Archive pour le Tag 'énergie'

Blockchain et énergie

Blockchain et énergie

lors qu’une canicule historiquement précoce touche la France, il devient de plus en plus évident que si nous ne changeons pas nos habitudes, il sera bientôt impossible d’endiguer le réchauffement climatique. Parfois rassurés par nos gestes du quotidien pour réduire notre consommation d’énergie, nous oublions souvent l’impact de nos usages en matière de nouvelles technologies. Par Dominique Chabot, entrepreneur récidiviste, ingénieur en intelligence artificielle et Président d’Ocode.(La Tribune)

 

Au-delà de l’achat de terminaux et de la consommation de flux de données, les experts pointent de plus en plus du doigt les blockchains utilisées pour les transactions en crypto-monnaies. En effet, Bitcoin, la plus connue d’entre elles, est extrêmement énergivore et sa consommation énergétique équivalente à celle d’un pays comme l’Argentine.

Pourtant, toutes les blockchains ne sont pas à mettre dans le même panier. Si certaines utilisent une quantité astronomique d’énergie, à des fins essentiellement spéculatives, d’autres blockchains sont infiniment moins énergivores, et leurs finalités beaucoup plus vertueuses.

Il existe deux principales familles de moteurs de Blockchain permettant de valider et de sécuriser les transactions  : celle de la « Proof of Work » (ou PoW), aujourd’hui utilisée par le Bitcoin et l’Ethereum, et la « Proof of Stake » (ou PoS).

La première famille (celle de la Proof of Work) fait appel à des « mineurs » pour valider les transactions. Elle est plus facile à mettre en œuvre, moins coûteuse mais est extrêmement énergivore. Chaque validation d’une transaction consomme environ 700 kilowatts-heure (kWh). En effectuant trois transactions en Bitcoin, un utilisateur dépense l’équivalent de sa consommation annuelle d’électricité (environ 2200 kwh).

En outre, le mineur ayant le plus de puissance – et donc consommant le plus d’énergie – sera le plus rapide à valider l’équation et recevra une récompense. Selon les données du Cambridge Bitcoin Electricity Network, la consommation électrique globale du Bitcoin serait de l’ordre de 125 térawatts-heure (TW/h), soit plus que des pays comme la Belgique ou la Finlande au cours d’une année.

La seconde technologie, dite de « Proof of Stake » (PoS), fonctionne selon un mécanisme de preuve d’enjeu. Concrètement, elle est basée sur l’utilisation active de son capital pour sécuriser et valider les transactions. Plus complexe à utiliser, elle est infiniment moins énergivore puisqu’elle consomme, selon les blockchains, entre 0,03 et 10 watts-heure par transaction (soit l’équivalent d’une recherche sur le Web via Google).

Ce sont généralement les crypto-monnaies et leur volatilité qui retiennent l’attention du public et des médias. Pourtant, la technologie qu’elles utilisent, la blockchain, est vouée à bien d’autres usages que la spéculation. En tout premier lieu, elle permet de transmettre et d’enregistrer de l’information dans un registre infalsifiable et partagé de façon publique ou privée.

Grâce à cette traçabilité, ses applications et cas d’usages sont – ou seront bientôt utilisés – dans de nombreux secteurs : juridique pour la certification de documents ou de preuves, sociaux pour vérifier une identité numérique, ou que les dons à des associations sont bien versés au bon bénéficiaire, ou encore industriels pour authentifier ou identifier des objets trouvés, de valeur, transférer une propriété dans le cas d’une vente de seconde main, etc.

La blockchain apporte aux échanges de la confiance. Elle garantit la véracité des informations liées à un objet physique ou numérique, à une action ou à une personne. Elle est déjà utilisée pour, par exemple, prouver la provenance de certains produits alimentaires et leur sourçage équitable, pour identifier des objets retrouvés, ou partager des recherches scientifiques à travers le monde et accélérer le progrès tout en enregistrant les contributions de chacun.

Affirmer que la blockchain a un impact négatif pour la planète sans différencier leur consommation d’énergie équivaudrait à dire qu’un voyage a le même impact environnemental quel que soit le moyen de transport. La blockchain est un choix technologique et n’est pertinent qu’en fonction de l’usage qui en est fait. Est-il indispensable de miner pour spéculer sur la valeur d’une monnaie digitale ? Peut-elle permettre d’accélérer la recherche médicale ?

Bien utilisée, la blockchain peut avoir de multiples utilités sociétales ou environnementales. Il ne tient qu’à ses utilisateurs de s’engager et de soutenir des projets qui allient faible consommation énergétique et fort impact sociétal. Et pour ce faire, commencer par comprendre le fonctionnement de cette technologie et les conséquences de son utilisation. Il conviendra ensuite de faire le bon choix quant à l’usage qui en est fait.

Dominique Chabot

Energie : priorité de la sobriété

Energie   : prioritésde la sobriété 

 

Les quatre responsables du club de réflexion Bridge invitent, dans une tribune au « Monde », à ouvrir un débat de société sur la croissance et les technologies vertes, le numérique et la civilisation thermo-industrielle, mise en place au sein de l’Union européenne.

 

Tribune.

 

 L’impératif catégorique de la transition écologique aura été le grand absent de la campagne présidentielle. La gravité et l’urgence de la situation internationale ont pu fournir des arguments à tous ceux qui refusent, redoutent ou repoussent cet affrontement avec la réalité.

Pourtant, un des traits majeurs de la guerre en Ukraine est qu’elle met en lumière certains aspects de la « globalisation » : vulnérabilité des systèmes de production industriels et agroalimentaires due à la sophistication jusqu’à l’absurde des chaînes de valeur, à la dépendance aux hydrocarbures et à toutes les variantes de la spéculation portant sur le cours des matières premières.

L’offre politique des candidats s’est principalement déclinée sous la forme d’un affrontement entre des visions souverainistes impraticables et inefficaces et un retour au « business as usual » de la croissance retrouvée, après le fâcheux épisode du Covid-19 : l’essentiel est ainsi passé à la trappe ou repoussé aux calendes grecques.

Là où il était judicieux d’invoquer les générations futures, il faut maintenant sans tarder convoquer les générations présentes. Il s’agit de défaire, avec patience et méthode, l’imbroglio constitué par le couple systèmes de production-imaginaires de consommation, rompre la spirale qu’il a engendrée pour (re)construire une économie du bien-être. Prétendre réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre sans réduire massivement notre consommation énergétique est l’un des derniers avatars du mythe scientiste du progrès.

Les « technologies vertes » sont, elles aussi, consommatrices de matières. Elles font appel à des métaux rares, souvent difficiles à recycler. Les panneaux photovoltaïques au silicium sont a priori plus vertueux que les panneaux multicouches à haut rendement, mais même un panneau au silicium – un métal qui compose 27 % de la croûte terrestre – contient d’autres métaux, comme du cuivre ou de l’argent pour les contacteurs ; même chose pour les éoliennes, dont le contenu métallique dépend de la conception, de la puissance, etc. La « croissance verte », qui élude la question de nos modes de vie, est une mystification absolue.

Le numérique n’échappe pas, loin de là, à cette malédiction, sauf à en reconsidérer totalement les modes de développement, les règles d’utilisation et les habitudes de consommation : « La tâche principale des nouvelles générations n’est pas de mettre de l’informatique partout. Elle est d’inventer une industrie nouvelle, pour un monde de ressources finies, utilisant vraiment la créativité des femmes et des hommes, à tous les niveaux », selon Pierre Veltz, cité par Olivier LLuansi et Anaïs Voy-Gillis, dans Vers la renaissance industrielle (Editions Marie B, 2020) ;

Énergie : pour une stratégie cohérente

Énergie : pour une stratégie cohérente

« Il n’existe pas à ce jour de carte de déploiement des énergies renouvellables. Chaque filière se développe indépendamment, de façon anarchique et pas toujours rationnelle » estime Pierre Veltz économiste et membre de l’Académie des technologies (interview dans l’Opinion)

Qui dit transition énergétique dit neutralité carbone. Faisable ?

Il y a de nombreux scénarios sur les mix de production énergétique qui permettraient d’atteindre la neutralité carbone en 2050. L’Ademe ou l’association négaWatt ont planché sur le sujet. Le dernier exercice prospectif a été mené par RTE (Réseau de transport d’électricité) dans son étude sur les « Futurs énergétiques 2050 ». RTE donne la priorité à l’électricité, car c’est le vecteur le plus facile à décarboner. Des efforts d’efficacité énergétique, voire de sobriété, permettront de réduire la demande en énergie. Mais dans le même temps, la part de l’électricité progressera fortement, puisqu’elle se substituera progressivement aux énergies fossiles. Elle passerait ainsi de 25% à 55% entre 2020 et 2050. On peut conserver une part de nucléaire, mais, dans tous les cas, il faudra développer massivement les EnR (énergies renouvelables), principalement éolienne, solaire et géothermique. Les besoins énergétiques restants, soit 45%, seraient satisfaits grâce à la biomasse et aux énergies biosourcées.

Ce scénario est-il réaliste ?

Mon interrogation ne porte pas sur le scénario, car si on veut aller vers la neutralité carbone on n’a pas d’autre choix, même si les parts du mix peuvent varier. Je m’interroge sur la façon dont on pilote ce processus, et en particulier le déploiement des EnR sur le territoire français. Aujourd’hui, nucléaire mis à part, on a une énergie dont les infrastructures de base sont très largement en dehors du territoire national. On n’héberge que les terminaux, pétroliers et gaziers. Alors que là, on va vers un système où l’ensemble de la production énergétique est rapatrié sur le territoire. Ça aura un impact très important sur les consommations d’espace et les paysages, largement sous-estimé. Par ailleurs, la question ne porte pas seulement sur les points de production des EnR. Ces énergies ont le défaut d’être intermittentes, avec une synchronisation complexe entre l’offre et la demande. L’énergie solaire qui est produite à un endroit et un moment donnés doit être transportée ailleurs. Il faut donc travailler sur le stockage et les réseaux, la solution étant d’interconnecter à grande échelle ces différentes sources. C’est l’équivalent d’un grand projet industriel à l’échelle du pays et on n’en a pas pris la mesure.

Comment planifier ce déploiement ?

Il n’existe pas à ce jour de carte de déploiement des EnR. Chaque filière se développe indépendamment, de façon anarchique et pas toujours rationnelle. De la même façon, les énergies issues de la biomasse (bois, biogaz et biocarburants) vont consommer des surfaces énormes, qui entreront en conflit avec les autres usages, notamment alimentaires. On a donc besoin d’une vision coordonnée, interrégionale, et pas seulement d’une addition de politiques régionales. Il faut organiser un dialogue entre des approches qui partent des territoires et une instance nationale qui coordonne leur action. On a besoin de reconstruire des visions globales du territoire, avec une planification montante et descendante.

Energie: Diversifier l’approvisionnement en gaz

Energie: Diversifier l’approvisionnement en gaz 

 La guerre déclenchée par la Russie en Ukraine a mis en lumière la dépendance des économies de l’Union européenne aux importations de gaz naturel russe. Au-delà des nécessaires décisions prises dans l’urgence, il faut éviter qu’à l’avenir la menace de coupure d’approvisionnement puisse être utilisée comme une arme menaçant les démocraties. Si l’Europe décide qu’il y a un avenir dans le gaz, elle doit investir massivement dans des infrastructures de réseau, gazoducs et terminaux méthaniers. Par Stefan Ambec et Claude Crampes, Toulouse School of Economics (TSE).

 

 

En réaction à l’agression russe sur l’Ukraine, le 8 mars 2022 la Commission européenne a publié une communication titrée « REPowerEU: Action européenne conjointe pour une énergie plus abordable, plus sûre et plus durable ». On sait que la dépendance énergétique de l’Union européenne (UE) vis-à-vis de la Russie est très forte : 45% de notre consommation de gaz, 27 % de notre consommation de pétrole et 46 % de notre consommation de charbon viennent de Russie. Les trois annexes qui accompagnent la communication du 8 mars sont consacrées aux mesures immédiates destinées à alléger la facture d’énergie des particuliers et des professionnels. Mais la communication est essentiellement prospective. La Commission y avance trois axes d’émancipation : diversifier notre approvisionnement, accélérer le déploiement des sources d’énergies renouvelables et réduire notre consommation d’énergie.

Pour atteindre ces objectifs, les autorités publiques ont mise en place divers instruments tels que les tarifs de rachat subventionnés de l’électricité produite par le solaire et l’éolien, et les crédits d’efficacité énergétique qui complètent un marché des permis d’émissions de carbone, clé de voute de la politique européenne en matière climatique. Mais ces mesures ne suffiront pas pour nous émanciper du gaz naturel comme en atteste son inclusion dans la taxonomie verte. Pour réduire notre dépendance aux livraisons russes, l’UE doit pouvoir se fournir ailleurs, et donc diversifier ses approvisionnements en gaz.

Une première piste consiste à remplacer une partie du gaz russe par du biométhane et de l’hydrogène vert, ce qui nécessite des investissements massifs dans une filière de l’hydrogène décarboné (production, stockage, transport) qui est encore à l’état de projet. La seconde piste, non exclusive, est de trouver d’autres fournisseurs de gaz naturel. Il y a deux façons d’acheminer le gaz des lieux d’extraction aux nœuds d’importation : par gazoduc ou par bateau à l’état liquide (GNL). L’avantage du gazoduc est qu’il ne nécessite pas la double transformation gaz/liquide/gaz. Mais il cumule les inconvénients : les coûts liés à la distance, l’impact environnemental le long du trajet, et surtout le verrouillage de la relation contractuelle entre le nœud exportateur et le nœud importateur auquel s’ajoutent les possibles ingérences des pays traversés. A l’inverse, le méthanier peut traverser les océans, utiliser pour sa propulsion la partie de la cargaison qui se regazéifie par roulis, et s’approvisionner puis livrer dans tous les pays où il existe des ports équipés. Avec le gaz naturel liquéfié, on passe de monopoles bilatéraux à un marché concurrentiel mondial.

Il ne faut pas pour autant en déduire que toutes les interconnexions de l’UE au reste du monde par gazoduc sont à proscrire. Ainsi, moins éloignée que la Russie, l’Algérie fournit près de 13% du gaz consommé en Europe grâce aux gazoducs qui connectent l’Afrique du Nord avec l’Espagne et l’Italie, et aux méthaniers au départ de Arzew et Skikda (voir cette carte). En créant une interconnexion entre les réseaux espagnol et français dans l’est des Pyrénées, on pourrait accroitre les livraisons entrant dans l’Union européenne par l’Espagne, donc venant d’Algérie et de divers autres pays d’où l’Espagne importe du GNL dans ses six terminaux gaziers. Cette interconnexion, baptisée MidCat pour Midi-Catalogne, a connu des fortunes diverses. Alors que le projet était fortement soutenu par Miguel Cañete quand il était Commissaire européen à l’Énergie et à l’Action pour le climat, la réalisation de sa partie centrale a été retoquée en 2019 par les régulateurs de l’énergie espagnol et français aux motifs que les capacités d’échange qui existent déjà entre la France et l’Espagne n’étaient pas saturées et que les gains prévus ne couvraient pas les coûts à engager. En conséquence, MidCat qui figurait dans les trois premières listes biannuelles de Projets d’Intérêt Commun de l’UE a disparu des listes 2019 et 2021. Mais la menace russe pourrait le remettre à l’ordre du jour comme l’a laissé entendre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 5 mars à Madrid (Le Monde).

Si l’interconnexion MidCat est réalisée, elle garantira que du gaz venant d’Espagne peut entrer en France. Mais il n’y a aucune garantie que le gaz algérien arrivera dans le reste de l’Europe pour remplacer le gaz russe. Il faut d’abord qu’il arrive en Espagne, mais l’un des deux gazoducs reliant l’Algérie à l’Espagne traverse le Maroc (Gazoduc Maghreb Europe) et comme l’Algérie et le Maroc sont actuellement en froid, l’Algérie ne l’alimente plus. C’est au contraire l’Espagne qui utilise ses équipements méthaniers pour livrer du gaz au Maroc par le gazoduc qui traverse le détroit de Gibraltar. En second lieu, il faut que le gaz arrivé en France par le sud puisse être livré aux autres pays européens, ce qui nécessitera un renforcement du réseau intérieur français, notamment dans la vallée du Rhône.

L’équation à résoudre n’est pas simple. Au sud, avec ses deux gazoducs transméditerranéens et ses sept terminaux gaziers, la péninsule Ibérique dispose de capacités gazières excédentaires. Au nord et à l’est, l’Europe continentale cherche à échapper à la domination du gaz russe. Au milieu, la France peut satisfaire les deux parties à condition d’investir doublement, dans l’interconnexion MidCat et dans le renforcement de son réseau intérieur. Si le projet est remis sur la table, on peut donc s’attendre à de longues discussions pour arriver à une répartition des coûts acceptable par toutes les parties.

Stefan Ambec et Claude Crampes

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

L’économiste Nicholas Sargen analyse, dans une tribune au « Monde », les conséquences du conflit entre la Russie et l’Ukraine sur l’économie mondiale et les marchés financiers. Il ne pense pas que la Fed modifierait sa politique en cas de flambée des prix du pétrole.

 

Tribune. 

 

Les marchés financiers étaient déjà devenus volatils en ce début d’année, les investisseurs réévaluant les perspectives d’une hausse de l’inflation et d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

Aujourd’hui, les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la réponse qui pourrait émaner des Etats-Unis et de l’OTAN ne font qu’accroître les incertitudes, de même qu’une forte baisse des marchés boursiers mondiaux.

Bien que personne ne puisse être sûr de la tournure que prendront les événements, l’histoire montre qu’à chaque conflit géopolitique, les marchés financiers réagissent le plus lorsque les prix de l’énergie montent en flèche et que la Fed et les autres banques centrales resserrent leur politique monétaire.

Ces enseignements ont été tirés des deux premiers chocs pétroliers.

La première flambée a eu lieu en 1973, lorsque l’OPEP a imposé un embargo pétrolier aux Etats-Unis en représailles à la fourniture par ces derniers d’armes à Israël lors du conflit israélo-arabe.

La deuxième a commencé au début de l’année 1979, lorsque le chah d’Iran a été renversé et que la production pétrolière de l’Iran a chuté, passant de 5,2 millions de barils par jour (Mb/j) à seulement 1,4 Mb/j en 1980, supprimant ainsi 6 % de la production mondiale.

Dans ces deux cas, les prix du pétrole ont quadruplé et la Réserve fédérale a considérablement augmenté les taux d’intérêt pour contrer l’impact de la hausse de l’inflation. Cela a eu pour conséquence une forte augmentation des rendements obligataires et des ventes sur les marchés boursiers qui ont accompagné les graves récessions de 1973-1974 et de 1982-1983.

En comparaison, les hausses ultérieures des prix du pétrole liées aux conflits entre les Etats-Unis et l’Irak, en 1990 et en 2003, ont eu des répercussions moindres sur l’économie et les marchés.

Cela s’explique, notamment, par le fait que le déficit d’approvisionnement en pétrole n’a pas été aussi important que lors des deux premiers chocs et que les augmentations de prix ont été plus faibles.

En outre, la Réserve fédérale n’a pas resserré sa politique monétaire à ces deux occasions, car l’inflation était maîtrisée. Dans ce contexte, la Fed a considéré la hausse des prix du pétrole comme une taxe sur les ménages et les entreprises qui affaiblirait l’économie.

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

Energie et Ukraine : des chocs moins importants que précédemment ?

L’économiste Nicholas Sargen analyse, dans une tribune au « Monde », les conséquences du conflit entre la Russie et l’Ukraine sur l’économie mondiale et les marchés financiers. Il ne pense pas que la Fed modifierait sa politique en cas de flambée des prix du pétrole.

 

Tribune. 

 

Les marchés financiers étaient déjà devenus volatils en ce début d’année, les investisseurs réévaluant les perspectives d’une hausse de l’inflation et d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed).

Aujourd’hui, les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la réponse qui pourrait émaner des Etats-Unis et de l’OTAN ne font qu’accroître les incertitudes, de même qu’une forte baisse des marchés boursiers mondiaux.

Bien que personne ne puisse être sûr de la tournure que prendront les événements, l’histoire montre qu’à chaque conflit géopolitique, les marchés financiers réagissent le plus lorsque les prix de l’énergie montent en flèche et que la Fed et les autres banques centrales resserrent leur politique monétaire.

Ces enseignements ont été tirés des deux premiers chocs pétroliers.

La première flambée a eu lieu en 1973, lorsque l’OPEP a imposé un embargo pétrolier aux Etats-Unis en représailles à la fourniture par ces derniers d’armes à Israël lors du conflit israélo-arabe.

La deuxième a commencé au début de l’année 1979, lorsque le chah d’Iran a été renversé et que la production pétrolière de l’Iran a chuté, passant de 5,2 millions de barils par jour (Mb/j) à seulement 1,4 Mb/j en 1980, supprimant ainsi 6 % de la production mondiale.

Dans ces deux cas, les prix du pétrole ont quadruplé et la Réserve fédérale a considérablement augmenté les taux d’intérêt pour contrer l’impact de la hausse de l’inflation. Cela a eu pour conséquence une forte augmentation des rendements obligataires et des ventes sur les marchés boursiers qui ont accompagné les graves récessions de 1973-1974 et de 1982-1983.

En comparaison, les hausses ultérieures des prix du pétrole liées aux conflits entre les Etats-Unis et l’Irak, en 1990 et en 2003, ont eu des répercussions moindres sur l’économie et les marchés.

Cela s’explique, notamment, par le fait que le déficit d’approvisionnement en pétrole n’a pas été aussi important que lors des deux premiers chocs et que les augmentations de prix ont été plus faibles.

En outre, la Réserve fédérale n’a pas resserré sa politique monétaire à ces deux occasions, car l’inflation était maîtrisée. Dans ce contexte, la Fed a considéré la hausse des prix du pétrole comme une taxe sur les ménages et les entreprises qui affaiblirait l’économie.

Energie et Éoliennes: « La France a perdu son indépendance « 

Energie et Éoliennes: « La France a perdu son indépendance « 

 

Pour justifier la relance de la filière nucléaire, Emmanuel Macron a cédé aux industriels des énergies renouvelables, estime Jean-Louis Butré dans le FigaroCette concession aura selon lui de lourdes conséquences en matière d’environnement comme en matière d’énergie.

Jean-Louis Butré est Président de la Fédération environnement durable. (FED).

Selon les déclarations d’Emmanuel Macron, l’éolien terrestre verra sa puissance doubler et le territoire sera couvert par 15.000 à 20.000 éoliennes. Or aujourd’hui 95% de l’électricité fabriquée en France est produite par des filières qui n’émettent pas de gaz à effet de serre. Ce programme est donc une erreur pour lutter contre le dérèglement climatique et la sécurité d’approvisionnement. Il entraînera la construction de plusieurs dizaines de centrales à gaz émettrices de CO², indispensables pour sécuriser l’approvisionnement en électricité de la France lorsque le vent sera absent, notamment en période d’hiver.

Ensuite le tarif de l’électricité des ménages «explosera», au détriment du pouvoir d’achat des Français. Le courant est acheté prioritairement et obligatoirement à des prix garantis exorbitants aux promoteurs éoliens. Tout le matériel pour construire les éoliennes est importé, principalement, d’Allemagne, du Danemark, et de Chine. La France subventionne des emplois dans ces pays et en détruit en France en affaiblissant la compétitivité des industries consommatrices d’électricité.

Les parcs naturels, les forêts, les zones protégées seront violés. La faune sera menacée. L’atteinte à la biodiversité sera gigantesque.

Comment préserver l’environnement quand bientôt 20.000 socles, soit un total de 35 millions de tonnes de béton armé ne seront jamais retirés du sol ? Compte tenu du coût exorbitant du démantèlement des éoliennes, le territoire conservera de multiples friches industrielles. Les parcs naturels, les forêts, les zones protégées seront violés. La faune sera menacée. L’atteinte à la biodiversité sera gigantesque.

Pourquoi détruire le patrimoine historique, les paysages de la France et les biens des particuliers ? Concernant ces derniers, des moins-values allant jusqu’à 100% sont déjà constatées pour des maisons de riverains. Implanter des éoliennes qui dépassent maintenant 230 mètres de haut à 500 mètres des habitations est surtout une atteinte à la santé. Il suffit de lire la presse régionale pour comprendre que dans toute la France rurale des citoyens confrontés aux éoliennes s’insurgent de subir ces machines. Le village d’Échauffour dans l’Orne en est l’exemple parfait.

Zones d’interdiction de navigation comprises, 11.500 km², c’est une superficie plus grande que la Corse qui sera accaparée. Les éoliennes en mer sont situées au raz des côtes. Elles auront un impact important en raison de leur taille gigantesque et elles causeront la ruine du patrimoine paysager et historique de la France de Dunkerque à Monaco.

Des millions de touristes, de vacanciers, de familles et d’enfants, viennent au bord de la mer pour se ressourcer devant des grands espaces naturels. Les plages seront électrifiées par des lignes haute tension enterrées ou aériennes, sans compter les blessures infligées aux communes limitrophes engendrées par les raccordements de ces usines au réseau par des transformateurs. Et enfin, le coût pour la corporation traditionnelle des marins pêcheurs. Leurs espaces de travail historiques seront-ils accaparés par des multinationales, des consortiums financiers et des fonds de pension étrangers ?

Pourquoi a-t-il autorisé la destruction de l’environnement en faisant fi des rapports du Conseil national de la protection de la nature sur l’éolien en mer et des ONG, lanceurs d’alerte comme SeaSherperd, Robin des Bois qui ne cessent de dénoncer les conséquences désastreuses de ces usines sur la biodiversité, sur les poissons, sur les mammifères marins et sur le véritable génocide des oiseaux migrateurs et des espèces protégées qui ne trouveront plus d’espaces pour se reposer, se nourrir, ou voler ? Comment a-t-il pu affirmer son engagement à protéger la mer devant cinquante chefs d’états réunis à Brest au sommet international «One Ocean Summit», alors que quelques jours avant, le président de la République avait décidé à Belfort de la couvrir d’éoliennes et de sacrifier tout le littoral français ? L’océan est le poumon de planète, le premier régulateur du climat. C’est le principal puits de carbone. Personne n’a le droit de le détruire.

En conclusion, le plan éolien présenté par Emmanuel Macron cumulera tous les inconvénients, écologiques sociétaux et économiques. Dans ce dernier domaine, le secteur international éolien est à haut risque. Les leaders du secteur en Europe sont à la peine. Le métier est peu rentable, les prix explosent et les investisseurs sont méfiants, les leaders du secteur en Europe vont mal. Le discours d’Emmanuel Macron à Belfort acte en réalité le fait que la France a perdu son indépendance énergétique. Ce plan a-t-il été imposé à la France par l’Allemagne, berceau du lobby des industriels des éoliennes ? S’agit-il d’un accord pour qu’en échange de l’achat d’éoliennes par la France, l’Europe accepte l’inclusion du nucléaire dans la «taxonomie verte» en cours de négociation à Bruxelles ?

Energie: La Belgique revoit le rôle du nucléaire

Energie: La Belgique revoit le rôle du nucléaire

 

Face à la menace russe, la Belgique réévalue sa sortie du nucléaire.

Le Premier ministre Alexander De Croo a admis que la Belgique était en train de « réévaluer » sa stratégie. Pour Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie ( Qui par parenthèse se mêle de ce qui ne la regarde pas), revenir sur la fermeture des deux réacteurs belges exploités par le groupe « ne serait guère réaliste ».

Comme en Allemagne, La Belgique remet en cause de la sortie du nucléaire .

Le parti Ecolo-Groen, fervent défenseur de ce scénario au sein de la coalition, a pour la première fois admis publiquement que les deux paramètres essentiels (sécurité garantie et prix maîtrisés) étaient fragilisés par le conflit russo-ukrainien et l’éventualité de sanctions occidentales frappant le secteur russe de l’énergie.La Belgique parle de favoriser les petites centrales nucléaires type SMR mais qui ne sont pas prêtes d’être mises en service

Énergie : une facture supplémentaire 22 milliards d’euros ?

Énergie : une facture supplémentaire 22 milliards d’euros ?

Pour montrer sans doute qu’il se préoccupe du renchérissement de l’énergie, le ministre de l’économie estime à 20 milliards d’euros la facture supplémentaire.

Sans doute une évaluation faite au doigt mouillé car pour l’instant personne n’est en capacité de dire jusqu’où pourront monter les prix de l’énergie qu’il s’agisse du gaz, du carburant de l’électricité.
En moyenne , les Français dépensent  approximativement autant pour le chauffage que pour le carburant soit pour les 2021 peu plus de 3000 €. On peut faire l’hypothèse que l’augmentation des prix atteindra en moyenne au moins 50 % en 2022, soit une croissance de 1500 € par ménage. On est évidemment loin de la compensation avec le chèque de 100 € accordés à certains.

Le gouvernement réfléchit à des mesures mais des orientations qui sans doute ne parviendront pas à couvrir loin s’en faut la totalité de l’augmentation de l’énergie

«Le plafonnement des tarifs de l’électricité» a quant à lui coûté «8 milliards d’euros et l’indemnité inflation 4 milliards d’euros», a détaillé le ministre. «La facture totale s’élève à plus de 20 milliards d’euros sur la seule protection de nos compatriotes contre la flambée des prix de l’énergie», a-t-il conclu.

«Le bouclier tarifaire» dégainé par le gouvernement contre la hausse des prix de l’énergie «va coûter cher», avait reconnu quelques minutes plus tôt le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. «On peut regretter que cela creuse le déficit», a-t-il déclaré sur France Bleu Drôme Ardèche. «Mais si nous n’avions pas mis en place ce +bouclier tarifaire+, la facture d’électricité des Français aurait augmenté de 50% au mois de février, la facture de gaz de 40%. Oui c’est de l’argent public, oui c’est de la dépense, mais c’est une dépense qui protège les Français», a argumenté Olivier Dussopt.

En France aussi, les prix de l’énergie pèsent sur le budget des ménages: dans certaines stations-service, le litre d’essence dépasse désormais la barre symbolique des 2 euros le litre. Face à ces évolutions douloureuses pour le pouvoir d’achat, Bruno Le Maire a assuré que l’État resterait présent : «je vois toutes les inquiétudes.» Le ministre de l’Économie n’a en revanche pas précisé quelle forme pourrait prendre cette aide, et s’il s’agirait à nouveau d’un «chèque», comme celui qui avait été versé aux ménages précaires en décembre 2021.

Sur le long terme, Bruno Le Maire estime nécessaire de renforcer l’«indépendance énergétique de la France», avec notamment la possibilité de désindexer les prix de l’électricité de ceux du gaz, comme cela est le cas actuellement.

 

 

Énergie : la politique de gribouille de Macron

Énergie : la politique de gribouille de Macron

 

« Ce qui fait que les prix de l’énergie sont si élevés, c’est parce qu’Emmanuel Macron a eu une politique de gribouille en matière énergétique depuis cinq ans, en fermant Fessenheim, en annonçant la fermeture de 14 réacteurs », a déclaré Valérie Pécresse. En 2018, le chef de l’Etat prévoyait effectivement de fermer des réacteurs nucléaires avant d’annoncer il y a deux semaines un programme de construction d’au moins six EPR et la fin des fermetures de réacteurs en état de fonctionner. .

 

Sur BFMTV, la candidate LR à l’élection présidentielle a reproché au chef de l’Etat ses tergiversations en matière de politique énergétique et déploré le temps perdu dans la construction d’EPR et d’éoliennes en mer.

« Le vrai problème d’Emmanuel Macron, c’est qu’il a beaucoup parlé mais très peu gouverné ». Invitée de Face à BFM ce mercredi, Valérie Pécresse a critiqué la politique énergétique menée par le président de la République dans un contexte de flambée des prix:

 

« On a aujourd’hui l’EPR de Flamanville qui a combien d’années de retard? Combien de milliards de surcoûts? On n’est pas capable de mener un grand projet industriel de ce type dans notre pays », a encore déploré la candidate des Républicains. Avant de viser une nouvelle fois l’actuel chef de l’Etat:

« Emmanuel Macron est là depuis dix ans. Il a été conseiller économique de François Hollande, puis ministre de l’Economie, et ensuite président de la République. Ca fait dix ans qu’il aurait pu s’occuper de faire en sorte que des projets industriels de ce type puissent voire le jour ».

Énergie verte européenne : critique de la taxonomie

Énergie verte européenne : critique de la taxonomie

 

L’économiste Hans Stegeman s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre le fait que l’Union européenne ait intégré l’énergie nucléaire et le gaz naturel dans la taxonomie verte et estime que cela correspond à de l’écoblanchiment au niveau institutionnel.

La critique sur le marchandage politique n’est pas infondée. Accepter le caractère vert du gaz était la contrepartie de l’acceptation du nucléaire NDLR

 

Tribune.

Depuis des années, l’Union européenne s’efforce vaillamment de définir le concept de « durabilité ». À Bruxelles, l’ensemble de ces définitions est appelé « taxonomie ». Celle-ci est censée permettre de canaliser l’argent du secteur financier et des gouvernements vers des projets verts. Les deux premiers chapitres de cette feuille de route verte, qui doivent être mis en œuvre dès que possible, concernent l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ce dernier. Quatre autres chapitres suivront ; ils porteront notamment sur l’économie circulaire et la biodiversité.

Les définitions et classification, adoptées par la taxonomie de l’UE, ont une base scientifique et doivent permettre de déterminer quels investissements choisir pour un monde durable. Nous en savons déjà beaucoup sur les questions liées au climat, sur le budget carbone mondial et les émissions causées par toute une série d’activités, ainsi que sur les technologies qui pourraient contribuer à rendre l’économie neutre en carbone. La première version de la taxonomie reposait donc largement sur ces connaissances.

Mais ça, c’était avant que la politique ne s’en mêle pour de bon. L’énergie nucléaire est tout à coup devenue verte, tout comme le gaz naturel, résultat d’un marchandage politique entre la France (nucléaire) et les pays d’Europe de l’Est (gaz naturel). On pourrait certes défendre l’énergie nucléaire en soulignant qu’elle contribue à réduire des émissions de gaz à effet de serre, mais tant qu’il n’y a pas de solution pour les déchets nucléaires, elle ne sera pas durable.

Et s’il est vrai que le gaz naturel est moins nocif que le lignite, il est loin d’être vert. Voilà bien un travers typique de la politique européenne : confondre « moins polluant » et « durable ». Il aurait été logique d’introduire une catégorie supplémentaire pour les investissements « de transition », tels que le gaz naturel. Mais les qualifier de « verts » est une échappatoire visant à financer le statu quo comme s’il était durable. Or, clairement, il ne l’est pas.

Il s’agit d’un véritable tour de passe-passe. Dans le monde politique, il suffit donc de modifier les définitions, et le problème est réglé. Cette réalité dépasse même la fiction du scénario – déjà assez extrême – du film diffusé par Netflix Don’t Look Up. Déni cosmique. Dans ce film, le risque qu’une météorite frappe la Terre finit par être reconnu, mais n’est pas géré comme il se doit et la météorite finit par frapper la planète et la détruire.

Energie-Nucléaire : la girouette Macron !

Energie-Nucléaire : la girouette Macron !

La chronique de Philippe Mabille dans la « Tribune »

Moins de deux ans après avoir fermé la centrale de Fessenheim en Alsace (qui marchait très bien), « Atomic Manu » a opéré, à deux mois du premier tour de la présidentielle, un virage à 360 degrés et relancé, à Belfort, en présence de Jean-Pierre Chevènement, un maxi-plan de construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

Retour vers le futur: près d’un demi-siècle après le plan Messmer (pour les « non-Boomers », ce Messmer est aussi connu pour avoir inauguré le périphérique parisien en tant que Premier ministre d’un président Pompidou qui disait: « Les Français aiment la bagnole »), l’actuel président Emmanuel Macron fait le choix « culotté » -se vante-t-on à l’Élysée- de planter du nucléaire partout où ce sera possible. Pour citer une autre figure politique du 20e siècle, Edgar Faure, « ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent »

Avec cette décision majeure, qui succède au compromis européen sur la taxonomie verte qui classe le nucléaire (comme le gaz) parmi les énergies dites « de transition », Macron referme la parenthèse Hollande qui avait signé en 2012 un compromis bancal avec les Verts en promettant de réduire à 50% de la production totale, la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Si Macron est réélu en avril, non seulement  la France va construire 14 EPR de plus, mais elle renoncera à la fermeture des centrales existantes en prolongeant leur durée de vie. Et elle relancera la recherche sur les mini-réacteurs modulables (SMR), un enjeu pour les années 2030… Bref, on n’a pas fini de consommer de l’atome et de maintenir nos soldats au Sahel (pour sécuriser notre approvisionnement en uranium)… Le tout se passe presque sans aucun débat : le Vert Yannick Jadot a beau dénoncer un état « d’ébriété énergétique », les Français ont bien compris qu’ils n’ont pas vraiment le choix s’ils veulent continuer à disposer d’une électricité abondante à un prix abordable. Votre Tribune a suivi de très près cette semaine atomique. Retrouvez la chronique de ce « quoi qu’il en coûte » énergétique dans notre grand dossier : 

 

Droit dans ses bottes, Emmanuel Macron assume : « Aujourd’hui, la France fait un choix. Celui du progrès, du climat, de l’emploi, du pouvoir d’achat. Celui de son indépendance. » Mais il reste pourtant encore beaucoup de zones d’ombre : combien et quand, par exemple, car le financement du plan Macron n’est pas clair comme de l’eau de roche, fut-elle radio-active…

Politique Les Français de plus en plus à droite ?

Politique Les Français de plus en plus à droite ?

 

Ce qui est évident, c’est que les Français votent de plus en plus pour la droite et l’extrême droite. De là à conclure que les français se situent idéologiquement à droite y a un pas à franchir. En effet ce qui explique d’abord le vote très majoritaire à droite c’est la défaillance complète des partis de gauche complètement éclatés dans un nombre de familles incalculables et qui ont tellement déçu depuis plus de 20 ans avec un discours très radical lors des campagnes électorales et une gestion finalement assez semblable aux partis qui les ont précédés.

C’est parce que la gauche est complètement discréditée en ce moment que la droite progresse. Pour preuve la majorité des Français n’adhère pas au libéralisme économique. C’est pourtant ce qui d’un point de vue idéologique caractérise une adhésion politique à la droite ( avec le libéralisme politique). La vérité sans doute c’est que les Français sont très partagés sur de nombreux sujets et qu’il est difficile de les identifier à travers une case politique bien précise.

Après une crise sanitaire et un quinquennat mené par un président de la République ayant fait ses gammes à gauche, les Français se positionnent de plus en plus à droite politiquement. C’est le constat que dresse une étude menée par OpinionWay pour le Cevipof, centre de recherches politiques rattaché à Sciences Po, réalisée entre le 23 décembre 2021 et le 10 janvier 2022 et dévoilée  dans le Figaro.

Ce « baromètre de la confiance politique », mené depuis 2009, établit qu’actuellement, 32% des Français se classent politiquement à droite, et 11% à l’extrême droite. De l’autre côté de l’échiquier politique, 17% se disent de gauche et 6% se placent à l’extrême gauche. Enfin, 14% s’estiment au centre, quand 20% ne se prononcent pas.

Des résultats, qui ramenés à ceux de 2017, viennent témoigner du basculement à droite d’une partie des Français. Il y a cinq ans, 26% d’entre eux se disaient de droite. Soit six points de moins qu’actuellement.

De même, la part de Français se situant à l’extrême droite a grimpé de quatre points sur la même période, passant de 7% en 2017 à 11% aujourd’hui. Le phénomène s’est accru ces derniers mois. Alors que la part se plaçant à l’extrême droite était retombée à 7% en février 2021, elle a connu une importante remontée en un an. Les résultats de l’étude sont toutefois contradictoires.

En effet, les résultats de l’enquête menée par OpinionWay pour le Cevipof témoignent d’un paradoxe. Bien qu’ils se positionnent plus à droite qu’il y a cinq ans, les Français sont en parallèle plus que jamais hostile au libéralisme économique.

73% d’entre eux pensent que « l’économie actuelle profite aux patrons aux dépens de ceux qui travaillent », et 57% jugent que « pour établir la justice sociale, il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres ».

De même, concernant les questions de société, 61% des Français estiment que « la procréation médicalement assistée (PMA) est une bonne chose pour les femmes seules ou homosexuelles ». Tout en étant 63% à juger qu’ »il y a trop d’immigrés en France ».

Difficile donc d’y voir clair, d’autant que 39% des sondés disent souhaiter voir à la tête du pays « un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ou des élections », soit une dictature, et 27% une junte militaire.

Energie-EDF : entreprise ou administration ?

Energie-EDF : entreprise ou administration ?

 

La plupart des orientations d’EDF se décident dans les couloirs politiques avec toutes leurs contradictions. Ainsi l’orientation nucléaire découle d’une décision d’État ancienne. Il en sera de même pour le renouvellement de la filière avec notamment la décision de construire six nouveaux réacteurs EPR nouvelle génération. Un cout de l’ordre  de 50 milliards dont on ne sait pas très bien comment il sera financé. Cela d’autant plus que c’est l’État qui régule les prix de cette énergie. Témoin cette dernière décision de limiter à 4 % au lieu des 25 à 30 % prévus. Bilan pour EDF une perte sèche d’une bonne douzaine de milliards.

À ces éléments conjoncturels,  il faut ajouter des aspects plus structurels relatifs aux financements déjà indiqués des  six EPR ( pour l’instant), environ 50 milliards. 50 milliards aussi pour l’opération du grand carénage qui consiste à renforcer la sécurité du parc actuel. Plus encore une cinquantaine de milliards sans doute pour la gestion des déchets et un endettement d’un peu plus de 40 milliards. Au total donc un besoin de financement de l’ordre de 200 milliards. Impossible d’amortir la dette avec l’augmentation des tarifs et la question sera sans doute réglée par une nouvelle augmentation de capital en provenance de l’État.

Difficile dans ces conditions pour EDF d’avoir la maîtrise de sa gestion.

Energie- Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire: Un accord très politique

Energie- Label « vert » européen pour le gaz et le nucléaire: Un accord très politique

C ‘est au terme d’un accord très politique que Bruxelles s’est enfin mis d’accord pour considérer que le gaz et le nucléaire pourrait bénéficier du label vert européen. On sait évidemment que la France poussait la technique nucléaire qui assure près de 70 % de la fourniture d’électricité en France. Par ailleurs, la France compte sur ses compétences techniques pour développer la filière nucléaire à l’étranger ; une perspective qui ne plaît pas particulièrement à l’Allemagne. À l’inverse l’Allemagne poussait, elle, le gaz qui en fait va  prendre la succession bien sûr des centrales nucléaires mais aussi des centrales à charbon qui leur ont succédé et même des énergies alternatives trop peu performantes.D’un point de vue géopolitique, l’Allemagne se fragilise vis-à-vis la Russie. L’Allemagne avait donc besoin de la bénédiction française vis-à-vis de son foie énergétique. Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité. L’objectif est d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction de CO2. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de texte, débattue depuis des mois et encore provisoire, a été envoyée aux Etats membres le 31 décembre, peu avant minuit, d’après plusieurs sources contactées par l’AFP.

La Commission « a commencé des consultations hier (vendredi) sur un projet de texte » permettant d’inclure « certaines activités de gaz et de nucléaire » dans sa taxonomie verte, a confirmé l’exécutif européen dans un communiqué.

 Le document fixe les critères permettant de classer comme « durables » les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour la production d’électricité, avec pour objectif d’orienter les investissements privés vers les activités contribuant à la réduction des gaz à effet de serre. Le projet s’inscrit dans l’objectif de neutralité carbone de l’Union européenne en 2050.

La proposition de Bruxelles, consultée par l’AFP, fixe des conditions à l’inclusion du nucléaire et du gaz, notamment une limitation dans le temps. Pour la construction de nouvelles centrales atomiques, les projets devront avoir obtenu un permis de construire avant 2045. Concernant les travaux permettant de prolonger la durée de vie des centrales existantes, ils devront avoir été autorisés avant 2040.

Des garanties en matière de traitement des déchets et de démantèlement des installations nucléaires en fin de vie sont également exigées. Concernant le gaz, qualifié de « source d’énergie de transition », les investissements seront reconnus « durables » pour des centrales émettant peu de CO2. La Commission a fixé des seuils drastiques : moins de 100 g de CO2 par kWh, un seuil inatteignable avec les technologies actuelles selon des experts.

Cependant, une période de transition est prévue. Les centrales obtenant leur permis de construire avant le 31 décembre 2030, verront ce seuil relevé à 270 g de CO2 par kWh à condition de remplacer des infrastructures existantes beaucoup plus polluantes et de répondre à une série de critères.

Les Etats membres et des experts consultés par la Commission ont désormais environ deux semaines pour réclamer des modifications à ce document. La publication du texte final est attendue à la mi-janvier.

Energie: menaces de coupures électriques, pourquoi ?

Energie: menaces de coupures électriques, pourquoi ?

 

Un article d’Olivier Baccuzat dans l’Opinion évoque la problématique d’un possible manque d’électricité au cours de l’hiver.

Des températures qui diminuent (mais sans être en deçà des normes saisonnières), des opérations de maintenance sur une partie non négligeable du parc nucléaire, il n’en fallait pas davantage pour que resurgisse le spectre de possibles coupures d’électricité, symptomatiques d’un système énergétique grippé. Jadis fierté nationale, et reconnu il n’y a pas si longtemps comme l’un des plus performants au monde, celui-ci brille par ses inquiétantes déficiences, révélatrices des errements d’un Etat aussi piètre actionnaire que stratège.

Jamais le nucléaire n’aura été aussi peu productif en période hivernale. D’aucuns, dans le camp des écologistes, clament que « c’est l’entêtement » dans cette source d’énergie qui nous met « dans cette difficulté ». Une affirmation aussi erronée que de courte vue.

Si la France est obligée, en décembre 2021, de recourir à des centrales à fioul et au charbon et d’importer (au prix fort) de l’électricité pour pallier une production insuffisante, c’est au contraire parce que, prisonnière d’un dogme antiatome, elle n’a pas su, pas voulu, soigner et investir dans un outil industriel pourtant capable de l’aider à relever deux défis cruciaux : celui de la transition écologique et celui de sa souveraineté énergétique.

Au lieu de cela, on a multiplié les mauvais choix, à l’image de la fermeture, fin juin 2020, de la centrale de Fessenheim, pourtant en parfait état de marche. Deux ans plus tard, Emmanuel Macron a – un peu – rectifié le tir, plaçant l’atome au cœur du plan France 2030 avec les fameux SMR. Mais outre le fait que la première de ces centrales miniaturisées, destinées surtout à l’export, ne verra pas le jour avant 2035 au mieux, la question demeure entière quant aux moyens à mettre en place, à court terme, pour satisfaire, à moindre coût, une demande d’électricité qui va aller crescendo.

Energie: l’envol des prix du gaz et de l’électricité, pourquoi ?

Energie: l’envol des prix du gaz et de l’électricité, pourquoi ?

 

 

Un papier de France Info explique pourquoi actuellement des records sont battus pour les prix du gaz qui entraîne par ailleurs ceux de l’électricité. (extrait)

 

 

Le prix du gaz a atteint des sommets en Europe, mardi 21 décembre, pour culminer à 175 euros le mégawattheure (MWh). Soit une hausse de 400% sur les six derniers mois. L’électricité aussi a vu ses prix gonfler, pour atteindre un pic à 442 euros/MWh le 20 décembre en France, du jamais vu depuis 2009. Si

1Pourquoi les prix de l’énergie s’envolent-ils depuis plusieurs mois ?

Les causes de cette hausse sont multiples et sont en partie liées à la pandémie de Covid-19. « Avec le développement des vaccins, l’économie mondiale a connu une reprise inédite, en Asie et en Europe notamment », explique à franceinfo Nicolas Goldberg, spécialiste du secteur de l’énergie pour le cabinet Colombus Consulting.

 

. A cela se sont ajoutées des tensions géopolitiques avec la Russie, principal fournisseur de gaz des pays européens, au sujet de nouveaux gazoducs et face à l’escalade militaire à l’est de l’Ukraine« La Russie vend son gaz pour l’argent, mais surtout pour tisser des relations et défendre ses intérêts auprès d’autres pays », analyse Nicolas Goldberg. En décidant des volumes exportés, « Vladimir Poutine souffle littéralement le chaud et le froid sur le marché du gaz européen ».

 

Essentiel pour l’industrie lourde, le gaz est aussi largement utilisé en Europe pour produire du courant, d’où la hausse des prix de l’électricité. L’apport des énergies renouvelables, comme l’éolien, est particulièrement faible en cette fin d’année, pour des raisons essentiellement météorologiques, comme l’absence de vent.

2La situation peut-elle encore de se dégrader ?

Oui, d’après les pouvoirs publics et de nombreux experts du secteur. Fin septembre, la Commission de régulation de l’énergie prévoyait déjà « un maintien des prix (du gaz) très élevés jusqu’à la fin de l’hiver »« Deux facteurs seront à surveiller de très près : la reprise économique et les conditions météorologiques, liste Nicolas Goldberg. Rien que pour les températures, une chute de 1 °C provoque une augmentation de la consommation nationale équivalente à un (réacteur) EPR et demi. C’est tout sauf négligeable. »

3Comment cela se répercute-t-il en France ?

Cet hiver, la situation est particulièrement critique dans l’Hexagone, où de nombreux réacteurs nucléaires sont par ailleurs indisponibles pour cause de visite décennale ou par mesure de précaution. Plus d’un tiers du parc nucléaire est actuellement concerné, ce qui force la France à se tourner vers les centrales thermiques et à solliciter ses voisins. « 

4Faut-il craindre un black-out pendant l’hiver ?

 

Pour soulager le réseau, il est possible de baisser la tension générale, une mesure  »transparente », car peu intrusive, qui n’a jamais été prise en France. Ou d’actionner un dernier levier d’urgence : le délestage tournant, c’est-à-dire couper pendant deux heures l’électricité de dizaines de milliers de foyers. « Cela avait déjà été évoqué l’an dernier, mais je n’y croyais pas, confie Nicolas Goldberg. Aujourd’hui, c’est du domaine du possible, mais j’espère vraiment qu’on n’y aura pas recours. La dernière fois que ça a eu lieu à grande échelle, c’était il y a plus de quarante ans. »

Énergie-Electricité : la France va importer ! Merci Nicolas Hulot !

Énergie-Electricité : la France va importer ! Merci Nicolas Hulot !

 

 

Plusieurs facteurs explicatifs à la crise de l’énergie actuelle. D’abord des températures relativement en baisse qui font monter la demande en ce début d’hiver. Ensuite les incertitudes géopolitiques à la frontière de l’Ukraine qui influencent  la fourniture et les conditions de prix du gaz russe. Le troisième élément est lié à la politique énergétique de la France qui pour faire plaisir à Nicolas Hulot, devenu ministre de l’écologie, a fermé la centrale de Fessenheim.

Résultat, comme plusieurs réacteurs sont actuellement en cours d’entretien, la France premier producteur mondial d’électricité est obligé d’importer.

En effet, suite à l’arrêt des deux réacteurs de la centrale nucléaire Chooz dans les Ardennes « par mesure de précaution » la France va importer de l’électricité. Au même moment, n a aussi enregistré  l’arrêt des deux réacteurs de la centrale de Civaux (Vienne) après la détection de défauts à proximité de soudures des tuyauteries du circuit d’injection de sécurité. Chooz et Civaux sont des réacteurs de la même génération – la plus récente – et de même puissance (1.450 MW). Le paradoxe évidemment c’est que très récemment on vient de fermer la centrale de Fessenheim pour faire plaisir aux écolos et à Hulot en particulier. Une production qui aurait pu éviter les importations !La centrale nucléaire de Fessenheim aurait pu voir sa durée de vie prolongée d’environ 20 ans ( des durées comparables à celles des États-Unis ou ailleurs). La centrale comprenait deux réacteurs de 900 MW chacun.Résultat : la facture énergétique va être alourdie environ d’un milliard sur un an. Un cadeau politique à Hulot qui coûte très cher  et une électricité produite au charbon notamment par les Allemands.

Énergie : envolée du prix du gaz ….et des autres énergies à suivre

 

 

Énergie : envolée du prix du gaz ….et des autres énergies à suivre

 

Nouveau record du prix du gaz ce mardi en raison notamment des tensions géopolitiques entre la Russie et certains de ces pays clients

. Une hausse qui mécaniquement va se reporter sur les autres énergies et sur l’électricité. À noter par ailleurs que les énergies renouvelables actuellement loin d’apporter le complément nécessaire à une demande en hausse du fait de la baisse des températures. En particulier l’éolien qui se révèle effectivement très intermittent.

On sait qu’en France la tension est extrême sur la production d’électricité et que le gouvernement a même demandé à la ministre écolo Barbara Ponfilly de solliciter davantage l’électricité nucléaire. D’ordinaire la France et le premier pays producteur exportateur mondial d’électricité mais du faîte de l’arrêt de plusieurs réacteurs entretien la France doit importer de l’électricité. Cela d’autant plus que parallèlement on a fermé la centrale de Fessenheim dont la durée de vie pouvait être prolongée d’une vingtaine d’années !

Le cours européen de référence, le TTF néerlandais, est monté vers 13 heures de près de 20% à 175 euros le mégawattheure (MWh), battant son record précédent du 6 octobre, quand celui du gaz britannique pour livraison le mois prochain a culminé à 435 pence par thermie (une unité de quantité de chaleur), suivant une hausse par rapport à la clôture de la veille. Ces niveaux de prix au comptant sont près de huit fois supérieurs à ceux du début d’année.

Le regain de tensions à la frontière entre la Russie et l’Ukraine est régulièrement mis en avant par les observateurs du marché pour expliquer la flambée des prix. Les Occidentaux affirment que Moscou masse du matériel militaire à la frontière ukrainienne en vue d’une possible opération, des accusations rejetées par la Russie qui se dit au contraire sous la menace de l’Otan, qui arme l’Ukraine et multiplie les déploiements de moyens aériens et maritimes dans la région de la mer Noire.

 

Energie- carbone : La sobriété comme stratégie prioritaire

Energie- carbone : La sobriété comme stratégie prioritaire

Plusieurs études publiées récemment s’accordent sur le fait que, s’il est impossible de prédire précisément combien nous consommerons d’énergie en 2050, atteindre la neutralité exigera de réduire drastiquement nos besoins. ( le Monde , extraits)

 

Un seul exemple, l’automobile d’un poids moyen de 800 kgs  à une tonne  pour transporter 1,2 personnes soit 100 kg à des vitesses de 150 et plus. L’inadaptation sans doute la plus caractéristique de notre société NDLR 

 

Analyse.    

Ils s’intitulent « Futurs énergétiques » ou « Transition(s) 2050 », ont nécessité des années de travail et pèsent des centaines de pages. En quelques semaines, plusieurs « scénarios » visant à atteindre la neutralité carbone ont été mis sur la table. Celui de négaWatt, une association défendant la sobriété, l’efficacité énergétique et les renouvelables ; ceux du gestionnaire national du Réseau de transport d’électricité (RTE), missionné par le gouvernement ; et, enfin, ceux de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), un établissement public placé sous la double tutelle des ministères de la transition écologique et de la recherche. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait également présenté, en mai, ses pistes pour parvenir, en trente ans, au « zéro émission nette ».

Que retenir de cette profusion d’analyses sur les trajectoires possibles pour réussir à ne pas émettre davantage de gaz à effet de serre qu’il est possible d’en absorber ? Publiés à peu de temps d’intervalle, ces exercices prospectifs varient considérablement par leur approche, leur ampleur, leur périmètre et leur méthode. Mais s’ils ne sont nullement comparables, il en ressort finalement, de manière assez frappante, des messages convergents.

Réduire drastiquement nos besoins

Tous partent d’un constat : s’il est impossible de prédire précisément combien nous consommerons d’énergie en 2050, il est en revanche certain qu’atteindre la neutralité carbone exigera de réduire drastiquement nos besoins. Et ce n’est pas seulement négaWatt, apôtre de la sobriété, qui le dit : le gouvernement français, par le biais de sa stratégie nationale bas carbone, prévoit une réduction par deux de la consommation globale d’énergie. Or s’interroger sur ces besoins ne va pas de soi. « Aujourd’hui, l’énergie n’a plus de visibilité, de réalité physique, ce que l’on consomme est totalement abstrait, observaient, début décembre, les experts de La Fabrique écologique, une fondation pluraliste et citoyenne. Il faut que les acteurs se réapproprient ce sujet. »

« Sommes-nous prêts à modifier profondément nos usages et à remettre en cause la manière dont nous nous déplaçons, dont nous occupons nos logements, dont nous mangeons ? »

Les gains en matière d’efficacité – qui permettent d’obtenir le même service mais en utilisant moins d’énergie – permettront de faire baisser la consommation. Mais seront-ils suffisants ? La nécessité de réfléchir à la notion de sobriété s’est clairement imposée comme l’un des enseignements de ces travaux. Cette notion, largement absente du débat public, est éminemment clivante. A tel point que RTE, au vu de l’importance prise par le sujet lors des concertations, a révisé ses hypothèses pour en faire une trajectoire à part entière.

 

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