait observer un désenchantement grandissant et une perte de confiance généralisée envers les élites au sens global. Et cette défiance concerne l’ensemble des élites, que ce soient les élites politiques, économiques, ou médiatiques. Le Brexit n’a pas inversé cette tendance, et la défiance envers les élites a continué de se renforcer au fil des négociations avec l’Union européenne.

 

Après le référendum britannique, que les élites européennes ont fermement condamné, un esprit de punition envers le Royaume-Uni s’est dressé sur le continent. Ne pourrions-nous pas voir, dans l’action des élites européennes, incapables de tirer les leçons du désenchantement qui existe en Europe, pour avancer vers une Union plus conforme aux aspirations des populations, le même processus à l’œuvre?

Oui. Mon livre concerne les élites britanniques, et mon prochain livre concerne les relations entre dirigeants politiques et les médias, et il apparaît clairement que les autres pays européens souffrent des mêmes problèmes. Des élites plus intéressées par leurs intérêts personnels que par la recherche de l’intérêt général, des élites plus mobiles et plus précaires, et cette situation s’articule avec un fort désenchantement de la population. Cela est également visible en France, en Allemagne ou en Italie par exemple avec des anciens partis qui se délitent et de nouveaux partis qui émergent. Ce phénomène se produit également pour les élites des institutions européennes, peut-être à un moindre niveau que les élites nationales, mais elles sont particulièrement déconnectées des personnes ordinaires, des Etats, et des processus démocratiques. Cela a également un impact. Si le Royaume Uni est confronté à des problèmes sérieux, les autres pays européens, tout comme le projet européen, le sont tout autant.

 

Comment votre approche des élites britanniques peut-elle être pertinente pour les autres démocraties occidentales, notamment en France?

Il y a beaucoup de parallèles. La France dispose aussi d’un système d’écoles pour élites, d’une haute fonction publique, et on peut constater ce même problème lié à la mobilité et à la précarité de l’Establishment en France. De l’extérieur, on voit que les grands partis qui ont dominé la vie politique française pendant des décennies ont été marginalisés au moment où Emmanuel Macron est apparu. Mais le résultat est qu’Emmanuel Macron propose les mêmes politiques que Tony Blair, Barack Obama, ou Angela Merkel. Ce sont des centristes qui n’arrivent pas à se représenter les problèmes posés par l’économie et par la mondialisation, aux personnes ordinaires. Pourtant, la mondialisation et le libre échange affectent directement les classes populaires de ces pays. Mais ces dirigeants considèrent la mondialisation et le libre échange comme des étapes positives d’un processus politique, tout comme le seraient les baisses d’impôts ou la dérégulation. En proposant les mêmes politiques, ils sont logiquement confrontés aux mêmes problèmes de concentration des richesses et d’augmentation des inégalités, de précarisation du bas de la société, et de déconnexion sociale. Il est intéressant de noter qu’Emmanuel Macron a été perçu comme un sauveur de l’Europe, apparu après le Brexit, et que le même sentiment anti-élites que nous avons au Royaume Uni est très clairement apparu en France avec le mouvement des Gilets jaunes. Cela est arrivé parce que les propositions d’Emmanuel Macron découlaient de la même logique : plus de libre échange, plus de mondialisation, plus d’Europe, plus de dérégulation, plus d’harmonisation etc.… Ce dernier point, l’harmonisation, pourrait être un bon projet en soi, mais le problème est que les dirigeants ont l’air de ne pas vouloir voir les effets de ces politiques.

 

Quel lien faites vous entre le constat que vous dressez concernant les élites avec ce qui est appelé le “néolibéralisme” ?

En menant de nombreux entretiens, je me suis rendu compte que certaines idées, des idées très simples, comme le libre échange, la dérégulation, la concurrence, sont assez consensuelles parmi les élites. Mais quand vous parlez avec des économistes, ou avec des hommes politiques qui ont été des économistes, ils admettent que la théorie est bien différente de la pratique. Quand vous regardez la tendance historique, vous voyez que le néolibéralisme faisait par exemple la promotion de la concurrence, de l’investissement, mais le résultat a été une plus grande concentration, la création de géants de la finance ou du secteur numérique, une importante financiarisation de l’économie. Nous avons créé des monopoles privés qui accumulent la richesse pour les riches tandis que les autres catégories ont vu leurs revenus stagner ou baisser.

On voit qu’il existe un consensus autour de quelques vagues idées, par exemple que le libre échange et la concurrence profitent à tous, mais cela n’est pas ce qui est arrivé dans la pratique. Cela a pu se produire dans quelques secteurs, mais le résultat que nous avons obtenu est la financiarisation d’une part et le capitalisme de plateformes d’autre part. Dans les deux cas, nous observons de grands monopoles qui font d’immenses profits sans qu’ils soient liés aux personnes ordinaires. C’est le résultat. Il y a certaines idées concernant le néolibéralisme auxquelles les élites s’accrochent, mais les résultats qui étaient escomptés de ces politiques ne sont simplement pas arrivés. L’idée était de faire la promotion de la concurrence, et nous avons des monopoles. L’idée est de permettre l’investissement et l’innovation, mais ces entreprises sont plus préoccupées par leurs profits à court terme que l’investissement à long terme. Et cela s’est empiré depuis la crise financière. Si je pense que les économistes ont une part de responsabilité, on voit que les dirigeants politiques consultent davantage les dirigeants d’entreprises et les financiers sur ces questions, et non pas les économistes. Cela explique aussi cette confusion.

Grand débat : l’énorme fiasco qui se prépare

Grand débat : l’énorme fiasco qui se prépare

 

 

Les conclusions du grand débat risquent d’aboutir à un énorme fiasco. Même les responsables du gouvernement s’y préparent en prévenant qu’il ne faut pas s’attendre à une révolution et qu’il y aura même de grandes désillusions .Normalement le grand débat devrait être terminé, on devrait d’ailleurs connaître ce qui en est sorti et commencer  à énumérer les orientations. Force est de constater que Macron continue de s’inviter ici ou là dans le cadre juridique du grand débat, histoire de continuer à gagner du temps ou plutôt à en perdre. En effet,  les français commencent à être fatigués de cette opération à laquelle ils ne croient pas beaucoup puisqu’un récent sondage Elabe monde que 70 % des Français considèrent que le grand débat ne débouchera sur aucune solution pour résoudre la crise politique. La vérité, c’est que Macron ne pourra apporter aucune solution significative et crédible au mécontentement des Français qui porte surtout sur le pouvoir d’achat, la justice sociale et la justice fiscale aussi sur la réduction des dépenses publiques. Macron ne dispose d’ailleurs d’aucune marge de manœuvre coincée qu’il est d’une part par les critères de gestion publique imposés par l’Europe,  =par une croissance anémique et par des mesures fiscales en faveur des plus favorisés sur lesquels il ne veut pas revenir. Les conclusions de Macron suite à ce grand débat seront forcément cosmétiques ne prendront pas en charge les enjeux majeurs relatifs notamment au renouvellement du projet politique. Macron a cru piéger les gilets jaunes avec un grand débat dont il pensait qu’il allait complètement étouffer ce mouvement social voir le faire oublier. Aujourd’hui c’est lui qui est prisonnier de ce piège dont il ne pourra pas sortir indemne. On peut s’attendre de sa part à un discours fleuve embrassant la totalité des facteurs explicatifs mais sans projet clair et encore moins de décisions significatives. Pourtant l’exercice n’était pas forcément inutile. Il pouvait permettre à davantage de français de s’approprier la problématique du pays sur les enjeux majeurs. Mais il ne fallait pas promettre un débouché politique concret à ce débat à la fois beaucoup trop large également trop vague dans sa problématique. La déception risque d’être immense sans parler de l’hypothèse d’un réveil social qui n’est pas à exclure. Macron pourrait bien avoir fusillé la fin de son mandat avec cette opération politique finalement réduite à une manœuvre de communication permettant au président de justifier sa politique. Mais une sorte de fuite en avant !

Contre le secrétaire général de l’Elysée : troisième plainte

Contre le secrétaire général de l’Elysée : troisième plainte

 

Une probité exemplaire avait déclaré Macron à propos des soupçons de corruption de son secrétaire général. Pourtant l’association Anticor a déposé une troisième plainte à Paris contre le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, cette fois pour  »faux et usage de faux » et d’ »omission substantielle de ses intérêts ».   «Probité exemplaire », c’est  qu’on dit en général des responsables politiques quand leur affaire n’en est qu’au stade du soupçon. Pour l’instant, rien n’est démontré vis à vis d’une éventuelle culpabilité du bras droit de Macron mais l’inverse non plus. Il y a soupçon d’ingérence parce que le principal collaborateur de Macron qui a occupé des fonctions dans les ministères qui gérait la construction navale, chez le constructeur STX comme administrateur et comme directeur financier de MSC, le croisiériste client de STX ; En outre et surtout, l’intéressé n’a pas explicité la nature de ses relations familiales avec les dirigeants de MSC. Emmanuel Macron, qui avait refusé dans un premier temps de s’exprimer sur l’enquête pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence visant le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, était sorti de son silence pour saluer la “probité exemplaire” de son conseiller. Reste à savoir si Kohler a effectivement joué de son influence pour par exemple avantager MSC.la défense globale de Macron concernant son équipe n’apporte pas d’éléments pertinents de ce point de vue.  Mon équipe “a toute ma confiance”, avait  dit le chef de l’Etat. “Je connais chacun de ses membres, ce sont des gens d’une probité exemplaire et lui au premier chef l’origine de cette enquête, une plainte de l’association de lutte anticorruption Anticor pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence contre ce proche conseiller d’Emmanuel Macron qui a notamment représenté à partir de 2010 l’APE auprès des Chantiers de l’Atlantique/STX France, dont MSC est un client. ”. Au lendemain de perquisitions au ministère de l’Economie et des Finances, notamment à l’Agence des participations de l’Etat, dans le cadre de cette enquête, le gouvernement a fait front autour d’Alexis Kohler. “Aujourd’hui, on cherche à tout prix à chercher des problèmes quand il n’y en a pas”, avait  estimé sur LCI le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer qui évidemment n’en sait strictement rien ! “Je le connais bien Alexis Kohler, il est droit, c’est un homme intègre, c’est l’intérêt général personnifié, je sais très bien qu’il n’y a rien derrière ça”, a-t-il dit. le Premier ministre Edouard Philippe, a aussi apporté un soutien appuyé à l’ex secrétaire général de l’Elysée, tout en refusant de commenter la procédure en cours. “Je connais bien Alexis Kohler, depuis longtemps, et je travaille avec lui quasiment tous les jours. Je ne peux en dire que du bien”, a-t-il déclaré à LCI. “Il fait partie de ceux qui incarnent pour moi le mieux ce qu’est le sens de l’Etat”.  Mais  Alexis Kohler est visé par une troisième plainte. Anticor l’a déposée à Paris, rapporte l’AFP qui précise que cette plainte a été rédigée le 18 mars. L’association anticorruption accuse cette fois le secrétaire général de l’Elysée de « faux et usage de faux » et d’ »omission substantielle de ses intérêts », en l’occurrence d’avoir dissimulé deux choses dans différentes déclarations sur l’honneur : ses liens familiaux avec l’armateur et le fait d’avoir été impliqué, comme fonctionnaire, dans des décisions concernant l’armateur italo-suisse MSC.  Anticor avait déposé une première plainte contre le bras droit du président peu après mai 2018 et l’ouverture de l’enquête, en qualifiant les faits de « prise illégale d’intérêt », « trafic d’influence » et « corruption passive ». Puis une seconde plainte est intervenue en août après de nouvelles révélations.  »En ciblant cette fois ces omissions, on remonte peu à peu aux racines d’un système qui a sa logique », a commenté l’avocat d’Anticor, Me Jean-Baptiste Soufron. Alexis Kohler est déjà l’un des personnages clé de l’affaire Benalla. L’ex secrétaire général de l’Elysée fait partie des trois hauts responsables de la présidence dont les déclarations sous serment au ont été transmises au parquet de Paris en vue d’éventuelles poursuites judiciaires.

Des neurones toujours fabriqués à l’âge adulte

Des neurones toujours fabriqués  à l’âge adulte

De quoi rassurer même certains politiques ! France info nous apprend que les adultes  produisent des neurones une fois l’adolescence terminée. C’est ce qu’affirment des chercheurs spécialisés en neuropathologie et en biologie moléculaire de l’université de Madrid (Espagne) dans une étude publiée le 25 mars 2019 dans la revue Nature Medicine. Selon ces scientifiques, la fabrication des neurones, un processus appelé la neurogénèse et qui a lieu dans le cerveau persiste tout au long de la vie. Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont travaillé sur des tissus cérébraux de 13 donneurs décédés, en bonne santé neurologique et âgés de 43 à 87 ans au moment du décès. Ils ont mis ces échantillons au contact d’une molécule fluorescente capable de se fixer spécifiquement aux neurones immatures. Résultat : des dizaines de milliers de cellules ont fixé cette molécule dans l’hippocampe, une région du cerveau impliquée notamment dans la mémorisation. Des observations de ces cellules au microscope ont permis aux chercheurs de vérifier qu’il s’agissait bien de jeunes neurones, et ce même dans les échantillons issus des donneurs les plus âgés.

Plus précisément, l’échantillon du plus jeune donneur décédé à 43 ans contenait environ 42.000 neurones immatures par millimètre carré de tissu cérébral. Ce chiffre diminuait de 30% pour le donneur le plus âgé décédé à 87 ans, soit près de 30.000 neurones par millimètre carré. Qu’en concluent les chercheurs madrilènes ? Que leurs travaux soutiennent bien l’hypothèse selon laquelle la neurogénèse décline avec l’âge mais ne s’arrête jamais complètement… au moins jusqu’à l’aube des 90 ans. Un second résultat dévoilé par cette étude concerne la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont en effet réalisé les mêmes expériences sur des tissus cérébraux de 45 personnes atteintes de cette maladie neurodégénérative et décédées entre 52 et 97 ans. Ils ont alors observé que plus la maladie est avancée, moins le cerveau compte de neurones immatures : les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer auraient ainsi 30% de jeunes neurones en moins que les personnes du même âge et en bonne santé neurologique. Si cette observation ne peut être interprétée comme un lien de cause à effet entre le déclin de la neurogénèse et la maladie d’Alzheimer, elle ouvre tout de même de nouvelles pistes de recherche pour combattre cette pathologie.

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