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Quel placement financier dans un environnement de stagflation ?

Quel placement financier dans  un environnement de stagflation ?

Les marchés évoluent actuellement dans un environnement en complète mutation. Exacerbées par le contexte géopolitique, les tensions inflationnistes font craindre que le ralentissement actuel de la croissance ne se transforme en récession globale. Pourtant, les opportunités existent sur les marchés actions et obligataires ainsi que dans l’univers du Private Equity. Par Vincent Manuel, Chief Investment Officer chez Indosuez Wealth Management et Gilles de Foucault, Directeur des Investissements Private Equity chez Indosuez Gestion.(la Tribune)

 

La donne a changé sur les marchés alors que le contexte économique se dégrade. La hausse de l’inflation pousse les grandes banques centrales à réviser en profondeur leur politique monétaire. En Chine, le maintien d’une politique zéro Covid contribue à prolonger les tensions sur les chaînes d’approvisionnement. Les sanctions prises contre la Russie amplifient la hausse des prix du pétrole, sans que la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), début juin, de relever les quotas de production ne parvienne à rétablir les équilibres antérieurs.

Or, si cette augmentation du prix du baril devait se poursuivre, elle devrait conduire à un ralentissement plus prononcé de la croissance au cours des prochains mois. Si les prévisions de croissance mondiale en 2022 restent très incertaines (estimé à 3,1% au niveau mondial, et en particulier entre 2 et 2,5% en zone euro et aux Etats-Unis et inférieure à 4% en Chine*), elles cachent néanmoins une quasi-stagnation des trimestres à venir, après un premier trimestre bénéficiant d’un effet de base qui a été très important par rapport au T1 2021.

« La tendance des dernières semaines confirme l’hypothèse d’un choc significatif, déjà constaté depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et qui est visible dans les statistiques relatives à la confiance des ménages au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en zone euro. Ce choc inflationniste est surtout supporté par les ménages.

Cette baisse déjà visible du pouvoir d’achat conduit à une contraction des ventes de détail. Ceci contraste avec le moral des entreprises, dont les indicateurs d’activité (PMI composite**) restent encore en expansion (au-dessus de 50) malgré une décélération qui fait jour.

Celle-ci pourrait s’amplifier en écho à la baisse inquiétante du sentiment de confiance des CEO américains revenu aux niveaux de mars 2020 », prévient Vincent Manuel, Chief Investment Officer, Indosuez Wealth Management.

Inflation structurelle

Conjuguée à des perspectives de ralentissement économique, l’inflation ressort à des niveaux inédits, qui n’avaient plus été atteints depuis quarante ans (8,6% aux Etats-Unis en mai en glissement annuel, 8,1% en zone euro**) compliquant la donne pour des banques centrales et des gouvernements, qui ont perdu l’habitude d’évoluer dans un tel environnement de stagflation. En 2023, l’inflation devrait rester à des niveaux élevés (+4,6% aux Etats-Unis, +4,9% en zone euro***), s’installant dans le paysage économique et demeurant à des niveaux largement supérieurs aux objectifs des banques centrales.

« Ce choc d’inflation revêt une composante cyclique importante, liée à des déséquilibres offre / demande, aux matières premières, aux tensions salariales actuelles, qui peuvent s’inverser en cas de ralentissement.

Cependant, les facteurs de déflation structurelle observés au cours des dernières années (mondialisation des échanges, coûts modérés de l’énergie et des transports, digitalisation de l’économie, etc.) laissent une place grandissante aux facteurs inflationnistes comme l’aspiration à plus d’autonomie dans un certain nombre de secteurs stratégiques qui pourrait conduire à une régionalisation croissante de l’économie mondiale.

On peut aussi citer un consensus social plus fort pour un rééquilibrage du poids des salaires dans le partage de la valeur ajoutée dans les pays matures, et en parallèle la hausse des coûts salariaux dans le monde émergent, notamment en Chine. Enfin, la transition climatique requiert des investissements considérables et devrait à ce titre alimenter durablement les pressions inflationnistes », analyse Vincent Manuel.

Après la hausse de 75 points de base annoncée mercredi 15 juin, la Réserve Fédérale (Fed) devrait avoir remonté ses taux directeurs au-delà de 3% d’ici la fin de l’année alors que la Banque centrale européenne (BCE) s’orientera vers une sortie des taux négatifs avec une première hausse programmée début juillet. Pour autant, les taux réels restent en territoire encore négatif étant donné le niveau de l’inflation. A ce titre, il est difficile de parler de resserrement monétaire. Le terme « normalisation » convient davantage. La réduction du bilan de la Fed contribue toutefois à la remontée des taux longs (le 10 ans américain atteint 3,5%). La question est désormais de savoir jusqu’à quel point les banques centrales mèneront leurs programmes de hausse des taux tandis que le risque de récession grandit.

« Les craintes de récession et le niveau d’endettement des économies occidentales finira probablement par limiter la capacité des banques centrales à poursuivre la remontée les taux d’intérêt au-delà du début d’année 2023 », note Vincent Manuel.

L’ajustement actuel des marchés prend en compte cette hausse des taux qui affecte comme prévu les valorisations alors que les entreprises n’ont pas encore révisé à la baisse leurs prévisions de résultat, après des publications trimestrielles très satisfaisantes. On estime qu’une hausse de 100 points de base du taux 10 ans américain correspond historiquement à une baisse de 3,5 points du ratio cours/bénéfices de l’indice S&P 500**.

« La normalisation monétaire en cours conduit les investisseurs à accélérer leur désendettement. Ceci contribue à amplifier la baisse du prix des actifs », explique Vincent Manuel.

Toutefois, le momentum est propice aux titres Value, aux valeurs de rendement et aux défensives. Au niveau sectoriel, les matières premières, les banques, l’énergie ainsi que la santé, les télécommunications, les services aux collectivités permettent de construire des portefeuilles générant du rendement. Enfin, les valeurs offrant des cash-flows élevés et du pricing power restent à privilégier.

A la faveur du ralentissement économique en cours, les taux de défaut pourraient remonter au cours des prochains mois. Mais dans un contexte favorable aux valeurs de rendement, il est préférable de privilégier les obligations d’entreprises.

« Le rendement moyen des obligations d’entreprises est de l’ordre de 3% en zone euro et de 4,5% aux Etats-Unis alors qu’il peut atteindre 6% pour les obligations à haut rendement de la zone euro et 8% aux Etats-Unis** », constate Vincent Manuel.

Dans cet environnement difficile pour les marchés financiers, le marché des actifs non cotés conserve tout son attrait au sortir d’une année record en 2021. Les taux de croissance et de rentabilité sont restés à des niveaux très élevés. Plus de 1.000 milliards de dollars ont été investis l’an dernier sur les marchés du Private Equity et de la dette privée, renforçant la confiance des investisseurs sur ces classes d’actifs. Ces marchés ne se limitent plus à financer des entreprises technologiques ou évoluant dans l’univers de la santé mais s’étendent aux secteurs plus traditionnels (industrie, consommation, etc.).

« Depuis le début de l’année, les multiples de valorisation ont peu évolué. L’enjeu à plus long terme réside dans la capacité des entreprises à préserver leur croissance et leurs marges dans un contexte de ralentissement. Or, les sociétés capables d’offrir du « pricing power » et d’imposer des barrières à l’entrée devraient faire la différence », estime Gilles de Foucault, Directeur des Investissements Private Equity, Indosuez Gestion.

D’autant que la baisse du nombre d’entreprises s’introduisant en Bourse va de pair avec l’augmentation du nombre d’opérations de Private Equity, mettant en lumière un phénomène a priori durable.

« Les opportunités sont là. Le ralentissement de l’économie devrait inciter certains grands groupes à se recentrer sur leurs activités les plus rentables, leur cœur de métier. En outre, de nombreux chefs d’entreprises pourraient accélérer les processus de transmission en faisant appel à des managers ou à des partenaires extérieurs (LBO primaires).

Le contexte se prête également à l’intervention des investisseurs en quête de liquidités sur le marché secondaire. Pour les investissements en infrastructures ou en immobilier, le financement de la transition énergétique constitue un thème d’investissement attractif et pérenne », conclut Gilles de Foucault.

_____

* Indosuez Wealth Management sur la base des mises à jour d’Amundi et de Crédit Agricole SA
** Bloomberg, Indosuez Wealth Management
*** Prévisions CACIB, Juin 2022 (sous l’hypothèse d’un prix du pétrole à 123$)

Politique-L’OTAN dans le piège de l’Ukraine ?

Politique-L’OTAN dans le piège de l’Ukraine ?

Sylvie Kauffmann du Monde s’interroge sur la stratégie de l’OTAN dans la mesure où rien ne semble pouvoir arrêter les massacres de la Russie et où les sanctions prises contre Poutine se retournent en fait contre l’Occident.

 

 

Les dirigeants de l’OTAN se réunissent à Madrid dans un contexte géostratégique radicalement bouleversé. Le tournant actuel de la guerre, qui paraît favoriser la Russie, les contraint à des choix draconiens, analyse Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

Toute honte bue, le ministère de la défense russe a revendiqué, mardi 28 juin, le bombardement meurtrier du centre commercial de Krementchouk en Ukraine, la veille, prétendant qu’il était désaffecté et que la cible était militaire.

Plus rien ne retient le régime du président Poutine dans sa volonté d’asservir ce pays : ni la décence humaine ni le souci de préserver ce qu’il reste des engagements de l’après-guerre froide pour la sécurité en Europe, comme le montre son annonce du déploiement en Biélorussie de missiles capables d’emporter des têtes nucléaires.

 

C’est dans ce contexte de durcissement extrême que sont réunis les dirigeants de l’OTAN à Madrid, du 28 au 30 juin. Quatre mois après le début de l’invasion de l’Ukraine, le point de non-retour semble désormais atteint dans les relations de l’Alliance atlantique avec la Russie. Et ce point de non-retour va structurer durablement leur horizon sécuritaire, dans un environnement géostratégique bouleversé.

La guerre elle-même est entrée dans une phase difficile pour l’Ukraine et pour ses soutiens occidentaux. Sur le terrain, la stratégie de destruction totale de l’artillerie russe finit par venir à bout de la résistance ukrainienne en plusieurs endroits du Donbass. Kiev est de nouveau frappée. La diplomatie est à l’arrêt, les Nations unies impotentes. L’outil des sanctions, manié à une échelle sans précédent par le camp occidental uni, ne produit pas à court terme les effets escomptés : ni le régime de Vladimir Poutine ni le soutien de la population russe ne paraissent ébranlés, le rouble résiste et, malgré le défaut de paiement de la Russie, le système économique est, pour l’instant, stabilisé.

 

Pis : alors que le blocage par la Russie des exportations de céréales ukrainiennes menace de provoquer une crise alimentaire dans les pays importateurs du Sud, Moscou a réussi à y implanter l’idée que la faute en incombait aux sanctions occidentales. Ainsi, si l’Ukraine et son président, Volodymyr Zelensky, ont très tôt remporté la bataille de l’opinion en Europe, leurs alliés semblent l’avoir perdue dans le reste du monde – raison pour laquelle cinq dirigeants du Sud ont été invités au sommet du G7, lundi.

Parallèlement, les pays européens, particulièrement ceux qui, comme l’Allemagne, étaient très dépendants du gaz russe, se trouvent contraints de modifier radicalement, dans l’urgence, leur politique d’approvisionnement énergétique, au détriment de leurs engagements dans la lutte contre le changement climatique. Conséquence politique non négligeable, les hausses des prix qui en résultent risquent de fragiliser le soutien des opinions publiques à l’effort de guerre en Ukraine.

L’OTAN dans le piège de l’Ukraine ?

L’OTAN dans le piège de l’Ukraine ?

Sylvie Kauffmann du Monde s’interroge sur la stratégie de l’OTAN dans la mesure où rien ne semble pouvoir arrêter les massacres de la Russie et où les sanctions prises contre Poutine se retournent en fait contre l’Occident.

 

 

Les dirigeants de l’OTAN se réunissent à Madrid dans un contexte géostratégique radicalement bouleversé. Le tournant actuel de la guerre, qui paraît favoriser la Russie, les contraint à des choix draconiens, analyse Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

Toute honte bue, le ministère de la défense russe a revendiqué, mardi 28 juin, le bombardement meurtrier du centre commercial de Krementchouk en Ukraine, la veille, prétendant qu’il était désaffecté et que la cible était militaire.

Plus rien ne retient le régime du président Poutine dans sa volonté d’asservir ce pays : ni la décence humaine ni le souci de préserver ce qu’il reste des engagements de l’après-guerre froide pour la sécurité en Europe, comme le montre son annonce du déploiement en Biélorussie de missiles capables d’emporter des têtes nucléaires.

 

C’est dans ce contexte de durcissement extrême que sont réunis les dirigeants de l’OTAN à Madrid, du 28 au 30 juin. Quatre mois après le début de l’invasion de l’Ukraine, le point de non-retour semble désormais atteint dans les relations de l’Alliance atlantique avec la Russie. Et ce point de non-retour va structurer durablement leur horizon sécuritaire, dans un environnement géostratégique bouleversé.

La guerre elle-même est entrée dans une phase difficile pour l’Ukraine et pour ses soutiens occidentaux. Sur le terrain, la stratégie de destruction totale de l’artillerie russe finit par venir à bout de la résistance ukrainienne en plusieurs endroits du Donbass. Kiev est de nouveau frappée. La diplomatie est à l’arrêt, les Nations unies impotentes. L’outil des sanctions, manié à une échelle sans précédent par le camp occidental uni, ne produit pas à court terme les effets escomptés : ni le régime de Vladimir Poutine ni le soutien de la population russe ne paraissent ébranlés, le rouble résiste et, malgré le défaut de paiement de la Russie, le système économique est, pour l’instant, stabilisé.

 

Pis : alors que le blocage par la Russie des exportations de céréales ukrainiennes menace de provoquer une crise alimentaire dans les pays importateurs du Sud, Moscou a réussi à y implanter l’idée que la faute en incombait aux sanctions occidentales. Ainsi, si l’Ukraine et son président, Volodymyr Zelensky, ont très tôt remporté la bataille de l’opinion en Europe, leurs alliés semblent l’avoir perdue dans le reste du monde – raison pour laquelle cinq dirigeants du Sud ont été invités au sommet du G7, lundi.

Parallèlement, les pays européens, particulièrement ceux qui, comme l’Allemagne, étaient très dépendants du gaz russe, se trouvent contraints de modifier radicalement, dans l’urgence, leur politique d’approvisionnement énergétique, au détriment de leurs engagements dans la lutte contre le changement climatique. Conséquence politique non négligeable, les hausses des prix qui en résultent risquent de fragiliser le soutien des opinions publiques à l’effort de guerre en Ukraine.

Société–IVG dans la Constitution: une priorité en France ?

Société–IVG  dans la Constitution: une priorité en France ?

Il est clair qu’il faut condamner avec force la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de révoquer la jurisprudence qui avait ouvert la voie à la légalisation de l’IVG sur l’ensemble du territoire américain. « C’est une décision catastrophique pour les femmes dans le monde », a déclaré la députée des Yvelines, en ajoutant : « Dès aujourd’hui, avec mon groupe, nous allons déposer une proposition de loi constitutionnelle pour inscrire le respect de l’IVG dans notre Constitution ». De son côté, le Haut Conseil à l’Egalité, instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l’égalité des sexes, a soutenu la démarche et a appelé à « inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne », précise Le Monde.

La question se pose cependant de l’opportunité aujourd’hui de précipiter une démarche pour  inscrire le droit à l’IVG dans la constitution. En effet ce droit n’est nullement en cause en France et aucun parti n’en réclame officiellement la modification.

En prenant pour premier objet politique la question de l’IVG, le gouvernement tente sans doute de masquer un peu ses hésitations sur plusieurs problèmes prioritaires notamment le pouvoir d’achat, la santé et la question climatique.

Il se pourrait bien aussi qu’il y ait quelques intentions malveillantes pour mettre en exergue les divisions du Parlement. Peut-être la division entre l’Assemblée nationale et le Sénat mais surtout sans doute la division à l’intérieur même de l’Assemblée nationale récemment élue.

D’une façon générale ,ces intentions proclamées d’inscrire de plus en plus de problématiques dans la constitution, les questions écologiques par exemple, suscite des interrogations sur ce que doit être le contenu et la permanence du texte suprême. En France pour des questions d’opportunisme souvent politique, on ne cesse de triturer la constitution quand dans d’autres pays ce texte fondateur ne bouge pas d’un iota.

600 milliards de dollars pour les infrastructures dans le monde ?

600 milliards de dollars pour les infrastructures dans le monde ?

Des États-Unis pour aider les pays en développement et contrer dans ce domaine la stratégie chinoise

 

Le G7 «s’est donné pour ambition de faire au monde une meilleure offre en matière d’investissement dans les infrastructures», a souligné le chancelier allemand Olaf Scholz, présentant le projet aux côtés du président américain. Les États-Unis, à eux seuls, promettent de «mobiliser» quelque «200 milliards de dollars» sur cinq ans pour ce programme.

Les Occidentaux souhaitent se démarquer de la Chine, qui a investi massivement dans nombre de pays en développement, pour construire des infrastructures au travers du programme dit des «Nouvelles routes de la soie», ou pour s’assurer à un accès à certaines matières premières. Pékin est  accusé de mener ses projets au travers de prêts peu avantageux, voire franchement périlleux, qui aggravent les problèmes d’endettement de pays déjà vulnérables et-ou pillent les ressources locales.

 

L’offensive chinoise «existe depuis des années et s’est traduite par de nombreux versements en liquide et de nombreux investissements», selon les déclarations d’un haut responsable de la Maison Blanche, «mais ce n’est vraiment pas trop tard», à propos de l’initiative du G7. «Beaucoup de pays qui ont reçu des fonds ou des investissements du programme BRI (acronyme de la dénomination en anglais Belt and Road Initiative) réalisent désormais, des années plus tard, qu’ils sont plus endettés, que leur PIB n’a pas progressé de manière significative, que les soi-disant investissements n’ont pas atteint leurs populations»..

Avortement dans la Constitution: une priorité en France ?

Avortement dans la Constitution: une priorité en France ?

Il est clair qu’il faut condamner avec force la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de révoquer la jurisprudence qui avait ouvert la voie à la légalisation de l’IVG sur l’ensemble du territoire américain. « C’est une décision catastrophique pour les femmes dans le monde », a déclaré la députée des Yvelines, en ajoutant : « Dès aujourd’hui, avec mon groupe, nous allons déposer une proposition de loi constitutionnelle pour inscrire le respect de l’IVG dans notre Constitution ». De son côté, le Haut Conseil à l’Egalité, instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l’égalité des sexes, a soutenu la démarche et a appelé à « inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne », précise Le Monde.

La question se pose cependant de l’opportunité aujourd’hui de précipiter une démarche pour  inscrire le droit à l’IVG dans la constitution. En effet ce droit n’est nullement en cause en France et aucun parti n’en réclame officiellement la modification.

En prenant pour premier objet politique la question de l’IVG, le gouvernement tente sans doute de masquer un peu ses hésitations sur plusieurs problèmes prioritaires notamment le pouvoir d’achat, la santé et la question climatique.

Il se pourrait bien aussi qu’il y ait quelques intentions malveillantes pour mettre en exergue les divisions du Parlement. Peut-être la division entre l’Assemblée nationale et le Sénat mais surtout sans doute la division à l’intérieur même de l’Assemblée nationale récemment élue.

D’une façon générale ,ces intentions proclamées d’inscrire de plus en plus de problématiques dans la constitution, les questions écologiques par exemple, suscite des interrogations sur ce que doit être le contenu et la permanence du texte suprême. En France pour des questions d’opportunisme souvent politique, on ne cesse de triturer la constitution quand dans d’autres pays ce texte fondateur ne bouge pas d’un iota.

Droit à l’avortement dans la Constitution: une priorité en France ?

Droit à l’avortement dans la Constitution: une priorité en France ?

Il est clair qu’il faut condamner avec force la décision de la Cour suprême des Etats-Unis de révoquer la jurisprudence qui avait ouvert la voie à la légalisation de l’IVG sur l’ensemble du territoire américain. « C’est une décision catastrophique pour les femmes dans le monde », a déclaré la députée des Yvelines, en ajoutant : « Dès aujourd’hui, avec mon groupe, nous allons déposer une proposition de loi constitutionnelle pour inscrire le respect de l’IVG dans notre Constitution ». De son côté, le Haut Conseil à l’Egalité, instance nationale consultative indépendante chargée de la protection des droits des femmes et de la promotion de l’égalité des sexes, a soutenu la démarche et a appelé à « inscrire le droit à l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne », précise Le Monde.

La question se pose cependant de l’opportunité aujourd’hui de précipiter une démarche pour  inscrire le droit à l’IVG dans la constitution. En effet ce droit n’est nullement en cause en France et aucun parti n’en réclame officiellement la modification.

En prenant pour premier objet politique la question de l’IVG, le gouvernement tente sans doute de masquer un peu ses hésitations sur plusieurs problèmes prioritaires notamment le pouvoir d’achat, la santé et la question climatique.

Il se pourrait bien aussi qu’il y ait quelques intentions malveillantes pour mettre en exergue les divisions du Parlement. Peut-être la division entre l’Assemblée nationale et le Sénat mais surtout sans doute la division à l’intérieur même de l’Assemblée nationale récemment élue.

D’une façon générale ,ces intentions proclamées d’inscrire de plus en plus de problématiques dans la constitution, les questions écologiques par exemple, suscite des interrogations sur ce que doit être le contenu et la permanence du texte suprême. En France pour des questions d’opportunisme souvent politique, on ne cesse de triturer la constitution quand dans d’autres pays ce texte fondateur ne bouge pas d’un iota.

Société-Les crises dans l’histoire

Société-Les crises dans l’histoire

 

 

 

Aux yeux des contemporains, chaque époque présente des traits exceptionnels. Qu’en est-il en regard de l’Histoire ? Cette impression doit être relativisée par l’existence de cycles qui résultent d’une succession de crises, dont l’issue dépend de la capacité de résilience sociale. par André Yché dans la Tribune.  

 

La conception antique de la vie, inspirée par l’observation de la Nature et, fut-elle approximative, du cosmos, est fondamentalement cyclique. C’est évidemment le cas de l’existence individuelle : naissance, croissance, maturité, vieillesse et mort ; mais aussi de la vie sociale, avec le mythe de l’âge d’or et de l’éternel retour. Thucydide présente, à travers les épisodes de la guerre du Péloponnèse, une conception cyclique de l’Histoire. Aristote et surtout Platon pensent la politique à travers une succession invariable de régimes : anarchie, aristocratie, monarchie, tyrannie, démocratie… anarchie, etc. Il est clair que le panthéisme antique pèse considérablement sur les esprits, conduisant à la répétition intemporelle des actes sacrés, en réponse aux manifestations de la Nature.

Tout change avec le christianisme qui souligne et accentue l’héritage hébraïque de l’idée de progrès ; au Peuple élu, confronté à la disette et aux nuées de sauterelles, les prophètes font miroiter un avenir meilleur. Moïse le guide vers la Terre Promise à Abraham et, depuis, l’œuvre de Jean Chrysostome inspire durablement la théologie pastorale chrétienne.

Avec les Lumières, cette filiation traditionnelle est, sinon rompue, du moins intermédiée : l’idée de progrès découle, avec Descartes, du règne de la Raison. Ce n’est plus la théologie, mais l’anthropologie qui dessine une histoire linéaire et progressiste.

La Révolution française au XVIIIe siècle, couplée à la proclamation de l’Indépendance américaine, ont pour effet de promouvoir l’idéal républicain en tant qu’avenir indépassable de l’humanité, tandis que le scientisme d’Auguste Comte théorise la réalité pratique du progrès. Avec Pasteur, la biologie microbienne réalise une avancée comparable à celle opérée par Villermé en matière d’épidémiologie sociale, quelques décennies plus tôt. Bref, le progrès est tangible, au quotidien, et l’Histoire est devenue linéaire.

Bien sûr, il est un domaine dans lequel le cycle, non seulement perdure, mais s’impose au centre des réflexions savantes : c’est celui de l’économie, où alternent périodes d’extension et de crise. De Juglar à Kondratiev, de Tinbergen à Samuelson, les théories succèdent aux évènements. Sans remonter à la faillite de l’Union Générale en 1882 ni à celle de la banque Baring quelques années plus tard, c’est la Crise de 1929 qui illustre le caractère cyclique de l’économie et suscite les travaux de Keynes sur la régulation publique des marchés, radicalement contestés par Hayek, puis par les « Chicago Boys » de Milton Friedman. Et pourtant, force est de constater qu’à travers une série de « bulles spéculatives », les dispositifs de « lissage » démontrent une efficacité croissante que la crise majeure des « subprimes », à la fin de la première décennie de ce siècle, ne dément pas. En réalité, jusqu’à nos jours, l’impact de cette succession de cycles économiques, plus ou moins bien gérés, s’est trouvé amorti car leur enchaînement s’inscrivait dans un « trend haussier ». Avec le tassement progressif de la croissance en moyenne période, c’est l’existence même de ce « trend » qui est remise en cause et, par voie de conséquence, l’impact de la phase baissière du cycle qui s’en trouve réévalué.

Et pourtant, la foi dans le progrès, tout au long du XXe siècle, n’a cessé de régresser. Le phénomène le plus grave est moral : l’hécatombe de la Première Guerre mondiale, entre peuples européens, la révélation des camps nazis, puis du goulag, les génocides biafrais, cambodgien et rwandais, de même que la pratique de la « purification ethnique » dans l’ex-Yougoslavie, au cœur de l’Europe, mettent à mal l’idée du progrès moral universel, tiré par le progrès technique, qui a produit le Zyclon B, et l’arme atomique. Aux marches de la Russie, le délabrement de l’Ex-empire soviétique produit les tensions et les conflits qui ont suivi la chute de tous les empires précédents : Ottoman, Austro-Hongrois…

C’est dans ce contexte que survient une crise sanitaire, inéluctablement suivie d’une crise économique qui ne peut qu’engendrer à court terme et peut-être au-delà, des reculs significatifs et durables dans divers domaines, et notamment celui de la croissance et du pouvoir d’achat.

Alors que l’ère du progrès linéaire est sur le point de se clore, celle des cycles revient sur le devant de la scène. Enfin, avec le retour du cycle, c’est aussi celui des panthéismes qui s’annonce, notamment à travers certains courants de l’écologie politique qui, à partir de constats scientifiquement peu contestables, érigent les conclusions d’une pensée radicale en autant d’« impératifs catégoriques ».

Le monde était entré dans le XXe siècle en 1914. C’est peut-être en ce moment que nous nous préparons à inaugurer véritablement le siècle suivant, à l’aube du troisième millénaire.

Crises

Un regard, même superficiel, porté sur la succession des crises majeures qui ont émaillé l’Histoire, incite à tirer quelques enseignements quant aux effets de moyen et long termes qu’elles ont engendrés et qui, pour certains d’entre eux, reflètent constance et continuité.

D’abord, viennent les crises épidémiques et alimentaires, les deux étroitement combinées sans que l’on sache bien analyser des liens de causalité, souvent réciproques et toujours complexes.

L’Empire romain est ébranlé, notamment, par la peste dite « antonine », qui sévit de 165 à 190 et qui assombrit le règne de Marc Aurèle, puis celui de Commode. Elle trouve son origine en Mésopotamie, non loin de la capitale perse, Ctésiphon, où manœuvrent les légions qui la propagent jusqu’au Norique, dans l’actuelle Autriche. Le bilan démographique laisse supposer une dépopulation de l’ordre de 10%, jusqu’à 15% dans les zones fortement urbanisées. Soixante ans plus tard, c’est la peste de Cyprien qui sévit et qui ravage l’Afrique du Nord et l’Europe, en commençant par la Sicile. Enfin, à partir de 540 et pendant plus de vingt-cinq ans, c’est la terrible peste de Justinien qui décime les armées byzantines en campagne en Italie et met un terme au grandiose projet de réunification de l’Empire romain. Le cours de l’Histoire mondiale s’en trouve changé.

Du fléau de Dieu frappant les Hommes, plusieurs effets résultent invariablement : les portes, partout, se referment ; les villes se claquemurent ; le commerce cesse tandis que les campagnes militaires s’interrompent. L’humanité se fragmente, la société se féodalise.

Simultanément, le pouvoir politique s’appesantit : les mesures administratives tombent, pour sanctionner la spéculation, réquisitionner les réserves de céréales, réglementer la consommation d’eau et de blé, interdire les exportations alimentaires, car la disette arrive avec l’épidémie. Enfin, l’emprise religieuse s’affirme sur toutes les classes sociales : les processions se multiplient et les bûchers flambent.

La démographie vacille : entre un quart et un tiers de la population disparaît ; Constantinople perd la moitié de ses habitants ; l’exode urbain devant la diffusion de l’épidémie facilitée par la promiscuité s’accélère, parmi les classes aisées. C’est le grand médecin de ces sombres époques, Gallien, qui établit la seule médication appropriée : « Pars vite, marche droit et longtemps, ne reviens que le plus tard possible. »

Après la grande peste du XIVe siècle, qui s’étend sur plusieurs décennies, une constante apparaît : c’est toujours le commerce entre Orient et Occident, par « les routes de la soie », qui véhicule toutes les épidémies, via la mer Noire, l’Ethiopie, l’Arabie, les ports méditerranéens. La Provence, la vallée du Rhône sont les couloirs qui la conduisent en Europe, vers la mer du Nord et la Manche. « Le hussard sur le toit » de Jean Giono, porté à l’écran par Jean-Paul Rappeneau, illustre magnifiquement le tragique destin de ces contrées de propagation naturelle.

Enfin, vient la guerre de Trente Ans qui, épuisant les pays et les peuples, abandonne à tous les maux des populations affaiblies par les conflits et les calamités qui les accompagnent : la soldatesque, les sièges, les pillages. Comment ne pas distinguer alors les prémisses de la Grande Guerre, qui ouvre la voie à la « grippe espagnole », autre passager des « routes de la soie », qui quadruple l’impact démographique des combats et passe pourtant inaperçue dans des statistiques qui recouvrent indifféremment les conflits et leurs suites.

En termes d’organisation sociale, un impact prédomine : c’est l’alourdissement de la fiscalité qui pèse sur les classes moyennes, principales contributrices aux dépenses publiques, accélérées par les nécessités de l’action collective. C’est après la Grande Guerre que l’impôt sur le revenu s’intensifie et se généralise, alors que pour faire face aux besoins du ravitaillement, le premier cadre administratif régional, celui des « régions Clémentel », se met en place. Le second conflit mondial confirmera ce mouvement.

In fine, couplage du sanitaire et de l’alimentaire, fort ralentissement, fût-il provisoire, des échanges et retour des frontières, surcroît de réglementation durable, exode urbain, fiscalisation et centralisation accrues n’ont jamais été démenties. Pourquoi en irait-il différemment désormais et sous des formes modernes, pourquoi les conséquences de la crise mondiale échapperaient-elles à la règle intemporelle ? Quels enseignements tirer de cette suite d’évènements historiques ?

Dans le champ médiatique touchant à l’économie, la compétitivité s’est évanouie pour faire place à la résilience. De quoi s’agit-il ? De la capacité d’une société, d’une économie, à redémarrer, à « rebondir » à l’issue d’une grave crise. Comment illustrer, dans l’histoire contemporaine, cette faculté ?

En 1870, la guerre franco-prussienne, devenue franco-allemande par suite des maladresses de Napoléon III, très malade, se termine par une véritable catastrophe : capitulation de l’Empereur à Sedan en septembre 1870, de Bazaine à Metz en octobre de la même année ; en 1871, à l’issue de l’armistice qui signifie l’amputation des provinces de l’Est, plusieurs mois de guerre civile ensanglantent la capitale, l’armée des Versaillais écrasant la Commune sous le regard goguenard des Allemands. Au traité de Versailles, confirmé à Francfort, Bismarck impose des indemnités de guerre colossales, cinq milliards de francs – or, qui financeront le lancement de la sécurité sociale en Allemagne. La France, partiellement occupée, est à genoux.

Et pourtant, le relèvement est presque instantané : un premier emprunt de 2,5 millions de francs – or est souscrit plus de trois fois ; le second, émis à l’international pour le même montant, est souscrit quatorze fois. L’épargne étrangère afflue dans le pays. L’armée allemande évacue le territoire national, tandis que les lois militaires (Ney, etc.) réorganisent, à partir de 1882, les armées de la République en constituant les régions militaires. Conquêtes coloniales, expositions universelles se succèdent, tandis que les échanges internationaux atteignent, en 1913, un niveau qui ne sera égalé qu’en 1970.

Quel est le ressort de ce formidable rebond ? C’est la profonde modernisation du pays engagé, depuis 1850, par le Second Empire libéral, ouvert aux idées sociales et au Saint-Simonisme ; le secteur bancaire, l’industrie et l’exploitation minière, les chemins de fer se développent rapidement, tandis que les villes se transforment et les grands magasins apparaissent : c’est l’ère des Frères Pereire, de Ferdinand de Lesseps, de Boucicaut et de Prosper Enfantin.

Sur le plan international, Guillaume II contribue puissamment, par sa morgue, à sortir la France de son isolement ; déjà Bismarck avait fini par indisposer Albion…

Au cœur de cette résilience : la banque, les transports, la distribution et surtout l’urbanisme et le bâtiment. L’État a accompagné, rassuré… mais c’est l’économie qui a rebondi, en même temps que la société.

Toutes les leçons de l’Histoire et la liste des ingrédients de la résilience sont là : l’État doit gérer la crise, mais c’est aux entreprises d’assurer l’après-crise et à la société dans son ensemble de relever la tête, ce qu’elle fait volontiers : après la défaite, le recueillement, vient la libération… La Belle Epoque !

Toute la question réside dans l’identification des ressorts de ce nouveau rebond : l’abondance d’épargne, les grands projets d’infrastructures (enfin !), l’urbanisme. Le Crédit Foncier, acteur essentiel de la transformation de l’urbanisme de la France à partir de 1854 n’existe plus. Pour la modernisation du pays, il reste la Caisse des Dépôts et sa projection territoriale, la Banque des Territoires. Tout espoir n’est donc pas perdu.

Les crises dans l’histoire

Les crises dans l’histoire

 

 

 

Aux yeux des contemporains, chaque époque présente des traits exceptionnels. Qu’en est-il en regard de l’Histoire ? Cette impression doit être relativisée par l’existence de cycles qui résultent d’une succession de crises, dont l’issue dépend de la capacité de résilience sociale. par André Yché dans la Tribune.  

 

La conception antique de la vie, inspirée par l’observation de la Nature et, fut-elle approximative, du cosmos, est fondamentalement cyclique. C’est évidemment le cas de l’existence individuelle : naissance, croissance, maturité, vieillesse et mort ; mais aussi de la vie sociale, avec le mythe de l’âge d’or et de l’éternel retour. Thucydide présente, à travers les épisodes de la guerre du Péloponnèse, une conception cyclique de l’Histoire. Aristote et surtout Platon pensent la politique à travers une succession invariable de régimes : anarchie, aristocratie, monarchie, tyrannie, démocratie… anarchie, etc. Il est clair que le panthéisme antique pèse considérablement sur les esprits, conduisant à la répétition intemporelle des actes sacrés, en réponse aux manifestations de la Nature.

Tout change avec le christianisme qui souligne et accentue l’héritage hébraïque de l’idée de progrès ; au Peuple élu, confronté à la disette et aux nuées de sauterelles, les prophètes font miroiter un avenir meilleur. Moïse le guide vers la Terre Promise à Abraham et, depuis, l’œuvre de Jean Chrysostome inspire durablement la théologie pastorale chrétienne.

Avec les Lumières, cette filiation traditionnelle est, sinon rompue, du moins intermédiée : l’idée de progrès découle, avec Descartes, du règne de la Raison. Ce n’est plus la théologie, mais l’anthropologie qui dessine une histoire linéaire et progressiste.

La Révolution française au XVIIIe siècle, couplée à la proclamation de l’Indépendance américaine, ont pour effet de promouvoir l’idéal républicain en tant qu’avenir indépassable de l’humanité, tandis que le scientisme d’Auguste Comte théorise la réalité pratique du progrès. Avec Pasteur, la biologie microbienne réalise une avancée comparable à celle opérée par Villermé en matière d’épidémiologie sociale, quelques décennies plus tôt. Bref, le progrès est tangible, au quotidien, et l’Histoire est devenue linéaire.

Bien sûr, il est un domaine dans lequel le cycle, non seulement perdure, mais s’impose au centre des réflexions savantes : c’est celui de l’économie, où alternent périodes d’extension et de crise. De Juglar à Kondratiev, de Tinbergen à Samuelson, les théories succèdent aux évènements. Sans remonter à la faillite de l’Union Générale en 1882 ni à celle de la banque Baring quelques années plus tard, c’est la Crise de 1929 qui illustre le caractère cyclique de l’économie et suscite les travaux de Keynes sur la régulation publique des marchés, radicalement contestés par Hayek, puis par les « Chicago Boys » de Milton Friedman. Et pourtant, force est de constater qu’à travers une série de « bulles spéculatives », les dispositifs de « lissage » démontrent une efficacité croissante que la crise majeure des « subprimes », à la fin de la première décennie de ce siècle, ne dément pas. En réalité, jusqu’à nos jours, l’impact de cette succession de cycles économiques, plus ou moins bien gérés, s’est trouvé amorti car leur enchaînement s’inscrivait dans un « trend haussier ». Avec le tassement progressif de la croissance en moyenne période, c’est l’existence même de ce « trend » qui est remise en cause et, par voie de conséquence, l’impact de la phase baissière du cycle qui s’en trouve réévalué.

Et pourtant, la foi dans le progrès, tout au long du XXe siècle, n’a cessé de régresser. Le phénomène le plus grave est moral : l’hécatombe de la Première Guerre mondiale, entre peuples européens, la révélation des camps nazis, puis du goulag, les génocides biafrais, cambodgien et rwandais, de même que la pratique de la « purification ethnique » dans l’ex-Yougoslavie, au cœur de l’Europe, mettent à mal l’idée du progrès moral universel, tiré par le progrès technique, qui a produit le Zyclon B, et l’arme atomique. Aux marches de la Russie, le délabrement de l’Ex-empire soviétique produit les tensions et les conflits qui ont suivi la chute de tous les empires précédents : Ottoman, Austro-Hongrois…

C’est dans ce contexte que survient une crise sanitaire, inéluctablement suivie d’une crise économique qui ne peut qu’engendrer à court terme et peut-être au-delà, des reculs significatifs et durables dans divers domaines, et notamment celui de la croissance et du pouvoir d’achat.

Alors que l’ère du progrès linéaire est sur le point de se clore, celle des cycles revient sur le devant de la scène. Enfin, avec le retour du cycle, c’est aussi celui des panthéismes qui s’annonce, notamment à travers certains courants de l’écologie politique qui, à partir de constats scientifiquement peu contestables, érigent les conclusions d’une pensée radicale en autant d’« impératifs catégoriques ».

Le monde était entré dans le XXe siècle en 1914. C’est peut-être en ce moment que nous nous préparons à inaugurer véritablement le siècle suivant, à l’aube du troisième millénaire.

Crises

Un regard, même superficiel, porté sur la succession des crises majeures qui ont émaillé l’Histoire, incite à tirer quelques enseignements quant aux effets de moyen et long termes qu’elles ont engendrés et qui, pour certains d’entre eux, reflètent constance et continuité.

D’abord, viennent les crises épidémiques et alimentaires, les deux étroitement combinées sans que l’on sache bien analyser des liens de causalité, souvent réciproques et toujours complexes.

L’Empire romain est ébranlé, notamment, par la peste dite « antonine », qui sévit de 165 à 190 et qui assombrit le règne de Marc Aurèle, puis celui de Commode. Elle trouve son origine en Mésopotamie, non loin de la capitale perse, Ctésiphon, où manœuvrent les légions qui la propagent jusqu’au Norique, dans l’actuelle Autriche. Le bilan démographique laisse supposer une dépopulation de l’ordre de 10%, jusqu’à 15% dans les zones fortement urbanisées. Soixante ans plus tard, c’est la peste de Cyprien qui sévit et qui ravage l’Afrique du Nord et l’Europe, en commençant par la Sicile. Enfin, à partir de 540 et pendant plus de vingt-cinq ans, c’est la terrible peste de Justinien qui décime les armées byzantines en campagne en Italie et met un terme au grandiose projet de réunification de l’Empire romain. Le cours de l’Histoire mondiale s’en trouve changé.

Du fléau de Dieu frappant les Hommes, plusieurs effets résultent invariablement : les portes, partout, se referment ; les villes se claquemurent ; le commerce cesse tandis que les campagnes militaires s’interrompent. L’humanité se fragmente, la société se féodalise.

Simultanément, le pouvoir politique s’appesantit : les mesures administratives tombent, pour sanctionner la spéculation, réquisitionner les réserves de céréales, réglementer la consommation d’eau et de blé, interdire les exportations alimentaires, car la disette arrive avec l’épidémie. Enfin, l’emprise religieuse s’affirme sur toutes les classes sociales : les processions se multiplient et les bûchers flambent.

La démographie vacille : entre un quart et un tiers de la population disparaît ; Constantinople perd la moitié de ses habitants ; l’exode urbain devant la diffusion de l’épidémie facilitée par la promiscuité s’accélère, parmi les classes aisées. C’est le grand médecin de ces sombres époques, Gallien, qui établit la seule médication appropriée : « Pars vite, marche droit et longtemps, ne reviens que le plus tard possible. »

Après la grande peste du XIVe siècle, qui s’étend sur plusieurs décennies, une constante apparaît : c’est toujours le commerce entre Orient et Occident, par « les routes de la soie », qui véhicule toutes les épidémies, via la mer Noire, l’Ethiopie, l’Arabie, les ports méditerranéens. La Provence, la vallée du Rhône sont les couloirs qui la conduisent en Europe, vers la mer du Nord et la Manche. « Le hussard sur le toit » de Jean Giono, porté à l’écran par Jean-Paul Rappeneau, illustre magnifiquement le tragique destin de ces contrées de propagation naturelle.

Enfin, vient la guerre de Trente Ans qui, épuisant les pays et les peuples, abandonne à tous les maux des populations affaiblies par les conflits et les calamités qui les accompagnent : la soldatesque, les sièges, les pillages. Comment ne pas distinguer alors les prémisses de la Grande Guerre, qui ouvre la voie à la « grippe espagnole », autre passager des « routes de la soie », qui quadruple l’impact démographique des combats et passe pourtant inaperçue dans des statistiques qui recouvrent indifféremment les conflits et leurs suites.

En termes d’organisation sociale, un impact prédomine : c’est l’alourdissement de la fiscalité qui pèse sur les classes moyennes, principales contributrices aux dépenses publiques, accélérées par les nécessités de l’action collective. C’est après la Grande Guerre que l’impôt sur le revenu s’intensifie et se généralise, alors que pour faire face aux besoins du ravitaillement, le premier cadre administratif régional, celui des « régions Clémentel », se met en place. Le second conflit mondial confirmera ce mouvement.

In fine, couplage du sanitaire et de l’alimentaire, fort ralentissement, fût-il provisoire, des échanges et retour des frontières, surcroît de réglementation durable, exode urbain, fiscalisation et centralisation accrues n’ont jamais été démenties. Pourquoi en irait-il différemment désormais et sous des formes modernes, pourquoi les conséquences de la crise mondiale échapperaient-elles à la règle intemporelle ? Quels enseignements tirer de cette suite d’évènements historiques ?

Dans le champ médiatique touchant à l’économie, la compétitivité s’est évanouie pour faire place à la résilience. De quoi s’agit-il ? De la capacité d’une société, d’une économie, à redémarrer, à « rebondir » à l’issue d’une grave crise. Comment illustrer, dans l’histoire contemporaine, cette faculté ?

En 1870, la guerre franco-prussienne, devenue franco-allemande par suite des maladresses de Napoléon III, très malade, se termine par une véritable catastrophe : capitulation de l’Empereur à Sedan en septembre 1870, de Bazaine à Metz en octobre de la même année ; en 1871, à l’issue de l’armistice qui signifie l’amputation des provinces de l’Est, plusieurs mois de guerre civile ensanglantent la capitale, l’armée des Versaillais écrasant la Commune sous le regard goguenard des Allemands. Au traité de Versailles, confirmé à Francfort, Bismarck impose des indemnités de guerre colossales, cinq milliards de francs – or, qui financeront le lancement de la sécurité sociale en Allemagne. La France, partiellement occupée, est à genoux.

Et pourtant, le relèvement est presque instantané : un premier emprunt de 2,5 millions de francs – or est souscrit plus de trois fois ; le second, émis à l’international pour le même montant, est souscrit quatorze fois. L’épargne étrangère afflue dans le pays. L’armée allemande évacue le territoire national, tandis que les lois militaires (Ney, etc.) réorganisent, à partir de 1882, les armées de la République en constituant les régions militaires. Conquêtes coloniales, expositions universelles se succèdent, tandis que les échanges internationaux atteignent, en 1913, un niveau qui ne sera égalé qu’en 1970.

Quel est le ressort de ce formidable rebond ? C’est la profonde modernisation du pays engagé, depuis 1850, par le Second Empire libéral, ouvert aux idées sociales et au Saint-Simonisme ; le secteur bancaire, l’industrie et l’exploitation minière, les chemins de fer se développent rapidement, tandis que les villes se transforment et les grands magasins apparaissent : c’est l’ère des Frères Pereire, de Ferdinand de Lesseps, de Boucicaut et de Prosper Enfantin.

Sur le plan international, Guillaume II contribue puissamment, par sa morgue, à sortir la France de son isolement ; déjà Bismarck avait fini par indisposer Albion…

Au cœur de cette résilience : la banque, les transports, la distribution et surtout l’urbanisme et le bâtiment. L’État a accompagné, rassuré… mais c’est l’économie qui a rebondi, en même temps que la société.

Toutes les leçons de l’Histoire et la liste des ingrédients de la résilience sont là : l’État doit gérer la crise, mais c’est aux entreprises d’assurer l’après-crise et à la société dans son ensemble de relever la tête, ce qu’elle fait volontiers : après la défaite, le recueillement, vient la libération… La Belle Epoque !

Toute la question réside dans l’identification des ressorts de ce nouveau rebond : l’abondance d’épargne, les grands projets d’infrastructures (enfin !), l’urbanisme. Le Crédit Foncier, acteur essentiel de la transformation de l’urbanisme de la France à partir de 1854 n’existe plus. Pour la modernisation du pays, il reste la Caisse des Dépôts et sa projection territoriale, la Banque des Territoires. Tout espoir n’est donc pas perdu.

Société-Les crises dans l’histoire

Les crises dans l’histoire

 

 

 

Aux yeux des contemporains, chaque époque présente des traits exceptionnels. Qu’en est-il en regard de l’Histoire ? Cette impression doit être relativisée par l’existence de cycles qui résultent d’une succession de crises, dont l’issue dépend de la capacité de résilience sociale. par André Yché dans la Tribune.  

 

La conception antique de la vie, inspirée par l’observation de la Nature et, fut-elle approximative, du cosmos, est fondamentalement cyclique. C’est évidemment le cas de l’existence individuelle : naissance, croissance, maturité, vieillesse et mort ; mais aussi de la vie sociale, avec le mythe de l’âge d’or et de l’éternel retour. Thucydide présente, à travers les épisodes de la guerre du Péloponnèse, une conception cyclique de l’Histoire. Aristote et surtout Platon pensent la politique à travers une succession invariable de régimes : anarchie, aristocratie, monarchie, tyrannie, démocratie… anarchie, etc. Il est clair que le panthéisme antique pèse considérablement sur les esprits, conduisant à la répétition intemporelle des actes sacrés, en réponse aux manifestations de la Nature.

Tout change avec le christianisme qui souligne et accentue l’héritage hébraïque de l’idée de progrès ; au Peuple élu, confronté à la disette et aux nuées de sauterelles, les prophètes font miroiter un avenir meilleur. Moïse le guide vers la Terre Promise à Abraham et, depuis, l’œuvre de Jean Chrysostome inspire durablement la théologie pastorale chrétienne.

Avec les Lumières, cette filiation traditionnelle est, sinon rompue, du moins intermédiée : l’idée de progrès découle, avec Descartes, du règne de la Raison. Ce n’est plus la théologie, mais l’anthropologie qui dessine une histoire linéaire et progressiste.

La Révolution française au XVIIIe siècle, couplée à la proclamation de l’Indépendance américaine, ont pour effet de promouvoir l’idéal républicain en tant qu’avenir indépassable de l’humanité, tandis que le scientisme d’Auguste Comte théorise la réalité pratique du progrès. Avec Pasteur, la biologie microbienne réalise une avancée comparable à celle opérée par Villermé en matière d’épidémiologie sociale, quelques décennies plus tôt. Bref, le progrès est tangible, au quotidien, et l’Histoire est devenue linéaire.

Bien sûr, il est un domaine dans lequel le cycle, non seulement perdure, mais s’impose au centre des réflexions savantes : c’est celui de l’économie, où alternent périodes d’extension et de crise. De Juglar à Kondratiev, de Tinbergen à Samuelson, les théories succèdent aux évènements. Sans remonter à la faillite de l’Union Générale en 1882 ni à celle de la banque Baring quelques années plus tard, c’est la Crise de 1929 qui illustre le caractère cyclique de l’économie et suscite les travaux de Keynes sur la régulation publique des marchés, radicalement contestés par Hayek, puis par les « Chicago Boys » de Milton Friedman. Et pourtant, force est de constater qu’à travers une série de « bulles spéculatives », les dispositifs de « lissage » démontrent une efficacité croissante que la crise majeure des « subprimes », à la fin de la première décennie de ce siècle, ne dément pas. En réalité, jusqu’à nos jours, l’impact de cette succession de cycles économiques, plus ou moins bien gérés, s’est trouvé amorti car leur enchaînement s’inscrivait dans un « trend haussier ». Avec le tassement progressif de la croissance en moyenne période, c’est l’existence même de ce « trend » qui est remise en cause et, par voie de conséquence, l’impact de la phase baissière du cycle qui s’en trouve réévalué.

Et pourtant, la foi dans le progrès, tout au long du XXe siècle, n’a cessé de régresser. Le phénomène le plus grave est moral : l’hécatombe de la Première Guerre mondiale, entre peuples européens, la révélation des camps nazis, puis du goulag, les génocides biafrais, cambodgien et rwandais, de même que la pratique de la « purification ethnique » dans l’ex-Yougoslavie, au cœur de l’Europe, mettent à mal l’idée du progrès moral universel, tiré par le progrès technique, qui a produit le Zyclon B, et l’arme atomique. Aux marches de la Russie, le délabrement de l’Ex-empire soviétique produit les tensions et les conflits qui ont suivi la chute de tous les empires précédents : Ottoman, Austro-Hongrois…

C’est dans ce contexte que survient une crise sanitaire, inéluctablement suivie d’une crise économique qui ne peut qu’engendrer à court terme et peut-être au-delà, des reculs significatifs et durables dans divers domaines, et notamment celui de la croissance et du pouvoir d’achat.

Alors que l’ère du progrès linéaire est sur le point de se clore, celle des cycles revient sur le devant de la scène. Enfin, avec le retour du cycle, c’est aussi celui des panthéismes qui s’annonce, notamment à travers certains courants de l’écologie politique qui, à partir de constats scientifiquement peu contestables, érigent les conclusions d’une pensée radicale en autant d’« impératifs catégoriques ».

Le monde était entré dans le XXe siècle en 1914. C’est peut-être en ce moment que nous nous préparons à inaugurer véritablement le siècle suivant, à l’aube du troisième millénaire.

Crises

Un regard, même superficiel, porté sur la succession des crises majeures qui ont émaillé l’Histoire, incite à tirer quelques enseignements quant aux effets de moyen et long termes qu’elles ont engendrés et qui, pour certains d’entre eux, reflètent constance et continuité.

D’abord, viennent les crises épidémiques et alimentaires, les deux étroitement combinées sans que l’on sache bien analyser des liens de causalité, souvent réciproques et toujours complexes.

L’Empire romain est ébranlé, notamment, par la peste dite « antonine », qui sévit de 165 à 190 et qui assombrit le règne de Marc Aurèle, puis celui de Commode. Elle trouve son origine en Mésopotamie, non loin de la capitale perse, Ctésiphon, où manœuvrent les légions qui la propagent jusqu’au Norique, dans l’actuelle Autriche. Le bilan démographique laisse supposer une dépopulation de l’ordre de 10%, jusqu’à 15% dans les zones fortement urbanisées. Soixante ans plus tard, c’est la peste de Cyprien qui sévit et qui ravage l’Afrique du Nord et l’Europe, en commençant par la Sicile. Enfin, à partir de 540 et pendant plus de vingt-cinq ans, c’est la terrible peste de Justinien qui décime les armées byzantines en campagne en Italie et met un terme au grandiose projet de réunification de l’Empire romain. Le cours de l’Histoire mondiale s’en trouve changé.

Du fléau de Dieu frappant les Hommes, plusieurs effets résultent invariablement : les portes, partout, se referment ; les villes se claquemurent ; le commerce cesse tandis que les campagnes militaires s’interrompent. L’humanité se fragmente, la société se féodalise.

Simultanément, le pouvoir politique s’appesantit : les mesures administratives tombent, pour sanctionner la spéculation, réquisitionner les réserves de céréales, réglementer la consommation d’eau et de blé, interdire les exportations alimentaires, car la disette arrive avec l’épidémie. Enfin, l’emprise religieuse s’affirme sur toutes les classes sociales : les processions se multiplient et les bûchers flambent.

La démographie vacille : entre un quart et un tiers de la population disparaît ; Constantinople perd la moitié de ses habitants ; l’exode urbain devant la diffusion de l’épidémie facilitée par la promiscuité s’accélère, parmi les classes aisées. C’est le grand médecin de ces sombres époques, Gallien, qui établit la seule médication appropriée : « Pars vite, marche droit et longtemps, ne reviens que le plus tard possible. »

Après la grande peste du XIVe siècle, qui s’étend sur plusieurs décennies, une constante apparaît : c’est toujours le commerce entre Orient et Occident, par « les routes de la soie », qui véhicule toutes les épidémies, via la mer Noire, l’Ethiopie, l’Arabie, les ports méditerranéens. La Provence, la vallée du Rhône sont les couloirs qui la conduisent en Europe, vers la mer du Nord et la Manche. « Le hussard sur le toit » de Jean Giono, porté à l’écran par Jean-Paul Rappeneau, illustre magnifiquement le tragique destin de ces contrées de propagation naturelle.

Enfin, vient la guerre de Trente Ans qui, épuisant les pays et les peuples, abandonne à tous les maux des populations affaiblies par les conflits et les calamités qui les accompagnent : la soldatesque, les sièges, les pillages. Comment ne pas distinguer alors les prémisses de la Grande Guerre, qui ouvre la voie à la « grippe espagnole », autre passager des « routes de la soie », qui quadruple l’impact démographique des combats et passe pourtant inaperçue dans des statistiques qui recouvrent indifféremment les conflits et leurs suites.

En termes d’organisation sociale, un impact prédomine : c’est l’alourdissement de la fiscalité qui pèse sur les classes moyennes, principales contributrices aux dépenses publiques, accélérées par les nécessités de l’action collective. C’est après la Grande Guerre que l’impôt sur le revenu s’intensifie et se généralise, alors que pour faire face aux besoins du ravitaillement, le premier cadre administratif régional, celui des « régions Clémentel », se met en place. Le second conflit mondial confirmera ce mouvement.

In fine, couplage du sanitaire et de l’alimentaire, fort ralentissement, fût-il provisoire, des échanges et retour des frontières, surcroît de réglementation durable, exode urbain, fiscalisation et centralisation accrues n’ont jamais été démenties. Pourquoi en irait-il différemment désormais et sous des formes modernes, pourquoi les conséquences de la crise mondiale échapperaient-elles à la règle intemporelle ? Quels enseignements tirer de cette suite d’évènements historiques ?

Dans le champ médiatique touchant à l’économie, la compétitivité s’est évanouie pour faire place à la résilience. De quoi s’agit-il ? De la capacité d’une société, d’une économie, à redémarrer, à « rebondir » à l’issue d’une grave crise. Comment illustrer, dans l’histoire contemporaine, cette faculté ?

En 1870, la guerre franco-prussienne, devenue franco-allemande par suite des maladresses de Napoléon III, très malade, se termine par une véritable catastrophe : capitulation de l’Empereur à Sedan en septembre 1870, de Bazaine à Metz en octobre de la même année ; en 1871, à l’issue de l’armistice qui signifie l’amputation des provinces de l’Est, plusieurs mois de guerre civile ensanglantent la capitale, l’armée des Versaillais écrasant la Commune sous le regard goguenard des Allemands. Au traité de Versailles, confirmé à Francfort, Bismarck impose des indemnités de guerre colossales, cinq milliards de francs – or, qui financeront le lancement de la sécurité sociale en Allemagne. La France, partiellement occupée, est à genoux.

Et pourtant, le relèvement est presque instantané : un premier emprunt de 2,5 millions de francs – or est souscrit plus de trois fois ; le second, émis à l’international pour le même montant, est souscrit quatorze fois. L’épargne étrangère afflue dans le pays. L’armée allemande évacue le territoire national, tandis que les lois militaires (Ney, etc.) réorganisent, à partir de 1882, les armées de la République en constituant les régions militaires. Conquêtes coloniales, expositions universelles se succèdent, tandis que les échanges internationaux atteignent, en 1913, un niveau qui ne sera égalé qu’en 1970.

Quel est le ressort de ce formidable rebond ? C’est la profonde modernisation du pays engagé, depuis 1850, par le Second Empire libéral, ouvert aux idées sociales et au Saint-Simonisme ; le secteur bancaire, l’industrie et l’exploitation minière, les chemins de fer se développent rapidement, tandis que les villes se transforment et les grands magasins apparaissent : c’est l’ère des Frères Pereire, de Ferdinand de Lesseps, de Boucicaut et de Prosper Enfantin.

Sur le plan international, Guillaume II contribue puissamment, par sa morgue, à sortir la France de son isolement ; déjà Bismarck avait fini par indisposer Albion…

Au cœur de cette résilience : la banque, les transports, la distribution et surtout l’urbanisme et le bâtiment. L’État a accompagné, rassuré… mais c’est l’économie qui a rebondi, en même temps que la société.

Toutes les leçons de l’Histoire et la liste des ingrédients de la résilience sont là : l’État doit gérer la crise, mais c’est aux entreprises d’assurer l’après-crise et à la société dans son ensemble de relever la tête, ce qu’elle fait volontiers : après la défaite, le recueillement, vient la libération… La Belle Epoque !

Toute la question réside dans l’identification des ressorts de ce nouveau rebond : l’abondance d’épargne, les grands projets d’infrastructures (enfin !), l’urbanisme. Le Crédit Foncier, acteur essentiel de la transformation de l’urbanisme de la France à partir de 1854 n’existe plus. Pour la modernisation du pays, il reste la Caisse des Dépôts et sa projection territoriale, la Banque des Territoires. Tout espoir n’est donc pas perdu.

André Yché

L’édition française dans les mains du réactionnaire Bolloré ?

L’édition française dans les mains du réactionnaire Bolloré ?

 

 

Quand on voit ce que Bolloré a fait de Cnews, une télévision complètement réac proche des thèses de Trump, il y a lieu de s’inquiéter du regroupement de l’ensemble de l’édition française envisagée par l’industriel. Maison mère d’Editis, Vivendi possède désormais plus de la moitié du groupe Lagardère, propriétaire d’Hachette. Cette acquisition annonce la naissance d’un mégagroupe d’édition, contrôlé par l’industriel Vincent Bolloré, qui inquiète au plus haut point un collectif de dirigeantes de maisons d’édition indépendantes.(Le Monde)

 

Il semblerait qu’un grand méchant loup s’apprête à dévorer la plus grosse part de l’édition française : c’est pour mieux nous aimer, nous dit-on, mieux défendre les auteurs, les libraires et tout l’écosystème de l’édition française… Comme chacun sait, Editis, deuxième groupe éditorial français et propriété de Vincent Bolloré, s’apprête à absorber Hachette, premier groupe français. [Depuis le 14 juin, le groupe Vivendi détient 57,35 % du groupe Lagardère, propriétaire notamment de la maison d’édition Hachette. Ce rachat n’a pas encore été approuvé par la Commission européenne.] Son idée ? Construire un mégagroupe, français et international, un géant de l’information capable de concurrencer Amazon et Google.

Si cette fusion avait lieu, qu’adviendrait-il de la diversité de l’édition française ? La situation parfois précaire des auteurs en serait-elle améliorée ? L’excellence de notre réseau de librairies en sortirait-elle renforcée ? Sans même mentionner la liberté de la presse ou l’indépendance éditoriale des maisons qui se trouveraient ainsi réunies dans ce mégagroupe… A ces questions, nous répondons non.

 

Plus encore que l’intuition féminine, notre expérience partagée d’éditrices indépendantes – nous fêtons, cette année, nos 20, 30 et 40 ans de métier – nous autorise à le déclarer haut et fort : une telle fusion affaiblirait considérablement la richesse, la diversité et le dynamisme du paysage éditorial français. Notre métier s’articule entre artisanat et industrie. Ce mégagroupe, tel qu’il se dessine aujourd’hui, romprait totalement l’équilibre du marché et mettrait en péril toute l’édition indépendante, car les répercussions d’une concentration jamais atteinte à ce jour, par sa taille et son ampleur, se feraient sentir sur l’ensemble de la chaîne du livre.Actuellement, les éditeurs indépendants sous-traitent leur diffusion-distribution à des entités tierces qui assurent leur présence sur le marché. Nous avons, aujourd’hui encore, le choix entre des interlocuteurs divers, ce qui nous permet de négocier nos contrats. Le projet d’acquisition réunirait, au sein d’une seule entité, les plates-formes de diffusion et de distribution d’Hachette et d’Editis, qui représenteraient plus de 50 % du marché. Quant à l’accès aux plus petits points de vente, il serait de facto à 100 % entre les mains du nouveau mégagroupe, une situation de monopole néfaste aussi bien pour les éditeurs que pour ces plus petits points de vente.

Côté librairies, ce mégagroupe représenterait 59 % de part de marché en littérature générale, 65 % en poche et 83 % en parascolaire, selon la société d’évaluation GfK, sans parler de son poids dans les meilleures ventes. Les librairies se trouveraient, dès lors, confrontées à une pression considérable de ce géant, qui tenterait forcément de leur dicter ses conditions : des remises moindres, privilégiant le quantitatif au qualitatif. En somme, tout le contraire de la loi Lang [de 1981, relative au prix du livre], qui rémunère d’abord l’aspect qualitatif du travail des libraires, notamment leurs conseils et leurs lectures – un travail chronophage qui permet à la diversité éditoriale d’exister. Cette pression serait délétère.

Les crises dans l’histoire

Les crises dans l’histoire

 

 

 

Aux yeux des contemporains, chaque époque présente des traits exceptionnels. Qu’en est-il en regard de l’Histoire ? Cette impression doit être relativisée par l’existence de cycles qui résultent d’une succession de crises, dont l’issue dépend de la capacité de résilience sociale. par André Yché dans la Tribune.  

 

La conception antique de la vie, inspirée par l’observation de la Nature et, fut-elle approximative, du cosmos, est fondamentalement cyclique. C’est évidemment le cas de l’existence individuelle : naissance, croissance, maturité, vieillesse et mort ; mais aussi de la vie sociale, avec le mythe de l’âge d’or et de l’éternel retour. Thucydide présente, à travers les épisodes de la guerre du Péloponnèse, une conception cyclique de l’Histoire. Aristote et surtout Platon pensent la politique à travers une succession invariable de régimes : anarchie, aristocratie, monarchie, tyrannie, démocratie… anarchie, etc. Il est clair que le panthéisme antique pèse considérablement sur les esprits, conduisant à la répétition intemporelle des actes sacrés, en réponse aux manifestations de la Nature.

Tout change avec le christianisme qui souligne et accentue l’héritage hébraïque de l’idée de progrès ; au Peuple élu, confronté à la disette et aux nuées de sauterelles, les prophètes font miroiter un avenir meilleur. Moïse le guide vers la Terre Promise à Abraham et, depuis, l’œuvre de Jean Chrysostome inspire durablement la théologie pastorale chrétienne.

Avec les Lumières, cette filiation traditionnelle est, sinon rompue, du moins intermédiée : l’idée de progrès découle, avec Descartes, du règne de la Raison. Ce n’est plus la théologie, mais l’anthropologie qui dessine une histoire linéaire et progressiste.

La Révolution française au XVIIIe siècle, couplée à la proclamation de l’Indépendance américaine, ont pour effet de promouvoir l’idéal républicain en tant qu’avenir indépassable de l’humanité, tandis que le scientisme d’Auguste Comte théorise la réalité pratique du progrès. Avec Pasteur, la biologie microbienne réalise une avancée comparable à celle opérée par Villermé en matière d’épidémiologie sociale, quelques décennies plus tôt. Bref, le progrès est tangible, au quotidien, et l’Histoire est devenue linéaire.

Bien sûr, il est un domaine dans lequel le cycle, non seulement perdure, mais s’impose au centre des réflexions savantes : c’est celui de l’économie, où alternent périodes d’extension et de crise. De Juglar à Kondratiev, de Tinbergen à Samuelson, les théories succèdent aux évènements. Sans remonter à la faillite de l’Union Générale en 1882 ni à celle de la banque Baring quelques années plus tard, c’est la Crise de 1929 qui illustre le caractère cyclique de l’économie et suscite les travaux de Keynes sur la régulation publique des marchés, radicalement contestés par Hayek, puis par les « Chicago Boys » de Milton Friedman. Et pourtant, force est de constater qu’à travers une série de « bulles spéculatives », les dispositifs de « lissage » démontrent une efficacité croissante que la crise majeure des « subprimes », à la fin de la première décennie de ce siècle, ne dément pas. En réalité, jusqu’à nos jours, l’impact de cette succession de cycles économiques, plus ou moins bien gérés, s’est trouvé amorti car leur enchaînement s’inscrivait dans un « trend haussier ». Avec le tassement progressif de la croissance en moyenne période, c’est l’existence même de ce « trend » qui est remise en cause et, par voie de conséquence, l’impact de la phase baissière du cycle qui s’en trouve réévalué.

Et pourtant, la foi dans le progrès, tout au long du XXe siècle, n’a cessé de régresser. Le phénomène le plus grave est moral : l’hécatombe de la Première Guerre mondiale, entre peuples européens, la révélation des camps nazis, puis du goulag, les génocides biafrais, cambodgien et rwandais, de même que la pratique de la « purification ethnique » dans l’ex-Yougoslavie, au cœur de l’Europe, mettent à mal l’idée du progrès moral universel, tiré par le progrès technique, qui a produit le Zyclon B, et l’arme atomique. Aux marches de la Russie, le délabrement de l’Ex-empire soviétique produit les tensions et les conflits qui ont suivi la chute de tous les empires précédents : Ottoman, Austro-Hongrois…

C’est dans ce contexte que survient une crise sanitaire, inéluctablement suivie d’une crise économique qui ne peut qu’engendrer à court terme et peut-être au-delà, des reculs significatifs et durables dans divers domaines, et notamment celui de la croissance et du pouvoir d’achat.

Alors que l’ère du progrès linéaire est sur le point de se clore, celle des cycles revient sur le devant de la scène. Enfin, avec le retour du cycle, c’est aussi celui des panthéismes qui s’annonce, notamment à travers certains courants de l’écologie politique qui, à partir de constats scientifiquement peu contestables, érigent les conclusions d’une pensée radicale en autant d’« impératifs catégoriques ».

Le monde était entré dans le XXe siècle en 1914. C’est peut-être en ce moment que nous nous préparons à inaugurer véritablement le siècle suivant, à l’aube du troisième millénaire.

Crises

Un regard, même superficiel, porté sur la succession des crises majeures qui ont émaillé l’Histoire, incite à tirer quelques enseignements quant aux effets de moyen et long termes qu’elles ont engendrés et qui, pour certains d’entre eux, reflètent constance et continuité.

D’abord, viennent les crises épidémiques et alimentaires, les deux étroitement combinées sans que l’on sache bien analyser des liens de causalité, souvent réciproques et toujours complexes.

L’Empire romain est ébranlé, notamment, par la peste dite « antonine », qui sévit de 165 à 190 et qui assombrit le règne de Marc Aurèle, puis celui de Commode. Elle trouve son origine en Mésopotamie, non loin de la capitale perse, Ctésiphon, où manœuvrent les légions qui la propagent jusqu’au Norique, dans l’actuelle Autriche. Le bilan démographique laisse supposer une dépopulation de l’ordre de 10%, jusqu’à 15% dans les zones fortement urbanisées. Soixante ans plus tard, c’est la peste de Cyprien qui sévit et qui ravage l’Afrique du Nord et l’Europe, en commençant par la Sicile. Enfin, à partir de 540 et pendant plus de vingt-cinq ans, c’est la terrible peste de Justinien qui décime les armées byzantines en campagne en Italie et met un terme au grandiose projet de réunification de l’Empire romain. Le cours de l’Histoire mondiale s’en trouve changé.

Du fléau de Dieu frappant les Hommes, plusieurs effets résultent invariablement : les portes, partout, se referment ; les villes se claquemurent ; le commerce cesse tandis que les campagnes militaires s’interrompent. L’humanité se fragmente, la société se féodalise.

Simultanément, le pouvoir politique s’appesantit : les mesures administratives tombent, pour sanctionner la spéculation, réquisitionner les réserves de céréales, réglementer la consommation d’eau et de blé, interdire les exportations alimentaires, car la disette arrive avec l’épidémie. Enfin, l’emprise religieuse s’affirme sur toutes les classes sociales : les processions se multiplient et les bûchers flambent.

La démographie vacille : entre un quart et un tiers de la population disparaît ; Constantinople perd la moitié de ses habitants ; l’exode urbain devant la diffusion de l’épidémie facilitée par la promiscuité s’accélère, parmi les classes aisées. C’est le grand médecin de ces sombres époques, Gallien, qui établit la seule médication appropriée : « Pars vite, marche droit et longtemps, ne reviens que le plus tard possible. »

Après la grande peste du XIVe siècle, qui s’étend sur plusieurs décennies, une constante apparaît : c’est toujours le commerce entre Orient et Occident, par « les routes de la soie », qui véhicule toutes les épidémies, via la mer Noire, l’Ethiopie, l’Arabie, les ports méditerranéens. La Provence, la vallée du Rhône sont les couloirs qui la conduisent en Europe, vers la mer du Nord et la Manche. « Le hussard sur le toit » de Jean Giono, porté à l’écran par Jean-Paul Rappeneau, illustre magnifiquement le tragique destin de ces contrées de propagation naturelle.

Enfin, vient la guerre de Trente Ans qui, épuisant les pays et les peuples, abandonne à tous les maux des populations affaiblies par les conflits et les calamités qui les accompagnent : la soldatesque, les sièges, les pillages. Comment ne pas distinguer alors les prémisses de la Grande Guerre, qui ouvre la voie à la « grippe espagnole », autre passager des « routes de la soie », qui quadruple l’impact démographique des combats et passe pourtant inaperçue dans des statistiques qui recouvrent indifféremment les conflits et leurs suites.

En termes d’organisation sociale, un impact prédomine : c’est l’alourdissement de la fiscalité qui pèse sur les classes moyennes, principales contributrices aux dépenses publiques, accélérées par les nécessités de l’action collective. C’est après la Grande Guerre que l’impôt sur le revenu s’intensifie et se généralise, alors que pour faire face aux besoins du ravitaillement, le premier cadre administratif régional, celui des « régions Clémentel », se met en place. Le second conflit mondial confirmera ce mouvement.

In fine, couplage du sanitaire et de l’alimentaire, fort ralentissement, fût-il provisoire, des échanges et retour des frontières, surcroît de réglementation durable, exode urbain, fiscalisation et centralisation accrues n’ont jamais été démenties. Pourquoi en irait-il différemment désormais et sous des formes modernes, pourquoi les conséquences de la crise mondiale échapperaient-elles à la règle intemporelle ? Quels enseignements tirer de cette suite d’évènements historiques ?

Dans le champ médiatique touchant à l’économie, la compétitivité s’est évanouie pour faire place à la résilience. De quoi s’agit-il ? De la capacité d’une société, d’une économie, à redémarrer, à « rebondir » à l’issue d’une grave crise. Comment illustrer, dans l’histoire contemporaine, cette faculté ?

En 1870, la guerre franco-prussienne, devenue franco-allemande par suite des maladresses de Napoléon III, très malade, se termine par une véritable catastrophe : capitulation de l’Empereur à Sedan en septembre 1870, de Bazaine à Metz en octobre de la même année ; en 1871, à l’issue de l’armistice qui signifie l’amputation des provinces de l’Est, plusieurs mois de guerre civile ensanglantent la capitale, l’armée des Versaillais écrasant la Commune sous le regard goguenard des Allemands. Au traité de Versailles, confirmé à Francfort, Bismarck impose des indemnités de guerre colossales, cinq milliards de francs – or, qui financeront le lancement de la sécurité sociale en Allemagne. La France, partiellement occupée, est à genoux.

Et pourtant, le relèvement est presque instantané : un premier emprunt de 2,5 millions de francs – or est souscrit plus de trois fois ; le second, émis à l’international pour le même montant, est souscrit quatorze fois. L’épargne étrangère afflue dans le pays. L’armée allemande évacue le territoire national, tandis que les lois militaires (Ney, etc.) réorganisent, à partir de 1882, les armées de la République en constituant les régions militaires. Conquêtes coloniales, expositions universelles se succèdent, tandis que les échanges internationaux atteignent, en 1913, un niveau qui ne sera égalé qu’en 1970.

Quel est le ressort de ce formidable rebond ? C’est la profonde modernisation du pays engagé, depuis 1850, par le Second Empire libéral, ouvert aux idées sociales et au Saint-Simonisme ; le secteur bancaire, l’industrie et l’exploitation minière, les chemins de fer se développent rapidement, tandis que les villes se transforment et les grands magasins apparaissent : c’est l’ère des Frères Pereire, de Ferdinand de Lesseps, de Boucicaut et de Prosper Enfantin.

Sur le plan international, Guillaume II contribue puissamment, par sa morgue, à sortir la France de son isolement ; déjà Bismarck avait fini par indisposer Albion…

Au cœur de cette résilience : la banque, les transports, la distribution et surtout l’urbanisme et le bâtiment. L’État a accompagné, rassuré… mais c’est l’économie qui a rebondi, en même temps que la société.

Toutes les leçons de l’Histoire et la liste des ingrédients de la résilience sont là : l’État doit gérer la crise, mais c’est aux entreprises d’assurer l’après-crise et à la société dans son ensemble de relever la tête, ce qu’elle fait volontiers : après la défaite, le recueillement, vient la libération… La Belle Epoque !

Toute la question réside dans l’identification des ressorts de ce nouveau rebond : l’abondance d’épargne, les grands projets d’infrastructures (enfin !), l’urbanisme. Le Crédit Foncier, acteur essentiel de la transformation de l’urbanisme de la France à partir de 1854 n’existe plus. Pour la modernisation du pays, il reste la Caisse des Dépôts et sa projection territoriale, la Banque des Territoires. Tout espoir n’est donc pas perdu.

André Yché

L’OMC dans le coma

 L’OMC dans le coma 

 

La 12e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, qui se tient à Genève, cherche à sauver cette institution engluée dans la crise de la mondialisation, à rebours des urgences actuelles en matière de justice économique, écologique et sociale, estime, dans une tribune au « Monde », le politiste Cédric Leterme.

 

Pandémie de Covid-19, catastrophes climatiques, guerre en Ukraine… Les crises se suivent et se ressemblent, en mettant à chaque fois en lumière la faillite complète de la mondialisation néolibérale. En effet, quand celle-ci n’est pas directement à l’origine de la crise, elle en aggrave les conséquences, particulièrement pour les populations et régions les plus vulnérables de la planète.

Dans ce contexte, on peut se demander ce qu’il y a à attendre de la douzième conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se tient jusqu’au 15 juin, à Genève, après deux années de report pour cause de Covid-19.

Créée en 1994, l’OMC représente, en effet, l’une des institutions-clés de la mondialisation néolibérale. Non seulement parce que ses règles visent d’abord et avant tout à promouvoir la libéralisation commerciale (et les intérêts des multinationales qui en profitent), y compris au détriment de l’environnement, des droits des travailleurs ou encore du droit au développement des pays du Sud.

Mais aussi parce que l’OMC dispose, pour ce faire, d’une structure et d’un fonctionnement aussi efficaces que souvent considérés comme opaques. Son mécanisme de règlement des différends, par exemple, en faisait encore jusqu’à il y a peu une des rares institutions internationales dotées d’un pouvoir de contrainte lui permettant de faire respecter ses décisions. En parallèle, l’institution est aussi réputée pour être particulièrement fermée à la participation de la société civile, même à titre consultatif.

Et, pourtant, dès 2003, la mécanique s’enraye avec l’échec du « round de Doha », un nouveau cycle de négociations placé sous le signe du « développement », et dont l’objectif avoué était d’essayer de rééquilibrer quelque peu une institution jugée trop favorable aux intérêts des pays riches et de leurs entreprises.

Néanmoins, faute d’accord sur des sujets sensibles comme les échanges agricoles, l’initiative a fait long feu et l’OMC se cantonne essentiellement, depuis lors, à faire respecter les règles commerciales existantes.

Mais, désormais, même cette fonction est attaquée. Ironiquement, depuis plusieurs années les Etats-Unis se plaignent de la façon dont la Chine (et d’autres) contournerait les règles de l’OMC, si ce n’est toujours dans la lettre, du moins dans l’esprit. Cela expliquerait en grande partie, selon eux, la montée en puissance de l’économie chinoise et le déclin relatif de la position nord-américaine. Résultat : en attendant les réformes qu’elle appelle de ses vœux, Washington bloque le renouvellement des juges d’appel de l’organe de règlement des différends, qui se retrouve dès lors dans l’impossibilité de fonctionner.

Macron dans le brouillard

Macron  dans le brouillard

Louis Hausalter, coauteur de l’ouvrage L’Etrange victoire. Macron II, l’histoire secrète, avec Agathe Lambret  dans l’Opinion qu’en réalité Macron est dans le brouillard avec sa fameuse doctrine en même temps 

Louis Hausalter, journaliste politique chez Marianne, est le coauteur avec Agathe Lambret de BFMTV de L’Etrange victoire, un récit de la deuxième campagne présidentielle d’Emmanuel Macron (Editions de l’Observatoire).

 

« Une victoire claire et nette, avec 58% des voix. Mais il y a tout un contexte : le record d’abstention, le record de 13 millions de voix pour Marine Le Pen, explique-t-il. On a aussi eu une drôle de campagne car les événements comme la Covid ou la guerre en Ukraine l’ont reléguée au second plan. Ensuite, on se souvient de la célébration du Champ de Mars qui n’en était pas une. On était très loin de la cérémonie triomphaliste au Louvre il y a cinq ans. Emmanuel Macron se veut très humble, avec un discours pas très inspiré et minimaliste (…). Son attitude ce soir-là montre qu’il sait qu’il y a un gros risque que cette élection se soit faite par défaut. »

Exemple : au-delà de la campagne, les anecdotes qui ponctuent le récit en disent beaucoup sur la façon dont Emmanuel Macron dirige son équipe. Le Président fonctionne par cercles, mais ces cercles ne communiquent pas entre eux. « C’est un grand classique de pas mal de présidents, confirme le journaliste, pour essayer de se ménager de la liberté. En parlant à différentes sources de ces différents cercles, on peut voir qu’ils disent des choses différentes au Président, et c’est presque comme si Emmanuel Macron accentuait cette rivalité pour ne pas être entre les mains d’une seule équipe. »

Louis Hausalter et Agathe Lambret racontent aussi comment, durant son premier quinquennat, Emmanuel Macron a continué à débaucher à droite. Le Président a notamment fait contacter Bruno Retailleau, en 2018 : « Gérard Collomb claque la porte du ministère de l’Intérieur juste avant les Gilets jaunes, Emmanuel Macron se met en quête d’un ministre de l’Intérieur, rappelle notre invité. Et comme d’habitude, cela prend beaucoup de temps, il est très lent à se décider. Et à ce moment, l’écrivain François Sureau, qui correspond souvent avec le Président, se rend au Sénat pour demander à Bruno Retailleau, au nom d’Emmanuel Macron, si le ministère de l’Intérieur pouvait l’intéresser. Est-ce que le Président joue alors à faire mine de débaucher ses adversaires pour déstabiliser le camp adverse ? En tout cas, Bruno Retailleau n’a pas donné suite.

 

Poutine et Russsie: un mafieux dans un pays mafia

Poutine et Russsie:  un mafieux dans un pays mafia

 

Certains responsables s’étonnent encore de l’attitude de Poutine qui balaye toutes les règles internationales en particulier à l’occasion du conflit en Ukraine.L’étonnement n’a pas lieu d’être quand on sait que l’intéressé revendique clairement la politique de Staline, autre criminel.

Du coup, on ne peut que s’interroger quand certains comme Macron souhaitent  ne pas humilier Poutine et la Russie. Une déclaration pour le moins inopportune. En effet , on connaît Poutine depuis une vingtaine d’années. L’intéressé officier de second rang du KGB a écrasé toute opposition dès son accession au pouvoir. Pour renforcer sa crédibilité il a d’abord partagé la  richesse du pays avec les oligarques. Ensuite il les a mis au pas au besoin en assassinant, en empoisonnant les amis dont il doutait de la même manière que les opposants.

Poutine ignore complètement la démocratie. C’est tout simplement un mafieux qui utilise les méthodes de mafieux. Ainsi par exemple écrase les populations civiles même sans objectif stratégique militaire. Ainsi pille-t- les ressources de céréales de l’Ukraine pour les revendre à son profit.

Aucune bienveillance ne doit être tolérée vis-à-vis d’un voyou, d’une crapule et d’un tel criminel.

Ce type est un malade et un assassin et ne peut être mis au courant des responsables politiques fréquentables au plan mondial.La Russie, elle, est malade depuis toujours de dictature : celle des tsars, des soviétiques et maintenant de Poutine.

La méthode de Poutine élevée au lait du KGB depuis sa prime jeunesse et celle des tueurs , des espions et les assassins. Face à une opposition quelconque aussi bien en interne qu’en externe Poutine oppose immédiatement la brutalité jusqu’au meurtre. Il n’y a rien à attendre de cet individu qui ne connaît que la force. Et c’est précisément la force conduit son opération spéciale à se confiner maintenant uniquement dans le petit territoire du Donbass pour donner l’illusion d’une victoire qui n’est qu’une défaite lamentable qui bien sûr va affaiblir l’Ukraine mais sans doute en cours davantage et pour longtemps la Russie

Pour un plan d’urgence dans l’industrie et la santé

Pour un plan d’urgence dans l’industrie et la santé

 
Aéronautique, automobile… La pénurie de composants électroniques ou de matières premières continue d’impacter tous les fleurons industriels européens deux ans après le début de la crise sanitaire. C’est aussi le cas pour le secteur de la santé qui peine à confirmer les belles promesses du Segur. Par Carlos Jaime, DG Ascom France & Spain ( dans la Tribune)

Sur le marché de la santé, la crise sanitaire a généré une prise de conscience des pouvoirs publics sur les besoins du secteur. Lors du Ségur de la santé à l’été 2021, des moyens économiques considérables ont été annoncés : une enveloppe de 19 milliards d’euros pour soutenir le système de santé partout en France, avec l’ambition affichée de faire de la France le leader de l’e-santé.

Cet appel d’air économique vaut pour la France et ses voisins : par exemple, l’Espagne et le Portugal bénéficient également d’un soutien de la Commission européenne avec des investissements « bazooka ». Une aubaine pour les acteurs technologiques de la santé en Europe, qui ont senti le vent souffler fort dans leur dos. Et les planètes se sont alignées : le travail accompli sur le plan Ma Santé 2022 avec Laura Letourneau et Dominique Pon a été incroyable. Là où nous avions 10 ans de retard en santé numérique, nous avons dorénavant 10 ans d’avance.

Problème : la crise ne s’arrête pas. Elle change de forme. Le défi industriel succède au défi sanitaire avec une pénurie de composants électroniques très importante en raison de la congestion des ports en Asie et aux Etats-Unis. Et c’est toute la modernisation et l’accélération de la transformation de notre système de santé qui se retrouvent freinée. L’équation est insoluble : avec la fin de la pandémie et le retour à la consommation, la demande explose mais l’approvisionnement se raréfie. Les installations dans les établissements de santé tels que les infrastructures hardware (sur lesquels reposent la communication, les dispositifs médicaux ou les outils de monitoring des soignants par exemple) sont retardés, du fait du manque d’équipements. Un comble alors que les marchés de la santé et de la silver economy enregistrent une croissance à deux chiffres. Pourtant, nous continuons d’attendre certains serveurs depuis 4 ou 5 mois.

Au secours de l’humain car le système de santé est malade

L’imbroglio n’est pas seulement économique. Le comble, c’est aussi de ne pouvoir répondre à l’urgence concernant la souffrance des soignants. De ne pas pouvoir leur donner les moyens d’assurer leur mission première : soigner. Leurs maux sont autant physiques que psychiques. Physique parce que les allers-retours incessants entre les chambres et le poste de contrôle à la moindre alarme entrainent une dépense physique intense, parce que les journées sont plus longues et les pauses raccourcis ou parce que l’afflux de patients (le nombre d’admis aux urgences a doublé en 20 ans par exemple) amène une surcharge de travail.

Ensuite morale parce que les alarmes sonnent toute la journée (dans une unité de soins intensifs, on peut en compter 2.000 par jour et par patient !) et créent un phénomène de fatigue mentale, parce que les tâches administratives à répétition empêchent les soignants de prendre en charge correctement les patients (on parle de 50% du temps phagocyté par l’administratif) ou parce que la pression journalière est démotivante au regard des moyens à disposition ou conditions de travail comme la rémunération qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. Pour toutes ces raisons, et bien plus encore, les soignants souffrent et méritent un soutien technologique sans faille, de qualité, leur permettant d’assurer plus sereinement leur métier. Et par répercussion, d’améliorer la prise en charge des patients.

Notre modèle court-termiste court à sa perte

Nous touchons du doigt les limites de notre modèle industriel mondialisé et des choix stratégiques court-termistes de ces 20 dernières années. Actuellement, pour une entreprise comme Ascom, le coût du transport pour les composants venus de Chine a drastiquement augmenté, parfois 10 fois supérieur au coût d’avant-crise. D’autant plus que, dans le cas de matériel de pointe au marquage CE médical, haut de gamme, il est difficile de changer de fournisseur de composants électroniques sans en altérer la qualité et la fiabilité. Et si l’Europe est freinée dans le développement du numérique pour la santé par une rareté des composants, on peut également parler d’une rareté des compétences, lesquelles sont également externalisées.

La réponse adéquate, notre résilience, c’est de sortir de notre inertie et d’organiser dès maintenant une vision long-termiste de nos stratégies industrielles et d’éducation. Car depuis des années nous avons « découragé » nos jeunes d’aller vers des métiers industriels et techniques, ce qui nous a conduit à chercher ces compétences de pointe ailleurs. Coté santé aussi, le numerus clausus a eu pour effet de fermer des portes pour les étudiants Français en médecine et l’obligation pour les autorités de santé de chercher des médecins venus d’autres pays, souvent en dehors des l’Europe.

Vers une souveraineté européenne des matières premières et des compétences

Mais nous avons des raisons d’espérer ! Ces compétences sont rares oui, mais nous en avons tout de même avec des équipes de recherches académiques incroyables ! En France, avec le CNRS, avec l’INRIA, avec le CEA, l’INSERM et bien d’autres ! Ou l’Université Paris-Saclay évaluée comme la première université au monde sur les compétences en data science. Nous avons en Europe des ressources et chaque pays possède ses spécialités. Nous devons nous appuyer sur toutes ces forces vives existantes et les coordonner pour nous réindustrialiser et regagner notre souveraineté. Pour une Europe moins vulnérable aux aléas énergétiques, politiques et sanitaires. C’est une démarche vertueuse à l’heure où nous cherchons de plus en plus de sens dans nos actions.

Mais même si nous décidions de réindustrialiser la France demain, cela ne se fera pas en un claquement de doigts. Des décisions ont été prises mais les autorités actuelles doivent avoir le courage d’assumer des orientations pour les 20, 30 ou 40 prochaines années afin de préserver l’excellence de nos industries. Il faut un Plan Marshall de l’industrie et de la santé pour espérer créer une situation plus responsable aux niveaux économique mais aussi écologique, éthique et social. Et, avec cette souveraineté industrielle et de la donnée, protéger notre modèle de société.

Fin des voitures thermiques en 2035: le saut dans l’inconnu ?

Fin des voitures  thermiques en 2035: le saut dans  l’inconnu ?

« Je ne sais pas si nous aurons les clients pour ces voitures électriques qui coûtent 50 % plus cher », a précisé Luc Chatel, président de la Plateforme automobile, sur BFM Business. « Je ne sais pas non plus si on aura l’électricité décarbonée pour faire tout ça », a-t-il ajouté ( dans l’OPINION)

 

 

Bruxelles pèche-t-elle par un trop-plein de zèle écologique ? C’est du moins le narratif déroulé par la Plateforme automobile (PFA), qui regroupe la filière. Son président, Luc Chatel, ancien ministre de l’Education, s’est inquiété de l’approbation historique du Parlement européen, mercredi 8 juin, afin d’interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035. « L’interdiction du thermique, c’est un grand saut dans le vide, et un sabordage industriel », a-t-il fustigé sur BFM Business, jeudi 9 juin.

Mais encore ? « Je ne sais pas si nous aurons les clients pour ces voitures électriques, qui coûtent 50 % plus cher que les thermiques. On a déjà du mal à vendre des voitures aujourd’hui », a rappelé Luc Chatel dans son interview. Au-delà du marché des consommateurs, les conditions physiques interrogent. « Il y a 60 000 bornes de recharge aujourd’hui. Pour la montée en puissance prévue d’ici 2030, il en faudrait environ un million, rien que pour la France », a relèvé le représentant de la filière.Surtout, et c’est là où l’inquiétude est la plus saillante, quid de la production décarbonée d’électricité ? « Je ne sais pas non plus si on aura l’électricité décarbonée pour faire tout ça. On n’aura pas les nouveaux EPR », a détaillé Luc Chatel. La question de la production pilotable d’électricité reste structurelle.

Enfin, fort de lever l’angoisse à l’horizon, le président de la PFA a mis en garde contre les enjeux de souveraineté, y voyant « un boulevard pour l’industrie chinoise ». « Les Chinois, qui n’ont pas d’interdiction, vont continuer à faire de nouvelles voitures pendant 12 ans, beaucoup moins chères », a-t-il précisé

Un changement d’engagement dans le travail ?

Un changement d’engagement dans le travail ?

 

Jean-Philippe Bouilloud et Jean-Michel Saussois, professeurs de management, soulignent, dans une tribune au « Monde », l’ambiguïté du discours sur le travail, à la fois réalisation de soi et acceptation d’une limitation de liberté.

Ils interrogent le phénomène dit de la « grande démission ».

Une grande démission toutefois à relativiser en France car il se confirme que la plupart des diplômés des grandes écoles choisisse finalement les mêmes filières que leurs aînés. Cependant les diplômés comme ceux qui le sont moins subissent les évolutions de la société qui modifient le rapport au travail. La quête d’un emploi demeure cependant encore la préoccupation centrale. Certes, le consentement de l’objectif de l’entreprise n’est pas toujours acquis mais cela n’est pas nouveau. En cause notamment le fait que la participation des salariés à la définition de la stratégie de l’entreprise demeure largement taboue en particulier en France NDLR

Tribune

Après la période du Covid-19, des phénomènes comme la « grande démission » aux Etats-Unis ou les difficultés en France pour recruter dans certains secteurs comme la restauration ou la santé, montrent qu’on peut ne plus consentir, au travail, à ce à quoi on a, trop longtemps peut-être, ou sans y prendre garde, consenti.

Le télétravail, avec ses espoirs de liberté et d’économies de temps de transport, réinterroge bien des consentements préalables, des habitudes de pensée et des systèmes de valeur hérités.

Trente-huit millions de salariés américains ont quitté leur emploi, en 2021. Cela a donné naissance au concept de « grande démission », qui désigne le désenchantement des salariés postérieur à la pandémie. Le confinement et le télétravail ayant « révélé », par contraste, la médiocrité des conditions de travail, voire sa « perte de sens ». Le phé­nomène n’épargne pas la France, avec 400 000 démissions d’un CDI au troisième trimestre 2021. Les entreprises et la fonction publique peinent à attirer des candidats. S’agit-il, en période de reprise économique, du banal rééquilibrage d’un marché jusqu’alors favorable aux employeurs ? Ou d’une véritable « crise du consentement », explorée par les sociologues, gestionnaires, juristes, médecins, économistes et psychologues réunis à l’ESCP Business School, les 9 et 10 juin, pour un colloque intitulé « Consentir ? Pourquoi, comment et à quoi ? »

Chez de nombreux jeunes cadres, la question du travail croise d’autres préoccupations, politiques et environnementales. Nombreux sont les jeunes diplômés de grandes écoles qui, tels ceux de l’Ecole nationale d’agronomie récemment, ne consentent plus à s’investir dans des secteurs dont les modes de fonctionnement ou les finalités leur paraissent contraires à leur engagement citoyen.

On pourra objecter qu’il s’agit d’une poignée d’étudiants rebelles ou en rupture, mais le phénomène entre en résonance avec l’air du temps. Ces jeunes diplômés expriment le fait qu’ils ne veulent plus jouer selon les règles du jeu que les entreprises leur proposent. Ils affirment haut et fort leur choix, et le font savoir.

Cette position radicale met en porte-à-faux le discours managérial qui recherche l’adhésion aux valeurs de l’entreprise. Pour quoi et à quoi consentir quand on s’engage dans un travail ? S’agissant du salarié ayant signé un contrat de travail, la question est difficile puisqu’une clause de subordination est contenue dans le contrat.

Comment peut s’établir un consentement « libre et éclairé » dans une telle relation asymétrique ? Et quand celui qui travaille n’est pas dans une véritable relation contractuelle mais, à des degrés divers, autoentrepreneur dans une organisation ubérisée, de quel consentement parle-t-on ?

Le consentement au travail est donc un écheveau qui mêle souci de soi, autonomie du sujet et contraintes, imaginaires des relations à autrui et réalités des structures hiérarchiques. Déjà, le langage quotidien pointe une première difficulté : travailler pour une entreprise, c’est en accepter les règles ; mais est-ce nécessairement consentir à tout ce que cela implique ?

Les cas des lanceurs d’alerte qui décèlent des malversations, ou de ceux qui ressentent de la souffrance éthique quand ils sont poussés par l’organisation à enfreindre leurs convictions personnelles, nous montrent bien que l’entreprise nous demande un consentement qui ne va pas de soi.

Politique-Poutine, un mafieux dans un pays mafia

Politique-Poutine, un mafieux dans un pays mafia

 

Certains responsables s’étonnent encore de l’attitude de Poutine qui balaye toutes les règles internationales en particulier à l’occasion du conflit en Ukraine.L’étonnement n’a pas lieu d’être quand on sait que l’intéressé revendique clairement la politique de Staline, autre criminel.

Du coup, on ne peut que s’interroger quand certains comme Macron souhaitent  ne pas humilier Poutine et la Russie. Une déclaration pour le moins inopportune. En effet , on connaît Poutine depuis une vingtaine d’années. L’intéressé officier de second rang du KGB a écrasé toute opposition dès son accession au pouvoir. Pour renforcer sa crédibilité il a d’abord partagé la  richesse du pays avec les oligarques. Ensuite il les a mis au pas au besoin en assassinant, en empoisonnant les amis dont il doutait de la même manière que les opposants.

Poutine ignore complètement la démocratie. C’est tout simplement un mafieux qui utilise les méthodes de mafieux. Ainsi par exemple écrase les populations civiles même sans objectif stratégique militaire. Ainsi pille-t- les ressources de céréales de l’Ukraine pour les revendre à son profit.

Aucune bienveillance ne doit être tolérée vis-à-vis d’un voyou, d’une crapule et d’un tel criminel.

Ce type est un malade et un assassin et ne peut être mis au courant des responsables politiques fréquentables au plan mondial.

La méthode de Poutine élevée au lait du KGB depuis sa prime jeunesse et celle des tueurs , des espions et les assassins. Face à une opposition quelconque aussi bien en interne qu’en externe Poutine oppose immédiatement la brutalité jusqu’au meurtre. Il n’y a rien à attendre de cet individu qui ne connaît que la force. Et c’est précisément la force conduit son opération spéciale à se confiner maintenant uniquement dans le petit territoire du Donbass pour donner l’illusion d’une victoire qui n’est qu’une défaite lamentable qui bien sûr va affaiblir l’Ukraine mais sans doute en cours davantage et pour longtemps la Russie

Poutine, un mafieux dans un pays mafia

Poutine, un mafieux dans un pays mafia

 

Certains responsables s’étonnent encore de l’attitude de Poutine qui balaye toutes les règles internationales en particulier à l’occasion du conflit en Ukraine.

Du coup, on ne peut que s’interroger quand certains comme Macron souhaitent  ne pas humilier Poutine et la Russie. Une déclaration pour le moins inopportune. En effet , on connaît Poutine depuis une vingtaine d’années. L’intéressé officier de second rang du KGB a écrasé toute opposition dès son accession au pouvoir. Pour renforcer sa crédibilité il a d’abord partagé la  richesse du pays avec les oligarques. Ensuite il les a mis au pas au besoin en assassinant, en empoisonnant les amis dont il doutait de la même manière que les opposants.

Poutine ignore complètement la démocratie. C’est tout simplement un mafieux qui utilise les méthodes de mafieux. Ainsi par exemple écrase les populations civiles même sans objectif stratégique militaire. Ainsi pille-t- les ressources de céréales de l’Ukraine pour les revendre à son profit.

Aucune bienveillance ne doit être tolérée vis-à-vis d’un voyou, d’une crapule et d’un tel criminel.

Ce type est un malade et un assassin et ne peut être mis au courant des responsables politiques fréquentables au plan mondial.

La méthode de Poutine élevée au lait du KGB depuis sa prime jeunesse et celle des tueurs , des espions et les assassins. Face à une opposition quelconque aussi bien en interne qu’en externe Poutine oppose immédiatement la brutalité jusqu’au meurtre. Il n’y a rien à attendre de cet individu qui ne connaît que la force. Et c’est précisément la force conduit son opération spéciale à se confiner maintenant uniquement dans le petit territoire du Donbass pour donner l’illusion d’une victoire qui n’est qu’une défaite lamentable qui bien sûr va affaiblir l’Ukraine mais sans doute en cours davantage et pour longtemps la Russie

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