Archive pour le Tag 'Syrie'

Syrie: trois boucs émissaires mis en examen en France

Syrie: trois boucs émissaires mis en examen en France

 

Comme souvent dans les affaires politico-financières, il semble qu’on ait trouvé trois lampistes pour dédouaner le groupe Lafarge dans le financement du terrorisme en Syrie. Dès lampistes qui sans doute ont été concernés mais qui ne sauraient être les seuls responsables d’une affaire dépassant  largement leurs compétences. Deux anciens cadres de Lafarge et un responsable de la sécurité du groupe ont en effet été mis en examen vendredi dans le cadre de l‘enquête sur les activités de la cimenterie de Jalabiya, en Syrie, a-t-on appris de source judiciaire. Ils avaient été placés en garde à vue mercredi pour interrogatoire par les enquêteurs de la douane judiciaire. Cette garde à vue a été levée vendredi matin et ils ont été déférés devant des juges d‘instruction chargés du dossier. L‘enquête porte sur les conditions dans lesquelles le groupe français – absorbé en 2015 par le Suisse Holcim pour former le géant du ciment LafargeHolcim – a maintenu en 2013-2014 ses activités en Syrie dans une zone de conflit, tenue notamment par l‘organisation de l‘Etat islamique (Daech). Une enquête interne a confirmé que de l‘argent avait été versé à des groupes armés. La filiale syrienne de Lafarge LCS est également soupçonnée d‘avoir utilisé du pétrole provenant de territoires contrôlés par Daech. Les anciens directeurs de LCS Bruno P. et Frédéric J. ont été mis en examen pour financement du terrorisme, mise en danger d‘autrui et violation de la réglementation relative aux relations financières avec l’étranger, précise-t-on de source judiciaire. Selon l‘avocat de Bruno P., Me Daniel Soulez Larivière, cette dernière incrimination vise des infractions présumées aux règlementations européennes sur les achats et ventes de matières premières en Syrie. Les deux anciens directeurs ont été placés sous contrôle judiciaire. Bruno P. “estime qu‘il est totalement innocent de ce dont on l‘accuse. Il a quitté la Syrie en 2014 alors qu‘il avait demandé à partir en 2013”, a déclaré à Reuters Me Daniel Soulez Larivière. Le troisième homme, Jean-Claude V., responsable de la sécurité du groupe et toujours salarié de LafargeHolcim, a été mis en examen pour financement du terrorisme et mise en danger d‘autrui et placé sous contrôle judiciaire. L‘avocat de cet ancien militaire des forces spéciales a déclaré à Reuters qu‘il entendait contester cette mise en examen selon lui “sans aucun fondement factuel et juridique” devant la Cour d‘appel de Paris, dans les prochaines semaines. Jean-Claude V., “qui n‘a jamais eu de pouvoir de décision au sein de la société Lafarge et n‘a cessé d‘alerter ses interlocuteurs opérationnels, n‘a commis aucune infraction pénale”, a expliqué Me Sébastien Schapira, qui fait valoir que son client “était contre tout accord avec des groupes armés”. Selon des sources familières du dossier, une nouvelle vague d‘interrogatoires de dirigeants ou anciens dirigeants du groupe, dont l‘ex-PDG Bruno Lafont, est attendue la semaine prochaine. Selon Le Parisien, ce dernier est convoqué mercredi. LafargeHolcim a déclaré en septembre condamner “avec la plus grande fermeté les erreurs inacceptables commises en Syrie”. Des organisations non gouvernementales, parties civiles dans ce dossier, souhaitent également faire la lumière sur ce que savait le gouvernement français de l’époque sur les activités de Lafarge en Syrie. La cimenterie de Jalabiya a été mise en service en mai 2010, juste avant que la situation en Syrie ne se détériore et place l’usine et son personnel dans une situation difficile en matière de sécurité.

Commission ONU enquête Syrie : Crala Del Ponte démissionne

 

Commission ONU enquête Syrie : Crala Del Ponte démissionne

 

«Je ne peux plus être dans cette Commission qui ne fait absolument rien», explique Carla Del Ponte, membre de la commission de l’ONU et ancienne  procureur du Tribunal pénal international (TPI). Elle accuse  les membres du Conseil de sécurité «de ne pas vouloir établir la justice». La Commission, créée en août 2011 par le Conseil des droits de l’Homme, quelques mois après le début du conflit syrien, a demandé à plusieurs reprises que le Conseil de sécurité saisisse la Cour pénale internationale dans le dossier syrien, mais la Russie, allié de Damas, s’y oppose. Présidée par le Brésilien Paulo Pinheiro, la Commission a déjà rendu de nombreux rapports mais n’a jamais été autorisée par Damas à se rendre sur place. Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie et opposant initialement armée et rebelles, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des années. Il a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés. «Au début il y avait le bien et le mal. L’opposition du côté du bien et le gouvernement dans le rôle du mal», estime Carla Del Ponte. Désormais, «tous en Syrie sont du côté du mal. Le gouvernement Assad a perpétré de terribles crimes contre l’humanité et utilisé des armes chimiques. Et l’opposition n’est désormais composée que d’extrémistes et de terroristes», juge-t-elle. «Croyez-moi, des crimes horribles comme ceux commis en Syrie, je n’en ai pas vus au Rwanda, ni dans l’ex-Yougoslavie», dit-elle. Carla Del Ponte est connue pour son franc-parler et son impulsivité qui lui ont valu bien des inimitiés. Nommée procureur du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie fin 1999, cette petite femme aux cheveux blancs coupés courts a réussi à obtenir qu’un ancien chef d’État, le Serbe Slobodan Milosevic, réponde de crimes de guerre devant la justice internationale, une première. Cette soif de justice a guidé les choix de Carla Del Ponte, de ses investigations contre la mafia aux côtés du juge italien Giovanni Falcone aux enquêtes qu’elle a menées dans les milieux financiers suisses lorsqu’elle était à la tête du parquet fédéral dans les années 1990.

Etats-Unis seul pays avec la Syrie et le Nicaragua à refuser de l’Accord de Paris

Etats-Unis seul pays avec la Syrie et le Nicaragua à refuser de l’Accord de Paris

 

 

L’annonce des Etats-Unis était attendue Par ce retrait, les États-Unis rejoindront la Syrie et le Nicaragua comme les seuls pays du monde à ne pas participer à l’Accord de Paris. Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi son intention de faire sortir les Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, conformément à une de ses promesses de campagne de renégocier ce traité conclu en décembre 2015 dans la capitale française pour lutter contre le changement climatique. La France, l’Allemagne et l’Italie ont déclaré qu’à leurs yeux, l’Accord de Paris n’était pas renégociable tandis que l’ancien président américain Barack Obama évoquait ses regrets. L’Union européenne, tout en regrettant la décision « unilatérale » des Etats-Unis, a dit sa volonté de trouver de « nouvelles alliances » pour lutter contre le changement climatique. Le retrait des Etats-Unis, a-t-il dit, « représente une réaffirmation de la souveraineté américaine ». Mais, a-t-il ajouté, les Etats-Unis vont entamer des négociations, ou bien pour revenir dans l’Accord de Paris, ou bien pour avoir un nouvel accord « sur des termes qui soient équitables pour les Etats-Unis, leurs entreprises, leurs salariés, leur population, leurs contribuables. » Jeudi, Donald Trump est revenu sur son message de « l’Amérique d’abord » utilisé lors de son élection à la présidence des Etats-Unis l’an dernier. « J’ai été élu pour représenter les citoyens de Pittsburgh, pas de Paris », a-t-il lancé. « Nous ne voulons plus que d’autres dirigeants et d’autres pays se moquent de nous. Et ils ne le feront pas », a dit le président. « Dans le but de remplir mon devoir solennel de protéger l’Amérique et ses citoyens, les Etats-Unis se retireront de l’Accord de Paris sur le climat. » L’Accord de Paris sur le climat est entré en vigueur le 4 novembre dernier, après sa ratification par au moins 55 pays comptant plus de 55% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Les Etats-Unis et la Chine l’ont ratifié ensemble au tout début septembre 2016.

Rencontre Macron Poutine : au menu la Syrie et l’Ukraine

Rencontre Macron Poutine : au menu la Syrie et l’Ukraine

 

Le menu de la rencontre entre Emmanuel macro et Poutine risque d’être relativement indigeste. Il sera surtout question des problèmes qui fâchent,  c’est-à-dire des rapports entre la Russie et l’Ukraine, entre la Russie et la Syrie. Le dialogue ne sera sans doute pas inutile mais il ne faut guère espérer de décision très claire. La rencontre se terminera sans doute par un communiqué indiquant que les échanges ont été pragmatiques et francs   »J’aurai un dialogue exigeant avec la Russie. Mais ça veut dire malgré tout avoir un dialogue », a déclaré le chef de l’Etat français à l’issue du sommet du G7 de Taormine (Italie). « Je considère qu’il est indispensable de parler avec la Russie parce qu’il y a nombre de sujets internationaux qui ne se règleront pas sans avoir un échange exigeant avec les Russes. » « Nous devons parler avec la Russie pour changer le cadre de sortie de la crise militaire en Syrie et pour construire de manière beaucoup plus collective et intégrée une solution politique inclusive », a-t-il expliqué. Il a notamment regretté qu’aucun pays du G7 n’ait été autour de la table des discussions sur l’avenir de la Syrie qui se sont déroulées à Astana avec la Russie, l’Iran et la Turquie. Il entend également parler du dossier ukrainien « sans aucune concession sur le sujet » vis-à-vis de la Russie. »Sur ce point, d’ailleurs, je souhaite que nous puissions au plus vite, sous le format qu’on qualifie Normandie, avoir une discussion à quatre sur le sujet de l’Ukraine », a-t-il dit. La France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine font partie de ce format .

Syrie – frappe américaine : Mélenchon, Le Pen et Fillon défendent Assad

Syrie – frappe américaine : Mélenchon, Le Pen et Fillon défendent Assad

 

La frappe américaine contre une base irakienne en réplique à l’utilisation de gaz toxique contre des Syriens confirme le clivage net entre ceux qui soutiennent l’alliance Assad Poutine et ceux qui la condamnent. En clair  Macron et Hamon condamnent nettement les crimes du président syrien soutenu par Poutine. D’un autre côté Fillon, Mélenchon et Le Pen trouvent  des excuses à Assad et critiquent  donc l’intervention américaine  Cette fracture reflète les désaccords exprimés ces dernières semaines entre ces mêmes candidats sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la Russie, alliée du régime syrien. « Je suis un peu étonnée, parce que (le président américain) Trump avait indiqué à plusieurs reprises qu’il n’entendait plus faire des Etats-Unis le gendarme du monde et c’est exactement ce qu’il a fait hier », a dit Marine Le Pen, déplorant sur France 2 que la frappe ait eu lieu avant que la responsabilité du régime syrien ait été établie par l’Onu. « Ce que je voudrais, c’est qu’on ne retrouve pas le même scénario qu’on a pu voir en Irak, en Libye, qui en réalité sont des processus qui ont entraîné le chaos, qui ont fini par conforter le fondamentalisme islamiste et les structures terroristes qui, du coup, ont profité de ce renforcement pour venir nous frapper sur notre sol », a ajouté la candidate du Front national. Une inquiétude partagée par François Fillon, qui se présente en champion d’une lutte contre le « totalitarisme islamique ». Emmanuel Macron a répété la position qu’il avait exprimée quelques heures avant que la frappe américaine soit connue. « Mon souhait, c’est qu’il y ait une action coordonnée sur le plan international en représailles au régime de Bachar al Assad et aux crimes qui ont été commis », a dit le candidat d’En Marche ! Lors d’un déplacement en Corse.

Une majorité de Français ne veulent pas des migrants de Syrie, pourquoi ?

Une majorité de Français ne veulent pas  des migrants de Syrie, pourquoi ?

 

Selon un sondage Elabe,  57% des Français, contre 43%, s’opposent à ce que la France accueille une part des migrants et réfugiés qui ont afflué en Europe en provenance de Syrie.. Des français ne veulent pas davantage de migrants en provenance d’autres régions. On pourrait en conclure que les Français sont égoïstes voire racistes. En vérité les Français sont sensibles à cette tragédie que  représente l’immigration surtout lorsqu’il s’agit de réfugiés. Leur avis est surtout motivé par le fait  que la France se montre  complètement incapable d’assimiler certaines  populations d’origine étrangères. Certes beaucoup parviennent à s’intégrer mais sans doute tout autant voir davantage sont à l’origine de la création de zones de non-droit où la sécurité et la civilité sont en permanence menacée. Des zones où l’État ne pénètre que rarement d’ailleurs où se  développent  des commerces illicites comme celui du trafic de drogue. Officiellement ces zones dites sensibles seraient au nombre d’environ 750, c’est-à-dire en moyenne 7 par département. En réalité il faudrait en compter plusieurs milliers. Même dans nombre de petites villes de 10 000 à 20 000 habitants on compte un ou plusieurs quartiers devenus des zones de non-droit et où il ne fait pas bon de sortir ou d’entrer après 22 heures. Les habitants les plus socialisés quittent progressivement ces quartiers, nombre d’appartements ne sont plus occupés car les conditions de cohabitation sont intolérables. La plupart des hommes politiques qui parlent de plan de rénovation, de réhabilitation, ne connaissent pas grand-chose des réalités de ces quartiers. Bien sûr ils n’y vivent  pas et ils résident  très loin. Ce sont ces « sauvageons » comme les appelle Jean-Pierre Chevènement qui alimentent les réticences françaises car leur comportement remet en cause l’harmonie des relations entre les groupes et les individus. Mon propos pourra être facilement qualifié de raciste par les sophistes qui théorisent sur l’immigration. Je précise toutefois que je suis marié avec l’une de ses réfugiés en provenance d’Afrique Noire où j’ai été coopérant bénévole pendant 10 ans.

 

 

Syrie : Accord USA/Russie très virtuel

Syrie : Accord USA/Russie très virtuel

 

Le nouvel accord concernant la Syrie passée entre les États-Unis et la Russie risque lui aussi de demeurer virtuel rien n’a encore changé. Il faut dire que la situation n’est pas simple car les guerriers sont multiples : les djihadistes bien sûr,  l’armée officielle de la Syrie, qui combat tout autant les djihadistes que les ressortissants syriens rebelles, des rebelles dans certains sont modérés, d’autres aussi radicalisés,  sectaires et sanguinaires que ceux de l’état islamique. Bref un véritable bourbier.  Les Etats-Unis et la Russie ont cependant conclu samedi un accord destiné à raviver les négociations de paix en Syrie sans parvenir toutefois à convaincre l’opposition qui doute que le texte permette de mettre fin aux combats, alors que les affrontements s’intensifient à Alep, dans le nord du pays. L’accord conclu sous l’égide de Moscou et Washington prévoit l’instauration d’une trêve dans tout le pays, lundi au coucher du soleil, une amélioration des conditions de travail des organisations humanitaires et l’élaboration d’un plan ciblant les groupes islamistes. Quelques heures à peine après l’annonce de la conclusion de l’accord, l’armée syrienne attaquait les positions tenues par les rebelles à Alep, les forces gouvernementales s’efforçant de gagner le maximum de terrain possible avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Cette opération de l’armée se heurte toutefois à la résistance des rebelles qui ont annoncé prévoir une contre-offensive. « Il y a des combats sur tous les fronts du sud d’Alep, mais les affrontements les plus violents se produisent à Amiryah », a déclaré à Reuters le capitaine Abdoul Salam Abdoul Razak, porte-parole des Brigades Nour al Dine al Zinki. Les combats ont fait des dizaines de milliers de morts depuis cinq ans à Alep, ancien poumon économique de la Syrie et cible tant des insurgés, dont certains sont soutenus par les Occidentaux, que des forces gouvernementales, appuyées par la Russie et l’Iran. L’opposition, de son côté, ne cache pas son scepticisme. Elle rappelle que les derniers accords de ce genre n’ont pas été respectés, accusant notamment Damas et Moscou d’avoir poursuivi les bombardements. Les rebelles modérés de l’Armée syrienne libre (ASL) ont ainsi déclaré samedi qu’il y avait peu de chances que le nouvel accord de paix USA-Russie ait un véritable impact sur le cours du conflit tandis que l’opposition réunie au sein du HCN faisait elle aussi part de ses doutes. Fares al Bayouch, qui dirige la Division du Nord de l’ASL, a déclaré que la Russie et la Syrie n’avaient pas respecté le dernier accord et que les chances de réussite de la nouvelle trêve étaient identiques à celles de la précédente. Le porte-parole des Brigades Nour al Dine al Zinki, groupe qui fait aussi partie de l’ASL, a de son côté dit redouter que l’accord donnerait l’occasion à l’armée syrienne de reprendre des forces et d’envoyer à Aelp des milices supplémentaires soutenues par l’Iran. Le Haut comité syrien des négociations (HCN), créé fin 2015 en Arabie saoudite, a expliqué ne pas avoir reçu de copie de l’accord et dit qu’il ne réagirait qu’une fois que ses membres auront été consultés. En plus des combats à Alep, des bombardements ont été signalés à Idlib où des avions présentés comme russes ont visé un marché très fréquenté, faisant de nombreuses victimes, a-t-on appris auprès d’habitants et de l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

(Avec Reuters)

Une intervention turque en Syrie pas neutre

Une intervention turque en Syrie pas neutre

 

L’intervention d’Erdogan en Syrie n’est pas neutre, certes elle vise à combattre Daech  mais tout autant à limiter l’influence des kurdes et à donner une légitimité au grand nettoyage interne après l’échec du putsch. Invité sur Europe 1, le politologue Dominique Moïsi analyse les motifs de l’intervention au sol turque en Syrie lancée mercredi. C’est une grande première en cinq ans de conflit syrien. Mercredi, la Turquie a lancé sa première grande offensive au sol contre l’organisation Etat islamique, traversant la frontière et bravant Damas. L’opération, baptisée « Bouclier de l’Euphrate », a permis aux rebelles syriens de reprendre la ville de Djarablous, jusque-là sous administration de l’EI. Ces grandes manœuvres sont soutenues et saluées par les puissances de la coalition, Etats-Unis et France en tête. Mais pour Dominique Moïsi, conseiller spécial à l’Institut Français des Relations Internationales, ce soudain bellicisme turc n’a rien de désintéressé, et révèle la politique ambiguë d’Erdogan : « Sous prétexte de combattre l’Etat Islamique, les Turcs font le ménage. La date n’est pas neutre. le fait que la Turquie fasse une telle démonstration de force mercredi, au moment où Joe Biden arrive en Turquie, est très significatif. C’est un message adressé à la communauté internationale, une manière de dire : peut-être que vous ne m’aimez pas mais vous avez besoin de la Turquie, vous n’avez pas le choix ».Avec ce signe de bonne volonté, la Turquie se rapproche également encore un peu plus de ses alliés traditionnels, avec lesquels elle était en froid dernièrement. La raison de ce revirement ? Elle est à rechercher du côté des troubles politiques qui ont agité le pays et mis en danger Erdogan d’après Dominique Moïsi : « Aujourd’hui Erdogan s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas affronter des putschistes chez lui sans l’appui de ses alliés. D’où ces rapprochements parfois spectaculaires avec Israël, avec l’Iran, avec les Etats-Unis et avec la Russie. »  Avec les Etats-Unis justement, la Turquie est actuellement en pourparlers sur une potentielle extradition de Fethullah Gülen, le prédicateur accusé d’avoir ourdi le putsch contre le régime, qui vit depuis des années aux Etats-Unis. Le vice-président Joe Biden, actuellement en visite en Turquie, tente de ne pas braquer la Turquie sur le sujet pour qu’Ankara continue à aller dans le sens de la coalition. Un jeu fin que décrypte bien le chercheur : « Les Etats-Unis disent « nous vous comprenons » mais ajoutent que l’extradition de Gülen n’est pas du ressort de la Maison Blanche, que ce sont les juges qui décideront. Pour faire passer le message, Joe Biden est le meilleur choix possible. Il est le numéro deux des Etats-Unis, et une personnalité chaleureuse qui parviendra à faire passer des messages à Erdogan. 

(Europe 1)

« Si on arrête la guerre » en Syrie, « les attentats cesseront » !!! (Mélenchon)

« Si on arrête la guerre » en Syrie, « les attentats cesseront » !!! (Mélenchon)

 

 

Une curieuse déclaration de Jean-Luc Mélenchon qui pense que si la France arrête la guerre en Syrie les attentats cesseront en France. On voit mal pourquoi l’État islamique mettrait brusquement fin à sa conquête guerrière et à son objectif de dictature en Syrie, en Irak et maintenant en Libye. D’autre part nombre de pays qui ne sont pas directement impliqués dans cette guerre contre l’État islamique sont aussi victimes des mêmes attentats. Une vision donc assez simpliste de Jean-Luc Mélenchon doublement aveuglé par son antimilitarisme naïf et son soutien de fait à Poutine. Une déclaration irresponsable véritable cocktail de contradictions. Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche et candidat à la présidentielle de 2017, juge « vraisemblable » que « si on arrête la guerre » en Syrie, « les attentats cesseront » en Europe, a-t-il déclaré dimanche sur Canal+.  »Si on arrête la guerre là-bas, il est vraisemblable que les attentats cesseront », a estimé Jean-Luc Mélenchon. Relancé sur le fait de savoir si c’était « aussi simple que ça », le député européen a répondu: « Il y a d’autres paramètres, mais commençons donc par admettre ce point. La guerre que nous menons là-bas se prolonge ici. Voilà. Ça, c’est un fait acquis, tout le monde le sait. » « Nous avons donc un ennemi que nous bombardons là-bas et qui, ici, trouve des gens pour mener des opérations de commando. Nous sommes dans un état de guerre dont le principe de base est l’action imprévue et on ne peut pas savoir où on va être frappé », a-t-il ajouté. La réponse au terrorisme, selon lui, ce n’est pas « d’espionner tout le monde par quartiers entiers ». « Moi, je crois aux moyens humains, on infiltre, on met des gens » pour le renseignement. Or, a-t-il regretté, « l’État est anémié » et il manque des moyens humains pour mener cette action. Toutefois, veut croire Jean-Luc Mélenchon, les djihadistes « ont perdu d’avance, ils vont nous tuer beaucoup, mais nous finirons par l’emporter ».

(Avec AFP)

Syrie : retrait surprise des Russes

Syrie : retrait surprise des Russes

 

 

Poutine a surpris tout le monde en annonçant le retrait de la plupart de ses troupes. Le président russe considère que son pays a atteint ses objectifs qui consistaient essentiellement à conforter le pouvoir de Bachar El-Assad. Une mission effectivement remplie puisque l’aviation russe a davantage pilonné les opposants kurdes que les positions de l’État islamique. On peut expliquer aussi ce retrait par les difficultés économiques très importantes que connaît aussi la Russie avec une croissance dans le rouge et un écroulement de ses recettes liées à la baisse des matières premières. Notons au passage que les autres pays qui luttent contre l’État islamique éprouvent aussi des difficultés financières à financer l’effort de guerre cela vaut y compris pour la France dont les bombardements sur l’état islamique sont actuellement chichement mesurés. Même les Américains ne s’investissent pas à la hauteur du potentiel militaire dont il dispose. Ce qui est aussi  que ce conflit contre l’État islamique s’éternise. Une bonne nouvelle toutefois ce retrait des Russes va peut-être favoriser les négociations de paix entre ceux qui luttenet  contre l’État islamique. Avec l’appui des soldats russes, Vladimir Poutine considère que les forces armées syriennes ont été en mesure de « renverser la situation dans le combat contre le terrorisme international et ont repris l’initiative dans presque tous les domaines« . « Le travail effectué par nos soldats a créé les conditions nécessaires au lancement du processus de paix« , a souligné le président russe à l’issue d’une réunion au Kremlin avec ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères. La Russie est intervenue fin septembre 2015 en Syrie pour aider l’armée du président syrien Bachar al Assad, alors en grande difficulté, à contenir les forces rebelles, notamment dans l’ouest du pays. Cet appui s’est principalement traduit par des frappes aériennes contre les insurgés. Les Occidentaux ont toutefois accusé la Russie de privilégier, notamment durant les premiers mois, des frappes sur les rebelles plutôt que sur Daech. La décision surprise du Kremlin intervient le jour même de la reprise des négociations de paix sur la Syrie à Genève, sous l’égide des Nations unies. 

Migrants : retour vers la Syrie ?

Migrants : retour vers la Syrie ?

 

Un mini sommet des chefs d’État de l’Allemagne, de la Turquie, des Pays-Bas,  de la France et de l’Autriche pour envisager le retour des migrants vers la Syrie de sauver Schengen. Il s’agit d’abord de bloquer les migrants en Turquie voire de rapatrier certains qui sont parvenu à atteindre l’Europe. De toute évidence il y a un revirement certain de la politique européenne d’immigration. En cause les différentes mesures prises par certains pays avec le rétablissement des frontières qui risquent de faire exploser Schengen. Aussi les réactions négatives en Allemagne vis-à-vis de la politique d’accueil des réfugiés de la part de  Merkel. Le contrat discuté ces derniers jours entre Bruxelles et Ankara va beaucoup plus loin que le «pacte» négocié en novembre. Il s’agissait alors pour la Turquie d’immobiliser chez elle 2,5 millions de Syriens, en échange d’une assistance humanitaire européenne de 3 milliards d’euros.  Avec quelques alliés, l’Allemagne veut forcer la marche: obtenir de la Turquie qu’elle reprenne ceux qui arrivent illégalement en Grèce, en échange d’un mécanisme qui organiserait dès cette année l’accueil direct en Europe de dizaines de milliers de demandeurs d’asiles hébergés dans les camps turcs. Il s’agirait de remplacer un trafic dangereux, à la merci des passeurs, par une organisation solide, prévisible et co-gérée par Ankara, le HCR et le pays d’accueil final. «Il n’est pas inconcevable qu’un réfugié parvenu en Grèce après avoir traversé la mer Égée soit ainsi renvoyé sans délai en Turquie, avant de revenir en Europe plus tard, par la voie légale», confie un négociateur.  Le week-end dernier, le premier ministre Manuel Valls refusait par avance tout mécanisme permanent, affirmant que l’Europe «ne peut pas accueillir davantage de réfugiés». À l’automne, le président Hollande s’était pourtant dit favorable au projet initial de la chancelière.

Syrie : la France demande qu’on arrête de bombardements des kurdes

Syrie : la France demande qu’on arrête de bombardements des kurdes

 

 

L’accord de paix concernant la Syrie à peine signée vole en éclats,  un accord pourtant signé aussi par la Russie qui continue de bombarder la résistance modérée tandis que de son côté la Turquie bombarde les Turcs. La France a appelé, dimanche 14 février, à la « cessation immédiate des bombardements » de la Turquie dans les zones kurdes de Syrie. Les Etats-Unis, alliés et partenaires de la Turquie au sein de l’Otan, avaient eux aussi, dès samedi soir, exhorté Ankara à cesser ses tirs. L’armée turque a bombardé au mortier, dimanche, pour la deuxième journée consécutive, des positions kurdes dans le nord de la Syrie, causant la mort de deux miliciens des Unités de protection du peuple kurde (YPG). Les YPG, soutenues par la coalition emmenée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique en Syrie, sont liées au Parti kurde de l’Union démocratique, que la Turquie considère comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan et, à ce titre, comme une organisation terroriste. Le régime syrien a, lui, demandé, dimanche, au Conseil de sécurité de l’ONU de « mettre un terme aux crimes du régime turc ». Damas a également accusé Ankara d’avoir permis le passage en Syrie d’armes et de combattants vers la province d’Alep, où les forces gouvernementales mènent une vaste offensive contre les rebelles. Dans le même temps, le président américain, Barack Obama, a demandé à son homologue russe, Vladimir Poutine, de mettre fin aux frappes de l’armée russe en Syrie contre des groupes de l’opposition modérée, conformément à l’accord international conclu à Munich, jeudi.

(Avec Reuters)

Syrie : un accord déjà contesté par la Russie

Syrie : un accord déjà contesté par la Russie

 

L’accord signé vendredi par le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) auquel appartient la Russie est déjà contesté par cette dernière. Pire sur le terrain la Russie et les troupes de Bachar al-Assad s’appuient sur cet accord pour trouver une légitimité aux bombardements des populations civiles et des rebelles modérés qui combattent l’État islamique. Manuel Valls, chef du gouvernement français, et le secrétaire d’Etat américain John Kerry, qui assistent à Munich à la conférence annuelle sur la sécurité internationale, ont tous deux réclamé l’arrêt des bombardements russes dans les zones civiles. « La France respecte la Russie et ses intérêts, mais nous savons que, pour retrouver la voie de la paix, de la discussion, les bombardements des populations civiles doivent cesser », a déclaré le premier, s’adressant à son homologue russe Dmitri Medvedev. Le président français, François Hollande, avait tenu des propos identiques jeudi.  Dans un entretien accordé jeudi à l’AFP, Bachar al Assad a même affiché sa détermination à reprendre le contrôle de l’intégralité du territoire syrien. Le président syrien « se trompe s’il pense que le conflit peut être résolu par la force », a répliqué vendredi un porte-parole du département d’Etat.  Les forces gouvernementales ont néanmoins poussé leur avantage et se trouvent désormais aux portes de la province de Rakka, dans l’Est, dont elles ont été chassées en 2014 par les djihadistes de l’Etat islamique (EI), rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Elles chercheraient ainsi à prévenir une intervention au sol de l’Arabie saoudite contre l’EI, qui a fait de Rakka la « capitale » de son califat. L’armée syrienne a par ailleurs annoncé la reconquête de nouvelles zones de la région d’Alep. Sa progression, soutenue par l’aviation russe, le Hezbollah libanais et des combattants iraniens, a permis de couper la principale voie d’approvisionnement des rebelles en provenance de la Turquie voisine.

 

(Avec Reuters)

Syrie : un accord de l’ONU inapplicable mais un accord quand même !

Syrie : un accord de l’ONU inapplicable mais un accord quand même

Ce n’est pas la première fois que l’ONU vote de manière unanime un accord inapplicable mais pour la Syrie c’est nouveau ;  en fait  pour résumer on a décidé de mettre en place un processus de transition politique à partir de janvier mais sans préciser quelles seront les forces concernées pour intégrer le gouvernement de transition. Sans préciser non plus le sort pourrait être réservé à Bachar El-Assad, si ce dernier devra être  éliminé dès la constitution de gouvernement de transition ou à l’issue d’une consultation démocratique enfin le concept même de cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien paraît assez illusoire quand on sait  que la plus grande partie du pays sera encore nécessairement en guerre notamment contre l’État islamique en janvier Pour la première fois en près de cinq ans de conflit, les 15 membres du Conseil de sécurité ont cependant adopté à l’unanimité, y compris la Russie, une résolution qui établit une feuille de route qui entérine un ambitieux plan de paix pour la Syrie. La résolution envisage que se tiennent « au début janvier » des négociations entre pouvoir et opposition pour mettre fin à quatre années et demi de guerre et que s’instaure simultanément un cessez-le-feu sur l’ensemble du territoire syrien. En faite ce texte démontre une certaine bonne volonté de tous les membres de l’ONU mais acte aussi toutes les contradictions de sorte que compte tenue des réalités militaires sur le terrain et du flou artistique concernant l’avenir de Bachar El-Assad ce texte est pratiquement inapplicable. Pire s’il devait contribuer à prolonger et à renforcer le régime en place en Syrie, Bachar El-Assad pourrait sortir encore renforcer par la mise en œuvre de ce pseudo accord. De toute évidence les chancelleries ont encore des progrès à faire pour clarifier leur position et rendre l’hypothèse d’une transition politique envisageable. Pour le secrétaire d’Etat John Kerry, qui présidait la séance, ce texte « envoie un message clair à tous pour dire qu’il est temps de mettre fin aux tueries en Syrie ». Il s’est dit « sans illusions » sur la difficulté de la tâche mais a salué un « degré d’unité sans précédent » de la part des grandes puissances pour trouver une solution politique en Syrie.  »En janvier, nous espérons être en mesure d’appliquer un cessez-le-feu complet, ce qui veut dire plus de largages de barils d’explosifs, plus de bombardements, plus de tirs ni d’attaques d’un côté comme de l’autre ». Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a salué « la première résolution qui se concentre sur les moyens politiques de résoudre la crise. C’est un pas très important qui nous permet de progresser » vers une solution, a-t-il ajouté. Il a affirmé que les Nations unies « était prêtes » à jouer leur rôle pour organiser les négociations de paix et mettre en place et surveiller le cessez-le-feu. La résolution demande à l’ONU de préparer dans un délai d’un mois des « options » pour mettre en place un « mécanisme de surveillance et de vérification » du cessez-le-feu.  »Nous espérons être capable de le faire en janvier », a précisé prudemment le médiateur de l’ONU en Syrie, Staffan de Mistura, se voulant « réaliste » sur la complexité du processus. Le Conseil demande à l’ONU de « réunir des représentants du gouvernement syrien et de l’opposition afin qu’ils entament des négociations formelles sur un processus de transition politique de manière urgente, avec pour objectif de commencer ces discussions au début janvier 2016″. Le Conseil « confirme son soutien au Communiqué de Genève » de juin 2012 sur une transition politique en Syrie et « entérine les déclarations de Vienne », qui prévoientt un gouvernement de transition dans les six mois, ainsi que des élections dans les 18 mois. La résolution précise que ce cessez-le-feu ne s’appliquera pas aux opérations contre les groupes extrémistes comme l’EI et le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. Elle appelle à « éliminer le sanctuaire qu’ils ont créé sur une grande partie » de la Syrie. Les rebelles et certains pays occidentaux accusent Moscou de bombarder surtout les positions des groupes s’opposant au régime et non celles de l’organisation djihadiste Etat islamique.

Syrie : une résolution unanime mais très floue de l’ONU

Syrie : une résolution unanime mais très floue de l’ONU

 

Cette résolution de l’ONU sur la Syrie a surtout le mérite d’avoir fait l’unanimité, ce qui est très rare sur le sujet. Pour autant, les dispositions votées ne clarifient guère les conditions du cessez le feu, du début du processus ainsi que le sort qui pourrait être fait à Bachar al-Assad.  Reste aussi à savoir si certaines forces rebelles seront  considérées comme des alliés de l’État islamique ou des les alliés de l’opposition à Bachar al-Assad ;  de toute manière en l’état des positions des un et des autres sur un éventuel processus de transition il était sans doute difficile d’aller plus loin. En effet la Russie et certains de ses alliés souhaitent que la question de Bachar al-Assad soit traitée par des élections tandis que d’autres souhaitent son éviction  dès la formation d’un gouvernement de transition. Le cessez-le-feu pourra entrer en vigueur « dès que les représentants du gouvernement syrien et de l’opposition auront fait les premiers pas en direction d’une transition politique sous l’égide de l’Onu », dit la résolution. Le texte prévoit la mise en place d’un gouvernement de transition et l’organisation d’élections, précisant qu’il revient au peuple syrien « de décider de l’avenir de la Syrie » — un point sur lequel la Russie a insisté face aux pays occidentaux et arabes qui demandent le départ de Bachar al Assad dès le début du processus de transition. Le sort du président syrien continue de susciter de « fortes divergences », a précisé le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, à l’issue du vote. Parallèlement aux tractations à l’Onu, les pays du Groupe de soutien international à la Syrie (ISSG) ont tenu vendredi une troisième réunion depuis le lancement fin octobre de cette initiative diplomatique qui intègre l’Iran pour la première fois depuis le début du conflit syrien, en mars 2011. Les chefs de la diplomatie des 17 pays qui le composent, dont la Russie, les Etats-Unis, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite et, donc, l’Iran, se sont retrouvés au Palace Hotel de New York.  La feuille de route prévoit le lancement en janvier de négociations entre Damas et l’opposition syrienne pour la constitution d’un gouvernement d’union nationale et d’éventuelles élections, ainsi qu’un cessez-le-feu dans toute la Syrie, qui ne s’appliquerait pas à l’Etat islamique, au Front al Nosra et à d’autres groupes armés.

Syrie : on ne demande plus le départ de Bachar (Fabius)

Syrie : on ne demande plus le départ de Bachar (Fabius)

 

Finalement la France se range progressivement sur la stratégie de la Russie ; elle ne fait même plus du départ de Bachar un préalable. En fait on se rapproche de Bachar. Encore quelques semaines et il est vraisemblable que Bachar sera considéré officiellement comme un allié « provisoire »… en attendant la transition politique et un autre gouvernement. C’est à dire après la guerre contre l’Etat islamique. Guerre qui ne va pas se terminer demain !  Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a  donc déclaré qu’il n’envisageait plus un départ du président syrien Bachar al-Assad avant une transition politique en Syrie, dans un entretien à un quotidien régional.  »Une Syrie unie implique une transition politique. Cela ne veut pas dire que Bachar al-Assad doit partir avant même la transition, mais il faut des assurances pour le futur », a déclaré le chef de la diplomatie française au quotidien Le progrès de Lyon du samedi 5 décembre.  Le chef de la diplomatie française avait déjà entamé ce revirement, déclarant, le 27 novembre au micro de RTL, que les forces du régime syrien pourraient être associées, « pourquoi pas », à la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Annonce complétée quelques heures plus tard par une déclaration à l’AFP précisant que cette participation de l’armée syrienne ne pouvait être envisagée que « dans le cadre de la transition politique ».

Syrie : engagement timide de l’Allemagne

Syrie : engagement timide de l’Allemagne

 

 

 

L’Allemagne qui se tient à écart des conflits militaires impliquant l’Europe a cette fois décidé de s’engager en Syrie… mais timidement. La preuve elle fournira des avions mais ne participera pas aux frappes. Une posture qui donne des raisons à ceux qui pensent que l’Europe est défaillante dans de nombreux domaines stratégiques et que cette fragilité pourrait mettre son existence en cause. Une occasion manquée pour l’Europe de prouver aux septiques l’intérêt de l’union européenne. Les députés du Bundestag ont approuvé vendredi à une large majorité une participation de l’Allemagne à la coalition militaire en lutte contre l’Etat islamique (EI) en Syrie. L’Allemagne a prévu de déployer six avions de reconnaissance Tornado, une frégate d’assistance à la sécurité du porte-avions français Charles-de-Gaulle, un appareil de ravitaillement et 1.200 personnels militaires. L’Allemagne ne participera pas aux frappes aériennes menées par la France, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie en Syrie.

 

Premières frappes britanniques en Syrie

Premières frappes britanniques en Syrie

Le Parlement britannique a donné son feu vert mercredi soir aux frappes en Syrie. Jusque-là, l’armée britannique n’intervenait qu’en Irak. Le débat a duré tout l’après-midi et toute la soirée, et il s’est conclu par un vote sans surprise : 397 voix pour, 223 contre. Le Premier ministre britannique David Cameron obtient donc une majorité très claire pour des raids aériens en Syrie, aux côtés des Américains et des Français. Elle est même un peu supérieure aux estimations. A priori, il y a eu très peu de « rebelles » dans les rangs conservateurs, et au sein de l’opposition, le tiers des députés travaillistes auraient suivi le gouvernement. Leur leader, le pacifiste Jeremy Corbin, s’était pourtant déclaré opposé aux frappes, tout en laissant le choix à ses partisans. Le camouflet de 2013 est oublié. A l’époque, les députés avaient rejeté une action militaire contre le régime de Bachar al-Assad.

Syrie : Hollande change de stratégie et veut une grande coalition

Syrie : Hollande change de  stratégie et veut une grande coalition

 

C’est évidemment un changement stratégique assez fondamental de la part de Hollande. Précédemment il ne voulait  pas entendre parler d’une alliance avec les Russes encore moins avec l’armée d’Assad. Certes Hollande prend des précautions oratoires pour rappeler ses exigences vis-à-vis d’Assad, mais la nouvelle priorité devient maintenant la constitution d’une alliance de toutes les forces. La question de l’avenir Assad et renvoyé à plus tard. D’où cette annonce par Hollande d’une rencontre prochaine avec Obama et Poutine. En fait Hollande reprend la les propositions de la droite et il s’appuie sur le fait que les attentats ont été commandités en Syrie par l’État islamique.  La France a en effet  identifié le commanditaire présumé des attentats de Paris grâce aux progrès de l’enquête sur un drame qui a incité François Hollande à prôner la création d’une grande coalition avec la Russie pour éradiquer la menace de l’Etat islamique. »Les actes de guerre de vendredi ont été décidés et planifiés en Syrie, organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises », a-t-il dit devant les députés et sénateurs réunis pour l’entendre présenter sa stratégie sur les plans militaire, européen et sécuritaire. D’une certaine manière c’est aussi la reconnaissance des limites de l’intervention française voir de son impuissance face à l’État islamique. En réplique aux attentats la France a largué 20 bombes dimanche. Mais en quatre jours la Russie a procédé à autant d’attaques aériennes que la France en 14 mois. Ce qui témoigne bien de l’État du rapport de force et de la nécessité de cette coalition que Hollande refusait jusque-là Des chasseurs-bombardiers français ont en effet  lancé dimanche soir leur raid le plus massif jusqu’ici en Syrie, visant Rakka, bastion de l’EI. Le raid a impliqué 12 avions français, dont 10 avions de chasse, et 20 bombes ont été larguées. François Hollande a donc  annoncé qu’il rencontrerait Barack Obama et Vladimir Poutine « dans les prochains jours » pour construire une grande coalition visant à détruire Daech.

 

Rapprochement Etats-Unis Russie sur la Syrie

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Les Etats-Unis et la Russie ont commencé dimanche à rapprocher leurs positions sur le dossier syrien deux jours après les attentats meurtriers de Paris, et décidé avec leurs partenaires du G20 en Turquie de renforcer leur coopération contre la menace djihadistes. Au premier jour du sommet des dirigeants des grands pays de la planète à Antalya (sud), les présidents américain Barack Obama et russe Vladimir Poutine ont brisé la glace lors d’un aparté d’une demi-heure largement consacré à la guerre en Syrie, qualifié de « constructif » par la Maison Blanche. Lors de ce tête-à-tête inattendu surpris en direct par la télévision turque, MM. Obama et Poutine ont apporté leur soutien à une transition politique avec des « négociations sous l’égide de l’ONU entre l’opposition syrienne et le régime et un cessez-le-feu », selon un responsable américain. Sous la pression des attentats de Paris revendiqués par le groupe Etat Islamique (EI), ce principe a été posé samedi à Vienne lors de pourparlers internationaux sur la Syrie, en même temps que la formation d’un gouvernement provisoire et l’organisation d’élections d’ici dix-huit mois. Aucun commentaire n’a toutefois été fait dans les deux camps sur la principale source de divergences entre les deux pays, le sort à réserver au président syrien Bachar al-Assad. « Nous avons des objectifs stratégiques liés à la lutte contre l’EI, et ceux-ci sont proches l’un de l’autre, mais il reste toujours des divergences «

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