Agriculture ; les propos de bistrot de Le Pen

Agriculture ; les propos de bistrot de Le Pen

 

Il est clair que l’agriculture vit une crise grave et qu’on peut facilement surfer sur les peurs. Ce qu’a fait pendant 9 heures Marine le Pen avec des propos de bistrot. Florilège :

- sauver l’agriculture avec le patriotisme économique

-l’union européenne fait disparaitre le monde paysan

- Franciser les aides

-arrêter la concurrence déloyale

- Mettre fin aux accords de libre échange

-assurer la souveraineté alimentaire

- pas d’aides à l’hectare mais aux » bonshommes »

Des banalités pathétiques, des contrevérités et des orientations illusoires. Bref les propos très généraux, pas d’analyse des réalités et des facteurs explicatifs.  Du verbiage, des slogans de bistrot après 5 ou 10  tournées d’apéros.  En effet l’agriculture française a une  double particularité : elle est fortement mondialisée et massivement subventionnée. Véritable machine à exporter, elle est aussi une pompe aspirante à subventions européennes. C’est dire combien apparaît cocasse et farfelu le projet du Front national envers ce secteur qui, depuis un demi-siècle, s’est tout entier construit et restructuré en fonction des politiques européennes et des marchés mondiaux. Sortie de l’euro, sortie de l’Union européenne : la conséquence, d’une clarté aveuglante, est la ruine immédiate de l’intégralité de ce secteur économique. Nul doute que la quasi-totalité des préfectures d’un Front national au pouvoir seraient en l’espace de quelques mois occupées, prises d’assaut, brûlées. Il faut donc lire le projet de Marine Le Pen à destination des agriculteurs comme un exemple type de ce que la politique peut produire de stupide et néfaste. Voilà un ahurissant slogan, tout d’abord : «La France abandonnera la PAC au bénéfice de la PAF (Politique agricole française).» Cette politique agricole commune verse aujourd’hui aux agriculteurs français un peu plus de 10 milliards d’euros de subventions. La France contribue en effet à hauteur de 19 milliards au budget européen et reçoit en retour environ 12 milliards, donc, pour l’essentiel, des aides agricoles. «La France devra en venir durablement à une politique agricole nationale», dit le programme du Front national. Et bien sûr maintenir les aides au moins à la hauteur actuelle dit encore le FN. Avec quel financement ? Avec la perte immédiate de 200 milliards sur la dette convertie d’euros en francs. ? Privée de subventions, l’agriculture serait achevée par la sortie de l’euro, avec un retour au franc accompagné d’une dévaluation de 20%, le retour de droits de douanes et de barrières tarifaires aux frontières. Outre l’augmentation insupportable des importations nécessaires à l’agro-business industriel, outre la violation de toutes les règles de l’OMC (sauf à sortir également de l’OMC), les capacités d’exportation du secteur seraient détruites. Autre plaisanterie avancée dans ce programme : «la stabilisation des prix des matières premières agricoles». , matières premières largement importées et qui dépendent du marché mondial. Autre arme magique brandie par le FN : «la réduction de la bureaucratie agricole et la simplification des procédures et des contrôles qui permettront de faire des économies budgétaires». Toujours le même cocktail au FN amalgame de quelques vérités banales, mélangées à des solutions farfelues et à une idéologie nationaliste qui faiat de l’étranger le responsable de tous les maux. Et pas de réflexion sur l’évolution structurelle sur la nature des productions, les modes de production et les circuits commerciaux. En conclusion le même bla-bla qu’on pourrait adresser à n’importe quel autre secteur économique.

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