Archive pour le Tag 'croissance'

Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Une hausse des taux d’intérêt compatible avec la croissance ?

Une hausse des taux d’intérêt compatible avec la croissance ?

 

 

Frédéric Leroux, membre du comité d’investissement stratégique de Carmignac  estime que les banques centrales pourraient retrouver des marges de manœuvre sur les taux… à moins que le variant Omicron ne rebatte les cartes, estime, dans une chronique, Frédéric Leroux, membre du comité d’investissement stratégique de Carmignac. ( Le Monde)

 

 

l’approche des fêtes de fin d’année, la menace du Covid-19 a refait surface sur les marchés financiers avec la découverte du nouveau variant Omicron, dont les effets sur l’économie mondiale pourraient être récessifs et inflationnistes. C’est en tout cas la crainte qui a animé vendredi 26 novembre les marchés financiers, dans une réaction très vive à la diffusion de cette nouvelle.

S’il est encore trop tôt pour savoir quelles seront les conséquences du variant, les banquiers centraux entrevoient, pour l’heure, un retour progressif à une inflation léthargique et à une croissance poussive de l’économie mondiale.

Dopé par des politiques de taux d’intérêt toujours plus bas, l’endettement n’a cessé de croître. Ce cocktail – concocté depuis trop longtemps par les banques centrales – est aussi euphorisant pour les marchés financiers qu’il est déprimant pour les ménages qui voient stagner leurs salaires, victimes collatérales de cette croissance atone sous perfusion monétaire.

En excluant la nouvelle menace Covid-19, les investisseurs envisagent, eux, un scénario différent. Ils anticipent ainsi une inflation un peu plus tenace et des hausses de taux directeurs plus rapides et plus nombreuses que ce que prévoient les banques centrales.

Plus de déboires que de satisfactions

Jusqu’à présent, les investisseurs obligataires n’ont pas vraiment voulu, ou pu, se mesurer aux autorités monétaires. Il faut en effet aujourd’hui beaucoup d’énergie, de courage et des poches profondes pour lutter contre cette « répression financière » qui contraint les fonds privés vers le financement des déficits et de la dette publics contre une rémunération si faible qu’elle est parfois négative. L’économie de marché a grand besoin d’une politique monétaire plus orthodoxe.

Les investisseurs anticipent une inflation un peu plus tenace et des hausses de taux directeurs plus rapides et plus nombreuses que ce que prévoient les banques centrales

Comment les taux d’intérêt pourraient-ils retrouver leur signification économique pour permettre à l’entrepreneur de récupérer sa boussole et au système économique, sa capacité à allouer les ressources de façon optimale ?

Un consensus plus large sur une inflation durablement supérieure aux objectifs des banques centrales (fixés entre 2 % et 2,5 %) devrait finir par favoriser l’ajustement des taux d’intérêt. Or – bonne nouvelle ! –, un changement de paradigme est en train de s’opérer aux Etats-Unis, où la raréfaction de la main-d’œuvre disponible met le salarié américain en position de force dans les négociations sur les rémunérations.

Cela devrait nourrir l’inflation et l’installer durablement au-delà des objectifs des banquiers centraux après des décennies de résignation salariale qui ont nourri l’humeur déflationniste des consommateurs. Les enquêtes statistiques sur le sentiment des consommateurs tendent d’ailleurs à montrer que ces derniers rechignent de moins en moins, pour s’équiper, à passer à l’acte malgré les hausses de prix parfois fortes de certains biens d’équipement.

Le retour potentiel d’une boucle prix-salaires approche, tout comme l’heure de la normalisation des politiques monétaires. Reste qu’une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt sans croissance positive apporterait plus de déboires que de satisfactions.

Inflation et taux d’intérêt plus élevés

Mais, là aussi, les bonnes surprises sont nombreuses et plusieurs éléments alimentent la perspective d’une croissance soutenue à moyen terme. Les programmes américains de soutien aux ménages ont engendré une épargne disponible et un effet richesse considérables depuis le début de la pandémie. La réouverture de l’économie mondiale et la fin prochaine des pénuries actuelles vont libérer encore davantage de croissance économique.

La profitabilité record des entreprises va favoriser les investissements. Les taux d’intérêt réels devenus très négatifs sous l’effet de la répression financière encouragent également l’investissement et pourront même nettement remonter avant de devenir un frein, voire un obstacle. L’économie chinoise, dont le cycle est décalé par rapport au cycle américain (les Etats-Unis sont en expansion monétaire et budgétaire alors que la Chine met actuellement en œuvre des politiques monétaire et budgétaire restrictives qui ralentissent l’activité), pourrait aussi prendre le relais comme moteur de la croissance mondiale, le moment venu.

A moins d’un impact majeur du nouveau variant Omicron, il y a donc une fenêtre de tir durant laquelle la croissance semble pouvoir s’accommoder d’une inflation et de taux d’intérêt plus élevés. Une première depuis longtemps, qui ouvre la voie à une croissance nominale forte, capable d’éroder la dette.

 

Croissance : la France encore en retard sur 2019

Croissance : la France encore en retard sur 2019

La France a beau  affiché des taux de croissance flatteur de 6 à 7 % pour 2021, le niveau de l’activité est encore inférieur à celui de 2019. En France, selon l’Insee, la croissance du PIB atteint 3% au troisième trimestre, contre 1,3% au second trimestre. Du coup, le PIB retrouve quasiment son niveau d’ »avant-crise » du Covid. C’est toujours la consommation des ménages qui tire le rebond de l’activité, soit une hausse de 5% au troisième trimestre (contre 1,2% au trimestre précédent). Cette consommation est portée par la consommation de services (restaurants et hôtels) mais également par la culture et les loisirs.

À noter cependant que, le pouvoir d’achat des ménages est resté stable au troisième trimestre. Une situation qui ne saurait durer très très longtemps car la France vient d’enregistrer fin octobre une inflation officielle de près de 3 %. Une évolution qui va rapidement poser la question du revenu du travail et de l’épargne. Les Français commencent donc à puiser dans leur épargne excédentaire, estimée à près de 160 milliards d’euros. Le taux d’épargne, de plus de 20% en début d’année, s’établit à la fin du troisième trimestre à 17,5%, un niveau encore supérieur à celui d’avant-crise (15% en 2019).

 

Croissance France: « reprise en trompe-l’œil» (Nicolas Baverez)

Croissance France: « reprise en trompe-l’œil» (Nicolas Baverez)

 

La reprise économique en France est en  trompe-l’œil d’après Nicolas Baverez  dans le Figaro:

En 2021, la croissance de l’économie française atteindra 6,25 %, selon l’Insee, soit sa meilleure performance depuis 1973, ce qui permettra à l’activité de retrouver son niveau de 2019 en fin d’année. L’emploi salarié privé et public dépassait déjà de 145.500 postes son étiage d’avant la pandémie au début de l’été. À entendre le gouvernement, l’économie française serait ainsi non seulement en passe de surmonter le choc le plus violent qu’elle a subi depuis la Deuxième Guerre mondiale, mais elle en sortirait renforcée.

La réalité est toute différente: pour être vigoureuse, la reprise est hémiplégique et restera éphémère compte tenu de l’accroissement des faiblesses structurelles de notre économie.

La forte croissance de 2021 résulte entièrement de l’effet de rattrapage qui suit la récession historique de 8 % du PIB en 2020, récession dont la nature reste unique puisqu’elle n’a pas été provoquée par des déséquilibres économiques mais par les mesures sanitaires prises par l’État .

De fait, la reprise constatée en 2021 de l’ordre de 6 à 7 %, ne constitue pas un phénomène exceptionnel car il s’agit essentiellement d’un rattrapage de la perte de 8 % enregistrés en 2020. Pour 2021, même une croissance espérée autour de 4 % ne constituerait aussi qu’un phénomène de rattrapage. Au lieu d’une régression en 2020, on aurait pu penser à une augmentation d’environ 2 % du PIB. On aurait pu espérer de toute manière une augmentation équivalente en 2021. Il faut donc soustraire au moins 4 % aux vrais gains de 2021 et 2% à la croissance espérée en 2022. Pour preuve, du fait de ses faiblesses structurelles, la France va reprendre son rythme habituel de croissance de 1,5 à 2 % en 2023 t les années proche suivantes..

Croissance : le Covid-menace la reprise économique

Croissance : le Covid-menace la reprise économique

 

Peu de médias ont souligné le tassement de l’économie française en cette fin 2021 et qui se caractérise notamment par un tassement de la consommation comme du moral des ménages et des entreprises. On préfère avancer les prévisions très optimistes des instituts économiques notamment de l’OCDE.

Les prévisions de l’OCDE pour la zone euro sont bonnes avec une croissance qui devrait passer à 5.3% en 2021, avec 6.3% pour la France en 2021 et 4 % en 2022.

Les indices markit sont moins optimistes.

La croissance de l’activité du secteur privé en France a en effet encore ralenti en octobre, freinée par la perturbation des chaînes d’approvisionnement, selon les données provisoires publiées vendredi par IHS Markit.

L’indice PMI composite de la France s’est replié à 54,7 en octobre, son plus bas niveau depuis six mois, contre 55,3 en septembre.

Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion de l’activité par rapport au mois précédent, tandis qu’un chiffre inférieur à 50 dénote un recul.

La reprise économique en France a reposé sur le secteur des services en octobre, commente Joe Hayes, économiste à IHS Markit, en soulignant que la production dans le secteur manufacturier a accusé sa première contraction depuis janvier dernier.

« Dans l’ensemble du secteur privé, la croissance de l’activité a ralenti pour afficher son plus faible rythme depuis six mois, le renforcement de l’expansion dans le secteur des services n’ayant pas suffi à contrebalancer le fort impact des difficultés d’approvisionnement sur l’activité des fabricants », ajoute l’économiste.

Mais pèsent  désormais des risques sur la reprise économique en France.

« Si les autorités françaises semblent pour l’heure écarter la possibilité d’introduire elles-mêmes des restrictions, l’évolution du virus dans les  prochaines semaines jouera un rôle déterminant sur l’activité économique à court terme », a expliqué l’économiste de Markit Joe Hayes dans un communiqué.

L’interaction croissance énergie et le découplage

 

L’interaction croissance énergie et le découplage

Les deux consultants Marc Campi et Guillaume Flament rappellent dans une tribune au « Monde » que croissance économique et augmentation de la consommation énergétique ont toujours été liées.

 

Tribune.

 

C’est parce qu’il devient évident que le réchauffement climatique accélère et que les pays vont vraiment devoir réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que la question des conséquences de cette réduction sur la croissance économique commence à entrer dans le débat public. En France, le sujet va sans doute occuper une partie de la campagne présidentielle, même si le candidat écologiste désigné souhaite mettre en avant une écologie « réaliste » et semble ainsi vouloir éviter de prendre le sujet de front.

Il est admis dans la théorie économique, depuis la publication de l’article « A Contribution to the Theory of Economic Growth », The Quarterly Journal of Economics, n° 1/70, en 1956, de Robert M. Solow, que la production (le fameux produit intérieur brut − PIB) peut être décrite comme une fonction qui mêle trois facteurs : le capital, le travail et un troisième facteur, défini mathématiquement par défaut, dénommé « productivité globale des facteurs ».

Ce troisième facteur explique en réalité, sur les cent cinquante dernières années, l’essentiel de la croissance économique (en moyenne 80 %, avec des variations selon les pays). Cette productivité globale des facteurs traduit la capacité que les économies ont à produire toujours plus de valeur à partir de stocks de capital et de travail, certes en hausse, mais en hausse modérée par rapport à celle de la production.

La question aujourd’hui est de savoir s’il va être possible d’assurer la décroissance des émissions de GES sans altérer le potentiel de croissance de l’économie : c’est la notion de « découplage absolu », telle qu’elle est utilisée dans différents rapports des Nations unies depuis 2011. Cette notion est centrale car, si la baisse d’émissions de GES devait se traduire par une baisse de l’activité économique, la transition climatique serait difficile à réaliser et se heurterait potentiellement à des réticences insurmontables des populations.

Si on considère que la productivité globale des facteurs explique une grande partie de la croissance, la question revient donc à s’interroger sur la possibilité de maintenir un rythme satisfaisant de hausse de cette productivité globale des facteurs alors qu’il faudra, au même moment, réduire drastiquement l’utilisation des énergies carbonées. Or le passé nous montre qu’il existe, depuis le début de la révolution industrielle, une relation « fusionnelle » entre la croissance de la productivité globale des facteurs et la croissance de la consommation d’énergie.

Croissance : tassement au quatrième trimestre

 Croissance : tassement au quatrième trimestre

L’économie avait progressé de 3 % d’après l’INSEE au troisième trimestre mais la Banque de France prévoit un net tassement de la croissance au quatrième. Le produit intérieur brut (PIB) de la France, deuxième économie de la zone euro, devrait progresser de 0,75% sur la période octobre-décembre, a indiqué la banque centrale dans son rapport mensuel.

Les entreprises interrogées par la BdF dans le cadre de son enquête de conjoncture mensuelle ont dit s’attendre en novembre à une amélioration de l’activité dans le secteur des services et à un léger ralentissement dans l’industrie et le bâtiment.

Parmi les dirigeants d’entreprises industrielles interrogés, 56% ont dit être pénalisés par les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, un pourcentage stable par rapport à octobre. Dans le secteur automobile, ce taux s’élève à 86%.

Pour la première fois depuis des mois, le pourcentage de dirigeants faisant part de problèmes d’approvisionnement dans le secteur du bâtiment a reculé, à 58% contre 62% le mois précédent.

L’enquête de la BdF montre par ailleurs que 49% des entreprises interrogées ont rapporté des difficultés de recrutement, soit une baisse par rapport à octobre (54%), notamment grâce au secteur des services où le pourcentage a reculé à 50% contre 57%.

Croissance: les trois risques qui pèsent sur la France

 

Croissance: les trois risques qui pèsent sur la France

 

 

D’après un important rapport de l’OCDE, la France s’en est pas trop mal sortie vis-à-vis de la quatrième vague de la pandémie. Ceci étant,  la forte croissance de 2021 n’est qu’une compensation de la baisse enregistrée en 2020. Pour l’avenir plusieurs inquiétudes sont à prendre en compte des 2022.  « Trois risques pèsent sur la croissance française. Le premier est le retour de la pandémie. Le second risque est le manque de main d’œuvre. Le troisième risque est l’inflation »

Le pays est également critiqué pour sa politique environnementale. La France se situe encore en deçà de ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et polluants atmosphériques, d’augmentation de la sobriété énergétique, de diversification de son mix électrique, et de meilleure préservation de la biodiversité«  indique l’OCDE.

La France a fait des efforts en matière de gouvernance sur la transition écologique. Malgré tous ses efforts, l’écart entre les objectifs et les résultats montre un retard de la France.. Trois secteurs représentent 60% des émissions. Il s’agit des transports, le bâtiment et l’agriculture » a expliqué l’économiste de l’OCDE Priscilla Fialho lors d’une réunion organisée par France Stratégie ce jeudi après-midi.  Les auteurs de l’étude de plus de 150 pages remise à Bercy insistent en particulier sur le rythme de réduction des émissions carbone jugé « insuffisant » pour atteindre les objectifs européens en 2030 et en 2050. A cela s’ajoute la hausse de l’empreinte carbone de l’Hexagone qui prend en compte les émissions de dioxyde de carbone importées.

« Il faut renforcer les instruments de marché et la fiscalité environnementale pour modifier les comportements des ménages et des entreprises. Même si la fiscalité du carbone peut avoir des effets régressifs, elle fait preuve d’efficacité. Il y a beaucoup d’exonérations fiscale sur le gazole non routier par exemple. La fiscalité environnementale est très peu acceptée. Il faut donc utiliser les autres instruments comme les normes ou les aides à l’achat » a indiqué Priscilla Fialho.

Enfin, la reprise économique est loin d’avoir mis fin au chômage des jeunes et des seniors en France. « Le taux d’emploi des jeunes et des plus âgés est plus faible en France que dans la moyenne des pays de l’OCDE » a rappelé l’économiste Antoine Goujard.

Comment découpler croissance et énergie ?

Comment découpler croissance énergie

Les deux consultants Marc Campi et Guillaume Flament rappellent dans une tribune au « Monde » que croissance économique et augmentation de la consommation énergétique ont toujours été liées.

 

Tribune.

 

C’est parce qu’il devient évident que le réchauffement climatique accélère et que les pays vont vraiment devoir réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) que la question des conséquences de cette réduction sur la croissance économique commence à entrer dans le débat public. En France, le sujet va sans doute occuper une partie de la campagne présidentielle, même si le candidat écologiste désigné souhaite mettre en avant une écologie « réaliste » et semble ainsi vouloir éviter de prendre le sujet de front.

Il est admis dans la théorie économique, depuis la publication de l’article « A Contribution to the Theory of Economic Growth », The Quarterly Journal of Economics, n° 1/70, en 1956, de Robert M. Solow, que la production (le fameux produit intérieur brut − PIB) peut être décrite comme une fonction qui mêle trois facteurs : le capital, le travail et un troisième facteur, défini mathématiquement par défaut, dénommé « productivité globale des facteurs ».

Ce troisième facteur explique en réalité, sur les cent cinquante dernières années, l’essentiel de la croissance économique (en moyenne 80 %, avec des variations selon les pays). Cette productivité globale des facteurs traduit la capacité que les économies ont à produire toujours plus de valeur à partir de stocks de capital et de travail, certes en hausse, mais en hausse modérée par rapport à celle de la production.

La question aujourd’hui est de savoir s’il va être possible d’assurer la décroissance des émissions de GES sans altérer le potentiel de croissance de l’économie : c’est la notion de « découplage absolu », telle qu’elle est utilisée dans différents rapports des Nations unies depuis 2011. Cette notion est centrale car, si la baisse d’émissions de GES devait se traduire par une baisse de l’activité économique, la transition climatique serait difficile à réaliser et se heurterait potentiellement à des réticences insurmontables des populations.

Si on considère que la productivité globale des facteurs explique une grande partie de la croissance, la question revient donc à s’interroger sur la possibilité de maintenir un rythme satisfaisant de hausse de cette productivité globale des facteurs alors qu’il faudra, au même moment, réduire drastiquement l’utilisation des énergies carbonées. Or le passé nous montre qu’il existe, depuis le début de la révolution industrielle, une relation « fusionnelle » entre la croissance de la productivité globale des facteurs et la croissance de la consommation d’énergie.

Croissance et progrès technique ne vont pas forcément de pair

Croissance et progrès technique ne vont pas forcément de pair

 

L’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur rappelle, dans sa chronique au Monde , que la quête du profit a mené, dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, le premier exploitant de la machine à vapeur à la faillite.

 

Chronique. 

 

La COP26 a certes échoué à définir les modalités partagées d’une révolution énergétique, mais celle-ci se dessine néanmoins pour les prochaines décennies : les énergies carbonées, qui ont permis la croissance des âges industriel et postindustriel, vont céder le pas. De multiples innovations ont déjà réduit massivement les coûts des énergies renouvelables (éolien et solaire). Les investissements suivront tout seuls, disent les optimistes. Pourtant, ni les choix politiques ni les investissements privés ne dépendent des seules réductions de coûts, comme le rappellent les premiers pas de la machine à vapeur, symbole de la révolution industrielle anglaise.

 

L’extraction massive du charbon permit à l’Angleterre de surmonter la pénurie d’énergie qui la guettait à la fin du XVIIIe siècle, quand les cours d’eau étaient saturés de moulins et les forêts surexploitées. Outre le chauffage et bientôt le transport, elle permit de produire une énergie mécanique en quantité très supérieure, et moins contraignante à localiser. La machine à vapeur de l’inventeur Watt et de l’entrepreneur Boulton reste ainsi le symbole des « lumières industrielles » britanniques.

Dans un travail récemment présenté à l’Ecole d’économie de Paris, Mary O’Sullivan, professeure à l’université de Genève, explique les conditions de l’adoption et de la diffusion de ces machines dans les mines de Cournouailles à partir de 1776.

Obsession pour le profit

L’industrie du cuivre est l’un des secteurs les plus dynamiques de la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, mais son développement se heurte au coût prohibitif du pompage de l’eau dans les mines. La machine de Boulton et Watt permet de réaliser ce pompage à bien moindre coût que celle de Newcomen qu’elle remplace : la réduction de coût (en charbon) est d’au moins 65 %, un vrai saut qualitatif. Après le brevet pris en 1769 et sa prolongation jusqu’à 1800, des perspectives radieuses s’offrent : la demande en cuivre est en hausse grâce aux exportations et, surtout, aux besoins de l’industrie navale qui commence à gainer de cuivre les coques de bois des navires, que les mers chaudes détériorent vite. La Royal Navy, qui règne sur toutes les mers du globe, la Compagnie des Indes et les navires négriers s’équipent rapidement après 1775. En 1779, le gouvernement décide d’en doter toute la Navy – la guerre d’indépendance américaine se joue aussi sur les mers.

 

Pourtant, malgré ce brillant saut technologique et ces perspectives favorables, les mines de Cornouailles vont faire faillite en quelques années. Certes, l’émergence des mines concurrentes d’Anglesey (Pays de Galles) y est pour quelque chose, car le cuivre y est extrait à ciel ouvert à moindre coût. Mais l’obsession de Boulton et Watt pour le profit y est pour davantage. En effet, leur brevet leur permet d’imposer des contrats léonins aux entreprises minières, qui de ce fait ont le plus grand mal à réaliser des profits et doivent fermer certains sites pour éviter de tourner à perte. Obsédés par l’extraction maximale de leur rente, Boulton et Watt négligent les autres débouchés pour leur machine. Ils en retardent notamment l’adaptation à l’industrie textile, bien plus importante mais très concurrentielle. Toujours à la recherche de profit, Boulton cherche, au contraire, à coaliser les entreprises minières dans une fusion puis un cartel qui leur permettrait de contrôler le marché et d’augmenter les prix. Mais les stocks s’accumulent et l’entreprise fait faillite.

Economie- Croissance France : tassement au quatrième trimestre

Economie- Croissance France : tassement au quatrième trimestre

L’économie avait progressé de 3 % d’après l’INSEE au troisième trimestre mais la Banque de France prévoit un net tassement de la croissance au quatrième. Le produit intérieur brut (PIB) de la France, deuxième économie de la zone euro, devrait progresser de 0,75% sur la période octobre-décembre, a indiqué la banque centrale dans son rapport mensuel.

Les entreprises interrogées par la BdF dans le cadre de son enquête de conjoncture mensuelle ont dit s’attendre en novembre à une amélioration de l’activité dans le secteur des services et à un léger ralentissement dans l’industrie et le bâtiment.

Parmi les dirigeants d’entreprises industrielles interrogés, 56% ont dit être pénalisés par les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, un pourcentage stable par rapport à octobre. Dans le secteur automobile, ce taux s’élève à 86%.

Pour la première fois depuis des mois, le pourcentage de dirigeants faisant part de problèmes d’approvisionnement dans le secteur du bâtiment a reculé, à 58% contre 62% le mois précédent.

L’enquête de la BdF montre par ailleurs que 49% des entreprises interrogées ont rapporté des difficultés de recrutement, soit une baisse par rapport à octobre (54%), notamment grâce au secteur des services où le pourcentage a reculé à 50% contre 57%.

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Économie Chine : croissance modeste

Économie Chine  : croissance modeste

Signe sans doute du ralentissement économique mondial au quatrième trimestre, l’indice composite de Caixin pour le mois d’octobre, qui comprend à la fois l’activité manufacturière et l’activité des services, a légèrement augmenté à 51,5 contre 51,4 le mois précédent.

Selon les analystes, le secteur des services, qui a été plus lent à se remettre de la pandémie que l’industrie manufacturière, est plus vulnérable aux résurgences de l’épidémie de coronavirus dans le pays, ce qui assombrit les perspectives de reprise de la consommation dans les mois à venir.

Les  pressions inflationnistes persistantes et les inquiétudes concernant les chaînes d’approvisionneAvant signe sans doute du ralentissement économique mondial,ment ont fait chuter la confiance des entreprises à son plus bas niveau en quatre mois, selon l’enquête.

Sondage : Zemmour ou Le Pen devant

Le risque que l’inflation tue la croissance

 

 

Le concept d’une inflation temporaire et de faible niveau bas sérieusement de l’aile chez les experts. En fait l, a hausse des prix s’explique par des éléments conjoncturels bien entendus mais surtout par des données structurelles par exemple comme la rareté et la hausse des matières premières, les contraintes environnementales ou encore l’augmentation de l’énergie notamment de l’électricité. L’inflation pompe  quelque sorte le pouvoir d’achat des salariés comme des épargnants ; suffisamment pour à partir de 2022 affaiblir de manière significative la croissance.,Les autorités de l’union européenne commence à prendre conscience du danger

Dans ses prévisions d’automne présentées jeudi, la Commission européenne anticipe une croissance du PIB de 5 % cette année pour la zone euro comme pour l’Union dans son ensemble. Soit un rythme plus rapide que les 4,8 % prévus avant l’été, qui devrait permettre à la plupart des pays de l’UE de retrouver un niveau d’avant-crise avant la fin de l’année. Le pronostic pour 2022 est par contre abaissé à 4,3 %, contre les 4,8 % et 4,5 % attendus jusqu’ici pour l’UE et la zone euro respectivement. Pour 2023, la croissance devrait atteindre 2,5 % dans le premier cas et 2,4 % dans le second.Mais pour 2022 le pronostic paraît relativement optimiste.

Il faudra aussi prendre en compte l’élément essentiel que constitue la politique monétaire car les marchés pourraient intégrer plus rapidement que les banques centrales le phénomène de l’inflation. En clair,le danger c’est que la hausse des prix tue la croissance

 

 

Économie–Croissance à 6,75 % : un record à relativiser après la chute de 8 % en 2020

Économie–Croissance à 6,75 % : un record à relativiser après la chute de 8 % en 2020

Tous les médias s’enflamment à propos du taux exceptionnel de progression de la croissance qui pourrait atteindre près de 7 % en 2021. Un record jamais vu indiquent certains médias.

 

Le seul problème c’est que cette augmentation de l’activité correspond à peu près à la perte de croissance de 2020. En effet, au cours de l’année précédente, le PIB  avait chuté de 7,9 %. En réalité l’activité française a tout juste retrouvé son niveau de 2019. Donc, elle est toujours en retard car normalement on aurait pu escompter d’une croissance de 1,5 à 2 % en 2020. La croissance actuelle n’est donc pas exceptionnelle. Le niveau de production est encore tard et nous assistons seulement un phénomène de rattrapage.

Pour preuve, dès 2022 les institutions économiques prévoient une augmentation du PIB de l’ordre de 2 % puis autour de 1,5 % en 2023. C’est-à-dire le retour à la croissance molle.  Ce qui rappelle l’économiste Jean Fourastié. « Il ne faut pas oublier que c’est la contrepartie du -8% de l’année dernière. On devrait revenir sur un régime de croissance de 1,5% autour de 2023″, table l’économiste. Du fait de la brutalité de la reprise, on constate nécessairement des bouchons dans les processus d’approvisionnement, de production et de distribution. Une situation qui devrait se normaliser des 2022.

Croissance à 6,75 % : un record à relativiser après la chute de 8 % en 2020

Croissance à 6,75 % : un record à relativiser après la chute de 8 % en 2020

Tous les médias s’enflamment à propos du taux exceptionnel de progression de la croissance qui pourrait atteindre près de 7 % en 2021. Un record jamais vu indiquent certains médias.

 

Le seul problème c’est que cette augmentation de l’activité correspond à peu près à la perte de croissance de 2020. En effet, au cours de l’année précédente, le PIB  avait chuté de 7,9 %. En réalité l’activité française a tout juste retrouvé son niveau de 2019. Donc, elle est toujours en retard car normalement on aurait pu escompter d’une croissance de 1,5 à 2 % en 2020. La croissance actuelle n’est donc pas exceptionnelle. Le niveau de production est encore tard et nous assistons seulementun phénomène de rattrapage.

Pour preuve, dès 2022 les institutions économiques prévoient une augmentation du PIB de l’ordre de 2 % puis autour de 1,5 % en 2023. C’est-à-dire le retour à la croissance molle.  Ce qui rappelle l’économiste Jean Fourastié. « Il ne faut pas oublier que c’est la contrepartie du -8% de l’année dernière. On devrait revenir sur un régime de croissance de 1,5% autour de 2023″, table l’économiste. Du fait de la brutalité de la reprise, on constate nécessairement des bouchons dans les processus d’approvisionnement, de production et de distribution. Une situation qui devrait se normaliser des 2022.

Croissance France : tassement au quatrième trimestre

Croissance France : tassement au quatrième trimestre

L’économie avait progressé de 3 % d’après l’INSEE au troisième trimestre mais la Banque de France prévoit un net tassement de la croissance au quatrième. Le produit intérieur brut (PIB) de la France, deuxième économie de la zone euro, devrait progresser de 0,75% sur la période octobre-décembre, a indiqué la banque centrale dans son rapport mensuel.

Les entreprises interrogées par la BdF dans le cadre de son enquête de conjoncture mensuelle ont dit s’attendre en novembre à une amélioration de l’activité dans le secteur des services et à un léger ralentissement dans l’industrie et le bâtiment.

Parmi les dirigeants d’entreprises industrielles interrogés, 56% ont dit être pénalisés par les problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, un pourcentage stable par rapport à octobre. Dans le secteur automobile, ce taux s’élève à 86%.

Pour la première fois depuis des mois, le pourcentage de dirigeants faisant part de problèmes d’approvisionnement dans le secteur du bâtiment a reculé, à 58% contre 62% le mois précédent.

L’enquête de la BdF montre par ailleurs que 49% des entreprises interrogées ont rapporté des difficultés de recrutement, soit une baisse par rapport à octobre (54%), notamment grâce au secteur des services où le pourcentage a reculé à 50% contre 57%.

Perspectives économiques 2022 : Le double handicap d’une forte inflation et d’une faible croissance ?

Perspectives économiques 2022 : Le double handicap d’une forte inflation et d’une faible croissance ?

 

En parfaite conformité avec les théories libérales de Milton Friedman, l’économiste Laurence Daziano analyse, dans une tribune au « Monde », la montée d’un risque inflationniste croissant qui menace les économies occidentales, dont la France.

 

Tribune.

Contre toute attente, la crise sanitaire du Covid a entraîné, après le déploiement de plans de relance massifs, une croissance spectaculaire en l’espace de quelques semaines. Aux Etats-Unis ou en France, la croissance pourrait atteindre plus de 6 % en 2021. Cette forte reprise explique notamment les pénuries multiples et la reprise de l’inflation, qui avait, depuis vingt ans, disparu des pays développés.

L’inflation atteint près de 5 % aux Etats-Unis et près de 3 % en Europe, dont 4 % en Allemagne. Pour l’heure, la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) ou la Banque d’Angleterre ont refusé de relever leurs taux, considérant que ce regain d’inflation était temporaire et lié au contexte très particulier de la reprise post-Covid qui est, elle-même, conjoncturelle.

 

La consommation est largement portée par le surcroît d’épargne généré pendant la crise sanitaire ainsi que par les plans de relance. Or, ces deux mécanismes vont progressivement s’effacer durant l’année 2022. Les hausses de prix se concentrent dans certains secteurs particuliers tels que l’énergie, les biens industriels et l’alimentation. Dans ces domaines, les entreprises devraient ajuster dans les prochains mois l’offre à la demande, éteignant les hausses de prix constatées actuellement.

Une inflation sous-jacente dans le monde

Certes, ces mécanismes sont conjoncturels et exceptionnels. Mais ils dévoilent, en réalité, des problèmes structurels qui n’avaient pas été traités jusqu’à présent, notamment le maintien de taux bas en période expansionniste, l’alimentation ininterrompue des marchés financiers en liquidités par les banques centrales ou la hausse des prix immobiliers.

 

Milton Friedman (1912-2006), fondateur de l’école de Chicago, a parfaitement expliqué avec la théorie quantitative de la monnaie qu’un accroissement monétaire se termine, tôt ou tard, par une hausse de l’inflation avec ce résumé limpide : « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production », de sorte que l’afflux de liquidités sur les marchés génère mécaniquement des tensions inflationnistes.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés A travers le monde, les banques centrales commencent à resserrer leur politique monétaire

L’inflation sous-jacente augmente partout dans le monde, avec des tensions sur les matières premières, l’énergie et désormais les salaires. Plusieurs enquêtes annoncent que les anticipations inflationnistes des acteurs économiques vont s’ajuster sur le niveau de la hausse des prix.

Économie Chine : croissance modeste

Économie Chine  : croissance modeste

L’indice composite de Caixin pour le mois d’octobre, qui comprend à la fois l’activité manufacturière et l’activité des services, a légèrement augmenté à 51,5 contre 51,4 le mois précédent.

Selon les analystes, le secteur des services, qui a été plus lent à se remettre de la pandémie que l’industrie manufacturière, est plus vulnérable aux résurgences de l’épidémie de coronavirus dans le pays, ce qui assombrit les perspectives de reprise de la consommation dans les mois à venir.

Les  pressions inflationnistes persistantes et les inquiétudes concernant les chaînes d’approvisionnement ont fait chuter la confiance des entreprises à son plus bas niveau en quatre mois, selon l’enquête.

 

Perspectives 2022 : Le double handicap d’une forte inflation et d’une faible croissance ?

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En parfaite conformité avec les théories libérales de Milton Friedman, l’économiste Laurence Daziano analyse, dans une tribune au « Monde », la montée d’un risque inflationniste croissant qui menace les économies occidentales, dont la France.

 

Tribune.

Contre toute attente, la crise sanitaire du Covid a entraîné, après le déploiement de plans de relance massifs, une croissance spectaculaire en l’espace de quelques semaines. Aux Etats-Unis ou en France, la croissance pourrait atteindre plus de 6 % en 2021. Cette forte reprise explique notamment les pénuries multiples et la reprise de l’inflation, qui avait, depuis vingt ans, disparu des pays développés.

L’inflation atteint près de 5 % aux Etats-Unis et près de 3 % en Europe, dont 4 % en Allemagne. Pour l’heure, la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) ou la Banque d’Angleterre ont refusé de relever leurs taux, considérant que ce regain d’inflation était temporaire et lié au contexte très particulier de la reprise post-Covid qui est, elle-même, conjoncturelle.

 

La consommation est largement portée par le surcroît d’épargne généré pendant la crise sanitaire ainsi que par les plans de relance. Or, ces deux mécanismes vont progressivement s’effacer durant l’année 2022. Les hausses de prix se concentrent dans certains secteurs particuliers tels que l’énergie, les biens industriels et l’alimentation. Dans ces domaines, les entreprises devraient ajuster dans les prochains mois l’offre à la demande, éteignant les hausses de prix constatées actuellement.

Une inflation sous-jacente dans le monde

Certes, ces mécanismes sont conjoncturels et exceptionnels. Mais ils dévoilent, en réalité, des problèmes structurels qui n’avaient pas été traités jusqu’à présent, notamment le maintien de taux bas en période expansionniste, l’alimentation ininterrompue des marchés financiers en liquidités par les banques centrales ou la hausse des prix immobiliers.

 

Milton Friedman (1912-2006), fondateur de l’école de Chicago, a parfaitement expliqué avec la théorie quantitative de la monnaie qu’un accroissement monétaire se termine, tôt ou tard, par une hausse de l’inflation avec ce résumé limpide : « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production », de sorte que l’afflux de liquidités sur les marchés génère mécaniquement des tensions inflationnistes.

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L’inflation sous-jacente augmente partout dans le monde, avec des tensions sur les matières premières, l’énergie et désormais les salaires. Plusieurs enquêtes annoncent que les anticipations inflationnistes des acteurs économiques vont s’ajuster sur le niveau de la hausse des prix.

Coupler Croissance et Environnement

Découplage  Croissance et Environnement

 

S’inscrivant en faux contre l’idée selon laquelle la lutte contre le dérèglement climatique passe inévitablement par la décroissance, Cédric Philibert, analyste de l’énergie et du climat démontre, dans une tribune au « Monde », que de multiples scénarios existent.(Extrait)

 

Tribune. 

 

D’un fétichisme de la croissance assurément critiquable, quoique encore très prégnant parmi le personnel politique, serions-nous en train de basculer sans transition vers un fétichisme de la décroissance ? C’est affaire de transition, justement, énergétique et environnementale, mais l’idée se répand qu’elle ne serait possible qu’à raison de la décroissance du volume de l’économie. Autrement dit, on ne saurait « découpler » l’activité économique des atteintes à l’environnement, et d’abord des émissions de gaz à effet de serre. Or, au moins en ce qui concerne ce dernier paramètre, clé de notre maîtrise – ou non – des dérèglements climatiques, ce pessimisme radical et démobilisateur est erroné. Non, ce fameux « découplage » n’est pas une chimère.

Pourtant, des chercheurs affirment qu’ils n’en ont pas trouvé trace dans les statistiques. Plus précisément, on n’a constaté qu’un découplage « relatif » – les émissions croissent moins vite que l’économie. C’est loin d’être assez. La maîtrise des dérèglements climatiques exige que les émissions mondiales décroissent (et vite !), ce qui constituerait un découplage « absolu ». Rien de tel n’a eu lieu jusqu’ici. Mais en quoi cela prouve-t-il que le découplage n’aura pas lieu, ne peut pas avoir lieu ? L’argument, répété à l’envi, est d’une insigne faiblesse. Regardons les choses de plus près.

Des découplages absolus ont bien été observés – localement. Les émissions de CO2 du Royaume-Uni ont diminué de 46 % depuis 1971, celles de la France de 41 % de 1973 à 2014, celles de l’Allemagne de 26 % depuis 1990 (pendant que le produit intérieur brut de ces pays croissaient de 179 %, 126 % et 52 %). Principaux facteurs de ces découplages : le remplacement du charbon et du pétrole dans la production d’électricité par le gaz au Royaume-Unile nucléaire en France et les renouvelables en Allemagne. Car contrairement au mensonge que trop de paresseux recopient, les renouvelables font plus que compenser le recul du nucléaire en Allemagne, elles y font reculer le charbon.

Le cas de 18 pays

Corinne Le Quéré, présidente du Haut Conseil pour le climat, et divers coauteurs ont examiné le cas de 18 pays – les Etats-Unis et des pays européens – ayant diminué de 2005 à 2015 de 2,4 % par an en moyenne leurs émissions de CO2. Cet examen détaillé montre que les relocalisations de production industrielles, notamment en Chine, n’ont joué qu’un rôle mineur dans la baisse des émissions. Celle-ci résulte d’abord de la diminution de la part des fossiles dans la consommation d’énergie, et de la baisse de cette consommation. L’augmentation de l’utilisation du gaz au détriment du charbon a joué un rôle d’appoint, notamment aux Etats-Unis. Renouvelables et économies d’énergie font donc déjà leurs preuves. Mais l’essentiel reste à venir.

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