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La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine englué dans sa politique anti covid prend le contre-pied des autres banques centrales en diminuant ses taux d’intérêt. Lundi 15 août, la Banque centrale chinoise a abaissé plusieurs de ses taux directeurs. L’objectif : accroître les liquidités de ces dernières afin de les pousser à accorder davantage de prêts, et ainsi soutenir l’activité économique du pays.

Dans le détail, la Banque centrale a fixé son taux de refinancement des banques à sept jours à 2% (contre 2,10%), et son taux de refinancement à un an à 2,75% (contre 2,85%).

La deuxième économie mondiale est t surtout victime de sa politique zéro covid et son corollaire le confinement obligatoire qui affecte grandement l’économie.

Conséquence de cette politique, en juillet, les ventes de détail et la production industrielle en Chine ont connu un ralentissement inattendu sous l’effet d’un rebond du covid. Et ce, alors que les analystes attendaient une accélération. La situation sanitaire ne semble pas s’arranger : le pays est confronté ces dernières semaines à un rebond épidémique, limité en termes de cas mais qui touche de nombreuses provinces.

Principal indicateur des dépenses des ménages, les ventes de détail ont enregistré une hausse de 2,7% sur un an, contre 3,1% en juin, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). De son côté, la production industrielle s’est affichée en hausse de 3,8% sur un an, mais ce rythme est inférieur à celui de juin (+3,9%) et aux prévisions des analystes (+4,6%). Ces indicateurs « décevants » sont le reflet d’une « perte de vitesse » de la reprise post-pandémie, souligne à l’AFP Ken Cheung, analyste pour la banque japonaise Mizuho.

Ces rebonds épidémiques viennent s’ajouter aux difficultés qui pesaient déjà sur l’économie chinoise: consommation atone, tour de vis de Pékin contre plusieurs secteurs dynamiques dont celui de la tech, incertitudes liées à l’Ukraine mais aussi à une forte crise de l’immobilier.

De son côté, l’investissement en capital fixe a encore ralenti en juillet (à 5,7%).

La Chine privée des capitaux américains

La Chine privée des capitaux américains

 

La juriste Isabelle Feng,Chercheuse au Centre Perelman  de philosophie du droit de l’Université libre de Bruxelles, , décrit dans une tribune au « Monde » les conséquences économiques et financières de l’affrontement qui oppose la SEC, le « gendarme » de Wall Street, et les autorités chinoises, ce qui devrait conduire à la radiation prochaine d’Alibaba de la Bourse américaine.

 

Le 29 juillet, quarante-huit heures après la publication de son rapport annuel 2021, Alibaba a vu ses actions plonger de plus de 11 % en une seule journée au New York Stock Exchange (NYSE) et pour cause : la Securities and Exchange Commission (SEC), le « gendarme » de Wall Street l’a ajouté à sa liste des cotations chinoises qui ont enfreint la loi fédérale sur la responsabilité des entreprises étrangères – loi Holding Foreign Companies Accountable Act (HFCAA).

Si cela ne donne qu’un nom de plus sur la longue liste qui compte désormais cent cinquante-neuf candidats à la radiation pour non-respect des normes d’audits américaines, la chute de la société fondée par Jack Ma signerait la fin d’une époque.

De toute évidence, célébrée comme la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire en levant 25 milliards dollars en septembre 2014 (à l’époque environ 19,4 milliards d’euros), Alibaba ne nourrit pas d’illusion quant à son maintien à Wall Street et envisage le pire scenario, car le 27 juillet, tout en soumettant son rapport annuel à la SEC, elle a déposé une demande auprès de la Bourse Hongkongaise pour une deuxième cotation primaire. Tout indique que le groupe prépare son retrait avec fatalité et que le compte à rebours pour sa radiation est bien amorcé. Sans un geste de Pékin, la place boursière américaine sera vidée de cotes chinoises d’ici à la fin 2024.

Pourtant, tout avait commencé comme une entente cordiale entre les entreprises de l’empire rouge, qui désiraient accéder au plus grand marché capitalistique du monde, et Wall Street, pour qui l’argent n’a pas de couleur. Depuis plus de dix ans, le prétendu « capitalisme à caractéristiques chinoises » est encensé par d’innombrables analystes déçus du capitalisme tout court, et l’arrivée des sociétés chinoises ravissait les investisseurs occidentaux dont les fonds contribuaient aussi à l’expansion des champions de la deuxième puissance mondiale.

Pour mesurer le parfait « couplage » financier des deux rives du Pacifique, il suffit de parcourir la liste des détenteurs de titres d’Alibaba sur laquelle figurent les noms des plus grandes banques, telles Goldman Sachs et HSBC, mais aussi California Public Employees Retirement System (Calpers), le plus important fonds de pension public américain, et Ontario Teachers’Pension Plan, le deuxième plus grand des fonds institutionnels au Canada qui gère la retraite des enseignants de l’Ontario, pour ne citer qu’eux.

L’improbable lune de miel aurait pu durer si la Chine ne considérait pas que les documents d’audit de ses entreprises opérant sur le sol étranger relèvent de la sécurité nationale et que l’inspection desdits documents par le régulateur américain constitue une violation de la souveraineté nationale.

Chine: L’inflation menace aussi

Chine: L’inflation menace aussi

 

 

Mouvements contradictoires en Chine comme ailleurs avec une inflation importante des prix de la consommation quand ceux des matières premières et de la production tendent à se tasser du fait du ralentissement constaté de la demande internationale.

En juin, l’indice CPI (« Consumer Price Index ») – mesurant l’inflation dans le commerce de détail – a ainsi augmenté de 2,5% en glissement annuel, conformément aux attentes des analystes. Il a baissé de 0,2 % par rapport à mai en raison d’une baisse des prix de la plupart des aliments, à l’exception du porc.

Si les prix des fruits et légumes frais, des œufs et des fruits de mer ont diminué, grâce à « une offre accrue et à l’amélioration de la logistique« , selon le Bureau national des statistiques, « les prix du porc ont continué à augmenter de 2,9% » en raison de « la stabilisation de la pandémie et de l’augmentation de la demande des consommateurs« .

L’inquiétude est telle que les autorités chinoises envisagent de puiser dans les réserves nationales de porc pour stabiliser les prix, qui ont bondi le mois dernier de plus de 30% sur un an.

Néanmoins, l’augmentation des prix à la production a globalement ralenti le mois dernier à son rythme le plus faible en 15 mois, alors que les restrictions liées à l’épidémie de coronavirus ont pesé sur la demande et que les ventes de métaux ferreux ont pâti des craintes d’une récession mondiale.

En effet, l’indice PPI des prix à la production – mesurant le coût des marchandises sorties d’usine – a augmenté de 6,1 % par rapport à l’année précédente, un peu moins que les chiffres de mai (6,4%). Mais davantage toutefois que les prévisions des analystes, qui tablait sur une hausse de 6 %. Par ailleurs, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 2,5% sur un an en juin, contre une hausse de 2,1% en mai. Le consensus ressortait à +2,4%.

Les variations des cours internationaux du brut « ont entraîné une hausse des prix dans les industries nationales connexes« , explique-t-on au Bureau national des statistiques. Parmi lesquelles les industries d’extraction et de traitement des combustibles fossiles. Cependant, les prix ont chuté dans les secteurs de l’acier, du ciment en raison de la baisse de la demande et du « ralentissement de la croissance des investissements« .

 

Chine : pas un partenaire un rival dangereux

Chine : pas un partenaire,  un rival

Les deux économistes Stewart Paterson et Leslie Shaw expliquent, dans une tribune au « Monde », pourquoi il ne faut plus traiter la Chine comme un simple partenaire commercial, mais comme le géant économique et le rival géopolitique qu’elle est devenue pour l’Europe.

Un article intéressant mais qui ne souligne pas suffisamment le faite que les occidentaux et la France  en particulier ont délibérément délocalisé leur production en Chine mais aussi certaines technologies qui reviennent en boomerang NDLR

 

Il a fallu une pandémie pour mettre en évidence, de manière terriblement claire, les risques et les coûts très réels de l’externalisation de la fabrication vers la Chine. Au plus fort de la crise du Covid-19, cette dernière n’a pas hésité à tirer parti de sa position dominante dans la fabrication d’équipements médicaux pour obtenir un avantage géopolitique et être exonérée de toute responsabilité. Cette grave asymétrie dans les relations entre la Chine et l’Occident n’est peut-être devenue apparente que récemment, mais elle se prépare depuis deux décennies.

Les décideurs occidentaux ont vu dans le lancement de relations économiques avec la Chine un moyen de l’éloigner de la planification étatique et de l’orienter vers les principes de l’économie de marché. Le lobby des sociétés multinationales a exercé une forte pression pour faire tomber les barrières commerciales, considérant l’énorme population chinoise comme un marché de consommation à pénétrer et un marché du travail à exploiter.

Cette politique était cependant fort peu judicieuse. La Chine a rejoint le système économique mondial avec des coûts d’investissement attrayants et une population urbanisée d’un milliard de personnes prêtes à travailler pour des salaires représentant en moyenne 1/30 de ceux pratiqués dans les pays développés.

En conséquence, le pays s’est taillé une position dominante en tant que premier exportateur – à hauteur de 2 900 milliards de dollars américains en 2018 (environ 2 785 milliards d’euros) ; – et premier fabricant au monde – 25 % de la fabrication mondiale.

Incapable de rivaliser avec les faibles coûts de main-d’œuvre et les normes environnementales de la Chine, l’Occident a subi des pertes d’emploi et une stagnation des salaires.

En outre, le contrôle strict des capitaux et des importations, par un Parti communiste toujours puissant, a eu un effet désinflationniste qui a rendu la viabilité de la dette plus difficile en Occident. Le renforcement de la puissance de feu économique de la Chine est le principal moteur du déclin de la part de l’Union européenne (UE) dans l’industrie manufacturière mondiale, et son impact est particulièrement marqué dans le cas de la France.

Historiquement, la France a été parmi les premières puissances occidentales à établir des partenariats économiques avec la Chine, avec notamment une coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire. En 2019, elle a cependant enregistré un déficit commercial de 33 milliards d’euros avec la Chine – le plus grand enregistré avec l’un de ses partenaires commerciaux.

 

Ouïgours: 1 million emprisonnés par la Chine

 

 Ouïgours: 1 million emprisonnés

 

Un collectif international d’une trentaine de chercheurs, dont les travaux ont permis de révéler l’ampleur des crimes commis contre la minorité ouïgoure, déplore, dans une tribune au « Monde », que Michelle Bachelet, Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, s’est abstenue de condamner cette politique lors de sa visite en Chine.

 

Au printemps 2017, dans ce que la Chine appelle la « région autonome ouïgoure du Xinjiang », des centaines de milliers de Ouïgours et autres populations indigènes ont commencé à disparaître sans bruit, en prison et en camp d’internement. A la fin de 2017, il est devenu évident pour la communauté internationale des chercheurs travaillant sur la région qu’une ingénierie opaque était en cours ; ils ont par conséquent, en 2018, exhorté l’ONU à établir une enquête. Cela fait désormais quatre ans que le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (OHCHR) est attendu. Pendant ces quatre années, les chercheurs ont mené des études rigoureuses sur les politiques chinoises dans la région et ont permis de révéler des crimes contre l’humanité à une échelle qui dépasse largement le programme d’internement massif.

Si nous sommes reconnaissants à l’OHCHR, sous l’administration de Michelle Bachelet, d’avoir consulté certains membres de notre communauté d’experts académiques avant sa visite en Chine, nous restons néanmoins très inquiets de sa déclaration officielle du 28 mai, qui ignore les conclusions présentées par les chercheurs (dont deux de nos signataires) à son équipe, et va même à l’encontre de ces conclusions.

Il est pourtant rare que le monde académique arrive à un tel niveau de consensus. Bien que les raisons pour lesquelles Pékin commet des atrocités dans la région restent sujettes à débat, nous sommes unanimes dans notre compréhension des faits et des opérations menées sur place par le gouvernement chinois. Ce consensus exceptionnel est le résultat d’une quantité saisissante de preuves que l’Etat chinois lui-même nous a fournies à travers sa propre documentation, dont une partie a fait l’objet de fuites, mais dont la majorité est tout simplement disponible publiquement sur l’Internet chinois. Ces preuves, complétées par des témoignages de rescapés et des images satellites, nous offrent un tableau précis de ce qui peut raisonnablement être nommé un agenda génocidaire.

Les rapports montrent clairement que Pékin a enfermé de façon arbitraire et sous différentes formes extralégales au moins un million de personnes, non seulement dans des camps d’internement, mais aussi dans des centres de détention et des prisons. Si une partie des camps d’internement et d’endoctrinement ont été fermés récemment, il n’y a aucune preuve que ce système soit totalement dissous. Plus important encore, une part non négligeable des internés de ces camps désormais fermés a été transférée vers des prisons officielles, après des simulacres de procès, tandis que d’autres ont été placés dans des programmes de travail forcé. Torture, viols et autres mauvais traitements sont endémiques dans les prisons, centres de détention et camps.

Relance en Chine

Relance en Chine

La croissance en Chine est d’une part affectée par la baisse du commerce international mais aussi par un tassement interne découlant notamment d’une crise sanitaire mal gérée. Du coup, le pouvoir a décidé un plan de redressement évité que la croissance ne tombe sous le seuil de 5 %. Par ailleurs la Chine comme l’ensemble du monde est évidemment concernée par la hausse des matières premières qu’elle importe en masse. Des mesures seront également prises pour stabiliser les approvisionnements aussi bien industriels qu’alimentaires.  La Chine a annoncé 33 mesures, ce mardi 31 mai, dans les domaines fiscal, financier, industriel et de l’investissement. Pékin semble ainsi s’orienter vers une politique de relance après les mesures de contrôle liées à la pandémie qui ont freiné l’économie et menacent à présent l’objectif de croissance de 5,5 % fixé par les autorités chinoises pour 2022.

Selon le Conseil d’État, la Chine va promouvoir un développement « sain » des sociétés plateforme et encourager les investissements privés. Mais elle va également accélérer les programmes de construction d’infrastructures et stimuler les achats de voitures et d’appareils ménagers. En ce qui concerne les politiques monétaires et financières, la Chine va favoriser l’introduction en Bourse d’entreprises nationales à Hong Kong et encourager des plateformes à briguer une cotation en Bourse à l’étranger.

 

Chine: Atouts et fragilités

Chine: Atouts et  fragilités

.Par André Yché, Président du conseil de surveillance chez CDC Habitat.(dans la Tribune)

 

Le caractère cyclique de l’histoire de la Chine en dit long sur la nature de ce gigantesque ensemble géographique et humain, à travers les interactions constantes des trois champs dans lesquels ce cycle se déploie.

Celui des interférences extérieures, tout d’abord, notamment à l’occasion du surgissement des envahisseurs venus du nord-est : les Mongols de Gengis Khan, puis de Kubilaï, qui fondent la dynastie des Yuan et qui règnent brièvement, durant une centaine d’années, à cheval sur les XIIIe et XIVe siècles, instituant la Pax Mongolica ; les Mandchous ensuite, de la dynastie Qing, qui parviendront à conserver le pouvoir depuis le milieu du XVIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle.

Le destin de ces dynasties étrangères passe, d’abord, par un processus inexorable de sinisation : deux millions de Mandchous sont rapidement absorbés par cent vingt millions de Han, quelles que soient les qualités guerrières des conquérants, une fois installés au pouvoir qu’il s’agit alors non plus de conquérir, mais d’exercer.

C’est aussi la raison pour laquelle en définitive, le cycle du pouvoir des dynasties étrangères s’apparente à celui des dynasties de souche locale : celles des Han, des Tang, des Song, des Ming, pour s’en tenir aux plus fameuses. Instauration d’un pouvoir central fort et d’une gouvernance centralisée ; prise d’autonomie progressive des gouverneurs régionaux ; dislocation du système unitaire et fragmentation de l’Empire entre « Royaumes Combattants » au cours de l’interrègne séparant les Zhou et les Han, entre les « Trois Royaumes » avant la prise du pouvoir par les Tang, puis entre les « Dix Royaumes », avant l’installation des Song, puis des Yuan.

Enfin, le cycle de l’histoire de la Chine se déploie dans un troisième champ, connecté aux deux premiers : invasion/assimilation ; centralisation/fragmentation ; c’est le champ relatif aux relations extérieures : ouverture/fermeture, particulièrement net sous les Ming. Alors que l’empereur Yongle encourage, pendant deux décennies, l’amiral eunuque Zheng He à explorer le monde à l’occasion de grandes expéditions maritimes, la porte se referme à la fin du XVe siècle, sous l’effet des menaces croissantes qui se font jour dans le nord-est du pays et qui finiront par déboucher sur la conquête mandchoue, favorisée par la lassitude des paysans exaspérés par la fiscalité imposée pour le financement d’expéditions lointaines.

Ainsi, la véritable constante de l’histoire chinoise réside bien, non pas dans l’extension au-delà des frontières, mais dans la préservation de l’unité, sous la férule du pouvoir central, constamment minée par les césures culturelles entre le nord et le sud, par les inégalités entre les villes et les campagnes, exacerbées dans les phases d’ouverture de la Chine aux échanges internationaux.

Vient d’abord le sujet lancinant des inégalités entre deux Chines : celle des villes et celle des campagnes, qui rejaillit sur de très profondes fractures socio-économiques et culturelles entre la Chine des grandes métropoles du littoral, ou qui sont raccordées au Grand Canal qui relie Pékin à Shanghai, et celle de l’intérieur, enclavée et arriérée : disparités régionales, devenues culturelles par la langue et par l’histoire, qui sont l’essence même de l’Empire du Milieu.

Quelques chiffres permettent de mesurer d’emblée l’ampleur du problème auquel la Chine se trouve confrontée : elle doit nourrir 23% de la population mondiale avec 7% des terres arables de la planète ; les Etats-Unis cultivent de l’ordre de 1,5 million de Km2 et pourraient aisément doubler cette superficie, alors que la Chine, qui n’a plus de terre arable inexploitée, culmine à un million de Km2, pour nourrir une population cinq fois plus nombreuse, dont l’urbanisation croissante rogne chaque année les surfaces consacrées à l’exploitation agricole.

Facteur aggravant, une ligne imaginaire sépare la Chine du Nord, celles des terres à blé, de la Chine du Sud, celle des rizières, du fait de régimes de précipitations fort distincts ; au sud, l’été amène des masses d’air chaud, chargé d’humidité, en provenance de la mer de Chine qui assurent une pluviométrie régulière tandis qu’au nord, celle-ci varie sensiblement chaque année, autour d’une moyenne analogue à la pire décennie de sécheresse observée dans l’ouest américain, dans les années 1930 (le Dust bowl). Il en résulte que l’autosuffisance alimentaire de la Chine est précaire et que la question de la gestion des eaux, qu’il s’agisse de la navigabilité des grands fleuves qui coulent vers la mer ou de l’irrigation des terres qu’ils traversent, est la grande question qui obsède, depuis des siècles, tous les dirigeants. La Grande Muraille destinée à barrer la route des invasions aux nomades du nord trouve sa contrepartie dans le Grand Canal qui relie Pékin à Shanghai, la Chine du Nord au centre du pays, en complément des trois grands fleuves navigables qui, depuis les contreforts de l’Himalaya, s’écoulent vers le littoral : le fleuve Jaune au nord, le Yangzi Jiang au centre, vers Nankin et Shanghai, le Xi Jiang qui alimente la rivière des Perles à Canton.

Enfin se pose la question de la soutenabilité du modèle de développement, fondé sur la croissance industrielle et l’exportation. Les excédents commerciaux provenant de la production industrielle se heurtent de plus en plus à une double limite : celle du vieillissement de la population qui impliquera une réorientation de l’économie vers la consommation intérieure et donc, une diminution du taux d’épargne des ménages ; à plus court terme, l’acceptabilité déclinante du coût environnemental de l’urbanisation galopante et de la production industrielle, dont la relocalisation en périphérie des centres de peuplement ne fait qu’aggraver les besoins en transport de masse et, partant, n’aboutit qu’à déplacer la pollution.

Les performances et les fragilités de l’économie chinoise

La puissance financière de la Chine découle de ses performances commerciales : chaque année, l’économie chinoise enregistre un excédent commercial de plusieurs centaines de milliards de dollars, dont les deux tiers aux dépens des Etats-Unis. En conséquence, les réserves de change détenues par la Chine excèdent trois mille milliards de dollars, soit deux fois et demie celles du Japon et le double de celles de l’Union européenne.

En 2015, les investissements extérieurs de la Chine ont excédé les investissements étrangers en Chine ; si ces montants sont importants, le stock qu’ils alimentent demeure relativement modeste, eu égard à la libéralisation contrôlée et récente des flux de capitaux qui n’ont décollé qu’en 2004 et demeurent étroitement contingentés.

L’impression générale qui découle de ce tableau d’ensemble suggère une internationalisation de l’économie chinoise encore limitée et assurément régulée par le pouvoir central. De plus, les performances commerciales de la Chine ont été initialement réalisées à partir d’une base industrielle « bas de gamme » dans laquelle les filiales de groupes étrangers réalisaient l’essentiel des exportations vers les pays développés (Etats-Unis, Union européenne, Japon) grâce à des processus d’assemblage des composants importés, segment à faible valeur ajoutée (moins de 2% de la valeur du produit final). L’industrie nationale produisait plutôt pour les émergents asiatiques (Vietnam, etc.). L’essor industriel de la Chine se heurte désormais à une double limite : d’abord, celle de la montée des coûts de main-d’œuvre et des investissements environnementaux, c’est-à-dire des revendications sociales ; ensuite, celle de l’endettement des entreprises, qui représente 150% du PIB (pour une dette publique de 40% du PIB et une dette des ménages équivalente) et qui a justifié une mise en garde du FMI.

Dans cet ensemble, les entreprises publiques dont le poids a été réduit des deux tiers en quinze ans portent encore 60% de la dette du secteur et engendrent un déficit annuel d’une centaine de milliards de dollars. Cet endettement et le vieillissement de la population chinoise appelée à devenir la plus âgée du monde font que l’avenir de l’économie chinoise dépend désormais essentiellement de ses performances futures en termes de gain de productivité. Toute la question est donc de savoir si le creusement spectaculaire des inégalités entre régions et la faible solidarité fiscale qui les unit autoriseront cette nouvelle étape de modernisation et le coût social qui en résultera mécaniquement dans les régions rurales, les moins développées.

Ainsi, l’unité du pays et la vitalité du régime apparaissent, une fois encore, comme étant en arrière-plan des limites structurelles à l’ouverture du pays à l’international. En d’autres termes, la réorientation de la croissance en faveur de la demande intérieure, indispensable à la cohésion du pays, implique une amélioration des salaires et du pouvoir d’achat, qui réduira progressivement la compétitivité « prix » de l’industrie chinoise.

L’urbanisation accélérée de la Chine, symbolisée par la mégapole de Chongqing (35 millions d’habitants) dans l’intérieur du pays, illustre les déséquilibres croissants d’une société confrontée à de multiples mutations : la quasi-faillite du géant de l’immobilier Evergrande illustre les fragilités de la croissance domestique, tirée par une anticipation exagérément optimiste de l’évolution du pouvoir d’achat des classes moyennes et une dette abyssale (260 milliards d’Euros pour ce seul promoteur immobilier).

Simultanément, la présence croissante de la Chine, non plus seulement dans les produits d’exportation « bas de gamme » mais dans la « High Tech » représentée par le groupe Huawei constitue une menace, notamment en termes de déploiement stratégique de la 5G, qui conduit les Occidentaux à prendre conscience de l’ampleur du levier de développement, pour la Chine, du potentiel de financement que représentent, conjugués, l’Europe et les Etats-Unis. Ainsi, le ressort de l’exportation dont a bénéficié l’Empire du Milieu pour son propre développement paraît sur le point de se détendre, notamment dans ses composants les plus stratégiques.

C’est dans cette perspective que se pose la question de l’internationalisation du yuan. De tout ce qui précède ressort une ligne claire : la priorité absolue du pouvoir chinois va à l’économie domestique chinoise, indépendamment de son impact sur l’économie mondiale, et le précédent de l’internationalisation du yen, à l’origine de sa réévaluation de 100% en deux ans, suivie de deux décennies de récession, n’est pas de nature à encourager les autorités à franchir ce pas, même si le débat relatif à la sous-évaluation du yuan, virulent voilà dix ans, appartient aujourd’hui au passé. Il n’en demeure pas moins qu’en regard des tensions économiques et sociales internes que connaît la Chine aujourd’hui, l’idée d’une perte de maîtrise sur l’émission de liquidités en yuan, potentiellement génératrice d’inflation non maîtrisée, n’est pas acceptable à ce jour. Nul n’ignore, à Pékin, que c’est précisément une crise monétaire analogue qui a entraîné la chute du gouvernement de Tchang Kaï-chek, en 1949, et son repli forcé à Taïwan.

La géopolitique de la Chine

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le leadership américain était non seulement accepté, mais souhaité par l’ensemble du monde occidental pour une raison fondamentale : le « Nouveau Monde » américain était issu de la « Vieille Europe » dont il partageait les valeurs essentielles, bien que les ayant renouvelées en les trempant dans l’élixir d’un libéralisme entrepreneurial dont le succès était manifeste. L’URSS fut alors un précieux soutien pour assurer l’adhésion des plus rétifs, dont la France, en constituant le contre-modèle menaçant pour la civilisation européenne. Jusque dans les années 1980 avec la crise des « euromissiles » et avant l’effondrement du Mur de Berlin, le couplage transatlantique fut globalement assuré, garantissant aux Occidentaux une supériorité stratégique écrasante, complétée par de multiples alliances dans l’espace du Rimland avec le Japon, la Corée du Sud, la Turquie, et même, objectivement, avec la Chine.

La véritable rupture remonte donc, en apparence, à l’effondrement de l’URSS et, avec elle, du Mur de Berlin ; en réalité et plus fondamentalement, avec la transformation de la Nation américaine, fille aînée de l’Europe, en « société-Monde », désarrimée de ses origines historiques. Mais depuis un demi-siècle, c’est bien le couplage atlantique qui avait permis aux Etats-Unis de s’imposer dans leur statut seigneurial de seule superpuissance universelle.

Autant l’environnement occidental des Etats-Unis était non seulement propice, mais demandeur du leadership américain, autant celui de la Chine demeure hostile à la perspective d’une hégémonie chinoise, fut-elle seulement régionale.

Avec leurs cultures et leurs histoires propres, trois puissances de premier ordre s’opposent plus ou moins formellement aux ambitions chinoises : le Japon, la Corée du Sud et l’Inde.

Le Japon, jamais colonisé et jamais envahi jusqu’en 1945 a repoussé, au cours des siècles, deux tentatives de conquête chinoises : c’est en 1274 et en 1281 que des armées sino-mongoles envoyées par Kubilaï Khan tentent de débarquer sur la côte japonaise, avant d’être miraculeusement dispersées par des typhons, le « vent divin » ou « kami kaze ». Les guerres sino-japonaises des XIXe et XXe siècles ont laissé de profondes traces dans la mémoire des parties : en dépit des efforts de normalisation diplomatique, l’hégémonie des uns ou des autres serait inacceptable pour l’autre camp.

La Corée a connu une histoire mouvementée, entre conquête chinoise d’abord sous les Tang, puis sous les Yuan qui enrôlent les Coréens dans leurs expéditions contre le Japon, puis sous les Ming, avant que les Japonais ne s’emparent de la péninsule au début du XXe siècle et exercent leur domination, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La partition de la Corée et la guerre entre les deux Corées de 1950 à 1953, qui, sur la rivière Yalu et au Chosin Reservoir, met directement en présence les forces américaines et chinoises, structure la géopolitique régionale jusqu’à nos jours. En dépit d’un réchauffement des relations diplomatiques, la Corée du Sud ne peut accepter aisément la perspective d’un nouveau condominium chinois.

Enfin, l’Inde ne partage ni culture, ni histoire commune avec l’Empire du Milieu, si ce n’est une rivalité durable au Cachemire et dans des régions périphériques du Tibet. Plus fondamentalement, la concurrence stratégique entre les deux puissances nucléaires est vive et constitue le principal obstacle à l’hégémonie régionale de la Chine dans le sud-est asiatique et dans l’océan Indien.

D’une manière générale, les Etats voisins de la Chine, au premier rang desquels le Vietnam, pas plus que les Philippines et naturellement l’Australie ne sont favorables à l’accession de la Chine au statut de super puissance dominante, de telle sorte que le premier obstacle, dans l’environnement géopolitique de l’Empire du Milieu, réside dans l’hostilité de ses grands voisins dans son aire d’influence naturelle. Il est évident qu’à cet égard, la situation de la Chine diffère profondément par rapport à celle des Etats-Unis à la tête du monde occidental, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

Il est de bon ton, aujourd’hui, de s’extasier devant la montée en puissance de la marine chinoise et de fait, son expansion et sa modernisation sont spectaculaires. Mais quel que soit le rythme de cette progression, elle demeure une marine de second ordre, essentiellement caractérisée par des capacités sous-marines qui demeurent en deçà de celles de l’US Navy.

Concrètement, la marine chinoise possède désormais les moyens d’opérer en mer de Chine, sous réserve d’éviter un choc frontal avec la VIIe flotte ; elle ne peut en aucun cas rivaliser avec la Ve flotte dans l’océan Indien ni même, d’évidence, avec la VIème flotte en Méditerranée. En pratique, la douzaine de tasks forces organisées autour des porte-avions nucléaires de l’US Navy, accompagnés de croiseurs lance-missiles ainsi que de frégates de lutte anti-sous-marine conservent une supériorité écrasante. Protégées par des sous-marins nucléaires d’attaque de dernière génération et par un « parapluie » aérien quasiment infranchissable, ces tasks forces représentent aujourd’hui une capacité de frappe unique, pouvant interdire instantanément, grâce à leur couverture satellitaire, toute navigation dans les espaces aéro-maritimes stratégiques.

Ainsi, en combinant les capacités navales des puissances maritimes occidentales, l’avantage traditionnel correspondant au Two-Powers Standard est assuré à leur profit, ce qui ne signifie pas que la marine chinoise ne puisse manifester sa présence en mer Jaune et dans les mers de Chine.

Le constat général qui ressort de cette analyse, c’est que la Chine ne paraît guère positionnée pour exercer un véritable leadership mondial et que ni son histoire, ni sa culture, ni même les fondamentaux de sa société ne la prédisposent à exercer un tel rôle qui est celui, par nature, des puissances maritimes.

En quoi la crise sanitaire et surtout économique change-t-elle les données de cette analyse ?

Le défi de la souveraineté scientifique, technologique et industrielle de l’Occident, et tout particulièrement de l’Europe, va se poser de manière accrue, validant a posteriori certaines positions de l’administration américaine sur ces questions, s’agissant, par exemple, du déploiement de la 5G et du rôle de Huawei dans le complexe stratégique chinois.

Plus généralement, trois questions essentielles vont se poser.

La première concerne la sécurité des approvisionnements (sourcing) et à cet égard, il est clair que le monopole chinois, par exemple sur l’exploitation des terres rares, ne sera plus accepté aussi facilement. Il reste néanmoins la question écologique liée à leur exploitation qui risque de s’avérer durablement bloquante, notamment en France.

La deuxième est relative à la fiabilité de la chaîne logistique, c’est-à-dire à l’existence de stocks et aux modalités d’acheminement sécurisées. L’expérience actuelle démontre sa grande fragilité.

Enfin, les garanties de qualité des produits et toutes les questions liées au droit de la propriété ne manqueront pas de se poser avec une plus grande acuité.

In fine, la question sous-jacente, sous l’apparence du droit commercial, est celle de la transparence du système politique dont la crise a mis en lumière les limites. En particulier, les interrogations légitimes sur les activités réelles du laboratoire P4 de Wuhan installé avec le soutien technologique de la France n’ont pas fini de faire couler de l’encre. Dans ce contexte, il est probable que la campagne de communication du régime sur le thème des « nouvelles routes de la soie » ne se déroule guère dans le contexte plutôt bienveillant d’avant-crise.

Au premier rang des opportunités encore offertes à la Chine figurent les ouvertures opérées par le monde occidental, s’agissant notamment des sanctions commerciales inédites infligées à la Russie et à l’Iran. Au-delà du secteur énergétique et de celui des matières premières, il est clair que c’est le sujet fondamental de l’émergence du Yuan en tant que monnaie alternative des transactions internationales qui est désormais en jeu. En d’autres termes, bien que la Russie, vue de Pékin, s’inscrive toujours dans le « monde occidental » et que l’Iran n’en soit qu’une dépendance, ce sont les fenêtres ouvertes par l’Occident, en particulier dans le champ de la supranationalité normative liée à l’internationalisation du Yuan, qui risquent de paver la voie à l’hégémonie historiquement improbable de l’Empire du Milieu.

Tel serait l’effet paradoxal de la stratégie non plus de « containment », mais de « Roll-back » des Etats-Unis à l’égard de l’Ex-empire soviétique, afin d’éviter précisément qu’affaibli sur les plans économique et militaire, il puisse modifier le rapport des forces dans la grande confrontation du XXIe siècle entre les Etats-Unis et la Chine

Le néocolonialisme aussi de la Chine

Le néocolonialisme aussi de la Chine

Dans son livre « Un autre monde. L’ère des dictateurs », Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », reprend une centaine de ses textes de référence sur la politique internationale et développe une réflexion éclairante sur la montée en puissance de Pékin ces dernières années. Extraits.

 

 

A Pékin, comme ailleurs, on gamberge sur la lente décadence de l’Occident ; on spécule avec gourmandise sur la sinisation à grands pas du monde globalisé. Le discours officiel célèbre le retour du pays à son rang traditionnel de grande puissance. L’émergence économique répare les humiliations qu’Américains, Européens et Japonais ont infligées aux Chinois de 1850 à 1949.

Ce « siècle de malheurs » ne se reproduira pas : la puissance militaire retrouvée est là pour le garantir. C’est parce qu’elle était faible à l’intérieur, politiquement divisée, misérable et mal gouvernée que la Chine a ouvert la voie aux exploiteurs étrangers – ces barbares. Catéchisme historique imposé à des centaines de millions de jeunes Chinois : le PCC [Parti communiste chinois] a sauvé la Chine de la désunion et de l’aliénation.

Grâce à la domination qu’il veut acquérir dans les secteurs-clés des hautes technologies, le pays ralliera deux objectifs : devenir une économie de relative opulence ; être indépendant dans la maîtrise du high-tech, l’instrument de la puissance de demain. Le gigantisme de son marché intérieur et les performances de son tissu industriel lui permettront de continuer à séduire consommateurs et investisseurs étrangers.

Interprétation optimiste de ces ambitions : l’empire du Milieu veut, sur la scène internationale, disposer d’une capacité d’influence à la hauteur de son poids économique. Rien d’extraordinaire. En somme, une grande puissance entend légitimement prendre la place qui lui revient. Mais à quelle fin ? Eliminer tout ce que les Chinois perçoivent comme un obstacle à leur montée en puissance ? Dominer le monde comme les Etats-Unis d’après 1945, en devenant à leur tour le grand prescripteur de normes ? Aller jusqu’au bout du déplacement de pouvoir en cours pour priver l’Amérique du leadership mondial qu’elle exerce, de bon ou de mauvais gré, depuis soixante-dix ans ?

 

[Le sinologue] François Godement esquisse une réponse : « Le débat demeure ouvert sur le fait de savoir si la Chine veut être au premier rang du monde pour diriger celui-ci ou pour laisser les autres se débrouiller, y compris sur bien des aspects de l’ordre international. Il ne me paraît pas évident que la Chine veuille se charger du fardeau de l’empire, pour paraphraser Kipling et son “fardeau de l’homme blanc”. »

L’un des spécialistes de la Chine parmi les plus écoutés aux Etats-Unis, Rush Doshi, répond différemment. « Nous avons affaire à un pays qui est peut-être moins intéressé par une forme de coexistence avec nous et plus par une forme de domination sur nous », dit-il. En 2021, Doshi publie un livre au titre sans ambiguïté : The Long Game : China’s Grand Strategy to Displace American Order (« la stratégie de la Chine pour évincer l’ordre américain », OUP USA, non traduit).

La Chine s’enfonce dans le piège Covid

La Chine s’enfonce dans le piège Covid

 

 

Paralysée par le dogmatisme du parti communiste, la Chine met son économie en péril. Au nom du dogme zéro Covid, nombre d’activités sont aujourd’hui gelées et la perspective d’une croissance supérieure à 5 % semble remise en cause.Fait nouveau, les Chinois ne se privent plus désormais de protester contre cette politique sanitaire qui les prive d’activité et de liberté.

Alors que Shanghai, la capitale économique du pays, est paralysée depuis début avril, le pouvoir multiplie les gestes pour tenter de soutenir la conjoncture. La stratégie zéro Covid est de plus en plus contestée par les milieux d’affaires, qui s’alarment des menaces que font peser les confinements sur l’activité des entreprises et les chaînes d’approvisionnement.

La Chine a dévoilé lundi ses pires performances économiques depuis deux ans, avec un taux de chômage qui a bondi en avril à 6,1% – proche du record absolu.

Ce ralentissement de l’économie met en péril l’objectif de croissance de 5,5% fixé par Pékin. Nombre d’économistes doutent que le géant asiatique parvienne à son objectif, qui marquerait en Chine la plus faible croissance depuis 1990 hormis 2020, année initiale de la pandémie. « La stabilité de l’économie n’est pas seulement une question économique, mais aussi de stabilité sociale », a averti le Premier ministre chinois Li Keqiang, dans un discours samedi 14 mai.

 

 

Chine : Net ralentissement des exportations

Chine : Net ralentissement des exportations

La  hausse de 3,9% des exportations de la Chine en avril marque un net ralentissement puisqu’il s’agit de la plus faible augmentation depuis juin 2000 (+0,5%). Le contraste est saisissant par rapport au mois d’avril au cours duquel elles avaient progressé de 14,7%. L

Les importations sont restées stables, affichant un léger mieux après leur recul de 0,1% en mars et battant le consensus qui ressortait à -3,0%. Un an plus tôt, les importations de la Chine avaient bondi de 43,1%, sur fond de rattrapage économique, après une quasi-paralysie de l’activité lors de la première vague épidémique début 2020.

La balance commerciale de la Chine a affiché un excédent de 51,12 milliards de dollars le mois dernier (48,6 milliards d’euros), alors que les analystes interrogés par Reuters anticipaient un excédent de 50,65 milliards de dollars. En mars, l’excédent chinois s’élevait à 47,38 milliards de dollars.

Pour relancer une croissance plombée par les restrictions sanitaires, la Chine multiplie les gestes de soutien à l’activité sans renier une stratégie anti-virus coûteuse. Menacé par une croissance atone, le pouvoir chinois a adressé fin avril un signal rassurant aux puissantes entreprises du numérique, malmenées depuis la brutale reprise en main du secteur fin 2020. Pour relâcher la pression sur l’économie, Pékin a en effet offert un répit au secteur technologique, en lui épargnant de nouvelles restrictions qui entravent son développement.

La capitale économique chinoise reste aujourd’hui coupée du monde, ce qui pénalise lourdement la croissance du géant asiatique. En mars déjà, la métropole technologique de Shenzhen (sud) avait été brièvement mise sous cloche, tandis que le nord-est du pays, berceau industriel et grenier à blé, a été confiné près de deux mois.  Ces mesures mettent en péril l’objectif de croissance de 5,5% fixé par Pékin, dans une année politiquement sensible qui devrait voir Xi Jinping être reconduit à la tête de la seconde économie mondiale. Nombre d’économistes doutent que le géant asiatique parvienne à son objectif, qui marquerait en Chine la plus faible croissance depuis 1990 hormis 2020, année initiale de la pandémie.

Face au fléchissement de sa croissance, Pékin compte par ailleurs soutenir PME et auto-entrepreneurs, ses principaux viviers d’emplois, avec des mesures fiscales et des réductions d’impôt. Le gouvernement envisage également des aides pour les travailleurs migrants sans emploi, particulièrement vulnérables aux aléas économiques.

 

La Chine veut tuer la démocratie monde

La volonté d’hégémonie de la Chine sur le monde

Dans la troisième édition de son ouvrage, Jean-Pierre Cabestan note une inflexion plus belliqueuse dans la volonté de puissance de la Chine, qui souhaite imposer son leadership.

 

La Politique internationale de la Chine de Jean-Pierre Cabestan, 3e édition, Presses de Sciences Po, 720 p., 26 euros.

Analyse dans le » Monde »

 

  Il y a sept ans, en 2015, lorsque le sinologue Jean-Pierre Cabestan achevait la première réédition de son essai La Politique internationale de la Chine (Presses de Science Po), il n’avait pas éprouvé le besoin de modifier le titre de sa conclusion. « Volonté de puissance et fragilités de la Chine populaire », le titre retenu lors de la première publication du livre, en 2010, lui semblait toujours d’actualité. En revanche, dans la troisième édition qui vient de paraître, le directeur de recherche au CNRS change radicalement de perspective. Le titre de sa conclusion sonne désormais comme une mise en garde : « Intégration, volonté de puissance et risques de guerre ». Tout est dit.

Depuis l’arrivée de Xi Jinping à la présidence de la République, en mars 2013, la Chine revendique une place centrale dans le concert des nations. Rien que de très normal, vu qu’elle est non seulement le pays le plus peuplé, mais également celui qui, d’ici à la fin de la décennie, devrait produire le plus de richesse, avec un PIB qui s’apprête à détrôner celui des Etats-Unis. Alors que nombre d’historiens et de diplomates s’interrogent pour savoir si la Chine accepte de s’inscrire dans l’ordre international tel qu’il a été redéfini après la seconde guerre mondiale, Jean-Pierre Cabestan remarque que « par sa masse, son histoire, sa rapide remontée en puissance et l’influence internationale qu’elle a acquise ou recouvrée, la Chine ne peut être qu’une puissance presque naturellement, ou plutôt mécaniquement, révisionniste ».

Pour qui n’en serait pas convaincu, les 330 pages que l’ouvrage consacre aux différentes relations bilatérales que la Chine entretient avec le reste du monde (Etats-Unis, Japon, Inde, Russie et Asie centrale, Union européenne, pays émergents…) sont éclairantes. On y suit pas à pas la montée en puissance économique, diplomatique, mais aussi militaire de la Chine, pays qui dispose à la fois du premier réseau diplomatique au monde et du plus grand nombre de navires militaires. Mais Jean-Pierre Cabestan ne se contente pas de décrire la diplomatie bilatérale de Pékin, il présente d’abord de façon détaillée les orientations générales de la politique de sécurité de Pékin et les principales instances de décision chargées de les mettre en œuvre. Hormis la psychologie personnelle de Xi Jinping, Jean-Pierre Cabestan passe tous les aspects de la question en revue dans ce livre, qui n’a pas d’équivalent en français.

Nouvelle guerre froide

Comme le titre de la conclusion le prouve, son constat n’est guère optimiste. Car non seulement la Chine est « par nature » révisionniste, mais son idéologie l’est également. Et c’est là que le bât blesse. « Plus que jamais, la République populaire compte modifier l’ordre international dans un sens qui lui est favorable, afin non seulement de mieux protéger ses intérêts fondamentaux, mais aussi d’affaiblir l’Occident et plus largement les démocraties, et d’instaurer ainsi son leadership mondial », met en garde ce juriste établi à Hongkong.

Russie et Chine: Le même échec des dictatures

Russie et Chine: Le même échec des dictatures

 

Les autocraties se targuent d’être des régimes « efficaces », qualité qui leur serait propre. Evoquant la complexité des problèmes de l’époque, Vladimir Poutine range la démocratie libérale au rayon des modes de gouvernement « obsolètes ». Xi Jinping, lui, juge que le couple Parti communiste-« socialisme aux caractéristiques chinoises » serait supérieur à toutes les autres formes de gouvernance. Il n’empêche : on doit à l’un et à l’autre de ces dirigeants les plus grands désastres du moment estime un papier du « Monde ».

Même s’ils sont de proportion et de gravité différentes, la guerre en Ukraine et les confinements de masse décidés en Chine sont des produits de l’autocratie. Non pas que les démocraties n’aient pas provoqué leur part de catastrophes historiques : elles ont leur casier judiciaire. Mais la guerre d’agression en Ukraine et la politique chinoise du zéro Covid sont intimement liées à la nature des régimes en place à Moscou et à Pékin. Ou, plus précisément, ces drames sont le reflet des fantasmes de Poutine et de l’hubris de Xi Jinping – l’un et l’autre pratiquant un nationalisme agressif et étouffant toute vérité factuelle déplaisante.

A Moscou et à Pékin, les faits doivent se plier à la doctrine du chef. Si tel n’est pas le cas, on ne l’en informe pas, de peur de lui déplaire. C’est le théorème du despote aveuglé par lui-même. La censure règne. L’information ne circule pas ou mal. Enfin, entre la vérité et le mensonge, la frontière est effacée.

Cela pour dire que, dans cette « guerre des modèles » qui oppose autocraties et démocraties, ces dernières auraient quelques mérites à faire valoir si seulement l’autoflagellation n’était pas leur sport favori. Souvent donnée pour lente ou hésitante, la laborieuse et pagailleuse machinerie de la démocratie libérale n’a pas dit son dernier mot – même si elle ne forme pas, hélas, l’horizon indépassable des régimes politiques comme on le pensait à la fin du siècle dernier.

La guerre en Ukraine entre dans son troisième mois. Dans l’esprit de Poutine, que son entourage n’a pas osé contredire, cette campagne ne devait pas dépasser deux à trois semaines. Aux mains de « nazis » dégénérés, l’Etat, à Kiev, allait vite s’effondrer, cependant que la foule accueillerait avec des roses, de la vodka et des grains de riz les convois de blindés descendus de la sainte mère Russie. Une « opération Crimée » (annexée par Moscou en 2014) en plus grand.

Il y a des dizaines de milliers de morts et des destructions comme l’Europe n’en a pas connues depuis la seconde guerre mondiale. Face à la sauvagerie de l’agression russe, il y a la résistance d’un peuple et d’une armée soutenus par un « bloc occidental » revivifié quand on le disait moribond. Tout était faux dans la représentation qu’avait Poutine de l’Ukraine de Volodymyr Zelensky et dans l’idée qu’il se faisait de l’Occident. Mais aucun contre-pouvoir institutionnel n’existait à Moscou pour le dire au « chef » et encore moins de presse indépendante pour en avertir les Russes. La guerre n’a fait qu’exacerber cette mécanique infernale : le régime poutinien est plus dictatorial aujourd’hui qu’il ne l’était hier – ce qui annonce d’autres catastrophes.

Taïwan : L’Ukraine de la Chine

 Taïwan : L’Ukraine de la Chine 

 

L’ancien premier ministre du Japon, Shinzo Abe,  analyse dans une tribune au « Monde », les conséquences de l’agression de l’Ukraine par la Russie sur les rapports de force dans la région Indo-Pacifique.

 

Tribune.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en conduit beaucoup à songer à la précarité de la relation entre la Chine et Taïwan. La situation de l’Ukraine et celle de Taïwan présentent trois similitudes, d’importantes différences intervenant par ailleurs.

Une première analogie réside dans l’écart considérable de puissance militaire entre Taïwan et la Chine, comme entre l’Ukraine et la Russie. Cet écart ne cesse par ailleurs de se creuser année après année. Deuxièmement, ni l’Ukraine ni Taïwan ne disposent d’alliés militaires officiels. Les deux pays doivent faire face seuls aux menaces et aux attaques.

Troisièmement, la Russie et la Chine étant membres permanents et disposant d’un droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies, la fonction de médiation de l’ONU ne peut ici intervenir dans les conflits qui les impliquent. On l’observe concernant l’actuelle agression de l’Ukraine par la Russie, et ce serait également le cas dans l’éventualité d’une crise autour de Taïwan.

Dans le cas de Taïwan, la situation est toutefois encore plus délicate. Si Taïwan ne dispose pas d’alliés, elle entend compter sur le Taiwan Relations Act, une loi américaine de 1979 en vertu de laquelle les Etats-Unis fournissent à l’Etat insulaire les équipements et approvisionnements militaires « nécessaires pour permettre à Taïwan de conserver une capacité d’autodéfense suffisante ». Cette loi constitue une forme de compensation à la réticence de l’Amérique à affirmer qu’elle « défendra Taïwan » si celle-ci est attaquée. Il est temps que ce fonctionnement change.

En réponse à l’agression de la Russie contre l’Ukraine, les Etats-Unis ont rapidement déclaré qu’ils n’enverraient pas de troupes défendre le régime de Kiev. En revanche, dans le cas de Taïwan, les Etats-Unis appliquent une politique d’ambiguïté stratégique. C’est ici qu’apparaît une deuxième différence : la réponse à la question de savoir si les Etats-Unis interviendraient par la force en cas de crise impliquant Taïwan n’est pas claire.

Les Etats-Unis préférant maintenir indéterminée leur position sur la manière dont ils répondraient à une agression contre Taïwan, la Chine se trouve (jusqu’à présent) dissuadée de s’y aventurer militairement. Les dirigeants chinois doivent en effet tenir compte de la possibilité d’une intervention militaire américaine. Dans le même temps, l’ambiguïté des Etats-Unis contraint Taïwan à envisager l’éventualité qu’ils n’interviennent pas militairement, ce qui tempère ici les groupes radicaux pro-indépendance sur l’île.

Démocratie-Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie comme en Chine ou en Russie ?

Démocratie-Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie  comme en Chine ou en Russie ?

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux candidats qualifiés pour la finale se marquent à la culotte en rapprochant parfois assez sérieusement leur point de vue. Par exemple à propos de la réforme de la retraite où Macron est en train de lâcher sérieusement du lest. Aussi sur les réformes politiques. Par exemple Marine le Pen  qui s’est prononcée pour un mandat présidentiel qui passerait de cinq à sept ans. Brusquement, Macron s’est montré également favorable à cette modification.

Il y a sans doute autant d’éléments favorables qui militent en faveur d’un allongement du mandat présidentiel que le maintien à cinq ans.
En effet,  la véritable question est la lassitude des Français à propos du bilan des différents présidents élus depuis Sarkozy. Pour preuve aucun des  anciens élus n’a été reconduit dans la fonction. Un phénomène qui n’est pas à exclure concernant Macron tellement le bilan est mince et la déception grande.

Les facteurs explicatifs de ces désillusions tiennent moins dans la longueur du mandat présidentiel que dans l’insignifiance du contenu de la vie démocratique. En effet une fois élus les monarques républicains oublient l’essentiel de leurs promesses et décident  de manière technocratique ce qui leur paraît bon pour le pays. Le problème , c’est que ces monarques ne sont entourés que de technocrates et de courtisans et que le roi se retrouve rapidement coupé des réalités ; en outre depuis Macron,  on a encore réduit à pas grand-chose l’intermédiation des organisations susceptibles de porter les sensibilités des différentes couches socioprofessionnelles et plus généralement des différentes catégories de Français. Dans les conditions de fonctionnement démocratique actuel, la détestation du président sera encore amplifiée avec un mandat à 7 ans.

Le candidat LREM à la présidentielle s’est pourtant exprimé sur la réinstauration d’un mandat présidentiel de sept ans, déjà soutenu par sa rivale, Marine Le Pen.

Un mandat de sept ans, c’est « un bon rythme pour la présidentielle » et « une bonne respiration par rapport au rythme des législatives », a-t-il lancé, alors que l’instauration d’un  »septennat non renouvelable » fait partie du programme de sa concurrente. Il a par contre estimé que « le caractère renouvelable » ou non de ce mandat devrait être laissé au « peuple ». Il est vrai qu’au nom du peuple, nombre de monarques républicains et autres autocrates se sont assis sur la démocratie. Ainsi pour nourrir la disruption chère à Macron, on pourrait lui suggérer de faire passer le mandat présidentiel de 5 à 50 ans, ce qui s’est pratiquement passé en Chine et en URSS après les modifications constitutionnelles ( (En fait qui accorde une durée à vie du mandat présidentiel). Ainsi on s’épargnerait les formalités inutiles d’élection présidentielle dans lesquels les Français n’espèrent plus grand-chose !

Mandat Présidentiel : un retour à 7 ans et pourquoi pas à vie comme en Chine ou en Russie ?

Mandat Présidentiel : un retour à 7 ans et  pourquoi pas à vie  comme en Chine ou en Russie ?

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux candidats qualifiés pour la finale se marquent à la culotte en rapprochant parfois assez sérieusement leur point de vue. Par exemple à propos de la réforme de la retraite où Macron est en train de lâcher sérieusement du lest. Aussi sur les réformes politiques. Par exemple Marine le Pen  qui s’est prononcée pour un mandat présidentiel qui passerait de cinq à sept ans. Hier brusquement, Macron s’est montré également favorable à cette modification.

Il y a sans doute autant d’éléments favorables qui militent en faveur d’un allongement du mandat présidentiel que le maintien à cinq ans.
En effet,  la véritable question est la lassitude des Français à propos du bilan des différents présidents élus depuis Sarkozy. Pour preuve aucun des  anciens élus n’a été reconduit dans la fonction. Un phénomène qui n’est pas à exclure concernant Macron tellement le bilan est mince et la déception grande.

Les facteurs explicatifs de ces désillusions tiennent moins dans la longueur du mandat présidentiel que dans l’insignifiance du contenu de la vie démocratique. En effet une fois élus les monarques républicains oublient l’essentiel de leurs promesses et décident  de manière technocratique ce qui leur paraît bon pour le pays. Le problème , c’est que ces monarques ne sont entourés que de technocrates et de courtisans et que le roi se retrouve rapidement coupé des réalités ; en outre depuis Macron,  on a encore réduit à pas grand-chose l’intermédiation des organisations susceptibles de porter les sensibilités des différentes couches socioprofessionnelles et plus généralement des différentes catégories de Français. Dans les conditions de fonctionnement démocratique actuel, la détestation du président sera encore amplifiée avec un mandat à 7 ans.

Le candidat LREM à la présidentielle s’est pourtant exprimé sur la réinstauration d’un mandat présidentiel de sept ans, déjà soutenu par sa rivale, Marine Le Pen.

Un mandat de sept ans, c’est « un bon rythme pour la présidentielle » et « une bonne respiration par rapport au rythme des législatives », a-t-il lancé, alors que l’instauration d’un  »septennat non renouvelable » fait partie du programme de sa concurrente. Il a par contre estimé que « le caractère renouvelable » ou non de ce mandat devrait être laissé au « peuple ». Il est vrai qu’au nom du peuple, nombre de monarques républicains et autres autocrates se sont assis sur la démocratie. Ainsi pour nourrir la disruption chère à Macon, on pourrait lui suggérer de faire passer le mandat présidentiel de 5 à 50 ans, ce qui s’est pratiquement passé en Chine et en URSS après les modifications constitutionnelles ( (En fait qui accorde une durée à vie du mandat présidentiel). Ainsi on s’épargnerait les formalités inutiles d’élection présidentielle dans lesquels les Français n’espèrent plus grand-chose !

Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie comme en Chine ou en Russie ?

Présidentielle : un retour au mandat de 7 ans, pourquoi pas à vie  comme en Chine ou en Russie ?

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux candidats qualifiés pour la finale se marquent à la culotte en rapprochant parfois assez sérieusement leur point de vue. Par exemple à propos de la réforme de la retraite où Macron est en train de lâcher sérieusement du lest. Aussi sur les réformes politiques. Par exemple Marine le Pen  qui s’est prononcée pour un mandat présidentiel qui passerait de cinq à sept ans. Hier brusquement, Macron s’est montré également favorable à cette modification.

Il y a sans doute autant d’éléments favorables qui militent en faveur d’un allongement du mandat présidentiel que le maintien à cinq ans.
En effet,  la véritable question est la lassitude des Français à propos du bilan des différents présidents élus depuis Sarkozy. Pour preuve aucun des  anciens élus n’a été reconduit dans la fonction. Un phénomène qui n’est pas à exclure concernant Macron tellement le bilan est mince et la déception grande.

Les facteurs explicatifs de ces désillusions tiennent moins dans la longueur du mandat présidentiel que dans l’insignifiance du contenu de la vie démocratique. En effet une fois élus les monarques républicains oublient l’essentiel de leurs promesses et décident  de manière technocratique ce qui leur paraît bon pour le pays. Le problème , c’est que ces monarques ne sont entourés que de technocrates et de courtisans et que le roi se retrouve rapidement coupé des réalités ; en outre depuis Macron,  on a encore réduit à pas grand-chose l’intermédiation des organisations susceptibles de porter les sensibilités des différentes couches socioprofessionnelles et plus généralement des différentes catégories de Français. Dans les conditions de fonctionnement démocratique actuel, la détestation du président sera encore amplifiée avec un mandat à 7 ans.

Le candidat LREM à la présidentielle s’est pourtant exprimé sur la réinstauration d’un mandat présidentiel de sept ans, déjà soutenu par sa rivale, Marine Le Pen.

Un mandat de sept ans, c’est « un bon rythme pour la présidentielle » et « une bonne respiration par rapport au rythme des législatives », a-t-il lancé, alors que l’instauration d’un  »septennat non renouvelable » fait partie du programme de sa concurrente. Il a par contre estimé que « le caractère renouvelable » ou non de ce mandat devrait être laissé au « peuple ». Il est vrai qu’au nom du peuple, nombre de monarques républicains et autres autocrates se sont assis sur la démocratie. Ainsi pour nourrir la disruption chère à Macon, on pourrait lui suggérer de faire passer le mandat présidentiel de 5 à 50 ans, ce qui s’est pratiquement passé en Chine et en URSS après les modifications constitutionnelles ( (En fait qui accorde une durée à vie du mandat présidentiel). Ainsi on s’épargnerait les formalités inutiles d’élection présidentielle dans lesquels les Français n’espèrent plus grand-chose !

Guerre en Ukraine: le jeu trouble de la Chine contre l’occident

Guerre en Ukraine: le jeu trouble de la Chine

 Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Chine refuse de condamner les agissements de la Russie. Alice Ekman, spécialiste de l’Asie, décrypte le positionnement de Pékin et revient sur les liens étroits que les deux pays ont tissés ces dernières années ( L’Opinion)

 

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, la Chine marche sur des œufs : elle tâche de ne pas apparaître complètement liée à la Russie tout en ne la lâchant pas. « Cependant, la Russie reste son partenaire stratégique important et elle a réaffirmé la solidité de cette relation au niveau officiel ces dernières semaines », ajoute Alice Ekman, analyste responsable de l’Asie à l’Institut des études de sécurité de l’Union européenne.

A la veille des Jeux Olympiques d’hiver de Pékin en février, les deux pays avaient proclamé un partenariat stratégique « sans limites ». Les deux pays ont noué en quelques années des liens étroits.

Alice Ekman, analyste responsable de l’Asie à l’Institut des études de sécurité de l’Union européenne : « La Chine comme la Russie n’aiment pas trop le mot d’alliance et, de fait, elles n’ont pas signé de traité d’alliance de sécurité comme certains pays l’ont fait. C’est-à-dire que si la Chine ou la Russie sont attaquées, elles ne se sont pas engagées mutuellement à se défendre militairement. Ceci dit, leur rapprochement est significatif et continu, notamment depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Beaucoup d’analystes estimaient qu’il s’agissait d’un mariage de raison, c’est-à-dire que la Russie se serait tournée vers la Chine par pragmatisme et tout simplement pour contourner les sanctions occidentales et trouver des débouchés économiques et pouvoir continuer à exporter ses hydrocarbures. »

Mais le rapprochement entre la Chine et la Russie va bien au-delà des relations économico-énergétiques.

Alice Ekman : « Concrètement, la Chine et la Russie ont conduit un certain nombre d’exercices militaires conjoints, au cours des huit dernières années. Elles développent des équipements militaires conjointement, par exemple un système d’alerte anti-missile. Et puis, aussi, elles renforcent leur coordination et leur coopération au sein des organisations multilatérales telles que l’ONU mais aussi l’organisation de coopération de Shanghai avec cette volonté, à terme, de marginaliser l’Occident ou en tout cas de construire une nouvelle forme de gouvernance qui ne serait plus dominée par ce qu’elles considèrent être les occidentaux, donc les Etats-Unis et les Européens.

Et on note, bien sûr, une convergence conceptuelle et idéologique entre Pékin et Moscou, entre Vladimir Poutine et Xi Jinping qui se sont rencontrés plus de 35 fois depuis 2013. Une convergence de vue sur, finalement, le nouvel ordre mondial et le fait que l’Occident serait selon eux responsable des principaux troubles mondiaux. Et on voit depuis le début de la crise en Ukraine que la Chine n’a cessé de réaffirmer de différentes façons son partenariat avec la Russie.

Malgré cette coopération sans limite, la Chine reste en retrait depuis le début de l’invasion russe en Ukraine.

Alice Ekman : « La Chine refuse de condamner la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. La Chine, aussi, refuse officiellement de parler d’invasion ou de guerre, ou en tout cas elle a utilisé très rarement le mot de guerre. Elle réaffirme que, selon elle, les intérêts de sécurité de la Russie sont légitimes et elle appelle, ce qui est intéressant à analyser, les Etats-Unis et l’Otan, à être à la table des négociations, c’est-à-dire, à terme, à accorder des concessions à la Russie. Au niveau officiel, la Chine se positionne clairement du côté de la Russie même si elle n’est pas satisfaite de la situation de guerre en Ukraine. Elle a du évacuer plus de 6 000 ressortissants chinois, elle avait des liens économiques non négligeables avec l’Ukraine.

Cependant, la Russie reste son partenaire stratégique important et elle a réaffirmé la solidité de cette relation au niveau officiel ces dernières semaines. Aujourd’hui, les Etats-Unis et l’Union européenne attendent que la Chine condamne officiellement les agissements de la Russie. Ce n’est clairement pas l’agenda chinois, la diplomatie chinoise ne souhaite pas répondre à ces pressions. »

Car le positionnement de Pékin à l’égard de la Russie répond à des objectifs de long terme.

Alice Ekman : « La Chine mise, à terme, sur un nouveau rapport de force avec l’Occident où, finalement, elle formerait avec la Russie un pôle anti-occidental dans les organisations internationales telles que l’ONU, mais pas uniquement, dans d’autres organisations internationales. Et à terme, elle essaierait, en tout cas c’est l’objectif, de fédérer plusieurs pays autour de ses positions pour, finalement, continuer à promouvoir ses normes, ses standards et ses intérêts économiques et technologiques, notamment dans une dimension alternative. »

La Chine pourrait notamment tenter de promouvoir Cips, son alternative à Swift, le système de virements bancaires international.

Alice Ekman : « Cips reste aujourd’hui une norme alternative qui ne fait pas référence, en tout cas pas rapport à Swift et le nombre de membres de ce système. Mais clairement, à terme, la Chine espère promouvoir des normes alternatives et, dans le contexte actuel, plusieurs pays qui font déjà face à des sanctions, on pense bien sûr à la Russie mais aussi à l’Iran, à la Corée du Nord, à la Syrie, pourraient être intéressés par les alternatives chinoises et commercer de plus en plus par ce biais et renforcer leur coopération, pas uniquement économique, mais aussi technologique puisque les deux sont de plus en plus liées. Donc les gains potentiels pour la Chine seraient des gains de long terme très hypothétiques. »

Le pari que fait la Chine pourrait cependant s’avérer coûteux ; aussi bien d’un point de vue économique qu’en termes d’image.

Alice Ekman : « Les coûts sont potentiellement très importants parce que la Chine reste très dépendante des marchés américains et européens. La Chine reste une puissance exportatrice. L’Union européenne et les Etats-Unis sont, de loin, les premiers partenaires commerciaux de la Chine, devant la Russie. Et dans ce contexte-là, si les entreprises chinoises faisaient face, à court terme, – et c’est fort probable – à des sanctions secondaires, forcément, la Chine ferait face à des conséquences économiques significatives. Tout simplement parce que de nombreuses entreprises chinoises sont présentes à la fois sur les marchés américains, européens et russes, et les coûts d’un prolongement des relations commerciales avec la Russie seraient très importants.

Donc elle a des coûts potentiellement en termes économiques. Elle peut faire face aussi à des coûts en termes d’image qui ne sont pas négligeables puisque la Chine, refusant de condamner les agissements de la Russie, se positionne, finalement, par rapport à l’Union européenne de manière totalement divergente. »

Mais pour cette spécialiste, les conséquences économiques ne suffiraient pas à infléchir la position de la Chine.

Alice Ekman : « De mon point de vue, il est peu probable que la position de la Chine évolue significativement à moyen, long terme. Pour être concrète, il est peu probable que la Chine condamne les agissements de la Russie, que la Chine appelle à adopter des sanctions contre la Russie. Ce scénario me paraît improbable compte tenu du renforcement des relations bilatérales depuis 2014 et puis des positions officielles russes et chinoises actuellement.

Par contre, la Chine pourrait accuser le coup, économiquement, avec les sanctions touchant la Russie et les sanctions secondaires touchant les entreprises chinoises. Mais encore une fois, le calcul n’est pas qu’économique dans le positionnement de la Chine, il est aussi géostratégique, conceptuel et idéologique. La Chine et la Russie partagent une certaine vision du monde, un très fort ressentiment anti-occidental et anti-Otan qui se manifeste encore dans les déclarations officielles récentes. Dans ce contexte-là, le politique et l’idéologie continueront, de mon point de vue, à guider un renforce

Guerre Ukraine : pour un boycott aussi de la Chine !

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Aujourd’hui doit se tenir vendredi 1er avril un sommet entre la Chine et l’union européenne. Au menu des discussions notamment la situation de guerre en Ukraine. L’union économique tentera de persuader la Chine de ne pas soutenir Poutine dans son entreprise de destruction de l’Ukraine. Jusque-là en effet la Chine a adopté une position très ambiguë en refusant de condamner Poutine et en même temps en défendant sa conception très étriquée de la démocratie. Peut-être même la Chine pourrait s’inspirer de Poutine pour annexer prochainement Taiwan.

De leur côté , les responsables de l’union économique européenne ont fait preuve de beaucoup trop de bienveillance vis-à-vis de la puissance chinoise qui s’assoit allègrement sur les règles de concurrence internationale et qui comme Poutine méprise la démocratie.

La seule réponse à terme de l’union européenne est de s’abstenir de tout commerce international avec ce pays aussi hors  la loi que la Russie. L’occasion aussi de relocaliser des productions qui n’ont rien à faire à des milliers de kilomètres des zones de consommation. Charles Michel et d’Ursula von der Leyen, par écrans interposés, ce vendredi 1er avril. Le président de la seconde économie mondiale tentera d’amadouer les dirigeants de son premier partenaire commercial en promettant un rôle «constructif» dans la crise ukrainienne, afin de dissiper le malaise provoqué par son soutien tacite à Vladimir Poutine, et de prévenir un repli des investisseurs européens du marché chinois.

Le premier ministre Li Keqiang entonnera la chanson du «gagnant-gagnant», plaidant pour une relance des relations commerciales, en appelant les Vingt-Sept à affirmer leur «autonomie stratégique» face aux États-Unis, alors que la guerre en Ukraine resserre la relation transatlantique et attise le complexe d’encerclement à Pékin. Le Vieux Continent doit «abandonner la mentalité de guerre froide» en vigueur à Washington. Mais on pourrait reprocher à Pékin d’entretenir en permanence un climat de guerre tiède

Economie-Ukraine : pour un boycott aussi de la Chine !

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