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Vaccin : la nouvelle arme diplomatique de la Chine

Vaccin : la nouvelle arme diplomatique de la Chine 

Un article du Wall Street Journal évoque la nouvelle arme diplomatique de la Chine avec sa diffusion massive de vaccins notamment dans les pays pauvres.

Un vaste terminal de fret récemment ouvert à l’aéroport d’Addis-Abeba (Ethiopie) est au cœur du réseau d’approvisionnement tentaculaire mis en place par la Chine pour accélérer la livraison de ses vaccins contre le coronavirus – et accroître dans le même temps son influence dans les pays en développement.

A l’une des extrémités du terminal se trouve une chambre froide de la taille d’un terrain de football destinée à accueillir les flacons de vaccins fabriqués par les laboratoires pharmaceutiques publics chinois. A l’autre extrémité, une salle de contrôle remplie d’écrans d’ordinateurs héberge des techniciens chinois et éthiopiens qui ont pour mission de surveiller la température de chaque lot de vaccins.

Cette semaine, plus d’un million de doses de nouveaux vaccins chinois contre la Covid-19 passeront par le terminal, ont expliqué des responsables d’Ethiopian Airlines. Des milliers de doses y ont déjà transité, ont précisé ces sources ainsi que des responsables du gouvernement. D’autres cargaisons de vaccins sont attendues dans le cadre d’un partenariat entre le géant chinois des technologies, Alibaba Group Holding, et la compagnie aérienne éthiopienne publique, ont affirmé des responsables de celle-ci.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué que la Chine s’employait à fournir des vaccins à plus de 60 pays, et que 20 d’entre eux les utilisaient déjà. Il a précisé qu’en Afrique, la Chine avait envoyé des doses en Guinée équatoriale, au Zimbabwe et en Sierra Leone, et que seize autres pays devraient suivre

L’enjeu pour la Chine relève du « soft power » : il s’agit de s’assurer les bonnes grâces des responsables politiques des pays en développement qui ont besoin de vaccins à bas coût, et de jouir du prestige d’avoir été le pays capable de s’ériger en gardien de la santé publique mondiale.

Depuis des mois, le gouvernement chinois ainsi que les entreprises publiques et privées jettent les bases d’une offensive vaccinale allant de l’Afrique au Moyen-Orient, en passant par l’Amérique latine. Tous ces acteurs ont mis en place une chaîne d’approvisionnement permettant le contrôle de la température des vaccins depuis les sites de fabrication jusqu’à leur distribution – et de prolonger par la même occasion la « route de la soie sanitaire », selon l’appellation utilisée par Pékin.

« La Chine a là une réelle opportunité gagnant-gagnant si elle s’y prend bien », estime Ray Yip, expert en santé publique et ancien directeur de l’antenne chinoise de la fondation de Bill et Melinda Gates. A l’heure où les Etats-Unis et l’Europe se concentrent sur leurs propres populations, la Chine peut se présenter comme un « chevalier blanc », observe-t-il.

L’administration Trump avait accordé la priorité à la constitution de stocks de vaccins pour un usage national, refusant de participer à l’initiative multilatérale Covax, soutenue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et visant à fournir suffisamment de doses pour vacciner 20 % de la population des pays en développement d’ici à la fin 2021. L’équipe Biden a annoncé une contribution de 4 milliards de dollars en faveur de Covax, la moitié de la somme devant être déboursée immédiatement.

Dès le mois de juin, le président Xi Jinping avait affirmé que l’Afrique bénéficierait des vaccins chinois. Son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, qui s’est rendu dans cinq pays africains en janvier, avait déclaré à l’occasion du Nouvel An que la distribution de vaccins en Afrique constituait une priorité pour Pékin cette année.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué que la Chine s’employait à fournir des vaccins à plus de 60 pays, et que 20 d’entre eux les utilisaient déjà. Il a précisé qu’en Afrique, la Chine avait envoyé des doses en Guinée équatoriale, au Zimbabwe et en Sierra Leone, et que seize autres pays devraient suivre.

L’Afrique compte certains des endroits du monde les plus difficiles à desservir, nombre de pays ne disposant pas des infrastructures adéquates pour prendre livraison des vaccins et les transporter. Les deux vaccins à ARN messager développés par des entreprises occidentales et en cours d’utilisation, dont des études ont montré qu’ils étaient efficaces à plus de 90 %, nécessitent d’être stockés à des températures extrêmement basses. Selon de nouvelles recherches publiées ce mois-ci, l’un des deux, commercialisé par Pfizer et BioNTech, pourrait être conservé dans des congélateurs ordinaires plutôt que dans des « super-congélateurs ».

Trois vaccins mis au point en Chine, respectivement par Sinopharm, Sinovac Biotech et CanSino Biologics, et fondé sur des méthodes de fabrication plus classiques, peuvent être stockés dans des systèmes de réfrigération conventionnels et sont donc plus faciles à acheminer dans les pays en développement.

D’après les essais cliniques, l’efficacité des vaccins chinois est comprise entre 50,4 % et 86 % – 50 % environ au-dessus du seuil jugé nécessaire par l’OMS pour assurer une protection de la population. Néanmoins, les fabricants chinois ont communiqué peu de données quant à la manière dont leurs chercheurs ont évalué l’efficacité des vaccins. De nombreux experts en santé publique s’interrogent sur les données chinoises et ont lancé des mises en garde contre une utilisation trop précoce, notamment chez les populations âgées.

L’an dernier, les essais de Sinovac au Brésil ont été suspendus, avant d’être repris, après l’annonce selon laquelle un participant s’était suicidé. Depuis lors, aucun cas grave d’effet secondaire du vaccin n’a été rapporté.

Une porte-parole de CanSino n’a pas souhaité apporter de commentaire. Sinovac et Sinopharm n’ont pas répondu à une demande de commentaire. Le président de Sinopharm a affirmé dans un entretien à un journal du Parti communiste chinois qu’aucun effet secondaire grave n’avait été observé chez les patients vaccinés.

Diplomatie vaccinale

Selon certains analystes politiques, la Chine pourrait avoir fait des promesses difficiles à tenir dans un domaine où elle manque d’expérience. La survenue d’un problème sur un vaccin pourrait avoir un impact démesuré sur sa réputation. De son côté, Pékin n’a pour l’instant vacciné que 3 % des 1,4 milliard d’habitants que compte le pays, et les analystes affirment que les fabricants chinois atteignent leurs limites en termes de production.

En outre, la diplomatie vaccinale n’est pas une garantie de succès pour Pékin qui, en matière d’affaires étrangères, recourt aujourd’hui à des « loups combattants », des diplomates qui s’expriment sur les réseaux sociaux en attaquant leurs adversaires, petits et grands. Pour bien des capitales, Pékin gâche ainsi les résultats des initiatives lancées au début de la pandémie, lorsqu’elle cherchait à redorer son blason en distribuant des masques et d’autres équipements de protection personnelle.

Les premières livraisons de vaccins et les engagements pris par la Chine témoignent des relations que Pékin a nouées à travers le monde, notamment dans les pays concernés par sa nouvelle Route de la soie, un projet d’infrastructures qui se chiffre en milliers de milliards de dollars, et d’autres investissements allant de centrales hydrauliques à l’extraction minière

Mais « ceux qui bénéficient du vaccin chinois auront une autre image de la Chine », affirme Peng Nian, chercheur au National Institute for South China Sea Studies, un think tank chinois soutenu par l’Etat. « Ce type d’objectif est difficile à atteindre au travers de grands projets de construction, ou d’accords bilatéraux », souligne le chercheur.

Les premières livraisons de vaccins et les engagements pris par la Chine témoignent des relations que Pékin a nouées à travers le monde, notamment dans les pays concernés par sa nouvelle Route de la soie, un projet d’infrastructures qui se chiffre en milliers de milliards de dollars, et d’autres investissements allant de centrales hydrauliques à l’extraction minière. Les pays bénéficiant des vaccins chinois ont exprimé leur soutien aux intérêts de la Chine dans le monde.

Plus d’une douzaine de pays ont approuvé l’utilisation de ces vaccins et certains responsables européens ont indiqué qu’ils étaient prêts à l’envisager. Des doses ont notamment été livrées au Maroc, en Turquie et en Egypte. Parmi les chefs d’Etat ou de gouvernement s’étant fait injecter en public l’un des vaccins chinois figurent l’émir de Dubaï, Mohammed bin Rashid al Maktoum, le président indonésien, Joko Widodo, ou encore le président turc, Recep Tayyip Erdogan.

Les fabricants de vaccins chinois ont signé des contrats prévoyant la fourniture de plus de 500 millions de doses à l’étranger, selon la société de recherche Gavekal Dragonomics. L’Indonésie arrive en première place, avec 125 millions de doses du vaccin Sinovac, selon Gavekal Dragonomics.

Les Etats-Unis de leur côté ont commandé 600 millions de doses des vaccins Pfizer et Moderna, et ont signé des contrats avec d’autres laboratoires dont les vaccins doivent encore être autorisés.

Le 7 janvier, les Seychelles ont commencé à vacciner leurs résidents à l’aide de 50 000 doses du laboratoire Sinopharm données par les Emirats arabes unis, a indiqué le ministère de la Santé – une quantité suffisante pour vacciner la moitié de la population de cette nation de l’Océan indien stratégiquement positionnée, où Pékin cherche depuis des années à déjouer les efforts de l’Inde pour y établir une base militaire. Le 15 février, le Zimbabwe a reçu un don de 200 000 doses du vaccin Sinopharm de la part de la Chine, selon un tweet publié par le ministère de la santé. Le Sénégal avait lui aussi reçu 200 000 doses début février, selon un communiqué en ligne du ministère sénégalais de la Santé.

Chaîne du froid

Les premiers vaccins chinois transitant par le terminal de fret à Addis-Abeba étaient notamment adressés à l’Ouganda, ont indiqué des responsables éthiopiens et ougandais. Quelque 70 tonnes de vaccins Sinovac et Sinopharm sont arrivées à l’aéroport d’Entebbe la dernière semaine de décembre et étaient destinées aux travailleurs d’une zone industrielle du nord de Kampala, ainsi qu’à certains hauts responsables ougandais, selon des sources gouvernementales, des médecins et une note interne au ministère ougandais de la Santé que le Wall Street Journal a pu consulter.

A Kampala, sur le site de SinoAfrica Medicines & Health, filiale du conglomérat public chinois Northern International Group, des gardes de sécurité privés munis de scanner pour contrôler la température surveillent un entrepôt récemment reconverti, en compagnie d’agents de police armés.

Derrière une clôture de 3 mètres de haut, SinoAfrica stocke les vaccins chinois dans des bâtiments maintenus à la température requise avant leur distribution en Ouganda et à travers l’Afrique orientale. Des camions de livraison frigorifiques attendent d’être chargés. Dans les prochains jours, ils commenceront à distribuer les vaccins à l’intérieur et en dehors de la capitale.

L’Ethiopie est un pilier de la chaîne du froid chinoise en Afrique. En décembre, des responsables chinois et éthiopiens ont lancé les travaux de construction du siège des centres africains de contrôle et de prévention des maladies à Addis-Abeba, un bâtiment de 90 000 mètres carrés largement financé par la Chine et construit par des entreprises chinoises.

La Chine avait pu tester sa chaîne du froid en Éthiopie au début de la pandémie. Dans le cadre d’un accord conclu l’année dernière entre le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et le fondateur d’Alibaba, Jack Ma, Ethiopian Airlines avait distribué plus de 14 millions de masques chirurgicaux, gants et autres articles de protection personnelle fabriqués en Chine et donnés aux pays africains par les fondations de Jack Ma et d’Alibaba.

Ethiopian Airlines avait travaillé avec la division logistique d’Alibaba pour livrer à l’aide de ses avions un premier lot de matériels chinois à 52 des 54 pays d’Afrique en sept jours seulement, selon la compagnie.

Dans des pays à court d’argent comme le Zimbabwe, le Nigeria et le Soudan, où le personnel médical en première ligne travaille souvent pendant des mois sans être payé, les dons de M. Ma ont été accueillis avec reconnaissance. Des ministres de divers gouvernements africains étaient présents sur le tarmac pour assister au déchargement des équipements de protection. La télévision chinoise d’Etat avait diffusé une vidéo montrant le premier avion d’Ethiopian Airlines décollant de l’aéroport de Canton et communiquant avec le personnel de la tour de contrôle. « Merci à la Chine », déclarait le pilote. Et le contrôleur aérien répondait : « Longue vie à l’amitié sino-africaine ! »

La presse internationale avait salué l’initiative de M. Ma et de Pékin – alors que la Chine s’était vu reprocher pendant des semaines d’être à l’origine de la pandémie. Le partenariat s’étant révélé un succès, M. Ahmed a ensuite encouragé Ethiopian Airlines à approfondir ses relations avec les entreprises chinoises. La compagnie aérienne a ainsi réorienté son activité de transport de passagers, en perte de vitesse, en faveur du fret et de la logistique.

Début décembre, elle s’est associée avec Alibaba dans le transport de vaccins en vue d’effectuer des livraisons bihebdomadaires dans les pays d’Afrique et d’autres régions du monde. Une porte-parole d’Alibaba a précisé que l’entreprise avait procédé à un vol d’essai et était en pourparlers avec des « acteurs clés » pour assurer le bon déroulement des vols.

« Le vaccin est désormais la priorité de notre entreprise, a déclaré Fitsum Abady, responsable de la logistique chez Ethiopian Airlines. C’est la mission d’une vie. »

Selon des spécialistes de la logistique et des analystes, les deux entreprises feront probablement face à des difficultés auxquelles leur expérience passée ne les a pas préparées. Les conditions de transport de vaccins dépassent la chaîne du froid habituelle, soulignent-ils. En outre, la division logistique d’Alibaba sert d’intermédiaire entre les clients et les fournisseurs de service tiers, ce qui l’expose à des risques si elle peine à suivre l’intégralité du processus de livraison, ajoutent-ils.

Parallèlement, l’empire de M. Ma fait l’objet de pressions de la part des autorités chinoises depuis que l’homme d’affaires a prononcé un discours dans lequel il critiquait les autorités réglementaires chinoises, ce qui a conduit Xi Jinping à annuler l’introduction en Bourse de l’entreprise de technologie financière de M. Ma, Ant Group. Celle-ci a indiqué qu’elle respectait les exigences officielles et qu’elle était en train de passer en revue ses activités.

Le projet de distribution de vaccins suit cependant son cours. Les lots seront vérifiés dans le nouveau centre de suivi du terminal aéroportuaire, les boîtes de vaccins intégrant des capteurs de fabrication chinoise qui envoient en continu des informations concernant leur température. Le responsable de la logistique, Yibeltal Mariyam, indique que de nouvelles commandes arrivent en provenance de pays comme le Kenya et l’Afrique du Sud.

« Le déploiement des vaccins à travers l’Afrique ne prendra pas six mois mais plusieurs années – et peut-être même plus », estime Bisrat Mariyam, qui dirige l’équipe d’Ethiopian Airlines responsable des produits pharmaceutiques.

Nicholas Bariyo à Kampala et Raffaele Huang à Pékin ont contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)

Ouïghours Chine : reconnaissance du génocide par le Canada

Ouïghours Chine : reconnaissance du génocide par le Canada

Alors que l’Union européenne se contente de molles protestations, motion des députés du Canada qualifie de génocide la répression des ouighours en Chine .  Pour appuyer leur demande, les députés pointent notamment «l’endoctrinement politique et antireligieux»«le travail forcé» et «la destruction de sites culturels» que subit cette minorité musulmane dans le Xinjiang. Un amendement à la motion demandant que les Jeux olympiques d’hiver de Pékin de 2022 soient déplacés si le «génocide» se poursuit, a également été adopté.

Selon des experts étrangers, plus d’un million d’Ouïghours sont en détention dans des camps de rééducation politique. Pékin dément et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinés à les éloigner du terrorisme et du séparatisme après des attentats attribués à des Ouïghours.

«Maintenant, les conservateurs demandent au gouvernement libéral de respecter le Parlement et de reconnaître officiellement qu’un génocide se passe en Chine», a déclaré leur chef, Erin O’Toole, qui depuis des mois appelle Ottawa à durcir le ton contre Pékin.

 

Les États-Unis veulent renforcer l’alliance avec l’Australie, l’Inde et le Japon pour faire face à la Chine

Les États-Unis veulent renforcer l’alliance avec l’Australie, l’Inde et le Japon pour faire face à la Chine

 

 

Si comme prévu la tonalité à changer dans les rapports entre la Chine et les États-Unis, sur le fond on peut s’attendre à des divergences stratégiques presque identiques entre ces deux pays. Les États-Unis veut en effet renforcer l’alliance stratégique baptisée «Quad»,. Une alliance clairement pour faire face au danger chinois. Le département d’État américain a indiqué que le secrétaire d’État Antony Blinken allait s’entretenir avec ses homologues de chacun des trois pays. Au programme: la pandémie de Covid-19 et le changement climatique. «Ces discussions avec les ministres des Affaires étrangères du Quad sont essentielles pour faire avancer nos objectifs communs d’une région indo-Pacifique libre et ouverte et pour être à la hauteur des défis de notre temps», a dit le porte-parole du département d’État, Ned Price, mercredi à la presse.

La formation du Quad, groupement stratégique informel initié en 2007, avait été fortement encouragée par l’ex-Premier ministre japonais, Shinzo Abe, qui voulait un contrepoids à une Chine de plus en plus puissante et ambitieuse. En novembre, les pays du Quad ont mené d’importantes manœuvres navales communes dans le golfe du Bengale.

Le journal chinois Global Times a récemment averti Joe Biden que renouveler l’alliance du Quad serait «une sérieuse bourde stratégique», et qu’il risquait une «sérieuse confrontation stratégique» avec Pékin en essayant de limiter son influence.

Chine : le parti communiste prépare le recul de la retraite

 Chine : le parti communiste prépare le recul de la retraite 

 

La baisse du nombre de naissances et l’augmentation concomitante de l’espérance de vie rendent la situation du système de retraites explosive, note Frédéric Lemaître, correspondant du « Monde » à Pékin, dans sa chronique. La retraite aujourd’hui est fixée à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmes.

Chronique.

 

 L’espérance de vie en Chine a-t-elle, pour la première fois, dépassé celle des Etats-Unis en 2020 ? Les chiffres définitifs ne sont pas encore connus mais l’hypothèse est réaliste. L’espérance de vie en Chine, qui s’élevait à 77,3 ans en 2019, selon la commission nationale de la santé, pourrait atteindre 77,6 ans en 2020. Or, dans le même temps, l’espérance de vie aux Etats-Unis, qui était de 78,6 ans en 2019, aurait baissé de 1,13 point en 2020 en raison du Covid-19, selon une estimation publiée par des chercheurs de l’Académie nationale des sciences en janvier.

Résultat : la Chine et les Etats-Unis se retrouveraient quasiment à égalité. Pour mémoire, en 1980, 7 ans séparaient les deux pays, un écart réduit à 2,5 ans en 2000. Et, depuis 2016, un Chinois vit en bonne santé plus longtemps qu’un Américain, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Mais pour la Chine, cette nouvelle en cache une autre : la diminution continue du nombre de naissances. Seules 10 millions ont été enregistrées en Chine en 2020, selon le ministère de la sécurité publique. Généralement, 80 % des naissances sont déclarées. On pense donc que le nombre réel des naissances – qui sera rendu public en avril – tournera autour de 12,5 millions. Bien que les Chinois aient l’autorisation depuis 2016 d’avoir un deuxième enfant – ce qui n’était plus le cas depuis 1979 –, on ne constate aucun baby-boom dans le pays, bien au contraire.

17,86 millions d’enfants sont nés en 2016, 15,23 en 2018 et donc sans doute moins de 13 en 2020. Une baisse pire que prévue. Est-ce dû à la pandémie ? Les experts restent prudents. « La Chine est tombée dans le piège de la basse fécondité », estime Liang Jianzhang, un économiste de l’université de Pékin.

Selon lui, « bien que le nombre des naissances en 2020 soit le plus bas des récentes décennies, il devrait être le plus élevé des décennies à venir », car le coût du logement et de l’éducation d’un enfant constitue les principales raisons de cette politique de l’enfant unique que les jeunes couples chinois continuent de pratiquer.

Augmentation prévisible des salaires, baisse de la productivité, développement des services aux particuliers… « En raison de la taille de son économie, le vieillissement de la Chine est un sujet de préoccupation non seulement pour le pays, mais pour le monde entier », notait, en décembre 2020, l’économiste Alicia Garcia-Herrero (Natixis) dans la revue en ligne Asiatimes.

L’union économique européenne de plus en plus dépendante de la Chine

L’union économique européenne de plus en plus dépendante de la Chine

 

 

 

Comprend mieux l’enthousiasme de l’Union européenne poussée par l’Allemagne à propos de l’accord de principe sur les investissements réciproques entre l’Union économique et la Chine. En effet ,les chiffres récents montrent que pour la première fois l’union économique dépend largement pour ses échanges de la Chine. Malheureusement le déficit commercial de l’union économique ne cesse de s’accroître avec 180 milliards  . Sur l’ensemble de l’année dernière, le commerce de l’UE avec la Chine a totalisé 586 milliards de dollars (en additionnant exportations et importations), contre 555 milliards pour les Etats-Unis, selon des chiffres publiés lundi par l’institut européen des statistiques.

Si l’UE était déjà le premier partenaire commercial de la Chine depuis 2004 – elle avait alors doublé le Japon – c’est la première fois que l’inverse est aussi vrai, c’est-à-dire que la Chine détrône les Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe.

Selon Eurostat, ce résultat est dû à une hausse des importations européennes en provenance de Chine (+5,6% en 2020 rapport à 2019) ainsi que des exportations européennes vers la Chine (+2,2%).

Dans le même temps, le commerce avec les États-Unis a enregistré une baisse significative tant pour les importations (-13,2%) que les exportations (-8,2%).

 

Après avoir souffert de l’épidémie de Covid-19 durant le premier trimestre, l’économie chinoise est repartie vigoureusement et la consommation a même dépassé en fin d’année son niveau d’il y a un an, tirant les ventes européennes, notamment dans l’automobile et les produits de luxe.

Les exportations de la Chine vers l’Europe ont bénéficié d’une demande forte pour les équipements médicaux et les produits électroniques.

L’UE a vu son déficit commercial s’aggraver avec la Chine. Il est passé de -164,7 milliards d’euros, en 2019, à -181 milliards l’an dernier. Dans le même temps, l’excédent avec les Etats-Unis est resté stable à environ 151 milliards d’euros.

Le Royaume-Uni, qui ne fait plus partie de l’Union européenne, est désormais son troisième partenaire commercial, derrière la Chine et les Etats-Unis. Cependant, les exportations européennes vers ce pays ont chuté de 13,2% l’an dernier, et les importations de 13,9%.

Au total, l’Union européenne a enregistré en 2020 un excédent commercial en nette hausse vis à vis du reste du monde, à 217,3 milliards d’euros, contre 191,5 milliards en 2019.

Le chiffre est encore plus élevé pour les 19 pays de la zone euro : excédent de 234,5 milliards d’euros l’an dernier, contre 221 milliards l’année précédente.

Pandémie : la Chine refuse la transparence

Pandémie : la Chine refuse la transparence

 

 

Le moins que ne plus dire c’est que la délégation de l’OMS qui s’est rendue enfin en Chine pour tenter de trouver des explications à l’origine de la pandémie n’ag guère apportée d’éclairage. En cause, le fait une partie de l’OMS est largement influencée par les Chinois. Surtout la réticence de la Chine à fournir les éléments objectifs permettant aux scientifiques de faire leur travail. Pourtant la délégation avait montré des signes d’allégeance à la Chine en écartant la possibilité d’un virus échappé d’un laboratoire. Une déclaration un peu prématuré. Globalement la délégation est revenue sans beaucoup d’éléments pertinents pour éclairer l’origine de l’épidémie qui s’est répandue dans le monde.

« Nous voulons plus de données. Nous avons demandé plus de données », a déclaré dans un entretien avec l’AFP Peter Ben Embarek, qui a passé avec son équipe un mois à Wuhan, où le coronavirus responsable de l’épidémie a été découvert en décembre 2019.

« Il y a un ensemble de frustrations mais aussi d’attentes réalistes quant à ce qui est faisable dans un délai donné », a-t-il ajouté, avant d’espérer que les données réclamées seraient fournies, permettant d’aller plus loin.

De son côté, la Maison Blanche a fait savoir qu’elle avait « de fortes inquiétudes sur la façon dont les premiers résultats de l’enquête sur le Covid-19 ont été communiqués et des questions sur la procédure utilisée pour y parvenir ».

« Pour mieux comprendre cette pandémie et préparer la prochaine, la Chine doit rendre accessibles ses données sur les premiers jours de l’épidémie », a ajouté dans cette déclaration le conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan.

La Chine ne veut pas fournir les données sur l’origine du virus

La Chine ne veut pas fournir les données sur l’origine du virus

C’est déjà avec beaucoup de réticences que les autorités chinoises avaient acceptées de recevoir plus d’un an après le début de la pandémie des experts de l’OMS afin d’éclairer sur les origines du virus. Les experts de l’OMS ont été sous surveillance permanente et leur champ de recherche très limitée. Pire la Chine s’oppose vigoureusement à la fourniture de données brutes concernant les premiers contaminés  à Wuhan . Les autorités chinoises ont refusé de transmettre des données brutes sur les premiers cas de Covid-19 à l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’enquêter sur les origines de la maladie, a déclaré l’un des membres de cette équipe. L’équipe de l’OMS avait demandé à pouvoir étudier les données brutes sur 174 cas d’infection par le coronavirus identifiés lors de la toute première phase de l’épidémie, en décembre 2019, à Wuhan, ainsi que sur d’autres cas, mais elle n’a pu obtenir qu’une synthèse de ces données, a dit Dominic Dwyer, un infectiologue australien membre de l’équipe.

Les données brutes dans ce type de dossier, le plus souvent anonyme, incluent des précisions sur les questions posées aux patients, leurs réponses et la manière dont ces réponses ont été analysées, a-t-il expliqué. « C’est une pratique standard lors des enquêtes sur des épidémies », a déclaré Dominic Dwyer à Reuters, lors d’un entretien en vidéo depuis Sydney, où il se trouve en quarantaine.

Des informations capitales. Il a souligné que l’accès aux données brutes était capital, car la moitié seulement des 174 cas concernés avaient été exposés directement au marché de Huanan (Wuhan), où le coronavirus a été détecté pour la première fois. « C’est la raison pour laquelle nous avons continué de les demander, a-t-il déclaré. Pourquoi cela ne s’est pas fait ? Je ne ferai pas de commentaire. Est-ce, ou non, politique, c’est difficile à dire ». L’impossibilité d’accéder aux données brutes sur les patients sera mentionnée dans le rapport définitif des enquêteurs. Une synthèse des conclusions de l’enquête pourrait être publiée dès la semaine prochaine, a déclaré l’OMS vendredi.

Les enquêteurs, arrivés en Chine le mois dernier, y ont passé quatre semaines – dont deux en quarantaine à l’hôtel – pour tenter de déterminer l’origine précise de la pandémie mais leurs déplacements ont été encadrés par leurs hôtes chinois et leurs contacts avec la population locale limités pour des raisons sanitaires.

Chine : l’Europe fait passer les droits humains après le business

Chine :  l’Europe fait passer  les droits humains après le business  

Une centaine de personnalités de sensibilité écologique dénoncent le fait que l’union européenne fasse passer les intérêts commerciaux avant le respect des droits humains en Chine. De fait,  la dernière preuve est sans doute cet accord sur les investissements réciproques passés entre les deux zones surtout poussée par l’Allemagne.  (Tribune dans le monde)

Tribune.

 

En ce 12 février débute le Nouvel An chinois. Témoignage de la persistance à travers les âges de la culture dominante en Chine, celle des Han (ethnie majoritaire à l’échelle du pays), cette tradition ne saurait pourtant occulter la richesse et la diversité de la société chinoise : l’immense territoire chinois regroupe en effet de nombreuses cultures et populations dont les traditions sont souvent méconnues, voire censurées par le pouvoir en place.

Ainsi, des rapports de plus en plus nombreux et étayés attestent depuis 2016 de la politique d’éradication culturelle menée par le régime de Pékin à l’encontre des Ouïgours, population musulmane turcophone, habitant principalement la province du Xinjiang.

Arrestations arbitraires, internements dans des camps de « rééducation », soumission au travail forcé, campagnes de stérilisation perpétrées à l’encontre des femmes, contraceptions et avortements forcés, destruction des lieux de culte, prélèvements d’organes, interdiction de parler leur langue, interdiction de donner un prénom musulman à leur enfant et même persécutions au-delà des frontières… La liste des violations et des crimes commis à l’encontre de la communauté ouïgoure semble sans fin.

En parallèle, Pékin facilite la migration de Chinois han dans la région du Xinjiang : les Ouïgours sont ainsi en passe d’y devenir minoritaires. Comme pour les Tibétains, à terme, c’est l’existence même de cette population, avec sa culture et ses spécificités, qui est menacée.

Kazakhs, Ouzbeks et Mongols sont exposés au même risque en tant que minorités ethniques : le Parti communiste chinois est sans pitié contre celles et ceux qui pourraient contester son autorité sur le territoire chinois. Hongkong en a aussi fait les frais, la répression contre l’opposition démocratique aux représentants de Pékin étant féroce.

Selon l’ONG Human Rights Watch, entre un et trois millions de Ouïgours sont actuellement enfermés dans des camps où il leur est appris à oublier leur culture, leur religion, à coups de sévices, et où ils sont forcés à produire des biens que nous, Européens, consommons parfois sans même le savoir.

Ces violations des droits humains permettent ainsi à des multinationales – dont certaines européennes – de réduire leurs coûts de production : un rapport de l’Institut australien de politique stratégique a ainsi identifié, en février 2020, plus de quatre-vingts entreprises bénéficiant de ce travail forcé. Pour éluder leurs responsabilités, elles se cachent derrière leurs sous-traitants.

La Chine nous bouffera prévient Biden

La Chine nous bouffera prévient Biden

Ce n’est pas fidèlement la citation de Biden commentant son échange téléphonique avec le président chinois Xi; Biden a déclaré à peu près la même chose à savoir que la Chine mangera notre déjeuner. En clair sur le fond,  les oppositions entre la Chine et des États-Unis ne vont pas se modifier après le départ de Trump même si sur la forme le président américain nouvellement élu entend ne pas provoquer inutilement et rechercher à chaque fois des compromis s’ils sont possibles.

Jeudi, Biden a déclaré à un groupe bipartisan de sénateurs américains lors d’une réunion sur la nécessité de moderniser l’infrastructure américaine que les États-Unis devaient améliorer leur jeu face au défi chinois.

Biden a déclaré qu’il avait parlé à Xi pendant deux heures mercredi soir et a averti les sénateurs: «Si nous ne bougeons pas, ils vont manger notre déjeuner.»

«Ils investissent des milliards de dollars dans toute une série de problèmes liés aux transports, à l’environnement et à toute une gamme d’autres choses. Nous devons juste intensifier. »

La Maison Blanche a déclaré que Biden avait souligné à Xi qu’il était une priorité des États-Unis de préserver un Indo-Pacifique libre et ouvert, une région où les États-Unis et la Chine sont des rivaux stratégiques majeurs.

Il a également exprimé des préoccupations «fondamentales» concernant les pratiques commerciales «coercitives et injustes» de Pékin, ainsi que les questions de droits de l’homme, y compris la répression de la Chine à Hong Kong et le traitement des musulmans au Xinjiang, et ses actions de plus en plus affirmées en Asie, y compris envers Taiwan.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré que Biden avait également exprimé sa préoccupation concernant le manque de transparence de la Chine sur le coronavirus.

Toutes les questions de droits mentionnées par Biden sont celles dont Pékin a explicitement dit à son administration de rester en dehors.

 

 

Xi a déclaré que la confrontation à Biden serait un «désastre» et que les deux parties devraient rétablir les moyens d’éviter les erreurs de jugement, a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères.

Xi a maintenu un ton intransigeant sur Hong Kong, le Xinjiang et Taiwan, les qualifiant de «souveraineté et d’intégrité territoriale», espérait-il que Washington aborderait avec prudence.

Cet appel était le premier entre les dirigeants chinois et américains depuis que Xi s’est entretenu avec l’ancien président Donald Trump le 27 mars dernier, il y a près de 11 mois. Depuis, les relations entre les deux plus grandes économies du monde ont plongé.

Trump a accusé la Chine d’avoir déclenché la pandémie de COVID-19 et a lancé une série d’actions contre la Chine, y compris une guerre commerciale et des sanctions contre les responsables chinois et les entreprises considérées comme des menaces pour la sécurité.

Xi a félicité Biden pour son élection dans un message en novembre, même si Biden l’avait traité de «voyou» pendant la campagne et avait promis de diriger un effort international

Un responsable américain a déclaré que Washington était en position de force après des consultations avec ses alliés et partenaires pour faire part de ses préoccupations concernant «les activités agressives et les abus de la Chine».

Il a déclaré que l’administration examinerait dans les mois à venir l’ajout de «nouvelles restrictions ciblées» sur les exportations de technologies sensibles vers la Chine et qu’il n’y aurait pas de mesures rapides pour lever les tarifs de l’administration Trump sur les importations chinoises.

En Chine, l’épidémie pourrait avoir commencé en octobre 19

En Chine, l’épidémie pourrait avoir commencé en octobre 19

Ce qu’affirme un articlede  Drew Hinshaw, Jeremy Page et Betsy McKay dans le Wall Street Journal. 

Quelque 90 patients ont été hospitalisés dans le centre de la Chine pour des symptômes évocateurs de la Covid-19 deux mois avant que la maladie ne soit officiellement repérée à Wuhan fin 2019, affirment les enquêteurs de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui ajoutent avoir demandé aux autorités chinoises l’autorisation de poursuivre les tests pour savoir si la propagation du virus aurait pu débuter plus tôt que prévu.

Ces derniers mois, Pékin a réalisé des tests sérologiques sur environ deux tiers de ces patients, ont précisé les enquêteurs, et n’a trouvé aucune trace d’infection. Mais, selon les membres de l’équipe de l’OMS qui planche sur les origines de la pandémie, leurs anticorps ont peut-être baissé jusqu’à devenir indétectables.

« D’autres analyses sont nécessaires », a déclaré mercredi Peter Ben Embarek, spécialiste de la sécurité des aliments qui dirige la mission de l’OMS, à l’issue de quatre semaines en Chine.

Les membres de l’équipe précisent qu’ils ont incité le pays à réaliser davantage de tests sur les échantillons sanguins recueillis à l’automne 2019 dans le Hubei, la province où est située la ville de Wuhan, pour tenter de savoir à quel moment le virus a commencé de circuler. Les autorités chinoises affirment qu’elles n’avaient jusqu’à présent pas obtenu les autorisations nécessaires pour tester les échantillons, en grande partie stockés dans des banques de sang, soulignent les enquêteurs de l’OMS.

Pour de nombreux scientifiques, le virus avait commencé de circuler avant que, à Wuhan, le nombre de cas simultanés soit tel qu’il attire l’attention. A l’automne dernier, une modélisation réalisée par les chercheurs de l’université de l’Arizona et de l’université de Californie indiquait qu’il était possible que le virus ait été présent dans le Hubei dès la mi-octobre 2019 à un niveau faible

Les éléments fournis par Pékin soulèvent plusieurs questions : est-il possible que la Covid-19, qui a tué plus de 2,3 millions de personnes dans le monde, se soit propagée en Chine dès le mois d’octobre 2019 ? Une détection plus précoce aurait-elle permis de contenir la maladie avant qu’elle ne se transforme en pandémie mondiale ? La Chine affirme que le premier cas sur son sol a développé des symptômes le 8 décembre 2019.

Liang Wannian, responsable du panel d’experts de la Covid-19 de la commission nationale de santé chinoise, a déclaré mardi que les autorités chinoises avaient réalisé des tests sérologiques et vérifié les dossiers médicaux des patients de 233 hôpitaux et cliniques, sans trouver de preuves de présence du virus dans les environs de Wuhan avant début décembre 2019.

Aucune fluctuation inattendue de la mortalité due à la pneumonie ou d’autres maladies n’a été constatée dans les mois précédents, a-t-il ajouté, précisant que les ventes de médicaments contre la toux et le rhume n’indiquaient rien non plus.

La Chine cherche sans relâche à prouver qu’elle a bien géré une épidémie qui avait débuté en dehors de ses frontières. Mercredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a répété le message de Pékin : des éléments indiquent que le virus était présent dans d’autres pays, dont les Etats-Unis, au second semestre 2019. Il a incité ces pays à demander à l’OMS d’enquêter.

Mardi, l’OMS a également déclaré qu’il était peu probable que le virus se soit échappé d’un laboratoire à la suite d’un accident. L’agence des Nations unies va désormais concentrer son attention sur l’Asie du Sud-Est, où elle veut étudier la faune et les filières animales, a indiqué Peter Daszak, l’un des membres de la mission.

Pendant leur déplacement, les enquêteurs ont eu accès aux dossiers médicaux d’environ 92 personnes ayant séjourné dans les 233 établissements médicaux de la province du Hubei étudiés par les autorités chinoises. Ces 92 patients souffraient de pneumonie ou de symptômes évocateurs de la Covid-19. Pékin a souhaité réaliser des tests sérologiques sur ces malades ces derniers mois, mais environ un tiers d’entre eux a refusé ou était décédé, a précisé le docteur Embarek. Les tests des autres personnes se sont révélés négatifs, a-t-il indiqué.

« Les chiffres ne comptent pas forcément beaucoup. Ce qui compte, en revanche, c’est que l’on ne sait pas vraiment si les tests sérologiques sont fiables pour détecter les anticorps du SARS-CoV-2 plus d’un an après l’infection », a-t-il poursuivi. Fabian Leendertz, microbiologiste et chercheur à l’OMS, estime de son côté que la probabilité de retrouver des anticorps à ce stade est faible.

Marion Koopmans, virologue néerlandaise membre de l’équipe de l’OMS, est du même avis. « De ce que l’on sait de la sérologie, sur les 92 cas, il devrait y avoir au moins quelques résultats positifs, explique-t-il. Les anticorps sont là, leur niveau baisse, mais moins en cas d’infection grave. »

La possibilité que certains de ces 90 malades aient été contaminés par la Covid-19 pourrait expliquer la présence potentielle du virus en Europe et aux Etats-Unis en novembre et décembre 2019.

Dans une étude récente, des chercheurs italiens ont trouvé des preuves d’infection par la maladie chez un enfant de quatre ans, traité à Milan pour des problèmes respiratoires et des vomissements le 30 novembre 2019. Ils affirment avoir trouvé de l’ARN identique à une partie de celui du virus responsable de la Covid-19 lors de tests effectués a posteriori sur des échantillons pulmonaires du petit garçon et d’autres patients.

Le coronavirus était peut-être aussi présent aux Etats-Unis dès décembre 2019, soit plusieurs semaines avant la confirmation du premier cas dans le pays, le 19 janvier 2020.

Les chercheurs ont en effet trouvé des traces d’infection potentielle dans les échantillons de plusieurs dizaines de patients, sans que l’on sache pour autant combien avaient contracté le virus. Selon les chercheurs, l’hypothèse la plus probable est celle d’une naissance du virus ailleurs dans le monde, puis d’une importation sur le sol américain.

Pour de nombreux scientifiques, le virus avait commencé de circuler avant que, à Wuhan, le nombre de cas simultanés soit tel qu’il attire l’attention. A l’automne dernier, une modélisation réalisée par les chercheurs de l’université de l’Arizona et de l’université de Californie indiquait qu’il était possible que le virus ait été présent dans le Hubei dès la mi-octobre 2019 à un niveau faible.

L’OMS espérait avoir accès aux tests sérologiques de toutes les personnes hospitalisées autour de Wuhan pour des symptômes de la Covid-19 dans les jours qui ont précédé le premier cas connu. Ces tests auraient pu signaler une infection et fournir des informations précieuses… s’ils avaient été réalisés avant janvier dernier

Les symptômes de la Covid-19 peuvent ressembler à ceux d’autres maladies respiratoires. Pour Joel Wertheim, biologiste à l’université de Californie et co-auteur de l’étude, publiée en ligne et soumise à une revue scientifique pour publication, il serait étonnant que les 90 patients hospitalisés aient tous contracté le coronavirus, mais cela vaut la peine d’étudier leur dossier.

« Tout cas confirmé apporte des informations, tout séquençage du génome nous fait avancer, explique-t-il. Cela pourrait changer la manière dont nous envisageons le début de la pandémie. »

Mais pour Maureen Miller, épidémiologiste spécialiste des maladies infectieuses à l’université Columbia, « la politique a tout biaisé ». Le virus « circulait probablement beaucoup plus qu’on ne le pense… Il est trop tard pour faire des tests sérologiques, on a raté le coche. »

Pour l’équipe de l’OMS, l’hypothèse la plus probable est celle d’une propagation de la chauve-souris à un autre animal, puis à l’homme. Ils pensent aussi que le virus est peut-être arrivé en Chine depuis un autre pays, potentiellement dans des produits surgelés importés d’Asie du Sud-Est.

La Chine a toujours affirmé qu’il était impossible que le virus se soit échappé d’un laboratoire de Wuhan, possibilité qui, selon l’administration Trump, était étayée par de nombreuses preuves, qui n’ont jamais été révélées. Elle répète que l’agent pathogène est peut-être arrivé sur son sol par des produits surgelés.

Le docteur Liang explique que l’équipe chinoise a lu les études (non publiées) réalisées dans plusieurs pays dont l’Italie et suggérant que le virus circulait à l’étranger depuis plusieurs semaines déjà quand il a été découvert à Wuhan. L’équipe de l’OMS a, elle, indiqué qu’elle souhaitait examiner ces études plus en profondeur.

Mardi, les Etats-Unis ont déclaré que le virus ne pouvait provenir d’aucun autre pays que la Chine et ont demandé à voir les données sur lesquelles s’est appuyée la mission de l’OMS.

L’organisation espérait avoir accès aux tests sérologiques de toutes les personnes hospitalisées autour de Wuhan pour des symptômes de la Covid-19 dans les jours qui ont précédé le premier cas connu. Ces tests auraient pu signaler une infection et fournir des informations précieuses… s’ils avaient été réalisés avant janvier dernier.

En raison de ce dépistage tardif, l’OMS dépend des prélèvements sanguins réalisés autour de novembre 2019 et stockés depuis cette date dans des hôpitaux et des banques de sang. Mais les échantillons fournis n’étaient pas représentatifs de la population, déplorent les membres de l’équipe, qui soulignent qu’il s’agissait essentiellement d’enfants, ce qui n’apporte pas beaucoup d’information sur le début de la transmission.

Des études plus systématiques permettraient de savoir si le virus a circulé en Chine avant décembre 2019.

« C’est facile à demander, moins facile à faire, résume le docteur Koopmans, qui cite les déclarations des autorités chinoises indiquant qu’elles n’avaient pas obtenu l’autorisation de réaliser ces tests. La question a été abordée et il y avait sans conteste un intérêt du côté chinois. »

Thea Fischer, épidémiologiste danoise membre de l’équipe de l’OMS, raconte qu’elle a recommandé une étude sérologique systématique sur un échantillon représentatif de la population saine, à l’image de ce qui s’est fait dans d’autres pays, ce qui permettrait « de nous rapprocher d’une circulation potentielle antérieure ».

Elle avait demandé à rencontrer le centre de don du sang de Wuhan et compris, à l’occasion de la réunion, que des échantillons existaient et que les autorités étaient ouvertes à l’idée d’une étude conjointe.

Les chercheurs ajoutent qu’il était important de savoir si des échantillons de matière pulmonaire ou autre avaient été prélevés et stockés, et s’ils pouvaient être testés.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Biden : fermeté face à la Chine

Biden : fermeté face à la Chine

Je n’hésiterai jamais à faire usage de la force pour défendre les intérêts vitaux du peuple américain et de nos alliés lorsque ce sera nécessaire. » A déclaré Biden après son entretien téléphonique avec le président chinois.

 

Le président américain a exprimé ses «profondes inquiétudes» concernant les pratiques économiques «injustes et coercitives» de Pékin, la répression à Hongkong et les «violations des droits humains» dans le Xinjiang où vit la minorité musulmane ouïghoure. Les deux dirigeants ont aussi échangé, selon le compte rendu de la Maison Blanche, sur la pandémie de Covid-19 et les «défis communs» que représentent la sécurité sanitaire mondiale et le changement climatique.

 

Joe Biden avait rappelé le mois dernier au Premier ministre japonais Yoshihide Suga «l’engagement indéfectible» des États-Unis à protéger le Japon, y compris l’archipel inhabité des Senkaku, appelé Diaoyu en chinois et revendiqué par Pékin. Dans un appel téléphonique mercredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a exprimé auprès de son homologue japonais, Toshimitsu Motegi, son «inquiétude» face aux incursions de la Chine dans les eaux japonaises. Blinken a réaffirmé que l’archipel des Senkaku tombait sous le coup du traité liant les deux nations pour se défendre en cas d’attaque, selon le porte-parole du département d’État, Ned Price.

 

. S’il a clairement affiché sa volonté de rupture avec la politique étrangère de Donald Trump, c’est l’un des rares dossiers où il pourrait, sur le fond, prôner une certaine continuité avec son prédécesseur. Dans un entretien diffusé dimanche sur CBS, Joe Bien a prévenu que la rivalité entre les États-Unis et la Chine prendrait la forme d’une «compétition extrême», tout en assurant qu’il voulait éviter un «conflit» entre les deux pays. Interrogé sur son homologue chinois, il avait ajouté: «Il est très dur. Il n’a pas, et je ne dis pas cela comme une critique, c’est juste la réalité, il n’a pas une once de démocratie en lui».

 

Un haut responsable de l’administration, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a par ailleurs réaffirmé mercredi que les taxes douanières sur les produits chinois mises en place sous la présidence Trump restaient pour l’heure en place, dans l’attente d’un réexamen global de la stratégie commerciale américaine. 

Chine : toujours des arrestations de dirigeants de grandes entreprises

Chine : toujours des arrestations de dirigeants de grandes entreprises

 

 

Le parti communiste chinois semble bien continuer son opération d’épuration des chefs d’entreprise qui s’écartent  un peu trop de la ligne politique officielle.

 

Ainsi  dirigeant de Tencent Holdings Ltd, puissante entreprise chinoise du numérique, a été détenu par les autorités chinoises dans le cadre d’une enquête sur une affaire de corruption très médiatisée impliquant l’un des anciens hauts responsables des forces de l’ordre chinois, a rapporté le Wall Street Journal.

Les actions de la société de jeux et d’ Internet ont chuté de 1,4% au début des échanges à Hong Kong jeudi, tandis que le marché dans son ensemble a reculé de 0,3%.

Tencent n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Zhang Feng fait l’objet d’une enquête de la part de l’inspecteur anti-greffe chinois depuis le début de l’année dernière pour un partage présumé non autorisé de données personnelles collectées par l’application de médias sociaux de Tencent WeChat, selon le Journal. ( on.wsj.com/2NdMuv9 )

Zhang était soupçonné d’avoir remis les données de WeChat à l’ancien vice-ministre de la Sécurité publique Sun Lijun, qui enquête actuellement par Pékin pour des violations non divulguées des règles du Parti communiste, ajoute le rapport.

Pour parler clair c’est la renaissance de la politique de Mao du président xi Jinping désormais lui aussi élu à vie.

Birmanie : la répression continue grâce à l’odieux appui de la Russie et de la Chine

Birmanie : la répression continue grâce à l’odieux appui de la Russie et de la Chine

En dépit des protestations internationales et aussi de la contestation interne, la répression continue en Birmanie. Les États-Unis ont promis de prendre immédiatement des sanctions économiques. Cependant la dictature militaire peut s’appuyer sur l’odieux soutien de la Russie et de la Chine, deux dictatures également qui légitiment  à peu près toutes les atteintes à la démocratie y compris les crimes.

Kyi Toe, membre du comité d’information de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) de Suu Kyi, a déclaré que Kyaw Tint Swe, proche de l’ancienne chef du gouvernement arrêté, et quatre autres personnes liées au gouvernement précédent avaient été emmenées de chez elles pendant la nuit.

Il a déclaré que des responsables de la commission électorale avaient également été arrêtés du jour au lendemain, y compris certains jusqu’au niveau des communes.

. Des dizaines de fonctionnaires ont été arrêtés depuis le coup d’État.

Le président américain Joe Biden a approuvé mercredi un décret pour de nouvelles sanctions contre les responsables du coup d’État et des demandes répétées pour que les généraux renoncent au pouvoir et libèrent les dirigeants civils.

Biden a déclaré que l’ordre permettait à son administration «de sanctionner immédiatement les chefs militaires qui ont dirigé le coup d’État, leurs intérêts commerciaux ainsi que les membres de leur famille proche».

Washington identifierait la première série d’objectifs cette semaine et prenait des mesures pour empêcher les généraux du Myanmar, également connu sous le nom de Birmanie, d’avoir accès à 1 milliard de dollars de fonds du gouvernement du Myanmar détenus aux États-Unis.

«Nous allons également imposer des contrôles rigoureux des exportations. Nous gelons les avoirs américains qui profitent au gouvernement birman, tout en maintenant notre soutien aux soins de santé, aux groupes de la société civile et à d’autres domaines qui bénéficient directement au peuple birman », a déclaré Biden à la Maison Blanche.

Le coup d’État et la détention de Suu Kyi du 1er février présentent à Biden sa première crise internationale majeure et un test de sa double promesse de recentrer les droits de l’homme dans la politique étrangère et de travailler plus étroitement avec ses alliés.

Suu Kyi, 75 ans, ancienne chef du gouvernement arrêté par les militaires a remporté le prix Nobel de la paix en 1991 pour avoir fait campagne pour la démocratie et reste extrêmement populaire dans son pays en dépit de l’atteinte à sa réputation internationale face au sort des Rohingyas.

Elle a passé près de 15 ans en résidence surveillée et fait maintenant face à des accusations d’importation illégale de six talkies-walkies. Son avocat dit qu’il n’a pas été autorisé à la voir.

Technologie : la Chine vainqueur de la guerre des normes ?

Technologie : la Chine vainqueur de la guerre des normes ?

 

 

Télécoms, transport d’électricité ou intelligence artificielle : celui qui dictera les normes s’offrira une belle longueur d’avance estime un article du Wall Street Journal

 

Les règles qui régiront les technologies liées aux réseaux 5G sont en cours d’élaboration et rendent la question des normes incontournable.

Ampoules électriques, canapés, fenêtres ou routeurs wifi : la quasi-totalité de ce qui se trouve dans une maison doit respecter les normes et les exigences d’un système international conçu pour assurer la qualité et le bon fonctionnement des objets.

Edictées par les Etats-Unis et leurs alliés au fil des décennies, les normes industrielles forment un réseau invisible de règles qui régissent le marché mondial. Aussi banal que cela puisse paraître, cette uniformité est indispensable au commerce international : c’est grâce à elle que les boulons, ports USB et autres conteneurs sont utilisables où que l’on se trouve sur la planète. Ces normes sont le fruit du travail de comités internationaux longtemps dominés par les experts occidentaux.

Mais aujourd’hui, la Chine veut faire entendre sa voix. A la surprise d’une grande partie de l’Occident, Pékin a décidé de consacrer fonds publics et influence politique à la définition des normes relatives à des technologies de pointe allant des télécoms au transport de l’électricité en passant par l’intelligence artificielle.

Véhicules autonomes, villes intelligentes ou Internet des objets : les règles qui régiront la nouvelle génération de technologies liées aux réseaux 5G et rapprocheront encore davantage monde numérique et monde réel sont en cours d’élaboration et rendent la question des normes incontournable

« Dominer les normes techniques qui étayent les technologies de l’information et de la communication et d’autres domaines émergents fait partie intégrante des ambitions de Pékin », affirmait en décembre dernier le rapport annuel de la commission du Congrès chargée de suivre les relations sino-américaines pour les questions d’économie et de sécurité.

Si la Chine s’est lancée à la conquête des normes, c’est pour coiffer l’Occident au poteau, mais aussi pour engranger des profits. En effet, en règle générale, il faut payer une licence pour utiliser les normes liées à des technologies brevetées. Nokia et Qualcomm encaissent ainsi chaque année plusieurs milliards de dollars grâce aux redevances versées par leurs concurrents. Pour Pékin, l’idée serait plutôt de gagner de l’argent en concevant les normes qui vont avec les produits développés par les entreprises chinoises.

Véhicules autonomes, villes intelligentes ou Internet des objets : les règles qui régiront la nouvelle génération de technologies liées aux réseaux 5G et rapprocheront encore davantage monde numérique et monde réel sont en cours d’élaboration et rendent la question des normes incontournable.

De nouveaux domaines, notamment la reconnaissance faciale, touchent les personnes et l’espace public, avec des répercussions plus importantes que par le passé sur la sécurité nationale, a estimé la commission parlementaire.

La Chine défend des normes qui doperont les exportations des entreprises proches de Pékin et favoriseront son dispositif de sécurité nationale, prévient Akira Amari, ancien ministre des Affaires étrangères du Japon qui dirige un groupe de promotion du numérique. « Si les produits chinois sont conçus pour collecter des données, explique-t-il, il faut se dire que tout finira entre les mains du gouvernement chinois. »

Les dirigeants chinois affirment, eux, que Pékin essaie simplement de se frayer un chemin dans un système créé (et longtemps dominé) par l’Occident et qu’en tant que grande puissance économique portée par une forte croissance, elle est tout à fait à sa place.

Le pays devrait dévoiler d’ici peu « China Standards 2035 », un ambitieux projet normatif. Ni l’association chinoise de normalisation ni le gouvernement n’ont répondu aux demandes de commentaires.

« Les normes techniques mondiales sont toujours en cours d’élaboration, a souligné Dai Hong, membre du comité national chinois de gestion de la normalisation, lorsque le projet a été annoncé en 2018. Pour l’industrie et les normes chinoises, c’est l’occasion de surclasser le monde. »

La montée en puissance de Pékin coïncide avec un certain immobilisme des champions historiques des normes. Au sein de l’ISO ou d’entités similaires, les délégations chinoises possèdent deux fois plus de postes de secrétaire qu’il y a dix ans, des rôles qui permettent d’influencer les propositions, les débats et les priorités. Inversement, la vieille garde (Etats-Unis, Allemagne ou Royaume-Uni) a fait du surplace

Ces dernières années, la Chine a plus cherché que l’Occident à faire coïncider normes, nouvelles technologies et intérêts nationaux, estiment des chercheurs et des experts qui observent le développement industriel du pays.

Ce sont ainsi des Chinois qui dirigent quatre organisations internationales de normalisation, dont l’Union internationale des télécommunications, un groupe des Nations unies consacré à la téléphonie et à Internet, et la Commission électrotechnique internationale, groupe sectoriel qui traite d’électronique et d’électricité. Entre 2015 et 2017, c’est aussi un Chinois qui était à la tête de l’Organisation internationale de normalisation, l’entité qui, des baskets aux systèmes de gestion en passant par les huiles essentielles et les sex toys, produit les célèbres « normes ISO ».

La montée en puissance de Pékin coïncide avec un certain immobilisme des champions historiques des normes. Au sein de l’ISO ou d’entités similaires, les délégations chinoises possèdent deux fois plus de postes de secrétaire qu’il y a dix ans, des rôles qui permettent d’influencer les propositions, les débats et les priorités. Inversement, la vieille garde (Etats-Unis, Allemagne ou Royaume-Uni) a fait du surplace.

Les concurrents de l’Europe sont « très actifs dans l’élaboration des normes internationales sur des marchés clés afin de protéger et renforcer leurs avantages compétitifs », a déclaré en juin dernier Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur. Ne pas réagir, c’est risquer de pénaliser « notre compétitivité économique et notre leadership technologique », avait-il ajouté.

Dans les années 1990, l’Allemagne et d’autres économies avancées avaient poussé la Chine à adopter les normes internationales. Mais aujourd’hui, patrons et politiciens chinois ont une maxime : les entreprises de troisième catégorie fabriquent les produits, les entreprises de deuxième catégorie les technologies et les entreprises de première catégorie les normes.

D’après des documents officiels, Pékin et les pouvoirs publics régionaux versent chaque année des aides pouvant aller jusqu’à un million de yuans, soit environ 155 000 dollars, aux entreprises qui participent à l’élaboration des normes internationales au sein de l’ISO ou d’autres entités.

De son côté, le soutien financier de l’Occident à la rédaction des normes (une activité qui peut prendre des années et coûter très cher en recherche et en négociation) est allé en rapetissant. Si rien ne change, « il ne faudra pas s’étonner de jouer en suivant les règles chinoises », prévient ainsi Christoph Winterhalter, directeur général du DIN, l’organisme allemand de normalisation.

Contrairement à son équivalent (public) chinois, le DIN est un organisme privé, essentiellement financé par la vente des normes et les cotisations de ses membres ; l’argent public ne représente que 10 % de son budget.

Rompre avec la tradition

En 2016, à l’occasion d’une réunion du Third Generation Partnership Project (3GPP), la Chine n’a pas caché ses ambitions : Huawei Technologies a demandé l’adoption de la norme que le géant des télécoms privilégiait pour corriger les erreurs lors des transferts de données 5G. La proposition concurrente, émanant de Qualcomm, faisait alors largement consensus.

Mais lors cette réunion de l’organisation qui définit les normes relatives à la 5G, Huawei a décidé que l’heure n’était plus à la déférence. Les débats passionnés se sont poursuivis jusque tard dans la nuit.

Les dirigeants de Huawei ont fait savoir à leurs homologues chinois présents lors de la réunion qu’ils comptaient sur leur soutien, raconte Tong Wen, chercheur chez Huawei qui a participé à la manœuvre. « Et, bien sûr, ils ont entendu ces demandes », résume-t-il.

L’impasse s’est soldée par un compromis inédit : les deux normes ont été adoptées.

Dans beaucoup de technologies de nouvelle génération, la Chine mène la danse dans les normes parce qu’elle a aussi une longueur d’avance sur le terrain. Quand les autorités européennes ont lancé un projet de fabrication de batteries au lithium, elles ont été surprises de constater que la Chine était déjà en train d’établir un comité ISO, d’en organiser le secrétariat et d’en nommer les responsables

Un an plus tard, Huawei a proposé un candidat à la direction de l’un des principaux groupes de travail de l’organisation contre celui de Qualcomm. Avant le vote, le président a demandé aux représentants chinois de ne pas prendre leur téléphone dans l’isoloir (ce que font les délégations chinoises lors de certaines réunions à l’ONU).

Il craignait en effet (à raison, puisque cela a été confirmé par des responsables d’autres entreprises) qu’ils ne prennent leur bulletin en photo pour prouver qu’ils avaient bien voté pour le candidat de Huawei, raconte une source proche du dossier. Le porte-parole de Huawei a déclaré que l’entreprise agissait « de façon parfaitement transparente et concertée, dans la lettre comme dans l’esprit du processus normatif ».

Huawei, qui détient plus de brevets 5G que n’importe quel autre groupe, est également celui qui propose le plus de normes au 3GPP, selon la société allemande d’analyse de données IPlytics. Un quart de ses 35 000 propositions ont été approuvées.

« C’est un piège »

En avril, quand la Covid-19 a déferlé sur le monde, les représentants chinois à l’ISO ont présenté un projet de ville high-tech capable de fonctionner en temps de pandémie. Il portait sur les normes de collecte de données locales de type trafic routier ou urgences médicales. Certains représentants se sont demandé si ces propositions ne reflétaient pas plutôt le goût des autorités chinoises pour le recueil de données, raconte une personne ayant assisté à la réunion.

« C’est un piège » », a résumé Akira Amari à l’époque. S’il est validé, le projet permettrait à la Chine « de définir la norme, d’exporter les systèmes et d’utiliser les données de ces systèmes et de les centraliser à Pékin », a-t-il ajouté.

Wan Biyu, scientifique en chef du think tank chinois Smart City Joint Labs à l’origine de la proposition, rejette les accusations d’Akira Amari. Pour lui, les lois nationales de protection des données peuvent empêcher la collecte d’informations personnelles.

Dans beaucoup de technologies de nouvelle génération, la Chine mène la danse dans les normes parce qu’elle a aussi une longueur d’avance sur le terrain. Quand les autorités européennes ont lancé un projet de fabrication de batteries au lithium, elles ont été surprises de constater que la Chine était déjà en train d’établir un comité ISO, d’en organiser le secrétariat et d’en nommer les responsables.

Dans des projets en Indonésie ou au Nigéria, Pékin utilise aussi l’initiative des Nouvelles routes de la soie pour promouvoir les normes chinoises, y compris dans des secteurs ancestraux tels que le ferroviaire ou le transport d’électricité. La Chine propose des subventions pour remporter les contrats puis applique ses propres normes : si les pays qui ont passé commande veulent revenir aux normes internationales, ils devront débourser des sommes colossales, racontent des experts.

En revanche, quand les normes touchent à sa souveraineté, Pékin se montre beaucoup moins enthousiaste. En mars 2019, le comité ISO chargé des systèmes de transcription des langues parlées à travers le monde sur un clavier occidental a reçu un projet de norme pour le cantonais, un dialecte chinois parlé par quelque 65 millions de personnes à Hong Kong et dans le sud-est de la Chine.

Les experts hongkongais l’avaient préparé dans l’idée de protéger l’identité culturelle du territoire. Mais, selon un représentant européen ayant eu connaissance du message, la délégation chinoise s’y est opposée, affirmant que la norme actuelle, qui concerne le mandarin, langue officielle de la Chine, était suffisante.

Lors d’une réunion au Canada, deux mois plus tard, les représentants ont étudié la proposition. Les pro-Hong Kong ont affirmé que, même s’ils s’écrivaient avec des caractères similaires, le cantonais et le mandarin étaient deux langues différentes.

Une délégation chinoise inhabituellement conséquente a, elle, projeté des dizaines de diapositives attaquant frontalement la proposition et agaçant une partie des participants, ont raconté trois sources. Un membre de la délégation chinoise a expliqué au Wall Street Journal que le système de translittération envisagé n’était utilisé qu’à Hong Kong, et pas par les 60 millions de locuteurs cantonais vivant dans le reste de la Chine.

La proposition a obtenu le soutien des Etats-Unis, du Canada et de la Russie, mais a achoppé sur un point administratif. En mai, elle a été soumise une nouvelle fois et, en septembre, le responsable français du comité a confirmé sa validation, étape préalable à l’adoption, ont indiqué des sources.

Peu après, la Russie a retiré son soutien sans fournir d’explications, suspendant l’adoption, au moins de façon temporaire. L’agence russe de normalisation n’a pas donné suite aux demandes de commentaires.

Chieko Tsuneoka et Josh Chin ont contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Traduit à partir de la version originale en anglais

Enquête OMS en Chine : des déclarations prématurées !

Enquête OMS en Chine : des déclarations prématurées !

 

A priori, on peut se demander ce qui a pris les experts de l’OMS de déclarer d’emblée que la piste d’une fuite du virus d’un laboratoire chinois était peu vraisemblable alors qu’ils viennent à peine de commencer leur travail. Sans doute veulent-ils faire le dos rond face à des autorités chinoises très réticentes sur cette enquête qu’ils ont longtemps refusée. Par ailleurs on sait que l’OMS est depuis longtemps noyautée par les Chinois et les hauts responsables de l’OMS ne cessent de montrer des signes de bienveillance vis-à-vis des autorités chinoises. La Chine conteste d’ailleurs l’origine géographique du virus

. La mission sur les origines de la transmission du virus à l’homme, jugée extrêmement importante pour tenter de mieux lutter contre une possible prochaine épidémie, a donc eu du mal à se mettre en place, la Chine semblant très réticente à laisser venir ces spécialistes mondiaux de diverses disciplines comme l’épidémiologie mais aussi la zoologie.

« Il n’y a pas assez de preuves [...] pour déterminer si le Sars-Cov-2 s’est propagé à Wuhan avant décembre 2019″, a par ailleurs indiqué Liang Wannian, le chef de la délégation de scientifiques chinois, lors d’une conférence de presse.

Les risques d’être un milliardaire chinois en Chine

Les risques d’être un milliardaire chinois en Chine

 

Philippe Rozin, Université de Lille et Estelle Bories, Sciences Po (*) évoque les risques que prennent certains milliardaires chinois à s’exprimer sur la politique du parti communiste. Exemple évidemment celui du patron d’Alibaba fermement rappelé à l’ordre. ( Chronique dans The Conversation)

 

 

Le brutal changement de statut d’un homme public de renommée internationale n’est pas toujours aisé à interpréter. L’exercice se complexifie encore davantage dès lors que la grammaire politique joue un rôle déterminant dans le phénomène. Le cas de Jack Ma est parfaitement emblématique de ce changement de régime. Disparu de la scène médiatique pendant 88 jours, le créateur d’Alibaba, jeune retraité de son entreprise, est brusquement réapparu sur les écrans, mercredi 20 janvier. Symbole d’un entrepreneuriat à l’anglo-saxonne, mâtiné de taoïsme, son retour interroge, surtout dans le contexte d’une débauche d’activisme sur le théâtre de la lutte contre la Covid, qui avait fini de le rendre omniprésent.

Le questionnement est d’autant plus légitime que son apologie de l’enseignement en milieu rural et du nécessaire retour au temps de la réflexion sonnent très étrangement après le scandale causé par le post de blog qu’il a publié sur la plate-forme Weibo le 11 avril 2019. Il y appelait de ses vœux l’application du 996 (un système consistant à travailler 12 heures par jour, 6 jours par semaine) pour ses nouveaux employés. L’application de ce système, déjà expérimenté dans certaines grandes entreprises comme JD.com, fait toujours l’objet de débats houleux dans les médias chinois.

Le texte de ce post jetait les fondements d’une véritable pédagogie de l’entrepreneur chinois. Après un retour quelque peu complaisant sur sa fulgurante carrière, Jack Ma affirmait que l’investissement en temps dans son activité avait été la clé, dès ses débuts, lorsqu’il était enseignant d’anglais. Par la suite, sa mue en dirigeant d’une grande entreprise ne l’aurait pas conduit à abandonner cette discipline de vie, bien au contraire. Et le milliardaire d’évoquer la joie qu’il ressentait en travaillant 12 heures quotidiennement et, en contrepoint, de décrire l’ennui qui affectait ceux qui vivaient leurs 8 heures de travail comme une torture. Son discours avait pour finalité de donner l’exemple aux jeunes. Au surplus, le propos, un peu simplificateur, valorisait l’idée d’un nécessaire retour sur investissement : on s’engage dans l’entreprise, et, en échange, l’entreprise vous offre un levier d’ascension sociale qui vous extrait de votre condition.

Toute l’énergie déployée irait dans le sens d’une amélioration de la vie familiale, conditionnée par la tranquillité financière. L’idée étant d’atteindre le Graal : devenir un « homme Alibaba » (Alibabaren). Il affirmait :

« Nous serons capables d’introduire de vraies valeurs dans la société, nous permettrons à l’homme ordinaire d’acheter des choses meilleures, de vivre une vie meilleure. »

‘idée du cercle vertueux est palpable : création de richesse et d’emplois, développement des échanges économiques… toutes ces activités convergeraient à faire spontanément fructifier le bien collectif. Le modèle d’une contribution à la prospérité sociale est aussi présent ; c’était même un objectif du discours :

« Nous apporterons des contributions au progrès de la société. »

 

En réponse à cette publication, les retours critiques n’ont pas manqué. Une part significative des éditorialistes et des internautes ont reproché au businessman la tonalité excessivement individualiste de son discours : comment un milliardaire aussi détaché des contingences du quotidien se permettait-il de donner des leçons de vie aux masses laborieuses ? Circonstance aggravante : son positionnement, plus proche de l’image charismatique d’un patron à l’américaine, que du modèle de vertu cardinale de sobriété exalté par le modèle chinois. Les comparaisons sont très fréquentes avec Jeff Bezos.

Cet épisode a sans doute constitué le pas de trop de Ma, une faute stratégique et communicationnelle préjudiciable due à sa propension naturelle à se répandre sans frein dans les médias. En dépit de son apolitisme revendiqué, des suspicions gravissimes, dans le climat politique chinois, n’ont pas tardé à fleurir. Ma a tenté de se défendre : « En tant qu’entreprise, si vous ne pouvez pas changer la loi, suivez la loi. Respectez le gouvernement local. La politique ne nous intéresse pas. Nous nous concentrons juste sur le commerce électronique. » Cette profession de foi n’a pas été suffisante.

Un grand nombre de messages critiques ayant ensuite inondé les réseaux sociaux ont par la suite stigmatisé un autre point : l’affaire des prêts. Jack Ma, via ANT, la filiale financière d’Alibaba, a en effet consenti aux étudiants (environ 20 millions sur un total de 120 millions) des prêts à des taux attractifs. Beaucoup de familles se sont rapidement retrouvées en situation de surendettement.

À ces condamnations vient se greffer un troisième épisode : le discours prononcé à Shanghai le 24 octobre dernier lors d’un sommet sur la finance. À cette occasion, Ma s’est permis de critiquer une certaine régression dans l’évolution du système bancaire chinois, pilier du socialisme de marché, pointant du doigt les effets pervers de son centralisme endémique.

Le système de financement de crédit mis en place par Ma, hors de tout contrôle étatique, a fini par devenir un problème de société. Cette situation rendait nécessaire un retour à l’ordre. À ce stade, Ma a franchi la frontière de trop et se sera immiscé dans un domaine réservé au Parti, la doctrine économique.

Dans un contexte national plus large, la réorientation de la politique bancaire chinoise vers un système de contrôle beaucoup plus fort des canaux de distribution du crédit et des prêts est en jeu est devenu un enjeu majeur. En arrière-plan se dessine la volonté du président chinois, Xi Jinping, de revaloriser le poids des banques nationales et d’exercer un contrôle plus étroit sur les entreprises privées – qui, au passage, doivent toutes s’aligner expressément sur la doctrine économique du Parti. Ce recadrage aurait constitué une raison suffisante pour faire un exemple et mettre au pas l’audacieux.

Sans compter bien sûr la question d’une reprise en main de ses accès aux données de millions de consommateurs – des accès obtenus pratiquement sans le moindre contrôle gouvernemental pendant deux décennies.

 

Le coup de semonce d’une inculpation pour pratiques monopolistiques, fin décembre 2020, n’avait été pour lui qu’un hors-d’œuvre. Les choses ne se sont pas arrêtées là puisque le 24 octobre dernier, Jack Ma a tout bonnement disparu des écrans radars : plus d’apparitions publiques ni d’entretiens ! Les systèmes politiques autoritaires ne sont pas avares de numéro de prestidigitation

Cette dissipation médiatique n’est pourtant pas une singularité absolue. La liste est longue des magnats chinois en situation de relapse spatio-temporelle.

Sortir brutalement du champ médiatique une personnalité ayant franchi certaines lignes est autant un processus de sanction qu’un avertissement.

D’une manière sans doute plus profonde, une volonté du pouvoir de changer le paradigme des milliardaires en Chine est aussi à prendre en considération. Le président chinois, dans plusieurs discours prononcés dernièrement, est revenu sur les grandes figures d’entrepreneurs chinois philanthropes. L’idée, en somme, est de réorienter le curseur vers des modèles nationaux en phase avec le milieu rural. Injonction est donc faite de passer d’un modèle de type extraverti, usant de tout le panel médiatique pour maximiser la mise en scène de soi, à un archétype beaucoup plus proche de la culture chinoise, valorisant un caractère besogneux, celui d’un individu soucieux de sa communauté villageoise, en cohérence avec le modèle du Parti. L’heure n’est plus au financement des musées d’art contemporain mondialisés, mais à des investissements vertueux (et non ostensibles) dans les infrastructures de la ville ou de la de région natale du héros national.

Après avoir purgé sa quarantaine médiatique, Jack Ma est justement réapparu dans une communauté rurale. Il semble que son retour en odeur de sainteté participe d’un processus de renormalisation bien pensé. Commettre des erreurs ; subir un feu nourri de critiques de la part des médias officiels et de nombreux internautes proches du Parti ; se trouver mis brutalement en quarantaine ; passer un sas de vide médiatique ; connaître un épisode plus ou moins discret de contrition publique ; revenir enfin sur le devant de la scène, parfois mezzo voce, en modifiant son discours et sa posture : voilà ce que l’homme a connu.

 

Le retour de Jack Ma a été mis en scène dans le cadre de son passage dans sa fondation du Hainan. Tout a été fait pour orchestrer une valorisation des enseignants en milieu rural. Le maitre-mot était le bien commun (育公益 : yugongyi), un impératif catégorique qui devrait désormais caractériser l’action publique des milliardaires chinois. Les vertus du temps de suspension ont été cathartiques : désormais Ma devait s’éloigner du discours sur les 996 et revenir à des dispositions différentes. Aucun individu ne peut lancer de grands mots d’ordre à la place du Parti, et certainement pas sur le temps de travail et la productivité des travailleurs. Beaucoup de commentateurs ou d’investisseurs, mais surtout les marchés financiers, ont d’ailleurs [applaudi en chœur à sa réapparition]. L’ensemble de ces acteurs et de ces institutions semblent avoir bien compris la nouvelle grammaire politique du pouvoir en vigueur…

Le cas est éloquent : cette opération n’est pas une simple démonstration de force du pouvoir, mais une illustration du nouveau processus de visibilité installé dans l’espace médiatique par le Parti communiste chinois.

Le pouvoir attend désormais des grands managers qu’ils se coulent dans un moule social très particulier. L’homme d’affaires doit démontrer une capacité d’investissement social ; plus généralement, il doit manifester une forme de rectitude morale, en ligne avec les devoirs que le Parti impose aux citoyens chinois particulièrement élevés dans l’échelle sociale – des individus exceptionnels, qui doivent incarner exemplairement certaines vertus sociales cardinales et une éthique personnelle sans faille. Le philosophe américain Quine parlait pour le réel d’une « envergure des catégories ». Il est clair, désormais, que travail du Parti consiste à aménager constamment le réel et de changer, finalement, continument, l’envergure des catégories…

Par Philippe Rozin, Maître de conférences, Université de Lille et Estelle Bories, Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP), Sciences Po.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

La Chine : le parti communiste veut réguler les géants technologiques chinois

La Chine : le parti communiste veut réguler  les géants technologiques chinois

L’Administration chinoise d’État pour la régulation du marché (SAMR)  a déclaré que les dernières directives «arrêteraient les comportements monopolistiques dans l’économie des plates-formes et protégeraient une concurrence loyale sur le marché».

L’avis indiquait également qu’il empêcherait les entreprises de fixer les prix, de restreindre les technologies et d’utiliser des données et des algorithmes pour manipuler le marché. Dans une question-réponse accompagnant l’avis, SAMR a déclaré que les rapports de comportement anti-monopole liés à Internet avaient augmenté et qu’il était confronté à des défis pour réglementer l’industrie.

«Le comportement est plus caché, l’utilisation de données, d’algorithmes, de règles de plate-forme, etc., rend plus difficile la découverte et la détermination de ce que sont les accords de monopole», a-t-il déclaré.

La Chine a commencé ces derniers mois à resserrer le contrôle de ses géants de la technologie. Et pour bien se faire comprendre le parti communiste a exercé des pressions sur les patrons des grands groupes a commencé par le patron d’Alibaba.

L’objectif du parti communiste et de lutter contre les situations monopolistiques mais tout autant d’empêcher les patrons de grandes entreprises chinoises de peser sur la ligne politique du parti

En décembre, les régulateurs ont lancé une enquête antitrust sur Alibaba Group à la suite de la suspension dramatique du plan d’offre publique initiale de 37 milliards de dollars de sa filiale de paiement, Ant Group.

À l’époque, les régulateurs avaient mis en garde la société contre des pratiques telles que l’obligation pour les commerçants de signer des pactes de coopération exclusifs au détriment d’autres plates-formes Internet.

Croissance Chine: -tassement aussi de l’activité manufacturière en janvier

Croissance Chine: -tassement aussi de l’activité manufacturière en janvier

Les résultats de l’activité manufacturière en Chine confirment la tendance dégagée chez les directeurs d’achats; à savoir; le net tassement de la croissance. En cause évidemment la troisième vague en cours du virus qui affecte la consommation et les investissements dans la plupart des zones économiques L’indice PMI manufacturier calculé par Caixin/Markit a reculé en janvier à 51,5 contre 53,0 le mois précédent, soit son plus faible niveau depuis juin dernier. Le consensus ressortait à 52,7.

D’après les données de Caixin/Markit, le sous-indice de production a reculé le mois dernier à 52,5, un plus bas depuis avril dernier, tandis que le sous-indice des nouvelles commandes a chuté à 52,5, soit leur rythme le plus faible depuis juin dernier.

Les nouvelles commandes à l’exportation se sont contractées en janvier après cinq mois consécutifs de progression, alors que le regain de la pandémie de coronavirus a pesé sur la demande étrangère. Ce n’est tassement de la croissance des exportations devrait ce retrouver dans l’affaiblissement de l’activité économique de la plupart des pays très touchés par le virus.

Croissance Chine: très net tassement

Croissance Chine: très net tassement

 

 

En raison sans doute de la crise sanitaire qui s’aggrave dans la plupart des parties du monde ,l’indice officiel des directeurs d’achat (PMI) est tombé à 51,3 sur le mois qui s’achève, contre 51,9 en décembre, a annoncé dimanche dans un communiqué le Bureau national des statistiques.

Il se maintient au-dessus de la barre des 50 qui sépare la croissance de la contraction sur une base mensuelle, mais ressort en dessous du consensus des analystes établi par Reuters, qui donnait 51,6.

D’une certaine manière la Chine constitue une sorte de indicateurs avancés de la conjoncture. Ce tassement constaté en Chine pourrait prendre des allures de stagnation voire de régression dans certains pays.

Démocratie Chine : un critique Xi Jinping condamné à 18 ans de prison pour corruption

Démocratie Chine : un critique de Xi Jinping condamné à 18 ans de prison pour corruption

 

L’étau de la dictature ne cesse de se serrer autour de certains responsables économiques qui osent émettre des critiques vis-à-vis du parti communiste chinois et de son chef suprême, élu maintenant à vie, Xi Jinping .

Récemment c’est le patron sans doute plus influent de Chine qui a été rappelé à l’ordre sévèrement à tel point d’ailleurs qu’il a pratiquement disparu médiatiquement. C’est tout juste si on a autorisé une petite vidéo de quelques secondes pour rappeler son existence et rassurer ainsi les investisseurs étrangers concernant l’immense groupe Alibaba présidé par Jacques Ma.

Ce dernier avait osé émettre des critiques d’ordre économique du pouvoir. Maintenant c’est un autre responsable qui vient d’être victime de la reprise en main du parti communiste chinois à savoir Ren Zhiqiang, l’ancien président du groupe public d’immobilier Huayuan; il vient d’être condamné à 18 ans de prison et à une amende de 4,2 millions de yuans (525.960 euros environ. Les experts quand ils se considèrent que la curie va continuer contre tous ceux qui vont oser émettre des critiques vis-à-vis du régime et de son président. Pour ces derniers il n’y a que trois solutions : la mort, l’exil ou la prison.

On peut légitimement s’interroger sur les engagements des Chinois concernant le futur accord sur les investissements entre l’union européenne et la Chine. L’union européenne espère que la Chine respectera les règles de concurrence. Comment faire confiance à un pays qui non seulement ne respecte aucune règle de concurrence mais aucune règle démocratique ; pire qui rétablit la politique de répression chère à Mao aussi bien vis-à-vis des chefs d’entreprises contestataires que vis-à-vis des ouïgours dont il faut rappeler qu’un million sont actuellement emprisonnés et ou contraints à des travaux forcés.

Selon l’avis publié mardi, Ren Zhiqiang a restitué tous les gains illégalement accumulés, a “volontairement avoué ses crimes”, accepté sa condamnation et ne fera pas appel.

Ren Zhiqiang a été arrêté en mars après avoir assimilé le président Xi Jingping à un clown alors que ce dernier se félicitait de la gestion de la crise du nouveau coronavirus par son gouvernement. Dans un billet, qui ne mentionnait pas explicitement Xi Jinping, Ren Zhiqiang disait ne pas avoir vu “un empereur vêtu de ses habits neufs, mais un clown nu soucieux de vouloir continuer de passer pour un empereur”, rapporte le China Digital Times, une publication basée aux Etats-Unis.

Zen Zhiqiang a été exclu du Parti communiste chinois en juillet. Il a été accusé le même mois d’avoir détourné des fonds pour assouvir sa passion pour le golf ou encore d’avoir illégalement accumulé d’importantes sommes d’argent.

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