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Chèque énergie : 600 millions pour la facture du chauffage

Chèque énergie : 600 millions pour la facture du chauffage

sans doute le chèque énergie d’un montant de 100 € et qui va représenter au total autour de 600 millions est-il lié au contexte de la période électorale. En effet, il y a quelques contradictions à voir l’état participer au financement du chauffage et dans le même temps à proposer l’instauration d’une taxe carbone qui va peser sur certaines énergies du chauffage et des transports. À moins que le gouvernement dans sa grande générosité décide aussi d’un chèque carburant !

Notons que depuis la crise du Covid  d’endettement est passéede 100 % du PIB à 120 % en 2020.

Pour 2022, le déficit devrait théoriquement baisser passant de -8,4% du PIB en 2021 à -4,8%. La dette devrait passer de 115,6% à 114% l’année prochaine.  »Le besoin de financement de l’Etat devrait être en baisse en 2022 de 21 milliards d’euros. Il y a une baisse très significative du déficit en raison de la reprise » a indiqué le nouveau directeur de l’Agence france trésor (AFT) Cyril Rousseau lors d’un point presse.

 

Après  les présidentielles, il faudra sans doute s’attendre à une remontée de la fiscalité compte tenu des dérives budgétaires et de l’endettement. Du côté des entreprises, le gouvernement poursuit sa politique de l’offre en baissant les impôts de production et le taux d’impôt sur les sociétés qui devrait s’établir à 25% d’ici la fin de l’année 2022. Concernant le manque à gagner des recettes issues des impôts de production pour les collectivités locales, Olivier Dussopt avait expliqué dans un entretien accordé à La Tribune au début du mois de juillet que les compensations « seraient intégrales et dynamiques ». Sur la question de la baisse des dotations aux régions qui a provoqué l’ire de l’association Régions de France dans un communiqué, la cabinet de Bruno Le Maire a répondu que « les régions sont les collectivités qui ont les finances les plus solides. Elles bénéficient de ressources encore très dynamiques ».

BCE : pour une politique monétaire plus démocratique ?

BCE : pour une politique monétaire plus démocratique ?

Un article intéressant de André Grjebine, ancien directeur de recherche à Sciences Po mais qui n’éclaire guère les perspectives de politique monétaire européenne

L’économiste André Grjebine s’interroge dans une tribune au « Monde » sur les risques d’éclatement de l’actuel système monétaire et plaide pour un renforcement de la démocratisation des règles en vigueur au niveau européen.

Tribune.

 

Contrairement à d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Japon, qui ont préservé leur souveraineté monétaire, les pays de la zone euro l’ont perdue au profit de la Banque centrale européenne (BCE), dont l’indépendance tant vantée s’oppose à une gestion démocratique et transparente des économies.

Alors que le rôle des banques centrales ne cesse de croître, aucun de ces pays ne dispose désormais d’une banque centrale émettrice de sa monnaie. Par crainte de voir des Etats membres se livrer à des créations monétaires inflationnistes, les fondateurs de la zone euro ont privilégié l’indépendance de la BCE au détriment de toute autre considération. Ce faisant, ils ne paraissent pas avoir compris la signification de l’indépendance d’une banque centrale.

En général, les lois définissent les règles de fonctionnement d’une banque centrale. La Réserve fédérale des Etats-Unis (FED) et la Banque d’Angleterre sont indépendantes en ce sens que leurs dirigeants déterminent les instruments qu’ils appliquent au service d’une politique monétaire décidée par le gouvernement et le parlement.

Dans l’Union européenne (UE), l’introduction de règles de gestion dans les traités fondateurs a enfermé le système monétaire européen dans un corset juridique s’inspirant d’une orthodoxie éminemment discutable. De plus, alors que les autres banques centrales participent à l’action des pouvoirs publics d’un Etat unique, qu’il soit fédéral ou unitaire, la BCE, elle, est la banque centrale de 19 Etats, qui connaissent des situations foncièrement différentes et n’ont pas les mêmes objectifs.

Dans ce contexte, trois stratégies étaient envisageables. La première consistait à suivre les normes établies par les traités européens. La deuxième, à contourner ces normes sans les modifier dans les textes. La troisième passerait par l’institution d’un gouvernement économique européen qui définirait de nouvelles normes.

2 millions de Chinois payés pour intoxiquer- via Internet- le monde

2 millions de Chinois payés pour intoxiquer via Internet le monde

 

l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem) dévoile la stratégie que Pékin met en œuvre pour étendre ses réseaux et pousser ses pions. ( l’Opinion, extrait)

Tous les moyens sont bons pour la Chine pour renforcer son influence. Il y a bien sûr le plus évident : les diasporas, diplomates, universités, la culture (le cinéma notamment), les think tanks.

Mais Pékin a d’autres atouts, comme « l’armée des 50 cents ». Du nom d’individus anonymes payés pour propager des informations. D’après le travail de l’Irsem, deux millions de Chinois seraient payés à temps plein pour effectuer ce travail de propagande insidieuse. Le PCC ne s’arrête pas là, enrôlant à temps partiel, à la demande, près de 20 millions de concitoyens pour ses tactiques sur les réseaux sociaux. Créant ainsi de faux mouvements d’opinion. Des « fermes de contenus » ont même été mises en place en Malaisie.

« Réhabiliter la nation pour sauver l’Europe »

 « Réhabiliter la nation pour sauver l’Europe »

Conseiller politique de François Hollande à l’Elysée, Aquilino Morelle publie un essai dans lequel il revient sur l’histoire de la construction européenne. Dans un entretien au « Monde », il affirme que pour sauver l’Europe, il faut réhabiliter la nation.(extrait ).

 

Docteur en médecine et ancien élève de l’ENA, Aquilino Morelle a été conseiller de Lionel Jospin pendant cinq ans (1997-2002). En 2011, il dirige la campagne d’Arnaud Montebourg pendant la primaire de la gauche, avant de devenir conseiller politique de François Hollande à l’Elysée (2012-2014). Il vient de faire publier L’Opium des élites. Comment on a défait la France sans faire l’Europe (Grasset, 592 p., 25 euros).

Dans votre livre, vous revenez sur plusieurs décennies de construction européenne. Votre sous-titre : « Comment on a défait la France sans faire l’Europe ». La situation est-elle si grave ?

C’est avant tout un livre sur la France, son malaise et une des origines principales de celui-ci : l’Europe. La France et l’Europe sont désormais si intriquées que je parle de « Franceurope ». Nous sommes parvenus à un moment-clé pde la construction européenne. Après s’être attaqué à notre souveraineté économique, budgétaire, monétaire, sociale, le système maastrichien cherche désormais à atteindre notre souveraineté politique. Je pense à la décision du 15 juillet de la Cour de justice de l’Union européenne, indiquant que la directive communautaire de 2003 sur la durée du temps de travail devrait s’appliquer à nos forces armées. Peut-on imaginer qu’un sous-marinier, par exemple, soit un travailleur comme un autre ? Au-delà du caractère grotesque de cet arrêt, si les autorités françaises n’y réagissaient pas, ce serait d’une extrême gravité pour notre sécurité nationale.

Vous affirmez que, dès son origine, la construction européenne a pris la mauvaise direction. Que reprochez-vous aux pères fondateurs ?

Leur projet, en 1950, était ouvertement fédéraliste ; il s’agissait de bâtir les « Etats-Unis d’Europe ». Après les échecs de la Communauté européenne de défense et de la Communauté politique européenne, en 1954, les fédéralistes ont compris que leur « grand soir » était illusoire ; ils ont donc choisi d’avancer masqués et de passer par l’économie : ce fut le traité de Rome de 1957.

 

Mais, dès 1965, le président de la Commission européenne, Walter Hallstein, a voulu relancer le fédéralisme et transformer la Commission en un exécutif européen. Ce projet s’est heurté au refus de De Gaulle et a entraîné la « crise de la chaise vide », résolue avec le compromis de Luxembourg (1966). Se sont ensuivies vingt-cinq années de statu quo ante. Avec l’arrivée d’un vrai fédéraliste, François Mitterrand, l’offensive a repris, via le « tournant » de mars 1983.

Pour une convention internationale du cyberespace

Pour une convention internationale du cyberespace

 

Après le scandale « Pegasus », qui a mis en en évidence l’utilisation du sabotage informatique comme nouvelle arme diplomatique, le chercheur en cybersécurité Ivan Kwiatkowski estime, dans une tribune au « Monde », que l’heure d’une « convention de Genève du cyberespace » est venue.( exctrait)

 

Tribune.

 

La technologie ayant une place croissante dans nos sociétés, la cyberdéfense est devenue une question de souveraineté pour la plupart des Etats, comme l’a prouvé le récent scandale Pegasus. Ceux qui n’ont pas les moyens de rivaliser avec les nations les plus puissantes sur le plan militaire ou économique renforcent leurs capacités d’attaque informatique. Déjà, la plupart des tensions et des conflits internationaux se manifestent également dans le cyberespace. Et ce n’est que le début.

Cette montée en puissance ne date pas d’hier. De nombreux Etats ont tenté de soutirer des renseignements d’ordre technologique, militaire ou stratégique à un large éventail d’acteurs depuis les années 1990. Presque trente ans plus tard, plus d’une centaine de groupes se livrent à ces opérations, de plus en plus de logiciels d’intrusion sophistiqués étant mis gratuitement à disposition du grand public. Un marché florissant s’est développé autour de la lutte informatique offensive, certaines entreprises fournissant même des logiciels ou des services dignes du mercenariat.

Face à ces menaces, aucun Etat n’a la capacité d’empêcher les attaques cyber, qu’elles le visent directement ou non. Afin de limiter les risques de cyberespionnage, la communauté internationale doit se concerter pour élaborer les normes technologiques de demain. La concurrence qui fait rage entre les Etats pour accaparer les prochaines avancées technologiques pourrait entraîner un morcellement de l’espace numérique. Si les accords bilatéraux fonctionnent pour l’instant, il est impératif de former des spécialistes en nombre pour permettre au secteur privé de se défendre efficacement contre les mêmes menaces.

 

En outre, les entrepr Projet Pegasus » : révélations sur un système mondial d’espionnage de téléphonesises étrangères, en particulier celles qui développent les équipements réseau ou traitent de données sensibles, devront accepter de se soumettre à des contrôles rigoureux pour inspirer une totale confiance (libre accès au code source, audits menés par des tiers de confiance, preuves de certificats logiciels, etc.). Les entreprises qui postulent à des marchés publics dans le domaine numérique devront respecter des conditions encore plus strictes.

Car les conflits du monde virtuel ont des conséquences dans le monde réel. L’immense majorité de nos activités repose désormais sur les technologies de l’information. Citons l’exemple de Stuxnet ou encore celui de la vague d’attaques destructrices Shamoon, pour illustrer l’ampleur des dommages pouvant être occasionnés.

Les services publics et la droite »( Philippe Juvin)

Les  services publics et la droite: Pour une nouvelle réflexion »( Philippe Juvin)

 

« Par idéologie, la droite et la gauche se sont souvent caricaturées. La droite, en prétendant imiter un système privé idéalisé. La gauche, en définissant le bon service public comme celui qui embauche le plus sans se soucier du service final rendu » Dans l‘Opinion (extrait)

Par Philippe Juvin ,candidat à la primaire de la droite, maire LR de La Garenne-Colombes et chef des urgences de l’hôpital Pompidou (Paris).

 

Pendant la crise sanitaire, j’ai vu la paupérisation du système de santé. Cette paupérisation touche en fait tous nos services publics. Les parents d’élèves se refilent sous le manteau les noms des bons établissements et fuient les mauvais, les maires voient leurs bureaux de poste fermer, on m’appelle tous les jours au secours pour trouver un médecin, et la majorité des infractions pénales sont classées sans suite.

Mais il y a un paradoxe : les services publics se dégradent alors que notre dépense publique est la plus élevée des pays développés, et que plus d’un actif sur cinq est un agent public. C’est comme si, en matière de services publics, les Français n’en avaient plus pour leur argent. Si nous rénovons et réarmons les services publics, cela devra donc être sans creuser le déficit et la dette, et sans prélever davantage d’impôts.

Par idéologie, la droite et la gauche se sont souvent caricaturées sur les services publics. La droite, en prétendant hier supprimer 500 000 fonctionnaires et imiter un système privé idéalisé, et en faisant de la fin du statut de la fonction publique l’alpha et l’oméga de toute réflexion. La gauche, en définissant le bon service public comme celui qui embauche le plus sans se soucier du service final rendu, le mot même de « résultat » étant suspect.

Nous parlerons ici autant de services au public que de services publics. Parvenir à trouver un médecin traitant n’est pas à proprement parler un service public, mais un service au public. Ce qui compte est la qualité du service rendu. La nature juridique du prestataire (public ou privé) et de ses agents (fonctionnaires ou non) est secondaire. Dans ma commune, je parviens à proposer une place de crèche à 70 % des parents qui le demandent grâce à une collaboration public-privé. Certaines crèches municipales sont gérées par des sociétés privées que nous rémunérons et contrôlons. Un berceau y coûte 3 500 euros par an à la commune pendant que le même berceau géré en régie nous coûte 5 000 euros par an. A aucun moment les parents ne voient la différence.

Chaque chargé de service public rendra compte au citoyen de façon simple et claire. On sait par exemple que 15 % des élèves de sixième ne maîtrisent pas le français ? Les écoles publiques et privées rendront publique la proportion de leurs élèves qui maîtrisent la lecture et le calcul en fin de CM2. On sait que les sujets âgés victimes d’une fracture du col du fémur meurent plus souvent si on perd 48 heures avant de les opérer ? Les hôpitaux et cliniques publieront la proportion de leurs patients opérés après 48 heures. Et ainsi de suite avec tous les acteurs chargés d’un service public. L’idée n’est pas de sanctionner : il n’y aura aucune conséquence sur les financements et les postes. Mais la simple publication des données incitera les acteurs à s’améliorer car nul ne veut paraître moins efficace que son voisin.

Le deuxième pilier du réarmement des services publics consistera à leur redonner massivement des moyens humains. Nous ne pouvons pas faire autrement tellement manquent des postes en certains endroits. En cinq ans, nous basculerons le budget de 200 000 emplois administratifs ou de back-office vers des emplois au contact direct avec le terrain. Dans les hôpitaux publics, il y avait en 2014, 98 599 équivalents temps plein (ETP) de médecins et 96 216 ETP d’administratifs. Presque un médecin pour un administratif ! Sans compter les ministères et agences de toute nature.

En revenant au niveau moyen de l’OCDE, nous pourrions déplacer 100 000 emplois vers des postes de soignants. Dans l’Education nationale, 300 000 personnes occupent des tâches administratives et de soutien, contre 800 000 qui enseignent effectivement devant les élèves. Là encore, nous pouvons regagner des marges de manœuvre. Pendant cinq ans, toutes les créations de postes seront dédiées aux services directement au contact du public : soignants, policiers, enseignants, magistrats, militaires d’active. Les fonctionnaires qui le souhaitent pourront aussi augmenter leur temps de travail de 35 à 37 heures hebdomadaires avec augmentation de salaire en conséquence. Nous créerons ainsi l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers de postes. Nous déplafonnerons le nombre d’heures supplémentaires volontaires qui seront défiscalisées.

Le troisième pilier de rénovation des services publics reposera sur l’autonomie, et un nouvel acte de décentralisation. A Valenciennes, l’hôpital a joué la carte de l’autonomie des services. Résultat : l’établissement est à l’équilibre financier et son offre de soins est d’une très grande qualité, tout en appliquant la loi et les statuts actuels. Plus les acteurs publics sont autonomes, plus ils sont efficaces. Pour recruter leur personnel, définir une offre nouvelle, créer des partenariats, trouver des sources de financement complémentaires, les agents publics ne devront plus en référer à des tutelles ministérielles. Cette autonomie concernera aussi les élus locaux avec un nouvel acte de décentralisation qui transférera massivement des compétences aux communes et aux régions.

Le quatrième pilier du renouveau des services publics consistera à permettre aux citoyens de s’impliquer dans tous les aspects de la vie publique de proximité. Qui contesterait que les Restos du cœur, créés par de simples individus, rendent un véritable service public ? Comme maire, tous les jours, je constate le bénéfice collectif que l’on tire de permettre aux individualités d’agir seules ou à plusieurs, via une association, un regroupement de citoyens intéressés, une entreprise ou un comité de quartier. Nous favoriserons cela. En Grande-Bretagne, parents d’élèves et enseignants sont libres de fonder des écoles jouissant de l’autonomie pédagogique et de la liberté d’embauche et de rémunération des professeurs à condition de respecter les programmes nationaux. Nous y ajouterons le respect de la laïcité et de l’égalité filles-garçons. Résultat, le niveau général a augmenté, et 84 % de ces écoles sont considérées comme « bonnes ou exceptionnelles ». Ces « free schools » ont remis l’ascenseur social en route puisque 48 % ont été ouvertes à destination de populations défavorisées.

Cinquième pilier : nous lancerons un plan de rénovation de nos équipements. Nos infrastructures se dégradent. Selon le Sénat en 2019, 25 000 ponts étaient en mauvais état structurel et posaient des problèmes de sécurité. La moitié de nos gares sont dégradées. Pendant trois ans, la totalité des crédits d’équipement de l’Etat seront fléchés vers ces travaux de rénovation, incluant la rénovation énergétique.

Sixième pilier : la simplification des administrations, de leurs organisations et de leurs procédures. La bureaucratie est la première ennemie du service public : elle absorbe des moyens au détriment des missions de terrain, elle complexifie le travail des agents et décourage l’initiative. Combien d’administrations travaillent exclusivement à la vérification d’autres administrations ? Bien trop. Nous abolirons le contrôle systématique de légalité de l’Etat sur les collectivités locales et la séparation entre ordonnateur et payeur. Nous abolirons les doublons : tout service public décentralisé verra son administration centrale supprimée. Au niveau individuel, les taches seront redéfinies avec le souci d’utiliser la bonne personne au bon endroit. Est-il normal qu’on affecte des policiers pour établir des procurations ou surveiller des sous-préfectures inutiles, et des médecins Bac +12 pour coder l’activité des hôpitaux ?

Une droite moderne doit défendre les services publics. Pas par idéologie ou démagogie. Mais à la fois parce que leur paupérisation aggrave le sentiment d’abandon de la population, et parce que l’éducation, les soins, la sécurité, les transports sont les conditions de la prospérité. Pour sauver les services publics, la droite doit cesser de les penser de façon poussiéreuse avec ses vieux schémas d’imitation du privé ou de remise en cause des statuts.  On n’attendait pas la droite sur la modernisation services publics ? Il nous suffit de décider que l’époque a changé et que le moment est venu de mettre fin à cette anomalie.

Philippe Juvin est candidat à la primaire de la droite, maire LR de La Garenne-Colombes et chef des urgences de l’hôpital Pompidou (Paris).

Sous-marins nucléaires américains. un choix militaire judicieux pour l’Australie

Sous-marins nucléaires américains. un  choix militaire judicieux pour l’Australie

Par John Blaxland, Australian National University (*)

 

Le gouvernement australien a décidé que la meilleure option pour le pays était d’accélérer la production d’une plate-forme de sous-marins à propulsion nucléaire plus performante avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

L’Australie sera ainsi plus étroitement intégrée dans l’orbite américaine. Technologiquement et militairement, cela signifie que si les États-Unis entrent en conflit dans la région indopacifique, il sera beaucoup plus difficile pour les Australiens de ne pas être directement et presque automatiquement impliqués.

C’est aussi un élément positif en termes de dissuasion face à la Chine. Sur les prochaines années, le nouvel accord renforcera le pouvoir de dissuasion qu’a l’Australie face à Pékin.

Les stratèges et les dirigeants chinois devront prendre en compte les risques accrus et seront sans doute moins enclins à décider de se lancer dans des actions hostiles. Les enjeux seraient trop élevés et les perspectives de succès trop faibles.

Ces dernières années, le gouvernement australien et son ministère de la Défense ont davantage mis l’accent sur les capacités militaires à plus longue portée, notamment avec la Defence Strategic Update de 2020.

Ce plan inclut l’acquisition de missiles ainsi que de capacités spatiales et cybernétiques. Les sous-marins à propulsion nucléaire s’inscrivent dans ce cadre, bien au-delà des capacités navales australiennes existantes.

L’avantage des sous-marins nucléaires est qu’ils n’ont pas besoin de remonter à la surface et peuvent rester immergés, donc furtifs, plus longtemps. À l’inverse, les sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique) doivent faire surface régulièrement, s’exposant alors à la détection. Ils disposent donc d’une portée furtive bien moindre.

Le nouvel accord va potentiellement transformer les capacités de la défense australienne, lui permettant de déployer ses sous-marins sur des distances bien plus importantes. Par ailleurs, l’Australie sera bien mieux intégrée avec les forces américaines et britanniques.

C’était évidemment moins le cas concernant l’accord précédent, de 90 milliards de dollars australiens (environ 56 milliards d’euros), signé avec la société française DCNS pour construire jusqu’à douze sous-marins.

L’ironie est que la France disposait de la propulsion nucléaire dans ses sous-marins Barracuda ; et si l’Australie avait opté pour cette option lors de la signature de l’accord en 2016, les Français auraient pu dire : « D’accord, nous allons reproduire notre technologie et vous la donner ». Dans ce cas, l’Australie serait sans doute sur le point de se faire livrer son premier sous-marin nucléaire.

Mais les Australiens ont demandé une propulsion conventionnelle, ce qui a retardé le programme français et donne désormais à la France une bonne raison d’être irritée par ce nouvel accord.

La question est de savoir quand les sous-marins américano-britanniques seront opérationnels, car les sous-marins français étaient loin d’être prêts.

Le nouvel accord permet potentiellement à l’Australie de louer des sous-marins britanniques et/ou américains, de manière temporaire, afin de développer l’expertise australienne en matière de propulsion nucléaire. Au minimum, on peut s’attendre à voir des équipages australiens à bord, aux côtés des Américains ou des Britanniques, pour développer leurs connaissances.

Mais pour le moment, l’Australie n’a pas la capacité d’exploiter et de maintenir des sous-marins nucléaires. Elle ne dispose pas de l’infrastructure nécessaire.

Cela signifie que le pays va soit devoir dépenser d’immenses sommes d’argent pour mettre en place cette infrastructure, soit sous-traiter cette mission au Royaume-Uni ou aux États-Unis, ce qui le soumettra à leur dynamique politique intérieure et le rendra redevable.

L’Australie a fait des erreurs dans la gestion de sa future capacité sous-marine ces quinze dernières années. Elle aurait dû prendre une décision sur la conception d’un nouveau sous-marin il y a longtemps – avec un programme de développement réaliste – et s’y tenir.

Ainsi, elle a refusé d’autres options, notamment une mise à niveau de son sous-marin actuel de classe Collins, pour une version plus récente, plus élégante et plus performante.

À la place, le pays a opté pour une conception radicalement nouvelle, que même les Français n’avaient jamais construite auparavant. Tout ce qui fait appel à une technologie de pointe est susceptible d’entraîner des retards et des dépassements de coûts. Et c’est exactement ce à quoi l’Australie a été confrontée.

Entre-temps les tensions sont montées dans la région et la nécessité d’acquérir de nouveaux sous-marins performants est devenue d’autant plus pressante et importante.

La combinaison de ces facteurs a conduit à une réévaluation rigoureuse des décisions antérieures jugées un peu trop hâtives en ce qui concerne les besoins australiens futurs en matière de sous-marins.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la décision australienne d’opter pour une plate-forme technologique fiable, connue, mieux intégrée aux systèmes américains et, avec un peu de chance, opérationnelle beaucoup plus rapidement, semble susciter une large approbation au sein des cercles de l’industrie de la défense du pays.

Les détails restent vagues, mais il semble que le plan initial consiste à sous-traiter le développement des sous-marins aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Mais si l’Australie doit être autonome, ce dont le gouvernement semble reconnaître la nécessité, une grande partie de cette technologie devra être transférée sur place – au moins pour permettre la maintenance.

De nombreux aspects de la construction de ces sous-marins ne sont pas directement liés à des connaissances spécifiques des secrets de la propulsion nucléaire. Une partie considérable du travail pourrait donc être effectuée en Australie. Mais cela entraînera des retards et des coûts supplémentaires.

La situation régionale est plus turbulente que jamais et la perspective que l’alliance américaine vienne à la rescousse l’est aussi. L’ironie est que, afin d’être plus autonome, il est nécessaire pour l’Australie de mettre les bouchées doubles pour intégrer la technologie et les compétences américaines. Les Américains sont les leaders mondiaux dans ce domaine et ils ont la capacité industrielle de fournir rapidement les équipements.

Le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, est allé à Washington pour persuader les États-Unis de partager leur technologie. L’arrangement AUKUS prévoit de développer une base industrielle technologique et des lignes d’approvisionnement – cela signifie que les États-Unis et le Royaume-Uni semblent convaincus de la capacité de l’Australie à soutenir ces engagements.

Comment la Chine va-t-elle réagir ?

La question est fondamentale : cet accord accroît-il la sécurité de l’Australie ? Il ne fait aucun doute que le pays subira des critiques virulentes et acerbes de Pékin, qui verra les récents développements d’un très mauvais œil.

Mais la rhétorique chinoise ne doit pas être prise au pied de la lettre. Elle est en grande partie tournée vers ses propres citoyens. Il s’agit pour la Chine d’influencer et de façonner l’opinion d’une manière qui soit conforme à ce qu’elle perçoit comme étant ses intérêts.

Ces dernières années, à l’image de son renforcement militaire, la Chine s’est radicalisée dans sa rhétorique mais la plupart des experts en sécurité affirment qu’il s’agit surtout d’intimider des adversaires potentiels afin qu’ils fassent marche arrière.

Alors, une coalition AUKUS plus performante, avec l’Australie au milieu, dissuade-t-elle ou agace-t-elle encore plus la Chine ?

Il y a, en Australie, un consensus croissant sur le fait que le pays doit faire davantage pour dissuader les actions chinoises dans la région. Or, la dissuasion exige des capacités crédibles. Cette nouvelle alliance est cohérente avec ce raisonnement.

Le pays a décidé de mettre ses œufs dans le panier de la sécurité américaine depuis 70 ans – et cette nouvelle coalition va dans ce sens. L’espoir est que la collaboration avec le Royaume-Uni et les États-Unis améliorera la capacité de l’Australie à se défendre.

Mais les sous-marins ne sont vraiment utiles que si vous envisagez de devoir les utiliser. Tant que ce n’est pas le cas, une diplomatie habile et un engagement régional sont essentiels. Le Livre blanc de la politique étrangère australienne de 2017 parlait d’investir dans les liens de sécurité régionale. Pour que ce changement de politique améliore la sécurité du pays, il doit être associé à des efforts beaucoup plus importants visant à renforcer la sécurité et la stabilité aux côtés des voisins de l’Australie en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique.

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(*) Par John Blaxland Professor, Strategic and Defence Studies Centre, Australian National University.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Covid-19 : un manque de 500 millions de vaccins pour l’Afrique (OMS)

Covid-19 : un manque  de 500 millions de vaccins pour l’Afrique (OMS)

L ‘Afrique va manquer de presque 500 millions de doses par rapport à l’objectif mondial de 40% de vaccinés à la fin de l’année, a regretté jeudi 16 septembre l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Manquant de doses, Covax (mécanisme de solidarité inter nationale pour le vaccin) va expédier en Afrique environ 150 millions de vaccins de moins que ce qui était prévu. En prenant en compte ce déficit, 470 millions de doses de vaccins attendues sur le continent permettront de vacciner seulement 17% de la population, a estimé le bureau régional pour l’Afrique de l’OMS. Il en faudrait deux fois plus pour atteindre les 40%.

L’Afrique a franchi cette semaine la barre des huit millions d’infections, souligne l’OMS.

Économie : un plan pour les indépendants

Économie : un plan pour les indépendants

Au congrès des entreprises de proximité (U2P), à la Maison de la mutualité, à Paris. le chef de l’État leur a annoncé un plan spécifique pour les indépendants et entrepreneurs libéraux

Le premier axe porte notamment sur le statut des indépendants et la protection de leur patrimoine en cas de défaillance. L’insaisissabilité de la résidence principale des particuliers à leur compte, est étendue à l’ensemble des biens personnels.

Le cout du régime facultatif de couverture contre le risque d’accident du travail et de maladies professionnelles dont le coût est élevé, sera diminué de 30 %, sans impact sur les prestations offertes.

Les critères d’éligibilité à l’allocation des travailleurs indépendants (ATI), jugés «trop restrictifs», vont ainsi être assouplis. Tous les travailleurs indépendants qui cesseront leur activité pourront désormais toucher l’assurance-chômage une fois tous les cinq ans.

Le président de la République a aussi annoncé une baisse du taux d’imposition en cas de transmission d’entreprise durant les dix années qui suivent la reprise, «notamment pour dynamiser la reprise des fonds de commerce», souligne-t-on à l’Élysée. Cette mesure est évaluée autour de 100 millions d’euros. Le plan prévoit également des allègements fiscaux pour les cessions d’entreprises réalisées lors d’un départ à la retraite.

Enfin, les démarches avec l’Urssaf seront simplifiées. Pour répondre à une demande formulée depuis longtemps par ces professionnels, leurs cotisations seront désormais calculées et versées en temps réel.

Un plan pour les chômeurs longue durée (Élisabeth Borne)

Un plan pour les chômeurs longue durée (Élisabeth Borne)

La ministre du Travail, Élisabeth Borne à déclaré que le gouvernement va lancer «un plan inédit sur les chômeurs de longue durée» en finançant les entreprises qui formeront pendant plusieurs mois ces demandeurs d’emploi. Selon les dernières données officielles, la France (hors Mayotte) comptait au deuxième trimestre 3,026 millions de demandeurs d’emploi de longue durée, inscrits depuis plus d’un an (catégorie A,B,C), avec plus d’1,5 millions inscrits depuis plus de deux ans.

Les demandeurs d’emploi de longue durée représentent désormais 50,3% des inscrits, le seuil des 50% ayant été franchi en janvier.

«Nous allons financer les entreprises qui formeront pendant plusieurs mois les demandeurs d’emploi de longue durée», poursuit la ministre.

Instagram :Une application dangereuse pour la jeunesse

 Instagram :Une application dangereuse pour la jeunesse

D’après un article du Wall Street Journal (extrait )

 

Les travaux menés par Facebook ces trois dernières années ont montré que l’application était particulièrement dangereuse pour certaines adolescentes. D’après une diapositive de 2019 que le Wall Street Journal a pu consulter, les chercheurs estimaient en effet que, chez un tiers des adolescentes, Instagram amplifiait les complexes physiques. Les jeunes interrogés estimaient également que l’application provoquait une augmentation des cas d’anxiété et de dépression, selon ces travaux.

En public, en revanche, les dirigeants de Facebook minimisaient régulièrement les effets négatifs d’Instagram et n’ont jamais communiqué les conclusions des recherches. En mars dernier, Mark Zuckerberg a annoncé que son groupe « commençait d’envisager » une version d’Instagram adaptée aux moins de 13 ans.

« L’article paru ce jour dans le WSJ et consacré aux recherches que nous menons pour comprendre l’expérience des jeunes sur [Instagram] donne une image négative de nos conclusions, mais soulève des questions importantes, a tweeté mardi Adam Mosseri, le directeur général d’Instagram. Nous ne renions pas ce travail et pensons que les entreprises devraient être plus nombreuses à le mener. »

Le réseau social a également publié un post expliquant que ses travaux internes étaient cohérents avec des études externes estimant que les réseaux sociaux ont des conséquences « en demi-teinte » sur le bien-être. Facebook n’a pas souhaité réagir aux déclarations des parlementaires.

En avril, des élus démocrates avaient écrit à Mark Zuckerberg, critiquant la volonté du groupe de lancer un Instagram pour enfants. En mai, les procureurs généraux de 44 Etats et territoires lui avaient demandé de renoncer à son projet.

En août, Richard Blumenthal et Marsha Blackburn avaient demandé à Mark Zuckerberg de publier les études internes consacrées à l’impact des applications du groupe sur la santé mentale des jeunes. Tous deux avaient déjà critiqué Facebook par le passé. Le groupe leur avait répondu dans un courrier de six pages… qui ne comportait pas une ligne des conclusions des travaux.

« Une chose est sûre : Facebook est incapable d’être à la hauteur de ses responsabilités, ont déploré l’élu du Connecticut et la sénatrice du Tennessee dans leur communiqué commun. L’enquête du Wall Street Journal montre que la direction de Facebook n’a qu’un seul but, la croissance à tout prix, et fait passer le profit avant la santé et la vie des enfants et des jeunes. »

« Quand on lui a donné l’occasion de dire en toute transparence ce qu’il savait de l’impact d’Instagram sur les jeunes, Facebook a fourni des réponses évasives et trompeuses, dissimulant les preuves de nocivité », ajoutent-ils.

Le sous-comité chargé de la protection des consommateurs est une émanation de la commission du commerce du Sénat.

L’enquête du Wall Street Journal s’appuie sur de nombreux documents internes. Une partie de ces documents a été transmise à la SEC, le gendarme de la bourse américaine, et au Congrès par une personne qui souhaite bénéficier de la protection fédérale accordée aux lanceurs d’alerte, avait déjà relaté le Wall Street Journal.

« Ces documents montrent clairement que Facebook a pris, en toute connaissance de cause, des décisions qui ont permis la diffusion de fausses informations et de contenus nocifs. Les informations anonymes transmises en toute légalité, à l’instar de celles dont nous parlons aujourd’hui, sont indispensables aux autorités et au Congrès », souligne John Tye, avocat de Whistleblower Aid qui a transmis les documents à la SEC.

Facebook n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaire sur le communiqué des sénateurs.

Mardi, après la parution de l’article du Wall Street Journal, les parlementaires des deux côtés de l’Atlantique ont dit leur inquiétude.

« C’est épouvantable, a déploré Ed Markey, sénateur démocrate du Massachusetts, sur Twitter. J’exige des réponses de Mark Zuckerberg. »

Damian Collins, parlementaire britannique qui milite pour une loi sur la sécurité en ligne, a également fustigé le réseau social, soulignant dans un communiqué que l’article du Wall Street Journal « démontrait que l’entreprise, une fois encore, vise le profit, quitte à faire du mal ».

« Les recherches [de Facebook] révèlent qu’une grande partie des jeunes utilisateurs d’Instagram disent que l’application dégrade l’image qu’ils ont d’eux, mais tout ce que veut l’entreprise, c’est qu’ils s’y connectent encore et encore. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Traduit à partir de la version originale en anglais

Biden et Johnson torpillent le marché du siècle de sous-marins pour l’Australie

Biden et Johnson torpillent le marché du siècle de sous-marins pour l’Australie

 

 

Après l’accord stratégique de défense entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni («AUKUS» )  , l’Australie a annulé le contrat du siècle des sous-marins que devait fournir la France. Ce partenariat de sécurité conduit l’Australie à annuler sa commande à la France

 

«La décision que nous avons prise de ne pas continuer avec les sous-marins de classe Attack et de prendre un autre chemin n’est pas un changement d’avis, c’est un changement de besoin», a déclaré Scott Morrison, qui a également annoncé l’achat de missiles américains Tomahawk.

 

 

SONDAGE 2022: 8% pour Zemmour, Le Pen en baisse

SONDAGE 2022: 8% pour Zemmour, Le Pen en baisse

La  candidate du Rassemblement national est  celle qui aurait le plus à perdre, à en croire les résultats d’un  sondage Elabe pour BFMTV, diffusé mardi.

En l’absence du polémiste, la droite ne parvient pas pour l’heure à perturber le duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui sont crédités respectivement de 26% et 23% des intentions de vote, loin devant le représentant de la droite, qu’il s’agisse de Xavier Bertrand (16%) ou de Valérie Pécresse (14%).

« Compte-tenu des résultats mesurés au premier tour et des marges d’erreur dans l’hypothèse avec Eric Zemmour, une configuration de second tour Emmanuel Macron/Xavier Bertrand est possible bien qu’elle soit actuellement nettement moins probable que la configuration Emmanuel Macron/Marine Le Pen », note Elabe.

Si le duel Emmanuel Macron/Marine Le Pen se confirme malgré tout, l’actuel président de la République l’emporterait largement au second tour, avec 59% des intentions de vote contre 41% pour sa rivale, selon Elabe. Le face-à-face serait plus tendu avec Xavier Bertrand: le chef de l’État n’y est donné gagnant que d’une courte tête (52% contre 48%).

 

Sondage Elabe pour BFMTV réalisé par Internet du 11 au 13 septembre 2021 auprès d’un échantillon de 1334 personnes représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans et plus, dont 1200 inscrits sur les listes électorales. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

BCE : Pour une redéfinition de son mandat

BCE : Pour une redéfinition de son mandat

 

Claude Meidinger, Professeur retraité de sciences économiques, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne Estime, qu’il faut redéfinir le mandat de la banque centrale européenne.

Si fixer un taux d’inflation à 2 % est un objectif clair, le « verdissement » de l’économie, lui, ne l’est pas, explique, dans une tribune au « Monde », l’économiste Claude Meidinger, qui demande une redéfinition du statut de la Banque centrale européenne.

 

Tribune.

Au moment où les banquiers centraux déclarent la finance verte comme « nouvelle frontière du XXIe siècle » (« The Role of Banking in a Sustainable Global Economy », François Villeroy de Galhau, World Conference of Banking Institutes, Londres, 17 septembre 2019) et décident d’introduire un « biais vert » dans leurs programmes d’achat d’actifs, le statut de la Banque centrale européenne (BCE) et son indépendance méritent quelques instants de réflexion.

Aujourd’hui, avec des taux d’intérêt au plancher zéro et de faibles taux d’inflation, la politique budgétaire est devenue l’instrument de choix de la stabilisation économique. Dans ces circonstances, il est tentant d’utiliser la banque centrale comme agent du Trésor public pour financer le budget de l’Etat et fournir directement des crédits à des institutions non financières.

Or, pour ne pas mettre en cause l’indépendance de la banque centrale, une politique de détention de titres doit respecter deux principes : en premier lieu, l’intégrité du processus budgétaire en minimisant l’implication de la banque dans l’allocation du crédit à des secteurs particuliers ; en second lieu, les actifs doivent être choisis de manière à minimiser le risque d’être impliqué dans des imbroglios politiques (J. Alfred Broaddus Jr. et Marvin Goodfriend : « What Assets Should the Federal Reserve Buy ? », Federal Reserve Bank of Richmond, Economic Quarterly Volume 87/2001).

 

Dans le cas contraire, la banque centrale s’expose à des discussions contentieuses concernant sa politique d’acquisition d’actifs et à un risque financier non contrôlé.

Pour éviter ces risques et contrer une telle tendance à la « fiscalisation » des banques centrales, on a besoin d’un système dans lequel les banquiers centraux ne se pensent pas comme le seul recours, de sorte que, quand la politique monétaire atteint la limite de son efficacité, ils ne se sentent pas obligés d’intervenir de manière quasi fiscale (Stephen G. Cecchetti et Kermit L. Schoenholtz ; « Limiting Central Banking », Money and Banking, 1er mars 2021).

Avec des actifs de banque centrale qui comptaient pour moins de 15 % de produit intérieur brut (PIB) en 2007, et qui se chiffrent maintenant entre 25 % de PIB pour le Canada et plus de 60 % de PIB pour la zone euro, le Japon étant hors normes, avec un actif dépassant 125 % de PIB, exprimer une telle préoccupation ne relève pas d’un archaïsme bancaire mal compris.

Mélenchon pour un SMIC à 1400 € nets

Mélenchon pour un SMIC à 1400 € nets

 

 

Mélenchon promet un SMIC à 1400 € nets (il est actuellement à 1231 €) et  le blocage des prix.

Mélenchon veut instaurer « immédiatement le blocage des prix sur les produits de première nécessité ». Autres mesures urgentes, « augmenter le smic pour le porter à 1 400 euros net mensuels » et « reporter de deux ans le remboursement des prêts garantis par l’État », il  propose aussi la nationalisation de tous les « biens communs, l’air, l’eau, qui appartiendraient alors à tous ».

Le député LFI veut également décréter « une année blanche pour les profits du CAC40 : tout ce qui excède la progression moyenne du CAC40 est réquisitionné », avance-t-il afin de récolter une manne de « plus de 50 milliards d’euros » qui servira à « financer un million d’emplois ».

 

Des solutions qui ressemblent sans doute davantage à des slogans qu’à des mesures économiques cohérentes même si certaines propositions peuvent paraître justes et alléchantes pour certains.

 

Biodiversité : pour des« changements radicaux

Biodiversité : pour des« changements radicaux 

« La réussite économique ne saurait plus se faire aux dépens de la nature », martèle l’Union internationale pour la conservation de la nature dans son « manifeste de Marseille ». Rédigé à l’issue du Congrès mondial de la nature qui s’est clos ce vendredi dans la cité phocéenne, ce texte s’accompagne de motions adoptées par les 1.400 membres de l’UICN , dont 90 Etats et des centaines d’ONG, agences gouvernementales, peuples autochtones et associations d’entreprises. (article des Echos, Extrait)

 

« Il y a une tâche monumentale pour inverser la courbe de destruction de la biodiversité d’ici à 2030, qui est l’objectif qui a été poursuivi à l’UICN. Nous ne sommes qu’au début, mais ce congrès nous permet de confirmer qu’une partie de la société a compris le problème. La prise de conscience s’est accentuée », souligne Pierre Cannet.

Une coalition menée par la France et le Costa Rica veut ainsi fédérer les pays autour d’un but : protéger au moins 30 % des terres et des océans d’ici 2030 au niveau mondial. Un objectif repris par la Convention sur la biodiversité biologique. L’UICN a par ailleurs adopté une motion indiquant que selon les avancées de la science, « il sera probablement nécessaire de protéger, conserver et restaurer au moins la moitié de la planète, voire plus » et invitant ses membres à soutenir « au minimum, un objectif d’au moins 30 % » sur terre et en mer. Le manifeste de Marseille appelle par ailleurs à la création d’un réseau d’aires protégées « ambitieux, interconnecté et efficace ».

Pour l’UICN, la pandémie de Covid « met en lumière le caractère insoutenable de notre rapport à la nature ». Ses membres ont ainsi adopté une motion visant à prévenir les pandémies. « Pendant la pandémie, nous avons changé nos comportements afin de protéger notre santé. Des changements radicaux sont une fois de plus nécessaires », exhorte l’UICN.

Alors que l’urgence environnementale peine à se hisser au niveau de l’urgence climatique au plan politique, la pandémie de Covid-19 a empêché de réelles avancées en obligeant les négociations internationales pour la COP15 à se tenir en ligne.

Présidentielle 2022 : et une « Primaire populaire » à gauche pour compliquer encore la situation

Présidentielle 2022 : et une « Primaire populaire » pour compliquer encore la situation

 

En plus d’un candidat socialiste, de Mélenchon, d’un candidat écolo, on pourrait compter un candidat issu d’une primaire populaire . A un mois de la clôture des parrainages citoyens pour désigner un candidat commun à gauche pour la présidentielle, la « Primaire populaire » annonce 83 000 inscrits samedi 11 septembre, a assuré l’association samedi à Marseille.

La clôture des parrainages est prévue le 11 octobre, date à laquelle seront alors connus les cinq femmes et cinq hommes pré-sélectionnés par les citoyens inscrits sur la plateforme sécurisée Neovote « pour faire gagner l’écologie et la justice sociale en 2022″, a expliqué Samuel Grzybowsi, porte-parole de cette « Primaire populaire »

Deux mois après l’ouverture de ces parrainages citoyens, ce sont pour l’instant Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice sous la présidence Hollande, et François Ruffin, député des Insoumis qui mènent la danse. Ils devancent plusieurs des candidats déclarés à la présidentielle : Sandrine Rousseau (2e), Anne Hidalgo (4e) et Delphine Batho (5e) côté femmes, Eric Piolle (4e), Jean-Luc Mélenchon (5e) et Yannick Jadot (6e) côté hommes. Les autres candidats potentiels parrainés par les citoyens sont pour l’heure Clémentine Autain (3e), proche de Mélenchon, d’un côté, l’économiste Gaël Giraud (2e) et l’Eurodéputé Pierre Larrouturou (3e), chantre de la semaine de quatre jours, de l’autre. Ce dernier, fondateur de Nouvelle Donne, est le seul pour l’instant à s’être porté candidat à la présidentielle via cette « primaire populaire ». Sandrine Rousseau et Eric Piolle ont annoncé qu’ils y participeraient s’ils remportaient la primaire des écologistes. Jean-Luc Mélenchon a pour l’instant refusé de s’y engager.

Afghanistan : la guerre continue pour les États-Unis

Afghanistan : la guerre continue pour les États-Unis

Alexandra de Hoop Scheffer est politologue, directrice à Paris du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States,  estime que les États-Unis ne sont pas sortis de la guerre en Afghanistan..(Dans l’Opinion, extrait)

 

Vingt ans après le 11 septembre 2001, l’Amérique ne s’est toujours pas remise du traumatisme causé par les attentats. Les échecs des interventions en Irak et en Afghanistan et le sentiment de déclin de l’influence des Etats-Unis face à la réémergence de la Chine suscitent chez les Américains une crise de confiance dans l’exceptionnalisme de leur pays et dans l’establishment politique perçu comme incompétent. L’ancienne secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice rappelait en 2008 que les deux priorités de la politique américaine post 11-Septembre étaient de « gagner la guerre contre le terrorisme » et de « promouvoir la liberté comme alternative à la tyrannie ».

La reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan et la résurgence de l’Etat islamique en Irak et en Syrie, signent un double échec pour les Etats-Unis et leurs alliés : la menace terroriste s’est adaptée et renforcée depuis 2001 et la promotion de la démocratie est durablement entachée et ne suscite plus l’adhésion des citoyens américains, ni d’une bonne partie de la classe politique, avant tout préoccupée par l’état de la démocratie américaine. Washington contemple dorénavant tout engagement militaire comme un risque d’engrenage sans fin dans des guerres civiles et recentre sa politique étrangère sur la compétition avec la Chine. Cela ne veut pas dire que la « guerre contre le terrorisme » est terminée. Le retour d’expérience de ces deux dernières décennies nous impose un exercice de réflexion sur les modalités d’interventions militaires et de clarification de leurs objectifs stratégiques.

« Dès janvier 2005, les services de renseignement américains estimaient que l’Irak était devenu un “aimant” pour une nouvelle génération de terroristes jihadistes, et anticipaient l’émergence de l’Etat islamique »

« Intérêts vitaux ». L’union sacrée qui prédomine aux Etats-Unis juste après le 11 septembre 2001, fait rapidement place à des divisions au sein de la société et de la classe politique américaines. La classe ouvrière américaine notamment, qui a porté le plus lourd fardeau humain de la « guerre contre le terrorisme », reproche aux administrations successives une politique interventionniste excessive, décorrélée des « intérêts vitaux » du pays (en premier lieu protéger les emplois américains) et du bien-être des citoyens. Il n’est pas surprenant dès lors que « l’Amérique d’abord » ait résonné avec autant de force pendant la campagne présidentielle de 2016. Il n’est pas surprenant non plus que le président Joe Biden conçoive sa politique étrangère « pour la classe moyenne américaine » et que son prédécesseur démocrate Barack Obama appelait au « nation-building at home ». Le retrait militaire d’Afghanistan et la fin des missions de combat en Irak d’ici décembre, sont soutenus par une majorité d’Américains, préoccupés avant tout par l’emploi et les inégalités socio-économiques qui se sont encore plus accentuées depuis la crise de la Covid-19.

Les revers politiques et stratégiques de ces vingt années d’opérations de contre-terrorisme et contre-insurrection sont colossaux, bien que l’administration Biden soit aujourd’hui dans le déni. Dès janvier 2005, les services de renseignement américains estimaient que l’Irak était devenu un « aimant » pour une nouvelle génération de terroristes jihadistes, et anticipaient l’émergence de l’Etat islamique. En Afghanistan, les talibans n’ont pas rompu leurs liens avec Al-Qaïda et le réseau Haqqani, dont deux représentants sont aujourd’hui intégrés au gouvernement intérimaire taliban. Le secrétaire à la Défense américain, le général Austin, estime qu’Al-Qaïda pourra se reconstituer en Afghanistan en deux ans — une perspective temporelle qui paraît bien optimiste.

L’ingérence américaine dans la transition politique post-talibans et post-Saddam Hussein a abouti à des résultats contraires à ceux souhaités par les Etats-Unis : les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan et le pouvoir irakien est sous l’emprise des milices chiites pro-iraniennes. En juillet 2010, Joe Biden, alors vice-président, disait que les Etats-Unis n’étaient pas en Afghanistan pour « transformer le pays en démocratie jeffersonienne ». Le discours autour de la démocratie, les élections « free and fair », les droits des femmes, ont servi avant tout à justifier la présence militaire et à créer l’adhésion des opinions publiques occidentales à une mission mal définie dès le départ. L’intervention en Irak a signé l’acte de décès de la « democracy promotion » et, avec l’échec afghan, a profondément changé le rapport des administrations post George W. Bush à l’usage de la force militaire, dorénavant employée de manière plus sélective et prudente, avec une revue à la baisse des objectifs stratégiques et des moyens déployés : le « leading from behind » d’Obama en Libye découle des leçons tirées de l’Irak et de l’Afghanistan, et la non-intervention en Syrie découle des leçons tirées de la Libye.

«  Ce n’est pas la première fois que le shérif américain revoit ses priorités stratégiques après une période d’interventionnisme : du président George W. Bush au président Biden, ils se sont tous accordés à dire que les Etats-Unis ne devaient plus être le “gendarme du monde” »

Ce n’est pas la première fois que le shérif américain revoit ses priorités stratégiques après une période d’interventionnisme : du président George W. Bush au président Biden, ils se sont tous accordés à dire que les Etats-Unis ne devaient plus être le « gendarme du monde » pour se concentrer sur la compétition avec la Chine. Mais chaque président a, dans les faits, étendu la « guerre contre le terrorisme » (par l’usage de drones armés en Somalie, au Yémen, en Irak, en Syrie, la présence des forces spéciales dans plus de soixante-quinze pays, des opérations cyberoffensives), confortant les Etats-Unis dans leur rôle de gendarme du monde, malgré la volonté affichée par les différentes administrations de s’en défaire.

En France, l’objectif fixé par le président Hollande après les attentats de novembre 2015 était alors non pas de « contenir » mais de « détruire » l’Etat islamique. Mais la « guerre contre le terrorisme » nous place en réalité dans une logique d’endiguement sans fin de la menace terroriste, et donc d’une guerre perpétuelle. Le retrait d’Afghanistan ne veut pas dire que la guerre est terminée : il s’accompagne d’une révision de la politique américaine de contre-terrorisme, avec un recentrage sur la guerre à distance. Les frappes américaines en Irak, en Syrie, en Somalie en juillet et en Afghanistan fin août contre l’Etat islamique, confirment cette tendance.

Alexandra de Hoop Scheffer est politologue, directrice à Paris du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States.

Yannick Jadot pour une régulation économique et sociale

Yannick Jadot pour une régulation économique et sociale

 

Yannick Jadot candidat à la candidature chez Europe écologie les Verts tentent* de gauchir un peu son discours. Certains écolos l’accusent en effet d’être un peu trop mou vis-à-vis du capitalisme. Tout en restant très mesuré et surtout très général. Yannick Jadot  Interrogé sur franceinfo estime  qu’«il faut dépasser le capitalisme bien sûr (…), ce modèle économique qui aujourd’hui détruit la planète (…), crée des inégalités inacceptables, conduit à un affaissement de la démocratie partout». Mais «il n’y aura pas de transition écologique sans les entreprises, sans les salariés», et «ce qu’attendent les Françaises et les Français, ce ne sont pas des débats théoriques».

«Qui peut prétendre aujourd’hui» que s’il est élu à la présidence de la République il s’affranchira de l’économie de marché ? a-t-il demandé. «Une boulangerie c’est une entreprise, une librairie c’est une entreprise, un paysan bio a des aides publiques, il y a un cadre réglementaire, mais à un moment donné il vend sur un marché, il ne vend pas à un kolkhoze. Je suis pour une économie régulée, régulée écologiquement et socialement», a fait valoir l’eurodéputé

Afghanistan : un désastre mondial pour les équilibres géopolitiques

Afghanistan : un désastre mondial pour les équilibres géopolitiques

Le retrait américain d’Afghanistan va réveiller les appétits géopolitiques de la Chine et de la Russie qui, « enhardies par le spectacle de la déroute », pourraient se montrer téméraires et commettre des fautes stratégiques, analyse le spécialiste de géopolitique Jean-Sylvestre Mongrenier, dans une tribune au « Monde ».(extrait)

 

Tribune.

Vingt ans après les attentats du 11 septembre 2001, le lâchage de l’Afghanistan aura de redoutables conséquences. Déjà, comme après la guerre du Vietnam, le spectre de la décadence hante l’Amérique. Au vrai, l’Europe ne saurait se poser en observateur extérieur. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis dirigent un empire informel qui réunit les nations occidentales. Leurs destinées sont liées.

De prime abord, le redéploiement géostratégique voulu par Washington n’est pourtant pas dépourvu de rationalité. La montée en puissance de la Chine populaire, les visées révisionnistes de la « Russie-Eurasie » ainsi que les ambitions iraniennes au Moyen-Orient préfigurent un regroupement d’« Etats perturbateurs » capables de tournebouler les équilibres géopolitiques. Aussi, la « longue guerre » contre le terrorisme peut-elle faire figure de coûteuse diversion stratégique.

S’étirant depuis les « Méditerranée asiatiques » (mers de Chine du Sud et de l’Est) jusqu’aux rivages du golfe Arabo-Persique et de l’Afrique orientale, un nouvel ensemble spatial s’impose à l’analyse : la région indo-pacifique. Là se détermineraient les rapports de force du XXIe siècle. Menacées de redevenir un petit cap de l’Asie, l’Europe et ses nations ne sauraient s’abstraire de cette grande épreuve. Moins encore la France, avec ses territoires dans les océans Indien et Pacifique. Sans l’alliance américaine, il lui sera difficile de contenir la pression chinoise sur son domaine maritime.

« De l’Afghanistan au Sahel, du golfe de Guinée à la Corne de l’Afrique, jusqu’en Asie du Sud-Est même, la “longue guerre” perdurera

Dans une telle perspective, le désintérêt pour l’Afghanistan, au cœur de la masse terrestre eurasiatique, est compréhensible. N’était-il pas temps de trancher ce « nœud gordien » et de reporter l’effort vers l’Indo-Pacifique ? C’est ce que Joe Biden voulait signifier dans son allocution du 16 août. Pourtant, le maintien d’une force américaine limitée et de contingents de l’OTAN était possible, voire nécessaire. Le discours qui pose les talibans en alliés objectifs de l’Occident contre Al-Qaida et l’Etat islamique laisse dubitatif. Et de l’Afghanistan au Sahel, du golfe de Guinée à la Corne de l’Afrique, jusqu’en Asie du Sud-Est même, la « longue guerre » perdurera.

De surcroît, le départ d’Afghanistan aura des répercussions sur d’autres points du globe. Entendons-nous : cette décision n’entraînera pas mécaniquement le lâchage de Taïwan ou de l’Ukraine. Et si le prestige américain est atteint, la « réputation » d’un Etat n’est pas l’alpha et l’oméga du rapport des forces. Avec l’exaspération des rivalités internationales, les facteurs bruts de la puissance s’avèrent plus importants que le soft power, concept incertain trop souvent convoqué. Sous cet angle, il serait hâtif de penser que la puissance américaine se liquéfie.

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