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Nicolas Hulot pour la biodiversité et …l’huile de palme

Nicolas Hulot pour la  biodiversité et …l’huile de palme

 

Gonflé Hulot d’annoncer un plan sur la biodiversité alors qu’il vient hier d’autoriser Totale à développer l’utilisation de l’huile de palme qui déforeste des régions entières dans le monde. On peut douter de sa profession de foi à usage essentiellement médiatique quant il affirme : « il faut “redonner sa place à la nature y compris en ville”, à stopper la réduction des espaces naturels notamment par une “sanctuarisation” des terres agricoles ou encore à parvenir à zéro artificialisation nette des sols. » Ou encore quand il  dit vouloir intensifier les mesures de protection des espaces naturels et des espèces animales, créer de nouveaux parcs nationaux – dont un premier parc marin dans les eaux internationales – ou agrandir le plus possible avant 2021 les réserves naturelles existantes.  Pourtant Hulot vient d’autoriser Total à développer l’utilisation d’huile de palme car ’huile de palme nettement plus rentable que les autres huiles végétales.  Total a obtenu de Hulot que son usine de la Mède intègre de l’huile de palme et de  traiter aussi bien des huiles végétales de toutes sortes, que des huiles résiduelles usagées.  Parmi les huiles végétales, l’huile de palme dont les  rendements très nettement supérieurs à ceux du colza ou du soja et qui est  infiniment plus rentable. Les ONG avaient révélé en avril dernier (sur la base d’un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône) que le site consommait 550.000 tonnes d’huile de palme par an, faisant ainsi bondir de 64% les importations françaises d’une huile dont la production se fait en Malaisie et en Indonésie. Au-delà des ONG, ce sont les députés européens qui en janvier dernier se sont majoritairement déclarés pour « l’élimination progressive » de cet usage sur le territoire de l’Union d’ici à 2021. Ce vote se heurte jusqu’à présent au refus des Etats membres, notamment de la France ! Dans l’édition 2017 de son rapport, l’Observatoire national de la biodiversité note une “évolution inquiétante des espèces et un état mitigé des milieux naturels”, tout en confirmant la “richesse exceptionnelle” du patrimoine français avec 16.773 espèces endémiques. Il souligne aussi la régression d’environ un quart des populations d’oiseaux communs entre 1989 et 2015 et la disparition de près de la moitié des populations de chauves-souris entre 2006 et 2014.

La France et l’Union internationale pour la conservation de la nature ont officialisé vendredi la tenue à Marseille, en juin 2020, du Congrès mondial de la nature.

L’envol du pétrole : un vrai danger pour la croissance

L’envol du pétrole : un vrai danger pour la croissance

 

 

 

La montée des cours constitue évidemment un danger pour la croissance car comme les autres matières premières, elle va affecter la compétitivité. Cette hausse va aussi plomber le pouvoir d’achat des ménages et de la consommation. Discrètement mais sûrement les prix du pétrole ne cessent en effet de grimper. Il y a à peine dix jours les spécialistes craignaient que les cours atteignent pour le Brent les 80 dollars dans les mois à venir. En fait c’est déjà presque fait ;  le  baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a terminé à 78,23 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1,11 dollar par rapport à la clôture de vendredi et à nouveau à un plus haut depuis la fin 2014. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat de juin a pris 26 cents à 70,96 dollars. Les producteurs profitent d’autant plus de cette hausse qu’ils produisent moins que l’accord de modération qu’ils ont conclus (qui se termine fin 2018 et dont on ne sait pas s’il sera reconduit) quand les cours étaient bas. En outre la crise au Venezuela, les tensions avec l’Iran qui se répercutent aussi au moyen orient nourrissent les inquiétudes de sorte qu’on pourraiat bien s’orienter vers un baril à 100 dollars d’ici quelques semaines.

 

 

Données personnelles : une loi pour leur protection

Données personnelles : une loi pour leur protection

Protection, récupération, droit à effacement, non exploitation commerciale tels sont les objectifs de la loi  qui révise la loi informatique et libertés de 1978,  en application du Règlement général sur la protection des données des résidents de l’Union européenne (RGPD). “Les deux textes communautaires sont à la fois protecteurs pour nos concitoyens et doivent être perçus comme une réelle opportunité pour les acteurs de notre vie économique et sociale, et notamment pour nos entreprises”, a commenté dans l’hémicycle la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. Principale disposition du “paquet européen” de protection des données : les utilisateurs devront être informés de manière explicite de l’utilisation de leurs données et auront la faculté de s’y opposer. Il instaure de nouveaux droits tels que la portabilité des données personnelles, qui permet de récupérer toutes les données communiquées à une plateforme (réseau social, site marchand) pour le conserver ou le transmettre à un autre opérateur. Sont aussi prévus la rectification et l’effacement des données, le recours à des actions collectives ainsi qu’un droit à réparation du dommage subi. Certaines sociétés, et notamment celles qui collectent un grand nombre de données ou des informations sensibles, devront se doter d’un délégué à la protection des données. Le texte renforce le pouvoir de contrôle et de sanctions de la Cnil avec la possibilité d’infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaires mondial de l’organisme concerné. D’après une enquête OpinionWay pour Havas et Baker McKenzie diffusée lundi, 81% des Français se disent prêts à boycotter une entreprise qui ne respecte pas le RGPD et porte atteinte à leur vie privée et 55% à l’attaquer en justice.

Les Français dépensent en moyenne 8666 euros pour leur mariage… et autant pour un divorce

Les Français dépensent en moyenne 8666 euros pour leur mariage… et autant pour un divorce

 

 

Le Figaro rend compte d’une étude qui fait apparaitre que les couples dépensent en moyenne près de 9000 euros pour le mariage. Coïncidence c’est à peu près la même somme que lors d’un divorce.  Selon une étude réalisée par OpinionWay pour Sofinco, en 2018, les Français envisagent de dépenser un budget de 8666 euros pour leurs noces. La somme est en augmentation de 406 euros par rapport à 2017 (8260 euros). Mais pour Gwenaelle Sommier, wedding planer chez Mission Mariage, «le budget reste encore un sujet extrêmement tendu pour les futurs mariés, plus tendu qu’avant la crise il y a 10 ans» raconte-t-elle. Selon l’étude, ces dépenses élevées freineraient 53% des Français dans leur envie de convoler en justes noces. Cette part atteint 69% chez les moins de 35 ans. Des mariages qui pour 50% se terminent en divorce. D’après uen étude de l’Insee  depuis 30 ans, les modes de vie en couple ont fortement évolué en France : entre recul du nombre de mariages, recours accru au régime de la séparation de biens, et augmentation du patrimoine des couples mariés. De 1992 à 2010, le recours au mariage a connu une diminution de 15 points de pourcentage sur l’ensemble des couples. Pour les couples formés depuis moins de 12 ans, la baisse est plus spectaculaire puisque la part de couples mariés passe de presque 70 % à 44 % soit une baisse de 36 %. Les couples pacsés représentent quant à eux environ 8 % des jeunes couples en 2010, selon les auteurs. Le mariage était choisi par 90 % des couples en 1992, mais seuls 3 couples sur 4 sont mariés en 2010. Les pacsés, observés uniquement en 2010, représentent un peu plus de 3 % du total des couples.

 

Macron : une médaille pour cacher les oppositions de l’Allemagne

Macron : une médaille pour cacher les oppositions de l’Allemagne

 Merkel n’a pas hésité à couvrir de fleurs Macron pour masquer se différends de fond sur les évolutions que propose Macron. D’ailleurs Macron a frappé fort en mettant en cause le tabou des excédents budgétaire d’outre Rhin. A défaut de reformes qu’il souhaitait, Macron a reçu une médaille de l’engagement européen ! Le président français, qui recevait à Aix-la-Chapelle le Prix Charlemagne récompensant l’engagement européen d’une personnalité, est engagé dans une difficile négociation avec Angela Merkel visant à écrire une feuille de route de réformes. De nombreux conservateurs alliés à la chancelière s’opposent à l’un de ses principaux projets : une capacité budgétaire pour la zone euro, qu’il veut voir mentionnée dans cette feuille de route attendue pour le Conseil européen de la fin juin. Angela Merkel, qui a prononcé le discours d’éloge d’Emmanuel Macron lors de la remise du prix qu’elle avait elle-même reçu en 2008, a loué son implication et son courage et reconnu les différences d’approches sur l’avenir de la zone euro. “Oui, ce sont des discussions difficiles car les cultures sont différentes. Mais nous allons avancer sur l’union bancaire, sur l’union des marchés des capitaux, nous allons renforcer la zone euro, nous allons la rendre plus compétitive”, a dit la chancelière. En réponse Macron a firme que “La situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui collectivement n’est pas durable”, a-t-il dit. “Si nous ne regardons pas en face notre présent et notre avenir, cette zone euro se démantèlera et l’Europe aussi.”

Danger pour la Croissance ?

Danger pour la Croissance ?

 

 Après les bons résultats de 2017, plus 2% pour le PIB, on s’attendait normalement à une poursuite de la dynamique. Pourtant les résultats du premier trimestre 2018 ne sont pas au rendez-vous (0,3% contre 0,7% au dernier trimestre 2017). En outre, les conflits sociaux pourraient – en plus de toutes les fêtes et tous les ponts de mai-affecter les résultats du second trimestre. Cela d’autant plus qu’on constate un certain tassement l’activité internationale depuis quelques mois. La croissance de 2017doit pour une partie à l’effet Hollande et à un bon alignement des planètes avec un pétrole pas cher, un euro compétitif, une politique accommodante qui s’est traduit par un accès par cher au crédit. Autant d’éléments qui pourraient se retourner en 2018. Sans parler évidemment des conséquences géopolitiques liées à l Iran mais aussi à l’augmentation des tarifs douaniers. Une augmentation des taxes qui en retour va en retour encourager d’autres mesures protectionnistes. Globalement l’inflation est sur une tendance haussière et si le pouvoir d’achat n’évolue pas, cela affectera la consommation principal moteur de la croissance. Du coup la France pourrait avoir du mal à faire mieux qu’en 2017 en matière de croissance et connaîtrait même un tassement de cette croissance en 2019.

Ingénierie fiscale : Une supertaxe foncière d’abord pour les résidences secondaires

Ingénierie fiscale : Une supertaxe foncière d’abord pour  les résidences secondaires

L’ingénierie fiscale française est sans limite et ainsi vient d’imaginer uen super taxe foncière sur les résidences secondaire pour compenser la suppression de la taxe d’habitation. Ce qui se profile  dans le  du rapport Bur-Richard concernant le financement de la fin de la taxe d’habitation des résidences de vacances. Une solution évidemment de facilité si elle était étendue à toutes les résidences, secondaires ou pas. Bercy en rêve évidemment car compenser aux collectivités locales la perte des ressources liées à la taxe d’habitation va handicaper le budget. Dès lors, mieux vaudrait augmenter la taxe foncière ; En fait ce serait uen opération blanche. La tax habitation serait supprimée mais la taxe foncière augmentée d’autant. et cela au motif notamment que l’assiette n’a pas été révisée depuis longtemps (et oui les logements disposent de toilettes, de l’eau courante, et même de douches, un confort taxable !). Pour l’instant donc on vise d’abord des résidences secondaires.  Rappelant que les engagements du gouvernement Macron ne concernaient que les résidences principales, le rapport précise dès les premières pages: «Il n’est pas nécessaire de l’étendre à la taxation des résidences secondaires et des logements vacants, ressource adaptée aux charges des communes touristiques et base des prélèvements destinés à réduire la sous-occupation de logements dans les espaces urbains tendus. La mission préconise donc la poursuite de ces prélèvements applicables à tout local sous-occupé (ne constituant ni une résidence principale, ni un logement loué plus de six mois par an).»

Le mécanisme serait simple: le montant de la taxe d’habitation serait transféré vers un supplément de taxe foncière grâce à «un taux permettant le maintien de l’impôt antérieurement payé sauf allégement décidé par la collectivité compétente». Et dans les zones tendues, la surtaxe d’habitation deviendrait une surtaxe foncière. Encore un mauvais coup pour les zones rurales principales concernée par les résidences secondaires.

 

« Référendum » à la SNCF : pour quoi faire ?

« Référendum »   à la SNCF : pour quoi faire ?

 

Les résultats du référendum organisé par es syndicats ne font pas de doute, il y aura 90% au moins des cheminots contre le projet de modification du gouvernement. Ce référendum ne fera pas partir le patron de la SNCF Pepy dont le mandat n’est pas en question pour l’instant,  pas plus que celui du Premier ministre voire de la ministre des transports pourtant qui ne brille guère dans la gestion du conflit. Il s’agit évidemment d’une opération de com. pour ressouder les troupes en interne qui commencent à se fatiguer de l’absence de perspectives de sortie de crise. Après une première journée à 33,9%, le taux d’agents grévistes a graduellement baissé pour atteindre 17,12% mardi puis passer pour la première fois sous les 15%. Tous les métiers sont concernés par la baisse, y compris les conducteurs (53% contre 63% mardi), les contrôleurs (45,5% contre 58,9%) et les aiguilleurs (20,9% contre 24,5%), en pointe depuis le début de la contestation. Le trafic restait cependant très perturbé avec un train en circulation sur deux mercredi sur les lignes de Transilien, de TGV, de TER et sur les liaisons internationales et un train sur trois pour les Intercités. Pour Macron ce référendum sera encore du pain béni pour montrer que face à une attitude corporatiste, lui, le grand réformateur ne recule pas. De ce point de vue, l’attitude de Macron est aussi radicale que celle des syndicats. On instrumentalise le conflit SNCF pour donner du crédit à la ligne réformatrice du gouvernement. Bref deux attitudes assez irresponsables ; Il serait temps que des syndicats réformistes comme la CFDT sortent le conflit de ce bourbier en persuadant le gouvernement de trouver des solutions à la reprise de la dette, au financement des investissements et aux garanties des futurs embauchés hors statuts. Ce qu’a fait Laurent Berger, patron de la CFDT, qui sent bien que dans cette affaire c’est le syndicalisme mais aussi le gouvernement qui risquent de perdre en crédibilité.

France : « Risque pour la croissance future « ( Christopher Dembik.)

France : « Risque pour la croissance future « ( Christopher Dembik.)

L’économiste de la Saxo Banque Christopher Dembik indique dans la Tribune que la France a bénéficié d’une conjoncture plus favorable depuis l’arrivée de Macron mais cette croissance due à des facteurs exogènes pourrait bien se tasser à l’avenir. (Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Banque et récipiendaire du prix du meilleur prévisionniste pour la France en 2015).

 

 

 Comment expliquez-vous les bonnes performances économiques de la France en 2017 ?

CHRISTOPHER DEMBIK - La dynamique de croissance en 2017 a peu à voir avec Emmanuel Macron. En réalité, au cours des dernières années, l’économie française a bénéficié d’une conjonction de facteurs favorables : une baisse concomitante de l’euro, des prix du pétrole et des taux d’intérêt, et une amélioration marquée de la croissance du crédit français (particulièrement des flux de nouveaux crédits qui servent d’indicateur avancé à la croissance du PIB). Le bond du crédit a précédé l’élection présidentielle de 2017 et provient directement de la politique monétaire accommodante de la BCE, mais aussi des réformes en faveur des entreprises mises en œuvre à partir de 2014 par François Hollande comme le Pacte de responsabilité et de solidarité de 2014 et les crédits à l’embauche qui ont soutenu l’investissement, donc favorisé le recours au crédit.

Y-a-t-il eu un « effet Macron » comme beaucoup de commentaires pourraient-le laisser penser ?

Il est objectivement beaucoup trop tôt pour évaluer les conséquences économiques et financières exactes des réformes prometteuses qui ont été engagées par le Président Macron. Si l’on considère le marché obligataire, un indicateur fiable du sentiment des investisseurs, l’effet Macron n’a donné aucun élan. De novembre 2016 au printemps 2017, les investisseurs japonais évitaient la France et privilégiaient les obligations allemandes en raison des incertitudes liées à l’élection présidentielle. Peu après, la situation est revenue à la normale. Les achats mensuels nets japonais (Allemagne moins France) sont même inférieurs à leur niveau sous la présidence de François Hollande. Aucun effet Macron n’est perceptible sur le marché obligataire.
Jusqu’à présent, ce que nous appelons « l’effet Macron » est surtout un très gros regain de confiance, particulièrement visible au niveau du moral des chefs d’entreprise, et une campagne de communication très bien menée pour attirer les investisseurs. Autant que je me souvienne, c’est la première fois que la France adhère officiellement et sans ambiguïté au capitalisme et à la mondialisation. Concrètement, des opportunités émergentes se présentent aux investisseurs étrangers : non seulement ce qu’on appelle la « FrenchTech », mais, avant tout, une vague de privatisations qui va toucher des entreprises à forte valeur ajoutée dans différents secteurs (aéroports, constructeurs automobiles, jeux de hasard, etc.) et l’introduction d’une fiscalité plus favorable aux investisseurs.

Quelles sont vos prévisions pour 2018 et 2019 en termes de croissance ?

Nous considérons que le pic d’accélération de la croissance a été atteint fin 2017-début 2018. On devrait à court terme encore évoluer proche de 2% mais le risque est élevé que la croissance française déçoive à l’avenir. D’après nos prévisions, « l’effet Macron » tant attendu risque d’être contrebalancé par des facteurs conjoncturels et structurels défavorables, notamment la normalisation de la politique monétaire des deux côtés de l’Atlantique, le ralentissement économique chinois qui est certainement plus prononcé que les chiffres officiels ne le laissent croire et surtout un niveau de croissance potentiel du PIB très faible, qui a été revu à la baisse par le Trésor à 1,25%.

La multiplication des mouvements sociaux (grèves à la SNCF et chez Air France) pourrait-t-elle vraiment peser sur l’économie française ?

Les grèves vont avoir un impact sur l’activité, en grignotant quelques dizaines de points de hausse du PIB, mais l’effet négatif pourrait être atténué si ces mouvements sociaux s’atténuent rapidement, ce qui semble être le cas. La bonne nouvelle, c’est que la France se réforme, avec notamment la présentation du projet de loi Pacte dans les prochaines semaines au conseil des ministres, et qui va redonner une bouffée d’air frais à l’économie française. Dans le même temps, les corps intermédiaires peinent à mobiliser, ce qui semble indiquer qu’une majorité silencieuse est plutôt prompte à laisser sa chance au gouvernement.

 

Pologne : l’ argent de l’Europe pour acheter américain !

Pologne : l’  argent de l’Europe pour acheter américain !

La Pologne va acheter à Sikorsky et sans appel d’offre pour éviter l’offre d’Air Bus Helicopters. Le Un gouvernement ultra conservateur qui s’assoit délibérément sur les valeurs de l’Europe mai aussi sur les principes de solidarité. On sait que la Pologne bénéficie très largement des subsides de l’union européenne mais en revanche, elle choisit de privilégier l’achat de ses équipements notamment militaires en dehors de l’Europe. Bref, la Pologne veut le beurre et l’argent du beurre. Non seulement elle refuse toute solidarité pour gérer la difficile question de l’immigration par contre  elle peut disposer de toutes libertés que les Polonais puissent travailler chez les autres européens. Il conviendrait de choisir soit le nationalisme, soit la solidarité et la discipline européenne.  La Pologne préfère uen nouvelle fois acheter américain et ignore  Airbus Helicopters, qui a déjà saisi la justice polonaise, a également informé la commission européenne de la procédure de gré à gré entre la Pologne et Sikorsky jugée inéquitable. Pour sa défense, la Pologne met en avant l’article 67.1 du code des marchés publics selon lequel le donneur d’ordre peut se passer d’un appel d’offres dans le cas où l’achat de services ou de matériels ne peut être fourni que par une seule entreprise pour des raisons notamment techniques. Le constructeur de Marignane estime que si cette procédure est validée, Varsovie en profite pour acheter aux forces armées de nouveaux hélicoptères via l’article 67.1. Une chose est sûre, Airbus Helicopters est bel et bien mis au ban de la Pologne par le gouvernement polonais.

 

Hausse du pétrole : danger pour la croissance

Hausse du pétrole : danger pour la croissance

 

 

 

 

Plus de 70 dollars à New York, 76 pour le Brent à Londres.  Record pour le pétrole depuis 2014, une hausse qui pourrait menacer la croissance. Les industriels vont payer plus cher leurs métaux, et les automobilistes plus cher leur essence. En cause les fondamentaux qui ont bougé depuis 2016, passant d’une surproduction chronique à une situation plus équilibrée. Par ailleurs le fort possible retrait américain de l’accord nucléaire iranien va accroitre les tensions sur l’offre.  Or toute menace sur l’offre risque de précipiter le mouvement vers un marché déficitaire, car de son côté la demande est en hausse en liaison avec l’accélération de la croissance mondiale.  Le baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en juin, s’est pour la première fois depuis fin novembre 2014 hissé au-dessus de la barre des 70 dollars. Il a finalement terminé à 70,73 dollars, en hausse de 1,01 dollar ou 1,45% par rapport à sa clôture de vendredi. Les marchés financiers londoniens étaient fermés aujourd’hui mais le baril de Brent pour livraison en juillet a gagné 1,30 dollar ou 1,74% pour terminer à 76,17 dollars, là aussi son plus haut niveau depuis fin 2014, dans les échanges électroniques. « Que le baril de WTI atteigne le seuil des 70 dollars est important psychologiquement mais les cours ne cessent de grimper au fur et à mesure que se rapproche la date limite à laquelle Donald Trump doit donner sa décision sur les sanctions contre l’Iran », souligne Andy Lipow du cabinet Lipow Oil Associates.

 

SNCF : 3 pistes pour en sortir

SNCF : 3 pistes pour en sortir

 

Le Premier ministre est contraint par la posture de Macron de jouer l’équilibriste en affirmant d’uen part que le texte ne changera pas mais subtilité sémantique particulièrement floue  « il sera finalisé » ! En fait le Premier ministre doit afficher la ligne dure et il est certain qu’il ne reviendra pas sur le changement juridique de l’entreprise, la concurrence et la suppression du statut pour les nouveaux embauchés. Par contre sur les propositions avancées par Laurent berger secrétaire général de la CFDT des compromis sont possibles. Laurent berger avait avant sa rencontre avec le Premier ministre souhaité évoquer la reprise de la dette, le financement des investissements et la future convention collective devant couvrir tous les travailleurs du rail. Dune certaine manière, Edouard Philippe a ouvert la porte à un compromis sur 3 points même si cette ouverture demeure assez vague en raison sans doute des enjeux mais aussi d’une connaissance très moyenne du dossier.

 

Les 4 propositions d’Edouard Philippe 

  1. La reprise de la dette par l’Etat pourrait être votée par le Parlement.
  2. L’instauration d’une « règle d’or » pour interdire un « endettement excessif de la SNCF ».
  3. L’augmentation de l’investissement dans l’entreprise : « Nous devons sans doute aller plus loin pour financer notamment des travaux de modernisation de la signalisation, qui conditionnent la qualité de service et la régularité des trains » a-t-il ainsi déclaré.
  4. La mise en place d’un plan de « formation et d’adaptation des compétences » pour les cheminots.

Les syndicats reverront le Premier ministre le 24 ou le 25 mai, avant l’examen du projet de loi au Sénat. Avant cela, ils rencontreront à nouveau Elisabeth Borne, la ministre des Transports, le 11 mai. “On sent qu’on rentre dans une deuxième phase où on va pouvoir formuler des propositions”, a salué le secrétaire général du syndicat, Laurent Berger. “Pour résumer ce matin : quelques ouvertures en termes de discussions qui devraient être menées dans le courant du mois de mai d’ici le débat au Sénat mais pas de garanties, en tout cas suffisamment précises”, a déclaré son homologue de l’Unsa, Luc Bérille. “Nous jugerons sur pièce.”  “Il n’est pas question de lever la mobilisation, on continue”, a prévenu pour sa part le secrétaire général de la CFDT-Cheminots, Didier Aubert.

 

Mai 68 : image positive pour 70% de Français

Mai 68 : image positive pour  70% de Français

Selon un sondage Viavoice pour Libération, 70% des personnes interrogées jugent positivement l’impact sur la société du mouvement social, selon un sondage Viavoice pour Libération. 70% des Français estiment que Mai 68 a eu un impact plutôt positif sur la société française, 15 % des sondés le jugent négatif et 15% n’ont pas d’opinion. »Parmi les sept Français sur dix jugeant que Mai 68 a eu un impact positif sur la société française, le clivage partisan n’est pas spectaculaire : 88% de soutien à gauche, mais aussi 77% au centre et même 59% à droite ou 68% au FN », précise le quotidien. Pour 61% des Français, Mai 68, c’est d’abord la convergence de la mobilisation entre des étudiants et des travailleurs, avant une mobilisation étudiante (19%) ou celle des travailleurs (14%). Pour 43% des sondés, Mai 68 représente d’abord des avancées sociales, politiques ou pour la société. « 51% des Français jugent que les événements de Mai et leurs revendications d’émancipation collective, plus qu’un souvenir, sont toujours d’actualité. Mais si 43% des sondés pensent que de tels événements pourraient se reproduire dans les années à venir en France, 46% n’y croient pas », souligne Libération.

Sondage réalisé en ligne les 16 et 17 avril 2018 auprès d’un échantillon de 1.000 personnes représentatif (méthode des quotas).

SNCF : 3 conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

SNCF : 3  conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

 

Laurent Berger dont le syndicat est largement impliqué dans le conflit SNCF est toutefois lucide ; Il ne le dit pas clairement mais pense que le gouvernement ne reviendra pas sur plusieurs aspects : le statut des cheminots, la concurrence et la transformation juridique de l’entreprise. Du coup pour lui, reste 3 conditions pour sortir des conflits : l’apurement de la dette, le financement des investissements et le contenu de la convention collective qui va se substituer aux statuts pour les nouveaux embauchés.  Laurent berger : «  Ce rendez-vous est pour moi un acte d’ouverture. J’en attends des engagements clairs sur la reprise de la dette, la politique d’investissement de l’Etat dans le ferroviaire et la garantie de l’Etat que l’Union des transports ferroviaires négociera une convention collective de haut niveau en matière notamment de protection sociale… ». Il n’est toutefois pas certain que le gouvernement veuille s’engager sur ces derniers point tellement sa réforme est mal préparée, souvent contradictoire et surtout idéologique. Macron veut en effet une victoire totale, en bref écraser l’entreprise, les cheminots et les syndicats pour montrer se muscles et sa posture de grand réformateur. De leur coté CGT et Sud ne céderont que par épuisement des troupes. Le conflit risque de durer et par parenthèse de tuer la croissance du second trimestre. Un enjeu que ni les uns, ni les autres ne semblent prendre en compte. Bref pour l’instant la radicalité vaut pour les eux camps sauf pour la CFDT qui préférait la négociation.

 

Brexit : Londres pour une frontière …..virtuelle

Brexit : Londres pour une frontière …..virtuelle

 

 

Finalement les questions relatives aux future s échanges commerciaux sont encore loi d’être réglées. Londres rêve encore un Brexit virtuel avec une frontière virtuelle qui lui permettrait finalement de faire comment avant. Londres serait pour un arrangement douanier simplifié à l’extrême (“highly streamlined customs arrangement”), qui minimiserait les contrôles douaniers en intégrant des solutions technologiques et numériques comme des déclarations en ligne préalables qui éviteraient aux camions de devoir s’arrêter et rendraient les passages aux frontières plus fluides, est également à l’étude. Une solution rejetée par l’union économique.  “Je suis très lucide sur cette question. (…) Il est tout à fait normal que nous quittions l’union douanière (…) mais ce par quoi nous allons la remplacer est de la plus haute importance”, a déclaré Greg Clark à la BBC.une autre solution consisterait pour Londres de trouver uen partenariat douanier avec l’UE qui contournerait le Brexit ; Une solution que refuse aussi l’Union économique.  S’appuyant sur l’exemple de Toyota, qui a besoin d’importer des équipements depuis le continent pour assembler des véhicules en Grande-Bretagne, Greg Clark a rappelé que les entreprises avaient besoin de certitudes sur l’avenir tout en prévenant qu’il faudrait du temps, tant pour prendre une décision et pour la mettre en œuvre. Ce message a reçu le soutien de représentants du secteur privé, dont celui d’Adam Marshall, directeur général de la chambre britannique du Commerce, qui a prié le gouvernement de privilégier le pragmatisme sur l’idéologie. La Première ministre, Theresa May est soumises aux pressions des partisans du Brexit qui espèrent la voir renoncer à l’option présentée comme ayant sa préférence, celle d’un partenariat douanier qui aurait le mérite de ne pas entraver les échanges commerciaux. De toute manière pour le moment l’UE ne veut ni d’un partenariat douanier, ni d’une frontière virtuelle.  Les deux options esquissées par le gouvernement britannique ont  donc pour l’heure été rejetées par l’Union européenne, qui insiste sur la nécessité d’éviter un retour à une “frontière physique” entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord. L’option du partenariat, indiquent des responsables européens, serait trop compliquée. Quant à l’option d’une “frontière numérique” avec système d’enregistrements des camions, elle relève des “contes de fées et d’elfes”, a dit le mois dernier un diplomate européen à Reuters.

Le bilan Macron : négatif pour 55%

Le bilan Macron : négatif pour 55%

 

 

Un sondage hier de BVA montrait que 57% des Français considéraient le bilan de Macron comme négatif, un chiffre presque confirmé par une grande enquête du  Centre de recherche de Sciences Po (Cevipof), où  55% des personnes interrogées pensent que le bilan du chef de l’Etat est aussi négatif. Un an après sa victoire, le 7 mai 2017, Emmanuel Macron conserve toutefois la confiance de ses électeurs d’alors : 68 % de ceux qui ont voté pour lui au premier tour jugent son bilan positif, de même que 56% de ceux du second tour, où Emmanuel Macron était opposé à la présidente du Front national, Marine Le Pen. Dans son propre camp majoritaire à l’Assemblée nationale, 93% des sondés proches du parti présidentiel La République en marche (LaRem) et 66% des sympathisants du MoDem, son principal allié au Parlement, considèrent que son bilan est positif.

Ce sondage a été réalisé via Internet du 25 avril au 2 mai auprès de 13.540 personnes composant le panel électoral suivi par le Cevipof depuis décembre 2015.

Air France : une impasse grave pour la compagnie

Air France : une impasse grave pour la compagnie

 

 

Le PDG a perdu son pari et va partir après le vote des salariés d’Air France. De toute manière uen mauvis pari car lors d’un referendum on ne réponde pas toujours à la question. C’est autant un nom aux propositions de la direction qu’un non aux méthodes de négociation. Pour preuve le SNPL se dit prêt maintenant à mettre de l’eau dans sin vin. Cela met la compagnie dans une situation très grave, ce que reconnait la CFDT qui s’inquiète pour l’avenir de la société et son avenir. La grève a déjà couté ce que couterait à peu près les revendications demandées, le mal est donc déjà fait d’autant que la compagnie Air France qui certes s’est un peu redresse est peu compétitive en regard de se concurrents. De quoi aussi ternir le climat social global en France marqué précisément par une grande insuffisance de la concertation. Jean-Marc Janaillac, PDG d’Air France-KLM et président d’Air France, a annoncé vendredi sa démission à la suite du rejet par les salariés du projet d’accord salarial à Air France, replongeant le groupe dans la crise.

Consultés par vote électronique depuis le 26 avril, 46.771 salariés d’Air France ont voté à 55,44% contre les propositions de la direction, déjà rejetées par l’intersyndicale qui mène vendredi son 13e jour de grève depuis le début de l’année. La compagnie a annoncé dans la foulée qu’elle retirait cet accord qui proposait à ses salariés 2% d’augmentation des salaires en 2018 puis une hausse de 5% sur les trois années suivantes alors que l’intersyndicale regroupant dix organisations réclamait une hausse de 5,1% dès 2018. L’intersyndicale a toutefois maintenu son préavis de grève pour lundi 7 et mardi 8 mai, ont indiqué à Reuters plusieurs représentants syndicaux. “On nous a refusé le dialogue, c’est cela qui fait aujourd’hui le départ de Monsieur Janaillac”, a estimé pour sa part Grégoire Aplincourt, président du Syndicat des pilotes d’Air France (Spaf), sur BFMTV. La CFDT – un des principaux syndicats d’Air France – qui avait accepté le projet d’accord, a fait savoir qu’elle ne le signerait pas, pour tenir compte du résultat de la consultation. “Cela augure d’une période trouble pour notre compagnie et d’une grave crise de gouvernance dont Air France n’a pas les moyens, eu égard à l’environnement économique et concurrentiel dans lequel évolue Air France”, précise le syndicat dans un communiqué. Le groupe employait 83.522 personnes au 31 décembre, dont 7.746 pilotes. L’intersyndicale regroupe FO, le SNPNC, la CGT, l’UNSA, le Spaf, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), Alter, Sud, la CFTC et le SNGAF.

Politique économique de Macron : injuste pour 72% des Français

Politique économique de Macron : injuste pour 72% des  Français

La grande faiblesse de Macron concernant le manque d’équilibre de sa politique économique et sociale est confirmée  selon un sondage Odoxa pour BFM Business, Challenges et Aviva Assurances publié jeudi. Un an après son élection, 58% des Français ont une mauvaise opinion de sa politique économique et fiscale, une proportion qui monte à 88% parmi les sympathisants de La France insoumise, 75% des sympathisants Front national, 59% des sympathisants socialistes et 56% des sympathisants Les Républicains. Les sympathisants La République en marche la plébiscitent (92%). Cette politique est jugée favorable aux entreprises (70%), plutôt “de droite” (69%) et a rehaussé l’image de la France (55%). Une majorité estime qu’elle n’a pas amélioré la situation économique de la France (58%).

Le sondage a été réalisé les 25 et 26 avril auprès d’un échantillon de 1.007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

« Pour un capitalisme apaisé » ? (J.-D. Senard, Michelin)

« Pour un capitalisme apaisé » ? (J.-D. Senard, Michelin)

Jean-Dominique Senard, président du groupe Michelin, s’explique  dans la Tribune sur  le rapport concernant sur le rôle de l’entreprise qu’il cosigne avec Nicole Notat (ancienne secrétaire générale de la CFDT), un rapport qui s’inscrit dans un chemin entre capitalisme d’Etat et capitalisme anglo-saxon.

 

Vous avez décidé de quitter votre poste dans un an pour le laisser à votre directeur général, Florent Menegaux. Il prendra la tête d’une entreprise qui se porte bien, puisque le groupe Michelin a réalisé 1,7 milliard de profit l’an dernier. Pourtant, dans le rapport que vous avez rédigé avec Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, dans le cadre de la mission « Entreprise et intérêt général », vous dites que le but d’une entreprise n’est pas seulement de faire du profit. Quel doit être selon vous le rôle de l’entreprise au XXIe siècle ?

JEAN-DOMINIQUE SENARD - Pour ce rapport, avec Nicole Notat, nous avons auditionné 200 personnes, tout le spectre du monde politique, social et intellectuel français. Nous sommes parvenus au constat qu’il existe une attente immense pour qu’il y ait un signal de l’évolution des entreprises dans notre pays. Cela nous a amenés à proposer de modifier le socle de la définition de l’entreprise dans notre Code civil. Pour y écrire que les entreprises ne sont pas là uniquement pour réaliser des profits, mais qu’elles se doivent aussi d’être attentives à considérer les enjeux sociaux et environnementaux. Nous voulons ainsi responsabiliser l’entreprise. Pas en augmentant l’intensité législative. J’ai toujours dénoncé les carcans réglementaires excessifs : il faut faire confiance à la responsabilité des entreprises. La RSE, la responsabilité sociale et environnementale, fait déjà partie de la vie des entreprises et ses acteurs ont besoin que cela soit reconnu alors qu’en France il y a encore une méfiance vis-à-vis de l’entreprise et notamment de la grande. La montée du populisme s’explique en partie par cette forme de méfiance vis-à-vis d’elles. Si cela devait continuer, si on laissait le soupçon se propager, on se préparerait un avenir compliqué. Nous avons essayé de proposer un chemin pour réconcilier les citoyens avec les entreprises. Car il n’y a qu’en France qu’il y ait cette atmosphère négative. Il est temps d’en sortir. Ainsi, proposer de définir la « raison d’être » d’une entreprise doit être un moyen de fédérer des collaborateurs de plus en plus, surtout les jeunes générations, à la recherche de sens, et de créer de l’engagement, et ainsi d’être un socle d’amélioration de sa compétitivité. L’engagement sans sens, cela n’existe pas.

La définition de la raison d’être de l’entreprise divise les patrons au sein du Medef ou de l’Afep. Vous êtes un révolutionnaire ? Comment rassurer ceux qui s’en inquiètent ?

Si amener les entreprises à définir leur raison d’être, c’est être révolutionnaire, je veux bien l’être. Mais c’est du bon sens. Je n’ai pas de doute sur le fait que tous les chefs d’entreprise ont une raison d’être pour leur entreprise. C’est son étoile polaire, son ADN, mais aussi ses racines. Ce sont des mots, mais cela compte. Michelin a une raison d’être, qui n’est pas dans nos statuts, mais qui n’a pas changé depuis 125 ans. Ce n’est pas théorique, cela vaut la peine de le dire et c’est bon pour l’engagement des salariés. Il y a une demande dans ce sens de la part d’entreprises de toutes tailles qui souhaitent marquer le fait qu’elles n’ont pas pour seule vocation de faire du profit, qu’elles ont une mission. Pour qu’elles aient cette satisfaction, faisons en sorte qu’elles puissent l’intégrer dans leurs statuts. Cela nécessite de publier des critères de réussite qui puissent être évalués. On verra si le gouvernement retient ce point, mais je serais déçu si ce n’était pas le cas. Quant au risque d’un excès de judiciarisation, je suis sensible au sujet. Cela a été au coeur de nos réflexions. Nous nous sommes entourés de compétences juridiques pour trouver les mots. Ce qui devrait rassurer ceux qui s’inquiètent. Il n’y a pas de quoi. On aurait pu imaginer d’aller jusqu’à une obligation de résultat, mais cela aurait pu entraîner des dérives. Ce n’est pas le cas. On nous a opposé la soft law, l’autorégulation. Nous ne sommes pas d’accord. Le Code civil c’est notre langage commun, c’est là-dessus que les juges se prononcent. La soft law, je suis pour. Il y a des choses admirables écrites sur la complémentarité entre droit souple et droit dur. Le droit souple peut permettre d’améliorer le droit dur. Mais c’est une erreur de penser que le droit souple préserve de toute juridiciation. Dans l’affaire Erika, l’entreprise avait été condamnée pour avoir enfreint son règlement intérieur. Attention donc à ce qu’on écrit dans le droit souple, car cela peut servir de référence. J’ai été séduit en travaillant sur le rapport d’avoir la possibilité de rendre au droit français son rôle de phare en Europe. Le Code civil n’avait que peu été touché depuis Napoléon. Si ce rapport peut servir d’aiguillon et qu’une culture européenne émerge, j’en serais ravi. On n’a pas eu en Europe la force de créer un capitalisme humaniste différent du capitalisme anglo-saxon ou d’État. Il faut qu’on arrive à créer cela, sans quoi nous ne serons rien. Si le rapport peut servir d’éveil, tant mieux. Les PME sont extraordinairement volontaristes, le niveau d’engagement des acteurs de la RSE nous a surpris. Nous espérons que notre rapport agira comme un accélérateur. Le mouvement est là, il y a une attente. Beaucoup d’entreprises veulent voir leur engagement reconnu. Si certains considèrent que la raison d’être, c’est cosmétique, ils se trompent. On ne peut pas tricher avec les salariés très longtemps, ou on n’a plus de crédibilité. Je pense que cela sera vertueux et que cela contribuera à renforcer la confiance avec le citoyen.

Vous proposez d’aller vers plus de participation des salariés aux décisions, ce qui fait aussi débat. Est-ce dans la culture française de mettre en place une codétermination à l’allemande ? Votre rapport peut-il déclencher un changement ?

Avec Nicole Notat nous avons voulu être audacieux et responsables. Nous venions d’horizons différents, mais nous nous sommes rejoints. Toutes les expériences en la matière se sont montrées positives, à de rares exceptions qui s’expliquent par un manque de formation des administrateurs salariés. Chez Michelin, nous avons fait entrer un représentant des salariés au conseil de surveillance. L’expérience a été très positive et le rôle de cette personne a été supérieur à nos attentes. J’ai travaillé en Allemagne où cela se fait depuis 25 ans. La France ne doit pas imiter l’Allemagne, nous n’avons pas la même culture. Ce que je dis, c’est qu’il faut consolider ce qui existe et faire entrer des salariés dans les conseils ou les organes délibératifs, avec un nombre de salariés proportionnel à la taille du conseil entre 1 et 3, et attendre le retour d’expérience pour voir s’il faut aller plus loin. Si on veut accélérer l’histoire, c’est un moyen de le faire.

Comment mesurez-vous l’engagement de vos salariés chez Michelin ?

Nous faisons une enquête mondiale annuelle auprès de nos 110 000 salariés et avons un taux de retour de 96 %, avec du verbatim. Cela nous a permis de mesurer une progression de notre engagement de 10 points en cinq ans. C’est lié à notre raison d’être, mais pas seulement. C’est aussi le résultat d’un immense travail sur la responsabilisation des équipes. Pas de l’autogestion, mais de l’autonomie dans un cadre défini. C’est pour moi un émerveillement de voir dans nos usines, des îlots de production qui prennent en main leur semaine de travail, se répartissent les tâches, les compétences, les congés… L’entreprise est boostée par cet engagement. Cela a pris 12 ans, mais cela génère du bien-être au travail. On ne reviendra pas en arrière, c’est un phénomène de fond.

Quelles autres politiques en matière d’engagement menez-vous ?

Nous avons été précurseurs en matière de télétravail. Cela se passe bien et cela contribue à la mixité. Les grèves de la SNCF vont accélérer ce processus. En ce qui concerne l’actionnariat salarié, nous pourrions mieux faire. Nous ne sommes pas un modèle. Nous allons travailler à augmenter le nombre de salariés actionnaires. En matière de négociation, Michelin a très tôt compris que les améliorations se font au plus près du terrain. Nous sommes parvenus à sauver certains sites en engageant des discussions. Les salariés nous ont dit ce qu’il fallait faire pour s’en sortir. Ils en savent parfois plus que nous.

Vous êtes un Ovni ou êtes-vous de plus en plus nombreux parmi les grands dirigeants du CAC 40 à dire que les salariés en savent plus que vous ?

J’ai l’impression de dire des choses de bon sens pour nous les chefs d’entreprise. Mais il ne faut pas se tromper de combat. Nous sommes dans un pays où il y a encore beaucoup d’opposition au capitalisme. C’est pourtant le sens de l’histoire, il faut trouver un chemin équilibré et acceptable vers un capitalisme apaisé. Je n’aime pas parler d’entreprise libérée. Je préfère parler d’entreprise responsabilisée. Je suis fier, après treize ans chez Michelin, d’avoir libéré la parole. J’ai été le premier gérant à recevoir les syndicats dans mon bureau. Le monde actuel a besoin de respirer. Les gens ont besoin de savoir où on va. C’est comme cela qu’on sauvera nos entreprises. La seule limite serait une dérive managériale, que les managers ne prennent pas le train en marche. Ce n’est pas facile pour eux de comprendre qu’après trente ans de contrôle des commandes, il faut devenir conseil, libérateur d’énergie. Les syndicats aussi doivent évoluer pour passer de l’opposition à l’accompagnement. Tout cela demande formation, patience et pédagogie. Mais après, c’est juste formidable.

On va fêter l’anniversaire de l’accès au pouvoir d’Emmanuel Macron, qui avait voulu lorsqu’il était ministre de l’Économie que l’objet social dans l’entreprise soit réformé. Vous lui avez remis ce rapport. Quelle garantie avez-vous qu’il ira aussi loin que vous le souhaitez ?

Ce sujet avait déjà été évoqué en 1995 dans le rapport Viénot sur la gouvernance des entreprises. Emmanuel Macron l’avait évoqué dans plusieurs discours. Il est à l’origine de l’initiative portée par quatre ministres : Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, Nicole Belloubet, ministre de la Justice et Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Ce rapport correspond à la perception d’Emmanuel Macron qui souhaite faire cesser la méfiance vis-à-vis des acteurs économiques, mais nous avons eu toute indépendance pour le rédiger. Je suis optimiste sur ce qui en ressortira. Nous aurons la réponse en mai lors de la présentation de la loi Pacte.

Concernant Michelin, quelles sont les tendances qui vont transformer l’entreprise et comment la voyez-vous dans dix ans ?

La raison d’être de notre groupe, c’est d’offrir à chacun la meilleure façon d’avancer. Notre stratégie à 5-10 ans est portée par la mobilité durable. Pour le pneumatique, on va voir se développer une accélération des performances du produit orientée par des exigences sociales et environnementales. Il y a des pistes de progrès à réaliser en matière énergétique, de silence, de confort, de sûreté… Nous avons des progrès technologiques énormes à faire. Le pneu devra à l’avenir être connecté, communiquer, jouer un rôle dans le développement du véhicule autonome. Nous sommes un groupe industriel, mais aussi une société de service. Nous devons tenir compte de l’arrivée du numérique. Ce serait une vulnérabilité de ne pas embrasser cette évolution, de rater ce virage. Cela serait mettre l’entreprise en danger. Aujourd’hui je ne sais pas dire qui sont nos concurrents. Est-ce Google, Amazon ou une startup qui émergera en Lituanie ? Nous ne sommes pas invulnérables. Séparer service et industrie n’a plus de sens aujourd’hui. Michelin c’est aussi un trésor de connaissances en matière de physique et de chimie. Notre avenir c’est le pneu, mais cela peut aussi être l’utilisation de nos connaissances des matériaux dans des domaines adjacents, le plus souvent liés à la mobilité, mais dont le trait commun est la science des élastomères. C’est pourquoi j’ai souhaité que l’entreprise se lance dans ce domaine. Nous l’avons fait avec l’imprimante 3D, la pile à combustible, nous avons aussi lancé une OPA amicale sur le groupe Fenner PLC, un leader mondial de solutions de bandes transporteuses et de produits à base de polymères renforcés. On ouvre l’entreprise Michelin sur la haute technologie.

Quand vous parlez de services ou d’élastomère, où est la valeur ?

Dans le monde d’aujourd’hui, il y a une tentative de captation de la valeur par ceux qui maîtrisent les données. Ces données, nous devons les utiliser au service de nos clients. L’entreprise doit les maîtriser sur toute la chaîne. Le grand danger pour les entreprises, si elles font des progrès en intelligence artificielle, c’est qu’elles en soient privées à un moment parce qu’elles auront confié leurs données à un concurrent. On peut travailler avec les Gafa, mais en faisant attention à ce point. En début d’année nous avons annoncé une association avec le conglomérat japonais Sumitomo, et ensemble, nous sommes devenus numéro un de la distribution de pneumatiques en Amérique du Nord. À travers une plateforme, nous sommes capables de maîtriser la donnée, la distribution et l’ensemble de la valeur. Il faut se méfier des accords qui peuvent conduire à une grande vulnérabilité si on perd la science des données et leur contrôle.

Cet enjeu de la distribution, c’était votre faiblesse avant ?

Nous ne l’avions pas négligé, mais l’accès au marché est devenu plus difficile et plus concurrentiel avec l’arrivée du numérique. On observe que certains acteurs prenaient des positions fortes dans les domaines commerciaux. Le rôle de grossiste croît. Si on ne maîtrise pas l’accès, on est en danger, parce qu’on devient juste un fournisseur et que les grossistes imposent leur loi. D’où l’intérêt de ne pas perdre la maîtrise. C’est pour cela que nous avons repris Allopneus. Cela nous a apporté une nouvelle plateforme alors que nous n’en possédions pas. Nous avons acquis des sociétés qui avaient des compétences technologiques que nous ne possédions pas, par pragmatisme. Plutôt que de créer la nôtre et d’être en retard, nous avons préféré faire des acquisitions pour ne pas perdre la main des affaires. C’est dans cette même logique que nous avions fait l’acquisition de la société brésilienne Sascar, entreprise spécialisée dans la gestion via internet de flottes de poids lourds. Cela avait suscité à l’époque des interrogations en Europe, alors qu’aux États-Unis ils avaient compris pourquoi nous le faisions.

Il y a polémique sur le fait qu’en France il n’y ait pas de Gafa et que ces derniers commencent à montrer leur vrai visage à travers leur position dominante. Quelle est votre position, a-t-on été naïf ou négligent ?

Si on est pessimiste, on peut penser que l’histoire est pliée. Mais je pense qu’il y a encore des opportunités d’inverser les choses et de les rétablir. Il ne s’agit pas de démanteler les acteurs, ce qui serait un aveu de faiblesse, mais de chercher à en créer d’autres. Il faut éviter et limiter les abus, éviter tout ce qui touche aux risques de menacer les libertés personnelles. On peut créer des acteurs dans ce domaine si on va vite. Le génie français est capable de créer un concurrent et cela peut se faire au niveau européen. Il y a urgence à le faire.

Quel est le rôle de Michelin dans cette perspective, êtes-vous un incubateur de startups ?

Il y a un dynamisme fou, les créateurs de startups cherchent du sens. À Clermont-Ferrand nous sommes partenaires de Bivouac, un incubateur de startups régionales. Mais le problème de la France n’est pas de créer des startups, on a des talents, de la volonté, mais ce qui pose problème, c’est le développement de ces sociétés. Nous avons trop de pertes en ligne. Parmi celles qui avancent, trop nombreuses sont les startups qui sont rachetées par des acteurs asiatiques ou américains, parce que nous ne parvenons pas à leur donner les moyens d’assurer leur développement. Tant que nous n’aurons pas trouvé une solution à ce problème, avec un pôle actionnarial solide, nous serons vulnérables.

 

Logement : situation de crise persistante pour les plus défavorisés

Logement : situation de crise persistante pour les plus défavorisés

4 millions de mal logés, plus de 12 millions en situation de fragilité, souvent 40% des revenus consacrés au logement tels sont les principales caractéristiques de résidents les plus pauvres (Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale –ONPES-  dans son rapport annuel.). En cause l’insuffisance de l’offre puis que le nombre de logements neufs construit est largemenet insuffisant. En outre la métropolisation qui concentre les populations sur des zones tendues où le prix de loyers devient de plus en plus inabordable pour certaines catégories.  Parmi les obstacles au logement, la difficulté pour les personnes sans logement de passer des centres d’hébergement à un logement de droit commun et un taux d’effort financier excessif pour de nombreux ménages pauvres. “Près d’un tiers des ménages à bas revenus, soit environ 1,7 million, dépensent plus de 40 % de leurs ressources pour leur logement en 2013 alors qu’ils étaient un peu plus d’un cinquième dans cette situation en 2001”, souligne le rapport. Cette proportion passe à près de deux tiers pour les ménages à bas revenu qui accèdent à la propriété (+25 points entre 2001 et 2013), signe d’une accession de plus en plus ardue pour cette catégorie sociale. Pour les mal-logés en situation de précarité dans des centres d’hébergement, la probabilité “d’entrer, au cours de l’année qui suit, dans un logement ordinaire ou dans un logement assorti d’un accompagnement spécifique a décru de 38 à 34 % entre 2008 et 2012”, note en outre l’observatoire, qui constate l’insuffisance de logements abordables pour les catégories de revenus les plus modestes. “Aujourd’hui la situation des ménages par rapport à leur logement est devenu un facteur majeur des inégalités territoriales, qui ne cessent de se creuser dans ce pays”, estime Jean-Claude Driant, codirecteur du rapport et professeur à l’Ecole d’urbanisme de Paris.

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