Archive pour le Tag 'entreprises'

États-Unis : Les républicains privés de subventions par les entreprises

États-Unis : Les républicains privés de subventions par les entreprises

Nombres d’entreprises ont décidé de priver les républicains de subventions suite aux événements du capitole. Des entreprises ont même décidé de demander la restitution de ces subventions aux deux républicains qui ont refusé la certification de Biden.

Les annonces d’Amazon.com Inc, General Electric Co, Dow Inc, AT&T Inc, Comcast Corp, Verizon Communications Inc, American Express Co, Airbnb Inc, Cisco Systems Inc, Best Buy Co Inc et Mastercard Inc, entre autres, menacent d’accélérer des ressources de collecte de fonds pour les républicains qui seront bientôt hors du pouvoir à la Maison Blanche et dans les deux chambres du Congrès.

AT&T et Comcast, par exemple, sont parmi les plus grands donateurs corporatifs à Washington.

Le géant des cartes de voeux Hallmark Company Ltd a déclaré qu’il avait demandé aux sénateurs Josh Hawley et Roger Marshall de lui rendre ses contributions. Les représentants des deux républicains, qui se sont tous deux opposés à la certification de Biden, n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Les annonces sont un signe que certaines entreprises donateurs, qui répartissent généralement largement leur argent autour de Capitol Hill, réévaluent leur stratégie après que les partisans du président Donald Trump ont attaqué le Capitole la semaine dernière dans le but d’empêcher le Congrès d’officialiser la victoire de Biden.

Peu d’entreprises sont allées aussi loin que Dow Inc, qui a déclaré qu’elle refuserait les dons pendant tout le mandat des législateurs républicains – jusqu’à six ans pour ceux du Sénat. D’autres ont déclaré qu’ils retiendraient temporairement les dons ou suspendraient les dons aux républicains et aux démocrates.

La suspension de GE durera jusqu’à la fin de 2022, puis le conseil des employés qui supervise son comité d’action politique examinera les demandes de soutien pour les législateurs qui se sont opposés à la certification «au cas par cas».

Au moins cinq personnes sont mortes lors de l’attaque de la semaine dernière, qui a également obligé les législateurs à se cacher pendant plusieurs heures.

Les groupes d’entreprises surveilleront de près au cours des prochaines semaines pour voir si ces républicains feront des gestes pour rétablir un sentiment de normalité, comme assister à l’inauguration de Biden.

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

 

Les banques ont consenti 130 milliards de prêts garantis à 630 000 entreprises dont près de 90 % très petites.

Il s’agissait à l’occasion du confinement de fournir des liquidités aux entreprises, dans la limite de 25 % du chiffre d’affaires annuel, avec un montant garanti à 90 % par l’Etat. On laisse  la possibilité aux entreprises de ne pas rembourser le capital la première année, puis d’étaler les échéances sur cinq ans maximum.

Le risque est évidemment pour les banques même si le montant est garanti à 90 % par l’État. Il faut en effet s’attendre en dépit de ces prêts à une vague de faillites courant 2021. Des faillites qui vont surtout concerner les petites et moyennes entreprises. On s’attend mécaniquement à une vague de environ 1 million de licenciements en 2021 après autour de 800 000 ans de 2020.

Heureusement toutes les entreprises ne seront pas touchées de la même manière et Bercy indique que 60 % de ces prêts reçus par les entreprises n’ont pas été dépensés par les dites entreprises. Parmi les 40 % qui restent, certains  vont s’en sortir mais dans plusieurs secteurs en particulier la restauration-hôtellerie mais aussi la construction par exemple les faillites seront nombreuses. Dans la seule  de restauration 25 % des établissements pourraient fermer définitivement.

Les dommages seront aussi évidemment pour les banques qui vont accumuler ce qu’on appelle pudiquement les créances douteuses et qui vont se transformer en actifs pourris. La banque centrale européenne a d’ores et déjà prévus les conséquences financières et annoncer un soutien aux banques.

La Chine allonge à son tour sa liste noire des entreprises étrangères

La Chine allonge à son tour sa liste noire des entreprises étrangères

En réponse sans doute à l’allongement de la liste noire des États-Unis visant les entreprises chinoises, la Chine établit de nouvelles règles concernant les prises de participation étrangère.

 

Une liste qui vise les secteurs militaires et les prises de participations majoritaires dans des secteurs clés comme l’énergie, les ressources naturelles, l’agriculture, les infrastructure internet ou encore les services financiers.

“Ces annonces interviennent alors que le président des Etats-Unis, Donald Trump, alimente, dans les dernières semaines de son mandat, les tensions avec la Chine, en faisant ajouter des dizaines d’entreprises chinoises à la liste noire du département américain de la Défense.

Publier ces règles sur l’investissement ne constitue pas une forme de protectionnisme, ou un retour en arrière sur les politiques d’ouverture du pays, a dit le NDRC en précisant qu’une “ouverture du marché sans protection n’était pas tenable sur le long terme”.

Des pays comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Allemagne, le Japon ou même l’Union européenne ont mis en place ou révisé leurs mécanismes d’autorisation des investissements étrangers dans les dernières années, a ajouté la commission chargée d’établir les nouvelles dispositions.

Une agence chargée de veiller aux intérêts nationaux, placée sous l’autorité du NDRC et du ministère du Commerce, sera mise en place pour faire appliquer ces nouvelles règles.

Ces mesures, qui devraient entrer en vigueur dans 30 jours, font suite à l’adoption d’une loi l’année dernière visant à ouvrir davantage le marché aux investissements étrangers.

États-Unis : la liste noire des entreprises chinoises s’allonge

États-Unis : la liste noire des entreprises chinoises s’allonge

La liste publiée par le département américain du Commerce comprend 77 entreprises et filiales, dont 60 sont chinoises. Le département du Commerce précise que la présence de SMIC sur cette liste “découle de la doctrine chinoise de fusion militaro-civile (MCF) et de preuves d’interactions entre SMIC et des entités préoccupantes au sein du complexe militaro-industriel chinois”.

Outre DJI, premier fabricant mondial de drones, AGCU Scientech, China National Scientific Instruments and Materials, et Kuang-Chi Group y figurent également pour avoir permis “des violations des droits de l’homme à grande échelle en Chine grâce à une collecte et à une analyse génétiques abusives ou à une surveillance de haute technologie”.

L’administration Trump a souvent utilisé cette liste – où figuraient déjà plus de 275 entreprises et filiales (dont Huawei) basées en Chine – pour s’attaquer aux groupes chinois stratégiques.

L’inclusion sur la liste des entités oblige à demander une licence spéciale au département du Commerce avant qu’un fournisseur américain puisse lui envoyer des équipements essentiels, l’administration Trump tentant ainsi de limiter l’accès des entreprises chinoises aux technologies américaines pour la fabrication de puces.

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

« L’avenir des entreprises passe par le marketing digital « 

Bertrand Laurioz , président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing, estime que l’avenir des entreprises passe aussi par le digital.( Chronique dans l’opinion)

 « La crise du Covid a généré un vaste mouvement de numérisation. Chaque entreprise s’est donc engagée dans de nouvelles démarches pour s’approprier les derniers outils. Le niveau numérique s’est largement amélioré et la concurrence en ligne s’est de fait accentuée »

 

L’impact sévère des confinements sur les entreprises accélère leur transformation numérique, tout en accentuant les écarts entre elles. Pour le dire trivialement : certaines risquent de rester sur le carreau. La concurrence dans le numérique va s’avérer plus rude qu’elle n’a été jusqu’à présent. Alors que le gouvernement incite toutes les entreprises, y compris les plus petites, à mettre en ligne un site internet, il n’est plus possible de se satisfaire de cette seule présence minimale pour espérer peser dans ces nouveaux espaces très concurrentiels. De la même façon que l’informatique avait créé dans les années 1990 des disparités majeures, un nouveau monde se construit dans l’ère post-Covid.

Vers des modalités de travail plus flexibles

En mars dernier, une grande partie des entreprises se sont retrouvées en quelques jours sans salariés. Elles ont dû en urgence mettre en place un fonctionnement de télétravail à distance quand cela était possible. Ce que les DSI rêvaient de faire parfois depuis des années a été réalisé en seulement quelques semaines, voire dans certains cas en quelques jours. Mais si certaines n’ont tout simplement pas pu faire face faute de moyens, d’autres n’ont pas su s’adapter, parce qu’elles avaient trop de retard sur l’évolution des méthodes du travail ou les outils disponibles.

Après cette étape d’urgence, la gestion du télétravail, et plus largement de la flexibilité de son organisation, sera au programme des discussions dans les entreprises. Celles qui sauront maintenir la motivation des collaborateurs, leur proposer une organisation agile et flexible, sans pour autant entamer leur efficacité, parviendront à la fois à fidéliser et à attirer les talents.

De nouvelles habitudes de consommation

Au cours de cette année, les entreprises ont fait face à une difficulté inédite d’accès à leurs clients. Et inversement, les consommateurs se sont retrouvés bloqués dans leurs souhaits de consommation, particulièrement dans les petits commerces jugés « non-essentiels ». Malgré une dizaine d’années de transformation digitale, un grand nombre de sociétés n’étaient manifestement pas prêtes à passer du modèle classique à un modèle digital ou cross-canal, qui aurait permis aux clients de continuer à converser avec eux en se renseignant, en achetant en ligne, en allant chercher ou en recevant leurs produits.

Environ 69% des entreprises avaient un site internet début 2020 (étude AFNIC, décembre 2019), mais très peu disposaient d’une véritable logistique e-commerce permettant de gérer en ligne tout le processus de vente, et encore moins un mécanisme intégré entre le digital et le physique. La crise sanitaire a accéléré les choses : les acteurs des telecoms, de l’IT, du e-commerce et de la logistique sont sur le pied de guerre pour aider les entreprises à passer cette étape, pour parvenir in fine à tirer profit de cette période.

Après une digitalisation à marche forcée, l’accélération du marketing digital basée sur la data ?

La mise en place du click & collect ou d’un site d’e-commerce efficace ne sont que des étapes initiales d’une transformation inéluctable. Les entreprises et les commerces se rendront bientôt compte que le Web et les réseaux sociaux sont encombrés, et qu’il est très difficile de se faire connaître, de se différencier, de générer des leads, de les convertir en clients, puis de fidéliser sa clientèle, de l’animer et de la valoriser. C’est pourtant là que se situe la base du commerce !

L’exemple des libraires est frappant : nous sommes tous mobilisés pour les aider, leur permettre de survivre, mais cela ne peut malheureusement pas être une motivation suffisante sur la durée. Ils vont devoir convaincre de leur valeur ajoutée vis-à-vis des géants du Web, pour éviter que les consommateurs ne renouent avec leur réflexe paresseux du One-Click sur Amazon.

Car, la concurrence est rude ! Un acteur de la distribution dont l’activité en ligne représente moins de 15% aura du mal à lutter contre Amazon ou d’autres marketplaces. Le sujet ne va bientôt plus être une question de mode de commande ou de chaîne logistique, il va devenir une question de compréhension et d’intégration du marketing digital data-driven au cœur de la stratégie de développement de l’entreprise pour inscrire durablement la marque dans l’esprit des consommateurs, les toucher, les fidéliser et les inciter à commander de façon récurrente.

La question est encore plus prégnante pour les entreprises BtoB où la transformation du marketing digital n’en est qu’à ses balbutiements. Elles vivent actuellement une déferlante qui bouscule les méthodes et les relations commerciales. Et les mutations vont s’accélérer, portées par l’efficacité de la technologie et des réseaux qui permettent visioconférences, webinaires, événements virtuels, etc., et qui révolutionnent la manière de faire du commerce de la prospection jusqu’à la signature des contrats.

Que ces entreprises s’adressent aux clients BtoC ou BtoB, leur présence en ligne n’est pas suffisante, il faut désormais qu’elles investissent durablement dans le « data marketing », c’est-à-dire le marketing digital basé sur la data !

Bertrand Laurioz est président de ADLPerformance, ETI spécialisée en data marketing

Climat : les entreprises du CAC 40 veulent jouer la transparence

Climat : les entreprises du CAC 40 veulent jouer la transparence

Ces 40 grandes entreprises ont accepté d’appliquer à partir de l’année prochaine les recommandations d’un groupe de travail créé lors de la COP-21 de 2015, baptisé groupe de travail sur la publication d’informations financières relatives au climat (TCFD selon son sigle en anglais).

Cette déclaration de soutien aux recommandations de la TCFD a notamment été signée par Augustin de Romanet, le président d’Europlace, et Bruno Le Maire, ministre de l’Economie.

“Cela va permettre d’accroître la comparabilité entre les différentes normes existantes et créera plus de transparence sur les risques et opportunités liés aux enjeux climatiques pour le secteur financier.” D’après Thierry Déau, président de Finance for Tomorrow, branche d’Europlace

L’accord de Paris sur le climat vise à maintenir à moins de 2° Celsius, voire 1,5° si possible, la hausse de la température mondiale d’ici 2100 par rapport à ses niveaux préindustriels.

Économie–« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

Économie–« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

L’économiste Vincent Vicard observe, dans une tribune au « Monde », que la participation des salariés à la gestion des entreprises allemandes a pour effet de limiter les délocalisations.

 Relocalisation, réindustrialisation, souveraineté économique, « made in France »… quel que soit le terme utilisé, l’idée de soutenir l’industrie française semble aujourd’hui mettre tout le monde d’accord. Ce qui fait moins consensus, ce sont les moyens à mettre en œuvre pour y arriver.

Le plan de relance du gouvernement fait le pari qu’une nouvelle réduction des coûts, par la baisse des impôts de production cette fois, favorisera la relocalisation d’activités en France. Pari risqué, reposant principalement sur la comparaison des montants de prélèvement avec l’Allemagne.

Une vision restrictive

Au-delà du débat sur la pertinence de ces comparaisons pour des impôts et des taxes très hétérogènes, ce choix reflète surtout une vision très restrictive de la compétitivité des industries nationales et des stratégies des entreprises, dictée uniquement par une logique de coût.

Cette conception de la compétitivité s’inscrit dans la continuité des politiques mises en place ces deux dernières décennies en France : baisse des coûts de production d’un côté – au travers notamment de politiques d’exonérations de cotisations sociales dont on peine à détecter un effet notable sur les exportations françaises –, et incitations fiscales non ciblées à la recherche et développement (R&D) visant à développer l’offre des entreprises nationales de l’autre.

Les montants engagés sont conséquents – près de 60 milliards d’euros pour les exonérations générales de cotisations sociales et 6 milliards pour le crédit d’impôt recherche en 2019, auxquels s’ajoutent maintenant 10 milliards de baisses d’impôts de production chaque année – pour des résultats clairement décevants sur le front industriel.

Certes, au pays des Shadoks, « ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir ». Mais cela ne doit pas empêcher d’élargir un peu la conception de la compétitivité française et des instruments de politique industrielle à mobiliser. En se tournant notamment vers la gouvernance des entreprises multinationales, puisque c’est là notre grande spécificité : la France ne souffre pas de la performance de ses grandes entreprises, mais de son tissu productif sur le sol national.

Confiance et le dialogue social

On retrouve ainsi plus d’entreprises françaises dans le classement des 500 plus grandes multinationales mondiales réalisé par le magazine Fortune que d’entreprises allemandes (31 contre 29), britanniques (17) ou italiennes (6). Compétitives sur les marchés mondiaux, ces entreprises délaissent cependant le territoire français pour leurs activités de production. La question de l’ancrage des multinationales à leur territoire d’origine est donc bien au cœur du déclin industriel français ; c’est donc aussi de ce côté qu’il faut envisager des leviers d’action politique.

 

 » Entreprises : vers une mutation des modes de financement ?  »

  •  » Entreprises : vers une mutation des modes de financement »
  • Les entreprises se retrouvent face à des banques au taquet de leur prise de risque, constate dans une interview à l’Opinion Grégoire de Blignières, en charge du conseil en financement chez Mazars.

  • Au cours des derniers mois, les banques ont distribué plus de 120 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat (PGE) à quelque 600 000 entreprises. Ce dispositif est, pour l’heure, prolongé jusqu’à l’été 2021 et ses modalités de remboursement évoluent encore.
  • En quoi les prêts garantis par l’Etat (PGE) ont-ils fortement déstabilisé l’équilibre rendement-risque des banques ?
  • Bien que les PGE soient garantis jusqu’à 90 % par l’Etat, l’exposition des banques s’est sensiblement accrue : d’une part en matière de volume, compte tenu de l’augmentation de l’endettement financier des entreprises (+ 15 points de PIB en six mois), mais surtout en termes de risque. Et pour cause, les 10 % non garantis par l’Etat représentent la tranche marginale de financement la plus risquée. Par ailleurs, en s’endettant pour combler leurs pertes opérationnelles, les entreprises ont vu leur profil de crédit se détériorer sensiblement, en témoignent les vagues de dégradation des notations financières effectuées par les agences de rating. N’oublions pas que, rapporté au PIB, les sociétés non financières de l’hexagone figurent, selon la Banque de France parmi les plus endettées au monde, avec un ratio de 85 %. A cela s’ajoute le fait que ces financements additionnels permis par le PGE ne sont pas rémunérateurs pour les banques, les taux appliqués ne couvrant que les coûts de la garantie et ceux de gestion. En d’autres termes, non seulement les banques font face à une augmentation sensible de leur exposition au risque, mais aussi à une baisse marginale de la rémunération de ce risque. Le principe fondamental de la finance, à savoir l’équilibre du couple rendement-risque, est bouleversé.
    • C’est grave ?
    • La multiplication des défaillances des entreprises — dont le taux a doublé en un an — a naturellement augmenté la prise de risque des banques au point de dégrader la qualité de leurs actifs et de les fragiliser. Cette situation critique devrait se pérenniser, l’année 2021 s’annonce difficile pour le secteur bancaire. Tout cela aura une incidence sur la relation entreprises-banques. Ces dernières n’auront d’autre choix que de rationaliser leurs coûts, donc en l’espèce leurs risques.
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C’est-à-dire ?

  • Compte tenu des contraintes réglementaires, la détérioration de la qualité de crédit des entreprises entraîne mécaniquement une baisse drastique de la rentabilité des banques, qui doivent augmenter leurs fonds propres à due concurrence. A une échelle plus globale et pour maintenir un niveau de rentabilité raisonnable, les banques ont tout intérêt à se désengager des clients les plus risqués et, au cas par cas, à encadrer plus strictement les crédits accordés et à augmenter leurs marges. Cet encadrement, s’il est mal calibré au départ, peut rapidement entraver le développement de l’entreprise emprunteuse. Quant aux marges, on observe déjà sans surprise leur hausse sensible, bien au-delà des paliers habituellement observés dans les grilles indexées sur le niveau de risque de certains crédits.
    • Finalement qui est piégé, la banque ou l’entreprise ?
    • Personne n’est piégé. La relation entre une banque et une entreprise est avant tout commerciale. Le problème est que cette relation est aujourd’hui déséquilibrée puisque, à conditions de crédit équivalentes, le risque porté par les banques a augmenté. Ce déséquilibre va se résorber petit à petit. Quelle que soit la méthode utilisée (crédits plus encadrés, hausse du coût de l’emprunt…), le rééquilibrage passe par une meilleure rémunération du risque associé à la dette, ou par une diminution de la prise de risque.
      • Cette situation va-t-elle impacter la reprise économique attendue l’an prochain ?
      • Tôt ou tard les entreprises vont devoir repartir, ou accélérer. Certaines d’entre elles ont déjà redémarré. Pour cela, il leur faut des moyens pour financer leur croissance. Or, elles se retrouvent face à des banques qui arrivent au taquet de leur prise de risque. Elles vont devoir diversifier leurs sources de financement pour pouvoir se relancer. Il existe plusieurs solutions : la recapitalisation, puisque des fonds propres supplémentaires permettent d’alléger le risque de crédit, ou la diversification de ce risque crédit, c’est-à-dire de leurs dettes, ce qui permettra cette fois d’alléger le risque porté par la banque. Des outils existent (fonds de dette privée, financements adossés, dette cotée, etc.). Les investisseurs institutionnels et privés sont prêts à répondre aux nouveaux besoins des entreprises et à les accompagner sur le long terme. De nombreuses poches sont allouées à ces types de financements, avec 15 % de croissance annuelle attendue sur le private equity dans les cinq prochaines années et 11 % pour les fonds de dette privée. La clé du succès réside en un savant dosage entre, d’un côté, fonds propres et endettement, et de l’autre, financements bancaires et financements désintermédiés.

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« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

« Déclin industriel: un manque d’ancrage en France des très grandes entreprises »

L’économiste Vincent Vicard observe, dans une tribune au « Monde », que la participation des salariés à la gestion des entreprises allemandes a pour effet de limiter les délocalisations.

 Relocalisation, réindustrialisation, souveraineté économique, « made in France »… quel que soit le terme utilisé, l’idée de soutenir l’industrie française semble aujourd’hui mettre tout le monde d’accord. Ce qui fait moins consensus, ce sont les moyens à mettre en œuvre pour y arriver.

Le plan de relance du gouvernement fait le pari qu’une nouvelle réduction des coûts, par la baisse des impôts de production cette fois, favorisera la relocalisation d’activités en France. Pari risqué, reposant principalement sur la comparaison des montants de prélèvement avec l’Allemagne.

Une vision restrictive

Au-delà du débat sur la pertinence de ces comparaisons pour des impôts et des taxes très hétérogènes, ce choix reflète surtout une vision très restrictive de la compétitivité des industries nationales et des stratégies des entreprises, dictée uniquement par une logique de coût.

Cette conception de la compétitivité s’inscrit dans la continuité des politiques mises en place ces deux dernières décennies en France : baisse des coûts de production d’un côté – au travers notamment de politiques d’exonérations de cotisations sociales dont on peine à détecter un effet notable sur les exportations françaises –, et incitations fiscales non ciblées à la recherche et développement (R&D) visant à développer l’offre des entreprises nationales de l’autre.

Les montants engagés sont conséquents – près de 60 milliards d’euros pour les exonérations générales de cotisations sociales et 6 milliards pour le crédit d’impôt recherche en 2019, auxquels s’ajoutent maintenant 10 milliards de baisses d’impôts de production chaque année – pour des résultats clairement décevants sur le front industriel.

Certes, au pays des Shadoks, « ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir ». Mais cela ne doit pas empêcher d’élargir un peu la conception de la compétitivité française et des instruments de politique industrielle à mobiliser. En se tournant notamment vers la gouvernance des entreprises multinationales, puisque c’est là notre grande spécificité : la France ne souffre pas de la performance de ses grandes entreprises, mais de son tissu productif sur le sol national.

Confiance et le dialogue social

On retrouve ainsi plus d’entreprises françaises dans le classement des 500 plus grandes multinationales mondiales réalisé par le magazine Fortune que d’entreprises allemandes (31 contre 29), britanniques (17) ou italiennes (6). Compétitives sur les marchés mondiaux, ces entreprises délaissent cependant le territoire français pour leurs activités de production. La question de l’ancrage des multinationales à leur territoire d’origine est donc bien au cœur du déclin industriel français ; c’est donc aussi de ce côté qu’il faut envisager des leviers d’action politique.

 

Une indemnisation encore trop faible pour sauver les entreprises

Une indemnisation encore trop faible pour sauver les entreprises

Le soutien aux entreprises comprend deux dimensions d’une part une subvention forfaitaire calculée sur le chiffre d’affaires d’autre part une garantie d’État sur les prêts auprès des banques. C’est ce dernier soutien qui en valeur absolue  est nettement le plus important.

 

Le seul problème est celui de la future fiabilité des entreprises à rembourser ses prêts venant à maturité. Il est probable que nombre d’entreprises condamnées à la faillite ne pourront pas faire face à leurs obligations financières. Le deuxième volet constitue une indemnisation à hauteur de 20 % du Sud affaire, ce qui n’est pas négligeable mais n’est même pas suffisant pour couvrir les charges fixes des commerces qui ont été fermés.

Certes la réouverture des commerces non essentiels vient d’être autorisée mais il paraît difficile que les chiffres  d’affaires perdus puissent être compensés par les ventes de fin d’année d’autant que la demande se révèle relativement molle. En outre ,certaines activités vont encore demeurer interdites.

Le gouvernement avait annoncé mercredi ce nouveau dispositif de soutien aux entreprises fermées, qui comprend une indemnisation à hauteur de 20% de leur chiffre d’affaire par rapport à celui engrangé l’an dernier durant le même mois. Ce soutien, initialement plafonné à 100.000 euros, va donc être doublé.

Conçu en mars pour soutenir les plus petites entreprises et les travailleurs indépendants, le fonds de solidarité prévoit le versement d’une indemnité mensuelle pour compenser une partie de leur perte d’activité liée aux restrictions d’activité.

Depuis le 30 octobre, il compense la perte de chiffre d’affaires jusqu’à 10.000 euros pour les entreprises fermées de moins de 50 salariés, ou pour celles des secteurs du tourisme et activités connexes (restauration, événementiel, culture) dont le chiffre d’affaires baisse d’au moins 50% par rapport à la même période de 2019.

A partir de décembre, cette aide devient accessible aux entreprises fermées quelle que soit leur taille, et les plus grandes pourront choisir une aide représentant 20% de leur chiffre d’affaires réalisé sur la même période l’an passé, qui sera donc plafonnée à 200.000 euros.

Cette mesure «permettra de couvrir les restaurateurs qui ont deux, trois restaurants, les chaînes de restauration, des hôtels qui ont plusieurs dizaines ou centaines de salariés qui n’étaient pas couverts jusqu’à présent», s’est félicité Bruno Le Maire. «C’est une indemnisation massive, immédiate à partir du début du mois de décembre et qui permet d’accompagner tout le secteur de l’hôtellerie, les cafés, la restauration mais aussi les salles de sports, tous ceux qui sont les premières victimes de cette crise sanitaire et économique», a-t-il encore souligné.

Les pistes pour lutter contre le greenwashing des entreprises

Les pistes pour lutter contre le greenwashing des entreprises

Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement. Fin octobre, s’est vu confier par la ministre, Barbara Pompili, une mission pour évaluer la sincérité des entreprises en matière d’écologie. Un rapport est attendu pour janvier 2021.

Parmi ses pistes de réflexion que révèle le journal l’Opinion, Arnaud Gossement souhaite instaurer un « dialogue environnemental » encadré au sein des entreprises, à l’image du dialogue social. « Avec des parties représentatives élues et légitimes, chargées de juger la sincérité de l’engagement prononcé », détaille l’avocat. Seraient ainsi rassemblés autour d’une même table des représentants de l’entreprise, mais également d’ONG et d’associations environnementales, en qualité d’observateurs extérieurs indépendants.

« Aujourd’hui, quand une entreprise prend un engagement volontaire, elle peut choisir elle-même qui va faire partie du comité qui juge son action environnementale », regrette Arnaud Gossement,

 

Entreprises : réinventer les organisations

Entreprises : réinventer les organisations

Vinciane Beauchene,  directrice associée au Boston Consulting Group (BCG , estime dans une tribune à l’Opinion que « Les entreprises sont confrontées à une triple crise, économique, sanitaire et sociale, et doivent relever un double défi : maintenir la productivité et réinventer leur organisation pour gagner en résilience »

 

Vinciane Beauchene.

 

 

 

 

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Les Navy Seals, ces membres des forces spéciales de la marine américaine rompus aux pires conditions, ont une devise qui tient en quatre mots : « Hold fast, stay true ». Dans la tempête, « hold fast », accroche-toi au bastingage pour éviter de passer par-dessus bord. Mais aussi, « stay true », garde le cap. Pas question de laisser le navire dériver, même si l’on ne voit plus les étoiles. Quel meilleur adage pour des entreprises aujourd’hui ébranlées par une triple crise sanitaire, économique et sociale ? Dans sa mise en œuvre, les directions des ressources humaines se retrouvent en première ligne. Mais c’est l’ensemble de la direction générale qui doit se mobiliser.

S’accrocher, c’est avant tout maintenir la productivité et la capacité d’innovation. Une récente enquête du BCG menée auprès de 12 000 salariés dans le monde révèle que 71 % d’entre eux estiment avoir été aussi – voire plus efficaces – qu’avant pour mener à bien des tâches individuelles au cours du premier confinement. En revanche, ils sont 49 % seulement dans ce cas pour les tâches nécessitant de la coopération.

Juste dose de télétravail. Effet néfaste du télétravail? Pas uniquement, car ces écarts se retrouvent dans tous les pays, que les personnes concernées soient chez elles ou au bureau. Il s’agit plutôt d’une conséquence de la distanciation sociale. Se concentrer sur la rédaction d’une présentation ou une tâche administrative demeure partout possible. En revanche, la baisse du nombre d’interactions informelles plombe la créativité. Le sentiment dominant est celui d’un besoin de proximité pour bien collaborer.

Parce que la situation est amenée à se prolonger, les dirigeants vont devoir s’interroger sur le nouveau modèle de travail à instaurer, définir un cap, et le garder

Si les entreprises ne peuvent rien changer au contexte, il leur reste des leviers à actionner. La même étude souligne en effet que la perception d’une productivité en berne est corrélée à quatre facteurs : le lien social, la santé mentale, la santé physique et les outils de travail. Les salariés se déclarant satisfaits sur l’un ou l’autre de ces critères étant deux fois plus nombreux à s’estimer autant, voire plus efficaces. Evénements virtuels, accompagnement psychologique et formation aux outils collaboratifs sont donc quelques exemples d’initiatives à prendre à court terme.

Mais parce que la situation est amenée à se prolonger, les dirigeants vont aussi devoir s’interroger sur le nouveau modèle de travail à instaurer, définir un cap, et le garder. Celui-ci devra être flexible, comme le réclament 60 % des salariés interrogés, remettant en cause une culture du présentéisme où les horaires du manager définissent ceux de son équipe. Il devra aussi être hybride, combiner travail à distance et présentiel, dans des proportions à définir en fonction des objectifs économiques et de la maturité des équipes.

Tester de nouvelles méthodes Au-delà des attentes des collaborateurs, le futur modèle devra prendre en compte les nouveaux comportements des consommateurs, l’accélération du digital, les enjeux sociaux et environnementaux. Près de 25 % des entreprises ont profité de la crise pour tester l’agile, le lean ou le design thinking. Le succès étant au rendez-vous, elles sont 70 % à vouloir étendre et pérenniser ces nouvelles pratiques.

La méthode agile a ainsi démontré son intérêt dans un contexte incertain où alignement, vitesse et adaptation sont clés. Son adoption à grande échelle a des conséquences sur l’ensemble des opérations : cycles budgétaires raccourcis, équipes pluridisciplinaires et moins fragmentées, management resserré et gestion transparente des objectifs. Mais la contrepartie est un meilleur engagement des clients comme des employés et une vélocité accrue.

La marche à franchir pour nombre d’entreprises reste encore haute. Déployer ces nouveaux modèles relève d’une transformation profonde, nécessitant un engagement de l’ensemble de la direction générale, une feuille de route rigoureuse et l’adhésion de salariés parfois déjà épuisés par la première vague. En creux, c’est une nouvelle forme de leadership qui se dessine : celui du monde de demain.

Vinciane Beauchene est directrice associée au Boston Consulting Group (BCG)

Crise sanitaire : un plan de relance surtout favorable aux grandes entreprises

Crise  sanitaire : un plan de relance surtout favorable aux grandes entreprises

Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée lundi et diffusée par le Figaro, le plan de relance va surtout aider les grandes entreprises notamment industrielles.

Ce plan profitera dans une moindre mesure aux commerces, et beaucoup moins aux entreprises de l’hôtellerie-restauration ou des services.

Les auteurs jugent donc «optimiste» la prévision du gouvernement sur l’impact positif de cette mesure sur la croissance à moyen terme, d’autant plus que son financement «n’a pas été pris en compte».

En revanche, l’étude constate que les mesures d’urgence prises depuis mars (chômage partiel, prêt garanti, exonérations de charges, fonds de solidarité) ont bien rempli leur rôle, en ciblant les entreprises les plus fragiles financièrement, celles qui ont pu le moins maintenir leurs salariés en emploi et qui ont subi les plus fortes baisses de chiffre d’affaires.

Par secteur, l’hôtellerie-restauration, les services, les transports et les commerces sont ainsi les plus aidés. En revanche, les auteurs soulignent que ces dispositifs ont aussi «surtout aidé les entreprises petites, peu capitalistiques et peu productives dès avant la crise».

Enfin, selon l’étude, le choc de l’épidémie a eu un impact très inégal sur les revenus des ménages: les plus modestes, parce qu’ils sont notamment les plus susceptibles de travailler dans des secteurs touchés par le Covid-19, ont ainsi été les plus pénalisés. Ils sont aussi moins susceptibles de faire du télétravail et ont les contrats de travail les moins protecteurs (CDD, intérim, etc.)

De ce point de vue, les aides exceptionnelles aux bénéficiaires d’aide sociale et l’allocation de rentrée scolaire, qui ont atteint 173 euros pour les 20% de ménages les plus modestes, ou encore celles pour les indépendants et les petits entrepreneurs, ont permis de compenser en partie leurs baisses de revenus, note l’étude.

Les ménages du milieu de la distribution des revenus ont eux enregistré les pertes les plus importantes (jusqu’à 0,4%), l’indemnité de chômage partiel ne couvrant pas l’intégralité de leur salaire habituel. À l’inverse, les ménages les plus aisés, plus susceptibles de faire du télétravail et donc de conserver leur salaire complet, ont été moins pénalisés par la crise.

Chine : vers une crise financière dans les entreprises

Chine : vers une crise financière dans les entreprises

Il est clair que déjà depuis longtemps nombre d’entreprises sont sous perfusion financière de l’État pour subsister. Or il semblerait que pouvoir chinois soit décidé à assainir un peu la situation financière des entreprises , l’augmentation des défauts de paiement par exemple en témoigne. Des analystes estiment que les défauts de paiement sont le signe que les autorités chinoises cherchent à réduire l’accumulation excessive de dettes dans une économie se remettant tout juste de la pandémie de coronavirus.

Les obligations émises par les entreprises publiques sont généralement jugées moins risquées que celles des entreprises privées, le soutien de l’État étant censé prévenir le risque de faillite.

Mais les récentes défaillances de Yongcheng Coal & Electricity Holding Group et d’autres sociétés publiques ont déclenché un mouvement de vente de titres de dettes émises par des entreprises soutenues par Pékin.

« Une fois que l’environnement du crédit est détruit, il est très difficile de rétablir la confiance », a écrit Qu Qing, un analyste de Jianghai Securities, soulignant le risque de voir les investisseurs se replier sur les emprunts d’État et les obligations des banques si la situation se détériore.

La nervosité a gagné le marché boursier et les actions des banques chinoises ont chuté vendredi, certains investisseurs redoutant de les voir confrontées à une envolée des créances douteuses.

Vingt milliards pour les fonds propres des entreprises

Vingt milliards pour les fonds propres des entreprises

Trois milliards d’euros de garanties publiques prévus dans le plan de relance sont censés permettre de lever 15 milliards d’euros de fonds propres dans le privé. « Nous sommes passés d’un objectif de garantie de l’Etat à un objectif d’encours. Nous visons désormais 20 milliards d’euros de prêts participatifs pour la reconstruction des fonds propres des entreprises.

Ce plan de soutien des fonds propres sera destiné aux entreprises de taille petite, moyenne et intermédiaire ayant des perspectives de développement, mais dont la structure de bilan a été affaiblie par la crise. Ces financements leur permettront d’investir, d’embaucher et de développer leur activité », détaille Bercy dans un communiqué. Ce plan s’ajoute au 120 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat (PGE),

Le remboursement des PGE pourra s’étaler sur six ans avec un taux compris entre 1 % et 2,5 % maximum. s un décalage du début du remboursement pourra être envisagé à deux ans (contre douze mois normalement), sous réserve d’approbation par la Commission européenne.

 

Couvre-feu : 1 milliard supplémentaire pour les entreprises, insuffisant !

Couvre-feu : 1 milliard supplémentaire pour les entreprises, insuffisant !

 

Le gouvernement a décidé d’ajouter 1 milliard supplémentaire pour soutenir les entreprises suite à la décision de mise en place d’un couvre-feu. Mais quand on examine le contenu et l’ampleur de ce soutien, on peut vérifier qu’il est loin d’être à la hauteur des enjeux : 500 € par pour les très petites entreprises, 10 000 € par mois pour les grosses, une exonération des charges pour les entreprises complètement fermées ; la seule mesure un peu significative concerne le chômage partiel à plein temps. Rien que pour cette mesure en fonction de la dégradation économique prévisible l’enveloppe sera loin d’être suffisante. «Il est plus judicieux de renforcer le soutien économique aux entreprises plutôt que d’avoir à traiter des dizaines de milliers de faillites et une explosion du chômage», a estimé le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Fonds de solidarité renforcé, exonération de charges sociales, prêts garantis par l’État, débat autour des loyers… Voici les nouveaux dispositifs d’aides dont pourront bénéficier les entreprises concernées par le tour de vis qui entrera en vigueur samedi soir.

«Nous allons renforcer une nouvelle fois, simplifier et élargir le Fonds de solidarité », a indiqué le locataire de Bercy. En premier lieu, toutes les entreprises de moins de 50 salariés qui sont installées dans les zones de couvre-feu et qui ont perdu 50% de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019 pourront bénéficier d’une aide allant jusqu’à 500 euros, et cela, pendant toute la durée de la mesure. Les hôtels, cafés, restaurants, sociétés de la culture, de l’événementiel ou encore du sport bénéficieront d’un accès au Fonds de solidarité allant jusqu’à 10.000 euros par mois, dès lors qu’ils subissent une perte de chiffre d’affaires de 50%. L’accès au fonds était auparavant conditionné à une baisse de 70%.

Pour les secteurs en difficulté, le chômage partiel à plein temps, c’est-à-dire pris en charge à 100% par l’État, va être réactivé : jusqu’à 4,5 fois le smic et 80% du net pour les salariés.

Sans surprise, les exonérations de charges sociales font également partie de l’arsenal conçu par le ministère de l’Économie. Jusqu’à la fin du couvre-feu, les entreprises fermées administrativement bénéficieront ainsi d’une exonération totale de leurs cotisations sociales patronales. Les entreprises du secteur de l’hôtellerie-restauration qui sont installées dans les zones de couvre-feu pourront aussi bénéficier d’une exonération totale de cotisations sociales et patronales dès qu’elles perdent 50% de leur chiffre d’affaires.

Par ailleurs, le dispositif des prêts garantis par l’État (PGE) est prolongé jusqu’au 30 juin 2021, au lieu de décembre 2020. Ce prêt de trésorerie accordé par les banques à un taux très bas pour aider les entreprises à absorber le choc de la crise sanitaire peut représenter jusqu’à 25% du chiffre d’affaires. 90 % de son montant est garanti par l’État. Les PGE sont remboursables à l’issue de la première année, mais ils peuvent être prolongés pendant cinq ans à des taux compris entre 1 et 2,5 %.

« Petites entreprises : une insuffisance de poids politique »

« Petites entreprises : une insuffisance de poids politique »

Le sociologue Michel Offerlé estime, dans une tribune au « Monde », que si les petites entreprises sont incontournables sur le territoire, elles ne parviennent

Tribune. La pandémie a produit un effet de loupe sur les mondes patronaux. Sur les clivages divisant les entreprises, sur leurs intérêts divergents, sur les inégalités traversant les patronats.

Comment s’en sortir ? Ce que les patrons ont pu faire, et faire faire, pendant, et après, renvoie à des situations très contrastées selon les capitaux et les relations qu’ils peuvent mobiliser. Entre le PDG de Total et le carreleur de Bressuire, les possibilités de surmonter la crise sur le long terme sont incommensurables. Il faudrait analyser ici le nuancier des situations patronales. De la déréliction, la décompensation à la débrouillardise individuelle, de l’inaction collective à la prise en charge par des grandes entreprises soucieuses de préserver leurs filières ou à l’action des organisations patronales, diversement capables d’intervenir concrètement pour le plus grand nombre.

Ce sont également des déséquilibres gigantesques dans l’accès à l’information et aux aides publiques, et des professions montrées du doigt, banquiers bien sûr comme à l’accoutumée chez les petits patrons, mais aussi assureurs et donneurs d’ordre, qui ont pu profiter des circonstances pour imposer des conditions drastiques et des délais de paiement délétères. La solidarité entre patrons, rappelée par les organisations patronales durant la crise, n’est jamais un long fleuve tranquille.

Ces organisations sont incontournables, c’est vers elles que les pouvoirs politiques et les médias se tournent pour « faire parler les patrons ». Mais elles sont loin de représenter tous les patrons, comme l’a montré l’enquête de représentativité de 2017. Certes, on est là à des taux d’adhésion honorables dans le contexte français, mais beaucoup d’adhérents ignorent qu’ils adhèrent à une confédération nationale (l’adhésion se fait par les fédérations, et pour des raisons consuméristes). Et les chiffres revendiqués avant 2017, 750 000 pour le Medef, 550 000 pour la CGPME et 300 000 pour l’Union professionnelle artisanale (UPA, devenue U2P, regroupant artisans et professions libérales) ont été balayés par le réalisme de la pesée : respectivement 123 000 Medef, 144 000 CGPME, 150 000 U2P.

La CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) est une pièce centrale dans la représentation des petits patrons, même si le Medef prétend s’appuyer d’abord sur le tissu des entreprises enracinées dans des territoires et si l’UPA revendique d’être la voix des tout petits, de l’artisanat et de la proximité.

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« Petites entreprises: un enjeu central pour l’emploi »

« Petites entreprises: un enjeu central pour l’emploi »

Le sociologue Philippe Trouvé constate, dans une tribune au « Monde », que l’effondrement de l’économie a généré des mesures de soutien indiscriminé aux entreprises, englobant de fait les PME dans la politique économique.

Tribune. A la différence des grandes crises qui ont secoué l’économie mondiale au cours des dernières décennies, celle liée à la pandémie de Covid-19 éclaire d’un jour nouveau le rôle vital des très petites et des petites et moyennes entreprises (TPE et PME), qui pouvaient passer jusqu’ici, à l’heure de la « start-up nation », de la « révolution numérique » et du grand jeu de la « compétitivité mondiale », pour un poids mort.

Lire aussi  Patrons de PME éprouvés par la crise, témoignez

Les crises précédentes – crises asiatiques ou sud-américaines des années 2000, des subprimes en 2008, de la dette en 2010 – se sont surtout déployées dans le noyau dur du capitalisme financier : il s’agissait, pour reprendre la célèbre tripartition de l’économie inventée jadis par l’historien Fernand Braudel (Civilisation matérielle, économie et capitalisme, Armand Colin, 1979), d’un « phénomène d’altitude », touchant les relations commerciales « au loin ». En revanche, la crise présente, déclenchée par des mesures sans précédent de confinement des populations, a affecté en priorité les deux autres étages « braudéliens » de l’économie. D’une part, celui des « structures du quotidien », de « la vie matérielle » des populations qui tentent de satisfaire leurs besoins élémentaires (vie domestique, alimentation, santé…) ; d’autre part, celui des « échanges marchands de voisinage » et de « l’économie d’usage », domaine de la petite production artisanale, commerciale et servicielle.

Dès lors, le maintien de l’activité des plus petites entreprises, souvent les moins visibles et considérées comme les moins productives, est devenu brutalement un enjeu central pour les politiques publiques, habituées jusqu’alors à favoriser la compétitivité des entreprises considérées comme les mieux armées pour s’inscrire dans les chaînes de valeur mondialisées, ou offrant le plus fort potentiel de développement, d’innovation et de création d’emplois – les championnes de la French Tech, les PME insérées dans les « pôles de compétitivité », les « champions nationaux »…

A l’inverse des traditionnelles politiques publiques de soutien à la compétitivité ou à l’innovation, promptes à livrer les canards boiteux aux forces impitoyables du marché, il a fallu adopter un train de mesures plus prosaïques, frapper fort et tous azimuts. D’où le recours à des aides individualisées – là où les mesures de soutien étaient plutôt conditionnées à la capacité de se constituer en réseau, à des interventions à plusieurs niveaux – local, territorial, sectoriel et national –, quand les politiques antérieures prétendaient « cibler » des objectifs macroéconomiques, et enfin au resserrement des « critères d’éligibilité », auparavant complexes et illisibles, sur la sécurisation de la trésorerie à court terme (subventions salariales par l’activité partielle, reports de charges, d’impôts et de cotisations, prêts garantis par l’Etat, fonds de solidarité, etc.).

 

SNCF et la RATP: encore des grèves pour tuer les entreprises

SNCF et la RATP: encore des grèves pour tuer les entreprises

Une nouvelle fois la CGT et Sud se lancent dans une compétition meurtrière pour leur entreprise en multipliant les grèves. Des grèves qui finiront un jour par tuer définitivement des sociétés publiques par ailleurs financièrement très fragiles est évidemment plombées par la crise sanitaire. Mais depuis des année, c’est la surenchère permanente entre les gauchistes de la CGT et ceux de Sud. Non seulement ils participent à la mort lente de leur entreprise mais en même temps ils discréditent un peu plus le syndicalisme. La participation risque d’être insignifiante tellement dans les entreprises certains prennent  conscience de l’irresponsabilité de telles orientations syndicales surtout dans la période actuelle.

Les  conséquences pratiques du mouvement de jeudi s’annoncent très limitées. « Aucun impact sur le trafic pour le réseau RATP », pronostiquait l’entreprise mardi soir. A la SNCF, on annonce  « normal » sur les grandes lignes TGV, le trafic sera « quasi-normal » sur les lignes Transilien et Intercités (les ex-trains Corail), et du côté des TER, « normal avec quelques adaptations en Nouvelle-Aquitaine et PACA », selon l’entreprise.

 

Prêts garantis par l’État: les risques pour les entreprises

Prêts garantis par l’État: les risques pour les entreprises

Les TPE et PME qui souhaitent prolonger la durée de leur prêt garanti par l’État (PGE) bénéficieront de taux bancaires compris entre 1% et 2,5%, «particulièrement avantageux», a annoncé dimanche le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Le problème des prêts soutenus par l’État aux entreprises, c’est qu’ils sont souvent incontournables car sans aide à la trésorerie nombre d’entreprises pourraient mourir. Cependant il ne règle rien sur le fond concernant les pertes de chiffre d’affaires et de marges. Ils ne font que repousser dans le temps les difficultés. Par définition les prêts doivent être remboursés, normalement ou bout d’un an et peuvent être éventuellement amortis jusqu’à 5 ans  supplémentaires. Notons que ces prêts peuvent être d’un montant relativement considérable qu’ils peuvent atteindre jusqu’à 25 % du chiffre d’affaires. Pour des entreprises déjà fragiles et fortement affectées en plus par la crise sanitaire, il conviendra d’emprunter pour rembourser les prêts précédents, ce qui va dégrader encore un peu plus la situation financière.

Une crise d’une telle ampleur risque de peser sur certains secteurs de manière dramatique et les pertes de l’année 2020 ne pourront être amorties avant 10 ans. D’où l’inadaptation du système de prêt ( PEG ) qui auraient dû être consentis sur très longue période. Évidemment avec des critères pour éviter de soutenir artificiellement des activités structurellement déficitaires ou des entreprises zombies. Nombre d’entreprises responsables ne solliciteront pas des prêts dont ils savent qu’ils ne pourront être remboursés que par d’autres prêts.

 

Le prêt garanti par l’Etat est un prêt de trésorerie d’un an. Il comportera un différé d’amortissement sur cette durée. L’entreprise pourra décider, à l’issue de la première année, d’amortir le prêt sur une durée de 1, 2, 3, 4 ou 5 années supplémentaires. Ce prêt de trésorerie pourra couvrir jusqu’à trois mois de chiffre d’affaires. Le prêt bénéficie d’une garantie de l’État à hauteur de 70 à 90%, selon la taille de l’entreprise. Les banques conservent ainsi une part du risque associé.

Ce prêt s’adresse à toutes les activités économiques – sociétés, commerçants, artisans, exploitants agricoles, professions libérales, micro-entrepreneurs, associations et fondations – ayant une activité économique, hormis quelques exclusions dans le secteur financier et les sociétés civiles immobilières.

Un arrêté du 6 mai 2020 a élargi le bénéfice de ce dispositif :

  • à certaines sociétés civiles immobilières ;
  • aux entreprises en difficulté depuis le 1er janvier 2020.

Le PGE est aussi étendu aux prêts octroyés par l’intermédiaire des plateformes de financement participatif.

Quelles étapes pour obtenir un prêt garanti par l’État ?

·       Pour les entreprises de moins de 5 000 salariés

Cette procédure s’applique pour les entreprises employant moins de 5 000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros en France :

L’entreprise se rapproche d’un partenaire bancaire pour faire une demande de prêt

 

Il est possible de faire une demande regroupant plusieurs prêts. Le montant cumulé de ces prêts ne doit pas dépasser 25% du chiffre d’affaires ou 2 ans de masse salariale pour les entreprises en création ou innovantes

Après examen de la situation de l’entreprise (critères d’éligibilité notamment), la banque donne un pré-accord pour un prêt

 

L’entreprise se connecte sur la plateforme attestation-pge.bpifrance.fr pour obtenir un identifiant unique qu’elle communique à sa banque

 

L’entreprise fournit à cet effet son SIREN, le montant du prêt et le nom de l’agence bancaire. Pendant le premier mois du dispositif, l’entreprise ne pourra obtenir qu’un seul numéro unique, elle ne le demande donc qu’après avoir obtenu un pré-accord de la banque

Sur confirmation du numéro unique par Bpifrance, la banque accorde le prêt

 

En cas de difficulté ou de refus, l’entreprise peut contacter Bpifrance à l’adresse suivante : supportentrepriseattestation-pge@bpifrance.fr

 Pour les entreprises de plus de 5000 salariés

Cette procédure s’applique en France pour les entreprises employant au moins 5 000 salariés ou réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros en France

L’entreprise se rapproche de ses partenaires bancaires pour faire une demande de prêt, et obtient leur pré-accord

L’entreprise transmet sa demande à l’adresse : garantie.État.grandesentreprises@bpifrance.fr

Le dossier est instruit dès réception pour l’État par la Direction générale du Trésor appuyée par Bpifrance Financement SA

La garantie de l’État est accordée par arrêté individuel du ministre de l’Économie et des Finances

Les banques peuvent alors octroyer le prêt à l’entreprise

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