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La remise en cause des entreprises à RSE par François de Closets

La  remise en cause des entreprises à  RSE par François de  Closets

Après l’affaire Danone, François de Closets s’interroge sur l’avenir du concept de RSE qui vient en contradiction avec les exigences de rentabilité de certains actionnaires. ( Chronique dans l’opinion)

 

Au XIXe siècle, les sociétés industrielles lièrent pouvoir et propriété. Le propriétaire, artisan ou maître des forges, imposait sa loi et achetait le travail dont il avait besoin. Depuis lors, les travailleurs ont acquis un statut protecteur et l’entreprise est devenue le foyer où se forme la valeur marchande. Sur 30 millions de Français au travail, 90 % sont des salariés. C’est dire que l’entreprise est une des institutions structurantes au même titre que la famille, l’école ou la nation. Elle absorbe la vie laborieuse : 1 600 heures par an, elle est le creuset de la créativité, des espérances, des conflits ou de la résignation. Elle est au cœur de l’existence, mais a-t-elle un cœur ?

Dans les années 1950-1970, les sociétés industrielles se sont éloignées du capitalisme originel. En 1967, John Kenneth Galbraith créa l’événement en publiant The new industrial state dans lequel il montrait que les grandes entreprises étaient aux mains d’une technostructure salariée et que le capital éparpillé en des millions d’actionnaires ne pesait plus rien. L’actionnaire était considéré comme un obligataire. Il touchait son dividende mais n’avait pas voix au chapitre. La structure était aux mains de cadres dirigeants qui décidaient de tout en interaction avec le personnel, les clients, les syndicats, les banquiers ou les fournisseurs, voire le gouvernement. Le monde industriel était sorti du capitalisme sans s’en rendre compte !

 Avant même que s’apaisent les remous du livre, Milton Friedman lançait dans le New York Time sa bombe, en assignant comme seul objectif, seule raison d’être, à l’entreprise la création de valeur pour l’actionnaire, sa création et son accroissement. Bref, l’enrichissement des propriétaires. Galbraith et Friedman eurent tous deux raison : chacun à son tour.

Entre 1950 et 1970, la direction du personnel devenait la gestion des ressources humaines et l’on se prit à imaginer que le contrat de travail pourrait déboucher sur une vraie citoyenneté d’entreprise

Entre 1950 et 1970, l’entreprise avait bel et bien échappé au capital. Elle était perçue comme une communauté dans laquelle chacun devait trouver sa place. Les salariés n’étaient pas seulement un coût mais d’abord une richesse. La direction du personnel devenait la gestion des ressources humaines et l’on se prit à imaginer que le contrat de travail pourrait déboucher sur une vraie citoyenneté d’entreprise.

Rêve vite évanoui car le modèle de Milton Friedman l’emporta sur celui de Galbraith. Conforté par la concurrence, le capital reprit le pouvoir et imposa sa loi. L’entreprise n’était qu’une machine à produire, une boîte noire générant le profit sous forme de dividendes ou de plus-values. Le salarié se vit assigner un seul objectif : enrichir son patron. Par contrecoup, l’attachement à l’entreprise se réduisit au lien commercial. Dans cet espace ubérisé, les salariés sont des mercenaires qui vendent leurs services aux plus offrants.

Quant aux dirigeants, ils ne sont plus les premiers des salariés mais les représentants du capital. Ils doivent obtenir le maximum de productivité pour le moindre coût et faire monter le cours en bourse. La déshumanisation du travail, l’accroissement des inégalités et les atteintes à l’environnement que peut engendrer ce système sont des externalités et n’ont pas à être prises en compte.

Ce modèle s’est imposé par son efficacité économique mais il reste aussi peu satisfaisant sur le plan humain que sur le plan environnemental. Peut-on réduire l’entreprise au profit, le travailleur au salaire et la nature à des économies externes. ? L’idée d’enrichir les finalités en ajoutant des objectifs sociaux et environnementaux à la seule maximalisation du profit faisait son chemin. Mais les dirigeants sont tenus par le cadre légal et se mettraient en infraction s’ils ajoutaient des dimensions supplémentaires aux objectifs réglementaires. La nouvelle entreprise a besoin d’un cadre juridique.

Ce qui fut fait en 2010 aux Etats-Unis lorsqu’apparurent trois nouveaux types de sociétés que nous avons regroupées sous le titre de « sociétés à missions ». Notre loi Pacte de 2019 introduit ces statuts qui permettent d’ajouter des objectifs sociaux et écologiques aux seuls objectifs commerciaux. On a donc vu apparaître en France, mais aussi en Amérique et en Italie, des entreprises qui se donnent des objectifs plus étendus que ceux prévus par le libéralisme friedmanien. Sont-elles l’avant-garde d’une rupture avec le capitalisme du seul profit ? La réponse devait venir du marché concurrentiel, car, avec ou sans « missions », une entreprise doit d’abord être rentable et ne peut survivre que si elle assure sa compétitivité.

L’affaire Danone apporte une première réponse. Notre champion des yaourts est la première entreprise du CAC40 à avoir pris le statut d’entreprise à missions et ce, bien qu’il compte des fonds activistes parmi ses actionnaires. Il se donnait comme « raison d’être » « d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre. ». Une transformation approuvée par le conseil d’administration et l’Assemblée générale. Le PDG et ardent promoteur de ce nouveau capitalisme pouvait conclure : « Vous avez déboulonné la statue de Friedman ».

Déboulonné, oui, détruite, non. Car la Bourse, elle, en reste aux résultats financiers. L’entreprise, que ce soit Danone ou une autre, est condamnée au grand écart entre le respect de ses « missions » et les performances boursières. Or les fonds activistes constatent que le compte n’y est pas. Sur l’ensemble de l’exercice 2020, le chiffre d’affaires a reculé de 1,5 % et le résultat net courant de 13 %. Le dividende est rogné et le cours dévisse de 30 %. C’en est trop, ou pas assez comme on voudra. Emmanuel Faber le champion du nouveau capitalisme est évincé. Danone va se recentrer sur la première de toutes ses missions : les résultats comptables. Nul doute que, dans l’avenir, les quarante du CAC ne seront guère empressés à se lancer dans l’aventure du capitalisme multimissionné.

Retenons ce brutal rappel à l’ordre : une société cotée doit d’abord être rentable. Les « missions » viennent en plus de la compétitivité, elles ne la remplacent pas

L’entreprise de Friedman a-t-elle définitivement gagné ? Ce serait trop vite conclure car elle est toujours prisonnière de ses limites et l’on ne peut tirer des conclusions générales d’un cas particulier. En revanche ce précédent doit enrichir la réflexion sur le dépassement de l’entreprise. Retenons ce brutal rappel à l’ordre : une société cotée doit d’abord être rentable. Les « missions » viennent en plus de la compétitivité, elles ne la remplacent pas. Mais comment financer les coûts supplémentaires ou le manque à gagner ? Il n’est qu’une source de productivité à exploiter, c’est le travail.

La pression qu’entretient le management libéral déshumanisé lui permet-elle d’atteindre son plus haut niveau de productivité ? Toute amélioration sociale dans l’entreprise se traduira-t-elle par une moindre efficacité ? Si tel est le cas, alors il y a peu à espérer de ces « missions » qui promettent tant dans leurs intentions et tiennent si mal au niveau des résultats. Mais on peut aussi espérer que le personnel se mobilise davantage apporte plus d’énergie et de créativité dans une entreprise qui sait atteindre l’individu au-delà du salarié. Les patrons « paternalistes » du XIXe siècle l’avaient pressenti et ne s’en portèrent pas plus mal.

Au XXIe siècle, il est bien des façons de renforcer cette adhésion aux valeurs de l’entreprise. Et, pour commencer, faire de chaque salarié un actionnaire mais aussi pousser plus avant la valorisation des tâches, les possibilités de promotion, la reconnaissance du mérite, l’écoute des individus, la prise en compte des difficultés, bref redonner tout son sens à cette expression de « ressources humaines ». En contrepartie de ces progrès sociaux peut-on susciter un attachement qui améliore la productivité ? Doit-on, au contraire, reconnaître que l’entreprise friedmanienne est indépassable ?

C’est la question préjudicielle. Si l’amélioration sociale incite au relâchement, les entreprises n’iront pas bien loin dans leurs nouvelles « missions ». Si au contraire elle provoque l’engagement alors on pourra voir comment l’accompagnement fiscal, la législation écologique, le cadre réglementaire pourront permettre à la nouvelle entreprise de l’emporter et de régénérer le capitalisme.

Aides aux entreprises : 11 milliards par mois

Aides aux entreprises : 11 milliards par mois

 

La troisième vague amplifie encore le soutien nécessaire aux entreprises. Un soutien indispensable mais évidemment coûteux puisqu’on atteint environ 11 milliards d’aides aux entreprises par mois. ( Il faut évidemment ajouter les deux autres types d’aides pour mesurer l’effort budgétaire total qui pourrait être de l’ordre de 200 milliards en 2021

 

Le nouveau tour de vis sanitaire annoncé ce mercredi par Emmanuel Macron , même s’il ne peut se comparer au confinement strict opéré l’an dernier à pareille époque, promet d’avoir des conséquences importantes sur les comptes publics. Ainsi, Bercy a annoncé dans la soirée de mercredi que le coût des aides aux entreprises était réévalué à 11 milliards d’euros par mois.

Il s’agit d’une forte hausse par rapport aux derniers montants évoqués. Mi-mars, lors des précédentes annonces de restrictions concernant 16 départements, le chiffre de 7,2 milliards avait été avancé , lui-même déjà plus élevé que les 6 milliards mensuels estimés en février. En clair, en deux semaines, le coût des aides a flambé de 80 % avec 5 milliards rajoutés.

Responsabilité sociale des entreprises : une valeur juridique de gestion montante

 Responsabilité sociale des entreprises : une valeur juridique de gestion montante
L’avocat Jean-Philippe Robé décrypte, dans une tribune au « Monde », un jugement du tribunal de Nanterre qui, au sujet de l’entreprise Total, livre pour la première fois une interprétation juridique des effets concrets de la responsabilité des entreprises vis-à-vis de la société.

Tribune.

 

 Depuis une loi du 27 mars 2017, les très grandes entreprises françaises ont un « devoir de vigilance ». Elles ont une obligation de prévenir les risques sociaux, environnementaux et de gouvernance liés à leurs opérations, où qu’elles se situent dans le monde. Pour ce faire, elles doivent mettre en place un « plan de vigilance » comprenant des procédures d’évaluation et de prévention des risques dans leurs relations avec leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs.

La société Total SE, à la tête du groupe Total (1 191 sociétés actives dans 130 pays), a publié son plan de vigilance le 15 mars 2018. Un ensemble disparate de communes et de régions françaises et d’associations de droit privé a considéré ce plan comme insuffisant et a décidé d’attaquer la société Total SE en justice pour qu’elle l’améliore. La société Total SE a contesté la compétence du tribunal judiciaire, préférant être jugée par le tribunal de commerce. Par une ordonnance rendue le 11 février 2021, le tribunal judiciaire de Nanterre s’est cependant déclaré compétent.

 

Ce qui retient l’attention ici, c’est le raisonnement du juge sur le sens des dispositions nouvelles et ce qu’elles imposent concrètement aux grandes entreprises. Il combine en effet le devoir de vigilance avec la modification apportée à l’article 1833 du code civil par la loi Pacte du 22 mai 2019. Depuis cette date, toute société française doit en effet « être gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité »

Certains se demandaient si ces dispositions pouvaient avoir un impact réel ou si elles n’étaient qu’un vœu pieux. Or, selon le juge de Nanterre, par l’effet combiné de ces deux textes, « les choix stratégiques de Total SE (…) ne peuvent plus être opérés dans une stricte logique économique mais en intégrant des éléments antérieurement conçus comme exogènes : désormais gérée, en application de l’article 1833 du code civil, “dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité” (…), elle doit intégrer dans ses orientations stratégiques des risques d’atteintes aux droits humains et à l’environnement et, de fait, au regard de la nature de son activité, procéder à des abandons ou des réorientations substantielles ».

Le juge donne donc toute leur force aux textes nouveaux : prendre en considération les enjeux sociaux et environnementaux peut conduire à des abandons d’activités ou à des ajustements majeurs.

Tech: trop de gaspillage dans les entreprises

Tech: trop de gaspillage dans les entreprises

(un article du Wall Street Journal)

Les entreprises dépensent énormément d’argent dans les technologies. Et elles en gaspillent aussi beaucoup.

Les explications à ce phénomène sont multiples. Parfois, elles sont à l’affût de la dernière nouveauté à la mode. Dans d’autres cas, elles ne comprennent pas bien ce que recherchent les consommateurs. Ou bien encore, elles conçoivent de nouveaux produits au lieu de se contenter d’en acheter sur le marché.

Quelle qu’en soit la cause, la probabilité de commettre des erreurs en matière d’investissement est plus importante que jamais : la pandémie a poussé les entreprises à se précipiter encore davantage à la recherche de nouveaux outils, notamment pour répondre aux besoins de personnes travaillant de plus en plus fréquemment à domicile. Les dépenses mondiales dans le domaine de l’informatique devraient ainsi atteindre 3 900 milliards de dollars cette année, soit une hausse de 6 % par rapport à 2020, selon le cabinet d’études Gartner.

« Le prix des services de base dans le cloud continue de baisser. Si vous y êtes déployé, vous pouvez en tirer profit, mais cela ne se fait pas toujours automatiquement »

« Avec la Covid, chacun constate l’accélération de la transition vers le numérique, mais très peu de structures cherchent à savoir qu’elles en sont les retombées sur leurs activités, explique James Anderson, vice-président de la recherche chez Gartner. Comment les entreprises gaspillent-elles leur argent ? Elles n’utilisent pas d’indicateurs de performance pour orienter leurs investissements, et font ce que les gens leur disent de faire. »

Le Wall Street Journal a interrogé des dirigeants de la tech et des entrepreneurs sur les erreurs les plus grosses et les plus coûteuses que commettent les entreprises dans ce domaine. Voici quelques-unes de leurs réponses.

Des dépenses trop élevées dans le cloud

Tout le monde connaît les avantages du cloud — des infrastructures et des coûts de stockage moins élevés, par exemple — et cette technologie ne cesse de s’améliorer.

Mais beaucoup d’entreprises finissent par dépenser beaucoup trop pour migrer sur le Web, car elles ne se rendent pas compte de ce que ce changement implique. Selon l’analyste Ed Anderson de chez Gartner, les sociétés qui n’ont pas de stratégie pour suivre et contrôler leurs coûts relatifs au cloud déboursent en moyenne 40 % de plus que nécessaire.

« Le prix des services de base dans le cloud continue de baisser. Si vous y êtes déployé, vous pouvez en tirer profit, mais cela ne se fait pas toujours automatiquement », avertit Brian Tosch, consultant principal de Tech DNA, une société de conseil en technologie basée à Seattle.

Souvent, les problèmes sont dus à une mauvaise planification. Beaucoup d’entreprises se contentent de transférer l’ensemble de leurs logiciels — afin qu’ils puissent fonctionner dans le cloud plutôt que sur les serveurs de l’entreprise — sans les modifier. Michael Kauffman, directeur et responsable juridique de Tech DNA, qualifie ce genre de migration de « lift and shift »(copier-coller).

Mais le problème est que si le logiciel n’est pas adapté, il risque de fonctionner en permanence et de consommer des ressources inutiles dans le cloud, ce qui engendre des coûts d’utilisation élevés.

Cette situation est susceptible de se produire avec de nombreuses applications, notamment le courrier électronique et les systèmes de communication, poursuit M. Anderson. La plupart d’entre elles sont conçues de manière à ce que vous « lanciez l’application et la laissiez s’exécuter. Ce schéma n’est pas nécessaire dans [le] cloud, car les ressources peuvent être allouées en temps réel lorsqu’une application en a besoin. »

Dans d’autres cas, les entreprises ne réalisent pas que la manière dont elles stockent leurs données en ligne leur coûte trop cher, sans que cela ait la moindre utilité. Un problème qui pourrait être résolu par de simples ajustements.

Cirrus Data, qui aide les grandes entreprises dans leurs projets de migration vers le cloud et de stockage de données, avait un client qui sous-estimait le travail nécessaire pour passer sur le cloud et n’avait pas adapté ses applications afin de profiter des économies potentielles offertes par cette transition, explique son directeur général Wayne Lam.

Résultat : le client a dû régler des factures liées à ses services en cloud 200 % plus élevées que prévu.

Enfin, les entreprises transfèrent parfois des logiciels dans le cloud alors qu’il serait préférable de les faire tourner sur leurs propres serveurs. Par exemple, faire fonctionner des logiciels nécessitant une puissance de calcul élevée, comme les outils de traitement vidéo, se révèle parfois moins coûteux ailleurs que sur le cloud.

Une mauvaise compréhension du client

Il arrive que les entreprises choisissent une technologie en fonction de ce que les clients semblent vouloir, sans se rendre compte qu’elles se basent sur de fausses hypothèses.

Prenons le cas de Harry Rosen, une chaîne de 17 magasins de vêtements de luxe pour hommes basée à Toronto. En 2018, elle a réalisé une enquête auprès de ses clients, leur demandant s’ils utiliseraient PayPal dans le cas où la société le proposerait sur son site. Un nombre important d’entre eux a répondu par l’affirmative. L’entreprise a donc engagé un intégrateur de systèmes afin d’ajouter PayPal sur sa plateforme de commerce électronique, pour un coût de 80 000 dollars.

« Nous avons travaillé avec des entreprises où l’obstination à construire plutôt qu’à acheter est un facteur très important, [et] où il existe un grand penchant pour cette option. Vous finissez par fournir un énorme travail pour faire quelque chose qui, en étant honnête, existe déjà à un coût abordable dans le commerce, voire même gratuitement en open source. »

Mais seule une petite partie des achats en ligne de l’entreprise a ensuite été réglée via PayPal — à peine 10 % à la fin de 2018. Le problème était que payer par ce biais nécessitait de passer par plusieurs étapes. Les clients devaient cliquer sur « acheter », puis remplir leurs informations de paiement sur la plateforme PayPal, avant de retourner sur le site de Harry Rosen pour finaliser la transaction.

Rétrospectivement, reconnaît Ian Rosen, vice-président exécutif de Harry Rosen en charge du numérique et de la stratégie, l’entreprise aurait dû interroger les clients en posant une question plus générale : quel type de moyen de paiement répond le mieux à vos besoins ? L’entreprise se serait alors rendu compte que les clients souhaitaient globalement une méthode de paiement simplifiée, mais pas nécessairement PayPal.

M. Rosen indique que l’entreprise est en train de déployer une nouvelle plateforme de e-commerce avec une technologie de paiement qui permettra de pouvoir choisir entre plusieurs modes de règlement en un seul clic.

PayPal est « une solution fantastique » si vous optimisez vos systèmes pour qu’ils correspondent à ses points forts, précise M. Rosen, mais « lorsque vous essayez de l’intégrer de force à un autre processus, vous risquez de vous priver de certains de ses principaux avantages. »

Un porte-parole de PayPal explique que l’entreprise ne commente pas les cas particuliers, tout en précisant : « Nous travaillons avec nos nombreux partenaires pour offrir toutes les options et permettre aux entreprises d’intégrer nos solutions en fonction de leurs préférences. »

Le penchant pour les logiciels maison

La création ex nihilo d’outils comme un site web ou une application peut coûter des centaines de milliers de dollars, rappelle Oliver Dore, partenaire tech chez Work & Co, une entreprise new-yorkaise qui travaille avec les marques pour mettre en place des technologies centrées sur l’expérience client.

Alors, pourquoi tant de sociétés développent-elles en interne des logiciels au lieu de les acheter clés en mains ? Parfois, c’est une question de politique d’entreprise.

Dans celles qui ont de fortes capacités technologiques, les équipes travaillant dans ce domaine peuvent pousser à développer de nouveaux outils ou services en interne au lieu de les acheter, explique M. Dore.

« Nous avons travaillé avec des entreprises où l’obstination à construire plutôt qu’à acheter est un facteur très important, [et] où il existe un grand penchant pour cette option, dit-il. Vous finissez par fournir un énorme travail pour faire quelque chose qui, en étant honnête, existe déjà à un coût abordable dans le commerce, voire même gratuitement en open source. »

Par exemple, le groupe Authentic Brands, une société basée à New York qui possède Forever 21, Brooks Brothers, Lucky Brand et d’autres enseignes, avait l’habitude d’utiliser des outils fortement personnalisés. Même si leurs systèmes n’avaient pas été développés en interne de A à Z, ils les avaient tellement customisés qu’ils nécessitaient une étroite et lourde surveillance afin de gérer le flux de travail. Mais pendant la pandémie, l’entreprise a dû faciliter la transition vers le télétravail, ce qui l’a amenée à se tourner vers des logiciels très répandus sur le marché comme Dropbox et Trello.

Comme ces produits disposent d’équipes de maintenance, l’entreprise a pu diminuer le nombre d’employés nécessaires pour assurer l’exécution de ses tâches, explique Adam Kronengold, directeur numérique d’Authentic Brands.

« Nous avons compris que nos activités complexes ne nécessitaient pas d’outils très sophistiqués, et que la solution la plus adaptée pour notre entreprise était de modifier nos propres procédés internes tout en adoptant des technologies standards », souligne M. Kronengold.

Il est certain, selon M. Dore, que dans certains cas, tout construire à partir de rien peut permettre d’économiser de l’argent à terme. Cette considération prend tout son sens lorsque les coûts de licence des outils disponibles sur le marché sont élevés, quand les fonctionnalités qui y sont intégrées offrent des services qui ne sont pas nécessaires ou présentent peu d’intérêt, et que le coût d’intégration d’un service externe à la panoplie des outils existants dans l’entreprise est prohibitif.

Une mauvaise communication interne

Lorsque des problèmes techniques surgissent et entraînent un gaspillage d’argent pour l’entreprise, la cause en est parfois les désaccords entre services.

C’est ce qui s’est passé chez LuckyTruck, un courtier d’assurance numérique basé à Cincinnati qui permet aux transporteurs de souscrire des assurances en ligne. Début 2020, la société a construit un outil web pour remplir automatiquement les informations des dossiers d’assurance en faisant du « scrapping » (technique d’extraction de contenus) depuis des bases de données en ligne accessibles au public. Cet outil devait réduire le temps nécessaire pour remplir une demande de près d’une heure, explique Haseeb Khizar, responsable de la technologie chez LuckyTruck.

Mais, peu après son lancement, la société a constaté que si cet outil permettait de recueillir des informations, celles-ci ne pouvaient pas être transférées sur le site de la société. Les membres de l’équipe technique ont été chargés de résoudre le problème, qui, peu de temps après, semblait résolu.

Quelques mois plus tard, M. Khizar a remarqué quelque chose d’inhabituel : l’entreprise utilisait deux « scrapers » en même temps.

Que s’était-il passé ? Des problèmes de communication.

Selon M. Khizar, l’équipe technique avait expliqué que trois à quatre semaines seraient nécessaires afin de trouver une solution pour le « scraper » originel. Un délai qui a exercé sur elle une forte pression. L’équipe a donc préféré bâtir un deuxième « scraper », en environ deux fois moins de temps.

Mais elle n’a jamais parlé de ce deuxième outil, si bien que le premier scraper a été maintenu en ligne. L’entreprise payait 1,80 dollar de l’heure pour le faire fonctionner, ce qui lui a coûté environ 7 800 dollars sur six mois.

Le manque de communication, et peut-être une hésitation à communiquer sur un échec, peut expliquer pourquoi le problème a mis si longtemps à être résolu, note M. Khizar.

« Cela a pu se produire parce qu’ils éprouvaient un sentiment de gêne, ou autre chose, dit-il. Mais nous n’avons jamais eu pour habitude de jeter l’opprobre sur nos collaborateurs à cause de leurs erreurs. »

Dans certains cas, les entreprises gaspillent de l’argent parce qu’elles ne peuvent pas suivre chaque nouvelle tendance. Elles finissent donc par rester coincées par une technologie dépassée qui n’est plus rentable.

Vivek Kundra, directeur général de Sprinklr, une société de logiciels basée à New York et spécialisée dans l’expérience client, a vu cette tendance se manifester au cours de ses premières années comme directeur des systèmes d’information au sein de l’administration Obama. A l’époque, de nombreuses structures se tournaient déjà vers le cloud, mais l’argent gouvernemental était orienté vers la croissance de ses propres data centers.

« Une des choses que j’avais remarquée est que le gouvernement était passé de 400 data centers en 1998 à plus de 5 000 en 2009, alors que leur taux d’utilisation moyen était inférieur à 27%, se souvient M. Kundra. L’un des plus gros problèmes avec la technologie est que les dirigeants continuent à jeter de l’argent par les fenêtres de cette façon. »

Selon M. Kundra, la planification et le suivi sont des éléments importants pour garantir qu’une solution technologique répondra aux besoins de l’activité.

« Les entreprises doivent s’assurer qu’elles comprennent bien quels sont concrètement leurs propres objectifs avant de procéder à la mise en œuvre d’un logiciel, ajoute-t-il. Elles doivent travailler avec le fournisseur pour déterminer comment la technologie va les aider à remplir leurs objectifs. »

RSE: un devoir européen pour les entreprises

RSE: un devoir européen pour les entreprises

 

Le Parlement européen devrait adopter mercredi à une large majorité une résolution demandant la création d’un devoir de vigilance des entreprises européennes concernant les atteintes aux droits humains et à l’environnement sur l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement. La Commission européenne doit présenter en juin une proposition de directive sur le sujet.

Eurodéputé (groupe Renew, libéral), Pascal Durand est rapporteur fictif d’une résolution parlementaire sur le devoir de vigilance des entreprises européennes.

Pourquoi faudrait-il imposer aux entreprises une obligation de vigilance relative au respect des droits humains et de l’environnement ?

Cette idée se fonde sur un changement de perception global de la société. De plus en plus, les individus veulent trouver une cohérence entre ce qu’ils espèrent pour le monde et ce qu’ils pratiquent eux-mêmes, notamment dans leur manière de consommer. Or, dans une économie mondialisée, on se rend aussi compte qu’on ne plus tout attendre des Etats. La régulation et la diplomatie sont importantes, mais elles ne suffisent pas pour lutter contre des fléaux comme la déforestation, le travail forcé ou le travail des enfants. Il est donc nécessaire de s’appuyer sur les entreprises.

Est-il vraiment réalisable d’exiger que les entreprises surveillent leurs sous-traitants et leurs fournisseurs sur des chaînes d’approvisionnement qui peuvent compter des milliers de maillons ?

Ce n’est pas ce qu’on leur demande. L’idée est de faire peser sur elles une obligation de moyen : repérer les vulnérabilités sur leurs chaînes d’approvisionnement et présenter des stratégies pour éviter les abus. Cela permettrait notamment de contraindre les Etats étrangers à la transparence, en mettant en balance des parts de marché. Si les abus ont tout de même lieu, les personnes justifiant d’un intérêt à agir, comme les ONG ou syndicats, pourront demander réparation à l’entreprise. Pour cela, elles devront prouver qu’une faute a été commise – par exemple, que la stratégie n’a pas ou a mal été mise en œuvre. Si l’entreprise doit payer une réparation, rien ne l’empêche ensuite de se retourner contre son fournisseur ou sous-traitant.

Comment convaincre les entreprises de s’associer à cette démarche ?

Certaines entreprises sont déjà entrées d’elles-mêmes dans une dynamique vertueuse, comme Nestlé sur l’huile de palme ou Michelin sur le caoutchouc. Ces entreprises demandent à présent une régulation, pour pouvoir lutter à armes égales contre leurs concurrents qui, pour l’heure, ne respectent pas la même éthique et sont donc avantagés. C’est aussi une demande forte du secteur de la finance, qui se rend compte que son image de marque est en jeu.

Notons par ailleurs que la pensée libérale a évolué sur ce sujet, peut-être en partie parce que les entreprises sont désormais demandeuses. Le commissaire à la Justice Didier Reynders appartient à cette famille politique et s’apprête à porter la proposition de la Commission avec beaucoup de conviction.

Enfin, la France a déjà depuis 2017 une législation nationale. Les Pays-Bas ont suivi et l’Allemagne s’apprête à le faire. Trois pays qui comptent parmi les plus gros PIB du continent se mettent donc en synergie, mais en créant des normes différentes, ce qui rend nécessaire une harmonisation européenne. Cette nécessité est en même temps une opportunité : être les premiers à créer des normes cohérentes, pragmatiques, compatibles avec ce que peuvent faire les entreprises, pour ensuite exporter ces normes à l’international. Il y a donc un vrai alignement des planètes.

Le syndicat patronal Business Europe demeure très réticent…

Les institutions représentatives des entreprises sont souvent plus conservatrices que la plupart de leurs membres. Business Europe explique qu’il faudrait arrêter la responsabilité au premier rang de la chaîne d’approvisionnement. Dans ce cas, il suffirait aux entreprises d’ouvrir une filiale à Singapour pour échapper à toute régulation. Autant ne pas faire de texte du tout. Une partie des députés PPE et des libéraux restent malheureusement sensibles à ces arguments timorés. Mais c’est aussi la négociation avec les députés plus conservateurs qui a permis d’en arriver à un texte équilibré, qui devrait être largement soutenu.

Quels peuvent être les autres obstacles politiques à une régulation ambitieuse ?

Il y a un fort soutien de certains Etats membres dont la France, qui a fait du devoir de vigilance une priorité pour sa présidence du Conseil en 2022. Les difficultés pourraient cependant venir des pays européens les moins développés. Ils pourraient dire « vous pouvez vous permettre de vous poser ces questions, mais nous n’avons pas ce luxe ». C’est un argument audible, mais cela n’est pas une raison pour baisser les bras. Il ne s’agit de toute façon pas de passer en force pour déchirer le tissu de PME européennes. On peut prendre le temps de bien calibrer la régulation, de différencier sa mise en œuvre, et de l’étendre progressivement, secteur par secteur.

Comment contraindre les entreprises à lutter contre le dérèglement climatique

Comment contraindre les entreprises à lutter contre le dérèglement climatique

Les juristes de l’association Notre affaire à tous, à l’origine du procès « L’affaire du siècle » contre l’Etat pour inaction climatique, expliquent quels sont leurs leviers pour contraindre les entreprises à lutter contre le dérèglement climatique.(le  Monde)

Laure Barbé et Paul Mougeolle sont juristes dans l’association Notre affaire à tous. La première coordonne le groupe de travail Multinationales et le second est en charge du dossier Total.

Notre affaire à tous a remporté le procès « L’affaire du siècle » contre l’Etat pour inaction climatique. Cette première peut-elle ouvrir la voie à des contentieux à l’égard des entreprises ?

Cette victoire a confirmé que le juge était en mesure de contrôler la trajectoire des gaz à effet de serre de l’Etat, non seulement dans l’adéquation des objectifs, mais aussi dans les mesures mises en œuvre. Nous espérons que la justice adoptera une approche similaire avec les entreprises. Cette décision pourrait également avoir des effets indirects : si l’Etat est enjoint à rehausser sa politique climatique, peut-être décidera-t-il d’adopter des réglementations plus ambitieuses à l’égard des entreprises.

Votre association a déjà intenté un procès à Total sur sa stratégie climatique. Où en est-il ?

A ce stade, la procédure est ralentie par des questions sur la compétence des tribunaux. Néanmoins, nous avons gagné en première instance, ce qui nous laisse bon espoir de voir le dossier évoluer sur le fond. A notre sens, Total n’est pas assez ambitieux dans l’évolution de son business model vers les renouvelables. Il vise la neutralité carbone, ce qui constitue un progrès, mais cet objectif ne s’applique qu’à l’Europe. Dans le reste du monde, le groupe prévoit au contraire d’accroître sa production d’hydrocarbures ces dix prochaines années, ce qui pourrait s’avérer fatal à l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris.

Le Groupe Casino est également ciblé. Pourquoi ?

Encore une fois, nous visons l’incohérence entre les annonces et les actes. Le fondement juridique de ce procès est le même que pour Total, même si l’étendue des allégations contre Casino ne porte pas sur l’ensemble de la stratégie climatique mais sur une filière précise. L’enquête de l’ONG Envol vert a démontré que des produits carnés vendus par Casino étaient issus de la déforestation en Amérique du Sud. Et surtout, que les mécanismes de vigilance mis en place par le groupe à l’égard de ses filiales étaient insuffisants.

Délais de paiement des entreprises : la maladie française

Délais de paiement des entreprises : la maladie française

 

 

Les retards de paiement sont typiquement une maladie française. Normalement les délais théoriques sont de 30 jours. Dans les faits, on est davantage plus près de 90 jours. Une différence avec l’Allemagne un peu au-dessus de 50 jours. La directive européenne prévoit le délai de 60 jours. Ces retards de paiement sont évidemment préjudiciables pour la trésorerie des d entreprises ( surtout lorsque les taux d’intérêt sont importants ce qui n’est pas heureusement le cas actuellement)

Près de 30% des entreprises payant « une fraction non-négligeable de leurs factures au-delà des délais légaux », a relevé la direction des fraudes (DGCCRF) dans son annuel bilan annuel lundi. C’est au moins le double en Allemagne (environ 60 %)

La DGCCRF a contrôlé plus de 900 établissements dont 278 ont bénéficié d’un prêt garanti par l’État (PGE), un dispositif mis en place face à l’épidémie de Covid-19 visant justement « à aider les entreprises à régler leurs fournisseurs dans le respect des délais légaux afin d’éviter une transmission des incidents de paiement à l’ensemble de l’économie », selon un communiqué de cette administration.

Selon un bilan encore provisoire, 20,5 millions d’euros d’amendes ont été infligés l’an dernier pour des retards de paiement.

Chine : toujours des arrestations de dirigeants de grandes entreprises

Chine : toujours des arrestations de dirigeants de grandes entreprises

 

 

Le parti communiste chinois semble bien continuer son opération d’épuration des chefs d’entreprise qui s’écartent  un peu trop de la ligne politique officielle.

 

Ainsi  dirigeant de Tencent Holdings Ltd, puissante entreprise chinoise du numérique, a été détenu par les autorités chinoises dans le cadre d’une enquête sur une affaire de corruption très médiatisée impliquant l’un des anciens hauts responsables des forces de l’ordre chinois, a rapporté le Wall Street Journal.

Les actions de la société de jeux et d’ Internet ont chuté de 1,4% au début des échanges à Hong Kong jeudi, tandis que le marché dans son ensemble a reculé de 0,3%.

Tencent n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Zhang Feng fait l’objet d’une enquête de la part de l’inspecteur anti-greffe chinois depuis le début de l’année dernière pour un partage présumé non autorisé de données personnelles collectées par l’application de médias sociaux de Tencent WeChat, selon le Journal. ( on.wsj.com/2NdMuv9 )

Zhang était soupçonné d’avoir remis les données de WeChat à l’ancien vice-ministre de la Sécurité publique Sun Lijun, qui enquête actuellement par Pékin pour des violations non divulguées des règles du Parti communiste, ajoute le rapport.

Pour parler clair c’est la renaissance de la politique de Mao du président xi Jinping désormais lui aussi élu à vie.

États-Unis : Les républicains privés de subventions par les entreprises

États-Unis : Les républicains privés de subventions par les entreprises

Nombres d’entreprises ont décidé de priver les républicains de subventions suite aux événements du capitole. Des entreprises ont même décidé de demander la restitution de ces subventions aux deux républicains qui ont refusé la certification de Biden.

Les annonces d’Amazon.com Inc, General Electric Co, Dow Inc, AT&T Inc, Comcast Corp, Verizon Communications Inc, American Express Co, Airbnb Inc, Cisco Systems Inc, Best Buy Co Inc et Mastercard Inc, entre autres, menacent d’accélérer des ressources de collecte de fonds pour les républicains qui seront bientôt hors du pouvoir à la Maison Blanche et dans les deux chambres du Congrès.

AT&T et Comcast, par exemple, sont parmi les plus grands donateurs corporatifs à Washington.

Le géant des cartes de voeux Hallmark Company Ltd a déclaré qu’il avait demandé aux sénateurs Josh Hawley et Roger Marshall de lui rendre ses contributions. Les représentants des deux républicains, qui se sont tous deux opposés à la certification de Biden, n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Les annonces sont un signe que certaines entreprises donateurs, qui répartissent généralement largement leur argent autour de Capitol Hill, réévaluent leur stratégie après que les partisans du président Donald Trump ont attaqué le Capitole la semaine dernière dans le but d’empêcher le Congrès d’officialiser la victoire de Biden.

Peu d’entreprises sont allées aussi loin que Dow Inc, qui a déclaré qu’elle refuserait les dons pendant tout le mandat des législateurs républicains – jusqu’à six ans pour ceux du Sénat. D’autres ont déclaré qu’ils retiendraient temporairement les dons ou suspendraient les dons aux républicains et aux démocrates.

La suspension de GE durera jusqu’à la fin de 2022, puis le conseil des employés qui supervise son comité d’action politique examinera les demandes de soutien pour les législateurs qui se sont opposés à la certification «au cas par cas».

Au moins cinq personnes sont mortes lors de l’attaque de la semaine dernière, qui a également obligé les législateurs à se cacher pendant plusieurs heures.

Les groupes d’entreprises surveilleront de près au cours des prochaines semaines pour voir si ces républicains feront des gestes pour rétablir un sentiment de normalité, comme assister à l’inauguration de Biden.

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

 

Les banques ont consenti 130 milliards de prêts garantis à 630 000 entreprises dont près de 90 % très petites.

Il s’agissait à l’occasion du confinement de fournir des liquidités aux entreprises, dans la limite de 25 % du chiffre d’affaires annuel, avec un montant garanti à 90 % par l’Etat. On laisse  la possibilité aux entreprises de ne pas rembourser le capital la première année, puis d’étaler les échéances sur cinq ans maximum.

Le risque est évidemment pour les banques même si le montant est garanti à 90 % par l’État. Il faut en effet s’attendre en dépit de ces prêts à une vague de faillites courant 2021. Des faillites qui vont surtout concerner les petites et moyennes entreprises. On s’attend mécaniquement à une vague de environ 1 million de licenciements en 2021 après autour de 800 000 ans de 2020.

Heureusement toutes les entreprises ne seront pas touchées de la même manière et Bercy indique que 60 % de ces prêts reçus par les entreprises n’ont pas été dépensés par les dites entreprises. Parmi les 40 % qui restent, certains  vont s’en sortir mais dans plusieurs secteurs en particulier la restauration-hôtellerie mais aussi la construction par exemple les faillites seront nombreuses. Dans la seule  de restauration 25 % des établissements pourraient fermer définitivement.

Les dommages seront aussi évidemment pour les banques qui vont accumuler ce qu’on appelle pudiquement les créances douteuses et qui vont se transformer en actifs pourris. La banque centrale européenne a d’ores et déjà prévus les conséquences financières et annoncer un soutien aux banques.

La Chine allonge à son tour sa liste noire des entreprises étrangères

La Chine allonge à son tour sa liste noire des entreprises étrangères

En réponse sans doute à l’allongement de la liste noire des États-Unis visant les entreprises chinoises, la Chine établit de nouvelles règles concernant les prises de participation étrangère.

 

Une liste qui vise les secteurs militaires et les prises de participations majoritaires dans des secteurs clés comme l’énergie, les ressources naturelles, l’agriculture, les infrastructure internet ou encore les services financiers.

“Ces annonces interviennent alors que le président des Etats-Unis, Donald Trump, alimente, dans les dernières semaines de son mandat, les tensions avec la Chine, en faisant ajouter des dizaines d’entreprises chinoises à la liste noire du département américain de la Défense.

Publier ces règles sur l’investissement ne constitue pas une forme de protectionnisme, ou un retour en arrière sur les politiques d’ouverture du pays, a dit le NDRC en précisant qu’une “ouverture du marché sans protection n’était pas tenable sur le long terme”.

Des pays comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Allemagne, le Japon ou même l’Union européenne ont mis en place ou révisé leurs mécanismes d’autorisation des investissements étrangers dans les dernières années, a ajouté la commission chargée d’établir les nouvelles dispositions.

Une agence chargée de veiller aux intérêts nationaux, placée sous l’autorité du NDRC et du ministère du Commerce, sera mise en place pour faire appliquer ces nouvelles règles.

Ces mesures, qui devraient entrer en vigueur dans 30 jours, font suite à l’adoption d’une loi l’année dernière visant à ouvrir davantage le marché aux investissements étrangers.

États-Unis : la liste noire des entreprises chinoises s’allonge

États-Unis : la liste noire des entreprises chinoises s’allonge

La liste publiée par le département américain du Commerce comprend 77 entreprises et filiales, dont 60 sont chinoises. Le département du Commerce précise que la présence de SMIC sur cette liste “découle de la doctrine chinoise de fusion militaro-civile (MCF) et de preuves d’interactions entre SMIC et des entités préoccupantes au sein du complexe militaro-industriel chinois”.

Outre DJI, premier fabricant mondial de drones, AGCU Scientech, China National Scientific Instruments and Materials, et Kuang-Chi Group y figurent également pour avoir permis “des violations des droits de l’homme à grande échelle en Chine grâce à une collecte et à une analyse génétiques abusives ou à une surveillance de haute technologie”.

L’administration Trump a souvent utilisé cette liste – où figuraient déjà plus de 275 entreprises et filiales (dont Huawei) basées en Chine – pour s’attaquer aux groupes chinois stratégiques.

L’inclusion sur la liste des entités oblige à demander une licence spéciale au département du Commerce avant qu’un fournisseur américain puisse lui envoyer des équipements essentiels, l’administration Trump tentant ainsi de limiter l’accès des entreprises chinoises aux technologies américaines pour la fabrication de puces.

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

Bertrand Laurioz , président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing, estime que l’avenir des entreprises passe aussi par le digital.( Chronique dans l’opinion)

 « La crise du Covid a généré un vaste mouvement de numérisation. Chaque entreprise s’est donc engagée dans de nouvelles démarches pour s’approprier les derniers outils. Le niveau numérique s’est largement amélioré et la concurrence en ligne s’est de fait accentuée »

 

L’impact sévère des confinements sur les entreprises accélère leur transformation numérique, tout en accentuant les écarts entre elles. Pour le dire trivialement : certaines risquent de rester sur le carreau. La concurrence dans le numérique va s’avérer plus rude qu’elle n’a été jusqu’à présent. Alors que le gouvernement incite toutes les entreprises, y compris les plus petites, à mettre en ligne un site internet, il n’est plus possible de se satisfaire de cette seule présence minimale pour espérer peser dans ces nouveaux espaces très concurrentiels. De la même façon que l’informatique avait créé dans les années 1990 des disparités majeures, un nouveau monde se construit dans l’ère post-Covid.

Vers des modalités de travail plus flexibles

En mars dernier, une grande partie des entreprises se sont retrouvées en quelques jours sans salariés. Elles ont dû en urgence mettre en place un fonctionnement de télétravail à distance quand cela était possible. Ce que les DSI rêvaient de faire parfois depuis des années a été réalisé en seulement quelques semaines, voire dans certains cas en quelques jours. Mais si certaines n’ont tout simplement pas pu faire face faute de moyens, d’autres n’ont pas su s’adapter, parce qu’elles avaient trop de retard sur l’évolution des méthodes du travail ou les outils disponibles.

Après cette étape d’urgence, la gestion du télétravail, et plus largement de la flexibilité de son organisation, sera au programme des discussions dans les entreprises. Celles qui sauront maintenir la motivation des collaborateurs, leur proposer une organisation agile et flexible, sans pour autant entamer leur efficacité, parviendront à la fois à fidéliser et à attirer les talents.

De nouvelles habitudes de consommation

Au cours de cette année, les entreprises ont fait face à une difficulté inédite d’accès à leurs clients. Et inversement, les consommateurs se sont retrouvés bloqués dans leurs souhaits de consommation, particulièrement dans les petits commerces jugés « non-essentiels ». Malgré une dizaine d’années de transformation digitale, un grand nombre de sociétés n’étaient manifestement pas prêtes à passer du modèle classique à un modèle digital ou cross-canal, qui aurait permis aux clients de continuer à converser avec eux en se renseignant, en achetant en ligne, en allant chercher ou en recevant leurs produits.

Environ 69% des entreprises avaient un site internet début 2020 (étude AFNIC, décembre 2019), mais très peu disposaient d’une véritable logistique e-commerce permettant de gérer en ligne tout le processus de vente, et encore moins un mécanisme intégré entre le digital et le physique. La crise sanitaire a accéléré les choses : les acteurs des telecoms, de l’IT, du e-commerce et de la logistique sont sur le pied de guerre pour aider les entreprises à passer cette étape, pour parvenir in fine à tirer profit de cette période.

Après une digitalisation à marche forcée, l’accélération du marketing digital basée sur la data ?

La mise en place du click & collect ou d’un site d’e-commerce efficace ne sont que des étapes initiales d’une transformation inéluctable. Les entreprises et les commerces se rendront bientôt compte que le Web et les réseaux sociaux sont encombrés, et qu’il est très difficile de se faire connaître, de se différencier, de générer des leads, de les convertir en clients, puis de fidéliser sa clientèle, de l’animer et de la valoriser. C’est pourtant là que se situe la base du commerce !

L’exemple des libraires est frappant : nous sommes tous mobilisés pour les aider, leur permettre de survivre, mais cela ne peut malheureusement pas être une motivation suffisante sur la durée. Ils vont devoir convaincre de leur valeur ajoutée vis-à-vis des géants du Web, pour éviter que les consommateurs ne renouent avec leur réflexe paresseux du One-Click sur Amazon.

Car, la concurrence est rude ! Un acteur de la distribution dont l’activité en ligne représente moins de 15% aura du mal à lutter contre Amazon ou d’autres marketplaces. Le sujet ne va bientôt plus être une question de mode de commande ou de chaîne logistique, il va devenir une question de compréhension et d’intégration du marketing digital data-driven au cœur de la stratégie de développement de l’entreprise pour inscrire durablement la marque dans l’esprit des consommateurs, les toucher, les fidéliser et les inciter à commander de façon récurrente.

La question est encore plus prégnante pour les entreprises BtoB où la transformation du marketing digital n’en est qu’à ses balbutiements. Elles vivent actuellement une déferlante qui bouscule les méthodes et les relations commerciales. Et les mutations vont s’accélérer, portées par l’efficacité de la technologie et des réseaux qui permettent visioconférences, webinaires, événements virtuels, etc., et qui révolutionnent la manière de faire du commerce de la prospection jusqu’à la signature des contrats.

Que ces entreprises s’adressent aux clients BtoC ou BtoB, leur présence en ligne n’est pas suffisante, il faut désormais qu’elles investissent durablement dans le « data marketing », c’est-à-dire le marketing digital basé sur la data !

Bertrand Laurioz est président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing

Climat : les entreprises du CAC 40 veulent jouer la transparence

Climat : les entreprises du CAC 40 veulent jouer la transparence

Ces 40 grandes entreprises ont accepté d’appliquer à partir de l’année prochaine les recommandations d’un groupe de travail créé lors de la COP-21 de 2015, baptisé groupe de travail sur la publication d’informations financières relatives au climat (TCFD selon son sigle en anglais).

Cette déclaration de soutien aux recommandations de la TCFD a notamment été signée par Augustin de Romanet, le président d’Europlace, et Bruno Le Maire, ministre de l’Economie.

“Cela va permettre d’accroître la comparabilité entre les différentes normes existantes et créera plus de transparence sur les risques et opportunités liés aux enjeux climatiques pour le secteur financier.” D’après Thierry Déau, président de Finance for Tomorrow, branche d’Europlace

L’accord de Paris sur le climat vise à maintenir à moins de 2° Celsius, voire 1,5° si possible, la hausse de la température mondiale d’ici 2100 par rapport à ses niveaux préindustriels.

Économie–« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

Économie–« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

L’économiste Vincent Vicard observe, dans une tribune au « Monde », que la participation des salariés à la gestion des entreprises allemandes a pour effet de limiter les délocalisations.

 Relocalisation, réindustrialisation, souveraineté économique, « made in France »… quel que soit le terme utilisé, l’idée de soutenir l’industrie française semble aujourd’hui mettre tout le monde d’accord. Ce qui fait moins consensus, ce sont les moyens à mettre en œuvre pour y arriver.

Le plan de relance du gouvernement fait le pari qu’une nouvelle réduction des coûts, par la baisse des impôts de production cette fois, favorisera la relocalisation d’activités en France. Pari risqué, reposant principalement sur la comparaison des montants de prélèvement avec l’Allemagne.

Une vision restrictive

Au-delà du débat sur la pertinence de ces comparaisons pour des impôts et des taxes très hétérogènes, ce choix reflète surtout une vision très restrictive de la compétitivité des industries nationales et des stratégies des entreprises, dictée uniquement par une logique de coût.

Cette conception de la compétitivité s’inscrit dans la continuité des politiques mises en place ces deux dernières décennies en France : baisse des coûts de production d’un côté – au travers notamment de politiques d’exonérations de cotisations sociales dont on peine à détecter un effet notable sur les exportations françaises –, et incitations fiscales non ciblées à la recherche et développement (R&D) visant à développer l’offre des entreprises nationales de l’autre.

Les montants engagés sont conséquents – près de 60 milliards d’euros pour les exonérations générales de cotisations sociales et 6 milliards pour le crédit d’impôt recherche en 2019, auxquels s’ajoutent maintenant 10 milliards de baisses d’impôts de production chaque année – pour des résultats clairement décevants sur le front industriel.

Certes, au pays des Shadoks, « ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir ». Mais cela ne doit pas empêcher d’élargir un peu la conception de la compétitivité française et des instruments de politique industrielle à mobiliser. En se tournant notamment vers la gouvernance des entreprises multinationales, puisque c’est là notre grande spécificité : la France ne souffre pas de la performance de ses grandes entreprises, mais de son tissu productif sur le sol national.

Confiance et le dialogue social

On retrouve ainsi plus d’entreprises françaises dans le classement des 500 plus grandes multinationales mondiales réalisé par le magazine Fortune que d’entreprises allemandes (31 contre 29), britanniques (17) ou italiennes (6). Compétitives sur les marchés mondiaux, ces entreprises délaissent cependant le territoire français pour leurs activités de production. La question de l’ancrage des multinationales à leur territoire d’origine est donc bien au cœur du déclin industriel français ; c’est donc aussi de ce côté qu’il faut envisager des leviers d’action politique.

 

 » Entreprises : vers une mutation des modes de financement ?  »

  •  » Entreprises : vers une mutation des modes de financement »
  • Les entreprises se retrouvent face à des banques au taquet de leur prise de risque, constate dans une interview à l’Opinion Grégoire de Blignières, en charge du conseil en financement chez Mazars.

  • Au cours des derniers mois, les banques ont distribué plus de 120 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat (PGE) à quelque 600 000 entreprises. Ce dispositif est, pour l’heure, prolongé jusqu’à l’été 2021 et ses modalités de remboursement évoluent encore.
  • En quoi les prêts garantis par l’Etat (PGE) ont-ils fortement déstabilisé l’équilibre rendement-risque des banques ?
  • Bien que les PGE soient garantis jusqu’à 90 % par l’Etat, l’exposition des banques s’est sensiblement accrue : d’une part en matière de volume, compte tenu de l’augmentation de l’endettement financier des entreprises (+ 15 points de PIB en six mois), mais surtout en termes de risque. Et pour cause, les 10 % non garantis par l’Etat représentent la tranche marginale de financement la plus risquée. Par ailleurs, en s’endettant pour combler leurs pertes opérationnelles, les entreprises ont vu leur profil de crédit se détériorer sensiblement, en témoignent les vagues de dégradation des notations financières effectuées par les agences de rating. N’oublions pas que, rapporté au PIB, les sociétés non financières de l’hexagone figurent, selon la Banque de France parmi les plus endettées au monde, avec un ratio de 85 %. A cela s’ajoute le fait que ces financements additionnels permis par le PGE ne sont pas rémunérateurs pour les banques, les taux appliqués ne couvrant que les coûts de la garantie et ceux de gestion. En d’autres termes, non seulement les banques font face à une augmentation sensible de leur exposition au risque, mais aussi à une baisse marginale de la rémunération de ce risque. Le principe fondamental de la finance, à savoir l’équilibre du couple rendement-risque, est bouleversé.
    • C’est grave ?
    • La multiplication des défaillances des entreprises — dont le taux a doublé en un an — a naturellement augmenté la prise de risque des banques au point de dégrader la qualité de leurs actifs et de les fragiliser. Cette situation critique devrait se pérenniser, l’année 2021 s’annonce difficile pour le secteur bancaire. Tout cela aura une incidence sur la relation entreprises-banques. Ces dernières n’auront d’autre choix que de rationaliser leurs coûts, donc en l’espèce leurs risques.
      •  

C’est-à-dire ?

  • Compte tenu des contraintes réglementaires, la détérioration de la qualité de crédit des entreprises entraîne mécaniquement une baisse drastique de la rentabilité des banques, qui doivent augmenter leurs fonds propres à due concurrence. A une échelle plus globale et pour maintenir un niveau de rentabilité raisonnable, les banques ont tout intérêt à se désengager des clients les plus risqués et, au cas par cas, à encadrer plus strictement les crédits accordés et à augmenter leurs marges. Cet encadrement, s’il est mal calibré au départ, peut rapidement entraver le développement de l’entreprise emprunteuse. Quant aux marges, on observe déjà sans surprise leur hausse sensible, bien au-delà des paliers habituellement observés dans les grilles indexées sur le niveau de risque de certains crédits.
    • Finalement qui est piégé, la banque ou l’entreprise ?
    • Personne n’est piégé. La relation entre une banque et une entreprise est avant tout commerciale. Le problème est que cette relation est aujourd’hui déséquilibrée puisque, à conditions de crédit équivalentes, le risque porté par les banques a augmenté. Ce déséquilibre va se résorber petit à petit. Quelle que soit la méthode utilisée (crédits plus encadrés, hausse du coût de l’emprunt…), le rééquilibrage passe par une meilleure rémunération du risque associé à la dette, ou par une diminution de la prise de risque.
      • Cette situation va-t-elle impacter la reprise économique attendue l’an prochain ?
      • Tôt ou tard les entreprises vont devoir repartir, ou accélérer. Certaines d’entre elles ont déjà redémarré. Pour cela, il leur faut des moyens pour financer leur croissance. Or, elles se retrouvent face à des banques qui arrivent au taquet de leur prise de risque. Elles vont devoir diversifier leurs sources de financement pour pouvoir se relancer. Il existe plusieurs solutions : la recapitalisation, puisque des fonds propres supplémentaires permettent d’alléger le risque de crédit, ou la diversification de ce risque crédit, c’est-à-dire de leurs dettes, ce qui permettra cette fois d’alléger le risque porté par la banque. Des outils existent (fonds de dette privée, financements adossés, dette cotée, etc.). Les investisseurs institutionnels et privés sont prêts à répondre aux nouveaux besoins des entreprises et à les accompagner sur le long terme. De nombreuses poches sont allouées à ces types de financements, avec 15 % de croissance annuelle attendue sur le private equity dans les cinq prochaines années et 11 % pour les fonds de dette privée. La clé du succès réside en un savant dosage entre, d’un côté, fonds propres et endettement, et de l’autre, financements bancaires et financements désintermédiés.

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« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

L’économiste Vincent Vicard observe, dans une tribune au « Monde », que la participation des salariés à la gestion des entreprises allemandes a pour effet de limiter les délocalisations.

 Relocalisation, réindustrialisation, souveraineté économique, « made in France »… quel que soit le terme utilisé, l’idée de soutenir l’industrie française semble aujourd’hui mettre tout le monde d’accord. Ce qui fait moins consensus, ce sont les moyens à mettre en œuvre pour y arriver.

Le plan de relance du gouvernement fait le pari qu’une nouvelle réduction des coûts, par la baisse des impôts de production cette fois, favorisera la relocalisation d’activités en France. Pari risqué, reposant principalement sur la comparaison des montants de prélèvement avec l’Allemagne.

Une vision restrictive

Au-delà du débat sur la pertinence de ces comparaisons pour des impôts et des taxes très hétérogènes, ce choix reflète surtout une vision très restrictive de la compétitivité des industries nationales et des stratégies des entreprises, dictée uniquement par une logique de coût.

Cette conception de la compétitivité s’inscrit dans la continuité des politiques mises en place ces deux dernières décennies en France : baisse des coûts de production d’un côté – au travers notamment de politiques d’exonérations de cotisations sociales dont on peine à détecter un effet notable sur les exportations françaises –, et incitations fiscales non ciblées à la recherche et développement (R&D) visant à développer l’offre des entreprises nationales de l’autre.

Les montants engagés sont conséquents – près de 60 milliards d’euros pour les exonérations générales de cotisations sociales et 6 milliards pour le crédit d’impôt recherche en 2019, auxquels s’ajoutent maintenant 10 milliards de baisses d’impôts de production chaque année – pour des résultats clairement décevants sur le front industriel.

Certes, au pays des Shadoks, « ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir ». Mais cela ne doit pas empêcher d’élargir un peu la conception de la compétitivité française et des instruments de politique industrielle à mobiliser. En se tournant notamment vers la gouvernance des entreprises multinationales, puisque c’est là notre grande spécificité : la France ne souffre pas de la performance de ses grandes entreprises, mais de son tissu productif sur le sol national.

Confiance et le dialogue social

On retrouve ainsi plus d’entreprises françaises dans le classement des 500 plus grandes multinationales mondiales réalisé par le magazine Fortune que d’entreprises allemandes (31 contre 29), britanniques (17) ou italiennes (6). Compétitives sur les marchés mondiaux, ces entreprises délaissent cependant le territoire français pour leurs activités de production. La question de l’ancrage des multinationales à leur territoire d’origine est donc bien au cœur du déclin industriel français ; c’est donc aussi de ce côté qu’il faut envisager des leviers d’action politique.

 

Une indemnisation encore trop faible pour sauver les entreprises

Une indemnisation encore trop faible pour sauver les entreprises

Le soutien aux entreprises comprend deux dimensions d’une part une subvention forfaitaire calculée sur le chiffre d’affaires d’autre part une garantie d’État sur les prêts auprès des banques. C’est ce dernier soutien qui en valeur absolue  est nettement le plus important.

 

Le seul problème est celui de la future fiabilité des entreprises à rembourser ses prêts venant à maturité. Il est probable que nombre d’entreprises condamnées à la faillite ne pourront pas faire face à leurs obligations financières. Le deuxième volet constitue une indemnisation à hauteur de 20 % du Sud affaire, ce qui n’est pas négligeable mais n’est même pas suffisant pour couvrir les charges fixes des commerces qui ont été fermés.

Certes la réouverture des commerces non essentiels vient d’être autorisée mais il paraît difficile que les chiffres  d’affaires perdus puissent être compensés par les ventes de fin d’année d’autant que la demande se révèle relativement molle. En outre ,certaines activités vont encore demeurer interdites.

Le gouvernement avait annoncé mercredi ce nouveau dispositif de soutien aux entreprises fermées, qui comprend une indemnisation à hauteur de 20% de leur chiffre d’affaire par rapport à celui engrangé l’an dernier durant le même mois. Ce soutien, initialement plafonné à 100.000 euros, va donc être doublé.

Conçu en mars pour soutenir les plus petites entreprises et les travailleurs indépendants, le fonds de solidarité prévoit le versement d’une indemnité mensuelle pour compenser une partie de leur perte d’activité liée aux restrictions d’activité.

Depuis le 30 octobre, il compense la perte de chiffre d’affaires jusqu’à 10.000 euros pour les entreprises fermées de moins de 50 salariés, ou pour celles des secteurs du tourisme et activités connexes (restauration, événementiel, culture) dont le chiffre d’affaires baisse d’au moins 50% par rapport à la même période de 2019.

A partir de décembre, cette aide devient accessible aux entreprises fermées quelle que soit leur taille, et les plus grandes pourront choisir une aide représentant 20% de leur chiffre d’affaires réalisé sur la même période l’an passé, qui sera donc plafonnée à 200.000 euros.

Cette mesure «permettra de couvrir les restaurateurs qui ont deux, trois restaurants, les chaînes de restauration, des hôtels qui ont plusieurs dizaines ou centaines de salariés qui n’étaient pas couverts jusqu’à présent», s’est félicité Bruno Le Maire. «C’est une indemnisation massive, immédiate à partir du début du mois de décembre et qui permet d’accompagner tout le secteur de l’hôtellerie, les cafés, la restauration mais aussi les salles de sports, tous ceux qui sont les premières victimes de cette crise sanitaire et économique», a-t-il encore souligné.

Les pistes pour lutter contre le greenwashing des entreprises

Les pistes pour lutter contre le greenwashing des entreprises

Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement. Fin octobre, s’est vu confier par la ministre, Barbara Pompili, une mission pour évaluer la sincérité des entreprises en matière d’écologie. Un rapport est attendu pour janvier 2021.

Parmi ses pistes de réflexion que révèle le journal l’Opinion, Arnaud Gossement souhaite instaurer un « dialogue environnemental » encadré au sein des entreprises, à l’image du dialogue social. « Avec des parties représentatives élues et légitimes, chargées de juger la sincérité de l’engagement prononcé », détaille l’avocat. Seraient ainsi rassemblés autour d’une même table des représentants de l’entreprise, mais également d’ONG et d’associations environnementales, en qualité d’observateurs extérieurs indépendants.

« Aujourd’hui, quand une entreprise prend un engagement volontaire, elle peut choisir elle-même qui va faire partie du comité qui juge son action environnementale », regrette Arnaud Gossement,

 

Entreprises : réinventer les organisations

Entreprises : réinventer les organisations

Vinciane Beauchene,  directrice associée au Boston Consulting Group (BCG , estime dans une tribune à l’Opinion que « Les entreprises sont confrontées à une triple crise, économique, sanitaire et sociale, et doivent relever un double défi : maintenir la productivité et réinventer leur organisation pour gagner en résilience »

 

Vinciane Beauchene.

 

 

 

 

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Les Navy Seals, ces membres des forces spéciales de la marine américaine rompus aux pires conditions, ont une devise qui tient en quatre mots : « Hold fast, stay true ». Dans la tempête, « hold fast », accroche-toi au bastingage pour éviter de passer par-dessus bord. Mais aussi, « stay true », garde le cap. Pas question de laisser le navire dériver, même si l’on ne voit plus les étoiles. Quel meilleur adage pour des entreprises aujourd’hui ébranlées par une triple crise sanitaire, économique et sociale ? Dans sa mise en œuvre, les directions des ressources humaines se retrouvent en première ligne. Mais c’est l’ensemble de la direction générale qui doit se mobiliser.

S’accrocher, c’est avant tout maintenir la productivité et la capacité d’innovation. Une récente enquête du BCG menée auprès de 12 000 salariés dans le monde révèle que 71 % d’entre eux estiment avoir été aussi – voire plus efficaces – qu’avant pour mener à bien des tâches individuelles au cours du premier confinement. En revanche, ils sont 49 % seulement dans ce cas pour les tâches nécessitant de la coopération.

Juste dose de télétravail. Effet néfaste du télétravail? Pas uniquement, car ces écarts se retrouvent dans tous les pays, que les personnes concernées soient chez elles ou au bureau. Il s’agit plutôt d’une conséquence de la distanciation sociale. Se concentrer sur la rédaction d’une présentation ou une tâche administrative demeure partout possible. En revanche, la baisse du nombre d’interactions informelles plombe la créativité. Le sentiment dominant est celui d’un besoin de proximité pour bien collaborer.

Parce que la situation est amenée à se prolonger, les dirigeants vont devoir s’interroger sur le nouveau modèle de travail à instaurer, définir un cap, et le garder

Si les entreprises ne peuvent rien changer au contexte, il leur reste des leviers à actionner. La même étude souligne en effet que la perception d’une productivité en berne est corrélée à quatre facteurs : le lien social, la santé mentale, la santé physique et les outils de travail. Les salariés se déclarant satisfaits sur l’un ou l’autre de ces critères étant deux fois plus nombreux à s’estimer autant, voire plus efficaces. Evénements virtuels, accompagnement psychologique et formation aux outils collaboratifs sont donc quelques exemples d’initiatives à prendre à court terme.

Mais parce que la situation est amenée à se prolonger, les dirigeants vont aussi devoir s’interroger sur le nouveau modèle de travail à instaurer, définir un cap, et le garder. Celui-ci devra être flexible, comme le réclament 60 % des salariés interrogés, remettant en cause une culture du présentéisme où les horaires du manager définissent ceux de son équipe. Il devra aussi être hybride, combiner travail à distance et présentiel, dans des proportions à définir en fonction des objectifs économiques et de la maturité des équipes.

Tester de nouvelles méthodes Au-delà des attentes des collaborateurs, le futur modèle devra prendre en compte les nouveaux comportements des consommateurs, l’accélération du digital, les enjeux sociaux et environnementaux. Près de 25 % des entreprises ont profité de la crise pour tester l’agile, le lean ou le design thinking. Le succès étant au rendez-vous, elles sont 70 % à vouloir étendre et pérenniser ces nouvelles pratiques.

La méthode agile a ainsi démontré son intérêt dans un contexte incertain où alignement, vitesse et adaptation sont clés. Son adoption à grande échelle a des conséquences sur l’ensemble des opérations : cycles budgétaires raccourcis, équipes pluridisciplinaires et moins fragmentées, management resserré et gestion transparente des objectifs. Mais la contrepartie est un meilleur engagement des clients comme des employés et une vélocité accrue.

La marche à franchir pour nombre d’entreprises reste encore haute. Déployer ces nouveaux modèles relève d’une transformation profonde, nécessitant un engagement de l’ensemble de la direction générale, une feuille de route rigoureuse et l’adhésion de salariés parfois déjà épuisés par la première vague. En creux, c’est une nouvelle forme de leadership qui se dessine : celui du monde de demain.

Vinciane Beauchene est directrice associée au Boston Consulting Group (BCG)

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