Archive pour le Tag 'énergie'

Energie-L ’hydrogène ,l’avenir du renouvelable

Energie-L ’hydrogène ,l’avenir du renouvelable

Pour Arnaud Pieton*, le potentiel massif des renouvelables ne se réalisera que par le déploiement de l’hydrogène, pont entre l’électron et la molécule.
L’histoire énergétique connaît un moment de bascule inédit. La suprématie des énergies fossiles est remise en cause pour laisser place à un autre monde, animé par un impératif collectif : atteindre la neutralité carbone à horizon 2050.

La guerre en Ukraine a accéléré ce que la lutte contre le réchauffement climatique rendait inévitable. Les émissions de CO2 issues de la combustion de ressources fossiles représentent aujourd’hui deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. La vulnérabilité de l’Europe occidentale aux exportations russes, combinée à la hausse des prix sur le marché de l’énergie, a opéré une rupture dans ce système « d’avant-guerre ».

En 2022, les investissements mondiaux pour la transition bas-carbone ont égalé ceux liés aux énergies fossiles. Le temps presse et nous devons allier toutes les solutions pour la décarbonation. Comme pour toute révolution, le passage de l’ancien au nouveau monde est porteur d’une lueur d’espoir ! Les alliances du renouvelable et du nucléaire avec l’hydrogène, et aussi à moyen terme le gaz et en particulier le GNL, nous feront passer le cap d’un mix énergétique enfin durable, disponible et abordable.

Nous savons à quoi doit ressembler ce nouveau monde. Il faut désormais en inventer, industrialiser et déployer les solutions.

Nous devons dessiner les passerelles qui libéreront le plein potentiel de cette promesse à nos générations futures. Pour ce faire, les énergies renouvelables doivent poursuivre leur déploiement accéléré. L’année dernière, l’éolien et le solaire sont devenus la première source d’électricité dans l’Union européenne. Cette électricité reste intermittente, mais l’hydrogène et ses dérivés (ammoniac, méthanol, e-NG) contribueront à résoudre ce problème.

La transformation des électrons en molécules d’hydrogène que l’on peut stocker et transformer permet d’apprivoiser le vent et le soleil, réalisant le mythe de Prométhée moderne. C’est sur ce progrès que repose la décarbonation de nombreux secteurs. Pour cela, l’hydrogène et ses dérivés doivent découler d’un processus décarboné, soit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable ou nucléaire, ou par transformation du gaz naturel avec capture de carbone.

L’enjeu du coût. Le raccordement de notre monde à l’hydrogène exige un effort de tous les acteurs de la filière. Les annonces de « gigafactories » d’électrolyseurs, nécessaires, ne suffiront pas pour porter ce changement profond qui engage tout un écosystème et doit privilégier l’adoption de formes dérivées d’hydrogène compatibles avec les infrastructures existantes. Cette industrie émergente va construire ses savoir-faire, ses méthodes, ses outils standardisés qui vont accélérer encore davantage le développement de l’hydrogène en réduisant les coûts.

La France et l’Europe peuvent s’appuyer sur les ingénieurs et experts qui ont la volonté de bâtir les ponts entre l’électron et la molécule, entre la recherche et l’industrie, entre les start-up et les groupes établis ou encore entre le privé et le public. Ce combat n’est pas uniquement celui d’une filière. Il est aussi celui de l’humanité tout entière. D’un point de vue économique, le déploiement de l’hydrogène n’est viable qu’à grande échelle, soutenu par un marché mondial et une électricité bas-carbone abordable. C’est le seul moyen de rendre une politique climatique efficace tout en minimisant l’impact sur le pouvoir d’achat des consommateurs, dans une logique gagnant-gagnant. Pour ne rien gâcher, ce moment constitue pour l’Europe une chance unique de redynamiser son industrie, à l’instar de l’élan insufflé outre-Atlantique par l’Inflation Reduction Act.

*Arnaud Pieton est directeur général de Technip Energies.

Énergie : une politique irresponsable de la France

Énergie : une politique irresponsable de la France

Pour Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, Université de Bruxelles, Le rapport parlementaire français mais clairement en cause la responsabilité politique des dirigeants qui ont sacrifié l’atout énergétique du pays ( dans la Tribune)

Il ne faut pas confondre souveraineté énergétique et indépendance énergétique. Cette dernière n’est accessible à aucun pays en Europe qui ne dispose ni d’énergie fossile ni de matériaux précieux en quantité suffisante pour prétendre à l’indépendance. La France ne le vise pas non plus avec l’énergie nucléaire, puisque l’uranium est importé.

Il faut viser la souveraineté énergétique, c’est-à-dire la capacité à faire des choix, à les maîtriser de bout en bout et à gérer les vulnérabilités. La France y est arrivée avec le nucléaire. La souveraineté énergétique consiste aussi à décider avec qui un pays veut s’associer.

La coopération européenne a permis à la France d’avoir assez d’électricité cet hiver. Par contre elle a abandonné le terrain européen à l’Allemagne. Cette dernière est sortie du nucléaire, a laissé la France seule avec son EPR qui était le fruit d’une collaboration entre ces deux puissances industrielles. Elle a fait pression pour fermer les centrales à ses frontières (Cattenom, Fessenheim mais aussi Doel et Tihange, en Belgique). Depuis, la France s’est ressaisie en créant autour d’elle, première étape, un club de pays qui en veulent, du nucléaire.

Pour la commission, cet abandon politique n’est qu’une conséquence de sa perte de leadership nucléaire dans les années 2010 avec de tristes précurseurs comme l’arrêt de Superphénix, une filière dite à neutron rapide, qui garantit une énergie quasi inépuisable et beaucoup moins de déchets. Et la tentative de redémarrer cette filière, avec le démonstrateur Astrid, a fait long feu puisque le président Macron l’a arrêté avant son discours de Belfort (de relance du nucléaire).
Les SMR, doit-on rappeler, misent aussi sur les neutrons rapides. La France avait une avance qu’elle n’a donc plus, dit la commission. La centrale de Fessenheim fut fermée sans raison et le président Hollande décréta que pas plus 50 % de l’électricité ne pouvait provenir de la filière nucléaire (avec à la clé, la fermeture d’une dizaine de centrales, une décision heureusement annulée). Ce n’est que depuis un an qu’une volte-face a été amorcée devant l’urgence énergétique et climatique. Mais les dégâts sont là. La France doit assumer les EPR qui se construiront au prix de surcoûts et de problèmes de construction. L’Allemagne a réussi à exclure le nucléaire des plans européens de relance ce qui a empêché la filière de pouvoir bénéficier du financement européen.

Hypothèses étranges

Entre 2000 et 2017, c’était les années d’insouciance et de surcapacité (suite à une mauvaise estimation de la consommation future d’électricité dans le sens conservatif) au point de prendre le luxe de fermer 10 GW de moyens de production thermique qu’on regrette (comme quoi être conservatif n’est pas toujours la meilleure option). Sur base d’hypothèses étranges de la consommation qui baisserait (en dépit des appels à l’électrification de l’économie pour la décarboner), le président Hollande proposa de réduire la proportion du nucléaire dans l’électricité à 50 % avec une dizaine de fermetures de centrales à la clé (décision annulée depuis fort heureusement) plutôt que de rechercher la neutralité carbone (ailleurs que dans l’électricité, donc).

Le rapport ajoute encore, avec perfidie, se demander ce qu’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie pendant les années Hollande, faisait ou pensait…

Tournant stratégique ?

A partir de 2017, Emmanuel Macron ne prit que des personnalités hostiles au nucléaire à la tête du ministère de la transition énergétique (Hulot, De Rugy, Pompili, Borne…) pour finalement faire volte-face en 2022 avec le discours de Belfort, comme candidat à sa propre succession. Détail amusant, relève le rapport : il se basait sur un rapport de 2019 commandé par Nicolas Hulot qui avoua, lui, ne pas s’en souvenir.

C’est donc un tournant stratégique mais se concrétisera-t-il?, se demande la commission : 1 an plus tard, on ne voit toujours venir aucune stratégie de financement. L’alliance des pays nucléaires portée par le France est encore fort timide. Elle se limite à un club informel, c’est vrai.

Mais les 6 erreurs de la politique énergétique françaises, hélas tellement transposables à ses voisins, auront donc été :

- de mauvaises prévisions énergétiques au regard de la nécessité de sortir des énergies fossiles et de l’électrification de l’économie qui en résulte (et cela continue) ;

- une opposition entre énergie renouvelable et nucléaire au lieu de les considérer comme complémentaires;

- de ne pas avoir anticipé la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires et leur renouvellement en série ;

- de ne pas avoir construit de filière pour le renouvelable comme pour le nucléaire ;

- d’avoir laissé se développer un cadre européen qui fragilise le modèle français ;

- d’avoir arrêté la filière des réacteurs à neutrons rapides.

Long terme et science
Le rapport prend ensuite le temps de prendre de la hauteur. C’est la perspective du temps long qui s’est perdue, accuse la commission, et du rapport à la science. Elle se plaint de l’instrumentalisation de la science et la présentation de faits partiels pour justifier la prise de décision. Et la Première ministre Borne de ne pas pouvoir expliquer sur quelle base avoir fermé Fessenheim (un critère d’ancienneté arbitraire). Quant à Dominique Voynet en fonction, comme ministre, lors de la fermeture de Superphénix, elle ne put donner qu’une explication partielle et erronée pour justifier la fermeture de cette centrale (et montrer sa méconnaissance du fonctionnement de Superphénix). Les anciens hauts-commissaires à l’énergie atomique avaient, par contre, tous été mis à l’écart, note la commission !

La continuité depuis 2012 des conseillers en matière d’énergie inquiète davantage la Commission au lieu de la rassurer (cohérence et de continuité). Ils ne sont plus une courroie d’interprétation et de compréhension des contraintes pour les ministères : ils sont devenus des prescripteurs pour l’administration.

Le dilemme dans les scénarios à long terme d’énergie, ajoute la commission, est que ceux qui misent sur les seules technologies disponibles ont une part importante de rupture sociétale mais on ne le dit pas. Quant à ceux qui misent sur une stabilité des comportements, ils se basent sur des technologies qui ne sont pas forcément disponibles. On veut généraliser le renouvelable sans que les réseaux ne soient prêts à l’accueillir, d’où gaspillage des efforts. On veut plus de biomasse mais sans réfléchir à l’équilibre entre nourriture et énergie.

Trente propositions concluent le rapport, tout un programme : notamment le rattachement de la direction énergie au ministère de l’Industrie, assumer un besoin croissant d’électricité, avoir le courage de se donner une loi de programmation énergie-climat sur 30 ans. Sur les concessions hydro-électriques, les maintenir dans le domaine public et éviter les mises en concurrence. Une des propositions s’intéresse à un pan négligé de la décarbonation : la production de chaleur renouvelable qui doit être doublé à l’horizon 20230. Il y a aussi le lancement d’un nouvel inventaire minier en France et la création d’une filière de transformation et de recyclage des terres rares tout en identifiant les importations critiques. Il faut identifier les besoins d’investissements sur le réseau notamment en cas de forte réindustrialisation. Bien sûr la prolongation de tous les réacteurs fait l’objet d’une proposition aussi tout comme l’anticipation du renouvellement de l’ensemble du parc existant !

C’est le non-dit des conséquences sociales du débat énergétique qui pose problème. La Commission dit que notre société occidentale s’est basée sur une logique de croissance, confort, biens et services. Son modèle social et sa solidarité reposent dessus. On a besoin d’énergie. Faire de mauvais choix énergétiques fera tomber le modèle occidental (Poutine y pensait-il en nous coupant le gaz ?). Le débat politique s’est focalisé sur la technique (le choix du mode de production, pour ou contre le nucléaire). Le discours politique doit porter un projet de société.

Pour en savoir plus : RAPPORT FAIT AU NOM DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France, Président M. RAPHAËL SCHELLENBERGER Rapporteur M. ANTOINE ARMAND, 6 avril 2023.

Energie-Carburant de synthèse: un bilan carbone douteux…….comme l’électrique

Energie-Carburant de synthèse: un bilan carbone douteux…….comme l’électrique

L’Allemagne a réussi à imposer à l’UE le maintien au-delà de 2035 du moteur thermique en justifiant qu’il sera alimenté par un carburant de synthèse dont le bilan carbone est aussi douteux que celui de l’électrique.

L’essence synthétique (ou carburant synthétique) est un mélange d’hydrocarbures non dérivés du pétrole, mais obtenus à partir d’une autre source telle que la houille ou le lignite, ou encore à partir de gaz naturel (biométhane éventuellement), via le procédé Gas to liquids (en)

D’après wikipédia ,en l’état actuel des connaissances techniques, la production de synfuel est aussi émettrice de CO2 que le raffinage, voire bien davantage, lorsqu’il est issu du charbon. Et l’état des technologies en fait un mode de production d’énergie très consommateur d’énergie, et donc coûteux.

Cependant, le bilan environnemental des unités de production d’hydrocarbures de synthèse peut être nettement amélioré, et prendre l’avantage sur la production conventionnelle à partir de pétrole brut, grâce à la mise en place de capture et séquestration du dioxyde de carbone, appelée « CCS » pour « Carbon Capture and Storage ». Le coût du CCS est élevé dans le cas plus généralement étudié des centrales électriques au charbon, en raison surtout de la complexité de la séparation du dioxyde de carbone de l’azote de l’air. Dans une unité des productions de carburants de synthèse, ce coût est réduit d’environ 85 %, du fait que le dioxyde de carbone est séparé de l’azote par le procédé lui-même.

Le développement de la filière BTL (« Biomass to liquid (en) »), variante des gazéifications de la biomasse, présente une alternative. Les biocarburants 2e génération ainsi produits utilisent l’ensemble des plantes, pailles, tiges, déchets, bois et non pas les seules graines ou fruits comme les biocarburants actuels. Mais la filière BTL n’en est qu’à ses balbutiements. Si de nombreux projets de recherche sont en cours, aucune unité industrielle n’est encore active. Cependant, des unités pilotes BTL doivent également entrer en production prochainement en Allemagne. La filière BTL est confrontée à un problème majeur car les quantités de biomasse nécessaires sont énormes : il faut donc trouver un « gisement » suffisant et résoudre également les difficultés logistiques pour acheminer toute cette biomasse vers l’usine BTL.

Energie: Alliance internationale pro-nucléaire

Energie: Alliance internationale pro-nucléaire


. Onze pays de l’Union européenne, emmenés par la France, ont annoncé, mardi 28 février, un approfondissement de leur coopération autour de l’atome, malgré l’opposition farouche de l’Allemagne. « L’énergie nucléaire est l’un des nombreux outils permettant d’atteindre nos objectifs climatiques, de produire de l’électricité de base et de garantir la sécurité de l’approvisionnement », affirment-ils dans une déclaration commune.

La France, la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, la Hongrie, la Finlande, les Pays-Bas, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie s’accordent pour « soutenir de nouveaux projets » nucléaires, basés notamment « sur des technologies innovantes », ainsi que « l’exploitation des centrales existantes ». Le texte prévoit des projets communs de formation, « des possibilités de coopération scientifique accrue » et l’échange des « meilleurs pratiques dans la sécurité ».

Pour Paris, le nucléaire, énergie pilotable et sans émissions de CO2, est « complémentaire » des renouvelables pour atteindre l’objectif européen de neutralité carbone en 2050. « Etats-Unis, Royaume-Uni, Corée du Sud, Chine, Inde et même Japon envisagent le nucléaire comme un moyen important de décarboner leur économie. Nous devons être sur un pied d’égalité », avait plaidé la ministre française Agnès Pannier-Runacher lundi.

Les onze pays signataires sont les mêmes qui soutenaient fin 2021 la reconnaissance du caractère « durable » du nucléaire dans la « taxonomie » européenne, une labellisation verte permettant de faciliter certains investissements. Ils avaient obtenu gain de cause dans le texte adopté mi-2022.

Energie: risque de blocage du pays

Energie: risque de blocage du pays

Dans le secteur énergétique (l’électricité, le pétrole ou le gaz), les syndicats semblent décidés à utiliser l’épreuve de force y compris avec la paralysie du pays.

Chez TotalEnergies, la CGT appelle déjà à une grève de 48 heures la semaine prochaine, puis de 72 heures à partir du 6 février.

Si les raffineries ont la capacité de bloquer l’économie du pays en quelques jours seulement, c’est toutefois dans la branche des industries électriques et gazières (IEG) que le mécontentement est sans doute le plus grand.

« La journée du 19, c’est là que débute le mouvement. La question de la reconductibilité n’est plus une question. L’objectif maintenant est de savoir comment on va l’organiser localement avec les grévistes. Nous allons utiliser tous les moyens en notre possession. On ne s’interdira rien », lance à La Tribune Fabrice Coudour, secrétaire fédéral CGT de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME), première organisation syndicale de l’électricité et du gaz.

L’ampleur de la grogne est directement liée aux pertes qu’engendrerait la réforme pour la branche IEG. En effet, au-delà du recul de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans d’ici à 2030, ces salariés seraient particulièrement touchés par cette réforme si elle était menée à bien, compte tenu de la suppression annoncée de leur régime spécial de retraite attaché au statut des IEG, créé en 1946.

Même si celui-ci a déjà fait l’objet de nombreuses réformes pour le faire converger vers le régime général, il présente encore d’importantes spécificités en partie calquées sur la fonction publique. D’abord, la pension à taux plein est égale à 75% du salaire des six derniers mois. « En revanche, contrairement au régime général, les primes ne sont pas comptabilisées dans nos pensions », pointe Soraya Lucatelli, déléguée syndicale CGT à Gaz Electricité Grenoble (GEG).

Le régime général, lui, prend bien en compte les primes, mais la pension à taux plein correspond à 50% de la rémunération des 25 meilleures années du salarié.

Surtout, le régime spécial des IEG tient compte de la pénibilité des métiers qui sont les plus contraignants (port de lourdes charges, travail en 3×8, astreintes 7 jours/7, etc.) Cette prise en compte de la pénibilité repose sur un système baptisé « service actif ».

EDF et Engie, à eux deux, rassemblent 70% des salariés de la branche. Chez EDF, quelque 60.000 salariés sont statutaires au régime des IEG et 48% partent avec une anticipation au titre de la pénibilité. « En pratique, l’âge moyen de départ effectif des salariés d’EDF SA progresse régulièrement et s’élève à 60 ans en moyenne en 2021 (en comprenant les salariés ayant des anticipations). Il est de 62,9 ans pour ceux qui n’ont aucune anticipation », précise l’électricien dans un courrier à La Tribune.

De son côté, Engie compte 24.000 collaborateurs appartenant à la branche IEG. Dans le groupe, l’âge moyen de départ à la retraite est de 60,5 ans. Les salariés bénéficiant d’une anticipation partent en moyenne à 58 ans tandis que ceux qui n’en bénéficient pas partent en moyenne à 62 ans et 7 mois. Dans les deux entreprises, l’âge moyen de départ à la retraite devrait atteindre les 62 ans en 2024.

Au-delà de ces spécifiés liées à la pénibilité, les syndicats défendent un régime « exemplaire, solidaire et excédentaire» qui, selon eux, devrait « servir de modèle au régime général».

« Plusieurs fois, le régime général est venu ponctionner les excédents de notre régime », affirme Fabrice Coudour.

 « Au nom de la solidarité, 1,6 milliard d’euros cumulés ont été versés entre 2005 et 2020 vers les régimes de retraites ayant moins d’actifs que de retraités, comme les régimes des agriculteurs et des artisans, abonde Soraya Lucatelli. Notre régime ne coûte rien à la collectivité, le supprimer ne ramènera rien à l’État », estime-t-elle.

Dans le détail, le régime spécial des IEG dispose de sa propre caisse : la Cnieg (Caisse nationale des industries électriques et gazières). Le financement des pensions repose sur les cotisations des salariés (12,8 % du salaire) et des employeurs (jusqu’à 44%) dont le taux est légèrement supérieur à celui en vigueur dans le régime général. Il repose aussi sur une taxe, la Contribution tarifaire d’acheminement (CTA), mais celle-ci ne couvre plus que les droits spécifiques passés acquis jusqu’en 2004.

La promesse du gouvernement de maintenir les avantages du régime spécial jusqu’au départ des derniers salariés relevant de ce statut, selon la clause dite du « grand-père », ne convainc pas l’organisation syndicale.

« À partir du moment où les nouveaux entrants ne cotisent plus au régime, il ne peut que s’appauvrir. Cela conduira à son déficit », regrette Virginie Neumayer, déléguée syndicale CGT de la Fédération nationale des mines et de l’énergie.

 Pour la syndicaliste, cette réforme risque aussi de « fragiliser les relations entre les salariés » ce qui aura des conséquences sur « le collectif travail ».

« C’est impensable de faire cohabiter deux régimes et injuste pour les nouveaux embauchés qui devront effectuer les mêmes tâches que leurs collègues sans bénéficier des mêmes garanties », renchérit Soraya Lucatelli.

 

Preuve que ce mécontentement est partagé, chez EDF,  le taux de grévistes s’élevait, ce jeudi 19 janvier, à 50% de l’effectif total.

 

Energie et Entreprises: Le MEDEF trahit ses adhérents

Entreprises: Le MEDEF trahit ses adhérents

On peut laisser moment se demander ce qui a conduit le patron du Medef à se montrer aussi courtisan vis-à-vis du gouvernement ; ainsi contrairement aux demandes d’organisations patronales de petites et moyennes entreprises, il réfute l’idée d’un nouveau bouclier tarifaire en matière énergétique. Exactement le même discours que le ministre de l’économie.

Pire, le patron du Medef dénonce l’attitude mendiante des patrons vis-à-vis de l’emballement des prix de l’énergie. Clairement, il prend parti pour le maintien d’une régulation anarchique qui profite aux énergéticiens parasites.

« Oui, il y a des entreprises qui sont fortement pénalisées par l’inflation de leurs coûts qu’elles n’arrivent pas à répercuter dans leurs prix », a concédé le président de la première organisation patronale française. « Oui, il y a des entreprises très consommatrices d’énergie qui ont aussi des problèmes », a-t-il poursuivi. « Mais quand je regarde la globalité (des entreprises), aujourd’hui les carnets de commandes tiennent » et les priorités des patrons sont plutôt « l’embauche et les salaires ».

« A un moment, il faut aussi se dire ‘on est patrons, un patron, c’est fait pour surmonter les difficultés, ça se lève le matin avec l’envie de développer sa boîte quelle que soit la difficulté’,.

On peut laisser moment se demander ce qui a conduit le patron du Medef à se montrer aussi courtisan vis-à-vis du ; ainsi contrairement aux demandes d’organisation patronale de petites et moyennes entreprises il réfute l’idée d’un nouveau bouclier tarifaire en matière énergétique. Exactement le même discours que le ministre de l’économie.

Pire, le patron du Medef dénonce l’attitude mendiante des patrons vis-à-vis de l’emballement des prix de l’énergie. Clairement il prend parti pour le maintien d’une régulation anarchique qui profite aux énergéticiens parasites.

Ces derniers mois, nombre d’organisations professionnelles (CPME, U2P, Syndicat des indépendants notamment) ont multiplié les appels au ministère de l’Economie pour obtenir des dispositifs de soutien face à la flambée des prix de l’énergie.

Social- énergie-Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque bistrot

Social- énergie-Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque bistrot ?

Faute d’une politique énergétique efficace et cohérente, le pouvoir multiplie les petits cadeaux via des chèques. Ou la politique de régulation remplacée par le secours populaire , le secours catholique ou les restos du cœur. .

Il est clair que la régulation par les prix incluant notamment une modulation de la fiscalité et un meilleur fonctionnement des conditions de concurrence serait plus efficiente que la distribution de chèques au caractère très temporaire et en plus très peu réclamés par les bénéficiaires potentiels.

On peut se demander si les producteurs d’alcool forcément eux aussi touchés par la crise énergétique ne vont pas recommander au pouvoir de distribuer également des chèques alcool énergie tant il est vrai que la consommation de cet élixir contribue à l’élévation de la température intérieure autant qu’à celle du moral.

Comme nous sommes dans une période caractérisée par l’émergence du corporatisme auquel ne résiste pas le pouvoir; les habitués du bistrot seraient légitimes , via Internet évidemment, à solliciter un chèque de boissons alcoolisées pour contribuer à remonter la santé de la filière et leur propre température.

Le plus drôle dans cette distribution de cadeaux de Noël ,c’est que ce chèque bois énergie est également un « chèque en bois » puisque financé par l’emprunt qui atteint désormais près de 115 % du PIB et représente presque 50 milliards de charges financières. Un chèque pinard énergie ne serait sans doute pas susceptible d’alourdir de façon excessive un endettement qui comme l’alcool provoque une addiction durable.

Politique- énergie-Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque bistrot énergie ?

Politique- énergie-Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque bistrot énergie ?

Faute d’une politique énergétique efficace et cohérente, le pouvoir multiplie les petits cadeaux via des chèques. Ou la politique de régulation remplacée par le secours populaire , le secours catholique ou les restos du cœur. .

Il est clair que la régulation par les prix incluant notamment une modulation de la fiscalité et un meilleur fonctionnement des conditions de concurrence serait plus efficiente que la distribution de chèques au caractère très temporaire et en plus très peu réclamés par les bénéficiaires potentiels.

On peut se demander si les producteurs d’alcool forcément eux aussi touchés par la crise énergétique ne vont pas recommander au pouvoir de distribuer également des chèques alcool énergie tant il est vrai que la consommation de cet élixir contribue à l’élévation de la température intérieure autant qu’à celle du moral.

Comme nous sommes dans une période caractérisée par l’émergence du corporatisme auquel ne résiste pas le pouvoir; les habitués du bistrot seraient légitimes , via Internet évidemment, à solliciter un chèque de boissons alcoolisées pour contribuer à remonter la santé de la filière et leur propre température.

Le plus drôle dans cette distribution de cadeaux de Noël ,c’est que ce chèque bois énergie est également un « chèque en bois » puisque financé par l’emprunt qui atteint désormais près de 115 % du PIB et représente presque 50 milliards de charges financières. Un chèque pinard énergie ne serait sans doute pas susceptible d’alourdir de façon excessive un endettement qui comme l’alcool provoque une addiction durable.

Politique-Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque pastis énergie ?

Politique-Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque pastis énergie ?

Faute d’une politique énergétique efficace et cohérente, le pouvoir multiplie les petits cadeaux via des chèques. Ou la politique de régulation remplacée par le secours populaire , le secours catholique ou les restos du cœur. .

Il est clair que la régulation par les prix incluant notamment une modulation de la fiscalité et un meilleur fonctionnement des conditions de concurrence serait plus efficiente que la distribution de chèques au caractère très temporaire et en plus très peu réclamés par les bénéficiaires potentiels.

On peut se demander si les producteurs d’alcool forcément eux aussi touchés par la crise énergétique ne vont pas recommander au pouvoir de distribuer également des chèques pastis énergie ( ou autre alcool.) tant il est vrai que la consommation de cet élixir contribue à l’élévation de la température intérieure autant qu’à celle du moral.

Comme nous sommes dans une période caractérisée par l’émergence du corporatisme auquel ne résiste pas le pouvoir; les habitués du bistrot seraient légitimes , via Internet évidemment, à solliciter un chèque de boissons alcoolisées pour contribuer à remonter la santé de la filière et leur propre température.

Le plus drôle dans cette distribution de cadeaux de Noël ,c’est que ce chèque bois énergie est également un « chèque en bois » puisque financé par l’emprunt qui atteint désormais près de 115 % du PIB et représente presque 50 milliards de charges financières. Un chèque pinard énergie ne serait sans doute pas susceptible d’alourdir de façon excessive un endettement qui comme l’alcool provoque une addiction durable.

Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque pastis énergie

Encore un chèque bois énergie …. À quand un chèque pastis énergie ?

Faute d’une politique énergétique efficace et cohérente, le pouvoir multiplie les petits cadeaux via des chèques. Ou la politique de régulation remplacée par le secours populaire , le secours catholique ou les restos du cœur. .

Il est clair que la régulation par les prix incluant notamment une modulation de la fiscalité et un meilleur fonctionnement des conditions de concurrence serait plus efficiente que la distribution de chèques au caractère très temporaire et en plus très peu réclamés par les bénéficiaires potentiels.

On peut se demander si les producteurs d’alcool forcément eux aussi touchés par la crise énergétique ne vont pas recommander au pouvoir de distribuer également des chèques pastis énergie ( ou autre alcool.) tant il est vrai que la consommation de cet élixir contribue à l’élévation de la température intérieure autant qu’à celle du moral.

Comme nous sommes dans une période caractérisée par l’émergence du corporatisme auquel ne résiste pas le pouvoir; les habitués du bistrot seraient légitimes , via Internet évidemment, à solliciter un chèque de boissons alcoolisées pour contribuer à remonter la santé de la filière et leur propre température.

Le plus drôle dans cette distribution de cadeaux de Noël ,c’est que ce chèque bois énergie est également un « chèque en bois » puisque financé par l’emprunt qui atteint désormais près de 115 % du PIB et représente presque 50 milliards de charges financières. Un chèque pinard énergie ne serait sans doute pas susceptible d’alourdir de façon excessive un endettement qui comme l’alcool provoque une addiction durable.

Energie: 100% de carburant durable pour le transport aérien ? Du pipeau

Energie: 100% de carburant durable pour le transport aérien ? Du pipeau

Rebelote avec l’idée de carburant totalement durable avec l’annonce du gouvernement britannique qu’un avion pourra voler en 2023. Le gouvernement britannique a annoncé, vendredi, qu’un Boeing 787 de la compagnie Virgin Atlantic décollera de l’aéroport londonien d’Heathrow pour se rendre à celui, américain, de JFK à New-York, propulsé uniquement avec du carburant d’aviation d’origine non-fossile (Sustainable Aviation Fuel, SAF).

Il est clair que les différents modes de transport se livrent à des actions de lobbying qui frôlent la tartuferie. En réalité ,il s’agira de résidus huileux ou graisseux retraité pour fabriquer du kérosène. Des régies de huileux ou graisseux qui eux-mêmes forcément sont producteurs d’émissions polluantes notamment de carbone. C’est un peu la même idée finalement que la proposition d’utiliser des plantations pour fabriquer du carburant. D’une part le mode de production implique nécessairement un impact sur les émissions nuisibles et la consommation elle-même n’est pas sans conséquences non plus.

Pour être presque 100 % durables le carburant devra un jour maîtriser complètement la filière hydrogène.

Plus concrètement, l’engin volera avec du carburant d’aviation d’origine non-fossile (Sustainable Aviation Fuel, SAF), tels que des déchets d’huile ou de graisse, à l’instar des huiles de cuisson. « Quand ils remplacent le kérosène, les SAF peuvent réduire les émissions de carbone de quelque 70% », ajoute le communiqué. S’ils sont beaucoup plus écologiques, ils émettent, en effet, toujours du CO2 lors de leur combustion, la réduction des émissions de gaz à effet de serre ayant lieu surtout pendant la phase de production.

Les organisateurs promettent néanmoins que ce vol sera « neutre en émissions nettes de carbone » puisqu’ils achèteront des crédits carbone liés à des projets qui absorberont des volumes équivalents de CO2 dans le futur; Bref le fameux modèle douteux de « compensation » : « Certes on tue la planète, mais on plante un arbre ! ». Le même principe que pour l’évasion fiscale des multinationales : « « certes on ne paye pas de fiscalité mais on donne un euro aux restos du cœur » ou mieux dans une fondation maison pour mieux contrôler les fonds.

Énergie du futur : la Fusion nucléaire pour après 2050 ?

Énergie du futur :la Fusion nucléaire pour après 2050 ?

2022 constitue sans nul doute une année charnière pour la fusion nucléaire. Le 13 décembre dernier, la communauté scientifique œuvrant dans ce domaine était en ébullition. Et pour cause, les Etats-Unis ont fait savoir que le Laboratoire national Lawrence Livermore (LNLL) était parvenu à produire plus d’énergie pendant une réaction de fusion nucléaire qu’il n’en avait été nécessaire pour initier le processus, du moins au niveau du combustible. « Un seuil que l’on attend depuis des décennies. Grand pas pour la fusion, petit pas pour l’énergie », commentait alors sur Twitter Greg de Temmerman, directeur général du think tank Zenon et spécialiste français de la fusion nucléaire.( un article de la Tribune d’après Renaissance fusion)

Depuis les années 1930, les scientifiques tentent en effet de reproduire, sur Terre, le mécanisme à l’œuvre dans le soleil et les étoiles. Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose toutes les centrales nucléaires en fonctionnement dans le monde, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d’uranium pour libérer de l’énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d’hydrogène extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Dans le détail, le mariage forcé du deutérium et du tritium permet de produire de l’hélium et un neutron. Cette réaction doit alors permettre de générer des quantités massives d’énergie sous forme de chaleur, qui peut ensuite être transformée en électricité grâce à une turbine.
La fusion nucléaire suscite d’immenses espoirs car si l’homme savait la contrôler, cette source d’énergie cocherait toutes les cases : l’électricité qu’elle pourrait délivrer serait quasi illimitée, décarbonée, sûre, et produirait très peu de déchets radioactifs à vie longue. Mais jusqu’au 13 décembre dernier, les scientifiques butaient sur une étape majeure : celle du breakeven, soit le seuil où l’énergie produite par la réaction de la fusion est supérieure à celle nécessaire pour faire fonctionner le système. C’est désormais chose faite.

Si cette percée est la plus retentissante, d’autres grandes avancées ont été observées au cours de la même année. Quelques mois auparavant, ce même laboratoire californien est parvenu à contrôler un plasma brûlant, le plasma étant le quatrième état de la matière (après les états solide, liquide et gazeux) dans lequel peuvent justement se rencontrer les deux noyaux d’hydrogène. En 2022, des quantités records d’énergie ont été produites par JET, une machine de recherche basée à Oxford, au Royaume-Uni. Les installations Kstar et East, implantées respectivement en Corée du Sud et en Chine, sont quant à elles parvenues à confiner le plasma sur des durées et des températures records.

Mais l’année 2022 c’est aussi l’année où « la fusion est sortie des laboratoires pour aller sur le marché », souligne Andrew Holland à la tête de la Fusion industry association (FIA). Dans son dernier rapport annuel, l’organisation dénombre 33 entreprises privées actives dans ce domaine à travers le monde. Parmi elles, 21 se sont créées au cours des cinq dernières années. On peut les ranger dans trois grandes familles. Celles qui planchent sur la fusion par confinement magnétique et qui s’appuient sur des aimants supraconducteurs pour maintenir le plasma. Celles qui travaillent sur la fusion inertielle en ayant recours à des lasers. Et celles, à l’image de General Fusion, qui entendent combiner ces deux approches.
En 2022, ces entreprises ont levé 2,8 milliards de dollars, contre près de 2 milliards de dollars un an plus tôt. Au total, depuis leur création, elles ont réuni un peu plus 4,8 milliards de dollars, principalement auprès d’investisseurs privés, (seuls 117 millions de dollars proviennent de subventions publiques). Parmi eux, on retrouve les grands fonds de capital-risque et des personnalités et des entreprises de la tech comme Bill Gates, Jeff Bezos (Amazon) ou encore Google et le groupe chinois Tencent, mais aussi une poignée d’industriels, dont l’énergéticien italien Eni, le norvégien Equinor, et les majors Chevron et Shell.

Commonwealth Fusion Systems, un spin off du MIT, représente à elle seule plus d’un tiers de ces investissements. Née en 2018, l’entreprise a bouclé un tour de table XXL de 1,8 milliard de dollars. Elle promet de commercialiser la première centrale à fusion à l’horizon 2030. Helion Energy, une autre entreprise américaine qui s’est spécialisée dans la fusion inertielle, a, elle, levé 500 millions de dollars et assure avoir déjà sécurisé un financement à venir de 1,7 milliard de dollars. Au total, sept entreprises ont déjà réuni plus de 200 millions de dollars d’investissements.

Comment expliquer cet engouement de la sphère privée pour la fusion ?
« Ce n’est pas quelque chose de nouveau. La première initiative privée remonte à 1998 avec TAE Technologies, mais le nombre de start-up a nettement augmenté à partir des années 2014-2015. A ce moment-là, Bernard Bigot, [alors à la tête du gigantesque programme scientifique international Iter, censé démontrer la viabilité de la fusion nucléaire à grande échelle, ndlr] annonce cinq années de retard sur le projet. Iter est en construction et permet à la communauté scientifique d’apprendre énormément, mais cela ne va pas assez vite. Cela a généré une frustration qui a poussé des scientifiques à entreprendre », se remémore Greg de Temmerman, coordinateur scientifique sur le projet Iter entre 2014 et 2020.
Par ailleurs, jusqu’à l’année dernière, les capitaux étaient largement disponibles tandis que les taux d’intérêt étaient à leur plus bas. Des conditions de marché qui ont conduit les investisseurs à aller chercher des investissements plus risqués afin d’obtenir des rendements plus élevés. « Or la fusion est un investissement à haut risque et à haut potentiel. C’est un investissement qui peut mener nulle part, mais si cela fonctionne l’investisseur fait fortune », souligne Greg de Temmerman. La fusion reste enfin l’un des grands défis techniques et scientifiques à résoudre. De quoi attirer des personnalités fortunées avides de ce genre de challenge.

Aujourd’hui, les Etats-Unis dominent incontestablement cette course mondiale, avec 21 entreprises basées sur son sol, tandis que seules trois sont installées en Europe continentale (Renaissance Fusion en France, Deutelio en Italie et Marvel Fusion en Allemagne) et trois autres au Royaume-Uni (Crossfield Fusion, First Light Fusion et Tokamak Energy).

Pourtant, c’est bien le Vieux Continent qui est le leader mondial de la recherche en fusion. L’Allemagne, qui a décidé de tourner le dos à la fission nucléaire, compte le plus grand nombre de chercheurs en la matière. « Les scientifiques sont parvenus à démontrer que ce n’était pas le même nucléaire, que la fusion ne présentait pas les mêmes problématiques en matière de sûreté et de déchets et qu’il fallait continuer », explique Greg de Temmerman.
En France, l’Institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique (IRFM) du CEA, qui jouxte le chantier d’Iter à Cadarache dans les Bouches du Rhône, est mondialement reconnu. Dès 1959, le centre de recherche a participé à la réalisation de plusieurs tokamaks expérimentaux, ces structures dans lesquelles sont confinées les plasmas. Il espère désormais développer une centrale à fusion nucléaire plus compacte que le réacteur Iter.

Le Royaume-Uni, « qui est le plus gros promoteur de la fusion nucléaire en Europe », selon les propos de Jérôme Bucalossi, à la tête de l’IRFM du CEA, s’est déjà engagé dans cette voie. « Son programme STEP vise à développer un réacteur à fusion connecté au réseau électrique avant 2040 », précise-t-il. Un dynamisme qui a permis d’attirer la start-up canadienne General Fusion, soutenue par Jeff Bezos. Fondée en 2002, l’entreprise a choisi de construire sa première centrale nucléaire pilote à Culham, un petit village de l’Oxfordshire.
Malgré cet indéniable atout académique du côté européen, les entreprises américaines pourraient creuser davantage l’écart avec le reste du monde dans les mois à venir grâce à un soutien public qui se muscle. Le département de l’énergie américain a récemment débloqué 50 millions de dollars pour favoriser les partenariats publics-privés et accélérer le développement de réacteurs à fusion. Une enveloppe qui vient s’ajouter à l’Inflation Reduction Act, le vaste plan de réforme défendu par l’administration Biden, qui prévoit quelque 370 milliards de dollars pour décarboner l’économie américaine. De quoi accélérer considérablement le financement des projets liés à la fusion.

La fusionpour après 2050

Car les acteurs de la fusion sont également portés par l’urgence climatique, la nécessaire électrification des usages ainsi que la flambée des prix de l’électricité. Nombre de ces startups promettent ainsi une première centrale à fusion connectée au réseau électrique avant 2035 et présentent cette technologie comme un moyen efficace de lutter contre le changement climatique. Une communication qui « agace » Greg de Temmerman. « Un réacteur à fusion nucléaire qui fonctionne 24 heures sur 24 de façon fiable dans les années 2030, c’est hors d’atteinte, tranche-t-il. En revanche, si on parle d’un démonstrateur capable de générer de l’électricité cela peut arriver dans la décennie 2030 », reconnaît-il

Plus globalement, le spécialiste estime que la fusion « ne représentera rien pour l’énergie en 2050. Elle ne contribuera pas à la transition énergétique ». Il juge néanmoins que la fusion, comme source d’énergie pilotable et décarbonée, restera utile pour l’après 2050 et que son financement ne compromet pas, en parallèle, la décarbonation de l’économie.
En revanche, des applications en dehors du secteur de l’énergie pourraient voir le jour bien plus tôt. A Grenoble, la start-up Renaissance Fusion entend notamment commercialiser des briques technologiques issues de son activité pour l’imagerie médicale, les éoliennes ou encore les accélérateurs de particules.
Des verrous technologiques à lever

Si Greg de Temmerman se montre si prudent sur les calendriers partagés par ces startups c’est que les verrous technologiques à lever restent encore nombreux. D’abord, un réacteur à fusion devra être capable de produire son propre combustible. « On estime que les réserves de tritium sur Terre ne s’élèvent qu’à 35 kilos. Or, pour fonctionner un réacteur à fusion nucléaire aurait besoin d’une centaine de kilos de tritium par an. Le seul moyen pour la fusion d’être viable c’est que le réacteur soit capable de générer autant de tritium qu’il n’en consomme, voire plus pour pouvoir démarrer un autre réacteur », explique-t-il. La tâche est éminemment complexe. A titre d’illustration, Iter est censé tester cinq modules différents de génération de tritium.
Outre cet écueil, la recherche doit également énormément avancer sur les matériaux, car les enceintes des réacteurs devront résister à des dizaines d’années de bombardement de neutrons. Autre grand défi : s’assurer que des phénomènes de disruption du plasma ne puissent en aucun cas survenir car l’écrasement d’un plasma à 150 millions de degrés endommagerait inévitablement le matériel. « Un tokamak (l’enceinte dans laquelle est confiné le plasma, ndlr) ne peut fonctionner que si on supprime ces événements », assure Greg de Temmerman. Enfin, un tokamak a besoin de générer du courant en continu et « on n’a encore jamais prouvé qu’un tokamak pouvait fonctionner de façon continue », pointe-t-il.

Gare aux revers et déceptionsSurtout, l’industrie de la fusion n’est pas à l’abri de revers et déceptions, qui ont déjà largement marqué son histoire. « En 1998, TAE Technologies promettait un premier réacteur dans les 15 années à venir », se souvient le spécialiste. Une dizaine d’années plus tôt, en 1989, deux chimistes de l’université de l’Utah (Etats-Unis) avaient affirmé avoir réussi à fusionner des noyaux à température ambiante dans une simple cellule électrochimique sur une paillasse. Une affirmation qui s’est démentie quelques semaines plus tard. Autre exemple en 1951, au plus fort de la guerre froide. Juan Perón, alors président de l’Argentine, avait assuré que ses scientifiques étaient parvenus à maîtriser l’énergie de fusion, faisant ainsi la une des journaux du monde entier. Le combustible de fusion serait bientôt disponible, comme le lait, disait-il, dans des bouteilles d’un demi-litre.

Plus récemment, le méga projet Iter promettait la production d’un premier plasma en 2025. Celle-ci n’aura finalement pas lieu avant 2030. De quoi s’interroger sur la place de ce méga projet dans un écosystème de plus en plus dynamique. Présenté comme un outil de formation pour des milliers de physiciens, complémentaire et bénéfique pour les startups, le programme, soumis à une gouvernance très complexe et confronté à des défis d’ingénierie accentués par sa taille, cumule les retards. « C’est une question qui devient gênante », reconnaît Greg Temmerman.

Renaissance fusion, seule start-up tricolore dans la course

Renaissance fusion est la seule start-up française à plancher sur la fusion nucléaire. Basée à Grenoble, elle s’est spécialisée dans la fusion par confinement magnétique. Cette approche consiste à faire chauffer un plasma à 150 millions de degrés et à le confiner grâce à des aimants extrêmement puissants, capables de rapprocher les particules et de les faire circuler selon une trajectoire bien précise.

Toutefois, à la différence du méga projet Iter, la jeune pousse a choisi un design de réacteur bien particulier : le stellarator, qui diffère du tokamak bien plus répandu et étudié par les chercheurs par le passé. Initialement conçu par les Américains, ce type de réacteur est beaucoup plus difficile à construire que le tokamak, mais il présente un grand avantage : il permet d’obtenir un plasma très stable et de produire de l’énergie de manière continue et non pulsée. Ses aimants sont en revanche « tarabiscotés », explique Simon Belka, chef de projet au sein de l’entreprise.
Pour surmonter cet écueil, Renaissance Fusion a développé une technique innovante pour fabriquer ces aimants. « On dépose la matière supraconductrice directement sur l’enceinte du réacteur ce qui permet d’avoir une enceinte aimantée géante », résume Simon Belka. Elle utilise ensuite un laser pour enlever la matière et donner un pattern bien précis. La start-up planche aussi sur des métaux liquides capables d’absorber la chaleur afin de protéger les parois des réacteurs.

Avant de construire un réacteur nucléaire, l’entreprise prévoit de vendre ses briques technologiques à d’autres secteurs pour financer son développement. Elle entend ensuite mettre sur pied un réacteur d’essai en 2028, capable de produire deux fois plus d’énergie qu’il n’en consomme. Ce démonstrateur ne produira que de la chaleur. Dernière étape : vendre un réacteur de 1000 mégawatts électriques, soit l’équivalent peu ou prou de la puissance d’une tranche nucléaire, entre 2032 et 2035.

Renaissance Fusion officialisera dans les prochaines semaines une levée de fonds supérieure à 10 millions d’euros. Elle prépare déjà un prochain tour de table pour 2024. « On espère être dans le top 7 des plus grosses levées de fonds du secteur », indique Simon Belka.

Energie-Fusion nucléaire : pour après 2050 ?

Energie-Fusion nucléaire : pour après 2050 ?

2022 constitue sans nul doute une année charnière pour la fusion nucléaire. Le 13 décembre dernier, la communauté scientifique œuvrant dans ce domaine était en ébullition. Et pour cause, les Etats-Unis ont fait savoir que le Laboratoire national Lawrence Livermore (LNLL) était parvenu à produire plus d’énergie pendant une réaction de fusion nucléaire qu’il n’en avait été nécessaire pour initier le processus, du moins au niveau du combustible. « Un seuil que l’on attend depuis des décennies. Grand pas pour la fusion, petit pas pour l’énergie », commentait alors sur Twitter Greg de Temmerman, directeur général du think tank Zenon et spécialiste français de la fusion nucléaire.( un article de la Tribune d’après Renaissance fusion)

Depuis les années 1930, les scientifiques tentent en effet de reproduire, sur Terre, le mécanisme à l’œuvre dans le soleil et les étoiles. Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose toutes les centrales nucléaires en fonctionnement dans le monde, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d’uranium pour libérer de l’énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d’hydrogène extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Dans le détail, le mariage forcé du deutérium et du tritium permet de produire de l’hélium et un neutron. Cette réaction doit alors permettre de générer des quantités massives d’énergie sous forme de chaleur, qui peut ensuite être transformée en électricité grâce à une turbine.
La fusion nucléaire suscite d’immenses espoirs car si l’homme savait la contrôler, cette source d’énergie cocherait toutes les cases : l’électricité qu’elle pourrait délivrer serait quasi illimitée, décarbonée, sûre, et produirait très peu de déchets radioactifs à vie longue. Mais jusqu’au 13 décembre dernier, les scientifiques butaient sur une étape majeure : celle du breakeven, soit le seuil où l’énergie produite par la réaction de la fusion est supérieure à celle nécessaire pour faire fonctionner le système. C’est désormais chose faite.

Si cette percée est la plus retentissante, d’autres grandes avancées ont été observées au cours de la même année. Quelques mois auparavant, ce même laboratoire californien est parvenu à contrôler un plasma brûlant, le plasma étant le quatrième état de la matière (après les états solide, liquide et gazeux) dans lequel peuvent justement se rencontrer les deux noyaux d’hydrogène. En 2022, des quantités records d’énergie ont été produites par JET, une machine de recherche basée à Oxford, au Royaume-Uni. Les installations Kstar et East, implantées respectivement en Corée du Sud et en Chine, sont quant à elles parvenues à confiner le plasma sur des durées et des températures records.

Mais l’année 2022 c’est aussi l’année où « la fusion est sortie des laboratoires pour aller sur le marché », souligne Andrew Holland à la tête de la Fusion industry association (FIA). Dans son dernier rapport annuel, l’organisation dénombre 33 entreprises privées actives dans ce domaine à travers le monde. Parmi elles, 21 se sont créées au cours des cinq dernières années. On peut les ranger dans trois grandes familles. Celles qui planchent sur la fusion par confinement magnétique et qui s’appuient sur des aimants supraconducteurs pour maintenir le plasma. Celles qui travaillent sur la fusion inertielle en ayant recours à des lasers. Et celles, à l’image de General Fusion, qui entendent combiner ces deux approches.
En 2022, ces entreprises ont levé 2,8 milliards de dollars, contre près de 2 milliards de dollars un an plus tôt. Au total, depuis leur création, elles ont réuni un peu plus 4,8 milliards de dollars, principalement auprès d’investisseurs privés, (seuls 117 millions de dollars proviennent de subventions publiques). Parmi eux, on retrouve les grands fonds de capital-risque et des personnalités et des entreprises de la tech comme Bill Gates, Jeff Bezos (Amazon) ou encore Google et le groupe chinois Tencent, mais aussi une poignée d’industriels, dont l’énergéticien italien Eni, le norvégien Equinor, et les majors Chevron et Shell.

Commonwealth Fusion Systems, un spin off du MIT, représente à elle seule plus d’un tiers de ces investissements. Née en 2018, l’entreprise a bouclé un tour de table XXL de 1,8 milliard de dollars. Elle promet de commercialiser la première centrale à fusion à l’horizon 2030. Helion Energy, une autre entreprise américaine qui s’est spécialisée dans la fusion inertielle, a, elle, levé 500 millions de dollars et assure avoir déjà sécurisé un financement à venir de 1,7 milliard de dollars. Au total, sept entreprises ont déjà réuni plus de 200 millions de dollars d’investissements.

Comment expliquer cet engouement de la sphère privée pour la fusion ?
« Ce n’est pas quelque chose de nouveau. La première initiative privée remonte à 1998 avec TAE Technologies, mais le nombre de start-up a nettement augmenté à partir des années 2014-2015. A ce moment-là, Bernard Bigot, [alors à la tête du gigantesque programme scientifique international Iter, censé démontrer la viabilité de la fusion nucléaire à grande échelle, ndlr] annonce cinq années de retard sur le projet. Iter est en construction et permet à la communauté scientifique d’apprendre énormément, mais cela ne va pas assez vite. Cela a généré une frustration qui a poussé des scientifiques à entreprendre », se remémore Greg de Temmerman, coordinateur scientifique sur le projet Iter entre 2014 et 2020.
Par ailleurs, jusqu’à l’année dernière, les capitaux étaient largement disponibles tandis que les taux d’intérêt étaient à leur plus bas. Des conditions de marché qui ont conduit les investisseurs à aller chercher des investissements plus risqués afin d’obtenir des rendements plus élevés. « Or la fusion est un investissement à haut risque et à haut potentiel. C’est un investissement qui peut mener nulle part, mais si cela fonctionne l’investisseur fait fortune », souligne Greg de Temmerman. La fusion reste enfin l’un des grands défis techniques et scientifiques à résoudre. De quoi attirer des personnalités fortunées avides de ce genre de challenge.

Aujourd’hui, les Etats-Unis dominent incontestablement cette course mondiale, avec 21 entreprises basées sur son sol, tandis que seules trois sont installées en Europe continentale (Renaissance Fusion en France, Deutelio en Italie et Marvel Fusion en Allemagne) et trois autres au Royaume-Uni (Crossfield Fusion, First Light Fusion et Tokamak Energy).

Pourtant, c’est bien le Vieux Continent qui est le leader mondial de la recherche en fusion. L’Allemagne, qui a décidé de tourner le dos à la fission nucléaire, compte le plus grand nombre de chercheurs en la matière. « Les scientifiques sont parvenus à démontrer que ce n’était pas le même nucléaire, que la fusion ne présentait pas les mêmes problématiques en matière de sûreté et de déchets et qu’il fallait continuer », explique Greg de Temmerman.
En France, l’Institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique (IRFM) du CEA, qui jouxte le chantier d’Iter à Cadarache dans les Bouches du Rhône, est mondialement reconnu. Dès 1959, le centre de recherche a participé à la réalisation de plusieurs tokamaks expérimentaux, ces structures dans lesquelles sont confinées les plasmas. Il espère désormais développer une centrale à fusion nucléaire plus compacte que le réacteur Iter.

Le Royaume-Uni, « qui est le plus gros promoteur de la fusion nucléaire en Europe », selon les propos de Jérôme Bucalossi, à la tête de l’IRFM du CEA, s’est déjà engagé dans cette voie. « Son programme STEP vise à développer un réacteur à fusion connecté au réseau électrique avant 2040 », précise-t-il. Un dynamisme qui a permis d’attirer la start-up canadienne General Fusion, soutenue par Jeff Bezos. Fondée en 2002, l’entreprise a choisi de construire sa première centrale nucléaire pilote à Culham, un petit village de l’Oxfordshire.
Malgré cet indéniable atout académique du côté européen, les entreprises américaines pourraient creuser davantage l’écart avec le reste du monde dans les mois à venir grâce à un soutien public qui se muscle. Le département de l’énergie américain a récemment débloqué 50 millions de dollars pour favoriser les partenariats publics-privés et accélérer le développement de réacteurs à fusion. Une enveloppe qui vient s’ajouter à l’Inflation Reduction Act, le vaste plan de réforme défendu par l’administration Biden, qui prévoit quelque 370 milliards de dollars pour décarboner l’économie américaine. De quoi accélérer considérablement le financement des projets liés à la fusion.

La fusionpour après 2050

Car les acteurs de la fusion sont également portés par l’urgence climatique, la nécessaire électrification des usages ainsi que la flambée des prix de l’électricité. Nombre de ces startups promettent ainsi une première centrale à fusion connectée au réseau électrique avant 2035 et présentent cette technologie comme un moyen efficace de lutter contre le changement climatique. Une communication qui « agace » Greg de Temmerman. « Un réacteur à fusion nucléaire qui fonctionne 24 heures sur 24 de façon fiable dans les années 2030, c’est hors d’atteinte, tranche-t-il. En revanche, si on parle d’un démonstrateur capable de générer de l’électricité cela peut arriver dans la décennie 2030 », reconnaît-il

Plus globalement, le spécialiste estime que la fusion « ne représentera rien pour l’énergie en 2050. Elle ne contribuera pas à la transition énergétique ». Il juge néanmoins que la fusion, comme source d’énergie pilotable et décarbonée, restera utile pour l’après 2050 et que son financement ne compromet pas, en parallèle, la décarbonation de l’économie.
En revanche, des applications en dehors du secteur de l’énergie pourraient voir le jour bien plus tôt. A Grenoble, la start-up Renaissance Fusion entend notamment commercialiser des briques technologiques issues de son activité pour l’imagerie médicale, les éoliennes ou encore les accélérateurs de particules.
Des verrous technologiques à lever

Si Greg de Temmerman se montre si prudent sur les calendriers partagés par ces startups c’est que les verrous technologiques à lever restent encore nombreux. D’abord, un réacteur à fusion devra être capable de produire son propre combustible. « On estime que les réserves de tritium sur Terre ne s’élèvent qu’à 35 kilos. Or, pour fonctionner un réacteur à fusion nucléaire aurait besoin d’une centaine de kilos de tritium par an. Le seul moyen pour la fusion d’être viable c’est que le réacteur soit capable de générer autant de tritium qu’il n’en consomme, voire plus pour pouvoir démarrer un autre réacteur », explique-t-il. La tâche est éminemment complexe. A titre d’illustration, Iter est censé tester cinq modules différents de génération de tritium.
Outre cet écueil, la recherche doit également énormément avancer sur les matériaux, car les enceintes des réacteurs devront résister à des dizaines d’années de bombardement de neutrons. Autre grand défi : s’assurer que des phénomènes de disruption du plasma ne puissent en aucun cas survenir car l’écrasement d’un plasma à 150 millions de degrés endommagerait inévitablement le matériel. « Un tokamak (l’enceinte dans laquelle est confiné le plasma, ndlr) ne peut fonctionner que si on supprime ces événements », assure Greg de Temmerman. Enfin, un tokamak a besoin de générer du courant en continu et « on n’a encore jamais prouvé qu’un tokamak pouvait fonctionner de façon continue », pointe-t-il.

Gare aux revers et déceptionsSurtout, l’industrie de la fusion n’est pas à l’abri de revers et déceptions, qui ont déjà largement marqué son histoire. « En 1998, TAE Technologies promettait un premier réacteur dans les 15 années à venir », se souvient le spécialiste. Une dizaine d’années plus tôt, en 1989, deux chimistes de l’université de l’Utah (Etats-Unis) avaient affirmé avoir réussi à fusionner des noyaux à température ambiante dans une simple cellule électrochimique sur une paillasse. Une affirmation qui s’est démentie quelques semaines plus tard. Autre exemple en 1951, au plus fort de la guerre froide. Juan Perón, alors président de l’Argentine, avait assuré que ses scientifiques étaient parvenus à maîtriser l’énergie de fusion, faisant ainsi la une des journaux du monde entier. Le combustible de fusion serait bientôt disponible, comme le lait, disait-il, dans des bouteilles d’un demi-litre.

Plus récemment, le méga projet Iter promettait la production d’un premier plasma en 2025. Celle-ci n’aura finalement pas lieu avant 2030. De quoi s’interroger sur la place de ce méga projet dans un écosystème de plus en plus dynamique. Présenté comme un outil de formation pour des milliers de physiciens, complémentaire et bénéfique pour les startups, le programme, soumis à une gouvernance très complexe et confronté à des défis d’ingénierie accentués par sa taille, cumule les retards. « C’est une question qui devient gênante », reconnaît Greg Temmerman.

Renaissance fusion, seule start-up tricolore dans la course

Renaissance fusion est la seule start-up française à plancher sur la fusion nucléaire. Basée à Grenoble, elle s’est spécialisée dans la fusion par confinement magnétique. Cette approche consiste à faire chauffer un plasma à 150 millions de degrés et à le confiner grâce à des aimants extrêmement puissants, capables de rapprocher les particules et de les faire circuler selon une trajectoire bien précise.

Toutefois, à la différence du méga projet Iter, la jeune pousse a choisi un design de réacteur bien particulier : le stellarator, qui diffère du tokamak bien plus répandu et étudié par les chercheurs par le passé. Initialement conçu par les Américains, ce type de réacteur est beaucoup plus difficile à construire que le tokamak, mais il présente un grand avantage : il permet d’obtenir un plasma très stable et de produire de l’énergie de manière continue et non pulsée. Ses aimants sont en revanche « tarabiscotés », explique Simon Belka, chef de projet au sein de l’entreprise.
Pour surmonter cet écueil, Renaissance Fusion a développé une technique innovante pour fabriquer ces aimants. « On dépose la matière supraconductrice directement sur l’enceinte du réacteur ce qui permet d’avoir une enceinte aimantée géante », résume Simon Belka. Elle utilise ensuite un laser pour enlever la matière et donner un pattern bien précis. La start-up planche aussi sur des métaux liquides capables d’absorber la chaleur afin de protéger les parois des réacteurs.

Avant de construire un réacteur nucléaire, l’entreprise prévoit de vendre ses briques technologiques à d’autres secteurs pour financer son développement. Elle entend ensuite mettre sur pied un réacteur d’essai en 2028, capable de produire deux fois plus d’énergie qu’il n’en consomme. Ce démonstrateur ne produira que de la chaleur. Dernière étape : vendre un réacteur de 1000 mégawatts électriques, soit l’équivalent peu ou prou de la puissance d’une tranche nucléaire, entre 2032 et 2035.

Renaissance Fusion officialisera dans les prochaines semaines une levée de fonds supérieure à 10 millions d’euros. Elle prépare déjà un prochain tour de table pour 2024. « On espère être dans le top 7 des plus grosses levées de fonds du secteur », indique Simon Belka.

Energie-Fusion nucléaire : pour après 2050 ?

Energie-Fusion nucléaire : pour après 2050 ?

2022 constitue sans nul doute une année charnière pour la fusion nucléaire. Le 13 décembre dernier, la communauté scientifique œuvrant dans ce domaine était en ébullition. Et pour cause, les Etats-Unis ont fait savoir que le Laboratoire national Lawrence Livermore (LNLL) était parvenu à produire plus d’énergie pendant une réaction de fusion nucléaire qu’il n’en avait été nécessaire pour initier le processus, du moins au niveau du combustible. « Un seuil que l’on attend depuis des décennies. Grand pas pour la fusion, petit pas pour l’énergie », commentait alors sur Twitter Greg de Temmerman, directeur général du think tank Zenon et spécialiste français de la fusion nucléaire.( un article de la Tribune d’après Renaissance fusion)

Depuis les années 1930, les scientifiques tentent en effet de reproduire, sur Terre, le mécanisme à l’œuvre dans le soleil et les étoiles. Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose toutes les centrales nucléaires en fonctionnement dans le monde, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d’uranium pour libérer de l’énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d’hydrogène extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Dans le détail, le mariage forcé du deutérium et du tritium permet de produire de l’hélium et un neutron. Cette réaction doit alors permettre de générer des quantités massives d’énergie sous forme de chaleur, qui peut ensuite être transformée en électricité grâce à une turbine.
La fusion nucléaire suscite d’immenses espoirs car si l’homme savait la contrôler, cette source d’énergie cocherait toutes les cases : l’électricité qu’elle pourrait délivrer serait quasi illimitée, décarbonée, sûre, et produirait très peu de déchets radioactifs à vie longue. Mais jusqu’au 13 décembre dernier, les scientifiques butaient sur une étape majeure : celle du breakeven, soit le seuil où l’énergie produite par la réaction de la fusion est supérieure à celle nécessaire pour faire fonctionner le système. C’est désormais chose faite.

Si cette percée est la plus retentissante, d’autres grandes avancées ont été observées au cours de la même année. Quelques mois auparavant, ce même laboratoire californien est parvenu à contrôler un plasma brûlant, le plasma étant le quatrième état de la matière (après les états solide, liquide et gazeux) dans lequel peuvent justement se rencontrer les deux noyaux d’hydrogène. En 2022, des quantités records d’énergie ont été produites par JET, une machine de recherche basée à Oxford, au Royaume-Uni. Les installations Kstar et East, implantées respectivement en Corée du Sud et en Chine, sont quant à elles parvenues à confiner le plasma sur des durées et des températures records.

Mais l’année 2022 c’est aussi l’année où « la fusion est sortie des laboratoires pour aller sur le marché », souligne Andrew Holland à la tête de la Fusion industry association (FIA). Dans son dernier rapport annuel, l’organisation dénombre 33 entreprises privées actives dans ce domaine à travers le monde. Parmi elles, 21 se sont créées au cours des cinq dernières années. On peut les ranger dans trois grandes familles. Celles qui planchent sur la fusion par confinement magnétique et qui s’appuient sur des aimants supraconducteurs pour maintenir le plasma. Celles qui travaillent sur la fusion inertielle en ayant recours à des lasers. Et celles, à l’image de General Fusion, qui entendent combiner ces deux approches.
En 2022, ces entreprises ont levé 2,8 milliards de dollars, contre près de 2 milliards de dollars un an plus tôt. Au total, depuis leur création, elles ont réuni un peu plus 4,8 milliards de dollars, principalement auprès d’investisseurs privés, (seuls 117 millions de dollars proviennent de subventions publiques). Parmi eux, on retrouve les grands fonds de capital-risque et des personnalités et des entreprises de la tech comme Bill Gates, Jeff Bezos (Amazon) ou encore Google et le groupe chinois Tencent, mais aussi une poignée d’industriels, dont l’énergéticien italien Eni, le norvégien Equinor, et les majors Chevron et Shell.

Commonwealth Fusion Systems, un spin off du MIT, représente à elle seule plus d’un tiers de ces investissements. Née en 2018, l’entreprise a bouclé un tour de table XXL de 1,8 milliard de dollars. Elle promet de commercialiser la première centrale à fusion à l’horizon 2030. Helion Energy, une autre entreprise américaine qui s’est spécialisée dans la fusion inertielle, a, elle, levé 500 millions de dollars et assure avoir déjà sécurisé un financement à venir de 1,7 milliard de dollars. Au total, sept entreprises ont déjà réuni plus de 200 millions de dollars d’investissements.

Comment expliquer cet engouement de la sphère privée pour la fusion ?
« Ce n’est pas quelque chose de nouveau. La première initiative privée remonte à 1998 avec TAE Technologies, mais le nombre de start-up a nettement augmenté à partir des années 2014-2015. A ce moment-là, Bernard Bigot, [alors à la tête du gigantesque programme scientifique international Iter, censé démontrer la viabilité de la fusion nucléaire à grande échelle, ndlr] annonce cinq années de retard sur le projet. Iter est en construction et permet à la communauté scientifique d’apprendre énormément, mais cela ne va pas assez vite. Cela a généré une frustration qui a poussé des scientifiques à entreprendre », se remémore Greg de Temmerman, coordinateur scientifique sur le projet Iter entre 2014 et 2020.
Par ailleurs, jusqu’à l’année dernière, les capitaux étaient largement disponibles tandis que les taux d’intérêt étaient à leur plus bas. Des conditions de marché qui ont conduit les investisseurs à aller chercher des investissements plus risqués afin d’obtenir des rendements plus élevés. « Or la fusion est un investissement à haut risque et à haut potentiel. C’est un investissement qui peut mener nulle part, mais si cela fonctionne l’investisseur fait fortune », souligne Greg de Temmerman. La fusion reste enfin l’un des grands défis techniques et scientifiques à résoudre. De quoi attirer des personnalités fortunées avides de ce genre de challenge.

Aujourd’hui, les Etats-Unis dominent incontestablement cette course mondiale, avec 21 entreprises basées sur son sol, tandis que seules trois sont installées en Europe continentale (Renaissance Fusion en France, Deutelio en Italie et Marvel Fusion en Allemagne) et trois autres au Royaume-Uni (Crossfield Fusion, First Light Fusion et Tokamak Energy).

Pourtant, c’est bien le Vieux Continent qui est le leader mondial de la recherche en fusion. L’Allemagne, qui a décidé de tourner le dos à la fission nucléaire, compte le plus grand nombre de chercheurs en la matière. « Les scientifiques sont parvenus à démontrer que ce n’était pas le même nucléaire, que la fusion ne présentait pas les mêmes problématiques en matière de sûreté et de déchets et qu’il fallait continuer », explique Greg de Temmerman.
En France, l’Institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique (IRFM) du CEA, qui jouxte le chantier d’Iter à Cadarache dans les Bouches du Rhône, est mondialement reconnu. Dès 1959, le centre de recherche a participé à la réalisation de plusieurs tokamaks expérimentaux, ces structures dans lesquelles sont confinées les plasmas. Il espère désormais développer une centrale à fusion nucléaire plus compacte que le réacteur Iter.

Le Royaume-Uni, « qui est le plus gros promoteur de la fusion nucléaire en Europe », selon les propos de Jérôme Bucalossi, à la tête de l’IRFM du CEA, s’est déjà engagé dans cette voie. « Son programme STEP vise à développer un réacteur à fusion connecté au réseau électrique avant 2040 », précise-t-il. Un dynamisme qui a permis d’attirer la start-up canadienne General Fusion, soutenue par Jeff Bezos. Fondée en 2002, l’entreprise a choisi de construire sa première centrale nucléaire pilote à Culham, un petit village de l’Oxfordshire.
Malgré cet indéniable atout académique du côté européen, les entreprises américaines pourraient creuser davantage l’écart avec le reste du monde dans les mois à venir grâce à un soutien public qui se muscle. Le département de l’énergie américain a récemment débloqué 50 millions de dollars pour favoriser les partenariats publics-privés et accélérer le développement de réacteurs à fusion. Une enveloppe qui vient s’ajouter à l’Inflation Reduction Act, le vaste plan de réforme défendu par l’administration Biden, qui prévoit quelque 370 milliards de dollars pour décarboner l’économie américaine. De quoi accélérer considérablement le financement des projets liés à la fusion.

La fusionpour après 2050

Car les acteurs de la fusion sont également portés par l’urgence climatique, la nécessaire électrification des usages ainsi que la flambée des prix de l’électricité. Nombre de ces startups promettent ainsi une première centrale à fusion connectée au réseau électrique avant 2035 et présentent cette technologie comme un moyen efficace de lutter contre le changement climatique. Une communication qui « agace » Greg de Temmerman. « Un réacteur à fusion nucléaire qui fonctionne 24 heures sur 24 de façon fiable dans les années 2030, c’est hors d’atteinte, tranche-t-il. En revanche, si on parle d’un démonstrateur capable de générer de l’électricité cela peut arriver dans la décennie 2030 », reconnaît-il

Plus globalement, le spécialiste estime que la fusion « ne représentera rien pour l’énergie en 2050. Elle ne contribuera pas à la transition énergétique ». Il juge néanmoins que la fusion, comme source d’énergie pilotable et décarbonée, restera utile pour l’après 2050 et que son financement ne compromet pas, en parallèle, la décarbonation de l’économie.
En revanche, des applications en dehors du secteur de l’énergie pourraient voir le jour bien plus tôt. A Grenoble, la start-up Renaissance Fusion entend notamment commercialiser des briques technologiques issues de son activité pour l’imagerie médicale, les éoliennes ou encore les accélérateurs de particules.
Des verrous technologiques à lever

Si Greg de Temmerman se montre si prudent sur les calendriers partagés par ces startups c’est que les verrous technologiques à lever restent encore nombreux. D’abord, un réacteur à fusion devra être capable de produire son propre combustible. « On estime que les réserves de tritium sur Terre ne s’élèvent qu’à 35 kilos. Or, pour fonctionner un réacteur à fusion nucléaire aurait besoin d’une centaine de kilos de tritium par an. Le seul moyen pour la fusion d’être viable c’est que le réacteur soit capable de générer autant de tritium qu’il n’en consomme, voire plus pour pouvoir démarrer un autre réacteur », explique-t-il. La tâche est éminemment complexe. A titre d’illustration, Iter est censé tester cinq modules différents de génération de tritium.
Outre cet écueil, la recherche doit également énormément avancer sur les matériaux, car les enceintes des réacteurs devront résister à des dizaines d’années de bombardement de neutrons. Autre grand défi : s’assurer que des phénomènes de disruption du plasma ne puissent en aucun cas survenir car l’écrasement d’un plasma à 150 millions de degrés endommagerait inévitablement le matériel. « Un tokamak (l’enceinte dans laquelle est confiné le plasma, ndlr) ne peut fonctionner que si on supprime ces événements », assure Greg de Temmerman. Enfin, un tokamak a besoin de générer du courant en continu et « on n’a encore jamais prouvé qu’un tokamak pouvait fonctionner de façon continue », pointe-t-il.

Gare aux revers et déceptionsSurtout, l’industrie de la fusion n’est pas à l’abri de revers et déceptions, qui ont déjà largement marqué son histoire. « En 1998, TAE Technologies promettait un premier réacteur dans les 15 années à venir », se souvient le spécialiste. Une dizaine d’années plus tôt, en 1989, deux chimistes de l’université de l’Utah (Etats-Unis) avaient affirmé avoir réussi à fusionner des noyaux à température ambiante dans une simple cellule électrochimique sur une paillasse. Une affirmation qui s’est démentie quelques semaines plus tard. Autre exemple en 1951, au plus fort de la guerre froide. Juan Perón, alors président de l’Argentine, avait assuré que ses scientifiques étaient parvenus à maîtriser l’énergie de fusion, faisant ainsi la une des journaux du monde entier. Le combustible de fusion serait bientôt disponible, comme le lait, disait-il, dans des bouteilles d’un demi-litre.

Plus récemment, le méga projet Iter promettait la production d’un premier plasma en 2025. Celle-ci n’aura finalement pas lieu avant 2030. De quoi s’interroger sur la place de ce méga projet dans un écosystème de plus en plus dynamique. Présenté comme un outil de formation pour des milliers de physiciens, complémentaire et bénéfique pour les startups, le programme, soumis à une gouvernance très complexe et confronté à des défis d’ingénierie accentués par sa taille, cumule les retards. « C’est une question qui devient gênante », reconnaît Greg Temmerman.

Renaissance fusion, seule start-up tricolore dans la course

Renaissance fusion est la seule start-up française à plancher sur la fusion nucléaire. Basée à Grenoble, elle s’est spécialisée dans la fusion par confinement magnétique. Cette approche consiste à faire chauffer un plasma à 150 millions de degrés et à le confiner grâce à des aimants extrêmement puissants, capables de rapprocher les particules et de les faire circuler selon une trajectoire bien précise.

Toutefois, à la différence du méga projet Iter, la jeune pousse a choisi un design de réacteur bien particulier : le stellarator, qui diffère du tokamak bien plus répandu et étudié par les chercheurs par le passé. Initialement conçu par les Américains, ce type de réacteur est beaucoup plus difficile à construire que le tokamak, mais il présente un grand avantage : il permet d’obtenir un plasma très stable et de produire de l’énergie de manière continue et non pulsée. Ses aimants sont en revanche « tarabiscotés », explique Simon Belka, chef de projet au sein de l’entreprise.
Pour surmonter cet écueil, Renaissance Fusion a développé une technique innovante pour fabriquer ces aimants. « On dépose la matière supraconductrice directement sur l’enceinte du réacteur ce qui permet d’avoir une enceinte aimantée géante », résume Simon Belka. Elle utilise ensuite un laser pour enlever la matière et donner un pattern bien précis. La start-up planche aussi sur des métaux liquides capables d’absorber la chaleur afin de protéger les parois des réacteurs.

Avant de construire un réacteur nucléaire, l’entreprise prévoit de vendre ses briques technologiques à d’autres secteurs pour financer son développement. Elle entend ensuite mettre sur pied un réacteur d’essai en 2028, capable de produire deux fois plus d’énergie qu’il n’en consomme. Ce démonstrateur ne produira que de la chaleur. Dernière étape : vendre un réacteur de 1000 mégawatts électriques, soit l’équivalent peu ou prou de la puissance d’une tranche nucléaire, entre 2032 et 2035.

Renaissance Fusion officialisera dans les prochaines semaines une levée de fonds supérieure à 10 millions d’euros. Elle prépare déjà un prochain tour de table pour 2024. « On espère être dans le top 7 des plus grosses levées de fonds du secteur », indique Simon Belka.

Énergie : une baisse de consommation pas forcément vertueuse

Énergie : une baisse de consommation pas forcément vertueuse

Toute l’Europe connaît une très forte baisse de la consommation énergétique par rapport aux récentes années passées. D’un point de vue environnementale, on peut s’en féliciter. Le problème est que cette baisse résulte certes d’une certaine sobriété des ménages mais surtout d’un incertain effondrement de la consommation des entreprises. Deux raisons à cela, le coût exorbitant de l’électricité en particulier pour les entreprises mais aussi une demande qui vacille et conduit directement vers la stagnation de la croissance voire la récession.

Les entreprises et les ménages européens surveillent de près leur consommation d’énergie. Qu’il s’agisse de gaz ou d’électricité. D’août à novembre 2022, la consommation de gaz naturel a diminué de 20,1 % dans l’Union européenne par rapport à la demande moyenne pour les mêmes mois entre 2017 et 2021, a ainsi constaté Eurostat, l’office statistique de l’UE.

En France, la consommation d’électricité a fondu de près de 10 % cet automne, par rapport à la moyenne 2014-2019, a dévoilé RTE, mardi également. Un chiffre historique. En comparaison, la consommation d’électricité avait chuté de 14 % lors du premier « grand confinement » en 2020.

En Europe la baisse de à la crise que connaît l’industrie notamment en Allemagne. Une baisse de consommation apparemment vertueuse mais qui va produire encore davantage de chômage et de misère sociale

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