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Un nouveau concept : le populisme scientifique

Un nouveau concept : le populisme scientifique

 

Après avoir ouvert un dialogue nécessaire avec la communauté scientifique dans les années 2000, le mouvement pour une science « participative », plus démocratique, a évolué vers l’anti-élitisme, au risque de l’irrationalité, explique Stéphane Van Damme  (Professeur d’histoire des sciences à l’Ecole normale supérieure -Paris) Dans le Monde (extrait)

 

L’expression « populisme scientifique » est couramment utilisée pour dénoncer différents activistes scientifiques omniprésents dans l’espace public, comme Didier Raoult. En Italie, par exemple, il désigne aussi bien les antivaccins, comme le biologiste Stefano Montanari, que les défenseurs de la science, comme le professeur de virologie Roberto Burioni. Ce dernier a fait l’objet d’une étude approfondie de Pamela Pietrucci, chercheuse à l’université de Copenhague, dirigée par David Gruber et Lynda Olman dans le Routledge Handbook for Language and Science, en 2019.

Très actif sur Twitter et Facebook, Roberto Burioni y mène une guérilla contre les discours antivaccins, et ce dès juin 2018, à l’occasion des mesures prises par le gouvernement. Burioni y défend l’éthique du citoyen-scientifique. Son combat aurait même persuadé Beppe Grillo (idéologue du Mouvement 5 étoiles) de signer son « pacte proscience » lancé en janvier 2019 pour soutenir cette éthique dans les politiques publiques nationales. Cette action témoigne de l’évolution des scientifiques dans ces débats, qui sont passés d’une position de figure morale, comme Langevin, Poincaré ou Einstein, à celle de lanceur d’alerte, mobilisés contre les antisciences.

La popularité de Burioni en Italie tient à la fois à un contexte politique polarisé par la montée des extrêmes et aux formes de sa communication, utilisant de violentes saillies polémiques, connues sur le Web italien sous le terme blastata : un commentaire acerbe et sarcastique attirant des milliers de réponses et visant à démonter les fausses informations. Convaincu que les scientifiques doivent sortir de leur réserve, Burioni n’hésite pas à emprunter la rhétorique forte de ses opposants.

Plus largement, si l’expression polémique de « populisme scientifique » s’est imposée pour qualifier les mouvements antivaccins ou antipasse, elle n’a pas encore été véritablement pensée. Dans Le Siècle du populisme. Histoire, théorie, critique (Seuil, 2020), Pierre Rosanvallon présente le populisme comme une « idéologie cohérente qui offre une vision puissante et attractive de la démocratie, de la société et de l’économie ». Plus qu’un symptôme des radicalisations d’aujourd’hui, cette critique de la modernité démocratique est récurrente dans le temps long de l’histoire des démocraties occidentales.

Du côté de l’histoire des sciences, certains travaux s’inspirent des mêmes constats pour explorer ce phénomène qui hante les rapports entre sciences et démocratie. Niels Mede et Mike Schäfer, de l’université de Zurich, en proposent une analyse riche dans un article paru dans la revue Public Understanding of Science en 2020. Pour eux, ce populisme relié aux sciences émerge dans le sillage du tournant « participatif » des années 2000, qui a vu la revalorisation du rôle des amateurs de science et l’association de citoyens à la prise de décision technique aux côtés d’experts.

2022:un budget de dépenses électorales

2022: un budget de dépenses électorales

 

Un papier du Monde constate que le gouvernement pour des motifs électoraux ne regarde plus à la dépense. Témoin le budget de 2022. (Extrait)

 

Le projet de budget pour 2022, présenté mercredi 22 septembre, innove en faisant l’impasse sur le coût réel des nouvelles dépenses. Les près de 12 milliards d’euros d’augmentation affichés ne comprennent ni le revenu d’engagement en faveur des jeunes ni la première tranche du plan d’investissements destiné à préparer la France de 2030. Ces mesures ne seront annoncées que dans quelques semaines. Elles représentent un surcoût de près de 50 % par rapport au montant annoncé.

Si cette cuisine budgétaire a agacé le Haut Conseil des finances publiques, qui se refuse à se prononcer sur le réalisme des prévisions de déficit pour 2022, elle est surtout le signe qu’en cette fin de quinquennat l’exécutif ne regarde plus à la dépense. Le contexte s’y prête. D’abord, une campagne présidentielle a toujours tendance à désinhiber la majorité sortante en matière d’équilibre des finances publiques. Emmanuel Macron ne fait pas exception.

 

Certaines défenses étaient sans doute indispensables pour soutenir l’économie mais l’annonce régulière d’engagements financiers correspond davantage aujourd’hui à des annonces électorales

Soutenir massivement l’économie qui menaçait de s’effondrer ne souffre d’aucune contestation. En revanche, beaucoup de dépenses pérennes annoncées en sortie de crise pandémique ne sont pas directement liées à celle-ci. L’opportunisme budgétaire dont a fait preuve le gouvernement l’a conduit à augmenter les dépenses ordinaires de 54 milliards d’euros en l’espace de deux ans. Le rythme de progression en Allemagne a été beaucoup moins rapide, creusant un peu plus l’écart entre les deux économies.


Ségur de la santé, revalorisation des salaires des enseignants, aides aux plus précaires, Beauvau de la sécurité, revitalisation de Marseille… prises une à une, ces mesures répondent à des besoins légitimes. Mais, faute de contreparties en termes d’économies sur d’autres postes, elles sont financées par la dette. C’est aujourd’hui le cas pour la moitié des dépenses publiques.

D’une certaine manière le gouvernement engage la soutenabilité  financière.

La croissance, qui devrait ralentir dès 2023 pour retrouver son rythme d’avant-crise, ne sera pas suffisante pour assurer la soutenabilité de notre dette, pas plus qu’une hausse de la fiscalité. La faiblesse des taux d’intérêt peut en donner l’illusion. Mais faire reposer la souveraineté du pays uniquement sur cet aléa relève d’un pari très risqué.

La campagne présidentielle ne favorise guère, hélas, la prise de conscience. Les candidats déclarés, de gauche comme de droite, se livrent à une surenchère de promesses, comme s’ils se sentaient délivrés des contraintes du pacte de stabilité européen, qui ne sera renégocié qu’au lendemain de l’élection française.

La rigueur de retour après avril 2022

La question de l’efficacité de la dépense publique, pourtant soulevée depuis des années par la Cour des comptes, est en revanche totalement occultée. Cela promet au président qui sera élu en avril 2022 des lendemains qui déchantent.

SFR : un dégraissage des effectifs critiqué par la justice

SFR : un dégraissage des  effectifs critiqué par la justice

Le tribunal a donné raison aux syndicats qui accusaient la direction de tromperie à propos du dégraissage des effectifs.. Selon eux, les dirigeants du groupe se sont préparés dès 2020 à tailler dans les effectifs, alors qu’un accord, baptisé « New Deal » et visant à maintenir l’emploi, courrait jusqu’au 31 décembre cette même année. « Le projet de réorganisation était déjà en germe », souligne le jugement, auquel La Tribune a eu accès.

L tribunal critique sévèrement les arguments brandis par SFR pour justifier la les nouvelles orientations stratégiques et les suppressions de postes. « L’argument de la direction tiré de difficultés économiques et de la détérioration de sa situation suite à la crise du Covid-19 pour justifier de la réouverture de la procédure de consultation sur les orientations stratégique n’est donc pas justifié », souligne le jugement.

Afghanistan : Les talibans installent un climat de terreur

Afghanistan : Les talibans installent un climat de terreur

D’après des O.N.G. les talibans installent un climat de terreur. Leur  rapport documente une « litanie » de violations des droits humains : intimidation et répression des femmes, des défenseurs des droits de l’homme, représailles contre les fonctionnaires de l’ancien gouvernement, atteintes à la liberté d’expression. Basé notamment sur une dizaine de témoignages directs, le rapport couvre une période allant du 15 août, date de la chute de Kaboul aux mains des talibans, au 12 septembre.

« Conséquence du climat de peur engendré par la prise de pouvoir des talibans, de nombreuses Afghanes portent aujourd’hui la burka, s’abstiennent de sortir de chez elles sans un tuteur masculin et cessent certaines activités pour éviter violences et représailles », selon le rapport.

Sous-marins australiens : « Un affaiblissement de l’OTAN »

Sous-marins australiens : « Un affaiblissement de l’OTAN »

Les Etats-Unis ont fait preuve d’une « véritable irresponsabilité » : ils ont provoqué une crise avec un allié et affaibli l’OTAN, estime l’ancien diplomate Michel Duclos, dans une tribune au « Monde ».(extrait)

 

Les dirigeants français ont-ils raison de dramatiser la crise qui les oppose aux Etats-Unis dans l’affaire des sous-marins australiens ? La comparaison faite par certains observateurs avec la crise sur l’Irak en 2003 a-t-elle vraiment un sens ?

A ces deux questions, il nous semble qu’il faut répondre oui, au moins dans une certaine mesure. D’abord, bien sûr, parce que, sur la méthode, nous ne pouvons pas laisser sans riposte un traquenard qui nous a été tendu dans un style à la hauteur des préjugés gaulois sur la duplicité « anglo-saxonne ». Ensuite, et surtout, parce que cette affaire est révélatrice d’enjeux profonds, comme l’était celle de 2003.

Avec l’Irak, la question était de savoir si les Etats-Unis allaient se substituer au Conseil de sécurité des Nations unies comme arbitre suprême du recours à la force. Aujourd’hui, à notre sens, l’enjeu porte sur la volonté de Washington d’organiser les équilibres dans l’Indo-Pacifique – donc dans l’environnement de la Chine – à ses conditions, privilégiant certains alliés (ou « vassaux »), en excluant d’autres, de manière délibérée. Nous centrons notre raisonnement sur les Etats-Unis parce qu’on peut comprendre que l’Australie, la plus coupable sur la forme, ait sur le fond poursuivi ce qu’elle considère comme son intérêt vital ; s’agissant des Britanniques, on ne peut s’étonner qu’ils cherchent à tirer leur épingle du jeu, en exploitant leur avantage comparatif de leur relation spéciale avec l’Amérique.

Et si nous insistons sur l’enjeu Indo-Pacifique, c’est parce que nous devons anticiper les suites qu’aura le pacte tripartite, du fait, par exemple, du signal qu’adresse la rupture du tabou touchant à la dissémination de technologies de pointe (propulsion nucléaire). Allons-nous assister à des répliques de l’Aukus [alliance entre l’Australie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis] avec d’autres pays – par exemple, l’Inde –, éventuellement sur d’autres types d’armement ? Le réengagement militaire américain dans la zone, s’appuyant, comme il est légitime, sur des liens de sécurité avec les Etats de la région, va-t-il se produire en écartant les intérêts européens, voire au détriment de ceux-ci ? Notons au passage que certains se réjouissent que les capitales européennes restent indifférentes au camouflet reçu par les Français : là aussi, rien d’extraordinaire mais attendons que les Européens découvrent progressivement toutes les implications de l’Aukus.

Présidentielle 2022: un concours de promesses et de dépenses

Présidentielle 2022: un concours de promesses et de dépenses

Face au vide intellectuel de la plupart des candidats concernant l’avenir du pays, le  vide est comblé par un concours de promesses et de dépenses où le chef de l’État  mène la danse. Chaque jour ou presque le président de la république distribue les engagements de dépenses et cela risque de durer jusqu’en avril 2022.

Les autres candidats participent pour la plupart à ce concours Lépine de la dépense publique pour chaque catégorie professionnelle. Le plus cas caricatural et sans doute cette promesse d’Anne Hidalgo de doubler le salaire des enseignants. Le Figaro note que « Ce n’est plus une offensive, c’est un déferlement. Depuis le déplacement d’Emmanuel Macron à Marseille au début du mois - entre quartiers Nord, calanques, école, hôpital et Sommet sur l’environnement -, pas un jour ou presque ne passe sans une intervention plus ou moins officielle du président de la République sur à peu près tous les sujets. »

Un fonds de 300 millions pour les harkis : Une reconnaissance et un acte électoral

Un fonds de 300 millions pour les harkis : Une reconnaissance et un acte électoral

 Un article de l’opinion (Extrait)Un fonds de 300 millions pour les harkis« Emmanuel Macron veut frapper très fort, confie un proche du dossier. La séquence de lundi est préparée depuis des mois en toute discrétion par les conseillers élyséens, de Bruno Roger-Petit, conseiller mémoire, à Cécile Renault, chargée du projet mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie à l’Elysée. » Le facteur déclencheur est la remise du rapport Stora sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, en janvier dernier.

A l’époque, les responsables de l’association Ajir pour les Harkis, dirigée par Mohand Hamoumou, longtemps maire de la ville de Volvic (2008 à 2020), déplorent le manque de clarté sur les représailles subies par la communauté restée en Algérie à l’indépendance. « L’attente principale des Harkis est absente du rapport : une loi de reconnaissance et réparation, maintes fois promise voire proposée mais jamais votée », déplore surtout un communiqué d’Ajir, demandant au chef de l’Etat de faire voter cette loi avant la fin de son mandat.

Quatre défenseurs de la cause harki – Mohand Hamoumou, Claire-Tassadit Houd, militante associative, Dalila Kerchouche, journaliste, et Serge Carel, harki torturé récemment décoré par Macron – ont été reçus le 10 mai à l’Elysée. Emmanuel Macron leur assure alors qu’il n’était pas question que le rapport Stora serve de prétexte à les mettre sous « la moquette de la mémoire française ».

« Le chef de l’Etat a été très touché par ce qu’il a entendu ce jour-là sur ce drame, notamment le parcours de Dalila Kerchouche, née en 1973 derrière les barbelés du camp de Bias dans le Sud-Ouest, poursuit le proche du dossier. Il a donc voulu que la France tourne la page alors la grande majorité des Français considèrent que cette communauté a été victime d’une profonde injustice de la République. »

Le destin des harkis s’est joué à partir de mars 1962 dans la foulée des accords d’Evian sur l’indépendance algérienne. Robert Boulin, alors secrétaire d’Etat aux rapatriés, lance une opération d’évacuation avant que d’autres ministres en charge du dossier (Pierre Messmer, Louis Joxe, Roger Frey) fassent machine arrière à l’été, y voyant un danger terroriste. Trois mois plus tard, le Premier ministre, Georges Pompidou, relance les rapatriements sans que leur accueil soit préparé.

La communauté est alors installée dans des camps de fortune, dans des hameaux de forestage, parfois dans des foyers. Les conditions sont indignes (manque d’eau et d’électricité), les rapatriés sont privés de leurs droits fondamentaux d’aller et venir, d’envoyer leurs enfants à l’école. « Parmi tous ceux qui reviennent en France, appelés et pieds noirs, ils sont les seuls à avoir subi ce traitement singulier », commente une source élyséenne.

Considérant qu’il y a un consensus bipartisan sur cette injustice, Emmanuel Macron devrait annoncer lundi un projet de loi, consulté par l’Opinion, portant « reconnaissance de la Nation et réparation des préjudices subis par les personnes rapatriées d’Algérie anciennement de statut civil de droit local et par leurs familles du fait des conditions de leur accueil sur le territoire français ».

L’Etat instaurera aussi un fonds d’indemnisation de quelque 300 millions d’euros, soit huit fois plus que le fond prévu initialement

Cette loi, si elle est adoptée, déterminera les conditions de la mise en œuvre du droit à la réparation. Une commission spéciale sera instituée auprès de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Son rôle sera de statuer sur les demandes et le montant de l’offre de réparation, après instruction par les services de l’Office. L’Etat instaurera aussi un fonds d’indemnisation de quelque 300 millions d’euros, soit huit fois plus que le fond prévu initialement.

« Il est temps pour la République française de sortir d’une ambiguïté mémorielle qui a oscillé depuis soixante ans entre non-dits et, parfois même, perçu par les Harkis et par d’autres qui sont sensibles à leur cause comme un déni », justifie la source élyséenne.

Clientèle électorale.

 Cette séquence mémorielle permettra au chef de l’Etat de parler à ces « oubliés » qui ont fait le choix historique de l’Algérie française, à leurs descendants mais aussi aux pieds noirs et aux militaires français engagés durant la guerre contre les combattants de l’indépendance.

 

Smartphones, tablettes : un chargeur unique ? Enfin !

Smartphones, tablettes : un chargeur unique ? Enfin !

Enfin ! Bruxelles a préparé proposition de directive imposant à Apple, Huawei, Nokia et autres  de doter leurs appareils vendus sur le Vieux Continent de chargeurs universels et interopérables.

Selon nos informations, le projet de directive, qui sera dévoilé dans les jours à venir et devra ensuite être examiné par le Parlement européen et le Conseil (qui regroupe les Etats), impose de doter les appareils d’au moins un port USB-C et de garantir que tous les chargeurs soient interchangeables. Les équipes du commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, aux manettes, visent large : le projet concernera aussi les tablettes, les casques audios, les caméras et les enceintes musicales (mais pas les liseuses).

Crise des sous-marins :Un vrai complot contre la France

Crise des sous-marins :Un vrai complot contre la France

François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) dénonce « un complot » après l’annulation du contrat de commande des sous-marins français par l’Australie. ( Sur France Info, extrait)

 

 

« C’est un complot. Ce n’est pas simplement l’annulation du contrat des sous-marins »,  explique sur François Heisbourg, conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), spécialiste notamment des relations transatlantiques, alors que la France a rappelé ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie, après l’annulation du contrat de commande des sous-marins français par l’Australie. « Le plus grave dans cette affaire c’est que trois pays alliés, amis, avec lesquels on pensait avoir une certaine forme d’intimité stratégique nous ont menés par le bout du nez », explique-t-il.

Faut-il croire l’ambassadeur de France à Canberra quand il dit avoir été berné, voire manipulé ?

Oui, bien sûr. Sur cet aspect de cette affaire il n’y a pas de divergence. Les Américains et les Britanniques qui étaient en bande organisée avec les Australiens pour mettre sur pied cette opération nous ont tenus dans l’ignorance la plus épaisse. Les Français, comme le reste du monde, ont appris cette affaire dans le courant de la semaine. C’est consternant. Cela rappelle un peu ces grandes catastrophes diplomatiques comme l’affaire de Suez en 1956 quand les Britanniques et les Français avaient voulu mener en secret des opérations militaires sans en parler avec leurs autres alliés. On en ressent encore le contrecoup 70 ans plus tard.

Pourquoi cette action contre la France ?

C’est un complot. Ce n’est pas simplement l’annulation du contrat des sous-marins, les Australiens peuvent décider de changer d’avis à condition de suivre les règles commerciales normales en matière d’annulation de contrat. Le plus grave dans cette affaire c’est que trois pays alliés, amis, avec lesquels on pensait avoir une certaine forme d’intimité stratégique nous ont menés par le bout du nez. On sait que depuis six mois, lorsque la négociation entre les trois pays concernés est entrée dans le dur, le secret a été absolu.

« On a voulu vraiment nous maintenir dans l’opacité et faire passer le message que la France ne fait pas partie de l’anglosphère même si elle a des territoires dans cette région, une présence militaire plus importante que les Britanniques. »

La France a-t-elle encore un rôle international dans cette zone ?

Nous sommes physiquement, politiquement, militairement présents dans cette région, donc on aura forcément un rôle à jouer. Mais ce n’est pas un rôle avec les principales démocraties occidentales présentes. C’est une affaire qui a des implications profondes pas seulement pour les histoires de sous-marins, mais aussi avec le Royaume-Uni. Cela va laisser des traces. Quand je fais la comparaison avec l’affaire de Suez ce n’est pas simplement parce qu’il y a des ressemblances un secret trop bien gardé, c’est aussi parce que des attitudes, des transformations de positionnement qui résultent de ce genre de catastrophe diplomatique peut laisser des traces.

Sous-marins nucléaires américains. un choix militaire judicieux pour l’Australie

Sous-marins nucléaires américains. un  choix militaire judicieux pour l’Australie

Par John Blaxland, Australian National University (*)

 

Le gouvernement australien a décidé que la meilleure option pour le pays était d’accélérer la production d’une plate-forme de sous-marins à propulsion nucléaire plus performante avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

L’Australie sera ainsi plus étroitement intégrée dans l’orbite américaine. Technologiquement et militairement, cela signifie que si les États-Unis entrent en conflit dans la région indopacifique, il sera beaucoup plus difficile pour les Australiens de ne pas être directement et presque automatiquement impliqués.

C’est aussi un élément positif en termes de dissuasion face à la Chine. Sur les prochaines années, le nouvel accord renforcera le pouvoir de dissuasion qu’a l’Australie face à Pékin.

Les stratèges et les dirigeants chinois devront prendre en compte les risques accrus et seront sans doute moins enclins à décider de se lancer dans des actions hostiles. Les enjeux seraient trop élevés et les perspectives de succès trop faibles.

Ces dernières années, le gouvernement australien et son ministère de la Défense ont davantage mis l’accent sur les capacités militaires à plus longue portée, notamment avec la Defence Strategic Update de 2020.

Ce plan inclut l’acquisition de missiles ainsi que de capacités spatiales et cybernétiques. Les sous-marins à propulsion nucléaire s’inscrivent dans ce cadre, bien au-delà des capacités navales australiennes existantes.

L’avantage des sous-marins nucléaires est qu’ils n’ont pas besoin de remonter à la surface et peuvent rester immergés, donc furtifs, plus longtemps. À l’inverse, les sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique) doivent faire surface régulièrement, s’exposant alors à la détection. Ils disposent donc d’une portée furtive bien moindre.

Le nouvel accord va potentiellement transformer les capacités de la défense australienne, lui permettant de déployer ses sous-marins sur des distances bien plus importantes. Par ailleurs, l’Australie sera bien mieux intégrée avec les forces américaines et britanniques.

C’était évidemment moins le cas concernant l’accord précédent, de 90 milliards de dollars australiens (environ 56 milliards d’euros), signé avec la société française DCNS pour construire jusqu’à douze sous-marins.

L’ironie est que la France disposait de la propulsion nucléaire dans ses sous-marins Barracuda ; et si l’Australie avait opté pour cette option lors de la signature de l’accord en 2016, les Français auraient pu dire : « D’accord, nous allons reproduire notre technologie et vous la donner ». Dans ce cas, l’Australie serait sans doute sur le point de se faire livrer son premier sous-marin nucléaire.

Mais les Australiens ont demandé une propulsion conventionnelle, ce qui a retardé le programme français et donne désormais à la France une bonne raison d’être irritée par ce nouvel accord.

La question est de savoir quand les sous-marins américano-britanniques seront opérationnels, car les sous-marins français étaient loin d’être prêts.

Le nouvel accord permet potentiellement à l’Australie de louer des sous-marins britanniques et/ou américains, de manière temporaire, afin de développer l’expertise australienne en matière de propulsion nucléaire. Au minimum, on peut s’attendre à voir des équipages australiens à bord, aux côtés des Américains ou des Britanniques, pour développer leurs connaissances.

Mais pour le moment, l’Australie n’a pas la capacité d’exploiter et de maintenir des sous-marins nucléaires. Elle ne dispose pas de l’infrastructure nécessaire.

Cela signifie que le pays va soit devoir dépenser d’immenses sommes d’argent pour mettre en place cette infrastructure, soit sous-traiter cette mission au Royaume-Uni ou aux États-Unis, ce qui le soumettra à leur dynamique politique intérieure et le rendra redevable.

L’Australie a fait des erreurs dans la gestion de sa future capacité sous-marine ces quinze dernières années. Elle aurait dû prendre une décision sur la conception d’un nouveau sous-marin il y a longtemps – avec un programme de développement réaliste – et s’y tenir.

Ainsi, elle a refusé d’autres options, notamment une mise à niveau de son sous-marin actuel de classe Collins, pour une version plus récente, plus élégante et plus performante.

À la place, le pays a opté pour une conception radicalement nouvelle, que même les Français n’avaient jamais construite auparavant. Tout ce qui fait appel à une technologie de pointe est susceptible d’entraîner des retards et des dépassements de coûts. Et c’est exactement ce à quoi l’Australie a été confrontée.

Entre-temps les tensions sont montées dans la région et la nécessité d’acquérir de nouveaux sous-marins performants est devenue d’autant plus pressante et importante.

La combinaison de ces facteurs a conduit à une réévaluation rigoureuse des décisions antérieures jugées un peu trop hâtives en ce qui concerne les besoins australiens futurs en matière de sous-marins.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la décision australienne d’opter pour une plate-forme technologique fiable, connue, mieux intégrée aux systèmes américains et, avec un peu de chance, opérationnelle beaucoup plus rapidement, semble susciter une large approbation au sein des cercles de l’industrie de la défense du pays.

Les détails restent vagues, mais il semble que le plan initial consiste à sous-traiter le développement des sous-marins aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Mais si l’Australie doit être autonome, ce dont le gouvernement semble reconnaître la nécessité, une grande partie de cette technologie devra être transférée sur place – au moins pour permettre la maintenance.

De nombreux aspects de la construction de ces sous-marins ne sont pas directement liés à des connaissances spécifiques des secrets de la propulsion nucléaire. Une partie considérable du travail pourrait donc être effectuée en Australie. Mais cela entraînera des retards et des coûts supplémentaires.

La situation régionale est plus turbulente que jamais et la perspective que l’alliance américaine vienne à la rescousse l’est aussi. L’ironie est que, afin d’être plus autonome, il est nécessaire pour l’Australie de mettre les bouchées doubles pour intégrer la technologie et les compétences américaines. Les Américains sont les leaders mondiaux dans ce domaine et ils ont la capacité industrielle de fournir rapidement les équipements.

Le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, est allé à Washington pour persuader les États-Unis de partager leur technologie. L’arrangement AUKUS prévoit de développer une base industrielle technologique et des lignes d’approvisionnement – cela signifie que les États-Unis et le Royaume-Uni semblent convaincus de la capacité de l’Australie à soutenir ces engagements.

Comment la Chine va-t-elle réagir ?

La question est fondamentale : cet accord accroît-il la sécurité de l’Australie ? Il ne fait aucun doute que le pays subira des critiques virulentes et acerbes de Pékin, qui verra les récents développements d’un très mauvais œil.

Mais la rhétorique chinoise ne doit pas être prise au pied de la lettre. Elle est en grande partie tournée vers ses propres citoyens. Il s’agit pour la Chine d’influencer et de façonner l’opinion d’une manière qui soit conforme à ce qu’elle perçoit comme étant ses intérêts.

Ces dernières années, à l’image de son renforcement militaire, la Chine s’est radicalisée dans sa rhétorique mais la plupart des experts en sécurité affirment qu’il s’agit surtout d’intimider des adversaires potentiels afin qu’ils fassent marche arrière.

Alors, une coalition AUKUS plus performante, avec l’Australie au milieu, dissuade-t-elle ou agace-t-elle encore plus la Chine ?

Il y a, en Australie, un consensus croissant sur le fait que le pays doit faire davantage pour dissuader les actions chinoises dans la région. Or, la dissuasion exige des capacités crédibles. Cette nouvelle alliance est cohérente avec ce raisonnement.

Le pays a décidé de mettre ses œufs dans le panier de la sécurité américaine depuis 70 ans – et cette nouvelle coalition va dans ce sens. L’espoir est que la collaboration avec le Royaume-Uni et les États-Unis améliorera la capacité de l’Australie à se défendre.

Mais les sous-marins ne sont vraiment utiles que si vous envisagez de devoir les utiliser. Tant que ce n’est pas le cas, une diplomatie habile et un engagement régional sont essentiels. Le Livre blanc de la politique étrangère australienne de 2017 parlait d’investir dans les liens de sécurité régionale. Pour que ce changement de politique améliore la sécurité du pays, il doit être associé à des efforts beaucoup plus importants visant à renforcer la sécurité et la stabilité aux côtés des voisins de l’Australie en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique.

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(*) Par John Blaxland Professor, Strategic and Defence Studies Centre, Australian National University.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Covid-19 : un manque de 500 millions de vaccins pour l’Afrique (OMS)

Covid-19 : un manque  de 500 millions de vaccins pour l’Afrique (OMS)

L ‘Afrique va manquer de presque 500 millions de doses par rapport à l’objectif mondial de 40% de vaccinés à la fin de l’année, a regretté jeudi 16 septembre l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Manquant de doses, Covax (mécanisme de solidarité inter nationale pour le vaccin) va expédier en Afrique environ 150 millions de vaccins de moins que ce qui était prévu. En prenant en compte ce déficit, 470 millions de doses de vaccins attendues sur le continent permettront de vacciner seulement 17% de la population, a estimé le bureau régional pour l’Afrique de l’OMS. Il en faudrait deux fois plus pour atteindre les 40%.

L’Afrique a franchi cette semaine la barre des huit millions d’infections, souligne l’OMS.

Brésil : Bolsonaro tombe à 22 % de soutien dans un sondage

Brésil : Bolsonaro tombe à 22 % de soutien dans un sondage

La cote de popularité du président brésilien a baissé à son niveau le plus bas en près de trois ans de mandat, avec seulement 22% d’opinions favorables, selon un sondage de l’institut Datafolha publié jeudi 16 septembre.

Seules 22% des personnes interrogées jugent la gestion du président d’extrême droite « bonne » ou « très bonne », contre 24% en juillet, selon ce premier sondage publié après les grandes manifestations que Jair Bolsonaro avait convoquées le 7 septembre pour galvaniser ses soutiens.

Le pourcentage d’opinions défavorables est passé à 53%, contre 51% en juillet et 45% en mai, pour ce sondage mené par cet institut de référence auprès de 3 667 personnes, du 13 au 15 septembre.La situation économique du Brésil s’est par ailleurs dégradée, avec une inflation galopante et une crise énergétique causée par une sécheresse historique.

Économie : un plan pour les indépendants

Économie : un plan pour les indépendants

Au congrès des entreprises de proximité (U2P), à la Maison de la mutualité, à Paris. le chef de l’État leur a annoncé un plan spécifique pour les indépendants et entrepreneurs libéraux

Le premier axe porte notamment sur le statut des indépendants et la protection de leur patrimoine en cas de défaillance. L’insaisissabilité de la résidence principale des particuliers à leur compte, est étendue à l’ensemble des biens personnels.

Le cout du régime facultatif de couverture contre le risque d’accident du travail et de maladies professionnelles dont le coût est élevé, sera diminué de 30 %, sans impact sur les prestations offertes.

Les critères d’éligibilité à l’allocation des travailleurs indépendants (ATI), jugés «trop restrictifs», vont ainsi être assouplis. Tous les travailleurs indépendants qui cesseront leur activité pourront désormais toucher l’assurance-chômage une fois tous les cinq ans.

Le président de la République a aussi annoncé une baisse du taux d’imposition en cas de transmission d’entreprise durant les dix années qui suivent la reprise, «notamment pour dynamiser la reprise des fonds de commerce», souligne-t-on à l’Élysée. Cette mesure est évaluée autour de 100 millions d’euros. Le plan prévoit également des allègements fiscaux pour les cessions d’entreprises réalisées lors d’un départ à la retraite.

Enfin, les démarches avec l’Urssaf seront simplifiées. Pour répondre à une demande formulée depuis longtemps par ces professionnels, leurs cotisations seront désormais calculées et versées en temps réel.

Un plan pour les chômeurs longue durée (Élisabeth Borne)

Un plan pour les chômeurs longue durée (Élisabeth Borne)

La ministre du Travail, Élisabeth Borne à déclaré que le gouvernement va lancer «un plan inédit sur les chômeurs de longue durée» en finançant les entreprises qui formeront pendant plusieurs mois ces demandeurs d’emploi. Selon les dernières données officielles, la France (hors Mayotte) comptait au deuxième trimestre 3,026 millions de demandeurs d’emploi de longue durée, inscrits depuis plus d’un an (catégorie A,B,C), avec plus d’1,5 millions inscrits depuis plus de deux ans.

Les demandeurs d’emploi de longue durée représentent désormais 50,3% des inscrits, le seuil des 50% ayant été franchi en janvier.

«Nous allons financer les entreprises qui formeront pendant plusieurs mois les demandeurs d’emploi de longue durée», poursuit la ministre.

Un autre mandat de Macron serait nuisible à la France (Jean-Christophe Lagarde , UDI)

Un autre mandat de Macron serait nuisible à la France (Jean-Christophe Lagarde , UDI)

 

Pour Jean-Christophe Lagarde, président de l’Union des démocrates et indépendants, un  second mandat de Macron serait nuisible à la France. Les trois quarts des Français voudraient un autre président. S’il l’emportait face à Marine Le Pen, il serait un président de renoncement. Il n’aurait pas les moyens de gouverner. Emmanuel Macron n’a plus de vision, depuis les Gilets jaunes, il est perdu dans sa vision du pays. Il a découvert qu’il ne pouvait pas être que le président des élites. » (papier de l’Opinion, extrait)

Jean-Christophe Lagarde ajoute: « A l’UDI, nous avons proposé beaucoup de choses au gouvernement. En décembre 2020, on évoquait le pass sanitaire, on nous répondait que c’était une ânerie ! Ce que j’attends du Président, ce n’est pas qu’il s’adapte, mais qu’il dirige et qu’il anticipe (…). Je ne dis pas que tout a été mal fait mais que beaucoup de choses ont été faites en retard et ça a coûté des vies. Dans cette crise, il y a un responsable, dont le boulot était de nous protéger et qui ne l’a pas fait, c’est Jérôme Salomon. Plus d’un an après, il est encore aux commandes. Qui le protège et pourquoi ? »

Concernant la difficulté pour Les Républicains à se mettre d’accord sur le mode de désignation de son candidat, Jean-Christophe Lagarde relativise : « Soit on ne veut pas d’un deuxième mandat de Macron, donc la droite et le centre doivent se trouver un candidat. Le processus de désignation LR, s’il aboutit à un seul candidat, tant mieux. Si ce n’est pas le cas, alors que chacun défende ses idées. Ce n’est pas contre Emmanuel Macron, mais s’il est réélu, il ne sera pas un président choisi mais un président par défaut. »

Jean-Christophe Lagarde explique encore : « Je ne suis pas sûr que le mode de désignation soit très important. Les sondages ne sont que des sondages, il y a une certaine stabilité des électeurs de la droite mais il y a un phénomène nouveau, Eric Zemmour. L’écart entre Bertrand et Le Pen serait de trois points. Beaucoup de Français ne souhaitent pas du débat Le Pen/Macron. »

Dans son nouveau livre, Eric Zemmour ne présente pas de programme pour ainsi dire, mais il s’en dégage un ton. Suffisant pour inquiéter à droite ? « C’est une bulle médiatique où tout le monde s’excite autour de quelqu’un qui n’a aucun projet pour la France, pense Jean-Christophe Lagarde (…). L’histoire du prénom, par exemple, c’est du racisme ! »

Énergie: un chèque électoral de 100 euros

Énergie: un chèque électoral de 100 euros

 

Une « aide sociale exceptionnelle de 100 euros supplémentaires » destinée aux 5,8 millions de ménages qui ont bénéficié du chèque énergie cette année, a annoncé Matignon à la presse, mercredi. Ce soutien exceptionnel sera versé en décembre. Un chèque forcément bien accueilli par les ménages bénéficiaires compte tenu de l’envolée des prix de l’énergie mais qui dégage cependant un certain parfum électoral.

Un nouveau parti fédérateur pour la majorité ?

Un nouveau parti fédérateur pour la majorité ?

 

« Il est à craindre que ce nouveau parti unique du Président ne retrouve pas l’adhésion dégagiste qui avait en 2017 propulsé LREM au panthéon des victoires électorales d’anthologie » par Gilles Savary (dans l’OPINION)

 

 

Au moment où s’enchaînent les déclarations de candidature à l’élection présidentielle de l’an prochain, il est légitime que les camps en présence se mettent en ordre de campagne. Si Emmanuel Macron, accaparé par ses responsabilités, attend son heure pour sortir du bois, sa majorité sortante cherche la martingale lui permettant de créer une dynamique de campagne gagnante. L’équation n’est pas simple après des élections intermédiaires marquées par une nette attrition de sa base électorale et un retour palpable des identités politiques.

Certes, les institutions de la Ve République structurent la vie politique française autour de l’élection présidentielle, dans un rapport singulier entre le Président élu et le pays. Et à ce titre, Emmanuel Macron est mieux placé que ses prédécesseurs pour en relever le défi, mais rien ne dit cette fois que sa majorité sortante sera reconduite aux législatives par la seule vertu de l’inversion du calendrier. Son positionnement centriste n’est pas le plus confortable dans un jeu électoral français qui privilégie naturellement une bipolarisation, et son parti, La République en marche, qui lui a assuré bravement une majorité parlementaire loyale, n’a pas réussi son implantation politique.

Stéphane Séjourné, le conseiller politique de l’Elysée, y voit la nécessité de rebattre les cartes en remettant sur l’ouvrage le vieux rêve de François Bayrou d’un « parti démocrate ». Cette proposition n’aurait pas grand-chose à voir avec le grand « parti démocrate » américain qui s’affiche clairement à gauche sur un échiquier politique bipartisan, mais elle permettrait opportunément de ripoliner LREM et d’introduire une confusion sémantique et politique avec le MoDem, dont l’implantation est incomparablement plus forte que celle des députés sortants LREM. Il est cependant permis de douter de sa force d’attraction sur les électorats de droite et de gauche, dont Emmanuel Macron a impérativement besoin pour élargir sa base électorale.

On saura très vite si les autres composantes de la majorité, notamment la future formation de droite réformiste d’Edouard Philippe, s’embarqueront dans ce nouveau véhicule, et dans quelle configuration.

 Dans tous les cas, il est à craindre que ce nouveau parti unique du Président ne retrouve pas l’adhésion dégagiste qui avait en 2017 propulsé LREM au panthéon des victoires électorales d’anthologie.

Le dépassement « gauche-droite » étant la marque de fabrique d’Emmanuel Macron, il y a deux façons de l’envisager : soit, par acte de foi, en considérant qu’il doit s’accomplir au sein d’un parti unique du Président, mais avec le risque que les électeurs ne retrouvent pas l’ADN du dépassement dans une formation centriste et n’aient plus envie de délivrer un blanc-seing à un clone de LREM. Soit, le Président étant réélu, en allant chercher ailleurs des renforts extérieurs, de gauche et de droite, disposés à ne pas rester cinq ans en jachère gouvernementale, sur la base d’un programme de coalition à l’allemande. L’un n’exclut pas la nécessité de l’autre.

Plus que jamais, l’élection présidentielle sera la mère des batailles, joker de la dissolution en main pour l’heureux élu, s’il s’avérait difficile de trouver une majorité à l’Assemblée nationale.

Gilles Savary est ancien député PS de la Gironde et délégué général de Territoires de progrès.

Agnès Buzyn : Un procès pour rien ?

Agnès Buzyn : Un procès pour rien ?

 

Après la mise en examen de l’ancienne ministre devant la Cour de justice de la République, les deux juristes Olivier Beaud et Cécile Guérin-Bargues estiment, dans une tribune au « Monde », que le risque est grand de voir les attentes des plaignants déçues.

 

Tribune. 

 

Comme les émigrés de l’Ancien Régime, les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR) n’ont « rien appris et ils ont tout oublié ». Plus de vingt ans après l’affaire du sang contaminé, ils viennent de mettre en examen Agnès Buzyn, ministre de la santé de mai 2017 à février 2020, pour « mise en danger de la vie d’autrui » en raison du rôle qu’elle a joué dans la gestion de l’épidémie de Covid-19. Ils estiment donc que son prétendu défaut d’anticipation ou son éventuelle incompétence relèvent de la responsabilité pénale.

On retrouve ici le cocktail explosif du drame du sang contaminé : un problème sanitaire majeur et des familles endeuillées qui, encouragées par leurs avocats, cherchent à imputer, par la voie pénale, la responsabilité de leurs souffrances aux gouvernants et décideurs publics. Dans un cas comme dans l’autre, les magistrats de la commission d’instruction de la CJR leur ont emboîté le pas, en tablant sur la contestable élasticité du droit pénal et sur la possibilité qui leur est offerte de requalifier pénalement les faits.

En adoptant ici une incrimination définie de manière aussi vague que la « mise en danger de la vie d’autrui », les magistrats tombent dans une lecture rétroactive des faits, prompte à condamner des décisions ministérielles pourtant prises dans une période d’incertitude scientifique maximale quant à l’étendue et à la dangerosité du Covid-19.

La liberté d’action de la ministre, contrainte par la pénurie de masques, et le contexte politique, marqué par la volonté de la grande majorité des responsables politiques de maintenir les élections municipales de mars 2020, seront probablement minorés. L’instruction, éminemment complexe dans un tel dossier, sera encore ralentie par l’existence de procédures parallèles nées de plaintes relatives aux mêmes faits mais déposées devant les juridictions ordinaires, car visant des décideurs publics qui ne sont pas des « membres du gouvernement », pour lesquels seule la CJR est compétente (article 68-1 de la Constitution).

La suite de l’histoire est pourtant écrite. Incapable de résister à la pression d’une opinion publique qui exige qu’on lui rende des comptes, la commission d’instruction saisira la juridiction de jugement. Il reviendra alors à trois magistrats issus de la Cour de cassation et à douze parlementaires de tenter de déterminer s’il y a bien eu, de la part de la ministre, une violation délibérée d’une règle de prudence ou de sécurité.

Consommateurs: un déluge de 1200 publicités par jour

Consommateurs: un déluge de 1200 publicités par jour

 «Pour  Dorothée Rieu. Docteur en neurosciences et spécialiste de la mémoire, la connaissance du fonctionnement du cerveau humain est une arme de choix pour orienter les décisions du consommateur.

 

Les marques doivent capter l’attention du consommateur, qui est hypersollicité: il voit 1200 publicités par jour en moyenne! «Pour ressortir dans ce brouhaha, l’heure de passage d’une publicité, ses aspects auditifs, visuels, l’impact des messages qui la précèdent et la suivent, le support choisi pour la passer, l’emplacement, etc., tout peut être testé en changeant une seule variable à la fois – tout le reste étant égal par ailleurs – jusqu’à trouver la formule la plus pertinente», explique Dorothée Rieu

Présidentielle 2022 : « offrir un avenir à tous nos enfants » (Hidalgo)

Présidentielle 2022 : « offrir un avenir à tous nos enfants » (Hidalgo)

 

Un slogan qui ne mange pas de pain, celui d’Anne Hidalgo déclarant sa candidature « offrir un avenir à tous nos enfants » et « bâtir une France plus juste »

Un slogan qui se veut très rassembleur puisqu’il pourrait être repris par chacun des candidats tellement il manque de fond. Un slogan sans doute plus adapté pour faire la promotion des yaourts ou d’une marque de lessive que pour constituer une orientation politique.

Créditée actuellement de 7 à 9% des voix selon les sondages, la maire de Paris rejoint une longue liste de candidats à gauche. Outre Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France insoumise, sont aussi déclarés Arnaud Montebourg et Fabien Roussel, le chef du Parti communiste. Il faudra aussi compter avec le gagnant de la primaire écologiste, dont le premier tour est organisé à la fin de la semaine.

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